La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- CINQUANTE-QUATRIÈME ANNÉE 1926 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 3 Juillet 1926
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- SOMMAIRE
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- Gravures et inscriptions rupestres sahariennes : Lieut1 E\ Demouliil.
- Le grand barrage et l’usine hydroélectrique d’Eguzon sur la Creuse : Jacques Boyer.
- Académie des Sciences : Paul B.
- Les hautes compressions dans les moteurs à explosion : P. Dumahois.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S, F. — Science appliquée : Physique, etc. — Variétés. Recettes et procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs, no, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO
- France . . , . Union postale.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
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- LA NATURE-
- — N® 2726.
- 3 JUILLET 1926
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE /* ^
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- GRAVURES ET INSCRIPTIONS RUPESTRES SAHARIENNES
- Qn a signalé des gravures rupestres dans toute l’Afrique du Nord, et l’on a beaucoup discuté de leur ancienneté. Les deux régions où elles sont les plus abondantes sont d’une part l’Atlas, d’autre part les plateaux et les massifs touareg. Il existe une grande différence entre les gravures du Nord, celles de Zenaga Figuig, par exemple, prises pour type, et celles du pays touareg.
- Dans les gravures de Zenaga, le Irait est creusé, profond et régulier, sa patine est aussi foncée que celle de la roche environnante; ce qui es,t une preuve de haute antiquité. Dans les gravures touarègues, il n’y a pas de trait creux. Le dessin n’est pas taillé dans la roche, mais résulte simplement d’un grattage de la pierre.
- La patine saharienne, d’origine chimique, dure et lisse, est d’une couleur foncée variant du brun rouge au noir. En grattant cette croûte sombre on obtient un dessin clair.
- Dans quelques cas, l’artiste primitif ne s’est pas contenté de traits grattés représentant le contour ou les lignes caractéristiques de l’objet, mais a décapé la patine par larges plaques, parfois sur toute l’étendue de son dessin (fig. 5 et 7). Il y a sur fond donc deux procédés différents : dessin au trait, clair sombre, dessin par opposition de surfaces claires sur fond sombre.
- Le degré de visibilité de ces gravures, qui dépend de cette différence de teinte, est extrêmement variable. Certaines sont très apparentes de loin, d’autres peu visibles ; d’autres enfin, ne le sont que d’assez près, et regardées sous des angles favorables, parce que les traits de [gravure ont repris, plus ou
- 84‘ Année — 2‘ Semestre,
- moins, au cours du temps, une patine analogue à celle de la roche environnante.
- Il serait fort intéressant de déterminer, d’une manière précise, l’âge de ces dessins. Malheureusement on ne peut pas le faire avec la même précision qu’en Europe, où une figure de renne ou de mammouth détermine une ancienneté connue. Il n’y a pas en Afrique du Nord, d'animal dont la disparition puisse donner une garantie analogue. L’éléphant n’offre pas de certitude à ce point de vue, puisque cet animal existait encore dans le pays à l’époque romaine ; l’autruche non plus puisqu’elle n’a disparu du Sahara qu’à une époque récente et qu’il en a encore été aperçu plusieurs dans les premières années après 1900 (Lt Yoiriot à la Sebkha d’Amadror par exemple) (*).
- Pourtant il semble que ces gravures ne soient pas très anciennes.
- Personnellement, nous avons constaté qu’au Hog-gar, une fois une certaine expérience acquise, nous nous rendions très bien compte, en passant à un endroit déterminé, si nous avions chance ou pas de trouver des dessins. On acquiert la notion de la place où il s'en trouve. Et presque toujours ces endroits sont des points favorables à l’installation d’un campement, presque toujours ils sont à proximité du pâturage indispensable pour le séjour du nomade, très souvent à côté des'points d’eau. M. Gautier
- 1. On trouve en certains endroits, par exemple dans l’oued Tamanrasset, à hauteur du Tassili N’Adrar, des coquilles d’œufs d’autruche, presque intactes et posées, sur le sable, que sont de date très récente
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- Fig. i. — Nord-Ouest de l’Afrique.
- La région hachurée est celle qui est représentée sur la carte à grande échelle de la figure 2.
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- 2 GRAVURES ET INSCRIPTIONS RUPESTRES SAHARIENNES
- a déjà noté ce fait (l). Il en ressort l’impression très nette que les points d’eaux, les lieux de pâturage importants, qui conditionnent, au Sahara le stationnement, n’ont guère changé depuis l’époque où ces dessins ont été tracés.
- Il n’en faudrait pas conclure que le climat n’a pas
- les plus répandus sont des bœufs, des antilopes, des girafes, des autruches, des gazelles, des mouflons, des méhara, des ânes, des chevaux. A notre connaissance il n’a été signalé qu’une seule gravure rupestre d’éléphant en pays touareg, à Tesnou, entre le Mouydir et le Roggar, par Motylinski. De ces animaux,
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- de 800 à 1200 "
- de 1200à 1600-
- de 1600à 3000 " AtaHor.n ’ahaygar ou Koudia
- Fig. 2. — Croquis du Hoggar et régions avoisinantes.
- Les stations de gravures rupestres d’où proviennent les gravures reproduites, sont soulignées.
- varié, mais qu’il a peu varié.' Il était peut-être plus humide qu’à l’heure présente. Mais les points actuellement favorisés sous le double rapport de l’eau et de la végétation l’étaient déjà vis-à-vis du restant du pays. Celui-ci était donc déjà désertique, ou peu s’en faut.
- Or, on a voulu quelquefois conclure le contraire de l’examen des animaux représentés. Parmi1 ceux-ci
- 1. Mission au Sahara, Gautier et Chudeau. Tome I. Sahara Algérien.
- seuls l’éléphant, la girafe et l’autruche ont disparu ; cette dernière tout récemment. L’époque de la disparition de la girafe est plus ancienne, mais imprécise. Mouflons, antilopes, gazelles animent encore les paysages solitaires du Iloggar. Et en plus de leurs chameaux, les Touareg Hoggar possèdent un grand nombre d ânes, et quelques chevaux, ces derniers importés du Niger.
- Nous ne voyons donc pas de modification capitale dans la faune. La disparition des girafes permettrait
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- Fig. 3. — A gauche : Bœufs. Station d’In Tadeini ; Dimension : i m. de longueur. Au milieu : Bœuf bâté. Station d’Di Tadeini. A droite- : Bœuf. Station d'Aoulilaman.
- de supposer tout au plus un léger dessèchement, car si elles ne sont pas à leur place dans le désert vrai, leur habitat normal est la steppe. Mais à présent les Touareg du Hoggar connnaissent tous cet animal qu’ils ont vu au cours de leurs randonnées vers le Sud.
- Les graveurs pouvaient donc être familiers avec cette bête, même si elle n’était plus répandue dans le pays, quoique cette hypothèse semble peu probable.
- Somme toute, les arguments en faveur de la grande ancienneté de ces gravures, se réduisent à dire ceci : « Les gravures datent d’une période où le Sahara n’était pas encore un désert, et où les oueds puissants dont nous voyons les vestiges, étaient encore en activité, ce qui fait remonter au quaternaire. Gela est attesté par les nombreuses représentations de boeufs, animaux essentiellement non sahariens, et de boeufs bâtés (tig. 3 et 4) ».
- À première vue, en effet, bœuf et Sahara paraissent deux choses opposées. Mais, en ce moment, les Touareg du Hoggar, dans leurs petits centres de culture de la montagne, emploient quelques bœufs à bosse, au tirage de l’eau des puits, pour l’irrigation des jardins. Le zébu n’est pas un animal à proprement dire Saharien, mais avec quelques précautions il y vit fort bien. Les zébus des ar’rems du Hoggar, dans leurs périodes de repos sont laissés en liberté dans les pâturages (pâturages choisis à cet effet, composés surtout de berdi et plantes analogues, et qui ne conviendraient nullement à des chameaux) et ils s’y débrouillent fort bien tout seuls. Ils sont importés de l’Àdrar des Iforass. Tous les ans, en hiver, les Touareg de ce pays en amènent au Hoggar, pour les vendre, et cela en traversant le Tanez-rouft qui est « une quintessence de Sahara ». Nous en avons rencontré, en mars 1925, au puits d’In
- Tadeini un troupeau de 80 tètes qui se dirigeait sur le Hoggar. Nous en avons revu une partie après son arrivée, les bêtes étaient en bon état : s’il en était mort quelques-unes, du moins le pourcentage avait été si faible et si normal, que nous n’en avons pas entendu parler ; alors que les bergers d’Àdrar n’auraient pas manqué de venir se lamenter auprès de nous, au cas contraire. Nous en avons même utilisé plusieurs pour notre ravitaillement.
- Les zébus peuvent dépasser le Hoggar, on les amène parfois jusqu’au Tidikelt, et même plus loin. En 1924, un troupeau a été conduit depuis l’Adrar jusqu’à El Goléa, soit pratiquement d’un bord à l’autre du Sahara. On voit donc que la présence du bœuf au désert n’est pas si anormale qu’elle le paraissait au premier abord.
- Il n’est pas absurde de supposer que si pour quelque raison, le chameau venait à disparaitre, les Touareg le remplaceraient par le zébu et l’âne. Le chameau n’est pas l’animal de bât nécessaire et indispensable au Sahara, il est seulement le plus pratique. Le bœuf vient ensuite.
- D’autre part, il semble prouvé que l'introduction du chameau en Afrique du Nord n’aurait eu lieu qu’à l’époque romaine. 11 est logique de penser que les habitants du Sahara, avant d’employer le chameau, utilisaient les bœufs porteurs, comme le font encore les Touareg du Niger ; cela nous expliquerait d’une façon très rationnelle les nombreuses gravures rupestres de bœufs bâtés ou non qu’ils ont tracées. Mais cela détruit l’illusion que ces dernières ont été exécutées, alors que le Sahara était un pays bien arrosé, couvert de gras pâturages où paissaient bœufs, buffles, antilopes et où coulaient de grands fleuves où s’ébattaient les hippopotames et les crocodiles. C’est aussi rapprocher beaucoup de nous ces gravures. Leur jeunesse est d’ailleurs confirmée par de
- Fig. 4 — A gauche :| Station d'In Azaoua : Dimensions 1 m. X o m. 6o. L’animal de droite (antilope) a o m. 40 X o m. 3o. L’animal de gauche est probablement un cheval. Au milieu ; Antilope. Station d’In Azaoua. Dimensions : o m. 5o X o m. co. A droite : Bœuj ou buffle. Station d'In Azaoua. Dimensions : dm. 40X0 m. 5o
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- 4 : GRAVURES ET INSCRIPTIONS RUPESTRES SAHARIENNES
- nombreuses représentations de chameaux (fig. 14). Il ,y a évidemment des dessins d’àges bien différents et ceux-ci sont parmi les plus récents. Mais puisqu’on considère comme prouvée l’introduction tardive du chameau, cela démontre que les gravures où il est représenté datent tout au plus de l’époque romaine.
- Certaines de ces reproductions de méhara montés (oued Ag’ennar, versant sud-ouest de la Koudia du Hoggar) portent même la rahla (la selle de méhari actuelle) au pommeau caractéristique en forme de croix.
- Et quelques scènes de chasse, avec hommes, chameaux, mouflons, chiens, comme celle que 'M. E.F.
- l'Atlas. C’est bien l’avis de M. Gautier, l’homme le plus qualifié pour porter un jugement sur les gravures rupestres de l’Afrique du Nord puisqu’il en a vu sur place les différents aspects, au Sahara, comme en Algérie. Il en dit : « Il est, je crois, de prudence élémentaire et jusqu’à plus ample informé de ne pas les mettre en parallèle avec nos gravures européennes sur os et sur pierre, contemporaines du mammouth et du renne ».
- « L’extrême rareté au Sahara des gravures rupestres du type ancien reste un point frappant. On a l’impression au Sahara que ces berbères graveurs sont venus tardivement. » Ailleurs il dit : « L’ùgc
- Fig. 5. — En haut à gauche : Groupe de girajes. Station d’iris n’Ouaran Dimensions i m. de hauteur sur 2 m. de longueur environ. En haut à droite : Girafe. Station d’Aoulilaman. Dimension i m. de hauteur sur om. de largeur. En bas à gauche : Groupe de girafes. Station d’In Tadeini. Dimension : i m. de hauteur. En bas à droite : Groupe de girafes. Station d’In Tadeini. Dimension : o m. 3o de hauteur. Intérieur du dessin décapé.
- Gautier a signalée à Ouan Torha dans l’Anhet, et dont Motylinski a vu l’analogue à Ag’ennar, évoquent un Sahara bien analogue à celui que nous connaissons.
- Un dernier argument en faveur de l’àge relativement peu ancien de ces gravures est inhérent à leur facture même. Nous avons dit qu’elles sont exécutées par grattage, décapage de la patine des roches. Mais cette patine est caractéristique des roches sahariennes, c’est le vernis du désert, qui ne se forme, par action chimique, que dans un pays désertique ou à peu près. Puisqu’il était constitué avant l’exécution du dessin, il faut admettre que les roches avaient été soumises pendant longtemps déjà aux influences d’un climat désertique.
- On peut donc considérer les gravures rupestres du pays touareg comme relativement récentes et bien postérieures au dessèchement du Sahara.
- Elles sont en tout cas postérieures à celles de
- quaternaire des gravures rupestres n’est rien moins que prouvé ».
- Toutes les gravures rupestres que l’on trouve au Iloggar et régions environnantes, Mouydir, Ahnet, nord de l’Adrar des Iforass, sont de même aspect et de même facture ; elles sont l’oeuvre des mêmes gens à la même époque. La seule différence qu’elles présentent entre elles est la matière adoptée qui dépend de la constitution géologique du pays. Au Hoggar on a gravé sur granit et sur roches volcaniques, dans le Nord de l’Adrar sur granit ; tandis que dans le Mouydir et dans l’Ahnet, et à Timissao on a utilisé le grès.
- Les grandes analogies entre les gravures de l’Atlas „et celles du pays touareg malgré quelques différences de facture, démontrent qu’elles sont l’œuvre de gens de même race : les berbères.
- Beaucoup de ces gravures sont de grandes dimensions, et représentent un travail d’exécution consi-
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- dérable et long. Elles ne peuvent être le résultat de l’amusement hâtif d’un nomade de passage, mais un ouvrage destiné à durer.
- Les belles gravures reproduites aux ligures 5 et 6, en raison de leur dimension et de leur fini, sont autre chose qu’un simple passe-temps. En particulier la figure (haut) qui est gravée sur la paroi en falaise de l’oued In Azaoua, à côté du point d’eau d’In Azaoua, dans le tassili de Timissao, et à 5 ou 6 mètres au-dessus du niveau du lit, sur une large lame plane du rocher. Les deux chevaux affrontés quelle représente sont encore bien visibles ; et avant que la patine n’en ait un peu effacé le trait, on devait les voir de très loin.
- L’idée que ces gravures peuvent avoir une signification religieuse se présente immédiatement à l'esprit pour les expliquer. Ces gens vivaient de chasse. Ne peut-on admettre, comme on l’a fait pour les dessins magdaléniens, que certaines de ces représentations qu’on trouve aux abords des points d’eau et des pâturages, c’est-à-dire près des terrains de chasse, avaient un sens magique, et étaient destinées à attirer le gibier?
- À l’heure actuelle, et depuis fort longtemps, les Touareg ne gravent plus. Quelle a été la cause de la décadence et de l’abandon de cet art primitif? L’abandon des outils de pierre.
- M. E. F. Gautier dit : « Tous les dessins, mêmeles plus récents, ont été gravés avec des instruments en pierre; il suffit pour s’en rendre compte de s’essayer à reproduire une gravure sur la roche même de la station. On n’y parvient pas avec la pointe d’un couteau, ou d’une arme en fer, le trait obtenu est infiniment trop délié, filiforme et presque invisible ; qu’on essaie avecune pierre, et on réussit sans peine en très peu de temps ».
- « Les gravures sahariennes ont été exécutées avec une pointe de silex. Et dès lors on comprend bien que les gravures de ce type, inconnues dans le nord,
- Fig-, 6. — En haut : Chevaux. Station d'In Azaoua. Dimensions : 2 m. X 1 m. environ. Le dessin est assez peu visible, et prtsque effacé par endroits. En bas à gauche : Autruches. Station d'In Tadeini. L’autruche de gauche a o m- 20 sur o m. 20. L’autruche de droite à o m. 2.5 X o m. i5. En bas à droite : Animal indéterminé. Station d’In Tadeini. Longueur o m. 20.
- abondent au Sahara, puisque aussi bien l’usage des outils en pierre s’est de toute nécessité conservé bien plus longtemps au cœur du continent qu’au voisinage de la Méditerranée. »
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- Nous donnons ci-contre la reproduction d’un certain nombre de gravures rupestres, choisies parmi les plus caractéristiques, que nous avons relevées au Iloggar et dans le nord de l’Àdrar des Iforass. Elles proviennent des emplacements suivants :
- 1° Station d’iris n’Ouaran, dans la Koudia, massif montagneux du Hoggar;
- 2° Station d’In Tadeini, dans le nord de l’Adrar; dans l’oued In Tadeini, à 500 m. du puits du même nom, un grand espace est couvert de gros blocs de
- Fig. 7. — En haut à gauche : Homme. Station d’Aoulilaman. Le dessin est entièrement décapé à l’intérieur, dans sa partie inférieure. En bas à gauche : Peinture à l’ocre (cheval ?) dans un abri sous roche de. la station de Timissao. Dimensions : o m. 3o X o m. 20 environ. Au milieu : Homme et animal superposés. Station d’Aoulilaman. Hauteur : om. 70 environ. Le dessin de l’animal (cheval ?) est entièrement décapé. Il semble plus récent que le dessin d’homme. En haut à droite : Chameaux. Station d’Aoulilaman. Le dessin du chameau de gauche est entièrement décapé à l’intérieur. Le chameau de droite est monté. En bas à droite : Hommes et animal indéterminé. Station d’Aoulilaman.
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- 6 GRÀVURES ET INSCRIPTIONS RUPESTRES SAHARIENNES
- granit, à demi enterrés dans le sable, ou empilés les uns sur les autres, formation géologique fréquente dans la région. Ces rochers portent un grand nombre de dessins ;
- 5° Station d’Àoulilaman, dans le nord de l’A-drar; les gravures sont sur une muraille rocheuse qui borde la rive nord de l’oued Aoulilaman, à 100 m. du puits de ce nom ;
- 4° Station d’In Azaoua, dans le tassili N’Adrar, à mi-chemin entre le Hoggar et l’Àdrar. Les gravures sont sur la muraille rocheuse qui horde la rive est de l'oued In Azaoua, au coude où l’on trouve « le redir », le point d’eau du même nom.
- 5U Station de Timissao, dans le tassili N’Adrar. Celte station sur laquelle nous reviendrons à propos des inscriptions se trouve dans plusieurs abris sous roche creusés dans la falaise qui forme la rive ouest du canon de l’oued Timissao, à 500 mètres du puits de Timissao. La ligure 5 à gauche (station d’In Tadeini) représente deux bœufs ; celui de droite est peut-être le buffle antique (Bubalus antiquus) ; celui de gauche porte sous le cou un trait vertical qui semble indiquer soit une corde d’attache ou de tirage, soit un fanon analogue aux étranges fanons pendants des moutons soudanais sans laine. Cette particularité, commune à beaucoup de figuration de bœufs, est plus nette sur la figure de droite, qui vient de la station d’Aoulilaman.
- La figure du milieu (station d’In Tadeini) est un exemple typique des représentations si fréquentes de bœufs bâtés.
- La figure 4 à gauche (station d’In Azaoua) montre deux animaux superposés ; celui de gauche, indéterminé, est peut-être un cheval ; celui de droite est probablement une antilope.
- Les figures 5 et 6, de la station d’In Azaoua, sont assez voisines, l’une est presque au ras du sol, l’autre à 2 mètres au-dessus. Toutes deux sont remarquables par la beauté de leur dessin. Elles représentent la première une antilope, la seconde un bœuf ou un buffle, dont les deux cornes de profil se rejoignent en croissant.
- Sur une portion plane d’un gros bloc de granit isolé au bord de l’oued Iris n’Ouaran se trouve un joli groupe de cinq girafes côte à côte ; l’ensemble du dessin, qui s’abaisse vers la droite, a 1 mètre sur 2 mètres environ (fig. 5).
- La figure au-dessus montre un groupe de deux girafes provenant de la station d’In Tadeini. Celle de gauche est d’un dessin assez primitif, la tête est inachevée ; c’est un type assez courant.
- La figure de droite est une reproduction d’une superbe girafe de la station d’Aoulilaman. Les taches de sa robe sont indiquées par des décapages de la patine de la roche. C’est la seule que nous connaissions de ce type. Elle a 1 mètre de hauteur sur 0 m. 75 de largeur. L’original est véritablement du plus bel effet.
- L’exemple d’un procédé d’exécution différent, par décapage de la patine sur toute la surface du des-
- sin, est donné dans le groupe de girafes au-dessous qui vient delà station d’In Tadeini.
- La figure 6 en haut montre la belle gravure de deux chevaux affrontés, trouvée à la station d’In Azaoua, dont il a déjà été question plus haut. Le dessin en est maintenant assez peu visible et presque effacé par endroits.
- Cette grande gravure, de 1 mètre sur 2 mètres, dominant l’oued de 5 ou 6 mètres, produit un effet décoratif inattendu dans un endroit aussi désolé.
- La figure au-dessous reproduit des autruches de la station d’In Tadeini. Il est intéressant de comparer comment des gens différents ont exécuté le même sujet. Le trait de contour dans celle de gauche est très épais ; la tète et le cou sont indiqués par un seul trait plein.
- La figure en bas, à droite, est un animal indéterminé, dont on rencontre plusieurs analogues. Il vient de la station d’In Tadeini.
- La figure 7, de la station d’Aoulilaman, donne deux exemples de chameaux ; l’un assez schématique et en partie effacé est monté ; l’autre est un exemple de grattage delà patine sur toute la surface.
- De la station d’Aoulilaman vient la curieuse gravure reproduite à gauche. C’est un homme debout, au buste très aminci à la taille, un poing sur la hanche, le bras droit à demi étendu, les jambes de profil. La coiffure est bizarre, elle est surmontée d’un ornement, qui est peut-être une plume. Dans les jambes de cet homme se superpose un dessin d’animal (cheval?) à patine grattée sur toute la surface. Ces deux dessins ne sont pas de la même époque et nous croyons l’animal plus récent.
- De la même station d’Aoulilaman vient le croquis de gauche qu’il est intéressant de comparer à la figure précédente en raison des analogies et des dissemblances qu’ils présentent. Les jambes sont mieux indiquées, et un grattage de la patine paraît indiquer un pantalon, mais l’ensemble des lignes sont moins élégantes. La position des bras est semblable. La coiffure triangulaire surmontée de deux ornements en forme de cornes (plumes?) est curieuse. Deux points de grattage indiquent les yeux, et des traits fins amorcent la chevelure. L’aspect général est celui d’un diablotin. Ces deux figures sont les deux seules de leurs types que nous ayons vues.
- La figure en bas à droite, venant d’Aoulilaman, représente un animal indéterminé (chameau?) à 5 pattes, et deux exemples de petites représentations d’hommes, assez schématiques, et d’un type très répandu. Devant certaines, celle de gauche par exemple, on pense au signe de Tanit, ce qui n’est certainement qu’une coïncidence.
- Enfin la figure en bas à gauche est un exemple non plus de gravure rupestre, mais de peinture à l’ocre de date beaucoup plus récente qui se trouve dans un abri sous roche de la station de Timissao.
- On ne peut parler de gravures rupestres sahariennes sans dire quelques mots des inscriptions tifinar’ qui les accompagnent la plupart du temps.
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- GRAVURES ET INSCRIPTIONS RUPESTRES SAHARIENNES "7
- Il y en a au Sahara une quantité prodigieuse : « elles se défendent contre toute tentative d’énumération par leur nombre immense, et contre toute tentative d’explication par le mystère qui les entoure, et qui ne s’est pas dissipé », dit M. Gautier.
- En effet, les Touareg actuels, bien qu’ils emploient encore l’écriture tifinar’, ne comprennent plus les vieilles inscriptions. Il y a des lettres qui ne sont plus employées et dont le sens est inconnu. D’autres ont changé de valeur, ce qui rend les inscriptions incompréhensibles.
- La figure 8 est un exemple de tifinar’ ancien provenant de la station d’In Àzaoua. La lettre, deux fois répétée dans cette inscription (A, lig. 8), et qu’on retrouve fréquemment dans d’autres, n’existe plus dans l’alphabet tifinar’actuel. Les autres lettres de cette inscription sont, sans modifications, des lettres tifinar’ actuelles.
- Les Touareg, s’ils ont complètement abandonné la gravure rupestre, pratiquent encore l’écriture ru-pestre, avec cette différence, toutefois, qu’ils ne
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- Fig. ç. — Inscription Koufique de la station de Timis-sao (abri sous roche). Longueur de l’inscription : environ 2 mètres. Caractères et cadre peints à l’ocre.
- gravent plus leurs inscriptions dans la pierre, mais qu’ils les peignent, la plupart du temps à l’ocre. Ils écrivent parfois sur le sable, pour communiquer entre caravaniers. Et malgré que pour nous, écrire dans le sable est synonyme d’effacement et d’oubli rapide, de pareilles missives persistent parfois fort longtemps. Nous avons vu dans l’oued Otoul, sur le bord d’une piste fréquentée, une longue inscription fraîchement tracée dans le sable. Repassant 2 mois plus tard au même endroit, nous l’avons retrouvée très lisible, malgré une pluie survenue dans l’intervalle. Enfin 6 mois après notre premier passage, nous avons pu revoir, sinon cette inscription du moins son emplacement, reconnaissable à ce que le sable n’avait pas encore repris là son aspect environnant et portait quelques dénivellations, vestiges des lettres.
- Nous ne pouvons passer sous silence les inscriptions de Timissao. L’existence d’une inscription koufique dans un abri sous roche dans la gorge de Timissao, à proximité du puits de ce nom, a été signalée dès Duveyrier; elle était déjà réputée au Sahara et considérée comme fort ancienne. Benha-
- t+ c* o
- Fig. 8. — Tifinar' ancien. Station d’In Azaoua. La lettre de Tifinar’ ancien, représentée en A, n’existe plus. Il ne faut pas la confondre avec les lettres composées actuelles ieft, ou ielt.
- Au pied de la falaise qui
- zera, qui est passé à ce puits en 1905, a vu la station et a copié une partie de l'inscription, dont il a donné une reproduction dans son ouvrage « Six mois chez les Touareg du Ahaggar ».
- Cette inscription se trouve au plafond d’une grotte surélevée de o mètres environ au-dessus de l’oued et précédée d’un éboulis de rochers; elle est peinte à l’ocre et entourée d’un cadre rectangulaire d’un mètre environ sur 0 m. 80.
- Nous avons visité cette station en février J 925. domine la gorge, du côté de l’oupst, il y a plusieurs abris sous roche, qui sont en somme des fentes horizontales dans la paroi rocheuse, des trous laissés vides par des éboulements. Au plafond d’une de ces grottes, nous avons vu l’inscription koufique dont nous donnons la copie figure 9.
- L’inscription est différente de celle qu’a vue Ben-hazera, mais la facture en est tout à fait la même, peinte à l’ocre, d’une longueur d un mètre environ, elle est entourée d’un cadre rectangulaire, à l’ocre également.
- A l’extérieur du cadre dans le coin droit, en haut, se trouve un schéma de palmier et dans le coin gauche, en bas, un animal d’aspect bizarre (lézard1?). L’inscription comprend 5 lignes à l’intérieur du cadre et une ligne en dessous. La partie gauche des deux lignes du bas, dans le cadre, est effacée et illisible.
- A la figure 10 nous reproduisons une autre inscription koufique, non encadrée, que nous avons vue non loin de la précédente.
- L’ocre qui a servi à peindre les inscriptions a été obtenue en pilant des pierres brunes, rougeâtres, que l’on trouve en abondance aux abords de la station.
- La présence d’inscriptions koufiqües au sud du Hoggar a soulevé un problème intéressant, qui n’a pas encore été résolu définitivement. L’écriture koufique a été abandonnée, par les Arabes peu après l’hégire, soit vers 650. Benhazera, s’appuyant sur quelques considérations historiques et sur le sens religieux de l’inscription de Timissao, estime qu’elle date du vne ou du vme siècle. Ce qui confirmerait la tradition, rapportée par
- Duveyrier (‘), que, sinon des compagnons du prophète, du moins des missionnaires musulmans, 1. Duveyrier, les Touareg du Nord.
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- Fig. îo. — Autre inscription Koufique à l’ocre de la station de Timissao.
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- LE GRAND BARRAGE ET L’USINE HYDRO-ÉLECTRIQUE D’ÉGUZON
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- seraient parvenus dès cette date au cœur du Sahara et sur la route du Soudan, où ils allaient proclamer la nouvelle religion. Malheureusement, l’Age de cette inscription, malgré qu’elle soit koüfique, a été contesté depuis (*) et elle serait relativement très récente.
- Dans cette station de Timissao il y a des gravures rupestres, que M. Gautier a reconnues comme certainement anciennes. Il y a aussi quelques tifinar’
- 'l^ CiiuiiKAü et Gautier, Mission au Sahara, tome 11, Sahara Soudanais, en note.
- anciens gravés, et quantité de tifinar’ modernes peints à l’ocre ou en noir et d’inscriptions modernes arabes peintes à l’ocre ou en noir. Dans chacun des abris sous roche voisins il y a beaucoup de choses. L’endroit mériterait un arrêt un peu prolongé.
- Nous regrettons, pour notre part, n’ayant pas trouvé dans le puits suffisamment d’eau pour abreuver nos méhara, d’avoir été obligé de réduire au minimum notre arrêt en ce point, et de n’avoir pu retrouver l’inscription koufîque que Benhazera a partiellement recopiée. Lieut1 F. Demoulin.
- LE GRAND BARRAGE ET L’USINE HYDRO-ÉLECTRIQUE D’ÉGUZON
- SUR LA CREUSE
- À la suite de longues études entreprises dès avant la guerre et reprises en 1919, la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans a constaté que l’électrification de la plus importante de ses lignes Paris-Toulouse lui procurerait une très notable économie de combustible. En conséquence, elle chargea ses services techniques d’établir un projet d’équipement électrique de cette partie de son réseau.
- La première tranche de ces travaux, actuellement en cours d’exécution, englobe la section à grand trafic Paris-Brive (528 kilomètres) avec ses embranchements à voie unique Brive-Clermont (198 kilomètres) et Saint-Sul-pice à Gannat (190 kilomètres).
- Deux groupes distincts d’usines fourni-rontl’énergie électrique nécessaire au remorquage des trains.
- La section de Paris à Châteauroux utilisera le courant des centrales thermiques de la banlieue parisienne appartenant à l’Union d’électricité (Gennevil-liers, Yitry et Billancourt) ainsi que celui de la centrale hydro-électrique d’Eguzon. Tandis que les lignes Brive à Clermont-Ferrand et Saint-Sulpice à Gannat s’alimenteront aux centrales hydrauliques qu’on aménage dans le Massif Central (Coindre sur les deux Rhues, la Celiette sur le Chavanon et Ver-néjoux sur la Dordogne).
- Connectées entre elles et reliées aussi aux usines thermiques de la région parisienne, ces stations hydro-électriques desserviront donc 916 kilomètres
- de voies ferrées et permettront d’économiser 700 000 tonnes de charbon par an.
- Nous nous proposons de décrire ici le barrage et l’usine d’Eguzon, qui viennent d’être mis en service. La station creu-soise pourra soulager ainsi la superstation de Gennevilliers aux heures de pointes et bientôt sans doute l’électricité produite par la houille blanche viendra, pour la première fois, éclairer la Ville-Lumière.
- Situé à environ 7 kilomètres de la gare d’Eguzon (fig. 1) petit bourg distant lui-même de 40 kilomètres de La Chaire (Indre), le barrage (fig. 2), dresse maintenant, entre les deux collines où coule la Creuse, son imposante maçonnerie dont le volume représente 220 000 mètres cubes. Ce colossal ouvrage mesure 300 mètres de développement à la crête ; il a 60 mètres de hauteur, 55 mètres d’épaisseur à la base et 5 mètres au sommet. Des considérations topographiques et géologiques ont dicté le choix de son emplacement et son genre de construction. Effectivement la vallée de la rivière se trouve creusée, dans ces parages, entre des roches granitiques où dominent des amphibolites extrêmement dures et inclinées vers l’amont (fig. 5). De sorte
- f Pommiers
- /Gargillesse_^
- Xuzion
- Orsennes
- Ôonna
- ChanÇorm
- Crpzanl)
- Fig. i. — Carie des environs d’Eguzon.
- La retenue des eaux par le barrage fait séntir ses effets sur la Creuse jusqu’à Crozant dont le pontadûêtre relevéde 3 mètres.
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- Fig. 2. — Le barrage d’Eguzon.
- Vue prise de la rive gauche après la mise en eau (Avril 1926). Les maçonneries sont terminées, sauf le couronnement
- de la crête et quelques ouvrages accessoires.
- qu’on a pu donner de solides assises au barrage qui, pas plus que le terrain sous-jacent, ne court grand risque de glisser vu la direction du pendage des roches. En outre, l’argile qui remplit toutes les fissures des parois naturelles de la gorge semble assurer une étanchéité suffisante au bassin ainsi créé. La retenue des eaux fera sentir ses effets jusqu’aux ruines de Crozant (fîg. 4) et à Fresse-lines. Loin de nuire à l’aspect de ces sites pittoresques, le petit lac artificiel d’une largeur variable
- Fig. 3. — Les gorges de la Creuse aux approches du barrage.
- La rivière coule entre des roches granitiques où dominent les amphibolites très dures
- de 80 à 500 mètres et d’une longueur de 11 kilomètres remplace avec avantage le mince filet liquide qui coulait jusqu’ici, durant la période estivale, sur un lit de gravier entre deux falaises sauvages. Le paysage s’en trouve égayé. Les touristes y viendront sans doute plus nombreux, car ils pourront s’y livrer au sport nautique. L’élévation du niveau de la Creuse ne nécessite, d’ailleurs, pas beaucoup de travaux accessoires. On a relevé simplement la route et le pont de Crozant de 3 mètres
- Fig. 4. — Les ruines de Crozant avant la mise en service du barrage d’Eguzon.
- Pendant l’été, la Creuse coulait en un mince filet liquide sur un lit de gravier au pied de ce site pittoresque.
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- çt on a remplacé par un bac celui de Chambon, complètement submergé aujourd’hui. On a dû seulement abattre deux ou trois maisons isolées mais on n’a touché à aucun hameau.
- D’autre part, le régime de la Creuse est très irrégulier. Son débit, de 40 mètres cubes en moyenne par seconde, atteint 400 mètres cubes en temps de crue et dépasse quelquefois 750 mètres cubes tandis qu’il descend pendant l’été à moins de un mètre cube; il a même dépassé 900 mèlres
- .résiste, par son propre poids, à la double poussée liquide (pressions horizontales et verticales) ; en outre, elle transmet intégralement d’un côté au sol de la fondation et d’autre part, aux parois d’appui, les formidables poussées susceptibles de se produire.
- Pour exécuter un tel barrage avec tous les soins nécessaires et la sécurité désirable, M. Léon Cha-gnaud qu’on chargea de le construire, dut installer à Eguzon un très important chantier (fig. 7) auquel
- Fig. 5. — Plan des aménagements de la chute du barrage et de l’usine d’Eguzon. La partie grise indique la largeur de la vallée désormais noyée.
- cubés le 3 mars 1923. Pour capter l’énergie d’une rivière aussi capricieuse, on a dû prévoir l’emmagasinage d’un volume d’eau suffisant pendant les crues afin de remédier à la pénurie de la période de sécheresse.
- “Sur les directives d’un spécialiste autorisé, M. Gustave Merciër, on a donc adopté le type de barrage poids ou barrage à gravité plein (fig. 5 et 6) dans lequel on a ménagé des galeries de visite. Ce genre d’ouvrage se compose, en principe, d’un mur dont l’épaisseur diminue au fur et à mesure qu’on s’élève, — des calculs théoriques indiquant la décroissance des pressions avec l’augmentation de la hauteur. Cette maçonnerie
- deux stations électriques temporaires fournissaient la force motrice. L’une de ces usines provisoires marchait à la vapeur tandis qu’une chute de 8 mètres obtenue grâce à l’édification d’un petit barrage auxiliaire actionnait la seconde. L’évacuation de 70 000 mètres cubes de déblais, l’extraction de la pierre, le transport des matériaux à pied d’œuvre, la mise en action des bétonnières, des compresseurs et des outils pneumatiques nécessitaient effectivement un puissant outillage.
- Afin d’éviter le glissement du barrage, on s’attacha d’abord à l’asseoir solidement sur le roc, de manière à constituer un bloc monolithique capable de laisser s’écouler dans le sol les poussées reçues
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- Fig. 6. — Vue du barrage prise de la rive droite (côté aval) pendant la construction.
- A droite, on aperçoit le toit de l’usine hydroélectrique ; au milieu, une partie de la conduite forcée en tôle d’acier et à gauche du barrage le sommet d’une tour de prise d’eau.
- et de résister aux dangereuses infiltrations. Celles-ci proviennent, d’après la théorie de Maurice Lévy, de la pression ascendante de l’eau qui s'insinue par des fissures accidentelles. En vertu du principe des vases communicants, le liquide tend à remonter à travers les interstices de la maçonnerie. Or si les suintements aqueux pénètrent à une certaine hauteur jusqu'au milieu de l’épaisseur du mur, leur pression correspond à la différence de niveau entre cet endroit et le plan d’eau. La poussée peut alors
- Fig. 7. — Un coin de chantier au début de la construction du barrage (Septembre 1922). Enlèvement des blocs après l’explosion d’une mine.
- devenir assez considérable pour disloquer l’ouvrage. Malheureusement le problème est difficile à résoudre, les spécialistes considérant comme pratiquement impossible d’empêcher ces infiltrations. Il faut donc se borner à drainer l’eau, carsion réussit à lui barrer mécaniquement le passage, elle 'parvient toujours à s’y insinuer sournoisement par suite de la contraction du ciment.
- À Eguzon, les ingénieurs ont tourné ces diverses difficultés de la façon suivante. D’abord la nature des terrains a facilité l'établissement des assises du barrage (fig. 8). Il a suffi, en effet, de creuser peu profondément, de faire sauter avec des perforatrices et des marteaux à air comprimé le fond de la rivière sur une certaine étendue pour asseoir solidement les fondations, tandis qu’on affouillait les flancs rocailleux des deux rives pour y adosser latéralement le massif de maçonnerie. Une fois le lit de la Creuse ainsi préparé, on nettoyait sa surface granitique avec de l’eau refoulée sous pression par une pompe débitant 50 litres à la seconde.
- Puis on employa comme genre de construction la maçonnerie dite « cyclopéenne ». Ce procédé consiste à amalgamer du béton avec de gros blocs bruts. On [extrayait lesàpierres d’une carrière voisine sise à 500 mètres en amont du barrage, grâce à cinq perforatrices et à une trentaine de marteaux pneumatiques. Six concasseurs assuraient le broyage
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- big. 8. — Vue prise de la rive droite pendant la construction des assises du barrage.
- des morceaux de granit que cinq bétonnières, d’une puissance de production totale de 50 mètres cubes à l'heure, se chargeaient d’incorporer au ciment. Des wagonnets sur voie ferrée, quatre grues et trois télécharges (fig. 8) amenaient tous les matériaux à pied d’oeuvre. Là, des ouvriers posaient les gros blocs dans du béton assez consistant, puis damaient, dans leurs intervalles, de petites pierres concassées.
- De cette façon, les morceaux absorbaient la plus grande partie de la chaleur dégagée par la prise du ciment.
- L’élévation de température devenant insignifiante, on n’avait plus besoin alors de travailler par tranches alternées comme le faisaient généralement jusqu’ici les constructeurs étrangers de grands ouvrages similaires. Ces techniciens utilisent du béton très fluide dans lequel ils noient très peu de gros blocs. Conséquemment ils exécutent les quatre faces des tranches encastrantes pendant l’été et les laissent exposées longtemps à l’air.
- Une fois celles-ci asséchées, ils montent durant l’hiver, les tranches de maçonnerie encastrées. Aussi cette façon de procéder augmente beaucoup la durée des travaux.
- Toutes ces considérations bien pesées, M. Gustave Mercier, administrateur de lTJnion hydro-électrique, résolut de prolonger le barrage d’Éguzon sur upe largeur de 5 mètres en amont afin de le mettre,
- big. ç. — Vue du barrage d'Eguzon prise de la rive droite, côté amont, pendant la construction.
- Des ouvriers sont en train de revêtir la maçonnerie du barrage d’un enduit de ciment. A droite et à gauche : les deux tours de prise d’eau avec leurs chambres de vannes ; en bas à droite : l’entrce du souterrain de dérivation de la. Creuse établi pour permettre le travail à sec dans le lit de la rivière.
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- autant que possible, à l’abri des infiltrations. Pois, de part et d’autre de l’ouvrage, on creusa des trous profonds dans lesquels on injecta du ciment pur sous une pression de 8 atmosphères ; il s’insinuait dans les fissures du rocher bien au-dessous du lit de la rivière. Du reste, comme nous l’avons indiqué sommairement plus haut, on excavait aux pics et aux perforatrices jusqu’au roc le plus dur afin d’obtenir de solides ancrages naturels. Ensuite après brossage et lavage au jet d’eau sous pression, on recouvrait la surface d’une couche de mortier sur laquelle on édifiait enfin le béton du barrage de façon à former un ensemble monolithique.
- Sur ces robustes assises, tel un colosse planté sur ses jambes, on construisit la maçonnerie cyclopéenne par tranches entre lesquelles on ménagea des joints de contraction. Sans entrer dans trop de détails techniques, voici le principe de cette méthode originale appliquée pour la première fois en France. Quand le béton se refroidit, il se contracte en produisant des fissures susceptibles de provoquer à leur tour, des infiltrations difficilement réparables. Pour éviter ces inconvénients qui finissent par compromettre la solidité de l’ouvrage, on a imaginé le jomt de contraction. A Eguzon, par exemple, le barrage se compose de 10 tranches de maçonnerie indépendantes larges de 30 mètres dont les faces voisines sont crénelées, en sorte qu’à un rentrant de l’une correspond une saillie de l’autre. Une couche
- Fig. il. — Origine amont des conduites de vidange dans le grand souterrain de dérivation.
- Fig. io. — Le déversoir rive gauche.
- Cet ouvrage évacue l’excès d’eau en formant une chute de 55 m. de haut, 35 m. de large qui n’existera pas en période normale.
- de goudron empêche deux tranches en regard d’adhérer entreelles. Enfin, à l ou 2 mètres de l’amont, chaque joint se trouve recouvert par un contre-joint ou lame de cuivre encastrée sur la moitié de sa largeur et ancrée soigneusement sur ladite tranche. Grâce à ce dispositif, la maçonnerie jouit d’un certain jeu qui lui permet de se contracter librement sans que des résistances intempestives viennent occasionner d’inopportunes fissures. Les deux tranches voisines se séparent sans danger et la lame de cuivre garantit alors le joint contre les infiltrations.
- D’autre part, on a ménagé à l’intérieur du barrage d’Eguzon et à environ 2 mètres du parement amont, des puits coupant chaque joint de contraction et un rideau de drains verticaux entre deux joints de façon à recueillir, au besoin, les eaux d’infiltration.- Celles-ci tombent ensuite dans une galerie longitudinale suivant le profil de la vallée et d’où elles s'écoulent à l’aval par trois galeries transversales.
- Quand nous avons visité le chantier d’Eguzon, à la fin du mois d’avril dernier, les maçonneries du barrage étaient à peu près terminées sauf le couronnement de la crête et quelques ouvrages accessoires prévus dans le plan définitif (fig. 9). Le mur cyclo-péen commençait à emmagasiner les eaux de la Creuse dont il retiendra, en régime normal, 55 millions de mètres cubes environ. Mais une fois cette eolossale masse liquide emprisonnée dans le vaste bassin artificiel ainsi construit, il s’agissait de pouvoir la manœuvrer avec facilité, d’en
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- utiliser l’énergie au moyen de turbines convenablement agencées, d’assécher, au besoin, le barrage pour le visiter ou le réparer, et de pouvoir évacuer assez vite l’excès d’eau, en période de crue, pour éviter la destruction de l’usine hydro-électrique édifiée au pied de l’ouvrage.
- On le conçoit aisément, les rouages qui assurent ces diverses manœuvres, le cas échéant, forment un ensemble assez complexe. Voici l’économie générale du] système telle qu’elle a été conçue et étudiée dans tous ses détails par M. Georges Laporte, directeur de l’Union Hydro-Électrique,- en prévoyant l’utilisation du matériel le plus moderne des meilleurs constructeurs.
- Une tour en ciment armé llan-que le barrage à ses ailes. Dans chacun de ces blocs de maçonnerie, se trouvent ménagées deux ouvertures jumelées de 5 mètres de largeur sur 7 mètres de hauteur. L’eau pénètre par ces deux galeries après un premier dégrossissage à travers des grilles, puis elle arrive sur des vannes levantes qui commandent la sortie. Une fois ces barrières obturatrices franchies, les deux galeries se réunissent vers l’aval en un seul corridor qui, traversant le barrage, vient se raccorder à une conduite forcée en tôle d’acier de 4 m. 25 de diamètre. Cette dernière aboutit, elle-même, à un collecteur où s’embranchent des tuyaux, destinés à alimenter, d’une façon indépendante, chaque turbine, dont une vanne sphérique commande l’accès. D’un poids de 45 tonnes, celle-ci comprend une sphère creuse de 2 mètres de diamètre dans laquelle pivote un cylindre mobile autour d’un axe horizontal. Mis verticalement, le cylindre bouche la conduite tandis que dans la position horizontale il laisse passer le Ilot liquide, à raison de 25 mètres cubes par seconde.
- Quant aux 4 grandes vannes de prise d’eau, dont chacune pèse 29 tonnes et a 7 mètres de hauteur sur 5 mètres de largeur, des mécanismes classiques en assurent le démarrage et des moteurs électriques auxiliaires les montent et les descendent en une vingtaine de minutes ; elles isolent et assèchent au besoin toute la canalisation reliant les turbines au réservoir.
- Toutefois comme la Creuse débite jusqu’à 900 mètres cubes par seconde et que les cinq turbines actuellement installées dans un bâtiment sis au pied du barrage consommeront seulement 125 mètres cubes, on a prévu, en outre, une évacuation su pplémen taire de 800 mètres cubes. Sinon on aurait risqué de voir Tusinc emportée quelque jour. Les dispositifs accessoires destinés à parer à cette éventualité comportent, sur chaque rive, des déversoirs et des vannes. Sur la rive gauche, l’eau s’épand par 4 grandes vannes de 7 m. 50 de largeur dans la rivière, sous forme d’une chu'e de 55 mètres de hauteur sur 50 mètres de large (fig. 10). Sur la rive droite, le flot se déverse dans un puits, puis passe de là par un des deux tunnels établis lors de; la construction du barrage pour laisser s’éçôulerj l’eau de la rivière retenue par un batardeau. A l’heure actuelle, on a bouché ces deux souterrains en amont du point de déversement ; toutefois, on a installé dans l’un d’eux deux grosses conduites de vidange que des vannes commandent à l’aval et qu’on peut ouvrir, le cas échéant, soit pour mettre le bassin à sec, soit pour faciliter l’évacuation de la nappe liquide.au moment des crues.
- Visitons maintenant pour terminer Ynsine hydroélectrique (fig. 12), qu’on a édifiée au pied du barrage, comme nous le notions chdessus. On y a ins.
- Fig. 12. — L'usine hydroélectrique édifiée au pied du barrage. Elle contient 5 alternateurs de ia5oo kilowatts mus par des turbines de i5ooo ch à axe vertical.
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- LES HAUTES COMPRESSIONS DANS LES MOTEURS A EXPLOSION
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- tallé 5 turbines à axe vertical de 15 000 chevaux et deux petites turbines excitatrices ; les premières pèsent chacune 55 tonnes et, à la vitesse de 250 tours par minute, débitent 25 mètres cubes à la seconde. Lorsque la station marchera à pleine charge, 125 mètres cubes passeront donc sous le plancher de la salle des machines. Les 5 alternateurs correspondants se trouvent installés au-dessus des turbines précédentes. Chacun d’eux mesure 6 mètres de diamètre et avec l’excitatrice qui le surmonte, pèse 143 tonnes. Ils produisent du courant à la tension de 10000 volts que des câbles souterrains amènent au poste de transformation distant de 300 mètres. Là, onze transformateurs élèvent la tension électrique les uns à 150000 volts, les autres à 90000 volts.
- Quand au fonctionnement de l’usine d’Eguzon, il a fallu l’organiser d’une façon très particulière, vu les variations du débit de la Creuse et le mode d’utilisation de l’énergie électrique produite. Cette nouvelle station hydro-électrique fut créée, en effet, pour soulager aux heures de pointes les centrales thermiques parisiennes. L’appoint quelle apportera à ces dernières, aux heures de leur grande consommation
- de courant, leur évitera l’installation de machines à vapeur supplémentaires et d’un emploi fort onéreux parce que momentané. Ainsi, d’après les renseignements fournis parle service des forces hydrauliques, l’usine d’Eguzon peut débiter 28 000 kilowatts pendant trois mois, 18 000 kilowatts pendant 6 mois ou 8000 kilowatts pendant 9 mois. Tandis qu’en limitant sa marche journalière à 12 heures, et sans consommer plus que le débit quotidien de la Creuse, on doublera au besoin les puissances précédentes en obtenant soit 56 000 kilowatts, soit 36 000 kilowatts, soit 16000 kilowatts pendant au moins 3, 6 ou 9 mois. Les 5 groupes d’Eguzon (dont un servira surtout de réserve et auquel on ajoutera peut-être un sixième groupe) permettront à la super-centrale de Gennevilliers d’économiser, chaque année 100 à 150000 tonnes de combustible.
- Ainsi l’énergie électrique, produite par une petite rivière torrentueuse issue du Massif Central, viendra bientôt faciliter la marche des trains sur les principales lignes du réseau d’Orléans !
- Jacques Boyeh.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1926.
- La stratigraphie du massif du Pilât. — L’étude conduite par M. A. Demay confirme les conclusions pétrogra-phiques pour la genèse des gneiss granulitiques qui comprennent trois zones de gneiss œillé et deux zones principales de gneiss à mica noir, ainsi que les produits de leur transformation par le métamorphisme granuli-tique. Au-dessus du gneiss œillé inférieur et des gneiss feuilletés de Pouyardière, on observe un faciès analogue à celui du gneiss granitoïde de base et les résultats acquis par M. Demay permettent de discuter le mouvement relatif des différents termes et semblent dorénavant acquis, quelle que soit la solution admise du point de vue de la tectonioue.
- Les orangés et les rouges d’uranium. — Les nouvelles analyses de MM. Auger et Longinescu confirment leurs premiers résultats; il s’agit là de sels amorphes provenant d’un acide thiouranique U301GS2HG ou U10 O31 S4 1110. Cet acide joue le rôle d’anion pentavalent pour les rouges de potassium et d’ammonium et celui d’anion tétravalent pour les orangés correspondants et le rouge de baryum. Au contact des acides, ces sels donnent les sels d’uranvle et l’hydrogène sulfuré ; les carbonates CO3K2 et CÔ3Na2 les dissolvent difficilement en formant les uranylcarbonates solubles.
- Paul B.
- J LES HAUTES COMPRESSIONS DANS LES MOTEURS A EXPLOSION
- La question de l'économie du combustible dans les moteurs à explosion est plus (que jamais à l'ordre du jour. On sait que le rendement d'un moteur à explosion s'améliore quand la compression est augmentée. Mais on est limité dans cette voie par les phénomènes d'auto-détonation. Les taux de compressions actuellement pratiqués varient entre 4 et 5,2. L'emploi des substances dites antidétonantes mélangées au combustible en proportions très faibles permet, pour les carbures d'hydrogène usuels, de reculer ces limites. Ces substances jirésentent donc un grand intérêt. La plus connue est le plomb tétraéthyl, malheureusement très toxique.
- M. P. Dumanois a étudié d'une façon approfondie les anlidétonants ainsi que le mécanisme
- de leur action. Il a été ainsi amené à imaginer des moyens purement physiques conduisant aux mêmes résultats que l'emploi des anlidétonants.
- Les derniers travaux de M. Dumanois ont fait l'objet de deux récentes notes, à l'Académie des Sciences, dont nous reproduisons ici la première, réservant la seconde pour le numéro suivant.
- Sur la possibilité de réaliser des hautes compressions sans anti-détonants. — Les
- travaux de Bcrthelot et Vieille ont montré que l’onde explosive qui se produit dans la combustion de mélanges gazeux, et à laquelle doit être attribué le phénomène de détonation dans les moteurs à combustion interne, résultait de la coïncidence dans le temps et dans l’espace d’un phéno-
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- LES HAUTES COMPRESSIONS DANS LES MOTEURS A EXPLOSION
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- mène physique : une compression adiabatique très rapide, et d’un phénomène chimique qui est la combustion qui en résulte.
- Nous avons précédemment émis l’hypothèse que le rôle des antidétonants consiste dans un freinage de la vitesse d’inflammation, autrement dit que les anlidétonants interviennent pour détruire la coïncidence nécessaire à l’onde explosive en agissant sur le phénomène chimique : leur action ayant pour effet non de modifier la température d’allumage, mais d'augmenter, une fois cette température atteinte, le temps nécessaire pour le produire. Celte
- aux expériences ayant fait l’objet de notre communication du 0 juillet 1925. L’allumage ayant lieu latéralement, nous avons disposé, à partir du point d’allumage sur la longueur du piston 4 gradins ayant 16 millimètres de long et 5 m/m 5 de différence de niveau de façon à réaliser une compression volumétrique de 6,7. Le combustible employé a été, comme dans les essais antérieurs avec un anti-détonant, constitué par un mélange de 7 7 pour 100 d’essence et 25 pour 100 de pétrole lampant.
- Dans ces conditions, nous avons retrouvé sensiblement les mêmes résultats que ceux précédem-
- Fig. i. — A gauche : un piston normal pour compression de 4,6. A droite : le piston à gradins de M. P. Dumanois pour compression 6, 7.
- hypothèse nous parait entièrement confirmée par les théories de MM. Moureu et Dufraisse sur les anti-oxydants.
- Mais il est tout aussi logique de chercher à agir sur le phénomène physique proprement dit, c’est-à-dire : de créer dans le sens de la propagation de la flamme, à l’intérieur de la chambre à combustion des discontinuités de section telles que lorsque l’inflammation arrive à leur niveau il se produise une détente brutale qui détruise Fonde explosive si elle a pris naissance.
- On peut réaliser simplement ces augmentations de section en pratiquant sur la surface du piston, à partir du point d’allumage et dans le sens de la propagation de l’inflammation une série de gradins qui donnent des augmentations locales de section instantanées. Nous avons ainsi transformé un moteur identique à celui de la voiture qui avait servi
- ment obtenus avec le plomb tétra-éthyl : à savoir une vitesse maximum en palier de 99 km à l’heure et une consommation de 11 litres 5 aux 100 km avec la disparition complète de la détonation.
- La détonation étant ainsi supprimée, la limite de compression à laquelle on est pratiquement conduit est alors celle résultant d’un allumage prématuré par point chaud produit, en particulier, par les électrodes de certaines bougies à la compression de 6,7.
- Il résulte donc de ces expériences qu’il est parfaitement possible d’éliminer le phénomène de détonation, sans l’emploi d’anti-détonants, uniquement par des procédés physiques, faciles à appliquer dans la construction d’un moteur, et d’obtenir comme limite pratique de compression, celle qui résulte de la présence de points à température élevée à l’intérieur de la chambre à combustion.
- (A suivre.) P. Dumanois.
- Le Gérant • P. Masson. — Imprimerie Laiiche, 9, rue de Fleuras, Paris. — 1926.
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- N" ~2727 10 Juillet 1926
- LA NATURE
- L° METO
- SOMMAIRE :
- Instincts et mœurs des tortues de mer : V. Forbill.
- Les hautes compressions dans les moteurs à explosion : P. Dumanois.
- Moteurs d'avions à refroidissement par l’air ou par l'eau : Jean-Abel LefrailC. Enquête sur l'orientation du pigeon voyageur : D1 A. Rochoil-Duvigneaud et E. Rabaud.
- Acade'mie des Sciences : Paul B.
- L’ammoniac synthe'tique des fours à coke et le procédé Claude : A. Trollei*.
- SUPPLEMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
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- LA NATURE. — N° -2727. ........ '---- 10 JUILLET 1926
- INSTINCTS ET MŒURS DES TORTUES DE MER
- On englobe sous le nom de Chélonées les nombreuses espèces de tortues qui peuplent les mers chaudes, et dont plusieurs atteignent des dimensions gigantesques qui vont jusqu’à deux mètres de longueur. Les unes sont carnivores et se nourrissent de poissons et de mollusques; les autres ne s’alimentent que de matières végétales marines. Il en est qui s’éloignent peu du rivage, alors que d’autres sont rencontrées en plein océan. Mais, quelles que soient leurs mœurs, elles ont en commun une étrange habitude : les femelles reviennent chaque année pondre leurs œufs sur la même plage, où peut-être elles naquirent elles-mêmes, et c’est la seule occasion qu’elles aient, dans leur existence essentiellement marine, de prendre contact avec la terre.
- Pour être plus précis, nous dirons que les mâles ne sortent jamais de l’eau, et que, seules, les femelles la quittent pour une nuit, le temps de creuser leur nid et d’y déposer leurs œufs. C’est du moins, I ce que nous enseignaient toutes les observations > recueillies jusqu’en ces derniers temps. Une exception a été signalée il y a deux ou trois mois par un naturaliste américain qui, dans une lettre publiée par le Bulletin de la Société Zoologique de New-York, affirme avoir vu des tortues marines mâles se reposant en plein jour sur le rivage de l’île Laisan (Archipel des Hawaï).
- Les photographies que nous publions nous ont été communiquées par M. E.-J. Stuart, l’auteur de A Land of Opporlunitietrès intéressant ouvrage consacré à ses explorations dans l’Australie septentrionale, et qui contient notamment plusieurs pages où le distingué voyageur a consigné ses observations sur les gigantesques tortues de mer qui fréquentent le littoral, à peu près inhabité, de cette partie de
- Big. 2.
- La fuite du, nid après Véclosion.
- 54* Année. — 2* Semestre-
- Big. i. — Un nid de tortues débàrrassè du sable qui le recouvrait.
- l’ile-continent. Ces notes vont nous permettre de décrire les mœurs de ces reptiles.
- Ils arrivent du large avec la marée montante, mais ne s’aventurent hors de l’eau qu’aux approches de la nuit. Il semble que, dans l’intervalle, ils fassent choix du point du rivage le plus rapproché en ligne droite de l’endroit qui se prête le mieux à l’établissement de leurs nids. Par quels signes se laissent-ils guider? Peut-être étudient-ils de loin le terrain en dressant la tête au-dessus de l’eau; peut-être reviennent-ils chaque année au même endroit.
- Quoiqu’il en soit, les tortues (toujours des femelles comme nous l’avons dit) atterrissent à la nuit tombante, traversent la plage eri ligne droite, et ne s’arrêtent que sur le terrain qui n'a pas été atteint par la marée montante. Elles se hâtent de creuser un trou en se servant Autant de la tête que des pattes (devenues des nageoires tout en conservant deux ou trois griffes atrophiées), y déposent leurs œufs, dont le nombre paraît varier entre quarante, et cinquante (fig. 1), puis ramènent le sable, et nivellent soigneusement le sol en passant et repassant leurs nageoires sur le dessus de la cachette. Cette besogne maternelle a pris la majeure partie de la nuit. Enfin, satisfaite d’avoir accompli son devoir, la tortue regagne la mer par le même chemin, en se reposant sur le soleil du soin de couver sa progéniture.
- Et le soleil se montre digne d’une telle confiance ! Après un délai de plusieurs semaines, les œufs éclosent, et les nouveau-nés ne s’attardent pas dans lé tombeau natal.M. E.-J. Stuart eut la mne fortune de voir plusieurs fois une sortie î <• couvée, et d’en prendre des photographies (fig. 2). Douées d’une activité prodigieuse dès l’éclosion, les petites tortues se frayent un chemin à travers le sable, épais de 25 à 30 centimètres, qui les recouvre, et se
- 2 — 17.
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- 18 - --: INSTINCTS ET MŒURS DES TORTUES DE MER
- Fig. 3. — Le parc aux tortues où elles furent rasse/ntucs, retournées sur le dos.
- précipitent dans la direction de la mer. A la vérité, il en est qui hésitent sur l'orientation ; mais l’instinct leur révèle aussitôt leur erreur, et toute la bande s’achemine vers le rivage, aussi rapidement que le permet leur marche quasi rampante.
- Hélas I Beaucoup ne reverront pas leur élément naturel, car la sortie du nid est guettée par des mouettes rapaces, qui en font un grand carnage. M. Stuart estime que ces oiseaux dévorent une bonne moitié de la bande. Les survivantes n’ont pas toujours le temps de se féliciter d’avoir échappé aux becs meurtriers, surveillées qu’elles sont par les requins, qui prélèvent à leur tour un lourd tribut. L’exploraîeur put compter une quarantaine de jeunes tortues dans l’estomac d’un de ces squales,
- qui pullulent à peu de distance du littoral.
- Séjournant à 1 île Lacrosse, M. Stuart, qui cherchait le beau fdm cinématographique, l’obtint en recourant à un procédé aussi humain qu’ingénieux. Vers minuit, il débarquait ses auxiliaires indigènes sur une plage fréquentée par les chélo-nées, en leur donnant pour instructions de parcourir sans bruit les terrains de ponte, et de retourner sur le dos toutes les tortues qu’ils rencontreraient.
- « Aux premières lueurs de l’aube, écrit-il, la place nous apparut parsemée, dans toute son étendue, de tortues qui s’entouraient de tourbillons de sable, en leurs vains efforts pour se remettre d’aplomb. Tout le per-
- Fig. 4. — La course a la mci\
- sonnel du Lord descendit à terre, et notre premier soin fut d’édifier • une clôture avec du bois flotté (fîg. 3)i
- « Lorsque l’enclos fut terminé, nous y enfermâmes les captives en les traînant sur le dos à travers l’étendue de sable, ce qui ne fut pas une mince besogne, car elles étaient éparpillées dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. La tâche nous prit une demi-journée. J’estimai que notre butin d’une centaine de tortues devait peser de 12 à 13 tonnes, la plus petite pesant approximativement une centaine de kilos.
- « J’avais d’abord supposé que la clôture, haute d’un mètre, serait, suffisante pour retenir les prisonnières, meme après qu’elles auraient été re-
- Fig. 5. — L'arrivée à l eau.
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- INSTINCT'S ET MŒURS DES TORTUES DE MER ===== 19
- tournées sur leur plastron. Mais, dans leurs efforts désespérés, elles finissaient par grimper les unes sur les autres, et plusieurs réussirent de cette façon à franchir la barrière, et à s’enfuir avant le moment que j’avais fixé.
- « Enfin, la mer s’étant retirée à bonne distance en découvrant une grande étendue de plage, l’appareil de prise de vues fut installé à l’endroit convenable, et une portion de la clôture fut abattue. Les grands reptiles n’en demandaient pas davantage, et ils se hâtèrent vers la mer, leur fuite nous offrant l’occasion de prendre des films et des clichés probablement uniques au monde... » (fig. 4 et 5).
- M. Stuart tint à reconstituer, autant que les circonstances le permettaient, le fameux exploit de Louis de Rougemont.
- Nous rafraîchirons la mémoire de nos lecteurs en rappelant que ce Français, intrépide, coureur d’aventures, fit naufrage dans ces régions inexplorées, il y a une trentaine d’années.
- Prisonnier des indigènes cannibales, il réussit à s’évader en chevauchant une de ces chélonées, fut recueilli en mer par un navire, et vint échouer finalement à Londres, où un magazine le rendit célèbre du jour au lendemain en publiant le récit de ses aventures.
- Si ses relations amusèrent follement la jeunesse, les journaux le traitèrent d’imposteur, surtout à cause de son histoire de tortue.
- Piqué au vif, de Rougemont, devenu un respectable sexagénaire, offrit de fournir une preuve de sa véracité.
- L’expérience prit place (vers 1906, si nous avons bonne mémoire) dans une piscine londonienne, avec la collaboration d’une chélonéc de taille moyenne prêtée par une ménagerie, et qui supporta facilement le poids du vieillard. Mais tout ce qu’il obtint fut delà maintenir en surface et de l’empêcher de plonger en pesant de tout son corps sur la partie postérieure de la carapace. Il ne réussit pas, comité il l’avait raconté dans ses récits, à imposer une direction à son étrange monture.
- L’indigène que M. Stuart fit monter sur une
- tortue fut emporté assez rapidement à travers la plage (fig. 6). Mais, quand il se vit entraîner dans l’eau, il refusa, après quelques brasses, de poursuivre plus loin l’expérience, par peur de$ requins.
- Plusieurs espèces de chélonées géantes fréquentent les mêmes parages, la greenbacli (dos vert) (Chelo-nia myclas), dont la chair est particulièrement réputée; hawk's bill (bec de faucon) (Eretmochelys imbricala), dont l’écaille a une grande valeur commerciale; loggerhead (lourdaud) (Caretta careita), qui est l’espèce représentée sur tou Les les photographies rapportées par M. Stuart.
- Toutes ces tortues sont très combatives. Quand elles se prennent de querelle, elles s'arrachent mutuellement de gros lambeaux de peau et de chair, prouvant ainsi la force terrifique de leurs mâchoires.
- La branche verte dont un indigène se servait pour taquiner une tortue fut mordue si fortement par elle qu’il put la tramer sur le sable pendant une cinquantaine de mètres.
- Les négroïdes australiens sont friands de la chair de ces reptiles, qu’ils font cuire dans la carapace retournée, après avoir défoncé le plastron. La chair nage bientôt dans une graisse épaisse., dont ils avalent des quantilés. Les œufs de ces tortues jouent un rôle important dans l’alimentation des tribus du littoral ; mais les nids, adroitement nivelés par les femelles aussitôt après la ponte, sont difficiles à trouver, quand la marée a effacé les sillons qu’elles ont tracés sur le sable, dans leurs allées et venues. Pour les découvrir, les indigènes se servent d’une longue baguette, dont ils sondent le sable, et dont ils examinent la pointe, qui se colore de jaune si elle rencontre des œufs sous le sable.
- Les grandes chélonées abondent dans la Mer des Antilles. Assez fréquemment, les vapeurs en rencontrent endormies à la surface, et l’on voit souvent leurs énormes carcasses figurer à l’étal des bouchers, dans les ports de Cuba, d'Haïti et de la Jamaïque.
- Y. Foiibik.
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- LES HAUTES COMPRESSIONS DANS
- Nous publions ci-dessous là' deuxième noie de de M. P. Dumanois à l'Académie des Sciences, note que nous annoncions dans notre précédent numéro.
- Sur l’effet retardateur d’inflammation produit par les corps dits « antidétonants ». — Nous avons émis l'hypothèse que les anlidétonants intervenaient pour détruire l’onde explosive en agissant pour augmenter le temps necessaire à obtenir l’allumage spontané, pour une température donnée, supérieure à la température minimum à laquelle l’allumage spontané est possible.
- On pourrait expliquer aussi bien leur rôle en supposant qu’ils agissent en augmentant la température nécessaire à l’allumage spontané.
- Si nous avons adopté la première hypothèse, c’est qu’elle nous parait plus logique : étant donné la proportion infime d’anlidétonant nécessaire pour éteindre l'onde explosive (de l’ordre de 1/1000e en volume), il paraît plus rationnel d’admetlre que 1‘antidétonant intervient pour modilîer d'une façon infiniment petite, inférieure au l/200e de seconde, le temps nécessaire à l’allumage, plutôt que d’agir, en relevant d’une quantité finie la valeur de la température minimum nécessaire à l’allumage spontané. Les expériences de M. André Pignot semblent confirmer d’ailleurs notre manière de voir en montrant que l’action des antidétonants n’a qu’une influence négligeable sur la valeur des températures d'inflammation.
- Quelle que soit d’ailleurs l’hypothèse faite, elle nous conduit à attribuer aux antidétonants un véritable rôle de retardateur d’inflammation ; il est donc intéressant de pouvoir vérifier ce résultat par l’expérience.
- Or, nous avons indiqué, dans notre précédente communication, en date du ol mai que, en agissant par des procédés physiques, il était possible de
- LES MOTEURS A EXPLOSION (Suite)
- faire disparaître, sans anlidétonant, l’onde explosive pour une compression de 6,7, mais qu on observait pour cette même valeur de la compression, lorsque le moteur tourne à faible vitesse et plein couple, des phénomènes d’allumage prématuré produits'par des points chauds.
- Nous avions eu d’ailleurs, l’occasion, aucoursdenos expériences antérieures, de constater avec ce moteur l’apparition de.ee phénomène dès la compression 6.
- Si les antidétonants jouent le rôle de retardateurs d’allumage, leur adjonction au combustible doit intervenir pour faire disparaître dans une certaine limite l’allumage prématuré.
- Autrement dit, l’allumage prématuré sans anti-détonant se produirait avec un décalage de temps tl en avance sur l’allumage normal, mais l’anli-détonant retarde cet allumage prématuré du temps tv Si 1.2 est supérieur à G l’antidétonant fait disparaître l’allumage prématuré.
- L’expérience faite avec l/l000e de plomb tétra-éthyl a entièrement confirmé cette hypothèse.
- Toutes choses égales, l'allumage prématuré par point chaud est diminué de façon perceptible pour la compression 6,7. Il semble donc que le nom « antidétonants » attribué jusqu’ici aux corps uLilisés pour éteindre l’onde explosive est impropre et résulte d’une confusion entre l’effet et la cause et qu’il paraît plus logique de les appeler retardateurs d’allumage.
- Il résulte, des considérations ci-dessus que, une fois l’onde explosive éteinte, pour reculer la limite pratique de compression dont la limite idéale est celle produisant l’allumage par compression adiabatique, on peut, à défaut des procédés mécaniques consistant à améliorer le refroidissement des points chauds, qui seuls donneront la solution rationnelle du problème, atténuer légèrement les effets de l’allumage prématuré en mélangeant au combustible un corps retardateur d’allumage. P. Dumanois.
- MOTEURS D’AVIONS A REFROIDISSEMENT PAR L’AIR OU PAR L’EAU
- Comparaison financière
- Au cours de notre article précédent (n° 2/16), nous avons établi la comparaison technique entre les moteurs à air et les moteurs à.eau. Etant donné 1 importance capitale que présente pour 1 aviation marchande, au point de vue financier, le choix du matériel utilisé sur les lignes aériennes, nous allons tenter d’en chiffrer les eonséquénees.
- Nous considérerons une période de mille heures de vol dans une compagnie de navigation aérienne. Cette durée de marche qui correspond à un parcours d’environ 160000 km a été atteinte par plusieurs moteurs Lorraine-Dietnch 400. ch sur le réseau de Paris à Constantinople.
- entre les deux formules.
- C'est ce moteur 400 ch Lorraine, le meilleur moteur à eau français de cette puissance, que nous comparerons avec le seul moteur à air de puissance comparable et construit en France, le 400 ch Jupiter, Gnome et Rhône.
- Nous ne pouvons évidemment avoir la prétention d’apporter ici des chiffres rigoureusement exacts, notre expérience de cinq années est bien courte, peu de moteurs ont atteint 1000 heures, trop d’éléments nous échappent parce que à peine pondérables et peu chiffrables, d’autres éléments enfin ne sont pas comparables entre eux. Nos chiffres doivent donc être plutôt considérés comme des ordres de grandeur.
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- MOTEURS D’AVIONS A REFROIDISSEMENT PAR L’AIR OU PAR L’EAU
- 21
- Nous admettrons que les deux moteurs sont d’une endurance similaire entre leurs grandes révisions. L’expérience que nous avons des moteurs à air est, en effet, trop récente pour que nous puissions accepter d’emblée les remarquables chiffres d’endurance obtenus par ces moteurs au cours de l’expérimentation des « Jupiter » par la Compagnie hollandaise KLM.
- Si, en elï'et, ces chiffres étaient acceptés, ils attribueraient une telle supériorité aux moteurs à air que toute autre comparaison deviendrait parfaitement inutile.
- Alors, en effet, que la Compagnie CIPNA obtient une endurance normale entre révisions de 100 à 120 heures de marche, suivant les longueurs des sections, avec ses Lorraine 400 eh, ce qui est déjà un résultat tout à fait remarquable et inégalé pour ces moteurs jusqu’à ce jour, la Compagnie KLM atteindrait plus de 200 heures avec ses « Jupiter ».
- Pour nos calculs, nous nous en tiendrons à 100 heures en moyenne.
- Prix d’achat. — Nous tablerons sur les prix officiellement fixés par l’armée.
- Le prix normal d’a-r chat du Lorraine 400 ch est de 80 000 fr, auquel il faut logiquement ajouter la valeur du dispositif de refroidissement par eau, c’est-à-dire des radiateurs, 2600 francs et des tuyauteries, joints et accessoires divers 250 fr., soit au total 83000 fr.
- Le prix normal d’achat du Jupiter est actuellement de 104000 fr. tout compris, y compris le montant de la licence que le constructeur français doit verser à l’inventeur anglais. Cette licence est peut-être de 5000 à 10000 fr. paronoteur fabriqué, ce qui rendrait plus explicable 1mhaut prix actuel de ce moteur qui devrait valoir mpins que le Lorraine, comportant moins de pièces et pour la plupart des pièces moins complexes.
- Tout compte fait d’ailleurs, nous verrons que la valeur d’achat n’intervient que légèrement sur le prix de revient total des 1000 heures considérées.
- Grandes révisions. -— Ces moteurs d’aviation à très haut rendement massique, de l’ordre de 0,91 kg au ch pour le Jupiter complet et de
- 1,47 kg par ch pour le Lorraine complet avec berceau, sont extrêmement délicats et fragiles. *
- Non seulement, il faut les visiter soigneusement avant et après chaque vol sous forme de révisions dites « de piste », mais surtout, après un certain nombre d’heures de marche, il faut les démonter entièrement pour examen, réparations et même changements de certaines pièces qui s’usent vite.
- Ces grandes révisions, avec certains moteurs construits spécialement pour atteindre de hautes performances (avions de chasse ou de course) doivent se faire toutes les 55 ou 40 heures! c’est-à-dire après 8 à 10 000 km de parcours!
- Pour les Lorraine 400 CY. qui nous intéressent ici, nous compterons 100 heures; chiffre moyen sur les sections de 5 à 600 km de longueur. Pour les petites, sections de 3 à 400 km (Prague, Vienne) l’endurance atteint d’ailleurs 120 heures, soit un parcours de 17 000 km entre révisions.
- Pour 1000 heures de vol, nous compterons donc 10 révisions.
- La révision proprement dite, abstraction faite des pièces de remplacement, revient en moyenne à 2200 fr. pour le Lorraine.
- Il est assez difficile d’éyaluer la valeur des pièces remplacées pendant ces 10 révisions; cependant d’après les moyennes établies pendant 5 ans sur plus de 100 moteurs Lorraine, on constate que, au cours des 1000 heures de vol, il faut remplacer les pièces suivantes : 1 jeu complet de cylindres, 2 vilebrequins 1/2, 10 jeux de coussinets, 1 jeu de roulements à billes, 2 jeux de-piston, 1 jeu d’arbres à cames, 7 jeux de soupapes, soit pour une valeur moyenne de 58 000 francs.
- Aucun moteur Jupiter n’ayant jusqu’ici effectué ces 1000 heures, on ne peut procéder à la même évaluation que d’une façon.assez arbitraire. Toutefois, en raisonnant par analogie, nous arrivons au total de 61 800 francs.
- Révisions de piste. — Par contre, les révisions de pistes doivent être faites à chaque, étape, donc tous les 400 km environ, elles sont moins longues et moins onéreuses pour un moteur à air que pour un moteur à eau, en raison de la simplicité et des faci-
- Fig. i, — Vue d'un cylindre de moteur Jupiter refroidi à l'air.
- Le cylindre et ses ailettes sont en acier d'une seule pièce, i Puissance par cylindre : 5o ch.
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- MOTEURS D’AVIONS A REFROIDISSEMENT PAR L’AIR OU PAR L’EAU
- Fig. 2. — Tôle d’un cylindre de moteur Jupiter 400 ch montrant les 4 soupapes et les culbuteurs.
- lités d'accès du premier. Les redisions, avec un moteur Lorraine, durent 12 heures et 8 heures seulement avec un Jupiter.
- Mille heures de fonctionnement exigent un mini-mum de 400 révisions de piste dont le prix de revient pour le Lorraine ressort à 19200 fr., poulie Jupiter à 12 800 francs.
- Au cours de 1000 heures de vol, il faut changer 10 fois le moteur pour le remplacer par un moteur révisé; la simplicité du moteur à air entraîne ici encore un léger avantage en sa faveur : l’opération n’exige en effet que 5 heures de travail pour deux hommes au lieu de 12 heures.
- Rechanges. =—Pour être à l’abri des incidents, les compagnies de navigation doivent échelonner, le long de leurs lignes, lorsqu’elles s’éloignent deleurs bases, des dépôts de pièces de rechange qui représentent une immobilisation importante de capitaux. La simplification du moteur à air allège ces dépôts et représente encore une économie sérieuse.
- Consommation de combustible.
- — Sur ce terrain, les deux écoles s’affrontent vivement. Les partisans des moteurs à eau assurent que ceux-ci consomment moins de combustibles que les moteurs à air. Cependant les essais comparatifs qui ont été effectués font simplement ressortir l’égalité à cet égard des deux types de moteurs considérés.
- Pour l’un, comme pour l’autre, nous admettrons donc une consommation moyenne de 90 litres d’essence à l’heure et une consommation de 7 litres d’huile, qui, aux cours
- actuels, représentent une dépense de 256 fr. par heure, soit 256 000 fr. — pour 1000 heures.
- /j Securité. — À robustesse égale,
- / ; les moteurs à air, sont à l’abri de
- toutes pannes provenant des dispositifs de refroidissement. Or, ces causes de pannes ne sont pas négligeables ; on a eu l'occasion de le constater une fois de plus pendant le dernier concours des hydravions' de Saint-Raphaël, ce genre de panne s’étant multiplié jusqu’à entraîner des catastrophes.
- Nous pourrions aussi noter que les moteurs à eau présentent de bien graves défauts lorsqu’il s’agit de voler en plein hiver et par grand froid. Tous les anciens aviateurs de guerre se souviennent des difficultés inouïes qu’éprouvèrent les unités d’aviation pour accomplir leurs missions pendant le rude hiver de 1917.
- Personnellement, nous ne pouvons oublier les difficultés presque insurmontables, que nous avons subies l’année dernière lors de notre voyage aérien jusqu’à Moscou en plein hiver.
- Notre mission a frôlé plusieurs fois l’échec lamentable par suite des multiples avaries causées par le gel à nos moteurs.
- Avant chaque départ de nos différentes escales en Pologne ou en Russie, nous devions faire bouillir, dans la neigé et avec des moyens de fortune, les 127 litres d’eau nécessaires aux trois moteurs à eau de notre avion; faire bouillir simultanément les l50 litres d’huile; réchauffer toutes les tuyauteries
- Fig. 3. — Vilebrequin à un seul maneton et 9 bielles du moteur Jupiter 400 ch.
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- MOTEURS D’AVIONS A REFROIDISSEMENT PAR L’AIR OU PAR L’EAU
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- d’eau avec des lampes à souder, etc. L’un de nos moteurs s’est complètement gelé entre le moment où l’eau bouillante lui avait été versée et le moment où il avait pu démarrer, entraînant des avaries que, par une chance inouïe, nous avons pu réparer en une nuit de travail grâce à des feux allumés sous les moteurs de l’avion U
- Des difficultés aussi graves sont produites sur les moteurs à eau parles hautes températures des pays chauds. Notre aviation militaire a eu l’occasion de s'en apercevoir au Maroc.
- 11 est certain qu’il existe pour les moteurs à eau
- non comprises les dépenses diverses d’exploitation.
- La différence de prix de revient est donc peu sensible entre les deux formules, elle le serait toutefois certainement plus si l’on tenait compte de ce que le moteur à air est garanti dès maintenant par son constructeur pour une durée minima de 150 heures entre ses révisions d’atelier.
- Rendement commercial. — Mais pour un avion semblable et pour des caractéristiques sensiblement égales, le moteur à air permet d’enlever, étant donné son économie de poids, une charge d’environ 200 kg de plus que le moteur à eau.‘
- Fig. 4. — Avion de chasse anglais muni d’un moteur Jupiter 400 ch.
- Les cylindres sont entièrement enveloppés par des chemises en tôle dont un petit volet seulement peut s'ouvrir, ainsi qu’on le voit sur les deux cylindres inferieurs.
- des palliatifs aussi bien contre les grands froids que contre les grandes chaleurs, toutefois, leur application rend encore plus complexes ces types de moteurs.
- Récapitulons les dépenses normales entraînées par 1000 heures de fonctionnement.
- • Lorraine 400 ch • Jupiter 400 ch
- Achat ....... 85.000 104.000
- 10 grandes révisions. . 22.000 10.000
- Révisions de pistes . . > 19.200 1-2.800
- 10 changements. . . 1.200 500
- Rem placement de pièces. 58.000 61.800
- Stock de rechanges-. . Consommation combus- 12.000 9.000
- tibles 256.000 256.000
- Dépenses totales pour le Lorraine. 451.400 fr.
- Dépenses totales pour le Jupiter. 454.100 fr.
- Ces 200 kg disponibles pour le fret assurent donc des recettes supplémentaires.
- Pour 1000 heures de vol à 160 km à l’heure de moyenne, c’est un tonnage supplémentaire de 52000000 kilos-kilomètres.
- Au prix de 0,10 fr. par kilo-kilomètre, taux de la ligne Paris-Londres, on voit que l’avion avec moteur à air pourra rapporter à son affréteur une recette supplémentaire de 5 200 000 fr. pour ses 1000 heures de vol.
- Ce seul résultat est formidable et suffit à faire pencher sans discussions la balance en faveur du moteur à air.
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- Malgré le caractère quelque peu approximatif de nos évaluations, fondées toutefois sur des comptes
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- réels d’exploitation, nous pouvons donc conclure avec certitude actuellement, qu'à robustesse égale, les formules de moteurs à air des types Gnome et Rhône, Salmson, Siddeley-Armstrong, Curtiss, Wright, etc., sont plus avantageuses pour l’aviation.que les formules actuelles de moteurs à eau.
- Nous n'en pouvons que regretter plus vivement la déplorable politique suivie par notre aéronautique depuis plusieurs années, qui consiste à proclamer systématiquement, même contre l’évidence, la supériorité a priori de. notre production aéronautique, puisque, en fait de moteurs, notre armée, notre marine et notre aviation marchande sont
- devenues, pour une importante partie, tributaires des bureaux d’études étrangers.
- Certes, le dernier mot n’est pas dit en cette matière ; si temporairement les formules de moteurs à eau paraissent éclipsées, il se peut fort bien qu’elles prennent leur revanche ; ce retour de faveur serait possible si, comme le promettent certains constructeurs de moteurs à eau, de prochains perfectionnements permettent de porter leur durée de fonctionnement entre révisions à 500 heures et de 1 eur donner une sécurité de fonctionnement analogue à celle des moteurs d’autoriiobiles.
- Ce jour-là, nous referons notre bilan économique.
- Jean-àbf.l Lefranc.
- ENQUETE SUR L’ORIENTATION DU PIGEON VOYAGEUR
- ET sÙn MÉCANISME
- La première partie de cette enquête a paru ici même dans le numéro du 14 avril 1923.
- Elle avait pour origine — au cours d’une étude sur la vision des oiseaux — l’impossibilité d’expliquer par la vue l’orientation à des centaines de kilomètres, telle qu’on la décrit, principalement à propos du pigeon voyageur. D’autre part, l'orientation « magnétique » de ces oiseaux nous paraissait insuffisamment établie. La question était donc à la fois énigmatique et d’un puissant intérêt.
- Mais n’ayant aucune expérience personnelle des P. V., ni aucune connaissance approfondie des phénomènes électro-magnétiques, nous avons dû recourir à la science et à l’obligeance d’autrui.
- Un colombophile des plus autorisés, M. L. Palliez (de Lille) a bien voulu résumer pour nous les faits essentiels de, l’orientation du P. V. Nos lecteurs pourront les retrouver dans le numéro précité.
- D’autre part, M. Ch. Maurain eut l’obligeance d’écrire le chapitre nécessaire sur les propriétés magnétiques et électriques terrestres et la faculté (Vorientation du pigeon voyageur (').(De sa lecture, on garde l’impression qu’une sensibilité particulière du pigeon aux phénomènes électromagnétiques ne parait pas démontrée. , A
- Tout le monde, du reste, considérait l'orientation aux distances extra-visuelles comme une énigme non résolue. Aussi convenait-il dé solliciter, sans restriction aucune, les renseignements de toute personne s’intéressant à l’orientation dés animaux. ' . ”. •
- Tel était le but de notre enquête dont la diffusion, au delà même des lecteurs de La Nature, fut assurée,par l’intérêt que lui portèrent plusieurs Journaux. Dans le Journal, M. Lucien Chassaigne en donna une relation fort intéressante. Une publication in extenso parut dans la France colombophile des 2 et 9 mai 1923. - Un Journal colombophile belge, le Martinet,h fit également connaître à ses lecteurs.
- Aussi avons-nous reçu beaucoup de réponses.
- Nous remercions ici tous nos correspondants pour l’intérêt qu’il nous ont manifesté, et aussi pour leurs suggestions utiles, leurs renseignements précieux. Loin de se borner aux P. V., beaucoup d’entre eux nous ont signalé des faits très curieux concernant l'orientation du
- 1. Voirie prochain numéro. ,
- cheval, du chien, du chat* etc... et même de l’homme' civilisé et de l’homme à l’état sauvage.
- Chose remarquable, des physiciens ont répondu à M. Maurain, des colombophiles, des chasseurs, des cavaliers, des explorateurs m’ont répondu, mais nous n’avons reçu aucune réponse émanant d’un biologiste spécialisé.
- Faut-il croire que jamais un physiologiste ne s’est intéressé à cette question éminemment physiologique? Ou, plus simplement, que les faits d’orientation tels que les décrivent les colombophiles et les autres praticiens des bêtes, n’apparaissent pas aux physiologistes comme suffisamment bien étudiés pour se prêter à l’analyse scientifique ?
- Quoi qu’il en soit, on ne trouve pas facilement un physiologiste qui soit en même temps colombophile, qui connaisse par lui-même le pigeon. D’autre part, les colombophiles ne sont pas en général suffisamment physiologistes, ce que personne ne saurait leur reprocher.
- Une pénétration réciproque des deux ordres de connaissances est donc nécessaire. Il faut que des physiologistes deviennent colombophiles, étudient par eux-mêmes le comportement des pigeons dans leur vol de retour au colombier. Il faut aussi que les colombophiles s’accoutument aux observations rigoureuses et dénuées de toute idée préconçue, qui seules nous mettent en présence de la réalité et peuvent en permettre l’interprétation.
- L’orientation, quelle que soit sa nature et son mécanisme variable suivant les espèces, est un fait physiologique, une utilisation des sensations de chaque animal. Il faut donc tout d’abord étudier les propriétés et la portée des divers sens dont il dispose. Et nous entendons par sens, non seulement les trois sens de distance (vue, ouïe, odorat), mais les^ sensibilités thermique, hygrométrique, etc...
- Ici interviennent donc les phénomènes de physique du globe, et tout ce qui peut influer sur l’être vivant par l’intermédiaire d’une sensibilité quelconque : rayons lumineux,'sons, odeurs, chaleur, humidité, pression atmosphérique, phénomènes électro-magnétiques etc...
- Tous ces éléments, l’animal les utilise dans la mesure où son organisme leur est sensible. Les notions physiologiques sont donc, en dernière analyse, nécessaires pour interpréter l’emploi que fait l’animal, dans un but d’orientation, des influences cosmiques si complexes auxquelles il esf soumis.
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- La parole est donc aux physiologistes, et si tout d'abord nous avons été déçu de ne recevoir de leur part aucune réponse, nous sommes aujourd'hui d’autant plus heureux que M. Et. Rabaud ait bien voulu se charger de prendre connaissance des réponses à l’enquête, de revoir toute la question et de la traiter ici du point de vue de la biologie comparée.
- De son côté, M. Ch. Maurain a eu l'obligeance de reprendre les questions de physique du globe qui peuvent être invoquées et de dire ce que l’on peut penser de leur utilisation par les P. Y.
- En terminant, pour ce qui me concerne, je dirai quelques mots de la vision du pigeon. Si elle ne peut intervenir directement aux distances, et dans les conditions extravisuelles (courbure de la terre, etc...) elle peut servir à l’orientation de proche en proche.
- Quels sont donc ses caractères et sa portée? La puissance visuelle des oiseaux est réelle, mais on a tendance à l’exagérer. Oiseaux de proie distinguant de 500 mètres de haut une alouette immobile, hirondelles et martinets, apercevant un moucheron à la même distance, tout cela est du domaine de la fantaisie. La fonction visuelle qui est en jeu dans ces circonstances, c’est-à-dire l’acuité visuelle proprement dite, peut être sinon mesurée exactement, du moins classée dans son ordre de grandeur par l'étude anatomique de l’œil dans chaque espèce animale.
- L’acuité visuelle est fonction de deux éléments principaux : a) le pouvoir analytique de la rétine, très variable suivant les espèces animales, b), la grandeur des images rétiniennes. On mesure le premier par la détermination microscopique du nombre des territoires indépendants sur l’unité de surface au centre de la rétine (cônes fovéaux), le second par la distance entre le point nodal de l’œil et la rétine. En plaçant approximativement le point nodal du pigeon vers le centre de son cristallin, c’est-à-dire à 8 millimètres au-devant de sa rétine, nous pouvons admettre que ses images rétiniennes ont environ le tiers (ou un peu plus) des images au fond de l’œil humain.
- Mais les cônes fovéaux du pigeon étant plus fins que ceux de l’homme, donc plus nombreux sur l’unité de surface, il en résulte que le pouvoir analytique est plus développé dans la fovéa de l’oiseau que dans celle de l’homme. Si nous ajoutons la perfection dè l’appareil optique chest l’oiseau, et la présence des boules colorées rétiniennes qui peut-être précisent les images, peut-être aussi modifient les couleurs d’une façon avantageuse pour là vision, on peut croire que ces avantages réels ou supposés donnent au pigeon, malgré la petitesse relative de ses images rétiniennes, une acuité supérieure à celle de l’homme.
- Je dois à M. Bailly-Maître (de Narbonne) une observation qui semble bien le démontrer. Il m’écrit ceci : « Je distribuais une fois par jour à mes pigeons, dans mon jardin, de menues graines, chènevis et petit millet dont ils étaient très friands : dès que je répandais ces graines ils s’empressaient de descendre de leur pigeonnier, situé au troisième étage. Si je remplaçais ces graines par du sable, ils restaient dans leurs locaux sans se laisser tromper par les mouvements que je faisais comme d’habitude pour leur distribuer le grain. Par conséquent leur œil leur permettait de distinguer le grain et le sable à une distance où notre œil ne voyait même pas ces deux substances. »
- Mais peut-être des questions de nuances intervenaient-elles. Quoi qu’il en soit, il ne peut être question chez l’oiseau d’une vision télescopique, prodigieuse... L’acuité
- visuelle sera toujours limitée par la grandeur de l’œil et la structure de la rétine, dont les éléments ne peuvent descendre au-dessous d’un certain diamètre. Les très grandes acuités se trouvent du reste non chez les oiseaux du type du pigeon, mais chez les rapaces dont l’œil peut être plus gros que celui de l’homme (aigles, gypaètes, circaètes, etc...), donc les images rétiniennes plus grandes et, de plus, analysées par des foveæ de type supérieur à celle du pigeon.
- Le champ visuel du pigeon, par suite de la situation latérale de ses yeux, est très étendu. Les deux champs monoculaires ne coïncident au-devant de l’oiseau que dans une étendue de 50° environ, tandis que derrière la tête une zone de 50 à 60° au plus reste hors de l’un et de l’autre champ monoculaire. Le pigeon a donc environ 300° de champ visuel total, tandis que l’homme n’en , a que 200. Les yeux de l’oiseau étant à peu près fixes, chacune des deux foveæ, située au centre de la rétine, regarde en dehors l’une à droite, l’autre à gauche dans une direction invariable par rapport à la ligne médiane. Nous avons déterminé chez la crécerelle la direction de ces lignes visuelles fovéales, chacune d’elles s’écarte de la ligne médiane de 28 à 30°. Chez le pigeon, l’angle est plus considérable, sans que nous puissions encore le préciser. En d’autres termes, chaque fovea chez cet oiseau regarde à droite ou à gauche à plus de 30° en dehors de la ligne médiane, chacune d’elles voyant simultanément et. indépendamment avec une grande netteté les objets placés sur sa ligne de visée. 11 en est, en effet, de ces foveæ latérales comme de nos deux mains dont nous pouvons loucher simultanément et indépendamment deux objets différents et les reconnaître.
- En résumé, deux grands champs visuels monoculaires qui lui permettent de voir presque tout autour de lui, devant lui un petit champ binoculaire de direction, dans chaque œil une fovea lui donnant simultanément à droite et à gauche une acuité probablement supérieure à celle de l’homme, tels nous paraissent être les principaux traits de la vision du pigeon, ceux du moins dontla constitution de ses yeux nous permettent de nous rendre compte.
- Cette vision n’a rien de spécial parmi les oiseaux, elle est même vraisemblablement inférieure, pour des raisons de forme de l’œil et de complexité de la rétine, à celle des oiseaux à gros yeux, notamment des corvidés et des rapaces diurnes.
- Si le pigeon a réellement des facultés d’orientation supérieures à celles de beaucoup d’autres oiseaux, ce que nous ignorons, il ne le doit certainement pas à une constitution spéciale de son œil, à des facultés visuelles plus parfaites.
- Disons en terminant "que le pigeon est un oiseau entièrement diurne, ne volant pas de son plein gré après le coucher du soleil, comme le font si bien les rapaces même diurnes, se laissant la nuit prendre à la main dans son pigeonnier, etc...
- La conformation de son œil à petite cornée, à boules rétiniennes vivement colorées, le classe également parmi les organes de vision diurne.
- Nous ne pouvons malheureusement donner aucune indication précise sur l'olfaction du pigeon, qui nous paraît peu développée, ni sur son audition, certainement excellente, ni sur le rôle que ces deux sens pourraient éventuellement jouer dans l’orientation.
- DrA. Rochon Duvigneaud .
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- ENQUETE SUR L’ORIENTATION DU PIGEON VOYAGEUR
- Les réponses reçues par M. Roclron-Duvigneaud se répartissent en k catégories principales.
- Quelques-unes émanent de personnes sans compétence -spéciale : elles sont tout à l’aise pour émettre les hypothèses les plus aventurées. Elles supposent, par exemple, que l’olfaction jouerait un rôle prépondérant dans l’orientation du pigeon, ou Lien que l’orientation dépend d’un sens mystérieux. Mais elles ne fournissent en aucun cas la moindre raison.
- D’autres réponses déplacent le problème et assimilent le phénomène de l’orientation à celui des migrations. Et même, d’une façon plus vague, elles invoquent un « instinct inné », font appel à l’intelligence, à la volonté, au courage du pigeon.
- D’autres encore rapportent des « faits » d’orientation chez divers animaux. De ces « faits », certains sont de seconde main; et quanta ceux qui résultent d’une observation personnelle, ils n’apportent aucun moyen nouveau pour aplanir les difficultés de la question.
- Un petit nombre de réponses, enfin, fournissent des indications relatives au pigeon voyageur, directement recueillies par nos correspondants. Dégagées de l’interprétation de leurs auteurs, quelques-unes de ces indications sont fort intéressantes. Deux observations s’accordent pour reconnaître l’absence de toute influence de la direction du vent sur l’orientation. Mais elle peut influer sur la distance que parcourt le pigeon. Lâché par vent arrière, celui-ci dépasse souvent sa zone d’habitat et parfois sur une longue distance. Les observateurs en tirent argument contre l’hypothèse des repères sensoriels; en vérité, le fait ainsi présenté tout nu semble comporter cette conclusion. Pourtant, ces mêmes observateurs continuent l’assertion bien connue que le brouillard et les temps sombres gênent l’orientation et égarent le pigeon.
- Trois autres observateurs donnent des indications sur les vols de nuit. Seulement, deux d’entre eux sont en condradiction avec le troisième. Les premiers affirmentque le pigeon vole d’autant mieux que la nuit est plus obscure ; ils précisent que le clair de lune est franchement défavorable, car la clarté inciterait le pigeon à tenter de se diriger en utilisant de mauvais repères qui l’induiraient en erreur. Le troisième observateur, au contraire, estime, s’appuyant sur ses expériences personnelles, que les pigeons lâchés la nuit rentrent presque tous, à la condition que la nuit soit claire. L’apparition subite d’un brouillard égare les pigeons, que l’on retrouve un peu partout, ailleurs que dans la zone du colombier.
- Enfin, un correspondant ajoute quelques précisions sur le comportement des pigeons logés dans un colombier mobile; il note, en particulier, que les déplacements perpendiculaires à la direction généralement suivie par les pigeons les déroutent bien plus que les déplacements effectués dans cette même direction.
- Dans l’ensemble, et d’une façon plus ou moins nette, nos correspondants concluent contre l’intervention de la vue dans le processus d’orientation. Et celle quasi unanimité ne laisse pas que d’impressionner au premier abord.
- * *
- Toutefois, ce qui frappe d’une manière immédiate, quand on lit la série des réponses, c’est la difficulté où semblent se trouver nombre d’observateurs d’étudier la question de l’orientation d’un point de vue objectif. De toute évidence, une idée préconçue domine les faits et les déforme au moment même où ils sont recueillis. De plus, les faits sont généralement vus d’une manière assez
- imprécise; constamment on attend, sans la trouver, une analyse exacte et détaillée.
- L’intelligence, la volonté, le courage entrent en ligne de compte, l’idée d’un sens mystérieux intervient sans réserves, ou bien c’est une hypothèse qui prend tournure d’affirmation sur le rôle .prépondérant d’un organe des sens autre que la vue.
- La plupart de nos correspondants admettent, en effet, que la vue ne joue dans l’orientation qu’un rôle accessoire, n’intervenant qu’au moment de l’arrivée. A cet égard, l’idée préconçue ressort avec force de certaines observations : tandis que leur lecture conduit à penser que l’oiseau suit les repères visuels, l’auteur conclut, sans discussion, que des repères n’ont qu’une importance médiocre et admet la perception d’ondes magnétiques ou électriques. En suivant cette méthode tout arbitraire, on ne risque point d’obtenir un résultat utile ; mais on provoque les contradictions. L’une d’elles est tout particulièrement frappante; c'est celle qui concerne les vols de nuit.
- En conséquence de ces observations plus subjectives qu’il ne convient, la queslion de l’orientation du pigeon voyageur n’est guère avancée. Certainement, la question n’est pas simple; mais, pour la résoudre, il faut se débarrasser de toute idée a priori, recueillir les faits avec toutes les circonstances qui les entourent, les analvscr dans le détail.
- Un de nos correspondants, par exemple, ramène l’orientation aux migrations. Evidemment, il n’est pas mieux renseigné sur celles-ci que sur celles-là. Or l’assimilation ne semble pas légitime. Les migrations sont liées à des influences saisonnières qui déterminent le départ ; le trajet suivi par les migrateurs dépend de ces influences et de plusieurs autres que l’on commence à connaître. Le jeune oiseau qui émigre pour la première fois suit, en général, le chemin suivi par ses parents, bien que, d’ordinaire, il parle avant eux. 11 ne connaît donc pas la région vers laquelle il vole èt, s’il y aboutit, il ne peut être guidé par les repères qui guideraient un pigeon voyageur, puisque celui-ci retourne vers une région connue de lui. L’ensemble des conditions des migrations ne se superpose guère à celui de l’orientation.
- 11 faut prendre celle-ci en elle-même et rechercher son contenu. Ce dernier comprend, tout d’abord, l’anatomie et la physiologie du pigeon. Intelligence, volonté, courage, instinct, ce sont là des mots derrière lesquels chacun met ce qu’il lui plaît, surtout quand il parle d’animaux. Nous n’en pouvons rien tirer. Nous ne pouvons apprécier objectivement que les organes dés sens et leur valeur fonctionnelle.
- A ce point de vue, l’œil de l’oiseau est un excellent instrument qui donne des résultats très supérieurs à ceux que donne l’œil humain. Au contraire, l’organe olfactif est, anatomiquement, assez réduit, aussi bien quant à ses terminaisons périphériques que quant à sa portion encéphalique ; expérimentalement, il paraît acquis que l’oiseau utilise peu une olfaction assez obtuse. Force nous est donc d’éliminer l’odorat: et nous ne pouvons nous arrêter aux hypothèses fondées sur les odeurs qui émaneraient des diverses régions du globe. Si le pigeon était capable de reconnaître des repères olfactifs, ça ne pourrait être qu’à très courte distance.
- Sur l’ouïe du pigeon, nous n’avons pas de données absolument précises. Néanmoins, l’observation journalière permet de penser que, si ce sens n’est pas moins développé chez l’oiseau que chez l’homme, il ne saurait être l’organe du repérage à très grande distance.
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- Restent les organes tactiles, ce terme étant pris clans son sens le plus large. A leur sujet, nous sommes très mal renseignés. Tout de môme, nous pouvons examiner certaines hypothèses. Ces organes sont sensibles à des excitants très divers, mécaniques thermiques, hygrométriques, peut-être électriques. Les excitants mécaniques, en tant que perceptibles au contact immédiat, sont à éliminer quand il s’agit cTorientalion ; mais on pourrait les retenir sous la forme de courants aériens. Il faudrait alors supposer que le pigeon reconnaît des courants constants, car il semble établi, par cette enquête même, que la direction des vents n’apporte aucun trouble dans l’orientation. Au surplus, ces courants constants ne seraient-ils pas plutôt reconnus— à supposer qu’ils jouent un rôle — par leur température ou le degré de leur humidité? I/hypolhèse peut être envisagée; mais c’est à la physique du globe qu’il appartient, tout d’abord, de nous renseigner. Pour ce qui est de la perception d’exci-tanls électriques, on ne peut les retenir, après les explications fournies à leur sujet par M. Maurain.
- Que reste-t-il alors ? un sens inconnu? C’est la conclusion implicite ou explicite de plusieurs de nos correspondants. Encore faut il en trouver le siège. On a beaucoup parlé des canaux semi-circulaires. Leur disposition plus ou moins exacte suivant les 5 directions de l’espace, s’ajoutant aux faits expérimentaux, a conduit à considérer ces canaux comme en relation avec le sens de l’équilibre, et c’est comme -synonyme d’équilibration qu’est parfois employé le mot d’orientation. C’est par abus de langage que ce dernier terme a pris une signification tout autre, relativement à la propriété qu’auraient certains animaux de s’orienter par rapport à un lieu déterminé.
- En fait, les canaux semi-circulaires sont en relation immédiate avec le tonus musculaire. Chaque canal correspond à un groupe défini de muscles, de sorte que sa lésion détermine des altitudes caractéristiques. C’est à cela que semble se borner leur rôle. On comprend fort bien, d’ailleurs, que la suppression, tout au moins la diminution du tonus, entraîne des troubles moteurs marqués.
- Au surplus, si ces canaux jouent le rôle qu’on leur prête chez les pigeons voyageurs, encore faudrait-il qu’ils soient construits suivant un modèle spécial, qu’ils aient, tout au moins, des propriétés spéciales. Les faits anatomiques ne soutiennent guère pareille hypothèse. Du reste, la comparaison des hommes entre eux indique bien que la possibilité de retrouver sa route sans hésitation et avec exactitude .est une affaire individuelle, liée à certaines conditions de vie, et peut-être de culture
- intellectuelle, les plus incultes étant les plus aptes, à cet égard:
- On doit donc renoncer à donner pour siège au « sens de l’orientation » les canaux semi-circulaires.
- L’hypothèse d’un sens spécial à siège anatomique inconnu et relevant d’excitants hypothétiques nous reste seule. Libre à nous de formuler toute hypothèse qu’il nous plaît; au moins faut-il qu’elle repose sur quelque fondement : or, de toute évidence, supposer à la fois un organe et un excitant dépasse peut-être, et de beaucoup, les bornes de la rigueur scientifique.
- Finalement nous nous trouvons acculés à chercher dans la vision, dans la mémoire visuelle des lieux, le processus de l’orientation, du moins le processus initial. Sans doute, tous les faits ne paraissent pas s’accorder avec cette conclusion provisoire ; plusieurs de çes faits, même, présentent de grandes difficultés d’interprétation. Mais, pour résoudre les difficultés, il ne suffit pas d’émettre une hypothèse en l’air'; il faut pousser l’analyse en partant d’une hypothèse plausible, en utilisant la recherche directe et comparative. Peut-être trouvera-t-on que les repères visuels ne guident pas, seuls, l’animal; peut-être reconnaîtra-t-on, par exemple, que la mémoire musculaire intervient à titre secondaire; à coup sûr nous nous trouvons en présence d’un phénomène fort complexe.
- Raison de plus pour ne pas le compliquer en le déformant par des interprétations fantaisistes et par des idées préconçues. C’est cette nécessité de s’attacher à une méthode rigoureuse qui ressort, avant tout, de la présente enquête.
- L’expérimentation est certainement difficile. Le premier point est de connaître les faits et gestes des pigeons soumis à l’expérience. Affirmer a priori qu’un oiseau ignore tout des régions où on le transporte, semble souvent plutôt hardi; il faudrait être sur qu’il n’a jamais vu au delà des alentours immédiats du colombier. De plus, il convient d’éviter de généraliser des faits isolés : qu’un pigeon ait regagné son colombier après avoir été transporté à une très grande distance dans une région inconnue de lui, c’est un fait brut à retenir; mais, réduit à lui-même, il n’aulorise aucune conclusion. Celle-ci ne peut reposer que sur ungtand nombre de fails soigneusement recueillis, analysés et comparés ; dès qu’une contradiction apparaît, on doit aussitôt flairer l’intervention de conditions méconnues. Tous les procédés sont bons, pourvu qu’ils ne soient pas exclusifs, mais soient utilisés au gré des circonstances et comparativement.
- Etienne Ramait» Professeur à la Sorbouuc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril et mai 1926. '
- L’agent (le la scarlatine. — Les recherches expérimentales de MM. Ch. Nicolle, Conseil et Durand remontent à une douzaine d’années et tous les essais de reproduction de la maladie ont échoué, qu’il se soit agi d’animaux de laboratoire, de singes inférieurs et même d’hommes de bonne volonté. Aux expériences des Dick s’opposait l’école napolitaine, dirigée par Summa et qui incriminait un microcoque anaérobie spécial. Il est maintenant certain que l’agent de la maladie est bien un
- streptocoque et que la vaccination préventive s’impose, dans les conditions formulées par les Dick ou dans des conditions voisines.
- >
- La décomposition de l’eau oxygénée. — Les premières expériences de Mile Suzanne Veil indiquaient les variations magnétiques manifestées par l’hydroxyde nickeleux, en suspension dans l’eau oxygénée qui se décompose avec dégagement d’oxygène. Le nouveau tra-
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- 28 L’AMMONIAC SYNTHÉTIQUE DES
- vail présenté à l’Académie avait pour Lut de voir, si la technique opératoire restant la même, on retrouverait encore des phénomènes de ce genre avec d’autres oxydes paramagnétiques préparés à froid, Fe203 et Cr20"\ Dans chacun des cas étudiés, les phénomènes chimiques sont consécutifs à une variation magnétique de la phase solide et Mlle Yeil propose de dénommer de telles réactions magnétochimiques, pour rappeler leur double caractère.
- Les médicaments et la défense de l’organisme. — Les deux notes présentées par M. le Dr Marage montrent que des doses infinitésimales de médicaments peuvent produire, chez un organisme placé dans des conditions spéciales, des effets aussi énergiques et parfois même plus énergiques que les mêmes médicaments employés à doses pondérables. On doit rapprocher ces résultats de ceux qu’avait obtenus M. Gabriel Bertrand, sur YAspergillus niger, sensible, on le sait, à des traces infimes de manganèse (un décimilliardième). Pour le Dr Marage, avant de conclure, en clinique, à l’action d’un médicament, on doit réunir le plus grand nombre d’observations (dosages de l’albumine et du sucre dans l’urine, mesures de la température et de la tension artérielle, rythme des battements cardiaques) et encore faut-il s’adresser à des sujets ignorant la nature du produit employé et l’action que le médecin en attend.
- Le dosage de faibles quantités d’hydrogène dans les mélanges gazeux. — La méthode signalée par MM. Lebcau et Marinasse comporte l’emploi simultané d’un gèl de silice (et non d’un charbon activé) et d’une basse température. En suivant la méthode analytique décrite antérieurement par ces auteurs, on arrive le plus souvent à un mélange formé de méthane, d’hydrogène, d’azote et de gaz rares que l’on envoie dans un appareil contenant le gel, préalablement purgé de gaz à 150° dans le vide et refroidi à — 190°. On peut dans de telles conditions, considérer comme sensiblement milles les tensions de l’azote et des gaz Cil4,CO, O et Ar,
- FOURS A COKE ET LE PROCÉDÉ CLAUDE
- et seuls, l’hydrogène et l’hélium ne sont pas retenus par la silice.
- La nul) Mon chez les animaux aquatiques:— Pour contrôler les affirmations de Pii lier (la nutrition des animaux aquatiques doit se faire en majeure partie, aux dépens de la matière organique, en solution dans l’eau et provenant des animaux ou des végétaux qui y vivent), de Churchill (absorption directe par les branchies, les palpes et le manteau) et de M. Joubin (nutri-ûon aux dépens des albumines en solution dans l’eau de mer), M. Gilbert Hanson a poursuivi de longues recherches- sur le verdissement des huîtres. Elles indiquent nettement que les Mollusques, et sans doute la plupart des animaux marins, absorbent par la surface extérieure de leur corps, autant que par voie intestinale, les matières organiques en suspension dans l’eau.
- La cémentation des alliages. — Les nouveaux résultats que M. Laissus soumet à l’Académie portent sur la cémentation par le molybdène, le tungstène et le tantale sur des échantillons de cuivre électrolytique ou de laiton à 71 pour 100 de cuivre, et la cémentation par le molybdène et le tantale sur des aciers ordinaires à 0,15 C, les métaux Mo, Ta, W étant employés sous la forme de ferro-alliages (Mo 75, 86 ; Ta 29, 2(i .pour 100). Dans le cas des aciers, l’épaisseur de la zone cémentée par le molybdène est d’autant moins importante que la teneur en carbone de l’alliage traité est plus élevée ; s’il s’agit de tantale, on distingue, de l’intérieur vers l’extérieur,'une zone de solution solide (disparition de laper-lite) dont l’épaisseur décroît quand le temps et la température augmentent et une zone plus attaquable renfermant, dès 1000°, des plages cl’euteclique d’autant plus nettes que l’opération a duré plus longtemps, à une température plus élevée. Pour les alliages cuivreux, M. Laissus a constaté des couches cémentées d’épaisseurs notables, dont la structure est difficilement résolue.
- Paul-B.
- L’AMMONIAC SYNTHÉTIQUE DES FOURS A COKE ET LE PROCÉDÉ CLAUDE
- C’est une des grandes questions scientifiques et industrielles de noire temps que celle de la fixation artificielle de l’azote de l’air. Nos lecteurs savent comment elle a été résolue : de nombreux procédés sont actuellement exploités : oxydation de.Fazote dans l’arc électrique et fabrication de nitrates ou nitrites, fabrication de cyanamide à partir du carbure de calcium, enfin combinaison de l’azote et de l’hydrogène à haute pression en présence de catalyseurs pour donner de l’ammoniac. Cette dernière méthode, la plus récente en date, repose sur une réaction signalée il y a fort longtemps par Le Chatelier. Elle a été d’abord mise en œuvre en Allemagne, par la Badische-Ànilinund SodaFabrik, suivant le procédé Haber. Elle a permis à l’Allemagne, pendant la guerre, d’échapper à la disette de produits azotés-que devait lui’ infliger le blocus maritime ; elle lui a donné le moyen d’assurer ses énormes fabrications d’explosifs, et comme l’a montré M. Georges Claude, elle a retardé de trois mortelles années l’issue de/'la guerre. Aujourd’hui la fabrication de l’ammoniac
- synthétique permet à l’Allemagne de se passer entièrement des nitrates du Chili, de fabriquer elle-même à bon marché les engrais azotés nécessaires à son agriculture et même d’en exporter.
- En France, dès 1917, M. Georges Claude a compris toute la gravité et toute l’importance future du problème de l’azote synthétique, et il s’est mis, en pleine guerre, à la recherche d’une solution capable à l’avenir de libérer notre pays de la dépendance étrangère, dépendance redoutable puisqu’elle porte sur un produit indispensable à la fois pour l’agriculture, pour les industries chimiques et pour les fabrications de guerré.
- On connaît le principe de la solution deM. Georges Claude : il fait appel, comme Haber, à la réaction de Le Chatelier : combinaison de l’hydrogène avec l’ammoniac sous pressions élevées en présence de catalyseurs et à la température de 500°. La théorie, comme l’expérience, montrant que le rendement de cette réaction s’élève avec la pression, M. Claude, au lieu de se contenter des pressions de l'ordre de 200
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- atmosphères, employées par Haber, a fait audacieusement appel à des pressions beaucoup plus hautes qui atteignent 900 et 1000 atmosphères. Nos lecteurs savent avec quelle élégance il a su résoudre tous les problèmes posés par l’emploi des hypercompressions ; le procédé Georges Claude, aujourd’hui mis au point après plusieurs années de patientes études, est en pleine exploitation industrielle, et comme nous allons le voir, il apporte déjà à la France un précieux appoint de produits azotés synthétiques. Le matériel employé
- hydrogène des fours à coke. Les procédés Claude s’y prêtent admirablement.
- La prophétie de M. Georges Claude est aujourd’hui entièrement vérifiée. D’autres procédés que les siens ont même surgi déjà pour lui faire concurrence. Mais nul ne doit oublier que M. Claude a été le premier à ouvrir cette voie féconde.
- Qu’est-ce qu’un four à coke? C’est unecornuedans laquelle on distille de la houille. 11 y a deux espèces de fours à coke : d’une part, les cornues à gaz
- Fig. i. — La salle des compresseurs dans une installation de. synthèse d'ammoniaque avec gaz de four à coke, système G. Claude.
- Au premier plan., on aperçoit 2 compresseurs de 3ooo m-'/heure chacun, qui aspirent le gaz du four à coke et le refoulent à la pression de 35 kg dans les appareils d’épuration et de séparation. — Au second plan : une batterie de 4 hypercom-presseurs comprimant à 1000 kg l'azote et l’hydrogène qui sont ensuite envoyés dans les tubes de catalyse.
- est beaucoup plus léger, moins encombrant que celui qu’exige le procédé Haber. Ce dernier ne peut être mis en œuvre que dans de colossales usines. Le procédé Claude, au contraire, moins exigeant comme frais de première installation, se prête avec souplesse à une grande variété d’applications et c'est là, peut-être, son avantage essentiel.
- Dès le début de scs travaux, M. Georges Claude a prévu que la fabrication de l’ammoniac synthétique deviendrait un jour le complément naturel de la fabrication du coke métallurgique ; et qu’à cette industrie, elle aussi d’une importance capitale pour notre indépendance économique, elle apporterait une aide précieuse ; à une condition toutefois : il fallait pouvoir mettre, en œuvre cette synthèse avec un appareillage réduit, correspondant au débit en
- d’éclairage dont les produits essentiels sont les gaz de la distillation, le résidu solide ou coke de gaz n’étant qu’un sous-produit employé au chauffage ; d’autre part, les fours à coke métallurgique dont le produit principal est au contraire le coke, matière première indispensable aux hauts fourneaux de la sidérurgie. Dans la fabrication du coke métallurgique, soixante pour cent des gaz de la distillation servent au chauffage des fours. Le reste a été longtemps considéré comme un sous-produit sans emploi, malgré une composition assez analogue à celle du gaz d’éclairage. Autrefois, les cokcriès installées à proximité des houillères, se débarrassaient de cet excédent en le brûlant à l’air libre : bel exemple de gaspillage.
- Les Allemands ont les premiers trouvé une application pratique aux gaz de fours à coke en les
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- employant comme gaz d’éclairage et de chauffage, distribués dans des réseaux de canalisations souvent très étendus. Une partie du bassin de la Ruhr était ainsi desservie avant la guerre. En même temps, on récupère, comme dans les usines à gaz, une foule de sous-produits précieux : goudrons, eaux ammoniacales, benzols et autres carbures d’hydrogène.
- Aujourd'hui tous nos nouveaux fours à coke reconstruits dans le Nord et le Pas-de-Calais sont à récupération de sous-produits et l’on s’évertue à trouver aux gaz en excédent des emplois d’éclairage, chauffage et force motrice.
- Or les gaz des fours, sont composés d’hydrogène pour moitié de leur volume ; "Tautre moitié contient surtout du hié-thane, et un peu d’oxyde de carbone.
- Pour réaliser la synthèse de l’ammoniac, il faut de l’azote et de l’hydrogène ; l’azote se trouve à profusion dans l’air a t m o s p h érique d’où on l’extrait fort simplement; on peut par exemple par liquéfaction, le séparer des autres constituants de l’air ; ceux-ci : oxygène et gaz rares, sont du reste des produits de vente assurée. On peut aussi, ce cpii est encore plus simple, se contenter de brûler l’oxygène.
- Par contre, il est beaucoup plus difficile d’assurer la production des grandes quantités d’hydrogène nécessaires. En Allemagne, où le charbon abonde, on prépare l’hydrogène au moyen du gaz à l’eau, suivant un procédé imaginé par M. Matignon et remarquablement mis au point par la Badische Anilin und Soda Fabrik.
- La France, qui ne produit pas assez de charbon pour scs besoins normaux, doit s’attacher à éviter toute consommation non indispensable de ce précieux combustible.
- Puisque l’hydrogène existe en abondance dans les gaz de fours à coke, quoi de plus naturel que de l’employer, pour la synthèse de l’ammoniac et d’installer cette synthèse à proximité, des cokeries? Cette idée simple, comme toutes les grandes idées, est aujourd’hui en pleine réalisation ; elle apporte à notre industrie du coke métallurgique, et par voie de conséquence à nos houillères ainsi qu’à notre métallurgie, un précieux élément de vitalité et de
- prospérité.
- Une objection cependant se présente : le gaz de fours à coke est avant tout un gaz de chauffage. En le privant de Son hydrogène, ne lui enlève-t-on pas une partie de sa valeur marchande ? Voici la réponse de M. G. Claude. « Ce qui mesure la valeur du gaz de fours à coke, c’est leur pouvoir calorifique ; or à ce point de vue les 2600 calories par m3 de l’hydrogène font piètre figure devant les 8600 calories de l’autre constituant essen-. tiel des gaz de fours, le méthane ; il y a dès lors intérêt évident à faire de ce combustible détestable qu’est l’hydrogène un produit chimique de haute valeur — d'autant que les gaz de fours, très peu diminués calorifiquement parleur départ, resteront en général suffisants pour leur tâche ».
- Pour extraire l’hydrogène du gaz de fours, M. G. Claude amis au point une ingénieuse méthode dans laquelle les divers corps qui accompagnent l’hydrogène dans ce gaz sont, par compression et détente, liquéfiés et séparés successivement dans l’ordre de leur volatilité.
- L’hydrogène ainsi préparé a un degré de pureté suffisant pour être envoyé directement à la synthèse.
- Cette méthode de séparation a en outre l’avantage de récupérer complètement le benzol ainsi que
- Pig. 2. — Balleries d'épuration du.gaz de four à coke avec leurs pompes.
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- l’éthylène contenus dans le gaz des fours, et d’ajouter ainsi à l’ammoniac, produit principal de l'opération, deux: sous-produits eux-mêmes de très grande valeur. Or la valeur de l’ammoniac obtenu par synthèse à partir de l’hydrogène du gaz d’un four, dépasse, à elle seule, la valeur du coke lui-même.
- En outre, on récupère pour 4 00 tonnes de charbon distillé 765 kg de benzol dont chacun connaît les emplois, et de l’éthylène en quantité suffisante pour fabriquer J tonne d’alcool éthylique. Celui-oi s’obtient par la réaction classique de l’acide sulfurique ; l’acide
- Aujourd’hui les appareils Claude sont en service dans de nombreuses usines. Ainsi ont été mises en route en 1025 les installations suivantes : Béthune, Aniche, Saint-Etienne, Decazeville en France, Ougrée en Belgique, la Felguera en Espagne, Hikoshima au Japon ; dans ces usines fonctionnent des appareils traitant chacun jusqu’à 72 000 m3 de gaz de fours par jour.
- Dès le dernier trimestre de 1925, l’ensemble des usines Claude, en France et à l’étranger, a pu livrer à la consommation 4 0 000 tonnes de sulfate d’am-
- JHg. 3. — Appareil à hydrogène.
- Le gaz de four à colce épure pénètre sous pression de 35 ksr dans ces appareils et s’y détend avec travail extérieur. Grâce au Iroid ainsi produit, le méthane, l’azote et l’oxyde de carbone se liquéfient; l’hydrogène qui reste gazeux sort pur de
- l’appareil et peut-être envoyé à la synthèse.
- sulfovinique qui en résulte est saponifié par l’ammoniac et donne d’une part du sulfate d’ammoniaque, de l’autre de l’alcool éthylique.
- Ainsi la cokcrie métallurgique devient une grande usine de produits chimiques donnant, outre le coke, des engrais et des carburants.
- Quand on fabriquera dans les cokeries françaises toute l’ammoniaque correspondant à la production de coke d’avant-guerre, non seulement on mettra à la disposition de l’agriculture 500 000 tonnes d’ammoniaque par an, mais encore on produira une quantité d’alcool égale à la moitié de la production de toutes les distilleries françaises.
- Dans une récente communication à l’Académie des Sciences, M. G. Claude a indiqué où en est actuellement l’exploitation de ces procédés.
- moniac ou leur équivalent. La puissance -.des appareils en service au début de l’année 1926 correspond à une production annuelle de 60 000 tonnes.
- A ces chilires, on mesure le chemin parcouru depuis 1920, date à laquelle M. Claude mettait en marche à Montereau, sa première usine (Voir La Nature, n° 2597,10 avril 1920) dans laquelle il produisait 5 tonnes d’ammoniac par jour, avec de l’hydrogène préparé à partir du gaz à l’eau. A la même date il montait à Béthune, sur gaz de fours à coke, une première installation d’essais qiii pouvait donner 5 tonnes par jour.
- Ces comparaisons permettent d’apprécier à sa juste valeur, l’immense contribution apportée par M. Georges Claude à la prospérité de l’industrie et de l’agriculture de notre pays. A. Tholleu.
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- big. 4. — Un hyper compresseur.
- Cette machine, qui possède 8 étages de compression, amène le g-az à la pression de 1000 atmosphères.
- big. 5. — Les groupes de catalyse dans une usine d’ammoniac synthétique.
- Ces blockhaus en béton contiennent les .tubes à catalyse ; ceux-ci sont des tubes d'acier très,épais et reçoivent Thydro: gène et l’azote à la,pressi,on de îoco kg. — La combinaison s'effectue en présence du catalyseur avec un grand dégagement dé chaleur.-Les gaz entrent froids, se réchauffent au contact des parois extérieures "du-tube, se combinent à l im
- térieur de celui-ci; on recueille de l’ammoniac pur et anhydre.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiore, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1926.
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- N” 2728
- 17 Juillet 1926
- LA NATURE
- BEOTE m ET ME 3LE1 M2/J&BTETM
- U MMSTM]
- l’Eau ak Provins
- à PARIS
- SOMMAIRE :
- Une nouvelle adduction d’eau pour l’alimentation de Paris : Diénert et Guillerd.
- L'impression des tissus à la main et sa renaissance actuelle : Jacques Boyer.
- Les propriétés magnétiques et électriques terrestres : Ch. Mauraiil — Chronique : X. Une nouvelle machine frigorifique à vapeur d’eau : R, Villers. SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : T. S. F., etc. — Variétés. Hygiène et santé. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Editeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO : France.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C1*, Éditeurs, 120, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (J{. C. : Seine 15.234)
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- et selon les prix indiqués ci-dessous.
- T arif extérieur n° 1 valable pour lespays ayant accepté une réduction de 5o pour 100 sur les affranchissements de périodiques : Allemagne, Argentine, Auttiche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo belge, Cuba, Danemark, Egypte, Espagne, Esthonie, Etats-Unis d’Amérique, Ethiopie, Grèce, Hongrie, Italie et ses colonies, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses colonies, République d’Haïti, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Uruguay.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction a MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et îet ordres de Publicité sont reçus a la Librairie MASSON et C1’, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- LA NATURE.
- — N° 2728.
- 17 JUILLET 1926
- UNE NOUVELLE ADDUCTION D’EAU POUR L’ALIMENTATION DE PARIS
- Les sources de la région de Provins.
- En avril dernier, pour la première fois, la tota-lité des eaux captées par la ville de Paris dans les vallées de la Voulzie et du Durteint, près Provins, ont été acheminées sur la capitale.
- Nous avons publié dans cette revue(') un historique de l’alimentation en eau de Paris; en s’y reportant, on verra que la dérivation de Provins fait partie d’un groupe de projets destinés à compléter les aqueducs existants, en l'espèce celui du Loing que ces eaux rejoignent en forêt de Fontainebleau.
- Les sources de la région de Provins ont fait, par nos soins, l’objet d’études hy-dro géologique, chimique et bactériologique au cours des années 1910-1911 (2).
- Nous donnerons rapidement les caractéristiques de cette nouvelle dérivation.
- Situation topographique. —
- La Voulzie est un affluent de la Seine qui se grossit du Durteint, peu en aval de Provins. Ces deux rivières n’ont guère que 4 à 5 km de parcours quand elles arrivent dans la vieille cité briarde.
- C’est au fond de ces courtes vallées qu’émergent les sources captées. Ce sont, de l’amont à l’aval, pour la vallée de la Voulzie : les sources de Tète
- 1. Diènert cl Gmu.EitD. « L’Alimentation de Paris en eau potable », La Nature, 10 et 17 lévrier 1925.
- 2. Diénkut et Guii.i.erd. Elude des sources de la région de Provins. Annales de 1 Observatoire municipal de Monl-souris, 1912.
- 5. Nous remercions M. AnsleU, directeur du Laboratoire d'Essais des matériaux de la ville de Paris, qui a mis obligeamment à notre disposition cos illustrations relevées par son Service de photographie.
- (250 litres-seconde), la Vicomté (550 litres-seconde) (fig. 5 et 4), Faniel, Auge et Neufs (100 litres-seconde) et la source du Bassin (75 litres-seconde). Puis, dans la vallée du Durteint, également de l’amont à l’aval, la source des Fontaines (250 litres-seconde), Brocard (80 litres-seconde), Fonds-Tenus (170 litres-
- seconde), Saint-Martin (45 litres-seconde).
- A 7 km en aval de Provins, près du viaduc de Longueville, la Voulzie reçoit sur sa rive droite un petit affluent, le Ruisseau du Dragon, qui, sur quelque 6 km, draine la gorge de Saint-Loup-de-Naud. La ville de Paris a acquis dans ce vallon secondaire les sourcesdesVieux-Moulins (44 litres-seconde), de Gauthière (15 litres-seconde), Saint-Loup (12 litres -second e ) (fig. 1), Glatigny (55 litres-seconde ), Pigeons (60 litres-seconde), dont le captage est actuellement en cours. En eau moyenne, l’ensemble 'des ressources de la Voulzie et du Durteint donnera 80 à 90 000 m3 par jour, que l’adduction du groupe de Saint-Loup portera à 100 000 m5.
- Situation géologique. — Ces trois vallées : Voulzie, Durteint, Dragon dessinent de profondes échancrures dans le territoire.
- C’est que nous sommes ici à l’est du pays Mon-tois, au sud-est de la Brie et depuis Montereau sur la Seine, jusqu’à la Marne par Sézanne, on peut suivre une longue et sinueuse ligne d’escarpements. Ceux-ci constituent la falaise d’Ile-de-France, qui fait face à l’Est et domine la plaine crayeuse de Champagne.
- Le soubassement de cet accident appartient à la
- rr r? *r
- O. — 00.
- Fig. i. — La source de Saint-Loup f).
- 54" Année. — Semestre
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- 34 = UNE NOUVELLE ADDUCTION D’EAU POUR L'ALIMEN FATION DE PARIS
- craie (C8), mais la ligne de ses crêtes est constituée par l’argile plastique sparnacienne (eJV). Au-dessus, se développent normalement les formations éocènes des calcaires lutétiens {e) et bartoniens (<?.2) qui apparaissent dans les coupures des vallées, ensuite le J^idien (calcaire de Champigny e-) constituant la masse principale des plateaux, puis une couverture de marnes sannoisiennes (m,,) (fig. 5).
- Tout ce territoire, à la fin des temps éocènes, était réduit à l’état de pénéplaine, quand le fond de celle-ci fut porté à la cote 180-200 oîi on la trouve aujourd’hui, par une série de soulèvements vers le Nord-Est, consécutifs au déversement du lac oligocène de Beauce sur la Loire. À la suite de ce déplacement négatif du niveau de base, les rivières ont commencé un nouveau cycle creusant à nouveau leur ancien lit et s’allongeant sur le territoire asséché. Le travail d’érosion s’est poursuivi d’une façon inégale en raison des conditions génétiques des territoires (la craie facilement allouillée, les argiles très résistantes) déterminant ou accentuant la falaise d’Ile-de-France.
- Cette surrection entraînait la migration de lignes de faîtes, s’accompagnait de phénomènes de capture — conquêtes de rivières amoindries par des torrents agresseurs — et l’étude de ces procès et des formes topographiques qui les expliquent et les justifient, forme sur cette région un problème très attachant (J).
- Hydrologie. — Les eaux captées trouvent leur origine dans les chutes d’eaux météoriques infiltrées sur les plateaux calcaires du ludien (ez calcaire de Champigny).
- Des gouffres importants où disparaissent les eaux sauvages s’ouvrent dans cette formation; puis les eaux traversent les calcaires siliceux du bartonien (e2) beaucoup plus compacts et pénètrent dans le calcaire lutétien (ej oh elles vont trouver des conditions particulières de purification. Le terme de descente des eaux infiltrées est sur l’argile plastique (eJV) dont l'affleurement marque
- 1. W. M. Davis. La Seine, la Meuse cl la Moselle. Annales de Géographie, I. Y, p. 25. — A. Guii.i.kiui. Contribution à l'élude des phénomènes de ciplure dans le Dassin parisien. Hullelin de la Sndé/é géologique, l. X, p. 2(il.
- aux cotes basses la zone émissive des sources de la région.
- Toutes les formations stratifiées que nous xenons d’énumérer depuis l’argile sparnacienne (e,v) jusqu’au calcaire de Champigny (e.) ont été alfectées par le plongement Sud-Ouest que nous avons signalé. L’argile qui couronne les crêtes de la falaise d’Ile-de-France et réapparaît au fond des vallées de Youîzic et de Durteint jalonne ainsi à l’Est et au Nord-Est le périmètre d’alimentation de ces sources. Celui-ci ne trouve plus dans l’Ouest de limites géologiques aussi précises et au Nord, on l’a arrêté sur une parallèle à la rivière Aubetin.
- Nous avons dit que \ le calcaire lutétien était la zone d’élection oit s’élaborait la pureté de ces eaux. En etfet, cette formation est constituée par un tuf calcaire avec des intercalations marneuses sur lesquelles se forment des plans d’eau. Ceux-ci se vidangent d’une couche marneuse à une autre, inférieure, sous de faibles vitesses; de plus, les lilhoclases de ce calcaire sont comblées par des dépôts très filtrants provenant des parties siliceuses des roches calcaires, corrodées sous l’action des eaux souterraines.
- Une circulation ralentie s’exerçant au sein d’éléments filtrants, tels sont les facteurs qui conditionnent la remarquable épuration de cette nappe lutétienne.
- Un témoignage de la lenteur de la propagation des filets liquides dans cette région a été fourni par une expérience au cours de laquelle on colora, à l’aide de 10 kg de fluorescéine, les eaux perdues de la petite source de Rouilly, sise à 900 m. à l’amont de la source principale du Durteint : les « Fonds-Tenus » ; celle-ci se colora vingt-cinq jours après le jet de la couleur qui avait donc progressé à la vitesse de 40 m. par 24 heures. La coloration se maintint aux « Fonds-Tenus », perceptible à nos moyens d’investigation, pendant une année.
- Le mode de circulation que nous venons de décrire est celui des sources du Durteint et de la source du « Bassin », la plus en aval du groupa des émergences de la Youlzie.
- Mais les autres sources de cette vallée rte bénéficient pas de conditions d’émission aussi satisfaisantes.
- Fig. 2. — Le gouffre de Beauchery.
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- En effet, à quelques centaines de mètres à l’amont de la source du Bassin, un « foirement. » de l’argile plastique a fait glisser le lutétien et l’a réduit à quelques moires d’épaisseur. Aussi, c’est dans un complexe ludo-bartonien que circulent et se font jour les émergences de la Youlzie. Les eaux des grosses diaclases du calcaire de Champigny très proche, y débusquent à grande vitesse sans participer à la circulation ralentie du lutétien.
- C’est ainsi qu’en colorant les eaux du ru de Janvry, absorbées aux gouffres deBeauchery (fig. 2), la fluorescéine réapparut aux sources de la Youlzie : Yicomté, Auge, etc., distantes de 6 km en 14 heures, soit à la vitesse de 10 km par 24 heures, la plus grande que nous ayons observée jusqu’ici dans le bassin parisien.
- Mais ces formations éocènes sont bien loin d’être criblées d’entonnoirs et de gouffres comme le sont les craies des régions de l’Avre et de la Yanne. Ici ces accidents sont rares et très localisés. On ne connaît que deux groupes de gouffres, d’ailleurs voisins, ceux de Beauchery et ceux du Bois des « Brillons », dont les relations avec les sources captées aient pu être établies. L’isolement de ces points d’engouffrement est [réalisé et leur comblement, prévu. Ces aménagements doivent mettre les émergences de la Youlzie à l’abri des causes de contamination apportées par les eaux sauvages.
- Le périmètre d’alimentation que nous avons envisagé embrasse une superficie de 36 000 hectares dont 1/10 est boisé; celte surface est peuplée de 6000 habitants environ, dont la moitié, dans ce pays de grande culture, sont disséminés en fermes et exploitations isolées. Les conditions sanitaires de ces populations sont celles que l’on rencontre normalement dans nos campagnes : c’est-à-dire que les
- Fig. 3. — La source de la Vicomté, avant captage.
- préoccupations hygiéniques y sont assez légères. Pour l’établissement des courbes de niveaux piézo-métriques que nous avons dressées sur cette région, nous avons mesuré et analysé sommairement 1100 puits; sur ce nombre, nous en avons trouvé à
- peine
- Fig. 4.
- et la plupart, parce qu’isolés — qui présentaient un litre de chlore les montrant exempts de contamination.
- M. le IF Thierry, qui a procédé aux enquêtes sanitaires sur ce territoire, n’a pu y relever qu’à intervalles éloignés l’existence de quelques cas de fièvre typhoïde. Mais aux frontières du périmètre d’alimentation, les cas sont plus fréquents; aussi, la surveillance médicale est prévue comme devant s’étendre au delà des limites de ce périmètre proprement dit, afin de s’y défendre contre l’introduction de la fièvre typhoïde. Les conclusions de ces enquêtes indiquent que ces sources proviennent d’une région salubre que l’on pput aisément surveiller et protéger.
- Les vallées appauvries, par ces captages conserveront avec leur caractère artistique, chanté par Hégésippe Moreau, leur même activité industrielle. En effet, à 12 km des sources, vers les « Ormes », une prise d’eau de Seine, relevée et dérivée par une canalisation particulière, viendra restituer à l’amont des émergences captées un cube d’eau équivalent à.celui détourné.
- Régime et composition des eaux. — Les différentes émergences du Ourteint se comportent d’une façon analogue. Leur limpidité est toujours parfaite, même en saison pluvieuse. Les observations dont elles ont été l’objet n’ont montré aucune relation immédiate avec les événements météorologiques ou hydrographiques dont leur périmètre a été le siège. C’est ainsi qu’à la source des Fonds-Tenus, la température n’a pas varié de plus de 5/10 de degré, au cours La source de la Vicomté, après captage. d une année, se maintenant en
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- moyenne vers il°2. Pendant trente-deux mois, les analyses bactériologiques hebdomadaires n’y ont jamais décelé le B. colt. Le nombre des bactéries est également peu élevé. Les résistivités électriques ont varié très lentement, se décalant de 100 ohms d’une saison sèche à la saison humide suivante (2000 à 2100 ohms).
- Ces eaux sont assez fortement minéralisées, la nitrification y est abondante.
- Nous avons dit que la source la plus en aval de la zone émïssive de la Voulzie, celle du Bassin, avait bénéficié de la même circulation lutétienne que celles du Durteint. Aussi son régime est-il absolument identique à celui que nous venons de décrire. Il n’en va pas de même des autres sources de la Voulzie.
- En régime normal, elles se rapprochent sans doute de celles du Durteint; mais, à l’encontre de celles-ci, elles peuvent être l’objet de contaminations importantes au moment des avalaisons.
- La puissante source de la Vicomté, ainsi que l’Auge et les Neufs s’altèrent aux moment où les gouffres de Beauchery et des Grillons entrent en fonctionnement. A ce moment, leur résistivité s’élève de 250 ohms (2050 à 2500), la température s’abaisse de 1° en même temps que les eaux deviennent louches. Le B. coli est présent. ^L’isolement de ces gouffres, réalisé au cours des études, à l’aide de moyens de fortune, a montré tout le bénéfice que l’on pouvait attendre des travaux définitifs de protection qui s’achèvent actuellement.
- Il n’est pas impossible que la pureté des sources des deux bassins ne soit due en partie à leur teneur très sensible en éléments radioactifs qu’elles tiennent du bartonien, la plus radioactive des formations éo-cènes apparaissant dans ces vallées.
- Plus l’émergence de la source est
- proche de ce gisement géologique, plus elle est riche elle-même' en émanation (').
- Les quantités de radium dégageant en une heure la même quantité d'émanation que celles contenues dans 1 litre d’eau examinée oscillent de 4,5 X 10~10 gr., pour la source la plus radioactive à 0,12 X 10_JC gr. à l’émergence la moins riche en émanation.
- Les sources du groupe de Saint-Loup se rapprochent complètement par leur composition très fixe des émergences du Durteint.
- La minéralisation moyenne de toutes ces eaux se tient autour des chiffres suivants :
- Chaux en CaO...............150 mg. par litre.
- Chlore en Cl............... 10 —
- Nitrates en azote nitrique . 5 —
- Acide sulfurique en SO3 . . 7 —
- Matières organiques (en O du permanganate, en milieu alcalin)..............0,2 =
- Captage, dérivation, restitution. — Les travaux de captage ont été étudiés par M. l’Inspecteur général Grand jean qui s’est inspiré, pour en fixer le mode, des études hydrogéologiques que nous venons de mentionner. Ils ont été exécutés par les services techniques municipaux dirigés sur place par M. Hyenne, Ingénieur des Travaux de Paris. Partout des sondages préalables se sont assurés de la cote de l’argile plastique et les galeries captantes . ont été descendues jusqu’au voisinage de cette couche, imperméable pour y collecter les filets liquides. Les sources du Durteint et celle du Bassin, à la Voulzie, ont été captées suivant cette technique.
- Les travaux de captage de la source Brocard, ainsi qu’il fallait s’y attendre, ont atteint les dia-
- 1. Diénert et Guir.iÆHi) : Relation entre la géologie et la radioactivité des sources de Provins. Le Radium, t. VII, février 1910.
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- clases alimentant la source Saint-Martin, captage de la ville de Provins qui a été ainsi appauvri. L’alimentation de cette agglomération est désormais assurée par les sources captées de Paris. Provins constitue dès lors, sur cette dérivation, une ville-lémoin, au même titre que Sens sur celle de la Vanne, Nonancourt sur l’aqueduc de l’Àvre.
- Les sources de la Youlzie qui arrivent au sol par les diaclases actives que nous avons signalées ont été captées en forant des sondages de 1 m. de diamètre sur l’emplacement même des grillons. C’est ainsi que l’on pratiqua trois forages sur la Vicomté, deux aux Auges, deux également aux Neufs et deux autres dans le lit détourné de la rivière Youlzie où
- une chambre de jonction : l’ouvrage Marion situé aux abords mêmes de la ville de Provins. C’est là qu’aboutissent également les eaux de Seine de restitution qui par des conduites parallèles à celles dérivant les eaux de sources remontent les vallées jusqu’au voisinage même des émergences captées. Du pavillon Marion, part la conduite principale qui, après 8 km de développement, atteint Fusine de relèvement de Longueville.
- Celle-ci comporte sept groupes moteurs Diesel-Renault de 400 ch, chacun attelé à des pompes multicellulaires Rateau donnant une hauteur de refoulement de 66 m. Des compteurs Yenturi-Pietle, munis d’un indicateur différentiel spécial, permet-
- se manifestaient des émergences noyées. Ces ouvrages ont capté vers 15 m. de profondeur la totalité des eaux qui se faisaient jour précédemment par ces exutoires naturels.
- M. Grandjean avait prévu et étudié, pour la dérivation de ces sources, un aqueduc en maçonnerie du type habituel, les écoulant par simple gravité, c’est-à-dire suivant une pente soigneusement calculée, depuis les émergences hriardes jusqu’au réservoir parisien.
- Mais une autre disposition a prévalu et il fut substitué au projet précédent, l’établissement d’une conduite métallique forcée qui, sans souci apparent du relief superficiel, franchit des dépressions considérables, s’accroche aux pentes pour se hisser sur les plateaux, mais nécessite le relèvement mécanique permanent de ces eaux (fig. 6).
- Deux conduites de béton armé, l’une de 1 m. 10 de diamètre sur 4100 m. de longueur, partant de la Youlzie, l’autre de 0 m. 900 sur 4300 m. venant du Durteint, amènent le débit des sources à
- tent à chaque instant de comparer et équilibrer les débits d’eau de source dérivée et d'eau de Seine restituée.
- De l’usine se détache la conduite en fonte de 1 m. 25 de diamètre qui après 2500 m. aboutit au réservoir d’équilibre de Savins. La capacité de ce dernier est de 1500 m3 et son trop-plein est à la cote 155.
- C’est de ce point que part, toujours sous le même diamètre de 1 m. 25, la longue conduite de dérivation — monstrueux annélide de fonte — qui sur 39 km. court à travers le pays montois jusqu’à la Seine. Elle franchit le fleuve vers Saint-Mamès et aboutit en forêt de Fontainebleau à la chambre de l’Esquinemare où elle se joint aux aqueducs de la Yanne et du Loing.
- Le profil de cette conduite comporte dans l’ensemble 5 biefs principaux dont quelques-uns réalisent des pressions statiques de près de 100 m. Par exemple la cote de fond du premier d’entre eux, après Savins, est 63 m. 50 alors que la cote de
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- départ est, avons-nous dit, de 155 m. Le bief du ru de Chailly, compris entre la ventouse de Vernon (cote 114) et un organe dont nous allons voirie rôle : le robinet-pointeau (cote 107), a son point bas (cote 54) au siphon de Chailly. Le régime de la conduite est réglé à son extrémité par un organisme particulier. Pour être maître en ce point du débit, on a installé un gigantesque robinet pointeau précédé d’une chambre d’expansion. Ce dispositif permet de maintenir la conduite en charge constante et d’eviter les rentrées d’air parles ventouses placées aux points hauts des siphons. On conçoit que, outre les pressions statiques que nous avons signalées, il puisse se manifester des actions dynamiques provoquées par des « trains d’onde » dus aux manœuvres durohinet-pointeau, à l’écoulement des masses d’air accumulées, à la décompression qui suit leur sortie, etc. Pour résorber ces effets accidentels, il a été placé sur la conduite, à Forges, à l’amont du robinet-pointeau, une colonne d’amortissement de 40 m. de hauteur, en tuyaux de 1 m. 25 dont le rôle est d’amoindrir, sinon supprimer les conséquences de ces phénomènes.
- La traversée de la Seine a nécessité un important ouvrage d’art : 155 m. de travées, larges de 4 m., en béton armé, traversent le lit moyen alors que le lit mineur est franchi par une passerelle, en arc à 5 articulations, offrant 15 m. de flèche sur Tl5 m. de portée (fig. 7).
- La restitution des débits dérivés comporte également une usine de relèvement édifiée aux Ormes, vers Saint-Sauveur-sur-Seine. Elle comporte 4 moteurs Diesel d’une puissance de 400 ch chacun actionnant des pompes Rateau susceptibles de relever individuellement 587 litres-seconde. Une station provisoire de pompage sur Voulzie, au Moulin de Geminy, près de Jutigny, élève 500 litres-seconde.
- La conduite de restitution, dotée aussi d’une colonne d’équilibre, se développe sur 10 500 m. en tuyaux de fonte, puis 2400 m. en tuyaux de béton pour aboutir, comme nous l’avons vu à Provins, à l’ouvrage Marion.
- Mise en eau. Désinfection delà conduite. — La mise en service de la dérivation a été précédée d’une désinfection au chlore de tout cet ensemble d’ouvrages. Voici comment nous décidâmes de faire cette opération. Les 50 km de conduite furent remplis en trois jours (soixante-dix heures) à raison de 250 litres par seconde, enfermant ainsi 02 000 m3. Le flot reçut alors à partir de la chambre de jonction de Provins, une dose d’hypochlorite égale à 20 milligrammes par litre.
- Trois jours après le commencement de l’addition du réactif à Provins, le chlore apparut à la décharge ouverte de Champagne-sur-Seine à laquelle on fit débiter 225 litres sur les 250 que véhiculait la conduite. L’exutoire de la décharge n’était séparé de la berge du fleuve que par un espace de 4 à 5 m,
- franchi par le flot rapide des eaux javelisées en quelques secondes. C’est en ce point cependant que fut appliqué le traitement de neutralisation à l’hyposulfite permettant de rejeter sans nuisance ces eaux à la Seine. On accumula toutefois au débouché de la conduite quelques obstacles pour briser le courant et favoriser l’intégralité de la réaction.
- Pendant toute la durée de l’opération et malgré la courte distance dont on disposait, aucune trace de chlore ne parvint au fleuve.
- L’addition d’eau de Javel avait cessé, au départ, à Provins, dès que l’arrivée du réactif avait été signalée à Champagne. Les 25 litres-seconde restant dans la conduite remplissaient le siphon de Seine et gagnaient la chambre de jonction des trois aqueducs en forêt de Fontainebleau. Ce volume d’eau traité à l’hyposulfite pendant les quarante-huit heures où le chlore s'v manifesta était mis en décharge au siphon d’Arbonne par l’aqueduc de la Vanne, momentanément libéré à cet effet. Ces opérations de désinfection, fort bien exécutées sur place, par M. Le Strat, notre ingénieur-chimiste, avec l’assistance du Service technique local, portèrent ainsi sur une durée totale de dix jours et nécessitèrent 14700 litres d’eau de Javel titrant 150 grammes de chlore libre par litre. De Son côté, la neutralisation exigea 4500 kg d’hyposulfite déversé sous forme d’une solution Èt 20 pour 100, soit un volume de 22500 litres.
- Régime actuel d’exploitation. — Le 15 avril dernier la totalité du débit des sources captées de la Voulzie et du Durteint, soit 97 000 m3 par jour, était dirigé sur Paris. Ce cube d’eau était refoulé par cinq moteurs de l’usine de Longueville. Conformément à la loi autorisant l’adduction, un volume égal d’eau de rivière était restitué à l’ouvrage Marion, par l’usine des Ormes et celle de Geminy.
- Ce projet dont l’estimation avait été chiffrée en 1912, aux environs de 25 millions, a du être crédité, après guerre, par le Conseil municipal, d’une somme de 105 millions, captages de Saint-Loup compris.
- Si nous nous remémorons que l’alimentation de Paris est assurée par 500000 m5 en moyenne d’eaux de source et 250000 m3 d’eaux de rivière filtrées et stérilisées, on voit que la dérivation de Provins fournira un apport atteignant le 1/5 des eaux de sources, le l/0de ressources totales.
- Rien qu’appartenant encore à la politique des « petits paquets »(l), ce projet constitue néanmoins une contribution fort intéressante à l’alimentation en eau de la capitale.
- DlÉiNEUT et Guiu.erd
- Chel' et Chef-adjoint du Service de Surveillance des Eaux (l’Alimentation de la Ville de Paris.
- 1. DiEXEiir et Guiu.iïhd. L’Alimentation en eau de Paris. La Nature, 17 février 1925, p. 108,
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- Bien que très en vogue actuellement, l'impression à la main des pièces de coton, de chanvre, de lin, de soie, de jute et autres matières textiles destinées soit à la couture, soit à l’ameuhlemeut s’inspire d’anciens procédés d'origine asiatique. Gomme nous l’apprend, en effet, Luc-Benoît dans son récent ouvrage sur Les tissus, la tapisserie et les tapis (1926), les premières indiennes coloriées lurent apportées en Europe par les Portugais dès le milieu du xvmc siècle. La Compagnie des Indes les introduisit peu après en France. De leur côté, les Hollandais s’empressèrent de copier la méthode d’impression indo-persane « à réserve » tandis que quelques-uns de nos concitoyens établissaient la même industrie dans la région lyonnaise. Mais malheureusement pour notre pays un édit royal ne tarda pas à prohiber les étoffes ainsi décorées dans la crainte qu’elles ne nuisent au développement de la soierie française. La révocation de l’Edit de Nantes avait fait d’ailleurs passer à l’étranger la plupart des ouvriers de ces fabriques d'indiennes installées presque toutes par des protestants. Parmi ces spécialistes, les uns allèrent perfectionner les nouveaux procédés dans les ateliers néerlandais et d’autres l’importèrent en Allemagne, en Suisse et en Angleterre.
- Toutefois, malgré l’arrêt de ce genre de fabrication en France, notre consommation nationale augmenta beaucoup dans la première moitié du xvme siècle et la contrebande s’y intensifia énormément grâce à l’incohérence de la législation existante. Deux emplacements situés en plein Paris jouissaient alors d’une sorte de franchise : l’enclos de l’ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l’Arsenal. Aussi un sieur Cottin profita de ce règlement administratif pour installer, dans ce dernier endroit, une fabrique d’indiennes dont il confia la
- Fig. 1. — Oberkampf.
- Fondateur de la première fabrique française d’impression sur toile à Jouy-en-Josas en ivfp.
- direction à un jeune chimiste allemand, Oberkampf, venu dans la capitale pour perfectionner son instruction professionnelle après avoir été contremaître dans la teinturerie de son père à Aarau, puis graveur dans la fabrique Samuel, Koechlin, Schwalzer et Cie de .Mulhouse. Mais l’atelier de l’Arsenal ne tarda pas à être fermé par suite du manque d’argent de l'entrepreneur Cotlin en 1759 et comme cette année-là, un édit de Louis XV leva la prohibition des indiennes en France, Oberkampf fonda un établissement d'impressions sur tissus sur les bords delà « rivière desGobelins » à Jouy-en-Josas. Les débuts de l’entreprise furent des plus modestes. Dans le local où il travaillait pendant le jour, le tenace artisan étendait son matelas pour dormir, une fois la nuit venue. Cependant à force, de persévérance et d’ingéniosité, aidé simplement de son frère et de deux de ses anciens compagnons d’ateliers, il parvint, dans le courant de la seconde année, après avoir dessiné ses modèles, gravé ses planches et préparé ses couleurs lui-même, à imprimer 3800 pièces d’indienne. Cette réussite lui suscita des envieux, mais en dépit des manœuvres déloyales, il triompha de ses concurrents et grâce
- Fig. 2. — Impression de tissus à la planche dans les ateliers de la Décoration textile à Asnières.
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- Fig. 3. — Fixage du tissu imprimé.
- Après son impression, la pièce épinglée sur un cercle de cuivre et champagne, est mise dans un autoclave.
- à l’appui du duc de Bouvron, seigneur de Jouy, il put trouver des capitaux et construire une plus vaste usine en 1764. Sur la recommandation de son protecteur, qui vantait les mérites des toiles de Jouy jusque dans les salons de Versailles, les commandes affluèrent et la renommée d’Oberkampf franchit nos frontières. Louis XVI, pour récompenser l’habile décorateur textile, accorda même à sa fabrique le titre de « manufacture royale » en 1787.
- De son côté, Bonvallet d'Amiens eut l’idée d’employer des cylindres portant des gravures en relief pour les pièces de laine (1755) et depuis cette époque, on appliqua son système à tous les genres d’impression sur étoffes. En 1770, un mécanicien écossais imagina une machine avec rouleau en cuivre gravé en creux pour décorer d’une façon continue des toiles peintes que lancèrent Charles Taylor et Thomas Walker. Une douzaine d’années plus tard, grâce à une autre machine à planches plates, on parvint à réaliser, de façon économique, des cotonnades à ramages et à deux tons dits camaïeux. Ces étoiles très employées pour les meubles et les tentures, jouirent d’une grande vogue vers la fin du xvme siècle. Par la suite, la technique de leur fabrication continua à se perfectionner en Angleterre avec Henri Mather, Henri
- Wirkinson qui réussit à imprimer mécaniquemen t des toiles en deux couleurs et Thomas Bell qui, le 12 novembre 1785, fit breveter une autre machine capable d’appliquer plusieurs couleurs à la fois sur toutes espèces de tissus : coton, laine, soie, calicots, mousselines, etc.
- Oberkampf sut profiter de tous ces progrès ; il s'attacha le mécanicien anglais Handrès qui installa, dans sa manufacture, un matériel remarquable pour l’époque tandis que Chaptal et Berthollet, en mettant les ressources de la chimie à la disposition de son génie inventif, lui permettaient de lancer ses a Mignonettes » à un seul coloris et ses articles dits « Guinées » ou « Salem-purés » qu’il vendait par milliers de pièces aux marchands de France ou de l’étranger. Aussi à l'Exposition- de 1806, les créations de Jouy l’emportèrent sur celles de Mulhouse et Napoléon voulut décorer lui-même Oberkampf en présence de ses ouvriers.
- Toutefois les guerres impériales ne favorisèrent pas beaucoup l’industrie française des indiennes. En perfectionnant l’outillage mécanique de leurs usines, les fabricants d’Angleterre s’efforcèrent d’obtenir des toiles peintes à bon marché pour pouvoir en inonder leurs colonies pendant que nos industriels s’attachaient surtout à produire des étoffes de qualité irréprochable, aux coloris et aux dessins variés. En particulier, les chimistes de la manufacture de Jouy, Samuel Widmer et Ilendry, découvrirent le « genre rongeant ». Ce procédé consiste à teindre d’abord puis à imprimer ultérieurement à l’aide d’un mordant, de façon à faire ressortir le dessin en blanc sur la pièce. Cette découverte amena, de 1806 à 1814, une grande prospérité dans les affaires d’Oberkampf, qui périclitèrent ultérieurement sous l’influence des événements politiques. A sa mort (4 octobre 1815) l’établissement de Jouy et sa succursale d’Essonnes, que son gendre Louis Feray dirigeait, furent obligés de
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- cesser le travail. Cependant, une fois la paix revenue, son fils Emile Ober-kampf continua l’œuvre de son père avec Samuel Widmer et son beau-père Jules Mallet.
- Sous la Restauration, la Monarchie de Juillet et le second Empire, les étoffes imprimées retrouvèrent la faveur du public et la palette de leurs décorateurs s’enrichit beaucoup durant cette période. Aux teintes rouges et noires fixées à l'aide d’huiles siccatives ou de vernis et seules connues jusqu’au début du xixe siècle, vinrent s’ajouter entre autres le bleu de Prusse et les couleurs à base de chrome. Puis grâce au mordant rouge ou à l’alumine, on réalisa avec l’acétate de fer des nuances noires et violettes. Peu après, la garance, l’indigo et le pastel permirent d’obtenir tous les tons du rouge au noir en passant par les violets et les bleus. Cette gamme s’augmenta bientôt du jaune rouille produit encore avec l'acétate de fer dont la superposition, sur des fonds préalablement imprimés à l’indigo, donne de beaux verts.
- Par la suite, J. Michel Haussmann de Colmar et Daniel Koechlin de Mulhouse ne se contentèrent pas seulement de varier les impressions et les teintures. Avec les couleurs d’application à base et à dissolvant d’étain: avec les couleurs dites vapeur (cochenille, carmin d’indigo, campêche, cachou, etc.) et avec les couleurs métalliques (à base d’antimoine, d’étain, de mercure, de manga-nèseet surtout de chrome, 1820), ils rénovèrent cette technique. Un peu plus tard, la découverte de l’outremer artificiel par Guimet et Gmelin (1828) mit
- Fig. 6. — Décoration à l’aérographe d’étoffes pour sacs et coussins de salon„
- Fig. 5. — Dessins de modèles et exécutions de pochoirs en zinc. Une lois le sujet gravé d’après un modèle, l’ouvrier pose la plaque métalliq re dans une caisse oscillante garnie de plomb. Puis il modèle avec du mastic tout autour de son dessin, un petit mur qui garantira les parties à réserver lors de l’attaque ultérieure par l’acide.
- en vogue les genres laj)is. Enfin, vers 1854, l’emploi des matières colorantes dérivées du goudron ouvrit , de nouveaux horizons aux spécialistes. Ces composés organiques, dont la liste- s’allonge sans cesse, se substituèrent, peu à peu, aux couleurs précédemment employées pour l’impression des tissus. Parallèlement à ces progrès chimiques, l’outillage mécanique se perfectionna énormément. Les ingénieurs Ducommun, Dehaitre, Gebauer, André Koechlin de Mulhouse, Mather et Platt de Manchester entre autres, mirent au point de remarquables machines pouvant imprimer sur coton, 6, 8 et jusqu'à 14 couleurs à la fois.
- Toutes ces inventions techniques paraissaient donc s’opposer à une renaissance de l’impression à la main des tissus. Les couturiers, les tapissiers et les décorateurs semblaient condamnés à se servir uniquement des coton-.nades anglaises aux inesthétiques ramages. Quand vers 1907, d’anciennes toiles de Jouy exposées temporairement au Musée Galbera, ramenèrent l’attention sur ces artistiques chefs-d’œuvre qu’un siècle de production industrielle et d’innovations mécaniques n’avaient pu faire oublier.
- Alors trois artistes G.-L. Jaulmes, Boigegrain et Victor Menu s’unirent pour fonder la « Société des toiles de Rambouillet ». Ils reprirent la technique des planches de bois gravées, imprimées à la main sur toile en camaïeu et ils eurent depuis de nombreux imitateurs.
- En particulier, Robert Mathias,
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- dont la « Société des toiles du Landy » édita les gaies compositions, Raoul Dufy dont l’imagination poétique se donna libre carrière dans des scènes imprimées, en noir et blanc ou en blanc et bleu et André Groult pour qui « la couleur est reine », selon la juste expression de Luc-Benoit. Enfin Paul Follot qui emprunta à la Perse ses thèmes d’animaux stylisés et Auguste-Henri Thomas (1877-1924) dont les compositions se distinguent autant par l’élégance de la forme que par l’harmonie des couleurs, continuent dignement la tradition. Voyons donc comment on applique aujourd’hui les anciens modes d'impression à la main sur les tissus dans les ateliers de la Décoration textile, sis à Asnières (Seine).
- Dans le procédé dit à la -planche (fig. 2), on imprime à l’aide d’un bloc de bois gravé en relief, la couleur préalablement étendue sur un châssis et qu’on dépose ensuite sur l’étoffe. On obtient, de la sorte, un dessin monochrome mais si on doit reproduire un modèle à plusieurs couleurs, on laisse sécher la première, puis on imprime la seconde et ainsi de suite. Tel est le principe des opérations, qui exigent une grande dextérité de la part des ouvriers. Entrons maintenant dans quelques détails.
- D’abord la « planche » se compose de bois dur contre-plaqué recouvert d’une lame de poirier dans laquelle les motifs à imprimer se trouvent très profondément sculptés en relief. Ces planches mesurent d’ordinaire 42 cm X 42 cm de façon à réaliser des impressions sur 126 de largeur et il en faut autant que le dessin comporte de couleurs.
- Une fois la gravure terminée, on recouvre les parties saillantes d’une mixture formant colle sur laquelle on répand du feutre réduit en poudre de manière à obtenir des surfaces spongieuses destinées à absorber les produits tinctoriaux, D’autre part, le travail est lent, attendu que pour imprimer 42 cm de hauteur sur 126 cm de largeur, l’ouvrier doit appliquer 5 fois sa planche en prenant, chaque fois, du colorant. Pour un dessin à 4 couleurs, par exemple, cela représente 12 applications pour un métrage de 42 cm de haut sur 126 de large de tissu imprimé.
- En outre, le premier coup de planche donné,
- l’ouvrier doit veiller à poser exactement celle-ci la seconde fois à l’endroit voulu et ainsi de suite de façon à réaliser un bon cadrage. Pour cela, la planche porte à ses coins des picots de raccord en cuivre destinés à servir de points de repaire à l’imprimeur au cours de sa besogne.
- Le matériel industriel pour ce genre d’impression se réduit donc à la planche gravée que nous venons de décrire, au « châssis » ou chariot porte-couleurs, à la « table » sur laquelle on tend la pièce à imprimer et à divers outils accessoires.
- La « table » dont la longueur varie de o à 50 m., suivant l’emplacement disponible, exige une grande solidité et une surface parfaitement plane; elle se compose de chevrons placés côte à côte en quinconce et reliés entre eux par des boulons permettant de resserrer les bois au fur et à mesure qu’un jeu se produit dans leur assemblage. En outre, le long des côtés de la table régnent des rails de fer sur lesquels roule le chariot porte-couleur.
- Au cours des manipulations, cette caisse sert à contenir la matière colorante que l’ouvrier y a préalablement étalée avec une brosse sur le feutre,' garnissant le fond du châssis. Le récipient est, en effet, rempli de liquide jusqu’au tiers et recouvert intérieurement d’un tissu imperméable permettant ainsi à la planche gravée de prendre, par son propre poids, juste la quantité de substance colorante nécessaire.
- Enfin, à une des extrémités de chaque table se trouve le peigne formé par des picots d’acier fin implantés en largeur tous les centimètres. Ces picots permettent en y accrochant le tissu d’obtenir un cadrage d’équerre parfait qui se reproduira sur le tendeur placé à l’autre bout. D’autre part, pour donner un support moelleux à l’étoffe, on garnit les tables d’un épais tissu de laine recouvert de 2 toiles appelées « doubliers » et posées l’une sur l’autre.
- Pour opérer, l'ouvrier, après avoir posé sa planche dans le châssis afin de l’imprégner de couleur, la place sur le tissu en observant soigneusement les picots de raccord. Il prend ensuite un maillet formé d’une masse de fonte en forme d’œuf et pesant environ 6 kg, puis il frappe verticalement sur la
- l<ig. 7. — Impression aérographique de tissus de soie pour châles, écharpes, etc.
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- L’IMPRESSION DES TISSUS A LA MAIN ET SA RENA1SSANCË ACTUELLE :----- 43
- planche avec le manche de l’outil afin de ne pas abîmer le dessus de cette dernière. Après quoi, il soulève sa planche pour la mettre à côté du dessin qu’il vient d’imprimer et il recommence la même opération jusqu'à ce que toute la pièce soit décorée en ayant soin de vérifier à chaque déplacement si les picots de raccord se trouvent dans la position voulue.
- Une fois les dessins imprimés dans toute la longueur du tissu étalé sur la table, il relève l’étofïe sur Yétendeur, composé d’un assemblage de rou-
- d’une soupape de sûreté. L’ouvrier s’assure alors que l’intérieur de l’autoclave est parfaitement sec, puis il y fait descendre la champagne garnie de tissu et ferme le couvercle de l’appareil dans lequel il envoie la vapeur à une pression variable selon la contexture de l’étoffe; on y laisse séjourner celle-ci 40 à 60 minutes. Après quoi, on retire la pièce (fig. 4) qu’on dirige sur l’atelier de lavage ou le magasin d’expédition si elle ne doit pas subir celte dernière opération.
- Le. second mode d’impression à la main se fait
- Fig. 8. — En haut : tissus de jute pour ameublement, imprimés à la planche. En bas : dessus de coussins en velours décorés à l’aérographe. (Modèles de la Décoration Textile).
- leaux établis près du plafond au voisinage de chaque table. Sur ces rouleaux, distants de ‘20 cm les uns des autres, les pièces imprimées vont pouvoir sécher sans se toucher.
- Mais afin d’obtenir des couleurs solides résistant au lavage et d’une grande franchise de teinte, on doit les fixer ou les vaporiser. Donc une fois le tissu imprimé et séché, l’ouvrier l’épingle à la « champagne » ou cercle de cuir garni de croisillons sur lesquels sont fixées des pointes en sorte que l’étoffe s’y trouve enroulée en forme de spirale. On habille ainsi la champagne d’une pièce (longue de 60 à 70 m.) et à l’aide d’une moufle glissant sur un rail fixé au plafond de l’atelier un homme l’amène au-dessus de l’autoclave (fig. o), sorte de chaudière cylindrique en tôle pouvant supporter une pression intérieure de 5! kg au centimètre carré et muni
- au pochoir. C’est une variante de l’ancien procédé du gabarit employé depuis longtemps en Chine, au Japon et dans certaines parties de l’Inde Pour réaliser actuellement un pochoir industriel, Partis! e prend une plaque de zinc ou de cuivre qu’il vernit entièrement et sur laquelle il calque son dessin. Avec une pointe d’acier très fine qu’il manie comme un crayon, il appuie fortement sur la surface métallique pour y découvrir l’enduit en arêtes vives. Une fois son tracé achevé, le graveur pose sa plaque sur une caisse garnie de plomb et montée sur un tréteau de manière qu’elle puisse osciller dans les deux sens (fig. 5). Il modèle alors avec du mastic tout autour de son dessin un petit mur afin d’empêcher l’acide d’attaquer les parties réservées. A ce moment, il verse le liquide au centre, puis imprime à l’appareil un mouvement de balancier
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- 44 —------1 FACULTÉ D’ORIENTATION DU PIGEON VOYAGEUR
- permettant à la solution corrosive de pénétrer dans tous les endroits à graver. Pendant l’attaque, l’ouvrier suit attentivement les effets de l’acide et aussitôt qu’il voit les parties rongées se détacher de la plaque, il verse abondamment de l’eau sur le pochoir. Il soulève ensuite le mastic, retire à la main les babochures, rince la plaque à grande eau, prend l’équerre de son dessin, puis au moyen d’un poinçon il perce des trous de raccords aux 4 coins. Le pochoir est maintenant prêt pour décorer les étoffes et il en faut un par couleur à imprimer.
- Les Orientaux employaient jadis des cartons très résistants dans lesquels ils découpaient les parties destinées à être colorées, puis ils posaient sur les étoffes les gabarits ainsi fabriqués et brossaient ensuite avec de la couleur; celle-ci passait dans les intervalles découpés et, se déposant sur l’étoffe, formait le dessin.
- Mais aujourd’hui, après avoir mis les pochoirs gravés sur les tissus, on emploie pour imprimer ceux-ci, Y aérographe (fig. 6), fondé sur le principe des vaporisateurs mais fonctionnant au moyen de l’air, comprimé. Cet appareil affecte la forme d’un pistolet métallique. On met la couleur dans un godet au-dessous duquel un tuyau, relié à un compresseur, envoie de l’air sous une pression variable avec l’opacité des produits. Il existe, d’ailleurs, plusieurs types d’aérographes capables de distribuer toutes les substances colorantes depuis les plus fluides comme les dissolutions d’aniline à l’alcool jusqu’aux plus épaisses teintures à l’huile. Par un réglage minutieux, l’ouvrier calcule l'arrivée de l’air sur le pochoir, posé à plat sur l’étoffe étendue elle-même sur une table. Il projette ainsi des brouillards de teinture d’une finesse extrême qui permettent de réaliser de jolis effets décoratifs. La distance qui sépare l’instrument du pochoir et la quantité de couleur insufflée déterminent la largeur et l'intensité des teintes. Un trait s’obtient en approchant l’aérographe jusqu’auprès de l’étoffe; si l’on veut des
- ombres ou des dégradés, on l’éloigne au contraire.
- Dans certaines usines, l’impression aérographique dés tissus s’opère encore au pochoir mais verticalement. Devant chaque ouvrière (fig. 7) se trouve une sorte de tableau vertical aux extrémités duquel on peut mettre ou retirer à volonté deux cylindres de bois. Lorsqu’une de ces femmes veut commencer son travail, elle garnit d’une pièce entière un de ces rouleaux, puis elle la déroule sur le tableau, en la fixant au moyen de pointes disposées sur les bords, de distance en distance. De la main gauche, elle appuie ensuite, sur le tissu, des pochoirs appropriés et manœuvre son aérographe de la main droite. Chaque fois qu’une table est imprimée, elle enroule l’étoffe sur le cylindre de droite, tandis que celui de gauche se dévidé petit à petit. Naturellement, des marques guident l’ouvrière dans sa tâche en lui indiquant les mesures exactes des parties à décorer de manière que, lorsque la pièce ira au découpage, on retrouve exactement le nombre voulu d’écharpes, de châles, de coussins, de cravates et autres articles détachés prévus dans le métrage préalable. On fixe ensuite à l’autoclave comme nous l’avons indiqué plus haut, on lave dans un bain d’eau savonneuse pour enlever les gommes et autres matières incorporées aux couleurs d’impression. Finalement on essore et on apprête à neuf.
- Grâce à ces anciennes techniques rajeunies et à de consciencieux artistes qui ont appliqué leur talent à créer des modèles originaux, l’industrie des étoffes imprimées à la main jouit actuellement, en France, d’une enviable prospérité. On imprime sur toile de gracieuses robes, sur jute des tentures d’ameublement aux solides et vives couleurs (fig. 8). On reproduit sur des coussins de velours ou de soie des scènes dignes de Watteau et jusqu’à des tangos auxquels préside un jazz-band de nègres tandis que les semis d’André Mare ou les profils féminins de Marty se contentent de décorer de modestes percales. Jacques Boyer.
- LES PROPRIÉTÉS MAGNÉTIQUES ET ÉLECTRIQUES TERRESTRES
- et la faculté d’orientation du Pigeon voyageur.
- L’article publié sous ce titre, en même temps qu’un article de M. le Dr Rochon-Duvigneaud, dans La Nature du 14 avril 1925 (p. 253), a suscité un certain nombre de remarques et de suggestions intéressantes. J’ai correspondu à ce moment avec quelques-unes des personnes qui avaient bien voulu me communiquer leurs observations, mais il n’a pas été entrepris, à ma connaissance, d’expériences nouvelles. Ces expériences, si on veut les faire dans des conditions bien définies, demanderaient beaucoup de temps. Comme je l’ai indiqué dans l’article de 1923, les conditions électromagnétiques requises pour que des expériences de ce genre soient probantes sont assez délicates.
- J’indique brièvement ici quelques-unes des remarques qui m’ont été cômmuniquéés.
- M. Foéx, Professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg, m’a écrit: « Vous connaissez, je pense, les expériences de J.-II. Fabre sur l’orientation des Chali-codomes (*)• L’essai consistant à faire porter un aimant à l’insecte n’avait rien donné, mais il paraît résulter de ces expériences que chez les deux espèces d’animaux (les pigeons et les chalicodomes) le sens de l’orientation est le même. Certaines des expériences que vous suggérez seraient beaucoup plus faciles à réaliser avec l’abeille maçonne qu’avec le pigeon.
- « Ne vous semble-t-il pas qu’un organe sensible aux variations d’un champ magnétique aussi faible que le champ terrestre devrait probablement contenir une 1. J.-H. Fabre. Souvenirs entomologiques, 2° série, Nouvelles recherches sur les chalicodomes.
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- CHRONIQUE ::: ' —....... = 45
- partie ferromagnétique ? L’insecte qui le porte serait alors attirable à l’aimant. 11 faudrait supposer une sensibilité nerveuse d’une extrême délicatesse pour que l’animal pût à 4’aide d’organes entièrement diamagné-tiques ou même paramagnétiques déceler des variations du champ terrestre.
- « Les études de Fabre posent encore, à propos des insectes, plus d’un problème intéressant pour le physicien.
- a Par exemple le processionnaire du pin porte un organe qui lui permet de prévoir le mauvais temps ; l’ammo-phile sait reconnaître la présence d’un ver immobile sous une épaisse couche de terre (•), etc. Il y aurait là tout un champ d’expériences très intéressantes à poursuivre. ))
- M. Louis Yibert propose, en vue de rechercher l’existence d’un sens magnétique chez le pigeon, de soumettre le sujet pendant le transport à l’influence d’un champ magnétique que l’on ferait varier de manière à masquer les variations du champ magnétique terrestre et à les remplacer par des varialions inverses.
- Un correspondant, M. Gendre, pense que les pigeons utilisent les variations de la compôsante horizontale du champ magnétique terrestre. Plusieurs autres jugent que des courants induits produits dans l’organisme par le déplacement de l’animal dans le champ magnétique terrestre peuvent intervenir ; étant données la petitesse des variations du champ magnétique et la faiblesse de la conductibilité de l’organisme, ces courants ne pourraient être qu’excessivement faibles.
- M. le Dr Régnault, de Toulon, m’a adi’essé uhe'communication qu’il a faite le 8 Juillet 1919 à la Société de Pathologie comparée. Il rattache à une influence du magnétisme terrestre sur l’organisme humain les phénomènes « odiques » étudiés par Reichenbach en 1845
- 1. L’assertion de Fabre relative à la processionnaire du pin est actuellement controversée. Quant à l’ammophile, diverses observations de Ferton indiquent qu’il s'agit d’olfaction.
- E, Rabaud.
- (par exemple, certaines personnes dormiraient mieux quand elles sont couchées dans la direction Nord-Sud), et des phénomènes viscéraux dans lesquels il a observé une influence de l’orientation ; il pense que ces phénomènes sont de nature à faire admettre une influence du magnétisme terrestre sur les animaux.
- M. L. D. Fourcault, rédacteur en chef de XElectricien, envisage la possibilité d’un mécanisme « radiogoniomé-trique » do l’orientation des pigeons ; il rattache cette hypothèse à celle de l’émission de radiations par les êtres vivants, et suggère des expériences qui lui paraissent de nature à éclairer sa supposition et à décider si le pigeonnier émet des radiations auxquelles serait sensible le pigeon : 1° on déplacerait le pigeonnier pendant que le pigeon en est maintenu éloigné; 2° on nettoierait complètement le pigeonnier après que le pigeon en a été séparé.
- M. Georges Lakhovskv, dans son livre : « L’origine de la vie. La radiation et les êtres vivants », relie aussi la faculté d’orientation de certains animaux à l’émission par eux de radiations de courtes longueurs d’onde. Il signale (p. 20) qu’un lâcher de pigeons ayant eu lieu en Espagne à la station radiotélégraphique de Paterma près de Yalence au moment d’une émission, les oiseaux furent complètement désorientés ; plusieurs autres lâchers ayant alors été faits dans les mêmes conditions, on constata « l’abolition ou plutôt une perturbation profonde du sens de la direction chez les pigeons voyageurs sous l’influence des ondes électromagnétiques ».
- En résumé, aux hypothèses relatives à l’influence du magnétisme terrestre ou de l’électricité atmosphérique s’ajoute celle relative à l’émission de radiations. Mais des expériences systématiques seraient nécessaires pour apporter des arguments probants pour ou contre ces hypothèses.
- Ch. Maukain.
- Directeur de l’Institut de Physique du globe de l’Uuiversilé de Paris.
- CHRONIQUE
- Les substituts de l’essence : procédé Bergius et alcool méthylique. — Le 25 juin dernier, une visite a été organisée au Laboratoire de Yillcrs-Sainl-Paul, près de. Creil, de la Société nationale des recherches pour le traitement des combustibles.
- Constituée il y a deux ans, sur l’initiative du ministère du Commerce (direction des Essences), M. Loucheur étant ministre, et du Comité central des Houillères de France, cette Société, dont le capital a été souscrit moitié par l’Office national des combustibles liquides et moitié par un ensemble de grands groupements professionnels ou de Sociétés spécialement intéressées par la question dont elle poursuit l’étude (Comité des Houillères, Comité des Forges, Chambre syndicale de la Grande industrie chimique, Comité central des producteurs et distillateurs de goudrons, Compagnie française des pétroles, Société de Pechelbronn, Société lyonnaise des schistes bitumineux, Syndicat d’applications industrielles des combustibles liquides et Chambre syndicale de l’industrie du pétrole), représente une formule nouvelle dans la collaboralion de l’industrie et de l’Etat.
- Elle a installé dans les bâtiments de la Compagnie
- Nationale des matières colorantes qui a mis à sa disposition l’appareillage spécial qu’elle possède, un laboratoire, dont M. Àudibert est le directeur, qui s’occupe spécialement des problèmes relatifs aux carburants de remplacement de l’essence.
- Les premières expériences ont porté sur le procédé Bergius, né au Kohleninslitue de Mannhein, dont on a beaucoup espéré au début. On sait qu’il consiste à chauffer en vase clos de la houille en présence d’hydrogène entre 400 et 500°, sous une pression de l’ordre de 150 kg; il se produit alors une pyrogénation et une hydrogénation de la houille. Des essais, faits sur des houilles très diverses dans des conditions variées de température et de pression, ont montré qu’une tonne de houille additionnée de 12 ou 15 m3 d’hydrogène ne donne que 200 kg de gaz et 400 à 500 kg d’un magma pâteux dont un quart environ de phénols et trois quarts d’hydrocarbures; on ne peut extraire de ces derniers que 80 kg d’essence, le reste étant constitué par des produits aromatiques et se prêtant mal au cracking. Etant donné le prix très élevé de l’installation et la quantité d’hydrogène nécessaire, le procédé Bergius apparaît
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- comme fort coûteux. M. Audibert s’est alors appliqué à la synthèse de l’alcool méthylique à partir du gaz à l’eau. Ce dernier contenant déjà de l’hydrogène, la quantité supplément-aire à fournir est fortement réduite, l’exploitation devient plus intéressante. Grâce à un catalyseur approprié, la combinaison est devenue facile et le rendement excellent.
- Le gaz à l'eau et l’hydrogène comprimés passent dans un tube à catalyse, puis dans un réfrigérant où l’alcool se condense; les parties non entrées en réac-
- tion sont reprises par une pompe et renvoyées de nouveau dans le circuit après addition des deux gaz en quantité suffisante pour maintenir la pression. Les essais de laboratoire ont été suffisamment heureux pour qu’une installation semi-industrielle s’édifie actuellement aux mines de Lens; elle entrera en action vers la fin de cette année.
- La synthèse de l’alcool mélhylijiic par catalyse est d’ailleurs actuellement mise en exploitation un peu partout, en Allemagne comme en France.
- UNE NOUVELLE MACHINE FRIGORIFIQUE A VAPEUR D’EAU
- Les fluides utilises le plus fréquemment dans les machines frigorifiques industrielles sont l'ammoniac, l’anhydride sulfureux, l'anhydride carbonique, le chlorure de méthyle.- On les emploie le plus souvent suivant le cycle à compression; c’est-à-dire que l’on fait évaporer le fluide liquéfié, ce qui engendre du froid ; puis on le reprend à l’état gazeux et on le comprime, en le refroidissant, pour le liquéfier à nouveau.
- Les corps que nous venons d’énumérer ont divers défauts le principal est que ce sont tous des substances chimiques qu’il n’est pas aisé de se procurer à volonté en tous lieux ; en outre elles sont toutes, plus ou moins, nocives pour l’organisme, ce qui exige, pour les machines qui les mettent en œuvre, une étanchéité parfaite et soulève des problèmes de construction difficiles.
- Or il se trouve que le liquide le plus répandu dans la nature, l’eau, est, théoriquement tout au moins, le fluide frigorifique le plus avantageux ; l’eau est, en effet, de tous les corps connus celui qui a la chaleur de vaporisation la plus élevée. Celle-ci est de 600,5 calories par kg à 0°.
- L’eau offrirait les plus grands avantages pratiques ; elle est abondante, peu coûteuse en général, parfaitement inoffensive.
- Il semble donc paradoxal, au premier abord, qu’elle ne soit qu’exceptionnellemènt utilisée comme fluide frigorifique. C’est qu’il y a de grandes difficultés à la mettre en œuvre pratiquement. M. Maurice Leblanc, à qui l’on doit les premières machines à vapeur d’eau réellement industrielles, en a mis en évidence d’une façon lumineuse la raison. La tension de la vapeur d’eau aux températures basses est très faible et par suite le volume de la vapeur est énorme; c’est ainsi que 1 kg de vapeur d’eau à 0°, en présence de son liquide, est à la pression de 4,6 mm. de mercure et occupe un volume de 210 m3, 7. A la température de — 5°, la pression est de 5 mm. et le volume de 1 kg de vapeur est de 500 nr environ. Les machines à piston sont impuissantes à aspirer et recomprimer des fluides aussi peu denses.
- On ne peut songer qu’à employer des machines rotatives à grande vitesse, problème non résolu
- pratiquement jusqu’ici, ou des compresseurs à jet de vapeur.
- C’est celte dernière solution qu’avait employée M. Maurice Leblanc dans ses machines frigorifiques à vapeur d’eau, qui ont reçu de nombreuses applications à bord des navires, mais sont restées confinées presque exclusivement dans ce domaine spécial,
- Un perfectionnement très simple, mais très important réalisé par M. IL Follain est venu en ces derniers temps augmenter d’une façon notable les possibilités d’emploi de ces machines, en particulier à terre dans les problèmes de récupération de solvants volatils.
- Rappelons tout d’abord leur principe. L’eau, ou plutôt la saumure à refroidir, est soumise, dans l’évaporaleur À, à une évaporation partielle dans le vide. Ce vide est entretenu par un éjecteur à vapeur; la vapeur motrice sous pression provenant d’une chaudière est lancée et détendue par la tuyère C ; le jet de vapeur qui prend à la sortie de celle-ci une très grande vitesse, de l’ordre du kilomètre à la seconde, entraîne, par friction, la vapeur dégagée en À.
- Vapeur motrice et vapeur entraînée sont ensuite recomprimées dans le diffuseur D de l’éjecteur et refoulées dans un condenseur F, où elles sont condensées par un jet d’eau à température ambiante arrivant en G (fig. 1 ).
- Un certain nombre d’appareils auxiliaires sont nécessaires. Tout d’abord une pompe de circulation H pour extraire du vide de l’évaporateur la saumure refroidie et lui faire traverser les appareils d’utilisation d’où elle reviendra dans l’évaporateur, après s’être réchauffée; il faut ensuite une pompe d’extraction I, pour extraire du vide du condenseur le mélange des eaux condensées et de l’eau condensante ; il faut enfin une pompe à air pour extraire l’air dégagé de l’eau évaporée et entraînée avec la vapeur dans le condenseur.
- Toutes les difficultés et les inconvénients de ce système, si simple et si élégant en principe, proviennent de l’éjeoteur. Nous laisserons de côté les difficultés tenant au fonctionnement même de cet appareil : amorçage, stabilité à divers régimes. Elles-ont été
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- UNE NOUVELLE MACHINE FRIGORIFIQUE A VAPEUR D’EAU
- résolues. Mais quoi qu’on fasse, de par son principe même, l’éjecteur à vapeur est un compresseur de faible rendement.
- Pour extraire 1 kg de vapeur de l’évaporateur, il faut dépenser un poids de vapeur motrice beaucoup plus considérable : par exemple la température au condenseur étant de 35°, il faut 5 kg, 5 pour maintenir la température de 0° à l’évaporateur et 5 kg pour — 10°.
- Pour condenser la masse de vapeur refoulée par l’éjecteur sans élever notablement la température de l’eau de condensation, condition exigée pour le bon fonctionnement de l’éjecteur, il faut donc dépenser des quantités considérables d’eau, dont l’extraction hors du condenseur exige à son tour la mise en jeu d'une force motrice importante.
- A bord des navires, la question de l’eau de condensation soulève peu de difficultés : la mer ofire un réservoir indéfini où l’on peut puiser sans grands frais. À terre, il n’en est pas de même; la dépense d’eau de condensation devient prohibitive; c’est la cause qui a fait obstacle au développement des machines à vapeur d’eau.
- M. Follain y à remédié dans une grande mesure en réalisant une machine à évaporateurs et condenseurs étagés. Pour expliquer le fonctionnement de ce dispositif, prenons un exemple concret : supposons que l’on se propose de refroidir par heure 2000 litres d’eau de 24° à 0°; cela représente 48000 frigories à produire et exige l’évaporation d’environ 80 kg d’eau.
- Au lieu de faire ce travail dans un seul évapo-rateur, ellectuons-le dans 5 évaporateurs Ax Aâ A3 chacun muni d’un éjecteur, le premier refroidissant l’eau de 24° à 16°, le second de 16° à 8°, le troisième de 8° à 0°; chacun d’eux n’aura à évaporer que 26 kg d’eau environ; levaporateur
- ^ Vapeur
- Ejecteur
- Eau de condensation
- "Tbmpe à air
- Condenseur
- Pompe
- d'extraction
- \ Pompe de J circulation
- Appareils d'utilisation
- Fig. i. — Schéma d’une machine frigorifique ordinaire à vapeur d’eau.
- le plus froid A3 débouche dans un condenseur alimenté par l’eau froide de condensation dont on dispose, et à qui il suffit de fournir la quantité nécessaire pour condenser les 26 kg de vapeur augmentés de la vapeur motrice, mettons au total 90 kg ; cette même eau légèrement réchaufiêe suffit largement pour refroidir et condenser la vapeur qui sort de l’éjecteur A2, à une température plus élevée que celle qui sort de k.L ; de même celte eau réchaufiêe dans ce second condenseur pourra servir à condenser la vapeur issue du premier éva-porateur Ar On a donc divisé par 5 la quantité d’eau condensante indispensable. En outre, la dépense de vapeur des éjecteurs est également diminuée ; car un tiers seulement des frigories nécessaires est produite à la température finale ; les deux autres tiers sont engendrés à des températures plus élevées, d’où économie de vapeur, car un éjecteur donné consomme d’autant moins de vapeur que la différence de température à engendrer est plus réduite.
- La machine à étage possède encore un autre avantage ; suivant la saison, l’eau à refroidir peut être plus ou moins froide; on peut aisément bénéficier de cet abaissement de température, en arrêtant suivant les cas, un ou deux étages de la machine.
- Nous allons montrer comment la disposition étagée a été réalisée en décrivant une machine de ce type récemment mise en service pour refroidir par heure 3000 litres d’eau destinée à la récupération du benzol.
- Dans beaucoup d’industries on emploie le benzol comme solvant; il y a le plus grand intérêt à récupérer les vapeurs de ce produit à la fois coûteux et dangereux. Un procédé simple consiste à refroidir l’air chargé de benzol, en le faisant circu-
- jEaU
- 'condensante
- Eau à refroidir
- Condenseurs
- Ejecteui
- Extracteurs]
- d'air
- Pompes
- Fig. 2. — Schéma de la machine à vapeur d’eau à évaporateurs et condenseurs étagés.
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- 1er autour de tubes refroidis par de l’eau courante. Mais il y a pour celle-ci une température optima qui se place aux environs de 4° ou 5° C, d’où l’utilité de la réfrigération artificielle.
- La machine en question comporte 5 évaporateurs superposés dans lesquels se refroidit directement l’eau destinée au refroidissement de l’air benzolé. La température de l’eau d’entrée pourra être par exemple de 25° en été ; dans le premier évapora-teur A,, elle se refroidit jusqu’à 15° 5; de là elle tombe par gravité par l’intermédiaire d’un siphon dans l’é-vaporateur À2 où la température et la pression sont plus petites; elle s’v refroidit jusqu’à 7 °5; et pénètre ensuite de la même façon dans l’évaporateur A-où elle se refroidit et d’où elle sort entre 5° et 0°.
- De même qu’il y a 5 évapora-tcurs superposés, il y a o condenseurs superposés F, F, F-; l’éjec-teur et l’évapora-teur A- le plus froid débouche dans le condenseur supérieur Fs, le plus froid qui reçoit directement l’eau condensante.
- Les eaux condensées et condensantes se rassemblent au bas du condenseur, de là elles tombent dans le condenseur F2 où elles jouent le rôle d’eau condensante pour les vapeurs amenées par l’éjec-teur et l’évaporateur A,; puis elles passent dans le condenseur inférieur F, où débouche l’éjecteur qui dessert l’évaporateur Aj.
- La machine peut refroidir par heure 5000 litres d’eau de 25° à 5°; elle exige pour cela 120 kg de vapeur pour chaque éjecteur, soit au total 560 kg.
- Il faut par heure 20 nF d’eau de condensation.
- Les appareils auxiliaires nécessaires se réduisent à une pompe d’extraction de l’eau froide du dernier évaporateur et à une pompe d’extraction des eaux chaudes hors.du dernier condenseur, les 2 pompes sont commandées par un même moteur électrique
- de 5,5 ch.
- Il faut en outre extraire l’air des condenseurs, ce qui est réalisé au moyen de petits éjecteurs à vapeur consommant au total 50 kg de vapeur à l’heure.
- Un ^ des avantages essentiels de cette machine est sa simplicité ; les organes mécaniques en mouvement se réduisent à deux pompes et à leur moteur.
- Comme il a été dit plus haut, elle peut fonctionner à plusieurs régimes.
- Ainsi au printemps l’eau dont on dispose pourra être par exemple à 15°, ou au-dessous ; dans ce cas il suffira de fermer l’éjecteur de l’évapo-rateur Al et de ne laisser en service que les deux autres.
- On économisera la quantité de vapeur correspondante.
- De même, en hiver si l’eau est à 9° ou au-dessous, on arrêtera les éjecteurs des évaporateurs Aj A2, en ne laissant en service que celui du 5e évaporateur. On voit que l’on a ainsi une machine à la fois très simple et très souple, d’encombrement réduit, fonctionnant sans surveillance et qui permet de réaliser à bon compte des refroidissements modérés jusqu’ici peu accessibles aux machines frigorifiques classiques. R. Yillers.
- Fig. 3. — Une machine frigorifique à vapeur d’eau de 6oooo frigories-heure avec évaporateur et condenseurs étagés.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiüue, 9, rue de Fleuras, Taris. — J926
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- N" 2729
- 24 Juillet 1926
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- Découverte en France d’un alphabet préhistorique : Dr A. Morlet.
- Les expéditions océanographiques allemandes : René Merle,
- Vérification de la vitesse des obturateurs : A. Hamon. — Académie des Sciences : Paul B. Histoire de l’industrie chocolatière : Raoul Lecocq.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : L’automobile pratique. — Variétés. Recettes et Procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET O, Éditeurs.
- 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO ; France. 1 fr. 50
- ( Dollars ... 0,06
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
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- LA NATURE. — N° 2729.
- 24 JUILLET 1926
- DÉCOUVERTE EN FRANCE D’UN ALPHABET PRÉHISTORIQUE
- Au village de Glozel (commune de Ferrières-sur-Sichon, Allier), à une vingtaine de kilomètres de Vichy, dans une étroite vallée, au bord d’un ruisseau guéable, a été mise au jour une station néolithique (‘) d’une grande richesse de documents inédits comprenant notamment des pierres gravées et des tablettes d’argile couvertes d’inscriptions.
- Quoiqu’il soit bien difficile de résumer en quelques lignes les nombreuses catégories de trouvailles, pour la plupart inédites, que nous a livrées la station de Glozel, nous croyons bon néanmoins de donner un aperçu de l’ensemble, avant d’aborder l’étude de l’alphabet préhistorique que nous ont fait connaître les inscriptions.
- Ce fut d’abord la découverte par le propriétaire du champ, M. Lmile Fradin, d’une tombe plate de forme ovalaire (fig. 1), pavée de grandes briques jaunâtres façonnées à la main. L’une d’elles, située au milieu de la fosse, portait le moulage d’une main, exécuté par le procédé dit « au patron » et rappelait les étranges figurations des grottes espagnoles et périgourdines. Les murs latéraux étaient construits à l’aide de gros galets mélangés à de petites briques à cupules, points de rétention où venait s’encastrer la terre glaise de liaison qu’on cuisait ensuite sur place. Comme cette argile contenait vraisemblablement du sable siliceux et des sels de potasse, une couche de verre, formée sous l’action du feu, recouvrait ces murs, admirablement conservés.
- 1. Nouvelle station néolithique, par le I)1' À. Moki.et et E. Fbablx, eu 5 fascicules avec 134 illustrations. Octave Belin, imprimeur, Yicliy, 1925-1926.
- Figs 2. — Statuette en argile de Glozel.
- Aucun ossement ne fut trouvé dans cette fosse ovalaire, soit que la tombe ait été fouillée à une époque lointaine ou que les eaux fluviales soient arrivées à dissoudre les matières osseuses. Cependant on ne saurait, croyons-nous, attribuer d’autre destination à cette construction. La persistance des empreintes digitales de façonnage sur les briques du dallage, l’intégrité du moulage de la main ne peuvent se comprendre que par l’hypothèse d’une enceinte où l’on ne pénètre plus après son achèvement et de son utilisation comme sépulture.
- Ne savons-nous pas, d’ailleurs, que le premier usage que l’homme préhistorique ait fait de la pierre, fut pour assurer la conservation des ossements de ses morts; ce n’est que beaucoup plus tard qu’il songea à construire des murs pour son habitation. D’ailleurs, lorsqu en collaboration avec M. E, Fradin, nous avons repris méthodiquement et sur de plus grandes bases les fouilles de Glozel, nous avons recueilli autour de cette fosse des vases minuscules qui ne pouvaient être que funéraires et des idoles façonnées en argile, avec des yeux ronds et profonds, des arcades sourcilières proéminentes, un nez droit, sans bouche selon le type classique de l’idole néolithique (fig. 2).
- Les documents que nous avons alors mis au jour sont aussi variés qu’inattendus. Mais tous les objets recueillis se trouvaient aussi bien à la surface qu’au fond de la couche archéologique qui est.« une », sans distinction slratigraphique possible.
- L'industrie lithique se caractérise par la variété des formes qui implique nécessairement une grande diversité d’usages. C’est ainsi que l’outillage comprend des objets en pierre taillée et d’autres en pierre polie ou perforée. Dans leur ensemble, les divers instruments en pierre éclatée de la station de Glozel (pointes à bords retouchés en roche volcanique, perçoirs, pics agricoles avec pédoncule d’emmanchement (fig. 5), silex pygmées, pointes de lances en silex, pointes de flèches avec pédoncule, racloirs), -rappellent ceux de l’époque quaternaire mais sont inférieurs à leurs aînés tant par leur forme que par le caractère de la taille.
- Comme objets en pierre polie ou présentant des traces d’usure nous avons recueilli ; deux moulins à grain avec leurs molettes, un mortier et son
- 4 — 49.
- •*’ Année — 2* Semestre
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- 50 = DÉCOUVERTE EN FRANCE D’UN ALPHABET PRÉHISTORIQUE
- Fig. 3. — Pic à pédoncule d'emmanchement.
- broyeur, une palette à ocre, des polissoirs à main, un lissoir, des galets perforés servant vraisemblablement de pesons de filets, d’autres plus petits pouvant être des grains de collier, des anneaux en schiste avec ou sans inscription (fig. 4), des pendeloques en forme de croissant, des ciseaux droits, des haches polies façonnées dans des galets, une flèche polie avec barbelures, un harpon en (lierre également polie.
- Parmi les objets divers nous avons trouvé : cinq aiguilles en os perforées, quatre dents perforées dont deux gravées de signes alphabéLiformes, un harpon en os à double rang de barbelures.
- Pans l’importante céramique de Glozel, il faut distinguer deux catégories, l’une eu grès et l'autre en terre à briques ordinaire. Peut-être les poteries de grès étaient-elles fabriquées par des ouvriers spécialisés, sachant laver et composer une argile plastique, portée ensuite à de hautes températures. Ces vases servaient plus tard de modèles qu’on imitait dans l’industrie domestique, en n’employant qu’une pâte grossière dont le grain peu compact et mélangé de sable rappelle celui de la terre à poterie à peine « dégourdie » de la céramique néolithique des Balkans (fig. 5). Ces vases de terre servant aux besoins delà vie journalière (écuelles avec leurs sup-
- ports, grands vases à fond rond, vases en cloche, lampes avec leurs supports) ou au culte des morts (vases rituels de dimensions minuscules) sont parfois pourvus de plusieurs éléments décoratifs : incisures en forme de chevrons, symboles solaires, masques de l’idole néolithique se détachant en relief, sur un fond creusé dans la pâte même du vase. Par contre, sur les poteries de grès qui paraissent avoir été réservées à la fusion du verre ne figure aucun embellissement; leur pâte épaisse et dure est de coloration gris bleuâtre à la cassure.
- Comme nous avons rencontré une épaisse couche de verre au fond d’un tesson de ces vases en grès, utilisés, semble-t-il, comme creusets, nous croyons que les néolithiques de Glozel en furent les inventeurs. Car si des perles de verroterie avaient déjà été recueillies avec des objets néolithiques (dolmen
- Fig. 4. —Anneau de schiste avec inscription.
- de Grailhe), ces découvertes semblaient jusqu’alors insuffisantes pour faire admettre la fabrication du verre dès cette époque, en Occident. D’ailleurs c’est vraisemblablement en voyant sourdre du verre de leurs constructions, reliées en argile durcie sur place par l'action du feu, qu’ils réalisèrent cette découverte.
- -Mais leur invention la plus géniale fut celle de Y alphabet (fig. 6 et 7). Sans doute dès la fin des temps paléolithiques nous voyons apparaître des signes mnémoniques sur des os gravés ou des objets en bois de renne (La Madeleine, Mas d’Azil, Gourdan, Rochebertier) et M. A. Desforgès a pu écrire avec raison, dans le Mercure de France, « que des découvertes analogues (aux nôtres) ont été faites, il y a longtemps déjà, dans des milieux nettement magdaléniens ». Mais les néolithiques de Glozel furent les premiers à constituer tout un alphabet idéographique puis syllabique.
- Délaissant petit à petit les caractères figuratifs en
- Fig. 5. — Vase en terre.
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- usage dans l’art glyptique, ils furent amenés, par suite du développement de leurs idées abstraites et de la difficulté qu’ils éprouvaient à représenter certaines images concrètes trop compliquées, à créer des symboles graphiques ou idéogrammes. C’est ainsi que nous voyons sur un grattoir-burin, à côté de certaines figures schématiques qui n’ont d’autre Ggnifieation que l’objet qu’elles représentent, de véritables signes alphabétiformes. Puis, par leur commodité, les signes idéographiques arrivèrent à remplacer complètement les figures représentatives.
- Plus tard, dans un nouveau but de simplification et par suite de l’habitude de traduire chaque idéogramme par le mot de leur idiome parlé, les tribus de Glozel arrivèrent à joindre la peinture des sons à la peinture des idées et à figurer par divers groupements d’autres mots dont le son se composait de la prononciation de tel signe et de celle de tel autre (syllabisme). Ce qui nous prouve que les néolithiques de Glozel connurent le syllabisme, c’est qu’ils ne firent usage pour exprimer leur pensée que d’un certain nombre de caractères (nous en avons actuellement relevé 1)0 types diiïérents), alors que s’ils s’étaient arretés à l’idéographisme leurs signes auraient dù être aussi nombreux que la multitude des objets et des idées à représenter. Il est probable d’ailleurs qu’ils s’en tinrent à ce mélange de caractères idéographiques et syllabiques comme nous le voyons dans certains hiéroglyphes égyptiens, car s’ils étaient arrivés à l’alphabétisme il leur en eut fallu beaucoup moins.
- Aussi, bien que nous soyons en présence d’un
- Fig. 7. — Brique avec inscription alphabétique.
- Fig. o. — Brique avec inscription alphabétique.
- système d’écriture linéaire très évoluée, nous pensons qu’un grand nombre de signes de l’alphabet de Glozel avaient encore une valeur idéographique.
- « Les signes idéographiques, nous a écrit A. Evans, se rencontrent même dans le système linéaire le plus avancé. »v
- Nous avons pu dater cet alphabet des premiers temps néolithiques, comme l’ensemble de la station, grâce à la présence de signes alphabétiformes sur des dents perforées, vraisemblablement portées en pendeloques et sur des gravures animales, qui, malgré des caractéristiques propres, paraissent encore en connexion directe avec l’art magdalénien. D’ailleurs, l’allure d’un renne dessiné à côté de signes alphabétiformes (fig. 8) est beaucoup trop vivante pour que l’artiste n’ait pas été un observateur direct de la nature. Or, nous savons que le renne quitta nos régions lorsque régna le climat tempéré de la période néolithique. C’est parce que nous nous trouvons à Glozel sur le versant paléolithique de la période de transition que l'émigration du renne sauvage n’était pas encore complètement achevée. D’ailleurs, si les Glozéliens commençaient à étendre à la pierre le polissage que leurs ancêtres n’avaient appliqué qu’à l’ivoire et à l’os, ils étaient loin de savoir donner à leurs outils le poli parfait de la période suivante; les objets polis ne sont jamais façonnés qu’en roches locales et leur surface présente toujours de nombreuses rayures de polissage.
- Cet alphabet des premiers néolithiques constitua
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- LÈS EXPÉDITIONS OCÉANOGRAPHIQUES ALLEMANDES
- un fonds commun où tous les peuples de même 'souche continuèrent de puiser selon leur génie propre. Comment expliquer autrement dans les alphabets archaïques (grec cadméen, étrusque, éolo-dorien, etc.) la présence de caractères qui ne sont pas sémites — comme l’exigerait l’hypothèse de leur origine phénicienne — et qu’on retrouve sur nos tablettes d’argile? Toutes issues de cette même souche néolithique, les écritures méditerranéennes, devenues plus tard alphabétiques au contact des Phéniciens, n’en garderont pas moins l’aspect morphologique de leur origine commune. Bien plus, nous croyons que s’ils prirent l’alphabétisme aux égyptiens, c’est aux tribus néolithiques de l’Occident que les Phéniciens empruntèrent la forme de leurs lettres. Mais ils en rejetèrent la signification idéographique ou syllabique qui en eût empêché la lecture par des peuples de race et id’idiome différents.
- , Comme nous l’avons montré (*), la ressemblance
- Tableau comparatif de Rougé
- trative qu’il est impossible de retrouver avec le hiératique égyptien (tableau comparatif de Bougé (fig. 9).
- Enfin, comme il entre toujours une grande part de convention dans les symboles graphiques, la clé se perd quand disparaissent les groupements humains qui les employaient.
- Aussi, à moins qu’on ne découvre un jour leur pierre de Rosette, nous considérons comme vain de tenter actuellement le déchiffrement des inscriptions de Glozel. Mais nous sommes en
- Hiératique Phénicien Glozélien
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- Fig. 8.
- Galet avec renne et signes alphabéliformes.
- Fig. o — L’alphabet glozélien comparé aux alphabets hiératique et phénicien du tableau comparatif de Rougé.
- frappante, l’identité presque absolue de la morphologie des lettres ont une véritable valeur démons-
- .1 « Invention et diffusion de l’alphabet néolithique ». „l)r A. Mohi.er, Mercure de France. 1er avril 1926.
- droit de dire, en renversant la proposition admise, que, si un jour, les terres de l’Asie devaient fournir les peuples, c’est dans l’Occident que fut inventé le premier alphabet linéaire. Dr A. Morlet.
- LES EXPÉDITIONS OCÉANOGRAPHIQUES ALLEMANDES
- Sans parler des voyages dans, les mers polaires, nous avons vu, depuis la guerre, de nombreuses expéditions océanographiques s’organiser dans divers pays, tout comme autrefois.
- Le Danemark, le premier, a armé le Dana qui, sous la direction du Dr Johs. Schmidt, a parcouru de 1920 à 1922 l’Atlantique nord et le golfe de Panama, en vue d’études biologiques. Les premiers résultats de ses travaux paraissent actuellement.
- Puis, la Grande-Bretagne a équipé le Sainl-George de la Scienlific Expedilionary Research Association qui, actuellement, voyage à travers
- l’Océan Indien et les îles du Pacifique, dans un but de recherches zoologiques,^botaniques, géologiques, ethnographiques, inspiré par la riche moisson rapportée jadis par le Challenger.
- L’Allemagne, à son tour, a choisi un bateau, le Meteor, qu’elle a muni de tous les engins nécessaires pour faire une campagne hydrographique de deux ans dans l’Atlantique austral. Les premiers résultats de sa campagne de 1925 viennent de paraître dans les Nachrichlen für Seefalirer; ils montrent bien l’ampleur des travaux entrepris.
- Le Meteor est pourvu de tous les instrumefits
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- LES EXPÉDITIONS OCÉANOGRAPHIQUES ALLEMANDES : 53
- nécessaires pour les études d’océanographie, biologie, géologie, chimie, météorologie, aérologie, qui constituent son programme. On l’a doté d’instruments perfectionnés pour la mesure des courants, les sondages jusqu’à 7500 m. de profondeur, les
- à Ténérife et Madère en janvier 1925 pour régler et mettre au point tous ses instruments, puis il partit le 16 avril pour Buenos-Aires où commença la réalisation du programme. Quatorze traversées furent effectuées qu’indique la carte ci-jointe (fig. 1) :
- Ascension
- ,fU ?!
- " Rw-dt-<laneîrpJ‘/ /
- Tristen g/s Cunha
- Prof// 3 —*
- C.Horn
- Fig. i. — Les sondages sous-marins de l’expédition océanographique allemande de 7925.
- prises de température et d’échantillons d’eau jusqu’à 8000 m., la mesure du vent jusqu’à 7000 m. d’altitude, l’enregistrement, par ballons captifs des conditions de l’atmosphère, le sondage aérien jusqu’à 15 000 m.,‘ les mesures magnétiques, à bord, etc. C’est un grand laboratoire flottant qui peut explorer une tranche de plus de 15 000 m., dans l'air et la mer, partout où il fait une station d’observation.
- Le Meteor fit son voyage d’essai de ’Wilhelmshaven
- 1° De Buenos-Aires au Cap, vers le 42° de latitude sud ;
- 2° Du Cap à Buenos-Aires, par l’île Sainte-Catherine (côte du Brésil) vers le'50° de latitude sud;
- 5° De Buenos-Aires aux Falkland, puis au Cap, en suivant le 48° ;
- 4° Du Cap à Buenos-Aires, en ligne droite, par le 55° ;
- 5° De Buenos-Aires au détroit de Magellan, puis
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- LES EXPEDITIONS OCÉANOGRAPHIQUES ALLEMANDES
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- au Shetland du Sud, de là à la Géorgie du Sud, puis par le 55n au groupe des îles Lendsay, suivi cf’une boucle vers le sud jusqu’au 70n, puis d’une remontée vers le nord jusqu’au Gap;
- 6° du Gap à la Baie des Baleines, puis à Hio-de-Janeiro le long du tropique du Capricorne, avec retour à Buenos-Aires ;
- 7° De Buenos-Aires à Caravellas, puis à Sainte-Hélène et à Mos-samédès ;
- 8° De Mossa-médès à Benguc-la, puis à Baliia par Vile Ascension ;
- 9° De Bahia à Pernambouc, puis à Freetown ;
- 10° Le long de la côte d’Afrique, de Freetown, à Monrovia, descente jusqu'à l’équateur, marche vers Fernand o-Po;
- J 1° DeFernan-do-Po à l’ile des Princes, puis de lààPernambouc;
- 12° De Per-nambouc'aDakar, avec une boucle au nord du Brésil;
- 13° De Dakar aux îles du Cap Vert et à Para;
- 14° De Para à Georgetown, en Guyane anglaise, puis au nord de Saint-Louis du Sénégal.
- Enfin retour à Wilhelmshaven.
- Pour le moment, nous ne connaissons encore des résultats obtenus que les sondages et ce qu’ils révèlent des profils sous-marins de l’Atlantique sud.
- Plus de 20 000 sondages ont été effectués. C’est un record qui n’a pu être atteint que grâce à l’emploi de sondeurs au son, contrôlés par la machine à sonder Lucas. Le Meteor a employé plusieurs appareils de sondages au son construits par des Sociétés allemandes, l’appareil du physicien allemand Behm, l'Allas Lot. construit par les Atlaswerke de Brême, suivant le système américain de la’Submarine Signal de Boston, connu aux États-Unis sous le nom de
- Fathometer, le S. G. Lot et le Freilot de la Signal-Gesellschaft de Kiel.
- L’appareil Behm n’a pas donné de résultats satisfaisants. Nous n’en parlerons donc pas.
- L’Atlas Lot et le S. G. Lot sont des appareils 'a écho, dans lesquels on mesure le temps mis par une onde sonore, issue d’un appareil émetteur lié au navire, pour atteindre le fond, s’y réfléchir et
- venir impressionner un récepteur sur la coque du navire. Ce sont tous deux des appareils pour mesurer des grandes profondeurs, ils ont permis d’effectuer un sondage en moyenne toutes les 20 minutes.
- Avec le S. G. Lot, on peut mesurer les porLions de temps jusqu’à 1/25* de seconde; c’est-à-dire, la vitesse du son dans l’eau de mer, étant de 1500 m à la seconde environ, que l’on a pu sonder à partir d’une profondeur minima de 50 m. Les pro-fondeursmaxima atteintes ont été de 6000 mètres.
- L'Atlas Loi permet de mesurer le 1/75* de seconde et scs sondages commencent à partir de 10 m.
- L’appareil s’est également bien comporté pour les grandes profondeurs ; son émetteur toutefois n’est pas assez puissant et il a fallu utiliser celui du S. G. Lot.
- Le Freilot est un système qui n’est applicable qu’aux petites profondeurs ; il comporte un corps de sondage qu’on laisse tomber, et qui prend dans l’eau une vitesse constante de 2 m. par seconde. Arrivé au fond il fait explosion. On note le temps qui sépare le départ du corps et son arrivée au fond, signalée par le bruit de la détonation. Ce nombre multiplié par 2 indique la profondeur en mètres. On ne tient pas compte de la vitesse du son.
- BcPorcupine ,\
- Cherbouri
- Fig. 2. — La croisière de 1Q25 du Pourquoi-Pas
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- VERIFICATION DE LA VITESSE DES OBTURATEURS 55
- L’appareil a donné des résultats satisfaisants pour des profondeurs moyennes.
- Ces sondages ont confirmé et corrigé sur quelques points ce que l’on sait de la structure du fond de l’Atlantique Sud, formé de deux fosses profondes orientées Nord-Sud, séparées au milieu par un fond plus haut sur lequel s’élève l’ile d’Ascension. Vers le sud, ce plateau axial s’étale vers l’est et l’ouest, du Cap au Rio de la Plata, à hauteur de Tristan d’Acunha et de Gough. Plus au sud encore, à l’est de la Patagonie, une autre fosse existe, bordée par les îles avancées du continent austral; à l’ouest les Falklands, la Géorgie du Sud, les Sandwich; à l’est, Lindsay, Thomson et Bouvet.
- Cette oeuvre considérable n’a pas absorbé toutes les possibilités du gouvernement allemand puisqu’un autre bateau plus petit, le Zielen, a également, en 1925, parcouru du 17 août au 4 septembre les côtes nord de Norvège jusqu’au Spitzberg.
- On assiste donc en ce moment à une reprise des grandes expéditions océanographiques qui ont révélé déjà tant d’aspects nouveaux du monde et sont indispensables pour comprendre aussi bien la forme et la structure de notre globe, que les conditions climatiques et météorologiques régies par la mer, et que les êtres vivants qui le peuplent.
- Jadis, la France eut sa part dans ces découvertes. Ses marins parcoururent les océans et découvrirent nombre d’iles à la surface. Après le Challenger, le Travailleur et le Talisman furent les premiers à fouiller dans les profondeurs. Pendant longtemps, le prince de Monaco sillonna l’Atlantique, créant de nouvelles méthodes d’études, rapportant nombre de faits et de documents nouveaux, enrichissant la zoologie de formes insoupçonnées.
- Aujourd’hui..., aujourd’hui un seul bateau tient la mer encore, le Pourquoi-Pas? du I)1' Charcot Malgré l’effort de son chef, ses crédits sont si limités, ses moyens d’action si réduits que notre part dans l’œuvre océanographique commune devient infime.
- Justement, en même temps que la première publication du Meteor, paraît dans les Annales hydrographiques le rapport du D1 Charcot sur sa campagne de 1925. La carte qui y est jointe et que nous reproduisons ici (fig. 2) suffit à montrer l’inégal intérêt que les deux pays portent aux problèmes de la mer.
- M. Charcot n’a pu naviguer que du 10 juin au 10 octobre. En ce peu de temps, il a certes fait une belle campagne, recueilli d’importantes données, donné la possibilité de recherches à nombre de savants venus à son bord, mais la comparaison des cartes publiées ici prouve, sans plus de commentaires, combien la France, pays maritime et colonial, se soucie moins..»de la mer que l’Allemagne, réduite cependant aujourd’hui à une métropole ayant peu de côtes sur une mer bordière.
- Certes, nous traversons une période difficile, les plus strictes économies s’imposent. Mais en est-ce une de perdre un de nos titres de gloire, de ne plus montrer notre pavillon dans les mers lointaines, de laisser les musées et les laboratoires étrangers s’enrichir de nouvelles récoltes, pendant que nous continuons de vivre sur notre passé?
- N’est-il pas temps d’organiser aussi une grande expédition française pour contribuer à accroître le fonds commun, jouer notre rôle sur mer, donner à nos savants de nouveaux éléments de travail?
- Rkxé Meule.
- Entretiens de photographie pratique.
- VÉRIFICATION DE LA VITESSE DES OBTURATEURS
- De toutes les applications de la science, la photographie est une de celles qui s’adressent le plus particulièrement à la grande masse du public; il suffirait de rappeler l’immense intérêt que souleva, en 1859, dans le monde entier, la découverte du nouveau procédé pour montrer combien, de tous temps, il a retenu l’attention générale.
- Yoici l’époque des vacances et l’on passe en revue foldings, détectives et jumelles, la vieille croyance persistant toujours que, pour faire de bons clichés, il faut beaucoup de soleil. « Savoir poser » est la clef du succès pour le photographe. Et c’est pour ignorer la valeur de ces deux mots que tant d’amateurs, après bien des déboires, finissent par laisser dans un coin poussiéreux l’appareil dont ils attendaient, au début, des merveilles.
- La détermination du temps de pose est donc le facteur essentiel de la réussite. Cette mesure s’effec-
- tue au moyen d’appareils ou de tables qui indiquent le temps pendant lequel une plaque donnée devra être exposée dans un appareil d’objectif déterminé.
- Pour les poses longues, le vieux bouchon, placé sur l’objectif, est encore l’obturateur le plus simple et le plus sûr.
- Mais pour les poses courtes et très courtes qu’entraînent - les beaux jours, les objectifs à grande ouverture, et, naturellement, les plaques ultrasensibles que la plupart des amateurs croient utiles d’employer, une machine mesurant le temps de pose avec exactitude est nécessaire. Ce mécanisme, c’est l’obturateur.
- Il ne faudrait pas cependant se fier d’une façon trop absolue à cet accessoire indispensable. En effet, l’expérience prouve que son fonctionnement est souvent des plus approximatifs et que les indica-
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- 56 ===== VERIFICATION DE LA VITESSE DES OBTURATEURS
- Fig. i. —- Construction d’un appareil
- simple pour mesurer la vitesse des obturateurs photographiques.
- A, lamelle de bois ; B, axe métallique autour duquel s'enroule le fil supportant le poids P ; C, ampoule “plafonnier" supportée par les équerres T et T' servant à l’arrivce du courant; L), ailette inclinable formant frein à air ; K, balai amenant le courant au collecteur E et à l’équerre T’; L, carton noir èvidè gradué sur la face opposée en 20 secteurs. N, contrepoids équilibrant le tout.
- tions gravées par les constructeurs sont fréquemment entachées d’erreur.
- Si cette erreur est faible, le mal est réparable; mais dès qu’ellejdépasse certaines limites, la tolérance de la plaque est insuffisante à corriger l’excès ou le manque de pose. Bon nombre d’insuccès sans-raison apparente n’ont d’autre cause qu’un fonctionnement défectueux du système d’obturation.
- Il est donc utile, sinon indispensable, pour tout amateur sérieux de pouvoir se baser sur des chiffres exacts, non seulement lors de l’achat d’un appareil, mais aussi à des périodes plus ou moins éloignées, afin de tenir compte de l’usure inévitable des ressorts de tension ou des dispositifs de freinage.
- Il existe de nombreux procédés utilisés par les constructeurs pour effectuer cette vérification (l); mais la plupart nécessitent des appareils compliqués, véritables instruments de laboratoire. Il n’est donc pas inutile de passer en revue les moyens simples, permettant à chacun de déterminer facilement la durée d’ouverture des obturateurs avec une précision plus que suffisante pour les besoins de la pratique courante. Nous distinguerons les obturateurs d’objectif, montés près des lentilles du système optique, et les obturateurs de plaque situés contre la surface sensible, les procédés de mesure différant dans ces deux cas. Examinons tout d’abord le cas des obturateurs d’objectif.
- Procédés visuels et acoustiques. — Avec un peu d’habitude, il est aisé d’apprécier la seconde, la demi-seconde et même le quart de seconde. Pour les vitesses supérieures, il est possible, comme l’a
- 1. La Nature, n° 2677, 25 juillet 1925, p. 54.
- indiqué M. Bourée(1), de déterminer approximativement certaines vitesses, s’il s’agit d’un obturateur à ouverture et fermeture rapides, comprenant un temps d’arrêt intermédiaire.
- a) En faisant fonctionner l’obturateur avec des vitesses croissantes et en regardant le ciel à travers l’objectif, on a la sensation très nette de l’ouverture et de la fermeture des lames; puis, la vitesse s’accélérant, il arrive un instant où l’œil ne perçoit plus qu’une rapide sensation de disque lumineux sans temps d’arrêt appréciable. La vitesse de l’obturateur est alors, à peu de chose, le dixième de seconde.
- b) Lorsque cette limite est atteinte, on continue à entendre l’ouverture et la fermeture de l’obturateur; on accentue encore progressivement la vitesse. Quand les deux tac-tac se rapprochent à la limite de séparation auditive, la vitesse est d’environ l/55e de seconde. Lorsqu’ils se confondent, elle atteint le 1/50".
- Remarquons la facilité de procéder, à une telle vérification au moment même de l’achat d’un appareil.
- Procédé de la bille. — Ce procédé, le plus simple et le plus précis théoriquement, n’est malheureusement pas toujours réalisable. Il consiste à photographier une bille métallique polie (de roulement d’automobile par exemple) pendant sa chute le long d’une échelle graduée, et à déterminer le temps d’exposition d’après la traînée laissée sur la plaque.
- '':W. '
- i. Revue française de Photographie, n° 142, p. 316.
- Fig. 2. — Photographie de l’appareil simple pour la mesure de la vitesse des obturateurs photographiques. Comparer au schéma figure 1.
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- VÉRIFICATION DE LA VITESSE DES OBTURATEURS ---- 57
- A cet effet, on se procure une bande de papier noir de 2 mètres de long et d’une dizaine de centimètres de large." Cette bande, graduée en centimètres au moyen de craie ou de gouache, est fixée
- rateur a lieu immédiatement. Après développement, la durée cherchée se déduit facilement du nombre de centimètres parcourus par la bille durant sa chute au moyen de la formule suivante :
- Fig. 3. — Divers essais de vérification de la vitesse d'obturateurs, à l’aide de l’appareil
- simple décrit ci-dessous.
- a, Enregistrement du i/5' de seconde. Vitesse du moulinet : 5o tours en 22 secondes ;
- vitesse réelle d’obturation : ?2 — 0 sec. 238
- 1000
- ' 22 X, I 8
- b. Enregistrement du 1/25* de seconde. Vitesse réelle :----— —- 0 sec. o3q.
- 1000 '
- c. Enregistrement du i/25o* de seconde. Vitesse du moulinet : 5o tours en 10 secondes.
- Vitesse réelle d’obturation : — 0 sec. 004.
- 1000
- ri. Enregistrement du 1/10” de seconde en utilisant le courant alternatif. On distingue dix renforcements successifs de l’éclat du filament s’allumant 100 fois par seconde sur du courant à'5o périodes.
- verticalement le long d’un mur bien., exposé au Soleil. La mise au point est faite sur la* graduation, en ayant soin que toute l’échelle apparaisse sur le dépoli.
- Puis, l'appareil étant chargé et l’obturateur armé, on laisse tomber la bille d’elle-même du zéro de la graduation; le déclenchement de l’obtu-
- D =
- 22,15
- simplification de D =
- hu
- VT
- dans laquelle :
- D = durée de l’ouverture en secondes ;
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- 58 VÉRIFICATION DE LA VITESSE DES OBTURATEURS
- /' = distance du 0 de l’échelle à l’extrémité la plus basse de la trace laissée par la bille ;
- / = distance du 0 de l’échelle à l’extrémité la plus haute de la trace laissée par la bille.
- Procédé de la roue de bicyclette. — Une bicyclette posée à l’envers sur le sol porte un voyant de papier blanc fixé sur le pneumatique de la roue arrière.
- Au moyen du pédalier, on donne à cetle roue un mouvement régulier un peu supérieur à un tour par seconde. Dès que, par le ralentissement, elle atteint cette vitesse, on actionne l’obturateur.
- La fraction de circonférence parcourue par le voyant de papier est précisément égale à la fraction de seconde pendant laquelle l'obturateur est resté ouvert.
- Ce procédé, outre l'éclairage intense encore indispensable ici, manque de précision dans l’appréciation de la vitesse de la roue et comporte l’erreur due à la largeur de la bande de papier employée.
- Cependant, il donne une bonne approximation dans la mesure des vitesses lentes, du 1/10e de seconde à la seconde.
- Déplacement d’un point lumineux. — Ce dispositif est peut-être, à première vue, plus compliqué que les précédents, car il exige la construction d’un petit instrument spécial; mais cette construction se réduit à si peu de chose (tiges et lames de meccano, vis, carton, etc.), que cette difficulté est seulement illusoire. Il nous a permis de mesurer avec précision toutes les vitesses courantes d’obturateurs et il a le grand avantage de pouvoir fonctionner n’importe où, sans nécessiter la lumière solaire.
- Il se compose (fig. 1) d’une légère tige de bois À, montée à l’extrémité d’un axe B, et portant en C une petite ampoule du type « plafonnier » à filament rectiligne. Celle lampe fonctionne sous une tension de 4 à 6 volts fournie soit par un accumulateur, soit, plus aisément, par une vulgaire pile sèche de lampe de poche. Le courant arrive par deux équerres métalliques T, T', reliées, l’une à l’axe métallique, l’autre à un collecteur E formé d’une rondelle de liège recouverte d’une mince lame de clinquant. Un fil léger K, frottant sur le clinquant, joue le rôle de balai.
- Deux bornes reliées au tourillon de l’axe et au balai métallique servent à l’alimentation de l’ampoule.
- L’autre extrémité de la tige À est munie d’une feuille de carton mince D, à inclinaison réglable, servant de frein à air. Cette lame est fixée à une distance convenable de l’axe, afin d’équilibrer exactement le poids de l’ampoule C.
- La force motrice est fournie par le poids P, d’une centaine de grammes, fixé à un fil fin et solide s’enroulant autour de l’arbre IL
- Le tout, placé en porte-à-faux à l’extrémité d’une
- table, permet de donner à la lampe un mouvement de rotation absolument régulier et constant. Afin de mesurer exactement l’angle de déplacement, il est avantageux de placer en avant de la partie mobile un écran noir percé d’une ouverture annulaire graduée en 20 secteurs égaux.
- Une fois muni de ce dispositif, plus long à décrire qu’à construire, il nous est facile d’effectuer une mesure quelconque.
- On commence par déterminer une vitesse telle que la durée d’une rotation soit certainement supérieure à la durée d’ouverture de l’obturateur à essayer, afin d’éviter le recouvrement des extrémités de la traînée lumineuse. Pour cela, le poids reposant sur le sol, au bout du fil, on le remonte d’un nombre de tours facile à employer par la suite, 50 par exemple, et l’on marque le niveau auquel il arrive à ce moment; puis il est remonté complètement et on laisse la chute se produire. La trotteuse d’une montre fournira le temps T, en secondes, écoulé entre le moment où le poids arrive à la marque précédente et celui où il touche le sol. En divisant ce temps par 50, on obtiendra, avec une
- grande précision, la durée d’une rotation, soit
- 50
- le temps mis par le filament de l’ampoule à parcourir une graduation du cadran est donc de
- T T
- 50 x 20' 1000‘
- Puis, la mise au point étant faite sur le cadran noir gradué, on commence par impressionner ce dernier sur la plaque (environ une dizaine de secondes à fj9) en ayant soin de masquer l’ouverture ronde avec du papier noir. Ensuite, après avoir remonté complètement le poids, on allume la lampe et, au bout de quelques instants de fonctionnement durant lesquels l’appareil atteint son régime normal, on déclanche l’obturateur. Après développement, on mesure le nombre n de graduations parcourues par la trace du filament. La durée d’ouverture est :
- La figure 5 donne trois exemples du calcul ci-dessus.
- Afin d’obtenir de bons résultats, il est recommandé d’employer des plaques très rapides et, poulies grandes vitesses, de forcer le chauffage du filament. On voit en c (fig. 5) que le l/250e de seconde est bien enregistré à la vitesse, très réalisable, de 5 tours par seconde.
- Utilisation de la période du courant alternatif. — Le même appareil, sans cadran, permet de mesurer directement les vitesses faibles si l’on peut disposer d’une alimentation sur le courant alternatif au moyen d’un petit transformateur approprié ou, plus simplement, en montant en série une lampe de 50 à 100 bougies.
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- Soit, par exemple, du courant alternatif à 50 périodes ; une lampe alimentée par ce courant s’allume 50x2= 100 fois par seconde; il suffit donc de l’animer d’un mouvement suffisamment rapide pour dissocier les divers allumages successifs. Le cliché d (fig. 5) montre un essai au 1 /10e de seconde fait dans ces conditions. On distingue nettement 10 allumages du filament. Ce cliché donne, en outre, une idée très nette du phénomène d’incandescence périodique et démontre notamment que le temps mis par le filament pour se refroidir est plus grand que celui mis pour être porté au rouge blanc sous l’influence du courant.
- Ceci e&t dù, naturellement» à son inertie calorifique.
- En se basant sur le même principe, on peut se servir de la lumière de l’arc électrique utilisé dans les lampadaires de certaines grandes artères de Paris.
- Il suffit, pour cela, de faire pivoter horizontalement l’appareil sur lui-même pendant le fonctionnement de l’obturateur, pour séparer les éclats successifs de l’arc.
- 11 est bon de fixer d’avance les limites du déplacement à produire, afin de ne pas déplacer l’image en dehors du champ de l’appareil.
- À cet effet on peut employer (fig. 4) une petite planchette P, sur laquelle est posé l’appareil.
- Au moyen de trois épingles on marque, par examen sur le dépoli, le déplacement maximum que l’on peut donner à la chambre noire sans que l’image de l’arc S quitte la plaque.
- On déclenche l’obturateur pendant ce déplacement produit le plus régulièrement possible.
- Obturateurs de plaque. — Lorsqu’il s’agit de mesurer le temps de pose local donné par la fente d’un obturateur de plaque, il ne peut être question d’employer les procédés rotatifs, car le déplacement de la fente sur la surface sensible se produirait simultanément avec le déplacement de l’image du point lumineux, et le résultat serait complètement inutilisable.
- Pour vérifier ce système d’obturation, il est néces-
- saire d’utiliser le mouvement rectiligne d’un point et d’avoir soin de placer l’appareil d’une manière telle que la fente du rideau se déplace perpendiculairement à ce mouvement. On peut, notamment, utiliser le procédé de la bille (déplacement horizontal du rideau) ou, comme l'a fait M. L. Gimpel, se servir d’une courroie de transmission horizontale portant un voyant de papier I blanc.
- vj/S Pour connaître la vitesse de
- la courroie, on mesure la longueur de celle-ci et la durée séparant deux retours successifs d’un même point de la courroie sur une des poulies par exemple.
- On peut noter facilement le retour du raccord reliant les deux extrémités.
- Pans ce cas, la durée, en secondes, de l’obturation sera donnée par la formule :
- __ IXtX N
- LxFxlO’
- dans laquelle :
- F = longueur focale, en centimètres, de l’objectif utilisé ;
- N = distance en mètres séparant l’objectif de la courroie en mouvement ;
- L = longueur totale de la courroie, en mètres ;
- t — temps, en secondes, séparant deux retours successifs d’un même point de la courroie;
- l = longueur, en millimètres, de la trace laissée par le voyant sur la plaque sensible.
- Une lumière intense est indispensable pour assurer une bonne impression du voyant sur la plaque sensible.
- *
- * *
- L’application des données fournies au cours de cette causerie permettra à chacun de vérifier le rendement effectif des appareils. Nous verrons prochainement le moyen d’utiliser au mieux la précision ainsi acquise pour donner à la plaque l’exposition la plus exacte possible, sans laquelle il est bien difficile d’obtenir un excellent cliché.
- A. Hamon.
- Fig. 4. — Limitation du déplacement de l’appareil photographique dans l’emploi d’une lampe à arc pour la détermination du temps de pose.
- S. Lampe à arc ; P. Planchette fixée sur le pied photographique : p p'p". Epingles limitant la course du déplacement; A. Première position de l’appareil. B. Seconde position de l’appareil.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1926.
- La recherche du rubidium, dans les plantes marines. — En collaboration avec Mlle Y. Ménager, M. P. Freundler poursuit l’étude de Laminaria flexicaulis, dont lés frondes fournissent des cendres solubles dans l’eau et qui renferment un mêlai alcalin présentant les caractères du rubidium. Pour doser cet élément, ces savants ont mis au point une méthode qui repose sur l’emploi de l’acide silicotungstique, en même temps qu’ils établissaient un procédé de concentration du métal dans les cendres solubles.
- Un nouveau glucoside. — M. Paul Picard a réussi à extraire un tel composé de Viola cornuta L. et propose de l’indiquer sous le nom de violutoside. Comme le monotropitoside, signalé par M. Marc Bridel, le nouveau glucoside est formé par l’union d’une molécule de salicylate de méthyle et d’une molécule d’un hexopentose. Cristallisé, il renferme 5,40 pour 100 d’eau. Le rendement atteint à peine 1 centigramme par kg de plante fraîche et le penlose signalé semble être l’arabinose l, combiné au glucose sous la forme de vieianose.
- Le thorium X et la fermai(alion ammoniacale. — M. Alfred Maubert indique que l’action, sur l’urée, du Mi-crococcus ureaeest fortement activée par le ,thorium X à des concentrations qui peuvent atteindre 6,7 microgrammes par centimètre cube de milieu fermentescible. Les doses inférieures à 0,1 mic. gr. sont sans action; une activation se produit entre 0,1 et 1 mic. gr. et, dès que ce taux est atteint, on constate une décroissance fort nette de la quantité d’ammoniaque formée qui reste stationnaire jusqu’à la plus forte dose expérimentée (5 mic. gr. par centimètre cube).
- La granulation des scories et des métaux. — La méthode de trempe qu’indique M. Iîogitch consiste dans l’injection d’air comprimé, au fond du récipient de trempe et au-dessous du point de chute du jet liquide, qu’il s’agisse de scories ou de métal. Cet air produit un violent brassage de l’eau qui ralentit la chute des particules incandescentes et leur permet de se figer avant d’atteindre le fond. Même avec des récipients peu profonds, on évite la formation d’une nappe liquide qui, provoquant une poche de vapeur, cause un.e explosion. On peut môme tremper dans l’eau chaude, qui emmagasine ainsi un nombre respectable de calories et, à une température voisine de 100°, se prête à divers emplois dans les autres services de l’usine.
- L’âge des calcaires de Crii.ee. — Ces calcaires à chaux grasse ont été jusqu’ici considérés par un grand nombre de géologues, comme représentant un faciès
- profond de l’Argovien. L’étude des fossiles qui vient d’être faite par M. J. IL floiïet indique que la sédimentation vaseuse s’y est bien établie à l’Argovien, comme on le croyait, mais qu’elle s’est poursuivie sans interruption au moins, jusqu’au Séquanien inférieur inclus, pendant que se formaient, auRauracien, l’Ooiithede Saint-Mihiel, et, au Séquanien, l’Oolithe blanche. Ces résultats confirment les prévisions de M.R.Nicklès et concordent avec les travaux de coordination générale des assises de l’Oolithique de Lorraine que poursuit M. Corroy.
- Les hommes fossiles de la Denise. — L’âge géologique du gisement où ont été trouvés ces ossements fossiles, en 1844, a été fixé par M. Depéret; il s’agit, pour ce savant, de sédiments d’un cratère-lac déposés entre la période d’activité pliocène du volcan de Denise et la reprise des éruptions à la fin des temps quaternaires. Ces hommes fossiles, probablement d’ancienneté plus grande que celle des Moustériens, représenteraient les plus vieux documents humains découverts en France et se placeraient entre VEocinthropus Daw sorti, d’âge tyrrhénien et 1 ’Homo neandcrthalensis. M. Lucien Mayet vient d’en faire une étude anthropologique et il en conclut que les ossements sont à rapporter à des individus de petite taille dolichocéphales, appartenant au rameau de F Homo sapiens jet représentant à une mutation sans doute contemporaine des restes de Piltdoxv, en tout cas de beaucoup antérieure aux Aurignaciens du type de Cro-Magnon.
- Un condensateur colloïde. — L'appareil imaginé par M. Albert Nodon permet d’obtenir des capacités considérables sous un encombrement très réduit (500 000 microfarads par déc.im. carré) et d’éviter cependant tout danger de destruction par des décharges internes. 11 se compose de deux feuillets métalliques (Mgou Al), séparés l’un de l’autre par un réseau isolant, tel qu’un canevas en étoffe dont les vides sont remplis par une pâle épaisse de sesquioxyde Fe203 et de glycérine — et protégés par des enveloppes isolantes, en ébonite ou en carton paraffiné.
- Cet appareil est susceptible d’applications industrielles telles que les installations sur courant alternatif où il permet d’absorber l’énergie du front d’onde et d’en diminuer la raideur, lors des périodes de surtensions. Un seul élément donne de bons résultats en radiophonie pour atténuer sensiblement les parasites et, dans le cas de surtension de longue durée, il joue un îôle analogue à celui des soupapes électrolytiques, tandis qu’il provoque l’écoulement instantané à la terre des courants de haute fréquence, causés par des phénomènes d’induction inattendus. Paul B.
- HISTOIRE DE L’INDUSTRIE CHOCOLATIÈRE
- Avec le xixe siècle naquit véritablement l’industrie chocolatière. Le perfectionnement de l’outillage et la diminution du prix de revient augmentèrent si considérablement la consommation du chocolat et de ses dérivés que les importations de cacao, qui
- atteignaient péniblement 800 tonnes, il y a cent ans, devinrent, en 1922, supérieures à 38000 tonnes. Au cours des trois premiers siècles qui suivirent l’introduction du cacao en France, malgré les moyens primitifs utilisés pour sa fabrication, le chocolat
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- HISTOIRE DE L’INDUSTRIE CHOCOLATIÈRE
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- conquit rapidement ses lettres de noblesse (J) et les grands de l’époque l’adoptèrent avec enthousiasme (1 2). Son usage est entré aujourd’hui dans les habitudes des classes les plus humbles. Un coup d’œil rétrospectif nous permettra de nous rendre compte du chemin parcouru.
- « Le cacao et les autres droguess qui doivent entrer dans la composition du chocolat, écrivait Colmenero(3), se pilent et se hroyent dans un mortier ou sur une pierre large et unie qu’on appelle métate (ou métatl) faite tout exprès. Mais avant que de les piler, on doit les faire griller et bien dessécher au feu. »
- Le plus souvent, mortier et métatl étaient également et successivement utilisés. On commençait par chaulïer, au moyen de charbons en combustion, le mortier de fonte et son pilon. On y pilait ensuite le cacao préalablement torréfié et débarrassé de ses coques et germes, jusqu’à ce qu’il en résulte une pâte assez liquide. Deux tiers de sucre y étaient ajoutés progressivement, et la pâte, redevenue molle et bien homogène, se travaillait sur le métatl par petites portions.
- Le métatl ou « pierre 'a chocolat », légèrement excavée en son milieu, était ordinairement montée sur châssis de bois formant armoire; l’intérieur, garni de tôle, recevait les charbons aussitôt qu’on les retirait du mortier. Le broyage s’effectuait au moyen d?un rouleau de marbre ou de fer poli, muni de deux manches en bois, auquel on imprimait un lent mouvement ’de va-et-vient. Toute la pâte ayant été travaillée à nouveau, on y incorporait un autre tiers de sucre et des aromates pulvérisés et passés au tamis de soie.
- Le moulage de la pâte était des plus simples,
- 1. H. Lecoq. L’Histoire du chocolat. Paris, 1924, Yigot frères, éditeurs.
- 2. R. Lecoq. « Le Chocolat chez les Grands. » Supplément illustré du Progrès Médical, 1924, n" 9, p. 65.
- 3. A. Colmenero. Curioso Tralado de ta naturaleza y calidad de chocalate, dividido en qualro puntos. Madrid, 1631, p. 8.
- UN ATELIER DE CHOCOLATIER
- (Ext'au de i’Encylopcdù Rainnnit)
- Fig. 2. — .Un atelier de chocolatier du XVIII0 d’après l’Encyclopédie raisonnée.
- Fig. i. — L’enseigne de la confiserie Mis tou, à Bordeaux (XIXe siècle), d’après Blanchard.
- puisqu’on se contentait de l’étendre sur du papier et de l’abandonner à l’ombre et au frais pour la faire durcir(*).
- Très longtemps, la pâte fut broyée — à la manière espagnole — par des ouvriers à genoux. « Cette attitude gênante, écrit Le Grand d’Àussy, outre le désavantage de leur ôter dans le travail une partie de leurs forces, avait l’inconvénient, plus grand encore, de ruiner en peu de temps leur santé, de sorte qu’il était peu de professions aussi dangereuses et aussi meurtrières que celle-ci(2) ».
- C’est seulement en 1732, que Buisson préconisa l’emploi de tables sur lesquelles les ouvriers purent dès lors travailler debout. On s’étonne, en réfléchissant quelque peu, que personne n’ait pensé plus tôt à une amélioration aussi simple.
- Quoi qu’il en soit, le manipulateur, penché sur la pierre, en effort continuel et dans une atmosphère chargée d’acide carbonique, n’en restait pas moins menacé de hernie incu-
- 1. P. S. Dufour. Traitez nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolat. Lyon, 1685, p. 362.
- 2. Le Grand d’Aussï. Histoire de la me privée des Français depuis l’origine de
- siècle, la nation jusqu’à nos jours. Paris, 1782,
- tome III, p. 197.
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- HISTOIRE DE L’INDUSTRIE CHOCOLATIÈRE
- rable à moins qu’il ne devînt cacochyme, pulmo-nique, et ne mourut avant l’âge après avoir traîné une « existence pâle et débile(*) ».
- Dans de telles conditions, on ne pouvait guère traiter plus de 5 à G kg de pâte à la fois et la production journalière d’un bon ouvrier n’excédait pas 15 à 18 kg.
- Une amélioration sensible fut obtenue en suspendant au plafond deux bras supportant le rouleau que l’ouvrier n’eut plus qu’à mouvoir sans peine(1 2). C’est ce qui donna sans doute à Bozelly, fabricant de chocolat à Gènes, l’idée d’en faire une machine industrielle perfectionnée.
- Celle-ci se composait essentiellement de quatre cylindres en fonte ou en pierre, roulant sur leurs axes, et de quatre pierres à broyer. Le pignon d’engrenage, placé au milieu, actionnait une roue dentée commandant les quatre cylindres ; ceux-ci montaient et descendaient avec la plus grande régularité sur leurs lits respectifs, broyant parfaitement les substances qu’on leur soumettait, qu’il suffisait de ramener avec une spatule et d’enlever ensuite, une fois le travail terminé, pour les mouler.
- Avec une installation de ce genre, un seul ouvrier pouvait produire en une journée 500 à 550 kg de chocolat.
- Parallèlement, le système de moulage se perfectionna.
- On continuait sans doute à laisser refroidir des morceaux de pâte sur du papier; mais, pour « faire des masses quarrées de différents poids », on se servait aussi de moules en fer-blanc d’une demi-livre, d’une livre et même davantage(3j.
- Celte opération n’était pas sans exiger quelques précautions. Si la pâte est trop chaude, écrit Del-cher, « il s’en exhale des vapeurs qui se condensent » et le chocolat reste taché. Au contraire, « si la pâte est trop froide, la surface du chocolat, au lieu d’être bien glacée, devient granuleuse ». Au moment de la mise en moule, l’auteur conseille en outre, pour permettre à l'air emprisonné de s’échapper, « de crever chaque bulle avec une épingle (!) ».
- Le fer-blanc ne parut pas sans influence sur le chocolat. Palest observa en efl'et, dans le courant de l’hiver 1782, que les tablettes refroidies présentaient du côté qui avait adhéré au moule « quelques molécules détachées qui sautaient en l’air ». Ayant touché du doigt quelques tablettes, il put même en tirer « vingt à trente étincelles (4) ».
- Delcher essaya de reproduire ces expériences, mais sans succès, le temps étant « trop chaud et trop humide ». Un ouvrier de l’usine Menier inter-
- 1. K. Ueixiikr. Decherches historiques cl chimiques sur le cacao cl les diverses préparations. Paris, 1837, p. 141.
- 2. E. 0. Lami. Dictionnaire encyclopédique et biographique de VIndustrie et des Arts industriels. Paris, 1883, tome III, article Chocolat.
- 5. Dé- lkÉG.w. Le bon usage du thé, du café et du chocolat. Paris, 1688, p. 258.
- 4. ’WiiiciÆa. Histoire de la chimie, 11 ter. th. v. .283, cité par Delcher, loc. cit., p. 150.
- rogé par lui affirma cependant que « l’année du grand hiver (1829), un jour que le temps était sec et froid, il fut très surpris, ainsi que l'un de ses camarades, de voir sortir des étincelles des tablettes de chocolat qu’on retirait du moule ».
- Telle quelle se comprenait primitivement, la fabrication du chocolat ne comportait qu’un matériel réduit. Ainsi que le rapporte Blanchard, confiseurs et pharmaciens se contentaient alors de broyer la pâte de cacao, le sucre et les aromates sur le métatl à l’aztèque(‘). L’enseigne de la confiserie Mistou, de Bordeaux, reproduite ici, représentant un homme aux manches retroussées travaillant sur sa. pierre à chocolat, permet de se faire une juste idée de ces installations modestes (fig. 1).
- Des ouvriers à façon, pour la plupart juifs, espagnols ou portugais, continuèrent longtemps à parcourir la région du midi. Ils s’installaient, pendant la belle saison, aux portes des villageois, broyant avec leur pierre le cacao et le sucre que les contrebandiers fournissaient dans de bonnes conditions.
- Dans la région parisienne, il existait aussi des laboratpires importants, parfaitement installés ainsi qu’on peut en juger d’après la gravure extraite de l'Encyclopédie raisonnée (fig. 2). On trouve sur cette figure, de gauche à droite, un ouvrier vannant les fèves qu’un autre compagnon vient de torréfier sur un fourneau en maçonnerie, dans une chaudière en fer; un troisième ouvrier, pile cacao et sucre dans un mortier de fer chauffé, la pâte ainsi préparée étant ensuite lissée par un quatrième sur un métatl de pierre avec un rouleau de fer.
- C’est en France que fut inventée la première machine hydraulique. Doret affirmait, en la présentant à la Faculté de Médecine (1778), qu’elle broyait la pâte mieux que ne pouvaient le faire les procédés ordinaires en usage à cette époque; elle mêlait les différentes matières et les agglomérait, sans qu’elle fût maniée par aucune main d'homme. Sur avis favorable des commissaires de la Faculté, l’auteur reçut une gratification du gouvernement et décora sa manufacture du titre de fabrique royale.
- Vers la même époque, Basselard, fabricant de chocolat de S. E. Monseigneur le Cardinal de Luynes, obtint de la Société Royale de Médecine un certificat vantant la bonne qualité de ses produits (1781). Il fut moins heureux sans doute à l’Académie des Sciences où il présenta un moulin à broyer le cacao. Le rapport du 27 janvier 1789 conclut, en effet, à la nécessité de « rachever sur la pierre avec le rouleau le cacâo qu’il a broyé avec son moulin » Composée de deux meules de pierre, Tune fixe et l’autre dormante, cette machine, convenablement modifiée, n’en devait pas moins connaître, sous le nom de « moulin à cacao », un assez durable succès.
- La première usine à vapeur fut érigée, à Paris,
- 1. H. Ili.,\xr.iiAU». Survivances ethnographiques àu Mexique. Le mêlait el le molcajetl. Extr. du Journ. Soc. Américaine de Paris. 1600, p. 15.
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- HISTOIRE DE L’INDUSTRIE CHOCOLATIÈRE
- par les frères Pelletier, en 1819, au coin de la rue Richelieu et de la rue Neuvedes-Petits-Champs. L’usine de Noisiel, fondée par A.-B. Ménier, en 1825, montra définitivement que Père industrielle de la fabrication du chocolat venait de commencer. Dès lors, l’outillage mécanique se perfectionna rapidement.
- Le grillage du cacao s’elï'ectua à l’aide de « broches » ou « tambours », auxquels on imprimait, au-dessus d’un foyer un mouvement de rotation doux et égal. Les fèves, à demi refroidies, étaient soumises à l’action d’un moulin en bois composé d’une trémie, au fond de laquelle deux cylindres armés de clous sans pointes brisaient les coques sans trop abîmer les amandes. Une ventilation et un criblage complétaient cette action.
- On préférait griller le cacao au printemps, avant les grandes chaleurs ; les pâtes, préparées au fur et à mesure et mises en blocs, n’étaient utilisées qu’à l’automne pour la fabrication des différentes sortes de chocolat moulé.
- Dans leur principe, broches à torréfier et tarare casse-cacao sont restés les mêmes, malgré les perfectionnements apportés depuis (fig. 5).
- Avant le « moulin 'triple » dont nous avons déjà parlé, les fèves de cacao, torréfiées et débarrassées de leurs coques, étaient simplement passées dans des moulins semblables aux moulins à poivre dont se servent les épiciers. La poudre granuleuse ainsi préparée était additionnée de sucre et transformée en pâte, au moyen de mélangeurs et de broyeurs de types divers. m
- La machine d’Antiq marque la première tentative faite pour se libérer de l’ancien dispositif, conservé jusque-là par Bozelly et que nous ne retrouverons plus que dans les conches utilisées pour le travail des chocolats fins. La machine d’Antiq se composait essentiellement de trois galets coniques, mobiles autour de leurs axes et animés d’un mouvement de
- Fig. 3. — Un atelier de grillage et de décorlicage du cacao.
- rotation continu sur une aire de granit inclinée. La machine de Debatiste, dont on rencontre encore quelques modèles, ne différait de la première que par la réduction à deux des godets coniques, placés de cette façon en prolongement l’un de l’autre sur un même diamètre.
- Le malaxeur de G. Hermann qui fut sans doute l’un des plus répandus comportait deux galets ellipsoïdes, tournant autour d’un axe dans une cuvette de granit fixe, à bords relevés, tant au centre qu’à l’extérieur de la circonférence^).
- Melnaud, constructeur lyonnais, inventa également une machine fort ingénieuse où le mélange et le broyage du cacao s’effectuaient simultanément. La pâte était soumise sur une aire tournante, à la pression d’un cylindre mobile autour d’un axe fixe. La pâle adhérente au cylindre était entraînée et broyée^ par un deuxième cylindre qui se trouvait à la partie supérieure. Un raeloir, disposé à cet effet, ramassait la pâte qui tombait finalement dans une bassine chargée de la recueillir.
- Par la suite, mélangeur et broyeuse furent rendues autonomes.
- Le mélangeur se composa dès lors d’une table tournante en granit, chauffée à sa partie inférieure, au-dessus de laquelle furent maintenus par un axe transversal deux lourds galets cylindriques. Dans sa rotation, la table de granit entraîne la pâte sous les galets.
- Les broyeurs d’Hermann ne furent tout d’abord que d’anciennes ma-
- 1. I1. ZimirtEit. La Fabrication du chocolat et des autres prépara tions de cacao -Paris, 1915, p. 125.
- Fig. 4. — Mélangeurs-malaxeurs (à gauche) et broyeurs (à droite) ulitisès pour le travail de la pâte de cacao.
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- HISTOIRE DE L’INDUSTRIE CHOCOLATIERE
- Fig. 5. — La mise eti moule et le « tapotage » du chocolat.
- chines à écraser les couleurs. Elles comportaient trois cylindres en fonte, animés de mouvements d’inégale rapidité.
- La fonte donnant un goût désagréable au chocolat, on lui substitua le granit qui lui-même cède de plus en plus la place à l’acier (fig. 4).
- Les pâtes, sortant des broyeuses, étuvées ou non, sont ordinairement mises « à revenir » dans des malaxeurs. Ceux-ci se composent d’un seul galet en granit tournant autour de l’axe central. Un dispositif de couteaux assure une trituration plus complétée).
- Devenu parfaitement malléable, le chocolat est passé à la boudineuse (anciennement appelée reme-lense), simple application de la vis d’Archimède imaginée par Dewinck. La pâte, sectionnée en pains de poids égaux, est ensuite répartie dans des moules en fer-blanc.
- Les chocolats fins, plus liquides, sont moulés automatiquement à l’aide de machines à araser ou de petits cylindres à pistons de contenance déterminée.
- Des tapoteuses enfin, ou tables agitées de secousses régulières, permettent aux bulles d’air de s’échapper des pâtes chaudes beaucoup mieux sans doute que les piqûres d’épingles recommandées par Del-cher (fig. 5).
- Ajoutons pour terminer que le refroidissement qui s'effectuait autrefois lentement et à l’ombre se fait aujourd’hui en quelques minutes dans des armoires frigorifiques de plus en plus perfectionnées (fig. 6).
- Ces améliorations, comme toutes nouveautés, ne manquèrent pas d’être critiquées... en particulier par
- 1. L. Aiînou. Manuel du confiseur-liquo-nsle. Pans, 1920. p. 57.
- Gallais, gendre et associé de De-bauve, chocolatier du Roi, dont le laboratoire était sans doute moins bien installé et moins pourvu de nouvelles machines (').
- « Depuis quelques années, écrit-il, l’industrie parisienne a essayé d’employer la force de la vapeur à la trituration du cacao et des machines fort ingénieuses ont semblé promettre des produits plus parfaits ou plus promptement obtenus; cependant ne pourrait-on leur reprocher quelques inconvénients?
- La rapidité du mouvement et le frottement réitéré n’usent-ils pas insensiblement les rouleaux de fer, et des parcelles de métal infiniment divisées ne se mêlent-elles pas à la pâte, risquant ainsi d’en altérer les qualités? »
- Il est vrai qu’un siècle et demi auparavant, de Blégny insinuait de même, cà propos du métatl, que des parcelles de pierre se détachant pouvaient « être la cause des obstructions des uretères et par conséquent des coliques néphrétiques (!) ».
- Fort heureusement, ces craintes, pas plus fondées l’une que l’autre, furent si peu prises en considération, qu’elles n’entravèrent jamais le libre développement de l’industrie chocolatière.
- Et celle-ci atteint aujourd’hui un tel degré de perfection que ses produits peuvent affronter sans peur la critique des gourmets les plus délicats.
- Raoul Lecoq,
- Docteur en Pharmacie Ancien directeur de chocolaterie.
- 1. A. (.allais. Monographie du cacao ou Manuel de l'amateur du cacao. Paris, 1827, p. 150.
- Le Gérant P; Masson. — Imprimerie Laiiuhè, 9; rue de Fleuras, Paris. — 1926.
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- N" 2730
- 31 Juillet 1926.
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- Le Çanis Typhonicus : P. Hippolyte Boussac.
- Les ocres d’Apt : Raymond Maillet. — Soufflerie aérodynamique à densité variable : A. Toussaint. Une nouvelle machine frigorifique à absorption : R. Villeits.
- La valeur des témoignages dans la variation des climats : Jean Mascart.
- Académie des Sciences : Paul B. — La lumière zodiacale : G. Bidault de l’Isle.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Bulletin astronomique. — Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- LA NATURE. — N° 2730.
- 31 JUILLET 1926
- LE CANIS TYPHONICUS
- Chien domestique le plus anciennement connu (l).
- D’après les découvertes de la Paléontologie, l'apparition du type canidé est placée, d’une façon douteuse c’est vrai, dans la période tertiaire, fin de l’Éocène, c’est-à-dire à environ deux millions d’années (2). Mais il ne s’ensuit nullement de là que le chien proprement dit remonte à une époque si prodigieusement lointaine.
- Au cours d’évolutions successives, nous voyons apparaître, au commencement du miocène, VAm-phycion, l’un des fossiles les plus caractéristiques de l’époque tertiaire. Par son cerveau, sa formule dentaire et autres particularités, ce quadrupède est si voisin du fidèle ami de l’homme, que les paléontologistes n’hésitent pas à le reconnaître pour son ancêtre.
- Toutefois, ce n’est qu’au commencement du Pliocène, qu’en Europe nous trouvons le genre Canis bien nettement caractérisé.
- Dans le nord de l’Afrique, il paraît plus tardivement encore, c’est-à-dire dans le Pléistocène supérieur à la fin du quaternaire. Mais ce n’est qu’à l’époque néolithique, dans les kjekemmedings du Danemark, les palafiltes de la Suisse et de l’Allemagne du Sud, les terramares de, la Haute Italie, qu’on le trouve associé à l’homme et toujours domestiqué.
- Cette particularité d’une espèce si abondamment répandue, sur la surface de la terre et sous toutes
- les latitudes, a été l’objet de longues et consciencieuses études, afin d’en déterminer l’origine.
- Pour certains savants éminents, tous les chiens domestiques descendraient d’une espèce unique.
- Cette opinion, quelque peu hasardée, a été combattue par d’autres savants, non moins illustres qui, avec
- 1. Communication faite à la Société d’Anthropologie de Paris, le jeudi 21 janvier 1926.
- 2. La chronologie géologique n’étant pas encore rigoureusement lixée, ce laps de temps ne peut être qu’hypothétique.
- Fig. i. — Bas-relief de Lischt.
- plus de vraisemblance, leur donnent une origine multiple.
- Notre quadrupède est si intelligent, d’une nature tellement docile, que partout où l’homme s’est établi et y a trouvé le chien, il n’a pas tardé à le domestiquer. Dès l’origine, ou tout au moins vers le milieu de l’époque quaternaire, et avant toute tentative possible de domestication, le chien offrait déjà de nombreuses variétés, lesquelles ont dû se répandre à la surface du globe, avant l’intervention de l’homme. Il serait donc inutile de vouloir faire descendre le chien domestique d’une espèce plutôt que d’une autre. On a reconnu, en outre, que les chiens sauvages étaient très nombreux à la fin du quaternaire. De là cette grande variété de chiens domestiques parvenus jusqu’à nous.
- Les Égyptiens avaient des chiens domestiques de plusieurs races différentes : le lévrier, le chien-loup, le basset, etc..., et leurs plus anciens monuments* peints ou sculptés, nous montrent le chien domestiqué dès les temps mythologiques, ce qui nous rapproche beaucoup du néolithique, si l’on considère que les origines les plus lointaines de la civilisation égyptienne, peuvent remonter à 10000 ans environ.
- Ceci confirmerait l’opinion de la presque totalité des archéologues, prétendant que cette domestication n’est pas antérieure à l’apparition de la civilisation de la pierre polie.
- Chaque divinité du Panthéon pharaonique avait un animal qui lui était consacré. La nomenclature en étant un peu longue, nous ne signalerons que la plupart d’entre eux.
- L’animal sacré d’Ammon ou Ammon-Ba était le bélier, celui d’Isis, la génisse; Horus avait le faucon ;
- 5 — 65.
- 64’ Année. — 2* Semestre.
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- LE CAN1S TYPHON1CUS
- Seket, la lionne; le vautour, emblème de maternité, était consacré à la déesse Mouth ; le taureau et le héron cendré symbolisaient Osiris ; l’ibis et le cynocéphale, le dieu Thoth; on attribuait le chacal à Anubis. Quant à l’animal sacré de Set-Typhon, esprit du mal, génie des ténèbres, pour ne le point confondre avec le chacal d’Anubis, il était figuré par un animal fantastique, dont l’identification a, pendant près d’un siècle, exercé la sagacité des égyptologues.
- Les Égyptiens l’ont représenté sous l’aspect d’un élégant quadrupède, fauve de couleur, aux jambes hautes et nerveuses, avec un museau pointu, de longues oreilles coupées carrément, une queue raide, fourchue ou terminée en boule, des pieds comprenant plusieurs doigts à la manière des chiens et des félidés (fig. 1). Indépendamment de ces particularités, l’emblème sétien est aussi caractérisé, en certains cas, par un chanfrein fortement busqué, afin qu’on ne puisse, en aucune façon, le confondre avec le chacal d’Anubis.
- Comme emblème de l’esprit du mal, on serait porté à lui attribuer un naturel féroce, sanguinaire, indomptable, et cependant nous le voyons toujours le cou entouré d’un large collier, signe évident qu’on était parvenu à le domestiquer.
- Objet de nombreux
- essais d’identification, on l'a successivement assimilé à l’âne, à l’oryx, à la gerboise; l’un y a vu une girafe stylisée, un autre le tapir.
- Lorsque dans les marais du Bahr-el-Gazal, on découvrit l’okapi, un professeur de l’Université de Bonn déclara qu’il fallait voir dans ce quadrupède l’animal symbolique du dieu Set. Enfin les opinions les plus invraisemblables ont été émises, l’oryc-térope, le sanglier, etc., etc., ont, tour à tour, été sollicités.
- Les auteurs de ces identifications, n’ayant, pour la plupart, pris en considération que la tète de leurs sujets, la grandeur des oreilles principalement, sans tenir compte de l’ensemble et surtout des pieds, qui leur auraient fourni une précieuse indication, devaient arriver forcément à un résultat négatif.
- Il est certain qu’un quadrupède ainsi constitué ne pouvait être qu’un animal fantastique et quel-
- big. 3 — Statue du Musée du Caire.
- que recherche que l’on pût faire on ne serait jamais parvenu à l’identifier.
- Si les nombreux travaux, entrepris à ce sujet, n’ont point donné de résultat satisfaisant, c’est parce que les conclusions ont été faites a priori et sans une image rigoureusement exacte de l’animal.
- Ce n’est donc qu’en reconstituant cette image, que nous avons pu, à l’aide de comparaisons, rechercher à quel genre zoologique on pourrait le rattacher.
- Ce qui, dans l’emblème typhonien nous parait anormal, c’est la queue et la forme des oreilles, il fallait donc, avant tout essai d’identification, lui donner une queue et des oreilles naturelles; nous avons donc examiné séparément chacun de ces éléments.
- D’abord les oreilles. Longues et de forme rectangulaire, elles sont, nous l’avons dit plus haut, coupées carrément à leurs extrémités, mais on peut affirmer que telle n’est pas leur forme naturelle. A la voûte astronomique du tombeau de Séti 1er, à côté d’Anubis aux oreilles de chacal, le dieu Set est représenté avec une tête d’âne, dont les longues oreilles sont entières et pointues (fig. 2). Nous possédons en outre un sceptre oucts à tête de lévrier, dans lequel les oreilles sont entières également, mais pour indiquer que le sceptre était consacré au dieu Set, un trait marque la place où les oreilles étaient habituellement coupées.
- Voilà donc pour les oreilles.
- Queue, en égyptien, se dit Sed et Sety signifie darder, lancer des flèches. Afin, qu’il n’y eût point d’équivoque sur l’identité de-l’animal, les Égyptiens ont employé un moyen ingénieux pour qu’on pût le reconnaître sans la moindre hésitation. Usant de leur goût très prononcé pour les jeux de mots, ils ont, en manière de calembour, doté l'animal typhonien d’une flèche en guise de queue. A toutes les époques, cette flèche est représentée par un bâton fourchu ou terminé en boule.
- Mais c’est surtout un bas-relief de Lischt (fig. 1) XIIe dynastie, qui nous offre l’une des plus belles images de l’animal typhonien. La flèche y est si bien interprétée, qu’on peut en donner une description parfaite. Elle est formée d’un roseau où l’on voit très distinctement les nœuds marqués de distance en distance; à l’extrémité, les pennes sont
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- LE CANIS TYPHON1CUS
- indiquées par une masse ovoïde d’où émerge la naissance de la flèche portant l’échancrure destinée à la fixer sur la corde. C’est cette échancrure fortement exagérée sur l’hiéroglyphe de l’animal, qui a fait improprement considérer la queue comme un bâton fourchu.
- La forme naturelle de cette queue nous a permis de donner dans son ensemble la reconstitution de notre individu. C’est une statue inédite du Musée égyptien du Caire, remontant à la XIXe dynastie qui nous l’a fournie. Elle représente, assis, l’animal sacré du Dieu Set. Au-devant de lui, debout entre ses pattes et appuyé contre sa poitrine, Ramsès II (Sésostris) est placé sous sa protection (fig. 5). La tête de l’animal est malheureusement incomplète, les oreilles et le bas du menton ayant disparu, mais les autres parties, les pieds, les jambes et tout l'arrière-train sont d’une conservation parfaite. Ici la queue n’est plus une flèche, mais elle est représentée par une queue naturelle. Assez longue et fortement munie de poils à son extrémité, elle est ramenée contre le flanc droit.
- Si avec cette queue et les oreilles non coupées, nous complétons l’emblème typhonien, en prenant comme type l’image de Lischt, nous aurons un élégant quadrupède dont toutes les parties, en parfaite harmonie les unes avec les autres, n’offrent rien de fantastique (fig. 4). Alerte, vif d’allure, le corps dégagé, il fut certainement employé de bonne heure à la chasse, de même que les lévriers et chiens courants, dont les Égyptiens firent usage dans la suite. Le collier qui, dès la IIIe dynastie, entoure son cou désigne clairement que sa domestication remonte à la plus haute antiquité. On doit donc y voir, croyons-nous, un individu domestiqué appartenant à la famille des Canidés.
- Une fois notre sujet reconstitué, il fallait, à l’aide de comparaisons, examiner si dans la faune actuelle de l’Afrique se trouvait encore un animal de celte espèce auquel on put l’identifier. De ces rapprochements nous avons pu conclure que par son aspect général, son museau pointu, la couleur fauve de sa robe, notre quadrupède n’est autre qu’un Canis lupasler domestiqué, descendant probablement du Canis lupasler (Ilcriphrich et Ehrenberg) sauvage
- big. 5. — Peinture de Beni-Iiassan.
- Fig. 4. — Le Canis Typhonicus.
- (ou loup d’Egypte) des bords de la mer Rouge.
- Si notre sujet est plus élégant, moins étoile qu’une reproduction faite d’après le modèle vivant, c’est que, pour nous éloigner le. moins possible de l’interprétation égyptienne, nous l’avons reconstitué d’après l'image stylisée (fig. I) de la XIIe dynastie.
- Nous savons, par les monuments de l’ancien empire, que les Égyptiens étaient arrivés à domestiquer des animaux comme la hyène, le chacal et autres espèces revenues aujourd’hui à l’état primitif. Le Canis lupaster ne pouvait manquer, lui aussi, ainsi qu’on l’a dit plus haut, d’être employé comme chien de chasse. La région qu’il habite, de nos jours encore, sur les bords de la mer Rouge, vient à l’appui de cette opinion. Non seulement les textes le représentent sur les hauts plateaux et dans les vallées, mais une peinture de Beni-Hassan (moyen empire), nous le montre vivant en pleine liberté dans le désert. Pour bien marquer dans celle image que l’animal est à l’état sauvage, afin qu’il ne puisse y avoir méprise sut* son identité, on l’a bien représenté avec la flèche et les oreilles rectangulaires, mais sans le collier habituel, marque de domesticité (fig. 5). L’inscription, placée au-dessus de cette image, nous apprend que le nom égyptien du Canis lupasler sauvage était Scha.
- De même qu’on désigne l’animal sacré d’Anubis sous le nom de chacal d’Anubis, pour bien marquer que notre sujet était consacré à Sel-Typhon, nous l’avons appelé Canis Typhonicus.
- Les monuments égyptiens nous révèlent donc l’existence, à une époque infiniment lointaine, d’une espèce de chien inconnue jusqu’à ee jour, entièrement éteinte, celledu Canis lupaster domestiqué('), lequel peut, croyons-nous, être considéré comme le chien domestique le plus ancien que l’on connaisse.
- P.-IImm\'TE Boussac,
- Membre de l'Inslilul d'Égy|>lu.
- 1. rour bien iliïinir cl ncUementlranclicr-les espèces, sous le nom'(la Canis fàmilmvis, Liane lil du chien domcalique une espèce à pari. y ;
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- LES OCRES D’APT
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- I. Situation géologique des ocres. — Largement étendue dans la région d’Apt, la zone de l’Aptien inférieur s’y présente tantôt avec un faciès urgo-nien, comme en forêt de Murs et de Saint-Lambert, avecRequienia ammonia, tantôt à l’état de calcaire grumeleux avec silex, renfermant Acanlhoceras Stobiesckii et Parahoplites Deshayesi.
- Sur ces terrains, l’Aptien supérieur ou Gargasien s’étend, représenté par des marnes bleu-noiràtres à fossiles pyriteux : Parahoplites crassicostatus et
- près Rustrel, dont le combustible — le charbon de bois — était fourni par les forêts environnantes du Lubéron et de Banon. Cet ensemble silico-ferrugi-neux qui correspond latéralement aux gisements de bauxites représente l’Albien supérieur à Pseudobe-lus minimus.
- Près de la gare d’Apt, un lambeau de calcaire compact à Planorbis pseudo-ammonius représente le Lutétien.
- Puis viennent les marnes rosées par lesquelles
- Fig. / — Carte géologique de la région d’Apt.
- Parahoplites Dufrenoyi. Ces marnes qui atteignent jusqu’à 80 m. de puissance sont ailleurs amincies ou complètement supprimées par l’érosion albienne.
- A l’Albien inférieur il convient de rattacher un groupe de marnes sableuses, de brèches et de sables à rognons phosphatés avec fossiles roulés : DouviUeiceras mamillare, le tout ayant de 1 0 à o0 m. de puissance.
- C’est sur ce substratum que s’étendent les grès rouges et bigarrés, alumino-siliceux, les ocres coupées de gros bancs de grès ferrugineux etquartzeux, enfin les puissantes masses de sables blancs et rouges renfermant par endroit des amas de minerai de fer hydroxydé, comme ceux qui vers 1841 alimentaient les deux hauts fourneaux de Saint-Pierre
- débute le terrain sextien avec lignites delà Debruge et gisements mammalogiques de Sainte-Radegonde à Palœotherium medium : c’est le Lattorfien.
- Le Lattorfien supérieur est représenté par le calcaire en plaquettes de Gargas à Nystia Duchasteli Cyrena semistriata, Cyrena gargasonsis.
- Le Rupélien est formé des assises marneuses avec gypse sur lesquelles repose le calcaire en plaquettes de Sainte-Radegonde avec Hydrobia Debui-soni du Chattien.
- IL Aspect des sables ocreux. — Les sables ocreux se présentent en couches ou en amas avec des puissances variables atteignant au maximum 16 m.
- Ils sont sillonnés par quelques intercalations
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- LES OCRES D’APT —== 69
- peu épaisses de limonites compactes en stratification discordante.
- Assez fréquemment la limonite compacte forme sur les sables ocreux un toit dont l’épaisseur peut aller jusqu’à 4 m. et que les mineurs appellent la corne.
- Le sable ocreux en carrière pèse environ 2550 kg au mètre cube. À l’abatage il subit un foisonnement du tiers environ, si bien que le sable obtenu a une densité apparente voisine de 1,75. Dans un mètre cube de ce sable il y a en moyenne 1550 kg de sable siliceux proprement dit et 200 kg seulement d’ocre, c’est-à-dire d’une variété argileuse d’hydrate ferrique. Le pourcentage d’oxyde ferrique Fe20s dans l’ocre atteint environ 22 pour 100 en moyenne.
- III. Abatage du minerai. — Les gisements de sables ocreux sont activement exploités, dans le territoire des communes d’Apt, Roussillon, Gargas,
- Fig. 3. — Apt.
- c, calcaire compact, calcaire proolithique à Planorbis
- pseudoammonius; b, argile sableuse jaune et rouge; a, sable argileux blanc
- Villars et Rustrel, par près de trois cents ouvriers travaillant dans une vingtaine de carrières souterraines et plus de cinquante chantiers à ciel ouvert.
- L’exploitation ne va pas sans quelques dangers, auxquels il est facile de parer par la stricte observation des règles suivantes :
- A ciel ouvert, on conduit l’abatage par gradins droits de 4 m. de hauteur au maximum et 2 m. de largeur au minimum en souterrain, avec un recouvrement de mort-terrains de 20 m. au plus, on se borne à abandonner des piliers carrés de G m. de côté, les galeries, à voûte en plein cintre taillée dans la masse ayant 5 m. de largeur. Dans ces conditions, le rapport du plein au vide est égal à :
- G*
- (6 H- 5)2 — 6*
- en d’autres termes, on n’exploite que les 5/9 de la masse.
- Voici comment est conduit le travail :
- Le mineur dessine au pic la voûte en plein cintre aa (fig, 5). Puis il
- ' - *Vi5-
- Fig. 2. — Sainte-Radegonde (Gargas).
- i, chattien à Ilydrobia Dubuissoni\ h, calcaire marneux, à Pot. submargaritaceus; g, marne verte et jaune; /, gypse et calcaire schistoïde," empreintes végétales; e, marne sableuse avec gypse; rf, bancs calcaires très blancs, Crrenasemistriala, C, gargasensis\ c, calcaire schistoïde blanc et gypse. Cyrènes et néritines; b, calcaire griseux blanc; a, argilo-sableuses vert foncé avec bancs calcaires et gypse. Lignite de la Debruge ; o, sables et argiles, Ocres,
- complète ce havage demi-circulaire par un havage au pied au niveau de la naissance de la voûte.
- Pour abattre le merlon ainsi circonscrit le mineur enfonce des coins suivant la direction bb’. Lorsque le coin atteint une certaine profondeur, le merlon, ébranlé par percussion, prévient par un craquement, puis s’abat tout entier quelques secondes plus tard. Grâce au bruit prémonitoire, le mineur averti a toujours le temps nécessaire, pour se reeuler. La voûte étant ainsi dégagée jusqu’à sa naissance,
- Fig. 4. — Siège d’extraction à ciel ouvert et souterrain du Tomple
- (S. O. F.),
- . c, horizon du gypse de Gargas; b, horizon des ocres.
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- 70 ..LES OCRES D'APT
- X COUPE LM COUPE XYZ
- mwM
- PLAN
- Fig. 5. — Creusement des galeries voûtées.
- les piédroits sont tracés par deux havées de 50 cm de largeur à l’entrée et qui n’ont plus au fond que la largeur du pic. Le bloc ccdd est alors abattu à l’explosif. On ne tire jamais en couronne pour ne pas ébranler les voûtes.
- Dans les carrières souterraines pénètrent des tombereaux à chevaux qui viennent charger le sable ocreux et l’emporter au chantier de lavage. L’éclairage électrique est la règle absolue dans les grandes carrières souterraines qui forment des réseaux de galeries atteignant un total de plusieurs milliers de mètres de longueur.
- IV. Lavage des sables ocreux. — Le sable ocreux foisonné, tel qu’il sort de la carrière, ne contient guère que 200 kg d’ocre par mètre cube.
- La séparation de cette ocre se fait par entraînement hydraulique et exige environ 10 kg d’eau pour laver 1 kg de matière brute et relaver le résidu de premier lavage. Etant donnée cette importante consommation d’eau, l’emplacement des chantiers est évidemment fixé uniquement par des [considérations hydrologiques.
- Dans la plupart des carrières souterraines, les eaux d’infiltrations sont recueillies, refoulées au jour par des pompes électriques et alimentent des laveries placées sur le carreau ou dans son voisinage immédiat. Cette solution qui, à première vue, paraît très [séduisante puisqu’elle évite le transport au loin d’un minerai brut et pauvre, se heiirte en pratique, dans bien des cas, à la difficulté d’évacuation dés sables stériles séparés au cours du lavage. _ Aussi, nombreuses sont les installations de préparation situées dans la vallée même du Coulen ou Calavon, le torrent qui arrosé Apt, et qui fournit
- l’eau pour le lavage du minerai, et parfois encore l’énergie nécessaire aux ateliers de blutage.
- L’opération est d’une très grande simplicité.
- Au pied d’un tas de minerai, une conduite amène de l’eau qui s'écoule en un ruisseau. Un ouvrier, armé d’une pelle, fait tomber le sable ocreux dans le ruisseau qui l’entraîne. L’eau chargée de sable passe dans un malaxeur où deux roues à palettes à axe vertical tournent en sens contraire provoquant ainsi une désintégration complète du minerai. A la sortie du malaxeur, l’eau s’écoule dans une rigole en pente et vient finalement buter contre un barrage en planches x qui forme déversoir (fig. 8). Les sables entraînés par l’eau viennent se déposer derrière ce déversoir, dans la région cpie les ouvriers appellent la regonfle d'eau, tandis que les ocres en fines particules passent par-dessus la crête du déversoir et sont entraînées dans les bassins de décantation.
- La pente des canaux reposoirs est toujours comprise entre 2 et 5 pour 100. La consommation d’eau
- Fig. 6. — Carrière d’ocre des Vernets, à Gargas.
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- LES OCRES D’APT 1 71
- du lavage est de 10 kg par kilo de sable pour une pente moyenne de 51/2 pour 100. Cette consommation décroît d'ailleurs sensiblement quand la pente du reposoir augmente.
- Quant au déversoir, on lui donne en général une hauteur initiale de 60 cm et, au fur et à mesure de la précipitation des sables à son amont, on accroît cette hauteur par additions successives de planches. La hauteur finale est, à l’habitude, de 100 cm. Elle varie dans le même sens que l’inclinaison du reposoir, de façon à maintenir constant le volume de la regonfle d’eau. La masse de sable qui se dépose dans cette regonfle est limitée par une surface quasi horizontale qui vient se raccorder au pied du déversoir par un plan incliné zy. Les reposons sont toujours disposés côte à côte par deux, car tandis que l’un travaille au lavage du minerai brut,
- ReaonFle d'eau z v
- Fig. 8. — Coupe transversale des Reposoir s.
- on procède dans le second à la chasse des sables et à leur relavage.
- Tandis qu’il est difficile de se débarrasser des sables relavés dans les installations annexées à des carrières, l’élimination de ces résidus se fait tout naturellement au moment des crues pour les chantiers qui se trouvent en bordure du Calavon.
- Quant aux eaux chargées de cette argile ferrugineuse qui constitue l’ocre, elles sont dirigées sur de vastes bassins de décantation. L’excès d’eau abandonne les bassins par un trop-plein diagonalement opposé au point d’entrée. Un format très convenable pour les bassins de décantation est celui de 20 m. sur 10. Le fond en est, bien entendu, au moins dans les installations importantes, entièrement dallé.
- Quand le bassin est suffisamment empli du précipité ocreux, il est abandonné en séchage. Cette opération se poursuit naturellement pendant les mois de belle saison, à la faveur du vent et du soleil. iQuand le séchage est complet, il reste dans le bassin une couche d’ocre de 60 à 70 cm d’épaisseur. Les [ouvriers la découpent en mottes qui sont mises en itas sur les bords du bassin où la dessiccation s’achève. [Puis les mottes sont transportées jusqu’aux usines |de blutage.
- t V. Blutage et emballage des ocres. — Les oCres séchées sont broyées finement, puis blutées. On exige habituellement que le produit fini passe à la maille 90
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- Fig. 7. — Exploitation souterraine par piliers carrés.
- Les ocres sont expédiées en barils et il se fait dans la région d’Àpt une telle consommation de ces récipients que non seulement elle assure l’existence de plusieurs entreprises de tonnellerie, mais qu’encore certains producteurs d’ocre en sont venus à considérer comme avantageuse la création, en annexe à leurs usines, d’ateliers spéciaux de tonnellerie. La mise en barils des ocres est une opération d’un caractère très spécial, car il faut comprimer fortement une poussière qui sort très légère des blutoirs.
- La qualité du contenu est indiquée sur chaque tonneau par des lettres peintes sur l’un des fonds. Plus l’ocre est fine et belle, et plus grand est le nombre de lettres. Les meilleures * marchandises sont en barils à six lettres, comme les JÏCLES, c’est-à-dire les jaunes très clairs lavés extra-supérieurs, ou les RTFLES rouges très foncés. Les ocres les plus ordinaires n’ont droit qu’à deux lettres.
- Yl. Calcination pour rouges. — Tout ce qui précède concerne plus particulièrement les ocres jaunes. Pour les rouges, même lorsqu’ils sont obtenus à partir de minerais naturellement rouges, l’usinage comporte, en général, une opération complémentaire, une calcination çn fours à cuves qui a pour objet de foncer la couleur de l’ocre. Cette opération est en tout cas indispensable lorsqu’il s’agit de faire des rouges à partir d’oores naturellement jaunes, fabrication habituelle, mais ne portant que sur un petit tonnage. Raymond Maillet,
- Ingénieur au Corps des Mines.
- Fig. 9- — Lavage et blutage de la gare d’Apt (R. O. F.) a, stock de minerai à laver; l\ rigoles de lavage ; c, bassins de décantation ; d, usine de blutage; e, quai d’expédition des barils.
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- SOUFFLERIE AÉRODYNAMIQUE A DENSITÉ VARIABLE
- - \p— c.
- — Ca "
- Fig. i. — Coupe longitudinale de la soufflerie à densité variable.
- A, moteur synchrone. Bl, balance aérodynamique. Bd, balance de traction. Ce, cône diffuseur d’entrée. Cx, cône de sortie. Co, cône externe. Ci, cône interne. D, déflecteur. E, chambre d’expérience. F, modèle. G, mécanisme d’angle d’attaque. Hp, filtres primaires en nid d’abeille. Hs, filtres secondaires. J, graissage. K, porte. L, fils de suspension. M, espaces d’air calme. N, contrepoids. P, hélice ventilateur. Q, compteur de tours. R, armature de balance.
- La recherche expérimentale de « l’effet de similitude » en Aérotechnique est un problème des plus difficultueux qui se pose aux laboratoires aérodynamiques. Ceux-ci utilisent couramment des souffleries aérodynamiques à densité constante égale à celle de l’air atmosphérique au voisinage du sol. Dans ces souffleries on peut mesurer avec précision les coefficients aérodynamiques d’un « modèle réduit » d'avion ou d’aéronef. Or, la théorie et l’expérience montrent qu’en règle générale, les coefficients ainsi obtenus ne seront applicables, en toute rigueur, à un avion ou à un aéronef en vraie grandeur, que si les conditions de l’essai en soufflerie réalisent l’égalité du « nombre de Reynolds » pour la machine réelle et pour son modèle réduit.
- Si Y, L et v sont la vitesse, une dimension caractéristique et la viscosité cinématique relatives à la vraie grandeur, et si Vm, Lm et vm sont les mêmes quantités caractérisant les conditions de l'essai du modèle réduit, on doit avoir l’égalité :
- VL __ Vm hm
- V V,n
- Quand l’essai du modèle réduit est fait dans une soufflerie aérodynamique ordinaire, c’est-à-dire dans un courant d’air artificiel à la pression atmosphérique normale, on a évidemment :
- , Vm — V
- et l’égalité des nombres de Reynolds se ramène à l’égalité des produits « vitesse X dimension », soit :
- yl=ytolw. , •
- Cette condition n’est pas réalisable dans les souffleries ordinaires, même dans les plus grandes et les plus récentes.
- Il en résulte que « l’effet de similitude » caractérisé par le « nombre de Reynolds » ne peut être recherché, dans un domaine de variation étendu, qu’en agissant sur le dénominateur du « nombre de Reynolds », c’est-à-dire sur la viscosité cinématique du fluide utilisé dans la soufflerie.
- M. Margoulis en France etM. Munie en Amérique ont été amenés par ces considérations à proposer l’emploi de souffleries aérodynamiques à densité variable. On sait en effet que la viscosité cinématique d'un gaz diminue (à égalité de température) quand on augmente sa densité par augmentation de pression. Ainsi pour une même température de 10° on aura : v = 0,1318 cm2 : sec. à la pression de 1 atmosphère, et v = 0,00659 cm2 : sec. à la pression de 20 atmosphères.
- Donc pour de l’air comprimé à 20 atmosphères, la viscosité cinématique vm sera 20 fois plus petite que celle do l'air à la pression atmosphérique.
- Une soufflerie aérodynamique produisant un courant d’air comprimé sera une soufflerie « à densité variable ». En faisant varier le taux de compression de l’air on aura la possibilité de réaliser des nombres de Reynolds variant dans un domaine étendu. Ainsi dans la soufflerie américaine réalisée par le National Advisory Committee for Aeronau-tics, ce nombre varie couramment de 175000 à 5 600000. Par suite on pourra réaliser l'égalité des nombres de Reynolds entre la machine réelle et son modèle réduit au 1/10e si les essais de ce dernier sont exécutés dans une soufflerie com-
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- SOUFFLERIE AÉRODYNAMIQUE A DENSITÉ VARIABLE
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- portant un courant d’air comprimé à 20 atmosphères avec une vitesse Vm = 1/2 V.
- Description de la soufflerie aérodynamique à densité variable. — La
- soufflerie est représentée en coupe longitudinale sur la figure 1. Elle comporte un collecteur d’entrée d’air Ck, suivi d’un filtre multicellulaire Hs, pour la régularisation des vitesses du courant en grandeur et en direction ; une chambre d’expérience E, de 1 m. 52 de diamètre et un diffuseur de sortie Cx à l’extrémité duquel se trouve l’hélice ventilateur. Cet ensemble est contenu dans un vaste réservoir cylindrique muni de fonds hémi-sphériques.
- Le diamètre du réservoir est de 4 m. 57 et sa longueur totale est de 10 m. 52. Ce réservoir est capable de supporter en toute sécurité les pressions usuelles de fonctionnement qui vont jusqu a 21 atmosphères. L'épaisseur des tôles d'acier constituant la portion cylindrique du réservoir est de 54 mm et celle des fonds hémisphériques est de 52 mm environ.
- Le retour d’air de la soufflerie proprement dite s’effectue comme l’indiquent les flèches (fig. 1), entre les parois du réservoir et une enveloppe extérieure Co, entourant la soufflerie. Des filtres multicellulaires llp préparent la régularisation des vitesses avant l’entrée au collecteur Ce. L’espace M, compris entre la soufflerie et son enveloppe, constitue donc un espace d’air calme, à l’intérieur duquel on a disposé les appareils de mesure.
- Le poids total du réservoir avec tout ce qu’il
- Fig. 4- — Mode de suspension d’un modèle sur l’armature de la balance
- Fig. 3. — Vue générale par le fond.
- contient est de 102 [tonnes environ. L'hélice ventilateur de 2 m. 14 de diamètre est une hélice à deux pales ; elle est actionnée directement par un moteur électrique synchrone de 255 chevaux, tournant à une vitesse constante de 900 tours-minutes. Les variations de vitesse du courant d’air, habituellement pratiquées dans les souffleries aérodynamiques ordinaires sont remplacées ici par les variations de densité. L’arbre d’hélice pénètre dans le réservoir par l’intermédiaire d’un palier presse-étoupe étanche à graissage sous pression.
- Une installation puissante de compresseurs d’air est prévue à proximité du réservoir-soufflerie. L’air est amené à la pression choisie en deux ou trois stades de compression. La puissance totale de la station de compression est de 400 chevaux. Le temps nécessaire pour atteindre la pression de 21 atmosphères est 1 heure 1/2 environ.
- La balance aérodynamique comporte une armature en aluminium entourant la section expérimentale et supportant les balances proprement dites, qui sont au nombre de trois. Le modèle à expérimenter est relié «à ces balances par des fils de suspension disposés de telle sorte que les balances permettent la mesure des composantes de sustentation et de traînée de la résultante aérodynamique et aussi du moment de cette résultante par rapport à un axe de référence.
- Ainsi pour chaque angle d'incidence on a les éléments nécessaires pour déterminer la résultante aérodynamique en grandeur, direction et position.
- Un équipement de petits moteurs électriques a permis de rendre automatique le fonctionnement de ces balances. De même le dispositif dé changement d'incidence et les manomètres pour la mesure des pressions et de la vitesse sont actionnés de l’extérieur.
- On voit par cette rapide description l’importance considérable de cette installation dont l’utilisation
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- SOUFFLERIE AERODYNAMIQUE A DENSITE VARIABLE
- est maintenant très intense et très productive en résultats nouveaux.
- Résultats obtenus. — Les premiers résultats obtenus ont été publiés dans les Rapports du National Advisory Commiltee for Aeronautics.
- En ce qui concerne l'effet de similitude dû à l’augmentation du nombre de Reynolds, les résultats obtenus pour les ailes sustentatrices confirment entièrement ceux qui avaient été trouvés antérieurement, au chariot aérodynamique de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr.
- La résistance à l’avancement diminue à mesure qu’on augmente le nombre de Reynolds.
- Cette diminution est assez exactement de l’ordre de grandeur de celle due à l’évolution, bien connue, de la résistance de frottement’ superficiel en régime turbulent, pour des surfaces polies.
- La sustentation unitaire d’une aile en vraie grandeur ou de son modèle réduit essayé ch soufflerie à densité variable ne s’écarte pas sensiblement de celle qu’on détermine dans les ^souffleries ordinaires, pourvu que dans celles-ci on réalise pour l’essai un nombre de Reynolds au moins égal à 400 000, ce qui correspond à un produit « vitesse X dimension » d’au moins 6 m2 : see.
- On observe seulement des écarts appréciables en ce qui concerne le coefficient maxima de sustentation.
- Ces écarts varient notablement en grandeur et en signe avec la forme des profils d’ailes.
- D’une manière générale, pour les bons profils, moyennement épais et peu incurvés, la sustentation unitaire maximum augmente de 5 à 10 pour 100 quand le nombre de Reynolds varie de 400 000 à 5 600 000. Des constatations ana-
- logues ont été trouvées au chariot aérodynamique de Saint-Cyr.
- En ce qui concerne les variations de la sustentation maximum pour les profils de formes variées, on peut attribuer une partie de leur in-
- cohérence au « degré de rant d’air de la soufflerie
- turbulence » du américaine.
- Pour ce qui concerne la position de la résultante aérodynamique, caractérisée par son moment unitaire autour d’un axe de référence, on ne peut encore donner de conclusions définitives.
- L’effet de similitude sur le moment semble faible dans le cas des ailes isolées.
- Il sera plus accusé dans le cas des modèles complets d’avion parce que les résistances passives diminuant avec l’augmentation du nombre de Reynolds, il doit en être de même du moment correspondant.
- Fig. 5. — Quelques courbes obtenues avec un modèle d’avion Sperry.
- Ci., coefficient de sustentation ; Cn, coefficient de traction par unité de surface et de pression, pour divers angles d’at-
- taque (de — 9 à h- i50;.
- Pression en Pression Nombre
- atmosphères dynamique de
- Courbe. dans le réservoir. 9 = kg.'nP. Reynolds.
- A 1,00 27.9 189.000
- B 2,82 8o,5 482.000
- C 4.83 140,0 820.000
- D 10,00 297,0 1.670.000
- E 19,86 619,0 3.400. oœ
- Conclusions. — Les expérimentations dans la soufflerie à densité variable sont du plus haut intérêt aux points de vue scientifique et pratique.
- Les résultats déjà obtenus montrent que le critère de similitude pour les éléments isolés ou assemblés d’un avion, à l’exclusion du propulseur, serait effectivement le nombre de Reynolds.
- Ces résultats montrent également que, pour les applications pratiques, on peut considérer comme valables les résultats obtenus en soufflerie aérodynamique ordinaire, pourvu que le nombre de Reynolds correspondant soit de l’ordre de 400 000, ce qui correspond au produit Vm Lm = 6 ms : sec environ,
- A. Toussaint,
- Diieclcm’ de l’Institut Aéroteclinique de Saint-Cyr.
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- UNE NOUVELLE MACHINE FRIGORIFIQUE A ABSORPTION
- La machine 44 Munten-Platers ”
- Les premières machines industrielles pour la production artificielle du froid furent des machines du type à absorption. Il y a aujourd’hui près de trois quarts de siècle qu’elles furent inventées par Tellier ; le jeune inventeur fut du reste dépouillé de son invention par Carré ; et ces machines ont gardé le nom de machines Carré. Le pauvre Tellier ne gagna à cette aventure que quelques mois de prison pour dettes. Pendant celte retraite forcée, imposée par un concurrent sans scrupule, il eut tout loisir de méditer et c’est là qu’il imagina la machine frigorifique à compression de gaz liquéfiable. Celle-ci devait bientôt supplanter complètement la machine à absorption dans le domaine industriel et permettre au froid industriel de prendre l’essor que l’on sait.
- La machine à absorption n’a pas succombé sans lutter; mais aujourd’hui on ne trouverait pas une installation frigorifique importante où elle soit employée. Même pour les petites machines frigorifiques domestiques, le système à compression triomphe. Néanmoins nous assistons depuis quelque temps à un regain de faveur des machines à absorption; et tout récemment est apparu [sur le marché un modèle d’une remarquable ingéniosité dù à deux inventeurs suédois, Munten et Platers, qui ont su faire disparaître la plupart des inconvénients de la machine à absorption.
- Rappelons tout d’abord le principe de ccs machines. Le gaz ammoniac, on le sait, est extrêmement soluble dans l’eau. On se sert donc d’une solution ammoniacale, comme réservoir d’ammoniac,
- a Eau de refroidissement
- Condenseur
- IBouilleur
- Saturateur
- Fig. 2. — Schéma de la machine Munten Platters. Cette machine ne comporte ni pompe ni robinet détendeur.
- Condenseur
- Robinet Y
- Bouilleur Saturateur
- Fig. i. — Schéma d’une machine frigorifique classique à absorption.
- gaz frigorifique. Chauffons cette solution saturée: l'ammoniac, moins soluble à chaud qu’à froid, se dégage et vient s’accumuler dans un récipient refroidi extérieurement par un courant d’eau, il s’y comprime et sous l’influence combinée de la pression et du refroidissement, il se liquéfie. C’est l’expérience classique et célèbre du tube de Faraday. Détendons maintenant cet ammoniac liquéfié; il se vaporisera en produisant du froid. Il ne restera plus qu’à recueillir ces vapeurs, et pour cela on les fait réabsorber par l’eau.
- Sur ce principe on a construit et l’on construit encore des machines à action intermittente, qui ont tout au moins l’avantage d’une grande simplicité; il suffit de chauffer pour produire du froid. La Nature a récemment décrit un appareil de ce type, le Frigor (voir n° 2716). Il comprend deux récipients : un bouilleur et un condenseur. On chauffe le bouilleur qui contient la solution ammoniacale et l’ammoniac vient se condenser dans le condenseur. Au bout d’un certain temps, on arrête le feu ; on plonge le bouilleur dans l’eau froide; le condenseur est plongé dans l’eau à refroidir artificiellement ou à glacer, il joue alors le rôle d’évaporateur ; l’ammoniac liquéfié s’y évapore et ses vapeurs sont réabsorbées par l’eau du bouilleur.
- Ce cycle intermittent ne se prête pas aux opérations industrielles et même pour les applications domestiques, il offre de sérieux inconvénients parte
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- 76 i .UNE NOUVELLE MACHINE FRIGORIFIQUE A ABSORPTION
- qu’il ne se prête pas aisément à l’automaticité, le ! plus souvent indispensable dans ce cas.
- La machine dite de Carré, qui remonte à 1857, a été imaginée pour réaliser un cycle continu. Le principe en est indiqué sur le schéma de la figure 1.
- La machine comporte quatre organes essentiels : le houilleur, le condenseur, l’évaporateur et le saturateur.
- Le houilleur qui contient la solution saturée est chauffé, par exemple au moyen d’un serpentin a parcouru par la vapeur. Le gaz ammoniac se dégage et vient se liquéfier sous pression dans le condenseur, refroidi extérieurement par un courant d’eau. La pression au condenseur et par suite dans le houilleur atteint 12 atmosphères. L’ammoniac liquéfié, pour parvenir dans l’évaporateur où la pression est de o atmosphères, traverse un robinet détendeur. Le liquide s’évapore en produisant du froid ; ses vapeurs parviennent dans le saturateur où elles sont réabsorhées par la solution ammoniacale. Comme cette dissolution dégage de la chaleur, la solution est refroidie par un serpentin b parcouru par de l’eau froide. La pression duns le saturateur est la même que dans l’évaporateur; elle est donc, bien inférieure à celle qui règne dans le bouilleur. Aussi une pompe c est-elle nécessaire pour ramener dans celui-ci la solution saturée dans le saturateur. Par contre la solution appauvrie dans le bouilleur revient d’elle-même au saturateur en traversant un robinet détendeur d.
- On a bien là un cycle continu. Mais, comme on le voit, une pompe est nécessaire et il faut un moteur pour l’actionner, de sorte que l’on perd l’avantage essentiel du cycle à absorption sur le cycle à compression, à savoir l’absence des organes mécaniques.
- Il est manifeste que le cycle à absorption est bien plus complexe que celui des machines à compression. Son rendement est moins bon. Il ne pourra donc subsister que s’il a pour lui la simplicité du fonctionnement.
- Tel n’est manifestement pas le cas de la machine Carré.
- MM. Munten et Platers ont trouvé le moyen de réaliser le cycle continu, tout en supprimant la pompe et les robinets détendeurs et cela grâce à des artifices fort ingénieux.
- La figure 2 représente le schéma de leur machine. Le bouilleur est chauffé électriquement au moyen d’un corps chauffant a. Le gaz ammoniac s’échappe de la solution par le haut et traverse d’abord un tube à ailettes b refroidi par l’air où il se débarrasse par condensation, de la vapeur d’eau qu’il a pu entraîner. De là il gagne le condenseur refroidi extérieurement par un courant d’eau. En régime, la pression dans cette partie de l’appareil atteint 12 atmosphères.
- Le condenseur étant formé par un tube incliné, l’ammoniac liquide tombe directement de là dans l’évaporateur. Dans celui-ci, il doit se détendre et
- se vaporiser. Dans la machine classique de Carré, nous avons vu que la pression dans l’évaporateur n’est plus que de 5 atmosphères, ce qui exige entre le condenseur et l’évaporateur l’interposition d’un robinet détendeur, organe délicat.
- Celui-ci est supprimé dans la machine Munten-Platters et la même pression règne dans le condenseur et dans l’évaporateur. Mais comment l’ammoniac va-t-il pouvoir se détendre et se vaporiser? Voici le moyen imaginé par les inventeurs.
- Dans l’évaporateur, il existe constamment une atmosphère d’hydrogène ; le mélange d’hydrogène et d’ammoniac est à la pression de 12 atmosphères; mais on s'arrange, nous verrons plus loin comment, pour que la pression partielle due à l’hydrogène soit toujours de 9 atmosphères ; celle de l’ammoniac gazeux ne peut donc dépasser 5 atmosphères, en vertu de la loi du mélange des gaz de Dalton. Tout se passe donc bien, au point de vue de l’évaporation de l’ammoniac comme si celui-ci passait d’un milieu de 12 atmosphères à un milieu à o atmosphères.
- L’évaporateur est constitué par un récipient muni intérieurement de cloisons horizontales en tôles perforées, qui assurent une parfaite conductibilité thermique avec l’enveloppe extérieure et transmettent rapidement à l’intérieur le froid produit intérieurement par la vaporisation de l’ammoniac liquide qui tombe et se pulvérise sur elles. Au fur et à mesure que l'ammoniac s’évapore et se mélange à l’hydrogène, le mélange gazeux s’alourdit, l’ammoniac étant beaucoup plus lourd que l’hydrogène qui est, on le sait, le plus léger de tous les gaz.
- Le mélange gazeux descend donc et traverse de haut en bas l’évaporateur ; de là il arrive à la partie inférieure du saturateur, à la partie supérieure de celui-ci, tombe par l'effet de la gravité, la solution appauvrie venant de la partie inférieure du bouilleur et amenée par le siphon c. Cette solution absorbe les vapeurs d’ammoniac, tandis que l’hydrogène insoluble et léger gagne la partie supérieure du saturateur, puis de là se rend à nouveau à la partie supérieure de l’évaporateur.
- On voit que l’hydrogène circule constamment en circuit fermé entre l’évaporateur et le saturateur ; ce qui permet de le maintenir constamment dans l’évaporateur à la pression partielle de 9 atmosphères. L’eau qui refroidit extérieurement le saturateur va circuler ensuite autour du condenseur pour le refroidir; la température de celui-ci sera ainsi toujours plus élevée que celle du saturateur, ce qui tend à maintenir dans le premier une pression supérieure et à maintenir les courants gazeux dans le sens convenable.
- Il reste maintenant à réintroduire dans le bouilleur la solution enrichie provenant du saturateur et qui s’écoule par la partie inférieure de ce récipient.
- Or le niveau de la solution dans le bouilleur est maintenu volontairement plus élevé que dans le saturateur pour que la solution pauvre puisse
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- LA VALEUR DES TÉMOIGNAGES DANS
- tomber d’elle-même par le siphon c dans le saturateur.
- Pour éviter l’emploi d’une pompe, MM. Munten et Platers ont utilisé un moyen qui rappelle le fonctionnement de la pompe Mammouth à colonne d’eau émulsionnée. Le tube <1 qui ramène au bouilleur la solution saturée s’enroule en serpentin e autour de la cartouche a qui chauffe électriquement le bouilleur. Il en résulte un chaulïage local qui provoque le dégagement ^de bulles d’ammoniac gazeux ; la colonne liquide f s’émulsionne et s’allège ; ce qui permet au liquide de gagner un niveau supérieur à son niveau initial dans le saturateur et de tomber ainsi à la partie supérieure du bouilleur.
- Notons enfin que la solution appauvrie, mais chaude qui sort du bouilleur pour gagner le saturateur par le siphon c, échange au passage une partie de sa chaleur avec la solution enrichie et plus froide qui retourne du saturateur au bouilleur.
- LA VARIATION DES CLIMATS = 77
- On voit que la machine Munten-Platters réalise un cycle parfaitement continu et automatique ; elle n’exige aucune intervention autre que celle de la mise en marche, opération bien simple puisqu’elle se réduit à ouvrir un commutateur électrique pour le chauffage de la cartouche a, et un robinet d’eau pour la circulation de l’eau de refroidissement autour du saturateur et du condenseur. Toutes les parties de l’appareil sont sensiblement à la même pression intérieure, et les communications entre elles se font par des tubes librement ouverts, sans aucun robinet. La machine ne comporte aucun organe mécanique en mouvement.
- Ce sont là des caractères d’un intérêt pratique évident. Aussi la machine Munten-Platters a-t-elle fait son apparition sur des armoires frigorifiques domestiques présentées en France à la dernière Foire de Paris. Il semble que le public n’a pas tardé à lui faire un accueil favorable. R. Yilleus.
- LA VALEUR DES TÉMOIGNAGES DANS LA VARIATION DES CLIMATS
- Au cours de quelques notes antérieures (*), je me suis efforcé de montrer comment la Géographie, au lieu de rester indépendante et de se borner à la description de la Terre, avait été obligée de chercher l’aide des Sciences pures : Astronomie, Géologie et Météorologie, pour parvenir à la connaissance de la genèse progressive des formes et de leur évolution actuelle : il lui fallut ainsi commenter tous les vestiges d’un passé lointain, phénomènes erratiques ou d’érosion, dépôts et sédiments, fossiles et empreintes : action dissolvante des eaux et des gelées; et ici, en particulier, nous avons examiné l’importance que présentait l’action des radiations solaires et leur variation possible au cours des époques géologiques.
- L’examen des détritus et coquillages trouvés un peu partout a permis d’admettre l’existence de divers bras de mer aujourd’hui disparus, soit dans le miocène, soit à l’époque crétacée et, parmi les problèmes qui ressortissent à la Science pure, aucun n’a passionné autant le public, souvent enthousiaste, que celui d’une mer intérieure en Afrique. Tant et tant d’expéditions rapportaient d’utiles informations scientifiques sur le continent noir, et le mot même de Sahara, avec sa fertilité possible, évoquait une telle magie !
- Appréciant peut-être à tort l’emplacement de l’ancienne baie du Triton, mettant tous ses espoirs dans les chotts tunisiens ou algériens, Rondaire songeait à faire collaborer la Méditerranée à la conquête du désert pour rétablir une prospérité dont on croyait retrouver des vestiges ; et l’appui de De Lesseps était bien propre à enflammer le public il y aura bientôt un demi-siècle. Le problème d’un dessèchement général et de ses conséquences passait ainsi au premier plan et Ton ne compte plus les travaux faits à cet égard sur le Sahara, le Soudan, les variations de niveau des grands lacs Tchad, Agami et Victoria.
- Mais que valent tous les témoignages recueillis ? Car
- 1. La Nature. 26 juillet et 13 décembre 1924, 7 février 1925 et 27 février 1926.
- nous ne saurions trop insister, en ces matières, sur la nécessité d’une critique sévère.
- D’abord, ils sont parfois contradictoires. De plus, ils résultent d’observations rapides, faites dans des conditions difficiles ou incomplètes, de témoignages d’indigènes plus que douteux : ce sont presque toujours des éléments qualitatifs, et non quantitatifs, qui ne sauraient dispenser d’une documentation à l’aide d’instruments exacts. Puis, s’il y a déplacement des zones climatiques, les humides devenant sèches, la réciproque est-elle vraie ? Cela parait naturel, ou nécessaire, à bien des auteurs, alors que rien n’est moins évident ; de ce fait que des conclusions seraient exactes sur de petites zones de la terre on ne peut certainement rien conclure pour des phénomènes généraux de compensation ou de balancement dans la pluviosité.
- Enfin, on a montré à diverses reprises avec raison que les phénomènes économiques et politiques peuvent intervenir : un pouvoir absolu impose aux travailleurs d’importants travaux d’irrigation qui font la fertilité d’une région ; une liberté relative incite les cultivateurs à renoncer à ces travaux pénibles pour émigrer vers des champs naturellement mieux partagés; la région devient stérile, mais ce n’est là qu’un effet de la paresse humaine, et de nouvelles irrigations suffisent à lui rendre sa fertilité, avec tous les avantages de la discipline. Ceci n'est au _reste pas général et c’esfainsi, en particulier, que Blanc, qui admet le dessèchement progressif du Sud algérien, considère que les causes humaines, déboisements, pâturages des troupeaux, etc., ont aggravé le dessèchement du pays, mais en sont si peu la cause essentielle que les mesures inverses, prises aujourd’hui, seraient insuffisantes pour renverser le phénomène et fournir la prospérité de nouvelles oasis : cet auteur voit la cause essentielle dans un manque d’équilibre entre les précipitations et l’évaporation, rupture d’équilibre dont l’origine doit être recherchée dans des phénomènes géographiques généraux.
- Toutes ces questions, on le voit, méritent plus que de
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- la circonspection : avec une grande réserve, il faut, y appliquer toutes les ressources cle la critique, et, en ce qui concerne l'Afrique du 'Nord, on apprécie chaque jour davantage la façon très complète et remarquablement prudente avec laquelle Gsell (*) traita le problème des changements de climat.
- Il ne faut donc pas s’émouvoir autrement des faits particuliers, qui peuvent apparaître contradictoires parce qu’ils sont disparates et mal reliés aune vue d’ensemble, par exemple lorsque, contrairement à d’autres observations de dessèchement, Barg est venu nous signaler que le lac Aral, qui diminuait, s’est remis à augmenter, et qu’il en est de même pour le lac Balkrah, lac fermé cependant. Pareillement, si le lac Victoria baissait de 1878 à 1892, il s’est ultérieurement mis à remonter; et le Tchad, lui aussi, parait sujet à des alternatives de hausse et de baisse.
- Mais, après un voyage récent de Vischer entre Tripoli et le lac Tchad, on peut conclure que l’envahissement du désert est dû, en grande partie, à l’abandon par l’homme de toute lutte contre les effets destructeurs. Lorsque la lutte cesse, le soleil, les vents,les variations brusques de la température ont bientôt fait de reprendre leurs actions prépondérantes : en Afrique tropicale, ce sera l’envahissement par la forêt ; là, le désert reprend ses droits, après la chute de l’empire romain, sur des peuples où régnent l’insouciance et l’incurie. Le désert ne chasse pas l’homme mais s’empare de tout ce que celui-ci lui abandonne : ici, les jardins doivent être protégés contre l’envahissement des sables par de petites haies; si l’on néglige ces précautions, si l’on délaisse les puits, le désert gagne rapidement. Le climat ne change peut-être pas mais, certes, les efforts de l’homme doivent être persévérants ; il est cependant tout à fait exagéré de s’illusionner sur l’intluence humaine, comme dans l’analyse du travail de Vischer, jusqu’à dire : « Un « gouvernement intelligent et agissant suivant des « principes scientifiques rationnels pourrait rendre à « toute cette immense région située entre la Médiler-1. Histoire ancienne de /’Afrique du Xord, t. I.
- « ranée et le Tchad sa vitalité ancienne. C’est une pure « question de volonté et la nature devrait, une fois de ;< plus, céder aux efforts persévérants... »
- On doit à Boutquin l’élude la plus complète qui ait été faite, au point de vue critique, de tous les renseignements épars des observateurs et des voyageurs, avec des conclusions hâtives sur le dessèchement de vastes régions ou des modifications climatiques, et cet auteur autorisé conclut (1910, p. 505) :
- « L’ensablement et la désolation des régions où lleu-« rirent jadis les grands empires de Tcllo, Babylone,
- « Ninive, Persépolis et ThèbcS sont dus, avunl loui, à « Vimprévoyance ou aux fautes des hommes, et à des (( événements politiques oio économiques plutôt qu'à des « phénomènes naturels. » «.
- « Ces empires ne se sont élevés, malgré les conditions « plutôt contraires du climat et du sol, que grâce aux « mesures énergiques prises par les autorités de « l’époque....
- « La prospérité est revenue lorsque, comme en « Egypte, depuis l’occupation anglaise, un pouvoir fort « et régulier a su prendre et maintenir les mesures « intelligentes que les circonstances, d’ordre naturel et « économique, commandaient. ))
- En matière de conclusion, il est permis de dire que ces vastes questions qui passionnent l’opinion publique : dessèchement, et stérilité progressive de grandes zones continentales, influence des déboisements, dépassent encore notre connaissance : des faits particuliers, mais souvent contradictoires, commandent par leur abondance même la circonspection et la réserve d’une critique prudente; notre expérience sur des temps si courts ne saurait être extrapolée impunément aux époques géologiques; enfin, et ceci est très troublant, l’accord entre les différents auteurs est d’autant pins précis que l’on fait appel à des témoignages plus éloignés de la période humaine.
- Il semble sage, provisoirement, de se contenter d’accumuler des observations en remettant à nos successeurs le soin de conclure utilement. Jkax Mascart.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1926.
- Les drosophiles et les moisissures. — Une première 1 série d’expériences avait montré à MM. Sergent et Rougebief que les moisissures se développaient peu et mal sur les fruits visités par les insectes, tandis que sur les autres elles prenaient une exubérance remarquable. Une seconde séiic, conduite de juillet à novembre 1925, a indiqué que les drosophiles agissent directement du fait que leurs larves peuvent se nourrir de moisissures, et qu’on doit surtout tenir compte des levures qu’elles déposent. Une concurrence vitale paraît s’établir ; la pullulation des levures dans un milieu gêne les végétations mycéliennes et peut arriver à les supprimer.
- A propos de la pollucile. — Ce fcldspathoïde rare, signalé en Amérique et à File d’Elbe, contient environ 50 pour 100 de cæsium. On y trouve encore de la silice (40,5 pour 100), des oxydes AÏ205 et Fe203 (18 pour 100), de la soude Na*0 (5). et l’analyse des spectres d’arc et de flamme indique des traces de potassium, de lithium
- et de calcium. M. Kasller lui attribue la formule ILB'Al-(Si03)y, où R' signifie l’ensemble des métaux alcalins.
- La présence du nickel et du cobalt dans le pancréas. — Les expériences de MM. Gabriel Bertrand et Mache-bæuf, qui ont porté sur des organes de keuf, de veau, de cheval et de mouton, montrent que le pancréas est particulièrement riche en métaux Ni et Co et, même quand elles ont été obtenues dans des conditions où il semblerait, a priori, qu’elles dussent en être débarrassées, les préparations hypoglycémiantes, extraites de la glande et couramment désignées sons te nom d'insuline, retiennent une proportion importante de nickel et de cobalt. Il est à croire que, dans le traitement du diabète, ces métaux jouent un rôle insoupçonné, rôle que des essais postérieurs de MM. Bertrand et Machebœuf auront à préciser.
- L’âije du système planétaire. — Pour M. Émile Belot,
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- LA LUMIERE ZODIACALE =tt—7.- = 79
- le soleil, dont la masse est voisine de 2 X 1027 tonnes, perd actuellement, et par radiation, 4 millions de tonnes par seconde ; depuis la formation des planètes, il aurait ainsi réduit sa masse d’un dixième, en 350 millions d’années. Ces chiffres ne correspondent pas à ceux de Jeansou de Milaukowitch, qui, négligeant la chaleur radioactive, trouvent un minimum de 124 à 150 millions.
- D’autre part, l’étude des roches radioactives de l’âge précambrien, donne 1500 millions. M. Belot estime que l’on ne saurait confondre l’âge des roches de surface, avec celui de la Terre. Ce dernier chiffre, 1500 x 10°, serait l’âge de la nébuleuse primitive et non celui de la planète qu’elle a engendrée.
- Paul B.
- LA LUMIERE ZODIACALE
- La lumière zodiacale est, croit-on à l’heure actuelle, produite par le reflet de la lumière du soleil sur des molécules solides ou gazeuses dont l’ensemble forme autour de l’astre central un anneau qui l’enveloppe de la même manière que l’anneau lumineux entourant Saturne. Son plan parait coïncider avec l’équateur solaire.
- L’étude de la lumière zodiacale est des plus intéressantes. Tout le monde peut la faire sans instruments. Il suffit de l’observer et de noter ses dimensions et son intensité. Mais en raison même de son aspect diffus et de l’éclairement du crépuscule, cette observation présente des difficultés matérielles qui, sans être invincibles, n’en sont pas moins parfois assez grandes. Est-ce la raison pour laquelle cette étude ne semble pas, jusqu’ici, avoir passionné les chercheurs?
- Ce beau phénomène, qui 11’est visible pour nous que lorsque la lune n’éclaire pas les nuits, s’aperçoit, à nos latitudes, à l’O., en mars et en avril après le coucher, et en septembre et octobre à l’E. avant le lever du soleil. Il affecte la forme d’une fraction d’ellipse allongée dans le sens du zodiaque, ou encore d’un triangle incliné dont la base occupe 20° environ, et la hauteur angulaire au delà de 50°. Nul doute qu’il ne se prolonge au-dessous de l’horizon.
- À des latitudes plus méridionales, en Afrique par exemple, la lumière zodiacale peut être observée toute l’année. Aux solstices, elle forme au-dessus de l’horizon une sorte de cône à base très élendue et à hauteur peu accentuée et qui est nettement visible.
- On ignore si les anciens l’avaient remarquée, et l’on attribue sa découverte à Childrey, qui en fait mention, dans son « Histoire naturelle d’Angleterre », publiée en 1659. Cependant, Mairan, auteur du Traité de l'Aurore boréale, rapporte qu’après la prise de Home par Alaric, il y eut une grande éclipse pendant laquelle on vit dans le ciel une « lumière en forme de cône ». Il est fort peu probable du reste que cette observation se rapporte bien à la lumière zodiacale, et il est plus rationnel d’admettre qu’il s’agisse de la couronne solaire.
- Les premières recherches scientifiques sur cette clarté datent de mars 1683, époque à laquelle Jean-Dominique Cassini, qui l’observa, l’identifia avec les-queues cométaires. C’était évidemment une erreur; mais ce qui est remarquable, c’est que
- l’éminent astronome soupçonna déjà que la lumière zodiacale suivait les vicissitudes des taches solaires. Il admit que le Soleil peut lancer dans le plan de son équateur et jusqu’au delà de l’orbite de Vénus, une « matière un peu grossière », susceptible de réfléchir les rayons lumineux, et que c’était là l’origine de cette lueur.
- De son côté, Euler prétendait que l’atmosphère solaire avait pris une extension prodigieuse dans les parties correspondantes aux régions équatoriales de l’astre. « Cette extension, dit-il, doit être le « résultat d’une impulsion des rayons solaires sur « les molécules subtiles qui étaient contenues dans « l’atmosphère primitive, impulsion dont l’etfet « diminuait la pesanteur naturelle de ces molécules « vers le Soleil ». N’était-ce pas une sorte de prescience de cette pression de radiation dont la théorie vient seulement d’être admise depuis peu par les astronomes?
- Ainsi, la véritable origine de cette lueur, d’après Euler, était une sorte d’anneau entourant le Soleil à une certaine distance, sans s’appuyer sur lui, et comme le fait l’anneau de Saturne vis-à-vis de la planète. Il est extrêmement probable qu’il en est bien ainsi, et que ce que nous en voyons est en réalité le reflet des rayons solaires sur un immense anneau de corpuscules gravitant autour de l’équateur de l’astre central.
- La transparence de la lumière zodiacale est très grande, puisqu’elle laisse voir les étoiles les plus petites. A l’œil nu, on peut observer, à travers son voile lumineux, les étoiles de 5e grandeur. A la jumelle, on distingue les astres de magnitude 7 à 8.
- Les dernières observations faites à la Guette, du 2 au 15 avril, ont permis de prendre quelques croquis qui montrent cette lueur s’élevant, selon son grand axe, à près de 80u, et suivant son petit axe, de 18 à 23° au-dessus de l’horizon. Les parties de Voie Lactée qui se trouvaient dans le corps de l’ellipse étaient absolument invisibles à l’œil nu, mais elles reparaissaient nettement dès le plus faible grossissement des instruments d’optique.
- L’intensité de la lumière zodiacale n’a pas paru se modifier pendant toute la période d’observation ni d’un jour à l’autre, ni d’une heure à l’autre. Au fur et à mesure de l’enfoncement du Soleil au-dessous de l’horizon, l’ellipse se réduisait graduellement, ses limites se rapprochant peu à peu du Sud. Il fallait .quelques minutes d’observation
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- suivie pour constater ce retrait, car, à première vue, le phénomène semblait différer peu par rapport aux étoiles prises comme points de repère au cours des soirs précédents. Mais il a paru beaucoup plus intense cette année que ces années dernières, à l’époque correspondante.
- Il serait intéressant de rechercher méthodiquement si selon la pensée de Cassini, la valeur et l’étendue de cette lueur est réellement en rapport avec l’activité solaire. S’il en est ainsi, la lumière zodiacale devrait être, en ces années de suractivité solaire, plus vive que pendant les périodes de minimum. C’est là une observation à la portée des amateurs de phénomènes célestes, accessible à tous, et que l’on ne saurait trop encourager à effectuer.
- D’après Arago, la lumière zodiacale s’étendait, le 19 mars 1845, jusqu’aux Pléiades, l’axe étant dirigé vers \ Per-sée. Le 27 mars, elle s’étendait jusqu’au niveau des Pléiades, mais un peu à gauche de ces étoiles. Les jours précédents, elle était un peu plus boréale. Elle avait, dit-il, une teinte « évidemment rougeâtre ». Il lui est apparu que la lueur était sujette à des changements brusques d’in-tensilé, mais il ajoute qu’il peut y avoir là illusion dépendant d’une modification dans la diaphanéité de l’atmosphère. Le 28 mars 1845, la pointe dépassait un peu les Pléiades et la lumière était jaunâtre, comparée à la Voie Lactée. Le 29, elle était rouge.
- Les observations faites le mois d'avril dernier ne semblent pas corroborer les remarques d'Àrago, en ce qui concerne la couleur qu’il prête à la lumière zodiacale et ses différences d’intensité.
- 11 m’est apparu au contraire, au cours des observations que j’ai pu en faire pendant la première quinzaine du mois d’avril 1926, que sa valeur lumineuse, à la même heure, chaque soir, mesurée soit à l’aide d’une gamme de jeux de verres nuancés, soit par des poses plus ou moins longues de plaques photographiques étalonnées, était semblable, et que sa teinte était identique : jaune très clair, comparativement à la teinte laiteuse de la Voie Lactée. Quant à son étendue, elle était infiniment plus grande que celle signalée par Arago, et nettement délimitée du N. au N.-O. en passant par le S. par v Andromède, 0, a p. Persée, a (3 Cocher, a (3 Gé-
- meaux, p Petit Chien, \ Gémeaux, À <p Orion, la partie la plus lumineuse reposant sur l’horizon se dégradant peu à peu jusqu’aux étoiles ci-dessus énumérées. Mais la région la plus diffuse, sur les bords de l’ellipse, marquait cependant une différence très sensible avec le fond uniformément sombre du ciel. Ce n’est qu’à l’extrémité du fuseau, marqué par a et [3 Gémeaux, qu’il devenait difficile de préciser vraiment le point extrême où se terminait la lueur, sa diffusion à cette extrémité semblant, dans certaines conditions de visibilité, se continuer encore de 8 à 10° jusque vers le S. de la constellation du Lion.
- Il serait pourtant fort utile de connaître l'étendue réelle de la lumière zodiacale, au sujet de laquelle les rares astronomes qui l’ont étudiée ne sont pas d’accord. Les uns lui accordent une étendue réduite, qui ne dépasserait pas l’orbite de Vénus. D’autres, au contraire, assurent qu’elle s’étend jusqu’à l’orbite de Mars ; ils en donnent à l’appui plusieurs arguments : si, dans certaines condi-’ tions de visibilité, la lumière zodiacale semble couvrir le ciel, d’un horizon à l’autre, c’est que la Terre elle-même serait tout entière baignée par le fuseau. Une autre explication est tirée de l’existence de la lueur anti-solaire ou Gegenschein, visible, pendant la nuit, à l’opposé de la place occupée parle Soleil, et qui se manifeste à nos yeux sous la forme d'un disque de lumière diffuse, suivant sur le ciel une marche symétrique et inverse de celle du Soleil au-dessous de l’horizon. Enfin, d’aucuns prétendent (et cette opinion me paraît assez séduisante), que c’est à la lumière zodiacale qu’est due la grande luminosité, non encore expliquée, de certaines nuits claires, à une époque où l’angle formé par les rayons solaires avec l’horizon est trop accusé pour que ceux-ci puissent éclairer les plus hautes couches atmosphériques et leur donner une illumination quelconque. Mais rien n’est plus délicat, à la vérité, que l’observation de cette admirable illumination du ciel qu’est la lumière zodiacale, dont les causes, malgré les origines qui sont actuellement attribuées à son existence, et aussi les dimensions réelles, conservent toutefois quelque chose de mystérieux.
- G. Bidault de l'Isle.
- Fig. J. — La lumière zodiacale, vue de la terrasse de l’observatoire de la Guette, le îo avril 1926.
- A gauche vers l’horizon, en face de la coupole de l’observatoire, la constellation d’Orion. En haut à gauche, Procyon (a Petit Chien). A l’extrémité du fuseau, Pollux et Castor (a-p Gémeaux). A droite en haut : \i Cocher et Capella (a Cocher). Plus bas la constellation de Persée et près de l’horizon v Andromède. Aldèbaran (a Taureau) et les Pléiades sont immergés dans la partie la plus lumineuse L’ouest est marqué par Aldèbaran.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, 9, rue de Fleurus, Paria. — 1926.
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- K l/MMT
- L'Ecole d'Agriculture
- de GRIGNON
- SOMMAIRE:
- Le centenaire de l’Ecole nationale d’Agriculture de Grignon : Jacques Boyer.
- Le vanadium et ses applications : I. L. — La signalisation électrique de l’incendie : M. Bousquet. Initiation biologique : La cellule: D1' Max Aron.
- Une raboteuse géante : E.-H. Weiss.
- - SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée : L’automobile pratique. — Variétés. Recettes et Procédés utiles. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO ; France. 1 fr. 50
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
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- LA NATURE- — N° 2731.
- 7 AOUT 1926
- LE CENTENAIRE DE L’ÉCOLE NATIONALE D’AGRICULTURE DE GRIGNON
- Dès le milieu du xvie siècle, divers savants spé- . ~~lr"
- cialistes s’efforcent de combattre les méthodes routinières employées par les paysans de France. Le célèbre imprimeur, médecin et polygraphe Charles Estiennc apporte quelque ordre dans le domaine agricole en publiant son Prædium Ruslicum (1554) où se trouvent résumés plusieurs de ses opuscules antérieurs. Dix ans plus tard, son gendre Jean Liébaut traduit cet ouvrage en français, sous le titre de La Maison Rustique, que des compilateurs plus ou moins habiles rééditèrent et imitèrent maintes fois jusqu'à nos jours. De son côté, Bernard Palissy posa les premières bases de la géologie et de la chimie des sols dans sa remarquable brochure intitulée Recepte véritable par laquelle tous les hommes (le France 'peuvent apprendre à multiplier et à augmenter leurs richesses (1505).
- Une quarantaine d’années après, un gentilhomme du Vivarais, Olivier de Serres, écrivait dans son Théâtre d'agriculture et ménage des champs (1600) que l’agriculture est « une science plus utile que difficile, pourvu qu’elle soit entendue par principe, appliquée avec raison, conduite par expérience et pratiquée par diligence ». Puis La Quintinie, jardinier de Louis XIV, pose les règles pour la transplantation, la conduite et la taille des arbres fruitiers.
- Un peu plus tard, Duhamêl-Dumonceau (1700-1781) formule les lois de l’accroissement et de la physiologie des plantes, les procédés rationnels de semis, d’exploitation des bois et de conservation des grains tandis que Parmentier (1757-1815) préconise la culture de la pomme de terre depuis longtemps en usage en Allemagne et que Brémontier (1758-1809) entreprend de fixer les dunes de Gascogne grâce à des semis de graminées et de pins maritimes.
- ‘Au moment de la Révolution, l’Assemblée Cons-
- Fig. i. — Mathieu de Dombasle. Fondateur de la première École d’agriculture française, à Roville, près de Nancy. (Collection J. Boyer.)
- Fig. 2. — Vue du château de Grignon, vers 180S, à l’époque où le maréchal Bessières l’occupait.
- (Collection de M. l’abbc Le Chenetier, cure de Thiverval-Grignon.)
- 54* Année. - 2’ Semestre
- tituante de 1789 décida bien la création de chaires d'agriculture dans les grandes villes du territoire de la République, mais ce décret resta lettre morte. Aussi malgré les efforts de tous ces spécialistes et de leurs émules, qu’il nous a fallu passer sous silence dans ce court historique, l’enseignement. agricole n’existait pas encore en France au début du xix® siècle. Il était réservé à Mathieu de Dombasle (fig. 1) de fonder à Roville la première grande école d’agriculture française (1822). Faisant appel à des souscripteurs bénévoles, le savant agronome réunit péniblement un capital de 45 000 fr. pour acheter à Roville, bourg de l’arrondissement de Nancy, un domaine qu’il transforma en ferme modèle. Puis il annexa un institut que ne tardèrent pas à fréquenter de nombreux élèves attirés par la renommée du maître. Toutefois, malgré le succès des cours et le retentissement des travaux de Mathieu de Dombasle, en dépit des perfectionnements qu’il apporta aux instruments aratoires, 6. - 81.
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- 82 LE CENTENAIRE DE L’ÉCOLE NATIONALE D’AGRICULTURE DE GRIGNON
- 1815 le domaine de Rittherwald’à Plaine de Walsh (Canton de Sarre-bourg).
- Pendant son séjour en Lorraine et en Alsace, Poloneeau avait discuté avec son ami les mérites des divers systèmes agricoles et ayant regagné son poste, il songea à fonder dans les environs de Paris, une institution agricole analogue cà celle de Roville. L’idée fut favorablement accueillie par de grands propriétaires terriens de la banlieue parisienne, par quelques capitalistes et surtout par le duc de Roudeauville, ministre de la mai-sonduroi. Poloneeau put donemettre son projet à exécution. D’accord avec les principaux souscripteurs, il pro-
- son œuvre ne lui survécut pas et quand il mourut en 1845, l’Institut agricole de Roville avait fermé ses portes depuis trois ans.
- Entre temps heureusement, deux hommes éminents qui avaient visiLé l’établissement de Roville voulurent contribuer à la diffusion des idées de Dombasle. L’un d’eux, Poloneeau, ingénieur en chef du département de Seine-et-Oise, étudiant alors le projet du canal delà Marne au Rhin, s’était installé chez son ami AugusLe Relia, ancien soldat de la République, officier de cavalerie sous l’Empire et promu chef de bataillon en 1816. Comme nous l’apprennent L. Bréti-gnière et L. Risch dans leur très érudite Uisloire de Grignon (1010), ce « grognard », classé par la Restauration dans la 16e catégorie dite des « Incorrigibles », cultivait depuis
- Fig. 5. — Bâtiment- de la laiterie'.
- posa h Auguste Relia de venir diriger le futur établissement. Celui-ci se mit alors en quête d’une propriété remplissant les conditions voulues, c’est-à-dire à proximité de la Capitale, d’une étendue suffisante avec des bâtiments assez vastes et des sols variés. 11 ne tarda pas à trouver ce qu’il désirait dans le domaine de Grignon, acheté en 1805 par le maréchal Bessières et qui, appartenant alors à ses héritiers, était en vente depuis 1818. En conséquence, il engagea des pourparlers avec les représentants de ladite propriété dont Charles X se rendit acquéreur, le 24 juin 1825. Peu après, une ordonnance du monarque l’octroyait pour 10 ans à une Société privée, en lui donnant, le nom d'Inslilution royale
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- agronomique de Grignon (25 mai 1827). Le domaine s’étendait alors sur 407 hectares dont 291 clos de murs ; il comportait un ancien château Louis XIIl (fig. 2) entouré de"fossés, un jardin potager, une ferme intérieure (84 hectares 70), un petit parc avec 4 pièces d’eau et les bâtiments d’une ferme extérieure dont les 176 hectares de terre entouraient le hameau de Grignon.
- Pendant les premières années, la compagnie fermière fit de grands travaux d’amélioration : défon-cements, épierrements, constructions diverses, bergeries, hangars, etc. Puis dès 1828 l’Institution nouvelle admit 4 élèves. Bientôt après, les candidats devenant plus nombreux, on établit, en 1851, un premier programme d’enseignement, qui Comportait alors deux années d’études théoriques et pratiques sur toutes les branches de l'agriculture ainsi que sur les disciplines annexes telles que la topographie, les mathématiques élémentaires, l’architecture, la législation et la comptabilité relatives aux propriétés rurales, les principes d’hygiène, etc.
- Puis à la suite de plusieurs années de bonnes récoltes et devant la faveur que témoignaient à l’établissement les fermiers de la région parisienne, l’administration se décida à créer plusieurs bourses à l’Institut agronomique de Grignon pour des jeunes gens sans fortune. À partir de 1858, on commença à délivrer aux élèves un diplôme de sortie, sorte de thèse de fin d’études. Les, professeurs se réunissaient, traçaient au candidat la description d’un domaine et celui-ci devait établir un plan raisonné de culture appuyé par des calculs probables de recettes et de dépenses.
- Au cours des années suivantes, les rapports entre l’Institution royale agronomique et l’Etat devinrent de plus en plus étroits, le Ministre approuvait les nominations des professeurs faites par le Conseil
- Fig. O. — 71/. Jouvet, Directeur de l’École nationale d’Agriculture de Grignon.
- d’administration et les appointait. Mais la loi du 5 octobre 1848, qui établissait l'enseignement agricole- en France, vint modifier le caractère de l’établissement. À la base de ceLLe réorganisation se trouvaient 40 fermes-écoles donnant l’instruction élémentaire pratique, puis au second degré des écoles régionales d’agriculture dans lesquelles les élèves suivaient des cours secondaires, à la fois théoriques et pratiques, plus spécialement appropriés à leurs régions respectives (Bennes, Grignon, Grand Jouan, Montpellier, etc.). Au sommet de la hiérarchie figurait l’Institut national agronomique supérieur installé d’abord à Versailles en 1850 et transporté ultérieurement à Paris ( 1870).
- A partir du 1er novembre 1849, Grignon devint
- fig. — État actuel du château de Grignon. (Il contient la bibliothèque et les principales collections.)
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- donc une École régionale d'agriculture et le niveau scientifique de son enseignement tendit à s'abaisser, puis peu après son fondateur fatigué résigna ses fonctions et son fils Fr. Bella lui succéda (1850). Toutefois comme les événements politiques empêchèrent l’organisation, prévue par la loi du 5 octobre 1848, de recevoir sa pleine exécution, un nouveau décret de 1852 transforma Grignon en École impériale d'agriculture et jusqu’en 1870 ses destinées furent plutôt heureuses, bien que cette période vît la liquidation définitive de la société agronomique (1865-1867), la retraite de Bella (1868) et la reprise officielle de l’institution par l’Etat sous la direction d’un ancien élève, Boitel, alors inspecteur général de l’Agriculture. Durant la guerre de 1870, VÉJcole nationale d'agriculture de Grignon fut fermée, mais elle rouvrit ses portes, le 2 octobre 1871, avec l’ancien directeur de la bergerie du llaut-Tinguy, Dutertre, qui resta à sa tète jusqu’en 1882.
- Vers cette époque, les lois organiques sur le recrutement de l’armée de 1872 et de 1889 ame-
- nèrent une nouvelle affluence de candidats à Grignon dont le diplôme d’ingénieur agricole donnait droit à la dispense de dèux années de service militaire. Aussi, sous la direction d'Êdmond Philippar (1882-1901) qui apporta certaines améliorations intéressantes à l’établissement, par exemple la construction de laboratoires de chimie générale et de technologie (fîg. 5), l’installation d’une station agronomique où Dehérain devait poursuivre, durant de longues années, ses classiques et célèbres expériences, on compta jusqu’à 259 élèves (112 internes, 18 demi-internes et 109 externes) auxquels s’ajoutaient 9 auditeurs libres.
- Trouard-Riolle, ancien diplômé de Grignon, succéda à Philippar. Dès son arrivée, cet habile agronome dressa un plan d’ensemble pour mettre Grignon à la hauteur des progrès techniques. On y bâtit de nouveaux laboratoires, une vacherie (fîg. 4) et une laiterie (lig. 5), une grande serre, des espaliers à raisins, une vacherie, une porcherie et on projeta encore diverses autres installations. Ce vaste programme dont la grande guerre de 1914 à 1918 retarda l’exécution (*) s’achève sous l’active impulsion du directeur actuel, M. Jouvet (fig. 6).
- Aujourd’hui, le visiteur qui descend la. route aboutissant à l’Ecole, laisse à gauche les maisons du hameau de Grignon. Puis continuant sa route, il longe le mur de clôture et après avoir franchi la porte d’entrée, il rencontre, à droite, le château (fig. 7)
- I. Oa a édifié dans le parc de l’Ecole, à la mémoire des anciens élèves de Grignon morts pendant la grande guerre (1914-1918), un artistique monument dù au sculpteur Barlholomô. Au-dessous d'un buste de tomme symbolisant la France agricole, on lit cette jolie pensée : « La terre à laquelle ils voulaient, consacrer leur vie garde leurs reliques et les couvre de fleurs ».
- Fig. 9. Grands laboratoires de botanique, entomologie, sylviculture, géologie, génie rural, etc.
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- big. 10. — Un coin d’une cour de la Jenne.
- L^s élèves partent aux champs sous la conduite d’un chef de culture.
- flanqué d’un pavillon à chacune de ses ailes et
- big. ii. — Élèves faisant les foins dans une prairie du.domaine.
- géologie, de ge'nie rural,de microbiologie,et autres fort bien outillés présentement (fig. 9).
- Quant à la ferme, ses bâtiments forment deux rectangles juxtaposés, encadrant chacun une vaste cour (fig. 10). Elle comprend tout l’outillage nécessaire à l’exploitation des 295 hectares du domaine actuel de Grignon se décomposant à peu près delà façon suivante : 154 hectares de terres labourables, 16, hectares de prairies (fig. 11), 145 hectares de bois, jardins, vignes (lîg. 12) et champs d’expériences. A côté des hangars et magasins nécessaires à l’engrangement des récoltes, à la remise des voitures, charrues,- herses
- devant lequel se trouve une cour d’honneur avec deux jardins dessinés à la française.
- Vis-à-vis se dresse le bâtiment de la direction (fig. 8) construit en 1867 dans le style du château et qui domine un tertre servant de piédestal au monument élevé à la mémoire d’Auguste Bella, fondateur de Grignon. Mais délaissons ces demeures avec leurs bibliothèques, leurs archives et leurs collections ainsi que le nouvel internat, les jardins fruitiers, potagers ou botaniques pour nous arrêter un instant devant le vaste édifice qui abrite les grands laboratoires de botanique, d’entomologie, d’agriculture, de sylviculture, de
- big. 12. — Élèves conduisant une bineuse à cheval dans une des vignes de Grignon.
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- ou autres instruments et machines agricoles, on y voit une bergerie, une écurie, une porcherie, une houvcrie et des basses-cours parfaitement tenues.
- Lie cheptel se compose de bêtes de races choisies. Moutons Soutdhdovvn ou Dishley-mérinos, porcs Yorkshire, craonnais ou limousins, taureaux de Durham, vaches normandes ou jerseyaises, chevaux ardennais ou percherons, coqs de lloudan ou poules de la Bresse, canards de Rouen ou oies de Toulouse y sont toujours représentés par des types les plus purs.
- Depuis sa fondation, le personnel enseignant de Grignon fut également à la hauteur de sa tâche. Parmi les savants éminents qui y professèrent citons, entre autres, indépendamment de ceux dont nous avons parlé pins haut, le regretté chimiste Maqucnne dont les travaux sur les sucres sont classiques, le viticulteur Mouillefert, le zoologiste Henneguy, l’agronome Heuzé, le géologue Stanislas Meunier (mort en 1925), le technologistc Ringel-mann et Daniel Zolla, observateur averti de tous
- LE VANADIUM ET
- Parmi les métaux qui reçoivent actuellement d’intéressantes applications, il en est un qui occupe le premier rang, et qui est assez mal connu, c’est le vanadium. Disons tout de suite cependant que ce métal n’est jamais utilisé à l’état pur, mais que son utilité est la conséquence des notables améliorations obtenues par son incorporation, en doses relativement faibles dans certains métaux et alliages.
- Nous parlerons plus loin de quelques applications intéressantes du vanadium, mais il nous parait utile de décrire tout d’-abordles origines de ce métal, ses procédés d’extraction. On doit à M. Marcel Fourment une étude fort détaillée sur ce corps, récemment parue dans la Revue de métallurgie, dont nous nous inspirons ici.
- Minerais de vanadium et procédés d’extraction. — Le vanadium doit son nom à un chimiste suédois, kSeftrom, qui l’identifia vers 1850 dans certains minerais de fer du Taberg et lui donna ce nom à cause de celui d’une divinité Scandinave (Vanadis). C’est un métal qui se présente sous l’aspect d’une masse blanchâtre* plus dure que le quartz et qui s’apparente à beaucoup de points de vue à l’arsenic, à l’antimoine, au bismuth. Son point de fusion a pu être fixé à lt>80°. Il peut se combiner à i’oxvgène en donnant dilîérents oxydes possédant des couleurs variées : brune, grise, noire, rouge.
- On a cru pendant longtemps que le vanadium était un métal rare, mais contrairement à ce que l'on pensait à l’origine, ce métal est un élément largement répandu dans l’écorce terrestre : on le rencontre dans de nombreuses roches et même dans les cendres do certains .végétaux, mais il faut noter que, sauf de très rares exceptions, l’analyse n’en décèle que de très faibles quantités. Néanmoins, et ceci paraîtra assez curieux, la quantité totale de vanadium dans l’ensemble de la terre semble être supérieure à celle des métaux les plus communs, comme par exemple le cuivré et le plomb. Cette affirmation, qui peut paraître surprenante, résulte de la grande différence entre la répartition du vanadium et celle des autres métaux.
- les phénomènes économiques relatifs à la vie agricole. Aussi grâce à des ressources technologiques si précieuses, guidés par des maîtres et des chefs de culture très expérimentés, les jeunes gens sortis de l’Ecole de Grignon depuis un siècle ont pu apporter dans nos exploitations rurales d’excellentes méthodes pratiques. D’ailleursla France n’a plus rien à envier maintenant à l’étranger sous le rapport de l’enseignement agricole à tous les degrés. Grignon a contribué puissamment pour sa part au perfectionnement de notre agriculture nationale avec les écoles similaires de Rennes et de Montpellier, avec l’Institut agronomique, plus élevé comme niveau scientifique, avec les écoles techniques spéciales comme celles de Mamirolle pour la laiterie ou de Douai pour la brasserie, la distillerie, la sucrerie et les industries annexes. Les élèves diplômés de ces divers établissements forment aujourd’hui une remarquable armée d’agronomes hors ligne, qui s’efforcent de mieux mettre en valeur les ressources si variées du vieux sol gaulois 1 Jacques Boyer.
- ES APPLICATIONS
- Au point de vue économique, il ne faut, par contre, que retenir les lieux où se sont produites des concentration de vanadium, car les gisements à faible teneur n’ont pas, avec les méthodes d’extraction actuelle, d’importance commerciale et l’on est amené avant toutes autres considérations, à constater que les gîtes exploitables avec bénéfices sont très peu nombreux et que, par suite, les produits à bases de vanadium sont essentiellement des produits chers.
- 11 existe de nombreux minerais de vanadium, mais les plus importants sont le silicate de vanadium ou roscoelite, le vanadate d’uranium et de potassium ou carnotite, le sulfure de vanadium ou patronite.
- Les gisements vanadifères reconnus jusqu’à ce jour peuvent rentrer dans une des catégories suivantes :
- Les gisements ferreux ou le vanadium est associé au titane et à l’alménite (Suède) ; les filons d’origine hydro-thermale dans lequel le métal est associé à l’uranium (Joachimsthal en Bohême) ou avec l’or (Colorado) ; les gisements sulfurés (Pérou); certains filons de cuivre ou de plomb des dépôts sédimentaires.
- La métallurgie du vanadium est assez complexe et varie suivant la nature du minerai que l’on se propose de traiter. En voici les principes élémentaires :
- Les minerais sulfurés (patronite) sont chauffés au feu à reverbère avec des fondants et transformés en ferro-vanadium.
- Les minerais silicalès (roscoelite) subissent d’abord uii grillage sulfurant et cblorurant après mélange avec de la pyrite et du sel marin, puis le vanadium est transformé en vanadate de sodium.
- Les minerais de vanadium et d’uranium (carnotitos) ont un traitement compliqué mais dont nous dirons quelqués mots, car dans cette opération le produit principal est le radium, le vanadium n’étant qu’un sous-produit. On commence par lessiver le minerai avec de l’acide azotiquei La solution résultante est neutralisée par la soude et l’on ajoute du chlorure de baryum et de l’acide sulfurique pour précipiter le radium à l’état de
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- sulfate de baryum et de radium. Dans la liqueur séparée de ce précipité précieux on ajoute du carbonate de soude et le vanadium est transformé en vanadate de sodium.
- Dans la majeure partie des cas, - le produit que l’on s’ellorce d’obtenir est un alliage de fer et de vanadium appelé ferro-vanadium. C’est en effet sous cette forme que le vanadium est surtout utilisé. On en prépare aujourd’hui des quantilés considérables à l’aide du four électrique. 'Le four esl chargé avec des tournures de 1er qui sont amenées à la fusion ; on y ajoute alors de l’oxyde de vanadium. On atteint aussi un alliage contenant de 50 à 40 pour 100 de vanadium.
- diverses applications des seules sources
- Les emplois du vanadium. — Après être resté longtemps une curiosité de laboratoire, le vanadium eut d’abord quelques applications dans la chimie des couleurs : transformation de l’indigoline en indigo, préparation de certains noirs d’aniline, catalyse de certaines oxydations organiques, fabrication de l’encre noire indélébile, décoration céramique, photographiques et médicales.
- Cela provoqua une ex/ connues à l’origine. Mais aujourd’hui, c’est la fabrication des alliages spéciaux et plus particulièrement celle des aciers spéciaux qui absorbent la presque totalité du vanadium mis sur le marché sous la forme d’alliages riches tels que le ferro-vanadium, le cupro-vanadium, l’aluminium-vanadium.
- Le vanadium augmente la résistance des métaux et accroît la résistance aux chocs répétés. Cet effet est obtenu par des additions de vanadium qui sont toujours faibles. Par exemple, un acier au vanadium ne litre que 0,1 f) à 0,25 pour 100 de vanadium et ses propriétés ne semblent pas modifiées par des additions plus importantes.
- Tous les aciers à coupe rapide contiennent aujourd’hui ce métal et la teneur de cet élément est comprise entre 0,7 et 1,5 pour 100.
- Sans le vanadium, l’automobile moderne et particulièrement le châssis ne seraient pas parvenus à ce degré de solidité qu’ils ont acquis. En général quand se fait sentir l’obligation de disposer d’un acier qui résiste arrx chocs les plus violents et aux vibrations, rien ne présente autant d’efficacité que d’y associer du vanadium.
- Il faut signaler aussi un emploi assez curieux du vanadium qui a fait l’objet d’un brevet récont des établissements Kublmann (n° 572-1(59) . On sait que dans la prépaialion de l’acide sulfurique par le procédé de contact, on utilise le platine comme catalyseur. On a pensé à remplacer le platine très onéreux par le vana-
- dium. La masse catalytique est constituée par des grains d’une matière poreuse telle que la pierre ponce, imprégnée d’une solution d’un sel de vanadium et séchée. Le rendement en anhydride sulfurique serait excellent et dépasserait 9fi pour 100.
- Les principaux centres de production du vanadium. — Le dépôt de vanadium le plus important du monde se trouve au Pérou, et ce pays est actuellement le plus grand producteur du monde entier. Le gisement se trouve dans la région des Andes, à une altitude variant de 4000 à 5000 m. et le métal s’y trouve mélangé à de l’asphalte. Pendant longtemps ce gisement était considéré comme un dépôt de charbon et ce n’est qu'en 1905 qu’on y découvrit la présence des teneurs importantes en vanadium. Depuis cette époque, la consommation mondiale provient de ce gisement. Au début, l’expédition du minerai se faisait à dos de lamas et était fort coûteuse. Aujourd’hui il existe dans la région une ligne de chemin de fer.
- Indépendamment de ce gisement si impoitant du Pérou, il existe d’autres centres de production.
- L’Angleterre présente en plusieurs points des manifestations minérales vanadifères, notamment à Mottram, Sainl-Andrcws; en Allemagne les schistes cuprifères de Mansfeld contiennent du vanadium : l’Espagne a fait l’objet d’une exploitation suivie de ce métal clans l’Eslra-madoure: la France ne possède aucun gisguent de vanadium, mais il faut signaler la présence de cet élément dans certains schistes et sédiments ; la Suède possède des minerais tilanifères et vanadifères.
- En Afrique le vanadium a été trouvé dans la Rhodésie, au Transvaal, dans l’ancienne colonie allemande du sud-ouest africain.
- L’Amérique du Nord possède des gisements intéressants dans la région du Colorado, de l’Utah, des Montagnes Rocheuses. Les Etats-Unis fournissent un appoint appréciable à la production mondiale et viennent comme importance immédiatement après le Pérou.
- En fait, c’est, ce dernier pays qui satisfait la majeure partie des besoins mondiaux (soit 80 pour 100). La mine du Pérou (Minas Ragra) appartient à une société américaine (le Vanadium Corporation of America), qui domine le marché du vanadium. Cette société assure un développement méthodique de ce gisement exceptionnel et ses efforts ontporté tant sur la canalisation des moyens de transport que sur le perfectionnement des méthodes métallurgiques mises au point dans son usine des Etats-Unis. -Les réserves du Pérou sont telles que l’approvisionnement mondial semble' être assuré pour de nombreuses années. I. L.
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- Le concours si intéressant que l’Office National des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions a organisé, il y a quelque temps, a eu pour première conséquence utile de mettre en relief diverses sortes de dangers d’incendie qu’il est nécessaire de pouvoir enrayer dans le minimum de temps avec le minimum de moyens.
- Fort nombreux, les appareils présentés étaient, soit des extincteurs d’incendies, soit des avertis-
- seurs dont certains étaient en même temps des extincteurs automatiques (*). Sans doute les premiers sont intéressants et utiles, mais à quoi peuvent-ils servir, si l’on ignore que le feu existe et où il a éclaté? C’est donc le principe des avertisseurs que
- 1. Un ce cas, suivant une bonne'formule de publicité, le feu lui-même devient pompier. De plus à l’égard des locaux ainsi protégés, les compagnies d’assurances consentent une remise égale au 2/5 de la prime annuelle.
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- O
- ; Montée brusque de /a température
- Arrivée du j Courant d'airchaud.
- Axe des temps (en\desec.)
- Fig. i. — Diagramme montrant la variation de tempérât tire en un point du plafond d'un local.
- nous nous proposons de décrire dans cet article.
- Dans les commencements d’incendie, il y a lieu de distinguer : 1° ceux qui dégagent immédiatement une -chaleur vive et produisent des flammes, ce sont les feux dits à combustion vive ; 2° ceux qui dégagent une chaleur faible qui peut amener par sa continuité une combustion vive, ce sont les feux à combustion lente.
- Le feu à combustion vive est le cas ordinaire d’un incendie se déclarant dans des matériaux combustibles de petit volume et aérés. Dès que la cause déterminante s’est produite, la combustion des gaz dégagés par la décomposition des corps qui brûlent, produit des flammes et de la chaleur donnant naissance à un courant d’air chaud. Or celui-ci, obéissant aux lois physiques, monte jusqu’à ce qu’il rencontre un obstacle, tel le plafond, et s’v étale en tendant à décrire, s’il n’y a pas d'issue, un circuit fermé repassant toujours par le foyer d’incendie. Dans ce mouvement, il est animé d’une certaine vitesse dépendant surtout de l’éloignement du point considéré par rapport au foyer, de la violence de celui-ci et des obstacles pouvant se trouver sur le chemin du courant d’air chaud que le foyer dégage.
- Examinons de plus près le courant d’air chaud. Au moment où il prend naissance, il chasse devant lui un certain volume d’air qui, lui, est à la température ambiante du local ; il est donc précédé par une vague d’air moins chaud que lui. Ce n’est pas sans remous ni frottements contre les parois (plafond, solives, parties supérieures des murs, etc.) que ce mouvement s’accomplit, de sorte que les premiers éléments du courant d’air chaud ont leur température abaissée par le brassage qui existe avec la vague qui les précède. Les éléments qui suivent subissent
- Contact isoté
- Chambre de dilatation
- Butée ' Détecteur
- Flasque /R—
- Flasque Al
- Fig. 3. — Coupe transversale d’un avertisseur Signum.
- les mêmes phénomènes, mais de façon moindre.
- Par conséquent, si l’on considère un point déterminé du plafond de ce local, ce point sera à une température ambiante de t degrés avant le commencement de l’incendie. Sitôt après (en laissant de côté l’action retardatrice de la compressibilité de l’air), ce point sera soumis à la vague d’air qui précède le courant d’air chaud, puis, il sera atteint par les premiers éléments de celui-ci, et enfin par les éléments successifs du même courant, autrement dit, il passera successivement parles températures de t', t", t'", etc. Le diagramme ci contre (fig. 1) montre la variation de la température au point considéré.
- Entre les moments A (naissance du feu) et B (arrivée du courant d’air chaud) la température se maintient à t° ; elle est représentée, comme on le voit, par une parallèle à l’axe des temps. A partir de l’instant B, les éléments qui se succèdent ayant une température rapidement croissante, la courbe s’élève brusquement d’abord, puis plus régulièrement ensuite. Naturellement, les points /, tr, t", sont essentiellement variables selon les cas, mais il n’en subsiste pas moins qu’il y a pendant les
- Fig. 2. — Vue de l'avertisseur automatique Signum.
- premiers instants qui suivent le commencement d’incendie à combustion vive, une variation importante de la température ambiante dans 'un temps court. Or le rapport de cette variation de température à la variation de temps correspondante, est l’expression d’une vitesse. C’est cette vitesse de^ la variation de température que l’on utilise, car elle est la première manifestation d’un phénomène physique propre à être enregistré par un appareil mécanique.
- Le feu à combustion lente est le cas de tous les incendies qui se déclarent dans des matériaux peu combustibles, tassés ou mal aérés. Le feu commence par carboniser les matériaux; il se dégage souvent de la fumée, peu de flammes généralement jusqu’au moment où la température de la masse devient suffisante pour distiller en somme le combustible, les gaz entrent alors en jeu et l’embrasement devient vite important. La survenance d’un courant d’air peut également produire le même effet. Parfois aussi, faute d’air, un commencement d’incendie de cette nature s’éteint de lui-même. De même encore, il peut arriver que la température s’élève très lente-
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- ment dans le local comme elle le ferait si une cause naturelle était en jeu. Ceci est difficile à signaler et on comprend qu’il ne puisse exister d’appareils permettant de discerner si l’augmentation lente de température qu’il enregistre provient d’un poêle ou d’un feu qui couve. On est donc amené à recourir à des fusibles ou à des appareils qui. dans cette circonstance, donnent l’alarme dès que la température atteint une valeur déterminée ; la valeur de cette tempe'rature-limite est choisie suivant les caractéristiques des locaux à protéger.
- L’attention avec laquelle doit être fixée cette température maximum force à demander aux appareils chargés de déceler cette élévation anormale de température de posséder certaines qualités. Ces appareils que l’on peut appeler limiteurs doivent posséder un réglage absolu, c’est-à-dire que s’ils sont réglés pour fonctionner à X°, on doit pouvoir compter que plusieurs années après leur installation, ils fonctionneront à la même température de X°. Il faut donc en somme que leur structure, la qualité des maté-
- Rupteur
- Ecrou de bloquage
- \ Vis de \ serrage
- Axe pivoté Supports en t/l
- I Ressorts de rappel Fig. 5. — Détail du rupteur.
- riaux qui les composent, enfin leur montage, soient stables de manière que l’alarme soit donnée dès que la température atteint une valeur déterminée d’avance, jugée dangereuse.
- À première vue, le meilleur avertisseur sera celui qui donnera l’alarme en cas de vitesse très faible de montée de température ; ce sera, en effet, le plus sensible puisqu’il signalera un commencement d’incendie de peu d’importance. Toutefois cette sensibilité doit avoiij une limite, car il y a des causes pouvant faire monter la température sans être des commencements d’incendie, tels le chaullàge domestique, l’emploi de machines dégageant normalement de la chaleur, etc. L’appareil qui signalerait les ellèts produits par ces causes donnerait des fausses alertes ; il est donc nécessaire qu’il puisse supporter une certaine vitesse de l’élévation de température sans déclencher le signal d’alarme.
- Quelle doit être cette vitesse limite? De nombreux essais montrent que dans les hypothèses les plus défavorables, on ne réalise pas d’une façon normale
- Corps de pompe
- msmdmim
- Piston
- jeu de fafmsmzmm.
- Lumière
- chambre du mécanisme Fig. 4. — Détail du'détecleur.
- flasque AV Soudure de fixation
- Conduit
- rectiligne
- Chambre de dilatation
- dans les locaux susceptibles d’être protégés, une montée de température d’une vitesse supérieure à 4n à la minute, ce qui conduit à adopter pour avoir une certaine marge, la vitesse de 5° à la minute comme vitesse limite au-dessous de laquelle l’avertisseur ne devra pas déclencher l’alarme.
- Il n’y a pas que des variations de températures ambiantes, il est un autre phénomène qui peut produire des fausses alertes, c’est le rayonnement, autrement dit la transmission de la chaleur par ondes caloriques obscures ou lumineuses. Ce phénomène se produit notamment dans la transmission de la chaleur solaire. Un bon avertisseur doit donc être insensible à la chaleur rayonnée, et pour cela présenter une surface non absorbante des ondes caloriques, par exemple, des surfaces blanches, argentées, nickelées ou de métal poli.
- Ces caractéristiques du bon avertisseur se résument donc ainsi :
- 1° Fonctionnement aussi rapide que possible dès que la vitesse de montée de température atteint une valeur supérieure à 5° C à la minute et quelle que soit la température initiale ambiante ;
- 2° Insensibilité aussi grande que^ possible à la chaleur rayonnée ;
- 5° Signalisation dès que l’ambiance est à une température jugée dangereuse.
- Le cadre limité de cet article ne nous permet pas, même sommairement, de décrire les nombreux appareils présentés au concours de l’Office national des Recherches. Nous nous bornerons seulement et pour fixer les idées à l’un d’eux, fort bien conçu et exécuté en tenant compte des observations qui précèdent. L’avertisseur automatique le « Signum » comprend quatre parties : 1° l’appareil proprement dit; 2° une enveloppe protectrice; 5° un tableau électrique signalisateur ; 4° un tableau de charge.
- L’appareil (fig. 2 et 5) se compose d’un cylindre en cuivre à parois minces, formant chambre de
- Bilames actives ]
- Vis de réglage
- Fig. 6.
- Détail du limitent.
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- LA. SIGNALISATION ELECTRIQUE DE L’INCENDIE
- dilatation, laquelle est en communication avec un détecteur, sorte de corps de pompe (fig. 4) dans lequel se meut un piston d’une forme spéciale et dont le diamètre est inférieur à celui du corps de pompe, de façon à laisser un léger intervalle entre les deux pièces. Ce piston est placé en face d’un rupteur de courant (fig. o et 5) qui, actionné par le piston, rompt un courant électrique permanent.
- Quant à l’enveloppe en laiton, elle est destinée à protéger l’appareil. Comme on le remarque, elle est percée de fenêtres, ce qui permet à l’air d’arriver à la chambre de dilatation.
- Chaque série d’appareil est en relation directe, par un circuit électrique fermé, avec un tableau électrique signalisateur comportant différents voyants correspondant chacun à un local à surveiller et fonctionnant par rupture de courant. Les voyants signalent : l’incendie, les courts-circuits, les ruptures accidentelles ou volontaires de lignes et mettent en branle les cloches d’alarme ; les pannes de courant sont également annoncées et des clés d’essais permettent à tout instant de se rendre compte du fonctionnement du tableau. Les courts-circuits, les ruptures de lignes, les pannes de courant sont signalés immédiatement, l’incendie dans les 4 à 15 secondes. Bien entendu, ces tableaux signalisa-teurs se placent où l’on veut : loge de concierge, cabine de gardien, etc.
- Le tableau de charge indique l'état de charge des accumulateurs destinés à fournir le courant permanent; non seulement il sert à mettre automatiquement les accumulateurs en charge, mais aussi à couper le courant automatiquement quand ils sont à fin de charge. L’énergie électrique destinée à alimenter les accumulateurs peut être indifféremment du courant continu ou du courant alternatif, les avertisseurs étant livrés avec un transformateur permettant à la batterie de se recharger quelle que soit la nature du courant. En cas de panne du secteur, les accumulateurs fournissent le courant durant 50 heures et se rechargent automatiquement lorsque le courant du secteur est rendu.
- Voici maintenant comment fonctionne cet avertisseur automatique qui se place au plafond du local à protéger. Grâce à là disposition particulière du détecteur et de son piston, l’air contenu dans la chambre de dilatation a sa pression équilibrée avec
- celle de l’air ambiant du local. Quand un incendie éclate, il se dégage violemment, comme il a été dit plus haut, un volume d’air chaud qui monte au plafond et pénètre dès lors par les. fenêtres de l’appareil autour de la chambre de dilatation. L’air contenu dans celle-ci se dilate brusquement et soulève le piston du détecteur qui agit sur le rupteur de courant. Le tableau signalisateur et la sonnette d’alarme fonctionnant par rupture de courant, déclenchent aussitôt, appelant l’attention du gardien en même temps qu’ils lui indiquent l’endroit où le feu vient d'éclater.
- Si, au contraire, la température ambiante augmente lentement, comme cela se produit lorsqu’un poêle chauffe une pièce, la dilatation de l’air renfermé dans la chambre de dilatation est également lente et cet air a le temps de s’échapper par le corps de pompe.
- L’avertisseur automatique le « Signum » ne fonctionnant qu’en cas d’élévation brusque de température, c’est-à-dire quand un incendie éclate, ne signale donc pas l’élévation lente de température par suite de combustion également lente, telle celle citée d’un poêle ou encore d’un feu qui couve. Toutefois, il est bon de neter qu’un feu qui couve finit obligatoirement de deux manières, ou il s’éteint de lui-même, ou il se transforme en foyer; à ce moment-là, et quelle que soit la température de la pièce, l’avertisseur signale l’incendie. Gomme il y a des industriels ou commerçants qui tiennent malgré tout à être prévenus lorsqu’il y a dans les locaux une chaleur anormale, il a été établi un limiteur de température (fig. 6) qui fait corps, dans ces conditions, avec l’appareil (fig. 7) et rompt le courant dès que la température atteint un certain degré, 45° par exemple.
- Muni du limiteur de température, l’avertisseur automatique le « Signum » signale donc l’incendie dans le temps indiqué plus haut, et la chaleur anormale dès que celle-ci atteint dans un local une certaine température.
- Les tableauxsignalisateurs, du momentqu’ils fonctionnent par rupture de courant, peuvent également signaler l’ouverture des portes et des fenêtres ; le veilleur ou gardien de nuit peut ainsi être prévenu que les portes ou fenêtres de tel local viennent d’être ouvertes.
- M. Boüsqckt.
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- INITIATION BIOLOGIQUE
- La Cellule [Suite (A)]
- Le noyau cellulaire et les relations entre le noyau et le cytoplasme. — On sait que chaque cellule vivante, outre le cytoplasme qui a fait l’objet jusqu’ici exclusif de nos caüseries, renferme un organite qu’on nomme le noyau. Notre dessein est d’envisager aujourd’hui ses caractères généraux, sa forme, sa structure, et de montrer quels rapports l’unissent au cytoplasme.
- 1° Morphologie générale et structure du noyau. — Toute cellule possède au moins un noyau. Elle en peut avoir plusieurs. C’est ainsi que, chez les Mammifères, les cellules du foie contiennent souvent deux ou même trois noyaux. Les cellules qui, en s’unissant, forment les muscles striés, et que
- Fig. 2. — Différentes jormes de noyaux.
- A, noyau rond (lymphocyte du sang humain) ; B, noyau en bissac (leucocyte du sang humain) ; C, noyau incisé (spermatogonie de Batracien) ; D, noyau plurilobé (globule blanc granuleux, ou polynucléaire, du sang humain); E, noyau à prolongements pseudopodiques (cellule de l’hèpato-pancrcas d’un Crustacé, d'après Prenant etBouin); F, noyau très irrégulier et ramifié (cellule de glande séricigène d’un ver à soie); G, noyau allongé (fibre musculaire lisse de Vertébré).
- l’on appelle les fibres musculaires striées, éléments d’une longueur considérable, présentent chacune un nombre important de noyaux. Il existe aussi, dans la moelle des os, des cellules volumineuses, auxquelles est dévolu le rôle de ronger et de détruire l’os en certains points. Ces polycaryocytes, comme on les a dénommés, sont des cellules multinucléées. La figure 1 en montre un autre exemple.
- Les dimensions du noyau varient dans des limites aussi étendues que celles de la cellule même. Entre le volume du noyau et celui du cytoplasme existe une relation que nous préciserons ultérieurement.
- La forme enfin du noyau est fort diverse. Celle qui s’observe le plus communément est bien celle d’une sphérule régulière. Mais elle n’olï're aucune constance et, plutôt que d’entrer ici dans la fasti-
- 1. Voir La Nature, n° 2703, 23 janvier; n° 2715, 3 avril; n° 2715, 17 avril '1926.
- Fig. i. —Exemple de cellules à noyaux multiples.
- Trois cellules géantes multinuclcces d’un ostéosarcome (tumeur maligne de l’os). Microphotographie.
- Grossissement : 225 diamètres.
- dieuse énumération de cas particuliers, je mets sous les yeux du lecteur les ligures 2 et 5 qui lui montreront un certain nombre de types morphologiques de noyaux.
- Nous en arrivons, après cette étude sommaire de l’aspect général du noyau cellulaire, à envisager un point plus important : sa constitution et sa structure.
- Une mince membrane établit la frontière entre le cytoplasme et le contenu nucléaire. L’élude chimique de ce contenu le montre riche en substances complexes que j’ai déjà eu l’occasion de signaler, les nucléoprotéides. Examiné au microscope, dans la cellule vivante, le noyau apparaît homogène et se révèle comme une petite masse régulière que rend distincte sa différence d’indice de réfraction avec le cytoplasme. Les corps chimiques qui entrent dans sa composition sont à l’état colloïdal, comme ceux qui forment le cytoplasme. Mais si l’on procède à l’étude du noyau dans une préparation de cellules
- Fig. 3. — Exemple de cellules à noyau plurilobé. Préparation de pus d’abcès chaud, montrant de nombreux globules de pus (globules blancs granuleux, du type figuré en D, fig. 2) avec leurs noyaux polymorphes. Microphotographie, Grossissement: 3oo diamètres.
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- INITIATION
- Fig. 4. — Représentation demi-schématique d’un noyau cellulaire.
- m. n. : membrane nucléaire; l. : linine ; ch. : chromatine; 11.11. : nucléole nucléinien (chromatine); n. v. : nucléole vrai.
- préalablement fixées et colorées, des différenciations deviennent visibles et l’on observe désormais les principaux éléments de structure suivants :
- Une sorte de charpente irrégulière occupe toute l'étendue de la cavité nucléaire. A la substance qui la constitue, ou a attribué le terme de linine ; mais il ne préjuge nullement sa nature chimique véritable dont on ne sait rien. Cette charpente lini-nienne, qui se colore faiblement par les réactifs tinctoriaux, correspond à une sorte de réseau dans les mailles duquel s’accumule un liquide, dit suc nucléaire. Mais ce n’est pas tout. Une autre substance, d’une importance toute particulière, se trouve renfermée dans tous les noyaux, c’est la chromatine. Pas plus que celui de linine, ce nom ne répond à un corps chimique défini. Il s’applique simplement à un constituant nucléaire que seuls caractérisent son aspect et ses réactions vis-à-vis des matières colorantes. La chromatine, dans la cellule au repos, affecte des aspects variés : tantôt celui de fins granules, distribués aux nœuds du réseau lini-nien (fig. 4), tantôt celui de blocs irréguliers et inégaux (fig, 5), tantôt encore celui d’une sphérule volumineuse, qu’on désigne sous l’expression de nucléole nucléinien (fig. 4 et 6). Dans certains noyaux sont parfois renfermés des nucléoles nucléi-niens multiples (fig. 7). Enfin, dans la phase qui précède la division cellulaire, la chromatine se condense en une sorte de boyau unique et pelotonné, le spirème (fig. 8). Toutes ces formes de la
- Fig. 6. — Ovocytes de Moule.
- La chromatine du noyau est condensée en un volumineux nucléole nucléinien, revêtant l’aspect d’une boule noire. Microphotographie. Grossiss. : 38o diamètres.
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- chromatine ont le caractère commun d’être teintées électivement par les couleurs basiques. Aussi ne faut-il pas confondre, avec les nucléoles nucléiniens, d’autres petits granules que contient souvent le noyau, et qui offrent, eux, les mêmes affinités que le cytoplasme pour les couleurs acides : ce sont les nucléoles plasmatiques ou nucléoles vrais (fig. 4).
- Après avoir énuméré tous ces constituants du noyau, est-il possible d’élucider leur signification? Celle de la linine, des nucléoles plasmatiques, demeure bien obscure. C’est la chromatine qui, dans l’état présent de nos connaissances, représente l’élément fondamental de la structure nucléaire. Lors de la division de la cellule, elle prend, comme nous le préciserons bientôt, la forme de petits filaments ou bâtonnets, les chromosomes, qui subissent une évolution d’une impressionnante régularité et se trouvent distribués, en nombre et en quantité égale,
- Fig. 5. — D’après Prenant et Bouin. Spermatogonie (cellule mère de la lignée des éléments sexuels mâles) chez la Salamandre.
- 11 : noyau, avec chromatine sous forme de masses irrégulières, situées aux nœuds du réseau de linine; s sphère attraciive (la signification de cette formation sera indiquée lors de l’étude de la division cellulaire).
- Grossissement : 36o diamètres.
- aux cellules-filles issues de la bipartition (fig. 9 et 10). Nous apprendrons aussi ultérieurement quel rôle on a attribué à la chromatine dans le support et dans la transmission des qualités héréditaires. Ce qu’il y a de sûr, c’est que, dans la cellule au repos, rien 11e saurait permettre de préjuger de telles propriétés. Quelques auteurs admettent que la chromatine du noyau vivant et quiescent ne constitue pas une « phase » séparée des autres colloïdes nucléaires, et que les images qui lui correspondent dans les préparations traduisent purement une précipitation artificielle par ces réactifs coagulants que sont les fixateurs histologiques.
- 2° Relations entre le noyau et le cytoplasme. — Nous savons désormais quel, est l’aspect et l’état des deux parties essentielles de la cellule, le cytoplasme et le noyau. Un des plus importants problèmes, de ceux qui touchent le fonctionnement cellulaire, consiste à rechercher quels rapports les lient l’un à
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- l’autre. Une telle question doit être envisagée de deux points de vue. Nous considérerons d’abord les relations de volume et de masse qui unissent le noyau au cytoplasme, puis nous aborderons les relations physiologiques qui existent entre eux.
- a) Rapports de volume et de masse. — Le volume du noyau dépend du volume total de la cellule. Le biologiste allemand R. Hertwig qui, le premier, étudia cette proportionnalité, la lit connaître sous la locution de « relation nucléo-plasmique ». On l’ex-N
- prime par le rapport p ou N désigne le volume du
- noyau et P celui du cytoplasme. Pour une espèce donnée de cellules, ce rapport a une valeur constante. Mais cette valeur est susceptible de varier d’une espèce de cellules à une autre. Pour fixer les idées sur ce point, nous dirons que la relation nucléo-plasmique des cellules du foiç peut présenter un taux inférieur à celui qui caractérise les cellules
- T ig. 8. — Spermatocytes (cellules de la lignée des éléments sexuels mâles) chez VÉcrevisse.
- La chromatine compose, danc chaque noyau, un filament épais et pelotonné (spirème). Microphotographie. Grossissement : 375 diamètres.
- du rein. De plus, la constance du rapport en cause, chez une espèce cellulaire déterminée, 11e s’observe qu’une fois atteint l’état adulte, c’est-à-dire terminée la période de croissance. En effet, chez tous les Métazoaires, l’œuf fécondé renferme une quantité de cytoplasmes relativement énorme par rapport au N
- noyau. Le rapport p est donc alors très faible. Au
- cours du développement, il tend à croître graduellement, jusqu’à atteindre, pour chaque espèce de cellules, à un certain stade, sa valeur définitive.
- Dernièrement deux physiologistes de Strasbourg, Mlle Le Breton et G. Schœffer, ont substitué, à l’ancienne conception volumétrique d’Hertwig, une notion chimique des relations qui lient le noyau et le cytoplasme.
- Grâce à l’emploi de délicates méthodes de dosage, ces auteurs ont’ chez des embryons, évalué, d’une part, la masse totale des noyaux de l’organisme par la quantité de ces substances caractéristiques
- Idg. 7. — Ovocyte de Triton.
- La chromatine est représentée par de nombreux et fins nucléoles nucléiniens, situés à la phéripherie du noyau, contre la membrane nucléaire.
- Microphotographie. Grossissement : 170 diamètres.
- qu’ils renferment, les nucléines et, d’autre part, la masse protoplasmique active par la quantité d’azote des substances protéiques. La relation entre les unes et les autres est un rapport nucléo-plasmique chimique dont les variations, au cours du développement, suivent une courbe régulière, et revêtent une grande signification biologique.
- b) Rapports de fonction. Rôle du noyau cellulaire. — En présence de ces deux constituants de toute cellule, le cytoplasme et le noyau, si différents, comme nous l’avons vu, d’aspect, de composition chimique, de structure, il nous reste à nous demander s’il en est un qui joue un rôle essentiel au cours des phénomènes de la vie, ou si tous deux représentent les parties inamovibles et étroitement associées d’un organisme dont les propriétés résultent de sa complexité même.
- Il est un premier point facile à établir : c’est que le noyau ne saurait exister isolément. Certes une pareille affirmation n’a pas reçu de consécration
- Tig. 9. — D’après Prenant et Bouin. Spermatogonie de Salamandre (voir Jîg. 5) en division.
- 11. : noyau ; chr. : chromosomes ; J. : sphère attractive. Grossissement : 5oo diamètres.
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- Fig. jo. — Trois spermalocyles d’Ascaris (Nématode parasite de l’intestin) montrant les chromosomes dans le cytoplasme, lors de la division.
- Microphotographie. Grossissement : 340 diamètres.
- expérimentale directe, je veux dire qu’on n’a jamais réussi à séparer d’une manière absolument complète un noyau du cytoplasme et à en suivre l'évolution. Mais on ne connaît pas d’exemple naturel de ce phénomène, et il va tout lieu dhadmettre qu’il n’est pas de*possibililé de vie pour un noyau libre.
- Par ailleurs, il va de soi que le noyau, pour subsister, a normalement besoin du protoplasme. La situation du noyau dans la cellule implique que les substances requises pour son entretien sont d’abord contenues dans le protoplasme et sans nul doute remaniées par lui.
- L’expérience enseigne, au surplus, que le maintien de l’équilibre physico-chimique du noyau dépend de celui du cytoplasme. Un savant américain, R. Chambers, a mis au point, durant ces dernières années, un appareil très délicat, dit à « microdissection a, qui permet de manipuler de très petites cellules, des œufs, par exemple, ou des individus unicellulaires, sous le contrôle microscopique, à l’aide d’aiguilles d’une finesse extrême, et de leur faire subir des opérations variées. Or, il a montré qu’une piqûre de la région superficielle du cytoplasme entraîne des lésions instantanées du noyau, sans cependant l’avoir atteint directement.
- Mais si la vie du noyau dépend bien de celle du protoplasme, l’inverse est-il vrai? Une cellule vivante ne peut-elle se passer du noyau?
- L’expérimentation a résolu ce problème depuis de nombreuses années déjà. Des biologistes et, parmi les premiers, Balbiani, ont réussi à sectionner en plusieurs segments certains Protozoaires assez volumineux (des Infusoires, comme le Stentor, par exemple), de façon qu’un seul renferme le noyau.
- Dans ces conditions, les fragments dépourvus de noyaux meurent plus ou moins vite, tandis que celui qui a conservé le noyau, voire une partie du noyau, continue à vivre et devient même capable de régénérer un individu entier. Cette expérience porte le nom de mérotomie (lîg. 1 1).
- Chez les Vertébrés, les cellules nerveuses se prêtent, par leur structure particulière, à une intervention dont la signification est de même ordre. Ces
- BIOLOGIQUE . v: =rr=:rrr:
- éléments possèdent, en effet, chacun un prolongement protoplasmique étroit, régulier et très long, le cylindre-axe ou axone, et les nerfs ne représentent autre chose que des faisceaux de cylindres-axes munis de gaines spéciales. C’est ainsi que les axones des cellules nerveuses motrices, situées dans les centres, vont se terminer, après un parcours souvent considérable, au niveau des fibres musculaires.
- Quand on coupe un nerf, la partie de chaque cylindre-axe située en aval de la surface de section, par rapport à sa cellule d’origine, dégénère (dégénérescence wallérienne, du nom de l’auteur qui l’a découverte), tandis que celle qui reste rattachée au corps cellulaire, pourvu du noyau, demeure vivante.
- Certaines apparences vont bien à l’encontre de la notion qui découle de ces constatations, à savoir : la nécessité du noyau pour la vie et le fonctionnement de la cellule : je veux parler des cas de cellules qui sont ou semblent anucléées, c’est-à-dire dépourvues de noyau.
- Les globules rouges du sang des Mammifères, ou hématies, sont constitués par une petite masse de cytoplasme sans noyau, renfermant un pigment qui intervient dans les échanges respiratoires, l’hémoglobine.
- Or, ces globules représentent le terme ultime d’une évolution qui a comporté plusieurs générations d’éléments nucléés normalement. À la fin de cette évolution le noyau disparaît. Mais l’hématie est destinée à mener dès lors une existence éphémère. Elle devient incapable de se multiplier.
- Son rôle physiologique s’accomplit au cours d’une véritable agonie, qui se poursuit durant o ou 4 semaines au plus, et qui aboutit finalement à la mort. Sur les 25 000 milliards (ou 25 trillions) de globules rouges que contient en moyenne le sang de l’Homme, plusieurs milliards sont détruits journellement, et remplacés au fur et à mesure par des globules néoformés. On ne saurait donc invoquer le cas du globule rouge en tant qu’exemple de cellule susceptible de vivre sans noyau.
- On a fait appel, dans le même sens, au cas des
- Fig. 11. — Schéma d’une expérience de mérotomie. A gauche : cellule avant l'opération. 5 : plan de section. A droite : cellule sectionnée en deux fragments : /,, fragment anuclèé, destiné à mourir; /», fragment nucléé, destiné à régénérer une cellule normale.
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- UNE RABOTEUSE GÉANTE
- Bactéries. Les Bactéries sont des végétaux uni-cellulaires, des Protophvtes. C’est parmi elles que se classent les germes qui provoquent nos maladies infectieuses. Plies semblent constituées simplement par une minuscule masse de protoplasme privé de noyau.
- Nous n’avons cependant pas le droit de tirer de cet aspect plus de signification qu’il nVn saurait comporter. Les dimensions des Bactéries sont d’un ordre tel que les détails de leur organisation nous échappent. Rien ne nous dit que le noyau n’est pas représenté, chez ces êtres, par de fines granulations comme il est parfois possible d’en observer, disséminées dans le corps bactérien. L’absence même de toute différenciation de cette nature ne nous permettrait nullement de conclure que la vie de ces « microbes » est compatible avec l'absence de noyau. Ce qui importe, ce n’est pas tant l’existence d’un organite de forme donnée que celle de substances nucléaires chimiquement définies susceptibles, chez les individus les plus rudimentaires, de se trouver diffuses dans le cytoplasme. Le cas des Bactéries est aussi celui d’algues microscopiques, les Cvano-phycées.
- Nous conclurons de cette discussion qu’une cellule vivante est nécessairement composée d’un cytoplasme et d’un noyau.
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- Mais s’il est vrai que le noyau joue, dans la cellule, un rôle indispensable, sait-on au moins en quoi ce rôle consiste? Si paradoxal que cela puisse sembler, les biologistes sont encore parfaitement incapables d’apporter sur ce point la moindre précision. Certes on n’ignore pas que le noyau participe activement à la vie fonctionnelle de la cellule, que, dans les cellules glandulaires, par exemple, des changements d’aspect du noyau accompagnent les processus de l'élaboration. Certes on connaît quelques propriétés importantes des substances nucléaires, celle, entre autres, de contenir des ferments oxydants, des oxydases, et on a voulu, à tort ou à raison, faire intervenir le noyau avec prépondérance dans les phénomènes d’oxydation qui se produisent au sein de la cellule. Nous ne pouvons qu’enregistrer ces données fort incomplètes. Notre documentation la plus solide concerne les modifications que le noyau subit au cours de la division cellulaire. C’est sur elles que se fonde la théorie qui fait, du noyau, le support des qualités héréditaires de la cellule. Nous y reviendrons bientôt à propos de la multiplication des cellules et, plus tard, à propos des cellules sexuelles et de l’hérédité.
- D1 Max Aron,
- Charge de cours à la Facullé de Médecine de Strasbourg.
- UNE RABOTEUSE GÉANTE
- Dans les constructions métalliques, on est souvent obligé de travailler mécaniquement des pièces de grande longueur, pour lesquelles une partie doit être dressée à l’outil. On fait alors intervenir des raboteuses et, dans les grandes industries, les machines de ce genre ont des dimensions formidables.
- La pièce que l’on travaille est supportée par une table qui se déplace devant une série d’outils fixes.
- Généralement les bâtis ainsi rabotés sont de poids important, la table est robuste et le poids des grosses raboteuses est énorme. Malgré tout, on est limité dans la longueur de la course d'aller et de retour de la table.
- S’il s’agit de dresser des pièces de grandes dimensions, mais dont le poids est relativement faible, par exemple si l'on veut travailler des tôles destinées à la construction de ponts, généralement la largeur de la surface qu'il s’agit de dresser est peu considérable; la pièce a peu d’épaisseur et son poids par unité de longueur d’encombrement ne nécessite pas l'emploi d’une table aussi robuste que dans les grosses raboteuses mécaniques ordinaires.
- 11 en est de même si l’on veut dresser de longues barres de faible section, sur une partie de leur
- surface extérieure. Pour ces dernières on peut avoir recours au banc d’étirage, mais avec les tôles il faut imaginer une machine spéciale.
- Pour une longueur de pièces qu’on travaille de l'ordre de 20 m., comme cela s’est présenté pour la construction du pont de Sidney, des constructeurs anglais de Glasgow, MM. Smith Brothers et C°, ont imaginé une machine, susceptible de raboter les tôles de champ, ayant une capacité exceptionnelle. Elle peut raboter des pièces de 20 m. de longueur sur une épaisseur de 6 centimètres.
- La machine est composée de deux montants verticaux en fonte, d’une épaisseur de 80 cm. Ils sont réunis par une poutre rivée en tôle d’acier, dont la hauteur est de 2 m. 20. Cette poutre entretoise ainsi les parties supérieures des montants. Dans le bas, les montants sont également reliés l’un à l’autre au moyen d’une table fixe, servant de support à la pièce que l’on veut raboter.
- Sur cette table, on immobilise la tôle à travailler au moyen d’une série de 22 pistons hydrauliques verticaux. La tête de cylindre de chaque petite presse hydraulique est en dessus de la poutre maîtresse.
- Enfin on a prévu, entre chacun des appareils hydrauliques, un dispositif de serrage à main,
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- UNE RABOTEUSE GEANTE
- manœuvre par une vis. Ce dispositif peut servir dans le cas où il y aurait un arrêt de la pression hydraulique.
- Ainsi, contrairement à ce qui se passe dans les raboteuses ordinaires, la pièce est fixe et c’est l'outil qui est mobile.
- Celui-ci est monté dans un porte-outil qui fait partie d’un chariot transversal. Le chariot se déplace sur un chemin qui est solidaire de la table portant la pièce à travailler et qui se trouve à la partie basse de la machine.
- Le déplacement du chariot sur ce chemin de roulement se fait au moyen d’un moteur électrique de 40 chevaux, tournant à 480 tours, placé lui-même
- d'attaque de la crémaillère est formé d'un triple train d’engrenages, et l’on a prévu un changement de vitesse qui permet d’obtenir deux vitesses de coupe : 8 m. 50 et 15 m. 50 par minute.
- En fin de course, il se produit le renversement de marche du chariot; mais, de toutes façons, si une défectuosité quelconque empêche que ce changement se produise, le chariot ne vient pas buter contre le massif; il abandonne seulement la crémaillère et vient reposer sur le banc, à 5 cm environ de l’extrémité de la table,
- On prévoit l’outil de coupe de manière que la course de retour du chariot soit également utilisée pour le travail, contrairement à ce qui se passe
- Fig. i.
- La raboteuse géante.
- sur le chariot. Le moteur actionne finalement un pignon denté qui engrène avec une crémaillère fixée à la machine, ce qui assure le déplacement du chariot, au fur et à mesure du travail de l’outil.
- L’ouvrier qui conduit la machine prend place sur le chariot mobile. Il a à sa disposition tous les organes de commande, les manettes de mise en marche, d’arrêt du chariot, d’avances verticale et horizontale de l’outil. Il contrôle ainsi complètement la machine sans quitter la plate-forme de commande. Au moyen d’une pédale et d’une tringle, il agit sur le commutateur principal, disposé dans l’un des massifs.
- Le courant est amené au moteur électrique au moyen de fils qui sont disposés le long de la poutre maîtresse. Sur ces fils viennent frotter des rouleaux qui assurent les contacts de prise de courant.
- Le mécanisme qui l’elie le moteur aux pignons
- dans raboteuse courante. Le porte-outil peut être basculé à la main horizontalement à chaque fin de course du chariot, de sorte que l’on travaille aussi bien pendant la course d’aller que pendant la course de retour.
- La longueur totale de la machine est de 26 m. 50 environ. Au cours des .essais de réception on a obtenu pour la plus grande vitesse du chariot une valeur de coupe de 5 m., sur une largeur de 20 mm.
- Cette machine est fort intéressante, car elle permet de travailler rapidement des pièces de grande longueur, tout en n’exigeant qu’un emplacement adapté uniquement au travail que l’on veut produire.
- Le dispositif de chariot automoteur est original et très heureux pour assurer le rabotage des tôles de grande dimension. E.-H. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuhe, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1926.
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- N° 2732
- 14 Août i926
- SOMMAIRE :
- La pêche au dranet, en Cotentin : Lucien Jouenne.
- Les tubes à rayons X “ Métalix” : E.-W. Weiss.
- L’aménagement hydro-électrique de la vallée d’Qssau : Auguste Pawlowski.
- Le lézard des murailles : Alex. Feuillée-Billot.
- SUPPLÉMENT:
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. — Hygiène et Santé.
- Boîte aux lettres.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
- - ( Dollars . . . 0,06
- Etranger ^Fr Sujsscs qjq
- MASSON ET C'% Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- MASSON et C1*, Éditeurs, i ao, Boulevard St-Germain, PARIS, VI* (J{. C, : Seine 15.i3j)
- PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL (52 Numéros)
- Taril intérieur : 65 fr. valable pour France et Colonies. Règlement par mandat, chèques postaux (compte na 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cu, sur une banque de Paris. {Le tarif intérieur pour la France sera modifié en cours de l’année selon les prix qui seront fixés vour les affranchissements postaux.)
- Les abonnements pour l’étranger sont exclusivement payables en monnaies étrangères
- et selon les prix indiqués ci-dessous.
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- LA NATURE. — N° 2732.
- 14 AOUT 1926
- LA PÊCHE AU DRANET, EN COTENTIN
- Les côtes de notre département de la Manche — qui, au point de vue géologique, fait déjà partie du massif armoricain — forment une région de transition entre le littoral franchement sablonneux de la moyenne Normandie et le littoral tout rocheux de la Bretagne. On y trouve le plus heureux mélange de sable et de cailloux, de magnifiques grèves s’étendant sur de longues, distances entre les grands caps granitiques qui pointent vers le large et les masses de falaises schisteuses très découpées. C’est dire que la pêche côtière est généralement très favorable dans cette région. Aussi les riverains, qui s’entendent aussi bien à exploiter les champs marins que leurs terres fécondes, pratiquent-ils de la baie des Veys à celle du Mont Saint-Michel, et depuis des temps très anciens, une foule de pêches originales. Parmi celles-ci, la pêche au dranet.
- Dranel est le nom que Ion donne en Basse-Normandie à la petite senne de mer. Il est évident que ce terme local a la parenté la pins immédiate avec le verbe anglais to drciw, drew, draivn, qui signifie tirer, traîner. Assez variables peuvent être les dimensions de ce filet d’un point à un autre du littoral ; mais celles que l’on adopte le plus souvent sont une trentaine de brasses de longueur sur une hauteur de 80 mailles ayant chacune 27 millimètres de côté; soit de 50 à 60 m. sur 1 m. 10 environ de chute.
- Autrefois, les pêcheurs fabriquaient eux-mêmes leur dranet à la navette et au moule; aujourd’hui, ils se contentent de faire venir la flue des centres de fabrication mécanique du filet, par exemple Dunkerque ou Nantes, et d’en opérer le montage. Un certain nombre de cultivateurs de la côte coten-tinaise possèdent un engin de cette sorte, parfois acheté à frais communs par deux ou trois camarades.
- Le montage est fait de façon particulière. Le filet porte à sa partie inférieure une corde grosse comme un fort crayon, la ralingue en terme technique, à
- Fig.-2. — Le filet est placé stur les fourches.
- 54' Année — 3* Semestre-
- Fig. i. — Réparation du dranet au début de la saison de pêche.
- laquelle sont attachés de 50 en 50cm. des flotteurs ronds en liège; la ralingue inférieure, elle, porte des olives en plomb pincées sur le chanvre, en nombre correspondant aux flotteurs; et à chaque bout du filet, à 1 m. environ de la lisière, est attaché entre ces deux cordes un -bâton portant une fourche par en haut. Ces bâtons servent à manoeuvrer l’instrument.
- Ainsi construit, le dranet joue un rôle que l'on s’explique aisément : c’est un filet destiné à être traîné à bras d’homme sur fond de "sable, pour encercler et ramener soit les poissons plats qui se tapissent dans la grève, soit les poissons ronds qui viennent par bandes en été à la limite du flot. On peut opérer en n'importe quel mois de la belle saison, mais septembre paraît être le meilleur. Il est bien évident que le dranet ne saurait être utilisé que sur de grandes étendues d’un sable suffisamment ferme, à pente douce, présentant aussi peu de pierres que possible. Nous savons que ces plages sont nombreuses dans le Cotentin.
- De tous les hôtes de la mer susceptibles d’être pris au dranet, le mulet est de beaucoup le plus intéressant par la quantité et par la qualité. Tout le monde connaît ce joli poisson, qui parvient quelquefois à une taille de 50 à 60 cm. à la tête courte, au corps arrondi et élancé, de forme pure, couvert de grandes écailles gris-bleu sur le dos, argentées sur les flancs, et très régulièrement disposées. Il est taillé en puissant nageur et sauteur. Par ailleurs, inutile de vanter la finesse de sa chair — surtout quand il a vécu sur fonds de sable. Or, ce poisson est essentiellement côtier, il ne va que bien rarement en eau profonde; et, pendant les mois d’été, il s’avance avec le flot sur les grèves, ses bandes fournies se tenant fréquemment dans une très faible hauteur d’eau, tout près de l’ourlet écumeux que pousse devant elle la marée; Dans ces conditions, on conçoit que le dranet ait beau jeu !
- Mais à quel moment convient-il de dépendre l’en-
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- LA PÊCHE AU DRANET, EN COTENTIN
- gin qui, depuis les premiers jours de la saison, après avoir été soigneusement visité et remis en état (fig. 1), se trouve accroché dans la grange, sous la charreterie, dans le cellier? Pêche-t-on au hasard? Non pas. Nos « jêgoux » savent très bien que les mulets viennent « au plein » par tel temps, tels vents, telle température, telles marées ;;l’obser-jvation et l’expérience — transmise et accrue dc| père en fils — le leur a appris. Il arrive souvent, du reste, qu’un enfant, un parent, un ami, en rôdant sur la grève, en travaillant dans un clos eq bordure, a parfaitement vu une bande de mulets jouant à mer montante au bord du flot; vite, il ai couru au village donner l’alerte. Aussitôt, on a placé le filet roulé et ses accessoires dans une carriole et l’on est parti grand train vers la côte. Mais c’est surtout après le coucher du soleil, dans le calme et l’ombre de la nuit complice, que se font les pêches les plus belles et les plus variées.
- Pour « parer » le dranet, on commence par le déployer et l’étendre à plat sur le sable. Puis les deux hommes chargés de son maniement le replient en accordéon dans le sens de la longueur, de façon à en avoir chacun une moitié qu’ils embrochent en paquet sur la fourche de leur bâton par les boucles de la ralingue supérieure (fig. 2). Cela fait, ils chargent filet et bâtons sur leur dos, et, pieds nus, partent, côte à côte, du même pas, le long du flot,’le dranet traînant derrière eux comme la queue d’une robe de cour tandis que les plombs tracent des sillons tortueux sur la grève. Quelquefois, un gars qui s’y connaît particulièrement, dirige les opérations ; il marche à côté de ses camarades, le bâton sur l’épaule, en observant la mer pour trouver l’endroit le plus favorable à unbon coup de filet (fig. 5).
- Le voici : dans 50 à 40 cm d’eau, les mulets s’en donnent à cœur joie, nageant agilement, sautant, dansant et — signe révélateur — faisant par instant légèrement blanchir et jaunir l’élément liquide qui s’arrondit en volutes et s’étale en vastes nappes frangées d’écume.
- Dans le plus grand silence, les deux pêcheurs entrent doucement dans la mer, l’un derrière l’autre.
- Fig. 4- — Mise à l’eau du dranet.
- Fig. 3. — A la recherche d’un coup.
- Quand ils sont mouillés à peu près jusqua mi-cuisse, le second s’arrête, se campe d’aplomb sur ses jambes, pique son bâton debout dans le sable et le maintient fermement. Le premier continue à avancer, tandis que l’autre, immobile, lui file au fur et à mesure sa moitié de dranet en l’enlevant boucle à boucle de la fourche (fig. 4) ; puis, quand cette moitié est entièrement déployée, le premier pêcheur poursuit sa course en dégageant à son tour de sa fourche chaque pan du filet derrière lui. Bientôt, dans l’eau presque aux épaules, il commence à décrire sur la droite un grand arc de cercle. La nappe du dranet s’arrondit en une poche profonde et bien jrégulière, dont les flotteurs permettent de suivre le dessin en surface. Sans se hâter outre mesure, notre homme achève son mouvement tournant, remonte à peu près à la hauteur de son camarade. Alors les deux pêcheurs halent vigoureusement de conserve, en revenant à reculons vers la plage.
- C’est la partie pénible de la pèche. Il faut tirer dur et régulièrement sur le dranet alourdi par le poids de l’eau et par les végétations marines, en s'efforçant de garder continuellement le contact avec le fond pour que les poissons ne se glissent pas sous la ralingue plombée.
- Mais les mulets sont depuis longtemps en éveil et ils sentent le filet tout proche! Ils piquent au large, tournent par les ailes s’ils peuvent, sautent avec aisance par-dessus les flotteurs, profitent du moindre intervalle pour se faufiler. S’il y en a par exemple un cent et qu’il en reste à la fin la moitié dans l’engin, ce sera beau. Cependant, tandis que les haleurs tirent à pleins bras, le directeur des opérations a pénétré dans la poche et il bat l’eau avec son bâton pour précipiter la fuite des poissons et les forcer à se jeter tète première sur les mailles sans sauter par-dessus (fig. 5).
- Nos deux pêcheurs prennent enfin pied sur la partie découverte de la grève; le grand dranet sort lentement à leur suite en s'affaissant. Nombre de mulets sont piqués dans les mailles, d’autres restés libres frétillent à la base du filet abattu (fig. G) par-
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- LES TUBES A RAYONS X “ METALlX
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- fois mêlés à d'autres poissons tels que des-plies et des fiondres. Quand la pêche a été fructueuse, c’est un spectacle que nos bons amis d’Angleterre qualifieraient de « très excitant » sous le ciel nuageux de l’ouest et dans le cadre splendide de la mer et des grèves. La récolte commence, les hottes s’emplissent.
- Mais les opérateurs ne perdent point leur temps. Ils s’empressent de débarrasser le filet des détritus marins qu'il a ramenés; si quelque pierre malencontreuse a produit dans le bas une déchirure, il faut sur-le-champ la réparer à la navette. Puis le dranet est plié à nouveau, replacé sur ses fourches, chargé sur le dos et les gars reprennent leur randonnée le long de la mer, à la recherche d’un nou-
- Fig. 6. — Démaillage des poissons.
- veau coup. Des hommes vigoureux et entraînés peuvent ainsi donner dans les meilleures conditions sept, huit, dix coups de filets en une même séance. Evidemment, le rendement est fort variable; mais prendre cent et quelques mulets à la fois n'est point si rare.
- Enfin les travailleurs en ont assez. Le lourd filet trempé est mis en paquet dans la charrette, à côté des hottes pleines, et le cheval lire dur pour remonter la pente sablonneuse, les raidillons de la dune et rentrer au village où la collation attend les arrivants.
- Bon nombre des poissons ainsi capturés servent à l’alimentation de nos pêcheurs, de leurs enfants et de leurs amis ; c’est là le côté familial de cette pêche,
- Fig. 5. — Halage du dranet.
- à la fois travail utile et plaisir, mais elle"peut aussi se présenter sous un aspect industriel : car les « côlais » qui possèdent un dranet sont parfois les correspondants d’un mandataire aux Halles de Paris ; lorsqu’ils ont fait une pêche sérieuse, les plus belles pièces, emballées dans des bourriches parmi de l’herbe tendre, prennent le soir même à la station la plus proche le train pour la capitale, où elles arriveront le lendemain matin de bonne heure. On ne peut avoir de poisson plus frais. C’est ainsi que le dranet bas-normand contribue pour sa petite part à alimenter le marché parisien.
- Lucien Joue K xk.
- Fig. 7. — Les mulets sont mis dans une hotte.
- LES TUBES A RAYONS X “ MÉTAUX ”
- La science des rayons X a enregistré de remarquables progrès ; cependant on est surpris lorsqu’on étudie le développement apporté au tube générateur proprement dit, de constater que son aspect est encore, dans ses grandes lignes, celui des premiers tubes avec lesquels la radiologie a parcouru ses premières étapes.
- f Les tubes actuels présentent toujours au milieu de l’ampoule une anlicathode, à surface de rayonnement oblique, semblable à celle que Rôntgen lui-même créa, quand il eut remarqué que le rayonnement obtenu augmentait lorsque les électrons émis par la cathode Tenaient frapper une plaque de platine, au lieu de tomber sur le verre de
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- METAUX ”
- LES TUBES A RAYONS X “
- Fïlament émetteur. d'électrons'
- t ticazhode
- Anode
- Anticathode à surface de rayonnement oblique
- Fig. i. — Schéma d’un tube à rayons X à cathode incandescente.
- l’ampoule. Celte anticathode si caractéristique donne au tube une forme particulière et peu symétrique que l’on rencontre aujourd’hui dans les tubes à rayons X, de tous systèmes, aussi bien dans les tubes à gaz que dans les tubes à cathode incandescente. Dans les premiers la production des rayons s’effectue, grâce à la présence, dans l’ampoule, d’un gaz à très faible pression ; celui-ci, dans le champ électrique puissant créé entre les électrodes, s’ionise suivant un mécanisme assez complexe sur lequel les savants discutent encore. Les ions positifs se précipitent sur la cathode, et bombardant celle-ci provoquent l’expulsion d’un jet d’électrons normal à la cathode. Ceux-ci prennent sous l’action du champ électrique une grande vitesse, ils viennent se heurter à l’ânti-cathode et de ce choc violent naît la lumière obscure, mais pénétrante que l’on a nommée rayonnement X'.
- /\ Écran auplatiné - cyanure J montrant,par un cercle fluorescent,qu'aucun -rayon n'existe en dehors ~~ du cône de projection
- Fig. 3 — Le faisceau de rayons X issu du tube Métalix.
- Dans les tubes à cathode incandescente, au contraire, règne un vide presque absolu, aussi il ne s’y produit aucune ionisation ; les électrons sont engendrés par effet thermoïonique, au moyen d’une cathode incandescente comme dans les lampes de T. S. F.
- Les tubes à cathode incandescente, comme les tubes à gaz, présentent de gros inconvénients pratiques ; leurs parois se chargent électrostatiquement, ce qui, sous peine d’accident, ne permet pas de les approcher trop près du corps du patient. Ils sont très fragiles et leurs ampoules et tubulures en verre rendent leur transport extrêmement délicat.
- Mais ils présentent des dangers plus graves encore ; tout le monde sait quels périls les rayons X font courir aux savants, aux médecins qui les manient fréquemment, soit pour en mieux connaître les propriétés, soit pour les faire servir à la guérison de graves maladies.
- Or, les rayons émis par les ampoules radiologiques ne sont pas seulement projetés dans la direction utile, ils le sont aussi dans bien d’autres directions.
- C’est la raison pour laquelle il est si difficile de protéger les opérateurs; la plupart des moyens proposés jusqu’ici se sont montrés peu efficaces, et surtout sont fort embarrassants.
- Il y a lieu de noter que. les ampoules à rayons X ordinaires sont, pour la plupart, fixées au moyen de pinces dans une caisse ou cupule protectrice, ce qui oblige à centrer le foyer de l’ampoule par rapport à l’ouverture de cette ampoule. Cette opération se fait généralement par l’action d’un chariot de centrage, muni de commandes micrométriques ; le centrage doit d’ailleurs être contrôlé au moyen d’une lunette spéciale.
- L’appareil « Métalix » remédie à ces inconvénients graves. Sa forme nouvelle assure la protection radicale de l’opérateur, et confère en outre à j l’appareil de grandes commodités et sécurités de 1 maniement et de transport.
- / sfroidissetnej tt
- Joint en L caoutchouc-
- Tube en
- bakélite
- Soudure verre métal
- Anticathode
- Gaine de plombN
- Tubulure
- '"Fils
- d'alimentation 1 du filament
- Fig. 2.
- Coupe du tube Métalix.
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- LES TUBES A RAYONS X " MÉTALIX ” - . ..101
- Cet appareil est du type à cathode incandescente ; il n’a plus, comme les appareils jusqu’ici connus, la forme d’une ampoule ; mais celle, toute nouvelle, d’un cylindre long de 50 cm environ et d’un diamètre de 7 cm.
- La partie essentielle est un cylindre de ferro-chrome, métal parfaitement étanche au gaz et présentant la propriété de se souder au verre. Le tube proprement dit, c’est-à-dire le récipient où règne le vide et qui contient les électrodes, est constitué par ce cylindre métallique, que prolonge une partie en verre soudée sur lui et dont la figure 2 montre la forme. Le tout est enfermé dans une boîte cylindrique en bakélite.
- A l’intérieur du tube, la cathode est formée d’un
- Fig. 5. — Le tube à rayons X Métalix en position verticale, vu de l'arrière.
- filament qui peut être porté à l’incandescence, monté sur deux pôles dont l’un est relié électriquement à la partie de ferro-chrome, tandis que l’autre est isolé des parties métalliques et relié à une prise de courant à deux fiches.
- La cathode et l’anticathode sont très voisines Lune de l’autre, ce qui permet défaire fonctionner l’appareil sous des tensions relativement faibles.
- L’anticathode est isolée du cylindre métallique par une tubulure en verre soudée au métal lui-même. L’espace dans lequel se trouve le filament incandescent, et que nous appellerons l’espace cathodique, est limité par la paroi cylindrique de ferro-chrome.
- Au milieu du cylindre métallique et en regard de
- Fig.'4. — Tube Métalix à émission horizontale.
- Au centre : la fenêtre.
- l’anticathode se trouve une fenêtre en verre qui laisse échapper le faisceau des rayons X. Ce faisceau a la forme d'un cône. On s’én rend compte en interposant sur son trajet un écran en platino-cyanure où vient s’inscrire un cercle fluorescent dont le tracé est nettement limité (tig. 5).
- On voit par là que les rayons X ne sont projetés que par l’ouverture pratiquée dans le tube. En dehors de ce faisceau n’apparaît pratiquement aucun rayon, car la cloison cylindrique, composée de ferro-chrome, plomb, cuivre, arrête et absorbe la quasi totalité des rayons qui la rencontrent.
- Le refroidissement de l’anticathode est assuré, suivant le modèle de tube employé, par eau ou par radiateur à ailettes.
- L’ouverture du diaphragme a été calculée de façon telle que le diamètre de la plage couverte par le faisceau des rayons X est toujours égal aux 2/5 de la distance de cette plage au foyer du tuhe.
- Au point de vue diagnostique, le tuhe « Métalix » est intéressant parce que son foyer est très fin.
- Au point de vue sécurité de l’opérateur et commodité du travail, il offre de grands avantages :
- La protection de l’opérateur est réalisée automatiquement, puisque le cylindre métallique, doublé d’une gaine de plomb, arrête tous les rayons qui ne
- Fig. 6, — Photographie à l'aide du tube Métalix (position couchée).
- Le tube est en position horizontale.
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- 102 = L’AMÉNAGEMENT HYDRO-ÉLECTRIQUE DE LA VALLÉE D’OSSAU
- font pas.partie du faisceau principal. Gela ne signifie pas que'-l’on pourra-s’abstenir de toutes précautions.
- En radioscopie, l’opérateur ne devra jamais 'oublier qu’il se trouve, tout comme le malade, 'dans le champ du faisceau des rayons X. L’emploi des écrans fluorescents munis de glace au plomb restera donc indiqué pour ce genre d’opérations.
- Pour la radiothérapie, le manipulateur peut se trouver sans aucun danger dans la pièce même où se fait le traitement. Les seuls dispositifs de protection nécessaires devront, bien entendu, être placés de manière à protéger l’opérateur contre le faisceau d’utilisation et éventuellement contre le
- rayonnement secondaire émis par les objets exposés à cette radiation.
- Le nouvel appareil, en raison de ses dimensions réduites, est facilement transportable. Il permet la libre circulation dans le cabinet radiologique, sans crainte d’exposition aux rayons puisqu’il supprime l’encombrement des écrans en plomb et des miroirs habituellement employés. Par sa construction même, il est beaucoup moins fragile que les tubes habituellement employés.
- Il permet de prendre des radiographiés, aussi bien en position verticale qu’horizontale.
- E.-W. Weiss.
- Une grande œuvre française.
- L’AMÉNAGEMENT HYDRO-ÉLECTRIQUE DE LA VALLÉE D’OSSAU
- Dans le silence de son activité toujours agissante, I publics se sont, d’ailleurs, rendu compte de l’uti-et sans forfanterie, la France poursuit la réalisation I lité primordiale des travaux envisagés, considérés
- Fig. /. — Le lac d’Artouste.
- de l’équipement de ses ressources hydrauliques, qui doivent, avec le temps, la libérer en partie des sujétions que lui impose l’insuffisance naturelle de sa production houillère. La mise en œuvre de ses chutes d’eau, auxquelles nous avons consacré ici d’importantes études dans le passé, exige malheureusement des délais, que prolongent encore le loyer et la raréfaction actuels de l’argent, Les pouvoirs :
- comme la sauvegarde ultérieure du pays au cours du dernier conflit, en préconisant à la fois un impôt sur la consommation de l’électricité en vue de l’exécution des installations projetées, et l’attribution à la Houille blanche d’une portion notable des prestations en nature dues par l’Allemagne.
- Cependant; la France, en dépit de ses difficultés financières, travaille à son émancipation économique.
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- L’AMÉNAGEMENT HYDRO-ÉLECTRIQUE DE LA VALLÉE D’OSSAU = 103
- La Compagnie du Midi y concourt dans la plus large mesure par l’électrification de ses voies de montagne.
- Le grand programme élaboré par les dirigeants du réseau comporte, simultanément, l'édification
- rayon sera particulièrement rémunérateur, etsuscile des compétitions. Nous sommes contraints, dans les limites du possible, d’organiser sur la plus large échelle, de concentrer nos efforts. Le plan prévu pour la vallée d’Ossau, dans le Béarn, répond à ces
- laruns''
- Usine du Houeat,
- CARTE des USINES
- w DE LA
- VALLEE DOSSAU
- Échelle
- Canal de fuite
- Chambre d'eau j*’
- les Eaux Chaudes
- Isine de iJliégebatfRJ&n d'eau 730 -^soh?3^ «sa»Chambre d'ea
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- .(1985?) \
- Isine d Artousve \j Sol: 1142) \S
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- jpbicote 1985?'
- I O U S
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- Fig. 2. — Carte de la vallée d’Ossau et de ses aménagements.
- d’usines indépendantes : Eget, Soulom et l’aménagement intégral de vallées pyrénéennes, suivant la méthode rationnelle adoptée après la guerre.
- L’intérêt général implique un emploi judicieux d’une section de cours d’eau à défaut du tout. Nous n’avons plus le droit de gaspiller nos réserves, hydrauliques ou autres, sous le prétexte que tel
- desiderata. Il constitue la première mise en appli-f cation du principe nouveau de l’équipement pratique dés forces naturelles, et servira de modèle pour l’àsservissement industriel de l’Ariège et de la Têt catalane.’
- |Les usines béarnaises ont, sans doute, leur équivalent dans d’autres régions de la France; mais,
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- L’AMENAGEMENT HYDRO-ELECTRIQUE DE LA VALLÉE D’OSSAU
- nulle part, on ne saurait présentement enregistrer une opération aussi coordonnée.
- La carte ci-jointe en est l’éclatant témoignage.
- Sur ses deux flancs, que la déforestation a parfois dénudés, s'élèvent des crêtes dont l’altitude moyenne excède 2500 m., et qui conservent, pendant de nombreux mois de l’année, leur manteau lilial.
- Le gave d’Ossau n’est, en réalité, que la résultante de l’apport du gave de Brousset, né dans le voisinage du col de Pourtalet, et du gave de Bious. issu du col des Moines. La conjonction s’opère au hameau de Gabas, nid d’aigle, composé de vieilles
- Fig. 3. — 1. Les travaux d'Art ouste. Maçonnerie du barrage amont-rive gauche, le 4 août IQ25. — 2. Le barrage amont d’Artouste (vue prise le 27 janvier 7926). — 3. Le barrage amont d’Artouste : les vannes (vue prise le iet avril 7926). — 4. Artouste : plateforme des conduites forcées. — 5. Artouste : station supérieure du câble de la Sagette (au fond le pic du Midi d’Ossau), vue prise le 3o juillet 7,922. •
- La vallée d’Ossau. — La vallée supérieure du gave d’Ossau, qui, associé au gave d’Àspe à Oloron, forme le gave d’Oloron, commence à peu de distance de Laruns, aux gorges du Hourat, vestibule des Eaux-Chaudes, et se clôt avec les marches ,de l’Espagne.
- masures branlantes perdues dans le massif.
- A droite, le gave conjugué reçoit le tribut du Soussouéou, qui coule dans des favins poétiques,
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- L’AMENAGEMENT HYDRO-ELECTRIQUE DE LA VALLÉE D’OSSAU = 105
- Fig. 4.
- 4. 1J usine de Miegebat : vue générale. — 2. Les conduites forcées de Miegebal. — 3. Houral : vue générale de l’usine (vue prise le 10 septembre iç23). — 4. 'Rivetage à l’air comprimé des conduites d’amenée (vue prise sur les chantiers de Hourat, le 23 décembre iç23). — 5. Sentier de service aménagé à flanc de rochers pour la construction de l’usine de Miegebat (vue prise le 7 septembre 1922). — 6. Iiourat : le canal
- d’amenée en construction (chantier de revêtement)..
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- = L’AMENAGEMENT HYDRO-ÉLECTR1 QUE DE LA VALLÉE D’OSSAU
- après s’être largement abreuvé au lac d’Àrtouslc. Gelui-ei est constitué essentiellement par une cuvette de 43 hectares, taillée dans les granits, et servant de réceptacle à un bassin de 7 km2. Une ceinture admirable de montagnes l’auréole de sa gloire neigeuse, et lui renvoie des précipitations atmosphériques considérables.
- Au point de vue de l’utilisation des eaux, la haute vallée d'Ossau comprend donc les ressources suivantes : le bassin d’Artouste, sis à la cote 1968,60, et s’étendant sur 7 km2, le bassin du Brousset (cote minimum 1150) de 5 km2 de superficie, le bassin de Bious (cote minimum 1152) de 57 km2, celui du Soussouéou (au-dessus de 1150) de 56 km2, et lé bassin inférieur de 50 km2, au-dessus de la cote 750, soit au total 184 km2.
- Il s’agissait de ne perdre aucune des ressources de ce rayon. Une étude attentive du problème a permis de concevoir l’aménagement de trois chutes, échelonnées, avec l’établissement de réserves correspondant à la variation des débits, qui est très élevée.
- Les chutes de J’Ossau. — La première chute, à 1200 m. en amont de Gabas, au pied de la route nationale 134 bis, doit mettre en œuvre uniquement les eaux du lac d’Artouste, transformé en réservoir. La seconde chute, dite de Miégebat, à 7760 m. en aval du pont des Alliés, èt à 6500 de Gabas, toujours à la base de la route, s’alimentera non seulement des eaux de la précédente, mais encore de l’afflux du bassin du Soussouéou. i Enfin, à l’orée de la préplaine, et à 1 km de Laruns a été érigée l’usine du Hourat, à courte distance des gorges, laquelle bénéficia, outre des apports précités, des précipitations du bassin inférieur du gave principal, c’est-à-dire de la Gée, qui cascade aux Eaux-Chaudes en projetant des fumées d’écume.
- Ce dispositif épuise toutes les disponibilités du secteur. Mais celles-ci sont trop inconstantes pour qu’on s’en puisse satisfaire. C’est, d’ailleurs, l’inconvénient hydraulique des Pyrénées de n’ollrir que des eaux saisonnières. Par contre, la chaîne, beaucoup plus que les Alpes, recèle des nappes, aisément transformables en régulateurs : Lanoux, Naguilles, En-Beys, Oo, Caillouas, Estaing, Estaens.
- ’ Le lac d’Artouste figure parmi les meilleures, car il reçoit, d’après les études pluviomélriques, 21 millions de mètres cubes en moyenne chaque année.
- Son plan d’eau est à la cote 1968,60, telle qu’elle est représentée dans un de nos clichés (fig, 1). Qn relèvera le niveau à 1989 m. La réserve accumulée sera de 23 millions 1/2 de mètres cubes, qu’on gardera pour les étiages, en plaçant la prise sous le lac. La puissance continue disponible a été ainsi fixée à 57 000 poncelets. Les usines seront en mesure d’assurer normalement 57 000 kw, 60 000 aux pointes et de débiter, à certains moments, jour et nuit, 57 000 kw.
- Usine d’Artouste, ou supérieure. — L’usine
- supérieure, ou d’Artouste, prenant l’eau du lac à la cote 1918, à l’aide d’une galerie en plein roc de 224 m. de longueur, et de 5 tuyaux de 80 cm de diamètre, sera alimentée par un canal souterrain de 8500 m. environ, dont l’extrémité élargie constituera une réserve horaire de 2000 m\
- La chambre de mise en charge — cote 1906,18 — en tunnel, projettera le flot, sous 768 m. de dénivellation, à l’aide de trois conduites forcées pouvant débiter chacune 1080 litres à la seconde. On a calculé que la vitesse de l’eau, à la partie inférieure, pourra atteindre 5 m. 81 par seconde et même 5 m. 72 si l’on ne met en jeu que deux conduites.
- La centrale renfermera 5 turbines de 10000 chevaux chacune et 2 de 550, les premières actionnant des alternateurs triphasés de 7000 kilowatts.
- Usine moyenne, ou de Miégebat. — À l’aval, l’usine n° 2, dite de Miégebat, disposera, personnellement, d’un volant de 125 000 m3, grâce à un réservoir constitué, d’une part, par un bassin de 95 000 m3, en deux cuvettes et, d’autre part, par un canal d’amenée, en charge, d’une section de 8 m2 et de 7650 m. d’étendue.
- Les eaux du gave de liions, captées à la cote 1152 sont amenées, à ciel ouvert, à la cuvette-réservoir n° 1, au moyen d’une rigole de 1972 m. et. de 2 m2 45 de section.
- Le gave de Brousset débouche lui-même dans le bassin aval n° 1, à la cote 1120. Enfin, le gave du Soussouéou a été discipliné par un barrage arasé à la cote 1155,50, et un conduit maçonné ramène les eaux à 1151,50, altitude du bassin réservoir de Brousset. L’installation permet, soit d’alimenter directement les conduites, soit de renvoyer les eaux vers l’amont en vue de remplir le réservoir pendant la nuit.
- Le canal d’amenée sera en charge. Du fait de sa longueur il a fallu le pourvoir d’une cheminée d’équilibre spéciale. Celle-ci comprend : 1° une chambre d’eau à grande section, où se conjuguent canal d’amenée, conduites forcées et cheminée proprement, dite ; on compte 2 conduites forcées — ultérieurement 5 — et une de vidange ; les premières, de 1 m. 250 de diamètre pouvant évacuer 4000 litres à la seconde; 2° une cheminée circulaire forée verticalement dans le rocher, et recou-verté de béton cimenté * 5° une chambre d’épanouissement, à la partie inférieure de la cheminée, de 12 m. sur 24.
- La chute totale atteint 400 m. 50.
- Tandis qu’à Àrtousle chaque conduite doit être indépendante, à Miégebat les turbines seront alimentées par un seul collecteur, dans lequel les conduites se déverseront à leur base.
- Le canal de fuite, de 4 m. de large, communique directement avec le réservoir journalier du Hourat par un déversoir, lequel permet de conserver une lame d’eau protectrice de 2 m. d’épaisseur.
- L’outillage “de Miégebat a été fixé comme suit ;
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- L’AMÉNAGEMENT HYDRO ÉLECTRIQUE DE LA VALLÉE D’OSSAU =--
- 5 turbines Pelton de 10 000 chevaux et 2 de 500 ; 5 alternateurs triphasés de 7000 kw. Les turbines auront un rendement de 85 0/0 à 5/4 de charge et les alternateurs de 95 pour 100 dans les mêmes conditions.
- Usine du Hourat. —- Alors que les aménagements de Miégebat tirent à leur tin, ceux du Ilonrat-Laruns sont complètement achevés, et l’usine a été mise déjà en service. À son origine, celle-ci comporte un réservoir journalier de 75000 ms
- spécial, au moyen d’une chasse. L’eau épurée passe de la galerie d’épanouissement dans le canal d’amenée, en charge, de 12 ni'2 de section et de 5700 m. de longueur. Un renflement de la voie permet de créer, vers l’issue, une réserve en vue d’assurer les pointes.
- On a aménagé une cheminée d’équilibre comme à Miégebat, et une chambre d’épanouissement de mêmes dimensions.
- Deux conduites, de 1 m. 65 de diamètre,,, de
- Fig. 5. — Le Hourat : vue de l'usine et du village de Laruns.
- constitué par un bassin à ciel ouvert de 50 000 mr> et un canal en charge.
- Le barrage a été arasé à la cote 721,50 et son déversoir à 729,50.
- La prise d’eau, à l’aval du réservoir, est formée par une galerie voûtée de 4 m. d’ouverture; son piédroit, percé de sept baies de 3 m. d’ouverture, la met directement en communication avec le réservoir. __
- Une galerie de 115 m. de longueur et 5 m. 20 de section conduit les eaux à une installation très complète de défeuillage, qui doit' retenir notre attention. Celle-ci renferme cinq chambres rectangulaires juxtaposées, en ciment armé, où l’eau pénètre par une vanne inférieure, et doit traverser un plancher en tôle perforée, incliné vers une galerie d’épanouissement. Les feuilles se déposent à la base des tôles, et s’évacuent par un collecteur
- 8900 litres de débit par seconde et par unité précipitent le flot, sous 204 m. de chute, avec une vitesse de 4 m. 52 à la seconde. Mais, comme à Miégebat, c’est encore un collecteur unique qui alimente les turbines, au nombre de 5, de la force de 10 000 chevaux chacune—plus 2 turbines auxiliaires de 500 ch. — actionnant des alternateurs triphasés de 7000 kilowatts.
- On a pourvu Miégebat et le Hourat de ponts roulants de 55 tonnes, le Hourat, en outre, d’un chariot de levage de la même puissance, du soufflage des machines, et l’on prévoit l’installation prochaine du filtrage et du séchage de l’huile des transformateurs.
- Les trois usines sont destinées à être reliées étroitement entre elles.
- L’énergie, réalisée à la tension de 60 000 volts 50 périodes, est ou sera élevée à 150 000 volts au
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- poste transformateur du Ilourat, prévu pour 7 transformateurs de 6600 kw, dont 1 de rechange. Ce poste communique avec Bordeaux à l’aide d’une ligne double de 250 km de longueur.
- L’effort humain et la nature. — Il est inutile de souligner que le matériel de sécurité équipé dans la vallée d’Ossau a bénéficié de tous les progrès de la technique contemporaine. Le vannage est automatique comme il sied, tandis que la commande électrique a été adoptée dans les autres cas.
- Mais on ne sait s’il faut admirer davantage la science ou l’audace des ingénieurs, qui ont dû littéralement accrocher des passerelles aux flancs de falaises à pic, comme on peut le voir dans une de nos photographies, jeter des câbles entre les finies majestueuses, franchir les précipices, ouvrir des
- plans inclinés vertigineux au travers des futaies sombres, où l’œil s’égare avec inquiétude.
- L’aménagement de la vallée d’Ossau, il faut le redire, constitue avant tout une œuvre de réflexion, de coordination et de méthode. A ce titre, elle fournira à ceux qu’intéresse la Houille blanche, la plus précieuse des leçons de choses. Mais" le pèlerinage de la vallée d’Ossau n’est pas à recommander uniquement aux amis de la science. Le touriste, le fanatique de la nature y peuvent trouver des joies profondes, parmi les mélèzes et les châtaigniers, en écoutant le chant plaintif des torrents capricieux, tandis que là-haut, plus près du ciel, tel un phare, le pic du Midi d’Ossau scintille sous les feux du soleil.
- Auguste Pawlowski.
- i.
- Les Reptiles de France.
- LE LÉZARD DES MURAILLES
- Le Lézard des murailles — Lacerta muralis Laur. — se rencontre dans toutes les régions tempérées de l’Europe et de l’Asie occidentale. Commun partout, il est surtout répandu dans les îles méditerranéennes. Il vit n’importe où, à condition qu’il puisse jouir du soleil, qu’il y ait ou non de la végétation ; mais il est plutôt rare dans les bois privés de rochers. Il monte à une certaine altitude, 1500 m. environ.
- On sait que le Lézard des murailles s’approche volontiers de la demeure de l'Homme. Il affectionne les vieux murs exposés au soleil et couverts de plantes grimpantes sous lesquelles il peut s’abriter et trouver les menus Insectes dont il se nourrit. Il se tient également sur les talus en bordure des chemins, sur les coteaux caillouteux, sur les décombres, dans les vignes et dans les jardins. 11 est timide ; mais s’il se sent en confiance, il pousse la familiarité jusqu’à pénétrer dans les maisons;.
- Il existe un grand nombre de variétés de Lézards des murailles. D’après Philippe de Bedriaga, les races insulaires, quoique descendant des races continentales, présentent des caractères très distinctifs; cet auteur va jusqu’à dire que les petites îles de la Méditerranée « représentent dans le vrai sens du mot, de véritables stations d’épreuve pour la formation de nouvelles races et même de nouvelles espèces » de Lézards des murailles.
- Dans le sud de l’Europe, ces petits Lacertiens sont vêtus de très belles couleurs ; le vert et le bleu rehaussent leur parure, souvent enrichie de reflets métalliques. Le Lézard des murailles dçs Iles Baléares a le dos d’un bleu sombre relevé par quatre bandes d'un vert métallique pointillé de noir, le ventre est vert et rougeâtre. Les Lézards de Jîaples* de Dalmatie et d’Herzégovine ont le ventre bleuté.
- Le Lézard des murailles de France n’arbore jamais la livrée éclatante de ses congénères des pays plus chauds; mais, tel* qu’il est, en sa robe de perles aux nuances modestes, c'est un joli petit animal. Tantôt gris, tantôt roux, il porte sur les flancs une bande brune, bordée de blanchâtre; cette bande est particulièrement marquée chez les femelles, sur les côtés de la tête et du corps. La coloration de ce petit saurien est, d’ailleurs, très variable; un examen attentif révèle que le fond brun ou gris de son habit se nuance de vert ou de jaune et porte des chamarrures foncées. En dessous, le Lézard des murailles est blanchâtre tirant parfois sur le jaune, sur le bleu, sur le rose, le roux ou le rouge; ce fond est, de plus, tacheté de roux, de brun ou de noir. Assez nombreux sont les sujets qui sont ornés de taches bleues au bas des flancs.
- Souvent, nous avons admiré la fine tapisserie perlée de nos Lézards familiers étendus au soleil. Les formes de cette espèce sont remarquablement sveltes et gracieuses, surtout chez les femelles, qui ont le corps plus léger, la tête plus effilée que les mâles. Comme dans le monde des Oiseaux, la femelle est moins brillante que son compagnon.
- La taille moyenne du Lézard des murailles est de 0 m. 160 à 0 m. 185 de longueur totale. Cette moyenne est parfois dépassée dans le midi. En général, la tête et le corps des adultes ont de 0 m. 055 à 0 m. 060, et leur queue a de 0 m. 105 à 0 m. 125.
- Comme caractères distinctifs, le Lézard des murailles a les tempes couvertes de petites écailles encerclant une plaque plus grande. Sous le cou, une rangée d’écailles forme un collier non denté; en avant de ce collier, sous la gorge, est tracé un pli. Il n’y a qu’une seule écaille postérieure nasale. Sur
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- le dos, les écailles sont petites, circulaires et convexes. On compte six séries de plaques sur le ventre. La plaque occipitale est très petite.
- Le Lézard gris n’a généralement pas de dents au palais. Les yeux sont munis de trois paupières, dont une membraneuse et mobile; cette conformation fait ressembler les yeux des Lézards à ceux des Oiseaux. Leur regard est tout autre que celui des Serpents, aux yeux sans paupières.
- Le Lézard gris adulte mue à des époques indéterminées et plusieurs fois au cours de la belle saison. Le vieil épiderme se détache par morceaux; l’animal se frotte contre les brindilles et les pierres et arrive à se débarrasser totalement de son ancien habit.
- Comme celle des différents Lézards, la queue du Lézard gris peut aisément se briser, mais elle repousse, quoique jamais elle ne redevienne tout à fait pareille au membre intégral. Quelquefois, sur la blessure, se développent deux et même trois bourgeons qui donnent naissance à deux ou trois queues monstrueuses.
- Le Lézard des murailles élevé en captivité par des naturalistes a été l’objet de très intéressantes observations.
- Le premier qui se soit occupé de la biologie de ce petit animal est, sans doute, M. Charles Mailles. Ses observations ont été consignées dans le Bulletin de la Société' Nationale d"Acclimatation, notamment dans le procès-verbal de la séance du 19 janvier 1887. A cette date, M. Mailles rendit compte de l’élevage de plusieurs Lézards des murailles : deux mâles de la variété Neapolitana, un mâle et deux femelles de la variété Fusca. Un des mâles de Neapolitana était en possession de l’éleveur depuis 4 ans.
- La ponte des Lézards des murailles a lieu en mai ; pourtant, M. Mailles remarqua que les deux L. Fusca s’accouplèrent de nouveau, au commencement de juillet ; ce fait le surprit fort, car l’on croyait alors à une ponte unique annuelle chez les Lézards. Donc, vers la mi-août, la femelle pondit 4 œufs que M. Mailles aperçut trop tard et qu’il trouva en partie desséchés.
- Une autre femelle, compagne d’un Neapolitana, pondit deux œufs le jour de la Toussaint, c’est-à-dire à une époque trop tardive pour qu’ils puissent être mis en incubation.
- Par conséquent, sur trois femelles, deux avaient pondu deux fois dans la saison, et c’est sur cette particularité que M. Mailles attira l’attention des erpétologues. '
- Onze ans plus tard, une note- du même auteur fut lue en séance générale de la Société d’Acclima-tation, le 14 janvier 1898.
- M. Mailles y rapportait que depuis quinze années, il avait entrepris de domestiquer « le Lézard des murailles et ses belles variétés » ; après l’insuccès des premières années, il avait obtenu une réussite complète.
- Chez lui, toutes les femelles de Lacerta muralis (type) effectuèrent une double ponte annuelle. La variété napolitaine eut même une troisième ponte. Le nombre des œufs diminua à chaque ponte.
- Quant à l’incubation, elle s’opérait aisément. M. Mailles conseillait aux éleveurs de récolter les œufs aussitôt pondus, de les placer sous châssis dans du terreau de bois ou terre de bruyère, à 2 ou 5 cm de profondeur et de les entretenir dans une légère humidité; le châssis doit être placé à l’ombre, il doit être bien aéré, comme s’il s’agissait de semis ou de boutures. La durée de l’incubation est variable ; elle est de deux mois environ pour les œufs de la première ponte, un peu moins pour les œufs de la seconde.
- Les jeunes Lézards sont difficiles à nourrir pendant les premiers jours de leur existence, car il leur faut des proies minuscules : très petites Araignées, Pucerons verts, chenilles de très petits Papillons.
- La nourriture, le milieu, la température jouent un rôle important dans la croissance des jeunes sujets, croissance qui est des plus variables.
- M/ Mailles a conclu que, dans les conditions les plus favorables, les jeunes Lézards captifs sont aptes à se reproduire vers l’âge de 18 mois à 2 ans.
- Le Lézard des murailles s’habitue sans peine à la captivité et il se reproduit volontiers pendant la belle saison, même en petite cage, pourvu qu’on ait soin de lui offrir une alimentation variée et de l’eau pour: boire, de le garantir des rayons brûlants du soleil et de le faire jouir de beaucoup d’air.
- Un simple garde-manger réalise une cage peu coûteuse et commode.
- Après des insuccès répétés, M. Mailles parvint à faire hiberner ses élèves en appartement de ville. Les Lézards ont été gardés dans de petites cages vitrées sur les côtés et tenues dans une température de 10 à 15°. Ils étaient, autant que possible, exposés au soleil.
- Ces Lézards ont été nourris au moyen d’un breuvage, car si les jeunes de l'année mangent un peu pendant l’hiver, les adultes refusent habituellement tout aliment, quand bien même ils sont maintenus dans une chaleur assez élevée. En effet, l’estomac de ces Reptiles ne fonctionne pour ainsi dire plus, il ne peut digérer les aliments qui, en se décomposant, entraîneraient la mort de l’animal. Il ne faut donc pas obliger les Lézards adultes à prendre de la nourriture solide.
- D’autre part, puisque le Lézard hibernant boit souvent, il fallait trouver une boisson assez nutritive, mais de digestion facile, qui lui permit de subsister. Le lait, pur ou coupé d’eau, n’est pas bon pour‘le petit Saurien, le bouillon ordinaire salé ne l’est pas davantage. (Le sel est mauvais pour le Lézard.) M. Mailles eut l’idée d’offrir à ses élèves un bouillon obtenu avec l'extrait de viande Liebig, bouillon léger, couleur de tilleul, car un bouillon plus fort empoisonnerait les hibernants à l’estomac paresseux. La préparation était renouvelée tous les
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- jours. M. Mailles n’eut qu’à se louer de son inspiration, car ce mode de nourrissage hivernal eut un complet succès. Trois hivers se passèrent dans ces conditions sans qu’aucun décès né se produisit.
- De novembre à mars, le bouillon susindiqué a remplacé l’eau; mais quand l’hiver s’achève et que le soleil devient plus tiède, on peut donner aux Lézards captifs des Vers de farine. Il est à remarquer que les élèves ainsi maintenus en bon état pendant l’hiver, acceptent de la nourriture plus tôt qu’il n’est de règle dans leur espèce.
- Pour capturer les Lézards des murailles qu’il désirait élever en captivité, M. Mailles avait inventé un petit piège : c’était une nasse en toile mélal-lique, qu’il confectionnait lui-même. Placée sur le chemin parcouru habituellement par un Lacerta muraîis, cette nasse était amorcée au moyen de Vers de farine. Le petit animal, plus curieux encore que timide, y pénétrait bientôt et ne courait pas le risque de se casser la queue, accident toujours regrettable qui se produit souvent quand on saisit à la main le Lézard convoité. >
- Enfin, des observations de notre collègue, il résulte que se croisent très bien entre elles les nombreuses variétés de Lézards des murailles.
- M. Raymond Rollinat a, lui aussi, élevé des Lézards en captivité, dans des cages vitrées garnies de sable humide recouvert d’une forte couche de mousse bien sèche. Les élèves étaient nourris de Blattes, de Mouches, etc..., et avaient à leur disposition un récipient toujours rempli d’eau pure. Les captifs se conservaient très longtemps en bon état.
- D’abord, leur reproduction ne fut pas couronnée de succès; mais, par la suite, les élèves deM. Rollinat se reproduisirent parfaitement, et même le naturaliste a fait se reproduire des Lézards des murailles captifs dès leur troisième, voire dès leur deuxième année.
- Cependant, c’est essentiellement sur des Lézards gris vivant en liberté dans son jardin que M. Rollinat s’est livré à des études captivantes et concluantes.
- Comme nous l'avons exposé dans ces colonnes (voir notre article sur la Cistude d’Europe dans le n° 2619, 14 juin 1924 de La Nature), le savant erpétologue a élevé des Cistudes d’Europe qui,1 pendant la belle saison, se sont apprivoisées au point de manger dans la main de leur maître et de le remercier par toutes les gentillesses possibles à leur nature. Or, quand M. Rollinat jetait des Blattes dans le bassin des Tortues, il remarqua que les Lézards des murailles qui vivaient dans le rocher entourant le bassin, regardaient les Blattes s’agiter dans l'eau et s’emparaient adroitement de celles qui parvenaient à gagner la terre ferme; dès lors, le naturaliste prit l’habitude journalière de distribuer des Blattes aux Lézards des murailles; d’abord, il jeta les Insectes sur le sol et les Lézards, de jour en jour, venaient les prendre de plus en plus,près de lui; puis, quelques femelles s’enhardirent jusqu’à venir saisir des Insectes au bout des doigts de leur
- ami et elles apprirent promptement à sortir du rocher au son d’un tambourinement sur le piège à Blattes ! Les confiantes bestioles entendant ce tam-tam accouraient de loin vers M. Rollinat pour prendre dans ses mains les friandises qu’il leur offrait; elles sortaient de leur rocher, revenaient à lui, montaient jusqu’au faîte et de là s’élançaient sur la proie, restant suspendues dans le vide à l’Insecte tenu du bout des doigts ; posées doucement sur le rocher, elles se mettaient tranquillement à manger. Un peu plus tard, ces gentilles petites bêtes montèrent sur la main, le bras et sur l’épaule de leur ami pour venir prendre l’Insecte qu’il leur tendait de l’autre main.
- Moins familières vis-à-vis des étrangers, elles prirent cependant des Mouches et des Sauterelles dans les mains de certaines personnes qui, probablement, surent leur plaire.
- Le Lézard des murailles est intelligent et il a une très bonne mémoire; car, au retour des beaux jours et de la vie active, les petites bêtes apprivoisées couraient saluer, leur bienfaiteur et solliciter son attention, alors qu’il s’y attendait le moins.
- Les premières femelles de Lézard gris dressées par M. Rollinat périrent victimes des Chats qui les tuèrent par jeu cruel, sans même les manger.
- Plus tard, quelques Lézards vinrent s’établir dans le rocher du bassin des Tortues. Au printemps de 1920, M. Rollinat les remarqua et se promit de les apprivoiser pour les photographier. La bande des Chats de la maison reçut l’ordre de ne plus se montrer au jardin; les félins comprirent fort bien l’interdiction, d’autant plus que les Chiens, également conscients de leur mission, se chargeaient de les chasser. Chiens et Chats comprenaient si parfaitement la situation qu’ils fraternisaient hors du jardin : après une poursuite sévère, les Chats venaient se frotter câlin ement aux Chiens qui se prêtaient à’ ces caresses. Ce qui prouve, à notre avis, que les Chats peuvent être dressés à ne pas toucher aux animaux utiles ou in offensifs.
- Pour revenir aux cinq Lézards du rocher d’Argentan, il s’agissait de deux mâles et de trois femelles. Cette fois, contrairement à la première, les mâles se montrèrent aussi confiants que les femelles. M. Rollinat commença par habituer les Lézards à sa présence, il s’approchait du rocher en ayant soin que l’ombre de son corps ne vînt pas jusqu'à eux, il se retirait quand les Lézards manifestaient de l'inquiétude. Après quelques jours de ces préliminaires, les petites bêtes étaient rassurées sur les intentions de leur visiteur. Bientôt Time d’elles descendit du rocher pour aller prendre une Blatte jetée sur le sable, les autres suivirent cet exemple. Chaque jour de beau temps, les petits Sauriens vinrent de plus en plus près de leur charmeur, et ils ne tardèrent pas à venir s’emparer des Blattes ou des Vers de farine (larves de Ténébrions) qui leur étaient présentés au bout des doigts et au ras du sol. Quand ils apercevaient leur instructeur,
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- les Lézards sortaient de leur rocher pour aller à lui qui s’agenouillait à quelques mètres de distance.
- Ensuite, l’éducation devint plus compliquée. Tandis que les Lézards sur leur rocher semblaient attendre leur leçon, M. Rollinat s’arrêtait près d’une extrémité du rocher, demeurait debout et les invitait à venir vers lui, de pierre en pierre, ce qu’ils faisaient pour aller prendre un Insecte à la main de leur maître. Un autre Insecte, présenté de plus haut, incite un Lézard à bondir pour le capturér, il reste suspendu par la proie serrée dans ses mâchoires; avec précaution, ce Lézard est replacé sur le rocher où il dégusté sa proie. Les élèves se prêtèrent à ces exercices et de la pierre la plus élevée bondirent sur les Insectes offerts. Peu à peu, ils se perfectionnèrent encore et pour s’emparer d’une Blatte, grimpèrent sur les vêtements de M. Rollinat ; parfois, ils s’installaient sans façon sur son épaule pour manger l’Insecte qui venait de leur être donné.
- Il ne leur sembla pas moins aisé de monter sur la tête du naturaliste. Comme tous les animaux familiers, ils préfèrent même venir sur notre visage que sur nos mains qui leur apparaissent toujours comme de redoutables organes de préhension. Du moins avons-nous observé qu’un petit Oiseau préfère prendre une friandise à nos lèvres plutôt qu’à nos doigts, parce qu’il craint d’être pris, ce dont il a horreur, même quand il nous est très attaché.
- Il fut donc plus difficile d’habituer les Lézards à passer sur la main gauche afin de prendre un Insecte tenu dans la main droite ; la crainte l’emportant sur la gourmandise, il fallut de nombreuses séances d’exercices. Enfin, à force de douceur et de patience, M. Rollinat obtint que tous ses Lézards passassent sur sa main pour monter le long de sa manche et aller prendre la proie offerte à la hauteur de son épaule, puis descendissent par la même voie, en repassant sur la main posée sur le rocher.
- Pendant les heures brûlantes de l’été, les Lézards gris ne mangent pas et se tiennent cachés dans leur trou. C’est le soir et le matin qu’il convient de leur donner des Insectes dang l’intention de les apprivoiser. Par un temps lourd, chaud et sans soleil, ils sont très disposés à manger et l’appel habituel les fait accourir.
- L’automne venu, l’appétit diminue; les Lézards refusent les proies offertes. Mais couchés au soleil, ils se laissent caresser le dessous de la gorge; ils n’aiment pas qu’on leur passe le doigt sur le dos.
- A cette grande familiarité avec les Lézards en liberté, le naturaliste a trouvé profit, car il a pu observer, en toute latitude, ses petits amis. C’est ainsi qu’il a pu assister à leurs querelles passionnées suivies de combats acharnés; les femelles ne sont pas les moins batailleuses quand la jalousie s’empare d’elles. Les males ont des duels sérieux et le vaincu est contraint de changer de domicile; parfois, un frétillant morceau de queue demeure sur le terrain.
- Quand les femelles sont près de pondre, les œufs tiennent en leur corps tellement de place qu’elles ne
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- peuvent plus manger. Elles vont creuser un trou en terre pour y déposer leurs œufs, dans un lieu bien exposé;,puis on les voit revenir exténuées, parfois Couvertes de boue, et ayant un pli à la peau de chaque côté du corps. Affamées, elles mangent avidement. Une fois reposées et ragaillardies, elles s’accouplent de nouveau.
- Les petites bêtes familières de M. Rollinat, étant suralimentées, ont donné deux et trois pontes dans la même belle saison, ce qui surprit l’observateur.
- En juin, juillet et août* le Lézard gris prend beaucoup de nourriture. Il saute pour capturer les Mouches au vol; il mange des Papillons, des Sauterelles, des fragments de Hannetons, des Lombrics, des Chenilles rases, etc....
- Nous venons de dire que la femelle creuse un trou dans la terre pour y déposer sa ponte ; c’est un pénible travail pour la petite bête qui doit parfois s’y prendre à plusieurs reprises. Si tout va bien, la femelle du Lézard gris peut creuser son trou et pondre en quelques heures. Au contraire, si elle roncontre des difficultés, elle ne pond que le lendemain ou même le surlendemain. En tout cas, la ponte, qui est de trois à sept ou huit œufs, est déposée dans un seul trou qui mesure de 10 à 20 cm de profondeur et est élargi vers le fond. Les oeufs sont placés au plus profond de l’excavation, les uns près des autres, mais non collés. Ensuite, la femelle, épuisée, prend un peu de repos, sort du trou et s’en va, sans plus s’occuper de ses œufs. L’entrée du trou ne tarde pas à s’obstruer naturellement.
- Deux mois après, les petits Lézards naissants se font un passage à l’orifice de leur trou d’éclosion et entrent dans le monde, déjà pourvus d’un grand instinct de conservation.
- M. Rollinat a fait éclore chez lui des œufs de Lézards gris en les plaçant dans une boite d’éclosion de son invention. Nous avons décrit cette boîte d’éclosion dans le nCT 2651 (24 janvier 1925) de La Nature. (Voir notre article sur le Lézard vert.)
- La difficulté consiste à veiller à ce que les œufs ne deviennent ni trop humides ni trop secs.
- Les œufs, du Lézard gris, qui ont une forme assez allongée et mesurent de 10 à 12 mm de longueur sur 5 à 6 mm de largeur, s’arrondissent et grossissent au fur et à mesure qu’ils approchent de leur éclosion.
- Pour sortir de sa prison blanche et parcheminée, le petit lézard la fend au moyen de sa dent caduque. Vif et vigoureux, le nouveau-né a de 56 à 65 mm de longueur totale. Il est tout à fait gracieux en sa robe brune qui porte deux lignes claires de chaque côté du corps; ces lignes se prolongent en un pointillé blanchâtre sur la queue. Les parties inférieures sont d’un blanc rosâtre ou bleuâtre à reflets métalliques. Quelques-uns ont déjà, du costume masculin, le dessus du corps marbré de brun foncé et l’interruption des lignes blanches latérales, tandis que d’autres ont un habit semblable à celui des femelles
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- 112 ... —— _rr LE LEZARD DES MURAILLES
- Fig. i. — Lézard des murailles ou lézard gris.
- avec lignes latérales blanches continues et fine bande médiane noire sur le dessus du corps. Ce n’est guère qu’à l’âge de trois ans que les Lézards mâle et femelle peuvent être facilement distingués d’après la seule vue de leur livrée.
- La dent caduque du Lézard gris, située à la mâchoire supérieure, est plus aiguë que celle du Lézard vert et beaucoup plus que celle de la Couleuvre à collier ; elle tombe du premier au septième jour après l'éclosion et généralement dès les premiers .jours, sinon dès les premières heures.
- Le petit Lézard gris a une croissance assez lente. A un an, le jeune sujet mesure 102 mm de lon-geur totale; à deux ans 115 mm. A trois ans, il mesure 136 mm (en moyenne).
- Les Lézards gris sont en état de se reproduire dans le courant de leur quatrième année, et même bien avant chez certains sujets élevés en captivité et copieusement nourris. v
- La première ponte de la jeune femelle est habituellement de trois œufs ; cette femelle a environ 142 mm de longueur totale (dont 90 mm pour la queue). . f:
- De février à novembre, le Lézard gris est en activité, car il est peu frileux, et même pendant l’hiver il s’empresse de sortir de sa demeure dès que le soleil brille, pour aller s’étendre sous les .rayons bienfaisants. Mais il faut pour cela que le petit animal ait établi son domicile dans un trou de rocher bien exposé. L’habitant d’un rocher (mal situé ou d’un trou de terre ne se montre pas qussi volontiers pendant les mois rigoureux. "
- Dans les contrées chaudes de l’Europe, il est probable que le Lézard des murailles n’hiberne pas; il est certain qu’en France cette espèce est la «plus vive de toutes.
- Ordinairement, les Lézards gris qui hivernent ensemble dans un trou de terre, s’empilent les uns sur les autres et à la fin de la mauvaise saisonMls sont souillés de boue séchée, il leur faut alors changer d’épiderme pour redevenir propres et jolis.
- Quoique les sujets privilégiés qui sortent de temps à autre pendant l’hiver prennent un peu de nourriture, d'une manière générale le Lézard gris ne s’alimente pas au cours de l’hibernage. Il vit
- alors sur ses réserves de graisse, réserves constituées par deux masses de graisse, d’un jaune plus ou moins foncé, arrondies et aplaties, placées de chaque côté de la partie postérieure de l’abdomen. A la fin de la belle saison, ces masses de graisse sont volumineuses, elles se résorbent plus ou moins pendant les mois d’hiver et achèvent de se dissoudre au printemps lors du développement des organes de la reproduction, mais sans jamais disparaître totalement; en juin, elles sont très petites, mais en juillet elles recommencent à grossir rapidement.
- Autrefois, les Lézards ont joué des rôles imprévus dans là thérapeutique. On faisait du bouillon de Lézards, des cendres dé Lézards pour guérir les maux d’yeux, de l’huile de Lézards pour combattre la chute des cheveux. Et pour se préserver de certaines maladies, il était recommandé de porter sur soi des anneaux de fil d’or ou d’argent qui avaient été déposés dans des bocaux renfermant des Lézards « qu’on avait eu soin de relâcher le neuvième jour ».... Gessner a laissé de nombreuses recettes de ce genre effarant. Et l’on a lieu de supposer qu’un grand nombre de Lézards périssaient dans les officines des alchimistes.
- Si nos petits Sauriens n’ont plus à redouter un tel danger depuis longtemps, il n’en est pas moins vrai qu’aujourd’hui encore le Lézard gris a beaucoup d’ennemis. Dans son jeune âge, il est l’une des proies favorites des jeunes Yipères et de quelques Couleuvres. Adulte, il est convoité par la Belette, la Musaraigne, les Rapaces diurnes et les grandes Couleuvres, sans parler des Chats déjà cités.
- Parce qu’il mange une quantité appréciable d’insectes nuisibles, le Lézard est utile à l’Agriculture et à l’hygiène publique. Ses mœurs sont intéressantes à observer pour le naturaliste comme pour l’ami de la(nature, curieux de psychologie animale. Toutes ces raisons nous commandent de protéger le charmant Lézard gris.
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- I Fig. 2. — Tête du lézard gris.
- Le Gérant • P. Masson. — Imprimerie UmniE, 9, rue fie Fleuras, Paris. — 1926.
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- N° 2733
- SOMMAIRE :
- Les meubles rustiques de France : M. Bousquet»
- Jean Darcet : E. Doublet. — La voie ferrée Nice-Corn" : Eugène Touche. Académie des Sciences : Paul B.
- Les cartes magnétiques de France et leur révision actuelle : Albert Baldit.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée : Automobilisme, etc. — Variétés. — Boîte aux lettres.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
- MASSON ET Cie, Editeurs. r Dollars . . . 0,06
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- LA NATURE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ, fondé par Gaston TISSANDIER MASSON et C‘% Éditeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T{. C. : Seine 15.234)
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- L’èVotution d’un principe...
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- LA NATURE.
- — N° 2733.
- = 21 AOUT 1926
- LES MEUBLES RUSTIQUES DE FRANCE
- Depuis quelques années et surtout depuis la guerre, on remet en honneur bien des meubles et des objets : tissus, dentelles, poteries, etc., qui tenaient à la vie rustique et intime des paysans de l’ancienne France. Ces meubles et ces objets, fabriqués jusqu’au cours du siècle dernier, dont chaque famille paysanne s’entourait par nécessité, sont à la fois les témoins de l’existence laborieuse de celle-ci, et le reflet le plus continu, le plus subtil de ses pensées, de ses goûts, enfin des coutumes traditionnelles auxquelles elle obéissait autant par instinct que par habitude. Il n’y a pas qu’une séduction dans la naïveté d’expression, dans la sobriété de ligne, parfois encore dans l’exubérance du décor, mais aussi les caractères et les nuances d’un Art décoratif original, d’un esprit et d’une tradition — à part quelques rares exceptions — bien français.
- La grande variété de modèles, la complexité des influences de régions à régions comme aussi les fantaisies des artisans qui se produisaient même au sein d’une province, font qu’il faut avoir des connaissances spéciales et une expérience consommée pour ne pas commettre de graves erreurs dans le discernement de ces ameublements régionaux. D'abord que faut-il entendre par cette expression « meubles régionaux » ? Quoi que l’on en dise, elle est toute conventionnelle, et la « géographie » du meuble, comme le dit le critique d’art M. K. Bayard, est bien fragile, car il suffit de visiter des Musées régionaux pour constater que ces meubles sont essentiellement
- et partout représentés par une armoire à portes pleines, un vaisselier, des bas de buffets, une horloge à gaine, des sièges de paille, etc., le tout appartenant ou semblant appartenir, non pas à des époques différentes, mais plutôt au xvme siècle, avec des airs vaguement Louis XV, — style d’ailleurs le plus français, — et que finalement les meubles de régions différentes se ressemblent d’une façon parfois profonde.
- Aussi ne peut-on dire qu’il y a un style breton, un style normand, un style proven-
- 54* Année. — 2° Semestre.
- big. 2. — Pannetière provençale. (.Au-dessous, le pétrin.)
- Fig. u
- Lit breton à 2 étages.
- çal, etc., mais un art breton, un art normand, un art provençal, dont l’ensemble forme cet «Art rustique», expression employée avec plus de sens et aussi avec profit par les antiquaires et les fabricants de meubles. Et ne sont très caractéristiques et vraiment régionaux, à notre avis, que le lit breton et la pannetière provençale.
- On connaît, soit pour avoir parcouru la Bretagne, soit par la vue de cartes illustrées, le lit breton j sorte d’armoire à dormir : couchettes superposées que ferme une porte à claire-voie ou des rideaux, dont l’ornementation et la sculpture font la joie des amateurs de régionalisme. 11 faut être marin comme on l’est en ce pays pour avoir inventé ce lit rappelant si bien les couchettes des bateaux, mais le fait est que, sauf erreur, on n’en voit nulle part ailleurs. Peut-être, vu la crise et la cherté des logements, est-ce le lit de l’avenir? Egalement régionale, bien que d’inspiration italienne, la pannetière, petite armoire à claire-voie suspendue en Provence au-dessus du pétrin qui lui 11’a rien de provençal.
- Pour les autres meubles, il faut convenir que malgré leurs variantes, sans doute rarement reproduites exactement, parce que ducs à leur adaptation à un désir ou à une préférence, à telle commodité ou à une nécessité d’usage intérieur, ils ont un air de parenté. Prenons, par exemple, la grande armoire qui est avec le lit la pièce principale de tous les mobiliers, celle queda jeune mariée apportait en dot pour y serrer son trousseau. Sous des appellations diverses : corbeille de mariage en Normandie, cabinet en Bretagne, lingère dans/ le Sud-Ouest, garde-robe en Provence, etc., offre-t-elle véritablement de décisives différences d’aspect? N’a-t-elle pas sensiblement les mêmes lignes, la même silhouette, les mêmes proportions dans toutes ces régions? Des différences dans la sculpture, l’ornementation, oui, et encore pas aussi frappantes que l’on pourrait croire, car il suffit à une personne quelconque — nous ne dirons pas à un critique d’art — de voir une de ces armoires, d’où qu’elle vienne, pour la qualifier de « Normande », et c'est en effet, le seul nom qu’elle porte dans le faubourg Saint-Antoine, où l’on s’y connaît.
- On peut en dire autant du vaisselier-égouttoir,
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- 114 rrr—...._-u:_ LES MEUBLES RUSTIQUES DE FRANCE
- du buffet et des autres pièces du mobilier régional pour la distinction desquelles, il faut, nous le répétons, un œil parfaitement exercé, voire une oreille, ajoutent certaines personnes parce que les meubles provençaux quand ils craquent auraient fassent. Mais ceci est une grosse galéjade et il vaut mieux chercher ailleurs les causes ou les raisons de cette ressemblance.
- Ce serait une erreur de croire à l’origine ancienne du meuble régional. Pendant longtemps, le moyen âge l’a presque ignoré. Ce fait assez curieux à première vue s’explique par l'insécurité du pays encore sous le coup des bouleversements causés par l’invasion des barbares ; on se déplaçait fréquemment et dans ces conditions, on ne pouvait songer à une installation familiale sédentaire. Aussi se bornait-on à confectionner des coffres assez grossiers dont les plateaux étaient débités à la cognée et au couteau, car on avait aussi perdu l’usage de la scie cependant connue des Romains. Ces coffres, parfois de très grandes dimensions et que des ferrures très lourdes et compliquées consolidaient, servaient alors à tous les usages, on y empilait les « hardes », les objets usuels et même la literie, que l’on faisait ainsi transporter par des bêtes de somme. À l’arrivée, le colïre servait de banc, de table et même souvent de lit : c’était la « cantine » d’alors. Placé debout, il devenait armoire; superposait-on. deux coffres l’un sur l'autre, on avait un buffet ou une armoirq à deux corps. Et ce grand coffre, bon à tout, deviendra même si populaire que les farces et les comédies des xvie et xvn° siècles en useront et en abuseront pour y cacher les amoureux surpris.
- Mais ces adaptations du colïre qui prendront, à la longue, leur forme propre et leur dénomination spécifique, seront faites en premier lieu par les monastères, lesquels avaient dans leurs attributions séculières un atelier d’ébénislcrie. Or il est établi par des documents que les moines ébénistes de ces ateliers qui travaillaient pour la Communauté et pour l'Eglise, et plus tard pour les seigneurs et les bourgeois qui recouraient à leur fabrication régulière et soignée, exécutaient leurs travaux quels qu’ils soient, non d’après des données régionales, mais d’après des dessins et des directives émanant de leurs supérieurs; de sorte que les mêmes meubles étaient faits dans Lous les couvents appartenant aux mêmes ordres, dans toute la France. Il arrivait même que les moines d’une région la quittaient pour aller dans une autre, siège de leur couvent principal, et après une assez longue période revenaient s’y installer, rapportant avec les procédés de fabrication, le genre de décoration de la seconde.
- C’est le cas, d’après M. Lalo, des moines de l’abbaye de Cluny qui ont ainsi transporté en Vendée bien des motifs de décoration bourguignonne.
- Peu à peu ces ateliers religieux prenant de l’importance sont amenés à se faire aider par des laïcs, lesquels à leur tour se mettront à travailler pour leur compte et dans leurs ateliers placés pour plus de sécurité autour des monastères et des abbayes,
- ils s’inspireront d’abord et pour cause des articles fabriqués par les moines. Il en a été ainsi, aux temps médiévaux, de la peinture et de la sculpture. Ces premiers artisans constitueront plus tard des corporations et au xvii3 siècle, pour mettre fin aux réclamations et aux rivalités de divers corps de métiers, des statuts interviennent invitant les charpentiers de grande et de petite cognée à cesser de fabriquer des meubles et reconnaissant aux huchiers (qui ajouteront par la suite à leur nom celui de menuisiers) le droit de faire avec les portes, fenêtres et volets des châteaux, manoir et fermes, le mobilier encore restreint de ces demeures, c’est-à-dire les bahuts, puis les dressoirs. Eux seuls auront encore le droit d’exécuter pour le compte des religieux, les stalles de chœurs et les meubles des salles capitulaires.
- Au début, leurs meubles seront dépourvus de sculptures, seulement recouverts de peintures sur toile, ou à même le bois et d’appliques de ferronnerie. Mais au cours du xive siècle, le confort et l'aisance se répandant, la sculpture prend de l’essor et le mobilier familial se développe et se complète. Suivant les régions ou plutôt selon l’essence de bois dominant : chêne, merisier ou noyer, cette sculpture et cette ornementation seront simples ou compliquées.
- Aux xve et xvie siècles, il n’y a pas seulement que des artisans citadins, mais également des artisans ruraux. Si les meubles de ceux-ci, bien qu’inspirés de ceux des premiers, sont travaillés avec moins de perfection et plus sobrement sculptés, leur simplicité, leur puissance et même leur naïveté ont malgré tout du caractère et parfois indiquent, mieux que ceux des villes, la facture particulière et traditionnelle des artisans d’une région. Ils sont dès lors les plus intéressants au point de vue ethnographique, car si les artisans citadins, qui comprenaient souvent de véritables artistes, s’inspiraient surtout des cartons ou des dessins provenant de centres importants de sculptures comme Rouen, pour la Normandie, Arles pour la Provence, Dijon pour la Bourgogne, etc., et ainsi adoptaient les [caractéristiques des styles principaux qui se succédaient, par contre, les artisans ruraux se transmettent le plus souvent de père en fils leurs gabarits et leurs motifs décoratifs, motifs inspirés eux-mêmes des goûts traditionnels des paysans, leur seule clientèle.
- De ce fait, il résultera une stabilisation de la forme, qui permet de mieux saisir les différences existant entre des meubles non seulement de diverses régions, mais même d’une même région, et de cette façon, d’établir rétrospectivement les goûts, les usages, en un mot, la psychologie des habitants d’une contrée, mais qui, par contre, embarrasse beaucoup pour préciser exactement l'époque d’un meuble donné. En effet, les artisans ruraux vont continuer, par exemple, à fabriquer des armoires de style Louis XIV à la fin de l’époque Louis XV, et Mes armoires Louis XV à la fin de l’époque Louis XVI, etc., il en est de même des bahuts.
- Cette routine ou cette façon de faire, si l’on pré-
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- LES MEUBLES RUSTIQUES DE FRANCE
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- [ère, explique ainsi l’existence de certains meubles de transition malaisés à classer. Un artisan rural remarquait-il au cours d’un voyage à la ville voisine, une armoire Louis XV, que, par la suite, il ornait d’un ou plusieurs mol ifs de ce style les armoires Louis XIY qu’il avait l'habitude de faire. D’oii une hybridité de style, laquelle parfois constitue une réalisation amusante, mais déroute, et dont il faut se souvenir quand on examine un meuble campagnard.
- Ainsi donc, deux catégories de meubles ont été fabriquées dans toutes nos provinces : 1° ceux exécutés à la ville par des artisans qui disposaient de spécialistes pour les parties sculptées; leur travail : mouluration et sculpture, est admirablement fouillé, les lignes sont souples et les contours harmonieux. Ces meubles de pur style, puisqu’ils s’inspiraient, de
- tk
- ... v. i. •W'ÿ
- Fig. 3. — Armoires : A, provençale. B, normande.
- sont gracieux et extrêmement
- « fignolés
- epoque, suivant
- l’expression actuelle; parfois signés, ils constituent des pièces extrêmement rares ; 2° ceux exécutés dans les villages, d’une réalisation moins parfaite parce qu’on n’avait ni les outils, ni la « main » pour établir le meuble plaisant , d’une ornementation à la fois plus composite et plus primitive dans l'ensemble parce que l’évolution des styles est suivie à distance quand elle n’est pas partielle. Mais si ces meubles vraiment rustiques, d’une origine commune, et pour lesquels l’ornementation seule varie selon la région : question de terroir, de goût., d’influence extérieure, etc., sont plus frustes, du moins ne sont-ils pas sans charme et l’on comprend ce goût quasi général vers ces souvenirs du passé de chacune de nos vieilles
- Fig. 4. — Buffets-vaisseliers : A. normand. B, bourguignon.
- provinces. Plus autochtones que les premiers, ce sont aussi ceux qui présentent le plus d’intérêt.
- De ce retour en arrière dont il y a lieu de se féliciter, il semble résulter que le public répugne à suivre dans leurs tendances novatrices certains artistes décorateurs dont les productions à l’Exposition des Arts décoratifs montraient, avec l’oubli complet et voulu du passé, un immense effort, pour forcer l’éclosion très hypothétique, croyons-nous, d’un style indépendant.
- Toutefois à l’égard de ces meubles rustiques, il est bon de souligner qu’il est parfois osé de les grouper dans nos appariements urbains, aux dimensions exiguës, aux murs cl plafond par trop ornés. Conçais pour le genre de vie d’autrefois, il est évident qu’ils donneront une note plus originale et une intimité plus plaisante dans un logis campagnard. Il est vrai aussi que c'est là une question de goût et de mesure, qualités que la femme d’aujourd’hui possède au plus haut point et avec un sens intuitif très vif qui lui permet d’éviter souvent un anachronisme et presque toujours une note discordante.
- Comment discerner Un meuble ancien d’un autre de fabrication récente, souvent truqué, maquillé et parfois snrdécoré ? Quelques caractères permettent de faire cette distinction, du moins dans la mesure du possible : au point de vue de la technique, de la facture en un mot, c’est la perfection des assemblages et des join-tements; c'cst encore la beauté et l’épaisseur du bois mis en œuvre; au point de vue de l’architecture générale du meuble et de sa déco
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- 116 —......: JEAN DARCET
- ration, c’est à la fois lin mélange de robustesse un peu massive et d’élégance ; ce sont des lignes tracées d’une main sûre et avec « chic ». Quant aux ornements, sauf pour les meubles tout àfaitbanals, ils sont toujours de sculpture fine et légère, et ils s’harmonisent entre eux, soit avec l’ensemble ou avec les parties du meuble dont ils font ressortir et mettent en valeur le galbe. Pour le surplus, nous engageons vivement les personnes, que ce vaste sujet de l’Art rustique de France intéresse, à lire les différents numéros qu’a consacrés et consacre aux vieux meubles de nos provinces la belle revue Vie à la campagne.
- C’est une série d’études remarquables par la documentation et par l’illustration.
- Elles peuvent aussi consulter les ouvrages que nous citons ci-dessous. M. Bousquet.
- Bidliographie. — Diderot, Encyclopédie. — Bo.nxafi*, Le Meuble en France au xvie siècle. — Champeaux, Le Meuble.
- — E. Bayard, Les Meubles rustiques régionaux de France .
- — De Fei.ice, Le Meuble français sous Louis AT. — Bayard, Dictionnaire de VAmeublement et de la Décoration.
- — Las Cases, L’Art rustique en Bretagne. — Géi.is, Le mobilier alsacien (album). — Colas, Le mobilier basque (album). — Germain, Le mobilier bressan (album). — Darde, Le mobilier breton (album). — Le Clerc, Le mobilier normand (album), etc.
- La Science en Famille.
- JEAN DARCET
- L’homme dont nous venons d’écrire le nom a rendu des services immenses à la science et à l’industrie. Comme il est né le 7 septembre 1725, il nous semble tout naturel de chercher à honorer sa mémoire.
- Son pays natal était le village de Doazit, qui se trouve dans le département des Landes, canton de Mugron, et dont la population actuelle est d’environ 1200 habitants.
- Son père était un magistrat très intègre et très capable, mais, en même temps, un homme de la plus grande austérité, son fds eut à en souffrir.
- Le jeune Darcet commença ses études au collège d’Aire, et les termina à Bordeaux. Ces études durent être excellentes, on verra bientôt pourquoi.
- Quand il fut sorti du collège, il refusa d’obéir à la volonté paternelle et d’étudier le droit pour se préparer à entrer, lui aussi, dans la magistrature. Son père s’en irrita, et, comme il était devenu veuf et s’élait remarié, l’influence d’une mère ne vint point calmer l’irritation du jeune homme qui fut mis en demeure d’obéir, sous peine d’ètre déshérité; mais Jean Darcet n’hésita pas à renoncer aux biens sur lesquels il était en droit de compter, et qui passeront à un frère issu du second mariage de son père. Ajoutons, à l’éloge de celui qui nous occupe, que, par la suite, il se réconcilia avec sa famille.
- Mais, pour commencer, il fallait vivre, et c’était chose difficile. 11 commença par enseigner le latin aux enfants d’un savetier, mais il ne tarda pas à avoir un élève appartenant à une toute autre catégorie sociale, et, en 1742, à l’âge de 17 ans, nous le trouvons précepteur du fils de Montesquieu. Assurément, un tel homme n’avait pas choisi à la légère l’instituteur de son fils, et, à l’âge où on est encore écolier, au moins le plus souvent, Darcet devait avoir fait preuve de connaissances étendues et d’un sérieux précoce.
- Tout en instruisant le fils, il était le collaborateur du père. Montesquieu avait besoin d’un aide qui lui recueillit les matériaux qui lui servirent à composer YEsprit des Lois. Cet aide fut Darcet. Aussi, était-il enthousiaste de ce grand ouvrage, qu’il savait presque par cœur.
- Les fréquents séjours de Montesquieu à Paris pendant les dernières années de sa vie facilitèrent à Darcet l’étude de la médecine et de la chimie. D’autre part, on sait qu’au commencement de sa carrière, l’illuslre président s’était beaucoup occupé de sciences naturelles et,
- qu’il avait rêvé d’écrire une Histoire physique de la Terre ancienne et moderne, ouvrage pour lequel il lui aurait fallu une masse énorme de renseignements qu’il demanda sans succès à ceux qui auraient pu les lui fournir (').
- On peut présumer que Montesquieu revenait volontiers à l’occasion, sur ce grand sujet de l’origine et des transformations de notre globe, auquel il avait porté tant d’intérêt dans sa jeunesse, et que ses conversations ont eu quelque influence sur les futurs travaux de son secrétaire.
- Quoi qu’il en soit, Darcet publia une édition du Traité des questions naturelles de Sénèque, ouvrage très curieux, car son auteur y a pressenti bien des découvertes qui ne devaient être faites que longtemps après sa mort, notamment celle du Nouveau Monde, celle du mouvement de la Terre, et celle de la périodicité des comètes : « La postérité, s’écrie-t-il, s’étonnera parce que nous aurons ignoré des choses si évidentes ! ».
- Montesquieu mourut le 10 février 1755. À ce moment suprême, Darcet lui rendit un grand service.
- Le philosophe avait reçu les sacrements de l’Eglise, et à un confesseur qui lui demandait s’il reconnaissait combien Dieu est grand, il répondit : « Oui, et aussi combien les hommes sont petits! » Gela ne suffit point à ce moine, qui, par excès de zèle, voulut qu’on lui remit la clef du cabinet où se trouvaient les manuscrits de l’illuslre défunt, avec l’intention déclarée de détruire ceux qui lui conviendraient. La famille de Montesquieu hésitait, et ce fut Darcet qui prit la défense de son ami
- 1. Dans celle Histoire physique de la Terre ancienne et moderne, il aurait donné « celle de tous les changements qui lui sont arrivés, tant généraux que particuliers, soit par les tremblements de terre, inondations et autres causes ; avec une description exacte des différents progrès de la terre et de la mer, de la formation et de la perte des îles, des rivières, des montagnes, des vallées, golfes, lacs, détroits, caps, et de tous leurs changements, des ouvrages faits de main d’homme qui ont donné une nouvelle face à la terre, des principaux canaux qui ont servi à joindre les mers et les grands fleuves, des mutations arrivées dans la nature du terrain et la constitution de l’air, des mines nouvelles ou perdues; de la destruction des forêts, îles déserts formés par les pestes, les guerres et les autres fléaux, avec la cause physique de tous ces effets, et des remarques critiques sur ceux qui se trouveront faux ou suspects. »
- Par une note insérée au Journal des savants, il avait demandé qu’on lui facilitât son entreprise par l’envoi de documents, mais son appel passa inaperçu.
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- JEAN DARCET
- mort. Il n’hésita pas à se colleter avec le confesseur et la victoire lui resta. Les manuscrits furent sauvés, et un siècle et demi plus tard, les descendants du philosophe les ont publiés, sans autre suppression que celle de quelques lignes qui leur ont semblé trop sentir leur xvni6 siècle.
- Pendant qu’il vivait auprès de Montesquieu, soit à La IJrède, soit à Paris, Darcct avait eu naturellement des relations avec des personnages appartenant à une catégorie sociale bien au-dessus de la sienne. C’est ainsi qu’il se lia avec un grand seigneur, le comte, plus tard duc de Lauraguais, qui avait un vif goût pour les sciences. Darcet était lié d’une vive amitié avec un médecin qui était son compatriote, [le docteur Roux (*), et celui-ci l’avait mis en relation avec Montesquieu. M. de Lauraguais apprécia les deux amis, dont il disait : « Roux avait cet esprit qui annonce de la capacité, mais il était atrabilaire. Darcet était bon, simple et gai. Je demandai son. amitié à Roux, mais je donnai la mienne à Darcet; et, dès ce moment, nous fûmes inséparables ». Le grand seigneur et son modeste ami devaient siéger à côté l’un de l'autre sur les bancs de l’Académie des sciences.
- Mais', en 175G, la guerre éclata et M. de Lauraguais, colonel d’un régiment, dut se rendre à l’armée. Darcet l’y suivit (nous ne savons à quel titre), et assista à la bataille de llastenbeck (2(1 juillet 1757), où le maréchal d’Eslrées, secondé par Chevert, vainquit les Anglais commandés par le duc de Cumberland.
- Darcet se conduisit comme un vieux soldat. A un certain moment, son cheval, couvert de terre par le ricochet d’un boulet, l’emporta au plus fort de la mêlée, et il ne chercha pas à s’en tirer : « Je n’y serais pas venu, dit-il, mais puisque j’y suis, je veux y rester ».
- Mais ce voyage ne fut pas, pour Darcet et même pour son ami, exclusivement guerrier. En '1757, faisant la campagne du Hanovre, ils profitèrent de l’occasion pour visiter les mines du Hartz. « Ils passèrent plusieurs jours sous terre, dit Lauraguais, en ayant soin de s’informer de temps en temps de ce qui se passait au-dessus (1 2). »
- Ce n’était pas une précaution inutile, car, pendant que les deux amis visitaient les mines, le maréchal de Soubise avait perdu la bataille de Rosbach. Lauraguais et Darcet se hâtèrent de rejoindre leur corps et arrivèrent à temps pour assister à la défaite de Crevelt. A. cette bataille, le régiment du premier fut presque complètement détruit, et son chef cessa de prendre part à la campagne. H revint en France, et, conjointement avec Darcet, se consacra à des études de chimie.
- Vers le milieu du xvm° siècle, dans toute l’Europe, on recherchait les moyens d’arriver à faire de la porcelaine aussi belle qu’en Chine ou au Japon. C’était l’époque oit vivaient, en Angleterre, Wedgwood, en Saxe, Bottger.
- 1. Augustin Roux, né à Bordeaux, le 26 janvier 1726, mort à Paris, le 28 juin 1776. Il fit d’excellentes études dans sa ville natale, mais refusa de se soumettre à la volonté de ses parents, qui étaient pauvres, et désiraient le voir entrer dans les ordres, ce qui, pensaienL-ils, le mettrait plutôt en état, de leur venir en aide. Il préféra étudier la médecine et grâce en partie à la protection de Montesquieu, parcourut une belle carrière. Nommé en 1770 professeur à la Faculté de médecine de Paris, il fit des leçons extrêmement brillantes ; mais, par malheur, l’excès du travail abrégea sa vie et il mourut à l’àge de 50 ans.
- 2. Montesquieu avait visité ces mêmes mines du Hartz vers 1750 et cette visite avait été pour lui l’occasion de recueillir des notes intéressantes qui ont été publiées en 1894 seulement. Darcet les connaissait sans aucun doute, et c’est ce qui explique, qu’à son tour, il est tenu à faire cette exploration instructive et curieuse.
- En France, Réaumur et plusieurs autres marchaient sur les traces de Bernard Palissy, mais sans grand succès, semble-t-il. M. de Lauraguais et son ami Darcet furent plus heureux. Ils travaillèrent avec une patience admirable, et avec un esprit méthodique qui ne l’é'ait pas moins. Ils ne laissèrent rien au hasard, et examinèrent successivement plus de deux cents espèces de terre, qu’ils combinèrent successivement deux à deux, trois à trois, etc. Ces mélanges, ils les soumirent à l’action du feu, dans toutes les circonstances imaginables, et ils arrivèrent à découvrir la véritable composition de la porcelaine. H va sans dire que, sans la grande fortune de M. de Lauraguais, des essais aussi coûteux n’eussent pas été possibles, non plus que les expériences par lesquelles Darcet prouva que le diamant peut se volatiliser.
- Darcet publia, deux mémoires où il décrivit ses opérations et les résultats qu’elles avaient donnés. Ajoutons que la découverte de gisements abondants de kaolin auprès d’Alençon, puis de Saint-Vrieix (') permirent aux procédés inventés par le chimiste d’entrer dans la pratique de la grande industrie.
- Parmi ceux qui suivirent avec le plus d’intérêt les travaux de Darcet, il faut nommer son contemporain, le chimiste Macquer, qui dirigeait la fabrique de porcelaine établie d’abord au château de Vincennes et transportée en 175(5 à Sèvres, où clic se trouve encore, dans un bâtiment nouveau, il est vrai (-). On sait d’ailleurs que le bâtiment primitif subsiste et est devenu l’Ecole Normale supérieure dejeunes filles. Cela était d’autant plus beau que Macquer, avait, comme c’était son devoir, fait des travaux analogues à ceux de Darcet.
- 11 ne faut donc pas s’étonner que ce dernier, à la mort de Macquer (1784), l’ait remplacé à Sèvres, ainsi qu’à l’Académie, dontM. de Lauraguais faisait partiedepuis 1758. Il y était entré à l’âge de 25 ans. et devait vivre jusqu’en 1824.
- A Sèvres, Darcet continua ses travaux sur la fabrication de la porcelaine et réussit à l’améliorer beaucoup. Sous sa direction, on réussit à cuire d’une seule pièce de très grands vases. Avant lui, ces vases étaient divisés en plusieurs parties qu’on faisait cuire séparément et qu’on réunissait ensuite. D’autre part, les fours furent perfectionnés, et on arriva à donner aux peintures ornant les produits de la manufacture plus d’éclat, et des nuances plus nombreuses, et plus délicatement graduées.
- Cela ne suffisait pas d’ailleurs à son activité, et à cette époque de sa vie remontent des travaux d’un tout autre ordre, notamment sur les moyens d’extraire la soude artificielle de sel marin, sur la fabrication des savons et sur l’extradion de la matière nutritive que contiennent les os. Les résultats de ce dernier travail furent appliqués en grand, pendant la première moitié du xixe siècle ; les sociétés philanthropiques distribuaient aux pauvres des soupes dont l’élément principal était Yosséine.
- 1. Nous ne devons pas oublier de mentionner que c’est à un pharmacien de Bordeaux, Vilaris, qu’on doit d’avoir reconnu la véritable nature et les propriétés de l'argile trouvée à Saint-Yrieix. L’oftîcine de Ydaris existe encore, et, dans la vitrine d’une pharmacie voisine de l’église Saint-André, on peut voir un petit buste représentant le modeste apothicaire qui a rendu un si grand service à l’industrie française.
- 2. Il y a à Sèvres un Musée d’art céramique où l’on voit de véritables merveilles, sans égales au monde. Si elles étaient en Allemagne ou en Italie, nos snobs ne manqueraient pas de lés visiter, mais comme elles sont aux portes de Pans, la plupart des Parisiens ne les connaissent pas.
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- Darcet devait avoir l’héritage complet de Macquer. Il lui succéda au Collège de France comme ailleurs. Il ne fut peut-être pas un professeur très brillant, mais ses leçons profondes firent réfléchir ses auditeurs. Dans son discours d’ouverture, il appela leur attention sur l’histoire des montagnes et spécialement des Pyrénées, que la munificence du duc d’Orléans 0) l’avait mis à même d’étudier en 1774. Il comprit que ces montagnes, comme toutes les autres, s’abaissent continuellement et finiront par cesser d’exister; leurs débris alors joncheront les plaines dont elles auront élevé le niveau, à moins que les lleuves ne les transportent, grain de sable par grain de sable, à l’Océan où ces sables forment des alluvions considérables. Dans peu de siècles, les vases de la Gironde et de la Charente auront réuni au continent les îles du littoral de la Saintonge. La relation que Darcet donna de son voyage aux Pyrénées a été traduite en allemand.
- 1. On a fait de nombreux reproches et très mérités à Philippe-Egalité; il est juste de tenir compte à sa mémoire de son goût pour les sciences auxquelles il n’a pas ménagé les encouragements. C’est ainsi qu’il a rendu possible à l’illustre et malheureux Nicolas Leblanc la création d’une usine où il appliqua en grand son procédé de fabrication de la soude. Le duc d’Orléans avait promis une subvention de 81)000 livres pour la fondation d'un observatoire au Pic, mais il fallut attendre un siècde.
- Ces relations avec le duc d’Orléans faillirent avoir des suites funestes pour Darcet. En 1795, il fut dénoncé comme orléaniste, et sans l’intervention de Fourcroy, il eût été probablement jugé et condamné par le tribunal révolutionnaire.
- Plus tard, Bonaparte le fit entrer au Sénat conservateur, mais il n’v siégea pas longtemps. Il mourut le 14 lévrier 1801.
- Darcet s’était marié en 1771 avec la tille de Rouelle, ce savant original dont le souvenir n’est pas tout à fait oublié à cause de ses bizarreries, et qui mériterait bien qu’on fit mention aussi de ses sentiments patriotiques ('). De ce mariage naquit un fils qui fut, lui aussi, un chimiste distingué et remplaça Berthollet à l’Académie des sciences. Marchant sur les traces de son père, il avait cherché à rendre plus facile l’alimentation des classes pauvres, et une note d’Arago, présentée à l’Académie en 1858, nous apprend que cet homme de valeur était alors lui-même dans une situation très pénible.
- E. Douiu.iiï.
- 1. Eu 1756, il avait proposé au gouvernement un moyen d'incendier sous l’eau les vaisseaux anglais, et même de détruire la ville de Londres par Je feu. 11 voulait d’ailleurs prendre une part personnelle à l’expédition. Si on l’avait écouté, peut-être, à l’heure actuelle, le Canada serait-il encore français.
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- Historique. — Eu 1900, on achevait en Italie une ligne de Coni au Col de Tende. Le gouvernement italien avait l’intention de la prolonger jusqu’à Vintimille en suivant la vallée de la Roya.
- Mais cette vallée traverse 5 communes françaises : Fontah, Saorge et Breil. Le gouvernement français, dont il fallait obtenir l’autorisation, ne pouvait raisonnablement laisser ces 3 communes sur une ligne italienne d’intérêt général, isolées économiquement du reste des Alpes-Maritimes et de la Provence.
- On ne pouvait accéder au désir de l’Italie, qu’en construisant en même temps, une ligne reliant l’enclave de Breil à un centre français, Nice par exemple.
- C’est ainsi que fut décidée la construction du chemin de fer de Nice à Coni.
- Ce n’est pas que le Nice-Coni fût une idée récente. On m’a signalé une vieille gravure d’avant le rattachement du Comté de Nice à la France, représentant le roi de Sardaigne tenant à la main un placet intitulé « Ligne de Nice à Coni, 1861 ». Des études en ont été faites depuis longtemps; on en retrouve de très vieilles dans les archives des Ponts et Chaussées des Alpes-Maritimes. Ce qui a déclenché sa réalisation, c’èst le désir des Italiens d’exécuter le Coni-Vintimille.
- Dans cette étude, ce que nous appellerons désormais « ligne principale », c’est le Nice-Coni et « embranchement », la voie ferrée qui s’en détache à Breil, pour descendre la Roya jusqu’à Yintimille.
- Une convention franco-italienne fut négociée en
- 1904. La ligne fut concédée à la Compagnie P.-L.-M. en 1906.. Les formalités administratives commencèrent immédiatement et le 1er lot de travaux fut adjugé en 1910.
- Les travaux, arrêtés par la guerre, ne sont pas encore terminés.
- La nouvelle ligne est remarquable par le pittoresque des régions qu’elle traverse ; elle a exigé un très grand nombre de travaux d’art, souvent fort audacieux ; enfin les difficultés rencontrées en cours d’exécution ajoutent à l’intérêt qu’elle présente tant pour les techniciens que pour les touristes.
- Indications générales. — La ligne de Nice à Coni a une longueur totale de 123 km, un embranchement de 21 km 5 vers Vintimille, s’en détache à Breil.
- La ligne principale, qui a son origine à la gare principale de Nice (km 0), remonte la vallée du Paillon jusqu’à l’Escarène (km 23), celle du Rede-braus sur 2 km, passe sous le Col de Braus, descend la vallée de la Révéra sur 5 km 5, passe en territoire italien, mais en souterrain, sous le Mont-Grazian, puis remonte la vallée de la Roya jusqu’à la frontière (km 58,7) après avoir décrit une boucle pour arriver à la cote fixée pour la jonction avec les chemins de fer italiens.
- De Nice (ait. 15 m.), on monte jusqu’au milieu du souterrain du Col de Braus (418 m.), puis on redescend jusqu’à la gare de Breil (304 m.) pour remonter jusqu’à la frontière (607 m.).
- La longueur de la partie construite par la Compagnie P.-L.-M. est d’environ 63 km, dont 4 km 3
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- sur l’embranchement et 2 km 5 en territoire italien, sous le Mont-Grazian.
- La ligne est à une seule voie, la déclivité maxima est de 0 m. 025 par mètre, les rayons des courbes sont d’au moins 500 m. On y rencontre de très nombreux ouvrages d’art; les principaux souterrains sont ceux du Col de Braus (5959 m.), du Mont-Grazian (5887 m.) et de Bergbe (1885 m.); ils sont à deux voies.
- Signalons que le souterrain du Col de Braus est actuellement le plus long entièrement en territoire français.
- On travaille maintenant entre Nice (km 4 lieu dit Bon-Voyage) et l’Escarène.
- L ’ i n f r astruc-ture (*) est à peu près terminée sur le reste, de la ligne.
- Les travaux ont été exécutés sous la haute direction de M. Séjourné, membre de l'Institut, sous-directeur de la Compagnie P.-
- L. -M., par M. l’Ingénieur en chef Martinet, puis
- M. l’Ingénieur en chef Bastien, avec comme principaux collaborateurs, M.JNi-vert, Ingénieur principal et M.
- Feuilly, Ingénieur.
- Aspect général des régions traversées. — Les Alpes-Maritimes commencent seulement à prendre dans le tourisme français la place qui leur est due. Je ne parle pas évidemment de la Côte d’Azur appréciée depuis longtemps, mais de l’arrière-pays. Il n’y a sur ces montagnes ni neiges éternelles, ni glaciers, mais beaucoup de coins pittoresques et de sommets d’où l’on jouit de panoramas magnifiques sur les Alpes et la Méditerranée. Grâce aux autocars, on commence à visiter cette région : Peira
- 1. Dans un chemin de fer, on distingue l’infrastructure (remblais, tranchées, souterrains, ponls et viaducs, etc.) et la superstructure (ballast, voie, bâtiments, signaux, etc.).
- Cava, station de sports d’hiver, Lucéram, le curieux village de Moulinet, l’Authion point culminant de la région, etc. Avec le chemin de fer, on accédera plus facilement à des centres comme Breil et Sôspel d’où le voyageur peut rayonner.
- Je n’énumérerai pas les curiosités à visiter; les guides sont faits pour cela. Les photos jointes à cette note donnent quelques aperçus de la région.
- Sur la figure 2, on voit, d’enfilade, la ligne sur la rive gauche de la Roy a entre Fontan et le souterrain en boucle de Berghe ; on arrive dans les schistes permien s à alternances violettes et verdâtres d’un curieux effet. La figure 5 montre la vallée de la Roya en aval de Breil ; on voit à la fois la ligne principale en haut (viaduc de Bancao), et l’embranchement sur Yinti-mille (viaduc des Eboulis) en bas.
- On ne s’étonne pas alors des difficultés rencontrées dans un pays aussi accidenté. Ce n'est pas qu’on ait rencontré des difficultés nouvelles, mais ce qu’il y a eu d’exceptionnel, c’est leur nombre et leur importance. Les éboulements ou glissements de terrains ont été innombrables ; d’où cette succession de murs de soutènement. Quand la ligne n’est pas en souterrain ou en viaduc, elle est entre deux murs : un mur de soutènement retenant la montagne d’un côté, un mur de pied soutenant la ligne de l’autre. On s’attendait à ce que le Nice-Coni fût difficile et coûteux. Il s’est révélé en cours d’exécution plus difficile et plus coûteux qu’on ne pensait.
- Au point de vue géologique, les vallées suivies sont en général dans le crétacé supérieur. De place en place, des falaises jurassiques émergent de ce crétacé et constituent des défilés pittoresques •
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- Or, ce sulfate de chaux présente au point de vue des travaux, trois inconvénients graves :
- 1° Il décompose les mortiers. Cette décomposition est due à la formation d’un complexe d’aluminate tricalcique (Àl20’,5Ca0 un des composants du ciment Portland) et de sulfate de chaux emprunté aux eaux ou aux terrains environnants. Ce complexe appelé sel de Candlot se forme en gonflant et c’est ce gonflement cjui désagrège les mortiers.
- 2° Le gypse, légèrement soluhle, sature les eaux en SO'Ca, et les rend dangereuses pour les mortiers. Mais par suite de cette dissolution lente, il se produit des cavernes dans le sous-sol ; d’où, des chances d ebou-lements d’autant plus graves qu’ils
- gorges du Paillon près de l’Esca-rène, gorges de la Bevera (fig. 6), de la Roya (fig. 5).
- Deux grandes exceptions : après Fontan, on est dans les schistes permiens déjà signalés; aux environs de Sospel, on est dans le trias. On y a rencontré des difficultés énormes.
- La traversée du Trias de Sospel. — C’est la partie héroïque de la ligne. Elle s’étend sur 1200 m. dans le souterrain du Col de Braus (côté Sospel), sur 4 km à l’extérieur.
- La partie souterraine est presque entièrement dans l’anhydrite (SORla) ; vers la tête Sospel du Souterrain, le gypse (S04Ca,2IP0) est apparent. Ailleurs, ce gypse constitue le sous-sol. Toutes les eaux qu’on rencontre sont séléniteuses.
- fig- 4-
- Viaduc de l'Escarène.
- peuvent se produire sous les ouvrages d’art dont, le poids surcharge le terrain.
- 3° L’anhydrite, qui, elle aussi, décompose les mortiers, est dangereuse pour une autre raison; en s’hydratant pour donner du gypse, elle gonfle énormément. D’où, une compression considérable des maçonneries ; par exemple, dans un souterrain, traversant l’anhydrite, le revêtement subit des pressions normales à sa surface extérieure pouvant amener des déformations, et même des ruptures de moellons.
- Empressons-nous d’ajouter qu’on est venu à bout de ces difficultés. Voici comment :
- 1° On évite la décomposition des mortiers en remplaçant le ciment
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- Fig. 5. — Montage du cintre du pont de Saorge.
- Portland par un ciment indécomposable. Le plus célèbre est le ciment fondu obtenu par fusion d’un mélange de calcaire et de bauxite (1). Il ne contient pas d’aluminate tricalcique; c’est peut-être la raison de son indécomposabilité. Je dis peut-être, car on n’est pas encore très renseigné sur la composition intime des liants hydrauliques et sur
- 1. Alors que le ciment Porllanrl est obtenu par cuisson jusqu’à ramollissement sans fusion d’un mélange de calcaire et d’argile. La bauxite, c’est de l’alumine cristallisée, avec des impuretés; c’est le minerai d’aluminium.
- les phénomènes qui se passent dans les mortiers. Mais ce qu’on peut dire, c’est que le ciment fondu soumis à des essais qui durent depuis 10 ans ne paraît pas se décomposer.
- L’emploi du ciment fondu ne dispense pas, quand on le peut, de mettre les maçonneries à l’abri des eaux séléniteuses ; en les entourant, par exemple, d'une chape de goudron.
- 2° On évite les conséquences de la dissolution du gypse sous l’ouvrage d’abord, en ne fondant que sur du gypse sec; ensuite, on constitue autour une défense à l’aide de barrages en maçonnerie indécomposable assez profonds, pour couper les veines liquides et les obliger à contourner l’ouvrage.
- 5° Pour le gonflement de l’anhy-drite, l’eau est encore l’ennemie. Le remède est à peu près le même que dans le cas précédent. 11 faut empêcher l’eau d’arriver près des ouvrages. Partout où l’on repère des sources, des suintements, on les capte et on les envoie dans des collecteurs où elles ne peuvent plus faire de mal.
- J’ai indiqué le principe des méthodes. Leur application nécessite beaucoup de tact, beaucoup d’études préliminaires pour connaître parfaitement le régime des eaux souter-I
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- Fig. 7. — Le pont de Sa orge.
- raines et mettre au point le dispositif qui protégera les ouvrages menacés.
- Aux environs de Breil, on a rencontré les mêmes difficultés, mais sur une moins grande échelle.
- Les grands ouvrages. — Dans un pays aussi accidenté, ils sont évidemment nombreux. Je ne citerai que les plus célèbres, tant par leur-importance que par les dispositions intéressantes et nouvelles qu'ils comportent.
- 1° Viaduc de l’Escarène (fig. 4).
- C’est le viaduc classique. Il traverse le Redebraus, affluent du Paillon, à l’entrée de la gare de l’Escarène. Il a 1 1 arches de 15 m. d’ouverture. Sa hauteur maxi-ma au-dessus du fond de la vallée est de 40 m. La plate-forme est en rampe de 25 mm par mètre.
- Comme dans la plupart des via-ducs modernes, les faces des piles ne sont pas planes, mais profilées suivant des paraboles dont la concavité est tournée vers le haut. Les voûtes ne sont pas des demi-cercles, mais des ellipses surhaussées; autrement dit, la flèche n’est pas égale à la moitié de l’ouverture, mais lui est légèrement supérieure.
- Ces dispositions assurent une meilleure répartition des matériaux, en vue de la résistance aux efforts supportés par les diverses parties de
- l’ouvrage. Ensuite, elles améliorent l’aspect du via-duc qui semble plus léger, plus élancé.
- 2J Pont sur la Bévera (fig. 6).
- Il s’agissait de traverser les gorges de la Bévera entre Sospel et le souterrain du Grazian, sous un angle très aigu. L’ouvrage qu’on a fait comporte 4 arches en maçonnerie de 8 m. et 2 travées métalliques de 45 m. L’appui intermédiaire est constitué par une ogive s’appuyant sur les flancs de la gorge. Pourquoi cette ogive au lieu d’une pile ordinaire? Parce que, comme on s’en rend compte sur la figure, une pile aurait barré le cours du torrent ici très étroit.
- I/ogive a 25 m. d’ouverture, 15 m. de flèche. Soft épaisseur aux naissances est T> m. 20.
- 5° Pont de Saorge (fig. 7).
- C’est l’ouvrage le plus hardi de la ligne; un arc surbaissé au 1/5 de 40 m. de portée, lancé entre les 2 rives à pic de la Boya à 50 m. de hauteur, un peu avant la gare de Fontan-Saorge.
- On devine quelles acrobaties il a fallu faire pour monter le cintre, c’est-à-dire l’échafaudage provisoire sur lequel la maçonnerie a été exécutée. Une passerelle suspendue a d’abord été lancée entre les 2 rives ainsi qu’un certain nombre de cables transporteurs. Les pièces du cintre étaient apportées par les câbles au-dessus de leurs emplacements définitifs et au-dessus du vide, les charpentiers boulonnaient les assemblages.
- La figure 5 donne une idée de cette manœuvre. On y voit, dans le fond, le village de Saorge.
- 4° Pont de Searassoui (fig. 8).
- C’est le premier ouvrage qu’on voit en venant d’Italie. Il comporte une arche monumentale de 48 m. de portée encadrée d’arches plus petites de 15 m. Il est en ellipse surhaussée, sa flèche est de 52 m. Il est à45 m. au-dessus de la Roya.
- C’est sur cet ouvrage que la ligne passe sur la rive droite de la Roya pour rentrer immédiatement dans le grand souterrain en boucle de Berghe.
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- La voûte est en pierre de Yillebois (Ain) qui résiste à 1480 kg par cinq,- alors que, d’après les calculs, les efforts maxima ne dépasseront pas 25 kg. On voit que ce pont, malgré sa hardiesse, comporte une marge de sécurité énorme.
- On construit en ce moment un ouvrage analogue entre la Grave de Peille et l’Escarène le pont d’Er-bossiera. Mais sa grande voûte n’a que 56 mètres.
- On n’a pu, dans cette courte notice, que donner une idée sommaire de ces grands travaux. Sans
- attendre l’ouverture prochaine de la ligne, on se rendra compte de ce qu’a été sa construction, en faisant en autocar l’excursion de Nice au Col de Tende ; on suit à peu près le tracé. Au cours d’un séjour toujours agréable sur la Côte d’Azur, c’est une jolie promenade qu’on ne regrettera pas.
- Eugèx-e Touche,
- Ancien élève de l'Ecole Polytechnique, Ingénieur de h Coni|j:ignie P.-L.-M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1926.
- Radiations et chlorophylle. —En s’inspirant de l’idée que tout pigment cellulaire est un produit de viviréaction, M. Jules Amar a entrepris une série de mesures qui l’amènent aux conclusions suivantes : Par sa couleur verte, le pigment des feuilles retient les radiations rouges qui sont les plus compatibles avec la persistance de la chlorophylle. Favorisant sa constitution physique et maintenant l’aspect de verdure qui lui est propre, elles aident à sa diffusion. De tous les pigments végétaux, le pigment chlorophyllien est celui qui réalise, au sein de la cellule, un travail régulier en tous ses points, et par l’absorption des radiations les moins réfrangildes du spectre lumineux.
- La possibilité de réaliser de hautes compressions sans anti-détonants. -- L’ensemble des premières notes que M. Dumanois a présentées à l’Académie des Sciences a été publié par La Nature, dans son numéro 2726. Nous prions le lecteur de bien vouloir s’y rapporter. C’est d.ms la séance du 51 mai que cet ingénieur a signalé le piston à « paliers » qui provoquent, à l’intérieur de la chambre de combustion, des discontinuités de section telles que, lorsque l’inflammation arrive à leur niveau, il se produise une détente brusque détruisant l’onde explosive si elle a pris naissance. Par un simple phénomène physique, il est ainsi possible de reculer la limite pratique de compression, sans l’emploi d’antidétonants.
- Les nouvelles sources radifères dans le Puy de Dôme.
- — La source de Chatèldon-Montagne, étudiée par M. A. Jacquet, présente un débit régulier de 140 litres à l’heure, à la température de 10°. La teneur en radium
- — émanation en millimicrocuries par litre 105,7 — dépasse de beaucoup celle de la source Lepape, de, Lucbon, et les recherches actuelles entreprises par ce chimiste montrent le parallélisme certain des filons de quartz radifère dans deux massifs cristallins encadrant la Limagne; ce qui laisse supposer que l’élément radifère est plus répandu qu’on ne pensait a priori.
- Les séismes du centre de la France, au cours de 1925. — Parmi les régions françaises qui, au point de vue séismique, ont été récemment troublées, M. J. Lacoste indique les contreforts nord et nord-ouest du Massif Central, pays vallonné dont l’altitude varie de 200 à 600 m. et qui alimente les affluents de la Loire, rive gauche. Pour le séisme du 26 septembre, ce sont les régions à grès argileux ou à micaschistes plissés qui ont été le plus frappées, sup une étendue qui touche à 12 dé-
- partements. Les plus grands effets ont été indiqués à Châteaumeillant (Cher) où l’ébranlement a été constaté par toute la population. Pour le séisme du 5 décembre, l’amplitude des vibrations enregistrées paraît de même grandeur que pour le précédent et, le 9 décembre, les effets du dernier tremblement ne se sont fait ressentir qu’aux sources du Gourdon et de la Bouzanne, et dans la vallée de l’Indre.
- Sur les Cinchonées de l'Afrique tropicale. — On connaît actuellement, dans celte partie du Continent noir, une vingtaine d’espèces de Rubiacées appartenant à la tribu des Cinchonées et se groupant en cinq tranches. M. Aug. Chevalier indique qu’elles vivent en trois zones climatiques différentes. Dans la zone des savanes arides et des forêts clairières, on peut signaler le genre Crossopteryx renfermant plusieurs espèces d’arbustes à écorce fébrifuge, alors que dix espèces connues vivent dans la grande forêt dense d’Afrique Equatoriale, depuis Sierra Leone jusqu’au Mayombe et du Gabon jusqu’à la région des Lacs. Enfin l’espèce Pseudo cinchona ufricana Chev. est assez commune dans la forêt de la Côte d’ivoire depuis la mer jusque dans l’hin-lerland de Libéria.
- Un nouvel hydrocarbure : le rubrène. — En chauffant, dans le vide et à l’abri de tout solvant, le chlorure de phényléthinyldiphénylméthyle, MM. Moureu, Dufraisse et P. Marshall Dean ont réussi, en éliminant l’acide HCl formé, à séparer un carbure d’hydrogène se présentant sous la forme do cristaux d’une magnifique couleur rouge orangé, fondant nettement à 351° et qu’ils ont dénommé rubrène. Ce nouveau pioduit se dissout dans la benzine, en donnant une liqueur rouge orangé douée d’une fluorescence jaune très intense.
- La formation des tubes luminescents à l’hélium. — M. Jacques Risler indique la difficulté que présente la construction de ces appareils, en raison de la nécessité d’éliminer les impuretés et d’isoler le gaz définitif. Il signale à ce sujet tout l’intérêt de la méthode de séparation de l'hélium, basée sur l’absorption sélective des gaz par les métaux alcalins et alcalino-terreux, signalée par Henri Moissan et étudiée particulièrement par Soddv. Le sodium et le calcium absorbent en effet, en une heure et par gramme : CO2 (175 ou 165 emc) : Az(155 ou 140) et 11(125 ou 150), contre 4 eme d’hélium et 6 de néon.
- Cette méthode offre un avantage indiscutable par suite de sa grande simplicité. Pavl B,
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- LES CARTES MAGNÉTIQUES DE FRANCE ET LEUR REVISION ACTUELLE
- Bien que nous possédions en France une des plus anciennes séries d’observations magnétiques — la déclinaison a été observée à Paris à partir de 1541 — l'établissement de cartes correctes des éléments magnétiques pour notre pays est l’œuvre de la seconde moilié du dernier siècle.
- L’historique en est très court. C’est à Lamont, directeur de l’observatoire de Munich, justement célèbre par ses travaux sur le magnétisme terrestre, que nous devons les premières cartes magnétiques de la France. Elles ont été tracées d’après les mesures effectuées en 44 stations (1856-1857). Les cartes de Perry, d’après les observations faites en 55 stations (1868-1869), et les cartes des lignes d’égale déclinaison de Marié-Davy, d’après 20 déterminations seulement (1875) ne marquent pas un progrès appréciable sur les premières.
- Celles que Moureaux a tracées pour le 1er janvier 1885 d’après les mesures effectuées en 80 stations (1884-1885), sont déjà plus complètes. Mais ce savant géophysicien se rend compte que les lignes isomagnétiques, c’est-à-dire les lignes d’égale valeur des éléments magnétiques, n’ont pas la régularité qu’on leur attribuait jusqu’alors, sur la foi d’un trop petit nombre de mesures. Il reprend en 1888 ses campagnes d’observation, et il réussit à couvrir la France d’un réseau qui comprend en 1895, 617 stations. Il donne le tracé des lignes d’égale déclinaison, d’égale inclinaison, et d’égale composante horizontale du champ terrestre rapportées au 1er janvier 1896, et il met définitivement en lumière des particularités remarquables, telles que l’anomalie de la région parisienne qui, au moment de sa découverte, en 1885, avait suscité parmi les physiciens une vive curiosité.
- À l’époque où elles ont paru, en 1898, les cartes de Moureaux pouvaient compter parmi les plus beaux travaux de cette nature, autant par leur exactitude que par les détails de leur tracé.
- Mais les éléments magnétiques varient assez rapidement, quoique inégalement vite. A l’heure actuelle la déclinaison, qui est occidentale, c’est-à-dire telle que le nord de l’aiguille aimantée tombe à l’ouest du nord géographique, diminue en France de 12' environ par an (voy. fig. 4). C’est une vitesse relativement considérable (1).
- Il est donc nécessaire de revoir périodiquement les cartes magnétiques. Deux méthodes se présentent : la méthode directe qui consiste à refaire les mesures sur le terrain dans toutes les stations, c’est-à-dire à opérer une réfection complète de la carte; nous en parlerons tout à l'heure plus longuement; la méthode indirecte ou provisoire, d’après
- 4. On trouvera clans les Annales de Physique du Globe que publie chaque année M. Ch. Maurain, depuis 1923, une grande quantité de renseignements intéressant la Physique du Globe, et en particulier le Magnétisme terrestre.
- laquelle on déduit les valeurs des éléments dans les différentes stations des valeurs obtenues directement en quelques stations seulement,
- La réfection complète d’une carte magnétique étant un travail considérable qui ne peut être entrepris que de loin en loin, on utilise le second procédé dans l’intervalle de deux réfections complètes.
- La méthode provisoire est basée sur l'emploi de stations permanentes chargées d’observer continuellement la marche des éléments magnétiques. Ces stations forment les nœuds principaux du réseau constitué par l’ensemble de toutes les stations de la carte.
- Si, depuis l’époque où la dernière carte a été refaite entièrement, on constate que les éléments magnétiques ont varié de la même quantité dans toutes les stations permanentes, on est en droit de conclure que les éléments ont varié de la même quantité dans les stations intermédiaires. On corrige donc de cette variation unique tous les éléments mesurés à l’époque de la carte primitive, et on trace une nouvelle carte dont l’exactitude ne laisse rien à désirer. La forme des lignes isomagnétiques n’a pas changé; on peut dire que seul leur numéro d’ordre a varié.
- Si les stations permanentes indiquent des variations qui ne sont pas les mêmes, mais dérivent les unes des autres par une loi simple, on en déduit par interpolation les variations pour les stations intermédiaires. Dans ce cas, non seulement les lignes d’égale valeur des éléments ont changé de numéro d’ordre, mais elles se sont déformées; leur tracé est plus délicat.
- Enfin, si les variations des stations permanentes paraissent n’obéir à aucune loi, l’incertitude est complète; il faut refaire la carte. Ce dernier cas peut se présenter lorsque les stations permanentes sont trop éloignées les unes des autres, ou lorsque leurs observations ont été interrompues pendant un certain temps.
- C’est dans le but de suivre ainsi pas à pas la déformation du champ magnétique en France, qu’avait été établi à partir de 1880 un réseau complet de stations dans les observatoires astronomiques de Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Toulouse, et dans certains observatoires météorologiques tels que ceux de Clermont-Ferrand, Nantes, Perpignan, le Pie-du Midi, avec une station centrale au Parc Saint-Maur. Et c’est, en principe, d’après cette méthode, qu’ont été tracées à partir de la carte de 1896, les cartes magnétiques de 1901, 1911, 1921, dont on trouve des reproductions dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes (voir fig. 2).
- Malheureusement la création de ces stations qui, dans l’esprit de leur promoteur, E. Mascart, étaient de véritables bases magnétiques, a été suivie dé près par l’extension du réseau des tramways électriques
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- à courant continu, et les observations magnétiques troublées parles courants de retour, dérivés dans le sol, ont dû être interrompues à peu près partout.
- Quelques rares observatoires, tels que ceux de Lyon (Saint-Genis-Laval) et de Nantes ont pu continuer à assurer une partie de leurs observations dans des conditions assez difficiles. En réalité, la station magnétique centrale du Val-Joyeux près de Yillepreux, qui a succédé à celle du Parc Saint-Maur, et qui a maintenu dans de bonnes conditions ses enregistrements et ses observations directes, constituait dans ces dernières années le seul repère permettant de suivre d’une manière continue la variation du champ magnétique en France.
- On comprend donc que nous nous trouvions dans une certaine incertitude sur le tracé exact des lignes isomagnétiques, trente années après l’achèvement de la carte de Moureaux de 1896, et qu’il était nécessaire de reprendre les mesures sur le terrain, c’est-à-dire de refaire directement la carte magnétique de la France.
- C'est cette tâche, d’un grand intérêt à la fois scientifique et pratique, que M. F. Mathias, directeur de l’Observatoire du Puy-de-Dôme, réalise actuellement (*) avec l’appui de l’Institut de Physique du Globe, de son directeur, M. Ch. Maurain, et des physiciens de cet Institut. L’œuvre est entreprise par
- 1. M. E. Mathias a exposé sa Goneeption du nouveau réseau magnétique de la France dans deux conférences insérées dans les Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones, n° 5, mai 1924, sous le titre, Le Nouveau réseau magnétique de la France. Une partie des renseignements donnés ici sont extraits de ces conférences.
- Fig. i. — Valeurs de la déclinaison magnétique à la station du Val-Joyeux au Ier janvier de chaque année depuis iqot.
- La courbe formée par des points avec échelle à gauche, représente la déclinaison magnétique. — La courbe en tirets (échelle de droite) montre la diminution moyenne de la déclinaison par année, depuis 1901.'
- la 6e section du Comité National de l’Union géodé-sique et géophysique internationale que préside M. D. Berthelot et qui a dans ses attributions le magnétisme terrestre et l’électricité atmosphérique.
- Les caractéristiques de la nouvelle carte dont les premières mesures ont été effectuées en 1921 et dont la partie, observations sur le terrain, sera achevée en 1926, peuvent se résumer en quelques mots : elle sera plus complète que la précédente, les mesures auront été exécutées dans le minimum de temps, et pendant une période de calme magnétique, trois conditions favorables à son exactitude.
- La carte magnétique de 1896 comprenait 617 stations; celle-ci en réunira un nombre au moins double : il en a été prévu 1440. Les stations magnétiques de la carte de 1896 distribuées régulièrement sur la totalité de notre territoire seraient à une distance les unes des autres de 29 km. Les stations du nouveau réseau réparties uniformément seraient éloignées seulement de 20 km.
- En réalité, la densité n’est pas uniforme. Elle est sensiblement plus grande dans les régions qui renferment des anomalies déjà connues, et dans celles qui présentent au point de vue magnétique un intérêt particulier.
- Les deux cartes partielles ci-contre montrent la différence de densité des deux réseaux. Les points indiquent les emplacements des stations magnétiques anciennes (fig. 5) et nouvelles (fig. 4), dans 21 départements du Sud-Est de la France. Dans ces 21 départements le réseau de 1896 comprenait 89 stations ; le réseau nouveau en renferme 226, soit deux fois et demie autant.
- L’augmentation du nombre des stations s’imposait pour plusieurs
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- CARTE MAGNÉTIQUE DE LA FRANCE
- 1 Déclinaison u IerJanvter 1921
- Fig. 2. — Dernière carte des lignes d’égale déclinaison en France, calculée à partir de la carte directe dressée par Moureaux en i8çô.
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- 126 LES CARTES MAGNÉTIQUES DE FRANCE ET LEUR REVISION ACTUELLE
- raisons : il était utile de mettre définitivement en évidence la plus grande partie des anomalies magnétiques de la France, et de chercher à expliquer leur origine; il était nécessaire de constituer une réserve de stations nouvelles pour compenser la perte d’un certain nombre des 617 stations anciennes au cas où les mesures y deviendraient impossibles.
- Lorsqu’on jette un coup d’œil sur une carte magnétique, en particulier sur la carte des lignes d'égale déclinaison (voir fig. 2), on constate ejue la régularité de ces lignes n’existe que dans l’ensemble, en regardant pour ainsi dire la carte de loin. Examinées de près, ces lignes montrent au contraire un tracé tourmenté.
- La carte magnétique apparait en quelque sorte comme due à la superposition de deux cartes, l’une dont les lignes seraient régulières, et que l’on peut attribuer à une aimantation uniforme des couches terrestres, l’autre, dont les lignes offrent en général les formes les plus diverses, et qui représente la partie non uniforme de l’aimantation, c’est-à-dire les anomalies du champ terrestre(').
- Ces anomalies doivent être attribuées pour un grand nombre à la présence de substances magnétiques (magnétite, pyrrholine, hématite, etc.), dans les couches superficielles du sol, comme il arrive dans les régions volcaniques où les basaltes lourds, les scories et les brèches renferment de la magnétite, mais certaines s’observent dans des terrains peu magnétiques ou même nullement magnétiques, et leur origine est plus difficile à expliquer.
- Ces dernières sont-elles dues à une accumulation fortuite de substances magnétiques au-dessous d’une couche superficielle qui n’en renferme que des traces insignifiantes, ou, doit-on les attribuer à des courants électriques circulant dans la partie supérieure de l’écorce terrestre, c’est-à-dire aux courants telluriques ?
- Ces deux hypothèses semblent les seules possibles. Pour les départager, la méthode la plus sûre consisterait à situer aussi exactement que possible le siège de l’anomalie, puis à faire une étude du terrain à l’aide de sondages. On peut, dans quelques cas très simples, calculer la position d’une anomalie magnétique en profondeur d’après les observations faites à la surface du sol, et la célèbre anomalie de Koursk, que Moureaux avait étudiée, et qui est due à des amas de magnétite
- 1. On attribue en général l’aimantation uniforme aux substances magnétiques des couches profondes de la Terre. Il n’est pas inutile de faire remarquer que la profondeur de ces couehes est toute relative et que l’épaisseur de la couche terrestre ayant une action magnétique ne doit pas dépasser 20 à 30 km, puisque l'aimantation des diverses substances disparaît à une température qui n’est pas excessivement élevée (600° à 800° pour le fer et l’acier), et que ces températures se rencontrent probablement à moins de 30 km de profondeur. Il y a lieu de se demander également si les grandes différences que l’on observe d’un point à un autre dans le degré géothermique, n’ont pas line influence sur la distribution des éléments magnétiques et ne suffiraient pas à créer des anomalies de grande étendue.
- découverts par la suite est un exemple classique. On comprend cependant que celte méthode ne peut être employée que dans des cas exceptionnels.
- M. Mathias propose un critérium dont la mise en œuvre est relativement simple. Considérons comme exemple les terrains tertiaires qui sont, dans l'ensemble, peu ou pas magnétiques. Si les anomalies sont dues à une accumulation de substances magnétiques en profondeur, il est à prévoir que cette cause agira fortuitement, et indépendamment de la nature du terrain qui affleure le sol et qui est la seule représentée sur les cartes géologiques. Sur un très grand nombre de mesures anormales obtenues en terrain tertiaire, on en trouvera un nombre à peu près égal dans les différents étages de cette formation.
- Au contraire, si les courants électriques interviennent, ceux-ci sont modifiés par la nature du terrain et par sa structure, puisque la conductibilité électrique varie avec ces facteurs. 11 ne doit donc plus y avoir égale répartition des anomalies magnétiques dans les différents étages, mais sélection et prédominance dans certains au détriment des autres.
- La méthode exige que le nombre des résultats dont on dispose soit très grand. Le nombre relativement considérable des stations magnétiques du nouveau réseau permettra donc des conclusions importantes sur l’origine des anomalies.
- Cette augmentation du nombre des stations est utile à un autre point de vue. Elle réserve pour l’avenir des possibilités d’étude- qui feraient probablement défaut sans elle. Les stations du réseau ancien ont été en effet pour la plupart effectuées aux abords immédiats des villes, et l'extension des centres urbains rend aujourd’hui douteuses certaines mesures répétées aux mêmes endroits, et. peut les rendre impossibles dans un avenir prochain. La simple prudence exige donc, qu’après avoir répété les mesures aux points de l’ancien réseau, afin d’avoir en ces points les variations séculaires, on effectue toute une série de stations supplémentaires auprès de bourgades peu importantes, ou même en pleine campagne, stations que l’on retrouvera intactes dans un avenir éloigné.
- L’accroissement du réseau nécessite d’ailleurs des dispositions spéciales d’exéeulion. La durée d’une campagne d’observations magnétiques est limitée en pratique à la belle saison, c’est-à-dire à 5 ou 6 mois de chaque année, et, par suite de la fatigue inhérente à ce genre de travaux, on ne peut demander à une même personne plus de deux mois de campagne, soit une cinquantaine de stations par an. Pour opérer dans le minimum de temps, il était donc nécessaire de faire appel à la collaboration de plusieurs observateurs. En principe, 6 observateurs opèrent chaque année depuis J 922. C’est à peu près îe nombre de jeux d’appareils magnétiques de campagne qui existaient au début de la révision actuelle.
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- D’au Ire part, la nécessité d’avoir des résultats homogènes et de ne pas retarder le début du travail, a fait écarter l’idée de nouvelles méthodes ou de nouveaux appareils dont il aurait fallu étudier longuement la mise au point. La révision actuelle ne présente donc pas au point de vue de son exécution matérielle, de nouveautés par rapport à ce qui a été fait précédemment en France. Les appareils utilisés sont ceux qui ont déjà servi en maintes campagnes en France et à l’étranger, et dont le modèle est universellement répandu.
- Le théodolite (voy. fig. 5) permet de mesurer la déclinaison et la composante horizontale du champ terrestre. La boussole d’inclinaison comporte une aiguille de 65 mm de longueur seulement portée par un axe d’acier 'qui roule sur des plans d’agate (voy. fig. 6). Ces deux appareils ont été imaginés, le premier par E. Mascart, le second par A. d’Ab-badie et sont construits par Chasselon. Ce sont des appareils de voyage qui, malgré leur format réduit, permettent d’obtenir les éléments magnétiques sur le terrain avec une approximation de 1 à 2 minutes de degré pour la déclinaison, de 2 minutes pour l’inclinaison, et de deux unités de la quatrième décimale pour la composante horizontale, celle-ci étant exprimée en gauss. Les appareils utilisés au cours d’une campagne sont comparés à la station magnétique centrale au début et à la fin de la campagne, afin de déterminer les valeurs des constantes.
- Par suite de la collaboration de plusieurs obser-
- o°Pans
- Fig. 4. — Carte du Sud-Est de la France, montrant là répartition des stations du nouveau, réseau magné-
- tique. Chaque *oint indique une station.
- DlBNE
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- o'Paris
- Ing. 3. — Carte du Sud-Est de la France, montrant la répartition des stations magnétiques de l'ancien réseau. Chaque point indique une station.
- valeurs, la carte actuelle commencée en 1921 n’aura demandé que 6 années pour les mesures sur le terrain. C’est un avantage important pour son exactitude.
- Les observations ne pouvant évidemment être effectuées toutes au même moment, il faut les réduire à une date unique, qui est celle de la carte, et les corrections à appliquer aux éléments mesurés sur le terrain pour les ramener à la date choisie sont d’autant plus exactes que le temps écoulé est plus court. La carte nouvelle sera réduite au 1er janvier de l’année du minimum des taches solaires de la période actuelle, vraisemblablement au Ier janvier 1924. Les éléments devront donc être corrigés de leur variation dans les deux ou trois années qui ont précédé 1924 et dans les deux années qui l’ont suivie. L’incertitude de la réduction sera très faible.
- Enfin, dernière particularité de cette révision que son promoteur a bien mise en lumière au congrès de Rome de l’Association Internationale de Géodésie et de Géophysique, les travaux de la carte auront été exécutés pendant une période de calme magnétique qui coïncide avec une période de calme de la surface solaire. On sait que pendant les années de forte activité solaire les perturbations magnétiques sont nombreuses et importantes ; les éléments magnétiques varient parfois d’une manière désordonnée et les résultats peuvent être douteux ou même inutilisables.
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- 128 LES CARTES MAGNÉTIQUES DE FRANCE ET LEUR REVISION ACTUELLE
- Fig. 5. — Théodolite magnétique. Instrument de voyage.
- L’exécution de ce travail s’annonce ainsi sous les meilleurs auspices, et il se présente à un moment où le tracé exact des cartes magnétiques au-dessus des continents a une importance pratique de premier ordre (1).
- Nous nous trouvons en effet actuellement vis-à-vis de la navigation aérienne, dans les conditions où s’est trouvée la navigation maritime à l’époque des grands raids mondiaux, et les cartes magnétiques au-dessus des continents ont, pour l’aviateur, une importance analogue à celle des cartes magnétiques au-dessus des océans pour le marin. Or, il faut reconnaître que ces caries présentent, en certaines parties du globe, par exemple en Afrique, des incertitudes assez grandes ; il faut donc espérer que
- t. On a proposa, il y a déjà nn certain nombre d’années, (voy., L. Favk, Les Instruments et les Méthodes du Point en Ballon, Poissy, imprimerie Ucjay, 1907), de se servir des lignes isomagnétiques pour déterminer un lieu de la position d’un ballon. Un dirigeable ou un avion pouvant mesurer rapidement la composante horizontale du champ terrestre ou l'inclinaison magnétique à l’aide d’un appareil simple, par exemple avec lin appareil analogue à celui imaginé par A. Pèrot en 1922, obtiendrait un lieu de sa position en se plaçant sur la ligne isomagnétique correspondante de la carte. Un autre lieu serait donné par une hauteur d'astre. Si l’on examine les cartes magnétiques de nos régions, on reconnaît qu’il suffirait d’une approximation assez faible, pour tirer des éléments magnétiques des indications utiles sur la position de l’aéronef.
- l’activité déployée actuellement dans la plupart des pays pour la révision de leur réseau s’étendra prochainement aux régions encore inexplorées à ce point de vue.
- On peut objecter, il est vrai, que les cartes représentent les éléments à la surface même du sol, et ne sont plus aussi exactes en altitude. Mais, d’après ce que nous savons de la décroissance du champ magnétique avec la hauteur, on peut affirmer que ces cartes sont valables avec une précision très suffisante aux altitudes pratiquées aujourd’hui par l'aviation, et sans doute, à des altitudes encore plus considérables.
- Toutefois cette remarque pose une question nouvelle, celle des mesures magnétiques à de grandes hauteurs. Ce problème attire depuis quelque temps l’attention des géophysiciens, et l’on envisage de divers côtés des méthodes d’exploration et des appareils appropriés.
- Ainsi, l’évolution des mesures magnétiques se dessine dans le même sens que celle de la plupart des éléments de la physique du globe. Après avoir déterminé les valeurs des éléments à la surface de la Terre, on est amené à rechercher quelles sont les variations en altitude, aussi bien au-dessous qu’au-dessus de cette surface.
- Il est assez évident qu’un point de départ solide pour ces nouvelles mesures est la détermination exacte des éléments à la surface. En ce qui concerne notre pays, on peut être assuré que la carte magnétique actuellement en achèvement donnera toute satisfaction à cet égard. Albert Bai,mt.
- Tig. 6. — Boussole d’inclinaison. Instrument de voyage.
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- N° 2734
- 28 Août 1926
- LA NATURE
- SOMMAIRE :
- Le faucardement des étangs : A. B. — Le chauffage central au gaz : E.-H. Weiss. L'utilisation de la chaleur solaire — Mouchot : E. Doublet.
- Académie des Sciences : Paul B.
- La paléométéoroîogie et les modifications du climat depuis l’époque quaternaire dans Je nord-ouest
- de l’ancien continent : Jules Welsch.
- SUPPLÉMENT:
- Informations: Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés — Hygiène et Santé.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
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- LA NATURE
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- Tarif extérieur n°l valable pour les pays ayant accepté une réduction de 5o pour ioo sur les affranchissements de périodiques : Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo beige, Cuba, Danemark, Egypte, Espagne, Esthonie, Etats-' Unis d’Amérique, Ethiopie, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie et ses colonies, Lettonie, Lithuanie, Luxembourg, Norvège, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses colonies, République d’Haïti, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Uruguay.
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- — N° 2734.
- 28 AOUT 1926
- LE FAUCARDEMENT DES ÉTANGS
- Les épreuves de Belval.
- On reproche à notre agriculture d’adopter trop timidement les méthodes scientifiques et le machinisme perfectionné indispensables à un pays où le dur labeur des champs compte chaque jour moins de volontaires. On oublie que, si la masse des propriétaires manque de capitaux et de tènements étendus pour s’engager rapidement dans cette voie, l’audace agricole n’est pas aussi rare qu’on le dit.
- Les pisciculteurs viennent de réaliser une manifestation scientifique neuve et riche de résultats pratiques toute à l’honneur de l’aquiculture et de la mécanique française.
- Fig. 2. — Le bateau faucardeur Collas, au moment du chargement sur remorque.
- L'emploi de la faulx à main entraînant des frais annuels aussi importants que le fond nettoyé lui-même, il fallait trouver une machine capable de faucarder vite et bien et de détruire le roseau à l’aide de peu de bras. On se servit d’abord d’une lame de faucheuse à foin montée à l’avant d’un bateau et mue par un volant actionné à bras d’hommes. Depuis une quinzaine d’années, d’in-.génieux pisciculteurs utilisent le moteur à cet effet, mais leurs elïorls dispersés, pour être méritoires, n’en demeuraient pas moins stériles pour la masse des producteurs : le poids des machines, atteignant 2 et 5000 kg, rendait tout transport d’un étang à l’autre impossible. Cependant plu-
- L’Lnion des syndicats de l’Etang, qui groupe environ 700 producteurs de poissons sélectionnés, étudie l’amélioration de la culture des fonds immergés dont le principal ennemi naturel est le roseau envahissant. Cent mille hectares d’étangs et cent lieues de rivières sont couverts de végétation au, point d’être improductifs. Le jonc ne meurt qu’après avoir été fauché plusieurs fois sous l’eau, à un pied de la surface pour le moins, et pendant sa poussée de printemps et d’été. On conçoit quels frais et quelle abondance de main-d’œuvre exige ce faucardement. Aussi voit-on diminuer l’étendue des eaux utiles, conquises par la végétation parasite, au détriment de la production des poissons comestibles.
- Fig. 3. — Le bateau Jaucardeur Ilencké et Ilénard abordant un massif de roseaux.
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- Fig. 4. Le bateau faucardeur Jacques.
- sieurs inventeurs travaillaient avec patience et succès sous l’impulsion éclairée du Président du Syndicat des étangs de l’Est, le général de Morlaincourt, des progrès décisifs se firent en ces dernières années.
- Il existe à cette heure une douzaine de types de machines utiles à des degrés divers.
- L’Union des Syndicats pensa que constructeurs et clients auraient avantage à voir fonctionner côte à côte ces faucardeurs. Les Ministères de l'Agriculture, des Travaux Publics, l’Office National des Recherches et Inventions, les Compagnies de Chemins de fer, apportèrent leur aide matérielle et morale à l’effort des syndicats.
- Une Commission établit un programme et l’exécuta parfaitement en deux mois.
- Du 7 au 11 juin, les constructeurs, le jury, les délégués des syndicats de pisciculteurs et les spectateurs intéressés se retrouvèrent aux étangs de Belval en Argonne, près de Revigny (lig. I ), aimablement reçus par le propriétaire, M. Maurice Pol-Roger. L’organisation, due à M. Bassucl, inspecteur des Eaux et Forê% était parfaite.
- Les engins de faueardement étaient répartis en trois classes :
- 1° Bateaux pesant plus de 1000 kg en ordre de marche, sans personnel ;
- 2° Bateaux pesant moins de 1000 kg;
- o° Appareils portatifs.
- Les épreuves comportaient : mise à l’eau, sortie de l’eau, chargement sur chariot, déplacement sur chaussées et route, l’aucardage d’étendues déterminées contenant les diverses sortes de joncs à différentes profondeurs, course de vitesse.
- Les temps chronométrés, l’essence et l’huile jaugées, les points essentiels ont été contrôlés : facilité de déplacement et de mise en marche, vitesse et bonne exécution du travail, profondeurs utiles de la coupe entre 80 et 15 cm., nombre du personnel
- et son état de fatigue, prix de revient, simplicité et stabilité des appareils.
- Il faut admirer la courtoise émulation des concurrents. Désireux de prouver loyalement les qualités de leurs modèles, ils collaborèrent à la lutte contre l’ennemi commun, le jonc et le roseau ; ils ont permis de dégager les directives qui doivent aider à Rétablissement des types répondant aux diverses conditions imposées par la nature; ils ont été pleinement récompensés : tous les appareils présentés possèdent déjà les qualités nécessaires à l’exéention de leur tâche, mais chacun d’eux trouve dans l’épreuve commune l'occasion d’une mise au point très appréciable.
- Dans la catégorie lourde, nous avons regretté que des délais de transport nous aient privés du bateau deM. Amiot qui étend son action jusqu’à la coupe du varech.
- Dans la seconde catégorie, notons les bateaux :
- Collas, 900 kg, coque en bois robuste, moteur Bernard de o ch (fig. 2).
- IIen c lié et Hénard, un peu plus lourd, coque métallique renforcée, moteur de Dion de 6 ch (fig. o).
- Jacques, 050 kg, moteur Bernard de 5 ch, le tout très maniable (fig. 4).
- Lauvergnat, $00 kg, moteur de Dion de 0 ch, muni d’une marche arrière (fig. 5).
- Ces bateaux, poussées par une roue à'aubes, portent à l’avant une faucheuse de 2 m. 20 à o m. de coupe. -
- La preuve est faite qu’un travail Soigné est possible depuis 50 cm. de fond minimum, à raison de 2 hectares en 0 heures, avec une consommation de 5 litres d’essence et fort peu d’huile, un homme à la barre surveillant le moteur, un autre à l’avant
- Fig. 5. — Le bateau faucardeur LàuVergnat, sa faucheuse relevée.
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- Fig. 6. — F aucardeuse Lhéritier.
- dégageant la faux. Le prix de revient, amortissement, l’appareil eompris,est incontestablement inférieur à celui du travail à la main.
- La mise à l’eau et le rechargement, qui écarlaient
- Fig, 8. — Le disque Riollet-Dufour au travail.
- Fig. 7. — Le disque rotatif Riollet-Dufour relevé.
- beaucoup d’exploitants d’élangs, se font avec trois hommes en moins d’un quart d’heure. Pour les grands étangs, sur lesquels un bateau puissant est avantageux, l'établissement d’un plan incliné en glaise corroyée sera une dépense vite récupérée.
- Il reste à éliminer définitivement, si faire se peut sans gêner la coupe du jonc vertical, l’engorgement ,de l’avant du bateau par le faucardage accompli, c’est-à-dire par la nappe des joncs flottants.
- Un grand progrès est déjà réalisé à cet égard : un homme seul a pu assurer ce dégagement, sans fatigue, sur l’un des bateaux.
- Il reste qu’un travail rapide et économique s’obtient surtout dans des joncs relativement jeunes, d’un an ou deux, si denses soient-ils. Le prix de revient augmente beaucoup lorsqu’il y a sous l’eau un épais matelas de vieux joncs tassés, écroulés d’àge en âge ; avant de faucarder les joncs verts, il serait bon de faire préalablement un nettoyage à sec par tous les moyens possibles : feu, découpage au sabre, engrais chimiques, etc. ; après quoi l’entretien en sera facile et le coût de l’opératiou sera vraisemblablement regagné.
- Ainsi nous avons des faucardeurs appropriés aux grands étangs de plus de 50 hectares, et aux étangs moyens de 4 à 10 hectares, qui sont les plus nombreux. Les prix d’achat, de 8 à 15000 francs, sont abordables puisque 500 heures de travail amortis-
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- 132 ..- . : LE CHAUFFAGE CENTRAL AU GAZ
- sent le capital engage; la vitesse d’exécution et l'écohomie de main-d’œuvre restant un bénéfice net.
- Parmi les appareils à bras, la faucardeuse de M. Lhéritier (fig. 6) actionnée par un levier horizontal, coupe à diverses profondeurs, sur 1 m. 20, plus vite et à moins d’eîl'ort qu’on ne le fait à la faux. Cet appareil se monte aisément, se transporte et coûte 850 francs; il est utile pour les petits étangs ou les étangs relativement propres et passe dans les queues jusqu’à fleur d’eau.
- Le disque de M. Riollet-Dufour (fig. 7 et 8) plus simple encore et pesant 54 kg, fait un chemin d’un pied de large dans les joncs drus. Les modifications envisagées doivent lui donner l’efficacité de plus grande portée à laquelle se prête le principe des disques.
- Enfin, la destruction des joncs pendant Passée et
- dans les quéues d’étang a été essayée par voie chimique par la Compagnie de Produits Chimiques et_ Electrométallurgiques Alais, Froges et Camargue par pulvérisation de chlorate de soude. La maison bien connue Solvay a envoyé également des produits chimiques qui sont en voie d’essai.
- Les expériences qui se poursuivent dans ce sens apporteront peut-être une solution élégante au problème : elles exigeront des essais renouvelés et une longue suite d’observations.
- Les résultats déjà obtenus montrent que le problème du faucardemcnt est en bonne voie de réalisation. Les constructeurs ont pu juger, grâce aux récentes épreuves, toutes les conditions du problème qu’ils s’étaient proposé de résoudre. Un prochain concours permettra certainement de présenter des appareils définitivement mis au point. A. B.
- LE CHAUFFAGE CENTRAL AU GAZ
- Le chauffage central dessert un immeuble, ou même un seul appartement* au moyen d’un foyer et d’une chaudière unique ; le fluide chaud est amené à des radiateurs par des conduites.
- Actuellement le chauffage central se fait surtout soit par la vapeur à basse pression, soit par l’eau chaude. Il faut mettre à part les systèmes de calorifères à air chaud avec circulation accélérée, dont nous aurons l’occasion de dire quelques mots plus loin.
- Qu’il s’agisse de vapeur ou d’eau chaude, il faut toujours une chaudière et des radiateurs, reliés par des tuyauteries.
- La vapeur à basse pression se condense dans les radiateurs, l’eau de condensation retourne par son poids à la chaudière. Cette disposition convient bien aux installations dans lesquelles la mise en régime doit être rapide, lorsque le chauffage permanent n’est pas utile.
- Avec le chauffage par eau chaude, tous les appareils : chaudière, radiateurs et tuyauteries, sont complètement remplis d’eau. L’eau chaude à proximité du foyer a une densité plus faible, il se produit un déséquilibre et une circulation qui entraîne l’eau chaude jusqu’aux radiateurs, à travers les tuyauteries. L’eau refroidie, plus dense, redescend par une autre tuyauterie jusqu’à la chaudière où elle est à nouveau réchauffée.
- C’est la circulation classique à thermo-siphon, pour laquelle il faut calculer des tuyauteries .d’un diamètre suffisant afin de permettre un débit corres-
- pondant au nombre de calories exigées pour chaque radiateur.
- En vue d’accélérer la circulation de l’eau et, par suite, de remplacer les gros tuyaux par de petits tubes de cuivre, de plomb ou de fer, on active la circulation de l’eau soit par des moyens mécaniques, soit par des dispositions particulières à la chaudière elle-même.
- Le chauffage central installé par appartement est très intéressant certes, mais il faut bien reconnaître qu’il devient alors une véritable sujétion pour le locataire, si ce dernier utilise une chaudière au charbon. Au contraire, avec le gaz, il n’y a plus d’ennui de main-d’œuvre, plus d’inconvénient pour le stockage du combustible. Le service est rigoureusement propre. Le réglage du débit de gaz s’obtient automatiquement d’après la température de l’eau : le chauffage est dont’ régularisé sans surveillance; la dépense est limitée aux besoins du moment. Enfin la chaudière est peu encombrante.
- Nous verrons par la suite qu’au point de vue dépense, dans les conditions normales de nos régions, le chauffage au gaz est nettement supérieur au chauffage au charbon, même s’il s’agit de chauffage central ordinaire.
- Différentes sortes de chaudières. — Il est assez difficile de classer d’une manière précisé les appareils avec brûleurs à gaz destinés à un chauffage central. On pourrait les distinguer d'après le mode de circulation adopté.
- Emplacement des brûleurs
- By-pass
- Fig. i. — Coupe schématique de la chaudière Cantais,
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- vig. 2. — Installation de 8 chaudières Gantais aux mines de Béthune.
- Les plus simples, ceux qu’on a envisagés dès le | début, sont des chaudières adaptées pour recevoir |
- des brûleurs et utiliser le plus grand nombre de calories fournies par les becs. La circulation, s’il s’agit de vapeur, n’olTre rien de particulier. Pour l’eau chaude, on emploie le système du thermosiphon.
- Dans le but, comme nous l’avons déjà dit, de diminuer l’importance des conduites et de faciliter l’installation, surtout s’il s’agit de chauffage central d’appartement, on a imaginé des systèmes pour accélérer la circulation de l’eau. On a ainsi la deuxième sorte de chaudières, dites lentes, qui comportent un appareil de circulation accéléré.
- Actuellement il existe trois systèmes principaux d’accélérateurs. .
- Dans le système Moreau, le fluide, moteur est l’air comprimé. On intercale sur le circuit d’eau un réservoir alternativement rempli d’eau par gravité et vidé par une pression d’air comprimé. Lorsque le pulseur est plein, un flotteur ouvre l’admission d’air comprimé et ferme l'échappement, l’eau chaude est chassée ainsi à travers la canalisation et les radiateurs.
- Lorsque le pulseur est vide, le flotteur descend et actionne les soupapes d’admission et d’échappement en sens inverse. La circulation est presque continue, car la durée de la pulsion est de cinq minutes environ et l’échappement dure de cinq à six secondes.
- Cet appareil exige une installation ou une distribution d’air comprimé. Il est surtout avantageux pour un chauffage supérieur à 50 000 calories, à condition, bien [entendu, qu’on ait à sa disposition, l’air comprimé nécessaire. A Paris, la distribution d’air comprimé entraîne une certaine dépense, car le consommateur Sest tenu pendant toute l’année d’assurer un minimum de consommation par mois.
- Fig. 3. — Chaudière Phi.
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- Les chaudières existantes, montées avec ce système de pulsion, ont vu leur mise en route nettement accélérée.
- On peut utiliser également, pour accélérer la circulation, des groupes motopompes électriques ; la puissance nécessaire étant de 1 à 2/10 de cheval.
- On reproche au -' Fig. 4. — Thermostat réglable moteur électri-| pour chaudière Phi. que le bruit de
- ; son fonctionne-
- ment, on y remédie au moyen de garnitures insonores ; par contre le moteur exige une canalisation particulière et parfois un compteur de force. Pour des installations normales, il n’y a encore qu’un petit nombre d’installations de ce genre en service.
- Le troisième mode de propulsion, employé notamment par les Etablissements Grouard, se sert de l’eau de la ville sous pression pour assurer le fonctionnement d’une pompe aspirante et foulante. Ce système peut être installé dans toutes conditions si l’on dispose d’une distribution d’eau sous pression.
- Quel que soit le système choisi, j\ est indispensable que l’appareil de circulation soit bien calculé pour le type de chaudière auquel il doit s’appliquer.
- Dans la dernière série de chaudières, l’accélération n’est pas provoquée par un appareil mécanique quelconque, mais elle est due aux ressources mômes de la chaudière.
- La pulsion à la vapeur, dont le type est le système Grünberg, utilise l’accumulation de la vapeur dans un dôme; sa pression refoule dans un réservoir et ferme le retour d’eau froide. Lorsque la chaudière est suffisamment vidée, la vapeur passe à son tour dans le réservoir où elle se condense ; la pression tombe, le clapet peut s’ouvrir et l’eau accumulée dans le réservoir traverse rapidement la canalisation et les radiateurs.
- Dans les chaudières autoaccélératrices Gabet et Mour-ret, la rapidité de circulation obtenue est assez curieuse; car, quelque temps après l’allumage de la chaudière, les radiateurs sont chauds.
- Pour expliquer ce résultat, il faut se rallier à la
- CENTRAL AU GAZ ..
- théorie accélératrice de Gabet. Lorsqu’on chauffe extérieurement un tube, il s’établit des courants ascendants le long des parois, en raison de l’élévation de température de l’eau à cet endroit. Au centre il se forme un courant descendant.
- Si l’on réduit le diamètre du tube chauffé, de manière qu’il n’y ait plus place pour la descente de l’eau au centre du tube, il ne restera plus, comme courants de circulation, que les courants montants. On obtient alors un appareil qui utilise la force vive de ce courant.
- On transforme ainsi une partie, d’ailleurs faible, de la chaleur du foyer en énergie mécanique, l’eau de circulation prend une vitesse plus grande au passage dans les tubes que s’il ne s’agissait d’un thermosiphon ordinaire. Ces chaudières accélératrices donnent un gain de vitesse considérable.
- Dans le thermo-siphon la charge motrice, donnée par la formule de Rietschel, est de l’ordre de grandeur de 15 à 20 mm, s’il s’agit d’un chauffage de plusieurs pièces avec une différence de 5 m. entre le vase d’expansion et la chaudière. On obtient par contre 85 mm avec les chaudières auto-accélératrices.
- Comme l'eau circule avec plus de rapidité, la transmission de chaleur est améliorée et le rendement fourni est sensiblement comparable à celui des chaudières lentes, d’autant plus qu’on ne tient pas toujours compte de l’action mécanique, qui est évidemment l’occasion d’une dépense supplémentaire.
- Un système spécial de chauffage central par le gaz, qui utilise également un appareil de circulation, est celui qui s’applique aux calorifères k air chaud sous pression. Dans le système « Le Simoun », qui fonctionnait normalement avec du charbon, la substitution du gaz donne un excellent rendement, notamment s’il s’agit de chauffage de salles de spectacle par exemple, où il est possible de mettre rapidement en service l’installation de chauffage, de la régler au fur et à mesure de l’avancement du spectacle et de l’accroissement du nombre des spectateurs.
- Dans ce système on utilise un ventilateur pour activer la circulation de l’air chauffé. Au point de vue du service du chauffage central dans les appartements, il faut bien convenir que l’encombrement des appareils et leurs dimensions paraissent mal s’adapter à cet emploi particulier.
- Inconvénients de la condensation. — L’un des gros inconvénients de l’iitilisation du gaz est la condensation de la vapeur d’eau produite par la combustion des carbures d’hydrogène qui consti-* tuent la majeure partie des gaz de chauffage. On
- Fig. 6.
- Schéma de la chau-
- dière Phi-Raclia.
- Fig. 5. — Schéma d’un conduit d’évacuation pour chaudière à gaz.
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- n’y a pas prêté tout d’abord l’attention qu’elle méritait.
- Au début, on a constaté que l’humidité envahissait les murs des étages supérieurs, à cause de la présence de l’eau de condensation dans les cheminées des immeubles où passaient les produits de combustion d’une chaudière à gaz.
- On a construit alors des cheminées en tôle galvanisée pour conjurer le danger, mais les tôles furent rongées avec une rapidité extraordinaire. L’analyse fit connaître que les eaux de condensation étaient acides. On a ,augmenté l’épaisseur des tôles, soigné la galvanisation, on a utilisé le grès vernissé. Certaines chaudières ont été prévues avec une disposition spéciale de circulation de gaz, d’autres avec un tirage intense.
- Les conclusions actuelles sont qu’il ne faut pas considérer uniquement le rendement pour l'utilisation intégrale du pouvoir calorifique du gaz et qu’il vaut mieux faire un sacrifice dé calories, en
- A Admission d’air supplémentaire. B.'Brûleurs.
- CS Cloisonnement supérieur, cl. Cloisonnement inférieur.
- O Alimentation du ga* venant du régulateur.
- G Gifford. E. Evacuation des gaz brûlés.
- R Régulateur, M, Chambre de mélange. F. Foyer
- Fig. 8. — Chaudière intensive A. M.
- admettant au foyer un excès d’air, de manière à diluer suffisamment la vapeur d’eau et à diminuer la température du point de saturation.
- Des essais effectués sur la résistance de certains matériaux aux eaux acides ont donné des résultats intéressants. Le plomb montre des qualités exceptionnelles, mais les métaux usuels pour la construction des cheminées sont rapidement rongés. Il faut en excepter l’aluminium, dont la résistance est pratiquement illimitée ; la tôle bakelisée, si la température ne dépasse pas 60° et également le ciment électrique. En incorporant à ce dernier de l’amiante, pour constituer une armature, on peut réduire les épaisseurs des parois sans affecter leur résistance. Ces produits nouveaux permettront de réduire le prix de revient des conduites et d’éviter les inconvénients dus à la condensation.
- Description de quelques types de chaudières. — Chaudière Gantais. — C’est Cantais qui fut l’un
- Fig. 7. — Chaudière Phi-Radia.
- des premiers pionniers du chaufiage central par le gaz. Les chaudières qu’il a imaginées ont le corps en acier doux galvanisé, elles sont à grande surface mouillée sous un volume relativement petit.
- La chaudière est composée, dans sa partie haute, d'un nombre variable de bouilleurs cylindriques et, dans sa partie basse, de surfaces de formes spéciales formant chicanes (fig. 1).
- Le volume d’eau est faible et permet d’obtenir une mise en régime rapide.
- Les dimensions des carneaux de gaz chauds sont calculées pour obtenir une circulation rationnelle jusqu’à l’évacuation à la cheminée. Les produits de la combustion sont évacués à basse température.
- Les brûleurs sont placés environ à mi-hauteur de la chaudière, ce qui, au début de l’allumage, permet aux gaz chauds de la combustion de n’échanger leur chaleur qu’avec la quantité d’eau située dans la partie supérieure de la chaudière.
- La présence d’un by-pass, ouvert à l’allumage, facilite la circulation des gaz dès le début de la mise en marche.
- A Eau de la Ville sous pression.
- 8 Départ d’eau chaude.
- G Commande de la manette N H Robinet distributeur d’eau sous pression. J Arrivée d’eau au propulseur.
- K Tube d’aspiration d’eau chaude.
- L L* Pistons.
- M Corps de pompe.
- O Echappement de l’eau motrice.
- Fig. q.
- L!auto-propulseur A. M.
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- Fig. io. — L’autopropulseur A. M.
- Ces deux dernières dispositions accélèrent la mise en température ou en pression. Deux tubes extérieurs de circulation d’eau activent la circulation du fluide à l’intérieur et augmentent par suite le rendement. Chaque brûleur étant indépendant, on peut, après la mise en régime de l’installation, ne laisser fonctionner que le nombre strictement nécessaire au maintien de la température désirée.
- On réalise de ce fait une économie-intéressante, que l’on peut difficilement obtenir avec les appareils à combustible solide. Les chaudières Cantais sont d’ailleurs munies de régulateurs très sensibles permettant, pour des petits écarts de température ou de pression, d’obtenir automatiquement cette économie.
- Chaudière Phi. — La chaudière Phi comporte un élément d'extrémité droite, un élément d’extrémité gauche, un ou plusieurs éléments intermédiaires assemblés en haut et en bas par des bagues biconiques lisses en acier, disposées de façon à permettre la libre dilatation de chacun des éléments; un socle, un manteau calorifuge (fig. 5).
- Les chaudières peuvent être montées ou démontées sur place, soit pour le transport, soit pour toute extension éventuelle avec la plus grande facilité. Chaque élément constitue à lui seul une chaudière proprement dite, dans laquelle la circulation de l’eau d’une part et la circulation des produits de combustion d’autre part, ont été étudiées d’une façon spéciale.
- Le foyer des chaudières Phi est formé par une série de brûleurs amovibles à flamme bleue, en nombre égal au nombre total des éléments moins un. Il comporte aussi une série d’empilages de pièces en terre réfractaire spéciale, une rampe d’allumage formant veilleuse.
- Les brûleurs ont été établis pour fournir, quel que soit leur débit de gaz, des flammes courtes et très chaudes en contact direct avec la paroi à chauffer. Les produits de combustion sont canalisés dans des carneaux verticaux nervurés pour augmenter la surface de contact entre la paroi et les gaz
- chauds. Cette augmentation est rendue nécessaire par la différence des coefficients de transmission entre les gaz chauds et le métal d’une part, le métal et l’eau d’autre part.
- De plus, ces produits de combustion sont chicanés à travers un empilage réfractaire, reposant direc-, tement sur la traverse-support spéciale, afin d’assurer un contact intime entre les gaz chauds et la paroi soumise directement au rayonnement de ces pièces réfractaires.
- La condensation ne se produit dans la chaudière même qu’au début de l’allumage. Elle est recueillie dans une cuvette. Ensuite, il n’y a aucune trace d’eau pendant le fonctionnement de l’appareil. Cela s’explique par la présence de la masse de terre réfractaire, qui est portée à l’incandescence sous l’action du foyer.
- Avec les chaudières Phi on peut utiliser un thermostat réglable pour commander la consommation de gaz suivant la température de l'eau (fig. 4).
- L’appareil comporte une partie thermique A avec un tube plongeur, contenant dans la partie annulaire supérieure une huile très dilatable, et du mercure dans la partie inférieure, ainsi que dans le tube central. ÏJn flotteur B repose sur le mercure et porte une soupape amovible .S. Un corps supérieur en bronze C, comprend une tubulure d’arrivée de gaz T, une tubulure de départ de gaz T2, un boisseau formant robinet d'arrêt D avec manette E et bouchon F, un siège de soupape G se vissant sur le boisseau.
- Le régulateur étant en place, le gaz le traverse
- Fig. il. — La chaudière A. M.
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- suivant la flèche m pour accéder aux brûleurs. Quand la température du fluide entourant la partie thermique s’élève, l'huile se dilate et fait monter le mercure dans le tube central. Le flotteur monte et la soupape S se rapproche du siège de la pièce G.
- Pour une température déterminée, la soupape S obture complètement l’orifice inférieur de la pièce G. Afin d’éviter des prises de feu à l’injecteur, un orifice, percé dans la soupape S et dont la section est rigoureusement déterminée suivant la pression du gaz au lieu d’utilisation et le débit minimum indispensable, assure l’accès aux brûleurs d’une quantité de gaz qui maintient le foyer en veilleuse.
- Chaudière Phiradia. — La chaudière Phiradia comprend : un corps de chaudière, un foyer, une enveloppe (fig. 6).
- Le corps C de la chaudière est coulé d’une seule pièce. Il est à grande surface de chaude. Son volume d’eau est très faible. L’eau y est divisée en lames minces, entre lesquelles se trouvent des carneaux où les gaz chauds circulent. Les tuyaux de départ et de retour peuvent être raccordés à la chaudière indifféremment à droite ou à gauche.
- Le foyer est visible, facilement accessible et protégé par une fenêtre en mica. 11 est composé d’un brûleur À, en fonte, à flamme bleue, très souple, permettant de grandes variations de débit. Il est mis en place et retiré facilement. On l’alimente par un robinet en cuivre terminé par un racoord trois pièces sur lequel doit être soudé le plomb d’alimentation du gaz. Une veilleuse permanente sert à l’allumage de la chaudière et doit rester allumée pendant le fonctionnement. Des empilages de pièces
- en terre réfractaire spéciale se trouvent au-dessus du brûleur. Ces pièces sont les mêmes que celles employées dans la chaudière Phi et sont introduites parle haut de l’appareil à raison de 15 par carneau, soit au total 75 pièces. Pour les placer, on enlève le dessus de la chaudière, qui est simplement fixé par des vis. Après la mise en place de la garniture ré-
- Fig. 12. — Le puis eu r Micro-Tub.
- fractaire, on mastique soigneusement le joint entre le dessus et les quatre panneaux de la chaudière, afin d’éviter les émanations de gaz dans le local.
- L'enveloppe est en fonte et formée de panneaux assemblés par des vis en bronze.
- La chaudière Phiradia a été créée pour réaliser le chauffage central, par l’eau chaude, de locaux de volumes relativement faibles : petits appartements, bureaux, boutiques, etc. La chaudière assure elle-même le chauffage de la pièce où elle est placée, tout en alimentant une installation de trois ou quatre radiateurs, de préférence à faible volume d’eau.
- La chaudière elle-même et l’installation correspondent à des locaux normaux d’un volume d’environ 220 m3. De dimensions restreintes et décorée sobrement, elle peut être placée dans une pièce d’habitation.
- La conduite de cette chaudière est fort simple; tous les organes spéciaux ou délicats ont été évités, mais il faut néanmoins observer certaines précautions. Pour l’allumage, le réglage et l’extinction, on opère comme pour un simple radiateur à gaz. On contrôle, à l’aide du tube de niveau au vase d'expansion, si le plein d’eau de l’installation est fait. Un robinet placé sur la chaudière permet d’obtenir, dans les limites déterminées, des variations de température dans le sens désiré.
- Chaudière Grouard, type A. M. —- La chaudière intensive A. M. est constituée par un corps intérieur traversé par un faisceau tubulaire où circulent les gaz chauds, par tirage renversé. Le faisceau tubulaire aspire les gaz, facilite leur circuit et provoque un tirage accéléré dans la conduite d’évacuation. Le corps intérieur est entouré d’une seconde chambre par laquelle remontent les produits de condensation. Elle forme calorifuge (fig. 8 et 11).
- Fig. i3. — Chaudière Mourret.
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- Fig. 14. — Chaudière Gabet-Anhydra.
- L’installation de cette chaudière comporte un auto-régulateur d’admission des gaz aux brûleurs. La commande de la soupape se fait par l’intermédiaire d’un levier dont les déplacements sont réglés par les dilatations ou les compressions d’une barre de zinc. Celle-ci est disposée d’une manière convenable dans un des tubes de la chaudière.
- On peut installer également un condensateur à circulation d’eau froide qui retient les vapeurs en suspension à la sortie de la chaudière se trouvant dans les gaz brûlés.
- L’appareil d’accélération dans l’installation est l’auto-propulseur(fig. 9et 10).L’eau delà ville arrive sous pression au distributeur H. Elle est distribuée alternativement aux pistons L et L' qui actionnent la pompe M. L’eau chaude est aspirée en K et refoulée dans l’installation par le tube B. Les pistons L et L' actionnent également les commandes G, qui règlent l’admission d’eau motrice au distributeur.
- L’eau chaude provenant de la chaudière arrive également au vase d’expansion dans les mêmes conditions que dans les installations ordinaires.
- Par sécurité, un tube de retour à la chaudière a été prévu pour mettre le système en court-circuit, en cas d’arrêt fortuit de l’auto-propulseur À. M.
- Ce dispositif permet donc une marche très accélérée par de petites tubulures sans avoir recours à l’électricité, à l’air comprimé, à la vapeur ou à la pompe centrifuge. L’eau de la ville servant au remplissage de l’installation suffit à tout.
- Enfin un appareil de sécurité, basé sur la pression du gaz et sur la pesanteur, obture la conduite d’alimentation, si pour une cause quelconque le gaz cessait d’arriver. Le gaz ne peut être admis à nouveau que par l’intervention de l’abonné.
- Chaudière Micro-lub. — Cette chaudière à gaz est entourée d’eau. Elle est calorifugée, -elle ne chauffe que modérément la pièce où elle est. Placé directement au-dessus des brûleurs à gaz, se trouve un serpentin 1) (fig. 12).
- Le pulseur G communique avec la chaudière et le vase d’expansion par les tuyaux O et N, avec le serpentin ; par les tuyaux M et L, et avec un condenseur, par les tuyaux J et I.
- Supposons la chaudière, la canalisation et les radiateurs remplis d’eau, le foyer allumé, et en pleine activité. L’eau du serpentin D est vaporisée. La vapeur par le tuyau L va faire pression dans le pulseur G sur l’eau qui le remplit. L’eau est chassée avec force, par le tuyau P aux radiateurs, avec retour en B au bac d’expansion E.
- Le niveau de l’eau ayant baissé dans le pulseur, l’extrémité inférieure du tube d’échappement I est découverte. La vapeur, par ce tube, pénètre dans le condenseur F et chasse l’eau qui y est contenue. Cette eau, par le tube J, vient jaillir au sein du pulseur, produisant ainsi la condensation de la vapeur, qui est d’autant plus efficace que la production de la vapeur a cessé par suite de l’interruption automatique de l’alimentation, conséquence de l’abaissement du niveau d’eau au-dessous de l’orifice supérieur du tuyau H. Il se produit un vide relatif qui provoque un rapide remplissage d’eau chaude du pulseur et du condenseur.
- Le niveau de l’eau, en s’élevant dans le pulseur, atteint l’ouverture supérieure du tube H. L’eau y pénètre et descend au serpentin D. La quantité
- Fig. i5. — Faisceau et brûleurs de la chaudière Gabet.
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- LE CHAUFFAGE CENTRAL AU GAZ
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- d’eau admise dans le serpentin est rigoureusement dosée et cela d’une façon automatique et indéréglable.
- En arrivant dans le serpentin, l’eau se vaporise immédiatement, pour produire une nouvelle pulsion, interrompant ainsi l’alimentation du serpentin. Les phénomènes se succèdent régulièrement tant que le feu est allumé. Le serpentin ne reçoit que la quantité d’eau permise par la capacité du tube H, quels que soient la durée de la pulsion, le nombre de radiateurs ouverts ou fermés et l’allure du feu. Cette capacité a été déterminée par expérience, de manière à engendrer la quantité de vapeur nécessaire et suffisante pour produire la pulsion. Quand cette quantité d’eau a été vaporisée, la production de vapeur cesse nécessairement ; on a une sécurité
- de fermer la moitié des radiateurs, sans qu’il soit besoin de baisser le gaz à la chaudière.
- Chaudière Gabet. — Cette chaudière est très différente des autres. Elle est constituée par une série de tubes de cuivre de petit diamètre, dans lesquels circule l’eau alimentant le radiateur. Ces tubes relient deux nourrices et grâce à leur diamètre faible, on arrive à avoir une circulation très rapide de l’eau, ainsi que nous l'avons expliqué précédemment. De cette manière l’effet hydro-moteur permet les retours au plafond dans les cas les plus difficiles.
- Le gaz arrive dans deux rampes superposées munies de becs Bunsen. Au début on allume les deux rampes pour obtenir une chauffe rapide des radiateurs. On utilise ensuite la rampe supérieure
- , Bac
- réchauffeur
- Chaudi in [àgaz
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- Eau chaude Eau froide
- big. 16. — Schéma d’une installation de chauffage central et distribution d’eau par chaudière à gaz et hydropropulseur.
- de fonctionnement absolue, même si tous les radiateurs sont fermés.
- Avec cette circulation sous pression, on peut sans inconvénient réduire considérablement la grosseur des canalisations qui, parfois, n’ont que 8 mm. de diamètre.
- Chaudière Mourret. — Cette chaudière est à flamme renversée avec chauffage méthodique, avec tubes de cuivre produisant une eau très chaude. Le temps pour chauffer la chaudière est réduit et l’on élimine ainsi la période de condensation de la mise en marche. Un régulateur automatique règle l’injection des gaz (fig. 15).
- Le montage se fait comme celui d’une chaudière à eau chaude avec vase d’expansion. Les radiateurs sont à petits volumes d’eau, de manière à assurer un chauffage rapide. Ainsi pour six à dix radiateurs le volume d’eau nécessaire se trouve réduit à une quarantaine de litres. Le volant de chaleur est donc très faible, chose avantageuse pour le chauffage au gaz qu’on allume le matin, On peut obtenir une marche discontinue dans de bonnes conditions d'économie.
- Le régulateur automatique donne la possibilité
- seule. Les eaux de condensation sont complètement supprimées (fig. 14 et 15).
- La chaudière peut être placée dans une cheminée comme un simple radiateur à gaz ; elle peut être montée dans une enveloppe de forme cubique qui s’harmonise avec le fourneau de cuisine et qui peut se disposer dans une entrée ou un vestibule, l’enveloppe étant peinte d’une couleur appropriée.
- On fournit à la chaudière une quantité d’air additionnel, ce qui supprime ainsi la condensation, grâce évidemment à une petite perte de calories, notamment celles qui sont fournies à l’air de l'appartement entraîné. Cette perte n’est d’ailleurs qu’apparente, car elle serait la même avec d’autres appareils, lors de la ventilation indispensable, puisqu’on doit renouveler toutes les heures l’air d’une pièce de 100 m\
- La vitesse élevée de l’eau dans la disposition tubulaire intervient pour augmenter le rendement. On peut laisser au ras des parquets les diverses tubulures qui ont des dimensions moitié moindres que les tubulures normales ; la surface des radiateurs est également réduite et l’on trouve un avantage dans l’économie de l’installation.
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- La chaudière, avec son appel d’air supplémentaire, assure elle-même la ventilation dans la pièce principale et supprimé la température excessive qui règne trop souvent dans le local où la chaudière se trouve placée.
- La chaudière Gahet est très certainement la plus intéressante chaudière à gaz que l’on connaisse à l’heure actuelle. Elle est particulièrement applicable au chauffage central domestique, qu’il s’agisse d’immeubles ou du chauffage par appartement.
- Le chauffage central au gaz est-il économique? — Il est impossible de comparer uniquement par le nombre de calories, l’économie du chauffage central au charbon avec celle du chauffage central au gaz.
- 11 est incontestable que les calories-gaz utiles coûtent plus cher que les calories-anthracite, si les chaudières fonctionnent d’une façon continue à leur puissance normale ; mais le chauffage au charbon, en raison des ennuis de la mise en route, demande une marche continue, réduite sans doute pendant la nuit, alors qu’à ce moment les calories produites sont pour ainsi dire inutiles, surtout s’il s’agit de bureaux, de magasins, de théâtres, etc.
- En pratique, il faut : pour le gaz, majorer la consommation d’une quantité qui corresponde à la mise en régime des locaux; pour le charbon, la consommation utile de celle qui correspond à la marche en veilleuse, pendant les périodes où le chauffage des locaux est superflu.
- En admettant huit heures d’occupation des locaux, deux heures pour les amener à la température voulue pour les chaudières à gaz et en tablant sur une consommation en veilleuse d’une chaudière au charbon moitié de la consommation normale, on arrive au résultat suivant : qui a été indiqué par mon camarade Joyeux dans une conférence récente.
- Le rapport du prix de revient des calories utiles gaz aux calories utiles charbon est 1,2.
- En réalité ce chiffre est encore trop élevé, car il
- a été établi en se basant sur une température moyenne extérieure égale à celle qui a servi de base aux calculs d’établissement de l’installation. Or, dans nos régions particulièrement, il y a nombre de jours où cette température n’est pas atteinte. Comme la chaudière au charbon ne peut fonctionner qu’avec un minimum de consommation, sous peine de s’éteindre, il y a une température extérieure bien déterminée pour laquelle ce minimum de consommation est exagéré. Il faut alors évacuer les calories superflues et ouvrir les fenêtres.
- En établissant deux courbes, l’une correspondant à la dépense de gaz par 24 heures, l’autre à celle de charbon, en fonction de la température extérieure on constate :
- 1° La courbe du gaz est une droite puisque le débit des- brûleurs, en raison de la régulation, est proportionnée à l’écart des températures;
- 2° La courbe du charbon n’a qu’une partie rectiligne parallèle à l’axe des températures, car à partir d’une certaine valeur la consommation d’une chaudière ne peut plus baisser. Elle croît ensuite et coupe la droite du gaz en un point, qui fixe le degré au-dessus duquel le gaz est plus économique que le charbon.
- Prenons, par exemple, un pavillon isolé de sept pièces, d’un volume total de 520 m5. La température d’égalité de dépense est 5°4 ; pour un appartement en étage de 258 m3, elle n’est que de 2°6.
- D’après le régime météorologique d’une contrée, on peut déterminer le nombre de jours où cette température critique est dépassée et voir immédiatement s’il faut préférer le chauffage au gaz au chauffage au charbon, en dehors de toute autre considération comme la facilité de conduite et la possibilité d’approvisionnement.
- Dans Paris et sa banlieue, où les hivers sont généralement doux, il est incontestable que la préférence doit être donnée au chauffage central par le gaz, dont le développement suit d’ailleurs un progrès constant. E.-H. Weiss. •
- La Science en Famille.
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- La mentalité des Français de 1871 doit paraître bien singulière à beaucoup de ceux d’aujourd’hui. Alors comme maintenant, on se trouvait au milieu de difficultés inouïes et, de plus, on était accablé par une défaite sans exemple. Mais on avait le sentiment net qu’il n’y avait de relèvement possible que par un labeur assidu. Le chef de l’Etat, M. Thiers, dans les nombreux discours qu’il prononçait à cette triste époque, ne perdait aucune . occasion de faire un appel viril au travail, seule ressource sur laquelle la France dût compter pour payer sa rançon. Et personne ne protestait.
- Du reste, celte sagesse avait bientôt sa récompense. Dès le mois de juin 1871, non seulement le billet de banque français ne perdait rien par rapport à la monnaie
- métallique, mais, à l’étranger, il « faisait prime ». D’autre part, si la moisson de 1871 fut déplorable, en 1872 comme en 1874 on récolta 121 millions d’hectolitres de blé, chiffre qui n’a pas été atteint depuis. Sans doute, les conditions météorologiques de ces deux années furent favorables, mais le courage du paysan français fut pour beaucoup dans ce beau résultat.
- Dans les milieux intellectuels comme dans le monde politique, on s’efforçait de venir au secours du pays ; ainsi, M. Delaunay, dans une lettre adressée au ministre de l’Instruction publique, écrivait les lignes suivantes :
- « Aujourd’hui que nos charges ont augmenté dans une proportion considérable, en même temps que nos moyens d’action se sont affaiblis, il est essentiel que
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- toutes les intelligences et toutes les volontés concourent à élever la production nationale et à la porter à son maximum de puissance. Sans déserter la science pure, les hommes d’étude doivent envisager plus que jamais le résultat pratique de leurs travaux et s’efforcer de répandre dans le public des doctrines et des procédés utiles » (’).
- Après plus d’un demi-siècle, ces lignes ont encore le mérite de l’actualité, et nous espérons réussir à intéresser nos lecteurs à une grande question, dont on s’est beaucoup occupé jadis et sur laquelle le silence s’est fait, nous ne savons pourquoi : l’utilisation de la chaleur solaire.
- Les anciens n’ont guère utilisé, comme force motrice, que la force musculaire des hommes et des animaux. Le blé, par exemple, était moulu au moyen de meules que faisaient tourner des prisonnniers de guerre auxquels pour leur éviter les distractions, on crevait souvent les yeux. A l’époque d’Auguste, on connaissait cependant les moulins à eau, et ceux qui ont le vent pour moteur furent inventés, dit-on, par les Arabes, ce qui est fort vraisemblable puisque, en Arabie, l’eau est très rare. Un bon résultat des Croisades fut l’introduction de ce genre de moulins dans nos pays.
- A la fin du xvine siècle, l’industrie fut complètement transformée, grâce à la grande invention de James Watt, invention qui permit à l’Angleterre de vaincre Napoléon. N’oublions pas que Watt a eu des prédécesseurs, parmi lesquels deux Français, Salomon de Caus et Denis Papin.
- Mais, si utile qu’elle soit, la machine à vapeur a l’inconvénient de consommer du charbon fossile, dont nous ne possédons qu’une quantité, après tout, limitée, et qui sera inévitablement épuisée dans quelques siècles, bien que les machines actuelles braient, proportionnellement, beaucoup moins de charbon que celles de Watt.
- A vrai dire, le. charbon brûle n’est pas anéanti pour cela ; il existe dans l’atmosphère sous forme d’acide carbonique et aide les arbres a vivre et à grandir.' Pour combattre la future disette de houille, il faut bien aménager les forêts, en Europe comme dans les pays tropicaux ; d’un autre côté, on peut présumer que les chimistes de l’avenir sauront retirer de l’atmosphère le charbon que lui fournissent les cheminées de nos usines.
- Et puis, à défaut de la houille noire, nous avons la houille de l’avenir, la houille blanche, grâce à ses montagnes, à la neige qui les recouvre tous les hivers, la France est, à ce point de vue, un pays merveilleusement doté, qui sera peut-être, dans un siècle, le grand centre industriel de l’Europe. Et la moitié occidentale de la France, qui ne peut tirer parti de la houille blanche, jouira du trésor de la houille verte, capital de force immense, capable de solder, et au delà, toutes les dettes que nous avons contractées pendant là guerre. On sait que la houille verte, c’est l’immense source d’énergie qu’est le mouvement des marées. Un éminent astronome, M. Bi-gourdan, a soumis dans ces dernières années au jugement de l’Académie des Sciences plusieurs notes où il propose l’utilisation de cet immense travail mécanique. Espérons que sa voix sera entendue.
- Mais il est une autre source d’énergie que la nature a largement prodiguée à nos vastes colonies tropicales et même à la France du Midi. On s’en est beaucoup occupé, il y a environ un demi-siècle, si bien qu’on pouvait
- 1. Dclaunay concluait à l’organisation des études météorologiques en France, comptant que ce serait un moyen très efficace de venir en aide aux agriculteurs.
- espérer que cet enthousiasme nous vaudrait les plus beaux résultats. Il n’en a rien été cependant, par malheur, et c’est au défaut national par excellence, au manque de persévérance, qu’en Algérie, aux Antilles, au Congo, on doit de ne point voir de machines mises en marche par l’action des rayons solaires, comme en Egypte, en Australie, au Mexique.
- Retraçons l’historique de celte merveilleuse invention.
- Son auteur, Augustin Bernard Mouchol, n’a pas été sans avoir des prédécesseurs, comme Salomon de Caus, le Français Andraud, le Suédois, plus tard devenu Américain, Ericsson; mais c’est lui qui a mis l’invention « au point », et c’est un véritable titre de gloire.
- Mouchot était né à Semur, le 7 avril 1825. Son père était un ouvrier qui lui lit donner l’éducation classique, sans doute en se gênant beaucoup. Ses sacrifices, d’ailleurs, ne furent pas vains; le jeune homme fit de bonnes études et entra dans l’enseignement. Il exerça successivement dans plusieurs collèges ou lycées les ingrates fonctions de maître d’études; en même temps, il était chargé d’un enseignement préparatoire à l’industrie, auquel, croyons-nous, il devait se donner de tout cœur, bien que cela ne lui valût, sans doute, qü’une rémunération dérisoire. Dans ces conditions pénibles, il pril ses grades, devint professeur de mathématiques et de dessin graphique au lycée d’Alençon, et plus tard professeur de physique au lycée de Tours, permutation qui fait voir quelle était la variété de ses aptitudes. Il semble d’ailleurs n’avoir jamais abandonné l’étude des mathématiques pures. En 1876, il publia, la Réforme cartésienne étendue aux mathématiques, en 1892 les Bases de la Géométrie moderne (géomélrie de position), opuscules pleins d’intérêt.
- Mais il était surtout physicien, eLsurtout physicien expérimentateur. De plus, s’il cherchait des vérités nouvelles, il voulait en même temps qu’elles fussent utiles et contribuassent au bien-être des hommes. Cette tournure d’esprit le conduisit à rechercher le moyen d’utiliser les rayons solaires. Nous avons déjà nommé deux de ceux qui le précédèrent dans cette voie, mais son plus ancien et son plus glorieux modèle, c’est Archimède, qui, mettant déjà la science au service de la patrie, incendia (212 av. J.-G), la flotte romaine assiégeant Syracuse, au moyen des rayons du Soleil réfléchis par un miroir ardent. Le fait a été contesté, mais des expériences faites par Buffon ont prouvé qu’il n’y avait là rien d’impossible.
- Les premières expériences de Mouchot remontent à 1860 environ, et Napoléon III y prit de l’intérêt, en sorte que l’inventeur put continuer ses travaux à l’atelier d’études de Meudon, alors placé sous la direction du commandant de Relïyc, dont les canons ont fait époque dans l’histoire de l’artillerie.
- Les premiers résultats obtenus furent bien faibles ; on raconte qu’un certain premier janvier, alors qu’il faisait très froid, Mouchot réussit à obtenir une petite quantité d’eau chaude qui lui servit à se faire la barbe. Il fut si lier de ce résultat que pendant la visite d’usage qu’il fît aux autorités de la ville, en compagnie de son proviseur et de ses collègues, il ne put s’empêcher de raconter la chose au préfet, qui n’v comprit rien et s’imagina sans doute que M. Mouchot n’avait pas la tète bien saine. Ce jugement ne fut pas celui de tout le monde.
- En 1866, il était parvenu à construire deux petites machinés à vapeur que le soleil d’Alençon suffisait à faire fonctionner parfaitement. Voici comment M. Faye les appréciait :
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- (( Je me trouvais à Alençon il y a une quinzaine d’années, lorsqu’un jeune professeur du lycée vint me parler d’une machine qu’il avait construite pour faire travailler le soleil : « Voyez, Monsieur, me disait-il, l’énorme quantité de chaleur que le Soleil verse sur la Terre, 0,4 calorie par seconde, sur chaque mètre carré de surface exposé perpendiculairement à ses rayons. Cela fait 22 500 chevaux-vapeur par heclare. Je sais bien qu’en transformant cet hectare en prairie, on produit de la force en faisant manger le foin par des chevaux et des bœufs ; mais voyez combien on en utilise peu. Il y a là un capital de force immense. J’ai entrepris de mettre à profit un peu de celle chaleur perdue et j’ai construit pour cela une petite machine que je vous prie de venir voir fonctionner. »
- (( M. Mouchot savait aussi bien que moi que le grand obstacle à son entreprise, même dans les pays où le Soleil brille toute la journée, c’était de ramasser, de concentrer sur un petit espace la chaleur disséminée sur une grande superficie ; mais il avait la foi de l’inventeur. J’allai voir sa machine. Elle avait, comme les autres, une chaudière, un corps de pompe, un condenseur, mais pas de foyer. C’était le Soleil qui fournissait la chaleur. Elle pompait de l’eau, et en faisait jaillir un mince filet à quelques mètres de hauteur. Elle était loin de réaliser la force d’un cheval. Cependant, elle m’intéressa vivement. J’encourageai l’inventeur qui, depuis, a présenté à nos expositions des machines solaires beaucoup plus puissantes. Je ne crois pas néanmoins que l’invention soit encore en passe d’opérer une révolution dans l’industrie. Peut-être faudrait-il changer de voie et recueillir la chaleur dans de vastes appareils électriques, dont il resterait à utiliser les courants. » (Conférence du 21 février 1882.)
- En 1869, Mouchot fit connaître au public le résultat de ses veilles et fit paraître La Chaleur solaire et ses applications industrielles, livre qui a eu une seconde édition dix ans plus tard.
- L’année 1878 fut une véritable année de triomphe pour le modeste professeur. Différents ministères et le gouvernement de l’Algérie lui accordèrent des subventions assez élevées; en outre, il fut décoré de la Légion d’honneur, et, quand il voyait, à l’Exposition du Champ de Mars, fonctionner sous ses yeux une pompe qui donnait 2 mètres cubes d’eau par minute, sans autre moteur que les rayons du pâle soleil parisien venant se concentrer dans un immense entonnoir dont l’ouverture avait 20 m2 de superficie, le public se disait que c’était justice.
- M. Pifre, jeune ingénieur plein de talent, se fit l’acquéreur des brevets de Mouchot et perfectionna ses travaux, si bien qu’il en vint à construire des appareils utilisant 80 pour 100 de la chaleur émise par le Soleil. Une Société financière se forma pour exploiter ces brevets. Mouchot eut un moment de vrai bonheur sous l’influence duquel il écrivit :
- « J’ai fini par apprendre à mes dépens que toute innovation sérieuse est lente à mûrir et lente à se propager. Je m’empresse de le reconnaître; toutefois, je n’ai cessé de trouver sur ma route de précieuses sympathies, et je crois fermement que la France est encore, de tous les pays du monde, celui qui fait les plus grands sacrifices pour encourager la science et l’industrie. »
- M. Mouchot ne s’était pas marié dans sa jeunesse, et cependant il semble que cet inventeur génial, toujours préoccupé de ses expériences et de ses calculs aux heures 'de liberté que lui laissaient ses fonctions, avait — plus
- qu’un autre — besoin d’une compagne qui lui épargnât, au moins en partie, les obligations matérielles de l’existence. En 1877, il se rendit en Algérie, chargé d’une mission officielle afin de pouvoir continuer ses expériences dans des conditions plus favorables. Il y contracta une ophtalmie, et une femme de condition modeste, MlleBoi-tier, lui prodigua les soins qui lui étaient indispensables. Par reconnaissance, il l’épousa, et ce fut un malheur pour lui, car, si Mme Mouchot eut beaucoup d’affection pour son mari, son intelligence manquait d’équilibre; elle ne tarda pas à être atteinte du délire de la persécution et contribua grandement au malheur et à la ruine de son infortuné mari.
- En plus de sa pension de retraite (1895 francs), M. Mouchot touchait une subvention de 1800 francs du ministère de l’Instruction publique. De la vente de ses brevets, il devait avoir tiré une somme assez ronde, car il avait commencé à faire construire une maison, celle qui porte le numéro 58 de la rue de Dantzig, mais la construction ne fut pas menée à terme, sans doute parce que l’argent vint à manquer, probablement par suite de la mauvaise administration de Mme Mouchot.
- En 1891 et 1892, l’Académie vint en aide à la détresse de Mouchot en lui décernant le prix Francœur, dont la valeur est de 1000 francs. L’intention était excellente, mais cela était insuffisant pour assurer le bien-être et la sécurité d’un homme qui avait tant travaillé pour les autres. Qu’on en juge :
- Le malheureux avait complètement perdu la vue, et, de plus, il était devenu sourd. Alors que des soins affectueux et intelligents lui eussent été plus nécessaires qu’à tout autre, sa femme avait perdu la raison. Elle s’imaginait que des assassinats étaient commis journellement dans le voisinage, se croyait dépouillée de biens sur lesquels elle s’imaginait avoir des droits, menaçait des enfants inoffensifs ; enfin, dans sa crainte d’un empoisonnement, elle en vint à se nourrir et à nourrir son mari de détritus ramassés dans les tas d’ordures ! On fut obligé d’enfermer cette pauvre insensée.
- El, pendant ce temps, onze trimestres de la pension de retraite de l’ancien professeur n’avaient pas été touchés !
- Par bonheur, il existe à Paris une admirable institution, c’est la Société de secours des Amis des Sciences, fondée par Thénard en 1857, et qui, depuis cette époque, a distribué plus de trois millions à des hommes qui n’ont pas su arriver à la fortune ou même à l’aisance, mais dont les découvertes ont été utiles aux sciences ou à l’industrie, ou, à défaut de ces travailleurs, à leurs pères et mères, à leurs veuves, à leurs enfants. Le 1er août '1907 l’illustre secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, G. Darboux, président de la Société, informé de l’état de détresse dans lequel se trouvait M'ouchol, — que son logeur voulait expulser — chargeait M. Proust, agent général de la Société, de s’occuper de l’infortuné vieillard, qui. dans un état de saleté repoussante, manquait absolument de tout et réclamait sa femme. Une pension de 1200 francs lui fut immédiatement accordée. On nettoya son logis, on lui acheta des vêtements et on mit auprès de lui une personne de confiance. Enfin, il fallut le défendre contre des intrigants qui voulaient le dépouiller du peu qu’il possédait.
- Mouchot, devenu infirme, est mort presque dans la misère le 4 octobre 1912.
- Il a eu, parmi ses contemporains, un illustre émule, Charles Tellier, sur le compte duquel nous nous proposons de revenir. E. Doublet.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1926.
- Elections. — Au cours du mois de juin, l’Académie a élu successivement : MM. Victor Grignard et Pierre Weiss, membres non résidant, et M. Norlund, correspondant pour la Section de Géométrie. Ces savants remplacent respectivement MM. Kilian, Gouy et Claude Guichard.
- Le rapport vasculaire entre la feuille et la racine. — Les nouvelles expériences de M. A. Dauphiné ont porté sur des radicules de Lupin blanc, de courge et de ricin séparés de l’embryon cl de toutes les racines. Au bout d’une quarantaine de jours, les vaisseaux d’origine primaire se sont, normalement dilTérenciés suivant toutes les phases de Dévolution vasculaire. Une série d’essais réalisés avec des embryons de Lupin, chez lesquels on avait supprimé une phylle entière, tout en laissant la radicule et la gemmule intactes, permit à l’auteur d’établir que, pour la racine qui est la partie de la plante-qui a le mieux conservé les phases primitives de Dévolution vasculaire, du moins chez les Phanérogames actuelles, il y a là un caractère profondément acquis : l’existence de ces phases, indépendante du développement des autres parties de la plante, alors que la diffé-
- renciation des éléments secondaires, phase tardive de Dévolution, se montre sous la dépendance du développement général du végétal.
- Les injections salines préalables rt l'anesthésie dilorofonnujuc. — MM. Charles Michel et P. Lassabliôrc ont constaté sur des chiens que si Don fait, avant l’inhalation d’anesthésique, une injeclion veineuse d’une solution hypertonique de chlorure NaCI, il ne se produit pas d’intoxications des ganglions et Don évite ainsi, mieux qu’avec l’atropine ou la scopolaminc, la terrible syncope cardiaque. La résistance du cœur s’est considérablement accrue ; par contre, les animaux s’endorment plus difficilement, ce qui entraîne une résistance à l’intoxication des cellules motrices et sensitives du système nerveux central.
- Dans le cas où l’observation clinique montrerait une telle action des injections salines sur l’homme, ce serait aux chirurgiens de décider si une résistance plus grande à l’anesthésie générale compense une défense prolongée à l’intoxication cardiaque.
- Pâli B.
- LA PALÉOMÉTÉOROLOGIE ET LES MODIFICATIONS DU CLIMAT
- depuis l’époque quaternaire dans le nord-ouest de l’ancien continent.
- Il est certain que les climats ont varié dans les temps géologiques, mais il est difficile d’établir la nature et l’intensité de ces changements pour les périodes anciennes, qui sont les plus éloignées de nous. On s’appuie beaucoup sur la faune (’), mais l’argument 11’est pas toujours probant, car les animaux ont souvent une grande faculté d’adaptation ; c’est ainsi que le Mammouth (Elephas prirniçjenius) a pu vivre dans les glaces de la Sibérie, à l’époque quaternaire, tandis que nous voyons aujourd’hui d’autres espèces d’éléphants vivre dans les pays chauds de l’Afrique et de l’Insulinde.
- Il faut tenir compte aussi des changements astronomiques possibles et des changements géographiques à la surface du globe, comme la variation d’altitude et la position des continents dans les temps passés, le changement des courants océaniques. Ces derniers ont amené des espèces boréales dans la Méditerranée au début du quaternaire, par exemple.
- O11 peut essayer, en partant de l’époque actuelle, de se faire une idée des climats à l’épo'que géologique la plus proche de nous, c’est-à-dire à l’époque pléislocène ou quaternaire.
- En remontant ensuite à l’époque tertiaire, on peut alors essayer d’établir des grandes zones cli-
- 1- Témoignage de la faune dans les modifications du climat, par Jean Maseurt. [La Sature, du 27 février 1920.)
- matiques, basées sur l'étude de la faune et de la flore. Il convient donc d’étudier le passe' le plus proche de nous, à la lumière du présent.
- L’état des choses n’a pas varié, ou presque pas, dans nos régions, depuis le début de l’époque moderne des géologues, qui comprend le néolithique et l’époque'historique ; auparavant, c’était l’époque quaternaire dont la fin remonte à 8 ou 10 000 ans environ.
- Un des éléments caractéristiques des climats est certainement le régime des vents qui est lié à la pression atmosphérique, à la température et à l’existence de courants marins.
- Dans l’Ouest de l’ancien continent, depuis le nord des Iles Britanniques jusqu’au Sahara, le régime humide implique la prédominance des vents océaniques, tandis que l’état aride montre l’existence de vents continentaux. Même pour les variations rapides et journalières de température et de climat, sur un même point, il suffit le plus souvent de regarder la girouette; les vents du Nord et du Nord-Est impliquent un régime sec, tandis que les vents du Sud-Ouest et de l’Ouest amènent la pluie.
- Ces derniers vents sont en relation avec le régime cyclonique actuel dans l’Àtlantique-Nord ; les tempêtes viennent des côtes des Etats-Unis, vers la Bretagne, les îles Britanniques et la Norwëge ; elles I passent au Nord de l’anticyclone des Açores, en sui-
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- 144 LA PALÉOMÉTÉOROLOGIE ET LES MODIFICATIONS DU CLIMAT
- vant les grands courants marins superficiels qui jouent un si grand rôle pour améliorer le climat du Nord-Ouest de l’Europe, surtout en hiver.
- Plus au Sud, c’est le régime sec des vents alizés du Nord-Est qui prédomine, et forme la grande zone des pays arides du Sahara, Arabie, Perse, Turkestan, jusqu’au Gobi.
- 11 y a certainement eu, à l’époque quaternaire, une répartition des climats différente de celle qui régit actuellement l’Ouest de l'Europe ; c’est ce qu’a montré mon ami, M. F.-W. Ilarmer, de Norwieh (Angleterre), décédé en 1925.
- L’extension d’une immense nappe glaciaire dans le nord de l’Europe ne fait plus de doute; la Scandinavie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne du Nord et la Russie septentrionale ont été recouvertes de glace, à un ou plusieurs moments de l’époque pléis-tocène. Cette calotte rejoignait peut-être celle du Nord de l’Amérique ; peut-être la région était-elle surélevée, du nord de l’Ecosse au Groenland.
- Cet Inlandsis était, en général, un centre de froid et, par suite de hautes pressions : c’était le siège d’un anticyclone (*) ; l’orientation des vents, qui s’échappaient de cette surface, était celle des aiguilles d’une montre; ces vents étaient froids et secs. Dans l’Europe centrale, les vents du Nord-Est et de l’Est prédominaient; je ne parle que d’une moyenne, car il avait certainement des changements qui devaient être saisonniers, mensuels et journaliers, sans oublier les modifications en rapport avec l’avancement ou le recul des lobes glaciaires.
- Ce changement de régime de l’Europe quaternaire,1 par rapport à l’époque actuelle, est attesté par la présence du Renne et de l’Antilope Saïga jusqu’au Nord des Pyrénées. Aujourd’hui, le Renne existe seulement dans les régions boréales et la Saïga dans les steppes du Sud-Ouest de la Sibérie.
- A ce moment, le régime cyclonique de l’Atlantique était descendu plus au Sud ; les tempêtes abordaient l’Ancien continent par les régions méditerranéennes, Espagne, Massif de l’Atlas, et par le
- Sahara. Un régime pluviaire intense existait alors dans le sud de l’Europe et dans le nord de l’Afrique. On voit partout, dans les diverses parties de ces régions, France méridionale, Italie, Maroc, Algérie, Tunisie, etc., des traces d’érosion phénoménale et des dépôts d’alluvions considérables. Les atterrissements de l’époque quaternaire sont très épais, et sont superposés à d’autres atterrissements de l’époque tertiaire. Ils comblent toutes les anciennes vallées et les ont transformées en plaines et en plateaux. Le Sahara algérien est couvert de ces dépôts arrachés au Massif Atlantique et même aux massifs anciens du Grand Désert, comme l’Ahaggar. Les vallées du Sahara-Nord étaient alors parcourues par de grands fleuves, comme l’Oued Irhar-har, qui amenait au Sud de l’Atlas, dans de grands lacs, les roches du centre du Désert actuel ; les rivières du Sahara algéro-marocain coulaient jusqu’à l’Océan, comme l’Oued-Draa, ou bien jusque sur l’emplacement du Niger actuel, comme l’Oued Guir, avec la Zousfana.
- Le régime sec des vents alizés existait alors plus au sud ; la zone septentrionale du Pays des Noirs était plus aride, la région-limite actuelle du Sahara et du Soudan était moins humide qu’aujourd’hui; on y voyait de véritables massifs de dunes (ergs vivants) qui sont aujourd’hui consolidés et couverts de végétation (ergs morts), et forment la zone sahélienne des steppes du Soudan.
- En résumé, l’époque glaciaire quaternaire avait amené le déplacement, vers le Sud, .des climats actuels. L’histoire de cette période est, du reste, complexe, car il y a eu des changements dans les courants océaniques, comme le Gulf-stream; dans la répartition relative des aires de haute et de basse pression barométrique ; dans la direction des vents dominants ; dans le trajet des tempêtes et cyclones; dans la distribution des pluies, des brouillards et de la lumière solaire.
- On voit que l’étude de la météorologie, associée aux changements des conditions de géographie géologique — c’est-à-dire la Paléoméléorologie, — est complexe. Jules Welsch,
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poiliers.
- 1. Aujourd'hui, la région du pôle Sud, l’Antarctide, couverte de glace, est le siège d'un anticylonc. < .
- + +> + + + *1^
- Direction génena/IT
- — Le nord-ouesl de l'ancien continent à l’&poque quaternaire.
- Direction generale des cyclones et temptêes.
- Fig. i.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahbre, 9, rue de Fleurus, Paris. — 192G.
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- SOMMAIRE :
- Les industries du Micocoulier : Alltonin Rolet.
- Initiation biologique. La membrane et la perméabilité cellulaire ; Dr Max Aron. L’industrie des papiers peints : Jacques Boyer.
- , Académie des Sciences : Paul B.
- Les petites mines d’anthracite du Briançonnais : Laurent Rigotard. SUPPLÉMENT :
- Informations. — Bulletin astronomique. — Hygiène et Santé. — Recettes et Procédés utiles.
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- 4 SEPTEMBRE 1926
- LA NATURE. — N° 2735. r=-^=—-----
- LES INDUSTRIES DU MICOCOULIER
- Le Micocoulier de Provence (Cellis australis) est, comme son nom l’indique, un arbre essentiellement méridional ; on le rencontre des Pyrénées-Orientales à la frontière italienne, pour ne citer que la France. Son port élégant, sa vaste ramure harmonieusement équilibrée en cime arrondie, son feuillage léger, d’un vert bleuté, très rarement attaqué par les parasites ; sa grande taille, — il peut atteindre 20 mètres et plus dans les sols favorables, — en font même un arbre d’ornement. On le voit le long des routes, avenues et promenades, dans les parcs, les bosquets, devant les mas et les bastides. On sait que Mireille est née au mas di falabrego (li fala-brego sont les petits fruits du Micocoulier, ou fala-breguié).
- En Italie, on l’a fort recommandé comme arbre de choix pour la reconstitution des forêts, même en terrain ingrat et rocheux. Le parti que l’on peut tirer de tous ses organes compense en peu de temps les frais de plantation et de culture. Dans la zone tempérée qui lui est propre, il se prête à n’importe quelle exposition. Se propageant de manière variée, il permet au sylviculteur de choisir la méthode de plantation qui convient le mieux aux conditions particulières de la localité et du terrain.
- Son bois, loufalabren, peu altérable, ressemble beaucoup à celui du frêne. Son aubier, dur, à grain fin, à couleur délicate, blanc grisâtre ou verdâtre, est à la fois très tenace, très nerveux, et, peut-être, plus souple et élastique encore que le frêne; pouvant prendre un très beau poli, quand il est coupé obliquement, il est recherché par les tourneurs, l’ébénisterie, la marqueterie, la carrosserie, le charronnage ; pour les ouvrages de sculpture, pour la fabrication des instruments à vent,
- lig. 2. — Micocouliers conduits en « iête de saule » pour la production des jourches (photo Rolet).
- £' Semestre
- Fig. i. — Jeunes micocouliers abritant un nias provençal (photo Rolet).
- des soufflets de forge, etc., pour la confection des sabots. Il est aussi d’excellente qualité pour le chauffage, mais on le met rarement en meule pour en tirer du charbon.
- Du bois des rameaux, les Lesbiens extraient une couleur jaune foncé pour la teinture de la soie. Les racines, moins compactes et de couleur plus sombre, peuvent aussi donner une matière colorante pour la laine. On fait encore, avec ses organes souterrains, des manches de couteau et de menus objets.
- Les feuilles constituent un aliment qui n’est pas à dédaigner pour les moulons et les chèvres. Jeunes, elles contiennent, à l’état frais, d’après Degli Atti, 6,5 pour 100 de matières azotées, 0,15 de matière grasse et 19,69 d’hydrates de carbone. La pulpe des fruits, gros comme un petit pois, mais qui sont nombreux, peu abondante il est vrai, est riche en sucre (59,40 pour 100 à complète maturité), à saveur spéciale agréable, et peut être donnée, également, au bétail. Ces drupes, brunâtres ou noirs, passent aussi pour arrêter la diarrhée. Toujours d’après l’auteur italien que nous venons de citer, l’amande du noyau, très gros, relativement, contient 57,10 pour 100 de matière grasse, soit 7,02 des drupes entiers. À la mouture, les noyaux donnent 10 pour 100 d’huile ; on pourrait atteindre 60 pour 100 avec les amandes séparées. Dans ce dernier cas, le tourteau conserverait encore 12,4 pour 100 de matière grasse, sans compter 12 pour 100 de protéine et 48,5 pour 100 d’extractifs non azotés. L’huile peut être employée à des usages divers. Son goût rappelle celui de l’huile des amandes douces ordinaires .
- Le Micocoulier fait l’objet d’une culture bien spéciale, plutôt humiliante, si l’on peut dire, pour un tel arbre, portant haut son dôme vaste et altier, noyé dans l’air pur du ciel azuré, et dans les flots étincelants de l’astre d’or du Midi! Mettant à profit la propriété qu’il a, lorsque, tout jeune, on le coupe près de terre, de repousser facilement en cépée, en
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- 54° Année.
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- têtard, comme, l'on dit encore, on le conduit en tète de saule émergeant à faible hauteur, le Toréant ainsi à produire des tiges droites. Cette culture en taillis à courte révolution fournit des perches qui servent à fabriquer des fourches, des attelles, ou carcasses de collier pour chevaux, ou encore des manches de fouet. Des rejets que l’on ne peut ainsi utiliser, on fait des manches de fourche à dents métalliques, de faux, d’outils divers ; des râteaux à dents en bois, des baguettes de fusil, ou pour battre les draps ; des cannes, des cercles pour tonneaux et cuves.
- On rencontre cette curieuse culture industrielle dans le Gard, le long du haut Yidourle, et dans les Pyrénées-Orientales, dans le Yalespir, dans les vallées de la Têt et du Tech ; au-dessus de 500 mètres (dans les Àsprcs), la végétation est trop lente pour le but que l’on poursuit. Là, dans le Roussillon, pays des fouets, la culture est plus soignée, le terrain est d’ailleurs plus propice que dans le Gard, pays des fourches et des attelles, car une croissance rapide est nécessaire pour la production de plus grosses tiges souples. Façons aratoires, engrais, irrigations, rien n’est négligé, autant que le permettent la nature et la situation du sol exploité. On plante aussi plus serré, cette disposition favorisant la croissance de pousses plus droites, plus élancées. D’ailleurs, des pratiques particulières tendent à maintenir leur direction rectiligne, ainsi que la surface lisse du bois.
- Les jeunes Micocouliers sont recepés après 10 à 15 ans de plantation, suivant les terrains et les soins. Les barres peuvent alors avoir 10 centimètres de diamètre et 2 m. 5 à 3 mètres de longueur. Mais les tiges qui naissent ensuite seront assez fortes pour être utilisées après 8 à 10 ans, quelquefois moins.
- Sorède, puis Perpignan sont les deux principaux centres de la fabrication des fouets ; c’est aussi dans la région de Sorède (arr. de Céret) que l’on rencontre les plus beaux taillis cultivés. Avant la guerre, et d’après Àrriouin-Dumazet, les ateliers occupaient, dans ce village de 1500 habitants, environ 200 ouvriers, sans compter les femmes et les enfants, qui, dans les ménages, aident les pères et les aînés. Dans la seule usine Massot, il y avait 100 ouvriers, dont 50 à 60 à l’usine même, le reste dans les familles.
- On redresse d’abord la barre au feu, s’il y a lieu ; puis des ouvriers, dits achapâïres, la coupent par îe milieu. Ils refendent ces deux parties égales en suivant le fil du bois et en rejetant le cœur, trop dur. Il n’est guère possible de le débiter mécaniquement, car, ainsi qu’il vient d’être dit, il faut suivre le fil, et procéder par une sorte de décollement des fibres et non par sciage. On obtient des brins carrés d’un jaune clair tirant légèrement sur le vert. D’autres ouvriers carrent ces baguettes, ou les arrondissent à la plane et au rabot, suivant que l’on veut faire des fouets pour roulier, ou pour voi-
- ture légère. Le fouet le plus courant, dit perpignan, ou fouet de charretier, de roulier, est tressé, ou cordé ; le manche a l’aspect d’une corde aux brins tordus.
- On met d’abord les baguettes à l’étuve, pour les assouplir, puis elles sont débitées en 4 à 6 lanières, suivant leur grosseur, avec la scie d’une machine, mais sans pousser jusqu’à l’autre extrémité de la tige, qui constituera la poignée, d’une vingtaine de centimètres de longueur, et par où, donc, les lanières resteront réunies, On arrondit et polit ensuite celles-ci. À partir de ce moment, le manche va à l’usine. On l’introduit dans les trous d’une plaque qui sert de couvercle à une chaudière, chaque brin à part dans uir trou, et, après avoir ainsi subi durant quelques minutes l’action de la vapeur d’eau à basse pression, le tressaire (tresseur) introduit entre les brins une baguette de fer, ou de coudrier, puis, les saisissant, il donne le cordage par un mouvement de torsion imprimé à la poignée. Il réunit ensuite les extrémités libres. 11 ne reste plus qu’à arrondir et à polir. La recherche d’un vernis faisant corps avec le bois et ne s’écaillant pas par la flexion du support, fut particulièrement laborieuse. La longueur du fouet varie avec sa destination. Ainsi, pour les Bouches-du-Rhône, il le faut long; court, au contraire, pour les Alpes-Maritimes. Le perpignan est très demandé aussi en Bretagne, où on l’appelle couramment un massot.
- Dans l’atelier de montage, des jeunes filles entourent la poignée d’une étroite lanière de cuir ; elles fixent également à l’autre extrémité le bout, ou attache en cuir qui retiendra la lanière du fouet. On orne la poignée de clous de cuivre, de petites couronnes de poils, de peintures diverses, selon le goût des régions. Pouf l’Algérie, le manche doit être recouvert d’une gaine en cuir qui empêche le bois de jouer.
- On fait aussi le fouet de cabriolet, ou de jardinière, voiture légère à deux roues, fouet d’une seule pièce, d'un seul brin, non tressé, par conséquent plus long et plus flexible. Il est arrondi au rabot, travail difficile qui exige des ouvriers habiles, une grande dextérité, surtout pour donner la forme conique. Par le vernissage, on imite aussi les bois exotiques, jonc, bambou avec nœuds, etc.
- Pour satisfaire les tresseurs et les monteurs de Paris, les fabricants cherchent à se procurer tout l'assortiment nécessaire en objets les plus simples comme les plus luxueux. Ils font venir, par exemple, du jonc de Singapour, etc., et ils peuvent ainsi contenlcr la clientèle anglaise. Mais l’Italie fait, ou au moins faisait, une rude concurrence à nos industriels du Roussillon.
- La culture du Micocoulier est très ancienne dans le Gard ; on y rencontre des pieds qui, dit-on, sont plus que centenaires. Sauve, au bord du Vidourle (arr, du Yigan), est le centre principal. Cette production, bien qu’ayant perdu de son importance (500 hectares au lieu de 1500), depuis la concur-
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- LES INDUSTRIES DU MICOCOULIER
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- rence des fourches en bois italiennes (région , de Turin), et surtout depuis l’invention des fourches américaines à dents métalliques, est encore intéressante. A cette époque, les cultivateurs syndiqués, environ 450, formèrent la Société générale des fourches (usine coopérative hydro-électrique de Sauve), et s’attachèrent un personnel d’ouvriers pour le travail de leurs produits.
- Les jeunes micocouliers sont plantés, comme dans les Pyrénées-Orientales, à l'âge de 2 ou 5 ans, mais souvent dans un sol bien moins propice, parfois rocheux, rappelant les garrigues du pays. Les sujets sont coupés au ras du sol après 5 ou 6 ans seulement. Dans la suite, on conserve les 2 ou 3 plus beaux rejets, qui sont bons, à nouveau, à être enlevés après 4 ou 5 ans. Mais à mesure que le pied avance en âge, on laisse davantage de pousses. Comme il en naît chaque année, chaque année aussi on peut en prélever ayant la grosseur voulue. En vieillissant, la tète de saule s’arrondit irrégulièrement et se crevasse, mais elle peut ainsi vivre longtemps.
- Non seulement il faut ici des tiges bien rectilignes et lisses, mais encore pourvues de bifurcations bien disposées, qui représentent les dents des futures fourches. A cet effet, quand leur longueur est jugée suffisante, on les pince pour faire naître des bourgeons à l’extrémité, enlevant les autres, et par des soins particuliers, on équilibre leur allongement pour les avoir de même grosseur. Les bourgeons sont groupés par trois, formant fleur de lys, qui donnent les 3 dents de la fourche la plus courante. Mais en éborgnant, ou, au contraire, pinçant à nouveau, etc.,'on peut avoir aussi 2, 4, 5 brins, c’est-à-dire des fourches avec ces mêmes nombres de dents.
- Les perches sont bonnes à couper quand leur longueur est un peu supérieure à celle que doit avoir la fourche (1 m. 20 de manche et 0 m. 50 de bec, ou fourehon). A l’usine on redresse la barre, si c’est nécessaire, en faisant levier avec elle entre deux tiges de fer horizontales fixées à un poteau vertical, ou arbre à plier. On enlève l’écorce et toutes les parties inutiles, puis on laisse un quart d’heure dans, une étuve, où la vapeur d’eau les rend plus flexibles. On introduit les dents entre trois barreaux d’un petit métier composé de trois traverses réunies par deux montants. On force les dents, en les pliant, à passer sur les deux barreaux extrêmes, et sous celui du milieu. Un barreau mobile supplémentaire, placé à la main, tient le manche en place. S’il faut régulariser l’écartement des dents, on emploie des étrésillons, que l’on engage entre elles en forçant. On redresse aussi le manche en le reliant à des pièces fixes. Quelquefois, avant le moulage, on entoure ce dernier, sur une partie de sa longueur, d’une lanière decorcc, de manière à figurer divers dessins, qui subsisteront par différence de coloration du bois à la sortie du four,
- après l’enlèvement de la lanière. On porte ainsi le tout dans un deuxième four en briques, chauffé par des débris de bois qui brûlent dans un foyer latéral. Lesgaz delà combustion cuisent les fourches dans une douzaine d’heures. Au sortir du four il ne reste plus qu'à rogner les bouts, à polir, à épointer les dents.
- Lors de notre visite à Sauve, il y a quelques années, on y confectionnait, de novembre à mai,
- 8 mille à 9 mille douzaines de fourches, sortant presque toutes de la Coopérative. Ces modestes outils agricoles trouvent facilement des débouchés dans les régions où l’on récolte le foin, la paille, et analogues. Ils présentent l’avantage de coûter moins cher que les fourches à dents métalliques. Us réclament aussi, dans leur maniement, moins de prudence que les fourches américaines, dont les dents acérées font de vraies épées-baïonnettes à pointes multiples. Avec les fourches en bois* on saisit et retourne mieux le foin et la paille sur le sol. Les principaux débouchés sont le Midi, la Provence, la Corse, et surtout l’Algérie. L’armée en demande aussi. Pour l’expédition, les fourches sont réunies en ballots de 18.
- Les perches de 5 à 6 ans servent également à faire des attelles pour colliers de chevaux. On distingue les attelles de roulage, les attelles-crochets, les attelles labour, les attelles mâconnaises à bouts perdus, les attelles demi-mâconnajses.
- A l’usine, les perches sont coupées à la longueur voulue, en supprimant les parties inutiles. Une fois ramollies à l’étuve dans la vapeur surchauffée, on les applique sur une forme qui les courbe et les met en S. On les porte ainsi montées dans le four à cuire en briques. En sortant, elles conservent la forme qu'elles avaient sur le moule. Quand l’épaisseur s’y prête, on les refend dans le sens de la longueur, avec une mince scie à ruban, et l’on a ainsi deux attelles. Puis les pièces passent entre les mains d’ouvriers qui, avec la plane, enlèvent l’écorce, régularisent la surface, façonnent les extrémités. Finalement, le bois est poli.
- La préparation des manches de pelle n’a rien de bien compliqué. Leur forme particulière est obtenue par le séjour dans un moule en fer, après chauffage au four. On procède de même pour les manches de faux, manche à 2 pièces, à 3 pièces, manche droit dit à l’italienne.
- La Société coopérative utilise encore d’autres essences que le Micocoulier. Ainsi, avec le châtaignier, on confectionne des manches de pelle ferrée, des manches de pelle en bois, cintrées à la vapeur, des manches de fourche américaine, des manches de gâche-mortier. Avec le bois de chêne on fait des manches ronds de pioche, des manches de marteau,
- des manches de pelle. . n
- 1 Aktoniis Rolet,
- Ingénieur agronome.
- École pratique d’Antibes.
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- INITIATION BIOLOGIQUE 1
- La membrane et la perméabilité cellulaire.
- Fig. i. — Exemple de syncytium.
- Travées de cytoplasme indivis semées de noyaux nombreux. Il s’agit ici du syncytium du placenta de cobaye. Les travées syncytiales sont un tissu fœtal. Les espaces clairs situés entre elles correspondent à ce qu’on nomme les « lacunes sangui-maternelles ». Le sang maternel y circule et la nutrition du fœtus se réalise par l’intermédiaire du syncytium.
- Microphotographie : Grossissement : 3oo diam.
- Dans jios premiers articles, nous avons porté notre attention sur la forme et l’organisation de la cellule, sans prendre souci de ses relations avec le milieu qui l’environne.
- Maintenant que nous connaissons les éléments fondamentaux de la structure d’une cellule., et qu’à l’aide des multiples composants qui entrent dans sa constitution nous avons, pièce par pièce, édifié cet organisme microscopique, il importe de l’observer dans ses rapports avec ce qui l’entoure. La vie cellulaire implique d’incessants échanges avec l’ambiance, des réactions continuelles aux changements de tout ordre qui s’y produisent. Le moment est venu pour nous d’aborder ce nouveau point de vue.
- La première question qui se pose est celle de savoir par quel dispositif se trouvent conditionnés et réglés les échanges auxquels je viens de faire allusion.
- Que des substances variées pénètrent dans la cellule ou en sortent, c’est ce qui n’a pas besoin d’être démontré. On a souvent dit ou écrit que la vie consiste en une combustion. La vie n’est pas seulement cela, mais, sous cette forme sommaire, on exprime à juste titre la consommation d’énergie inséparable de toute manifestation vitale. Il faut que chaque cellule puise autour d’elle les matériaux qu’exige cette consommation et rejette, en outre, les produits ou les déchets de son activité.
- Or il existe, entre le protoplasme et le milieu où il baigne, une barrière qui tantôt interdit, tantôt laisse libre l’accès ou l’issue des corps chimiques qu’utilise ou crée le travail cellulaire : c’est la membrane.
- 1. Voir La Naturer nos 2703, 2715, 2715 et 2751.
- La membrane ne représente pas, au même titre que le cytoplasme et le noyau, un constituant fondamental de la cellule. On peut en concevoir l’absence. C’est ainsi qu’on désigne sous le nom de syncytium ou de plasmode des plages ou travées de cytoplasme indivis semées de noyaux (fig. 1). Dans un syncytium l’individualité morphologique de la cellule est abolie. Mais, en l’absence de limite nette, son individualité physiologique subsiste, et Sachs a autrefois appelé énerqules les territoires, composés chacun d’un noyau et de la zone cytoplasmique environnante, qui, à l’intérieur d’un syncytium, correspondent chacun à une cellule.
- Quoi qu’il en soit, en dehors de ce cas particulier, toute cellule vivante possède une membrane, simple différenciation, en une couche d’une minceur extrême, de la région la plus périphérique du cytoplasme. Aussi est-on fondé à l’appeler membrane plasmique. C’est à elle qu’incombe le rôle essentiel dans la régulation des échanges cellulaires. C’est donc sur elle que devra se concentrer notre attention.
- Mais avant d’entreprendre son étude, il importe de signaler brièvement une autre catégorie de membranes cellulaires, appelées les membranes secondaires, par opposition à la membrane plasmique qu’on nomme aussi la membrane primaire. On les observe surtout chez les végétaux. Là, les cellules ont pour limite, en dehors de leur membrane plasmique, une coque plus ou moins rigide, qui leur compose une sorte de logette (fig. 2 et 3). Les substances qui entrent dans la composition des membranes secondaires sont de véritables produits de sécrétion du protoplasme.
- La plus répandue est la cellulose qui forme l’enveloppe des cellules dans un grand nombre de tissus végétaux, et qui renferme surtout des polysaccharides susceptibles de donner, par hydrolyse, des pen-toses etdeshcxoses (glucose).
- Nous en consommons une quantité considérable avec les légumes verts et les fruits qui entrent dans notre alimentation, mais notre appareil digestif se montre inapte à la digérer, tandis que chez beaucoup d’animaux, grâce à l’intervention de certaines bactéries, la cellulose est utilisée en tant que matière nutritive,
- m. s. : membrane secondaire cellulosique; u. : noyau ; p. ; protoplasme, formant des travées entre lesquelles prennent place de volumineuses vacuoles.
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- INITIATION BIOLOGIQUE
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- digérée et assimilée. D’autres substances encore, telles que le liège, le bois, les mucilages, chez les végétaux, la chitine chez les animaux, peuvent entrer dans la composition des membranes secondaires.
- Quelle que soit leur nature chimique, ces parois cellulaires spéciales offrent des propriétés communes. En dépit de leur rigidité apparente, elles se montrent capables de s'adapter aux changements de volume des éléments qu’elles limitent. Quand une cellule grandit, sa membrane secondaire s’accroît dans des proportions correspondantes, et inversement. D’autre part les membranes secondaires sont généralement perméables dans les deux sens à l’eau et aux cristalloïdes. Elles n’exercent donc pas de contrôle sur les échanges cellulaires. Gomme je l’ai déjà écrit, ce rôle appartient à la membrane plas-
- Fig. 4. — Plasmolyse de cellules végétales {pulpe delà baie de Sympharicarpus racemosus).
- (.D’après R. Chodat.)
- A : cellule à vacuole centrale unique, dont le liquide a refoulé le protoplasme contre la membrane secondaire; B : cellule à plusieurs vacuoles; C ; cellule du type A plasmo-lysée; D ; cellule du type B plasmolysée; m. s. : membrane secondaire; n. :no\rau; r. : vacuole; p. : protoplasme ; e. : espace formé entre le protoplasme et la membrane secondaire dans les cellules plasmolysées. On y distingue des filaments tendus entre le protoplasme et la membrane.
- mique, qui va faire désormais l’exclusif objet de notre étude.
- La membrane plasmique n’a pas de structure propre. Dans les préparations de cellules ou de tissus fixés et colorés, elle revêt l’aspect d’un liséré étroit qui borde le cytoplasme. Mais l’examen de cellules vivantes ne permet pas de lui assigner de limites définies ou de caractères morphologiques nets. Ce qui la distingue, ce sont ses propriétés physiques et biologiques. Nous allons les envisager successivement.
- A. Propriétés physiques de la membrane plasmique. — Quand on cherche, comme l’a fait Cham-bers à l’aide de l'appareil à micro-dissection que j’ai déjà signalé (1), à faire pénétrer dans le cytoplasme d’une cellule vivante une fine aiguille de verre ter-
- 1. La Nature, n° 2731, p. 94.
- Fig. 3. — Épiderme de la feuille de Houx.
- (.D'après Prenant et Bouin.)
- c. : cellules épidermiques (le protoplasme et le noyau ne sont pas représentés); m.: membrane secondaire cellulosique; eu. : cuticule composée de deux couches, limitant l’épidenne en dehors. Grossissement : 200 diamètres.
- minée par une pointe mousse, on constate, si la pression qu'on exerce n’est pas excessive, qu’au point touché le cytoplasme se déprime, comme si une pellicule élastique le séparait de l’instrument. Cette pellicule répond en réalité à la membrane plasmique. Une fois rompue cette barrière, rien n’arrête plus la pénétration de l’aiguille dans la profondeur de la cellule.
- Pourtant la membrane plasmique ne représente pas, au même titre que le noyau par exemple, un organe permanent et autonome de la cellule. Si en effet on sectionne un œuf, ou un autre élément assez volumineux, en plusieurs tronçons, si, en d’autres termes, on pratique une « mérotomie », la zone périphérique de chaque fragment présente immédiatement les caractères et les propriétés d’une membrane plasmique. Celle-ci est instantanément reconstituée autour du cytoplasme nu. Elle possède donc bien, ainsi que je l’avançais ci-dessus, la signification d’une région différenciée du protoplasma à la périphérie de la cellule. Une telle différenciation répond purement à un certain état physico-chimique, lui-même en rapport avec les conditions spéciales qui se créent à la limite de séparation entre le milieu protoplasmique et le milieu extérieur.
- B. Propriétés biologiques de la membrane plasmique. La perméabilité cellulaire. — Tandis que les membranes secondaires, telles les membranes cellulosiques des végétaux, laissent passer l’eau et les cristalloïdes en solution, les membranes plasmiques, en revanche, se montrent « hémi-perméables », ce qui signifie qu’elles sont bien traversées dans les deux sens par l’eau (jusqu’à une certaine limite marquée par les propriétés des colloïdes protoplasmiques), mais non par les substances
- Fig. 5. — Globules, rouges ou hématies du sang d’un Mammifère.
- A : globules normaux ; /. : vus de face ; p, : vus de profil.
- B : globules déformés dans un milieu hypertonique Grossissement 85o diamètres.
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- dissoutes dans l’eau. Cette propriété se démontre au moyen d’une observation classique, celle de la plasmolyse (Nâgeli, de Vries). Ses principes sont les suivants :
- Lorsque des cellules végétales, entourées de leurs cadres de cellulose, se trouvent placées dans une solution isotonique de sucre ou de sel, c’est-à-dire dont la pression osmotique (résultat du degré de concentration moléculaire de la solution) est égale à celle de la cellule, la membrane plasmique s’applique contre la face interne de l’enveloppe cellulosique. Le cytoplasme occupe ainsi tout l’espace situé dans les limites delà membrane secondaire. Vient-on à augmenter la concentration du sucre ou du sel, en d’autres termes réalise-t-on un milieu hypertonique, on voit la cellule diminuer de volume, se ratatiner, en quelque sorte, en un point de sa logette. C’est le phénomène de la plasmolyse (fig. 4).
- Quelle signification revêt-il? Pour l’interpréter, il suffit d’évoquer ce qui se passe quand on dispose, entre deux solutions de pression osmotique différente, une membrane propre à être traversée par l’eau et non par les cristalloïdes. On assiste alors au passage d’une certaine quantité d’eau de la solution la moins concentrée vers la solution la plus concentrée. Le passage du liquide cesse quand l’équilibre de pression osmotique est réalisé de part et d’autre de la membrane.
- Il en va de même dans l'expérience de plasmolyse / végétale. La membrane plasmique se comporte j comme une membrane osmotique, c’est-à-dire hémi- j perméable. De l’eau passe du milieu le moins concentré — la cellule — vers le milieu externe rendu hypertonique. Aussi le volume du cytoplasme diminue-t-il rapidement.
- Inversement, si l’on diminue la pression osmotique du milieu péricellulaire, si on le rend hypotonique, de l’eau passe dans le cytoplasme qui se gonfle. La membrane plasmique adhère fortement à la membrane secondaire, dont l’élasticité se trouve mise en jeu, et qui subit alors une tension proportionnée à l’intensité du phénomène. Ainsi se produit la turgescence de la cellule.
- Ce qui a été observé chez les végétaux l’a été également chez les animaux. Les cellules sanguines, singulièrement les globules rouges ou hématies, se prêtent à des expériences des plus probantes. Les hématies de l’homme sont, comme on le sait, représentées par de petits disques de cytoplasme, sans noyau, au profil de lentilles biconcaves, de 7 p. de diamètre environ, qui supportent le pigment respiratoire ou hémoglobine. Il est aisé d’obtenir, par piqûre, une goutte de sang, de la déposer sur une lame de verre et de l’examiner au microscope. Un grossissement suffisant permet d’observer d’innombrables hématies (on en compte plus de 5 millions par millimètre cube de sang) dont les caractères
- demeurent, pendant quelques minutes, ce qu’ils sont normalement dans les vaisseaux (fig. 5). Mais, peu à peu, le plasma où baignent les globules perd de l’eau par évaporation. Le milieu périglobulaire devient hypertonique. On voit alors les hématies se déformer, se ratatiner, et acquérir un aspect hérissé qu’on compare à celui de « pommes épineuses » (fig. 5).
- La dilution du sang suscite des effets opposés. Les globules se gonflent, finissent par éclater. L’hémoglobine quitte son support et passe dans le liquide environnant qu’elle teint en rouge. C’est le processus qu’on désigne sous le nom de laquage du sang ou hémolyse.
- De cet ensemble de faits se dégage bien l’idée que tout se passe comme si les cellules animales ou végétales étaient entourées d’une membrane hémiperméable, c’est-à-dire perméable seulement à l’eau.
- Mais cette règle souffre des exceptions dont certaines ont, comme on le comprendra bientôt, un caractère d’étroite nécessité pour la vie de la cellule.
- Il existe d’abord une catégorie de substances susceptibles de pénétrer, rapidement et en abondance, dans toutes espèces de cellules. Ce sont les composés solubles dans les graisses, ou qui les dissolvent, tels l’alcool, l’éther, le chloroforme, etc.
- C’est sur ce phénomène qu’une théorie célèbre de la perméabilité cellulaire a été fondée par Overton, en 1902. Avec raison, cet auteur considérait que la membrane plasmique renferme une importante proportion de graisses ou de lipoïdes, appelés, en vertu d’une loi rigoureuse de physico-chimie, à se concentrer à la périphérie de la cellule. Aussi admettait-il que seuls les corps chimiques propres à se dissoudre dans ce milieu peuvent pénétrer dans le cytoplasme.
- Celte théorie est exacte et féconde. Mais elle n’explique que fort partiellement la perméabilité cellulaire. L’absorption, par les cellules, d’alcool, d’éther ou autres solvants des corps gras n’a rien de physiologique. Il est en revanche une autre exception à la règle de l’hémi-perméabilité ceüulaire, dont je laissais pressentir, il y a un instant, l’évidente nécessité, et dont la théorie d’Overton est impuissante à rendre compte : je veux parler de l’entrée dans les cellules des différentes substances que requiert leur entretien.
- Nous savons bien, en effet, que l’activité d’une cellule, que la réparation de sa propre substance, suppose l’admission dans le cytoplasme d’hydrates de carbone, comme le glucose, de substances albuminoïdes ou de leurs composants (acides aminés), de sels minéraux divers, qui ne sont nullement lipo-solubles. Il faut pourtant concevoir qu’au moins à certains moments la porte de la cellule s’ouvre largement pour eux.
- De même il existe, chez les animaux élevés en
- Fig. 6. — Schéma de Vexpérience de Reid. i. : intestin; ep. ; face interne de l’intestin, tapissée par l’épithélium absorbant.
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- organisation, des cellules dites, glandulaires, qui mettent au service des éléments d’autres tissus des aptitudes de se'crétion spécialisée, c’est-à-dire se montrent capables de réaliser la synthèse de produits que d’autres cellules du même individu ne sauraient édifier. Cela implique la fixation préalable de matières premières auxquelles il est naturellement indispensable qu elles se montrent électivement perméables. .
- Tous ces faits quelque peu disparates reconnaissent, sinon ujie explication définitive, du moins une interprétation rationnelle, qui est la suivante :
- La membrane cellulaire jouit de deux sortes de propriétés fort différentes. Les unes sont d’ordre purement physique, les autres d’ordre physiologique.
- C’est aux premières qu’il y a lieu d’attribuer l’hémiperméabilité apparente de la cellule vivante ; à elles aussi, la pénétration des substances qui répondent à la théorie d’Overton. Il s’agit là, en somme, de processus de jierméabilité passive (Hôber).
- C’est aux deuxièmes qu’est due l’entrée dans le cytoplasme, sans qu’interviennent, pour la justifier, lés lois physiques, de substances qui varient en qualité et en quantité, selon les besoins, l’état fonctionnel ou la spécialisation de la cellule. Ici joue une perméabilité active, ou physiologique (Iiôber).
- On peut saisir sur le vif, en quelque sorte, la manifestation de cette perméabilité physiologique. Si, comme l’a fait Reid, on divise une petite cuve en deux compartiments au moyen d’un fragment d’intestin grêle vivant, prélevé chez un animal, et si, d’un côté (celui de l’épithélium, c’est-à-dire du revêtement cellulaire, qui, normalement, borde la cavité de l’intestin), on verse de l’eau contenant du sel, tandis qu’on remplit l’autre d’eau distillée, on ne tarde pas à constater le passage de sel dans l’eau distillée, à travers la paroi intestinale, et cela tant que l’organe reste vivant (fig. 6). Pourtant, si la perméabilité de la muqueuse intestinale avait répondu simplement aux lois physiques comme celle d’une membrane osmotique, que se serait-il produit? On aurait enregistré le passage d’une certaine quantité d’eau vers le compartiment contenant le sel. C’est l’inverse qu’en réalité l’on constate, parce que les cellules intestinales se montrent électivement perméables au sel et l’absorbent
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- Vers la fin du Moyen Age, le goût du luxe commença à se répandre parmi les gens fortunés des principales nations de l’Occident. Nobles nés dans l’opulence, « argentiers » cousus d’or ou simples roturiers enrichis par le négoce, aménagèrent leurs habitations de façon moins primitive et plus esthétique que ne le faisaient leurs ancêtres. On voyait,
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- en vertu de leur activité physiologique propre.
- Tandis que la perméabilité physique représente une propriété invariable, constante, en revanche la perméabilité physiologique subit des variations continuelles.
- Ces changements sont conditionnés d’abord par l’état fonctionnel de la cellule, par ces remaniements incessants dont les colloïdes protoplasmiques sont le siège et sur lesquels j’ai déjà appelé l’attention. C’est ainsi que, lors du premier développement de l’œuf fécondé, de même qu’au cours de la division de toute cellule, il intervient des variations régulières, rythmiques, de la perméabilité. Vient-on à narcotiser des cellules, à l’aide de chloroforme par exemple, on supprime toute manifestation de perméabilité physiologique, ce qui montre bien sa subordination à l’activité de la cellule.
- En outre l’influence du milieu péricellulaire est capable de se faire sentir sur la perméabilité. La température, ou certaines radiations lumineuses agissent dans ce sens. De multiples substances chimiques, des sels, certains ions, interviennent également. En ce qui concerne particulièrement le cas des sels, la notion de leur concentration,. de leurs proportions réciproques dans le milieu, revêt, au point de vue de leur action sur la perméabilité, la plus grande importance. Dans le même ordre d’idées, il faut tenir grand compte d’une valeur qui, au cours de ces dernières années, a pris une place énorme en physico-chimie biologique : celle du pH, qui exprime la réaction d’un milieu par sa teneur relative en ions hydrogène électro-positifs. Ses modifications jouent un grand rôle dans les phénomènes vitaux.
- Ce sont là de sommaires indications, qui font à peine pressentir l’infinie complexité du problème et laissent dans l’ombre des points du plus haut intérêt, tels que le cas particulier delà perméabilité des cellules glandulaires. Nous aurons toutefois l’occasion de revenir sur certains facteurs de la perméabilité cellulaire, comme l’influence ries nerfs ou celle des sortes d’agents de liaison chimiques qu’on a appelés les hormones, quand nous en arriverons à envisager les relations entre les organes chez les êtres les plus élevés dans la série animale.
- Dr M*x Aron.
- Chargé (le Cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
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- en particulier, dans les châteaux seigneuriaux et dans les somptueuses demeures de la haute bourgeoisie européenne d’alors, les murs recouverts de magnifiques tapisseries de laine, de cuirs dorés et gaufrés qui se fabriquaient à Malines, en Belgique. Et même, aux dires d’un chroniqueur contemporain, Valentine Visconti fit orner d’étoffes de soie rehaussées de
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- broderies plusieurs pièces de l’hôtel de Bourgogne, sis à Paris où cette princesse italienne habita depuis son mariage avec le duc Louis d’Orléans (1587). Enfin vers le milieu du xvie siècle, les Hollandais importèrent dans les Pays-Bas les papiers peints originaires de la Chine et du Japon, mais on ne parvint à imiter ceux-ci que beaucoup plus tard en Europe.
- Vers 1620, en effet, un gainier de Bouen, Le François, eut l’idée de remplacer les tapisseries de haute lisse et les coûteuses tentures de soie ou de
- en 1654, une patente pour exercer à Londres l’industrie des papiers veloutés, qui ne tarda pas à devenir très prospère en Angleterre, tandis que la fabrique rouennaise de tontisses périclitait peu à peu.
- Vers cette époque, divers spécialistes allemands et français apportèrent quelques perfectionnements à la technique qui se bornait alors à colorier de longues bandes de papier, au moyen de planches gravées ou de modèles découpés à jour qu’on plaçait sur les feuilles. Dans les interstices vides de
- Fig. i. — Fusillade au faubourg Saint-Antoine contre les pillards de la maison Réveillon, fabricant de papiers peints. 28 avril 1780.
- Estampe de l’époque, communiquée par la Société anonyme des anciens établissements Des fossé et Kartli, Paris.
- cuir par des revêtements d’un prix moins élevé. Son procédé consistait à appliquer sur les murs des papiers coloriés de la manière suivante. On réduisait d’abord des déchets de laine de diverses couleurs en fragments très ténus. On dessinait, d’autre part, des motifs ornementaux ou des figures sur une feuille de papier, on passait ensuite une solution gommée, en certains endroits desdits dessins qu’on saupoudrait encore humides, avec les raclures laineuses de diverses couleurs, préparées précédemment. On obtenait, de la sorte, des papiers veloutés dits tontisses, parce qu’on se servait pour les réaliser de débris de laine provenant de la tonte des draps.
- De leur côté, certains auteurs anglais attribuent le mérite de cette invention à un de leurs compatriotes, Jérémie Lanyer, à qui Charles Ier donna,
- I ces sortes de frisquettes, on passait les couleurs avec des brosses. Jean Hautsche, de Nuremberg (mort en 1670) créa les papiers pailletés; il donnait de l’éclat à certaines parties de ses papiers en y fixant du talc pulvérisé. De son côté, Jean Papillon, en appliquant les procédés de la gravure en couleur, parvint à réaliser des compositions aux gammes très variées. Au début du xvme siècle, Abraham Mieser, d’Augsbourg, obtint des ornements d’or et d’argent tandis que certains artisans parisiens imprimaient des dessins en couleur avec des patrons découpés sur une sorte de papier appelé domino. Mais ces produits vendus très bon marché n’étaient guère estimés des hautes classes de la société, et les gens riches les reléguaient dans les couloirs de leurs appartements ou dans les petites chambres de leurs maisons de campagne. Cepen-
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- dant, comme l’écrit l’abbé Legendre dans sa Vie privée des Français (1779), ces papiers étaient déjà « d’une beauté singulière avec des compartiments mêlés de fleurs,rdc fruits, d’animaux et de personnages ». Certains imitaient le damas d’une façon étonnante et d’autres « les tapisseries de haute-lisse, relevées d’or et d’argent ».
- Peu après, d’ailleurs, la fabrication1 des papiers peints prit en Angle terre une grande extension avec Georges et Frédéric Echardt qui, dans leur manufacture de Chelsea, parvinrent à fabriquer des papiers peints avec les mêmes planches servant à imprimer leurs tissus de soie ou de toile (1780). Toutefois la
- Fig. 2. — Laboratoire pour la préparation des couleurs.
- Fig. 3. — Machine à foncer les papiers.
- disparaître définitivement les veloutés anglais du marché français.
- Malheureusement cette fabrique, décorée du nom de « manufacture royale », fut le théâtre des premières scènes de désordre qui inaugurèrent la Révolution. Accusé à tort d’avoir proposé des mesures hostiles aux travailleurs, Réveillon vit son usine pillée le 28 avril 1789 et incendiée deux jours plus tard par une populace en délire (fig. 1 ).
- Les événements politiques furent également funestes au manufacturier Arthur dont l’usine se trouvait rue de l’Arbalète, à Paris. Devenu l’ami de Robespierre, ce pauvre fabricant vit ses affaires péricliter et périt guillotiné ; son successeur, un
- guerre d'Amérique ayant suspendu les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et le continent, l’industrie des papiers peints s’implante définitivement en France, grâce aux efforts d’un mercier parisien, Robert, d’un horloger anglais nommé Arthur, mais grâce surtout à l’esprit d’entreprise du fabricant de papier Réveillon, établi depuis 1755 au hameau de Courtalin, près Parmou-tier-en-Brie. Cet habile technicien installa par la suite une manufacture de papiers gravés, peints et tontis-sés, à la Folie-Titus, rue de Montreuil, dans le faubourg Saint-Antoine. Il introduisit des améliorations importantes dans son établissement qui, en 1785, occupait 500 ouvriers et dont les produits firent
- Fig. 4. — Impression des papiers peints à la planche. Cet ancien procédé ne s’emploie que pour les articles de luxe.
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- graveur sur bois, Jean Démosthène Dugourc, transporta alors son matériel place du Carrousel, dans le ci-devant hôtel de Longuéville, et de cette « fabrique républicaine » sortirent des papiers peints recherchés des Sans-Culotte, car ils portaient comme marques les signes distinclifs de la Liberté et de l’Egalité. Cependant ces patriotiques tentures ne tardèrent pas à trouver une sérieuse concurrence. Jean Zuber fonda en 1790 à Rixhcim, près de Mulhouse, une grande fabrique de papiers peints qui subsiste encore aujourd’hui, reconstruite et
- tard, Potter-, imprimeur d’indiennes à Manchester, eut l’idée d’appliquer ses procédés mécaniques aux papiers peints et, dès 1842, Isidore Leroy de Paris se servait, pour le môme usage, ;d’une machine à cylindres gravés en relief, système qui lui permit d’obtenir « une économie considérable jointe à une exécution satisfaisante et rapide », selon les termes du rapporteur officiel de ^Exposition universelle de 1855. 11 prit également un brevet pour un système de brosses destinées à égaliser les couleurs sur les rayures. Par la suite, les frères Botter et James
- Fig. 5. — Un hall de machines à imprimer les papiers peints. Établissements Isidore Leroy, à Ponthierry (Seine-et-Marney
- singulièrement agrandie. Là, Malaine, peintre de fleurs aux Gobelins et réfugié en Alsace sous la Terreur, dessina de magnifiques compositions végétales qui contribuèrent puissamment au succès de cette firme, tandis que Zuber, en inventant la fabrication des rouleaux sans fin, réalisait un progrès capital. Jusqu’à la découverte par Louis Robert de la machine à fabriquer du papier continu, on se bornait à peindre des carrés de petites dimensions que l’on collait bout à bout et il fallait en assembler ainsi 24 pour faire un rouleau égal à ceux d’aujourd’hui. L’emploi du papier sans fin supprima l’impression à la planche, et dès lors on put imprimer sur dès bandes de longueur indéfinie (1827). Un autre de nos compatriotes, Bissonnet, construisit en 1858 une petite machine à imprimer à une ou deux couleurs et même à la main. Deux ans plus
- Hotuson de Manchester établirent les premières machines à vapeur pouvant imprimer 8, 10 ou 20 couleurs. L’industrie des papiers peints avait presque atteint le summum de la perfection et comme nous allons nous en rendre compte en visitant l’usine Isidore Leroy, la firme française la plus importante de ce genre à l’heure actuelle, son outillage n’a subi que des transformations de détail.
- Aujourd’hui on fabrique encore les papiers peints soit à la main, soit mécaniquement. Dans la première méthode dite à la planche, on imprime sur une feuille longue de 8 m. 50 environ, et large de 0 m. 50. Chacun de ces rouleaux exige 16 à 17 impressions par couleur. Dans le second procédé, on se sert de différentes machines qui décorent une bande de 850 mètres de papier continu, enroulée sur une bobine
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- Toutefois, quel que soit le système de fabrication employé et à part certaines catégories très communes de papiers peints, les rouleaux doivent subir préalablement le fonçage.
- Cette opération consiste à étendre sur toute la surface du papier une teinte uniforme, appropriée aux dessins qu’elle recevra ultérieurement. Dans les usines importantes, on prépare les couleurs dans un laboratoire (Qg. 2). Les ouvriers mélangent les pigments avec de la colle animale dans des malaxeurs et dans des cuves. Ils assortissent les tons aux échantillons disposés devant eux, puis une fois la nuance obtenue par de savants dosages, ils mettent les mélanges colorés dans des cuves que
- Fig. 6. — Séchage des papiers peints soldant de la machine à imprimer.
- Fig. y. — La plus grande des machines à imprimer les papiers peints (en 20 couleurs), installée aux Etablissements Isidore Leroy, de Ponthierry. Son grand tambour mesure 3 m. 5o de diamètre et son axe repose sur deux torts piliers en maçonnerie.
- uniforme, elle passe ensuite sur une table horizontale oit elle rencontre une première brosse fixe qui enlève l’excédent de couleur, puis un jeu de brosses rondes animées d’un mouvement épicycloïdal ayant pour but d’égaliser le fond en fait disparaître les stries et les aspérités.
- De là, le papier continue à cheminer en arrière du tambour de la machine. Chaque fois qu’une longueur déterminée de papier a franchi la dernière brosse, une baguette, saisie par deux crochets faisant saillie sur deux chaînes parallèles, soulève la bande et la conduit jusqu’au niveau de deux autres chaînes également parallèles, tendues au plafond de la salle. Cette sorte de chemin sans fin, roulant sur des galets, porte, de
- des chariots permettent à des gamins de conduire aux différents ateliers.
- Jadis le fonçage se faisait à la brosse sur de longues tables, mais actuellement on l’exécute au moyen d’une machine spéciale (fig. 5). La bande de papier entraînée par un cylindre mis lui-même en mouvement par un arbre de transmission se déroule de la bobine pour venir toucher une bande de drap chargée de la mixture colorante. Ce feutre sans fin s’appuie également sur deux rouleaux cylindriques dont l’un plonge dans l’auge métallique renfermant la couleur et dont l’autre se trouve en contact avec la surface du papier à foncer. Tout en se déroulant, la bande se colorie d’une façon
- Fig. B. — Gravure d'un rouleau imprimeur.
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- distance en distance, des taquets qui prennent automatiquement une baguette au passage et l’entraînent dans leur marche régulière.
- La longue bande de papier se trouve donc suspendue sur ces tringles, deux d’entre elles supportent ainsi un grand pli de 2 mètres de hauteur environ. Puis, arrivées à l’extrémité de l’atelier, les baguettes décrivent tour à tour une demi-circonférence et retournent vers leur point de départ. Là, le papier séché et foncé s’enroule à nouveau sur une bobine. Ce circuit comporte une cinquantaine de mètres de long et des tuyaux de vapeur, disposés
- Notre bobine foncée et lissée est alors prête à subir l’impression au moyen de couleurs à la colle ou à l’essence, selon que l’on désire réaliser des papiers ordinaires ou lavables.
- Décrivons d’abord 1 e procédé à la planche (fig.4) qu’on utilisait autrefois avant l’invention du papier continu et qu’on emploie encore aujourd’hui, surtout pour les articles de luxe. L’outillage actuel diffère peu de celui dont se servaient les papetiers-colleurs de jadis. Il comporte des planches gravées et une grande table avec cuve d’encrage. Les planches en bois de poirier ou de cormier ont 10 centimètres
- Fig. 9. — Machines à imprimer les papiers lavables et vilrauphanes.
- sous le plancher de ce couloir, entretiennent une douce chaleur destinée à faciliter le séchage, qui s’effectue en une heure et quart.
- Après le fonçage, si on ne veut pas conserver les teintes mates, les bobines passent au lissage. Lorsque l’on exécute cette opération à la main, on exerce une forte pression au moyen d'un cylindre en cuivre sur le papier qu’on déroule, la peinture en dessous, sur une table en bois dur. Le lissage est souvent suivi d’un satinage ou frottage énergique à la poudre de talc, et, pour le faire mécaniquement, on se sert d’une calandre formée de trois cylindres juxtaposés, dont deux en carton et le troisième métallique. Ce dernier reçoit seul le mouvement et entraîne les deux autres. En passant entre ces trois rouleaux, la bande de papier se lisse par suite de la pression et des frottements qu’elle subit.
- d’épaisseur et portent en relief le sujet à imprimer. Quand les parties à sculpter sont fines, on les façonne en cuivre et on les incruste dans le bois ; si le dessin présente de nombreuses répétitions, on fond en métal d’imprimerie le motif à reproduire, puis on le cloue sur la planche. D’ordinaire, il faut autant de planches que le modèle a de couleurs, quoique parfois des combinaisons permettent d’imprimer plusieurs teintes à la fois. L’ouvrier doit, d’ailleurs, suivre un ordre chromatique déterminé. Il imprime, en premier lieu, les plus grandes surfaces désignées en termes techniques sous le nom de tonsgéométraux ou mats, puis il passe aux tons d'ombre et termine par les tons de lumière. Des points de repère dits « picots » placés aux angles des planches lui permettent d’appliquer les couleurs avec une précision mathématique.
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- Pendant son travail, l’ouvrier se tient devant la table sur laquelle il déroule la bobine de papier de droite à gauche en la faisant passer entre les deux barres de bois dont se compose le levier que maintiennent deux tringles en fer. La cuve d’encrage, sise à proximité, est une auge en bois de dimensions plus grandes que les planches gravées et supportant, à sa partie supérieure, un cadre muni d’une peau de mouton fortement tendue. On remplit d’eau l’espace compris entre celle-ci et le fond du récipient. La peau de mouton devient alors une surface très élastique sur laquelle on pose un drap feutré permettant à un aide d’y étendre les mixtures colorantes avec un pinceau à long manche. Sur notre vue(fig. 4), une jeune fille remplit l’office de « tireur». De la main droite, l’imprimeur saisit la planche gravée, l’imbibe de couleur en la posant sur le feutre de la cuve et la place ensuite sur le papier . déroulé sur la table. Des picots lui servent de repères. Une fois la planche mise à l’endroit voulu, l’ouvrier la surmonte d’un bloc de bois, puis il amène au-dessus de ce tableau le petit bras du levier qui prend son point d’appui sur le bord opposé de la table. Alors, de tout le poids de son corps, il exerce une série de pressions sur le grand bras du levier de façon à fixer également la couleur sur tous les motifs du dessin. Enlevant ensuite la planche, qu’il repasse à l’apprenti, il avance le rouleau de papier sur un chevalet placé à gauche de la table et il recommence l’opération sur toute la longueur de la bobine. Pour les 8 mètres que celle-ci comporte et pour chaque teinte, il faut 17 à 18 applications. En sorte que, si le sujet a seulement 5 nuances, l’imprimeur doit répéter 85 à 90 fois les mêmes gestes en laissant le rouleau sécher un moment sur des cadres entre chaque impression de deux teintes. Comme finesse d’exécution, les papiers peints de la sorte l’emportent sur ceux fabriqués à la machine. Aussi, on réserve maintenant cette méthode lente et coûteuse pour les articles de luxe. Pour les produits
- Fig. ii. — Machine à imiter le cuir à petit grain.
- Fig. to. — Papier verni pour cabinet de toilette.
- Modèle présenté à l'Exposition des Arts Décoratifs de 1920, par les Etablissements Isidore Leroy, de Ponthierry,
- courants, on se sert aujourd’hui de machines perfectionnées, capables de livrer quotidiennement 1000 rouleaux, dont les dessins comportent jusqu’à 25 couleurs, tandis qu’à la planche un ouvrier et son tireur ne peuvent guère imprimer que 100 rouleaux unicolores.
- Les divers types de machines à imprimer les papiers peints {fig. 5) que nous avons vues fonctionner dans les Établissements Isidore Leroy, à Ponthierry (Scine-et-Marne), se ressemblent beaucoup et reposent presque toutes sur le même principe. Chacune de ces machines comprend un grand cylindre presseur, de diamètre variable, fixé horizontalement entre deux forts montants de fonte ; sa surface extérieure est recouverte d’un drap épais ; sur son pourtour et parallèlement à son axe se trouvent, à des distances égales et déterminées, des rouleaux gravés de 10 à 50 centimètres de diamètre qu on serre plus ou moins fortement sur ce cylindre principal. Les dimensions du grand tambour et le nombre des rouleaux gravés varient naturellement suivant le nombre des couleurs que l’on désire imprimer simultanément. On construit des machines à 6, 10 et 20 couleurs, qui impriment des motifs de 60 centimètres de longueur sur 50 centimètres de largeur. Elles comportent, pour chaque teinte, une série d’organes semblables fixés autour du tambour principal. Chacun de ces dispositifs particuliers comprend une auge en cuivre ou en tôle contenant la couleur, une bande de drap sans fin portée par trois tringles, qui facilitent son déroulement et un rouleau imprimeur. Celui-ci s’applique, d’un côté, sur la surface du papier qu’entraîne le grand tambour et le drap sans fin, baignant par un de ses côtés dans le bac d’encrage, lui apporte la couleur
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- 158 —...........L’INDUSTRIE DES PAPIERS PEINTS
- nécessaire à l’impression. Un système d’engrenage commande les mouvements de ces multiples organes. Du reste, la bobine de papier reçoit autant d’impressions et de couleurs différentes se superposant les unes aux autres qu’il existe de rouleaux graveurs.
- Une fois imprimé, le papier continue à se dérouler en arrière de la machine (fig. 6) jgrâce à un ensemble de mécanismes analogues à ceux que nous avons décrits précédemment pour le fonçage. Des baguettes de bois le prennent automatiquement au fur et à mesure de son cheminement pour le déplier tout le long d’un couloir tandis qu’un jeu de chaînes sans fin, après avoir ainsi promené ses longs plis ondulants et humides jusqu’à l’autre bout de l’étuve, les ramène jusqu’à leur point de départ où ils s’embobinent à nouveau.
- Dans les établissements' Isidore Leroy, nous avons pu admirer une machine encore plus imposante ; c’est la plus colossale du genre actuellement en service; elle peut imprimer 26 couleurs à la fois (fig. 7). Elle ne diffère pas, en principe, des précédentes, mais son grand tambour a om.50 de diamètre et son axe repose sur deux gros piliers de maçonnerie.
- En outre, on a installé, tout autour de son bâti, à 2 mètres environ au-dessus du sol, une sorte de balcon qui facilite aux ouvriers l’accès de ses divers organes.
- La mise en train d’une machine aux rouages si nombreux et si précis exige souvent plusieurs heures.
- La grande difficulté consiste à obtenir des « rcntrurcs » régulières, autrement dit une disposition parfaite des rouleaux gravés pour que les couleurs s’impriment sur le papier aux endroits voulus. Ces réglages obligent le conducteur à de longs tâtonnements et demandent environ une heure d’essais par couleurs. Mais une fois ces préliminaires achevés, il ne reste plus aux ouvriers qu’à remplir de temps en temps les augets d’encrage, et les sujets multicolores s’impriment sans arrêt sur les bobines de papier. Cette remarquable machine permet l’impression de motifs ayant jusqu’à 1 m. 20 de longueur sur 75 cm de largeur. Cependant pour que
- son emploi ne soit pas trop onéreux, il faut produire sans interruption un métrage très important du même dessin, afin de récupérer le temps perdu par la mise en route.
- Interrompons un instant notre visite du grand hall des machines d’impression pour voir comment on prépare les rouleaux imprimeurs sur lesquels se gravent ou s’incrustent les sujets à reproduire sur les papiers.
- D’ordinaire, le graveur sculpte des cylindres en bois de poirier montés sur axe en fer (fig. 8). Il applique, sur leur surface rendue très lisse, le calque du dessin qui facilite son travail. Avec son burin, l’artiste met en relief les parties qui doivent recevoir la couleur pour la déposer sur le papier. Quand la partie à imprimer présente une certaine surface, au lieu de la laisser en bois, on en réalise le contour en cuivre de la manière suivante. Après avoir décalqué le dessin à la pointe à tracer sur une feuille de papier, on la reporte au noir lithographique sur le cylindre. Puis sur les traits du crayon, on enfonce de champ à petits coups de marteau et perpendiculairement à la surface cylindrique une lame de cuivre d’un millimètre d’épaisseur sur un centimètre de hauteur. Cette feuille métallique et très souple, se plie à toutes les exigences de la composition artistique, réalise les arabesques les plus compliquées et une fois en place, on la lime de façon que toutes ses parties soient à la même hauteur. Quant aux endroits qui correspondent aux sujets à imprimer en couleurs mates, on les remplit à l’aide d’un feutre, découpé convenablement suivant les contours du cuivre et collé sur le bois avec un enduit à la gomme laque. Au moyen de ces rouleaux à reliefs métalliques, on obtient soit des fonds uniformes, soit des rayures, soit des bouquets de fleurs, des animaux, des personnages ou autres sujets que les dessinateurs varient à l’infini et qu’on peut reproduire des milliers de fois sur des kilomètres de papier.
- Indépendamment de l’impression en couleurs, les procédés de gravure combinés avec l’estampage permettent de donner mécaniquement aux papiers de
- Fig. 12 — Balancier à Jriclion servant à gaufrer les papiers peints.
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- LES PETITES MINES D’ANTHRACITE DU BRI ANÇONNA1S 159
- tenlure des aspects variés (vitraux, tapisseries, étoiles tissées on brodées, velours, cuirs, etc.).
- Les machines à imprimer les papiers lavables et vürauphanes (fig. 9) ont un fonctionnement à peu près identique à celui des précédentes. La bande de papier se déroule toujours sur un tambour plus ou moins grand et après impression, s’en va au séchoir d’où elle revient se bobiner. Toutefois le dispositif d’encrage diffère. Le transport de la couleur dn baquet au rouleau gravé ne s'effectue plus à l’aide du drap ; il se fait au moyen d’un cylindre en cuivre baignant dans la mixture colorante qu’il dépose sur un cylindre de caoutchouc, lequel le repasse à un rouleau de gélatine tangent au rouleau imprimeur. En outre, les couleurs employées sont préparées à l’essence au lieu de l’être à l’eau et à la colle de fécule. On réalise ainsi des papiers lavables qui singent les carreaux de faïence et même les vitraux
- •(%• 4°)..
- On imite le cuir à petit grain à l’aide d’une calendreuse spéciale (fig. 11). Après avoir passé devant les rouleaux imprimeurs, le papier s’engage entre deux cylindres gravés Tua métallique en creux, l'autre en carton comprimé et en relief, ce dernier épousant exactement les formes du premier. La bande sort de la machine parfaitement gaufrée. Pour donner l’illusion d’un estampage plus fort, on se sert d’un balancier à friction (fig. 12). On confectionne des matrices formées de deux parties, l’une en acier, l’autre en carton pâte, entre lesquelles on fera passer le papier préalablement peint et humidifié. Deux hommes se tiennent de chaque côté de, la presse, le premier déroule la bobine au fur et à mesure tandis que son collègue, en appuyant sur une pédale provoque le mouvement du poinçon qui estampe le papier, puis remonte automatiquement. L’ouvrier tire alors la bande de la quantité voulue et grâce à des encoches de repère la remet en position de recevoir la suite du gaufrage. À chaque coup de balancier, le travail se fait sur une longueur
- de 50 cm environ. Une fois le gaufrage effectué, on met le papier-cuir en rouleaux de 8 m .
- Pour fabriquer des papiers veloutés, on applique d’abord un mordant (huile et blanc de oéruse) dans les parties voulues du dessin à la planche ou à la machine, puis on fait passer la bobine dans une longue caisse en bois dont une toile bien tendue constitue le fond. On répand ensuite à la surface du papier de la poussière de drap (tontisse) ou du poil (cheviotte) et grâce à l’action de chocs mécaniques répétés sur la toile du fond, ces poussières se fixent sur les endroits mordancés. Si l'on désire un velouté plus épais, on recommence le saupoudrage deux ou trois fois.
- Telle est, dans ses grandes lignes, cette industrie moderne très prospère aujourd’hui sur notre sol. Elle occupe à présent 3000 ouvriers environ et a fait en 1925 un chiffre d'affaires de 16 700000 kg valant 115197000 francs. Les fabriques françaises sont localisées à Paris et dans sa banlieue, (101 machines et 27 tables d’imprimerie), à Bordeaux, à Lyon dans la région de Mulhouse et à Marseille (185 machines et 52 tables d’imprimerie dans les usines de province). Elles ont cessé, depuis longtemps, de craindre leurs rivaux d’Angleterre. Le change actuel favorise, en outre, leurs exportations comme le prouvent les chiffres des statistiques officielles indiquant une balance commerciale avantageuse :
- Importations (1925): 1 069400 kg d’un prix-global de 7 299 000 francs.
- Exportations (1925) : 2774000 kilogrammes valant 16771000 francs.
- D’ailleurs sür le marché mondial nos fabricants de papiers peints n’ont plus guère maintenant pour concurrents sérieux que les Belges. Mais l’artistique facture de leurs productions, sans cesse renouvelées grâce au talent de nos dessinateurs, leur conserve de fidèles clients non seulement en France, mais dans toutes les parties du Monde. Jacques Boyek.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1926.
- L'agave, source d’alcool. — Dans une nde présentée par M. Ch. Moureu, M. Paul Baucl confirme ses travaux antérieurs qui montrent que la pulpe de défibrage des agaves (Agave rïgida, var. Sisalana) peut être une source intéressante d’alcool industriel. Or cet agave serait d’une exploitation rémunératrice pour certaines régions du Nord Africain où la plante trouverait des conditions naturelles, analogues à celles que lui fournit le
- Yucalan qui est son pays d’origine (voir La Nature, n° 2588). L’agave permettrait ainsi non seulement l’extraction d’une fibre qui rivalise avec le chanvre de Manille, mais aussi la fabrication d’alcool à 90-92°. Par contre, en aucun cas, cette plante ne pourrait, comme on l’a dit parfois, présenter une richesse saccharine analogue à celle de la betterave.
- Paul B.
- LES PETITES MINES D’ANTHRACITE DU BRIANÇONNAIS
- Les voyageurs qui suivent la route des Alpes entre le Lautaret et Briançon peuvent remarquer peu après Monélier, à une douzaine de kilomètres de Briançon, sur les pentes au-dessus du village du
- Freyssinet, des cônes de déblais noirs et des entrées de galeries de mines.
- Si ces mines étaient industrialisées, elles ne seraient intéressantes qu’à demi, elles seraient trop peu
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- 160 :..— LES PETITES MINES D’ANTHRACITE DU BRIANÇONNAIS
- importantes. Ce qui en fait l’attrait c’est qu elles sont exploitées par des hommes, qui sont des cultivateurs du village, propriétaires de la concession de
- le Monétier-les-Bai
- o Mine
- les Guibertes
- Fig. i. — Les mines d! anthracite au voisinage du Monélier-les-Bains.
- ces mines. Les méthodes employées sont primitives à souhait. V.oici quelques notes prises lors d’une visite à ces petites exploitations.
- Remarquons au préalable que les mines d’anthracite de cette région sont divisées en petites concessions. En général un homme, le concessionnaire, suffit pour occuper les postes de directeur, d’ingénieur en chef, de chef mineur, de piqueur et d’actionnaire. Une concession était mise en adjudication quelques années avant la guerre au prix de 5480 francs! Etant donné le mode de gisement connu de l’anthracite dans cette zone, ces mines ne peuvent pas avoir une réserve bien considérable. Nous verrons que, telle quelle était menée, leur mise en valeur constitue une petite richesse et une curiosité locales. .
- Voici une carte sommaire qui dispense de longues descriptions de l’emplacement de ces mines (fig. 1 )-
- Pénétrons dans une de ces galeries que nous avons aperçues de la route Nationale 97. Elle est vraiment peu confortable : I m. 50 de hauteur, 80 cm de largeur. L’entrée est boisée sur une dizaine de mètres, et sitôt franchis les éboulis des pentes, la voici taillée en plein rocher dur, solide, qui ne « force » pas. A une certaine distance de l’entrée on aboutit à de l’anthracite en petits massifs. On s’éclaire avec des lampes à huile à flamme nue, point de grisou à craindre. Lorsqu’on a arraché
- Fig. 3. — Traîneau à anthracite.
- aux parois quelques dizaines de kg d’anthracite mêlé de pierres, on les charge dans une petite brouette des plus ingénieuses dans sa simplicité. Ni rail, ni vagonnet. Une caisse de bois, deux roues formées de rondelles de bois de 20 cm de diamètre. Les dimensions de cet engin qui ne sera bientôt qu’un souvenir sont : hauteur totale 90 cm, largeur 50, longueur 79 plus deux poignées de 25 cm.
- Sur le terre-plein, devant l'entrée de la galerie, l’anthracite est mis dans un sac, dans deux sacs de 50 kg environ chacun, puis chargé sur un traîneau comparable à la schlitt des Vosges, mais combien plus primitif. Ce traîneau sera emmené à vive allure sur un sentier encombré de pierrailles qui serpente sur le flanc de la montagne. Près du village un petit espace est l’atelier de triage. À la main, grosso modo, on met d’un côté l’anthracite qui contient le moins de pierres, d’autres tas représentent diverses qualités.
- Cet anthracite était vendu 1 fr. 50 les J 00 kg en 1911 à une société qui se chargeait du transport et de la vente à Briançon. Certains concessionnaires
- Fig. 2. — Brouette à anthracite.
- tirent d00 à 200 kg seulement par jour, et emploient une partie de leur temps à la culture de leurs propriétés.
- L’anthracite n'est pas la seule richesse minière du Briançonnais. Nombreuses sont les autres mines sur cette admirable route des Alpes. On ne peut parler de l’anthracite sans citer les mines de graphite qui se trouvent près du Lauzet, c’est-à-dire à peu de distance du Lautaret. Mais ces dernières mines ne constituent pas une curiosité locale du meme caractère : elles sont exploitées par des ingénieurs; elles ont un transporteur aérien, une petite usine hydroélectrique pour l’éclairage et la force motrice. Tout ceci n’est pas curiosité locale, c’est-à-dire issu du génie des habitants du lieu.
- La Roule des Alpes est, pour ses fervents qui ont la bonne idée d’en parcourir quelques tronçons à pied, une inépuisable mine d’observations passionnantes sur les gens et les choses de la montagne.
- Lauke;nt Rigotard.
- le Gérant P. Masson, — Imprimerie Lahtibe, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1926.
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- N° 2736
- 11 Septembre 1926
- LA NATUR
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- SOMMAIRE :
- Une imprimerie d'aveugles : L’American Braille Press : Jacques Boyer.
- A propos des “ Bélugas " : S. F. Harmer. — Le Canada, grenier du monde : V. Forbitl. L'aviation dans la marine de guerre : Cl Sauvaire-Jourdan.
- Académie des Sciences : Paul B. — Jupiter et ses satellites : E. Doublet.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO : France. I fr. %0
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- LA NATURE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ, fondé par Gaston TISSANDIER MASSON et C‘\ Éditeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, Vl" (7{. C. : Seine 1S.334)
- PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL (52 Numéros)
- Tarif intérieur : 65 fr, valable pour France et Colonies. Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 5y<), Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris. {Le tarif intérieur pour la France sera modifié en cours de l’année selon les prix qui seront fixés pour les affranchissements postaux.)
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 75 francs.
- Les abonnements pour l’étranger sont payables en monnaies étrangères selon les prix ci dessous :
- Tarif extérieur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 5o pour 100 sur les affranchissements de périodiques : Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo belge, Cuba, Danemark, Egypte, Espagne, Esthonie, Etats-Unis d’Amérique, Ethiopie, Finlande, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lithuanie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses colonies, République d’Haïti, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Uruguay.
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- II SEPTEMBRE 1926
- LA NATURE. — N° 2736.
- UNE IMPRIMERIE D’AVEUGLES
- À deux pas de l’Arc de Triomphe, dans la rue Lauriston, existe un original établissement Y American Braille Press (fig. 1) dans lequel les aveugles composent des textes, corrigent des épreuves, impriment des livres, éditent des journaux et des revues, voire des morceaux de musique, à l’usage de leurs confrères en cécité. Issue d’une œuvre américaine, créée pour secourir les aveugles de guerre, cette fondation philanthropique a son siège central à New York. Son promoteur, M. W. Nelson Cromwell, est un des plus savants jurisconsultes des Etats-Unis et en même temps un grand ami de notre pays, puisqu’il soutient à l’heure actuelle, une vingtaine de sociétés de bienfaisance. Mais avant de décrire cette imprimerie typhlographique remarquablement agencée, rappelons quelques notions nécessaires pour nous mieux faire saisir les progrès techniques réalisés par les machines que nous y verrons fonctionner.
- Chez les individus privés de l’usage des yeux, le toucher remplace, dans une certaine mesure, les sensations visuelles absentes. Grâce au relief, ils peuvent, pour ainsi dire, lire et écrire avec leurs doigts. Dès le xviB siècle, on avait eu l’idée, en Espagne et en Italie, de graver, sur des planches en bois, des lettres en creux afin d’imprimer pour les aveugles des livres dont les lignes apparaissaient en blanc sur fond noir. Puis, en 1640, un maître-écrivain de Paris, Pierre Moreau, fondit des caractères en plomb mobile pour le même usage, mais son entreprise ne réussit pas, et l’impression .de livres en caractères saillants pour les aveugles remonte réellement à Valentin Ilaüy. Auparavant toutefois, le mathématicien anglais Nicolas Saun-derson (1652-1759) avait inventé un appareil qui lui permettait d’exécuter très promptement les opérations les plus difficiles, par le seul sens du toucher. Sa palpable arithmelic se composait d’une planchette percée de trous dans lesquels on implantait des chevilles de grosseurs différentes. Celles-ci prenaient, en outre, des valeurs diverses, selon la
- Fig. 2. — Le Raphigraphe, première machine à écrire pour aveugles, inventée par Foucaut (1848).
- 54' Année. — 2* Semestre.
- : L’AMERICAN BRAILLE PRESS
- Fig. i. — Siège de l'Imprimerie d’aveugles American Braille Press de Paris.
- place qu’elles occupaient sur la planchette, et il effectuait, de la sorte, les calculs les plus variés.
- Quelque temps après lui, Mlle de Salignac et l’aveugle du Puiseaux employèrent également des caractères saillants pour lire. De son côté, l’allemand Weissembourg, atteint de cécité dès l’âge de sept ans, appliqua le relief à l’étude de la géographie. Enfin, le célèbre Valentin Ilaüy adapta, à l’usage des aveugles, les procédés d’instruction des clairvoyants; il conservait l’alphabet ordinaire, se contentant seulement de le tracer en relief pour que l’aveugle put lire avec ses doigts. 11 enseigna aussi à scs élèves à écrire au stylet et lit fondre des caractères spéciaux en métal, afin d’imprimer des livres typhlographiqu.es.
- Cependant les résultats obtenus ne répondirent pas aux espérances du sagace philanthrope et de ses successeurs immédiats, car selon la juste expression du professeur Villey, « on parlait aux doigts, la langue de l’œil ». Il fallait redresser d’abord cette” erreur psychologique pour rendre véritablement pratiques les méthodes de lecture et d’impression destinées aux aveugles. Si, effectivement, le trait convient à l’œil, le doigt ne l’apprécie qu’avec lenteur, tandis qu’il perçoit très facilement le point. On doit donc adopter pour les aveugles un ensemble
- Il - 161.
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- 162 = UNE IMPRIMERIE D’AVÉUGLËS : L’AMÊRICÀN BRAILLÉ PRÉSS
- l'ig. 3. — Atelier de composition.
- Les ouvrières aveugles fabriquent, au moyen de stéréotypeuses électriques, les clichés typographiques en zinc.
- de signes constitués par des points en nombre peu i Ce système, ébauché par Charles Barbier en élevé et dont la disposition très ramassée puisse J 18*21, fut véritablement créé par Louis Braille, né s’adapter à peu près exactement à la forme digitale. ! à Coupvray (S.-et-M.) en 1809, et qui, guidé par
- Fig. 4. — Stérèotypeuse électrique.
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- UNE IMPRIMERIE D'AVEUGLES : L’AMERICAN BRAILLE PRESS •-- 163
- son expérience personnelle d’aveugle, conçut un alphabet anagly-phique d'une grande simplicité. Grâce à un signe générateur composé seulement de 6 points, il parvint à obtenir 65 combinaisons avec lesquelles il put tracer toutes les lettres simples, voyelles accentuées ou ponctuations. En raison de son ordonnancement logique, Yalphcibet Braille ne tarda pas à être universellement adopté. Dès lors, les aveugles de tous pays purent très facilement lire, tandis qu’au moyen d’une planchette sur laquelle se trouvent tracées en creux des lignes horizontales en rapport avec les ouvertures d’un grillage mobile, ils écrivirent très aisément avec un poinçon. Peu après, Foucaut inventa la première ma-
- J'ig. 5. — Une voyante enregistre les textes sur des cylindres de cire, au moyen d'un diclaphone.
- Fig. 6. r— Aveugle correcteur lisant la planche en « Braille » à une voyante qui collationne le texte sur l’original.
- suffisamment épaisses et mouillées. Toutefois, ce matériel typographique du à la collaboration de Martin, directeur de l’Institut national des jeunes aveugles, d’Oury son élève et de Gustave Peignot, fondeur parisien, ne permettait d’imprimer les feuillets qu’au recto, le verso restait donc inutilisé.
- Mais en 1890, A. Balquet parvint à utiliser les deux côtés des pages en plaçant sur le même caractère typographique, à côté des points saillants, six petites cuvettes destinées à recevoir les reliefs d’un autre signe. Celte invention permettait donc l’emboîtement de deux caractères opposés l’un à l’autre, bout pour bout, après un retournement de 180°. Les points de l’un dont le nombre
- chine à écrire (lig. 2) pour les aveugles, qu’il baptisa du nom de Raphi-graphe (18-15), puis un clavier pour imprimer les caractères Braille. Cet appareil valut à son auteur une médaille d’or à l'Exposition Universelle de Londres, en 1851, mais il n’en construisit que deux exemplaires seulement. Aussi, jusqu’à la lin du xixe siècle, l'impression des livres pour aveugles ne fit pas grand progrès. On employait comme caractères d’imprimerie des cubes portant les signes de l’alphabet Braille. Au moyen de presses ordinaires dans lesquelles on avait supprimé les organes d’encrage, on imprimait ces points en relief par une sorte de gaufrage sur des feuilles de carton
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- 164 --- UNE IMPRIMERIE D'AVEUGLES : L’AMERICAN BRAILLE PRESS
- n’excède jamais 6 entrent alors j‘(dans les^ cuvet-. tes de l’autre et réciproquement. Si - donc on compose le texte d’une page avec ces caractères, puis la suivante et qu’après avoir interposé une feuille de papier entre les deux formes ainsi réalisées, on la presse avec une machine à pédale, on obtiendra d’un seul coup l’impression du texte en signes Braille sur le recto et le verso. L’application du système Baldet, réduisant beaucoup les dimensions des livres destinés aux aveugles, diminua la quantité de papier nécessaire pour les fabriquer ainsi que les frais de tirage et depuis lors, toutes les imprimeries typhlographiqu.es l’emploient.
- h’American Braille Press a perfectionné récemment celle technique, en utilisant toutes les ressources de la science moderne. Visitons donc la nouvelle fondation, si remarquablement organisée par M. Georges Raverat, bras français de M. Nelson Cromwell.
- Après le choix de l’ouvrage qu’il s’agit d’imprimer en Braille, on en met un exemplaire ordinaire entre les mains d’une clairvoyante qui, au moyen d’un Ediphone (fig. 5), va l’enregistrer sur des cylindres phonographiques. Elle lit les textes à haute voix, devant le cornet acoustique de ce phonographe, en indiquant tous les signes orthographiques (ponctuation, majuscules, paragraphes, etc.) dont les vibrations correspondantes vont s’inscrire sur la cire. Elle met ensuite, au fur et à mesure, chaque cylindre impressionné dans une boîte ad hoc portant sur son couvercle un numéro d’ordre en Braille.
- Après quoi, elle les porte à Y atelier de composition (fig. 3). Là, une ouvrière aveugle les remet successivement sur un dictaphone, dont la membrane phonographique est reliée par des tuyaux acoustiques. aux deux microphones d'un casque téléphonique avec lequel elle pourra entendre à nouveau le texte. Cette répétition sonore lui permet de transcrire successivement toutes les pages de
- l’ouvrage en caractère Braille, grâce à la stéréolypeuse électrique (fig. 4) qu’elle a devant elle. Perfectionnement d’une invention anglaise, cette machine, mise au point par les techniciens de la Braille Press, sert à fabriquer les clichés typographiques en zinc destinés à la presse. Quand on appuie sur une des G touches, réparties par moitié à droite et à gauche d’une platine centrale, celle-ci actionne une tige qui commande un poinçon. En même temps, la matrice correspondante, mue par le moteur électrique, frappe une double plaque de zinc soutenue verticalement par un cadre et y imprime en regard le signe Braille En levant le cadre à la main, la compositrice passe d’une ligne à l’autre et provoque le décalage du verso eu retournant la plaque de 180°, de façon à réaliser des formes interpoints.
- L'atelier de la Braille Press possède 15 sléréo-typeuscs semblables, que font marcher des femmes aveugles.
- Naturellement avant de servir à l’impression, les clichés zinc sont révisés. Le correcteur aveugle (fig. G) lit la planche en Braille à une voyante, qui colla-
- I ij. ç. — Un coin do la- Bibliothèque de /'American Braille Press.
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- A PROPOS DES “ BÉLUGAS ” ... .........: 165
- tionne le texte sur le livre original imprimé en noir. Les corrections peu importantes, telles que lettre omise ou fautive, ponctuation oubliée ou défectueuse, s’exécutent à l’aide de deux poinçons. En tapant sur la tête de l’un ou de l’autre de ces outils, le correcteur écrase le signe erroné et fait le point en relief.
- Après corrections, les plaques de zinc arrivent à l’imprimerie où sc trouvent deux presses Victoria (fig. 7) spécialement agencées pour l’impression en relief des deux côtés de la feuille. Mue électriquement, chaque machine comprend deux platines chauffées qui portent des formes interpoints s’emboîtant au cours du tirage. Ce chauffage a pour but de donner au papier spécial employé une consistance suffisante pour le bon relief des points. On marge la feuille sur le marbre inférieur et dans le mouvement de la machine, chacune d’elles venant s’appliquer sur l’autre, elle s’imprime, d’un seul coup, des deux côtés. En marche normale, une de ces presses Victoria fournit 1250 feuillets doubles à l’heure, soit 5000 pages d’impression.
- Voici les feuilles de notre livre imprimées ; sui-vons-les dans l’atelier de. brochage. Là, une aveugle va vérifier le numérotage des pages, puis passe successivement les cahiers à l’ouvrière voyante, qui les broche à la machine (fig. 8), d’où les volumes sortent prêts pour la reliure.
- Afin de donner une idée de l’épaisseur des livres pour aveugles, notons que le Comte de Monte-Christ o, le roman populaire de Dumas, comporte 21 tomes in-4° de 160 pages, soit 80 feuillets! Le petit Dictionnaire Larousse qu’on imprime actuellement dans l’établissement de la rue Lauriston en aura autant, sinon plus. On conçoit donc que la Bibliothèque (fig. 9) occupe aujourd’hui plusieurs pièces, au dernier étage de l’hôtel de la « Braille Press ». Sur ses rayons, figurent déjà les œuvres
- les plus diverses. A côté, de George Sand et d’Anatole France, de Paul Bourget et de Kipling voisinent les Souvenirs entomologiques de Fabre et jusqu’à des morceaux de musique religieuse ou profane.
- Ces livres ne dorment pas, d’ailleurs sur les étagères parisiennes. L’œuvre les envoie à un certain nombre de dépôts régionaux répartis à la surface du globe et auxquels les aveugles peuvent les emprunter sans bourse délier. La « Braille Press » a, en effet, 55 dépôts aux Etats-Unis, 6 à Paris, 10 dans les départements français et aux colonies, 2 en Angleterre, 1 en Belgique (Bruxelles), 1 en Italie (Florence), 1 en Roumanie (Bucarest), et 1 respectivement au Canada, en Nouvelle-Zélande et dans l'Afrique du Sud.
- D’ailleurs, cette utile fondation ne se contente pas d’imprimer des livres ou de la musique, elle édite encore neuf périodiques en français ou en langues étranger esdont l’un, le Courrier Braille, est un journal hebdomadaire. -Les 8 autres sont des revues mensuelles, Braille Magazine, Courrier musical et littéraire (français). ïnterallied Braille Magazine, et American review for the blind (anglais). Il Progresso (italien), Braille Ova Riznica (serbe), Revista Braille (roumain) et Braille a-Zbior (polonais). Le plus important d’entre eux, le Courrier Braille, paraît seulement depuis trois ans et il a déjà près d’un millier d’abonnés, qu’il met au courant de tous les événements mondiaux importants.
- L’initiative prise par M. Nelson Cromwell mérite donc les sympathies de tous les gens de cœur. Nous souhaitons ardemment que ces quelques lignes, destinées à faire connaître le fonctionnement d’une si intéressante institution, lui attirent de nouveaux dons afin qu'elle puisse étendre sa bienfaisante action à un plus grand nombre d’enténébrés !
- Jacques Boyer.
- A PROPOS DES
- A la suite des deux articles parus dans La Nature sur les Cétacés de nos côtes (n0 2721) et sur la chasse aux « Bélugas » et l’utilisation des petits Cétacés (n° 2725), M. Legendre a reçu la lettre suivante de sir S. F. Alarmer, directeur du British Muséum (Nalural Ilistory), l’auteur des précieux Reports on Cetacea stranded on the british Coasts :
- « Je vous suis très obligé de l’envoi de vos deux études sur les « Bélugas » des côtes françaises parues dans La Nature. J’y note que vous montrez une réserve justifiée en ce qui concerne le Grampus griseus. Il me semble singulier que vous n’aryez pas réussi à capturer assez d’individus pour connaître ce qu’est le « Béluga ». Je ne serais pas étonné d’apprendre que, comme en d’autres points du globe, les Cétacés ont été accusés de crimes qu’ils n’avaient pas commis. J’admets que les filets de
- " BÉLUGAS ”
- pèche sont parfois déchirés, mais pour le moment, je reste sceptique quant aux dégâts causés par les Cétacés.
- <( Je crains que vous ne considériez les Dauphins comme des ennemis qu’il faut détruire. Mon avis est tout différent. Je ne peux trouver le moindre témoignage que les Cétacés soient des destructeurs, de quelque façon que ce soit, sur les côtes anglaises et je les regarde comme des animaux que je désirerai voir protéger de toutes les façons possibles, au moins jusqu’à ce qu’une accusation précise ait été portée contre eux.
- « Je suis heureux que les aiguilles Bellot n’aient pas réussi, contrairement à ce qu’on m’avait appris. Elles me paraissent indiciblement barbares et je ne pense pas que l’emploi de méthodes de cette sorte puisse être permis contre des animaux aussi hautement organisés que les Cétacés. « S. F. Harmer. »
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- À quelque racé qu'ils appartiennent, que leur langue maternelle soit le français ou l'anglais, vous rencontrerez fort peu de Canadiens qui n’aient pas rune foi enthousiaste dans les destinées de leur pays. Confiance amplement justifiée par les faits et les chiffres que la statistique y recueille dans les différents domaines économiques : natalité, industrie, ressources minières, agriculture.
- Que sont devenus ces « misérables arpents de
- large marge pour l’exportation. De fait, la valeur du blé exporté, qui fut de 4 575 401 dollars en 1901, a été de 267 758 559 dollars en 1925. Les chiffres correspondants pour l’exportation de la farine sont encore plus impressionnants : 8462 dollars et 62 785 1 1 8 dollars ! Et c’est bien là une preuve éloquente du développement industriel du Canada, qui, grâce à ses ressources illimitées en « houille blanche », a. pu multiplier rapidement ses moulins.
- Fig. i. — Champs de blé au Maniloba (').
- neige » dont notre très superficiel Voltaire parlait avec tant de dédain ? En jetant un coup d’œil d’ensemble sur la situation agricole du Dominion, nous trouverons les éléments de la réponse.
- En comparant entre elles les années 1901 et 1925, nous voyons que la valeur de la production agricole' est passée de 564906 866 dollars à 1542 152000.
- A ne considérer ici que la culture du blé, nous notons que, dans le même intervalle, la valeur de la moisson a passé de 56 122 059 dollars à 525 552 000, et comme quantité, de 55572 568 boisseaux à 262097000. La population n’ayant pas suivi cet énorme taux d’accroissement (elle est passée de 5571515 à 9 226740 âmes), il en est résulté une
- 1. Celte photographie et les suivantes nous ont été obligeamment fournies par la Canailian National Railwav.
- Il n’est pas moins intéressant de noter que la superficie des terres cultivées est loin d’avoir doublé en vingt-cinq ans, passant de 50166055 acres à 56 164 767, ce qui indique nettement que le paysan canadien sait tirer un meilleur parti de son sol. Le Canada détient le record mondial du rendement en blé à l’hectare, comme le montrent les chiffres suivants calculés en boisseaux (environ 36 litres) et par acre (40 ares) :
- Canada........................ 17.8
- Etats-Unis............. . 14.1
- Indes Anglaises................11.5
- Argentine......................10.6
- Australie . . .................10.14
- Russie.......................... 9,4
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- Ces chiffres, calculés sur les rendements de cinq années (1919-1923), sont la récompense de l’esprit de méthode apporté par le Ministère de l’Agriculture du Dominion qui entretient tout un corps d’ingénieurs et de conférenciers chargés d'inculquer aux paysans les meilleures façons de cultiver leurs champs. Mais une Donne part de l’éloge revient aussi au Canadian National Raibvay dont les réseaux ont permis aux immigrants de pénétrer dans le Far-West et d en défricher les terres vierges. Si le Canada est en passe de devenir le plus grand producteur de blé dans le monde, il peut en remercier les hommes qui surent lire dans ses destinées et construire des voies ferrées dans des solitudes d’où le rail ferait surgir bientôt les champs, les villages et les villes.
- Il nous a paru intéressant d’étudier comment est manipulé et transporté ce blé canadien dont la production, nous l’avons vu, augmente par bonds formidables. Nous réunirons les éléments de notre enquête dans le Saskatchewan, province centrale, aussi étendue que la France, la Belgique et la Hollande réunie, qui ne complaiten 1901 que 91 279 habitants et qui en énumère aujourd’hui près de 900 000, prodigieux développement qu’elle doit à son agriculture.
- Tout village de quelque importance possède au moins un elevator (grenier) où les paysans apportent leur grain dans des fourgons attelés de deux ou trois chevaux. Généralement, plusieurs elevalors, appartenant à autant de spéculateurs ou commissionnaires, se font concurrence. Leurs agents postés
- Fig. 3. — Les silos d’une gare de l’Alberta : 'chargement d’un vagon.
- Fig. 2. — L’arrivée du blé aux élévateurs, dans la ville de Gravelbourg, vieille de deux ans.
- à l’entrée du village grimpent à l’arrière du véhicule, prélèvent une poignée de grain, jugent de sa qualité, font des offres au cultivateur, qui préfère le plus souvent s’adresser à son elevator-man habituel'.
- Le fourgon est traîné sur une balance. Tandis qu’on le pèse, un employé y prend çà et là quelques poignées qu’il place dans un petit nettoyeur (cleaner) où le blé et les impuretés sont pesés séparément. Ces chiffres permettent d’établir une marge sur le poids de la cargaison pour tenir compte des poussières, herbes, grains gelés, mélangés au bon grain.
- On actionne alors un levier qui soulève en plan incliné les planches de la bascule sur lesquelles reposent les roues. La charge s’écoule dans une chute (ou fosse), d’où une courroie sans fin, munie de godets, et qu’actionne un moteur à pétrole placé dans une baraque voisine, la transporte au sommet de l’élévateur dans une énorme auge (bin), Le tuyau d’écoulement de cette dernière peut être amorcé sur le réservoir approprié, selon l’espèce de blé. Le grain ne sortira du grenier que lorsque le propriétaire aura amassé une quantité suffisante de chaque espèce ou variété pour charger un vagon entier.
- Le fermier a reçu son grain ticket (billet d’achat) qu’il porte à la banque. C’est là un véritable chèque qui remplace les banknotes, car son bénéficiaire peut soit le faire encaisser à son compte, soit le
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- l'ig. 4-
- Déchargement d’un vagon de grain dans un élévateur.
- Le vagon est soulevé par une grue spéciale et vidé dans l'un des greniers.
- passer à l’épicier on au marchand de bois du village pour régler ses commandes.
- Ce que nous venons de dire s’applique aux petits fermiers et à la vente au comptant. Les gros' cultivateurs procèdent autrement en faisant l’économie d’un intermédiaire. Quand ils le peuvent, ils transportent directement leur récolte à la gare la plus proche et en chargent un ou plusieurs vagons, ce qui leur ofire la chance de profiter des prix avantageux de l’ouverture du marché. Sinon, et lorsqu’ils ne possèdent pas sur leur ferme un grenier convenable, ils î louent, d’après un tarif |
- établi, un Inn à l’élévateur du village ...
- et y emmagasinent au fur et à mesure la récolte jusqu’à ce qu’elle atteigne 1 la capacité d’un vagon.
- Le train de blé arrive à Winni- j capitale du Manitoba, le plus . j centre du commerce des cé- : réales de toute l’Amérique (un hameau de 215 trappeurs en 1870, une ville de 500000 âmes en 1925).
- Des inspecteurs du Gouvernement prennent des échantillons à l’aide cl’un instrument fort ingénieux. C’est un tube de cuivre long de sept pieds portant sur un côté une ouverture à peu près de même longueur, et sur lequel s’adapte un second tube qui bouche cette ouverture. L’inspecteur enfonce l’appareil (lester) dans la
- grand
- charge, où il se remplit de grains : il recueille ainsi une section verticale de la masse, et le contenu est versé sur un carré de toile. L’opération est répétée dans chaque coin du vagon et à trois autres endroits. On peut ainsi découvrir si le fermier a caché du blé gelé ou de qualité inférieure au fond ou au milieu du vagon.
- Les échantillons sont versés dans une caisse où un brassage les mélange, et l’on en prélève plusieurs livres qui sont placées dans un sac de toile, que l’on numérote. Les inspecteurs ne savent pas à qui le grain appartient, et le sac anonyme est expédié au scimple office (bureau des échantillons) dont les employés sont dans la même ignorance.
- Les échantillons sont examinés, et leur qualité est inscrire sur le sac, qui est aussitôt expédié à la Bourse aux Blés (Grain Exchcivge), où le commissionnaire à qui a été consigné le vagon l’olîre en vente sur le marché ouvert, d’après les instructions de son client. Si celui-ci n’est pas satisfait des cours, il obtient un certificat qui lui permet d’expédier son vagon à Fort-William, où se trouvent de grands entrepôts.
- Jusqu’à ce moment, la cargaison a conservé son identité. Mais, maintenant que le grain a été officiellement « catalogué », le fermier peut obtenir un certificat constatant qu’il a entreposé, par exemple, dix.mille boisseaux de « Northern n° 2 », et peu lui importe désormais le sort de son blé. Mais, s’il n’a pas été satisfait des opérations de (jrading, il a le droit d’exiger une « ré-inspection » de son grain.
- Au fort de la saison du blé nouveau, la gare des marchandises de Winnipeg (où aboutissent 27 lignes principales et embranchements) présente un aspect peut-être unique au monde avec ses milliers de vagons de blé et d’autres denrées qu’il faut trier rapidement pour éviter l’embouteillage. Tout train non homogène est remorqué au sommet d’une colline, familièrement appelée « la bosse ». La loco-
- “1
- Fig. 5. — Les élévateurs de Fort-William.
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- motive est détachée, et le train descend l'autre pente par la force de gravité. Des riclers (employés, ou littéralement des « cavaliers ») montent sur chaque vagon pour la commande des freins. Au bas de la colline , sont installées de nombreuses aiguilles correspondant à autant de voies de garage ; sur la paroi arrière de chaque vagon est indiquée à la craie la destination du vagon qui suit.
- Chaque aiguilleur est ainsi averti si le vagon suivant doit être dirigé sur la voie qu'il commande, et se tient prêt à la manœuvre. Dès qu’une voie a reçu un nombre suffisant de voitures, elles sont remorquées hors des terrains de triage par une locomotive de manœuvres bientôt remplacée par la puissante machine qui les conduira à destination. Il suffit ^e vingt minutes pour disloquer un train de 50 vagons.
- Si le fermier a vendu sa cargaison à une minoterie de Winnipeg, celle-ci a commencé par prélever un échantillon qu’elle a donné à analyser à son chimiste. Celui-ci cherche moins à déterminer la beauté du grain que ses « qualités de meunerie » ; l’échantillon a été traité dans un moulin minuscule, et la farine obtenue a été boulangée. D’après le certificat dressé par le chimiste, le vagon, convoyé par voie ferrée à la minoterie, est vidé dans le réservoir correspondant à la catégorie de son grain.
- La plus grande partie du blé récolté dans le Canada occidental est, à son départ de Winnipeg, dirigée sur Fort-William ou sur Port-Arthur, les deux « villes jumelles » qui, situées sur la rive septentrionale du Lac Supérieur, possèdent 57 élévateurs appartenant soit à l’Etat, soit à des particuliers, et dont la capacité totale est de 05 000 000 boisseaux. Il leur arrive d’entreposer en une année plus de 580 000000 boisseaux. Les vagons, soulevés et retournés par de puissantes machinas, versent leurs tonnes de blé dans des cuves d’où le grain passe dans des nettoyeurs qui le débarrassent de ses poussières et impuretés.
- Dans chacun de ces deux ports lacustres, les élé-
- Fig. 6. — Chargement d’un navire de blé à Montréal, le port du monde qui exporte le plus de blè.
- vateurs sont construits sur la rive. Les vapeurs se rangent contre leur base, prennent leur cargaison par des tuyaux ou conduites qui versent le grain dans leurs cales, et le transportent à Québec et surtout à Montréal, les deux grands ports maritimes du Canada oriental, d’où des paquebots spéciaux l’emportent vers l’Europe.
- Un projet mis à l’étude depuis une quinzaine d’années raccourcirait la roule entre les grandes terres à blé du Canada occidental et l’Europe. Il s'agirait de construire une voie ferrée reliant le Saskatchewan à Port-Nelson, sur la rive occidentale de la Baie de Hudson, où, durant l’été, de grands paquebots viendraient chercher le blé de cette province.
- La ligne a été construite jusqu’à Manitou, au Nord-Est du Lac Winnipeg et le Canadian National Rail-way l’exploite ; mais son achèvement présente de grosses difficultés techniques.
- Terminons cette étude sur le blé canadien en notant que la colonisation des terres à blé du Dominion n’est encore qu’amorcée
- On évalue à 57 millions d’acres la superficie des bonnes terres à blé qui attendent encore la charrue, et à 150 millions d’acres les autres terres qui se prêteraient à l’agriculture générale.
- V. Forbijs.
- IHMiSilBl
- Fig. /. — Navires de blé quittant Fort-William.
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- L’AVIATION DANS LA MARINE DE GUERRE
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- i Fig. i. — Avion terrestre Dewoitine.
- Le rôle de l’avion dans les opérations militaires navales va sans cesse grandissant, et il est intéressant d’examiner le matériel dont nous disposons pour assurer l’exécution des tâches variées qui peuvent être imposées à l’arme de l’air.
- Enumérons d’abord ces taches.
- Elles se présentent dans l’ordre suivant :
- Eclairage tactique.
- Réglage du tir de l’artillerie.
- Attaque des bâtiments par bombes ou torpilles.
- Bombardement des établissements à terre accessibles à des avions venant de la mer.
- Chasse des aéronefs ennemis.
- Contrôle de la navigation commerciale.
- L’éclairage d’une escadre en opération de guerre est, on le comprend, une condition des plus importantes de sa sécurité ou de son efficacité. L’exploration de l’horizon est, en effet, singulièrement réduite quand elle ne peut être faite que du pont ou même de la mâture d’un navire. Si l’horizon est clair, on ne perçoit rien à plus de 14 ou 20000 m., à cause de la rotondité de la terre, et si l’horizon est embrumé, comme c’est très souvent le cas, cette distanee i est réduite à quelques kilomètres. '
- Or, la vitesse des cuirassés d’escadre avoisine 22 nœuds, soit 40 km à _. î
- l’heure. Les forces ennemies risqueraient donc de se trouver au contact immédiat quelques minutes après s’être aperçues. Pour parer à ce danger on employait, pour couvrir les approches d’une force navale, des croiseurs légers et les plus rapides possibles, qui servaient comme d’antennes au corps principal, en surveillant, à toute distance de signaux, les parages par où l’ennemi était supposé pouvoir se présenter.JLes croiseurs jouaient là, en somme, exactement le
- même rôle de reconnaissance et de sûreté qui est confié à la cavalerie dans les opérations des armées de terre. L’avion est venu changer tout cela. Très rapide, pouvant s’élever à des hauteurs d’où l’horizon s’étend à de très grandes distances, il devient par excellence l’outil propre à la reconnaissance maritime et à l’éclairage des escadres.
- A la reconnaissance proprement dite, l’avion spécialement équipé pour ce service, joindra naturellement l’observation des mouvements des bâtiments qu’il est chargé de surveiller, et aussi la recherche des sous-marins en surface ou en profondeur, et celle des mines.
- Donc l’avion de reconnaissance emportera un pilote et un observateur, et sera muni d’un bon système de signalisation par T. S. F. (émission, réception), au moyen duquel il informera la force navale dont il dépend, du résultat de ses recherches et de tout ce qui peut intéresser dans l’ordre de la mission qui lui est confiée. Il sera armé (généralement d’une mitrailleuse) pour pouvoir se défendre contre les avions adverses qui chercheraient à l’empêcher de tenir son poste.
- L’avion de reconnaissance peut encore être utilisé pour la prise de photographies de bases navales ou autres. Dans ce cas le poids de l’appareil photographique qu’il emporte est compensé par la suppression du matériel de T. S. F.
- Il en est de même lorsqu’il doit opérer un bombardement, mais on est alors conduit à la nécessité de réduire l’approvisionnement d’essence.
- L’avion est encore un très précieux instrument pour le réglage du tir à la mer.
- Ce tir se règle presque uniquement par l’obser-
- MÊmà
- Fig. 2. — Hydravion Lioré-Ollivier à coque souple.
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- Fig. J.j— L’hydravion Lioré-0111vier-i34 tu mouillage de Phalère.
- vation des points de chute des projectiles, et aux très grandes distances auxquelles on se sert de la grosse artillerie (de 18 à 25 000 m.) il est facile de voir que l’observateur, placé dans la hune d’un des navires tireurs, n’a que de bien faibles chances d’apprécier les écarts au but assez exactement pour pour amener le tir au but. Il en est tout autrement de l’observateur en avion qui peut aller circuler presque au-dessus de la cible elle-même, et assiste à l’arrivée des obus. Par des signaux de T. S. F. bien réglés, il arrive très vite à fournir, aux navires qui tirent, les indications qui leur permettront une très grande précision.
- L’expérience a montré que pour bien régler le feu de l’artillerie, l’avion observateur doit se tenir à la hauteur d’environ 5000 m. à laquelle il ne risque que peu de choses des canons anti-avions.
- Pour bien remplir sa mission, l’avion observateur de tir emporte 1 pilote, 1 observateur, 1 mitrailleur, avec un bon appareil T. S. F. émission et réception.
- On peut avoir à bombarder des établissements à terre accessibles à des avions venant de la mer, comme le cas s’en est présenté à maintes reprises pendant la guerre pour les ports ou batteries de la
- Fig. 4• — Hydravion amphibie F. B. A.
- côte belge, Üstende, Zeebruge, où les Allemands avaient créé des bases importantes et d’où leurs sous-marins s’évadaient vers toutes sortes de missions malfaisantes.
- On emploie à ce genre de travail des avions capables d’emporter le plus gros poids possible de bombes.
- Les opérations des avions à la mer seront, on le pense bien, soumises à des contre-attaques des avions ennemis. Il faut donc leur créer une sorte de garde qui tiendra ces derniers à l’écart, ou les combattra s’il le faut. De plus il faut empêcher les avions de l’adversaire de venir gêner les mouvements de la force navale amie.
- Ces rôles sont dévolus à l’aviation de chasse. La chasse peut se faire de jour et de nuit; elle peut s’étendre aussi à des attaques par grenades ou bombes contre le personnel et des prises de photographies des bases ennemies.
- La chasse simple se fait par avion monoplace, avec 1 pilote et armé de 2 mitrailleuses. Si d’autres missions s’ajoutent à la chasse, on emploie un avion bi-place.
- L’attaque des navires par les avions peut se pratiquer par bombes ou torpilles. Le bombardement proprement dit est une opération dont la valeur t-este toujours discutée. De nombreux essais en ont été faits en plusieurs pays et particulièrement aux Etats-Unis et en Angleterre, avec de véritables bombes chargées sur des navires en route. La difficulté d’atteindre un but aussi mobile, qui peut en outre se dissimuler sous des voiles de fumée, reste considérable.
- L’avion de bombardement emporte 1 pilote et I observateur. Il est^armé d’une mitrailleuse et possède du combustible pour 4 heures de vol. Il porte une bombe de 410 kg ou 2 bombes de 225 kg.
- L’avion torpilleur est chargé d’aller lancer, ou mieux de mettre à
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- L'AVJATION DANS LA MARINE DE GUERRE
- sont confiées. Ces appareils peuvent être répartis en 4 classes : Chasse, renseignements, explorations et bombardements.
- Pour la chasse on emploie l’avion terrestre Dewoitine de 500 ch, moteur Hispano, qui fournit la vitesse de 247 km à l’heure.
- On étudie encore pour la chasse un type d’hydravion qui n’est pas actuellement réalisé.
- Pour les renseignements, 5 types sont en usage.
- Le type terrestre (c’est-cà-dire muni d’un train d’atterrissage) Livré-Olli-vier à 2 moteurs Ilispano de 500 ch, vitesse -J70 km.
- L'hydro-avion Latham à 2 moteurs Jupiter de 400 ch.
- Le type Amphibie Schreck F. B. A.
- l’eau, une torpille automobile à portée d’un navire | de 500 ch, moteur Hispano. Ce modèle, comme ennemi, vers lequel elle poursuivra sa route, maintenue par un appareil gyroscopique dans la direction choisie par le pilote de l’avion. Rappelons que ces torpilles peuvent parcourir dans l’eau une distance de 8 ou d0 000 mètres à la vitesse moyenne de 55 km à l’heure.
- L'avion qui les porte les.lancera bien plus près du but (vers 1000 m. vraisemblablement) qu’il pourra approcher sans trop de risques, grâce à sa très grande vitesse.
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- Pour réaliser les objectifs dont les principaux viennent d’être décrits ci-dessus succinctement, la marine a adopté un certain nombre de types d’appareils volants, conçus et exécutés spécialement en vue des missions qui leur | son nom l’indique, est à la fois terrestre et maritime. 11 porte un train d’atterrissage ordinaire, mais repliable sous le fuselage, et des flotteurs. Il peut donc, suivant la mission qu’il doit remplir, amerrir ou atterrir.
- Rappelons que le service des renseignements, comporte, pour l’avion, aussi bien la reconnaissance et l’éclairage que le réglage du tir et la prise de photos.
- L’exploration à grande distance est confiée à un hydravion Latham à 5 moteurs Lorraine de 575 ch, vitesse 156 km. Ce service doit aussi pouvoir être effectué par un avion terrestre ou un Amphibie. Mais les modèles idoines n’existent pas encore.
- Fig. 6. — Hydravion Cams.
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- Le bombardement nécessite 5 types d’appareils.
- Un avion terrestre Goliath à 2 moteurs Jupiter de 580 ch, vitesse 156 km à qui est confié plus spécialement le rôle de bombardier.
- Un hydravion Goliath également à 2 moteurs Jupiter de 580 ch qui peut être utilisé aussi bien comme bombardier que comme lance-torpilles.
- Un Amphibie, de type encore indéterminé.
- Pour le lancement des torpilles, il a été créé un modèle spécial d’avions dont une escadrille sera mise à bord du nouveau porte-avions Béarn.
- Ce sont des avions Levasseur, à
- Fig. 8. — Avion torpilleur Levasseur lançant sa torpille.
- qu’une escadrille d’avions de bombardement à train d’atterrissage appartenant également à la flotte. Leur belle conduite et la valeur des services rendus leur ont valu une magnifique citation de la part du Commandant en chef des opérations.
- Ces avions sont tous du même type Farman à 2 moteurs Jupiter-Gnome et Rhône de 420 ch. Leur équipage est de 5 hommes. Ils portent 600 kg de bombes cl réalisent 160 km.
- Ajoutons que la marine recherche un type d’avion dit : avion marin, muni d’un train d’atterrissage et pouvant néanmoins se poser sur l'eau (mais non en repartir).
- La coque decetavion serait, bien entendu, étanche. Ce genre d’appareils, dont on peut espérer la réalisation prochaine, sera destiné aux navires porte-avions.
- Une grande unité de classe, le Béarn, est sur le
- Fig. Q. — Bombardement d’une position rijfàine par une escadrille d’avions de la Marine.
- Photo prise en avion.
- un seul moteur Renault de 580 ch, vitesse 175 km portant une torpille automobile de 700 kg.
- Ces appareils peuvent monter à 5000 m. en 29 minutes et emportent pour 5 h. 1/2 de vol, près de 5 tonnes 1/2 de poids ; 10 appareils de ce type ont déjà été livrés à la marine.
- Les Goliath-Jupiter à flotteurs sont les hydravions les plus puissants de la marine.
- Une escadrille de ces appareils, montés par des marins, a joué un rôle très important dans les opérations du Maroc, ainsi d’ailleurs
- Fig. to. — Sur la côte du Rijf : l'ilot du Penon de Velez de la Gomara.
- Région où les avions dé la Marine ont déployé beaucoup d’activité pendant la campagne marocaine.
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- I?4 -"-7.r. jUPITER ET SES SATELLITES
- point d’entrer en service. Le Béarn est un dest grands cuirasses de 22000 tonnes, qui étaient en chantiers pendant la guerre et dont l’achèvement a été arrêté à la paix. Le Béarn,1 seul, a été gardé pour servir de porte-avions. A cet effet son pont long de 182 m. a été aménagé pour l’atterrissage et l’envol des appareils en reportant complètement sur le flanc tribord la cheminée, les passerelles de navigation et tous les impedimenta, de façon à laisser le pont absolument dégagé.
- Un hangar de 124 m. de long et 6 m. de hauteur abrite les appareils prêts à prendre l’essor, que 3 ascenseurs électriques hissent au pont d'envol, le moment venu. Les soutes et cales renferment les avions démontés.
- Le Béarn portera 3 escadrilles d’avions prêts à
- servir : une de chasse, une de torpilleurs, une de renseignements. Chaque escadrille se compose de 9 appareils, dont 6 en service, 3 en réserve. La vitesse du Béarn est de 20 nœuds. 11 est armé de 8 canons de 155 mm, 14 canons contre avions, 6 tubes lance-torpilles.
- Disons encore, pour finir, que les croiseurs du programme naval en cours d’exécution porteront chacun deux hydravions qui seront lancés par catapulte, et rehissés à bord au retour de mission, après s’être posés sur l’eau.
- On envisage en outre la création de navires spéciaux qui joueront, pour les hydravions, mais sans doute, à une échelle moindre, le rôle confié au Béarn pour les avions.
- Ct Sauvaire-Joliidax .
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1926.
- U approvisionnement des avions en oxygène. Pour éviter l’emploi des bouteilles d’oxygène comprimé qui comporte un poids mort considérable, M. Garsaux propose l’usage d’oxygène liquide, contenu dans un flacon genre Thermos, en métal et non en verre, avec deux parois entre lesquelles on maintient le vide pour éviter tout apport de chaleur. Fermée par un bouchon en amiante percé de deux trous, l’un pour le dégagement du gaz vers le masque, l’autre pour le passage d’un courant électrique, aboutissant à l’intérieur à une lampe en quartz, une telle bouteille conserve le gaz liquéfié pendant cinq ou six jours, la lampe en quartz ayant pour but de provoquer un dégagement régulier par un léger chauffage qui compense le froid conséquence du dégagement gazeux. Pour éviter la mobilité du liquide qui pourrait amener des accidents, on charge là bouteille d’amiante et, dans ces conditions, il apparaît qu’un aviateur peut atteindre un plafond de 15 000 m.
- Le peroxyde de rubrène. — Le rubrène isolé par MM. Moureu, Dufraisse et Marshall-Dean fixe, sous l’action de la lumière, de l’oxygène, pour donner un produit blanc, bien cristallisé en belles aiguilles qui, après dessiccation complète dans le vide, libère le gaz O retenu, par chauffage entre 100 et 200°. Cette dissociation présente de fortes analogies avec celle de l’oxvhémoglobine, à cette '
- différence près toutefois que ce dernier composé renferme un élément minéral, le fer, auquel on rapportait cette propriété de pouvoir donner naissance à un peroxyde dissociable. Or le rubrène est purement organique, ce qui semble indiquer que la fonction respiratoire de l’hémoglobine peut parfaitement être une propriété de la partie organique de la molécule, sans être nécessairement liée à la peroxydabilité de l’atome de métal Fe.
- Le dosage du carbure de calcium dans la cyanamide. — Le dégagement de gaz acétylène que ce composé donne au seul contact de l’eau peut être, non seulement une gêne, dans les entrepôts, mais encore un danger. MM. Flusin et Giran soumettent à l’Académie le principe d’une méthode de dosage, basée sur le passage du gaz 0*10 libéré par l’action de l’eau bouillante dans une solution d’azotate d’argent ammoniacal. Le précipité (C2Ag2 et Ag2S) est recueilli par filtration et traité par l’acide 1101, qui laisse inatlaqué le sulfure et transforme l’acétylure en chlorure d’argent. Le mélange Ag2S + AgCl est repris par l’ammoniaque qui dissout seulement le second sel ; dans la nouvelle liqueur on dose le métal Ag, par une solution titrée de cyanure KCy. Du poids d’argent trouvé, oh déduit le poids correspondant d’acétylène et, par suite, celui du carburé qui lui a donné naissance. Paul B.
- La Science en Famille.
- JUPITER ET SES SATELLITES
- La planète Jupiter, que l’humanité a connue de tout temps, brille en ce moment d’un vif éclat dans le ciel. Elle est facile à observer même à l’œil nu, et il suffit d’avoir à sa disposition un instrument de très médiocres dimensions pour voir sur sa surface
- des détails intéressants. On peut donc facilement, à cette époque de vacances et de villégiature, se donner le plaisir de la contempler ; ceux de nos lecteurs qui voudront bien lui consacrer quelques moments d’attention n’auront point à le regretter.
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- Jupiter et ses satellites —— — i7ê
- 11 faut chercher cet astre dans la constellation du Capricorne, à peu de distance de l’étoile o. Le 15 août 1926, cet astre a été en opposition, ce qui veut dire qu’il a passé au méridien vers minuit et que la distance qui nous sépare de lui était aussi petite que possible, étant égale à la différence entre le rayon de son orbite et le rayon de l’orbite de la Terre; cette différence ne peut être inférieure à 600 millions de kilomètres approximativement, et, à l’opposition actuelle, elle a été un peu plus grande. Profitons donc de cette occasion, car, nous le répétons, c’est un des plus beaux objets célestes qui s’exhibe en ce moment à nos regards.
- Jupiter tourne autour du Soleil comme les autres planètes, mais son orbite est sensiblement plus excentrique que la nôtre, en sorte que pour les habitants de Jupiter, à supposer qu’il y en ait, ce qui est très douteux, le diamètre apparent du Soleil varie beaucoup plus qu'il ne le fait pour nous. D’autre part, l’axe de rotation de la planète est presque perpendiculaire au plan de son orbite, en sorte que, de ce chef, la différence des saisons est beaucoup moins marquée que sur notre globe. '
- La durée de la révolution diurne de Jupiter est 9 h. 56, et sa révolution autour du Soleil, ou son année, vaut 11,86 années terrestres.
- Jupiter est scnsiblenaent aplati; cela se voit dans une lunette sans qu'iLsoit besoin de prendre des mesures pour s’en assurer. La constatation de cet aplatissement a été une des raisons qui ont fait penser que notre globe pouvait bien, lui aussi, ne pas être une sphère parfaite.
- Il est beaucoup plus volumineux que la Terre, car son rayon équatorial, si on prend celui de la Terre pour unité, est représenté par le nombre 11,14. Il s’ensuit que le volume de la Terre n’est
- que la partie de celui de Jupiter. — Mais, par
- contre, la densité de Jupiter n’est que le quart de la densité terrestre, en sorte que la masse, ou, si l’on veut, le poids de Jupiter, vaut 518 fois celle du globe que^nous habitons.
- Fig. 2. — Dimensions (Comparées du globe aplati de Jupiter et du globe terrestre.
- Opposition
- (!S Août 1926)
- Fig, i. — Proportions des orbites de la Terre et de Jupiter.
- Supposons-nous à la surface de Jupiter, en un point quelconque de son équateur, tenant à la main un corps qui, sur la Terre, pèserait un kilogramme. Ce corps sera attiré par une masse 318 fois plus grande, mais, d’autre part, il est 11,14 fois plus éloigné du centre d’action. Si l’on applique la loi de l’attraction, que nous savons varier proportionnellement aux masses et en raison inverse du carré des distances, nous trouverons facilement que l’effort que nos muscles auront à exercer est représenté par le nombre 2 kg 55. Un corps quelconque étant supposé transporté de la Terre sur Jupiter nous semblerait devenu deux fois et demie aussi pesant.
- Et nous aurions bien d’autres choses surprenantes à constater; tout d’abord, nous serions bien embarrassés pour marcher, car selon toute probabilité, en admettant l’hypothèse de Laplacé, quoique Jupiter se soit séparé de la nébuleuse primordiale des milliards de siècles avant la Terre, l’énormité de sa masse fait qu’il est loin d’être refroidi, qu’il n’a peut-être qu’un noyau solide fort petit et que la plus grande partie de la matière qui le compose est à l’état liquide, sinon gazeux. Les hypothétiques Joviens ne peuvent être que fort différents de nous.
- De cet état de fluidité, il résulte que, et c’est une analogie avec le Soleil, la durée de la rotation de Jupiter n’est pas uniforme pour toutes les parties de la planète. Celte durée semble aller en diminuant quand on part de l’équateur pour mar-» cher vers les pôles. Enfin, l’atmosphère jovienne parait être agitée par de violents mouvements analogues à nos cyclones terrestres, mais cela est encore peu connu, et les travaux des astronomes de l’avenir nous éclaireront sans doute sur ce point.
- Une des curiosités du monde de Jupiter, ce sont les nombreux satellites qui circulent autour de cette planète.
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- JUPITER ET SES SATELLITES
- hig. 3. — Jupiter et ses satellites vus dans le champ a’une longue-vue.
- Les satellites sont figurés à leur écartement maximum de la planète.
- On sait que les quatre premiers de ces petits astres furent découverts par Galilée en janvier 1010. À la vérité, Simon Marius (Mayr) éleva des réclamations à propos de cette découverte, mais ce n’est pas ici le lieu de discuter cette polémique.
- On ne tarda pas à s’apercevoir que ces satellites passent fréquemment à travers le cône d’ombre que la planète projette derrière elle et s’éclipsent absolument comme la Luné. Le moment où ils dis-paraissent ou reparaissent est un signal qui peut être vu au meme moment de deux points terrestres très éloignés l’un de l’autre, et, si les deux observateurs notent avec précision l’heure locale du phénomène, la différence de ces deux heures fait connaître celle des longitudes. Il y avait là l’origine d’iin progrès immense pour la géographie.
- Et aussi pour l’art nautique. — Supposons, en effet, qu’un marin ait à sa disposition une table, sur l’exactitude de laquelle il puisse compter, et qui lui indique à quelle heure de Paris un satellite de Jupiter se perdra dans l'ombre de la planète ou en sortira. Il n’a qu’à observer ce phénomène à l’aide d’un chronomètre réglé depuis peu sur l'heure locale, et il aura tout de suite sa longitude, ce qui a été, pendant bien des siècles, une grande difficulté pour les navigateurs.
- Aussi, il ne faut pas s’étonner que, depuis Galilée, théoriciens et observateurs aient consacré leurs efforts aux satellites de Jupiter : Cas;ini, les deux Maraldi, Wargentin, Lalande, lïailly, Deiambre, Damoiseau, et, plus près de nous, M. Souillart sont les principaux astronomes dont les noms doivent être cités à propos de ecs petits astres.
- Il y avait si longtemps qu’ils étaient découverts qu’on ne pensait pas que Jupiter pouvait avoir d’autres compagnons.
- Aussi, la surprise fut-elle grande quand on apprit que, le 9 septembre 1892, M. Barnard, un astronome américain qui fut un autodidacte remarquable, avait découvert un cinquième satellite de Jupiter.
- En 1904 et 1905, un autre Américain, M. Per-rine, en découvrit un sixième et un septième. Gomme Barnard, il travaillait à l’observatoire du Mont-llamilton, mais c’est par la voie de la photographie qu'il fit ses deux découvertes.
- Il en fut de même pour celle du huitième satellite, due à M. Melotte, de l’observatoire de Greenwich.
- Dès à présent, le « système joviçn » est aussi riche que le système solaire. Dans un cas comme dans l’autre on a huit astres secondaires circulant autour d’un astre central. — Il est d’ailleurs probable que nous ne connaissons ni toutes les grandes planètes, ni tous les satellites de Jupiter. Et c’est une raison de souhaiter que les astronomes français aient bientôt à leur disposition les grands instruments qu’on leur promet et qui leur rendront possible la lutte à'armes égales-avec leurs émules des pays anglo-saxons.
- Mais, en attendant, Jupiter est assez proche de nous pour qu’on puisse l’observer et se procurer une distraction intelligente en l’étudiant avec une simple jumelle d’opéra.
- Avis donc aux curieux des choses célestes.
- E. Doubuet.
- Fig- 4-
- Aspect de Jupiter le i5 août 1926 à 1 heure.
- Le satellite III passant devant la planète y apparaît gris •foncé,-par-contraste on voit à côté de lui son ombrenoirtn
- (Dessin de L. Rudaux. Observatoire de Donville.)
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie La*gre, 9, rue de Fleurus, Pans. — 1920
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- N° 2737 18 Septembre 1926
- LA NATURE
- o
- SOMMAIRE :
- La neige sur les dunes de sable du Sahara : Jules Welsch.
- Le Soleil et les aurores polaires : Em. Touchet.
- Le faisan, joyau de la nature : L. Kuentz.— Déchargement hydraulique du charbon : E.-H. Weiss.
- Académie des Sciences : Paul B.
- Un émule de Bellot : Émile de Bray : E. Doublet.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. — Boîte aux lettres.
- Bibliographie.
- LE NUMÉRO : France. I fr. 50
- MASSON ET C’e, Editeurs. (Dollars. . . 0,06
- t20, boulevard Saint-Germain, Paris. Etranger ^ Suisses. 0 50
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- LA NATURE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ, fondé par Gaston TISSANDIER MASSON et C1®, Éditeurs, i ao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (1{. C. : Seine 15.234)
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- 87—
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- LA NATURE. — N° 2737. .. _....... v 18 SEPTEMBRE 1926
- LA NEIGE SUR LES DUNES DE SABLE DU SAHARA
- Le Sahara n’est plus aujourd’hui un pays de mystère. Les voyageurs, les militaires et les savants nous ont appris beaucoup de choses sur sa constitution, et sur la nature de son sol et de son climat. Il semble bien que ce Grand Désert doive son existence aux vents alizés de l’est-nord-est. Ils ont amené la création de la grande zone aride qui commence au nord de la Chine par le Gobi, pour se prolonger à travers le Turkestan, la Perse et l’Arabie, jusqu’à l'Océan Atlantique. Cette série de régions semi-désertiques et désertiques sépare la race blanche de la race jaune en Asie, de la race noire en Afrique ; il n'y a d’exception que pour l’Hin-doustaim
- Le Sahara présente des massifs montagneux, au milieu de plateaux et de plaines, avec des dépressions souvent très basses. On y distingue plusieurs types de régions, qui sont spéciales au Désert, au moins par leur masse : les plateaux pierreux ou Hammada, les massifs de dunes ou Erg, et les Cholis ou Seb-Lha. Ces derniers occupent le fond de dépressions humides, et leur étendue est très faible pour l’ensemble du Sahara. La majeure partie de ce désert est formée par les plaines de roches dures et de cailloux formant les hammada; les massifs de dunes ne constituent guère que la dixième partie. On les appelle erg en arabe, iguidi en berbère.
- L'erg, ou cireg, est constitué par un ensemble considérable de dunes, accumulées sans ordre. Elles peuvent avoir plusieurs centaines de mètres de hauteur, mais probablement dans ce cas, il y a des reliefs sous-jacents qui ont servi à arrêter le
- sable et à le fixer au début de la formation des grandes dunes. Elles présentent souvent d’un côté une pente douce, et de l’autre une descente brusque ; celle-ci se trouve sous le vent. Quelquefois, la crête est assez aiguë et les Arabes l’appellent sif (sabre). Les photographies, prises au lever du soleil, montrent nettement les dépressions brusques du creux des dunes et l’ombre portée ; de plus, l’atmosphère est alors transparente, sans brume sèche.
- On a beaucoup exagéré autrefois la mobilité des sables ; il est évident que la forme d’une dune peut varier sous l’action de vents violents, car le-sable est fin, siliceux et très mobile; mais l’ensemble est à peu près permanent. En effet, les guides des caravanes reconnaissent parfaitement leur chemin après plusieurs années. C’est ainsi que le général (alors lieutenant-colonel) Laperrine a pu, en 1906, revenir à travers l’Erg-ech-chach de Taoudcni à Adrar (ïoual), avec un guide qui n’y était pas passé depuis 25 ans, et qui était le dernier à connaître ce massif.
- Ce sont les Arabes du Sahara algérien, surtout les nomades des tribus Chaamba, qui ont fourni les méha-ristes des Compagnies sahariennes, avec lesquelles nous avons pacifié le Désert.
- C’est dans les dunes que l’on trouve un peu d'humidité et quelque végétation, car le sable est très perméable et absorbe facilement l’eau de pluie et aussi l’eau de crue des oueds qui arrivent de l’Atlas. Les plantes sont le plus souvent des végétaux charnus et salés, comme les Salso-lacées ou Soudes, l’A triplex ha lift — 177
- 54* Année. — 2* Semestre-
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- LE SOLEIL ET LES AURORES POLAIRES
- mus, etc., avec une graminée qui ressemble à l’Halfa et qu’on appelle Drinn (Arthraterum pungens).
- Au Sahara, les précipitations atmosphériques constituent un phénomène accidentel, qui ne se reproduit pas tous les ans ; il y a quelquefois des orages, qui peuvent se terminer par des pluies diluviennes.
- La température varie beaucoup ; elle est énorme en été; on a constaté 50° et quelquefois 70° au soleil, dans les fonds. Mais, en hiver, par suite du
- refroidissement nocturne, elle peut s’abaisser à 10° au-dessous de zéro, comme l’a si bien indiqué Foureau, dans ses explorations du grand Erg oriental (1890-1896). Sur les montagnes du Àhaggar et du Tibesti, on voit alors de la neige quelquefois. Mais il peut arriver aussi qu’elle tombe sur les régions plus basses, comme les dunes.
- Jules Welsch.
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- LE SOLEIL ET LES
- L'étoile qui, entre toutes, nous intéresse le plus est certainement notre bon vieux Soleil. Cette attention spéciale, insinuera-l-on peut-être, n’est pas absolument désintéressée, soit. Mais laissons dire les mauvaises langues et conservons quelque reconnaissance à l’astre qui nous fait vivre, et auquel nous devons tout.
- . L’énergie que reçoit la J’erre est une bien petite fraction de celle que le Soleil dissipe sans arrêt autour de lui. Un calcul simple en fixe la valeur. Vue du Soleil, la Terre présente un diamètre de 17",6. C’est là un angle très petit, bien inférieur à l’angle que l’on peut séparer à l’œil nu. Si l’on calcule le rapport d’un petit cercle de 17",6 de diamètre à la surface apparente du Ciel entier, on
- trouve à peu près L) L) ^ c’est-à-dire moins de
- la demi-milliardième partie du ciel entier.Maintenant
- AURORES POLAIRES
- si l’on admet que le Soleil rayonne son énergie d’une manière uniforme, dans toutes les directions de l’espace — pour la lumière et la chaleur cela parait assez vraisemblable — on trouve de la sorte que la Terre n’en arrête, au passage, quun peu moins de la demi-milliardième partie !
- Malgré tout, cette quantité est prodigieuse : pour employer une comparaison souvent donnée, elle correspond à 56 quatrillions (56 000000000000000) de chevaux-vapeur par an !
- Le Soleil est une étoile variable. — Le Soleil est une étoile, et plus, une étoile variable. Mais, rassurons-nous, l’amplitude de sa variation n’a rien, actuellement, qui puisse nous inquiéter. Elle n’est pas comparable à celles de certaines étoiles qui, à leur maximum d éclat, rayonnent des centaines ou des milliers de fois plus de lumière et de chaleur qu’à leur minimum. Mira Ceti, la célèbre variable
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- LE SOLEIL ET LES AURORES POLAIRES
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- big. i. — Chute brusque de 6 pour ioo de la chaleur
- de la Baleine, passe de la grandeur 9,0 à la grandeur 2,0 environ; elle brille, à son maximum d’éclat, six cents fois plus qu’à son minimum. Une telle variation de rayonnement doit introduire de singulières perturbations dans le développement de la vie sur les planètes qui peuvent circuler autour de si capricieux soleils, si même elle ne rend pas toute vie impossible. f
- La variation du Soleil a été établie de plusieurs manières différentes.
- Tout d’abord par ses taches. Celles-ci, de formes et de dimensions variables, suivent, dans leur développement, une loi dont la périodicité a été reconnue par l’astronome Sehwabe. Dans certaines années, les taches sont rares, ou absentes. Le Soleil présente la surface entière de son disque d'un éclat régulier, sauf l’absorption de l’atmosphère solaire. C’est la période de minimum.
- Peu à peu, des taches apparaissent vers une latitude élevée, vers les parallèles -h 50° et —- 50° ; ces taches sont plus nombreuses, plus étendues, plus fréquentes. Après 5 ou 4 années, la fréquence atteint son maximum. Cette activité dure une année environ. Puis le nombre des taches diminue, en même temps qu’elles se rapprochent de l’équateur solaire. Au bout de 5 ou 6 ans, le calme est revenu.
- La durée totale de la période solaire, variable elle-même sans que l’on ait pu jusqu'ici déterminer cette variation, est de l’ordre de 11 années (moyenne actuelle ; 11,11).
- Ainsi donc, en onze ans environ, le Soleil subit des fluctuations d’éclat produites par son activité variable et par l’effet des taches qui recouvrent plus ou moins la surface de la photosphère.
- Variation de la radiation calorifique du Soleil. — On a pu établir autrement ce caractère de variabilité du Soleil : par la mesure directe de sa radiation calorifique.
- On doit notamment ces recherches à M. C.-G. Abbot, directeur de l’Observatoire astrophysique de la Smithsonîan Institution, à Washington. Nous
- solaire observée par M. Abbot aussitôt après le passage au méridien central du Soleil de l'immense groupe de taches de Mars 1920.
- Les ordonnées indiquent les dates du 16 au 27 mars. La courbe en traits interrompus donne, pour la même période, les variations de la transmission atmosphérique des rayons verts de longueur d’onde X = o;s5i 1. L’échelle de la transmission de ces rayons figure, à droite, en petits chiffres inclinés.
- emprunterons ici un certain nombre de détails à l’important article sur les variations d’intensité du rayonnement calorifique du Soleil publié par M. E.-M. Antoniadi dans un numéro récent de L'Astronomie (novembre 1925).
- M. Abbot a établi que les variations de la radiation calorifique du Soleil sont rarement grandes. C’est là, pour nous, une constatation rassurante. Cependant, ses mesures ont mis en évidence des écarts de la « constante solaire » de 10 pour 100 et même plus. Signalons, en passant, que l’on désigne encore sous le nom de a constante solaire » la quantité de chaleur reçue sur Terre, par centimètre carré et par minute, à la limite extérieure de l’atmosphère terrestre, bien que cette quantité soit essentiellement variable.
- En mars 1920, un changement très rapide de 6 pour 100 se produisit lors du passage au méridien central d’un grand groupe de taches alors visible, comme si cette apparition avait diminué le rayonnement solaire (fig. 1 ).
- M. Antoniadi donne, dans l’article en question, quelques-unes des valeurs déterminées par différents auteurs pour la « constante solaire ». Voici quelques-unes de ces valeurs :
- Constante Constante
- Auteur sôlaire Auteur solaire
- Fig. 2. — Courbe montrant l’augmentation delà chaleur solaire avec le nombre des taches du Soleil.
- Les nombres portés horizontalement sont les nombres de taches donnés par Wolf. En ordonnées, on a marqué l’intensité de la radiation solaire, d’après plus de 2000 observations de M. Abbot et de ses collègues. (Les astérisques.figurent les résultats obtenus à l’Observatoire du Mont Wilson, de 1905 à 1920; les cercles, ceux de la station de Calama, au Chili, de 1918 à 1924.)
- Douillet. . lCi,1,76 Langley. . 2i:1,1,54 ’Violle. . . 2 ,54 K.Angstrom. 2 ,17
- La valeur normale, d’après M. C.-G. Abbot, est de : lcal,938 par centimètre carré et par minute.
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- 180 ....... 1 : LE SOLEIL ET LES
- Ce rayonnement du Soleil varie, notamment, suivant la période des taches (fig. 2). D’après une conclusion théorique de Langley, M. Abbot a pu vérifier que le rayonnement calorifique est plus grand à l’époque du maximum des taches solaires. Par contre, la chaleur rayonnée est diminuée à l’époque du minimum des taches.
- 11 y a cependant d’autres causes de variation. Ainsi, M. Abbot a signalé l’affaiblissement de la radiation solaire à partir du mois de mars 1922, en 1923 et en 1924 (fig. 5) : le résultat moyen pour chaque mois a été inférieur à la normale. Et M. Abbot ajoute : « Nous pouvons maintenant « retourner vers des conditions de valeurs plus « élevées. Cet état de choses n’est pas surprenant, à « vrai dire, parce que nous avons passé récemment « par un minimum de taches solaires et nous « devrions nous at-« tendre à ce que « l'activité du Soit leil fût plus gran-« de ».
- Si le rayonnement solaire est moins grand, la température de la Terre doit s’en ressentir. En fait, il est extrêmement difficile de discerner la part qui revient au Soleil dans les observations thermométriques. La valeur de la « constante solaire » en 1923 et en 1924 était de 1,920 environ, au lieu de 1,958, soit donc une diminution de moins de 1 pour 100.
- Les conditions locales, l’agitation atmosphérique, etc., masquent, et de beaucoup, une si faible variation dans les observations de température.
- Il pourrait en être autrement dans une observation d’ensemble. Sur la Terre, la chose est probablement impossible à mettre en évidence, car nous ne pouvons embrasser, d’un seul coup, l’influence de cette variation sur le globe terrestre entier. Mais il est une planète voisine, qui nous permet précisément une telle observation d’ensemble : c’est Mars. Si le Soleil chauffe moins la Terre, il chauffe également moins cette autre « terre de Ciel » et cette crise de « chauffage central » doit se traduire par une fusion plus lente de la calotte polaire neigeuse.
- En fait, M. E.-M. Antoniadi, observant à l’aide de la grande lunette de l’Observatoire de Meudon, a pu mettre en évidence cette fusion ralentie de la calotte polaire de Mars. C’est d’ailleurs là un détail sur lequel nous reviendrons ultérieurement.
- Pour M. Abbot, « le défaut prolongé de la radiait tion solaire depuis 1922,. peut avoir donné lieu à « des effets climatériques intéressants et il tendrait
- AURORES POLAIRES — ... ....
- « naturellement à maintenir la calotte neigeuse « sud de Mars, en 1924, plus étendue qu’en temps « normal. » Il convient de féliciter le savant observateur qu’est M. Antoniadi, d’avoir reconnu la raison de ce ralentissement de la fusion des neiges de Mars.
- Maintenant, une cqntradiction se présente à l’esprit. M. Abbot a établi qu’une chute importante (d’environ 6 pour 100) s’est révélée dans la radiation thermique du Soleil „lors du passage d’un groupe important de taches au méridien central. D’un autre côté, il a montré, conformément aux vues de Langley, que la radiation solaire était accrue à l’époque du maximum des taches. Cette contradiction est apparente. Le Soleil est le siège de divers rayonnements, qui se superposent. Le rayonnement de la région où se trouve une tache
- importante peut subir une diminution lorsque la Terre passe au zénith de cette région, mais tout l’ensemble du Soleil peut présenter un surcroît d’activité. Au total, il y aura plus de taches et, cependant, une activité accrue.
- Ainsi donc, voilà qui est établi, le Soleil est une étoile variable, d’une période voisine de 11 années. Comme le fait remarquer M. Danjon (*) « la variation du nombre des taches n’est qu’une « conséquence, entre beaucoup d’autres, d’une mort dification périodique profonde du Soleil, dont « on ignore encore le mécanisme. »
- D’autres phénomènes solaires présentent également la manifestation de la période undècennale : protubérances plus nombreuses et de dimensions considérables aux époques d’activité, facules très étendues autour des taches et même isolées, etc. Enfin la couronne solaire, cette immense atmosphère extérieure du Soleil, que Ton ne voit seulement que dans les courts instants des éclipses totales, cette couronne n’a pas la même apparence au moment du minimum des taches et au moment de leur maximum. Au minimum, les « jets coro-naux », c’est-à-dire les rayons lumineux issus du Soleil et dont l’ensemble dessine la couronne, s’incurvent et se rejoignent sur le prolongement de l’équateur solaire, donnant l’impression d’un immense et majestueux spectre magnétique. 11 n’y a pas de couronne, ou sensiblement, dans la direction des pôles du Soleil. Aux époques de maximum, au contraire, la] couronne s’étend régulièrement tout autour de l’astre radieux, en une magnifique '1. Description du Ciel, p. 56.
- 1,938
- Fig. 3. — Variations mensuelles de la radiation calorifique du Soleil, de içig à ig24.
- La ligne horizontale en trait fort correspond à la moyenne i”‘,938 de la radiation solaire. On remarquera la diminution de la radiation à partir de mars 1922.
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- gloire lumineuse, ne laissant plus de place à une « fente polaire » comme dans le premier cas.
- Voici pour les signes « visibles » de l’activité solaire. Mais il en est d’autres qui, pour être moins bien définis, nous touchent, en quelque sorte, plus directement.
- Action du Soleil sur le magnétisme terrestre.
- — C’est aujourd’hui un fait bien connu, indubitable, qu’il existe une correspondance étroite entre l’agitation solaire et le magnétisme terrestre (fig. 4).
- Camille Flammarion — auquel il faut toujours avoir recours chaque fois que l’on désire une vue d’ensemble sur les grandes questions astronomiques,
- — s’était attaché à l’étude de cette relation des phénomènes solaires et terrestres. Dans son Astronomie populaire (édition 1908) il a publié un tableau contenant, pour les années 1842 à 1905, le nombre des taches solaires et la variation diurne moyenne de la déclinaison magnétique pour 8 villes d’Europe. La corrélation est frappante, extraordinaire : « L’amplitude des oscillations diurnes, dit « Camille Flammarion, varie chaque jour, chaque « mois, chaque année. Si l’on prend la moyenne « des observations d’une année entière, on constate « que cette oscillation peut s’étendre du simple au « double, dans une période de onze ans environ, « laquelle période, fait éminemment digne d’atten-« tion, correspond à celles des taches solaires, le « maximum des oscillations coïncidant avec le
- Fig. 5. — Magnétographe construit par M. B. Lyoi pour l’Observatoire de Meudon, et que tout amateur reut monter soi-même.
- A, fil de manganin de i5/ioo'; B, crochet plat en laiton, servant de berceau au barreau aimanté. Ce barreau ai cm de diamètre; C, miroir concave, fixé au crochet B. Ce miroir est constitué par un verre de besicles de myope ; on le choisit à long foyer (rayon de courbure de 3 m. 5o) et argenté sur une de ses faces; D, planche de cuivre rouge de 5 mm d’épaisseur (une à chaque extrémité du barreau) pour amortir les oscillations; E, glace à faces à peu près planes pour le passage du rayon lumineux; F, filament d’une lampe 1/2 watt placée de manière que le plan du fil passe par le miroir; G, cylindre percé d’une fente fine verticale, recouvrant la lampe; H, fente horizontale de l’enregistreur photographique (cylindre entraîné par un mouvement d’horlogerie sur lequel est placé le papier sensible); 1, image du filament donné par le miroir sur la fente H. Le papier photographique au bromure est impressionné en un point (rencontre de l’image verticale du fil, avec la fente horizontale de l’enregistreur).
- Fig. 4. — Courbes montrant le parallélisme étroit des variations du nombre des lâches solaires (courbe supérieure) et de la déclinaison magnétique (courbe inférieure) pour la période 1888 à iç25.
- « maximum des taches et le minimum avec le « minimum ! Tous les autres éléments du magné-« tisme, inclinaison, intensité, offrent le même « rapport. Il y a plus : l’aiguille aimantée mani-« feste, de temps à autre, des agitations anormales, « des perturbations causées par des orages magné-« tiques ; ces perturbations coïncident aussi avec « les grandes agitations observées dans le Soleil! »
- On doit remarquer que c’est presque toujours lorsque des taches importantes passent au méridien central du Soleil que l’on observe les perturbations les plus importantes. Cependant, cette constatation n’est pas absolue. Le plus souvent, ce n’est pas juste au moment du passage au méridien central du Soleil que l’on ressent la perturbation dans le magnétisme terrestre, mais de 45 à 48 heures après. Il y a des exceptions. On a vu des taches énormes ne donner lieu à aucun phénomène terrestre. Des perturbations importantes ont eu lieu parfois sans grande tache visible (sur l’hémisphère solaire tourné vers nous). Enfin, des perturbations ont devancé le passage par le méridien*central. On le voit, la question est complexe.
- Maintenant, il est possible que des orages magnétiques soient le résultat de phénomènes solaires de très courte durée, se produisant dans l’hémisphère tourné vers nous ou dans l’hémisphère opposé. Flammarion rapporte (Astronomie populaire) que « le 1er septembre 1859, deux astronomes, Caret rington et Hodgson, observaient le Soleil, indé-« pendamment l’un de l’autre, le premier sur un « écran qui recevait l’image, le second directement « dans une lunette, lorsque, tout d’un coup, un « éclair éblouissant éclata au milieu d’un groupe « de taches. Cette lumière scintilla pendant cinq « minutes au-dessus des taches sans en modifier la a forme et comme si elle en avait été tout à fait « indépendante... Chaque observateur constata le « fait séparément et en fut, un instant, ébloui.
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- Fig. 6. — Courbe de la déclinaison magnétique enregistrée à l’Observatoire de Meuion, à l’aide du magnétographe construit par M. B. Lyot. (Enregistrement de la perturbation magnétique des là et 17 mai ig2i.)
- « Or, voici la coïncidence surprenante : au moment « même où le Soleil parut ainsi enflammé dans « cette région, les appareils magnétiques de l’Obser-« vatoire de Ivew, près de Londres, où l’on était en « observation, manifestèrent une agitation étrange, « l'aiguille aimantée sauta pendant plus d’une « heure, affolée. De plus, une partie de la Terre a a été, ce jour-là et le suivant, enveloppée d’aurores « polaires.... De violentes perturbations magné-« tiques se manifestèrent et, sur plusieurs points, « les lignes télégraphiques cessèrent de fonction-u ner. »
- . Voilà pourquoi nous recommandons, dans tous nos « Bulletins astronomiques » mensuels, de poursuivre régulièrement l’observation du Soleil, afin d’être à l'affût du phénomène solaire imprévu qui, sans cela, peut passer inaperçu....
- Les instruments magnétiques. — Il n’est pas possible, dans le cadre de celte étude, de décrire les appareils qui servent à la détermination des éléments magnétiques et à l’observation de leurs variations. Ces appareils sont d’ailleurs décrits dans les traités importants de physique.
- L’appareil le plus simple est la vieille boussole, simple aiguille aimantée en équilibre sur son pivot.
- On peut déjà, avec une bonne boussole à longue aiguille et une loupe permettant de lire la position de la pointe sur un cadran divisé, noter les variations de la déclinaison magnétique. Cependant ce procédé est rudimentaire, une perturbation pouvant se produire dans l’intervalle des lectures. Et puis les déviations sont faibles, de l’ordre du degré au maximum, rarement plus.
- On préfère à la lecture directe l’enregistrement continu. L’aiguille aimantée porte alors un minuscule miroir argenté qui renvoie à distance, sur un papier photographique sensible, l’image d’une source lumineuse. Si l’on place la source et le papier photographique loin du miroir, on dispose d’un très grand bras de levier pour amplifier les faibles déviations de l’aiguille.
- La construction d’un magnétographe peut parfaitement être entreprise par des amateurs habiles : il faut y consacrer un petit réduit obscur et éviter les masses magnétiques rapprochées (poutres en fer, serrures, clous et, sur soi, quand on approche des
- appareils, les trousseaux de clefs, couteaux, etc.).
- M. B. Lyot a construit, il y a quelques années à l’Observatoire de Meudon, un magnétographe que reproduit la figure 5. Le barreau magnétique a 1 cm de diamètre. Il est suspendu par un fil métallique très fin, au moyen d’une feuille de laiton repliée, formant crochet. Ce crochet porte également le miroir. Celui-ci est constitué par un verre de hésicles divergent et argenté sur une face. Le rayon de courbure de cette face est de 5 m. 50.
- La source de lumière est une lampe électrique 1/2 watt dont le filament est placé dans un plan vertical, passant par le miroir. L’image du filament est projetée sur la fente horizontale de l’enregistreur, donnant un point sur le papier photographique. Le couple de torsion du fil est amené à une valeur faible au moyen d’un bouton molleté placé à la partie supérieure de l’appareil. Une boîte en bois,
- ~Rythme delà sonnerie ( Durée 5minutes)
- Fig. 7. — Schéma du montage de l’ « Avertisseur solaire » de l’Observatoire de Meudon.
- SN, barreau magnétique suspendu par le point F; l, lame conductrice polie, en forme de V ; V, V7, vis de butée situées à l’Ouest et à l‘E»t du barreau, et contre lesquelles la pièce l vient établir le contact lorsque la variation de déclinaison dépasse la moyenne ; A. accumulateurs (, 10 volts); G, galvanomètre Desprez-D’Arsonval, modifié; R, résistance en graphite de 5oooo ohms; r„ relai; E, électro-aimant permettant le déclenchement du mouvement d’horlogerie (mouvement de phonographe) ; C,. came portant en relief des par-tiés courtes et longues dont les contacts avec le ressort
- produisent les points et les traits de l’appel--- -----;
- S,, Ss, sonneries des téléphones intérieurs; M, microscope de réglage des vis.
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- ....."" —LE FAISAN, JOYAU
- assemblée avec des vis en laiton, recouvre le barreau pour le soustraire aux courants d’air. Une glace plane permet le passage du rayon lumineux.
- Cet appareil a donné d’excellents enregistrements comme le montre la figure 6.
- L’ « Avertisseur Solaire ». — L'observation de Carrington et Hodgson montre la nécessité d’observer le Soleil immédiatement au moment d’une perturbation magnétique. M. II. Deslandres, le directeur de notre grand observatoire solaire de Meudon, a résolu d’une manière particulièrement élégante ce problème d’avertir les observateurs. Il n’est pas possible, en effet, d’immobiliser un astronome du lever au coucher du Soleil dans l’attente, vaine la plupart du temps, d’un phénomène imprévu. D’autant plus que pendant les périodes de ciel couvert, eette surveillance n’aurait aucune utilité. Mais si le phénomène rare se produit, M. Deslandres l’utilise pour « alerter » le personnel. Et voici comment. Un des magnétographes de l’observatoire a reçu un dispositif additionnel qui fait fonctionner une sonnerie dans le bâtiment du spectro-hélio-graphe, et une autre sonnerie dans le laboratoire de physique, sis 400 mètres plus loin. L’instrument — dont notre figure 7 donne une description suffisante — se met en marche dès que la déclinaison magnétique atteint une valeur supérieure à la normale. Aussitôt la sonnerie s’est-elle fait entendre, les astronomes se précipitent et, si les nuages ne viennent pas s’interposer, ils peuvent, quelques instants après l’alerte, prendre des photographies du Soleil, à la lunette ou au spectrohéliographe.
- L’action du Soleil sur le magnétisme terrestre débute, en général, d’une manière brusque, les variations du magnétisme sont rapides. Le résultat est une induction dans tous les fils conducteurs terrestres, notamment dans les longues lignes télé-
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- graphiques et téléphoniques. On a signalé, parfois, des diflérences de potentiel atteignant des centaines et même plus de mille volts, produisant des étincelles, des courts-circuits, etc.
- L’étude des relations entre les phénomènes solaires et les phénomènes terrestres a encore montré d’autres particularités, d’ailleurs assez mal connues.
- C’est ainsi qu’il existe une correspondance entre la période des taches solaires et l’apparition des cirrus de notre atmosphère, entre le rayonnement solaire et la présence de l’ozone dans l’atmosphère supérieure; il est vraisemblable que le rayonnement solaire joue un rôle dans la formation des orages et enfin « il est très probable que le gradient potence tiel atmosphérique et ses amplitudes de variations « diurne et nocturne... sont sujets à l’influence « des taches solaires » (4).
- On retrouve encore la période solaire dans les apparences successives de la Lune éclipsée. M. Dan-jon, astronome à l’Observatoire de Strasbourg, a monti’é, en effet, que si l’on classe les éclipses de Lune d’après l’intensité de la partie de la Lune dans l’ombre de la Terre, on trouve qu’après un minimum solaire les éclipses sont très sombres. Peu à peu, les éclipses sont plus claires. Elles atteignent le minimum d’obscurité à l’approche du minimum solaire suivant. Puis, aussitôt après celui-ci, de nouveau, les éclipses sont très sombres. Il s’agit*là d’une action solaire sur la transparence générale de l’atmosphère terrestre. Nous avons ici même, il y a quelques années, exposé en détail cette curieuse périodicité des éclipses de Lune (2).
- (fl suivre.) Eji. Touchet.
- ']. Les relations entre l’activité solaire et l’électricité atmosphérique, par Jean Mascart [Journal des Observateurs, vol. IX, n° 5, 15 mars 1926).
- 2. La Nature, n° 2486. 26 novembre 1921.
- LE FAISAN, JOYAU DE LA NATURE
- Le faisan, si hautement estimé pour la finesse de sa chair, fut, dit-on, amené en Europe par des Romains des bords du Phase, fleuve de la Golchide, actuellement le Rioni, en Transcaucasie. Ce galli-nacé englobe une quinzaine d’espèces dont l’ensemble constitue la famille des Phasianidés, comprenant deux catégories distinctes : les faisans proprement dits, plus spécialement élevés pour peupler les chasses et les faisans de volière qu’on élève plutôt comme oiseaux d’ornement.
- Tous les oiseaux de cette famille sont remarquables par leurs formes élégantes, leur port gracieux et surtout leur plumage où la Nature s’est plu à répandre généreusement les teintes chatoyantes des pierres précieuses et des métaux les plus brillants, pour en faire un véritable joyau vivant. Selon l’habitude dans la gent ailée, ce déploiement de couleur ne se rencontre généralement que
- chez les mâles, les femelles se contentant d'une parure toute simple et toute modeste.
- Dans la première catégorie, nous trouvons d’abord le faisan commun (fig. 1) (Phasianus Colchicus), le moins brillant de tous ces joyaux de la nature mais digne, cependant, d’attirer notre attention.
- Il a les plumes du cou et du dos d’un beau jaune doré, les barbes de ces mêmes plumes du cou aussi bien que celles de la tête brillent d’un vert doré changeant en bleu et en violet; un rouge bai luisant s’étend sur le dos et la poitrine ; les ailes sont brunes avec des taches d’un blanc jaunâtre, le ventre est blanc, les couvertures de la queue vont en diminuant et finissent en espèces de filets. La queue, fort longue, est gris olivâtre, à bandes noires transversales.
- Le faisan à collier (Phasianus lorquatus), originaire de Chine, possède toutes les couleurs du fai-
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- Lig. i. — Le faisan commun.
- san commun, mais leur éclat est agréablement souligné par un. large collier blanc chatoyant. Cette Espèce est en grande faveur parmi les éleveurs américains, à cause de sa ' rusticité.
- Une variété du précédent, le faisan de Mongolie, est également orné d’un collier blanc, mais elle est plus forte et vigoureuse encore (fig. 2).
- Lorsqu’il est question de Spécimens remarquables et distingués, le Japon peut, avec succès, rivaliser avec les autres nations.
- Le superbe faisan versicolore (Phasianvs versicolor) à la robe vert pâle, qui se fonce en un beau vert sombre sur la poitrine, est déjà une bête très attrayante. Il est de la taille du faisan commun ; il est, cependant, plus svelte, plus élancé et ses allures sont aussi plus légères Mais une variété de ce faisan japonais, le faisan de Sommering (fig. 4) possède une livrée bronze écla-
- tant mélangé de rouge et d’or vraiment de toule beauté.
- Le plus bel oiseau de cette catégorie est, sans contredit, le faisan vénéré (Phasianüs venercitus), appelé aussi faisan de Reeve, en souvenir du voyageur anglais qui, en 1858, en rapporta un couple en Angleterre.
- Originaire de Mongolie, cetoiseau a la tête blanche, une tache noire autour des yeux qui sont rougeâtres, le bec d’un jaune foncé ; le cou, la gorge d’un jaune doré, avec des plumes encerclées noires, imbriquées; Les plumes des ailes sont blanches, ourlées de noir, celles des flancs bordées de rouge avec des losanges blanc et noir au centre. La queue, qui atteint parfois 2 m, porte des plumes à tige noire,
- avec des barbes grisâtres lisérées de jaune foncé, tachetées de noir dans leur longueur.
- Quelque beaux que soient ces faisans, ils n’en sont pas moins éclipsés par un bon nombre de leurs parents de la seconde catégorie.
- Voici d’abord — à tout seigneur tout honneur — le géant de la famille des phasianidés : le faisan Argus (Argus çjiganlevs) de Sumatra. Cetoiseau a les pennes brachiales très développées ; elles mesurent près de 0 m. 75; sa queue est énorme, elle mesure I m. 20, alors que la bête tout entière à I m. 00 de longueur totale. Le duvet de sa tête est noir velours, les plumes du cou, qui ressemblent à des poils, sont jaunes avec des raies noires, la partie antérieure du dos perlé jaune clair sur un fond brun, la partie supérieure marquée de points ronds brun foncé sur un fond gris jaune. Les ailes colorées d’un beau brun rouge foncé et traversées de Yaies
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- l'ig. 4. — Le faisan japonais. Photo National Muséum,
- rouge et gris clair sont, en outre, couvertes sur la largeur de taches en formes d’yeux qui, lorsqu’elles sont étalées, donnent à l’animal un aspect extraordinaire qui lui vaut, du reste, son nom d'Argus. Fait curieux, cet imposant oiseau, aux allures aristocratiques, est parfois pris soudainement d’un accès d’allégresse au cours duquel il se livre aux plus burlesques cabrioles, soit pour satisfaire son plaisir personnel, soit pour gagner les bonnes grâces d’une amie qui lui plaît particulièrement.
- Au point de vue curiosité, le'faisan cornu ou tragopan (Tragopan salyra) des forêts himalayennes, mérite également d’être cité. Sa livrée rousse et brune se trouve rehaussée d’ocelles gris et blancs qui deviennent rouges et noirs à la poitrine et au ventre ; la tête et le cou sont marqués de rouge vif.
- À la richesse de coloration, cet oiseau ajoute un autre ornement : ce sont des caroncules en façon de cornes lui faisant une espèce de masque bleu moucheté de rouge et de jaune orange. Seul de sa famille à posséder des caroncules, le tragopan peut les dresser quand il lui plaît ; leurs dimensions s’accroissent alors d’une manière considérable.
- . - hig. 5. — Le faisan paon de Birmanie. Photo National Muséum
- L’oiseau, qui a le sentiment de sa beauté, déploie tous ses charmes quand il fait sa cour.
- Le « faisan oreillard ou bleu de Chine » (Crosso-ptilum ciuriliim), ainsi nommé à cause des plumes blanches des joues dressées en l’air en forme d’oreilles, présente lui aussi une particularité dont il possède seul le privilège. Chez cette espèce, le mâle et la femelle sont semblables au point de vue de l’ornementation. Le fond de leur robe est bleuâtre, la gorge est blanche, les ailes ont une coloration noire. Leurs magnifiques plumes caudales, blanches à la tige, bleu acier aux barbes, servent depuis un temps immémorial «à la décoration des chapeaux de mandarins.
- Aussi beau, si ce n’est plus, que le « Bleu de Chine » est le « faisan resplendissant » appelé « Monanl », par les habitants de l’Himalaya (fig. 6) et « lopbophore », porte:aigrette (Lophoq^horus refulgens) par les ornithologistes. Cet oiseau, gros comme un dindon, a la tête surmontée d’une aigrette composée d’épis dorés, et sa gorge brille d’un reflet métallique; le cou est pourpre scintillant, le dos vert bronzé; les rémiges sont noires, le manteau violet brillant, la partie supérieure de la queue blanche, la médiane violet vert, la partie inférieure rouge cannelle.
- Petit faisan timide, le « faisan-paon » de Birmanie ou éperonnier (Polyplectron chinquis) mérite aussi de figurer dans la superbe galerie de joyaux. Il a une tête blanche, un plumage brun marqué sur le dos de petits ocelles semblables à ceux du paon qui lui Avalent, du reste, son nom. Les ocelles du dos sont violets, ourlés d’un liséré clair, tandis que ceux de la queue sont ourlés d’un liséré A^ert bleu (fig. 5) •
- Mais, le plus somptueux de tous les faisans de volière sont peut-être le faisan argenté, le faisan doré et le faisan diamantéou faisan d’Armherst.
- Le faisan argenté (Nyclhemerus argentatus) est absolument splendide : huppe noire brillante, dos argenté avec d’étroites lignes noires disposées en zigzags, abdomen et poitrine d’un joli noir avecreflets
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- bleus, joues rouge écarlate, bec blanc bleuâtre et pattes corail. La chair de cette belle bête est fine et délicate; mais, à cause de son caractère querelleur, elle est à peu près délaissée par les éleveurs.
- Quant au faisan doré (Chrysolophus piclus), appelé « poule d’or » par les Chinois, on peut avec juste raison dire que c’est un véritable oiseau de luxe. Sa tête est ornée d’une huppe pendante d’un jaune or, tandis que le cou est garni d’une fraise ou collerette orange bordée de velours noir.
- Le ventre est rouge de feu, le dos vert or, les ailes rousses et la queue, très longue, brune tachetée de gris.
- Mais, à notre avis, dans cette belle galerie de tableaux vivants, la première place revient. au fai-
- san « LadyÀrmherst » (Chrysolophus Armlierstiæ) encore appelé « faisan diamanté ».
- Chez cet oiseau qu’on voit assez fréquemment dans les parcs et les volières d'Angleterre, la huppe est rouge, la collerette est formée de plumes argentées ; le cou et le dos sont vert or clair, les plumes de la queue sont garnies de rubans noirs sur un
- fond rose pâle, tandis que les ailes sont brunâtres , marquées de points gris blanc au milieu avec un liséré jaune. L’iris est jaune or, le cou jaune clair et les pattes jaune foncé.
- Du reste, l’oiseau paraît se rendre compte de sa beauté, car il se pavane fièrement devant ceux qui viennent l’admirer dans sa cage.
- L. KueiNtz.
- Fig. 6. — Le faisan lophophore de VHimalaya. Photo National Muséum.
- DÉCHARGEMENT HYDRAULIQUE DU CHARBON
- Les grandes centrales électriques à vapeur consomment une quantité énorme de combustible. C’est ainsi qu’à l’usine de Saint-Ouen, de la Compagnie parisienne de Distribution d’électricité, la chaufferie comporte 50 chaudières Babcock et Wilcox et 10 chaudières Belleville, qui fournissent chacune 10 000 kgs de vapeur à l’heure. La demande toujours plus importante de courant a amené l’augmentation considérable de la puissance initiale de l’usine.
- Le charbon est consommé en quantité variable suivant les saisons, mais on peut compter qu’il faut plus de 1000 tonnes par jour. On a constitué un parc à charbon, au moyen d’une fosse de 150 m. de longueur, de 54 m. 15 de largeur et de 4 m. 20 de profondeur. Elle peut contenir 50000 tonnes de charbon, elle doit d’ailleurs être doublée.
- Le parc est desservi par deux portiques roulants qui forment chemin de roulement pour des grues portant une benne preneuse, ce qui permet la reprise du charbon dans le parc. La grue remplit une trémie placée à une extrémité du portique, de sorte qu’on peut alimenter par une goulotte, des trémies automotrices qui desservent les broyeurs à charbon ou les convoyeurs se rendant aux silos des chaudières.
- Les arrivages de combustible se font par eau et par voie ferrée. Lorsqu’il s’agit de chalands, on les décharge au moyen de grues qui circulent sur une estacade longeant le quai et qui comportent des bennes preneuses. Ces grues alimentent des trémies automotrices qui cheminent sur deux voies spéciales et longent les silos à charbon, puis le parc.
- Ces trémies à leur tour comportent des goulottes de déchargement qui permettent d’envoyer le contenu soit directement dans le parc, soit dans des trémies au sous-sol pour alimenter les broyeurs ou des convoyeurs qui amènent le charbon aux chaudières.
- Quant au combustible qui arrive par voie ferrée, il doit être déchargé, les wagons étant garés sur une voie de déchargement établie le long du parc, du côté opposé aux chaufferies.
- 11 faut naturellement opérer le déchargement des bateaux et des wagons le plus rapidement possible et avec une main-d’œuvre réduite au minimum. C’est la manutention sur les wagons qui offre le plus de difficultés.
- On peut, il est vrai, adopter le principe des dumpers, qui consiste à basculer le wagon à une certaine hauteur; c’est le procédé américain qui conduit à des installations coûteuses, qui oblige à
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- Fig. 2. — Vue d’ensemble du parc à charbon de la Centrale de Saint-Ouen, avec les trémies automotrices
- d’alimentation desservies par la benne automatique.
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- DECHARGEMENT HYDRAULIQUE DU CHARBON
- Fig. 3. — Installation de déchargement hydraulique par motopompe électrique et manche orientable.
- découpler les wagons et qui ne peut s’appliquer logiquement que pour les transbordements dans les ports.
- Le déchargement à la pelle est fort long, car un manœuvre ne peut remuer ainsi que huit tonnes à l’heure environ.
- Si l’on utilise des bennes preneuses, le déchargement est accéléré, mais il reste toujours dans les angles de la caisse une proportion assez importante de combustible, qu’il faut alors pelleter à bras, ce qui augmente la durée de l’opération et son prix de revient.
- Un ingénieur de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité a eu l’idée d’appliquer le système hydraulique au déchargement et la première réalisation a été faite à l’usine de Saint-Ouen.
- Le principe du déchargement hydraulique consiste à envoyer un ou plusieurs jets de liquide, de manière à entraîner les matières en dehors du wagon.
- La forme la plus simple,'en bordure d’une voie ferrée, est celle d’une colonne creuse fixe, analogue aux appareils d’alimentation en eau des locomotives. Une manche articulée, qui peut tourner dans un plan horizontal, permet d’ajuster le jeu d’eau commandé par une vanne.
- L’eau tombe ainsi sur les parois du wagon vers la face opposée à celle où se trouvent les portes ouvertes. Le combustible est chassé et entraîné par l’eau ; il tombe dans une trémie où on peut le reprendre.
- On peut aussi l’entraîner par un courant d’eau jusqu'à l’endroit du magasinage.
- En donnant une inclinaison transversale à la voie, on facilite l’écoulement d’eau et de charbon. Par le déplacement du wagon ou par celui de la manche articulée, on atteint tout le combustible contenu dans le wagon et il est chassé en un courant ininterrompu. y
- Dans un autre système, on remplace, la manche par une rampe parallèle à la voie, comportant des ajutages en nombre variable, afin d’attaquer toute la longueur de la masse de combustible.
- Lorsque le parc est desservi par un pont roulant» comme à Saint-Ouen, le poste hydraulique de déchargement est disposé d’une manière particulière.
- La rame de wagons est amenée sur une voie ferrée, dont un rail est légèrement surélevé, tout le long du parc constitué par une fosse. Une partie du charbon emmagasiné est constamment immergé.
- Le portique porte le dispositif de déchargement formé d’une pompe, placée à la partie inférieure d’une armature métallique fixée à la charpente du pont roulant.
- La pompe mue électriquement puise l’eau dans le parc au moyen d’un tuyau d’aspiration et d’une crépine et par une manche articulée, elle rejette cette eau dans l’intérieur des wagons qu’il s’agit de décharger.
- On déplace au fur et à mesure le portique, de manière à décharger successivement tous les wagons
- Fig. 4 — Un wagon de charbon déchargé par le jet d’eau.
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- d’une rame, sans qu’il y ait lieu de faire quelque autre manœuvre.
- L’eau de déchargement est puisée dans la fosse du parc et elle sert indéfiniment. Le charbon est entraîné facilement, car il est dans les mêmes conditions que s’il était immergé et il éprouve ainsi de la part du liquide une poussée qui diminue sa densité. Il n’ofï're donc qu’une faible résistance au courant d’eau.
- On a constaté qu’avec 1 m3 d'eau on évacuait une tonne de charbon en grains légers. Comme la pompe est capable de débiter à l’heure 560 m3, à une hauteur manométrique de 6 m., on peut ainsi décharger un wagon de 20 tonnes en trois minutes, la force motrice étant fournie par un moteur électrique de 20 ch.
- Grâce à cette installation, le prix de décharge-
- Manche
- articulée
- Colonne
- creuse
- Conduite
- l/anne
- Trémie
- Fig. 5. — Schéma d’un poste fixe de déchargement hydraulique.
- ment d’une tonne de charbon a été réduit de 1 fr. 10 à 0 fr. 12. L’appareillage fonctionne très régulièrement et présente de grands avantages, même sur la décharge au moyen de bennes automatiques. Celles-
- ci, en effet, ont une capacité de 1800 litres et leur manœuvre exige la présence de deux hommes dans le wagon. Elles ne peuvent décharger un stock qu’à raison de 60 tonnes à l’heure, tout en ne vidant pas complètement le wagon, puisqu’on doit pelleter à bras le combustible qui reste dans les coins.
- Le déchargement hydraulique, qui opère seul, facilite le travail de la benne preneuse qui puise dans le parc et qui peut mettre en stock le combus-
- Portique mobile
- Manche
- articulée
- surélevé
- Parc à charbon
- Fig. 6. — Schéma d’un poste mobile de déchargement hydraulique.
- tible avec le rendement maximum, pendant que le déchargement s’opère rapidement.
- E.-II. Weiss.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin et juillet 1926.
- Ix no g au secondaire des perles fines sauvages. — Une communication de M. P. Portier indique que ce noyau est, dans la grande majorité des cas, proportionnel à la grosseur de la perle et que, loin d’avoir une taille déterminée une fois pour toutes, il semble bien grossir en même temps que la perle. Non seulement il est pigmenté d’une façon plus ou moins intense, mais sa structure elle-même peut être modifiée ; elle est en effet parfois rayonnée, ou, à la fois, concentrique et rayonnée, alors que la matière perlière périphérique est toujours formée uniquement de couches concentriques, conséquence de sa genèse. Tout semble se passer, pour M. Portier, comme si le noyau secondaire, d’abord formé de matière perlière, subissait un remaniement partant du centre pour progresser vers la périphérie. On pourrait ainsi admettre dans beaucoup de perles une espèce de dégénérescence centrifuge, pour aboutir à une sorte de liquéfaction ; il y aurait alors une résorption comme celle
- que l’on a observée sur un os sécrété par un lambeau de périoste greffé loin de sa situation normale.
- Les maximums inscrits dans les sismogrammes. •— Une longue élude de M. Rothé reprend les théories de Rayleigh, sur les ondes à composante verticale importante, et les conceptions de Lippmann, en montrant que les maximums se produisent plus tôt dans une station plus éloignée de l’épicentre et en rapportant aux sismes de la région du Pacifique une nouvelle hypothèse qui permet de désigner par la lettre V une phase caractérisée par la grandeur de la composante verticale du mouvement vibratoire, phase dont la vitesse de propagation est un peu supérieure à 3 km. Ces ondes seraient suivies d’autres trains analogues interférant avec elles en donnant des battements assez nets pour pouvoir être reproduits artificiellement. Aux différents trains d’ondes correspondraient des vitesses c\e propagation apparentes
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- UN ÉMULE DE BELLOT : ÉMILE DE BRAY
- qui se retrouvent pour les sismes venant d’une même région, mais varient d’une région à l’autre et même d’une station d’observation à l’autre.
- Les parasites des racines de phanérogames. — Les observations de M. A.-L. Guyot ont porté sur diverses espèces du genre Pyth'mm, champignons capables de pénétrer, le cas échéant, les racines des plantes croissant sur le sol dont ils sont les hôtes normaux, lorsque ces végétaux sont en état de souffrance. Parmi ces Pythium l’un d’eux qui s’attaque au système radiculaire des graminées se caractérise par un développement
- mycélien particulièrement abondant, en même temps que fugace. A. Guyot signale aussi certains accidents de parasitisme, qui sont pour une large part responsables de la croyance de quelques botanistes à l’existence d’une flore radicicole normale chez les Phanérogames. A côté de l’infection normale, qui est le fondement essentiel de la théorie mycorhizienne, il importe de ne point négliger les affections accidentelles et cela impose une grande prudence pour l’interprétation des formes mycéliennes que révèle l’examen des racines chez les Phanérogames.
- Paul B.
- c£§'>4,'S^§}>
- La Science en Famille.
- UN ÉMULE DE BELLOT : ÉMILE DE BRAY
- Bellot, sur lequel nous nous sommes efforcé d’attirer récemment l’attention des lecteurs de La Nature, a eu pour émule un de ses jeunes contemporains, l’enseigne de vaisseau de Bray, qui, plus heureux que lui. devait
- Fig. i. — L’enseigne de vaisseau Emile de Bray en 1884, à son retour de l’Expédition arctique.
- échapper aux périls de la navigation dans les mers polaires, et pouvoir plus tard, aux heures du péril, consacrer ses forces à la défense du pays. De très précieux renseignements, que veut bien nous communiquer son fds, M. le lieutenant-colonel en retraite de Bray, nous mettent en état de retracer brièvement sa carrière, fort digne d’être connue. ,
- Emile de Bray, né à Paris en 1829, appartenait à une vieille famille originaire de Péronne en Picardie, mais fixée depuis plusieurs générations à Paris ou à Versailles. Son père, qu’il eut le malheur de perdre en 1842, était un artiste peintre très distingué, grand prix de Rome en 1822, médaille d’or du Salon en 1835. Sa mort prématurée l’empêcha d’atteindre à la renommée qu’il méritait.
- A quinze ans et demi, en 1844, le jeune Emile de Bray entra à l’École Navale où l’avait précédé Bellot, son aîné de trois ans. Il devait devenir son ami, et c’est sans doute le désir de marcher sur ses traces qui le conduisit à solliciter l’autorisation de se joindre à une nouvelle expédition anglaise armée pour rechercher les
- traces de Franklin et de ses compagnons. Agé de vingt-trois ans, il était arrivé au grade d’enseigne de vaisseau.
- Sir Edward Belcher se trouvait à la tête d’une petite escadre composée de cinq navires, dont la Résolue, sur
- Fig. 2.
- Emile de Bray, capitaine de frégate en 1870.
- laquelle fut embarqué le jeune officier français. Parmi les lieutenants de sir Belcher se trouvait Mac-Clinlock, qui devait laisser un nom illustre, et commandait un navire à vapeur, YIntrepid.
- Le 21 avril 1832, l’expédition quitta l’Angleterre et pénétra dans le bassin polaire par la baie de Baffin, les détroits de Lancastre et de Barrow. La Résolue elYIn-trepid atteignirent le sud de File Melville et, à partir du 15 septembre, ces deux navires furent bloqués par les glaces pi ès de File Dealy. Mais, en pareille circonstance, si le navire ne peut marcher, les explorateurs ne se reposent pas pour cela, bien au contraire : ils rayonnent dans tous les sens autour du bâtiment immobile, au moyen de traîneaux tirés par des chiens. Pendant les années 1852, 53, 54, c’est ce que firent les marins de la Résolue et.de YIntrepid, qui recherchèrent, avec tout le soin possible, les traces des navires de Franklin et aussi de ceux de Mac-Clure, qu’un document, retrouvé dans un cairn (amas de pierres), indiquait n’être sans doute pas très éloigné.
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- UN ÉMULE DE BELLOT : ÉMILE DE BRAY
- M. de Bray, monté sur le traîneau le Héro (1), prit part à un grand nombre de ces excursions pénibles. En particulier, adjoint au capitaine Mac-Clinlock, il contourna par le nord la partie alors inconnue de l’ile Melville et atteignit, sur la côte nord-ouest de cette île, par 76°30' de latitude un point qui, sur les cartes anglaises, porte le nom de Cap de Bray.
- Ce voyage fut signalé par la découverte du fameux passage du nord-ouest. En effet, au mois de mai 1853, le détachement commandé par le lieutenant Pim, de la Résolue, rencontra F Invesligator qui, sous les ordres de Mac-Clure, était entré en 1850 dans le bassin polaire par le détroit de Behring et se trouvait bloqué par les glaces à 50 lieues de la Résolue. La presse de l’époque, et notamment le Siècle, dans son numéro du 17 novembre 1855, fit remarquer que le nom d’un officier français était attaché à cette decouverte importante.
- Au mois d’avril
- 1854, on prit la décision d’abandonner les navires dans les glaces du détroit de Barrovv, et on repartit pour l’Europe. La Résolue et Y Invesliga-lor furent retrouvés par la suite.
- La première fut rencontrée par 07° de latitude nord, le 10 septembre
- 1855, par un baleinier américain qui la conduisit aux Etats-Unis. Après réparations, elle fut restituée à l’Angleterre. Quant à Y Invesligator, en 1008, il fut découvert, en bon état (!), par d’autres baleiniers américains. Ils ne le ramenèrent pas en Europe, mais le capitaine Jarvis, leur chef, estimait que ce n’était pas impossible.
- M. de Bray, lui, était arrivé en Angleterre le 2 oc-
- 1. Ail mois d’avril 1854, Mac-Clintoek, qui devait, quatre ans plus tard, faire connaître la vérité sur le sort des équipages de Franklin, envoyait, comme souvenir, au lieutenant de vaisseau de llray, le fanion du traîneau le Héro, portant bordée la belle'devise « By l'aitli and courage »• La famille de M. de Bray conserve pieusement ce fanion, ainsi que tous les témoignages d’estime qu’il a mérités par son courage et on zèle.
- tobre 1854, après une absence qui avait duré deux ans, cinq mois et neuf jours, pendant laquelle il avait donné toute satisfaction à ses chefs. Voici comment sir E. Bel-cher s’exprime sur son compte dans le rapport qu’il adressa au secrétaire de l’Amirauté, le 50 septembre 1854 :
- Monsieur,
- « Après avoir appelé sur les noms de plusieurs officiers appartenant à la Marine de S. M. l’attention des Lords-
- Commissaires de l’Amirauté, je suis infiniment heureux d’avoir les plus grands éloges à donner de la c-on-•duile de M. Emile de Bray, enseigne de vaisseau de la Marine française, placé sous le commandement immédiat de mon brave coopérateur, le capitaine Henry Eellet, du vaisseau de S. M. Re-solule.
- « Justice a déjà été rendue par une lettre du capitaine Kellet à celte conduite qui fait tant d’honneur au corps dont M. de Bray est un noble représentant.
- (( Comme Bellof, de si regrettable mémoire, M. de Bray s’est acquis les plus cordiales sympathies de tous ceux qui ont eu le plaisir de le connaître.
- « Je me plais à espérer que les sentiments qu’il nous a inspirés seront portés à la connaissance de son gouvernement et que son mérite recevra la récompense qu’il mérite.
- « J’ai l’honneur, etc. »
- Cette lettre peut se lire au Moniteur universel du 12 octobre 1854.
- L’appel de sir Edward Belcher fut entendu : le 12 août 1854, par décret rétroactif, l’enseigne de vaisseau de Bray était nommé chevalier de la Légion d’honneur. 11 n’avait que vingt-cinq ans, mais les fatigues de son voyage l’avaient prématurément vieilli, comme on peut en juger par son portrait, reproduit ici, et qui le représente tel qu’il était à cette époque. D’autre part, Napoléon III le reçut en audience particulière et prit un grand intérêt à entendre la narration de son voyage. Il n’est donc pas étonnant que, le 5 octobre 1855, se Irou-
- liig. 3. — Portrait de John branklin offert par Mme Franklin au lieutenant de Bray.
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- vaut embarqué sur la canonnière la Poudre, qui opérait dans la mer Baltique au cours de la guerre contre la Russie, le jeune marin ait reçu à l’âge de vingt-six ans, son brevet de lieutenant de vaisseau; il était nommé au choix.
- D’autre part, la reine Victoria lui avait remis de sa main, la médaille commémorative instituée pour récompenser les découvertes faites dans les régions arctiques depuis 1818. Il était le seul Français qui possédât cette décoration. Il devait en outre être nommé chevalier de l’ordre très apprécié du Bain quand il serait devenu officier supérieur; mais alors, il eut la modestie de ne pas rappeler cette promesse au gouvernement britannique.
- Lady ' Franklin avait reporté sur de Bray l’affection quasi-maternelle qu’elle avait vouée à Bellot. Pendant de longues années, elle entretint avec lui et avec sa mère une correspondance suivie! Elle fît présent au jeune officier français d’un beau portrait de l’amiral Franklin et d’une gravure représentant Bellot d’après la peinture spécialement exécutée pour elle par Stephen Pearce, ainsi que d’une autre grande gravure re-présentan t les lords de l’Amirauté décidant l’expédition de 1852. Les portraits de Franklin et de Bellot sont reproduits ici.
- On l’appelait, dans la Marine, « de Bray pôle nord », et ce sobriquet ne devait pas lui être désagréable, car il avait gardé une vive prédilection, ce qui est assez rare chez les officiers français, pour la navigation dans les mers glaciales. II commanda pendant plusieurs années la station de Saint-Pierre et Miquelon, et, plus tard, celle d’Islande.
- Un homme d’une très grande valeur, mais qui ne jouit pas de la renommée qu’il mérite, Gustave Lambert, avait conçu, vers 1865, le projet d’un voyage au pôle nord, qu’il espérait atteindre en passant par le détroit de Behring. Il proposa à M. de Bray de se joindre à lui, et même, il se serait contenté du second rang, laissant le
- commandement du navire à l’ancien compagnon de Bel-cher et de Mac-Clinlock. Mais ce dernier était fatigué par ses navigations antérieures; de plus, il était père de quatre enfants en bas âge. Dans ces conditions, on conçoit qu’il ait décliné l’offre flatteuse de Lambert et se soit borné à l’aider de ses conseils.
- Pendant le siège de Paris, le capitaine de frégate de Bray commanda d’abord le 1er bataillon de fusiliers marins, puis une brigade de la troisième armée de Paris.
- Sa conduite à cette triste époque lui valut la rosette d’offfeier de la Légion d’honneur.
- 11 avait rédigé une relation de son grand voyage sous forme de journal de bord ; cette relation , accompagnée d’un grand nombre de notes, de dessins et de cartes, n’a pas été publiée, comme son auteur en avait eu l’intention, et il n’y a pas d’espoir qu’elle le soit jamais.
- Sa mort, arrivée en 1879, était prématurée, et il n’y a pas à douter que les fatigues de sa jeunesse n’aient contribué à abréger sa vie. Sa mère eut la douleur de lui survivre, mais quelques semaines après l’avoir perdu, elle reçut une lettre sympathique de condoléances, que lui adressait le premier lord de l’Amirauté, en date du 2 mai 1879.
- Ainsi donc, les souvenirs qu’il avait laissés dans la Marine britannique étaient toujours vivants. Le chagrin de Mme de Bray dut en être quelque peu adouci.
- M. de Bray était 1res lié avec ce Jules Ycine dont les livres ont certainement contribué à ouvrir les yeux des Français sur les contrées exotiques et quelque peu modifié notre mentalité casanière. Aussi, quand il composa les Aventures du capitaine Uatteras, s’adressa-t-il à son éminent ami pour obtenir tous les renseignements techniques dont il avait besoin sur les contrées boréales. Les innombrables lecteurs des Voyages extraordinaires doivent donc reporter sur Emile de Bray une partie de la reconnaissance que leur inspire leur romancier favori.
- • E. Doublet.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiviik, 9, rue de Flcurus, Paris.
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- N" 2738
- 25 Septembre 1926
- LA NATURE
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- SOMMAIRE:
- Cisaille multiple : E.-H. Weisft. — Le Soleil et les aurores polaires : E'iti. Touchet. Initiation biologique. Les mouvements de la Cellule ; Dr Max Aron.
- Académie des Sciences : Paul B.
- La motocyclette carrossée : P. Maréchal.
- SUPPLÉMENT :
- Informations : Nouvelles de T. S. F. — Science appliquée. — Variétés. — Hygiène et Santé.
- Boite aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
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- LA NATURE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ, fondé par Gaston TISSANDIER MASSON et C1*, Éditeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (7{. C. : Seine 15.23g)
- PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL (52 Numéros)
- Tarif intérieur : 65 fr. valable pour France et Colonies. Règlement par mandai, chèques postaux {compte n° 5yg, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris. {Le tarif intérieur pour la France sera modifié en cours de Vannée selon les prix qui seront fixés pour les affranchissements postaux.)
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 75 francs.
- _ Les abonnements pour l’étranger sont payables en monnaies étrangères selon les prix ci dessous :
- Tarif extérieur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 5o pour ioo sur les affranchissements de périodiques : Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Congo belge, Cuba, Danemark, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, 'Etats-Unis d’Amérique, Ethiopie, Finlande, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lithuanie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses colonies, République d’Haïti, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, 'Serbie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Uruguay.
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- Tarif extérieur n° 2
- valable pour tous ) ta mois (52 n1’ les autres pays, f 6 mois (26 n”*
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du ier de chaque mois.
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses. Pesetas. Florins hollandais. Leis roumains
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- Dollars. Sterling. suisses»
- 3.20 0 13 4 16?-
- 1.60 0 6 8 8.—1
- hollandais.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI* Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C1*, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- LA NATURE. — N° 2738.
- ^3
- 25 SEPTEMBRE 1926
- CISAILLE MULTIPLE
- Dans la fabrication des tôles, on part de tronçons qui sont coupés à une longueur déterminée dans des blooms, d’après la largeur des tôles que l’on veut fabriquer.
- Généralement on utilise pour cette opération de découpage des cisailles à simple action : les barres sont ainsi coupées par tronçons. Cette opération est assez longue, car le service de la machine se fait souvent à bras.
- Pour activer les opérations de découpage et assu-
- inclinés de 50° sur la verticale où coulissent les porte-lames supérieurs.
- On règle les lames en hauteur d’après les dimensions des pièces à couper; les sabots de chaque paire à la fin du cisaillement s’engagent l’un dans l’autre de sorte qu’en réglant les lames dans cette position, on est assuré qu’elles viennent ensuite en concordance quand la machine fonctionne.
- Chaque porte-lame inférieur est muni d’un pignon qui engrène avec une crémaillère solidaire du bâti
- Fig. i. — La cisaille multiple.
- A droite, le moteur électrique commandant l’écartement des lames.
- rer une grande production, la De Bergue et C° Lld a étudié une cisaille multiple qui, non seulement découpe simultanément un grand nombre de tronçons, mais est combinée avec un service automatique d’alimentation en barres et d’enlevage des tronçons coupés.
- Cette machine est en fonctionnement a la Wol-verhampton Corrugated Iron C° Ltd.
- La machine comporte huit paires de lames dont l’espacement peut être réglé de 60 cm à 1 m. Le bâti est muni de guides sur lesquels coulissent des sabots qui portent les lames inférieures. Deux montants sont boulonnés sur le bâti et réunis dans le haut par une traverse ; ils comportent des guides
- 54' Année. — 2° Semestre.
- principal. Un arbre de commande parallèle au bâti transmet les mouvements communs à tous les pignons.
- La barre que l’on veut tronçonner bute contre une arête ; elle est maintenue ainsi à son extrémité et la position de celte pièce détermine la longueur de la dernière section de la barre. Pour régler l’espacement des huit paires de lames, on utilise un moteur électrique qui entraîne l’arbre de commande des engrenages au moyen de renvois ; il est muni d’un dispositif de sécurité à glissement, réglé par des ressorts pour fonctionner à une pression exactement connue. Ce moteur électrique d’espacement a une puissance de 7 ch. La position respective des
- 13. — 193.
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- \H z:.-r,====:.f:r-±r— CISAILLÉ MULTIPLE
- lames est reproduite, largement amplifiée, sur une couronne qui est fixée devant le poste de commande de la machine.
- Le mouvement de cisaillement est produit par l’action d’un moteur électrique de 40 ch. Il agit sur les sommiers des lames par des engrenages et la régularité du mouvement est obtenue grâce à un volant de 1 m. 80 de diamètre.
- Chacun des sommiers inférieurs portant les lames se termine par une sorte de glissière oblique, dans
- et déversés dans une benne à l’extrémité d'une glissière.
- Une plaque d’acier placée contre le fond de la fosse de chargement amortit le choc des barres qui tombent. La fosse est suffisamment large pour qu’on puisse y placer la benne en train de se remplir, deux bennes pleines et deux bennes vides.
- Un pont roulant dessert l’installation, il évacue les bennes pleines et remet dans la fosse les bennes
- Fig. 2. — La cisaille en service débitant des barres sectionnées.
- laquelle cheminent les tronçons de la barre ; une fois qu’elle est coupée. De cette façon, les pièces sont amenées sur un tapis sans fin qui jse déplace d’une manière continue et qui est composé d’éléments métalliques de 4b cm de largeur.
- Un moteur électrique de 12 ch. actionne ce tapis sans fin à la vitesse de 57 m. par minute.
- De cette manière le fonctionnement de la cisaille n’exige que deux ouvriers qui sont placés de chaque côté, à l’endroit où arrivent les barres; ils poussent successivement les barres sous les lames des cisailles. Le découpage se fait automatiquement.
- Les tronçons sont évacués par un transporteur !
- vides. Ce pont roulant alimente les fours de réchauffage.
- Tous les appareils de commande des différents mouvements sont placés sur une plate forme de manœuvre à proximité du transporteur, le conducteur voit donc l’ensemble du mécanisme. Des lampes de signalisation indiquent la position de la benne dans la fosse, de sorte que les hommes de service sont prévenus du moment où la benne est pleine et où le cisaillage doit être suspendu, en attendant la mise en place d’une benne vide. On assure ainsi une production énorme avec une main-d’œuvre réduite au minimum. E.-H. Weiss.
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- LE SOLEIL ET LES AURORES POLAIRES (i> [Suite.)
- L’activité solaire et les aurores polaires. — C’est dans la production des aurores polaires que se révèle, d’une manière frappante, lumineuse si. l’on peut dire, l’action du Soleil sur la Terre.
- Lorsque l’on trace la courbe du nombre annuel
- aurores intenses sont visibles aux basses latitudes, sont précisément celles dans lesquelles l’activité solaire est maximum. Chaque fois que des orages magnétiques intenses sont signalés, il faut s’attendre à voir des aurores boréales. La correspondance des
- Fig. i. — Quelques aspects de la grande tache solaire de la fin du mois de Janvier iq2ô, photographiés par M. Quénisset, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy.
- 1. 19 janvier, à i5" 20” ; 2. 20 janvier, à 14” 5’“ ; 3. 24 janvier, à i5"3o"; 4. 27 janvier, à — Sur la photographie ne 3
- on a représenté la Terre. Dans ces quatre photographies, le Sud est en haut. C’est dans la nuit du 26 au 27 janvier que se sont produites une grande perturbation magnétique, et de très nombreuses aurores polaires.
- des aurores polaires, on obtient une courbe ayant une analogie frappante avec celle du nombre des taches solaires, ou encore avec la courbe des variations de l’aiguille aimantée. Les années dans lesquelles les aurores polaires sont nombreuses et 'intenses, et surtout celles dans lesquelles des 1, Yoir n° 2737,
- deux phénomènes est étroite. Le dernier minimum solaire, d’après les observations méthodiques effectuées aux observatoires de Greenwich, du Cap, de Kodaikanal et de Dehra-Dûn, se place en 1925. Le prochain maximum devrait donc se produire en 1927, si l’on s’en rapporte aux observations faites aux mêmes observatoires, et qui ont donné.;
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- Fig. 2. — Passage au méridien central du Soleil du grand groupe boréal de taches, qui a donné lieu à la perturbation électro-magnétique du 26-27 janvier 1926.
- Photographie prise le 24 janvier 1926, à i5h 3o", à l'Observatoire Flammarion, de Juvisy, par JV1. F. Quénisset. (Image droite.)
- Minimum . . 1889 1901 1915 1925
- Maximum . . 1895 1905 1917 (1927)?
- 11 semble que l’activité solaire est un peu en avance, actuellement, sur la date prévue, si l’on en juge par l’effervescence extraordinaire qu’a présentée le Soleil dans les derniers mois de 1925 et pendant le premier trimestre de 1926. Des groupes de taches immenses, visibles à l'œil nu a travers la brume ou au coucher de Soleil, ont été observés en novembre, décembre, janvier et février. De tous côtés, on a signalé des perturbations magnétiques importantes, des aurores polaires d’un éclat et d’une coloration inaccoutumés.
- Nous allons retracer rapidement la succession de ces phénomènes depuis le début de l’année.
- Perturbation électro-magnétique du 26-27 jan-vier 1926. — Un groupe énorme de taches était visible sur le Soleil depuis le 18 janvier, où il apparut au bord oriental, amené par la rotation solaire (fig. 1). 11 est passé au méridien central le 24 janvier (fig. 2). Le 26 janvier, à 15h. 55 m., d’après l’observatoire de l’Ebre, à Tortosa (Espagne), la perturbation a commencé, moins brusquement qu’à l’ordinaire, précédée par quelques ondulations de la courbe (fig. 5). De 16 h. 15 m. à 16 h. 50 m., l’agitation des aimants a été telle que les pinceaux lumineux impressionnèrent à peine le papier photographique.
- Pendant celte période d’agitation des aimants, les galvanomètres enregistreurs des courants telluriques ont marqué des oscillations fort semblables à celles des éléments magnétiques, surtout en ce qui concerne le courant nord-sud, dont l’intensité fut telle que la courbe sortit du champ de l’appareil enregistreur.
- Les maxima d’amplitude des oscillations du champ magnétique furent de 52' en déclinaison (15' vers l’Ouest et 19' vers l’Est).
- Le courant tellurique nord-sud avarié de 758 mil-livolts par kilomètre ; dans le sens est-ouest de 105 millivolts.
- . La perturbation s’est produite 49 heures après le passage du grand groupe détachés au méridien central; en 1921, une perturbation électro-magnétique avait devancé de 27 heures le passage d’une tache alors visible.
- M. Ignace Puig, chef de la station électro-magnétique de l’observatoire de l’Ebre, ajoute dans son mémoire (*) que les centraux télégraphiques ont été affectés par ce trouble électro-magnétique sur les lignes de plus de 150 km. A partir de cette distance, on a enregistré un courant continu, qui augmentait au fur et à mesure que la ligne s’approchait des côtes et atteignait parfois une intensité de 10 à 11 milliampères. En France, on a constaté les memes phénomènes.
- Cette perturbation magnétique a été accompagnée de manifestations aurorales très imporlantes, surtout en Norvège, d’un éclat remarquable et d’une magnificence extraordinaire de colorations.
- M. le Prof. Cari Slôrmer, de l’Université d’Oslo, a réussi à en prendre de très belles photographies dans les diverses stations qu’il a organisées à Oslo (Christiania), Bygdo et Oscarsborg (fig. 4 et 5). Nous avons rendu compte ici même, il y a quelques années, des travaux du Prof. Stôrmer, et nous renverrons le lecteur à ce compte rendu (2). Rappelons toutefois que le Prof. Stôrmer dispose de plusieurs stations reliées téléphoniquement, d’où, avec l’aide de ses assistants, il photographie les mêmes phénomènes auroraux. Pendant la prise des vues, les opérateurs conservent le casque téléphonique afin
- 1. Ciel et Terre, XLII° année, n° 1, janvier 1926.
- 2. La Nature, n° 2130, 21 mars 1914. Les aurores polaires cl la cinématographie.
- 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 1 2
- Fig. 3.— Perturbation des éléments magnétiques pendant l’orage magnétique du 26 au 27 janvier 1926, d’après les enregistrements de M. Ignace Puig, à l’Observatoire de l’Ebre, Tortosa (Espagne).
- D, variation de la déclinaison, de i4h du 26 a 3“ du 27; Z, variation de la composante verticale ; I-I, variation de la composante horizontale.
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- de s’entendre pour photographier les mêmes détails nuroraux. Le travail serait impossible, en des postes distants de plusieurs kilomètres, sans une entente continue entre le professeur et ses aides.
- L’étude et la mesure des clichés — dans lesquels figurent les étoiles — permettent de calculer l’altitude des aurores.
- Certains rayons de l’aurore du 26-27 janvier ont atteint l’altitude de 500 km au-dessus du sol!
- On a signalé, pendant la production de ce beau phénomène auroral, en Norvège, que des antennes de T. S. F. bien isolées étaient chargées d’éleclri-
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- l’Est, apparu le 25, et qui aurait agi alors qu’il était encore de l’autre côté du Soleil'? Tout ce que l’on peut dire c’est que, du 25 au 25, le Soleil était en proie à une agitation considérable.
- La courbe enregistrée à Meudon (fig. 7) montre une perturbation de longue durée et de très grande amplitude.
- Une belle aurore a été visible le 24 février, en Norvège, en coïncidence avec cette perturbation.
- Perturbation électro-magnétique du 5 mars 1926. — Le groupe que l’on vient de signaler, apparu au bord Est du Soleil le 25 février, est passé au méri-
- big. 4. — Deux aspects de l’aurore polaire du 26-27 janvier 1926, photographiés ' . par le professeur Cari Stôrmer.
- La vue de gauche a été obtenue le 26 janvier à 19" 52"', à Oslo. Les quatre étoiles formant quadrilatère, à gauche, sont celles du Cocher. A droite, les étoiles de Persée.
- La vue de droite a été prise le 27 janvier, à 2k 5“, à Bj'gdô. C’est une « draperie » d’aurore très proche du zénith et d’un éclat exceptionnel, puisque la vue a été prise en « instantané ».
- Pour obtenir ces photographies, il faut, nécessairement, des objectifs extrêmement lumineux, à grand champ, ce qui explique que les étoiles n’ont pas la netteté que donnent les objectifs d’ouverture moindre. M. Stormer a souvent utilisé les objectifs de cinématographe pour ses travaux.
- cité au point de donner lieu, trois fois par seconde, à des étincelles de 15 mm. En France, des troubles importants dans la réception des communications radiotéléphoniques ont été constatés.
- Perturbation électro-magnétique du 23 au 25 février 1926. — Un très grand groupe de taches solaires, entouré de facules énormes, est apparu au bord oriental le 25 février (fig. 6). Au même moment, un autre groupe détachés, très important, était visible près du bord occidental, où il disparut par la rotation solaire, le 20 février, suivi d’un immense champ faculaire. Ce dernier groupe en était à sa troisième rotation solaire, et avait déjà donné lieu, en décembre, à une faible perturbation magnétique. On ne peut affirmer qu’il est la cause du grand orage magnétique qui s’est produit le 23 février, à 17 h. 50 m., et qui a duré jusqu’au 25, à 14 heures. Ou bien est-ce le groupe de j
- dien central du 5 au 4 mars. Or, le 5, de nombreuses aurores polaires ont été visibles en Norvège, en Belgique, en Angleterre, en Amérique, en Luxembourg et en France même. Cependant, en France, le ciel généralement couvert, a contrarié les observations. M. H. Deslandres, directeur de l’Observatoire de Meudon, a signalé à l’Académie des Sciences (1) diverses observations de ces aurores, faites en Seine-et-Oise et dans l’Eure. Au moment de ces mêmes observations, les appareils magnétiques de Meudon indiquaient, à 18 h. 24 m., une forte déviation de l’aiguille aimantée. Les déviations de l’aiguille ont duré jusqu’à 22 heures.
- M. Deslandres fait remarquer, avec juste raison, que si l’on s’organisait spécialement en France pour reconnaître les aurores polaires, et dans une station
- J. Comptes rendus, t. 182, n“ 12, 22 mars 1926.
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- bien appropriée, leur nombre serait certainement accru chaque année.
- Nous ajouterons que si des instructions simples étaient publiées et mises à la portée des amateurs, il est vraisemblable que ceux-ci — comme par exemple les milliers de membres de la Société astronomique de France —^ apporteraient une collaboration particulièrement efficace dans ce genre d’observations.
- Perturbation électro-magnétique du 9 mars 1926.
- — Le 9 mars, une aurore boréale, accompagnée d’une nouvelle perturbation magnétique, a été
- se trouvaient de hautes et larges protubérances.
- Celte aurore polaire du 9 mars a été observée par M. A. Cotton, professeur à la Sorbonne, en sortant de la gare de Sèvres (Rive gauche). Dans une direction voisine de Garches, une lueur rouge violacé assez vive occupait une partie du ciel. Une autre traînée lumineuse, de même couleur, se voyait aussi, moins écartée de la direction du Nord.
- Les courbes magnétiques enregistrées au Val Joyeux montrent une perturbation très nette. La déclinaison présente une variation brusque avec un écart maximum atteignant 00 minutes (diminution
- Fig. 5. — Rayons d'aurore polaire photographiés simultanément en deux stations,
- le 27 janvier ig26, à ih 52'“.
- Ces photographies ont été obtenues par les collaborateurs du professeur Cari Stôrmer, qui, en Norvège, a entrepris depuis longtemps des recherches méthodiques sur les aurores polaires. Grâce à la collaboration de l’Administration des téléphones de l’Etat, dès que des courants telluriques importants sont signalés, M. Stormer est immédiatement prévenu, et aussitôt, il « alerte » ses collaborateurs. Ainsi, il peut, quelques instants après, avoir plusieurs postes éloignés en travail, à des distances variant de 27448 kilomètres. Ces longues bases sont nécessaires pour déterminer la hauteur des arcs d’aurores. La vue de gauche a été prise, à Oslo, par M. Wesoc; la vue de droite, à Oscarsborg (27 km d'Oslo), par M. Hafnor. Dans la vue de droite, les trois points blancs, sur une ligue presque verticale, sont les étoiles e, Ç et rt de la Grande Ourse.
- observée à Meudon (*). Le ciel était resté couvert toute la journée et se découvrit à 17 h. 45 m.
- Mlle Maricaneanu et une jeune fille, qui s’étaient attardées au laboratoire, ont aperçu une lueur embrasant le ciel et ont averti le personnel. Au même moment (20 heures), les enregistreurs magnétiques ont révélé une notable déviation de la déclinaison, déviation brusque et plus forte que toutes celles qui ont suivi.
- Le 9 mars, un groupe de petites taches solaires se trouvait dans le voisinage du méridien central, par 20° de latitude. A signaler aussi, le même jour, sur les épreuves de l’atmosphère supérieure obtenues au spectrohéliographe par M. L. d’Azam-buja, au Nord des petites taches, un « filament » prolongé par un alignement jusqu’au bord Est, où 1. Comptes rendus, t. 182, n° 11, 15 mars 1926.
- de la déclinaison). La composante horizontale montre une diminution égale à 0,0014 et la composante verticale un accroissement égal à 0,00027.
- Perturbation électro-magnétiquedu 14 avril 1926. — Le 14 avril, à 14 heures, la sonnerie de 1’ « avertisseur solaire » retentissait au laboratoire de Meudon. Le ciel était découvert et, aussitôt, on commençait les observations. M. L. d’Azambuja réussissait, au spectrohéliographe, une série de belles épreuves.
- Une aurore boréale était à prévoir dans ces conditions et, le soir venu, MM. F. Baldet, V. Burson et H. Grenat ont scruté le ciel de la terrasse supérieure de l’observatoire, d’où la vue est particulièrement dégagée (l).
- A 20 h. 52 m., la Lune étant couchée et le ciel très
- 1. Comptes rendus, t. 182, n° 16, 19 avril 1926.
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- pur, les observateurs ont aperçu, au Nord-Ouest, un jet auroral vertical blanchâtre (voir plus loin tîg. 10), assez intense, accompagné, sur le côté gauche, d’un second jet plus petit, qui se fondit peu à peu dans le premier. Le jet principal s’est élevé à une hauteur de 30° à 55°.
- Mais le phénomène a été très court et il a duré seulement 45 secondes environ.
- Au même moment, exactement, l’aiguille aimantée a été déviée vers l’Est : c’était la seconde déviation forte de la journée, la première étant celle de 14 heures.
- Plus tard, à 0 h. 25 ni., une troisième déviation encore plus forte, vers l’Est, a été enregistrée.
- Mais les observateurs, après plusieurs heures d’attente vaine, avaient quitté leur poste, et on ne peut dire si un jet auroral a accompagné cette déviation.
- Le 14 avril, les taches solaires visibles ainsi que les facules étaient petites, mais les filaments de la couche su-] érieure, révélés au spectrohéliographe ainsi que les protubérances étaient bien développés.
- Les aurores polaires du début de l’année.
- — Nous limiterons à quelques lignes la description des apparences présentées par les aurores de cette année, et ceci pour plusieurs raisons.
- Tout d’abord, à moins d’être un observateur averti, comme M. Cari Stôrmer ou « alerté » comme les astronomes de Meudon qui savent en quoi consiste le phénomène des aurores, en général les descriptions marquent la surprise, l’étonnement et parfois la.crainte des témoins.
- Presque toujours on commence par confondre l’aurore avec un immense incendie lointain.
- D’autre part, presque toujours, les aurores : ;ï polaires sont des phé-
- nomènes fugitifs, avec j des parties se mouvant
- parfois très rapidement (nous en avons vu une, en 1899, dont les rayons s’élançaient, en moins d’une seconde, comme le jet d’un projecteur, de l’horizon nord-ouest à l’horizon sud-est, traversant donc le ciel entier). Il devient bien difficile de dessiner et de décrire de telles apparitions.
- Enfin, les descriptions manquent très souvent de précision.
- Voici donc seulement quelques observations (*) :
- Le 26 janvier, à Neufahrwasser, près Dantzig, à 10 h. 50 m. (t. E. c.), M. Stentz observe une bande rouge, située à 40° au-dessus de l’horizon nord-est. Cette bande était visible jusqu’à 50° au dessus de l’horizon est-sud-ouest. La lumière variait de la couleur brique au carmin foncé. À 20 h. 7 m. la couleur passa au vert, puis au bleu. Trois minutes après le phénomène disparut.
- Cette aurore a été vue de tous les points de l'hémisphère terrestre nord dans lesquels le ciel était pur et la nuit complète.
- Il va sans dire que l’aurore vue à Paris n’est pas la même que celle vue à Dantzig ou à Oslo. Si l’on pouvait observer la Terre de l’extérieur, on verrait sans doute les jets au-
- 1. On en trouvera le résumé complet dans JJ Astronomie, numéro de mai 1920.
- Fig. 6. — La grande tache solaire de fin février iç2Ô, à son apparition au bord oriental du Soleil, photographiée par M. F. Quénisset, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy.
- I. zô février à x5l“37,“; 2. 27 février, à 16" 18"'; [3. i**- mars,
- à 11 * 41”.
- Ou remarquera les facules importantes qui entourent les taches, dans les photographies 1 et 2 notamment. Dans ces vues, le Sud est en bas.
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- roraux, parallèles ou sensiblement parallèles, s’étendre sur des longueurs considérables et probablement passer par le pôle magnétique où ils convergent, comme nous le verrons plus loin.
- L’aurore du 5 mars a été très belle. À 18 h. 40 m. à Uccle (Belgique), des rayons, comme les rais d’une roue gigantesque dont l’axe se serait trouvé à environ 50° sous l’horizon, couvraient tout le ciel du Nord jusqu’à une hauteur de 40° environ. Au début, ces lueurs étaient faibles, de teinte rosée, assez diffuses par moments. A d’autres, elles étaient nettes, semblables aux rayons de Soleil traversant les nuages. Le phénomène atteignit son intensité maximum vers 19 h. 45 m. Les traînées lumineuses, d’un blanc bleuté, se détachaient nettement sur le ciel, en une immense gloire. Elles convergeaient sous l’horizon, à 50° environ et à 10° à l’Ouest du Nord vrai. Le phénomène cessa brusquement un peu avant 20 heures.
- Signalons ici la remarquable observation de M. Cx. Desjonquères, à Neauphlctte (Seine-et-Oise), faite à 19 h.50m.
- Après quelques minutes, il se forma, juste sous l’Etoile Polaire, une colonne lumineuse de 25° à 50° de hauteur, et de 6° de largeur qui prit en peu de temps une intense coloration rouge feu, sans masquer toutefois les étoiles de 5e ou 4e grandeur. Le maximum d'intensité eut lieu à 20 h. 5 m. (%• 8).
- L’aurore polaire du 9 mars, observée en de très nombreuses localités d’Europe, débuta au Nord (observation de MM. Ebel, Martin, Lefèbvre et Hay, au fort de Saint-Cyr, Seine-et-Oise) par une teinte rouge, diffuse, d’intensité variable, mais toujours suffisante pour masquer les étoiles situées à l’intérieur de l’aire lumineuse. Cette aire colorée s’étendait du Nord-Nord-Ouest au Nord-Nord-Est et atteignait une hauteur comprise entre 20° et 35° au-dessus de l’horizon. Elle était traversée, par moments, de colonnes verticales de lumière blanche diffuse, d’existence éphémère, possédant un mouvement général de l’Ouest vers l’Est. Vers 20 heures, ces colonnes présentaient l’aspect d’un faisceau de minces baguettes de lumière dont l’ensemble occultait presque complètement la lueur rouge. Cet aspect marqua le déclin du phénomène.
- Plusieurs lecteurs de cette Revue ont observé cette magnifique aurore. Signalons les observations de M. Alexandre Grolat, au Raincy (Seine-et-Oise), et de M. Christian Burdo, à Jersey, qui a envoyé un très bon dessin (fig. 9).
- En Angleterre, l’aurore a revêtu un aspect magni-
- fique. Le dessin delà couverture du présent numéro a été inspiré par une observation de l’habile observateur Scriven Bolton, faite à Londres.
- L’aurore polaire du 14 avril, dont une partie a pu se produire en plein jour, ou dans les régions terrestres plongées dans l’ombre au moment où fonctionnait la sonnerie de Meudon, à 14 heures, a été limitée au double rayon vu à Meudon pendant 45 secondes (fig. 10). Sa très courte durée a restreint naturellement le nombre des personnes qui en ont été témoins. Nous n’en connaissons pas d’autre observation.
- Spectre de l’aurore polaire. — La nature de la lumière que nous envoie l’aurore polaire a fait l’objet de nombreuses recherches.
- L’année dernière, MM. J.-C. Mc Lennan et le Dr Shrum ont observé, dans un mélange d’oxygène et d’hélium, à la pression de 5 mm., illuminé par la décharge électrique, la présence d’une raie dont la longueur d’onde est X = 5577. Cette radiation est identique à la raie verte de l’aurore polaire. Les expériences des auteurs montrent que très probablement cette ligne a l’oxygène pour origine.
- Cette raie verte est très fréquemment visible dans le spectre nocturne, sans pour cela qu’il y ait d’aurore manifeste. Un petit spectroscope est suffisant pour la déceler.
- Les expériences de Mc Lennan et du Dr Shrum nous montrent ainsi que l’oxygène des régions supérieures de l’atmosphère illuminé par les décharges électriques est la cause des aurores.
- Mais le dernier mot n’est" pas dit :lors de l'aurore du 26 janvier, qui fut remarquable par sa couleur rouge intense, le Prof. Végard de l’Institut de Physique d’Oslo, a observé une raie étroite dans le rouge, à la longueur d’onde X = 6525, dont l’origine parait inconnue. On voit ainsi le grand intérêt que l'étude des aurores offre pour les physiciens, dont le champ de recherches n’est pas clos.
- La cause des aurores polaires. — Nous avons vu que les phénomènes solaires (taches, facules, protubérances, flocculi, filaments... ou autre chose) ont leur répercussion sur Terre, sans qu’on sache exactement comment s’opère le mécanisme de cette action. Ce qui est certain, c’est que le Soleil, porté à l’énorme température de 6000°, est une prodigieuse source d’électricité. Tous les corps portés à haute température — et en particulier les métaux, constituants principaux du Soleil — émettent, à haute température, des particules chargées négati-
- Fig. — Enregistrement photographique de Vorage magnétique du 23 au 25 février 1926, donné par le magnêlographe de VObservatoire de Meudon.
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- vement, des électrons. Ainsi le Soleil est la source i d’un énorme rayonnement électrique et la couronne solaire serait alors « l’image du champ général du Soleil, analogue au champ magnétique terrestre (1) ».
- « Dès 1881, dit M. Hamy (2), Goldstein avait « pensé que les rayons cathodiques pourraient « peut-être jouer un rôle dans la question. Or, les « travaux de M. Deslandres, sur la nature de la « couronne, conduisent à considérer le Soleil « comme un puissant foyer de ces rayons, qui « prennent naissance dans les laboratoires, lorsqu’un « corps conducteur, plongé dans un milieu gazeux « suffisamment raréfié, est porté à un potentiel
- « C’est donc dans leur voisinage que les aurores « polaires doivent se manifester de préférence, « comme le confirme l’observation. Ainsi se trou-« vent précisées les vues de Paulsen, qui a été le « premier à attribuer aux aurores boréales une ori-« gine cathodique ».
- Les décharges électriques qui produisent les aurores se propageraient ensuite à travers l’atmosphère et le sol, puis dans l’écorce terrestre, donnant peut-être naissance aux courants terrestres. Ainsi s’expliqueraient les variations concomitantes de l’aiguille aimantée et des jets auroraux, notamment dans les aurores importantes.
- Fig. 8. — Aspect remarquable de l’aurore boréale du 5 mars 1926, dessiné à 2ob ôm, par M. G. Desjonquères,
- à Neauphlette (Seine-et-Oise).
- L’observateur a pu fixer sur son dessin les principales constellations visibles. A gauche: Cassiopée. Au milieu, en haut : la Polaire et la Petite Ourse.
- « négatif élevé. Dans cette théorie, développée sur-« tout par Birkeland et Stormer, les faisceaux « cathodiques émanant des taches établiraient le « lien entre le magnétisme terrestre et l’activité « solaire, leur rencontre avec la Terre donnerait « lieu aux orages magnétiques.... Suivant Birke-« land et Stormer, les rayons cathodiques émanant <1 du Soleil s’enroulent autour des lignes de force « du champ terrestre, conformément à la théorie « et aux résultats d’expériences des laboratoires, « en donnant naissance aux perturbations magné-« tiques. Ces lignes convergeant toutes vers les « pôles magnétiques, les rayons se condensent « nécessairement dans les régions de l’atmosphère « terrestre distribuées aux alentours de ces points.
- 1. Bosuîu. L'Alronomie, 1914, p. 55.
- 2. Maurice Hamy. Le Soleil et le magnétisme terrestre, Annuaire du Bureau des Longitudes, 1918. Notice G.
- Il y a lieu de signaler ici l’hypothèse d’Àrrhénius qui attribue à la pression de radiation de la lumière le trait d’union entre le Soleil et la Terre. La pression de radiation chasserait du Soleil des particules chargées négativement. Rencontrant la Terre, elles produiraient une charge négative de la haute atmosphère jusqu’à ce qu’une décharge se produise vers le sol, décharge rendue parfois visible par l’illumination des gaz raréfié de l’atmosphère supérieure.
- Nous renvoyons le lecteur à la remarquable notice de M. Hamy pour l’étude plus approfondie de la question.
- En résumé, les explications admises envisagent toutes une- émission négative par le Soleil.
- Il y a, toutefois, des objections. En particulier, il semble que la rencontre de rayons cathodiques produisant de pareils effets devrait apporter de sérieuses perturbations dans la distribution de l’électricité
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- Fig. g. — Trois aspects de l’aurore boréale du g mars 7926, dessinés par M. Christian Burdo, S. J., à l’Observatoire météorologique Saint-Louis,à Jersey (île de Jersey). Le point blanc, en haut des dessins, est l’étoile Polaire.
- atmosphérique. Or, les grandes perturbations magnétiques ne coïncident pas avec des troubles bien sensibles de cette distribution (1).
- D’autre part, la Terre « au cours des siècles « écoulés, sous ce déluge incessant d’électricité « négative, aurait acquis une charge négative « énorme, qui devrait s’opposer à l’arrivée de nou-« velles charges de même signe, tandis que l’ac-« cumulation simultanée d’électricité positive sur « le Soleil tendrait, inversement, à empêcher ces « mêmes charges de s’échapper de l’astre?, »
- Y aurait-il une cause qui empêche l’équilibre de s’établir?
- Lord Kelvin a recherché quelle énergie doit dépenser le Soleil poiir produire ici les perturbations de nos boussoles. En prenant comme exemple un orage magnétique d’intensité moyenne, enregistré en 1885 par tous les observatoires du globe, et ayant duré 8 heures, il a trouvé que l’énergie solaire dépensée est égale à celle que le Soleil rayonne pendant quatre mois sous forme lumineuse et calorifique.
- L’énormité de cette conclusion prouve qu’il y a autre chose.
- Nous devons à M. J. Bosler, le savant directeur de l’observatoire de Marseille, d’avoir jeté une lueur nouvelle sur cette question.
- « M. Bosler, dit M. Hamy dans la Notice précitée, « pense que les variations des courants telluriques « peuvent naître, dans certains cas, dans la masse « même de la Terre, comme les courants de Fou-« cault au sein d’un corps conducteur. Dans cette « manière de voir, un champ, hors d’état, vu son
- 1. On lira plus loin, sur cette action, les récentes recherches de M; Albert Notion.
- « excessive faiblesse, de se révéler par une action a directe sur l’aiguille aimantée, peut induire dans « la croûte terrestre un courant susceptible d’être « observé. Celui-ci provoque un champ magnétique « secondaire d’autant plus intense que l’on se trouve « plus près du conducteur. En somme, la Terre « intervient ici pour intégrer et concentrer, sous
- Lig. 10. — Jets auroraux observés de la terrasse supérieure de l’Observatoire de Meudon,pendant4$ secondes seulement, le 14 avril 7926, à 2oh 52™, par MM. F. Baldet, V Burson et FI. Grenat.
- (Dessin de M. F. Baldet:)
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- INITIATION BIOLOGIQUE —....—.............- 203
- « forme électrique, les effets magnétiques minimes « qui s’exercent de l’extérieur sur chacune des par-« celles oomposant son immense domaine Par l’in-« termédiaire de ce mécanisme, des déplacements « de matière électrisée suffisamment rapides, dans
- « une tache, une facule ou une protubérance, peuvent « agir efficacement sur nos boussoles sans exiger de « la part du Soleil la fabuleuse dépense d’énergie « signalée par Lord Kelvin. »
- (A suivre.) En. Touciiet.
- INITIATION BIOLOGIQUE (1)
- Les mouvements de la Cellule.
- I. — Tactismes et tropismes. — Dans un précédent article, nous avons envisagé les échanges de la cellule avec son milieu. C’était un premier pas dans la résolution du problème, qui touche les relations entre la cellule et ce qui l’environne. Nous en avons un second à accomplir. Son but sera de montrer que les modifications d’ordres divers, sus-ceptibles'de se produire au voisinage d’une jcellule, provoquent parfois de sa part des mouvements, des orientations déterminées, dont le résultat peut avoir une haute importance, soit pour la vie de la cellule en cause, si elle est libre, soit pour celle de l’organisme auquel elle se rattache.
- Ces mouvements, ces orientations sont conditionnés par de multiples facteurs. Sous leur influence, une cellule se trouve-t-elle incitée à se déplacer, en vertu de sa motilité propre : on dit qu’elle obéit à un tactisme. Le tactisme est positif, si la cellule se dirige vers sa source; négatif, -si elle la fuit. Ou bien, solidaire d’autres cellules, la voit-on attirée avec elles dans une certaine direction : on dit qu’il y a tropisme. Comme les tactismes, les tropismes
- 1. Voir La Nature n« 2703, 2713, 2715, 2731 cl. 2735.
- Fig-. 2. — Chimiotactisme positif des Bactéries pour l’oxygène.
- Diatomèe (algue microscopique) dont la moitié éclairée, située vers le haut de la figure, dégage de l’oxygène, tandis que la moitié inférieure, laissée dans l’ombre, n’en (dégage pas ; les Bactéries d’une culture ajoutée à la préparation se rassemblent autour de la moitié éclairée de la Diatomèe.
- (D’après Engelmann.) n
- Fig. 1 — Chimiotactisme positif des Bactéries pour l’oxygène.
- Vue à un fort grossissement d’un coin de lamelle reposant sur une lame porte-objet; on a versé entre les deux une goutte de culture de Bactéries fè), qui se sont portées vers la périphérie de la lamelle (/), ainsi que vers une bulle d’air (a emprisonnée entre la lame et la lamelle.
- peuvent être positifs, négatifs, voire comporter des orientations intermédiaires. L’essence des deux phénomènes est de même ordre. Mais, dans le deuxième, le mouvement se subordonne à la solidarité de la cellule avec les éléments d’un tissu ou d’un organisme.
- Je me propose, au cours des lignes qui vont suivre, d etudier les principaux agents de tactismes et de tropismes. Dans un article ultérieur, il me restera à montrer quels mécanismes président à la réalisation des mouvements qui en résultent, et tà quels phénomènes biologiques importants ils sont susceptibles de concourir ou d’aboutir.
- Il existe, je le répète, de nombreuses influences capables d’entraîner des mouvements cellulaires. Sans doute ne les connait-on pas encore toutes, et l’expérimentation éclairera-t-elle un jour le rôle éventuel de certains facteurs, de radiations, par exemple, encore ignorés à l’heure présente. Quoi qu’il en soit, nous savons que différents corps chimiques, simples, composés, ou même à l'état de dissociation moléculaire, sont capables de provoquer des tactismes : on les nomme les chimiotactismes. Plusieurs agents physiques ont des propriétés comparables. C’est là, en premier lieu, le cas de la lumière. Son action réside en Yhéliotactisme ou phototactisme quand elle s’applique à des déplacements, l’héliotropisme ou phototropisme quand elle aboutit à des orientations. L’influence de la chaleur suscite le thermotactisme. L’électricité entraîne des effets analogues : c’est ce qu’on appelle le galvano-taclisme. La pesanteur détermine le gêotactisme ou
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- Fig\ 3.— Tube capillaire, rempli d’une culture bactérienne et placé dans la cavité péritonéale d’un Lapin.
- Des globules blancs s’y sont engouffrés en grand nombre; on les voit nombreux, surtout vers l’orifice du tube. Grossissement • 20 fois
- le géotropisme. On connaît encore le thigmotactisme, le rhéotactisme qui seront définis plus loin.
- Cette fastidieuse énumération va constituer pour nous un plan d’étude, que nous suivrons en éclairant de quelques exemples concrets les différentes manifestations de la motilité^cellulaire.
- À. Chimiotactisme. — L’existence du chimiotactisme se démontre à la lumière de faits des plus simples. Si l’on dépose sur une lame — comme l’a tenté, le premier, Engelmann — une goutte de culture renfermant des Bactéries, que l’on emprunte par exemple à un milieu en putréfaction, et que l’on recouvre cette goutte d’une lamelle, on constate aisément, au microscope, que les Bactéries se rassemblent à la périphérie de la lamelle (fig. 1). Il existe donc une certaine condition qui attire vers cette région les organismes unicellulaires dont il s’agit. Qu’y recherchent-ils donc? Dès l’abord, on a le droit de supposer qu’ils y trouvent l’air, dont ils sont privés vers l’intérieur de la lamelle, d’autant plus que, si une bulle d’air est restée emprisonnée en quelque point, de nombreuses Bactéries se groupent également autour d’elle. D’autres expériences prouvent justement le bien-fondé de cette hypothèse, et permettent de préciser que l’oxygène de l’air est l’agent du tactisme en cause. Verse-t-on, toujours sur une lame porte-objet, une goutte d’eau tenant en suspension de ces Algues minuscules qu’on nomme les Diatomées, et y ajoute-t-on une petite quantité de culture bactérienne, on possède tous les éléments d’une élégante démonstration. Les Algues vertes contiennent, en effet, de la chlorophylle qui, éclairée, dégage, comme on sait, de l’oxygène. C’est là ce qui se produit au niveau de nos Diatomées, et l’on voit aussitôt les Bactéries se rassembler autour d’elles. Qui mieux est, quand on arrive, au moyen d’un certain dispositif d’éclairage, à projeter un pinceau de lumière sur la moitié seulement d’une Diatomée, l’autre restant dans l’ombre, c’est uniquement dans le voisinage de la moitié "éclairée que se groupent les Bactéries (fig. 2 )
- L’oxygène n’est pas, cela s’entend, le seul corps capable de susciter le chimiotactisme. Il y a longtemps déjà, Pfeffer a montré que l’acide malique exerce, à des concentrations extrêmement faibles (qui peuvent s’abaisser jusqu’au 1/100 000°) une attraction marquée sur les anthérozoïdes des Fougères, c’est-à-dire sur les petites cellules mobiles
- qui participent à la reproduction. Les anthérozoïdes des Mousses, insensibles à l’influence de l’acide malique, sont attirés en revanche par des solutions diluées de sucre de canne. Les globules blancs du sang des Vertébrés se dirigent vers les points où des microbes, ayant envahi l’organisme, sécrètent leurs toxines : on le vérifie aisément en introduisant, dans la cavité péritonéale d’un lapin, par exemple, un petit tube à lumière très étroite (dit tube capillaire) rempli d’une culture bactérienne. On le retrouve un peu plus tard gorgé de leucocytes qui s’y sont engouffrés en vertu de leur chimiotactisme positif envers la toxine microbienne en cause (fig. 3.)
- Les exemples que je viens de donner concernent des chimiotactismes positifs. D’autres illustrent des cas de chimiotactisme négatif. C’est ainsi que de minuscules Protozoaires, les Paramécies, fuient une goutte d’alcali dilué, introduite entre la lame et la lamelle où l’on a disposé une culture de ces unicellulaires (fig. 4). Notons ici que ces mêmes Paramécies, indifférentes à l’oxygène qui attire les Bactéries, ont un chimiotactisme positif pour l’acide carbonique.
- Il faut ajouter que, pour un cas déterminé de chimiotactisme, le degré de concentration de la substance causale joue un rôle important dans le développement des phénomènes. Une concentration faible provoque-t-elle un tactisme positif, il n’est pas rare d’observer qu’une concentration forte renverse le sens de la réaction et détermine un tactisme négatif. On conçoit donc aisément qu’il doive exister, au moins pour certains êtres soumis à un chimiotactisme, un « optimum )> de concentration de la substance responsable qui les attire ou les éloigne à l’extrême. Le chimiotactisme de cellules de deux espèces peut, par rapport à un même corps agissant, comporter un « optimum » différent. On met ce fait en évidence en mélangeant sous une lamelle, comme Massart l’a indiqué, des Spirilles, qui sont des Bactéries, et des Infusoires du genre Anophrys. L’oxygène attire les uns et les autres vers la périphérie de la lamelle; mais tandis que les Anophrys se rangent en ligne au voisinage du bord, les Spirilles se disposent en une couronne un peu en dedans des premiers, parce qu’ils subissent l’action d’une
- Fig. 4. — Chimiotactisme négatif.
- Entre une lame porte-objet (p-o1 et une lamelle (l) on a verse une culture de Paramécies ; à l’aide d’une pipette capillaire (p) on introduit dans la culture une goutte d’alcali dilué (al); les Paramécies s’en éloignent.
- (D’après Jennings.)
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- concentration d’oxygène plus _ faible que celle qui influence les Anophrys (fîg. 5).
- J’ai insisté quelque peu sur les manifestations du chimiotactisme, car elles sont particulièrement typiques et accessibles à l’observation expérimentale. Je vais, plus brièvement, passer les autres en revue.
- B.) Phototactisme et phototropisme. — La lumière attire certains êtres unicéllulaires (Algues, Bactéries, etc tandis quelle en éloigne d’autres. Comme dans le cas des corps chimiques, il peut exister un « optimum » d’intensité d’éclairage pour lequel les cellules sont influencées dans un certain sens, au-dessus et au-dessous de ce degré, le phénomène est susceptible de cesser ou de se renverser. Outre la notion d’« optimum », il y a lieu de tenir compte de celle du « seuil » à partir duquel un tactisme, un tropisme commence à être provoqué. Ce seuil, nous l’avons vu, est parfois infime quand
- Fig. 6. — Phototropisme {ou héliotropisme) positif d'une plante (Vicia saliva).
- La flèche indique la direction des rayons lumineux.
- (D’après Belzung.)
- il s’agit d’un chimiotactisme. Tel est aussi le cas de certains phototropismes. C’est ainsi que la faible lueur émise par des Bactéries phosphorescentes suffit pour orienter des plantules d’espèce déterminée...
- Ce qui est vrai pour des protistes le reste pour des êtres d’organisation complexe. Il est d’observation banale que les plantes vertes se dirigent du côté de la lumière (fig. 6). Les animaux mêmes n’échappent pas à son action. Les pucerons ailés en fournissent un exemple, qui, dès qu’ils' deviennent aptes à voler, se précipitent, ainsi que Jacques Loeb l’a montré, vers la fenêtre ou les fenêtres de la chambre où on les observe. Les fourmis, les abeilles, obéissent à des influences de même ordre, et le vol nuptial, qui a inspiré à Maeterlinck les admirables pages que l’on connaît, ne serait, considéré d’un point de vue sèchement scientifique, que l’expression d’un prototactisme positif, déclenché quand s’éveille la maturité sexuelle de ces insectes.
- = 205
- f rô 1~ A 'V ^v;r,
- Fig. 5. — Différences de « seuils » des taclistnes.
- Vue à un fort grossissement d’un coin de lamelle, reposant sur une larhe porte-objet; on a mélangé entre les deux une culture d’Anophrys et une culture de Spirilles. Les Anophrys (A) se portent vers le bord de la lamelle (Z); les Spirilles (S) s’arrêtent un peu en dedans des précédents.
- (D’après Massart.)
- C. Thermotactisme. — Comme la lumière, la chaleur se montre capable, suivant son degré et suivant les êtres, de provoquer un tactisme positif ou négatif. L’expérience classique qui illustre ce phénomène consiste à disposer une bandelette de papier buvard de manière que ses extrémités trempent respectivement dans des récipients d’eau à 711 et à 55°. Au milieu de cette bandelette, on dépose un « plas-mode » de champignon inférieur (Myxomycète), c’est-à-dire une masse de cytoplasme semée de noyaux, telle qu’en présentent ces végétaux rudimentaires. On assiste alors à un déplacement du plasmode vers la région la plus chaude,
- D. Galvanotactisme et galvanotropisme — Les divers agents de tactismes ou tropismes que j'ai envisagés jusqu’ici sont constamment mis en œuvre dans la nature. Tout autre est le cas du galvanotactisme ou éleclrolactisme qui ne saurait se révéler en dehors de l’expérimentation. Verworn l’a décelé au moyen d’une technique fort simple. Sur une de ces lames porte-objets, qui servent à l’observation microscopique, est montée une petite cuve à électrolyse dans laquelle on verse une goutte de culture de Paramécies. Avant que passe le courant, ces Infusoires circulent en tous sens dans le liquide. Mais sitôt appliqués, sur les bandes d’argile qui limitent la cuve de deux côtés, les pinceaux des électrodes, on voit les Paramécies se diriger vers l’électrode négative (fig. 7.)
- Des animaux élevés en organisation ne laissent pas de se montrer sensibles à la même influence.
- Fig. 7. — Galvanotactisme.
- Petite cuve électrolytique disposée sur un porte-objet, dans laquelle on a versé une culture de Paramécies ; au passage du courant, celles-ci se dirigent vers l’électrode négative. (D’après Verworn.)
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- Des têtards de Batraciens, ou bien de petits Poissons, dans une cuve électroiytique, orientent le grand axe de leur corps suivant le trajet des lignes de force, la tête tournée vers l’électrode positive.
- E. Géotropisme. — Il est de notion banale que, sous l'action des forces de la pesanteur, les racines d’une plante se dirigent vers le centre de la terre, tandis que la tige s’oriente dans la direction opposée. Aus^i n’insisterai-je pas sur cet exemple classique, qui traduit bien l’influence des différences de pression barométrique sur les mouvements des êtres vivants.
- F. — Thigmotactisme et rhéotactisme. — Les variations de pression que nous venons de voir à l’œuvre ou qu’en tout cas nous avons mises en cause, avec vraisemblance, dans le géotropisme, interviennent, sous d’autres modalités, dans le thigmotactisme et le rhéotactisme.
- Le thigmotactisme se manifeste par l’étalement d’organismes inférieurs, comme les plasmodes de Champignons, ou comme les Amibes, sur un solide quelconque, et il résulte apparemment de l’action dynamique de ce solide sur la cellule ou l’organisme
- réagissant. L’enroulement des tiges, des vrilles de plantes grimpantes, autour de leur support, résulte, au moins en général, du même processus.
- Le rhéotactisme consiste en la propriété, que détiennent certains organismes aquatiques inférieurs — Amibes, Myxomycètes — de subir l’influence d’un courant léger, soit qu’ils le suivent, soit qu’ils le remontent.
- Ainsi, dans tous les cas dont nous venons de passer la rapide revue, un déséquilibre, une différence souvent minimes, dans les conditions physiques ou chimiques qui régnent autour d’un être vivant, est capable de déterminer soit le déplacement, soit l’orientation de cet être. Tel est le fait. Mais en nous bornant à constater ces déplacements, ces orientations, nous avons laissé intacte la question de savoir par quels moyens ils arrivent à se réaliser, quel est leur déterminisme intime. Nous n’avons pas non plus éclairé leur signification, leur rôle dans les phénomènes biologiques. Un prochain article aura à combler de semblables lacunes.
- Dr Max Aron,
- Charge île cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1926.
- Au sujet du rubrène. — M. Charles Moureu consacre une nouvelle note à ce carbure d’hydrogène en étudiant l’effet de diverses influences sur sa peroxydation. Il indique ensuite les particularités lumineuses qu’offre la dissociation du peroxyde et qu’on ne saurait attribuer à des phénomènes liés à l’état cristallin, comme la triboluminescence. Une série d’essais, comportant l’emploi de solvants divers (ald. benzoïque, pentachloréthane, etc.), montre nettement que la luminescence qui apparaît lors de la décomposition du peroxyde est bien due au phénomène chimique de la disssocialion. Le cycle complet rubrène ->• peroxyde -> rubrène présente une analogie frappante avec le schéma de l’activation, d’après Jean Perrin, qui fait jouer un rôle important à la lumière qu’absorbe la période d’extraction et celle qu’émet l’évolution postérieure du système.
- Le pouvoir d'arrêt des métaux pour les rayons a. — Bragg a donné une relation qui mettait au premier plan, la racine carrée du pouvoir atomique, en admettant cependant qu’il ne pouvait y avoir là encore qu’une loi imprécise, car l’équivalent d’air d’une lame métallique donnée dépend de la vitesse des rayons incidents. Les chiffres de Kleemann, Marsdenn et Richardson correspondent en réalité à des quantités différentes, car ils marquent des pouvoirs d’arrêt moyens pour des vitesses comprises entre deux limites extrêmes. Les nouvelles mesures eflectuées par M. J. Consigny ont porté sur l’aluminium, le cuivre, l’argent et l’or et les nombres indiqués ont été obtenus en prenant pour équivalent d’air la différence entre les parcours extrapolés.
- L’étude cytologique des lalicifèrcs. — Une première étude de Mlle IL Popoviei avait établi que les essences
- apparaissent directement dans le cytoplasme sans qu’il y ait d’exceptions à la règle parmi les plantes à poils ou à canaux sécréteurs. De nouvelles expériences ont porté sur la Chélidoine notamment. Elles indiquent que, même dans des cas qui semblent s’écarter de . la règle, les essences se forment encore dans le cytoplasme. Chez les Ficus qui ont été étudiés, on a affaire, on le sait, à une substance chimique parfaitement définie, le caoutchouc qui, chez les Parlhénium, se forme dans les canaux sécréteurs, au cœur du cytoplasme d’où il est éliminé dans le lumen du canal.
- Recherches sur l’huile de Calmar. — MM. Emile André et H. Canal ont émis l’hypothèse que les caractères chimiques qui distinguent si nettement les huiles de cachalot des autres graisses proviennent peut-être des corps gras contenus dans les Céphalopodes géants dont se nourrit ce grand Cétodonte, et c’est ainsi qu’ils ont été conduits à certaines recherches sur le Calmar, décapode fréquemment vendu sur les marchés parisiens. Celui-ci n’accumule pas de graisses de réserve dans son organisme et transforme en substance musculaire celles qu’il trouve dans ses aliments ; enfin la graisse, en faible quantité dans ses muscles, n’indique aucun alcool aliphatique, saturé ou non.
- Il apparaît ainsi que le cachalot doit imprimer lui-même aux graisses de réserve et de protection dont ses tissus sont particulièrement riches, les caractères qui les distinguent si nettement des autres éthers sels de la glycérine.
- La résine d’acroléine. — On doit à MM. Moureu et Dufraisse d’avoir mis au point une fabrication industrielle de cette aldéhyde, qu’ils ont stabilisée par addition d’anti-
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- La MÔTOCVCLETTÊ CARROSSÉE Z— 207
- oxygène, tel que l’hydroquinone, à la close de 4 pour 1000. Par polymérisation, l’acroléine donne une résine transparente, analogue comme aspect à la bakélite et pouvant comme elle se prêter à la préparation de vernis ou de masses plastiques, d’un emploi intéressant dans l’appareillage électrique. Les mesures que viennent d’effectuer MM. A. Boutaric et G. Corbet ont porté sur la température de dissolution de l’acroléine et sa température critique (88°,2). Pour la résine soluble, dont la calcination ne laisse aucun résidu, ces savants estiment qu’il s’agit d’un polymère portant sur 10 molécules d’aldéhyde et répondant par suite à la formule de constitution (CH2 = Cil — CHO)10.
- La silice 'soluble dans les ciments, mortiers et béions. — On sait que, pour évaluer la teneur en ciment d’un mortier ou d’un béton, on a proposé d’utiliser le dosage de la silice soluble et les procédés jusqu’ici préconisés pour cette opération ne donnent que des résultats incertains. M. Florentin soumet à l’Académie, un mode opératoire basé sur les remarques qui suivent.
- Il est indispensable de peser directement la silice soluble, et non la partie insoluble (beaucoup plus considérable puisqu’elle contient les sables et l’argile) ; on doit opérer à froid l’attaque par l’acide chlorhydrique, pour ne dissoudre que le ciment; enfin, il importe de solubiliser la silice contenue dans le ciment à l’état de silicate calcique.
- La faune de rongeurs de Saint-Gérand-le-Puy. — La note de M. Yiret indique qu’à l’oligocène supérieur, là famille des P les ios minibus existait déjà, avec des caractères d’adaptation très analogues à ceux des espèces actuelles, et les couches de terrain qui viennent d'ètre étudiées, bien que situées dans le bassin de Saint-Gérand, sont à coup sur un peu plus anciennes que les calcaires proprement dits à Hélix Arvernensis. L’existence à ce niveau à’Hélix Ramondi, assez abondant par endroits, mais associé à Hélix Arvernends montre qu’il s’agit d’une zone de transition entre le Stampien supérieur et l’Aqui-tanien.
- Paul B.
- $§'TNW'£$)
- LÀ MOTOCYCLETTE CARROSSÉE
- H y a quelques années, on a vu éclore toute une série de cyclecars relativement bon marché, qui avaient l'ambition de remplacer la voiture automobile, tout au moins la voiture légère. Ces véhicules, plus ou moins étudiés, n’ont guère résisté à l’épreuve de la pratique, ils ont dû s'effacer ou presque devant la petite voiture construite en série. Le succès aidant, celle-ci à son tour a évolué ; au point de vue prix et confort, elle se rapproche aujourd’hui de la voiture véritable.
- Quant à la motocyclette, elle a le grave défaut d’ètre conçue pour un seul passager Ce n’est que par des combinaisons spéciales, généralement inconfortables, que l’on peut véhiculer par ce moyen plusieurs personnes. La chose n’est d’ailleurs pas sans danger et la pratique de la motocyclette s’adresse îi une catégorie bien déterminée d’amateurs.
- On a eu l'idée de combiner la motocyclette et la voiture, en réalisant un véhicule qui réunit les avantages de chaque type, tout en éliminant le plus possible les inconvénients.
- • Le principe consiste à carrosser un châssis de motocyclette, de manière à assurer l’emplacement
- [ nécessaire à deux passagers (y compris le conducteur) placés en tandem. L’équilibre à l’arrêt et la sécurité dans les virages sont obtenus au moyen de
- deux petites roues latérales, dont on peut faire varier la position en hauteur, par rapport au sol, grâce à un système de cran d’arrêt.
- Voici quelques données techniques sur celte machine originale.
- Le châssis est construit en tôle d’acier embouti. L’empattement du véhicule est de 5 m. et la largeur de 1,18 m. Le moteur a une puissance de 4 ch.
- Sa cylindrée est 510 cm’, avec une course de 90 et un alésage de 85. Ce monocylindrique est muni de tous les organes des moteurs de voiture; le refroidissement a lieu par thermo-siphon, le graissage se fait sous pression, une magnéto sert à l’allumage.
- Le mécanisme comporte un embrayage à disques secs et trois vitesses différentes.
- Enfin le confort est assuré par le pare-brise et une capote, de sorte que les passagers sont aussi bien installés que dans une voiture.
- Si nous comparons la motocyclette carrossée, appelée Monotrace, avec une motocyclette ordinaire,
- Fig. i. — La motocyclette an repos.
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- LA MOTOCYCLETTE CARROSSÉE
- Fig. 2. — La motocyclette en marche.
- dous voyons que, grâce à la présence des petites roues latérales, normalement relevées et réglables à volonté, on a l'équilibre et la sécurité absolue dans toutes les conditions et quel que soit l’état de la route.
- Le moteur est refroidi d’une manière plus efficace qu’à l’habitude, puisque le thermo-siphon assure la circulation d’eau, qui remplace le procédé de refroidissement par l’air commun dans les véhicules à deux roues.
- Le conducteur et le voyageur sont confortablement assis et sont à l’occasion protégés des intempéries.
- Envisageons maintenant le side-car. Sous peine d’avoir des agencements compliqués et coûteux, ses occupants sont mal protégés, car le side-car est peu confortable et n'abrite pas complètement les passagers comme dans la Monotrace.
- Sur les routes en mauvais état, les inégalités réagissent fortement sur le side-car, tandis que dans la motocyclette carrossée, la suspension réduit les cahots elles secousses au minimum. Gela contribue à une économie sérieuse de bandages, d’autant plus que le véhicule ne comporte que deux roues seulement.
- En effet, les petites roues, qui né viennent au contact du sol que rarement, sont prévues avec des Ducasble. L’usure est nulle, car ces roues ne servent que d’appui et normalement ne sont pas au sol quand le véhicule est en vitesse. -
- Notons aussi que l’encombrement est beaucoup
- plus faible et que par suite la machine est beaucoup plus facile à garer.
- Les avantages ne sont pas moindres si l’on envisage la comparaison avec la voiturette, à condition bien entendu qu’on admette que le véhicule à deux places soit suffisant. A ce sujet, il est bon de noter que l’on a tendance à charger toujours trop les petits châssis de voiturettes et que l’économie faite sur le prix d’achat disparaît vite, devant les inconvénients d’un châssis trop chargé, qui n’est pas prévu, en somme, pour un tel effort.
- Avec deux roues au lieu de quatre, on réalise indiscutablement une économie sur les bandages. La boîte de vitesses est simplifiée et le différentiel est supprimé. Il est vrai que dans certaines petites voitures il n’existe pas non plus, mais cette économie d’établissement est à notre avis plus que discutable.
- Les frais de garage sont élevés pour une voiture, alors qu’avec un véhicule plat, pour ainsi dire, le logement est plus économique. Il en est de même des impôts et des assurances, ainsi que de la consommation.
- Le moteur monocylindrique 4 ch., monté sur le châssis, permet une vitesse de 80 km à l’heure, le poids en ordre de marche étant 520 kg. Le véhicule tient bien la route, puisque les roues latérales interviennent contre le dérapage et rendent possibles les virages, même brusques, à vitesse élevée.
- La consommation est d’environ 4 litres d'essence aux 100 km et 0,15 d’huile. Etant donné le prix élevé de ces matières, ces chiffres sont à retenir, puisqu’on dispose d’une véritable voiture à deux places.
- Ce véhicule nouveau peut rendre d’utiles services ; il n’est pas uniquement un engin sportif, il permet la pratique de l’automobilisme à celui qui n’a pas les ressources suffisantes, pour supporter l’achat, l’entretien et les frais d’une automobile de modèle ordinaire.
- P. Maréchal.
- Fig. 3. — Le moteur de la motocyclette.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Hcurus, Paris. 1926.
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- N° 2739
- 2 Octobre 1926
- LA NATURE
- O
- L'MWSTMS
- SOMMAIRE :
- L’électricité dans l'aiguillage et la signalisation : André Bolirgain.
- La traversée aérienne de l’Atlantique : J.-A..Lefranc.
- L’alcool méthylique courre carburant. — Académie des Sciences : Paul B.
- Le Soleil et les aurores polaires : Ettl. Touchet.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Recettes et Procédés utiles. — Boîte aux lettres.
- MASSON ET Cie, Éditeur*, lao, boulevard Saiat-Germain, Pari*.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
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- LA NATURE
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- LA NATURE. - N° 2739.
- 2 OCTOBRE 1926
- L’ÉLECTRICITÉ DANS L’AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION
- I. — LES CONTRÔLEURS ET LES MOTEURS
- L’électricité qui a permis, par le block automatique à circuit de voie (4), de résoudre dans d’excellentes conditions de sécurité le problème de l'espacement des trains sur les lignes de chemin de fer joue, dans le fonctionnement des nombreux appareils disposés sur les voies, dans les gares et à leurs abords immédiats, un rôle non moins important. Grâce à elle, l’aiguilleur peut avoir la certitude qu’une aiguille ou un signal, situé hors de son champ visuel, a bien obéi au levier de manoeuvre. C’est elle qui, dans les grands postes d’aiguillage modernes, permet à un homme, soit de manœuvrer successivement plusieurs aiguilles, même très éloir gnées, en quelques secondes et sans fatigue aucune, soit de mettre simultanément dans la position requise toutes les aiguilles, tous les signaux d’un itinéraire donné, dans des conditions de sécurité bien supérieures à celles obtenues par les anciens procédés.
- Pourtant, l’électricité avait longtemps inspiré une certaine méfiance aux Administrations de Chemins de fer, et il faut avouer que les premiers résultats semblaient donner raison à ceux qui la considéraient comme un fluide capricieux.
- La plupart des incidents provenaient de défauts d’isolement ; certains constructeurs les ont éliminés en adoptant pour les canalisations des câbles armés à haut isolement ; d’autres, en mettant à la terre tous les retours, de telle sorte, que tout défaut pouvant se produire dans l’isolement soit immédiatement décelé. L’emploi de coffrets rigoureusement étanches a permis d’éliminer également les troubles fonctionnels dus à l’eau et h la poussière. Les progrès accomplis d’ailleurs parla technique de l’emploi de l’électricité ont peu à peu dissipé toutes les préventions.
- Le contrôle électrique des aiguilles. — Tout d’abord, l’électricité n’a été utilisée que pour effectuer le contrôle du fonctionnement des appareils, notamment celui des signaux et des aiguilles.
- 1. Voir La Nature, n° 2638.
- 54° Année. — 2 ° Semestre.
- Fig. i. — Contrôleur Astei monté sur une pointe d’aiguille.
- Comme chacun sait, une aiguille de chemin de fer est constituée par une paire de rails effilés ou lames, réunies au moyen de tringles et capables de se déplacer entre deux contre-rails fixes.
- Selon que les lames sont poussées vers la droite ou vers la gauche, l’aiguille donne accès à la voie de gauche ou à celle de droite.
- Il importe que l’aiguille ne reste jamais entrebâillée, car en ce cas, les essieux pourraient se diriger, les uns vers la droite, les autres vers la gauche, ce qui entraînerait inévitablement un .déraillement.
- Le contrôleur d’aiguille est destiné à donner à l’aiguilleur la certitude que l’aiguille occupe une position correcte. Pour obtenir le maximum de garanties, la Société Aster a établi des contrôleurs mécaniquement solidaires des pointes mêmes de l’aiguille : un circuit électrique, fermé lorsque la pointe de l’aiguille touche le contre-rail, se trouve ouvert dès que cesse le contact de ces deux pièces. Ce contrôleur (fig. 1) se compose essentiellement d’un arbre vertical muni d’un bras horizontal à chacune de ses extrémités; le bras inférieur est relié, par l’intermédiaire d’une chape, à la pointe de l’aiguille; le bras supérieur porte une paillette isolée P (fig. 2), qui entre en contact avec deux plots lorsque la lame d’aiguille correspondante est appliquée au contre-rail, et ferme ainsi le circuit d’un indicateur placé dans le poste d’aiguillage. Un dispositif de mise à la masse du circuit, lorsque la lame d’aiguille n’est pas appliquée, est réalisé par un ressort R; connecté à la masse, appuyé sur l’un des plots ; ce ressort se trouve écarté par un plan incliné isolé I, fixé au milieu de la paillette, dès que celle-ci s’approche des plots, au collage de l’aiguille.
- Chacune des lames de l’aiguille est munie d’un contrôleur semblable.
- Parfois, il est utile de contrôler la position d’une aiguille par plusieurs circuits électriques; en ce cas, on emploie un contrôleur spécial à quatre contacts (fig. 3), commandés par un arbre à cames. Le creux d’une came correspond à la rupture du circuit ; les
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- 210 = L’ÉLECTRICITÉ DANS L’AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION
- Fig. 3. — Contrôleur Aster à 4 c intacts.
- cames peuvent être disposées de façon à donner les contacts à des points différents de la course. Cet appareil permet notamment de réaliser le contrôle du collage des lames et celui du décollage.
- Ces contrôleurs sont placés dans des boites de fonte étanches par construction ; les conducteurs de contrôle sont groupés en un câble qui pénètre dans la boîte par la partie inférieure, La Société Mors construit des contrôleurs analogues, très répandus en France, à contacts bipolaires. Les contacts, disposés à la partie supérieure du coffret, sont protégés par un couvercle de fonte à bords très bas et sont ainsi absolument à l’abri de l’eau, le contrôleur fùt-il submergé.
- Le contrôleur peut, en particulier,
- être utilisé pour fermer le circuit d’une serrure ou d’un désengageur et tenir les signaux sous la dépendance de l’aiguille : il réalise alors ce que l’on désigne sous le nom de contrôle impératif.
- Le contrôle s’applique aussi bien à divers autres appareils, notamment aux verrous d’aiguilles, qui ont pour objet de rendre impossible tout déplacement intempestif des lames. Ce verrou a tout d’abord consisté en une simple barre d’acier poussée, lors du blocage, à l’intérieur d’un œil pratiqué dans une entretoise de l'aiguille. Il existe maintenant des dispositifs plus perfectionnés.
- L’un de ces derniers, le verrou Aster à trois temps (fîg. 4), comporte un bâti fixé sur les traverses de la voie et surmonté d’une glissière rectiligne A, pourvue d’une encoche à chacune de ses extrémités ; l’entretoise B, qui relie les lames de l’aiguille, peut se mouvoir dans la glissière ; elle est reliée en son milieu à deux ancres C munies de crochets c. Pin fin de course, un crochet de chaque ancre pénètre dans une encoche et verrouille l’aiguille. L’ensemble est commandé par une tringle
- Fig. 4. — Verrou d'aiguille à 3 temps, système Aster.
- Fig. S. — Verrou d'aiguille talonnable à 2 temps (Aster).
- articulée sur l’ancre ; le fonctionnement se décompose en trois temps ; lorsque la tringle entre en mouvement, il se produit successivement un déverrouillage, un déplacement de l’aiguille et un verrouillage.
- En certains cas, il est nécessaire que l’aiguille verrouillée puisse néanmoins être « talonnée », c’est-à-dire donner accès, par le talon, à un train venant de la direction autre que celle pour laquelle l’aiguille a été préparée.
- Le résultat désiré est obtenu au moyen de verrous individuels de lames, à deux temps (fig. 5), munis d’ancres à crochet unique : les roues
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- L’ELECTRICITE DANS L'AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION == 211
- talonnantes, en passant sur la lame décollée, le rapprochent du contre-rail et, par l’intermédiaire des tringles de commande, déverrouillent la lame collée.
- Les moteurs d’aiguille — Depuis quelques années, l’électricité joue en aiguillage et en signalisation un rôle beaucoup plus important : on l’emploie également comme force motrice.
- L’emploi du moteur électrique est avantageux, non seulement pour la manœuvre des aiguilles commandées par un poste électro-mécanique, mais aussi toutes les fois que des aiguilles se trouvent trop loin d’un poste mécanique ou d’une gare, pour en être manœuvrées aisément et avec une sûreté suffisante au moyen de tringles ou de câbles. Dans ce dernier cas, en effet, un moteur actionné par une pile permet de supprimer les agents dont la pré- I sence n’est justifiée que par la nécessité de manœu- ! vrer sur place lesdites aiguilles.
- Les moteurs destinés aux aiguilles d’un poste électromécanique sont en général alimentés directement, sous 110 volts, par le poste lui-même.
- Fig. 7. — Aiguille munie d’un moteur et d’un verrou à 3 temps (Aster).
- Les moteurs à pile sont établis pour fonctionner sous faible voltage; un relais, commandé du poste ou de la gare, permet de fermer sur le moteur le courant d’une pile locale.
- Moteur Aster. — Le moteur à pile Aster (fig. 6) comporte une réceptrice M, reliée à la tringle de commande de l’aiguille par l’intermédiaire d’engrenages. La dernière roue dentée est munie d’un ma-neton à galet en prise avec un levier à boutonnière B ; un relais B et des contacts Ce, C' c', commandés par un arbre solidaire de la dernière roue dentée, assurent la répétition des commandes émanant du poste d’aiguillage et le passage du courant de contrôle.
- Le poste est relié au relais R par un câble à trois conducteurs, dont l’un réservé au passage du courant de contrôle.
- Supposons, par exemple, que l’aiguilleur veuille déplacer l’aiguille à droite : il manœuvre le levier commutateur de façon à envoyer par le conducteur « droit » un courant qui, après avoir franchi les contacts c, excite l’armature « droite » du relais ; celte
- Fig. 6. — Moteur Aster à pile pour aiguille.
- armature ferme le circuit d’une pile locale sur le moteur et ce dernier tourne aussitôt de façon à pousser l’aiguille vers la droite. Dès que la lame droite est collée au contre-rail, le courant local est coupé en G, le relais cesse d’être excité, en raison delà rupture en c du courant de commande, mais ce dernier, renvoyé au poste d’aiguillage par le contact c', y déplace un voyant de contrôle ; l’aiguilleur obtient ainsi l’assurance que l’aiguille a bien obéi à la commande.
- Le déplacement de l’aiguille vers la gauche est obtenu en envoyant le courant dans le second conducteur du câble de commande, ce qui a pour effet d’établir un contact à l’armature « gauche » du relais et de lancer le courant de la pile locale sur l’inducteur en sens inverse de celui de la manœuvre précédente.
- Il convient de remarquer que la transmission est irréversible lorsque l’une des lames est collée au contre-rail : en cette position le maneton de la roue dentée est perpendiculaire au levier à boutonnière, il ne peut par conséquent en recevoir aucune impulsion. Le moteur joue ainsi le rôle d’un véritable verrou. Le verrouillage est d’autant plus parfait que la roue dentée est munie d’un contrepoids s’opposant au mouvement, qu’une traction sur la tringle
- Fig. 8.— Moteur Aster* à mouvement rapide pour aiguille libre.
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- Fig. <). — Moteur Mors pour aiguille.
- ne pourrait que le confirmer et qu’enfm le moteur lui-même confirmerait le verrouillage si par impossible le levier avait commencé à tourner ; dans ce dernier cas en effet, l’un des contacts C ou G' fermerait aussitôt le circuit de la pile locale sur le moteur.
- La Société Aster construit également deux types de moteurs fonctionnant sous 110 volts.
- L’un (fig. 7), établi pour les aiguilles commandées par les postes à leviers d’itinéraire, agit sur l’aiguille par l’intermédiaire d’une vis sans fin engrenée avec une roue tangente qui, elle-même, forme écrou par rapport à une vis creuse ergotée de façon à pouvoir seulement coulisser dans l’un ou l’autre sens ; cette vis est solidaire de la tringle de commande de l’aiguille. Lorsque l’aiguille est talon-nable, la liaison entre la dernière vis et la tringle
- Fig. n- — Moteur différentiel Klein, pour signal.
- comporte des segments qui permettent le coulissement ; les engrenages ne courent ainsi aucun risque de rupture et le moteur, qui peut exercer une pression supérieure à celle qui a provoqué le coulissement, n’a pas de peine à rétablir la transmission en l’état initial dès que l’aiguilleur le met en mouvement. Dans ce moteur, les contacts sont renversés brusquement, en fin de course, par des marteaux clavetés sur un axe dont la rotation est provoquée par un ressort à boudin. Bandé pendant le mouvement du mécanisme, ce ressort est maintenu par un taquet qui s’efface en fin de course, sous la poussée de la vis de commande.
- L’autre type (fig. 8) à mouvement rapide, déplace l’aiguille en 3/5 de seconde; il a été conçu pour répondre aux exigences du service des gares de triage, où les manœuvres sont très fréquentes et doivent se faire avec une grande rapidité.
- Ce moteur agit, par un train d’engrenages, sur une crémaillère reliée à la tringle de commande T, sur laquelle s’articule en À, de part et d’autre, un
- Fig. io. — Transmission du moteur Mors pour aiguille.
- balancier B et un ressort II, ces pièces étant d’ailleurs respectivement fixées en x et x'. La partie centrale du balancier, prise entre deux butées fixées sur l’entretoise de l’aiguille, transmet à celle-ci les mouvements émanant du moteur. Dans la première partie de la course, le moteur comprime le ressort; mais dès que le balancier est arrivé au milieu de sa course, le ressort ajoute son effort à celui du moteur, pousse l’aiguille à la position désirée et l’y maintient.
- Un embrayage à friction, ménagé dans le train d’engrenage, freine l’ensemble en fin de course et protège ainsi le moteur électrique. Enfin, grâce à des connexions appropriées, il se produit un freinage électrique à la fin de chaque déplacement commandé électriquement.
- L’arbre du pignon en prise avec la crémaillère est prolongé extérieurement au coffret par un carré sur lequel on peut fixer un petit volant : la manœuvre manuelle de l’aiguille est ainsi très facile.
- Moteur Mors. — Le moteur d’aiguille Mors pré-
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- sente aussi d’intéressants détails de construction. Le moteur proprement dit 1 (fig. 9 et 10) transmet le mouvement à la tringle de commande par le moyen des roues dentées 3 et â, de la vis sans fin 5 et de l’écrou 6; ce dernier, muni de galets, 7, 7 bis, agit, par l’intermédiaire des fourchettes 9 et 10, sur l’arbre 11 solidaire de la tringle de commande.
- Ce moteur assure le calage de l’aiguille dans les deux positions, aucun effort exercé sur l’aiguille ne pouvant atteindre l’écrou 6 et a fortiori la vis 5. Comme dans les moteurs précédemment décrits, le courant est coupé automatiquément en fin de course. L’écrou de transmission de ce moteur est très ingénieusement construit : la liaison avec la vis est obtenue au moyen de trois galets coniques montés sur billes et disposés à 120° les uns des autres ; tous les 'glissements sont ainsi remplacés par des
- Fig. i3. — Moteur Mors, pour signal.
- roulements. La manœuvre manuelle de l'aiguille est facile, grâce à la présence d’une manivelle 20 (fig. 9) dont l'arbre vertical commande un pignon conique 19 qu’une poussée de haut en bas suffit à embrayer avec le pignon 18 (fig. 10) claveté sur l’extrémité de la vis 5.
- Les moteurs de signal. — Les moteurs électriques de signal présentent des dispositions mécaniques très différentes de celles des moteurs d’aiguille ; ils sont d’ailleurs plus faibles, une puissance de l’ordre de 200 watts étant ici un maximum.
- Moteur Klein. — Le plus simple des moteurs pour signal est, croyons-nous, le moteur Klein à poulie différentielle, de la Société Mors. Dans cet appareil (fig. 11), l’induit, une poulie B à deux gorges et un disque C, sont calés sur le même arbre.
- Fig. 12. — Moteur Mors, signal fermé.
- Ln ruban d’acier s’enroule, d'une part sur la première gorge, d’autre part sur la seconde gorge, de façon telle que le diamètre d’enroulement soit le même dans les deux gorges lorsque le signal est fermé. Ce ruban forme, une boucle dans laquelle est engagée une poulie E, en liaison avec le signal.
- Quand le moteur est en marche, le ruban se déroule de Lune des gorges et s’enroule sur l’autre; lé diamètre d’enroulement diminue sur l’une des gorges et augmente sur l’autre; il en résulte néees-I sairement une diminution de la longueur de la boucle et la poulie E est ramenée vers l’arbre du ; moteur ; l’ensemble fonctionne comme un palan différentiel et ouvre le signal. Dès que le signal est ouvert, l’alimentation du moteur cesse, mais le courant continue à exciter l’électro-aimant H ; celui-ci en retenant son armature G, maintient appliqué contre le disque C un galet de coincement porté par le levier F. Le signal reste ainsi immobilisé dans la position d’ouverture.
- Il suffit que le courant alimentant l’électro-ai-mant soit interrompu pour que le galet de coincement se dégage et que le contrepoids ramène l’ensemble à la position initiale, c'est-à-dire ferme le signal.
- Ce moteur, dont le rendement est excellent, ne saurait être employé exclusivement, car il ne permet pas de résoudre tous les problèmes d’exploitation. Il convient tout particulièrement aux signaux automa-
- Fig~ 14. — Moteur Aster à 2 accouplements pour signal.
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- tiques et n’exige qu’un entretien insignifiant.
- Moteur Mors. — La Société Mors construit un autre modèle de signal caractérisé par la rupture de toute liaison entre le moteur proprement dit et le signal hors la période d’ouverture. Le contrepoids de rappel n’ayant pas à agir sur le moteur pendant la période de fermeture, peut être beaucoup moins lourd et il en résulte une notable économie de courant.
- Dans cet appareil (fig. 12), le moteur 5 est en liaison permanente, par l’intermédiaire d’un démultiplicateur 0, avec une couronne dentée 4, maintenue sur le bâti par les galets 1, 2, 5, et munie de quatre butées 41, 42, 43, 4\ présentant des plans inclinés.
- Avec l’axe géométrique de la couronne coïncident l’arbre de commande placé derrière l’appareil et l’armature 10 de l’électro-aimant 14, lorsqu'elle est en contact avec les pièces polaires.
- Quand le signal est fermé, le levier 8, solidaire de l’arbre de commande, est immobilisé par le talon du levier 17.
- Quand un courant parvient au moteur, celui ci fait tourner la couronne dentée dans le sens contraire à celui des aiguilles d'une montre ; un plan incliné, 44 par exemple, exerce une poussée sur le levier 17 et le fait tourner autour de son axe 18,' cependant qu’un autre plan incliné 4l entraîne l’arbre décommandé par l’intermédiaire du galet 12, du levier 9, de l’axe 13 et du levierS, le signal s'ouvre.
- Dès que le signal arrive à la position d’ouverture, la broche 21, qui traverse de part en part le levier 8, appuie sur le levier 22, ce qui libère le levier 23. Poussé par un ressort, ce dernier décrit rapidement un arc de cercle : le doigt isolant 24, dont il est muni, rompt le contact 20 et coupe ainsi l’alimentation du moteur.
- Le courant ne traverse plus alors que l’électroaimant 14; l’armature 10, qui a été appliquée mécaniquement contre les pièces polaires lors de la fermeture, reste maintenue magnétiquement. Le levier 9 (fig. 15), s’appuyant d’une part à la butée 41, d’autre part au pôle de l’électro-aimant, immobilise le levier 8, et par conséquent l’arbre de commande. A la position ouverte comme à la position fermée, le signal est calé.
- Lorsque l’électro-aimant 14 cesse d’être excité, l’ârmature 10 tombe et le galet 12 s’efface sous la butée 41. L’arbre de commande n’étant plus maintenu obéit à l'action du contrepoids et ferme le signal.
- Ce moteur peut aussi bien fonctionner sous 11.0 volts qu’au moyen d’une pile locale. Dans ce dernier cas l’électro-aimant de maintien joue également le rôle de relais, la culasse 15 fermant en 16 le circuit pile locale-moteur, lorsque l’électro-aimant est excité.
- Parmi les autres modèles intéressants de moteur pour signal, on peut citer celui que la Société Aster établit spécialement pour les signaux commandés par postes.
- Moteurs Aster. — Le moteur M (fig. 14), à deux sens de marche, agit, par l’intermédiaire de pignons et d’une vis sans fin, sur une roue tangente solidaire de deux plateaux P, P', lesquels, par le moyen de bielles, entraînent deux balanciers B, IV.
- Le balancier B obéit à toutes les impulsions du moteur; il est utilisé soit pour commander une tige amenant des pétards sur la voie lorsque l’aiguilleur confirme la fermeture, soit pour actionner mécaniquement un sélecteur commandant un autre appareil ou signal.
- Le balancier B' est lié à la tringle de commande du signal, mais il ne peut transmettre l’impulsion du moteur que si l’armature dont il est muni à l’une de ses extrémités est maintenue par l’électro-aimant E. L’ouverture du signal ne peut être obtenue si l’électro-ai-mant n’est pas excité.
- En fin de course, les contacts sont renversés afin de permettre le passage du courant de contrôle et de préparer le chemin au courant de commande de la manœuvre suivante.
- Le circuit d’accouplement magnétique de ce moteur peut passer par un relais relié à un circuit de voie : la présence d’un train sur un rail isolé placé auprès du signal met ce relais en court-circuit ; il en résulte la rupture du circuit de l’électro-aimant et la fermeture automatique du signal, l’ouverture ne pouvant ensuite être obtenue qu’à la condition que l’aiguilleur ait appliqué mécaniquement l’armature sur l’électro-aimant en confirmant la fermeture.
- Enfin, la Société Aster construit un type conve-
- Fig. i5. — Moteur Aster. Signal ouvert.
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- nant aussi bien à la manœuvre par pile qu’à la manœuvre par courant de 110 volts, le second modèle ne différant du premier que par l’absence de relais et les caractéristiques des bobinages.
- Ici, le moteur M (fig. 15) agit sur un train d’engrenages démultiplicateurs constitué par deux pignons et deux roues dentées; un embrayage par friction, intercalé dans le train, freine le moteur à la fin de la course. La dernière roue dentée porte, sur l’un de ses rayons, un galet capable de se mouvoir dans une boutonnière b, pratiquée à la partie supérieure du levier L de commande générale, lequel peut osciller autour d’un axe 0.
- L’électro-aimant E comporte deux enroulements, dont l’un en fil fin permet le maintien contre les
- - Fig. là. — Moteur Aster.
- Signal fermé automatiquement par un train.
- pièces polaires d’une armature A, portée par le levier L', capable d’osciller autour de O et dont la petite branche fourchue enserre Taxe a' du balancier de signal B. Il suffit qu’un essieu, en passant sur un circuit de voie, court-circuite la source alimentant le bobinage en fil fin pour que l’électro-aimant E (fig. 16) cesse de maintenir son armature; celle-ci, sous l’aclion du contrepoids du signal, oscille autour de O, la fourche laisse échapper l’axe a' et ce dernier, venant se loger sous le doigt 1) d’un verrou spécial, empêche d’ouvrir le signal autrement qu’en agissant sur le moteur.
- Grâce à ce dispositif, l’aiguilleur ne peut remettre le signal à voie libre qu'après avoir confirmé la fermeture. Celte opération oblige la roue dentée R à faire tourner le levier de commande générale
- autour de l’axe 0, le balancier (fig. IG) étant sollicité en son axe central a par le levier de commande générale, l’axe a' s’efface sous le doigt de verrouillage, vient se placer dans la fourche et la rapproche de l’électro-aimant.
- L’appareil comporte des contacts G, destinés à sélectionner les courants de commande du moteur et à contrôler le verrouillage; des galets isolants portés par la roue dentée R agissent sur ces contacts en temps opportun. Des contacts de contrôle d’ouverture C', et de fermeture C", commandés par un levier sur lequel agit la tringle de commande du signal, vérifient la position du voyant.
- Lorsque l’appareil est équipé pour fonctionner au moyen d’une pile locale, il comporte un relais I,
- Fig. i/. — Moteur Aster.
- La fermeture du signal a été confirmée par l’aiguilleur.
- commandé électriquement de la cabine d’aiguillage ; ce relais envoie le courant de la pile locale dans l’un ou l’autre des induits du moteur, selon que le mouvement à effectuer est une ouverture ou une fermeture.
- De même que dans les autres moteurs, la transmission est irréversible et cale le signal dans la position de fermeture; l’accouplement élastique du levier L et de l’armai ure A prévient toute chute de cette dernière du fait de l’action du vent sur le voyant du signal.
- Nous examinerons prochainement comment tous ces appareils sont commandés du poste d’aiguillage ; mais auparavant, nous initierons nos lecteurs à l’intéressant mécanisme des enclenchements.
- Axrmiî Boürgain
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- ' Fig. i. — Le Sikorsky transatlantique en plein vol.
- LA TRAVERSÉE AÉRIENNE DE L’ATLANTIQUE
- Le 21 septembre dernier, l'avion Sikorsky, pilote' par Fonck, prenait son vol à New-York en vue de franchir l'Atlantique. L'avion, lourdement charge', ne put prendre son vol et, au départ, capota sur le terrain même d'atterrissage. Il prit feu aussitôt. Fonck et son second, le lieutenant Curtin, purent s'en tirer sains et saufs. Malheureusement, le radiotélégraphiste français Clavier, un technicien des plus distingués, et le mécanicien Islamoff périrent carbonisés. Notre collaborateur J.-A. Le franc avait prévu sinon cette catastrophe, du moins l'échec du raid, ainsi qu’on s’en rendra compte en lisant l'article suivant écrit plusieurs jours avant le départ de Fonck.
- En 1919, les aviateurs anglais Àlcock et Brown réussissaient un exploit aérien prodigieux pour l’époque en traversant d’un seul vol l’Océan Atlantique entre Terre-Neuve et l’Irlande ; leur vol
- s’étendit sur une distance d’environ 5000 km et dura 25 heures pendant lesquelles le moindre dérangement de leurs deux moteurs avait toute chance d’entraîner leur engloutissement.
- Fig. 2. — Le Sikorsky. Vue des 3 moteurs Jupiter. Les hélices sont en duralumin.
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- LA TRAVERSEE AÉRIENNE DE L’ATLANTIQUE
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- Depuis cette date, d’autres tentatives furent faites et de nombreux projets furent étudiés sans que le vol de Àlcock et Brown ait pu être dépassé.
- L’année dernière un riche américain, M. Orteig, désireux de favoriser l’étude de la future liaison aérienne entre Paris et New-York, offrit un prix de 25 000 dollars, représentant actuellement 900 000 francs, pour récompenser le premier aviateur qui, d’un seul vol, traverserait non seulement l’Atlantique, mais joindrait réellement les deux villes de Paris et de New-York.
- Vers la fin de l’année dernière, les aviateurs français Tarascon et Goli préparèrent la réalisation de ce raid sur un avion Potez 'spécialement ^étudié cà cet effet. Malheureusement, au cours d’un vol d’essai, l’avion pris de nuit dans un violent orage dut atterrir et se brisa.
- Au début de cette année 1926, l’un des plus célèbres pilotes de guerre français, Fonck, annonça qu’il partait en Amérique pour préparer la réalisation de ce raid.
- Les bruits les plus divers coururent sur ce raid ; ce que l’on en sait actuellement, c’est que l’avion prévu est un trimoteur étudié et construit par l’ingénieur russe Sikorsky réfugié aux Etats-Unis.
- Sikorsky est le premier constructeur aéronautique du monde qui réussit à faire voler de véritables avions géants munis de 4 moteurs et comportant une cabine vaste pour ses passagers.
- En 1915 et 1914 plusieurs avions Sikorsky
- Fig. 4 —"Le Sikorsky. Vue du montage'd’un moteur latéral. (Photo R.-C WoodO
- l'ig. 3. — Vue de l’avion Sikorsky pendant son montage.
- Remarquer les énormes réservoirs cylindriques placés derrière les moteurs latéraux. (Photo R.-C. Wood.)
- volèrent en Russie, avec une vingtaine de passagers.
- Sikorsky peut donc être considéré comme le véritable précurseur de l’aviation marchande.
- Fuyant la révolution bolchevique, Sikorsky vint à Paris, mais il se heurta à l’esprit un peu particulier de nos constructeurs et, découragé, il partit aux Etats-Unis où depuis plusieurs années il construit des avions tous remarquables et originaux.
- Pour ce raid sensationnel, Sikorsky établit les plans d’un trente-cinquième avion, le S-55.
- Il s’agit d’un grand biplan métallique relevant d’une formule courante et sensiblement de la dimension des grands trimoteurs français utilisés sur les lignes aériennes de l’Europe centrale. Son envergure supérieure est de 51 m., sa surface portante de 101 m2,5 (Cciudron 81 m2,140); sa puissance totale est de 1260 ch répartie en trois moteurs Jupiter Gnome et Rhône à refroidissement par air et de 420 ch chacun.
- Le poids à vide du N-55 serait de 4520 kg, ce qui nous parait bien faible; la charge atteint 7820kg, ce qui nous paraît beaucoup et la vitesse maxima serait de 200 km. à l’heure, ce qui nous paraît invraisemblable pour un trimoteur de cette famille.
- Cette charge utile de 7820 kg se décompose en 240 kg pour l’équipage (2 pilotes, 1 navigateur), en 80 kg, pour l’équipement spécial et en 7505 kg pour le combustible.
- Au total, le Sikorsky-55 devrait pouvoir décoller avec un poids de
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- 218 ===== LA TRAVERSEE AERIENNE DE L’ATLANTIQUE
- Fig. 5. — Vue latérale du Sikorsky transatlantique.
- On voit sur cette photo l’ensemble des gouvernes et en particulier les 3 jeux de gouvernails verticaux. (Photo R.-C. Wood.)
- 12140 kg, ce qui parait énorme pour sa surface portante.
- La construction de l’avion relève de la formule métallique la plus simple ; les ailes, le fuselage et en général toutes les armatures sont constitués avec des tubes ou des cornières de duralumin; les surfaces extérieures des ailes et du fuselage sont en toile. Le train d’atterrissage est à deux roues et doit être largué en mer dès que l’avion sera parti. Les gouvernes verticales sont particulièrement soignées et sur les 5 gouvernails de direction, 2 sont destinés à compenser les couples éventuels provenant d’une panne à un moteur latéral.
- A l’avant de l’avion se trouve le moteur central, immédiatement derrière : le vaste poste de pilotage à double commande. Ce poste est entièrement clos en conduite intérieure ; les pilotes ont une bonne visibilité à Iravers de larges glaces et ils sont protégés contre les intempéries, le bruit et les odeurs parfois pénibles qui proviennent des moteurs.
- Le poste de pilotage communique par une porte avec la cabine très longue et confortablement installée avec un lit de repos, des sièges, des tables, le poste de T. S. F. Celte cabine contient un réservoir d’essence de secours.
- Derrière la cabine a été installé un poste de navigation très perfectionné
- Tableau des instruments de bord
- Réservoir d'huiledu moteur central
- Génératrice T.S.F. Boussole
- Réservoir d essence du m o teurcen irai dans l'aile
- Pilote Appareil de T.S.F.
- Opérateur de T.S.F.
- ' au travail avec ses écouteurs
- Navigateur au travail communiquant avec le Sextant pilote par téléphone
- Servomoteur pourledémar rage des S moteurs
- Bateau de sauvetage pliant
- Ballons à air
- Réservoir d'huile de secours
- 1 «\||
- T/r'—»
- CTaËnr
- Fig. 6.
- Coupe de l’avion transatlantique Sikorsky 3.5b
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- L’ALCOOL METHYLIQUE COMME CARBURANT
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- et permettant d’utiliser les boussoles assez loin des perturbations magnétiques causées parles moteurs.
- Tout le fond du fuselage, toute la queue sont garnis de ballons à air, qui en cas de chute en mer permettraient à l’avion de flotter assez longtemps.
- Le Sikorsky-55 est maintenant terminé, il aurait fait, d’après les télégrammes américains, d’excellents essais et l’équipage serait prêt à prendre le départ dans une quinzaine.
- Pour notre part, nous restons sceptiques sur le rayon d'action de cet appareil. Le parcours à effectuer comporte quelque 6000 km ; nous ne croyons pas qu’un trimoteur comme celui-là puisse voler à plus de 160 km de moyenne, sans vents contraires violents; cette vitesse représente plus de 57 heures ^.de vol en marche absolument rectiligne.
- Ces jours derniers, le pilote Tarascon a voulu venger son échec
- de l'année dernière et de nouveau il vient de se faire inscrire comme candidat au prix Ortleig.
- Il aurait choisi un monoplan de bois construit parles ateliers Bernard d’après les plans du remarquable ingénieur aéronautique Hubert, dont un avion délient
- le record de vitesse par 448 km à l’heure. Ce monoplan serait monomoteur, également équipé avec un Jupiter Gnome et Rhône 420 ch. Le fuselage est presque terminé et l’aile épaisse Cantilever est
- Fig. 7. — Silhouettes de l'avion Sikorsky 35.
- en cours de montage ; l’avion très fin doit avoir une grande vitesse. Les combustibles seraient emmagasinés dans la cabine.
- Il ne semble pas, d’après l'état d’avancement des travaux, que cet avion puisse êlre prêt avant 5 ou 4 mois.
- D’autre part, les frères Arrachart, qui viennent d’être dépossédés de leur record du monde de distance, se sont inscrits aussi comme concurrents redoutables. Ces deux admirables pilotes ont une
- grande supériorité sur les autres concurrents, c’est qu’ils ont un appareil au point capable réellement de voler sur 6000 km et qu’ils ont déjà parcouru des distances considérables, dépassant 4000 km, dans des conditions infiniment plus dures et presque aussi dangereuses. Nous avons assisté il y a quelques jours avec émotion aux essais que faisaient ces deux frères sur cet avion tellement ventru qu’il en a perdu les formes traditionnelles des avions et l’on ne peut s’empêcher de frémir en pensant que ce ventre d’oiseau mécanique est plein d’essence ; plus de 5000 litres ! il s’agit donc bien d’un avion-citerne.
- Le moteur est aussi un 420 ch Jupiter Gnome et Rhône à refroidissement par air.
- Jean-Abel Lefranc.
- L’ALCOOL METHYLIQUE COMME CARBURANT
- Un rapport de la Fédéral Conservation Commission des Etats-Unis qui vient d’être présenté au président Coolidge conclut que dans 6 ans les gisements de pétrole américains, actuellement les plus productifs du monde, seront épuisés.
- Sans doute on a le droit de rester un peu sceptique devant des conclusions aussi pessimistes, lorsque l’on sait, comme le rappelle M. Neuburger dans Le Pétrole, que cette année les producteurs de pétrole aux Etats-Unis, devant une surproduction alarmante, se sont efforcés et ont réussi à réduire le rendement de leurs puits. La diminution de production qui sert d’argument à la Commission américaine est donc plus artificielle que naturelle.
- Il n’en est pas moins vrai que le progrès de la locomotion automobile dans le monde entier accroît les besoins d’essence et de carburants à une cadence extraordinairement rapide; et il est à craindre que quelque jour les ressources mondiales en pétrole soient insuffisantes pour y faire face. Déjà les pays comme la France pauvres en pétrole et gênés dans leurs finances, éprouvent de sérieuses difficultés dans leur ravitaillement.
- Les recherches et les études de carburants nouveaux se multiplient donc. C’est ainsi qu’au début de septembre l’Automobile-Club de France organisait un « rallye » des carburants nationaux où l’on vit mettre en œuvre les combustibles les plus divers, solides, liquides et gazeux : charbon de bois, bois, kétol, alcool, acétylène, gaz
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- mothane, épreuve sans doute plus utile que le solennel Grand Prix qui ne réunit plus de concurrents.
- Parmi les succédanés de l’essence le plus souvent proposés, l’alcool se range au premier rang. Les premiers essais avec l’alcool éthylique remontent aux débuts mêmes de la traction automobile. Au point de vue technique, l’alcool éthylique est un carburant très satisfaisant ; et l’on en a fait la base du carburant dit « national », qui n’a qu’un défaut, celui de ne pas être employé faute d’alcool.
- Sans doute, nous avons sur notre sol et aux colonies des ressources abondantes et diverses en alcool ; encore faudrait-il en extraire l’alcool d’une façon industrielle, à des prix suffisamment bas et en quantités suffisantes. L’alcool éthylique étant d’autre part un produit de consommation lourdement taxé et étroitement surveillé, les industries de distillation se heurtent à trop d’obstacles fiscaux pour pouvoir s’orienter dans cette voie.
- On a songé également depuis longtemps à l’alcool méthylique ou méthanol (Cil3 — OH) ; c’est un liquide, impropre à la consommation humaine; mais c’était jusqu’ici un produit rare, provenant de la distillation du bois. On lui reprochait aussi, a priori, son pouvoir calorifique qui n’est que de 5500 calories au kg contre 11 000 pour l’essence. Mais jusqu’à ces derniers temps, ce liquide en raison de son prix élevé, avait été fort peu expérimenté. La situation est aujourd’hui profondément modifiée. On peut produire industriellement, au moyen de procédés synthétiques, de grandes quantités d’alcool méthylique; ces procédés consistent à hydrogéner sous pression l’oxyde de carbone.
- La Compagnie des Mines de Béthune, qui est en mesure de fabriquer en grandes quantités l’alcool méthylique, vient de procéder à des essais de carburant sur une voiture de tourisme, de 10 ch.q
- La Journée Industrielle rend compte de ces essais. Ils n’ont exigé aucune modification importante du moteur, ni de ses organes. Seul le carburateur a été modifié de façon à pouvoir réchauffer l’air par les gaz d’échappement. La voiture, alimentée exclusivement à l’alcool méthylique, sans addition d’aucun autre carburant, s’est comportée sur route d’une façon tout à fait normale et exactement comme si elle avait été alimentée à l’essence : même force, même puissance, même vitesse. Seule la consommation a augmenté; elle a été 1,55 fois plus forte que la consommation en essence : (il litres d’alcool méthylique pur sur un parcours de 2b0 km qui eût exigé 59 litres d’essence.
- Il peut paraître surprenant que la puissance de la voiture soit restée la même, étant donnée l’infériorité calorifique de la combustion de l’alcool méthylique comparée à celle de l’essence. Rien de plus naturel cependant. Les équations chimiques de là combustion montrent qu’il faut beaucoup moins d’air pour brider complètement un volume donné d’alcool que pour le même volume d’essence ; et l’on constate que dans une cylindrée de 1 litre contenant le mélange optimum d’air et de carburant, on dispose de 0,95 calorie dans le cas de l’alcool méthylique contre 0,90 dans le cas de l’essence. L’alcool méthylique offre donc d’intéressantes [perspectives qui peuvent contribuera nous rassurer sur les conséquences d’une disette possible ou probable d’essence.
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- Séances de juin et juillet 1926.
- Le pouvoir adsorbant des charbons. — Ün tend à mettre à profit dans un grand nombre d’industries la qualité que possèdent certains charbons végétaux de retenir les matières colorantes et les vapeurs, comme celles des essences entraînées par les gaz naturels. Les « charbons activés » enfin ont retenu l’attention du monde savant et M. Surun s’est préoccupé d’établir une méthode de mesure, dans le cas de substances en solution aqueuse, comme le sublimé corrosif, le phénol, la résorcine, l’acide citrique et l’antipyrine dont l’adsorp-tion peut être évaluée par la règle de Freundlich. La méthode de M. Surun repose sur l’emploi de solutions
- (50 cmc.) des corps envisagés, agitées pendant une
- demi-heure, dans une série de flacons, avec des quantités croissantes de charbon jusqu’à la séparation, par filtration, d’un liquide renfermant une quantité de substance inférieure à celle qui peut être caractérisée par une réaction convenablement choisie et de sensibilité connue.
- L’idexoside, nouveau glucoside. — En appliquant aux fleurs d’ajonc (Ulex europaeus Lin.) la méthode biochimique de recherche mise au point en 1925, par MM.riBridel et Chavaux, MM. Bridel et Béguin ont isolé un glucoside, hydrolysable par la rhamnodiastase et qui,
- cristallisé dans l’eau et desséché à l’air, se présente sous la forme d’une poudre blanc-grisâtre, constituée par des lamelles carrées dont un côté est fortement courbe. Lévogyre, il fond instantanément au bloc Maquenne à -{- 247° et , chauffé en présence d’acide S04I12, dégage l’odeur de méthylfurfurol caractéristique des méthylpentoses. Le produit d’hydrolyse, Vulexogénol, donne aussi une poudre cristalline, mais blanc crème et fondant à 261°; insoluble dans l’eau, il se dissout dans la soude diluée en laissant une solution jaune qui passe rapidement au rouge rubis, puis au vert.
- L’appareil électrique de la torpille et le curare,. — Ce poisson est peu sensible à l’action du terrible poison, et c’est ainsi que la dose de 1 centigr. par kg, qui détermine chez le chien une paralysie rapide, est insuffisante à provoquer l’arrêt de la décharge électrique. Les nouvelles expériences de Mme et de M. Chauchard confirment l’explication donnée par Mme et M. Lapicque de la curarisation musculaire : normalement le nerf et le muscle ont la même chronaxie; le poison a la propriété d’allonger la chronaxie du muscle, en respectant celle du nerf et l’hétérochronisme ainsi produit rend impossible le passage de l’influx. Le curare agit donc non pas sur le nerf ,électrique, mais bien sur l’organe dont il augmente la chronaxie.
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- Le développement du Nemichtys scolopaceus Richardson. — Une importante collection de Poissons Apodes et de Leptocephales a été fournie par la dernière croisière océanographique du Dana et c’est ainsi que MM. Louis Roule et L. Berlin ont pu étudier en toute certitude l’évolution de ce Nemichtys, depuis les plus jeunes larves au sortir de l’œuf jusqu’à l’adulte. L’ontogenèse ainsi relevée est remarquable à plusieurs points de vue : l’augmentation du nombre des myotomes au cours de la croissance; les migrations de l’anus; le processus de résorption des chromoblastes larvaires ; le processus de pigmentation définitive; enfin la succession de larves tiluriennes à des larves leptocéphaliennes.
- La constitution des magasins de réserve du Microtus arvalis Pallas. — Il s’agit là du Campagnol des champs qui, lorsqu’il vient à pulluler, constitue pour notre agriculture un des plus graves fléaux. L’importante élude que viennent de faire en Haute-Normandie, MM. Robert Regnier et Roger Pussard fixent des points importants de la biologie de ce rongeur. La constitution des magasins de réserves alimentaires n’est pas un des moins intéressants, ainsi que la ration alimentaire tout à fait différente de celle du Mulot (Apodcmus sylvaiicus L.) Deux faits essentiels sont ainsi mis en lumière : le rôle des mauvaises herbes à rhizomes, à bulbes ou à racines pivotantes et la prédominance des dégâts dans les prairies artificielles et les céréales en vert.
- L'action de la morphine sur l'écorce cérébrale. — A ce sujet quelques observateurs, Beibnoff, Charles Richet et Baglioni signalent, après injection de l’anesthésiant, un abaissement du seuil faradique des centres moteurs de l’écorce et ils en concluent que la morphine a pour effet d’augmenter l’excitabilité cérébrale. Mais oh sait qu’une seule lecture du seuil ne permet pas d’évaluer P excitabilité et les travaux de Lapicque ont établi que l’on doit compter avec deux paramètres : l’intensité et le temps. Les études de MM. llizzolo et Chauchard viennent d’aboutir aux conclusions que voici : en raison de son peu de constance, la rhéobase ne peut servir à mesurer les variations de l’excitabilité; l’injection de morphine a pour effet de diminuer de façon sensible la chronaxie de l’écorce; enfin, cette chronaxie est d’une grande stabilité après morphinisalion et ne présente plus de variations individuelles.
- Les perles d'azote provoquées par les Bactéries du sol en cultures pures. — Dans le cas des eaux d’égout, les expériences classiques de Miintz et Lainé ont établi qu’une telle déperdition est due à la nitrification et celte explication a été généralisée par un grand nombre d’Agronomes. Certains cependant, notamment Blanche-tièrc, Tcrroine, Trautmann, Bonnet et Jacquot ont constaté, en étudiant le bilan de cultures pures, des déficits évidents qui ne peuvent avoir une telle cause et les nouveaux dosages faits par MM. Lemoigne et Dopter
- établissent que de nombreux microbes, dont la présence est normale dans le sol et dans les fumiers, sont capables de provoquer en cultures pures une perte d’azote lors de leur premier développement.
- Le titre de l’air atmosphérique en xénon et en krypton.
- — Les nombres trouvés par MM. Ch. Moureu et’Lepape s’identifient pratiquement à ceux que donnèrent en 1900 Ramsay et Travers, chiffres notablement supérieurs à ceux qui furent publiés en 1905. La méthode de séparation, basée sur l’emploi de l’acétone saturée de neige carbonique et du charbon de noix de coco, et le mode de dosage spectrophotométrique ont donné, pour 100 parties d’air en volumes : Argon 0,932; Néon 0,0018; Hélium 0,0005; Krypton 0,0001 ; Xénon 0,000 009.
- Le ralentissement des }ayons a. par la matière. — Noyaux d’hélium en mouvement, ces rayons subissent en traversant la matière une perte de vitesse qui est, d’après quelques expérimentateurs, fonction de l’épaisseur et de la nature de l’écran. M. Rosenblum soumet à l’Académie les résultats fournis par une méthode qui comprend la mesure de la déviation magnétique en recevant les rayons sur une plaque photographique, la source de rayonnement étant donnée par un dépôt actif de thorium émettant deux groupes de radiations dont on peut suivre simultanément le rayonnement. Comme absorbant, cet auteur a étudié le mica, l’aluminium, le cuivre, l’argent, l’étain, l’or et le platine, en feuilles de métal battu et laminé.
- La genèse du sol aux environs de Clermont-Ferrand.
- — M. Agafonoff a prélevé ses échantillons de terres noires de Limagne, à plusieurs kilomètres à l’est de Clermont, dans les champs de Pierrelongue, à quelques centaines de mètres du forage pétrolifère. La présence de péridol, d’hornblende, de magnélite et d’augite indique que cette terre provient de la décomposition, sous l’influence des agents atmosphériques et biologiques, tout d’abord des scories andésitiques, et pour tous les sols de la région, on doit attribuer un rôle prépondérant aux différentes projections volcaniques.
- La gatiine du ver à soie. — Celte maladie (la Maci-lenza des Italiens) est caractérisée généralement par le gonflement de la partie antérieure du corps des vers à soie qui devient plus ou moins translucide, l’animal cessant de manger et fuyant les claies d’élevage. Dans certaines localités de la Basse Ardèche, elle existe à l’état endémique depuis longtemps, et il a fallu à M. Paillol deux ans d’études pour déterminer les causes du mal et en préciser les caractères histo- et cylopathologiques. La gattine est causée par le Streptococcus bombyeis et, pour en atténuer les ravages, il faudrait modifier radicalement certaines méthodes d’élevage, surtout pendant les premiers âges.
- P AUI B.
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- LE SOLEIL ET LES AURORES POLAIRES 11 (Suite et fin.)
- Périodicité des orages magnétiques et des aurores polaires. — Nous avons vu précédemment que la courbe de fréquence des perturbations magnétiques et celle des aurores polaires présentent un parallélisme remarquable avec celle de l’activité solaire, c’est-à-dire reflètent la période undécen-nale.
- Mais on doit à M. II. Deslandres d’avoir montré qu’il y a une autre loi de fréquence de ces phénomènes, une sorte de sous-période de la période solaire. Dans une note récente (2) le Directeur de l’Observatoire de Meudon a fait remarquer que les orages magnétiques se produisent à des intervalles qui sont des multiples de la durée de la rotation synodique du Soleil. « Il y a, dit-il, des régions « spéciales, privilégiées, du Soleil, qui, à leur « passage devant la Terre, y provoquent un trou-ci ble des aimants ».
- Ainsi, le 9 mars, c'est la région de longitude 171°,7 du Soleil qui a coïncidé avec l’orage magnétique. Or, cette même région avait donné lieu à des perturbations lors de quatre rotations précédentes. L’orage magnétique et l’aurore du 26 janvier ont été produits par une région solaire différant exactement de 180° de la précédente. H en a été ainsi, également, pendant les deux rotations antérieures.
- Le Soleil tourne sur lui-même à l'équateur en 25j 41' 29m. C’est sa rotation sidérale, c’est-à-dire qu’une tache solaire, sans mouvement propre, revient en face d’une même étoile après ce laps de temps. Mais pendant un tour du Soleil, la Terre s’est déplacée autour de lui, et quand une tache revient en face de la Terre, le Soleil a fait au total une rotation sur lui-même, plus un angle égal au déplacement de la Terre depuis la dernière conjonction avec la tache. Cette durée, plus longue, est la révolution synodique. Elle est de 27L 275, un peu variable, puisque la Terre tourne autour du Soleil en décrivant une ellipse et non un cercle.
- M. Deslandres fait remarquer, en outre, que « les intervalles de temps entre les orages sont des ci multiples de la durée R de la rotation synodique « de l’astre; les orages rapprochés par cette « relation simple-forment une série naturelle ».
- En prenant comme origine du temps la déviation du 15 janvier à 21» 20m., M. Deslandres signale que les autres perturbations sont survenues à des intervalles qui, à de faibles diilérericesprès, sont égaux à
- R 0R „ R nR ..R .Q R
- « La distribution de ces orages dans le temps est « régulière seulement d’une façon approchée; il y a « des écarts en plus et en moins entre les heures c observées et calculées et qui se compensent ».
- 1. Voir n0'5 2757 et 2758.
- 2. Comptes Rendus de VAcademie des Sciences, l. 182, n° 11, 15 mars 1926.
- La moyenne des écarts, pris en valeur absolue, est de 8 heures, la période étant égale à
- Ai 15» 20irl (R = 27j 275).
- La perturbation et l’aurore du 14 avril, signalées par MM. Baldet, Burson et Grenat (') se sont produites presque exactement à l’intervalle 8 5 après
- l’orage précédent du 9 mars.
- Cette périodicité du sixième de la révolution synodique suggère à M. Deslandres l’idée que « dans le même intervalle de temps, la distribution « des régions actives dans l’espace sur la sphère « solaire doit être similaire et donc rattachée à la « symétrie de l'hexagone régulier ou de deux « triangles équilatéraux croisés ».
- Les régions actives sont probablement les taches et les facules qui n’occupent pas le méridien central mais l’ont dépassé, en moyenne, de 45 heures, ce décalage s’expliquant, comme M. Deslandres l’a montré en 1910, par la courbure imposée aux jets solaires par le champ magnétique solaire extérieur.
- Dans une nouvelle Note à l’Académie (-), M. Deslandres a précisé le résultat des recherches précédentes. L’étude a été étendue aux perturbations de 1925, puis à la série des orages magnétiques
- relevés par Maunder, de 1882 à 1905. La. période -g (et
- aussi les sous-périodes et se révèlent au cours de cette étude.
- « Le Soleil, dit M. Deslandres, pendant plusieurs « mois tout .au moins, serait divisé en six fuseaux « de 60° chacun, et les méridiens entre ces fuseaux, « ou les régions voisines de ces méridiens, seraient « le siège d’une émission corpusculaire particulière rement intense. Or, cette division hexagonale est « celle des corps qui, ayant la symétrie circulaire « autour d’un axe, se refroidissent et se contractent, « en subissant des pressions internes.
- « Finalement, ajoute M. Deslandres, si l’on écarte « les heures d’agitation désordonnée après les grands « orages, les autres perturbations, et les fortes en « particulier sont, à de rares exceptions près, con-« formes à la loi. De plus, les faits précédents con-o duisent à une explication simple et nouvelle de la « période undécennale et des champs magnétiques « solaires. Le rayonnement corpusculaire du Soleil « serait la cause première de tous ces phénomènes, « il augmente périodiquement lorsque les couches « profondes de l’astre, plus fortement ionisées ou « radioactives, remontent à la surface; et les points « d’émission corpusculaires, comparables à nos voici cans, sont distribués régulièrement sur la surface
- 1. Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, t. 182, il» 10, 10 avril 1920.
- 2. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, l. 182, n° 22, 31 mai 1926.
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- LE SOLEIL ET LES AURORES POLAIRES —r—: 223
- « et dans trois couches sous-jacentes, le rayonne-« ment étant d’autant plus intense que la couche « active est plus profonde. » (‘)
- La cause de la période undécennale du Soleil. — Le rayonnement corpusculaire du Soleil, comme on vient de le voir, pourrait être la cause de cette fièvre qui, tous les onze ans, agite notre foyer central. Mais pourquoi, tous les onze ans ce rayonnement corpusculaire deviendrait-il plus important? N’y a-t?il pas un phénomène extérieur, de même période qui, en quelque sorte, déclencherait ce rayonnement ?
- M. Jean Malburet, de Ilyères (Yar), a recherché précisément la raison de la période undécennale dans une influence des planètes sur le Soleil et les résultats auxquels il est arrivé sont véritablement dignes d’être pris en considération (2).
- « En vertu, dit-il, du principe de l’égalité de « l’action et de la réaction, les planètes exercent « sur le Soleil une action qu’on est tenté de regar-« der comme insignifiante, mais qui est, en réalité,
- « formidable.
- « ... Chacune d’elles y engendre une onde qui « met un temps différent pour faire un tour com-« plet : 3 semaines 1/2 environ, s’il s’agit de Jupi-« ter ; un temps sensiblement plus long s’il s’agit « de Mercure. De plus, comme il s’agit d’une action « différentielle, il existe en un point diamétralement « opposé de la surface ou de l’atmosphère du Soleil, « une onde sensiblement de même valeur et syn-« chrone; c’est donc tous les 15 jours environ que « repasse au même point l’onde jovienne, celle due « à la Terre tous les 14 jours, celle de Vénus tous « les 15 jours, etc. »
- Ces « marées » ont-elles lieu dans le domaine de la gravité, seule, ou également dans celui des phénomènes électro-magnétiques? M. Malburet penche plutôt pour la dernière hypothèse.
- Ensuite, il considère les phénomènes de synchronisme, de résonance, puisqu’il s’agit d’ondes diverses à la surface du Soleil.
- Les syzygies de deux planètes (c’est-'a-dire deux planètes et le Soleil en ligne droite) donnent un renforcement considérable de la marée pour des astres rapprochés ou lourds, comme Mercure, Vénus, la Terre et Jupiter. En laissant de côté Mars, Saturne et les autres planètes éloignées. M. Malburet calcule l’action déformante pour les planètes seules. Il trouve en moyenne, pour Jupiter 2,50, pour Vénus 2,16 ; pour la Terre 1,00 et pour Mercure 1,24.
- Mais si l’on considère une syzygie double, par exemple Terre-Vénus, l’action est 54,2. Elle passe à
- 1. Depuis là rédaction de eet article, M. H. Deslandres a publié dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences (t. 183, n° 3,19 juillet 1926), aine nouvelle note dans laquelle imprécise les résultats de ses recherches sous le titre :—Loi de distribution des orales magnétiques terrestres et loi correspondante de répartition des régions actives du Soleil ». Le lecteur qui désire approfondir la question est prié de se reporter à cette intéressante communication.
- 2. L'Astronomie, t. 39. novembre 1923. p. 303.
- 77,1 pour une syzygie triple : Terre-Vénus-Jupiter. (L’action des quatre planètes étant 100).
- M. Malburet a trouvé la règle suivante : « Chaque « fois qu’une syzygie Terre-Jupiter est précédée ou « suivie à moins de 5 ou 4 jours d’intervalle d’une « syzygie Vénus-Jupiter, on se trouve à 1 an ou « 2 ans près à une époque de maximum solaire » .
- Cette règle souffre à peine une exception pendant plus de trois siècles.
- L’auteur a alors calculé, pour une période de plus de 400 ans, de 1605,5 à 2005,6 les dates moyennes des conjonctions et oppositions (en longitude) des planètes Jupiter, la Terre, Vénus et Mercure. ,
- Il détermine alors les écarts syzygiques des syzygies Terre-Jupiter d’une part et Vénus-Jupiter de l’autre, c’est-à-dire le temps, en jours, séparant une syzygie du premier groupe de la syzygie la plus voisine du second. Ces écarts passent par un minimum à des intervalles de 10,57 et 12,01 ans. On voit ici apparaître une période de l’ordre de la période solaire.
- Mais .l'auteur va plus loin. Il ne nous est pas possible de le suivre en détail, et nous renvoyons à son mémoire paru dans L'Astronomie. Il donne, de 1710 à 1960, les écarts syzygiques inférieurs à 25 jours et en trace la courbe (fig. 2). En regard il place la courbe observée des taches solaires, de 1750 à 1920. La correspondance en est frappante. *
- En terminant, M. Malburet ajoute : « Il semble « bien difficile d’admettre qu’une telle accumula-« tion de coïncidences puisse être fournie par une « hypothèse sans fondement ».
- Nous en serons mieux convaincus en lisant une note de la page 515 (l’article a été publié en novembre 1925, et a été reçu à la Société astronomique de France le 15 février 1925) :
- «En janvier-février 1926, les quatre planètes Merci cure, Vénus, la Terre et Jupiter se trouvant « réunies aux environs du point de longitude 510°, « on devra constater une activité solaire considé-« rable ».
- Par les faits rapportés au cours de cet article, on voit que M. Malburet a donné là une prévision extrêmement remarquable.
- Les troubles solaires et les radiations très pénétrantes. — Il nous faut en terminant ce résumé des relations qui existent entre le Soleil et la Terre, parler des recherches que poursuit, depuis longtemps, M. Albert Nodon, docteur ès sciences, président de la Société astronomique de Bordeaux!1), sur l’origine des actions électro-magnétiques terrestres.
- M. Nodon utilise pour ses recherches trois clcc-tromètres différents et des postes récepteurs radioélectriques sur le détail desquels nous n’insisterons pas. Voici les résultats :
- L’électromêtre à quadrants accuse des variations brusques et parfois importantes pendant les périodes
- I . Voir L’Astronomie, I. iO, juin 1926.
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- Fig-, i. — Le Soleil photographié presque au même moment, avec un réfracteur et un specirohéliographe.
- A gauche : Photographie prise en lumière ordinaire le 20 janvier 1926, à 14'' 5"’, par M. F. Quénisset, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy. Le grand groupe boréal, apparu depuis peu au bord oriental, a donné lieu, le 26 janvier, à une perturbation électromagnétique, avec aurores polaires, de grande intensité.
- A droite : Photographie prise le 20 janvier 1926, de nh 2” à 1P 9m, au grand spectrohéliographe de l'Observatoire de Meudon, par M. L. d’Azambuja. Cette vue donne l’image de l’atmosphère supérieure fournie par la raie K3 du calcium. (Un verre spécial qui ne laisserait passer que cette seule radiation, montrerait le Soleil sous cet aspect.) On sera frappé de l’étendue perturbée sur le Soleil par les plus petites taches. Dans cette vue de droite, les parties blanches sont les « flocculi » du calcium. Les lignes noires ont reçu le nom de « filaments ».
- de troubles. Il faut entendre par là l’approche des grandes perturbations atmosphériques et sismiques et aussi les.périodes d'activité solaire. Les résultats sont les mêmes, que l'instrument soit enfermé dans une cage de Faraday ou qu’il reste à l’air libre.
- L’électromètre d’aluminium, dont la charge reste sensiblement constante pendant les périodes de calme, subit au contraire des oscillations régulières d’une durée moyenne de 7 secondes pendant les troubles solaires et terrestres.
- La propagation des ondes hertziennes subit des perturbations d’autant plus importantes que les troubles électro-magnétiques sont eux-mêmes plus considérables. L’intensité des ondes transmises paraît également suivre celle de la composante horizontale.
- Les faits constatés ne peuvent être expliqués que par un effet d’ionisation à l’intérieur même des instruments, dont l’air-devient conducteur.
- L'ionisation interne suit les troubles extérieurs, elle subit comme ces troubles des variations toutes les 7 secondes.
- L’origine de ces phénomènes doit être recherchée
- dans l'action ionisante de radiations très pénétrantes. Elles proviennent sans doute des astres et plus particulièrement du Soleil plus proche.
- Ces radiations très pénétrantes, dont les longueurs d'onde sont très probablement fort inférieures à celles des rayons y les plus pénétrants, sont douées d’un grand pouvoir d’ionisation.
- L’existence de ces radiations paraît confirmée par les recherches récentes de MM. Kohlhorster et Hoffmann, en Allemagne, et de M. Millikan, en Amérique.
- . *
- * *
- Nous voici à présent bien loin du simple rayonnement caloritique et lumineux que la Terre, autrefois, était censée recevoir du Soleil. La physique moderne nous a appris à connaître l’extraordinaire complexité du rayonnement émis par l’astre qui nous éclaire. Le dernier mot n’est pas dit, mais les faits commencent à se classer. Il reste encore là, toutefois, une belle page du grand livre de la nature à déchiffrer.
- Em. Touchet.
- \ i \
- 1750 1760 1770 1780 1730 1800 1810 1820 1830 BW 1550 1860 1870 1880 1830 1300 1310 1301
- Courbe des écarts inférieurs à 25, comparée à celle des observations de taches solaires, d’après M. Jean Malburet.
- Fig. 2.
- Les petits cercles sont leè corrections dues à Mercure. On remarquera le parallélisme frappant des deux courbes, d’oü semblerait résulter que la période solaire est causée par l’action des planètes.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Pans.
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- N" 2740
- 9 Octobre 1926
- LA NATURE
- Egaaawgsi ii'iii m—wwBMgaarega—mmbbm
- SOMMAIRE :
- Les hommes fossiles de la Denise : Dr Lucien Mayet et Henri Chaussegros.
- Le grand parc national du Canada : V. Forbiil.
- L’industrie du sulfate de baryte : J. L. — Chronique, — Le contrôle des fils textiles par les vibrations. La ventilation du tunnel de Mornay : Eugène-H. Weiss.
- SUPPLÉMENT :
- L.
- Informations. — Science appliquée : L’Automobile pratique.
- Boîte aux lettres.
- Bulletin astronomique.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
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- no, boulevard Saint-tiermaiu, Paris. Etranger j pr guisses _ q^q
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- LA NATURE
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- LA NATURE-
- N° 2740.
- 9 OCTOBRE 1926
- LES HOMMES FOSSILES DE LA DENISE
- Étrange se présente l’histoire des ossements humains découverts en 1844 sur la pente S.-O. du volcan de Denise, près Le Puy (Haute-Loire). Soit isolés, soit encore inclus dans les blocs de roche argilo-gréseuse où ils se sont fossilisés, ils occupent une vitrine du Musée Crozatier, au Puy, à côté d’une admirable série de Mammifères oligocènes de Ronzon; de très nombreux débris de Mastodontes, d’Eléphants, de Pihinocéros, d'Equidés, de Cervidés, de Carnassiers... recueillis dans les alluvions pliocènes du Velay, dans les tufs ou sédiments volcaniques de Yialette, du Coupet, de Sainzelles, de Sol-hilac, etc. A côté également d’une série d’ossements de Bouquetins, de Chamois, de Rennes, de Chevaux... provenant de la grotte magdalénienne d’Or-cier-Retournac; des pièces recueillies sous l’abri magdalénien du Rond, près Saint-Àrcons d’Allier; du mobilier néolithique de Cormail, près d’Espaly-Le Puy, etc.
- Dans cette riche documentation paléontologique et archéologique, les Hommes fossiles de la Denise occupent une place d’honneur : ils se présentent, en eîlet, comme les premiers en date des Hommes quaternaires et comme géologiquement les plus anciens de ceux retrouvés en France.
- Leur histoire est étrange, avons-nous dit. La voici brièvement résumée^1).
- Au commencement de l’année 1844, un nommé Adsclénard, tâcheron, marchand forain, voire propriétaire d’une masure dont les murs seuls subsistent aujourd’hui, qu’il habitait au lieu dit Chez l'Ermite ou VErmitage et d’une petite vigne située au-dessus de son logis sur la pente du mont Denise, brisait un bloc de pierre qui gênait l’accès de cette
- t. D’après une série de lettres et documents originaux obligeamment communiqués par M. E. Gaulhcron. avoué au Puy.
- Polignac
- Fig. 2. — Vite S.-O. du volcan de Denise.
- En bas et à droite, l’Ermitage et la route du Puy à Saint-Paulien. Le gisement des hommes fossiles est immédiatement au-dessous de l’index O. (Photographie J. de Veyrac, Le Puy.)
- Fig. i. — Le Puy et le volcan de Denise.
- vigne, lorsqu’il constata dans cette roche la présence de quelques ossements humains. Ceux-ci restèrent encastrés dans leur gangue pendant quelques semaines, après quoi, un camarade lui ayant dit qu’il ferait hh>n de les porter à un antiquaire du Puy, nommé Barthélémy qui faisait le commerce des fossiles du gisement de Ronzon, Adsclénard suivit ce conseil. En échange d’un couteau dont il avait grand besoin et quelque menue monnaie, Barthélémy eut un frontal humain dont un avocat du Puy, archéologue à ses heures, M. Pichot-Dumazel, fit l’acquisition dans des conditions infiniment plus onéreuses.
- Dans le courant de l’été, il demanda à Àdselé-nard de faire des recherches dans sa vigne pour trouver si possible d’autres ossements humains. Adsclénard en profita pour faire un profond drainage. Il ne trouva rien tant qu’il fut surveillé par M. Pichot-Dumazel. Mais celui-ci, incommodé par la chaleur de ce mois d’août 1844, abandonna la pente torride de l’Er-f mitage et rentra au Puy. Peu après, Adsclénard trouvait un bloc à ossements qu’il vendit... à M. Aymard pour le Musée du Puy. Adsclénard, encouragé par le prix qu’il en avait tiré, continua ses recherches, exhuma un nouveau bloc que M. Pichot ne laissa pas échapper. Ultérieurement, Aymard recueillit avec Adsclénard quelques ossements isolés; Paul Gervais, le grand paléontologiste français, une dent.
- Enfin, Lyell faisant, en 1859, exécuter une fouille dans la vigne d’Adsclénard, reçut d’un de ses ouvriers, un fragment de crâne.
- Ces découvertes, communiquées par Aymard aux Sociétés savantes et notamment à la Société géologique 15- ~ 225.
- 64' Année. — 2’ Semestre.
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- LES HOMMES FOSSILES DE LA DENISE
- de France, eurent un grand • retentissement, venant du centre d’étucles géologiques et paléonto-logiques vraiment brillant qu’avaient créé au Puy, Aymard, Bertrand de Doue, Félix Robert, etc. Mais voici que Pichot-Dumazel se dressait contre Aymard, farouchement. Le « bloc du Musée » lui avait échappé : le collectionneur ne pouvait le pardonner ni à Aymard, ni à Adsclénard. Aussi déployait-il toute son énergie à décrier le bloc qu’il avait acquis ensuite et affirmait-il que ce bloc n’était qu’un habile truquage du misérable Adsclénard, afin d’enlever indirectement tout intérêt scientifique au bloc jumeau du Musée.
- Seul le frontal-limonite restait au-dessus de la mêlée. Lyell ne disait-il pas à Mme Piehot, le 15 août 1859 : « Cette pièce, on en donnerait à Londres mille guinées (25000 fr. or) ! »
- Mais quelques jours auparavant, M. Hébert envoyé en mission par le Ministre de l’Instruction publique, avait déclaré : « Votre bloc est dans les mêmes conditions que celui du Musée, de sorte que si celui du Musée est vrai, le vôtre est vrai aussi ».
- Hélas! c’était tout le contraire de ce que souhaitait Piehot. Aussi répliquait-il aussitôt :
- — Mais Adsclénard n’aurait-il pas imité les zones ?
- . V-
- — S’il les a imitées, je le fais nommer membre de l’Académie des Sciences. H faudrait lui supposer une adresse incroyable.
- Aujourd’hui, le bloc Aymard, le bloc l’ichot, le frontal-limonite Piehot, etc., reposent côte à côte dans la grande paix du Musée Crozatier. Mais les polémiques dont ils furent l’objet ont jusqu’à main-
- tenant laissé planer le doute sur^la valeur documentaire des ossements fossiles ne Denise. Ils furent cependant examinés par les plus illustres savants d’alors — faut-il citer les noms de Paul Gervais Laurillard, Geoffroy Saint-Hilaire, Pomel, Lecoq, Pictet, Jourdan, Hébert, Lartet, Lyell, Pou-lett-Scrope, etc. — et l’immense majorité des jugements leur furent favorables. Ils n’en restèrent pas moins classés parmi les documents indésirables ou tout au moins furent placés dans ce que le professeur Marcellin Boule a dénommé, avec humour, le bric-à-brac de la préhistoire.
- Aujourd’hui, la thèse de la très grande ancienneté des Hommes fossiles de Denise, inlassablement
- Fig. 4. — Le « Bloc Aymard », au Musée Crozatier
- A la surface, le frontal masculin çt un fragment de radius dégagés Aymard et Bertrand de Doue en 1844. Le frontal, vu par son bord inférieur, est brisé en deux fragments. Les ossements, encore i-nclus dans la roche, sont peu visibles sur la photographie. (Photographie J. de Veyrac, Le Puy.)
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- soutenue par Aymard, se trouve confirmée définitivement, semble-t-il.
- M. Boule paraissait bien l’avoir adoptée dans sa belle et depuis longtemps classique Description géologique du Velciy (1892), lorsqu’il écrivait : « L’Ilomme de Denise serait donc sensiblement contemporain de la Faune à Rhinocéros. Mercki... Dans diverses publications antérieures, j’avais cru devoir cire plus prudent et réserver complètement F tige de ce célèbre gisement. »
- Toutefois, plus récemment, dans la 2e édition des Hommes fossiles (1925), il « estime que ce terrain remonte à une époque fort reculée des Temps quaternaires. Mais peut-être ne faut il pas écarter l’hypothèse d’une sépulture... J'ai cru — ajoute-t-il, — devoir rejeter cette découverte parce qu’elle n’offre pas des garanties géologiques suffisantes
- Or il y a un an à peine, un géologue éminent, M. Charles Depéret, membre de l’Institut, Doyen de la Faculté des Sciences de Lyon, a pensé que cette décision n’était peut-être pas sans appel ; que le gisement de Denise n’ayant pas été fouillé depuis près de trois quarts de siècle, il pouvait être intéressant d’en entreprendre à nouveau l’exploration dans le but de rechercher jd’autres débris humains et, à défaut, d’étudier d’une manière plus précise, les relations des couches fossilifères avec les éruptions du volcan quaternaire.
- Ces recherches ont été faites à la fin de l’été de 1925 et les résultats en ont été exposés par M. Ch. Depéret, à l’Académie des Sciences (‘) dans
- les termes suivants :
- « Les couches quaternaires qui ont fourni les ossements fossiles reposent sur des brèches basaltiques altérées, d’âge pliocène, qui forment un petit escarpement au-dessus de la route de Saint-Paulien.
- « Elles consistent en lits finement stratifiés de psam-mites siliceux et micacés, alternant avec des lits d’argiles dures, blanches ou jaunes, avec éléments ci-néritiques. À la base et au sommet de la formation, on observe des lits plus compacts de grès siliceux avec nombreux fragments de scories basaltiques remaniées. Cet ensemble, d’une douzaine de mètres d'épaisseur, n’a nullement l’allure d’une brèche volcanique, mais bien d’un dépôt sédimen-taire effectué dans quelque petite nappe d’eau douce par les apports de ruisseaux affluents. C’est seulement au-dessus de ces couches stratifiées qu’apparaissent les brèches basaltiques et les scories très fraîches produites par les explosions du volcan delà Denise.
- « Ainsi, les couches stratifiées à fossiles humains se présentent comme une période calme de sédimentation aqueuse séparant deux époques d’explosions volcaniques.
- « Il fallait d’abord reconnaître le niveau exact on avaient été trouvés les fossiles conservés au Musée du Puy. Cela m’a été facile, car les ossements humains du Musée sont encore engagés dans les blocs originels en couches régulières bien visibles.
- « J’ai donc fait pratiquer d’abord une tranchée suivant la pente du terrain, recoupant toutes les couches de la formation. J’ai pu reconnaître ainsi, vers le milieu de l’épaisseur, les lits de psammites micacés et d’argile blanche et jaune, identiques aux blocs du Musée.
- Ce niveau reconnu, j’ai ensuite fait
- 1. domptes rendus. I. 182, p. 558, séance du8 fév. 1920.
- Fig. 6. — Vue d’une tranchée des fouilles de M. Ch. Depéret (ig25) entamant les sédiments de l’ancien lac-cratère quaternaire, à quelques mètres de la cheminée vo’canique masquée par les broussailles de
- gauche.
- Les couches sédimentaires ont conservé leur horizontalité originelle. Il est remarquable qu’une éruption'aussi violente que celle du volcan de Denise, à la fin. du Quaternaire, faisant sauter toute la fermeture de l’ancien volcan pliocène, ait laissé intact ce lambeau lacustre à si laible dîsthnee .de la cheminée projetant une véritable montagne de bombes, scories, cendres,
- lapilli, etc.
- (Photographie J. de \'eyrac, Le Puy.)
- Idg. 5. — Cubitus et radius humains fossiles de la Denise, conservés dans leur gangue, au Musée Crozatier. Environ 114 grandeur naturelle.
- (Photographie Mayel et de Veyrac.)
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- LES HOMMES FOSSILES DE LA DENISE
- Fig. 7• — Fragment des sédiments déposés dans le lac-cratère quaternaire de la Denise et consli-tuant le gisement des hommes fossiles.
- Cet échantillon est photographié en grandeur naturelle.'il montre l’extrême régularité des couches déposées sous des eaux extraordinairement tranquilles et superposées sur plusieurs mètres de hauteur. A certains moments, des courants plus ou moins intenses ont entraîné des éléments plus grossiers, a, a', venus s'intercaler entre ceux, très lins, qui les ont précédés ou suivis. ~ Ce que la photographie n’indique pas, c’est la coloration vive, variée, de ces couches : jaune clair, gris perle, iblanc, noir, ocre, gris foncé, etc., dont l’épaisseur qui ne dépassé guère un ou deux centimètres est, en général, de quelques millimètres, parfois d’un demi-millimètre. (Photographie Mayel et Collin.)
- creuser une tranchée horizontale suivant l’affleurement de ces couches sur 40 m. de longueur, d’abord dans la propriété Kassab, ensuite dans la propriété Yiallet jusqu’au contact de la cheminée du volcan. Malgré l’importance de ce travail, je n’ai pas rencontré de nouvelles pièces fossiles et j’estime maintenant qu’il serait illusoire d’en rechercher d’autres.
- « Mais j’ai pu préciser d’une manière, je l’espère, définitive, les rapports de ces couches fossilifères avec les produits éruptifs du volcan voisin. En effet, si l’on suit les couches vers l’Ouest, on les voit venir buter contre la paroi verticale d'un dyke basaltique faisant partie de la cheminée, et se rebrousser à son contact. Il n’est pas douteux que l’éruption du basalte a été postérieure à la formation du dépôt sédimentaire, lequel a été comme coupé au couteau et relevé par l’ascension du basalte dans la che-
- Brèches de projection pfiocènes
- Brèches de prejeelion pfiocènes
- minée. Cette conclusion est encore confirmée par l’observation que j’ai pu faire de l’existence de lambeaux des memes couches plus à l’Ouest, du côté opposé de la cheminée volcanique.
- « On peut maintenant se représenter aisément la série des événements géologiques qui se sont produits dans la région de l’Ermitage de la Denise. À la fin du pliocène un grand volcan s’y était établi qui a projeté des masses de tufs et de brèches basaltiques formant un cône bien visible à l’ouest de la montagne, près du Collet. Ces produits volcaniques ont été ensuite démantelés par érosion et, dans une dépression de l’ancien cratère, s’est installé, vers le milieu du quaternaire, un petit cratère-lac dont le fond a été remblayé par des ruisseaux affluents qui y ont entraîné des matériaux très fins, empruntés soit aux brèches volcaniques, soit aux sables à Mastodontes pliocènes qui affleurent dans le voisinage... »
- EtM. Depéret regarde les Hommes fossiles de la Denise, non pas comme des victimes du volcan, mais plus simplement comme des restes de noyés dont les débris ont été charriés pêle-mêle par le courant d’un petit cours d’eau débouchant dans le lac-cratère.
- Plus tard, un nouveau volcan quaternaire a surgi sur le même point, volcan dont la cheminée a recoupé brusquement les sédiments déposés au fond de ce lac.
- Il est intéressant de remarquer qu’Aymard auquel on ne saurait contester une remarquable connaissance de la région du Puy, avait exposé une hypothèse dont M. Depéret n’a eu connaissance qu’après publication de la note précitée et qui est très voisine des conclusions auxquelles il est arrivé 70 ans plus tard. Le Congrès Scientifique de France tenait au Puy sa XXIIe session, en septembre 1855. À l’ordre du jour, figurait comme douzième question : A quelle race humaine doit-on attribuer les ossements fossiles dans les cendres volcaniques de Denise, près le Puy ! Est-il besoin de dire que la discussion fut animée? Au cours de celle-ci, Aymard fit remarquer qu’il ne serait pas éloigné d’adopter l’opinion d’un dépôt aqueux formé dans un cratère dont les bords auraient disparu lors de l’éruption marquant les "derniers temps de la période volcanique.
- L'àge géologique des ossements fossiles de la Denise se place donc au moment du dépôt des sédi-
- S«ll
- Fig. 8. — Le lac-cratère quaternaire ancien de Denise.
- Fig. 9- — De volcan quaternaire de Denise [état actuel).
- x Gisement des hommes fossiles.
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- Fig. io. — Le lac du Bouchrt (Haute-Loire).
- Le lac du Bouchet, qui est un des sites les plus pittoresques du Velav, occupe un ancien cratère, à 1200 m, d’altitude. Il donne une idée très exacte de ce que fut le lac-cratère quaternaire de Denise.
- (Photographie Lévy et Neurdein, Paris.)
- ments de l’ancien lac-cratère, plus probablement à la fin de ce dépôt qui a commencé après la période d’activité pliocène du volcan et cessa lorsque la plus grande partie du fond du lac fut emportée par la reprise des éruptions quaternaires.
- Le lac du Bouchet, dans la Haute-Loire, donne une idée parfaite de ce que devait être le lac quaternaire de Denise.
- En meme temps que les explosions profondes lançaient sur les pentes du volcan une énorme quantité de produits de projection : cendres, scories, bombes, etc., par des fentes latérales, de larges coulées de laves se déversaient dans les vallées avoisinantes. Il n’est personne, parmi les nombreux touristes venus dans cette ville d’art célèbre qu’est Le Puy, qui ne soit allé admirer les magnifiques « Orgues d’Espaly » ou les « Orgues de la Croix-de-Paille » qui descendent de l’Ermitage dans la vallée de la Borne en disposant en longs alignements leurs hautes colonnades prismatiques.
- Au bas de cette coulée basaltique, la Borne a édifié la terrasse alluviale des Rivaux où se rencontre une faune nombreuse : Cheval très abondant, Bison ou Bœuf, Rhinocéros à toison laineuse, Mammouth, Chamois, Hyène, Ours des cavernes, etc., largement représentée au Musée Crozatier et facile
- à recueillir au sommet de l’escarpement des Rivaux auquel conduit un délicieux sentier partant du pont d’Espaly et longeant’ la rivière. Celte faune est de type aurignacien et avec la hauteur de la terrasse (20 m.) date la dernière phase active du volcan : monastirienne ou prémonastirienne. Il en résulte que les Hommes fossiles de la Denise sont d’une ancienneté probablement plus grande que celle des Moustériens du type de Néanderthal. Ils représenteraient donc les plus vieux documents humains découverts en France, se plaçant entre YEoanthropus Dawsoni. d’àge tyrrhénien et Yllomo neanderthalensis d’àge monastirien.
- Les ossements conservés au Musée Crozatier sont encore dans l’état de leur découverte, après enlèvement partiel de leur gangue par Àymard et Bertrand de Doue. C’est une heureuse circonstance que cette absence de préparation. Elle eût isolé, sans grande utilité, en leur ôtant toute preuve d'origine, des fragments plus ou moins brisés, accumulés pêle-mêle par l’eau qui les a rassemblés.
- Ils constituent actuellement deux lots : l’un acquis par Aymard pour le Musée du Puy, l’autre par Pichot-Dumazel pour sa collection venue ensuite au Mu sée. Ils sont à rapporter à trois individus différents : deux hommes, l'un relativement jeune, 55 à45 ans (Aymard), l’autre au seuil de la vieillesse (Pichot-Du-mazel) et une toute jeune femme (Pichot-Dumazel).
- Ce sont des individus de peLite taille, 1 m. 56 à I m. 60, dolichocéphales, appartenant au rameau phylétique de Homo sapiens, c’est-
- Fig. 11.— Le contact sud de la cheminée du volcan quaternaire de Denise (à gauche) avec la partie conservée des sédiments du cratère-lac (à droite) ,
- La section des couches sédimentaires lacustres est nette. On constate un léger rebroussement de celles-ci qui, au voisinage de la cheminée, ont pris ^ une direction un peu oblique de bas en haut. Quelques mètres en deçà elles ' reprennent leur parfaite horizontalité.
- (Photographie Henri Teslout, de Lyon.)
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- LES HOMMES FOSSILES DE LA DENISE
- Fig. 12. — Le « Frontal Aymard » des ossements fossiles de la Denise. Environ 7/2 grandeur naturelle. (Photographie Muret et J. de Meyrac.)
- à-dire qu’ils représentent une mutation ou, si l’on préfère, une étape, dans l’évolution des hommes dont nous sommes, nous, les habitants actuels de la France, une mutation plus perfectionnée. Ce qui ne veut pas dire que la « mutation actuelle », que
- examen un peu superficiel a pu faire qualifier de néanderthaloïde le « frontal Aymard ». Il n’en présente pas moins une morphologie assez particulière, que l’on peut retrouver plus ou moins ébauchée sur nombre de crânes actuels, mais qui n'existe vraiment bien développée et très répandue que chez les plus primitifs des hommes actuels, les Australiens. Cette morphologie osseuse archaïque se présente ici en corrélation avec l’ancienneté géologique.
- Le « frontal Pichot » est dans un état de fossilisation différent de celui des autres ossements de Denise. Cela tient probablement à ce qu’il est resté assez longtemps exposé à l’air, à la pluie, au soleil après qu’Àdsclénard eut brisé sa gangue et avant qu’il ait songé à le porter au Puy. Un dépôt de limonite feuilletée remplit sa concavité, d’où la désignation de frontal-limonite qui lui est généralement donnée dans les publications de 1845-1800. C’est un frontal de toute jeune femme, sinon d’adolescente, avec arcades orbitaires minces, arcs sourciliers nullement proéminents, glabelle à peine indiquée, belle courbe ascendante, bosses frontales
- Fig. i3. — A, •• Frontal Aymard ». B, Frontal de l’Homme jossile delà Chapelle-aux-Saints (H. neander-thalensis). C, Coupe sagittale des deux pièces précédentes, passant un peu en dedans de l'échancrure sus-
- orbitaire. Environ 7/2 grandeur naturelle.
- 1, Glabelle. 2. Fossette supra-glabellaire. 3, 3', arcs sourciliers. 4, 4', bord supéro-externe de l’orbite. 5, marge sus-orbitaire. 6, 6', bosses frontales. 7, 7', crêtes latérales du frontal. 8, 8', triangle supra-orbitalis. 10, dépression
- supra-sourciliaire. 11, sillon supra-orbitaire.
- uous constituons, soit au terme de son développement et de son perfectionnement progressifs, j Les pièces capitales sont l’os frontal constituant la première des trouvailles^ d'Adsclénard et passé dans la collection Pichot et l’os frontal que renfermait le bloc iVymard. Ce frontal Aymard se réduit à sa moitié inférieure : la région sus-orbitaire, qui présente une glabelle massive, saillante, largement modelée — un fort développement des arcs sourciliers — un bord supéro-externe de l’orbite large, épaissi, etc. Il y a dans un tel dispositif morphologique quelque chose de très différent de ce qui se voit chez l'IIomo neanderlhalen-sis. Là, c’est un énorme bourrelet épais de plus de deux centimètres, constitué par toute la région sus-or-bitaire unie à la glabelle, projeté en auvent, séparé du front par un profond sillon ‘sus-orbitaire. Seul un
- nettes, etc. Au point de vue anthropologique, les crânes féminins n’ont généralement que des caractères assez imprécis et ne permettent que des conclusions incertaines. Du moins en pleine évidence, ce frontal féminin est-il entièrement dans la norme
- Fig. 14. — Le « Frontal Pichot-Dumazel » ou « Frontal-limonite •> des ossements fossiles de la Denise. Environ 7/2 grandeur naturelle, a, Vue de face ou'norma anlerior. b, Vue de profil ou norma tcrleralis .
- .^(Photographie Mayet et J. de Veyrac.)
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- de Y Homo sapiens. Ces Hommes quaternaires de Denise sont cependant fort antérieurs comme âge géologique (disons, très approximativement, entre quarante et cent millénaires) à la mutation du rameau bestialisé, proche de son extinction, de l’Homme du type de Néanderthal que représentent dans notre Monastirien de l’Europe occidentale les squelettes de Néanderthal, de Spy, de la Chapelle aux-Saints, de la Ferrassie, de la Quina, etc., à l’étude desquels restent liés les noms de Schwalbe, de Fraipont, de Boule, Bardon et Bouyssonie, de Capitan et Peyrony, du Dr Henri Martin (disons, environ 25 millénaires). Ils sont plus antérieurs encore aux Cro-Magnon chasseurs de chevaux-et de rennes (disons de 15 à 20 millénaires) dont font partie les Àurignaciens exhumés à Solutré par MM. Depéret,, Arcelin, Mayet et Mazenot(‘) et le squelette retiré de la terrasse de 20 m. delà vallée du Lot, à Libos (Lot-et-Garonne)
- 1. La Nature, 3 novembre 1925. Ibid., 14 février '1925.
- par M. Gaston Astre (*) pour citer seulement les découvertes les plus récentes.
- Tout autant que ces Aurignaciens, ces Hommes de la Denise sont dans notre ascendance directe et c’est ce qui fait leur puissant intérêt scientifique. Àymard se montra un homme de science dans toute la force du terme, lorsqu’il en pressentit l’inestimable valeur à une époque où Y Homme antédiluvien n’était évoqué que comme une hypothèse légendaire et où le génial Boucher de Perthes passait aux yeux des savants contemporains comme un doux rêveur, sinon même comme un délirant dont il convenait de se méfier, parce qu’il apportait comme preuves de l’existence dans la vallée de la Somme de cet homme d’avant le Déluge, les silex taillés qu’il avait ramassés aux environs d’Abbeville.
- Dr Lucien Mayet, Henri Chossegros,
- Chnrgè do Cours d’Anlliropologie Conservateur des Collections et Paléontologie humaine Paléonlologiques du Musée
- à l’Universilè de Lyon. Crozalier, au Puv.
- 1. La Nature, 9 janvier 1926.
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- Les Américains, qui aiment à collectionner les records, ont du en abandonner un, et non des moins impressionnants, à leurs voisins du Nord. Ils pouvaient se vanter, jusqu’en ces'dernières années, de posséder, avec la « Réserve » du Yellowstone, le plus grand parc in the worlcl, et sa superficie de 5500 milles carrés lui donnait droit à ce titre.
- Mais le parc national constitué dans les Montagnes Rocheuses canadiennes le relègue au second plan avec ses 4400 milles carrés.
- Nous rappellerons que les Américains ont emprunté à notre langue ce mot de parc, qui évoque en nous la vision d’un vaste domaine arrangé par l’architecte-paysagiste, pour désigner de grands espaces de montagnes et de forêts qu’ils réservent à perpétuité à la jouissance du public, et où il est interdit de chasser ou même de molester les animaux sauvages, d’abattre des arbres, de construire des maisons.
- On s’efforce de conserver à ces domaines leur
- aspect naturel, tout en y traçant de bonnes routes à l’intention des touristes. Les hôtels qu’on y édifie sont contrôlés par les agents du gouvernement, et
- les voyageurs n’ont pas à y redouter les surprises de la note à payer, les tarifs étant réglés par ces agents.
- Le Jasper National Park, dont l’accès est facilité par la ligne transcontinentale du Canadian National Rail-way, est à cheval sur la frontière commune à l’Alberta et à la Colombie Britannique.
- Il embrasse, sur sa superficie qui dépasse celles des Bouches-du-Rhône et du Yar réunies, une des régions les plus pittoresques du Nouveau Monde. Des innombrables pics qui s’y. dressent, bien-peu ont moins de 2500 m. d’altitude, le Mont Edith Cavell, baptisé en l’honneur de l’héroïque infirmière, a 5620 m., et, quelques lieues plus loin, le Mont Robson, digne de son titre de « Monarch of the Rockies », lance à L’assaut du ciel sa masse splendide, blanche de la blancheur du marbre de
- big. i. — Totem indien le long de la'ligne du chemin de Jer national du Canada, à J.asper.
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- Carrare, dont la crête est à l’altitude de 4500 mètres.
- Je me hâte de dire que ce magnifique parc n’a pas que ses montagnes comme ornement, car ce serait décourager les touristes .qui ne professent à l’égard de l’alpinisme qu’un enthousiasme relatif.
- D’admirables forêts que n’a point mutilées la hache du bûcheron grimpent à l’assaut de ces monts et remplissent la vallée de l’Àthabasca. Des lacs innombrables, dont les eaux limpides ont l’éclat de la turquoise, du saphir ou de l’émeraude, selon la coloration de leur cadre, sont parsemés dans toute l’étendue du territoire. Et l’on y voit aussi des glaciers de toutes dimensions, dont le Columbia ice fîeld, situé à la limite du parc, est considéré comme le plus beau et le plus vaste glacier de l’Amérique du Nord, à l’exception peut-être de celui du Mont Elias, en Alaska.
- Le nom du grand parc canadien lui vient d’un hameau de trappeurs fondé dans la seconde moitié du siècle dernier par un certain Jasper Ilawes, employé d’une Compagnie de pelletiers, brave homme que les trappeurs canadiens-français appelaient familièrement « Tète Jaune », et qui ne se doutait pas que sa mémoire serait ainsi immortalisée. Doté dùrne gare par le Canadian National Raihvay, Jasper enchevêtre ses ruelles sur un plateau qui surplombe le confluent de l’Athabasca et de la Miette, à la base du Mont des Pyramides dont les pentes polychromes sont le désespoir des peintres.
- Yis-à-vis du village, sur l’autre rive de l’Atha-basca, à 5 km de la gare, s’étale, devant un paysage merveilleux, Jasper Parle Lodge, résidence des touristes (fîg. 2). N’y cherchez pas de somptueux et criards palaces l C’est un groupe de maisons rustiques, édifiées de bois du pays autour de la loge principale où se prennent les repas, et qui est construite de même façon, mais avec de vastes salles
- aménagées fort simplement en restaurants ou en drawing-rooms (salons). Selon leur nombre, les touristes font choix d’un bungalow, les maisons étant agencées pour recevoir soit deux personnes, soit quatre, soit six, ou soit douze. Formule idéale pour des villégiaturistes qui recherchent l’isolement et le repos ! Chaque « hui te » comporte une salle de bain et une spacieuse véranda ; le confort moderne en pleine forêt vierge !
- Un détail prouvera que l’exploration de celte magnifique région est de date récente : l’une des plus belles montagnes du parc ne fut découverte qu’en 1911 par un alpiniste connu, le D1' Coleman, qui/impressionné par l’éclat de sa cime aux neiges éternelles, la baptisa Mount Resplendent (la montagne resplendissante) (fig. 5). Cette découverte est d’autant plus typique que ce pic a plus de 4000 m. d’altitude.
- Comme nous l’avons déjà noté, il est interdit de chasser dans les limites de l’immense domaine, qui sert désormais de refuge inviolable à la faune des Montagnes Rocheuses. Quelques bisons échappés au grand massacre de la lin du siècle dernier erraient encore dans des endroits inaccessibles, quand
- Fig. 3. — Le mont Resplendissant.
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- Fig. 4. — Indiens traversant le lac Maligne en canot d’écorce.
- le Parc de Jasper fut constitué. On les captura pour grossir Je troupeau du Parc Wainwrigbt, situé plus à l’Est, èntre Edmonton et Winnipeg, et nous pouvons noter en passant que c’est là, à beaucoup près, le plus grand troupeau de bisons qui soit au monde, avec ses 9000 têtes.
- Toutes les autres especes qui peuplaient la région ont été conservées, et la paix dont elles jouissent depuis plusieurs années a triomphé de leur méfiance. Les oiseaux ne s’envolent plus à la vue d’un homme, et il en est qui fréquentent audacieusement les campements des excursionnistes pour y mendier les reliefs du goûter.
- C’est peut-être le seul pays de la terre où l’on puisse voir à l’œuvre des castors, qui, partout ailleurs, ne -se risquent pas volontiers à la lumière du jour.
- Cerfs et chèvres sauvages se laissent photographier à distance convenable. Mais le record de la familiarité revient sans conteste,aux ours, qui sortent chaque soir par bandes de la forêt voisine pour rôde;r autour des cuisines de Jasper Park Lodge où le chef leur distribue à la main des friandises
- (fis- 5)-
- « A l’endroit où l’on jette les rebuts de l’hôtel, écrit M. Claude Melançon, l’écrivain franco-canadien bien connu, j’ai vu de mes yeux le préposé au dépotoir écarter à coups de fourche un énorme ours brun qui, la tète passée entre ses jambes, menaçait de le faire tomber, en sa hâte d’attraper un bon morceau. L’un de nous aurait été probablement mal venu à répéter cette plaisanterie, car les ours
- Fig. 5. — U11 ours dans le parc.
- de Jasper ne sont pas le moins du monde apprivoisés. Mais, pourvu que l’on respecte la trêve tacite, Maître, Martin ne songe pas à attaquer l’homme, même si celui-ci l’ennuie; il s’éloigne plutôt. »
- Convenons, avec notre confrère, que l’homme doit y mettre du sien pour que le pacte ne soit pas rompu et que la paix continue à régner entre le genre homo et le genre ursus. Ces ours abusent trop souvent de leur situation privilégiée pour pénétrer clandestinement en plein jour dans les huttes des cantonniers du parc et piller les provisions. Ces employés avaient imaginé un moyen fort ingénieux pour effrayer les larrons : ils tendaient autour de leur tente, à deux pieds du sol, une corde garnie de vieilles boîtes de fer-blanc qui, en s’entre-choquant, devaient épouvanter les plantigrades. Mais le procédé a fait faillite !
- M. Claude Melançon nous conte de plaisantes anecdotes sur les ours de Jasper, qui sont particulièrement friands de petit salé, de gâteaux et de confitures. Un ingénieur chargé de la construction du jeu de golf, M. Stevenson, qui attendait la visite de sa femme, s’était procuré à son intention des desserts variés qu’il avait enfermés dans une malle placée sous son lit, dans sa tente. Un ours fit sauter la serrure du coffre, et, non content de savourer les confitures, essuya sur les draps blancs ses pattes souillées de marmelade!
- L’ours apporte à l’exécution de ses larcins une intelligence quasi humaine. On en cite un qui, ayant remarqué qu’une ménagère du parc de Jasper mettait sa boîte de beurre à rafraîchir dans le Lac Beauvert, tira sur la corde qui suspendait le récipient dans l'eau et en dévora le contenu.
- Un autre, découvrant qu’un tuyau de fonte servait de cachette à des pots de confitures, le fit rou-
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- Fig. 6. — Le glacier Lantôme, sur le mont Edith Cavell. Sa forme rappelle celle d’un ange ou d’une figure ailée
- 1er au lias d’une pente pour le vider'de son trésor!
- L’ours est un grand humoriste!
- Lorsque le Maréchal Lord Haig, de passage à Jasper, fut convié à inaugurer le jeu de golf, on vit un énorme ours noir sortir précipitamment de la forêt, courir sur la première balle lancée par le vaillant guerrier, la croquer, puis s’asseoir placidement sur le iee que le projectile avait raté ! Ce sens de l'humour s’observe fréquemment chez les ours du parc. Sans vouloir multiplier de telles anecdotes, nous ferons choix d’une dernière qui ne manque pas de saveur. Des touristes taquinaient un jeune ours, qui prenait la chose avec philosophie. Une vieille et digne dame, encouragée par son attitude débonnaire, se pencha pour le caresser. Mais l’animal, agacé, lui enleva d’un coup de patte son chapeau de tulle rose en enlevant du même geste la blonde perruque qui la rajeunissait!
- Jasper Parle tend à devenir un grand centre de tourisme et de villégiature, que fréquentent les Amé-
- ricains autant que les Canadiens. Les facilités d’accès qu’offre la ligne du Canadian National Railwav contribuent à sa vogue, et de ,4 nombreux voyageurs qui traversent le continent entre Montréal et Vancouver s’y reposent pendant une journée ou deux. Cette route transcontinentale canadienne est de plus en plus employée par les personnes qui se rendent d’Europe en Extrême-Orient; elle offre sur la ligne américaine cet avantage appréciable que les voyageurs évitent les tracasseries d’El-lis-Island et du service de l’immigration des Etats-Unis.
- Des automobiles permettent aux gens pressés de visiter rapidement les beautés naturelles du parc, et, d’après le tarif que nous avons sous les yeux, les prix sont loin d’être exorbitants.
- Une excursion de 50 km, par exemple, coûte 5 dollars 1/2 par personne.
- Ceux qui en ont le temps et le goût remplacent la voiture par le cheval de selle, et l’on peut chevaucher ainsi toute une journée pour une somme de 4 à 6 dollars.
- Des guides du pays sont à la disposition des touristes pour les ascensions communes.
- Mais, pour les ascensions difficiles ou dangereuses qui relèvent de l’alpinisme, des guides professionnels engagés pour la saison, et qui viennent presque tous de la Suisse française, con-
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- duisent les caravanes. Cette saison dure du. 22 mai au 50 septembre.
- Et nous souhaitons à ceux de nos lecteurs qui aiment les beaux voyages et les beaux sites de
- connaître un jour les splendeurs et les charmes du Jasper National Parle (A. Y. Forbin.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article nous ont été gracieusement fournies par le National Canaclian Railway.
- L’INDUSTRIE DU SULFATE DE BARYTE
- Parmi les nombreux produits que nous fournit le i aussi sa présence, mais en bien plus faible quantité, sol minier, il en est un, généralement peu connu, en France, en Allemagne, en ^longrie. dont cependant les emplois sont très répandus dans | Ce minerai extrêmement dense tire son nom du
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- Fig. i. — Une entrée de la mine de Barytène de Malehurst en Angleterre.
- diverses industries. Ce produit est le sulfate de baryte ou barytène ; on le rencontre principalement en Angleterre, dans les contrées du Shropshire, de Derbyshire, de Cornwell, and Irland ; on a signalé
- Fig. 2.
- Station de force motrice de la mine.
- grec (Jkpuç) qui veut dire « lourd ». Il se rencontre dans le sol en cristaux opaques diversement colorés en bleu, en vert, en brun; sa présence est fréquente dans les veines de grès rouge des roches précambriennes ou il est généralement accompagné d’hématite, de pyrite de cuivre, de silice.. '
- Les photographies qui illustrent cet article nous ont été aimablement fournies par The Industrial Che-niist et nous font voir l’industrie du sulfate de baryte telle qu’elle est réalisée à la mine de Malehurst en Angleterre.
- C’est la plus forte exploitation anglaise de ce minerai, où elle est installée avec les derniers perfectionnements modernes.’Le gisement principal de barytine est situé à 60 m. en profondeur et fournit actuellement plus de 50 tonnes par jour déminerai.
- Le minerai extrait à la pioche en sous-sol est remonté à la surface de la mine et de là il est transporté par un transporteur aérien jusqu’à l’usine de Malehurst où se fait le traitement chimique du minerai. L’exploitation se poursuit d’une façon active, et on
- Fig. 3. — Un beau cristal de baryte naturel.
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- Fig. 4. — Blanchiment du sulfate de baryte. Ce produit contenu dans un grand récipient en bois doublé de plomb est arrosé d’acide sulfurique dilué, lequel arrive par une canalisation en plomb. L’acide dissout les produits colorés [fer, cuivre) et laisse inattaqué le sulfate
- de baryte.
- estime que pendant une dizaine d’années encore on pourra continuer à extraire de la barytine de ce gisement.
- Le traitement du minerai à l’usine consiste principalement en trois opérations principales : le lavage, le blanchiment, le broyage.
- Le sulfate de baryte brut est introduit dans de grandes cuves contenant environ 50 tonnes de minerai, après avoir été grossièrement broyé. Dans cette cuve il est soumis à un brassage énergique par l’eau qui le débarrasse d’une foule d’impuretés qui accompagnent le produit naturel. Après le lavage, le minerai est soumis à l’action d’un broyeur, puis porté par un élévateur à un trommel, sorte de tambour métallique, percé de petits trous et ne laissant passer que les fragments d’une certaine grosseur.
- Les morceaux trop gros repassent au broyeur et sont ensuite ramassés au trommel.
- Après le premier triage, le sulfate de baryte est amené dans un autre trommel divisé en plusieurs compartiments dont les trous sont de diamètre de plus en plus petits, et qui permettent ainsi de classer le produit en plusieurs grosseurs.
- Le produit ainsi divisé est ensuite soumis à l’action d'un barbotage d’eau énergique, puis il passe au blanchiment; des traces d’impuretés l’accompagnent encore (hématite, sels de cuivre), lesquels contribuent à colorer un peu le produit. Le blanchiment, est réalisé à l’aide d’acide
- sulfurique dilué. Le produit à traiter est introduit dans de grands réservoirs doublés de plomb et pouvant contenir 20 tonnes de sulfate de baryte. A côté de ce réservoir, se trouve un récipient en plomb contenant de l’acide sulfurique dilué. Sous l’action de cet acide les différentes impuretés sont dissoutes et entraînées, tandis que le sulfate de baryte insoluble reste inattaqué. L’acide de lavage s’écoule entraînant avec lui les impuretés et pourra servir à nouveau pour un autre traitement. On envoie alors un jet d’eau sur le sulfate de baryte imbibé d’acide sulfurique pour le débarrasser de toute trace de cet acide, et le chargement est enlevé pour être porté au séchage.
- Ce séchage est réalisé en disposant le sulfate de baryte sur une plaque circulaire tournant au-dessus d’une bouche de chaleur. Le dessus de la plaque est lui-même brassé continuellement par des bras munis de râteaux, de cette façon le sulfate de baryte rapidement séché est amené au bord extérieur de la plaque circulaire d’où il tombe dans un appareil récepteur.
- Pour être utilisé en différentes industries, le sulfate de baryte doit être amené à un degré de finesse très grand. Pour l’ultime broyage il est nécessaire de se servir de broyeurs spéciaux, et en l’espèce l’appareil généralement adopté est le broyeur Raymond. Le produit est amené dans une trémie qui alimente la chambre de broyage; là il est saisi par des balais qui la projettent entre des rouleaux broyeurs. Un courant d’air agit sur les rouleaux
- Fig. 5. — La dessiccation du sulfate de baryte. Le minerai blanchi mais humide, arrive par ttne canalisation sur une roue circulaire chauffée où des bras armés de râteaux le répartissent uniformément, puis le font tomber dans un appareil récepteur.
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- CHRONIQUE 237
- pour extraire la barytiné finement moulue, laquelle passe dans un séparateur à air où les plus grosses particules retombent et retournent à nouveau au broyeur, tandis que les particules les plus fines sont entraînées par l’air.
- Au point de vue commercial, la principale qualité requise pour le sulfate de baryte est sa très grande finesse et sa blancheur.
- L’épreuve qu’on lui fait généralement subir est la suivante : on met un échantillon du produit sur une plaque de verre,;' on l’aplatit avec une spatule, puis on laisse tomber un peu d’essence de térébenthine sur la couche.
- Un changement de couleur se produit alors allant du blanc au gris clair ou foncé suivant la qualité du produit obtenu. On se sert aussi du colorimètre dans le même but.
- Le sulfate d-e baryte trouve son emploi dans différentes industries.
- Son principal débouché consiste en son utilisation comme pigment blanc. Son pouvoir couvrant est très grand, et il possède la précieuse propriété d’être inaltérable. De ce fait il est utilisé dans la préparation de nombreuses couleurs.
- En dehors de ce débouché très important de la peinture, le sulfate de baryte est utilisé en papeterie pour charger la pâte de papier, en poterie, dans la fabrication du verre, etc.
- s. Enfin la fabrication du lithopone absorbe à elle, seule aussi de notables quantités de sulfate de baryte. On sait que le lithopone est un pigment blanc Irès utilisé pour remplacer la céruse dont il ne possède pas les propriétés nocives.
- Dans la préparation du lithopone, le sulfate de baryte est d’abord chauffé avec du charbon, et de ce fait, transformé en sulfure de baryum :
- SCP Ba -)- 4C — BaS -+-4CO.
- Le sulfure de baryum obtenu est lavé à l’eau et additionné d’une solution de sulfate de zinc.
- Une double décomposition s’accomplit entre les deux produits donnant naissance à un précipité complexe de sulfate de baryte et de sulfure de zinc. Ce précipité est lavé, filtré, séché et constitue le lithopone du commerce. J. L,
- l'ig. 6. — Le pulvérisateur Raymond utilisé pour amener le sulfate de baryte à un degré de finesse extrême qui permet de l’utiliser en peinture comme pigment blanc.
- CHRONIQUE
- Le système métrique en Russie. — Ou sait (jue le gouvernement do la Russie a décrété la substitution du système métrique à l’ancien système de mesures jusqu’ici en usage en Russie. Celte ^décision entraîne une transformation complète du matériel de mesure et de pesage.
- Le Conseil des commissaires du Peuple clel’U. R. S. S. vient de ratifier un accord aux termes duquel l’industrie française est appelée à participer à cette vaste entreprise, en association avec l’organisme d’état russe chargé d’assurer l’exécution de la décision gouvernementale. Cette association est réalisée sous forme d’une société mixte dite Sovmètre, au capital de ‘2 millions de roubles-
- or, chargée pour une durée de 20 ans, de la fabrication sur place de tout ce qui se rattache au système métrique, de l’entretien et de la réparation du matériel, et des fabrications annexes. Le contrat prévoit également la libre importation des produits français. Une production intensive est envisagée pour doter rapidement tout le territoire russe, du nouveau système, du reste rendu obligatoire dans les campagnes à partir du le‘ janvier 1927.
- La production doit être au minimum de ù millions de roubles-or pour la première année, 8 millions pour la seconde, 10 millions pour la troisième.
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- LE CONTROLE DES FILS TEXTILES PAR LES VIBRATIONS
- Déterminer le titre,] c’est-à-dire le poids d’un fil de soie, en le faisant vibrer, telle est l’originale et ingénieuse méthode qu’emploie M. Lahousse, chef du Laboratoire de la Société chimique des Usines du Rhône, pour le titrage des fils de soie artificielle qu’il est chargé de vérifier. Il en a récemment indiqué le principe dans une note au 50° Congrès pour l’Avancement des Sciences à Lyon.
- Actuellement, on détermine le titre des textiles én pesant des échevettes contenant une longueur connue de (il, 450 mètres pour la soie par exemple. Le but de cette mesure est dé contrôler la régularité du fil. Mais une pesée portant sur une grande longueur, même lorsqu’elle est effectuée sur un grand nombre d’échantillons, ne donne qu’un poids moyen. Les petites irrégularités périodiques du fil qui 'peuvent résulter de l’imperfection des organes mécaniques de filature ne peuvent être perçues dans cette moyenne, elles se compensent mutuellement. Et cependant elles sont loin d’ètre d’importance négligeable; ces petites variations périodiques du titre créent en effet dans les tissus des zones d’opacité différentes qui sont d’un effet déplorable.
- M. Lahousse mesure le titre du fil de soie sur de très courtes longueurs, 1 mètre par exemple et d’une façon continue, mètre par mètre. Pour y parvenir, il recourt à la théorie classique des cordes vibrantes. Celle-ci indique que la masse m par unité de longueur d’un fil tendu est égale au quotient de la force F qui tend le fil par quatre fois le produit du carré de la fréquence n du son engendré et du carré de la longueur entre deux nœuds de vibration h.
- F
- Si l’on maintient constantes la force qui tend le fil, et
- la fréquence du son produit, on voit qu’il suffira de mesurer la distance de deux nœuds de vibration pour en déduire la masse du bout de fil considéré.
- Pour cela, on fixe un poids invariable en forme de pince à l’une des extrémités de la longueur de fil à peser; l’autre bout s’engage dans une encoche à la partie inférieure d’une lame vibrante, entretenue en vibration par le noyau d’un électro-aimant à courant alternatif.
- Si ce noyau est alimenté par un courant de secteur à la fréquence 50, la lame attirée et repoussée 2 fois par période vibrera à la fréquence de ! 00 par seconde et communiquera au bout de fil une vibration de même période. Le fil vibre devant une échelle graduée mobile portée sur une planchette.
- Pour effectuer une mesure, on prend une bobine de fil, on en dévide une certaine longueur; inutile du reste de couper le fil : il suffit de le faire passer par l’encoche de l’armature et de le tirer en enroulant sur des rouleaux la longueur dévidée ; on peut isoler à volonté telle région du fil que l’on veut et la soumettre à la mesure. On cherche alors approximativement, en déplaçant la pince sur le fil, la longueur de celui-ci, telle que les amplitudes de vibration soient les plus fortes possibles. On voit alors les nœuds apparaître très nettement, l’un d’eux coïncidant toujours avec la pince formant poids tenseur. Il suffit à ce moment de lire la^ distance de deux nœuds consécutifs et de calculer le titre d’après la formule ; il est plus simple encore et plus rapide de graduer à l’avance l’échelle mobile de façon que la lecture donne immédiatement le titre. Le zéro de la planchette doit être amené en face de la pince tenseur et on lit le titre au premier ou au second nœud.
- Cette méthode élégante permet d’explorer rapidement et sûrement un fil de soie sur toute partie de sa longueur.
- LA VENTILATION DU TUNNEL DE MORNAY
- La Compagnie des Chemins de Fer P.-L.-M. a été amenée à envisager la ventilation artificielle du souterrain de Mornay sur la ligne à voie unique de Bourg à Bellcgarde.
- Ce tunnel est, en effet, placé dans des conditions défavorables, au sommet d’une longue rampe, qui exige la double traction. 'Le personnel était fréquemment incommodé par la fumée qui se rassemblait à l’arrière du convoi et l’accompagnait pendant toute la traversée. On a même eu à déplorer un grave accident avec mort d’homme, imputable à l’oxyde de carbone amassé dans le tunnel. La ventilation s'imposait donc.
- Pour ventiler un tunnel, on emploie divers dispositifs. On peut aspirer les fumées par un ventilateur disposé à la partie supérieure d’une cheminée verticale qui débouche vers le milieu du tunnel; l’air frais pénètre” par les deux tètes et le courant change de sens à l’aplomb de la cheminée respiralrice.
- Lorsqu’un train s’engage dans le tunnel, le courant d’air l’accompagne alors jusqu'à la cheminée et le convoi, tout entier tend à demeurer dans la même atmosphère. Dans un autre procédé, on utilise une galerie de faible section parallèle au tunnel à aérer. L’air frais refoulé dans la galerie est distribué le long de la voie par des bouches d’aérage réparties sur. la longueur du tunnel. C’est ainsi que l'on ventile le tunnel du Mont-Cenis.
- Au tunnel du Sim pion, les deux têtes sont munies de rideaux de fer, qui sont manœuvrés au moyen d’un moteur; dès que le train est entré dans le souterrain, le rideau de l’ouverture opposée est abaissé et on souffle de l’air frais sous très haute pression. Ce système efficace et très simple a dù être abandonné à cause du danger de la manœuvre des portes, qui doivent être relevées quelques instants avant la sortie du train : d’ailleurs on a adopté la traction électrique dans le tunnel du Simplon
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- LA VENTILATION DU TUNNEL DE MORNAY
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- Le système choisi pour le tunnel de ftlornay a été imaginé par l’ingénieur Saccardo, qui l’appliqua pour la première fois en 1894 dans un tunnel italien. Depuis il a été monté également dans d’autres souterrains et notamment au Saint-Gothard.
- En voici le principe : un injec-teur disposé à la tête la plus élevée du tunnel occupe tout le périmètre de la voûte. 11 envoie dans l’intérieur l’air frais refoulé par un ou plusieurs ventilateurs.
- La masse d’air soufflé abandonne une partie de sa force vive, elle produit une surpression et par suite un courant descendant. À Mornay, la puissance a été calculée de manière qu’il n’y ait aucun entraînement d’air par l’orifice du tunnel ; le débit dans le souterrain est celui des ventilateurs. On ne ventile donc que les trains montants. Cela n’a pas d’inconvénient, car les convois descendants produisent peu de fumée et ne courent pas le risque d’être obligés de s’arrêter en route.
- Cette installation a été faite par la Société llateau, qui avait déjà réalisé en 1909 un système de ce genre, dans un tunnel à double voie des environs de Lisbonne.
- Comment se fait le mécanisme de l’aérage? Le train qui se déplace dans le souterrain chasse l’air comme le ferait un piston dans un cylindre, ce qui donnerait un aérage défectueux. Mais ce mouvement est gêné par la quantité d’air qui passe entre les parois du train et la voûte et par la résistance des
- Fig. 2. — La station de ventilation et la sortie du tunnel.
- Fig. i. — Le bâtiment des ventilateurs du tunnel de Mornay.
- parois du souterrain qui freine le courant d’air. Plus le tunnel est long, plus cette résistance a une action énergique. Si le train chasse constamment devant lui l’air contenu dans le souterrain, il se trouve dans des conditions mauvaises d’aérage ; aussi ces conditions sont-elles plus défectueuses dans les tunnels courts que dans ceux de grande longueur. Dans les premiers la température et la teneur en gaz nocifs restent très élevées,
- La surpression créée par le système de ventilation appliqué au tunnel de Mornay s’ajoute à la résistance des parois du tunnel pour s’opposer au courant d’air ascendant qui résulte du mouvement du train. Il s’établit alors un équilibre entre l’action des ventilateurs et celle du train. La puissance des ventilateurs est telle que le courant descendant produit lorsque le tunnel est libre] se trouve réduit à une vitesse très faible, dès qu’un convoi montant s'engage. La station joue donc le rôle d’un obturateur pneumatique. L’air soufflé pendant le passage du train montant est entièrement refoulé par la tète la plus élevée où sont disposés les ventilateurs. 11 faut donc s’assurer avant chaque passage que le tunnel est rempli d’air frais.
- Qu’arrive-t-il si le convoi s’arrête dans le souterrain? Le courant d’air reprend sa marche descendante et chasse les fumées vers l’arrière du train.
- Le fait de placer la station de ventilation à la partie la plus haute de manière que les fumées soient refoulées à l’arrière du train permet d’envisager une puissance relativement faible pour les moteurs qui actionnent les ventilateurs.
- Le diamètre de la roue des ventilateurs est de 2,8 m. Ils sont au nombre de deux. À la vitesse de 240 tours, chacun débite 92 m3 à la seconde, sous une pression d’eau de 62 mm. La puissance absorbée sur l’arbre est de 110 ch. Ces ventilateurs sont du type hélico-centrifuge, dont la particularité intéressante est d’avoir une courbe de rendement très plate, au voisinage du maximum. Les ventilateurs
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- LA VENTILATION DU TUNNEL DE MORNAY
- sections de la cloche et du flotteur, la valeur de Z est égale à :
- )'
- On peut alors choisir le rapport
- S
- Fig. 3. — La salle des machines de la station de ventilation.
- sont entraînés par courroie au moyen de deux moteurs triphasés tournant à 1000 tours. Le courant arrive à la station à une tension de 100 000 volts et il est abaissé par des transformateurs à la tension de 220 qui est celle du courant d’alimentation des moteurs.
- Pour contrôler la ventilation, la Société Rateau a installé un manomètre multiplicateur à cloche flottante qui permet l’enregistrement des variations de débit d’air ou de gaz circulant sous de très faibles pressions.
- Le principe de ces appareils est en résumé le suivant :
- Une cloche cylindrique flotte à la surface d’une nappe d’eau ; un flotteur F, également cylindrique, est fixé à l’intérieur de la cloche. Si la pression sous la cloche est la même qu’à l'extérieur, les niveaux du liquide coïncident. Si l’on produit sous la cloche une dénivellation du liquide dans l’espace annulaire égale à h, la cloche monte verticalement d’une hauteur Z. Si S et s sont respectivement les
- pour que cette valeur de Z soit aussi grande qu’il est nécessaire.
- Un index fixé à la partie mobile permet de lire sur un graphique la valeur de la pression et au moyen d’un tambour enregistreur, on peut avoir une courbe, sur une durée de 24 heures par exemple. La prise de pression est constituée dans le tunnel par une niche obturée par une plaque de tôle et située à 20 m. de la buse de soufflage.
- La pression observée au voisinage de l’injecteur
- est fonction -de plusieurs éléments, les plus importants sont la vitesse et la longueur du train qui circule dans le tunnel, de sorte que l’on peut lire à l’enregistreur des pressions les variations des vitesses d’un convoi.
- Grâce à ces indications, le mécanicien de la station de ventilation contrôle à chaque instant la marche du train; si ce dernier s'arrête, on peut alors prendre les mesures nécessaires pour lui porter secours.
- Les essais exécutés au moment de la mise en marche de cette installation de ventilation ont donné des résultats qui ont prouvé l’efficacité des dispositions adoptées pour la ventilation du tunnel de Mornay, d’après le programme qui avait été tracé par la Compagnie P.-L.-M.
- Fig. 5. — Ventilateur avec son moteur asynchrone synchronisé.
- Eugène-H. Weiss
- le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiche, 9, rue de Fleuras, Pans. — 1920.
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- N° 2741
- _ 16 Octobre 1926
- LA NATURE
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- SOMMAIRE :
- L’appareil de plongée “ Le Prieur ” ; R. VilIefS.
- Les vaches de travail ,: Antonill Rollet. —- La métallurgie du zinc : S. Durocher. Le “ Barbara ”, navire à 3 rotors : R. V.
- La sensitométrie et la photographie : L. Lobel.
- Informations : Nouvelles de T, S, Variétés. —
- SUPPLEMENT :
- F. — Science appliquée : Construction. Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- Electricité, etc.
- MASSON ET Cifi, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris,
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- LA NATURE
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- L’évolution d’un principe...
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- LA NATURE. — N° 2741. : : ..—ru..::::.::. — 16 OCTOBRE 1926
- L’APPAREIL DE PLONGÉE “ LE PRIEUR ”
- Le travail sous l’eau exige l’emploi du scaphandre. C’est un appareil compliqué, lourd et onéreux, il comporte, non seulement un vêtement spécial, auquel le plongeur ne peut s’habituer sans un apprentissage préalable, mais encore une installation hors de l’eau, pour l’envoi de l’air respirable sous pression. On comprend que dans ces conditions l’emploi du scaphandre soit limité à des travaux très spéciaux. 11 y aurait cependant le plus grand intérêt à disposer d’appareils^autonomes, permettant d’efiec-
- à une bouteille d’air comprimé, à un appareil respiratoire simple et léger et à des manomètres qui permettent au plongeur de régler la pression de l’air suivant la profondeur, et de se rendre compte de la quantité d’air respirable restant à sa disposition.
- La bouteille d’air, fixée sur le dos du plongeur au moyen de sangles, est une bouteille Michelin à gonfler les pneus. Elle renferme de l’air à 150 kg de pression. Il est amené, par un tuyau métallique
- tuer aisément des plongées, de courte durée au | besoin.
- C’est à ce problème que le capitaine de corvette Le Prieur vient de donner une solution simple et élégante. Le commandant Le Prieur est un de nos inventeurs les plus remarquables : il s'est acquis déjà une renommée justifiée par ses appareils de contrôle pour la navigation aérienne et par ses appareils de pointage à distance pour les navires de^ guerre.
- Dans l’appareil de plongée « Le Prieur », le plongeur porte sur lui la provision d’air nécessaire pour la durée de son séjour sous l’eau. Il n’est plus tributaire d’un long tuyau de plongée et d’un ventilateur extérieur. Ilne porte plus de vêtement spécial gênant ses mouvements, L’équipement se réduit
- 54e Année. — 2° Semestre.
- résistant, à un manodétendeur qui le détend à la pression voulue, réglable par la manœuvre d’une simple manette, L’air détendu se rend par un tuyau de caoutchouc à l’appareil respiratoire, placé dans la bouche.
- Ce dernier appareil est un appareil respiratoire Fernez, d’un modèle courant et bien connu. Il se compose d’une armature métallique à trois orifices. L’un d’eux assure l’arrivée d’air ; au deuxième est fixée une pièce en caoutchouc que l’on prend dans la bouche entre les lèvres et les dents et qui évite toute rentrée d’eau ; enfin le troisième laisse échapper l’air en excès et se referme si la pression de l’eau est plus forte que la pression intérieure.
- L’opérateur est en outre muni de lunettes qui lui permettent de voir dans l’eau sans trouble.
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- 242 z... . - —....— LES VACHES DE TRAVAIL
- Le poids total de l’appareil complet est d’environ 10 kg, il se charge sur le dos en moins de 10 secondes.'Sa provision- d’air permet à l’opérateur de travailler en plongée pendant plus de 10 minutes.
- On se rend compte des services qu'un appareil aussi simple et aussi aisément mobilisable peut rendre dans les opérations de sauvetage. Il peut être mis en œuvre instantanément par des hommes peu expérimentés. 11 permet également d’effectuer aisément, par exemple à bord d’un bâtiment et avec
- les moyens du bord, de petits travaux en plongée, ou des vérifications de coque, des réparations de fortune.
- Aussi faut-il souhaiter que l’emploi de cet appareil si utile se répande rapidement.
- Au courant de l’été dernier, le commandant Le Prieur a procédé, au stade des Tourelles à Paris, à des expériences publiques de plongée et de sauvetage, qui ont démontré de la façon la plus probante l’efficacité de son appareil. 11. YiluvRs.
- LES VACHES DE TRAVAIL
- Dans les conditions actuelles de la culture, les petits exploitants, et même ceux des fermes moyennes, cherchent à tirer le meilleur parti des bêtes à deux fins, la vache, par exemple.
- Les bonnes vaches de travail, les bonnes bouvières, comme l’on dit aussi, Lien appareillées et bien dressées, ont une grande valeur, qui dépasse parfois au poids vif celle des bœufs de trait.
- « Cultivateur par goût, je pourrais dire avec passion, écrivait un grand agriculteur, il n’est aucun des travaux agricoles que je voie avec indifférence; .mais un paysan cultivant son champ avec deux vaches bien propres et bien luisantes me cause un plaisir que beaucoup de gens ne concevront pas. »
- « La vache, a-t-on dit, est l’animal de travail du pauvre, et il serait même, peut-être, celui du fermier aisé, dans les exploitations de 50 à 40 hectares où l’on cultive avec des bœufs, s’il pouvait être impunément confié à n’importe quel domestique de ferme. »
- On trouve, en effet, moins facilement des bouviers aptes à conduire les vaches et les bœufs, q^e des conducteurs de chevaux, car les vaches sont parfois nerveuses et impressionnables.
- « Vieilles, disait Villeroy, elles sont souvent trop pesantes; jeunes, elles sont presque toujours indociles. Les altèle-t-on avec le collier, on ne peut les maîtriser; les met-on au joug, il faut toujours laisser à chacune, à droite ou à gauche, la place à laquelle elle est habituée. Il faut enfin que les deux bêtes soient d’égale force. »
- Toutefois, si l’animal a été bien dressé, il ne restera pas moins souple et docile entre les mains d’un bon bouvier ; la douceur et les bons soins lui sont encore plus sensibles qu’au bœuf.
- Dans la Bresse, le Lyonnais, le Berry, en Âu-, vergne, dans certaines parties du Limousin, de la Marche ou de la Gascogne,- les vaches, pour un grand nombre, sont soumises au travail.
- « Allez à Villard-de-Lans, ou à Lourdes, à Clermont ou à Foix, et partout vous rencontrerez des chariots attelés généralement de vaches, et très exceptionnellement de bœufs, dit T. Jouve. »
- Dans le Limousin, ainsi que dans les parties du Bourbonnais où travaillent les vaches, on en compte 6 à 8 dans les petites métairies de 25 à 50 hectares. On voit là des animaux superbes de force, de prestance et d’allure, qui exécutent tous les travaux que feraient les bœufs, ce qui ne les empêche pas de produire et d’élever des veaux, et, par surcroit, de donner du laitage. Les veaux sont vendus à la boucherie, et l’on n’élève qu’excep-tionnellement quelques génisses pour la remonte de la vacherie.
- A l’étranger, en Allemagne, en Bavière, en Suisse, dans le Tyrol, les vaches de la race tachetée et de la race brune sont soumises au travail, souvent d’une façon absolue.
- En France, les vaches les plus réputées comme travailleuses sont les aubracs, les salérs, les limousines, les marchoises, les charolaises, les baza-daises, les gasconnes, les pyrénéennes, les alpines.
- Dans le Cantal, l’Aveyron, la Lozère, le bœuf d’Aubrac (race vendéenne) est classé, pour le travail, avant le salers (race auvergnate); puis vient le limousin (race d’Aquitaine). Chez les petits propriétaires, c’est la vache d’Aubrac qui accomplit tous les travaux de culture et de fenaison. Dans le Cantal on compte facilement 5 vaches de trait pour un bœuf. Dans les petites exploitations, les labours et charrois incombent à la vache de Salers, que l’on
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- rencontre aussi dans le Puy-de-Dôme. M. T. Jouve a cité l’exemple de vaches de Salers qui « donnent, dans l’Ardèche, près de J 5 à 18 litres de lait par jour, tout eu traînant, avec autant de vigueur que d’aisance, de lourds chariots, sur les rudes côtes qui entourent la ville d'Anonnay ».
- Dans le Puy-de-Dôme, la vache ferrandaise, de la même race auvergnate, est également employée aux travaux des champs.
- La vache du Mézenc est un métis d’auhrac et de salers qui peuple l’Ardèche et la Haute-Loire. Dans quelques exploitations du Puy et d’Yssingeaux on utilise pour le trait plus souvent les vaches que les bœufs.
- Les vaches gasconnes (race des Alpes) sont mises à contribution dans le Gers et les parties limitrophes des départements voisins, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, et un peu dans l’Ariège. Citons aussi, dans la même race, [es saint-gironnaises, ou ariégeoises, et les vaches de la vallée d’Aure des Hautes-Pyrénées, exploitées également dans l’Ariège. La vache de Saint-Girons a été plus particulièrement recommandée pour les fermes de la Basse Provence; « elle est bonne travailleuse, robuste, peu difficile pour la nourriture, agile, et en même temps facile à conduire ».
- Dans le Tarn, la vache des Angles est un métis d’Aubrac (race vendéenne) et de Schwilz (race des Alpes).
- Dans les Pyrénées-Orientales et l’Ariège, les vaches carolaises appartiennent h la race ibérique.
- Les vaches lourdaises (race d’Aquitaine), en même temps que très travailleuses, sont assez bonnes laitières ; dans les Hautes-Pyrénées, les Basses-Pyrénées, elles font presque tous les travaux; on rencontre très peu de bœufs dans le pays.
- A la même race appartiennent aussi les vaches d’Urt, ou basquaises, béarnaises, dans les Hautes-Pyrénées, les Basses-Pyrénées, les Landes. Elles passent pour énergiques et endurantes, et manifestent au travail un grand courage.
- Les coquettes bazadaises, métis des races d’Aqui-
- jFig. J. — Vaches employées au déchaumage.
- Fig. 2. — Race du Mézenc à la fenaison.
- taine et des Alpes, sont exploitées dans la Gironde et dans les Landes.
- De la Gironde à la. Loire, les petits cultivateurs mettent à contribution les vaches de certaines variétés de la race vendéenne. Ainsi, dans les Deux-Sèvres, les parthonaises, ou cholelaiscs, gâti-naiscs. Les marchoises, très rustiques, résistant bien au froid et à la chaleur, aux mouches, sont employées aux travaux des champs dans quelques parties de la Vienne, de l’Indre, de la Creuse.
- La vache limousine (race d’Aquitaine), bien que généralement beaucoup plus petite que le mâle, est mise à contribution, comme bête de trait, dans la Creuse, la Vienne, la Haute-Vienne, la Dordogne et dans les régions limitrophes.
- Dans le Cher et l’Indre on utilise la vache berrichonne (race vendéenne) ; dans l’Ailier, la Saône-et-Loire, la Nièvre, les charolaises, nivernaises (race jurassique), médiocres laitières, mais aptes au travail, peu sensibles à la chaleur et aux piqûres des mouches; dans l’Ain, les vaches bressannes (race jurassique), qui travaillent aussi bien que les bœufs et sont moyennes laitières.
- • Dans les montagnes de la Savoie, les tarines (race des Alpes) ne le cèdent en rien aux mâles pour la ténacité au travail ; elles sont fréquemment utilisées par la petite culture pour tous les charrois et travaux des champs Signalons aussi les chablai-siennes, ou d’Abondance (race jurassique), de la Haute-Savoie ; les Villard-de-Lans, de l’Isère, métis des races jurassique et des Alpes ; les tachetées dauphinoises (race jurassique) de La Tour du Pin.
- On le voit, les vaches de travail n’appartiennent pas à des races laitières qualifiées, mais plutôt à des races dont le travail est une aptitude, un caractère essentiel ; l’effort musculaire est incompatible avec une abondante sécrétion lactée. D’ailleurs, l’animal à lactation ultra-spécialisée a, par destination, un tempérament paisible et mou ne le disposant guère à l’énergie nécessaire au travail, alors
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- Fig. 4. — Une paire de vaches dressées au joug à la foire de Rodez. (Photographie de M. E. Marre.)
- que la bête de trait doit être, au contraire, plutôt vive, nerveuse, et rester purement et simplement une laitière. Les salers, quoique race de boucherie, ne présentent pas moins des femelles qui ont une certaine réputation au point de vue lactation, et aussi, une rare énergie au travail. Il en est de même des tarines.
- Il n’en est pas moins vrai qu’il faut viser, dans la vache de travail, l’animal aux aptitudes moyennes non spécialisées ; bien constitué, suffisamment laitier, et montrant des dispositions à l’engraissement. 11 n’est pas rare de rencontrer ce type dans les pays où les vaches travaillent.
- Dans les contrées spécialisées, la sélection et le dressage se font conformément aux données suivantes : constitution forte et vigoureuse, sans empâtement graisseux-; tempérament plutôt nerveux ; allure vive, souple, dégagée et régulière. L’animal porte bien une tête bien encornée. Il a un squelette bien établi, de bons membres et de bons aplombs ; la masse musculaire des épaules et de l’arrière-train est développée, et la ligne du rein courte et droite ; les hanches sont espacées.
- Le dressage peut commencer dès l’àge de 24 à 3t) mois. La vache est alors suffisamment développée pour lie point souffrir de l’effort que l’on exige d’elle, qui sera, d’ailleurs, modéré.
- On opère comme pour les bœufs, c’est-à-dire avec le joug double, le joug simple, ou le collier, suivant les régions, chacun de ces dispositifs présentant des avantages et des inconvénients.
- Certains prétendent, contrairement à l’opinion générale, que ce n’est pas par la tête, mais par les épaules,
- que les bovidés peuvent exercer tout leur effort. Le collier convient mieux aux vaches qui ont des cornes mal conformées. Avec lui, les bêtes, plus à l’aise, plus libres dans leurs mouvements, peuvent marcher plus vile, et aussi frapper à droite et à gauche pour chasser les mouches. Il donne la facilité de n’utiliser qu’un animal, ce qui est souvent fort commode quand on n’a que des charriages de matières peu lourdes. Attelées par deux, il n’est pas aussi nécessaire que les vaches soient appareillées et égales en taille et en force, comme lorsqu'elles sont au joug. Enfin, avec le collier on peut, dans les fermes où l’on emploie également des chevaux,, se servir des mêmes charrettes et appareils de culture, c’est-à-dire sans timon.
- Par contre ce mode d’attelage a l’inconvénient de nécessiter un attirail de harnais compliqué et coûteux, de ne pas offrir les mêmes moyens que le joug pour maîtriser les animaux. Dans les pays de montagne et les mauvais chemins, les vaches ont plus de peine à diriger le chariot, et pour qu’il leur soit possible de le retenir, il leur faut un harnais complet, avec avaloire, ainsi qu’aux chevaux. Gomme elles marchent la tête basse, elles reçoivent fréquemment des coups, qui peuvent être dangereux.
- Le joug a l’avantage de son extrême simplicité et de son bas prix, n’exigeant pas le harnais. Le joug frontal est préférable au joug de nuque et au joug de garrot, ce dernier n’étant guère, d’ailleurs, qu’une sorte de collier. Avec le double, on dresse et on maîtrise plus facilement les bêtes.
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- LA MÉTALLURGIE DU ZINC =:
- Le joug permet d'atteler plus court à la charrue ; celle-ci vacille moins, et les tournées ‘ont plus aisées.
- Dans les pays de montagne et les mauvais chemins, les vaches n’ont pas les difficultés signalées plus haut avec le collier ; par contre, dans ces situations accidentées, dans les champs dont la pente est rapide, là où Ion rencontre des rochers, des ravins, et où, par conséquent, les animaux sont placés trop souvent dans une position pénible, l’un plus élevé que l’autre, ils souffrent d'élre liés par le joug ; il en résulte même des accidents.
- < Quelle que soit la situation, il semble préférable d adopter le joug simple, la vache pouvant rendre ainsi plus de services. Pour le travail à deux, il vaut mieux: choisir des bêtes de même modèle, de même taille, de même allure, et autant que possible de même lorce. Non seulement cette similitude d aspect est plus agréable à l’œil, mais elle rend le
- travail plus facile et moins fatigant.
- La vache devant travailler plutôt dans les chemins agricoles, dans les terres, c’est-à-dire sur un sol non empierré, les roues du chariot seront à larges jantes.
- On ne la ferre guère que pour les sols graveleux, pierreux, ou en pente, et généralement seulement i’onglon extérieur de chaque pied ; cependant, si elle a la corne trop tendre il faut mettre un fer à chaque onglon des pieds de devant.
- Si la vache est plus sensible au froid et à la chaleur que le bœuf, grâce à son tempérament plus vif elle s acquitte mieux que ce dernier des besognes faciles. Elle convient surtout pour les transports légers à courte distance, pour les labours superficiels, les hersages, sarclages, où, habile, elle apprend vile à marcher seule entre les raies de légumes, ou autres cultures sarclées. Dans nombre de vignobles, en Bourgogne, dans le Bordelais, etc., elle est affectée avec profit aux travaux de la vigne.
- En ce qui concerne sa force motrice, Aujollet dit qu elle est à celle du bœuf de la même race comme 2 est à 5 ; c’est à peu près le rapport des poids.
- j D’après Villeroy, pour que le travail des vaches ne 1 puisse leur nuire, on ne doit exiger d’elles que la ! moitié du travail des bœufs ; comme elles sont j moins fortes et que l’on ne peut les atteler 6 semaines avant et 6 semaines après le vêlage, il faut 6 vaches pour faire le travail de 2 bœufs. J. Nicolle estime que 8 vaches sont nécessaires pour exécuter le travail annuel de 2 chevaux. Certains considèrent que la vache est plus économique que le cheval : moindre prix de revient de la nourriture, harnachement moins coûteux et moins dispendieux à entretenir, économie de ferrure, plus faible amortissement, production d une plus grande quantité de fumier.
- « Le travail de la vache, dit Th. Jouve, est incontestablement le plus économique ; il ne coûte à peu près rien, car 1 animal, par son lait, paie largement sa nourriture. Dans les fermes du Midi, continue 1 auteur, où l’on a une ou deux paires de vaches remplaçant le même nombre de mulets, on subvient en partie à la nourriture des hommes, soit que l’on vende le lait en nature, soit que l’on en tire le beurre, ou le transforme èn fromage. »
- Schmalz rapporte encore : « Les paysans qui cultivent avec des vaches ont beaucoup d’avantages sur ceux qui emploient des chevaux. Plus l’été est court, et plus, par conséquent, on a de travaux à exécuter dans un petit nombre de jours, plus on a intérêt à avoir un certain nombre de vaches prêtes à être attelées à la charrue au moment où ces travaux sont ui’gents. On réalise ainsi l’économie qui résulte de la diminution du nombre des chevaux, et les travaux peuvent être exécutés dans le moment le plus convenable, et souvent avec plus de perfection. »
- « Il n’est certainement pas exagéré, dit J. Nicolle, de prétendre qu'avec le fourrage et la paille consommés par 2 chevaux, on pourrait facilement nourrir convenablement 2 vaches, et que chaque cheval consommerait en plus 5 kg d’avoine par
- ^0Ur’ ^ ÀNTOXIN ROLET.
- Ingénieur Agronome.
- LA MÉTALLURGIE DU ZINC
- Le zinc, dont les emplois sont aujourd’hui si généralisés, est un métal dont l’exploitation remonte à une époque très reculée. Au moyen âge il était apiporté en Europe par les Portugais! Vers 1600, les Hollandais prirent un navire portugais chargé de zinc et en vendirent le contenu sous le nom de spelter, nom employé encore en Angleterre pour désigner le zinc.
- Basile Valentin, Paracelse au xvie-siècle ont plusieurs fois parlé du zinc.
- La République, en 1795, voulût exploiter les minerais de zinc de la Vieille Montagne (entre Aix-
- la-Chapelle et Liège), mais n'y réussit pas tout d’abord. L’empereur Napoléon Ier en 1806 confia cette exploitation à l’abbé Daniel Dony avec ordre de parvenir à obtenir le zinc métallique. Dony y arriva par hasard en voulant fondre du minerai de zinc dans un four, et en ajoutant du charbon en poussière pour élever la température, puis en plaçant un pot de fleurs renversé percé d’un trou dans la paroi du four pour examiner la réaction. Il vit le zinc se condenser dans le pot, plus froid que la paroi du four. Il avait ainsi découvert par hasard le principe de l’extraction du zinc.
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- LA MÉTALLURGIE DU ZINC
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- big. i. — Schéma, du four Merton utilisé pour le grillage de la blende ou sulfure de zinc naturel.
- Remarquer les trois soles superposées A, B, C et les râteaux fixés aux axes verticaux qui, tout en brassant le minerai,
- le font tomber sur la sole inférieure.
- Le zinc existe dans la nature sous la forme de deux minerais principaux : l’un, la calamine, constituée par du carbonate de zinc; l’autre, la blende ou sulfure de zinc.
- La Westphalie, le Hanovre, la Suède, le Pays de Galles, la Belgique exploitent la blende. La Sardaigne, la Lombardie, le Piémont, l’Espagne, la Grèce, l’Algérie possèdent le même minerai.
- La calamine est surtout traitée en Silésie, et aussi en Belgique, en Espagne.
- Nous nous proposons de décrire ici en quelques lignes la métallurgie du zinc qui constitue une industrie intéressante, en même temps qu’elle est un exemple typique du traitement des minerais en général en vue de l’extraction des métaux qui y sont contenus. Les photographies que nous avons empruntées à YIndustrial Chemisl feront mieux comprendre les réactions qui se passent dans cette industrie,
- D'une façon générale la métallurgie du zinc repose sur les principes suivants :
- Si on s’adresse à la blende, c’est-à-dire au sulfure de zinc naturel, ce minerai est d’abord converti en oxyde de zinc par un grillage à l’air :
- 2ZnS 4- 5O2 = 2ZnO +2 SO2
- nerai, il est tout d'abord converti en oxyde de zinc. Celui-ci est ensuite mélangé avec du charbon ou de la houille en très petits fragments et ch au dedans des récipients en terre réfractaire à très haute température. Il se forme de l’oxvde de carbone et le zinc métallique distille :
- ZnO -h C = Zn -h CO
- Oxyde de zinc
- Cliarbrm
- Zinc
- Oxyde de carbone
- Comme on le voit, cette métallurgie paraît très simple. Elle nécessite cependant une grande habileté et des appareils très bien appropriés, sur lesquels nous donnerons quelques détails, en prenant comme exemple le traitement de la blende tel qu’il se pratique à Swansea en Angleterre.
- I. — La blende ou sulfure de zinc contient en moyenne 48 pour 100 de zinc; c’est un minerai de couleur assez foncée, parfois meme noir. Il contient de nombreuses impuretés, du cuivre, de l’arsenic, de l’antimoine, du cadmium, parfois même de l’or
- Sulfure de zinc
- Oxvüéue
- Oxyde de zinc
- Aculu
- sulfureux
- Remarquez que dans cette réaction, il se produit de l’acide sulfureux dont nous verrons plus loin l’utilisation.
- S’il s’agit de partir de la calamine ou carbonate de zinc naturel, une calcination le transforme aussi en oxyde de zinc :
- CO5 Zn = ZnO CO2
- Carbonate de zinc
- Oxyde de zinc Acide carbonique
- Ainsi donc, quel que soit le mi-
- big. 2.
- Partie supérieure du four Merton.
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- LA METALLURGIE DU ZINC ... — ......—..• 247
- . Fig. 3. — Le four Merton.
- Remarquer les trois ouvertures superposées correspondant aux trois soles.
- ou de l’argent à l’état de traces.
- Le grillage de ce minerai, qui a pour but de le débarrasser du soufre qui s’y trouve contenu à l’état de sulfure, est une opération difficile à réaliser et qui nécessite un four approprié. Le four Merton est particulièrement employé dans ce but.
- Le minerai naturel est d’abord broyé de façon à obtenir de petits grains qui seront plus faciles à chauffer uniformément. Au'moyen d’un élévateur mécanique, le minerai convenablement broyé est amené à la partie supérieure du four. Ce four se compose de plusieurs soles de grillage superposées. Le minerai broyé est versé dans une sorte d’entonnoir d’où il tombe d’abord sur la sole supérieure de celle-ci et des agitateurs mécaniques le font tomber successivement sur les soles moyenne et inférieure. Les gaz du foyer se dégagent par une tubulure située au haut du four. L’appareil agitateur se compose d’un axe traversant perpendiculairement le four et dont les bras horizontaux portent des ringards. Ces ringards avec dents sont fixés sur des bras et servent à brasser le minerai et à effectuer le transport de celui-ci du milieu à la périphérie de la sole de grillage ou inversement. Par une ouverture pratiquée au milieu ou à la péri-
- Lig. 4. — Tambour dans lequel se faille mélange de minerai grillé et d’anthracite.
- phérie de la sole, le minerai tombe sur la sole qui se trouve immédiatement au-dessous de la première; là il est de nouveau brassé par des ringards qui le font ensuite passer sur la troisième sole, d’où il est finalement poussé sur une dernière sole où le grillage est encore plus activement poussé. Le minerai calciné tombe finalement dans des auges d’où il est extrait par des élévateurs mécaniques.
- Le four Merton est entièrement construit en briques réfractaires solidement renforcées par des armatures métalliques. Les foyers où s’exécute le grillage du minerai ont 5 m. de large sur 10 m. de long. Avec un tel dispositif on peut traiter aisément 9 tonnes de minerai par 24 heures. La température varie avec chaque sole. Aussi dans le premier compartiment elle ne dépasse guère 100°, mais elle augmente graduellement dans les compartiments suivants de façon à atteindre 800°.
- Nous avons vu que dans cette opération du gril-; lage de la blende il se dégageait de l’acide sulfureux. Naturellement ce gaz n’est pas perdu; il est utilisé; pour la préparation de l’acide sulfurique. Sans! entrer ici dans la description d’ailleurs assez compliquée de la préparation de l’acide sulfurique, nous; rappellerons que cet acide s’obtient en mettant en présence, dans des grandes chambres de plomb, de l’acide sulfureux, des vapeurs nitreuses, de l’air et de l’eau.
- L’acide sulfureux nécessaire à cette réaction est obtenu soit par le grillage de la pyrite ou sulfure de fer, soit comme nous l’avons vu, par grillage de la blende.
- II. — La deuxième phase de la métallurgie du zinc a pour but de transformer en zinc métallique l’oxyde de zinc préalablement formé dans le four Merton.
- Dans ce but, le minerai calciné est mélangé avec de l’anthracite en.fparties égales. Ce mélange est
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- := LA MÉTALLURGIE DU ZINC
- Fig. 5. —Les cornues ou iubes dans lesquelles on
- charge le mélange de minerai grillé et le charbon doivent être soigneusement préparées.
- Elles sont en terre réfractaire et sont convenablement séchées dans un.four avant d’être mises en service.
- réalisé à l'aide d’un appareil spécial qui permet d'homogénéiser la masse.
- L’extraction du zinc du mélange calciné et d’anthracite se fait en soumettant le four à une température d’environ 1400° dans des tubes d’argile. Ces tubes sont cylindriques ; leur longueur est ordinairement d’au moins 1 m., et leur diamètre de 18 cm. Ils sont fermés à une extrémité. L’extrémité ouverte est en rapport avec la paroi antérieure d’un four dans lequel les tubes ou cornues sont disposés en séries horizontales, placés les uns au-dessus des autres. L’extrémité ouverte sert pour introduire la charge de minerai ou d’anthracite, pour faire sortir les vapeurs de zinc et pour enlever les résidus de la distillation.
- La fabrication de ces cornues est très délicate et demande une terre de très bonne qualité. Après le
- moulage qui se fait dans une presse hydraulique, les cornues sont placées debout dans une chambre de séchage où elles séjournent quelques mois jusqu’à ce quelles soient suffisamment dures pour être déplacées et utilisées dans le four (fig. 5.)
- Quand les cornues ont été bien séchées, on les place dans le four en position inclinée et leur ouverture est adaptée à un récipient en fonte, auquel succède une allonge en tôle dont la surface intérieure est enduite avec de l’argile et dans laquelle le zinc distillé viendra se rassembler.
- Un four à zinc bien équipé peut contenir jusqu’à 150 cornues, 75 de chaque côté.
- Dès le début du chauffage, on voit l’oxyde de carbone se dégager par l’extrémité ouverte de la cornue, et brûler avec une llamme bleue à l’extrémité du tube de condensation, tandis que le zinc distille peu à peu.
- Après l'opération, on nettoie les cornues avec un
- Cornue
- Condensateur
- 'Cornue
- Fig. 6. — Disposition des cornues dans un four.
- Les cornues sont chargées de minerai grillé et d’anthracite et soumises â une température élevée. Le zinc prend naissance, se distille et vient se condenser à l’extrémité de la cornue.
- ringard, et on les charge à nouveau. Le zinc fondu recueilli est coulé dans des moules en fer forgé avec lesquels on obtient des pains de 20 kg environ.
- Voilà en quelques lignes un des modes opératoires suivis pour obtenir industriellement le zinc. Il y aurait évidemment beaucoup à dire encore sur cette question, mais ceci nous amènerait à une véritable étude de cette intéressante métallurgie.
- Nous ne pourrions cependant quitter ce sujet sans dire quelques mots de procédés nouveaux qui tendent à être appliqués aujourd’hui au traitement des minerais de zinc.
- La méthode que nous avons décrite n’est pas sans présenter de nombreux inconvénients : grande consommation de charbom, impossibilité de traiter cértains minerais trop pauvres, perte en zinc, manipulations délicates et nombreuses.
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- LA MÉTALLURGIE DU ZINC
- Ces diverses raisons ont déterminé les métallurgistes à orienter leurs essais vers les traitements électrothermiques et électrolytiques des minerais de zinc.
- Le développement de la méthode éleclrolhermique a eu lieu en Scandinavie et un peu aussi aux États-Unis. M. Bordeaux signalait récemment dans La Houille blanche que la Scandinavie était arrivée à produire 12 000 tonnes de zinc par an au four électrique avec des minerais à 25 ou 50 pour 100 de zinc et cela en raison du bon marché de la force motrice.
- Plusieurs modèles de fours électriques ont été
- point de vue de la main-d'œuvre et de la réduction des pertes de métal. Ce sont évidemment les raisons pour lesquelles les procédés électrothermiques semblent être actuellement en faveur. Ainsi nous apprenons que la Compagnie Royale Asturienne des Mines met actuellement en œuvre, en Norvège, plusieurs fours pour la fabrication électrothermique du zinc au voisinage de Hardanger.
- Le traitement électrolytique des minerais de zinc a aussi ses partisans. Les tentatives de traitement par l’électrolyse ont commencé aux Etats-Unis en 1913, mais déjà en 1917 on constatait une production importante de zinc électrolytique dans les États
- Fig. 8. — Chauffage des fo
- proposés et étudiés pour le traitement des minerais de zinc. Ainsi par exemple dans le four Tharaldsen, le courant passe dans un conducteur auxiliaire et chauffe le bain par conductibilité. Le condensateur est formé de cloisons verticales disposées en chicanes. La température s’y abaisse brusquement de 1200° à 600°, puis à 500°. Un four de 1000 kw avec du minerai à 50 pour 100 consomme 4 kw-heures par kilogramme de métal et donne 6 tonnes de zinc par jour. La consommation du charbon est de 20 pour 100 du poids du minerai.
- Il est certain que le principe des procédés électrothermiques de réduction des minerais de zinc est beaucoup plus séduisant que celui des fours que nous avons décrit au début de cet article, au double
- urs de distillation du zinc.
- de Montana, Californie, Colorado, Canada. L’installation la plus importante fut réalisée à Anaconda (Montana).
- Pour opérer l’électrolyse des minerais de zinc, on procède d’abord au grillage du minerai, puis on le dissout dans l'acide sulfurique ; on obtient ainsi une solution de sulfate de zinc, d’où on commence par éliminer soigneusement toutes les impuretés, et ceci est très important. L’électrolyse est produite par de nombreux électrolyseurs ; à Anaconda, il y en a 864, divisés en 6 unités ; chaque bac contient 28 anodes et 27 cathodes d’environ 60 cm sur 1 m. et 4 à 5 mm d’épaisseur. La meilleure cathode est une feuille d’aluminium et la meilleure anode une feuille de plomb.
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- LE “ BARBARA ”, NAVIRE A 3 ROTORS
- L’aluminium se recouvre de zinc finement déposé et très serré jusqu’à supporter plus de deux fois son poids.- Le courant est en moyenne de 230 à 257 ampères par mètre carré de cathode.
- Le rendement, d'après M. Bordeaux, atteint 87,6 pour 100 pour des minerais à 59 pour 100 de
- jours de faibles quantités de plomb, de fer, de cadmium, d’arsenic, d'antimoine.
- Il possède une couleur blanc gris, tirant sur le bleuâtre, que nous connaissons bien. La structure est généralement cristalline, lamelleuse, et sa cassure offre un vif éclat métallique. Il fond à 420°, et distille à 950°. Déjà à 500° environ, il s’enflamme au contact de l’air, et en brûlant avec une flamme verdâtre bien éclairante, il donne naissance à de l’oxyde de zinc.
- La faible altération du zinc à l’air le rend propre à une foule d’usages. Il est employé pour la couverture des bâtiments, pour les gouttières. La facilité avec laquelle il peut être moulé motive son emploi dans l’ornementation. 11 entre pour 50 à 50 pour 100 dans les alliages de cuivre qui constituent le laiton. L’opération de la galvanisation consiste à recouvrir les fils de fer ou les tôles d’une légère couche de zinc pour en retarder l’oxydation.
- Enfin une foule d’alliages aujourd’hui très utilisés dans l’industrie comportent une certaine teneur en zinc. S. DunociiER.
- un alliage de zinc et de cuivre, alliage que l’ouvrier va couler dans les moules disposés au premier plan.
- zinc et 7 pour 100 de plomb, et 92 pour 100 avec des minerais à 42 pour 100 de zinc et 5 pour 100 de cuivre. Ce rendement est supérieur à celui que l’on obtient parla distillation telle que nous l’avons décrite au début.
- Le traitement électrolytique tend actuellement à beaucoup se développer. Une usine électrolytique est pourtant bien plus coûteuse qu’une usine électro-thermique; il faut des bâtiments nombreux et un matériel important. Par contre, l’énergie électrique est moins grande. Les deux procédés électrothermique et électrolytique ont chacun leurs partisans, et seront peut-être ceux de l’avenir.
- Le zinc obtenu industriellement constitue la forme commerciale du zinc.
- Ce n’est pas du zinc chimiquement pur, il contient presque tou-
- Fig. io. — Les laboratoires des usines métallurgiques sont eux-mêmes
- de petites usines.
- Voici des rours déjà importants .qui servent à étudier la composition des minerais que l’on traitera ensuite par tonnes.
- LE “ BARBARA ”, NAVIRE A 3 ROTORS
- Nous avons déjà signalé le lancement de ce navire par les chantiers Weser à Brême. 11 est destiné à faire expérimenter d’une façon approfondie le célèbre dispositif de propulsion par le vent au moyen de cylindres tournants, imaginés par Flettner. Cette étude expérimentale sera faci-
- litée par le fait que le « Barbara » est, dans l’ensemble, un bâtimen l identique à deux autres navires construits en même temps par les mêmes chantiers, mais dont la propulsion est assurée uniquement par des moteurs. La revue Schiffbau publie une description complète du « Barbara »,
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- LA SENS1TOMETR1E ET LA PHOTOGRAPHIE rrr—~~ 251
- à laquelle nous empruntons les détails qui suivent : le bâtiment mesure 89 m. 50 dans sa plus grande longueur, 13 m. 20 dans sa plus grande largeur, sa hauteur est de 5 m. 795 depuis le fond jusqu’au pont principal. Son déplacement est de 2830 tonnes. Il comporte deux moteurs principaux, actionnant une hélice. Ce sont des moteurs Diesel de 530 ch chacun. Il possède, en outre, deux moteurs Diesel auxiliaires destinés à actionner les appareils de levage du bord et les dynamos qui alimentent les moteurs électriques des rotors. La puissance totale de ces moteurs auxiliaires est de 150 ch.
- Le (( Barbara » est muni de 3 rotors, chacun de 4 m. de diamètre et 17 m. de haut, représentant une surface totale de 204 m2, et calculés pour une pression maxima de 4000 kg par. rotor. On a jugé qu’avec celte poussée totale maxima de 12 000 kg on atteignait la limite de vitesse économique pour le bâtiment. On n’a donc pas cherché à obtenir une poussée plus forte qui eût exigé une construction plus robuste des rotors, une puissance plus forte pour leurs moteurs et par suite un alourdissement pour le biitiment. Cette poussée de 4 tonnes par rotor est atteinte, pour une vitesse de rotation convenable du rotor, dès que le vent a une vitesse de 9 m. environ à la seconde. La vitesse maxima permise alors au rotor est de 160 tours par minute, A.u delà de cette vitesse de 9 m. à 10 m. par seconde, on n’utilise plus complètement la force du vent, et la vitesse maxima permise au rotor décroît quand la vitesse du vent augmente. Dans un vent de 30 m. par exemple, cette vitesse de rotation ne devra pas dépasser 120 tours. Il est à noter que pour un vent de 40 m. à la seconde, qui est un vent de tempête, la pression du vent sur le rotor immobile n’est encore que de 2,5 tannes à peine. Le rotor étant construit pour subir d’une façon permanente des pressons de 4 tonnes ne semble donc rien avoir à craindre de la tempête.
- Chaque rotor est formé par une cheminée en tôle haubanée inférieurement; il repose au tiers environ de sa hauteur sur une colonne centrale creuse formant support et que traverse l’axe vertical qui transmet à la masse du rotor le mouvement de rotation imprimé par un moteur électrique. Le rotor tourne sur son support par l’intermédiaire d’un roulement à billes et rouleaux. Divers organes, calculés avec soin, assurent le guidage du rotor, préviennent les effets de torsion ou de dilatation, ou soulagent le pivot pendant les périodes denm-fonclionnement.
- Le rotor est construit en un alliage léger d’aluminium, le « Lautal » dont les caractéristiques mécaniques sont à peu près celles du duralumin.
- Chaque rotor est muni de deux disques terminaux, l’un formant chapeau à la partie supérieure, l’autre formant un rebord périphérique à la partie inférieure. Le mouvement lui est communiqué, par l’intermédiaire d’un jeu d’engrenages, par un moteur électrique à courant continu da 41 ch.
- Les premiers essais du « Barbara » ont commencé le 16 juillet et se sont poursuivis jusqu’à la fin du même mois. Ils ont montré que, pour des vitesses de vent de 4 à 7 mètres, l’adjonction des rotors aux machines du bord procurait un gain de vitesse très appréciable. Dans un vent de 4 mètres, le bâtiment, mù par les rotors seuls tournant à 140 tours, prenait une vitesse de 5,5 nœuds. Dans un vent de 6 à 7 m., le bâtiment prenait une vitesse de 9 nœuds.
- Ce ne sont là, du reste, que des essais préliminaires. Le Ministère de la Marine allemand, qui a subventionné la construction du « Barbara », entend que les essais en soient conduits d’une façon aussi méthodique et approfondie que possible, de façon à aboutir à des conclusions incontestables sur la valeur des rotors pour la navigation.
- LA SENSITOMÉTRIE ET LA PHOTOGRAPHIE
- La sensilométrie est la partie de la science photographique qui s'occupe des méthodes de mesure de la sensibilité des préparations photographiques.
- Elle étudie également le rapport qui existe entre les quantités de lumière qui servent à produire une image photographique et les noircissements des différentes parties de cette image.
- Il n’est pas dans notre intention d’étudier ici les lois de la sensitométrie, mais il nous semble intéressant d'en donner un aperçu pratique, qui nous aidera à comprendre le mécanisme de la formation des images photographiques.
- Quand ces notions nous seront devenues familières, nous verrons que certaines difficultés de la pho-
- tographie peuvent être considérablement diminuées. On a enseigné jusqu’ici qu’une plaque photographique ne pouvait reproduire correctement le sujet, qu’à la condition de recevoir une exposition à peu près exacte.
- /l’est de là qu’est venue cette croyance que la détermination du temps de pose était la base de l’obtention d’une bonne photographie.
- Malheureusement toutes les recherches faites jusqu’ici ne nous ont pas encore permis de découvrir une méthode de détermination facile du temps de pose correct, dans tous les cas qui se présentent en pratique.
- Nous nous proposons de démontrer ici que les émulsions photographiques négatives admettent
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- Fig. 2. — Noircissements de 6 négatifs d’un même sujet avec temps de pose variant dans la Proportion i, 2, 4, 8, 16, 32.
- une latitude de pose beaucoup plus grande que celle qu’on leur attribuait jusqu’à présent. Etant donné jee fait, nous pouvons éviter le manque de pose en multipliant les indications des photomètres ou des tables de pose, par un certain coefficient, sans craindre d’obtenir des clichés inutilisables, si ce coefficient est choisi dans des limites raisonnables.
- Les recherches sensi-tométriques de Ihir-ter et Dnffield nous enseignenlqu’une bonne plaque photographique peut reproduire correctement une échelle de teintes, dont les extrêmes sont dans le rapport de 1 à 4 000 environ, c’est-à-dire un sujet. dont les blancs reflètent mille fois plus de lumière que les noirs les plus intenses.
- Sur toute l’étendue de cet intervalle de luminosités, les noirs du négatif sont proportionnels aux quantités de lumière reçues. Au delà commence la période de surexposition, les contrastes deviennent plus faibles que ceux du sujet et finalement, pour les luminosités croissantes, les ' noirs n’augmentent plus. Ce phénomène de la diminution des contrastes, nous sommes habitués à le voir, chaque fois qu’un sujet est trop posé. Une échelle de noircissements, faite dans ces conditions, est représentée schématiquement par la figure 1.
- Si les sujets que nous avons à photographier se présentaient dans un intervalle de luminosité de 4 à 4000, nous ne pourrions disposer que d’un temps de pose unique. Un manque de pose nous
- donnerait un négatif avec des parties non impressionnées, dans les grands noirs du sujet, et un excès de pose nous donnerait un négatif avec des contrastes atténués, dans les grands blancs du sujet.
- Heureusement pour nous, les sujets courants (paysages) ne dépassent guère un intervalle de luminosité de 4 à 50. Ils peuvent donc être reproduits correctement, aussi bien avec le temps de pose minimum, qu’avec un temps de pose 50 fois plus long.
- Faisons de notre sujet 0 négatifs avec des temps de pose variant dans la proportion de 4, 2, 4, 8, 46, 52. Nos 6 clichés peuvent être représentés par les 6 schémas de la figure 2. Nous voyons que dans le premier négatif les clairs auront l’opacité 4 et les noirs l’opacité 52. Dans le dernier négatif, les valeurs respectives seront de 52 et 1024. Le rapport entre les clairs et les noirs sera le même, car la différence de niveau entre la première et la
- Fig. 3. — E11 haut, papier au bromure ordinaire, en bas, papier au bromure contraste, impressionnés derrière un photomètre Vogel.
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- LA SENS1TOMETRIE ET LA PHOTOGRAPHIE r=r=rrr=r= 253
- dernière marche est la même dans tous les clichés. Le premier négatif sera celui obtenu avec le temps de pose minimum, tandis que le dernier, tout en étant 32 fois plus opaque, possédera la même relation de teintes. Nous pouvons nous en convaincre, si nous exposons ces deux clichés, dans deux boîtes à lumière, en éclairant le premier avec une petite lampe de poche d’une bougie et le dernier avec une lampe de 32 bougies. Dans ces conditions, les deux négatifs auront la même opacité apparente.
- Ces deux clichés, tirés sur le même papier, donneront des épreuves identiques, avec le même temps de développement, si nous donnons à chacune des épreuves un temps de pose proportionnel à l’opacité du négatif.
- La latitude, que nous avons indiquée plus haut, ne s’applique en toute rigueur qu’aux sujets moyens. Il est évident que, pour un sujet à faibles contrastes, comme un effet de brouillard, la latitude sera plus grande et, inversement, pour un
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- Fig. 5. — graphique et courbe de noircissement du papier au bromure contraste.
- montrer qu’en surexposant modérément, pour ne pas avoir de clichés trop opaques, on sera certain de ne pas avoir des négatifs sous-exposés, impossibles à sauver, quel que soit le traitement qu’on veuille leur appliquer.
- Fig. 6, — Épreuve d’un môme cliché sur papier normal, à gauche ; papier contraste, à droite.
- sujet à grands contrastes, représentant des objets très blancs et d’autres noirs, côte à côte, la latitude sera bien plus petite.
- Si nous donnons cet exemple, ce n’est pas pour conseiller à nos lecteurs de ne pas s’inquiéter du temps de pose correct. Nous voulons simplement
- Explications sensilométrujues du rendu d'un négatif par les diverses préparations positives.
- Contraste d'une épreuve positive. — On dit souvent : tel papier demande des clichés doux, tel autre des clichés corsés. Quelle est l’explication scientifique de ces différences entre les caractères des papiers?
- Nous demandons à nos lecteurs de faire l’expérience suivante. Prenons un photomètre genre Vogel, constitué par un certain nombre de couches de papier superposées, aménagé de façon telle, que chaque carré comporte une couche de papier de plus que le précédent. Admettons, pour la commodité du raisonnement, que chacune des couches absorbe la moitié de la lumière incidente. Dans ces conditions, si nous retournons le photomètre dans le sens opposé, et si nous désignons
- Fig. p. — Épreuve d’un même cliché, trop heurtée sur papier contraste (à gauche), bonne sur papier ordinaire (à droite).
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- 254 ====== LA SENS1TOMÉTR]E ET LA PHOTOGRAPHIE =—
- B_____ _____6 C d
- 45°/ l Q> O O
- /A 00° /v*5° ^30°
- Fig. 8 — Représentation graphique du contraste d’une émulsion ou d’un cliché par l’angle de pente.
- a, papier à 45°. l\ papier contraste do°. c, cliché normal à _|5°. d, cliché doux à 3o°.
- par 1 l’intensité lumineuse, passant par le carré 1, nous aurons la progression suivante
- 1, 2, 4, 8, 16, 52, 64, 128, 512 et 1024.
- Impressionnons maintenant, derrière ce photomètre, successivement, un papier au bromure ordinaire et un papier au bromure contraste. Après développement, nous obtiendrons deux épreuves, comme le montre la figure 5.
- Si nous les examinons de près, nous constaterons que, dans la première gamme, le noir maximum est obtenu avec l’intensité 512, tandis que dans la deuxième, ce noir n’est atteint qu’avec l’intensité 52. Si nous essayons d’exprimer ce fait par un graphique, nous obtiendrons, pour le papier contraste le schéma et la courbe correspondante de la figure 4, tandis que le papier normal sera représenté par le schéma et la courbe correspondante de la figure 5.
- Si nous prenons maintenant un cliché doux, dont les noirs sont 64 fois' plus opaques que les blancs et si nous tirons ce cliché sur papier normal, que se passera-t-il? En donnant à notre épreuve une pose telle que les grands blancs, correspondant aux régions les plus opaques du négatif, soient à peine teintées, les parties transparentes du cliché ne recevront qu’une lumière 64 fois plus forte et notre épreuve ne présentera pas le noir maximum, pouvant être donné par notre papier. Si nous voulons, à tout prix, obtenir des noirs plus intenses par une pose plus longue, les blancs de notre épreuve seront grisés (nous raisonnons toujours sur une épreuve développée à fond) (fig. 6).
- Prenons maintenant le même cliché et tirons-le sur papier contraste? Nous savons, par notre échelle de teintes, qu’avec ce papier, le noir maximum est obtenu avec une pose 64 fois plus longue, que celle nécessaire pour obtenir le premier gris léger. Eh bien, nous obtiendrons une épreuve parfaite, vigoureuse, car les ombres seront représentées par le noir maximum, pouvant être donné par ce papier (fig. 6).
- Au contraire, un cliché dur donnera une épreuve trop heurtée sur papier contraste et une bonne épreuve sur papier normal (fig. 7).
- Ceci explique pourquoi un cliché à contrastes insuffisants doit être tiré sur un papier à grand contraste. Si nous représentons le contraste d’une émulsion par l’angle de pente, nous dirons, par exemple, qu’un papier normal a une pente de 45°
- (fig. 8-a) et un papier contraste a une pente de 60° (fig. 8-b). De même un cliché doux pourra être représenté par une pente de 50° (fig. 8-4), tandis qu’un cliché normal pourra être représenté par une pente de 45° (fig. 8-c).
- Le cliché de 45° donnera une bonne épreuve sur le papier de même angle, car les deux angles font ensemble 90°. Par contre, si nous voulons tirer un cliché de 50°, il nous faudra un papier de 60°. En somme, il faut que la pente du papier soit complémentaire de la pente du négatif.
- Expression scientifique des propriétés des couches sensibles. — Dans les paragraphes qui précèdent, nous avons montré d’une façon schématique comment le noircissement des plaques ou des papiers photographiques varie en fonction des quantités de lumières qui les impressionnent. Gomment fait-on ces mesures? Voici un aperçu sommaire des méthodes sensitométriques et photométriques, telles qu’on les pratique dans les laboratoires scientifiques ou industriels.
- Ce sont les savants anglais Hurler et DriffieUl, qui ont montré pour la première fois que les préparations photographiques possèdent chacune une courbe caractéristique. Ces courbes sont tout à fait analogues à celles des triodes utilisés en T. S. F.
- -c 1,5
- Logarithm. dès-quantités de lumière
- Fig. g. — Courbes caractéristiques de noircissement de substances photographiques.
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- = LA SENSITOMÉTR1E ET LA PHOTOGRAPHIE — : __ 255
- Une série de courbes de ce genre, avec les variations • obtenues par la durée du développement, est représentée par la figure 9. On voit qu’au-dessous d’une certaine quantité de lumière, il ne se produit aucun noircissement et qu’à partir d’une certaine quantité de lumière, les noircissements sont proportionnels aux quantités de lumières. Cette portion rectiligne de courbes est appelée région de pose correcte(‘).
- Pour produire sur une préparation photographique une série d’expositions croissantes, on dispose de deux méthodes, soit celle avec intensité lumineuse constante et pose variable, soit celle avec pose constante et intensité lumineuse variable.
- La première méthode peut être mise en œuvre à l’aide d’un disque tournant, à ouvertures angulaires croissantes, comme le montre la figure 10. Ce disque tourne devant la préparation sensible, à une distance déterminée d’une source de lumière étalonnée.
- La deuxième méthode emploie un coin dégradé, gris-neutre, constitué par du verre noir taillé en prismes, ou encore mieux un coin Goldberg, qui comporte une couche de gélatine noire, d’opacité croissante, partant do l’opacité O à une extrémité. 11 est facile de mesurer l’opacité en un certain nombre de points situés à des distances déterminées et de déduire de ces mesures la loi d’accroissement d’opacité. Par exemple si l'on trouve qu’en trois points distants d’un centimètre entre eux, les opacités respectives sont de 1,10 et 100, on dit que la constante du coin est de 1 (ce nombre étant le logarithme de 10). Pour les essais on emploie généralement des coins ayant une constante de 0,5 à 0,5.
- 1. Dans le graphique de la figure 9 nous avons exprimé les quantités de lumière et les opacités en logarithmes. Hurter et Driffield ont en ciï'et démontré que dans la région de pose correcte la proportionnalité n’existe qu’entre les logarithmes de ces deux variables. Rappelons ici les définitions de la transparence, de l’opacité et de la densité.
- On définit la transparence T par le rapport entre la lumière V transmise par un milieu absorbant et la lumière incidente I.
- L’opacité O est l’inverse de ce rapport.
- La densité 1) est le logarithme de l’opacité.
- 1) = log O = log p
- Ainsi un milieu qui laisse passer 0,1 de la lumière incidente aura une transparence de 0,1, une opacité de 10 et une densité de 1 (log 10 = 1).
- Ail ï êj c; 5 ÀB ^ :: (M)
- G PI111 1 ' 1 *T rTT'T’T1 P 1 c
- Fig. n. — Photomètre de Hurter et Driffield.
- Fig. io. — Disque tournant à ouvertures angulaires croissantes.
- Il s’agit maintenant de mesurer la densité (logarithme de l’opacité) en plusieurs points afin de pouvoir tracer la courbe. On s’adresse pour cela à des photomètres agencés d’une façon spéciale, afin de rendre ces mesures très rapides.
- Le photomètre de Hurter et Driffield comporte deux sources de lumière identiques À et B,'placées chacune à l’extrémité d’un banc CG, avec un tête photométrique D (Bunsen ou Lummer et Brodhun) pouvant coulisser tout le long du banc. Si devant une des sources, on place la densité à mesurer, la plage correspondante du photomètre paraîtra plus sombre. On rétablit l’égalité, en approchant le photomètre de la source. Le banc optique est gradué directement en densités (en se basant sur la loi du carré des distances) et de ce fait les calculs se trouvent abrégés (fig. 11 ).. JI-
- Pour tracer la courbe on porte en abscisses les logarithmes des quantités de lumière et en ordonnées les logarithmes des opacités (densités).
- Dans les labotatoires où l’on fait beaucoup d’essais sensitométriques, l’inscription des résultats et le traçage des courbes exigent un travail assez long. Ce travail peut être fait d’une façon automatique et par une personne non exercée, grâce à un appareil inventé par un savant allemand, le D‘ Goldberg, appareil construit depuis quelques mois en France et dénommé sensito-pholomètre enregistreur. En employant cet appareil, il suffit d’égaliser les deux champs du photomètre et de manœuvrer un levier, pour déterminer l’inscription automatique du point correspondant de la courbe sur un graphique, convenablement fixé à l’appareil.
- Le principe de l’appareil est le suivant : si, sous un coin sensitométrique gris neutre (écran dégradé de Goldberg), on expose un échantillon de la couche sensible en essai et que, après développement, etc., de la copie, celle-ci soit disposée, dans un plan u faisant un angle droit avec le plan e de l’écran original (fig. 12) et que l’on déplace à l’intérieur de ce dièdre un prisme photométrique, recevant de deux directions normales au plan considéré dés faisceaux lumineux ayant, en l’absence de tout milieu interposé, des intensités égales, chaque fois que l’on réalisera l’égalité d’éclairement des deux champs photométriques, un traceur, solidaire du
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- 256 ====== LA SENS1TOMETR1E ET LA PHOTOGRAPHIE
- Fig. 12. — Schéma du principe du sensito-photomèire enregistreur de Goldberg.
- prisme B se trouvera sur la courbe caractéristique. Si donc on déplace le prisme, de façon à maintenir constamment l'égalité des éclairements, le crayon doit dessiner automatiquement la courbe.
- La ligure 15 schématise la disposition adoptée pour l’application pratique de ce principe : la copie photographique P et le coin gris neutre E sont éclairés respectivement par déux lampes électriques minuscules S et S' enfermées dans des enveloppes étanches, sauf une ouverture ménagée en position convenable ; les deux flux lumineux parviennent au cube photométrique C, examiné par l’oculaire 0. En fait le cube photométrique et l’oculaire occupent une position invariable : le coin de comparaison est solidaire d’une platine mobile, sur laquelle est fixé le papier quadrillé; enfin le cadre porte-image,
- mobile dans le sens perpendiculaire au déplacement de la platine, est solidaire d’un crayon qui par la manœuvre d’un poussoir, marque sur le quadrillage un point de la courbe, chaque fois que l’on a réalisé l’égalité d’éclairement des deux champs du photomètre.
- La figure 14 nous montre la réalisation de l’appareil de mesure. La plaque à mesurer est introduite dans le cadre porte-plaque À, qui coulisse parallèlement à l’axe des abscisses. La plaque est éclairée à l’arrière par une lampe enfermée dans le 1ube B. Le coin de comparaison est placé dans la coulisse G, solidaire de la platine D, qui peut être déplacée à l’aide d’une crémaillère et d’un bouton E, parallèlement à l’axe des ordonnées. La lampe, qui éclaire, par en dessous, le coin de comparaison, n'est pas
- Fig. i2. — Schéma du dispositif du sensito-photomètre enregistreur de Goldberg.
- E, coin_ de comparaison éclairé par la lampe S'. P, copie photographique éclairée par la lampe S. C, prisme photométrique. O, oculaire.
- visible dans la figure. La plaque est mesurée en différents points, en réalisant chaque fois l’égalité dans le cube photométrique, contenu dans la boîte F, cube que l’on examine par la lunette G. En appuyant sur le poussoir II, on marque le point correspondant de la courbe, sur le graphique I. Le même appareil peut servir à la mesure des courbes caractéristiques des émulsions étendues sur papiers. Pour cela, au lieu d’éclairer le cadre porte-image par transparence, on réalise un éclairage par réflexion, à l’aide d’une lampe placée en avant du cadre et enfermée dans le tube ,1.
- Comme dans toutes les autres industries, les méthodes sensitomélri-ques d’essai, que nous venons d’esquisser très brièvement, ont permis à l’industrie photographique non seulement de perfectionner ses produits, mais de livrer aux consommateurs xdes préparations ayant une sensibilité et des propriétés aussi constantes que possible. L. Lobel.
- Fig. 14. — Le' sensilo-photomèlre enregistreur de. Goldberg.
- A, cadre porte-plaque. B, tube contenant la lampe qui éclaire la plaque. C, coulisse contenant le point de comparaison. D, platine. E, bouton de commande de la platine. F’, boite contenant le cube photométrique. G. oculaire. I-I, poussoir. I. courbe tracée au moyen de l’appareil.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuke, 9, rue de Flcurus, Pans.
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- N° 2742
- 23 Octobre 1926
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- SOMMAIRE :
- L’insiitut botanique alpin du Lautaret : Albert Guillaume.
- La science en famille : La decouverte de Neptune. — Le Verrier : E. Doublet. Le télégramme autographe : G. Mareschal.
- Le temps influence-t il la migration des oiseaux ? : Arm. Mercier.
- Une mémoire mécanique «Thoro-mémo » : -E -H.-Weiss. SUPPLÉMENT:
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- Informations : Nouvelles de T. S. F — Science appliquée : Electricité, etc. — Variétés Recettes et procédés utiles. — Boue aux lettres — Bibbocraphie.
- MASSON ET C"\ Éditeurs. i2u, boulevarü Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
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- LA NATURE
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- LA NATURE. — N° 2742. ; - __ 23 OCTOBRE 1926
- L’INSTITUT BOTANIQUE ALPIN DU LAUTARET
- Lorsqu’un touriste raconte à des amis son voyage dans les Alpes et parle du Lautaret, il désigne ainsi le Col (ait. 2.075 m) qui conduit de la vallée de la Romanche, affluent de l'Isère, dans celle de la Gui-sane, affluent de la Durance, c’est-à-dire de l’Oisans dans le Briançonnais. — Si maintenant vous entendez causer entre eux du Lautaret des botanistes, vous saurez que ceux-ci comprennent sous cette même dénomination une véritable région naturelle limitée, d'une part, par la vallée du Petit Tabuc, affluent de droite de la Guisane, prenant sa source au col d’Àrsine et confluant au village du Casset, par la vallée de la Ilte Romanche jusqu’en aval de Yillard d’Arène ; d’autre part, par la ligne d’arètes du Pic des Trois Evécbés et du Pic Blanc, du Petit et du Grand Galibier, du massif de la Ponson-nière jusqu’à la Vallée du Ril, non comprise débouchant sur la route de Briançon à l’endroit appelé Pont de l’Alpe.
- Cet espace forme un assez vaste parallélogramme dont les deux diagonales mesurent environ respectivement 1 1 et 17 km à vol d’oiseau. Il comprend des terrains très variés dans leur nature géologique et minéralogique, dans leur exposition et leur altitude.
- Trois massifs montagneux en font partie l celui du Combeynot (ait. max. 5 155 m) et les versants dauphinois des massifs des Trois Evêchés et de la Ponsonnièrc. Les cotes d’altitude s’étagent de J 500 m environ jusqu’à 5 242 m. point extrême qu’atteint le Grand Galibier. On y compte une soixantaine de torrents dont cinq principaux.
- L’ensemble des conditions biologiques, climatiques et géologiques fait que cette région du Lau-laret est dotée d’une flore phanérogamique extrêmement riche ; aucune localité dans les Alpes occidentales ne peut rivaliser avec le Lautaret. pour la somptuosité florale de la prairie, pour la riche
- 54* Année. — 2* Semestre.
- diversité de la flore des sommets : c’est la terre alpine légendaire des botanistes.
- Et c’est au centre de cette région privilégiée, si intéressante par sa situation géologique, sa flore et sa faune et qui attire chaque année des milliers de touristes, que l’Institut botanique alpin a été édifié après guerre. .
- Un des premiers jardins alpins français avait été créé au col même du Lautaret en 1899 par le Professeur Lachemann de l’Université de Grenoble. En
- 1908, M. Marcel Mirande son successeur entreprit une véritable croisade pour le développement des jardins alpins de montagne et la construction d’un Institut botanique alpin au Lautaret. Doué d’un grand talent d’animateur, M. Mirande a su, par la parole et par la plume, faire appel à tous ceux qui, en France, s’intéressent aux grandes œuvres scientifiques et aux amis de la nature. Le Touring Club de France fut le premier à lui répondre.
- Son président d’alors, M. Léon Auscher, proposa la construction d’un nouveau jardin alpin, plus vaste que celui du col, auquel serait adjoint un laboratoire de recherches, et un musée alpin, et .dont le T. C. F. pourrait assumer en partie les frais. — L’emplacement du futur Institut alpin fut choisi à la base même du mamelon situé entre le col proprement dit et le signal de Yillard d’Arène, à 2 115 m d’altitude dominant la route de Grenoble au Lautaret, en pleins tufs calcaires, à proximité d’üne excellente source.
- La Compagnie P.-L.-M. qui venait djédifier son Chalet-Restaurant au Lautaret, près du futur emplacement du jardin alpin, offrit le terrain gracieusement et donua des subsides pour la construction de Rétablissement.
- Plus tard, des sociétés, des particuliers apportèrent successivement leur concours financier à
- 17. — 257
- Il LA /PONSONNIÈRE
- Grê Galibier A3442T
- LES 3 EVECHES
- Col du Galibier 2658 ™ -fe
- Pic Blanc
- Pic des 3 Évêchés
- Col de ^ ^
- Côte Pieiné~'-~-^ ,
- 3120 T
- Golèfre
- la Mandptte
- ^Z. du Ponset Villard d’Arène
- Vers Grenoble
- Coi du Lautaret
- La Grave
- la Madeleine
- ME1 JE
- Je Lauzet
- COMBEYNOT
- Casset
- Refuge de
- i15157
- 2.118 V1
- Chalets d A rsine
- ,ac delà Douche
- LES AGNEAUX
- Z a Bénir de
- LES ECRINS
- Carte schématique de la région du Lautaret.
- Lig. i
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- L’INSTITUT BOTANIQUE ALPIN DU LAUTARET
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- l’œuvre ébauchée. La direction scientifique en fut confiée à M. le Professeur Mirande. M. Ginet, P architecte-paysagiste, constructeur du Jardin des Dauphins à Grenoble, fut chargé de l’entreprise. Il la commença en 1916, en pleine guerre : 5 ans plus tard et malgré de grosses difficultés, les travaux étaient à peu près terminés. L’Institut botanique alpin du Lautaret fui en effet inauguré le 5 août 1919, lors de la 5me fête jubilaire du T. C F. : un grand nombre de personnalités scientifiques et régionales y assistèrent.
- En 1920, Mme la baronne de Blonav faisait don au T. C. F. d’une rente
- annuelle de 2 000 fr. destinée à permettre chaque année, à un naturaliste français, d’entreprendre des recherches dans la région du Lautaret. Le titulaire de cette bourse, nomme par l’assemblée de la Faculté des Sciences de Grenoble, assume en même temps durant son séjour les fonctions de conservateur del’Ins
- Mg. 2. — Le terrain d’essais du Jardin alpin.
- ments de travail) qui commence à prendre de l’importance .
- Le 2mc étage comprend deux chambres : une pour le conservateur de l’Institut, l’autre pour le chef de culture, et un grenier.
- Le Jardin alpin comporte de gracieuses allées qui contournent huit massifs rocailleux, disséminés à travers la somptueuse prairie naturelle alpine et qui portent les plantes caractéristiques des principales montagnes du globe : espèces pyrénéennes, Alpes orientales et Garpathes ;hautes régions du Caucase et de l’Oural ; flores de l’IIimalaya, du Thibet, de l’Altaï et de la Sibérie; ré-
- gions arctiques ; hautes régions méditerranéennes ; massifs montagneux divers (Amérique, Océanie, Chine, Japon). Enfin, un de ces massifs résume la flore du Lautaret (prairies, pâturages, rochers). — À côté de ces rocailles de plantes, rangée sur 22jplates-bandes et classée en ordre systématique, une collection des
- 1 r '**BH£asÉiSH|l . * " • msmSÊ&ÊK&^\
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- Fig. 3. — Le chalet botanique.
- titut. Le Chalet Botanique actuel s’élève au milieu du vaste jardin. Il est entièrement fait de pierres, dans le style haut-alpin. Le rez-de-chaussée est constitué par une grande salle où fut installé le musée d’histoire naturelle et d’ethnographie.
- M. Muller, conservateur du musée dauphinois à Grenoble, reoonstitua dans cette salle un vieil intérieur haut-alpin à l’aide de meubles et d’objets d’art anciens et régionaux.
- Le l01' étage comprend une cuisine, un petit atelier, un cabinet d’histoire naturelle et un vaste laboratoire, admirablement bien situé, face à la Meije et au Pic du Combeynot, bien éclairé. M. Mirande a orné les murs de jolies aquarelles de la flore alpine qui font l’admiration des visiteurs. Là les travailleurs scientifiques, naturalistes de passage, français et étrangers, trouvent un abri confortable et un matériel d’études.(bibliothèque, collections et instru-
- fig. 4. — Face orientale.
- plantes caractéristiques des Alpes occidentales, Véritable école* botanique de haute altitude. La collection botanique totale du jardin comporte environ 5000 espèces.
- Quelques emplacements ont été ménagés pour des essais culturaux divers : plantes potagères, fourragères, médicinales.
- De larges portions de pelouse sont toutes prêtes à être transformées en champs d’expériences dans les buts les plus variés et sont mises à la disposition des botanistes, des biologistes, des agronomes. L’établissement botanique alpin du Lautaret répond en effet à des buts à la fois esthétique, économique et scientifique.
- Enfin le Jardin alpin abrite une pyramide de pierre imitant un cairn polaire, érigé par l’explorateur Charcot et le Professeur Mirande à la mémoire du célèbre explorateur anglais, le capitaine Scott,
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- L'INSTITUT BOTANIQUE ALPIN DU LAUTARET __: 259
- qui. avant de partir pour le pôle sud où il devait trouver la mort sublime que l’on sait, vint en ce point de nos Alpes, pour essayer ses traîneaux automobiles. Le monument placé derrière le chalet domine tout le jardin. La plaque commémorative est tournée vers le sud, dans la direction des lointaines glaces éternelles où Scott trouva la mort.
- Quels sont maintenant les travaux scientifiques poursuivis à l’Institut botanique alpin du Laularel? — De date encore trop récente, il est difficile actuellement de donner les résultats des recherches qui y ont été entreprises (') d’autant plus que ces
- 1. quoiqu'un certain nombre rommenc.cnI déjà à paraître sous l'orme de publications dans les revues scientifique?.
- recherches nécessitent plusieurs années avant d’aboutir à des résultats positifs. — Mais il nous sera possible de résumer en quelques lignes les buts et l’avenir des jardins alpins en général et particulièrement de celui-du Lautaret(1).
- Les jardins alpins de montagne peuvent répondre aux buts suivants : 1. But esthétique et moral: ces jardins contribuent à faire aimer la nature, la
- i. lin nous aidant pour cela, de la remarquable élude que M. le Professeur M. Mirande présenta sur les jardins alpins lors du Congrès international pour la protection de la nature et il une étude plus récente sur les jardins alpins français (intérêts économique et scientifique des jardins botaniques en montagne). Annuaire de la S lé française d'Economie alpestre. 1924.
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- LA DÉCOUVERTE DE NEPTUNE — LE VERRIER
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- flore et les paysages alpestres et à donner le goût des excursions en haute montagne ;
- 2. But de protection des plantes alpines, dont les stations naturelles sont soumises chaque année à de nombreuses dévastations par suite de causes multiples ;
- o. But de science appliquée, c’est-à-dire d’ordre économique : les problèmes agricoles qui se posent en haute montagne sont multiples.
- Pour ne citer que quelques exemples : l'amélioration des plantes fourragères alpestres, l’introduction de céréales appropriées par sélectionnement des variétés résistant au froid : la recherche de blés à grand rendement résistant au froid ; l’acclimatation d’arbres forestiers et d’arbres fruitiers ; l’intensification de la culture légumière, la culture des plantes médicinales indigènes et exotiques.
- N’oublions pas que l’amélioration de l’agriculture alpine et de l’éducation des cultivateurs montagnards constituent les principaux facteurs de la lutte contre la dépopulation de nos montagnes.
- 4. Au point de vue de la science pure, nombreux sont les problèmes que la culture des plantes en montagne pourra résoudre, les recherches que le jardin alpin muni d’un laboratoire bien outillé, permettra de réaliser, car l’altitude avec tous les facteurs qui l’accompagnent ouvre la voie à de nombreux travaux pour le biologiste alpin. Le rôle des Instituts alpins de montagnes, au point de Arue biologique, est en effet comparable à celui des sta-
- tions maritimes de nos côtes : Roscoff, Concarneau, Wimereux, etc, et ces établissements pourront rendre des services similaires.
- L’Institut botanique alpin du Lautaret est appelé, peut-être dans un avenir prochain, à réaliser tous les buts que nous venons d'indiquer. Nous avons esquissé seulement les grands problèmes botaniques, mais il faudrait ajouter ceux relatifs à la zoologie, à la géologie, à la météorologie alpine. Le champ d’exploration du biologiste qui se spécialise dans les questions alpines est, en effet, infini. Et alors dans ce cas, ne serait-il pas souhaitable pour le bon renom de la science française que le Chalet botanique actuel devînt un Institut biologique agricole alpin, doué de bâtiments suffisants pour permettre d’abriter (logement et nourriture s’entend) une phalange de biologistes, pourvu de matériel d’étude suffisant, etc , etc.? —Mais, sans demander ce qui ne restera peut-être qu’un rêve, ne pourrait-on pas espérer que le Chalet botanique disposât d’un plus grand nombre de chambres et d’une salle à manger, de façon à permettre à ceux qui sont désignés pour une année seulement à séjourner à l’Institut alpin, de pouvoir y revenir plusieurs années de suite pour y continuer leur travaux. Cette année, par suite de la vie chère qui semble augmenter encore à mesure que l’on s’élève, j’ai été seul à venir séjourner pendant quelques jours à l’Institut alpin.
- Albert Guillaume
- Conservateur do l'Institut Botanique Alpin du Lautaret., en 1925.
- La Science en Famille.
- LA DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. — LE VERRIER
- Si quelques-uns de nos lecteurs ont suivi notre conseil et observé la brillante planète Jupiter, nous somntes certain qu’ils y ont pris grand plaisir. Nous ne les inviterons pas à observer de même la planète Neptune, d’abord parce que, en ce moment, elle est noyée dans les rayons du Soleil, ensuite, parce que, fut-elle dans les meilleures conditions de visibilité, ce qui arrivera le 15 février prochain, elle n’aura jamais que l’apparence d’une faible étoile de huitième grandeur qu’on ne pourra distinguer que si on dispose d’un instrument assez puissant, car cela est nécessaire pour que l’astre ait un disque sensible et n’offre pas l’apparence d’un simple point lumineux. D’autre part, son déplacement au milieu des étoiles voisines est excessivement lent, en sorte qu’il faudrait beaucoup de patience pour qu’on pût le constater.
- Mais la découverte de cet astre est un des plus beaux parmi tous les triomphes de la théorie, et comme cette découverte, ayant été faite le 25 septembre 1840, remonte précisément à quatre-vingts années, c’est sans doute une occasion naturelle d’en rappeler le souvenir.
- En comparant la chute de la Lune vers la Terre, dans un temps donné, avec la chute des corps à la surface de notre globe, Newton avait découvert sa grande loi de
- l’attraction universelle, découverte qu’il n’aurait pu faire si un astronome français ne lui avait fourni une donnée essentielle, la valeur exacte du rayon terrestre.
- Cette loi connue, il fut possible d’expliquer les principaux phénomènes du système solaire, et c’est à quoi s’appliquèrent les successeurs de Newton, à savoir : Ber-nouilli, Euler, Clairaull, d’Âlembert, Lagrange et La-place.
- Nous le rappelions dernièrement, la surprise fut grande, il y a moins de quarante ans, quand on apprit qu’un astronome américain venait de découvrir un cinquième satellite de Jupiter. Il y avait si longtemps que l’on en connaissait quatre, et seulement quatre, qu’il semblait bien à tout le monde qu’il n’y avait plus aucune découverte à faire de ce côté-là.
- De même, au dix-huitième siècle, pour la plupart des hommes, même instruits, le système planétaire s’arrêtait à Saturne, et il arrivait qu’on employât les arguments les plus saugrenus pour prouver qu’il ne peut y avoir que sept planètes (en comptant la Lune). Le nombre sept ayant toujours été considéré comme ayant' un caractère sacré, cela paraissait naturel à beaucoup ; et puis, il n’y a que sept notes dans la gamme, la tète humaine n’a h que sept ouvertures, donc, etc...
- :l William, ou plutôt Wilhelm Herschol, astronome aile-
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- mand devenu anglais, eut l’honneur de détruire ce préjugé absurde, le 15 mars 1781.
- A l’aide d’un télescope de sept pieds, il étudiait les étoiles qui sont vers le pied boréal des Gémeaux et il en remarqua une qui paraissait plus large et plus lumineuse que les autres. Il la rapporta à scs voisines, et vingt minutes lui suffirent pour constater qu’elle se déplaçait par rapport à celles-ci. 11 crut que c’était une comète, et c’est sous cette dénomination qu'il annonça l’existence du nouvel astre aux autres astronomes.
- Il y avait alors à Paris un magistrat, le président Bo-chart de Saron, dont les connaissances ne se bornaient pas aux sciences juridiques. 11 était très savant mathématicien, et ne se contentait pas de la théorie, car il fut aussi opticien et horloger très habile. 11 était donc parfaitement préparé à devenir astronome et il le devint. Propriétaire de beaux instruments, il s’en servait lui-même ou bien les prêtait, avec une admirable générosité, aux savants peu favorisés de la fortune. Enfin, il était un des calculateurs les plus habiles qui aient jamais existé et c’est à lui que Messier portait de préférence les résultats de ses observations quand il avait découvert une nouvelle comète. M. de Saron calculait très rapidement une orbite, sur l’exactitude de laquelle on ne pouvait avoir de doute, et le ciel pouvait s’obscurcir pendant quelque temps, on savait dans quelle région il faudrait rechercher le nouvel astre quand il serait redevenu serein (*).
- La différence essentielle entre les planètes et les comètes consiste en ce que les orbites des premières sont des ellipses peu excentriques, tandis que celles des secondes sont extrêmement allongées, en sorte que la distance de ces astres au Soleil varie beaucoup. Dès le 8 mai, le président de Saron reconnut que le nouvel astre est bien une planète. Ilerschel réclama alors le droit de lui donner un nom et il choisit celui de Geor-gimn siclus, le roi d’Angleterre s’appelant George. Mais l’usage a fait prévaloir celui d’Uranus, le plus ancien des dieux mythologiques.
- Il se trouva que la nouvelle planète avait été maintes fois observée comme une simple étoile, notamment par Flamsteed, Mayer, Lalande et surtout Lemonnier. En 1789, Delambre donna des Tables qui en représentaient les observations anciennes et modernes.
- Ces Tables ne pouvaient avoir la prétention d’être définitives. En 1821, un ancien domestique 'devenu astronome, Alexis Bouvard (*), entreprit d’en construire de nouvelles.
- L’astronome tint compte des perturbations causées par Saturne et Jupiter sur le mouvement d’Uranus, mais il ne put réussir à représenter à la fois les observations faites depuis 1781 et les observations antérieures. Il prit
- 1. M. de. Saron, né à Paris le 16 janvier 1750, fut décapité le 20 avril 1794. 11 avait employé les dernières heures de sa vie à calculer l’orbite d’une comète dont Messier lui avait fourni les observations et avant de mourir, il sut que cet astre suivait dans le ciel la route qu’il avait prévue.
- 2. Bouvard (1767-1843) était un Savoyard venu à Paris pour chercher fortune. Tout en gagnant sa vie comme valet de chambre, il trouva moyen de s’instruire, mais nous ne pouvons dire de qui il fut l’élève. Ce n’est toujours pas de Lalande, qui n’aurait pas manqué de s’en vanter. Toujours est-il que la vieillé comtesse qui l’avait pris à son service apprit un jour avec étonnement que son serviteur passait les nuits à regarder les astres par la fenêtre de sa mansarde et que celle-ci renfermait des instruments fort singuliers. Alexis aurait-il été sorcier? — Il avait cependant toutes les allures d’un honnête garçon.
- donc le parti de se borner aux premières « en laissant aux temps à venir le soin de faire connaître si la difficulté de concilier les deux systèmes tient réellement à l’inexactitude des observations anciennes, ou si elle dépend de quelque action étrangère qui aurait influencé la marche de la planète ».
- Le temps montra que les Tables de Bouvard ne représentaient pas les observations faites depuis 1821, et que l’écart allait en croissant, ce qui ne l’empêchait pas, d’ailleurs, de n’ètre que peu considérable et qu’il fallait le souci de la précision, qui est la caractéristique des astronomes, pour s’en préoccuper, car ils sont tous de l’opinion de Le Verrier et pensent que « tout écart révèle une cause inconnue, et peut devenir l’origine d’une découverte. »
- Quelle pouvait être la cause de ces différences? Un satellite d’Uranus? Il aurait dû être très gros et n’aurait pu passer inaperçu.
- Une planète inconnue? Mais où la mettre? Au delà d’Uranus ou en deçà?
- En 1845, Arago invita Le Verrier, jeune ingénieur des tabacs qui, après s’être occupé de Chimie s’était consacré à la Mécanique céleste, à s’occuper de la question.
- La difficulté du problème était grande, ou plutôt, il était impossible d’en donner une solution rigoureusement mathématique, parce que le nombre des inconnues qu’on avait à trouver était plus grand que celui des équations entre ces inconnues. Le problème n’était donc pas pur, comme disait Poinsot.
- Il fallut donc que Le Verrier suppléât, par des conjectures, à ces,équations qui faisaient défaut.
- Et, d’abord, la planète étant supposée au delà d’Uranus, ce qui expliquait qu’elle n’agît pas sensiblement sur Saturne, à quelle distance du Soleil devait:on admettre qu’elle se trouvait?
- Il existe, entre les rayons des orbites planétaires supposées des cercles parfaits, une relation qui n’est qu’empirique et seulement approximative.
- Cette loi, dite de Bode ou de Titius, peut s’exprimer ainsi :
- Soit la progression géométrique :
- 3 6 12 24. . .
- dont la raison est 2, écrivons 0 avant son premier terme et ajoutons 4 â chacun des nombres de cette suite, nous obtiendrons :
- A 6 10 16 28 52 100 196
- Or, si on représente par 10 la distance de la Terre au Soleil, on trouve que A représente approximativement la quantité analogue pour Mercure, de même 6 représente le rayon dé l’orbite de Vénus..«'196 le rayon de l’orbite d’Uranus.
- En supposant que cette règle s’appliquât à la planète inconnue, la distance de celle-ci au Soleil devait être représentée par le nombre 388 (*).
- De même, les perturbations subies par Uranus n’altérant que de petites quantités les latitudes de cette planète et l’orbite d’Uranus étant peu inclinée sur notre écliptique, Le Verrier supposa que l’orbite de l’astre cherché se trouve dans le même plan que la nôtre,
- Ces suppositions faites, il ne restait à déterminer que quatre inconnues, à savoir : la masse de la planète,
- 1. En réalité la distance de la planète trouvée sur les indications de Le Verrier est représentée par le nombre 300. L’astronome, ayant placé l’astre trop loin, la masse qui fut attribuée à celui-ci fut plus grande que la masse de l’astre réel.
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- l'excentricité de l’ellipse qu’elle décrit, la position de son périhélie, et sa position sur son ellipse à une date déterminée.
- Bref, le 51 août 1840, Le Verrier lisait devant l’Académie des Sciences un mémoire dont la conclusion était l’indication d’une étroite zone dans laquelle les observateurs devaient chercher la planète. En supposant à celle-ci une densité égale à celle d’Uranus, son diamètre devait atteindre trois secondes d’arc.
- Le 25 septembre, M. Galle f1), astronome de l’Observatoire de Berlin, averti par Le Verrier, se met à la recherche de la planète. Par bonheur, il dispose d’une excellente carte tout récemment construite, si bien qu’à Paris on n’en avait pas encore reçu d’exemplaire, et représentant la région du ciel où devait se trouver l’astre inconnu, et il remarque une étoile de huitième grandeur qui ne s’v trouvait pas; le lendemain, la position de celte étoile avait varié, c’était donc bien la planète.
- Un jeune astronome anglais, Adams, avait fait de son côté un travail analogue à celui de Le Verrier, mais il ne l’avait pas publié en temps utile, en sorte que tout l’honneur de la découverte resta à l’astronome français.
- La sensation fut profonde quand cette découverte fut connue. Le roi Louis-Philippe reçut Le Verrier en audience particulière, lui adressa de vives félicitations et le nomma d’emblée officier de la Légion d’honneur. En outre, on créa pour lui une chaire spéciale d’astronomie physique à la Sorbonne.
- 11 avait été nommé membre de l’Institut quelques mois avant sa grande découverte ; après celle-ci, les témoignages les plus flatteurs lui vinrent de l’étranger, la Société Royale de Londres lui décerna la médaille de Copley.
- La Société Royale Astronomique se trouva embarrassée, elle aurait voulu récompenser à la fois Le Verrier et Adams et ne disposait que d’une seule médaille. En 1847,
- 1. M. Galle, né en 1812, n’est mort qu'en 1902. Il était devenu directeur de l'Observatoire de Brcstau. C’est avec un équatorial de neuf pouces d’ouverture et de quatorze pieds de distance focale qu’il fit sa découverte sensationnelle, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un instrument aussi puissant à sa disposition pour voir Neptune.
- elle n’en décerna donc aucune, et se tira d’embarras l’année suivante en témoignant sa reconnaissance par des diplômes ou certificats décernés à ceux qui, les années précédentes, avaient fait avancer la science astronomique. Le Verrier (*) et Adams figuraient en première ligne sur la liste des lauréats.
- On sait le reste : Le Verrièr, nommé directeur de l’Observatoire de Paris à la mort d’Arago, s’illustra par une suite de travaux dont ceux qui amenèrent la découverte de Neptune, — tel fut le nom attribué à la nouvelle planète, — ne sont qu’une très faible partie. Il a refait l’œuvre de Laplace en lui donnant une extension prodigieuse, ce qui ne l’empêcha pas de corriger les défauts des anciens instruments, d’en faire construire de nouveaux, plus puissants et mieux conçus, d’organiser enfin en France, et de la façon la plus sérieuse, les éludes météorologiques.
- Et cela, au milieu de difficultés continuelles engendrées par une lutte à outrance entre le directeur de l’Observatoire et ses subordonnés qui pouvaient alléguer, pour leur excuse, le mauvais caractère de Le Verrier. Celui-ci, de son côté, aurait pu faire valoir qu’il souffrait d’une cruelle maladie d’cstomac.
- On sait la suite. Le Verrier fut révoqué le 8 février 1870, mais Delaunav, son successeur, s’étant noyé dans la rade de Cherbourg le 5 août 1872, M. Thiers, qui connaissait la valeur de l’ancien directeur de l’Observatoire le replaça à la tète de ce grand établissement scientifique. C’est là qu’il passa ses dernières années, travaillant jusqu’au dernier jour, malgré des souffrances atroces qui allaient jusqu’à altérer sa raison. 11 corrigeait les épreuves de ses derniers mémoires, puis il les abandonnait pour parcourir les salles de l’Observatoire, armé d’un fusil chargé, à la grande inquiétude des astronomes. II mourut le 25 septembre 1877, jour anniversaire de la découverte optique de Neptune.
- De tous les hommes à qui la direction de l’ObservatoireI a été confiée depuis 1(571, il est celui dont l’action a été le plus féconde. E. Doublet.
- 1. L’Académie de Berlin voulut l’inscrire sur ta liste doses associés étrangers après 1870. Il n’accepta pas.
- LE TÉLÉGRAMME AUTOGRAPHE
- Transmission de l’écriture, des dessins et des photographies.
- La transmission télégraphique de récriture et des images est entrée dans le domaine de la pratique. Actuellement Paris est relié à Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Strasbourg; d’autres villes doivent suivre.
- Quelle est la série des opérations, quel est le fonctionnement des appareils, c’est ce que nous allons examiner.
- Quand on veut expédier un belinogramme, terme consacré maintenant et dérivé du nom de l’inventeur, M. Édouard Belin, ori trouve sous le nom de télégramme autographique des formules spéciales qui se présentent sous la forme d’un rectangle de papier divisé en trois cases de 5 cm sur 45 cm.
- Pour écrire ou dessiner, on a à sa disposition une encre spéciale et le document ainsi établi est remis
- à l’employé chargé de la transmission. L’encre légèrement humide est saupoudrée de gomme laque finement pulvérisée qui se fixe sur le tracé. On secoue la feuille de papier et la poudre non utile tombe. La feuille est alors placée sur une plaque chauffante et la gomme laque fond aussitôt, donnant un tracé en relief émaillé. Un petit matériel spécial très simple est mis à la disposition des personnes qui veulent préparer le télégramme chez elles; autrement il est préparé dans le bureau de poste.
- Ce document est placé sur un cylindre de 151) mm. de circonférence de 10 cm de longueur, tournant à raison de 4 tour par seconde et muni d’une hélice ,dontle pas de 1/5 de mm. le fait avancer parallèlement I- à son axe de toute sa longueur en 7 minutes. (Fig. 1 ).
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- Il s’en suit que toute la surface du papier peut être explorée par la pointe P formant la partie essen-tielle du traducteur. Elle est fixée à une lame flexible L intercalée sur la ligne, de telle sorte que le courant soit interrompu quand la pointe est sur un creux, c’est-à-dire une partie blanche du papier, et qu’il soit rétabli quand elle rencontre une saillie, c’est-à-dire un trait formé par le dessin ou l’écriture. Ce traducteur agit en somme comme un manipulateur automatique pour signaux morse.
- Nous allons maintenant voir ce qui se produit au poste récepteur.
- Celui-ci est constitué (fig. 2) par un galvanomètre très sensible, en l’espèce un oscillographe Blondel, qui comme on le sait porte un petit miroir M extrêmement léger, se déplaçant d’un certain
- Oscillographe
- M
- Miroir
- Fig. 2. — Transmission de l’écriture et des dessins au trait.
- angle sous l'influence du moindre courant traversant l’appareil. Âu moyen d’un système optique A
- Fig. 3. — Détail du microphone assurant la traduction électrique des traits, de l’écriture et du dessin.
- on envoie sur ce miroir un mince faisceau lumineux qui est réfléchi sur un diaphragme D. Celui-ci est placé devant une lentille qui en donne une image réduite en H, au foyer conjugué de la lentille. A cet endroit on a disposé un papier sensible au gélatinobromure d’argent enroulé sur un cylindre
- Fig. i.
- Traducteur pour les écritures et le dessin.
- identique à celui du transmetteur et tournant rigoureusement à la même vitesse que lui. Dans d’autres appareils télégraphiques, notamment dans le Baudot, on a déjà dû obtenir des vitesses uniformes pour deux mobiles situés aux deux extrémités de la ligne. Ici on a poussé, au moyen de dispositifs propres à l’inventeur, le synchronisme à son extrême limite.
- La papier sensible est bien entendu protégé de la lumière ambiante au moyen d’une enveloppe dans laquelle tourne le cylindre et seule une petite ouverture laisse passer l’extrémité d’un tube T terminé en pointe qui vient affleurer le papier. C’est en somme une sorte de crayon dans lequel la mine serait remplacée par un rayon de lumière.
- On comprend dès lors facilement comment se reproduisent les manuscrits et les dessins au poste récepteur. Il suffiLpour cela que l’oscillographe soit réglé de telle sorte qu’au repos, c’est-à-dire quand aucun courant ne traverse l’appareil, le miroir réfléchisse le faisceau lumineux au delà du diaphragme et que celui-ci se trouve au contraire éclairé en plein centre dès que le courant passe et fait dévier le miroir. De cette façon, à chaque émission de courant, c’est-à-dire chaque fois que la pointe exploratrice rencontre un relief, il y aura sur le papier sensible un point brillant qui au développement donnera un point noir. La réunion de tous ces points qui sont très rapprochés formera une image identique à l’original.
- S’il s’agit de reproduire une photographie, les opérations, sans être bien longues, sont un'peu plus compliquées. Le principe utilisé est celui,“bien
- Oscillographe
- Miroir
- Fig. 4.
- - Transmission de photographies avec des demi-teintes.
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- connu des photographes, sous le nom de procédé au charbon, Il est basé sur la propriété que possède la gélatine-à laquelle on a ajouté une faible proportion de bichromate de potasse de devenir insoluble sous l’action de la lumière en prenant un relief assez notable, et cela proportionnellement à l’intensité de la lumière reçue. Il en résulte qu’une feuille de papier émulsionnée à la gélatine bichromatée, exposée sous un cliché, puis passée dans l’eau tiède, présente après séchage une image avec des reliefs plus ou moins accentués : aux grands noirs du cliché correspondent les parties creuses entièrement dépouillées de gélatine, puisque protégées de l’action lumineuse, tandis que les parties correspondant aux clairs du cliché auront reçu le maximum de lumière
- cylindre identique à celui du transmetteur et tournant à la même vitesse que lui. Ce résultat est obtenu en modifiant automatiquement l’intensité du courant envoyé sur la ligne et pour cela on utilise les merveilleuses propriétés du microphone. Un modèle spécial, imaginé parM. Belin, permet d’obtenir une très grande sensibilité. Il se compose en principe d’une boîte circulaire ayant pour fond une plaque de charbon contre laquelle est posée une plaque de mica percée excentriquement (fig. 5) d’un trou de 1/2 mm. de diamètre. En face de cette plaque est tendue fortement, par un couvercle de serrage, une mince membrane en charbon. Entre les deux on place dans le trou du mica formant alvéole un seul granule B de charbon, de 112 mm. de
- et donneront le maximum de relief. Entre ces deux extrêmes on aura toute la gamme des demi-teintes accusées par des reliefs plus ou moins accentués.
- Afin d’établir ce document, on devra donc d’abord photographier l’original et en tirer une épreuve sur papier sensibilisé à la gélatine bichromatée, dit papier simple, transport utilisé pour la photographie au charbon. Il est alors facile de transporter l’image sur le cylindre dont nous avons parlé plus haut pour la transmission de l’écriture. Mais ici il faut apporter une petite modification à l’appareil récepteur. La pointe exploratrice, en effet, ne pourrait pas servir, puisquetelle qu’elle est montée, elle procède «partout ou rien » comme courant, pour obtenir « tout ou rien » comme image, tandis qu’il nous faut maintenant un courant permanent modifié selon l’épaisseur de la gélatine, de façon à donner sur l’épreuve enregistrée au poste récepteur toute la gamme des teintes de l’original. Il faut donc qu’à ce poste on modifie constamment la lumière qui va impressionner la surface sensible qui a été placée sur un
- diamètre, qui est ainsi serré entre les deux plaques et maintenu dans une position immuable. Une pointe exploratrice P est montée sur une lame de ressort fixée sur le boîtier, l’autre extrémité arrondie repose au centre de la membrane flexible de charbon. Dans ces conditions tous les reliefs de la gélatine agissent sur cette membrane et le petit granule T se trouve en contact plus ou moins parfait avec les deux plaques qui l’enserrent, il en résulte que le courant traverse l’appareil plus ou moins facilement. La sensibilité est telle que les plus petites différences de niveau de la gélatine, ne seraient-elles que d’un centième de millimètre, sont accusées par le galvanomètre. Celui-ci est naturellement, comme pour la transmission du trait, la partie essentielle du récepteur. Mais on a modifié la partie qui correspond au rayon réfléchi (fig. 4). On comprend en effet qu’avec le simple diaphragme on aurait, dans le cas présent, une feuille uniformément noire, puisque le courant passe tout le temps.
- Afin de traduire les variations du courant par des
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- variations d’éclairage, on a remplacé le diaphragme placé près de la lentille L par un très petit écran E en verre dégradé dont l’opacité va de la transparence complète au noir absolu, c’est la gamme de teinte. Elle est placée en face de la lentille de façon à aller former son image réduite à l’extrémité du crayon dont nous avons parlé plus haut. Pour que cette image soit plus ou moins brillante, il suffira donc que le rayon lumineux provenant de l’oscillographe traverse l’écran en une partie plus ou moins transparente.
- A cet effet on a eu soin de régler la position du miroir de telle sorte que dans ses positions extrêmes
- n’est pas encore mise à la disposition du public. Elle est réservée à la grande presse pour un reportage d’une importance exceptionnelle, à la Justice pour le signalement exact d’un criminel. On est obligé d’en limiter l’emploi parce qu'elle ne peut se faire que sur ligne téléphonique à deux fils et que ce genre de réseau est déjà fort chargé par l’exploitation journalière pour laquelle il a été établi.
- La transmission de l’écriture et des dessins se fait au contraire facilement sur les lignes télégraphiques ordinaires et elle vient compléter heureusement l’emploi des autres appareils. En dehors de la facilité qu’on a de pouvoir obtenir la reproduction
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- Fig. 6. — Fac-similé d’un message transmis par le service tèlautographique.
- le rayon lumineux soit dévié vers la partie noire. Lorsque la pointe exploratrice rencontre un grand relief correspondant à une partie claire de l’image à transmettre, il n’y aura par conséquent pas d’impression, le papier restera blanc au développement. Au contraire quand la pointe rencontre une partie très creuse de la gélatine, le rayon est dirigé sur la partie très transparente donnant sur le papier le maximum d’éclairage et par conséquent un noir au développement.
- En raison du dégradé de l'écran, toutes les positions intermédiaires donneront un éclairage qui sera proportionnel à l’intensité du courant et lorsqu’à la fin de la transmission le papier sera retiré du cylindre et développé par les procédés ordinaires, on aura toute la gamme des teintes et l’original sera fidèlement reproduit.
- Actuellement, la transmission des photographies
- exacte d’un dessin intercalé dans le texte et d’une signature authentique, on trouve en outre qu’un télégramme autographe permet d’insérer 60 mots très lisibles par case taxée 5 fr. soit 120 mots pour la formule entière. On peut calculer au prix actuel du mot télégraphique la différence de dépense. Si on emploie la sténographie, ou toute autre méthode d’écriture abrégée, c’est environ 500 mots qu’on enverra pour 15 francs. Mais ce procédé s’imposera surtout dans les pays qui ont une écriture spéciale comme la Chine, le Japon, la Turquie, la Russie, etc.
- 11 faut espérer qu’en France on n’attendra pas pour généraliser l’emploi des appareils Edouard Belin qu’ils nous reviennent, sous un autre nom, de l’étranger comme cela s’est déjà produit trop souvent pour d’autres inventions françaises.
- ' G. Mareschal.
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- LE TEMPS INFLUENCE-T-IL LA MIGRATION DES OISEAUX ?
- Celte intéressante question a fait et fait encore l'objet de l’étude préférée de maints ornithologues. Elle a donné lieu à de nombreuses contradictions.
- En Autriche, un chercheur persévérant, À. Defant, a enregistré, de 1897 à 1905, les dates d’arrivées des oiseaux migrateurs, au printemps, et les a comparées avec les cartes synoptiques du temps, pour connaître l’influence de celui-ci sur le mouvement migratoire. Il a conclu de cette comparaison, qu’un retour prématuré ou tardif des oiseaux est dû au concours de tous les éléments météorologiques, c’est-à-dire à ce que nous appelons le temps. Dans l’examen de l’influence de ce dernier sur les dates d’arrivée des migrateurs, il y aurait donc lieu de ne pas se borner à l’un ou l’autre des facteurs météorologiques, mais d’envisager leur ensemble : pression atmosphérique, force et direction du vent, température, nuages, pluie, etc. Defant a montré en outre qu’il faut non seulement considérer l’état météorologique dans les zones d’arrivée des oiseaux, mais aussi et avant tout dans les territoires qu’ils traversent.
- Ayant étudié spécialement la migration de retour de l’étourneau, de l’alouette des champs, du coucou et de l’hirondelle de cheminée, le chercheur prénommé a constaté que lorsque ces oiseaux reviennent nombreux, la pression atmosphérique est élevée dans l’est et le sud-est de l’Europe et qu’alors le temps est beau, calme et chaud dans les pays méditerranéens. Defant croit pouvoir généraliser cette thèse et estime que la migration des oiseaux est en étroite connexion avec le temps et la direction du vent.
- Grâce à des milliers de dates d’arrivées des oiseaux migrateurs, en Hongrie, enregistrées pendant 25 ans par la « Centrale Ornithologique de Budapest )), un membre éminent de cette société scientifique, Ilegyfokÿ, est également arrivé à conclure qu’il existe un rapport étroit entre la migration et le temps ; il considère que le beau temps, avec température ascendante, active la migration, et qu’au contraire une dépression, avec baisse de la température, la ralentit.
- Mais l’ornithologue hongrois a eu tort de négliger les exceptions à ce qu’il regarde comme une règle. En 1908, par exemple, et d’autres années encore, les pigeons colombins et les tourterelles arrivèrent très nombreux en Hongrie par un minimum barométrique et une température descendante. En 1911, dans le même pays, le beau temps régna du 1er au 5 avril et du 16 au 18, et les ornithologues enregistrèrent 491 arrivées de huppes d’hirondelles et de coucous: du 4 au 15 avril, il fit, au contraire, du mauvais temps.et l’on enregistra 500 arrivées. Pendant ces douze jours de temps peu favorable, il arriva donc en Hongrie presque autant d’oiseaux que pendant les six jours de temps propice, et cela prouve que les hirondelles, huppes et coucous n’ont pas été découragés, en cours de route, par le froid et la neige.
- N’y a-t-il pas lieu de dire, avec ,1. Schenk, qui participa pour une forte part aux recherches de la « Centrale Hongroise d’Ornithologie » : « La migration ne peut être influencée par des facteurs purement météorologiques, car la connexion existant entre elle et ces facteurs n’est pas suffisamment étroite pour que chaque phase du voyage leur soit attribuée » ?
- Hubner a, trois ans de suite, observé le rapport existant entre la migration du rouge-gorge, à Stralsund, et
- les facteurs météorologiques; il a tiré, de ses remarques, la thèse suivante : la migration est influencée par la température et les mouvements cyclonaux et anticyclonaux. Le caractère cvclonal du temps arrête la migration; il force les oiseaux à se reposer et cause leur apparition fréquente.
- D’après Hubner, l’arrivée d’un fort contingent de migrateurs dans des territoires où se manifeste une dépression atmosphérique, n’est pas un signe d’accroissement du mouvement migratoire, comme d’autres chercheurs le pensent, mais indique une halte, un repos. Donc les vents impétueux enrayent la migration.
- Autres considérations : F, Braun a constaté qu’au Bosphore, pendant la migration d’automne, les vents du nord amènent les oiseaux ; les vents du sud, au contraire, les y retiennent plus ou moins longtemps. A partir de septembre, d’après Braun,, le mouvement de la température, au lieu en question, peut être représenté par une ligne sinueuse, car les vents chauds du sud, qui produisent un temps printanier, alternent avec les vents froids du nord, qui, presque toujours sont accompagnés de fortes chutes de neige. Conséquemment, les bergeronnettes, pipits et alouettes hivernant au Bosphore sont constamment instables : le vent du nord et la neige les font fuir vers le sud, tandis qu’ils reviennent avec le vent du Midi, et cette variation continuelle s’accomplit pendant tout l’hiver. Braun estime, selon ses observations et avec d’autres chercheurs, que les mouvements du vent, les courants aériens, sont les principaux facteurs qui influent sur la migration.
- Par contre, les rapports annuels de l’observatoire ornithologique de Rossilten montrent que les oiseaux passent à la Kurischc Nehrung (Courlande) par tout vent, aussi bien avec, que contre celui-ci, ou en le recevant de côté, et sans s’écarter de la direction normale. Cela prouve qu’une règle générale ne peut être établie pour la migration.
- Il y a une quinzaine d’années, le problème de l’influence du temps sur les mouvements migratoires a été traité minutieusement par K. Brelscher. Se basant sur quelque 9000 dates d’arrivée et de départ, en Suisse, cet ornithologue a établi des tableaux détaillés des dépressions atmosphériques, directions du vent, températures, etc., et est arrivé à conclure que la migration n’est liée d’aucune manière à ces éléments météorologiques. Considérant spécialement le siège des dépressions, Bretscher est d’avis que la migration printanière est assez indépendante des mouvements cyclonaux.,.
- Contrairement à l’idée d’Hegyfoky, que la migration prinlanière n’a lieu régulièrement que par haute pression atmosphérique, Bretscher montre que la position barométrique n’influence pas les mouvements migratoires. En 1908, il nota 106 de ces fnouvements sous la moyenne barométrique de 765 mm., 55 au-dessus de la moyenne et 7 dans celte moyenne même. En 1910, il fit 209 observations sous la moyenne, 262 au-dessus et 69 dans cette moyenne. Le 24 février 1897, un fort mouvement de grives chanteuses eut lieu à Zurich sous un minimum barométrique, tandis que, le 11 mars 1895, un mouvement identique s’effectua à Olten par un maximum. Bretscher a fait des constatations analogues sur la fauvette des jardins, la fauvette grise, le contrefaisant, le pouillot véloce, la rousserolle effarvate et le rouge-queue de murailles.
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- LE TEMPS JNFLUENCE-T-JL LA MIGRATION DES OISEAUX? = 267
- Concernant les courants aériens, Bretscher remarque, qu’en Suisse, ils sont extrêmement variables; souvent, à des endroits peu éloignés l’un de l’autre, îègnent des courants de directions opposées. On ne peut donc établir un rapport entre la migration et la situation du vent. Quelle que soit la direction de celui-ci, les oiseaux accomplissent leur voyage.
- Bretscher a examiné de façon judicieuse la relation existant entre la température et la migration. Il a enregistré, pour diverses espèces d’oiseaux, pendant les journées de mouvements migratoires intenses, la température la plus basse et la température la plus haute. Le tableau ci-après indique les résultats :
- Température Température
- minimun maximum
- Kspèee do la journée de la journée
- °c °c
- Coucou ‘ . . 5 15
- Martinet......... . . 5 1b
- Hirondelle de cheminée . . 2 15
- Hirondelle de fenêtre . . . . . 4 14
- Bergeronnette grise . . . . . . 6 12
- Fauvette des jardins. . . . . . 5 19
- Fauvette grise . . 5 10
- Fauvette babiliarde . . . . 17
- Fauvette à tête noire. . . . . . i 16
- Rousseroile effarvate. . . . . . 7 17
- Contrefaisant . . 7 15
- Pouillot fitis . .1 15
- Pouillot véloce . . ! 14
- Grive chanteuse 9, 11
- Merle 7
- Traque t motteux . . 1 10
- Traquet tarier . . 4 19
- Rouge-queue de murailles . 2 15
- Rouge-queue noirâtre . . . . . 1 17
- Rouge-gorge . . 2 13
- Gorge-bleue . . . . 0 15
- Rossignol . . A 10
- L’écart considérable existant, pour chaque espèce, entre les minimums et les maximums, écart qui oscille de 8 à 18 degrés, montre que la température n’exerce aucune influence décisive sur les mouvements migratoires.
- Bretscher ne s’est pas arreté là dans ses recherches. Il a voulu savoir si la température influe sur le début et sur le cours de la migration, donc si celle-ci a lieu plus tôt lorsque le printemps est doux, que quand il est froid. Il a dressé un tableau indiquant, pour un laps de 18 an-
- Fig. i. — La station a’Hèligoland pour l’observation des migrations.
- nées et pour chaque espèce d’oiseau, la date moyenne du commencement et de la fin de la migration, la température moyenne du mois de migration et celle des jours de migration. « Si la hausse de la température, dit Bretscher, exerçait une certaine influence sur les mouvements migratoires, la moyenne des jours de migration prématurée et celle des jours de migration tardive devraient concorder respectivement avec la moyenne des plus hautes températures et celle des plus basses. Mais il n’en est rien. Ainsi, le 30 mars 1903, le pouillot fitis indique la moyenne la plus prématurée avec la plus basse température ; il en est de même de la fauvette babiliarde en 1909 et du martinet en 1912. D’un autre côté, en 1909, le rouge-gorge indique la moyenne la plus tardive avec la plus haute température ; c’est pareillement le cas pour le martinet en 1904, tandis qu’en 1909, l’hirondelle de fenêtre'marque la moyenne la plus prématurée avec la plus haute température. Des observations analogues eurent lieu les autres années.
- Bretscher a encore examiné si la durée de la migration est en rapport avec l’état de la température. Il n’y a trouvé aucune concordance : les mouvements migratoires les plus courts et les plus longs varient avec les plus hautes et les plus basses températures, sans qu’il soit possible d’y voir une règle fixe. Pour la fauvette babiliarde, il a constaté même la plus longue durée de migra-* tion avec la plus haute température, d’où il ressort que la douceur du temps n’active aucunement le retour des oiseaux.
- Les tableaux de Bretscher prouvent aussi, non seulement que les espèces d’oiseaux se comportent fort différemment pendant la migration, mais que les mouvements d’une seule et même espèce, pendant certaines périodes, varient beaucoup en comparaison de la température. L’érudit chercheur a examiné la
- Fig. 2.
- La station de Rossitlen, sur le Kurische Nehrung.
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- 268 = LE TEMPS INFLUENCE-T-IL
- migration automnale de même façon que le voyage de retour ; il est arrivé à une conclusion identique, c’est-à-dire qu’aucune étroite connexion ne se laisse reconnaître entre les mouvements des oiseaux, les courants aériens, la température et la pression atmosphérique.
- En étudiant les tableaux de Bretsclïer, l’on trouve des données intéressantes. Voici, par exemple, l’un d’eux, qui montre clairement les écarts existant entre les dates moyennes d’arrivée de quelques espèces :
- Espèce Nombre d’années d’obser- Arrivée la plus pré ma- moyenne - la plus • tardive Nombre de jours d’écart
- — vation turéo — —
- Coucou 9" 12-4 29-4 17
- Martinet 9 24-4 4-5 10
- Hirondelle de cheminée. , 17 51-3 24-4 24
- Bergeronnette grise. . . 16 1-5 28-5 27
- Fauvette des jardins. . . 14 25-4 16-5 21
- Fauvette à tête noire. . 17 4-5 18-5 14
- Pouillot véloce 15 7-3 2-4 26
- Pouillot fitis 10 30-3 lb-4 17
- Grive chanteuse. . . . 10 27-2 28-5 29
- Tarier . . 15 17-4 6-5 19
- Rouge-queue de murailles 18 16-5 5-4 20
- Rouge-queue noirâtre. . . 18 5-4 17-4 14
- Rouge-gorge . 10 15-5 5-4 25
- Rossignol 6 19-4 6-5 17
- D’après ce tableau, les dates moyennes d’arrivée présentent un écart de 10 à 29 jours. Une liste méthodique du même genre a été faite pour la migration d’automne, dont les termes moyens présentent de plus fortes différences encore.
- Les causes de cette variation dans les dates de migration ne doivent pas être attribuées au temps. Voici une comparaison qui laisse voir combien peu les susdits écarts sont en rapport avec la température. En 1895, la date moyenne du départ des martinets, en Suisse, fut le 9 aotît, avec une température moyenne (pour le mois) de 17°C ; en 1910, ce fut le 50 août avec 14°C. Ainsi donc, quoique le mois d’août de 1910 fût plus frais que celui de 1895, les martinets partirent beaucoup plus tard;' Il fut enregistré de même façon pour les rouges-queues noirâtres : 1908, départ 6-9, température 14°, — 1903, départ 28-9, température 15°, — 1904, départ 25-9, température 11°. En septembre 1908 et 1903, la température fut à peu près la même, et pourtant les rouges-queues partirent une fois au début du mois, l’autre fois à la fin. D’autre part, en septembre 1904, alors qu’il faisait particulièrement frais, le départ s’effectua 2 1/2 semaines plus tard qu’en septembre 1908, mois chaud. Pour le tarier, on trouve des chiffres opposés : 17-8 par 17° et 24-8, par 15°, donc encore une migration plus tardive par une température plus basse. ,
- Les résultats que je viens d’exposer sont en opposition directe avec l’idée généralement répandue que les mouvements des migrateurs dépendent de la température. Non plus, d’après Brelseher, ils ne sont liés à d’autres influences météorologiques, comme la pression atmosphérique et les courants aériens. Us ont des causes qui résident plutôt dans la nature même de l’oiseau, c’est-à-dire qu’ils sont dus au stimulant physiologique qu’est l’instinct des voyages.
- Il est possible que cet instinct ne s’éveille pas au même moment dans toutes les périodes de migration, mais subisse des variations selon la constitution de l’or-
- LA MIGRATION DES OISEAUX? -------------------------—
- ganisme. Ce qu’il importe donc d’examiner de près, c’est son importance physiologique.
- La plupart des ouvrages traitant de la migration ont fait dépendre les mouvements de celle-ci, tantôt du vent, tantôt de la température, tantôt encore de la pression atmosphérique ou du cours des dépressions. Mais le désaccord qui existe dans l’idée qui attribue au temps l’influence principale et les avis contradictoires des auteurs laissent déjà douter de l'exactitude de cette théorie, que Brelseher a complètement bouleversée par ses recherches étendues.
- Au demeurant, les résultats acquis depuis plus de vingt ans par l’observatoire ornithologique de Rossitten, sont en parfaite concordance avec l’opinion de Bretscher. Les rapports de cet observatoire indiquent des jours de migration plus ou moins importante, aussi bien par vent de face, que par vent derrière ou de côté, par temps clair et sec, comme par temps sombre et humide, que le baromètre soit haut ou bas. En somme, il est impossible d’admettre qu’il est de règle que les mouvements migratoires dépendent, de la situation météorologique. Orages et averses, môme, n’effraient pas les oiseaux voyageurs. Les ornithologues de Rossitten ont observé plusieurs fois des pluviers, chevaliers, vanneaux, barges, huitriers et canards, qui migraient par violent orage et forte pluie. Toutefois, le brouillard et la tempête sont exécrés des migrateurs ; ils les obligent à faire halte : en effet, dans le brouillard, les oiseaux perdent plus ou moins leur faculté d’orientation, et dans la tempête ils perdent tout pouvoir sur leurs ailes et leur queue et ne peuvent conserver une direction déterminée.
- Thienemann et Weigold, respectivement directeur de l’observatoire ornithologique de Rossitten et ancien directeur de l’observatoire ornithologique d’Héligoland, ont remarqué certaine coïncidence entre le temps et la migration des bécasses. Les forts passages qu’ils ont observés en automne avaient lieu, la plupart, par vent d’est (est, nord-est et sud-est), lorsque dans les territoires de l’est et du nord-est d’où venaient les oiseaux, régnait tout à coup un mauvais temps, notamment une chute de neige. Les bécasses sembleraient donc, selon cette constatation, préférer migrer avec le vent, ou bien avec le vent quasi de côté. Leur passage, en ce cas, constituerait une fuite devant un temps défavorable menaçant leur existence. Mais il a été constaté, dans la vallée du Main, le 15 novembre 1910, qu’une migration de bécasses avait lieu par vent nord-nord-ouest, après que, dans la journée, eût soufflé un vent sud-ouest. Et Thienemann a observé, le 4 octobre 1910, à Rossitten, de nombreuses bécasses par vent sud-ouest. Conclusion : le vent d’est n’est pas absolument nécessaire à ces oiseaux pour voyager, et quand il est suivi de gel et de neige, ne sont-ce pas ceux-ci qui font fuir les bécasses à cause du manque de nourriture? Les apparitions de bécasses par vent d’est ou nord-est ne sont d’ailleurs pas régulièrement observées à Rossitten et à Héligoland. 11 ne manque pas, en octobre et novembre, de jours propices aux voyages, avec vent d’est, pendant lesquels on ne voit aucune bécasse.
- Au sujet de l’influence des météores sur la migration, il nous faut considérer encore les fréquents mouvements de retraite effectués par les voyageurs. Ces mouvements se produisent surtout en mars-avril, devant un changement subit de temps, changement qui amène la gelée et la neige. Semblable mouvement de grand style eut lieu dans le nord de l’Allemagne le 14 mars 1906 : vanneaux, étourneaux, pigeons, rapaces, pipils, alouettes, berge-
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- UNE MÉMOIRE MÉCANIQUE : L’HORO-MÉMO .....—---269
- ronnettes, grives, fringilles, prirent la direction de l’ouest et du sud-ouest, après que, la nuit précédente, la neige fût tombée en abondance. Dix jours plus tard, le même phénomène singulier se répéta, après une nouvelle chute de neige, et prouva que, dans l’intervalle, les migrateurs avaient repris leur voyage vers le nord. Pareils faits s’observent chaque année.
- Ces mouvements de retraite ne peuvent être considérés comme de vraies migrations ; ce ne sont que des écarts momentanés, nécessités par la recherche de la nourriture dans des territoires libres de neige et de glace. Tous les oiseaux, du reste, ne les exécutent pas : beaucoup, voulant braver le temps, trouvent en voyage une mort lamentable ; c’est par douzaines qu’on découvre alors dans les champs, les cadavres des merles, alouettes, bruants, pinsons, etc, Et maintenant, reconnaissons, qu’en des circonstances aussi critiques, la conduite si différente des migrateurs, les uns évitant l’intempérie, les autres la défiant, est une preuve flagrante de la laxité des rapports pouvant lier la migration aux météores, ainsi que de l’inexistence d’une règle générale.
- Au surplus, les mouvements de retraite des migrateurs montrent combien peu ceux-ci prévoient le temps, sinon ils ne s’exposeraient pas de la sorte à ses influences malheureuses, s’arrêteraient en roule et iraient attendre la fin de l’intempérie dans une contrée favorable. Quant aux voyageurs qui défient la neige et le gel, ils trahissent un manque de sensibilité à l’état météorologique, surtout qu’une brusque variation du temps correspond à un important changement de la pression atmosphérique, qui devrait servir de signal aux oiseaux et les engager à
- s’arrêter. Cependant, cela n’arrive point et les migrateurs continuent, insouciants, jusqu’à ce qu’ils soient surpris par l’intempérie qui les force à la retraite ou dans laquelle ils succombent.
- On observe parfois, qu’après avoir interrompu longtemps leur voyage, à cause d’un mauvais temps continuel, des oiseaux risquent de se remettre en route, dès que le baromètre commence à monter, et qu’inversement des migrateurs s’arrêtent, même par beau temps, lorsque le baromètre commence à descendre. Ce phénomène laisse présumer une sensibilité des oiseaux à Ja pression atmosphérique. Mais à cette opinion s’opposent l’expérience acquise avec les voyageurs que surprennent les intempéries, ainsi que les recherches et statistiques de Brelscher démontrant que la migration s’effectue aussi bien quand le baromètre baisse, que lorsqu’il monte.
- Innombrables sont les cas de migrations enregistrés depuis 20 ans à Rossitten, qui montrent, comme les études de Bretscher, qu’il n’existe aucune relation intime entre la migration et l’état météorologique. Pression atmosphérique, température, humidité, direction du vent, n’occasionnent ni la migration d’automne, ni celle de printemps, et n’en influencent pas le cours de façon décisive ou régulière. Seuls, certains phénomènes météorologiques extraordinaires comme le brouillard, la tempête, et une variation brusque du temps, spécialement la gelée et la neige en mars-avril, obligent les voyageurs ailés à interrompre leur route ou provoquent des mouvements de retraite. Yoilà l’unique rapport existant entre le temps et la migration.
- Anai. Mercier.
- UNE MÉMOIRE MÉCANIQUE : L*HORO-MÉMO
- Une de nos facultés les plus précieuses est certainement la mémoire, que la vie enfiévrée d’aujourd’hui soumet à de durs efforts. Ceux qui ont le souci et la responsabilité d’une affaire, de quelque ordre quelle soit, sont tenus de se rappeler à heures fixes les choses les plus diverses et il leur est bien difficile de ne rien oublier. Avec l’àge, d’ailleurs, la mémoire sc paralyse plus ou moins et l’emploi du carnet éphéméridc devient obligatoire.
- Un appareil susceptible de remplacer la mémoire défaillante, de prévenir automatiquement au moment voulu, de rappeler les occupations prévues, est donc d’une utilité incontestable. Cet appareil vient d’être réalisé par des inventeurs français, après huit ans de recherches et d'essais.
- L’horo-mémo, sous sa forme actuelle, est devenu un appareil de bureau, qui donne l’heure exacte, qui comporte 565 feuillets d’un calendrier éphémé-ride et qui est équipé avec un mécanisme permettant de déclencher une sonnerie, chaque fois que le possesseur de l’appareil désire être appelé.
- L’horo-mémo a la forme d’un petit pupitre qui, dans le haut,porte un cadran de montre; au centre se trouvent disposés les feuillets mobiles du calendrier éphéméride.
- Chaque feuillet a, au centre, une partie blanche et
- de chaque coté, des colonnes correspondant chacune à un intervalle de six heures. La division de ces colonnes est faite par quarts d’heure ; la première de 6 à 12 heures, la deuxième de 12 à 18 heures, ce qui correspond aux heures normales de travail dans la journée. Chaque case est celle d’un intervalle d’un quart d’heure, on peut y inscrire à l’avance le nom d’une personne qui doit rendre visite, la nature d'une occupation que l’on doit assurer, etc.
- Sur chaque côté de l’appareil, en face de la colonne divisée, se trouve une série de 24 curseurs, chacun' correspondant à un quart d’heure. Les curseurs sont différenciés suivant qu’il s'agit de l’heure, des demies ou des quarts, de manière à éviter toute erreur pendant la manœuvre.
- Le fait d’appuyer sur un des curseurs arme l’appareil, de façon qu'à l’heure ainsi enregistrée la sonnerie tinte. Une remise à zéro permet d’amener tous les curseurs en position de repos à la fin de la journée.
- Dans le cas où l’on désire être appelé tous les jours, à la même heure, pour un travail ou une opération toujours la même, il suffit de bloquer le curseur correspondant au moyen d’une petite pointe, qu’on prend dans une réserve placée sous l’appareil.
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- Fig. i. —Aspect de Vhoro-mémo. montrant le jeuillet sur lequel sont portées diverses indications. Les cases réservées sont barrées d’un trait oblique. De chaque côté on voit l’ensemble des curseurs; à la partie supérieure, le cadran d'horloge.
- La remise à zéro n’intervient plus alors pour le curseur ainsi bloqué et automatiquement, à cinq heures et demie, par exemple s’il s’agit de partir pour prendre un train, la sonnerie tintera chaque jour.
- En même temps que la sonnerie fonctionne, un voyant rouge apparaît sur le cadran des heures, ce qui permet, en cas d'absence momentanée du bureau, de se rendre compte immédiatement si la sonnerie a fonctionné.
- Dans le haut de l’appareil se trouve un houlon de remise à l’heure et un bouton de remise au blanc des voyants rouges.
- Mécanisme de l’appareil. — On conçoit sans peine qu’un mécanisme de ce genre doive être précis et construit très soigneusement., Lors des premiers essais, les inventeurs ont naturellement songé à l’utilisation des contacts électriques pour déclencher la sonnerie au moment voulu ; mais ce principe facile a été abandonné et le fonctionnement est entièrement mécanique.
- Tout le mouvement est communiqué à l’appareil par un ressort puissant, de 4 m. 20 de longueur, qu’il suffit de remonter une fois par semaine pour assurer la marche complète, mouvements et sonneries:
- Pour rappeler qu’il est nécessaire de remonter l’appareil le lundi matin, une vignette est imprimée sur le feuillet ephéméride de chaque lundi ; ainsi le ressort assure le mouvement des aiguilles de l’horloge et le fonctionnement de la sonnerie.
- 'Pour déclencher la sonnerie au moment indiqué par le curseur, on a disposé un double jeu de roues, reliées deux à deux par un ruban constitué d’une façon toute particulière.
- Afin d’avoir la souplesse nécessaire et en même temps la rigidité et assurer une transmission pré-
- cise, le ruban est formé d’une série de chaînons constitués par des plaquettes minces d’acier. Celles-ci ont une forme telle qu’elles épousent exactement la circonférence de chaque roue quand elles arrivent à son contact.
- Chacune des chaînes porte deux taquets équipés avec un galet et la vitesse de la chaîne est calculée de manière qu’un galet mette six heures pour parcourir le chemin qui correspond à la ligne des curseurs devant laquelle il passe.
- Il y a ainsi deux galets sur chaque chaîne, disposés de manière qu’il y ait toujours un galet en service de veille devant une ligne des curseurs : ligne de gauche s’il s’agit des heures correspondant à la durée 6 à 12, ligne de droite s’il s’agit des heures 12 à 18.
- Lorsqu’un curseur a été manœuvré par basculement, il présente sur le parcours du taquet un épaulement; quand le taquet bute sur cet épaulement qu’il remonte, la chaîne légèrement repoussée grâce à son élasticité fait basculer un levier qui prépare le mouvement de sonnerie. . Celle-ci se déclenchera à l’heure exacte, marquée sur le feuillet éphé-méride, automatiquement, en même temps que le mécanisme de sonnerie est réarmé pour une opération suivante. Un réglage permet de doubler
- Roue motrice de /a chaîne.
- Taquet décalé de 12 heures sur l'autre taquet^ porté par fa mêm chaîne.
- Taquet mobi-
- le sur 9?
- (heure du cadran)
- Barre. levier de commande de la sonnerie.
- Chaîne élastique 'articulée en acier
- Roue conductrice de la chaîne
- Epaulement des curseurs 10h,/2 et 11h3A mis en position d‘appel
- Fig. 2. — Schéma de l’appareil.
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- ou de quadrupler la durée de la sonnerie, qui normalement est très courte, ce qui présente d’ailleurs une difficulté de réalisation mécanique.
- Afin d’avoir la précision indispensable, les curseurs sont fabriqués en un alliage dur, qui est moulé dans une sorte de coquille où l’on a fait le vide. On obtient alors directement des moulages d’une exactitude du centième de millimètre. C’est d’ailleurs de celte manière que l’on exécute aujourd’hui les platines des montres, complètement terminées au sortir du moule, y compris perçages, tarau-dages et même guillochage.
- Tout le mouvement de l'appareil est monté sur une platine robuste, d’une seule pièce ; les groupes d’organes étant rassemblés sur des platines secondaires. L’ensemble est recouvert d’un carter également d’une seule pièce, obtenu par emboutissage d’une feuille d’aluminium. Ce travail d’emboutissage sur une pièce aussi délicate est compliqué et constitue un véritable tour de force technique.
- L’extérieur de la platine est recouvert d’un vernis à la cellulose, ayant l’aspect craquelé, de manière à rappeler le grain des cuirs de luxe. Ce craquelage est obtenu par l’application de deux couches, à un intervalle de temps tel que la première couche ne soit pas suffisamment sèche lorsqu’on applique la seconde. Les deux couches sont constituées par des vernis ayant des coefficients de dilatation différents,
- Fig. 4. — Vue du mouvement par dessous; il est-monté sur une platine unique robuste, les deux timbres sont accordés et produisent un son très spécial.
- ]<ig. 3. — Vue de l’appareil, le carier enlevé. On distingue les deux chaînes qui parlent les taquets venant buter contre les épaulements des curseurs manœuvrès.
- de sorte qu’au séchage, la couche supérieure se craquelle et l'on obtient ainsi l’aspect désiré.
- Fonctionnement de l’appareil. — Pour mieux expliquer le fonctionnement de l’appareil et son emploi, nous allons prendre des cas concrets.
- Supposons par exemple qu’un directeur de maison doive recevoir à trois heures la visite d’un important agent, avec lequel il aura une conversation d’une heure. Il a écrit, depuis le jour où le rendez-vous a été donné, dans la case « 5 heures » du jour choisi, le nom de l’agent et a barré d’un trait oblique toutes les cases jusqu’à 4 heures, pour indiquer que ce temps est réservé. En arrivant le matin à son bureau, il manœuvre les curseurs en regard des cases notées et par conséquent celui de la case « 5 heures » : automatiquement, la sonnerie tintera à trois heures pour rappeler la visite attendue. '
- Quelques instants après, le directeur reçoit par téléphone une demande de rendez-vous dans le courant de l’après-midi. En consultant le feuillet, il constate que l’intervalle de trois à quatre heures n’est plus libre. Il indiquera par exemple qu’il peut recevoir le visiteur à quatre heures et demie et, après accord, il inscrit également cette visite sur le feuillet et abaisse le levier correspondant à 4 h. 1/2, pour que la sonnerie tinte à ce moment.
- Ainsi le feuillet éphéméride présente un diagramme chronologique de toutes les occupations de la journée : on y inscrit les rendez-vous, les visites à faire ou à recevoir, les ordres à donner, etc.
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- UNE MÉMOIRE MÉCANIQUE : L’HORO-MÉMO
- ; S’il s’agit maintenant d’une indication permanente, nous savons que l’on peut inscrire une fois pour toutes l’heure de cette occupation. Supposons par exemple que le possesseur de l’horo-mémo doive, pour son estomac, absorber à une heure régulière un verre d’eau de Yicliy ; il bloquera le curseur correspondant à cette heure avec une des pointes qu’il a à sa disposition : chaque jour, la sonnerie rappellera à l'heure dite le verre d’eau de Yicby qu’il faut prendre.
- De la même manière, on notera les courriers à signer et à expédier, les cours de Bourse à deman-
- On voit donc la quantité des services que l’appareil [est [susceptible de rendre. 11 n’y a pour ainsi dire pas de professions auxquelles il ne puisse s’appliquer : commerce et industrie naturellement, mais également professions libérales, avocats, médecins, en général tous ceux dont le temps est soigneusement mesuré, qui sont exposés à donner des rendez-vous nombreux.
- Yoici entre cent autres une combinaison amusante. Un dentiste, par exemple, inscrira sur sa fiche les diverses visites qu’on vient lui rendre. 11 peut même établir une sorte de comptabilité rapide,
- Fig. 5. — Aspect des divers modèles de machines depuis le début des essais qui ont demandé huit ans de travail. Les premiers appareils fonctionnaient électriquement. Le modèle définitif esl actionné par un
- ressort, qui réalise une marche plus sûre.
- der, l’entrée et la sortie du personnel, même les émissions de T. S. F. pour les nouvelles et les cours, etc.
- Une particularité intéressante de l’appareil est la possibilité d’écourter une visite importune.
- Supposons qu’à 10 heures 20, le garçon de bureau vienne vous apporter la carte d’un fâcheux qui vous fera perdre du temps. Il vous est impossible de ne pas la recevoir, mais vous ne désirez lui accorder que quelques minutes.
- Immédiatement l’horo-mémo vous vient en aide : vous abaissez le curseur correspondant à 10 h. 50; vous laissez entrer l’importun, il s’installe. Au bout de quelques minutes d’entretien, l’appareil sonne et c’est là une excuse toute trouvée pour interrompre la conversation en prétextant quelque obligation capitale.
- puisque la fiche indique la durée de la séance qu’il a consacrée à chaque client. Un mot de rappel, comme « plombage » lui donnera la possibilité ultérieurement, par l’examen de ses fiches, d’établir le prix qu’il faut demander à chacun.
- Dans une maison de santé, on pourra inscrire sur la fiche et rappeler automatiquement les soins à donner à tel ou tel malade. Le gérant d’un hôtel s’en servira pour ne pas oublier ce qu’il doit assurer à telle heure de la journée; réception et départs de voyageurs, réveils, envoi d’une voiture à la gare, etc.
- Il est impossible d’examiner en détail toutes les circonstances d’usage de cet appareil, conçu d’une manière absolument originale, inventé et fabriqué en France, et qui répond vraiment à une nécessité bien moderne. E.-II. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1920.
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- N° 2743
- 30 Octobre 1926
- LA NATURE
- EHVUJH ®
- HT ILHW M, £/MlRT HT^,
- LT METOTTO
- SOMMAIRE:
- L’effort français aux pays lointains. La mise en valeur des îles Kerguelen : Cl Sauvaire-Jourdan. L’aviation économique pour tous : J.-A. LefrailO.
- La suralimentation dans les moteurs à explosion : L. Picard.
- SUPPLÉMENT : ’
- Informations Nouvelles de T. S. P. — Bulletin astronomique. — Variétés. — Hygiène et Santé.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Cie, Éditeurs. 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
- ^ ( Dollars . . . 0,06
- Etranger jFr Su|.sses 0 30
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- LA NATURE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ, fondé par Gaston TISSAND1ER
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- LA NATURE. — N° 2743.
- 30 OCTOBRE 1926
- L’effort français aux pays lointains.
- LA MISE EN VALEUR DES ILES KERGUELEN
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- Dans la liste des possessions coloniales françaises, les îles Kerguelen ont tenu jusqu'ici une place si modeste qu’il est probable que leur nom, ou tout au moins leur situation géographique et aussi leur valeur économique sont, pour une bonne partie de nos compatriotes, des éléments tout à fait inconnus.
- Et cependant l’effort tenace, énergique et enfin couronné de succès, que quelques Français mènent depuis des années sur ce point perdu de la Mer Australe,' mérite bien qu’on le signale et qu’on s’y intéresse. Il est. bon de combattre le préjugé courant qui veut que nous soyons impropres à la colonisation.
- Quelques mots s’imposent d’abord sur la courte histoire des Kerguelen.
- C’est un groupe d'iles situé par 49° de latitude Sud et 67° de longitude Est, placé sur la route directe des navires se rendant du Cap de Bonne-Espérance en Australie. La principale de ces îles est à peu près de la dimension de la Corse et ses côtes sont découpées par un nombre considé-
- Fig. 2. — Moutons mérinos importés à Kerguelen de Capétown en iç22, après la tonte de np3.
- 54p Année — 2° Semestre.
- Fig. 1. — Carte des îles Kerguelen.
- rable de véritables fiords semés d’îlots qui les font ressembler à celles de la Norvège. Les bons mouillages y sont à l’infini surtout sur la côte Est, protégée des vents régnants qui viennent de l’Ouest et sont souvent très violents.
- C’est en 1772 que le chef d’escadre, chevalier de Kerguelen, découvrit ces terres qu’il crut rattachées à un continent austral. Il y fut renvoyé à la tête d’une division de deux navires. La « Fortune » qui portait son pavillon, se sépara de sa conserve le « Gros Ventre » et il semble bien que ce navire seul aborda l’île Kerguelen, dans une baie du Nord, appelée baie de l’Oiseau, et en prit possession au nom du Roi de France.
- On estima à Paris, que Kerguelen n’avait pas apporté un bien grand zèle à l’accomplissement de la mission qui lui avait été confiée, et à son retour, il fut traduit en jugement et emprisonné à Saumur.
- Les pièces de son procès ont été brûlées, peut-être à la Révolution, ce qui ne permet pas de connaître exactement ce qui lui a été reproché.
- Lorsque, 5 ans plus tard, Cook, parti lui aussi à la découverte, atterrit à Kerguelen précisément dans la baie de l’Oiseau, qu’il appela port Christmas, il eut la désagréable surprise de trouver la place occupée, moralement si non effectivement, puisque les îles du groupe étaient totalement inhabitées. Loyalement d’ailleurs, il s’inclina devant le fait, marqué par un pavillon fleurdelysé et des papiers authen-
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- 274 ....— LA MISE EN VALEUR DES ILES KERGUELEN
- tiques laissés par le Gros Ventre, mais, peut-être pour se dédommager de cette sorte d’échec, ou pour en réduire l’importance, il eut l’idée de transformer le nom de Kerguelen, officiellement imposé à ces îles, en celui de « Terre de la Désolation » qui fut certainement cause que pendant cent ans la France, persuadée de l’impossibilité de rien entreprendre'en des terres glacées et battues par les ouragans, se désintéressa complètement de cette si lointaine et si peu attirante colonie.
- Cette indifférence s’est prolongée, d’ailleurs, jusqu’à nos jours, puisque c’est en vain qu’on cherche, dans un atlas des plus modernes, au chapitre des colonies françaises, une notice quelconque sur les îles Kerguelen, et aussi St-Paul et Amsterdam, qui ont bien leur valeur, comme le groupe de Français dont nous avons parlé a la prétention de le démontrer.
- Après Cook, il faut attendre 1840 pour voir Ross visiter les îles Kerguelen. Elles sont, il est vrai, devenues le rendez-vous de nombreux pêcheurs de baleine et de loups-marins qui s’y établissent temporairement, mais il n’en vient aucun renseignement sur la possibilité d’en tirer un parti quelconque et le Gouvernement français continue à les ignorer.
- Il les ignore au point, qu’en 1874, lorsqu’il s’agit d’un accord international pour étudier le passage de Vénus sur le Soleil, la France envoie sa mission à l’île Campbell et à l’île St-Paul, tandis que les savants anglais, américains et allemands, amenés par des navires de guerre, s’installent aux Kerguelen.
- Si bien que la prise de possession faite au nom de la France par Kerguelen en 1772 prend petit à petit bonne tournure de chose caduque et que l’Angleterre commence à manifester un certain intérêt pour cette terre dont l’exploitation pourrait être une bonne affaire et qui en outre ne serait pas à dédaigner comme point d’appui naval.
- Mais deux bons Français, les frères Bossière qui ont assisté de 1881 à 1883 au peuplement et à la mise en valeur progressifs des terres du détroit de Magellan et des îles Malouines (Falklands) avaient toujours pensé que les Kerguelen, situées sous la même latitude, et jouissant d’un climat semblable, pourraient, elles aussi et au même titre, être avantageusement exploitées sous le rapport de la chasse des animaux à huile, d'abord, puis de l’élevage du mouton sans parler, pour le moment, d’autres sources de richesses possibles.
- Ils attirent l’attention du Ministre des Affaires Etrangères, M. Ilanoteaux et de l’Amiral Riçunier,
- Ministre de la Marine sur les intrigues qui se nouent à l’étranger, pour nous ravir une terre à laquelle nous paraissons si peu tenir, et, résultat de leur intervention, l’aviso de guerre Eure, est envoyé aux Kerguelen pour affirmer la souveraineté de la France.
- Cette deuxième prise de possession s’effectue avec tout l’éclat possible le 2 janvier 1893, au port Gazelle, où un dépôt de vivres et de vêtements est constitué, à l’usage des naufragés éventuels.
- Entre temps, le 31 juillet 1893, MM. Bossière obtenaient la concession de la totalité des îles Kerguelen, à laquelle en 1908 s’ajoutait celle des petites îles St-Paul et Amsterdam, situées à 600 milles dans le N.-E. des Kerguelen.
- Depuis cette époque, avec un courage et une persévérance inlassables, ils ont lutté pour les mettre en valeur. Les premières tentatives traversées par des circonstances défavorables (l’avant-dernière par la Grande Guerre), n’ont pas abouti. Aujourd’hui, enfin, la Société des pêches australes, créée par eux, a commencé une exploitation raisonnée des ressources immenses qu’offrent les Kerguelen, et tout fait présager un succès bien dû à de si. patriotiques efforts.
- Une installation permanente et moderne de dépeçage des phoques et baleines et de fonte de leurs graisses existe au port Jeanne-d’Arc. Les résultats obtenus dans une première campagne sont des plus encourageants. Un troupeau de moutons a été placé sur de bons pâturages et donne les plus belles espérances. Enfin des essais de charbon trouvé sur place, et diverses prospections permettent d’envisager une ère réelle de prospérité.
- L’aspect des îles Kerguelen est très particulier. On n’y trouve pas un arbre, et cependant le sol, jusqu’aux pentes des montagnes, est couvert de mousses ou de hautes herbes d’espèces diverses qui donnent aux grandes plaines un aspect riant et très agréable. Parmi cette verdure figurait en masse compacte un chou, dénommé chou de ^Kerguelen, célèbre par ses qualités anti-scorbutiques et constituant pour les humains une excellente nourriture. Mais, dans la grande île, il a presque disparu, détruit par les lapins qui y vivent en extraordinaire quantité et témoignent à leur façon, là comme ailleurs, de leur goût pour le chou. Il serait vraisemblablement facile de reprendre cette culture et de la prôtéger contre les rongeurs.
- L’absence de tout arbre et même de tout arbuste est chose frappante, alors qu’au contraire la végétation des petites plantes est si active. C’est le fait sans doute de la situation du groupe des Kerguelen
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- LA MISE EN VALEUR DÈS ILES KERGUELEN
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- sous des latitudes peu favorables à la grande végétation.
- Voici comment la côte de Kerguelen se présenta aux yeux de M. Etienne Peau, Conservateur adjoint du Musée du Havre, chargé d’une mission d’études aux Kerguelen en 4923 :
- « Rien n’est moins monotone que ces étranges côtes sud de Kerguelen, c’est ici l’anse du Gros Ventre, sans abri et d’un aspect sinistre qui justifie le nom d’iles de la Désolation donné par Cook ; plus loin, c’est le cap Dauphin auprès d’une baie remarquable par sa' belle cascade Voilà maintenant la baie de Cliimay, formant un haut cirque de montagnes, puis les îles Joubin dont trois figurent de gigantesques caïmans endormis à fleur d’eau. Dominant tout, surgit le majestueux mont Ross qui élève à 1960 mètres d’altitude,
- Fig. 5. — Port Jeanne d’Arc à Kerguelen en 1926.
- Fig. 4. — Porl-Couvreux, Kerguelen ig26.
- j aux nombreux méandres, avant de se jeter au 1 fond des baies » (1).
- L'intérieur du pays présente des ^ terrasses étagées que surmontent des à, groupes de hauteurs aboutissant à , une chaîne centrale de vraies montagnes atteignant des hauteurs de 4800 mètres. Ces montagnes sont en partie couvertes de neiges éternelles et de glaciers. Aussi l’ile tout entière abonde en torrents, ruisseaux, cascades et sources.
- Les falaises-des côtes sont couvertes de cette végétation herbeuse très touffue qui a déjà été signalée. Elle disparait quand on atteint les terrasses aux altitudes de 300 mètres. « Le sol n’est plus alors qu’un immense champ de pierres basaltiques d’une seule teinte uniforme,
- ses deux éblouissants sommets aux glaces perpétuelles. Parmi les plages rocheuses, l’une des plus remarquables est celle que formes la baie Larose-Devant, le merveil- ! " leux décor des basaltes et des plantes rempli d’Oiseaux et d’Àmphibies, on j. se croit dans un magnifique jardin \ zoologique naturel dont les habitants vivent au sein d’une telle confiance qu’il s’en exhale quelque chose de sacré que l’homme devrait respecter.
- Dans la plupart des baies, les terrasses basaltiques sont coupées par des failles formant des défilés au fond desquels coulent des torrents venus de l’intérieur, mais fréquemment aussi ces derniers se précipitent du haut des falaises, en chutes impétueuses cjui bondis'eut sur les rochers puis se changent en rivières
- 1. Conférence faite le 29 mars 1925, par M. Peau, à la Sociélé Nationale d’Acclimatation, sous la présidence de M. le maréchal Focli.
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- Fig. 6. — La Lozère à Kerguelen en 1426
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- avec çà et là, des espaces de sables humides et quelques lacs ou étangs » (Peau).
- « Ces roches basaltiques prennent souvent les aspects les plus inattendus et quelque peu fantastiques, de vestiges de constructions, de ruines de forteresses, d’alignements de cromlechs mégalithiques. »
- « Cet aspect extraordinairement désertique de l’intérieur s’aggrave encore d’une solitude complète. Pas un son, pas un cri ne vous y accompagne, partout s’étend un pesant silence que viennent seuls troubler les bruits de votre marche. Tous les Oiseaux abandonnent l’explorateur à la bordure de la côte, aucun ne vient survoler ces régions qui ne sauraient nourrir aucun ani -mal, pas même un insecte. »
- Le climat de Kerguelen se distingue parla fréquence et la violence de ses vents d’Ouest, qu’accompagnent des pluies abondantes. Mais il est loin de justifier le nom catastrophique de terre de la Désolation que Cook lui a appliqué sous l’empire sans doute de la mauvaise humeur et du dépit. On y a en effet des jours ensoleillés et calmes. Quant à la température, il résulte d’observations déjà nombreuses qu’elle oscille entre les deux termes extrêmes 4-18° — 8° avec des moyennes de 7°2 en été et de 2°2 en hiver.
- Ces chiffres sont, à quelques dixièmes près, ceux qui ont été relevés aux Falklands (Iles Malouines), lesquelles sont actuellement peuplées, et ils correspondent, en somme, à ceux de l’automne de nos régions.
- D’ailleurs, avec l’expérience que l’on en a acquis, on peut affirmer la salubrité parfaite des Kerguelen. La confirmation peut s’èn trouver dans le fait que, à quelques années d’intervalle, deux naufragés ont pu y vivre, le premier, le matelot Nun de la « ‘Favorite », pendant 5 ans dont un sur l'île Sadle, une dés plus misérables et des plus exposées aux tempêtes de tout le groupe, l’autre; le capitaine pêcheur américain Fuller, pendant une année. Tous deux étaient dénués de tout et ont trouvé, dans les seules ressources du pays, pèche et chasse, tout le nécessaire à leur existence.
- Ajoutons, pour mieux établir la bonne réputation de Kerguelen, que ce même capitaine Fuller, après
- cette retraite forcée dans cette immensité déserte, en avait, gardé un si bon souvenir, que par la suite, et pendant 50 années consécutives, il y est revenu chasser le loup-marin et le pingouin .
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- * *
- La courte description qui vient d’en être faite ne suffirait certes pas à tirer Kerguelen de la liste des terres sans grand intérêt. Mais ce groupe d’îles présente une particularité, qui lui est du reste commune avec quelques rares autres points des Océans arctiques et antarctiques. C’est une des terres oii.se concentrent et se reproduisent, à des époques déterminées, les pho-
- , . -- --- i ques à fourrure
- ' et les phoques à huile.
- Et ceci suffit à leur assurer une importance considérable.
- De tout temps, beaucoup de navires américains et norvégiens spécialisés dans cette industrie et aussi dans la pêche de la baleine, ont fréquenté les Kerguelen, et principalement la Côte-Est, plus abritée. Ils y ont créé des établissements provisoires pour faire fondre les graisses des animaux capturés. Aujourd’hui encore on trouve en plusieurs points des cabanes, des chaudières et des installations abandonnées.
- Yoici quelques renseignements sur ces phoques. Le phoque à fourrure vit en rockeries (en familles), dans les parages des îles les plus exposés aux tempêtes. C’est dire que leur chasse offre des difficultés particulières. Néanmoins, d’après des documents officiels des Gouvernements anglais et américain, « plus d’un million de ces peaux ont été récoltées aux Kerguelen, depuis la découverte de ces îles jusqu’en 1900 ».
- Ces phoques ont disparu de partout ailleurs, dans le Sud, mais on est certain qu’ils ne seront jamais détruits aux Kerguelen, par suite des abris cachés qu’ils y trouvent.
- En 1894) 2 goélettes américaines rencontrées par le « Challenger » avaient pris, le jour même de la rencontre 90 phoques à fourrure sur une des des du groupe.
- Le phoque à huile, ou phoque commun, abonde aux Kerguelen. Sa peau, malheureusement pour lui, fournit un cuir d’une souplesse exceptionnelle, et
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- l’épaisse couche de lard dont il est recouvert se transforme aisément en une huile très recherchée. Sa présence en troupes nombreuses constitue donc pour notre lointaine colonie, une véritable richesse que nous avons été à peu près les seuls, jusqu’ici, à ne pas exploiter.
- Ce phoque, est aussi appelé loup marin, et éléphant de mer. Il doit ce dernier nom à sa taille souvent énorme (on en a tiré de 10 mètres de longueur) et à la faculté qu’a son nez, de se gonfler sous l’empire de certains sentiments, et de former ainsi une sorte de trompe (Macro-rhinus leoninus de Cuvier).
- Les éléphants de mer arrivent aux Kerguelen fin avril, s’y montrent très nombreux en mai, juin, juillet, et disparaissent ensuite à peu près complètement jusqu’à l’année suivante.
- Pendant ces 5 mois, on les trouve par milliers sur les plages et dans les prairies à proximité, parfois même sur des hauteurs de 50 à 60 mètres, qu’ils gravissent assez aisément.
- Ils forment avec leurs petits des troupeaux de centaines d’individus dormant sur les herbes, et que la présence de l'homme ne trouble en aucune façon.
- Ces pauvres bêtes, si inoffensives sont tuées d’une halle dans la tète, puis dépecées, coupées en lanières, transportées à bord des batiments chasseurs ou directement à l’usine de port Jeanne-d’Àrc, où leur graisse est transformée en huile à l’aide d’un matériel très moderne.
- Jusqu’à ces dernières années, rien ne réglementait le massacre de ces animaux. Certains navires norvégiens ou anglais en enlevaient 12 à 1500 d’un
- Fig. 8. — Eléphants de mer à Vile Howe.
- seul chargement (*). Pour faciliter les opérations, on poussait doucement vers les plages, les troupeaux qui dormaient sur les plateaux, et on les mettait à mort à côté des embarcations qui emportaient ensuite leurs dépouilles coupées en lanières, jusqu’aux chaudières dans lesquelles on les faisait fondre.
- L’huile qu’on en retire est aujourd’hui très recherchée. Elle se traite presque uniquement en Hollande où elle est transformée en huile comestible, en margarine pour la plus grosse part et aussi en. . . fromage de Hollande!
- Jadis, ces huiles servaient également à l’éclairage. La grande valeur qu’elles atteignent surtout depuis la guerre, vient de ce que par l’hydrogénation, on est arrivé à leur retirer toute odeur désagréable. La production totale de l’hémisphère Sud est actuellement d’environ 200 000 tonnes par an.
- La France s’est, malheureusement, complètement désintéressée jusqu’ici de ces huiles animales, susceptibles cependant d’emplois divers et rémunérateurs. L’énorme quantité citée ci-dessus est complètement absorbée par les Hollandais, les Allemands, les Anglais, les Américains et les Norvégiens.
- Les Français qui ont entrepris
- 1. Par décret paru à. VOfficiel du 3 janvier 1923, cette partie de côte comprise entre le Doigt de Sainte-Anne et le Port aux Lapins a été réservée comme Parc national où toute chasse est interdite. Il en est de même pour les îles Ilowe, Mac-Murdo et Briant qui forment au nord de Kerguelen un autre Parc National. Il restera à -faire le nécessaire pour que cette sauvegarde n’existe pas seulement sur le papier.
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- d'exploiter les Kerguelen, à ce point de vile comme à beaucoup d’autres, ne désespèrent pas, cependant, devoir se-créer en France, une usine où les
- huiles seraient travaillées et rendues propres à l’alimentation .
- À la chasse au phoque, qui se fait à terre, car une fois dans l’eau cet animal si lent et si maladroit sur le sol où il aime cependant séjourner, est d’une agilité et d’une rapidité inouïe, et à celle des innombrables pingouins, il faut ajouter comme ressources fournies par les eaux des Kerguelen, la pêche de la baleine. Celle-ci abonde dans ces parages, et nombre de baleiniers, dont la plupart américains pratiquent cette chasse et en retirent de très beaux résultats financiers.
- Sur les îles mêmes, l’élevage du mouton doit réussir parfaitement. MM. Bossière, pour l’affirmer, citent l’exemple de la Patagonie et des îles Ma-louines, tout à fait semblables comme climat, où l’élevage du mouton, entrepris depuis 1875 pour les Malouines et 1881 pour la Patagonie, est devenu une énorme industrie.
- Parti de 0, cet élevage compte actuellement 5 millions de têtes, avec une -proportion de naissances que M. Bossière qualifie de fantastique, et qui atteint pour certains troupeaux de Patagonie 120 et 125 pour 100.
- Il cite un troupeau de 2 500 brebis, à l’estance d' Otivay-water, qui a donné 5 600 agneaux en une année.
- Il est donc permis d’affirmer que les Kerguelen doivent être une source de richesse du même ordre en ce qui concerne cette industrie, dont il est inutile de souligner l’importance pour notre pays, qui doit importer presque toute la laine dont il a besoin.
- Du reste, les essais qui en ont été faits, sur des bases peut-être encore trop timides démontrent que la bonne voie est ouverte.
- Les Kerguelen sont également le paradis des oiseaux de mer de toutes sortes,.{qui y nichent en nombre prodigieux; nous citerons seulement les pingouins, les pétrels,pes gracieux sternes et autres mouettes, les cormorans et enfin les albatros.
- Disons encore que le lapin piillule dans la grande île. C’est le résultat d’un lâcher de quelques couples de ces animaux, effectué par le capitaine d’un des navires venus pour observer le passage de Vénus sur le Soleil en 1874.
- Mais leur multiplication a été funeste au célèbre
- chou, qu’on ne trouve plus guère que sur quelques falaises inaccessibles aux rongeurs, et aussi sur les autres îles du groupe où ils n’existent pas.
- D’importants gisements de charbon ont été repérés, et même exploités, mais, seulement en recueillant le charbon à fleur de terre, pour les besoins locaux, chauffage, feux des chaudières à huile, etc. Il est très possible que ce charbon puisse être utilisé pour les navires. On conçoit sans peine l’importance de ce fait, s’il est confirmé. La baie Cumberland, où est situé un important gisement, forme un excellent bassin naturel où le combustible pourrait passer directement de la mine dans la cale du navire.
- Dès 1868, une compagnie de navigation anglaise, ayant pour objectif la création d’une ligne commerciale entre le Cap et l’Australie, avait demandé à la France l’autorisation d'établir un dépôt de charbon sur Kerguelen.
- Ce projet n’eut pas de suite, mais l’idée peut être reprise (*).
- Il est très possible également qu’il existe aux Kerguelen des sources de pétrole, de minerais de cuivre ou d’autres métaux. Mais leur existence n’est pas encore confirmée.
- Il est certain en tou^ cas qu’il y existe un très grand nombre d’importantes chutes d’eau dont il sera facile d’exploiter l’énergie.
- On voit donc que les Kerguelen, du point de vue économique, offrent un intérêt indubitable et probablement considérable. Du point de vue national, leur importance n’est pas moindre.
- Avec les transformations incessantes qui s’opèrent sur notre globe, dans la recherche ardente de nouvelles terres à exploiter à laquelle les nations se livrent de toutes parts, comment ne pas croire à l’avenir d’une possession comme les Kerguelen, placée sur une des grandes routes de l’Extrême-Orient, jouissant d’un climat plus uniforme et plus tempéré que l’Islande et même que l’Ecosse, offrant par elle-même et en abondance ' des ressources de tous genres, douée de ports excellents et de force hydraulique en quantité indéfinie.
- Si on suppose, en outre, et c’est là une hypothèse qui n’a rien de chimérique, que la voie de Suez nous soit un jour fermée pour une raison ou pour une autre, les communications de la France avec ses belles colonies
- 1. Notice sur les Kerguelen, par MM. Bossière.
- Fig. 10.
- I.’île Saint-Paul.
- Fig. a.
- L’ile Amsterdam.
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- L’AVJATJÔN ECONOMIQUE POUR TOUS
- de la mer des Indes, de l’Extrême-Orient et du Pacifique, ne pourraient plus se faire que par Je Cap de Bonne-Espérance.
- Les Kerguelen placées sur la route directe du Cap à la Nouvelle-Calédonie se révéleraient alors comme une escale de première importance ; et il serait sage à nous de prévoir cette éventualité.
- D’ailleurs, si nous avions la sottise de négliger cette colonie, nous pourrions peut-être un jour être ramenés brutalement à une plus saüne conception de son importance. Voici, pour nous éclairera ce sujet, deux documents cités par MM. Bossière dans une de leurs brochures qui ont inspiré cet article :
- TÉLÉGRAMME. DU « TIMES »
- « Melbourne,'14 Avril 1901.
- « M. Copeland a proposé que le Gouvernement « intervienne à Kerguelen, 'qui est une position « d’importance pour la Protection du commerce « britannique. »
- TÉLÉGRAMME DE L’AGENCE REUTER « Melbourne, 14 Avril 1901.
- « Le Cabinet Fédéral a décidé de demander au « Colonial Office de négocier l’achat de Pile Ker-« guelen que la France a annexée en 1895. »
- Apprenons donc, en voyant le cas qu’on en fait ailleurs, à apprécier notre bien.
- *
- •-!= #
- Il me reste à dire quelques mots sur les îles St-Paul et Amsterdam, aussi inconnues du public que les Kerguelen, et dont l’intérêt, s’il ne peut être comparé à celui de leur grande sœur, n’est cependant pas négligeable.”
- Ce groupe de deux îles est placé entre les 58u et 41e degrés de latitude Sud, par 80° de longitude Est.
- Elles présentent l’aspect que montre notre figure. St-Paul est un volcan dont le cratère s’est effondré dans la mer, formant un admirable port naturel. Une source d’eau très chaude, sourd dans le cratère lui-même. L’île a environ ‘3 kilomètres de longueur.
- Amsterdam a, à peu iprès, 10- kilomètres de longueur, et les mouillages y sont inexistants. Elle est couverte de bois.
- Les deux îles sont, comme les Kerguelen, susceptibles d’être exploitées pour l’élevage du mouton et des animaux à cornes, la chasse des phoques à fourrures et aux baleines, mais leur particularité réside en l’énorme quantité de crustacés et de poissons de tous genres qu’on y peut pêcher.
- MM. Boissière, et la Société qu’ils ont créée dans ce but, comptent exploiter spécialement cette richesse, par la préparation du poisson salé et séché, dont Maurice et la Réunion font une énorme consommation, et par la fabrication de conserves de langoustes.
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- En un temps où la France doit, pour vivre, s’ingénier à tirer sa subsistance de son propre sol, et de celui de ses cblonies, il est bon, sans doute, de signaler ce qu’elle peut trouver dans ce domainè de l’hémisphère austral, et en tout cas de faire connaître les efforts que nos compatriotes y poursuivent.
- Cl Sauvaire-Jourdan.
- L’AVIATION ÉCONOMIQUE POUR TOUS
- Malgré tous les efforts mis en œuvre pour faire entrer l’aviation dans les mœurs courantes, il est un obstacle qu’on ne saurait vaincre par la seule persuasion, c’est celui qui provient des conditions économiques de l’aviation marchande.
- L’intérêt économique de l’avion est la résultante des avantages qu’il peut procurer et des inconvénients et charges que son emploi entraîne pour les usagers.
- Chacun sait que l’avion est un moyen de transport encore très onéreux, c’est-à-dire que le prix de la tonne kilométrique transportée par air est plus élevé que celui du transport par eau, par fer, même par automobile et cette différence de prix est telle que, sauf dans des cas bien particuliers, il est très difficile d’attirer vers les services aériens la clientèle nécessaire.
- Cependant nous devons considérer que, malgré les apparences, le prix de revient “des transports aériens serait relativement bien plus avantageux si les antres moyens de transports ne bénéficiaient,
- dans une mesure énorme, de tous les travaux fondamentaux (établissements des voies ferrées, canaux, ports, routes, etc...) effectués autrefois dans des conditions exceptionnelles de bon marché et qui, étant maintenant amortis, permettent d’abaisser artificiellement le prix des transports. Il nous a été affirmé par exemple que si une compagnie de chemin de fer devait créer actuellement son réseau, elle devrait, pour équilibrer son budget, élever 10 fois ses tarifs !
- Ce sont pourtant là les conditions présentes des transports aériens !
- En réalité, les transports aériens sont les plus économiques. Malheureusement pour notre thèse, ce que nous devons considérer, c’est la situation actuelle avec toutes ses contingences et dans ce cas nous devons reconnaître que la diffusion de l’aviation de transport a été entravée sérieusement par l’existence de trop hauts prix de revient.
- D’après les comptes d’exploitation, portant sur un parcours annuel de 1 445 000 kilomètres à travers
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- L'AVIATION ÉCONOMIQUE POUR TOUS
- l'Europe, de la Compagnie Internationale de Navigation Aérienne,, le prix de revient du transport d’un passager compté avec ses bagages pour 100 kg s’élève à 4 francs par kilomètre ; pour un service en France seulement ce prix de revient serait certainement abaissé des 2/5. Les partisans de l’aviation de transport ont cherché depuis longtemps déjà à développer l’usage de l'avion en le rendant accessible aux particuliers au même titre que l’est une automobile.
- A^notre avis d’ailleurs, il est hors de doute qu’un jour viendra où les habitants des campagnes auront un intérêt réel à utiliser de petits avions pour diminuer leur éloignement des villes.
- Il faut toutefois constater qu’à l’heure actuelle
- à la charge transportée. L’avion considéré de 80 CV. consomme 25 litres d’essence aux 100 kilomètres et 2 kg d’huile sans compter divers ingrédients.
- Ce sont les frais d'entretien qui en troisième lieu pèsent le plus lourdement sur le budget de l’usager ; frais de garage dans un hangar onéreux à cause de ses grandes dimensions ; frais de constantes réparations et réglages, car ces avions sont fragiles et enfin frais considérables pour le terrain de départ s'il faut l’aménager.
- Or en France, le nombre des terrains publics aménagés est très faible et leurs emplacements sont généralement très médiocres. Combien en effet de municipalités ont-elles prévu dans leur programme d’avenir, l’aménagement d’un terrain d’aviation? il
- Fig. i. — Vue de l’avionnette économique Albert.
- L’aile intégralement en bois cantilever.^ Puissance : 40 CV. Vitesse i5o km à l’heure. Consommation : 7 litres 65 d’essence’aux 100 km.
- cette tendance 11e se manifeste aucunement en France; bien au contraire, de nombreux particuliers avaient, après la guerre, acheté des avions individuels et malgré tous leurs efforts, ils ont du se rendre compte que leur enthousiasme était un peu prématuré.
- Quels sont donc les obstacles principaux qui s’opposent actuellement à la diffusion de l’aviation économique ?
- Ces obstacles sont de deux ordres : les uns tiennent au haut prix de revient du kilomètre parcouru ; les autres tiennent aux difficultés de pilotage qui entraînent un certain danger pour qui ne s’est pas sérieusement entraîné au vol.
- Le prix de revient élevé provient en premier lieu de l’achat de l’avion ; un avion pour deux personnes peut valoir actuellement 100 000 francs qu’il faut amortir assez rapidement sur 500 heures par exemple, soit sur 50000 kilomètres.
- En deuxième lieu il faut considérer la consommation de combustible qui est élevée relativement
- en est fort peu qui ont seulement protégé l’avenir, par l'établissement de servitudes non ædificandi.
- A ces difficultés d’ordre économique, déjà rédhibitoires, il faut ajouter que les avions courants ne peuvent être encore considérés comme des engins absolument sûrs, surtout s’ils ne sont pas pilotés par des professionnels très entraînés.
- Le pilotage des avions économiques ne présente certainement pas plus de difficultés que la conduite d’une automobile à 50 km à l’heure sur la route. A notre avis, les manœuvres de décollage et d’atterrissage qui sont les plus délicates sont sans aucun doute moins dangereuses que les virages rapides qu’effectuent sans la moindre appréhension des milliers d’automobilistes et pourtant la moindre erreur d’appréciation entraîne pour eux la catastrophe.
- Seuls deux éléments contribuent à rendre le pilotage de ces avions un peu délicat. C’est dffine part le risque de panne de moteur qui peut obliger le pilote à atterrir sur des terrains peu propices. Ce risque, qui existe encore avec les anciens moteurs fragiles et incertains, est presque éliminé sur les moteurs modernes, surtout lorsqu’il s’agit de petits
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- Fig. 2. — Pendant les épreuves anglaises d’avions économiques. Les avions doivent pouvoir être démontés par 2 hommes et passer par une porte de dimensions normales.
- vols n’excédant pas 2 ou 5 heures. D’autre part c'est le risque plus sérieux de la « perte de vitesse » qui cause encore les 4/5 des accidents d’aviation. Cette perte de vitesse, aux conséquences si dangereuses, a lieu lorsque le pilote, oublieux des lois de l’équilibre aérien, laisse tomber la
- tagne dans le
- vitesse de son avion au-dessous du minimum pour lequel les gouvernes sont efficaces. Dans ce cas une abattue brutale a lieu subitement et si l’avion est près du sol, son pilote n’a pas toujours le temps de reprendre son équilibre.
- À notre avis c’est dans Ce risque de la perte de vitesse que réside le principal obstacle à la grande diffusion de l’aviation individuelle.
- Nous allons voir rapidement que des tentatives très intéressantes se poursuivent aussi bien en France qu’à l’étranger pour réaliser un type d’avion économique et sans danger, se rapprochant de l’usage d’une petite automobile de 5 CV.
- L’effort le plus considérable dans cette voie et aussi le plus méthodique a - été réalisé en Grande-Bre-b:it de créer un avion destiné à ces
- Fig. 4. — Le moteurJBlackburne Tlirush. Puissance : 36 CV. — Poids : 5g lcsf, — 3 cylindres en Y.
- Fig. 3. — Le moteur Bristol Cherub.
- 2 cylindres refroidis à l’air. Puissance :'36 CV. Poids 43 kg.
- Consommation : 9 litres d’essence,
- 1/2 litre d’huile à l’heure.
- innombrables clubs régionaux aériens qui dirigent la jeunesse anglaise vers l’aéronautique et de très nombreux petits avions de 50 à 60 GV participent au concours que tous les ans l’Aéroclub anglais organise. Il est juste de reconnaître que les constructeurs anglais sont très encouragés par la vogue de l’aviation populaire et ils étudient avec l’espoir réel d’avoir à satisfaire une clientèle qui tous les jours se développe davantage.
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- Fig. 5. — Moteur Sahnson 40 CV. de Vavionnette Albert.
- Poids : 59 kg. — 9 cylindres. — Consommation : 7 à 8 litres d’essence à l’heure.
- Au concours anglais de septembre dernier, sur IG avions, 12 étaient munis de moteurs de 35 GV et transportaient deux personnes.
- En France, malheureusement, toute l’activité aéronautique est concentrée sur la réalisation d’avions militaires ; le principal objectif des bureaux d’études est la création d’avions monstrueux destinés à battre des records ; le nombre des avions économiques vraiment dignes de ce nom est très restreint. Nous décrirons plus loin le plus brillant d’entre eux.
- L’Allemagne, la Tchécoslovaquie et la Hollande ont réalisé d’excellents petits avions. Ce sont des Tchécoslovaques qui sont sortis vainqueurs de notre dernier concours.
- Celui des avions français qui mérite le plus d’être mis en vedette, tant par ses caractéristiques d’économie que par ses brillantes performances, est l’avionnette Albert TE I étudiée par son constructeur comme avion d’entraînement, de transport et estafette légère militaire.
- Cette avionnette est un petit monoplan cantilever, construit entièrement en bois, muni d’un petit moteur Salmson de 40 CY et dont la principale caractéristique est d’avoir un excédent de puissance considérable qui lui procure des performances exceptionnelles.
- Les photographies qui accompagnent cet article en disent plus long que la meilleure des descriptions ; nous devons préciser que l’aile est d’un seul bloc et recouverte complètement de bois coplreplaqué.
- L’avionnette Albert décolle et atterrit en moins de 100 mètres, elle peut donc se contenter de terrains de médiocres dimensions. Elle monte à 5000 mètres en 25 minutes ; elle vole enfin à 150 km à l’heure ' à plein régime du moteur et à 155 km au régime réduit de croisière.
- Son poids à vide est de 255 kg et en état de vol, à pleine charge, 400 kg.
- Nous donnons par ailleurs dans un croquis les répartitions de ces poids entre les divers éléments de l'avion (fig. G.)
- Le lieutenant Thoret, fanatique partisan de l’aviation économique, a réussi sur cet avion des voyages ahurissants pour qui connaît les vraies difficultés des voyages aériens au long cours.
- Il a couvert par exemple le trajet Paris-Varsovie, 1500 km en 1.0 heures sans escale intermédiaire; il a de même traversé deux fois les Alpes et circulé dans toute l’Italie du Nord, allant jusqu’à Venise.
- Au cours de ces longs voyages il a été facile de relever les dépenses concernant le combustible et l’entretien de l’avion.
- La consommation de l’essence a été de 9 litres aux cent kilomètres, à l’allure moyenne à travers l’Europe de 150 km à l’heure ; la consommation de l’huile a été de 260 grammes aux 100 kilomètres. Ces dépenses sont donc de l’ordre de celles d’une automobile de 5 à 6 CV, pour une vitesse 4 fois plus grande.
- Les réparations ont été absolument nulles, le lieutenant Thoret n’ayant eu à toucher ni à l’avion, ni au moteur, même pas pour vérifier les bougies. Cette avionnette existait déjà depuis plus d’un
- Charge utile 137 K°-s
- Total
- >400k‘.
- Avion à vide 255k°*
- Pi/ote
- 80KOS
- Combustible pour SOOMm' 47kv
- Moteur, hélice etc,. 94 k?
- Atterrissage 24 k °.J Gouvernes 19 kv
- Fuselage 48 kos Ài/es 70 K?
- Fig. 6. — Schéma de la répartition des poids de l’avion Albert 40 CV.
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- Fig. /. — Vue en dessous du Ptérodactyle HUI en plein vol.
- Le pilote est à l'avant à droite et le moteur Bristol 45 CV. à l’arrière du fuselage. On voit le gouvernail de droite sous l’aile en pleine action, de même que l'extrémité de l’aile levée. L’appareil va virer sur sa droite.
- an et était soumise aux essais du Service technique de l’Aéronautique.
- Le problème économique des frais de réglage est résolu par ce fait que l’aile est indéréglable par construction comme toutes les ailes cantilever.
- Il existait en France deux de ces avionnettes, elles viennent d’être choisies par la mission française au Pôle Nord ; elles doivent servir à éclairer la marche de l’expédition et sont placées sur des traîneaux.
- Si certains côtés du problème économique posé
- /Me fixe
- Aile mobile servant d'aileron
- Moteur 35 CV
- Gouvernail de direction
- Fig. 8. — Croquis schématique
- du Ptérodactyle HL11 avionnette. de 35 CV.
- La forme en flèche de son aile le rend autostable. L’appareil n’a pas de queue.
- ont été ainsi brillamment résolus, il en est toutefois d’autres auxquels l’avionnette Albert ne donne pas encore satisfaction.
- Le moteur Salmson 40 CV est certainement le meilleur moteur français de cette catégorie, mais dans sa formule même il nous paraît trop complexe pour répondre au désir des futurs usagers et pour notre part nous n’oserions recommander à un particulier l’usage d’un moteur à 9 cylindres, quels que soient ses mérites.
- Puisqu’il ne s’agit que d’une quarantaine de CV,
- Section d'aile non porteuse ' J Section porteuse
- Section porteuse
- Ailerons puissants servant à augmenter ! incidence des plans et freinant à l'atterrissage
- Fig. ç. — Croquis du triavion AlbessarcL
- Double monoplan autostable moteur Anzani 70 CV.
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- pourquoi celte avionnette n’uliliserait-elle pas un des moteurs anglais de 56 CV, avec seulement 2 cylindres, et dont la simplicité d'entretien, de réglage, de réparation, etc., est en tous points comparable au moteur de motocyclette, mais sans les ennuis des débrayages et changements de vitesse.
- Il en résulterait d'ailleurs un gain depoids sensible; le Salmson 40 CY pèse 59 kg et le 56 CY Bristol Cherub 45 (kg, pour des consommations analogues.
- Si, par ailleurs, il est vrai que le logement d une pareille avionnelte ne nécessite qu’un hangar d'assez faibles dimensions puisque son envergure n’est que de 8 m. 80 pour une longueur de 5 m. 50; son usage n’en deviendrait que plus facile si l’aile était non pas seulement repliable comme celle des avions anglais similaires, mais effaçable, en lcng, au-dessus du fuselage.
- Dans ces conditions, l’avionnetle Albert serait logeable dans n’importe quel local de 8,80 sur 2 m. de large et passerait dans toute porte courante à la campagne.
- Le concours des petits avions anglais prévoyait non seulement un démontage rapide, mais un passage dans une petite porte.
- Malgré ces quelques réserves, on peut considérer l’avionnette Albert comme résolvant la plupart des problèmes relatifs au prix de revient, surtout si son prix de vente d’environ 60 000 fr s’abaissait, d’une part grâce à une construction en série, d’autre part grâce à l’emploi d'un moteur plus simple. On devrait arriver à vendre un tel avion, avec un moteur 2 cylindres, au prix raisonnable de 25000 fr.
- La question du risque aérien est moins bien résolue. L’avionnette Albert est, paraît-il, d’une facilité de pilotage exceptionnelle, elle atterrit lentement et jouit d’un équilibre tel que le pilote touche à peine à ses commandes pendant le vol.
- Nous estimons néanmoins que le risque de l’air n’est pas suffisamment neutralisé pour que les particuliers utilisent de semblables avions.
- Il faudrait, à notre sens, étudier un avion qui par le jeu de dispositifs spéciaux put atterrir à 40 km à l’heure au maximum et voler néanmoins à 150 km et à bord duquel le danger de la perte de vitesse fût éliminé, c’est-à-dire non pas seulement décelé au pilote par des appareils plus ou moins perfectionnés, mais que l’avion ne puisse pas sortir des limites de l’efficacité de ses gouvernes.
- Des inventeurs de grand mérite tels que M. Constantin en France, Bramson-Savage en Grande-Bretagne rendent à l'aviation un réel service, malheureusement peu apprécié des pilotes, mais leurs dispositifs servent plutôt à prévenir le pilote du danger qu’à éliminer ce danger lui-même.
- L’autogire de la Cierva, que nous avons présenté il y a quelques mois aux lecteurs de La Nature, constitue certainement un gros progrès dans la voie de l’aviation populaire, à la fois en facilitant les atterrissages et en supprimant les pertes de vitesse. Il est fâcheux que personne en France n’ait voulu s’in-
- téresser à la construction d’avionnettes autogires. L’invention étant étrangère, le silence a été fait autour d’elle.
- En Grande-Bretagne on vient de sortir avec succès une avionnette de 52 CV qui recherche la stabilité automatique par sa seule forme. Cet appareil étrange dénommé Ptérodactyle, en souvenir de l’oiseau préhistorique, n’est en somme qu’une aile en forme de flèche soutenant un petit fuselage, le tout étant poussé par un moteur placé à l'arrière du fuselage, dans le creux de l’aile.
- Les gouvernes de cet appareil ne sont plus placées sur une queue, mais bien sur l’aile elle-même, elles en font partie intégrante.
- La forme en flèche et la courbure de l’aile, épaisse au milieu et décroissante aux extrémités, concourent à maintenir en toutes circonstances le Ptérodactyle en ligne de vol. En cas de perte de vitesse, l’avion pique normalement en avant, mais ne part pas en glissade latérale non plus qu’en vrille. De nombreux vols ont été effectués parle capitaine Ilill, constructeur et pilote.
- La vitesse du Ptérodactyle serait de 120 km à l’heure avec son moteur de 52 CY ; il atterrirait à la vitesse réduite de 50 km.
- Cette faible vitesse d’atterrissage paraît être la conséquence de l’aptitude de l’avion à voler correctement, même en perte de vitesse, sans crainte de chute brutale.
- D'autres essais d’avions sans queue ont été tentés en France, avec un autre principe, mais sans succès.
- Nous suivrons donc avec intérêt les résultats pratiques de cette avionnette.
- C’est en France que vient d’être essayé un autre avion conçu pour éliminer également le danger de la perte de vitesse. Le double monoplan Àlbessard dénommé Triavion possède une forme d’aile, et surtout une disposition de ces ailes, qui doivent lui donner une stabilité automatique empêchant, en cas de perte de vitesse, toute glissade ou toute vrille.
- Le Triavion se compose d’un fuselage ordinaire avec ses gouvernes habituelles placées à l’arrière et son moteur à l’avant.
- Toutefois au fuselage sont fixées deux séries d’ailes en tandem. Cet appareil très curieux ressemble donc au planeur sans moteur Peyret, qui avait le premier pu voler plusieurs heures dans le vent. Le moteur du Triavion est un 70 CY Anzani.
- Sa plus curieuse caractéristique constructive réside dans le fait que le premier jeu de plans est construit de manière à ne pas perturber le rendement du deuxième jeu.
- Les remous créés par les premiers plans devaient en effet, par suite des interactions si nuisibles en aérodynamique, enlever toute efficacité aux plans placés derrière et très proches.
- Albessard a donc imaginé que ses premiers plans ne seraient pas porteurs dans leur zone placée devant les seconds plans et cette partie centrale est seulement fuselée en profil biconvexe non porteur ;
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- LA SURALIMENTATION DANS LES MOTEURS A EXPLOSIONS = 285
- elle sert uniquement à supporter les deux extrémités, qui, elles, sont porteuses.
- Cette disposition donne aux zones porteuses une forme de flèche autostable; elle a l’inconvénient d’être assez lourde puisque toute la partie centrale est inutile pour la sustentation et oppose meme une certaine résistance à l’avancement.
- Ces objections sont secondaires surtout si le Triarion prouve que vraiment il a éliminé les dangers résultant de la perte de vitesse.
- * &
- 'iî «ï»
- Cour que nous puissions nous prononcer sur les mérites pratiques de ces inventions diverses, il faut attendre la sanction d’une longue expérimentation, supprimant le coefficient provenant de l’habileté particulière des pilotes expérimentateurs.
- Malheureusement, ces efforts sont dispersés et aucun programme bien clair ne paraît orienter les constructeurs français.
- Il serait nécessaire de stimuler l’ardeur des inventeurs en fixant, nettement, les buts à atteindre et surtout en dotant un concours établi par des praticiens, d’énormes prix et de promesses de commandes ultérieures à ceux qui- en rempliraient avec succès les dures conditions.
- Le jour où une avionnette de 50 CV, avec des performances analogues à celles de Y Albert, pourrait avec 2 passagers voler à 150 km à l’heure, sur la base de vitesse, puis atterrir normalement à moins de 40 km à l’heure et enfin faire preuve de sa résistance automatique aux conséquences désastreuses de la perte de vitesse, son constructeur mériterait bien un prix de plusieurs millions et l’achat d’une cinquantaine d’avions affectés par Luttât à l’entraînement des pilotes de l’armée.
- La seule économie réalisée par l’Etat en une année par l’emploi dans l'armée d’avions économiques se chiffrerait par plusieurs dizaines de millions... mais ceci est une autre histoire. Jean-Abel Lefranc.
- LA SURALIMENTATION DANS LES MOTEURS A EXPLOSION
- Généralités sur l’alimentation des moteurs à explosion. — Dans un moteur d’automobile ordinaire, le mélange d’air et d’essence finement vapo-
- Cylindre
- d 'admission
- Tubulure
- d'échappemt —Piston
- d'admission
- Carburai?
- Air libre à la pression atmosphérique .
- peut arriver qu’il devienne insuffisant dans certains cas.
- Si le moteur est utilisé à haute altitude, ce qui
- Cylindre
- d'admission
- Compresseur
- d'échappement - Piston
- Carburateurs
- ‘Air libre
- Fig. /. — Admission des gaz par dépression dans un moteur.
- risée qui sert à l'alimentation est entraîné dans les cylindres par un effet de dépression (fig. 1).
- Dans le cycle d'un moteur à quatre temps le premier temps est, en effet, l’aspiration. Le piston se déplace vers le fond du cylindre, comme le montre la figure 1, la soupape d’admission se soulève, le mouvement du piston provoque un vide partiel, l’air libre à la pression atmosphérique est aspiré, et attire, en passant par le carburateur, l’essence pulvérisée.
- Pourquoi l’alimentation par dépression est-elle parfois insuffisante? —On sait que ce système d’alimentation donne d'gxcellents résultats ; cependant il
- Iig. 2. — Suralimentation d’un moteur au moyen d’un compresseur.
- a lieu quelquefois pour les automobiles, et très souvent pour les avions, la pression de l’air diminue et la densité du mélange air-essence vaporisée diminue donc également.
- Or, la puissance d’un moteur à explosion dépend du poids de gaz aspiré et brûlé pendant l’unité de temps. A haute altitude, le volume de ce gaz sera toujours constant, mais son poids aura diminué, d’où il s’ensuivra une diminution de puissance du moteur.
- On sait, d’un autre côté, que, pour augmenter la puissance des moteurs modernes, tout en diminuant le diamètre (alésage) de leurs cylindres, donc
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- 286 --- LA SURALIMENTATION DANS
- Essai su" mole
- .J00 §,
- .300 g
- Pl issance
- 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
- Tours minute
- Fig. 3. — Courbes des puissances développées et des consommations ait cheval-heure pour un moteur de noo cm3 utilisé avec et sans compresseur.
- en définitive leur poids, on a été amené à augmenter leur vitesse de rotation.
- Celle-ci atteint maintenantcouramment 5500 tours par minute pour des auLomobiles de tourisme, et 6000 à 7000 tours pour des voitures de course.
- Dans ce cas, le remplissage du cylindre par le gaz carburé doit se faire eu un temps très court, qui peut être inférieur à un deux- centième de seconde. En raison de l’inertie des gaz et de l’étranglement-de la tubulure, le remplissage du cylindre se fait donc souvent fort mal durant un temps aussi court, et une certaine dépression peut subsister à l’intérieur du cylindre, ce qui diminue la densité des gaz carbures, et, par conséquent, la puissance du moteur.
- Définition de la suralimentation. — La suralimentation a pour but d’atténuer ces inconvénients.
- On remplace donc l’admission par dépression ou admission automatique par une admission forcée, et c’est même ce terme qui devrait être employé de préférence au mot suralimentation qui parait impropre le plus souvent.
- On placera ainsi sur la tubulure d’admission, entre le carburateur et le moteur généralement, un système compresseur actionné par le moteur lui-même, et qui refoulera mécaniquement le courant gazeux vers les soupapes d’admission (fig. 2).
- Une propriété discutée de la suralimentation, — Au lieu d’utiliser la suralimentation uniquement pour un moteur fonctionnant à haute altitude ou tournant à une -très grande vitesse, certains techniciens ont eu l’idée de l’employer pour un moteur tournant à une vitesse normale inférieure à 4000 tours environ par minute.
- L’alimentation sous pression a alors uniquement pour but d’augmenter l’homogénéité du mélange gazeux au moment de l’inflammation, l’essence mieux vaporisée et mieux brassée donne une explosion plus instantanée. On peut ainsi augmenter la jiuissance massique, c’est-à-dire la puissance par unité de poids du moteur.
- Ce résultat est d’ailleurs, en général, obtenu quelle que soit la vitesse de rotation dii moteur et non pas seulement aux plus grandes vitesses du moteur.
- On peut reprocher dès l’abord au système d’exiger
- LES MOTEURS A EXPLOSIONS ....................- ~
- du moteur un travail supplémentaire pour actionner le dispositif mécanique décompression, la puissance supplémentaire nécessaire peut ainsi atteindre plus de 6 C. V, ; de plus, les gaz évacués après combustion sont encore à une pression assez élevée, d’où perte d’énergie.
- Enfin, les adversaires de la suralimentation l’accusent d’exiger une consommation d’essence très exagérée, un véritable « gavage » d’essence.
- Les partisans de la suralimentation affirment, au contraire, que la plus grande partie de l'énergie dépensée pour faire tourner le compresseur est restituée au moteur grâce à la pression plus élevée du mélange gazeux qui agit sur le piston pendant l’admission.
- Ils soutiennent, d’autre part, que le gain de puissance réalisé s’obtient sans variation du rendement thermique, c’est-à-dire par une même consommation de combustible au cheval-heure.
- Un des ingénieurs qui ont soigneusement étudié la question, M. Cozette, a réalisé de nombreux essais qui semblent apporter des arguments assez sérieux aux défenseurs du procédé.
- La figure 5 représente, par exemple, les courbes de puissance et de consommation d’un moteur de 1100 cm3 à soupapes latérales muni d’un compresseur, et construit spécialement en'vue de cette utilisation ; ce moteur était destiné à un châssis automobile de série type sport. L’alimentation par compression se faisait, d’ailleurs, dès les plus basses allures.
- Avec l’alimentation ordinaire par dépression, le régime normal du moteur est limité à 4000 tours à la minute ; on remarque que la courbe de puissance correspondante commence à fléchir à cette allure et la puissance développée est alors de 55 C. V.
- Au contraire, avec l’alimentation par compresseur, la courbe de puissance s’élève dès les plus basses
- Admission su cy/indre
- Volet de réff/ac/e
- Entrée
- Fig. 4-
- Coupe d’un compresseur Root monté avant le carburateur.
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- Fig. 5. — 1. Pompe à palettes ordinaire; 2. Principe cinématique du compresseur Cozette ; 3, 4, 5. Coupe du compresseur rotatif à palettes Cozette.
- allures et elle est encore ascendante à 4500 tours ; la puissance développée est alors de 58 G. Y.
- On voit, d’autre part, qu’aux régimes courants, la consommation, avec et sans suralimentation, est à I peu près la même.
- On peut remarquer enfin sur les deux dernières courbes que la puissance absorbée par le compresseur atteint un maximum de 6 C. V. à 4500 tours et que la pression du courant gazeux fourni par le compresseur varie de 100 à 800 grammes par centimètre carré entre 800 et 4500 tours environ.
- Ces résultats semblent fort intéressants. Il est essentiel, en tout cas, de noter que la suralimentation appliquée à n’importe quelle allure du moteur ne doit être employée qu’avec un moteur spécialement étudié dans ce but.
- Un moteur ordinaire de série ne serait, d’ailleurs, pas assez robuste pour résister à l’augmentation de
- Fig. 6. — Les diverses pièces du compresseur.
- puissance réalisée, et aux efforts supplémentaires considérables sur chaque pièce, qui en sont la conséquence.
- Le rapport de l’alésage à la course devra être soigneusement .déterminé, et un avenir prochain nous indiquera alors sans doute les résultats obtenus dans cette voie.
- Fig. 7• — Compresseur Cozette démonté.
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- 288 = LA SURALIMENTATION DANS LES MOTEURS A EXPLOSIONS
- Bride de la tubulure Corps du d'admission' forcée r,compresseur
- Fig. 8. — Compresseur Cozette monté sur un carburateur.
- suralimentation avait été étudiée dès avant la guerre, mais d’une façon toute théorique et c’est seulement pendant la guerre que M. À. Rateau réalisa pratiquement un dispositif destiné aux avions volant à haute altitude. Ce dispositif comportait un ventilateur centrifuge agissant comme compresseur et mû au moyen d’une petite turbine actionnée par les gaz d’échappement; la vitesse de rotation est de 20 000 à 50 000 tours par minute.
- Cet appareil qui a donné d’excellents résultats est, d’ailleurs, délicat et coûteux.
- Les dispositifs que l’on a employés pour les automobiles sont plus robustes et tournent à une vitesse beaucoup moins grande, comme noùs l’avons indiqué plus haut à propos du compresseur Cozette.
- Le principe de la soufflerie Root est analogue à celui de la pompe à engrenages, elle comporte deux pales rotatives décalées de 90° lune par rapport à l’autre (fig. 4). Cet appareil présente l’inconvénient de constituer une résistance parasite très appréciable aux basses allures, ce qui empêche les accélérations et les « reprises )) rapides.
- Un des dispositifs les plus récents et qui a donné les meilleurs résultats est le compresseur Cozette qui mérite une étude spéciale par sa construction ingénieuse.
- Le principe adopté est celui de la pompe à palettes. Cependant, dans une pompe à palettes ordinaire, comme celle figurée en coupe en 1 sur la figure 5, si l’on fait tourner le rotor R à une assez grande vitesse, les palettes p, sous l’action de la force centrifuge viennent s’appliquer sur la face interne du stator cylindrique A, la charge gazeuse est ainsi refoulée par le conduit D, mais les pressions des palettes sur le stator demeurent très importantes. Ces palettes s’usent' très rapidement, d’autant plus que la nécessité de les appliquer sur le stator aux faibles vitesses, amène à augmenter l’effet de la force centrifuge par des ressorts que leurs dimensions restreintes rendent fragiles.
- L’artifice adopté dans l’appareil Cozette pour remédier à cet inconvénient consiste à interposer entre le stator et le rotor une chemise concentrique au stator, entraînée à la même vitesse angulaire que les palettes. On voit en 0 et en 5 sur la figure 5 les coupes de cet appareil avec ses palettes, son stator, son rotor et sa chemise intermédiaire.
- Le rotor et la chemise intermédiaire sont, d’ailleurs, entraînés par un système à galets qui assure un fonctionnement silencieux sans engrenages et dont les détails sont indiqués en 2 et en 5 sur la figure 5.
- Si l’on suppose, en effet, une circonférence E tournant autour du centre O et une circonférence e tournant autour d’un centre o, ces deux circonférences étant tangentes en un point E, et ces deux circonférences tournant à la même vitesse angulaire, on peut démontrer que chaque point de la circonférence e décrit une circonférence ë ayant pour rayon la valeur de l’excentration des deux circonférences E et e.
- En o, on voit l’application de cette règle géométrique, l’entraînement se faisant au moyen de galets 10 solidaires du stator qui restent toujours tangents au bord d’évidements circulaires disposés sur l’une des flasques de la chemise. Le rayon de ces évidements circulaires est égal à l’excentration des circonférences, augmentée du rayon des galets.
- Les axes du compresseur sont supportés par des roulements à billes ; le graissage se fait, en général, par une petite pompe auxiliaire montée en bout d’arbre, et très visible sur les figures 8 et 9.
- La figure 7 montre les détails du compresseur; on voit en B la chemise rotative tangente à la partie inférieure du rotor A et les palettes D qui coulissent dans les rainures E du rotor. La fig. 0 montre ces pièces démontées.
- Enfin, les figures 8 et 9 montrent d’une manière fort détaillée comment le compresseur est monté sur un carburateur, et comment il peut être placé sur un moteur. L. Picard.
- Fig. 9 — Montage d'un compresseur Cozette sur un moteur.
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, Pans.
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- SOMMAIRE :
- Le rajeunissement de notre flotte de guerre : CL Salivaire Jourdan.
- Qui nous envoie les Corbeaux d’automne ? A. Feuillée-Billot.
- La science du champignon : Marcel Couloil.
- Les richesses minérales du Canada : V. Forbin. — Académie des Sciences : Paul B.
- La fabrication des balles de tennis : E.-H. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée : T. S. F. — Recettes et procédés utiles.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- MASSON ET Ci*, Éditeurs lao, boulevaru Saiat-Germam, Pans.
- LE NUMÉRO
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- LE RAJEUNISSEMENT DE NOTRE FLOTTE DE GUERRE r—. 29l
- Fig. 4. — Le sous-marin Phoque.
- Duquesne, Tourville, Sujfren, le premier lancé, les 2 autres en achèvement, trois autres en projet.
- o croiseurs de 8000 t. : Duguay-Trouin, Pri-mauguet, La Motle-Piquet, actuellement achevés, et qui vont entrer en service.
- (5 contre-torpilleurs de 2400 t. à noms d’animaux sauvages (type Tigre) armés ou prenant armement.
- 5 contre-torpilleurs de 2700 t,., type Bison, prévus aux essais pour le début de 1928.
- 22 torpilleurs de 1500 t environ : 12 de la série Tempête, tous à noms de phénomènes météorologiques, dont 2 en service, 8 en essais et 2 près d’être achevés ; 6 de la série Adroit, au tiers de leur achèvement, 4 de la série Breslois dont les essais sont prévus pour le début de 1928.
- 0 sous-marins de 1100 t. (en surface) type Requin, tous achevés, longueur 78 m. 16 et 10nœuds, 1 canon de 100 mm, 10] tubes lance-torpilles, 16 torpilles, endurance : 50 jours de croisière.
- 9 sous-marins de 1500 t. (en surface), Redoutable, Vengeur, 4 de la série Pascal, 5 de la série Archimède, essais prévus pour le milieu de 1928.
- 6 sous-marins de 660 tonnes (en surface), type Sirène en achèvement ou en essais. Longueur 64 m., 14 et 10 nœuds, 1 canon de 75 mm, 7 tubes lance-torpilles.
- 2 sous-marins mouilleurs de mines de 760 t. Saphir, Turquoise, essais prévus pour la fin de
- 1928. Rappelons que 2 grands sous-marins mouilleurs de mines Callot et Chailley de 900 t. en surface sont en service depuis un an. Ils portent chacun 24 mines.
- 1 mouilleur de mines de surface, Plulon, en projet.
- 1 transport d’aviation, Commandant Teste, en projet.
- 15 sous-marins de défense des côtes, 2 en essais, 7 qui seront achevés en .1927, 4 commandés.
- 2 navires pétroliers, 1 croiseur école d’application, etc.
- Enfin 1 cuirassé porte-avions, Béarn, 22 000 t. 21 nœuds. Armement : 8 canons de 155 mm, 14 pièces contre-avions, 6 tubes lance-torpilles. P»ont d’envol de 175 m., hangar à avions de 124 m. avec armements électriques pour avion. Le Béarn portera 5 escadrilles d’avions tout montés. Chaque escadrille comprend 9 appareils dont 6 en service, 5 en réserve.
- Voici maintenant quelques détails sur les principaux types des navires qui viennent ainsi rajeunir notre flotte.
- Les croiseurs du type Duquesne déplacent 10 000 t. Ils portent 8 canons de 205 mm. en 4 tourelles doubles groupées : 2 à l’avant, 2 à l’arrière, plus 8 pièces de 75 mm, 8 canons automatiques contre-avions, et 2 tubes doubles lance-torpilles.
- On trouvera à leur bord 2 hydravions h ailes repliables dont le lancement s’effectuera par catapulte.
- L’appareil moteur totalisera .155000 ch avec vitesse, de 54 nœuds.
- Ces bâtiments, comme aussi ceux du type suivant, ont été'étudiés pour garder leur vitesse dans une mer assez forte. Ils seront robustes et bien défendus de l’avant par une grande hauteur de franc-bord qui atteint 10 m. La teugue (gaillard d’avant) a une longueur de 70 m. à compter de l’étrave. Le compartimentage-est assuré par 16 cloisons étanches s’élevant du fond jusqu’au pont supérieur.
- Passerelle
- Cheminées
- Tubes lance-f-orpil/es
- Tubes tance-torpilles
- Fig. 5. — Plan et coupe du torpilleur Tigre.
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- 292 ..... LE RAJEUNISSEMENT DE NOTRE FLOTTE DE GUERRE
- Les 5 croiseurs Duguay Trouin, La Molte-Picquet, Primauguet, viennent de prendre rang dans notre flotte, leurs essais brillamment terminés: Ils constituent une très belle division dont notre marine a le droit de s’enorgueillir. Voici leurs caractéristiques principales : longueur 181 m, largeur 17 m. 5 tirant d’eau 5 m. 10, déplacement 8000 t., turbines à engrenages de la force de 100000 ch. atteignant 115 000 ch à toute puissance, vitesse 54 nœuds, 4 hélices. Combustible 1500 t. de mazout, rayon d’action 800 milles à toute vitesse, 4000 milles (7500 km) à 15 nœuds.
- Armement : 8 pièces de 155 mm. en 4 . tourelles axiales superposées aux extrémités, 4 de 75 mm. anti-avions, 12 tubes lance-torpilles en 4 affûts triples, o hydravions.
- La protection est assurée par un cloisonnement très serré et un pont cuirassé. Ces croiseurs porteront 600 hommes.
- Nos torpilleurs d'escadre de 2400 t. type Tigre sont également des navires très réussis. En réalité, leur tonnage, leur armement les apparentent à la classe des croiseurs, et leur grande vitesse (57 nœuds) en font des coureurs de mer très redoutables. Ils sont, pour le moment, et sans doute encore pour longtemps, les navires l'es plus rapides du monde. Longueur 126 m. 80, tirant d’eau 5 m. 65, turbines aengrenages.de 58000 ch. et 57 nœuds; armement : 5 canons de 150 mm. dans 1 axe, 2 anti-avions de 75 mm., 6 tubes lance-torpilles axiaux.
- Comme on en peut juger par nos gravures, ces torpilleurs sont des réductions du type Duguag-Trouiri , dont ils ont presque exactement les formes.
- Les torpilleurs de la série Simoun ont, avec 1500 t. de déplacement, 105 nu de longueur et 5 m. lOde tirant d’eau. Leurs machines de 55000 ch leur assurent la vitesse de 55 nœuds. Ils portent 4 canons de 150 mm. dans l’axe, 4 de 75 mm. anti-avions et 6 tabes lance-torpilles en 2 affûts triples.
- Tous ces bâtiments et naturellement ceux qui les suivront sont robustes, tiennent bien la grosse mer, et, fait trop nouveau dans la marine française, on s'est enfin préoccupé de donner à leurs états-majors et plus encore aux équipages la possibilité d’y vivre dans un confort relatif, mais suffisant', et ceci constitue un très réel progrès, qui vaut d etre noté.
- En ce qui concerne la valeur de cette flotte nouvelle et la politique navale dont elle est le fruit, il est aussi intéressant que réconfortant de connaître ce qu’on pense; à l’étranger et en particulier chez nos voisins d’outre-Manche, gens spécialement compétents en ces matières. Voici à ce sujet quelques extraits d’un important article de la revue Anglaise The Engineer de septembre 1926.
- « Au lieu de navires d’expériences d’autrefois, « • qui ont longtemps valu à la flotte française 1 epi-« thète de flotte d’échantillons, nous assistons
- « aujourd’hui à la multiplication de navires cons-« truits en série, en larges groupes d’un même « type. Plus remarquable encore, en contraste avec « la politique antérieure, est la mise en chantiers, a année par année, du tonnage prévu par un pro-« gramme de constructions à longue échéance.
- « Trois croiseurs de 8000 t., 6 de 10 000 t. « seront achevés en 1951, et il n’est pas difficile « d’imaginer les circonstances dans lesquelles ces « batiments seraient d’une grande valeur.
- « En développant sa flottille de torpilleurs, la « France a évité son erreur ancienne de construire « des bâtiments formidables seulement par temps « calme. Ils ont fait place à des navires de cons-« tructions robustes au franc-bord élevé et aux a puissantes machines.
- « A en juger par les croisières accomplies par « quelques-uns des sous-marins nouveaux, ces bâti-ci ments sont pourvus d’excellentes machines. Leur « puissance offensive a été accrue par l’adoption « delà torpille de 550 mm, arme plus formidable « que la torpille du modèle britannique.
- « Dès à présent il y a assez de bâtiments en « chantiers ou en service pour assurer à brève « échéance la présence en Méditerranée d’une flotte « française moderne suffisamment puissante pour « rendre une attaque contre les routes de France « en Algérie une entreprise vraiment hasardeuse, »
- Enregistrons également les éloges flatteurs qu’a recueillis, tout au long de sa tournée en Mer Baltique, en août dernier, une division composée des navires neufs : Jaguar etChacal contre-torpilleurs, Simoun, torpilleur, Marsouin et Souffleur, sous-marins, sous le commandement du capitaine de vaisseau de Pontevez.
- L’impression produite dans les ports de Norvège, Pologne, Esthonie et Danemark par ces navires puissants, rapides, et bien armés, a été profonde. Leur belle tenue, la courtoisie de leurs états-majors et la parfaite correction de leurs équipages, ont en outre laissé partout des souvenirs que nos agents diplomatiques dans ces divers pays ont eu grand plaisir à signaler au Gouvernement.
- A ces navires de types divers, mais tous très étudiés et très réussis, d’autres viendront s adjoindre dans un avenir prochain.
- Ils constitueront une flotte, très différente assurément de celle à laquelle l'honneur de porter le pavillon français a été jusqu'ici confié. Mais cette flotte nouvelle répond à des conceptions et h des besoins nouveaux et aussi à l’évolution qui se produit ou se produira en tous pays quant à la constitution raisonnée d’une force navale.
- Nous connaissons depuis toujours la valeur et le dévouement des officiers et des équipages entre les mains de qui cette flotte sera remise. Nous pouvons donc compter qu’elle répondra à nos légitimes i aspirations sur mer.
- O Sauvahie Jourdan.
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- QUI NOUS ENVOIE LES CORBEAUX D’AUTOMNE?
- Les espèces de Corbeaux de France sont au nombre de sept : le Grand Corbeau, la Corneille mantelée, la Corneille noire, le Freux, le Choucas, le Crave et le Chocard.
- De ces corbeaux, les uns ont le plumage noir, les autres ont le plumage mêlé de noir et de gris. •
- A) Corvidés au plumage noir.
- a) Pattes rouges :
- Le Crave, P. pyrrhocorax (L.), a le bec rouge un peu plus long que la tête et un peu recourbé. Chez les jeunes, le bec et les pattes sont noirâtres.
- Le Chocard, G. graculits (L.) a le bec jaune, plus court que la tête. Chez les jeunes, le bec est noirâtre avec la base jaunâtre, les pattes soiit noirâtres.
- b) Pattes noires :
- Le grand Corbeau, Covvus corax (L.), a le bec un peu crochu à l’extrémité.
- Cet oiseau mesure plus de 60 centimètres de longueur.
- La Corneille noire,
- Corvvs corone (L.), a aussi le bec un peu crochu à l’extrémité.
- Elle mesure moins de 55 centimètres de longueur.
- Le Freux, Trypano-corax frugilegus^(L.), a le bec pointu, non crochu à l’extrémité.
- Chez l’adulte, la peau est dénudée à la base du bec et les narines sont nues.
- B) Corvidés au plumage mêlé de noir et de gris.
- Le Choucas, Colœm monedula (L.), a l’iris blanc.
- Il porte à la nuque une large tache gris-perle. 11 mesure moins de 40 centimètres de longueur.
- La Corneille mantelée, Corvus cornix (L.), a l’iris brun. Son plumage est gris-cendré; mais la tête, les ailes, la queue et les jambes sont noires. Cet oiseau mesure au moins quarante-cinq centimètres de longueur.
- Le Crave et le Chocard sont des oiseaux des grandes montagnes : Alpes et Pyrénées. Cependant le Crave s’est rencontré parfois sur les falaises de l’Océan ; il a été signalé à Belle-Isle. Il vit par couples ou par petites familles. Quant aux bandes nombreuses du Chocard, elles se trouvent quelquefois dans le Jura et dans les régions moins élevées. Les deux espèces nichent dans les crevasses des rochers escarpés, et même dans les clochers des villages montagnards. (Des nids de Chocards sont édifiés entre 1500 et 3000 mètres d’altitude.) Les œufs, au nombre de 3 à 5, sont tachetés de brun ou de gris sur un fond blanchâtre, grisâtre ou jaunâtre.
- Le grand Corbeau, commun dans l’ancienne France, s’est retiré dans les régions montagneuses et, accidentellement, au bord de la mer. Il est devenu extrêmement rare. Cet oiseau vit par couples; farouche, il place son nid dans des lieux inaccessibles. Les œufs, de 5 à 5, sont vert bleuâtre taché de brun.
- La Corneille noire, commune partout, fréquente les bois et les champs. Elle niche isolément et ne se réunit en bandes qu’après la nidification, ces bandes se mêlent assez souvent aux bandes de Freux. Le nid, placé dans les arbres, reçoit de 5 à 5 œufs, de forme allongée, verdâtres, tachetés de noir ; ils peuvent être uniformément bleu foncé.
- Le Freux, que l’on confond souvent avec la Corneille noire, surtout quand il s’agit de jeunes sujets, a le bec droit et, comme il est dit plus haut, chez l’adulte, la base du bec, dépourvue de plumes, est garnie d'une peau rugueuse, grise.
- Enfin, tandis que la Corneille noire a la 2e rémige plus petite que la 6e, le Freux a la 2e rémige plus petite que la 5e.
- La taille du Freux est un peu moindre que celle de la Corneille noire : 47 à 50 centimètres de longueur.
- Le Freux est parfois appelé « Corbeau des arbres ». Généralement, Cet oiseau niche en colonies, appelées « corheautières ». Il n’est pas rare de voir une quinzaine et même une vingtaine de nids sur un seul arbre. Ces nids, plus ou moins réparés à chaque saison, arrivent à atteindre un volume considérable. Le mouvement et le bruit environnants ne semblent pas gêner les Freux qui nichent quelquefois en pleine ville. (Entre autres : à Paris, place de la Chapelle, en 1910, — dans les peupliers situés au coin de la rue du Louvre et du Quai du Louvre, 1926, etc....)
- Les œufs de Freux, de 3 à 5, sont un peu moins gros que ceux de la Corneille noire, la coquille en est plus fine et de coloris plus foncé.
- Le Choucas, surnommé Corneille des clochers, a le bec plus court que le doigt médian avec son ongle. Ce joli petit Corvidé, capuchonné de gris, est commun dans les villes. À Paris, il est devenu tellement familier que nous l’avons vu, dans l’après-midi, descendre sur les pelouses des Tuileries, près des promeneurs. Il place son nid dans un clocher, dans un trou de mur, d’arbre ou de rocher. Les œufs, au nombre de 5 ou 6, sont brillants, d’un blanc bleuâtre taché de brun. Le Choucas est, mal-
- Fig. i.
- i, Crave; 2. Chocard; 3. Corneille noire. 4. Freux; 5. Choucas.
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- 294 =r—QUI NOUS ENVOIE LES
- heureusement un ennemi des petits Passereaux dont il pille les couvées.
- La Corneille mantelée nous arrive à l’entrée de l’hiver, elle se mêle alors aux troupes de Corneilles noires et de Freux. La Corneille mantelée serait-elle une race septentrionale de la Corneille noire? Ce migrateur niche parfois en France, mais n’y est commun nulle part, il est même rare au sud de la Loire. Par contre, il serait sédentaire sur les côtes de la Corse.
- La Corneille mantelée se voit en plein Paris, et il lui est arrivé de nicher dans les arbres des prome-- nades publiques (au Muséum). Les œufs ressemblent à ceux de la Corneille noire, mais sont de teinte plus claire.
- La Corneille noire et la Corneille mantelée peuvent se croiser et produire des individus au plumage mélangé de noir, de gris et de taches noires. « Ces hybrides et les variétés de plumage seraient à signaler en précisant la localité et la date de leur*cap-ture. »
- Chez les Corbeaux on rencontre, d’ailleurs, des variétés accidentelles de plumage : blanc, isabelle, etc....
- Les Corvidés adultes ont le plumage noir à reflets violets, bleus, verts, mais ces reflets sont peu accentués chez les femelles, et ne se trouvent pas chez les jeunes dont les plumes noires sont ternes, grises ou brunes.
- Malgré leur taille importante et leur grand nombre, les Corbeaux sont mal connus et fréquemment confondus entre eux. Cette confusion a empêché de se rendre un compte exact du régime propre à chaque espèce et l’on a accusé les Corbeaux, en bloc, d’être nuisibles. Sans distinction et sans admettre de circonstances atténuantes, les Corbeaux ont été condamnés par l’opinion pour s’être rendus coupables de destruction de couvées, de jeune gibier, de poussins de basse-cour, sans'parler d’une consommation énorme de grains et de fruits.
- La question des Corbeaux a pris une telle importance au point de viie de l’Agriculture que l’un des premiers travaux officiels entrepris par M. Albert Chappellier, Directeur de la Station de Zoologie des Vertébrés utiles et nuisibles de l’Institut des Recherches Agronomiques, a été une Enquête sur les Corbeaux de France. Cette enquête vise la répartition des Corbeaux, leurs mœurs et leur nourriture, et toute personne est invitée à y prendre part en envoyant audit Institut les renseignements dont elle dispose (').
- L’Enquête sur les Corbeaux, commencée en août 1923, a déjà donné des résultats très importants tant sous le rapport de l’ornithologie que de l’économie publique. Le questionnaire qui a servi de base à l’enquête a été tiré à 42 000 exemplaires
- 1. Adresser toute la correspondance à M. le Directeur de la Station des Vertébrés utiles ou nuisibles, Pavillon des Matelots, route de Saint-Cyr, à Versailles (Seine-et-Oise).
- CORBEAUX D’AUTOMNE? =======
- qui ont été distribués en France et à l’étranger. Les réponses ont afflué et leur dépouillement a été fait avec beaucoup de soin et de méthode.
- Il résulte de l’enquête que la zone où les dégâts causés par les Corbeaux sont très sensibles, s’étend sur tout le Nord, le Centre, une partie de l’Est de la France, descend jusqu'à l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne et les Landes.
- Mais la région la plus atteinte s'étend depuis la Somme jusqu’à la Creuse, suivant une ligne La Rocbelle-Lac de Genève, à peu près au-dessus du quarante-sixième parallèle. C’est la Seine-et-Oise qui marque le sommet maximum de la ligne idéale.
- L’enquête a permis de calculer la perte totale annuelle que nous subissons du fait des Corbeaux. En blé, la perte peut être chiffrée par un million d’hectolitres représentant environ 90 millions de francs (prix de 1921). A cela, il faut ajouter les pertes en maïs, châtaignes, noix, cerises, raisins, pommes de terre, betteraves, raves, et encore les oiseaux de basse-cour, les petits oiseaux et leurs nids, le gibier. Si bien que l’on peut fixer la perte globale' à cent millions de francs. On voit que la question des Corbeaux n’est pas sans importance.
- Des sept espèces de Corvidés de France, il convient d’écarter le Crave et le Chocard, plutôt à régime insectivore, et peu nombreux; le grand Corbeau est devenu rarissime ; la Corneille mantelée ne vient en bandes redoutables chez nous que par les hivers très rigoureux. Le Choucas est nuisible, mais ne semble pas devoir faire l’objeL d’une attention spéciale.
- Il ne reste donc que deux espèces vraiment dignes d’une étude particulière : la Corneille noire et le Freux. Comme pour embrouiller les recherches, les deux Corvidés ont été, dans l’enquête, souvent pris l’un pour l’autre, et même la Corneille noire a été désignée sous le nom de Grand Corbeau !
- La Corneille noire habiLe principalement le Nord et le Centre, elle est rare dans le sud, elle se multiplie, isolément, au-dessus d’une ligne qui partirait du nord des Hautes-Alpes pour aller au nord de la Gironde, en décrivant une courbe pour passer au-dessous de la Lozère, de l’Aveyron et du Lot.
- La Corneille noire se nourrit de grains, de fruits, de noix ; mais c’est surtout en détruisant les petits oiseaux et leurs nids, les volailles et le jeune gibier, qu’elle se rend le plus nuisible. Sans doute, elle dévore des Insectes, mais les services qu’elle rend ne compensent pas les dégâts qu’elle cause.
- Le Freux niche en « corbeautières » et l’enquête a précisé que les corbeautières ne se rencontrent guère que dans le nord de la France, sur 28 départements environ.
- Le Freux, granivore et insectivore, attaque les céréales à l’automne et au printemps, il pille les cultures, -mange des fruits. Rarement, il s’attaque au petit gibier, aux nids et aux œufs; volontiers, au bord des eaux basses, il cherche des coquillages et des Poissons morts, à défaut de vivants. Mais principalement il fait la guerre aux Campagnols et aux
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- —..... - LA SCIENCE DU
- Insectes. Il détruit en quantités énormes les Vers blancs et les Hannetons, et aussi les Sauterelles, Courtilières, Charançons, Vers gris, larves du Tau- ~ pin, etc. Il ne dédaigne pas non plus les Limaces ni les Escargots. En 'résumé, le Freux qui, à toutes époques, a eu de chaleureux défenseurs, mérite vraiment d’être considéré comme utile à l’agriculture.
- Cependant, on n’en continue pas moins de l’accuser à cause des dégâts qu’il commet dans les cultures de céréales. C’est là qu’il convient de distinguer le rôle respectif du Freux qui se reproduit chez nous et du Freux qui nous arrive en automne.
- Pendant la nidification, le Freux de corbeautière est utile parce qu’il nourrit d’insectes ses petits. À ce moment, l’on remarque qu’autour des corbeau-tières, le Hanneton est anéanti.
- Puis, quand les jeunes Corbeaux sont élevés, la colonie quitte la Corbeautière. Jeunes el adultes, où vont-ils? Nous l’ignorons.
- Nous ne savons pas davantage d'où viennent les Freux d'automne. .Jusqu’à présent on s’était borné à constater leur arrivée régulière. Et ce sont surtout ces Corbeaux d’automne qui sont nuisibles. Ce sont eux qui dévastent les champs ensemencés ; les moyens généralement employés pour les combattre sont notoirement insuffisants. Aussi, M. A. Chap-pellier est d’avis qu’il conviendrait peut-être de « s’orienter vers la recherche de variétés de blé et d’avoine à semer de bonne heure, — c’est-à-dire avant l’arrivée des Freux, — pour les blés et les avoines d’hiver, soit très tard, c’est-à-dire après le départ des Corbeaux, pour les avoines de printemps. Des variétés d’hiver, devant se développer très vite, auraient tallé lorsque tomberaient les premiers migrateurs.
- Les Corbeaux d’automne s’attardent chez nous jusqu’au printemps et peut-être viennent-ils augmenter le contingent de nos Corbeaux qui, eux, s’apprêtent à nicher dès la fin de janvier ; parce qu’ils peuvent contribuer ainsi à rendre les corbeautières
- LA SCIENCE D
- En ignorant la science du Champignon, nous ne nous privons pas seulement d’une nourriture délicieuse, substantielle et abondante, nous négligeons le plaisir ensemble le plus agréable, le plus profitable et le moins coûteux qu’offrent les champs et les bois. Il en est du cryptogame comme du gibier : le manger, c’est bien; le chasser c’est mieux. D’autant que, là aussi, la chasse mène à la cuisine.
- Mais, très désireux de le trouver dans notre assiette, nous ne savons pas aller le chercher, alors qu’il n’y a littéralement qu’à se baisser pour le prendre.
- Pourquoi sommes-nous ignorants du Champignon? Parce' que nous avons peur de lui. Mais pourquoi nous effraye-t-il? Parce que nous ne le connaissons pas.
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- excessivement peuplées, ils sont doublement indésirables.
- Comment atteindre le Corbeau d’automne, sinon en cherchant à aller l’attaquer à sa source? On sait que le Freux niche en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Danemark, dans le sud de la Norvège et de la Suède, en la Finlande, en Allemagne, et sur tout le territoire de la Russie. En sorte que l’Europe entière est intéressée à la question des Corbeaux, question qui ne pourra être réglée que par une entente internationale.
- Pour arriver à connaître le pays d’origine, ainsi que les voies de déplacement du Freux de migration, la Station des Vertébrés préconise le baguage. De même, c'est le baguage qui nous apprendra le comportement de nos Corbeaux après qu’ils ont quitté les Corbeautières
- En 1925, la Station des Vertébrés, aidée par quelques collaborateurs et par des propriétaires, a commencé à baguer des Freux, pris au nid ou à leur entrée en France. (Nombre total des baguages : 451).
- Quelques reprises de bagues ont été signalées. Nous n’en citerons que deux :
- Bague A.456. Un jeune Freux de Corbeautière, bagué au nid le 20 mai 1925 à — Bellou-en-Houlme (Orne), a été tué le 22 décembre 1925 à La Chaise Baudouin (Manche), soit à 65 kilomètres en direction ouest de son point de départ.
- Bague À.599. Un jeune Freux de migration pris le 28 novembre à Bang (Doubs), a été trouvé mort le 12 janvier 1926, près de lTsle-sur-le-Doubs, soit à quelques kilomètres d’écart.
- Il est permis d’espérer que le baguage permettra de mettre en lumière les côtés mystérieux de la vie des Corbeaux, car tous ceux qui s’intéressent à l’ornithologie ont hâte de voir résolu le problème, un peu irritant, du déplacement des Freux,— qu’il s’agisse des Freux de notre pays ou des Freux d’automne venus de l’étranger après un parcours inconnu. A. Feuillre-Bii.lot.
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- Certes, il vaut mieux le laisser en repos, lorsque l’a b c de la mycologie nous manque. Se fier à notre vue pour le retenir, reste insuffisant et dangereux. D’abord, on se condamne ainsi à ne ramasser qu’un petit nombre d’espèces et celles que tout le monde ramasse, alors que le premier avantage du mycologue consiste à ne pas s’en tenir au champignon « de tout le monde », et à faire une récolte là où le vulgaire rentrera bredouille si les trois ou quatre champignons connus de tous sont absents.
- Ensuite souvent... champignon varie et bien fol est qui s’y fie. Très plastique, le Cryptogame se prête aux exigences du milieu jusqu’à y perdre quelquefois non pas'les caractères intimes, mais les apparences de sa personnalité. Deux échantil-
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- Ions de la même espèce poussés l'un dans un air sec, l’autre dans un air humide et qui séjournent l’un sous le soleil, l’autre sous la pluie risqueront d’être très différents quant à la forme et à la couleur. De même, celui qui aura lutté, pour sortir, contre les pierres, les racines, qui sera embarrassé par les herbes, peut se montrer sans grande ressemblance extérieure avec son frère qui ne se sera, lui, donné que la peine de naître à travers un sol meuble et sur un tapis de mousse. Enfin, tels organes frappants à l’œil : comme la volve, la colle-
- un bouledogue et un épagneul. Seulement, il convient d’avoir sur le Cryptogame les notions élémentaires qui nous guident .à travers la foule des quadrupèdes, des oiseaux, des fleurs. Et au lieu de prétendre aller de la connaissance de l’individu à celle de l’espèce, il faut connaître d’abord les signes de l’espèce pour les retrouver chez l'individu. Avec la méthode empirique, si malin que vous soyez, il vous arrivera quelque jour l’aventure du brave homme qui alimentait de champignons le marché de Charleville au temps lointain où, sous la direction des distingués
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- Fig. i. — Les champignons vénéneux.
- i. Amanite muscaria; i. Amanite phalloïde ; 5. Entolome livide ; 6. Amanite verna ;
- 3. Amanite- pantherina ; 4. Volvaria gluante. 7. Amanite citrina ; 8. Amanite virosa.
- rette, les verrues du cuticule, les taches du stipe sont à la merci des boulimiques limaces. Et c’est ainsi qu’un champignon vénéneux sera pris, par qui ne le connaît qu’empiriquement, pour un comestible, la terrible Amanitci verna, par exemple, pour un pacifique rosé. C’est par recoupements qu’il faut quelquefois que le mycologue procède. Ceci dit, sj tel ou tel détail manque, il en restera toujours assez pour asseoir une conviction éclairée. Les champignons sont aussi différents entre eux que les animaux ou les autres plantes. Un bolet ne ressemble pas plus à une amanite, une amanite à une russule qu’un âne à un bœuf, un canard à un pigeon ou bien la rose à l’œillet. Et entre telle amanite et telle autre, tel tricholome et tel autre, la différence est, en général, aussi criante qu’entre
- [ botanistes Ilarlay père et fils, je faisais mon apprentissage dans ce paradis végétal qu’est la forêt des Ardennes. Nous apprenons un samedi soir que le père R... s’est empoisonné et, le lendemain matin, nous filons à bicyclette dans le village perdu en plein bois où ce malheureux habite. Les renseignements fournis annonçaient un attentat de l’amanite phalloïde que nous apercevions fréquente le long des sentiers, et notre pessimisme était noir.
- Or, nous trouvons le malade dans un pitoyable état, certes, mais vivant, voire hors de danger. « Comment! un vieux de la vieille comme vous, vous vous êtes laissé prendre? » demande notre doyen. — « Ah! monsieur Harlay, voilà la deuxième fois que cela m’arrive, mais c’est bien fini! maintenant, je n’en ramasse plus que pour les vendre. »
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- Eh bien ! conTraîrement à ce que le public croit, les notions mycologiques indispensables pour n’empoisonner ni soi ni les autres, sont facilement accessibles. Le chapitre du Champignon est de beaucoup le plus aisé de la botanique. Comprendre le mécanisme d’une partie seulement de la plante la plus simple : graine, tige, bourgeon, feuille, fleur ou fruit est aussi ardu que de saisir l’entier développement du champignon le plus compliqué. Végétal rudimentaire, le cryptogame est, par rapport à la plante proprement dite, comme le proto-
- Cette graine est dite spore ; la tige, mycellium tissu filamenteux bien connu, en tant qu’applicable au champignon de couche, sous le nom de blanc de champignon. La classification générale est basée sur la situation et la position qu'occupent les spores.
- Dans la classe des Basidiomycèles, les spores naissent à l’air libre sur des cellules appelées « basides ». Chez les Ascomijcètes, elles sont contenues à l’intérieur du champignon, dans des cellules appelées « asques ».
- Chacune de ces deux classes se subdivise en deux
- Fig. 2. — Quelques types de champignons comestibles.
- i. Champignon des prés ; 2. Bolets; 3. Tricholome de la Saint Georges ; 4. Columelle ; 5. Graterelle ; 6. Morille 7. Chanterelle; 8. Charbonnier (russule).
- zoaire par rapport au vertébré. S’il pousse d’un seul coup, c'est parce qu’il est organisé de façon tout à fait simple, sa charpente ayant la seule cellule pour éléments ; et c’est parce qu'il ressortit à Y humble état cellulaire, parce que son organisation ne comporte ni fibre, ni vaisseau qu’il possède son étonnante plasticité. Relativement à la plante, il ne demande pas plus de temps à se faire apprendre qu’à se faire voir. J’entends : apprendre par l’apprenti mycologue, car pour le savant, c’est une autre affaire; et il s’agit, bien entendu, ici, des champignons supérieurs et non pas des cryptogames qu’on ne peut étudier qu’à l’aide du microscope.
- Le champignon supérieur peut être comparé à un fruit, qui pousse sur une tige, laquelle procède d'une graine.
- ordres : savoir, Hyménomycètes et Gastéromycetes pour les champignons à basides ; Hypogées et Disco-mycètes, pour ceux à asques.
- Dans l’ordre des Hyménomycèles, nous trouvons les 8/10 des champignons comestibles et tous les champignons vénéneux, et notamment au sein des deux premières des six familles dont cet ordre se compose : celle des Agarics et celle des Polypores.
- Agarics comestibles : l’oronge vraie, la golmotte qui sont des amanites-, le champignon de couche ou des prés, le rosé, qui est une psalliote-, le gros mousseron de printemps, qui est un tricholome-, la charbonnière, qui est une russule ; la cocherelle, qui est une lépiote ; le lactaire délicieux, qui est un lactaire; la girole, qui est une chanterelle ; la corne I d’abondance ou trompette des morts, qui est une
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- cralerelle, etc. Quant à la famille des Polypores, elle comprend tous les bolets, à commencer par le cèpe.
- Agarics et Polypores sont des champignons, à chapeau. S'il n’est pas sûr que le fameux « chapitre des chapeaux » soit dans Aristote, il tient une grande place en mycologie. Quand on a appris à différencier les espèces qui ont un chapeau de celles qui n’en ont pas, il faut regarder le chapeau du champignon non sur le dessus, mais à la coiffe. Chez l’Agaric, le dessous du chapeau est constitué par des feuillets, ou lamelles; il a des tubes chez le Polypore.
- La troisième famille de l’ordre des hyménomy-cètes s’appelle If y dues. Ici le dessous du chapeau n’est ni en feuillets, ni en tubes, mais en pseudopiquants triangulaires. Aucun Ilydne n’est vénéneux, si aucun n’est succulent — compris le pied de mouton lui-même (hydnum repandum), et presque tous sont comestibles.
- Mêmes propriétés pour la quatrième famille, celle des Clavaires, où le champignon n’a pas de chapeau, mais se trouve ramifié à la manière d’une touffe de corail.
- Laissons les deux dernières familles chez qui le gourmet n’a rien à faire et l’ami de la Nature guère davantage, elles n’intéressen.t que le savant, et passons au second ordre des champignons à basides, celui des Gastéromycètes.
- Malgré l’étymologie, Messer Gaster n’y acquiert pas le moindre bien, mais le curieux s’arrêtera à deux de ses cinq familles : celle des Phalloïdes qui satyrisent nos bois en répandant une odeur fétide (et dont fait partie l’étrange chlatre) et celle des Lycoperdons, où figure la vesse-de-loup.
- Les champignons à asques nous procurent la truffe dans l’ordre des Hypogées et l’honneur de la morille revient aux Discomycètes, ainsi que celui, plus relatif, des Pézizes et des Helvelles.
- Quant à la question des Champignons vénéneux, elle est extrêmement simple; mais il faut d’abord quitter le préjugé que leur nombre est grand. Non seulement les espèces n’en sont pas nombreuses, mais elles sont rares, nous pouvons même dire très rares.
- Dans les vieux traités, elles se récoltaient à foison. Il n’en est plus de même aujourd’hui et la Mycologie, depuis trente ans devient une réhabilitation à jet continu. Pas d’année où l’innocence d’un prétendu assassin, ne soit proclamée; où tel cas pendable ne soit ramené à l’état de peccadille, c’est-à-dire de purgatif plus ou moins violent.
- Aujourd’hui, les russules sont hors de cause, y compris la fameuse Russula furcata, manière de bête du Gévaudan, sinon de serpent de mer ; et d’autant plus redoutable au débutant qu’il lui était bien impossible de la rencontrer autre part que dans les livres, d’où elle se trouve définitivement expulsée.
- Inoff'ensif à une exception près est déclaré lè genre tricholome ; inoffensif le genre lactaire ; inof-
- fensif le genre bolet, même en ce qui concerne le fameux bolet satan.
- Dans son Étude médicale sur l'empoisonnement par les champignons, publiée en 1900 et qui fait toujours autorité, le D1' Victor Gillot distingue trois catégories de champignons vénéneux.
- Ceux qui « occasionneront presque toujours des accidents mortels » ; ceux qui « causent des accidents fort graves, mais rarement suivis de mort » ; et ceux dont l’empoisonnement consiste « en accidents plus ou moins graves de gastro-entérite, c’est-à-dire d’inflammation de l’estomac et des intestins ».
- M. Victor Gillot ne compte que huit champignons mortels; savoir : quatre « amanites » : phalloïde, citrina, verna, virosa et quatre « volvaires » : gloiocephala, speciosa, viperina et rhodomeles.
- Dans son Atlas des champignons de France, Suisse et Belgique, qui porte la date de 1910 et qui a été publié sous les auspices de la Société Mycologique de France, Léon Rolland assisté du regretté Fernand Gueguen — auteur, pour sa part, d’une plaquette intitulée Les champignons qui tuent — adoptait cette énumération. Elle était approuvée également par la Flore des champignons supérieurs de France de MM. Bigeard et Guillemin, ouvrage préfacé en 1909 par le vénéré patriarche de la Mycologie, Émile Boudier, et dont l’édition de 1915 s’honore des attestations de mycologues tels que MM. Patouillard, Maire et Bataille.
- Sur leur Tableau mural des champignons les plus vénéneux (édition de 1924), MM. Badais et Dumée font figurer — outre les quatre amanites dénoncées par Gillot, — les amanites muscaria (fausse oronge) et pantherina ; une seule volvaire, la volvaire gloiocephala et Ventolome livide : huit espèces en tout, pas une de plus que M. Gillot.
- Or, voici que les volvaires gloiocephala et speciosa sont considérées maintenant comme non toxiques. La thèse de doctorat .publiée en 1920 par M. Gauthier, Le cas du Volvaria, est admise dans ses conclusions en faveur de la comestibilité des deux volvaires par la grande majorité des experts de la Société Mycologique de France, cependant fort prudente. Les deux autres volvaires, indiquées par Gillot viperina et rhodomelas, n’attendront pas longtemps, je pense, pour être réhabilitées et il est déjà certain que la théorie — d’origine allemande — qui dénonçait dans les volvaires l’élément toxique dit phalline, propriété des amanites phalloïde, verna et virosa, est complètement erronée.
- Mais il v a plus : la toxicité de l'amanite citrine, considérée comme le plus mortel des champignons après la phalloïde, n’a plus aujourd’hui que de très rares partisans, depuis la publication dans le 4e fascicule du Bulletin de la S. M. de France de 1922 du savant travail de M. Chauvin.
- Ainsi donc les seuls champignons qui tuent au sens où l’entendaient Gillot et Gueguen sont constitués par le sinistre trio : phalloïde, verna, virosa.
- Voilà ce qu’il faut que le public sache, au lieu de
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- croire que le cryptogame est une vaste association de malfaiteurs. Connaissant à fond ces trois champignons, d’autant plus faciles à connaître qu’ils se ressemblent beaucoup et qu’ils ne ressemblent beaucoup à aucune autre amanite, on ne court plus risque d’être fongiquement envoyé aux sombres bords que dans des cas très exceptionnels et facilement évitables.
- Sur 128 empoisonnements cités par Gillot à la charge des champignons dits par lui mortels, 80 ont été suivis de mort. Quant aux champignons auxquels il accorde l’épithète dangereux, sur 51 cas ils n’ont commis que 3 décès.
- Ces champignons-ci, l’auteur n’en compte que six espèces; cinq du genre amanite, et un tricho-lome, le tigré. Parmi les amanites figurent l'amanite tue-mouches (ou fausse oronge) et l'amanite panthère. Rolland, Guéguen, Bigeard-Guillemin et leur suite approuvent cette classification. D’autres, dont MM. Radais et Dumée, tiennent à y introduire l'entolome livide. Pour avoir hésité à les suivre, un jour que je traitais dans les colonnes du Mercure de France la question des champignons vénéneux, j’ai reçu les protestations publiques deM. le Dr Marcel Duvernoy, demeurant à Yalentigney (Doubs), région prolifique en champignons et où on en mange beaucoup. Mais mon distingué correspondant a du reconnaître que sur les 48 empoisonnés par l’entolome, qu’il a soignés en vingt-cinq ans de pratique médicale, tous « ont guéri, mais deux ou trois » lui ont « donné de sérieuses inquiétudes ».
- Qui a raison? Ceux qui prétendent faire entrer l’entolome livide dans la 2e catégorie décrite par Gillot? Ou ceux qui partagent l’opinion suivante de Gueguen lorsqu’il écrit, touchant les champignons de la 3e catégorie :
- « Enfin certains autres champignons ne provoquent chez les personnes qui les ont ingérés que des troubles analogues à ceux dlune violente indigestion (angoisse, sueurs froides, nausées, vomissement et diarrhée). Tels sont YEntoloma lividum, diverses russules, etc., et même pour certaines personnes, des espèces que beaucoup de gens à l’estomac plus robuste consomment impunément. La guérison de ces accidents — qui se traitent comme une banale indigestion — est complète au bout de vingt-quatre heures. Il ne saurait vraiment être ici question d’empoisonnement. Aussi appellerons-nous les espèces qui produisent ces ac'cidents champignons suspects. »
- Gillot, lui, ajoute : suspects ou altérés. Il est certains champignons, en effet, tel le gros mousseron de printemps et Ja psalliote dite boule de neige, qu’il convient de manger jeunes et surtout de ne pas manger longtemps après qu’ils ont été cueillis. J’en ai fait l'expérience personnelle, quant au mousseron. Et, quant à la boule de neige, j’ai vu se produire le fait que voici. Un panier de ce champignon, cueilli à 4 heures de l’après-midi par votre serviteur fut partagé entre deux; familles, celle d’un ami
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- et la mienne. Nous mangeâmes notre part le soir même, à cinq personnes dont aucune ne fut indisposée. Les boules de neige étaient en parfait état de fraîcheur, voire jeunes pour la plupart. Les autres bénéficiaires du partage attendirent le lendemain soir pour les absorber et sur quatre personnes, trois passèrent la nuit dans les transes d’une indigestion qu’ils jugèrent moins « banale » que fait Gueguen, dans le passage lu plus haut. J’en fus, sur la réquisition du non malade, pas moins épouvanté que les trois autres, pour m’arracher de mon lit et venir jurer qu’il ne s’agissait là que d’une purgation un peu violente — et l’aurore me donna raison.
- Phénomène idiosyncrasique? — Non, le fait que trois sur les quatre mangeurs ont été atteints écarte cette hypothèse, qui vaut pour beaucoup de victimes des champignons de la 3e catégorie. Mais fermentation créatrice de toxines, comme dans le canard qu’on apprête « au sang », et dans certains pâtés ou crèmes. Les boules de neige avaient été enfermées dans un placard placé tout près du fourneau de la cuisine.
- Combien d’espèces, cependant — l’entolome livide placé (je n’y vois en somme que des avantages) dans la catégorie des champignons dangereux — en restera-t-il pour celles des champignons suspects ? Il me semble qu’en y mettant une quinzaine d’espèces, on fera largement les choses ; les russules du genre émétique (qu’il est très facile de distinguer des comestibles en en mâchant un petit morceau, car elles ont le goût plus ou moins âcre), une lépiote ou deux; le lactaire dit « à tranchées » ; la pleurote de l’olivier, le tricholome à goût de savon (saponaceum), le bolet satan. Mais la toxicité ou plutôt la purgativité d’aucune de ces espèces ne résistera à une précaution quil faut toujours prendre chaque fois qu'on mange des champignons : jeter le champignon, épluché, dans l’eau bouillante et l’y laisser trois ou quatre minutes blanchir ; puis, bien entendu, jeter l’eau de la cuisson, et rafraîchir. Youlez-voiis faire une exception pour le cèpe? — Soit, mais n’allez pas, partageant un préjugé aussi absurde que dangereux, me soutenir que le champignon ainsi traité, avant de frire ou revenir dans le beurre perdra de sa saveur. Est-ce que les pois, les haricots, les asperges et n’importe quel légume (par exemple la tomate qui se mange crue aussi bien que cuite) perdent saveur pour passer quelques instants à bouillir? Une cuisson pareille atténuera la virulence de la phalline, principe vénéneux du champignon qui tue : elle élaguera en grande partie la muscarine, principe du champignon très dangereux ; elle rendra inoffensifs les champignons simplement suspects. En outre, elle rendra le cryptogame facile à digérer. Elle tuera la calomnie que le champignon est « un mets plutôt indigeste ». Il n’est indigeste, croyez-m’en, que si on le mange insuffisamment cuit... ou si l’on en mange trop.
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- Ainsi soyons prudents mais non peureux. Regardons le champignon vénéneux bien en face, ainsi que le comestible; n’exagérons pas le danger de l’un et ne sous-évaluons pas le profit de l’autre. Et ne négligeons pas une grande richesse culinaire doublée d’une abondante source de plaisir. Exploi-tons-les en cueillant le Champignon, et en facilitant sa poussée. Il aime l’air, la lumière, un sol libre ; donnons-les-lui en lui ménageant des clairières que les herbes et les broussailles •— notamment le lierre et la*pervenche, ses ennemis mortels— n’en-
- vahissent pas; offrons-lui des bouquets de ses arbres préférés, le chêne, le châtaignier, le peuplier et surtout les pins. On va chercher bien loin ce qu’on a tout près; on s’ingénie vainement à la production artificielle de maintes espèces. II suffit d'aider à leur accouchement sur place. On peut, par le moyen le plus simple, décupler et centupler leur récolte. Qu’on n’ait pas une champignonnière dans son bois, comme on a son jardin, son verger, son champ de blé ou de betteraves est une bien désavantageuse sottise agricole. Marcel Coulox.
- Membre île la Société Mycologique île France.
- LES RICHESSES MINÉRALES DU CANADA
- La découverte toute récente de quartz aurifère dans l’ouest de l’Ontario, près du lac Rouge (Red Lake), attire de nouveau l’attention sur la situation privilégiée du Canada qui, non content d’être le
- Canada a produit en or 51 522000 dollars (au lieu de 26116050 en 1922).
- À l’exception de l’étain, le Dominion possède des gisements de tous les métaux utiles à l’industrie et
- plus grand exportateur de blé dans le monde, se classe désormais parmi les plus grands producteurs de métaux.
- Un fait digne de remarque est qu’il a enlevé cette année (1926) aux États-Unis le deuxième rang comme producteur d’or, bien que les fabuleux gisements du Yukon soient loin d’avoir désormais les rendements de la fin du siècle dernier. En 1924, le
- de la plupart des minéraux non métalliques. Il entre pour 90 pour 100 dans la production mondiale du cobalt, pour 88 pour 100 dans celle de l’ashestos ou amiante, pour 85 pour 100 dans celle du nickel, pour 9 pour 100 dans celle de l’argent, pour 4 pour 100 dans celle de l’or, et 2 pour 100 dans celle du cuivre.
- Parmi les provinces canadiennes, c’est l’Ontario
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- LES RICHESSES MINERALES DU CANADA -..... —3UI
- qui tient le premier rang, dans l’industrie minière avec une production de 80 957149 dollars en 1923 (65866029 en 1922). Il est suivi de loin par la Colombie Britannique (près de 44 millions de dollars en 1925), par l’Alberta (plusde31 millions), par la Nouvelle-Écosse (près de 30 millions), par le Québec (20 millions). Toutes les productions minières accusent d’année en année un progrès, à la seule exception du pétrole (611176 dollars en 1922 pour 516088 en 1923). Les augmentations les plus remarquables portent sur le nickel (6 millions de-dollars en 1922 pour 18 millions en 1923), sur le cuivre (respectivement en chiffres ronds 5 et 12 millions). Mais ces chiffres donnent une idée inexacte sur la marche ascensionnelle de l'industrie minière canadienne, car l’année 1923 (en raison de grèves) fut déficitaire pour la production du charbon, ce qui ralentit considérablement l’activité des usines de réduction. de minerais.
- D’après les études de minéralogistes canadiens, anglais et américains, 90 pour 100 du territoire du Dominion contiennent des minéraux parmi lesquels on peut citer, outre l’or, l’argent et ceux que nous avons mentionnés, le platine, le palladium, voire le diamant. L’aire pré-cambrienne, toujours riche en minéraux précieux, recouvre plus de la moitié du territoire, et, de l’avis des experts, le Canada est destiné à devenir l’une des plus riches nations du globe grâce à ses énormes dépôts d’or, d’argent, de nickel et de cuivre.
- Il est bon de rappeler après cette déclaration que l’on pourraitjrouver trop enthousiaste que le Canada
- Fig. 2. — Un chercheur d’or et son équipage.
- renferme encore d’immenses territoires totalement inexplorés, alors que d’autres non moins vastes ne l’ont été que partiellement. Cette remarque nous servira d’entrée en matière pour parler des nouveaux gisements aurifères de l’Ontario.
- Cette province, deux fois plus étendue que la France, et dont la colonisation débuta en 1784, contient le tiers de la population du Canada avec plus de 3 millions d’àmes. Les forêts qui recouvrent une grande partie de son territoire sont un obstacle à la prospection ; mais les géologues ont pu établir que son sous-sol est composé, dans une proportion de 70 pour 100, de roches pré-cambriennes, qui sont généralement riches en minerais. De fait, la découverte de ses plus fameux gisements est due au hasard. Les belles mines de nickel de Sudbury furent trouvées en 1883 pendant les travaux de construction d’une voie ferrée ; les richissimes filons argentifères de cobalt le furent dans les mêmes conditions en 1903, quand un forgeron, voulant briser une roche qui le gênait pour l’érection d’un hangar, mit à jour le précieux minerai. Peu de temps après se produisit la découverte des gisements aurifères du Porcupine.
- À la date du 51 décembre 1922, les mines de l’Ontario avaient produit un total de 675 588185 dollars, dont 2.20800000 d’argent, 176700000 de nickel, 108 500000 d’or, 84800000 de fer brut, 60800000 de cuivre, et 10100000 de cobalt. De tels résultats étaient bien faits pour enflammer d’enthousiasme les prospecteurs et les pousser
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- LES RICHESSES MINÉRALES DU CANADA
- à explorer les vastes solitudes boisées de l’Ontario, souvent au péril de leur vie.
- En 192-2, deux chercheurs d’or qui prospectaient dans le nord de la province perdirent leur route durant une tempête de neige, s’égarèrent dans les forêts, et, mourant de fatigue et de faim, eurent la chance de rencontrer un Indien qui les conduisit à un campement de trappeurs établi sur la rive du Lac Rouge. Us y reçurent une hospitalité comme savent en offrir les Canadiens. Remis de leurs fatigues, ils voulurent témoigner de leur reconnais-
- gisement en 1924, quand une expédition de géologues officiels'Adsita la région.
- Cette mission publia son rapport à la fin de l’été 1925. Il concluait « à l’existence de quartz aurifère dans les parages de Red Lake », et cette phrase suffit à provoquer immédiatement un golcl-rush, une de ces « ruées vers l’or » qui éclatent périodiquement en Amérique du Nord. Mais la précocité d’un hiver anormalement rigoureux barra la route aux centaines de chercheurs d’or qui s’élancaient déjà à la curée, et qui durent revenir dans
- Fig. 4. — Vue d’ensemble de Hudson.
- sanee en se chargeant de la corvée de bois et prirent l’habitude de parcourir les abords du camp pour y rapporter du combustible.
- Ce fut au cours de cette besogne qu’ils découvrirent un affleurement de quartz aurifère à quelque distance du lac. Plus tard, en revenant à Winnipeg, la métropole du Far-West Canadien, ils firent analyser leurs échantillons qui furent reconnus comme étant d’une haute teneur. Le bruit de leur découverte se répandit, et plusieurs prospecteurs partirent clandestinement à la recherche du filon sans autres indices qu’il se trouvait « quelque part près de Red Lakc ». Aucun d’eux n’en revint : on sut plus tard que les uns avaient été dévorés par les loups et que les autres étaient morts de faim. Deux squelettes furent effectivement identifiés près du
- les villes. La course ne reprit que vers la fin de mars 1920. Elle futjacilitée par la grande ligne transcontinentale du Canadian National Railway qui passe à 250 km au sud des nouveaux gisements, distance prise d’une petite gare où les trains de grande ligne. ne s’arrêtaient jamais avant ces événements, mais où ils déversent maintenant des centaines de chercheurs d’or. Hudson est le nom de cette localité qui n’était encore l’année dernière qu’un modeste groupe de deux ou trois douzaines de « cabines » (maisons de bois) édifiées autour d’un poste de la vieille Compagnie de la Raie de Hudson où trappeurs canadiens et Indiens Gris venaient troquer leur butin de fourrures contre des marchandises, et qui est certainement destinée à devenir une ville importante... si les gisements tiennent leurs promesses !
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- LA FABRICATION DES BALLES DE TENNIS =:....." — 303
- Mais Hudson n’est qu’une étape. Pour atteindre le nouveau pactole, il reste à franchir cette distance de 250 km à vol d’oiseau, et à travers une région sauvage, privée de routes, parsemée de lacs, de rivières et de forêts, et que l’on ne peut parcourir qu’en traîneaux à chiens pendant le long hiver, et en pirogue pendant l’été. Trajet pénible dans l’une et l’autre saisons. Les chapelets de lacs congelés imposent d’invraisemblables détours, et la traversée des forêts s’effectue pour ainsi dire pas à pas, car il faut décharger fréquemment le traîneau pour le faire passer à bras d’homme par-dessus les arbres tombés. L’été, c’est une autre affaire : pirogue et cargaison doivent être transportées à dos d'homme J entre les lacs. En vérité, ce rude métier de chercheurs d’or exige une endurance à toute épreuve.
- Le Canadian National Raihvay a fait preuve d’initiative en organisant un service aérien entre la gare de Hudson et les champs aurifères, et c'est, croyons-nous, la première fois que l’aviation aura joué un rôle actif dans le gold-rush. Le tarif est d’un dollar par livre pour les hommes et les marchandises, et le trajet s’effectue en moins de deux heures. L’éco-
- nomie de temps et de fatigues apparaîtra considérable quand nous aurons dit qu’un traîneau attelé des meilleurs chiens met de cinq à sept jours pour couvrir la même distance.
- Parmi les photographies que nous publions, et que nous devons à la courtoisie du Canadian National Railway, l’une présente un intérêt tout spécial : c’est la vue d’un camp de mineurs près du Lac Rouge. On voit que les chercheurs d’or, pressés de choisir leur daim (concession), n’ont pas encore pris le temps d’édifier des « cabines ,» avec des troncs et branches non équarris [: ils s’abritent encore dans des tentes de grosse toile. On remarque devant les portes des « raquettes », chaussures sans lesquelles on ne saurait marcher sur l’épaisse neige qui couvre le sol.
- Il nous reste à souhaiter longue vie et prospérité h. Red-Lake! Tandis que la production de l’or dans le monde a diminué de 56 pour 100 depuis 1915, elle a augmenté dans l’Ontario de 156 pour 100, progression riche de promesses ! (*) - Y. Forbin.
- 1. Photos du Canadian National llaüœay.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1926.
- La d'Arsonvalisation dialhermiqne et la synovie. — Le D' Bordier de Lyon étudie Faction des oscillations électriques de haute fréquence sur le liquide synovial retiré de grandes articulations sur le Bœuf aussitôt après la mort de l’animal. Le passage des ondes pendant cinq minutes a été suffisant, Bien que la température n’ait
- pas dépassé 45°, pour amener une floculation partielle, des particules albuminoïdes et c’est probablement par un phénomène de cette nature que l’on peut expliquer l’action bienfaisante de la d’Arsonvalisation diathermique, chez un malade atteint d’hydarthrose.
- Paul B.
- LA FABRICATION DES BALLES DE TENNIS
- Le développement du jeu de tennis fait consommer annuellement une quantité considérable de balles. Celles-ci sont des pièces délicates, qui exigent, pour leur préparation, des contrôles rigoureux et des précautions particulières.
- Bien entendu, on emploie du caoutchouc d’excellente qualité que l’on prépare comme à l’habitude dans des mélangeurs et des malaxeurs et l’on obtient alors le caoutchouc manufacturé, avec lequel on fabrique les deux hémisphères qui constituent la chambre à air de la balle de tennis.
- Ces hémisphères sont préparés à la presse, dans des moules. On obtient des calottes rigoureusement semblables les unes aux autres, que l’on imperméabilise après lavage, en appliquant à l’intérieur une sorte de vernis. Ce traitement permet à la balle de conserver la pression intérieure.
- Les deux hémisphères ainsi terminés et nettoyés, avec leurs bords parfois taillés en biseau, sont réunis l’un à l’autre de manière à constituer une balle de caoutchouc étanche.
- Le nouveau procédé, tout récent, qui est appliqué aux usines Dunlop, consiste à donner la pression intérieure nécessaire à la halle en introduisant, avant de rapprocher les hémisphères l’un de l’autre, une poudre chimique qui, par la cuisson ultérieure, dégage des gaz et gonfle la chambre.
- Lorsqu’on a introduit cette poudre, on colle les deux hémisphères pour les rendre solidaires, puis cette chambre ainsi préparée est recouverte de deux languettes en caoutchouc qui sont découpées l’une et l’autre en forme de huit.
- On obtient alors une balle où restent apparents les côtés des joints. Elle n’a pas encore été vulcanisée, de sorte qu’en plaçant la balle ainsi formée dans un moule, qu’on introduit dans les autoclaves de vulcanisation, on obtient alors une halle parfaite, qu’il suffit d’ébarber pour faire disparaître les bavures provenant du joint du moule.
- La balle ainsi faite doit être recouverte d’une couche protectrice en drap. On utilise pour cela du drap Melton de qualité supérieure; on découpe à
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- LA FABRICATION DES BALLES DE TENNIS
- l'emporte-pièce des languettes en forme de huit qui, assemblées deux par deux, recouvrent toute la surface de la balle. On peut soit coller ces languettes, soit les coudre.
- En général, les balles cousues sont d’un prix plus élevé que les balles collées et jusqu’à ces temps derniers, c’était celles qu'on employait dans les grands championnats. On reprochait en effet à la balle collée de ne pas avoir une homogénéité suffisante au point de vue du poids et, par conséquent d’être d’un
- reuse. On arrive à obtenir des balles collées qui sont parfaites en tous points et qui remplacent aujourd’hui victorieusement la balle cousue.
- L’aspect net de la balle terminée est obtenu par un passage dans une presse à chaud, d’un modèle
- particulier.
- Il se produit une sorte de repassage du tissu.
- Les balles sont enfin marquées mécaniquement.
- Au cours de toutes les opérations de fabrication que nous n’avons fait qu’ébaucher, intervient toute
- Fig. i. — En haut, hémisphères formant les deux .parties de la chambre à air d’une balle de tennis. — Au milieu : à gauche, les deux hémisphères ont été rapprochés et collés après introduction d’une'poudre chimique. — Au milieu : à droite, mise en place d’une première languette en caoutchouc sur la chambre à air. — En bas : à g auche, mise en place de la deuxième languette en caoutchouc jointive avec la première. En bas : à droite, balle vulcanisée à la presse, prête à recevoir l’habillage.
- rendement moins régulier que celui de la balle cousue.
- Avec les perfectionnements réalisés dans l’outillage, l’application de languettes sur la balle en caoutchouc nu, se fait avec une précision presque rigou-
- une série de vérifications au point de vue du poids, de la résistance à la pression, etc., de sorte qu'on obtient des balles qui présentent toutes les qualités que peut exiger le joueur le plus difficile.
- E.-II. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiüue. 9, rue de Fleurus, Pans. — 1926.
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- N* 2745 ^^^mm**** 13 Novembre 1926
- LA NATURE
- o
- JL’QutomobUe
- au SAHARA
- SOMMAIRE :
- L’automobile au Sahara : Ll F. Demoulill.
- La fabrication et le montage des avions à la chaîne : E.-H. WeisS. Sous-station de transformation sur wagon : P. M.
- Académie des sciences : Paul B. — Le film parlant : G. Mareschal.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. — Science appliquée. — Variétés. — Recettes et procédés utiles. Boite aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
- ‘MASSON ET C'e, Éditeurs. , ( Dollars . . . 0,06
- no, boulevard Saint-Germain, Paris. Etranger j pr guj's^s ] q’jq
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- LA NATURE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ, fondé par Gaston TISSANDIER MASSON et C“, Éditeurs, 120, Bouîevard Saint-Germain, PARIS, VT (J{. C. : Seine tS.23^,) PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL (52 Numéros) POUR 4926
- Tari! intérieur : 65 fr. valable pour France et Colonies. Règlement par mandai, chèques postaux (compte n° 5 jy, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cio. sur une banque de Paris. (Le tarif intérieur pour la France sera modifié en cours de Vannée selon les prix qui seront fixés pour les affranchissements postaux.)
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- LA NATURE. — N° 2745.
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- L’AUTOMOBILE AU SAHARA
- 13 NOVEMBRE 1926
- Fig. i.
- Depuis 1922, d’assez nombreux raids transsahariens ont été effectués et la publicité, dont ils ont été l’objet, a attiré l’attention sur la pénétration de l’automobile au désert.
- Il ne faut toutefois pas oublier que la voie leur avait été préparée par de nombreuses tentatives et des essais, souvent satisfaisants, entrepris pendant la guerre, par les officiers des Territoires du sud, en particulier sous l’impulsion des généraux Laperrine et Nivelle.
- Les premières automobiles qui aient roulé au désert furent celles des Anglais en Libye, et des Italiens en Tripolitaine ; les automobiles allaient jusqu’à Mourzouk (à 650 km. de la côte) avant l’évacuation de cette ville par les Italiens. Mais les Français ne tardèrent pas à suivre cet exemple.
- Dès juillet 1916, deux voitures tentèrent le voyage d’Ouargla à In Salah par Inifel (750 km.) sur des pistes très mauvaises. L’une de ces voitures atteignit In Salah ; l’autre, abandonnée en route, put être dégagée au retour, et ramenée à son point de départ.
- Des voyages entre Ouargla et Fort Lallemand (140 km.), entre Ouargla et Touggourt (200 km.) furent effectués avec succès en 1917. À la même époque une automobile allait d’Ouargla à Aïn Guettara (150 km. au nord-est d’In Salah), soit un parcours de 600 km.
- En mai 1917, un convoi de 10 voitures allait d’Ouargla à In Salah en six jours et revenait dans le même laps de temps. Trois voitures poussaient sur la route du Iloggar, jusqu’à 270 km. au sud d’In Salah, où elles rentraient 15 jours après.
- En octobre 1917, le général Laperrine allait d’Ouargla à In Salah avec deux voitures en douze jours ; des accidents l’avaient retardé.
- Son voyage de retour dura cinq jours.
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- Fig. 2. — Type de reg caillouteux (Hoggar).
- 54' Année. — 2e Semestre.
- - Type d’oasis, sable et dunes. Foggaret El Arab (:Tidikelt).
- En 1918, un ravitaillement tri-hebdomadaire entre Ouargla et Touggourt (200 km.) fut assuré par des camionnettes militaires. Une liaison hebdomadaire par camionnettes fut organisée entre Inifel et In Salah (450 km.). .Chaque lundi un groupe de quinze voitures partait de chacun de ces postes et atteignait respectivement l’autre le jeudi. Chaque convoi emportait 10 à 12 tonnes de chargement. Cette organisation donna toute satisfaction tant que les camionnettes eurent des pièces de rechange.
- Quatre camions Renault munis de chenilles à palettes furent essayés en décembre 1918 entre Ouargla et ln Salah. Ils arrivèrent à Inifel (550 km.) après onze jours de route avec leurs chenilles hors de service. Trois furent réparés et purent atteindre péniblement Aïn Guettara, ils ne purent pas rentrer à Inifel.
- Ces différents essais avaient malgré tout démontré que l’automobile pouvait rouler au Sahara. Cela ne devait d’ailleurs pas surprendre, puisque, malgré l’absence de routes, la majeure partie de la surface y est constituée par des sols durs, consistants et unis, sols d’erg ou de hammada, favorables à la roue. Les régions de sable et de dunes, les ergs, sont loin de couvrir tout le Sahara, elles forment de vastes espaces bien délimités, que l’on peut éviter en les contournant ou même en les traversant, quand on peut utiliser les couloirs de sol ferme (gassi) qui les coupent.
- Dans un rapport de juillet 1919, le général Laperrine, commandant supérieur des Territoires Sahariens, écrivait :
- « Ces expériences prouvèrent que les camionnettes Fiat XY ter avec roues métalliques jumelées avant et arrière circulaient facilement au Sahara », et plus loin :
- « Les voitures automobiles lé-20. — 505.
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- L'AUTOMOBILE AU SAHARA
- gères, autos de tourisme, tracteurs d’aviation (genre escadrille sud Tunisien) camionnettes genre XV ter circulent-facilement sur les pistes du Sahara, où elles font une moyenne de 150 à 200 km. par jour. »
- En 1919 encore, la mission Saoura Tidikelt parcourait avec 7 auto-mitrailleuses plus de 2500km., elle n’abandonnait qu’une seule voiture à Àdrar.
- A la lin de décembre 1919, trente et une camionnettes quittaient Touggourt emportant du ravitaillement en vivres, essence et matériel destiné à la préparation du raid d’avions au cours duquel le général Laperrine devait trouver la mort. Un mois plus tard, des postes de relais ayant été échelonnés entre In Salah et le Hoggar, 9 voitures seulement atteignaient Tamanrasset. Après que l’avion du général Laperrine fut tombé dans leTanezrouft, deux de ces voitures participèrent aux recherches et atteignirent le puits de Tin Rarhoh à 550 km. au sud de Tamanrasset et à 150 km. de la frontière d’A.
- 0. F., soit à 700 1
- km. du Niger à vol d’oiseau. Le Iloggar, cœur du 1
- Sahara, était non I
- seulement at- j
- teint, mais lar- 1
- gement dépassé 1
- pour la p r c- «
- mière fois par un véhicule mécanique.
- On a souvent considéré ce raid, en raison du petit nombre de voitures parvenues à Tamanrasset, comme une démonstration que l’automobile ordinaire n’était pas faite pour le Sahara. Mais on oublie les conditions dans lesquelles il s’est.effectué, l’état et le chargement des voitures. Il n’y a pas eu là d’insuccès à proprement parler ; ce n’est au pis aller, qu’un accidenl, loin d’être le désastre prohibitif, qu’on a parfois voulu en faire. Au contraire, ce raid montrait déjà que des automobiles pouvaient, sans préparation spéciale, atteindre Tin Rarhoh, au centre du Tanezrouft. La: possibilité pratique de la traversée du Sahara en automobile était ainsi établie.
- Toutes ces tentatives avaient été effectuées dans des conditions très dures, sans ravitaillement préalable, avec des véhicules parfois insuffisants, et partiellement en pays révolté ; toutes choses qui expliquent les quelques insuccès enregistrés. Elles révélaient pourtant la possibilité, la facilité même de la circulation en automobile dans le Sahara. Elles tendaient à montrer qu’il fallait non pas chercher un type nouveau et spécial de véhicule, mais seulement adapter et modifier un peu les voitures existantes.
- On avait essayé des véhicules de divers modèles :
- autos de tourisme (Rochet-Schneider), camions, camionnettes, camions munis de chenilles à palettes, différents tracteurs à chenilles, Baby Holt, etc..., ef même des sortes de tanks débarrassés de leur blindage, etc... Les chenilles à palettes des camions qui en étaient munis, les tracteurs et les voitures du genre tank étaient hors de service au bout de 500 à 500 km. et consommaient énormément d’essence. « La Baby Holt dépensait entre Touggourt et Ouargla comme onze camionnettes a ,. écrit Laperrine. Leur vitesse était beaucoup trop réduite, elle n’atteignait que 5 à 8 km. à l’heure. Le voyage Ouargla Inifel (300 km.) demandait onze jours pour les camions à palettes, contre deux ou trois jours pour les camionnettes. La Baby Holt mettait dix à quinze jours pour faire le trajet de Touggourt à Ouargla (200 km.) alors que les camionnettes l’effectuaient
- en un jour. Ces dernières, com-i me les voitures y.--.-/-k i de tourisme, don-
- naient satisfaction au point de vue vitesse. Certaines comportaient pourtant des moteurs un peu faibles, et avaient de la peine à démarrer en terrain mou.
- Hès lors, il est prouvé qu’une voiture de tourisme ou une camionnette peuvent rouler au Sahara dans de bonnes conditions. Il faut un moteur puissant, chauffant le moins possible, économe en essence, un réservoir assez grand donnant un rayon d’action de 500 km. au minimum, une carrosserie permettant de charger l’approvisionnement en eau, essence, les pièces de rechange et les vivres, un châssis peu surbaissé pour éviter des détériorations en terrain rocheux, ou semé de gros cailloux.
- L’industrie française essaya alors divers types de véhicules spécialement conçus pour les sols mous.
- Au cours de l’hiver 1922-25 eut lieu la première traversée du Sahara de Touggourt à ‘Tombouctou, et retour par 5 autos chenilles Citroën. Ce raid mené à très bonne fin était une belle performance, et la démonstration de la possibilité de traversée du Sahara d’une rive à l’autre.
- Ce raid fut suivi de plusieurs autres : au début de 1922 le Résident général de Tunisie effectuait avec trois voitures à chenilles le trajet de Foum Tatahouine à Bir Messaoud près de Rhadames.
- En novembre-décembre 1925 des chenilles reconnaissaient la route Béchar, Adrar, Tessalit. Et une nouvelle mission de trois chenilles partie de Béchar en janvier 1924 gagnait Tombouctou en sept jours
- Fig. 3. — Type de reg sablonneux (Mouydir).
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- : L’AUTOMOBILE AU SAHARA
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- par Àdrar, Tessalit et rentrait à Béchar dans le même temps.
- A la suite de ces raids on a cm que le véhicule saharien était enfin trouvé. -
- Mais des essais entrepris peu après, dans le sud algérien, par le Ministère de la Guerre, ont conduit à quelques remarques dont les principales étaient :
- 1° l’insuffisant rayon d’action (80 km.) dû à la faible contenance du réservoir d’essence ;
- 2° la puissance insuffisante du moteur, qui oblige
- à 6 roues était destinée à circuler en terrain varié. Au cours des raids précédents, ce type de voiture prouvait qu’il était capable de rouler dans n'importe quel terrain au Sahara. On se trouvait ainsi en présence de deux types de véhicules, construits en vue de la circulation au désert, et qui donnaient satisfaction. Il semble néanmoins que l’on puisse accorder la préférence à l’un d’eux. Rappelons que dès 1919 le général Laperrine proclamait la nécessité d’un type de voiture unique au Sahara. Rien nè
- Fig. 4. — Type de gorge saharienne : gorge de Takoumbaret {Mouydir).
- à marcher en 2:: vitesse, soit à 10 km. à l’heure, ce qui augmente la consommation d’essence ;
- 5° la rapide mise hors de service des chenilles.
- Aussi des types nouveaux de chenilles atténuant ou supprimant ces défauts étaient mis à l’étude et essayés.
- A la même époque, décembre 1925, on effectua avec un plein succès les raids d’automobiles Renault à 6 roues dans les dunes du Souf et de l’Oued Rhir. En janvier 1924 de telles voitures Renault accomplirent le trajet Touggourt, Ouargla, Ghardaia, Guerrara, Touggourt en terrain particulièrement rocailleux (Chebka duftlzab). En janvier 1924, trois voitures à 6 roues allaient en sept jours de Béchar à Bourem par Ouallen et Tessalit; elles revenaient sans incident par le même itinéraire à leur point de départ.
- Alors que la voilure à chenilles avait été conçue pour rouler spécialement en terrain mou, la voiture
- pouvait être plus incommode que d’y avoir un type de voilure pour sol mou et un autre pour sol dur, alors que l’on peut rencontrer au cours d’un même voyage, des régions dures et molles alternées.
- Or, dans l’état actuel, la voiture à roues multiples s’est montrée, en service, supérieure à la voiture à chenille en terrain dur; elle est plus rapide, plus économique, et s’use moins vite. D’autre part, dans les régions à sol mou, l’automobile à 6 roues n’est pas sensiblement inférieure à la chenille, tout au moins sur les parcours que l’on est appelé à suivre dans la pratique en terrain de dunes (ces parcours, souvent très lourds et très accidentés, sont pourtant toujours des itinéraires choisis parmi les moins difficiles de la région)'. Les pistes chamelières de grande communication évitent elles-mêmes ou contournent les régions d’erg trop difficiles, et lorsqu’elles ne peuvent faire autrement, les traversent par l’itinéraire le plus aisé (certains itinéraires dans
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- l’erg sont très pénibles même pour les chameaux ; les étapes qu’on y peut faire sont courtes ; et la vitesse peut ne pas dépasser 2 km. 50 ou 5 km. à l’heure, alors que, en bon terrain, la moyenne du chameau est de 4 à 0 km. à l'heure). Il en est de même, à plus forte raison, pour les pistes automobiles, car un détour de 50 ou 100 km. est moins considérable pour un véhicule mécanique que pour les lentes caravanes, et l’auto contournera là où le chameau traverse.
- Il importe de noter que les ergs, loin de constituer des pôles répulsifs de la vie, se trouvent être souvent, au contraire, des réserves de pâturages où vivent de nombreux troupeaux et où nomadisent leurs propriétaires. Mais les grandes voies de trafic et de circulation les évitent.
- Sur les pistes automobiles de Béchar à Béni Àbbès, Adrar et In Salah, d’Ouargla à In Salah, à Ghardaia, ou à El Goléa, d’In Salah à Tamanrasset et à Kidal, il n’y a que peu de sable, et nulle part celui-ci n’est un obstacle considérable. D’Ouargla à Fort Flatters, la piste traverse le grand .Erg Oriental, mais elle utilise des gassis, couloirs parfois fort larges de sol ferme ; on y rencontre en somme peu de sable.
- Lés seules routes d’automobiles pour lesquelles le sable soit la dominante et l’obstacle sérieux, se limitent presque à celles comprises entre Touggourt et El Oued, et dans le Souf. Nous avons vu plus haut que les voitures à 6 roues s’y comportent fort bien.
- L’expérience paraît donc établir la supériorité de la roue sur la chenille, la roue donnant son meilleur rendement, dans la majorité des cas, en terrain dur, la chenille ne donnant le sien que dans le minimum des cas : terrain mou.
- La voiture à 6 roues constitue-t-elle un progrès indispensable? La réponse est, suivant les cas, positive ou négative.
- Les expériences antérieures à 1920, que nous avons exposées plus haut, avaient déjà démontré que des voitures ordinaires, à roues jumelées ou non, circulaient dans de bonnes conditions au Sahara. Nous pouvons noter encore que, en 1925, un commerçant de Touggourt a fait, sans incidents, plusieurs randonnées importantes, avec une voiture légère de tourisme, emmenant son ravitaillement et des passagers, entre autres le parcours Touggourt, Ouargla, In Salah, en cinquante heures environ, le parcours Touggourt, Ouargla, In Salah, Adrar, Beni-Abbès, Béchar, et de Béchar retour à Touggourt par Géryviile et Ghardaia, enfin le parcours Touggourt, Tamanrasset en moins de six jours, et retour à Touggourt dans le même temps.
- Nous-même avons fait en juillet 1925, comme passager à bord d’une torpédo de 12 ch ordinaire, le parcours d’In Salah à Adrar, Timmimoun, retour à Adrar, et d’Adrar à Béni-Abbès, soit 1100 km environ sans incidents (2 crevaisons) en quatre journées de marche, à une vitesse moyenne de 58 à 40 km. à l’heure. Souvent, dans d’immenses regs
- excellents, nous avons roulé longtemps à des allures de 70 à 75 km à l’heure relevées à l’indicateur de vitesse. Entre Beni-Abbès et Igli un incident imprévu nous arrêtait : une grosse pierre que le conducteur, dans un moment d’inattention, n’avait pas évitée, défonçait le carter, ce qui met en relief l’intérêt que peut présenter, au Sahara, un châssis surélevé; qu’une automobile ordinaire de tourisme ou une camionnette puisse rouler dans de bonnes conditions sur tous les terrains, nous paraît amplement démontré. Une voiture légère, à moteur suffisamment puissant, permet d’obtenir des moyennes voisinant 40 km. à l’heure sur des étapes Journalières de 200 à 500 kilomètres.
- Les lourdes voitures à 6 roues ne peuvent atteindre pareilles moyennes, elles font habituellement 25 à 50 km. à l’heure. Mais si elles sont, au point de vue vitesse, inférieures à la voiture légère, elles présentent en revanche l’avantage d’emporter un ravitaillement (essence et divers) plus abondant, par suite, d’offrir un rayon d’action plus grand, et de pouvoir emporter un chargement alors que, dans la voiture de tourisme, en dehors du personnel, il faut se contenter du strict minimum. A égalité de vitesse réalisée ou à peu près, la voiture à 6 roues est supérieure à la camionnette, ses roues multiples lui permettant d’emporter un chargement plus considérable ou de circuler en terrain plus lourd.
- De ce qui précède, on peut conclure, croyons-nous, que l’automobile saharienne de l’avenir comportera deux types :
- i° Voiture légère à 4 roues jumelées destinée aux voyages rapides ;
- 2° Voiture lourde à 6 roues destinée aux voyages plus lents avec un chargement plus considérable.
- L’un comme l’autêe de ces types de voitures devra posséder un certain nombre de caractéristiques communes : économie d’essence, économie d’eau du 'radiateur (thermo-siphon), châssis assez surélevé, pour éviter les chocs des parties basses et utiles contre certaines aspérités’’ du sol, carrosserie permettant le transport du personnel et le placement commode du ravitaillement de toutes sortes et, pour la voiture lourde, du chargement. Le moteur sera suffisant pour obtenir une^ vitesse moyenne de 50 km-h. pour la voiture lourde et de 50 km-h. pour la voiture légère.
- Reste la question des bandages. Le bandage plein supprimerait les crevaisons, mais outre qu’il se détériore rapidement à la chaleur sur les sols raboteux du Sahara, il rendrait fort pénible certains parcours en mauvais terrain et risquerait même de causer des avaries aux parties essentielles du moteur ou du châssis, par suite des secousses brutales et du manque d’élasticité. Enfin le pneumatique, à charge égale, arrache moins la croûte superficielle durcie du sol, et s'enlise moins que le bandage plein. Le pneumatique est donc indispensable. Il doit être bien armé pour éviter les crevaisons qui peuvent être fréquentes sous l’action d’arêtes // . '
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- rocheuses des sols de hammada, ou de galets et de cailloux pointus.
- Il faut noter que le caoutchouc s’altère rapidement sous l’action de la température et de la sécheresse de l’air du Sahara. On mettra donc souvent les pneumatiques à la réforme. Nous avons présent à l’esprit le cas récent d’un convoi de deux voitures, munies de pneumatiques usagés, qui eurent près de 100 crevaisons entre Touggourt et In Salah, où elles arrivèrent avec un retard énorme. Alors 'qu’avec des bandages neufs, elles n’auraient eu
- Un grand nombre de pistes automobiles ont déjà été établies. Elles sont entretenues et seront améliorées petit à petit. La tâche entreprise se continue par l’établissement de routes nouvelles et, dans un délai peu éloigné, le réseau de pistes automobiles sahariennes sera complet.
- En quoi consiste une pareille piste? Sur d’aussi longs parcours au désert, avec les faibles moyens dont on dispose, il ne faut pas songer à établir de véritables routes. Ce qui serait du reste inutile en raison du trafic restreint. Il faut avant tout jalonner
- Fig. 5. — Type de gorge saharienne : gorge de Khanguet el&Hadid (Mouydir).
- qu’un nombre infime de crevaisons et peut-être pas du tout.
- On évitera les éclatements sous l’action de la chaleur en été, en gonflant modérément les pneumatiques. Dans un sol mou, la voiture dont les pneus sont peu gonflés passe sans mal, alors que celle dont les pneus sont à bloc s’enlise. Un conducteur avisé gonflera donc plus ou moins ses pneumatiques suivant la température et le degré de consistance du terrain traversé.
- Il est, du reste, le plus souvent, possible d’éviter les inconvénients de la chaleur, non seulement sur les bandages, mais aussi sur le moteur (difficulté de refroidissement) en s’arrêtant en été dans le milieu de la journée et roulant un peu plus longuement aux heures fraîches.
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- la piste soit par de petits tas de pierre de distance en distance, pas trop éloignés (50 à 50 m.), soit par un alignement de pierres posées sur le sol à peu de distance l’une de l’autre. Dans la majorité des cas, sur la plus grande partie du parcours ce jalonnement est suffisant; le sol uni, assez ferme (cas du reg) constitue de lui-même une excellente route. Ailleurs, il faut en pîus déblayer les cailloux ou les galets superficiels. Enfin, .en certains endroits, un travail d’aménagement est nécessaire : établir de courtes tranchées et des remblais pour adoucir des pentes, tailler des rampes d’accès dans les berges de certains oueds; aménager le passage dans le fond trop sablonneux d'autres oueds en y disposant soit un empierrement, soit un fascinage; placer des fascinages dans d’autres passages sablonneux trop lourds, établir des ponceaux sur les séguias (canaux d’irrigation dans les oasis), etc..., La plupart du
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- temps, an travail d'aménagement peu considérable et simple-suffit-pour rendre une pisle d’accès facile à l'automobile.
- Dans les terrains plats, rcgs assez fermes mais un peu sablonneux, l’automobile n’est pas rivée à une piste étroite, aux ornières des voitures précédentes. Au contraire, les véhicules, qui sont déjà passés, ont tracé des ornières moins fermes et plus lourdes que le sol environnant, leurs roues ont repoussé sur le côté les graviers superficiels, et ameubli le terrain. On roule mieux à côté des traces précédentes que dans ces traces mêmes. Dans de tels passages les autos se guident donc sur le jalonnement ou sur les ornières mais passent à côté; la piste s’étend en largeur à volonté. Puis aux passages mauvais, mais aménagés, elles reprennent toutes la même route pour profiter de l’aménagement. Lorsque l’on se trouve en présence d’un passage difficile non aménagé, tel qu’un fond d’oued sablonneux, il faut éviter de s’engager sur les traces anciennes où des ornières profondes ont encore ameubli le sol et passer à côté.
- Il est nécessaire de transporter avec soi des outils, pelles et pioches, pour réparer un aménagement détérioré, pour tailler un passage à la voiture où cela est nécessaire ou pour la désensabler.
- D’une manière générale, la' prudence oblige à ne pas circuler au Sahara avec une automobile isolée; avec deux ou plusieurs voitures, si l’une d’elles reste en panne, les autres peuvent lui porter secours, la dépanner ou en recueillir les occupants.
- Au cas exceptionnel où l’on peut être forcé de partir avec une seule voiture, on doit placer sur le parcours quelques postes ou quelques patrouilles de méharistes à distance telle qu’ils puissent porter secours à l’automobile avant l’épuisement de., sa réserve d’eau.
- La conduite d’une automobile au Sahara demande une expérience spéciale et un chauffeur habitué à rouler au désert obtiendra toujours de meilleurs résultats.
- L’automobile ne peut circuler dans de bonnes conditions au Sahara, il est à peine besoin de le dire, que munie très largement de pièces de rechange, soit pour effectuer des réparations sur place en cas de panne, soit pour remplacer les pièces usées à l’arrivée dans un poste. Un bon entretien, c’est-à-dire un nettoyage très fréquent et une révision des divers organes chaque fois qu’un séjour est assez prolongé pour le permettre, sont d’autant plus nécessaires que l’eau est souvent magnésienne, que l’essence et l’huile, après maintes manipulations et maints transports, sont plus ou moins pures, et que le sable, qui pénètre partout, est un élément d’usure rapide.
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- Quel est l’avenir de l’automobile au Sahara? Chercher à le dégager c’est en même temps étudier ses conditions d’emploi.
- L’automobile remplacera-t-elle le chameau, comme on l’a dit dans l’enthousiasme consécutif aux grandes randonnées transsahariennes? Non, mais l’automobile est un moyen nouveau qui s’ajoute aux anciens sans les supprimer.
- Le chameau restera le mode de transport, lent certes, mais le plus économique et pour le personnel et pour les marchandises. Il restera aussi la monture indispensable des nomades, comme de nos troupes de police.
- Les autos ne serviront qu’aux voyageurs pressés ou pour les colis devant être rapidement livrés ; ce sera l’exception.
- En outre, le chameau peut passer partout au Sahara, alors que certaines régions resteront toujours interdites aux automobiles les plus perfectionnées. Dans le massif montagneux cahotique du Hoggar (altitude de 1500 m. à 5000 m.) l’auto ne passera jamais, ou seulement par de rares itinéraires difficiles et coûteux à aménager, trop coûteux pour leur peu d’utilité.
- En ce qui concerne l’emploi de l’automobile au Sahara on peut, croyons-nous, distinguer trois cas : son utilisation par le personnel français saharien, pour le tourisme, pour les voyages transsahariens.
- Le Sahara est un pays sans avenir économique, que nous occupons avec un minimum de personnel dont le rôle est multiple : administrer, faire régner la paix, établir une protection contre les incursions de pillards non soumis, soumettre les zones encore indépendantes, mettre au point dans le détail nos connaissances sur le désert, lever des itinéraires, etc. L’auto sera d’un appoint précieux, mais ne changera rien de capital ni à la vie, ni à l’emploi de ce personnel. Ce n’est pas l’automobile qui peut rester de longues semaines en surveillance dans une zone désertique, très éloignée de tout poste, pour interdire le passage aux rezzous. Un peloton méhariste qui emmène avec lui un long ravitaillement, dont les animaux s’alimentent dans les pâturages rencontrés, qui n’a besoin ni d’essence, ni de pièces de rechange, peut rester des mois sans toucher un poste. L’auto ne le peut pas.
- Et c’est au moment où l’auto serait partie se ravitailler, se réparer au poste voisin, que passerait le rezzou. Ce n’est pas non plus 2 ou 5 voitures portant 10 ou 15 hommes tout au plus qui pourraient grand’chose, (môme avec 2 ou 3 mitrailleuses, contre de forts rezzous bien armés de 150, 200, 500 hommes. Surprendre le bivouac de nuit de ces autos, et les anéantir, ou tout au moins les bloquer et les empêcher de repartir serait un jeu pour eux. Si l’on voulait qu’elles puissent agir seules, il faudrait un nombre trop élevé de voitures.
- L’automobile ne sera donc qu’un élément, nouveau et puissant, de notre organisation militaire saharienne. Elle ne supprimera pas nos formations méharistes, dont elle ne pourra être qu’un complément.
- L’officier qui administre les tribus d’une vaste
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- zone, doit sans cesse visiter ses nomades, aller de tribu en tribu, de campement en campement, de groupes de tentes en groupes de tentes, et cela dans les recoins les plus inaccessibles à l’auto. En route maintes choses le retardent, il doit lever la route, reconnaître l'état des pâturages indispensables à la vie des montures de ses méharistes comme à celle des troupeaux des nomades, aller sur place examiner si tel puits est abondant ou mort, s’il a besoin de réparation, etc. En un mot, il doit connaître de très près le pays et les gens ; il ne peut y parvenir
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- breux arbres fruitiers, donnant d’excellents produit s ; et cela ne pourra que se développer beaucoup. L’auto transporterait rapidement ces fruits jusqu’au chemin de fer, comme primeurs destinées à l’Algérie ou à l’Europe. Cela ne représenterait d’ailleurs qu’un trafic restreint-. Quelle pourra donc être l'application de l’automobile au désert, dans les limites de celui-ci ? Elles ont été exposées par le général Laperrine en 1919, et nous ne saurions mieux faire que de reproduire ses conclusions :
- « 1° Transport de courriers d’isolés rejoignant leur
- Fig. 6. — Type de plateau basaltique (Hoggar).
- qu’en circulant lentement et en vivant avec les indigènes. À méhari, ce résultat est atteint de soi-même. Avec l’auto, l’officier, vivant d’une vie différente, ne connaîtrait que superficiellement ses nomades et sa région.
- Pour le ravitaillement des postes, en raison des stocks existants, on a tout son temps ; la caravane est alors bien moins coûteuse que l’auto.
- Le seul produit saharien qui soit exporté en quantité considérable est la datte. Bien des oasis n’en exportent pas hors du Sahara, soit qu’elles se trouvent trop lointaines, soit que leurs dattes soient de qualité inférieure (le Tidikelt par exemple réunit ces deux facteurs). Pour les autres palmeraies, les dattes utiliseront toujours le moyen le plus économique : le convoi chamelier. Il y a quelques exceptions. A El Golea, par exemple, il existe de nom-
- poste ou revenant de congé. Le temps est de l’argent. Le courrier à méhari d’Ouargla à In Salah met 12 jours, les convois d’isolés 20 à 25 jours, les camionnettes en petit convoi 6 jours au maximum. Je n’insiste pas;
- « 2° Faciliter les inspections, souvent impossibles si l’on ne dispose pas d’auto, à cause de la longue absence qu’elles exigent. » (Notons que cela n’infirme en rien ce que nous disions au sujet de l’officier méhariste, dont le métier est d’être en nomadisa-tion. Il n’en est pas de même pour le chef d’un territoire aussi vaste que le territoire des oasis par exemple, 1 million de km8 environ) ;
- « 3° Évacuation rapide des malades, transport rapide du docteur auprès d’un malade grave;
- « 4° En cas d’événement intéressant la sécurité, renforcement rapide d’un poste permanent ou temporaire ;
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- « 5° Transport de matériel intransportable, ou difficilement transportable à dos de chameau : appareils de T. S. F-., machines outils, poutrelles en fer, etc. ;
- « 6° Aider au service d’aviation »
- (Remarquons que l’aviation éLant destinée à prendre un certain développement dans ce pays, le rôle d’auxiliaire indispensable de l’automobile s’accroîtra proportionnellement) ;
- « 7° Concourir au ravitaillement dans des cas exceptionnels, tels que le manque absolu de pâturages dans un secteur, situation critique d’un poste
- de Fords, un groupe d’auto-mitrailleuses, une section automobile de 65 de montagne, une section de chars d’assaut. Mais il ne faut pas oublier que Djeraboub n’est qu’à 500 km. de Benghasi, en ligne droite, c’est-à-dire de la côte.
- Le tourisme en automobile paraît devoir se développer beaucoup dans la partie nord du Sahara, sur les confins algériens, Gabès, El Oued, Tozeur, Touggourt, Ouargla, Ghardaia, El Gélèa, Beni-Àbbès, Timmimoun, sont ou seront desservis par des lignes régulières et sont ou seront d’accès possibles aux voitures particulières. Il nous semble
- Fig. 7• — Typejie région montagneuse (Koudia du Hoggar).
- . à court de vivres ou de munitions par suite de circonstances de force majeure ;
- « 8° La présence de 2 ou 5 autos est indispensable dans les travaux de pistes, surtout dans les traversées du Tanezrouft. »
- Et nous pourrions ajouter que des automobiles seront indispensables à l’exécution du chemin de fer transsaharien, si un jour on en entreprend la construction.
- Ainsi se trouvent définis les différents rôles de l’auto dans les limites mêmes du désert, ce qui n’impliquerait qu’un nombre limité de voitures.
- Dans certains cas exceptionnels, le rôle de l’automobile pourra pourtant être plus important. C’est ce qui vient d’avoir lieu en Tripolitaine lors de l’occupation, en janvier dernier, de l’oasis de Djeraboub par les Italiens. La colonne italienne, forte de 2000 hommes, comprenait 550 camions, 5 sections
- que le tourisme se limitera à cette zone ; et si quelques automobiles iront parfois visiter les pays Touareg, l’éloignement et le manque d’intérêt de la route en détourneront la plupart.
- L’avenir des voyages transsahariens est plus difficile à prévoir. Les produits de. la zone nigérienne ou soudanaise n’utiliseront pas, ou qu’exception-nellement cette voie trop chère, à part quelques produits de valeur réclamant un transport rapide. Le trafic commercial continuera à s’effectuer par mer. Le prix d’un pareil voyage et son insécurité relative en détourneraient aussi bien des touristes. Et l’on ne voit guère pour utiliser pareille voie que quelques voyageurs pressés, quelques fonctionnaires ou officiers rejoignant leur poste ou rentrant de congé ; en un mot seulement ceux pour qui l’intérêt du temps à gagner primerait tout aléa; ils ne constitueront qu’une exception. L’auto réaliserait certai-
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- LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES AVIONS A LA CHAINE 313
- nement des gains de temps considérables pour le trajet entre la France et certaines régions soudanaises, par exemple celles de Zinder ou du Tchad. Le courrier à destination de certaines régions d’À. 0. F. prendra la route automobile à travers le désert, plus rapide que la voie maritime.
- Nous n’avons pas cherché, dans ce qui précède, à diminuer le rôle de l’automobile au Sahara, mais au contraire à exposer ce que l’on peut en attendre
- pratiquement, et donner, en essayant de la rendre impartiale, notre opinion qui est celle de quelqu’un ayant vécu dans le pays.
- Ce rôle de l’automobile au Sahara, pour n’ètre pas aussi grandiose que certains l’ont conçu, n’en sera pas moins utile. Cet outil nouveau augmentera nos moyens d’action et facilitera, dans les limites indiquées, notre belle tâche de pacification et de colonisation. Lieutenant F. Dgmoulin.
- LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES AVIONS A LA CHAINE
- Dans toutes les industries à grand débit, le montage s’effectue par le procédé à la chaîne, popularisé par l’emploi qu’en a fait Ford pour la construc-
- Fig. i. — Chat ie de montage
- tion de ses automobiles. La pratique de ce procédé exige tout d’abord des appareils conçus en vue d’une fabrication intense et économique.
- Le principe général de ce montage est le suivant : l’objet à monter est placé sur une chaîne ou tapis se déplaçant généralement d’un mouvement lent et continu convenablement calculé. Le long de celte chaîne sont placés les ouvriers monteurs, chacun d’eux étant chargé d’une seule opération toujours la même. L’ohjet passe ainsi d’un ouvrier à l’autre, et les diverses opérations du montage sont alors réparties dans le temps et dans l’espace de façon à pouvoir se succéder d’une manière continue et sans arrêts. Les pièces détachées nécessaires à chaque opération arrivent à la chaîné par un itinéraire perpendiculaire à celle-ci.
- Aux usines d’avions Bréguet, àVélizy, les ateliers ont été modernisés de manière à produire les avions métalliques du type Bréguet XIX dans ces conditions^
- L’ossature du fuselage est formée de tubes en duralumin, alliage léger, à haute résistance. Les tubes sont assemblés au moyen de raccords spé-
- du Bréguet-XIX. — Réglage.
- ciaux, dont il existe un seul type pour tous les noeuds d’assemblage du fuselage.
- Grâce à cette unification, on simplifie, non seulement la fabrication, mais on facilite grandement le ravitaillement en pièces de rechange.
- La construction métallique offre un grand intérêt pour la production en série. Le duralumin est un alliage qui est apte à subir un usinage mécanique, à cotes rigoureusement identiques, ce qui aboutit à une interchangeabilité absolue des éléments de l’avion.
- Les ailes sont fabriquées dans la position verticale, ce qui exige moins d’espace et évite les manœuvres fréquentes de retournement, que les ouvrières pourraient difficilement exécuter. Les ailes sont donc suspendues à des pylônes et l’on peut travailler de chaque côté, en montant au besoin sur des tréteaux.
- Pour les ailes supérieures, par exemple, il y a 41 opérations, telles que : assemblage de longe-
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- 314 LA FABRICATION ET LE MONTAGE DES AVIONS A LA CHAINE
- Fig. 2.
- Chaîne de fabrication des fuselages.
- rons, montage des entretoises, répartition et collage des nervures, pose du bord d’attaque et ainsi de suite, jusqu’au vernissage et à l’entoilage.
- L’aile une fois sèche est amenée à l’atelier de montage des cellules, qui est aménagé par des chaînes de montages diverses.
- Les nervures, de tailles différentes, sont faites sur des tables spéciales, avec gabarits. La fabrication est difficile à régler, car les nervures sont de dimensions diverses et les plus petites sont exécutées plus rapidement que les grandes.
- Des tables pivotent autour d’un axe et permettent ainsi de fabriquer plusieurs sortes de nervures,
- Fig. 4.
- Chaîne de fabrication des ailes.
- simplement en changeant le gabarit. Sur les tables fixes, les ouvrières font toujours les mêmes nervures; sur les tables pivotantes, elles exécutent 5 ou 4 nervures différentes dans la journée, de sorte qu’on peut équilibrer la production.
- Dans les salles de montage arrivent également les moteurs. On commence par monter le fuselage ; la série d’opérations est la suivante.
- 1° Assemblage du bâti moteur.
- 2° Assemblage des cadres et du bâti-moteur dans un gabarit, avec goujonnage sommaire;
- 5° Terminaison du goujonnage et du montage du fuselage placé sur support tournant.
- 4° Pose des boulons et des haubans.
- 5,J Le fuselage est placé dans un gabarit. Les haubans sont tendus, le fuselage réglé.
- 6° Nettoyage et peinture du fuselage.
- Le fuselage passe à la chaîne d’aménagements, puis il se joint au moteur et les mon-
- Arrivée des moteurs
- Montage partiels
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- Aménagement du fuselage
- Montage du fuselage
- Montage des ailes
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- Arrivée des ailes
- Démontage après essais
- Fig. 3. — Schéma des opérations de montage à la chaîne des avions Bréguet.
- tages partiels commencent; ce sont les suivants :
- 7° Montage de l’atterrisseur et du moteur.
- 8° Pose des réservoirs d’essence et des commandes du moteur.
- 9° Montage de la boîte à cartouches, de la cabane inférieure, du poste de commande, du petit lance-bombes.
- 10° Installation du radiateur et du siège du pilote ;
- 11° Installation de l’extincteur, de la circulation d'essence, du démarreur, de la tourelle.
- 12° Montage de la circulation d’eau, de l’inhalateur, de la photographie, du tir sous fuselage, du siège du passager.
- 15° Installation du tir à travers l’hélice et aménagement électrique.
- 14° Relevage du radiateur, montage du grand lance-bombes.
- 15° Installation de la planchette à instruments.
- 16° Raccordement électrique.
- Le fuselage ainsi équipé est alors amené à l’autre coin de la salle, où il rencontre les ailes qui vont être montées par les opérations suivantes.
- 17° Chambre chaude où séjournent les pièces.
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- 18° Assemblage des ailes supérieures?
- '19° Montage des ailes inférieures.
- 20° Montage des ailes supérieures.
- 21° Réglage;
- 22° Montage de là queue et du pare-lrisei 25° Montage des panneaux.
- 24° Finition.
- 25° Retouches.
- 26° Contrôle.
- L’avion terminé est ensuite envoyé aux essai'-
- Tour éviter les arrêts de la marche continue, des ouvriers dépanneurs sont à la disposition des contremaîtres. Ces derniers envoient ces ouvriers spéciaux en chaque endroit où il se produit un accroc, de manière à aider les ouvriers mis en cause à sortir d’embarras. Il n’y a donc jamais lieu d’interrompre la succession des opérations et le déplacement des appareils sur les diverses chaînes de montage.
- E -II. Weiss.
- Fig. 6. — La sortie de la chaîne de montage. Un appareil terminé.
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- SOUS-STATION DE TRANSFORMATION SUR WAGON
- La traction électrique sur les voies ferrées exige, en général, une distribution de courant à haute tension et des sous-stations situées en des points déterminés, qui fournissent aux moteurs des locomotives électriques le courant à une tension utilisable. Il faut prévoir des dispositions qui permettent de suppléer aux défaillances d’un poste.
- Avec la traction à vapeur, les dépôts installés dans les principales stations disposent de locomotives
- Pour toutes ces raisons, depuis quelque temps, les chemins de fer italiens, qui fonctionnent avec du courant triphasé utilisent des sous-stations de transformation mobiles. Elles sont montées sur châssis de wagon à deux boggies et permettent d’amener une station supplémentaire au point choisi, soit qu’il s’agisse d’arrêter et de réparer la sous-station fixe ou bien de lui fournir un secours en raison d’une surcharge. Ces sous-stations mobiles sont donc équi-
- Fig. i. — La sous-station mobile sur wagon.
- Au centre : le transformateur ; à gauche : l'interrupteur tripolaire à huile ; à droite : les tableaux et la cabine du personnel chargé des monœuvres.
- de secours, de trains d’outillage même, qui permettent de venir en aide à quelque machine défaillante et de remettre la voie en état s’il se produit quelque accident.
- Dans le cas de réparation matérielle, le problème du train de secours reste sensiblement lé même pour la traction électrique. Il n’en est pas de même s’il s’agit d’une avarie survenue à une sous-station ; un temps assez long est toujours nécessaire pour tout remettre en état.
- Généralement les sous-stations ne sont pas en mesure, par leurs propres moyens, de procéder à une réfection rapide, si quelque organe important est atteint. Il peut arriver également que momentanément un poste de transformation soit surchargé et soit incapable de fournir l’énergie nécessaire à la consommation supplémentaire demandée.
- pées avec des appareils analogues à ceux des sous-stations fixes existantes. Elles peuvent marcher en parallèle avec elles ou les remplacer complètement. L’ensemble du poste pèse 90 tonnes ; les deux boggies qui supportent le châssis du wagon sont à trois essieux chacun.
- Le poste est installé complètement à découvert. Il comprend : un interrupteur tripolaire formé de trois cuves séparées ; il peut fonctionner à 102 600 volts ou à 58 800 et la commande se fait soit directement, soit électriquement à longue distance. Le côté haute tension de l’installation est protégé par un relais de surcharge, dont la rupture peut avoir lieu instantanément ou avec un certain retard, si l’on juge la chose utile.
- L’interrupteur tripolaire à huile envoie le courant de la ligne dans un transformateur triphasé à huile,
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- "" ...........ACADÉMIE D
- refroidi par circulation d’air. Sa puissance est de 2600 kva à une fréquence de 16,7 par seconde; il fournit une tension de 59 800 volts au moyen de prises secondaires réglables. On peut recueillir au secondaire du transformateur des tensions qui varient de 5700 à 4466 volts.
- Ce transformateur est placé au centre du châssis ; l’interrupteur à huile occupe l’une des extrémités et à l’autre bout se trouve un tableau de distribution et de commande à distance, puis une cabine couverte où se trouve logé le personnel qui doit elïec-
- Fig. 2. — La sous-station en Le courant est amené aux bornes d’entre
- S SCIENCES —............. ---------------- 317
- reils auxiliaires. Ce moteur est lui-même alimenté au moyen d’un petit transformateur.
- Sur le tableau de distribution et de commande se trouvent deux sections; la première comporte les organes pour la charge et le service de la batterie ; l’autre, les appareils de contrôle et d’enregistrement. Les cadrans des appareils sont placés dans la cabine du personnel. Pour avoir un refroidissement plus intense des transformateurs, on se sert d’un petit ventilateur électrique entraîné par un moteur.
- Les ateliers de Savigliano ont construit six sous-
- ervice sur une voie de garage. du transformateur que l’on voit à droite.
- tuer les différentes manœuvres de commande. Un groupe moteur générateur charge une batterie d’accumulateurs qui alimente les lampes et les appa-
- stations de ce genre, actuellement en service sur les voies ferrées italiennes à traction électrique. Elles rendent de grands services. P. M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1926.
- Luminescence par leraij07inenienly. — M. LucienMallet rappelle qu’en exposant de l’eau à une source de radium dont la filtration ne laisse passer que 13 pour 100 de rayons y mous et <81 pour 100 de rayons y durs, on constate, après une adaptation dans l’obscurité d’environ 15 minutes, que celte eau présente une luminescence blanche qui a son maximum au voisinage du foyer radioactif. Les mêmes faits se reproduisent avec l’éther sul-
- furique, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles, les graines et la cire blanche. Pour M. Mallet, de tels résultats tendent à montrer la généralité des phénomènes de luminescence en expliquant, dans une certaine mesure, l’identité d’action des rayons ultra-violets, X et y, et l’on peut admettre, quand il s’agit d’effets biologiques, l’existence d’un rayonnement violet, dû aux radiations pénétrantes, rayons X et y. Paul B.
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- LE FILM PARLANT
- Historique, — L'enregistrement de la parole sur disque phonographique synchronise' avec le cinéma. — Les inventeurs qui se sont proposé de faire parler le film sont nombreux, mais la réalisation n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. On avait pensé tout d’abord qu’il suffirait d’associer le phonographe au cinématographe, les résultats obtenus ont prouvé qu’il fallait envisager d’autres combinaisons et aujourd’hui il y a plus de 350 brevets relatifs à la réalisation de cette idée.
- Nous n’avons pas l’intention de les passer en revue, ni même de les énumérer, mais on va voir par quelle série d’étapes on a du passer, que de travail et de persévérance il a fallu dépenser, avant d’arriver à une solution satisfaisante.
- Tout au début, on faisait enregistrer la parole ou le chant par un phonographe ; puis, l’appareil étant réversible, on lui faisait répéter ce qu’il avait enregistré et pendant ce temps un acteur, qui pouvait ne pas être le même que celui dont la voix avait été enregistrée, était ciné-matographié, adaptant ses gestes et ses expressions de physionomie au discours ou au chant. C’était une solution un peu simpliste qui ne pouvait guère donner satisfaction: parce que l’acteur ne pouvait pas obtenir un synchronisme parfait entre ses gestes et ce qu’il entendait. On réussissait à peu près avec la musique où le rythme est bien accentué, mais avec la parole c’était impossible. Il fallait donc que celle-ci fût enregistrée en même temps que le geste.
- En 1902, les établissements Gaumont, après des recherches qui dès le début firent pressentir les difficultés du problème, étaient déjà arrivés à obtenir un synchronisme complet entre les deux appareils, ce qui permit de commencer une exploitation (La Nature, 5 décembre 1903) qui, sans prendre une grande extension, s’est cependant toujours continuée depuis cette époque, mais avec des perfectionnements de plus en plus importants. On avait reconnu notamment qu’il fallait que l’appareil enregistreur de la parole fût assez sensible pour qu’on prit le placer assez loin de l’acteur, en dehors du champ de l’appareil cinématographique.
- Ces conditions furent réalisées en 1910 par les mêmes inventeurs et le résultat en fut présenté à l’Académie des Sciences par M. d’Arsonval qui pouvait faire sa présentation sur l’écran sans avoir besoin d’assister à la séance (La Nature, 51 décembre 1910). Ce résultat était obtenu par l’emploi d’un microphone très sensible en relation avec un téléphone inseripteùr qui gravait le disque du phonographe. Gomme cette gravure était assez faible, on
- employait pour la reproduction de la voix un amplificateur à air comprimé. On pouvait dès lors enregistrer de petites scènes à plusieurs personnages jouées sur le théâtre comme pour le film ordinaire. C’est ainsi qu’on a pu voir sur l’écran : « Asile de nuit », « Le commissaire est bon enfant », « Le petit chapeau », etc.
- En 1918, on a employé un microphone plus sensible et l’amplification fut faite au moyen des lampes de T. S. F. cpii permirent de supprimer l’emploi de l’air comprimé. Mais l’inscription se faisait toujours sur disques et on ne pouvait éviter le bruit produit par le frottement du stylet mettant en mouvement le diaphragme du phonographe, non plus que les vibrations propres à celui-ci. Les masses en mouvement étaient trop importantes pour qu’on pût arriver à une reproduction correcte de la parole. Il fallait donc supprimer tout frottement et renoncer à l’inscription sur disque.
- C’est alors qu’on a pensé à enregistrer les vibrations au moyen d’un rayon lumineux s’inscrivant sur la bande même du cinéma.
- C’est surtout dans celte voie que s’est exercée la sagacité des cher-cheurs, c’est ce qui a donné lieu au plus grand nombre des brevets dont nous avons signalé le chiffre imposant, tant pour la France que pour l’étranger où la question fut très étudiée aussi, notamment en Allemagne par Engl, Yogt, Massol; en Amérique par Lee de Forest; au Danemark par Poulsen et Petersen, pour ne citer que les principaux.
- L'inscription de la parole sur le film. — Déjà en 1898, un physicien allemand, M. Ruhmer, était parvenu à reproduire la voix dans un téléphone après avoir enregistré sur une pellicule photographique les variations de luminosité produites sur l’arc chantant par les vibrations du microphone. C’est dans cet ordre d’idées, mais en modifiant complètement les appareils employés, qu’un physicien américain bien connu par son invention de la lampe à trois électrodes, M. Lee de Forest, est arrivé à reproduire la parole sur le film même qui porte les personnages de la scène. Il a notamment imaginé à cet effet, pour l’enregistrement, une lampe spéciale remplaçant l’arc chantant, et pour la reproduction, une cellule à métal alcalin très sensible. Nombre d’antres dispositifs très ingénieux lui sont également dus.
- Son appareil comprend un cinématographe dans lequel est placée la bande sensible du format courant (18 mm sur 24), mais sur le côté de laquelle on a ménagé, au moyen d’une cloison, une marge de o à 4 mm où un objectif spécial inscrit (fig. 1 )
- big. i. — Enregistrement" de ta voix par variation de teintes sur le môme film que les images.
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- LE FILM PARLANT
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- les variations de teinte produites par les variations de luminosité de la lampe. En même temps, sur la partie restante de la bande, s'inscrivent comme à l’ordinaire, les images de la scène à reproduire. On comprend que dans ces .conditions lorsque, après développement, la bande sera passée dans l’appareil de projection, auquel aura été adjoint le dispositif comprenant la cellule et le téléphone, on obtiendra un synchronisme parfait, puisque les deux enregistrements auront été simultanés.
- Dans les appareils de ce genre, il se présente une difficulté d’ordre photographique. Le développement doit être fait évidemment dans le même bain et arrêté en même temps pour les deux parties du film : images et teintes. Or, il est à peu près impossible de donner à chacune d’elles l’intensité qui leur convient. Pour celles provenant du
- K O C A X»»
- f M 'm M¥¥¥V MVtf H •
- Fig. 3. — Fragment d’une bande de film parlant sur le.]uel sont enregistrées les variations d’amplitude des oscillations électriques traduisant les vibrations de la voix.
- scénario, on doit rechercher des clichés doux, pour les autres un cliché plutôt dur. Il y a une incompatibilité qu’il est difficile d’éviter.
- Le système d’enregistrements séparés. — Aussi d’autres inventeurs : les établissements Gaumont, MM. Poulsen et Petersen notamment, ont préféré employer deux films distincts. En outre, pour diverses considérations que l’expérience a suggérées, on a substitué à la variation de teintes la variation dans l’amplitude et l’espacement des vibrations produites sur la lampe par le microphone.
- Venregistrement de ht voix. —
- L’appareil cinématographique destiné à l’enregistrement des images n’est pas modifié; quant àl’appareil d’enregistrement de la parole, il est établi sur les principes suivants. Lorsqu’on parle devant un microphone (fi g. 2) et qu’on envoie le courant issu de
- celui-ci, puis amplifié par une lampe de T. S. F., sur un galvanomètre très sensible (oscillographe) portant un miroir, on imprime à celui-ci des oscillations qui sont proportionnelles aux vibrations communiquées par la voix à la membrane du microphone. Si une source lumineuse envoie ses rayons sur le miroir et que celui-ci les réfléchisse sur une bande sensible, défilant devant lui, les oscillations se traduisent, lorsque la bande sort du bain de développement, par une série de lignes plus ou moins rapprochées et d’amplitude plus ou moins grande (fig. 3).
- La reproduction de la voix. — Pour reproduire la parole, on comprend qu’il suffira de tirer un positif de cette bande et de faire agir la lumière en sens inverse. Celle-ci émanant de la source (fig. 4) traverse la pellicule impressionnée qui défile devant elle et, après avoir traversé un diaphragme qui répartit convenablement le faisceau lumineux, va impressionner une cellule de sélénium ou de potassium, placée en face et reliée à un téléphone. On sait que de telles cellules ont la propriété de laisser passer plus ou moins facilement le courant électrique selon qu’elles sont plus ou moins éclairées. Les vibrations enregistrées sur la bande, comme l’indique la figure 3, imprimeront donc à la membrane du
- Dispositif pour la reproduction de la voix par variations d’amplitude sur film séparé.
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- LE FILM PARLANT
- téléphone des mouvements identiques à ceux de la membrane du microphone qui les a produites.
- Le synchronisme. — Afin d’obtenir le synchronisme, malgré l’emploi de bandes séparées, voici comment les choses sont disposées (fîg. 5).
- Un appareil cinématographique ordinaire est placé à l’endroit voulu, en face de la scène à enregistrer, sans qu’aucune modification soit apportée à la pellicule. À côté de lui on en a placé un second portant également une pellicule sensible. Us sont reliés l'un à l’autre par une transmission établie de façon que les deux pellicules se déroulent exactement à la même vitesse. C’est ce second appareil qui est chargé d’enregistrer les variations de l’oscillographe placé près de lui, le microphone étant établi à une distance quelconque près des acteurs. On obtient donc deux bandes distinctes dont le développement, dans des bains appropriés, peut être conduit au mieux pour chacune d’elles.
- Pour la reproduction on a également deux appareils (fig. 6). L’un fait face à l’écran pour la projection des images, comme à l’ordinaire. Il est relié, comme pour la prise de vue, à un second appareil par une transmission qui les fait tourner tous deux avec un synchronisme’parfait. Un faisceau lumineux émanant d’une source spéciale traverse la pellicule qui porte l'enregistrement des vibrations, puis va frapper la cellule de sélénium.
- De celle-ci parlent deux fils qui la relient à un téléphone haut-parleur placé près de l’écran.
- Les applications du film parlant. — C’est par l’emploi de ces procédés que fut réalisé, par les Établissements Gaumont, le film parlant présenté par M. Louis Lumière à l’Académie des Sciences dans la séance du 18 octobre dernier.
- On voit sur l'écran le docteur
- Lutembacher, médecin des hôpitaux de Versailles, chargé de cours à la Faculté de médecine de Paris, faisant une leçon sur les médicaments cardiaques. Il montre des malades à ses élèves et on le voit ensuite leur présentant un cœur de lapin sur lequel il fait constater les effets produits par les divers médicaments employés dans différents cas. On perçoit aussi les bruits caractéristiques que doit entendre le praticien quand il fait son auscultation.
- Pour l’avenir, une telle méthode d’enseignement est pleine de promesses. Elle permettrait de mettre à la portée de tous les élèves du monde entier les leçons des maîtres les plus réputés, en leur mettant sous les yeux des faits d’une exactitude rigoureuse, en-leur présentant des cas spéciaux qui ne se rencontrent que rarement.
- Au point de vue de l’exploitation cinématographique en général, le film parlant, lorsqu’il fera l’objet d’une production régulière, constituera un grand progrès. Il est probable que son prix de revient, qui augmentera nécessairement le prix de location, ainsi que l’obligation d’installer les appareils spéciaux indispensables pour la reproduction de la voix, limiteront d’abord son emploi aux salles importantes des grandes villes. Mais, même quand il aura pu prendre une plus grande extension, même quand on lui aura encore adjoint la couleur, il ne faudrait pas en conclure, comme on l’a dit parfois, que le cinéma tuera le théâtre. Ce sont deux arts qui resteront toujours bien distincts sans plus se nuire l’un à l’autre que la photographie n’a nui à la peinture.
- G. Mauescüal.
- Fig. 6. — Dispositif pour la projection d'une scène de cinéma parlant.
- Le Gérant : T. Masson. — Imprimerie Laheiuî, 9, rue de Flcurus, Tans.
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- N® 274(5 20 Novembre 1926
- LA NATURE
- £/J£3Mr
- SOMMAIRE:
- L’anguille en eau douce : Léon Berlin.
- Au sujet des inscriptions de Glozel : F. Butavaild.
- Un bel exemple de “ Marmites des géants ” sur les bords de l’Océan : Marcel Baudouin. Académie des Sciences : Paul B. — Les méthodes de forage : H. Vigneron.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée — Variétés.— Recettes et procédés utiles.
- Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO : F rance. 1 fr. 50
- - \ Dollars . . . 0,06
- Etranger ^ Fr Sujsses Q^Q
- Conditions de publication et d’abonnement pour 1927 ; Voir p. 2 de la couverture
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- LA NATURE
- à partir de 1927, paraîtra le 1er et le 3e samedi de chaque mois (48 pages par, numéro) MASSON et C'% Éditeurs, i jo, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VT (T\, C. : Seine 15.23g.)
- PRIX DE L’ABONMEWIENT
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- A NOS LECTEURS
- A partir du Er janvier ig2q, LA NATURE va se modifier, comme elle l'a déjà fait plusieurs fois depuis sa naissance, en i8j3.
- Une revue ne peut rester toujours moulée dans sa forme primitive, quand elle veut suivre le mouvement des idées, les progrès de la recherche scientifique, les perfectionnements techniques et les transformations économiques qu'ils provoquent.
- En se modifiant, en se rajeunissant, LA NATURE veut surtout faire mieux, se présenter plus agréablement, mais elle entend rester ce qu'elle est, ce qui fait sa force et sa réputation.
- Ce n'est donc pas une révolution. C'est une adaptation. t ..
- Le succès de LA NATURE est dû à la probité de sa rédaction autant qu’à la variété des sujets quelle traite. Cherchez dans ses volumes récents : vous y trouverez tout ce qui s'est produit d'intéressant, depuis les théories de la relativité et les progrès de la chimie physique jusqu'au développement des forces hydro-électriques, à la naissance et au foisonnement de la radiophonie, mais vous n'y verreq aucune de ces informations trop sensationnelles qui tant de fois troublèrent quelque temps les esprits non prévenus, puis disparurent, parfois en laissant des ruines.
- LA NATURE restera probe, documentée, consciencieuse. Elle continuera de choisir pour ses lecteurs tout ce qui est vrai et d'ignorer l'erreur et le charlatanisme.
- L'intérêt de LA NATURE est dû à l'étendue du domaine qu'elle explore, qui va des mathématiques, de la physique et de la chimie pures, des sciences naturelles à la T. S. F., à la photographie, aux appareils domestiques, aux recettes utiles pour l'atelier, le laboratoire, la maison, la campagne. Elle est ainsi comme un journal de bord de toute V activité scientifique et technique modernes; sa collection forme un recueil complet de tous les'progrès matériels depuis plus d’un demi-siècle. Elle constitue le complément indispensable de toute éducation générale, aussi bien littéraire que philosophique, scientifique que technique.
- LA NA TURE n'entend pas restreindre son vaste domaine. Seule de toutes les revues, elle permet une vue d'ensemble du monde; elle conservera l'étendue de ses curiosités qui fait son charme et sa valeur.
- Mais ce qu'il lui faut changer, pour suivre les désirs de ses lecteurs et les nécessités d'aujourd'hui, c'est uniquement sa présentation.
- On demande de plus en plus d'être informé vile et avec le moindre effort; on préfère les images : photographies, croquis, schémas, à de lentes et laborieuses descriptions.
- D'autre part, le domaine des sciences, les variétés de leurs applications s'étendent chaque jour. Nous assistons à une des plus prodigieuses transformations que l'homme ait réalisée : l’utilisation de plus en plus intense de toutes les énergies cosmiques qui diminue l'effort, amène l’homme à ne plus être qu'un inventeur, un directeur, un contrôleur. Le monde entier vient de s'ouvrir à une exploitation intensive ; ce n’est plus
- 21. - 521
- 54” Année. — 2” Semestre.
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- l'Europe d'il y a So ans qui.seule travaille; hier l'Amérique a suivi, aujourd'hui l'Asie et l'Afrique commencent. C'est une avalanche de produits nouveaux, de richesses inattendues, de problèmes inédits dont la guerre, en rompant les anciens équilibres, a précipité la venue.
- Pour suivre, pour embrasser ce formidable mouvement, LA NATURE doit s’agrandir. Elle va le faire dans une période de transition difficile, en utilisant au mieux tous ses moyens.
- A partir du T1' janvier prochain, LA NATURE paraîtra donc dans les nouvelles conditions suivantes :
- Son format sera plus grand. — Si sa hauteur reste la même pour permettre à ses anciens et fidèles abonnés et lecteurs de continuer la collection de leur Revue sans rompre Vharmonie de ses 102 volumes sur les rayons de leur bibliothèque, la largeur du texte imprimé sur chaque page sera portée de 14 à ij cm. Cela permettra de donner 20 pour 100 de texte en plus et d'agrandir les figures qui seront ainsi plus claires et plus belles.
- Les articles seront mieux présentés. — Ils seront accompagnés d'illustrations plus nombreuses, plus grandes et plus artistiques qui permettront de comprendre rapidement et sans peine les descriptions de toutes les activités scientifiques, même les plus surprenantes et les plus ardues.
- Sa périodicité sera changée. — Au lieu d'un numéro de 16 pages par semaine, il paraîtra un numéro de 48 pages deux fois par mois. Beaucoup plus volumineux, ces numéros présenteront plus de variété et permettront plus aisément, quand l’importance du sujet l'exige, l'insertion d'études étendues que la périodicité actuelle obligeait à couper en plusieurs parties successives. De plus, cette nouvelle périodicité réduira la part des frais d'expédition, devenue exagérée depuis les nouveaux tarifs et permettra d'utiliser pour une meilleure présentation de la Revue les lourdes dépenses causées en ce moment par l’envoi postal.
- Les informations seront plus complètes et plus rapides, grâce à une réorganisation des services de rédaction et à une extension du nombre des collaborateurs techniques. Notamment, une page au moins de photographies présentera sous leur vrai jour, en un véritable « musée d'images », les faits scientifiques saillants de chaque quinzaine.
- Le service des renseignements et le laboratoire seront développés. — On
- sait qu'ils donnent aux abonnés de LA NATURE, par la « Boîte aux lettres » et les « Recettes », les renseignements les plus variés et les plus utiles. C'est-là un service unique, qui reçoit chaque année des milliers de demandes du monde entier. De nouveaux collaborateurs spécialisés vont lui être adjoints pour assurer la promptitude des solutions aux questions posées, augmenter les moyens d'action du laboratoire, étendre encore le champ des curiosités des abonnés auxquelles LA NATURE seule sait répondre.
- Nous espérons que ce nouvel et important effort que vont réaliser la Rédaction et l'Administration de LA NATURE pour maintenir la plus ancienne Revue française de vulgàrisation scientifique au premier rang qu'elle occupe depuis si longtemps, sera apprécié de nos abonnés et lecteurs et que non seulement, ils lui conserveront le fidèle attachement qui a été jusqu'ici notre plus belle récompense, mais encore qu'ils lui susciteront de nouveaux lecteurs, de nouveaux anus.
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- L’ANGUILLE EN EAU DOUCE
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- Beaucoup d’arlicles de vulgarisation ont répandu cette connaissance devenue banale que l’anguille passe une partie de sa vie en eau douce, dans les rivières ou les étangs, et l’autre partie dans la mer. Le savant danois Johs. Schmidt, dont mon confrère Ch. Rabot a résumé ici même, et à plusieurs reprises, les mémorables recherches, a démontré que l’anguille se reproduit et naît dans la mer des Sargasses, en plein océan Atlantique. De cette aire de ponte lointaine, les jeunes anguilles, qui ne sont au début de leur existence que des larves ou leptocéphales, se rapprochent petit à petit des côtes européennes. Leur voyage, d'une durée approximative de deux ans, est beaucoup plus soumis à l’action des courants marins (Gulf Stream) que vraiment actif. Je ne m’occuperai pas ici des migrations ainsi effectuées par les jeunes larves d’anguilles. Qu’il me suffise de dire que, de mai à septembre de chaque année, une quantité prodigieuse de leptocéphales est rassemblée dans l’océan Atlantique, au-dessus des fonds de 1000 à 2000 mètres qui bordent le plateau continental. C’est dans cette « zone à leptocéphales » que Schmidt a fait une abondante récolte de ces animaux parvenus au terme de leur développement larvaire ou ayant déjà commencé à sef métamorphoser en anguilles. La zone à leptocéphales est indiquée par l’isobathe de 1000 mètres et par des croix sur la carte ci-jointe (fig. 1).
- Quelques mots sur les métamorphoses de l’anguille. On se rendra compte à l'examen de la figure 2 que la hauteur et la longueur du corps diminuent progressivement quand on passe du leptocéphale (en haut) à la toute jeune anguille ou civelle (en bas). Le leptocéphale a la forme d’une feuille de laurier, tandis que la civelle est à peu près cylindrique. Le leptocéphale est entièrement transparent comme du cristal et se distingue à peine de l’eau dans laquelle
- il nage.; au contraire la civelle présente quelques taches noires au bout de sa queue et sur sa tête (fig. 5) ; en outre la civelle a du sang rouge. Elle est toujours, il est vrai, transparente et mé- ^ rite le nom de glass-•ee/, anguille de verre, que lui donnent les Anglais ; cependant on reconnaît en elle les prémices de l’être futur qu’elle va devenir en eau douce.
- C’est en effet dans les estuaires des
- C/VELLES
- Epoques de montre
- Isothermes à ICCOm.
- Fig. i. — Carte de la moulée des civelles ou jeunes anguilles, sur les côtes d’Europe.
- Les croix situées en mer, au voisinage de l’isobathe de iooo ni., représentent les stations du « Thor » où Schmidt a recueilli des leptocéphales parvenus au terme de leur croissance ou ayant déjà commencé leur métamorphose.
- fleuves ou tout au moins dans les lagunes littorales que la civelle achève sa transformation et se colore. Strubberg, principalement, a beaucoup étudié le processus de la pigmentation chez les très jeunes anguilles. 11 a vu la matière colorante se former tout d’abord à l’extrémité de la queue, puis s’étendre de proche en proche jusque vers la tête. Au stade YA les taches noires sont encore restreintes a l’extrémité postérieure du corps. Au stade YB est apparue la fameuse « tache cérébrale » décrite et figurée par Gtlsox (fig. 5). Le stade VIA est défini par l’extension du pigment sur le dos et les flancs ; la civelle prend alors un aspect zébré en zigzag, cpii se change plus tard en une coloration uniforme, lorsque l’animal, parvenu au terme de sa métamorphose, atteint le stade Yll!. J’ai fait reproduire ci-contre (fig. 4) une planche de Strubberg représentant les étapes de la coloration du corps dans sa région moyenne.
- En même temps que la civelle se pigmente, sa longueur et ton poids diminuent, ce qui tient à ce qu’elle ne prend aucune nourriture et subit un jeûne rigoureux tant que dure la transformation du leptocéphale en fretin d’anguille.
- Leptocéphale Civelle pigmentée
- Longueur moyenne. 75 mm 65 mm
- Poids moyen ... 150 cg 115 cg
- On dit souvent que la métamorphose des civelles transparentes en civelles pigmentées se fait au moment et sous l'influence du passage de l’eau de mer à l’eau douce. Or quelques expériences de
- Fig. 2. — La métamorphose de l’anguille depuis le leptocé-cèphale (en haut) jusqu’à la civelle (en bas). D’après Schmidt.
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- 324 ~ L’ANGUILLE
- Fig. 3. — Tête de civelle au stade V. B. montrant la présence d’une tache cérébrale en forme de couronne.
- D’après Gilson.
- Schmidt et surtout celles de Slrubberg montrent que la salinité ne joue au contraire qu’un faible rôle. Plus importante est la température. En effet la pigmentation se fait 'd'autant plus vite que l'eau est plus chaude. Strubberg répartit des civelles de même provenance dans quatre aquariums ainsi définis :
- — eau douce et froide (8 à 16°).
- • A2 — eau douce et chaude (16 à 20°).
- A- — eau salée (17 gr. de sel par litre) et froide.
- A4 — eau salée et chaude.
- Au bout de trois mois, les civelles se sont beaucoup plus colorées dans les aquariums A, et A,„ (à eau chaude) que dans les aquariums A* et A5 (à eau froide). Les réductions de longueur et de poids ont été de môme plus considérables à l’intérieur des premiers que des seconds. Cela explique sans ~ doute que les civelles des côtes méditerranéennes soient plus petites que celles des côtes océaniques. Gandolfi Hornyold donne les chiffres moyens suivants :
- Côte Nord d’Espagne
- (.Bilbao, Santander)...........73 mm 45 cg
- Côte Est d’Espagne
- (Valence, Majorque)............65 mm 55 cg
- Demandons-nous maintenant à quelle époque les civelles arrivent sur les côtes d'Europe et commencent leur montée dans les estuaires.
- J’ai dit précédemment que les leptocéphales, parvenus au terme de leur croissance, se rassemblent, de mai à septembre de chaque année, au-dessus des profondeurs de 1000 à 2000 mètres qui bordent le plateau continental. La migration vers la côte, — migration au cours de laquelle s'effectue la plus grande partie de la métamorphose, — doit donc avoir une durée d’autant plus grande qu’il y a plus de distance entre la côte considérée et la « zone à leptocéphales ».
- EN EAU DOUCE —------------—.....—.....-..- -
- C’est en effet ce que l’on constate (fig. 1). Les premières civelles arrivent sur la côte Nord d’Espagne (Bilbao, Santander, Saint-Sébastien) dès le mois d’octobre, parce que les profondeurs de 1000 mètres, point de départ du voyage, ne se trouvent qu’à une quinzaine de milles du littoral. L’arrivée des civelles est plus tardive à Bayonne (novembre, décembre), plus tardive encore à Rochefort et à Pauillac (janvier), toujours plus tardive à Nantes et à Saint-Nazaire (février). La pénétration des civelles dans la Manche ne commence guère qu’en janvier et c’est seulement en février que les premières d’entre elles font leur apparition dans le Pas de Calais et sur la côte belge. Puis la mer du Nord est envahie, simultanément par le Sud et par le Nord, en mars et avril. Si l’on considère les points extrêmes, une opposition fort grande se manifeste entre Bilbao, par exemple, où l’arrivée des civelles a lieu en automne, et Copenhague où elle s’accomplit au début du printemps.
- À mesure que la distance à franchir augmente, les civelles se font plus tardives. De même elles se raréfient de plus en plus, et ce n’est guère que sur les côtes d’Espagne, du Sud-Ouest de la France et d’Irlande qu’elles arrivent en quantité tellement prodigieuse qu’une pèche rémunératrice peut en être faite.
- Les civelles ou pibales, comme on les nomme en France, sont abondamment pêchées dans notre pays. De 100 à 150 millions d’individus furent capturés en 1906 dans le seul département des Landes. A vrai dire il s’agit là d’un maximum que ne dépasse
- Fig. 4. — Le développement de la pigmentation dans la région moyenne du corps des civelles aux stades VI A et VI B. (En bas.)
- D'après Strubberg.
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- L’ANGUILLE EN EAU DOUCE
- 325
- aucun autre département, pas même les Basses-Pyrénées où les civelles sont pourtant excessivement nombreuses en hiver. On cite des pêcheurs landais ayant pris plus de 1000 kg de civelles en une semaine et jusqu’à 270 kg en une seule nuit.
- En raison de leur corruption rapide des qu’elles sont hors de l’eau, les civelles ne peuvent être expédiées au loin. On les consomme sur place, sous forme de fritures et d’omelettes. Des conserves de civelles sont aussi fort appréciées en Espagne.
- Quelques mots encore sur la pêche des civelles. On la pratique au moyen de troubles et de haveneaux à mailles très fines. Les pêcheurs charcutais ont même des haveneaux particuliers ou pibaleaux appropriés à là capture de poissons aussi minuscules.
- C’est la nuit, et plus particulièrement à l’époque des grandes marées de pleine et de nouvelle lune, que les civelles se laissent prendre le plus facilement. Le flux de la marée montante les aide à s’engager dans les estuaires des fleuves. Connaissant l’époque d’arrivée en eau douce des civelles et les modifications qu’elles subissent pour devenir de .véritables petites anguilles, il ne nous reste plus à étudier que certains points de la biologie des anguilles elles-mêmes. Leurs moeurs sont bien connues des pêcheurs ; aussi me semble-t-il préférable d’insister plutôt sur deux questions particulièrement ardues : celle de l’âge des anguilles et celle de leur maturité génitale.
- On sait que l’âge des poissons se détermine par leurs écailles. Pourtant l’anguille se présente dans des conditions un peu spéciales. Ses écailles (fig. 5) sont excessivement petites et cachées à l’intérieur de la peau. Pour les bien voir, il faut gratter fortement avec un couteau la peau d’une anguille fraîche et examiner au microscope le produit du raclage.
- Soit une écaille ainsi observée (fig. 6). Sa surface apparaît nettement divisée en zones concentriques alternativement larges et étroites. Les premières se sont formées en été et les secondes en hiver. L’écaille représentée ci-contre paraît donc être celle d’une anguille de cinq ans. Le malheur est que toutes les écailles d'une anguille ri ont pas le même nombre de zones. Les unes ont un an, les autres deux, d’autres trois et ainsi de suite. Gela tient à ce que toutes ne sonQ pas apparues en même temps. Les premières se sont constituées, chez l’anguille ayant
- r. 6. — Écaille d’une anguille femelle
- montrant cinq zones annuelles de croissance. D après Lunn.
- Fig. 5. — Fragment de peau d’anguille vue au microscope et montrant la présence d’écailles. D’après Gandolfi Hornyold.
- une vingtaine de centimètres de longueur, au voisinage de l’anus et de la ligne latérale. Ce sont les écailles les plus anciennes.
- Mais d'autres ont pris naissance plus tardivement et il est possible qu’il s’en forme de nouvelles chaque année.
- Considérera-t-on comme âge d’une
- anguille celui de ses plus vieilles écailles? Mais on se heurte encore là à une difficulté insurmontable. Il faudrait savoir, ce qui est pratiquement impossible, quel âge avait déjà le poisson au moment de la formation de ses premières écailles. Sous une autre forme, on peut dire que l’âge d’une anguille est égal à la somme de trois termes dont l’.un est inconnu : âge total d’une anguillè = durée de la vie marine du leptocéphale (environ 5 ans) -f~ durée de la vie en eau douce jusqu’à l’apparition des premières écailles -f- nombre d’années indiqué par les plus anciennes écailles.
- De ce qui précède résulte, en ce qui concerne les anguilles, la faillite du procédé habituel de détermination de l’âge des poissons. Les savants ont pu recourir, fort heureusement, à une autre méthode qui consiste à dénombrer les couches concentriques desotolilhes ou « pierres d’oreille ». On sait que les poissons ont dans leurs organes auditifs, de chaque côté de la tête, des concrétions calcaires qui apparaissent très tôt au cours de l’existence et grandissent chaque1 année par apposition d’une couche nouvelle. En usant délicatement un oto-lithe sur une meule à aiguiser (meule de carborundum),il est possible de discerner, au microscope (fig. 7), un noyau central comprenant lui-même deux anneaux très rapprochés l’un de l’autre.
- Ces anneaux correspondent à la période de vie marine ; ce sont les o See-wasserringe » des auteurs allemands.
- À leur périphérie commence la succession des zones de croissance en eau
- Fig. p. — Ololühe d’une anguille femelle montrant neuf zones étroites (zones d’hiver) et dix zones larges (zones d’èlè). Anguille dans sa dixième année de vie en eau douce. D’après Gandolfi Hornyold.
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- L’ANGUILLE EN EAU DOUCE
- Pig. 8. — Anguille argentée femelle. Remarquer l’ampleur de scs yeux. D’après Grassi.
- douce. Ainsi l’otolilhe représenté ci-contre (fig. 7) a 9 zones étroites et 10 zones larges autour du noyau central; l’anguille qui le possédait avait donc passé 9 hivers et 10 étés en eau douce; elle était dans sa dixième année d’existence depuis son arrivée à la côte à l’état de civelle. L’âge total d’une anguille se réduit par conséquent à la somme de deux termes, connus l’un et l’autre : durée de la vie leptocépha-lienne ou vie marine (5 ans) -+- nombre d’années indiqué par les otolithes.
- Gandolfi llornyold, depuis une dizaine d’années, a beaucoup étudié, tant en Espagne qu’en Angleterre, l’àge de diverses catégories d’anguilles. Les résultats acquis par ses recherches peuvent être résumés de la sorte.
- i°Les anguilles mâles ne dépassent jamais une taille de 50 centimètres, un poids de 150 grammes, ni un âge de 10 ou 11 ans (sans compter les 5 années de vie marine). Au contraire les femelles peuvent atteindre et dépasser un mètre de longueur et vivre une vingtaine d’années avant de redescendre à la mer pour pondre. Leur poids est souvent de plusieurs kilogrammes.
- 2° La croissance des anguilles est très irrégulière. De grandes différences se manifestent entre anguilles du njême âge, surtout quand elles proviennent d’endroits différents, où la nourriture et la température n’offrent pas les mêmes qualités. Les anguilles de 12 ans mesurent de 75 à 100 centimètres quand elles proviennent de l’albufera (lagune littorale) de Yalencia, en Espagne, tandis qu’elles ont seulement de A0 à 45 centimètres lorsqu’elles sont originaires d’ün étang situé près de la Severn, en Angleterre.
- On ne saurait nier l’importance de tels résultats. Or ce ne sont pas les seuls auxquels aient abouti les travaux de Gandolfi llornyold. Une croyance générale était que les anguilles mâles séjournent dans les estuaires et les lagunes littorales et ne remontent pas dans les rivières ni les étangs éloignés de la mer. Gandolfi llornyold s’est livré à des recherches systématiques dans les bassins de l’Ebre, du Tage, du Guadalquivir et du Douro. Sa surprise a été grande de capturer des mâles en abondance jusqu’à 640 kilomètres de l’embouchure du Tage, de trouver 72 °/0 de mâles à 280 kilomètres de l’Atlantique et d’obtenir des résultats sensiblement identiques pour la plupart des localités.
- En automne, les anguilles mâles et femelles
- descendent à la mer Où elles doivent se reproduire. En aucun cas la reproduction ne se fait dans les rivières. La descente des anguilles est, sans contredit, un des phénomènes les plus inattendus et les plus curieux qu’il soit offert à l'homme de constater. Les anguilles descendantes, encore appelées anguilles d’avalaisan, parce qu’elles vont en aval, revêtent une sorte de costume de voyage. Leur dos noircit, tandis que leur ventre et la partie inférieure de leurs flancs prennent une belle couleur argentée. En outre leurs yeux grossissent et envahissent la tête comme le montrent les figures 8 et 9. Entre temps, les glandes génitales (ovaires ou testicules) se gonflent au point d’envahir tout l’abdomen en refoulant les autres viscères.
- Gandolfi llornyold a établi que les mâles argentés ont pour la plupart de 5 à 7 ans (sans compter les années de vie marine). Les femelles sont un peu plus âgées et atteignent d’ordinaire 8 à 9 ans.
- Les anguilles argentées ne mangent pas; leur estomac est toujours vide. C’est en état de jeune quelles descendent le cours des fleuves et se rendent à la « mer des Sargasses » où doit avoir lieu la reproduction.
- Une fois en mer, elles disparaissent dans les profondeurs et deviennent inaccessibles pour les engins ordinaires de la pêche. Très rares sont les captures d’anguilles en mer. Tout au plus pourrait-on en citer une vingtaine de cas. Il n’y a d’exception que pour la mer Baltique qui peut être considérée à ce point de vue, non comme une mer véritable, mais comme le vaste estuaire commun à tous les fleuves de Suède, de Finlande et d’Allemagne qui s’y jettent.
- Les anguilles argentées sont tellement communes dans la mer Baltique qu’elles ont pu faire l’objet de très intéressantes expériences de marquage. Des anguilles sont pêchées et marquées, puis remises à l’eau. La marque consiste en une plaquette d’argent fixée à leur nageoire dorsale et portant inscrits une date et un numéro d’ordre. Repêche-t-on plus tard ces mêmes anguilles, on apprend de cette façon quel chemin elles ont parcouru et combien de temps a nécessité leur voyage. Soit, par exemple, le cas d'une anguille marquée le 15 août 1905 à la Station zoologique de T\âr-minne (Finlande).
- Elle fut repêchée le 16 novembre , de la même année sur la côte orientale du Jutland (Danemark). Son voyage s’était donc effectué en direction des chenaux
- Fig. g. — Anguille argentée mâle. vue latéralement et de dessus, pour montrer la grosseur de ses yeux.
- D’après Grassi.
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- AU SUJET DES INSCRIPTIONS DE GLOZEL
- danois, c’est-à-dire avec tendance marquée vers la mer du Nord.
- D'autre part la distance de 1200 kilomètres entre l’endroit du marquage et le point de repêchage avait été parcouru en 95 jours, ce qui correspond à une vitesse moyenne de 13 kilomètres par jour. On peut considérer cet exemple comme assez typique.
- La vitesse de 13 kilomètres par jour étant admise, et à supposer qu’elle se maintienne en mer pendant toute la période de mig/ation, c’est au bas mot deux ans que doit durer le voyage de près de 10000 kilomètres que font les anguilles finlandaises pour se rendre dans la « mer des Sargasses ». Bien entendu, il ne s’agit là que d’une déduction tout à fait hypothétique.
- Le marquage des anguilles dans la mer Baltique
- Fig. il. — Anguillerie à filet de l'étang de Clèry, près de Péronne.
- On voit au second plan une partie du chenal à l’extrémité duquel s’adapte le filet situé au premier plan.
- D’après Drouin de Bonville,
- n’a pu être réalisé qu’en faisant appel à la bonne volonté des pêcheurs susceptibles de recapturer des individus marqués. Ce seul fait indique déjà que les pêcheries d’anguilles doivent être extrêmement développées dans la Baltique. Les nasses et [filets
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- fixes utilisés sur la côte danoise se comptent par milliers. Il en est de même sur la côte suédoise.
- D’une manière générale, les anguilles d’avalaison constituent une proie recherchée des pêcheurs de tous pays. Les engins dont on se sert sont des nasses, des verveux, des filets et autres pièges ayant leur ouverture orientée vers l’amont. Les anguilles s’y laissent prendre en descendant le cours de la rivière. C’est ordinairement à l’orifice d’une vanne ou d’un chenal donnant sur une vanne que se place l’appareil de capture. Les figures 10 et 11 représentent deux « anguilleries », l’une à coffre et l’autre à filet, de la région de Péronne. A Comacchio, en Italie, d’immenses lagunes ont été aménagées de longue date pour l’élevage des anguilles (anguilli-cullure). Une digue les sépare de la mer. Des
- Fig. io.
- Anguillerie à cofire
- de l’étang de Feuillère, près de Péronne.
- Vue prise de la digue.
- D’après Drouin de |Bonville.
- vannes permettent l’entrée des civelles au printemps ; et ces mêmes vannes, mais alors garnies de leurs filets, permettent de capturer en automne les anguilles argentées émigrant vers l’océan.
- Léon Beiiïin.
- AU SUJET DES INSCRIPTIONS DE GLOZEL
- Il résulte des divers comptes rendus qui ont été donnés des trouvailles de Glozel (voir notamment l’article du D1’ Morlet dans La Nature du 24 juillet dernier), que l’alphabet des inscriptions recueillies se compose d’une façon générale des mêmes signes qu’on trouve dans l’alphabet phénicien et ses congénères ou ses dérivés, sans qu’on puisse dire toutefois que les mêmes signes y ont la même valeur.
- Cependant il paraît plausible d’admettre que les mêmes graphismes traduisent des articulations sem-
- blables, que la croix, par exemple, correspond à une lettre dure, gutturale ou dentale, le triangle à une dentale douce, etc.
- À côté de cette hypothèse on peut en faire une autre qui lui est parallèle, au sujet du vocabulaire. On retrouve dans toutes les langues connues, actuelles ou mortes, un stock commun de racines ou de vocables dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Nous admettrons, et c’est encore une supposition assez plausible, que l’idiome de Glozel se trouve dans ce cas.
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- AU SUJET DES INSCRIPTIONS DE GLOZEL
- On sait d’ailleurs que les caractères étaient tracés parfois en boustrophédon, mais la plupart du temps de droite à gauche, ce qui explique comme dans les inscriptions anciennes, par exemple en étrusque, que les mêmes lettres puissent être tournées à droite ou à gauche.
- On observe même à Glozel que les signes sont susceptibles de se trouver dans plusieurs orientations différentes. Peut-être est-ce là un usage analogue à celui qu’on relève dans certains graphismes syllabiques, notamment dans les alphabets de quelques langues nord-américaines modernes. L’orientation du caractère donne la vocalisation. Ainsi un triangle signifiera da, dé, di, do, selon que sa pointe sera en haut, en bas, à droite ou à gauche. Mais pour le moment cette considération importe peu. Au point où nous en sommes avec les inscriptions de Glozel, il n’est pas encore possible de s’occuper de la vocalisation.
- Ces deux hypothèses ne permettent pas d’aborder le déchiffrement des inscriptions de quelque longueur, bien conservées d’ailleurs, que nous ont données les fouilles. En semblable circonstance on ne peut que commencer par les inscriptions très courtes, et par celles qui offrent un support, c’est-à-dire qui s’accompagnent d'une circonstance extérieure au texte, permettant de jeter quelque lueur sur la signification de celui-ci. A cet égard un dessin est un support précieux. '
- Voici par exemple une inscription très intéressante donnée par le Dr Morlet j1). Sur un galet plat est dessinée une femelle de cervidé allaitant son petit, une biche et son faon, si l’on veut. Le dessin est net et parlant. Sur l’auLre face du galet sont tracés les caractères suivants :
- ((* AA _X>>
- ^ ____________________^
- Il n’est pas téméraire de supposer que cette inscription se rapporte au dessin. Examinons sa seconde partie. Le premier signe doit évidemment être assimilé à A, d’après ce qui a été dit plus haut; le second à L ; il rappelle d’ailleurs la forme du X grec. Le troisième signe est t ou k, admettons k par analogie avec y. ou y grec; le dernier signe importe peu; est-ce le b ou le ph phénicien retourné, ou le ç grec1? Admettons cette dernière hypothèse. On lit donc, comme en grec : •
- çyXA
- soit, en retournant, AX/oç, qu’on ne peut manquer de rapprocher du grec ’AXxVj qui précisément désigne les grands cervidés, l’élan notamment. Ce mot se rattache à une racine très générale qui se retrouve dans une foule de langues et qui a donné, par exemple, l’allemand Elch.
- Voyons maintenant la première partie séparée par un point, qui forme comme une sorte de liga-
- 1. Mercure de France, 1er juillet 1926.
- ture où l’on reconnaît la croix droite et l’échelle correspondant a t et h ou vj grec, puis un L, soit Thl. Là encore on retombe sur une racine générale, gr. 0v)X-, traduisant l’idée de mamelle et d’allaitement.
- Voici une autre inscription (J) dont le support est plus frêle puisqu’il se compose simplement de sept barres réparties quatre et trois, décelant une numération : sept unités ou bien trois ou quatre groupes du premier ordre avec quatre ou trois unités : 43 ou 34, dans un système à hase inconnue. Le nombre importe peu, mais sa présence nous dit que les signes qui l’accompagnent doivent représenter des éléments numérables : inventaire d’objets, peut-être de cheptel.
- Laissons de côté les deux signes qui accompagnent les chiffres et voyons la première ligne. La lettre du début est peu nette; on reconnaît une barre verticale et un élément court, un point peut-être, à sa droite en haut. Passons....
- Le second signe est un L ; son orientation semble indiquer une vocalisation différente de celle de l’inscription précédente, peut-être la. A la suite est le b ou ph phénicien. Ceci conduit à lire :
- .... ph. la....
- ou en retournant : .... la. ph...., et nous suggère la comparaison avec le grec "EXacpoç, cerf, correspondant à une racine très générale dans les domaines sémitique et indo-européen.
- Plus loin, entre deux croix est le signe qui représente kh en phénicien. La croix, nous le savons, selon qu’elle est plus ou moins droite, peut-être, correspond à ? ou /. (2).
- On a donc : ... k. kh. k... ou ... t. kh. t... et le grec Tayuç s’offre aussitôt à notre esprit : Tctyuç, rapide; TayuTTjÇ ; ’TXacpoç, rayuç, cerf rapide, renne; ce qui confirme que le galet correspond à une sorte d’inventaire, ou à un titre de possession.
- Voici encore une inscription (5). Un renne est dessiné; la tête ainsi que les trains avant et arrière sont rendus avec élégance et netteté ; à côté sont tracés les caractères suivants :
- JXX
- On lit immédiatement klb. Or le grec nous donne xàXTtT), course au trot, cf. fr. galop, rattaché au germanique hlaufen, courir. L’animal qualifié de « rapide » dans l’inscription précédente est nommé ici « coureur » ou « coursier ».
- Une dernière inscription. Sur une sorte de grat-
- 1. Dr Morlet. Mercure de France, lor juillet 4926.
- 2. ' Dans certaines langues les articulations t et k ne se différencient pas. Tel est le cas des finales en annamite.
- 3. Dr Morlet, Mercure de France, 1er avril 4926.
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- == LES “ MARMITES DES GÉANTS ” SUR LES BORDS DE L’OCÉAN 329
- toir-burin qui se termine à l’avant en forme de tète ou de mufle d'animal figuré notamment par un œil, sont tracés les signes que voici :
- Les trois signes à gauche sont assez difficiles à identifier.
- Mais au début on lit sans difficulté : t. kh. k., ce qui rappelle une racine très générale pour le sens de couper, qui a donné le nom de la hache dans une foule de langues. Citons seulement : sanscrit tak-, grec Téx-nov, Tvyoç-, Tuxoç, marteau, ciseau; samoyède tuka; maori loki; algonquin lekaka, etc....
- Ainsi, à la faveur des hypothèses faites, on arrive à une correspondance remarquable entre le support et le texte dans toutes ces inscriptions. Mais on se tromperait beaucoup en pensant d’après ce qui précède que le glozélien s’écrivait avec des caractères phéniciens ou grecs archaïques, et était lui-même i
- une sorte de dialecte hellénique ou sémitique très ancien. Nous avons fait appel au grec parce que celte langue est l'une des plus anciennes et des mieux connues ; son vocabulaire est riche et comporte un grand nombre de termes archaïques ou poétiques dont l'origine nous échappe mais qui par leur caractère très général constituent une ressource précieuse pour les comparaisons dans les domaines sémitiques et ouralo-altaïque, voire dans les idiomes africains ou polynésiens.
- Je n’ai pas besoin d’ajouter que les résultats exposés ci-dessus sont indépendants du degré d’ancienneté des inscriptions de Glozel.
- On ne saurait se dissimuler le caractère, aléatoire de cette méthode basée sur des hypothèses ; nous n’en avons guère d’autre à notre disposition. Il y aurait intérêt à l’appliquer au plus grand nombre possible d’inscriptions avec des supports divers. Peut-être arrivera-t-on à dégager une certitude relative de cet ensemble de présomptions, de façon à pouvoir aborder avec quelque chance de succès les inscriptions plus longues démunies de support....
- F. Butavand.
- UN BEL EXEMPLE DE “ MARMITES DES GÉANTS ” SUR LES BORDS DE L’OCÉAN
- Tout le monde connaît, en montagnes et au niveau de certains cours d’eau importants, à régime torrentiel, le phénomène géologique qu’on appelle les « Marmites des Géants ». Mais, jusqu’à présent, on n’a signalé que de très rares cas de productions analogues, dues aux vagues de l’Océan et sur des rochers submergés, recouverts seulement à marée haute, c’est-à-dire visibles à basse mer.
- Un très bel exemple, qu’il faut rapprocher de celui observé en Norvège, à Ilaelstolmen, sur des roches granitiques (*), par le Pr. Daubrée, vient d’être découvert par nous à Sion-sur-l’Océan, commune de St-Hilaire de Riez (Vendée), en un point fort pittoresque de la plage de la Corniche vendéenne, appelé « La Roche Percée », « l’Aiguille », et le « Chaos ».
- Le Rocher à Marmites est très limité et placé sur l’estran, au milieu des schistes à séricite, au niveau des hautes mers ordinaires, ce qui fait qu’il découvre à toutes les marées et est d’une observation facile.
- Mais, chose très curieuse et très rare, croyons-nous, vu la dureté de la roche, il est constitué par du quartz laiteux de filon, d’un blanc teinté de jaune, par des sels de fer sans doute.
- Il s’agit d’une vaste Table rectangulaire, de 8 m 50 de long sur 5 m de large et 1 m de haut, un peu plate, mais inclinée au nord et encastrée, en filon, dans des schistes encaissants. Son grand axe est
- i. Cf. le schéma publié par de Lapparent (TV. de Géol., t. III).
- Ouest-Est comme la houle et son extrémité Est est libre dans le sable de la plage, couverte de galets de mer de toutes sortes (fig. i et 2).
- À chaque marée, la mer le recouvre, comme les schistes voisins; mais ces derniers ne présentent rien de particulier que les érosions habituelles, causées par l’Océan, et sont couverts d’algues.
- Au contraire, ces plantes manquent sur le quartz tabulaire, trop lisse, sur lequel elles ne peuvent se fixer. A peine y voit-on de rares Patelles.
- Ce quartz est divisé en gros cubes par des fentes verticales, presque toutes à angles droits (fig. 2). Au niveau de ces fentes, la mer peut attaquer la roche plus friable, puisque cassée, et roule sur le quartz les galets, que les vagues projettent sur lui, retombant avec force dans les petites anfractuosités, d’une certaine hauteur.
- Ainsi se forment des cavités ovoïdes, d’abord petites, plus ou moins régulières, mais à parois feuilletées, parce que la roche est en feuillets plus ou moins résistants.
- Ces cavités, moyennes et grandes, finissent par être profondes. Des galets s’y engagent et les vagues les y brassent constamment.
- Il en résulte des creux, qui ont absolument l’air de pieds humains, creusés par l’homme, quoiqu’on ne connaisse pas de sculptures j)édi formes (’) préhis-
- 1. Marcel Baudouin. Les sculptures pédif’ormes et les gravures de pieds (Préhistoire). Paris, A. F. A. S., 1915, 400 p., nombr. lig.
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- 330 r-r— LES “ MARMITES DES GÉANTS ” SUR LES BORDS DE L'OCÉAN
- Fig-, i. — Table horizontale de Quartz de Filon, encastrée dans les schistes à sèricite de la Corniche vendéenne, et couverte de cavités diverses, sur la plage, à la base de la Falaise à pic (schiste).
- toriques sur du quartz de filon (J).
- Dans d’autres cas, les cavités sont arrondies et constituent des embryons de marmites (fig. 2).
- L’une d’elles, de 0 m 25 de dia-
- 1. Je ne connais pas d’ailleurs de sculpture vraie (cupules, rainures, ele.) surquarlz laiteux vrai. Il y en a peut-être pourtant. Je n ai vu que des cupules sur marbre, en dehors du granité, de la granulitc, du grés, du calcaire ordinaire. Le quartz se travaille en etl’et très difficilement à la mode préhistorique, c’est-à-dire par percussion à la pierre (Expériences personnelles : cupules artificielles). Le quartz, au contraire, est le percuteur de choix, depuis l’Acheulccn.
- mètre, de 0 m 15 de profondeur, ressemble absolument à un chapeau haute-forme, dont la coiffe intérieure serait plissée en spirales : ce qui est dû, d’une part, aux feuillets de quartz inégalement résistants et superposés et d’autre part au brassage des galets par les vagues ; brassage qui fait suivre une spirale aux galets.
- Elle est voisine d’un pied humain de 0 m 510 de long et de 0 m 15 de profondeur, avec une largeur de 0 m 150.
- Ce qui est curieux, c’est qu’il existe là des sortes de cupides sur quartz, admirablement polies ; et cela sur du quartz non feuilleté! Or, jamais en préhistoire, on n’a constaté de
- Fig. 3. — La Baignoire des Bébés, marmite de Géants, en forme de cuvier, toujours pleine d’eau salée.
- Fig. 2. — I.es Cavités en forme de Cupules, de Pieds humains, de Bassins, etc., de la Table de quartz à Marmites. Cavités délimitées à la craie.
- vraies cupules sur un tel quartz aussi dur. Elles sont, en réalité, impossibles à faire aussi polies du moins.
- Je n’ai jamais pu polir expérimentalement de la sorte une cupule, surtout unepetite de 0 m025 de diamètre ; et, en l’espèce, la nature est plus puissante que l’homme! Je suis obligé d’admettre qu’il s’agit, là de fonds de petites marmites, à parois disparues, par délitement (1).
- À côté, j’ai constaté une espèce de pied humain en relief, comme j’en ai découvert. un superbe exemple à
- 1. On sait que le fond des marmites anciennes est en cuvette et non en boulon, comme au début, forme d’ailleurs rare.
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- ACADEMIE DES SCIENCES —— t:- = 331
- Chaillé-les-Ormeaux- (Vendée) ('). C’est là un phénomène absolument contraire à celui des marmites, mais qui s’explique, cependant, par Yusure de parties molles plaquées autour de portions de roche plus résistantes (érosion marine) et je n’y insiste pas pour ne pas sortir de mon sujet !
- Enfin, au sud de la partie relevée de la table de quartz, existe une énorme marmite, de 0 m 80 de diamètre et de 0 m 50 de profondeur. C’est le vrai type des grandes marmites des géants de Suisse et de Norvège (2). Dans le pays, on l’appelle la « Baignoire des Béré.'. » (3), parce qu’elle conserve toujours, à mer basse, de l'eau salée, que le soleil réchauffe chaque jour pendant 6 heures, et parce qu’elle est très proche d’une villa. On la trouve toujours dans son fond tapissée de gros galets, qui viennent s’y réfugier. Mais; depuis des années, elle ne semble plus pouvoir s’agrandir. Son creusement a du demander bien longtemps (fig. 3).
- Le Pr. Daubrée a bien montré la constitution des marmites des plages et bien fait comprendre le mécanisme de leur production à l’aide des fentes de la robhe (4) ; mais il n’a parlé que du granité, qui présente souvent des fêlures et des clivages en effet.
- Mais on a peine à comprendre que la mer puisse, sur du quartz de filon, exercer une pareille action,
- 1. Cf. Mahceu Baudouin. La Préhistoire par les étoiles. Paris, Maloine, 1925, in-8°, p. 148.
- 2. Cf. les exemples publiés par le Fr. IIaug (Tr. de Géolog., t. I), sous forme de superbes photographies. (Ubaye, Pont de Néolans (B. A.) (Perte de la Vais crin e, près Belle-garde) (A.)
- 5. Il s’agit donc d’une baignoire à eau tiède cl salée !
- 4. M. de Lapparcnt y a insisté ; mais le Pr. IIaug les passe sous silence, je ne sais pourquoi.
- étant donné la texture très compacte et très serrée de cette roche. Mais ici souvent le phénomène s’explique : l°par la disposition tabulaire du rocher en filon, presque plan, qui ressemble à une pierre à glissade (*) ; 2° par son aspect feuilleté (alternance de faibles plaquettes de schistes à séricite) et 3° surtout en raison de l’existence de nombreuses fentes verticales, qui divisent cette table en cubes, et montrent sa face supérieure comme divisée, à l’instar d’un damier, en cases d’environ 0 m 25 de côté.
- C'est certainement cette disposition qui est la cause des marmites et des pieds, comme jadis l’avait bien vu le Pr. Daubrée et J. Brunhes (2).
- En 1911, M, Gabillaud (3) a signalé des Marmites des Géants sur le rivage océanique, mais sans les décrire.
- 1° Près de Pornic (L.-I.), il a vu une grande vasque, naturelle, pleine d’eau salée bien chaude, qui sert de baignoire à marée basse. C’est la répétition de la « Baignoire des Bébés » de Sion (Vendée).
- 2° M. Baould (de Clisson), lui a dit avoir vu, à Porspoder (F.), une marmite de 6 m de profondeur creusée par les tourbillons de la mer sauvage.
- Enfin, en 1926, j’ai découvert une énorme marmite de 1 m 80 de profondeur et 1 m 20 de large, sur un îlot océanique, en plein schiste, que je décrirai plus tard (Marmite du Grand Pineau).
- Marcel Baudouin.
- 1. Rochers, très importants, en préhistoire et cultuels. (Savoie, près Chambéry; Domfront, etc.)
- 2. Bull. Soc. Frib. des Sc. Fiai., III, 1892, p. 169, 7 fig.
- 5. GAnru.Aun, Mégalithes à bassins et Rochers sculptés.
- Cholet, in-8, 1911, 25 p., fig. CI. p. 22, note 17.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et d’août 1926.
- La pression et la formation de l’onde explosive. — En opérant sur le mélange II2 -fi 0, soumis à une pression initiale variant de 1 à 6,5 atm., MM. P. Dumanois et P. Laffitte montrent que, pour les faibles pressions, la longueur parcourue par la flamme avant rétablissement de l’onde explosive diminue assez rapidement lorsque la pression augmente; ensuite cette diminution de la longueur de combustion est plus faible. Avec un tube d’une longueur d’un mètre et de 22 mm. de diamètre, dans le cas de 5 atm., l’onde explosive s’établit après un parcours de 52 cm. ; pour 0 atm. elle prend naissance vers 50 cm.
- L'hydrogénation catalytique des doubles liaisons conjuguées. — Les multiples expériences de MM. Vavor et Jakes qui ont porté sur le styrolène, l’acide cinnamique, le cyclohéxène et les acides allylacélique, propénylacé-tique et diméthylacrylique montrent que, pour la méthode catalytique, la présence d’un système de doubles liaisons conjuguées n’entraîne pas une facilité d’hydrogénation spéciale et ne permet pas la fixation de l’hydro-
- gène pour les dérivés para. 11 y a là une différence très nette avec la méthode à hydrogène naissant qui pourrait s’expliquer en admettant que, dans l’un des cas, le gaz 11 intervient sous forme d’atome libre, dans l’autre sous forme de molécule.
- La cenlrifugo-volumélrie. — Dans le cas de dosages volumétriques dont on ne peut raisir le terme — quand il s’agit d’une précipitation — par un indicateur coloré, M. Robert Le Guyon préconise la centrifugation pour rassembler le précipité de telle manière que, dans le liquide surnageant limpide, l’absence d’un nouveau trouble par addition d’une goutte de réactif montre la fin du dosage. 11 précise les précautions à prendre pour la pratique d’un procédé qui doit rendre de grands services dans le cas où la méthode volumétrique ne peut s’appliquer, soit de façon directe à cause de l’absence d’un indicateur coloré, soit par différence quand on ne connaît aucune réaction permettant de mesurer l’excès du réactif précipitant que l’on a employé. Paul B.
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- LES MÉTHODES DE FORÀGE
- On peut diviser en deux grandes classes les diverses méthodes de forage actuellement utilisées, soit dans les recherches minières, soit dans les prospections de pétrole, soit dans les sondages pour la mise en valeur des couches aquifères souterraines. Ce sont, d’une part, les méthodes par percussion, d’autre part, les méthodes par rotation.
- Dans les premières, l'outil destiné à désagréger les couches à traverser, est constitué par une masse pesante appelée trépan qui se trouve soulevée d’une quantité plus ou moins grande et qui, en retombant, par l’action de son poids, bat le terrain et le réduit en morceaux de petite dimension. En un mot, l’avancement est dû à la percussion de l’outil.
- Dans les secondes, au contraire, l’outil reste constamment en contact avec le fond du forage. Il tourne simplement et travaille à la façon d’une mèche pénétrant dans une planche de bois. Il agit donc par fraisage des terrains.
- Dans .tous les cas, il faut retirer du sondage les déblais provenant de. la désagrégation des terrains, et cette opération appelée curage permet de subdiviser les deux groupements que nous venons de définir, suivant que le curage est discontinu ou continu, c’est-à-dire suivant que le forage proprement dit et l’enlèvement des terrains désagrégés sont deux opérations consécutives ou, au contraire, simultanées.
- En résumé, on peut classer comme suit les diverses méthodes de forage :
- FOU A GF.
- A
- PERCUSSION
- FORAGE
- PAR
- ROTATION
- sondage a curage l.. P..
- ,. f. \ tiges rigides discontinu J °
- (sans \
- injection) / sondage I au cable
- ! sondage curage y à tiges oontinu < sondage à (av. inj.) I câble et \ tiges
- sans injection..........
- avec injection..........
- avec injection..........
- avec injection..........
- sonde Palissy,
- battage par treuil.
- battage par balancier (système canadien).
- procédé chinois.
- système pennsyIranien.
- système Rakv.
- battage rapide.
- Tarières.
- sondage à la grenaille, carottage.
- sondage au diamant, carottage.
- sondage au rotary, sans carottage.
- Nous allons dire quelques mois de chacun de ces systèmes.
- La sonde Palissy (fig. 1) est le plus simple des appareils de forage par battage à percussion. On sait en quoi elle consiste. Une tige de fer porte à une extrémité un trépan, à l’autre extrémité une tarière. A l’aide d’un tourne-à-gauche, l’ouvrier soulève la tige et la laisse retomber sur le terrain qui est désagrégé par le trépan. Quand un certain avancement a été réalisé, l’ouvrier retourne la tige et à l’aide de la tarière remonte les déblais. Cet
- appareil ne peut évidemment être utilisé que pour
- des sondages de faible profondeur, comme ceux que l’on effectue pour les fondations des constructions.
- Le sondage au battage par treuil (fig. 2) est un perfectionnement de la sonde Palissy. Le trépan est vissé sur une tige portant à sa partie supérieure un anneau. Une chaîne ou un câble attaché à cet anneau passe sur une poulie placée au sommet d’un chevalement et s’enroule sur un treuil mû à la main ou au moteur. On soulève la tige et le trépan d’une certaine hauteur et on laisse retomber l’ensemble, soit en relâchant le treuil, soit en dégageant la tête de la tige de forage, comme l’indique la figure.
- Pour enlever les déblais au fond du puits, on remplace le trépan par une cuiller à clapet ou à boule (fig. 5).
- Dans le battage par balancier (fig. 4), les tiges portant le trépan sont attachées à l’extrémité d’un balancier auquel le mouvement d’oscillation est communiqué soit par un piston de machine à vapeur, soit par un système bielle-manivelle, comme l’indiquent les figures.
- L’avancement de l’ensemble tiges-trépan est commandé par une longue vis, montée dans un étrier et disposée à la partie supérieure de l’appareil. Au fur et à mesure que le trépan s’enfonce, on desserre la vis qui rallonge d’autâht la longueur du système percutant. Quand on est arrivé à l’extrémité de la vis, on ajoute une nouvelle tige, on replace la vis à sa position initiale et on continue le forage.
- Le curage s'effectue toujours comme dans les procédés précédents, en remontant le trépan au jour et en le remplaçant par une cuiller.
- Remarquons qu’avec cet appareil on peut descendre à grandes profondeurs. Mais alors, pour éviter qu’au moment où l’ensemble tiges-trépan vient heurter le fond du puits, il ne se produise des vibrations et des déformations dangereuses de la ligne de tiges, ce qui en même temps diminue la puissance de frappe du trépan, celui-ci est monté dans une glissière. Quand on soulève l’appareil et qu’on le laisse retomber, le trépan seul est violemment projeté contre le terrain, et la ligne de tiges ne vibre plus.
- Grâce à ce dispositif, on peut su servir de tiges de bois (méthode canadienne) au lieu de fer, puis-qu’alors ces tiges ne servent plus qu’à soulever la coulisse et le trépan et n’absorbent plus une partie importante de la force vive du système.
- Les forages au câble (fig. 5) suppriment un des graves inconvénients des systèmes à tiges rigides. En effet, lorsque la profondeur atteinte est d’une centaine de mètres au plus, le vissage et dévissage des tiges, chaque fois que l’on remonte le trépan, prennent un temps considérable* de sorte que le temps consacré au forage proprement dit devient une fraction de plus en plus petite de la durée du travail total.
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- On a éliminé cette difficulté en remplaçant les tiges par un câble au bout duquel se trouve attaché le trépan lui-même muni de sa coulisse monté sur une tige de quelques mètres de longueur destiné à augmenter son poids et à assurer sa direction.
- Dans le procédé chinois on soulevait la partie frappante en tirant à la main sur le câble de suspension, que l’on abandonnait ensuite. Malgré la simplicité du procédé, des puits très profonds ont ainsi été forés en Chine.
- Dans la méthode penns y Iranienne, le mouvement alternatif de bas en haut est obtenu mécaniquement. Voici le principe de l’appareil. Le câble passe en haut d’une tour de forage (derrick) sur une poulie et redescend s’enrouler sur un treuil qui permet de suivre l’avancement de l’approfondissement. Sur le brin descendant du câble, se trouve une poulie qui est animée d’un mouvement alternatif à l’aide d’une commande par bielle-manivelle.
- Cette poulie, lorsqu’elle tire sur le câble, soulève le trépan ; lorsqu’elle relâche le câble, le trépan tombe et, comme il a une masse très forte, il tend le câble et vient frapper d’un coup sur le fond du forage. Mais, par suite de l’élasticité du câble, celui-ci réagit, et soulève violemment le trépan.
- Ainsi donc, la percussion est uniquement due à l’élongation du câble sous l’influence de la masse qu’il supporte à son extrémité et au repos, la base du trépan est à quelques centimètres au-dessus du fond du puits.
- L’effet du fouettement ainsi réalisé est très puissant et permet de désagréger des couches très dures. Nous verrons cependant que, dans les terrains argileux et collants, les avantages de ce procédé disparaissent.
- Pour effectuer le curage, on remonte le trépan, ce qui est une opération extrêmement simple et rapide, puisqu’il suffit d’enrouler le câble sur le treuil. La descente et la remontée de la cuiller sont également extrêmement faciles.
- L’emploi du système à câble, permet d’éliminer les pertes de temps dans les remontées d’outils, mais il .reste encore l’obligation d’interrompre fréquemment le forage proprement dit pour remonter les déblais. Si donc on pouvait opérer le curage d’une façon continue, au fur et à mesure de la désagrégation du terrain par l’outil, on pourrait conserver le système à tiges rigides, sans avoir besoin de remonter la colonne de tiges sauf pour changer l’outil.
- C’est ce qui est réalisé dans le système Raky (lig. 6). Le trépan est monté directement au bout des tiges, sans interposition de coulisses. Au jour, la ligne de tiges est supportée par une rotule munie d’une vis permettant de laisser descendre les tiges au fur et à mesure de l’avancement. Cette rotule est solidaire d’un balancier uni par un système bielle-manivelle. Le point d’articulation, au lieu d’être rigide comme dans le battage par balancier, est élastique, monté sur un ensemble de ressorts spirale
- DE FORAGE
- extrêmement puissant. Nous verrons pourquoi plus loin.
- Les tiges de forage sont creuses et on y envoie un courant d’eau sous pression. Ce courant d’eau ressort par le trépan, qui porte deux évents. Le courant d’eau remonte les déblais au jour d'une façon continue. Le problème de curage est donc résolu.
- Quant à l’avancement, il a lieu encore par percussion, par le même principe que dans le système pennsylvanien. Le balancier soulève la ligne de tiges et laisse retomber l’ensemble tiges-trépan. Quand le balancier est au point le plus bas de sa course descendante, les tiges qui ne touchent pas encore le fond du forage tendent, par inertie, à continuer leur mouvement vers le bas. Elles compriment alors le ressort d’axe du balancier, le trépan vient frapper le fond du forage et se trouve immédiatement rappelé vers le haut par la réaction du ressort et la remontée du balancier.
- On voit donc que les tiges travaillent toujours en tension.
- On peut, au lieu d’actionner directement les tiges de sondage, employer un câble comme intermédiaire, c’est le système de battage rapide. Le principe de l’appareil est le suivant (lig. 7).
- Les tiges creuses dans lesquelles circule le courant d’eau de remontée sont attachées à un câble qui passe sur une poulie située au sommet d’un derrick. Le câble redescend ensuite, passe sur une poulie de renvoi et s’enroule sur le treuil, après avoir passé sur deux poulies montées sur un balancier. Les deux premières poulies ont leur axe supporté par de forts ressorts spirales. Quand le balancier oscille, la longueur du brin vertical du câble varie périodiquement. Lorsque l’extrémité du câble est à la partie la plus basse de sa course, les tiges et le trépan tendent, par inertie, à continuer leur mouvement vers le bas et le trépan vient frapper le fond du forage. En même temps, les ressorts des axes des deux poulies se compriment sous l’influence de leur réaction et de la remontée du balancier, le trépan est remonté par suite de la diminution de longueur du brin vertical du câble.
- Les systèmes de forages que nous venons de passer en revue nécessitent tous que le trou de forage soit tubé, au fur et à mesure de l’avancement.
- En effet, lorsque l’on traverse des terrains ébou-leux, sable, "gravier, formations peu compactes, rien ne consolide les parois du puits; si le choc du trépan au fond les ébranle, il est à craindre que des éboulements se produisent qui comblent le forage et immobilisent les outils au fond. De plus, lorsque le diamètre est assez important, la pression propre des terrains est capable de produire des glissements. Enfin, le fouettement des tiges du câble le long des parois peut également les désagréger. 11 est donc nécessaire, lorsque l’on a foré une certaine profondeur, de descendre dans le trou une colonne de tubes, afin de maintenir les terrains traversés.
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- : LES METHODES DE FORAGE
- Mais, chaque fois que l’on tube, on perd un j diamètre. Si les terrains sont peu solides sur une grande profondeur, il faut tuber fréquemment et, dans certains cas, on est obligé, sur une profondeur de 20 m., d'effectuer o ou 4 fois cette opération.
- C'est dire que le diamètre du forage va rapidement en décroissant et si l’on veut qu’à la partie terminale, il ait une certaine dimension, il est nécessaire de commencer le forage à un diamètre nettement supérieur, parfois double et même plus.
- C’est dire que le travail est beaucoup plus considérable et que la dépense de tubes est également plus grande.
- Enfin un forage étant commencé à un certain diamètre, jugé suffisant pour permettre 4 ou 5 réductions escomptées, si la nature du sol à la plus grande profondeur à laquelle il devient nécessaire de descendre oblige à opérer un nombre plus grand de réductions que celui prévu, il faut abandonner le forage ou se résoudre à le continuer à un diamètre beaucoup inférieur aux prévisions, ce qui, dans beaucoup de cas, est insuffisant pour obtenir les résultats désirés.
- C’est ainsi que beaucoup de forages pour production d’eau, n’ont qu’un débit hors de proportions avec les sommes qu’ils ont coûté, parce que leur diamètre forai n’est que de quelques centimètres par suite des réductions nombreuses qu’il a fallu effectuer pendant le forage.
- Les méthodes par rotation que nous allons examiner maintenant, non seulement ont des avantages propres,, mais encore suppriment le tubage et, par suite, permettent de commencer le forage au diamètre même de la partie terminale.
- Les tarières sont les plus simples des appareils à rotation. Elles sont généralement employées pour le percement des terrains tendres, marnes, craie marneuse, argiles. Ces outils s’enfoncent dans le sol par leur propre poids et par le mouvement de rotation qu’on leur imprime. Leurs formes varient suivant la nature du terrain à traverser; on utilise par exemple les tarières ouvertes dans les argiles sableuses, les tarières à mèche dans les argiles pures très serrées et plastiques, les tarières américaines ou rubannées dans les lignites, argiles tendres et craies marneuses.
- Les déblais sont remontés par l’outil lui-même, lorsqu’on le relire.
- Dans les procédés que nous allons exposer maintenant et qui sont les plus récents, on combine, avec la rotation, l’injection d’eau. De plus, on peut avoir, tout au moins avec les deux premières méthodes : soudage à la grenaille et au diamant (fig. 8), une connaissance parfaite des terrains traversés, car elles permettent d’obtenir des « carottes » , c’est-à-dire des cylindres découpés dans les terrains et qui, remontés à la surface du sol, montrent « en place » les diverses couches traversées.
- Ce résultat est particulièrement intéressant dans les recherches minières, car seule la connaissance exacte des différents terrains renseigne sur la valeur d’une couche que l’on désire exploiter, sur sa puissance, sur sa valeur en minerai, puisque l’échantillon remonté est découpé sans altération, ainsi que sur les caractéristiques des autres couches à traverser pour l’atteindre.
- Dans les sondages au diamant, un tube d’acier porte à sa partie inférieure des diamants noirs sertis sur sa tranche, formant ce que l’on appelle la couronne. Ce tube est monté à l’extrémité de tiges creuses d’un plus petit diamètre, qui reçoivent un mouvement de rotation par l’intermédiaire d’un pignon d’angle et d’un engrenage mus par un moteur. Une petite pompe auxiliaire envoie dans les tubes un courant d’eau destiné à laver le fond du trou, de façon que les diamants en tournant mordent toujours sur une surface propre.
- Les diamants découpent donc dans le terrain un cylindre qui, au fur et à mesure de l’avancement, pénètre dans le tube que l’on appelle pour cette raison le tube carotlier.
- Quand celui-ci est rempli sur toute sa hauteur par l’échantillon de terrain, on envoie à l’aide d’un courant d'eau des petits morceaux de quartz qui se coincent entre la carotte et la surface intérieure du tube carottier.
- On remonte alors l’ensemble, la carotte se détachant du terrain, on la retire du tube et on l’examine à loisir.
- La dépense considérable que représentent les diamants montés sur la couronne, surtout si elle est de grandes dimensions, la perte toujours possible de ces diamants qui peuvent se dessertir, ont conduit à chercher, comme agent de désagrégation des roches, une matière moins coûteuse. C’est ce que réalise le sondage à la grenaille.
- Ici encore, nous avons un tube carottier mis en rotation par des tiges creuses, mais son extrémité inférieure est simplement constituée par la tranche du métal lui-même. On jette alors au fond du forage une certaine quantité de grenaille d’acier, de petites billes de 1 à 2 mm de diamètre. L’outil tourne donc sur un matelas de grenaille et les billes entraînées par lui frottent sur le terrain et Elisent peu à peu. Naturellement la base de l’outil est également meulée par la grenaille, mais beaucoup moins rapidement que le terrain.
- Il nous reste à parler du sondage au rolary (fig. 9) très employé en Amérique et dans les champs pétrolifères d’Europe, mais dont l’utilisation en France jusqu’à ces tout derniers temps n’avait jamais été réalisée.
- Plus de carottage dans ce système, tout au moins dans la pratique courante. L’outil est un trépan d’acier spécial, ajant une forme terminale en queue de poisson et portant deux évents à sa partie supérieure. Ce trépan est monté au bout de tiges d’acier de 10 à 15 cm de diamètre, dans
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- LES METHODES DE FORAGE
- lesquelles circule un mélange d’eau et d’argile. La tige supérieure est solidarisée avec une table circulaire mise en rotation par un pignon conique commandé par la machine à vapeur.
- Quand le trépan tourne, il débite le terrain en petits morceaux, comme une fraiseuse détache des copeaux d’une pièce métallique. Ces morceaux sont remontés en suspension dans le courant de liquide boueux, dont la vitesse et la densité sont calculées de façon à empêcher qu’ij/s ne retombent sous l’influence de la pesanteur. On arrive très bien à remonter ainsi de grandes profondeurs des morceaux de la dimension d’une grosse noix.
- Le mélange boueux a encore un autre rôle extrêmement important qui constitue l’originalité et la supériorité du procédé de forage rotary.
- Si les terrains traversés sont meubles, sableux ou fissurés, il pénètre dans les terrains à une distance de l’axe qui atteint parfois plusieurs mètres. L’argile bouche les fissures, colmate les terrains, tout en les rendant imperméables aux venues d’eaux étrangères qui pourraient se produire. En un mot les couches sont consolidées par l’injection d’argile, qui transforme en un bloc solide la partie du terrain dans laquelle est foré le puits.
- Il n’y a plus alors d’éboulements à craindre, et ainsi, grâce à la pression latérale exercée par la colonne d’argile dont la densité est d’ailleurs soigneusement calculée suivant la nature de chaque formation rencontrée, il n’est plus nécessaire de tuber le puits par sections plus ou moins longues.
- On voit, par le rapide exposé que nous venons de faire, que les méthodes de sondage, dont nous n’avons- décrit que les principales, sans nous occuper des variantes et des multiples combinaisons possibles, sont très diverses et très nombreuses. Quels sont leurs avantages respectifs et dans quel cas préfère-t-on l’une à l’autre ?
- Naturellement, chaque forage est un cas d'espèce, et nulle règle absolue ne peut être formulée. Le matériel dont on dispose, les habitudes et l’entraînement spécial du personnel sont également des facteurs prépondérants. Néanmoins il est possible de donner quelques indications générales.
- Les procédés de sondage par percussion présentent l’inconvénient de nécessiter le tubage du trou par sections, ce qui amène une perte progressive de diamètre. À chaque secteur de jonction, l’étanchéité est insuffisante et beaucoup d’exemples montrent que, malgré toutes les précautions prises, il se produit des pertes importantes, des fuites d’eau dans le terrain, diminuant la production du puits et, chose plus grave, pouvant parfois amener sa contamination par les infiltrations superficielles.
- Les terrains meubles, friables et ébouleux sont extrêmement difficiles à forer au battage simple sans injection. Au contraire, les terrains durs ne présentent pas de difficultés, si ce n’est que l’avancement y est forcément très lent.
- Le sondage au câble est plus rapide que celui à
- tiges, il nécessite'également le tubage progressif du forage.
- Dans les terrains argileux, il ne donne pas de bons résultats, car le trépan reste souvent collé au fond du trou, et lorsque l’on cherche à le tirer par le câble, celui-ci casse fréquemment et s’il se produit un éboulement au cours des opérations de repêchage, le forage est perdu.
- Les sondages à percussion avec injection d’eau, donnent de meilleurs résultats, l’avancement est plus rapide et les terrains durs sont traversés avec moins de difficulté.
- Les procédés de forage par rotation ne nécessitent pas de tubage. C’est un gros avantage, car ainsi sont éliminés tous les accidents qui peuvent se produire au cours de l’opération de tubage. De plus, le coût du forage est diminué, puisqu’on réalise l’économie des tubes.
- Le sondage au diamant ne peut être effectué normalement qu’au petit diamètre, car le prix d’une couronne de diamants de 15 cm de diamètre comportant 16 diamants de 2,5 carats coûte, au minimum 55 000 francs, et il est nécessaire d’en avoir au moins deux.
- C’est donc un capital important qui est ainsi engagé et qui est susceptible d’être entièrement perdu dans un accident de forage. Aussi, en général, ne dépasse-t-on pas 8 à 10 cm de diamètre. L’un des gros avantages du forage au diamant est de pouvoir être effectué dans toutes les orientations, depuis la verticale vers le bas jusqu’à la verticale vers le haut, ce qui, dans les recherches minières, est des plus importants. Rien n’arrête le diamant, ni le granit, ni les roches primitives qu’il découpe facilement.
- Le sondage à la grenaille n’est possible que dans une seule direction, la verticale vers le bas, mais par contre on peut obtenir des carottes de beaucoup plus grand diamètre, jusqu’à 40 cm dans certains cas.
- La grenaille coûte peu et permet de traverser tous les terrains, même les plus durs.
- Chose curieuse, dans les terrains mous, le procédé ne donne pas de résultats, car la grenaille disparait et ne peut plus remplir son rôle.
- Enfin le sondage au rotary semble le plus parfait à l’heure actuelle. Il ne permet pas, il est vrai, le carottage, sauf dans des cas particuliers, mais il ne nécessite pas de tubage, même dans les terrains ébouleux et il travaille aussi bien dans les formations tendres que dans les roches dures, il suffit de remplacer le trépan ordinaire par des outils convenables, sortes de molettes d’acier spécial qui tournent sur le fond du forage et le désagrègent par meulage.
- C’est d’ailleurs grâce à ce procédé qu’ont été forés les puits les plus profonds, dépassant 1500 m. dans les champs pétrolifères d’Amérique et d’Europe.
- II. VlGiNlillOiN.
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- Balancier
- ? i
- Poulie de/. Système tension / bielle-mamve/h
- R essor P
- o Tiges
- -Ressort
- Treuil
- injection d'eau
- Table
- big. i. — Les diverses méthodes de forage.
- Sond e Palissy ; 2. Battage par treuil ; 3. Cuillers à clapet et à boule ; k. Battage par balancier ; S. Sondage gu cable 6. Sondage Raky ; 7. Battage rapide ; 8. Sondage à la grenaille ; 9. Sondage au rotary.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie. 9, rue de Flcürus, Pans — 1926.
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- PISTES D’ANIMAUX
- 27 NOVEMBRE 1926
- Une claire et belle journée d’hiver, avec gelée modérée. Le sol est couvert d’une fraîche couche de neige.
- Troublante dans son. calme, la forêt déploie sa splendeur étincelante. Le branchage vert sombre des conifères apparaît comme saupoudré de cristaux délicats. I/air est d’une pxquise fraîcheur, le ciel sans nuages, et les rayons du soleil, sans parvenir à réchauffer la nature, la parent délicieusement de leur brillante illumination. Doucement, la neige craque sous les pieds, mais le silence est profond dans le bois, un silence de mort, comme il en règne dans les cimetières. Le vent dort dans les branches vêtues de neige. Çà et là, une ramille se détache, chancelle et tombe.
- Le promeneur, pensif, marche dans cette majestueuse solitude, quand tout à coup les doux sill sitt d’une troupe de mésanges, ou les puissants appels d’une bande de becs-croisés venus à l’aventure des latitudes septentrionales, ou encore les sifflements mélancoliques d’une compagnie de bouvreuils dolents, le font sortir de sa rêverie. Quel tableau ravissant, lorsque les bouvreuils, très à l’aise malgré leur embonpoint, vont se percher dans les touffes épaisses de sapins, où la chaude couleur ponceau de leur poitrine se détache admirablement sur le manteau ouaté des branches !
- Comme elle est belle la forêt, même pendant l’hiver, quand des nuages gris obscurs voilent le ciel, quand le vent glacé secoue en mugissant les maigres cimes qui se lamentent sous sa poussée formidable, quand la tempête de neige, qui engourdit la sève, balaie les plaines, tandis que le tourbillon des flocons cache aux regards les horizons lointains et que toute vie semble disparaître sous un immense linceul immaculé !
- Mais la couche de neige est-elle vraiment un linceul? Sur et sous elle, la vie a-t-elle réellement cessé?_ Au contraire, la vie s’agite, travaille, crée, et le linceul est plutôt une page largement étalée du grand livre de la nature, qui. nous explique, en termes clairs, maints secrets soigneusement cachés et nous montre combien est inexorable la
- Fig. 2. —Empreintes de renard à gauche et de chien basset à droite.
- 54* Année. — 2* Semestre.
- F
- Fig. i. — Quelques empreintes : i, le lièvre saute ; 2, il fuit; 3, le renard trotte; 4, il rampe; 5, il fuit.
- lutte pour l’existence. Toutefois, pour comprendre cette page, il faut une initiation ; son énigme, facile à déchiffrer par l’observateur expérimenté, échappe totalement aux yeux non avertis. .
- Le garde forestier qui, en compagnie de son chien fidèle, se trouve là-bas à l’orée du bois, l’air réjoui, la pipe aux lèvres, sait fort bien que la neige récemment tombée et qui a tenu sur le sol, va lui permettre de déterminer l’identité de plusieurs bêtes de rapine, lesquelles jusqu’à présent, avaient échappé à son attention, grâce à leur vie nocturne et cachée. Poussés par la faim, les animaux les plus craintifs, eux aussi, sortent la nuit de leur retraite, en quête de nourriture, et laissent sur le tapis ouaté des vestiges plus ou moins nets.
- On comprend que la connaissance des erres soit d’une aide importante, non seulement au chasseur et au garde, mais aussi au naturaliste. N’avons-nous pas tous été frappés, dans notre jeunesse, en lisant les exploits cynégétiques des Indiens qui, habitués à vivre dans les bois, les montagnes et les plaines, possèdent au plus haut degré la science des pistes? Sans aller si loin, nous voyons parfois d’habiles gardes-chasses, dont le sens d’observation pénétrant reconnaît immédiatement,1 dans une trace à’ peine visible, l’animal et parfois son âge et son sexe. Cet humble vestige rappelle des histoires curieuses, aux fraîches matinées d’hiver, et fait
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- Fig. 3. — i, Empreinte de chat; 2, le chat s’approche d’une proie; 3, il juit.
- revivre en l’esprit toutes les heures passées par la bête, la nuit où elle laissa ses empreintes : heures sans repos et de vagabondage, l’estomac grommelant son manque de satisfaction, heures d’espoirs déçus, puis tout à coup la vue troublante d’une proie, l’avidité maintenue par la prudence instinctive, l’approche furtive, le frémissement de l’attente, le bond résolu, la lutte désespérée, la griserie passionnée du sang chaud, l’enivrement voluptueux de l’abondance passagère; mais aussi la tension de l’ouïe vers les moindres bruits de la forêt tranquille et peut-être vers Tardent appel de l’amour, la course folle au rendez-vous, à travers tout, la rencontre possible d’un rival, la rixe fatale, puis, à la pointe du jour, le retour, à l’aise, par des chemins connus, vers le refuge protecteur... Autant de tableaux, que l’œil exercé du garde, du chasseur ou du naturaliste, voit dans les vestiges qui se croisent sur la neige légère. Ces pistes ne disent rien au citadin; il ne les aperçoit même pas et passe indifférent.
- Les figures dont nous agrémentons le présent article, montrent beaucoup plus clairement que 1 d'ennuyeuses descriptions, les erres des mammifères sauvages les plus connus. Voici, par exemple, un lièvre qui, en toute quiétude, avance en sautant dans le chemin de la forêt ; il laisse une piste si particulière qu’un profane même ne la 'confondrait pas avec une autre. La disproportion est si grande entre ses pattes de devant, courtes et faibles, et ses pattes de derrière, longues et fortes, qu’il ne peut mouvoir celles-ci indépendamment l’une de l’autre et doit les ramener en même temps vers celles de devant. Lorsqu’il saute à l’aise sans se hâter, le lièvre repose les pieds de derrière, de toute leur longueur sur le sol, ce qui produit une trace allongée (fig. 1). Mais s’il est effrayé, il prend immédiatement de la vitesse et n’appuie sur la terre que l'extrémité des membres postérieurs, ceux-ci se plaçant d’ailleurs un peu obliquement l’un derrière l’autre (fig. 1,*). Les vestiges du lapin sont tout à fait analogues à ceux du lièvre, mais avec des proportions moindres.
- Ici, le tapis de neige nous montre encore pourquoi le .lièvre prit subitement la poudre d’escampette :
- maître renard, à la recherche d’une proie, s’était furtivement approché... Ordinairement, ce rusé carnivore se meut en. une sorte de trot qui laisse une piste aisément reconnaissable, car les pas sont régulièrement les uns derrière les autres (fig. i,5). Entre cette voie et celle d’un chien de même taille que le renard, existe une marque distinctive: en effet, pour trotter, le chien se tient en biais dans la direction à suivre. Quand le renard est en fuite, au galop, ses pas se suivent de telle façon qu'ils marquent dans la neige, des traces ayant, à quatre, quasi la forme d'un trapèze. Le trot est certainement son allure la plus habituelle ; lorsque la neige est assez haute, sa queue touffue y laisse un petit sillon très visible. Au pas, lorsqu’il rampe, ses voies alternent un peu obliquement (fig. 1,4~5).
- Pour les observateurs non exercés, nous représentons (fig. 2), la foulée du renard et celle d’un chien basset. On voit que l’une est plus légère, plus arrondie que l’autre, avec des ongles plus acérés.
- Si les vestiges du renard et du chien montrent nettement la place des ongles, il n’en est pas de même de ceux du chat (fig. 5) pour la simple raison que ce félin rétracte les grilles en marchant ou en courant, et ne les sort que pour grimper, laissant, en ce cas, des traces fort apparentes sur les murailles et l’écorce des arbres. Qu’une foulée de chat soit de grandes dimensions, il se peut qu’elle ait été faite par un chat sauvage, espèce d’ailleurs très rare.
- La loutre, ce terrible ennemi de la faune icbtyo-logique des eaux douces, traîne légèrement la queue
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- Fig. 4. — 1, empreinte de la loutre; 2, celle du blaireau; 3, la loutre saute; 4, elle juit en trottant ; 5, le blaireau va d'assurance ; 6, il juit.
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- dans la neige, en trottant. Sa piste est facilement reconnaissable à l’empreinte des membranes qui unissent les doigts (fîg. 4*) ; ceux-ci possèdent une forme arrondie, et leurs ongles s’impriment assez fort dans le sol. Quand la loutre saute, ses voies apparaissent en une ligne presque droite ; mais lorsqu’elle trotte, ses traces forment une ligne ondulée. Il en est de même du blaireau, dont le pied est remarquable par la force et la longueur des ongles. Au trot, les voies alternent légèrement en zigzag. En automne, lorsqu’il est très gras, ses griffes marquent des traces bien apparentes (fig. 45-c).
- La marte et la fouine ont des allures identiques. Quand ils vont par petits bonds, ces mustélidés mettent presque toujours les pieds de derrière dans ceux de devant et un peu obliquement. La voie de la marte ressemble quelquefois à celle du lièvre, mais les vestiges sont moins distants (fig. 52).
- Pour distinguer la piste de la marte de celle de la fouine, une indication précieuse réside dans les environs immédiats : trouve-t-on en forêt une voie qui conduit à un arbre élevé, il est certain qu’une marte a passé à cet endroit; la voie mène-t-elle à une ferme, elle est sans doute propre à une fouine. Dans des conditions particulièrement favorables, par exemple sur un sol humide ou moelleux, un œil expérimenté distinguera la trace de la sole un tantinet plus petite, mais plus velue de la fouine, de celle de la marte, dont les bourrelets sont un peu plus apparents (fig. 6). En tout cas, les deux pieds se ressemblent à s’y méprendre. A noter encore que la vivacité n’est pas le fait de ces mustélidés, qui ne se meuvent ordinairement que par bonds et qui, régulièrement, suivent les mêmes coulées.
- Il faut un œil très averti pour distinguer sûrement la voie du putois de celles de la marte et de la fouine, quoiqu’il y ait de notables différences. Les griffes du putois, plus fines et moins garnies de poils que celles de la fouine, s’impriment mieux dans le sol' ou la neige ; les pieds de derrière sont moins écartés que ceux de devant. Les vestiges se rapprochent tellement que parfois deux traces se confondent.
- Les voies de l’hermine ont de l’analogie avec celles du putois, mais sont plus petites ; elles se
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- Fig. 6. — Empreintes de la fouine et de la marte.
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- Fig. 5. — i, La marte va par petits bonds; 2, son allure ressemble parfois à celle du lièvre; 3, la voie de la belette ; 4, celle de V hermine; 5, celle de l’écureuil ; 6, celle de la souris.
- succèdent en une ligne sinueuse ; les vestiges forment, à quatre, une sorte de trapèze. Quant à la belette, ses traces, plus petites encore, sont généralement accouplées’(fig. 53-4).
- Assez curieuse est la piste de l’écureuil (fig. 58): les vestiges laissent voir aux pieds antérieurs et aux pieds postérieurs respectivement quatre et cinq longs doigts très écartés ; en outre les pieds de derrière sont toujours tournés en dehors. Le gracieux petit animal n’a qu’une seule allure, dans laquelle, à chaque saut, les pattes postérieures viennent dépasser latéralement celles de devant.
- De ' nombreux points minuscules groupés deux par deux dans la neige, en lignes qui se croisent ou se confondent, trahissent la présence de souris et permettent de se représenter les sauts légers et les courses trottinantes de ces rongeurs peureux et fugitifs.
- A une allure tranquille, le cerf montre une particularité semblable à celle du chien : il va en biais, il biaise, c’est-à-dire que les deux membres d’un même côté du corps, au lieu d’avancer sur une seule ligne, se meuvent sur deux lignes parallèles. Lesw foulées du cerf et du chevreuil laissent toujours reconnaître le pied fourchu propre à ces espèces, Lorsque la bête va d’assurance, la trace des deux
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- Fig. “. — Traces des pieds du broquard et de la chevrette.
- onglons est parfaitement visible, de sorte que le vestige revêt presque la forme d’un cœur ; lorsqu’elle fuit, le pied s’imprime de toute sa longueur sur le sol et les deux doigts postérieurs apparaissent dans la foulée. Généralement, le cerf et le broquard biaisent plus que la biche et la chevrette ; leurs foulées sont par conséquent plus distantes de l’axe du corps.
- Les experts en science des'allures et empreintes énoncent comme suit les différences existant entre les voies d’un fort broquart et celles d’une forte chevrette. L’empreinte du broquart est environ de deux à quatre millimètres plus large que celle de la chevrette ; elle est fermée, c’est-à-dire qu’à sa partie antérieure les traces des deux onglons se joignent ; et elle est plus obtuse que celle de la chevrette, parce que sa pointe décrit presque un demi-cercle. Dans la foulée de la chevrette, les onglons sont écartés; cette foulée n’est donc ni fermée, ni obtuse ; entre les traces des deux onglons s’accuse ordinairement une ligne ininterrompue de terre ou de neige. La chevrette se dandine plus que le broquard ; il en résulte que ses vestiges sont peu clairs ou effacés. Le broquart, quand il va de confiance, presse plus fortement ses sabots sur le sol, ce qui met la partie creuse des pieds plus en relief dans les foulées.
- A cause de la petitesse des' pieds du chevreuil, les différences qui précèdent sont certainement minimes. Elles sont toutefois reconnaissables pour les chasseurs, gardes et naturalistes, qui se donnent la peine d’exercer leurs yeux dans l’examen des allures et empreintes des bêtes sauvages. Quoi qu’il en soit, les foulées laissent généralement bien distinguer les bourrelets intérieurs du pied et la muraille du sabot, c’est-à-dire son pourtour extérieur (fîg. 7).
- Pour distinguer, par leurs voies, les artiodactyles les plus connus de nos régions, il suffit de voir la proportion existant entre la trace des bourrelets et la longueur totale des foulées : cette proportion est de 1 /2 pour le daim, 1 /3 pour le chevreuil et de 1/4 pour le cerf. Les voies du sanglier ressemblent à celles du cerf, mais ne sont pas aussi distantes ; les bourrelets plats sont aisément reconnaissables et les pointes des doigts postérieurs s’impriment même quand la bêle va d’assurance, ce qui, comme nous l’avons dit tout à l’heure, ne se produit chez le cerf, le daim, le chevreuil, que lorsqu’ils sont en
- fuite (fig. 8). Chez le sanglier, les onglons sont très écartés et, à chaque sabot, l’onglon interne est généralement un peu plus court, par suite d’une plus forte-usure, ce qui permet de distinguer la trace du pied gauche de celle du pied droit. En allant de confiance, le sanglier met le sabot postérieur presque à la place du sabot antérieur (fig. 85).
- Qui a étudié de près la science des erres et pénétré les secrets qu’elle dévoile, éprouve pour cette connaissance une attachante prédilection, car en l’approfondissant, on apprend à deviner les particularités les plus intéressantes, les intimités les plus délicates des animaux. Et non seulement en hiver, par la neige, elle rend d’éminents services à qui la possède, mais aussi en toute autre saison, là où des lieux propices retiennent sur leur sol les empreintes et allures. C’est le cas, par exemple, des rives des étangs et cours d’eau, où les bêtes passent pour aller s’abreuver, des terrains sablonneux et des chemins forestiers que la pluie rend humides.
- Comme nous l’avons montré au début du présent article, une couche de neige fraîchement tombée est une excellente ressource pour le garde, le chasseur, ou le naturaliste expérimenté dans la science des empreintes, s’il s’agit de fixer sûrement la présence de bêtes sauvages. Mais il existe d’autres moyens de recherches. Nous les expliquerons dans une autre chronique.
- A li M A MJ MliUCIER.
- Tig. o. — i, Trace du sabot du cerf ; 2, celle du daim; 3, celle du chevreuil; 4, celle du sanglier ;
- .5, voie du sanglier.
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- LES DÉBITS SOUDES DES COURS D’EAU
- La question du débit solide des cours d’eau présente, à l’heure actuelle, un intérêt tout spécial. D’une part, en effet, l’alluvionnement peut concourir à provoquer, par l’exhaussement du lit, des inondations de plus en plus graves; d’autre côté, le charriage peut, dans bien des cas, apporter de profondes perturbations dans le fonctionnement des stations hydro-électriques, de plus en plus nombreuses.
- Cependant, faute d’études constantes, le problème est encore mal connu.
- On sait que les agents météorologiques, le ruissellement, la gravité concourent à entraîner vers les glaciers et rivières une partie des matières du sol.
- En vue de faciliter les calculs des dépôts charriés, la science a distingué trois catégories de densités : la densité réelle du matériau après dessiccation, la densité réelle de l’alluvion imbibée, enfin la densité fictive, qui est le rapport du poids delà matière desséchée au volume de la boue. Cette dernière seule permet de fixer le colmatage produit par un cours d’eau.
- Les analyses révèlent de profondes différences entre les diverses densités. Les professeurs suisses Collet et Mellet ont ainsi enregistré 2,58 pour la densité de l’alluvion desséchée, 1,48 pour la densité réelle, 0,83 pour la densité fictive d’un même produit. Faute d’avoir établi cette distinction, on
- le 8 II 1918
- de là retem
- Echelle
- Longueurs: 1 m-oim*. Hauteurs
- 1918 U
- Dépôt rapporté au fond moyen A
- Dépôt rapporté au Talweg____I
- Affouillements 1
- "455.00
- 450 00
- KILOMETRES
- Fig. i. — Le dépôt des alluvions à l’amont de l'usine hydroélectrique de Kallwach du jcr janvier 1914 au 16 janvier 1918. (D’après Léon W. Collet.)
- Celles-ci peuvent être triturées par les eaux, pulvérisées par le frottement ou les désagrégations. Il en résulte que les débits solides des Gours d’eau peuvent présenter une double physionomie. Ce sont tantôt des galets et graviers, de plus ou moins grandes dimensions, roulant sur le fond, tantôt des corpuscules, flottants ou immergés, véhiculés par le courant.
- Les éléments flottants, d’origine végétale, tendent d’ailleurs à se décomposer et à disparaître.
- Composition et caractères des particules solides. — Des analyses pratiquées sur les limons de la Durance et de l’Isère ont monlré qu’ils sont surtout constitués par des argiles, de la silice et du carbonate de chaux. '
- Mais on observe que la densité des matériaux en suspension varie non seulement suivant les rivières, mais, pour une même rivière, avec les saisons. Par exemple, les premières grandes pluies'entraînent des grains plus gros, tandis que, durant les basses eaux, l’alluvion est plus impalpable. Les crues provoquent l’écoulement de produits beaucoup plus denses. D’ailleurs, la densité tend à fléchir vers l’aval, par suite des frottements.
- a commis de graves erreurs dans les calculs naguère pratiqués.,
- Appliquant ces principes à l’Isère, on constate que, pendant l’étiage d’hiver, les trois densités précitées-atteignent 2,60, 1,41 et 0,67, cependant qu’apres les premières pluies de printemps on relève 2,80, 1*61 et 1,41.
- Les charriages de surface, étant influencés par les pluies et crues, il en résulte naturellement de très grandes oscillations dans le cube véhiculé suivant les mois. M. le professeur Collet a noté, pour l’Àrve, 43 226 tonnes en janvier 1916, 14141 en février, 19055 en mars, 76 625 en avril 1915, 276 755 en mai, 296 673 en juin, 458 880 en juillet, 179 808 en août, 65 012 en septembre, 15 658 en octobre, 69 281 en novembre et 196 863 en décembre.
- 11 y a mieux. Des variations diverses caractéristiques se peuvent enregistrer. Le Rhône supérieur^ à Gumpenen, transportait 84 kg. 350 de sables par seconde à 8 heures, le 6 août 1915, 45 kg. 705 à midi, 56 588 à 16 heures, 65 550 à 20 heures, 185 291 à minuit. De son côté, M. l’Ingénieur en chef Simon a constaté, le 22 juillet 1924, pour
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- LES DÉBITS SOLIDES DES COURS D’EAU
- l'Isère, 0 gr. 115 de sable par litre d'eau à 8 heures, 0,115 à midi, 0,224 à 18 heures.
- Dans quelles limites les crues peuvent-elles influencer le débit solide? Il est difficile de 1 établir. Néanmoins certaines recherches de MM. Collet et Boissier apportent à ce sujet de précieuses informations. Pour l'Arve, on a relevé 4814 tonnes de matériaux le 6 juin 1915, 91 552 le 7, jour de début de la crue, 52 118 le 8, 7565 le 9. Il semble qu’on en puisse tirer celte déduction que les maxima de charriages correspondent à la première période des hautes eaux, immédiatement après le délavement des terrains.
- La pente des rivières joue également un rôle dans le volume des débits solides. MM. Muntz et Lainé ont ainsi reconnu que l’Isère drainait moitié moins de limons à Montmélian qu’à Grenoble. Il ne faut pas non plus ignorer que la résistance à l’érosion influe sur l’importance des alluvions.
- Toutes les fois que les minéraux constituant la surface du sol sont moins facilement attaquables, les transports solides s’atténuent. Les schistes et calcaires alpestres sont beaucoup plus malléables que les produits pyrénéens ou ceux du Massif Central. D’ün bassin à l’autre, il peut même y avoir des écarts énormes du fait de la géologie. Le \énéon, qui coule parmi des roches cristallines, charrie bien moins que la Romanche, qu’il alimente.
- La question de savoir si la vitesse de l’eau peut entrer largement en ligne de compte est beaucoup plus controversée et n’est pas élucidée.
- Par contre, M. Collet et ses collaborateurs du Service hydrographique suisse ont démontré que la charge en alluvions croissait à mesure qu’on s’éloigne de la surface. Boissier l’a constaté pour l’Arve, Collet pour le Rhône. On explique ce phénomène par la réduction de la vitesse de l’eau en profondeur. Toutefois, dans les torrents à régime glaciaire et à forte pente, la quantité de limons n’est pas sensiblement variable avec les niveaux.
- Importance des dépôts en suspension. — On ne mesure généralement pas exactement l’étendue des débits solides des cours d’eau. Celle-ci peut être considérable. Surell avait évalué à 21 millions de m3 l’apport du Rhône à la Méditerranée, Hervé-Mangon estimait à 3 922 000 m3 celui de la Durance à Mirabeau, tandis que M. Coutagne a donné le chiffre d’un million de m3 pour l’Arve. Des observations plus récentes et plus scientifiques ont permis de meilleures précisions. M. Collet a trouvé 5 664 ^67 tonnes de limons pour l’Arve en 1915 ou 1214 m3 par kilomètre carré (densité 1,5). L’Arve possède un bassin versant de 2080 kmq., dont 152 de glaciers et névés. D’octobre 1925 à octobre 1924 l’Isère a drainé, à Grenoble, 5 millions de tonnes, ou 550 par kmq.
- Quant aux débits maxima instantanés, on n’a pu les apprécier avec sûreté. Néanmoins, pour donner un ordre de grandeur approximatif, nous dirons que M. de Blonay a trouvé pour la Dranse jusqu’à
- 32 kg par m3 en 1910, M. Bauchenstein 55 kg sur le Borne, M. Simon 6 kg sur l’Isère à Grenoble (1924), M. Walter 9 kg sur le Drac, avant le tribut de la Bonne, Baeff 5 kg. sur l’Arve.
- Le charriage des galets. — Les matériaux roulés n’offrent pas un pareil volume. Mais leur cube reste parfois énorme. Le processus du roulement a été plusieurs fois étudié. Il est fort complexe, car il varie dans bien des cas. Il est, d’ailleurs, malaisé de le suivre méthodiquement. On ne peut, à la vérité, que relever les résultats qu’il entraîne dans les réservoirs et les deltas lacustres. Le professeur Collet a enregistré, à cet égard, des dépôts impressionnants. De 1897 à 1915, l’Aar a apporté au lac de Bienne près de 2 500 000 m3, ou 156 000 par an; la Linth,del860 à 1910 aurait livré 5 758000 m3 au lac de Wallenstadt; de 1911 à 1921, le lac de Constance a reçu du Rhin plus de 25 millions de m3 (2 800 000 environ par an). De 1851 à 1878, la Reuss déversait dans le lac des Quatre-Cantons 5 947000 m3 et la Bregenz Ache dans le lac de Constance 2097 850 de 1861 à 1885.
- M. l’ingénieur en chef Wilhelm a procédé à une attentive exploration du Verdon. Celui-ci est barré à Quinson, à l’origine du canal qui alimente Aix.
- L’ouvrage remonte à 1869, et créait une retenue de 1 525 000 m3. Il a arrêté les graviers du torrent. De 1878 à 1899, les dépôts se sont élevés à 935 000 m3, en plus de 44 000 m3 par an.
- Conséquences des alluvions. — Les conséquences de ces dépôts ne sauraient être dédaignées. Les produits légers en suspension filtrent en partie à travers les ouvrages des usines hydro-électriques. Cependant, ils ne sont pas sans causer un préjudice aux appareils générateurs, par le frottement qu’ils exercent sur les aubes et ailettes.
- D’autre part, avec les graviers du fond, ils tendent à combler les réservoirs de retenue. M. Collet a observé à Kallnach le barrage de l’Aar et de la Sarine. Il a enregistré un apport de 140 m3 par kmq du bassin versant en 1914, 186 en 1925, année où la Sarine fut bouleversée par des crues, 120 en 1916 et en 1917, 89 en 1918, 94 en 1919.
- Mais, les retenues exercent une influence qui peut s’étendre à de longues distances. M. Simon a remarqué que le barrage de Serres avait provoqué un exhaussement du Buech à plus de 8 kil. à l’amont. M. Wilhelm a reconnu un relèvement du lit analogue pour le Verdon, à l’amont de Quinson.
- Cet exhaussement du lit des rivières peut, en outre, se produire en dehors de toute retenue. M. Wilhelm a pu calculer que l’Isère, du fait de son charriage, avait déposé 40000 m3 par an, depuis son endiguement, soit, pour 60 ans, 2 400 000 ma Entre le confluent du Drac et le pont de Beauvoir, le colmatage serait de 400 000 m3 par an, 20000 m3 disparaissant par frottement et 40000 étant évacués.
- Il en est résulté que, dans le Haut-Grésivaudan, les atterrissements.ont porté sur plus de 35 kil., le
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- LES COLORANTS SYNTHÉTIQUES
- relèvement du fond atteignant en moyenne 0 m. 29 et pouvant parfois excéder 1 m. 80.
- Dans le Bas-Grésivaudan, à l’aval du Drac, il y a eu élévation du lit de 0,27 en moyenne, sur plus de 26 kil.
- Ces circonstances ont réduit la section endiguée de la rivière et contribué à déterminer la rupture de l’inondation de 1914. Soixante hectares ont été ensevelis sous les cailloux et perdus ,pour la culture, d’après l’affirmation de M. l’Ingénieur en chef du génie rural de Pampelonne. Les populations dauphinoises sont justement inquiètes pour l’avenir.
- Les Remèdes envisagés. — Les remèdes envisagés sont naturellement de deux sortes. Pour préserver les usines hydroélectriques et dégager les ouvrages de prise, les canaux d’amenée, les chambres de mise en charge, les bassins d’accumulation, les turbines, on installe des appareils dit dessableurs ou purgeurs et des bassins de décantation. Ces derniers fonctionnent à Champ et à l’usine du Drac-Ro-manche. ^
- Sur le Drac à Rioupéroux et à Gavet sur la Romanche, à St-Jean-de-Maurienne sur l’Arc, à Ven-tavon sur la Durance, des vannes servent à évacuer les apports. Parfois, on procède à des dragages.
- Les dessableurs tendent à se généraliser. On en a pourvu les stations de Prémont sur l’Arc, du Dorinet,
- d’Àvrieux, près de Modane. Les corps flottants sont arrêtés et dégagés par des grilles, des râteaux mécaniques, des dégrilleurs hydrauliques à inversion d’eau, des défeuilleurs automatiques.
- Les réservoirs impliquent des curages et des dragages. Pour les limons, d’aucuns préconisent l’emploi de suceuses.
- Mais le problème est plus délicat lorsqu’il s’agit d’opérer sur un puissant cours d’eau soumis au colmatage comme l'Isère. Diverses solutions ont été envisagées. On a songé aux épis plongeants, qui canalisent les basses eaux et accroissent leur vitesse dans un- lit mineur resserré. On peut aussi entreprendre des dragages, mais le remède paraît trop coûteux. Le hersage a des -, partisans. Sans doute, l’industrie hydro-électrique, qui projette d’équiper l’Isère inférieure, aura-t-elle intérêt à collaborer financièrement à l’opération.
- Mais le phénomène du charriage est beaucoup plus général, comme nous l’avons vu. Il nécessite toute l’attention des pouvoirs publics, comme l’ont lumineusement expliqué MM. les ingénieurs Simon et Haegelen aux Congrès de Grenoble. La question des alluvions doit être approfondie dans les divers pays. Le Service hydrographique suisse a donné à ce sujet un exemple qui doit être suivi.
- Auguste Pavvlowski.
- LES COLORANTS SYNTHÉTIQUES
- Le temps est déjà loin où les matières colorantes utilisées dans la teinture étaient presque toutes d’origine végétale (l’indigo, la garance, les divers bois de teinture) ou d’origine minérale (bleu de Prusse, jaune de chrome, bistre de manganèse, etc.)
- La plupart des colorants employés aujourd’hui sont d’origine synthétique et ont généralement pour base le goudron de houille.
- On sait que le goudron de houille soumis à la distillation fournit différents corps ‘.benzène, toluène, naphtalène, phénol, crésol, pour ne citer que les principaux. Or ces substances servent elles-mêmes presque toutes de matière première à la préparation d’une multitude de produits organiques, dont plusieurs milliers ont trouvé des emplois dans des industries diverses, et plus particulièrement par exemple dans les industries des colorants synthétiques. '
- Or, ces matières premières que nous venons de nommer sont toutes incolores et n’ont aucune propriété colorante. Est-ce donc par pur hasard que tel ou tel de leurs dérivés est un colorant? Non : cette propriété est due à des arrangements déterminés d’atomes dans des molécules toujours complexes.
- Il existe, en effet, des classes spéciales de combinaisons organiques qui jouissent de propriétés colorantes. D’après Witt, certains carbures incolores
- deviendraient colorés par l'introduction dans leurs molécules de certains groupes d’atomes dits chromo-phores. Mais la coloration obtenue ne peut être transmise aux fibres par voie de teinture ; on n’a ainsi obtenu qu’une matière colorée : un chromogène. Celui-ci deviendra colorant par l’introduction, dans sa molécule, d’un ou de plusieurs radicaux acides ou basiques leur communiquant la propriété d’être salifié : ces radicaux sont appelés auxochromes.
- Donnons un exemple : la benzine qui a pour formule C°H6 est un carbure incolore ; mais si nous réunissons deux noyaux benzéniques par le groupement d’atomes :
- — N = N —
- lequel est un groupement chromophore, on obtient l’azobi^nzène :
- CH8 — N = N — CCÏIS
- dont de nombreux dérivés sont des colorants.
- Par une série de réactions, à partir de cet azobenzène on pourra créer une grande variété de colorants; on dit que c’est un chromogène.
- Le groupement chromophore dont nous avons donné plus haut un exemple peut être facilement introduit dans l’intimité moléculaire du toluène, du naphtalène, etc., et engendrera aussi autant de chromogènes.
- Pour devenir colorant, le chromogène doit lui-même subir certaines réactions, généralement
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- Fig. i. — Appareil de sulfonation. Les carbures aromatiques (benzène, toluène) soumis dans cet appareil muni d’un système de brassage et de chauffage, sont transformés en acides sulfoniques.
- toujours les mêmes. Ainsi l’azobenzène est incolore, mais il suffit d’introduire dans sa molécule des groupes salifiables ou auxochromes pour obtenir des matières colorantes. Son acide sulfonique, par exemple, est un colorant pour la laine.
- En résumé, l’introduction du chromophore dans une molécule organique fournit un composé coloré appelé un chromogène. Celui-ci deviendra une matière colorante si on introduit en certains endroits de sa molécule des auxochromes convenablement choisis.
- Selon la nature des groupements d’atomes qui transforment un chromogène en colorant, ce dernier possède des propriétés tinctoriales différentes. Ainsi certains colorants aminés (caractérisés dans leur formule chimique par la présence de NIE) sont dits basiques. Ils se combinent au tanin, matière légèrement acide, pour donner des laques colorées. Le coton mordancé au tanin se teint en colorants basiques.
- Au contraire les colorants à groupement acide C04H donnent des sels insolubles, des laques avec les oxydes mélalliques, d’aluminium, de chrome, de fer. Ils sont la base de la teinture sur mordants métalliques. Enfin les colorants possédant le groupement acide SOr'H possèdent la propriété de teindre directement la laine.
- On voit donc combien la chimie joue ici un rôle éminemment prépondérant dans cette vaste industrie des colorants.
- On peut dire d'ailleurs que le développement de l’industrie des colorants artificiels a été parallèle à celui de la récupération des sous-produits du goudron de houille. Cette industrie a pour origine première
- Fig. 2. — Type d'autoclave servant aux réactions chimiques dans l’industrie des colorants. Cet autoclave en tôle épaisse est émaillé intérieurement pour ne pas être attaqué par les produits de la réaction. Remarquez le système d’agitation actionné par une pouliele thermomètre et le manomètre permettent de contrôler la température, et la pression la canalisation de vapeur haute pression pour le chauffage.
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- la découverte de la mauvéine par Perkin en 1856 à Londres, laquelle attira l'attention sur l’oxydation de l’aniline.
- Elle débuta à Lyon avec Yerguin en 1858 qui céda le brevet de la fuchsine qu’il découvrit à un teinturier, Renard, et à Paris avec Girard et de Laire (186 I), qui découvrent les violets et les bleus phénylés dérivés de cette fuchsine, et avec Roussin (1866) découvrant des orangés dérivés de la naphtaline. Depuis lors, les progrès de la chimie organique en matière de synthèse furent tels que chaque année vit la découverte de plusieurs colnranh svnihé-
- Big. 3. — Certains corps organiques demandent à être transformés par oxydation pour produire ensuite des colorants. Dans cette cuve en bois, le produit à oxyder, chauffé par une arrivée de vapeur, est additionné de permanganate de potasse, agent d’oxydation puissant.
- tésimale et de la structure intime des édifices moléculaires.
- Aussi, si au début, le hasard et l’empirisme ont pu jouer très souvent un rôle prépondérant dans la genèse d’une découverte, cet état de chose ne devait pas tarder à se modifier rapidement. Sous l’impulsion de la doctrine atomique et des formules de structure qui permirent de représenter schématiquement par des symbo-
- Fig. 4. — Filtres-presse pour la séparation des solides et des liquides. Un filtre-presse est formé d’une série de plateaux juxtaposés par leurs bords et laissant entre eux une sorte de chambre où se trouve la toile filtrante. Le liquide arrive dans le filtre au moyen d’une pompe foulante et est pressé à travers la toile filtrante. Le liquide filtré s’écoule par un canal ménagé dans les épaisseurs des plateaux.
- tiques.Puissamment aidée maintenant par les méthodes fécondes de laboratoire découvertes par nos savants, la synthèse des colorants paraît simple.
- Si cependant on remonté à l’origine de ces découvertes, il faut savoir qu’à cette époque le mécanisme complexe des réactions dans lesquelles ces nouveaux produits prenaient naissance] était fort mal connu, car on ignorait tout de la composition cen-
- Fig. 5. _ Cuves de réaction voisines du filtre-presse.
- Le liquide de ces cuves est directement envoyé au filtre-presse.
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- Fig. 6. — Certaines réactions chimiques donnent naissance à des gaz très toxiques qui demandent à être évacués. Remarquez la cheminée d'aspiration surmontant la cuve, et permettant l’élimination complète des vapeurs nocives.
- les très simples les' propriétés caractéristiques des composés du carbone, la chimie organique prit rapidement un développement dont on ne trouve pas d’autres exemples dans l’histoire des autres sciences.
- Nous ne pouvons prétendre, dans le cadre restreint de cet article, décrire la fabrication des matières colorantes ; mais nous voudrions donner au lecteur une petite idée de l’importance de cetté intéressante industrie.
- D’une façon générale on peut dire que la fabrication des matières colorantes comprend deux parties :
- 1° la préparation des produits intermédiaires.
- 20 la transformation de ces produits intermédiaires en colorants.
- Les matières colorantes, artificielles portent aussi le nom de couleurs d’aniline ; c’est qu’en effet beaucoup d’entre elles, mais pas toutes cependant, loin de là, sont obtenues en partant de l’aniline. L’aniline, produit non coloré, sera une matière intermédiaire. Il en est de même du phénol, du naphtol, de l’acide benzoïque, de l’acide phtalique.
- Comment obtient-on ces produits intermédiaires? À partir du goudron de houille, c’est-à-dire à partir de la benzine, du toluène, delà naphtaline.
- Les photographies qui illustrent cet article nous ont été fournies par le The Industrial Chemist ; elles montrent fort bien le genre d’appareils utilisés dans cette industrie. Ces produits intermédiaires s’obtiennent par un certain nombre de réactions générales très simples dont les principales peuvent être ramenées à 5 types.
- 1° la sulfonation : Cette opération consiste à faire agir l’acide sulfurique concentré sur les carbures comme le benzène ; le nouveau produit ainsi formé, acide sulfoniqué, a la propriété de se dissoudre dans l’eau et les alcools.
- C’est ainsi que l’on prépare, par exemple, l’acide benzène-sulfonique.
- 2° la fusion alcaline Elle consiste à fondre les acides sulfoniques avec de la potasse ; cette réaction donne naissance à un phénol.
- 5° la nitration : L’acide nitrique agit sur de nombreux dérivés organiques en donnant des dérivés nitrés ; ainsi le benzène mis en contact avec l’acide nitrique donne le nitroben-zène.
- 4° la réduction : On donne le nom de réduction à la réaction qui s’effectue entre un composé chimique et l’hydrogène. Par exemple lorsque l’on réduit le nitrobenzène, on obtient l’aniline.
- 5° Y alcoylation : C’est l’opération par laquelle on substitue un radical alcoolique à un atome d’hydrogène. Ainsi l’aniline peut être transformée en méthyl, en diméthylaniline. Et ainsi, par l’application de ces différentes méthodes, on obtiendra toute une série de produits chromogènes, non colorants par eux-mêmes, mais qui, subissant à leur tour l’action de certains réactifs introduisant dans l’intimité de leur molécule des groupements auxochromes, devien-
- Fig. 7. — Autoclave pour la jusion alcaline. Les acides sulfoniques chauffés avec de la potasse fondante donnent naissance 'à des phénols. Remarquez le chargement automatique de l’autoclave par la canalisation à niveau de l’entonnoir.
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- Fig. fi.
- Cuve de précipitation du phénol après la réaction produite en autoclave.
- Canalisation d’arrivée dans le filtre-presse situé à l’étage supérieur.
- Fig. q. — Clive de diazotation. Celle [opération est une des plus importantes de l'industrie des colorants. Elle consiste à faire agir l'acide nitreux sur les amines comme l'aniline. On obtient par dette méthode des centaines de colorants dits aznïques.
- Fig. 10. — Pour la dessiccation finale des colorants obtenus, on se sert d’étuves à vide. On arrive en effet, sous l’action du vide, à éliminer l’eau à très basse température. Remarquez dans l’étuve de gauche ouverte, les nombreuses étagères portant des cuvettes renfermant les colorants desséchés.
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- dront eux-mêmes des colorants. Souvent, d'ailleurs, à quelques variantes près, les proee'dés que nous avons décrits plus haut serviront à nouveau pour obtenir le colorant.
- Ainsi par exemple la réduction de certains produits nilrés fournit des matières colorantes jaunes ou orangées qui teignent directement la laine ou la soie.
- Souvent aussi, et pour varier la teinte, on introduira par sulfonation un groupement sulfoné ; par nitrosation, le groupement de l’acide nitreux. On a ainsi la possibilité de produire une multitude de combinaisons.
- Ou encore des réactions spéciales donneront naissance à des colorants, telle la réaction de la diazotation. Cette réaction est tellement importante dans l’industrie des colorants que nous en dirons quelques mots. On appelle diazotation la réaction de l’acide nitreux sur les amines, comme par exemple
- l’aniline. On obtient ainsi ce qu’on appelle un diazoïque :
- C6 H3. WH Cl -+- NQ-I1
- Clil. d'aniline Acide nitreux
- — CfiHs — N — N — Cl + 100
- Chlorure de diaz.obenzène Eau
- diazoïque
- Les corps diazoïques sont instables ; ils jouissent de la propriété de se combiner aux amines et aux phénols en donnant des composés très stables qui sont les colorants azoïques. Ainsi le diazobenzène en se combinant à l’aniline donne un colorant jaune. En variant l’amine mise en œuvre on obtient des multitudes de colorants. Le nombre des colorants azoïques actuellement connus se chiffre par milliers, et encore ne présente-t-il qu’une faible fraction de ceux dont l’existence est théroïquement possible, puisqu’on a pu calculer qu’il peut en exister 3160000 !
- G. Durociier.
- LA CAVERNE MEURTRIERE DU LURLOCH
- Lors d’une imprudente exploration entreprise dans une saison d’intempéries, sept chercheurs furent jadis emprisonnés par suite d’un flux d’eau, et durant huit jours et demi (28 avril au 7 mai 1894), dans la caverne du Lurloch ou Lurbach, à 18 kilom. N.-E. de Graz en Styrie (v. La Nature, n° 1094, 19 mai 1894). On ne les sauva que par miracle.
- Par suite d’une autre témérité, une jeune fdle, Mlle Poldi Fuhrich, y a trouvé la mort, le 23 mai 1926.
- Dans cet intervalle dé plus de trente années, la caverne était devenue une des plus intéressantes d’Europe, par suite des longues explorations méthodiques deM. Hermann Bock, de Graz, et de ses collaborateurs. On avait toujours pensé que le Lurbach, englouti dans la grotte près de Semriach à 635 m. d’altitude, revoyait le jour par deux fontaines (Schmelzbach et Marktbach), à 410 m. près de Peggau à trois kilom. de distance à vol d’oiseau. Au prix de grandes peines et dangers M. Bock avait pu descendre tout le cours de la rivière souterraine sur 4400 m. de développement sinueux, à travers de vastes dômes, d’étroits passages, des siphonnements et surtout des à pics verticaux qui assuraient la descente de l’eau par échelons sur 212 m. de hauteur. Il avait constaté, comme dans tous les calcaires, l’ancienne communication virtuelle avec des gouffres (tous obstrués maintenant) de la surface du sol, massif de calcaire dévonien du Tanneben (700-800 m. d’altitude), et surtout l’enfouissement actuel en cours de réalisation dans un étage inférieur. Par places, des cascades souterraines et des vases communicants, amorcés en temps de pluies, rendaient les investigations difficiles et périlleuses. Mais, en général, les fortes crues seules faisaient couler le torrent d’un bout à l’autre de la caverne. 0n avait même pu pourvoir sa première et plus belle partie, pour l’usage des touristes, d’aménagements, sentiers et echelles, qui furent tous détruits par une inondation exceptionnelle en 1910.
- Après la guerre, on avait foré du côté de Peggau, un tunnel qui aurait assuré la jonction avec l’extrémité atteinte par l’amont : mais cette Jonction fut éphémère,
- un éboulement l’ayant de nouveau rompue. On n’en, avait pas moins démontré l’existence d’une perforation complète de la montagne comme à Postumia-Adelsberg-Kleinhaüsel (Carso), à Bramabiau (Gard), aux percées du Plantaurel (Ariêge), aux tunnels naturels du Laos, etc. Les données géologiques et hydrologiques recueillies faisaient de cette découverte un phénomène remarquable pour ses érosions, corrosions, concrétions, absence de nappe d’eau, etc.
- A la Pentecôte de 1926, Mlle Poldi Fuhrich, biologiste réputée en Autriche peur ses études souterraines et pour sa participation à l’exploration de l’Eisriesenvelt (Salzburg), la plus grande caverne d’Europe, 27 kilom. (voir La Nature, n° 2570, du 7 juillet 1923), vint avec une amie, Mlle Anni Sandtner visiter la grotte du Lurbach. M. Bock fut naturellement leur guide. Ils ne purent pas malheureusement se procurer d’aides pour manœuvrer leurs 60 mètres d’échelles de cordes et 100 m. de câbles. Et la visite ne s’effectua que sur 1500 m. au delà, il est vrai, des principaux obstacles, notamment d’un puits de 40 m., le Geisterschacht en deux étages. C’est là que survint l’accident dans la nuit du 22 au 23 mai. Au retour Mlle Fuhrich escalada la première, sans être encordée par en haut, les 22 mèt. de l’étage inférieur du puits : elle allait trop vite, paraît-il. Soudain, ses deux compagnons, au pied du gouffre, l’entendirent (sans la voir) tomber, sans un cri. Ils crurent d’abord à la chute d’un roc décrivant un arc de cercle ; mais, après un appel resté sans réponse, ils aperçurent leur compagne infortunée plongée la tête la première dans un bassin d’eau, tout proche d’eux. Ils réussirent à la retirer respirant encore, sans blessure apparente, et rouvrant les yeux, mais inconsciente de tout ce qui s’était-passé : un étourdissement sans doute, causé par l’effort excessif d’une escalade sans assistance ! Terrible imprudence s’il en fût ! La chute avait eu lieu sur les pieds (qui se montrèrent brisés), à 2 h. 20 du matin et à 100 m. sous terre. Laissant Mlle Sandtner veiller sur la victime endormie, M. Bock put ressortir seul et chercher du secours qu’il
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- UNE EXPÉRIENCE CURIEUSE RELATIVE A LA VISION BINOCULAIRE
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- ramena à 5 heures du matin. Mais peu d’instants après Mlle Fuhrich’ se réveilla, prononça quelques paroles délirantes et ferma les yeux pour toujours. Le cadavre ayant été remonté sans délai, le décès fut attribué à une hémorragie interne.
- Cette catastrophe a causé d’unanimes regrets dans le monde des spéléologues autrichiens, qui perdent une camarade vaillante et sympathique.
- En ce moment, où les recherches de cette catégorie se
- développent à l’étranger avec une audace souvent trop téméraire, il faut tirer de ce nouveau malheur une leçon déjà maintes fois formulée : celle de la prudence et des précautions, même exagérées. On a, en général, une fâcheuse tendance à sous-estimer les risques réels des explorations souterraines.
- (D’après une publication de M. II. Bock.)
- E.-A. Martel.
- UNE EXPÉRIENCE CURIEUSE RELATIVE A LA VISION BINOCULAIRE
- A plusieurs reprises, ces temps derniers, il a été question dans les colonnes de La Nature de la vision binoculaire du relief. Il n’était traité de cette fonction que de façon superficielle, et ce ne serait d’ailleurs pas ici le lieu de lui consacrer une élude, mieux à sa place dans un
- Fig j. — o, objet. VV' verres rouges. MM', miroirs. RR' images rouges vues avec Vécart oculaire normal.
- BB' images blanches vues avec l’écart exagéré.
- ouvrage d’Oplique physiologique. Cependant il est possible, en peu de mots, d’en dire assez pour exposer une expérience des plus surprenantes.
- Rappelons brièvement le principe de la Yision binoculaire.
- Un être pourvu d’un seul œil ne dispose pas, par définition même, de celte fonction pour reconnaître l’éloignement relatif des objets. Comment obtient-il celte notion? Outre quelques moyens plus secondaires, les données les plus importantes lui viennent de la parallaxe. S’il se déplace, le mouvement apparent des objets ne sera pas le même selon leur éloignement :1e déplacement en sens inverse de celui de l’observateur étant plus grand pour les plus rapprochés.’
- Supposons ce cyclope en face de deux objets placés l’un derrière l’autre de façon que le plus rapproché cache le second. Un léger déplacement latéral de la tête révélera la présence de ce dernier en même temps que son éloignement. S’il s’agit de deux parties d’un seul corps solide, on connaîtra donc son aspect de face et l’aspect de l’un de ses côtés qui révélera son étendue en profondeur. Pour connaître l’autre face latérale il faudra que l’œil se déplace d’autre part de sa position initiale pour recevoir une autre image de l’objet observé.
- Au cours de ces deux mouvements l’objet le plus éloigné, ou la partie éloignée du solide, sont apparus vers la droite quand l’œil se déplaçait à droite, ils ont passé à gauche quand l’œil s’est déplacé vers la gauche. De la combinaison de ces deux aspects successifs se dégagera, la notion de la troisième dimension.
- Or nous avons deux yeux, situés de part et d’autre de la ligne médiane, et qui nous donnent simultanément ces deux images différentes. Notre vision binoculaire nous donne donc de façon immédiate, sans aucun mouvement de notre part, les résultats de la parallaxe.
- Ajoutons encore que plus les mouvements latéraux du cyclope sont amples, plus sont prononcés les déplacements relatifs apparents des objets. De même plus l’écartement entre les yeux de l’être doué de vision binoculaire est grand, plus sera grande la différence entre les de.ux images perçues. Le relief sera plus apparent, l’évaluation des distances plus facile. Quant à l’estimation absolue de ces dernières, elle est affaire d’expérience, et deux hommes dont l’écart entre les yeux sera de 70 mm. pour l’un, de 60 mm. pour l’autre, interpréteront les reliefs de la même façon.
- Mais qu’arriverait-il si un homme dont le cerveau — pour nous servir de ce mot commode — a l’habitude d’interpréter des images fournies par des yeux d’un écartement donné, recevait soudain des images obtenues avec un écartement plus grand? De toute évidence la différence plus grande entre ces deux images le ferait
- Fig. 2. — Appareil de démonstration potir l’expérience du Dr M. Landoli.
- conclure à des éloignements^relatifs plus grands, et il aurait la sensation d’un relief exagéré.
- Cette expérience est très curieuse, et facilement réali-
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- sable à l’aide du dispositif que nous allons décrire, lequel est d’ailleurs inspiré d’un ancien appareil de démonstration de la maison Zeiss, relatif à la conception de ses jumelles à prismes.
- Plaçons verticalement, et à angle droit, deux lames rectangulaires de verre rouge, se touchant par un de leurs côtés pour former un angle dièdre. On peut les encastrer, comme nous l’avons fait, dans une planchette entamée de deux traits de scie perpendiculaires. Ce système est placé à la hauteur des yeux, l’arête vers l’observateur et la bissectrice bien perpendiculaire à ce dernier. Comme les expériences les plus simples sont les plus démonstratives, l’objet que nous regarderons sera de forme simple : le meilleur nous a paru être une bougie ordinaire, que nous poserons, verticale, à quelque distance en avant, détachée sur un front uniforme sombre, et vivement éclairée latéralement. Pour le dispositif que nous avons construit l’objet se met à 75 ou 80 cm. ; nous conseillons d’opérer dans une pièce obscure et de n’éclairer que la bougie. Si nous considérons l’objet, ainsi disposé, à travers notre système de lames rouges, chaque œil regardant à travers l’une de ces dernières, nous verrons, avec notre écartement oculaire normal, une bougie qui nous apparaîtra rouge.
- Installons maintenant à quelque distance à droite de notre appareil, et bien verticalement, un miroir, et orientons-lc de telle façon que l’image de la bougie soit renvoyée vers la lame de verre reuge. La surface de celle-ci, orientée elle-même comme nous l’avons dit, réfléchira cette image dans noire œil droit, qui verra donc une seconde bougie, mais blanche. Un miroir symétrique, placé à gauche, fera de même pour notre œil gauche. En faisant varier l’orientation des deux miroirs, nous pouvons donner aux images qu’ils fournissent un mouvement de latéralité, et il nous sera facile de les amener l’une et l’autre à gauche, par exemple, de l’image rétinienne rouge correspondante, et à la même distance de celle-ci. Nous verrons alors la bougie rouge primitive et, à côté, sur le même plan, une bougie blanche. Cette dernière est vue avec un éèartement oculaire anormal, égal à la distance entre les miroirs (fig. 1).
- Saisissons maintenant la bougie par le pied et appro-chons-la lentement ou éloignons-la de nous. Les déplacements latéraux relatifs ne seront pas les mêmes pour les deux images, et nous verrons Irès’ clairement la bougie blanche s’approcher ou s’éloigner plus vile que l’autre.
- Si, tenant la bougie par la mèche, nous l’inclinons en avant ou en arrière, les deux miroirs-,' qui voient l’objet plus en flanc que nos yeux, nous transmettront encore des variations plus prononcées, et nous verrons bien deux bougies qui s’inclinent, mais la blanche le fera bien davantage.
- Au cours de cette inclinaison la mèche vue de l’œil droit semble se déplacer vers la gauche par rapport au pied de la bougie ; vue de l’œil gauche elle voyage vers
- la droite. La sensation de la troisième dimension revient donc bien, comme nous l’avons dit, à des variations dans l’écartement latéral des images rétiniennes par rapport au point de fixation. Or, grâce à nos deux miroirs orientables à volonté, il nous est possible de déplacer sur nos rétines les images blanches de la bougie, et si nous imprimons aux miroirs un léger — extrêmement léger — mouvement symétrique de rotation, nous verrons, selon le cas, la bougie blanche s’avancer vers nous, ou au contraire s’éloigner, alors que l’objet lui-même est resté parfaitement immobile.
- Cette manière de procéder nous affranchit du coup de la nécessité de n’observer que des objets situés à courte dislance. Rien ne nous empêche de braquer notre appareil, la nuit, sur un réverbère éloigné et de faire avancer ou reculer à noire gré l’image secondaire de ce dernier.
- Mais ce sont encore là des distances trop faibles.
- 11 nous est loisible de nous attaquer à des objets lumineux plus éloignés encore, à des astres, et de nous procurer le spectacle saisissant que nous venons, pour notre pari, d’observer encore au moment de la dernière pleine lune : le ciel du soir s’orne de deux planètes voisines, l’une rouge, l’autre blanche, et celte dernière, obéissant à un léger coup de doigt sur la molette de l’appareil, voyage à travers les espaces, elle s’approche lentement de nous, plus près que l’autre, la vraie, ou, au contraire, elle recule au delà de l’infini... j1)
- Dr Mauc Landoi.t.
- 1. Voici, pour qui serait curieux de réaliser ectlc expérience, le plan de l’appareil que nous avons construit pour les démonstrations de notre enseignement (fig. 2). Sur une planche de 50x12 cm. se placent les deux lames verticales rouges de 7x5 cm. De part et d’autre se trouvent deux plaques de zinc, bien planes, découpées comme le montre la figure. L’écart entre leurs pivots fixes pp' est de 53 cm. Deux bras métalliques joignent les deux angles antérieurs aux deux extrémités du diamètre d’une petite roue dentée formant molette, dont l’axe est fixé dans la planche. Nous avons employé de simples pièces de Mécano. On voil que la rolalion de la roue imprime aux lames de zinc un mouvement symétrique. Sur ces dernières nous posons librement deux prismes à angle droit de 6 X 6 X 8,5, cl de 6 cm. de haut, qui forment miroirs grâce à la réllcxion totale. Ils sont orientés à la main au début de l’expérience, ensuite ils participent aux rotations imprimées à leurs supports. De pareils prismes ne se trouvant pas couramment dans le commerce, il sera plus simple de se servir de miroirs maintenus verticaux à l’aide d’un support; quelconque. Il faut commencer par régler séparément ce qui se rapporte à chacun des yeux, puis on ouvrira les deux yeux pour obtenir la fusion. De petits coups de pouce seront souvent nécessaires pour que les images apparaissent bien à la même hauteur : cela vient d’un défaut dans la verticalité des lames rouges ou des miroirs. Les rotations de la molclle doivent être minimes pour que les écarts symétriques entre les images blanches n’excèdent pas ce que la vision binoculaire est encore capable de fusionner avant l'apparition de deux images séparées, ce qui mettrait lin à toute sensation de profondeur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1926.
- La double détection chez- la galèned la chalcosine. — La galène ordinaire, on le sait, délecte généralement dans le sens inverse de la galène sensible, le courant rectifié traversant le contact dans le sens du métal au cristal. En étudiant l’influence de la densité du courant
- et de la nature du conducteur, M. J. Cayrol a pu établir qu’un contact métal-semi-conducteur présente le plus souvent deux détections de sens inverse, la phase p (métal-cristal) correspondant aux faibles densités, la phase a (cristal-métal) aux plus fortes et ces deux phases étant
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- LA MANUTENTION DES BLOCS DE BÉTON DANS LES TRAVAUX DES PORTS 351
- séparées par un point d’inversion pour lequel le courant rectifié s’annule. La nature du métal exerce enfin une double influence en agissant tant sur la valeur de la densité du courant d’inversion que sur l’intensité de la détection.
- Une interprétation morphologique- des*bouches de Caltaro. — Un des traits particuliers du littoral dalmate est fourni par ces deux grands lacs maritimes, allongés dans le sens de deux clyiînes, dont l’une culmine à 708 m., l’autre à 586, et qui sont réunis entre eux et la mer par deux détroits très resserrés. Pour M. Jacques Bourcart, ces bouches de Gattaro doivent leur origine à un ennoyage transversal de tous les plis, puis à leur accentuation, compliquée de leur torsion en S. Ce resserrement des plis permet d’expliquer par ailleurs, dans la lverka maritime ou la mer de Novigrad, les lacs allongés dans les synclinaux, et la position des fractures dans les arcs anticlinaux, correspondant du reste à celle que leur assigne la théorie de Brouwer.
- Les huiles siccatives et les anlioxy gènes. — M. Tara-doire poursuit une série d’expériences sur la recherche de corps doués de propriétés antioxygènes assez actives pour empêcher l’oxydation rapide des huiles siccatives. II a remarqué ainsi que les phénols, crésol et thymol retardent seulement de quelques heures le mélange type: essence de térébenthine, huile et siccatif, imprégnant un morceau de coton. L’a et la p-naphtylamine, comme le cyclohexanol, n’ont pas donné de résultat plus net et, si l’on excepte' les dérivés nitrosés de diphénylamine,
- aucun des produits essayés ne s’est montré assez actif pour empêcher les inflammations spontanées que provoque l’oxydation des huiles siccatives.
- Les nitrates dans les tissus animaux ou végétaux. — Les analyses de MM. Ivohn-Abrest et S. Kawakihi démontrent, sans discussion possible, qu’il n’existe pas normalement de tels seJs dans les principaux aliments d’origine végétale pris au hasard. On n’en rencontre pas dans les viandes de boucherie et, si le lait de vache en contient parfois 80 mg. exprimés en anhydride Az205 par litre, le lait de femme indique souvent une teneur variant entre 145 et 190 mg. Les viscères humains ne donnent rien de tel à l’analyse et parfois l’urine fournit des chiffres du même ordre de grandeur que le lait.
- Les palmiers de Madagascar. — De récents documents permettent au professeur 11. Jumelle de caractériser définitivement les Ravenea, qu’il avait déjà étudiés avec M. Perrier de la Bathie. Ces végétaux sont dioiques ; sur des épis floraux, les fleurs sont isolées, mais les inflo-rescentes mfdes sont le plus souvent groupées/Les fruits mûrs montrent une pulpe assez épaisse et de couleur rouge. Dur et flexible, le bois de R. madagascartensis s’emploie à la fabrication de planchettes et de cannes, et la pulvérisation de la moelle extraite du R. robustior donne une farine dont l’amidon présente des grains assez différents, comme forme et dimensions, des' grains du véritable sagou venu des Melroxglon de Malaisie.
- Pair B.
- LA MANUTENTION DES BLOCS DE BÉTON DANS LES TRAVAUX DES PORTS
- Pour constituer les digues, on procède de diverses manières. On peut notamment mettre à l’eau de grands caissons flottants dans lesquels on moule des blocs de béton qui formeront l’ouvrage. On peut aussi préparer ces blocs à l’avance et les amener à la place voulue au moyen d’un appareil de levage, par exemple une grue flottante.
- Voici un exemple de ce genre de travaux. On a construit dans le port de Valence (Espagne) des blocs de grosses dimensions dont la mise en place présente des particularités intéressantes. Ils ont 12 mètres de longueur, 6 de large et 5 m. 25 de haut en moyenne. Ces blocs creux sont divisés par une cloison transversale de manière à augmenter leur rigidité, ils pèsent 260 tonnes.
- On les a moulés en arrière du quai sur un chantier, puis ils ont été transportés au moyen d’une grue roulante à portique jusqu’au bord de l’eau. A cet endroit les blocs étaient repris par une grue flottante ou déposés sur des pontons, la grue flottante remorquant tout un convoi de ces pontons jusqu’à l’emplacement de la digue que l’on voulait construire.
- La grue employée est montée sur un ponton de 55 mètres de longueur et de 18 mètres de large, construit entièrement en métal. Il est divisé par des cloisons qui forment des compartiments étanches et assurent une grande rigidité ; ceux d’arrière forment water-ballast de chaq .e côté et ils sont séparés par un compartiment lesté par des pierres. Dans le milieu est placée la chaudière qui fournit la vapeur nécessaire à l’actionnement des treuils principaux et des treuils auxiliaires. La grue pst desservie par 6 hommes d’équipage.
- L’appareil de levage proprement dit est simple. Il est formé d’une volée à deux jambages fixés sur le ponton par des patins, qui prennent appui sur les cloisons de la coque renforcée à cet endroit. Les jambages qui travaillent à la traction sont formés de fers à U réunis par un treillis. Quant aux jambages avant travaillant à la compression, leur section est rectangulaire formant un tube constitué de tôles et de cornières. À la partie supérieure ils sont élargis et laissent la place aux poulies de suspension de la charge. Celle-ci est soulevée par un treuil double où s’enroulent les câbles de levage principaux.
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- Fig. i. — Grue flottante pour la manutention de gros blocs de béton. Manœuvre d’essai avec une charge de 3oo tonnes.
- Il a été nécessaire, étant données la forme et la dimension des pièces à manutentionner, de prévoir des dispositifs particuliers de suspension. Il n’était pas possible, en effet, de se contenter de crochets ordinaires de levage, car on aurait perdu un temps considérable dans la manœuvre et l'a mise en place des élingues.
- On a donc suspendu à la grue un châssis robuste, qui porte à son tour des balanciers triangulaires groupés deux à deux. Ces organes de suspension proprement dits pénètrent à l’intérieur du bloc. Ce sont des barres en acier fondu comportant un talon extrême, qui s’engage dans un évidement préparé à l’avance dans le bloc de béien au moment de la fabrication.
- Les barres sont ainsi articulées deux à deux au moyen de leviers et quand on soulève un bloc, elles s’écartent de manière que les talons pénètrent dans les évidements. Le coincement du cadre en charpente, dans la partie la plus basse, assure la position voulue pendant le soulèvement du bloc.
- Lorsque le bloc est mis à la place qu’il doit occuper, il suffit de soulever le cadre de charpente auquel sont articulées les harres de suspension, pour les rapprocher l’une de l’autre et dégager le talon des évidements où il se trouve. Il suffit alors de soulever le châssis et la grue est en position de travail pour la manœuvre d’un autre bloc.
- Cette grue flottante de 500 tonnes, construite en Hollande, a été remorquée par mer jusqu’à Valence.
- E.-H. Weiss.
- Fig. 2. — Châssis de suspension des blocs. On voit les balanciers munis de talons à leurs extrémités
- Le Gérant : P. Wapeok. — Imprimerie LuHtur, P, rue de Fletuug, Pans. — 1920.
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- Quelques animaux du Sahara : Léon Bertin.
- L’utilisation de l’énergie thermique des mers : Paul Boucherot et Oeogres Claude, L’électricité dans l’aiguillage et la signalisation : André Bourgain.
- Autour d’un centenaire ; D' Cabanès.
- Le mystérieux “ sens de 1 espace ” chez les pigeons voyageurs : Jean Casamajor. Aspiration et soufflage des suies de chaudières : E.-H. Weiss.
- SUPPLÉMENT : Informations. — Science appliquée. — Variétés.— Recettes et procédés utiles.
- Boîte aux lettres — Bibliographie.
- LE NUMÉRO : France. I tr. 50
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- LA NATURE
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- LA NATURE. — N° 2748.
- 4 décembre 1920
- QUELQUES ANIMAUX DU SAHARA
- Fig. i. — Gazelles dorcades.
- Animaux les plus rapides du Sahara. Des expériences faites en automobile ont montré qu’elles peuvent soutenir pendant i5 minutes une vitesse de 70 kilomètres à l'heure.
- Un livre très intéressant (*) vient d’être consacré aux animaux vertébrés du Sahara, par M. Louis Lavauden, Inspecteur des Eaux et Forêts, qui connaît « son » Sahara pour l’avoir parcouru maintes fois et en tous sens. /
- Ce n’est donc pas une mauvaise plaisanterie, comme on le pourrait croire à première vue, d’entreprendre une étude des animaux sahariens.
- Les déserts, si déserts soient-ils, ne sont pas absolument dépeuplés.
- Nous verrons qu’il existe dans les sables brûlants, parmi les dunes, plusieurs sortes d’antilopes, de gazelles, d’oiseaux et de reptiles.
- On évalue à 500 espèces environ les Vertébrés du Sahara. En voici le décompte approximatif :
- Mammifères . . 87 espèces.
- Oiseaux .... 125
- Reptiles .... 58 —
- Batraciens ... 5 —
- Poissons .... 19 —
- L’intérêt de ces animaux est double. D’abord ils présentent en général des caractères spéciaux d’adaptation à la vie désertique. On conçoit qu’ils ne pour-
- 1. Lavauden (Louis). Les Vertébrés du Sahara, Tunis, 1926., 200 pages, caries et figures.
- Fig. 2. — Guépards du Sahara.
- Ces carnivores, qui tiennent à la fois des chiens et des chats, tiennent la place du lion dans le Sahara..
- 54e Année. — 2" Semestre.
- raient vivre, sous un climat aussi rude, en l’absence de dispositions organiques particulières. D’autre part, une revue même très succincte de la faune saharienne impose l’idée que toute la région actuellement désertique du continent africain, était autrefois sillonnée de rivières, occupée par des lacs et couverte d’une végétation assez riche. Le Sahara n’est un désert que depuis quelques milliers d’années. Il ne l’était sans doute pas à l’époque néolithique, c’est-à-dire à la fin du Quaternaire et au début des temps actuels.
- L’étude des adaptations à la vie désertique exige qu’on soit renseigné tout d’abord sur cette dernière. Qu’est donc le Sahara? quel climat présente-t-il?
- On pensait autrefois, et quelques personnes croient encore aujourd’hui, que le Sahara est une immense plaine de sable uniforme. Or, c’est en réalité une région qui présente des paysages extrêmement variés, depuis la chine ou erg, formidable amas de sable où peuvent se perdre et s’enliser les caravanes, jusqu’à la hammada, constituée par des surfaces rocheuses et luisantes, parsemée souvent de pierres qui sont dues à l’éclatement du roc sous l’action violente et répétée des écarts de température. Les géographes distinguent encore le reg, ensemble de terrains plats et graveleux, dont le vent a fait disparaître tout ce qui était élément meuble (sable et argile). Il va sans dire que le Sahara présente de distance en distance des oasis, où des sources souterraines permettent une végétation arborescente et la vie semi-sédentaire d’animaux de toutes sortes.
- Hormis les oasis; qui ne sont que des points épars dans le désert, on peut dire que celui-ci tire son uniformité beaucoup moins du sol que du climat. Dunes, hammadas et regs ont un certain nombre de caractères comqimis qui les distinguent
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- Fig. 3. — Hyènes rayées et chacals.
- des régions non sahariennes. Ce sont l’extrême sécheresse de l’air et du sol, la violence du vent, la très grande différence entre les températures diurne et nocturne, enfin la puissance des rayons solaires. Le Sahara est par excellence le pays des insolations. Dur pays, en vérité, où l’homme ne peut vivre en permanence. Nousf allons voir pourtant que des centaines d’espèces d’animaux vertébrés, — et non moins d’invertébrés, — ont pu s’y adapter et y prospérer.
- Un milieu aussi particulier que le grand désert africain n’a pas manqué de mettre son empreinte et comme sa marque de fabrique sur les animaux qui l’habitent.
- Cette faune est composée en majeure partie d’animaux coureurs ou sauteurs capables de parcourir de grands espaces à la recherche de l’eau et de la nourriture. Tels sont les autruches, les gazelles, les gerboises, les guépards dont nous reparlerons bientôt.
- Le sable est un obstacle à la marche parce qu’on y enfonce à chaque pas. Aussi le chameau et l’autruche ont le dessous des pattes fortement élargi pour mieux se soutenir sur un sol aussi meuble. Le pied large, élastique et plat du chameau « se moule sur les aspérités rocheuses de la hammada ou s’étale dans le sable mouvant des dunes ». D’autres animaux, notamment certains lézards comme les scinques, ont acquis le pouvoir de nager dans Je sable aussi facilement que des poissons dans l’eau.
- Pour résister à l'intense chaleur du jour, en général les animaux se réfugient dans des terriers dont ils ne sortent que la nuit. La plupart des Vertébrés sahariens sont nocturnes. Il faut excepter cependant les antilopes et les gazelles, dont les troupeaux errent en pleine surface ensoleillée, lorsqu’ils 11e suivent pas de préférence les bas-fonds séparant les dunes. Une curieuse remarque est faite par M. Lavau-den au sujet des Reptiles. Tandis que les adultes .craignent l’insolation, les petits, au contraire,
- semblent y être insensibles. « C’est un spectacle vraiment étonnant que de voir des Reptiles nouveau-nés affronter délibérément les plus fortes chaleurs de l’été saharien, alors que leurs parents se cachent pour se soustraire aux ardeurs du soleil. » L’action des rayons solaires a uniformisé la couleur des pelages et des plumages. Presque tous les animaux du désert ont une coloration jaunâtre analogue à celle du sable. Souvent le dos est plus foncé que le ventre, ce qui fait que l’un étant plus éclairé que l’autre, tous deux paraissent avoir la meme teinte chez l’animal vu de loin. Il est coutume de considérer de tels phénomènes comme ayant un rôle protecteur. L’animal, dit-on, étant couleur de sable, se dissimule mieux à ses ennemis ou à ses proies. En vérité, c’est ne faire intervenir que la vue et n’attribuer aucun rôle à l’odorat dans les rapports mutuels des êtres.
- La théorie du mimétisme n’est qu’une conception abstraite et arbitraire qui ne tient pas compte de tous les facteurs en jeu. Examinons par exemple le cas des gazelles du désert. Elles ont une couleur jaune de sable sur le dos et les flancs, et le ventre d’un blanc pur. Or, sont-elles ainsi protégées contre leur principal ennemi, le guépard, sorte de pan-
- hig. 4. — Fennecs ou renards du Sahara. Remarquer leurs longues oreilles et leur forme élégante.
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- thère à longues pattes, qui hante le domaine qu’elles habitent? Nullement, car le guépard joint à une vue perçante un odorat subtil et une patience de félin. Aussi les gazelles ont acquis d’autres moyens de protection plus efficaces que la couleur de leur pelage. Ce sont les plus rapides des animaux. Des expériences faites en automobile ônt montré que leur vitesse peut atteindre 70 km à l’heure et se soutenir pendant quinze à vingt minutes. Il s’agit par conséquent d’une performance dont serait incapable le meilleur cheval de course. Le guépard ne parvient à toucher une gazelle que s’il s’en est approché, d’abord suffisamment près, en rampant, pour n’avoir plus ensuite qu’une centaine de mètres à parcourir de toute la vitesse dont il est capable. Enfin la gazelle est protégée contre ses ennemis par un odorat extrêmement subtil et qui dépasse celui des meilleurs chiens de chasse. Vitesse et flair rendent la chasse de cet animal extrêmement difficile. On pourra consulter à ce sujet l’œuvre cynégétique du Général Margueritte : Les Chasses de l'Algérie.
- Le Mammifère saharien par excellence est le chameau à une bosse ou dromadaire. Comme son congénère à deux bosses des déserts asiatiques, il porte sur son dos sa réserve de nourriture et possède dans son estomac des replis où l’eau peut se conserver pendant plusieurs semaines. Ainsi s’explique . la légendaire sobriété du chameau. Il peut vivre longtemps sans manger ni boire, parce qu’il possède et porte toujours sur soi des provisions dont il use à mesure que le besoin s’en fait sentir. Chameaux et dromadaires, après un long voyage en région désertique, n’ont plus que des bosses amaigries et vidées en quelque sorte de leur contenu. Un autre
- habitant du Sahara, Vantilope addax, jouit aussi de l’avantage d’avoir des poches à eaù dans son estomac. Les chasseurs du désert ont coutume de boire, lorsqu’ils ont abattu l’animal, le liquide légèrement acidulé dont il s’agit.
- Beaucoup d’idées inexactes sont répandues en ce qui concerne les animaux du Sahara. ,En voici une par exemple. Quand on parle du lion, on se le représente comme une des créatures les plus typiques du désert. Peintres eL littérateurs se sont maintes fois complu à ce sujet. Or le lion n’est aucunement saharien. C’est avant tout un animal forestier ou qui vit dans la brousse, rarement sur un sol nu. On le trouve au sud du Sahara, près du lac Tchad. Il existait jadis en Algérie et en Tunisie. Mais au Sahara, son rôle est tenu par un autre félin, le guépard, animal haut sur pattes, excellent coureur, au pelage assez analogue à celui d’une panthère. Le guépard a des griffes non rétractiles et mousses comme celles du chien. C'est un véritable chien-chat, intermédiaire aux deux familles des Canidés et des Félidés. Son habitat de prédilection TÿJJlll est la dune où il se nourrit principalement de gazelles et d’antilopes.
- Le guépard n’est point très redoutable et fuit devant l’homme. C’est aussi le cas des hyènes, des chacals et des renards. Il y a deux hyènes du désert : Yhyène rayée (fig. 5) et P hyène tachetée, cette dernière atteignant une plus grande taille et vivant plus au sud que la première. Toutes' deux, d’ailleurs, sont nocturnes et se nourrissent non seulement de cadavres, mais aussi de pièces de bétail qu’elles ravissent aux troupeaux des Touaregs. Elles ont donné lieu à diverses légendes. La cervelle d’hyène passe pour rendre les jeunes lilles amou-
- pig. 6. — Naja ou serpent à lunettes (à gauche) et vipère heurtante on-serpent crachcur (à droite).
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- reuses et entre, par suite, dans la composition de philtres réputés infaillibles.
- ; Un des renards les plus jolis est sans aucun doute le fennec (fig. 4) qui se creuse des terriers dans le sable des dunes et se nourrit de lézards et de gerboises. Il a des formes élégantes, un museau fin, d’immenses oreilles. Son pelage est couleur de sable en dessus et blanc sur la face ventrale. Quant à sa taille, toujours restreinte, elle ne dépasse guère celles du ratel et du zorille, qui sont des espèces de blaireaux nocturnes assez communs dans le Sahara. Avec eux se termine la série des Carnivores.
- Aucun n’étant vraiment à craindre pour l’homme, es seuls animaux vraiment redoutables du désert sont les serpents venimeux dont il existe au moins six espèces.
- Le naja ou serpent à lunettes, la vipère cornue et la vipère heurtatile (fig. 6) sont justement redoutés des voyageurs.
- Le plus grand de tous est le naja qui peut atteindre et même dépasser deux mètres de longueur.
- Son cou fortement dilatable, par suite de l’écartement des premières côtes, lui donne un aspect assez impressionnant. Bien que de taille réduite et ne dépassant guère 70 cm, la vipère à cornes passe pour la plus dangereuse bête du désert, à cause de ses mœurs nocturnes et de la tendance qu’elle a, en cherchant la chaleur, de se glisser dans les tentes, sous les tapis et les couvertures.
- On raconte que parfois son extrême abondance force des caravanes à fuir, après avoir perdu des hommes et des chameaux.
- La vipère heurtante n’habite que les confins méridionaux du Sahara. Elle est dénommée quelquefois serpent cracheur, en raison de l’abondance de son venin qui s’écoule comme une bave.
- Sans respecter l'ordre zoologique, nous avons laissé, pour la fin de cette étude, un certain nombre d’animaux dont l’observation permet de conclure à un changement climatérique assez récent de toute la zone saharienne.
- C’est ainsi que l'autruche, oiseau saharien par
- excellence, est en voie d’extinction et ne se trouve plus qu’en quelques endroits. Mais ses débris d’œufs se rencontrent partout. Peut-on attribuer, comme le fait M. Lavauden, cette disparition de l’espèce uniquement aux chasses qui lui ont été livrées depuis un demi-siècle?
- Le cas n’est-il pas analogue, au contraire, à celui du crocodile? Cet animal, dont l’existence en plein Sahara fut longtemps objet de controverse, a été vu en 1910, puis tout récemment en 1924-1925, dans le Tassili des Azdjers. Il est confiné dans quelques petits lacs et voué certainement à disparaitre en même temps qu’eux.
- Le Sahara se dessèche progressivement. Jadis il possédait un système hydrographique étendu, avec
- des fleuves, des rivières et des lacs. Les preuves de telles assertions résultent autant de la zoologie que de l’orographie.
- Parmi ses nombreuses espèces d'oiseaux sédentaires, le Sahara possède des hirondelles. Or, chose curieuse, ce sont des hirondelles de rivage, localisées à peu près sur l’emplacement des anciens oueds.
- Enfin les plus savantes recherches portent à une vingtaine le nombre des espèces/le Poissons du Sahara. Des barbeaux et des vairons vivent en compagnie de poissons-chats dans toutes les mares et les sources autour desquelles se sont établies les oasis. Enfin poissons d’origine européenne coexistent avec d’autres qui n’ont pu venir que d’Afrique équatoriale. Force est donc d’admettre l’existence ancienne d’un grand fleuve, l’fgharghar, qui aurait traversé le Sahara du Sud vers le Nord pour venir se jeter dans la Méditerranée. Peut-être absorbait-il la majeure partie des eaux du bassin actuel du Niger.
- Les causes d’un changement aussi complet de régime sont inconnues. Mouvements du sol, enlisement par le sable, tout peut être invoqué avec plus ou moins de raison. Un vaste champ est ouvert de la sorte aux investigations des géographes.
- Lkox Bei\ti.n,
- .Vyréué, 0odeur es sciences.
- lu g. — Autruches du Sahara.
- Les mâles et les femelles se distinguent nettement à leur plumage. Animaux en voie de disparition..
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- L’UTILISATION DE L’ÉNERGIE THERMIQUE DES MERS
- Nous croyons intéressant de publier in extenso I la communication sensationnelle présentée à | l'Académie des Sciences, le 15 novembre dernier par MM. Boucherot et G. Claude.
- J’ai l’honneur de présenter à l’Académie, au nom de M. Paul Boucherot et au mien, le résultat de nos études sur l’utilisation, dans des conditions assez inattendues, de l’un des faits les plus étranges et les plus grandioses de la physique du globe.
- On sait maintenant que même sous l’équateur, l’eau des grandes profondeurs, grâce aux courants venus des mers polaires, se maintient en tous temps, avec une grande constance, à des températures très basses, 4 à 5° C. à 1000 m. d’après Bogulawski.
- On sait, d’autre part, que la température de surface de la mer, en même temps quelle s’élève à mesure qu’on va vers l'équateur, devient plus régulière; sous les tropiques la variation thermique d’un bout de l’année à l’autre n’atteint pas 3°, et la température de surface y évolue, suivant les régions, entre 26 et 50°.
- Il résulte de là qu’en toutes les mers profondes des tropiques existent, presque au contact, les deux termes d’une différence de températures merveilleusement constante en toutes saisons et par tous temps, et appliquée respectivement à l’eau des profondeurs, indéfiniment refroidie par le rayonnement polaire, et à l’eau de surface, perpétuellement chauffée par le Soleil.
- Tel est le fait qui sera sans nul doute le point de départ d’une solution grandiose du problème de l’utilisation delà chaleur solaire. Si l’on n’y a pas prêté l’attention qu’il mérite, c’est que sans doute deux raisons essentielles paraissaient s’opposer à son utilisation.
- La première, c’est l’inaccessibilité des eaux profondes. Mais cette inaccessibilité est plutôt apparente, puisqu’un simple tuyau ou canal de section suffisante, calorifugé au besoin et pénétrant jusqu’à ces eaux profondes les remontera sans effort en vertu du principe des vases communicants; il suffira de les y pomper comme on pomperait dans la mer, à cela près qu’à l’équilibre, les eaux profondes, plus denses, s’arrêteront dans le tuyau à 1 m. environ sous la surface marine(*).
- La seconde difficulté résulte de la petitesse de l’écart de température en question dont les 20 à 22 degrés sont effectivement si éloignés des différences de température dont l’industrie tire aujourd’hui la force motrice. Or, nous avons été conduits, pour l’utilisation facile de cet écart de température, à un moyen sans doute fort inattendu".
- 1. Il y a en général dans l'Océan, d’après J. Thoulet, un excès de salure des couches superficielles qui tend à atténuer encore la différence ci-dessus; d’autre part, l’eau profonde ne contient pas en général, suivant les océanographes, plus de • gaz dissous que l’eau de surface.
- Nous avons, en effet, cherché ce que pourrait donner l’emploi, comme fluide moteur, delà vapeur d’eau directement fournie par l’eau chaude de surface. Evidemment, c’était là pure curiosité, l’extrême petitesse des tensions de vapeur de l’eau à 25 ou 30° ne nous donnant aucun espoir. Or, à notre stupéfaction, nous avons constaté combien les conditions ainsi réalisées conviennent excellemment aux turbines à vapeur qui, spécialement équipées pour ces conditions mêmes, paraissent avoir été créées pour fonctionner sous des pressions motrices inférieures même au vide des condenseurs usuels.
- C’est ainsi, par exemple, que la vapeur fournie par de l’eau à 24°, dont la pression n’est que de 3/100 d’atmosphère, aspirée par le vide de 1/100 d’atmosphère que peut maintenir au condenseur de l’eau à 7°, prendra une vitesse d’écoulement de 500 m. par seconde en communiquant à une turbine à une seule chute, une vitesse optimum éminemment favorable de 250 m. par seconde. Et chaque kilogramme de cette vapeur à 0,05 atmosphères, dont la pression est donc 700 fois plus petite que celle de la vapeur à 20 atmosphères, ne produira pourtant qu’un travail cinq fois moindre que cette vapeur à 20 atmosphères se détendant de 20 à 0,2 atmosphères. Aucun doute n’est possible sur ces indications de la thermodynamique, mais elles paraissent au premier abord si surprenantes que nous avons tenu à donner la preuve expérimentale de leur exactitude.
- Un disque de turbine Laval de 15 cm de diamètre, établi pour fonctionner sous des pressions de 20 atmosphères, donc dans des conditions infiniment éloignées de celles auxquelles on va le soumettre,, communique à l’amont avec un flacon de 25 litres contenant de l’eau à 28°, à l’aval avec un espace rempli de morceaux de glace. On enlève à l’aide d’une pompe l’air de cet ensemble. Dès que la pression intérieure est abaissée au-dessous delà tension de vapeur de l’eau, celle-ci se met à bouillir violemment et la vapeur produite va se condenser dans la glace à travers la turbine. Celle-ci se met bientôt en route pour atteindre une vitesse de 5000 tours par minute, tandis que 3 petites lampes sont portées au blanc éblouissant et ne s’éteindront que lorsque l’eau sera refroidie au-dessous de 20° par son intense ébullition, malgré le rendement forcément détestable d’un si petit appareil fonctionnant sous ces minuscules pressions.
- Or, ceci est, sur une échelle infiniment réduite, la reproduction même de ce que nous voudrions réaliser sur une grande échelle dans un avenir prochain. Voici l’une des variantes possibles.
- Au lieu du moyen habituel d’une chaudière chauffée extérieurement par la source chaude, c’est l’eau de surface elle-même qui, aspirée continuellement dans le bouilleur, y produira la vapeur.
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- L'UTILISATION DE L’ENERGIE THERMIQUE DES MERS
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- Elle y séjournera juste le temps de se refroidir un peu par su. violente ébullition sous la pression réduite entretenue à travers les turbines par l'effet de l’eau froide au condenseur, puis, à peine refroidie, sera expulsée au dehors et remplacée par de l’eau neuve, tandis que les torrents de vapeur à 3/100 d’atmosphère ainsi continuellement produite se précipiteront vers l’eau de condensation à travers des turbines d’une construction adéquate à ce souffle presque immatériel.
- Supposons que dans son passage l’eau chaude se refroidisse de 5° par son ébullition, ce qui n’affectera pas trop sa tension de vapeur. C’est donc 5000 calories extraites par mètre cube d’eau de surface, soit 8 kg de vapeur qui, utilisés entre 3/100° et 1 /100e d’atmd'sphère donneront théoriquement 100 000 kilogrammètres. Telle est l’énorme quantité d’énergie, équivalente à celle que ce mètre cube d’eau produirait en tombant de 100 mètres, qu’on peut tirer de la mer en quantités absolument illimitées.
- On voit combien incomparablement cette.solution dépasse celle des marées puisque ce même mètre cube, même en ce point privilégié du monde qui est notre Mont Saint-Michel, ne produirait — et avec quelle déplorable irrégularité — que'le travail moyen de 3 m. de chute!
- Nous estimons que le rendement des turbines ou appareils équivalents, dépassera 75 pour 100. On extraira donc 75 000 kilogrammètres effectifs par mètre cube d’eau chaude. Il ne faudra dépenser au plus que 30 000 kilogrammètres pour pompage de l’eau chaude et froide, extraction des eaux usées, des gaz dissous, ce qui est un des gros points, etc... Il y aura donc gain net de 45 000 kilogrammètres par mètre cube, soit pour 1000 m3 par seconde, une puissance nette de 400000 kilowatts.
- Or, nos études nous permettent d’espérer qu’une telle installation, capable d'un fonctionnement ininterrompu d’un bout de l’année à l’autre, et bravant la tempête par son énormité même, ne coûterait pas plus cher que les chutes d’eau les plus favorisées.
- La caractéristique essentielle de notre époque, c’est le rôle toujours plus grand de l’énergie mécanique dans la civilisation. De jour en jour celle-ci a le sentiment plus net que ses besoins dépasseront ses ressources. Entre autres indices, on sait quel cri d’alarme vient de pousser le Fédéral OU Conservation Board des États-Unis en estimant à six ans les réserves de pétrole actuellement disponibles de ce pays."Les chiffres que nous venons de donner nous amènent à cette conclusion dont l’immortel auteur de Vingt mille iieues sous les mers se fut sans doute réjoui, que-c’est sans doute par l’énergie des mers que l’humanité sera débarrassée de ce souci.
- Bien entendu, nous espérons vivement que nos belles colonies seront parmi les premières bénéficiaires de ces nouvelles ressources. Mais l’effioacité de cet' emploi des turbines est telle que des diffé-
- rences de températures moins éloignées de nos rivages seront elles-mêmes utilisables, surtout si l’on se résigne à leurs variations saisonnières; et, les progrès de la technique du transport de l’énergie aidant, peut-être ne faut-il pas désespérer de voir la France elle-même bénéficier de ces ressources.
- Certes, ce ri’est pas tout de suite que d’immenses stations, trouvant dans leurs dimensions mêmes la sécurité contre la tempête, flotteront sur la mer profonde — généralement assez distante des côtes — ni qu’elles pourront transmettre à la terre puis envoyer au loin leur torrents d'énergie, dans la mesure où ils ne seront pas utilisés sur place. L’étape préalable d'usines côtières devra être franchie : nous avons étudié à cet effet les moyens de réaliser une usine de démonstration de 12 000 à 15 000 kilowatts abritée dans un port voisin des eaux profondes et relié à celle-ci par un tube s’enfonçant rapidement sous la surface liquide.
- Or, cette installation n’apporterait pas seulement dans ce port l’énergie électrique, mais en même temps le froid et dans des conditions bien capables de combattre l’ardente chaleur et l’intense humidité, ces deux fléaux des régions tropicales dont notre illustre confrère Maurice Leblanc avait fait le sujet de ses préoccupations.
- On remarquera, en effet, que chaque mètre cube d’eau sous-marine, en se réchauffant seulement de de 8 à 18°, température encore très basse pour ces régions, équivaut à 100 kg de glace, et que de cette eau froide, la petite installation ci-dessus ferait sortir 100000m3 par heure du fond de l’Océan! soit l’équivalent de 10 millions de kg de glace par heure à notre disposition.
- Cette possibilité d’obtenir dans les régions équatoriales le froid en quantités aussi immenses et à un prix trente fois au moins plus bas que par les procédés actuels apparaîtra sans doute comme un des éléments les plus importants d’une pareille solution.
- On estimera peut-être ces espérances trop belles, ces conceptions trop hardies pour se réaliser jamais. Outre que nous les croyons beaucoup moins audacieuses que celles des hommes qui osèrent jeter entre les continents les premiers câbles sous-marins, on nous permettra de puiser dans notre carrière déjà longue une conviction contraire,
- Nous avons déjà vu assez d’affirmations osées devenir réalités quand elles reposent sur des basés logiques, assez de conceptions hardies triompher des critiques quand elles postulent vraiment le progrès, pour ne pas mettre en doute l’avenir de ces idées. Quand un procédé se révèle capable de tirer de la mer — à l’égal de 20 Niagaras s’il le faut — l’énergie qu’elle donnerait en tombant de 100 m., quand ce procédé apparaît susceptible d’un moindre coût d’installation, d’une régularité incomparable, d’un prix de l’énergie plus bas, en même temps de fournir le froid en quantités capables de changer l’habitabilité de superbes régions, on peut être fixé.
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- 359
- On fera des objections, bien entendu; on exprimera des craintes, on opposera les risques de la tempête, la traîtrise des courants, le mystère des abîmes, mais, à moins d’une révolution comme celle qu’apporteraient la transformation directe des radiations solaires ou l’utilisation de l’énergie intra-atomique, rien n’empêchera l’homme de prendre
- une fois de plus possession de la mer pour cette nouvelle conquête — et d’en avoir raison.
- C’est à .cette tâche, dont nous ne voudrions dissimuler ni les difficultés ni les risques, que nous voulons nous consacrer.
- Paul Bouciierot et Georges Claude.
- L’ELECTRICITE DANS L’AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION ,')M'
- tel....
- II. — LES ENCLENCHEMENTS
- Dans le voisinage des gares, le problème de la sécurité revêt des formes très complexes, en^raison de la présence des aiguilles et des croisements de voies. Alors qu’en pleine voie il suffit de protéger les sections occupées, il faut de plus, dans le cas qui nous occupe, empêcher toute convergence simultanée de trains vers un même point.
- La nécessité d’employer des dispositifs établissant entre les différents mécanismes, tant d’aiguilles que de signaux, des liaisons capables d’empêcher les combinaisons dangereuses, s’est imposée depuis longtemps. Ces dispositifs ont reçu le nom à'enclenchements.
- La serrure Bouré. — Le dispositif le plus simple, ’ connu sous le nom de serrure Bouré, est celui que l’on trouve dans la plupart des petites gares et grâce auquel le levier d’une aiguille ou d’un signal se trouve immobilisé tant qu’on ne l’a pas libéré au moyen d’une clé, celle-ci restant d’ailleurs prisonnière dans la serrure tant que le levier n’a pas été ramené à la position initiale. On rend impossible la manœuvre simultanée de plusieurs aiguilles ou signaux en munissant le levier de chacun d’eux d’une serrure identique ; la clé de commande étant
- - unique, on ne
- - - - ---------------- peut avoir qu’un
- seul levier renversé à un instant donné. Grâce au type de serrure qui libère une seconde clé lorsqu’une première clé est prisonnière, on établit aisément un ordre de manœuvre, par exemple entre aiguille et signal.
- On peut, avec la serrure Bouré, obtenir sans
- Fig. 2. — Levier de commande grande dépense, du moteur Aster à pile. des liaisons ab-
- 1. Voir nos 2759.
- Fig. r. — Transmetteur de clé de serrure Bouré.
- solument sûres et aussi complexes que l’exigent les circonstances.
- On reproche à ce système de nécessiter le déplacement effectif dés agents chargés de l’aiguillage, ce qui, lorsque la distance à parcourir atteint quelques centaines de mètres, peut provoquer des retards notables dans les manœuvres.
- Afin d’obvier à cet inconvénient, on a installé dans certaines gares des transnietteurs de clé qui permettent d’obtenir à distance la libération d’une clé. Il existe depuis longtemps des transmetteurs mécaniques ; mais actuellement on accorde la préférence aux transmetteurs électriques.
- L’un des plus récents de ces derniers, le transmetteur Aster (fig. I), présente une ouverture
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- Fig. 3. — Détail du transmetteur de clé Aster.
- destinée à recevoir la clé ; il est connecté électriquement avec un transmetteur semblable placé à proximité de l’autre levier. La clé unique est alors remplacée par deux clés identiques, mais les transmetteurs sont établis de telle manière que l’une ou l'autre clé se trouve prisonnière et ne puisse être
- libérée qu’a^rès l’engagement de celle du transmetteur réciproque. On a ainsi les mêmes garanties qu’avec une clé unique réellement transportée d’un point à un autre.
- La clé à transmettre est engagée dans la serrure du transmetteur et tournée à fond dans le sens où
- Fig. 4. — Enclenchement binaire réciproque {première forme).
- I. Les leviers A et B sont droits; l’un ou l’autre peut être renversé. II. Lorsque le levier A est renversé, le levier B ne peut l’être. III. Lorsque le levier B est renversé, le levier A ne peut l’être.
- Fig. 5. — Enclenchement binaire réciproque {deuxième formé).
- I. Les leviers A et B sont droits: il est impossible de renverser le levier B avant le levier A. IL Dès que le levier A]
- est renverse, le levier B peut l’être à son tour.
- III. Les leviers A et B sont renversés : il est- impossible de redresser le levier A avant le levier B.
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- POSTE
- Vois de tiroir
- Signai avancé
- \£^\Poteau de limite de protection du signa! avancé jjJÊ^Signa! rouge et “b!a ne d'arrêt absolu (voies princip.) Hp.Sjÿna/Jaune d'arrêt absolu Aiguille
- Enclenchement
- indirect
- intéressant
- Signaux (fermés) Aiguilles
- (Position normale )
- Fig. 6. — Schéma de la gare de X. et de ses enclenchements.
- On remarque, sur ce schéma très simple qui ne comporte que io leviers, les principaux types d’enclenchements : les deux formes binaires réciproques, des enclenchements à deux trous (entre le levier des aiguilles 3, 5, 8 et le levier du signal 5; entre le levier de l’aiguille 6 et le levier du signal 2); un enclenchement trinaire (entre les leviers des aiguilles 3,5, 8 et du. signal 5, d’une part, l’aiguille 6 et le signal 2 d’autre part). L’enclenchement entre les leviers des signaux 4 et 6 (au milieu de la figure) est de la deuxieme forme et nondè la première comme l’indique une erreur de dessin.
- elle est prisonnière ; cette opération r#1 ri déplace de haut en bas une barre B (fig. 5), des plots p fixés à la barre établissent alors des contacts qui permettent à un courant d’exciter l’élec-tro-aimant du transmetteur correspondant. L’armature de l’électro-aimant de ce dernieré tant soulevée, la barre se trouve débloquée et la clé peut être tournée et enlevée. /
- Un voyant, rouge lorsque la clé réciproque ri est pas engagée à fond dans l’appareil, est blanc lorsque cette clé est dans la position voulue pour permettre l’excitation de l’électro-aimant.
- Le transmetteur de clé évite des allées et venues de personnel; mais avec lui, la présence d’un agent auprès de l’aiguille à manœuvrer est obligatoire. Les moteurs à piles, commandés à distance au moyen de leviers commutateurs enclenchés par des serrures Bouré donnent le moyen d’éviter tout déplacement d’agent, même dans le cas d’aiguilles très éloignées.
- Le levier commutateur Aster (fig. 2), qui peut aussi bien servir à la commande électrique d’un signal, peut prendre deux positions et être immobilisé dans chacune d’elles par des enclenchements. Une barre A, pourvue de trous, bloque le levier lorsque la ou les serrures S, placées au-dessous, n’emprisonnent pas leurs clés et réalise un enclenchement mécanique. Un enclenchement électrique est obtenu au moyen d’un verrou disposé vers l’extrémité de l’axe commandé par le levier : deux cames guident les mouvements de deux pièces en forme de Y et obligent tantôt l’une, tantôt l’autre, suivant le sens du mouvement, à pénétrer en fin de course dans une encoche immobilisant l’axe. Le verrouillage mécanique ainsi obtenu diffère de celui procuré par la barre d’enclenchements en ce que le déverrouillage résulte du passage d’un courant dans un électroaimant.
- 6
- C
- L’axe de ce levier est muni d’un commutateur constitué par un cylindre isolant sur lequel sont fixés des secteurs métalliques.
- Le courant de contrôle reçu normalement du moteur alimente un relais indicateur et maintient au blanc un petit voyant.
- En agissant sur le levier, on peut faire tourner l’axe d’environ 90° : les contacts sont rompus et de nouveaux s’établissent. Le relais de contrôle cessant d’être excité, le voyant passe' au rouge. Les nouveaux
- o o
- Jo o
- Barre
- A
- B
- Fig. 7. — Enclenchement binaire non. réciproque.
- Le levier B ne peut être manœuvré que si le levier A est droit ; mais le levier A
- peut être manœuvré quelle que soit la position du levier B1
- Fig. 8. — Schéma des enclenchements Saxby.
- Lorsque le levier de la barre est droit (D), le gril b seul est immobilisé. Lorsque l’on renverse le levier, la barre subit un déplacement de 42 mm vers la gauche ; pendant la durée de ce mouvement, les grils b, c et d sont immobilisés. Enfin, quand le levier est renversé, seul le gril c est immobilisé.
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- 362 = L’ÉLECTRICITÉ DANS L’AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION
- Fig. g. — Appareil Saxby muni 'de commutateurs de sélection
- L, levier de commande; M, manette; B, barre à taquets;
- G, grils; T, taquets; S, commutateur.
- contacts établis excitent le relais du moteur, ce dernier se met en marche ; dès que le mouvement est achevé, le courant de commande est retourné au poste et, en ramenant au blanc le voyant de contrôle, donne l’assurance que l’aiguille occupe réellement la position qui lui a été assignée.
- Plusieurs réseaux se proposent, grâce à ce système, de mettre les commandes d’aiguilles et de signaux des petites gares entre les mains du chef lui-même.
- Les enclenchements à liaison directe. — Dans les gares plus importantes, les enclenchements sont obtenus ai* moyen d’appareils assurant entre les divers organes de commande une liaison directe.
- Ce résultat peut être aisément obtenu en faisant commander par chaque levier de manœuvre, outre l’appareil récepteur, deux glissières perpendiculaires A a, B b (fig. 4),J l’un des systèmes étant muni d’un verrou v, alors que l’autre est pourvu d’un trou t, capable de recevoir le verrou.
- Par l'emploi d’un seul verrou et d’un seul trou, on réalise, entre deux appareils un enclenchement binaire qui, selon la façon dont il est agencé, peut soit empêcher de renverser un levier si l’autre l’est déjà (fig. 4, Il et III), soit obliger à effectuer dans un ordre déterminé la manœuvre de deux leviers (fig. 5).
- La première forme de liaison se rencontre notamment dans l’enclenchement de deux signaux d’arrêt
- absolu protégeant le point de convergence de deux voies qui se réunissent en un tronc commun, le dispositif empêche les deux signaux de se trouver ouverts simultanément.
- Pour enclencher un signal d’arrêt absolu avec un signal de ralentissement, on emploie une liaison de la seconde forme : ainsi.le signal d’arrêt ne peut être fermé que si le signal de ralentissement l’a lui-même été au préalable.
- Au moyen d’un seul verrou et de deux trous, on obtient un enclenchement spécial (fig. 7) n’autorisant la manœuvre d’un levier que si l’autre n’est pas renversé, ceci d’ailleurs sans qu’il y ait réciprocité.
- C’est avec un tel dispositif que l'on empêche une aiguille commandée par B, d’être manœuvrée sans que le signal d’arrêt commandé par A soit fermé, tout en permettant d’effacer le signal d’arrêt quelle que soit là position de l’aiguille.
- Deux leviers peuvent être enclenchés, d’une part avec un troisième, d’autre part avec un quatrième, au moyen de liaisons binaires; il se produit ainsi des enclenchements indirects ou résultants qui, sans exister matériellement, sont la conséquence des liaisons matérielles.
- Il existe enfin des enclenchements trinaires, quaternaires, etc. (fig. 6) qui sont conditionnels et établissent entre 3, 4... appareils des liaisons qui jouent en certains cas. Ces enclenchements comportent des verrous plus courts que les enclenchements binaires : un verrou ne pénètre dans un trou que s’il est poussé suffisamment par un balancier auquel les deux, trois... appareils enclenchés avec celui en i cause, imposent chacun un déplacement de la
- Fig. io. — Serrure R. B. A,
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- L’ELECTRICITE DANS L’AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION = 363
- moitié, du tiers... de la longueur du verrou normal. L’immobilisation d’un levier est ainsi conditionnée par le renversement de deux, trois... autres léviers. Les enclenchements directs ont d’abord été réalisés par un dispositif connu sous le nom d’appareil Vignier, qui n’est que la matérialisation du schéma. Nombre de postes de ce système sont encore en service. On reproche à ces appareils d’être de construction difficile, de ne pas se prêter aisément aux modifications et d’être relativement fragiles, les glissières d’enclenchement étant en effet commandées par des leviers sur lesquels on se trouve parfois dans l’obligation d’exercer de grands efforts.
- L’appareil Saxby a marqué un grand progrès, les enclenchements étant commandés, non plus par les leviers, mais par des manettes de verrouillage qu’il faut pouvoir ramener contre les poignées des leviers pour déplacer ceux-ci.
- Les enclenchements n’ont ainsi à supporter que des efforts très faibles. Constitués d’ailleurs par des grils qui peuvent être tous semblables et par des barres (fig. 8) munies de taquets amovibles dont le profil est choisi suivant les incompatibilités à obtenir, les enclenchements Saxby peuvent être construits en série et se prêtent aisément aux modifications éventuelles, puisque ces dernières n’exigent que des changements ou des déplacements de taquets, les barres d’enclenchement étant percées à l’avance de trous de fixation.
- Les enclenchements électriques. —- Des disposi-
- Fig. 12. — Levier Saxby muni d'une serrure R. B. A. S, serrure.
- Fig. ij. — Serrure R. B. A. réciproque.
- tifs électriques se sont peu à peu ajoutés à l’appareil Saxby; c’est ainsi que l’on trouve parfois, à l’extrémité des grils, des commutateurs de sélection (fig. 9) et sur les leviers, des serrures ou des verrous électriques.
- Le commutateur de sélection consiste en un tambour isolant fixé sur l’arbre du gril et pourvu de secteurs métalliques. Des paillettes fixes, entrant en contact avec ces derniers lorsqu’ils occupent certaines positions, ferment des circuits électriques. Ta position des secteurs métalliques est réglée de façon à réaliser l’ordre d’émission prévu.
- Les systèmes d’enclenchements électriques pouvant s’adapter à l’appareil Saxby sont nombreux : nous ne décrirons que l’un des plus simples : la serrure R. B. A. (fig. 10). De même que l’enclenchement mécanique, ce mécanisme agit sur la manette de verrouillage ; à cet effet, la tringle reliant la manette au gril comporte une mortaise dans laquelle pénètre une petite manivelle clavetée sur un arbre entrant dans la serrure. Cet arbre est muni, à son autre extrémité, d’un levier L qui, lorsquel’électro-aimantE n’est pas excité, est immobilisé par le levier B, solidaire de l’armature À. Le courant de libération peut provenir d’un circuit de contrôle, d’un commutateur de sélection ou d’une autre serrure, notamment lorsque l’on a un enclenchement électrique réciproque entre deux leviers.
- Dans ce dernier cas, on peut employer deux serrures réciproques (fig. i 1) conjuguées. Ce modèle comporte, en plus du mécanisme précédent, un contact C qui est fermé lorsque l'électro-aimant n’est pas excité : par ce contact, la serrure laisse
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- 364 =-r-. L’ÉLECTRICITÉ DANS L’AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION
- Fig. i3. — Dèsengageur électrique Aster, signal ouvert.
- passer un courant de libération dans la serrure avec laquelle elle est enclenchée ; réciproquement, le passage d’un courant dans l’électro-aimant rompt en C le contact qui permettait l'excitation de l’électro-aimant de la seconde serrure, immobilise par conséquent le second levier en libérant le premier. On obtient ainsi un enclenchement binaire réciproque qui a pour effet d’empêcher tout mouvement simultané des deux leviers.
- En mettant un commutateur de sélection sous la dépendance de l’une des deux manettes, on arrive de plus à immobiliser l’autre manette lorsque le levier considéré est renversé. Enfin, si chacune des deux manettes commande un commutateur de sélection, l’enclenchement peut être réciproque et fonctionner selon l’une des deux formes classiques.
- Les désengageurs électriques. — Dans les postes mécaniques, les signaux sont commandés au moyen de fils ou de câbles ; on trouve sur les transmissions funiculaires, des désengageurs dont l’objet est de mettre la continuité de la transmission sous la dépendance d’un appareil autre que le levier de commande. C’est là un véritable enclenchement d’un genre particulier . Le désen gageur électrique Aster ( fig. 15 ) comporte essentiellement, d’une part un arceau A, capable de tourner autour d’un axe 0 et commandé à son extrémité inférieure par la transmission d’entrée, d’autre part, une tranche de désengagement composée d’un électro-aimant E, d’un levier à fourche L et d’un balancier B, pourvu de trois axes et qui peut tourner autour de l’un d’eux. L’axe supérieur a (fig. 14) est relié par le levier à fourche à l’armature de l’électro-aimant, Taxe central o est relié à l’arceau, l’axe inférieur b, enfin, est en liaison avec le voyant du signal. Parfois, le dèsengageur comporte deux accouplements distincts et absolument indépendants ; le second accouplement est généralement utilisé pour commander un avance-pétards.
- Lorsque l’électro-aimant est excité, l’arceau et le balancier sont solidaires : ils présentent en effet un axe commun o et la fourche du levier L maintient l’axe a en un point fixe. Dans ces conditions, la
- continuité de la commande est assurée et le signal obéit aux impulsions du levier.
- Le courant alimentant l’électro-aimant peut être interrompu aussi bien lorsque le signal est fermé que lorsqu’il est ouvert. Dans le premier cas, la tranche d’accouplement reste immobile, mais aucune force ne s’oppose à un déplacement éventuel de l’axe a : si, à ce moment, l’aiguilleur essaie d’ouvrir le signal, le levier à fourche se renverse et laisse échapper l’axe a (fig. 14). Dans le second cas, le signal se met automatiquement à la position de fermeture.
- 11 est facile, avec le dèsengageur, de réaliser le contrôle impératif ou d’intéresser un signal aux circulations : le courant de solidarisation peut en effet provenir d’un contrôleur d’aiguille, voire de plusieurs contrôleurs disposés en série, ou émaner d’un circuit de voie. Une aiguille entre-bâillée, en interrompant l’alimentation de l’électro-aimant, empêche l’ouverture du signal, et un train, qui franchit le circuit de voie, en mettant en court-circuit le même électro-aimant, provoque la fermeture automatique du signal.
- Lorsque le dèsengageur comporte deux accouplements, on peut, de plus, résoudre aisément certains problèmes d’exploitation, par exemple, fermer le signal sans que les pétards viennent sur le rail.
- Les commandes à grande distance. — L’appareil Saxby est très répandu, notamment en France et en Grande-Bretagne, et donne toute satisfaction.
- Pourtant, l’extension prise depuis quelques années par les installations] ferroviaires a entraîné la nécessité d’étudier des dispositifs nouveaux, à grand rayon d’action et capables d’effectuer les mouvements d’aiguilles et de signaux avec la plus grande célérité possible. Le « Saxby », qui exige de l’aiguilleur un très notable déploiement de force, lorsqu’il faut, d’un seul coup de levier, déplacer plusieurs aiguilles conjuguées ou même une seule aiguille située à plus de 4 50 mètres, devenait insuffisant.
- Afin d’étendre le rayon d’action des postes, tout en n’imposant pas aux aiguilleurs un travail trop pénible, on a été amené à faire appel à une force
- Fig. 14. — Dèsengageur électrique Aster, signal fermé automatiquement.
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- AUTOUR D’UN CENTENAIRE : LAENNEC
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- motrice, pneumatique ou hydraulique, transmise par une canalisation appropriée à des pistons commandant aiguilles et signaux. Ces systèmes ont permis de réduire au tiers la longueur de l’appareil central et d’échapper aux sujétions imposées quant à la position des postes par les tringles et les fils de commande.
- On a pu ainsi se contenter d'établir un seul poste à transmission fluidique, là où avec un système purement mécanique plusieurs postes eussent été nécessaires.
- La possibilité d’effectuer les manœuvres sans aucun effort a fait penser que l’on pouvait aller plus loin encore dans la voie de la simplification du travail de l’aiguilleur : de là est née l’idée du poste à leviers cl'itinéraire, la manœuvre d’un seul levier suffisant à la commande simultanée des aiguilles et, sous les conditions requises, des signaux de la façon voulue pour réaliser tel itinéraire.
- Cependant, la nécessité de contrôler le fonctionnement des divers appareils commandés par un
- levier d’itinéraire et, en particulier d’empêcher toute manœuvre intempestive du levier pendant qu’un train est engagé sur l’itinéraire, avait amené à ajouter des dispositifs électriques de contrôle et de verrouillage analogues à ceux que l’on avait déjà appliqués au « Saxby ».
- L’électricité étant à peu près indispensable dans un tel poste comme agent de contrôle, on a pensé qu’il y aurait avantage à l’utiliser également comme force motrice, et l’on a peu à peu abandonné la construction des postes hydropneumatiqu,es, en faveur de celle des postes électro-mécaniques.
- Ces postes comportent généralement des enclenchements mécaniques et électriques basés sur les principes généraux que nous avons exposés, mais construits spécialement pour constituer avec l’appareil de commande un ensemble rationnel. Nous les décrirons bientôt et nos lecteurs pourront juger du progrès que les grands postes électro-mécaniques représentent par rapport à tous leurs devanciers.
- André Bourgain.
- «as»
- AUTOUR D’UN CENTENAIRE
- Les petits talents d’un grand médecin. — Laennec, joueur de flûte et tourneur sur bois.
- Laennec! qui d’entre nos lecteurs ignore qu’il fut l’inventeur de l’auscultation ? mais combien savent par suite de quelles circonstances il fut conduit à sa découverte? Rappelons-les brièvement.
- Depuis quelque temps, Laennec donnait ses soins à une jeune fille de dix-huit ans, atteinte d’une affection de poitrine. Un jour qu’il se rendait chez sa malade, méditant sur son cas, il traversait la cour du Louvre, tenant dans la main des feuilles de papiers enroulées. Dans cette cour, se trouvait un amoncellement de longues poutres couchées, autour desquelles jouait et s’ébattait une nuée d’enfants. Quelques-uns des bambins, placés aux extrémités des poutres, les frappaient légèrement, et, se parlant alternativement les uns aux autres par l’intermédiaire du bois, se demandaient ensuite tout haut s’ils avaient entendu. Cette petite manoeuvre enfantine fut une révélation pour Laennec ; il eut un éclair de génie ! Arrivé chez sa cliente, avec les feuillets du papier enroulés qu’il tenait à la main, il appliqua le rouleau sur la poitrine de sa jeune malade et entendit nettement les pulsations cardiaques : l’auscultation médiate était trouvée; le premier stéthoscope était inventé.
- Rentré chez lui, Laennec fabriqua, tout d’abord, un stéthoscope rigide avec une feuille de carton faisant sur elle-même plusieurs tours et maintenue avec de la colle forte. Dans la suite, cet instrument primitif se transforma de plusieurs façons, entre les mains mêmes de son inventeur; au carton, Laennec substituale bois plein, puisle bois creux ; enfin, les deux bouts s’évasèrent de plus en plus avec le temps. Laennec avait, en outre, remarqué que le verre et les métaux, « outre leur poids et la sensation de froid qu’ils occasionnent en hiver, communiquent, moins bien que des corps moins denses, les battements du cœur et les sensations que produisent la respiration et le râle »...
- En retraçant la genèse de sa découverte, Laennec
- ajoute modestement : « Je n’avais pas d’abord cru nécessaire de donner mon nom à un instrument aussi simple ; d’autres en ont jugé autrement, et je l’ai entendu désigner sous divers noms, tous empiriques et quelquefois barbares, entre autres ceux de sonomètre, pectoriloque, cornet médical, etc. Je lui ai donné, en conséquence le nom de stéthoscope, qui me parait exprimer le mieux son principal usage »...
- Lorsque, en 1821, Laennec alla chercher au pays natal un repos que sa santé, rendait nécessaire, il n’eut meilleures distractions que de s’installer devant son tour et de « tourner avec frénésie ». Il était rapidement devenu, dans cet exercice, aussi habile qu’un professionnel, et, avec de simples tiges de prêle, il réussissait à donner aux œuvres qui sortaient de ses mains — des stéthoscopes, on l’a deviné — le poli le plus élégant.
- Il avait installé chez lui un établi de menuisier, et le maillet, aussi bien que la gouge et la varlope, n’avaient aucun secret pour lui. Quant à donner un coup de lime, assure un de ses biographes, « le meilleur serrurier du voisinage n’aurait pas songé à rivaliser ».
- Il pratiquait également, à l’occasion, le métier de maçon : « découvrait-il, au cours d’une promenade en ses domaines, un bout de mur menaçant ruine, une clôture à relever, il ne dédaignait pas de prendre la truelle ; et, de la main qui savait faire résonner avec tant de virtuosité le thorax d’un emphysémateux, il disposait avec art les moellons sur leur lit de mortier ; ou bien encore, la bêche et le sécateur à la main, les pieds dans les sabots et sur la tête un vieux chapeau de paille, il allait, en compagnie de son fidèle jardinier, faire sa tournée dans ses prateaux, ses taillis, son verger (*). »
- Ce goût pour les travaux manuels, Laennec le tenait de son oncle, Guillaume Laennec. Au temps de la Terreur, ce dernier, qui' était médecin, entre ses visites
- 1. Alfred Roüxeab, Laennec aptes 1806. Paris, 1920.
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- 366 LE MYSTÉRIEUX “ SENS DE L'ESPACE " CHEZ LES PIGEONS VOYAGEURS
- d’hôpital et ses consultations, semait le blé, le sarclait, le vannait de ses propres mains, et son neveu Théophile le suivait, avec un âne, chargeait les sacs de grains, pour les rapporter à la maison.
- Entre temps, le futur inventeur de l’auscultation, « pour faire figure dans le monde », prenait des leçons de danse et de flûte. 11 tenait à jouer suffisamment-d’un instrument pour être en état de faire sa partie dans un ensemble. Sa tante jouait du violon, il choisit la flûte ; il arriva même, par la suite, à en jouer très convenablement. Par le philosophe V. Cousin, dont il était le médecin et l'ami, Laennec avait été mis en relation avec l’historien et archéologue Fauriel, et Sainte-Beuve a conté comment ces deux personnages arrivèrent à sympathiser: les chants bretons étaient leur entretien favori ; Fauriel savait les paroles, Laennec savait les airs, les airs appris dans l’enfance et qu’on n’oublie plus ; il apportait sa flûte, et à mesure que sbn partenaire lui rappelait les
- paroles, il essayait de les noter. Scène presque attendrissante, où l’on voit en présence deux grands esprits, venus de « bords si différents », communier dans l’art, leur commune passion !
- Une lithographie que nous avons reproduite ailleurs — une caricature serait plus exact — représente l’inventeur du stéthoscope tenant son instrument des deux mains, comme une clarinette — allusion manifeste à son passe-temps musical.
- Celle gravure évoque le séjour que fit le génial « découvreur » de l’auscultation à Bordeaux, où les critiques ne lui furent pas épargnées, comme elles sont prodiguées à tous les novateurs.
- Mais qu’importent ces petits coups d’épingle ! La postérité vient, qui redresse les injustices et replace sur leur socle les statues que l’envie et la malignité se sont en vain efforcées de déboulonner.
- Dr C.VH.V.NKS.
- LE MYSTÉRIEUX “ SENS DE L’ESPACE ” CHEZ LES PIGEONS VOYAGEURS
- L’orientation n’appartient pas exclusivement au pigeon voyageur. L’expérience montre que d’autres oiseaux migrateurs, et même des organismes appartenant aux classes les plus diverses, sont susceptibles de prendre une direction de mouvement dont l’importance varie avec le régime de leur vie. Les corps chlorophylliens des végétaux sont soumis à une action directrice de mouvement, déterminé par les rayons lumineux (phototaxie) ; des phénomènes d’excitation unilatérale déterminant une direction de mouvement, peuvent être provoqués chez des larves de grenouilles et des embryons de poissons par le passage d’un courant électrique (galvanotaxie).
- La fourmi, l’abeille, le pigeon voyageur, l’hirondelle, etc... le chat, lâchés à des distances en rapport avec leurs moyens de locomotion, retournent à leur demeure en s’orientant par les mêmes marques extérieures, c’est-à-dire en décrivant des circuits au départ. L’indigène de l’Afrique Centrale se conduit sans repère dans l’immensité de la forêt, servant de guide aux explorateurs étrangers.
- Cependant cette faculté ne prend une forme remarquable que chez les animaux pourvus de moyens de locomotion puissants, et aussi susceptibles de se fixer en un lieu de leur prédilection. Poussés par le besoin de s’alimenter d’une nourriture qui s’épuise au changement de saison, ceux-ci mettent le cap à la recherche de régions où règne de nouveau l’abondance.
- On trouve ces déplacements fréquents chez la fourmi qui parcourt des centaines de kilomètres, en choisissant de préférence les vallées et le cours des fleuves ; - les sauterelles qui passent certains jours d’un continent à l’autre; les oiseaux migrateurs qui tracent sur des milliers de kilomètres, le plus court chemin du nord au sud. C’était aussi le sort du pigeon voyageur avant que l’homme en eut fait un oiseau semi-domestique. Les colombes migratrices de l’Amérique du Nord quittaient, à l’automne, les hautes futaies des forêts canadiennes, couvrant le ciel par bandes innombrables, battant l’air, jour et nuit, de leur vigoureuse membrure, pour aller hiverner dans des contrées plus hospitalières, vers le sud, entre la presqu’île de la Floride, et de la Californie.
- On ne saurait attribuer les causes de ce phénomène , à l’une des formes d’intdfcprétation connues de nos sens.
- Le chat ne sent point sa demeure à 5 ou 10 lieues à la ronde, l’hirondelle ne voit pas la route qui doit la conduire sous un ciel plus clément. Les colombophiles ne croient plus que leurs oiseaux s’orientent en regardant l’astre solaire ; mais ce préjugé disparu, les amateurs de pigeon voyageur examinent encore attentivement l’œil de leurs coursiers, comme s’ils voulaient mesurer dans la vigueur de l’organe l’intensité du pouvoir mystérieux. D’ailleurs, des concours de nuit entrent peu à peu dans la pratique du sport colombophile ; en l'J25 six épreuves furent organisées, dont une sur 500 kilomètres. Les pertes résultant de ces tournois originaux ne paraissent imputables, pour la plupart, qu’à des accidents d’invisibilité survenus en cours de route.
- _ Le pigeon voyageur ne s’oriente pas toujours en ligne droite. On le voit parfois décrire de nombreux circuits le long de sa route, pour regagner son colombier éloigné seulement de quelques kilomètres et bien en vue. Dans certaines conditions topographiques qu’il semble possible de définir actuellement, les pigeons lâchés un à un, à proximité de leur toit, s’en éloignent un moment, au point de laisser croire qu’ils se sont départis de leur direction. La trace alors décrite par tous ces oiseaux d’un même habitat, novices ou pionniers, est tellement uniforme qu’on ne peut mettre en doute l’existence de routes particulières aux oiseaux.
- Les orages magnétiques, perturbations diverses, les anomalies, et en général toute modification des pouvoirs ionisants de l’atmosphère ont une influence notable sur l’orientation du pigeon voyageur. Comme le magnétisme de la Terre est lié à la nature et au relief de son sol, on voit que la nature et le relief du sol tracent, plus ou moins directement, des routes aux oiseaux. *
- Les annales du sport colombophile fourniraient de nombreux exemples de pigeons voyageurs échoués systématiquement dans des régions où, en particulier, le champ magnétique terrestre est fortement troublé. Les colom-bicultcurs de la région parisienne connaissent, par expérience, les difficultés que rencontrent leurs messagers à s’orienter dans la zone où les lignes isogoniques marquent une inflexion notable. . . -
- On a depuis longtemps pressenti l’action du magnétisme terrestre sur l’orientation du.pigeon voyageur: les
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- ........: ASPIRATION ET SOUFFLAGE E
- traités de colombiculture en font mention. Des expériences faites à Yalencia et plus tard en Allemagne montrèrent l’influence des ondes de T. S. F. sur l’orientation de ce volatile, mais rien n’a été défini ou proposé jusqu’alors. Quelques savants, parmi lesquels le professeur Maurain, directeur de l’Institut de physique du Globe, qui examinèrent la question de l’orientation "par le magnétisme terrestre, se montrèrent peu enthousiastes pour cette hypothèse.
- A la vérité on ne saurait concevoir ces animaux se dirigeant sous l’inlluence de forces magnétiques à la manière de l’aiguille aimantée, ef assimiler le pigeon à une boussole capable de discerner les quatre points cardinaux par des moyens psychiques. On sait d’ailleurs que les forces magnétiques n’ont aucun pouvoir attractif sur l’organisme. Les prétendues découvertes d’émissions d’ondes électromagnétiques émanant du cerveau humain ne pourraient d’autre part, apporter ici que des complications d’ordre psychique incompatibles avec le phénomène observé.
- Ce serait ne pas connaître les mœurs du pigeon voyageur, que de le croire accumulant des charges électriques, lorsqu’il s’élève en décrivant des circuits, de manière à ressentir des maximums ou des minimums d’impressions labyrinthiques, sur lesquels il devrait se repérer et, par surcroit, déployer une activité psychique. Le circuit orientant est la résultante de sondages sur les rayonnantes du point. Il n’est pratiqué chez le pigeon que dans des cas laborieux. Cet oiseau s’oriente au repos aussi bien qu’au vol, à l’angle d’un toit, dans le panier de voyage, le colombier qui le retient un moment captif. Les pigeons du Nord de la France et de la Belgique entraînés en grand nombre dans la direction empruntée par les oiseaux' migrateurs, s’élancent vers leur pays, sans effectuer de vol circulaire au départ. Les colombophiles n’aiment pas le pigeon qui tournoie pour s’orienter dans le cas où le réflexe orientant n’est pas spontané, c’est l’oiseau, son manager ou l’état de l’atmosphère qui laisse pour le moins à désirer.
- En se ruant sur la matière terrestre, les radiations du spectre solaire se diffusent en provoquant l’apparition d’un groupe électromagnétique en retour, qui module un caractère local, sur la terre et dans l’eau.
- « Comment douter qu’il existe dans l’Univers une infinité de vibrations, encore ignorées de nous et que nos enfants découvriront à leur tour », a dit Daniel Ber-thelot.
- L’oreille est formée de deux nerfs accolés ayant
- ASPIRATION ET SOUFFLAGE
- Les foyers des grandes usines à vapeur consomment aujourd’hui des quantités énormes de combustible. Les charbons les moins coûteux, qu’on a tendance à utiliser, ont toujours une forte teneur eh cendres. Le tonnage de cendres à évacuer dans une des grandes centrales de la région parisienne se chiffre certainement par plusieurs dizaines détonnes chaque jour. Une partie de ces cendres, les plus fines, entraînées par les gaz chauds viennent se déposer aux points bas des chicanes et dans les carneaux, notamment à tous les changements de parcours du courant gazeux. Elles s’y rassemblent en amas plus
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- chacun des origines et des connexions différentes. Il existe en dehors des impressions musicales et vocales (oreille cochléaire), des impressions labyrintiques qui persistent dans le milieu silencieux (oreille vestibulaire). Ges impressions sont le point de départ de sensations qui nous renseignent les yeux fermés sur la position occupée par notre corps (Flourens). Le physiologiste De Cyon a voulu voir dans les canaux demi-circulaires l’organe d’un nouveau sens : « le sens de l’espace ».
- L’idée d’un excitant d’origine 'électromagnétique, spécifique à cet organe, entre dans la loi commune des impressions sensorielles. Le nerf optique est excité pomme on sait par des vibrations électromagnétiques du type lumineux, le nerf acoustique trouverait, semble-t-il, ses impressions labyrintiques dans des vibrations électromagnétiques du type hertzien. Mais tandis que les ondes lumineuses peuvent être interceptées par un corps opaque de l’épaisseur d’une lame de rasoir, des ondes plus longues sondant le sol, prennent un caractère local et contournent les obstacles naturels dans le champ terrestre.
- L’aiguille aimantée n’est pas insensible à ces manifestations spectrales : deux espèces de vibrations du champ magnétique terrestre ont été enregistrées par le bifilaire de Eschenagen à l’Observatoire de PotsdamQ). D’autre part mes expériences sur l’inhibition de l’oreille interne appliquées à des pigeons voyageurs de différentes qualités sportives, à des distances progressives allant de 5 à 100 kilomètres, ont montré que l’oiseau ainsi traité perd le sens de l’orientation (2).
- Ainsi s’expliqueraient :
- Des phénomènes de mouvement sous l’inlluence du spectre électromagnétique (phototaxie, galvanotaxie) ; l’équilibration et l’orientation, la mesure de l’espace oculaire (impressions labyrintiques et impressions visuelles et labyrintiques associées) ; l’influence des ondes de T. S. F. sur l’orientation du pigeon voyageur (phénomène d’interférence) ; de la topographie magnétique, et, en général, l’effet des pouvoirs ionisants de l’atmosphère.
- L’orientation ne serait autre qu’une dérivée de la vue ; la matérialité de l’éther une fois de plus dénoncée par un autre sens (3).
- Jean Casamajou.
- 1. Le magnétisme terrestre, Mascart.
- 2. « Le sens de l’espace », compte rendu de mes expériences sur l’inhibition de l’oreille interne du pigeon voyageur. Revue France Colombophile, n° 28, année 1926, Jean Casamajor.
- 5. Ether, électricité et relativisme. Conférence du 22 mars 1922, Conservatoire des Arts et Métiers, Général Cliapcl.
- DES SUIES DE CHAUDIÈRES
- ou moins compacts, amalgamés avec les particules de combustible non brûlé qui constituent la suie. Lorsque les charbons contiennent du soufre, il peut se produire une corrosion locale.
- En outre ces dépôts auraient bien vite obstrué les conduits, si on ne les enlevait fréquemment, opération délicate et dispendieuse, lorsqu’elle est pratiquée à la main, d’autant plus qu’il faut arrêter le foyer en nettoyage et que les maçonneries soumises à des alternatives fréquentes de chauffage intense et de. refroidissement perdent de leur résistance.
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- Pour faciliter l’enlèvement de ces dépôts, sans exiger la mise bas des feux et l’immobilisation de la chaudière, on utilise parfois des aspirateurs pneumatiques, qui ont l’inconvénient de nécessiter des tuyauteries en fonte, parcourues par des gaz très chauds.
- On doit se servir de machines pneumatiques qui n’aspirent l’air qu’après que celui-ci a été débarrassé des suies dans des séparateurs et des laveurs.
- Souvent les tuyauteries d’aspiration se bouchent,
- DES SUIES DES CHAUDIÈRES ..
- Ceux-ci sont d’ailleurs réfrigérés constamment par l’air qui circule.
- Pour mettre le système en marche, il suffit d’ouvrir un robinet d’eau, et l’on aspire les suies. On referme le robinet lorsque toutes les suies ont été évacuées.
- Parallèlement à ce dispositif d’évacualion des suies hors des carneaux, s’emploie celui du soufflage pour le ramonage des tubes de chaudières pendant la marche du générateur. On utilisait jusqu’à présent soit le ramonage à la lance à main, soit
- Fig, i — Une installation d’aspiration de suie par trompe à eau à la grande centrale de Gennevilliers.
- l’extrémité de l’aspirateur se colmate et l’entrainement des suies est insuffisant.
- Un autre genre d’appareil est la trompe à eau qui fait le vide sans pièce mécanique en mouvement, son fonctionnement est très sûr. L’eau sous pression est distribuée à la partie supérieure de la trompe, elle passe à la partie inférieure en entraînant les suies aspirées dans un état de dilution, qui permet de les envoyer à l’égout ou de les décanter dans un bassin de faibles dimensions.
- La tuyauterie courte est réunie au point d’aspiration et elle est terminée par des suçoirs en communication constante avec l’atmosphère. L’action de la trompe y produit un courant d’air, quelle que soit la position de la suie par rapport aux suçoirs.
- à demeure dans la chaudière, les ramoneurs rotatifs placés qui ont certains inconvénients.
- Le soufflage Uniterm pour les chaudières multi-tubulaires à lames d’eau utilise la vapeur; il est constitué par une série de tuyères calibrées, placées hors d’atteinte des gaz chauds. Elles sont fixées individuellement dans les intervalles compris entre deux boîtes d’eau. Dans ces rampes on envoie la vapeur qui balaie les intervalles entre les tubes du faisceau et les débarrasse des dépôts de suie, sco-rifiés ou non.
- Ce procédé simplifie considérablement la tache du personnel et il opère le ramonage rapidement sans diminuer le rendement du générateur.
- E.-H. Weiss.
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- LA NATURE. — N° 2749.
- Il DÉCEMBRE 1926
- La Science en Famille.
- L’OBSERVATOIRE DE STRASBOURG
- Nous ne savons pas si l'histoire des sciences, des lettres et des arts en Alsace a jamais été écrite, mais ce serait, à coup sûr, le sujet d’un livre des
- les autres cités alsaciennes, se sont consacrés a la science du ciel.
- Nous ne remonterons pas à Monégold, né vers 1060,
- Fig. i. — L’entrée de l'Observatoire de Strasbourg.
- plus intéressants, car l'ainoui* de l'éludé est Inné chez le peuple alsacien, et, parmi les chapitres de ce livre, il devrait y en avoir un où l’on trouverait la biographie des hommes "qui, à Strasbourg ou dans
- et qui vers 1903 fut mis à la tète de l’abbaye de Marbach, qu’il avaitfondée. 11 connaissait le Commentaire que Macrobe avait donné du célèbre ouvrage de Cicéron, le Songe de 5cipion, commentaire qui
- 24. — oGD.
- 54' Année, — 2' Someslr*.
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- 370 ' ;; L’OBSERVATOIRE DE STRASBOURG
- nous fait connaître les hypothèses cosmogoniques d’Héraclide du Pont. On sait que ce dernier admettait la rotation de la Terre autour d’un de ses diamètres, son centre restant immobile dans l’espace, tandis que le Soleil tournait autour d’elle, accompagné des autres planètes qui étaient pour lui de véritables satellites. Peut-être même Uéraclide a-t-il entrevu la vérité copernicienne.
- Manégold est choqué par ces idées, et il ne peut admettre que la Terre possède quatre régions habitables et habitées, puisqu’on ne peut communiquer de l’une à l’autre. Trois de ces régions seraient donc dans l’impossibilité de connaître la foi du Christ, qui est cependant mort pour tous les hommes. Le bon moine a composé sur ce sujet un opuscule qui a été publié en’1776.
- Après un long intervalle de temps, Strasbourg devient un des berceaux de l’imprimerie, mais on n’y a mis souspresserien.de comparable.aux magnifiques publications qui ont illustré, vers le commencement du seizième siècle, les éditeurs de Bâle, auxquels on doit de célèbres éditions de Ptolémée, de nos jours encore admirées et recherchées, ainsi que les œuvres de Sébastien Munster, ancien corde-lier qui s’était fait protestant et que ses travaux remarquables sur l’Astronomie et la Géographie firent appeler le Strabon de l’Allemagne.
- C’est à Strasbourg'qu’Ursus Dithmarsus, en 1588, ht imprimer son Fundamentum astronomicnnï où il expose des idées analogues à celles deTycho-Brahé sur le système du monde.
- Le'grand Képler semble n’ètre jamais venu de sa personne à Strasbourg, mais il y avait des amis et des correspondants,parmi lesquels Mathias Bernegger, auquel il fit présent de son portrait, plus tard déposé à la riche bibliothèque municipale où on le conserva pieusemènt jusqu'au 24 août 1870, jour où cette magnifique collection de livres fut détruite par les obus allemands.
- En 1628, un étudiant de T Université de Strasbourg, Jacob Bartsch, se rendit auprès de Képler pour compléter ses études astronomiques, èt il-épousa la fille de son maître. Peu après, il fut nommé professeur de mathématiques à l’Université où il s’était formé. Il publia des recueils d’éphémérides et songeait à construire des instruments pour pouvoir observer lui-même, mais il mourut prématurément en 1655, et on doit le regretter, car Képler faisait grand cas de lui.
- Conrad Dasypodius a publié de nombreux ouvrages formant une véritable encyclopédie des sciences mathématiques, mais, ce'qui fait vivre son nom, c’est qu’il réussit à restaurer la célèbre horloge de la cathédrale. Construite en 1554, cette horloge n’avait marché que pendant un siècle environ, et il fallut encore un siècle pour qu’il se trouvât quelqu’un d’assez hardi pour tenter de faire revivre cette merveille. Dasypodius, à cette occasion, joua le rôle / du ‘ théoricien et lit tous les calculs nécessaires ; l'exécution matérielle fut confiée à deux habiles
- mécaniciens de Schauflbouse, les frères Habrecht.
- Beaucoup plus près de nous, Jean Gaspard Eisenschmid (1656-1712), fils d’un potier qui lui fit donner une -excellente éducation, joua un rôle scientifique de quelque importance. Il avait des aptitudes variées et avait étudié avec succès la philosophie, la médecine et les mathématiques, auxquelles il finit par se consacrer tout entier, ses infirmités l’obligeant à limiter ses efforts.
- En 1691, un ouvrage d’Eisenschmid fit un certain bruit.' Il y admettait que la Terre est allongée vers les pôles. C’était l’opinion qu’allaient soutenir les Cassini, opinion qui souleva d’ardentes polémiques jusqu’à ce que les mesures effectuées par les géomètres français sous l’équateur et sous le cercle polaire eussent démontré que notre globe est aplati. Eisenschmid fut correspondant .de 1,’Acadëmie des Sciences.
- Nous laissons de côté Jean-Henri Lambert de • Mulhouse, et nous arrivons au dix-neuvième siècle.
- Arbogast (1759-1805), recteur de l’Académie de Strasbourg, avait des connaissances mathématiques très étendues, s’il n’était pas astronome. Il s’occupa beaucoup de l’illustre Fermât, dont il aurait voulu publier les œuvres complètes. Député à la Convention, il prit une part importante à la création du système métrique.
- Son contemporain, Herrenschneider (1760-1845) fut professeur d’Àstronomie et rêva sans doute de doter sa patrie d’un observatoire, car pour visiter ceux qui existaient alors, il voyagea en France, en Angleterre, en Allemagne et en Hollande. Si ses papiers n’ont pas été détruits, on doit y trouver des notes pleines d’intérêt sur les astronomes ses contemporains. Il fit en outre des observations météorologiques pendant plus de quarante ans. Si, le 21 juillet 1789, il se montra un citoyen courageux et dévoué, sa vie fut surtout dévouée à l’enseignement et à la science.
- i On peut en dire autant de Chrétien Kramp (1760-1828), qui s’est beaucoup occupé des aérostats et dont l'Analyse des réfractions astronomiques et terrestres, ouvrage écrit en français, fut chaudement approuvé par Jérôme de Lalande.
- Si on avait voulu créer un observatoire à Strasbourg, il eut été tout naturel, pour le pourvoir d’instruments, de s’adresser au constructeur Jecker (1765-1854), de Hirtzfelden près Colmar qui, après s’être instruit à l’école de l'illustre Ramsden et avoir servi dans l’armée française comme capitaine du génie, vint s’établir à Paris où il fonda un atelier de construction d’instruments d’astronomie, de géodésie et d’optique. Il fut le vrai rival de Gambey, mais il a surtout travaillé pour la Marine.
- La fameuse horloge de la cathédrale s’était arrêtée de nouveau en 1789. Un mécanicien strasbourgeois très habile, J. B. Schwilgué (1776-1856), rêva longtemps de la restaurer. En juin 1858, il put enfin se mettre à l’œuvre, et, le 51 décembre 1842, à minuit, l’horloge fut mise en marche. Elle ne s’est
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- L OËSËRVATOIRE ÛE STRASBOilRÔ
- pas arrêtée depuis. La population de Strasbourg exprima, par des réjouissances publiques, sa reconnaissance envers Schwilgué, dont le nom est encore populaire dans son pays.
- Gustave-Adolphe Hirn (1815-1890) a surtout élé un illustre physicien, mais nous devons rappeler que ses grands travaux de thermodynamique ne l’ont pas empêché de s’occuper du monde étrange de Saturne et des anneaux qui l’entourent. 11 a démontré que ces anneaux ne peuvent être des corps solides et qu’ils ne peuvent consister qu'en un
- Après ses études classiques, Winnecke se rendit à l’Université de Goeltingue, puis à celle de Berlin où il fut l'élcve de Encke, grand astronome, mais détestable professeur. Une dissertation De Stella Coronae borectlis dvplici valut le diplôme de docteur en philosophie au jeune astronome.
- A Bonn, il travailla pendant dix-huit mois sous la direction d’Argelander et s’y occupa de l’étude des étoiles variables, qu’il ne devait jampis abam donner complètement. Il y fit aussi usage del'hélio-mètre, instrument inventé par un Français, Bouguer,
- nombre infini de corpuscules, circulant autour de Saturne indépendamment les uns des autres. Un de ses ouvrages, et non le moins important, a pour titre la Constitution de l'Espace céleste.
- Après les événements de 1870-71, les Allemands, désireux de faire oublier leurs méfaits dans une ville qu’ils avaient odieusement bombardée, décrétèrent la fondation d’une Université à Strasbourg, afin de créer un foyer de germanisme.
- Un grand observatoire fut rattaché à cette Université.
- Le directeur de- ce nouvel élablissement devait être nommé sans retard, afin qu’il put en surveiller la construction. L’élu fut M. Théodore "Winnecke, né le 5 février 1855, dans le Hanovre, et qui appar-tenait à une famille de pasteurs.
- et qui, cependant, ne semble pas avoir été apprécié chez nous comme il le mérite.
- En 1857, Wilhelm Struve vint à Bonn et décida Winnecke à aller à Poulkova où on lui confia le cercle méridien deBepsold, et il prit une part considérable à la construction du premier catalogue général que publia l’observatoire soi-disant russe, qui n’était en réalité qu’une colonie scientifique allemande. D’autre part, il étudia la tète de la grande comète de 1858 et ses observations méridiennes de Mars, faites à l’opposition de 1862, servirent à montrer que Encke avait assigné une valeur trop petite à la parallaxe du Soleil.
- A Strasbourg, il commença par prendre les nébu leuses comme objet de ses études, et, en attendant d’avoir, à sa disposition le. grand réfracteur promis
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- à l’observaloire, il se servit d’un équatorial ayant six pouces d’ouverture.
- L’établissement fut inauguré en 1881, mais • M. Winnecke, frappé par de cruels malheurs domestiques, n’avait plus sa vigueur intellectuelle, et sa raison ne tarda pas à s’altérer. 11 retourna à Bonn, où il vécut encore seize ans sans avoir jamais recouvré la plénitude de ses facultés. Il mourut le 2 décembre 1897.
- MM. Schur, Ivobold, Becker dirigèrent successivement l’observatoire, qui fut confié, à partir d’avril 1909, à M. Bauschinger, ancien directeur du Bureau des calculs astronomiques à Berlin.
- Quand la terrible guerre mondiale fut terminée,, le gouvernement français appela M. Ernest Esclangon, ancien élève de l’École normale, agrégé de mathématiques, docteur ès sciences et astronome à l’observatoire de Bordeaux, à diriger l'observatoire de Strasbourg.; f
- On se'fait une règle, de nos jours, de bâtir les observatoires à la campagne ; mais, à cette règle, les Allemands ne se sont pas conformés ; ils ont mis ; l’observatoire dans le parc de l’Université. C’était sans doute mie situation convenable à l’origine, mais il n’en est peut-être plus de même à l’heure actuelle, car la population de Strasbourg, qui était de 75000 habitants en 1870, est actuellement de près de 200 000, sans parler de la banlieue.
- A cet inconvénient vient s’en ajouter un autre, auquel on ne peut porter remède; si le ciel, à Strasbourg, est incomparable quand il est beau, en raison du calme de l’atmosphère, par contre, il arrive souvent que des brumes épaisses ne permettent' pas de voir les astres. D’un autre côté, et c’est une circonstance avantageuse, la nature du sol alluvionnaire donne une grande stabilité aux instruments, et les images sont très stables aussi. On peut donc faire dans cet observatoire des observations méridiennes de haute précision.
- Mais il fallait commencer par mettre l’établissement eu bon état, et, a cet égard, il y avait beaucoup à faire ; car, par suite de la guerre, il n’avait, pour ainsi dire, pas été entretenu pendant plusieurs années. Aussi les murs s’effritaient-ils, les terrasses en pierre laissaient filtrer l’eau de pluie, les bois et fers étaient rongés par l’humidité, les coupoles métalliques étaient percées en divers endroits et ne pouvaient plus tourner; six hommes ne suffisaient pas à mettre en mouvement celle qui protège le grand réfracteur, enfin les peintures manquaient partout ; bref, on conçoit que pour remédier à cet état de choses déplorable, le directeur ait dû consacrer aux questions purement administratives un temps qu’il aurait sans doute préféré employer à des études scientifiques.
- En même temps, il lui fallut recruter un personnel d’astronomes, ce qui n’était pas sans offrir de sérieuses difficultés, car il était impossible de répondre avec précision aux questions que les postulants -faisaient relativement aux émoluments qu’ils
- pouvaient espérer obtenir, et cela, à une époque où lecommerceetl’industrieleuroffraientdes rétributions en rapport avec les difficultés actuelles de la vie.
- Enfin, à ce point de vue, tout finit par s’arranger : le personnel scientifique actuel de l’observatoire comprend, outre le directeur : M. Véronnet, astronome-adjoint, MM. Danjon et Ilougier, aides-astronomes, de même que Mlle Calvet. Il y a en outre trois calculatrices, Mlles Muller, Grass et Bourion. M. Cohn, ancien calculateur à l’observatoire, devenu Polonais par suite du traité de paix, continue à exercer ses fonctions quelques heures par jour.
- Quant aux instruments (1) mis a la disposition deà astronomes, il y avait, pour ne parler que des principaux :
- 1° Un cercle méridien construit par Repsold, de Hambourg, pour la partie mécanique, la partie optique étant due à Merz, de Munich. L’ouverture de l’objectif est de 160 mm et la longueur focale, 1 m. 90 ;
- V" 2° Un équatorial, du aux mêmes constructeurs, ayant 487 mm d’ouverture et 6 m. 90 de longueur focale ;
- 5° Un équatorial de Reinfeldèr et Hertel, pour la partie optique et Repsold, de 162 mm d’ouverture, et 1 m. 85 de longueur focale.
- Le premier de ces instruments était en parfait état; cependant, il n’était pas possible de le considérer comme tout à fait moderne, car si le micromètre permettait l’inscription automatique des pointés sur le chronographe, il fallait « suivre les étoiles à la main », ce qui ne laisse pas d’êlre assez délicat. Le chronographe, d’un vieux modèle et "comportant une grande inertie, donnait de très mauvais résultats. :— Il a d’abord été remplacé par un chronographe imprimant de Gautier, auquel a succédé un chronographe Boulitte à inscription * sur bande enfumée.
- En 1922, après de vaines tentatives pour améliorer l’ancien micromètre, on se'décida à le remplacer par un micromètre à entraînement automatique, ce qui n’était pas un problème aisé à résoudre, car il fallait sous un faible poids de 2 kg et sous un volume très réduit, réaliser un appareil beaucoup plus compliqué que l’ancien micromètre, comportant un mécanisme d’entraînement automatique et facultatif du fil mobile, un entrainement facultatif de l'oculaire, des distributeurs de courant, des commutateurs permettant des combinaisons variées d’inscription électrique; des organes d’éclairage pour les tambours de lecture pour le champ; une lentille correctrice pour la lecture des mires, etc... ; bref, un véritable travail d’horlogerie, très délicat. — 11 y avait là bien des difficultés, dont M. Bouty, constructeur d’instruments de précision à Paris, est venu heureusement à bout.
- 1. Nous ne devons pas oublier de mentionner la bibliothèque. Elle comprend environ 10 000 volumes se rapportant aux diverses branches de l’Astronomie, de la Géodésie, de la Météorologie, des Mathématiques, de la Physique.
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- Dans un observatoire, les horloges sont l’appendice naturel du cercle méridien. Elles sont nombreuses à Strasbourg, et l’une d’elles, la pendule Rieffler, placée sous cloche dans un vide partiel, sert d’horloge fondamentale. Elle distribue l’heure sidérale dans tout l’établissement. Une autre pendule, construite par le même artiste, distribue l’heure moyenne dans les divers Instituts de l’Université. Ajoutons que. M. Esclangon a fait construire une pendule à deux cadrans juxtaposés, dont U un indique le temps sidéral, l'autre le temps moyen, avec un seul et même mécanisme. C’est une application des idées qu’il a exposées dans une note qu’on peut
- on fait d’autres études destinées à déterminer très exactement le degré de précision qu’on peut espérer atteindre dans les observations méridiennes.
- Aux équatoriaux, indépendamment des observa-, tions d’éclipses de Soleil et de Lune, d’occultations, des grosses planètes, on s’occupe surtout de photo-métrie ; le grand équatorial, en particulier, semble parfaitement adapté à la construction des courbes de lumière des étoiles variables qui ont un compagnon à une distance inférieure à 2'; c’est ainsi qu’on a étudié la fameuse Mira Ceti. Au petit équatorial, on a pris de nombreuses mesures d’étoiles doubles.
- D’ailleurs, si le grand équatorial est un instru-
- Fig. 3. — La coupole de l’Observatoire de Strasbourg.
- lire dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, du 4 août 1919.
- Quel emploi a-t-ori fait de ce bel appareil, si heureusement modifié?
- Pour bien faire, il importe que les directeurs d’observatoires s’entendent pour éviter les doubles emplois et économiser les efforts inutiles. C’est ainsi que ceux de Strasbourg et de Bordeaux se sont concertés pour l’observation méridienne des « selec-ted areas » deKapteyn. A Strasbourg, on observera les « areas » qui ont une déclinaison de 15° nord, à Bordeaux, celles de 15° sud, les autres zones sont observées à la fois dans les deux établissements. On sait que ce genre de travaux a pour but letude de ces grands courants stellaires dont on se préoccupe tant depuis une vingtaine d’années.
- Les quatre cinquièmes des étoiles figurant dans la liste dévolue à l’Observatoire de Strasbourg sont maintenant observées, En même temps, d’ailleurs,
- ment remarquable par ses dimensions, bien qu’on en voie d’encore plus grands à Meudon et à Nice, sans parler des gigantesques instruments américains, on ne pouvait l’utiliser tel qu’il était. Il fallut d’abord rendre la coupole mobile, malgré son poids de 54 tonnes, et on y parvint par une rectification du rail, et par l’emploi, au lieu de la force musculaire, de deux moteurs de 8 ch, placés à 180° l’un de l’autre. Maintenant, en moins de trois minutes, l’observateur peut, sans quitter son siège, mettre la fente dans l’azimut de l’astre qui l’intéresse. De même, l’électricité lui permet de déplacer son siège sans-aucune fatigue, soit dans le sens latéral, soit dans le sens vertical.
- L’instrument .lui-même a dû subir certaines modifications, notamment en ce qui concerne le moteur d’entraînement et aussi, en ce qui concerne l’objectif. Malgré sa grandeur, celui-ci n’avait pas donné les résultats attendus. Dès 1896, on s’était aperçu
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- que le crown avait été mis à l'envers, et on l’avait retourné face pour face; on obtint ainsi une amélioration, mais les images stellaires avaient encore la forme d’un S. Dans la nuit du 9 novembre 1923, M. Esclangon est parvenu, en faisant tourner le crown de 00° par rapport au flint, à faire disparaître à peu près cet astigmatisme.
- Le petit réfracteur était en meilleur état que le grand; les instruments de petites dimensions ont d’ailleurs leurs avantages, et, tout d’abord, celui d’être infiniment plus faciles à manier que les colosses qui sont à la mode de nos jours. L’objectif de Strasbourg est d’ailleurs excellent, et l’appareil est construit de telle sorte qu’on peut faire mouvoir la lunette dans le plan d’un grand cercle quelconque de la sphère céleste; en fait, on n’emploie jamais cet équatorial qu’à la manière habituelle.
- Il y a une question qui, pour être bien résolue, voudrait un très grand nombre d’observateurs, travaillant dans les lieux les plus divers, et à toutes les époques de l'année, pendant une longue suite d’années. Cette question, c’est l’étude de la gravité terrestre, autrement dit, de l’intensité de la pesanteur.
- M. Esclangon est tout particulièrement préparé, par les mesures de cette intensité qu’il a faites en 1909, 1910, 1911, dans le sud-ouest de la France, depuis la Gironde jusqu’aux Pyrénées, à reprendre les iétudes faites en Alsace-Lorraine par M. Becker, de 1900 à 1905. Ces éludes semblent avoir mis en évidence des anomalies assez considérables. En Lorraine, les lignes» de niveau comprises entre Sarre-boiirg et Château-Salins présentent une allure spéciale qui n’a pu être mise entièrement en évidence parce que les observations n’avaient pas été poursuivies au delà de la frontière d’alors. Aussi, M. Esclangon a-t-il pensé qu’il serait intéressant :
- 1° D’élargir-le domaine de ces études, de dépasser notamment la crête des Vosges pour observer à la fois sur ses deux versants ; d’étendre fortement, au sud-ouest de Dieuze et de Sarrebourg, les observations que la.frontière avait arrêtées, pour préciser et compléter les lignes de niveau assez singulières de cette région ;
- 2° D’entreprendre ces nouvelles observations en employant des méthodes différentes, notamment en utilisant un pendule réversible et inversable observé dans le vide. Les expériences faites sous cette forme
- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS
- La question du pétrole est plus que jamais à l’ordre du jour. Envisagée au point de vue économique, nous savons tous, en effet, combien cette question est brûlante d’intérêt; les différents journaux quotidiens et les diverses revues périodiques ont abordé maintes fois ce sujet au cours de ces temps derniers.
- DE RAFFINAGE DU PETROLE —
- sont plus laborieuses et plus longues que celles résultant de pendules invariables courts, mais elles comportent une précision plus grande, et partant une sécurité mieux assurée, qui permet de réduire le nombre des stations.
- De. 1922 à 1925* M. Esclangon a fait, au moyen d’appareils mis à sa disposition par le Service géoJ. graphique de l’armée, tant à l’Observatoire de Paris qu’à celui de Strasbourg, 174 séries d’observations de l’intensité de la pesanteur, d’une durée de huit heures chacune. On conçoit, en effet, qu’il importé que l’on puisse rattacher sans ambiguïté les observations faites en Alsace, en Lorraine et dans les Vosges (qui seront ramenées à celles faites à Strasbourg) à celles qui correspondent à des régions éloignées, aux déterminations absolues réalisées à Paris notamment.
- On est arrivé déjà à des conclusions intéressantes : la première est que l’intensité de la pesanteur, comparée à celle de Paris, présente à Strasbourg une anomalie extrêmement importante par défaut qui s’élève à 0 m. 00018, cette anomalie est près de dix fois plus grande que les erreurs d’observations; son existence n’est donc pas douteuse; elle s’étend d’ailleurs à la vallée tout entière, et se comble rapidement sur les Vosges. —Une autre conclusion très importante de ces observations est qu’elles semblent mettre en évidence ce fait, que la gravité en un même lieu n'est peut-être pas constante.
- Les résultats de tous ces travaux se trouvent dans un beau volume in-4° de Vl-404 pages, que vient de publier la librairie Gaulhier-Villars. Nous remercions vivement l’auteur et l’éditeur d’avoir bien voulu mettre à notre disposition quelques-unes des figures qui se trouvent dans ce volume. Ces figures permettront à nos lecteurs de se faire une idée du grand établissement scientifique strasbourgeois où se font des travaux scientifiques dont la France est en droit de s'enorgueillir (M. E. Doublet.
- L II y a d’ailleurs des desiderata. M. Esclangon demande avec instance qu’il soit édifié un bâtiment annexe dans le prolongement des bâtiments méridiens. Le rez-de-chaussée serait un laboratoire d’astro-physique, avec piliers, bancs d’optique, vitrines pour dépôts d’appareils, etc. — Le premier étage serait utilisé par la bibliothèque dont les locaux actuels sont insuffisants, ainsi qu’à l’aménagement des bureaux où travaille le personnel, qui se trouve en ce moment fort à l’étroit. Espérons que satisfaction lui sera donnée. 1
- E RAFFINAGE DU PÉTROLE
- Envisagé au point de vue chimique, le problème du pétrole a tenté de nombreux chercheurs depuis quelques années. Trop longtemps abandonnée à l’empirisme, la chimie du pétrole a fait actuellement de sérieux progrès : les merveilleux résultats ducracking, du procédé Bergius en sont la preuve la plus manifeste. Mais dans le domaine même de la1
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- Fig. i. — Fabrication de la soude caustique. Dans de grands réservoirs chauffés à. la vapeur, le carbonate de soude est additionné d’un lait de chaux. Une double décomposition s’accomplit et il se produit de la soude caustique restant en solution.
- purification du pétrole, il est aussi des applications intéressantes réalisées au cours de ces dernières années.
- Si l’on veut se documenter, par exemple, sur les procédés de raffinage du pétrole brut et que l’on consulte dans ce but un traité de chimie industrielle, même récent, on remarquera que le raffinage du pétrole consiste principalement en trois opérations : un lavage du pétrole brut à l’acide sulfurique, suivi d’un traitement à - l’eau ; un deuxième lavage à la soude, puis une distillation fractionnée pour séparer du pétrole les différents éléments qui le rendent utilisable (essence de pétrole, pétrole lampant, huiles de graissage, vaseline, etc.).
- Mais cet antique procédé de raffinage n’est pas sans avoir ses inconvénients. On l’applique pourtant encore dans la plupart des usines.
- Cependant, dernièrement, l’éminent technicien, M. l’ingénieur Guiselin, faisait remarquer à juste titre dans la revue Le Pétrole, que ce procédé de raffinage destructif, s’il pouvait se justifier quand il s’agissait d’essences et de pétroles lampants légers, n’était pas recommandable dans le cas des traitements des huiles plus visqueuses, plus chargées en matières attaquables par l’acide sulfurique et dont l’épuration se traduisait par des pertes considérables et des consommations de réactifs importantes et coûteuses.
- Et c'est justement cette considération économique, rendue plus aiguë à la suite des hausses générales que subirent toutes. les matières après la
- guerre, qui a conduit certaines grandes sociétés à étudier de nouveaux procédés de raffinage plus économiques.
- Ajoutons encore à cette cause, que les nouvelles conditions du marché des dérivés du pétrole favorisèrent encore cette évolution, par suite de l’apparition d’essences et d’huiles provenant du cracking et plus encore de matières premières brutes, très riches en produits sulfurés odorants, nuisibles à la bonne combustion dans les lampes, en provoquant des accidents dus à l’action corrosive de l’acide sulfureux (acide provenant du soufre des pétroles) dégagé dans les gaz des foyers ou des échappements des moteurs. j
- Cette question de l’élimination du soufre des distillats de pétroles bruts n’est cependant pas récente : elle s’est posée bien avant l’apparition de ceux-ci, c’est-à-dire au début même de l’industrie des huiles de schiste bitumineux, mais elle n’est devenue réellement inquiétante qu’après la découverte de certains gisements d’huiles brutes sulfureuses en Amérique du Nord, au Texas, au Mexique, en Californie, plus récemment en; Perse et en Roumanie.
- Depuis ces découvertes, de nom-1 breuses méthodes ont été proposées1 pour l’élimination des composés sul-: fureux organiques, rencontrés dans les produits distillés du pétrole eb des schistes bitumineux et qui sont en réalité formés pendant cette distillation.
- big. 2. — La bauxite (minerai naturel d’aluminium) est grillée dans des fours rotatifs chau ffés aux environs de 400" à 5oo°.
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- LES NOUVEAUX PROCEDES DE RAFFINAGE DU PÉTROLE
- La plupart de ces procédés se sont heurtés à de grandes difficultés.
- Nous tenons cependant à entretenir ici nos lecteurs des nouveaux procédés de raffinage chimique qui viennent de recevoir la consécration industrielle et qui résultent des travaux de MM. Dunstan, Thole, llemfry, Guiselin.
- Nous devons les photographies qui illustrent cet article à l’amabilité de la belle revue anglaise Th> Industrial Chemisi; ils montrent l’utilisatiqn
- La première opération consiste à agiter pendant une demi-heure l’ensemble des essences et huiles lampantes fraîchement distillés avec 3 pour 100 environ d’une solution de soude caustique. Cette soude sature l'hydrogène sulfuré, l’acide sulfureux et solubilise en partie un certain nombre de composés sulfureux en réduisant ainsi le travail ultérieur de l’hypochlorite.
- Après décantation de la solution aqueuse alcaline et lavage à l'eau de la couche huileuse, celle-ci est
- Fig. 3. — Fabrication de l’hypochlorite de soude. Les wagons-citernes de chlore liquide sont amenés à pied d’œuvre. Une canalisation amène le chlore dans les récipients à soude, et l’hypochlorite y prend naissance.
- de ces nouveaux procédés dans une usine aux environs d’üdimbourg.
- Ces procédés sont basés sur l’emploi de l’hypochlo-rite de soude et de la bauxite. Nous rappellerons que la bauxite est un minerai naturel d’aluminium constitué par de l’hydrate d’alumine ferrifère. Son nom lui vient de ce que ce minerai a été trouvé pour la première fois dans la commune de Baux. Sous l’action de ces réactifs on arrive maintenant à éliminer aisément les combinaisons organiques sulfurées, les mercaptans, les thiophènes, etc., qui donnent au pétrole des odeurs désagréables et le font accuser en général des pires défauts.
- Le traitement comporte une série d’opérations assez distinctes.
- prête à subir le traitement par une solution diluée d’hypochlorite de soude faiblement alcaline. Ce premier traitement doit être conduit de façon telle ; qu’à la fin de l’agitation l’hypochlorite n’existe plus dans la couche aqueuse déposée après repos.
- On procède alors à la décantation de cette couche aqueuse et on recommence l’opération avec une nouvelle quantité d’hypochlorite.
- On procède à nouveau à un traitement à la soude, puis à un lavage à l’eau. Le résultat de cette nouvelle opération est que la presque totalité du soufre est enlevée.
- L’ultime phase du raffinage et non la moins intéressante consiste dans un traitement à la bauxite. Cette opération consiste à filtrer le pétrole dans de
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- grands filtres appropriés, sur de la bauxite. On sait depuis longtemps que l’argile possède des propriétés décolorantes d’ailleurs utilisées, par exemple dans la décoloration de la vaseline^ (L'argile, de même que la bauxite, contient de l’alumine.) Il en est' de même, d’ailleurs, de la silice. Mais
- cette industrie est ancienne, elle est restée longtemps sans faire de progrès. C’est seulement au cours de ces dernières années que l’on pensa à utiliser d’autres substances que les silicates d’alumine naturels et que l’on s’aperçut que le nombre de ces derniers pouvait être considérablement augmenté.
- C’est ainsi que la bauxite, éminemment poreuse, pouvant être mise sous Jla forme de petits grains, fut indiquée comme matériau particulièrement apte à servir dans le traitement des huiles minérales.
- En même temps on s’aperçut que la bauxite avait de réelles affinités pour les composés du soufre contenus dans les pétroles de certains gisements sulfureux. M. Guiselin a lui-même signalé ce fait il ' y a déjà longtemps, mais il n’en avait pas donné l’explication. Or la Burmah Oil Cy en Angleterre a constaté le fait que dans l’agitation du pétrole additionné de bauxite chaude, il se produit une élévation de température supérieure à celle qui devrait résulter de l’apport de calories de cette dernière. C’est là un fait intéressant à noter et qui tendrait à prouver «que
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- avoir été grillée. Cette bauxite est placée dans des fdtres cylindriques dans lesquels on fait circuler le pétrole à purifier.
- Nous rappellerons que par grillage il faut entendre une opération consistant à chauffer la bauxite à une température déterminée. On l’effectue de telle façon que l’action de la chaleur soit uniforme ; aussi l’appareil de grillage comporte-t-il un dispositif d’agitation. Ce grillage s’effectue de plus en présence d’air aux environs de 400 à 500°, surtout lorsqu’il s’agit d’une bauxite ayant déjà servi, déjà imprégnée par les matières adsorbées. L’air contribue en
- Fig. 6. — Cuve où le pétrole est agité avec l’hypochlorite de soude.
- la bauxite n’agit pas seulement comme filtre par adsorption, mais qu’elle peut déterminer de véritables actions mécaniques dans le pétrole.
- Simultanément avec l’emploi de ce nouveau réactif, on a mis sur pied des procédés simples de régénération rendant la bauxite peu coûteuse et théoriquement inusable.
- 11 a été reconnu, à la suite de nombreux travaux, que pour obtenir l’effet maximum de purification, la bauxite doit être divisée en grains assez petits, et utilisée aussitôt après
- Fig. y. — Cette partie de l’usine de raffinage est réservée au traitement du pétrole par la bauxite.
- Fig. 8. — Ateliers de distillation du pétrole après purification. Le pétrole passe successivement dans une série de chaudières de distillation placées en batterie, qui sont reliées les unes aux autres.
- effet à produire la combustion des matières organiques qui remplissent: les pores de la bauxite. Si on opérait' à l'abri de l’air, ces matières organiques laisseraient fatalement des dépôts de carbone qui obstrueraient les pores et nuiraient à la qualité des produits régénérés.
- On voit combien il est aisé, par cette opération du grillage, de régénérer la bauxite ayant déjà servi et de la faire rentrer indéfiniment dans le cycle de la purification.
- On conçoit qu’une usine de raffinage de pétrole utilisant ces procédés doit être à même de préparer elle-même ces ’ réactifs importants dont elle aura besoin.
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- l'ig. <). — Conduites d’alimentation permettant, de répartir le pétrole dans chacune des chaudières de distillation. Ces conduites sont calori-fugèes avec de la magnésie retenue par un treillis de fil de fer.
- C’est ainsi que la soude nécessaire est obtenue par le procédé classique consistant à faire agir la chaux sur le carbonate de soude.
- C’est ainsi que l’hypochlorite de soude sera préparé sur place en faisant réagir le chlore sur la soude.
- C’est ainsi que cette même usine possédera le matériel nécessaire pour le grillage de la bauxite lui permettant de remettre constamment en œuvre ce réactif précieux.
- D’après le D1' Dunstan, directeur de l’Institut de Recherches de la Société Anglo-Pcrsian OilLtd, les avantages de ce nouveau procédé de raffinage consisteraient surtout en l’absence de résidus acides gênants, résidus encombrants fournis abondamment par l’ancien procédé de raffinage. A ces avantages viendraient s’ajouter ceux résultant de la suppression des appareils plombés, d’une simplicité de manutention et surtout de la suppression des pertes dues à la solubilisation d’hydrocarbures par l’acide sulfurique. Ce sont là des avantages précieux, surtout si cette méthode peut être généralisée et appliquée au traitement direct des huiles brutes sulfureuses dont les résidus combustibles et
- les huiles lubrifiantes sont ordinairement dépréciés.
- Il faut donc souhaiter la vulgarisation de ces mé-; thodes qui ouvriraient en outre des débouchés pour nos usines fabriquant de la soude électrolytique et dont le chlore est un sous-produit difficile à écouler.
- G. Durocher.
- Fig. io. — Série de regards permettant de surveiller la distribution du pétrole dans les conduites.
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- CHRONIQUE
- La potasse en Catalogne. — 11 existe dans le monde deux importants gisements souterrains de sels potassiques en exploitation. Ce sont, on le sait, le gisement de Stassfurth, en Allemagne, et le gisement d’Alsace.
- Les autres ressources du monde, en sels de potasse, sans être négligeables, sont cependant de faible importance, à l’égard de la production et des ressources de l’Allemagne et de l’Alsace.
- L’Allemagne et la France se trouvent donc, tout au moins pour l’exportation de ces produits si précieux à l’agriculture, détenteurs d’une sorte de monopole de fait, qu’elles ont du reste consolidé par un accord commercial, substituant sur les marchés extérieurs l’entente à la concurrence.
- Celte situation actuellement avantageuse pour les deux pays se maintiendra-t-elle dans l’avenir? Les Etats-Unis, gros importateurs de produits potassiques, se sont émus de ce cartel, et consacrent des fonds importants à la recherche de la potasse sur leur territoire, ainsi qu’à la mise en valeur des sous-produits qui en peuvent contenir.
- Jusqu’ici ces efforts ne semblent pas avoir abouti à des résultats tangibles.
- Mais, il est un pays qui pourrait, un jour à l’autre, intervenir comme producteur important de potasse. C’est l’Espagne. Des gisements potassiques y ont été, en effet, découverts en 1912 dans la province de Catalogne.
- Ils sont restés longtemps mal. connus, parce qu’insuffi-samment explorés. Mais la situation a beaucoup changé en ces dernières années. Des études géologiques approfondies ont été faites dans cette région, notamment par M. Aug. Marin, de l’Institut géologique d’Espagne. On a pu aboutir à une première estimation encore approximative des limites du bassin et de ses ressources. Ceiles-ci paraissent considérables ‘et font dès maintenant l’objet d’une première exploitation dans les mines de Suria, propriété de la (t Sociedad las Minas de potassium de Suria », société en grande partie créée par la Société Solvay.
- M. J. Jung, dans la Revue de l’industrie minérale, consacre à cette intéressante région une importante
- étude, rédigée, après visite sur les lieux, en s’appuyant surtout sur les travaux de M. Marin.
- Les couches de sels de potasse du bassin Catalan sont intercalées dans les terrains de la série oligocène qui affleurent largement dans la branche orientale du grand bassin tertiaire de l’Ebre, entre les Pyrénées et la chaîne côtière catalane. La zone présumée la plus intéressante au point de vue de tapotasse s’étend au Nord et au Nord-Ouest de Barcelone, elle est traversée par le Rio Car-dener, affluent du Rio Llobreget. En suivant Je Rio Car-dener depuis Manressat, on rencontre successivement trois anticlinaux qui ont fait l’ohjet principal des explorations réalisées jusqu’ici : l’anticlinal de Callus, celui de Suria, celui de Cardona.
- La zone de Suria est celle dont l’étude est la plus avancée; le sous-sol des environs immédiats de Suria a été exploré par une dizaine de sondages. Un puits d’extraction a été foncé, et l’exploitation se fait par 3 étages à 227, 277, 'et 327 m. On a recoupé 20 m. de carnal-lite présentant une richesse moyenne en K90 de 10 pour 100 et 8 m. de sylvinite à 20 pour 100.
- Par leur nature, les dépôts potassiques reconnus s’apparentent surtout à ceux d’Alsace.
- La zone actuellement reconnue, est déjà remarquablement vaste : elle s’étend entre les localités de Cardona, Balsareny, Callus, Castelfullit et "Villanova de la Aguda, et représente * une étendue exploitable qui ne semble pas inférieure à 530 km2.
- La seule région assez bien connue pour que l’on y puisse évaluer approximativement Je tonnage du minerai est celle de Suria, elle s’étend sur une longueur de 15 km et une largeur de 4 à 5 km, soit 07 km2 environ de superficie.
- La profondeur de la couche de sels potassiques varie entre 200 et 800 m. Pour cette seule région, et avec une évaluation très prudente, M. Maurin arrive à une estimation globale de réserve se montant à 268 millions de tonnes de K20 pur.
- Le gisement apparaît donc, au point de vue géologique et minier, comme étant d’une exceptionnelle importance. Mais l’insuffisance des moyens de transport de la région semble devoir, dit M. Jung, s’opposer à une mise en valeur rapide.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1926.
- Le corroyage et les alliages de cuivre et d’aluminium. — Les travaux de M. Charpy ont montré l’influence sur les aciers du corroyage, ou réduction de section par forgeage à température] élevée. La nouvelle note de M. Léon Guillet indique les résultats fournis par une opération de ce genre syr les laitons, l’aluminium et certains de ses alliages dont la teneur en cuivre est 3,52 ou 5,97.
- Les essais de choc et de dureté, à l’état brut, puis à l’état recuit, montrent l’influence considérable du corroyage, tout particulièrement au point de vue résilience : le maximum de cette influence est assez accusé et se
- trouve pour les laitons à un degré de corroyage un peu J moins élevé que pour les alliages d’aluminium. Il est encore à signaler une différence très accusée entre les résultats fournis par les éprouvettes, suivant qu’elles sont prélevées dans le sens du laminage ou dans le sens perpendiculaire. En résumé, M. Guillet conclut à la nécessité d’atteindre un certain degré de corroyage sans pour cela dépasser certaines limites.
- La cire de Rose. — Une longue série d’analyses dues à M. II. Prophète fixe à ce produit la composition suivante (0/0) : eau, 0,68; non gras, 0,1; acides solubles,
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- 1,0; acides insolubles saturés, 10,6; acides insoluhbles non saturés, 6,4; acides-alcools, 3,2 ; alcools, 20-2 ; carbures, 56,5.
- Les alcools sont du type pseudocérylique ou isocéry-lique et, parmi les carbures, l’auteur indique : le tria-contane, l’heptacosane, le tricosane, le docosane, Phéni-cosane, l’eicosane, enfin l’hexadécane.
- Le gisement néolithique de Glosel. — Les premières études de M. Morlet avaient donné, comme âge à ce gisement qui préoccupe depuis quelques semaines le monde des Préhistoriens, le Paléolithique ou époque delà pierre taillée. Pour M. Depéret, de l’examen d’une tablette révélant un dessin représentant un Elan et non un Renne, il fallait conclure au Néolithique le plus franc, légèrement antérieur à l’âge des métaux.
- Par la suite, une élude de M. Camille Jullian, de l’Académie des Inscriptions, montrait, dans ce gisement un simple « bric à brac » de sorcière, du troisième siècle, après J.-C. *
- •- L’extension du Wealdien dans.le Nord de la France.
- — Dans ses précédentes notes, M. Alfred Carpentier avait signalé la 'présence et indiqué les caractéristiques de la flore éocrétacique de Féron-Glageon (Nord). De nouvelles explorations dans les régions de Fournies et de La Reinette, près Ilirson, ont permis de relever des empreintes végétales, notamment de Sph. Kurrianum, très [commun) dans les argiles wealdiennes. Par place, ce même géologue a pu observer des témoins de l’extension de la mer de l’Albien inférieur et de l’Albien moyen (Gault inférieur) d’Angleterre.
- La présence du strontium dans Veau de mer. — Les analyses de MH. A. Desgrez et J. Meunier ont porté sur des échantillons puisés au large de Dieppe, par temps calme, à une profondeur de 12 m. Elles indiquent une teneur par litre de 0,0155 g. évaluée en sel S04Sr.et qui suffit à expliquer la présence du métal alcalino-terreux dans les tests calcaires des mollusques et des crustacés, tels que ceux des bucardes, coquillage commun et qui peuple les vasières du littoral dans lesquelles l’eau de mer peut atteindre une haute concentration.
- Paul B.
- INITIATION BIOLOGIQUE (1)
- LES MOUVEMENTS DE LA CELLULE II. — Mécanismes et conséquences des tactismes et des tropismes.
- Notre dernier article s’est proposé de montrer que diverses influences d’ordre chimique ou physique sont capables de conditionner des mouvements, des orientations de cellules ou d’organismes complexes : c’est ce qu’on nomme les tactismes et les tropismes. Après avoir simplement exposé les faits, nous nous étions promis de les interpréter. Aussi notre tâche va-t-elle consister aujourd’hui à rechercher par quel
- Fig. t.
- a et b : lymphocytes de sang' de Triton fixés pendant leurs mouvements: pseudopodes en nappe (a) et en aiguille (b). Grossissement : ioo diam. c : leucocyte de Triton fixe pendant ses mouvements :
- pseudopodes en aiguille. Grossissement : 83o diam. (d’après Jolly).
- moyen une cellule arrive à se mouvoir, comment un agent de tactisme ou de tropisme peut mettre en jeu sa motilité ou celle d’un organisme multicellulaire, et enfin ce qui, de tous ces phénomènes, résulte d’important au cours des manifestations de la vie.
- Ce que l’on sait le mieux, en ce qui concerne le mécanisme du mouvement cellulaire, repose sur l’observation de protozoaires comme les Amibes, ou encore de ces « plasmodes » de Myxomycètes dont j’ai parlé précédemment. Les Ami-
- bes ont donné leur nom au mouvement grâce auquel elles se déplacent, ou mouvement amiboïde. Il réside en la poussée, en un ou simultanément en
- 1. La Nature, nos 2703, 2713, 2715, 2731, 2735 et 2758.
- plusieurs points du cytoplasme, d’expansions, de courtes saillies, auxquelles leur aspect a fait attribuer le terme de pseudopodes. Si l’extrémité d’un pseudopode, émis dans une certaine direction, devient le point fixe vers lequel la cellule ensuite se rétracte, un court déplacement reste acquis. Tel est le principe du mouvement amiboïde. Les leucocytes granuleux du sang migrent suivant ce mode (fig. 1 et 2).
- Le mouvement est encore aisé à expliquer, quand il est provoqué par des organites cellulaires spéciaux, comme les flagelles 011* les cils.
- Les flagelles sont constitués par des appendices longs et étroits, propres à assurer, par leurs ondulations, la mobilité d’éléments tels que les anthérozoïdes, les spermatozoïdes des végétaux et des animaux, de même que des nombreux protistes du groupe des Flcujellates. Il s’adjoint souvent au flagelle une « membrane ondulante » qui parfait son adaptation (fig. 5). Quant aux cils, ils consistent en des expansions régulières, extrêmement ténues, animées de battements rapides et capables de déterminer le déplacement des. cellules qui les supportent.
- Rares parfois, ils garnissent en nombre considé-
- nhs 3 ukss
- Fig. 2.
- Mouvements d’un gros lymphocyte de lapin suivi à la température de 3g°. Les heures indiquées'sont celles auxquelles les dessins correspondants ont été faits.
- Grossissement : 600 diam. (d’après Jolly).
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- rable, dans d’autres cas, la surface d’une seule cellule (fig: 4).
- Flagelles et cils peuvent êlre considérés à juste titre comme des sortes de pseudopodes évolués, qui ont acquis et conservé une différenciation en rapport avec l’activité cinétique de la cellule.
- On retrouve d’ailleurs les memes organites, adaptés à d’autres formes de cette activité, chez les animaux supérieurs. C’est ainsi que parmi les revêtements réguliers de cellules composant les épithéliums, en bordure des cavités de divers organes, il en est beaucoup qui supportent un appareil ininterrompu de cils vibratiles, dont les battements se propagent en un sens déterminé, à la manière d’une ondulation, et aboutissent au lent cheminement de liquides, de sécrétions, de corps étrangers même, présents.à la surface de l’épithélium (fig. 5).
- Quoi qu’il en soit., si nous revenons aux cellules isolées et douées de mouvements, nous nous trouvons amenés à reconnaître que leur déplacement ne saurait toujours s’expliquer par l’émission de pseudopodes, non plus que par des battements de cils ou de flagelles. 11 existe en effet des éléments au cytoplasme ceint, d’une membrane rigide qui, dépourvus de tout appendice moteur, incapables de se déformer, n’en possèdent pas moins une mobilité d’essence encore,mystérieuse.
- Il va de soi que toute explication des mouvements devient superflue quand, des cellules libres, on passe aux animaux élevés en organisation et pourvus de tissus ou d’organes spécialisés en vue de la locomotion. Il nous reste toutefois à envisager le cas des végétaux, susceptibles de subir, comme on le sait, des orientations de leurs diverses parties sous l’influence de tropismes variés. Ici, il faut chercher la genèse du mouvement dans les phénomènes de « croissance différentielle ». Leur interprétation est fort simple. Si une tige droite quelconque reçoit, sur une de ses faces seulement, un faisceau lumineux, et que les cellules, sous cette influence, croissent moins vite que celles du côté opposé, on conçoit que la tige subira une courbure qui la fera pencher vers la source de lumière. De même si une tige, une vrille comme celles de la vigne, subit, de la part de quelque support, un contact dont l’effet localisé soit également de ralentir la croissance par rapport à la face opposée, la tige tendra à s’infléchir vers le support, à s’enrouler autour de lui.
- Après avoir appris à connaître, comme nous venons de le faire brièvement, les moyens mis en œuvre par les êtres vivants pour se mouvoir, nous voici conduits à rechercher comment la cause première du mouvement — tactisme ou tropisme — arrive à entraîner l’effet, c’est-à-dire le déplacement ou l’orientation.
- Un exemple simple va fixer notre pensée, et assigner une direction à nos hypothèses. Imaginons une cellule quelconque, douée d’amiboïdisme, et placée dans un milieu ou, à quelque distance, se dissout lentement un corps capable d’attirer la
- BIOLOGIQUE ' —— r. -===:
- cellule, en vertu d’un chimiotactisme positif. Nous savons bien que la cellule en Cause— leucocyte du sang, Amibe— se dirigera, en émettant des pseudopodes, vers la source de la substance attractive. Comment concevoir le mécanisme de semblable phénomène ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de se représenter que la concentration du corps en dissolution diminue régulièrement, suivant des cercles concentriques, à partir du centre de diffusion. Or, si faibles que soient les dimensions d’une cellule, si minimes les différences de concentration dans les limites de ces dimensions, il est permis d’admettre que, d’un côté, la cellule est en rapport avec un milieu plus concentré que de l’autre. Aussi peut-on supposer que, de ce déséquilibre, résultent des différences de conditions physicochimiques en divers points de la membrane et qu’à leur tour ces différences se traduisent parla poussée de pseudopodes. Est-ce là une influence directe sur la membrane ? Est-ce une conséquence de modifications localisées dont le protoplasme est d’abord le siège? Problèmes trop ardus pour être abordés ici, et qui d’ailleurs échappent encore à une explicàtion définitive.
- Quand une cellule mobile n’offre ni pseudopodes, ni appendices d’aucune sorte, on reste en droit d’invoquer la même hypothèse d’une « influence différentielle » pour expliquer l’hétérogénéité des conditions qui se créent dans le protoplasme, et d’où résulte le mouvement.
- Je viens de prendre comme type une action chimiotactique s’exerçant sur un être unicellulaire. La même hypothèse peut s’étendre, dans une certaine mesure, à d’autres agents de tropismes et de tactismes et même, parfois, à la réaction manifestée par des individus élevés en organisation.
- C’est qu’en effet les diverses influences, que j’ai invoquées dans mon article précédent, peuvent susciter, dans le protoplasme, des ébranlements chimiques ou physico-chimiques localisés et propres, par suite, à devenir le point de départ d’une déformation ou d’un mouvement. La lumière, parexemple, détermine ses effets, le plus souvent, 'grâce à la présence dans les cellules de substances complexes, les pigments, qui lui sont électivement sensibles. Tel est le cas de la chlorophylle des végétaux verts. Éclairé, ce pigment fixe le gaz carbonique de l’air et l’utilise pour des réactions qui libèrent de l’oxygène. Les plastes qui supportent la chlorophylle témoignent d’ailleurs, par certaines migrations qu’ils effectuent à l’intérieur même des cellules exposées à des variations d’éclairage, leur sensibilité à ce facteur. On comprend en tout cas, si l’on se reporte à ce qui vient d’être dit, que, par l’intermédiaire des phénomènes chimiques quelle provoque au sein du cytoplasme, la lumière puisse, en dernière analyse, causer des orientations ou des mouvements.
- Plus délicates -à édifier sont les hypothèses qui rendent compte des tactismes chez des animaux d’organisation complexe. On doit au grand biologiste
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- américain Jacques Loeb, l’une des plus ingénieuses.
- D’après ce savant, la polarisation des animaux, c’est-à-dire leur division virtuelle en deux moitiés homologues séparées par un plan de symétrie, permet de concevoir leur orientation sous l’influence d’agents extérieurs. Considère-t-on un phototactisme, comme celui qui guide vers une fenêtre éclairée des pucerons ailés, on peut, avec Loeb, chercher sa cause initiale dans l’action de la lumière sur le pigment renfermé dans les yeux. Les modifications chimiques ainsi déterminées entraînent secondairement, dans la moitié correspondante du corps, des retentissements dont des contractions musculaires, des mouvements, sont le terme ultime. Si, dans ces conditions, un œil reçoit une lumière plus intense que l’autre, les mouvements mis en jeu de ce même côté seront moins intenses que de l’autre, et tendront à changer l’orientation générale de l’organisme, de manière que l'œil le moins éclairé devienne le plus éclairé. Le régime d’oscillations qui en résulte aboutit à diriger le plan de symétrie selon l’axe des rayons lumineux et, de la sorte, tout déplacement de l’animal le guidera infailliblement vers la source de lumière.
- On se rend compte aisément que ce qui rapproche pareille conception de celle que j’ai mise en avant, à propos des cellules isolées, c’est que, dans tous les cas, le mouvement a pour base une « réaction différentielle » à l’agent extérieur, je veux dire une réaction dont l’intensité varie suivant les points
- de l’organisme atteint.
- Il est juste d’ajouter que les vues théoriques de Loeb ne sauraient s’appliquer à tous les cas. Comme le note G. Bohn, il existe de petits crustacés, les
- Daphnies, qui, possédant un œil unique, ne s’en comportent pas moins comme les pucerons phototactiques.
- Anna Drzewina a, de son côté, fait connaître l’hydrotactisme des crabes — forme du chimiotactisme — qui, sur les plages, conduit les animaux vers l’eau par le plus court chemin : or, la marche du crabe a lieu, comme on le sait, latéralement, selon une direction perpendiculaire ou oblique au plan de symétrie. Qu’intervient-il donc ici? Peut-être l’adaptation préétablie, à une influence extérieure de l’organisme entier ou de parties de l’organisme, d’ou il résulte que la direction d’un mouvement, sollicité par un agent du tactisme, est fixée d’avance de par la constitution
- big. 4. — Exemple d’infusoire (Protozoaire) cilié :
- Paramœcium bursaria. c, cils;v. c.. vacuole contractile n, noyau; e, enclave; i. b., in-i'undibulum buccal ; a, anus. Grossissement : 22odiam. (d’après Claparède et Lachmann).
- même des cellules. Nous connaissons à présent, ou tout au moins nous avons tenté d'éclairer le mécanisme des orientations, des déplacements des êtres vivants. Il nous reste à montrer les im--portantes conséquences biologiques qu’ils sont capables d’entraîner.
- Ces conséquences sont innombrables.
- Dans le cadre restreint de nos articles, nous ne pouvons songer à les étudier dans le détail. Nous recourrons seulement à l’exemple de quelques faits caractéristiques.
- C’est grâce à un chimiotactisme que se réalise, chez les individus les plus simples comme les plus hautement organisés de l’échelle zoologique, l’union des gamètes, c’est-à-dire des cellules sexuelles, d’où procède un organisme nouveau de même espèce. J’ai déjà, rappelé que les anthérozoïdes des Fougères sont attirés par une solution diluée d’acide malique.
- Ce phénomène donne grandement lieu de penser que, dans les conditions physiologiques, ce qui les attire vers l’appareil reproducteur femelle, ou arché-gone, est une cause de même nature représentée, non pas nécessairement par de l’acide malique, mais par un hypothétique produit de sécrétion. De là à une généralisation, il n’y a qu’un pas. Les biologistes le franchissent volontiers et admettent qu’une influence d’ordre chimique guide, chez les animaux,
- . les spermies vers l’ovule.
- Un chimiotactisme encore conduit, dans notre organisme, les globules blancs aux points d’envahissement des microbes et leur permet d’entreprendre contre eux une lutte souvent efficace. L’aboutissement normal de cette lutte est la phagocytose, que . Metchnikofï a découverte et qui consiste en l’absorption par les phagocytes de corps étrangers, suivie de leur destruction. Un exemple de la phagocytose est justement offert par les globules blancs, qui, attirés par les microbes, les incorporent à leur protoplasma, puis souvent les dissolvent, les digèrent, grâce aux ferments qu’ils sécrètent (fig. 6, a).
- On connaît d’autres manifestations de la phagocytose.. De même que certains microbes ou que leurs
- fig. 3. — Exemples
- de cellules flagellées.
- a, anthérozoïde de Fucus serralus (Algue). Grossissement :90c diam.
- b, anthérozoïde de Pellia epiphylla
- (Hépatique).
- Grossissement : 1200 diam. (d’après Guignard.)
- c, spermatozoïde de Salamandre, t, tête; q, queue (filament axile) ;
- m. 0, membrane ondulante (d’après Hertwig).
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- l’œsophage du Triton. L’épithélium qui la limite comprend des cellules à cils vibratiles et des cellules à mucus. Les cils des premières, très visibles à la surface de l’épithélium, s'insèrent sur de fins corpuscules {corpuscules basaux) dont la juxtaposition donne l’impression d’une ligne noire continue, interrompue seulement de place en place par les cellules à mucus.
- Grossissement : 1000 diamètres
- toxines, les produits mis en liberté par les cellules mortes attirent les globules blancs. Aussi les voit-on intervenir dans la résorption des tissus qui disparaissent au cours de la métamorphose des Insectes ou des Batraciens. J'ai, par ailleurs, eu déjà l’occasion d’écrire que nos globules rouges ont une existence éphémère. Leur destruction, après leur mort, est encore l’œuvre de la phagocytose exercée, dans la rate, par de volumineuses cellules (fig. G, c).
- L’héliotactisme, qui dirige les plantes du côté de la lumière, source de vie, ou les insectes en vue du vol nuptial; le géotropisme qui imprime aux différents organes des végétaux les orientations propres à assurer leur croissance; le thermotactisme qui meut les protistes vers les points où règne la température la plus favorable à leur développement, toutes ces causes de mouvement jouent, dans la nature, un rôle efficace et souvent primordial. Il ne faudrait cependant pas chercher, en de tels exemples, l’illustration d’une théorie de finalité sans base solide ni sérieuse valeur explicative. Certes tactismes et tropismes traduisent le plus souvent une remarquable adaptation à la conservation de la vie. Mais qu’on veuille bien songer que de telles adaptations sont peut-être la conséquence d’une sélection, d’une élimination effectuée à travers les figes et que nous ne les observons que parce qu’elles ont assuré la pérennité des êtres qui en ont bénéficié. Aussi les tactismes, les tropismes néfastes apparaissent-ils forcément plus rares. Ils n’én existent pas moins. Loch a montré que certaines larves, qui vivent sous l’écorce des arbres et ne peuvent s’accommoder que de l’obscurité, présentent cependant un phototropisme positif. Les papillons du soir ne viennent-ils
- pas brûler leurs ailes à la flamme qui les attire? On pourrait citer bien des faits en faveur de l’idée que les tactismes, les tropismes ne sont pas nécessairement en rapport avec les besoins ou l’intérêt des êtres qui leur obéissent, et Loeb fait justement remarquer que l’électrotactisme, mis en œuvre par l’homme seul, mais absent dans la nature, n’en agit pas moins de la même manière que les tactismes naturels.
- Loeb trouve, en dernière analyse, dans les tropismes un simple accord entre des actions extérieures et des réactions commandées par la constitution même des êtres. Les tropismes ne sont — Loeb l’a prouvé par des expériences décisives — le résultat d’aucune éducation préalable. Les animaux n’en font pas l’apprentissage : ils les subissent dès leurs premières possibilités de réalisation.
- Il n’est pas jusqu’à l’Homme en qui Loeb ne voie, dans une certaine mesure, le jouet de tropismes, et il n’hésite pas à leur assigner un rôle fondamental en psychologie. De même, pense-t-il, qu’on accentue ou qu’on suscite certains tropismes d’ordre physique, grâce à l’intermédiaire de substances chimiques (comme c’est le cas pour les Copépodes, ces petits crustacés qui deviennent positivement phototropiques si l’on ajoute de l’acide carbonique à l’eau qui les renferme), de même nos idées n’interviendraient-elles pas en nous sensibilisant à des influences extérieures, auxquelles nous nous trouvons dès lors asservis?
- Ce n’est là qu’un rêve de puissant esprit. Mais
- Lig. 6. — Exemples de phagocytose.
- a, phagocytose de 4 bacilles (ba) par un leucocyte du sang' de mammifère n, noyau. Grossissement : i5oo diamètres-
- b, phagocytose de grains de ATermillon, injectés 'dans la cavité péritonéale d’une grenouille, par un globule blanc, g, granulations de vermillon incorporées au protoplasme, n, noyau. Grossissement : 1000 diamètres.
- c, phagocytose de 3 hématies ou globules rouges (h) par une cellule de la rate. n. noyau. Grossissement : ioocdiam.
- d, phagocytose de spermatozoïdes (sp.) par une cellule endothéliale, dans un liquide d’hydroccle.” n, noyau.
- (D’après Widal.)
- 11’est-ce pas un mérite de la biologie que de nous ouvrir, de temps en temps, des échappées sur le domaine du rêve? Dr Max àuon.
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- LA NATURE. — N° 2750.
- 18 DÉCEMBRE 1926
- LES TOXIQUES VÉGÉTAUX DE MADAGASCAR
- Quoique très spéciale et surtout représentée, en dépit de certaines affinités, par des espèces, et souvent même des genres, qui lui appartiennent en propre et lui impriment ainsi un caractère très marqué d’individualité, la flore de Madagascar est d’une telle richesse qu’elle peut satisfaire, pour à peu près, toutes les catégories de produits, à presque tous les usages dont la matière première est ordinairement tirée du monde végétal.
- Avec le Raphia Ruffia, le Fourcroya gigantea, YUrena lobata, les Cryptostegia et les Pachypo-dium, avec les Vonitra, les Cyperus, divers Palmiers, les Malgaches trouvent sur leur sol les plantes à textiles, à filasses pour cordages, à crin végétal, à pailles pour chapeaux, qui leur sont nécessaires; les Canarium et le copalier leur donnent des résines; les Brochoneitra, le Uilobeia. Thouarsii, le Jatropha mahafalensis, les Sym-phonia., des Adansonia tels que notamment YAdan-sonia Grandidierii, sont les oléagineux du pays ; les Cynanchum, les Euphorbes, le Raphia fournissent des cires; les Landolphia et les Masca-renhasia, ainsi que les représentants de divers autres genres, donnent, ou ont donné, des caoutchoucs. Des tubercules de Tacca, on extrait une fécule, dite de tavolo, assez intéressante pour être exportée. Des huiles essentielles pourraient être tirées du santal indigène (Santalina madagasca-rinas) du longoza (Aframomum angaslifalium), d’une llutacée, le Pelea madagascarica, à essence anisée, d’une Lauracée, le Cinnamosma Perrieri ; les Ravensara sont bien connus comme aromatiques. 'Les plantes médicinales véritablement actives sont
- aussi nombreuses.
- Et ce sont ces dernières plantes qui nous amènent aux végétaux dont nous voulons plus particulièrement nous occuper ici. Végétaux qui ne correspondent plus aux mêmes besoins que les précédents, bien au contraire, mais qui ne nous font pas moins constater que la grande île, tout comme le continent africain, tout Fig'. 2. — Tige Jeuülée et fleur 'comme aussi la de longoza Ai'raniomum angusti- Malaisie et les iolium. Le suc des feuilles pilées contrées tropicales était mélangé à la poudre des , ,,, • ,
- graines de tanghin pour la pré- de 1 Asie f du
- parution du poison d’épreuve. Nouveau Monde,
- 54° Année. — Semestre.
- Fig. t. — Rameau et noyau de tanghin, Tanghinia venenifera. Le toxique, est la graine contenue dans le noyau.
- possède ces toxiques violents que les indigènes ont su partout utiliser pour le mal, comme poisons judiciaires ou poisons sagittaires, et qu’il nous importe de connaître, tant au point.de vue historique et ethnographique que, plus encore, parce qu’un usage convenable de leurs principes actifs peut en faire pour nous les meilleurs agents de notre thérapeutique moderne.
- Le Tanghin. — Le tanghin est le plus célèbre des poisons végétaux de Madagascar et celui qui, en effet, a joué jadis le plus grand rôle dans les ordalies malgaches de l’Est et du Centre.
- Le Dr Ramisiray, dans sa thèse de médecine de 1901, affirme que le tanghin, avant l’abolition de son emploi officiel — qui date de 1865 — causait la mort du cinquantième de la population totale de l’Imerina. C’étaient 5000 personnes, en moyenne, qui étaient chaque année les victimes de cette horrible coutume. Le nombre des morts atteignit une fois le chiffre de 6000 dans une seule ordalie.
- Lorsque, en 1810, le grand roi Andrianampoi-nimerina, le fondateur de la puissance hova, mourut, le peuple tout entier, disent MM. Alfred et Guillaume Grandidier, dut boire le tanghin, afin qu’on découvrît l’auteur du maléfice qui avait enlevé la! vie au roi bien-aimé. C’était en effet, à Madagascar, une croyance indigène que la mort n’était jamais naturelle, mais toujours due à quelque pratique de sorcier ou à la vengeance de quelque esprit malin.
- Lors de celte ordalie générale de 1810, un noble nommé Andriantsiandra succomba seul à l’épreuve ; son corps, chargé de nombreuses malédictions, fut abandonné aux chiens.
- Le successeur d’Adrianampoinimeri'na fut son fils Radama I, qui mourut en 1828, laissant le trône à sa veuve, ltanavalona lre, de sauglante mémoire.
- Cette puissance qu’Andrianampoinimerina avait
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- établie par ses conquêtes, mais aussi par son habileté, Ranavalona l'u l’allermit par la terreur, qu’elle considérait comme le seul moyen de retenir sous sa domination les populations diverses qui y étaient maintenant groupées.
- Dès son avènement, suivant une coutume ancienne, toutes les personnes de son entourage durent absorber le tanghin, et plusieurs succombèrent. Pendant son règne, ce fut ensuite une série continue d’exécutions en masse par le même poison, qui fit ainsi périr des milliers d’individus. La reine, d’ailleurs, avant chacun de ses repas, faisait procéder devant elle à l’épreuve du tanghin sur un poulet, pour s’assurer que ses mets n’étaient pas ensorcelés.
- L’excès même devait engendrer une réaction, car après la mort de Ranavalona Ire, en 1861, on se contenta désormais de tirer le sikidy (sorte de jeu de « bonne aventure » à- combinaisons multiples pratiqué par les devins), et, comme contre-épreuve, de soumettre à l’essai du tanghin des poulets dont chacun représentait une personne déterminée. Et ce fut sous le règne de Ra-soherina, veuve de Radama II, qui avait été assassiné en 1865, que le tanghin cessa enfin d’être le poison « officiel » des tribunaux.
- L’épreuve du tanghin fut dès lors interdite, sous peine de mort tant pour celui qui fournissait le poison que pour celui qui l’administrait.
- Ce qui ne signifie pas évidemment que les graines — puisque ce sont les graines de l’arbre à tanghin qui sont la partie toxique employée — qu’on continua à vendre secrètement dans les bazars, même à Tananarive, cessèrent en même temps de servir à la perpétration de crimes privés.
- En médecine indigène, et à petites doses, le tanghin est, du reste, un remède des empiriques malgaches contre les maladies du cœur, du foie et de la rate. Les doses usitées varient de 5 à 50 centigrammes. Ce n’est toutefois pas sans danger que les plus fortes de ces doses, qui correspondent à^eu près à un quart d’amande, sont administrées. Le R. P. Dursap cite le cas d’une femme malgache qui, ayant absorbé un tiers d’amande, eut de violents vomissements, des selles abondantes, des vertiges et des sueurs.
- A l’état d’extrait, le tanghin a été préconisé à la dose de ü à 10 centigrammes dans l’atonie intestinale, les tremblements, l’incontinence d’urine nocturne, certaines paralysies ; mais il est toujours bien recommandé d’en cesser l’usage dès qu’apparaissent la céphalée, des nausées, des vomissétnents et des signes de faiblesse. , ï[-
- L’arbre à tanghin, ou Tanghinia venenifera, ou
- encore Cerbera Tanghin, de la famille des Apocy-nacées, croit sur la côte orientale de Madagascar, sa limite Nord semblant être vers le niveau de la baie d’Antongil.
- C’est un arbre de moyenne grandeur, ayant un peu le port du laurier-rose, qui est également une Apocynacée; ses feuilles (fig. 1) sont allongées et spatulées, entières, et les fleurs sont disposées en grappes terminales.
- Les fruits, de couleur jaune ou jaune rougeâtre, sont des fruits à noyau, à pulpe fibreuse, ayant à peu près la forme et les dimensions d’un œuf de poule (7 cm par exemple, sur 4 cm) ; le noyau (fig. 1), très ligneux, est'aplati ou plus ou moins bombé sur les deux faces, allongé (5 cm sur 5 cm) i ou presque discoïde (4 cm. 5 sur 4 cm), avec une suture latérale suivant laquelle il éclate en se desséchant ; et sa surface est rugueuse, irrégulièrement sillonnée en tous sens. /
- C’est donc la graine (kebona des Hovaj que ce noyau contient qui est le « tanghin ». Pour les Hova, elle recélait P « esprit » qui rendait capable de discerner les innocents des coupables et d’épargner les premiers en empoisonnant, au contraire, les seconds.
- Pour préparer le breuvage d’épreuve, on râpait les graines, et, au moins en certaines régions, on mélangeait la poudre (dont la dose légale était d’au moins 4 gr., correspondant à peu près à deux, graines) au suc obtenu en pilant les feuilles du longoza, ou cardamome malgache, qui est YAframomnm angusti-foliurn (fig. 2). La forte amertume de l’amande était sans doute ainsi plus ou moins masquée par la saveur aromatique du longoza. En d’autres localités, on préparait simplement une infusion.
- Il est bien certain que l’ingestion de ces liquides devait inévitablement amener la mort du patient. Nous avons vu pourtant que certains en réchappaient. Ces privilégiés n’avaient qu’à remercier, ou surtout rémunérer suffisamment les devins qui avaient su faire erreur dans la graine employée, ou régler convenablement la dose de la poudre, ou peut-être encore employer des fruits non mûrs, s’il est vrai que, comme le dit Raker, ce sont les fruits les plus avancés qui donnent les graines les plus vénéneuses.
- Sur les symptômes qui accompagnent la mort par le tanghin et sur le mode d’action du poison (que les Malgaches nomment Kisopa) les recherches en France ont été nombreuses, et les premières datent de loin déjà puisqu’elles furent dues à Ollivier et Henry en 1824, à Orfila en 1826; elles furent reprises ultérieurement par Davidson en 1875, par Joannès Chatin la' même année, par Quinquaud en 1886, par Rasamimanana
- Fig. 3. — Fragment de rameau fleuri et fruit de kisopa Menabea venenata.
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- en 1891. Toutes ont toujours abouti à considérer le tanghin comme un poison qui arrêterait les mouvements du cœur et détruirait l’irritabilité musculaire. Et ces résultats concordent avec les conclusions des études chimiques d’Arnaud, pour qui le principe actif, la tanghine, avoisine les glucosides des Slro-phanthus africains, dont l’action est, on le sait, analogue à celle de la digitaline.
- Ce principe actif cristallisé des graines de tanghin était isolé dès 1824 par Ollivier et Henry, qui surent reconnaître, tout en s’en étonnant alors, qu'il s’agissait d’un composé non azoté. Puis Watts, en 1868, obtint de nouveau la même substance. Mais ce fut surtout Arnaud qui, en 1889, repréparant la tanghine, constata sa parenté avec les strophantines qu’il avait lui-même étudiées les années précédentes.
- Les Slrophanthiis africains, autres Apocynacées dont quelques espèces fournissent les graines qui servent, en Afrique tropicale, à la préparation de poisons sagittaires, doivent leur action violemment toxique à une série homologue de glucosides cardiaques qui sont la « g-strophantine » du Strophan-ihus g valus (ou Strophanthas glaber), Vinage du Cameroun et du Gabon, la « strophantine proprement dite », du Strophanlus Kornbe de l’Afrique orientale, et la « pseudo-stropliantine » du Strophanlus hispidus de notre Afrique Occidentale. D’autre part, d’après Arnaud encore, la g-strophantine est le même glucoside que 1’ a ouaWine » du bois de YAcocanthera Ouabaio de la Somalie.
- Fig. 5. — Rameau, épis floraux el gousse de kominga, Erythrophloeum Coumitiga. Les écorces de la lige sent la partie utilisée comme toxique-.
- Fig. 4. —- Racines de kisompa, Menabea venenata employées comme toxique.
- La tanghine serait tout particulièrement à rapprocher de cette g-strophantine, ou ouabaïne ; son action serait la même et ce serait donc au même titre qu’elle pourrait prendre sa place en thérapeutique, avec probablement les mêmes avantages par rapport à la digitaline.
- Le kisompa. — Ce que le tanghin du versant oriental a été pour les Hova, le kisompa, d’après MM. A. et G. Grandidier, l’a été dans l’Ouest pour les Sakalaves. Les racines de cette Asclépiadacée, que les indigènes appellent encore fdta et tangem-bavy (ou « tanghin femelle »), qui est un des kimanga des Hova, et qui botaniquement est le Menabea venenata, remplaçaient dans les ordalies, sut1 le versant occidental, les graines du Tanghinia venenifera usitées dans l’Est et dans le Centre.
- Le Menabea venenata avait été simplement signalé et décrit, assez incomplètement et assez mal d’ailleurs, par Bâillon, vers 1890, lorsque nous recevions en novembre 1901 de notre correspondant de Madagascar, M. Perrier de la Bàtliie, des échantillons de cette espèce, avec les renseignements suivants : « Cet arbre est très commun sur les collines siliceuses de la région sakalave. Les indigènes utilisent ses racines en décoction à petites doses contre les nombreuses maladies qu’ils prétendent causées par les sorciers. A doses plus fortes, ils s’en servent pour s’empoisonner mutuellement, ce qui arrive assez souvent. Ils l’emploient, aussi comme poison d’épreuve, mais avec plus de prudence que le vrai tanghin, qui est bien moins dangereux. »
- Nous transmîmes alors nos échantillons, en provenance d’Ankirihitra, au D1 1 Teckel qui, en 1902, à peu près en même temps que M. Perrot, publiait quelques études qui nous faisaient mieux connaître la plante et son produit.
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- De bien plus faibles dimensions que le Tanyhinia venenifera,h Menabea venenata est un arbrisseau buissonnant, de la souche duquel partent quinze à vingt rameaux de 1 m. environ de hauteur, peu ramifiés, à petites feuilles nettement elliptiques (fig. 5), de 15 à 52 mm de longueur sur 8 à 20 mm de largeur. Aux aisselles de ces feuilles sont de petits bouquets de fleurs jaune rougeâtre, non pédonculées, avec corolle à très longs lobes étroits. Les fruits sont de petits follicules en fuseau, de 7 cm environ de longueur sur 1 cm de largeur.
- Toutes les parties de celte plante, feuilles, calice, fruits, sont couvertes de poils qui forment un épais tomentum d’aspect velouté, blanchâtre ou brunâtre. .
- Le kisompa se trouve, à Madagascar, dans le Nord-Ouest et l’Ouest. Dans le Nord-Ouest, d’après les renseignements que nous a transmis autrefois M. Terrier de la Bâthie, il se plaît sur les sommets dénudés des collines. Notre correspondant nous le signalait notamment en terrains basaltiques, à la limite occidentale de l’Ambongo, près du mont Àmbohibenga, ainsi que, en terrains gneissiques, à Analabé, non loin d’Andriba, sur la rive gauche de l’Ikopa, au sud est de Maevatanana, puis encore à Ankasoa, sur le plateau d’Ankara, au sud-ouest, cette fois, de la localité précédente, et dans le Haut-Mazoma, affluent de droite du Menavava. Dans l’Ouest, l’espèce descend au moins jusque dans la région de Morondava.
- Les racines, que nous avons dit être la partie utilisée, sont fasciculécs (fig. 4), souvent peu ramifiées, de 50 à 55 cm de longueur au plus, assez grosses (:1 à 2 cm vers la base), rougeâtres extérieurement, de saveur très amère et à odeur de cuir tanné. Elles sont au nombre de 55 à 40 par pied, et leur poids total, pour un pied, après dessiccation, est de 500 à 400 gr. Leur toxicité est très grande, puisque, d’après le D1 Lasnet, il suffirait d’un petit fragment pour tuer un homme adulte en une demi-heure. Les symptômes d’empoisonnement sont de fortes douleurs d’estomac, la pertè de connaissance, des convulsions, des contractions violentes, en particulier dans les membres antérieurs.
- A petites doses, c’est cependant un remède pour les Malgaches; et c’est ce cpii explique qu’elles soient vendues, parait-il, sur les marchés de l’Ime-rina. Elles sont considérées comme médicament amer, nauséeux, purgatif, éméto-cathartiquc, et même anti-déperditeur.
- En mélange avec les feuilles d’harongana (lia-rongamadagascariensis), ainsi qu’avec 1 e saraly (liane indéterminée), du gingembre et du tamotamo (rhizomes du Curcuma longa), les Malgaches en font une potion contre les maladies d’estomac et le lumbago.
- Une petite pincée de poudre dans un peu d’eau leur sert aussi contre les maladies du foie, de la rate et contre le tambavy, affection très commune à Madagascar, et qui est caractérisée par une entérite
- chronique accompagnée d’engorgement des ganglions mésentériques.
- Le principe actif de ces racines n’a pas encore, jusqu’ici, été isolé. Les seules expériences pharmacodynamiques que nous connaissions sont celles de M. Lucien Camus en 1905; et elles ont été faites avec simplement l’extrait alcoolique des racines, tel que le préparait M. Perrot.
- Cet extrait est une poudre jaunâtre, très amère, qui est assez soluble dans l’eau salée physiologique et dans l’eau distillée pour être employée en solution à 0,5 et 1 pour 100.
- En injections intra-vasculaires, la dose minima mortelle pour le lapin a été de 0 gr. 008 par kg d’animal et il en a fallu une quantité encore moindre pour le chien, qui a succombé déjà à la dose de 0 gr. 005 par kg, et même parfois à une dose plus faible.
- Le poison, d’après M. Camus, semble agir surtout sur le système nerveux et le cœur ; le principe actif pourrait peut-être, par suite, le jour où il serait isolé, recevoir des applications thérapeutiques dans les cas d’affections nerveuses ou cardiaques.
- Le kominga. — Le kominga, ou komenja, des Sakalaves, qui est encore un des kimanga des Hova, est une Légumineuse Gésalpiniée, du genre Erylhrophloeum. Comme tel, on peut s’attendre un peu à sa toxicité, puisqu’une autre espèce du même genre, en dehors de Madagascar, est le tali ou teli, ou mançone, dont l’écorce est l’un des principaux poisons d’épreuve de l’Ouest-Africain.
- Ce tali est YErythrophloeum guineense; le kominga est YErythrophloeum Couminga.
- L’espèce malgache apparaît, dans le Nord-Ouest de Pile, au sud de la Mahavavy, et elle redescend de là le long de la côte, nous dit M. Perrier de la Bâthie, sur une bande littorale à sol siliceux qui ne dépasserait pas 50 km de largeur. Elle ne se trouve donc pas dans la région de Majunga, mais, par contre, abonderait sur les collines boisées des bords du lac Kinkony, à l’ouest de Soalala. Vers le Sud, sa limite est encore imprécise, mais atteindrait au moins, sans doute, 21° de latitude, dans le bassin du Mangoky, car le R. P. Dursap, qui séjourna longtemps, comme missionnaire apostolique à Fia-narantsoa, dit que, dans le Betsileo, les empiriques vont s’approvisionner en kominga à Kalamavony, ville à l’ouest d’Ambohinamboarina. Or, cette dernière localité est tout à fait dans l’intérieur, entre Ambositra et Fianarantsoa; et il est assez vraisemblable que la drogue n’est pas apportée de très loin, de même que la situation d’Amhohinamboarina pourrait laisser suj^poser que, dans cette partie du xœrsant occidental, le kominga s’éloigne plus de la côte que dans le Nord-Ouest.
- UErythi'ophloeum Couminga est un arbre à frondaison touffue, de 20 à 50 m de hauteur, d’autant plus élevé qu’il est plus loin de la nier. Son tronc très droit, de 40 à 70 cm. de diamètre, est à écorce crevassée ; ses rameaux sont étalés ou légère-
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- ment dressés. Les 'feuilles (fig. 4) sont deux fois composées ; et les fleurs qui, dans le Nord-Ouest, s’épanouissent ordinairement de juillet à décembre, sont verdâtres et à odeur très forte, sont disposées en grappes d’épis. Les gousses, de forme un peu variable, plus ou moins larges, sont grandes, fortement ligneuses, très allongées et aplaties, de 20 à 55 cm sur 5 cm. 5 à 4 cm. 5.
- Toutes les parties de la plante sont vénéneuses.
- « Les indigènes, nous écrivait, en mai 1902,M. Per-rier de la Bâthie, vont jusqu'à prétendre que l’odeur et la fumée en sont nuisibles et que les troupeaux qui boivent l’eau où ont macéré ses feuilles sèches font des excréments sanguinolents. L’écorce est la partie ordinairement employée; une très petite dose suffit pour tuer un chien de moyenne taille, avec, comme symptômes principaux, des vomissements glaireux et gazeux et des selles sanguinolentes et gélatineuses. »
- Notre correspondant ajoutait :
- « Je n’avais accordé tout d’abord que peu de confiance à ces dires des indigènes, mais quelques-uns de mes bœufs, dont une partie paît sur les terres à kominga, sont morts avec tous les symptômes de l’empoisonnement par le kominga; je me suis mis à étudier ces faits de plus près, et je crois bien que, en réalité, l’arbre est très nuisible, quoiqu’il ne cause la mort du bétail que lorsque celui-ci en a ingéré les feuilles, soit sèches, et mélangées, sous les arbres, à des herbes courtes, soit vertes, les bœufs les ayant prises alors pour des feuilles de bois noir (Albizzia Lebbek) dont ils paraissent ici
- Fig. 7. — Rameau fleuri de kirondro Perriera madagascariensis dont la partie la plus toxique est le fruit.
- Fig. 6.
- Le kirondro, Perriera madagascariensis.
- très friands. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que la période néfaste du kominga — qui ne semble pas, en effet, également vénéneux toute l’année — coïncide remarquablement avec la saison la plus sèche, alors que les animaux, plus ou moins affamés, se jettent avec avidité sur tout ce qu’ils trouvent. »
- Il paraîtrait, d’ailleurs, que les bœufs provenant d’autres terrains que ceux à kominga sont les seuls à souffrir ainsi du poison ; les bœufs du pays, par un phénomène curieux d’accoutumance, ne seraient pas incommodés.
- La toxicité est pourtant certainement considérable. M. Perrier de la Bâthie a éprouvé de violents maux de tête après avoir manipulé des écorces fraîches et des feuilles fermentées. De son côté, le R. P. Dursap, dans des notes manuscrites dont le D1' Heckel reproduisit jadis, en 1905, une partie, dit qu’après avoir goûté une petite parcelle de l’écorce, qui était à odeur forte et à goût amer, il ressentit des troubles de la vue, des vertiges, de l’hébétude, accompagnée d’une sudation générale.
- Les Betsileo croient d’ailleurs qu’un fragment de cette écorce de kominga, caché près d’une ferme, du côté où souffle habituellement le vent, suffit pour amener de terribles maladies et provoquer même la mort de la plupart des habitants de la ferme. Ils affirment avec conviction que, au voisinage de fermes où survinrent d#morts nombreuses, on a
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- touj ours régulièrement retrouvé des écorces de l’arbre.
- Ces croyances prouvent tout au moins la sorte de terreur quelekominga inspire à l’indigène, et, avant de prendre les écorces dont ils se serviront, les empiriques jugent nécessaire de se livrera quelques pratiques préliminaires. Ils offrent un coq rouge en sacrifice, lancent sept fois leur sagaie en déchargeant une arquebuse contre l’arbre; et ils ont la précaution de prélever l’écorce du côté du levant.
- L’écorce ainsi récoltée serait, à leur avis, une véritable panacée. Ils la râpent sur une pierre, l’addi tionnent de piment écrasé ; et le tout, remué dans un peu d’eau, est absorbé par le malade. La décoction serait aussi un remède contre les plaies ulcéreuses.
- Tous les faits précédents indiquent bien la pré-senced’un principe actif énergiqne.Or, d’après Gallois et Hardy, dont l’opinion était confirmée en 1907 par M. Laborde, ce principe serait très probablement le même que celui des écorces de YErythrophloeum gui-neense de l’Ouest-Africain, c’est à-dire l’e'rythrophléine.
- Découverte en 1875 par Gallois et Hardy, qui la retirèrent des écorces du téli, cette érythrophléine est un poison du cœur, dont elle détermine l’arrêt en systole.
- En injectant à des grenouilles des extraits de feuilles et de fruits de kominga, Gallois et Hardy obtinrent les mêmes effets qu’avec le téli.
- L’alcaloïde isolé des écorces a donné, d’autre part, à M. Laborde les mêmes réactions et a présenté les mêmes caractères physiques que celui des écorces de l’arbre de Guinée. Si donc l’alcaloïde de YErythrophloeum Couminga n’est pas avec une absolue certitude, pour l’instant, cette érythrophléine même, il en est bien, tout au moins, excessivement voisin. Et l’espèce malgache offrirait, semble-t-il, le grand intérêt, que laisse supposer son énorme toxicité, d’être plus riche encore que l’espèce africaine en principe actif.
- Le kirondro. — G’est au même versant occidental que les deux plantes précédentes qu’appartient encore un autre arbre tout aussi toxique de Madagascar, le kirondro, Simarubacée que Courchet
- nommait en 1905 Perriera madagascariensis.
- Ce kirondro est un bel arbre (fig. 6) de 20 à 50 m de hauteur, à feuilles composées persistantes (fig. 7), à tronc revêtu d’une écorce grisâtre, irrégulière, profondément crevassée longitudinalement, jaune intérieurement, comme le bois qu’elle recouvre. Les fleurs sont disposées en grappes latérales plusieurs fois ramifiées.
- Le fruit (fig. 8), qui serait la partie particulièrement toxique, est un fruit à noyau, delà grosseur d’un œuf de poule, de couleur jaune pâle. L’unique graine sans albumen qu’il contient est de saveur très amère ; ce qui ne doit pas surprendre, puisque le genre rentrerait dans les Simarubacées, c’est-à-dire dans la même famille que les Quassia et les Pi-craena. Le Perriera madagascariensis croît sur les collines sablonneuses de l’Ambongo, dans le Nord-Ouest et, vers le Sud, redescend au moins jusque dans la vallée de la Sakenv, où il est encore commun.
- En celte dernière région, l’écorce est, à petite dose, employée comme amer et comme tonique.
- Cet usage ne nous a jusqu’ici jamais été signalé dans le Nord-Ouest.
- Tout récemment, au Laboratoire de Toxicologie de la Faculté de Pharmacie de Strasbourg, M. Samdahl a pu étudier des fruits et des graines de Kirondro provenant d’une récolte de M. Perrier de la Bâthie et que nous lui avons envoyées du Muséum Colonial de Marseille. Aucun principe dangereux n’a été trouvé dans les parois du fruit, mais M. Samdahl a extrait des graines une substance amère et toxique qu’il a nommée la « Kirondrine » et qui est voisine des autres principes amers des Simarubacées, notamment de la « Lamaderine », des graines du Samadera indicade Malaisie. La kirondrine agirait en paralysant complè-tementles muscles moteurs. On voit que de nouvelles recherches plus complètes sur ces toxiques de Madagascar, aux effets énergiques, ne seraient pas sans intérêts.
- Hkmu Jumelle,
- . . Professeur à lu Faculté des Sciences de Marseille, Itirecteur du Musée Colonial.
- Fig. 8.
- Fruit de kirondro, coupe longitudinale.
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- LES PELLICULES GRASSES
- Certains corps gras, répandus sur l’eau, s’y étendent rapidement en pellicules extrêmement minces. C’est là un phénomène banal ; chacun peut l’observer en examinant les « yeux » d’un bouillon gras. Ce n’est qu’à une époque assez récente qu’il a retenu l’attention des savants ; les travaux à ce sujet ont commencé avec les recherches de Lord Rayleigh en 1891. Ils ont été continués en France par Devaux,
- Labrouste, André Marcelin et Paul Woog, en Angleterre par Hardy et Adam, aux États-Unis par Lang-muir.
- Toutes ces recherches ont révélé des faits du plus haut intérêt.
- Ces pellicules, d’une minceur extraordinaire, constituent réellement par leurs curieuses propriétés un quatrième état de la matière dans lequel on voit,
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- en quelque sorte, intervenir directement et individuellement les molécules. M. André Marcellin a trouvé une désignation très heureuse, pour cet état spécial, celle de solution superficielle ou de gaz à deux dimensions.
- Nous examinerons dans un autre article comment M. Marcellin a étudié ces solutions et à quelles conclusions il a abouti.
- Nous nous proposons ici d’étudier seulement un phénomène particulier, connu depuis la plus haute antiquité, mais dont on commence aujourd’hui seulement à pénétrer le mécanisme : le filage de l’huile sur la mer démontée.
- Tout le monde sait que l’on peut ainsi calmer momentanément les flots ; bien des navires ont dû leur salut à cette opération. D’autres n’ont obtenu aucun résul -tat.
- Si bien qu’à certains moments on a pu croire que cette pratique, peut-être millénaire, n’avait qu’un effet illusoire.
- C’est que, nous le ver-plus loin, toutes les huiles n’ont pas la propriété de s’étendre spontanément sur l’eau.
- Celles qui la possèdent forment une pellicule extrêmement mince, l’épaisseur en est de l’ordre du demi-millième de micron.
- Ce que cela représente, on se l’imaginera aisément par le frappant exemple que donnait sir William B. Hardy dans une récente conférence à la Royal Society de Londres. En 1919 un navire chargé d’huile fit naufrage aux environs du cap Lizard. Les réservoirs d’huile crevèrent et l’huile s’écoula rapidement à la mer. Depuis six ans, il ne reste sensiblement plus d'huile dans l’épave. Il en reste assez cependant pour produire jusqu’à une distance de 1,5 à 2 km une zone calme très visible.
- Ainsi une couche grasse imperceplible suffit pour modifier profondément l’agitation des flots et calmer la violence des vagues. Son effet n’est pas de diminuer la houle, mais elle empêche le déferlement des vagues, la formation des brisants et des coups de mer. Dès que la mer en furie arrive dans une de ces zones de calme, artificiellement créées, elle cesse subitement d'être dangereuse, son énergie se dépense en ondulations, de forte amplitude sans doute, mais qui ne peuvent briser le navire; elles se bornent à le faire rouler et tanguer.
- Comment se comporte sur l’eau une pellicule grasse? — Comment agit donc cette mince pellicule qui suffit à produire des effets aussi miraculeux?
- M. II. Devaux a trouvé un moyen très simple pour rendre visible au laboratoire le mécanisme d’extension de l’huile à la surface de l’eau. L'eau est tout d’abord saupoudrée avec du talc dont les grains blancs forment autant de petits flotteurs se détachant sur le fond noir de la cuve à eau. Une trace d’huile déposée en un point de la surface s’étend spontanément en chassant les grains de talc : il se forme une tache noire circulaire qui grandit rapidement autour de son centre, et qui est très nettement perceptible parla bordure blanche que forment les grains de talc repoussés. Au bout d’un certain temps, l’extension d’abord très rapide s’arrête. Elle est freinée par la tension superficielle de l’eau qui, tirant sur la surface de l’eau pour l’élargir, tend à ramener l’huile à l’état de gouttelette sphérique. Les deux forces antagonistes, celle qui provoque l’extension de la pellicule d’une part, et celle de la tension superficielle de l’eau qui tend à la contracter, se font alors équilibre. La surface libre du liquide est une surface complexe d’huile et d’eau dont la tension superficielle est moindre que celle de l’eau pure. La stabilité mécanique de telles surfaces est très grande.
- Sir William B. Hardy le démontre par l’expérience suivante : si dans de l’eau pure on plonge un anneau de fil de fer de quelques centimètres de diamètre, il ne s’y forme, quand on le retire de l’eau, aucune lame liquide adhérente ; par contre si la surface de l’eau a été recouverte d’une mince pellicule d’huile, l’anneau sorti de l’eau est recouvert d’une lame aussi adhérente et persistante que celle d’une bulle de savon.
- Nous empruntons encore à la conférence de Sir William les deux courbes ci-dessus qui précisent bien la nature du phénomène. La courbe EFGH représente en ordonnées la tension superficielle en fonction de la quantité d’acide oléique par unité de surface. La courbe ABCD indique également en fonction de la quantité d’acide oléique par unité de surface, la durée de persistance de bulles d’air formées à la surface. On constate que les bulles acquièrent leur maximum de stabilité au moment précis où la pellicule a acquis l’épaisseur suffisante pour commencer à modifier la tension superficielle. Les bulles perdent toute stabilité lorsque la contamination huileuse de la surface est ou très faible ou très grande.
- Pourquoi l’huile calme les flots. — On attribue
- ABCD Durée des bulles
- E FC H Tension superficielli
- Acide oléique par unité de surface
- Ing. i. — Courbes indiquant les variations de la tension superficielle d’une surface d’eau recouverte d’acide oléique. ABCD, durée de persistance des bulles d’air en fonction de la quantité d’acide oléique par unité de surlace. EFGH, tension superficielle en fonction de la quantité d’acide oléique par unité de surface.
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- généralement aux propriétés qui précèdent le pouvoir calmant de l’huile. La résistance à l’extension et la stabilité mécanique possédées par la surface complexe de l’eau contaminée d’huile semblent expliquer d’une façon très satisfaisante la suppression du déferlement des vagues. Rien ne serait plus juste si, normalement, la surface de la mer était une surface propre. Mais il n’en est rien. Sir William Hardy fait remarquer que cette surface est toujours contaminée par des substances du reste peu connues qui en diminuent la tension superficielle. Les écumes très persistantes qui se forment sur la mer lors des violents coups de vent en sont la preuve. Parfois cette pellicule grasse est due à des matières telles que la saponine, provenant de masses d’algues jetées à la côte ; celles-ci donnent des écumes remarquablement stables.
- Sir William Hardy pense donc que l’action calmante de l’huile ne peut s’attribuer uniquement à la diminution de la tension superficielle. Il penche pour l’explication de Franklin. La mince couche d’huile répandue sur la mer y forme comme un vernis extrêmement lisse qui diminue le frottement du vent sur la surface liquide. Le vent ne peut plus mordre sur les vagues ; il n’a plus assez de prise sur elles pour soulever verticalement leurs crêtes, les désagréger et en provoquer la rupture.
- Toutefois, les phénomènes de tension superficielle interviendraient dans un effet secondaire : la suppression des rides, qui est bien la caractéristique des zones de calme provoquées par l’huile. Une grande
- vague, ordinairement, s’accompagne d’une infinité de petites rides et de petites vagues ; quand l’huile a produit son effet, les unes et les autres disparaissent totalement.
- Quoi qu’il en soit de ces explications, une chose est certaine : pour que l’huile soit efficace, il faut quelle ait pu former à la surface de la mer une pellicule continue et permanente. Or toutes les huiles ne possèdent pas cette capacité d’extension. Les études de Langmuir, celles plus récentes et plus complètes de Paul Woog ont montré que cette propriété n’est possédée que par certaines molécules répondant à une constitution chimique déterminée. Les hydrocarbures à molécules entièrement saturées, au sens chimique de ce mot, sont par eux-mêmes incapables d’extension. Leurs molécules sont inactives. Les huiles minérales très raffinées, nécessaires, par exemple, au graissage des turbines à vapeur, et que l’on emploie de plus en plus dans la marine, ne contiennent guère que des hydrocarbures saturés. Leur filage ne donnerait donc qu’un effet illusoire. Les huiles animales ou végétales, les huiles minérales de basse qualité sont à ce point de vue très supérieures.
- M. Woog a montré, en outre, qu’il suffirait d’ajouter une très faible proportion de molécules actives à une huile minérale saturée, et par suite inactive, pour conférer au mélange la propriété de s’étendre rapidement sur la mer, en apaisant les flots.
- A. T.
- OU PLACER LE VÉRITABLE AÉROPORT DE PARIS?
- Un gros effort a été accompli pour doter Paris d’un aéroport modèle qui, encore à l’heure actuelle, peut être considéré comme le plus bel aéroport du monde.
- Toutefois son emplacement, au Bourget, a été, dès le début de son installation, assez discuté en raison de son éloignement de Paris et des graves difficultés rencontrées pour lui assurer de bonnes communications et un ravitaillement convenable.
- Les dimensions de l’aéroport sont bonnes mais sans plus ; ses alentours sont dégagés, mais dans quelques années les cités ouvrières l’auront entièrement entouré et déjà l’immense plaine qui lui fait face de l'autre côté de la route du Nord est en pleine période de lotissement.
- Les inconvénients d’un aéroport trop éloigné de la ville. — L’aéroplane plus lent que le chemin de fer. — Cette question de l’éloignement entre l’aéroport et la ville à desservir est plus grave qu’on ne le pouvait penser il y a quelques années et il ne faut pas se dissimuler que l’essor de l’aéroport du Bourget et de toute la navigation aérienne qui en dépend souffre très sérieusement de cet éloignement.
- Si par hasard nous ne nous en apercevions pas, les étrangers qui viennent étudier l’état de la navigation
- aérienne marchande en France ne manquent pas de nous en avertir.
- Le docteur Adler, haut fonctionnaire berlinois, spécialiste des questions de transport; M. Gartner, envoyé du gouvernement des Etats-Unis, s’étonnent que nous ayons consenti d’aussi lourds sacrifices financiers au Bourget qui consolideront pour longtemps ce qu’ils jugent avoir été une erreur initiale.
- Nous allons donner quelques exemples qui ont tout lieu de nous rendre inquiets.
- Auparavant, nous allons préciser le problème, tel qu’il paraît se poser.
- Chacun sait que la vitesse d’un moyen de transport coûte excessivement cher, quel que soit le véhicule employé sur terre, sur l’eau, sous l’eau et dans l’air ; tel puissant navire, Y André Lebon, ne pourrait passer de 15 nœuds à 16 nœuds à l’heure qu’en doublant sa puissance motrice de 7000 à 14000 ch, et pour une augmentation de 100 pour 100 dans sa vitesse, soit 26 nœuds il faudrait envisager une augmentation de 900 pour 100 de puissance, soit 56000 ch!
- Il en est exactement de même pour l’aviation, tel ij avion de 40 ch atteint 160 km à l’heure et il faut quelque 500 ch pour atteindre 500 km à l’heure.
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- On doit donc considérer qu’un gain de quelques kilomètres dé vitesse à l’heure entraîne une très lourde augmentation du prix de revient de la tonne kilométrique transportée, soit que l’on diminue pour gagner de la vitesse la charge utile transportée par les avions, soit que l’on augmente très lourdement la puissance utilisée.
- C'est généralement par l’augmentation de la puissance que l’on procède et il en résulte une plus grande consommation du combustible, une plus rapide usure du matériel et un prix d’achat plus élevé.
- Si nous ajoutons enfin que plus un avion est rapide, plus son pilotage et en particulier les manœuvres d’atterrissages et de décollages, deviennent délicates et plus il en résulte une fragilité accidentelle du matériel, nous voyons que la vitesse devient très onéreuse et que la nécessité de voler trop vite est un grate obstacle au développement économique delà navigation aérienne marchande.
- Pourquoi donc les avions marchands doivent-ils voler
- Echelle
- Fig. 2. — Situation du nouvel aéroport de Berlin à Tempelhof.
- L’aéroport est au centre de l’agglomération berlinoise et à proximité de toutes les gares.
- à des vitesses si élevées et si onéreuses, de l’ordre de 150 à 170 km à l’heure de moyenne? Cependant les avions suivent généralement la ligne droite, ils devraient de ce fait battre facilement dans un tel effort de vitesse les autres moyens de transport plus ou moins astreints à suivre sur le sol les capricieux détours des courbes de niveau.
- 11 faut, sur les petits comme sur les grands parcours, que les avions rattrapent par leur célérité aérienne l’infériorité dont ils souffrent généralement de ne pas voler pendant la nuit; il faut qu’ils volent à perdre leur souffle mécanique pour n’être pas partis à temps, ne pouvant voler que pendant 8 à 14 heures par journée suivant les saisons, tandis que les grands rapides roulent sans arrêt pendant 24 heures, de jour comme de nuit.
- Puis aussi il faut que les avions rattrapent avec leurs ailes le temps si précieux qu’ils ont fait perdre aux passagers au cours des transports terrestres annexes du centre de la ville aux aéroports.
- Ces dernières pertes de temps, négligeables lors des débuts de l’aviation, marchande, sontjdevenues
- Echelle
- Le Bourget
- Fig. i. — Position relative des aéroports du Bourget et d’Issy par rapport à Paris.
- 11 laut i heure pour conduire les passagers au Bourget
- en omnibus automobile et cet aéroport n’a pas d’autre moyen de communication avec Paris.
- une lourde charge à rattraper depuis que les grands trains rapides ont repris leur marche accélérée d’avant-guerre et depuis que la clientèle des voyageurs aériens se recrute surtout parmi les gens d’affaires qui utilisent l’avion pour gagner réellement du temps.
- Prenons comme exemple les trois lignes aériennes qui partent de Paris vers Londres, Strasbourg et Bruxelles ; si l’on étudie ces lignes au point de vue qui nous intéresse, on s’aperçoit vite que ces avions s’essoufflent en vain : rien ne sert de courir, il faut partir à temps.
- L’éloignement des aéroports des villes de Paris, Londres, Bruxelles et Strasbourg est tel en effet, qu’en définitive, l’intérêt pratique des transports aériens sur ces lignes est très réduit sinon nul, bien que les avions soient obligés de fournir un effort de vitesse démesuré par rapport aux résultats pratiques atteints.
- Bruxelles
- ville
- aéroport
- Aéroport
- Paris
- ville
- Fig. 3. — Schéma du voyage aérien Paris-Bruxelles. Le train bloclc Paris-Bruxelles réunit les 2 capitales en 31’45'"'. Le parcours Paris-Bruxelles en aéroplane prend 4 heures, y compris les parcours automobiles A et B
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- Les passagers de l’air, dans les omnibus automobiles des compagnies aériennes, quittent le centre de Paris au moins 1 heure avant le départ réel de l’avion du Bourget ; à Londres, à Bruxelles et à Strasbourg, les aéroports sont aussi éloignés ; ces longs délais de transport sont nécessaires pour traverser les villes encombrées par la circulation, puis pour gagner les aéroports situés à 12 ou 15 km des faubourgs. Une partie de ces délais est nécessaire pour se couvrir contre les risques automobiles de crevaisons, de pannes et pour accomplir les opérations douanières et policières avant rembarquement.
- de 5/7 et la clientèle aérienne est bien difficile à trouver.
- Sur Paris-Bruxelles, la comparaison touche au ridicule étant donné la marche exceptionnelle des trains rapides ; pour 2 heures de parcours automobile, on a 2 h 1/4 de parcours aérien, ce qui fait 4 h 1/4 de voyage total.
- Or le fameux train-block ne met que 5 h 1/2 au total pour relier Paris à Bruxelles ! on ne peut donc sur cette ligne que songer à transporter des touristes.
- Voici donc des résultats médiocres obtenus par des avions rapides ; les moyennes sur Paris-Bruxelles
- Le coté de chaque carré représente 500 mètres. Chemins de fer =^==
- big. 4. — Projet d’aménagement d’un aéroport à Issy-les-Moulineaux.
- Les gros traits délimitent un terrain donnent dans tous les sens plus de moo m. pour les décollages. Les pointillés indiquent la zone à exproprier ou tout au moins à frapper de servitude non ædiflcandi.
- Voici dans ces conditions comment s’établit le bilan total du parcours aérien Paris-Londres : 1 heure d’automobile, 2 h 1/4 d’avion, 1 heure d’automobile, au total plus de 4 heures ; certes le gain de temps est encore très appréciable sur le délai nécessaire par la voie terrestre et sa proportion des 4/7 attire encore la clientèle qui redoute particulièrement les ennuis des transbordements des trains sur les bateaux.
- Nous croyons toutefois que le jour où un tunnel sous la Manche sera foré et donnera passage à des trains rapides directs, la voie aérienne sera abandonnée et cela à cause des pertes de temps, Paris-Le Bourget et Croydon-Londres.
- Sur la ligne Paris-Strasbourg, nous trouvons 2 h 1/4 de parcours automobile et 2 h 50 de parcours aérien pour 7 heures par chemin de fer ; ici le gain de temps sur la voie ferrée est dans la proportion
- sont de 140 km à l’heure pour le voyage aérien et de 70 km pour l’ensemble du voyage de centre à centre des villes considérées. L’effort des avions est d’autant plus onéreux qu’il ne peut porter que sur la moitié du temps nécessaire au voyage total.
- Il y a là un véritable gaspillage économique sans profit pour personne ; la situation est d’ailleurs identique pour presque toutes les grandes villes de l’Europe : Prague, Vienne, Belgrade, Bucarest, Constantinople, etc...
- Les hydravions. — Bien vite, les entreprises aériennes se sont aperçues de ce défaut dangereux, parfois rédhibitoire, qu’entraîne l’éloignement des aéroports.
- Différents palliatifs furent envisagés ; la Compagnie internationale de Navigation aérienne étudie, par exemple, la mise en service d’avions amphibies entre Prague, Vienne, Budapest, Belgrade et Bucarest, ce
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- qui permettrait, à Vienne, à Budapest et à Belgrade de de'coller et d’aquarir sur le Danube au centre même de ces villes.
- La Compagnie « Air Union » de son côté étudie l’utilisation d'avions amphibies entre Paris et Londres, le départ de Paris se faisant à Suresnes sur la Seine et l’arrivée à Londres au cœur de la cité près du Vieux Pont.
- Malheureusement il y a généralement assez loin de la théorie à la pratique en aviation et cette fois tout particulièrement en ce qui concerne Phydraviatlon.
- L’industrie française est en cette matière très en
- Mais comme Berlin a la grande ambition de devenir le centre aérien de toute l’Europe et que les économistes allemands savent que le facteur aérien est fatalement appelé à jouer un rôle prépondérant dans l’économie internationale des années à venir, la décision fut prise de doter Berlin d’un aéroport mieux placé et à coups de dizaines de millions et de travaux énormes, la ville de Berlin vient d’installer, dans Berlin même, un splendide aéroport à Tempelhof, sur l’emplacement /le l’ancien champ de manœuvres.
- La Société du port aérien de Berlin a vu son
- Fig. 5. — Le nouvel aéroport de Berlin.
- Au centre : les bâtiments administratifs,les pylônes de T. S. F., la tour de commandement ; à droite et à gauche : les hangars. Méditons ces paroles du Stadtbaurath Dr Adler : « Malgré la dureté des temps, Berlin a installé à Tempelhof son aéroport central. Puisse-t-il réussir à en faire, de plus, en plus le nœud principal du grand trafic aérien de l’Europe ».
- retard sur les progrès de l’étranger et c’est le manque d’hydravions qui oblige notre aviation marchande à différer ses projets jusqu’à des temps plus heureux.
- Les Allemands par contre ont mis en service entre Vienne et Budapest une ligne d’hydravions Junkers métalliques qui a ses terminus sur le Danube, au centre de ces deux villes. Cette exploitation très réussie obligea la ligne française à mettre en service des avions terrestres très rapides afin de regagner en l’air les délais perdus à terre pour rejoindre les aéroports respectifs, mais ces avions rapides sont d’un rendement économique déplorable.
- L’exemple des aéroports allemands. — Nous avons donc constaté que Paris souffrait d’un aéroport mal placé, or Berlin était dans le même cas depuis plusieurs années et ses deux aéroports de Johannis-thal et de Staaken étaient à environ 16 km du centre de la ville.
- capital constitué pour les 3/4 par la ville et pour 1/4 par l’Etat. Les dimensions de ce terrain ne sont pas énormes, 1300 m sur 1000, soit environ 130 hectares et ses dégagements sont médiocres ; néanmoins des bâtiments énormes s’y élèvent pourvus de tous les perfectionnements de la science aérienne allemande.
- Il faut devant cet exemple, qui est suivi d’ailleurs par plus de 100 villes allemandes, que les villes de France songent à leur avenir aérien, malgré la répugnance qu'elles ont généralement à prévoir des plans d’aménagement d’avenir ; il faut en particulier que Paris ne laisse pas s’échapper les occasions qu’elle peut avoir d’organiser au plus près un aéroport d’avenir ou que tout au moins elle sauvegarde cet avenir par des mesures conservatrices.
- L’urgence s’impose pour cette action, en effet les occasions immobilières, une fois perdues, ne se
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- retrouvent jamais; l’aliénation ou l’aménagement de terrains bâtis seraient financièrement impossibles.
- C’est à Issy que doit être l’aéroport de Paris. — Paris, à ses portes même, possède un aéroport très suffisant et admirablement placé, nous voulons parler du terrain demanœuvres d’Issy-les-Moulineaux.
- Certes, ce terrain est loin d’être parfait et bien qu’il ait servi aux premiers essais des ailes françaises, il présentait jusqu’alors des défauts tels que vraiment on ne pouvait songer à lui pour l’aviation marchande. Mais les circonstances se sont profondément modifiées, du fait de l’aviation elle-même, car des progrès techniques ont été accomplis ; enfin le déclassement des fortifications a créé des possibilités nouvelles pour l’extension du terrain.
- Que reproche-t-on au terrain d’Issy-les-Moulineaux? en premier lieu : ses dimensions trop exiguës ; en second lieu : les zones bâties qui l’encerclent ; en troisième lieu : sa situation au fond d’une vaste cuvette environnée sur deux côtés par de petites hauteurs.
- Certains de ces reproches étaient justifiés il y a quelques années : on peut estimer que maintenant, ils peuvent à peine retenir l’attention et que dans quelques années ils seront sans valeur.
- La question des dimensions était grave ; un bon aéroport doit avoir au minimum 1000 m de côté et le terrain d’Issy n’avait pas ces dimensions.
- Mais le déclassement des fortifications modifie cette situation. Sans gros frais on pourrait constituer l’aéroport dans le quadrilatère contenu entre la Seine, la voie ferrée de ceinture, la rue Guynemer, le boulevard Gambetta et la rue Rouget-de-l’Isle.
- Il disposerait alors de 155 hectares et de longues lignes droites de 1100 m dans tous les sens, il serait desservi par la voie ferrée de la ceinture et par la voie des Invalides à Versailles, par le Nord-Sud souterrain, par la voie fluviale de la Seine, etc.
- Les conditions réalisées seraient donc très supérieures à celles du nouvel aéroport de Berlin comme dimensions et comme facilités de communications.
- Si un pareil programme avait été conçu en temps utile par l’administration de l'aéronautique, nous n’aurions pas à déplorer la récente et énorme usine électrique élevée sur cette zone qui aurait dù être sacrée pour Paris. On n’ose penser maintenant à ce que coûterait l’expropriation de cette usine, mais mieux vaudrait peut-être l’envisager dès l’heure présente.
- La voie ferrée électrique et la route qui longent la Seine pourraient parfaitement être souterraines tout au long de l’aéroport, ce qui permettrait à l’aéroport de toucher la Seine même et Paris pourrait ainsi adjoindre à son installation d’aéroport terrestre les services nécessaires pour l’usage des hydravions.
- La zone bâtie qui entoure Issy a beaucoup moins d’inconvénients depuis les progrès mécaniques réalisés dans les moteurs d’avions.
- Il est évident que les zones bâties constituent un danger pour les avions qui, par suite de panne brutale,
- aussitôt après leur décollage sont obligés d’atterrir ; ces cas sont véritablement exceptionnels et il ne faut pas oublier que l’aéroport du Bourget, autrefois dégagé sur trois de ses côtés, ne jouit plus que d’un seul côté libre, encore celui-ci est-il destiné à la création d’une énorme cité ouvrière.
- Les incidents de décollage sont aujourd’hui pratiquement inexistants ; en outre, nombreux sont les avions marchands pourvus de plusieurs moteurs, ce qui diminue les conséquences d’une panne subite.
- D’ailleurs sait-on ce que réserve l’avenir en ce qui concerne le décollage et l’atterrissage des avions ? les catapultes de lancement, les hélicoptères, les autogires et autres formules peuvent très bien bouleverser tout ce que nous connaissons en aéronautique et dans ce cas quels regrets aurons-nous d’avoir perdu pour l’aviation marchande future l’usage du terrain d’Issy.
- Rien n’empêche d’ailleurs que le Bourget reste l’aéroport technique de Paris, celui où seront garés les avions, où ils seront réparés, etc., exactement comme la gare d’Austerlitz est la gare technique du P.-O. Le terrain d’Issy deviendrait alors l’aéroport commercial de Paris, comme est commerciale la gare d’Orsay pour le réseau d’Orléans.
- Les avions quittant le Bourget viendraient ensuite atterrir à Issy pour embarquer les passagers, la poste, les messageries et partiraient de là directement sur leurs destinations. Si, comme nous le croyons, une aviation privée doit se constituer dès que les progrès techniques seront suffisants, le terrain d’Issy sera le point de départ idéal pour les avions ou autres engins aériens qui transporteront les hommes d’affaires le matin ou le soir entre leurs bureaux et leurs habitations en grande banlieue. N’oublions pas que les déplacements quotidiens qu’effectuent actuellement, entre Paris et sa banlieue des milliers d’employés parisiens, en quelques minutes auraient paru alasolu-ment invraisemblables il y a seulement 100 ans. La situation d’Issy-les-Moulineaux permettrait, en outre, parfaitement d’envisager la création d’un centre médical et chirurgical, lequel pourrait être installé dans l’hôpital des Petits Ménages, riverain actuel du terrain d’Issy et qui, desservi par avions, rendrait les plus grands services pour les transports d’urgence des malades ou blessés de province.
- Il arrive, en effet, souvent que des interventions chirurgicales ne peuvent être effectuées en province dans des conditions suffisantes de rapidité faute de moyens de transports appropriés ou faute de chirurgien compétent.
- Or il existe des avions-ambulances aptes à se poser ou à décoller dans n’importe quel champ ; ils peuvent transporter, en quelques heures et dans des conditions parfaites de repos et de confort, les malades ou blessés sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres.
- On voit quels services pourrait rendre l’organisa-ÿtion à Issy d’une clinique chirurgicale prête à recevoir sans transbordement les malades ou blessés
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- que les avions lui amèneraient par voie aérienne de toute la province située dans un rayon de 500 à 400 kilomètres.
- Des services analogues ont fonctionné au Maroc, en Syrie, à la satisfaction générale ; la proportion des guérisons a été énorme dans ces conditions en raison de la rapidité de l’intervention chirurgicale.
- Nous sommes persuadé que dans tous les grands pays aéronautiques du monde, la question d’Issy-les-Moulineaux serait déjà résolue depuis plusieurs années dans le sens que nous indiquons.
- Nous espérons fermement que le Conseil général de la Seine, que la Chambre de Commerce de Paris
- comprendront que leur rôle consiste en grande partie à prévoir l’avenir et que dans l’intérêt de l’agglomération parisienne ils sauront prendre les mesures utiles pour sauvegarder, lorsqu’il en est encore temps, le véritable aéroport de Paris.
- De même toutes les grandes villes de France doivent étudier leurs abords immédiats en fonction des futures nécessités de l’aviation et si leurs municipalités restent sceptiques, nous leur conseillons de demander à la ville d’Orléans ce qu’elle pense de l’emplacement éloigné de sa gare aux Àubrais !
- Jean-Abel Leeranc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1926.
- Le spectre continu du mercure. — Quelques physiciens, et notamment Lord Rayleigh, ont indiqué l’existence de spectres continus de gaz et de vapeurs, soit en émission, soit en absorption. Pour le mercure, Child a fait une étude complète de la partie visible du spectre qui peut s’étendre de la raie rouge à la raie de résonance 2556 Am.
- Par l’élude de la décharge oscillante dans un enroulement inducteur entourant un tube en verre Pyrex, sans électrodes, M. 11. Yolkringer s’est attaché à fixer la courbe de la répartition de l’énergie en fonction de la longueur d’onde, le terme de comparaison étant l’énergie émise par un corps noir à 1520° G, constitué par un cylindre de platine chauffé électriquement et fendu le long d’une génératrice. La courbe obtenue présente un maximum accusé pour une longueur d’onde voisine d’un demi-micron et décroît presque symétriquement de part et d’autre de son axe.
- U action de la chaleur sur les propriétés physiques du kaolin. — La kaolinite se décompose, vers 500°, en libérant son eau de constitution et reste par la suite plus facilement soluble dans les acides. Mais à 900°, elle devient inattaquable ainsi que l’a indiqué M. Le Chalelier. Comme, d’autçe part, le kaolin naturel contient toujours une certaine quantité d’eau hygroscopique que l’on n’élimine guère qu’à 250°, M. René Dubrisay s’est préoccupé de voir si ces diverses transformations étaient accompagnées de changements dans les propriétés superficielles.
- Il a constaté que le pouvoir absorbant vis-à-vis de l’iode diminue sous l’effet du chauffage, comme la capacité d’imbibition.
- Les recouvrements éleclrolytiques de Valuminium et des alliages légers. — Pour étudier, sur aluminium et duralumin, les dépôLs éteclrolytiques de cadmium, cobalt et chrome, après recouvrement initial de cuivre, MM. Jean Cournot et Jean Bary ont procédé d’abord à un décapage par sablage suivi d’un lavage à l’eau, d’un passage dans l’acide azotique à 18° Bé (durée : cinq secondes), enfin d’un second rinçage à l’eau. Pour les bains électrolytiques de cuivrage, cadmiumnage et cobaltage, ils opéraient par la méthode de l’anode soluble et, dans le cas du chromage, l’anode insoluble de plomb, plongeait dans un bain marquant de 12 à 15° Bli (Cr205 -j- CrO* + 1PO).
- Les essais de corrosion dans l’eau de mer naturelle sont encore en cours, mais déjà les auteurs indiquent que le cuivrage seul de l’aluminium donne d’excellentes adhérences et que, sur aluminium et duralumin, le coballage (après cuivrage normal) et le chromage (après cuivrage léger) présentent une bonne tenue à l’emboutissage. Pour le cadmiumage, il y a intérêt à opérer sur l’aluminium, après cuivrage léger, et sur le duralumin, sans cuivrage.
- Le littéral flamand aux environs de Gravelines. — Les étapes successives de la mer depuis le xe siècle sont marquées par une série de bourrelets littoraux sableux, consistant en dunes plus ou moins érodées, en bancs naturels ou en cordons bordant des digues artificielles.
- M. Georges Dubois a pu, au cours des années 1925-1926, en lever les contours à la sonde et en déterminer à la fois les caractères lilhologiques et les caractères paléon-tologiques. C’est ainsi qu’il a remarqué, dans le sable jaunâtre de ces bourrelets, la présence de très petits graviers, sans mélange de galets, où l’on trouve parfois des fragments de coquilles et de la glauconie. Quant aux coquilles qu’on y rencontre, et qui rappellent toutes les espèces acclimatées dans la mer du Nord, elles ne s’y trouvent jamais « en position de vie » et présentent, à côté de Gastéropodes à valves arrondies les types Donax, Macira, Tellina et Cardium.
- L’évolution du volcan des Kaménis en 1926. — L’affaiblissement lent, qui de janvier à avril dernier a suivi le maximum de violence marqué en septembre précédent, n’a été troublé que par de faibles phases vul-caniennes et l’activité totale de la dernière éruption n’a pas dépassé une durée de neuf mois.
- Au point de vue morphologique, le volcan _de Santorin a subi, d’après M. A. Cons. Kténas des [changements considérables. C’est ainsi que les projections de la dernière phase explosive ont détruit en partie le cratère du cone-dôme et, contre les parois internes du cratère inférieur, M. Kokkoros a découvert une zone revêtue de produits de fumerolles parmi lesquels, il a trouvé, avec le soufre et le gypse, un alunogène ferrugineux et magnésien.
- Au total, cette dernière éruption, qui s’est terminée, comme celle de Georgios-Kameni (1866-1870), par une phase explosive, s’en distingue à la fois par l’intensité des phénomènes, la première phase d’activité et lamor-phologie du dôme central. Paul B.
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- L’ENSEIGNEMENT DE LA GÉOLOGIE AU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- M. Paul Lemoine ayant su grouper autour de la plus ancienne chaire dé géologie de France des disciples éminents et des amateurs passionnés, il nous a semblé opportun d’aller lui demander de nous apprendre comment il enseigne sa science favorite et quels sont ses auditeurs habituels, comment il classe les collections du célèbre établissement et quel intérêt pratique s’attache à la réunion de matériaux si nombreux et si variés.
- Un mot d’historique avant d’entrer dans le vif du sujet fera mieux comprendre l’orientation actuelle de l’enseignement géologique au Muséum et le pourquoi des directives adoptées.
- Le premier occupant de cette chaire fondée en 1795 fut Barthélemy Faujas de Saint-Fond, né à Montélimar en 1741 (fig. 1). D’abord président du tribunal de la Sénéchaussée de cette ville, puis avocat à Grenoble, c’était un « amateur d’histoire naturelle », un de ces collectionneurs de pierres et de fossiles comme il en existait tant dans notre pays à la fin du xvme siècle. Il publia des observations géologiques assez remarquables et en particulier d’importantes Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velaiy. Aussi Bufïon qui apprécia ces études fit nommer leur auteur «Adjoint au Jardin du Roi » (1778). Par la suite, Faujas devenu « Commissaire du Roi pour les Mines » voyagea en Angleterre, en Écosse, en Hollande, en Allemagne et en Italie, professa ensuite la Géologie au Muséum national et occupa ce poste presque jusqu’à sa mort (1819).
- Un inspecteur général des Mines, Cordier (1777-1861), ancien membre de l’expédition d’Egypte, succéda à Faujas de Saint-Fond et fut le véritable fondateur des collections de géologie du Muséum qui, presque inexistantes avant lui, comptaient, à sa mort, environ 200 000 échantillons catalogués méthodiquement. A
- De 1861 à 1892, la chaire échut également à un ingénieur des Mines, Daubrée. Ce savant étudia principalement le rôle des agents de transformation des roches et des minéraux (eau, fluor, etc.). Créateur de la géologie expérimentale, il s’efforça de contrôler les données de l’observation avec les résultats de l’expérimentation rationnelle afin d’expliquer les phénomènes naturels par analogie avec les faits visibles et observables actuellement. Il entreprit aussi la première étude méthodique des « pierres tombées du ciel », réunissant une très importante collection de ces météorites, qu’il put analyser, classer et comparer entre elles. Mais absorbé par ses fonctions officielles, il dut, dès 1875, laisser son assistant Stanislas Meunier, élève du chimiste Frémy, diriger en fait son laboratoire, enseigner souvent à sa place et conduire les excursions géologiques pu- 7
- bliques. En conséquence quand Daubrée prit sa retraite, Stanislas Meunier le remplaça tout naturellement et durant plus d’un quart de siècle (1894-1920) continua l’enseignement et l’œuvre du maître. Comme ce dernier, il s’intéressa beaucoup aux météorites dans lesquelles des analyses chimiques ou minéralogiques lui révélèrent diverses roches (primitives, volcaniques, filoniennes, métamorphiques, etc.). Ces constatations lui permirent de préciser l’état d’évolution des aslres d’où elles proviennent, astres qui, d’après lui, seraient des anneaux emportés par la terre dans sa course annuelle à travers l’espace.
- Stanislas Meunier jeta donc les bases de la Géologie comparée, puis, dans ses leçons efses livres, il s’efforça de réagir contre l'importance attribuée par les anciens auteurs à des forces mystérieuses pour expliquer les faits géologiques. Il montra, en particulier, que les phénomènes actuels donnent souvent la clef des soi-disant cataclysmes invoqués et se déclara « activiste », c’est-à-dire qu’il considéra le globe terrestre comme un milieu sans cesse en activité. Selon ces conceptions théoriques, sous l’influence des circulations souterraines, les matériaux dont se compose notre globe se transforment, se métamorphosent et se remplacent indéfiniment.
- Aujourd’hui M. Paul Lemoine (fig. 2) tout en admirant l’œuvre de ses prédécesseurs, qui furent, somme toute, des « pétrographes », cherche à ramener la chaire du Muséum « vers la stratigraphie générale, par son application régionale la plus immédiate, la géologie f,du bassin de Paris » comme il le disait dans la leçon inaugurale de son cours (25 avril 1921).
- « Je laisse, nous disait-il dans l’entretien récent qu’il a bien voulu nous accorder, à mes collègues de la Faculté des Sciences, de l’Ecole normale supérieure et de l’Ecole des Mines, renseignement classique en vue de la licence, de l’agrégation ou des applications minières. D’autre part, au Collège de France le professeur actuel tend à se spécialiser dans les questions de pétrographie, tandis que le titulaire de la chaire de paléontologie au Muséum assure l’étude et la conservation des matériaux paléozoologiques. Enfin au laboratoire de géographie physique à la Sorbonne, on s’occupe plus spécialement des phénomènes actuels.
- « N’oubliez pas, d’ailleurs, que mon enseignement doit être surtout populaire. Mes 70 auditeurs du jeudi et du dimanche comprennent des instituteurs, des ingénieurs, des jeunes gens, voire quelques dames. Ce sont principalement des «amateurs », des curieux cherchant à mieux connaître le navire qui les porte à travers l’immensité.
- « Mais, vous le savez, en géologie comme dans
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- toutes les sciences naturelles, l’exposé théorique ne suffit pas. Le géologue doit se former sur le terrain : là s’apprend véritablement la géologie. J’ai donc continué la tradition des excursions. La plupart de ces randonnées se font dans la journée aux environs de la Capitale. Mon assistant, M. Abrard, docteur es sciences, ou moi, conduisons nos auditeurs dans les principaux gîtes fossilifères ou vers les coupes les plus probantes de la région parisienne. Parfois nous allons un peu plus loin en auto-car et nous rapportons toujours, de ces instructifs voyages, quelques renseignements nouveaux, quelques échantillons rares ou même inédits dont on poursuit l’étude ultérieure au laboratoire à l’aide d'un matériel scientifique perfectionné.
- « Grâce à certaines sommes que l’administration du Muséum a tirées des entrées payantes, j’ai pu aménager plus confortablement le laboratoire et en faire un centre d’études. J’ai également installé une machine à polir (fig. 3) qui sert à faire mieux apparaître certains fossiles et permet de préparer les plaques minces de roches. D’autre part, avec le produit de la taxe d’apprentissage, je viens d’acheter un second microscope polarisant et une loupe binoculaire indispensable"pour l’étude des petits fossiles. Désormais l’outillage du laboratoire est à peu près suffisant.
- « En outre, depuis 1913, avec l’aide de mes amis Cottreau, Groth, Joleaud et Lecointre, j’ai réussi à mettre sur pied la Société de documentation pa-léontologique. Cet organisme, installé aujourd’hui dans mon laboratoire, a pour but de dépouiller tous les périodiques, d’en extraire les descriptions et les figures relatives aux différentes espèces fossiles, de les coller sur fiches et de les classer méthodiquement afin d’en constituer un répertoire général. »
- Cette originale bibliothèque se compose aujourd’hui de plusieurs centaines de cartons (fig. 4), renfermant environ 500 000 fiches qui embrassent tous les groupes et tous les étages géologiques. Elle
- Fig. 2. — M. Paul Lemoine, professeur actuel.
- Fig. i. — Paujas de Saint-Fond, premier professeur de géologie au Muséum national d’Histoire naturelle (ipg5-i8iç.)
- constitue un instrument de travail très précieux capable de rendre d’inappréciables services non seulement à M. Lemoine, mais à ses élèves, à ses auditeurs et même à tous les géologues, puisque maintenant la S. D. G. P. prête ses fiches sur demande, moyennant une très faible rétribution.
- Aussi, indépendamment des personnes qui assistent au cours du professeur, des amateurs français et étrangers viennent passer leurs heures de liberté dans son laboratoire. Parmi ces pionniers bénévoles qui travaillent actuellement rue de Buffon, citons MM. Ramond, assistant honoraire au Muséum, M. Giraux, le Dr Picard de LUniversité de Jérusalem, Mlle Guillemot, M. Glangeaud, M. Lacoste, boursier de doctorat, un Russe M. Pierre Gambarian qui, depuis six mois, étudie une collection rapportée du Caucase en 1860 et qui restait inutilisée dans les sous-sols, car les étiquettes avaient été traduites en un allemand indéchiffrable.
- Enfin depuis sa nomination comme professeur, M. Lemoine a cherché à mettre un peu d’ordre parmi les 700 000 échantillons géologiques qui se trouvaient entassés au Muséum. Il commença par élaguer et jeta des milliers de pierres indéterminées ou sans grand intérêt. 11 entreprit ensuite le remaniement de la collection générale de géologie. Afin de la rendre parlante, il exposa dans des vitrines des échantillons absolument typiques; il accrocha aux murs des galeries des schémas, des cartes ou des photographies susceptibles de mettre en évi-
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- dence les differentes phases de l’histoire du Globe.
- Actuellement il s’attache à compléter cette vue d'ensemble par des collections régionales qui donneront une idée exacte de la structure et des ressources minérales d’un pays.
- Pour accomplir cette tâche colossale, en voie d’achèvement, le savant professeur trouva des concours précieux. Parmi ces aides désintéressés, retenons quelques noms. M. Chudcau a classé les matériaux de l’Afrique occidentale française qu’il parcourut en tous sens, M. Lecointre, chargé de mission au Maroc, trie les échantillons du Moghreb tandis que MM. Gharpiat, Combes et les frères Morellet se partagent des parties de la collection du bassin de Paris que M. Lemoine, malgré le peu « d’argent de poche » dont il dispose, a constituée, comblant ainsi une si regrettable lacune relative à une région « classique entre toutes » et cependant fort mal connue.
- Les travaux relatifs à la géologie de la Capitale et de sa banlieue, bien que dus à des hommes éminents, remontent à une époque déjà lointaine et il a fallu les réviser sur le terrain en y appliquant les méthodes modernes.
- Cossmann a bien décrit et catalogué tous les mollusques de cette région française, mais l’on possède seulement des listes incomplètes des fossiles qu’on a recueillis dans ses divers étages ; on connaît mal l’extension géographique de ses diffé-
- NATURELLE DE PARIS =
- rents niveaux et on n’avait pas encore repéré avec précision les limites de ses faciès.
- Une partie de cette œuvre de reclassement vient d’être accomplie par M. Abrard eri ce qui concerne l’étage lutétien (calcaire grossier).
- Il faut, en effet, pour connaître l’histoire géologique du sol sur lequel nos ancêtres édifièrent Lutèce, dépouiller les nombreux documents déjà publiés sur les autres formations, étudier les collections publiques ou privées, rechercher les anciens sondages industriels, exécuter de nouvelles fouilles et reporter toutes les données ainsi recueillies. sur des cartes à grande échelle, de façon à reconstituer la paléogéographie des diverses époques du bassin de Paris.
- Grâce à cette minutieuse analyse stratigraphique, la Ville-Lumière et ses environs redeviendront comme jadis « le champ d’observation où l’on prépare et où l’on mûrit des hypothèses de géologie ».
- En attendant, M. Paul Lemoine a pu, grâce à des échanges des doubles, amorcer l’organisation de plusieurs autres collections régionales.
- Mais il faudra beaucoup de temps et d’argent pour mener à bien une tache d’aussi longue haleine.
- Toutefois, celte année, le don d’un généreux anonyme a permis l’installation de nouvelles vitrines pour les météorites et le savant professeur ne désespère pas de voir ce geste se renouveler !
- Jacques Boyer.
- Fig. 4. — Une partie des archives de la Société de Documentation palèontotogique, qui possède aujourd’hui 3ooooo fiches.
- U Gérant : P. Masscn. — Imprimerie LwioriE, 9, rue de Fleuras, Pan*. — 192C.
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- SOMMAIRE :
- Les Vespertilionidés : A. Feuillée-Billot.
- L’automatisme en réception radiophonique : P. Hémardinquer.
- Chronique: E. Milliau. — Académie des Sciences : Paul B.
- Un geste de chasse du fourmilion : J.-G. Millet.
- SUPPLÉMENT :
- Informations. - Science appliquée. — Bulletin astronomique : La voûte céleste en février 1927. Variétés. — Boîte aux lettres. — Bibliographie.
- LE NUMÉRO : France. 1 fr. 50
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- LA NATURE
- à partir de 1927, paraîtra le l»r et le 3e snmedi de chaque mois (48 pages Par numéro)
- MASSON et C1*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (T{. C. : Seine tS.234)
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- LA NATURE. — N° 2751.
- 25 DÉCEMBRE 1926
- Les Chéiroptères de France (Suite).
- LES VESPERTILIONIDÉS
- Dans un précédent article (n° 2604 dcLa Nature), nous avons parlé des Rhinolophidés de France. Aujourd’hui, nous nous proposons de passer en revue les Vespertilionidés de notre pays.
- Les Chauves-souris de celte famille ont pour caractères distinctifs l’absence de feuille nasale, la présence d’un cartilage, appelé oreillon ou tragus, placé à l’entrée de l’oreille, 32 à 58 dents.
- Cinq genres de Vespertilionidés sont représentés en France : l’Oreillard, la Barbastelle, le Vespérien, le Minioptère, le Yespertilion.
- Le genre Oreillard, ou Plecotus Geoffroy, ne comprend qu’une seule espèce, le Plecotus auritus Geofî. ou Oreillard commun, dont les oreilles contiguës à leur base, sont presque aussi longues que le corps, elles sont aussi très mobiles et quand l’animal se repose, il les replie entre ses ailes et son corps; l’oreillon atteint presque la moitié de l’oreille ; il reste dressé quand l’oreille est rabattue.
- Le museau de l’Oreillard est un peu allongé. L’aile s’insère à la base des doigts. Les membranes et les oreilles sont de couleur brune. Le pelage est gris brun en dessus et gris en dessous.
- L’Oreillard mesure 0 m. 26 d’envergure, la tète et le corps ont 0 m. 05 de longueur et la queue 0 m. 045.
- Cette espèce est commune; elle se trouve partout en France, tantôt par couple, tantôt isolée. Elle dort, le jour, dans le creux d’un arbre, dans un trou de mur, dans une carrière, dans un grenier, et même quelquefois derrière les persiennes d’une fenêtre. Au crépuscule, l’animal part en chasse. Il
- Fig. 2.
- Minioptère. (D’après A. Millot.)
- 54' Année. — 2* Semestre.
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- poursuit, d’une aile rapide et souple les petits Insectes nocturnes.
- L’Oreillard est frileux ; cependant, si l’hiver n’est pas rigoureux, il lui arrive de sortir à la fin de janvier. Au printemps il vole entre les branchages et s’empare des Insectes qui attaquent les feuilles et les 'fleurs. Il rase également la surface de l’eau pour capturer adroitement les menues bestioles qui voltigent alentour.
- Les femelles se réunissent, en groupes pour mettre bas et élever chacune un petit.
- L’Oreillard hiverne dans des souterrains ou dans des cavernes, soit isolé, soit en petit groupe. II s’enfonce parfois dans de profondes fissures et tou: jours il recherche, pour se suspendre, un abri bien exposé,
- L’Oreillard peut s'apprivoiser.
- Le genre Synolus lveyserling et Blasius, ou Bar-bastella Gray, ne comprend également qu’une seule espèce en France, que l’on trouve partout, mais qui est moins commune que l’Oreillard ; c’est la Barbastelle commune, Synolus barbaslellus Schreib. Ce nom de Barbastelle vient de l’italien et signifie Chauve-souris. Quant au nom de Synolus, il vient du grec et veut dire « à oreilles soudées Comme chez l’espèce précédente, les narines s’ouvrent à la partie supérieure du museau et au fond d’une profonde rainure. Les oreilles larges, très dentelées à leur bord externe, — qui s’insère entre les yeux et la bouche, — sont beaucoup plus courtes que le corps. Egalement dentelé sur le bord externe, l’oreillon, triangulaire, est assez allongé. 34 dents.
- La Barbastelle Synol’e a 0 m. 28 d’envergure, 0 m. 048 de longueur (tête et corps) et 0 m. 044de queue. Son pelage est brun noir en dessus, moins foncé au dessous. Les membranes, les oreilles, la face sont noirâtres. Les jeunes sont moins sombres que les adultes.
- Cette Chauve-souris vit le plus souventisolée. Elle n’es t pas frileuse et sort en hiver, car elle ne se retire dans un abri que pendant les période de froid rigoureux. Elle vole dès la tombée du soir, assez haut dans les airs et avec une aisance rapide, au-dessus des campagnes ou au-dessus des villes, à la poursuite des Insectes crépusculaires et nocturnes.
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- Elle passe pour s’apprivoiser aisément.
- Le genre Yespérien, ou Vesperugo Keyser et Blasius, renferme les Chauves-souris les mieux connues et celles dont le vol est le plus rapide. On pourrait dire que ce sont les Chauves-souris les plus populaires, s’il était permis d’employer cet adjectif pour qualifier des animaux particulièrement mal vus et maltraités...
- Et cependant ces bêtes réprouvées portent des noms gracieux, voire réellement poétiques. Le genre Vesperugo — Yespérien tire son nom de la planète Yénus, de Vesper, l’étoile du soir. Ce nom n’est peut-être pas d’une rigoureuse exactitude, car les Chauves-souris qu’il désigne n’attendent pas toujours que le soir soit venu pour sortir de leur retraite; mais tel qu’il est, il fait image pour évoquer à l’esprit les vols silencieux des Chauves-souris animant le crépuscule autour des ruines, des clochers ou des bois.
- Pareillement, les noms de Noctule et deSérotine. L'un dérive de nox, la nuit, l’autre de sérum, le soir ; tous deux ne sont-ils pas gracieusement évocateurs?
- Quant à la mignonne Pipistrelle, son nom chantant lui vient, nous ne savons pourquoi, du vocable italien qui désigne toutes les Chauves-souris.
- La réprobation qui pèse si injustement sur les Chauves-souris est telle qu’elle aveugle même ceux qui éprouvent de la sympathie pour ces animaux extrêmement dignes d’intérêt et de protection. C’est ainsi que, pendant longtemps, nous avons considéré les Chauves-souris comme des frères déshérités des Oiseaux, au vol incertain et lent, et nous n’admettions aucune comparaison entre l’aile de l’Oiseau et l’aile du Chéiroptère.
- C’était là faire preuve d’un aveuglement obstiné. Ce fut M. Raymond Rollinat qui nous montra notre erreur : le naturaliste qui s’est consacré à l’étude des animaux dédaignés dans le but de les réhabiliter aux yeux de l’Homme, était mieux qualifié que quiconque pour nous apprendre à mieux regarder les évolutions des Chauves-souris. « Regardez voler le Martinet, c’est admirable. Mais observez le vol des Chauves-souris de petite taille, de la Pipistrelle, de l’Oreillard, par exemple, c’est merveilleux! »
- Il est parfaitement exact, en effet, que si le vol des Chauves-souris n’atteint pas la rapidité de celui de certains Oiseaux, il lui est supérieur par la souplesse. De leur allure saccadée, dansante, les Chéiroptères décrivent dans Pair de capricieuses arabesques, ils exécutent des changements brusques de direction, des virevoltes étonnantes qui constituent de véritables acrobaties. Et tandis que le Martinet, grisé par la vitesse de son élan souverain, perd toute prudence et va donner dans des obstacles où il trouve souvent la mort, la Chauve-souris en la modestie de son vol souple et adroit, sait éviter la chute sur le sol.
- Les Chauves-souris du genre Vespérien ont les ailes longues et étroites. Les narines s’ouvrent
- à l’extrémité du museau qui est peu allongé. Les oreilles sont séparées et généralement plus courtes que la tête. Le bord externe de l’oreille s’insère à la hauteur ou au-dessous de la commissure des lèvres ; les oreillons, assez courts, sont droits ou courbés en dedans. Le front est bombé.
- Les ailes sont noires, tandis que la membrane interfémorale, les oreilles et le museau sont noirâtres.
- Le Yespérien Noctule, Vesperugo noctula Schreib., a des oreilles courtes et larges, des oreillons courts, arrondis et élargis à l’extrémité ; le museau gros et court. L’aile s’insère au talon. L’envergure est de 0 m. 55 à 0 m. 40, la longueur (tète et corps) de 0 m. 072 à 0 m. 08; la queue de 0 m. 012 à 0 m. 05.
- La Noctule est vêtue d’un pelage fin, serré et lustré, de couleur brun roux, foncée en dessus, plus claire en dessous. C’est la plus belle de nos Chauves-souris et c’est elle qui s’élève le plus haut dans les airs. En dépit de son nom qui semblerait annoncer des habitudes nocturnes, on la voit, peu après le coucher du soleil, voler hardiment en se mêlant aux Hirondelles attardées.
- D’abord montée dans le ciel à une très grande hauteur, la Noctule descend peu à peu au fur et à mesure que le jour diminue, et son envolée superbe se termine par des voltes prolongées près de terre, en ville ou en campagne. Quelquefois, elle entre dans les habitations pour y poursuivre les Insectes ailés.
- La Noctule habite, isolée ou en compagnie peu nombreuse, dans les arbres creux, les clochers, les greniers, et c’est dans ce genre de retraite qu’elle prend ses quartiers d’hiver, car elle n’est pas frileuse et n’éprouve pas le besoin1 de s’abriter dans un souterrain. Cependant, son sommeil hivernal est profond et de longue durée.
- Cette espèce atteint parfois une très forte taille et ses dimensions peuvent dépasser sensiblement la moyenne que nous avons donnée plus haut. M. Rollinat a capturé une femelle de Noctule dont l’envergure atteignait 0 m. 46; elle supportait assez facilement la captivité, mais elle montrait les dents quand on s’approchait de la cage.
- Le Yespérien Sérotine, Vesperugo serotinus Blasius, est également de grande taille. Sa queue dépasse de quelques millimètres la membrane interfémorale. Les oreilles, moins larges que celles de la Noctule, paraissent plus longues. L’oreillon mince s'élargit à la base. Les ailes s’insèrent à la base des doigts.
- La Sérotine a un pelage brun en dessus et brun jaunâtre en dessous.
- Plus frileuse que les autres Vespériens, elle sort assez tardivement dans la saison et ne part en chasse que par un beau temps. Une violente pluie d’orage peut la tuer.
- Elle se cache pendant le jour, seule ou par deux ou trois, dans un abri quelconque qu’elle ne quitte
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- LES VESPERTILION] DÉS
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- lïperon
- de
- Murin.
- qu’à la brune. Elle commence par voler lentement et assez haut, puis elle descend exécuter près du sol de vives et amusantes cabrioles, en faisant entendre une sorte de grésillement aigu.
- Cette Chauve-souris se défend courageusement : l’une d’elles, à terre et blessée, parvint à repousser les attaques de plusieurs Chais.
- Le Yespérien Maure, Vespenigo Munrus Briss., comme son nom l’indique, est presque entièrement noir ; on le trouve dans les contrées montagneuses du sud-est de la France. Chez cette espece, l’oreillon s’élargit au-dessus de son milieu. La queue dépasse la membrane inlerfémorale, comme celle de la Sérotine. La membrane alaire s’insère à la base des orteils. Le Maure est de petite taille, sa longueur est de 0 m. 05 (tête et corps).
- Le Yespérien de Kuhl, Vcsperugo Kuhlii Nattc-rer, est un habitant du Midi, depuis les Alpes jusqu’à l’Atlantique. Sa membrane interfémorale est bordée de teinte claire.
- Cette petite Chauve-souris a les mœurs de la Pipistrelle, dont elle ne diffère que par sa première incisive supérieure qui est unilobée.
- Le Yespérien Pipistrelle,
- Vespenigo Pipistrellus Schr., a la première incisive supérieure à deux pointes; elle n’a pas de bordure claire à la membrane interfémorale. Le bord externe de l’oreille est échancré, l’oreillon est à peu près de même largeur sur toute son étendue. L’aile s’insère à la base des doigts. La queue ne dépasse pas ou dépasseà peine la membrane interfémorale (fig. '1).
- La Pipistrelle est la plus petite de nos Chauves-souris, puisqu’elle mesure 0 m. 18 à 0 m. 20 d’envergure, 0 m. 058 de longueur (tête et corps), 0 m. 052 de queue. Elle est presque noire en dessus, un peu moins sombre en dessous; l’hiver, son pelage est plus fourni et de teinte plus claire qu’en été.
- Elle est commune partout, en France, sauf dans le Midi où le Y. de Kuhl la remplace.
- Celte gentille bête n’est pas frileuse ; son sommeil hivernal est intermittent et au moindre adoucissement de température, elle sort en plein jour pendant la mauvaise saison, à la recherche de quelques Insectes. Quand le soir tombe et ramène le froid, la Pipistrelle regagne son logis en [quelque fissure de mur ou de charpente.
- Pendant la belle saison, elle aime à se retirer dans les greniers, isolément ou en compagnie. Elle se met en chasse de très bonne heure, le soir, et dans la poursuite de la proie, elle déploie une vivacité et une habileté prodigieuses. C’est elle qui entre le plus souvent dans les appartements éclairés.,
- La Pipistrelle est une grande mangeuse de Mouches, et pour donner une idée de l’appétit de cette
- •otùfPim
- Oreille
- de
- Murin.
- (D’après L. Devove
- Tête de Vespertilion Murin.
- Fig. 3. — Éperon, oreille et têle de Vespertilion Murin. (Très réduits.)
- minuscule Chauve-souris, nous citerons les chiffres donnés par M. Rollinat : une Pipistrelle captive « mangeaitde 20à50 Sauterelles chaque nuit ; un soir elle dévora 274 Mouches domestiques, le lendemain soir, elle en mangea 280 ».
- Le genre Minioptère, Minïoplerus Bonaparte, n’est représenté que par une expcce ; le Minioptère de Schreibers, Minioplerus Schreibersi Natterer, qui ne se rencontre que dans le sud-est de la France (fig. 2).
- Les ailes de cette Chauve-souris sont très étroites, les oreilles sont très écartées, le front ' est très bombé. Longueur ; 0 m. 05, queue 0 m. 055, envergure 0 m. 28.
- Elle sort assez tard et vole avec une aisance extrême, elle a la rapidité d’un Oiseau.
- Le genre Vespertilion, Vesperlilio L., est représenté par sept espèces dont les ailes larges indiquent un vol moins rapide que celui des espèces précédentes. Le museau est assez long, les oreilles plus longues que la tête, les oreillons étroits et longs. Brune est la teinte des membranes, des oreilles et du nez.
- L’éperon borde la membrane interfémorale jusqu’en son milieu. L’aile s’insère à la base des orteils ou à la plante du pied.
- Chez le Vespertilion de Natterer, Vesperlilio Nalle-reri Kuhl, l’éperon a la forme d’un S très allongé ; la membrane interfémorale est garnie d’une frange de poils raides entre l’éperon et l’extrémité de la queue; les oreilles sont longues et étroites. L’aile s'insère à la base des doigts. L'envergure de cette espèce est de 0 m. 26 ; la longueur (tète et corps) de 0 m. 045 ; la queue a 0 m. 055.
- Le Vespertilion de Natterer a le pelage brun en dessus, gris blanchâtre en dessous. Il se trouve dans toute la France, mais est assez rare. Cette espèce frileuse passe l’automne et l’hiver enfoncée dans les fissures de quelque souterrain. Au cours de la belle saison elle s’abrite au creux des arbres, dans les combles des édifices, les greniers. Elle attend la nuit pour se mettre en chasse, autour des habitations ou des bois et au-dessus des eaux dont elle, effleure la surface. Ce Vespertilion a été dédié à l’ornithologiste luxembourgeois, Natterer.
- Le Vespertilion de Bechstein, V. Bechsleinii Leisl., porte le nom d’un zoologiste allemand. Celte espèce se trouve partout, mais elle est rare. Elle a un pelage roussâtre en dessus, gris en dessous. Les oreilles sont plus longues que le museau de la moitié de leur longueur. Les oreillons, pointus et longs, sont recourbés en dehors. Le bord libre de la membrane inlerfémorale n’est pas pourvu de poils. Les ailes s’insèrent à la base des doigts et la dernière vertèbre caudale est libre.
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- L’envergure de ce Yespertilion est de 0 m. 26, sa longueur totale de 0 m. 05, sa queue a 0 m. 037.
- Le Yespertilion de Bechstein passe la mauvaise saison caché dans une fente de souterrain d’où M. Rollinat l’a plusieurs fois retiré. Il ne revient à la vie active qu’assez tard au printemps et chasse dans les hois ; alors, d’apres M. le professeur Trouessart, il habite des arbres creux.
- Le Yespertilion à moustaches, . V. mystacinus Leisler, est le plus petit et le plus commun du genre. Ses oreilles, fortement échancrées, ne dépassent pas le museau ; ses oreillons sont étroits et pointus. La membrane claire s’insère à la base des doigts. Le pelage épais et long est d’un brun roux très foncé en dessus et gris roux en dessous. L’envergure de cette petite Chauve-souris estdeOm. 22; la longueur (tête et corps) 0 m. 04 ; la queue a 0 m. 036. Les membranes, le nez et les oreilles sont de couleur foncée.
- Ce Vespertilion doit son nom aux quelques poils raides qui ornent son museau. C'est un petit animal agile, qui sort de bonne heure de sa retraite pour se mettre en chasse au-dessus des eaux et dans les allées des bois. Il ne vole ni très haut, ni très vite, mais avec une extrême souplesse. Peu -frileux, il apparaît assez tôt au retour des beaux jours; il quitte sa demeure souterraine pour s'abriter dans des creux d’arbre.
- Les Chauves-souris des eaux forment le sous-genre Leuconoe. Ce nom rapelle la fille de Minée qui fut changée en Chauve-souris par BaccRus, le dieu licencieux et cruel voulut ainsi se venger des trois filles du roi d’Orchomène qui avaient refusé d’assister aux Bacchanales. Les uns disent que toutes trois furent métamorphosées en Chauves-souris; les autres racontent que l’une devint Chéi-roptère, l’autre Hibou et la troisième Chouette. Cela n’a d’ailleurs aucune importance et c’est toujours un étonnement pour nous que de voir les légendes mythologiques pénétrer dans le temple de la Science....
- Donc, ce sous-genre Leuconoe se caractérise par la longueur de l’éperon qui horde les 3/4 de la membrane interfémorale. L’aile s’insère au-dessus de la base des doigts; les oreilles sont plus courtes que la tête et elles sont rayées, à la hauteur de l’échancrure, de 4 plis transversaux.
- Le Vespertilion de Daubenton, V. Daubentoni Leisl., a l’aile insérée vers le milieu de la plante du pied. Son oreillon droit, arrondi, est plutôt large. Les deux dernières vertèbres de la queue dépassent la membrane interfémorale.
- ^ Cette Chauve-souris mesure 0 m. 05 de longueur (tête et corps), sa queue a 0 m. 036, son envergure est de 0 m. 23. Elle est d’un brun sombre en dessus, d’un gris roux foncé en dessous. En avant des yeux, la face est velue ; la membrane interfémorale est couverte de poils en dessus et jusqu'à une ligne qui joint le milieu des tibias. jf;
- Frileux, le Y. de Daubenton s’enfonce pour hiverner
- dans les fissures de son abri souterrain. Eu été, il habite quelquefois encore les souterrains et aussi, comme les autres Chauves-souris, les greniers, les combles, les trous d’arbres. Il sort peu par les mauvais temps et ne chasse que par les belles nuits, au-dessus des eaux où il poursuit particulièrement les Phryganes. Cette espèce est commune dans les régions humides.
- Le V. de Capaccinius, V. Capaccinii Bonap., a l’aile insérée au talon ou un peu au-dessus du talon. L’oreillon, étroit et recourbé en dehors, forme une pointe aiguë. Ce Yespertilion a 0 m. 05 de longueur et 0 m. 24 d’envergure. Il chasse au-dessus des eaux, mais dans les régions sud-est seulement.
- Le Y. échancré, V, emarginatus Geoffroy, est également un habitant des contrées aquatiques; on le rencontre sous tous les climats de la France, quoiqu’il soit assez rare.
- Il doit son nom à la forte échancrure du milieu du bord externe de son oreille, laquelle atteint presque la longueur de la tète. L’oreillon, long et pointu, est dirigé en dehors. L’aile est insérée à la base des doigts, la dernière vertèbre caudale est libre; le museau porte des moustaches raides.
- Le Yespertilion échancré est vêtu d’un pelage laineux, de teinte rousse assez claire. Il est de petite taille puisqu’il mesure 0 m. 21 d’envergure et 0 m. 045 de longueur (tête et corps) ; queue 0 m. 037. Cette espèce habite les cavernes et souterrains pendant la mauvaise saison et semble peu frileuse; en été, elle s’associe parfois aux Rhino-lophes, mais le plus souvent on la trouve dans les combles des édifices.
- Avec le Yespertilion Murin dont nous allons parler tout à l’heure, nous comptons seize espèces de Yespertilionidés pour la France. En ajoutant les trois espèces françaises de Rhinolophes, on y trouve donc dix-neuf Chauves-Souris.
- À ces espèces parfaitement déterminées, on pourrait sans doute en ajouter d’autres, moins connues, très rares ou exceptionnelles dans notre pays.
- Ainsi la famille des Molossidés est peut-être représentée dans notre Midi parle Nyctinomus lœnioiïs, dont le nom signifie : « Qui mange la nuit » et « à oreille étroite comme un ruban ». M. Rémy Perrier, dans sa « Faune de France », signale combien cette espèce est remarquable par ses très grandes oreilles soudées qui se rabattent comme une visière au-dessus du museau. L’aile s’insère au tiers du tibia et au milieu de la queue.
- On ne connaît en Europe que ce seul Molossidé et il est possible qu’il se rencontre en France au bord de la Méditerranée.
- Nous avons réservé pour la fin de notre étude sur les Chauves-souris/le Vespertilion Murin, Vesper-lilio Murinus Schreib., qui doit être classifié entre le Y. deNatterer et le V. de Bechstein. Ce nom de Murinus dérive de Mus — Souris.
- Chez cette espèce, l’éperon est droit ou à courbure simple ; la membrane interfémorale est
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- dépourvue de frange. Les oreilles, lorsqu’elles sont rabattues, dépassent le museau du quart de leur longueur, l’oreillon est long, étroit et pointu. (Voir lig. 3 et 4.)
- Le Murin a le pelage brun roux au-dessus, gris pâle en dessous. C’est le plus grand Chéiroptère de nos régions puisque ses dimensions moyennes sont : envergure : 0 m. 58, longueur (tête et corps :
- 0 m, 085, queue : 0 m. 0-15). C’est également, de corps, le plus gros.
- Plus que les autres Chauves-souris, le Murin dégage une odeur musquée prononcée.
- Assez querelleurs, les Murins se chamaillent en poussant des cris, comme font les Moineaux, et leur voisinage est redouté des Chauves souris de moindre taille, car ils ont la dent facile pour un gêneur venu se mettre trop près d’eux.
- Tracassé, le Murin bourdonne; capturé, il fait entendre un grésillement menaçant.
- Cependant, il s’accommode de la captivité et peut s’apprivoiser.
- 11 devient alors un élève tranquille et intéressant ; mais pour le conserver longtemps, la difficulté réside dans la formidable quantité d’insectes qu’il exige pour sa nourriture.
- M. Raymond Rollinat, qui s’est attaché à l’étude des Chauves-souris, a eu, pendant un certain temps, un Murin très familier qui saluait son approche par de petits cris et mangeait dans la main de son maître, sans jamais chercher à le mordre. Le revers de la médaille, c’était de satisfaire au pantagruélique appétit du petit animal : « un jour, il man-« gea 35 Sauterelles et en absorba 80 la nuit suite vante; une autre fois, il dévora 67 Sauterelles de « suite et en mangea 30 autres pendant la nuit. Fn « une seule nuit, il engloutit 1000 Mouches domes-« tiques et 1455 la nuit suivante; il n’était pas « rassasié malgré ces copieux repas, car il dévora « encore 300 Sauterelles pendant les quarante-huit « heures qui suivirent! » Aussi, plus tard, a-t-il été remis en liberté dans un état de bel embonpoint.
- Ce Murin passait la majeure partie des journées suspendu dans un coin de sa cage, plongé dans un sommeil fort profond, même en été. Il se réveillait tard dans la soirée et se mettait à chasser les Insectes placés dans sa cage. Pour boire, il trempait dans l’eau sa mâchoire inférieure, puis relevait prestement la tête pour avaler le liquide, à l’instar des Oiseaux.
- Par la suite, quand M. Rollinat s’unil à M. le D1' Trouessart, de Paris, pour se livrer à des observations sur les Murins, le naturaliste d’Argenton dut s'ingénier à les nourrir. Pendant la belle saison, Mouches, Sauterelles et Hannetons composaient des menus fort appréciés des captifs mais quand la saison de ces Insectes était passée, il fallait trouver
- autre chose; c’est alors que la Blatte rendit grand service à l’éleveur; des pièges spéciaux, placés dans les boulangeries, pouvaient procurer des Blattes en abondance. Cet aliment plaît au Murin, au Vesper- ' tilion de Natterer et au Yespertilion de Daubenton. Au contraire, l’Oreillard, le Yespertilion cchaneré, la Sérotine et la Pipistrelle ne le prisent guère. Les grosses Blattes, d’ailleurs, ne se font pas faute d’attaquer et de manger les petits des Chauves-souris de faible taille : Pipistrelles ou Yespertilions échancrés, par exemple ; mais les Blattes respectent les petits des Murins.
- Les Murins habitaient une cage spacieuse, vitrée sur le devant, et dont le dessus et les trois autres côtés étaient en toile métallique assez fine pour ne pas livrer passage à une Mouche. Afin de résister à l’action de l’urine des Chauves-souris, la toile métallique était peinte en vert foncé La cage était entourée d’une bordure en bois de dix centimètres de hauteur ; le fond était en bois très solide. Deux portes étaient pratiquées l’une sur le côté vitré, l’autre sur le dessus de la cage.
- Une épaisse couche de sciure de bois (de Peuplier) garnissait le fond de la cage, elle était renouvelée deux fois par semaine ; grâce à cette sciure qui absorbait l’urine et séchait les excréments, les Chauves-souris étaient toujours propres.
- Un très petit récipient empli d’eau était placé dans la cage et quelques brins de mousse posés dans l’eau permettaient aux Insectes d’en sortir s’il leur arrivait d’y tomber.
- Les Murins qui servirent aux expériences de 31. Rollinat furent maintenus dans une chambre chauffée et convenablement exposée. Dans le jour, la cage était couverte d’une étoffe sombre, en dessus et sur les côtés d'où venait la lumière ; le soir venu, cette étoffe était retirée.
- En vertu de ces soins, les Murins se portaient à merveille, aucun des adultes ne mourut et on n’eut à déplorer la perte que d’un seul petit.
- Pendant l’hiver, les cages renfermant des Chauves-souris de diverses espèces, ont été descendues dans une cave humide et couvertes d’une bonne couverture de laine. Dans la cave, les Chéiroptères conservèrent un appétit assez vif, qui alla toutefois en s’affaiblissant au fur et à mesure que la température devint plus rigoureuse.
- Il est bon de faire voler les Chauves-souris, de temps à autre, dans une grande chambre ou un vestibule, et de leur vaporiser un peu d’eau sur les membranes afin de conserver leur souplesse à ces organes.
- Le 31urin est commun dans toute la France, mais il abonde surtout dans le Midi et dans le centre. Il commence à voler à la nuit noire, assez rapidement,
- Fig. 4. — V. Murin posé à terre. (Très réduit ) D’après A. Millot.
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- mais sans beaucoup s’élever dans les airs. Il pénètre quelquefois dans les pièces éclairées. Le jour, il dort, en nombreuse compagnie, dans les creux d’arbre ; les combles, les greniers ; il affectionne les puits des piles des ponts où il trouve moyen de s’introduire même quand ils sont recouverts, et où parfois il passe l'hiver.
- Pendant la belle saison, les femelles du Murin se réunissent en puissantes colonies pour mettre bas chacune leur petit et l’élever. Quand celte mission est remplie, les colonies commencent à se dissocier, au mois d’aoùt, généralement ; les jeunes s’en vont, isolément ou en petits groupes s’établir dans un trou d’arbre, dans une carrière, dans un clocher; cependant que les femelles adultes, en se mettant à circuler, rencontrent des mâles adultes. Au commencement de septembre, les couples se forment et dans le courant du mois, l’union est consommée. C’est seulement en automne que s’accouplent les Chauves-souris et non pas en hiver ni au printemps.
- Dès la fin d’octobre, les Murins se disposent à prendre leurs quartiers d’hiver. Ils aiment à s’enfoncer profondément dans les fissures et dans les cavités de leur abri souterrain : cave, caverne, carrière, quelquefois en compagnie du Yesperlilion de Natlcrer et à condition que ce dernier ne les gêne pas. Ils se suspendent rarement à la manière des Pihinolophes. Quand le temps s’adoucit, ils sortent de leur engourdissement pour circuler un peu, d’un souterrain à un autre.
- Vers la fin de mars a lieu le retour à la vie active ; le Murin cherche alors à s’alimenter.
- Bientôt la fécondation s’opère chez les femelles qui se sont accouplées six mois auparavant, et, en avril, les futures mères s’assemblent. A- elles se mêlent souvent de jeunes femelles d’un an ou de deux ans qui ne se sont pas accouplées.
- La fécondation a lieu fin mars ou au début d’avril et la naissance des petits se produit fin mai ou au commencement de juin. Pourtant, en capturant une femelle en février ou dans les premiers jours de mars, c’est-à-dire quelques semaines avant le réveil printanier et en procurant à cetle bête de la chaleur et une abondante nourriture, il est possible d’avancer l’époque de la parturition d’une vingtaine de jours.
- Une femelle ainsi prise le 7 mars, et soignée comme il vient d’être dit, donna naissance dans la nuit du 4 au 5 mai à un petit, parfaitement à terme, très vigoureux. C’était un mâle, de quinze centimètres d’envergure, dont le développement a été très rapide. (Sur la reproduction des Chauves-souris, par R. Rollinat et le D1' E. Trouessart, « Mémoires de la Société Zoologique de France », 1896.)
- Normalement, la gestation chez le Murin a une durée approximative de cinquante et quelques jours. Cette durée est à peu près la même chez nos diverses espèces de Chéiroptères. "
- C’est fréquemment dans les combles des églises
- que les colonies de femelles s’établissent, accrochées tout en haut de la charpente. Le naturaliste qui se propose de s’emparer de quelques individus, doit se livrer à une véritable gymnastique pour les atteindre et les saisir à la main, ou au moyen de pince, pour éviter les morsures. Lorsque la colonie se voit par trop tourmentée, elle n’hésite pas à déménager pour se transporter dans un local plus sûr.
- Rendant tout le mois d’avril, les colonies de femelles s’augmentent de nouvelles recrues, car chez certaines d’entre elles le retour à la vie active a été retardé par le fait qu’elles ont passé l’hiver dans de trop bonnes conditions; ainsi, celles qui ont sommeillé bien cachées au creux d’une fissure se réveillent moins tôt que leurs compagnes accrochées non loin de l’entrée d’un souterrain : ces dernières sont moins abritées, mais elles ressentent mieux l’influence de la température et, au printemps, elles sortent avant les frileuses enfoncées dans les grottes.
- Des femelles capturées en avril et mai, convenablement soignées, ont mis bas de la fin mai à la première dizaine de juin. L’une des femelles captives, observées par M. Rollinat, a mis au monde son petit en une demi-heure ; le premier berceau du nouveau-né est la membrane interfémorale de la mère.
- Vigoureusement léchée, la petite Chauve-souris s’agite, puis s'accroche aux poils de sa mère et bientôt cherche à téter. Peu après, la mère s’étant délivrée elle-même, s’est à nouveau placée la tête en bas, ce qui est sa position normale, et porte son petit blotti sous son aile. Cinq jours plus tard, le petit Murin ouvre les yeux ; âgé de quatorze jours, il cesse de s’accrocher sous l’aile maternelle; il demeure néanmoins près d’elle.
- En naissant, le Murin mesure de 13 à 16 centimètres d’envergure ; son développement est rapide puisqu’à un mois il a plus de 34 centimètres d’envergure.
- Le nouveau-né est nu, brunâtre en dessus, sans couleur en dessous ; ses yeux sont fermés et ses oreilles retroussées sur la tète. Ses ongles aigus et recourbés lui servent à se cramponner à la fourrure de sa mère. Mise en liberté dans une chambre, une mère vole aisément en emportant son cher fardeau. Outre qu’il s’accroche par ses ongles, il se maintient aussi par sés mâchoires garnies de dents courbées et pointues, au moyen desquelles il serre le téton long et plat d’une des mamelles pectorales.
- En effet, la dentition de lait du Chéiroptère se développe chez le fœtus, le petit possède donc toute sa première dentition en naissant. Cette dentition se compose de 22 dents à peu près pareilles, fines, en crochet, et qui ne servent au petit que pour s’attacher à sa mère.
- Ces dents de lait tombent fort tôt et à douze jours la dentition permanente est percée. A un mois, le jeune Murin possède, ou est très près de posséder complète, sa seconde dentition formée de 38 dents.-
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- Vers le 5e ou le 6e jour qui suit sa naissance, le Murin a les yeux ouverts, les oreilles redressées et son corps se couvre de poils. En liberté, la mère cesse d’emporter dans son vol le petit âgé de quatorze ou quinze jours : elle le laisse dans sa demeure quand elle va chasser ; puis, elle revient auprès de lui pour l’allaiter.
- Agé de trente-cinq jours, lè jeune Murin tète encore ; il a le pelage brun sombre en dessus, blanchâtre en dessous. Il mange des Insectes et il ne tette presque plus à cinquante jours. A deux mois, il peut se passer de sa mère. A trois mois, il mesure 58 à 40 centimètres d’envergure ; ses membranes et ses oreilles sont plus foncées que celles des adultes.
- Les jeunes Chauves-souris ne sont en état de s’accoupler que dans leur deuxième année.
- C’est à tort que l’on a cru que les Chauves-souris élevaient leurs petits en commun. On a voulu voir en elles des nourrices et non des mères. Les observations de M. Rollinat ont été concluantes sur ce point. Le comportement des femelles captives, qui toutes étaient reconnaissables et dont le signalement des petits était minutieusement noté, a prouvé que chaque mère s’occupe exclusivement de son petit ; elle n’allaite nullement celui d’une autre. Si bien qu’il paraît certain que le petit est perdu si sa mère est « victime d’un accident pendant qu’elle est en chasse ».
- Ayant terminé ses études sur le Murin, M. Rollinat remit en liberté presque toutes les femelles captives depuis le printemps, ainsi que leurs petits nés en cages. Dans les vastes combles de l’église d’Argenton-sur-Creuse, tout ce petit monde évolua sans hésitation. Les jeunes étaient presque aussi grands que leurs mères et volaient aussi rapidement.
- Les Murins n’ont pas autant de parasites que les Rhinolophes. Du reste, tenus proprement, en captivité, ces Chauves-souris se débarrassent graduellement de leurs parasites ; elles aiment, d’ailleurs, à se sentir bien tenues et à procéder soigneusement à leur toilette. Le Docteur Trouessart a fait une étude très complète des parasites de nos Chéiroptères, parasites extrêmement curieux.
- Les personnes qui ont élevé des Chauves-souris sont d’accord pour reconnaître leur familiarité et leur intelligence; ces bêtes ont aussi l’attrait du mystère, car elles sont généralement peu et mal
- connues. Il faut bien croire qu’elles ont du charme pour qui cherche à les comprendre puisqu’une femme raffinée entre toutes, l’Impératrice Joséphine, eut des Chauves-souris apprivoisées dans son importante ménagerie de la Malmaison ; mais il est probable que c’étaient des Chauves-souris frugivores, des Roussettes, par exemple.
- La quantité prodigieuse d'insectes que dévorent nos Chéiroptères, serait un titre suffisant à notre protection. Et qu’il nous soit permis d’insister sur la nécessité de respecter ces animaux' utiles, si peu prolifiques, et même sur la nécessité de leur ménager des retraites dans lesquelles ils puissent hiverner et élever leurs petits en parfaite quiétude (1). Nous avons tout à y gagner : les Chauves-souris de nos climats sont absolument inoffensives ; elles sont essentiellement insectivores et, par surcroît, leurs déjections, fortement azotées, constituent un guano de grande valeur qu’il serait facile d exploiter dans les combles ou les caves des édifices où elles se réunissent en grand nombre. En particulier, ce serait un engrais tout trouvé pour le minuscule jardin de Jenny l’Ouvrière.
- Enfin, rappelons que les ennemis des Chauves-souris sont — outre les Rats, Fouines et autres mauvaises hêtes, — les ouvriers charpentiers, couvreurs, zingueurs, les maçons qui démolissent de vieux murs, les carriers ou autres, et aussi hélas ! les enfants qui leur font la guerre, chaque fois qu’ils en trouvent l’occasion. À tous ces destructeurs, il serait bon d’enseigner que celui qui tue une Chauve-souris commet une action répréhensible, car ce faisant il sauve la vie de milliers de Moustiques propagateurs de fièvres, de milliers de Phalènes ravageurs des fruits, et de beaucoup d’autres êtres malfaisants. Il faudrait leur enseigner également que les légendes qui courent sur nos inoffensifs, ou plutôt sur nos bienfaisants Chéiroptères (Chauves-souris se logeant accidentellement dans le chignon des femmes, Chauves-souris mangeant lard et jambons séchant aux lucarnes des greniers, etc...), ne sont que stupidités écloses dans le cerveau de farceurs ou d’ignorants. Tout autant que l’Hirondelle, la Chauve-souris a droit à notre protection.
- A. Feuili.ée-Bjelot.
- i. Il ne semble pas'possiblc de peupler les refuges à Chauves-souris ; il serait préférable qu’elles vinssent d’elles-mêmes s’établir dans ces abris, aménagés au bord de l’eau.
- L’AUTOMATISME EN RÉCEPTION RADIOPHONIQUE
- Comment le problème peut être résolu?
- Pourquoi s’est posé le problème des postes de T. S. F. automatiques? — Nous voulons étudier surtout, dans cet article, les postes de réception destinés à l’audition des émissions radiophoniques par des « usagers ».
- Que faut-il entendre par ce terme d’« usagers? »
- Les usagers de la T. S. F., qu’on pourrait aussi appeler les auditeurs de T. S. F., sont tous ceux dont l’unique but est d’entendre des émissions radiophoniques et non de tenter des essais de radioélectricité.
- Ils appartiennent à toutes les classes de la société,
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- Fig. i. — Système de liaison haute fréquence à résistance.
- Les oscillations électriques sont transmises d’une lampe A à une lampe B par l’intermédiaire d’une résistance R d’environ 70000 ohms et d’une capacité C de quelques dix-millièmes de microfarads. Une résistance R de quelques mé-gohms fixe le potentiel de grille.
- sont d’àges très différents, par définition n’ont aucune connaissance technique, et n’ont souvent même pas le désir ou le loisir d’en acquérir.
- Au début de la radiodiffusion en France, en 1922, tous ceux qui s’intéressaient à la radiophonie étaient exclusivement des amateurs plus ou moins techniciens.
- Ce qui intéressait, et ce qui intéresse toujours ces amateurs qui possèdent tous des connaissances pratiques de T. S. F. à défaut de connaissances théoriques, c’est la radiotechnique elle-même et non les émissions radiophoniques.
- Un grand nombre de ces amateurs, d’ailleurs,
- Collecteur J ondes accordé
- Détecteur
- Amplificateur et détecteur moyenne fréquence
- Amplificateur haute fréquence
- GO
- Dispositif de modulation
- o ü/ü 0000
- Circuits de liaison accordés sur ondes )/3ooom.
- Amplificateur basse fréquence
- Fig. 3. — Système de réception à changement de fréquence (superhétérodyne).
- Les oscillations reçues sur le collecteur d’onde accordé sont d’abord amplifiées en haute fréquence, puis détectées et transformées en ondes de longueur moyenne (supérieure à 3ooo m.) qui sont à nouveau amplifiées en haute fréquence, détectées et amplifiées en basse fréquence.
- construisent eüx-unêmes leurs appareils de réception.
- En même temps que s’organisait plus ou moins rapidement la radiodiffusion en France, le nombre des amateurs s’accroissait avec rapidité.
- Les usagers ne sont apparus que beaucoup plus tard lorsque commença la diffusion des informations de presse, cours de bourse, conférences, radio-concerts, œuvres littéraires et pièces de théâtre, etc.
- Le nombre des usagers est encore très inférieur en France au nombre des amateurs, mais sur son accroissement repose tout l’avenir de la radiodiffusion en tant qu’instrument d’instruction, d’information et de récréation.
- Cet accroissement est cependant lié, d’une part, au perfectionnement des postes émetteurs et des
- A B -bv.
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- Fig. 2. — Système de liaison haute fréquence à résonance.
- Les oscillations électriques sont transmises de la lampe A à la lampe B au moyen d’une capacité de liaison C2 et d’un circuit oscillant LC accordé sur la longueur d’onde de l’émission à recevoir. La résistance r fixe le potentiel de la grille de la lampe B.
- radio-programmes de leurs émissions et, d’autre part, à la réalisation de postes récepteurs aaloma-tiques.
- Le réglage des postes ordinaires de T. S. F. est, en réalité, assez simple pour les amateurs, mais il peut paraître encore très complexe aux usagers, et c’est ainsi qu’a pris naissance l’idée de l’appareil automatique de réception, qui permettrait d’écouter à volonté une émission déterminée, sans qu’il soit besoin pour l’opérateur de recourir à des connaissances spéciales plus caractérisées que pour la manœuvre d’un appareil téléphonique automatique.
- Un appareil automatique de T. S. F. est donc un appareil comportant un nombre d'organes de réglage extrêmement limité, et sa manœuvre devra être, autant que possible, indépendante des conditions locales, c’est-à-dire de l’endroit où est placé l’appareil, et des collecteurs d’ondes que l’on utilisera.
- De plus l’opérateur d’un tel poste ne devra avoir à déployer aucune initiative personnelle pour se servir de 1 appareil, il n’aura qu’à suivre aveuglément les indications données par le constructeur, le réglage pour une émission donnée pouvant être effectué à l’avance d’après un tableau, ou cadran de repère, fixé sur le poste.
- Il faut cependant noter que la perfection sera toujours difficile à obtenir sous ce rapport, et qu’on pourra se contenter d’entendre l’émission désirée d’une manière suffisante en suivant les indications prescrites, quitte ensuite à améliorer cette audition au maximum au moyen de manœuvres simples supplémentaires.
- Les dificultés de réalîs ation des postes automatiques. — Un poste automatique idéal aurait donc ainsi une manœuvre analogue à celle du téléphone automatique, dans lequel il suffit. de décrocher le récepteur et de
- Lampe délectrice à réaction.
- C’est le poste simple par excellence. Le réglage se réduit à la manœuvre du condensateur d’accord C et à la variation de couplage de la bobine . de réaction Re.
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- former avec le cadran des chiffres le nombre correspondant au numéro d’appel de l’abonné avec lequel on veut entrer en communication.
- La réalisation d’un tel poste se heurte cependant à des difficultés que nous allons étudier, mais dont la plupart ont pu être surmontées.
- Au début de 1922, des stations sur ondes longues étaient presque uniquement employées, le montage de réception favori des amateurs était alors le poste à résistances haute fréquence (fig. 1). Cet appareil est assez sensible, facile à construire et surtout à régler, mais il a deux défauts graves : par suite de son apériodicité même, il n’est pas sélectif, c’est-à-dire qu’il ne peut séparer une émission que l’on veut recevoir d’une autre émission que l'on ne veut pas entendre, mais de longueur d’onde voisine et il amplifie mal les émissions sur ondes courtes.
- En 1922, ces défauts n’avaient aucune importance parce qu’il n’existait qu’un ou deux postes d’émission, et que ces postes transmettaient sur ondes longues ; en 1926, parmi les nombreux postes qui émettent, il en est beaucoup à ondes courtes, et c’est pourquoi les deux principes essentiels utilisés aujourd’hui pour réaliser les postes sensibles sont la haute fréquence à résonance et le changement de fréquence (fig. 2 et 5). Le système détectrice à réaction, suivie d’étages à basse fréquence, doit cependant être mentionné parce qu’il permet d’établir des postes simples, bien qu’assez peu sensibles si l’on n’emploie pas une bonne antenne extérieure (fig. 4).
- Considérons donc un appareil de réception à quatre lampes et à étage à haute fréquence à
- Fig. 6. — Le réglage dans un poste récepteur à résonance. Les manœuvres essentielles consistent à tourner d’une mainte cadran du condensateur d’accord, de l'autre celui du condensateur de résonance.
- Fig. 8. — Réglage d’un appareil composé d’une lampe dètectmce à réaction suivie d’étages basse fréquence.
- Il suffit de manœuvrer le cadran du condensateur d'accord et la manette de la bobine de réaction. .
- Fig. 5. — Poste classique à 4 lampes, dont 1 étage haute fréquence à résonance.
- La réaction est obtenue par couplage d'une bobine Re avec la bobine de résonance Ls.
- résonance, c’est-à-dire d’un type moyen bien connu (fig. 5).
- Pour régler ce poste sur une émission déterminée, il faut tout d’abord régler l’appareil d’accord au moyen du condensateur variable C4 et en faisant varier, s’il est besoin, la valeur de l’inductance Lj ; ensuite il faudra régler également le circuit de résonance sur la longueur d’onde des-émissions à recevoir à l’aide du condensateur variable C2 et, en modifiant aussi, s’il est besoin, la valeur du bobi-
- Fig. 7. — Ce poste sensible comprend un étage haute fréquence semi-apériodique, un étage à résonance, une détectrice et 2 étages basse fréquence.
- Le réglage de. la rétroaction s’effectue simplement au moyen du potentiomètre P.
- nage L2 ; le réglage du chauffage des lampes et la variation du dispositif de réaction qui permet de modifier l’intensité de l’audition sont très faciles à déterminer.
- En somme, nous avons deux réglages essentiels -à effectuer : celui du circuit d’accord et celui du circuit de résonance (fig. 6), puisqu’on peut choisir, immédiatement les valeurs des bobinages suivant là longueur d’onde des émissions à recevoir. s
- Pour qu’un tel poste fût automatique il suffisait donc, dès l’abord, de pouvoir étalonner à l’avance les circuits d’accord et de résonance, c’est-à-dire de pouvoir déterminer à l’avance les positions des condensateurs d’accord et de résonance qui correspondent à une longueur d’onde déterminée et, par conséquent, à une émission déterminée.
- Malheureusement, la nature (antenne extérieure, antenne intérieure, cadre, etc.) et les dimensions
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- du collecteur d’ondes font varier le réglage du circuit d’accord et, d’autre part, le réglage de la résonance dépend lui-même, en général, de l’intensité de la rétroaction, du chauffage et de la nature de la lampe, et même quelquefois du réglage de l’accord.
- Le problème est évidemment le même pour un poste qui comprend un étage à résonance et d’autres étages apériodiques (fig. 7), et il est un peu plus simple pour un poste à lampe détectrice à . réaction dans lequel on a à considérer uniquement l’accord et la réaction (fig. 9). Il est analogue dans une superhétérodyne, mais tout en étant plus facile à résoudre puisque les seuls réglages essentiels dans cet appareil sont ceux de l’accord et de la modulation (fig. 10), et que ce dernier réglage est à peu près indépendant, en général, des autres réglages.
- Une première solution. Les postes à circuits étalonnés, — Les solutions proposées pour résoudre le problème de l’automatisme sont assez nombreuses. Mais pour le résoudre dans un poste classique à amplification directe, il nous faut donc, en général, éliminer deux difficultés :
- 1° Rendre le réglage de l’accord indépendant des conditions locales ;
- 2° Rendre le réglage du circuit de résonance
- Fig. ç. — Réglage • d’un poste super hétérodyne. Les deux réglages essentiels sont ceux de l’accord et de la modulation.
- indépendant des autres constantes du poste.
- Pour résoudre le premier problème, il est d’abord une solution aussi simple qu’élégante qui consiste à construire un appareil muni d’un cadre étalonné ou d’une antenne intérieure de longueur bien déterminée ; cette solution est très pratique lorsque le poste employé est un appareil sensible à multiples étages à haute fréquence ou une superhétérodyne.
- Un deuxième procédé consiste à utiliser une antenne quelconque, mais à employer un système d’accord apériodique en faisant agir l’antenne sur quelques spires seulement de la bobine d’accord (fig. 10). Dans ces conditions, les constantes de l’antenne font très peu varier le réglage de l’accord.
- Pour rendre le réglage du circuit de résonance
- Fig. io. — Système d’accord rendant les constantes du réglage à peu près indépendantes de la longueur de l'antenne.
- Fig. 12. — Appareil à cadran de résonance étalonné en longueur d’ondes, appareil Berrens. j
- Pour effectuer le réglage du primaire du dispositif d’accord, on peut s’aider des indications fournies par les déviations de l’aiguille du milliampèremètre.
- Fig. ii. — Avec un système de liaison à transformateur accordé T, le circuit secondaire de ce dernier peut être assez exactement étalonné.
- Les appareils munis de ce dispositif sont quelquefois stabilisés au moyen d’un système neutrodyne.
- indépendant des autres réglages du poste, on peut utiliser un système de liaison à transformateur ou à autotransformateur accordé (fig. 11) et ne pas employer un dispositif de rétroaction électromagnétique, mais un procédé électrostatique, et même se contenter d’un montage poten-tiométrique (fig. 7) qui est fort suffisant si l’appareil est muni de multiples étages d’amplification haute fréquence.
- On peut également utiliser des dispositifs particuliers, par exemple, séparer les circuits haute fréquence des circuits basse fréquence au moyen de bobines de choc et adopter un système de rétroaction mixte, électrostatique et électromagnétique comme dans l’appareil Abelé Berrens (fig. 12) et Kénotron (fig. 15).
- Il est bien évident que les appa-
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- reils éLablis salivant ces principes, doivent être présentés mécaniquement sous une forme aussi simple et aussi pratique que possible, en particulier la disposition des cadrans de réglage doit être soigneusement étudiée.
- À titre d’exemple d’appareil de ce genre, citons l’appareil Berrens dans lequel on peut régler à l’avance le circuit de résonance d’après les indications d’un cadran gradué en longueurs d’onde, et le circuit d’accord en observant la déviation de l’aiguille d’un milliampèremètre. Cet appareil comporte cependant encore un assez grand nombre de boutons de réglage (12).
- Parmi les postes les plus intéressant établis sur ce principe et exposés au Salon de la T. S. F., on a pu remarquer l’appareil Mégadyne qui comporte un circuit de résonance gradué en longueurs d’onde et un dispositif d'accord dont le réglage est peu influencé par les constantes de l’antenne (Fig. 14).
- L’appareil est, de plus, stabilisé au moyen d’un système compensateur neutrodyne. Le poste Ange-
- Fig. 14. — Poste mégadyne Lemouzy.
- Le réglage essentiel delà résonance s’y effectue au moyen d’un cadran central étalonné en longueurs d’onde. Le réglage de l’accord est peu influencé par les constantes de l’antenne.
- lica (Radio-Hall) est un appareil du même genre, dont le système d’accord comporte plusieurs combinaisons possibles : Tesla, Bourne, dérivation, etc.
- Le poste Isodyne, qui est muni d’une lampe bigrille pour l’amplification haute fréquence, utilise la grille intérieure et la plaque de cette lampe bigrille dans un montage compensé à effet analogue au neutrodyne, et, d’autre part, le système d’accord établi suivant le principe établi plus haut est à peu près indépendant des constantes de l’antenne.
- Dans ce poste (fig. 15) ne figure donc plus qu’un cadran de réglage d'accord étalonné, un cadran de résonance également étalonné, et un bouton molleté de rhéostat qui permet d’obtenir l’effet de rétroaction grâce au montage de la lampe bigrille ; pourtant il est encore nécessaire de procéder au changement des bobines d’accord et de résonance interchangeables.
- Les superhétérodynes établis sur ce principe sont généralement munis d’un cadre étalonné ou d’un dispositif d’accord sur antenne à primaire apériodique.
- Fig. i3. — Antre appareil à cadrans de résonance étalonnés en longueur a’onde.
- Appareil Kànotron.
- Le poste superhétérodyne Lemouzy, établi sur ce modèle, est muni d’un dispositif d’accord de ce genre et d’un circuit de modulation également étalonné, ce qui rend le réglage très facile (fig. 16).
- Est-il possible de rendre le réglage d’un poste récepteur absolument comparable à celui d’un appareil téléphonique ou d’un coffre-fort? — Les principes que nous avons énoncés plus haut permettent, nous l’avons vu, de réaliser des appareils pratiques dont le réglage est extrêmement simple puisqu'il se résume dans la manœuvre de deux boutons munis de cadrans étalonnés en longueurs d’onde, et de combinateurs de bobinages semi-automatiques, sans mentionner évidemment le rhéostat de chauffage et le bouton de renforcement pour l’effet de rétroaction, dont la manœuvre s’apprend immédiatement.
- Il semble cependant que l’on puisse, en s’appuyant sur les mêmes principes de construction radio-électriques, réaliser mécaniquement un dispositif de réglage permettant d’obtenir toutes les manœuvres nécessaires au moyen d’un combinateur unique, et sans demander à l'usager un effort
- Fig. i5. — Appareil Isodyne Péricaud
- On y emploie une lampe à deux grilles pour l’amplilication haute fréquence. Les réglages essentiels de l'accord et de la résonance sont effectués au moyen de cadrans étalonnés d’après les indications d’un tableau de réglage. Les bobines d’accord et de résonance sont cependant interchangeables.
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- Fig. 16. — Hvperhélérodyne Lemouzy.
- (Super hétérodyne modifiée.)
- L’appareil est muni d’un cadran de modulation étalonné qui permet un réglage facile sur cadre à l’aide des indications d’un milliampèremètre.
- d’attention plus considérable que pour obtenir une communication avec un appareil de téléphone automatique ou ouvrir un coffre-fort.
- Le principe de l’appareil, que nous avons fait breveter, est le suivant : Le poste automatique est muni d’un tableaü de réglage fourni par le eonstru-teur ; sur ce tableau se trouve en face du nom de chaque station ou du moins des principales stations d'émission, un nombre de plusieurs chiffres. On trouvera, par exemple, la liste suivante :
- Tour Eiffel : 4 45 00.
- Radio-Paris : 4 22 50.
- Daventry : 41518, etc.
- Pour entendre Rémission désirée il s’agit, en principe, d’actionner le combinateur de façon que le nombre correspondant apparaisse dans une fenêtre (fig. 17).
- Ce principe peut être appliqué à des dispositifs de formes assez variées sur lesquels nous ne donnerons pas pour l’instant de plus amples détails; indiquons seulement, à titre d’exemple, le poste de la figure 18 qui comporte un combinateur formé de trois disques accolés et perpendiculaires à la paroi antérieure de l’appareil. Un de ces disques commande
- Fig. 18. — Réglage par combinateur.
- Ces deux postes établis à l’aide des combinateurs de la fig. 17, ne comportent, outre le combinateur, qu’un bouton A de rhéostat et un bouton B de renforcement. La manoeuvre de ces boutons est même rendue automatique grâce aux indications du voltmètre central.
- les variations des bobinages, et les deux autres les condensateurs d’accord et de résonance.
- Les disques portent des chiffres et des graduations sur leurs bords, ce qui permet en les faisant tourner de faire apparaître le nombre de réglage correspondant à l’émission désirée dans une fenêtre repère.
- Outre le combinateur, l’appareil comporte le rhéostat de chauffage dont les indications sont contrôlées par un voltmètre, dont l’aiguille indique la tension nécessaire, et un bouton de réaction avec une graduation repère.
- Ce poste ne demande donc aucune connaissance technique de la part de l’usager, et celui-ci, pour son réglage, n’a qu’à se préoccuper de la manœuvre mécanique des boutons, absolument comme s’il s'agissait d'un coffrc-fort ou d’un phonographe.
- Les postes à réglage unique sont des appareils automatiques très perfectionnés. — 11 y a déjà
- I<ig. 17. — Réglage par combinateur.
- Ces deux combinateurs, brevetés par l’auteur, formés l’un de disques concentriques, l’autre de disques accolés, commandent tous les organes du poste. Ils permettent d’obtenir immédiatement l’émission désirée, d’après les indications d’un tableau de réglage.
- quelques années que l’on a eu l’idée aux États-Unis de réaliser des postes dont le réglage est obtenu par un unique bouton de réglage ; nous avons ainsi déjà décrit dans le n° 2685 de La Nature, une superhétérodyne à réglage unique fort intéressante. De tels appareils viennent également d’être réalisés par des constructeurs français, et l’on a pu en voir des modèles au Salon de la T. S. F. de 1926.
- Le principe d’un poste à réglage unique et à amplification directe consiste dans la commande au moyen d un même bouton des condensateurs d’accord et de résonance de l’appareil.
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- Pour que ce dispositif soit possible, il est évidemment nécessaire, non seulement que les précautions indiquées précédemment aient été prises, mais encore que les circuits d’accord et de résonance soient absolument identiques et réalisés avec des bobinages identiques et des condensateurs absolument semblables.
- De même, dans une superhétérodyne, les condensateurs d’accord et de modulation peuvent être
- On conçoit que les postes de ce genre exigent de la part des constructeurs une fabrication extrêmement soignée et que leurs prix soient donc assez élevés, ce qui n’empêchera, d’ailleurs, pas leur achat par les usagers qui désirent un appareil up to claie.
- Le problème de la contraction de postes à réglage unique est d'ailleurs beaucoup plus complexe en France qu’aux Ftats-Unis. Il n’existe, en effet, dans ce dernier pays qu’une seule gamme de longueurs
- Fig. iç. — Le synchrodyne Radio LL.
- Appareil superhétérodync à réglage unique ne comportant qu’un bouton de réglage essentiel qui fait apparaître les indications en longueurs d’onde sur le tambour situé au milieu du tablier en aluminium en haut du meuble. A droite l’arrière de l’appareil ouvert montre la disposition du poste et les condensateurs ainsi que le cadre cylindrique à deux
- enroulements perpendiculaires.
- commandés par un même bouton de réglage, mais les bobinages doivent êlre identiques, et l’on doit employer des condensateurs à variation linéaire de fréquence, afin qu’il existe toujours une différence constante de fréquence entre la fréquence correspondant à la longueur d’onde du circuit d’accord et la fréquence correspondante du circuit de modulation. De plus, l’appareil est muni d’un cadre spécial rigoureusement étalonné.
- De tels postes réalisent donc bien un prototype presque idéal pour l’usager, puisqu’après avoir exécuté deux ou trois manœuvres mécaniques très simples, on peut obtenir toutes les émissions désirées en tournant un seul bouton.
- d’onde pour les émissions de broadeasting dont la longueur d’onde est toujours inférieure à 600 m , alors qu’en France on sait que les longueurs d’onde des stations s’échelonnent de 250 à 2700 m. environ.
- Il parait donc bien difficile que l’on puisse construire en France, dans les conditions actuelles, un poste qui soit rigoureusement à réglage unique, mais on a déjà pu établir de bons postes à réglage essentiel unique, ce qui est déjà un résultat plus que satisfaisant, très heureux pour l’usager et que personne n’aurait, certes, pu prévoir en 1922!
- On a pu voir ainsi, au dernier Salon de la T. S. F., un poste-meuble superhétérodyne à mono-réglage
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- CHRONIQUE
- qui est muni de tous les perfectionnements que permet la technique actuelle (lîg. J 9.
- l/appareil proprement dit est placé à la partie supérieure d’un meuble en acajou aux lignes élégantes et sobres. Dans la partie inférieure de ce meuble sont renfermées les batteries d’alimentation et le haut-parleur, ainsi qu’un cadre spécial circulaire rotatif que l’on peut voir sur la figure 19. Ce cadre étalonné soigneusement comporte deux enroulements perpendiculaires dont l’un est utilisé pour la réception des ondes courtes et l’autre pour la réception des ondes longues.
- Le tablier de commande de l’appareil, en aluminium bouchonné, encadré d’acajou, comprend, outre les manettes de coupures semi-automatiques et les boutons de rhéostats et de potentiomètre, le bouton de réglage unique qui commande les condensateurs accouplés et fait apparaître à travers une fenêtre les graduations en longueur d’onde. En faisant tourner ce bouton unique, on peut entendre tous les postes qui émettent sur une gamme étendue de longueurs d’onde et ceux-ci avec toute la sensibilité connue du dispositif superhétérodyne.
- Le décalage des deux condensateurs suivant les gammes de longueurs d’onde (trois gammes) est effectué automatiquement au moyen d’un petit levier.
- Un appareil de ce genre semble donc présenter pour l’usager de la radiophonie un ensemble de perfectionnements qu’il parait difficile d’augmenter encore beaucoup sans une modification essentielle des procédés de réception, et l’emploi d’autres procédés d’amplification que ceux basés sur l’usage des audions.
- Conclusion. — Sans modifications essentielles des principes connus depuis quelques années, mais par une amélioration constante de la fabrication industrielle et des recherches nombreuses qui ont abouti à une extrême simplification des réglages, il semble que nous soyons arrivés actuellement à une conception nouvelle de la construction des postes de réception radiophoniques.
- A côté de l’appareil de Yamaleur, poste sensible, sélectif et puissant, mais quelquefois délicat à régler (ce réglage même constitue quelquefois un attrait pour l’amateur) vient prendre place le poste automatique et plus spécialement le poste à réglage unique destiné à Yvsager delà radiophonie ; ce poste peut-être as^ez coûteux à utiliser et quelquefois moins sélectif, il ne sera guère plus difficile à utiliser qu’un phonographe ou une chaufferette électrique !
- Nous espérons avoir montré dans cet article à la fois tout l’intérêt de la question de l’automatisme en T. S F. et les efforts qui ont été faits en France depuis quelques mois pour apporter des solutions à ce problème.
- Il est probable que l’on pourra, constater bientôt une généralisation de ces procédés pour la construction de presque tous les appareils destinés aux usagers.
- 11 sera alors permis d’espérer un développement de plus en plus grand de la radiodiffusion dans la masse du public français, surtout ,gi un statut rationnel de la radiophonie permet enfin d’organiser réellement un ensemble de postes émetteurs à grande puissance comparables à ceux que nous sommes réduits à envier aujourd’hui à presque toutes les nations européennes. P. Hiïmahdiaqieu.
- CHRONIQUE
- Action des colloïdes sur la formation des dépôts métalliques par électrolyse. — La formation de dépôts cathodiques par voie éleclrolytique est un phénomène complexe; chaque mêlai ainsi obtenu peut présenter des aspects variés, suivant la manière dont on aura conduit l’opération d’électrolyse. Nombreux sont les facteurs dont il faut tenir compte; nous n’allons pas les passer tous en revue, mais seulement nous arrêtera l’un d’entre eux : l’influence qu’exerce, sur la structure des dépôts, l’addition au bain de substances telles que la gélatine, le tanin, la gomme arabique, c’est-à-dire des colloïdes organiques.
- On a observé, depuis de nombreuses années, que la présence de pareils adjuvants, lors de l’électrolyse, favorise l’obtention de métaux brillants et cohérents. Un choix important est celui du colloïde lui-même : à poids égal, leur activité diffère de l’un à l’autre. Pour chacun existe une proportion optima caractéristique ; qu’elle soit dépassée, ou qu’elle ne soit pas atteinte, et la bonne qualité du métal s’en trouve diminuée. Si la solution contient trop peu de colloïde, son efficacité devient insignifiante; s’il se trouve en excès, le métal devient incohérent, et prend un aspect noirâtre.
- Le colloïde se dépose, tout au moins partiellement, avec le métal, en formant dans ce dernier des inclusions. Ce fait se trouve mis en évidence par divers moyens ; un des plus simples consiste à chauffer le dépôt à température suffisante ; on perçoit alors une odeur semblable à celle de la corne bridée, preuve de la décomposition par la chaleur de substances organiques azotées. L’élude mélallographique de dépôts contenant un colloïde y a décelé une structure complexe,, qui s’écarte d’ordinaire notablement, de celle des métaux formes par électrolyse, en l’absence de tout adjuvant.
- Fixons à présent notre attention sur un autre point d’une importance capitale : le rôle de l’acide qui entre dans la composition de l’électrolyte. D’après des observations nombreuses et variées, on est en droit d’affirmer que l’efficacité d’un colloïde, et la qualité d’un métal, dépendent dans une large mesure de ce facteur : plus l’acide est fort, meilleur est le résultat de l’opération. Rappelons brièvement que la force d’un acide se ramène à sa conductibilité éiectrolytique. Ainsi, l’acide perchlo-j rique est très fort, aussi son emploi est-il extrêmement avantageux ; on peut, par exemple, obtenir d’excellents résultats en électrolysant une solution de perchlorale, en
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- présence d’un excès modéré d’acide perchlorique et d’un peu de gélatine. Un milieu fluosilicique ou sulfurique, est recommandable aussi ; mais comme l’acide sulfurique est moins fort que l’acide lluosilicique, il est à prévoir que, dans des expériences rigoureusement comparables, les résultats présenteront, dans ces deux derniers cas, des analogies plus ou moins grandes, mais ne seront pas identiques.
- Mais qu’adviendrait-il, en se servant d’une solution d’acétate, avec acide acétique et colloïde, ou de tout autre acide faible? Quelle que soit la proportion de matière colloïdale mise en œuvre, le métal restera spongieux et incohérent : l’adjuvant aura exercé une influence sensible, mais restreinte. Tout ce que nous avons vu jusqu’à présent s’observe, bien entendu, quand on travaille au moyen d’une source d’énergie électrique extérieure, dont le courant est mesuré et convenablement réglé ; on peut se servir d’électrodes attaquables ou non.
- Lorsque, dans la solution aqueuse d’un sel, de plomb par exemple, on plonge une lame d’un métal convenablement choisi, tel du zinc, ce dernier se dissout graduellement, tandis qu’il se recouvre d’un dépôt de plomb,
- auquel on a donné le nom d’Arbre de Saturne. Or si cette solution contient de la gélatine, les propriétés du précipité se trouvent modifiées. Ceci est une analogie avec ce que nous avons vu précédemment. Remarquons que cette précipitation sur zinc n’est en somme rien d’autre qu’une électrolyse, en l’absence d’énergie électrique extérieure. En effet, le zinc qui se dissout, et le plomb qui se dépose, se trouvent au contact l’un de l’autre et de la solution; le système constitue un élément de pile en activité. On pourrait, d’autre part, se servir d’un dispositif formant pile à deux liquides, à l’intérieur de laquelle se formerait un dépôt métallique ; la solution cathodique contiendrait un colloïde, dont l’influence pourrait ainsi se trouver vérifiée.
- Il resterait beaucoup à dire sur la question, nous n’en avons touché que quelques points essentiels; mais cela même suffit pour donner au lecteur une idée d’ensemble de ce problème, intéressant au double point de vue de la connaissance purement scientifique et des applications industrielles (comparez avec un article de H. Vigne-
- ron, paru dans La Nature, 1921, 11, p. OU).
- E. Miluau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1926.
- L'enregistrement optique des sons combinés à la cinématographie. — MM. René Lutembacher et Léon Gaumont ont pris comme sujet un fragment de leçon sur les médications cardiaques et l’expérience qu’ils soumirent à l’Académie a montré le degré d’exactitude que l’on peut aujourd’hui obtenir dans la synchronisation de la parole et de la cinématographie.
- L’appareil comprend un microphone, constitué par une lame de carton bakelisé de 5/10 de millimètre d’épaisseur et sertie dans une armature métallique dont les mouvements, sous l’action des bruits du cœur, provoquent des vibrations dans une capsule microphonique qffacée en son centre. Un condensateur et une bobine permettent d’éliminer les bruits dont la fréquence dépasse 900 périodes et l’amplificateur, à trois étages, est à transformateurs -droits et à circuit magnétique ouvert.
- Inscrits sur un film par un oscillographe à miroir, les hruits du cœur sont reproduits par l’intermédiaire d’une cellule de sélénium et de l’amplificateur. On peut aussi transmettre à distance et à un grand nombre d’auditeurs, les signes d’auscultation, puis indiquer les effets utiles ou nuisibles des médicaments suivant la dose employée.
- De l’influence des gaz sur les propriétés des aciers.
- — Les expériences de MM. Léon Guillet et Albert Roux comprennent une série de recuits, soit dans l’air, soit dans le vide, d’aciers commerciaux, laminés en barres de 16 mm de côté et contenant 0,04, 0,15 ou
- 0,44 pour 100 de carbone.
- L’appareil utilisé pour opérer dans le vide comprend un tube de quartz fermé a l’une de ses extrémités et par l’autre mis en communication avec une trompe à mercure. Il est protégé dans la région chaude par un second tube de même axe qui permet de créer une chambre annulaire dans laquelle, une pompe maintient le vide. Le chauffage enfin s’obtient par une résistance électrique, placée à l’extérieur de cette chambre qui contient la pince thermo-électrique.
- La vitesse du dégagement gazeux (CO2 CO, Az, CH4) est faible tant que la température des éprouvettes est inférieure à 709°, mais elle passe par un maximum entre 750 et 850.
- Dans un tableau, les auteurs résument les résultats des essais de choc sur barreaux entaillés et des essais de dureté ; enfin l’examen au microscope leur a montré que, pour des durées de chauffe égales, les échantillons recuits dans le vide ont une structure cristalline moins grossière que ceux qui ont subi le même traitement dans l’air. Paul B.
- UN GESTE DE CHASSE DU FOURMILION
- Le fourmilion (Myrmeleon formicarium) abonde à Fontainebleau, dans les sables de la forêt. Tout le monde connaît la vie de cet insecte, sorte de gros pou obèse qui creuse dans le sable une sorte d’entonnoir au fond duquel il se tient immobile attendant la proie (fourmi de préférence) qui, par inadvertance, y voudra bien tomber.
- Doué par la nature d’une patience de bénédictin, puisqu’il attend la proie chez lui, il possède égale-
- ment un estomac complaisant. Il jeune avec résignation, quitte à se rattraper lorsque la chasse devient meilleure. J'en capture une vingtaine que j’installe séparément dans des pots à confiture à demi remplis de sable fin et que je mets à la diète absolue une huitaine afin d’exciter leur ardeur à la chasse.
- J’ai l’intention, en effet, de les voir à l’œuvre. J’ai lu, à leur sujet, de fort belles pages ; mais j’ai si peu confiance en la science des livres! Voyons
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- UN GESTE DE CHASSE DU FOURMILION
- donc avec nos yeux. Or, les livres m’ont dit : Le fourmilion, blotti dans le fond de son entonnoir, attend que la fourmi tombe entre ses pinces. Si elle tarde an peu, il lui jette une pelletée de sable pour raveugler et la faire choir. » Celte affirmation catégorique, appuyée sur aucune expérience, m’intrigue un peu. Nos auteurs — car souvent l’un répète l’autre — ont-ils expérimenté à ce sujet ou se sont-ils bornés à observer rapidement l’insecte aux champs ?
- Certes, tout le monde peut s’en rendre compte, lorsqu’une proie vient à fouler le piège, le fourmilion s’empresse de lui jeter du sable. Mais voici la question qui, pour moi, se pose : Le fourmilion, en rejetant ainsi le sable, ci-t- il l’intention de faire choir la fourmi ou bien cherche-t-il tout simplement à dégager scs pinces que l'é boule ment vient d’ensevelir?
- lre Expérience.
- — Un fourmilion a creusé son entonnoir. Je recouvre le sable du pot avec une feuille de papier blanc que je perce d’un trou juste à la place et à la dimension de l'entonnoir.
- De cette façon je pourrai me rendre compte de quel côté le
- sable a été rejeté. Je gratte faiblement les bords de l’entonnoir avec les barbes d’une plume. Le sable s’éboule. Le fourmilion rejette aussitôt le sable qui lui tombe sur le chef. Coup de pelle tout à fait particulier, car le sable s’éparpille sur le papier, en demi-cercle autour du trou. L’insecte agit ainsi quand il fore son puits. Il rejette le sable à la volée comme un semeur son grain.
- Le fourmilion a-t-il été trompé par mon artifice et a-t-il jeté son sable contre une proie qui n’existe pas? Ou bien a-t-il voulu tout simplement se dégager lui-même?
- Je ne saurais le dire : Expérimentons.
- 2e Expérience. — J’introduis une fourmi dans l’entonnoir. Elle veut s’enfuir. Le sable s’éboule. Le fourmilion lance du sable derrière lui. Comme la fourmi tourne autour de l’entonnoir, elle se trouve tout à coup derrière son bourreau. Elle reçoit en plein corps toute la charge, coule à pic et tombe dans les redoutables pinces. ;
- N’en serait-il pas toujours ainsi et le fourmilion atteindrait-il involontairement ses victimes en rejetant le sable qui l’ensevelit? Qui sait?
- Recommencée plusieurs fois dans les mêmes conditions, la même expérience me donne les mêmes résultats : c'est la proie elle-même qui vient s'offrir aux projectiles de son bourreau.
- En serait-il autrement si la proie restait en dehors de la zone dangereuse? Le fourmilion saurait-il modifier le tir de sa catapulte pour atteindre son but?
- 5e Expérience. — J’altache une grosse fourmi (F. fusca) par une patte avec un fil de soie et je la force à tomber dans l’entonnoir en la maintenant, grâce à mon fil, devant la tète du fourmilion.
- Que va faire celui-ci ? Après deux ou trois essais
- infructueux, s’apercevant qu’en lançant son sable derrière lui la fourmi ne tombe toujours pas, le fourmilion fait volte-face au fond du trou, puis lance, par-dessus sa tête, une, deux, trois pel-qui atlei-la fourmi forcent à
- letées gnent
- lig.
- t. — Le terrier du jourmilion. En haut, à gauche : i'adulte ailé ; en bas, à droite : la larve, objet de cet article.
- et la choir.
- J'insiste guement.
- Je retire fourmi et porte sur bord opposé.
- Cinq fois
- lon-
- la
- la
- le
- de
- suite le même insecte se retourne et refait la même manœuvre.
- Je craignais que l’insecte, se voyant impuissant à faire choir sa proie, ne se fut mis tout simplement à recreuser son piège. (Je l’ai souvent surpris à cette manœuvre). Eh bien non ! 11 n’y a pas de doute. Le fourmilion vise la fourmi. Il arrête la manœuvre aussitôt que je retire la proie et la poursuit de ses projectiles à mesure que je la déplace.
- Voilà donc un geste qui n’est pas d’un instinct aveugle ; mais un vrai geste de discernement en ce sens qu’il y a eu dans ce petit être, ne fùt-ce que le temps d’un éclair, une association de cause à effet immédiat, une de ces associations de sensations que M. Hachet-Souplet a si bien soulignées dans sa « Genèse des Instincts ». Intelligence? Non. Mais le geste de forage du puits étant le même que le geste de chasse il est plus que probable que le premier a, dû provoquer l’autre par une association de sensations fixée par hérédité.
- J.-G. Millet.
- Le Gérant : P. Massoh. — Imprimerie I.Aiiur F, P', rue de Fleuras, Pan.». — 1920.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-QUATRIÈME ANNÉE — 1926
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences : comptes rendus des séances hebdomadaires, 15, 27, 60, 78, 123,143, 159, 174,189,206, 220, 303, 317, 331, 350, 380, 415. Acroléine : résine, 206.
- Action des gaz, 415.
- Adduction d’eau nouvelle pour Paris, 33. Adsorplion : pouvoir des charbons, 220. Aérodynamique : soufflerie à densité variable, 72.
- Aéroport de Paris, 392.
- Agave : source d’alcool, 159.
- Age du système planétaire, 78. Agriculture : centenaire de l’École de Grignon, 81.
- Aiguillage électrique, 209.
- Air : teneur en xénon et crypton, 221. Alcool mélhylique carburant, 219.
- — — et procè lé Bergius, 45.
- Algues : présence du rubidium, 60. Alliages : cémentation, 28.
- — et corroyage, 380.
- Alphabet préhntorique : découverte, 49. Aluminium : recouvrements électrolytiques 592.
- Ammoniac synthétique : procédé Claude, 28.
- Ane thésie chloroformique et injections salines préalables, 143.
- Anguille en eau douce, 323.
- Animaux : pites. 3.j7.
- — du Sahara, 353.
- Anthracite : petites mines du Briançon-nais, 159.
- Antioxygènes et huiles siccatives, 351. Apt : ocres, 68.
- Atlantique : traversée aérienne, 216. Aurores p daires et Soleil, 178,195, 222. Automobile au Sahara. 305.
- A'mog'es : American Braille Press, 161. Aviation dans la marine de guerre, 170.
- Supplément au n” 2751 de La Nature
- Aviation économique pour tous, 279.
- — : traversée de l’Atlantique, 216. Avions : approvisionnement en oxygène, 174.
- Avions : fabrication et montage à la chaîne, 313.
- Avions : refroidissement des moteurs, 20. Azote : pertes par les bactéries du sol, 221.
- B
- Bactéries du sol et pertes d’azote, 221. Balles de tennis : fabrication, 303. Barbara, navire à 5 rotors, 250. Barrage d’Eguzon, 8.
- Baryte : industrie du sulfate, 235. Bélugas, 165.
- Bergius : procédé et alcool méthylique, 45. Béton : manutention des blocs, 351. Bétons : sili -e snluble, 207 Biologie : initiation, 91, 148, 203, 381. Botanique : Institut alpin du Lautaret, 257.
- Bray (Émile de), 190.
- Briançonnais : petites mines d’anthracite, 159.
- c
- Calcaires de Creüe : âge, 60.
- Calmar : huile, 206.
- Campagnol : maga-ins de réserve, 221. Canada : grand parc national, 231.
- — : grenier du monde, 166.
- — : richesses minérales, 300.
- Canis lyphonicus, 65.
- Cattaro : interprétation morphologique d* s bouches, 351.
- Carburant : alcool mélhylique, 219. Catalogne : potasse, 380.
- Caverne du Lurloch, 348.
- du 23 décembre 1926.
- Cellule, 91.
- — : membrane et perméabilité, 148.
- — : mouvements, 203, 381. Cémentation des alliages, 28. Centrifugo-volumétrie, 331.
- Cerveau : action de la morphine sur l’écorce, 221.
- Chaîne : fabrication et montage des avions, 313.
- Chalcosine : double détection, 350. Chaleur solaire : utilisation, 140. Champignon : science, 295.
- Charbon : déchargement hydraulique,183. Chirbons : pouvoir absorbant, 2z0. Chauffage central au gaz, 132.
- Chemins de fer : électricité d ms l’aiguillage et la signalisation, 209, 359. Chlorophylle et radiations, 123.
- Chocolat : Instoire de l’industrie, 60. Ciments : silice soluble, 207.
- Cinchonées de l’Afrique tropicale, 123 Cinémas et sons : enregistrement, 414. Cire de rose, 380.
- Cisaille multiple, 193.
- Claude : ammoniac synthétique, 28. Clermont-Fenand : g nèse du sol, 221. Climat : modifications paléométéorolo-g ques, 143.
- Climats : valeur des témoignages de variation, 77.
- Cobalt dans le pancréas. 78.
- Colloïdes : action sur les dépôts métalliques, 414.
- Colorants synthétiques, 313. Compressons hautes dans les moteurs à explosion, 15, 20.
- Compression sans anti-détonants, 123. Condensateur coll<>ï le, 60.
- Corbeaux d’automne, 293.
- Corroyage et alliages de cuivre et d’aluminium, 380.
- Cours d’eau : débits solides, 541. Crypton : teneur de l’air, 221.
- Curare et appareil électrique de la torpille, 2.0.
- 27
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- 418 : ............—
- Cyanamide : dosage du carbure de calcium, 174.
- D
- Darcet, 116.
- D'Arsonvalisation dialliermique et synovie, 303.
- Débits solides des cours d’eau, 341. Déchargement hydraulique du charbon, 186.
- D enise : hommes fossiles, 60, 225. Dranet : pcche, 97.
- Drosophiles et moisissures, 78.
- E
- Eau : adduction nouvelle pour Paris, 33.
- Eau de mer : strontium, 381.
- Eau oxygénée : décomposition, 27.
- École d’Agriculture de Grignon : centenaire, 81.
- Eguzon : barrage et usine hydro-électrique, 8.
- Électricité dans l’aiguillage et la signalisation, 209, 359.
- Electrolyse : action des colloïdes, 414.
- Endeiuh-ments, 359.
- Énergie thermique des mers : utilisation, 357.
- Essence : substituts, 45.
- Étangs : faucardement, 129.
- F
- Faisan, joyau delà nature, 183.
- Faucardement des étangs,. 129.
- Fermentation ammoniacalè et thorium X, 60.
- Feuille et racine : rapport vasculaire, 143.
- Fils textiles : contrôle par les vibrations, 238.
- Filage de l'huile, 390.
- Fi m parlant, 318.
- Flotte de guerre : rajeunissement, 289.
- Forage : méthodes, 352.
- Fours à coke : ammoniac synthétique, 28.
- Fourmilion : geste de chasse, 415.
- Frigorifique : machine à absorption e Muntcn-Platers », 75.
- Frigorifique à vapeur d’eau, 46.
- G
- Galène : double détection, 350.
- Gattine du ver à soie, 221.
- Gaz : chauffage central, 132.
- Géologie: enseignement au Muséum, 398. Glozel : découvertes préhistoriques, 49.
- — : gisement néolithique, 381.
- — : inscriptions, 527 Glicoside nouveau, 60, 220.
- Granulation des scories et métaux, 60. Gravelines : littoral, 397.
- INDEX ALPHABÉTIQUE :
- Gravures et inscriptions rupestres au Sahara, 1.
- Grignon : centenaire de l’École d’Agri-| cultuie, 81.
- H
- Hélium : formation des tubes luminescents, 123.
- Hommes fossiles de la Denise, 60, 225.
- Horo-mémo, 269
- Huile de calmar, 206.
- . — filage sur la mer, 360.
- Hudes siccatives et antioxvgènes, 351.
- Hyd rocarbure nouveau, le rubrène, 123.
- Hydro-électrique : aménagement de la vallée d’Os-au, 102.
- Hydro-électrique (Usine) d’Eguzon, 8.
- Hydrogénation catalytique, 331.
- Hydrogène : dosage dans les mélanges gazeux, 28.
- 1
- Iles Kerguelen : mise en valeur, 273. Impression des tissus à la main, 39. Imprimerie d’aveugles, 161.
- Incendie : signalisation électrique, 87. Inscriptions de Glozel, 327. inscriptions et gravures rupestres au Sahara, 1.
- J
- Jupiter et ses satellites, 174.
- K
- Kamenis : évolution dn volcan, 597. Kaolin : action de la chaleur, 597. Kerguelen : mise en valeur, 273.
- L
- Laennec, joueur de flûte et tourneur sur bois, 365.
- Laticifères : étude cytologique, 206. Lautaret : Institut botanique alpin, 257. Le Prieur : appareil de plongée, 241. Le Verrier et N.-plune, 260.
- Lézard dt s murailles, 108.
- Littiral flamand, 397.
- Lumière zodiacale, 79.
- Luminescence par le rayonnement y, 317.
- — des tubes à hélium, 123.
- Lurloch : caverne meurtiière, 348.
- M
- Machine frigorifique à vapeur d’eau, 46. Madagascar : palmiers, 351.
- Madagascar : toxiques végétaux, 383.
- Magnétisme : révision d>.s cartes de la Franee, 124.
- Marine de guerre : aviation, 170.
- Marm tes dos géants sur les bords de l’Océan, 329.
- Médicaments et défense de l’organisme, 28.
- Membraneetperméabiliié cellulaire, 148.
- Mémoire mécanique : horo-mcm >, 269.
- Mers : utili ation de l’énergie thermique, 357.
- Mercure : spectre continu, 597.
- Métallurgie du zinc, 245.
- Métaux et scories : granulation, 60.
- Meubles rustiques e France, 113.
- Micocoulier : industries, 145.
- Migration des oiseaux : influence du temps, 266.
- Minéraux du Canada, 300.
- Moisissures et drosophiles, 78.
- Mornay : ventilation du tunnel, 238.
- Morphine : action sur l’écorce cérébrale, 221.
- Mortiers : silice soluble, 207.
- Moteurs d’avion à refroidissement par l’air ou par l’eau, 20. *
- Motr urs à exp'osion : hautes compressions, 15, 20.
- Moteurs à explosion : suralimentation, 285.
- Motocyclette carrossée, 207.
- Mouchot et l’utilisation de la chaleur solaire, 140.
- Munten-Platers : machine frigorifique à absorption, 75.
- Muséum national : enseignement de la géologie, 598.
- N
- Navire à 3 rotors, 250.
- Neige au Sdiara, 177.
- Nemichllrys : développement, 221. Neptune : découverte, 260.
- Nicc-Coni : voie ferrée, 118.
- Nickel dans le pancréas, 78.
- Nitrates dans les tissus animaux ou végétaux, 3H.
- Nutrition chez les animaux aquatiques, 28.
- O
- Observatoire de Strasbourg, 369.
- Obturateurs : vérification de la vitesse, 55.
- Océanographie : expéditions allemandes, 52.
- Ocres d’Apt, 68.
- Oiseaux : le temps influence-t-il les migrations, 266.
- Onde explosive : pression et formation, 331.
- Ossau : aménagement hydro-électrique, 102.
- Oxygène : approvisionnement pour avions, 174.
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-
-
-
- P
- Paléométéorologie et modifications du climat, 113.
- Palmiers de Madagascar, 351.
- Pancréas : présence du nickel et du cobalt, 78.
- Papier- peints : industrie, 151. Para-ites des racines de phanérogames,
- 190.
- Parc national du Canada, 231.
- Paris : adduction d'eau nouvelle, 33.
- — : aéropoit. 592.
- Pêche au drauel, 97.
- Pellicules grasses, 590.
- Perles fines sauvages : noyau secondaire, 189.
- Perméabilité cellulaire et membrane, 148.
- Pétrole: nouveaux procédés de raffinasre, 374.
- Photographie et sensilométrie, 251.
- — : vérifie uion de la vitesse des obluraleurs, 55.
- Pigeon voyageur : orientation, 24, 44. Pigeons voyageurs : sens de l’espace, 366. Pilât : stratigraphie, 15.
- Pistes d’animaux, 337.
- Planétaire : âge du système, 78. Plongée : appareil Le Prieur, 241. Pollucite, 78.
- Ports : manutention des blocs de béton, 351.
- Potas-e en Calalogne, 380.
- Préhistoire : découvertes à Glozel, 49. Provins: captage des sources pour Paris, 33.
- Puy-de-Dôme : nouvelles sources radi-fères, 123.
- R
- Raboteuse géante, 95.
- Racine et feuille : rapport vasculaire,
- 143.
- Radiations et chlorophylle, 125. Radiophonie : automatisme, 107. Radium de nouvelles sources du Puy-de-Dôme, 123.
- Raffinage du pétrole : nouveaux procédés, 374.
- Rayons a : pouvoir d’arrêt de3 métaux, 206.
- Rayons ce : ralentissement par la matière,
- 221.
- Rayons X : tubes a Mdalix a, 99.
- : INDEX ALPHABÉTIQUE
- Rayonnement y : luminescence, 317. Refroidissement des moteurs d'avion, 20. Ré-ine d’acroléine, 206.
- Rongeurs de Saint-Gérand-le-Puy, 207. Ro=e : cire, 380.
- Rotors : navire, 250.
- Rubidium dans les plantes marines, 60. Rubrène, 123, 206.
- — : peroxyde, 174.
- Rupestres : gravures et inscriptions au Sahara, 1.
- Russie : système métrique, 237.
- S
- Sahara : animaux, 353.
- — : automobile, 305.
- — : gravures et inscriptions rupes-
- tres, 1.
- — : neigp, 177.
- Saint-Gérand-le-Puy : faune de rongeurs, 207.
- Scarlatine : agent, 27.
- Scories et métaux : granulation, 60. Séismes du centre de la France en 1925,
- 123.
- Sonsitométrie et photographie, 251. Signalisation électrique, 209, 559.
- — — de l'incendie, 87.
- Silice soluble dans les ciments, mortiers et bétons, 207.
- Sismogrammes : maximums, 189.
- Sol : genèse aux environs de Clermont-Ferrand, 221.
- Sol : pertes d’azote par les bactéries,
- 221.
- Soleil et aurores polaires, 178,195, 222. Sons et cinémas : enregistrement, 415. Soufflerie aérodynamique à densité variable, 72.
- Sources radifères nouvelles dans le Puy-de-Dôme, 123.
- Spectre continu du mercure, 597. Strasbourg : observatoire, 369. Stratigraphie du massif du Pilât, 15. Strontium dans l'eau de mer, 381.
- Suies des chaudières : aspiration et soufflage, 567.
- Sulfate de baryte : industrie, 235. Suralimentation dans les moteurs à explosion, 285.
- Synovie et d’Arsonvalisation, 305. Système métrique eu Rujsie, 237.
- T
- Télégramme autographe, 262.
- T. S. F. : double détection chez la galène et la chalcosine, 350.
- ...... 419
- Tennis : fabrication des balles, 303. Textiles : contrôle des fils par les vibrations, 258.
- Thorium X et fermentation ammonia-, cale, 60.
- Tissus : impression à la main, 39. Torpille : appareil électrique et curare, 220.
- Tortues de mer : instincts et mœurs, 17. Toxiques végétaux de Madagascar, 585: Transformateur sur wagon, 316.
- Tubes à rayons X « Metalix », 99. Tunnel de Mornay : ventilation, 238.
- U
- (Jlexoside, 220.
- Uranium : rouges et orangés, 15.
- V
- Vaches de travail, 212.
- Vanadium : ses applications, 86. Végétaux toxiques de Malagascar, 385. Ventilation du tunnel de Mornay, 238. Ver à soie : gattine, 221. Vespertilionidés, 401.
- Vibrations : contrôle des fils textiles, 238.
- Vi.-ion binoculaire : expérience curieuse 349.
- Voie ferrée Nice-Coni, 118.
- Volcan des Kamenis : évolution, 397.
- w
- Wagon : sous-station de transformation, 316.
- Wealdien : extension dans le nord de la France, 381.
- X
- Xénon : teneur de l’air, 221.
- Z
- Zinc : métallurgie, 245.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aron (Dr Max). — Initiation biologique, 91, 148, 203, 381.
- B. (A.). — Le faucardement des étangs, 129.
- B (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 15, 27, 60, 78, 123, 143, 159, 174, 189, 206, 220, 303, 317, 331, 350, 380, 397, 415.
- Baldit (Albert). — Les cartes magnétiques de la France et leur révision actuelle, 124.
- Baudouin (Marcel). — Bel exemple de marmites des géants sur les bords de l’Océan, 329.
- Beütin (Léon). — L’anguille en eau douce, 523. — Quelques animaux du Sahara, 353.
- Bidault de l’Isle (G.). — La lumière zodiacale, 79.
- Boucherot (Paul) et Claude (Georges). — L’utilisation de l’énergie thermique des mers, 557.
- Bourgain (André). — L’électricité dans l’aiguillage et la signalisation, 209, 359.
- Bousquet (M.). — La signalisation électrique de l’incendie, 87. — Les meubles rustiques de France, 113.
- Boussac (P.-Hippolyte). — Le Canis typhonicus, 65.
- Boyer (Jacques). — Le grand barrage et l’usine hydro-électrique d’Eguzon, 8. — L’impression des tissus à la main et sa renaissance actuelle, 39. — Le centenaire de l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon, 81. — L’industrie des papiers peints, 151. — Une imprimerie d’aveugles, l’Ame-rican Braille Press, 181. — L’enseignement de la géologie au Muséum d’histoire naturelle de Paris, 398.
- Butavand (F.) — Au sujet des inscriptions de Glozel, 327.
- Cabanes (Dr). — Autour d’un centenaire : Laennec, 365.
- Casamajor (Jean). — Le mystérieux a sens de l’espace » chez les pigeons voyageurs, 366.
- Chossegros (Henri). — Voir L. Mayet.
- Claude (Georges). — Voir Boucherot (Paul).
- Coulon (Marcel). — La science du champignon, 295.
- Demoulin (Lieut. F.). — Gravures et inscriptions rupeslres au Sahara, 1. — L’automobile au Sahara, 305.
- Diénert et Guillerd. — Nouvelle adduction d’eau pour l’alimentation de Paris, 33.
- Doublet (E.). — Jean Darcet, 116. — L’utilisation de la chaleur solaire : Mouehet, 140. — Jupiter et ses satellites, 174. — Un émule de Bellot : Emile de Bray, 190. — La découverte de Neptune : Le Verrier, 260. — L’observatoire de Strasbourg, 309.
- Dumanois (P.). — Les hautes compressions dans les moteurs à explosion, 15, 20.
- Durocher (S.). — La métallurgie du zinc, 245. — Colorants synthétiques, 343. — Nouveaux procédés de raffinage du pétrole, 374.
- Feuillée-Billot (Alex.). — Le lézard des murailles, 108. — Qui nous envoie les corbeaux d’automne? 293. — Les Ves-pertilionidés, 401.
- Forbin (V.). — Instincts et mœurs des tortues de mer, 17.— Le Canada, grenier du monde, 166. — Le grand parc national du Canada, 231. — Les richesses minérales du Canada, 500.
- Guillaume (Albert). — L’institut de botanique alpin du Lau-taret, 257.
- Guillerd. — Voir Diénert.
- Hamon (A.). — Vérification de la vitesse des obturateurs, 55.
- Harmer (S.-F.). — A propos des « bélugas », 165.
- Hémardinquer (P.). — L’automatisme en réceplion radio-phoniqup, 407,
- Jouenne (Lucien). — La pêche au dranet, 97.
- Jumelle (Henri). —Les toxiques végétaux de Madagascar, 385.
- Kuentz (L.). — Le faisan, joyau de la nature, 183.
- L. (J.). — Le vanadium et ses applications, 86. — L’industrie du sulfate de baryte, 235.
- Landolt (Dr Marc). — Une expérience curieuse relative à la vision binoculaire, 349.
- Lecoq (Raoul). — Histoire de l’industrie chocolatière, 60.
- Lefranc (Jean-Abel). — Moteurs d’avions à refroidissement par l’air ou par l’eau, 20. — La traversée aérienne de l’Atlantique, 216. — L’aviation économique pour tous, 279. — Où placer le véritable aéroport de Paris ? 392.
- Lobel (L.). — La sensitométrie et la photographie, 251.
- M. (P.). — Sous-station de transformation sur wagon, 316.
- Maillet (Rvymond). — Les ocres d’Apt, 68.
- Maréchal (P.). — La motocyclette carrossée, 207.
- Maresciial (G.). — Le télégramme autographe, 262. — Le film parlant, 318.
- Martel (E.-A.). — La caverne meurtrière du Lurloch, 348.
- Mascart (Jean) — Valeur des témoignages dans la variation des climats, 77.1
- Maurain (Ch.). — Les propriétés magnétiques et électriques terrestres et la faculté d’orientation du pigeon voyageur, 44,
- Mayet (Lucien) et Chossegros (Henri). — Les hommes fossiles de la Denise, 225.
- Mercier (Arm.). — Le temps in fluence-t-il la migration des oiseaux? 266. — Piste d’animaux, 337.
- Merle (René). — Les expéditions océanographiques allemandes, 52.
- Milliau (E.). — Action des colloïdes sur la formation des dépôts métalliques par électrolyse, 414.
- Millet (J.-G.). — Un geste de chasse du fourmilion, 415.
- Morlet (Dr A.). — Découverte en France d’un alphabet préhistorique, 49.
- Pawlowski (Auguste). — Aménagement hydro-électrique de la vallée d’Ossau, 102. — Débits solides des cours d’eau, 341.
- Picard (L.). — La suralimentation dans les moteurs à explosion, 285.
- Rabaud (Etienne). — Enquête sur l’orientation du pigeon voyageur, 26.
- Rigotard (Laurent). — Les petites mines d’anthracite du Briançonnais. 159.
- Rochon-Duvigneaud (Dr A.). — Enquête sur l’orientation du pigeon voyageur, 24.
- Rolet (Antonin). — Les industries du micocoulier, 145. — Les vaches de travail, 242.
- Sauvaire-Jourdan (Commandant). — L’aviation dans la marine de guerre, 170. — La mise en valeur des îles Kerguelen, 273. — Le rajeunissement de notre flotte de guerre, 289.
- T. (A.). — Le filage de l’huile sur la mer, 390.
- Touche (Eugène). — La voie ferrée Nice-Coni, 118.
- Touchet (Em.). — Le soleil et les aurores polaires, 178, 195,
- 222.
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- ............LISTE DES
- Toussaint (A.). — Soufflerie aérodynamique à densité
- variable, 72.
- Troller (A ). —L'ammoniac synthétique des fours à coke et le procédé Claude, 28.
- V. (R.). — Le Barbara, navire à 3 rotors, 2Ë0.
- Vigneron (H.). — Les méthodes de forage, 332.
- Villers (R.). — Nouvelle machine frigorifique à vapeur d’eau, 46.— Nouvelle machine frigorifique à absorption, 75. — L’appareil de plongée Le Prieur, 241.
- Weiss (E.-H.). — Une raboteuse géante, 95. — Tubes à rayons X « Metalix »,99. — Le chauffage central au gaz,
- AUTEURS ....... .= 421
- 132. — Déchargement hydraulique du charbon, 186. — Cisaille multiple, 193. — Ventilation du tunnel de Mor-nay, 238. — Une mémoire mécanique : l’horo-mémo, 269. — Fabrication des balles de tennis, 303. — Fabrication et montage des avions à la chaîne, 313. — Manutention des blocs de béton dans les travaux des ports, 331. — Aspiration et soufflage des suies de chaudières, 367.
- Welsch (Jules). — La paléométéorologie et les modifications du climat, 143. — La neige sur les dunes de sable du Sahara, 177.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume eu petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- 1. - ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.), 15, 27, PO, 78,
- 123, 143, 159, 174. 189, 206, 220, 303, 317, 331,
- 350, 380, 397.................................... 415
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La lumière zodiacale (G. Bidault de l’Isle).............. 79
- Jupiter et ses satellites (E. Doublet)...................174
- Le soleil et les aurores polaires (E. Touciiet), 178, 195, 222 La découverte de Neptune : Le Verrier (E. Docblet) . 260
- L’observatoire de Strasbourg (E. Doublet)................369
- Age du système -planétaire............................... 78
- Le système métrique en Russie............................237
- III. - SCIENCES PHYSIQUES i. Physique.
- Utilisation de l’énergie thermique des mers (P. Bouche-
- rot et G. Claude)..................................357
- Le filage de 1 huile sur la mer (A. T.)............390
- Action des colloïdes sur la formation des dépôts
- métalliques par l'électrolyse......................414
- Nouvelles sources radifères du Puy de Dôme . . . 123
- Formation des tubes luminescents à l’héhum ... 123
- Pouvoir d’arrêt des métaux pour les rayons X. . . 206
- Pouvoir adsorbant des charbons........................220
- Ralentissement des rayons X par la matière, . . . 221
- Luminescence par le rayonnement y.....................317
- Pression et formation de l'onde explosive.............331
- Spectre continu du mercure............................597
- Action de la chaleur sur les propriétés physiques du kaolin.............................................597
- 2. Chimie.
- L'ammoniac synthélique des fours à coke et le procédé
- Claude (A. Troller).................................. 28
- Jean Darcet (E. Doublet)........................... . 116
- Le vanadium et ses applications (J. L.). ..... . 86
- Les colorants synthétiques (G. Dorocher).............343
- Orangés et rouges d'uranium, . . .................. 15
- Décomposition de l’eau oxygénée. . ................ 27
- Dosage de faibles quantités d’hydrogène dans les mélanges gazeux.................................... 28
- Cémentation des alliages.......................... 28
- Rubrène, nouvel hydrocarbure.......................123
- Agave, source d’alcool.............................159
- Peroxyde de lubrène.............................. . 174
- Dosage du carbure de calcium dans la cyanamide, 174
- Au sujet du rubrène................................206
- Résine d’acroléine.................................206
- Titre de l’air en xénon et cryplon...................221
- Hydrogénation catalytique des doubles liaisons conjuguées ...........................................331
- Centrifugo volumétrie................................331
- Huiles s ccal ves et antioxygènes....................351
- Potasse en Catalogne...............................580
- Cire de rose.......................................380
- Présence du strontium dans l'eau de mer..............381
- Influence des gaz sur les propriétés des aciers. ... 415
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les cartes magnétiques de la France et leur révision
- actuelle (A. Baldit)...................... 124
- L’utilisation de la chaleur solaire : Mourhot (E Doublet). 140 D bits solides des cours d’eau (A. Pawloyvski) .... 341
- En eignement de la géologie au Muséum (J. Boyer). . 398
- Stratigraphie du massif du Pilât.................. 15
- Age des calcaires de Creüe........................ 60
- A propos de la pollucile.......................... 78
- Séismes du centre de la France en 1925............ 123
- Maximums inscrits dans les sismogrammes .... 189
- Faune de rongeurs de Samt-Gérand-le-Puy .... 207
- Genèse du sol aux environs de Clermont-Ferrand . 221
- Interprétationmorphologique des bouches de Callaro. 551 Extension du Wealdien dans le nord de la France. 581 Evolution du volcan des Kamenis............... 397
- 2. Météorologie.
- Valeur des témoignages dans la variation des climats
- (J. Mascart). .................................. 77
- raléomètcorologie et modifications du climat (J. Welscii). 143 Le temps inlluence-t-il la migration des oiseaux ? (A. Mercier) ............................. ...................266
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Instincts et mœurs des tortues de mer (V. Forbin) . . 17
- Orientation du pigeon voyageur (Dr Rochon-Düvigneaud,
- E. Rabaud et C. Maurain) . . . .............24, 44
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- ==•-- TABLE
- Le Canis typhonvus (P.-II. Boussac)...............
- Initiation biolog que (M. Aron). . . . 91, 148, 203,
- La pèche au drain-t (L Joüeane).....................
- Le lézard des mur ilLes (A. Feuille'ë-üillot) .... La membrane et la pernn'abilité ctliulaire (Ur M. Aron).
- A propos des « bélugas » (S. F. IIaumek)............
- Le faisan, joyau de la nature (L. Kue\tz) ..........
- Lps mouvements de la cellul; (Dr M. Aron). . . 203,
- Les vaches de Travail (A. Roletj....................
- Qui nous envoie les corbeaux d’automne? (A. Feuillée-
- Bn.Lor)..........................................
- L’angu Le en eau douce (L Bertin)...................
- PiMes d'ammaux Mercier) ............................
- Expérience curieuse i e.ative à la vision binoculaire (Dr M.
- Lanuolt) ......................................
- Vesperlilinnidfs (A. Feuiillée-B i.lot).............
- Geste de chasie du f'eunnilion (J.-G. Mulet)........
- Queiqins animaux du Sahara (L. Bertin)..............
- Nutrition chez les animaux aquat qucs...............
- Thorium X et fermentation ammoniacale...............
- Drosophile* et moisissures..........................
- Présence du nickel et du cobalt dans le pancréas. . Noyau secondaire des perles fines sauvages ....
- Huile de calmar.....................................
- Appareil électrique de la Torpille et curare. . . .
- Développement du Nemichthys.........................
- Constitution des magasins de réserve du campagnol.
- G-ttine du ver à soie ..............................
- Nitrates dans les tissus animaux ou végétaux . . .
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Le centenaire de 1 Ecole d'Agriculture de Grignon
- (J. Boïer).......................................
- Le laucardcment des étangs (A. B)...................
- Les industries du micocoulier (A. Rolet)............
- L'institut botanique alpin du Lau'aret (A. Guillaume).
- Scier ce du champignon (M. Coulon)..................
- Toxiques végétaux de Madigasrar (II. Jumelle) ....
- Rubidium dans les plantes marines...................
- Nouveau glucoside...................................
- Radiations et chlorophylle..........................
- Cinehonées de l'Afrique tropicale...................
- Rappoit vasculaire entre la feuille et la racine. .
- Parasites des racines de phanérogames...............
- Etude cyto ogique des laticifères...................
- Viesoside, nouveau gluconde.........................
- Pi ries d’azote provoquées par les bactéries du sol. Palmiers de Madagascar..............................
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Gravures et inscriptions rupestres au Sahara (Lieut. F
- Demoulin).........................................
- Découverte en France d’un alphabet préhistorique
- (D.-A. Morlet)....................................
- Expéditions océanographiques allemandes (R. Merle) .
- Le Canada, greni r du monde (Y. Forbin)..............
- La neige sur 1* s dunes de sable du Sahara (J. Welscr). Un emule de Bellot : Emile de Bray (E. Doublet) . . Les hommes fossiles de la Denise (L. Mayet et H. Chos-
- segros)...........................................
- Le grand parc national du Canada (V. Forbin) .... Mise eu valeur des lies Kerguelen (Command. Sauvaire-
- Joukdan)..........................................
- Rnhesses minérales du Canada (V. Forain).............
- Au sujet des inscriptions de Glozel (J. Butavand) . . . Bel exemple de « marmites des géants » sur les bords
- de l’Océan (M. Baudouin)..........................
- Caverne meurlrièic. du Lurioch (E.-A. Martel) . . . . Hommes fossiles de la Denise.................
- MATIÈRES — 423
- Gisement néolithique de Glozel...........581
- Littoral flamand aux environs de Gravelines . . . 597
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Nouvelle adduction d'eau pour l’alimentation de Paris
- ^Diénf.rt et Gui'lerd)............................. 33
- A pi tiret 1 de plung-e Le Prieur (R Yillers) ..... 241
- Autour d’un cciiUnmre : Latnuec (Dr Cabanes). . . . 365
- L'agent de la scarlatine............................... 27
- Médicaments et defense de l’organisme 28
- Injections salines préalables et anesthésie chloroformique.............................................143
- Action de la morphine sur l’écorce cérébrale. . . . 221
- D’Arsonvalisation diathermique et synovie..............3Ü3
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- L’impression des tissus à la main et sa renaissance
- actuelle (J. Boyer).................................. 39
- Machine frigorifique à vapeur d’« au (R. Villers) ... 46
- Le mystérieux « sens de l’espace » chez it s pigeons
- voyageurs (J. Casamajor)................................5G6
- Histoire de Fin >U'trje i h<>colatière (R. Lecoq) .... 60
- Les ocres d’Apt (B. Maillet)........................... 68
- Nouvelle mai bine frigorifique à absorption (R. Yillers). 75
- Un i raboteuse géante (E.-ti VYeiss)............... 95
- Le< meubles rustiques de France (M Bousquet). . , . 113
- Le cliauiï ge central au gaziE.-II. Weiss).............152
- L’indu-lrie des papiers peints (J B yer)............... 151
- Une imprimerie d’aveugles (J. Boyer)......................161
- Cisaille mu liple fE -H Weiss).............................193
- L’industrie du sulfate de baryte (J. L.). . .' . . . . 235
- C ml rôle des fils textiles par les vibrations.........238
- Mélalluigie du zinc (S. Durochek)......................245
- Une mémoire mécanique : l’huro-mémo (E.-H. Weiss). 269 Suralimentation dans les moteurs à explosion (L. Picard). 285
- Fabrication des balles de tennis (E. Weiss)...............303
- Aspiration et souillage des suies de chaudières (E.
- Weiss)..................................................567
- Nouveaux procédés de raffinage du pétiole (G. Durocher). 374
- Granulation des scories et métaux...................... 60
- Corroyage et alliages de cuivre et aluminium. . . 380
- 2. Photographie.
- Vérification de la vitesse des oblurateurs (A. Hamon) . 55
- Stnsitométrie et photographie (n. Lobel)................251
- Le télégramme autographe (G. Maréscral).................262
- 1 e film parlant (G. Maresciial)...................... . 318
- Enregistrement optique des sons combinés à la cinématographie....................................... 415
- 3. Électricité.
- Le barrage et l’usine hvdro-électrique d’Eguzon
- (J. Boyer)............................................ 8
- Signalisation électrique de l’incendie (M. Bousquet). . 87
- Tubes à rayons X a Aletalix » (E.-ll. Weiss)............ 99
- Aménagement hydro-électrique de la vallée d’Ossau
- (A. Pawlowski)................................... 102
- Automatisme en réception radiophonique (P. Hémarjuin-
- quer)......................................... . . . 407
- Condensateur colloïde.................................. 60
- Double détection chez la galène et la chalcosine . , 350
- Recouvrements électrolytiques de l'aluminium et des alliages légers.....................................397
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à ^Industrie
- La reproduction des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2726. — 3 Juillet 1926.
- Supplément.
- <^o
- INFORMATIONS
- •^>v M
- Société des Ingénieurs civils^dë^France une communi-
- Le raid aérien Paris-Pékin. — Le célèbre aviateur Pelletier-Doisy, accompagné de l’ingénieur Carol, vient d’eiïectuer d’une façon remarquable le voyage aérien Paris-Pékin. Cette dislance de xo 5oo km a été parcourue en huit jours. Le voyage a comporté une étape chaque jour et une durée totale de vol de 63 heures. Les deux aviateurs ont quitté Paris le 11 juin ; ils ont fait successivement escale à Varsovie, Moscou, lvourgan,
- Krasnoïarsk, Irkoutsk, Tchita, Moukden et Pékin, où ils ont atterri le 18 juin. Leur intention première était de se rendre à Tokio ; mais des brouillards persistants sur les côtes de Corée et du Japon les ont obligés de renoncer à ce projet.
- On n’a pas oublié le piemier raid Europe-Asie de Pelletier-Doisy, commencé le 24 avril 19a.4 de Paris, il se terminait le 9 juin à Tokio; totalisant un parcours de '20000 km. La comparaison des deux raids montre l’immense avantage de l’itinéraire Russie-Sibérie pour joindre par les airs l’Europe à la Chine du Nord et au Japon. C’est la véritable voie de communication de l’avenir; en attendant que l’exploration complète des régions boréales permette de raccourcir encore l’itinéraire en survolant les régions polaires. Il est à noter que la voie polaire, en supposant qu’on puisse l’organiser, aurait pendant une partie de l’année un autre avantage; le soleil restant, constamment au-dessus de l’horizon, les vingt-quatre heures de la journée sont disponibles pour le vol.
- Le beau raid de Pelletier-Doisy et Carol a été effectué sur un avion Breguet, moteur Lorraine de 4$° ch.
- Les profils Joukowsky pour ailes d’avion. — Au
- cours de la séance du 9 juin dernier, M. Gourdou faisait à la Société Française de navigation aérienne une communication sur les ailes Joukowsky, et pai'ticulièrement sur la position de la résultante aérodynamique dans ces ailes.
- Les profils Joukowsky sont caractérisés, comme chacun sait, par un bord d’attaque arrondi, et un bord de recul en virgule.
- Par un perfectionnement à la méthode de calcul de Joukowsky, M. Gourdou est arrivé à des profils possédant des qualités aérodynamiques remarquables, et caractérisés par un moment à portance nulle faible, et par un déplacement de la résultante aérodynamique très réduit.
- Ces profils réalisent» ainsi de réels progrès sur les profils actuellement en usage; un calcul approché montre en effet que pour une aile ordinaire et une vitesse de i/jo mètres par seconde, vitesse de piqué des appareils de chasse, chaque longeron est soumis à un mouvement voisin de 8000 km alors que l’essai statique n’est que de l’ordre de 9000 km. M. Gourdou attribue à ce fait les derniers accidents par rupture d’aile, dont la cause était restée inconnue. Le faible déplacement du centre de poussée est également un grand avantage pour la sécurité et la facilité du pilotage.
- M. Gourdou a dessiné d’après sa méthode i5o profils sur lesquels 12 ont été retenus. On obtient généralement un profil à double courbure avec queue relevée, donnant un assez mauvais rendement aérodynamique. En relevant le bord d’attaque on obtient des profils convexes sur les deux faces, dont les essais au tunnel ont été satisfaisants.
- Par leurs grandes qualités aérodynamiques, les ailes obtenues par cette nouvelle méthode de tracé permettent donc les plus grandes espérances, tant au point de vue du rendement que de la sécurité. F. Gruson.
- Le dépoussiérage des gaz de hauts fourneaux. —
- A. la
- séance du 11 juin dernier, M. Joi’dan a fait à la
- cation très documentée sur le dépoussiérage des gaz de hauts fourneaux. Une tonne de fonte correspondant à un dégagement gazeux de z|5oo mètres cubes, et chaque haut fourneau traitant environ 3oo tonnes de fonte par jour, on se rend compte de l’intérêt des dispositifs de dépous-siéi’age qui permettent l’emploi des gaz sous forme de « gaz à moteurs », soit dans des brûleurs spéciaux, soit dans les moteurs à combustion interne. L’epur-ation du gaz se fait en trois étapes :
- i° Un grossier dépoussiérage par changement de direction (chicanes) ou changement de vitesse (changement du diamètre des conduites).
- 20 L’épuration primaire qui a lieu soit dans des appareils statiques (tour avec pluie d’eau), soit dans des appareils dynamiques (ventilateurs contenant de l’eau).
- A la sortie de ces appareils, les gaz ne contiennent plus que o gr 5 de poussière par mètre cube.
- 3° L’épuration secondaire qui a lieu soit par voie sèche : filtrage ou dispositif électrique, soit par voie humide.
- a) Epuration par filtrage. — Les gaz, portés à une température comprise entre 70 et 100 degrés, traversent des sacs en étoffe ; les poussières retenues sont détachées des sacs par secouage pneumatique, et envoi de gaz purifié en sens inverse. Dans les meilleures conditions on arrive à du gaz ne contenant que o gr. 0015 de poussière par mètre cube, la puissance nécessaire étant de 2,2 à 3 kilowatts pour un débit de 1000 mètres cubes à l’heure.
- b) Epuration humide. —• Les gaz sont brassés dans une nappe d’eau pulvérisée qui enrobe les grains de poussière; puis le mélange est décanté par projection sur une paroi fixe. Les gaz sont ensuite aspirés par un ventilateur et séchés.
- Tel est le principe du laveur-désintégrateur Theisen qui donne du gaz contenant o gr. 02 de poussière par mètre cube. Get appareil, insensible à la température, à la pression et à l’état hygrométrique, est d’un fonctionnement remarquablement souple ; il exige 4 à 5 kilowatts pour le traitement de 1000 mètres cubes à l’heure et dépense o,5 à 0,6 litre d’eau par mètre cube.
- Les inconvénients des bassins de décantation de l’eau de dépoussiérage (grand encombrement et difficultés de nettoyage) sont diminués par l’emploi de bassins du système Neustadt. Ces bassins, à parois inclinés, sont terminés à la partie inférieure par un caniveau à couvercle mobile; ce caniveau peut être nettoyé, le bassin étant en service.
- c) Epuration électrique. — Les gaz passant dans un champ électrique déposent leurs poussières sur les électrodes. Ces électrodes sont généralement constituées ; l’une par une série de tubes mis à la terre/ l’auire par un réseau de fils disposés dans l’axe des tubes. Un mécanisme de frappage des tubes évacue les poussières. La consommation de courant (alternatif redressé mécaniquement) est voisine de 0,8 kilowatt pour l’épuration de 1000 mètres cubes à l’heure, et dans les conditions les meilleures les gaz épurés ne contiennent plus que o gr. oo3 de poussière par mètre cube.
- Ce procédé est appliqué avec succès pour le dépoussiérage des fumées.
- La comparaison des deux autres procédés est, de l’avis de M. Jordan, tout à l’avantage du procédé humide, tant au point de vue de l’encombrement qu’à celui de la souplesse et de la sécurité de fonctionnement. F’. Gruson.
- Les chutes Alexandra et Louise, au Canada. —
- Nous avons signalé (n° 2720) la récente découverte d’un
- I
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- INFORMATIONS
- grand chapelet de lacs, long de 270 kilomètres, à l’est du grand lac de l’Esclave, par la récente mission d’arpentage du Service topographique canadien. Ce n’est pas la seule merveille révélée par cette exploration. Au sud du grand lac de l’Esclave (voir la carte du n° 2720) se trouve le poste de Hay River, à l’embouchure de la rivière Hay. En remontant celle-ci sur une cinquantaine de milles, les arpenteurs canadiens ont rencontré, l’été dernier, deux chutes, séparées seulement par une distance de quelques milles, qui sont parmi les plus belles du monde, les chutes Alexandra et Louise.
- Situées à l’écart des pistes régulièrement fréquentées, ces chutes avaient bien été découvertes en 1872 par l’évêque Bompas qui leur avait donné les noms de la reine Alexandra et de la princesse Louise, mais elles n’avaient guère attiré l’attention depuis.
- Les Ressources naturelles du Canada en donnent une photographie que nous reproduisons et les décrivent ainsi :
- Dans le cas de la première, la rivière fait un coude environ un demi-mille en amont de la cataracte; les eaux se précipitent tumultueusement en formant des tourbillons d’écume et tombent d’une hauteur de 109 pieds au milieu d’un fracas de tonnerre qui fait trembler le sol. Des nuages de vapeur s’élèvent jusqu’au rebord du canon et le soleil qui les pénètre ajoute au
- Fig. 1. — La chute Alexandra.
- charme du tableau par les innombrables arcs-en ciel qu’il y forme. Des épinettes et des peupliers mettent aux murailles de roc une frange verte dont la fraîcheur est entretenue par les embruns de la cataracte.
- La chute Alexandra ne constitue pas le seul attrait de la région, car on y peut admirer de splendides paysages, mais c’est surtout la forte dénivellation qui se produit sur le cours entier de la rivière qui laisse dans l’esprit une impression de force et de majesté.
- La rivière suit le canon sur une distance d’un mille, puis retombe de nouveau d’une hauteur de cinquante pieds, formant la chute Louise. Pour en apprécier toute la beauté, il faut l’approcher par la gorge inférieure, alors qu’à un tournant elle apparaît subitement comme un rideau d’argent qui surgit de l'ombre entre deux énormes murailles boisées.
- La laine de pin. — Comme suite à la note que nous avons publiée sur la laine artificielle de bois (n° 2722, du 5 juin 1926), voici des détails sur ce qui se fait en Allemagne, où la laine de bois, appelée XJholz woll, est obtenue avec le pin Sylvestre (Pinus sylvestris) et constitue un produit ressemblant beaucoup à la laine animale.
- Comme celle-ci, et de la même façon, elle se prête fort bien, paraît-il, à la frisure, au feutrage et au filage.
- Dans Bois et Résineux, M. J. Coste indique le mode d’extraction de cette laine végétale.
- Les feuilles de pin se composent de fibres agglomérées en paquets très fins et très tenaces, par de minces pellicules résineuses.
- A l’aide de réactifs chimiques, et par ébullition, on sépare ces fibres. Là chaleur, l’humidité et les réactifs ramollissent la subtance résineuse, et un simple lavage, à la fin de l’opération, suffit pour éliminer les matières étrangères.
- Selon le procédé et les réactifs, on obtient une substance laineuse fine ou grossière; dans le premier cas,
- on a une sorte d’ouate d’une remarquable finesse; dans le second cas, on a un produit moelleux, floconneux, ressemblant à du kapok et destiné au bourrage des matelas.
- Le filage de la laine fine donne uil fil assez, semblable à celui du chanvre, et dont la finesse est alliée à une extrême solidité.
- Avec ces fils laineux, les Allemands fabriquent une étoffe employée pour faire les tapis et les housses.
- Le traitement des fibres de pin laisse une grande quantité de déchets, lesquels sont moulés en briques, puis séchés. Ces briquettes constituent un fort bon combustible.
- La résine contenue dans ces déchets permet d’obtenir un gaz d’éclairage et de chauffage fort utile dans les régions d’exploitation généralement isolées.
- En France, notamment dans les Landes, l’industrie de la laine de pin augmenterait l’intérêt de l’exploitation forestière, tout en apportant un certain palliatif à la crise lainière. Henri Blin.
- 10° Exposition Internationale de l’Aéronautique. — La 10e Exposition Internationale de l’Aéronautique se tiendra à Paris au Grand Palais des Champs-Elyrées, du 3 au 19 décembre prochain.
- *>> 'Nouvelles de T. S. T.
- Le poste Radio-Belgique, — La longueur d’onde du poste d’émission de Bruxelles, Radio-Belgique, a été changée récemment. Primitivement de 265 m., elle a été portée à 487 m., et c’est le nouveau poste d’Anvers, dit Radio-Zoologique, qui désormais émet sur 265 mètres.
- La radiophonie en Russie. — il existe maintenant en Russie un assez grand nombre de postes de radiodiffusion qui sont placés sous le contrôle d’une Société dont le siège est à Moscou. Les principaux postes actuels sont : Karkhow (800 m.), Kiew (900 m.), Léningrad (940 m.), Nijninowgorod (860 m.) et enfin 4 postes à Moscou ( i45o-ioio~45o et 400 m.).
- Le plus puissant de ces postes est le poste Komintiern de Moscou, qui a une puissance de 12 kilowatts ; en outre, de nouvelles stations sont en construction, Léningrad (10 kw)., Bakou (20 kw), Karkhow (20 kw), Moscou (25 kw) et Tiffiis (20 kw). Si ces projets que nous annonce Radio et Sciences sont exacts, la Russie deviendra prochainement le pays européen possédant le plus grand nombre de stations à grande puissance.
- Des récepteurs automatiques publics. — Il existe maintenant aux Etats-Unis et spécialement à Philadelphie des appareils automatiques placés à la disposition du public et qui permettent d’entendre les radio-concerts. Il suffit de glisser dans une fente de l’appareil une pièce de 5 cents pour déterminer l’allumage des lampes du poste, ce qui permet d’entendre les radio-concerts désirés.
- La durée d’audition est de 4 minutes, au bout de ce temps une lampe rouge s’allume prévenant de l’arrêt prochain de l’appareil. Si l’auditeur désire prolonger l’expérience, il doit glisser de nouveau dans la fente une pièce de monnaie sans quoi les lampes s’éteignent automatiquement.
- Commerce de la radiophonie aux Etats Unis. —
- Le chiffre d’affaires concernant le matériel radio-électrique, qui était de 2 millions de dollars en 1920, s’est élevé à 5 millions en 1921, puis à 60 millions en 1922, à 120 millions en 192!, à 35o millions en 1924, et enfin à 578 millions en 1925.
- La radiotéléphonie dans les trains allemands. —
- On sait que des expériences de radiophonie ont été tentées sur des trains français, mais les résultats bien qu’intéressants ne semblent pas encore avoir été entièrement satisfaisants.
- Cependant des résultats meilleurs ont été obtenus en Allemagne; à la suite d’essais exécutés sur des trains rapides entre Berlin et Hambourg, l’administration des chemins de fer allemands atirait l’intention d’établir un service régulier de téléphonie sans fil sur les trains qui vont de Berlin à Bentheim (ligne de l’Angleterre par la Hollande) et sur les trains de Berlin à Cologne et Aix-la-Chapelle (ligne de Paris et Bruxelles).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Broyeur colloïdal « Premier Mill ». — Nous avons eu l’occasion de causer, à plusieurs reprises, de machines qui désagrègent les matières et les mélangent intime-
- Fig. i. — Modèle de laboratoire à axe vertical.
- ment. Les premières dont La Nature a déjà parlé (nos 2.51G et 2G93) sont essentiellement des broyeuses par battage.
- La machine que nous allons décrire sommairement ci-après, le « Premier Mill », s’appuie sur un tout autre principe. Elle consiste à utiliser le laminage d’une pellicule liquide passant entre deux surfaces lisses tournant à très grande vitesse au voisinage immédiat l'une de l’autre.
- Cet appareil se compose en principe d’un rotor conique tournant très rapidement (jusqu’à iaooo tours pour les petits modèles) et d’un siège conique ou stator.
- La distance entre les deux surfaces du rotor et du stator est très faible : elle peut varier d’un vingtième à un cinquième de millimètre suivant les appareils et la substance à traiter.
- Ces dernières sont envoyées par gravité ou par pression dans L’espace annulaire compris entre le rotor et le
- Fig. a. — Le même, muni d’un distributeur, actionné par une dynamo.
- stator et la mince pellicule de liquide circulant entre ces deux pièces est soumise à des efforts mécaniques d’une puissance considérable. Ces efforts ne résultent pas d’une série de chocs sur les matières à traiter, mais d’un mouvement complexe de la matière provenant des effets de la force centrifuge et du laminage entre ces deux surfaces lisses dont l’une est fixe et l’autre est animée d’un mouvement rapide de rotation..
- Il est bien évident que l’action de l’appareil est d’autant plus énergique, à diamètre égal, que la vitesse
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- de rotation est plus grande et que l’espace annulaire esl plus faible.
- Les applications de cet appareil sont infiniment variées dans les industries chimiques.
- Les résultats obtenus avec l’appareil sont de trois ordres différents :
- i° La formation d émulsions, c’est-à-dire le mélange
- Fig. 3. — Modèle à axe horizontal.
- intime et colloïdal de deux liquides non miscibles, état colloïdal qui est facilité par certains corps dits stabilisateurs (dont la théorie n’est pas encore définitivement établie) ;
- 2° La division en particules extrêmement fines de corps semi-solides et leur mise en suspension dans un milieu liquide;
- 3° Le mélange intensif de plusieurs liquides ou de liquides et de solides finement pulvérisés.
- Ces appareils se font en diverses tailles pour les besoins des laboratoires; d’autres modèles plus grands, pour l’industrie, peuvent atteindre un débit horaire déplus de 8 mètres cubes.
- La Consultation industrielle, 40, rue des Mathurins, Paris.
- *>> Objets utiles <*
- Moteur électrique domestique interchangeable.
- — Pour les appareils domestiques, on utilise le moteur électrique, notamment sur les aspirateurs de poussière, les machines à cirer les parquets, les laveuses, les machines à coudre, les hache-viande, etc. L’inconvénient de l’emploi de ces appareils électriques est la nécessité, pour celui qui les. possède, d’avoir un moteur faisant pour ainsi dire corps avec chaque machine, ce qui augmente, dans de grandes proportions, les frais nécessaires à l’achat des divers appareils.
- On a bien préconisé l’emploi d’un moteur unique, monté à poste fixe sur un meuble transportable, mais on est alors obligé de le faire agir sur les différents systèmes par l’intermédiaire de petites transmissions; encore, est-il difficilement adaptable à certains appareils mobiles comme les aspirateurs et les cireuses.
- On vient d’imaginer un moteur amovible qui peut alors se placer sur toutes les machines domestiques possibles.
- Celles-ci sont prévues naturellement avec un dispositif spécial qui permet de mettre le moteur en place de façon qu’il actionne le mécanisme.
- Suivant la force du moteur, il s’adapte à un nombre de machines plus ou moins grand.
- Le moteur de x/6 de cheval s’applique à tous les usages; celui de i/ione peut, pour le moment, actionner qu’un aspirateur, une cireuse ou une machine à coudre, ce qui est déjà quelque chose.
- Examinons seulement ce qu’il est possible d’obtenir avec le moteur de r/6 de cheval, dont la consommation est légèrement supérieure à i ampère. Ce moteur actionne une cireuse électrique à deux vitesses qui sont obtenues par renversement du moteur. A chaque extrémité de l’arbre se trouve un galet en textolite ; un grand
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- Fig. — Machine à brosser.
- et un petit. Le galet s’engage dans la bande d’entraînement qui est formée par les plateaux mêmes des cireuses. Le petit galet donne une vitesse faible, et le grand la vitesse plus élevée.
- f Le fait de retourner le moteur bout pour bout varie ainsi la vitesse.
- Le renversement de sens du moteur inverse également le sens de rotation des brosses, de sorte qu’on ne risque pas de voir les crins se coucher, comme cela
- Fig. 5. — Aspii’ateur de poussière.
- se produit fatalement lorsque la rotation a toujours lieu dans le même sens.
- Les brosses sont interchangeables au moyen de trois goujons qui rentrent dans les plateaux. L’un des goujons porte une rainure qui laisse le passage à un verrou.
- L’aspirateur est du type à seau. Il est établi en tôle d’acier avec couvercle émaillé. La partie extérieure du seau est entourée de pégamoïd.
- Dans le bas se trouve l’orilîce de la soufflerie, dans le haut celui de l’aspiration.
- Le seau intérieur est à double cloison, afin de recueillir la poussière.
- Cet aspirateur est actionné par le même moteur qui a servi pour la brosseuse.
- Le pied réducteur est un appareil peu encombrant qui se place sur une. table quelconque.
- 11 possède deux vitesses : la grande vitesse à droite et la petite à gauche. Elles sont toutes les deux réglables au moyen d'un rhéostat démarreur.
- Sur ce pied réducteur, il est possible de brancher une quantité d’appareils, par exemple les suivants :
- Fig. 6. — Pied réducteur avec moulin à café et râpe à fromage.
- moulin à café, machine à nettoyer les couteaux, râpe à fromage, hachoir à 3 usages : viande, légumes et pain, couteau rotatif à hors-d’œuvre, presse-fruits, batteuse de neige, pétrin, torréfacteur, récure-casseroles, rince-bouteilles, jeu de brosses pour argenterie et chaussures, machine pour le macaroni.
- Le moteur amovible peut également se monter pour actionner une machine à coudre. Il s’adapte instantanément au moyen d’un petit dispositif spécial, ce qui permet de transformer une vieille machine en machine au moteur munie d’un rhéostat.
- Le même dispositif s’applique à toutes machines à coudre à main, le rhéostat seul diffère.
- On peut également brancher le moteur amovible sur une machine à laver le linge.
- Toute machine du commerce munie d’un dispositif d’entraînement au moteur peut utiliser celui qui sert également pour actionner les appareils dont nous avons parlé précédemment.
- Ainsi le même moteur de i/6 de cheval peut servir à faire fonctionner plus de vingt appareils sans perdre aucune de ses qualités habituelles. Il peut d’ailleurs être appliqué également à la mise en marche d’une petite moto-pompe, à celle d’une dynamo génératrice permettant la recharge d’accumulateurs par exemple.
- Adresse : M. Rouault, 8, rue de Chézy, à Marseille.
- E. Weiss.
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- VARIETES
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- NOUVELLES NOTES SUR LE RAYON VERT
- A. Sur les franges spectrales solaires. — Ayant fait pendant ces derniers huit mois une vingtaine d’observations positives sur les rayons colorés du soleil couchant, il me paraît utile d’en indiquer les résultats généraux quitte à communiquer leur détail à qui le désirerait. Toutes ces observations ont été faites à Kairouan au moyen d’une lunette grossissante de 25 à 5o fois, l’article de M. Touchet (La Nature, n° 2670) m’ayant suggéré ce moyen pourl’exa-men des franges spectrales alors que le sodeil est encore assez haut. Afin d'éviter le plus possible l’éclat aveuglant de l’astre, je n’en laisse passer que l’extrême bord dans le champ de la lunette.
- i° La grande majorité des couchers de septembre à février n’ont donné que le rayon violet ou bleu et violet au lieu du rayon vert plus fréquent en été.
- 20 Quand le rayon violet était très brillant, la frange inférieure montrait aussi une bande orange interposée entre le rouge et l’astre.
- 3° Cette bande orangée était d’autant plus visible qu’elle coïncidait avec un soleil d’un jaune très clair, presque blanc et beaucoup plus éblouissant que quand se manifeste le rayon vert.
- 4° Le degré de pureté de l’air ne paraît pas influencer beaucoup la présence des rayons vert et violet, car on peut les voir tant après un ciel lavé par des pluies des jours précédents que par une atmosphère chargée de poussières (siroco), ou d’humidité (coucher en mer, légère brume voilant un peu le disque.)
- 5° Quand elle existe, la frange violette (ou violette et bleue) précède normalement la frange verte, mais la hauteur où se fait la transition varie beaucoup, soit entre l’horizon et deux ou trois fois le diamètre du soleil. C’est pendant cette transition que l’on peut voir simultanément les deux bandes violette et verte. Dans ce cas, la violette se place latéralement à la verte par laquelle elle est rapidement remplacée. (Voyez La Nature, n° 2676 et l’observation terminant cet article.)
- Que conclure de ces faits ? D’abord que l’absorption du violet par les poussières et autres particules en suspension dans l’air ne s’explique pas par la présence de cette couleur simultanément au vert ou le précédant de peu.
- Ensuite que si les franges spectrales sont dues à la dispersion normale de la lumière par la densité de plus en plus forte des couches de l’atmosphère vers le sol, la présence d’un rayon vert remplaçant le violet, donc altérant l’ordre normal des bandes spectrales, paraît due à la présence de couches d’air de moindre densité que raréfie le contact ou le voisinage d’un sol surchauffé (phénomène plus fréquent fété) et qui agirait à peu près comme dans le mirage ordinaire en renversant et étendant les images lointaines. Ainsi la bande violette serait rabattue sur le disque astral ou absorbée et la verte surélevée et amplifiée. Ceci explique donc la vision prolongée du rayon vert ainsi qu’elle a été souvent signalée, et la simultanéité des rayons verts et violets, ce phénomène très rapide plaçant le violet en dehors du vert et passant au vert.
- En résumé il se passerait ceci : i° Une réfraction totale de l’image solaire (Soleil vu 2 minutes après le coucher réel). 20 Une dispersion de la lumière produisant la frange spectrale normale (Bleu et violet au bord supérieur, orange et rouge au bord inférieur). 3° Une altération de cette frange (absence de l’orangé en bas, apparition de la bande verte, effacement du bleu et du violet) par réfraction secondaire (mirage).
- B. Sur les franges spectrales de la lune. — Le 3o dé-
- cembre dernier, les franges spectrales solaires furent normalement : la supérieure bleu et violet, l’inférieure orange et rouge, l’astre très clair et très brillant, le rayon ultime violet. Me retournant après cette observation, j’aperçus que la lune dans son plein venait de surgir à l'horizon. Braquant alors ma lunette sur elle, je pus constater un léger bord inférieur rougeâtre très flou, mais je ne pus discerner de bande supérieure. En admettant sa présence en violet, il se peut qu’elle se soit confondue avec le ciel qui prenait déjà des teintes violacées. La comparaison réitérée des deux bords relevait avec évidence une différence de couleur.
- Le 28 janvier suivant, la frange solaire fut d’abord violette puis verte, le dernier rayon vert. La lune étant alors dans les mêmes conditions que ci-dessus, je pus y constater une légère bande floue verdâtre au bord supérieur et une rougeâtre terne à l’autre bord. Ces deux bandes très faibles étaient cependant, comme précédemment, rendues plus sensibles par leur comparaison réciproque.
- C. Un rayon vert en plein soleil. — Le 26 avril dernier, un stratus s’étendait au loin derrière la chaîne de l’Atlas, ménageant au-dessous de lui et de chaque côté d’une
- Pfame,
- Fig. 1.
- sommité deux espaces triangulaires de ciel libre (fig. ij. L’angle formé par le nuage et la montagne de l’espace nord était plus aigu que son opposé. L’air était pur et le soleil descendait droit au-dessus de cette sommité. Il était très brillant et la frange inférieure montrait l’orange et le rouge, la supérieure le violet. Peu avant de disparaître derrière le stratus, cette frange devint verte et violette, mais cette dernière couleur n’occupait que le tiers nord de la bande qui passa rapidement et totalement au vert. Cependant le soleil était déjà descendu d’un tiers environ de son diamètre sous le nuage, et en y dirigeant ma lunette je fus surpris de voir qu’un rayon vert pointait comme une petite tache à chacun des angles formés par la montagne et la nue. Comme ce phénomène dura tant que le soleil fut dans cet angle, soit plus d’une minute, j’eus amplement le temps de le surveiller. Le rayon émis dans l’angle nord était bien plus accentué que celui provenant de l’angle sud et quand la frange verte atteignit son niveau, il se fondit en elle. Enfin, le soleil étant partagé par le mont, il y eut deux rayons verts, l’un au sud précédant de peu celui du nord. Je livre à la sagacité des physiciens l'explication de ce phénomène. Dr. F. Santschi.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- La courge siamoise produit alimentaire. — Cette variété de courge est une plante vivace à tiges rampantes ou grimpantes. Les feuilles sont à cinq lobes et les fleurs jaunes et monoïques. Quant aux fruits, généralement très gros, 4 à 5 kg de poids, ils sont de forme ovale et d’une^couleur vert foncé rayé de lignes blanches
- simulant des côtes; la peau est lisse, l’écorce est épaisse et dure, la chaire est blanche et contient des graines noires.
- Au point de vue alimentaire, on peut la consommer en potages, en choucroute, au gratin ou en beignets.
- La courgè siamoise se cultive delà manière suivante:
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- on sème les graines en fin avril-mai, de préférence en pots de 8 à io centimètres de diamètre, à raison de 2 graines par pot, sur petite couche ou, un peu plus tard, sous châssis froid. Après germination, on garde le meilleur plant de chaque pot et on le plante en place en fin mai-juin, quand les plantes ont plusieurs feuilles. On a le soin d'espacer de 2 à 3 mètres environ en tous sens sur les rangs.
- Comment des gravures que l’on désire passer dans un appareil de projections peuvent être transportées sur plaque de verre. — Vous pouvez avoir les plus jolies gravures, vous ne pourrez que difficilement les admirer à l’aide d’un appareil de projection, si elles ne sont pas transportées sur plaque de verre.
- C’est un travail facile, mais, suivant les diverses compositions du dessin, on procède d’une manière différente.
- On obtient un meilleur résultat, s'il s’agit de photographies ou d’impressions typographiques, en les humectant au préalable. Chaque gravure est ensuite mise entre deux feuilles de papier buvard ou deux morceaux d’étoffe, de manière à éponger l’eau qui serait en trop grande quantité.
- On prépare la plaque de verre en la recouvrant de deux couches de vernis à l’alcool, dont on se sert pour
- les tableaux. La seconde couche n’est donnée qu’après que la première est sèche.
- Appliquer la gravure sur le côté verni du verre et appuyer sur toute la surface avec un tampon.de linge, de manière à bien faire adhérer les deux parties.
- Après le séchage, qui demande environ trois heures, mouiller à l’aide d’une éponge le papier qui, une fois bien humecté, se détache de la plaque de verre après y avoir laissé l’image. On laisse sécher, puis, grâce à une couche de vernis, on protège le cliché obtenu.
- On procède à peu près de la même façon pour les lithographies. On badigeonne la plaque de verre .avec un mélange de baume de Canada et d’essence de térébenthine employés dans des proportions égales. Cet enduit doit être très collant et pour cela on laisse sécher pendant une demi-journée environ, plus même si cela est nécessaire.
- Avant d’appliquer la lithographie, on trempe cette dernière dans l’eau tiède. On l’applique ensuite avec précaution, de manière qu’aucune bulle d’air ne puisse s’interposer entre la plaque et la lithogravure, que l’on aura séchée entre deux feuilles de papier buvard.
- Après avoir laissé sécher pendant une journée environ, on frotte avec le doigt mouillé l’envers du papier et la feuille petit à petit se décolle. Laisser sécher et donner ensuite une couche de vernis. P. M.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUfô oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Excursions sur les planètes (n° 27241 p 393). _ Légende de la figure : au lieu de « régions polaires centrales », lire : « régions polaires australes ».
- Réponses. — M. Mollard, à Lyon. — Le Dictionnaire de chimie industrielle de Villon contient toutes les applications de la chimie à l’industrie, à la pharmacie, à la métallurgie, à la pyrotechnie, à l’agriculture et aux arts et métiers, avec la traduction russe, allemande, anglaise, espagnole et italienne des principaux termes techniques. Nous pensons que cet ouvrage répondra complètement à vos désirs ; il est édité par la librairie Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. E. H., aux Mureaux. — On emploie le plus souvent, pour le collage des papiers de tenture, une colle à la farine de seigle, mais tous les , produits riches en amidon peuvent être utilisés dans ce but. La farine d’avoine peut donc convenir comme les autres farines, mais le grain d’avoine étant un peu moins riche en amidon, 53 pour 100, que celui de seigle, 67 pour 100, il contiendrait, pour la préparation d’une même quantité de colle, d’augmenter la dose d’environ a5 pour 100 et d’observer la même proportion s’il s’agissait de substituer la farine d’avoine à la farine de blé.
- M. H. L., h Lœuilly (Somme). — 10 La soudure autogène du plomb s’effectue avec un plomb antimonieux; on commence par mettre à vif le métal à 1 endroit ou doit prendre la soudure, en effectuant un grattage au couteau. Après avoir légèrement chauffé au. moyen du chalumeau, on enduit de stéarine ou de résine afin de protéger le plomb de l’oxydation. Il ne reste plus qu’à chauffer simultanément la baguette de plomb soudure et le plomb support ; là est toute la difficulté, le support devant être assez ramolli pour s’allier à la goutte qui tombe et cependant la fusion ne devant pas être complète, car il se produirait des solutions de continuité. Seule, la pratique peut vous guider, le miqux serait de voir travailler un spécialiste ; (
- a® Le papier buvard deviendra inattaquable aux acides, tout en restant isolant, en l’imprégnant au préalable d’une solution alcoolique de gomme laque.
- M. C. D., à Corbigny, — Pour enlever le goudron qui souille votre tissu, il vous suffira d’enduire de beurre la
- partie tachée, de façon que le goudron soit bien délayé par la matière grasse ; au besoin on laisse en contact un temps suffisant pour qu’il en soit ainsi. On savonne alors dans l’eau tiède et la tache disparaît.
- Nadar, à Paris. — Si nous avons bien compris votre demande, il s’agirait de protéger le plancher de votre laboratoire de l’action des produits chimiques., acides et alcalis qui pourraient tomber à la surface. Dans ces conditions, nous pensons que ce serait la paraffine qui conviendrait le mieux; son application en serait facile en la faisant préalablement dissoudre dans de l’essence pour autos, par exemple à la concentration de 100 gr. par litre. Appliquer ensuite au pinceau queue de morue deux ou trois couches suivant la perméabilité du bois, en prenant bien entendu toutes précautions pour éviter l’inflammation de l’essence, en premier lieu celle d’effectuer ce travail le jour.
- R. G., h Paris. — L’opération du zingage des tôles ne présente aucune difficulté et rentre dans la pratique de l’étamage, la précaution essentielle à observer est de décaper soigneusement le fer dans un bain d’acide sulfurique étendu. Ensuite, la tôle est saupoudrée de sel ammoniac, puis plongée dans le zinc fondu.
- Finalement, la pièce est nettoyée à la sciure de bois qui enlève par action mécanique la couche légère d’oxyde de zinc qui s’est formée à la surface par oxydation.
- Le zingage par immersion présente le défaut de provoquer parfois un peu de gondolage, c’est pourquoi on lui substitue aujourd’hui avantageusement, soit le zingage électrolytique, soit la métallisation par le procédé Schoop, pulvérisation et projection du métal à l’état liquide, dont nous avons fréquemment parlé et qui nous paraît être la méthode de choix dans le cas qui vous occupe (Société pour l’exploitation.des Procédés Schoop, 22, rue de Clisson, Paris.).
- M. P. Dirand, à Valenciennes. — Le moyen suivant réussit généralement pour faire disparaître les taches de moisissures qui se sont développées sur le linge.
- Faire dissoudre dans un verre d’eau tiède :
- Sel ammoniac..................i5 gr.
- Sel de table............. . . . i5 —
- Imbiber les taches de cette solution, exposer au grand air jusqu’au lendemain, puis laver à l’eau claire. Répéter au besoin l’opération.
- Pour les taches très résistantes, faire un mélange de :
- Chlorure de chaux ............... 10 gr.
- Vinaigre fort..................... 5o cm3
- Eau ordinaire tiède..............4°°° —
- Délayer le chlorure de chaux dans l’eau, ajouter le
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- BOITE AUX LETTRES
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- vinaigre, tremper immédiatement le linge piqué dans le mélange et aussitôt après disparition des taches rincer abondamment pour faire disparaître toute trace de chlore.
- N. B. — Le chlorure de chaux porte, dans le langage courant, le nom de poudre de chlore.
- M. Boucher, à Billancourt. — A notre grand regret nous ne pouvons entreprendre de mettre au point des questions industrielles. A l’aspect, nous pensons que la soie pour la pêche, dont vous nous avez soumis échantillon, a été apprêtée au moyen d’un mélange d’acide stéarique et de cire vierge. A titre d’indication vous pourriez prendre comme base de départ :
- Bougie stéarique..............90 gr.
- Cire blanche..................10 —
- Faire fondre à feu doux, rendre bien homogène, puis en maintenant liquide au bain-marie, faire passer doucement le (il de soie dans la matière grasse en lui laissant le temps de s’imprégner.
- Après refroidissement, tendre le fil et pour l’assouplir le frotter avec un chiffon de laine légèrement imprégné d'huile de poissons.
- Réunion des officiers de Nice. — A notre connaissance il n’est pas d’article qui ne soit aujourd’hui fabriqué, à la demande, en aluminium; vous pourrez vous rendre compte, en consultant le Bulletin spécial de la Société d’Encouragement à l’industrie nationale de juillet-août-septembre 1921, combien sont multiples les applications de l'aluminium et vous constaterez que l'obtention des cuves industrielles est chose courante, a fortiori celle des baignoires. Yoici, à titre d’indication, quelques maisons susceptibles de vous fournir tous appareils en aluminium : L’Aluminium français, n, rue Roquépine; Société Montupet, 11, boulevard Lannes, 16e; Société du Duralumin, 3, rue de la Boétie; Coindet, 137, rue Gambetta, '20° ; L’Aluminium du Nord, à Solesmes, Nord ; Société d’Electro-chimie, 2, rue Blanche.
- L.D. Bon Secours, à Marseille. — i° Le vernis suivant vous permettra de recouvrir les objets métalliques d’une couche transparente les préservant de loxydation : Acétate de cellulose.... 3o grammes Tétrachloréthane. . . . . 36o cent cubes
- Triacétine............... 3 —
- Alcool à g5°.............. 40 —
- 2“ La formule qui suit calculée pour 3oo litres d’eau, donne un bain ayant une composition très voisine de celle de l’eau de mer.
- Sel gris.......... . . q&oo grammes
- Chlorure de magnésium.. 2515
- Chlorure de calcium. . . 5i5 —
- Chlorure de potassium. . 60 —
- Sulfate de sodium. . . . aÔaÔ Iodure de potassium. . . i5
- Bromure de potsssium. . i5 —
- Suif hydrate d’ammoniaque Y gouttes
- N. B. — L’eau de mer contient environ 35 grammes par litre de matières fixes.
- 3° Le meilleur procédé que vous puissiez appliquer pour assécher vos murs est celui de l’ingénieur Knapen qui consiste à y placer des tubes inclinés en terre poreuse, ce qui produit un drainage et une circulation d’air qui bientôt amènent le résultat cherché. Personnellement nous avons constaté l’efficacité de cette méthode et ne pouvons que vous conseiller son application. La compagnie générale d’assèchement par les procédés Knapen a son siège 54, rue de la Bienfaisance.
- A. Dugenie, à Paris. — Ce sont des algues sulfu-raires beggiatoacés qui ont produit le colmatage de votre puisard, ces algues de nature visqueuse se développent particulièrement dans les eaux chaudes riches en matièi’es protéiques. Pour les détruire il conviendrait de jeter dans le puisard quelques poignées de sulfate de cuivre (vitriol bleu du commerce), puis de rendre l’eau acide par addition d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique) ou par l’acide sulfurique (vitriol), ce qui provoquera en outre un décollement des algues par dégagement de l’acide carbonique résultant de la décomposition du carbonate de chaux toujours contenu dans le sol. En cas d’insuccès se résoudre à faire repiquer les parois du puisard par un puisatier.
- M. Dollinger, à Strasbourg. — i° Yous trouverez d’excellents appareils pour le rechappage des pneus
- d’automobiles à la Société des Procédés FIT rue Saint-Jacques à Grenoble.
- 20 Pour ignifuger votre bois donner d’abord une première couche destinée à pénétrer profondément, au moyen du liquide suivant employé chaud.
- Silicate de soude à 36°B. 5oo grammes Eau ordinaire........... 1000 cent, cubes
- Recouvrir ensuite d’un enduit à l’amiante préparé comme suit :
- Acide borique................ 10 grammes
- Borax................ 3o —
- Eau bouillante.. ..... 200 —
- Yerser cette dissolution dans un mélange de :
- Blanc gélatineux............ 200 grammes
- Amiante en poudre............ 5o —
- Délayer, si besoin est, avec un peu d’eau chaude, pour amener à consistance convenable et appliquer au pinceau comme une peinture ordinaire.
- N. B. — Nous vous rappelons que l’ignifugation empêche seulement la combustion avec flamme sucep-tible de se transmettreav.ee rapidité, mais qu’aucun procédé n’empêche la carbonisation du bois sous l’enveloppe dont il a été revêtu.
- M. D. Capodano, à Oran. —Vous pouvez dérouiller vos boites métalliques en frottant les endroits endommagés avec un tampon imprégné de la solution sui-
- vante :
- Eau ordinaire.............. 1000 grammes
- Protochlorure d’étain. . . 5o — Acide tartrique ..... 5 —
- Lorsque la rouille a disparu par suite de la réduction de l’oxyde de fer, laver soigneusement, puis polir avec un peu de rouge d’Angleterre délayé dans de l’huile minérale.
- N. B. — Le protochlorure d’étain se prépare facilement en faisant dissoudre à chaud dans de l’acide chlorhydrique étendu des feuilles de papier à chocolat ancien modèle, constituées par de l’étain presque pur, mais qu’il ne faut pas confondre avec les feuilles actuelles plus sonores et craquantes qui sont presque toujours en aluminium. — Dans l’attaque il faut que de l’étain reste non dissout autrement dit que le métal soit eh excès et non l’acide, car celui-ci attaquerait ultérieurement l’étamage des boîtes au moment du dérouil-iage. ^
- M. C. H., à Nice. — Dans les conditions que vous indiquez nous pensons que le ciment Mastiblan des Etablissements Saphic 19, sur Saint-Roch, conviendrait très bien pour assurer Y étanchéité de votre terrasse.
- T. S. F. — M\ B. V., à Dijon. — i* Il sera bon de vérifier l’état de votre batterie de plaque ou de shunter celle-ci par un condensateur de 2 à 3 microfarads. Ce procédé amènerait peut-être une atténuation des sifflements constatés dans votre amplificateur à résistance; de plus vous pourriez utilisez un 2° transformateur à basse fréquence de rapport 1 seulement. On pourrait enfin réaliser une réaction électrostatique et manœuvrer le compensateur de façon à stabiliser l’appareil en produisant une sorte de réaction à l’envers.
- Etes-vous sûr également de la valeur de vos résistances de plaque ?
- 20 Si vous voulez utiliser votre amplificateur à résistances à la suite d’un changeur de fréquence bigrille, il serait bon d’adopter des condensateurs de liaison dé capacités un peu plus élevées.
- D’autre part, les bobines de votre Tesla de liaison entre votre changeur de fréquence et votre amplificateur pour ondes moyennes ont un coefficient de self-induction beaucoup trop grand. Utilisez des bobinages de 3oo à 5oo spires avec couplage assez serré.
- Enfin cette bobine de plaque du changeur de fréquence ne semble pas comporter un nombre de spires suffisant, et son couplage avec la bobine de grille doit être très serré. v
- M. Paul Bubon, à Bellegarde (Ain). — Veuillez nous indiquer à quel usage vous voulez destiner la self-inductance de 20 Henrys dont vous parlez.
- La forme du bobinage et le fil employé dépendent, en effet, de l’intensité du courant qui doit passer dans l’enroulement.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Cours de mécanique céleste, tome II, par M.-H. Andoyer, Membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes, i vol. in-8, 4^4 pages (Gauthier-Villars et Cie, éditeurs). Paris, 1926. Prix : 90 fr. Majoration 20 oh.
- Le tome II du savant et magistral ouvrage de M. Andoyer contient d’abord la fin du livre III consacré à la théorie des planètes. Outre l’étude analytique générale des perturbations, exposée avec toute >la précision nécessaire suivant la méthode de la variation des constantes, l’auteur développe, dans un chapitre spécial, les méthodes de Laplace et de Hansen, avec quelques modifications assez profondes; il montre aussi comment on peut diriger le calcul purement numérique des perturbations, en particulier celui des perturbations séculaires suivant les principes de Cauchy, Gauss et Hansen. Il développe quelques applications, en particulier le calcul effectif des parties principales des grandes inégalités de Jupiter et de Saturne.
- Le livre IY renferme la théorie de la Lune ; c’est un des problèmes les plus importants de la mécanique céleste, M. Andoyer lui a donné un grand développement; les résultats de la théorie sont calculés jusqu’au cinquième ordre inclusivement par rapport aux paramètres ordinaires et la question, souvent négligée, des inégalités secondaires est traitée de la façon la plus complète.
- L’étude du mouvement de rotation de la Terre et de la Lune sur elles-mêmes forme la matière du livre Y.
- L’Gi>vrage se termine parla théorie des mouvements des 4 anciens satellites de Jupiter, objet du livre VI. C'est un problème d’une grande complexité, mais bien délimité, qui, tomme la théorie de la Lune, offre un haut intérêt. Après en avoir établi les équations complètes et indiqué toutes les données numériques requises pour les mettre en œuvre, l’auteur montre comment on doit diriger leur intégration et amorce les calculs nécessaires d’une façon suffisamment précise pour qu’il soit facile de se rendre compte de toutes les réalités du problème.
- Structure et activité chimiques. Rapports et Discussions du 2° Conseil de chimie de l’Institut International de chimie Solvay, 1 vol. in-8, de XIY —• 672 pages. Gau-thier-Yillars. Editeur. Paris, 1926. Prix : 80 fr. Majoration 20 0/0.
- L’Institut Solvay, fondé par M. E. Solvay, a été transformé, après la mort du célèbre industriel, en une fondation perpétuelle dont l’existence a été assurée par les soins pieux et les dons de Mme E. Solvay et sa famille. Les^statuts de l’Institut prévoientla réunion, de temps à autre, d’un Conseil de chimie, rassemblant des savants éminents de tous pays pour y examiner d’importants problèmes de chimie.
- Les sujets à traiter et les noms de rapporteurs sont choisis par le Comité Scientifique de l’Institut; les rapports sont discutés par le Conseil; ce sont les rapports et discussions du Conseil tenu en 1925 dont le présent volume nous apporte la publication. Pour en mesurer l’importance, il suffira d’indiquer ici la liste des questions étudiées: étalement des fluides sur l’eau et les solides et épaisseur d’une pellicule primaire par sir W.-B. Hardy ; structure cristalline et rayons X — cristaux organiques, par Sir W.-H. Bragg, analyse des structures cristallines par les rayons X — les rapports* avec la constitution chimique, par Bragg fils; structure des matières colloïdales à l’état solide par J. Duclaux ; le mécanisme de la transformation chimique par Thomas, Martin et Lowry;les relations intermédiaires médiates dans les composés organiques par F. Swarts ; influences exercées par les atomes ou groupes d’atomes sur la réactivité des molécules et sur la solidité des liaisons dans les molécules par Tiffeneau et Orekhoff; lumière et réactions chimiques par Jean Perrin-; les réactions intermédiaires de la catalyse par A. Job; théorie des phénomènes catalytiques dans les réactions hétérogènes par M. Eric K.Rideal; la catalyse des surfaces solides par E.-F. Armstrong et de Hiïditch ; l’auto-oxydation et les
- phénomènes catalytiques par! Moureu et Dufraisse; catalyse et oxydation par M. E. Armstrong; l’absorption en relation avec la catalyse et les actions enzy-miques par J. Duclaux ; vues générales sur le rôle de la catalyse dans les réactions enzymiques par H. von Euler.
- Géologie stratigraphique, par Maurice Gignoux, i vol. in-8°, 588 p., 124- fig. et cartes. Masson et Cie, Paris. Prix : 60 francs + 20 pour 100. Prix pour l’étranger : 2,40 dollars = 10 shillings = 12 francs suisses = 17,14 pesetas — 6 florins hollandais.
- Heureux les géologues! Ils disposent de nombreux traités, admirablement faits, qu’envient les étudiants et les chercheurs des sciences voisines, beaucoup moins bien documentés par des œuvres de maitres. Songez que les étudiants de géologie peuvent lire et consulter les grands traités de Lapparent, Suess, Haug, sans compter de Martonne pour les phénomènes actuels, Jacques de Lapparent pour la pétrographie, Boule pour la paléontologie humaine. Il ne leur manque plus, pour posséder l’inventaire complet de leur science, qu’un traité de paléontologie, puisque voici celui de stratigraphie. Ecrit pour des étudiants des licence, il ne se pique pas de documentation complète, mais bien de clarté et de précision. De ce fait, il est un remarquable ouvrage d’enseignement qui dégage les méthodes de la stratigraphie, basées à la fois sur la lithologie et la paléontologie, prend ses principaux exemples dans notre pays que tous peuvent parcourir en quête d’observations sur le terrain, sans négliger les concordances étendues aujourd’hui au monde entier, qui laissent apercevoir les grands traits de l’histoire du globe. Ce plan d’exposition rend l’ouvrage précieux non seulement pour les spécialistes présents et futurs, mais pour tous les amateurs de culture générale.
- La'science des rêves, par S. Freud, traduit par I. Meyer-son. 1 vol. in-80, vi-641 p- Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, éditeur, Paris. Prix ; 5o francs.
- On connaît les idées psychologiques très neuves du professeur de l’Université de Vienne, la doctrine qu’il a créée (psychanalyse), les ardentes passions qu’elle a suscitées. Voici la traduction, remarquablement précise et vivante de son dernier livre dans lequel il applique sa théorie du désir et du refoulement à l’explication du rêve. Il fait d’abord l’histoire des interprétations fort nombreuses déjà proposées, énumère les éléments de ce phénomène si banal et si singulier, examine le rôle de la mémoire, des excitations, des sentiments, les causes d’oubli, les particularités psychologiques du rêve, puis il applique ses procédés d’interprétation à l’étude de ses rêves personnels et de ceux de ses malades. Le rêve lui apparaît un acte psychologique élevé et comjjlexe tendant à la réalisation d’un désir, le plus souvent révélateur d’un instinct puissant ou d’une tendance profonde. Ce désir s’étale librement chez l’enfant que ne gêne encore ni la vie sociale, ni le principe de réalité, puis il est freiné, refoulé, déformé, adapté chez l’adulte, mais il laisse encore aisément transparaître l’inconscient primitif plus ou moins bien déguisé.
- Cette étude des procédés de déguisement, si variés, introduit au cœur de la psychologie individuelle, conduit à la compréhension de la vie primitive dont . témoignent les contes, les mythes, les légendes, dont la poésie est encore un écho.
- Si la psychanalyse de Freud est orientée peut-être trop spécifiquement vers la sphère sexuelle — on le lui a beaucoup reproché — elle est cependant un effort remarquable pour pénétrer au fond de nos pensées et de nos actes, D’autres y ajouteront certainement les motifs cosmologiques, sociaux, que Freud néglige et nous sortiront définitivement de la psychologie classique trop rationnelle et formelle. 'Mais Freud a la gloire d’avoir commencé. Et ce livre est une belle œuvre.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2727
- 10 Juillet 1926
- Ondée ou averse? —Quand devons-nous appelerune pluie une averse ? Quand devons-nous l’appeler une ondée ? La question présente un certain intérêt au moment où divers Instituts, tant français qu’étrangers, cherchent à préciser dans des vocabulaires spéciaux le sens des termes météorologiques.
- Le public ne fait la plupart du temps aucune distinction. Il appelle indifféremment averse ou ondée une pluie qui tombe abondamment vet qui semble ne pas devoir durer.
- La météorologie emploie peu le mot ondée. Elle ne lui réserve pas une place dans la nomenclature des précipitations usuelles dont les quatre formes principales sont, en se bornant à celles qui donnent directement de l’eau : la bruine, la pluie ordinaire, l’averse, et ce que l’on appelle communément la trombe d’eau, le cloud-burst des météorologistes anglais.
- Examinons les choses d’un peu près. Ce qui caractérise l’averse, c’est la soudaineté avec laquelle elle se produit, l’abondance de la chute d’eau, et sa durée relativement courte. Lorsqu’on observe attentivement une averse, on remarque que la violence de la pluie prend très vite son régime normal ; elle se présente comme un front de pluie bien tranché et abrupt. Sa fin est au contraire souvent beaucoup moins nette, et comme diffuse. On y remarque des augmentations et des diminutions passagères d’intensité qui peuvent la transformer en une simple pluie. Si l'on mesure le diamètre des gouttes d’eau, on trouve que les grosses gouttes, d’un diamètre de 3 mm. ou plus, occupent une place considérable dans l’averse, tandis qu’elles sont presque complètement absentes dans la pluie ordinaire. Enfin, s’il existe des averses de quelques minutes seulement de durée, il n’est pas exceptionnel, sous nos climats, d’en noter qui durent une heure ou même davantage. Ces diverses particularités s’expliquent par le mode de formation de l’averse, par le mouvement ascendant qui s’établit dans le nuage, et qui occupe une assez grande étendue. Ajoutons encore que l’averse est un phénomène qui, bien que local, peut recouvrir, à un moment donné, des espaces considérables, certainement plusieurs dizaines et peut-être plusieurs centaines d’hectares.
- On observe parfois une pluie d’un genre différent. Comme l’averse, elle débute subitement, donne de grosses gouttes, mais elle ne dure que quelques minutes, 5 ou io minutes au plus, se termine avec la même soudaineté qu’elle a commencé, et se trouve localisée au même instant, dans un espace tout à fait restreint. On l’observe, en certains cas, isolée au cours d’une journée qui, à part ce léger accident, est une journée de beau temps. Si l’on peut suivre d’un point dominant et éloigné le passage de cette précipitation, on voit que le nuage d’où elle tombe présente sous sa base une sorte de bande de pluie de faible largeur dont les bords sont parallèles et très nettement dessinés. Ce n’est plus ici, sans doute, le mouvement ascendant de l’air qui occasionne la pluie, c’est plutôt l’arrêt subit de ce mouvement et la chute immédiate sur le sol de toute l’eau contenue dans cette sorte de colonne de pluie. La pluie ainsi définie est Fondée. L’ondée dériverait donc plutôt de la trombe d’eau que de l’averse, par son mode de formation; elle serait une trombe d’eau d’une intensité excessivement atténuée.
- En résumé, l’averse est une pluie qui débute avec rapidité, tombe avec une intensité assez grande (o,3 à o 4 mm. au moins par minute) et peut durer une heure ou davantage.
- L’ondée, avee une intensité du même ordre, est une pluie de très faible étendue, dont le début et la fin sont aussi nets l’un que l’autre et dont la durée ne dépasse l'as quelques minutes, 5 ou io minutes au plus.
- Retenons donc avant tout ceci que l’ondée est un phénomène plus bref et plus caractérisé que l'averse. On trouve dans le dictionnaire de Littré cette explication : ondée, grosse pluie subite et passagère. Cette simple définition jointe aux quelques précisions que nous avons données permettra pour les besoins usuels du langage de distinguer l’averse de Fondée, et d’employer aussi correctement que les circonstances le permettront les deux mots en question. A. Baldit.
- Le record du vol en ligne droite en avion. — Ce
- record vient d’être battu, dans un raid magnifique, par le capitaine et l’adjudant Arrachard. Partis du Bourget, le 26 juin, à 5 h. 5, ils n’ont atterri que le lendemain après 26 h. 3o de vol, à Bassorah, couvrant en ligne droite 4'^5o km. Le précédent record, conquis l’an dernier par le capitaine Arrachart et Lemaître, sur le parcours d’Etampes à Yilla-Cisneros n’était que de 31<36 km. La vitesse moyenne au cours du -vol Paris-Bassorah a été de 160 km à l’heure. Voici quelques renseignements sur l’appareil qui a permis aux deux pilotes d’accomplir leur exploit; c’est un avion Potez de 10 m. de long, 17 m. d’envergure, 63 m1-1 de surface portante. Son poids au départ était de 5ooo kg, y compris 36oo litres d’essence et 180 litres d’huile. II. était muni d’une double commande permettant aux pilotes de se relayer. Le moteur est un Renault 55o chevaux à 18 cylindres en V de 134 mm d’alésage, 180 mm de course. Il commande l’hélice par l’intermédiaire d’un démultiplicateur.
- Les camions à gazogènes. — Devant le Comité Scientifique du Pétrole, réuni sous la présidence de M. ,f.-L. Breton, MM. Kœnigs, président du Jury, et Auclair, rapporteur général, ont fait un commentaire détaillé des résultats, sur route et au banc, du concours général franco-belge de véhicules à gazogènes, de iga5. 11 en résulte que des progrès considérables ont été constatés par rapport aux précédents concours. Si la capacité de transport se trouve en moyenne réduite de i5 à 20 pour 100, les problèmes techniques que posait l’emploi des véhicules à gazogènes paraissent d’ores et déjà résolus. Les systèmes d’épuration adoptés ne laissent plus d’impuretés décelables. La pression moyenne indiquée et la consommation spécifique se rapprochent sensiblement de celles des bons moteurs fixes. Ces résultats, obtenus avec un taux de compression de 7, ne paraissent pas susceptibles d’améliorations nouvelles considérables.
- Dans l’ensemble, les véhicules à gazogènes constituent dès à présent un engin justifiant l’expérimentation industrielle.
- Au Concours de 1925, les 11 camions participants ont accompli chacun plus de 2.100 kilomètres. Le total des kilomètres-voiturçs contrôlés pendant ce concours et le précédent a atteint 34 000 kilomètres. Il ne s’est pas produit, en 1925, plus d’un accident entraînant l’immobilisation temporaire d’un véhicule par 8.000 kilomètres-voitures. Dans les quatre cinquièmes des cas, la mise en route à l’allumage au matin a pu s’effectuer en moins de 10 minutes.
- Le problème qui se pose désormais est donc d’ordre économique. Il consiste à organiser, suivant les nécessités et possibilités régionales, la production d’un combustible convenable, suffisamment homogène et d’un prix de revient tel qu’il puisse, toutes choses égales d’ailleurs, concurrencer l’essence. Il s’agit, par suite, de résoudre un ensemble de questions nouvelles touchant la production massive du charbon de bois, et notamment l’abatage en forêt, les question de main-d’œuvre et d’outillage qu’il pose, la distillation du bois, la recherche des qualités physiques et chimiques indispensables du combustible.
- Ces problèmes, de même que celui de la formation de mécaniciens spécialisés pour les véhicules, appellent des solutions susceptibles d’une certaine variété. L’Office national des Combustibles liquides a donc décidé, d’accord avec l’Office des Inventions et les services intéressés des Ministères de la Guerre et des Colonies, d’en entreprendre l’étude à la fois dans la métropole et dans chacune de nos grandes possessions d’outre-mer.
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- La récupération des matières grasses. — Les matières grasses, surtout celles d’origine animale, ont une grande valeur. Même les produits de qualité inférieure peuvent, grâce à l’hydrogénation, être transformés en produits de valeur. On s’explique donc aisément qu’aujourd’hui l’on s’efforce de ne laisser perdre que le moins possible de ces précieuses substances ; on s’attache à les récupérer partout où on le peut. Cette tendance a transformé profondément nombre de petits
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- INFORMATIONS
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- métiers et d’industries insalubres qui y ont trouvé à la fois un utile profit et une amélioration de l’hygiène pour leurs travailleurs et leurs voisins.
- Dans une fort intéressante conférence à la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale, M. Ch. Daboust a passé en revue ces progrès.
- Yoici d’abord des cas où la récupération, quoique profitable, n’est encore pratiquée qu’exceptionnellement.
- Dans les grands restaurants, on emploie parfois des machines à laver la vaiselle, dans lesquelles l’eau, maintenue très chaude, n’est changée qu’une fois par jour. Chaque matin, après refroidissement, on recueille la graisse figée qui s’est rassemblée au-dessus de l’eau. Il suffit d’une légère épuration pour en tirer une graisse avec laquelle on fabrique des savons excellents. Espérons que jamais restaurateur n’aura la tentation de la faire resservir à des usages culinaires.
- Les jaunes d’œufs traités en vue de l’extraction de la lécithine fournissent avant ce traitement une graisse très fine. Les balles de cacao, les grignons d’olives, les déchets de poissons provenant des fabriques de conserves, de sardines notamment, traités par des dissolvants appropriés, essence de pétrole ou sulfure de carbone, peuvent fournir aussi des graisses ou des huiles estimées.
- Mais il est des industries pour lesquelles la récupération des graisses est aujourd’hui une opération fondamentale. Ce sont surtout les industries qui traitent les débris animaux de tous genres.
- M. Daboust cite, tout d’abord, la graisse d’os. Selon leur état de fraîcheur et de conservation, les os renferment 7 à 18 pour ioo de graisse ou suif. Dans les appareils modernes à dégraisser les os, ceux-ci, aussi parfaitement desséchés que possible dans l’air sec et tiède, sont traités par la vapeur de benzine. L’opération fournit un liquide qui, soumis à la distillation, donne le suif. La benzine est récupérée. Le suif obtenu est un peu coloré, mais les os, nullement altérés, ne retiennent guère plus de o,5 pour ioo de graisse après le traitement. Les os de cheval sont traités à part et fournissent une huile noirâtre, moins estimée que le suif d’os et qui sert surtout au graissage.
- L’industrie de la colle de peau donne lieu de même à une récupération de graisse. La mégisserie, avant tannage, fournit des débris de peaux dont on fait un bouillon pour en tirer, après écumage, du suif de bonne qualité. Le reste du bouillon fournit de la gélatine. Pour que celle-ci puisse être utilisée à la fabrication des plaques photographiques, elle doit être parfaitement dégraissée; à cet eiîet le bouillon, après écumage, est dégraissé à chaud par un barbotage d’essence.
- Les chiffons d’essuyage des machines font aujourd’hui l’objet d’une industrie de récupération assez importante. Après usage, les chiffons sont surtout imprégnés de graisse et d’huiles minérales ; on les extrait au moyen d’essence minérale, l’opération s’effectue en vase clos et le dissolvant est récupéré. Les matières grasses sont filtrées, épurées, rectifiées. Une petite fraction seulement peut servir à nouveau au graissage.
- L’industrie de Véquarrissage, avec ses procédés modernes, donne lieu également à d’importantes récu-péi’ations de graisses. On sait comment cette industrie a transformé ses procédés; aujourd’hui tout le cadavre de l’animal est utilisé, après' dépouille ; on en fait une sorte de gigantesque bouillon dans des autoclaves tournants, le liquide est décanté et l’on en retire les graisses d’une part, la gélatine de l’autre. Quant à la viande, elle est desséchée et mise en poudre qui sert, suivant sa qualité, soit comme nourriture de volailles, soit comme engrais. Les os broyés donnent un excellent engrais phosphaté .
- Le dessuintage des laines fournit une graisse très appréciée pour divers usages industriels : lasuintine. Le suint, dont sont imprégnées toutes les toisons, est un savon naturel formé par un acide gras, la suintine et la potasse. Toute laine, avant de passer à la filature, doit être dessùintée. M. Duhamel a imaginé un appareil dans lequel s’effectuent à la fois le dessuintage et l’opération qui le suit : le lavage au savon. Dans cet appareil toutes, les matières utilisables du suint sont récupérées d’une façon très économique. On obtient une suintine très propi-e, exempte d’acide, qui peut être employée telle quelle à la « nourriture des peaux », ou qui encore peut servir de matière première pour l’extraction de la lanoline ; cette dernière substance est employée comme
- onguent, comme pâte de toilette, ou comme imperméabilisant de tissus.
- Dernier exemple de récupération, la graisse de peaux : les peaux de moutons tannées retiennent plus de graisse que les peaux tannées des autres animaux, Cet excédent de graisse forme sur le cuir des taches qui le déprécient et cause des accidents de fabrication à la teinture, ou lors de la préparation du cuir verni. On dégraisse donc ces peaux^; l’opération se fait en vase clos au moyen de dissolvants sur les cuirs parfaitement secs.
- La production du caoutchouc aux Indes Néerlandaises. — Tout le monde sait le grand développement pris par la culture des arbres à caoutchouc aux Indes Néerlandaises. Une étude récente de l’Amsterdamsche Bank est consacrée à l’histoire et à la statistique de cette production. Il y a dans ces colonies hollandaises 836 plantations européennes d’arbres à caoutchouc, couvrant 2 0i5 ig5 bouws (i bouw — 7096 m2) en partie plantés.
- Mais ce qui est curieux à noter, c’est que dans ces colonies, les indigènes se sont mis à planter beaucoup d’hévéas, ils en font une culture extensive, saignent sans ménagement ; ils ont assez de terrains libres pour planter un peu plus loin lorsque leurs arbres seront détruits. Le caoutchouc des indigènes, très impur, est traité à Singapour, il donne l’« amber blanket » avidement recherché par les fabricants américains de bandages.
- La production totale des Indes Néerlandaises a été en :
- 19*9- • 79.000 tonnes O O O d 0 HD indigènes.
- ï9‘il 68.000 — 6.000 —
- 1922. . 89.000 — — 17.000 —
- 1923. . n8.000 •— — 36.ooo —
- i924- • 146.000 — — 56.ooo —-
- 1925. . 169.000 — — 73.000 —
- Ainsi ces pays se classent au second rang de la pro
- duction, le premier étant occupé par la Malaisie.
- L’application du plan Stevenson pour la restriction de laç production britannique a favorisé l’extension des cultures dans les Indes Néerlandaises, remarque M. Payen dans Y Economiste français. L. R.
- Pour arrêter les fermentations. — M. Boulard vient de présenter à l’Académie d’Agriculture un nouveau procédé permettant d’arrêter les fermentations à un moment quelconque.
- On sait que jusqu’ici on employait exclusivement la stérilisation par la chaleur, la filtration sur bougie de porcelaine ou l’addition d’antiseptiques.
- En ce qui concerne les boissons fermentées, notamment les vins et les cidres, la chaleur et les antiseptiques sont inadmissibles et la filtration n’est pas assez rapide pour être pratiquement employée.
- M. Boulard propose un autre moyen qui consiste à arrêter la fermentation et à tuer les levures en chauffant à une température de quelques degrés supérieure à leur limite de résistance, soit environ 45°, Après quoi, on réensemence avec des levures de même nature, on laisse partir la fermentation qu’on arrête à nouveau par le même moyen. Après trois opérations de ce genre, le liquide est devenu. infermentescible et se conserve parfaitement.
- On obtient ainsi des cidres stables, de goût agréable et non modifié, transportables sans, difficultés, et qui restent parfaitement clairs, par suite de l’espèce d’encollage qu’opèrent les levures mortes en se déposant.
- Il y a là une ressource nouvelle pour le commerce des liquides altérables, tels que les boissons fermentées à faible teneur d’alcool.
- Nouvelles de T. S. T. «r*
- lin Congrès espérantiste en 1926. — Le 8e Congrès international d’Espéranto sera tenu à Edimburg du 3i juillet au 7 août 1926.
- On se rappelle que le Congrès international d’amateurs de T. S. F. tenu à Paris en avril 1925, a pris la résolution d’adopter l’Espéranto comme langue internationale de T. S, F. Au cours de ce Congrès espérantiste seront donc discutés les rapports de l’Espéranto et de la T. S. F.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- LA VOITURETTE AUTOMOBILE MODERNE ET SES ACCESSOIRES
- I. — Les conditions économiques et sociales
- L’intérêt de ces articles. — Nous commençons aujourd’hui dans La Nature le début d’une série d’articles consacrés à la voiturette automobile moderne, c’est-à-dire à la voiture légère de 5 à io ch de puissance nominale, qui a pris, depuis peu d’années, une si rapide extension en France; puis nous donnerons également quelques détails sur les accessoires modernes qui constituent le complément indispensable de la voiturette.
- Les perfectionnements de la technique automobile ont permis, en effet, de réaliser les types d’automobiles de faible cylindrée, mais dont le service effectif correspond à celui obtenu avant la guerre au moyen d’automobiles de moyenne et même de forte puissance.
- Presque toutes ces voiturettes sont destinées à être conduites par leurs propriétaires (souvent féminins!) et les constructeurs ont fait tous leurs efforts pour réduire au minimum les difficultés d’entretien et de réparation.
- Il paraît intéressant de renseigner le public sur les différents modèles de voitures à faible puissance actuellement construites, afin de lui permettre de réaliser un choix rationnel; il paraît non moins utile d’exposer les précautions spéciales qu’il convient d’observer pour conduire ces véhicules, les préserver de l’usure et des accidents, et réduire, par conséquent, les frais d’entretien et de réparations de toutes sortes.
- D’un autre côté, un nombre relativement élevé d’accessoires a été imaginé dans le but de diminuer le travail manuel d’entretien et de réparation, ou d’augmenter le confort de la carrosserie.
- Etant donné le grand nombre de ces appareils, une étude devient également nécessaire afin de discerner quels sont les éléments indispensables, ou simplement utiles.
- Nous décrirons donc dans nos articles la plupart de ces accessoires, et nous indiquerons leurs avantages et leurs caractéristiques.
- L’accroissement du nombre des automobiles dans le monde. Un peu de statistique. — D’après le « Département du Commerce » américain le nombre total des véhicules à moteur en circulation dans le monde entier au ior janvier 1925 était de 22 769 000; il était au ier janvier
- du développement de la voiturette en France.
- 1924 de 19 187000, et au icr janvier 1923 de i5 5o6ooo.
- En deux ans, l’augmentation a donc atteint 7 millions de véhicules, soit plus de 45 pour cent.
- Au ior janvier 1925, on comptait 18 615 000 voitures, 2 892000 camions et 1 262000 motocyclettes. Un an auparavant, les chiffres correspondants étaient respectivement de i5 millions 763000 voitures, 2 345 000 camions et 1 077000 motocyclettes.
- Les Etats-Unis conservent de très loin la première place; en effet, sur le nombre total des automobiles circulant dans le monde, 82,5 pour cent circulent aux Etats-Unis (voitures de tourisme 84 pour cent, camions 74 pour cent, motocyclettes 11 pour cent), tandis que le nombre d’automobiles circulant aux Etats-Unis seuls s’est accru de 2 2.47 000.
- Immédiatement après les Etats-Unis, les pays qui ont en 1924 augmenté le plus leur circulation automobile sont la Grande-Bretagne et la France, où l’accroissement dépasse 100000. Yiennent ensuite : l’Australie, l'Allemagne, le Canada, l’Argentine, l’Italie, la Suède et la Nouvelle-Zélande. Mais, d’une façon générale, sur presque tous les marchés, un accroissement très sensible s’est produit.
- Les différentes nations européennes sont d’ailleurs classées de la façon suivante à la même époque en fonction du nombre de leurs automobiles ;
- Grande-Bretagne, France, Allemagne, Belgique, Italie, Suède, Hollande, Tchéco-Slovaquie, Pologne.
- La répartition des automobiles en France. — Au
- 3i décembre 1924, le nombre des véhicules automobiles s’élevait en France à 574g36 voitures qui se divisaient comme suit : 352 458 voitures de tourisme, 200895 camions, 18890 voitures de transport et location, 2693 au» tobus et camions de transport public.
- Ces chiffres sont fort intéressants non seulement à cause du rang honorable qu’ils assignent sous ce rapport à la France parmi les nations européennes, mais encore parce qu’ils démontrent l’accroissement très satisfaisant du nombre des automobiles en 1924.
- Mais il est non moins intéressant de connaître la répar* tition de ces automobiles, c’est-à-dire le nombre d’auto-
- P 0 ïk * Départements Nombre d’automobiles m o C « îi e Nombre d’habitants pour une automobile | N° d’ordre Départements Nombre d’automobiles Nombre d’habitants. 1 Nombre d'habitants 1 pour une automobile 1 N° d’ordre Departements : Nombre | d’automobiles <9 O +£ £ S Nombre d habitants " pour une automobile
- 1 Alpes-Maritimes 15.018 557.759 23 28 Gironde 11.937 918.404 68 60 Gers 2.124 194.406 91
- 9 Aisne 11.476 421.515 36 32 Doubs 4.025 284.897 70 61 Isère 5.593 525.522 95
- 3 Seine 112.883 4.411.691 39 32 Nord 25.320 1.787.918 70 62 Ille-et-Vilaine 5.769 558.574 96
- 5 Marne 9.554 566.754 59 32 Tarn 4.185 295.588 70 65 Manche 4.266 425.512 99
- 5 Eure 7.579 503.159 41 35 Hérault 6.808 488.215 71 64 Haut-Rhin 4.295 445.584 103
- 6 Meuse 4.635 207,309 44 36 Côte-d’Or 4.295 511.171 72 64 Loire-Inférieure 6.265 650.609 103
- 6 Seine-et-Marne 7.882 549.234 44 36 Allier ' 4.794 348.505 72 66 Loire 6.116 637.130 104
- 8 Oise 8.094 587.760 47 58 Indre 5.452 260.535 75 66 Haute-Vienne 5.559 350.235 104
- 9 Calvados 7.721 584.086 49 39 Charente 4,122 516.279 76 68 Landes t 2,512 267.957 J 06
- 10 Eure-et-Loir 4.955 251.255 50 39 Mayenne 5.445 262.447 76 69 Puy-de-Dôme 4,525 490.560 108
- 11 Somme 8.789 452.624 51 39 Nièvre 5.541 270.148 76 70 Pyrénées-Orient. 1.949 217.503 111
- 11 Vaucluse 4.234 219.602 51 42 Haute-Garonne 5.499 424.582 77 71 Dordogne 5.440 396.742 115
- 13 Aube 4.278 227.839 53 42 Haute-Marne 2.567 198.865 77 72 Vendée 3.313 397.292 119
- 14 Rhône 17.343 956.566 55 44 Pas-de-Calais 12.542 989.967 78 73 Creuse 1.830 228.344 124
- 45 Seirie-et-Oise 16.537 921.673 56 45 Cher 5.828 504.800 79 74 Hautes-Pyrénées 1.447 185.760 128
- 16 Indre-et-Loire 5.724 527.745 57 45 Var 4 061 322.945 79 75 Savoie 1.666 225.054 135
- 16 Orne 4.759 274.814 57 45 Vosges 4.813 383.720 79 75 Corrèze 2.016 273.484 155
- 16 Yonne 4.789 275.118 57 45 Vienne 3.847 506.248 79 77 Ardèche 2.159 294.308 136
- 19 Seine-Inférieure 14.996 880.671 58 49 Ain 3.799 315.757 80 77 Ariége 1.270 172.851 136
- 20 Loir-et-Cher 4.058 251.528 61 49 Meurthe-et-Mos. 5.245 503.810 80 79 Bas-Rhin 4.574 639.762 159
- 21 Ardennes 4.445 277.811 62 51 Tarn-et-Garonne 1.955 159.559 81 79 Lot 1.264 176.889 139
- 22 Drôme 4.122 263.509 65 52 Aude 5.495 287.052 82 81 Hautes-Alpes 632 89.275 141
- 22 Loiret 5.301 537.224 65 53 Deux-Sèvres 5.829 510.060 85 82 Côtes-du-Nord 5.891 557.824 143
- 22 Haute-Saône 5.574 228.348 65 54 Jura 2.714 229.062 84 83 llaute-Loire 1.765 268.910 152
- 25 Bouch.-du-Rhône 12.888 841.916 65 55 Gard 4.654 596.169 85 84 Aveyron 2.055 552.940 162
- 25 Charente-Infér. 6.409 418.310 65 56 Saône-et-Loire 6.404 554.816 86 85 Moselle 5.587 589.120 164
- 27 Lot-et-Garonne 5.612 259.982 66 57 Haute- Savoie 2.651 235.668 88 86 Finistère 4.505 762.514 169
- 28 Maine-et-Loire 6.947 474.786 68 57 Basscs-A Ipes 1.034 91.882 88 87 Morbihan 2.822 546.017 193
- 28 Sarthe 5,707 389,255 08 59 Cantal 2.208 199.402 90 88 Lozère 372 108.822 292
- 28 Basses-Pyrénées 5.862 402.981 68
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- SCIENCE APPLIQUEE
- mobiles par département et le nombre d’habitants par automobile dans chacun de ces départements ; cette statistique est donnée par le tableau ci-dessus.
- On peut constater, par la lecture de ce tableau, que les départements les plus prospères sont, en général, aussi ceux où la circulation automobile est la plus intense.
- On ne peut soutenir, comme le dit fort justement la Revue D. A. S., que l’intensité de la circulation soit une condition suffisante de la prospérité d’une région, étant donnée la multiplicité des facteurs qui interviennent pour réaliser ce résultat, mais du moins, notons, dès à présent qu’en favorisant le tourisme et la circulation, l'automobile contribue au développement économique d’un pays.
- Ce que montrent les statistiques. — En somme, d’aprè? les statistiques que nous venons d’énumérer, on peut discerner trois faits essentiels.
- i* Le nombre des automobiles s’est accru très rapidement durant ces dernières années.
- 2° Le nombre des automobiles est cause et surtout fonction de la prospérité des diverses régions.
- 3° Les Etats-Unis conservent encore sur les pays européens une écrasante supériorité.
- Il est tout d’abord évident que les conditions générales de la vie moderne, avec son rythme dé plus en plus fiévreux, ses luttes commerciales de plus en plus vives, imposent à tout commerçant ou hommes d’affaires la nécessité d’utiliser un mode de transport rapide.
- D’autre part tout français moyen a, beaucoup plus qu’avant guerre, le goût des voyages et le désir de fuir très souvent, pour quelques heures ou quelques jours, tous les soucis de sa vie si agitée, pour rouler loin de la ville sur une belle route de France, belle, sinon par le bon état de sa chaussée trop souvent disparu au rang des souvenirs d’avant-guerre, du moins par la douceur des paysages qui l’environnent.
- Par suite du changement des conditions économiques, la traction hippomobile devient d’ailleurs de plus en plus rare, et le paysan lui-même recourt très volontiers aux bienfaits du transport automobile. L’automobile a, en effet, sur le cheval, entre autres avantages, celui de n’exiger qu’une nourriture proportionnelle au travail effectué, alors qu’un cheval exige des soins journaliers assez coûteux, alors même qu’il ne travaille pas.
- On pourrait résumer d’ailleurs, dans une phrase très courte, la raison essentielle du développement récent de l’automobile en Europe : a Les peuples européens commencent à comprendre que l'automobile n’est pas un objet de luxe. » Cette remarque, les Américains l avaient faite il y a bien longtemps.
- L’automobile n’est pas un objet de luxe. — Les
- Américains avaient compris dès le début que, pour tirer de la locomotion automobile tous les avantages qu’elle pouvait fournir, il fallait essentiellement vulgariser cette nouvelle invention dans la grande masse des travailleurs de toutes sortes ; et par travailleurs il faut entendre tous ceux qui exercent un métier quelconque, manuel ou intellectuel.
- Les Américains travaillèrent donc les premiers à élaborer un programme qui tendait uniquement à la réalisation d’un véhicule populaire de prix modique, accessible au budget de chaque famille.
- Ce fut, d’autre part, l’intelligente mentalité du Gouvernement qui aida beaucoup au succès de ce programme.
- Le gouvernement américain considéra, en effet, lui aussi, l’automobile comme un bien-être de première nécessité et un instrument de travail, il comprit donc qu’il valait mieux imposer peu un grand nombre de véhicules, plutôt que de rançonner par des taxes trop fortes un petit nombre d’automobilistes.
- La méthode adoptée par les constructeurs américains pour arriver à obtenir des types de voitures à des prix modiques est la standardisation. Il y a aujourd’hui plus de 160 constructeurs aux Etats-Unis, mais chacun d’eux construit en général un seul type d’automobile, et la plupart des usines font simplement du montage, elles achètent chaque organe à une usine encore plus spécialisée, et cette dernière est, d’ailleurs, généralement la propriété du consortium des usines d’automobiles qu’elle fournit.
- Une usine américaine bien connue livre actuellement plus de 8 ooo moteurs par jour et chacune de ses voitures vaut, neuve. 38o dollars, payables par mensualités !
- Le développement prodigieux de l’automobile aux Etats-Unis est donc dû à la standardisation et à l’intel-igen te politique du gouvernement.
- Un spécialiste français connu, M. Baudry de Saunier, affirmait, dans un article très documenté, qu’il manquait en France environ 5 400 ooo automobiles pour que la proportion d’automobiles par habitant soit égale à celle des Etats-Unis.
- Il n’est pas vraisemblable, et peut-être même peu désirable que cet accroissement énorme soit obtenu. Celui qui a pu être constaté jusqu’à présent a été réalisé grâce aux efforts des constructeurs français qui ont su établir des types de voiturettes adaptés aux conditions économiques et aux goûts de la clientèle; souhaitons seulement que l’Etat français prenne une connaissance plus exacte à la fois des intérêts du fisc et de ceux de la prospérité du pays. L. Picard.
- r> Objets utiles ^
- Appareil anti-vol de bagages. — Voici un dispositif ingénieux qui évitera le vol des bagages dans les compartiments de che -mins de fer, pendant que le possesseur se trouve, par exemple, au wagon restaurant.
- C’est une chaîne robuste qui comporte à l’extrémité un crochet qu’on fait rentrer dans la valise, la malle ou la mallette et on ferme ensuite à clé. La chaîne est enroulée autour du support de bagages en enfilant le crochet par l’anneau; on peut également passer la chaîne dans la manche d’un vêtement pour éviter également sa disparition.
- Cette chaîne est, d’ailleurs, applicable aux bagages aussi bien dans les trains, les salles d’attente ou à l’hôtel, et également pour une automobile ou une motocyclette. On peut fixer la chaîne partout où se trouve un support fixe autour duquel il est possible de la placer. — Etablissements Someca, 72, avenue desYosges, Strasbourg (Bas-Rhin).
- Rechaud électrique à bougies. — Ce modèle de réchaud offre la particularité d’avoir des résistances chauffantes noyées dans des cylindres de stéatite, qui constituent des bougies disposées parallèlement au centre du réchaud. Le dessus est perforé de sorte qu’on voit les bougies incandescentes et que la chaleur se communique mieux au récipient placé sur le réchaud.
- Un dispositif de trois fiches de prise de courant et un cordon à trois fils permettent de régler le réchaud à trois allures : soit le chauffage fort, avec une consommation de 600 watts, soit le chauffage moyen, consommation 3oo watts, soit le chauffage réduit à 15o watts qui permet au réchaud de jouer alors le rôle de dessous de plat chauffant. Son as- • pect est, en effet, fort décoratif, le tour du réchaud est nickelé- il I- — Réchaud électrique à bougies.
- peut comporter
- soit une poignée unique, soit deux oreilles à poignée.
- Les bougies sont facilement remplaçables en cas de détérioration, de sorte qu’il en résulte une dépense minime lorsque cette opération est nécessaire. Elles ont, de plus, l’avantage de pouvoir résister énergiquement au contact des liquides froids ou chauds, quel que soit leur état d’incandescence. C’est un appareil intéressant et de bel aspect, dont l’efficacité est remarquable.
- Etablissements Someca, 72, avenue des Vosges, Strasbourg (Bas-Rhin).
- Fig. 1.—Appareil anti-vol de bagages.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : CONSOUDE OFFICINALE
- Souvent désignée sous le nom de Grande Consoude, la Consoude officinale [Sympkitum officinale. L.), Borra-ginées, a encore pour principaux synonymes : Langue ou Oreille de Yache, Herbe à la coupure, Herbe aux charpentiers, etc. Elle tire son nom du mot latin « consolidai », affermir, consolider.
- Habitat. — Elle est commune dans les terrains humides : friches, prairies, bords des ruisseaux, etc. Répandue dans le Nord et le Centre, elle est rare dans le Midi.
- Description sommaire. — Plante vivace, haute de o m. 3o à o m. 60, atteignant parfois un mètre. Tige rameuse, forte, quadrangulaire, hérissée de poils.Feuilles larges, les inférieures alternes, ovales, les supérieures souvent opposées, sessiles, lancéolées. Fleurs (mai-juin) d’un blanc jaunâtre, parfois roses ou violettes, en cloche, formant par leur réunion une grappe recourbée, à fleurs pendantes toutes du même côté. Racines épaisses, fibreuses, allongées, noires en dehors, blanches en dedans de la grosseur du doigt, longues de o m. 20 à o m. 3o, renfermant un mucilage douceâtre, visqueux, abondant. Fruits formés de quatre akènes distincts et rugueux.
- Culture. — Le sol doit être léger, riche en humus, très frais, quelque peu ombragé et bien préparé par un labeur profond en automne ou en hiver.
- Multiplication. — Elle est facile par éclats de pieds, racines ou surgeons, plus rarement par semis de graines, car la plante en donne peu. La plantation des éclats de pieds se fait en février-mars, enlignes distantes de om. 60 à o m. 70, en laissant un espacement de o m. 5o sur la ligne. Le semis des graines s’effectue enterre meuble et, quand elles sont bien mûres, elles lèvent et prospèrent sans difficulté. Les soins culturaux consistent en binages et sarclages, puis, en hiver, en une fumure avec du fumier enfoui à la bêche. Dans le Jardin familial, la place de la Consoude est dans la partie la plus fraîche.
- Récolte. Séchage. Rendement. — La partie de la plante qu’il importe de récolter est surtout la racine que l’on arrache à l’automne. On la nettoie aussitôt complètement ou bien on la racle et on la coupe en rondelles de deux centimètres que l’on met sécher au soleil ; on fend en
- deux les grosses racines. La partie coupée jaunit, puis brunit par la dessiccation. Les feuilles se récoltent après leur complet développement, les fleurs en mai-juin et sont séchées à l’ombre.
- On a trouvé que 10 kilos de racines fraîches récoltées en juin peuvent donner 2 kg 355 de racines sèches, et, récoltées en novembre, 3 kg 200 (A. R. et D. B.)
- Composition chimique. — La racine contient un mucilage abondant, du tannin, un peu d’huile essentielle, beaucoup d’hydrates de carbone et de l’allantoïne (o gr.. 06 à o gr. 08 p. 100, d’après MM. Thiterley et Coppin).
- Propriétés thérapeutiques. — Les anciens avaient la plus haute idée des vertus de cette plante qu’ils vantaient pour consolider les fractures, cicatriser les blessures et arrêter les hémoptysies par son astringence. D’après MM. Thompson, Macalister et Bramwell, « la consoude doit ses propriétés cicatrisantes à l’allantoïne qui favorise la croissance de nouveaux tissus à la surface irritée et congestionnée de l’ulcère gastrique».
- Elle est employée comme adoucissante et béchique ; en outre, le Dr H. Leclerc, qui en a fait une sérieuse étude, dit que sa pulpe fraîche et son infusion concentrée lui ont rendu service dans le traitement des brûlures et des crevasses du mamelon, et qu’elles lui ont réussi, à l’intérieur, dans l’entérite des tuberculeux.
- Préparations pharmaceutiques . — Il n’y en a guère que trois : l’infusion 20 p. 1000, la décoction 60 p. 1000 et le sirop 5o à 100 gr. D’après le docteur précité, l’infusion concentrée (2 heures de contact) à 100 ou même 200 pour 1000 est la seule préparation efficace. Il faut éviter, comme pour tous les végétaux contenant du tannin, de se servir d’un récipient en fer qui communiquerait à la préparation une saveur et une couleur d’encre.
- Observations commerciales. — La culture de la consoude a été recommandée. La vente de ses racines sèches coupées est bonne. L’herboristerie les a d’abord payées o fr. 60 à 0 fr. 90 le kilo, puis 2 fr. et 2 fr. 20. La vente des feuilles, qui est faible, a varié de o fr. 40 à 0 fr. 5o pour monter jusqu’à 1 fr. le kilo.
- COQUELICOT
- Le Coquelicot (Papaver Rhœas), Papavéracées, porte plusieurs noms : Pavot-Coquelicot, Pavot des champs, Ponceau, Gaougalin, Raoulé, etc.
- Habitat. — Cette élégante plante est très répandue dans les moissons où brillent ses belles fleurs écarlates. Elle y est, malheureusement, d’autant plus abondante que le terrain est calcaire, et elle s’y propage rapidement à cause de la grande quantité de ses graines pourvues d’une longue conservation. Elle appartient aux « mauvaises herbes » qui pullulent dans les champs cultivés, mais on la l’encontre aussi sur les remblais des chemins de fer.
- Description sommaire.— Plante annuelle à tige droite, rameuse, hérissée de poils, mesurant trente à soixante centimètres de hauteur. Feuilles alternes, à lobes aigus, à dents terminées par une soie. Fleurs (mai à juillet) grandes, terminales, d’un rouge plus ou moins foncé, tachées de noir à la base de leurs pétales et portées sur de longs pédoncules. Fruit (capsule), ovale ou subglobuleux, très glabre, Graines réniformes, très nombreuses. Toute la plante exhale une odeur vireuse, désagréable; elle peut laisser suinter un suc blanc, laiteux, âcre et narcotique.
- Culture. — Elle ne présente aucune difficulté, car presque tous les terrains conviennent à cette plante ; elle préfère, cependant, les sols légers, argilo-calcaires et secs.
- Dans certaines régions, on cultive en grand le coquelicot pour la pharmacie, mais comme la cueillette de ses fleurs demande une abondante main-d’œuvre, il est prudent de n’entreprendre cette culture que là où l’on peut la trouver suffisante et, relativement, à bon marché.
- Multiplication. — Elle a lieu par semis à la volée, au printemps dans le Nord ou à l’automne dans le Midi.
- Comme les graines sont très fines, on les mélange auparavant avec vingt fois leur poids de sable sec. Il suffit d’en avoir quelques pieds dans le Jardin familial, car ils se reproduiront d’eux-mêmes très facilement.
- Récolte, séchage et rendement. — La récolte des pétales se poursuit pendant toute la floraison, c’est-à-dire à mesure qu’ils s’épanouissent. Leur séchage très délicat exige beaucoup de soin et doit être mené rapidement, afin qu’ils ne noircissent ni ne se décolorent. On les étend en couche très mince, sans les froisser, sur des claies recouvertes d’une toile, qu’on place dans un grenier bien aéré et chaud. On les remue pourtant de temps à autre pour empêcher leur agglomération. Lorsque le temps est humide, il faut activer la dessiccation par la chaleur artificielle modérée, en plaçant les fleurs au-dessus d’un four. Leur couleur rouge vif doit passer au rouge foncé ou lie de vin.
- Le rendement moyen de 10 kilos de pétales frais est de 840 grammes de pétales secs.
- Conservation. — La dessiccation terminée, on crible les fleurs pour en séparer les étamines et les œufs d’insectes, puis on les renferme encore toutes chaudes dans des sacs où on les tasse fortement, et l’on conserve ces derniers dans un endroit sec et à l’abri de la lumière.
- Composition chimique. — Les pétales contiennent : albumine, gomme, amidon, résine, rhœadinine, acides rhœadinique et erratique. La rhœadinine est de nature alcaloïdique et les acides rhœadinique et erratique sont combinés à la chaux ; ce sont ces acides qui donneraient aux pétales leur couleur rouge (Dr A. Hénaud). Le chimiste Hesse a trouvé dans toutes les parties de la plante un alcaloïde qu’il a appelé « rhœadine » différant totalement de la morphine. \
- Propriétés thérapeutiques. — Vantées autrefois par
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- VARIÉTÉS
- les médecins de la Renaissance contre la pleurésie, les fleurs sont employées aujourd’hui comme calmantes, émollientes, sudorifiques dans les affections pulmonaires, toux, bronchites, etc. Toutes les parties de la plante sont vénéneuses et peuvent produire des accidents chez les animaux qui les consomment vertes.
- Préparations pharmaceutiques. — L’infusion est prescrite par le Codex de 1908 à la dose de 5 p. 1000, mais elle Ta été aussi à 10 p. 1000. Teinture 1 à a gr. ; sirop 10 à 3o gr. Les fleurs entrent dans la composition des espèces pectorales, à parties égales, avec Bouillon blanc, guimauve, mauve, pied de chat, tussilage et violette.
- Lorsqu’on pensait que les fleurs renfermaient de la morphine, on déconseillait leur emploi pour les enfants,
- comme étant un narcotique. Le docteur H. Leclerc, qui a bien étudié l’action thérapeutique du coquelicot, a écrit : « qu’il n’est pas illogique de le prescrire, pour calmer la toux ou dompter l’insomnie, aux enfants, aux vieillards, aux sujets délicats, chéz qui les narcotiques peuvent provoquer des phénomènes d’anaphylaxie. « Il leur conseillerait « l’infusion (une pincée de fleurs sèches pourune tasse d’eau bouillante), soit le sirop (10 à 3o gr. aux enfants, 10 à 60 gr. aux adultes). »
- Observations commerciales. — La vente des fleurs sèches de coquelicot est forte, d’un prix assez élevé mais variable. L’herboristerie les a payées 2 fr. 5o à 3 fr. le kilo, puis 4 fr. à 4 fr- 5o et même jusqu’à 8 fr. et 8 fr. 5o, en 1924. A. Truelle.
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- BOITE AUX LETTRES
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- , AVIS.— L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches lopins souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il r« pant être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le Violonista (voir n0 9.723,. 12 juin 1926). — Cet appareil est construit par la Société d’Ètudes d’instruments de Musique, 3o bis, rue Cauchy, Paris.
- Réponses. — M. Bresse-Pellage, à Liège. — Si les vêtements huilés que vous avez préparés collent, c’est que vous vous êtes servi d’huile cuite et non d’huile de lin brute-, avec cette dernière il faut deux à trois semaines avant de mettre en service le tissu préparé, mais l’inconvénient signalé ne se présente que très faiblement et d’une manière tardive.
- Quand un vêtement commence à coller, on peut lui rendre ses qualités primitives en le mettant d'abord à tremper vingt-quatre heures dans une eau savonneuse (savon mou) additionnée de carbonate de sonde (cristaux). On le met ensuite à plat sur une table et on le brosse vigoureusement avec une brosse de chiendent, on rinee à l’eau douce, pend dans un courant d’air et passe une légère couche d’huile une fois l’étoffe bien sèche.
- M. XO 1889. — IL alambic charentais n’est pas un appareil construit sur des données théoriques, son fonctionnement est au contraire tout à fait empirique et les résultats qu’il fournit dépendent beaucoup plus de la conduite de la distillation que des dimensions et sections présentées.
- En réalité, dans la fabrication des eaux-de-vie, il faut conserver certaines impuretés dont le goût et l’odeur doivent donner les qualités cherchées, un appareil qui travaillerait trop bien au classement des produits distillés donnerait des résultats déplorables ; c’est donc à l’habileté du bouilleur, basée sur l’expérience, à la sensibilité de son palais qu’il faut s’en rapporter pour des opérations de ce genre.
- M. P. Bernard à Porrentru-), Suisse. - - T Ouvrages sur l’anesthésie: Les anesthésiques, physiologie et applications chirurgicales par Dastre. L’anesthésie à la stovaïne en chirurgie de guerre par Desplas.
- L’anesthésie physiologique et ses applications par Raphaël Dubois. Anesthésie locale par Brocq. (Pratique dermatologique.) Analgésie chirurgicale par voie rachidienne par Tuffier. Editeur Masson, x 20, boulevard Saint-Germain; e
- 20 Les amines sont des composés azotés basiques résultant de l’union d’une ou plusieurs molécules d’ammoniaque et d’une ou plusieurs molécules d’alcool ou d’un phénol avec élimination d’une ou plusieurs molécules d’eau, par exemple :
- CH5 OH + Az H3 =3 Az H2 CH3 + H2 O
- Alcool méthylique. Ammoniaque. Méthylamine
- C6H5OH + Az H3 = Az H2 C6 H3 -f H2 O Phénol. Phénylamine.
- Ces amines représentent l’ammoniaque dont l’hydrogène a été remplacé en tout ou en partie par des radicaux alcooliques ou phénoliques. Les premières sont dites amines de la série grasse. Ex : méthylamine AzH2CH3 triméthylamine Az (C H3)3, éthylamine Az H2, C2 H5 ; les secondes sont des amines aromatiques. Ex : phényl amine ou aniline Az II2 CG Hs, toluidine Az H2 C7 H7.
- Les amides sont des composés azotés formés par l’union d’une ou plusieurs molécules d’ammoniaque et d’une ou plusieurs molécules d’acide avec élimination d’une ou plusieurs molécules d’eau, par exemple.
- Az II3 + H C O2 H =
- Acidé formique.
- 2 Az H3 + CO^HCO» H
- Acide oxalique.
- Az H2 C O H + H2 O Formamide.
- = (AzI-I2)2C202+ 2H2 O
- Oxamide.
- On peut les considérer comme dérivant de l’ammoniaque dont l'hydrogène a été remplacé en tout ou en partie par des radicaux acides de même valence. Ex : Az H2 CO H formamide, Az H2 C2II30 acétamide;
- 3° Le lysol est un produit mal défini, obtenu en saponifiant par un alcali un mélange d’huile de goudrons de houille passant vers2io° et de résine, c’est un liquide brun épais caractérisé par son odeur de goudron de houille, donnant avec l’eau distillée des solutions limpides et avec l’eau calcaire un liquide opalescent; il contient environ 5o pour 100 de crésylol et une quantité variable de savon de résine.
- Le lysol est un très bon antiseptique réservé à l’usage externe en solutions à 1 on 2 pour 100, pour le pansement des plaies, la désinfection des vases, etc. On porte la dose à 5 pour 100 pour la stérilisation des instruments de chirurgie.
- Le lusoforme est une solution savonneuse renfermant comme antiseptique caractéristique l’oyxméthylallylsul-focarbimide auquel se joint le formol ordinaire. D’après Cerbelaud la composition du lusoforme serait la sui-
- vante :
- Oxyméthylallylsulfocarbimide . 10 grammes
- Formol commercial à 4 0/0. . 5oo —
- Alcool méthylique ...... 5o —
- Savon de potasse (savon mou) . 5o —
- Glycérine.......................200 —
- Eau distillée...................25o —
- Teinture de Safran.............. 2 —
- On dissout à chaud le savon dans le mélange d’eau et de glycérine, puis après refroidissement les autres éléments et on filtre au papier. Pour l’usage, mettre une à deux cuillerées à soupe du produit dans un litre d’eau bouillie. * .
- M. Stingre, à Lunéville. — L’émaillage à froid de vos plaquettes de ciment cuit ne donnera toujours que des résultats imparfaits; il faut de toute évidence, pour réaliser un enduit solide, effectuer un émaillage à chaud comme pour les autres produits céramiques, mais en se servant d’un émail assez fusible, par exemple un boro-silicate obtenu de la façon suivante.
- Mélanger :
- Verre blanc pulvérisé............240 grammes
- Carbonate de soude.sec. ... 40
- Acide borique. ....... 25 —
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- BOITE AUX LETTRES
- Fondre au creuset, rendre homogène, couler sur une plaque métallique et pulvériser après refroidissement.
- Pour émailler, former une pâte demi-fluide en délayant la poudre précédente avec du silicate de soude liquide commercial à 36°B, appliquer sur la pièce, laisser sécher, passer au moufle ; sous l'action de la chaleur l’enduit fond et donne une surface glacée. Par addition d’oxydes métalliques on peut modifier la teinte de l’émail et, par exemple, le rendre opaque en l’additionnant de 5 à io pour 100 d’oxyde d’étain.
- Bien entendu, il ne s’agit ici que d’indications ; vous trouverez tous renseignements complémentaires sur la question en consultant les ouvrages suivants : Fabrication des émaux par Randau. Manuel d’émaillage des métaux par Millenet. Emaillage des tôles par Grunwald ; éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. Emaux et couleurs vitrifiables, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille. Manuel de Céramique par Arnaud, éditeur Dunod.
- M. G.-B., à Septmoncel. — i° Vous pouvez employer pour la réparation de votre baignoire en fonte émaillée le procédé exposé dans la réponse précédente à M. Stingre, de Lunéville, en prenant comme verre blanc du cristal qui est plus fusible et ajoutant à la formule donnée a5 grammes de bioxyde d’étain qui rendra la masse blanche et opaque.
- Après application locale de la pâte silicatée et séchage parfait, amener à fusion au moyen d’une lampe à souder genre Paquelin. Ne pas chauffer brusquement pour ne pas craquer l’émail avoisinant. N. B. 11 est bon de se faire la main avant d’entreprendre la réparation définitive, en effectuant quelques essais préalables sur une vieille casserole émaillée hors d usage.
- 2° Le glaçage à neuf du linge s’effectue en prenant :
- Savon blanc...................10 grammes
- Blanc de baleine.............. 5 —
- Gomme adragante............... 1 —
- Eau non calcaire.............100 —
- Pulvériser la gomme adragante et la faire gonfler pendant 24 heures dans la moitié de l’eau, chauffer ensuite pour dissoudre.
- D’autre part, mettre en solution à chaud le savon dans le reste de l’eau et y incorporer le blanc de baleine.
- Mélanger enfin les deux solutions et agiter jusqu’à refroidissement, ce. qui donne une pâte fluide.
- Le produit ainsi obtenu est employé à la dose d’une ou deux cuillerées à café par litre d’empois d’amidon préparé à la façon ordinaire, cette dose peut être augmentée sans inconvénient.
- Pour préparer l’empois ordinaire opérer ainsi :
- Prendre :
- Amidon de riz ou de maïs. 5o grammes
- Délayer dans son poids d’eau froide et verser peu à peu le lait ainsi obtenu dans un litre d’eau bouillante contenant 10 grammes de borax.
- Laisser cuire quelques minutes, jusqu’à consistance convenable, passer à la mousseline en tordant, pour séparer les grumeaux.
- M. Le D” M.-J. Ain. — i° A notre avis, dans les conditions que vous indiquez, la tuyauterie en plomb doit être préférée à celle en fer même galvanisé, l'excédent de dépense sera largement compensé par la durée.
- 20 Les objets en cuivre doré étant recouverts d’Un vernis, c’est ce dernier qui est chargé de toutes les souillures, poussières ou excréments de mouches. Pour rendre à ces objets leur brillant primitif, à la condition qu’il s’agisse bien d’une dorure et non d’un vernis d’or appliqué, il
- convient de dévernir pour enlever le revêtement sali, ce que l’on peut réaliser en appliquant à la surface, au moyen d’un vieux pinceau, une solution chaude de soude caustique à 5° Baumé (Eau seconde des peintres). On rince alors à l’eau tiède, laisse bien sécher et donne une nouvelle couche de vernis au ton approprié à l’objet. Eu égard à la faible quantité de vernis nécessaire pour cette opération, il est préférable d’acheter ce vernis tout prêt chez un marchand de couleurs plutôt que d’en entreprendre la fabrication.
- N. B. La soude caustique chaude dissolvant la laine des vêtements, prendre toutes précautions pendant les manipulations si l’on veut éviter de graves détériorations.
- 3° Pour le chauffage électrique par accumulation, s’adresser à l’Office des Inventions, Avenue Gallieni, à Bellevue, qui s’est particulièrement occupé de cette question.
- M. R. B, à Constantine. — Za remise en état des tonneaux ayant contenu du vinaigre doit s’effectuer en deux temps : la saturation de l’acidité, la destruction des ferments.
- i° La saturation de l’acidité résiduelle doit comporter d’abord un rinçage à fond, ensuite on introduit dans le tonneau une poignée de carbonate de soude (cristaux du commerce et 4 à 5 litres d’eau chaude), on ferme, roule le tonneau à plusieurs reprises et laisse en contact quelques heures, on vide et rince à nouveau.
- 20 Le vinaigre ayant été obtenu par la transformation de l’alcool en acide acétique par l’intermédiaire d’un ferment, le Mycoderma aceti, il convient de détruire tous les germes logés dans les douelles du tonneau ; pour cela il suffit de soufrer copieusement soit en faisant brûler à l’intérieur une mèche soufrée suivant la pratique habituelle, soit en introduisant dans la pièce un demi-verre de bisulfite dé soude liquide du commerce, puis même quantité d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique), on bonde et laisse 24 heures en contact. Après ces traitements, les tonneaux, bien rincés, peuvent être sans crainte employés à nouveau au logement du vin.
- Collège français de Mexico. — i° La pâte à polycopier désignée pierre humide est à base d’argile et glycérine ; on peut la préparer facilement en prenant :
- Argile séchée à l'air. . . . 600 grammes
- Eau ordinaire..............100 —
- Sucre blanc................ 5o —
- Glycérine.................55o —
- . Faire dissoudre le sucre dans l’eau, ajouter la glycérine et incorporer progressivement le liquide à l’argile de manière à obtenir une pâte ferme dont on garnit les cadres en fer-blanc aux dimensions voulues.
- 2 L encre destmee a la confection du type est composée de :
- Couleur d’aniline..........10 grammes
- Glycérine..................10 —
- Eau ordinaire. ..... 100 —
- Toutes les couleurs d’aniline, à la condition qu'elles soient solubles dans l’eau, peuvent être employées.
- 3° Nous pensons que vous voulez parler de la solutior qui sert à bichromater la gélatine du papier au charbon, cette solution est composée de :
- Bichromate de potasse. ... 3 grammes
- Eau distillée..............100 —
- Ammoniaque liquide. . . . 1 —
- Ce bain ne se conserve pas et doit être préparé au moment de l’emploi.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- cssT
- Eléments de calcul différentiel et de calcul intégral, par Th. Leconte et R. Deltheil. Tomes I et II. 2 vol. in-16 de 220 pages chacun. Armand Colin, éditeur. Paris, 1926. Prix broché : 8 fr. 40 le volume.
- Cet ouvrage expose avec clarté et précision les éléments du calcul différentiel et intégral; évitant les discussions et analyses trop subtiles, n’hésitant pas à faire appel à l’intuition pour établir certaines notions fondamentales, il initie efficacement le lecteur au ma-
- niement de cet outil indispensable dans toutes les sciences physiques et le mène très loin dans son étude. Le premier volume est consacré à l’étude des fonctions d’une ou de plusieurs variables, aux notions de dérivées, de différentielles et d’intégrales, ainsi qu’aux développements en série.
- Le second volume étudie les fonctions représentées par une intégrale définie, les intégrales curvilignes, les intégrales multiples, le calcul des aires et des volumes, les équations différentielles. Il donne égale-j
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- BIBLIOGRAPHIE
- 0M
- iH
- ment des notions succinctes sur le calcul vectoriel, les équations aux dérivées partielles, les fonctions variables imaginaires.
- Le magnétisme, par P. Weiss et G. Foex. i vol. in-16. 216 pages, 69 fig. Armand Colin, éditeur. Paris, 1926. Prix broché : 8 fr. 40.
- Cette monographie constitue, en même temps qu’un remarquable ouvrage de vulgarisation, la parfaite mise au point de l'état actuel d’un problème physique de première importance. Les travaux visant à analyser le mécanisme profond, si mystérieux encore, du magnétisme, se sont multipliés en ces dernières années et ont abouti à d’importants résultats ; ils n’avaient pourtant jamais fait jusqu’ici l’objet d’un exposé d’ensemble aisément accessible. MM. Pierre Weiss et Foex, qui ont pris une part prépondérante dans le développement de cette branche de la physique, étaient particulièrement qualifiés pour combler cette lacune. Après avoir rappelé les définitions et lois fondamentales du magnétisme, ils étudient le diamagnétisme et le paramagnétisme, exposent les lois expérimentales de Curie et la théorie de Langevin qui les explique passent en revue les corps qui font exception à ces lois. De même ils étudient ensuite le ferromagnétisme et en donnent une théorie qui lie cette propriété à l’existence d’une aimantation spontanée et fournit un mécanisme plausible de sa production. L’examen expérimental du ferromagnétisme des cristaux permet de préciser ce mécanisme. Les propriétés énergétiques des ferromagnétiques apportent un nouvel appoint à nos connaissances sur les lois de l’aimantation. Les auteurs concluent en montrant que le champ magnétique moléculaire est vraisemblablement d’origine électrostatique. Le moment magnétique atomique des divers corps s’est révélé expérimentalement comme un multiple d’un nombre déterminé qu’on a appelé le magnéton, et qui représenterait, en quelque sorte, l’unité élémentaire du magnétisme. Les auteurs montrent, dans les derniers chapitres du livre, les déductions que l’on peut tirer de ce fait au sujet de la constitution de l’atome et comment elles confirment ou contredisent les notions issues des théories purement électriques de la matière. Toutes ces questions, captivantes mais complexes, sont exposées avec une admirable lucidité, en langage simple, et sans appareil mathématique ardu.
- Physikalische Ckemie der Zelle und der Gewebe, par Rudolf Hôber, 6° édition, 1 vol. in-8, 955 p., 125 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix : §9 marks ; relié 42 marks.
- L’ouvrage classique du professeur de physiologie de l’Université de Iviel est et reste le livre de chevet de tous les biologistes contemporains qui rénovent l’éLüde de la cellule et des tissus à la lumière des données physico-chimiques récentes. La 6e édition, paraissant deux ans seulement après la précédente, en est une preuve nouvelle. On y retrouve le plan général des éditions antérieures : chimie physique des systèmes homogènes et hétérogènes (pression osmotique, dif-' fusion, dissociation électrolytique, réaction actuelle et potentielle, actions superficielles, colloïdes, etc.) ; applications à l’étude du protoplasma, des cellules et des tissus qui expliquent un si grand nombre de.pro-blèmes biologiques. Cette nouvelle édition, tenue au courant des récentes découvertes, ajoute aux précédentes des données sur les phénomènes électrocinétiques, les colloïdes hydrophiles, la physiologie du pH, les forces bioélectriques, etc.
- Rif et Jabala. 1 vol. in-8, 196 p., 1 carte. Edit. Bull. Ens. Public Maroc, janvier 1926, n° 71. Larose, Paris.
- C’est une heureuse idée qu’ont eue les organisateurs de la réunion des Etudes marocaines de 1926 de mettre à l’ordre du jour de leurs séances la question rifaine. Nous devons à leur initiative de posséder aujourd’hui une mise au point de la géographie, de l’histoire et de la sociologie du nord marocain, à un moment où ce territoire retient l’attention de tous les esprits clairvoyants dans FEurope occidentale.
- La formation de l’image photographique. (Considérations photométriques et sensitométriques), parE. Gold-herg, traduit de la 2e édition allemande par L. Lobel et L.-P. Clerc. 1 vol. 196 pages, 63 fig. Publications Paul Montel. Paris 1926. Prix : 6 francs.
- L’auteur, l’un des techniciens les plus appréciés de la photographie, étudie suivant des méthodes toutes scientifiques et très sûres, des questions qui longtemps ont paru ne relever que de la pratique et du flair de l’exécutant. Il définit et donne des moyens de mesurer les caractères photométriques du sujet (détails de luminosité et contraste), de l’image formée sur le verre dépoli de l’appareil (influence des réflexions entre les divers éléments de l’objectif, influence du voile atmosphérique), et de l’image photographique, négative et positive. A toutes ces études, les travaux personnels du Dr Goldberg ont apporté une contribution importante. Aussi ce petit livre présente-t-il un caractère d’originalité assez rare dans les ouvrages techniques.
- Des sorcières et des devineresses, par Ulric Molitor. Reproduit en fac-similé d'après l’édition latine de Cologne 1489 et traduit pour la première fois en français. Bibliothèque magique des xv” et xvie siècles. Emile Nourry, Paris.
- Dialogue entre l’archiduc Sigismond d’Autriche et l’abbé Molitor, défenseur de la tradition, sur les croyances relatives à la sorcellerie, au Moyen âge. On y voit déjà poindre les doutes sur la réalité des pouvoirs magiques des sorcières et l’opinion qu’elles pourraient bien n’être que des malades.
- Le texte latin est remarquablement reproduit, en noir et rouge, sur beau papier. Sept bois gravés l’illustrent, naïfs et vivants. La traduction est excellente.
- Ze secret des hauts salaires, par Bertram Austin et W. Francis Lloyd, traduit de l’anglais par P. Le Bailly, i vol. 120 p. Payot, éditeur. Paris, 1926. Prix : 10 francs.
- Deux Anglais sont allés chercher sur place le secret de la prospérité des Etats-Unis. Leur enquête, dont M. P. Le Bailly nous donne la traduction, a eu en Angleterre, paraît-il, un succès extraordinaire ; elle a fait l’effet d’une révélation. La lecture en est agréable et facile, certains points importants y sont mis en relief, notamment lheureux effet des salaires élevés; ceux-ci ne sont nullement contradictoires avec un prix de vente réduit des marchandises, s’ils sont proportionnels à la productivité de l’ouvrier et si celle-ci est accrue par un machinisme, un outillage et une organisation rationnels. C’est la théorie du grand Taylor; les auteurs en font honneur à M. Ford et ne prononcent même pas le nom de Taylor. Pour eux, M. Ford semble avoir- tout inventé et créé en matière d’organisation du travail, et c’est surtout chez lui qu’ils puisent les éléments de leur enquête. Et c’est pourquoi celle-ci nous paraît bien superficielle et rapide ; les usines Ford sont sans conteste les plus puissantes du monde, elles ne sont, cependant, même aux Etats-Unis, qu’une exception difficilement imitable.
- La Fée des Neiges, par Y. Forbin. 1 vol. 255 pages. Baudinière, éditeur. Paris 1926. Prix : 8 fr. 25.
- Une jeune fille de sang mêlé, mi-française, mi-esquimaude, mais élevée à l’européenne, revient vivre parmi les tribus errantes des régions polaires ; elle veut les engager dans les voies de la civilisation, mais d’une civilisation originale, et en faire un peuple fort et indépendant. Elle doit bien vite s’avouer vaincue; les usages et les mœurs de cette race sont enracinés depuis trop de milliers d’années ; après d’émouvantes péripéties, la jeune fille s’enfuit au péril de sa vie. Tel est le sujet du nouveau roman de notre collaborateur Forbin ; c’est un cadre dans lequel il place de frappantes peintures de scènes de la vie esquimaude. Reconstituées d’après des documents puisés aux meilleures sources, présentées sous une forme captivante, elles forment de parfaites leçons d’ethnographie consacrées à l’une des races primitives les plus intéressantes qui subsistent à la surface du globe. Leur lecture est aussi instructive qu’agréable.
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- LA NÂTU
- Supplément.
- ^INFORMATIONS
- QSC
- N° 2728 17 Juillet 1926
- La construction métallique des avions. — Le
- 23 juin dernier, l’Ingénieur Vernisse a fait à la Société française de Navigation Aérienne Une Communication particulièrement documentée sur dés considérations nouvelles relatives à la construction métallique des avions.
- Les avantages de la construction métallique né sont plus à énumérer : les performances remarquables réalisées par le Bréguet 19 en particulier, appareil entièrement métallique (sauf le recouvrement), montrent assez la perfection de la construction nouvelle.
- M. Vernisse, se plaçant sur le terrain industriel, a cherché les méthodes de fabrication réduisant le plus possible le prix de l’heure de vol, c’est-à-dirë le prix d’achat de l’appareil et les dépenses d’entretien et dé réparations.
- Pour diminuer le prix d’achat de l’appareil, on utilise le moins possible dans la Construction les pièces matri-cées en les remplaçant par des pièces embouties ; ces dernières exigent un outillage plus réduit, et sont beaucoup plus économiques. Les chutes de métal sont naturellement réduites au minimum par une utilisation rationnelle des tôles. Enfin les aciers spéciaux remplacent le duralumin, chaque fois que celui-ci devrait avoir une épaisseur supérieure à 4 mm.
- Le travail de montage est rendu particulièrement économique dans la fabrication métallique, en raison de la précision obtenue ; la fabrication à la chaîne est ainsi rendue possible.
- Dans les ateliers d’assemblage, le travail à la mâiti est très avantageusement remplacé par Celui des machines (poinçonneuse-riveuse, machines pour l’œillètagé et le gougeonnage). Les poinçonneusés-riveusës employées aux usines Bréguet donnent en particulier un travail 22 fois plus économique que le rivetage à îâ main.
- Un choix judicieux de l’outillage permettra d’ailleurs la fabrication de plusieurs types d’appareils ; c'est ainsi que l’outillage des usines S. E. G. M. permet la fabrication de tous les types d’avions français, les avions de chasse exceptés ; c’est là encore l’un des avantages de la fabrication métallique.
- Eour ce qui est des frais d'entretien, on à reproché aux avions métalliques d’exiger un personnel spécialisé pour les réparations ; c’est pourtant dans la facilité dés réparations que réside la supériorité là plus intéressante de la construction métallique.
- Les matériaux de rechange sont semi-bruts, ils peuvent être employés pour des modèles différents d’appareils : ils sont donc faciles à stocker. Enfin là féparàbiiité n’est limitée que par le changement des caractéristiques de l’appareil, et le matériel accidenté est parfaitement récupérable.
- Un avion dë bonne fabrication aura d’ailleurs ses organes d’accès et de démontage simples; les points à surveiller seront donc vérifiés et réparés sans difficultés.
- Pour toutes ces raisons, la vie d’un avion métallique sera de beaucoup supérieure à celle dè l’avion de construction en bois rendant les mêmes services (près de f000 heures de vol pour le premier, contré 200 heures environ pour le second). L’économie sur l’heure de vol sera donc, malgré le prix d’achat plus élevé de l’appareil, très intéressante.
- Une nouvelle étude defc tourbillons. — Le 26 mai dernier, le professeur Tanakanaté a fait à la séance de la Société Française de Navigation aérienne une Communication sur les études effectuées par l’Institut de Recherches Aéronautiqués de l’Université impériale de I okio, études concernant particulièrement les tourbillons formés dans le mouvement des fluides autour des obstacles.
- Les expériences ont été effectuées dans un tunnel de 00 cm. Le fluide utilisé était de l’air chauffé partiellement; l’hétérogénéité ainsi obtenue rendant par réfraction multiple lès phénomènes visibles.
- En raison de la rapidité des mouvements à observer, le dispositif de prise dé vues cinématographiques a été Particulièrement étudié ; l’appareil employé, construit
- dans les laboratoires de l’Institut, a permis des vitesses variant de iooô à 6000 Vues par seconde, l’éclairage étant obtenu au moyen d’une étincelle électrique réglée à la fréquence convenable.
- Quelqües-üüs des films pris ont été passés au cours de la conférence, montrant les tourbillons relatifs à différents obstacles (plan vertical ou incliné, obstacle carré suivant plusieurs orientations, profils d’àile et de carène); les tourbillons créés par uné hélice, et aussi lës remous dus à l’éclatement d’UUe ampoule de-verre vide ou pleine de gaz comprimé ont été également montrés.
- Plus récemment, des films ont été pris avec succès Sur l’effet aérodynamique dés rotors;
- Les résultats obtenus indiquent Une zone calme derrière l’obstacle, zone séparée de la zone de mouvement par une ligne très nette ; ils semblent entrer ainsi en contradiction avec lés théories modernes. Pour M. Toussaint, Cètté Contradiction apparente est due à la valeur de la vitesse du fluide et aux dimensions de l’obstacle qui ne permettent pas, dans les Conditions observées. Une interprétation suffisante des phénomènes.
- Les parachutés. —1 Au cours de la séance du 33 juin, M. 1’ingénieür Yerneuil, du S. F. A., a fait à là Société française de navigation aérienne une Communication très documentée sur lès parachutes actuels.
- Le problème du parachute s’est posé dès le début des expériences de navigation aérienne ; cependant les appareils modernes ne sùnt encore construits que par des méthodes empiriques, faute de lois physiques précisés. Lès surfaces portantes en forme de parapluie, percées de un oü plusieurs trous, sont à peu près les seules employées, les autres formés : côné renversé, liseron, etc. s’étant montrées jusqu’ici inférieures.
- L’utilisation du parachute a lieu en quatre phases :
- i° Dégagement du sac. — Le parachuté individuel est généralement plié dans un sac rectangulaire placé soit au dos de l’aviatëur, soit sous lui; Ce sâc est fermé par une ficelle passant dans des anneaux. La ficélle de fèrmètürë est coupée, au moment de la chute, pâr Un mousqueton cisaille, Commandé Soit directement par l’aviateur (détachage commandé), soit par uùe corde liée à un point fixe de l'avion (procédé du point fixe). Le premier système demande un sang-froid parfait; le second présenté l’inconvénient de déterminer le côté du sàüt et de fixer l’ôüverture du parachute à une distance invariable dè l’avion. Un dispositif Sur consisterait à combiner les deux systèmes de détachage.
- 20 Ouverture. ^ Dès procédés très variés sont utilisés pour rendre plus rapide l’ouverture du parachute : parachuté auxiliaire déployant là Voilure, chambré à air circulaire, cheminées centrales ou soupapes latérales pour l’entrée de l'àir, etc.
- 3° Descente. — Certains parachutes ont été munis de dispositifs amortissant le choc au moment de la suspension; lès ceintures-corsets employées actuellement, qui font porter l’effort de suspension sur le thorax, rendent inutiles ces amortisseurs. On à enfin essayé de réduire les mouvements pendulaires pendant la descente, dans des parachutes à corde centrale ou à empennage.
- 4“ Atterrissage. — L’aviateUr doit pouvoir, au moment de l’atterrissage, se détacher le plus rapidement possible du parachuté afin d’éviter d’être traîné. Dans ce but, plusieurs systèmes de boucles de ceintures ont été imaginés, assurant une sécurité parfaite.
- Les parachutes Sont généralement faits en coton léger, matière plus solide que la. soie ; leur diamètre est d'en-riron 8 m. et la longueur des suspentes 7 m. à 7 m. 5o.
- La question du parachute est d’ailleurs Iohi d’être résolue : plusieurs problèmes restent en effet posés, par exemple le parachute de nacelle retenant avec le pilote une partie de l'avion ; le parachute à vitesse variable augmentant en temps de guerre la sécurité de l’aviateur pendant la descente, etc.
- 11 serait enfin souhaitable que les avions des lignes commerciales soient munis soit dë parachutes individuels, soit d’un parachute Collectif, celui-ci pouvant être commandé par le piloté : la sécurité serait dë ce fait grandement améliorée.
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- INFORMATIONS
- Fabrication synthétique de l’ammoniaque et de l’alcool méthylique. — Dans sa récente communication à l’Académie des Sciences en date du 29 mars 1926 sur l’état actuel de la synthèse de l’ammoniaque aux fours à coke, M. Georges Claude a signalé une particularité tout à fait intéressante et constatée par lui depuis plusieurs années déjà dans l’exploitation de ses appareils de fabrication d’ammoniaque synthétique. On sait que dans ces installations, la batterie des tubes où s’opère la catalyse de l’ammoniaque est précédée d’un tube purificateur destiné à enlever principalement le peu d’oxyde de carbone qui peut rester dans le mélange gazeux, lequel oxyde de carbone est un poison pour la synthèse de l’ammoniaque. Or, en cherchant à transformer par un catalyseur cet oxyde de carbone en méthane, on a constaté que ce tube purificateur fournissait un liquide sentant fortement l’alcool et que cet alcool était del’alcool méthylique. Voilà donc réalisées simultanément la fabrication de l’ammoniaque et celle de l’alcool méthylique : ce sont les mêmes gaz qui servent, le même appareillage ou presque et la même pression et en somme il n’y a que le catalyseur qui diffère.
- Bien entendu, si l’on veut fabriquer une certaine quantité d’alcool, on n’a plus besoin de chercher à enlever l’oxyde de carbone du mélange gazeux de départ ; si, par exemple, ce mélange gazeux est constitué par du gaz à l’eau, il suffit d’amener celui-ci à la teneur voulue en hydrogène, azote et oxyde de carbone pour la fabrication simultanée de l’alcool méthylique et d’ammoniaque. On peut, pour cela, transformer une partie plus ou moins importante de l’oxyde de carbone du gaz d’eau en hydrogène par réaction catalytique avec de la vapeur d'eau. Il se forme dans cette réaction de l’acide carbonique facile à éliminer et après cette élimination on obtient finalement un mélange gazeux d’oxyde de carbone et d’azote avec un peu de méthane non gênant dans le cycle Claude. Ce mélange, après compression, passe d’abord dans les tubes de fabrication d’alcool, puis dans ceux de fabrication d’ammoniaque, après avoir traversé entre les deux, si nécessaire, un tube purificateur, enlevant notamment les dernières traces d’oxyde de carbone.
- On voit ainsi la grande extension que prend peu à peu l’emploi prôné par M. Claude des très hautes pressions dénommées par lui a hyperpressions » et avec quelle facilité l’industriel peut suivant les besoins pousser sa fabrication soit vers l’alcool, soit vers l’ammoniaque synthétiques.
- La monnaie française. — Au moment où le pays tout entier suit avec angoisse la crise des changes et la dépréciation de notre monnaie, il n’est pas sans intérêt de reproduire les données officielles que publie le Bulletin de la statistique générale de la France.
- D’après les rapports de la Commission de contrôle de la circulation monétaire, la valeur en milliers de francs des pièces françaises frappées et émises par la Monnaie de Paris en 1924 et 1925 a été :
- 1924 1925
- Bronze de nickel. . . 5 c. 3.43i,5 3.342
- — 10 c. 5.754 4.626
- — 2Ô C. 6.i33,7 4.451,7
- Bronze d’aluminium . 5o c. 48.518,1 24.008,3
- — 1 fr.. 87.714,6 36.522,7
- — 2 fr. 59.262,8 63.213,7
- La valeur totale de ces monnaies a été en 1924 de 210,8 millions, en 1925 de 136,1 millions.
- D’après les comptes rendus du Conseil général de la Banque de’France, le montant des billets émis (en mil-
- lions de francs) a été :
- 1924 1925
- Billets de. 5 fr. 443.5 528,1
- • —.. 10 — io56.2 1253,7
- — 20 — — —
- — 5o — 980 932,5
- — 100 —• 2642,5 4202,5
- 5oo — 600 425
- — 1000 — 3o5o 6950
- La valeur totale émise en 1925 a atteint 14.341,8 millions, contre 8.772,2 en 1924^
- La valeur des billets en circulation au 24 décembre 1925' atteignait 49.992 milliards, contre 40,6 en *9^4, 37,7 en 1923, 35,9 en 1922 et seulement 5,7 en 1913.
- Concours de fumivorité. — Depuis longtemps, l’attention des Pouvoirs publics a été attirée sur les graves inconvénients que présente la pollution continuelle de l’atmosphère des cités industrielles par les fumées des cheminées d’usines, dont les effets désastreux se font particulièrement sentir dans l’agglomération parisienne.
- Emu de cette situation, le Conseil général de la Seine a demandé à l’Office National des Recherches et Inventions d’organiser un concours pour rechercher quels sont les dispositifs les plus efficaces pour obtenir la suppression des fumées industrielles.
- En vue de cette importante organisation, l’Office National des Recherches et Inventions s’est assuré immédiatement la collaboration de l’Office National des Combustibles liquides, des Ministères des Travaux Publics, du Commerce et de l’Industrie, de la Préfecture de la Seine, de la Préfecture de Police, de l’Office Central de chauffe rationnelle.
- Un concours a été institué auquel peuvent prendre part tous les inventeurs d appareils d’élimination des fumées par combustion et par dispositifs chimiques, mécaniques ou électriques.
- La liste d’inscription est ouverte depuis le 1" juillet. Le règlement sera adressé à toute personne qui en fera la demande à l’Office National des Recherches et Inventions, i, avenue du Maréchal-Galliéni, àBellevue (Seine-et-Oise).
- Salons internationaux de photographie. — Le
- Fotografische Kring d’Anvers organise, à l’occasion de son vingt-cinquième anniversaire, sous le haut patronage de S. M. la reine Elisabeth, un Salon international d’art photographique qui se tiendra en la salle des l'êtes de la ville d’Anvers, du 25 septembre au 10 octobre 1926.
- La Société française de photographie et le Photo-Club de Paris organisent pour l’automne prochain le vingt et unième Salon international de Photographie de Paris, qui sera installé dans l’Hôtel de. la Société française de Photographie, 5i, rue de Clichy, du 3 au 17 octobre 1926.
- *>> Nouvelles de T. S. T.
- Nombre des auditeurs de T. S. F. en Angleterre.
- — Au ier mai 1926, le nombre des licences de réception accordées par le Post Office britannique était de 2012 000. On peut en déduire assez facilement le chiffre des auditeurs, en comptant que plusieurs membres d’une même famille sont compris dans la même licence, et qu’il doit exister, malgré les règlements, un certain nombre d’auditeurs clandestins.
- Transmission des cartes météorologiques par
- T. S. F. — La station de broadcasting de Munich transmet désormais par T. S. F. régulièrement tous les matins vers 9 heures et les dimanches et jours de fête à 12 h. i5 des cartes météorologiques suivant le système téléphotographique Dieckmann.
- D’après le Manchester Guardian, la station de diffusion de Munich reçoit à cet effet, de l’Office central météorologique bavarois, une carte établie avec une encre spéciale isolante et tracée entièrement sur une plaque métallique conductrice.
- La carte est enroulée sur un tambour qui tourne sous l’action d’un mouvement d’horlogerie et sur ce tambour appuie un stylet transmetteur très fin, animé d’un mouvement parallèle à l’axe du tambour. Ainsi le stylet décrit sur la carte une spirale à lignes très serrées.
- Suivant que le chercheur est en contact avec une partie conductrice ou isolante, un circuit est ouvert ou fermé et les courants sont envoyés par câble à la station de Munich qui, à son tour, les transmet sous forme d’ondes hertziennes. Dans les postes récepteurs on emploie un papier chimique spécial. Chaque transmission dure environ 5 minutes.
- Une nouvelle superstation allemande. — Le journal Excelsior annonce la construction d’une nouvelle station allemande à grande puissance à Langenberg, à une vingtaine de kilomètres de Cologne.
- Cette station aura une puissance de 60 kilowatts, elle sera donc la plus puissante en Europe.
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- *> Travaux d’amateur
- Pour repeindre un plafond. — On hésite souvent à faire venir les peintres chez soi pour refaire le plafond, lorsque celui-ci en a besoin, quand il présente des traces noires dues à la fumée d'une lampe à pétrole, avant d’avoir l’électricité qui a supprimé bien des désagréments de ce genre. Les ouvriers coûteux sont plus ou moins soigneux, ils risquent d'abîmer non seulement les tentures, mais encore les meubles qui se trouvent sur leur passage. On réalise donc non seulement une économie, maison n’a pas à déplorer des dégâts possibles que 1 on évitera en prenant le maximum de précautions.
- On est amené à faire ce travail dans deux circonstances : soit lorsque le plafond n’a jamais été peint, soit au contraire s’il s’agit de refaire la peinture dont il a déjà été recouvert. Dans ce dernier cas, le travail est un peu plus ennuyeux, parce qu’il faut enlever l’ancienne peinture et cela demande assez de temps. Il faut une échelle double solide, un grand récipient, une grosse éponge dans le genre de celle qu’on emploie pour le pansage des chevaux, enfin une certaine quantité d’eau tiède afin de faciliter le travail. On dégage la pièce de ses meubles en les repoussant tous dans un même coin et, pour ne pas salir le plancher, on étend dessus soit un drap ou plus simplement des journaux. On monte ensuite dans un coin l'échelle, en haut de laquelle on accroche le récipient à demi rempli d’eau. Si cela est plus pratique, on le pose sur la dernière marche.
- Une fois sur l’échelle, on trempe l’éponge dans l’eau, sans trop la comprimer en la ressortant, de manière qu’elle reste suffisamment humide, puis on la passe sur le plafond. La peinture ancienne s’imbibe immédiat tement d’eau à la façon d’un buvai’d et s’attache après l’éponge sous la forme d’une sorte de colle blanchâtre. On rince l’éponge, puis on la repassejet enfin lorsque l'eau est très sale on la remplace. On recommence cette opération jusqu a ce qu’il n’y ait plus trace de vieille peinture et que toute la surface présente un aspect rosé ou ocre.
- On facilite le travail avec de l’eau tiède, ce qui permet à l’éponge de mieux s’imprégner. On peut soit humecter une petite surface et la terminer immédiatement, soit entreprendre une grande surface et l’achever progressivement, selon la préférence de chacun.
- Une fois ce fastidieux travail terminé, on emploie le temps nécessaire au séchage, qui demande une journée entière, à préparer le matériel dont on a besoin pour continuer le travail.
- Il est inutile de faire la dépense d’un pinceau neuf, il suffira d’en louer un chez n’importe quel marchand de couleurs. S’il s’agit de peindre un plafond au blanc de colle, on choisit de préférence un gros pinceau en blaireau qui, neuf, coûte 3o à 40 francs, alors que la location revient à a ou 3 francs.
- On calcule la quantité de peinture nécessaire à raison de 1 kg pour 5 ou 6 m2 pour deux couches. On ne doit pas, toutefois, prendre cette proportion comme règle générale, car elle varie suivant la qualité de la peinture que l’on achète.
- Yoici une méthode de préparation du blanc gélatineux. On prépare une gélatine en cuisant lentement dans l’eau pendant 1 h. 1/2 une espèce d’algue appelée chondre et on tamise à chaud. Une partie d’algue et d’eau donnent 20 parties de gélatine. On ajoute 40 parties de craie et 1 1/2 d’acide borique. On fait sécher rapidement et on broie finement. On peut mettre de l’alun au lieu d’acide borique et donner plus de dureté en ajoutant du kaolin et dé la terre de pipe.
- Le prix du blanc gélatineux ou du blanc de colle tout préparé est de 3 francs environ le kilo.
- Si le plafond présente quelques lézardes, avant de, passer la peinture, on les bouche avec un peu de peinture blanche. Une seule couche de peinture suffit" si l’ancienne n’est pas trop défraîchie et peut rester. Dans ce cas, de manière à éviter que les stries légères de la peinture forment des ombres, on passe le pinceau dans la direction d’arrivée de la lumière.
- Au contraire, si le plafond a été débarrassé de l’ancienne peinture, on donne deux couches de peinture nouvelle. Pour la première, les coups de pinceau sont donnés dans le sens perpendiculaire à la lumière et le second badigeonnage, que l’on effectue une fois la pre-
- mière couche sèche, c’est-à-dire 24 heures après, est fait dans le sens de la lumière.
- Eviter de prendre trop de peinture avec le pinceau, qui doit être raisonnablement chargé, de manière à ne pas former des paquets de peinture au plafond. Par contre, on risque de faire des taches en en prenant trop peu.
- On doit donner les coups de pinceau très régulière-ment sur une longueur de o m. 3o à o m, 40. On opère sur toute la largeur du plafond pour reprendre dans le même sens par bandes successives, jusqu’à ce que toute la surface soit terminée. Pour la seconde couche, on recommencera le même travail, mais dans le sens opposé.
- Il est préférable de mettre la quantité de peinture nécessaire, même si les corniches doivent recevoir quelques ba-yures, car étant peintes à l’huile, il est facile de les nettoyer une fois le plafond sec; il suffit de passer dessus une éponge humide qui fera disparaître toute trace de colle,
- Yoici quelques conseils supplémentaires sur la manière de procéder. Tout d’abord, on choisira de préférence l’été pour entreprendre cette transformation, car si l’on a un peu plus chaud en travaillant, la peinture, par contre, sèche beaucoup plus vite en laissant la fenêtre ouverte.
- Afin de protéger ses vêtements, si l’on ne dispose pas d’une blouse de peintre, on prend une vieille chemise qui rend les mêmes services. On a soin de se couvrir la tête d’un
- Fenêtre
- Sens de fa lénecouche
- chiffon qui ga-rantitleç cheveux contre les éclaboussures de peintures inévitables. Si l’on a fait quelques taches, on les enlève facilement avec de l’eau chaude.
- Il n’y a aucun inconvénient à séjourner et même à coucher dans la pièce dont on, a refait le plafond le jour même, le blanc gélatineux ne dégageant aucune odeur.
- Pour diluer la peinture trop épaisse, il suffira d’ajouter un peu d’eau et de la bien délayer.
- On a soin, avant de repeindre le plafond, de bien laver les corniches et, s’il y a lieu, de les repeindre.
- Avant d’entreprendre n’importe quel travail, il faut s’entourer de tous les éléments nécessaires ; il faut également avoir la volonté de le mener à bien et pour cela il faut de la méthode et de la persévérance.
- Fig. 1. — Peinture, d’un plafond.
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- Pour construire un condensateur au moyen de disques de phonographe. — Si l’op dispose de disques de phonographe usés ou inutilisables par suite de leur mauvaise qualité musicale, on peut des employer pour former le diélectrique (ou parties isolantes) d’un condensateur variable.
- On les sépare à l’aide de feuilles de papier d’étain de même dimension et on les fixe ensemble à l’aide d’un boulon ainsi que l’indique la figure 2.
- De manière à laisser assez de jeu autour du boulon central de fixation, on prépare à l’avance dans le centre de chaque disque un trou de 23 mm.
- Avant de faire l’assemblage, on relie à chaque feuille d’étain des conducteurs minces en laiton.
- Dans une boîte construite en bois mince ayant une longueur de i5 cm, une hauteur de i5 cm et une largeur de ïo cm, on dispose le condensateur une fois réalisé.
- Un autre disque de même taille que les précédents, dans lequel on a percé, ainsi que le montre le dessin, un nombre déterminé de trous ayant 3 mm de diamètre, est disposé sur une face extérieui’e de la boite et fixé au moyen de 4 petites vis.
- Placé à l’avant de la boîte, ce disque sert de panneau, sur lequel on pose l’interrupteur.
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- Dans chaque trou du dernier disque, on adapte un plou de contact. Suivant le nombre de plaqixes du conden-satctr, la quantité de plots varie ; on en compte un par paire de plaques. Aux plots sont connectées, deux par deux, les feuilles d’étain.
- Le contact est assuré avec tous les points couverts de l’interrupteur en plaçant au centre du disque un interrupteur rotatif avec une lame en éventail, sur laquelle on pratiqfue des encoches à intervalles réguliers correspondant avec l’emplacement [des plots d’interruption.
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- commutateur
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- Fig. 2. — Détails de construction d’un condensateur au moyen de disques de phonographe.j
- On fait varier l’intensité du condensateur en tournant cet interrupteur.
- Au dos, sont adaptées deux bornes, dont l’une est reliée à l’interrupteur et l’autre à l’ensemble des feuilles du condensateur non reliées aux plots. P. M.
- *»> Mécanique
- Perfectionnements aux machines à coudre. — La
- machine à coudre qu’on trouve partout a atteint un degré de perfection mécanique tel qu’il sembleâdifficile d’en modifier le moindre organe.
- Mais on peut cependant ajouter à son élégance et à sa commodité d’emploi.
- La maison Singer vient, par exemple, d’en créer des modèles « de salon », qui se dissimulent dans une table ou un meuble en bois fin ne rappelant en rien la silhouette classique de la machine à coudre (fig. 3).
- Pour supprimer le « moteur humain » actionnant la pédale ou, dans les petits modèles, la manivelle, on a réalisé un petit moteur électrique, le « Singer B. T. », qui se branche directement sur une prise de courant ou une douille de lampe. 11 se fixe sur le bâti de la machine
- par une simple vis, consomme très peu et permet de faire 900 ou q5o points à la minute. Une lampe allongée, branchée sur les fils d’alimentation du moteur, fixée sur la branche horizontale de la machine et munie d’un pro-
- Fig. 3. — Machine à coudre « de salon ».
- tecteur réfléchissant, éclaire le plateau et fait voir le travail tout en laissant les yeux dans l’ombre, ce qui évite la fatigue et l’éblouissement (fig. 4).
- Le moteur peut être équipé avec un réducteur dé vi-
- Fig. 4-— Moteur électrique et lampe pour machine à coudre.
- tesse et une tige passant sous la table qui permet de varier l’allure, d’arrêter et de repartir par un simple mouvement du genou.
- La machine à coudre, mue et éclairée électriquement,
- Fig. 5. — Machine munie du « Singer B. T. » et de sa lampe.
- devient une petite merveille, puisqu’elle travaille toute seule et qu’on n’a plus autre chose à faire qu’à regarder l’étoffe qui se coud et défile sur le plateau.
- Le groupe moteur et lampe est amovible et peut se placer sur n’importe quelle machine à coudre existante. Compagnie Singer, 102, rue Réaumur, Paris, 3°.
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- VARIETES
- LA CARPICULTURE INTENSIVE
- L’exploitation piscioole des eaux douces est bien loin encore de fournir à l’alimentation publique des ressources suffisamment importantes pour apporter un palliatif à la cherté de la viande et des autres denrées alimentaires.
- Il y a, en France, 176000 hectares d’eaux non courantes. On admet que les étangs qui peuvent se prêter à la production piscicole forment au moins les deux tiers de cet ensemble; leur superficie totale représente, à peu près, 120000 hectares, auxquels s’ajoutent les 4128 hectares d’étangs de l’Alsace et de la Lorraine.
- A l’heure actuelle, c’est la culture de la carpe qui offre, au double point de vue technique et économique, les plus grandes possibilités de rendements élevés, dans la pratique de la pisciculture en eaux fermées.
- Une exploitation d’étangs à carpes, conduite d’après les principes de la méthode de culture intensive, peut fournir, en moyenne, annuellement, par hectare, i5o à aoo kg de poisson de bonne vente, et même un rendement plus élevé. L’exploitation en céréales d’une superficie équivalente ne procurerait un bénéfice égal ou supérieur que dans les cas de bonnes terres et au prix d’une main-d’œuvre plus soutenue..
- La carpiculture intensive doit permettre de tirer bon parti des surfaces actuellement en étangs, et de la création d’étangs sur des terres ingrates, d’un médiocre rendement.
- I. Bases de la carpiculture rationnelle. — Les méthodes de la carpiculture rationnelle sont basées sur deux opérations fondamentales :
- i° Peuplement des étangs avec des alevins de races, sélectionnées, bien en chair et à croissance rapide;
- 20 Alimentation très substantielle, soit naturelle, soit artificielle, des carpes, pour en activer la croissance.
- Il y a une technique aquicole, qui permet d’obtenir des résultats de beaucoup supérieurs à ceux que l’on obtient communément, c’est-à-dire des rendements élevés, réalisés dans des conditions économiques et, par suite, sûrement rémunératrices.
- Les étangs des régions de plaine et de moyenne altitude, qui sont de beaucoup les plus nombreux, offrent toutes facilités à la pratique de la pisciculture. Leur superficie respective varie de plusieurs hectares à plusieurs dizaines d’hectares; pour plusieurs d’entre eux, elle dépasse même la centaine. Les meilleurs rendements sont souvent donnés par les étangs de superficie moyenne, comprise entre 10 et 3o hectares.
- Quelle que soit la superficie, la profondeur d’eau ne doit guère dépasser 3 ou 4 m. La profondeur de 1 à 2 m. est la plus favorable, les poissons ont alors suffisamment d’espace pour se mouvoir et l’épaisseur de la couche d’eau n’est point telle que celle-ci ne puisse s'échauffer facilement pendant les beaux jours, de manière à favoriser la vie des carpes, comme celle des êtres dont ces poissons se nourrissent.
- IL Règles de l'élevage méthodique, — Dans ses Instructions générales sur l'élevage de la carpe en étang, le professeur Roule précise les conditions d’un élevage régulier, se substituant à la pratique qui consiste à effectuer la pêche sans régularité de période, puis à remettre immédiatement l’étang en eau, à le réempoissonner avec le fretin prélevé sur les étangs voisins, et à laisser les choses en l'état jusqu’à la pêche suivante, sans se préoccuper de la ponte ni de l’alevinage.
- L’élevage régulier comporte plusieurs séries d’opérations périodiques distinctes, chacune ayant lieu dans un étang spécial. La plus-value obtenue, en procédant ainsi, procure un bénéfice notable, malgré les dépenses plus grandes d’entretien et de main-d’œuvre.
- Une exploitation complète de carpiculture comprend plusieurs pièces d’eau; chacune d’elles est affectée à des sujets d’un âge déterminé. On transporte ces sujets d’un étang dans un autre, selon les besoins de leur croissance. Les pièces d’eau les plus vastes sont réservées aux carpes à livrer à la vente, et les plus petites aux alevins (étangs d’alevinage).
- L’industrie de l’alevinage de la carpe est à développer en France; elle peut donner des bénéfices notables et contribuer pour beaucoup à la production intensive de la carpe, qui est, essentiellement, poisson d’étang.
- A égalité de conditions, c’est la carpe qui, parmi les espèces susceptibles de prospérer en étang, croît le plus rapidement, montre la plus grande rusticité et utilise le mieux, pour sa croissance, les matériaux à sa portée. Elle est, dans le bétail aquaticjue, vivant en eaux douces, l’équivalent du porc dans le bétail terrestre. Dans un étang soumis à l’élevage, les autres espèces détruisent plus que leur vente ne rapportera après la pêche. Ces espèces, étant carnivores, attaquent les carpes ou les êtres dont celles-ci se nourrissent et, par là, diminuent le rendement possible.
- Les races de carpes sélectionnées. — Les races ordinaires et communes des carpes de nos étangs exigent, en moyenne, quatre étés, faisant un total de trois ans et demi environ, avec les périodes intercalaires d’hibernation, pour atteindre la taille marchande habituelle qui correspond à un poids compris entre 1 et 2 kilogrammes.
- Par contre, il est des races sélectionnées améliorées, comme la carpe-miroir et la carpe-cuir, dont la croissance, plus rapide, leur fait gagner une année sur la carpe commune. Elles atteignent la taille marchande en trois étés, et même un poids de 3 à 4 kg, si on les conserve pendant un ou deux étés supplémentaires.
- Ces races précoces, à croissance rapide, se distinguent par leur corps mieux en chair, et par leur squelette plus gracile. On a réussi à les sélectionner et à les faire multiplier avec pureté.
- La carpiculture intensive, en raison des avantages qu’elle y trouve, doit donc s’adresser à ces races choisies, sélectionnées, améliorées, plutôt qu'au type de carpe commune.
- L’exploitation des races sélectionnées se justifie chez la carpe, absolument comme dans l’élevage du bétail et de la volaille. Les avantages sont du même ordre. Les carpes qui existent en France, soumises au même système de sélection que celles de l'Europe Centrale, peuvent constituer aussi des races de choix qui, étant indigènes, donneraient sans doute un meilleur rendement que les sujets importés.
- A l’instigation de M. le professeur Roule, cette question a été étudiée à la station expérimentale de carpiculture créée dans la Brenne (Indre). On a constaté que la croissance des races sélectionnées était sensiblement plus forte que celle des carpes ordinaires, l'emportant* à égalité d'âge, d’un tiers à un quart en sus. Dans l’amélioration apportée à l’élevage, le bénéfice n’est pas allé seulement aux races sélectionnées ; les carpes ordinaires, mises à côté d'elles, pour servir de témoins, en ont profité également. Elles ont montré une supériorité notable sur les carpes vulgaires des autres étangs de la région, indication qui prouve qu’avec une méthode d’amélioration bien appropriée aux races et au milieu dans lequel elles vivent, on peut obtenir des résultats meilleurs, augmenter le rendement, et, par suite, le bénéfice.
- Les carpes à croissance rapide, de Bohême, Fran-conie, Galicie, Silésie ont été importées en France par des pisciculteurs pratiquant l’élevage intensif. Ce sont, notamment : la Carpe de Lausitz, à écaillure complète, tronc trapu en avant, tête petite; les carpes à écaillure incomplète : Carpe miroir, dont le type le plus estimé est la carpe de Galicie; Carpe cuir, qui n’a que quelques écailles à la base des nageoires, les téguments sont dénudés, épaissis et ont la consistance du cuir; les types les plus estimés sont la Carpe de Wittingau et la Carpe d’Aischgrund, très bossue et à tête petite.
- Dans les étangs où l’on distribue une nourriture complémentaire, il suffit de deux années et demie, depuis l’éclosion, pour réaliser, en élevage intensif, la taille marchande, avec la carpe cuir, tandis qu’il faut quatre ans et demi pour atteindre ce même résultat avec la carpe commune. La carpe cuir présente d’incontestables avantages, en raison de la finesse de son squelette, de la délicatesse de sa chair et du manque d’écailles, qui donne une supériorité de poids de 200 à uào gr. ; c’est-à-dire une plus grande valeur marchande.
- III. Les phases de l’élevage. — L’élevage de la carpe comprend trois périodes successives : les deux premières s’étendent sur deux années entières, comprenant la
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- ponte, l’alevinage du premier été, celui du deuxième été (de l’année qui suit celle de la ponte). La troisième période s’étend sur une ou deux années, c’est celle de l’élevage du troisième été et, éventuellement, du quatrième.
- Les deux premières périodes se passent dans des petits étangs dits « d’alevinage » ; la troisième dans les étangs plus grands, dits « de pêche réglée », « marchands » ou « d’embouche ».
- L’élevage entier de la carpe marchande se fait ainsi en 3 ou 4 ans.
- La carpe étant un poisson d’eau tiède, ne pond, n’assimile complètement et ne profite vraiment de la nourriture qu’à la condition que la température de l’eau soit égale ou supérieure à 20° C.
- Il faut une eau tranquille, la présence d’objets immergés capables de porter les œufs et un nombre de mâles supérieur à celui des femelles, pour assurer la fécondation. Choisir de grosses pondeuses, pesant 3 à 4 kg au moins, chacune donnera près d’un million d’œufs, dont l’incubation dure, en moyenne, 4 à 6 jours.
- Pendant le premier été, les alevins atteignent une longueur moyenne de 5 à 7 cm et un poids de 5o à 100 gr. On dispose d’un étang spécial, en assec pendant la mauvaise saison et mis en eau au printemps, 3 ou 4 semaines avant la ponte.
- Pendant l’hiver, on laboure, on applique une forte fumure, surtout dans les parties profondes, puis un çhaulage, à raison de a5o à 3oo kg de chaux par hectare, pour la formation du squelette. On sème des plantes de prairies sèches, qui seront fauchées quelques jours avant la mise en eau; ainsi, les alevins auront une alimentation naturelle abondante.
- Un étang préparé semblablement reçoit les alevins de deuxième été, à raison de 400 à 5oo sujets par hectare ou de 600 à 800 sujets lorsqu'on distribue une nourriture complémentaire, soit, en moyenne, i5oo à .2000 kg, par hectare, de tourteaux ou de graines grossièrement concassées et préalablement détrempées.
- Au début de l’automne, on pêche les alevins pour les lâcher dans des bassins d’hivernage, ou, à défaut, directement dans les étangs dits ic d’embouche » ou <c de croissance marchande », dont la profondeur convenable doit être de a m. au maximum, et dont la préparation est semblable à celle des bassins d’alevinage. L’empoissonnement a lieu à raison de 5oo sujets environ par hectare.
- IV. L’alimentation des carpes. — La nourriture principale des carpes se compose de mollusques, larves d’insectes, etc., détritus organiques et aliments végétaux riches en substances féculentes.
- Pour obtenir une croissance satisfaisante, il faut donner aux carpes une alimentation convenable, aussi riche que possible, ceci par deux moyens :
- i° L’augmentation de l’alimentation naturelle;
- a0 Le nourrissage ou distribution d’une alimentation artificielle complémentaire.
- On augmente l’alimentation naturelle en préparant, par les façons suivantes, le fond pendant l’assec d’hiver : labourage, fumure abondante surtout dans les parties profondes, çhaulage (200 à 3oo kg de chaux par hectare), semis, dès l’automne, de plantes de prairies sèches, à faucher quelques jours avant la mise en eau au début du printemps.
- Gomme alimentation complémentaire, si besoin est, on distribue, durant l’été, aux mêmes heures, et à intervalles égaux d’un ou deux jours, des grains riches en matières azotées (lupin jaune, maïs, fèves, orge, seigle). Ces grains sont concassés, trempés dans de l’eau froide pendant 1 ou 2 jours. Pour les alevins, on distribue des grains plug finement broyés et pétris avec du sang d’abattoir. A défaut de grains, on emploie des farines de tourteaux, des farines de maïs, de riz, de lin, de soja, ou de la poudre de viande.
- L’aliment de nourrissage est donné sous forme de boulettes ou de petits tas, déposés dans de grandes balances et toujours aux mêmes emplacements choisis.
- L’aliment naturel ne peut être remplacé, car, même à faible dose, il a la propriété de favoriser, chez les carpes, la sécrétion des sucs digestifs qui serviront à l’assimilation des aliments complémentaires.
- V. L’avenir de la carpiculture intensive. — La production intensive de la carpe doit être envisagée comme une industrie, au même titre que les industries mettant en œuvre les éléments dérivés de l’exploitation du sol.
- Par une technique raisonnée, appropriée, l’hectare d’étang doit être exploité comme l’hectare de terre cultivée (faucardage estival, cultures dérobées, fumure).
- L’élevage et l’engraissement de la carpe, pratiqués selon les règles zootechniques — appuyées sur la cyprinogénétique — constituent la branche de production du domaine aquicole qui, par son utilité économique générale, offre, aux intérêts publics et privés, les avantages les plus considérables. Henri Blin.
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- LA PURIFICATION SPONTANÉE DE L’EAU DE BOISSON
- Les germes qui souillent accidentellement les .eaux de boisson ont une propriété très particulière, d’ailleurs incontestée, mais le plus souvent oubliée : ils meurent spontanément au bout d’un temps généralement très court. En dehors de l’organisme des malades proprement dits ou des porteurs de germes ayant les apparences de la santé, les microbes, causes de nos maladies communes, vivent peu, infiniment moins qu’on ne le croyait autrefois. Cela est vrai notamment des germes pathogènes qui sont véhiculés par l’eau comme le bacille d’Eberth qui provoque la fièvre typhoïde et pour lequel l’eau pure, sans goût ni saveur, contenant moins, de 2 milligrammes de matière organique par litre, constitue-un milieu de culture déplorable.
- Le fait qu’une riyière se purifie rapidement après avoir traversé une ville n’est due que pour une part à la puissance antiseptique des rayons solaires ou à l’action du bactériophage d’Hérelle. Il est .d’ailleurs incontestable et admis par tous les hygiénistes ; Guillerd, Cour-mont et Rochaix, Houston, etc. Ce dernier auteur a montré que 8 jours suffisent pour purifier spontanément une eau polluée par le bacille d’Eberth,
- Dans ces conditions on devrait profiter plus souvent de cette purification spontanée qui, comme on va le voir, est susceptible de rendre de réels services et sur laquelle le Dr H.-F. Schaeffer a attiré l’attention dans
- plusieurs travaux très documentés (Rqvue cL’Hygiène, ig?3 et 193.5, Presse médicale içp.5),
- Cette purification spontanée de l’eau est d’abord utilisable pour les villes. Des réservoirs, réalisant les conditions naturelles d’un lac, à bords abrupts et préservés des. pollutions, réalisent d’excellents procédés d’alimentation en eau potable pour les grandes agglomérations, C’est d’ailleurs le procédé employé par la ville de Glascovv avec l’eau du Loch Ivathrine qui est consommée sans filtration.
- Il est vraisemblable qu’en France cette manière de faire pourrait être plus répandue qu’elle ne l’est, car elle simplifierait bien des problèmes d’édilité.
- Cette notjon a plus d’importance encore pour les petites agglomérations : villages ou habitations isolées. Pour les puits si souvent utilisés dans ces conditions, on admettait qu’une seule pollution les rend à peu près définitivement inutilisables.
- On saura désormais qu'il en est tout autrement, qu’une semaine ou au plus un mois sans pollution suffit à les purifier entièrement. C’est là une notion dont bénéficieront tous ceux qui habitent loin des canalisations d’eau.
- Pour les périodes de grandes pluies où les infiltrations sont à craindre et pour les séjours au bord de la mer où les infiltrations sont continuelles, on saura éga-
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- lement qu’en conservant l’eau dans des réservoirs, dans des barriques ou dans des bouteilles un temps suffisant, on est sûr d’avoir de l’eau ne présentant aucun danger.
- Certes, cette manière de faire ne doit pas détrôner les autres procédés chimiques ou physiques : chlore, ozone, permanganate, filtration, rayons ultra-violets, ébullition, procédés dont il a été longuement question ici même
- [La Nature, n° 2720) et qui conservent toute leur valeur. Néanmoins l’épuration spontanée garde ces supériorités incontestables qu’elle est d’application simple, tout en conservant à l’eau son goût et qu elle n’utilise aucune de ces drogues vis-à-vis desquelles les âmes simples font toujours des difficultés exagerees sans doute. Mais l’important est d’amener à consommer de l’eau aussi peu polluée que possible. D’ P.-E. Morhardt.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nouvelle machine frigorifique à vapeur d’eau : S. C. A. M., 10, place Edouard-Vll, Paris.
- Réponses. — M. Vingénieur F. Anderheggen, à Turin. — Nous avons communiqué votre carte à notre collaborateur qui a traité la question du Rayon Vert dans cette revue. Les observations que vous avez faites « d’un rayon vert, souvent visible, toujours sous un rayon rouge, pendant plusieurs minutes »,ne doivent pas se rapporter au véritable phénomène connu sous le nom du Rayon Vert. Mais, pour mieux approfondir cette question, nous vous conseillons de nous adresser une description plus complète des apparences que vous avez observées.
- Musée de Melle-lez-Gand. — Pour conserver des ossements fossiles, on les enduit de blanc de [baleine très chaud, fondu. La matière en ébullition pénètre dans les pores de l’os et le consolide. Les procédés à la gélatine ou à la colle forte, parfois recommandés, sont moins sûrs. Pour les pièces fendillées, efflorescentes, on peut, après séchage, les enrober de silicate en les plongeant de 1 à 24 heures selon leur grosseur dans un bain de moitié silicate de soude ou silicate de potasse et moitié eau.
- M. A. V., Roumanie. — Le livre le plus complet sur le maïs est Maize its history, cultivation, handling and uses, par Joseph Burth-Davy, Longmans, Green and Co, éditeurs, 3cj, Poternoster Row, London. Vous trouverez des études en français à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris, 6°.
- M. F. D., l’Hermitage. — La cuve à eau d’un appareil à projection s’échauffe et dégage des bulles de gaz, par suite de la diminution de solubilité des gaz dissous quand la température s’élève. Ces bulles adhèrent sur les parois et arrivent à diminuer fortement la transparence. On évite généralement leur adhérence en ajoutant à l'eau de la cuve quelques gouttes d’acide acétique. Il en faut très peu et l’expérience vous fixera.
- Mme C., Mont-Dore. — On diminue beaucoup l’odeur de la peinture fraîche dans une pièce en plaçant au milieu un corps absorbant, par exemple, une assiette de charbon de bois ou une corbeille de mie de pain.
- M. E. M., Haïti. — Constructeurs d’appareils à carboniser le bois en forêt, ayant pris part au récent concours de la forêt de Sénart : MM. Magnein, 10, rue Bray, Paris; Trihan, à Saint-Saens (Seine-Inférieure); Delhommeau, à Clere (Indre-et-Loire); Rocher, 11, avenue Saint-Foy, Neuilly-sur-Seine (Seine) ; Frey, à Rilly-la-Montagne (Marne); Krug, 11, rue Arsène-Houssaye, Paris; Laurent, 10, rue d’Alger, Paris; Capitaine Serin, « la Soie Rabot », 6, place des Petits-Pères, Paris ; Tremblay, 25-27, rue Pigalle, Paris ; La Bûcheronne (Société générale de machines agricoles), 44, rue du Louvre, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Les gazogènes, par le Dr R. Trenkler, traduit de l’allemand par H. Besson, i vol. in-8° raisin, 398 p., 155 fig. Editeur ; Payot, Paris, 1926. Prix : 5o francs.
- Il s’agit dans cet ouvrage des gazogènes, destinés à gazéifier les combustibles solides, en vue de produire un gaz propre à l’alimentation de moteurs à explosion. On sait que ç’est là un des moyens les plus économiques de produire de la force motrice ; mais la pierre d achoppe ment est la qualité du combustible; les inventeurs se sont heurtés à de grandes difficultés pour l’emploi des charbons bitumineux ou cendreux au gazogène. M. Trenkler, après un exposé théorique des conditions chimiques qui régissent la gazéification des combustibles, et une étude générale du fonctionnement des gazogènes, passe en revue méthodiquement les divers modes de construction imaginés pour les appareils ; il expose les règles qui président à l’installation des gazogènes; il étudie à fond la question de l’épuration des gaz de gazogène et de la récupération des sous-produits. Il termine en indiquant les règles de conduite d’une installation à gazogène. Ouvrage de solide documentation technique qui sera utile aux ingénieurs et aux inventeurs ; ces derniers y trouveront notamment une analyse des brevets, précieuse pour éviter les réinventions!
- Cours de moteurs à combustion interne. Livre I (puissance fournie par le combustible) par M. Lacoin. 1 vol. 338 p., 87 fig., 6e éd. Editeur, Léon Eyrolles. Paris 1926, Prix ; z5 francs.
- L’éloge du cours de moteurs de M. Lacoin n’est plus à faire ; à des qualités pédagogiques de premier ordre, ainsi qu’à une documentation très sûre, il joint des aperçus personnels souvent très originaux qui forcent l’attention et méritent toujours réflexion. Voici la 6° édition de cet excellent ouvrage. Le premier volume est consacré au rappel des notions dé thermodynamique et de,chimie indispensables, à l’étude des combustibles utilisés dans les moteurs, à la description de gazogènes. Puis il étudie en détail les phénomènes composant les cycles : admission, compression, combustion, explosion sous pression, détonation, détente de gaz, échappement; il indique les enseignements que l’on doit tirer de la lecture d’un diagramme, examine les questions relatives au réglage du moteur, notamment la variation de puissance avec l’altitude et le problème de suralimentation ; il montre enfin comment on mesure la puissance d’un moteur.
- Vingt leçons pratiques sur les courants alternatifs, par E. Nicolas (3° édition). 1 vol. 278 p., 269 fig. Editeur Vuibert, Paris, 1926.
- Cet ouvrage élémentaire est depuis longtemps apprécié pour la clarté de sa rédaction et pour son caractère pédagogique. Il est consacré aux généralités élémentaires sur les courants alternatifs, à l’explication du fonctionnement des alternateurs, aux mesures spéciales au courant alternatif, aux transformateurs, aux moteurs synchrones et asynchrones, enfin aux principales applications du courant : traction, éclai-
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- BIBLIOGRAPHIE
- rage, transport de force. La dernière leçon traite des moteurs-générateurs, commutatrices et redresseurs.
- Cours Élémentaire de Télégraphie et Téléphonie sans fil, par M. Veaux. Livre Ier. i vol. 3go p., 324 ,fig-L. Ëyrolles, éditeur. Paris, 1926. Prix : 3o francs.
- C'est un cours complet de T. S. F., à la fois théorique et pratique, destiné aux constructeurs, aux exploitants et aux amateurs. Le volume qui vient de paraître est consacré à l’étude théorique des phénomènes mis en jeu dans les appareils récepteurs et émetteurs. Il débute par un rappel sommaire des notions générales d’électricité; il explique ensuite ce que sont les oscillations électriques, et les couplages de circuits ; il étudie la propagation des courants élee triques sur fils, puis celle des ondes électromagnétiques et le rayonnement des antennes.
- A cêttè étude succède celles de l’émission des ondes amorties, du détecteur, de l’écouteur téléphonique ; puis l’auléUr passe en revue les divers montages de réception à galène, en en faisant ressortir les caractéristiques théoriques ; il passe ensuite à l’étude physique approfondie des lampes à trois électrodes, amplificatrices ou détectrices, génératrices 'd’ondes entretenues, et à celle des montages qui utilisent ces lampes. Chaque chapitre est accompagné de nombreux exercices, qui constituent d’excellents exemples d’applications des théories exposées et entraînent le lecteur à la pratique des calculs usuels en T. S. F,
- Le sel, ses usages agricoles, par E. Marre, i broch. in-16, 47 p. Collection des Petits Manuels des Syndicats agricoles, n° 138, de la Bibliothèque Vermorel. Librairie agricole du Progrès agricole et viticole à Villefranche (Rhône); Librairie agricole de la Maison Rustique, à Paris, et chez l’auteur, à Rodez. Prix -,
- 1 fr. 5o.
- En quelques pages, l’auteur a condensé ce que chaque cultivateur doit connaître des principaux usages du sel dans l’alimentation des animaux et pour la destruction des mauvaises herbes.
- The Vppermost Régions of the Earth’s Atmosphère, par G. M. B. Dobson. i brochure, 22 p., 3 fig. Clarendon Press, Oxford, 1926.
- Conférence de vulgarisation, dans laquelle l’auteur résume ce que l’on sait actuellement de la haute atmosphère. Il insiste surtout sur les renseignements apportés par l’étude des météores, qui révèlent aux altitudes supérieures à 60 km l’existence d’une couche d’atmosphère, raréfiée, mais à température élevée, comparable à celle qui règne au sol. Ce phénomène, en apparence paradoxal, s’explique par la formation à ces altitudes d’une certaine proportion d’ozone, qui s’échauffe en absorbant les rayons ultraviolets du soleil.
- Man and Weather, by Al. Mac. Adee. i vol. 98 p., 18 fig. Editeurs : Harvard University Press, Cambridge (Etats-Unis) et Oxford University Press, Londres (Angleterre), 1926.
- Recueil d’aimables conférences de vulgarisation sur la météorologie. L’auteur dit l’importance dé la météorologie dans les branches essentielles de l’activité humaine en temps de guerre comme en temps de paix; puis il donne quelques notions sur la structure de l’atmosphère, sur les nuages, sur l’éclair et sùr les prévisions du temps.
- Zum Klirna der Türkei — Rie Témperaturverhdlthisse der Türkei. Der Sciroeeo, von D' Peregrin Zistller.
- 1 vol. 181 p,, 56 fig. et 7 tableaux. Geophysikâlisches Institut der Universitàt Leipzig. Leipzig. 1926.
- Pendant la grande guerre, l’Allemagne aida la Turquie, son alliée, à organiser ses ai'mées d’une façon moderne; elle fut ainsi amenée à créer de toutes pièces én Turquie un service météorologique assez étendu. Les résultats des observations faites de ï915 à 1918 par les météorologues allemands sont aujourd’hui groupés et publiés par les soins du Dr Weick-i mann de l’Institut géophysique de Leipzig; ils apportent une contribution précieuse à nos connaissances
- climatologiques et météorologiques de l’Asie Mineure restées autrefois bien fragmentaires. Le présent volume rédigé par le Dr Peregrin Zistler comprend deux parties : la première résume les données climatologiques, plus particulièrement celles qui concernent la température des diverses régions de l’Asie Mineure et cherche à en dégager les traits essentiels du climat. La seconde partie est une intéressante monographie consacrée au sirocco, et aux conditions d’apparition de ce vent redoutable.
- Die Klimate der geologischen Vorzeit, par Wladimir Kôppen et Alfred Wegener, i vol. in-8., 256 p., 41 fig., 1 pi. Gebrüder Borntraeger, Berlin. Prix : ii,25 marks.
- Le livre de MM. Wladimir Koppen et Alfred Wregener synthétise la documentation acquise sur l’évolution des climats à la surface du globe au cours des temps géologiques : il la fait heureusement rentrer dans le cadre des théories vvegenériennes, auxquelles elle apporte peut-être son plus ferme soutien. De nombreuses cartes donnent une forme concrète à cette vue d’ensemble de paléo-climatologie, présentée ainsi sous un jour bien nouveau.
- Die natarlichen Pflanzenfamilien, par A. Engler, 20 édition revue et augmentée. BdxIVa. Angiospermae, par A. Engler. 1 vol. in-8, 167 p., ia5 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix : 11 marks, relié 17 marks,
- Nous avons déjà dit à diverses reprises l’excellence de ce grand traité. Le présent fascicule est consacré à la biologie de la reproduction des Angiospermes : fleurs, pollen, ovule, fécondation, fruit, graine, germination, et aux principes de la classification en familles, basée sur la complexité progressive des principaux caractères et organes.
- Apiculture pratique aux colonies tropicales, par Paul Hermann. i vol. in-16, 80 p., fig. Chez l’auteur, les Avirons, La Réunion.
- Entre une préfacé qui nous apprend la passion de l’auteur pour les abeilles et une postface, causerie de l’auteur devant l’Académie de La Réunion dont il est membre, rappelant l’histoire des abeilles dans Cette île, ce manuel d’apiculture tropicale indique les particularités de cet élevage colonial et donne les indications nécessaires pour créer partout une agréable ressource.
- Grundriss der altgemeinen Zoologie fur Studierende, par le Dr Alfred Kuhn, 2e édition revue et augmentée, 261 p., 205 fig. Georg Thieme, Leipzig. Prix : i3,2o marks; relié i5 marks.
- Manuel élémentaire de zoologie générale rédigé parle professeur de l’Université de Gottingen à l’usage des débutants, se destinant aux sciences naturelles où à la médecine. Il est forcément très sommaire, mais donne une bonne idée d’ensemble du règne animal. L’auteur passe d’abord en revue les groupes, depuis les Protozoaires jusqu’aux mammifères, en signalant leurs plans d’organisation particuliers, puis il décrit les organes des principales fonctions en esquissant leurs aspects différents dans chaque groupe. Il termine par l’exposé des problèmes du développement. D’excellentes figures schématiques agrémentent le texte.
- Au Maroc. Sous les ordres de Lyâuter, par . Réné Vanlande. i vol. 222 p. J. Peyronnet ét Cie, éditeurs. Paris, 1926. Prix : 9 francs.
- Souvenirs delà grande épopée marocaine, de 1912 aux jours tragiques de 1914; l’auteur y a pris part comme jeune officier du Génie. Il en a rapporté des impressions vives, des descriptions précises et. des sentiments d’admirâtion aussi ardents que justifiés, pour le grand animateur de cette période héroïque, le maréchal Lyaùtey.
- La prédiction de l’avenir, par P.-È. Cornillier, i vol. in-16, 110 p., Félix Alcan. Paris. Prix : 9 francs.
- Singulière théorie sur la prédiction de l’avénir par des intelligences <( astrales », qtte l'auteur entend appuyer par ses observations !
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2729
- 24 Juillet 1926.
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- INFORMATIONS
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- La langue française et la téléphonie internationale.
- — Le traité de Versailles, on le sait, a porté un coup redoutable à notre langue, qui jusque-là avait été la seule langue diplomatique internationale. Enregistrons donc avec plaisir un succès de la langue française dans le domaine technique international. La conférence télégraphique internationale tenue à Paris, en 1926, et dont M. Broin donne le compte rendu dans les Annales des P. T. T., a eu à étudier les mesures destinées à faciliter le trafic téléphonique international; celui-ci nécessite l’échange d’indications et de conversations entre les opératrices des bureaux têtes de ligne du circuit international. De graves difficultés naissaient du fait qu’aucun règlement ne spécifiait en quelle langue devaient obligatoirement être tenues ces conversations. Afin d’y remédier, la Conférence de Paris a édicté que, pour la préparation, l’établissement et la rupture des communications, la langue française serait utilisée entre administrations de langues différentes, à moins d’accords particuliers entre elles pour l’emploi d’autres langues.
- Le charbon iodé en thérapeutique. — M. Hubert, directeur de La Littorale de Béziers, publie dans le Moniteur Scientifique Quesneville de mai 1926 le résultat de ses recherches sur un nouveau mode d’application de l'iode dans la thérapeutique de chaque jour.
- Chacun sait que la teinture d’iode s’acidifie progressivement et devient caustique au bout de plusieurs mois. On admet que ceci est dû à l’action de l’iode sur l’alcool éthylique, qui donne de l’acide iodhydrique irritant pour les- muqueuses.
- On remédie généralement à cet inconvénient en ajoutant à l’iode de l’iodure de potassium, ou même en préparant des comprimés d’iode et d’iodure de potassium que l’on dissout dans l’alcool, seulement au moment de l'emploi.
- M. le Dr Hubert est arrivé à faire absorber à certains charbons activés pour l’œnologie trois fois leur poids d’iode et même, dit-il, plus encore. On obtient ainsi des grains de charbon iodé sans odeur, qu’il suffit de mettre en contact avec l’alcool au moment de l’emploi, la dissolution est immédiate. On peut aussi appliquer le charbon iodé sur la peau préalablement humectée d’eau distillée.
- Actuellement on réussit, avec ce charbon igdé,à pratiquer une désinfection intestinale, la désinfection de l’eau, etc. La chose valait d’être signalée.
- Albert Hutin.
- Le rôle de l’hérédité dans la tuberculose. — Le
- Bulletin de la statistique générale de la France analyse une intéressante étude de M. G.-J. Drolet, statisticien de l’Association contre la tuberculose de New York, dans laquelle il a réuni l’observation de y5oo personnes environ, comprenant non seulement les malades venus à l’hôpital Bellevue, dans l’est de New York, mais aussi leurs familles et notamment les parents des enfants suspects examinés par divers médecins pendant 5 ans consécutifs.
- 1695 enfants ont été soumis à la réaction à la tuberculine, dont ia34 avaient au moins un parent tuberculeux. 64 pour 100 ont eu une réaction positive, tandis qu’on en comptait 66 pour 100 parmi les enfants de parents sains.
- Dans 5294 examens cliniques, 3o pour 100 de non tuberculeux avaient des parents tuberculeux et 14 pour îoo de tuberculeux avaient cette maladie à la deuxième génération.
- Ces constatations, rapprochées de celles de M. Dublin, à la Metropolitan Life Insurance, tendent éprouver que la tuberculose n’est pas héréditaire et même qu’une atteinte des parents immunise relativement les enfants.
- Le même fait se retrouve au point de vue de la curabilité : 16 pour 100 des malades améliorés ou guéris avaient une hérédité tuberculeuse et 7 pour 100 seulement avaient des parents sains.
- Cette immunité expliquerait la décroissance générale de la mortalité tuberculeuse dans les divers pays et la mortalité plus faible des citadins que des ruraux.
- Ce serait là une notion intéressante, et généralement méconnue.
- Les extraits pancréatiques et la tannerie. —
- Le rapport de 1925 du Service des Inspections des Etablissements classés de la Seine signale une nouvelle industrie. Un atelier s'est installé à Boulogne-sur-Seine où l’on prépare, additionnés d’antiseptiques faibles, des extraits pancréatiques au moyen d’organes frais. Ces extraits sont destinés à l’industrie de la peau. Ils ont pour but de remplacer les confits, les pélains généralement utilisés. Ils agissent par leurs ferments protéolytiques sur les éléments de la peau d’origine ectoder-mique (poils, fibres élastiques) et ne touchent pas aux tissus collagènes, si sensibles au chaulage ordinairement pratiqué. Cette nouvelle industrie, très intéressante si elle se généralise, permettra dans l’industrie du travail des peaux la disparition de manipulations et d’installations qui présentent, au point de vue hygiénique notamment, de sérieux inconvénients.
- Le collage des vins à l’aide des colles de poissons.
- — Le collage s’effectue en général avec des colles provenant des espèces suivantes : esturgeon (Acipenser Guldenstedtii), grand esturgeon (Acipenser huso), silure (Silurus glanisj, carpe (Cyprinus carpio). La production des colles de ces espèces est très développée en Russie, et M. Stcherbakoff, professeur d’œnologie de l’Institut des cultures intensives de Crimée, vient de publier une étude sur les propriétés comparées des diverses colles de Russie. (Revue de Viticulture, 3 juin.)
- Il signale en outre que l’on importe aussi à présent de la Chine des colles extraites des espèces Sciena lu-cida, Otholius maculatus, Anguilla pexinensis.
- L’auteur s’est livré à des essais comparatifs sur la valeur des colles différentes espèces de Russie.
- Il a fait les importantes remarques qui suivent.
- Le dépôt de la colle de silure se forme rapidement, en gros flocons, tandis que la colle d’esturgeon cependant préférée, puisqu’elle est cotée un prix beaucoup plus élevé dans le commerce, donne des flocons très fins se déposant très lentement et que le plus léger mouvement remet en suspension pour longtemps.
- D’autre part, les colles blanchies (à l’anhydride sulfureux) donnent avec l’eau un liquide sirupeux et non une gelée épaisse comme celles qui n’ont pas été soumises à ce traitement.
- De toutes façons il constate que la puissance d’action des colles de poissons et la consistance du dépôt qu’elles donnent n’atteignent pas celles de la gélatine ou des blancs d’œufs.
- Il conclut à l’intérêt pratique et économique de l’emploi de la colle de silure ou bien de celle d’esturgeon.
- Résultats d’expériences comparatives sur la conservation des pommes et des poires. — Au Danemark, à Blangsted, on a fait, en 1925, des expériences comparatives sur l'emmagasinage des pommes et des poires, d’une part dans un fruitier ordinaire et d’autre part dans des locaux refroidis, respectivement, aux températures de o°, — i°,5, — 2°,5, — 3° — 4°,5 C.
- Une autre série d’expériences eut lieu de conservation au fruitier, comparativement avec celle dans des locaux refroidis et, respectivement : a) non aérés; b) aérés; c) avec introduction d’ozone.
- Les résultats donnèrent lieu aux observations suivantes. :
- La faculté de conservation des fruits varie d’une année à l’autre. Les pommes et les poires se conservent mieux dans des milieux refroidis qu’en fruitier.
- En hiver, les fruits enlevés de la chambre réfrigérante se conservent frais, au moins pendant deux semaines, sauf la variété dite Nouveau Poiteau, dont le cœur a été atteint par la pourriture.
- Le goût de la pomme ne semble pas modifié par la température et par la durée de l’emmagasinage.
- Les poires cueillies avant maturité n’acquièrent pas un bon goût en mûrissant à basse température.
- L’aération, en donnant accès à l’air extérieur, ou par
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- introduction d’ozone, ne semble pas accroître la faculté de conservation du fruit.
- Les fruits avariés ne se conservent pas aussi bien que les fruits sains.
- L’enveloppement du fruit dans du papier de soie ne paraît pas-avoir un effet protecteur, mais augmente la beauté du fruit, généralement.
- La tourbe séchée et pulvérisée, employée pour empaqueter les fruits, a augmenté d’un mois et plus leur faculté de conservation.
- Enfin, on a constaté que les fruits volumineux d’un même arbre, ne se conservent pas aussi bien que les fruits petits.
- Ces résultats conduisent donc à d’utiles indications pratiques. Henri Blin.
- La population de la Serbie-Croatie-Slovénie. — Le
- dernier recensement de ce nouveau pays a été effectué le 3i janvier 1921.
- Le Bulletin de la statistique générale de la France vient d’en analyser les résultals.
- Le nouveau royaume couvre 248 987 kilomètres carrés et compte 12 017 323 habitants.
- La densité moyenne est de 48 habitants par km2; elle descend à 21 au Monténégro et atteint 70 dans le Banat.
- On estime que par rapport à 1910, la population a diminué de 5oo 000 habitants, soit 5 pour 100; la diminution est importante surtout au Monténégro (16,2 pour 100), en Serbie (11,8 pour 100) et en Bosnie-Herzégovine (2,2 pour 100) ; elle est due aux ravages de la guerre.
- Le Royaume comprenait en 1921, 9970000 habitants parlant la langue serbe, croate ou slovène. Les Serbes-Croates-Slovènes ont la majorité absolue dans toutes les provinces, sauf le Banat; dans cette dernière, quoique formant le groupe le plus nombreux, ils ne représentent que 38 pour 100 de l’ensemble. Les groupes linguistiques les plus importants sont ensuite les Allemands (518 000), les Hongrois (472000), les Albanais (440000), les Roumains (280 000), les Turcs (i5oooo). Au point de vue des religions, la population comprend 5 602000 orthodoxes, 4 7o5ooo catholiques romains, 1 338 000 musulmans, 217000 protestants, 64000 Juifs et42000 catholiques grecs. >
- L’exportation des bois de Suède. — Cette exportation bien connue est toujours très active. En 1925 les quantités exportées sont presque égales à celles de igi3. Yoici les nombres. Les quantités exportées sont exprimées en standards (environ 5 m3) (Echo forestier, i5 avril).
- igi3, 1182000; 1923, 971000; 1924, 976000; 1925, 1 101800.
- Yoici la proportion des bois pour les diverses destinations :
- Grande-Bretagne. . . . • 37,8 °/0
- Pays-Bas . . 12,1 —
- France . . 10,0 —
- Espagne
- Danemark 8,1 —
- Allemagne . . 5,2 —
- Belgique • • 4>8 —
- Union Sud-Africaine . . 3,5 -
- Navires marchands lancés en 1925. — Les statistiques concernant les cbnstructions navales des différents pays ont été publiées par le Lloyds Register of Shipping.
- Dans le classement par ordre d’importance de ces constructions navales ën 1925, la France est au sixième rang. Avant elle se placent la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, les Etats-Unis, la Hollande. Dans les statistiques figurent les navires de plus de 100 tonneaux. Il a été lancé en France ; 25 vapeurs donnant 5oooo tonnes et 7 navires à moteurs de 25 000 t.
- Dans le monde en 1924 on comptait 5ooooo tonnes de motorships, on en compte plus de. 840 000 en ig^5.
- M. Auguste Dupouy qui commente dans la Revue de France, du i5 avril, la situation actuelle, après avoir constaté l’activité de l’Allemagne et de l’Italie, reconnaît que notre marine marchande française dispose d’un million de tonnes de plus qu’en xgi4-
- Nouvelles de T. S. T. ^
- Le salon de T. S. F. de 1926. — Le 3e salon de la T. S. F. organisé par le Syndicat professionnel des Industries radioélectriques aura lieu au Grand Palais, à Paris, du 23 au 3i octobre prochain. Cette manifestation sera donc organisée en même temps que le Salon de l’Automobile et cette circonstance ne peut qu’accroître son intérêt et le nombre des visiteurs. On annonce dès à présent que i5o adhésions de constructeurs ont été recueillies.
- Les transmissions commerciales et les ondes courtes. — Il semble bien que désormais les ondes courtes et très courtes puissent être employées pour réaliser un trafic commercial régulier. On compte actuellement aux Etats-Unis sept stations qui travaillent sur ondes courtes avec une puissance de l’ordre de 20 kilowatts. Ces stations sont : Springfield (5o mètres); Rocky Point (51 m. 5o et 18 mètres) ; Pittsburgh (58 et 79 mètres); New Brunswick (74 mètres); Kahuku (90 mètres) ; Bolinas (g5 mètres) ; Tuckerton (io3 mètres).
- Ajournement de la Conférence Internationale Radiotélégraphique. — Une conférence internationale de radiotélégraphie devait se tenir cette année à Washington ainsi que nous l’avons annoncé, Cette conférence a été retardée par suite de l’impossibilité de terminer à temps les travaux préliminaires.
- Le gouvernement américain en fera connaître la nouvelle date.
- Les émissions de la Tour Eiffel. — Les émissions radiophoniques de la Tour Eiffel viennent d’être récemment améliorées. Les harmoniques, si gênants pour les amateurs et qui empêchaient à Paris la réception des postes étrangers pour les malheureux auditeurs qui se trouvaient dans le voisinage de la Tour, ont été éliminées presque complètement.
- Un nouveau système de télémécanique sans fil. —
- La T. S. F. Moderne décrit un nouveau système de télémécanique sans fil inventé par deux ingénieurs argentins. Cet appareil permet de commander à distance une machine ou une série de machines avec une très grande sécurité. Il permet également de réaliser un système d'appel automatique entre des stations de télégraphie ou de téléphonie sans fil de telle sorte que l’emploi d’un poste émetteur-jécepteur de téléphonie sans.fil deviendrait similaire à celui d’un poste de téléphonie automatique, avec cette différence que, dans le premier, le bureau central est supprimé, la communication étant établie 'directement de poste à poste.
- Le principe général du système consiste à moduler une onde porteuse entretenue à une fréquence suffisante pour être superaudible, c’est-à-dire au-dessus de l’échelle musicale perçue par l’oreille humaine.
- Ce système ne gêne donc en rien les autres systèmes de communication téléphonique puisque la fréquence est inaudible (d’après les inventeurs du moins).
- Si donc on dispose de relais sensibles correspondant chacun à une note superaudible et à cette note seulement, et si ces appareils sont reliés d’une manière convenable à un poste récepteur radioélectrique, on voit de suite que l’on pourra mettre en fonctionnement un appareil quelconque.
- L’appareil récepteur complet comporte : l’appareil récepteur radioélectrique ordinaire, un filtre super-phonique, un sélecteur et un mécanisme annulatif. Les relais sont montés en série, ce qui constitue un système d’enclanchement et de verrouillage, car un relais ne peut fonctionner que lorsque celui qui le précède a déjà fonctionné dans une limite de temps déterminée.
- L’appareil émetteur comprend un émetteur ordinaire, un oscillateur de modulation superaudible, un sélecteur et un mécanisme spécial actionnant ce sélecteur.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on actionne les curseurs d’uif clavier semblable à celui d’une machine à additionner, et on peut former n’importe quel nombre d’appels compris dans une série limite prévue, et correspondant soit simplement à l’appel du poste de réception, soit à la commande d’un appareil mécanique quelconque.
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- WD
- SCIENCE APPLIQUÉE
- QÉlt,
- OST
- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- Nous décrivons sous cette rubrique les idées nouvelles pratiques concernant Vautomobile, et tous les petits accessoires originaux qui servent à augmenter la facilité d'entretien ou de conduite, le confort des voitures modernes
- dont le nombre augmente si vite en France.
- Les volants souples. — L’amélioration de la suspension des véhicules automobiles et l’emploi des pneumatiques à faible pression et de grosse section, dits « Confort « ont beaucoup diminué la fatigue due aux cahots de la route, que ressentaient le conducteur ou les passagers au cours d’un long voyage.
- Dans les véhicules légers et rapides, ces perfectionnements n’ont cependant pas permis d’amortir toutes les trépidations communiquées au volant de direction par les vibrations du châssis, lorsque la voiture roule sur des routes en mauvais état ou sur des pavés.
- Ces vibrations peuvent fatiguer le conducteur ou, en tout cas, rendre la conduite très désagréable.
- Les volants souples qui atténuent cet inconvénient dans de très grandes proportions ont donc été très bien accueillis par les chauffeurs sportifs qui aiment à conduire vite des voitures légères, quel que soit l’état des routes.
- Ces volants souples (fig. i) ont simplement des branches à ressorts formés d’une ou plusieurs lames en acier flexible. Le cercle de commande est souvent recouvert d’une gaine en caoutchouc, afin que la ma-
- Fig. i. — Un modèle de volant souple qui diminue la fatigue du conducteur et atténue la gravité des blessures en cas d'accident.
- nœuvre soit plus aisée, et qu’aucun glissement des mains ne soit à craindre.
- Les servo-freins. — L’adoption presque universelle du freinage sur les quatre roues a constitué un progrès énorme dans la technique automobile. Ce dispositif permet, en effet, non seulement une circulation plus aisée dans les villes et une vitesse plus grande sur route avec une sécurité accrue, mais encore il diminue l’usure des pneus et de tous les organes du châssis.
- Les mâchoires de serrage des quatre roues qui viennent frotter sur les tambours en fonte ou en bronze ont généralement leurs cames commandées directement au moyen de tringles ou de câbles métalliques contrôlés parla pédale et le levier de serrage. Les freins sont, d’ailleurs, à réglage individuel ou équilibré par un palonnier.
- Cette solution simple a été seule adoptée pendant longtemps, elle convient, d’ailleurs, parfaitement pour les véhicules économiques de faible puissance.
- Lorsqu’il s’agit de voilures lourdes et très rapides, l’effort que l'on doit exercer sur la pédale pour un freinage efficace est relativement important, et il faut au conducteur une certaine habileté pour que le freinage soit effectué graduellement et aussi correctement que possible.
- Il y a donc déjà quelque te.mps que l’on a eu l’idée de réaliser des dispositifs mécaniques qui exerceraient la pression nécessaire sur les patins de freins à la place du conducteur; ce dernier n’aurait plus qu’à régler sans aucun effort le dispositif commandant le serrage.
- Il existe à l’heure actuelle deux systèmes généraux de servo-freins, les premiers utilisent pour le serrage la réaction mécanique d’un organe de l’automobile; les deuxièmes sont basés sur un effet d’aspiration ou de pression du moteur.
- Parmi les premiers, on peut citer le système employé sur les voitures Bignan qui était basé sur la réaction mécanique des segments d’un frein sur le différentiel pour obtenir le serrage des freins avant de la vioture.
- Fig. 2. — Frein Farman à self-serrage.
- Le serrage direct, par la pédale applique la première mâchoire sur le tambour et cette dernière entraînée par le tambour agit à sou tour sur la deuxième mâchoire.
- Dans d’autres systèmes, comme dans le frein Perrot-Bendix ou Farman (fig. 2), on agit directement surune des mâchoires du frein et c’est l’entraînement mécanique de cette première mâchoire qui commande le serrage de la deuxième ou même d’une troisième.
- Le freinage est ainsi beaucoup plus facile et plus progressif, et le dispositif est, en somme, extrêmement robuste et peu coûteux.
- Le système Dexvandre utilise la dépression produite dans un cylindre par l’aspiration du moteur (fig. 3).
- Un cylindre d’assez grand diamètre, dans lequel se meut un piston, est relié par un tuyau à la tubulure d’admission du moteur. Lorsque cette tubulure est ouverte, l’aspiration du moteur provoque une dépression dans le cylindre et le piston est attiré. Le piston est relié à la tige de commande des freins, et la pédale de commande ordinaire au pied règle l’ouverture de la tubulure d’admission, donc l’action du piston et le serrage des freins.
- En même temps, qu’elle commande le servo-frein, la pédale agit. également directement sur les mâchoires, de sorte que si le dispositif de commande automatique
- Aspiration ^_______
- du moteur --------- -------
- Commande de /' l'ouverture du tuyau d'aspiration
- ,r
- Tige du piston
- __activant la
- co/77 m a n de des freins
- Fig. 3. — Principe du frein Dexvandre à dépression. -
- ne fonctionnait plus, une commande directe serait toujours possible.
- Comment protéger la rotule d’un levier de changement de vitesses? — Dans les voitures modernes, le levier de changement de vitesse est presque toujours placé au-dessus de la boîte de vitesse, et la commande s’effectue par rotule (fig. 4)-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Il est difficile de conserver en bon état de propreté cette rotule et la base du levier, car des poussières de toutes sortes viennent souvent se mêler à la couche d’huile qui recouvre ces organes. Il est cependant facile
- Fig. /,. — Dans cette voiture moderne'(12 cv, Hotchkiss), le levier de changement de vitesses central est à rotule.
- de protéger efficacement cette rotule au moyen d’un petit dispositif très simple et peu coûteux. On prend une poire en caoutchouc d’un modèle servant aux trompes de ville et comportant des parois assez épaisses, et l’on coupe en deux la partie inférieure sphérique comme le montre la figure 5.
- 11 suffit ensuite de glisser cette poire par l’ouverture ordinaire supérieure à travers le levier de vitesse et de la faire descendre jusqu’à ce que sa partie inférieure recouvre complètement et efficacement la rotule (fîg. 6).
- Comment mettre en marche une voiture sans manivelle? — Avec les nouveaux dispositifs de démarrage électrique, il arrive souvent que l’on parte en excursion en oubliant la manivelle de mise en marche, et que l’on regrette infiniment cet oubli 's’il arrive jus-
- Fig. 5. — Poire en caoutchouc pour trompe d’automobile avec coupe en ÀB sur la partie hémisphérique.
- tement une fâcheuse panne au circuit du démarreur.
- Il est cependant possible de mettre en marche sans manivelle le moteur d’une automobile. Tout d’abord si l’on se trouve dans un endroit en pente, on se servira de la déclivité du sol pour mettre en marche la voiture, et ensuite le moteur.
- On met d’abord le levier de vitesse à la position prise directe, en appuyant sur la pédale de débrayage, puis on laisse la voiture prendre un peu d’élan, et l’on embraye progressivement le moteur en levant la pédale et en appuyant sur l’accélérateur.
- Mais ce moyen, ainsi que celui de la remorque également possible, est relativement rare, aussi, en général, peut-on conseiller d’élever la roue gauche au moyen d’un cric après avoir calé les autres roues, et placé le levier des vitesses en prise directe.
- En faisant tourner la roue, on mettra le moteur en marche, il faut prendre soin de débrayer rapidement afin de ne pas fatiguer les organes du différentiel.
- Levier
- vitesses
- Poire en caoutchouc coupés
- Pour empêcher l’eau de séjourner sur le pare-brise. — Il est extrêmement désagréable, surtout dans une conduite intérieure, d’avoir un pare-brise obscurci par la pluie.
- Si l’on ne veut pas se résoudre à acheter un essuie-glace, petit accessoire des plus utiles, on pourra atténuer cet .inconvénient en enduisant légèrement la
- glace, à l’aide d’une solution d’eau, de glycérine et de sel.
- Cette solution comprendra un tiers d’eau, deux tiers de glycérine et deux cuillerées de sel par litre d’eau.
- Rotule
- Fig. G. — Rotule d’un levier de vitesses recouvert d’une poire en caoutchouc dont on a coupé la base.
- Une pédale d’accélérateur à rouleaux. — Au
- contraire des autres pédales de commande, celle de l’accélérateur est constamment employée par le conducteur, il y a donc intérêt à étudier très soigneusement cet accessoire dont, en réalité, l’importance est assez grande, non seulement pour le bien-être du chauffeur, mais meme pour la conduite générale de la voiture.
- La pédale ordinaire glisse difficilement sous le pied, et peut donner, de ce fait, même avec un conducteur expérimenté, des à-coups désagréables et nuisibles, surtout si la route est mauvaise. De plus, au cours de longs voyages, la crispation continuelle du pied sur une pédale ordinaire entraîne souvent des crampes dans la jambe droite.
- La pédale d’accélérateur à rouleau montée sur certaines voitures semble atténuer ces inconvénients parce qu’elle diminue la fatigue du pied, et permet à celui-ci de prendre une position plus commode.
- Cette pédale n’étant encore montée que sur un petit nombre d’automobiles, un constructeur vient d’avoir l’idée de réaliser un petit accessoire qui se fixe sur
- Fig. 7. — Ce petit accessoire permet de transformer une pédale d’accélérateur quelconque en pédale à rouleaux, et de diminuer ainsi la fatigue du pied d’un conducteur. (Type A. P. P. A.)
- n’importe quelle pédale d’accélérateur et la transforme en pédale à rouleaux.
- L’appareil est très simple {fig. 7) ; il se fixe sur la pédale simplement au moyen de deux griffes M et M’ que l’on serre au moyen de la petite clef A.
- L. Picard.
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- LES PSYLLES OU CHARMEURS DE SERPENTS
- A propos des Psylles ou charmeurs de Serpents qu’on a pu voir, cette année, au village hindou campé dans le Jardin d Acclimatation, quelques personnes nous ont demandé de parler des charmeurs, car, entourés d’un certain mystère, ils excitent la curiosité du public.
- Le nom de Psylle — étendu à tout charmeur de serpents — vient d’une caste delà Lybie antique, caste qui s’occupait spécialement de charmer les serpents. Or, dans tous les pays où les Reptiles sont nombreux et dangereux, se rencontrent des charmeurs qui jonglent avec les serpents et prétendent détenir le secret de la guérison des morsures venimeuses.
- Les Psylles de l’ancienne Lybie ont des successeurs actuels en Egypte, en Tunisie, etc. ; mais le pays des charmeurs de serpents, c’est surtout l’Inde. Proches parents des fakirs et des prestidigitateurs, peut-être entraînés à la maîtrise de la volonté qu’enseigne le fameux Yoga, les charmeurs appartiennent à la « Bohême » des Indes, si étonnante à nos yeux d'Occidentaux.
- Quand ils ne sont pas sur l’estrade pour la représentation, les Psylles du village hindou, accroupis sur un tapis jeté sur le sol, opèrent isolément, chacun à sa manière. Pour attirer la foule à eux, ils font résonner un très petit tambourin et jouent d’un instrument de musique étrange ; c’est une sorte de petite clarinette renflée en son milieu, dont le son tient de la flûte et de la cornemuse. C’est au moyen de cet instrument que les Psylles charment les serpents. L’un des jongleurs a décoré sa flûte de pièces de monnaies collées ; avec un intarissable bagout de camelot parisien, il fait comprendre qu’il dit la bonne aventure à l’aide d’un jeu de cartes et d’un assortiment de boules et de coupelles qui semblent des joujoux. Un autre, silencieux, montre des espèces de fleurs colorées enfilées sur une mince tige, au bout d’une pipe : en les regardant fixement, il les fait tourner tantôt à droite, tantôt à gauche, et il les ramèné à l’immobilité.... Les pièces de monnaie et les cigarettes tombent sur les tapis....
- En scène, les Psylles du village hindou travaillent avec des Pythons et des Cobras. Sorti de son sac de toile, le Python ne présente pas beaucoup d activité ; l’Hindou s’en fait un collier, l’étend entre ses bras, le pose à terre, lui joue un petit air auquel l’animal paraît tout à fait indifférent..., puis il le remet dans le sac et bientôt l’emportera sur son épaule comme un quelconque ballot....
- Les Cobras ont droit à plus d’égards, en qualité de serpents venimeux. Chacun a sa corbeille : c’est une corbeille spéciale, ronde et plate, munie d’un couvercle. Là dedans, le « Serpent à lunettes » repose, enroulé sur lui-même. Le Psylle s’agenouille sur l’estrade devant la corbeille qu’il découvre et il se met à jouer de la flûte; la bizarre mélodie, douce et plaintive, réveille le serpent : lentementydl se déroule et se dresse dans sa corbeille, il tourne la tête vers le charmeur qui ne le quitte pas des yeux. Le Cobra dilate son cou et l’empreinte blanche ressort sur le fond gris de la robe, ce dessin blanc, que souligne un collier, apparaît comme un masque terrifiant. Cependant, le serpent souffle et darde la langue : ainsi dressé, il est en position de défensive, prêt à s’élancer pour mordre; mais l’homme le tient sous la domination de son regard. Le Cobra se balance, charmé et maîtrisé à la fois jusqu’à ce que l’enchantement prenne fin et que le couvercle soit rabattu sur le Reptile retombé dans son engourdissement au fond de la corbeille.
- De tels jeùx sont extrêmement anciens et les récits de voyageurs abondent pour en donner des preuves multiples. .
- Le Cobra capel, ou Naja tripudians, est un des serpents les plus redoutables à cause de la virulence de son venin. Il habite le sud-est de l’Asie. Cette espèce appartient à la famille des Colubridés Protéroglyphes, à la sous-famille des Elapinés et au genre Naja. Le venin est limpide, jaune d’or; son action est paralysante et asphyxiante.
- La morsure du Naja tripudians cause la mort de la victime en quelques heures, après les cruelles souffrances de l’anxiété respiratoire. Le cœur continue de battre après que la respiration a cessé définitivement et
- la pupille réagit aux perceptions lumineuses jusqu’au dernier instant. C’est pourquoi Mme le Docteur Phisalix croit que le serpent de Cléopâtre était un Céraste ou Yipère des sables et non pas un Naja : en femme avisée, Cléopâtre devait savoir que le venin de Yipère, qui est un poison du sang et des nerfs, détermine une mort aussi rapide mais moins douloureuse que celle provoquée par le venin de Naja : la morsure d’un vipéridé conduit à un engourdissement mortel, tandis que la victime d’un Naja meurt en pleine connaissance comme dans la terrible angoisse de l’angine de poitrine.
- Heureusement, la morsure du Cobra n’est pas toujours mortelle, soit que la dose de venin reçue ait été insuffisante, soit que le sujet ait été préservé par ses vêtements. « On se trouve ici en présence, a dit le Dr A. Calmette, des mêmes facteurs de gravité que pour les morsures faites à l’homme par des animaux atteints de rage. » j1).
- Le D' A. Calmette, en 1894, s’est livré à des expériences sur le venin de Cobra, dans ses laboratoires de l’Institut Pasteur de Lille. Pendant que MM. Césaire Phisalix et Gabriel Bertrand découvraient le vaccin antivenimeux contre le venin de Yipère, M. A. Calmette traita le venin de Cobra, non par chauffage, mais au moyen de l’hypochlorite de chaux, en solution à i/iooe. Le venin se transforme alors en vaccin. Des lapins vaccinés fournirent le premier sérum antivenimeux contre le venin de Cobra. En 1896, M. lq Dr A. Calmette a appliqué à l’Homme la sérothérapie antivenimeuse et l’a fait passer dans la pratique courante. Depuis lors, dans tous les pays infestés de Reptiles venimeux ont été créés des instituts antiophidiques — notamment aux Indes, à Bombay et à Kasauli.
- La mortalité causée par les serpents venimeux des Indes est fort élevée ; on en jugera par cet extrait des statistiques du gouvernement britannique, cité par Mme Phisalix : « De 1880 à 1887, 19 880 vies humaines et 21 4têtes de bétail ont annuellement payé leur tribut aux serpents; en 1888, il y eut 22480 morts, et on détruisit 578435 serpents; en 1889, on nota 21412 morts et on tua 5io6f>9 serpents. » (2).
- Quand on comprend la place que les serpents tiennent dans la faune des Indes, on ne s’étonne plus de la popularité dont jouissent les Psylles, à la fois jongleurs et guérisseurs.
- En tant que jongleurs, leur rôle n’est pas sans danger. On croit généralement que les charmeurs travaillent avec des serpents dont ils ont brisé les crochets venimeux; mais tous n’agissent pas ainsi et, d’ailleurs, la préservation ne serait pas certaine.
- Selon M. E.-C. Cotes, du muséum de Calcutta, — cité par M. A. Calmette, — les charmeurs Indiens ne retirent pas aux serpents les crochets à venin. « Dépourvu de ses crochets, le serpent ne cesserait pas d’être dangereux à cause de ses autres dents qui suffiraient à ouvrir une autre voie de pénétration au venin dans les plaies ».
- L’art du Psylle consiste à connaître les habitudes du serpent avec lequel il jongle et à éviter adroitement les morsures.
- D’autre part, les Psylles arrivent à acquérir une immunité relative en se faisant mordre, de temps à autre, par un serpent. Cette vaccination naturelle qui est connue de tous les charmeurs de serpents du monde, doit être principalement efficace quand elle est pratiquée dès le jeune âge. Le Dr A. Calmette a réussi à vacciner de très jeunes cobayes et de jeunes lapereaux en leur faisant avaler, tous les deux jours, de faibles doses de venin très dilué. Chez les jeunes sujets, « le venin n’est pas modifié par les sucs digestifs et il est en partie résorbé par la muqueuse intestinale. Lorsque la dose ingérée est convenablement réduite, ils résistent, et lorsqu’on renouvelle ces ingestions tous les deux ou trois jours, pendant les premières semaines de la vie, ils se vaccinent parfaitement contre des doses sûrement mortelles pour les témoins de même âge et de même poids ».
- Il est permis de se demander si les Psylles, qui
- 1. Dr A. Calmette. Les Venins.
- 2. Dr M. Phisalix. Animaux venimeux et. venins.
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- prétendent se transmettre de père en fils des secrets d'immunisation, n’agissent pas d’une façon analogue en vaccinant leurs jeunes enfants !
- C’est peut-être aussi pour la même raison que la profession de Psylle était héréditaire dans l’Inde et dans l’Egypte antiques.
- Les Indiens du Mexique savent se préserver de la morsure du Crotale par l’inoculation répétée de petites quantités de venin. De semblables méthodes doivent être usitées chez les indigènes des diverses régions où les serpents abondent.
- Quant aux guérisseurs, parler de leurs procédés nous entraînerait trop loin. Leur art relève de la sorcellerie plutôt que de la thérapeutique. S’ils connaissent des traitements préventifs parfois efficaces, comme nous l’avons rappelé, par contre, ils parviennent rarement à sauver les blessés mortellement atteints.
- Chaque année, des Psylles succombent, victimes de leurs jongleries. Voici des exemples cités à l’appui par le Dr A. Calmette.
- Aux environs de Pondichéry, un charmeur de a5 ans croyait si fermement à la vertu curative du Pulygala Telophioides Will. qu’il se fit mordre par un Cobra, à 4 h. 40 du soir, puis il mangea des feuilles de l’arbuste. Le Psylle déclara ne point s’être préalablement immunisé et il refusa l’injection de sérum anti-cobra. Avant 7 heures, il absorba une drogue inconnue et il fut tellement malade qu’il se sentit perdu. Malgré les soins qui lui furent donnés, le malheureux expira à 11 h. 5 du soir, soit sept heures environ après son téméraire exploit. Le cœur battit deux heures après que la respiration eut cessé.
- La semaine suivante, un autre jeune charmeur fut mordu par un Cobra dans la cour de l’hôpital de Pondichéry. Refusant l’injection de sérum, il courut chez un guérisseur qui lui administra un mystérieux médicament et le frictionna avec des feuilles de Mangousier. On ne sut pas exactement comment l’accident se termina : le blessé aurait été longtemps malade, mais il se serait rétabli....
- Un troisième jeune charmeur, mordu à la main par un Cobra, comme les deux précédents, et ayant,, lui aussi, refusé l’injection de sérum, s’enfuit chez lui à la, recherche d’un remède qu’il n’y trouva pas. Ses corréli-gionnaires l’entourèrent pour réciter des prières, un prêtre vint le bénir, on apporta près de sa couche, pour conjurer le mauvais sort, deux serpents vivants contenus dans des panelles. En dépit de tout cela, l’infortuné Psylle mourut trois heures après avoir été mordu.
- Ces exemples prouvent que les Hindous ont marqué de la défiance envers les soins des Européens ; pourtant il n’en est pas toujours ainsi, comme l’atteste le cas suivant : en novembre 1901, une femme fut mordue, par trois fois, pendant son sommeil par un Cobra, son mari la porta, vers minuit, à l’hôpital de Karikàl. Traitée par le sérum antivenimeux,, la blessée put rentrer chez elle quelques heures après et fut sauvée.
- Depuis, nous aimons à croire que les Hindous se sont
- familiarisés avec nos soins, d’une manière plus générale.
- A l’époque où M. A. Calmette a écrit son livre sur les venins, — 1907 — il était très difficile de se rendre compte des décès survenus dans les possessions françaises de l’Inde à la suite de morsures de serpents. En est-il encore de même ?
- En dehors des Psylles proprement dits, qui appartiennent en majorité à certaine caste du Bengale, il y a des Hindous qui se spécialisent dans la capture et la vente des serpents. Ces Hindous cherchent les Cobras et s’en saisissent en leur appliquant habilement sur le cou un bâton ou une petite fourche qui maintient le serpent sur le sol.
- Le bâton est roulé jusqu’à l’occiput et le serpent est pris, à la main, derrière la tête, en sorte qu’il ne puisse pas se retourner pour mordre et il est déposé dans une panelle, sorte de récipient en terre ou en vannerie; Cependant, quels que soient le sang-froid et l’adresse des chercheurs de serpents, beaucoup d’entre eux se font mordre.
- Ce sont ces Hindous qui approvisionnent de serpents les Instituts antiophidiques. On met les serpents en cages grillagées et on les garde en un lieu chaud et humide ; ils peuvent rester ainsi un et deux mois à jeun. M. A. Calmette a conservé en bon état des Najas de l’Inde, plus de deux années, en laboratoire. Ils étaient maintenus à une température de 28 à 3o°, en serre chaude. On mettait à leur disposition un réservoir constamment empli d’eau pure, pour qu’ils puissent boire et se baigner. Et, toutes les deux semaines, on leur faisait avaler, de force, delà viande de bœuf ou de cheval, car les serpents venimeux captifs refusent, paraît-il, toute nourriture.
- Souvent, le venin de Cobra est expédié en France en flacons soigneusement clos. Ce venin est récolté dans les hôpitaux où les charmeurs apportent leurs dangereux prisonniers. Yoici un Hindou qui arrive dans la cour de l’hôpital porteur de deux panelles renfermant chacune un Cobra. Au fond de leur marmite respective les serpents, lovés, se trouvent bien, si bien qu’ils ne veulent pas sortir de là! Le charmeur les excite, parvient à les chasser de leur refuge et, une fois sur le sol, il les capture par la tête, entre le pouce et l’index, pour les jeter dans un bocal qui contient du coton hydrophile imprégné de chloroforme. On couvre vivement le bocal et le serpent meurt en quelques minutes: Ensuite, on sort le Reptile et on fait couler le venin dans une soucoupe placée entre les mâchoires. On met le venin à l’abri de l’air et de la lumière jusqu’à ce qu’il soit complètement desséché. Finalement, et avec de grandes précautions, on détache les plaques de venin de la soucoupe pour les enfermer dans un flacon.
- Puisqu’ils contribuent à faciliter les études qui ont permis de découvrir et qui permettent d’appliquer les traitements contre les morsures de serpents venimeux, les Psylles de l’Inde ne sont pas seulement des jongleurs qui amusent et intriguent les foules, ce sont aussi de précieux auxiliaires de la Science. Alex. Feuillke-Billot.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Contre les mouches. — M. P. Gay, abonné à La Nature, nous adresse la lettre et la photographie qui suivent. Ses conseils seront utiles, pendant l’été, à nombre de personnes séjournant à la campagne.
- « Je viens de lire dans le n° 2724 du 19 juin les recettes concernant la destruction des insectes domestiques, en particulier celles à employer contre les mouches.
- Je les ai utilisées il y a longtemps déjà, avec une petite différence de composition; j’ai également placé, et ceci à la campagne, à proximité d’une étable, des pièges, au nombre de trois, à l’aide desquels je prenais jusqu’à 1400 mouches en peu de temps. Mais tous ces procédés, si bons soient-ils, n’empêchent pas les insectes de vous tourmenter quand même, puisque, à chaque ouverture de porte ou de fenêtre, ils se renouvellent sans cesse.
- J’ai donc abandonné complètement tous ces moyens pensant qu’au lieu de laisser circuler les mouches à
- l’intérieur, il était beaucoup plus logique de les empêcher d’entrer.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- A cette fin, j’ai construit des écrans de tulle grec fixés sur baguettes légères et s’encadrant bien dans les ouvertures des fenêtres ; j’ai monté des portes de la même façon, placées en dedans de celles de la maison, et, après avoir chassé ou tué les quelques insectes restés à l’intérieur, j’ai été complètement débarrassé desdits insectes avec la possibilité de ne plus rien craindre pour les matières alimentaires restant à découvert.
- Mes écrans de fenêtre, installés depuis plusieurs années, m’ont toujours donné satisfaction contre mouches, guêpes, moustiques. Les portes seules restent
- en place la nuit, car, mon installation ne devant pas être définitive dans la maison que j'occupe seulement pendant les vacances, je retire les écrans chaque soir pour fermer les volets ; mais je transformerai ces écrans en châssis de croisée agencés pour agir de la même façon, et pouvant s’ouvrir quand le nettoyage le demande.
- J’ajoute que je garnirai intérieurement les persiennes du même tulle, ce qui empêchera notamment les grosses araignées de pénétrer à l’intérieur en septembre, car, nos pièces étant petites, j’entr’ouvre les fenêtres pour mieux respirer pendant la nuit. »
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignemeins qui !parviennent au Service de la Boite aux Lettres de Là Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. H. D., à Charleville (Ardennes). — Pour documentation sur le furet et son élevage, nous ne connaissons pas d’ouvrage consacré à cette question très spéciale. Mais divers auteurs ont publié des articles épars dans les journaux s’occupant de questions cynégétiques, notamment dans le journal L’Acclimatation. Voyez aussi aux librairies suivantes ayant la vente de publications sur la chasse : Les Fils d’Emile Deyrolle, éditeurs du journal précité, Paris, 461 rue du Bac (7e); librairie agricole de la maison rustique, Paris. 26, rue Jacob (6e) ; librairie spéciale agricole (Mendel), Paris, 58, rue Claude-Bernard (5*),
- M. S. L., rue du Temple, Paris. — Fumier artificiel. — Voici le mode opératoire : Former un tas de paille de 3o cm de hauteur, le saupoudrer de chaux ou de carbonate de chaux, dans la proportion de 5o kg de carbonate de chaux finement pulvérisé par 1000 kg de paille, ensuite arroser légèrement. Continuer à monter le tas par couches successives et en arrosant chaque fois, jusqu'à ce que le tas ait atteint la hauteur de 3 m. (on peut opérer sur des quantités moindres).
- Après quatre ou cinq jours de repos, arroser une deuxième fois. Après deux jours, ajouter du sulfate d'ammoniaque à la dose de 37 kg 5oo dissous dans 200 litres
- d’eau pour 1000 kg de paille. Faire pénétrer le sulfate d’ammoniaque dans la masse par un dernier arrosage.
- M. G. V., à Bonneval (Eure-et-Loir). — Insectes attaquant les pois et les haricots : Nombreuses sont les espèces d’insectes qui s’attaquent aux légumineuses. Il conviendrait donc, tout d'abord, d’identifier la larve à laquelle vous imputez les ravages causés sur les feuilles de pois et de haricots. Cette identification ne peut évidemment se faire que d’après l’examen d’un spécimen de l’insecte, lequel n’était pas joint à votre envoi de feuille malade.
- Les traces et macules blanchâtres constatées sur le parenchyme de celle-ci ne permettent pas de déterminer exactement la nature de la maladie cryptogamique ou de l’insecte causant ces altérations.
- La chenille de la noctuelle potagère (Hadena oleracea) ronge les feuilles de pois; la Tipule potagère (Tipula oleracea) s’attaque aussi aux pois; la bruche, la teigne des pois sont souvent rencontrées dans les cultures de cette légumineuse. Auquel de ces insectes attribuer la destruction des feuilles ? telle est la question. On ne peut se prononcer que par l’examen de l'insecte, à rechercher sur les plantes.
- Nous vous conseillons d’en adresser plusieurs spécimens, avec plantes attaquées, à la Station Entomolo-gique de Chalette-Montargis (Loiret) et à la Station Entomologique, près la Faculté des Sciences de Rennes (Ille-et-Vilaine). Entre temps, vous pourriez essayer d’enrayer les ravages en répandant sur vos plantes (pois et haricots) du soufre en poudre très fine ou de la sciure de bois imprégnée de goudron.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Le pétrole dans l’Afrique du Nord, par L. Joleaud. 1 vol. in-8, 19a p., 33 fig., 6 pl. Revue pétrolifère, 19, rue de Marignan, Paris. Prix : 25 francs.
- Résultat de plus de 20 ans d’études géologiques dans toute l’Afrique du Nord, ce livre est un modèle d’application de la science. L’auteur résume d’abord les contrastes physiques, économiques et politiques des trois parties de l’Afrique du Nord ; Algérie, Maroc et Tunisie, puis il rappelle la politique du pétrole suivie dans ces régions, qui a laissé s’introduire partout, sauf au Maroc, des sociétés étrangères alors que nous devrions nous appliquer à assurer nous-mêmes notre ravitaillement. Il résume ensuite l’histoire géologique de l’Afrique du Nord et étudie en détail l’Atlas, la région de Tliouanet, le Dahra, le Prérif, la Tunisie septentrionale, la Chebka de Sella-nia, le Tell, toutes régions où l’on peut espérer trouver du combustible liquide, dans beaucoup desquelles des prospections ont commencé, et où il est temps d’organiser techniquement et économiquement les exploitations.
- Le pH intérieur cellulaire, par Paul Reiss. i vol. in-8, k35 p., 1 tableau, 18 fig. Presses Universitaires de France, Paris.
- Monographie très complète de nos connaissances actuelles sur le pH, c’est-à-dire la concentration en ions hydrogène, de l’intérieur de la cellule vivante. L’auteur rappelle brièvement la signification du pH, énumère toutes les mesures qu’on en a faites dans les cellules, expose les diverses méthodes de mesure, montre les conséquences qu’on peut tirer et l’importance croissante de cette nouvelle notion.
- Die natürlichen Pflanzenfamilien, par A. Engler. ae édition. Band vin. Lichenes. 1 vol. in-8, 270 p., 127 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig. Prix:broché, 17 marks ; relié a3 marks.
- Le grand et admirable inventaire botanique que poursuit Engler, aidé par une équipe de collaborateurs compétents, s’enrichit aujourd’hui d’un nouvel ouvrage consacré aux lichens. Construit sur le plan général de l’œuvre, il comprend une partie générale, rédigée par M. Fünfstück, traitant de la bibliographie, de la structure, du thalle, des spores, de la reproduction, de la distribution géographique, des formes fossiles, et une partie spéciale, écrite par M. Zahl-bruckner énumérant les sous-classes, les ordres, les familles, les genres, les espèces. Chacune est soigneusement et clairement décrite; des figures remarquables
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- BIBLIOGRAPHIE
- aident à ia reconnaissance et à l’étude, La bibliographie très complète est indiquée.
- L’œuvre d’Engler est ainsi l’ouvrage de base, de fond de toutes les études botaniques futures.
- Jean Henri Fabre et la science, par Maurice Thomas, i vol. in-16, 148 p. Maurice Lamertin, Bruxelles.
- De même qu’une des preuves de la vie est le mouvement, une des preuves de la gloire est peut-être la discussion passionnée. A ce point de vue, Fabre, d’Avignon, grandit tous les jours. Récemment, M. Ra-baud, dans un livre portant le même titre que celui-ci, replaçait Fabre dans la série des grands entomologistes, rappelait les travaux de ses devanciers et de ses successeurs et, certes, critiquait ses observations et ses théories sur de nombreux points. Parmi les admirateurs de « l’ermite de Sérignan », M. Thomas a relevé le gant et voici sa « réponse à Etienne Rabaud, avec une contribution à l’étude de l’instinct. » Fabre y est défendu contre les erreurs de faits dont on l’accuse, mais surtout contre les attaques faites à ses interprétations de l’instinct. M. Thomas voit dans celui-ci, non un mécanisme, un réflexe, mais une activité psychique, ayant un but, orientée, guidée par les sensations. J’avoue que les instincts, et surtout ceux des insectes, si complexes, si différents des nôtres, ne me paraissent pas se laisser pénétrer suffisamment par nos observations et nos expériences pour que nous puissions si savamment les interpréter.
- Les mollusques d’eau douce, par E. Chemin, i vol. petit in-8, 187 p., 47 fig., i5 planches dont 4 en couleurs. Enayclopédie pratique du naturaliste xxiv, Paul Le-chevalier, Paris. Prix : cartonné, 25 francs.
- Les mollusques d’eau douce comprennent en France x3 genres seulement. L’auteur les décrit et les figure si bien qu’il devient très facile de reconnaître toutes les formes qu’on peut rencontrer. Pour chacune d’elles, il donne des renseignements sur l’habitat, la, nourriture, la ponte, l’anatomie. En un dernier chapitre, il montre la position de ces mollusques dans le règne animal, si bien que cette monographie, précieuse pour le naturaliste et le collectionneur, est aussi une excellente introduction à l’étude de l’histoire naturelle tout entière.
- A Synopsis of the Families and Généra of Nematoda, par H. A. Baylis et R. Daubney, i vol. in-8, 377 p., relié. British Muséum (Natural History). London.
- Les Nématodes forment un groupe de vers extrêmement nombreux, dont beaucoup sont des parasites qù’on trouve chez les animaux les plus divers et dont on pourra juger l’importance rien que par l’énumération des principales espèces qui causent des maladies chez l'homme : ascaris, ankylostome, strongyle, tricho-céphale, trichine, filaire, etc. Cependant aucune monographie complète de ce groupe n’existait et la littérature he concernant était dispersée dans les l’ecueils les plus divers : zoologie, médecine, art vétérinaire, etc. Il faut donc savoir le plus grand gré à MM. Baylis et Daubney d’avoir recueilli toutes nos connaissances, examiné un énorme matériel, ajouté nombre de données et organisé une classification commode. Leur synopsis, remarquablement ordonné, permet de reconnaître les familles, les genres et, dans beaucoup de cas, les espèces mêmes. Chaque animal est clairement décrit, son habitat quand il est libre, son hôte quand il est parasite sont indiqués; des références bibliographiques précises permettent d’aborder l’étude de tous les types qu’on peut rencontrer.
- La chèvre, races, élevage, exploitation, par Huart du Plessis. Nouvelle édition, 1 vol. in-i6, i56 p., 45 fig. Librairie des Sciences agricoles, Paris. Prix : 6 francs.
- La chèvre est un animal extrêmement intéressant : sa nourriture coûte peu, elle donne un lait sain et nourrissant, recommandé par le corps médical ; les fromages que l’on fabrique avec son lait (Mont d’Or, Levroux, etc.) sont recherchés et vendus dans les villes à des prix rémunérateurs. Ce petit livre dit tout ce qu’il faut savoir : choix de races, installation de la chèvrerie, multiplication de la chèvre, alimenta-
- I tion, élevage, maladies, laiterie et fromagerie, ustensiles nécessaires et principes de fabrication des fromages, rendement.
- Les noms de lieux. Origine et évolution, par Albert Dauzat. i vol. in-16, 264 p. 6 cartes, Delagrave, Paris.
- Notre collaborateur, M. Dauzat, a déjà consacré un volume à l’étude des noms de personnes (anthroponymie) en France. Yoici un second livre sur les noms de lieux (toponymie). Nos lecteurs connaissent déjà ces belles études par les articles parus dans La Nature (nos 2666 et 2687) ; ils seront heureux de retrouver la même clarté, la même méthode, le même intérêt dans les exposés très complets que constituent ces deux livres.
- M. Dauzat expose d’abord les moyens de recherches, les documents dont on dispose, les travaux qui ont déjà éclairé la route, puis il examine les désignations ordinaires des lieux, leurs substitutions et leurs transformations. Ensuite, il passe en revue les noms v de localités d’après leur origine : préceltique, gauloise, romaine, franque, féodale, moderne. Puis il termine par l’examen des noms de lieux divers : territoires, cours d’eau, montagnes, vallées, côtes, îles, lieux dits et rues.
- Admirablement documenté, ce livre présente, pour la première fois, une vue d’ensemble des appellations géographiques et de leurs origines souvent fort loin-laines et obscures. C’est une oeuvre passionnante à lire pour tous, et qui fait beaucoup penser.
- L’Art et la Religion des Hommes Fossiles, par G.-H. Luquet. Masson et Cie. 1 vol. de 284 p. avec 119 fig. Prix de base pour la France : 26 francs. En plus hausse de 20 pour 100. Prix fixe pour l’étranger : 1 dollar 04 — 4 shellings, 4 pence — 5 francs suisses 20 — 7 pesetas t\i 2 florins hollandais 60.
- On peut dire de cette œuvre que c’est une étude approfondie de la vie psychique de nos plus lointains ancêtres français, car elle est basée presque exclusivement sur l’examen minutieux des documents découverts depuis un demi-siècle dans nos cavernes de France. Une fois de plus, nous pouvons constater avec l’auteur que la préhistoire est une science éminemment française, d’abord parce qu’elle fut enfantée par nos savants, puis parce qu’aucun pays dans le monde n’a livré un butin d’objets préhistoriques comparable à celui que nous avons récolté sur notre territoire.
- C’est un fait remarquable, et que M. Luquet expose en pleine lumière, que notre Périgord enfanta, à une époque communément appelée l’Age du Renne, et qui se place à quinze ou vingt mille ans dans le passé, une civilisation absolument indépendante de tout autre foyer. Par l’étude des innombrables documents mis à jour (et dont les plus importants sont reproduits dans son beau livre), l’auteur nous fait assister à cet enfantement, aux premières lignes que les artistes magdaléniens tracèrent d’un doigt hésitant sur les parois de leurs cavernes avant d’aboutir, on 11e sait au bout de combien de générations, à ces chefs-d’œuvre de l’art animalier auxquels nos dessinateurs modernes pourraient souvent envier leur pureté de ligne, ainsi que leur expression.
- D’autres enseignements découlent de cette magistrale étude. Ecrite d’une plume élégante qui évite le plus possible ces expressions techniques que tout livre conçu à l’intention du grand public devrait toujours repousser, elle nous montre que les Magdaléniens croyaient à la survivance de l'àme, comme en témoignent les soins dont ils entouraienUleurs morts. Nous n’avons que de très vagues indices sur leur religion, mais ils en avaient une. Enfin, M. Luquet, sans être affirmatif, émet l’opinion qu’ils possédaient peut-être des éléments d’écriture, ce qui est la seule explication que l’on puisse donner de signes à l’aspect hiéroglyphique constatés sur maints objets.
- L’œuvre, nous l’avons dit, est copieusement illustrée de dessins et gravures qui ajoutent considérablement à l’intérêt du texte, et c’est un véritable « Salon des Arts préhistoriques » que parcourt le lee-tcur en la compagnie du guide hautement consciencieux qu’est M. Luquet.
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- A NATURE
- ^Supplément.
- N° 2730 31 Juillet 1926
- record de distance en avion. — Après le récent exploit des frères Arrachard, allant sans escale de Paris à Bassorah, au fond du golfe Persique, on pouvait croire que ce îecord de distance de 4 3ookm tiendrait.quelque temps. Or, le 14 juillet dernier à 5 h. 25 du matin le capitaine Girier et le lieutenant Dordilly partaient de 1 aéroport du Bourget pour s’y attaquer et, 29 heures apres, ils télégraphiaient d’Omsk (Sibérie), à 4700 km de Paris, pour annoncer leur atterrissage.
- Leur avion est un Bréguet-ig, muni d’un moteur His-pano-Suiza de 5oo ch. Il emporta pour cette fantastique randonnée 2 800 litres d'essence et 200 litres d’huile.
- Nécessite d’une école de navigation aérienne. —
- Au cours de la séance du 7 juillet de la ?Société fran-çaise de Navigation aérienne, M. Yerdurand, directeur de 1 Air-Union, a attiré l’attention sur la nécessité impérieuse de la création d’une école de navigation aérienne.
- Les services commerciaux actuels desservis par des avions légers (charge utile inférieure à 5 tonnes) et de laible rayon d action (5oo km) n’ont besoin que de bons pilotes ; mais certaine maison française et des maisons étrangères sortent actuellement des appareils de charge utile supérieure à 6 tonnes. Les groupes propulseurs, démultipliés et à refroidissement par l'air, utilisés présentent une grande sécurité, et le rayon d’action pratique se trouve ainsi porté à 1 000 ou 1 5oo km.
- L emploi de tels appareils sur les lignes aériennes nécessite l’utilisation d’instruments d’équilibrage et de direction, ainsi que d’instruments pour la marche de conserve et l’atterrissage en terrain quelconque.
- Les instiuments d équilibrage et de stabilisation automatique ont déjà donné des résultats concluants tant en France qu à 1 étranger ; la radiogoniométrie est employée régulièrement sur certaines lignes aériennes ; enfin des appareils pour déceler l’approche du sol ont donné des résultats encourageants.
- Cependant ces appareils, si perfectionnés soient-ils, ne suffisent pas ; il est démontré que la grande majorité des pilotes ne tirent pas tout le parti désirable de leurs appareils de bord, et un navigateur ayant des connaissances au moins égales à celles d’un officier de marine devient indispensable pour la conduite régulière des grands appareils commerciaux.
- L aéronautique militaire a d’ailleurs les mêmes besoins et il est des. maintenant prudent d’envisager la possibilité d expéditions à longue distance d'escadrilles entières de nuit ou dans les nuages, et même la possibilité de batailles rangées entre escadres aériennes, opérations nécessitant un personnel entraîné et parfaitement spécialisé.
- La formation d un navigateur aérien expérimenté demandant une dizaine d années, et les progrès du matériel étant rapides, il est indispensable pour les grandes puissances aériennes de se préoccuper dès maintenant de cette question.
- Sur un phénomène météorologique. — M. F. La Porte, ingénieur hydrographe en chef de la Marine nous écrit : ’
- )( ^je< do juin 1926, à 8 h. 1)2 du soir (heure légale dété), je me promenais sur la plage de Pornichet, me dirigeant vers La Baule. Le temps était calme et chaud le ciel pur, sauf dans le N.-N.-W. où s’étendait une panne peu épaisse de nuages légèrement foncés. Le soleil était a une hauteur d une dizaine de degrés environ au-dessus des bois de La Baule ; il était sur le point de se cacher derrière la panne de nuages signalée plus haut. J’aperçus alors, à l’extrémité Ouest de cette panne, à environ 3o° à gauche du soleil, à la même hauteur au-dessus de 1 horizon, une sorte d’image du soleil constituée par une tache.ronde et assez brillante, ayant à peu près le même diamètre, nettement colorée.en vert, jaune, orangé (ces troisv couleurs se succédant de gauche à droite). Ce pseudo-soleil produisait sur la mer une traînée lumineuse analogue à celle du soleil, quoique moins brillante naturellement. ’
- Ce phénomène très curieux a duré un quart d’heure; le- pseudo-soleil a disparu peu à peu, au fur et à mesuré que 1 autre disparaissait dans la panne de.nuages couvrant l’horizon.
- Filet tournant employé pour la pêche dans le Tibre, a Rome. — Ce filet, dont un dessin schématique est donné ci-dessous, fonctionne très régulièrement sous 1 impulsion du courant du fleuve. Il fait environ 3 tours à la minute.
- Il est fixé à 1 arrière d’un ponton amarré à une pile de pont. Comme on peut le voir, il se compose de deux épuisettes carrées fixées aux deux extrémités d’un bras tournant autour d un axe légèrement oblique par rapport à la.surface de l’eau. Deujc palettes sont placées sur un diamètre perpendiculaire; elles ont pour but de plonger dans 1 eau au moment où le bras des filets est horizontal et où ces deux engins étant hors de l’eau ils
- ne sont plus soumis à la poussée du courant. .Sans ces palettes supplémentaires calées à angle droit sur l’axe des filets, le mouvement risquerait de s’arrêter.
- Un dispositif simple fait glisser le poisson pris à l’épui-sette dans un réservoir formé d’un carré de toile huilée.
- Dans les cours d’eau où ces engins sont autorisés, ils évitent une surveillance ou des manœuvres qui feraient perdre au pêcheur un temps précieux. Aussi, bien que ce dispositif soit loin d’être nouveau, il est intéressant de le rappeler à la mémoire des pêcheurs.
- Culture de fa betterave à sucre en France. — La
- culture de la betterave à sucre a repris en France sa place d’avant-guerre, s’il faut en croire les importantes déclarations faites à l’Académie d'Agriculture le 5 mai. On a fait remarquer que la France produit sa graine de betteraves, fait nouveau, ét qu'elle ne fait appel à la graine étrangère que pour i/5 de ses besoins. File a récolté en 1924 4 000 tonnes de graines, il lui en faut 5 000. Elle n’en produisait que 1 3oo tonnes en 1913. D’autre part cette production permet à nos cultivateurs de se procurer des graines à 5 francs le kg alors que les grains importées coûtent 8 fr. 5o à 9 et 10 francs.,
- M. Saillard donne quelques précisions sur les essais entrepris pour déterminer les meilleures conditions de séchage des graines de betteraves. Les fumures énergiques complètes donnent naturellement les graines (glomérules) les plus grosses.
- Enfin, parmi les variétés essayées cette année (192$) par le Syndicat central des fabricants de sucre, variétés françaises, allemandes, polonaises, tchécoslovaques, hollandaises, les meilleurs résultats ont été obtenus par les 4 variétés suivantes : deux françaises Bourdon (Puy-de-Dôme) et.Vilmorin B, une allemande : Dippe Wx et une hollandaise Kühn.
- . La variété polonaise Janasz, la première comme richesse en suci-e, passe dans la deuxième moitié du classement comme rendement en sucre à l’hectare.
- Au point de vue richesse en sucre, dans les essais des cinq dernières années, la première place est occupée par Bourdon et Vilmorin B. Les variétés Menesson, Vilmorin B et Bourdon viennent en tête de classement pour la production de suci’e à l’hectai’e.
- Les rendements en sucre par hectare semblent les mêmes si l’on compare les périodes 1904-1913 et 1920-1925. Mais la richesse saccharine a augmenté de xfi à 16,57 pour 100. En général on sème les betteraves moins serrées qu’avant la guerre.
- Enfin M. Saillard remarque que le raffinose se produit suiùout dans les régions où les racines sont mises en silo dans des endroits froids, dans les pays à automne froid et que dans les régions chaudes, méridio-nales, la production de raffinose est très rare.
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- INFORMATIONS
- AS.
- En ce qui concerne la surface ensemencée en betteraves en France, on peut dire que l’industrie est reconstituée avec iio sucreries au lieu de 206 avant la guerre.
- On a ensemencé en 1925-1926 214600 hectares de betteraves sucrières contre 210 avant la guerre.
- La production atteint près de 700000 tonnes, la consommation augmente toujours et dépasse 800000 tonnes.
- La fabrication des poirés. — La fabrication des vins de poire, « poirés » garde une certaine importance, et ces boissons sont très appréciées, leur préparation peut donner lieu à des perfectionnements divers parmi lesquels un choix des levures actives.
- M. Kayser a signalé à l’Académie d’Agriculture (5 mai) ses expériences de fabrication de poiré à l’aide de levures sélectionnées : levure de champagne entre autre, et il a affirmé que l’effet de ce levurage spécial est très remarquable.
- La technique de la préparation des vins de raisin par levures sélectionnées peut donc être transportée avec succès dans l’art delà fabrication des poirés.
- M. Kayser poursuivra d’ailleurs ses essais à la campagne pi’ochaine.
- La culture du cocotier. — M. E. de Wildemann, dans une étude récente (Les Matières grasses, i5 juin), montre que la culture du cocotier s’étend, mais que de l’avis d’un spécialiste de cette culture, M. Hunger, il faut apporter plus de soin dans le choix des semences.
- M. Hunger estime à i3o millions le nombre de cocotiers existant dans les Indes néerlandaises qui ont fait passer leur exportation de coprah de 3oo 000 florins en 1885 à 19 millions en 1902 et près de 85 millions en 1923 (320000 tonnes en 1923).
- M. Hunger constate que la prodution peut diminuer si l’on ne choisit pas bien les semences. En particulier on doit choisir des semences bien mûres, mais cependant il a remarqué qu’en Nouvelle-Calédonie, où l’indigène cueille des fruits jeunes, on ne constate pas de diminution marquée de la production.
- M. de Wildemann pense toutefois qu’une récolte répétée de fruits jeunes peut influencer la production par une perturbation physiologique et un affaiblissement notable de la plante. 11 y a là, dit-il, une recherche biologique digne d’être poursuivie.
- Enfin il y a une sélection à faire des plantes qui donnent davantage de coprah, ou de coir, etc., ces détails importent beaucoup et la question du cocotier se complique : un grand nombre de variétés doivent ainsi apparaitre.
- Les Instituts agronomiques ont de multiples problèmes à envisager pour cette culture.
- Le coton en Algérie. — D’après une note de M. Bonnefoy dans le Progrès agricole et viticole (3o mai), les variétés de coton à longue soie ne sont pas à recommander en Algérie, la variété See Island notamment. Les variétés à soie moyennes comme le Mit Afifi ne sont plus guère cultivées. On retient comme intéressantes les variétés améliorées en Amérique, à courte soie mais plus rustiques le Pima, et le Yuma notamment ; la variété bien connue Sakellaridis est un peu cultivée à Orléansville. De la variété Nubari on a une forme assez intéressante appelée autrefois « Union du Sig ». Toutefois les variétés américaines tendent à supplanter celles-ci.
- La plantation du cotonnier en Algérie se fait sur les préparations du sol qui suivent :
- i° Labour profond, 3o à 35 cm, début automne avant les grandes pluies ;
- 20 Labour ordinaire croisé fin février, courant mars dernière limite ;
- 3° Hersage ou passage au rouleau Crosskill;
- 4° Roulage ;
- 5° Mise en billons ou en planches pour l’arrosage.
- Semis fin mars, première quinzaine d'avril (température du sol : 10 à 12° C.)
- La semis se fait soit en lignes distantes de 0,80 et à o m. 70 sur les lignes, soit mieux en lignes distantes de x m. 20. On peut, pour faciliter l’arrosage, semer en planches de jardinage.
- Les graines sont trempées dans l’eau 5 à 6 jours avant le semis. On peut cultiver le coton comme plante intercalaire d’orangeraies ou d’oliveraies. On éclaircit les plantes lorsquelles ont x5 à 20 cm.
- 8 ou 10 arrosages, des binages-arrosages d’environ 5oo m3 par hectare. Le binage suit l’arrosage, tous les i5 jours environ du 6 mars au 2 septembre par exemple.
- Le pincement se fait en juin, la cueillette, deux mois après, s’effectue par temps sec, ce qui est essentiel.
- Les fumures abondantes, fumier, superphosphates, tourteau de coton, sulfate d’ammoniaque, sels de potasse, enfin sulfate de fer sont employés. M. Bonnefoy signale les bons effets du sulfate de fer à la dose de i3o kg par hectare.
- Les rendements atteignent 3oo à 700 kg de fibres à l’hectare. Les surfaces ensemencées ont été : 1923, 565 hectares; 1924, 1520 hectares ; 1925, 3 000 hectares.
- Les industiûels ont reconnu que les cotons d’Algérie sont de qualité très satisfaisante, constatation qui ouvre un large horizon aux planteurs algériens de coton.
- Production du coton en Algérie. — La culture du coton commence à se répandre en Algérie et la statistique ci-dessous publiée par la Revue agricole del Afrique du Nord (3o avril 1926, p. 172) est tout à fait significative.
- Production,en colon
- Alger : Planteurs M >url'aces Brui quintaux Égrené quintu
- Européens l49 877 45oi 1323
- Indigènes 2 2 475 1797 564
- Totaux : Oran : 171 i35x 6298 1887
- Européens Indigènes 533 3720 34ii2 8923
- 80 418 3924 io56
- Totaux : Constantine 6x3 4138 38o36 9979
- Européens 86 6l I 2540 733
- Indigènes 5 7 28 7
- Totaux : 91 618 2568 740
- Territoires du Sud » Totaux pour l'Algérie )ï )) )>
- Européens 768 5208 41153 1 °979
- Indigènes j°7 9°° 5749 1627
- Totaux : 875 6108 46902 12606
- Concours de fumivorité. — Depuis longtemps l’attention des Pouvoirs publics a été attirée sur les graves inconvénients que présente la pollution continuelle de l’atmosphère des cités industrielles par les fumées des cheminées d’usines; dont les effets désastreux se font particulièrement sentir dans l’agglomération parisienne.
- Emu de cette situation, le Conseil Général de la Seine a demandé à l’Office National des Recherches et Inventions d’organiser un concours pour rechercher quels sont les dispositifs les plus efficaces pour obtenir la suppression des fumées industrielles.
- En vue de cette importante organisation, l’Office national des Recherches et Inventions s est assuré immédiatement la collaboration de 1 Office national des Combustibles liquides, des Ministères des Travaux Publics, du Commerce et de l’Industrie, de la Préfecture de la Seine, de la Préfecture de Police, de l’Office Central de Chauffe Rationnelle.
- Un concours a été institué auquel peuvent prendre part tous les inventeurs d’appareils d’élimination des fumées par combustion et par dispositifs chimiques, mécaniques ou électriques.
- La liste d’inscription est ouverte depuis le ier juillet. Le règlement sera adressé à toute personne qui en fera la demande à l’Office national des Recherches et Inventions, i, avenue du Maréchal Gallieni à Bellevue (Seine-et-Oise).
- 24e Concours Lépine. — L’Association des Petits Fabricants et Inventeurs Français (reconnue d’utilité publique) et dont le siège social est à Paris i5i, rue du Temple, organise en ce moment le 24° Concours Lépine qui aura lieu à Paris au Parc des Expositions, du 27 août au 27 septembre prochain.
- Ce concours est ouvert gratuitement à tous les inventeurs et créateurs de modèles français de toutes professions : mécanique, électricité, outillage, jouets, ameublement, articles de ménage, etc., etc.
- S’adresser- pour renseignements au siège de l’Association en joignant un timbre pour la réponse.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE
- Le mois de septembre, au point de vue astronomique, s’annonce d’une manière très favorable, en raison de l’intérêt présenté par les faits célestes. Au premier plan, si l’on peut dire, notre voisin Mars, déjà très commodément situé. Puis Jupiter, encore proche de son opposition. De nombreuses occultations d’étoiles par la Lune. Des conjonctions. La lumière zodiacale!! Il y a là de quoi occuper fort utilement un mois de vacances.
- I. Soleil. — Les jours décroissent de plus en plus rapidement, par suite de la diminution de la déclinaison du Soleil. Cette déclinaison, de -(-8° 28' atteint —20 36' le 3o. De i3'‘26in le i°r, la durée du jour n’est plus que de 11h 44™ le i°r- La diminution est surtout sensible le soir, du fait que le Soleil passe au méridien environ 19 minutes avant midi vrai, à la fin du mois. 11 y a dissymétrie entre la matinée et la soirée puisque le milieu du jour se produit vers nh4om du matin.
- L’automne commencera le 23 septembre, à ioh.
- Voici le tableau du Temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure que doit marquer une horloge parfaitement réglée quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates,. Heures du passage (T. d). Dates. Heures du passage (T. U.).
- Sept. Ier Iih 5o“ 49' Sept. *7 1 ih 45“ 23'
- — 3 1 ih 5om 11‘ — *9 1 ih 44” 4o*
- - 5 1 ih 49” 32* — 21 nh43“ 58-
- “ 7 11h 48“ 52S — 23 nh43“ i6‘
- — 9 1 ih48” ii* — 25 1 ib 4am 34’
- — 11 nh47” 3os — 27 uh4i“ 53‘
- — i3 1 ih 46” 48' — 29 IIh4l“ I2‘
- — i5 nh46m 8S
- Observations physiques du Soleil. —- Voici les élé-
- ments pour orienter les dessins et photographies du Soleil. Les définitions des termes P, B0, L0 ont été données au numéro 2712.
- Dates. P B0 L0
- Sept. 3 -f- 21°,5l + 70,22 349°,78
- — 8 -f- 22°,67 + 70,25 283°,75
- — 13 -j- 23°,69 + 70,23 2Ï7°,73
- — 18 -j- 24°,56 + 7°,i5 i5i°, 72
- — 23 -|- 26°,27 + 70,02 85°,72
- — 28 + 25°,81 + 6°, 84 i9°>73
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est très bien visible le matin. On pourra l’observer à l’époque de la Nouvelle Lune et pendant les jours qui suivent, c’est-à-dire du 7 au 17.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée vers minuit (à sa hauteur maximum) le 9 septembre près de ç Verseau; le i3, au sud de X Poissons.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois de septembre.
- N. L. le 7, à 5k4Sm I P. L. le 21, à2ohi9“
- P. Q. le 15, à 4h 27“ I D. Q. le 28, à i7h48“
- Age de la Lune, le Ier septembre, à oh=23J,4; le 8, à oh — oJ,8. Pour calculer l’àge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter un jour par jour écoulé depuis le ior ou le 8. Et, pour Une heure particulière, ajouter en outre 0^,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent
- Depuis le 1e1' janvier 1926, l’Annuaire astronomique Flammarion donne la longitude du terminateur sur la Lune; c’est une indication beaucoup plus précise que l’âge de la Lune pour le classement des observations et dessins.
- Plus grandes déclinaisons en Septembre : le 2 = -|- 220 37' ; le 16 = — 220 46'; le 29 = -f 22° 5i'.
- Apogée de la Lune, le 6 septembre, à 2o\ C’est le moment de plus grande distance à la Terre. Parallaxe = 53'56". Distance =406570 km.
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de oh à 24h à partir de minuit. C’est le temps légal en France. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures données ici.
- EN SEPTEMBRE Î926 (4)
- Périgée de la Lune, le 21 septembre, à 6h. Parallaxe = 6i' 20". Distance = 357 520 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 10 septembre, occultation de 88 Vierge (gr. 6,5). Immersion seule visible, à i9h34“.
- Le 14, occultation de 116 B Ophiuchus (gr. 6,3), de 19h 3m à 201110™.
- Le 16, occultation de 191 B Sagittaire (gr. 6,5), de 22h i5m à 22114am. — Occultation dè 336 B Sagittaire (gr. 6,5), de i8h i6m à i9h 3im.
- Le 20, occultation de 290 B Verseau (gr. 6,3), de 22h 55m à 23h 53m.
- Le 21, occultation de 33 Poissons (gr. 4,7), de 19'’ i3ra à 20h i3ra. — Occultation de 24 B Baleine (gr. 6,o),' de 21h 43m à 2 2h 46“.
- Le 26, occultation de 3o2 B Taureau (gr. 6,r), de 2Ik 2“ à 2ih 44m.
- Le 27, occultation de 3i2 B Taureau (gr. 6,2), de oh 58“ à 2h 7”.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 21. Elles seront très fortes.
- Voici les heures auxquelles se produiront ces marées, pour Brest, avec leur coefficient :
- Dates. Sept. 20 Marées du matin. Heures!""* ^Coefficient 2b 27“ o,83 Marées du soir. Heure?. " dôefficïent i4ll52m 0,02
- — 21 3hi6“ 1,00 i5h39” 1,06
- — 22 4h 2m 1,12 l6h 22m 1,15
- — 23 4h44” 1,16 i7h 5“ 1, i5
- 24 5h 26“ x, 13 i7h 47“ >,09
- — 25 6h 8” 1 ,o3 i8h27“ 0,96
- — 26 6h 47“ 0,88 19“ 8“ 0,79
- Voici, à présent, les heures d’arrivée du mascaret
- conséquence de ces fortes marées :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee,
- Sept. 21 1,06 I9h 17“ Ig4 54“ 20h 3“
- —. 22 1,12 7h 37“ 8h i4” 23“
- — 22 1,15 I9h 57'" 2oh 34” 20h43”
- — 23 1,16 8h 16“ 8h 53“ 911 2”
- — 23 1, i5 20h 87“ 2 I ^ 14 *** 2Ih 23“
- — 24 1,13 8h 58” 9h 35“ 9h 44“
- — 24 1-09 2Ih 20“ 2Ih 57™ 224 6“
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous donné, soüS une forme succincte, d’après l’Annuaire astronomique Flammarion, les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de septembre.
- Mercure sera bien peu favorablement placé, ce mois-ci, pour être observé.
- On pourra essayer de le rechercher dès le début du mois.
- Mais sa plus grande élongation ayant eu lieu le 25 août, il est possible qüe Ton ait de sérieuses difficuD tés pour le trouver.
- Voici le tableau de la phase et dè la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- 0-9
- 1.2
- 1.3
- 1.3
- 1,1 0,8
- Vénus est encore visible le matin, elle se rapproche du Soleil. On pourra commencer les observations à l’arrivée du jour et les poursuivre après le lever du Soleil.
- Le grand éclat de Vénus permet, en effet, de l’observer en plein jour, non seulement avec une lunette ou une jumelle, mais même à l’œil nu. Nous l’avons souvent vue en plein midi, se détachant comme un point blanc sur le fond bleu du ciel, et avons pu la montrer à de nombreuses personnes.
- 3 °-77
- 8 0,91
- i3 ô-97
- 18 o>99
- 23 0-99
- 28 0,98
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : SEPTEMB. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 5h i3“ nh49m32s i8h25” iob54m + 7° 3i'46;8 Lion
- Soleil . . .< i5 5 27 11 4b 6 18 4 11 3o + 3 i3 3i 52,8 Lion »
- 25 5 41 11 42 34 17 43 12 6 — 0 40 3i 57,6 Vierge
- 5 3 58 11 3 18 9 10 4 13 24 5,6 a Lion
- Mercure. .< i5 5 2 11 35 18 8 11 16 + 6 38 5,o a Lion Le matin.
- 25 6 5 12 2 1758 12 12 — 1 i3 4,8 Y Vierge
- 5 • 3 21 xo 35 17 5o 9 38 i5 9 io,6 y] Lion )
- Vénus . . .< i5 3 49 10 44 17 38 10 26 -f 11 9 10,4 p Lion Le matin, avant le jour.
- a5 4 18 10 5i 17 24 11 12 + 6 38 10,2 a Lion
- t 5 20 45 3 5a 11 0 2 56 + i3 43 i5,o X Baleine
- Mars. . . .< 15 20 I I 3 23 10 34 3 5 -f- 14 33 16,4 Ç Taureau . Presque toute la nuit.
- ( 25 19 34 2 46 10 3 3 10 + i5 5 17,6 ç Taureau
- Jupiter. . 4 i5 16 55 21 40 2 24 21 26 — 16 18 44,2 y Capricorne Premièrepartie delà nuit.
- Saturne . . i5 xo 49 i5 34 20 19 i5 19 — 16 i5 * 4 > 4 Ç Balance Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . 15 18 16 0 11 6 5 23 53 — 1 38 3,6 29 Poissons Toute la nuit. Opp. le 21.
- Neptune. . . i5 3 2 10 8 17 i3 9 52 —f- 13 24 2,4 v Lion Inobservable.
- I. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Voici la Vénus : valeur de la phase et de l’éclat stellaire
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Sept. 3 0,94 — 3,3
- — 8 0,94 — 3,4
- — i3 o,95 — 3,4
- — 18 0,96 -3,4
- — 23 0,96 -3,4
- — 28 °>97 - 3,4
- La grandeur relative du disque illuminé (presque 1,00) prouve que Vénus se présente à nous éclairée à peu près complètement de face, elle s’achemine vers sa conjonction supérieure, qui aura lieu en novembre prochain.
- Mars devient très intéressant à observer dans les instruments moyens et, surtout, dans les très puissants télescopes.
- L’amateur qui étudie Mars ne doit pas se décourager s’il ne possède pas un de ces « léviathans » de l’optique, comme il en existe à Meudon, à l’observatoire Yerkes ou au Mont Wilson. Qu’il se rappelle les travaux et les découvertes des anciens astronomes — et il faudrait même remonter jusqu’à Cassini Ier — nous voulons parler de Beer et Maedler, de Trouvelot, de Schiaparelli, etc., qui, à l’époque de leurs premières observations si fécondes, possédaient de très modestes instruments. Il y a beaucoup à voir sur Mars avec des lunettes moyennes (95m“, io8mm d’objectif, et même moins).
- Mais il est un sentiment que l’on rencontre chez beaucoup d’observateurs et c’est le même qui, sur route, conduit les side-cars à « gratter «les puissantes 24 HP. Nous avons connu maints amateurs intimement persuadés que leur objectif était le meilleur du monde et était par là même capable de leur montrer les petits détails révélés par les grands instruments; De là, cette pluie d’observations de Mars où la finesse des « canaux » rivalise avec la multiplicité des autres détails aréo-graphiques. Ajoutons que des observateurs réputés de Mars ont continué la tradition lorsqu’ils ont eu en mains des instruments plus importants. On veut voir au delà de la vision, si l’on peut dire, et, avec un peu de bonne volonté, eh bien on croit que... l’on y est parvenu.
- Donc, chers lecteurs, bien loin de nous l’idée de vous conduire au moindre découragement, mais il faut de la Modestie dans les observations astronomiques, comme d’ailleurs dans toutes les actions humaines. Contentonà-nous donc de voir sur Mars ce que peut révéler le diamètre de notre objectif, et le spectacle sera, encore très suffisant pour réjouir l’étudiant sincère de* la nature. Mais renonçons à faire des découvertes sur la rouge planète avec nos petites lunettes et nos modestes télescopes.
- Ceci dit, examinons les observations que l’on peut faire en ce mois de septembre.
- Le diamètre de Mars varie de i5" à 17" 1/2 pendant ce mois. Il atteindra 20",4 en novembre prochain, au moment de l’opposition. A ce moment la distance de la Terre à Mars sera de 68 millions de kilomètres et la planète s’élèvera à 55° au-dessus de l’horizon de Paris.
- On reconnaîtra à première vue la calotte australe, couverte de neige, en haut du disque (pour les lunettes astronomiques qui renversent les objets).
- Pour l’identification des détails de la surface, on pourra se munir d’un planisphère tel que celui publié par M. E.-M. Antoniadi dans la belle Description dh Ciel, de A. Danjonf1), en tenant compte, naturellement, de la puissance de l’instrument dont on dispose.
- Voici, à présent, comment se présente le globe de Mars à l’observateur terrestre, en septembre :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position de du position Eclat
- (0h) l’axe de Mars, centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Sept. 2 3230,5 - i3°,6 i4",7 i",8 254°,3 - - LO
- — 12 3230,6 — i2°,7 i5",9 l">7 2550,5 — - 1,2
- — 22 323°,6 — i2°,3 17", 2 i",4 2560,5 - - i,4
- Mars tourne sur son axe en 241’ 37“ 22 % 65. En 1 mi-
- nute, il tourne de o°,24; en 1 heure de 140,62; en
- 24 heures de 35o°,89.
- Si l’on sait l’heure du passage au méridien central du disque du méridien o° de Mars (il passe par la Baie Fourchue du Méridien ou Sinus Sabæus), il sera toujours possible de calculer, pour une heure donnée, la longitude des lieux de Mars qui passent au méridien central à cette heure. Voici donc ces dates et heures :
- Heure de Heure de
- Dates. passage. Dates. passage.
- Sept. 2 2ih 35”5 Sept. 18 7hiom7
- — .4 22h52”8 — 20 8h26”6
- —, 6 — —- 22 9h 42”2
- — 8 oh48m4 — 24 ioK 57“7
- — 10 2h 5” 2 — 26 I 2h 12“ 9
- — 12 3h 2Im 9 — 28 i3h 27“8
- — 14 4h 38“4 —3o i4h 42”6
- — 16 5h54“6
- L’observation des deux satellites de Mars ne peut être faite avec les instruments d’amateurs.
- Jupiter est visible dès l’arrivée de la nuit. Il est encore très favorablement placé pour être étudié. Les plus petites lunettes suffisent pour montrer le disque aplati de cette planète, pour révéler les bandes nua-
- 1. En vente à la Société astronomique de France : écrire 28, rue Serpente, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- geuses qui traversent le disque, et pour suivre les évolutions des quatre principaux satellites autour du globe central. Au cours de ces évolutions, divers phénomènes peuvent se présenter à nous : éclipses d’un satellite dans l’ombre que là planète projette derrière elle, par rapport au Soleil : E. c ou E. f, selon qu’il s’agit du début ou de la fin de l’éclipse ; passages d’un satellite devant le disque de Jupiter : P. c ou P. f ; passage de l’ombre d’un satellite sur le disque même de la planète : O. c ou O. f; enfin, immersion ou émersion d’un satellite qui passe derrière le globe de la planète : Im. ou Em. Voici, pour septembre, la liste de ces divers phénomènes.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Septemb. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Septemb. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I I9t 3im III Im. 16 22h 47“ II P.c.
- 2 0 53 III E. f. 17 O 20 II 0. c.
- 2 J9 7 II 0. c. 18 21 23 II E. f.
- 2 2 I 5 II P.f. 19 «9 7 III 0. c.
- 2 22 0 II O.f. *9 J9 2 1 III P.f.
- 3 »9 29 IV O.f. 19 22 42 III O.f.
- 4 23 43 I Im. 20 O 22 I P.c.
- •5 20 5o I P. c. 20 0 53 IV P.c.
- 5 21 2 ï I 0. c. 20 I I 2 I 0. c.
- 5 23 7 I P.f. 20 21 42 I Im.
- 5 23 39 I O.f. 21 0 51 I E. f.
- 6 21 0 I E. f. 2 I 18 49 I P.c.
- 8 I 25 II Im. 21 19 4o I 0. c.
- 8 2 2 52 III Im. 21 21 6 I P.f.
- 9 20 29 II P.c. 2 I 21 58 I O.f.
- 9 21 43 II 0. c. 22 19 19 I E. f.
- 9 23 21 II P.f. 25 *9 33 II Im.
- 10 0 3 II O.f. 26 O I II E.f.
- 11 18 46 II E. f. 26 19 16 III P. c.
- 11 2T 36 IV Em. 26 22 51 III P.f.
- 11 23 0 IV E. c. 26 23 8 III 0. c.
- I 2 I 2 9 I Im. 27 *9 6 II O.f.
- 12 18 42 III O.f. 27 23 29 I Im.
- 12 22 35 • I P.c. 28 20 37 I P.c.
- 12 23 16 I 0. c. 28 21 36 I 0. c.
- 13 O 53 I P.f. 28 21 59 IV E.f.
- i3 I 34 I O.f. 28 22 54 I P.f.
- i3 T9 55 I Im. 28 a3 53 I O.f.
- i3 2 2 55 I E. f. 29 *7 56 I Im.
- i4 r9 19 I p.f. 29 21 14 I E.f.
- i4 20 3 I O.f. 3o 18 2 2 I 0. f.
- Saturne est peu observable, se couchant de très bonne heure.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du i5 septembre :
- Grand axe extérieur......................... 36",oi
- Petit axe extérieur......................... i4",o2
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. +22°55'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... +a3° 63/
- On pourra observer, le 6 septembre, à 5\5, l’élongation orientale de Titan, 1© plus brillant des satellites de Saturne, et le 14 septembre, à 8h,3, l’élongation occidentale du même satellite.
- Uranus sera en opposition le 21 septembre à 5h. Il est donc visible toute la nuit. Pour le trouver, utiliser la petite carte de son mouvement sur le ciel que nous avons donnée au précédent « Bulletin astronomique », n" 2725. Uranus, avec une bonne lunette, présente un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre environ. On peut suivre cette lointaine planète avec une simple jumelle.
- Neptune, trop près du Soleil, est encore inobservable ce mois-ci.
- IV. Phénomènes divers.
- Le 2, à 22h, Mercure, en conj. Le 5, à 8h, Vénus, —
- Le 5, à i4h, Neptune, —
- Le 6, à ih, Mercure, —1
- Le 7, à 16h, Vénus, —
- Le i2, à 19h, Saturne, —
- Le 15, à 5k, Mercure, —
- Conjonctions :
- avec Neptune, à o° 52' N.
- — la Lune, à 20 12' S.
- — la Lune, à 2° 5g'S.
- — la Lune, à 20 9' S. — Neptune, à o° 3g'N. — la Lune, à 20 8' S. — a Lion (gr. ' 4,2).
- à o° 3’N.
- Le 19, à 5h, Jupiter, Le 21, à 17h, Uranus, Le 22, à 14h, Vénus,
- Le 24, à ih, Mercure
- la Lune, à i° 48' N. la Lune, à 4° 2.2' N. X Lion (gr. 4,8).
- à o° i'N. ï] Vierge (gr. 3,9).
- à o° i5' S.
- Le 26, à 711, Mars, — — la Lune,. à i° 33'N
- Etoiles filantes. — De nombreux essaims de météores sont actifs en septembre. Voici la liste due à M. W.-F. Denning, que publie Y Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Sept. 3 354° + *4° 38 Andromède.
- — 3 au 14 346° + 3° p-y Poissons.
- — 6 au 8 62° + 37° e Persée.
- — 8 au 10 780 + 23° Ç Taureau.
- — i3 680 -f 5° P. IV. 236.
- — i5 au 20 10° + 35° p Andromède.
- — i5 et 22 6° + n° y Pégase.
- 20-21 io3°. + 680 42 Girafe.
- 21-22 74° + 44° a Cocher.
- — 2i et 25 3o° -1- 36° p Triangle.
- 21 3i° + i8° a Bélier.
- — 29 et 3o 24° + 170 y Bélier.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 3 septembre, à 3h53m; 6, à oh42m; 8 à 2ih3om; 26, à 2h22m; 38, à 23h iom.
- Etoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéra]
- Dates. Passage. Temps légal, à midi moyen de Paris.
- Sept. 8 Supérieur 2h 20“ 55‘ nk 7m 8‘,5
- — 18 — ih 41m 43' nh46m34,,o
- — 28 — ih 2“ 3o‘ i2b 26® 5gs,5
- V. Constellations. — L’aspect du ciel, le ier septembre, à 21 heures, est le suivant :
- Au Zénith a Lyre. Hercule (a, x, p, g5, S). Le Cygne
- (P, 0, g, 6T).
- A l’Est : Le Verseau (t, 83 h, +, 94, Ç). Pégase et Andromède (y, nébuleuse).
- Au Sud : Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3g). Le Sagittaire (!, v, 54 e1, M. 8, X, W). Le Scorpion (Antarès, v, p, a1, t). La Balance. Le Capricorne (a, p, p, 0).
- A l’Ouest : Le Bouvier (a, e, it, £, p.). La Vierge à l’horizon.
- Au Nord : La Grande Ourse (£, $, v, 23 h, a, 67). Ca-pella glisse à l’horizon. Cassiopée (vj, 1).
- Em. Touchet.
- _J&D
- VARIETES
- cs^
- ÉVALUATION APPROXIMATIVE DU PRIX D’UNE CONSTRUCTION PROJETÉE
- En raison des fluctuations incessantes des prix des matériaux de construction et de la main-d’œuvre, il semble difficile d’indiquer, à première vue, aux propriétaires,,un prix de revient suffisamment exact des constructions qu’ils projettent. Récemment dans Vie à la Cam-
- pagne, notre confrère, M. Sézille, envisageant le calcul de la valeur d’un projet d’habitation, présente à cet égard un barème qui nous paraît parfaitement répondre à cette question. Bien entendu les renseignements qu’il donne sont d'ordre général et on ne peut évidemment en tirer argu-
- 37
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-
-
- VARIÉTÉS
- 0g
- ment d’une façon formelle pour traiter un forfait à un chiffre correspondant ; ses appréciations basées sur la valeur de constructions similaires, de types courants et édifiées dans des conditions normales, durant la période précédant la guerre, sont de nature cependant à circonscrire à un écart d’environ iopour ioo la différence entre le chiffre approximatif et la valeur définitive des travaux dans tous les cas ordinaires.
- Notre confrère envisage notamment trois types de constructions ayant les caractéristiques suivantes :
- A. Habitation à bon marché : salle commune, laverie, W.-C, cellier, chambre des parents, chambre d’enfants.
- Mûrs en agglomés, creux ou pleins ; menuiseries de sapin exécutées en série, si possible ; quincaillerie ordinaire ; dallage ciment ou parquet sans joints, charpente et parquets en sapin, couverture tuiles mécaniques ou fibro-ciment, pièces peintes à la chaux, sauf dans la salle commune, les W.-C, et la laverie (à l’huile) ; volets pleins en bois ; citerne ; pompe sur évier ; évier en fonte émaillée; fosse fixe ou septique, si l’on dispose d’eau sous pression.
- En un mot, emploi de tous les matériaux économiques n’excluant pas toutefois la solidité et la résistance aux intempéries.
- B. Habitation de moyen confort : porche, entrée, salle à manger, salon ou hall, cuisine, W.-C., caves, chambre des parents, chambre d’enfants, toilette, une chambre d’invités, une petite salle de bains (terrasse facultative).
- Murs construits avec les matériaux de la contrée (brique, pierre, moellon, meulière) ; plancher du rez-de-chaussée en fer, du ier étage en bois ; charpente sapin ; couverture en ardoises ou en tuiles mécaniques ; menuiseries extérieures en chêne et sapin, intérieures en sapin; quincailleries 2e choix; persiennes fer ou bois; parquets en sapin ou dallages parquets sans joints ; eau sur évier, évier et installations de W.-C. en grès cérame ; chauffage par radiateurs et distribution d’eau chaude par le fourneau de cuisine ; un placard ; une penderie, fosse septique ; peinture à l’huile dans les pièces de services ; papier de tenture et peinture des boiseries dans les pièces principales.
- C. Habitation de grand confort : porche, vestibule, hall
- ou salon, salle à manger, cabinet de travail, cuisine, office, caves, buanderie, W.-C. pour maîtres, W.-C. pour domestiques, chambre des parents, toilette-bains, chambre d enfants, toilette, une ou deux chambres d’invités (toilettes), une ou deux chambres de domestiques (toilette), penderie (garage facultatif).
- Murs construits en matériaux de la contrée, charpente sapin ; plancher en fer ou en béton armé, couverture ardoises, tuiles plates, ou comble aménagé en terrasse ; carrelages céramiques ; parquet chêne dans les pièces principales, en sapin dans les pièces secondaires; menuiseries extérieures en chêne, intérieures en chêne et sapin ; distribution générale d’eau chaude et d’eau froide ; chauffage central; sonneries électriques; appareils sanitaires grès; baignoires fonte émaillée; quincaillerie ior choix ; peinture huile dans les pièces secondaires (cuisine, office, salle de bains : ripolin) ; papiers de tenture, boiseries peintes, staffs; dans les pièces principales, cheminées; volets roulants ou persiennes; placards, penderies.
- Pour chacun de ces trois types de constructions prêtes à être habitées, le barème suivant donne en franc-or et par mètre carré les prix moyen de revient valeur 1914 :
- Type de Prix de revient
- rez-de- du mètre carré
- construction. Cave. chaussée. Etage. Toiture. construit.
- A 50 50 50 20 100 fr. à simple
- rez-de-chaussée, 150 fr. s’il y a un étage.
- II 50 75 75 25 150 fr. à simple rez-de-chaussée. 225 fr. s’il y a un étage.
- C 60 120 0 0 40 520 fr. s’il n’y a i|u’un étage.
- Dès lors il est aisé, connaissant au moment du projet, le coefficient de majoration applicable sur la valeur 1914 — actuellement 4,5 à 5,5 selon les centres — de déterminer d’après son type la valeur approximative de la construction projetée. M. Bousquet.
- BOITE AUX LETTRES
- osr,.
- AVIS. — L’abondance dés demandés de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Errata. — Les profils Joukowsky pour ailes d'avion (n° 2726, Informations) : au lieu de 8000 km et 9000 km, lire 8000 et 9000 kilogCammètres.
- Moteur électrique domestique interchangeable (n° 2726, Science appliquée) : l’adresse du constructeur est M. Ronaült, 8, rue de Chézy, Neuilly-sür-Seine (Seine), et non à Marseille.
- Perfectionnements aux machines à coudre î(n° 2728, Science appliquée) : l’adresse de la Compagnie Singer est 27* avenue de l’Opéra, Paris, i8r.
- Communication. — A propos des « bélugas » (n°* 2721 et 2723). — M. Léonidas C. Pinatzi, du Pirée, nous écrit :
- « J'ai lu avec grand intérêt votre dernier article dans La Nature qui m'a bien intéressé.
- Béluga. — Il est bien curieux que les pêcheurs bretons désignent par ce nom purement russe les différents cétacés qui détruisent leurs filets. Dans le süd de la Russie, où j’ai vécu pendant plusieurs années (Mer Noire, d’Azoff et Caspienne), on désigne par ce nom (belüga signifie blanchâtre) une espèce d’esturgeon qui fournit le meilleur caviar.
- Chasse des dauphins. — Dans la mer Noire, ces petits cétacés pullulent, surtout sur les côtes de la Crimée et du Caucase. Sans être spécialiste (je suis botaniste), je crois qu'il existe dans la mer Noire seulement trois espèces de delphinidés, le Delphinus delfis,
- Tursiops et Phocaena, mais le dauphin commun est le plus répandu.
- Ces animaux sont chassés en grand par des pêcheurs turcs qui arrivent aux côtes du Caucase chaque printemps, avec leurs petits bateaux de pêche, et s’installent aux anses qui sont le plus fréquentées par les dauphins. La chasse se fait exclusivement au fusil et les animaux, une fois tués, sont dépecés à la côte, et soumis à une opération primitive pour en retirer la graisse (pour cela ôn les fait chauffer dans des chaudières en cuivre). Il s’en dégage une odeur nauséabonde, qui empeste toute la côte, ce qui provoqué de vives protestations de la part des habitants de jolies villas des sauvages et majestueuses côtes caucasiennes.
- Cette graisse, désignée sous le nom turc « bezir », est mise en barils et emportée en Turquie, où elle sert comme matière première pour différentes industries rurales.
- Quant à la chair de ces cétacés, elle n’est point mangée par les habitants, seulement pendant la grande famine de 1921 de grandes quantités de dauphins ont été dévorées en Crimée. Ceux qui en ont mangé les ont trouvés d’un bon goût, et, en tout cas, très substantiels ».
- Réponses. — M. R.-C., à Dijon. — Vous aurez les renseignements les plus précis et les plus sûrs pour la fabrication des gâteaux de cire pour ruchers en vous adressant à l’Ecole supérieure d’Apiculture à Charenton (Seine).
- M. S., au Puy, — i° L’ouvrage « Les matières cellulosiques » par Beltzer et Persoz, édité par la Librairie Béranger, i5, rue des Saints-Pères, vous fournira toutes données scientifiques sur le mercerisage du coton ainsi que sur le similisage ou mercerisage sous tension.
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- Æ.;
- 2° Pour le blanchiment du coton, consulter « Blanchiment industriel » par Lederlin. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. A.-M., à Arles. — La condition essentielle pour assurer la conservation des cheveux coupés, est de les débarrasser de la matière grasse qui sert d’aliment au dermeste des pelleteries ou Attagenus pellio, insecte qui cause, à l’état de larve, leur destruction, si des précautions ne sont pas prises.
- Pour effectuer le dégraissage il suffit de laver les cheveux dans l’eau savonneuse tiède, additionnée de 2 à 3 pour 100 de carbonate de soude (cristaux du commerce).
- On rince soigneusement à plusieurs reprises, on plonge pendant une heure ou deux dans de l’eau formolée (une cuillerée à café de formol commercial par litre d’eau), puis on laisse sécher sans rincer, bien complètement à l’air, avant d’envelopper dans plusieurs doubles de papier et de ranger.
- M. Mutin, à Beaune. — Pour colorer l'une des extrémités de vos bouchons en rouge, jaune, vert, etc. de façon à reconnaître facilement au simple examen quel est le contenu de la bouteille, il vous suffira de tremper la partie plane du bouchon dans un vernis à l’acétate de cellulose ; vous pouvez prendre comme type la formule
- suivante :
- Acétate de cellulose............... 3o gr.
- Tétrachloréthane...................36o —
- Triacétine.......................... 3 —
- Alcool à g5°....................... 40 —
- Après dissolution de l’acétate de cellulose dans le mélange des solvants, colorer à volonté par une couleur d’aniline au choix.
- N. B. —Les solvants étant très volatils, aucune odeur ne persiste. Si vous ne désirez pas entreprendre une préparation, vous pourrez trouver des vernis de ce genre tout préparés chez Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs.
- A.-B.-Z. — Une solution tiède de soude caustique à 2 ou 3° Baumé, est encore ce que vous pouvez employer de mieux pour décrasser vos chambres à air d’autos ; après rinçage soigné et séchage, un simple passage devant une brosse circulaire’ enlèvera alors les parii-cules incrustées dans le caoutchouc. Si cela ne suffisait pas badigeonner légèrement au tétrachlorure de carbone et repasser aussitôt à la brosse.
- M. Potier, à Cherbourg. — Le procédé d’imperméabilisation des tissus auquel vous faites allusion est celui du D1' Jacquemet, il consiste à badigeonner l’étoffe bien sèche avec un mélange de :
- Vaseline......................... 10 gr.
- Lanoline anhydre................. 10 —
- Essence pour autos...............5oo cc.
- Tétrachlorure de carbone . . . 5oo —
- Opérer de préférence au grand air ce badigeonnage et laisser sécher au soleil.
- L. -G., Morbihan. — 1° Pour l’imperméabilisation de votre capote d’auto, voir la réponse précédente.
- 20 Voici comment il faut opérer lors du détachage pour éviter les « cernes » ou auréoles :
- On entoure la partie tachée avec le liquide dissolvant, benzine, éther de pétrole, ou mieux encore tétrachlorure de carbone, en dirigeant progressivement le mouvement circulaire de nettoyage vers le centre; on transporte alors la partie du tissu ainsi imprégnée sur une flanelle sèche sur laquelle on l’applique en tamponnant avec la paume de la main, puis on recouvre la tache soit avec du plâtre à modeler, soit avec de la terre de pipe ou du kaolin. Le principe de l’opération est en réalité de faire absorber par une matière poreuse le liquide qui a dissous la matière grasse de la tache, en général le plâtre fin convient parfaitement. Quand le tout est sec on brosse, ce qui entraîne en même temps la poudre et son contenu ; au cas où il resterait une légère tache blanche de poudre on la ferait disparaître en frottant avec un peu de mie de pain.
- M. de Araujo-Lima. — i°Il ne nous est pas possible, eu égard au peu d’espace dont nous disposons, de traiter ici la transformation d’un moteur à gazoline en moteur à gaz de ville et en moteur à gaz pauvre ; le mieux est de vous adresser au constructeur de l’appareil dont vous disposez, qui vous fera connaître les possibilités compatibles avec les caractéristiques du moteur en question.
- 2* Nous pensons que l’appareil Renard, construit par Ducretet, rue Gay-Lussac, à Paris, vous donnerait satisfaction pour Vobtention de l’hydrogène et de l’oxygène par électrolyse. Cet appareil emploie, comme vous le désirez, un électrolyte alcalin et, grâce à des diaphragmes présentant une faible résistance électrique, la séparation des gaz s’effectue très bien ; l’application de ces cloisons poreuses permet également d’utiliser des courants de grande intensité, ce qui donne des rendements élevés. Le constructeur indiqué ci-dessus vous adressera très volontiers une notice avec figure qui vous permettra de vous rendre compte du fonctionnement de l’appareil.
- 3° Les maisons suivantes sont également susceptibles de vous fournir un appareillage analogue pour l’électr olyse alcaline : l’Oxylithe, 225, quai Aulagnier, à Asnières (Seine). L’Air liquide, 48, rue Saint-Lazare. L’Oxyhy-drique française, 25, rue Béranger, à Malakoff (Seine).
- M. Chabrand, à Gap. — i° Les maisons suivantes se chargent d'installations d'usines et fours à plâtre. Pro-vendier et Cie à Triel-sur-Seine (Seine-et-Oise) ; Société d’Etudes et installations industrielles, 87, rue Taitbout.
- 20 Documentation sur la question : Le Plâtre, propriétés, fabrication, par Fritsch. Editeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Revue Plâtre, Chaux et Ciments, 148, boulevard Magenta. Revue générale de Chaufournerie, 5i, rue de Paradis.
- M. Weissmuller, à Neufchâtel. — L’obtention directe d’un positif sur plaque ou film au gélatino-bromure peut être réalisée par addition au révélateur de certaines substances qui font apparaître une image positive au lieu d’une image négative, telles sont la sulfocarba-mide, la phénylsulfocarbamide, la thiosinamine. Voici à titre d’exemple quelques formules de développateurs d’usage courant :
- i° Développateur à la sulfocarbamide :
- Iconogène..................... xo gr.
- Sulfite de sodium............. 3o —
- Borax......................... 10 —
- Sulfocarbamide................ ao —
- Eau distillée............... 1000 cc.
- L’image qui apparaît d’abord en négatif se transforme peu à peu en positif.
- 20 Développateur à la phénylsulfocarbamide :
- Iconogène..................... 20 gr.
- Sulfite de sodium. .... 60 —
- Carbonate de sodium ... 3o —
- Phénylsulfocarbamide. . . 10 —
- Eau distillée............ . 1000 cc. •
- L’image se développe de suite en positif.
- 3° Développateur à la thiosinnamine :
- Hydroquinone ..... 100 gr.
- Sulfite de sodium. ... 5o —
- Carbonate de sodium . . xoo —
- Thiosinamine............ 2,5 —
- Eau distillée........... 1000 cc.
- Ce développateur agit de la même manièi’e que le précédent.
- C. A., à Paris. -— La formule qui suit peut vous servir de type pour préparer une graisse à souder.
- Prendre :
- Huile d’œillette............100 gr.
- Suif de mouton ..... 80 —
- Colophane en poudi’e. ... 5o —
- Faire fondre ensemble l’huile et le suif, puis y ajouter progressivement la colophane; quand la masse est bien homogène, incorporer en remuant toujours.
- Solution saturée de sel ammoniac 25 gr.
- Laisser refroidir et mettre en boîtes.
- M. le Dr A., à Ronssoy. — 1° La laine n’est jamais blanchie en brut, car l’action de Y agent de blanchiment portei’ait inutilement sur les impuretés diverses que contient cette laine brute : suint, gi’atterons, etc. On commence par laver la laine à l’eau chaude, puis on rince abondamment et encore humide on l’expose dans des chambres bien closes à des vapeurs d’acide sulfureux, produit que l’on obtient sans difficulté par combustion de la fleur de soufre dans un récipient non métallique. On laisse en contact vingt-quatre heures, rince à fond et passe au besoin dans l’eau légèrement azuiœe soit par de l’outremer (bleu de blanchisseuses), soit par une couleur bleue ou violette d’aniline.
- 20 Les ouvrages qui suivent vous donneront certainement satisfaction : Le nouveau secrétaire commercial français-espagnol, par Laborde, éditeur Garnier^ 6, rue
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- des Saints Peres. Cours pratique et complet de correspondance frang a is e-espagn oie, par A. Rumeau, éditeur Calpe, à Madrid. Vous pourrez, vous procurer simultanément ces deux ouvrages à la librairie étrangère chez Boyveau et Chevillet, 22, rue de la Banque, à Paris, o En français seulement : Les affaires par correspon-
- dance, par Chambonnaud, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. G. Braeke, à Paris. — Vous aurez tous renseignements sur les cours et disponibilités des minerais d’amiante dans le journal La Revue des produits chimiques, 54, rue Turbigo,
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’aviation commerciale, par O. Bonomo. i vol. 122 p., 21 fig. Editeur : F. Louis Vivien, 48, rue des Ecoles. Paris 1926. Prix : 12 francs.
- Dans cette thèse présentée pour le Doctorat de Droit commercial de l'Université de Neuchâtel (Suisse), l’auteur analyse les caractéristiques générales des moyens de transport aérien, les bases techniques et financières sur lesquelles doit reposer l’organisation des lignes aériennes et les méthodes d’exploitation de ces lignes. Il présente une étude originale et poussée du problème commercial de la navigation aérienne. Enfin il termine par un aperçu de la politique aérienne des divers Etats européens et un appel, dans ce domaine, à la concorde ou à l’entente des puissances. Cette intéressante étude, très logiquement conçue, appuyée sur une solide documentation, constitue un travail fort utile pour tous ceux qui, à un titre quelconque, s’intéressent au développement pratique de la navigation aérienne.
- Nomogenesis or Evolution determined b)' Law, par Léo S. Berg. Traduit du russe en anglais par J .-N. Rostovt-sow. 1 vol. in~8°, 477 p,, 33 IIg. Constable et Ciü, London. Prix : relié, 28 shillings.
- Remarquable ouvrage dans lequel l’auteur oppose au darwinisme et à ses hasards les lois de l’évolution, du développement, inscrites dans la nature même des êtres. La lutte pour la vie, la sélection naturelle deviennent secondaires; l’évolution se fait à partir de très nombreuses formes primitives, par convergence, selon des lois définies. L’hérédité, la lutte sont conservatrices ; les changements sont brusques et apparaissent par paroxysmes, par crises, non par une lente et insensible transformation. Cette théorie anti-darwi-niste est étayée sur de nombreuses observations; on y sent une grande puissance de réflexion, une forte documentation, un esprit lucide. Et comme l’auteur n impose pas les faits positifs qu’il présente, on peut approuver en tout son attitude résumée par la phrase d Huxley qu il a mise en exergue : « La science se suicide quand elle adopte un credo ».
- Histoire du peuplement de la Corse, Etude biogéographique publiée par la Société de Biogéographie. 1 vol. in-8°, 263 p., 6 cartes. Paul Lechevalier, Paris.
- La jeune Société de Biogéographie, si vivante, a mis à l’étude, comme exemple de monographie d’une région, l’histoire du peuplement de la Corse. La plupart de ses membres qualifiés y ont collaboré. Le sujet est particulièrement bien choisi, puisqu’il s’agit d’une île dont la flore et la faune ont été maintes, fois examinées et sont bien connues, séparée par la mer d’autres pays méditerranéens bien connus également. Apres un avant-propos de M. Fage exposant le but poursuivi, une introduction géographique de M. Ambrosi, un aperçu géologique de MM. Joleaud et Lemoine, viennent les monographies de groupes énumérant les espèces autochtones, celles introduites et leur époque d’apparition, celles qu’on trouve aussi en Sardaigne, en Sicile, en Italie, en France, aux Baléares, en Espagne, en Tunisie, en Algérie, etc.
- M. Passemard étudie l’homme, M. Joleaud les mammifères, M. Berlioz les oiseaux, M. Depax les reptiles et batraciens, M. Roule les poissons, M. Germain les mollusques, M. de Beauchamp les turbel-lariés,, M. Sainte-Claire Deville les coléoptères, M. de Joannis les lépidoptères, M. Berland les hyménoptères, M. Chopard les orthoptères, M. Fage les arach-
- nides, M. Brolemann les myriapodes, M. Braun-Blanquet les phanérogames, M. Allorge les muscinées.
- MM. Joleaud et Lemoine ont tiré les conclusions de toutes ces études en établissant une esquisse des relations paléogéographiques de la Corse avec les diverses terres voisines.
- Il est à souhaiter que d’autres monographies aussi complètes et aussi intéressantes soient entreprises pour de nombreuses régions.
- Jhe U. S. S. « Albatross » in lower Californian Seas. Cruise of 1911. 1 vol. in-8u, fig., cartes. American Muséum of natural History, New-York.
- Grâce à la générosité de M. Arthur Curliss James, le National Muséum a organisé en 1911, à bord de 1 Albatross, un grand voyage d’études océanographiques, zoologiques et botaniques le long des côtes de la Californie du sud. L’expédition, dirigée par M. C. JI. JTownsend, a recueilli nombre de documents fort intéressants. Ce livre est formé des études publiées par ses collaborateurs sur les principaux groupes. Certaines sont particulièrement curieuses, notamment celle de lownsend sur l’éléphant de mer et ses mœurs.
- Ce qu il faut savoir pour exporter, par Horsin-Deon. 1 vol. 242 p. Dunod éditeur. Paris 1926.
- Pour exporter il faut tout d’abord étudier le marché que 1 on désire atteindre, y rechercher une clientèle et s adapter à ses goûts, y organiser la vente des produits et se faire payer. L'ouvrage de M. Horsin-Déon examine ces divers points, donne sur chacun d eux de nombreux et utiles renseignements ainsi que de sages conseils.
- Paysan, défends-toi avec tes comptes, par A. Sibille. i broch. in-8°, 44 p- Librairie des Sciences agricoles, Paris. Prix : 3 francs.
- L auteur démontre, avec des exemples, les innombrables bienfaits d’une comptabilité simple, mise à la portée des cultivateurs. La question des prix de revient Y.est traitée, en même temps qu’est mise en lumière 1 injustice des attaques dont les cultivateurs sont l’objet relativement à la vie.chère.
- Pour le relieur, par Ch. Roux. 1 vol. 162 pag., 92 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1926, Prix : 14 fr. 40.
- Ce livre n’est pas un traité de reliure, mais un recueil de nombreux tours de main et recettes tpuehant à l’art du relieur.
- Pour l inventeur', par A. Chapeet. 1 vol. 212 p., 70 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1926. Prix : 16 fr. 10.
- Anecdotes sur les inventeurs, les inventions et la genèse des inventions. Suggestions d’inventions à réaliser dans les domaines mécanique, physique, chimique. Conseils et renseignements pour la prise des brevets et la recherche des antériorités.
- Le cardinal Mercier, par Jehan d’Ivray. Préface de Mgr Baudrillart. 1 vol. in-8, 60 p., 1 portrait. Collection « les Clochers de France ». Peyronnet, Paris. Prix : 4 francs.
- Evocation de la vie, de l’œuvre, de la figure du prélat héroïque pendant la guerre, savant, juste et bon toujours, que Maurras a désigné « le grand Juste ».
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2731 7 Août 1926.
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- INFORMATIONS
- ÛtÊL
- Navire-école pour le perfectionnement des ingénieurs. — En Angleterre, des navires-écoles sont consacrés à des études autres que la marine. Et c’est très logique. Il existe une école flottante pour l’agriculture où les élèves étudient les régions anglaises la première année et font des voyages à l’étranger pendant la deuxième année. Le prix de pension est de 200 £ la ire année, il est augmenté la seconde de frais supplémentaires pour les voyages à l’étranger.
- Quelle excellente initiative, celle-ci, et ne doit-on pas souhaiter qu'en France un navire soit consacré à nos élèves des diverses écoles pour leur permettre de se perfectionner par des croisières à l’étranger.
- Que dire d’une suggestion qui admettrait — sans regretter les heures perdues pour les séances d’amphithéâtre — que nos futurs ingénieurs de Polytechnique, de Centrale, des Mines, des Ponts, de l’Institut agronomique, soient emmenés pendant un ou deux mois de leur 2' ou de leur 3° année d’études dans les pays les plus intéressants pour ouvrir leurs esprits à ces fructueuses comparaisons que seuls les voyages à l’étranger peuvent leur permettre, à ces excellentes leçons de choses que les voyages en mer ont le secret de nous réserver, à ces études comparées sur les hommes, les manières de commander et d’obéir qu’on prend malgré soi l’habitude de faire en voyage.
- Quelle magnifique formation ce serait pour l’élite nationale de laquelle on est en droit d’espérer beaucoup à condition de la former de mieux en mieux.
- L’idée ne peut être réalisée d’emblée, je sais qu’il y a des difficultés — surtout financières — car les obstacles matériels autres doivent être inconnus à tous ceux qui poursuivent un but utile. Et même du point de vue financier, ne gaspille-t-on pas en d’autres voyages, moins instructifs, beaucoup de deniers de l’Etat et des particuliers ? L. R.
- Hypersensibilisation des autochromes. — Le merveilleux procédé de photographie en couleurs, imaginé par M. Louis Lumière, a enthousiasmé à juste titre les amateurs photographes qui ne lui reprochent que le peu de sensibilité de la plaque. Elle ne permet, en effet, d’opérer qu’avec une pose d’une seconde au moins, sauf au bord de la mer où l’on peut réduire ce temps d’environ un tiers.
- Mais èn coordonnant et en étudiant pratiquement les procédés qui ont été publiés pour augmenter la sensibilité des émulsions au gélatinobromure, un amateur distingué, M. Ninck, a indiqué dans différentes communications à la Société de Photographie la méthode la plus simple et la plus sûre pour réussir l’instantané au i/io° de seconde environ. Gela est très suffisant pour permettre la présence d’animaux dans un paysage, ou pour réussir un sujet de genre avec des personnages sans que ceux-ci aient pu prendre la pose conventionnelle qui gâte tout.
- L’autochrome n’est pas destiné à faire des tours de force tels que des chevaux de course « dont tous les poils, sont nets », biais de petits tableaux qui, vus en projection surtout, peuvent souvent rivaliser avec les meilleures peintures. Les manipulations simplifiées par M. Ninck sont à la portée de tous les amateurs photographes dignes de ce nom, c’est-à-dire qui développent eux-mêmes leurs clichés., Elles sont indiquées minutieusement dans le dernier agenda Lumière-Jougla. Nous les résumons ici pour encourager nos lecteurs à essayer ce procédé quand ils auront appris combien il est peu compliqué.
- Les produits se trouvent chez tous les marchands de fournitures photographiques, ce sont : le pantachrome Lumière vendu en tubes de 1 décigramme, l’ammoniaque à 220, le chlorure de calcium. On prépare deux solutions :
- L On dissout au moyen d’un agitateur en verre i déci-gramtme de pantachrome dans un mélange par parties égales d’eau et d’alcool à 900. La dissolution se fait à chaud à 6o° environ et à la lumière jaune, ou à la lumière d’une bougie placée à quelques mètres. L’eau distillée n’est pas nécessaire, mais si l’on emploie ï’eau de distri-
- bution de la ville, il faut être sûr qu’elle n’a pas été stérilisée à l’eau de Javel. Cette solution, qu’il ne faut pas filtrer, se conserve indéfiniment dans un flacon recouvert de papier noir et tenu dans l’obscurité.
- IL A la .lumière jaune également on dissout 1 gr. de nitrate d’argent dans 10 cm3 d’eau distillée. Après dissolution complète on ajoute 40 cm3 d’ammoniaque. Cette solution sera aussi conservée dans l’obscurité complète.
- Pour sensibiliser les plaques on prépare dans un verre i5o cm3 d’eau, 5 cm3 de la solution I (pantachrome) et 2 cm3 de la solution II (nitrate d’argent). On fait l’obscurité complète et on place dans une cuvette i3-i8 qui ne servira qu’à cet usage 2 plaques 9-12 munies de pinces spéciales qu’on trouve partout dans le commerce et qui permettent de les manipuler dans les bains sans jamais les toucher avec les doigts. On verse alors le liquide du verre dans la cuvette, on balance doucement pendant 3 minutes et au bout de ce temps on reverse le liquide dans le verre. On lave pendant environ 20 secondes sous le robinet ou on change l’eau trois fois.
- Ce lavage terminé, on peut prendre les plaques par la tranche et il faut les secouer vigoureusement pour-enlever le plus d’eau possible, on fera môme bien d’essuyer avec une touffe de coton le dos des plaques, afin d’introduire le moins d’humidité possible dans la boîte et d éviter aussi les taches que laisseraient les gouttelettes sur le verre en séchant. On les met ensuite à sécher sur un chevalet qu’on aura disposé dans une boite à biscuits en fer-blanc qu’on trouve chez tous les épiciers. Dans le fond de cette boîte on aura mis du chlorure de calcium fondu (qu’il ne faut pas confondre avec le chlorure de chaux). On ferme soigneusement la boîte et pour plus de sûreté on la recouvre soit d’un couvercle supplémentaire en papier noir descendant très bas, soit d un voile noir. On procède de même pour deux autres plaques, le bain pouvant être utilisé deux fois à condition de ne pas l’exposer à la lumière entre les deux opérations.
- Si le chlorure de calcium est bien exempt d’humidité au début de l’opération, les plaques seront sèches au bout de deux heures. Il faut les employer le plus tôt possible, .elles ne se conservent pas plus de deux ou trois jours. Il faut charger les châssis dans l’obscurité complète.
- Avec les plaques hypersensibilisées il ne faut pas employer l’écran jaune, mais un écran à l’esculine (écran S. Lumière).
- Le développement et les autres manipulations se font comme d habitude. On aura soin seulement de commencer le développement dans l’obscurité complète pendant la première minute.
- Il est évident que l’obligation d’employer les plaques dans un délai assez court sera parfois un inconvénient, mais on peut augmenter notablement leur conservation (au détriment de la sensibilité il est vrai) en supprimant complètement le nitrate d’argent. La formule devient alors : eau i5o crm, ammoniaque 4 gouttes, solution I (pantochrome) 5 cm3. Dans ce cas le temps de pose sera plus long, il ne faudra pas dépasser un quart de- seconde ; mais cela sera encore suffisant dans bien des cas.
- G. M.
- L’utilisation de l’énergie du vent en Algérie. —
- On ne songe pas à tirer parti de cette énergie dans un nombre très grand de cas où elle rendrait des services considérables.
- Les pays sans eau, sans houille, ni pétrole, au moins en quantité appréciable, doivent donc ne pas négliger le vent.
- En Algérie, un ingénieux inventeur a mis sur pied une station marémotrice très sérieuse, et il est probable qu’on progressera encore dans cette voie.
- Mais voici que M. le commandant Riet entreprend dans nos départements africains une propagande méthodique pour les moulins à vent. D’après les observations de. 10 années, à Alger, le vent souffle avec une force utilisable 70 jours sur 100,. avec une vitesse moyenne de 5m,38 par seconde; au camp d’aviation d’Hussein-Dey 78 pour 100. Ces données montrent que le problème de
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- l’emploi de l’énergie du vént peut être résolu avantageusement dans bien des situations, en Algérie, et il faut espérer que la campagne du commandant Riet portera ses fruits. (Revue agricole de l'Afrique du Nord, 28 mai 1926.)
- Production et consommation de la fécule. —
- L’industrie féculière française est encore loin de subvenir pleinement au besoin de la consommation nationale. Elle demeure encore cantonnée dans quelques départements.
- La région de Paris compte 20 usines, la région de l’Est en compte 100 environ, celle du centre i3, celle du Nord 2, celle de l’Ouest, 1 ; c’est-à-dire que la féculerie existe seulement dans quelques régions où la culture de la pomme de terre industrielle se fait sur des surfaces assez étendues, ainsi que le fait remarquer M. P. Jour-lain, président de la Chambre syndicale de la Féculerie de France.
- Les chiffres suivants font connaître la situation actuelle de la production et de la consommation de la fécule, en Europe et au Japon :
- Production. Consommation.
- quintaux Quintaux
- F rance. . 65o.000 à 700.000 75o.000 à 800.000
- Hollande. . . 1.000.000 à 1.5oo.000 3oo. 000 à 35o.000
- Pologne . Suède et Da . 700.coo à 800.000 15o.000
- nemark. 3oo.ooo à 4oo.000 15o.000 à 200.000
- Angleterre néant 100.000 à i5o.ooo
- Japon.. . 5oo.ooo à 600.000 200.000
- En 1925, la France a importé :
- Fécule de pommes de terre. 145.5/f9 quintaux Sagou, salep, manioc, etc.. 166.366 quintaux
- Les principales industries utilisant la fécule sont à l heure actuelle, plus particulièrement les suivantes : la filature, les tissages, la teinturerie et les apprêts, la chapellerie de feutre et de paille, la papeterie et la cartonnerie, la corderie, les toiles de pneumatiques, la chaussure, les colles, gommes et gélatines, la savonnerie, la parfumerie, l’impression des tissus, les encres, les produits chimiques et pharmaceutiques, la glucoserie, la dextrinerie, les caramels et colorants, la brasserie, la confiserie, la pâtisserie, la biscuiterie, les tapiocas et pâtes alimentaires, la charcuterie et même la fonderie.
- Le développement de la féculerie en France est intimement lié à l’accroissement de la culture de la pomme de terre, soutenue et intensifiée comme celle de la betterave.
- Concours d’ouvrages sur l'aéronautique. — L’Aéro-Club de Fi’ance vient de décider d’attribuer chaque année 4 médailles aux meilleurs ouvrages traitant de l’aéronautique. Il sera décerné :
- i° Une médaille de vermeil à un ouvrage de technique aéronautique.
- 20 Une médaille de vermeil à un ouvrage de vulgarisation aéronautique.
- 3° Une médaille de vermeil à un ouvrage de littérature aéronautique, soit d’imagination, soit d’histoire.
- 4° Une médaille de vermeil à un ouvrage d’aéronautique publié en langue étrangère.
- Les auteurs ou éditeurs devront faire parvenir leurs œuvres avant le 3i décembre à l’Aéro-Club de France, Commission de bibliographie et d’histoire, 35, rue François-Ier, Paris, 8°.
- Exposition d’inventions de Saint-Etienne. — La
- IXe Exposition de nouveautés industrielles, organisée par l’Union des inventeurs de la Loire, aura lieu du 25 septembre au 17 octobre 1926, place Carnot, à Saint-Etienne (Loire). Une section spéciale sera réservée, cette année, à toutes les recherches se rattachant à la production d’un carburant à bon marché ou de la locomotion utilisant à bon compte des moyens nationaux.
- Un certificat, délivré gratuitement, sur demande, par le Ministre du Commerce, garantit, pendant un an, les inventions présentées à cette Exposition et qui ne seraient pas'brevetées. Le Comité se charge de l’installation et de la présentation des objets ou plans appartenant aux inventeurs éloignés et qui ne pourraient pas se déplacer. Les inscriptions et demandes de renseignements sont reçues au siège de l’Union des Inventeurs de la Loire, 11, place de l’Hôtel-de-Ville, à Saint-Etienne.
- ^ "Nouvelles de T. S. T.
- Modifications des programmes de Radio-Paris. —
- Les programmes du soir de la station Radio-Paris ont été modifiés récemment. Des heures fixes ont été déterminées pour chaque partie du programme, cours de Bourses des valeurs ou du Commerce, informations, radio-concerts ou diffusion d’une pièce de théâtre. De plus, la diffusion du radio-concert est entrecoupée par des « entr’actes auditifs », pendant lesquels sont envoyées des nouvelles de la dernière heure, des historiettes ou des réclames.
- Un nouveau poste d’émission à Daventry. — Une
- nouvelle station expérimentale de i5 kilowatts de puissance qui émet sur ondes de 3oo à 5oo m. aurait été installée à Daventry, d’après La T. S. F. Moderne. Ce poste nouveau serait prêt à être mis en service le ier octobre prochain.
- Des stations de radio-diffusion au Congo Belge.
- — L’Etat du Congo Belge a décidé d’installer une série de stations de radio-diffusion à Lisala, Albertville, Elizabethville et Coquilhatville.
- La Radiophonie en Suisse et en Allemagne. — La
- nouvelle station de Bâle de 1000 m. de longueur d onde et d’une puissance de 3oo watts a commencé ses émissions le 20 juin.
- La T. S. F. Moderne annonce que les stations allemandes observent chaque semaine une nuit de silence afin de permettre l’écoute des stations lointaines.
- Les émissions sont ainsi suspendues à partir de 22 h. 3o suivant la répartition ci-dessous :
- Lundi : Breslau, Brême, Gleiwitz, Hambourg, Hanovre, Kiel.
- Mardi : Berlin, Stettin, Munster, Elberfeld, Dort-mund.
- Mercredi : Francfort, Cassel.
- Jeudi : Leipzig, Dresde, Ivônigsberg.
- Vendredi : Munich, Nuremberg, Stuttgart.
- Récepteurs radiophoniques en location. — Une
- Société autrichienne a installé à Vienne dans des parcs et des squares des récepteurs de T. S. F. qui actionnent un grand nombre de récepteurs téléphoniques. Ces récepteurs sont loués au public.
- La publicité radiophonique aux Etats-Unis. — Le
- New-York Times publie les tarifs de publicité radiophonique de quelques stations américaines de radiodiffusion appartenant à Y American Téléphoné and Tele-graph Company ; ces tarifs sont les suivants :
- New-York, 400 dollars par heure ; Boston, 25o dollars; Philadelphie, 200 ; Pittsburg, 200; Détroit, 200; Minneapolis, a5o; Saint-Louis, a5o; Chicago, 35o.
- On voit que ces tarifs sont déjà fort élevés et capables de rémunérer les frais d’entretien des postes d’émission. De plus, il est possible de faire de la publicité à la fois par les seize stations de la Compagnie et le tarif, dans ce cas, est de 2,700 dollars par heure.
- Les progrès de la radiophonie allemande. — Outre l’établissement de la station à grande puissance de Langenberg, dont nous avons déjà indiqué la construction, on annonce que la puissance du poste de Kœnigs-wusterhausen sera bientôt portée à 100 kilowatts, et qu’une station sur ondes courtes de l’ordre de 20 m. située aux environs de Berlin retransmettra les concerts du^Vox-Hans.
- La radiophonie et l’éducation. — M. Gaston Anti-gnac vient de soumettre à un Comité d’initiative à la Sorbonne un projet très complet d utilisation de la radiodiffusion pour l’éducation et l’enseignement public. A la suite de cette conférence, il a été fondé un « Institut radiophonique d’extension universitaire » et le Conseil de l’Université de Paris a approuvé le principe de cette création.
- La radiophonie aux manœuvres aériennes anglaises. — L’exhibition donnée à Hendon le 3 juillet dernier par la Royal Air Force a emprunté une grande partie de son intérêt aux expériences radiophoniques qui y ont eu lieu. Les évolutions des escadrilles ont été commandées, en effet, soit par un poste émetteur installé à terre, soit par un poste installé à bord d’un avion.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- Nous décrivons sous cette rubrique les idées nouvelles pratiques concernant Vautomobile et tous les petits accessoires originaux qui servent à augmenter la facilité d’entretien ou de conduite, le confort des voitures modernes
- dont le nombre augmente si vite en France.
- L’éclatement des pneus et les accidents d’automobile. — Il est fort rare, quels que soient les comptes rendus des journaux quotidiens à ce sujet, que l’éclatement d’un pneu d’une automobile cause un accident grave.
- L’accident est dû, le plus souvent, non pas à l’éclatement lui-même, mais plutôt à une fausse manœuvre du conducteur consécutive à l’éclatement.
- Lorsqu’un pneu éclate, il ne faudrait freiner en aucun cas, et surtout ne pas débrayer en freinant brusquement. Bien que cela puisse sembler paradoxal, il faudrait, au contraire, accélérer tout d’abord, pour empêcher le dérapage, et ensuite s’arrêter progressivement à droite de la route.
- Un épurateur d’air. — Les techniciens de l’automobile tentent actuellement d’augmenter le rendement des moteurs et de diminuer l'usure, non seulement en déterminant les meilleurs principes de construction à adopter, mais encore en améliorant tous les petits détails mécaniques qui étaient autrefois négligés.
- C’est ainsi qu’après avoir pensé à épurer l’huile servant au graissage d’une manière rationnelle au moyen d’un épurateur centrifuge spécial qui sépare les parties usées des parties efficaces, on a également pensé à
- Fig. i. — Cet épurateur d’air élimine toutes les impure tés qui peuvent être mêlées à l’air avant son arrivée au carburateur.
- épurer l’air qui arrive au carburateur pour se mélanger à l’essence vaporisée.
- Cet air peut, en effet, être souillé de poussières et d’impuretés de toutes sortes qui causent une usure supplémentaire des pièces en mouvement.
- Paut-il débrayer en freinant dans les descentes ?
- — Certains conducteurs ont l’habitude de débrayer leur moteur lorsque leurs voitures descendent une côte. Cette pratique permet de réaliser certainement une économie d’essence réelle, mais elle semble cependant peu recommandable.
- Lorsque le moteur reste embrayé, en effet, avec admission du gaz réduite au minimum, le moteur freine 1 élan de la voiture et évite ainsi l’emploi exagéré des freins.
- Il en résulte non seulement une sécurité accrue, mais encore une diminution de l’usure des organes qui compense bien au delà la dépense supplémentaire et très minime d’essence.
- * •
- Quel est le meilleur type de roues pour automobiles? — On emploie actuellement en France trois types principaux de roues pour automobiles : la roue métallique pleine, la roue métallique à rayons, et enfin la roue en bois. . .
- Le premier modèle semble le modèle idéal pour les petites voitures, car il est facile à démonter, économique ef de nettoyage rapide.
- voitures moyelmes
- Il semble préférable pour les d’utiliser la roue à rayons métalliques ou en bois, beaucoup moins lourde et moins sonore.
- La roue en bois est plus facile à nettoyer que la roue à rayons métalliques, mais elle est moins -souple et doit être construite en bois parfaitement sec, sans quoi il en résulterait de fâcheux accidents.
- Nouveau type de lanterne électrique arrière. — La lanterne arrière avec feu rouge éclairant le numéro arrière d’immatriculation est absolument obligatoire et son extinction peut être cause d’une 'ennuyeuse contravention.
- Comme, d’autre part, le conducteur ne peut évidemment se rendre compte de l’extinction d’une lanterne électrique arrière, un constructeur vient d’avoir l’ingénieuse idée d’établir le modèle représenté sur la figure 2 qui comporte deux ampoules dont
- l'une s’allume automatiquement lorsque l’autre vient à s’éteindre. L. Picard.
- Fig. 2.— Cette lanterne électrique arrière de sécurité comprend deux ampoules. Une seule de ces ampoules est allumée, mais la deuxième est mise automatiquement en fonctionnement lors -que la première vient à s’éteindre.
- *»> Objets utiles
- Appareil à réservoir pour nettoyer les vitres.— On
- connaîtles dispositifs denettoyage des vitres et des glaces, qui emploient une lame de caoutchouc etune lame de feutre fixées à l’extrémité d’un long manche. Cela permet alors d agir sur les faces à nettoyer, sans exiger l’emploi d’un escabeau, ni 1 intervention d’un chiffon. Un appareil nou> veau présente la particularité d’alimenter, au moyen d’un petit réservoir, la pièce de l’appareil qui doit nettoyer la vitré. Le réservoir est un récipient métallique éjecteur qui contient un liquide approprié. Ce liquide alimente la pièce laveuse qui est facilement démontable au moyen d agrafes et de vis de serrage. De l’autre côté de l’appareil se trouve'la partie qui est destinée à l’essuyage. La piece d essuyage est amovible dans sa gaine en cuivre nickelé, on peut donc la remplacer facilement. Tout l’ensemble est fixé à l’extrémité d’une pièce creuse dans laquelle on emmanche le bâton de manœuvre de l’appareil. Une vis de serrage assujettit la pièce métallique sur
- Fig. 3.—Détails de l’appareil à nettoyer les vitres.
- sa monture. L’appareil est en métal émaillé et nickelé. On voit qu’il ne comporte aucun mécanisme et le changement des pièces se fait sans outil.
- Etablissement V.itrex, 8, impasse Druinot, Paris (XIIe).
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- c^ss. Travaux d'amateur
- Pour remplacer soi-même une porte. — La porte dont il est question ici est du plus simple modèle, c’est-à-dire celle communément appelée « porte de cave » et non de la porte décorative ouvragée.
- On emploie cette porte rudimentaire pour fermer soit un cellier ou tout autre réduit que l’on désire tenir à l’abri d’une main étrangère, par exemple un réduitàoutils.
- On peut se servir des ferrures que l’on retire de l’ancienne porte destinée à être remplacée. Les planches sont sciées à la dimension voulue, également d’après le modèle des anciennes planches vermoulues.
- l’ouverture. A cet effet, on visse des pattes à scellement sur les montants ou poteaux d’huisserie, puis on les scelle dans le mur à l’aide de plâtre ou de ciment. Dans ce cas, on visse dans les poteaux des paumelles qui, au lieu des gonds, serviront à faire pivoter la porte. Les ferrures et les gonds ne formeront plus un ensemble et seront indépendants. Toutefois, si on le veut, on peut encore fixer des gonds sur le bâti et employer des pentures.
- L’exposé que nous venons de faire se rapporte principalement à la réparation d’une porte déjà existante que l’on se contente de consolider.
- Voici le matériel dont on a besoin pour construire une porte neuve :
- i“ Deux gonds et deux pentures;
- Traverse Cadre
- Planches Jointives ou a rainure et languette
- Châssis
- fixe
- Penture
- Gond
- Tra verses
- Porte encadrée
- Porte pleine
- Penture
- Traverse
- Claire-voie
- Penture
- Feuillure
- Gond à
- Gond â
- scellement
- Fig. 4. — Détails de fabrication d’une porte de cave.
- Les dessins montrent des types de portes différents, mais tous faciles à construire.
- Quelques planches assemblées à rainure et languette ou simplement juxtaposées, que des ferrures transversales et des traverses de bois réunissent, constituent le modèle le plus simple.
- Le châssis d’ornement n’est pas nécessaire. Des gonds sur lesquels sont engagées les pentures qui ferrent la porte sont scellés dans le mur. Des traverses de bois sont fixées sur l’autre battant.
- On choisit de préférence les pentures à équerre, qui sont plus lourdes et donnent plus 4e solidité à l’ensemble que les pentures droites.
- On renforce cette porte par une traverse en diagonale si l’on veut que les planches présentent entré elles un intervalle destiné à donner de l’aération au local, mais rien ne sera modifié dans le mode de fixation.
- On peut, si l’on veut, compléter par un bâti d’ornement, c’est-à-dire former à l’aide de pièces de bois scellées dans le mur, une sorte de cadre tout autour de
- 1° Des planches, d’une épaisseur de 1 cm environ, que l’on scie de manière qu’elles aient les mêmes dimensions que l’ouverture à fermer;
- 3° Deux ou trois traverses, dont l’une devra être plus longue que les autres, destinée à être placée en écharpe, et dont les extrémités seront taillées en biseau.
- On prendra 9 X 3,5 cm environ pour section.
- 4° Le système de fermeture qui consistera, soit en au loquet, soit en une serrure. On se sert également de deux forts pitons et d’un cadenas.
- On remplace par des gonds à pattes ou par des paumelles les gonds à scellement, si la porte doit être montée sur un bâti fixe.
- Un battant en fer, que l’on cloue dans les poteaux ou que l’on scelle dans le mur, sert à arrêter la porte. Pour cela, il ne faut pas craindre de mettre la feuillure nécessaire dans le montant.
- On se rend parfaitement compte, d’après ces indications, que ce genre de porte ne présente pas de difficultés et qu’on peut l’établir à très bon marché.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : CORIANDRE
- La Coriandre (Coriandrum sativum L.), Ombellifères, tire son nom du grec « Koris » punaise, à cause de l’odeur forte et fétide de toutes les parties vertes de la plante, qui rappellent celle de cet insecte, surtout quand on les froisse entre les doigts. #
- Habitat. — Elle est originaire des contrées méridionales de l’Europe. Indigène en Grèce, Italie, Espagne, elle y est cultivée ainsi que chez nous où on la trouve parfois spontanée.
- Description sommaire. — Plante annuelle, herbacée, d’une odeur désagréable à l’état vert, mais devenant agréable par la dessiccation. Tige dressée de 60 à 65 cm de hauteur, lisse, rameuse au sommet. Feuilles inférieures à segments larges, dentées, les supérieures découpées en lanières fines. Fleurs (juin à août) petites, blanches ou rougeâtres, en ombelles terminales. Fruits (diachaines) globuleux, jaunâtres, possédant à l’état sec une saveur chaude, aromatique et une odeur suave et agréable. (Le litre pèse en moyenne 3ao gr. et i gr. en contient environ 90. De Vilmorin.)
- Culture. — La Coriandre était cultivée surtout en Touraine où ses graines passaient pour les meilleures de toutes, dans les Bouches-du-Rhône, dans les environs de Paris, notamment dans la plaine Saint-Denis.
- Multiplication. — Elle a lieu par semis. La plante demande une terre fraîche, légère, faiblement calcaire, une exposition assez ensoleillée et aérée, bien fumée, à l’exclusion des sols argileux et froids.
- Semis. — On peut les faire à deux époques : au printemps en mars-avril et en été, au mois d’août. On estime que cette dernière époque est préférable. Selon MM. A. Goris et J. Demilly, « dans les semis faits à cette date, les jeunes plants passent l’hiver et, l’année suivante, les plantes sont robustes et peuvent atteindre 5o à 60 cm de hauteur. Elles mûrissent leurs fruits plus tôt. »
- Au mois de mars, les plantes se développent bien, mais deviennent moins hautes qu’avec le semis du mois d’août. Le semis est fait à la volée ou mieux en lignes distantes de 60 cm. Dans le Jardin familial, on trace des rayons profonds de 2 cm en se servant d’un râteau
- ou d’un traçoir mécanique pour la culture en grand. La levée a lieu en 2 semaines environ.
- Récolte. — On l'entreprend, selon l’époque primitive du semis, de* juin à septembre, mais généralement à la fin d’août. On coupe les ombelles avec des ciseaux, au fur et à mesure de leur maturité qui s’annonce par la teinte jaunâtre des fruits. On y procède le matin, à la rosée, pour éviter leur égrenage quand elles sont très mûres. Lorsque leur exposition au soleil sur une toile les a rendues bien sèches', on bat les ombelles avec un fléau léger, on vanne les graines et on les remet au soleil; puis, après séchage, on les conserve à l’abri de l’humidité. En France, le rendement, par hectare, est d’un millier de kilogrammes. L’hectolitre pèse 3o à 32 kg. (A. R. et D. B.).
- Composition chimique. — Les semences renferment une essence constituée par 90 pour 100 de coriandrol, ou de linalol (A. R. et D. B.).
- Propriétés thérapeutiques. — Les semences ont joui d’une très mauvaise réputation chez les Anciens. Les recherches de Cadéac et de Meunier ont montré que ce n’était pas absolument à tort, à cause de l’action de leur essence analogue à celle de l’alcool éthylique : elle excite pour déprimer ensuite (Dr H. L.). Elles sont considérées aujourd’hui comme carminatives, stomachiques, etc., ainsi que le sont les autres ombellifères aromatiques, et elles sont usitées surtout dans les digestions difficiles.
- Préparations pharmaceutiques. — Infusion 10 à 3o gr. pour 1000; eau distillée 3o à xoo gr. ; poudre 1 à 4 gr. ; teinture 2 à 4 gr. J alcoolat 4 à 20 gr. Elles font partie des espèces carminatives ou quatre semences chaudes de l’ancien Codex. Elles servent pour fabriquer des liqueurs spéciales, absinthe, anisette, chartreuse, eau de mélisse, kummel, etc. La médecine vétérinaire les emploie beaucoup dans certaines maladies des bovidés.
- Observations commerciales. — L’importation des semences de l’étranger a fait recommander officiellement sa culture chez nous. Le prix des 100 kg, pour la liquo-risterie, a varié de 35 à 60 fr., et celui du détail en herboristerie de 1 fr. 5o à 2 fr. le kilogramme.
- CRESSON OFFICINAL
- Appelée aussi souvent Cresson de fontaine que Cresson officinal (Nasturtium officinale R. Br.), cette crucifère a encore pour synonymes Cresson d’eau, Cresson aquatique, Santé du corps.
- Habitat. — Il croît spontanément dans les eaux courantes de toute l’Europe et il est très répandu chez nous.
- Description sommaire. — Plante vivace, aquatique, d’un vert luisant, à tige coûichée, rameuse, radicante. Feuilles alternes, épaisses, pennatiséquées, à pétiole auriculé, embrassant. Fleurs (juin à septembre) blanches, en grappes terminales ou oppositifoliées. Fruit (silique) bosselé, étalé ou réfléchi, plus long que le pédioelle. Graines fines, brunes, arrondies. (1 gr. en contient environ 4000 et le litre pèse 58o gr. Leur durée germinative est de 5 années. De Yilmorin).
- Culture. — Etant donnée la grande consommation que l’on fait partout du cresson, il est cultivé aux environs des grandes villes, mais plus spécialement dans la grande banlieue parisienne et dans quelques localités de Picardie. La culture en a produit, d’ailleurs, plusieurs variétés qu’on trouve dans la plupart des jardins-maraîchers.
- Multiplication. — Elle se fait de deux façons : par semis ou par boutures enracinées,. Il importe, dans les deux cas, pour obtenir une production abondante et régulière, que l’eau soit fraîche, vive et courante, et de plus un emplacement approprié nommé cressonnière.
- Je ne puis m’étendre ici sur l’établissement de ces cultures qui demandent beaucoup de soins pour constituer un bon rapport, mais l’on trouvera tous les renseignements désirables dans le Dictionnaire d’horticultw'e et de jardinage, de Nicholson, et dans Culture des plantes médicinales, par A, Rolet et D. Bouret. Au point de vue historique, l’Histoire des légumes, de mon érudit ami,
- M. Gibault, renferme des documents d’un puissant intérêt.
- Dans le Jardin familial, il est indiqué de cultiver le cresson de fontaine amélioré à larges feuilles qui est très en faveur sur le marché de Paris. On lui réservera la partie la plus humide et ombragée qu’on arrosera tous les jours, ou bien des baquets à moitié remplis de terre et recouverts d’eau qu’on renouvellera de temps en temps pour l’empêcher de se corrompre. (D’après le Dr Héraud, l’eau ferrugineuse est très favorable au cresson.) Si la propriété renferme ruisseau ou fossé, il va de soi qu’on l’utilisera dans ce but.
- Entre les deux genres de multiplication, les boutures racinées sont à préférer; on effectue leur plantation en mars ou plus souvent en août, en en mettant 3 ou 4 par trou en lignes espacées de 8 à 10 cm. Les principaux soins consistent à éviter l’envahissement par les plantes aquatiques, notamment la lentille d’eau et les attaques des altises, qui percent les feuilles et les tiges en submergeant temporairement les plantes.
- Récolte. — Elle a lieu, généralement, quand le cresson atteint 16 à 20 cm de long, mais surtout de mai à septembre quand il est destiné à la pharmacie ; on attend qu’il soit en fleurs, parce qu’il est alors plus actif. Pour l’herboristerie, le séchage des feuilles doit être rapide, dans un local aéré, mais non au soleil. Il leur fait perdre leurs propriétés.
- Composition chimique. — Le cresson contient une huile essentielle sulfo-azotée, un extrait amer, de l’iode, du fer, des phosphates (et une huile brune constituée par du sénevol. Schmidt).
- Propriétés thérapeutiques. — Les Anciens connaissaient l’action stimulante du cresson et le vantaient dans le traitement du scorbut, de la phtisie et des catarrhes
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- VARSÉTÉS
- PS
- chroniques des bronches. Il en est encore de même aujourd’hui, mais l’on y ajoute des propriétés apéritives, diurétiques, rafraîchissantes, toniques, etc.
- Préparations pharmaceutiques. —• À l’intérieur, on n’emploie guère que le suc à la dose de 60 à i5o gr., car la cuisson lui fait perdre ses propriétés. Il entre dans la préparation du sirop antiscorbutique et du jus d’herbes. A l’extérieur, on en fait des cataplasmes contre les ulcères scorbutiques et scrofuleux. Toutefois, son plus grand emploi est comme condiment, soit associé aux viandes rôties, soit seul en salade, car il est d’une
- digestion facile. C’est un aliment hygiénique très populaire sous le nom pittoresque de « Santé du corps ».
- Observations commerciales. — Le commerce du cresson à l’état frais a une très grande importance et, étant donnée la consommation ménagère qui en est faite dans toutes les classes de la société, il doit se chiffrer annuellement par plusieurs millions de francs. Il en est tout autrement de la vente à l’état sec, car elle est tout au plus moyenne. L’herboristerie a payé la plante sèche et mondée, c’est-à-dire sans racines, i fr. 20 à x fr. 80 le kilogramme. A. Truelle.
- Jteo
- 1go
- Q0C
- Formules pour préparer à la colophane un papier colle-mouches. — La colophane peut-être employée avantageusement dans la confection des papiers colle-mouches (tue-mouches), suivant les formules très simples que voici : irs Formule :
- Colophane................. 10 parties
- Galipot.................... 5 —
- Huile de colza............. 7 —
- Miel....................... 2 —
- Faire fondre ensemble la colophane, le galipot et l’huile de colza.
- La masse, à moitié refroidie, est additionnée de miel, comme appât. aa Formule :
- Colophane..................5o parties
- Huile de ricin.............25 —
- Glycérine.................. 5 —
- Miel.......................10 —
- Faire fondre la colophane avec l’huile de ricin. Pendant que la masse refroidit, on y verse la glycérine et le miel, et on mélange le tout.
- Les mélanges ainsi composés sont étendus ensuite sur les bandes de papier préparées pour en être enduites.
- Comment désodoriser un flacon de parfumerie.
- -— Souvent on désire utiliser un flacon ayant contenu une essence parfumée, soit parce que la forme en est plaisante ou originale, soit parce qu'il est en cristal ou en verre diversement coloré. Mais alors comment arriver à le désodoriser complètement ?
- Il suffit de laver le flacon en question avec de l’eau chaude contenant de la farine de moutarde noire pour que toute odeur disparaisse. Comme on le voit, le procédé est simple et peu coûteux.
- Nettoyage du linge en celluloïd. — On sait que les taches faites au celluloïd ne résistent pas longtemps à la brosse et au bain de savon. Cependant lorsque ce procédé de nettoyage n’est plus possible, il y a lieu de frotter l’objet, régulièrement et doucement, avec une flanelle imbibée d’alcool camphré.
- Deux recommandations : agir loin du feu et ne pas abuser de ce mode de nettoyage parce qu’il finirait par dissoudre entièrement la couche de celluloïd.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — L’abondance des demandes de renseignements qui Iparviennent au Service de la Boite aux Lettres de Là N^tUfC oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il esbrappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — A propos des bélugas (nri 2721 et 2723), M. P. Jakowleff, de Leningrad, nous écrit :
- « Dans l’article « La chasse aux bélugas et l’utilisation des petits cétacés », l’auteur fait une faute en nommant le petit cétacé « bélouga », il faut le nommer « belouha » (decryxa), parce que bélouga (decryra), c’est le nom d’un grand poisson (Acipenser huso). Le cétacé Delphi-napterus leucas qui vit au nord est appelé (decryxa) « bélouha » ; le nom bélouga s’applique au poisson du sud qui est un grand esturgeon ».
- A propos delà laine de pin (n° 2726, Informations). — M. Garçon, directeur de l’Association de documentation, 82, rue Taitbout, Paris, nous écrit : « Les fibres extraites des pins ont précédé même les fibres extraites de la tourbe et il y a trois quarts de siècle environ que ces fibres ont déjà fait l’objet d’un brevet. »
- Réponses. — M. G. Latour, à Paris. — Lorsqu’on veut récupérer l’argent des vieux films, on commence par séparer l'émulsion du support. Pour cela deux procédés peuvent être appliqués : Le premier consiste à utiliser les diastases solubilisant la gélatine, par exemple les sucs pancréatiques à la température optima de 37°5. Après deux jours de macération, on brosse le film, ce qui remet le support dans son état primitif, en même temps que la boue détachée entraîne tous les sels d’ai’gent.
- Dans le second procédé on laisse simplement le film en contact pendant plusieurs jours avec une solution étendue et froide d’eau de Javel, on termine par un brossage comme précédemment.
- Les boues argentiques sont abandonnées à la sédimentation, on les sépare, sèche et mélange avec de la craie et du charbon pulvéï’isés dans les proportions suivantes :
- Résidu sec.............. . 100 gr.
- Craie pulvérisée.......... 70 —
- Charbon en poudre......... 4 —
- Après mélange intime on fond dans un creuset, que l’on porte au rouge vif pendant une heure. L’argent réduit gagne le fond et lorsque le creuset est refroidi il suffit de détacher la partie inférieure par un coup de marteau pour trouver le culot d’argent.
- 20 Les vieux bains d’hyposulfite sont chauffés à l’ébul-lution avec du révélateur à l’oxalate de fer fraîchement préparé, l’argent se précipite sous forme de poudre noire très pure qu’on lave, sèche, puis redissout dans l’acide nitrique, ce qui fournit à nouveau du nitrate d’argent.
- N. B. — Pour mémoire, l’oxalate de fer s’obtient en mélangeant les deux solutions :
- A. Oxalate neutre de potasse. 3o gr.
- Eau distillée........... xoo —
- B. Sulfate ferreux pur ... 3o —
- Acide sulfurique pur ... o,5 —
- Eau distillée........... 100 —
- Au moment de l’emploi, on verse en agitant une partie de la solution B dans trois parties de lajsolution A.
- M. le DT Thibonneau, à Paris. — Veuillez bien vous
- repoi’ter à la réponse précédente pour la récupération de l’argent dans les résidus photographiques.
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- BOITE AUX LETTRES
- H. A. Y. E., rue Solférino, Lille. — Nous pensons que la gomme laque vous donnera satisfaction pour accentuer la rigidité du cuir \ il vous suffira d’immerger celui-ci dans une solution alcoolique de gomme laque brune ou blanche, suivant le but à atteindre, faire cette solution plus ou moins concentrée, quelques essais préalables vous fixeront rapidement sur la concentration convenable.
- R. M., à S. — Vous trouverez tous renseignements sur les celluloses, leurs propriétés et leurs solvants éventuels, dans l’ouvrage les Matières cellulosiques, par JBeltzer et Persoz, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. Moreau, à Paris. — i° Les enduits à la cellulose dont vous parlez sont plutôt des vernis que des peintures, actuellement ils sont surtout à base d’acétate de cellulose qui à cause de son ininflammabilité, ou plus exactement de sa combustibilité sans déflagration, a remplacé la nitrocellulose dans les vernis genre Japon.
- Vous pouvez prendre comme type d’un vernis à l’acétate :
- Acétate de cellulose.............. ^5 gr.
- Triacétine,.................... 7.5 —
- Tétrachloréthane..................900 —
- Alcool dénaturé.................. 100 —
- Colorer à volonté, soit par un colorant soluble dans les solvants sus-indiqués, soit par une matière colorante insoluble restant en suspension grâce à la viscosité de la solution.
- 20 Comme nous le disions plus haut, ces produits de prix relativement élevé sont réservés au vernissage d’articles de choix, objets de luxe par exemple et non à l’enduisage des murs.
- Abonné B.-i4. — La formule suivante vous permettra de préparer une excellente glu marine pour le calfa-
- tage de votre bateau :
- Caoutchouc gomme pure Para . 200 gr.
- Gomme laque.................. 200 —
- Colophane..................... 4o —
- Benzine..................... 1100 cc.
- Si l’on désire une plus grande consistance, ajouter une matière inerte en poudre fine, qui peut être à volonté du kaolin, de la craie, voire de la brique pilée et tamisée .
- M. A. Lange. — A notre avis, le mieux serait d’employer comme montres fusibles des alliages ayant, un point de fusion déterminé. Dans les limites que vous prévoyez, voici les principales associations que vous pourriez utiliser.
- Points ilo fusion Bismuth Etain Plomb Cadmium Zinc Mercure
- — — — — — — —
- 53° 80 3o 5o — — 20
- 65° 40 20 2 — — 10
- 66° 75 20 40 i5 — —
- 68° 75 20 20 — — —
- 700 i5o 40 80 3o — —
- 75° 42 20 23 8 — —
- 88° 70 — 60 10 — —
- 92° 5o 20 3o — — —
- 94° 80 3o 5o — — . ~
- 96° 20 10 10 — — —
- xoo° 80 — 5o — 3o —
- 113° 80 — 80 — 3o —
- I 23° 80 — 80 — 4o —
- ï3o° 80 — 100 — 80 —
- 132° 80 — 120 — 80 —
- 1430 80 — 160 — 120 —
- i46° 80 — 160 — 140 —
- 154° 80 — 220 — 240 —
- 1600 80 — 320 — 36o —•
- 1660 80 — 32 — 280 —
- I 7 2° 80 — 3o — 240 —
- 1860 ' — 3o 10 — — —
- .189° — 7° , 3o — — —
- *94° — 76 24 . — — , —
- 235° ‘ — 100 — — — —
- 239° — 16 84 — . — —
- 2410 — 5o 5o — — —• '
- 2650 100 — — — — —
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- M. Demoulin, à Auray. — Un moyen très efficace de détruire les fourmis consiste à placer un morceau de sucre sur une assiette et à l’arroser goutte à goutte de
- liqueur de Fowler de façon à transformer sur place le sucre en sirop sans excès de liquide. On met ensuite l’assiette sur le trajet des fourmis à Vobscurité (si le lieu n’est pas naturellement obscur, recouvrir l’assiette, tout en laissant facile accès au sirop de sucre).
- Les fourmis sont très friandes de la préparation ci-dessus et la consomment rapidement; au bout de peu de temps, il ne reste ni sucre, ni fourmis, celles-ci étant allées mourir dans leur demeure : s’il reste encore des fourmis, c’est que la provision de sucre ainsi préparé était insuffisante, il n’y a qu’à recommencer.
- N. B. La liqueur de Fowler a pour composition :
- Acide arsénieux .................... 1 gr.
- Carbonate de potasse. ..... 1 —
- Eau distillée...................g5 —
- Alcoolat de mélisse composé. . . 3 —
- C’est en réalité une solution d'arsénite de potasse aromatisée.
- M. Thibessard, à Yillerupt. — i° Votre idée de pla-
- cer le réservoir collecteur d’eau à la place d’une tuile est très ingénieuse, mais il est à craindre que par suite de la pente, une grande partie de l’eau n’échappe à la récupération ou bien, si vous placiez une languette d’arrêt, que vous n’ayez par temps d’orage une inondation du grenier. Aussi pensons-nous qu’il serait préférable de recevoir tout d’abord les eaux pluviales dans un réservoir approprié et de n’en effectuer la filtration qu’à mesure des besoins. Un filtre très simple sera constitué dans ce but en plaçant dans un tonnelet une couche de charbon de bois concassé entre deux couches de sable de rivière ou de sable de carrière lavé.
- 20 La coloration verte est donnée aux légumes et produits de conserve par deux procédés, le reverdissage au cuivre et celui à la chlorophylle.
- Dans le premier procédé, on introduit dans la bassine à blanchir, au lieu d’eau pure, une solution faible de sulfate de cuivre ou vitriol bleu (35 à 5o gr. par hectolitre) et on continue le traitement comme d’habitude.
- Le second procédé utilise la matière colorante verte des plantes ou chlorophylle que l’on extrait des épinards ou d’autres feuilles de plantes très vertes par la méthode de Guillemare et Lecourt, laquelle consiste à traiter les feuilles vertes par une lessive de soude caustique.
- On ajoute dans la bassine de reverdissage la lessive verte ainsi obtenue, puis on en sature l’alcalinité par l’acide chlorhydrique, ce qui donne lieu à formation de sel marin ou chlorure de sodium qui non seulement est inoffensif, mais en outre donne de la sapidité au produit conservé. Quant à la chlorophylle ainsi libérée, elle se fixe énergiquement sur les tissus de la conserve et leur communique une couleur beaucoup plus naturelle que le sulfate de cuivre ; le seul inconvénient est un prix de revient un peu plus élevé et une saveur herbacée si le colorant était employé en excès.
- M. I^eplatre, à Paris. — Pour argenter les petites
- pièces, prendre :
- Chlorure d’argent . . . , . . 10 gr
- Bitartrate de potasse. . 20 —
- Chlorure de sodium . . . . 30 —
- Broyer, mélanger intimement et conserver en flacon à l’abri de la lumière.
- Au moment de l’emploi, délayer un peu de la poudre avec quelques gouttes d’eau de façon à former une pâte, appliquer sur l’objet bien décapé, laisser sécher, rincer à l’eau, puis frotter à la peau de chamois.
- M. Druelle,à Compïègne.—r° Un savon économique,c’est-à-dire un savon sans relargage, peut être préparé ainsi :
- Suif de bœuf....................5o kg
- Huile de palme..................10 —
- Résine en poudre................20 —
- Lessive de soude caustique à
- 25° B. . . $.................70 —
- Faire fondre les corps gras à une douce chaleur, y verser leur poids de soude caustique, faire bouillir quelque temps, ajouter le complément de lessive, puis la résine par petites portions. Cuire jusqu’au moment où la masse devient fluide et transparente. Couler dans des formes, brasser jusqu’à consistance pâteuse, laisser refroidir. /
- N.-B. — Les savons industriels, type savon de Marseille, sont des savons épurés en les séparant des lessives glycérinées par addition de sel marin (relargage).
- 20 Vous trouverez toutes les matières premières indiquées ci-dessus chez Lefèvre frères, place delà Gare.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Education, Science, Patrie, par Lucien Poincaré, i vol. im-ifi, 248 'p. Bibliothèque de philosophie scientifique, Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- Les problèmes de l’éducation nationale sont trop souvent discutés comme s’ils étaient des nouveautés de l’après-guerre : rôles respectifs des lettres et des sciences, conciliation de la culture classique et de la culture moderne, nouvel avenir ouvert aux femmes par les progrès de l’enseignement féminin, toutes ces questions ont été déjà étudiées par les grands universitaires d’hiver.
- Quant aux problèmes posés par la guerre, la solution n’en a peut-être jamais été mieux aperçue qu’à la lumière de la guerre elle-même, en particulier pour le rôle des générations nouvelles vis-à-vis de la France et vis-à-vis du monde.
- L’éducation nationale, la guerre et l’après-guerre ont inspiré à Lucien Poincaré des pages qui ne sont pas seulement de l’histoire, mais de l’action, et un apport aux besoins les plus précis d’aujourd’hui.
- Ondes électriques. Radiotélégraphie et radiotéléphonie, par E. Haudie. i vol. in-8, 158 p., 120 fig. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris. Prix : 18 francs.
- L’auteur a cherché, dans une exposition d’une forme simple, à faire connaître, en même temps que les divers procédés usités eu télégraphie et en téléphonie sans fil avec les principales circonstances de leur emploi, les idées directrices dont ces procédés sont la mise en œuvre.
- La rédaction actuelle, qui a pu être présentée sans calculs ni formules algébriques, a pour point de départ l’enseignement donné à l’Ecole navale, mais présenté sous une forme quelque peu simplifiée et notablement plus développée.
- Parmi les principales questions qui sont l’objet d’une exposition plus étendue ou entièrement nouvelle, il convient de citer les amplificateurs à haute fréquence, les notions de puissance et de rendement d’un poste à lampes, le mécanisme de la régénération et le mode de fonctionnement des montagnes à réaction et à superréaction, les ondes courtes et ultra-courtes, la radiogoniométrie et ses conditions d’utilisation correcte pour la navigation des radiophares et les faisceaux dirigés, la réception sur cadres aux grandes distances ou en plongée, enfin la téléphonie sans fil et la radiotéléphonie guidée.
- Archivés do Jardim botanico do Rio de Janeiro. Vol. IV, 392 p., fig., iS pl. Rio-de-Janeiro, 1925.
- Ce recueil contient divers mémoires sur des plantes nouvelles ou peu connues de la région amazonienne (Ducke), les légumineuses de l’état de Para (Ducke), de nouvelles espèces (Kuhlmann et Silveira), une apocynacée (Kuhlmann et de Silva), des observations météorologiques (de Oliveira). Ils font honneur à la science botanique brésilienne. ,
- Préhistoire de la Norvège, par Haakon Shetelig. i vol. in-8, 280 p., 10 pl. Instituttet for Sammenlignende Ivulturforskning, série A, vol. V. Areschoug et Cio, Oslo. Prix : 7 sh. 6 d.
- Poste avancé de la civilisation européenne dans le nord, en contact avec la civilisation arctique primitive, allongée depuis le climat doux de la mer du Nord jusqu’au froid déjà arctique du Finmark, peu peuplée, la Norvège a une histoire ancienne et une préhistoire des plus intéressantes où les périodes brillantes alternent avec celles obscures, synchroniquement d’ailleurs avec celles de la civilisation méditerranéenne. L’Instituttet for Sammenlignende Ivultur-forskning d’Oslo s’est chargé d’étudier et de faire connaître cette histoire par ses publications dans une série de volumes; il a déjà publié : la méthode comparative en linguistique historique de A. Meillet; Custom and Right de Vinogradoff; Mankind, nation and indi-vidual from a linguistic point of view de Jespersen, et le volume présent, ainsi qu’une autre série consacrée au folklore. Ce sont tous des œuvres de qualité qui comblent une lacune de noà connaissances et sont par suite les bienvenues.
- L’ouvrage de M. Shetelig traite de la première immigration en Norvège et du premier âge de pierre dans le Nord, puis de la civilisation arctique néolithique et de ses influences étrangères. Il parle ensuite de l’âge du bronze, encore fort mal connu dans le nord, de l’époque romaine où des tribus germaniques émigrent sporadiquement en Norvège aux ni0 et iv° siècles, des grandes invasions mérovingiennes qui créent une organisation d’Etat, enfin de la civilisation viking, aux vne et viue siècles, qui conduit à l’histoire du moyen âge. L’art du bois, du fer, des métaux, présente un style particulier et, une élégance que montrent nombre de planches de ce volume. Il sera pour beaucoup une révélation ; écrit dans notre langue avec beaucoup de pureté et de clarté, il fera connaître ici une préhistoire plus longue que la nôtre, différente à beaucoup de points de vue, mais étroitement liée aux premiers temps de notre histoire.
- La musique des Incas et ses survivances, par R. et M. d’Harcourt, i vol. in-8, S'jô p., 23 fig., 1 pl. et un atlas de 3g planches en album cartonné. Librairie orientaliste Paul Genthner, Paris. Prix : 200 francs.
- On connaît l’influence de la musiqcue populaire sur la musique savante, et par exemple ce que les Russes Rimsky-Korsakow, Bôrodine, Moussorgsky, Balaki-rew, doivent aux chansons de leur pays. Partout aujourd’hui, la curiosité s’oriente vers l’art des peuples éloignés ou primitifs : les artistes y cherchent de nouvelles inspirations; les savants s’en servent pour reconstituer les civilisations disparues ; les philosophes y trouvent des arguments sur la sensibilité et la mentalité humaine. A ces divers points de vue, le livre de M. et Mme d’Harcourt est une révélation. Nous ne connaissions jusqu’ici de la musique indienne que le recueil de mélodies et d’airs à danser si curieux, publié par Mme d’Harcourt. Et tandis que les musiciens de l’Amérique du Sud se complaisent dans des notations banales, d’origine espagnole, que l’Europe utilise pour créer de nouvelles danses, voici qu’apparaît brusquement la véritable musique de l'Amérique du Sud, celle des Incas, qu’on entend encore, pure ou métissée, sur le versant pacifique et surtout dans les montagnes du Pérou, de la Bolivie, de l’Equateur. Les auteurs ont parcouru ces régions, munis d’un phonographe et surtout d’une éducation musicale qui leur ont permis de noter les chants, les danses, les airs de fête. Admirablement documentés sur l’histoire de l’Amérique du Sud, sur sa civilisation et ses arts, ils ont pu écrire ce livre qui est un monument à la gloire de la musique indienne, une des plus belles du monde et que l’on ignorait totalement.
- Ils décrivent d’abord les instruments anciens dont beaucoup sont encore employés : instruments à percussion, tels que sonnailles, grelots, raclette-crécelle, tambours, xylophones; instruments à vent, tels que trompes, syrinx, flûtes, flageolets, sifflets, ocarinas; instruments à corde, tels que l’arc musical, la harpe, le charange. L’album joint au texte figure les plus typiques et les plus beaux de ces instruments. On s’aperçoit alors que les Incas ont, de toute l’Amérique, connu les instruments de musique les plus nombreux et les plus perfectionnés.
- La deuxième partie est consacrée aux fêtes et aux danses.
- La troisième, plus étendue, traite du folklore musical : modes des monodies indiennes pures et de la musique métissée, rythmes, formes et genres de composition, textes poétiques, chanteurs et instrumentistes. Ce folklore est avantageusement comparé a celui de l’Amérique en général et à celui de l’Espagne qui l’ont pénétré.
- Enfin, la dernière partie est consacrée à la reproduction de 204 mélodies caractéristiques ; chants religieux, lamentations, chants d’amours, chansons, « waynos », « bailes », « kacarpari », pastorales, harmonisations populaires. , ,
- Cet ouvrage est un monument inattendu, une révélation, la découverte de la vraie Amérique musicale. Il aura certainement une influence sur nos musiciens et sera un livre de chevet pour les ethnographes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2732 14 Août 1926
- INFORMATIONS
- L’observation des tremblements. de terre. —
- Inutile de souligner l’importance d’observations soigneusement et intelligemment faites pour le progrès de la science, toutes les fois qu’on ressent un tremblement de terre.
- Mais pour bien observer il faut être bien dressé, car une foule de détails importent, et doivent être notés avec soin. M. Rothé, directeur du Service séismolo-gique, et directeur de l’Institut de physique du globe,
- Postes, Télégraphes et Téléphones publient la note et la carte ci-dessous :
- Le développement des réseaux à haute tension a été très marqué au cours de 1925. On peut considérer aujourd’hui comme réunis en un seul deux des groupes de réseaux distincts l’an dernier, de sorte qu’il existe à présent :
- i° Deux grandes régions de forces hydrauliques possédant chacune des cours d’eau à étiage d’hiver (Alpes
- ANGLETERRE
- MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS. . SERVICE CENTRAL oes FORCES HYDRAULIQUES
- * ET OES
- DISTRIBUTIONS O’ ENERGIE ELECTRIQUE
- lilON® S ÀTHÈS MATJTE TENSION
- Exulanl en France au Ier Janvier 1926.
- B E L G I QUE
- ALLEMAGNE
- de Strasbourg, a réuni en un guide spécial tout ce qu’il faut savoir, noter, observer, pour fournir quelque appoint à nos connaissances sur les séismes.
- M. Rothé a eu la bonne idée de faire remarquer que les tremblements de terre, soudains, inattendus, ne peuvent le plus souvent être observés de près que par des personnes quelconques se trouvant sur les lieux : il importe donc que le plus grand nombre possible de personnes initiées quelque peu à la science, aux observations, soient au courant de l’étude sommaire des séismes, pour devenir, le cas échéant, d’excellents témoins de ces phénomènes si fugitifs.
- Il semble que les lecteurs de La Nature seront le cas échéant, d’excellents témoins des tremblements de terre.
- Lignes électriques à très haute teitsion existant ^n France le 1*' janvier 1926. — Les Annales des
- et Pyrénées) et à étiage d’été (Massif central), et des réservoirs saisonniers de haute montagne :
- Centre et sud-est : Çonjugaison de l’énergie hydraulique des Alpes et du Massif central avec les usines thermiques de -la région parisienne (charbon importé), des régions minières du centre, de Sainte-Tulle (lignite), de Lingostière et Marseille (charbon importé); électrification des chemins de fer P.-O. et P.-L.-M. ; réseaux de transports nombreux du Massif central vers Paris, du Rhône vers les thermiques du Creusot et de Ta Nièvre, des Alpes vers le Massif central, de la Durance vers la Tinée le long du Rhône ;
- Sud-ouest,: Conjugaison de l’énergie hydraulique des Pyrénées et. du Massif central (Tarn) avec les usines thermiques de Carmaux (mines) et de la région bordelaise (charbon importé); électrification des chemins de fer du Midi, emploi de leur réseau à très haute tension pour l’électrification générale du territoire ;
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- INFORMATIONS
- a0 Une région d’usines exclusivement thermiques ;
- Nord : Centrales installées sur le carreau de la mine ;
- 3° Deux régions mixtes :
- Est : Conjugaison des centrales thermiques (mines de Lorraine, charbons importés de la Sarre et de la Ruhr, gaz de' hauts fourneaux de Lorraine) et hydrauliques (courant importé de Suisse actuellement, énergie du Rhin prochainement) ; l’ensemble des usines de la région, s’est mis en parallèle au moyen des réseaux de transport de l’Etat ou des Sociétés de distribution ;
- Centre-ouest : Conjugaison de l’énergie hydraulique du Massif central (Vienne) avec les usines thermiques de Faymoreau (mine) et Nantes (charbon importé).
- Dans le reste du territoire, il n’y a encore rien à signaler de bien important, du moins en ce qui concerne les réseaux à 60000 volts et au-dessus.
- Le problème des sauterelles. — Les sauterelles constituent, en certaines régions, un cruel fléau. De véritables nuages de ces insectes s’abattent sur le sol et en peu de temps dévorent toute la végétation. On a longtemps ignoré l’origine de ces essaims redoutables. La paisible sauterelle qui vit solitaire dans les herbages et anime de ses grincements les solitudes champêtres paraissait bien innocente. On imputait à des espèces spéciales les ravages des essaims migrateurs.
- La lumière a commencé à luire vers 1912, avec les travaux du savant russe Plotnikov. Celui-ci a démontré que deux espèces regardées autrefois comme essentiellement distinctes, la Locusta Migratoria L. et la Locusta Danica L. ne sont en réalité que deux formes d’une seule espèce , pouvant naître suivant les circonstances de la même masse d’œufs ; on les retrouve présentes dans les mêmes essaims et des expériences de laboratoire ont démontré, qu’en modifiant convenablement les conditions, on pouvait à volonté faire apparaître à partir des mêmes œufs l’une ou l’autre variété. Généralisant ces observations et s’appuyant sur de nombreux exemples de sauterelles migrantes de divers pays, Uvarov en 1921 a formulé une théorie nouvelle sur la périodicité et les migrations des sauterelles.
- Suivant lui, les essaims périodiques proviennent du pullulement accéléré d’une autre forme non migratoire et très voisine, qui persiste sur de grandes étendues dans des régions sujettes aux invasions des essaims. Uvarov a donné le nom de « phases » à ces deux formes ; ainsi pour la sauterelle de la Russie du Sud, la sauterelle solitaire a reçu le nom de phase Danica, tandis que la forme essaimante représente la phase Migratoria.
- Une autre sauterelle qui joue un grand rôle dans l’ancien monde est la Schistocerca gregaria Forsk (S. Peregrina Oliv.). Son domaine va de l'Inde à l’Afrique du Nord et elle constitue, en certaines années, un véritable fléau au Soudan.
- Un savant des Wellcome ,Tropical Research Laboratories à Ivhartoum (Soudan), M. H. Bennett Johnson, établit dans la Revue anglaise Nature que cette sauterelle n’est pas autre chose que la phase migratoire d’une forme considérée jusqu’ici comme une espèce distincte;: la Schistocerca flaviventrisBurm. dont les individu» vivent solitaires.
- En décembre 1925, à la suite de pluies anormalement abondantes, M. Bennett Johnson observa à Port-Soudan, sur la côte Nord de la mer Rouge, que la S. flaviventris témoignait une grande activité procréatrice. Pendant l’été précédent, ces sauterelles n’avaient été, dans le district, aperçues que par individus isolés. Après les pluies, elles se rassemblèrent dans les lits des cours d’eau qui coulent par intermittence des collines voisines du rivage. Là elles se mirent à se multiplier sans arrêt pendant 3 mois; trois générations successives au moins apparurent pendant ce laps de temps. Au mois de mars 1926, nombre de sauterelles adultes ressemblaient énormément, par la structure et l’aspect extérieur, à la sauterelle migratoire.
- Pour parer aux menaces de destruction des récoltes voisines, on prit des mesures pour détruire ces insectes par trop pullulants ; on fit notamment usage d’appâts empoisonnés qui décimèrent les essaims en formation. On constata alors le retour de la phase migratoire gregaria à la phase solitaire flaviventris.
- M. Bennet Johnson, très prudemment, se défend de tirer des conclusions trop générales de ces intéressantes observations. Toutefois, il a pu les confirmer par des
- expériences de laboratoire et il résume ici ainsi l’état actuel de ses travaux : « Voioi, dit-il, les nouvelles connaissances désormais acquises : les points principaux de la vie de la sauterelle flaviventris au Soudan ont été mis en évidence; on a observé les modes d’existence des formes larvaires'des deux phases en liberté ; de plus, des expériences de reproduction |au laboratoire, confirmées par les observations en plein air, ont démontré la convertibilité de la forme solitaire en la forme migratoire ; ces expériences ont été faites en surpeuplant les cages de reproduction. La transformation inverse a été également expérimentée avec succès. En tirant de ces cages des individus, ensuite isolés, on a constaté le retour de la forme essaimante, marquée de noir, à la forme solitaire verte. »
- De même, après destruction par le poison, dans une région donnée, d’une grande quantité de sauterelles essaimantes, les sauterelles, qui, pour une raison quelconque, avaient échappé à la destruction, invariablement tendaient à reprendre la couleur verte de la sauterelle solitaire,
- On conçoit l’intérêt pratique de ces observations; elles ouvrent la perspective d’une action possible sur la formation des essaims de sauterelles, on peut entrevoir les moyens de les éviter en agissant, en temps utile, sur les sauterelles solitaires ; et ainsi un des plus redoutables fléaux de l’humanité pourrait être efficacement combattu.
- *»> Nouvelles de T. S. T. «r*
- Les lampes à plaque de molybdène. — Les plaques des lampes de réception de T. S. F. du commerce sont des cylindres de nickel. L’emploi du molybdène pour réaliser ces plaques permet d’obtenir encore un vide plus parfait et, paraît-il, de diminuer presque tous les çtroubles de réception dus aux lampes elles-mêmes.
- Ce genre de construction augmente, par contre, le prix de revient des audions, et cependant des lampes de ce modèle auraient déjà été lancées sur le marché anglais.
- Les projets de la radiophonie anglaise. — Le contrat conclu entre le Gouvernement anglais et la « British Broadcasting Company » a été prolongé à condition que la Compagnie effectue des transformations et d’importants perfectionnements dans l’organisation de la radiophonie.
- A partir du ior janvier 1927, La British Broadcasting Company prendra officiellement le titre de British Broadcast Corporation et sera soumise au contrôle de l’Administration.
- Nous avons déjà annoncé les essais d’une nouvelle station de 10 à 20 kilowatts de puissance installée à Daventry et qui émet sur ondes de 3oo à 5oo m.
- Ces essais ont parfaitement réussi et, d’ailleurs, les amateurs français qui reçoivent facilement ces émissions ont pu se rendre compte de leur puissance.
- Cette nouvelle station est la première d’une série d’autres stations à grande puissance qui doivent être construites suivant le programme établi en accord avec l’Administration anglaise.
- Les difficultés de la radiodiffusion aux Indes. —
- Nous avons annoncé qu’une Compagnie de radiodiffusion avait été formée aux Indes anglaises. Cette Compagnie va installer de nouvelles stations de 12 kilowatts à Bombay et à Calcutta.
- Une difficulté de la radiodiffusion assez imprévue est due, en ce pays, à la diversité dés langues des populations indoues. Heureusement qu’à défaut de l’Espéranto, l’anglais est parlé dans l’Inde entière.
- La radiophonie et les droits d’auteur. — La
- Société des auteurs et compositeurs semble décidée à soutenir vigoureusement les droits de ses adhérents, dont les œuvres sont radiodiffusées en France. Cette Société vient d’intenter un procès à la Société des Amis de la Tour qui organise les radio-concerts de la Tour -Eiffel et avait refusé de payer des droits d’auteurs.
- Espérons que cette affaire pourra être réglée à l’amiable, car si les droits des auteurs sont indéniables,, l’effort réalisé par la direction du poste radiophonique de la Tour Eiffel qui a organisé un véritable « journal parlé » mérite également d’être encouragé.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•> Travaux d’Amateur
- Pour poser un parquet. — Un parquet se pose en général lorsque le corps du bâtiment est achevé, c’est-à-dire que les murs sont élevés, les solives et les hourdis en place. Ces derniers forment le plafond de l’étage inférieur et le sol de l’étage supérieur.
- bien et ne se gondole pas. On se servira à cet effet d’un niveau d’eau.
- Suivant la direction que l’on donne au parquet, qui régulièrement dans une pièce est celle de la fenêtre et dans un couloir celle de l’axe, les lambourdes sont parallèles ou perpendiculaires aux solives.
- On détermine, d’après les dimensions des lames du parquet utilisées, l’écartement que devront présenter les
- parquet-
- Cheminée
- lambourde
- cadre
- Chaux
- parquet
- Feuille de fougère
- Fenêtre
- lambourde.
- languette ////yO//
- -rainure
- lambourdes
- Poinf de Hongrie
- lambourdes
- Parquer
- anglaise
- lambourdes
- Fig. i. — Schéma de la pose de différents parquets.
- On appelle lambourdes les pièces de bois supportées par les solives et sur lesquelles on pose les lames de parquet.
- Les lambourdes doivent avoir une largeur de 70 à 80 mm et une épaisseur de 5o à 60.
- Elles sont scellées sur plâtre. On les pose sur des massifs de plâtre établis parallèlement à la direction des lambourdes. On les consolide à l’aide de chaînes en plâtre. Elles doivent être rigoureusement horizontales et toutes sur le même plan pour que le parquet tienne
- lambourdes. On compte en général 5o cm.. Pour obtenir un bon ensemble, on fixe l’espacement des chaînes à un peu moins d’un mètre.
- On ne doit pas précipiter le séchage du plâtre; il est préférable de patienter trois semaines environ, afin d’éviter le tassement des massifs de plâtre, ou, quand le parquet sera posé, de provoquer, au contact de l’humidité non évaporée, un boursouflement pëu esthétique..
- Les lames de parquet sont à rainure et languette afin de bien s’emboîter les unes dans les autres, elles sont
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- fournies soit par un menuisier ou par une scierie.
- Si l’on veut s’éviter bien des désagréments, on s’assure que le bois est parfaitement sec. Dans le cas contraire, après un certain temps, le bois en séchant se resserre et il se forme entre les lames des interstices qui deviennent de véritables nids à poussière et sont du plus déplorable effet.
- On a donc tout intérêt à se souvenir que le bois demande des mois à sécher.
- On doit prévoir, au moment de la pose du parquet, l’emplacement du foyer de la cheminée. A cet effet, on dispose des lambourdes qui recevront les lames de bois, lesquelles formeront un encadrement à la partie se trouvant devant la cheminée.
- Cet emplacement recevra les braises qui pourraient s’échapper du feu, sans que cela présente le moindre danger.
- Suivant l’usage réservé à la pièce et suivant la dépense que l’on peut se permettre, on choisit dubois parmi les différentes sortes, peuplier, sapin, pitchpin ou chêne. Nous les avons nommés par ordre d’importance. Le chêne est sans contredit le bois qui présente le plus de résistance et qui s’entretient le plus facilement.
- Le pitchpin est celui qui convient le mieux pour une maison de campagne ou une villa au boid de la mer.
- Grâce ..à ses nombreuses veines, il présente de jolis tons nuancés.
- Parmi les différents dessins que l’on peut exécuter, on choisira celui qui plaît le mieux; e’est une question de goût et, sauf pour les parquets à l’anglaise ou bâtons rompus, dont l’ajustement est peut-être plus facile, on peut dire que tous les types que nous indiquons sur le dessin ne présentent pas plus de difficultés de pose les uns que les autres.
- On vérifie donc le niveau des lambourdes une fois les scellements de plâtre secs, et, s’il y a lieu, on n’hésite pas à égaliser au rabot.
- On débute contre un mur si la pose se fait à lames parallèles, en appliquant d’abord le côté languette.
- Ainsi que l’indique le croquis, on fixe au moyen d'un clou enfoncé dans la rainure la lame au niveau des lambourdes.
- Puis on prend une seconde lame, dont on engage la languette dans la rainure de la première et on la fixe de la même façon. On continue ainsi sur toute la largeur de la pièce. .
- Nous entendons par lame la réunion des différentes lames alignées bout à bout sur toute la longueur de la pièce, car il va sans dire qu’une seule lame ne peut aller d’une extrémité à l’autre de la pièce.
- La pose du parquet dit à feuilles de fougère diffère de la pose précédente, en ce sens que l’on procède rangée par rangée.
- Mais l’engagement des languettes et la fixation à l’aide de clous ne change en rien.
- On choisira de préférence un temps bien sec pour effectuer ce travail.
- Une plinthe que l’on fixe tout autour de la pièce à l’aide de chevilles enfoncées dans le mur complète l’ensemble et donne une impression dè propreté et de fini.
- Pour conserver la régularité du parquet, on évite de laisser pénétrer le soleil sur le parquet fraîchement posé.
- Nous ne conseillerons pas à un amateur de planer la surface au rabot, car il faut pour cela une grande sûreté dè main et une adresse que seuls peuvent avoir les professionnels. P. M. r
- <*8tns. Objets utiles
- La « Calculette », petite machine à calculer pour le commerce de détail. — La simplicité avec laquelle on obtient, en quelques secondes, le prix exact que le client doit payer, quel que soit le poids et quel que soit le prix unitaire d’une marchandise, rend cette petite machine à calculer, d'invention française, extrêmement intéressante.
- La lecture est très claire puisque à chaque poids correspond un prix.
- Peu encombrante et ne comportant pas de mécanisme compliqué ni délicat, elle n’exige pas d’entretien onéreux
- suffisent petit pro-
- et n’importe qui peut s’en servir. De plus cette maèhine est à l’heure actuelle la seule dont chaque prix est interchangeable à volonté ; elle est donc utilisable à tout moment.
- Fabriqué soit avec 14, soit avec 20 prix différents, voici le mode de fonctionnement de cet appareil. Supposons 280 gr. de marchandise à*<8 fr. 25 le demi-kilogramme.
- Deux mouvements pour résoudre blême :
- i° placer l’aiguille du cadran sur 8 fr. 25, prix du demi-kilogramme de la marchandise vendue ;
- 20 glisser le curseur à droite de l’appareil sous le poids désigné, 285 gr.
- En regard du poids, on lit immédiatement 4 fr. 70 qui est, en effet, le prix exact que le client doit payer, et qu’il peut contrôler d’ailleurs puisque le curseur reste én place.
- Un simple mouvement de l’aiguille dans n’importe quel sens fait changer le prix de l’unité.
- N’ayant qu’un prix unitaire à la fois, il ne peut y avoir d’erreur.
- Tous lés poids sont indiqués de 5 en 5 gr. jusqu’au kilogramme et les kilogrammes jusqu’à 9, et bien entendu ces prix correspondent à tous ces poids.
- La couleur des (chiffres est différente pour les kilogrammes, ! permet une plus grande visibilité.
- Constructeur : M. Jacqueline,
- Clément, à Garches (Seine-et-Oise).
- 1/4, 1/2, 1/4,
- qui
- 10, rue Frédéric-
- Le Filcoupe. — Le développement de l’utilisation des rasoirs de sûreté a doté le monde entier de lames minces d’un acier excellent, très supérieur à celui des lames de couteaux habituels.
- Aussi l’idée est-elle venue à beaucoup de faire servir ces lames à d’autres usages que la coupe de la barbe et La Nature a déjà décrit des couteaux, taille-crayons, coupe-cigares qui les emploient.
- Voici un nouvel instrument, le « Filcoupe » qui leur trouve une nouvelle application.
- 11 est formé de deux bandes d’aluminium écroui, découpées et reliées entre elles par une vis à métaux nickelée fixe et deux autres vis semblables, mobiles dans une glissière, qui assurent le réglage et le blocage de la lame.
- La partie coupante est l’extrémité d’une lame de rasoir de sûreté; chaque lame en présente quatre qu’on utilise successivement, après quoi on la remplace par une autre ayant déjà fait son temps comme lame de rasoir. »
- L’ensemble pèse quelque] 3o gr., est moins long et plus plat qu'un canif, peut se mettre dans la poche et se manipuler sans risque de se couper.
- Le « Filcoupe » a été spécialement étudié pour les bureaux de dessin des architectes, ingénieurs, pour les ateliers de photographes et d’encadreurs, etc.
- 11 permet de couper des papiers, même épais, proprement, en faisant glisser l’instrument le long d'une règle, d’un'té, d’une équerre.
- C’est un instrument bon marché, puisque les lames usagées qu’il utilise ne coûtent rien. Il rendra certaine-service.
- Inventeur : M. Paul Résal, 1 bis, rue Thurin, Saint-Dié (Vosges).
- Fig. 3.
- « Filcoupe ».
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- ENDUITS ET VERNIS A L'ACÉTATE DE CELLULOSE
- Le terme « enduits et vernis cellulosiques » s’applique aux solutions colloïdales des éthers cellulosiques dans un mélange généralement complexe de dissolvants organiques volatils, solutions qui, par évaporation totale ou partielle des solvants, laissent une pellicule solide jouissant de qualités physiques et mécaniques convenables.
- On désigne généralement sous le nom d’enduits (dopes en anglais) des solutions renfermant de 4 à 20 pour 100 d’éther cellulosique et sous le nom de vernis, les solutions de ià-4 pour 100, sans que cette classification soitabsolue.
- Composition. — L’acétate de cellulose, bien que soluble dans un grand nombre de dissolvants, n’est pas en général mis en solution dans un dissolvant pur ; les enduits et vernis sont composés de la façon suivante ;
- a) Matière plastique (acétate de cellulose) ;
- b) Solvants légers directs et auxiliaires (acétone, tétrachloréthane, acétate de méthyle, formiate d’éthyle, acétate d’éthyle, etc.) ;
- c) Diluants (alcools méthylique et éthylique ; benzène) ;
- d) Solvants lourds antidépolissants (alcool benzylique, phénol, furfurol) retardant l’évaporation des solvants volatils et maintenant l’éther cellulosique en solution pendant toute la durée de l’évaporation du mélange solvant;
- 9 e) Plastifiants (eugénol, triacétine, phtalate de méthyle, etc,) jouant un rôle d’assouplissants ;
- f) Pigments dans les vernis pigmentés seuls (composés de poudres fines, ocre, terre de Sienne, noir de fumée, aluminium en poudre, etc.).
- Fabrication. Purification. — On peut opérer de différentes façons. L’éther cellulosique sera mis en solution à froid dans les solvants choisis et cela dans un malaxeur en bois ou en métal. L’opération s’effectue en une ou plusieurs étapes : les solvants et diluants sont ajoutés soit en totalité, soit successivement, dans un ordre variable suivant les fabricants. Pour notre part, nous préférons voir faire gonfler l’acétate de cellulose dans les diluants, puis lui ajouter le mélange des solvants et enfin les solvants lourds.
- Pour la fabrication de dissolutions très visqueuses, on utilise des pétrins à palettes chauffés, de différents modèles.
- Dans le cas des vernis et enduits pigmentés, le pigment préalablement incorporé à une pâte contenant les plastifiants est ajouté en fin d’opération.
- Dans le cas des vernis ou enduits colorés transparents, les matières colorantes solubles dans les solvants ou diluants employés sont ajoutées avec une petite portion de ces liquides. Ces matières colorantes sont en général du groupe de l’aniline.
- Dans le cas des vernis et enduits complexes avec addition de résines, d’huiles, etc., les procédés varient avec les produits utilisés et avec leur action sur les constituants du vernis.
- Après quelques heures de malaxage, on obtient une solution colloïdale de viscosité déterminée.
- Dans le cas des vernis transparents, on purifie en laissant le vernis ou l’enduit séjourner dans de hautes colonnes garnies d’un revêtement émaillé ou verré ; soit en le passant au filtre-presse, soit encore en le centrifugeant.
- Une bonne purification se fait en général en deux opérations, une première décantation éliminant les grosses impuretés ; puis l’une des opérations de finissage suivant ce traitement.
- Enduits et vernis pour l’Aéronautique. — Cette question a été étudiée dans ses détails lors de précédents travaux (t). Nous n'y reviendrons donc que très succinc-,* tement.
- Avant l’essor de l’aviation, on avait déjà eu l’idée de recouvrir les enveloppes des ballons libres et des dirigeables de vernis cellulosiques caoutchoutés ou non.
- En dehors du vernis utilisé pour le Ballon d’André en 1896 (vernis à la nitrocellulose dont la formule n’est pas venue jusqu’à nous, mais qui fut préparé par les Etablissements Guilleminot et Cie), on peut noter la
- formule :
- Acétate de cellulose......... i5 gr.
- Caoutchouc................. . 2 —
- Tétrachloréthane........... 100 —
- 1. Maurice Deschiens. Chimie et Industrie, janvier 1926.
- Dans le . domaine du plus lourd que l’air, dès 1904,
- Chanute donna la formule :
- Coton poudre..................... 60 gr.
- Alcool éthylique ............. 1000 cc.
- Ether sulfurique................3ooo —
- Huile de ricin............... . 20 gr,
- Baume de Canada.................. 10 —
- Jusqu’en 1911 peu de progrès à noter, mais cette année et les suivantes apparurent des formules d’enduits et vernis pour avions du plus haut intérêt.
- Laissant volontairement de côté les enduits et vernis à la nitrocellulose qui, bien qu’employés, nous écarteraient trop de notre sujet, nous signalerons les formules
- suivantes datant de igi3 :
- Acétate de cellulose.............. 80 gr.
- Acétone ou acétate de méthyle. 140 cc.
- Benzène......................... 180 —-
- Tétrachloréthane ....... 42° — «
- Alcool éthylique................. 180 —
- Acétate de cellulose.............. 90 gr.
- Acétone ou acétate de méthyle
- ou formiate d’éthyle .... 620 cc.
- Benzène.......................... i5o çc.
- Alcool éthylique................. 100 —
- Alcool benzyliqne................. 4° gr-
- Acétate de cellulose. ..... 10 —
- Acétone.......................... 55 —
- Monochlorobenzène. ..... 9 —
- Huile de ricin................. 2,5
- Les dures nécessités de la guerre et l’extension des programmes aéronautiques donnèrent lieu aux recherches les plus vastes.
- Dans ces recherches qui devaient avoir le mérite de marcher de pair avec la fabrication, les qualités les plus diverses étaient demandées aux chimistes, qui devaient allier à leurs connaissances techniques une parfaite compréhension de la physique et de l’art de l’ingénieur; ces travaux amenèrent aux formules suivantes (Standard 1918), enduits incolores :
- Acétate de cellulose. ... 80 gr.
- Solvants légers et diluants. 880 à 890 — Solvants lourds........... 40 à 3o — ’
- Les proportions relatives des solvants légers et des diluants pouvant se décomposer en :
- Acétone................... 4IQ gr
- Benzène................... a5o —
- Alcool éthylique..........23o à 220 —
- ou :
- Acétate de méthyle à 80 °/0. 5i3 gr.
- Benzène................... a5o —
- Alcool éthylique..........127 à 117 —
- ou encore :
- Formiate d’éthyle à 90 °/0. 455 gr .
- Benzine................... a5o —
- Alcool éthylique. . . . 185 à 175 —
- Les solvants légers peuvent être remplacés dans les formules ci-dessus, et dans la proportion des 3/8e, par les solvants auxiliaires suivants ; acétate d’éthyle, formiate de butyle, méthyléthylcétone. Ces enduits confèrent aux toiles lin ou soie, enduites en 3 couches, toutes les qualités requises d’un bon enduisage ; ces 3 couches d’enduit étant recouvertes d’une couche d’un couvre-enduit constitué par un bon vernis gras incolore ou par un même vernis gras coloré en kaki ou encore par des vernis à base de résine synthétiques, vernis qui doivent être parfaitement préparés et qui ne sont pas à confondre avec les vernis à bois ordinaires, comme on le suppose trop souvent :
- Yoici d’autre part une formule générale pour les enduits pigmentés.
- Acétate de cellulose........... 80 gr.
- Solvants :
- Acétone ou acétate de méthyle
- ou formia^ d’éthyle .... 600 —
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- VARIÉTÉS
- Diluants :
- Alcool éthylique..............ioo —
- Benzène....................... 120 —
- Solvants lourds et plastifiants :
- Alcool benzylique.............40 —
- Triacétine. ....................... 20 —
- Eugénol ou essence de girofle. . 20 —
- Pigments :
- Aluminium en poudre ou pigments colorés en poudre . . 20 gr.
- Au début de 1918, il était fabriqué en France 10 tonnes d’enduits par jour.
- Enfin le cahier des charges provisoires de l’Aéronautique du 26 mars 1924 donne l’expression suivante pour les enduits ordinaires incolores :
- Acétate de cellulose............a gr. pour 100
- Solvants légers et diluants. .. b — —
- Solvants lourds. c gr. pour 100
- ^ la b -Ç- c = 1000 gr.)
- Les valeurs respectives de a b c étant comprises dans les limites ci-dessous :
- æ................................... 80 à 85
- b................................. 872 à 880
- c.................................. 40 à 43
- Les solvants légers sont l’acétone ou l’acétate de méthyle ou leur mélange, savoir :
- Acétône. . . . 45o à 55o gr. pour 1000 gr. du total
- Acétate de méthyle. 53o à 600 — — —
- Les diluants formant le complément des chiffres des solvants légers à 872-880 gr. sont constitués par l’alcool éthylique ou le benzène.
- Les solvants lourds sont constitués par l’alcool benzylique.
- Pour les enduits pigmentés on peut noter la formule suivante :
- Acétate de cellulose. ... 70 à 80 gr.
- Solvants légers et diluants. 852 à 770 —
- Solvants lourds, .... 18 à 20 —
- Plastifiants. . ... 3o à 70 —
- Charges pigmentées ... 3o à do —
- Le total devant former . . 1000 gr.
- Pour les enduits d’impression ou à lisser (a) et pour les enduits colle (b) on a :
- a b
- Acétate de cellulose. . 70 à 75 gr. 100 à i3o gr.
- Solvants légers et diluants .......... . . 880 à 872 gr, 85o à 8o5 gr.
- Solvants lourds ... 32 à 38 -- 5o à 65 —
- Plastifiants........ 10 à i5 —
- Les proportions relatives suivent les mêmes règles que pour les enduits incolores ordinaires.
- En Angleterre on rencontre la formule d’enduit incolore :
- Acétate de cellulose . 33o gr.
- Triphényl phosphate. 5o —
- Acétone...........a5oo cc. (mesurés à i5°Q
- Benzol . ...............1200 — —
- Alcool............1200 — —
- Alcool benzylique . . 100 — —
- et la formule de vernis protecteur pigmenté :
- Sirop de nitro-cellulose . . . . 1160 gr.
- Acétate de butyle.............. cc.
- Alcool........................... "jSo —
- Acétone......................... 1000 —
- Ocre jaune....................... ’jüo gr.
- Noir de fumée................ . 3 —
- Huile de ricin.................... 260 —
- Le sirop de nitro-cellulose contenant en poids 20 pour 100 de nitro-cellulose, 10 pour 100 d’alcool et 70 pour 100 d’acétate de butyle.
- En ce qui concerne l’application de ces enduits, elle se fait à la main avec de larges brosses, sur la toile tendue. L’enduisage mécanique à l’aide de l’aérographe ou des pinceaux mécaniques recevant l’enduit sous pression n’a pas été généralisé en raison de graves difficultés tenant à la nature même de l’enduit (volatilité trop grande).
- Pour obtenir un bon travail, il nous semble préférable d’étaler d’abord l’enduit sur une section du plan, la brosse étant tenue horizontalement, puis verticalement, afin que l’enduit soit bien travaillé dans le sens même du tissu. Dès qu’une région est terminée, on doit la laisser sécher sans jamais y revenir.
- On recommence l'enduisage 3 à 4 fois après séchage complet de la couche précédente.
- Les conditions de température à observer doivent être de 18 à 23°, le degré hygrométrique maintenu si possible constant et inférieur à 5o pour 100. Le travail à température et à degré hygrométrique constants serait à recommander.
- Pour avoir une surface très lisse on peut poncer après séchage de chaque couche.
- En moyenne, en aviation, on passe 3 couehes d’enduits incolores représentant une pellicule sèche de 70 gr au mètre carré.
- Les toiles enduites ont acquis une grande tension, leur résistance dynamométrique a été augmentée, leur imperméabilité aux divers agents (eau, air, essence, huile, etc.) est devenue parfaite, le coefficient de frottement des couches d’air sur les ailes de l’avion a considérablement diminué, etc.
- Des essais d’enduisage des tissus en pièces ont été réalisés. Dans l’état actuel, ils n’ont présenté un intérêt industriel que pour les enveloppes de ballons.
- Pour les enduits pigmentés ou métallisés, il est passé une couche d’impression incolore, deux couches pigmentées et une couche incolore à lisser ou à finir. [A suivre.)
- Maurice Deschiens, Ingénieur-Chimiste, I. G. N.
- HYGIÈNE ET SANTE
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- 3jsT
- LA FIÈVRE DES FONDEURS
- MM. F. Heim de Balsac, E. Agasse-Lafont et A. Feil viennent de publier dans la Presse Médicale les résultats d’une enquête qu’ils ont faite dans une fonderie de laiton pour définir et expliquer unjsingulier malaise, connu, depuis 1846, sous le nom de « maladie des fondeurs ». On a beaucoup discuté sur son origine : intoxication par les vapeurs de zinc ou chaleur excessive des fours, fatigue, surmenage, alcoolisme, intoxication par le plomb, l’arsenic, les gaz du foyer, tuberculose mé-, connue, etc.
- L’usine visitée, vaste et bien aérée, est formée de plusieurs grands halls, le magasin, la fonderie, et un troisième où sont réunies les machines pour le laminage et le nettoyage des lames de laiton. Elle occupe 120 ouvriers environ. *
- Les fondeurs reçoivent des moules en fer, dans lesquels on a tassé du zinc et des fragments de cuivre. On y ajoute aussi des morceaux de laiton à récupérer. La proportion de cuivre et de zinc varie suivant le laiton qu’on désire obtenir : généralement on met 2/3 de cuivre pour i/3 de zinc; mais, pour le laiton destiné à l’horlogerie, la proportion de zinc est plus forte (40 de zinc pour 60 de cuivre).
- Les charges, ainsi composées, sont placées dans des creusets en plombagine (ou graphite), qui sont descendus dans des fours dont la température dépasse 900°. Le zinc fond vers 65o° et à partir de cette température il se dégage des vapeurs, ou plutôt de petites pellicules d’oxyde de zinc, qui se répandent dans l’atmosphère, sous une forme neigeuse.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- Les fours sont chauffés avec du coke : les gaz qui se dégagent se mêlent aux vapeurs d’oxyde de zinc.
- Les creusets sont maintenus de 5o minutes à une heure dans les fours. De temps à autre, l’ouvrier fondeur ouvx-e les fours, agite le métal en fusion et jette peu à peu dans le creuset le reste de la charge.
- Lorsque la fusion des métaux, cuivre et zinc, est achevée, c’est-à-dire après cinquante minutes environ, on obtient le laiton liquide. Deux ouvriers fondeurs, munis de grosses pinces de fer appelées « harpes », retirent alors des fours les creusets et versent le laiton dans les moules. Au bout de 5 à io minutes la masse est devenue solide : on la retire des moules à l’aide de crochets.
- Pendant la fusion du métal dans le four, les vapeurs qui se mêlent à l’atmosphère ont différents caractères, suivant le moment où on les examine. Au début, le métal n’est pas encore en fusion : il se dégage presque uniquement des gaz du charbon (oxyde de carbone et acide carbonique). Plus tard, le zinc commence à fondre; il se produit alors un dégagement de gaz carbonique et d oxyde de zinc. Vers la fin de la fusion, on verse dans le creuset du zinc presque pur : il doit donc théoriquement se dégager surtout des vapeurs d’oxyde de zinc. On voit, en effet, à ce moment, un départ net d’oxyde de zinc bien visible, sous forme de petites paillettes, qui se répandent dans l’atmosphère et retombent sous forme de pluie neigeuse.
- Un autre moment dangereux de l’opération, c’est lorsqu’on retire le creuset du four et lorsqu’on pratique la coulée : on voit se dégager, pendant cette opération, un nuage opaque de vapeurs d’oxyde de zinc. En se refroidissant, le creuset laisse paraître, sur ses bords, un dépôt blanchâtre, qui est de l’oxyde de zinc pur.
- Le travail des ouvriers fondeurs est terminé après la coulée. Ce sont d’autres ouvriers qui sont chargés de la recuisson (pour rendre malléables les plaques de laiton qui sont trop épaisses), puis du laminage, enfin du nettoyage et du polissage du laiton avant qu’il ne soit livré au commerce.
- Dans l’usine où fut effectuée l’enquête, les fondeurs travaillent de façon continue de 6 heures du matin à i heure de l’après-midi, ne s’interrompant que peu d’instants pour prendre quelques aliments dans le hall même où ils travaillent. Un chef fondeur dirige la fonderie qui comprend 48 fours. Chaque fondeur, assisté de deux aides, a, le plus souvent, 4 fours à surveiller. C’est lui ou l’un de ses aides qui remplit les fours, malaxe le métal en voie de fusion, coule le laiton liquide dans les moules. On conçoit que, si l’oxyde de zinc est toxique, cette opération doit être particulièrement nocive.
- L’ouvrier fondeur est exposé à d’autfes dangers. A chaque instant il ouvre les fours pour agiter le métal en fusion; il subit ainsi une température extrêmement élevée qui provoque des sueurs abondantes, pousse l’ouvrier à prendre des liquides et l’expose, lorsqu’il sort de l’usine, à des différences de température dangereuses.
- D’autre part, il respire l’émanation de gaz toxiques du charbon qui s’échappent ,du four lorsque l’ouvrier ouvre les trappes pour agiter le métal en fusion, ou lorsqu’il sort le creuset.
- Enfin notons que les ouvriers fondeurs ont un métier pénible, puisqu’ils travaillent de 6 heures du matin à 1 heure de l’après-midi, ne s’interrompant que quelques instants (car ils travaillent aux pièces) pour boire ou prendre rapidement des aliments, sur une table placée dans l’atelier, près des fours, et généralement (détail important à noter) sans même prendre soin de se laver les mains avant de manger.
- Sur 18 ouvriers examinés, i3 avaient eu plus ou moins fréquemment la « fièvre des fondeurs ».
- L’accès se présente toujours de la même manière : un ouvrier a fait son travail comme d’habitude, sans être plus fatigué que les autres jours; il ne ressent aucun malaise. Mais aussitôt après avoir quitté l’atelier, ou pendant l’heure qui suit, il se sent courbaturé, anéanti, ses jambes plient sous lui, il est pris de tremblement des membres, il frissonne, quelquefois aussi il se plaint de la tète, il a des nausées, de la dyspnée. Privé d’appétit, il se couche sans manger. Dans son lit, il continue à frissonner; sa température oscille autour de 38°; il ne dort pas. Puis, dans la nuit, au bout de quelques heures, 3 ou 4 en général, surviennent des sueurs très abondantes : c’est la fin de l’accès, le malade s’endort. Le lendemain il se réveille un peu courbaturé parfois, mais généralement dispos et prêt à reprendre son travail.
- La plupart des ouvriers signalent en outre une sensation sucrée dans la bouche, le matin au réveil; elle disparaît dès qu’ils ont bu ou mangé; chez certains, elle est plutôt métallique que sucrée.
- La fréquence des accès est très variable : certains n’en ont eu qu’un seul au début de la profession ; d’autres en ont une dizaine par an; d’autres encore en ont chaque soir ou presque et doivent renoncer pour cela à ce genre de travail. Une atteinte isolée n’est pas dangereuse, mais la répétition des accès n’est pas sans conséquences fâcheuses pour l’organisme : ils empêchent l’alimentation, augmentent la fatigue, déterminent l’amaigrissement et produisent à la longue un véritable état de cachexie.
- MM. Heim de Balsac, Agasse-Lafont et Feil, ayant éliminé les diverses causes invoquées par d’autres auteurs : chaleur excessive des fours, faiblesse constitutionnelle des ouvriers, alcoolisme, tout au moins comme causes principales, tendent à admettre une intoxication par les vapeurs de zinc et ils concluent en proposant les mesures suivantes :
- i° Puisque beaucoup d’ouvriers fondeurs travaillent de 6 heures à 1 heure, et sont forcés de manger à l’atelier, il serait utile de mettre à leur disposition un lavabo et un local bien aéré, avec des tables propres pour prendre leur nourriture.
- 20 Pour permettre à l’ouvrier de consacrer un temps suffisant à son repas, il serait nécessaire qu’un ouvrier fondeur supplémentaire fût chargé de la surveillance momentanée des fours.
- 3° Il doit être recommandé de faire examiner les ouvriers tous les deux ou trois mois, pour diriger les plus susceptibles vers un autre métier.
- 4° Plusieurs ouvriers fondeurs prennent du lait à l’usine et s’en trouvent bien : il serait désirable que cette mesure fut généralisée. R. M.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- tube à rayons X « Métallix. — Constructeur : Philips, 8, cité Paradis, Paris.
- Réponses.— M. Babors, àBellegarde.— Les lamelles perforées que vous nous avez soumises nous paraissent effectivement susceptibles d’utilisations industrielles pour
- toutes opérations de tamisage, criblage, filtrations, etc. A notre avis, la maison Mulatier, 287, avenue Jean-Jaurès, à^Lyon, spécialisée dans la fabrication d’appareils à destination de ce genre, nous paraît tout indiquée pour trouver emploi de vos déchets.
- E. B., à Clermont-Ferrand. — i° Le chalumeau à gaz peut être remplacé par les chalumeaux à essence ou à pétrole ; vous trouverez couramment dans le commerce des appareils de ce genre, par exemple chez : Dujardin, 48, rue des Francs-Bourgeois; Guilbert, 68, avenue de la République; Fouilloud, 87, rue de la Roquette; Ledoux, 64, avenue de la République.
- 20 Fabricants de becs bridant à flamme bleue : Tito-Landi, 23, boulevard Henri-IY ; Berman, 80, rue des
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- BOITE AUX LETTRES
- Haies, 30e; Butin, aS, rue des Martyrs; Société d’articles d’éclairage, i5, boulevard Richard-Lenoir ; Société Paris-Lumière, 172, quaide Jemmapes ; Brenot, 83, boulevard de Charonne.
- M. G. S., à Poitiers. — La composition des insecticides employés en arboriculture et viticulture est très variable, et les produits que l’on trouve dans le commerce, sous divers noms, sont préparés d’après un procédé de fabrication tenu secret par les industriels qui vendent ces produits. Il ne nous est donc pas possible d’indiquer la composition de tel ou tel produit, vendu sous tel ou tel nom ou sous une marque qui est la propriété du fabricant.
- Seule l’analyse peut donner des indications sur ce point.
- Toutefois, nous observons que bon nombre de ces insecticides, parmi les plus connus, lancés dans le commerce, depuis quelques années, sont à base de nicotine et de pyrèthre.
- 11 est certain que, par son principe actif, et comme l’ont démontré les expériences nombreusee faites par les spécialistes et les Stations entomologîques en France, le pyrèthre se place au premier rang des insecticides les plus énergiques.
- M. E.-H., à Sidi Sliman (Maroc). — Fabrication de produits mélassés pour le bétail. — Les produits mé-lassés que l’on trouve dans le commerce sont des mélanges de substances variées associées à la mélasse, notamment de fourrages riches en matières protéiques ou azotées digestibles (grains, tourteaux, touraillons d’orge, poudres de viande, etc.) afin d’avoir un aliment complet.
- Pour employer la mélasse en mélange avec ces substances, onia chauffe d’abord à 85°-88°, pour lui donner de la' fluidité, et on lui ajoute, poids pour poids, les fourrages précités. Le mélange obtenu, une fois refroidi, ne colle pas à la main.
- Les appareils que l’on emploie, pour préparer ces mélanges, consistent, généralement, en une auge demi-' cylindrique (avec ou sans double paroi pour le chauffage à la vapeur) et dans laquelle tourne un arbre muni de bras disposés en hélice. On fait arriver, à l’une des extrémité^, la mélasse chauffée et le fourrage pulvérulent à lui ajouter. Le mélange est recueilli à l’autre extrémité. Avant de le mettre en sac, on le laisse refroidir sous une faible épaisseur sur un plancher bien sec ou sur un plancher bétonné.
- . On fait un fourrage mélassé avec de la paille hachée et des balles de céréales. La mélasse est préalablement dissoute dans quatre ou cinq fois son poids d’eau chaude afin de diminuer sa viscosité; après quoi on arrose, avec cette solution, les balles et menues pailles répandues sur le sol et on procède à un brassage énergique.
- On prépare des fourrages mélassés avec de la pulpe sèche, des farines grossières de coprah, d’arachide, des grains de rebut écrasés, etc., à la dose de l\o à 70 pour 100.
- On utilise aussi les résidus agricoles. Les mélasses sont portées dans de grands bacs, à une température de j5°-8o°, où elles se liquéfient complètement; on les mélange alors à ces résidus; le tout, réduit en pâte, est chauffé à nouveau pour être suffisamment desséché.
- En mélangeant de la mouture complète avec de la mélasse, dans la proportion de 5o pour 100, on obtient une masse solide qui, bien malaxée avec des malaxeurs spéciaux et passée au four, donne un pain mélassé qui se conserve indéfiniment.
- Une préparation consiste à faire lever 100 parties de mouture de basse qualité (de rebut) avec 2 parties de levure et 5o parties d’eau, malaxer le tout avec 100 parties de mélasse à 38°-39G Baume et environ 80 parties de tourteau broyé ; soumettre ensuite à la cuisson au four. On peut varier les mélanges en y introduisant : pulpe pressée, gros son, farine de maïs grossière, foin, paille hachée, balles.
- Le son mélassé est obtenu en chauffant d’abord la mélasse à 8o°-88°, en ajoutant ensuite 5o de son pour 5o de mélasse, agiter le tout.
- La tourbe-mélasse est préparée par imprégnation à chaud de tourbe fine débarrassée de terre, avec 4 à 5 fois son poids de mélasse.
- Pour fabriquer des tourteaux mélassés, on mélange à l’aide d’un pétrin malaxeur 35' pour 100 de mélasse à 3o pour 100 de son d’arachides et à de la fécule bise:
- on obtient ainsi un produit pulvérulent sans avoir besoin de cuisson.
- Une autre formule comprend : 43 pour 100 de mélasse, 22 pour 100 de radicelles d’orge, 11 pour 100 de tourteau de coton et de drêches d’amidonnerie de riz, détritus de cacao, d’arachides, etc., le tout travaillé à chaud et desséche.
- Pour fabriquer les marcs de raisin mélassés, on sèche d abord ces marcs complètement, à l’air, puis, après hachage et broyage, on fait un mélange à raison de 4o kg de mélasse verte pour 100 kg de marcs. La mélasse, chauffée à 8o°-9o°, devient fluide, elle s’incorpore aux marcs par un brassage énergique. Le produit obtenu est sec, très maniable et de parfaite conservation; il équivaut, à peu près poids pour poids, à l’avoine.
- M. C.-H., Nice. — Pour assurer Vétanchéité de votre terrasse, nous pouvons vous signaler, outre le produit indiqué au n° 2726, les produits suivants fabriqués par la maison Martin frères, à Bellegarde (Ain), qui a un bureau à Antibes (Alpes-Maritimes), Grand Hôtel, place de la Victoire :
- « Métalcrête », pour planchers en ciment;
- « Emulsion bitumeuse » pour rendre les enduits de ciment imperméables :
- « Linosol » pour planchers sans-joints;
- « Tropical » pour rendre étanches les toitures-terrasses.
- J.-T., Gallargues. — La sueur contient des matières minérales : chlorures, sulfates, phosphates et des matières organiques : graisses neutres, acides gras volatils, cholestérine, urée, créatinine.
- L’excrétion, très variable, est en moyenne chez
- l’adulte, par jour, de :
- Eau..........................791 gr.
- Sels minéraux................ 2,66
- Matières organiques volatiles. 7,58
- La sueur est utile comme moyen de réfrigération et d’excrétion de l’organisme ; il ne faut donc pas l’empêcher. Quand elle est profuse et odorante sur une partie du corps (pieds, mains, aisselles), on l’absorbera par du talc ou on l’arrêtera par un tamponnement très court au moyen d’une solution de formol à 10 pour 100.
- T. S. F. —M. de Çhoiseul-Gouffier à [Paris. — i° On peut ^entendre la nuit, [à partir ,,de 1 heure du matin environ, les émissions radiophpniques américaines avec un appareil sensible.
- Voici des adresses de constructeurs pouvant vous fournir un poste de T. S. F de ce genre :
- Etablissements Radio LL, 66, rue de l’Université, Paris. Maison Ducretet, y.5, rue Claude-Bernard, Paris. Maison Vitus, 90, rue Damrémont, Paris.
- 20 Pour le choix d’un poste récepteur, on peut trouver des renseignements sur les phénomènes de réception; vous pouvez consulter La pratique Radioélectrique. (Masson éditeur.)
- M. Laffont, à Rieumes (Haute-Garonne). — Nous vous remercions de votre communication. Vous avez parfaitement raison, la matière moulée des disques de phonographe ne constitue généralement qu’un isolant fort imparfait.
- Nous avons simplement indiqué à titre de curiosité la construction d’un condensateur variable en utilisant ce diélectrique ; construction qui nous avait, d’ailleurs, été communiquée par un de nos lecteurs.
- Il est bien évident qu’il s’agit là uniquement d’une curiosité d’amateur et non d’un appareil destiné à un montage soigné.
- M. Chardin, à Pantin (Seine). — Il est bien évident que les lampes de réception peuvent être indistinctement alimentées par des piles ou des accumulateurs.
- Si l’on utilise des lampes à faible consommation à filament thorié, il faut seulement prendre soin d’avoir un rhéostat de chauffage très précis, afin de ne pas dépasser une tension de chauffage d’environ 3,5 volts, et de ne pas „auser ainsi une usure prématurée des audions.
- M. Quoy, à Decize (Nièvre). — Une antenne en cage de bon rendement peut avoir i5 à 20 m. de long avec un diamètre de o m. 60 à 1 m. 5o.
- Il est évident que le diamètre du câble de descente est de 20/10 à 3o/io de millimètre.
- L’indication donnée sur la légende du schéma est une erreur grossière d’imprimerie.
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- LA MATURE
- Supplément.
- N° 2733 21 Août 1926.
- IgD
- INFORMATIONS
- La destruction des ordures ménagères à domicile.
- — C’est un problème qui a déjà été résolu par les Américains pour leurs grands immeubles à population nombreuse. Il s’impose également à l’attention des municipalités françaises, en raison des graves difficultés de tous genres que soulève l’évacuation quotidienne des ordures ménagères. La destruction des ordures à domicile n’est pas encore entrée chez nous dans la pratique, faute sans doute d’appareils offrant toute sécurité pour l’hygiène et le bien-être du voisinage. Cependant, M. Chissey, dans la Technique sanitaire et municipale, donne un exemple de destruction sur place dans un grand immeuble, expérience qui a donné toute satisfaction et pourra servir de point de départ. Il s’agit du grand Hôtel de Font Roineu. Superbement isolé dans la montagne, il ne savait où déverser ses ordures que le vent dispersait au hasard, à travers les pistes de neige immaculée qui sont la raison même du séjour de la clientèle. On se décida à installer un four incinérateur dans l’hôtel même, à côté de la pâtisserie, sous la grande salle à manger. Les constructeurs s’étaient du reste engagés à démolir le four et à le reconstruire ailleurs au moindre mécompte. Le four fut donc construit et fonctionne sans inconvénients depuis 1924. Les fumées évacuées par les cheminées des. cuisines sont inodores et pas un grain de poussière ne vient souiller la pureté de l'atmosphère, ni la blancheur de la neige. Le four de Font Romeu est un foyer soufflé par un petit ventilateur; la combustion s’opère complètement, sans aucune addition de combustible, donc très économiquement. La puissance de destruction est de 200 kg, soit 400 litres à l’heure. La température atteint goo à 10000, c’est-à-dire un point où tous les gaz et toutes les poussières combustibles sont entièrement brûlés. Les organes de manutention des ordures brutes et des mâchefers sont réduits à leur plus simple expression.
- Pour les plus grands immeubles, comme ceux des habitations à bon marché, que l’on construit actuellement en grand nombre, la combinaison de la collecte intérieure des ordures, telle qu’on la pratique aux Etats-Unis, et du four incinérateur d’un modèle analogue à celui de Font Romeu, permettrait de résoudre le problème des ordures ménagères d’une façon satisfaisante à la fois pour l’hygiène et pour les finances municipales. Les municipalités auraient évidemment tout avantage à transporter seulement 3oo kg de mâchefer, soit i5o litres de matière inerte, au lieu de 2 m3 (1 tonne) qui constituent la collecte journalière de 2000 habitants.
- Production et consommation du charbon de bois en France. — A la « Journée du charbon de bois », M. Arnould, conservateur des Eaux et Forêts, chef du Service des Questions économiques à la Direction générale des Eaux et Forêts, a présenté un aperçu de la production, de la consommation et du commerce du charbon de bois.
- La production a atteint 23o 000 tonnes en 1923 ; elle s’est élevée à 275000 tonnes en 1925, soit 225 0,00 tonnes de charbon de forêt et 5o 000 tonnes provenant des usines de distillation.
- Un stère de charbonnette fournissant environ 70 kg de charbon, ces 275000 tonnes (2 750 000 quintaux) ont exigé la carbonisation de 4000000 de stères, environ, ou 3 000000 de m3 de bois.
- La production annuelle des forêts françaises est de 27000000 de m3, dont i8 5ooOoo m3 de bois de feu. Les coupes annuelles fournissent environ 9000000 de m3 ou 15 000000 de stères de charbonnette, dont 4000000 seulement sont actuellement transformés en charbon.
- La consommation intérieure de charbon de bois peut être évaluée,* approximativement, à 200000 tonnes.
- En ce qui concerne le commerce, voici les chiffres relevés officiellement :
- Années Exportations Importations
- tonnes tonnes
- 1923 ................ 32.000 2.600
- 1924 .............. 47>o°o 2.5oo
- 1925 ............; 76.OOO 1.200
- Les importations n’ont guère pour objet que la fourniture de charbon industriel, parfaitement.épuré, et d’un prix très élevé, atteignant jusqu’à 1000 et 1200 fr. le quintal.
- Les exportations françaises se répartissent comme suit :
- Années Espagne Italie Suisse
- tonnes tonnes tonnes
- i9’2^.......... 23.400 6.800 i.i5o
- 1924........... 3 2.200 12.100 1 55o
- 1925. ..... 41.900 30.700 2 600
- L’augmentation continue de nos exportations dans ces pays tient à ce qu’ils trouvent plus avantageux d’employer, pour l’industrie et pour le chauffage domestique, le charbon de bois plutôt que le charbon de terre qu’ils doivent acheter à l’étranger. *
- On estime qu’en tenant compte des rémanents, il est possible de trouver dans les forêts françaises, et cela sans les épuiser aucunement et sans même qu’il soit nécessaire de restreindre nos exportations, tout le charbon de bois dont la France peut avoir besoin comme carburant national, par la substitution des moteurs à gazogènes aux moteurs à essence.
- La. brique de pavage. — La question des matériaux permettant la construction de routes unies et durables reste plus que jamais à l’ordre du jour. Aux Etats-Unis, on emploie avec succès, depuis de longues années le pavage en briques spéciales. Celte technique ne s’est pas encore répandue en France ; néanmoins elle a fait en ces derniers temps en notre pays l’objet de recherches et d’essais importants.
- M. R. Feret dans un rapport à la Société d’Encouragement pour VIndustrie Nationale signale qu’une société Française, « la Société de la Brique Extra-Dure », a mis au point, dans son usine d’Hydrequent, par Rinxent (Pas-de-Calais), après une étude approfondie de la question, la fabrication de briques de pavage quelle a lancées récemment sur le marché français. Le principe de la fabrication consiste à employer une argile de composition bien définie, à fondant surtout ferrugineux, à donner à la pâte une granulation constante et une consistance qui ne soit ni trop sèche, ni trop molle; on moule les briques à la filière sans les represser, les plus grandes faces coupées au fil et moins lisses devant être les faces d’usure; on fait sécher lentement les briques avant l’enfournement; enfin on les fait cuire à un degré tel que les particules les plus fines du mélange commencent à entrer en fusion, se soudant avec les plus gros grains restés à peu près entiers. De la sorte la brique s’use, sous le trafic, en présentant toujours une surface rugueuse, alors qu’un excès de cuisson donnerait une matière plus ou moins vitrifiée, fragile, à cassure conchoïdale, et à faces glissantes, même après usure partielle.
- Ces briques doivent être assises sur une base en mortier de ciment ou en coulis asphaltique.
- Quelques applications d’essai ont été faites l’an dernier à Brehères, Saint-Pol et Calais dans le Pas-de-Calais, à Paris au quai de la Râpée, à l’entrée du Pont d’Austerlitz.
- De nouvelles sections plus importantes vont être'cons-truites d’ici peu, et permettront, après un certain temps de service, de se rendre compte définitivement de la tenue de ce nouveau mode de pavage,
- On préconise également comme brique de pavage la brique de schiste, fabriquée avec une matière première considérée jusqu’ici comme un résidu encombrant et sans emploi, le schiste houiller, qui s’amasse en terrils gênants aux abords des puits de mines de houille.
- M. Coliez vient de publier dans la Revue Industrielle une étude serrée des briques de schiste. Les schistes, dit-il, sont des argiles qui ont subi un commencement de cuisson due à la réverbération du feu terrestre, cuisson qui toutefois n’a pas atteint la vitrification et qui leur a laissé une certaine plasticité permettant d’en faire une pâte plus ou moins consistante.
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- INFORMATIONS
- Ci
- §
- Les schistes houillers extraits du fond des mines renferment d’une façon générale n à 45 pour xoo de silice, j 3 à 19 pour 100 d’alumine, 5 à 7 pour 100 de peroxyde de fer et 22 à 3o pour 100 de matières carbonées.
- Le peroxyde de fer permet d’obtenir la vitrification des surfaces, de la brique, vitrification qui constitue pour nombre d’emplois une qualité importante.
- Les schistes à employer pour la fabrication des briques doivent être choisis d’après une analyse préalable, ils sont lavés s’ils contiennent trop de charbon, celui-ci est alors récupéré : puis ils sont broyés à la finesse voulue ; on en fait ensuite une pâte que l’on moule à la filière hydraulique et que l’on découpe aux dimensions choisies. Les briques sont séchées deux ou trois jours, puis cuites à ii5o° environ; on peut employer à cet effet le four continu. On obtient finalement un produit d’un beau rouge brun.
- De nombreuses mines fabriquent aujourd’hui la brique de schiste ; elles y trouvent l’avantage de réduire l’encombrement des terrils, gênantes montagnes dont le volume va constamment en s’accroissant; celles-ci deviennent ainsi ijne source de profits. Outre le pavage, la brique de schiste s’emploie en construction comme matériau de parement, ou pour les murs exposés aux intempéries, également pour les fondations. Elle peut servir à la construction de murs de quai, de digues de mer, de piles de pont; on l’utilise pour le revêtement des puits et galeries de mines, des tunnels.
- Souvent les matières carbonées contenues dans les terrils s’enflamment et brûlent longtemps; les schistes, alors, sous l’influence de la haute température, se vitrifient et prennent une teinte rouge pâle.
- Ces schistes brûlés ont été utilisés par les houillères de Libercourt (Nord) pour faire des moellons moulés et damés à la main, d’un prix de revient peu élevé, qui ont servi à bâtir d'importantes cités ouvrières. Ils peuvent aussi se substituer au sable pour la fabrication de la brique silico-calcaire, qui devient ainsi la brique schisto-calcaire. Les briques ainsi obtenues ont un joli aspect et une grande résistance. Elles n’ont que le défaut d’être trop poreuses.
- La tortue dans les Maures. — M. Henseling, conservateur de la bibliothèque municipale de Toulon, précise dans la lettre suivante un des points traités par M. L. Berlin dans son article sur les Tortues du Muséum (n° du 10 octobre 1925).
- « J’ai pu constater au cours de mes fréquentes excursions dans les Maures la présence de deux espèces de tortues très différentes qui y vivent à l’état sauvage et en colonies fort nombreuses.
- C’est d’abord au nord, dans la plaine qui sépare, comme l’a dit M. Lutaud, la Provence calcaire de la Provence cristalline, une tortue d’eau, à carapace plate, de couleur verdâtre, que l’on trouve en grande quantité surtout dans la rivière l’Aille, affluent de droite de l’Argens. Jeune, elle a une écaille assez fine, dont le bord, légèrement dentelé, est strié de vert et de jaune ; la queue est longue. Au dire des pêcheurs elle mange le jeune poisson. Elle ne s'apprivoise pas et celles que j’ai capturées continuent à vivre en sauvages dans mon jardin (*).
- L’autre espèce se rencontre dans la région du Dom, notamment près de la maison forestière des Caunes et dans le ravin de la Femme-Morte, elle est bombée, l’écaille est jaune, tachée de noir; elle s’apprivoise vite et vient manger dans la main la salade qu’on lui présente. »
- Le sapindus. — Cet arbre qui croît facilement en Afrique du Nord atteint d’assez grandes dimensions, il donne des fruits dont la pulpe renferme une précieuse substance utilisée soit pour le lavage, soit pour produire diverses émulsions, la saponine, substance qui donne ses propriétés à la saponaire, plante bien connue de la France continentale.
- Les fruits de Sapindus sont achetés par l’industrie 25o francs le's 100 kg c. a. f. Bordeaux ouïe Havre. On les recherche de plus en plus pour le nettoyage des tissus de laine et de soie, auxquels il rend l’aspect du neuf.
- 1. Où elles 111’ont rendu de réels services en détruisant loches et insectes, mais il lui faut un bassin à sa disposition. .
- Ce sont les Indes anglaises qui en fournissent le plus, mais l’Algérie nous en envoyait aussi beaucoup avant la guerre. On conseille de continuer à planter cette précieuse essence, soit en allées, soit en bosquets de rapport partout où cela est possible, en Afrique du Nord.
- Cet arbre se propage de boutures, de rejets, ou de semis. Les boutures doivent être prises sur des arbres fertiles.
- Un sapindus adulte peut donner 5o kg de fruits en moyenne.
- Les arbres doivent être plantés à 12 m. de distance. Ils ont besoin si possible de quelques arrosages lorsqu’ils sont en terrain sec. La récolte des fruits a lieu à la fin de l’automne. M. E.Yivet a consacré une courte note au Sapindus dans la Revue agricole de l’Afrique du Nord, 11 juin 1926, d’où ces renseignements sont extraits.
- La Gravitaïa, nouvelle plante utile du Brésil. —
- Tout récemment, M. Guimaraes, ingénieur agronome du Brésil, a consacré une étude documentée à cette plante. La Revue Internationale des renseignements agricoles de juin 1926 la publie avec une planche en couleurs montrant une petite fleur d’amarillidacée où le rouge domine. Les diverses parties de la fleur et de la graine sont figurées ainsi que des tubercules. Car cette plante est surtout appréciée par ses petits tubercules qui sont comestibles. Quant aux tiges et aux feuilles elles constituent un fourrage excellent. La gravitaïa est répandue dans le Nord du Brésil, au Nord de Babia.
- Plante annuelle, qui ne résiste pas aux grandes sécheresses, elle supporte bien les froids de l’hiver et les gelées de juillet et août. Elle se sème à l’automne. L’auteur a observé de ses semis des plantes qui atteignaient jusqu’à 4,84 m. et qui comptaient 34 à 36 feuilles lancéolées de i3 cm sur 3,4- Cette plante peut être cultivée comme ornement. Les tubercules contiennent de l’asparagine, de l’amidon, du glucose.
- Au point de vue de la classification cette plante se range dans le genre Ilypoxis, le nom d’espèce est tuber brasiliensis. Dans l’article original de la Revue se trouvent une foule de détails curieux ou pratiques sur cette plante et sa culture. Par cette publicalion l’Institut International d’agriculture de Rome va certainement contribuer à faire essayer cette plante dans maintes régions.
- Le coton en Syrie. — La Syrie peut fournir du coton, elle en a fourni de tout temps un peu, mais les essais entrepris par le Service de l’agriculture ont prouvé que beaucoup de variétés intéressantes de cotonnier peuvent être cultivées avec succès en Syrie.
- A la ferme d’études de Ras-el-Aïn divers cotons égyptiens ont donné les rendements suivants aux essais de 1923.
- Yar. : Achmouni . . . . . 4-11 kg. par hectare
- Pilion . . 4'ZO —
- Assili . . 4r5 —
- Lagora .... • - 4i4 —
- Nubari . . 343 —
- Sakellaridis . . . . 332 —
- Gazouii .... . . 322 —
- F athi . . 317 —
- Ces nombres relevés sur des terrains d’essais ne doivent pas être considérés comme définitifs, ils montrent toutefois ' ce que peut donner le coton en Syrie. D’ailleurs des cultivateurs de l’Etat de Damas en ont ensemencé des centaines d'hectares en 1924. On voit qu’on peut commencer à passer des essais à la pratique courante de la culture. Des étendues immenses peuvent de plus être irriguées, elles donnent lieu à des essais du plus haut intérêt pour l’avenir économique de la Syrie, d’après les études de M. Achard, ingénieur agronome, inspecteur de l’agriculture en Syrie.
- Exposition internationale du caoutchouc. — La
- 7e Exposition internationale du caoutchouc et autres produits tropicaux aura lieu à Paris au Grand-Palais, du 21 janvier au 6 février 1927. A l’occasion de cette Exposition se tiendra un Congrès où seront faites des conférences sur le caoutchouc et les principaux produits tropicaux. S’adresser au secrétaire général, M. Jean Gérard, 49> rue des Mathurins, Paris, 9e.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- O0É
- Automobilisme - <n
- Soulève-roue automatique. — Parmi les accessoires de l’automobile, il en est dont nombre d’automobilistes
- Fig. i. —-Le soulève-roue en position de repos.
- réclament depuis longtemps le perfectionnement ou le remplacement. C’est le cric.
- Le cric est surtout employé pour soulever un des essieux de la voiture, lorsque l’un des pneumatiques exige une réparation ou un remplacement. Le choix de l’emplacement et la manœuvre de cric sont souvent assez pénibles; il faut parfois se glisser sous la voiture pour placer le cric au bon endroit, ensuite le fonctionnement de l’engin exige une dépense de force assez sérieuse.
- Aujourd’hui beaucoup de dames, voire de toutes jeunes filles, conduisent des automobiles; il serait utile de leur éviter ces opérations manuelles pénibles et salissantes.
- C’est du reste un progrès imposé par l’évolution du véhicule automobile : nombre d’opérations difficiles qui s’effectuaient à la main autrefois sont exécutées aujourd’hui mécaniquement : démarrage du moteur, gonflement des pneus, nettoyage de la glace de pare-brise, etc.
- Tel est le raisonnement que s’est fait M. L. Klein et qui l’a conduit à inventer et réaliser un engin nouveau d’un maniement très simple et très efficace : le soulève-
- Fig. 2, — Le soulève-roue au moment où il touche à terre,
- roue automatique, qui rend désormais inutile l’emploi du cric.
- Cet appareil est monté à poste fixe sur chaque essieu. C'est une béquille mobile, en forme de L, dont le grand bras coulisse sur un tube en acier qui lui sert de support.
- Ce tube est fixé au moyen de ferrures sur l'essieu de la voiture.
- La petite branche du L de la béquille porte, à son
- extrémité, un rouleau qui permet le roulement sur le sol; enfin à l’angle du L, l’appareil est muni d’une paire de solides crampons en acier. Dans la position ordinaire, l’appareil est relevé et maintenu au moyen d’un crochet à ressort.
- Une crevaison survient; on décroche l’appareil, on le fait coulisser sur son tube jusqu’au point convenable et on le laisse tomber sur le sol; les dimensions de la béquille ont été calculées de telle sorte que la longueur de la grande branche du L soit un peu supérieure à la distance verticale qui sépare l’essieu du sol lorsque le pneu est gonflé. Dans ces conditions la béquille prend une position oblique et vient s'appuyer sur le sol uniquement par le sommet du L et les crampons qui y sont fixés.
- On fait alors faire à la voiture une très légère marche arrière; la béquille pivote autour du crampon jusqu’à ce que sa petite branche vienne tout entière prendre appui sur le sol. La grande branche est alors verticale et la voiture s’est soulevée d’elle-même de la hauteur nécessaire.
- Le rouleau qui termine la béquille permet alors de
- Fig. 3. — Le soulève-roue en position de travail, il soulève la voiture.
- faire rouler, si on le désire, la voiture sur le sol, malgré qu’une des roues est soulevée.
- Lorsque la réparation est terminée, on fait la manœuvre inverse ; on fait avancer légèrement la voiture, la béquille bascule à nouveau en sens inverse et il suffit de la raccrocher à sa position de repos.
- Cet appareil si simple a en outre l'avantage, étant fixé à demeure sous le châssis, d’être toujours prêt à fonctionner. En un instant, il se décroche ou se raccroche, Il accélère donc, en même temps qu’il les simplifie, les manœuvres nécessaires pour soulever- une voiture.
- Le soulève-roue automatique est construit d’une façon très robuste, au moyen de tôles d’acier soudées à l’autogène.
- L’inventeur du soulève-roue automatique est M. Léonce Klein, a3 bis, avenue Thiers, Pau.
- Mécanique
- Crépine de pompe à clapet de retenue. — Dans les puits où l’on pompe l’eau, le tuyau d’aspiration se termine par une crépine percée de trous ou garnie d'une toile métallique.
- Aucun dispositif n’est prévu pour maintenir l’eau dans le tuyau d’aspiration entre deux pompages et si le piston de la pompe fuit moindrement, celle-ci se désamorce chaque fois, obligeant à manœuvrer
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- quelque temps à vide quand on veut reprendre de l’eau.
- La crépine « Kirby », bien étudiée, présente deux particularités intéressantes. L’eau y pénètre, non par des
- Fig. 4. — Crépine à'clapet ouvert pendant l’aspiration.
- trous, mais par des fentes circulâmes latérales, le fond étant plein, ce qui empêche les corps étrangers et la vase de pénétrer dans la tuyauterie, quand la pompe touche le fond.
- La crépine est surmontée d’un clapet qui se soulève à l’aspiration et retombe par son poids sur son embase quand on refoule ; ce clapet de retenue maintient la pompe constamment amorcée et permet d’avoir de
- Fig. 5. — La même, avec le clapet fermé au refoulement.
- l’eau dès le premier coup de pompe. La crépine se fixe par un écrou sur le tuyau.
- Ses dimensions, égales à celles du tuyau, permettent de l’introduire dans les puits forés de petit diamètre, d’autant plus qu’aucune vis ne dépasse à l’intérieur. Construite en cuivre, elle peut servir non seulement pour l’eau, mais pour tous les liquides qui n’attaquent
- pas ce métal : essence, pétrole, boissons, produits chimiques, etc.
- Elle est indiquée pour les appareils de vidange et de transvasement des fûts, réservoirs, etc.
- Kirby-Smith, 73, rue Laugier, Paris.
- Objets utiles
- Appareil à fabriquer les nouilles. — Ce petit appareil permet la fabrication des pâtes alimentaires : nouilles, vermicelle et macaroni. Il fonctionne d’ailleurs sur le même principe que les appareils industriels. La pâte est placée dans un réservoir cylindrique dans lequel on déplace un piston au moyen d’une manivelle.
- Le piston agit ainsi sur la pâte et la force à passer au travers des orifices dont est muni le fond du réservoir.
- Tous ces trous constituent autant de filières qui ont naturellement la forme de la pâte que l’on veut obtenir.
- Fig. (>, — Machine à fabriquer les nouilles.
- On dispose d’une série de fonds interchangeables de manière à fabriquer toutes les variétés possibles.
- Le réservoir porte des agrafes qui permettent de le fixer aune table ou à une tablette. Le piston est remonté jusqu’en haut en tournant la manivelle à l’envers. On dévisse la partie cylindrique formant réservoir, on ajuste la filière choisie de manière que la partie évasée des trous soit tournée vers l’intérieur de l’appareil.
- On remplit le réservoir une fois en place jusqu’aux deux tiers de la hauteur et on le visse sur la partie en ogive qui forme le haut de l’appaçeil. On tourne la manivelle, la pâte pressée sort par en dessous et on coupe les filaments dès qu’ils on atteint une longueur d’une vingtaine de centimètres. Il suffit de les installer sur une table pour qu’ils puissent sécher pendant une demi-heure au moins.
- A titre d’indication, voici le mode de préparation de la pâte. On prend de la farine à raison de deux verres pleins pour 3 personnes, on ajoute un demi-verre d’eau tiède. Lorsque la pâte a l’aspect d’une boule, on la pétrit de façon qu’elle devienne bien lisse.
- Si F on désire des pâtes aux œufs, ceux-ci sont battus à raison d’un œuf pour 4 verres de farine, on verse lentement la farine et l’on ajoute de l’eau tiède.
- Constructeur : Etablissements « Le Nouillard », 4a, rue du Marais, Paris,
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- VARIETES
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- ENDUITS ET VERNIS A L’ACÉTATE DE CELLULOSE '{Suite. Voir „• ,73,)
- Vernis incolores pour métaux. — Ces vernis répondent aux formules générales de préparation que nous avons données. Ils ont pour but principal de préserver les métaux polis contre les divers agents de détérioration. Ils conviennent donc bien pour préserver les objets de laboratoire, les instruments de physique, etc.
- Voici quelques formules :
- Acétate de cellulose.............. 5o gr.
- Tétrachloréthane..................5oo cc.
- Alcool éthylique..................25o —
- Benzène...........................a5o —
- ou bien :
- Acétate de cellulose.............. 14 gr.
- Tétrachloréthane.................. 43 —
- Alcool éthylique................... 8 —
- Toluol............................ 4^ —
- Acétone........................... 10 —
- Huile de ricin..................... 5 —
- ou encore :
- Acétate de cellulose.............. 10 gr.
- Tétrachloréthane.................. 90 —
- Alcool éthylique.................. 10 —
- Ces vernis s'appliquent soit au pinceau, au trempé ou au vaporisateur.
- On peut objecter que de tels vernis n’ont pas toujours une adhérence suffisante sur les objets très bien polis, d’où l’idée d’incorporer à des vernis des résines ou des gommes.
- On désigne par extension ces vernis sous le nom de vernis Zapon, Auspérite, vernis cristal.
- Dans ce cas d’addition de gommes ou de résines, la résine est tout d’abord dissoute dans le tétrachloréthane, puis une filtration est faite, le liquide obtenu constitue un très bon solvant pour les copals Dammar et Kauri et pour les ambres. A ce mélange des gommes et d’un solvant, on ajoute ensuite l’éther cellulosique, puis les autres constituants du vernis.
- La dissolution des gommes et résines peut être légèrement augmentée par un léger chauffage accompagné d’une agitation.
- Il n’est pas à recommander d’opérer la dissolution simultanée de l’acétate de cellulose et de la résine.
- Les vernis à tremper ont en général une teneur moyenne en acétate de cellulose et produits solides de 3 pour 100 à 4 pour 100.
- Les vernis au pinceau ont en général un plus fort pourcentage de matières solides totales.
- Certains de ces vernis, par suite de la faculté que possède l’acétate de cellulose de mieux résister à la chaleur que les nitrates, sont employés pour préserver des surfaces ou objets exposés à la chaleur.
- Une formule peut être d’après E. C. Worden (Technology of cellulose esters, vol. VIII) •.
- Acétate de cellulose . . . . 8 gr.
- Copal 6 —
- Huile de lin cuite . . 12 —
- Tétrachloréthane . . . 35 —
- Acétone
- Benzol 100 pour 100 . . . Huile légère d’acétone . . . . . 3o —
- . , 12 —
- Le mode de fabrication consiste à dissoudre tout d’abord l’acétate de cellulose dans l’acétone et une partie du tétrachloréthane d’une part ; d’autre part, dissoudre le copal dans l’huile légère d’acétone et environ la moitié du tétrachloréthane, puis filtrer cette dernière solution et mélanger les deux préparations. Le benzol est ajouté ensuite et l’huile est incorporée par agitation.
- Voici une formule de vernis à tremper :
- Acétate de cellulose............ 7 gr.
- Acétate d’éthyle................12 —
- Tétrachloréthane ........ 22 —
- Alcool éthylique .................. 4 —
- Acétone.........................12 —-
- Benzol 90 ou 100 pour 100. ... 5a —
- Dans cette formule, les solvants sont mélangés, puis
- on ajoute l’acétate de cellulose. Le benzol est ajouté après dissolution et avec précaution.
- Dans la formule ci-dessus, le tétrachloréthane peut constituer tout le solvant, on obtient alors avec les avantages du tétrachloréthane un produit pouvant s’appliquer facilement dans un local humide. Enfin, dans des cas particuliers où il peut sembler désirable d’augmenter ou de diminuer la vitesse de séchage, le tétrachloréthane peut être partiellement remplacé par du dichloréthylène ou du pentachloréthane. Ces deux liquides doivent s’employer avec de l’alcool.
- Certains inventeurs préconisent, afin d’augmenter l’élasticité, l’emploi de corps tels que le triphényl et le tricrésyl phosphate, la triacétine, etc., ce sont les plastifiants dont nous avons indiqué le rôle. Enfin des solvants comme l’alcool diacétonique (Eb. 1600), les mélanges de phénol et trichloréthylène sont employés. Il est certain que dans les résines à utiliser, il convient de faire des distinctions suivant la protection que l’on désire réaliser. C’est ainsi que pour la protection de photographies, de documents et de papiers, le copal dammar constituera la résine type ; pour les vernis ordinaires, le copal Kauri donnera un beau brillant et une grande solidité.
- Une formule de vernis très solide peut être :
- Acétate de cellulose............... 10 gr.
- Copal...............................18 —
- Tétrachloréthane....................33 —
- Alcool éthylique.................... 7 —
- Huile légère d’acétone rectifiée. . 16 —
- Benzol 100 pour 100.................45 —
- Ce vernis est préparé par dissolution du copal dans une partie du tétrachloréthane et tout le benzol en s’aidant au besoin de la chaleur d’un bain-marie. L’acétate de cellulose se trouve être dissous dans les produits restants. Les deux solutions sont ensuite mélangées.
- De nombreux brevets ont été pris dans lesquels des solvants tels que les éthers des hexa-hydrophénols sont employés soit seuls, soit incorporés à d’autres solvants ou plastifiants (DRP u5i.35i, 1911, Badische-Anilin, DRP 255.692, 1912).
- Vernis colorés. — Dans ce cas, il faut considérer d’une part les vernis transparents additionnés de colorants solubles et d’autre part les vernis pigmentés ou peintures laquées.
- a) Vernis colorés transparents. — Ces vernis peuvent être obtenus en partant des formules pour vernis incolores et en employant des colorants acides ou basiques solubles dans l’alcool, tels que la fuchsine, la safranine, le jaune naphtol, l’aurine, le brun Bismarck, l’auramine, les violets méthyl; les bleus de méthylène, les verts Victoria, les nigrosines, etc.
- Les colorants sont dissous dans un faible volume d’alcool, les solutions filtrées et ajoutées directement en quantité convenable au vernis incolore.
- Pour obtenir divers effets artistiques, les colorants de la série des rouges Soudan sont à recommander, surtout sur les objets en cuivre. Les rouges Soudan et les colorants de cette série sont très solides à la lumière.
- Ces vernis colorés sont souvent appliqués par trempage ou à l’aérographe.
- b) Vernis pigmentés. Peintures laquées. — Ces vernis et peintures s’obtiennent par addition de pigments colorés en poudre très fine, de poudres métalliques, etc., ils peuvent être mats ou brillants.
- Un vernis noir mat sera obtenu par exemple en triturant du noir de fumée ou du noir d’acétylène avec un vernis incolore, préférablement du type avec copal et plastifiants, car les pigments diminuent la plasticité. Un vernis kaki pourra être obtenu par un traitement semblable avec des ocres, du noir de fumée et un peu de poudre d’aluminium, cette dernière constituant un liant. Un vernis noir brillant sera obtenu par addition de noir d’aniline à un vernis incolore.
- Les vernis noirs sont très employés en optique, danB l’aviation et l’automobile.
- On rencontre dans le commerce, sous le nom d’émail blanc, un certain nombre de laques à base d’acétate de
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- cellulose et d’un pigment blanc. Ce pigment blanc est en général composé d’oxyde ou de carbonate de zinc, de lithopone, de sulfure de zinc, de sulfate de baryum.
- En général, on dissout l’acétate de cellulose dans un mélange de solvants à point d’ébullition élevé (tétrachloréthane, toluol, xylol) et l’on ajoute le pigment préalablement broyé dans un mélange de trétrachloréthane
- et d’huile ‘de ricin.
- Voici une formule :
- Acétate de cellulose.............. 14 gr.
- Tétrachloréthane................4 a —
- Alcool éthylique................... 8 —
- Toluol............................ 45 —
- Acétone........................... 10 —
- Huile de ricin..................... 5 —
- Pigments, quantité suffisante (5 à 6 °/0 environ).
- L’émail blanc est très employé pour le vernissage des lits métalliques et pour les articles sanitaires. On lui ajoute parfois une trace de bleu de méthylène pour augmenter sa blancheur apparente, et des résines pour intensifier son brillant.
- Les vernis bronze, les galvano-laques, les auspérites sont très employés pour donner aux objets l’aspect du bronze, ils peuvent être patinés par passage d'une couche d’un vernis coloré ou teint, des effets artistiques et décoratifs peuvent aussi être réalisés.
- Voici une formule de vernis bronze :
- Acétate de cellulose............. 35 gr.
- Tétrachloréthane..................180 cc.
- Benzène..........................55o —
- Acétone anhydre..................220 —
- Alcool éthylique ou méthylique. 3o —
- Poudre de bronze, quantité suffisante (3 à 8 °j0).
- Dans cette formule, l’acétate de cellulose est dissous ^dvans le mélange tétrachloréthane, acétone, alcool et, après dissolution complète, le benzène est ajouté doucement, tout en agitant. Le bronze ou par extension les autres métaux, pigments, etc... que l’on désire incorporer sont ajoutés préférablement sous forme a une pâte avec un peu d’huile de ricin ou un plastifiant. Un peu de copal dammar peut être introduit dans la formule en tenant compte des observations présentées lors de la discussion des formules de vernis incolores.
- Dans ces galvano-laques, il importe expressément d’avoir un liquide neutre, c’est pourquoi l’on ajoute toujours un peu de carbonate de soude anhydre (1 à 2 pour 100 en poids).
- Une formule indiquée par Doerflinger (USAP 884 475,
- 1908, BF. 361.394, 1906) donne :
- Acétate de cellulose............ 190 gr.
- Acétone..................... . 36oo —
- Poudre de bronze................ 680 —
- C03Na3 anhydre ........ 25o —
- (quantité exagérée) Une formule générale peut être :
- Acétate de cellulose ... 5o à 80 gr.
- Acétone ou formiate d’éthyle
- ou acétate de méthyle. . 55o à 600 —
- Alcool éthylique . . . . . 100 à 120 —
- Benzène.................... 120 à 170 —
- Alcool benzylique .... 40 à 20 —
- Triacétine, tartrate d’amyle
- ou de butyle.............. 20 à 20 —
- Eugénol...................... 20 à 20 —
- Pigment métallique. . . . x5 à 20 —
- Souvent, pour les métaux s’altérant à l’air, on couvre les objets métallisés d’une légère couche d’un vernis protecteur incolore. La poudre d’aluminium ne doit pas être employée avec le tétrachloréthane.
- Une application nouvelle des galvano-laques est celle de l’imitation des feuilles d’or, obtenue en épandant une mince couche d’un vernis bronze sur une faible nappe d’eau et en laissant évaporer les solvants. C’est
- ainsi que l’on peut avoir :
- Acétate de cellulose............ 12 gr.
- Tétrachloréthane ...............4^ —
- Acétone................... . . . i5 —
- Benzène 90 pour 100 ..... . 40 —
- Bronze, quantité suffisante (de 2 à 6 °/0)
- Vernis pour bois. — Cette question qui est tout à fait à l’ordre du jour pour les vernis à la nitrocellulose (vernis genre Duco) n’est pas aussi avancée pour l’acétate de cellulose.
- Toutefois, les diverses formules de vernis et laques que nous avons énumérées sont en général, et parfois après quelques modifications, susceptibles d’applications sur bois.
- Afin d’éviter tous déboires, il convient de noter que le bois doit être bien préparé et les pores bien bouchés.
- Des couches d’impression seront d’abord nécessaires, toujours suivies d’un ponçage soigné, puis viendront les couches de travail et enfin les couches de finissage.
- En général, et pour ce genre d’applications, les formules dans lesquelles entrent des gommes sont à recommander pour les couches de travail.
- Linge lavable. Apprêts. — Aux vernis _se rattachent certains tissus imprégnés, obtenus par enduisage de la fibre par des solutions d’acétate de cellulose soit incolores, soit colorées en blanc par des charges minérales telles que l’oxyde de zinc, le sulfate de baryte, le lithopone, les blancs de titane.
- Dans le brevet anglais 12 406 de 1910, Zimmer passe sur les tissus empesés ou passés au fer un vernis dans lequel l’acétate de cellulose est dissous dans un mélange de trichloréthylène, de tétrachloréthane, d’huile de ricin et de camphre. Après séchage, les tissus sont poncés, puis vernis.
- On peut également garnir la toile d’un revêtement blanc à base de caséinate de sodium et contenant du sulfate de baryte et de calcium, du sulfure de zinc et de l’eau. Cette pâte très liquide, après séchage, peut être recouverte d’un vernis incolore contenant de 4 à 5 pour 100 d’acétate de cellulose.
- Les acétates d’aluminium basiques du type Al2 (OH.)2 (C2H-0)4 passés sur une toile et soumis à l’action du fer à repasser donnent également un composé insoluble et imperméable, susceptible d’être fixé, et garanti par une ou plusieurs couches de vernis incolore ordinaire.
- Ces vernis font que l’aspect du linge est celui du linge naturel. Les objets ainsi vernis ne jaunissent pas avec le temps et l’usage, de plus ils sont facilement et parfaitement lavables.
- En étendant le vernissage aux tulles, rubans, feutres, pailles, etc., les solutions faibles d’acétate de cellulose peuvent servir d’apprêts incolores ou colorés (vernis dé 1 à 3 pour 100 d’acétate de cellulose).
- Les vernis sont aussi employés en teinture et en impression comme épaississants ou pour constituer des réserves. (A suivre.)
- Maurice Deschiens, Ingénieur Chimiste I. C. N.
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : FENOUIL OFFICINAL
- Le Fenouil officinal (Fœniculum officinale Ail.), Om-bellifères, est encore appelé Fenouil doux (Fœniculum dulce D, C.) Aneth doux, Aneth. fenouil, etc.
- Habitat. — Il croît spontanément dans les vignes, les lieux secs, les terrains pierreux dans le Midi de la France, et plus spécialement en Provence.
- Description sommaire. — Plante bisannuelle pouvant atteindre 1 à 2 m., d’un vert sombre, exhalant une odeur agréable. Racine épaisse, fusiforme et blanchâtre. Tige
- droite, glabre, rameuse. Feuilles alternes, filamenteuses à pétiole membraneux embrassant la tige. Fleurs jaunes, petites en ombelles, s’épanouissant en juillet et août. Fruit formé de deux achaines d’un brun verdâtre appliqués l’un contre l’autre et marqués chacun de cinq côtes.
- Culture. — Le fenouil est cultivé en France dans plusieurs départements parmi lesquels la Feuille d'informations du Ministère de l’Agriculture mentionne qu’il a occupé dans le Gard jusqu’à 3oo hectares donnant
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- 3oo ooo à 35o ooo kg de graines, et, dans l’Ardèche, a5o hectares, etc. Bien qu’il s’accommode d’un grand nombre de terrains, il préfère un sol léger, calcaire ou silico-calcaire, assez riche, perméable, frais sans excès d’humidité, bien préparé, bien exposé et fumé avec du superphosphate et du sulfate de potasse.
- L’acide phosphorique favorise la formation des graines.
- Multiplication. — On l’effectue par semis, mais quoique la durée germinative des graines soit de quatre années environ, il est prudent de les choisir, autant que possible, dans celles de la dernière récolte. Un gramme de graines en contient iu5, environ,' et le litre pèse 235 grammes.
- On sème les graines dans des sillons peu profonds, dirigés du nord au sud. Avec une distance de o m. 80 à i m., on emploie io kg de graines par hectare (Farcy); pour o m. 70 à 1 m. et i5 à 20 cm sur la ligne, 5 à 6 kg (Zaccharrewicz). On met, aussi, à 40 à 5o cm en tout sens.
- Dans le Jardin familial, on peut semer en rayons distincts d’environ o m. 40 à o m. /\5, principalement à l’automne, pour produire au printemps et pendant le cours de l’été.
- On éclaircit les plants après la levée et on donne des arrosages copieux et fréquents.
- Dans la culture en grand l’ensemble des frais est estimé entre a5o et 3oo francs par hectare; le bénéfice varie selon le terrain et la récolte entre 200 et 600 francs.
- Récolte et rendement. — Sous le climat de Paris, la récolte des semences se fait successivement de la mi-septembre à la première quinzaine d’octobre, tandis que, dans le midi de la France, elle a lieu fin juillet et en août.
- On attend que les graines aient pris une coloration jaune clair, on coupe alors les tiges avec une faucille, (un sécateur suffit dans le Jardin familial) et on les met en javelles pour que les graines mûrissent en brunissant.
- Lorsque les ombelles sont sèches, on les étale au soleil sur des toiles ou des claies et on les bat avec un léger fléau. Les graines obtenues sont passées ensuite au tarare ou au van.
- On peut en récolter, par are, 10 à 20 kg. L’hectolitre pèse 36 à 40 kilogrammes.
- Quand on cultive le fenouil pour ses racines, il est
- nécessaire de les arracher la première année, car les racines devenues ligneuses dans la seconde année ne pourraient être employées. L’arrachage se fait en automne et en hiver.
- Composition chimique. — Les semences renferment surtout une huile essentielle se rapprochant beaucoup de l’essence d’anis. Elle contient de l’anélhol, de la fénone, de l’estragol et des terpènes. La plante et notamment les racines sont riches en sels alcalins à acides organiques.
- Propriétés thérapeutiques. — Les parties usitées sont surtout les semences et les racines, les feuilles ne le sont plus aujourd’hui. Les Anciens connaissaient les propriétés du fenouil, et Dioscoride considérait la racine comme un bon diurétique. Les semences sont tenues, comme celles de la plupart des ombellifères, pour apéritives, carminatives, stomachiques, diurétiques, etc.
- Elles passent pour augmenter le lait des nourrices, et « honni soit qui mal y pense » du rapprochement, on les donne en décoction pour exciter la sécrétion lactée des bêtes laitières.
- Préparations pharmaceutiques. — Infusion des semences, 10 pour 1000; infusion des racines, 3o pour 1000; alcoolat, 4 à 20 gr. Poudre 1 à 5 gr.
- Les semences font partie des quatre semences chaudes ; elles entrent dans la composition de plusieurs liqueurs : anisette, absinthe, chartreuse.
- Les racines servent, avec celles d’asperge, d’aclie, de petit houx et de persil, à préparer le sirop des cinq racines.
- La médecine vétérinaire les emploie beaucoup contre la météorisation des ruminants.
- Dans le midi de la France, le fenouil, et particulièrement le fenouil doux, est consommé cru ou cuit. Dans ce dernier état sa saveur rappelle un peu celle du céleri avec un goût sucré et un parfum plus délicat.
- Observations commerciales. — La culture du fenouil est à recommander, car nous en importons toujours une quantité notable : Marseille a reçu 1 600 ooo kg de graines, provenant en partie de Salonique, Malte, Smyrne et les Indes. Par petite quantité, l’herboristerie a payé la plante entière 1 fr. à 1 fr. 20, les racines coupées 2 fr. à 2 fr. 20 et les semences 2 fr. 80 à 3 fr. le kilogramme. En gros, le prix du quintal a oscillé entre 40 et 55 francs.
- FUMETERRE
- Cette élégante petite plante tire son nom « Fumeterre » (Fumaria officinalis L.) Fumariacées, de « fumus terræ », fumée de terre, ce qui est, d’après Olivier de Serres, une allusion soit à l’amertume de la plante, soit à l’odeur de fumée qu elle répand « fumaria », parce que son jus fait pleurer les yeux comme la fumée. Elle a pour synonymes : Fiel de terre, Fumée de terre, Pisse-sang, etc.
- Il existe plusieurs autres espèces de fumeterres qu’on peut employer également.
- Habitat. — Venue de l’Orient, la fumeterre est très commune dans les champs, les jardins, les vignes, les décombres et même sur les montagnes où elle peut s’élever jusqu’à 1700 m. d’altitude.
- Description sommaire. — Plante annuelle de o m. 20 à o m. 80 dont l’odeur est herbacée quand on la froisse entre les doigts et la saveur amère. Tige grêle, rameuse, anguleuse ou carrée, souvent couchée ou s’accrochant parfois par ses pétioles recourbés. Feuilles alternes, d’un vert glauque ou vert cendré, très divisées. Fleurs s’épanouissant de mai à fin septembre, d’un blanc rougeâtre, tachetées de pourpre au sommet, disposées en longues grappes terminales lâches d’un joli aspect. Fruit petit et globuleux renfermant une seule graine.
- Culture. — Dans le cas où le terrain du Jardin familial donnerait naissance spontanément à un grand nombre de ces plantes qui se ressèment très facilement d’elles-mêmes, il n’y aurait pas lieu de la cultiver séparément. Autrement, on recourrait au semis dans un sol léger et rendu bien meuble. Le semis des graines se fait à la volée au printemps.
- Récolte. — On y procède vers le mois de juin, parce que c’est à ce moment que la fumeterre a beaucoup de feuilles et peu de fleurs. On ramasse la plante entière
- OFFICINALE
- dont on fait parfois des bouquets ou des petits paquets. Il importe de la dessécher très rapidement et à l’ombre, soit en couches aussi minces que possible sur des claies, soit, de préférence, sur des fils de fer ou des ficelles tendues en plein air, soit enfin dans un local très aéré. Dix kilogrammes de plante fraîche donnent 1 kg 700 de plante sèche.
- Composition chimique. — La fumeterre contient dans toutes ses parties un alcaloïde, la fumarinp et de l’acide fumarique qui donne des fumarates de chaux, de soude et de potasse.
- Propriétés thérapeutiques. — Cette plante est reconnue depuis longtemps comme tonique, reconstituante, dépu-rative, apéritive. On l’emploie contre les maladies de peau chroniques, la scrofule, la jaunisse et certaines maladies de l’estomac.
- * Préparations pharmaceutiques. — Infusion 20 pour 1000; extrait 2 à 10 gr. ; sirop 20 à 100 gr.; suc dépuré 5o à 200 gr. Elle entre, à parties égales, dans la composition du suc d’herbes qui est préparé avec des feuilles de chicorée, de cresson et de laitue.
- Voici comment on prépare ce suc d’herbes qui jouit encore d’une certaine popularité dans plusieurs régions.
- On réunit une quantité suffisante de feuilles de ces quatre plantes, on les contuse dans un mortier en marbre, on exprime la pulpe à la presse et on filtre le jus au papier. La dose habituelle de ce suc dépuré est de 120 gr. qu’on peut prendre le matin à jeun en une fois.
- La fumarine a été prescrite à la dose de 20 à 3o centigrammes comme stimulant et apéritif.
- Observations commerciales. — La vente de la fumeterre est assez forte. L’herboristerie a payé le kilogramme de plante sèche o fr. 75 à 1 fr. 20. A. Truelle.
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- AVIS — L’abondance des demandes de renseignement* qui (parviennent au Service de la Boite aux Lettres de L,<l Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d'intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communication. — A propos du charbon iodé en thérapeutique (n° 2729)- — M. Chamagne, docteur en pharmacie, 24, rue Damesme, Paris, nous signale qu’il préparé depuis longtemps sous le nom de « carboïo* dîne » un charbon iodé utilisable comme antiseptique en chirurgie, pour la purification des eaux et, sous forme de tablettes, pour l'usage interne. Le charbon employé provient de la carbonisation en vase clos d’algues marines.
- Réponses. — M. M. A. S., Saint-Maurice. — i° Traité de parasitologie végétale : Entomologie et parasitologie agricoles, par Guénaux ; Plantes nuisibles à Vagriculture, par “Fron; Encyclopédie agricole, Baillière et fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- 20 Traité de botanique : Traité de botanique, par van Tieghem ; Eléments de botanique, par van Tieghem et Costantin: Masson et Cie, éditeurs. Principes de botanique, par Chodat, Baillière et fils, éditeurs.
- M. C,, Montiguy. — Pour recherches bibliographiques consulter l'Association de documentation bibliographique, scientifique, industrielle et commerciale, 82, rue Taitbout, Paris ; la plupart des ingénieurs-conseils en matière de brevets d’invention se chargent également de rechercher les antériorités.
- B. P., à Paris. — Pour la culture du champignon de couche, il n’existe pas actuellement d’autre milieu connu que le fumier de cheval, utilisé industriellement.
- M. A. H. G., — Nous ne voyons pas d'autre utilisation d’un vin aigri fortement que de l’employer comme vinaigre. Un fût ne doit jamais rester longtemps partiellement en vidange.
- M. M.-Jl. A., Etat-Major général, Téhéran (Perse). — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement de l’étude des Pivoines de Chine et Pivoines en arbre, espèces, variétés, multiplication, culture, maladies, etc.
- Des articles, présentant des études plus ou moins détaillées, ont été publiés sur ces plantes, dans divers journaux et revues horticoles, depuis bien des années. Mais ces articles sont peu nombreux. Pour se procurer une documentation aussi étendue que possible sur cette question, il conviendrait de s’adresser aux éditeurs dont voici les adresses, à Paris : Librairie agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob (6e). Librairie spéciale de l’Institut national agronomique, 58, rue Claude-Bernard (5e). Librairie Ch. Amat, 11, rue Cassette (6e).
- M. H. de G.-B., à Allex (Drôme). — Fumier artificiel. La documentation sur cette question est très désuète. Il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrages»traitant de la préparation du fumier artificiel, mais quelques rares et courtes notes que, du reste, résume celle que nous avons publiée dans la Boîte aux Lettres, en réponse à une question posée par un abonné (n® du 24 juillet 1926, page 3i).
- Vous obtiendriez, probablement, des indications ou des directives aux fins de documentation sur cette question en vous adressant au Directeur départemental des Services agricoles de la Drôme, M. Dësmoulins, à Bourg-lès-Valence.
- M. Scurée, à Sjjritnont. — Combustibles pulvérisés. Vous trouverez toute la documentation sur ce sujet dans la collection de la Revue Chaleur et Industrie, 5, rue Michel-Ange, Paris.
- M. Vasseur, Saint-Aubin. J. B. — Revues de T. S. F. ; h’Onde Electrique, Chiron* éditeur, 40» t*üe dé Seine. La T. S. F. pour tous, même adresse. La T. S. B. moderne, 9, rue Castex, Paris. L’Antenne, 53, rueRéau-mur, Paris. T. S, F. français, même adresse. Radio-Electricité, 63, rue Beaubourg, Paris.
- T. S. F. — M. J.-C., à Montigny. — i° La superhétérodyne est évidemment un montage très sélectif, et ses qualités de sélectivité sont presque aussi précieuses que ses qualités de sensibilité.
- 2“ Vous pouvez trouver les renseignements détaillés que vous demandez dans La Superhétérodyne et la Superréaction, par P. Hémardinquer (Chiron éditeur).
- 3° Les seuls montages antiparasites utilisant une lampe spéciale que nous connaissions sont les montages à lampes à deux grilles.
- 11 ne semble d’ailleurs pas que les essais tentés dans ce sens aient encore abouti à des résultats parfaits. Vous pouvez consulter à ce sujet la revue La Radio (Chiron éditeur).
- M. II.-R., à P. (Chine). — i° Vous pourrez sans doute trouver des piles du genre que vous cherchez aux établissements Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris, ou à la maison Radiguet et Massiot, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- 2° Les accumulateurs type Edison sont construits par la Société des accumulateurs fixes et de traction, S. A. F. E. T, route Nationale à Romainville (Seine).
- 3e II est assez facile de réaliser un petit poste d'émission radiophonique pour courtes distances. La seule difficulté est d’avoir une source d’électricité par l’alimentation plaque d’au moins plusieurs centaines de volts. Vous pouvez consulter à ce sujet le livre F émission d’amateur par Laborie [La T. S. T. Moderne éditeur, 9, rue Castex, Paris).
- M. Herrgott, au Valdoie (territoire de Belfort). —-Nous serions très heureux de vous renseigner au sujet du cadre antiparasites de M. Blondel. Malheureusement il s’agit d’un nouvel appareil qui est encore dans la période des essais, et dont les constantes ne sont pas encore exactement déterminées.
- Le cadre est formé, en principe, de deux enroulements ; un enroulement intérieur ordinaire récepteur et un enroulement extérieur protecteur et anti parasites. Le cadre protecteur forme ainsi une sorte de cage de Faraday polarisée, et le plan de ses spires est, en général, perpendiculaire au plan des spires du cadre récepteur.
- 11 es! probable que nous pourrons vous donner de plus amples renseignements dans quelques mois en automne. Vous trouverez sans doute les renseignements dans La Nature.
- M. Péras, à Clermont-Ferrand. — Un poste superhétérodyne monoréglage a été indiqué dans La Nature en 1925 à propos de « L’évolution du dispositif superhétérodyne ». Vous trouverez d’assez nombreux renseignements sur cet appareil dans le livre La superhétérodyne et la Superreaction par P. Hémardinquer.
- M. Audenet, à Tours (Indre-et-Loire). — Nous pensons que vous pourrez trouver du tissu hertzien pour la construction de cadres pliants de T. S. F. à la Radio-Industrie, rue des Usines, à Paris.
- M. Chambard, à Montaigu (Jura). — L’appareil que nous avons indiqué dans le numéro 2720 de La Nature a été construit par notre correspondant, d’après les indications générales données dans nos chroniques, en particulier dans le numéro 2612 de 1924*
- Cet appareil comprend en principe un étage d’amplification haute fréquence semi-apériodique à bobinage de liaison fractionné, un étage haute fréquence à résonance, une lampe détectrice et deux étages à basse fréquence à transformateurs.
- M. le docteur Cotsaftis, à Montpellier. — Voyez la réponse donnée plus haut à M. Chambard. Veuillez adresser au journal une lettre avec une enveloppe timbrée portant le nom de notre correspondant et nous lui ferons parvenir votre demande.
- M. L. B., à Paris. — Le bruit musical continu dont vous vous plaignez lorsque vous employez votre poste récepteur à cinq lampes provient sans doute de la vibration mécanique du filament de vos lampes.
- Les lampes à faible consommation ont un filament très fin, et il arrive dans certains modèles que le jnoindre choc amorce des vibrations qui se traduisent par des bruits anormaux continus fort désagréables. Le remède consiste à choisir des modèles de lampes présentant des qualités anti-vibratoires spéciales surtout pour la lampe détectrice ; les lampes Philipps Miniwatt, par exemple, ou d’autres similaires. Il est recommandé également d’utiliser un support élastique pour la détectrice et d’entourer celle-ci d’une gaine en coton maintenue par un ruban de caoutchouc.
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- LA NATURE
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- INFORMATIONS
- N° 2734 28 Août 1926
- La solidification de l’hélium. — L’hélium est le gaz qui se liquéfie à la plus basse température et jusqu’ici il était reste le seul corps que l’on n'ait pu solidifier. Aussi la solidification, de l’hélium est-elle un fait physique important. C’est à un savant hollandais, M. Ivee-som, qu’elle est due.
- Voici en quels termes il a annoncé cette nouvelle à l’Académie des Sciences, le 5 juillet dernier.
- « Le 25 juin l’h'élium fut comprimé dans un mince tube en laiton formant communication entre deux tubes en maillechort. Le tube en laiton et partie des deux tubes en maillechort étaient plongés dans un bain d’hélium liquide. A une pression de i3o atm. le système se montrait bloqué. Le blocage disparut lorsque la pression fut diminuée de i atm. La température de cette expérience était un peu incertaine.
- Après diminution de la pression du bain d’hélium liquide, le même phénomène fut observé à la température d environ 3°,2 K. à 86 atm. et à la température d’environ 20,2 K. à 5o atm. La régularité du phénomène fit présumer que c’était la courbe de solidification de l’hélium qui avait été observée.
- La répétition de l’expérience au ior juillet donna la confirmation des observations faites la première fois. A 4°,2 K. l’hélium se solidifiait à i5o atm. La courbe de solidification fut prolongée jusqu’à i°,i K.; l’hélium se solidifiait alors à 26 atm. Les valeurs numériques exactes seront données ailleurs. A partir de 20 K. la ligne de solidification se courbe pour prendre aux températures plus basses une direction presque parallèle à l’axe des T. Ainsi l’hélium semble ne pas avoir de point triple solide-liquide-gaz.
- Enfin l’hélium fut comprimé dans un tube en verre muni d’un agitateur magnétique de lvuenen. Les observations sur la solidification furent confirmées. On vit l’agitateur s’arrêter quand l’hélium se solidifiait. Dans une . expérience partie de la substance était liquide, partie solide. On pouvait marteler le bloc solide avec l’agitateur, qui se trouvait dans la partie liquide. Néanmoins une surface limite entre la partie solide et la partie liquide n’était pas visible. L’hélium solide forme une. masse homogène et transparente, dont probablement l’indice de réfraction ne diffère qu’extrèmement peu de celui du liquide. »
- Le Conseil international de recherches et les unions scientifiques internationales. — M. Emile Picard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, président du Conseil international de recherches, vient d’envoyer au Journal des Débats une lettre exposant l’organisation internationale actuelle des recherches scientifiques.
- Nous en extrayons les passages suivants :
- « Dès 1918, dans des conférences tenues à Londres et à Paris, des représentants des pays alliés et associés dans la lutte mondiale qui allait prendre fin avaient proposé la création d’un Conseil international des recherches, organisme central autour duquel se grouperaient des Unions internationales correspondant aux divers ordres de sciences (Union d’astronomie, de géodésie. de chimie, etc). L’année suivante, les statuts étaient définitivement établis à Bruxelles, siège légal du Conseil international ; il fut entendu que les Unions conserveraient une grande liberté d’action, obéissant seulement à certaines directions générales données par le Conseil et lui soumettant leurs statuts. Les nations qui n’avaient pas pris part à la guerre mondiale furent invitées à adhérer aux nouvelles organisations; seules, d’après les statuts, furent exclues les puissances centrales avec lesquelles nous avions été en lutte.
- Une expérience de sept années a démontré, par des résultats incontestables, l’opportunité morale et l’utilité scientifique de l’œuvre entreprise en 1918. Plus de trente-cinq nations font aujourd’hui partie du Conseil international et des diverses Unions. Ces dernières sont au nombre de dix, et quelques-unes d’entre elles ont publié de remarquables ouvrages faisant connaître leurs travaux et donnant les programmes d’études à entreprendre. Il est évident, d’ailleurs, que tous les
- ordres de sciences ne se prêtent pas également à des travaux collectifs, et, par exemple, il y a une grande différence à cet égard entre l’Union astronomique ou l’Union géodésique et l’Union de mathématiques; mais l’association dans la recherche est susceptible de bien des formes, et il est essentiel d’avoir créé dans toutes les branches de la science des cadres permettant aux chercheurs de se rencontrer, ne fût-ce que dans des congrès internationaux, dont la réunion rentre dans les attributions des Unions.
- Un point essentiel à noter est l’indépendance que veulent garder le Conseil international et les Unions par rapport aux pouvoirs politiques. Nos groupements se sont formés en répondant à l’appel de la Société royale de Londres, de l’Académie nationale des Etats-Unis et de l’Académie des sciences de Paris. Les savants n’aiment pas, en général, à être associés à telle ou telle action politique ; c’est, le plus souvent, une société savante importante de chaque nation qui est l’organe adhérent, et ce n’est que très exceptionnellement que, dans certains pays, le Gouvernement joue ce rôle.
- A la réunion de l’année dernière, à Bruxelles, quelques nations demandèrent que la clause relative aux puissances centrales disparût des statuts. Il n’y eut pas alors la majorité des deux tiers nécessaires pour cette suppression. Une réunion extraordinaire fut alors décidée, qui s’est tenue à Bruxelles à la fin du mois de juin. La suppression fut, cette fois, votée à l’unanimité, et il fut, en outre, décidé qu’une invitation à adhérer à nos organismes, analogues à celles faites depuis six ans à tous les pays neutres, serait adressée à l’Allemagne, à l’Autriche, à la Bulgarie et à la Hongrie. Je n’ai encore aucun renseignements officiel au sujet des réponses qui nous seront faites; mais, de l’avis des représentants de l’Angleterre, de la Hollande et de la Suède au Conseil, cette réponse sera probablement positive, et nos organismes auront alors le caractère complètement international désiré par plusieurs pays. »
- L’étude des vagues par une méthode piézoélectrique. — Quand les vagues se heurtent sur un obstacle, il se produit des efforts considérables, et qu’il est fort utile de mesurer, en particulier pour les travaux à la mer, ou pour les coques des navires. Mais jusqu’ici on ne disposait pas d’appareils permettant d’effectuer avec quelque précision la mesure de la pression maxima développée par ces chocs.
- MM. Galitzman et Jakobi ont décrit dans le Bulletin Hydrologique russe de 1925 un appareil piézoélectrique qui donne l’enregistrement continu de la pression exercée sur l’obstacle.
- Nous résumons cette description d’après le Génie Civil. L’appareil est placé dans une cavité étanche pratiquée dans une carcasse en béton que l’on applique contre l’obstacle. II comprend une plaque en quartz serrée entre deux plaques métalliques, suivant le procédé dû à M. Langevin. L’une des plaques est en contact avec la mer, l'autre est isolée de la paroi de la cavité au moyen d’ébonite et est connectée à un électro-mètre.
- Les variations de pression auxquelles est soumise la plaque extérieure engendrent des variations de voltage qui leur sont proportionnelles. On peut, soit les mesurer directement à l’électromètre, soit les enregistrer en cinématographiant la déviation. L’inertie du système piézoélectrique étant pratiquement nulle, on a ainsi un enregistrement fidèle des variations de pression. Le système comporte un artifice pour éliminer les parasites.
- Une cheminée de 120 mètres de hauteur. —^ Cette cheminée, Bans doute la plus haute du monde, vient d’être construite à Tadanac (Colombie Britannique) dans l’usine de la Consolidated Mining and Smelting C° of Canada ; elle sert à évacuer les gaz d’une installation de grillage de minerai de zinc. Sa hauteur s’explique par la nécessité de donner au four le tirage convenable et d’évacuer les gaz à une altitude suffisante pour en réduire les effets nocifs sur la végétation et les animaux. Elle est en ciment armé; elle est calculée pour évacuer par minute 18 200 m3 de gaz à la température
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- INFORMATIONS
- moyenne de i8o° G, gaz débarrassés de leurs poussières par le procédé électrique de Cottrell. Son diamètre intérieur au niveau de la fondation est de 8 m. 52 ; au sommet il est de 6 m. 3o.
- Statistique agricole du Maroc. — Les surfaces cultivées au Maroc en 1924» sont, d’après l'Annuaire du
- Maroc 1926, qui vient de paraître.
- hectares
- Blé, tout près de. . ... . . 1.000.000
- Orge, plus de 1. a5o OOO
- Avoine, tout près de ... . 20.OOO
- Maïs 200.000
- Sorgho ... . 77 OOO
- Mil 7.000
- Alpiste f . 4. OOO
- Fèves 43.OOO
- Lentilles 2.780
- Pois chiches 27.OOO
- Petit pois 3.740
- Lin 18.000
- Fenugrec 1. 5oo
- Cumin 1.400
- Coriandre 4 OOO
- Henné 2.2.5o
- Cultures maraîchères . . . . 9.000
- Forets . . . 470.OOO
- Le bétail comprend :
- Chevaux 14 9700
- Anes, tout près de 450.000
- Mulets 60.OOO
- Bovins 1.5o0.000
- Moutons. . 6.3oo.000
- Chèvres 2.OOO.OOO
- Porcs 115.000
- Chameaux 100.000
- Ces nombres ont été régulièrement en augmentant
- depuis 1914.
- Les réserves de bisons du Canada. — La Nature a parlé à diverses reprises de la disparition progressive des bisons. Il en existe encore une importante réserve au Canada, dans les territoires du Nord-Ouest situés au Sud du Grand Lac de l’Esclave. Le parc national Buffalo en compte plus de 8000 têtes. Agrandi ces temps-ci de vastes pâturages autour du lac Claire, il s’étend maintenant sur 17000 milles carrés.
- Les Ressources naturelles du Canada donnent des renseignements sur les résultats des essais récents de multiplication.
- La région ajoutée au parc renferme quelques-uns des meilleurs pâturages à bisons qui existent dans le Nord. Plusieurs des 1 634 animaux expédiés du parc national Buffalo durant l’été de 1925 ont passé une partie de l’hiver dans cette étendue et le printemps venu ont rejoint le troupeau principal qui était resté plus au nord.
- Tl a été stipulé dans les règlements du parc que les Indiens régis par les traités, qui avaient l’habitude de chasser des animaux d’autres espèces dans cette étendue, continueraient à jouir du même privilège, et que les métis-et les blancs qui, dans le passé, se sont livrés à la chasse et au piégeage dans la région en question pourraient continuer à le faire en se procurant un permis du Surintendant du parc. Il est, naturellement, interdit de molester les bisons de quelque façon que ce soit. ,
- L’expérience entreprise l’an dernier par le ministère de l’Intérieur, en vue de disposer du surplus d’animaux provenant du troupeau de 8000 bisons que renferme le parc national Buffalo, est poursuivie cette année et un autre envoi d’animaux est effectué cet été de Wainwright au parc des. Bisons des Bois, ^
- La sélection des animaux à expédier a été faite durant l’hiver. Le premier convoi de a5o animaux est parti de Wainwright le 2*8 juin pour Waterways, terminus de la voie ferrée. A ce dernier endroit, les bisons seront placés dans un enclos où ils pourront se reposer de 24 à 36 heures avant d’être embarqués sur les chalands qui les conduiront à leur destination, par les rivières Clearwater, Athabaska et Slave, Le débarquement s’effectuera au moyen de passerelles encloses, à un point situé environ 6 milles au sud de Fitzgerald.
- On rapporte que les animaux expédiés l’an dernier
- sont en bon état et qu’ils se sont vite accoutumés à leur nouvel habitat. Huit bêtes seulement ont été perdues au cours du transport en 1925 et l’on ne négligera aucune précaution pour que les envois de cet été aient un égal succès.
- L’opossum en Nouvelle-Zélande et en Australie.
- — Le Bulletin de l’Agence générale des Colonies donne les renseignements suivants sur le commerce actuel dès peaux d’opossum.
- La Nouvelle-Zélande, d’après les indications données par l’Echo commercial et industriel, a exporté en 1924 plus de n 000 peaux d’opossum (Didelphys virginiana) dont la valeur a atteint 56 289 livres, .soit plus de 7 millions de francs.
- Les peaux ont été exportées sur le Royaume-Uni (io3463 peaux), l’Australie (4 702), le Canada (a451 ) et les Etats-Unis (1 426).
- Le continent australien, avec ses espaces immenses à végétation chétive, convient mieux, parait-il, que la Nouvelle-Zélande au développement des marsupiaux dont il s’agit. Cependant la qualité de la fourrure y est inférieure.
- La demande des peaux est tellement grande qu’on a dù, dans les différents états, fixer les époques de chasse et contrôler l’exportation. ,
- En 1922, l’Australie a yendu un million 'de peaux et, en 192.3, le chiffre atteint dépassait 1 200000.
- Il semble, ajoute notre confrère, que l’acclimatement de cet animal à fourrure pourrait s'effectuer dans certaines colonies françaises et qu’il serait susceptible d’assurer d’assez beaux revenus.
- Le Musée du Tourisme et de la voiture. — La
- France ne possédait jusqu’ici aucun musée officiel consacré à la locomotion. Cette lacune est aujourd’hui comblée, en grande partie grâce à l’initiative du Touring-Club de France. Le nouveau musée sera installé au Palais de Compiègne. M. Defert, président du Touring Club de France, retrace dans la Re^ue du Touring Club la genèse de cette création. Depuis 1907, date de l’Exposition rétrospective de l’automobile organisée au Grand Palais par MM. Rives et Auscher, le Touring Club s’est attaché à centraliser tous les dons relatifs à la locomotion rétrospective, en même temps qu’il sollicitait divers collectionneurs particuliers de conserver les ensembles par eux constitués. Malheureusement l’œuvre à créer devenait de plus en plus ardue avec les difücultés pécuniaires de notre temps. La rétrospective du transport organisée par M. Auscher à l’Exposition de Grenoble réveilla l’idée. Le Directeur des Beaux-Arts, M. Paul Léon, saisi de la question, s’attacha immédiatement à la réalisation.
- La Commission des Monuments historiques et le Conseil des Musées nationaux, en votant l’achat d’une des plus importantes collections iconographiques de l’histoire du véhicule, donnèrent une base certaine à l’établissement du futur musée. Le choix de Compiègne, où, dans un cadre magnifique on trouvera les emplacements nécessaires, est du meilleur augure pour son développement.
- Il restait à lui en assurer les moyens matériels, sans trop attendre le concours de l’Etat. Réunis le 24 juin dans le cabinet de M. Paul Léon, les représentants les plus autorisés des Musées nationaux, du tourisme, de la Compagnie des Chemins de fer du Nord, de la municipalité de Compiègne et des industries de la locomotion ont voté les statuts de la « Société des Amis du Musée du Tourisme et de la Voiture » calqués sur ceux de la Société des Amis du Louvre. Cette Société fait dès maintenant appel à toutes les bonnes volontés et à toutes les générosités pour enrichir les collections du Musée de Compiègne.
- Nouvelles de T. S.
- Réception au casque et réception en haut-parleur.
- — l’usager de la T. S. F. semble accorder de plus en plus la préférence à la réception en haut-parleur.
- D’après une statistique américaine indiquée par le journal Excelsior la proportion des postes récepteurs à haut-parleur serait de 91 pour 100 dans certains Etats américains. Une semblable statistique serait intéressante à établir en France.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- cg^s. Travaux d’amateur
- Pour faîre un châssis de jardin.— Avec les renseignements que nous allons donner ci-dessous, on pourra établir soi-même un châssis de jardin et connaître les conditions auxquelles il doit répondre.*
- On conduit parfaitement et sans difficulté ce travail, si l’on prête attention aux quelques notions élémentaires qu’il suffit de savoir.
- la carcasse, car le bois s’emboîte plus parfaitement sur le coffre auquel le châssis est destiné et l’on obtient mieux, pour les plantes, l’isolement qui leur est nécessaire contre les intempéries. De plus, le fer étant bon conducteur, il présente l’inconvénient de s’échauffer et de se refroidir trop rapidement, suivant la force du soleil et le degré de température. Il en résulte l’éclatement fréquent des vitres, provoqué par la dilatation du métal.
- Pour les traverses, par contre, on fera mieux d’employer le fer, qui est plus résistant que le bois et permet
- Traverse
- Cheville
- Montant
- Montant
- Montant 1F+Q
- Traverse
- Coffre
- 70x3
- Fer a T
- Ame coupée
- Traverse
- Traverse
- Montant
- Verre
- Verre
- Traverse de 5
- Montant
- Tra verse
- de 10
- Fig. i. — Fabrication d’un châssis de jardin.
- Le châssis ayant pour objet de protéger les plantes contre le mauvais temps et en même temps de leur procurer la lumière et la chaleur dont elles ont besoin devra être combiné de manière à recevoir le maximum de rayôns solaires tout en s’adaptant parfaitement au coffre quf le supporte.
- 11 se compose d’un cadre recouvert de feuilles de verre séparées par des barres transversales. Une seule plaque de verre est certainement préférable, mais le maniement en serait très difficile, et malgré toutes les précautions que l’on pourrait prendre, on ne parviendrait pas-à éviter la casse.
- On n’emploie presque plus le fer pour la confection de
- de réduire le plus possible l’épaisseur, car pour obtenir la même solidité avec le bois, on est obligé de le prendre beaucoup plus gros, ce qui diminue d’autant la surface du verre et réduit la lumière en raison de l’ombre projetée à l’intérieur du châssis.
- Pour faire un châssis bien compris, on emploie donc le bois pour le cadre et le fer pour les traverses supportant les verres.
- On aura soin, avant l’assemblage, de recouvrir le bois, chêne ou sapin rouge de préférence, d’une couche de carbonyle ou de coaltar, dont on ne ménage pas la quantité. Le fer est passé au minium, on donne deux bonnes couches avant de le peindre en gris.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le cadre a une forme rectangulaire; il se compose de deux montants de mêmes dimensions et de deux traverses. Ou s’est toujours demandé pourquoi on utilise trois grandeurs différentes de châssis. Qu il s agisse d’un grand ou d’un petit format, le montage reste le même, mais il semble que le grand format est préférable en raison de la surface utile qu’il présente par rapport au bois employé.
- Le châssis recouvrant un coffre de i m. 3g de largeur a comme dimensions i m. /jo X i m. 80. On donne donc aux montants une longueur de i m. 4°> une section carrée de /, centimètres. On donne les mêmes largeur et épaisseur à la traverse qui doit s’adapter à la partie la plus haute du coffre, la longueur est forcément moins grande et mesurera seulemeut i m. 3o.
- L’épaisseur est de 3 centimètres pour tenir compte de l’épaisseur du verre et des fers qui le maintiennent. On a ainsi une pente qui permet à l’eau de pluie de ne pas séjourner. On fait l’assemblage à tenon et mortaise a chacune des extrémités des deux traverses -. le tenon d’une épaisseur de i cm, 5 et d’une largeur de 4 centimètres.
- A l’aide d’un bédane, on préparé une mortaise qui aura des dimensions légèrement plus grandes que celles du tenon sur les montants, à 3 centimètres environ de chacune des extrémités.
- On effectue le montage en posant toutes les pièces sur une table ou un support quelconque bien plat. En premier lieu, on assemble un montant et une traverse, après avoir eu soin de mettre de la peinture sur le tenon et dans la mortaise.
- La fixation se fait au moyen d’une cheville dont on pré • pare immédiatement le logement à l’a'.de d’une vrille, à 2 centimètres du bord intérieur du montant et à o centimètres de son extrémité.
- La cheville est en bois dur; avant de l’introduire, on la recouvre d’une couche de peinture.
- On recommence la même opération pour 1 autre montant et l’autre traverse. On réunit ensuite les deux parties du cadre en les maintenant très fortement avec une ficelle pendant que l’on prépare les deux autres logements et que l’on place les chevilles.
- Dans l’assemblage, les traverses de bois sont dépassées par les montants formant ainsi une saillie de 2 centimètres de chaque côté, ce qui donne plus de solidité aux extrémités destinées à supporter le poids du châssis, chaque fois qu’il sera nécessaire de l’ouvrir.
- Les traverses de fer sont au nombre de deux ou trois ou même plus. Plus il y en a, plus on réduit la surface des carreaux et plus on diminue les risques de casse. On choisit des fers à T de 2X2 centimètres qui ont 1 m. 36 de loifg.
- On détermine leur emplacement, que l’on marque au crayon sur les traverses de bois. A l’aide d’un burin, on fait sauter sur une longueur de 5 centimètres l’âme ou partie verticale du fer à T. Les pattes que l’on obtient sont fixées sur les traverses de bois au moyen de trois vis en triangle. Sur cette partie dénudée des pattes, on passe une couche de minium et de peinture. La partie horizontale du T destinée à supporter les verres est disposée en bas.
- On n’a plus maintenant que les verres à poser. On les choisit aussi transparents que possible dans la catégorie demi-double. On réalise une économie en achetant une grande feuille ainsi qu’on en trouve dans le commerce, que l’on débite soi-même. Toutefois, si l’on ne connaît pas le maniement du diamant, on risque de mal tailler les carreaux et il est préférable de se les procurer chez un vitrier qui les coupe exactement à la dimension voulue.
- On compte quatre carreaux pour couvrir 1 m. 26 dans le sens de la longueur. Ils doivent avoir la même largeur que la traverse et une longueur de 32 cm. 5 de manière qu’ils empiètent d’environ 1 centimètre les uns sur les autres. On étend du mastic seulement au moment de la pose des carreaux et l’on entreprend une traverse après l’autre.
- Le verre qui se trouve en bas sur le côté de la traverse de bois la plus large est celui qui doit être mis en place le premier. Le second empiète sur lui de 1 centimètre environ et il en est de même pour les suivants.
- Il ne manque plus au châssis, qui est ainsi complètement achevé, qu’une poignée dont on le munit au milieu de chacune des deux traverses de bois. Elle sert à le
- soulever par l’avant ou l’arrière à volonté. On fixe cette poignée en fer rond de x centimètre de diamètre au moyen de deux bonnes vis.
- La crémaillère est trop compliquée; on ne l’utilise plus pour maintenir le châssis ouvert à une certaine hauteur. On emploie simplement une cale en bois ayant 3 X 8 de section et i5 centimètres de longueur. Ces trois dimensions se prêtent aux différents besoins et suffisent amplement. * P. M.
- Divers <
- Appareil pare-suie et pare-étincelles. — M. Jules Lemoine a inventé un appareil pare-suie et pare-étincelles qu’il a dénommé « moine » et qui supprime tout danger d’incendie, en interceptant de façon absolue la projection des flammèches et des escarbilles. Nous en empruntons la description à un rapport de M. Bechmann à la Société d’Encouragement à VIndustrie nationale.
- Cet appareil, entièrement en tôle et dont les dimensions sont appropriées au diamètre de la cheminée qu’il coiffe, comporte un tuyau s’emboîtant dans l’orifice supérieur de cette cheminée. Ce tuyau est entouré d’une enveloppe qui y est assujettie par un tronc de cône inférieur de raccordement ; elle est composée d’un cylindre surmonté de deux troncs de cône ayant une grande base commune et percés : le premier de six ouvertures trapézoïdales, le second d’un grand nombre de petits trous circulaires disposés en quinconce.
- A l’intérieur de l’enveloppe, autour du tuyau, est disposé un manchon fermé à sa partie supérieure par une tôle pleine et dont le bord inférieur est situé plus bas que le bord supérieur dudit tuyau, à mi-hauteur des ouvertures.
- Sur le cylindre est ménagée une porte de nettoyage.
- La fumée, montant par le tuyau, est forcée par le manchon de refluer vers le bas, suivant le trajet sinueux indiqué par la flèche en trait plein et de passer dans l’espace annulaire compris entre le manchon et le tuyau, pour arriver dans l’espace annulaire plus grand situé entre ce tuyau et la partie cylindrique de l’enveloppe. Cette fumée subit donc un changement brusque de direction, après lequel les particules solides continuent leur marche descendante dans la direction de la flèche en trait interrompu et tombent au fond de l’enveloppe d’où on les évacue de temps à autre en ouvrant une porte.
- Les gaz recommencent à monter dès qu’ils ont franchi le bord inférieur du manchon et pénètrent dans les troncs de cône, d’où ils s’échappent, débarrassés de toutes particules solides, en partie par les petits trous du premier, en partie par les ouvertures du second, chassés par le vent qui s’engouffre dans ces dernières et favorise le tirage.
- Fi
- g. 2.
- Le « Moine ».
- La double déviation ainsi communiquée aux produits de la combustion a donc pour résultat de trier les éléments constituant de la fumée et de la clarifier.
- Il est possible d’éviter le petit inconvénient qui résulte de l’accumulation de la suie au fond du manchon et qui oblige l’ouvrier chargé du nettoyage à se hisser en haut de la cheminée. Il suffit d’appliquer entre la cheminée et le manchon extérieur une cloison métallique inclinée P en forme de couronne elliptique. Cette cloison provoque le glissement de la suie et des escax-billes vers une ouverture ménagée dans la partie la plus basse de la plaque, ouverture débouchant au-dessus d’un tuyau verlical conduisant à un récipient d’accès facile.
- Inventeur : M. J. Lemoine, 66, rue de Sèvres, Paris
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- VARIETES
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- ENDUITS ET VERNIS A L'ACETATE DE CELLULOSE (Suite. Voir a73a-a733)
- Vernis pour papiers. — Les panneaux-réclames, les affiches, les objets en papier soumis à l’humidité, de même que les documents précieux, peuvent être protégés au moyen de vernis spéciaux ou mieux d’enduits.
- On a par exemple :
- Acétate de cellulose.............. i5 gr.
- Acétone ou acétate de méthyle. . 80 —
- Alcool” benzylique................ 4 •—
- Triacéline ou autre plastifiant . . 2 —
- . Martens (/. S. Chem. Ind., 1911, n° 3o, p. 414) a donné de nombreuses formules dont l’une composée d’un mélange d’acétate de cellulose, dans l’alcool, l’acétyl acétate d’éthyle, l'acétate d’éthyle et le camphre. Ces enduits moins concentrés en acétates de cellulose peuvent servir à protéger également les pièces de collections d’herbes, de plantes, etc. Appliqués sur papier gaufré, grainé ou décoré, _ ils peuvent donner des imitations de cuir rt des effets décoratifs très variés.
- Vernis isolants. — Les vernis isolants à base d’acétate de cellulose servent à fabriquer les fils dits émaillés ou isolés. Les fils électriques sont en général trempés dans des dissolutions d’acétate de cellulose assez comparables aux vernis pour métaux, par exemple :
- Acétate de cellulose................ 40 gr.
- Acétone.............................3oo —
- Triacétine.......................... 20 —
- Colorant d’aniliue . . quantité suffisante
- ou :
- Acétate de cellulose............ 6 gr.
- Tétrachloréthane................9.3,5 —
- Pyridine........................... o,5 —
- De tels vernis résistent bien à l’humidité, les fils sont bien flexibles et le vernis suit la forme donnée sans cassures ; il résiste à la température de 2000, Au point de vue diélectrique une couche de vernis sèche de 1/100 de mm possède une résistance d’isolement de a5o volts.
- On a étendu l’enduisage des fils au papier et l’on est arrivé à faire des pièces isolantes moulées, contenant, outre le papier, de la sciure de bois, des charges, etc.
- Du papier fin enduit peut constituer un très bon isolant pour les instruments de T. S. F., il en est de même des plaques d’acétate de cellulose,
- On fabrique également un succédané du chatterton en induisant du papier sur ses deux faces par un vernis à base d’acétate de cellulose et de plastifiants non volatils.
- Vernis pour verre. Perles artificielles. Arts décoratifs. — Les ampoules électriques colorées sont souvent obtenues par vernissage au moyen de solutions d’acétate de cellulose teintes ou pigmentées.
- On peut avoir par exemple :
- Acétate de cellulose........... 3 à 5 gr.
- Tétrachloréthane..............65 à 75 —
- Alcool éthylique..............32 à 20 —
- Colorant d’aniline . . quantité suffisante
- ou encore :
- Acétate de cellulose......... 6 gr.
- Acétone ou acétate de méthyle. 68 —
- Benzène...................... 12,5 —
- Alcool éthylique............. 12,5 —
- Alcool benzylique............ 2 —
- Colorant d’aniline. . . quantité suffisante
- Pour les imitations de dépoli, on peut indiquer la formule :
- Acétate de cellulose ... 3 à 8 gr.
- Acétone ou acétate de méthyle ............................. 60 —
- Benzène...................12,5 à i5 —
- Alcool éthylique..........12,5 à 10 —
- Alcool benzylique .... 2 à 3 —
- Triacétine......................... 3 —
- Pigment blanc (ZnO) ou
- coloré.................. 2 à3 —
- La fabrication des perles imitation est l’une des applications artistiques les plus curieuses. Là le travail du chimiste s’est attaché à rechercher d’abord la constitution de la perle fine, puis à chercher par les moyens
- mis à sa disposition à se rapprocher le plus près possible de la nature.
- On sait que la perle fine et la nacre au point de vue technique répondent à la composition moyenne :
- Carbonate de chaux cristallisé . . 75 %
- Conchyoline.......................... 5 —
- Eau..................................20 —
- Le carbonate de chaux est cristallisé en fibres rayonnées et couches concentriques ; donc, par suite de la disposition réticulaire des couches la surface de la perle présente les irisations connues. L’orient est produit par les multiples réfractions et réflexions de la lumière dans cet amas de cristaux microscopiques, par le jeu de cette lumière sur les différentes facettes.
- Actuellement, l'industrie des perles imitations utilise, comme produit irisé, l’essence d’orient. Cette essence d’orient provient de l’écaillage des ablettes ou de certains autres poissons; l’obtention de 1 kg d’écailles brutes demande près de 5o kg de poissons. Encore dans celte écaille brute faut-il considérer qu’en fin de compte il restera 1/25 de produit utile.
- Les écailles sont mises à digérer dans de l’ammoniaque, dans cette solution, l’eau initiale est peu à peu remplacée par un liquide miscible à l’eau, tel que l’acétone ou alcool afin de pouvoir être incorporée au vernis, à l’acétate de cellulose servant de support.
- Souvent aussi, les écailles brutes sont soumises à des fermentations pectiques et tryptiques et forment ainsi l’essence d’Orient.
- Le vernis à base d’acétate de cellulose peut contenir :
- Acétate de cellulose.............10 gr.
- Alcool méthylique ou éthylique . 10 —
- Tétrachloréthane.................90 —
- Essence d’orient................. quantité
- suffisante
- Dans la pratique, des perles de verre sont enduites avec ce vernis.
- Le vernis peut être additionné de colorants d’aniline. Après séchage on applique une couche de vernis incolore protecteur et l'on réalise des effets d’irisation au moyen de pellicules minces de vernis peu concentrés en acétate de cellulose-
- La luminosité peut être augmentée par une combinaison de rhodamine et de sulfure de zinc.
- Par extension de la fabrication des perles artificielles, Jean Paisseau a réalisé des plaques nacrées d’acétate de cellulose du plus bel effet artistique (Nacrolaque).
- Les plaques proviennent du séchage (comme dans l’industrie du film ou des masses plastiques) de vernis ou mieux d’enduits à l’acétate de cellulose dans lesquels il a été introduit de l’essence d’orient. Par fixation des veines nacrées qui se forment, on obtient des plaques de grande dimension pouvant constituer des motifs de décoration très remarquables. Ces vernis sont applicables sur métaux, cuir, bois, étoffe, etc. Par addition de colorants et par divers artifices donnant des précipitations ou des répartitions inégales on prépare toute une gamme de matières plastiques et vernis irisés et nacrés (Clément et Rivière BF 505079). Si 1'’°n étend à ces matières ce que nous avons dit des effets craquelés ou cristallisés, on se rend compte du vaste champ offert aux arts décoratifs par les matières plastiques et vernis à base d’acétate de cellulose. L’artiste et Partisan sauront obtenir de ces précieuses matières mises à leur disposition par le chimiste des œuvres qui ajouteront à notre idéal de beauté et d’art ; ainsi s’affirmera le rôle de la chimie dans les arts décoratifs, confirmant par un bel exemple la parole de Duclaux : « La Chimie est dans tout et rien ne lui échappe ».
- Quelques autres usages des vernis et enduits. — Dans l’industrie des manchons à incandescence, composés d’un support en coton imprégné avec des sels de terres rares et brûlé pour obtenir les oxydes, le squelette des oxydes est très fragile, il peut donc être renforcé par enduisage au moyen d’un vernis à l’acétate de cellulose.
- On peut fabriquer des capsules de bouteilles par la propriété qu’a l’acétate de cellulose de se coaguler dans certaines conditions en un film continu contenant de l’eau d’hydratation et de l’eau entraînée mécaniquement.
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- VARIÉTÉS
- Si par exemple on trempe des tubes de verre ou de métal poli dans un enduit contenant io à 14 gr. d’acétate de cellulose dans 90 à 86 gr. d’acide acétique glacial, et si l’on plonge ces tubes dans de l’eau ou un bain coagulant, on réalisera une capsule se détachant facilement et qu’il suffira de garder humide jusqu’au moment de son emploi. Une telle capsule ou cape appliquée sur le goulot d’une bouteille se contracte par séchage à la température ambiante et réalise le capsulage.
- Des couleurs d’aniline, des pigments, des poudres métalliques ajoutés au vernis initial peuvent donner tous les effets désirés. Le problème peut être aussi résolu en trempant les goulots dans un Vernis et en laissant sécher.
- Dans l’industrie des tabacs on réalise aussi le trempage du bout des cigares qui doit être mis à la bouche; il s’effectue dans un vernis à base d’acétate de cellulose et coloré par un bain quelconque.
- Ce procédé peut être étendu aux cigarettes, et c’est ainsi que l’on réalise souvent des bouts dorés ou colorés, les imitations de paraffinage, etc.
- Dans l’industrie pharmaceutique, on peut réaliser des collodions à base d’acétate de cellulose.
- En photogravure et dans les arts graphiques, dans l’opération dite du pelliculage, on enduit la couche sensible du cliché photographique d’un vernis contenant :
- Acétate de cellulose .... 5 gr.
- Tétrachloréthane............60 à 70 —
- Alcool éthylique............35 à i5 —
- Après séchage on retire de la plaque un double film transparent pouvant être reporté.
- On imprime aussi directement des affiches sur des supports en acétate de cellulose.
- Les vernis peuvent être utilisés pour vernir les brins de poudre de guerre ou de chasse, les œufs (afin de les conserver); bien d’autres applications peuvent également être envisagées.
- Les vernis et enduits à l’acétate de cellulose commencent aussi à faire leur apparition dans les industries des cuirs factices et des cuirs vernis.
- Conclusion. — Nous nous sommes efforcés, dans cette étude, de faire connaître les usages principaux des vernis et enduits à l’acétate de cellulose exceptant les films, la soie artificielle et les masses plastiques. Nous avons montré celte matière plastique traitée par les diverses industries transformatrices et même par les artistes et les artisans. Nous avons parlé de tonnes et dizaines de tonnes. Quels progrès depuis la découverte de Schutzenberger en i865, que de recherches pour arriver à mettre sur une base industrielle la fabrication et les applications !
- Ces progrès montrent le rôle du chimiste ; celui-ci, qu’il soit savant ou industriel, s’il pense quelquefois en atomes, sait réaliser ensuite sous forme de tonnes et de milliers de tonnes.
- Le chimiste, nous venons d’en donner une série d’exemples, est un des hommes capables de mettre au jour des richesses nouvelles donnant ainsi à chacun la part de bien-être à laquelle il a droit.
- Maurice Deschiens, Ingénieur Chimiste I. C. N.
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- HYGIENE ET SANTE
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- LA JAVELLISATION INDIVIDUELLE DES EAUX D’ALIMENTATION
- La javellisation des eaux d’alimentation est le procédé de stérilisation qui présente, à défaut d’élégance, les qualités les plus évidentes de sécurité absolue, de simplicité et d’économie.
- Le Dr Roux, de l’Institut Pasteur, lorsqu’il a été amené en 1911 à l’appliquer en grand à la stérilisation des eaux de Marne, a dû défendre ses éminentes conceptions contre le tollé général de la presse parisienne ; celle-ci s’insurgeait contre l’incorporation de produits chimiques à l’eau d’alimentation.
- La javellisation, disait le D1 Roux, est un procédé de fortune. Est-ce cette formule qui fit la fortune du procédé? Mais, depuis cette époque, la javellisation a fait son chemin.
- La grande guerre en a vulgarisé l’efficacité absolue. Les appareils pour répartir et doser les traces d’eau de Javel se sont perfectionnés et simplifiés. Nous voyons chaque jour des municipalités de moyenne importance se rallier à la javellisation parce qu’elle est simple et économique. De grandes villes qui possédaient des installations coûteuses d’ozonisation et d’émission de rayons ultra-violets ont adopté néanmoins la javellisation pour parer à l’insécurité des écrans formés dans l’eau par des suspensions colloïdales.
- Le temps a fait son œuvre et maintenant les masses éduquées acceptent comme un bienfait, et non comme une brimade, la javellisation qu’on leur impose.
- Et pourtant une grosse appréhension subsiste d’absorber dans sa boisson un sel, l’hypochlorite de soude, dont le nom rappelle le gaz chlore toxique et dangereux.
- Si l’on consent à boire l’eau stérilisée d’une grande ville parce qu’on a confiance en la prudence des chimistes et des médecins qui contrôlent, par leurs analyses savantes, la potabilité des eaux, on n’ose 'pas, ailleurs, dans les Campagnes éloignées des grands centres ou aux colonies, javelliser soi-même son eau.
- En réfléchissant un instant, il apparaîtra que ces craintes sont injustifiées, et que la javellisation individuelle est simple et absolument sans danger.
- L’eau de Javel étendue n’est guère plus toxique que le sel marin ou sel de cuisine ou encore chlorure de sodium.. L’hypochlorite de soude est en effet un véri-
- table sel de cuisine oxygéné dont l’oxygène est apte à se dégager à l’état naissant en présence des matières organiques ou vivantes qui en sont avides. C’est cet oxygène qui stérilise en laissant un résidu inoffensif de sel.
- Le pouvoir oxydant de l’eau de Javel se mesure en degrés chlorométriques. On assimile l’oxydation produite par l’eau de Javel, à celle du gaz chlore en présence d’eau et, par comparaison, on appelle degré clilo-rométrique le nombre de litres de gaz chlore qui serait susceptible de produire la même oxydation qu’un litre d’eau de Javel. Adoptons donc les habitudes courantes, mais en ne perdant pas de vue que dans la réaction que nous utilisons il n’y a pas de chlore en jeu, mais seulement de l’oxygène.
- Toutes les expériences scientifiques ont démontré que le pouvoir oxydant d’un gramme de chlore suffit à stériliser 1 m5 d’eau. C’est cette dose qu’on a employée-.pour stériliser les eaux de la Marne consommées à Paris; elle constitue un maximum.
- Si nous employons, pour javelliser, une bonne eau de Javel courante titrant ra° chlorométriques, il faudra pour stériliser 1000 litres dJeau environ 20 cc. d’eau de Javel, soit par litre une goutte, celle-ci équivalant à un demi-dixième de centimètre cube, ce qui correspond très exactement à la réalité.
- Cette goutte par litre va réagir d’abord sur les micro-organismes ou microbes plus fragiles, puis sur les matières organiques qui peuvent rester en suspension dans les eaux et qui seront oxydées. Pour cela, elle se dédoublera, en partie du moins, sinon en totalité, en dégageant son oxygène ainsi que nous l’avons indiqué plus haut.
- Nous concevons facilement la probabilité d’une décomposition totale : en ce cas, plus d’hypochlorite dans l’eau, mais seulement une trace de sel. Mais, pour nous mettre dans les conditions les plus défavorables, supposons que l’eau soit totalement dépourvue d’impuretés organiques, et qu’elle ne laisse réagir mathématiquement aucune trace de l’eau de Javel employée. Nous calculons alors qu’un litre d’eau stérilisée contiendra moins de 2 mm de gaz chlore sous forme d’hypochlorite non toxique. A cette dose, vraiment négligeable,
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- le gaz chlore lui-même serait absolument inolîensif.
- Il apparaît dès lors que la stérilisation individuelle par javellisation, d'une innocuité maintenant évidente, doive rendre dans bien des cas des services inappréciables.
- Elle est très pratique en effet, puisqu’il suffit d’introduire dans un litre d'eau avec un compte-gouttes, un quart d'heure avant de consommer, une simple goutte qu’on dilue en agitant la bouteille.
- Cette stérilisation, à la dose prescrite, ne peut ><
- communiquer à l’eau aucun goût ni aucune odeur.
- Nous espérons avoir fait entrevoir, de déduction en déduction, l’importance des services que peut rendre sans aucun risque la javellisation individuelle.
- Puissions-ûous avoir aidé à la diffusion de cette méthode, préconisée par les plus hautes sommités de la médecine et de l’hygiène, et qui tend à enrayer toutes les épidémies propagées par l’absorption des eaux contaminées. Jean Frémont,
- Ing. E. C. P.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L.JI Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- faucardement des étangs. — Bateaux faucardeurs : Amiol, Saint-Vaast-la-Hougue (Manche); Collas, maison Maupois, Triaucoui t (Meuse); Henclcé et Xénard, Cham-pigneulles (Meurthe-et-Moselle) ; Jacques, Vanault-les-Dames (Marne); Lauvergnat, Chàteauroux (Indre).
- Appareils portatifs : Lhéritier, Ambazac (Haute-Vienne); Riollet-Dufour, 46, rue Lafayette, Paris.
- Produits chimiques : Compagnie de produits chimiques et éleclromélallurgiques Alais, Froges et Camargue, 126, rue de la Boétie, Paris.
- Chauffage central au gaz : Chaudière Cantais, chauffage et récupération thermique, i3, rue du Renard; Chaudière Phi et Phiradia, Société française de chaleur et lumière, 22, rue Drouot; Chaudière Micro-tub, chauffage Micro-tub, 234, rue Championnet ; Chaudière A. M., Grouard frères, 6, rue Morand; Chaudière Mourret, F. Mourret, 4, rue de Bigorre; Chaudière Gabet, Société de chauffage central économique, 58, rue Taitbout.
- Réponses. — M. Fr. G., à Tata (Hongrie). — Attelage des vaches au jouguet. Le joug simple ou jouguet^est le plus généralement un joug frontal, dont le modèle le plus pratique, jusqu’à présent, est celui de A. Bajac, à Liancourt (Oise). 11 ne pèse que 6 kg 5oo, avec le coussin, les courroies et les boucles d’attache. Le harnachement est complété par des traits longs, en chaînes garnies d’un fourreau en cuir au droit des épaules (articulation scapulo-humérale). Les traits sont supportés par un surdos et une sous-ventrière rattachée à celui-ci. Le harnais de tête comprend une chaîne de chanfrein maintenue par deux montants (en chaîne torse) formant dessus de tète.
- Pour éviter l’inconvénient que peut présenter le harnachement comprenant croupière et avaloire (souillure par les déjections de l’animal), vous pourriez employer le harnais à traits courts, attachés à un palonnier courbe soutenu par deux courroies partant du coussin de croupe, maintenu lui-même en place par quatre autres courroies obliques reliées aux traits.
- Nous indiquons aussi le joug articulé de A. Guéri-neau, constructeur, rue de la Sardinerie, à Cholet (Maine-et-Loire), avec lequel on peut atteler aux véhicules à timon ou avec chaînes de traction, ce qui laisse à chaque animal une grande liberté de mouvements de la tète. Ce harnais se compose de deux têtières de joug simple, se posant sur la nuque et se reliant avec les cornes au moyen des courroies ordinaires.
- Les "têtières sont articulées avec une traverse qui reçoit le dispositif d’attelage. Les têtes des animaux sont libres, l’une par rapport à l’autre, dans le plan vertical, comme dans le plan horizontal, mais le jeu en est limité par la construction. Le poids de ce joug articulé est de i5 kilogrammes.
- Enfin, dans le cas dont il s'agit, on aurait aussi le joug simple de garrot ou sauterelle (modèle de II. de Saussure), composé d’un petit joug arqué, reposant en avant du garrot et retenu par un contrepoids en
- fer en forme de demi-cercle, se bouclant sous le cou de l’animal. Aux extrémités du joug sont fixés deux courroies et les traits; une troisième courroie unit celles-ci le long des flancs et forme sellette.
- On obtient une traction plus élevée avec un harnais appliqué à l’épaule (joug de garrot, joug multiple ou collier). Si le collier est plus coûteux, par contre, c’est avec lui que l’animal parait devoir donner son maximum d’effort.
- M. Legrand, à Orléans. — Nous ne nous rendons pas compte de ce que sont les « boules creuses » en cuivre dont vous voulez parler, il s’agit très probablement d’un résidu industriel résultant par exemple de poinçonnage ; le mieux serait de nous adresser un échantillon.
- M. Margerin, à la Neuville-sur-Escaut. — Les opérations essentielles que comporte le nickelage sont les suivantes :
- i° Décapage des pièces par passage d’abord dans une solution bouillante de soude caustique à 10 pour 100, ensuite dans un bain acide composé de :
- Acide nitrique à 36°B............1000 cc.
- Sel marin........................ io gr.
- Suie grasse calcinée (bistre). . 10 —
- Ce bain doit être employé froid, les pièces n’y séjourneront que quelques secondes, on rince à l’eau froide.
- 20 Nickelage proprement dit. — On fait dissoudre à saturation dans l’eau distillée chaude du sulfate double de nickel et d ammonium exempt d’oxydes , de métaux alcalins et alcalino-terreux ; on prend alors :
- Solution saturée ci-dessus ... 10 cc.
- Eau distillée..................... goo —
- On filtre dans une cuve en verre, en grès ou en porcelaine et on plonge dans le bain les objets à nickeler reliés à la cathode du générateur d’électricité, l’anode soluble étant représentée par une plaque de nickel. Les pièces doivent passer aussi rapidement que possible du décapage au bain de nickelage et ne pas être touchées avec les mains, c’est-à-dire qu’on doit les transporter avec des crochets en verre ou des passoires de grès ou de porcelaine.
- Pour un bain renfermant environ 10 gr de nickel par litre, le dépôt en conditions normales doit être d’environ 2 gr. par décimètre carré à l’heure. Si le courant est trop intense, le nickel se dépose sous forme d’une poudre noire ou grise, une heure suffit pour une couche moyenne, il faut cinq ou six heures pour une couche épaisse. Au sortir du bain on lave à l’eau ordinaire et on sèche dans la sciure de bois chaude.
- 3“ Polissage. — Les pièces nickelées sont présentées devant une roue constituée par des rondelles de drap enduites de pâte à polir sous forme de bouillie claire composée successivement d’oléine et tripoli, oléine et rouge d’Angleterre, stéarine et chaux de Vienne (chaux vive très pure). Pour terminer, on brosse de façon à enlever les traces de bouillie logées dans les infractuo-sités.
- N. B. — Lorsque l’on veut obtenir un poli final parfait on polit une première fois les pièces, avant nickelage. Pour plus de détails, consulter : La Galvanoplastie, par Paul Laurencin. Editeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustins. Galvanoplastie, par Pfan-hauser. Editeur Béranger, i5, rüe des Saints-Pères. Les Métallurgies électrolytiques, par Albert Levasseur. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
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- Revue générale d'Electricité. Table générale méthodique des matières (années 1917 à 1921). 2 volumes. Editeur Revue générale d’Electricité. Paris, 1926.
- La collection de la Revue générale d’Electricité, tant par ses articles originaux que par ses analyses de la pressé technique, ses études économiques et financières, constitue une véritable encyclopédie de tout ce qui touche à l’électricité scientifique ou industrielle. Les tables méthodiques qu’elle publie aujourd’hui, grâce à la collaboration de M. Beinet, résument les matières publiées dans les cinq années 1917 à 1921. Le premier volume est consacré à la table des matières classées suivant un plan simple et judicieux, complétée par un index alphabétique ; le second volume contient la table alphabétique des noms d’auteurs. La rédaction de cçs tables représente un important travail et une grande dépense, et il convient de féliciter notre confrère d’avoir osé l’entreprendre en ces temps si difficiles pour les publications techniques; c’est une publication qui rendra les plus signalés services à tous les chercheurs.
- Transport de l’électricité, par René Couffon. i vol. in-16, 219 p., 45 fig. Collection Armand-Colin, Paris. Prix relié : 10 fr. 20 ; broché : 8 fr. 40.
- L’interconnexion des centrales électriques par de grands réseaux de transport est plus que jamais à l’ordre du jour. Ce livre indique et résout les divers problèmes qui se posent quand on cherche à réaliser de semblables réseaux. L’auteur, chef des services électriques de l’Union d’électricité, a eu à établir de nombreuses lignes de transport tant aériennes que souterraines et, en particulier, le plus important réseau du monde entier, celui de 60 000 volts de cette Société. C’est dire que ce petit ouvrage clair, concis, et complet, est indispensable aux ingénieurs qui élaborent des projets, et a aussi sa place marquée sur le bureau de tous les électriciens qui s’occupent de production et de distribution d’énergie électrique, tant par lignes aériennes que souterraines.
- Le problème actuel du condenseur à surface, par A. Delas, 1 br., 23 p., 18 fig. Editée par la Revue industrielle, $-], rue Pierre-Charron, Paris, 1926.
- Le condenseur à surface est un organe essentiel des grandes installations de force motrice à vapeur.
- La disposition des tubes des condenseurs de ce genre a une grande influence sur leur rendement ; l’auteur indique les dispositions qui ont donné les meilleurs résultats dans les plus récentes installations et il les explique théoriquement.
- Les horloges d’édifices, par Alfred Ungerer, i vol. in-8, 334 p., 192 fig. Gauthier-Villars éditeur. Paris, 1926. Prix : 45 francs (majoration 20 pour 100).
- Ouvrage très complet et très bien ordonné, écrit par un spécialiste en la matière, M. Ungerer est, en effet, à Strasbourg, le successeur de Schwilgué, le célèbre constructeur de l’horloge de la cathédrale. L’auteur fait tout d’abord, avec beaucoup d’érudition, l’historique de l’horlogerie à travers les âges. Puis il décrit minutieusement les divers systèmes de construction adoptés dans l’horlogerie monumentale moderne : il explique le fonctionnement et le montage des divers organes. Signalons en outre un chapitre sur l’électrification des horloges et le remontage automatique des poids ; une étude sur la transmission de l’heure à grande distance et une description des différents systèmes de carillons. L’auteur indique enfin comment doivent s’effectuer l’entretien, la surveillance et la réparation des horloges d'édifice». Cet utile ouvrage se termine par une nomenclature des horloges monumentales et astronomiques les plus remarquables.
- E'abrication des matières plastiques, origine, transformations, applications, par J. Fritsch, i vol. in-8, 376. p., 8 fig. Desforges, Girardot et Cie, Paris. Prix : 40 francs.
- La fabrication des matières plastiques est une industrie relativement nouvelle, tout au moins pour la France.
- Cet ouvrage traite de la fabrication des matières plastiques de colle et de. gélatine, de bois et de liège artificiels, de cellulose et papier mâché, de nitro-cellulose, d’acétylcellulose, de formylcellulose, d’albumine de sang et de caséine, de levure de bière, de résines naturelles (durcies) et synthétiques (bakélite et ses congénères). Un chapitre spécial est consacré à la xylolithe et à d’autres matières pétréides (plâtre, pierres artificielles, marbres artificiels). Le livre se termine par l’énumération descriptive des procédés de fabrication du cuir artificiel. L’auteur s’est efforcé de réunir le plus grand nombre possible de renseignements théoriques et pratiques. Ce travail intéresse les industriels et les artisans qui y trouveront un vaste champ d’informations.
- La pêche sur les bancs de Terre-Neuve et autour des îles Saint-Pierre et Miquelon (Notes de mission), par R. Rallier du Baty. i vol. in-4, >32 p., 17 fig. Mémoire n° 5 de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes. Blondel La Rougery, Paris. Paris : 3o francs.
- Chargé d’une mission de l’Office des Pèches, le commandant Rallier du Baty a séjourné plus de 6 mois à Terre-Neuve et sur les bancs, passant d’un bateau à l'autre, faisant le tour de l ile, assistant aux diverses pêches, relevant des sondages et des tempé-patures. Ce qu’il a vu et entendu est groupé dans ce mémoire où il traite de l’hydrologie, de la faune, des lieux de pêche, de la boette, des divers animaux intéressants au point de vue économique : morue, cape-lan, hareng, homard, encornet, pour terminer par un aperçu du frigorifique de Saint-Pierre, de la rade et du port. Ecrites surtout pour les armateurs et les pêcheurs, ces notes d’un marin contiennent nombre d'indications utiles, écrites d’un style net.
- Les poissons et le monde vivant des eaux. Etudes ichthyologiques, par le Dr Louis Roule. Tome I. Les formes et les attitudes. 1 vol. in-8, 35g p., 5o fig. et 16 pl. en couleurs, par F. Angel. Delagrave, Paris.
- M. Roule, professeur au Muséum national, vient d’entreprendre une œuvre considérable, à en juger par la liste des titres des 9 volumes qu’il entend consacrer aux poissons et au monde vivant des eaux. Le premier vient de paraître, agréablement présenté, olrné de bonnes figures et de belles planches. Ce n’est pas un traité, mais une série de causeries sur les formes, les couleurs, les attitudes, où défilent les poissons depuis les plus communs : poissons rouges, gardons, truites, jusqu’aux plus extraordinaires qui volent, qui marchent; les poissons plats, en disques, en rubans, à ventouses, etc. Cette présentation au grand public ne manque pas d’agrément. L’auteur y emploie un style personnel, fleuri, imagé, qui certainement lui attirera de nombreux lecteurs et donnera vraisemblablement à certains le goût de l’histoire naturelle.
- The Pediculate/Fishes of the Suborder Ceratioidea, par C. Tate Regan. i vol. in-4, 4^ p., 27 fig., i3,pl. Danish « Dana ». Expéditions 1920 1922, Oceanographical Reports, n9 2. Gyldendalske Boghandel, Copenhague. Prix : i5 shillings.
- Les Pédiculés sont des poissons dont la nageoire dorsale présente des rayons flexibles, le premier placé sur la tête servant de ligne de pêche et d’appât. Le plus connu sur nos côtes est le baudroie. Un sous-ordre, les Cératioidés, comprend des poissons nageant librement entre 5oo et i5oo m., dont le filament pêcheur est terminé par un bulbe lumineux. Le Dana en a pris plus de 200 spécimens dont beaucoup sont d’espèces nouvelles. Ce mémoire les décrit et les figure.
- Ce sont de si étranges animaux que nous comptons leur consacrer un article dans La Nature.
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- la nature
- Supplément.
- N° 2735
- 4 Septembre 1926.
- Le record d’altitude en avion. — Le pilote C&llizo qui avait réussi en 1924 à conquérir le record mondial d’altitude en montant à 12066 m., vient le 23 août de battre son propre record en atteignant 12 800 m. Cet exploit a été accompli en 2 h. 20, ascension et descente, à bord d’un avion Spad, muni d’un moteur Lorraine de 45o ch. et d’un turbo-compresseur Rateau. L’aviateur est parti de l’aérodrome de Bue et a atterri au Bourget.
- La fabrication de l’acétone par fermentation. —
- L’acétone est un corps dont l’importance n’a cessé de croître depuis plusieurs années. Son emploi comme plastifiant et solvant en a fait une matière indispensable pour la fabrication des explosifs, du celluloïd, des films photographiques, de la soie artificielle. On prépare l’acétone par distillation sèche du bois à l’abri de l’air. Mais ce procédé devient de plus en plus onéreux à cause de la disparition progressive du bois dans certains pays. On utilise aussi la décomposition de l’acétate de chaux; mais l’extension de ce procédé est également limitée par insuffisance de la matière première.
- Le professeur Fernbach de l’Institut Pasteur à Paris a ouvert une voie nouvelle et féconde pour la préparation de l’acétone. Ses travaux remontent déjà à plusieurs années avant la guerre. Ils ont eu pour origine le désir de réaliser en grand la fabrication de l’àlcool isoamy-lique, substance jugée alors nécessaire pour effectuer la synthèse de l’isoprène, première étape vers le caoutchouc artificiel, suivant une réaction chimique indiquée par Perkin, Weizmann, Matthews et Strange.
- M. Fernbach tenta d’obtenir, à l’aide d’une bactérie nouvelle, la fermentation de l’amidon de maïs, de pomme de terre, de manioc. Il ne réussit pas à obtenir l’alcool isoamylique, mais il obtint de l’alcool butylique avec l’acétone comme sous-produit. Ce résultat inopiné devait apparaître bientôt comme de très grande importance. Le développement rapide du caoutchouc de culture rendait sans intérêt, vers, 1914, la reoherche du caoutchouc de synthèse; Mais la guerre survint. Et de grands besoins d’acétone se révélèrent bientôt. Le gouvernement anglais fit installer une usine pour la mise en oeuvre des procédés de fermentation de Fernbach ; à cette mise en œuvre collaboraient les principaux chimistes qui s’étaient groupés précédemment sous l’égide de Ramsay pour résoudre le problème du caoutchouc de synthèse : MM. Perkin, Strange, Fernbach, Weizmann. Il ne semble pas que le succès industriel ait couronné ces efforts. Puis le D' Weizmann se sépara du groupe, il réussit à préparer une bactérie nouvelle qui lui permit d’obtenir la fermentation de l’amidon du riz, du maïs, de la pomme de terre. Pour 100 kg de riz il obtenait 8 kg d’acétone et 16 kg d’alcool butylique. Ce procédé a fonctionné jusqu’à la fin de la guerre, notamment aux Indes et au Canada. 11 a donné lieu à un long et curieux procès entre le Dr Weizmann et la Société dont ce savant s’était séparé, cette dernière poursuivie et condamnée pour contrefaçon du brevet de son ancien collaborateur. Les débats de ce long procès ont montré qu’en Angleterre, tout au moins, il pouvait y avoir des bacilles brevetés.
- Depuis lors des expériences de grande envergure ont été entreprises en Allemagne par Y Institut fur Garungs-gewerk de Berlin, par la Société Bayer, et en Amérique par Nortthrop.
- La Revue de Chimie Industrielle résume d’après le Chemiker Zeitung les résultats obtenus dans le même ordre d’idées par le chimiste hongrois Bakoniy. Celui-ci utilise le bacillus macerans, découvert par Fr. Schar-dinger et qui produit simultanément de l’acétone et de •l’alcool éthylique. Ce bacille dédoublant indifféremment le sucre et l’amidon, on peut, suivant le savant hongrois, utiliser avec lui, comme matières premières, les produits les plus divers : maïs et riz même putréfiés, pommes de terre, betteraves à sucre ou à fourrage, haricots et marrons d’Inde, mélasses additionnées de matières solides indifférentes.
- La préparation du moût qui subira la fermentation exige de grandes précautions : les matières premières doivent être nettoyées avec soin, et libérées de pous-
- sières et souillures. Elles sont ensuite déchiquetées très finement; puis, dans une chaudière de fermentation munie d’un agitateur, elles sont mélangées avec environ 10 pour 100 de blanc de Meudon, et additionnées d’eau, le volume final devant représenter i5 à 20 fois la teneur en amidon ou en sucre. Puis on procède à une stérilisation qui doit être aussi parfaite que possible : elle est effectuée par passage prolongé d’un courant de vapeur à la pression de 2 kg.
- Le moût est alors refroidi à 4illC; puis ensemencé. Au bout d’une demi-journée, la fermentation devient active ; l’amidon gélatinisé se liquéfie ; on observe un abondant dégagement de gaz contenant 58 pour 100 d’acide carbonique et 42 pour 100 d’hydrogène. A côté de l’alcpol et de l’acétone qui prennent naissance dans la proportion de 1 à 2, il se forme de petites quantités d’acide formique et d’acide acéLique qui sont neutralisées par la craie. Pour favoriser cette neutralisation, nécessaire pour éviter l’empoisonnement des bactéries, il faut agiter énergiquement la masse toutes les deux heures. La fermentation est maintenue à la température de 40 à 42°C et la durée de l’opération est de 5 à 7 jours suivant les matières employées.
- On distille ensuite le moût pour séparer l’alcool et l’acétone. Mais la séparation complète de ces deux corps est difficile et le problème n’est qu'imparfaitement résolu. Suivant M. Bakoniy, 100 kg de maïs donneraient un rendement total de 3o litres d’acétone-alcool, et en outre 22 m3 d’acide carbonique et 16 cm3 d’hydrogène. La vinasse résultant de la distillation du moût serait, aussi, paraît-il, un sous-produit utilisable.
- Un point d’importance capitale est évidemment la préparation de cultures pures de Bacillus macerans. Mais l’auteur, qui les prépare au laboratoire, ne donne aucun détail sur le point le plus important : à savoir l’activation et le renforcement des propriétés fermentatives des bacilles.
- Pour conclure, M. Bakoniy estime que la préparation de l’acétone par fermentation remplacera, à plus ou moins brève échéance, la fabrication actuelle de l’alcool. Les distilleries d’alcool pourraient, du reste, très aisément se transformer en distilleries d’acétone. L’auteur entrevoit la possibilité d’une fabrication en grand d’un carburant naturel qui ne serait autre que le mélange acétone-alcool, additionné au besoin d’essence de pétrole.
- L’ammoniac synthétique dans les houillères françaises. — Dans un récent article, La Nature a exposé les principes et les résultats essentiels du procédé Claude pour la fabrication de l’ammoniac synthétique à partir du gaz de fours à coke. Ainsi qu’il a été indiqué, d’autres procédés ont également été mis en exploitation et l’industrie de l’ammoniac synthétique a pris dans nos houillères un essor formidable, de bon augure pour l’avenir. En 1923, commençaient les premiers essais des mines de Béthune. Yoici pour 1926 le bilan des houillères françaises, tel que l’établit M. Pe-rilhou dans la Revue de VIndustrie minérale. Leur capacité totale de production s’établira à plus de 100 tonnes d’ammoniac anhydre par jour; elles seront fournies par Béthune pour 20 t., Lens pour i5 t., Aniche pour 10 t. ; Anzin, Dourges, Yicoignes, Nœux, Drocourt, pour 7,5 t. chacune; Ruhlmann et Solvay qui, pour la circonstance, se sont alliées aux houillères, 7,5. t. chacune. Dans le bassin du Centre, Roche-la-Molière et Firminy s’inscrivent pour 7,5 t. chacune, et les houillères de Saint-Etienne pour 5 tonnes. Si l’on ajoute à ces chiffres la production future de l’Office National de l'Azote à Toulouse, celle des usines que la Société Norvégienne de l’Azote monte dans les Pyrénées, on arrive pour la France à un total quotidien de 200 t. d’ammoniac anhydre.
- Les phosphates du Maroc. — On connaît l’importance des gisements de phosphates du Maroc; ils sont appelés à constituer un élément de prospérité considérable pour notre protectorat. L’exploitationenacommencé en 1922; en 1925, elle fournissait déjà 721000 tonnes dont 711 000 à l’exportation. Ce remarquable succès est
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- INFORMATIONS
- dù à la haute teneur du phosphate marocain, bien supérieure à celle des autres gisements de l’Afrique du Nord. M. Regelsperger, dans la Revue générale des Sciences, résumant les études de M. J. M. Bel, donne d’intéressants détails géographiques et historiques sur les gisements marocains. Les plus importants sont au nombre de trois, nettement distincts et situés respectivement à 170, 90 et 80 km de la côte.
- Le premier, celui du Nord, découvert en 1912 par M. J. Combelas, ancien employé de la Compagnie de Gafsa, est situé dans les pateaux qui s’étendent sur le versant septentrional de l’Oum-er-R’bia, le plus grand fleuve du Maroc. Ce sont les ports de Casablanca et Fedhala qui peuvent le desservir pour l’exportation.
- Le deuxième gisement, celui du centre, a été découvert et e'xploré par M. J.-M. Bel en 1920 et 1921 ; il est situé sur le plateau de la rive gauche de l’Oum-er-R’bia et il s’étend au sud jusqu’au pied des monts Djibilet qui bordent au nord la vallée de l’Oued Tensift, le fleuve qui arrose la région de Marrakech. C’est le port de Sali qui sert de débouché à ce gisement.
- Le troisième, celui du Sud, découvert en 1919 par M. Cyprien Ferrier, se trouve sur la rive gauche de l’oued Tensift et vient affleurer au pied du Grand Atlas, où les couches de phosphate qui sont partout ailleurs à peu près horizontales ont été redressées jusqu’à la verticale et même renversées. C’est le port de Mogador qui dessert cette région.
- Les gisements de phosphates marocains sont formés de minerais meubles, pulvérulents, granulés ou sableux, plus rarement de minerais en roche; ces derniers sont, du reste, les moins exploitables. Tous ces gisements constituent une gigantesque formation de 60 à 80 m. de puissance totale, comprenant plusieurs couches épaisses de 1 m. à 2 m. 5o, séparés par des dépôts calcaires, magnésiens, matneux, siliceux et même phosphatés, ces derniers non exploitables. On peut compter dans les divers gisements de 7 à 8 couches de phosphates se prêtant à l’exploitation.
- I. Peut-on élever les Hirondelles et les Martinets? (réponse à M. le Dr B. de R., de Lausanne).
- Il est inexact de dire que les jeunes Hirondelles et Martinets tombés du nid ne peuvent pas être sauvés par un nourrissage approprié, — à condition, bien entendu, que ces oiseaux ne soient pas en trop mauvais état de santé. Toutefois, les Hirondelles s’élèvent beaucoup plus facilement que les Martinets.
- Pendant un jour ou deux, il faut ouvrir le bec des Hirondelles pour les nourrir; elles l’ouvrent, d’elles-mêmes ensuite. Il faut leur donner, de préférence, des œufs de Fourmis frais, ou des Vers de farine, ou des Mouches fraîches. Que l’Hirondelle soit jeune ou adulte, les soins à lui donner doivent être les mêmes; naturellement, les jeunes sujets s’apprivoisent plus rapidement que les adultes. Du reste, les Hirondelles sont de délicieux oiseaux qui dédommagent leur bienfaiteur par une charmante familiarité. Il nous souvient d’une Hirondelle blessée, recueillie et soignée par un médecin parisien, qui fit la joie de son sauveur pendant toute une saison; elle voletait en liberté dans l’appartement. Un jour pour se baigner, elle eut l'idée de s’introduire dans une carafe pleine d’eau, il fallut briser la carafe avec précaution pour tirer l’oiseau de ce mauvais pas....
- Le Martinet, au contraire, demeure farouche parce qu!il ne peut vivre que dans l’espace. Il faut lui donner la même nourriture qu’à l’Hirondelle, mais il n’y a aucun espoir de le voir manger seul, il faut le gaver, en lui ouvrant le bec. (Très rares sont les sujets qui ouvrent le bec d’eux-mêmes.) On peut conserver un Martinet, en le gavant, pendant plusieurs semaines, ce qu’a souvent fait M. E. Ploch, de La Roche-sur-Yon,
- Nous avons dernièrement essayé de sauver un jeune Martinet blessé, en le gavant; mais sa blessure était trop grave et il mourut quatre jours après avoir été recueilli, en dépit de nos soins. Nous n’avons pas regretté notre temps perdu, car il faut toujours essayer de sauver les Hirondelles et les Martinets trouvés en détresse : ces oiseaux sont trop utiles, et malheureusement trop rares, pour ne pas mériter la plus grande protection. Ne dévorent-ils pas les Mouches, les Moustiques, les Papillons, les Scarabées, etc..., Insectes ailés nuisibles à l’hygiène publique et à l’agriculture ? Aussi devrait-on toujours faciliter leur nidification, au
- lieu de détruire leurs nids comme on le fait trop souvent.
- En résumé, nous sommes entièrement d’accord avec M. le D1 B. de R. quand il affirme qu’il est possible d’élever les Hirondelles et les Martinets, afin de les garder pendant le temps nécessaire à leur croissance ou à leur guérison, avant de leur rendre la liberté pour laquelle ils sont créés.
- IL Le Martinet posé à terre ne peut-il s’envoler ?
- — Dans la Feuille d’avis de Vevey, du 24 juillet 1926, le Dr B. de R. a écrit : « On prétend que les Hirondelles peuvent s’envoler en partant du sol ». En effet, elles le peuvent. Quant au Martinet, il ne se pose jamais à terre, et si cela lui arrive accidentellement, on a dit et redit qu’il ne peut pas reprendre son vol ; nous ayons eu le tort de le croire et de l’écrire. C’est au moins une exagération : le Martinet est certainement embarrassé par ses longues ailes, ses courtes pactes et ses quatre doigts dirigés en avant; mais il ne lui est pas impossible de s’enlever de terre s’il n’est pas blessé ou malade. M. Raymond Rollinat en a fait l’expérience; notamment il prit une femelle de Martinet adulte, pour la poser dans une allée de jardin, en présence de plusieurs témoins. D’abord interdit, le Martinet ne bougea pas, mais au bout de quelques secondes, d’un seul coup, sans effort, il s’envola ; n’est-ce pas eoncluant ?
- L’erreur a dû naître du fait que l’on a expérimenté sur des sujets affaiblis par la captivité ou peu vigdu-reux ; dans de tels cas, l’oiseau se traîne sur le sol pour chercher une élévation qui lui permette de s’élancer.
- De même, — si des Oiseaux on passe aux Mammifères ailés, — la Chauve-souris posée à terre peut prendre son essor sans difficulté, contrairement à l’opinion généralement admise, pourvu qu’il s’agisse d’un individu en pleine vigueur et en possession de tous ses moyens.
- Alex. Feuillée-Bu.lot,
- De la l.iyue Franraise |>our la IVolucliou des Oiseaux.
- Le camphrier en Algérie. —D’une étude de L. Musso, parue dans la Revue agricole de l'Afrique du Nord, 18 juin, pp. 892-396, il résulte que le camphrier est susceptible de donner, en Algérie, un rendement intéressant et l’extension de sa plantation semble se poursuivre, très timidement, il est vrai, alors que ses avantages auraient dû déterminer la création de véritables forêts de camphriers. On sait que la distillation des feuilles donne environ 1 pour 100 de camphre. Encore faut-il choisir les véritables plants de Laurus camphoru, car on a propagé aussi en Algérie pour l’ornementation des jardins, alors qu’on ne soupçonnait pas l’intérêt de l’exploitation de cet arbre, des camphriers sans camphres, c’est-à-dire le Laurus inuncta.
- De nouveaux essais sont poursuivis par MM. Brunei, directeur de l’agriculture et le Service forestier algérien.
- Les valonnées. On sait que la valonnée est la cupule du fruit du Quercus degylops, chêne vélani répandu en Asie Mineure. Cette matière tannante est recherchée pour la qualité des cuirs qu’elle donne, pour la couleur très pâle de ses extraits de tanin qui permettent ainsi de faire des cuirs de luxe très peu colorés. La Syrie produit une quantité importante de valonnée.
- La cueillette de cette cupule de chêne se fait en secouant les branches des arbres à l’aide de bâtons, les valonnées tombent à terre et sont mises au soleil jusqu’à leur complète dessiccation, on les porte principalement à Smyrne. La cueillette se fait d’août à octobre. Les meilleures valonnées sont celles cueillies avant le i5 septembre.
- La valonnée est classée en plusieurs qualités qui sont : Refonso, Inférieures, Inglese, Naturelle, Un Acqua, Criblées, Tirnak.
- La qualité Naturelle de Smyrne dose 37 pour 100 de tanin, la qualité Naturelle des autres pays ne dose que 3o pour ïoo.
- La valonnée sert à faire un extrait tannant appelé Yalex. Le Valex contient 64 pour 100 de matières tannantes. Une fabrique de Yalex est installée sur place, elle en produit i3.tonnes par jour. Le Yalex se vend 3o £ 10 à 3i £ 10. Des fabriques de Valex vont être montées en Grèce. Le Bulletin de la chambre de Commerce de Smyrne a donné en avril 1926 quelques autres renseignements sur les Valonnées.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE Ï926 (*)
- La troisième comète de 1926 vient d’être découverte, ou plutôt redécouverte, car il s’agit de la comète périodique Kopff.
- C’est M. Max Wolf qui l’a retrouvée le i3 juillet. Son éclat est bien faible : 16e grandeur, et il ne faut pas chercher à la voir avec de petits instruments.
- M. Crommelin fait remarquer que la position observée diffère très peu de la position calculée dans l’éphémé-ride. Le passage au périhélie a eu lieu le 27 janvier dernier.
- La comète s’éloigne du Soleil, mais, par suite de la combinaison des mouvements planétaires, sa distance à la Terre diminue.
- M. Antoniadi signale dans Astronomie (juillet 1926) que d’importants changements ont été observés sur Saturne, sur Mars et surtout sur Jupiter, grâce à la puissance optique de la grande lunette de l’observatoire de Meudon (diamètre om,83).
- La bande tropicale sud de Jupiter, très amincie et intense, a perdu presque totalement sa composante nord. La célèbre « tache rouge », très allongée dans le sens est-ouest, est étroite du nord au sud. Quoique changeant de forme, l'étendue de sa surface semble rester la même. Cette tache est rosée.
- La bande tropicale nord est large, déchiquetée et pleine de nodosités sombres, frappantes au premier coup d’œil dans le grand instrument de Meudon.
- Voilà un sujet d’études pour nos lecteurs possédant de bons télescopes.
- I. Soleil. — Le Soleil continue de descendre vers l’hémisphère austral. Sa déclinaison, de — 3°o' le i“r est de — i3°5y' le 3i. La durée du jour diminue, et de 1 ih4om le ier, elle n’est plus que de gh 56m le 3i.
- Pendant tout ce mois, le Soleil passe au méridien environ 27 minutes avant midi. Il en résulte que la matinée (intervalle du lever à midi) est plus longue que l’après-midi. Il fait jour à 6h du matin et nuit avant 6h du soir.
- Yoici le tableau du Temps moyen à midi vrai.
- C’est, l’heure que marquent les horloges quand il est vraiment midi, c’est-à-dire lorsque le Soleil est juste
- nuits très pures et sans clair de lune, juste à l’opposé du Soleil.
- Le 11 octobre, on près de 0 Poissons.
- IL Lune. — Voici les le mois d’octobre 1926.
- N. L. le 6, à 22h i3m P. Q. le 14, à i4b 28“
- pourra la trouver, vers minuit, phases de la Lune pendant
- P. L. le D. Q. le
- octobre, à
- 21, 28.
- 5h i5“ io1’ 5jn
- oh = 23j,8 ; le
- Age de la Lune, le 1'
- 7 octobre =oJ,r. On sait que pour calculer l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i"ou le 7. Et pour une heure autre que o\ ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Pour classer les dessins et photographies, la longitude du terminateur — que donne, depuis le ier janvier, Y Annuaire astronomique Flammarion — est bien préférable à l’âge de la Lune.
- Plus fqrtes déclinaisons de la Lune en octobre, le 14 — — 23° 1'; le 26 = -f- 23° 7'. Ces dates sont celles où la Lune aura la plus faible ou la plus forte élévation
- sur l’horizon
- lors de son
- Fig. 1.—Occultation de l’étoile p des Gémeaux parla Lune le 25 octobre 192Ô (Image droite).
- au méridien.
- Dates.
- Octobre
- Heures du (T,_ 111140” 1 ib 39" 1 ib 39” ii" 38" 1ih 38” 1ih 37" 1ih 37" nh 36'
- M.
- 33*
- 55*
- 18*
- 43*
- 9*
- 3?’
- 7*
- 1 39”
- Dates.
- Octobre 17
- — *9
- — 21
- — 23
- -- 25
- — 27
- — 29
- — 31
- Heures du passage (T. D.).
- nh 36" 1th 35" 1ih 35“ uh SS-ii'1 34" 1 ih 34“ nh34n 1 ih 34'”
- i3*
- 49’
- 28*
- 9*
- 53*
- 4o*
- 3o*
- 23"
- Ce tableau
- Observations physiques du Soleil. contient la suite des données pour orienter les dessins et photographies du Soleil. Nous renvoyons au n° 2712 pour la définition des termes P, B0, L0.
- Dates
- Oct.
- 3
- 8
- i3
- 18
- 23
- 28
- + 26°, 18 + 260,38 -j- 26°, 40 -j- 26°,23 + 250,87 -f- 25°,3i
- -f- 6°, 60 + 6°, 3 2 + 5°,99 + 50,62 + 5°,20
- 4- 4°, 74
- 313o, 7 5 247°, 79 i8i°,83 1150,87
- 49°>92 343°, 98
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible, le matin, en octobre, avant l’arrivée de l’aurore.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire dans les
- 1..Toutes les heures mentionnées dans le présent .« Bulletin astronomique » sont données en Temps Universel (T. U.), compté de oh à 2^ à partir de minuit. Pendant les quelques jours d’application de Y heure d’d lé en octobre, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- en France, par exemple passage au méridien.
- .Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 octobre, à i'1. Parallaxe = 53’ 59". Distance =406 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 octobre, à i5\ Parallaxe = 6o,47,/. Distance =360760 km.
- Apogée de la Lune, le 3i octobre, à i5h. Parallaxe =54’ 7". Distance = 4o5 200 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 23 octobre, occultation de 68 Taureau (gr. 4,3), de aih 56m à 22h3im.
- Le 25, occultation de p Gémeaux (gr. 3,2), de 23h48m oh3ira du 26. La phase de la Lune sera intermédiaire entre la pleine Lune et le dernier quartier.
- L’étoile disparaîtra derrière le bord éclairé, au nord-nord-est, pour reparaître au bord obscur, au nord-ouest (Voir fig. 1).
- Marées, Mascaret. — Les marées les plus importantes du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 21.
- Elles seront très fortes.
- Voici quelques-unes de ces plus fortes marées :
- Marées du matin.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. coefficient
- Oct. *9 2h 9“ 0,86 i4b 33” o,gi
- — 20 2h 55“ 1,01 'i5h 17“ 1,07
- — 21 3h39m 1,11 i6h 0“ 1,13
- — 22 4h 20“ 1,14 i6h4im 1,12
- — 23 5“ 1- 1,09 I7b 22“ i,o5
- — 24 5h 42-* o.99 i8h 1“ 0,92
- Marées du soir.
- Voici les heures d’arrivée du mascaret, résultant de ces fortes marées.
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. VHIequier. Caudebec
- Oct. 20 1,07 i8h58“ igh35“ ,i9h44”
- 21 1,11 7h 17“ 7h 54“ 8h 3“
- — 21 1,13 i9h 35“ 20h12“ 20h 21“
- — 22 1,14 7h 54“ 8h3i“ 8h 40“
- — 22 1,12 20'114“ 2Ih 5l“ 2Ih 0“
- — 23 D09 8” 33“ *0. 0 3 9h *9“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après contient, sous une forme concise, d’après VAnnuaire astronomique Flammarion, les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’octobre.
- Mercure est inobservable pendant tout ce mois-ci. Sa plus grande élongation se produira au début du mois prochain.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : OCTOBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son, Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ' 5 5b56m iT 39“ i8‘ I7h 22m I2h 42m — 40 33' 32' 3;6 Vierge
- Soleil . . . ) i5 G 11 11 36 3g 17 1 i3 19 — 8 20 3a 8,4 Vierge > »
- 25 6 27 11 34 53 16 43 i3 57 — 11 56 32 14 j 4 Balance
- r1 5 7 0 12 22 17 45 i3 22 — 8 42 4,8 a Vierge )
- Mercure. . ) 1 ^ 7 49 12 40 17 31 14 20 — 15 11 5,o A Vierge Inobservable.
- ( 25 y 33 12 56 17 *9 15 15 — 20 20 5,4 Balance
- [ s 4 47 OO LO O 17 8 11 58 + 1 47 10,0 fi Vierge 'Se lève très peu de temps
- Vénus. . . i5 5 16 11 4 16 52 12 44 3 12 10,0 vVierge avant le Soleil.
- ’ 25 5 46 11 11 16 36 i3 >0 — 8 6 10,0 a Vierge
- 5 18 53 2 8 9 24 3 10 + 15 20 18,8 ^ Taureau Toute la nuit.
- Mars. . . . 15 18 7 I 2 2 8 37 3 3 + i5 17 19.8 ç Taureau * Presque en opposition
- 25 17 17 0 3i 7 45 2 51 -f 14 58 20,4 \ Baleine à la 6n du mois.
- Jupiter. . . 15 14 54 «9 37 0 20 21 20 —16 41 40,8 y Capricorne Première partie delà nuit.
- Saturne . . i5 9 6 i3 47 18 28 i5 3o — 17 1 i3 8 4 Balance Dès le coucher du Soleil.
- Uranus. . . 15 16 12 2 2 4 3 57 • 23 49 — 2 6 3,6 27 Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune. . 15 1 9 8 i3 15 18 9 55 + i3 7 2,4 v Lion Avant l’arrivée du jour.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Nous continuons le tableau de la phase et de la gran-
- deur stellaire.
- . Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Oct. 3 0,96 — 0,6
- — 8 0,93 — 0,4
- — i3 0,9» — o,3
- — 18 0,87 — 0,2
- — 23 o,83 ~ 0,1
- — 28 o,77 — 0,1
- Vénus se rapproche peu à peu du Soleil, elle se lève
- peu de temps avant lui, et on ne pourra plus 1 observer
- qu’à l’horizon.
- Voici le tableau de sa phase et de son éclat :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Oct. 3 0,98 — 3,4
- — 8 0,98 — 3,4
- — i3 0,98 — 3,4
- — 18 o>99 - 3,4
- 23 o,99 — 3,4
- — 28 °>99 - 3,4
- Mars est dans sa période la plus favorable pour être observé, son opposition se produisant le 4 novembre. Il sera visible toute la nuit. Nous avons donné quelques détails, le mois dernier, sur les études à faire.
- Voici comment se présente le globe de Mars à l’observateur terrestre, en octobre :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position de du position Eclat
- (0") l’axe de Mars, centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Oct. 2 3'i3°,6 —i2°,4 18",5 i",i 257°,i —1,6
- — 12 323°,5 —i3°,2 19",6 o",6 267°,5 ^—-1,8
- — 22 323°,3 — i4°,5 2o",3 o",a *58°, 1 —2,0
- Voici les heures de passage du méridien zéro de Mars par le méridien central du disque :
- Heure de Heure de
- Dates. passage. Dates. passage.
- Oct. 2 i51,57m i Oct. 18 ih 8m5
- — 4 i7hii“3 — ~ 20 2b 2 Im I
- 6 i8h25™ 3 — 22 3h33m6
- — 8 I9h 39™ 1 — *4 4h 46m 0
- IO 20h 52™ 7 — 26 5b 58m2
- I 2 22h 6m O — 28 7h iom 3
- _ i4 23h I9m 2 — 3o 8b 22m 4
- — ié —
- Mars fait un tour sur lui-même en 2 411 37“ 22s,65, il
- tourne de o°,24 en 1 minute, de i4°,62 en 1 heure.
- 11 sera facile, en conséquence, pour une heure donnée,
- de connaître la partie du globe de Mars tournée vers la Terre.
- L’observation des deux satellites de Mars ne peut être faite qu’avec les très grands instruments.
- Jupiter est visible depuis l’arrivée de la nuit jusqu’à son coucher, peu après minuit. Cette planète peut être suivie avec de petites lunettes. Son diamètre de plus de 40" est tel qu’un grossissement de 40 à 5o fois, montre le-globe de Jupiter avec un diamètre apparent égal à celui de la Lune vue à l’œil nu.
- La plus petite lunette permet de suivre les évolutions des quatre principaux satellites autour de la planète.
- Nous avons donné, le mois dernier, l’énumération des phénomènes que ces satellites produisent dans leur mouvement autour de Jupiter. Voici la liste de ces phénomènes pour le mois d’octobre.
- Phénomènes du Système des satellites de Jupiter
- DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 21h 36m Il Im. i4 22b i3"’ I 0 j.
- 3 2 2 5o III P. c. 15 !9 2 4 I E.f.
- 4 18 5i II O.c. 18 2 I 37 11 P. c.
- 4 >9 34 II P. f. 20 2 I i3 II E.f.
- 4 2 I 4 2 II 0. f. 2 I 20 l7 III Im.
- 5 2 2 26 I P. c. 2 I 20 36 I P.c.
- 5 23 31 I O.c. 2 I 21 5 2 I O.c.
- 6 ‘9 45 1 Im. 2 I 2 2 58 I P.f.
- 6 2 1 l7 IV P. f. 22 l7 55 I Im.
- 6 23 10 I E.f. 22 21 2 9 I E.f.
- 7 18 0 I O.c. 23 17 2 1 I P.f.
- 7 l9 11 I P.f. 2 3 18 3 7 I O.f.
- 7 20 *7 I O.f, 23 21 24 IV 0. c.
- 7 20 58 III E.f. 25 18 49 III 0. f.
- 8 17 38 I E.f. 27 18 18 II Im.
- 11 ‘9 8 II P.c. 28 2 2 3o I P. c.
- 11 21 8 II O.c. 29 18 48 II o.f.
- 11 22 0 II P.f. 2 9 19 48 I Im.
- i3 18 35 II E f. 3o 16 58 I P.c.
- i3 21 36 I 1m. 3o 18 16 I O.c.
- i4 18 44 I P.c. 3o *9 i5 I P.f.
- i4 J9 56 I O.c. 3o 20 33 I o.f.
- 14 20 8 III Em. 3i 17 «4 IV Im.
- 14 21 I I P.f. 31 17 53 I •E.f.
- 14 21 24 III E. c. 3i 2 2 4 IV Em.
- Saturne est encore un peu visible, dès le coucher du Soleil.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 18 octobre :
- Grand axe extérieur......................... 34”,77
- Petit axe extérieur......................... 13",96
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -|-230 40'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... +a4° 5'
- Uranus, qui a été en opposition le 21 du mois dernier, est encore visible presque toute la nuit. Nous avons donné au n° 2725 une petite carte de sa marche sur le ciel pendant les derniers mois de 1926. Les observateurs sont priés de s’y reporter.
- Dans une bonne lunette, Uranus présente un petit disque bleuâtre, de 4” de diamètre environ.
- On peut suivre sa marche sur le ciel avec une simple jumelle. *
- Neptune est visible le matin, avant l’arrivée du jour. Voici quelques positions où l'on pourra le trouver en octobre.
- Dates. Ascension droite.
- Oct. 5 gh 54®
- — 15 91155m
- — 25 91156m
- Déclinaison. Diamètre.
- + i3° 11' a”,4
- -f- i3° 7' 2”,4
- -j-i3° 2' 2”,4
- Neptune brille comme une étoile de 8a grandeur. IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 2211, Neptune, en Le 5, à 17h, Vénus,
- Le 7, à 22h, Mercure,
- Le 8, à 2 ih, Vénus,
- Le 10, à 5k, Saturne,
- Le 16, à nb, Jupiter,
- Le 19, à i\ Uranus,
- Le 22, à ioh, Mars,
- Le 27, à i4\ Mars,
- Le 28, à a3h, Mercure,
- Le 3o, à 6h, Neptune,
- conj. avec la Lune, à 3° 10' S.
- — — la Lune, à 3° 42' S.
- — — la Lune, à 5° 36'S.
- — —- *1 Vierge (gr. 3,9).
- à o° 86' N.
- — — la Lune, à i° 5i' S.
- — — la Lune, ài°59'N.
- — — la Lune, à 4° a5' N.
- — — la Lune, à 20 43' N.
- — — a Bélier (gr. 5,6)
- à o° 4'N.
- — — Saturne, à 4° 5o' S. — la Lune, à 3° 26' S.
- Etoiles filantes. — Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des essaims d’étoiles filantes actifs en octobre.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Oct. i6r au 9 24° +~7° y Bélier.
- — 7 3i° -f- 180 a Bélier.
- — 8 43° + 56° 7] Persée.
- —- i5 et 29 1080 + 23° S Gémeaux.
- 16 au 22 O O Oî + i5° v Orion.
- — 18 au 27 1080 + 1 2° p Petit chien.
- — 20 au 27 32 8° -f- 62° a Céphée.
- — 21 au 2 5 112° -f 3o° p Gémeaux.
- - (E") 2 9° + 8° ç Baleine.
- — 3i 430 -f- 22° e Bélier.
- Le radiant des Orionides, actif du 16 au 22 octobre, donne des météores rapides, avec traînées.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : ier octobre, à le 16, à 4h2m; le 19,
- à oh 5im; le 21, à 2ih 4om; le 24, à i8h 29m.
- Etoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- ÏS. Passage. Temps légal. Temps sidéral à midi moyen de Par
- 8 Supérieur o1* 23“ i4‘ 1 3k 5“ 25‘, 1
- i3 oh 3m 36‘ —
- i3 — 23h 59“ 41‘ —
- 18 — 23h4om I5 i3° 44" 5os,6
- 28 — 23h ora43s 14" 24" i6*,i
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le ier octobre, à 2ih, ou le i5, à 201*, est celui-ci :
- Au Zénith : Le Cygne ((3, 0, p., 61e) ; Céphée (ô, 6, y, |) ; Cassiopée (/], 1).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, it) ; le Dragon (v, ’b, 0, pi) ; la Grande Ourse.
- Au Nord-Est : Le Cocher.
- A l’Est : Le Bélier (y, 3o, \, 14, e) ; le Taureau (les Pléiades, a, 0, a, À); Andromède (y, tc , -M. 31 ) ; Persée (Algol, e, 7]).
- Au Sud : Pégase (e, n, 1, 3) ; le Verseau (Ç, 83 h, t, dû) ; le Capricorne (a, p, p, 0) ; le Poisson austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest : La Lyre (a, e, ô, Ç, vj) ; Hercule (a, y., p, 95, ô, amas M. i3) ; la Couronne boréale (Ç, a) ; Ophiu-chus ; l’Aigle (y, i5 h).
- Les lettres et chiffres entre parenthèses désignent les étoiles, amas ou nébuleuses remarquables, qui peuvent être vus avec des lunettes de moyenne ou de faible puissance. Em. Touchet.
- Sao
- 1*o
- HYGIENE ET SANTÉ
- cs*T
- L'ANTAGONISME DES RADIATIONS
- La lumière est l’ensemble des couleurs vues au travers du prisme de Newton : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge, avec ses zones extrêmes invisibles de l’infra-rouge et de l’ultra-violet. On croyait ainsi à des complémentaires où certaines radiations étaient nécessaires pour former la lumière blanche, harmonieuse, sans que rien dans l’ensemble ne contrariât, ne détruisît quoi que ce soit.
- On connaissait, on croyait connaître plutôt, les propriétés calorifiques et uniquement calorifiques du rouge (certains rouges voilent les plaques sensibles); éclairantes, du jaune; chimiques, du violet; les zones extrêmes continuant, amplifiant l’action des derniers rayonnements.
- Il se fait jour, depuis quelque temps, une notion nouvelle, celle de l’antagonisme des radiations, où, certaines, vues complémentaires des autres, seraient au contraire, mais pas toujours, destructrices, où l’on annihilerait certains phénomènes organiques, en irradiant en même temps ou après coup, par ces lumières antagonistes, les tissus vivants.
- Cette notion qui s'impose n’est pas absolument nouvelle, et la clinique, l’observation des malades, m’avaient dès 1903 amené à la poser. Je me permettrai de me citer moi-même (*) :
- 1. Dr FoveA-U de CouRaielles. Electrothérapie Dentaire, cours à l’Ecole Dentaire de Paris préfacé par son directeur, le Dr Ch. Godon. 1 vol. 3oo p. ill. in-i2. Paris, igo3.
- « De même que la lumière blanche présente, comme on sait, des couleurs complémentaires, il peut, il doit vraisemblablement se passer des actions chimiques complémentaires, selon l’emploi de telle ou telle radiation lumineuse. Ainsi la rougeole se trouve diminuée dans sa durée et ses symptômes par l’action de la lumière rouge, par des rideaux d’Andrinople rouge dans la chambre du malade ; d’autre part, la rougeole prépare merveilleusement à toutes les tuberculoses, lesquelles se trouveront bien curativement de la lumière antagoniste du rouge, le violet. A tour de rôle, une maladie, la tuberculose — quasi complémentaire de la rougeole, tellement elle la suit souvent — sera traitée par le violet, après le rouge son antagoniste curatif en la maladie précurseur. »
- Ces constatations cliniques ayant précédé, précédant encore la physique, n’avaient pa» passé inaperçues, bien que leur conséquences aient été vues récemment, car le Dr François Helme écrivait bientôt (*) :
- « Ainsi, savez-vous pourquoi la tuberculose est si fréquente après la rougeole ? C’est que celle-ci rubéo-lise les tissus et par suite les rend imperméables aux autres radiations lumineuses, notamment aux radiations ultra-violettes si microbicides. Le bacille tuberculeux a alors beau jeu pour envahir un organisme aussi imper-
- 1. D1' F. IIei.me. Revue Moderne de Médecine et de Chirurgie, décembre 1903, p. /,5<j. A propos du livre Electrothérapie Dentaire.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- méabüisé aux rayons antiseptiques. Celte théorie de la réceptivité u’est-elle pas originale?... »
- La clinique précède encore maintenant la physique sur ce terrain de l’antagonisme des radiations, car cet antagonisme ne se produit pas toujours, mais l’organisme vivant n’est-il pas encore le meilleur des réactifs ? Une preuve récente en a été donnée à l’Académie des Sciences le y juin 1926 par le Prof. Ch. Richet présentant les travaux de MM. Lesné et Simon sur l’huile de foie de morue et ses vitamines.
- L’analyse chimique est encore impuissante à déceler ces substances indispensables à la vie, alors que les rats meurent ou vivent suivant que leurs aliments sont ou non pourvus de vitamines. En certains cas, la suppression de celles-ci remplacées par les ultra-violets ne fut pas dangereuse.
- Mais l’antagonisme des radiations, aussi indéterminé que ce point de chimie alimentaire, n’est plus nié aujourd’hui ; les beaux travaux du Prof. Pech en font foi, et le Dr Léo a pu en vanter les conséquences importantes « difficiles à prévoir exactement à l’heure actuelle » ; de même, le D' Macé de Lépinay.
- Voyons déjà les conséquences actuellement déduites de l’antagonisme des radiations, sans préjuger de l’avenir.
- Dès le 4 avril, le Dr J.-L. Pech montrait à l’Académie des Sciences, et le savant professeur de Montpellier le rappelait au Congrès de Thalassothérapie d’Arcachon en avril 1925, que même une simple lampe électrique banale d’éclairage suffit à atténuer les effets des rayons ultra-violets émis sans infra-rouge notable par une lampe de quartz utilisé pour blanchir le coton. Ici, la physique, la photolyse aident, appliquant la clinique, mais combien nécessitent-elles d’analyses lumineuses, surtout s’il s’agit de l’insolation si utile en thérapeutique, contre les diverses tuberculoses, et d’intensités si variables selon les jours, les climats, les incidences ...
- La climatologie doit s’inspirer de ces notions, utiliser ou combattre un antagonisme radiant et inconstant, créé par les milieux traversés et les rayonnements environnants, comme déjà A. Lumière, les D“ Sardou, L. Cornet en ont déduit les actions épidémiologiques, aggravantes ou atténuantes des maladies.
- « Nous supportons en général, dit Pech, sans réaction dermique le faisceau solaire toujours riche en ultra-violets dans une atmosphère débarrassée de poussières, parce qu’en général ce faisceau comporte une notable quantité d’infra-rouges.
- « En altitude, les êtres vivants sont entourés d’une gaine de vapeur d’eau imperméable aux infra-rouges, très dense (évaporation cutanée à cause du faible degré hygrométrique du milieu extérieur). Aussi, la dermite par rayons ultra-violets est fréquente (coup de soleil des glaciers).
- « Au bord de la mer, l’atmosphère est toujours riche en vapeur d’eau, imperméable à l’infra-rouge et les ultra-violets y provoquent une dermite, ou un hâle, plus rapidement qu’à l’intérieur des continents (coup de soleil maritime... » (U.
- L’héliothérapie naturelle, si puissante, est donc inconstante, plus que « l’héliothérapie artificielle », comme j’ai appelé l’emploi de nos lampes dont oertaines sont si riches en ultra-violets et dépourvues des rayons antagonistes en tout ou partie.
- Finsen, dont je simplifiai la méthode (2), utilisait la lampe à arc voltaïque, au spectre solaire presque complet et dont il enlevait le calorique par une circulation d’eau. Malgré la présence d’infra-rouges abondants — et souvent antagonistes — on revient à cette lampe à arc, dont, comme Finsen, on trouve les rayons violets et ultra-violets, curatifs, plus^ pénétrants que ceux de la lampe à vapeur de mercure; elle est plutôt pauvre de complémentaires qui en diminuent l’action. En Scandinavie, en Allemagne, de grands bains d’arc donnent des succès anti-tuberculeux.
- On connaît l’action puissante de l’héliothérapie artificielle dans les affections microbiennes (travaux des D,s L.-G. Dufestel, Saidman), dans le rachitisme
- 1. Congrès de Thalassothérapie d’Arcachon, compte rendu du Dr G. Vitoux, in Presse Medicale, i3 mai 1935.
- a. Dr Foveau de Codrmeli.es. Communication à l’Académie des Sciences, 24 décembre 1900.
- (travaux des D's Marfan, Lesné...) où les organismes humains sont si démonstratifs et si favorablement influencés. On comprend l’importance d’avoir des lumières pures, monochromatiques, débarrassées d’un antagonisme diminuant le rendement et leur efficacité. Aussi a-t-on imaginé de filtrer ces lumières, de les sélectionner à travers des verres appropriés, de Wood ou dérivés (J. Risler), ce qui permet avec des lampes moins intenses, moins coûteuses, d’obtenir les mêmes résultats.
- Les ultra-violets ne traversent en général pas le verre, un rien les absorbe : air, eau, en petites épaisseurs même; de là, des difficultés^grandes à vaincre; cependant, en ces derniers temps, certains verres même industriels ont, en provoquant des accidents, montré leur perméabilité, d’où la nécessité de s’en défier, et, par contre, la possibilité de les utiliser pour supprimer des antagonismes possibles (1).
- *
- * *
- Les rayons à grande longueur d’onde sont donc, en de certaines conditions à déterminer et à utiliser, l’organisme humain en restant le meilleur réactif, les antagonistes des ultra-violets à faible longueur d’onde, et dont la gamme, en passant par les rayons X et les y du radium, est si grande.
- En connaissant les dangers que courent les radiologues, et dont les amputations et les morts se multiplient, victimes des rayons de courte longueur d’onde, ne pourrait-on songer à vaincre les radiations néfastes par leurs antagonistes ? Qu’on n’allègue pas les précautions, les cupules plombées, les gants et lunettes, qui restent ou à peu près inemployables en radioscopie où l’opérateur placé en face de l’écran reçoit les rayons ayant traversé le malade. J’ai signalé la radio-anaphylaxie chez certains radiologues (2), la radiopathie médiate ou immédiate, fonctions d’éléments encore inconnus ; il faut donc ne rien négliger, cela a été tenté avec succès.
- Les rats ont encore servi de réactifs, de même que des cobayes, des lapins, ou des humains atteints de radiodermites au cours de radiothérapie plus ou moins profonde, plus ou moins filtrée. Les traitements de ces brûlures provoquées par les rayons X ont rapidement donné d’excellents résultats sous les rouges et infrarouges (Mondain et J. Risler). J’ai eu également à voir quatre cas humains de ce genre où une simple lampe électrique rouge mise au foyer d’un miroir parabolique avec cylindre/ie prolongement m’adonné, par cicatrisation allant de la périphérie au centre, une guérison rapide.
- Les brûlures par ultra-violets sont bénignes en général et rapides à guérir, mais ne pourrait-on tenter l’irradiation rouge contre une insolation grave ? prendre en ce cas même le soleil traversant un verre rouge ?
- Combien simple est, on le voit, le procédé d’utilisation d’antagonisme des radiations. Est-il infaillible? Je n’oserai le garantir, mais tout profane même peut s’en servir et tout radiologue ou chercheur, comme l’abbé Tauleigne, l’inventeur bien connu qui vient de mourir, peut y recourir, atténuer ou supprimer ses lésions, le tenter du moins.
- On a proposé d’irradier à la fois, en profondeur pour les rayons X et perpendiculairement, par les infrarouges en surface de manière à prévenir la radiopathie tout en faisant la radiothérapie.
- *
- ¥ ’
- Un peu de comparaison pour finir.
- Nous émettons des radiations. Le Dr Ch. Féré, de l’hospice de Bicêtre, avait vu certains de ses malades avoir dans l’obscurité des effluves. On en a signalé ces temps-ci de nouveaux cas. Mon regretté ami, le grand hydrologue Garrigou, m’écrivait en 1911 que prenant une simple lampe électrique à incandescence dans la main, il la voyait s’illuminer plus ou moins, ou pas du tout, selon son état de santé. J’ai vérifié et fait vérifier le fait si facile à reproduire dans l’obscurité. Par ailleurs, le commandant Darget a publié l’impression de plaques photographiques impressionnées par le corps humain, la pensée {Rayons vitaux ou V, —psychographie
- 1. Foveau de Gourmelles et J. Risler. Communication à l’Académie des Sciences, 27 janvier 1926.
- 2. Dr Foveau de' Gourmelles, La Nature, 17 juin 1922.-
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- HYGIENE ET SANTE
- d’Ingle Pearsons...), D’autre part, on sait que nous avons des sympathies, des antipathies naturelles pour des gens ou des choses. N’y aurait-il pas là, comme causes, des radiations antagonistes ? L’être vivant est si sensible, quel qu’il soit; même la lumière faible de la lune agit, à Samoa, sur certains vers (Page et Legendre).
- J'ai demandé au professeur Daniel Berthelot, dont on connaît les travaux en photolyse, si l’on avait trouvé
- dans ce domaine des réactions chimiques produites ou détruites par l’antagonisme des radiations. Rien n’a encore été signalé dans ce domaine nouveau. Evidemment, on pourrait opposer les effets de la chaleur en l'identifiant à la calorification par le rouge et l’infrarouge, et comparer les réactions qu’elle favorise, avec celles de la lumière éclatante ou diffuse, mais ce serait aller un peu loin comme analogie !
- Dr Foveau de Cotjrmelles.
- IgD
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- O0L
- OSSC
- Extraction de l'acide tartrique des lies. — Les
- lies sont traitées par l'acide chlorhydrique, puis chauffées à 90° pendant une demi-heure ; après deux heures de repos, on décante le liquide clair et on le sature avec du carbonate de chaux, on obtient du tarlrate de chaux relativement pur que l’on recueille par centrifugation, et que l’on sèche aussi pour en assurer la conservation. Voici la teneur de quelques lies en
- Bitartrate Tartrate flo potassium de calcium.
- Lie de l’Hérault. . . 8,60 °/0
- — ... ia.80 —
- Lie du Var...........io,go —•
- i5,ao —
- I , 20 o/0
- X.00 --- *
- 1,75 —
- Lie d’Italie......... g. 60 — 2,40 —
- Lie d’Espagne. ... 3,5o — 7,00 —
- Ces quelques renseignements sont extraits d’une importante étude de M. Jules Ventre, professeur à l’Ecole nationale de Montpellier, parue dans le Progrès agricole du 2 mai 1926.
- Extraction du bitartrate des lies de vin. — Les
- lies sont diluées avec de l’eau pour assurer la solubilisation complète du bitartrate (ajouter environ i5o litres d’eau pour 100 litres de lie).
- La lie diluée et distillée, donc débarrassée de son alcool, est portée à l’ébullition 3o minutes et maintenue 2 ou 3 heures à 90-93°. Les impuretés tombent au fond du récipient. On décante dans un cuvier et on laisse le bitartrate se cristalliser ; mais pour pouvoir le séparer de la lie on emploie le curieux procédé suivant : on met dans le cuvier des rameaux d’asperges sauvages autour desquels les cristaux se déposent.
- On pourrait industriellement soumettre ces eaux très chaudes, chargées de bitartrate en solution et aussi d’impuretés solides de toutes natures, à une centrifugation qui permettrait d’avoir un liquide beaucoup plus pur à faire cristalliser.
- Enduit ignifuge. — L’enduit suivant est préconisé par le Laboratoire municipal de la Préfecture de Police de Paris pour recouvrir les cloisons, plafonds et pièces en bois auxquels on ne peut substituer une construction
- en matériaux incombustibles :
- Phosphate d’ammoniaque. . . . a5o gr.
- Gélatine......................... 20 gr.
- Eau................................ x lit.
- Ce produit, d’un prix de revient modique, doit être appliqué de préférence à chaud.
- Formule de mastic pour le bois. — On peut boucher les fentes du bois, les joints des parquets, en employant du mastic de fontainier, mais il est facile de préparer soi-même un mastic qui donne des résultats encore meilleurs, en employant la formule suivante :
- Résine........................3 parties
- Cire......................... 1 —
- Suif. ....................... 1 —
- Brique pilée finement. . . 4 —
- Faire fondre ce mastic au bain-marie, y ajouter un peu d’huile de lin pour le rendre plus maniable, et couler ce mastic dans les fentes du bois.
- On peut y ajouter des matières colorantes en poudre, mais il faut opérer rapidement.
- Ce mastic donne la possibilité de combler les vides, et il agit, en même temps, à la façon d’une colle.
- H. B.
- m
- BOITE AUX LETTRES
- AVE». — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de Lcl Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées dune bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — /. c., à Bois-Colombes. — i° Sur les étoffes de couleur on ne peut employer de réactifs énergiques en vu & d’enlever les taches d’encre à stylo, car le plus souvent la couleur du tissu disparaîtrait en même temps ; il faut donc se contenler de produits anodins, par exemple l’alcool, excellent dissolvant de presque toutes les matières colorantes dérivées de la houille. Pratiquement l'alcool dénaturé du commerce ou alcool à brûler convient très bien pour cette opération, dans laquelle on placera la partie tachée sur une feuille de papier buvard de manière à absorber l’alcool coloré à mesure de la solubilisation de la matière colorante.
- 20 Pour dérouiller votre objet en acier, le frotter avec un tampon imprégné du liquide suivant :
- . Eau ordinaire.....................5oo cc.
- Protochlonrre d’étain............. a5 gr.
- Acide tartrique.................... 1 —
- Le protochlorure d’étain réduit le peroxyde de fer qui constitue la x’ouille et le métal passe à l’état de tar-
- trate de fer très soluble ; quand les taches ont disparu on lave à l’eau claire, puis on polit avec du rouge d’Angleterre délayé dans de l’oléine ou plus simplement une huile végétale quelconque.
- 3° Vous trouverez les éponges végétales dites Japonaises dans tous les grands magasins Louvre, Bon Marché, etc.
- 4“ Ouvrages sur les Sourciers et les Baguettisants. L’art de découvrir les sources, par l’abbé Paramelle. Editeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. Les Sourciers et leurs procédés, la baguette, le pendule, etc., par Henri Mager. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte. La Science des fontaines, par J. Dumas, Editeur Gau-thier-Yillars, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. M. Weber, à Bruxelles. — Le goût fruité que possède l’huile d'olives est donné par la qualité de l’olive et non par le système de fabrication. Dans une certaine mesure on peut enlever ce goût en ajoutant à l'huile quelques gouttes d’éther nitrique, puis en filtrant sur le noir animal.
- Ainsi que nous l’avons signalé dans notre journal (La Nature, n° 2709), les charbons actifs d’Ed. Urbain, possédant des propriétés d’adsorption considérables, il serait possible que dans ce cas une application industrielle soit à envisager. Le mieux est de vous adresser à la Société des charbons actifs, 8, x’ue du Helder.
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- JfeD
- IgD
- BIBLIOGRAPHIE
- Qgt
- 05ST
- L’or et l’argent, par A. Bordeaux, i vol. 698 p., 61 fîg. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1926.
- A chacun de ces métaux, si importants par le rôle qu’ils ont joué et jouent'encore dans toutes les civilisations humaines, l’auteur consacre une monographie à la fois complète et attrayante. Chacune d’elles débute par un aperçu historique, d’une haute érudition et par d’utiles et suggestives statistiques ; elle décrit ensuite les principaux gisements du métal, puis les propriétés physiques et chimiques de celui-ci, les formes sous lesquelles le métal ou ses minerais se présentent dans la nature, les méthodes d’analyse, enfin les différents’ procédés d’extraction, les modes de traitement et d’affinage.
- Méthoden der angewandten Geophysik, von D' Richard Ambronn, i vol. 258 p., 84 fig. Editeur, Theodor Steinkopff. Residenztr. 126, Dresde, 1926. Prix broché : i5 Mark.
- La physique du globe ou géophysique, comme science théorique, englobe tous les phénomènes physiques qui se déroulent sur notre globe. Il est permis d'entrevoir pour elle de brillantes applications pratiques, le jour où des lois auront pu être dégagées de la masse d’observations qu’elle accumule tous les jours. Parmi ces applications, il faut signaler tout particulièrement celles qui ont trait à la prospection du sous-sol : les prospecteurs ne disposent guère actuellement que des indications de la géologie ordinaire ; toute aide nouvelle dans leur tâche difficile sera pour eux la bienvenue. L’ouvrage de M. Ambronn a pour objet d’exposer les diverses voies dans lesquelles se sont orientés les efforts pour obtenir des indications sur la nature du sous-sol au moyen de mesures physiques faites à la surface. Les travaux sur ces sujets sont déjà très nombreux; les résullats ne sont pas, en général, encore très concluants et M. Ambronn, à qui l’on doit des recherches personnelles sur ces sujets difficiles, met sagement le lecteur en garde contre certaines publications trop intéressées, parfois même charlalanesques. Il traite la question d’un point de vue très scientifique, il étudie successivement, en indiquant chaque fois avec beaucoup de soin les méthodes physiques de mesures, le champ de gravitation terrestre, ses anomalies et les indications qu’elles fournissent sur le sous-sol, puis le champ magnétique terrestre, et les déductions que l’on peut tirer de sa mesure, les propriétés radioactives du sol et de l’atmosphère et leurs rapports avec avec la configuration géologique. 11 aborde ensuite les méthodes de prospection électrique par courants continus, alternatifs, ou par ondes hertziennes ; des travaux importants ont été consacrés à cette question par des savants et des inventeurs de tous pays, au premier rang desquels on peut citer notre compatriote Schlumberger pour le courant continu, Ambronn, Gella, Lundberg pour le courant alternatif, Lciwy et Leimbach pour les ondes hertziennes. Un chapitre est consacré à la sismologie et aux enseignements que peut fournir la propagation des ondes sismiques naturelles ou provoquées. L’ouvrage se termine par l'étude des données fournies sur le sous-sol par la mesure dee températures. L’ouvrage de M. Ambronn fournit sur tous ces points une documentation remarquablement complète et une excellente mise au point d’une question particulièrement captivante.
- L’année aéronautique 1925-1926, par L. Hirschauep, et Ch. Dolefus, i vol. illustré, 361 p. En vente chez Dunod. Paris, 1926. Prix : 3o francs.
- Chaque année, M. Hirschauer et Dollfus publient une excellente synthèse de l'activité aéronautique de l’année. On y trouve les caractéristiques des principaux avions et moteurs en service aussi bien à l’étranger qu’en Franc.e, le tableau des records, la liste des* épreuves, le compte rendu des principaux raids et un aperçu de l’organisation de l’aéronautique dans les divers pays.
- L’Union d’Electricité, par H. Brès. i brochure, 63 p., 28 fig. éditeur, Revue industrielle. Paris, 1926.
- L’Union d’électricité est une entreprise de produc-
- tion et de distribution d’électricité de la région parisienne. Elle possède la puissante centrale de Genne-villiers, qui au moment de sa mise en marche représentait le dernier cri du progrès, et qui aujourd’hui encore est l’une des plus puissantes usines du monde; elle possède en outre l’usine de Yitry, actuellement en voie d extension et quelques autres usines de moindre importance. Son réseau de distribution est prévu pour un raccordement avec les usines hydroélectriques du Massif Central et du Rhône. C’est donc un puissant organisme conçu suivant les idées les plus modernes. Aussi la description donnée par M. Brès, des usines, du réseau des câbles et de distribution présente-t-elle un vif intérêt non seulement pour les techniciens, mais aussi pour le grand public que ne sauraient laisser indifférents les progrès de l’électrification.
- Les appareils ménagers, par E. Weiss, i vol. in-8, 208 p., 293 fig. Numéro spécial de Recherches et Inventions, Bellevue. Prix : 6 francs.
- Description des appareils exposés au dernier Salon des appareils ménagers, classés méthodiquement en machines à laver le linge et la vaisselle, aspirateurs de poussières, appareils à cirer les parquets, balais et torchons, chauffage et éclairage, installations générales de la maison, etc.
- Manuel de blanchiment-teinture. /. Chimie tinctoriale, par Ch. JLiénard-Fiévet, i vol. in-18, 460 p., 36 fig. Bibliothèque professionnelle. Baillière et fils, Paris. Prix cartonné : 18 francs.
- L’ouvrage traite avec compétence, d’une manière simple, les questions chimiques relatives au blanchiment et à la teinture : apprêts épurants, machines utilisées en teinture, apprêts colorés, couleurs minérales, couleurs naturelles et extraits. Pour chaque opération des formules de bains sont indiquées.
- Analyse des vins et interprétation des résultats analytiques, par J.-Henri Fabre, Tome II, 1 vol. in-8, 264 p., 160 fig. Institut agricole d’Algérie, Maison-Carrée, Alger ; Dujardin fils, Paris. Prix : 3o francs.
- Traité écrit par le professeur de chimie et d'œnologie de l’Institut agricole d’Algérie, spécialement consacré Ji la description des meilleures méthodes "officielles ou non que l’on a avantage à utiliser pour servir de base aux transactions commerciales et pour déceler diverses fraudes. L’auteur décrit les techniques .et les appareils pour les divers dosages : teneur en alcool, point d’ébullition, densité, acidité, extrait sec, etc., avec clarté et un grand sens pratique. Ce livre s’adresse donc aux viticulteurs et aux commerçants en vins, aux chimistes et aux élèves, aux magistrats.
- Annuaire statistique, 41e volume, 1925. France et Colonies. 1 vol. 371 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1926.
- Ce précieux volume publié par le service de la Statistique générale de la France contient les tableaux annuels relatifs à la France, à ses colonies et protectorats pour les années 1923 et 1924. Les renseignements publiés visent l’état de la population : nombre, instruction, état sanitaire, justice, établissements sanitaires, réglementation de travail; le mouvement économique : productions agricole et industrielle, distributions d’énergie, voies de communication et transports, prix des marchandises, importations et exportations, etc, ; la situation financière de la métropole et de ses colonies.
- Annales de l’Institut d’Actinologie. N08 1-2. Gaston Doin, Paris.
- L’utilisation médicale des radiations et notamment de l’ultra-violet va tous les jours en se développant. Les médecins qui les emploient ont éprouvé le besoin de fonder une revue spécialement consacrée à ces questions. Le premier numéro qui vient de paraître réunit une série d’études, signées de noms connus, traitant des effets de la lumière en dermatologie, dans les fistules tuberculeuses, la pelade, etc. ; elles montrent les multiples applications que les radiations ont déjà trouvées en thérapeutique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2736
- 11 Septembre 1926
- .Jteo
- '1pd
- INFORMATIONS
- sr.
- cs£
- Le record de la distance sans escale en avion. — Il vient detre conquis par le lieutenant Challe et le capitaine Weiser qui partis du Bourget le 3i août à 6 h. 2a ont atterri à Bender-Abbas en Perse, le i“ septembre, après avoir couvert d’une seule traite 5*oo km. Ce record de distance a appartenu successivement aux frères Arrachart pour leur raid du 26-27 juin 1926 de Paris à Bassorah (4375 km), puis aux capitaines Girier et Dordilly, pour leur raid du 14-x 5 juillet de Paris à Omsk (4715 km 900). L’appareil monté par MM. Challe et Weiser est identique à celui de Girier et Dordilly ; c est un Breguet 19 Aa, muni d’un moteur Farman de 5oo ch, actionnant une hélice démultipliée de 4 m. de diamètre.
- Un hydravion géant. — Les . chantiers de Penhoet viennent d achever la construction d’un hydravion géant dont les essais promettent d’être fort instructifs. Ce bâtiment, construit sur le plan de M. Richard, est un véritable bateau volant; il a, suivant notre confrère le Yacht, 40 m. d’envergure et 3o m. de long; les ailes creuses et épaisses sont très grandes, la coque domine le sol de 4 m- 5o à 6 m.; elle a été étudiée tout spécialement pour offrir la moindre résistance possible à la mer et au vent. La propulsion est assurée par 5 moteurs Jupiter de 420 ch chacun. La coque formera une immense cabine de 22 m. de long, où 4° passagers pourront prendre place.
- Tremblement de terre aux Açores. — Un tremblement de terré désastreux a ravagé le 3i août les Iles Açores; l’Ile Fayal et la ville de Horla située dans cette île ont été particulièrement éprouvées ; il y a plusieurs morts et de nombreux blessés; un grand nombre de maisons sont détruites.
- Le phare ultra-sonore sous-marin de Calais. —
- L’entrée des navires dans les ports est toujours une manœuvre délicate; le bâtiment, pour éviter les hauts-fonds, doit suivre un chenal assez étroitement délimité; l’assistance d’un pilote du port est souvent nécessaire. Des phares- et des signaux lumineux aident celui-ci à suivre sa route; mais les jours de brume les difficultés deviennent très grandes. L’entrée au port peut s’en trouver grandement retardée, et c’est alors une perte de temps et d’argent; s’il s’agit de paquebots à voyageurs, à horaires fixes, correspondant avec des trains de chemins de fer, ces retards provoquent de grandes perturbations dans l’exploitation de la voie ferrée. Enfin, par mauvais temps, le navire, incapable de repérer sa position, peut être mis en grand danger. D’où la nécessité de compléter les phares lumineux par une signalisation de secours, pouvant fonctionner en temps de brume. On a déjà eu recours, dans ce but, aux signaux sonores, aériens ou sous-marins, et aux signaux hertziens avec radiogoniométrie. Les premiers ont l’inconvénient de n’être pas toujours audibles et d’être parfois troublés, s’il s’agit de signaux sous-marins, par des bruits parasites non éliminables. La radiogoniométrie, d’autre part, laisse une incertitude de 1800 sur la direction du point d’émission du signal.
- Un nouveau procédé destiné à guider, en temps de brume, l’entrée des navires au port vient d’être expérimenté avec succès au port de Calais par les soins de la Chambre de commerce. Ils constitue une application nouvelle des procédés^ Chilowski-Langevin pour l’utilisation des ultra-sons, .procédés sur lesquels La Nature a, à plusieurs reprises, attiré l’attention de. ses lecteurs.
- Rappelons que les ultra-sons sont des ondes de même nature que les ondes sonores, mais de fréquence supérieure à celle des sons audibles. L’eau transmet bien ces ondes élastiques, de haute fréquence, et, lorsqu’on les engendre au moyen d’une plaque vibrante, de dimensions relativement • grandes par rapport à la longueur d’onde, on obtient un faisceau de rayons ultra-sonores étroit et susceptible d’être dirigé. Four les produire, on soumet à l’action d’oscillations électriques de haute fréquence un système à quartz
- piézoélectrique qui transforme celles-ci en vibrations mécaniques. Inversement, à la réception, un appareil identique traduit les vibrations mécaniques en oscillations électriques ; grâce auxquelles on peut aisément rendre perceptible ou enregistrer un signal ultra-sonore.
- L’installation ultra-sonore expérimentée à Calais a été construite par la Société S. C. A. M. suivant les plans de M. Langevin et avec le concours de M. Florisson. Elle comporte tout d’abord une station d’émission à 1 extrémité de la jetée du port. C’est le phare proprement dit.
- Immergé à quelques mètres sous la surface de l’eau, et braqué dans la direction voulue, son projecteur à quartz vertical produit un faisceau qui éclaire, jusqu’à une grande distance, la zone d’entrée des navires dans la direction de Douvres.
- La station réceptrice expérimentale était installée à bord du remorqueur Champion de la Chambre de commerce ; elle comportait un projecteur à ultra-sons orientable ; cet appareil, identique en principe au projecteur d’émission, était fixé à l’extrémité d'un tube ((suspendu à la cardan à un support goniométrique porté lui-même le long du bord par un bassin spécial démontable. A ce projecteur était naturellement associé le groupe des appareils récepteurs usuels en matière d’ultra-sons.
- Quand le bâtiment arrive dans la*zone éclairée par le phare, il se met à l’écoute et l’observateur oriente son projecteur récepteur de façon à entendre, avec le maximum d’intensité, les signaux du phare ; ce maximum est perçu très nettement, et l’on sait alors que le phare, c’est-à-dire l’extrémité de la jetée, est dans la direction normale au plan du projecteur de réception. On peut donc aisément et à chaque instant connaître cette direction. Les expériences ont montré que les signaux du phare étaient perçus normalement, jusqu’à plus de 4 km de la jetée, dans des directions faisant des angles de pins de 6o° avec la direction du maximum d’émission (direction Calais-Douvres). Cette portée de 4 km est indépendante de l’état de la marée et des courants. Dans des conditions favorables elle peut atteindre 7000 à 8000 m. La direction du phare est obtenue à bord du bateau par des observateurs non exercés avec une erreur inférieure à a0. Les observateurs exercés font les lectures à i° près. Une opération de repérage n’exige que quelques secondes.
- Ainsi 'le bâtiment, lorsqu’il a pénétré dans la zone éclairé, connaît à chaque instant son gisement. C’est là une donnée précieuse pour guider sa marche; mais, à elle seule, elle ne suffit pas encore à donner la position exacte du navire. Mais l’association de la T. S. F. avec les ultra-sons donne la solution complète du problème. A cet effet, les signaux du phare ultra-sonore sont constitués par un groupe de signaux élémentaires, dont les premiers servent au réglage des appareils récepteurs et à la détermination du gisement ; ils sont suivis d'un dernier signal émis simultanément par le phare ultra-sonore et par un poste de T. S. F. associé à celui-ci. La propagation du signal hertzien est pratiquement instantanée tandis que le signal ultra-sonore ne se propage qu’avec une vitesse de i5oo m, à la seconde.
- A bord du navire, le poste de T. S. F. perçoit le signal hertzien, qui met automatiquement en marche un chronographe. Quelques instaffts après arrive le signal ultra-sonore qui arrête le chronographe. La lecture du temps permet de calculer aisément la distance du phare. A Calais, du reste, le chronographe était gradué directement en distance, et on lisait immédiatement sur son cadran la distance cherchée. On peut se contenter d’une installation moins perfectionnée, mais plus simple : l’opérateur déclenchant à la main le chronographe lorsqu’il entend le signal hertzien et l’arrêtant lorsqu’il entend le signal ultra-sonore. Avec l’installation automatique, la mesure des distances peut s’effectuer avec une précision de 20 m., quelle que soit la distance entre le navire et le phare. Avec l’installation à main, il faut être à plus de 600 m. du phare pour pouvoir séparer les deux signaux. La précision est alors de 5o m.
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- INFORMATIONS
- La fréquence des ultra-sons mis en œuvre au phare de Calais est de 38 ooo périodes par seconde. Le groupe de lampes à 3 électrodes qui produit les oscillations électriques excitant le quartz est alimenté par deux groupes convertisseurs i 1 un de 36o watts fournissant du courant continu sous 12 volts pour le chauffage des filaments, l’autre de a kilowatts fournissant du courant continu sous 3ooo volts pour alimenter les plaques. Un manipulateur automatique permet de faire fonctionner la station émettrice sans aucune surveillance.
- Il est du reste complété par un manipulateur spécial à main qui permet de faire de la transmission Morse sous-marine.
- L’expérience de Calais démontre que la navigation peut trouver, dès maintenant, dans les phares ultra-sonores, une nouvelle et précieuse sécurité.
- Les colles d’Esturgeon et de Silure dans le collage des vins. — M. Steberbakoff, professeur d’Œno-logie à l’Institut des cultures intensives de Crimée, a publié dernièrement, dans • la Revue de viticulture (3 juin 1976), les résultats de ses études concernant l’utilisation des ichthyocolles (colles de poissons) pour le collage des vins, et notamment sur les propriétés comparées des diverses colles de Russie.
- On sait qjie le collage des vins s’effectue, généralement, avec des colles provenant des espèces suivantes : Esturgeon (Acipensçr Guldenstedtü), grand Esturgeon (Acipènser huso), Silure (Silurus glanis), Carpe (Cypri-nus carpio),
- La production des colles provenant de ces diverses espèces de poissons est très développée en Russie.
- Actuellement, on importe de la Chine des colles extraites des espèces Sciena lucida, Otholius maculatus, Anguilla pexinensis.
- Les essais comparatifs de M. Steberbakoff l’ont conduit aux importantes remarques suivantes :
- Le dépôt de la colle de Silure sé forme rapidement en gros flocons, tandis que la colle d’Esturgeon, cependant préférée, puisqu’elle est cotée à un prix beaucoup plus élevé dans le commerce, donne des flocons très fins se déposant très lentement, et que le plus léger mouvement remet en suspension pour longtemps.
- Les colles blanches (à l’anhydride sulfureux) donnent avec l’eau un liquide sirupeux et non une gelée épaisse comme celles qui n’ont pas été soumises à ce traitement.
- De toutes façons, on constate que la puissance d’action des colles de poissons et la consistance du dépôt qu’elles donnent n’atteignent pas celles de la gélatine ou des blancs d’œufs.
- M. Steberbakoff considère comme pratique et économique l’emploi de la colle de Silure ou de la colle d’Esturgeon. Henri Blin.
- Les fluctuations des pêches maritimes en France depuis la guerre. — Le Bulletin trimestriel des pêches maritimes publie des données très complètes sur le ravitaillement de la France en poisson, nos importations et nos exportations, dues à M. le- Commandant de Laurens-Castellet, secrétaire de la Section des pêches du Comité central des Armateurs.
- Nous lui empruntons les renseignements suivants sur la pêche.
- La France comptait, en 1914, 334 vapeurs de pêche; 86 furent perdus pendant la guerre; on n’en avait donc plus que 248 en 1918. Depuis, les constructions nouvelles ont fait remonter «largement ce chiffre. La flotte de chalutiers comptait 379 unités en 1920,, 436 en 1921, 476 en 1922, 494 en 1923, 483 en 1924» soit 160 bateaux de plus qu’avant la guerre.
- Les bâtiments à moteur (essence, Diesel, semi-Diesel)
- se sont beaucoup plus accrus ;
- i9l3- • 433 unités
- J9Ï4 570 — .
- 1920. . . . . ; 689 -
- 1921 819 —
- 1922 968 —
- I923 1.162 —
- A i924 1.754 —
- La valeur de la pèche a varié dans les proportions suivantes :
- Morue.
- Années
- ig!2.
- iqi3.
- 1918.
- 1919 -
- 1920.
- 1921.
- 1922.
- 1923.
- 1924.
- 1912. 1 q 13 . 1918.
- 19*9-
- 1920. 19 21. 1822.
- 1923.
- 1924.
- 1912 . iq 1 3 . 19.8.
- *9*9-
- 1920.
- 1921.
- 1922.
- 1923.
- I9p2.
- iqi3 . 1918.
- 1920.
- Ï92I .
- 1922.
- 1923.
- 1924.
- Quantité Val. en milliers Prix
- (en quintaux) de francs du quintal.
- 4i3.7I2 25.266 61,02
- 474.824 38.295 63,80
- 107.856 32.092 3o6,8 x
- 315.761 99.266 214,37
- 397.922 127.877 321,36
- 362.443 89.o35 246,75
- 440.117 106.482 24L94
- 556.4i3 102.727 184,97
- 5o2.2l5 112.g35 224,87
- Hareng.
- 395.507 13.954 35,27
- 466,955 16.3o2 34,91
- 3.33. o3i 36.077 108,92
- 4q3.101 57.751 1x7,11
- 465.671 64.739 i39,02
- 322.831 39.449 I22,35
- 343.5qo 36.176 io5,28
- 387.306 55.348 14.2,90
- 470.806 68.262 ‘44,99
- Poissons di vers.
- 1. 126.915 83.468 74,06
- 1.168.801 88.347 7.5,59
- 667.5 10 138.985 208,18
- 1.166.227 268.607 226,23
- 1.384.877 340.994 255,44
- 1.536,757 333.58g 217,04
- 1.366.896 ' 815.488 245,40
- 1.3go.687 874.6ii 269.36
- 1.447.587 460.166 317188
- Crevettes, homards.
- 56.4.17 7.669 135,98,
- 60.564 8.898 133,70
- 34•I78 10.804 -'-99»72
- 57.627 17-774 - 808,48
- 75.719 26.716 35-2,83
- 83.809 3 2.513 387,80
- 80.082 3o.638 382,65
- 88.673 39•99° 45o,98
- 77.078 11.687 54o,19
- Les huîtres, dont les quantités sont données en milliers, fournissent les chiffres suivants :
- Quantité Val. en milliers Prix
- Années (en milliers) de francs du mille
- 1912. . . .' r-s es 1 uo cc CS 1 . 21 7 4,26
- i9i3. . . . 892.138 1.3 .7 2 3,5o
- 1918. . . . 189.598 2.229 11,72
- 1919. . . . 410.307 5.04 2 12,28
- 1920. . . . 3gi.548 6.815 17,40
- 1921. . . . 307.660 6. o5o 19,66
- 1922. . . . 474.684 6.163 12,98
- 192.3. . . . 675.486 8 840 13,08
- 1924. . . . 323.591 5.446 14,70
- Les moules et
- autres mollusques, exprimés en hecto-
- litres, donnent : Quantité Y il. en milliers Prix de
- Années (en hectol.) de francs l’hectolitre
- 1912. . . . 79J•293 2.824 3,55
- igiS. . . . g55.g55 2.924 3,o5
- 1918. . . . 326.968 2.888 8,83
- 1919. . 382.704 4.3o2 11,24
- 1920. . . . 3i5.4o8 4-970 i5,77
- 1921. . . . 396.364 5.3.32 13,4 5
- 1922. . . . 700.9.43 7.317 10,49
- 1923. . . . 385.483 7-793 20,06
- 1924. . . . 3g1.163 r-v O 26,63
- Ceux que ces questions intéressent trouveront dans le Mémoire de M. de Laurens-Castellet les données de la Direction des Douanes sur nos importations et nos exportations de produits de la mer, fort complexes en raison des inégalités de la pêche. Les statistiques que nous donnons suffisent à montrer que le nombre des vapeurs et des bateaux à moteurs ayant augmenté, les apports se sont également accrus, mais avec des irrégularités telles qu’il est encore trop tôt pour conclure d’une manière certaine que les pêches maritimes se développent rapidement en France.
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- Hygiène
- L’ « Aéranalyseur mesureur d’humidité. — On
- counaît les hygromètres et les psychromètres, de modèles très divers, destinés à indiquer le degré d’humidité de l’air. Certains ont reçu des formes pittoresques, tel l’hygromètre à cheveu qui fait sortir d’une maison un personnage muni d’une canne ou d’un parapluie, ou bien couvrir d'un capuchon ou décoiffer une tête, etc. Seuls sont exacts ceux qui mesurent la différence de température entre un thermomètre sec et un thermomètre mouillé. Là encore, le dispositif peut revêtir bien des formes et l’on enconnaîtoùles deux thermomètres sont liés par une abaque où l’on peut chercher le pourcentage de vapeur d’eau.
- L’« aéranalyseur » constitue une nouveauté en ce genre d’appareils, tant dans sa construction qu’en son amusante présentation. L’appareil est constitué essentiellement par un tube de verre ayant la forme de la figure i. A une extrémité À, la paroi de verre est très mince pour assurer un échange rapide de température avec l’air extérieur; à l’autre extrémité est une boule B recouverte d’un tissu qu’on maintient humide. Les deux ampoules A et B sont reliées par un tube fin E dans lequel circule un index de liquide coloré en rouge C. On conçoit dès lors le fonctionnement. L’évaporation de l’eau autour de la boule B produit un
- Fig. r. — Schéma du fonctionnement de l’« Aéranalyseur ».
- froid d’autant plus grand qu’elle est plus rapide. L’air contenu en A se dilate ; celui contenu en B se contracte et l’index C remonte dans le tube E légèrement incliné. Arrivé à la base de B, il débouche le tube C, les deux atmosphères communiquent et la goutte C redescend par gravité ; elle ne tarde pas à refaire le chemin inverse et l’on voit ainsi le liquide rouge voyager dans le tube E.
- Plus l’atmosphère extérieure est chaude et sèche, plus elle est fréquemment renouvelée par l’aération et plus les déplacements de l’index sont fréquents. On peut étalonner l’instrument pour chaque température et connaître ainsi la ventilation optima à établir dans un local pour une humidité donnée.
- Le tableau suivant donne les limites acceptables dans un appartement, d’après le nombre des déplacements, des coups de la goutte colorée, dans « aéranalyseur » de type courant :
- Tableau <Taération idéale.
- TEMPERATURE NO .MB RK DF, COUPS A LA MINUTE
- Minimum Maximum Moyenne idéale
- Centigrade. permis. permis. à rechercliei\
- i5° 0 4 2
- 160 4 10 7
- 17° 6 14 IO
- 180 8 18 i3
- 190 12 27 19
- 20° 16 34 25
- 2 1° 20 42 3i
- 2 2° 24 5o 87
- 23° 3o 59 45
- 24u 35 " 6 9
- 25° 4i 78. 60
- 26° 45 84 65
- 27o 5o 9l 71
- 28° 58 101 80
- Yoici, maintenant, des exemples de la manière d’interpréter les indications de l’instrument :
- Si, en été, la chambre est à a?.0 et que 1’ « aéranalyseur » ne bat que 16 coups à la minute au lieu du minimum u.j ou de la moyenne idéale de 37, cela indique que l’aération est insuffisante, l’humidité et la température trop élevées. L’état le plus facile à corriger de ces trois est certai-nementle manque de ventilation, et si l’on établit une ventilation convenable, 1’ « aéranalyseur » indique de suite cet état en montant « au moins » à 24 et en indiquant éventuellement 87 qui est la moyenne idéale à atteindre.•
- Si, en hiver, la chambre est ^"ig. — L Aéranalyseur
- à 20° et que 1' « aéranalyseur » el son 8uPPort-bat 40 coups à la minute au lieu
- du maximum 34, cela indique que l’état de l’air est hors de la zone de confort, parce que l’air est trop sec, qu’il y a un excès de ventilation ou qu’il fait trop froid. Pour obtenir un état d’aération idéale, vous n’avez qu’à humecter l’air, ou, ce qui est plus facile, réduire la ventilation ou faire monter la température.
- L’. « aéranalyseur » permet donc de connaître, d’une manière très simple, l’état de l’atmosphère d’un appartement, d un bureau, d’une usine et par conséquent de l’aérer convenablement.
- Le tube qui constitue l’appareil est fixé sur un support de forme amusante, représentant une sirène (fig. 2), qui lui donne de la stabilité et le protège contre les chocs.
- En vente chez MM. Ivirby, Beard et Gie, 5, rue Auber, Paris.
- Zootechnie <«*
- Sonde œsophagienne à relevage automatique contre la météorisation des ruminants. — La tym-panite aiguë, ou météorisation, est caractérisée par la production et l’accumulation rapide de gaz de fermentation, notamment dans la partie supérieure du rumen (panse), de sorte qu’en très peu de temps, le flanc augmente en largeur et en hauteur; le flanc droit se gonfle ensuite et, finalement, le corps de l’animal météorisé est complètement ballonné. La mort survient par intoxication carbonique et par suite de la compression du diaphragme et des poumons par les gaz accumulés dans le rumen distendu.
- Autrefois, 4° pour 100 au moins des bovins tympa-nisés ou atteints d’obstructions œsophagiennes succombaient par suite de l’emploi d’instruments occasiounant de graves blessures et des complications mortelles.
- Il n’existait pas de sonde œsophagienne dont l’extrémité antérieure se l'elevât automatiquement lors de son
- Fig. 3. — Sonde œsophagienne à relevage automatique contre la météorisation des ruminants.
- entrée dans l’estomac. Les sondes employées s’enfonçaient dans la masse de fourrage plus ou moins mâchée, sans atteindre les gaz de fermentation, lesquels gaz, plus légers, et réunis dans la partie supérieure de l’estomac, ne pouvaient s’échapper par l’ouverture antérieure de la sonde qui se trouvait aussitôt obstruée.
- On a donc imaginé un perfectionnement qui consiste
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- <S58S;i
- m
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Ait
- dans la possibilité de faire relever automatiquement la sonde pour atteindre la couche gazeuse.
- Ce perfectionnement est du au I)r Nuesch, de Bourg-felden (Haut-Rhin).
- Cette sonde ne peut traverser en ligne droite une masse, telle que du fourrage mâché.
- La, figure ci-jointe montre ce nouveau dispositif appliqué à une vache météorisée.
- L’animal étant attaché ou retenu par un aide, la tête tendue et relevée, on fixe une boule-bâillon sur la bouche; ensuite, on introduit la sonde par l’ouverture centrale, en ayant soin d’observer que le trou de repère, sur la sonde, soit maintenu en dessus.
- Dès que l’extrémité antérieure de la sonde pénètre dans le pharynx, l’animal avale pour ainsi dire de lui-même l’instrument qui, étant uni et très flexible, entre dans l’estomac, sous l'effet d’une légère pression, traverse la masse de fourrage pour atteindre, en se relevant, la couche gazeuse. L’extrémité antérieure de la sonde étant criblée de trous, l’évacuation des gaz se produit. Si, en introduisant la sonde, on ressent une certaine résistance, il suffit, généralement, de tirer l’instrument un peu en arrière, avant de continuer à le faire progresser. On agit de même lorsque l’évacuation des gaz est interrompue prématurément.
- S’il existe des corps étrangers dans l'œsophage, l’extrémité postérieure de la sonde, en forme de petite coupe, peut servir à le dégager, en imprimant une pression modérée mais permanente et en faisant avancer la sonde par petits coups, au lieu de la faire glisser.
- L’affaissement complet des flancs ne se produit que lorsque le gonflement est provoqué surtout par des gaz. Lorsque la masse principale est du fourrage, on laisse la sonde plus longtemps, ou on l’introduit de nouveau après l’avoir lavée.
- Une baguette empêche le redressement de l’extrémité mobile de la sonde pendant l’introduction. Lorsque les deux tiers de la sonde ont pénétré, on retire la baguette ; elle sert de débouchoir si l’appareil vient à s’obstruer, et on l’emploie également pour le nettoyage et le graissage de la sonde. Henri Blin.
- Objets utiles
- Buffet de cuisine transformable. — Ce buffet d*e cuisine a été imaginé par un inventeur français. Le
- Fig. 4. — Buffet de cuisine transformable.
- meuble a la forme d’un buffet à l’état'ordinaire ; il est disposé de façon qu’à la partie inférieure un placard mobile coulissede côté etpermetteainsilatransformation du buffet en table, devant laquelle la ménagère fait toutes ses préparations en évitant des déplacements inutiles.
- Dans le haut se trouvent deux placards compartimentés. Sur la gauche, une boite à farine zinguée comporte un obturateur mobile qui laisse tomber la farine par secousses. Sur les portes sont disposés les listes des temps de cuisson, des tableaux, des porte-fiches, un support d’adresses, une ardoise, etc. Dans la partie moyenne est une planchette pour boites, un plancher inférieur zingué. Une autre planchette zinguée intérieurement, repliable, forme à l’état de repos la partie moyenne du buffet. Lorsqu’elle est dépliée elle constitue une table de travail.
- Dans le bas, la partie de gauche fixe comporte des compartiments et un tiroir zingué. La partie mobile qui coulisse latéralement reçoit les gros ustensiles, une tablette augmente la surface de la table de travail et peut servir de planche à hacher. Une hotte pour divers ustensiles plats est fixée contre l’intérieur de la porte de la partie mobile.
- Constructeur : Mme Roche, à Haucourt (Aisne).
- *v> Jeux -
- Jeu de courses « Sérpentine ». — Ce jouet est constitué par une tige comportant un pas de vis très
- Fig. 5. — Jeu (le courses « Serpentine ».
- allongé et terminée à chaque extrémité par deux socles. La figure par elle-même indique le fonctionnement de l’appareil. Une sorte de moyeu formant écrou mobile le long de la vis porte des bras à l’extrémité desquels sont fixés les chevaux concurrents portant chacun un numéro.
- Pour le fonctionnement, on place l’appareil de manière que la pièce mobile se trouve placée à la partie supérieure. Elle redescend uniquement par son poids et l’écrou tourne sur la vis. Arrivée à la partie inférieure, par suite de son inertie, la pièce ne s’arrête qu’au bout d ün certain temps et le cheval qui se trouve devant le drapeau est le gagnant.
- Pour le coup suivant, il suffit de retourner la pièce de manière que le socle supérieur serve de base à la colonne, et le même fonctionnement recommence.
- C. I. E. F. A., 66, rue de la Chaussée-d’Antin, Paris.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : GENTIANE JAUNE
- Parmi les nombreuses espèces de gentianes qui croissent en France, la Gentiane jaune (Gentiana lutea L.) Gentianacées, appelée très souvent encore Grande?1 Gentiane, est la plus employée en thérapeutique. Nombre d’auteurs font venir son nom de Gentius, roi d’Illyrie, qui vivait 172 ans avant Jésus-Christ, tandis que, d’après l’érudit thérapeute qu’est le D' H. Leclerc, il faut l’attribuer à un médecin de l’antiquité porteur de ce vocable.
- Habitat. — La Gentiane croît dans nos principales contrées montagneuses : les Alpes, les Vosges, les Pyrénées, les Cévennes, l’Auvergne, la Bourgogne, le Queyras, le Briançonnais et toute la région comprise entre 800 et os5oo m. d’altitude.
- Description sommaire. — Plante vivace, à tige haute de o m. 80 à 1 m. 5o, dressée, creuse en dedans. Feuilles inférieures, larges, elliptiques, les supérieures sessiles, opposées, embrassantes. Fleurs s’épanouissant en juillet, d’un beau jaune d’or, disposées en verticilles successifs au sommet de la tige. Bacine longue, grosse parfois comme l’avant-bras, d’un brun noirâtre à l’extérieur, d’un jaune rougeâtre à l’intérieur, d’une odeur forte et d’une saveur très amère. Graines nombreuses, arrondies, très minces.
- Culture. — Comme on la trouve en abondance dans les contrées montagneuses précitées, on ne la cultive que dans certaines régions qui ne le sont pas. On peut la multiplier par le semis ou par la division des souches, au printemps, dans une terre franche, profonde, un peu humifère ou tourbeuse, plutôt humide et à mi-ombre. La levée des graines est capricieuse; elle se fait souvent attendre très longtemps (A. R. et D. B.).
- Récolte, séchage et rendement. — D’accord sur le fait que les racines n’atteignent le maximum de leurs vertus qu’à la lin de la deuxième année de végétation, certains auteurs diffèrent sur le meilleur moment de leur récolte. Tandis que les uns conseillent de les arracher à ce moment-là, d’autres suggèrent de ne le faire que vers la cinquième année, alors qu’elles ont atteint au moins la grosseur du poignet. Dans tous les cas, l’arrachage, qui est assez difficile, doit avoir lieu, de préférence, à la fin de l’automne, après la chute des feuilles, ou même jusqu’en février, si l’état du terrain le permet.
- On attend parfois jusqu’au printemps.
- Les racines arrachées, on les nettoie sans les laver, on les'laisse entières ou on les coupe en petits morceaux de a cm, et on les fait sécher rapidement en plein air sous des hangars ou dans le séchoir. On les conserve, selon la quantité, dans des caisses ou des bocaux pouvant être très bien fermés ou bouchés.
- Les racines perdent par la dessiccation les deux tiers environ de leur poids.
- Composition chimique. —- La racine de gentiane est la seule partie usitée. Elle renferme comme principales substances trois glucosides : la gentiopicrine, la gentia-marine et la gentisine, deux ferments, l’un hydratant, l’autre oxydant, une matière colorante, la gentisine, une essence et des traces d’un tanin, l’acide gentiotannique. La gentiopicrine se dédouble, au contact des acides, en glucose et gentiogénin. Bourquelot et Hérissey ont isolé, de la racine fraîche, du sucre de canne et un autre sucre tout à fait spécial : la gentianose.
- Propriétés thérapeutiques. — Cette racine est très appréciée depuis longtemps pour ses remarquables propriétés toniques, apéritives, stomachiques et fébrifuges. On la considère comme la reine des amers indigènes et le meilleur succédané du quinquina, d’où le nom de « quinquina indigène » qu’on lui a donné parfois.
- Des recherches récentes, poursuivies- sur un des points les plus impaludés de la Corse, ont conduit M. Tanret à reconnaître à la plante, et tout spécialement à la gentiopicrine, des propriétés antipériodiques très nettes, capables de rendre des services quand la quinine n’a pas donné tout ce qu’on en attendait : le même auteur a constaté que la gentiopicrine tuait rapidement les infusoires, ce qui expliquerait son influence sur les hématozoaires du paludisme (Dr H. L.).
- Préparations pharmaceutiques. — Extrait o gr. 20 à 2 gr. ; infusion 5 pour 100; macération 20 à 3o gr. pour 1000; poudre o gr. 5o à 5 gr. ; sirop 10 à 100 gr. ; vin 60 à 120 gr. La racine fraîche et surtout stabilisée est plus active que la racine sèche. Elle entre dans la composition de l’élixir de Peyrilhe. On fait avec elle des pois à cautères et des drains. La médecine vétérinaire en emploie beaucoup pour remplacer économiquement le quinquina.
- La gentiane constitue la base essentielle de la plupart des apéritifs commerciaux : bitters et vermouths. On fabrique avec elle une eau-de-vie spéciale dans l’Est de la France, Côte d’Or, Jura et Vosges, en mettant fermenter avec de l’eau portée entre i5° et 180 des fragments de racines qui contiennent une quantité notable de sucres.
- Observations commerciales. — Contrairement à ce qui se produit avec nombre de plantes médicinales, nous exportons des racines de gentiane. Avant la guerre, on estimait que iôoooo balles de 100 kg, valant de 34 à. 40 francs le quintal, étaient exportées chaque année par le port de Bordeaux ou par celui de Marseille à destination de l’Amérique du Nord. L’herboristerie payait alors pour ce poids 35 à 45 francs. Depuis, le prix en gros s’est élevé entre 5o et 100 francs le quintal, et au détail le kg a été coté 1 fr. 25 à 1 fr. l\o pour les racines entières et 1 fr. 60 à 1 fr. 80 pour les racines coupées.
- LIERRE TERRESTRE
- Le lierre terrestre (Glechoma hederacea L.) Labiées a plusieurs synonymes dont lès principaux sont : Glé-chome liédéracé, Herbe de Saint Jean, Couronne de terre, Rondote. Il tire son nom de ce que ses tiges rampent sur le sol comme le lierre commun (Iledera hélix L.) le long des murailles ou des arbres.
- Habitat. — Cette petite plante printanière croît en abondance dans les haies, les prairies, au bord des chemins, le long des murs et dans les endroits incultes et frais.
- Description sommaire. — Plante vivace de 10 à 3o cm de hauteur, à tiges quadrangulaires, plus souvent couchées et rampantes que dressées, pourvues de raciues ou stolons. Feuilles pétiolées,. opposées, crénelées, odorantes. Fleurs apparaissant dès février, mais continuant à s’épanouir, selon les régions, jusqu’en juin et juillet, d’un violet clair en glomérules à l’aisselle des feuilles. Toute la plante a une odeur forte et aromatique, une saveur amère, balsamique et un peu âcre.
- Culture. — D’après le Dr Héraud, on ne cultive pas le lierre terrestre, car la plante obtenue par la culture est moins active que celle venue spontanément. Cette opinion me paraît personnelle, ne l’ayant pas retrouvée dans d’autres auteurs, mais il n’en est pas moins prouvé
- que la composition du sol, les engrais et les soins culturaux pris dans leur ensemble exercent sur certaines plantes une réelle influence sur la teneur de leurs principes actifs. Dans tous les cas, on lui accordera une place un peu moins grande dans le Jardin familial, s’il est très abondant dans la région.
- Multiplication. — On,y procède par le semis et par les stolons ou racines des portions rampantes. Dans leur excellent livre, Culture des plantes médicinales, MM. A. Rolet et D. Bouret donnent la préférence aux stolons qu’on plante au plantoir à i5 cm, sur des lignes distantes de 20 à 3o cm dans un terrain bien labouré. Choisir un lieu frais, ombragé, par exemple, les pentes fraîches exposées au nord. Arroser pour faciliter la reprise et donner les soins habituels : binages et sarclages. La plantation peut durer plusieurs années.
- Récolte. — On ramasse la plante entière aussi proprement que possible et sans racines, les feuilles et les sommités au moment de leur floraison. Il faut les faire sécher rapidement à l’ombre et au besoin au soleil ou à l’étuve. Les feuilles sont étalées sur une claie, et les sommités, réunies en bouquets, suspendues en guirlandes. On doit les conserver très sèches, car l’humidité les noircit facilement.
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- Composition chimique. — Faute d’une analyse complète, on n’a décelé dans cette plante qu’une huile essentielle et une matière résineuse amère.
- Propriétés thérapeutiques. — Tous les auteurs anciens qui ont parlé du lierre terrestre se sont accordés à vanter son efficacité contre la phtisie. Si on ne la lui reconnaît plus aujourd’hui, on admet qu’il exerce sur les muqueuses de i’appareil respiratoire une action analogue à celle de l’hysope qui en légitime l’emploi dans les hypercrinies bronchiques (Dr H. L.). Il constitue
- encore, actuellement, un remède très populaire comme tonique, pectoral, vulnéraire, efficace dans les maladies chroniques de la poitrine.
- Préparations pharmaceutiques. — On l’emploie en infusion io gr. par litre, et en sirop 3o à Go gr.
- .Observations commerciales. — Le lierre terrestre est toujours très demandé en herboristerie. La vente des feuilles mondées, entre i fr. y5 et 2 francs le kg, est plus importante que celle de la plante entière qui n’a guère dépassé o fr. 80. A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. F. Otero, Rio de Janeiro. — Ouvrage sui'les entreprises de transport en auto et autobus : Chemins de fer d’intérêt local, tramways, services publics automobiles par L. Vasseur, publié chez Baillière, rue Hautefeuille, Paris.
- M. Lancelin, à Auxon. — Filtres à tambour rotatif. Heibig et Cie, 188, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris. Société de Représentations Industrielles (filtre Oliver), 70, rue de Tocqueville, Paris.
- M. E. R., à Marsïllargues (Hérault). — Documentation sur la fabrication des huiles. — Voici les ouvrages les plus récents sur la question : Fabrication et raffinage des huiles végétales, 1 volume, par J. Fritsch; L’olivier et les produits de l’olivier, 1 vol., par J. Bonnet (Librairie A.-D. Cillard, Paris, 49, rue des Vinaigriers, 10e) ; Manuel du Fabricant et Epurateur d’huiles végétales et animales, 1 vol., par N. Chryssochoïdes (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e); L’Industrie oléicole. Fabrication de l’huile d’olives, 1 vol., par J. Dugast (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- 11 n’existe pas d’ouvrage traitant spécialement de la fabrication de l'huile de pépins de raisins, mais des études, en articles, épars dans diverses publications. Voyez notamment l’étude publiée par M. A. Dubosc,-dans la revue Les matières grasses (A.-D. Cillard, éditeur, adresse indiquée ci-dessus), et, dans cette même revue, n° de décembre 1923, L’Industrie d’extraction de l’huile de pépins de raisins, par Flenri Blin. En outre, il y aurait lieu de se mettre en relation avec M. J. Bonnet, directeur du Service de l’Oléiculture, à Marseille, qui a étudié très complètement cette question et établi des données pratiques. Consulter aussi, à Montpellier, les études publiées dans Le Progrès agricole et viticole (1, rue Abisson), et chez Coulet, éditeur (5, Grand’rue), ainsi que le Directeur départemental des Services agricoles de l’Hérault et le Directeur du Laboratoire de Viticulture, à l’Ecole d’Agriculture de Montpellier.
- M. R. K., rue Théodule-Ribot, Paris. — l'Industrie d’extraction de la laine végétale (laine de pin) se pratique surtout en Allemagne. Nous ne connaissons pas de firme s’occupant de la construction du matériel nécessaire pour cette industrie, et nous ne possédons pas de chiffres relatifs au rendement journalier d’une usine, non plus qu’au capital à prévoir pour l’installation de celle-ci. Pour renseignements sur la technique, et sur l’installation d’une usine, vous pourriez probablement obtenir des indications ou des directives en vous adressant à M. J. Coste, au journal Bois et résineux, 26, Cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux, et à M. Garçon, directeur de l’Association de documentation, 82, rue Tait-bout, Paris (9“).
- M. E. II. Sidi Aggouch, Sidi Sliman (Maroc).— Dans la Boîte aux Lettres du n° 2732, du 14 août 1926, page 56, nous avons répondu à votre première lettre au sujet de la fabrication des produits mélassés pour le bétail.
- A votre seconde lettre, nous ne pouvons répondre que ceci : Nous ne connaissons pas d’ouvrage consacré à cette question très spéciale. Néanmoins, vous pourriez
- vous renseigner auprès des éditeurs dont voici les adresses : Librairie agricole de la Maison rustique, Paris', 26, rue Jacob (6e); Librairie spéciale agricole, Maurice Mendel, Paris, 58, rue Claude-Bernard (5e); Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris, 19, rue Hautefeuille (6e); Librairie L. Mulo, Paris, 12, rue Hautefeuille; Librairie Dunod, Paris, 9.3, rue Bonaparte (6e).
- D’autre part, vous pourriez obtenir des renseignements en vous adressant à M. Emile Saillard, directeur du Laboratoire du Syndicat des Fabricants de sucre de France, à Paris, ainsi qu’au Journal des Fabricants de sucre (directeur, Georges Dureau), Paris, 3, rue de Richelieu (ie,j ; demander à la Sucrerie de Toury (Eure-et-Loir) la notice concernant le Pail’ mel (paille mé-lassée) ; voir aussi au Secrétariat général de l’Association des Chimistes de sucrerie et distillerie, Paris, i56, boulevard de Magenta (10e).
- Mme Jouanolon, à Bénac. — On obtient de la laine parfaitement blanche en la traitant par l’acide sulfureux après l’avoir bien lavée.
- 'L’acide sulfureux s’obtient par la combustion du soufre dans des chambres bien closes construites en pierre ou briques, aucun métal ne devant être employé à l’intérieur. Les articles à blanchir sont placés humides dans ces chambres, soit sur des perches, soit sur des tablettes en bois, le tilleul étant habituellement choisi. Une fois tout bien disposé, on place sur le sol une terrine en grès contenant de la fleur de soufre au centre de laquelle on a placé une mèche soufrée et on allume celle-ci. Bien entendu la terrine doit être placée de façon que les flammes produites par la combustion du soufre ne viennent pas brûler les objets à blanchir. Si le soufre éprouvait quelque difficulté à s’enflammer, la réussite serait assurée en le mettant en contact avec une tige de fer rougie au feu. Après s’être assuré du bon allumage, on ferme la porte et, par une vitre placée dans celle-ci, on surveille la bonne marche de l’opération; quand tout l’oxygène de l’air contenu dans la pièce a été absorbé par le soufre pour donner de l’acide sulfureux, le soufre s’éteint ; on laisse agir pendant douze heures le gaz, puis, après avoir ouvert la porte, on attend encore une heure avant de pénétrer dans le local; l’acide sulfureux étant très suffocant, on enlève alors la laine que l’on plonge dans une eau légèrement ammoniacale pour désoufrer ; enfin on rince à grande eau et on azuré en plongeant dans un bain d’eau contenant un peu de violet de Paris (opération analogue à l’azurage du linge avec le bleu de blanchisseuse). Quelquefois on fait cet azurage avant soufrage, ce qui, paraît-il, donne de meilleurs résultats.
- Le Tam-Tam, à Perpignan. — Le meilleur charbon industriel est celui qui fournit les calories au meilleur marché, autrement dit qui renferme le maximum de matières combustibles (coke et matières volatiles) avec le minimum de cendres. Il faut donc vous rendre compte du prix auquel vous pourrez obtenir, rendues aux usines, les différentes houilles de votre région susceptibles de vous être livrées. A titre d’indication, voici la composition de quelques houilles régionales :
- - Matières volatiles Coke Cendres
- Bessèges . . . ^ 1 0 0 62. g5 1 2, o5
- Alais 22.00 76.60 1 „ 40
- Graissessac . . 25.3o 64.60 10.10
- Grand’ Combe. 24.3o 72.45 3.25
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- Ces compositions peuvent varier suivant la veine en voie d’extraction ec il faut tenir compte des conditions locales d’utilisation du charbon : type de générateur, tirage de la cheminée, habileté du chauffeur à conduire son feu, etc.
- En résumé; nous vous conseillons de demander aux différentes mines de vous indiquer en même temps que les prix le pouvoir calorifique, qui peut varier de 8000 à 9500 calories, en leur faisant connaître les caractéristiques de votre générateur (surface de chauffe, section de la cheminée, etc.) ; vous pourrez alors résoudre la question en connaissance de cause.
- M. Mangé, à Paris. — Le moyen le plus simple et le plus pratique que vous puissiez employer pour mesurer le débit d’une conduite d’eau en charge, sans être obligé de vous servir de compteurs ou appareils analogues, estde recevoir 1 eau qui s’écoule dans un récipient jaugé. Si les débits à évaluer sont, d’après vos prévisions, de l’ordre de 5o à 3oo m3 par 24 heures, soit de 35 à 210 litres à la minute, un tonneau du type pièce à vin courante d’une contenance de 220 litres conviendra parfaitement, puisque vous disposerez d’une minute au moins pour l’expérience. Avec une montre à seconde, un tube de niveau fixé au tonneau jaugé de 10 en 10 litres vous atteindrez une très grande précision, en même temps que vous pourrez multiplier les essais.
- C. L., à Issoudun. — La désodorisation des suifs de qualité inférieure ne peut se faire facilement, l'odeur étant due aux éthers d’acides gras que l’on ne peut détruire sans saponification. Cependant on obtient une grande amélioration en brassant le suif fondu à basse température avec de l’argile blanche que l’on trouve dans le commerce sous les noms de terre à foulons, terre de Sommières, etc. On laisse reposer, on décante et-on recommence au besoin l'opération avec une nouvelle dose d’argile. Les charbons actifs pourraient également être essayés en vue de la désodorisation des suifs.
- M. Biais, à La Flèche. — Pour empêcher sur un mur, à l’emplacement d’une vieille cheminée, la suie de ressortir, au travers de l’enduit de plâtre, il vous suffira d’appliquer à cet endroit un vernis à la gomme laque obtenu en faisant dissoudre à chaud 25 gr. de gomme laque en écailles dans 200 cm3 de solution de borax à 5 pour 100. Laisser bien sécher, puis peindre dans les conditions habituelles.
- M. Mues, à Paris. — i° Dans les conditions que vous indiquez, le scellement qui convient le mieux pour vos tiges de fer dans la pierre est le plomb fondu.
- 20 Vous enlèverez facilement le goût caractéristique à votre eau-de-vie de marc en l’additionnant d’une solution d’hyposulfite de soude, puis en distillant.
- 3° La recette suivante vous permettra de préparer une
- bonne eau de Cologne :
- ^ Alcool rectifié à 900................65o cc.
- Eau distillée de fleurs d’oranges i5o —
- Essence de bergamote............. 10 gr.
- de cédrat................. 5 —
- — de citron................ i5 —
- — de lavande................ 5 —
- Teinture de benjoin............... 20 —
- — d’ambre gris............ 5
- Agitez, laissez « mûrir » une quinzaine de jours, filtrer sur papier en couvrant l’entonnoir pour éviter l’évaporation de l’alcool. N. B. On peut remplacer les teintures ci-dessus par 5 gr. de benjoin et o gr. o5 d’ambre gris.
- M. Hittos, à Saint-Sever. — T Les taches de goudron s’enlèvent sans difficulté en opérant ainsi :
- On enduit de beurre la partie tachée de façon que le goudron soit bien délayé par la matière grasse, on laisse au besoin en contact un temps suffisant pour qu'il en soit ainsi. 11 suffit alors de savonner dans de l'eau tiède pour que la tache disparaisse.
- 20 II existe en effet un procédé d’application facile et sans danger pour enlever les taches de graisse sur les vêtements, c’est de se servir de tétrachlorure de carbone au lieu de benzine comme on le fait généralement, le tétrachlorure est ininflammable et son pouvoir dissolvant est au moins égal.
- 3° Pour les taches de sucre employer l’eau tiède, traiter les taches de cambouis comme celles de goudron.
- 4“ La sueur étant acide, les taches résultant de la
- transpiration s’enlèvent par l’eau ammoniacale qui ramène la couleur du tissu à sa valeur primitive.
- Ecole normale de Carcassonne. — i° Nous avons publié dans le n" 2718, du 8 mai 1925, Science appliquée, un article très complet sur le tannage des peaux de lapins, veuillez bien vous y reporter.
- 20 Pour teindre les peaux tannées, on commence par lés dégraisser dans un bain tiède de carbonate de soude et de savon dont la température ne dépasse pas 25° à 28°, on rince et pendant ce temp=! on prépare les deux solutions suivantes pour obtenir du roux.
- A Paramidophénol.................. 100 gr.
- Carbonate de potasse............. 40 —
- Alcool dénaturé................. 5oo cc.
- Eau non calcaire................ 5oo —
- Le paramidophénol se dissout dans l'alcool, le carbonate de potasse dans l’eau; on réunit ensuite les deux liquides.
- B Bichromate de potasse .... 5o gr.
- Eau chaude............. . . 1000 cc.
- Pour la teinture, les solutions A et B sont mélangées à parties égales juste au moment de l emploi et on applique au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table poil en dessus.
- Le teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une* demi-heure environ, il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge. Après séchage, on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d huile.
- Si on désire un bruit presque noir, on remplace dans la solution A le paramidophénol et le caxbonate de potasse par :
- Paraphénylène diamine.
- et on conserve les mêmes dissolvants alcool et eau.
- De même, pour obtenir le châtain, on prendra pour les mêmes quantités d’eau et d’alcool :
- Amidol. ..................... 100 gr.
- Carbonate de potasse......... 40 __
- Enfin, pour le blond cendré, on emploiera : Métaphénylène diamine .... 100 gr.
- Bien entendu, la solution B sera toujours mélangée à égalité de volume avec la solution A ainsi modifiée.
- P. N. — L’ouvrage Le cocotier, par Prudhomme, culture, industrie, commerce, vous fournira tous renseignements sur l’utilisation des différentes parties de ce précieux végétal; éditeur Challamel, à Paris.
- 2° Les maisons suivantes vous fourniront des toiles transporteuses pour toutes applications : La Manutention mécanique, 155, boulevard Haussmann : Transporteurs « Simplex », 43, rue Lafayette ; Burton, 68, rue des Marais ; Davidsen, 3, rue Fénelon ; Dupuy et Ciè, 27, rue du Banquier, Paris, 186, avenue Michel-Bizot.
- A. D., à Cuire. — Si les coussins de votre voiture sont éraillés, il ne peut être question de raviver une couleur qui n’existe plus. Le mieux serait, selon nous, de passer au pinceau, sur les endroits blanchis par l’usure, une solution plus ou moins concentrée de bleu de méthylène dans l’alcool.
- M. Lebrun, à Caen. — Vous pourrez réaliser des spires jointives en enduisant le fil d’un vernis à l’acétate de cellulose, ainsi que cela se pratique pour les fils dits
- émaillés.
- Acétate de cellulose................. 40 gr.
- Acétone.............................3oo cc.
- Triacétine........................... 20 —
- Colorant d’aniline................... q. s.
- Il suffit de passer le fil en continu dans la solution et de lui faire suivre à l’air un chemin suffisant quelques mètres au plus pour qu’après évaporation de l'acétone, on puisse le bobiner à la place définitive.
- 20 L’enduit métallique pour écrans de projection se prépare ainsi : dans un lait de chaux très dilué, contenant 10 gr. de chaux éteinte bien pulvérisée, on délaye 3o gr. de caséine ordinaire. On incorpore ensuite à la bouillie 20 gr. de blanc d’Espagne et 20 gr. d’aluminium en poudre très fine. La couche ainsi réalisée par badigeonnage de l’étoffe au moyen de la mixture est d’un blanc métallique mat diffusant bien la lumière et présente une assez grande résistance à l’usage.
- L. M., Paris. — Vous trouverez tous renseignements sur le rôle des accélérateurs en vulcanisation du caoutchouc dans les ouvrages suivants : Industrie du caoutchouc, par Jacobs, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. Technique du caoutchouc souple, par R, de Fleury, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
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- JSO
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- BIBLIOGRAPHIE
- osr
- Armais of the Astronomical Observatory of Harvard College. Yol. 87. Part. I. 1 vol. 126 p. Cambridge (Etats-Unis), 192a.
- Outre le relevé des observations faites en 1924 à l'Observatoire météorologique de Blue Bill, ce volume contient un mémoire important de M. George Porter Paine sur l’Aérodynamique du Psychromètre. L’auteur se livre d’abord à une étude générale théorique et expérimentale des transformations de l’énergie dans un jet d’air. Puis il étudie spécialement les transformations de l’énergie du jet d’air dans la région des tourbillons provoqués par la présence d’obstacles dans le courant d’air.) Il se livre ensuite aux mêmes études dans le cas d’un courant d’air humide et d’un obstacle humide ; il en déduit une formule pratique pour le psychromètre et la vérifie par comparaison avec un hygromètre chimique.
- Air liquide. Oxygène. Azote. Gaz- rares, par Georges Claude, membre de l’Institut. 2e édition. 1 vol. 4^4 P > 166 fi g. Dunod éditeur, Paris, 1926. Prix : 3a francs.
- La première édition du beau livre de Georges Claude a paru en 1903. L’air liquide, alors, commençait à peine sa carrière industrielle. On sait quels, magnifiques développements elle a pris depuis cette date, et cela en grande partie, grâce aux beaux tra- , vaux de l’auteur. L’ouvrage de M. G. Claude relate d’abord les étapes historiques de la liquéfaction des gaz; il montre ensuite comment a été réalisée la liquéfaction industrielle de l’air, il étudie les diverses propriétés de l’air liquide et ses nombreuses applications; celles-ci se sont multipliées depuis 1903; citons notamment les explosifs et les appareils respiratoires. Une des plus importantes est la séparation de l’air en ses éléments; cette question a fait de grands progrès depuis 1903; on en trouve l’exposé détaillé dans la nouvelle édition du livre de M. G. Claude, avec la description des divers appareils-employés et l’analyse détaillée de leur fonctionnement. La préparation de l’azote et de l’oxygène par distillation de l’air liquide offre un vif intérêt aussi bien scientifique que pratique, et M. Claude le fait ressortir avec la vigueur et la clarté caractéristiques de son grand talent d’écrivain. L’ouvrage se termine par un chapitre consacré à l’extraction des gaz râres de l’air, question qui, elle aussi, prend chaque jour une importance nouvelle en raison des nombreux emplois scientifiques ou industriels qu’ont trouvés ces corps. M. G. Claude sait rendre accessibles les problèmes physiques les plus ardus, et son livre offre de la première à la dernière page le plus vif attrait.
- La T. S. F. et les phénomènes radioélectriques expliqués sans formules, par J. d’Anselme, i vol. 146 p., 149 fig. E. Chiron, éditeur, Paris, 1926. Prix : 12 fr.
- L’auteur s’est efforcé de faire comprendre par des images claires et concrètes les phénomènes fondamentaux de l’électricité et le mécanisme intime des transmissions radioélectriques ainsi que des appareils utilisés à cet effet. Il y a parfaitement réussi, et son livre, original en plusieurs endroits, eonstitue une excellente initiation qui rendra sérvice non seulement aux amateurs de T. S. F., mais à tous ceux qui débutent en électricité. L’exposé suit, pas à pas, l’exposé classique de l’électricité,* mais sans craindre de faire
- . intervenir dès le début les conceptions les plus modernes sur la nature intime de l’électricité et la cons-titution de la matière. . . '
- Matières colorantes. L'indigo et ses dérivés, par J. Martinet. 1 vol. 686 p. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1926.
- L’indigo est une matière colorante d’une importance exceptionnelle, non seulement par lui-même, mais parce qu’à la suite de sa synthèse, sa constitu-
- 1 tion chimiqué s’étant trouvée bien établie, il est devenu le type d’une grande classe de colorants, homologues ou dérivés, les colorants indigoïdes. La fabrication synthétique de l’indigo, longtemps mono-
- pole allemand, est aujourd’hui implantée en France. L’ouvragede M. Martinet, véritableencylopédie de l’indigo, apporte une aide précieuse à cette jeune industrie, ainsi qu’à tous les chimistes de teinturerie qui ont à mettre en œuvre les colorants indigoïdes.
- La coupe des aciers au chalumeau, par R. Granjon, P. Roskmberg et A. Boutté. i vol. 80 p., 896g. Bibliothèque de l’Office Central de l’Acétylène, Paris, 1925. Prix : 4 L*. 5o.
- Après un court historique et des notions sur le processus du coupage, la description du chalumeau et du matériel à employer, la mise en route des postes, les auteurs ont rédigé un véritable manuel de la coupe avec explications et exercices permettant à tous les praticiens de s’exercer et de devenir habiles dans ce procédé qui rend tant de services dans les ateliers.
- Manuel de brasserie, par M. Picoux et Werquin. i vol. 320 p., 91 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1926.
- On trouvera dans ce volume l’essentiel sur la législation française de la bière, l’exposé du mécanisme de la fermentation, la description du matériel et de la pratique du brassage.
- Carrières. Plütrières. Ardoisières, par J. Camen et E. Druet. i vol. 283 p,, 77 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris 1926. Prix : 18 francs.
- Cet ouvrage débute par des notions de géologie et de minéralogie; il décrit ensuite le matériel et les méthodes d’exploitation des carrières,.il résume la législation en vigueur; puis il étudie suivant le même plan le plâtre et les plàtrières, l’ardoise et les ardoisières. Un appendice donne l’énumération des principales espèces de rocher sédimentaires et la classification des roches éruptives en familles naturelles.
- Le problème de la conservation des matériaux, des habitations et des monuments, par A. Knaren, i br. 47 fig. publiée par la Compagnie générale d’asséche-ment et d’aération, bq, rue Pigalle,- Paris.
- L’humidité est le grand agent de destruction des bâtiments ; en analysant en détail le mécanisme de son action, ainsi que son évolution au contact des matériaux poreux, suivant les variations de température et de pression, l’auteur a pu mettre au point des méthodes simples et efficaces pour protéger les maçonneries. Elles ont aujourd’hui fait leurs preuves, et le succès a récompensé le long effort de l’inventeur, attelé depuis plus de 3o ans à ce difficile problème. La présente brochure fournit un très clair exposé général de la. question et un aperçu des solutions préconisées par M. Knapen.
- La guerre et la paix, par Ludovic Naudeau. i vol. 260 p. Flammarion et Cie. Paris 1926. Prix : 10 francs.
- M. L. Naudeau est un journaliste célèbre : il s’attaque ici à l’une des questions les plus graves de notre temps. Comment assurer la sécurité que la France réclame si ardemment après les épreuves de la grande guerre? Mais, d’abord que faut-il entendre par ce mot, sécurité. Pour préciser la notion qui s’y attache, l’auteur a interviewé les plus hautes autorités du monde politique, militaire et scientifique français : on sera frappé de leurs profondes divergences, et cette consultation fait ressortir pour nous plus de causes d’insécurité que de sécurité ; dépopulation de la France, exaltation des nationalismes européens, armements apparents ou clandestins, incompréhension mutuelle des nations; au milieu de telles incertitudes, il existe cependant pour la France des moyens d’améliorer sa sécurité ; l’auteur les indique, mais sans cacher que leur mise en œuvre exige beaucoup de courage et de volonté; après quoi, il analyse, sans illusions, les idées de paix perpétuelle et les récentes négociations de Locarno. Examen cruel peut-être, mais nécessaire, auquel l’expérience de l’auteur confère une singulière autorité.
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- N° 2737
- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMAT]
- 18 Septembre 1926.
- Le tour de France d’un gazogène à bois. — La maison Berliet, constructeur de camions automobiles, vient d’achever une intéressante expérience. Un de ses autocars, muni d’un gazogène Imbert au bois, vient d’effectuer en z5 étapes un tour de France de plus de 5ooo km. Cette randonnée s’est faite sans incidents, avec une parfaite régularité, La voiture a dépensé 4o kg de bois aux ioo km, soit au prix de 20 francs les 100 kg une dépense totale de 5oo fr. pour le Tour de France. Avec l’essence, au prix de 3 fr. 20 le litre, et à raison de a5 litres aux 100 km, consommation de l’autocar, la dépense totale eût été de 4°°° fr. L’avantage économique est donc considérable. Et maintenant, on peut se demander comment choisir entre le bois et le charbon de bois qui tous deux ont démontré leur aptitude à remplacer l’essence. Est-ce le fagot ou la bràiselte qui vaincra l’essence ? Cette question a été examinée avec beaucoup de clarté dans le Poids lourd, par M. Jagèr-schmidt. Le bois a tout d’abord l’avantage d’être propre, de manipulation plus facile que le charbon de bois et de se trouver partout. Le gaz produit est "plus riche en principes actifs que celui du charbon de bois; il donne plus de nerf au moteur. Il le doit aux hydrocarbures et à l’hydrogène produit par la distillation du bois. L’épuration est plus facile; il n’y a pas besoin d’eau. Celle du bois suffit. Il est vrai que 1 kg de bois fournit moins de gaz que 1 kg de charbon de bois. M. Goulet a montré que 1 kg de charbon de bois équivaut à 2 kg de bois. Mais, en forêt, pour obtenir 1 kg de charbon de bois, il faut carboniser au minimum 5 kg de bois. On voit que l’emploi du charbon de bois comporte un véritable gaspillage de combustible. Pour i kg de charbon consommé dans un gazogène, il a fallu gaspiller inutilement en fumée 3 kg de bois. Ainsi, au point de vue de nos forêts, et de l’utilisation dé calories disponibles quelles représentent, l’emploi du bois est préfc-rable-à celui du charbon de bois.
- Par contre, le poids de charbon à emporter à bord de l’automobile est moindre que celui du bois pour une même distance, 40 kg au lieu de 100 kg aux 100 km. L’emploi du bois, d’autre part, supprime le délicat problème de la carbonisation en forêt; mais à son tour le charbon de bois offre un avantage fort intéressant aujourd’hui au point de vue forestier ; il permet d’utiliser des débris, des ramilles, qui autrement resteraient abandonnés sur les coupes, et dont on peut faire du charbon, soit directement, soit après transformation en agglomérés.
- La plus puissante machine à vapeur du monde : Un turbogroupe de 160 000 kilowatts. — La plus puissante machine à vapeur du monde sera, sans conteste, celle que l’United Electric Light and Power C° va installer dans sa station centrale de Hell Gâte à Nëw-York. La construction de cette machine, qui développera 160000 kilowatts, a été, après concours, confiée à un constructeur suisse, la Société Brown-Boveri de Baden. Le problème à résoudre était de loger dans l’emplacement encore disponible de l’usine, mesurant 20 m. 5o de long sur 12 m. de large, un groupe électrogène d’une puissance et d’un rendement aussi élevés que possible. Le groupe qui va être installé comprend deûx parties : une partie haute pression et une partie basse pression. La première est alimentée par de la vapeur à la pression absolue de 19,6 kg cm2 et à la température de 325° C; la turbine est une turbine à réaction pure, tournant à 1800 tours par minute, et accouplée â un alternateur de y 5 000 kilowatts. La vapeur qui s’échappe de cette première turbine va travailler dans une seconde turbine, également du type à réaction pure, dont le rotor est à double flux, de là la vapeur s’échappe au condenseur. A cette turbine basse pression qui tourne à 1200 tours est accouplé directement un alternateur de 85 000 kilowatts. Les deux alternateurs fournissent du courant triphasé, 60 périodes, sous i3 800 volts. Le poids total des deux turbines atteindra yo5 tonnes, celui de l’alternateur de 75000 kilowatts : 190 tonnes, celui de l’alternateur de 80 000 kilowatts : 200 tonnes, soit pour le gi'oupe complet 1145 tonnes non compris la
- condensation. Le diamètre moyen de la partie tournante de la turbine basse pression est de 3 m. 90.
- Il est intéressant de noter ici une des tendances récentes de l’évolution de la turbine à vapeur, à savoir la construction de groupes unitaires de plus en plus puissants; on simplifie ainsi l’exploitation des grandes centrales, on en diminue l’encombrement ou bien on améliore l’utilisation de l’espace disponible en même temps que l’on réduit le prix de l’installation. Mais il va sans dire que l’emploi d’unités aussi puissantes n’est possible que pour de très grandes centrales, dans lesquelles elles ne représentent qu’une fraction convenablement calculée de la puissance à distribuer, ceci en vue de maintenir à l’exploitation la souplesse indispensable. A titre de comparaison, signalons que les deux nouveaux groupes turboélectriques qui vont être installés à la Centrale de Gennevilliers, près de Paris, sont chacun de 5o ooo kilowatts. Ce seront les groupes les plus puissants installés en France.
- Une machine à extraire les fibres végétales. — Il existe de nombreuses machines à défibrer; toutes reposent sur le même principe, elles utilisent des couteaux ou racloirs qui causent un déchet de 20 à 25 p. 100
- de fibres. De plus, elles ne peuvent défibrer les feuilles que d’un nombre très réduit de plantes.
- La machine que représente la photographie ci-contre n’est pas une défibreuse, mais bien un extracteur qui extrait la totalité des fibres. Même si on y repasse les déchets des machines à défibrer, on récupère la totalité des fibres qui se perdent dans les résidus.
- La désagrégation s’opère par un système de marteaux articulés qui ne détériorent en aucune façon les fibres, la séparation des pulpes et du just est presque instantanée, par la force centrifuge toutes les impuretés sont expulsées, elles ti'aversênt une grille spéciale, et automatiquement une comporte s’ouvre chaque 10 secondes pour évacuer la fibre absolument propre.
- Moyennant un léger changement dans un organe de la machine, on peut lui faire extraire indifféremment lés fibres des plantes les plus fines, comme la ramie, le lin, etc., ou bien des plus grossières, comme les feuilles et troncs d’agaves, des paliers, bananiers, même des noix de cocotiers.
- Cette nouvelle machine paraît devoir constitüer un progrès important pour l’industrie textile, c’est ainsi qu’elle permettra d’extraire très économiquement les libx’es des pailles de lin après que la plante a produit ses graines; on sait que des millions de tonnes de paille se brûlent chaque année; désormais, on pourra les utiliser pour en retirer les fibres qui sont bien supéx’ieui’es au coton. L’extraction des fibres du lin s’est faite jusqu’à ce jour seulement par le seul procédé du l’ouissage; il pouri'a, à l’avenir être fait mécaniquement.
- L’inventeur de cette nouvelle machine, M. Delafond, est un ingénieur français x’ésidant au Mexique.
- L’irrigation dans le sud-est. — La région du sud-est limitée par le Rhône comprend 171 000 hectares de tei'res irriguées, dont 85 000 dans la vallée du Rhône, 23 000 dans le Var et les Alpes-Maritimes, 63 000 dans la région montagneuse. Divers canaxxx dè la Durance contribuent à cette irrigation sur 18000 hectares. La
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- Ci
- INFORMATIONS
- TJ,
- Fontaine de Vaucluse, les Sorgues, les Sorguettes assurent l’arrosage de 3ooo ha. Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont les canaux des Alpines, de Craponne, de Marseille, du Verdon, de Chàteaurenard qui distribuent l’eau à 34 000 ha.
- Alors que dans la Drôme, la Vaucluse, les cultures maraîchères dominaient, on trouve ici près de Château-renard les primeurs, dans la Crau, les prairies, en Camargue, la vigne. On trouve même encore en Camargue certains vignobles plantés en plants français que l’on préserve du phylloxéra en les soumettant à la submersion pendant l’hiver.
- Dans le Yar et dans les Alpes-Maritimes surtout, l’eau sert à faire des cultures de primeurs, de lleurs, elle est le plus souvent distribuée à la jauge dans des réservoirs que possèdent les propriétaires, elle est ainsi très bien utilisée, un litre par seconde et par hectare suffit. Des données intéressantes sur cette irrigation dans le sud-est ont été fournies par M. de Pampelonne, ingénieur en chef du Génie rural au Congrès de Navigation intérieure et d’aménagement des eaux, Lyon et Grenoble, 1 g u 5.
- Tabac artificiel en papier imprégné. — L’augmentation du prix du tabac suscite des recherches de succédanés. S’il faut croire un écho de la Domenica del cornere, des fabricants allemands ont préparé des feuilles de papier spécial, imitant jusqu'aux nervures des feuilles de tabac. Imprégnées de solutions de nicotine et parfumées selon les goûts havane, manille, etc., ces feuilles de tabac d’un nouveau genre servent à faire des cigares délicieux. La Domenica del carrière ajoute ceci qui a toute sa saveur dans le texte même : « Biso-gna che l’uomo sta un animale ben solido per resistere a tali sofislicazione ».
- L’œuvre du P. Licent et la mission paléontolo-gique française en Chine du Nord. — Les Annales de géographie (i5 mai 1926) donnent un aperçu du travail considérable fait par le P. Licent, de la Compagnie de Jésus, qui explore depuis 12 ans la Chine du Nord et les régions avoisinantes du Thibet et de la Mongolie. En 1924 il avait parcouru 3ooookm d'itinéraire qu’il avait relevé. Il avait recueilli plus de 6000 roches ou minéraux, 8000 plantes, 2000 oiseaux, 700 à 800 batraciens ou reptiles, 2000 pièces d’ethnographie.
- Il a réuni ces documents au musée de Tien-Tsin qu’il a construit en 1922.
- Après diverses missions dans les montagnes du N. W. de Pékin et de la région du Hoang-Ho, il est nommé en 1914-1910 conseiller officieux du Ministère de l’Agriculture et des Forêts. Parmi les voyages qu’il exécute ensuite, la Mongolie intérieure, le Thibet, le tour du Koukou-Nor, le Kansou, etc., il explore sur l’indication du P. de Vleeschouwer un gîte fossilifère à King-Yang-fou près de San-Chen-li-fou. Désormais il poursuit ses fouilles paléontologiques au Kansou. Les échantillons envoyés au Muséum de Paris lui permettent de s’adjoindre un collaborateur, le P. Teilhard de Chardin, ils organisent une mission paléontologique dans ces riches régions.
- Il a reconnu une série de dépôts préhistoriques probablement moustériens, des squelettes entiers de rhinocéros, d’hémiones, de buffles, de mammouths, des foyers paléolithiques, des cerfs, des bisons, des chevaux, des gazelles, des antilopes à cornes en spirale, etc., d’autres riches gisements furent fouillés dans le Chensi septentrional.
- D’autres voyages ont été acoomplis à la suite de ceux-ci et le P. Licent vient de publier Dix années de séjour et d’exploration dans le bassin du fleuve Jaune et des autres tributaires du golfe de Pe-tcheu-ly (Librairie française du Tien-Tsin. Le prix de 120 dollars chinois met ce livre à i5oo francs environ). Les Annales de géographie, i5 mai 1926, retracent en 3 pages l’œuvre du P. Licent.
- Nouvelles de T. S. F.
- Groupement de Sociétés de T. S. P. aux Etats-Unis. — La Radio Corporation of America, la General Electric Company et la Westinghouse Company viennent
- de s’entendre pour former, à l’exemple de l’Angleterre, la Broadcasting Company of America.
- Cette compagnie contrôlera sous une direction unique les principales stations de broadcasting des Etats-Unis, elle vient d’acheter la célèbre station W. E. A. F. à Y American Telegraph C° et possède déjà quatorze station plus petites.
- Souhaitons qu’une union intervienne également prochainement entre les dirigeants des stations fançaises pour l’avenir de la radiodiffusion en France, et qu’un statut équitable de la radiophonie soit enfin promulgué auparavant, car l’incertitude actuelle arrête tout progrès.
- 11 semble, d’ailleurs, qu’à défaut de circonstances économiques, les conditions radiotechniques amèneront prochainement une limitation du nombre des stations aux Etats-Unis. On signale, en effet, que 600 demandes d’autorisation de postes émetteurs n’ont pu être accordées, faute de longueurs d’onde à allouer à ces émetteurs.
- Nouvelles stations d’émission en Irlande. — Il est
- question de construire en Irlande trois nouvelles stations relais et une autre station à grande puissance, ce qui fera un total de cinq dans un délai d’un ou deux ans.
- Les frais de construction*" prévus s’élèveront à 80000 livres et les dépenses d’exploitation à environ 60000 livres. Par contre, le gouvernement aurait l’intention d’exiger rigoureusement une déclaration en règle et un payement régulier de tout possesseur de poste récepteur.
- Emissions scientifiques aux Etats-Unis. — L’observatoire naval des Etats-Unis vient de faire connaître qu’il fera procéder, du ior octobre au i111 décembre prochain, à des émissions de T. S. F. r-igoureusement contrôlées, en vue de permettre aux savants d’effectuer des mesures pour la détermination des différences de longitudes, et notamment des positions géographiques de trois points du globe à peu près équidistants et sur un même parallèle : Alger, Shanghaï et San Diego, qu’il s’agit de relier à Paris et à Greenwich.
- Ces émissions seront faites par une base navale des Etats-Unis par la station de San Diego (Californie), par l’observatoire d’Alger, par celui de Shanghaï, et probablement aussi par ceux de Washington, Greenwich et Paris.
- Les signaux horaires sous la forme de battements pendulaires seront émis trois fois par jour par les stations d’Annapolis, Bellevue (U. S. A.), Honolulu, Saigon, Bordeaux et Issy-les-Moulineaux.
- Les tendances de la construction radiophonique.
- — En Angleterre, dit le H'ireless World, on recherche de plus en plus la simplicité et la facilité de réglage des appareils récepteurs de T. S. F. L’usager veut pouvoir être capable de manœuvrer immédiatement son poste sans l’aide d’un technicien, de même qu’il met en marche un appareil électrique quelconque destiné à un usage domestique.
- L’appareil moderne doit, en fait, ressembler plutôt à une « boîte à musique » qu’à un instrument scientifique.
- Tous les usagers français de la radiophonie ont également ce désir et les constructeurs français dirigent leurs efforts dans le même sens. On peut cependant remarquer qu’un appareil de T. S. F. n’est heureusement pas uniquement une « boite à musique », puisqu’il permet d’entendre des nouvelles, des cours, des conférences, etc.
- La répartition des longueurs d’onde. — Le Comité de l’Union internationale de radiophonie, qui s’est réuni à Paris au début du mois de juillet, a approuvé le rapport qui lui fut présenté sur la nouvelle distribution des longueurs d’onde des stations de broadcasting européennes travaillant entre 200 et 600 m. Ce'plan entrera en application dans la seconde quinzaine de septembre et son exécution permettra une réduction considérable des interférences dues aux émissions de stations voisines. Elle constituera un réel progrès dans le développement de la radiophonie.
- Un autre projet, encore en préparation à l’U. I. R., concerne les stations émettant sur des longueurs d’onde supérieures à 600 m. Il fera l’objet, à l’instar du premier, d’une étude approfondie de la part de la Commission technique de l’Union internationale.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Agriculture
- Charrue automatique pour la petite culture. —
- Cette nouvelle charrue, baptisée « Scarabée », porte
- Fig. i. — Charrue automatique pour la petite culture.
- bien son nom. Ce n’est pas une fantaisie, un jouet, mais une machine agricole d’une remarquable précision, permettant à un seul homme de labourer un champ, un jardin, une vigne, etc. Elle peut même être manocuvrée par un enfant, oi; par un mutilé.
- Cette charrue, convenant à tous les sols et pour toutes les cultures, se compose spécialement d’un appareil portant, sur des mancherons en bois dur, ajustables selon la taille de l’opératêur, un treuil à double harnais d’engrenages, donnant trois vitesses et débrayages.
- Le treuil reçoit un câble léger en acier qui, après avoir formé moufle sur une poulie placée ati point fixe, revient tirer la charrue à l’avant avec des dispositifs spéciaux de réglage de direction et de profondeur. Ce treuil est commandé par deux manivelles et des mancherons se terminant par deux poignées métalliques portant un dispositif .réglable, sur lequel l’opérateur s’appuie.
- Le bâti, èn fonte d’acier, porte le soc, le versoir, le coutre, la roue montée sur régulateur de profondeur, le câble et les engrenages, Derrière le versoir se trouvent deux roues qui, pendant le travail, sont maintenues au-dessus du sol. et qui se rabattent sous l’appareil, par un déclic, afin de faciliter le déplacement de la charrue, pour revenir en arrière et commencer un nouveau sillon.
- Le point fixe est composé de trois bêches formant des triangles indéformables et reliées entre elles de telle façon que l’ensemble, solide et léger, est indéracinable pendant le travail, même dans un terrain très léger.
- Ce point fixe porte la poulie moufle qui reçoit le câble ; il se déplace très facilement, Lous les quatre ou cinq sillons,
- Cette petite charrue est aisément transportable sur route, sur une allée, sur le terrain même, que l’on veut labourer. Lorsque les deux roues arrière sont rabattues et la roue avant baissée, l’ensemble forme yn léger véhicule à trois roues, dont le poids, le volume et la disposition générale sont comparables au petit véhicule, désigné sous l’appellation de « diable », en usage dans les magasins et entrepôts.
- Avec cet instrument, un seul homme peut., sans effort, labourer, butter, déchaumer, biner, etc. ; on peut y adapter, à volonté, un butteur à ailes réglables, une rasette, un coutre circulaire et autres pièces travaillantes.
- Le poids total de la charrue, en ordre de marche, y compris le point fixe, est de 4o kg; la profondeur maximum de labour est de 20 cm ; la longueur de sillon possible est, en moyenne, de 3o mètres.
- Tandis que la force déployée par un cheval tirant une charrue en labour ordinaire est d’environ 80 kg, la force obtenue, par un enfant, sur cette petite charrue automatique, est évaluée à 100 kg environ.
- Ainsi, on évite le dur travail de labour à la bêche et un seul homme peut labourer aussi vite et aussi bien qu’avec un cheval. Henri Bi.in.
- Débroussailleuse « La Landaise ». — On est d’accord pour reconnaître que le débroussaillement des forêts n’a pas pour seuls avantages de réduire à de faibles proportions les ravages causés par les incendies, ainsi que de faciliter la circulation et le façonnage du bois, mais encore d'accroître, s’il s’agit de forêts de pins, la production résineuse par l’ensoleillement des parties basses de l’arbre. Il a été constaté, en effet, dans certains peuplements, un accroissement de plus de i/5 du rendement en gemme ; au prix actuel de celle-ci, le fait a sa valeur.
- Cette opération du débroussaillement qui ne constitue donc pas une dépense stérile est maintenant chose facile, grâce à des machines spécialement combinées pour
- Fig. 3. — Débroussailleuse « La Landaise ».
- cela, telle « La Landaise » de l’ingénieur Amiaud, de Bordeaux.
- Entièrement métallique, cette débroussailleuse ( fi g. 3) comporte deux rouleaux armés de lames coupantes et symétriquement inclinés sur le . sens de marche, ce qui a pour résultat d’accroître notablement la puissance de coupe par suite du glissement des lames dans le sens de leur tranchant. Ces deux rouleaux sont montés sur un châssis très robuste de façon à pouvoir insister aux chocs violents, sans saillie et relevé à l’avant afin d’éviter tout accrochage et ainsi' faciliter le franchissement des souches, enfin fortement dégagé à l’arrière pour ne pas détériorer les arbres.
- Un bac de chargement permet de faire varier la charge et, par suite, l’effet tranchant selon la densité de la broussaille. Les lames ou éléments interchangeables juxtaposés deux par deux sont en acier trempé, ne demandant, dans ces conditions, que des affûtages assez espacés; ces affûtages se font à la meule. La suspension du siège aussi biemdans le type à traction a'himale que dans le type à traction mécanique est très souple. Les
- Emploi de la charnu; automatique.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- (Miï
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- rouleaux sont recouverts de tôles protectrices, d’où sécurité complète pour le conducteur et les animaux.
- La débroussailleuse « La Landaise », qui n’exige qu’un faible effort de traction tout en permettant d’obtenir un fort rendement : i hectare par jour pour le type à traction chevaline (2 colliers), la bande débroussaillée ayant 1 m. de largeur; 4 hectares pour le type à traction mécanique, la bande débroussaillée étant de 1 m. i5 de large, se prête parfaitement à l’ensemencement, attendu que les lames, par suite de l’inclinaison des rouleaux, pénètrent profondément dans le sol, traçant des sillons en forme de chevrons; dans ces conditions, il en résulte que lors d’un second passage, les nouvelles traces recoupent forcément les premières, ce qui est très favorable à un bon décroûtage du sol. Deux distributeurs à tiroirs entraînés par chacun des deux rouleaux peuvent donc distribuer la graine au fur et à mesure de l’avancement de l’appareil. On comprend que la possibilité de faire varier aisément les dosages en graines à l’hectare est de nature à assurer une répartition plus rationnelle des graines sur le terrain.
- Une pratique de plus de deu^ années montre qu’ajoncs, genêts, ronces, etc., même très hautes et fournies, sont littéralement fauchés,
- Constructeur : P. Amiaud, ingénieur des Arts et Manufactures, 31, boulevard Jean-Jacques Bosc, à Bordeaux (Gironde).
- Travaux d’Amateur
- Pour carreler soi même une pièce. — Nous donnons ici la façon de procéder pour poser soi-même le carrelage d’une pièce.-
- Des différentes sortes de carreaux qui existent, J ce sont les carreaux céramiques en terre réfractaire, cuits à une température élevée qui étaient autrefois les plus fréquemment employés.
- On doit travailler avec soin les terres et les pulvériser le plus finement possible si l’on veut obtenir une grande résistance et une parfaite homogénéité.
- Les carreaux doivent être comprimés dans des moules métalliques et cuits à une température très élevée.
- On a ainsi des surfaces nettes, de formes différentes suivant les moules employés et dont la couleur est également variable selon les oxydes colorants dont on s’est servi. La Nature a publié un article sur cette fabrication de carreaux céramiques.
- Les carreaux de ciment ocrés que l’on utilise également sont obtenus de la même façon, sauf qu’ils ne sont pas cuits, mais simplement pressés et moulés. Ils sont de plus grande dimension que les précédents, mais sont moins solides et se tachent ; ils ont environ 20 mm d’épaisseur.
- Que l’on emploie l’une ou l’autre sorte de matériaux, choisis suivant la destination de la pièce, le procédé de pose ne diffère pas.
- Le sol doit être solide et régulier.
- On emploie le plâtre pour la pose, seulement dans le cas où l’utilisation de la pièce ne demande pas l’emploi de l’eau.
- Le procédé le plus général est celui de la pose sur ciment, qui est préférable à tout autre pour l’intérieur aussi bien que,pour l’extérieur.
- A l’extérieur, par exemple sous un hangar, dans une remise ou u$e serre, on prépare le soi, en damant forte-
- ment la terre et en la nivelant soigneusement. On étend ensuite sur toute la surface une couche de sable d’une épaisseur de quelques centimètres. On peut, si l’on veut, s’en tenir là,'mais le fond sera mieux établi si l’on y ajoute une couche de béton de gravillon d’une épaisseur de o m. 06 à o m. o3.
- La composition du béton de gravillon est la suivante.
- Mortier...................800 litres
- Cailloux..................5oo —
- Dans le mortier, le ciment et le sable sont employés dans la proportiou de i/3 de ciment pour 2/3 de sable.
- On lie la pâte avec de l’eau en quantité suffisante. On a soin au préalable de préparer le mortier sur une aire plane. Ensuite, on ajoute les cailloux, qui ne sont en réalité que du gravier fin. On prend en général 80 litres de mortier et 5o litres de gravillon sur une surface de 20 m3.
- Habituellement, on compte un peu plus de ciment que de sable : par exemple 100 litres de mortier pour 65 de sable. Le ciment en trop au moment de la pose bouche les vides.
- Une fois le lit de béton préparé, et étalé sur la partie à carreler en l’égalisant, on obtient une surface parfaitement plane.
- La distance entre le niveau du ciment et le niveau définitif doit égaler l’épaisseur d’un carreau plus 1 cm.
- La forme se trouve préparée lorsque le béton est pris.
- Comme repères pour le niveau, on place des carreaux de place en place, sous lesquels on met une couche de mortier fi/3 de ciment et 2/3 de sable). A l’aide d’un niveau d’eau ou d’une règle plate on vérifie le niveau.
- Pour que la règle ne plie pas sous son propre poids, onia prend en bois solide, en-chêne par exemple. On tend ensuite un cordeau le long duquel on aligne une rangée de carreaux. Sous chacun d’eux, on met la quantité de mortier nécessaire, de façon qu’ils soient tous au même niveau que ceux servant de points de repère.Lorsque la première rangée est terminée, on continue en diagonale. Contre les murs, on fait les raccords avec des carreaux que l’on coupe à la dimension voulue.
- On vérifie le niveau des rangées diagonales en frappant à plat avec la règle, que l’on nomme en terme de métier « batte à carreler » .
- Lorsque la pièce est complètement carrelée, on jette du ciment en poudre, qu’à l’aide d’une brosse dure on éparpille sur toute la surface. Ce ciment remplit tous les joints et prend rapidement en raison de l’humidité provenant du mortier. Le travail achevé, avant que le ciment ait le temps de durcir, on frotte vigoureusement avec du sable, afin d’enlever le ciment en trop.
- Le séchage demande 5 ou 6 jours. Si, avant ce temps, on est obligé de pénétrer dans la pièce, on dispose sur la surface carrelée des planches afin de les protéger.
- On fait disparaître les efflorescences blanchâtres qui pendant le séchage auront pu se produire, en lavant la surface à l’acide chlorhydrique ou en la frottant au grès.
- Quand on emploie l’acide, on aura soin de rincer ensuite si l’on ne veut pas que les joints de ciment se trouvent attaqués.
- On se rend compte par cet exposé du peu de complication que comporte la pose d’un carrelage ; il est facile de mener ce travail à bien avec un peu de précaution,
- P. M.
- Fig. 4.
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- VARIETES
- QjT
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- LA MISE A FRUIT DES
- On nous demande, parfois, le moyen de forcer à la fructification des arbres tels que pommiers, poiriers, qui, bien qu’étant -vigoureux, sains et fleurissant abondamment, ne donnent que fort peu ou pas de fruits.
- Il y a plusieurs moyens de « mettre à fruit « les arbres paresseux ou rebelles à la fructification. Parmi ces moyens, nous signalons : le traitement rationnel ; la contreplantation du sujet; la taille longue de la charpente ; l’arcure des brindilles ; l’incision annulaire ; le sectionnement des racines ; la greffe des boutons à fruits.
- Remarquons que l’on se trouve parfois en présence d’une espèce peu productive, ou d’un arbre fruitier dont la sève trop abondante favorise le développement des branches plutôt que la floraison. Des moyens indiqués ci-dessus, pour remédier à cet état de choses, les uns sont applicables en été, les autres en hiver.
- I. Le traitement rationnel. — Quand un arbre est trop chargé de branches et de feuilles, les fleurs sont insuffisamment éclairées et aérées; elles « coulent » ou ne donnent que de petits fruits.
- Cela à’observe surtout dans les arbres des vergers non soignés et dans ceux que l’on conduit en pyramides, mais les arbres de plein vent (pommiers, poiriers), suivant la situation et les circonstances, sont de même sujets à la coulure des fleurs et par suite à l’improductivité.
- Dans ces conditions, le remède est tout indiqué ; il faut enlever, lors de la taille d’hiver, et par l’ébourgeonnage au printemps, les branches et les rameaux trop serrés.
- S’il s’agit d’un arbre à charpente régulière, le défaut de fructification peut provenir de ce qu’on le tient trop court.
- Il faut alors tailler plus long, ou même cesser toute taille pendant un an ou deux, donner plus de développement à la charpente en arrachant les sujets voisins, s’il s’agit d’espaliers ou de cordons trop rapprochés.
- La taille tardive faite à l’époque où les bourgeons sont déjà poussés est à conseiller : elle affaiblit un peu l’arbre et le fait fructifier.
- L’abcure des branches donne de bons résultats. Cette opération doit être pratiquée avec soin, afin de ne pas provoquer la rupture des rameaux trop recourbés. Le palissage agit dans le même sens, mais à un moindre degré.
- Le pincement des bourgeons latéraux favorise aussi la mise à fruit. On le pratique à i5 ou 20 cm, et on le répète sur les contre-bourgeons qui se développent par la suite. L’extrémité des bourgeons ne doit pas être coupée, mais plutôt cassée ; la plaie ainsi faite se cicatrise moins vite et occasionne une perte de sève favorable à la mise à fruit.
- Souvent, on complète ce cassement en fracturant les coursons en un ou deux endroits.
- Ces plaies ne nuisent en rien aux pommiers et poiriers, mais elles provoquent la gomme sur les arbres à noyau, lesquels seront soumis, simplement, au pincement et au palissage.
- IL La greffe des boutons à fruit. — Cette opération est particulièrement recommandable pour forcer à la fructification les arbres qui y sont rebelles.
- On la pratique en juillet et août et même en septembre. Elle consiste à prélever des boutons sur un arbre bien fructifère et à greffer ces boutons sur les branches de l’arbre qui est stérile. On n’entaille que l’écorce seulement et l’on fixe, dans la fente, un seul bouton découpé en forme d’écusson, ou une portion de rameau dont l’extrémité est taillée en biseau.
- L’opération réussit particulièrement bien sur les arbres à pépins (poirier, pommier). Ces greffes donnent du fruit pendant fort longtemps.
- Le thème de l’opération, est en somme celui-ci : transporter les éléments fructifères d’un arbre trop chargé sur un sujet moins favorisé, quand même celui-ci serait d’une autre variété fruitière. On choisit les boutons fructifères à lui inoculer sur des arbres chargés de dards, de lambourdes, d’yeux ou de bourgeons à fruits. Ces boutons fructifères doivent être récoltés au moment d’opérer, soit en août-septembre,
- ARBRES IMPRODUCTIFS
- par une température calme, alors que la sève est assez active pour en rendre certaine la soudure : trop tôt, l’exubérance de la végétation exciterait l’évolution de la greffe, contrairement au but visé, et noierait le greffon.
- Le greffon n’est plus un œil simple, comme à l’écussonnage ; le bourgeon fruitier doit être accompagné d’un fragment ligneux, son support matériel, long de 1 à 10 cm parfois plus ; — dans ce cas, le greffon comporte plusieurs yeux; — il arrive même que, trop court, ce bourgeon devra conserver son dessus et son dessous, une plaque ligneuse sous forme d’écusson boisé.
- Le greffon étant détaché de l’arbre-étalon, au moment de l’employer, on en coupe les feuilles en même temps et on le tient au frais, dans un vase rempli d’eau ou garni de mousse humide,
- Immédiatement, on le transporte sur l’arbre stérile, en l’introduisant sur les branches vigoureuses ou sur les jeunes rameaux « gourmands » de sève, plutôt à la base de ces branches et en pleine lumière.
- Il suffira de tailler le rameau-greffon par un biseau à l’opposé de l’œil à fruit, assez mince vers la pointe, tranchant et lissant l’aubier, sans l’enlever. L’introduction du. rameau-greffon sur la branche est facilitée par l’ouverture d’une incision en T dans laquelle on glisse tout entier le biseau de la greffe; ensuite, on ligature fortement avec du raphia ou de la laine, puis on englue la plaie avec de l’argile ou du mastic à greffer, à froid. Cette ligature doit être maintenue pendant dix à douze mois.
- On peut, ainsi, disséminer sur l'arbre un certain nombre de greffons de la même variété ou de variétés différentes, suivant sa force et sa ramure, en opérant sur des parties vivaces, en sève, plutôt au talon ou à la gorge des rameaux.
- L’année suivante, sans toucher au greffon, les boutons s’épanouiront et produiront de beaux et bons fruits conformément à leur espèce, sans être influencés par le contact d’autres sortes ou par le voisinage de l’arbre porte-greffe, qui remplit ici, purement et simplement, le rôle de nourricier conducteur de sève.
- La greffe peut vivre de longues années, gardant ses dispositions fructifères sans aucun soin particulier.
- C’est à l’aide de la greffe de boutons à fruits que l’on peut récolter sur un même arbre, au grand étonnement des personnes peu familiarisées avec les secrets de l’art arboricole, des fruits hâtifs et des fruits tardifs. La soudure du greffon étant effectuée avant que la sève s’arrête, il en résulte qu’au printemps suivant la lambourde laisse épanouir ses fleurs, et qu’à l’automne elle laisse pendre des fruits souvent énormes relativement à la variété greffée.
- Ce fait physiologique s’explique assez facilement : la sève, se portant indistinctement vers toutes les parties du végétal où elle est attirée par suite de circonstances diverses (allongement des bourgeons, alimentation des fruits, plaies), se dirige plus particulièrement vers la greffe pour y former les bourrelets qui doivent recouvrir la plaie occasionnée par le greffon. De là la cause d’un courant séveux actif dont les fruits bénéficient.
- Lorsque la sève n’est pas assez abondante pour l’écussonnage, on peut encore utiliser, fin septembre ou au début d’octobre, la greffe par rameau détaché en demi-fente d’automne, sur la base de rameaux gourmands, ou bien encore la greffe en couronne, de printemps, sur ces rameaux, à la condition qu’ils soient déjà un peu forts, en tant que grosseur. Les feuilles des greffons sont coupées sur leur pétiole pour diminuer l’évaporation. Les lambourdes ou les brindilles sont introduites entre l’écorce et l’aubier, fixées avec une ligature, puis engluées. On ne coupe la ligature qu’après la floraison ou même lorsque les fruits sont formés, c’est-à-dire en juin.
- En pratiquant l’écussonnage, il faut avoir soin de mettre l’extrémité de la lambourde en bas pour éviter qu’elle se décolle sous le poids de ses fruits futurs, lorsqu’ils seront à grosseur normale. Un écusson posé normalement sur des branches verticales et obliques a sept à neuf chances sur dix de se décoller sous le poids de son ou de ses fruits, lorsqu’on n’y remédie pas, en
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- VARIÉTÉS
- temps opportun, par des attaches spéciales, C'est pourquoi on doit les inoculer inversement.
- Les boutons ainsi greffés donnent de gros fruits.
- III. L'incision annulaire. — Les entailles et les incisions peuvent ralentir la marche du liquide nourricier, ou en modifier la direction.
- En pratiquant une entaille à la base d’une branche inclinée sur la charpente, on détourne la sève et cette branche a moins de vigueur.
- Sur les branches faibles, qu’il s’agit de mettre à fruit, principalement les branches du pêcher, on pratique simplement, au-dessus des yeux, une petite incision à l’aide de la lame du greffoir.
- L’incision annulaire réussit sur les pommiers et poiriers. Elle consiste à enlever un anneau d’écorce sur un bourgeon ou sur un rameau, avant, pendant, ou après la floraison. On opère cette incision à la base de l’arbre ; on lui donne i cm de largeur, et une profondeur dépas-saut de 2 ou 3 mm l’épaisseur de l’écorce. On détache l’anneau pour empêcher que la cicatrisation soit trop rapide. Tous les bourgeons qui se trouveront au-dessus de l’incision bénéficieront de son heureuse influence.
- Lorsqu’on pratique l’incision sur une branche cour-sonne, intermédiairement aux deux bourgeons qu’elle supporte, le bourgeon supérieur seul subit l’influence de l’incision, tandis que le bourgeon inférieur n’en est nullement influencé.
- L’action de l’incision sur le vieux bois se transmet en quelque sorte au fruit par le bourgeon entier.
- IV. Sectionnement des racines. Transplantation. -— Enfin la vigueur exagérée d’un arbre peut être modérée par la suppression.de quelques racines, que l’on coupe après
- avoir déchaussé le collet, ou simplement en pratiquant un bon labour à la bêche.
- L’influence favorable de cette opération se conçoit aisément : cette mutilation du système radiculaire oblige la sève à refluer sur les branches et les bourgeons, oïl elle est utilisée par les éléments fructifères.
- Sur les sujets âgés seulement de quelques années, la transplantation exerce de même un effet salutaire, précisément par suite de la destruction d’une partie des racines les plus fines dont l’ensemble forme ce que l’on appelle le « chevelu ».
- Les arbres improductifs, que l’on veut soumettre à ce.traitement, sont alors arrachés à la fin de l’automne et replantés immédiatement à la même place, ou à côté.
- Les arbres d’une même variété qui, dans le même jardin, à la même exposition, produisent plus généralement de gros fruits, sont très vraisemblablement issus de greffons prélevés sur des rameaux ayant produit de gros fruits. C’est à l’origine du greffon que doit être attribué ce fait, souvent observé, que, de deux arbres de la même variété, plantés à quelques mètres de distance, par conséquent dans le même sol et greffés sur la même nature de sujet, l’un produit des fruits en abondance, tandis que l’autre est stérile.
- Une branche fertile, un arbre fertile fourniront, le plus généralement, des greffons qui donneront naissance à des arbres fertiles, et des gourmands, comme des arbres stériles, fourniront des greffons qui donneront naissance à des arbres très vigoureux, mais presque stériles.
- Ces diverses observations montrent les ressources de l’art arboricole pour forcer à la fructification les arbres improductifs. Henri Blin.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUfC oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — .Le Faucardement des étangs fn° du 28 août dernier) : Une erreur s’est glissée dans les légendes des figures 3 et 5 qui ont été interverties. La ligure ê représente le bateau Hencké et Xenard; la ligure 5 représente celui de M. Lauvcrgnat.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Charrue automatique pour la petite culture : Charrue « Scarabée », 3, nie Sedaine, Paris (ii°).
- Réponses. — Office Postal, à Tunis. — Une bonne lunette asti’ono inique est indiscutablement l’instrument indispensable à celui qui désire se livrer à des observations célestes et qui veut voir et admirer ces curiosités sidérales que décrivent les ouvrages de vulgarisation.
- 11 ne faut pas songer un seul instant à transformer une petite longue-vue, grossissant de 12 à a5 fois, c’est-à-dire ayant un objectif de 2 à 3 cm de diamètre, en un instrument puissant de la taille que vous indiquez. Si donc, renonçant à vous adresser à un constructeur, vous êtes décidé à établir vous-même votre lunette, vous pourriez tout d’abord vous reporter, aux trois articles qui ont élé publiés ici même sur « La construction et l’emploi des petits inslrumenis en Astronomie » [La Nature, n08 2537 du 18 novembre 1922; 2546 du 20 janvier 1923 et 2553 du 10 mars 1923). Les renseignements très pratiques — et quelques données théoriques --contenus dans ces articles vous feront comprendre très exactement les difficultés qui peuvent se présenter à vous.
- Mais le montage d’un instrument même assez puissant n’a rien qui puisse arrêter un amateur adroit. Il faut s’attacher à faire solide et à faire stable, et avoir soin de réaliser des mouvements très doux, sans lesquels la recherche d’un astre et son maintien dans le champ deviennent extrêmement difficiles sinon impossibles.
- Voici à présent quelques adresses utiles :
- Objectifs astronomiques, miroirs de télescopes, oculaires, lentilles diverses : C. Rozet, opticien constructeur, 24, rue de Gergovie, Paris (14e); Lunettes astronomiques, objectifs, oculaires : Secrétan, 151, boulevard Auguste-Blanqui, Paris (i3°); Lunettes astronomiques : M. Manant, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine) ; Instruments astronomiques d’occasion, objectifs, miroirs, oculaires, etc. : M. Maurice Ballot, 7, rue Suger, Paris (6e).
- Il ne nous est pas possible de vous indiquer l’ordre de grandeur de la dépense" pour la consti’uction d’un instrument de o m. 10 d’ouverture, les prix de la partie optique pouvant différer considérablement selon que vous nous procurerez des pièces neuves ou d’occasion. Nous vous conseillons d’écrire aux maisons ci-dessus. D’autre part, nous attirons votre attention, pour le montage de votre lunette, sur l’emploi, comme axes de rotation, de certaines pièces pour automobiles — à rechercher souvent dans les vieilles ferrailles des garagistes — et qui constituent des roulements excellents. Nous connaissons des lunettes d’amateurs ainsi montées qui fonctionnent d’une manière parfaite,
- M. Piquot, à Nice. — i° Vous trouverez tous renseignements pratiques sur la profession de teinturier-dégraisseur dans Pouvrgge Teinture et Nettoyage, par Gouillon, éditeur Garnier frères, 6, rue des Saints-Pères.
- 20 La maison Dehaitre, 6, rue d’Oran, 18% construit couramment des récupérateurs de benzine après emploi au dégraissage. Pour l’épuration par centrifugation, s’adresser à la Société Alfa Laval, 10, rue Charles-V, Paris (4e).
- A titre d’indication et sans garantir l’efficacité du traitement, nous vous signalons qu’il a été mis depuis peu sur le marché un produit désigné Lorcol qui, parait-il, agit par colmatage des impuretés et les entraîne rapidement vers le fond du récipient. Çe produit est fabriqué par la Lubrification Oil Recovery and C° York Terrasse, 65, London.
- 3° Machine à repasser les vêtements par la vapeur ou Steam-Press : Chicago Press, Asnières, Seine.
- M. Dardenne, à Quilly. — Nous n’avons pas connais-
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- sance, dans le commerce, de plaques en moelle d’agave ou en tourbe et ne pensons pas que vous pourrez vous procurer ces articles. A notre avis, la meilleure solution serait de prendre des feuilles de liège aggloméré pour construire vos étaloirs à papillons-, les maisons suivantes vous fourniront des plaques de ce genre en toutes dimensions : La Subérite, rue Antoine-Chantin, i3e. Industrie du liège, 177, faubourg Poissonnière. Lièges de Lasserens, 164, Chaussée-d’Antin. La Liégite, i5, rue de Lyon. Le Néo-Suber Clavelier, 83, boul. Voltaire. Mazurier et Suter, 14, rue de la Fontaine-du-But, 180.
- M. Fressinaud, à Limoges. — Voici d’après Herçay comment se fabrique le savon minéral :
- On saponifie 100 lcg d’huile de coco avec 180 kg de lessive de soude caustique à 200 B. Quand la cuite est éclaircie, on ajoute un peu d’eau salée et si la pâte est trop molle 1 à 2 kg de soude Solway. On abandonne au repos pendant quelques heures, écume et coule en mises. Au cours de cette dernière opération, pendant qu’un ouvrier agile la masse savonneuse, un autre projette avec un tamis du sable blanc fin dans le savon, cela jusqu’à ce qu’il devienne impossible de remuer le bâton. Il ne reste plus qu’à laisser refroidir complètement, à démouler et diviser en pains.
- Absire, à Rouen. — La liqueur alcalimétrique employée habituellement pour le titrage des laits de chaux est une solution titrée d’acide sulfurique en contenant exactement 175 gr. par litre, ce qui correspond à 100 gr. de chaux caustique, autrement dit chaque fois que l’on emploie 1 c. c. de liqueur titrée, il y a o gr. 100 de chaux caustique de saturée.
- Pour faire Vessai, on étend le lait de chaux au dixième par exemple, on met dans un ballon jaugé à a5o c. c. un volume exactement mesuré de ao c. c. de lait de chaux, on complète à 25o c. c. avec de l’eau distillée, rend homogène et prélève, 100 c. c. que l’on met dans un verre avec quelques gouttes de solution de phénol-phtaléine qui colore le liquide en violet. On verse alors goutte à goutte la liqueur titrée contenue dans une burette graduée jusqu’à décoloration. Soit 24 c. c. 2 d’employées. Ces 24 c.c. 2 représentent a4.2XoKToo= 2 gr. 42 de chaux caustique, contenus dans 100 c. c. correspondant à 10 c. c. de lait de chaux primitif.
- Il y a donc par litre de lait de chaux
- 2 gr. 4'2 X 100= 242 gr. de chaux caustique.
- M. de Fontenay, à Luzy (Nièvre). — Voici l’adresse que vous demandez : Accessoires automobiles A. P. P. A., 19, rue Brunei, Paris.
- M. Dumas, à Melun (Seine-et-Marne). — Le meilleur moyen de conserver toujours vos ressorts en parfait état de graissage consiste à les munir de gaines en cuir spéciales, remplies de graisse, dont il existe nombreux modèles. Vous pourrez trouver dans La Nature la description de modèles de gaines de ce genre.
- Si vous n’avez pas pris cette précaution, il est néanmoins facile de graisser vos ressorts sans démonter les lames. Il suffit d’écarter successivement ces dernières au moyen d’un burin ou d’un outil spécial (d’un prix modique) et d’injecter entre les lames de l’huile épaisse ou de la graisse.
- M. Cuny, à Nancy. — Nous ne vous conseillons pas l’opération dont vous nous avez entretenu. Lorsqu’une voiture a déjà roulé plusieurs années, tous ses organes sont plus ou moins usés et vouloir conserver le châssis en remplaçant la carrosserie démodée par une neuve est une très mauvaise opération.
- Il vaut beaucoup mieux continuer à vous servir de votre automobile après avoir fait les réparations courantes, ou la vendre d’occasion dans l’état actuel pour la remplacer par une autre plus moderne.
- D. M., normalien. <— i° Za cyanamide calcique est actuellement un produit courant et vous la trouverez chez tous les marchands d’engrais au détail ; comme maisons de gros qui cependant vous fourniraient volontiers des , échantillons, adressez-vous à l’Américan Gyanamid C° Maussenet, 229, rue Saint-Honoré ou à Morival et Beaufils, 11, rue de Valenciennes.
- 2° Au contact de l’eau, sous une pression de 10 à' 12 atmosphères, en autoclaves, la cyanamide donne de l’ammoniaque.
- CaG Az2 -j- 3 li20 = GO3 Ga -|- 2 Az II ’
- llyannniide (Aninioniarjur
- Dans la pratique, cette réaction est activée par la présence de carbonate de soude, de soude caustique ou de chlorure de calcium.
- 3’ Pour obtenir le cyanure de sodium en partant de la cyanamide, on traite par le sel marin en présence de carbone, à la température de fusion :
- CaCAz2 + 2NaCl-|-C-=2CAzNa + CaCl2
- Gyanannilo Cyanure de sodium
- 4° Très probablement les disponibilités en guano péruvien sont absorbées sur le continent américain, car nous n’avons pas connaissance de son emploi actuel en Europe; toutefois, M. Bodrero, 15, rue du Louvre, serait peut être à même de vous en procurer. S’il ne s’agit que d’expériences de démonstration à effectuer en vue de la préparation de l’acide urique, vous pouvez remplacer le guano par de la fiente de poules ou de pigeons en opérant ainsi :
- Les excréments pulvérisés sont dissous dans une solution de potasse caustique à 5 pour 100 et on maintient lébullition jusqu’à disparition de toute odeur ammoniacale. Dans la liqueur filtrée on dirige un fort courant d’acide carbonique jusqu'à ce que le précipité gélatineux prenne un aspect grumeleux et tombe au fond du liquide, ce précipité est de l’urate acide de potassium. Ce sel est lavé à l’eau froide jusqu’à ce que l’eau de lavage soit troublée par le liquide qui a liltré en premier, il est ensuite dissous dans une solution diluée de potasse caustique et la solution bouillante est précipitée par l’acide chlorhydrique.
- Lorsque l’on chauffe l’acide urique avec quelques gouttes d’acide azotique, puis que l’on évapore à sec, si on ajoute dans la capsule encore chaude une goutte ou deux d’ammoniaque, il se développe une magnifique coloration pourpre désignée sous le nom de murexide, laquelle n’a rien de commun avec la matière colorante retirée du murex qui constituait la pourpre antique. En réalité la couleur ainsi obtenue est un isoalloxanate d’ammonium C4IPAz‘-05 (AzH4)2.
- 5° Vous trouverez du nitrate de chaux à la Société commerciale de l’azote, 282, boulevard Saint-Germain.
- 6° Ouvrages de manipulations chimiques : Manipulations élémentaires de chimie, par Jeanson. Manipulations élémentaires de chimie générale, par Noble, éditeur Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain. Cent vingt exercices pratiques de chimie, par Gautier et Albahary, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Travaux pratiques de Chimie organique, par Ulmann, éditeur Flammarion, 4, rue Rotrou. Manipulations de chimie analytique appliquée, par François, éditeur Lefrançois, 91, boulevard Saint-Germain.
- M. Jarraud, à Chàleauneuf-sur-Charente. — Une visite aux abattoirs de Chasseneuil, près Poitiers, et à ceux de la Roche-sur-Yon, serait pour vous la meilleure documentation sur la question manipulation et travail des viandes ; grâce à une installation parfaite, tous les produits sont utilisés ou évacués sans odeur. Complémentairement vous trouverez quelques suggestions dans l’ouvrage : Les Déchets et résidus industriels de Razous, éditeur Dunod, 92, nie Bonaparte.
- T. S. F.— M. Caget, Bonneville (Charente). — x°Pour recevoir sur cadre les émissions radiophoniques à 45o km de Paris, il faut utiliser un appareil sensible, mais de construction simple, puisque vous êtes amateur débutant et désirez construire vous-même.
- Vous pouvez utiliser avec succès un poste à cinq ou six lampes comprenant un étage haute fréquence apériodique, un étage haute fréquence à résonance, un é4age apériodique, une lampe détectrice et une ou deux lampes basse fréquence à transformateurs.
- 20 Vous pouvez consulter pour toutes les caractéristiques de construction du cadre et du poste le livre Les Montages Modernes en Radiophonie et le n° 8 de la T. S. F. pour Tous (Chiron, éditeur, 4°» rue de Seine, Paris).
- ' 3° Le prix des accessoires et éléments de montage varie chaque jour étant donnée l’instabilité actuelle, on peut cependant prévoir approximativement une dépense de 400 à 5oo francs sans les piles, ni les accumulateurs.
- 4° Nous ne savons si cette maison existe encore. Vous pouvez avoir des renseignements à l’adresse suivante ; Radio-Ondes, 51, rue de Prony, Paris, et des plans de construction sont fournis par le constructeur ci-dessous : Radio-Amateurs, 46. rue Saint-André-des-Arts’, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’Infini mathématique (exposé élémentaire), par Gustave Yerriest. i broch. n\ p., chez Fauteur, 42> rue du Canal, Louvain, 1926.
- Le mot infini en mathématiques est pris dans diverses acceptions. L'auteur examine ici seulement la notion de l’infini, telle qu’elle se présente dans la théorie des ensembles; dans une élégante et très claire conférence de vulgarisation, il réussit à donner un aperçu très net des grands lignes de la théorie mathématique des ensembles, théorie relativement nouvelle et extrêmement abstraite, créée par G. Cantor et qui a ouvert aux mathématiciens un monde nouveau, celui du transfini.
- National Bureau of Standards. lis Funciions and Acti-vities. 1 vol. u3 p., 86 fig., 1 carte hors texte. Government Printing Office, Washington, 1925.
- Le Bureau of Standards des Etats-Unis est une remarquable institution aux multiples fonctions; sa tâche originelle, aujourd’hui encore primordiale, est de conserver et de reproduire les étalons de mesure fondamentaux. A côté de ce rôle métrologique fondamental, il a assumé Celui, chaque jour plus important, d’institution de recherchés scientifiques et industrielles, de laboratoire de détermination des constantes physiques, et de laboratoire d’essais. La présente brochure a pour objet de faire connaître au grand public les divers domaines d’activité du grand bureau national américain.
- Instructions lo Marine meteorological Observers. 5° édition. 1 broc, illustrée, 100 p., publiée par le Weather Bureau des Etats-Unis, Government Printing office. Washington, iga5.
- La météorologie, pour progresser, exige la collaboration de nombreux observateurs, travaillant simultanément aux différents points du globe. La collaboration des marins est particulièrement précieuse; ils seront, du reste, les premiers à bénéficier des progrès accomplis dans la prévision du temps. Le besoin de cette collaboration est vivement ressenti dans tous les pays ; pour arriver en ce qui le concerne à un résultat pratique, le Bureau météorologique des Etats-Unis a établi une sorte de vade-mecum de l’observateur météorologique .en mer, où sont expliqués très clairement la façon de recueillir les observations, le mode d’emploi des instruments, et l’utilisation des renseignements météorologiques.
- Geologia (I),~par le Pr. En. Frech, traduit de la 3° édition allemande en espagnol, par Carlos de Salas. 1 vol. 3o6 p., 134 fig-, 11 pi- hors texte. Editorial Labor SA. Barcelone et Buenos Ayres, 1926. Prix :
- 8.50 pesetas.
- Cet agréable ouvrage de géologie descriptive élémentaire est consacré au volcanisme, à la formation et à la structure des montagnes, aux tremblements de terre. Il renferme une illustration abandante et fort bien choisie.
- Meteorologia, par le Pr. W. Trabert, traduit de la 4° édition allemande en espagnol, par le Pr. Vicente Iglada Osr. 1 vol. 146 p-, 87 fig., 12 pi. hors texte. Edÿtorial Labor S. A. Barcelone, 1926. Prix :
- 4.50 pesetas.
- Exposé très élémentaire et très abrégé, mais très correct, des rudiments de là météorologie, il esl consacré aux généralités essentielles sur la radiation solaire, la mesure et la répartition des températures sur notre globe, la pression atmosphérique, les vents, l’hygrométrie, les nuages et les précipitations, l’électricité atmosphérique, lés phénomènes optiques de l’atmosphère, la prévision du temps.
- L’essai des métaux à la pince de dureté, par G. Le Grix. l broCi de 32 p. Bibliothèque de l’Office Central de l’Acétylène, Paris. Prix : 4 fr- 76.
- Principe de l’essai de dureté. Pince de dureté mettant l’essai Brinell à la portée de tous, détermination
- des aciers au carbone sur échantillons recuits. Préparation des pièces en vue des essais de dureté à 1 aide de la pince et exemple d’essai. Quelques coefficients de différence de dureté. Demi-pince. de dureté.
- Les routes américaines, par A. Antoine, i vol. vin-100 p. 45 fig. Dunod. Editeur. Paris, 1926. Prix : 19 fr. 20.
- Sous la poussée du développement dé l’automobile, les Etats-Unis ont dû créer de toutes pièces un vaste réseau routier (qui, commencé il y a quelques années à peine, peut aujourd’hui servir de modèle aux autres pays. M. Antoine, ingénieur des Ponts et Chaussées, a pu, au cours d’une mission aux Etats-Unis, étudier l’organisation administrative et financière, qui a présidé à cette réalisation, les dispositifs techniques adoptés et les moyens employés pour les mettre en œuvre. Ce sont les résultats de cette étude sur place qui sont présentés au public dans l’ouvrage ci-dessus. Au cours de la seule année 1923, les Etats-Unis ont construit 65 000 km de routes neuves et dépensé à cet effet 1 milliard de dollars. Ces chiffres font saisir l’envergure des travaux.
- L’auteur s’attache surtout à l’étude des routes en béton dont l’emploi s’est développé rapidement outre-Atlantiqué ; il décrit également les nombreux types de machines spéciales imaginées par les Américains pour industrialiser la construction routière. Il insiste aussi sur les règles scientifiques d’étude et de contrôle employées dans ce domaine aux Etats-Unis et qui font contraste avec la routine empirique dans laquelle s’endorment trop souvent les techniciens européens.
- Manuel de fabrication des briques, tuiles et produits réfractaires, par A. Cornklle, 1 vol., 400 p., 108 fig. J.-B. Baillière, éditeur. Paris, 1926.
- Ce manuel est consacré à la fabrication des briques de tous genres, ordinaires, mécaniques, vitrifiées, émaillées, de' laitiers, silico-calcaires, etc., à celle des tuiles, des tuyaux de grès et de terre cuite, et des différents produits réfractaires : argileux, alumineux, magnésiens, carbonés et à base de terres rares.
- Géographie générale et économique, par M. Grigant, 1 vol. 338 p. Dunod, éditeur. Paris, 1926.
- Précis à l’usage des cours et écoles techniques, il résume d’une façon très sommaire les traits essentiels de la géographie physique, politique et économique des divers pays du globe ; puis consacre une étude plus approfondie à l’organisation et aux ressources des diverses régions de la France.
- Le chauffeur au garage (Organisation de l’atelier du garage privé. Entretien de la voiture. Sa mise au point. Recherche des pannes), par Pierre Prévost. (Tome I). 1 vol. 12 X 19 de vm-284 p-, 43 fig. Dunod. éditeur. Paris, 1926 (365 gr.). — Prix broché : 19 fr. 20.
- Cet ouvrage contient de précieux conseils et d’utiles recettes, les uns et les autres dictés par Une grande expérience des organisations d’entretien et de réparation des automobiles.
- Subject Index of the Transactions of the Optical Society. Yol. I à XXy by, 1 vol. 89 p., publié par The Optical Society. Impérial College of Science and Technology. South Kensington, Londres.
- Table des sujets traités dans les transactions de l'Optical Society. Il est à noter qu’elle a été dressée suivant la classification décimale.
- Ce qu est devenue la victoire, par A. Jouet, i vol, 348 p. J. Peyronnet et Cie, éditeurs. Paris 1026. Prix : 18 francs.
- La France dupée après sa victoire par ses propres alliés, tel est l’amer tableau que trace l’auteur en faisant l’historique critique des diverses négociations de paix qui se sont succédé depuis 1918.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2738
- 25 Septembre 1926
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- INFORMATIONS
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- Les travaux géographiques d’après guerre dans l’Afrique Occidentale Française. — Le Commandant Ed. de Martonne qui dirige le service géographique de l’A. O. F. expose dans la Géographie le vaste ensemble des travaux géographiques exécutés depuis la guerre dans plusieurs colonies de l’A. O. F. Les travaux avaient dû être interrompus pendant la guerre, le service géographique a été réorganisé dès la fin des hostilités; les travaux ont été repris et conduits suivant les méthodes les plus modernes, en mettant à profit l’expérience acquise dans les études du même ordre à Madagascar et au Maroc. Aussi de rapides et importants résultats ont-ils récompensé l’effort de nos officiers géographes. Le Commandant de Martonne rappelle avec raison que l’inventaire méthodique d’un pays ne peut être obtenu que par le levé des cartes géographiques. L’Afrique Occidentale Française mesure 4800000 km2; un tiers de ce territoire, il est vrai, est désertique ; un autre tiers est formé de régions encore peu développées, pour lesquelles tine carie de reconnaissance procédant de la topographie expédiée suffira pendant longtemps encore •aux besoins. 11 reste toutefois une vaste étendue de plus de 1 5oo 000 km2 qui justifie l’établissement d’une cartographie précise, soit par la densité de la population, soit par 1 importance des exploitation agricoles, commerciales, minières, existantes ou possibles.
- * Avant 1914, la topographie régulière étayée sur la géodésie classique avait produit pour l’A. O. F. les résultats suivants :
- En géodésie : une chaîne primordiale d’un développement de 800 km, appuyée sur deux bases mesurées, . avait été établie de igo5 à 1911 depuis Conalcry jusqu’à Boundiali, dans la Haute-Côte d’ivoire; une chaîne de précision un peu moindre, dite « chaîne de la mission minière », longue de 400 km, avait été branchée sur la précédente et couvrait les confins de la Guinée, du Sénégal et du Soudan; plusieurs triangulations complémentaires locales appuyées sur des bases mesurées aux environs de Dakar et de Saint-Louis n’avaient pu être reliées entre elles.
- En topographie : j5 5oo km2 levés au Sénégal, partie au 1/100000, partie au 1/200000, 5oooo km2 en Guinée au i/200000, 6000 km2 au Dahomey au i/5oooo, en tout 1225oo km2. Et seuls les levés du Bas-Sénégal et une partie de ceux du Bas-Dahomey avaient pu être publiés.
- Enfin 140 positions astronomiques (dont 20 avec la latitude seulement) avaient été déterminées;..
- Le Service géographique réorganisé a commencé en 1928 par lever au Sénégal 27 5oo km2 pour achever les feuilles dé la carte du Sénégal comnîencées avant la guerre. On a pu ainsi publier douze feuilles de la carte au 1/200000 du Sénégal représentant près de 60 pour 100 de la superficie totale de cette colonie et couvrant les régions les plus importantes. L’activité s’est ensuite portée sur la Guinée Française : on y a procédé à des levés topographiques ayant pour but, comme àü Sénégal, de compléter les feuilles partiellement levées avant la guerre, et à des opérations de triangulation destinées à étendre le réseau géodésique, en vue de l’extension des ièvés topographiques. En deux campagnes (1928-1925) 12000 km2 environ ont été levés topographiquement de part et d’autre de la voie ferrée Kûnakry-Kânkan. Cinq feuilles de la Carte au 1 200 000 sont déjà publiées ou vont l’être. Toute la pàrtie centrale de la Guinée à cheval siir là voie ferrée sera publiée en 2 oxx 3 ans. En outre, en 1923 un plan de Dakar et environs au 1/10000 a.été dressé parles procédés nouveaux de la phototopographie. Lés travaux géodésiques exécutés en Guinée en 1924 et 1925 ont permis d’établir une nouvelle triangulation de 400 km de long sur 60 km de large.
- Les communications pénibles, les rigueurs du climat rendaient ici plus difficile encore l’exécution d’opérations techniques toujours fort délicates. La tâche accomplie fait le plus grand honneur à nos officiers géodésiens.
- Enfin, en 1924 et 1925, environ 100 points astronomiques ont été déterminés à la Côte d’ivoire, au Soudan et en Haute-Volt».
- Ces positions astronomiques ont comme principale application de servir de cadre à la Carte de Reconnais-
- sance des Colonies de VA. O F. au 5o,oooo°. C’est une œuvre de longue haleine, qui permettra la synthèse des connaissances géographiques dans ce pays. Commencée en 1922. elle englobera toute la partie de l’Afrique limitée d’une part par l’Atlantique et située d’autre part au sud de 160 de latitude (parallèle de Saint-Louis) et à l’Ouest du 6° de longitude Est de Greenwich (méridien situé entre Tahoua et Zinder). Elle sera complète en 82 feuilles et 4 demi-feuiiles. Huit feuilles ont été publiées en 1924, couvrant toute la Côte d’ivoire, et une faible portion de la Guinée et de la Haute-Yolta. Quatorze feuilles étaient mises à l’impression en 192a. On escompte l’achèvement de toute la publication pour 1927.
- On a commencé également une carte au millionième devant représenter en une quinzaine de feuilles l’ensemble du domaine de la France dans l’Ouest de l’Afrique; on s’est attaché d’abord, en ce qui concerne l’A. O. F., aux feuilles englobant les régions désertiques de la Mauritanie, la partie Nord du Soudan, et la colonie du Niger. Quatre feuilles actuellement sont parues.
- Un moteur Diesel de 15000 ch. — Une lutte très vive est engagée entre le moteur Diesel et la machine à vapeur. Le moteur Diesel a d’abord pour iui l’avantage d’un meilleur rendement thermique ; cet avantage n’est peut-être pas en réalité aussi grand qu’on pourrait le croire. Car les turbines à vapeur modernes, grâce à l’emploi des hautes pressions, de la surchauffe, des économiseurs et récupérateurs de calories, arrivent à un rendement pratique de plus en plus satisfaisant. Mais les installations auxiliaires d’une machine à vapeur de ce genre sont beaucoup plus complexes et plus encombrantes que celles d’un Diesel. Et c’est là, semble-t-il, une des grandes supériorités de ce moteur ; son encombrement total, sinon son poids, est inférieur à celui d’une installation à vapeur et sa mise en marche est beaucoup plus rapide.. A côté de ces avantages il faut noter un certain nombre d’inconvénients : le merteur Diesel .est assez étroitement limité dans le choix de ses combustibles; en raison des pièces à mouvement alternatif qu’il comporte, il ne peut atteindre à puissance égale des vitesses de rotation comparables à celles des turbines. C’est un moteur lent et pesant. Enfin, jusqu’ici on n’a pu réaliser avec lui des unités très puissantes. Pendant longtemps on n’a guère dépassé les puissances unitaires de l’ordre de 4°°o ch. Ces limitations n’ont pas empêché le moteur Diesel de prendre en ces dernières années un remarquable essor, surtout dans la marine. La traction Diesel-électrique sur rails semble également appelée à un brillant atenii’.
- Une nouvelle et importante étape dans le développement du moteur Diesel vient d’être marquée par la mise en service à la Centrale électrique de Neuhof à Hambourg d’un moteur Diesel d’une puissance de 15 000 ch. Ce moteur, étudié par la Maschinen fabrik Augsburg-Niirnberg, à été construit par les Chantiers Blohm et Yoss de Hambourg. C’est un moteur à deux temps et à double effet, à 9 cylindres identiques, groUpés par trois ; l’alésage de chaque cylindre est de o m. 86, la course de 1 m. 5o. La vitesse de rotation est de 94 tours par minute. L’ensemble du moteur mesure 23 m. de long,
- 4 m. 5o de large, 11 m. de haut.
- L’injection du combustible s’effectue aü moyen d’air sous pression fourni par un compresseur à 3 étages. Le balayage de l’air est assuré par deux pompes rotatives (dont une sert seulement de secours), commandées électriquement; chacune d’elles peut refouler 1000 m3 à la minute sous pression de _i m. 3o d’eau ; tourne à 2 700 tours par minute et absorbe 540 kwt. Le moteur Diesel •actionne un alternateur triphasé de i3odo kva. tournant à 94 tours par minute et débitant du courant à 5o périodes sous tension de 6000 à 63oo volts. En raison de sa faible vitesse cet alternateur est uüe machine lourde et de grandes dimensions ; il pèse 23o tonnes et son diamètre extérieur est de 8 m.
- Le lévulose de topinambour. — On fait, depuis quelque temps, en Amérique, des recherches en vue de l’utilisation industrielle du topinambour.
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- INFORMATIONS
- Dans Facts about Sugar sont relatés les premiers résultats de ces recherches faites par M. Georges K. Burgess, directeur du Bureau of Standards (bureau des types) des Etats-Unis.
- 11 s’agit de résoudre le problème de l’extraction du lévulose du topinambour à l’aide de l’outillageen usage dans les fabriques de sucre de bettrave et les fabriques de sucre de canne.
- Des essais d’extraction du jus de topinambour par une méthode de diffusion ont été entrepris par le Bureau of Standards.
- Le jus donnerait, après défécation et précipitation par la chaux, du lévulose à l’état cristallisé. Ce lévulose pourrait être produit à un coût égal et peut-être même inférieur à celui du sucre ordinaire de betterave.
- Le D' Georges K. Burgess observe que le grand problème de l’industrie du sucre a toujours été celui de l’utilisation de l’outillage de la fabrique pendant une période de plus de trois mois. Or, il semble que le traitement des topinambours puisse permettre de prolonger la période de travail des fabriques de sucre de betterave pendant huit mois et plus, le topinambour se conservant dans le sol et ne paraissant pas souffrir des gelées.
- Le lévulose de topinambour trouverait un très large débouché si ce produit était obtenu à un prix avantageux en comparaison avec les sucres commerciaux ordinaires. Les usagés du lévulose sont variés : la confiserie, notamment, peut en employer de grandes quantités.
- Les expériences faites aux Etats-Unis concernant l’utilisation éventuelle du topinambour, plante rustique, qui résiste aux intempéries, sont bien de nature à lixer l’attention de l’agriculture française sur le problème visant à l’industrialisation de ce tubercule. H. B.
- Les assurances contre l’incendie en 1924. —
- M. Martin, président de la Caisse régionale agricole Incendie du centre Est à Busy (Doubs), nous écrit la lettre suivante que nous publions bien volontiers.
- « La Nature n’ u.711, du 20 mars dernier, a publié à sa page 90 des Informations sous le titre ci-dessus une note qui tendait in fine à laisser supposer q.ue les Mutuelles locales agricoles, organismes de mutualité pure, gérées et administrées gratuitement et qui d’après la loi ne doivent faire aucun bénéfice, ne donnaient pas d’heureux résultats, tandis qu’au contraire les-Compa-gnies commerciales d’assurances voyaient s’accroître constamment leur prospérité.
- Il semble que dans l’intérêt de la vérité, il faille remettre les choses en place.
- Les Mutuelles agricoles au contraire ne cessent de se développer de plus en plus rapidement et à l’appui de cette affirmation il suffira de citer les derniers chiffres statistiques produits, chiffres qui sont en retard notoirement sur la réalité.
- Total des Sociétés mutuelles agricoles officiellement recensées au 3i décembre 1924 : 16 584.
- Sociétés d’assurances mutuelle* contre la mortalité du bétail.
- a) Caisses locales : 7.091.
- : b) Caisses de réassurances : 77.
- Nombre de membres : 335 922.
- Capital assuré : 1 690213 francs.
- Sociétés d’assurances mutuelles contre l'incendie.
- Nombre de sociétés : 6.233.
- a) Caisses locales : 6233.
- b) Caisses de réassurances : 43.
- Nombre de membres (effectifs et expectants) : 2.31 722.
- Capital assuré : 5 482044 francs.
- Sociétés d’assurances mutuelles contre les accidents.
- Caisses locales : 4363. __
- Nombre de membres (effectifs et expectants) : 97 061.
- Montant des cotisations : 37019499 francs.
- A noter que les caisses locales accidents ont été constituées à. partir de l’année 1924 seulement, par application de l’article 11 de la loi du i5 décembre 1922.
- Ces chiffres indiquent on ne peut plus clairement la prospérité croissante de la Mutualité agricole dont le succès ne peut manquer de s’affirmer, puisqu’elle tend à libérer l’assurance de tout ce que cette dernière peut avoir de vétuste, en même temps qu elle peut faire réaliser une sérieuse économie aux assurés eux-mêmes ».
- s?> JS cuve lies de T. S. T.
- La radiophonie transatlantique. — On annonce qu’il reste encore des difficultés à vaincre avant d’ouvrir au public le service de radiophonie transatlantique pour lesquels des essais sont effectués par la station de Rugby. Une date fixe ne peut donc encore être annoncée pour l’ouverture de ce service.
- Les licences de réception. — Dans presque toute l’Europe, sauf en France, les gouvernements ont établi maintenant, nous lavons indiqué, le système des licences de réception. C’est-à-dire que tous les amateurs payent un droit annuel dont une partie revient à l’Etat et l’autre partie à la société qui organise la radiodiffusion.
- En Suisse, le coût de ces licences a été fixé à 12 francs suisses. Chaque station régionale ne participe qu’aux recettes des licences délivrées parle district qu’elle dessert.
- En Tchécoslovaquie le coût de ces licences vient d’être réduit de i5 à 10 couronnes tchécoslovaques.
- En Angleterre le nombre des licences s’élevait récemment à 1 764 712 et chaque licence coûte 10 shillings. Le produit de cet impôt s’élève donc à près d’un million de livres dont la moitié revient à l’administration des P. P. T. et la moitié à la British Broadcasting Company.
- Stations sur très courtes longueurs d’onde. —
- On sait que des émissions radiophoniques sur très courtes longueurs d’onde de l’ordre de 100 m. à 3o m. ont déjà lieu régulièremest aux Etats-Unis.
- La T. S. F. Moderne annonce qu’on envisage actuellement en Angleterre la possibilité d’installation d’une station de radiodiffusion à grande puissance travaillant sur ondes très courtes. Les émissions seraient destinées aux colonies et possessions anglaises très éloignées.
- Malgré l’intérêt de cette innovation, on peut craindre que des irrégularités ne soient constatées dans les réceptions comme on a pu le constater en Amérique.
- Le contrôle des émissions radiophoniques. — Le
- gouvernement anglais exerce un contrôle attentif sur le programme des émissions radiophoniques, c’est ainsi qu’il a récemment interdit un discours que devait prononcer M. Bernard Shaw à l’occasion de son 70e anniversaire, ainsi que la diffusion d’une conversation relative à la question des dettes interalliées entre un journaliste américain très connu et le directeur d’un grand journal anglais.
- Un record mondial. — La Radio Review conte le cas d’un amateur américain, M. Efîa W. Darne (3BWT), de Washington, qui peut affirmer avec orgueil avoir transmis toutes les nuits depuis cinq ans avec son poste émetteur d’essai.
- M. Darne a communiqué ainsi avec des amateurs de l’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe, d’Afrique, de l’Afrique du Sud, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Asie.
- Il semble bien, en effet, que l’on doive reconnaître à cet amateur le record de la persévérance et de l’endurance.
- Ledéveloppementderamatèurismedans lemonde.
- — Il y a maintenant plus de cinquante nations dans le monde dans lesquelles des amateurs émetteurs effectuent des transmissions bilatérales et ce nombre augmente chaque jour.
- Il devient donc de plus eu plus embarrassant de trouver pour l’indicatif de ces amateurs un préfixe indiquant leur nationalité. C’est ainsi que les lettres Y et R sont déjà employées dans deux pays différents et que le Portugal et Madère sont forcés de se partager la lettre P.
- La transmission sur ondes courtes à grande distance. — Il semble bien établi actuellement que l’on peut désormais avoir confiance dans les transmissions sur ondes courtes effectuées dans certaines conditions pour les communications radiotélégraphiques à grande distance et ces communications régulières peuvent souvent être établies par des amateurs.
- Une série assez longue d’essais de ce genre a été récemment exécutée entre les amateurs américains et les amateurs australiens. Des messages de 5oo mots ont pu être transmis dans les deux sens avec une régularité et une exactitude parfaites qui démontrent à la fois 1er. qualités techniques des amateurs émetteurs, et les avantages de transmission sur ondes courtes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- «i*s. Agriculture
- Ramasse-pommes. — Dans les régions de culture du pommier à cidre, le ramassage des pommes, dans les vergers, nécessite une main-d'œuvre très coûteuse et beaucoup de temps. Souvent les pommes sont éparpillées en grandes quantités sur le sol, dans l’herbe, il faut les rechercher, ce qui complique encore le travail, étant donné, surtout, que l’on a l’habitude, en Normandie, comme en Bretagne et autres régions cidricoles, de gauler les fruits ou de secouer les branches pour ramasser ensuite les pommes.
- La main-d’œuvre de ramassage étant rare et chère, on a imaginé un appareil très simple pour effectuer ce travail : le ramasse-pommes dont le croquis ci-joint suffît à faire comprendre le principe, l’agencement et le fonctionnement.
- Le ramasse-pommes se compose des organes suivants : un cylindre métallique muni sur toute sa surface de solides pointes métalliques rivées à l’intérieur, porte des longrines se terminant, en arrière, par des mancherons servant à diriger l’appareil, et en avant par
- Fig. i. — Le Hérisson.
- deux bras parallèles portant un récipient muni de poignées sur les côtés.
- Les longrines latérales portent, de chaque côté, une petite roue pour le transport de l’appareil sur route
- (Kg- O-
- Le ramasse-pommes justement dénommé « Le Hérisson », en raison des pointes dont il est garni sur toute sa surface, fonctionne de la manière suivante :
- Le cylindre étant actionné en avant, toutes les pommes qui se trouvent sur son passage sont piquées, happées par les pointes et, par l’effet de leur propre poids et du mouvement de propulsion rotatoire, elles viennent tomber dans le récipient.
- Une barre transversale fait choir également celles qui ont résisté au mouvement giratoire.
- Des côtés dressés au-dessus du récipient empêchent la chute des pommes en dehors du cylindre ramasseur.
- Quand le récipient est rempli, on le vide et on le remet en place.
- La machine est solide, légère, exécute le travail de ramassage très rapidement, les fruits ne sont pas mélangés à des feuilles et ne subissent pas de détério-l'ation. Le rendement est de io à i5 hectolitres à l’heure.
- Pour les champs de grande étendue, on a imaginé un ramasse-pommes à grand travail, machine actionnée par un cheval (fig. 2).
- Le principe est le même que dans le ramasse-pommes fonctionnant à bras.
- On a adopté, pour la locomotion et le fonctionnement avec embrayage et débrayage à l’aide d’un levier, le principe des machines de récolte (râteau à cheval, etc.).
- Les pommes sont recueillies dans une caisse grillagée, fixée à l’avant.
- Le mouvement est pris sur l’une des roues porteuses.
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- Fig, 2. — Le ramasse-pommes à grand travail.
- Un levier soulève et immobilise le cylindre ramasseür, pour le transport sur route.
- Le rendement du ramasse-pommes à grand travail, mû par un cheval, est de i5 à 20 hectolitres à l’heure.
- Constructeurs : Aubert et fils, 6, rue de la Madeleine, à Pont-Audemer. Henri Blin.
- sav Travaux d’amateur ^
- Tapisser les murs avec du tissu. — Tapisser d’étoffe les murs d’une pièce est un travail à la portée de tout le monde et on y parvient assez facilement en procédant de la façon suivante .
- 11 faut naturellement se procurer le tissu en calculant la surface nécessaire ; puis, comme outils, on a besoin d’un marteau, de clous et de baguettes de bois. Une machine à coudre est également appréciable pour réunir les différents morceaux de tissu qui seront cloués avec de la semence.
- La ligure représente ici le marteau dont on devra se servir, appelé « marteau de tapissier », le seul capable de ne pas endommager les corniches, lambris ou plinthes et dont le maniement demande assez d’adresse.
- Comme clous, on choisira :
- i° Pour les baguettes, des clous de o m. oi5 à o m. 020 ;
- 20 Pour le tissu, des semences noires à grosse tête ;
- 3° Pour le galon ou lézarde, des petites pointes à tète ronde, dites pointes à créter.
- On se procurera les baguettes, qui pourront être en
- Semence
- Manteau de ville
- Fig. 3. — Le marteau de tapissier et les clous.
- bois blanc de bonne qualité, soit dans une scierie, soit chez un menuisier; elles ne devront pas mesurer plus de deux doigts de large et un maximum de 5 à 6 mm. d’épaisseur.
- Afin de ne pas en mauquer, on ajoute un dixième en
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- plus de la quantité calculée. On les pose le long des plinthes, des lambris, de la corniche, autour des chambranles de portes et de fenêtres, dans les quatre coins, et si les panneaux sont grands, afin de tenir le tissu
- Baguette
- '"'Baguettes — d'encadre--
- =ment \
- Soutien
- Fig. 4- — Pose des baguettes de soutien et d’encadrement.
- éloigné du mur, on placera des baguettes à intervalles de i m. 5o ou a m.
- S’il s’agit d’une pièce dont les panneaux sont moulurés, ainsi qu’il ést indiqué sur la gravure, on calcule seulement le tour de chaque panneau.
- Si les murs ont déjà été recouverts d’étoffe, on peut déclouer l’ancienne en ayant soin de ne pas abîmer les
- Fig. 5. — Assemblage des baguettes en angle.
- baguettes et le travail se trouve ainsi simplifié. S’il y a eu du papier peint, il est inutile de l’enlever, car il ne gêne en aucune façon.
- Nous supposerons les murs nus. Afin d’avoir les mouvements libres, on commence par dégager la pièce des meubles encombrants, soit en les retirant, soit en les réunissant au milieu. On a eu soin, au préalable, de bien
- Fig. 6. — Assemblage de deux lés voisins.
- nettoyer ou de repeindre, si besoin est, les corniches et les boiseries. Ensuite, on se munit du marteau et, de manière à ne pas avoir à se déranger à chaque instant, on prend sur soi les clous. Les baguettes sont posées à portée de la main: elles sont coupées suivant la place où on les destine, et les extrémités formant les angles sont
- coupées à 45° dans une boîte à onglet si on en a une. Le bois étant d’une faible épaisseur, afin d’éviter de le fendre, on frappe légèrement sur les clous qu’on peut épointer. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, les baguettes seront posées sur le mur d’une manière jointive.
- Elles forment ainsi un cadre sur lequel on fixe le tissu. On coupe ce dernier d’après la hauteur existant entre la corniche et la plinthe. Chaque morceau ou lé doit avoir cette longueur.
- Toutefois, pour les tissus comportant des motifs décoratifs, il faut tenir compte du dessin comme dans la pose du papier peint. Il en résulte une perte qu’il est impossible d’éviter.
- On coud les différents morceaux à la machine, puis, avec beaucoup de précaution, on repasse les coutures ouvertes.
- Pour le velours et la soie principalement (qui sont d’ailleurs main-tenant rarement utilisés) ce travail Etoffe fragilerep îee présente assez de difficulté. au c ou ^e'
- Avant de fixer définitivement l’étoffe, on la place provisoirement à l’aide de quelques semences à peine enfoncées, de manière à se rendre compte du résultat. On examine si tout est bien en place. Pour terminer le travail, on fixe dans le sens vertical tout un bord du lé avec suffisamment de semences, sans avoir besoin de les enfoncer, puis on tend et on fixe le bord opposé dans le même sens vertical.
- On voit donc de quelle utilité sont les baguettes dans les encoignures.
- Enfin on cloue dans le sens horizontal le haut et le bas et on n’enfonce les semences qu’après avoir constaté que la présentation donne satisfaction.
- Il est possible de procéder autrement ; par exemple en fixant en premier un bord dans le sens horizontal, soit en haut, soit en bas, puis l’autre bord et finalement
- Fig. 7.
- les deux côtés verticaux.
- L’humidité ayant pour effet de distendre toujours un peu le tissu, il ne faut pas, sous peine d’avoir un résultat déplorable, fixer le tissu des grands panneaux sur les baguettes posées à intervalles réguliers; ces dernières n’ont uniquement pour objet que de maintenir éloignée du mur l’étoffe et également de la soutenir.
- On devra clouer l’étoffe repliée sur les bords si la trame du tissu employé est lâche.
- La pose se conduit facilement, en commençant dans une encoignure et en continuant de panneau en panneau.
- Il y a plus ou moins de perte, suivant que l’on est plus ou moins habile à tirer parti des chutes.
- Le problème est le même que pour la pose du papier peint dont nous avons déjà parlé.
- On borde enfin d’un galon spécial, appelé lézarde autant que possible assortie au tissu, de manière à dissimuler les bords qui sont cloués. On assujettit la lézarde au moyen de petites pointes à têtes rondes presque invisibles. La bordure est indispensable pour donner au travail un aspect soigné et fini. Elle suit le tour des chambranles, les plinthes et les corniches. Dans les encoignures elle masque les raccords. On la replie avec soin, en évitant qu’elle ne forme « paquet » et dans ce cas, on coupe si c’est nécessaire.
- Parfois on colle le galon, à la colle forte; mais il faut éviter de tacher le tissu. Souvent près des moulures, au lieu de lattes on met du molleton ou un cartonnage, et on rabat l’étoffe après l’avoir clouée. P. M,
- Fi
- 8. — Joint de lézarde dans un coin.
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- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : MARJOLAINE
- La Marjolaine (Origanum majorana L.). Labiées, dont le nom vient si souvent sur les lèvres des enfants dans l’antique ronde « Compagnon de la Marjolaine », est encore nommée Marjolaine à coquille, Marjolaine des jardins, Origan Marjolaine, etc.
- Habitat. — Elle est assez répandue dans le Sud de l’Europe et le Midi de la France.
- Description sommaire. — Plante haute de o m. 20 à o m. 40. Tige dressée, carrée, ramifiée. Feuilles opposées, ovales, blanchâtres, à odeur forte et à saveur amère. Fleurs petites, blanchâtres, en bouquets globuleux réunis au sommet, des rameaux. Graines oblongues, très fines, au nombre de /\ooo, environ, pour 1 gr. Le litre pèse en moyenne 55o gr. Leur durée germinative est de 3 années.
- Culture. — On la cultive dans les départements des Bouches-du-Rhône, de Seine-et-Oise, des Alpes-Maritimes et du Vaucluse.
- Multiplication. — Par semis et par division des vieilles souches. La plante demande une terres très ameublie, bien fumée et à une exposition chaude.
- On sème d’abord en pépinière ou sous châssis en mars en ayant soin de ne pas recouvrir les graines à cause de leur finesse, l’arrosage suffit à les enterrer. Lorsque les plants sont assez forts, on les repique en mai dans un sol fumé au superphosphate, en les espaçant de o m. a5 sur les lignes écartées de o m. 40. On peut aussi semer en pleine terre, en planches de 1 m. 20 de longueur; les plants sont ensuite éclaircis pour répondre aux distances ci-dessus.
- Dans la division par touffes, on met 4 ou 5 fragments par trou distant de o m. 25 à o m. 3o sur des lignes’ espacées de o m. 65 à o m. 70. On estime que cette culture peut donner un bénéfice de 750 francs par hectare. (A. R. et D. B.).
- Récolte. — On l’effectue en pleine floraison par un temps sec et chaud, en coupant les sommités fleuries à la faucille ou au couteau-scie. On les réunit en petits bouquets que l’on met sécher sur des cordes tendues dans un endroit aéré.
- Composition chimique. —L’analyse de cette plante, ou de ses sommités, n’a pas été faite, car on ne la trouve pas dans les ouvrages de culture. On ne cite que son essence qui, d’après Cadéac et Meunier, exercerait surtout une action antispasmodique.
- Propriétés thérapeutiques. — La marjolaine a joui naguère d’une grande réputation comme résolutive, antispasmodique, antiseptique, sternutatoire, etc. ; mais elle est beaucoup moins employée aujourd’hui.
- Préparations pharmaceutiques. — Les sommités fleuries donnent d’agréables infusions à la dose de i5 à 20 gr. par litre.
- Celles-ci peuvent aussi, d’après les observations du D1' H. Leclerc, servir extérieurement dans le traitement du coryza : il suffit d’en renifler plusieurs fois par jour de façon à en baigner les fosses nasales.
- Le Codex l’a fait entrer dans la poudre sternutatoire, à parties égales, avec les feuilles d’asarum, de bétoine et de fleurs de muguet.
- Les feuilles et les extrémités des pousses sont employées comme condiment; c’est un des assaisonnements les plus recherchés, surtout dans le Midi de la France où cette plante a, plus qu’ailleurs, sa place dans le Jardin familial.
- Observations commerciales. — Les producteurs de marjolaine en ont exporté la poudre en Suisse, Allemagne, Hollande, où elle servait à assaisonner la charcuterie (A. R. et D. B.). La culture en a été recommandée officiellement en 1916. Le prix du kilogramme a varié de o fr. 75 à 1 fr. 5o.
- MAUVE SYLVESTRE
- Bien que la plupart des espèces de mauves puissent être employées en thérapeutique, il en est une qui, à cet égard, les prime toutes, c’est la Mauve sylvestre {Malva sylvestris L.), Malvacées, qu’on nomme encore Mauve sauvage, Grande Mauve, Fromageon, Fouas-sier, etc. C’est elle seule qu’il faut cultiver dans le Jardin familial.
- Habitat. — Elle est très commune dans les champs, le long des haies, sur le bord des chemins, auprès des habitations et dans presque tous les lieux incultes.
- Description sommaire. — Plante bisannuelle de o m. 3o à o m. 60 de hauteur, couverte de poils simples. Tige cylindrique, dressée. Feuilles alternes, longuement pétiolées, larges, à lobes profonds et dentés. Fleurs, de juin à septembre, grandes, purpurines, [puis violettes avec des veines plus pâles, rassemblées par 4 à 5 à l’aisselle des 'feuilles ou au sommet des rameaux. Fruits (akènes) réunis en cercle autour de l’axe; graines réni-formes. *
- Culture. — La mauve est cultivée dans plusieurs centres de production de plantes médicinales dont le plus important est le département du Nord, arrondissement de Valenciennes, sur une surface de 55 à 60 hectares. On y cultive surtout la variété à très grandes fleurs et à feuilles glabres (Malvasylvestris, var. glabra) qui fournit un produit très estimé de l’herboristerie, en raison de la grosseur et du coloris des fleurs. Sa culture existe également à Etréchy (Seine-et-Oise) et dans l’Aisne.
- Multiplication. — Le semis est seul usité, et comme la mauve est une plante très rustique, elle croit dans presque tous les sols, bien qu’elle préfère une terre légère, douce, chaude, riche en humus et quelque peu ombragée. On la sème au printemps (le plus souvent en avril-mai), en place plutôt qu’en pépinière, ou encore dès que la graine est mûre. On repique les petits plants, quand ils ont o m. o5 à o m. 10 de hauteur, en lignes distantes de o m. 60 et à o m. 5o sur la ligne, et on leur donne les soins culturaux ordinaires.
- Récolte. — Elle porte à la fois sur les feuilles et les fleurs, mais ces dernières l’emportent de beaucoup en
- importance. On cueille les fleurs, de juin à septembre, ou tant que dure la floraison, un peu avant leur complet épanouissement, le matin après la rosée; la récolte doit être journalière. Les feuilles sont ramassées au milieu de la floraison.
- Séchage. — En principe, la dessiccation doit se faire à l’abri du soleil dans un endroit très aéré, ou bien dans une étuve chauffée d’abord à 25°, puis graduellement à 36°. Toutefois, dans le Nord, on commence le séchage des fleurs au soleil en prenant la précaution de les recouvrir avec du papier. On le termine au séchoir à air chaud où on les étale sur des lattes en bois.
- Lorsque la dessiccation a été bien faite, les fleurs ont pris une teinte bleu pâle, mais comme cetle nuance est promptement détruite à la lumière et à l’humidité, il faut avoir soin de les conserver dans un lieu sombre et sec. On estime que 10 kg de fleurs fraîches laissent 2 kg i5o de feuilles sèches.
- Rendement à l’hectare. — D’après MM. Difloth et Blin, on peut admettre que, dans la région de Valenciennes, un hectare donne 5oo à 600 kg de feuilles et de fleurs. Si l’on se base sur un prix de vente de 2 fr. 5o, l’on aurait une recette brute de i25o francs à l’hectare.
- Composition chimique. — Toutes les parties de la plante, mais surtout les fleurs, renferment en abondance une matière mucilagineuse à laquelle leurs propriétés médicinales sont dues en grande partie.
- Propriétés thérapeutiques. — Elles ont été bien connues des anciens qui, comme de nos jours, les tenaient pour émollientes, adoucissantes, béchiques, pectorales et laxatives. La mauve est assez efficace dans certaines constipations opiniâtres et dans le cas de l’atonie de l’intestin. Et au sujet de cette dernière propriété, le Dr H. Leclerc rapporte « que les vertus exonérantes de la Mauve ont été magnifiées par d’illustres personnages de l’antiquité, et que Cicéron fut purgé copieusement après avoir fait usage d’un ragoût de mauve et de bette ».
- Préparations pharmaceutiques. — Les fleurs et les feuilles sont encore en grande estime dans la médecine populaire : l’infusion de fleurs à 10 gr. par litre, la décoction de feuilles entre ^5 et. 5o gr. pour jooo en
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- VARIÉTÉS
- lavement. On les emploie, en outre, en gargarisme, cataplasme, bain, etc. Les fleurs entrent dans la composition des espèces pectorales avec celles de Pied de chat, Pas d’Ane, Coquelicot, Bouillon blanc, Guimauve, Violettes.
- La mauve était cultivée jadis comme plante potagère, et l’on mangeait ses feuilles en guise d’épinards.
- Observations commerciales. — La demande en herboristerie est très importante pour les fleurs et les feuilles. Avant la guerre, les fleurs ont valu, en gros, ioo à lyS francs les ioo kg; au détail 2 fr, à 2 fr. y5 et 3 fr. le kilogramme pour celles de la variété Malva glabra. Depuis, on les a cotées 4 fr. à 4 fr. 5o, et les feuilles 1 fr. 60 à 1 fr. 70. - A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- ÉRUPTIONS CUTANÉES DUES AUX FOURRURES TEINTES
- Dans la Presse Médicale, M. le Dr Thibierge, membre de l'Académie de Médecine f1), et M. le Dr Jean Lacas-sagne, chef de clinique à la Faculté de Médecine de Lyon, viennent de signaler pour la première fois en France les méfaits possibles des fourrures teintes. Déjà, des éruptions cutanées eczématiformes avaient été signalées en Amérique, en Allemagne, au Danemark et en Angleterre, pays où l’usage des fourrures est plus répandu qu’en France. Elles semblent également plus fréquentes en France qu’on ne s’en doutait et il est bon d’en connaître l’origine puisque le remède s’ensuit immédiatement : la suppression de la fourrure irritante ou son isolement d’avec la peau.
- L’éruption opcupe, et tous les médecins qui l’ont observée y insistent, le cou et la partie inférieure du visage. Elle n’est pas toujours uniformément répandue sur toutes les régions atteintes, peut prédominer sur les parties postérieure pu latérale du çqu ; mais elle est habituellement diffuse sur les parties atteintes. La limite supérieure, au niveau de la nuque et sur les joues, est sensiblement rectiligne et horizontale, lorsque les malades ont coutume d’entourer la partie inférieure du visage avec leur fourrure (col montant ou boa); dans quelques cas, particulièrement frappants et pour ainsi dire schématiques, le lobule de l'oreille est également atteint sur 1 ou 2 cm de hauteur ; le bord supérieur de l’érnption y occupe le même niveau que sur la joue et le cou. La limite inférieure de l’éruptipn est généra? lement linéaire, correspond au bord du col ou à l'échancrure du corsage; c’est dire que, chez les femmes portant des robes largement ouvertes, elle peut descendre en triangle sur la partie antérieure du thorax.
- 1. M. le D? Thibierge est mort quelques jours après cette publication. C’était un des maîtres de la dermatologie, un grand cœur et un grand esprit.
- L’éruption peut occuper le front chez des femmes portant des toques de fourrure, les poignets et les mains dans le cas de garnitures de manches.
- Tantôt, on ne voit que des petits points rouges multiples ou des plaques plus ou moins larges ; plus souvent des vésicules s’y ajoutent, laissant suinter une sérosité qui sèche en croûtes. Quand la fourrure irritante est portée seulement de temps à autre, l’éruption récidive chaque fois ; quand elle est portée constamment, l’éruption peut devenir plus intense et amener des lésions de grattage.
- Le siège de l’irritation, son apparition consécutive au port d’une fourrure déterminée, sa disparition dès que la fourrure ne sert plus, suffisent à indiquer la cause du mal.
- La peau de chèvre teinte en noir et surtout la peau de lapin teinte en brun (castor de lapin) sont les plus souvent irritantes, Cela tient aux couleurs d’aniline et notamment à la paraphénylène-diaimne que les fourreurs emploient comme teinture.
- Il est bon de connaître ces faits qui expliquent certaines éruptions, attribuées par les malades à leur sensibilité au froid de l’hiver. Une expérience très simple, consistant à supprimer l’emploi de la fourrure pendant quelque temps, suffit pour vérifier l’origine toxique possible.
- MM. Thibierge et Lacassagne recommandent comme traitement, pour aider à la disparition des lésions, des applications adoucissantes : liniment pléo-calcaire, cold cream simple ou additionné d’oxyde de zinc, pommad.es à l’oxyde dé zinc ou à l’ichthyol. Si le prurit présente quelque intensité Qu résiste aux traitements précédents, on fera faire des lotions avec de l’eau vinaigrée ou additionnée d’alcool de menthe. On s’abstiendra rigoureusement de l’emploi de tous topiques irritants. R. M-
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La NatUfâ oblige à limiter strictement les réponses aux lettres préseu? tant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Érratfim. — Buffet de cuisine transformable (n° 2736) : Le buffet est construit par Mme Roche, àltancourt (Aisne) et non à llaucourt comme on l’a imprimé par erreur,
- Motocyclette carrossée : 76, avenue des Champs-Elysées, Paris,
- Réponses.®— M. le R. P. Dr Galaup, à Ispahan. - La machine solaire de Tellier à ammoniac n’est actuellement construite nulle part. Vous ne trouverez, du reste, dans le commerce actuellement aucune machine solaire. Des amateurs bien outillés en construisent parfois pour leurs besoins ; ainsi à l’Observatoire du Mont Wilson, aux Etats-Unis, on a construit il y a quelques armées une étuve culinaire utilisant la chaleur solaire. La dernière expérience faite en grand, à notre connaissance, est la machine solaire à vapeur de Schumann installée en Egypte avant la guerre. Mais jusqu’ici le grand problème de l’utilisation directe dé la chaleur solaire comme source
- de force motrice n’a pas été résolu industriellement.
- M, R., à Neuilly-la-Forèt (Calvados).— Contre les moi? neaux qui ravagent les cultures fruitières et potagères, on peut recourir aux moyens de capture : glu ou pièges, si l’emploi d’un épouvantail, ou de plusieurs, reste sans efficacité,
- Les chasseqrs à la pipée ou aux gluaux emploient l’huile de lin pour faire une sorte de glu, Il suffit pour cela de faire réduire cette huile sur le feu.
- En outre, on peut capturer les moineaux en procédant de la manière suivante :
- Prendre du grain en quantité suffisante pour proportionner les appâts à l’importançe de l’invasion, c'est-à-dire sur les points où les moineaux sont très nombreux et dans le voisinage de ces points.
- Humecter les grains avec de l’eau-de-vie en les brassant de façon que tpnte la masse en soit imprégnée complètement, De bonne heure le matin, les grains ainsi traités-seront répanflus en longues traînées sur le sol, à proximité des endroits où les moineaux sont attirés par les arbres fruitiers ou les cultures légumières.
- Les moineaux, attirés par les grains, s’enivrent en picorant ceux-ci, ils titubent, tombent. Muni d’un panier on les ramasse aisément.
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- L’appàt étant inoffensif, on peut porter les moineaux à l’office pour les y traiter comme fout gibier à plumes de bonne prise.
- Un autre procédé consiste à attirer, avec des traînées de grains, les moineaux sous une planche lourde, dressée obliquement sur le sol, en la soutenant faiblement avec un petit bâton à la base duqiiel on a attaché une très longue corde allant jusqu’à une distance assez éloignée d'u piège. L’opérateur, dissimulé dans le voisinage, provoque la chute de la trappe en tirant sur la corde dès que de nombreux moineaux se trouvent réunis et picorent le grain répandu sous cette espèce de trébuchet.
- M. Fernand Puget, ^ Alger. — La condition essentielle pour que la matière colorante en solution soit absorbée, en vue de colorer des fleurs, est que les liges soient fraîchement coupées, c’est-à-dire que les matières albuminoïdes contenues dans la sève n’aient pas eu le temps de se coaguler. Une bonne manière d’opérer est de ployer la tige pour la plonger dans le liquide, sans la séparer du pied et de n’effectuer la section que sous l’eau, l’ascension par capillarité se fait alors rapidement et les pétales se colorent.
- D’autre part, il convienL d’employer surtout pour cette expérience les couleurs d’aniline dites « pour laine « qui donnent les meilleurs résultats, la solution doit être uniquement aqueuse (concentration environ i gr. par litre), il ne faudrait pas ajouter d’alcool qui coagulerait l’albumine. Enfin le liquide doit être filtré de manière qu’au moment de l’absorption, les matières en suspension ne viennent pas obstruer l’ouverture des vaisseaux capillaires.
- M. le B' L,, à Rennes. — Le procédé .Variât permet en effet de métallisée de petits animaux, des insectes, des pièces anatomiques, il consiste à plonger les objets pendant 24 heures dans une solution concentrée de nitrate d’argent dans l’alcool à go°. On expose ensuite à l’air pendant quelques heures, puis on enferme dans une caisse où passe un courant d hydrogène sulfuré qui transforme l’argent en sulfure. Il ne reste plus qu’à recouvrir l’objet ainsi rendu conducteur d’un dépôt métallique, cuivre, nickel, or, etc., en le suspendant à la cathode dans un bain électrolytique approprié ainsi qu’on le fait couramment en galvanoplastie, N. B. Le nitrate d’argent qui a imprégné les tissus en assure la conservation sans qu’il y ait à craindre de putréfaction dans l’avenir.
- S. C. 66-2, R. — i° La formule suivante que vous modifierez suivant les circonstances peut vous servir de type pour la confection de vernis à l'acétate de cellulose :
- Acétate de cellulose .... 3o gr.
- Tétrachloréthane . . . . . 36o .—
- Triacétine ........ 3 —-
- Alcool à g5° . ............ 40 —1
- Colorer par une couleur d’aniline appropriée à l’emploi, on obtient ainsi un vernis de belle transparence.
- a° Crème lanoline : Faire fondre 120 gr. de lanoline, verser dans un mortier de porcelaine préalablement chauffé en y passant de l’eau bouillante.
- Ajouter alors à la lanoline ainsi maintenue fluide, en versant peu à peu et agitant constamment avec une Spatule, un mélange de :
- ' Eau distillée de roses. . . . 10, gr.
- Eau distillée d’hamamelîis. . 60 —
- Une fois l’émulsion obtenue, mettre en pots et conserver dans un endroit frais.
- M. JDirand, à Valenciennes. — On imperméabilise et rend imputrescibles les cordes parle stéarate de cuivre en préparant d’abord les deux solutions :
- A Eau non calcaire. . . . . 10 litres
- Savon de Marseille .... u5o gr.
- B Eau non calcaire ............. 10 litres
- Sulfate de cuivre ..... 60 gr.
- Mouiller ensuite les cordes en les plongeant dans le bain A jusqu’à imprégnation complète.
- Egoutter, tordre légèrement, puis plonger dans la solution B. Faire sécher et répéter deux ou trois fois les opérations dans le même ordre. — N. B. Le séchage entre chaque cycle d’opérations est important, car il assure la pénétration du liquide savonneux jusqu’au centre-du cordage par capillarité.
- .M. Gallie, à la Charité. — i° Le polissage du marbre ne présente d’autre particularité que d’employer des abrasifs de plus en plus fins. Sable ou grès au début, puis ensuite émeri, potée d’étain et finalement ràpure
- de plomb. Ce travail demande beaucoup de patience et tout le talent de l’opérateur consiste à passer insensiblement d’une matière abrasive à une autre, voire à faire un classement de grosseur, par sédimentation, après délayage dans l’eau pour le sable, l’émeri, etc.
- 20 L enduit protecteur du marbre dont vous voulez parler est très probablement une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone à la concentration de 5 p. 100 environ. Si vous désirez que le vernis conserve une certaine souplesse, vous pouvez y ajouter un peu de triacétine (Voir réponse S. C. 615-2 R., même numéro).
- M. Thiervard, à Paris. — 1” La préparation du cirage blanc pour chaussures ne présente pas de difficulté, il suffit de prendre :
- Savon blanc.................. 100 gr.
- Glycérine.....................100 —
- Eau ordinaire.................800 —
- Amidon....................... 100 —
- On commence par mélanger l’eau et la glycérine et
- on y fait dissoudre à chaud le savon réduit en copeaux minces, puis, suivant la consistance désirée, on prélève sur les 100 gr. d’amidon 10, 20 ou 3o gr. dont on se sert pour préparer un empois avec l’eau savonneuse (faire bouillir l’eau et y verser sous forme de filet les 10, 20 ou 3o gr. d’amidon délayés dans juste la quantité d eau froide nécessaire pour former un lait). Une fois 1 empois formé, laisser refroidir, y incorporer le reste de 1 amidon. Dans le cas d’une crème, remplacer 1 amidon mis en dernier par’même quantité au choix de kaolin, de carbonate de magnésie ou tout simplement de blanc d’Espagne.
- 20 De même vous pourrez préparer une très bonne pâte d’entretien pour les objets nickelés avec :
- Eau ordinaire................5oo gr.
- Savon blanc..................100 —
- Ammoniaque liquide. ... 5o —
- Tripoli......................25o —
- Préparer la solution de savon comme dans la formule précédente, laisser refroidir et ajouter successivement le tripoli et l’ammoniaque, rendre bien homogène, conserver en flacons bouchés.
- M. Cardot, à Alger. — Rien n’est plus simple que 1 enlèvement des taches produites par le permanganate de potasse sur le linge. Il suffit pour cela de tremper la partie tachée dans le bisulfite de soude du commerce étendu de 3 à 4 fois son volume d’eau tiède. Aussitôt que les taches ont disparu, on rince soigneusement et laisse sécher.
- La Floride, Saint-Servan. — Les insectes qui s'attaquent aux parquets et''ceux qui détruisent les tapis ne sont pas les mêmes; dans le premier cas, il s’agit le plus souvent de la Vrilletle opiniâtre (Anobium pertinax ou striatum) et dans le second de la Teigne dés vêtements appelée vulgairement Mite (Tinea pellionella). 11 conviendrait d’abord de boucher toutes fentes*ou trous existants dans le parquet au moyen du mastic suivant : Cire jaune ........ 35o gr.
- Résine en poudre ..... 200 —
- Suif......................... 5o —
- Après fusion, incorporer au mélange :
- Blanc d’Espagne...............400 gr.
- Ce mastic s’applique en le versant chaud dans les rainures, on laisse durcir quelques heures, puis on racle l’excédent d’abord avec une lame quelconque, ensuite avec un morceau de verre cassé de forme arrondie.
- On peut approprier la teinte du mastic à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par ocre jaune ou rouge, noir de fuméé, etc.
- Quant aux tapis, le mieux est de les battre énergiquement au grand air, après quoi on saupoudre la face supérieure de poudre de fleur de pyrèthre fraîche, on roule, ficelle et laisse ainsi jusqu’à l’hiver.
- M. Barès, armée du Rhin. — Guesquin n’a pas publié de livre de recettes, mais a pris en 1901 le premier brevet français ayant pour objet d’éviter la formation de quinone toxique lors de l'emploi des teintures pour cheveux à la paraphénylène diamine. La caractéristique du brevet est d’effectuer l’oxydation en milieu rendu alcalin, de préférence par le bicarbonate de soude. Il conseille en outre, après application de la teinture et séchage, de laver les cheveux d’abord à l’eau alcalinisée, ensuite à l’eau pure ; on évite ainsi toute possibilité d’accident.
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- BIBLIOGRAPHIE
- The Décimai Bibliographical Classification of the Institut International de Bibliography partly translated for the formation and use of a universal Bibliographical Repertory concerning Optics, Light and Cognate Subjects by A. F. C. Dollard. 1 vol. 109 p. Cambridge University Preis 1926.
- Ce volume édité par les soins de 1’ « Optical Society » de Londres est un extrait traduit en anglais des tables de classification de l’Institut International de Bibliographie de Bruxelles. Cet extrait viseles matières touchant à l’optique et à la lumière. Ce travail a pour but de fournir un guide à l’Index décimal des « Transactions » del’Optical Society. En même temps il contribuera à vulgariser en Angleterre, où elle est, parait-il, à peine connue, la classification bibliographique décimale de Bruxelles.
- 11 'ii étoiles doubles de J. Ilerschel, étudiées d'après les catalogues photographiques et les cartes du ciel, par le P. Gaucuet S. .1. (Annales de l’Observatoire de Zô-Sé). 1 fascicule de 72 p. Imprimerie de la Mission catholique, Chang-Hai, 1926.
- Radiotechnique générale, par C. Gutton, i vol. 57a p., 3o4 fig- J.-B. Baillière et fils, éditeur, Paris, 1926.
- Pendant la guerre, les officiers radiotélégraphistes qu’il fallait improviser en grand nombre recevaient, '"pour l’étude des principes de la T. S. F., un manuel anonyme en 3 volumes, rédigé avec une clarté et une sûreté pédagogiques remarquables. Cet ouvrage qui, après les hostilités, a été réédité par le Ministère de la Guerre pour les officiers de réserve représente un des meilleurs, sinon le meilleur parmi les nombreux cours de T. S. F. qui ont vu le jour en ces dernières années. On est donc heureux de le voir réapparaître, sous le nom de son auteur; il a été bien entendu remanié en de nombreux endroits pour tenir compte des progrès récents les plus importants. Mais le plan général de l’ouvrage et les traits essentiels de l’exposition sont restés les mêmes. Il étudie successivement les circuits oscillants et la charge des condensateurs,
- ' la production des oscillations électriques par l’arc, par alternateurs, par les lampes à trois électrodes, le couplage des circuits, l’antenne et la propagation des ondes, la résistance des conducteurs en haute fréquence. Il décrit ensuite dans leurs grandes lignes les différents types de postes d’émission. Puis il passe à la réception, analyse le mécanisme de la détection, étudie les amplificateurs et résume les principaux schémas de réception. La radiotéléphonie fait l’objet d’un chapitre spécial et l’ouvrage se termine par l’étude des méthodes de mesures en haute fréquence.
- La soudure autogène du plomb, par R. Gran-ion, P. Rosenberg et A. Desgranges. i vol. 48 p., 3q fig. Bibliothèque de l’Office Central de l’Acétylène, Paris, 1926. Prix : 4 fr» 5o.
- Cette brochure est spécialement consacrée à une technique qui s’exerce dans certaines industries chimiques et aussi dans la plomberie ordinaire. Elle nécessite un apprentissage spécial. Ce petit volume en rend l’application aisée et facile. Le matériel employé, l’exécution dés soudures, les applications générales et spéciales de la soudure autogène du plomb sont décrits ou expliqués avec méthode.
- Chemins de fer d’intérêt local. Tramways. Services publics automobiles, par L. Yasseur. 1 vol. 784 p., 33a fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1926.
- Ce livre est consacré à la construction et à l’exploitation des chemins de fer et transports d’intérêt local. Il expose les règlesAechniques et administratives qui président à l’établissement des projets, explique comment s’exécutent les travaux, décrit le matériel en usage, étudie les conditions d’exploitation. Il examine en détail l’importante question des automotrices, notam-' ment les pétroléoéleclriques et les Dieselélectriques, les automotrices à gazogènes. Un chapitre est consa-. cré à la traction électrique. L’ouvrage se termine par l’étude de chemins de fer spéciaux, tels que les chemins de fer à crémaillère, les funiculaires, et enfin par celle des transports publics automobiles.
- Les problèmes de la rouie. — Numéro spécial, édité, à l’occasion du Congrès de la Route de Milan, par la Section industrielle du groupement pour le commerce et l’industrie, i vol. de 170 p., 80 fig. Edité par l’Action Industrielle et Commerciale, 5, rue des Italiens, Paris. Prix : i5 francs.
- Yoici les principales études traitées dans cet ouvrage : Le Problème routier en France (Le Gavrian). — Le Problème comparé des roules en France et en Amérique (Antoine). — Les Routes Coloniales (Teis-sier). — Les problèmes de la voirie municipale (Boutteville).
- Considérations générales sur les routes en béton (Mesnager). — Considérations techniques sur les roules en béton (Bcrenguierj. — La préparation du liant bitumineux (Haxel). — Les revêtements asphaltiques (Champilou). — Le tarmacadam (Roll). — Le goudronnage superficiel (Lassailly). — Les chaussées silicatées (Bedier). — Essais des matériaux pour les routes (Anstett)1. -— La propreté des routes et les liants bitumineux (Mascarl).
- Les Industriels et la Route (Mascart et Leroux).
- Distillation des plantes aromatiques et des parfums, par R.-M. Gatteiossk, i vol. in-8 broché, i52p., u5 fig. Desforges, Girardot et G% éditeurs,' Paris, 1926.
- L’auteur résume l’histoire de la distillation à travers les âges, décrit quelques appareils anciens, en montre la conception logique, puis, passant en revue les appareils exotiques, en souligne l’analogie avec les appareils anciens.
- Il examine ensuite l’état de la construction moderne, signale les défauts d’un certain nombre de dispositifs, indique les remèdes à y apporter et donne les schémas d’un grand nombre de modèles convenables pour des emplois déterminés.
- Les questions importantes du meilleur rendement en essence, de la moindre dépense en eau et en combustible sont étudiées en détail, et les distillateurs de plantes tireront un grand profit de ces indications précises.
- Un chapitre spécial est consacré à la récupération des huiles essentielles contenues dans les petites eaux de distillation.
- La troisième partie de l’ouvrage est consacrée à la distillation des corps homogènes, à la rectification, à la déterpénation. Enfin les appareils modernes d’extraction parles dissolvants organiques sont passés en revue.
- La pensée française contemporaine'., publication bimensuelle, 126, rue La Fayette, Paris.
- Cette nouvelle revue documentaire sera sans doute bien accueillie des travailleurs intellectuels de toutes catégories. Elle se propose de signaler chaque quinzaine les productions nouvelles, livres ou articles de revues, dans les domaines littéraire, artistique, historique, philosophique, religieux, scientifique et technique, et d’en fournir une brève analyse. Chaque rubrique sera indexée suivant la classification décimale.
- Notre Ville, notre pays, par Maurice Bocate. i brochure illustrée de 24 p. Imprimerie de Caisse d’Epargne. Pithiviers, 1926.
- Cette jolie plaquette est consacrée au pays de Beauce. Elle en fait revivre les hommes célèbres, poètes et savants. Elle en présente, au moyen de belles photographies, quelques paysages caractéristiques. Les pâtés d’alouettes de Pithivie,rs et quelques autres spécialités culinaires y sont chantés en vers et en prose.
- Le Petit Constructeur Mécanicien, par H. de Graeeigny,
- I vol. 245 p., 243 fig. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1926. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage est consacré à l’étude des petits travaux de mécanique que peut entreprendre un amateur.
- II décrit l’outillage et les opérations mécaniques élémentaires, puis un certain nombre de mécanismes, ou de machines dont l’auteur juge la construction accessible aux amateurs.
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- L/4 NATURE
- Supplément.
- N° 2739
- 2 Octobre 1926.
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- Une expédition française dans les régions boréales. — Une expédition scientifique française sous les ordres du lieutenant de vaisseau Darcis vient de s’embarquer au Havre pour entreprendre un voyage d’exploration daus les régions boréales.
- Le projet du lieutenant de vaisseau Darcis est, après hivernage au Spitzberg, de gagner au moyen de traîneaux, en passant par le Pôle Nord, suivant un méridien, la pointe Barrow sur les côtes de l'Alaska, ce qui représente un voyage de près de 3ooo km : i too km du Spilz-berg au Pôle, 1900 du Pôle à la pointe Barrow.
- L’expédition comprend, outre son chef, 14 personnes : 6 mécaniciens, 2 pilotes aviateurs, 4 savants, 1 opérateur de cinéma, 1 opérateur de T. S. F. Elle emmène ü traîneaux automobiles munis chacun d’un moteur de 5o ch; ces engins sont aménagés pour pouvoir circuler sür la glace, la neige ou la terre ferme ; ils sont en outre munis de flotteurs. 'Les traîneaux et leurs remorques emportent 24 tonnes d’approvisionnements ; l’un des traîneaux, le traîneau express de reconnaissance, est toutefois spécialement réservé au service des avion-nettes. Celles-ci sont munies d’un moteur de- 40 cli à refroidissement par air ; elles sont destinées à des raids de x5o à 200 km autour du campement des explorateurs et au service des reconnaissances. L’expédition emporte également un poste de T. S. F. pouvant porter à i5oo km. Elle emmène 1S000 litres d’essence é't 3 ans de vivres.
- Tornades destructrices en UloHdè et au Paraguay. — Le 18 septembre, une terrible tornade venue des Iles Bahamas a ravagé la partie sud de la presqu’île de la Floride aux Etats-Unis ; région particulièrement florissante qui a reçu le surnom de « Riviera américaine » et où les Américains du Nord trouvent été comme hiver de riches villégiatures. La ville de Miami, ville de création récente, a été en partie détruite par l’action combinée du vent et des vagues qui ont envahi les parties basses. On compte plus de 2000 tués, la plupart noyés, plusieurs milliers de blessés, Un grand nombre d’immeubles détruits. Une nombreuse population est sans abri.
- Le 21 septembre, une tornade également destructrice s’est abattue sur la ville d’Encarnaciqn, à l’Est d’Assomption au Paraguay. Là aussi oh compte de nombreux morts, 4oô dit-on, et beaucoup dé blessés.
- La plus puissante usine hydroélectrique , du monde. — Ce sera celle que së propose de construire sur la rivière du Sagueùay, province de Québee (Canada), l’Aluminium CT of Canada. Cette société a entrepris l’aménagement des grandes forces hydrauliques de la chute à Caron, à 40 km en aval de File Maligne. Elle projette d’y installer 10 turbines de 80000 ch chacune, soit au total 800000 ch entièrement destinés à l’industrie de l’aluminium. L'endroit a été choisi d’abord à cause de ses ressources en énergie à bon marché, et aussi parce qu’il se trouve au terminus de la navigation océanique ; on y trouve un port en eau profonde ouvert pendant 7 à 8 mois de l'année qpi permettra d’amener par bateaux, à l’usine de réduction, la bauxite de l'Amérique du Sud et de réexpédier le métal par la meme voie. Le Rapport sur les opérations minières dams la Province de Québec signale en outre qü’on se prépare au développement éventuel, dans cette région, d’une cité industrielle de 3oodo habitants. Elle a reçu déjà le nom d’Arvida, formé des trois premières syllabes des trois mots « Arthur Yining Davis >> prénoms et nom du président de l’Aluminium Cy of America, dont la compagnie Canadienne est une filiale. Cette meme publication note que les forces hydrauliques aménagées dans la seule province de Québec atteindront sous peu 3 000000 de ch contre 33oûoo en 1910.
- Là traction électrique sur. la ligne de Paris à Orléans. — Le 3o août dernier lés lignes électriques assurant la traction électrique sur le tronçon Paris-les-Aubrais ont été mises sous tension. Le î01 septembre ont circulé sur celte ligne les premièi’es locomotives
- électriques ; le lendemain 2 trains de marchandises ont été remorqués électriquement entre Juvisy et Les Aubrais. La traction électrique sera appliquée aux trains de voyageurs lorsque les installations électriques de la gare des Aubrais seront entièrement achevées.
- L’étouffage des cocons de vers à soie par la chlo-ropicrine. — Nous avons déjà signalé les importantes études de M. Gabriel Bertrand sur ce sujet. La chloropi-crine permet d’obtenir un étoufîage complet et rapide des cocons de vers à soie; cet étoufîage est sans action sur l’enveloppe soyeuse ; la qualité de la soie obtenue et le rendement sont égaux à ceux des procédés industriels. Le procédé à la chloropicrine a surtout l’avantage d’être à la portée des petits sériciculteurs, auxquels il permet d’opérer eux-mêmes l’étouffage et la dessiccation de leur récolte, même loin d’un centre ordinaire d’éducation, et de transformer le cocon frais, denrée périssable, en cocon sec non périssable.
- Il leur permet ainsi d’attendre pour la vente le moment qui leur semble le plus favorable ; tandis qu’avec les procédés actuels, tous les cocons frais viennent presque simultanément sur le marché, l’éleveur, forcé de se débarrasser de sa marchandise, doit en accepter des prix trop souvent peu rémunérateurs et qui finissent par décourager ce qui subsiste de sériciculteurs.
- M. Gabriel Bertrand, dans le Bulletin de la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale, rend compte des nouvelles expériences auxquelles il s’est livré pendant la campagne 1925.
- M. Gabriel Bertrand a perfectionné et simplifié la technique de l’étouffage : il se sert d’une caisse en bois ou d’une malle. Les cocons sont placés, en couche d’épaisseur à peu près uniforme, au fond de la caisse. Quand la couche atteint i5 à 20 cm d’épaisseur, on pose à la surface une ou plusieurs bandes de papier non collé (papier Joseph, papieF dit de soie, papier buvard (mince ou à là rigueur papier de journal). Ges bandes ont environ 12 cm de largeur sur 3o à 35 cm de longueur.
- On verse une certaine quantité de chloropicrine sur le papier (autant de grammes qu’il y a de kilogrammes de cocons dans la couche sous-jacente) ; on ajoute aussitôt une nouvelle couche de cocons, puis du papier et de la chloropicrine et ainsi de suite jusqu’à ce que la caisse soit pleine ou qu’on n’ait plus de cocons.
- On ferme alors la caisse ; si la fermeture n’est pas hermétique, on colle sur le joint de la caisse et du couvercle des bandes. On attend, enfin, une heure et demie à deux heures avant de vider les cocons étouffés sur des claies ou sur des toiles étalées à terre.
- L’opération de l’étouffage doit s’effectuer en plein air pour ne pas être gêné par les vapeurs. Il faut se rendre comptesd’où vient lé vent et se placer, par rapport à la caisse, de manière à tourner le dos au vent. Si on opère dans une caisse un peu profonde, il est préférable d’être deux personnes; l’une versé la chloropicrine, l’autre s’occupe de cocons. Il est recommandable de retenir momentanément les premières vapeurs de chloropicrine avec de grosses poignées de cocons apportées sur les bandes de papier aussitôt que le liquide a été versé.
- Des expériences ont été faites à Alais le 19 juin sur 7 lots de chacun 10 kg de cocons, puis à Anduze ; elles ont parfaitement réussi. Il en a été de même pour des expériences faites à Castres par M. Satelles, inspecteur primaire qui, grâce à là chloropicrine, a pu sauver les récoltes faites par les élèves des écoles, malgré l’iri'égu-larité des époques de maturité des divers cocons obtenus dans des conditions très différentes, d’un élève à l’autre,
- L’étouffage à la chloropicrine paraît devoir rendre aussi d’immenses services dans nos colonies Où la sériciculture est en honneur : à Madagascar et en Indo-Chine-notamment.
- Uü nouveau procédé de secrétage. — La fabrication des feutres soit dé laine, Soit de poils de lapins et autres animaux, exige une préparation préalable appelée secrétage et qui consiste à développer, à la surface des poils, des poils adventices qüi, par leur enchevêtrement, produiront le feutrage désiré.
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- INFORMATIONS
- Or, ce développement exige l’emploi de nitrate mer-cureux, corps éminemment nocif pour (la santé des ouvriers, et ce, à tel point que les établissements qui font le secrétage sont en i'° catégorie au point de vue de l’hygiène. M. Gabriel Jussier, dans une note parue dans le Bulletin de la Société d’Encouragement de janvier 1926 et que La Nature a résumée, a rappelé les diverses tentatives faites dans l’opération du secrétage des peaux de lapins pour diminuer les dangers que présente pour l’hygiène des ouvriers l’emploi des sels de mercure.
- Nous venons d’être informés qu’un brevet a été pris par MM. Pichard frères, en février 1925, sous le n° 5g4 241, qui supprime l’emploi des sels de mercure pour le secrétage, et que les résultats obtenus depuis cette époque permettent d’envisager la solution de ce problème.
- Ce nouveau procédé de secrétage, sans mercure, des poils destinés à la fabrication du feutre, consiste à traiter les poils adhérents à la peau, ou séparés de cette dernière, par une solution d’urée, de ses composés ou de ses dérivés et, de préférence, de nitrate d’urée, dans tous dissolvants appropriés.
- Des applications de ce procédé ont été faites depuis une année et ont donné des résultats satisfaisants. Il est à souhaiter que son application soit étudiée dans les différentes usines de coupage de poils de lapins afin d’éviter les conséquences, pour la santé des ouvriers, de l’intoxication résultant des composés mercuriels.
- La maladie professionnelle désignée sous le nom d’hydrargyrisme serait donc supprimée.
- La France produit elle-même de l’urée (Société des Produits azotés) et elle est ainsi indépendante de toute mainmise étrangère.
- Les éponges tunisiennes. — Les éponges forment une des productions intéressantes de la Régence.
- Deux variétés principales sont pêchées sur les cotes de Tunisie.
- L’éponge commune du commerce Hippospongia equina dans le Sud, depuis le cap Louza au Sud jde Mahdia, jusqu’à la frontière tripolitaine ; en remontant vers le Nord ; cette variété fait place peu à peu à Euspon-gia officinales, ou oreille d’éléphant, éponge très line (Gap Bon, Bizerte, Tabarka).
- Les méthodes de cette pèche sont intéressantes. Les Grecs qui forment une partie des pêcheurs font la pèche au Scaphandre. Les Italiens et les indigènes pèchent surtout à la gangave, iilet traînant à armature métallique autorisé seulement pendant une partie de l’année. Les indigènes font surtout la pèche au trident dit Katnakis en explorant les fonds à l’aide d’un tube de tôle étamé à l’extrémité inférieure duquel est placé un miroir.
- Les éponges pêchées sont vivantes c’est-à-dire que leur squelette qui constitue l’éponge commerciale est recouvert de la matière gélatineuse brune qui constitue le corps de l’animal. Les pécheurs les débarx’assent de la partie mucilagineuse par un lavage énergique dans l’eau de mer.
- Les négociants qui achètent le produit de la pèche enlèvent les débris de roches, coraux ou plantes qui peuvent adhérer aux éponges, ils leur donnent une forme commode en les taillant avec des ciseaux. Près de vingt catégories commerciales d’éponges dont le prix variait tin mars 1926 de 55 francs à 35o francs le kg.
- Ce sont les éponges pêchées au scaphandre qui forment les plus beaux choix (dites : oreilles d’Eléphants, 35o francs ; Venise, fines d’Italie, 25o francs; Mezzogio-rus et Libeccis 140 francs; Kerkennah, bouée n° 1, i3o fr.; Zuara et Tripoli, 232 francs.).
- Les éponges pêchées au Kamakis se vendent de 75 a 90 francs (dites Iverkenna, Djerba, Zarzis) ; celles prises par le Gangave sont en général inférieures à celles des deux pèches précédentes.
- La couleur naturelle des éponges est brune, on les blanchit au moyen de permanganate de potasse, hypo-sulfîte de soude et acide sulfurique.
- Le plus grand marché d’éponges est celui de Sfax. Deux autres sont à Djerba et Zarzis.
- On exporte, chaque année, une moyenne de tout près de 200000 kg d’éponges de Tunisie.
- Les statistiques indiquent une diminution régulière de 1922 (218 750 kg) à 1925 (167 570 kg).
- L’intensité de la pêche 'des éponges en Tunisie est
- donc considérable. Peut-on se représenter le volume de ces vingt wagons de dix tonnes d’éponges lorsqu’au lieu d’être séchées et pressées elles sont épanouies sur le fond de la mer ?
- Où vont ces éponges ? le Bulletin de l'Office du Protectorat français en Tunisie nous l’apprend aussi (août 1926). Presque toutes vers la France et l’Algérie (102000 kg en 1925), puis vers l’Italie (36800 kg), la Belgique (19400 kg), enfin une petite quantité vers une quinzaine d’autre pays.
- Un portrait de Gaston Tissandier. — Les fidèles abonnés et lecteurs de La Nature n’ont pas oublié le souvenir de son fondateur, Gaston Tissandier. L’un d’eux, M. le Dr Regnault-Perrier, vient d’avoir l’amabilité de nous envoyer une épreuve d’un daguerréotype qu’il fit vers 1862 ou 1863, au moment où Tissandier avait vingt ans.
- En nous envoyant cette photographie que nous repro-
- duisons ici, M. le D' Regnault-Perrier précise les conditions dans lesquelles il la lit :
- « Celte photo que je vous fais remettre aujourd'hui n’a aucune prétention artistique : elle n’a pour but que de prolonger, chez ceux qui l’ont connu, le souvenir d’un savant vulgarisateur aimable et cordial. Le cliché a été fait chez un ami commun vers 1862 ou 1863. A cette distance ma mén^oire ne peut préciser bien exactement. Tissandier devait avoir environ vingt ans et était élève chimiste chez le professeur Frémy. Exécuté sur collodion humide, dans un appartement à éclairage défectueux, unilatéral, le résultat ne pouvait être que médiocre, mais satisfaisant cependant pour un jeune amateur peu expérimenté.
- « Le cliché primitif était de 6 X&, je l’ai légèrement agrandi pour rendre l'image plus lisible, sans cependant l’améliorer. »
- Nid de mésange dans une cloche-signal de chemin de fer. — On a souvent relevé des nids d’oiseaux dans des endroits tout à fait inattendus.
- C’est ainsi qu’un abonné du Chasseur Français signale la présence d’un nid de mésange bleue sous la calotte d’une cloche-signal d’une station de chemin de fer départemental.
- Bien que la sonnerie électrique qui fonctionne à l’annonce des trains soit encore d’une certaine intensité, cela ne semble pas incommoder l’oiseau.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Travaux d'Amateur
- Comment peindre soi-même les boiseries, ïes corniches et les murs. — Voici quelques conseils utiles pour repeindre soi-même une pièce. On doit tenir compte de l’état de la pièce : si elle a déjà été peinte ou si elle ne l’a jamais été.
- Pour les boiseries et corniches, en premier lieu, on les nettoie, qu’elles soient peu ou très sales.
- Dans le cas où elles auraient été déjà revêtues de peinture, on les lessive avec précaution, après avoir soigneusement fait disparaître la poussière.
- On utilisera pour la lessive de l'eau contenant un peu de potasse caustique en dissolution, appelée « eau seconde », Si l’ancienne peinture est destinée à être enlevée, la concentration sera plus forte. On emploie, soit une brosse de chiendent, avec laquelle on frotte, soit un chiffon trempé dans la dissolution en tenant compte que l’eau seconde est un peu corrosive. Ensuite, de manière à supprimer l’effet de la lessive, on lave à grande eau.
- On achète toutes préparées des lessives très bonnes pour cet usage.
- Pour enlever l’ancienne peinture, on peut encore la brûler au moyen d’un peu d’essence de térébenthine répandue sur les boiseries.
- On l’enflamme, puis on gratte.
- Mais ce procédé est dangereux et seuls les peintres de profession l’emploient ; ils utilisent aussi la lampe à souder.
- Il est possible ensuite de passer une couche de peinture , mais on a soin d’attendre que les boiseries soient bien sèches.
- Pour les murs,
- le travail présente un peu plus de difficulté que pour les boiseries. Cependant, s’ils ont déjà été peints, on les lessive exactement de la même façon.
- ‘ Au contraire, on procède comme pour le lessivage du plafond si, comme cela se fait fréquemment à la campagne, les murs n’ont reçu qu’un badigeon à la colle.
- S’ils ont été recouverts de papier, on le décolle soigneusement. Ensuite, on passe une brosse de chiendent, on brosse, mais quand tout sera sec et aura été auparavant bien aéré.
- Ensuite, on passe sur le plâtre deux couches d’huile de lin chaude en procédant ainsi que nous l’indiquerons plus loin, de manière à abreuver le plâtre pour qu’il ne lui soit plus possible d’absorber la peinture,
- Il y a encore différents détails auxquels il faut attacher de l’importance. Si le mur présente des trous par exemple, il faut les reboucher avant d’avoir abreuvé le mur. On emploiera pour cela du plâtre à modeler si les dégradations sont importantes. Avec de l’eau, on gâche une petite quantité de plâtre, de manière à obtenir une pâte molle, avec laquelle on rebouche les fentes.
- On effectuera ce travail après l’abreuvage, si on utilise du mastic.
- Quelle peinture faut-il choisir? Pour les pièces dans lesquelles on séjourne : chambre, salon et salle à manger, on emploie les peintures à l’huile ordinaire. Au contraire, pour celles où l’on reste peu de temps : la cuisine, cabinet de toilette, W.-C., couloirs, le ripolin et les peintures émail conviennent mieux.
- S’il s’agit d’un travail important, ou si l’on se trouve
- éloigné, à la campagne, dans une ferme par exemple, on achète un pinceau neuf ou brosse de peintre. 11 doit être en soie, rond, assez souple et d’un diamètre d’environ 2,5 cm, il servira pour les peintures ordinaires. On prend, au contraire, un pinceaii plat, nommé « queue de morue »,pour le ripolin et les peintures émail très épaisses. Il devra avoir io mm de large pour les boiseries, tandis que pour les grandes surfaces il mesure 20, 25 et même 3o millimètres.
- Si l’on se trouve dans une ville ou si le travail est peu important, on se contente de louer un pinceau chez le marchand de couleurs qui saura vous choisir un modèle approprié.
- Afin de protéger ses vêlements, on met, à défaut de blouse, une vieille chemise. Dans un seau, on prépare la peinture et si l’odeur dégagée par celle-ci incommode, à l’aide de deux petits tampons d’ouate on se bouche les narines.
- Afin d’éviter de salir le pinceau jusqu’au manche, on se sert pour remuer la peinture, qui a toujours tendance à se déposer au fond, d’un bâton qu’on aura soin
- de choisir bien propre, de manière à ne pas mélanger de corps étrangers à la peinture.
- Tremper le pin-cean de façon que la moitié seule -ment des soies s’imprègnent de peinture et on égoutte soigneusement sur le rebord du seau pour qu’il n’y ait pas trop de liquide.
- On commence à la partie supérieure de la surface à repeindre, c’est-à-dire que les coups de pinceau sont donnés de haut en bas ; pour le mur, par exemple, on débute au ras de la corniche et pour la plinthe au ras du mur.
- Les coups de
- pinceau sont autant que possible donnés de la même longueur et très régulièrement, en appuyant d’une manière uniforme, assez légèrement afin d’éviter que la peinture ne dégoutte le long du mur.. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le pinceau doit contenir toujours la même quantité de peinture.
- On applique la peinture d’abord sur toute la hauteur et sur une certaine largeur de la surface, en donnant les coups de pinceau dans le même sens, de manière que l’excès de peinture descende naturellement.
- Toutefois, il est bon exceptionnellement, pour les boiseries, de donner le premier coup de pinceau dans le sens horizontal, même si l’on doit ensuite reprendre verticalement, car on aurait un mauvais résultat si, par mégarde, en passant sur les moulures, on exprimait tout le contenu du pinceau.
- On se rend parfaitement compte de ce que nous venons de dire en examinant avec attention une peinture déjà faite et l’on constate que cette indication ne doit pas être négligée. On distingue, en effet, même dans les peintures les mieux effectuées, une quantité de petites stries parallèles provenant des coups de pinceau et il est facile de s’imaginer le très mauvais effet que produisent ces stries si elles sont dans différents sens.
- La peinture s’étalant elle-même, il ne faut pas prêter attention si la couche que l’on vient de donner semble rayée.
- Il faut continuer, sans s’interrompre, la corniche ou le panneau commencé, et lorsque la première bande verticale est achevée, qui sera de préférence contre la fenêtre, on attaque une deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- que le • travail soit complètement terminé- On obtient ainsi une surface parfaitement unie ne laissant pas apparaître l’endroit des raccords, qui ne seront visibles que. si l’on donne à la peinture le temps de sécher entre les bandes.
- Si l’on recouvre une peinture déjà peinte en clair, qui n’aura pas été abîmée et que l’on aura eu soin de bien nettoyer, une couche de peinture sera suffisante, sinon deux couches sont nécessaires et l’on doit attendre que la première soit complètement sèche pour passer la seconde.
- En passant le dos de la main sur la peinture, si celle-ci n’adhère pas, c’est qu’elle est sèche.
- On exécute la seconde couche exactement de la même façon que la première.
- 11 est très utile également de savoir la quantité de peinture nécessaire.
- Pour deux couches, on emploie environ 5 kg pour 20 m2 de mur. P- M.
- face à l’opérateur et en haut de la boite, sans dépasser la toile, tandis que le bord inférieur de la feuille touche le tabac.
- On maintient la feuille avec les deux pouces et on commence à fermer doucement l’étui.
- Dès que la feuille est coincée sur le tabac, le roulage est amorcé : on ferme l’étui complètement par une pression lente et uniforme. La cigarette terminée surgit alors de l’ouverture du couvercle. Elle sort seule, toute faite.
- Ce petit appareil permet de réaliser une économie
- considérable sur les cigarettes achetées en paquets.
- C. I. E. F. A., 66, rue de la Chaussée-d’Antin, Paris.
- Fig. ô
- — La cigarette sort toute faite.
- Objets utiles
- Étui express. — Voici un étui intéressant pour les fumeurs : il se présente sous la forme d’un porte-cigarettes élégant, cintré à la forme du corps, il est soigneusement ^gickelé et on peut l’avoir aussi émaillé.
- En réalité c’est à la fois une machine qui fabrique les cigarettes et les distribue, une blague à tabac, métallique, contenant les feuilles de papier ou un étui contenant les cigarettes, si l’on veut les faire à l’avance.
- Voici comment l’appareil fonctionne.
- On ouvre complètement
- r , , la boîte, on tend à fond
- Le tabac est en place. Ja t<jUe en la tirant de haut
- en bas de sorte qu’on constitue à la base une cavité entre le rouleau et la paroi du couvercle. On remplit cette cavité uniformément de
- Fig. a.
- Fig. 3. — La feuille est mise en place.
- tabac que l’on presse un peu fortement et l’on évite de- laisser passer les brins sur un côté. Il vaut mieux
- Appareil à faire à froid les sirops de sucre, système Mabille. — Cet appareil qui permet une grosse économie de temps et de combustible est construit en cuivre rouge et d’une seule pièce afin d’éviter toute fuite de liquide: il est aussi (fig. 6) muni d’un niveau indiquant de l’extérieur ce que renferme l’appareil, lequel, bien entendu, peut fonctionner jour et nuit sans arrêt.
- Voici le mode de fonctionnement.
- Faire tremper dans l’eau la pâte spéciale filtrante, la bien délayer, puis la comprimer entre les mains pour en exprimer l’eau en excès; ensuite, étaler uniformément cette pâte dans la cuvette-grille inférieure, laquelle aura été préalablement entourée de molleton faisant joint hermétique.
- La grille supérieure destinée à empêcher la pâte de remonter étant ensuite placée, on remplit l’appareil de sucre sur lequel on verse de l’eau par petite quantité afin qu’il se tasse.
- Cela fait on remet du sucre et de l’eau de telle sorte que celle-ci recouvre entièrement le sucre de 8 à
- 10 cm.
- Dès que le sirop apparaît dans le tube-niveau, on le pèse au pèse-sirop dans une éprouvette, et s’il n’a pas le degré voulu, on le soutire et on le repasse sur le sucre.
- Le sirop est prêt à être employé quand il marque 32-35° Baume et qu’il est bien limpide et brillant.
- A partir de ce moment, il n’y a plus qu’à fournir les aliments nécessaires au fonctionnement de l’appareil.
- 11 faut avoir le soin toutefois de ne pas laisser venir le sucre à sec.
- Le récipient inférieur plein, l’appareil cesse de fonc-
- Fig. 6. — Appareil Mabille.
- ne pas exagérer la quantité de tabac ainsi placé.
- On prend une feuille de papier à cigarette, gommée de préférence, on l humecte et on l’applique contre la toile de manière que le côté humecté se trouve placé
- tionner, mais il reprend sa marche dès que l’on Soutire du sirop par le robinet.
- Constructeur : Etablissement Mabille, 9, rue Dupuis, Paris.
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- VARIETES
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- LA NICOTINE ET LES INSECTICIDES EN HORTICULTURE
- La pénurie de nicotine, les difficultés que l’on rencontre pour se procurer des jus de tabac et des extraits titrés de nicotine, à employer comme insecticides, obligent jardiniers et horticulteurs, professionnels ou amateurs, d’étudier non seulement le côté économique relativement aux traitements insecticides, mais encore la possibilité de recourir à des succédanés de la nicotine et à d’autres substances insecticides.
- Ce sont ces deux points que nous nous proposons d’examiner pratiquement dans cette note.
- I. Pouvoir insecticide des feuilles et tiges de tomate. — Remarquons, tout d’abord, que l’Administration qui a le monopole des tabacs impose trop souvent — quand elle en peut fournir — une trop forte proportion de jus faibles, au détriment des jus riches, que l’on considère comme étant seuls vraiment efficaces.
- Si la nicotine jouit d’une vogue extraordinaire — que d’aucuns disent même exagérée — et ce, malgré les hauts prix auxquels elle est vendue, il n’en est pas moins vrai qu’avant l’adoption de cette substance, on se débarrassait très bien des insectes nuisibles aux plantes avec d’autres substances que la nicotine, jadis inconnue ou fort rare. Presque tous les ans, nous sommes amené à indiquer aux horticulteurs et aux jardiniers les ressources que leur offrent d’autres ingrédients tirés, comme celle-ci, du règne végétal.
- Autrefois, on employait beaucoup les feuilles et les tiges de tomate, lesquelles constituent un insecticide autrement actif que la nicotine, et pour augmenter encore l’efficacité de cet insecticide, on faisait la décoction avec de la lessive ménagère, aux cendres de bois.
- Depuis, on a constaté que la nicotine elle-même agit d’autant mieux que l’on ajoute un peu d’une solution de cristaux de potasse ou de soude.
- Il est d’ailleurs facile de mettre en pratique, durant l’été, ce traitement fort simple.
- One bonne décoction de feuilles et de tiges de tomates, cueillies au moment de la floraison et bouillies dans une lessive ménagère ordinaire, constitue un insecticide très puissant, facile à employer en pulvérisations, tout comme le jus de tabac, en solution plus ou moins étendue d’eau.
- Le principe actif, dans la tige de tomate, est plus nocif que le principe actif contenu dans la feuille de tabac ; mais, dans l’un et l’autre cas, il ne semble pas qu’il soit nécessaire d’isoler l’alcaloïde considéré comme poison.
- 11 convient d’observer que les jardiniers qui font usage de nicotine préfèrent le jus de tabac ordinaire au jus riche ou à l’extrait très titré.
- Il y a là une appréciation tout à fait contraire à celle qui se rapporte aux usages des jus de tabac en viticulture.
- En effet, dans le jus ordinaire, coloré, poisseux, ammoniacal, l’alcaloïde, à l’état de malate, accompagné d’autres principes, est certainement plus efficace que l’alcaloïde à l’état de sulfate ou d’oxalate contenu dans ce que l’on est convenu d’appeler nicotine pure ou fortement concentrée, c’est-à-dire jus riche.
- Plus puissant encore est le pouvoir insecticide de l’alcaloïde contenu dans les feuilles et 'tiges de tomate ; il en est de même de la digitaline, cet alcaloïde, poison violent contenu dans les feuilles et tiges de la digitale.
- Voilà des succédanés dont l’usage devrait être propagé.
- IL Emploi rationnel de la nicotine. — Dans tous les cas, il importe de retenir que, pour obtenir de la nicotine l’effet le plus énergique, il faut toujours lui associer la potasse ou la soude, de préférence à l’état de savon, ou tout au moins de carbonate, que l’on trouve chez tous les épiciers.
- En effet, ces bases (potasse et soude) agissent sur le« corps de l’insecte comme un décapant, en détruisant le vernis dont le corps est recouvert; elles mettent ce* dernier pour ainsi dire à nu et facilitent l’action delà nicotine.
- C’est par absorption par la peau que les insectes sont tués le plus rapidement quand ils sont touchés par un liquide toxique.
- Il y a de nombreuses formules d’emploi de la nicotine
- sous toutes ses formes. Les jus titrés sont relativement économiques parce qu’ils peuvent être employés à faible dose. Cette raison d’économie a fait préconiser des doses très réduites.
- On obtient les meilleurs résultats avec des solutions à i gr. de nicotine et i gr. ’de cristaux de potasse par litre d’eau. De là, une formule très simple. Si l’on a du jus de tabac ordinaire, à 8 gr. par litre, on l’étend de 8 litres d’eau, avec 8 gr. de potasse. Si le jus de tabac est à 20 gr. il faut 20 litres d’eau ; à 4° gr., 4° litres d’eau; à 100 gr. 100 litres d’eau, et ainsi de suite, en employant toujours 1 gr. de potasse par litre d’eau.
- Ôn a indiqué des doses sensiblement plus faibles, mais il ne faut pas trop s’y fier.
- Voici quelques formules très simples, et qui ont donné des résultats très satisfaisants :
- L — Jus de tabac riche (40 gr.) : 2 litres et demi ; cristaux de soude, 100 gr. ; eau, 100 litres.
- IL — Jus de tabac ordinaire ( i5 à 20 gr.) : 5 à 7 litres ; savon noir (en pâte) 2 kg; eau, 100 litres.
- III. — Jus de tabac riche (extrait à 100 gr.) : 1 litre; savon noir, 2 kg; cristaux de soude, 100 gr. ; alcool à brûler, 1 litre ; eau 100 litres.
- Les deux dernières formules sont à employer contre . les insectes résistants (kermès, chenilles, puceron lanigère) ; la première est à employer contre les pucerons ordinaires, noirs ou verts.
- Lorsqu’on fait usage du savon, il faut d’abord le faire fondre dans un peu d’eau très chaude, ensuite on ajoute le reste, par petites quantités à .la fois, en agitant constamment le mélange.
- Dans les serres et pour les espaliers, on peut employer le jus de tabac en vaporisations, en le projetant sur des plaques de fonte, sur des briques chauffées au rouge, ou sur des morceaux de coke embrasés.
- A l’état de vapeur, la nicotine est inoffensive pour les végétaux et les fleurs les plus délicates, et elle détruit, en quelques instants, tous les insectes, même les plus résistants à d’autres traitements. Pour traiter les espaliers, on fixe une toile très épaisse à là partie supérieure du mur, de manière à avoir un espace clos dans lequel sont retenues les vapeurs de nicotine.
- A défaut de jus de tabac, on peut utiliser de la même manière les déchets de la fabrication, les côtes de tabac, lés bouts de cigares et dé cigarettes.
- III. — Emploi rationnel du pétrole, — Le pétrole est un excellent insecticide. On l’emploie à la dose moyenne de 1 pour 100. Mais il est difficile de le mélanger à l’eau et, à l’état pur, il cause des brûlures sur les plantes, quand il se sépare de l’eau.
- Pour le maintenir en dissolution dans l’eau, il faut l’émulsionner dans une huile, un savon ou un goudron.
- Il y a de nombreuses formules d’insecticides au pétrole; les plus simples et les plus efficaces sont les suivantes : „
- Formule Gérard. — Ecorce de Panama concassée 20 gr. ; pétrole 100 gr. ; eau 600 gr.
- Faire bouillir le bois de Panama pour obtenir environ 5oo gr. de liquide que l’on éclaircit en filtrant sur une toile fine. On verse la liqueur dans une terrine, pour la battre avec un fouet à mayonnaise en y faisant tomber goutte à goutte 100 gr. de pétrole. On continue à battre le tout pendant cinq à dix minutes.
- L’émulsion, parfaitement stable, est alors étendue de 10 litres d’eau, environ.
- Formule JDané. —LSavon noir, 5oo gr. ; eau, un demL litre.
- On délaie le savon à chaud, dans un vase en terre, en remuant. Quand le mélange est homogène, on laisse refroidir et on ajoute :
- Ammoniaque du commerce 1 litre ; remuer encore et ajouter, peu à peu, 1 litre de pétrole, puis une quantité d’eau ordinaire pour faire 80 litres.
- La formule Dané, au coaltar, est analogue à la précédente; mais avant de délayer le savon, on ajoute, à chaud, une quantité égale de coaltar. Quand le mélange est fait, on ajoute l’eau, l’ammoniaque et enfin le pétrole.
- Le mélange émulsionné est d’environ 3 litres. Lorsqu’on ne veut pas préparer en une seule fois 80 litres d’insecticide, on peut verser l'émulsion dans des
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- bouteilles, que l’on bouche ; ensuite, on délayera i litre de cette émulsion dans 3o litres d’eau.
- L’emploi raisonné de la nicotine repose sur les données pratiques réunies dans cette étude. Et l’on voit
- que lorsque cette substance fait défaut, il est possible d’utiliser d’autres insecticides énergiques, peu coûteux, de facile préparation et d’une efficacité éprouvée.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Destruction des puces. — Notre collaborateur, M. le D1 P.-E. Morhardt, vient de signaler dans la Presse Médicale, un piège à puces récemment imaginé par le Dr Millet-Horsin. Nous reproduisons ici la note qu’il a rédigée sur ce sujet.
- Pour détruire les puces, une propreté rigoureuse est indispensable; le lavage du plancher à grande eau, à défaut d’un cirage soigneux, constitue le moyen le plus sûr de se débarrasser radicalement des puces, soit en tuant les larves très sensibles à l’humidité, soit en les privant de tout élément nutritif. Il n’en est pas moins vrai que, dans certaines circonstances, un procédé rapide de chasse peut rendre de grands services en débarrassant tout au moins d’une bonne partie des puces adultes. C’est pour satisfaire à ce desideratum que le Dr Millet-Horsin, correspondant du Muséum, propose de construire un piège à puces de la manière suivante : il prend un récipient quelconque en fer-blanc, assez large et de 2 cm de profondeur. Au centre de ce récipient il en fixe un autre beaucoup plus petit, mais un peu plus haut (3 à 4 cm de hauteur). Dans le récipient du centre il met de l’eau, puis une couche d’huile à brûler avec une veilleuse allumée. Le grand récipient est rempli d’eau savonneuse. Le D' Millet-Horsin aurait retrouvé le matin dans l’eau savonneuse jusqu’à 300 puces noyées. Il ajoute : « Si le piège est à portée d’un sujet qui se déshabille pour se coucher, on voit les puces se précipiter; comme leur saut est trop rapide pour l’œil, on a l’impression de les voir apparaître dans l’eau de savon. »
- La communication du Dr Millet-Horsin, qui a eu lieu le 10 juillet 1924 à la Société de Médecine et d’Hygiène coloniale de Marseille, a été suivie de quelques observations de M. Thiroux. Ce dernier a rappelé que les Chinois utilisent des pièges à puces constitués pàr un bambou enduit de glu, inséré dans un bambou plus gros et ajouré. Les Chinois garnissent leurs lits ou même leurs manches ou les jambes de leur pantalon de ces petits appareils qui se montreraient très efficaces. A ce sujet, le Dr Thiroux donne les formules des glus utilisables. L’une est composée de 8 parties de résine et de 5 parties d’huile de ricin dont on assure le mélange en le portant à l’ébullition ; l’autre est composée de 6y parties de poix de Bourgogne et de 2S parties d’huile blanche qu’on chauffe ensemble. On y ajoute ensuite 28 parties de glucose.
- Contre les poux. — La Presse médicale signale une étude de MM. Derrieu et Sésini, parue dans le Journal de Médecine et de Chirurgie de l’Afrique du Nord, préconisant, pour la destruction des poux, l’emploi d’un insecticide de plus en plus utilisé en agriculture, le paradichlorobenzène.
- On sait que c’est un produit non toxique, non irritant, très efficace contre les pucerons, les mites, les larves souterraines. Il n’altère pas les tissus, les couleurs, les dorures, le nickelage. On le trouve aujourd’hui couramment dans les maisons de produits chimiques, à un prix abordable, en cristaux et en solution à 10 .pour 100.
- MM. Derrieu et Sésini proposent de partir du produit cristallisé et d’opérer de la manière suivante :
- Dans un récipient métallique à couvercle, d’une capacité de 20 litres environ, on éparpille sur le fond une poignée de cristaux de paradichlorobenzène; puis on empile les vêtements porteurs de parasites et on ferme le couvercle. Pour assurer une étanchéité parfaite, une bande de papier est collée sur le pourtour du trait de fermeture du couvercle. On chauffe ensuite pendant quelques minutes le fond de la boîte sur un feu doux, la chaleur ayant la propriété d’activer l’évaporation. On laisse ainsi le récipient fermé pendant 24 heures, en prenant la précaution de renverser la boîte d’un côté
- et de l’autre, sinon les vapeurs de paradichlorobenzène, qui sont lourdes, resteraient au fond et risqueraient de ne pas atteindre tous les parasites. Au bout de 24 heures tous les poux sont morts.
- Par contre, l’action du sachet au paradichlorobenzène est tout à fait illusoire, comme tous les sachets préconisés jusqu’ici : les parasites ne fuient pas l’odeur de ce produit.
- Pour bien lustrer les meubles. — Les nettoyer d’abord, puis passer dessus du lait de cire ainsi composé : dans un demi-litre d’eau de pluie faire fondre à chaleur douce 200 gr. de potasse et dans cette lessive faire bouillir, durant une demi-heure environ, 120 gr. de cire blanche en petits morceaux; laisser refroidir et recueillir la cire figée à la surface comme du savon blanc; broyer cette cire avec de l’eau et l’appliquer sur les meubles avec un morceau d’étoffe de laine, puis frotter vivement avec un autre chiffon très sec jusqu’à ce que le poli soit parfait.
- Mastic pour les plaies des arbres. — A’oici la formule d’un bon mastic à appliquer sur les plaies, les crevasses des arbres, pour éviter les chancres, la pourriture, et pour appliquer sur les entailles laissées par l’élagage.
- Faire fondre ensemble à feu doux :
- Cire d’abeilles................. yü> gr.
- Poix de Bourgogne................ yS —
- Goudron de Norvège.............. y5 —
- Suif . ..........................100 —
- Remuer constamment, et ajouter, peu à peu, sans cesser d’agiter, 5o gr. de minium.
- Mastic pour obturer les portes des foudres et des wagons-foudres. — On peut faire usage de mastics de différentes compositions.
- Un mastic très employé est composé de chaux vive en poudre pétrie fortement avec du sang de bœuf très frais ; ce mastic sèche promptement et assure une étanchéité complète, tandis que le suif même épuré et dé première qualité risque de donner le goût de rance au vin, ce qui n’a pas lieu avec les graisses végétales (cocose,
- végétaline).
- Yoici une autre formule :
- Chaux vive en poudre..........5 parties
- Fromage blanc. . ............6-
- Eau..........................1 —
- Avant d’appliquer le mastic, il faut humecter le bois à l’aide d’un pinceau plat trempé dans.l’eau.
- Ce mastic durcit et forme pierre.
- On peut employer également, comme mastic, un mélange composé de glycérine et de colle forte en proportion.
- Pour boucher les fissures des portes des foudres, les tonneliers emploient du papier de journal enduit de graisse consistante.
- Ébullition ou trempage des bois à courber. — La
- revue anglaise Wood-JForker formule pour l’opération de courbage des bois les principes suivants que nous indiquons pour compléter la note que nous avons publiée sur ce sujet. (Voy. Nature, n° 2699, du 26 décembre 1925.) <
- Il faut employer des bois ayant une force fibreuse suffisante pour donner une courbure régulière. Eviter d’employer les bois noueux ; ils doivent être grainés droit.
- Un bois extrêmement dur est impropre à la courbure. Un bois extrêmement tendre pourra se raccourcir, mais
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- la force de la libre est insuffisante pour lui permettre de se courber régulièrement.
- Les bois tendres se courbent plus facilement par ébullition ou trempage que par la vapeur.
- On peut courber un bois très tendre quand il est trempé dans l’eau chaude au point que l’eau transpire au dehors.
- Les bois durs exigent plus de chaleur pour rendre la fibre molle, ces bois peuvent être travaillés avantageusement dans une cornue, mais en ayant soin que la
- vapeur employée ne soit pas trop sèche, et que le bois ne soit pas ébouillanté au point d’entraîner la destruction de la qualité de la fibre.
- Les formes employées pour courber le bois doivent avoir une rigidité suffisante et les extrémités des bois doivent être attachées de telle façon qu’on puisse les détacher aisément sans retard.
- Quand la courbure est obtenue, il faut éviter une chaleur trop intense et laisser le bois dans les formes jusqu’au moment de l’employer. Henri Blin.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de Lfl Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement II est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Correspondance. — A propos du faucardement des étangs (n° du 28 août). — M. Lhéritier, inventeur de la faucheuse amovible « Eurêka », à Âmbazac (Haute-Vienne), dont l’appareil a parfaitement fonctionné au cours des épreuves de Belval, nous signale que sa faucheuse ne coupe pas 1 m. 20 de large, mais bien 1 m. 40 pour le petit modèle et 2 m. pour le grand. Elle est donc utilisable dans tous les étangs, quelles que soient leurs dimensions et la densité des roseaux et plantes aquatiques qui les encombrent.
- Réponses. — M. A. /., Paris. —Pourquoi certaines lampes de T. S. F. ont-elles Vaspect argenté ? Cet aspect ne tient pas, comme beaucoup le croient, à une argenture intérieure de l’ampoule, mais au mode d’obtention du vide. Lorsque le pompage est terminé, pour parfaire le vide voulu et assurer une purification complète de l’atmosphère résiduelle, notamment pour éliminer les dernières traces d’oxygène et de vapeur d’eau, on volatilise une petite quantité de magnésium métallique. Celui-ci, contenu dans une mince coupelle de nickel, est placé dans un tube de verre étroit, soudé latéralement sur le tube à vider. On le chauffe au moyen d’une bobine d’induction à haute fréquence. Le magnésium se volatilise, se répand dans l’ampoule, où il absorbe les dernières traces de gaz nuisibles, et le métal en excès vient se condenser sur les parois de l’ampoule auxquelles il donne l’aspect argenté. D’un coup de chalumeau on sépare ensuite le tube latéral et l’on ferme la lampe.
- M. Charlier, Montigny-sur-Sambre. — 1° Ouvrage sur les silicates : Le Silice, par M. Le Chatelier, éditeur Hermann, rue de la Sorbonne, Paris.
- 2° Recherches bibliographiques : Institut de bibliographie, 82, rue Taitbout, Paris (M. Garçon, secrétaire général).
- Swift et Cie, rue de Turbigo, Paris. — Nous ne connaissons pas de revues consacrées spécialement à la pisciculture, et nous vous conseillons de vous adresser au Secrétariat de la Société centrale d’aquiculture, et de demander des renseignements à M. le professeur Louis Roule, du Muséum d’histoire naturelle, rue Cuvier, à Paris.
- Les principaux journaux et revues agricoles publient des études de pisciculture intéressant les propriétaires qui s’occupent de la production du poisson d’eau douce. D’autre part, vous pourriez prendre les adresses des pisciculteurs, membres du IIe Congrès national de l’Etang (brochure, compte rendu du Congrès, 1924), en vous adressant à M. Poher, secrétaire général du Congrès, ingénieur des services commerciaux de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, 1, place Valhubert, Paris, i3", et pour obtenir les adresses des membres des Syndicats des propriétaires d’étangs et Syndicats d’aquiculture dans les diverses régions.
- Une propagande pour la vente d’une farine de viande destinée au bétail trouverait une plus nombreuse clientèle parmi les lecteurs des journaux et revues agricoles et d'élevage.
- M. C. G. G., rue Hermes, à,Patras (Grèce). —Docu-
- mentation sur la laiterie et les produits laitiers : i° Revues spéciales : La laiterie (Paris, 18, rue Clauzel, 9e); Le lait (revue générale des questions laitières), 2, quai Chauveau, à Lyon (Rhône) ; Revue mondiale de la laiterie (Paris, 10G, rue de Miromesnil, 8°) ; L'industrie laitière (Bulletin officiel delà Société Française d’Encouragement à l'industrie laitière) (Paris, 10, rue de Valois, iei). 20 ouvrages : La laiterie, par A. Pouriau et L. Am-mann, 1 vol.; Laiterie, par Ch. Martin, 1 vol.; Pasteurisation et stérilisation du lait, par E. Fouard, 1 vol. ; Bon lait, bon beurre, par Hte Babet-Charton, 1 vol. ; De bons fromages par tous et partout, même auteur, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e); Laiterie, beurrerie, fromagerie, par G. Dervaux, 1 vol. ; Le lait, la crème, le beurre, les fromages, parL. Lindet, 1 vol. ; Ce que doit savoir un bon contrôleur laitier et beurrier, par A.-M. Leroy, 1 vol. ; Le lait et la science, par L. Lindet, 1 vol. ; Laiterie et beurrerie, par Ducloux, 1 vol. ; La connaissance du lait, par M. Fouassier, 1 vol. ; Le contrôle pratique et industriel du lait, par P. Dornic, 1 vol.; Les microbes en laiterie, par Daire, 1 vol.; L’industrie laitière, sous-produits et résidus, par A. Rolet, 1 vol. ; Le lait, études chimiques et microbiologiques, par E. Duclaux, 1 vol.; Guide pratique pour l’analyse du lait, par J.-M. et P. Perrin, 1 vol. ; Tableaux synoptiques pour l’analyse du lait, du beurre et du fromage, par Goupil, 1 vol. ; Anodyse du lait des principaux types de vaches, chèvres, brebis bufflesses, par Vernois et Becquerel. 1 vol. ; Manuel pratique de l’industrie laitière, par L. Bochet.i vol. (librairie Mendel, Pai:i4fc,58, rue Claude-Bernard, 5e).
- 3“ Pour le matériel de laiterie et les industries du lait, voici des adresses de constructeurs : Richard et Naveau, 35, avenue de Paris, à Rueil (Seine-et-Oise) ; Breil et Martel, Paris, 19, rue Lasson (12e); Simon, à Cherbourg (Manche) ; A. Pillet, 35, rue de Landiras, à Bordeaux; Brelier, Paris, 5o, rue de l’Ourcq ; Th. Hé-mée, Paris, 8, rue de Bellefond (9"); A. Jeantin, à Anne-masse (Haute-Savoie); G. Nigaud, ^ Surgères (Charente-Inférieure), Chalon, Baillet et Mégard, à Nantua (Aiû)-
- 4° Vous pourrez obtenir des renseignements industriels et commerciaux en consultant les revues s’occupant des industries du lait, et les constructeurs indiqués ci-dessus. Préciser la nature des renseignements demandés, la dernière question étant posée trop vaguement.
- M, H. V., rue Voltaire, Levallois-Perret (Seine). — i° Documentation sur l’élevage des lapins. — Voici les ouvrages les plus modernes : Lapins, lapereaux et Cie {bilans,dividendes, petits secrets ae succès et d’élevage), par Ad.-J. Charon (1 vol. de 280 pages, 78 figures, 10 francs), Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e); Sous-produits de la basse-cour et du clapier, par Mme Babet-Charton, 1 vol., 6 fr. (même librairie); IJ éleveur de lapins,par P. Devaux, 1 vol.; dans la revue Toute la basse-cour (Mendel, éditeur, 58, rue Claude-Bernard, Paris, 5e), voir les fascicules ci-après ; L’élevage lucratif du lapin ; Le clapier de rapport ; L’élevage du lapin en vue de Iq production de la peair, T.e lapin angora et la production familiale ..du poil de lapin ; Utilisation des peaux de lapins ; comment les tanner soi-même ; Comment prévenir et guérir les maladies du lapin, jeune et adulte ; L’élevage du lapin, par Chene-vard, 1 vol. ; Impins domestiques, lapin argenté de Champagne, par L. Manin, 1 brochure (même éditeur) ; Manuel de'l’éleveur de lapins, par Villemin, 1 vol.
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- BOITE AUX LETTRES
- Vfe.’
- (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°); Lapins à fourrure et angoras, par H.-L. Alph. Blan-chon, x vol. ; Le lapin et ses races, par L. Mégnin, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (6°) ; demander la notice intitulée : Elevez des lapins, publiée par la Société d’Àvieulture de Basse-Normandie, 70, rue Bicoquet, à Caen (Calvados).
- 20 Pour les clapiers, voici l’adresse d’un fabricant : Louis Lesot, constructeur, à Mauperthuis, par Fare-moutiers (Seine-et-Marne).
- M. Z II., place de l’Eglise, à Yitry-sur-Seine (Seinel.
- — x° Voici les ouvrages, concernant la Flore des Montagnes, qui paraissent se rapporter à la documentation recherchée. Nous ne connaissons pas d’ouvrages spécialement consacrés à la flore des montagnes des Maures, région des Iles d’Or : Flore du Sud-Est de la France et des Alpes, par A. Acloque, 1 \ol. ; Flore de la région méditerranéenne de la France, par le même, x vol. ; Atlas colorié de la Flore alpine, par Beauverie et Fau-cheron, 1 vol. ; Flore complète de la France, par G. Bonnier et de Layens, x vol. ; Flore alpine, par H. Corre-von et Robert, 1 vol. ; Nouvelle Flore coloriée de poche des Alpes et des Pyrénées, par Ch. Flahault, 2 vol. ; Flore de France, par A. Acloque, 1 vol.
- Pous tous l'enseignements et pour les prix qui ont dû être modifiés, suivant la situation économique, s’adresser à la Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 26, rue Jacob (6e).
- 2“ En ce qui concerne un ouvrage sur les insectes, nous n’en connaissons pas de spécial à la région dont il s’agit. Voici les ouvrages d’entomologie les plus récents et les mieux documentés :
- Entomologie et parasitologie agricoles, par G. Gué-naux, 1 vol. ; Les Insectes, par A.-E'. Brehm et J. Kunckel d’Herculais, 2 vol.; Les Insectes nuisibles, par Montillot, 1 vol. ; Atlas de poche des Insectes de France, utiles ou nuisibles, par Dongé ; Atlas d'Entomologie forestière, par E. Henry (Librairie agricole de la Maison Rustique, précitée).
- M. J. S., à Artemare (Ain). — Vous troxxverez la ré-ponse à la question que vous nous posez dans l’article sur la mise à fruit des arbres improductifs paru dans le Supplément n” 2737 du 18 septembre.
- Signor Comte D1 Cav. A. R. Bergamo, Alto (Italie).
- — La Courge de Siam ou courge siamoise, est le Melon de Malabar ; on désigne cette cucurbitacée par l’une ou l’autre de ces dénominations, indifféremment. Le fruit est ovale, à peau très lisse, vernissée, d’un beau vert, marqué de bandes et de marbrures blanches. Il s^con-serve en bon état un an et plus.
- Si vous ne pouvez vous procurer des graines de cette courge chez un marchand-grainier, en Italie, adressez-vous à la maison Vilmorin-Andrieux et Cie, 4, quai de la Mégisserie, Paris (ier).
- M P. D., rue Rambuteau, à Mâcon (Saône-et-Loire).
- — En ce qui concerne la fabrication de la laine de pin, nous ne connaissons pas d’ouvrage consacré spécialement à cette question.
- On traite les aiguilles de Pin Sylvestre (Pinus Sylves-tris) à l’aide de réactifs chimiques, qui séparent les fibres. Cette séparation s’opère par ébullition. Sous l’influence de la chaleur, de l’humidité et des réactifs, les minces pellicules de substance résineuse qui maintiennent ensemble ces fibres, sont dissociées, ramollies et un simple lavage, à la fin de l’opération, suffit pour éliminer les matières étrangères.
- Pour vous documenter plus complètement sur cette fabrication, vous pourriez demander des renseignements à M. J. Goste, aux bureaux du journal Rois et résineux, 26, cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux.
- Actuellement, cette fabrication est encore peu connue en France.
- J. S., à Genval, Belgique. —: i° Voici comment on procède pour obtenir les titres dorés sur le dos des livres : On enduit la partie qui doit porter le titre d’une solution de blanc d’œuf faite en délayant un blanc dans trois fois son volume d’eau. On laisse bien sécher, passe avec un pinceau une couche légère d’huile d’ôlites, puis applique une feuille d’or battu qui est ainsi retenue par l’huile. Eu égard au prix de la matière, on a soin de découper la feixille d’or juste aux dimensions. Le transport de la feuille serait avec un pinceau plat à poils longs et doitx que l’on passe légèrement sur la
- joue, frottée préalablement d’un peu de graisse. Ensuite on tamponne avec un coton pour faire adhérer la feuille. Il reste alors à fixer l’or aux endroits voulus; pour cela on chauffe le fer à dorer ou le composteur portant le titre et on appuie fortement. L’or qui a été en contact avec le métal chaud reste sur le cuir et résiste au frottement; au contraire, dans les parties non chauffées, l’or inutile peut être enlevé avec un tampon d’ouate. Le chauffage du fer demande un peu d’habitude, mais elle s’acquiert facilement; s’il y a excès de chaleur, la dorure est ternie, l’insuffisance empêche l’or depx’endre. L’outil doit être posé bien d’aplomb et sans pression exagérée, ce qui empâterait les caractères.
- 20 Les 'maisons qui suivent fournissent tout le matériel nécessaire pour la dorure et la reliure des livres : Ali von et Malouin, 35, rue Lacépède ; Bourgault, 7, rue Chariot; Crépin, même adresse; Caplain, 1, rue Gozlin (place Saint-Germain-des-Prés) .^Longien, 58, rue d’Hauteville.
- M. Chauvineciu, à Rochefort. — De nombreux produits chimiques ont été depuis quelque temps mis sur le marché pour la destruction des insectes, mouches, mites, etc., tels sont par exemple l’éthylidène phénylhy-drazone, le diamino-benzène, la triphénylguanidine, la phénylhydrazidephtalique, la pyrazolone ; des traces de ces corps seraient, parait-il, efficaces.
- On a également préconisé le dichlorobenzol et le pa-radichlorobenzol, produits qui ont été pendant la guerre fabriqués en grandes quantités et dont les stocks sont encore considérables. Les spécialités insecticides dont vous voulez parler appartiennent très probablement à l’une des catégories ci-dessus ; seule une analyse très délicate pourrait vous fixer réellement sur la natur-e de la substance active.
- M. B.,kY. — i° Les concrétions qui se forment sur les vases poreux des piles Leclanché sont constituées par de l’oxychlorure de zinc. Pour les enlever on commence par faire macérer lés vases pendant quelques jours dans l’eau ammoniacale, puis on rince à l’eau pure. Ce traitement suffit en général pour des piles qui n’ont pas été abandonnées, c’est-à-dire que l’on n’a pas laissé aller à sec. Au cas contraire, après le rinçage on ferait tremper les vases poreux dans de l’eau acidulée par de l’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique du commerce). Si l’on dispose d’un récipient assez grand que l’on puisse chauffer, la dissolution de l’oxychlorure sera beaucoup plus rapide; bien entendu ce récipient devra être en porcelaine et non métallique.
- 20 La soudure auto-décapante en pâte se prépare ainsi :
- On commence par faire fondre ensemble :
- Etain.............................55o gr.
- Plomb........................... 400 —
- Après avoir rendu bien homogène, on laisse refroidir et on réduit en poudre par limage.
- Cette poudre est enfin délayée dans la quantité suffisante pour formel' pâte du mélange suivant, fait d’avance jusqu’à dissolution du sel :
- Glycérine................... . . xoo cc.
- Sel ammoniac....................... 5 gr.
- La fusion de cette pâte a lieu vei’s i5o°C.
- M. Gandors, à Gyé. — A notre avis le meilleur mode d’entretien de votre pierre tombale en marbre est l’en-causticage fait par un temps sec, de manièi’e que la pénétration de la cire se fasse parfaitement.
- L’encaustique employée sera prépai'ée ainsi :
- Fabre fondre à feu doux Soo gr. de cire jaune d’abeilles en présence de 20 gr. de litharge en poudre, remuer pendant dix minutes en maintenant toujours sur le feu, puis laisser reposer.
- Décanter alors la partie supérieure encore liquide, attendre que par refroidissement elle devienne pâteuse, puis y verser un litre d’essence de térébenthine vraie. Mélanger à nouveau et mettre en boîtes fermant bien de manière à éviter l’évaporation de l’essence.
- N. -B. — Nous attirons votre attention sur l’importance d’employer les produits susdésignés attendu que la cire est souvent falsifiée par mélange avec d’autres cires (cire de Carnauba, cire minéi’alë) et que la térébenthine se voit l’emplacée par le Whitespirit.
- M. Groutée, à Fez. — La maison Chauvin et Arnoux, 186, rue Championne!, vous fournii’a tous appareils pour la mesure des températures au moyen de la piiice thermo-électrique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2740 9 Octobre 1926
- La transmutation de l’hydrogène en hélium. —
- Quelques quotidiens ont annoncé, d’après un message Reuter, de Berlin, que deux savants allemands, les professeurs Peters et Paneth, ont réussi à transformer 1 hydrogène en hélium. . Cette nouvelle, si elle était confirmée, aurait une grande importance scientifique. La radioactivité nous offre des exemples de transmutation d éléments lourds en éléments plus légers. Rutherford, au moyen de bombardements par les particules a du radium, a réussi également à désintégrer des atomes lourds. Mais l’inverse n’a jusqu’ici jamais été réalisé. Actuellement on ne possède aucun détail complémentaire sur les travaux de MM. Peters et Paneth; seule la publication du détail de leurs expériences permettra à la critique scientifique de juger si le résultat sensationnel annoncé plus haut a effectivement été obtenu.
- Nouvelles de Mars et de Jupiter. — L’Observatoire de Meudon est devenu le centre des études planétaires depuis que le Directeur, M. H. Deslandres, a surtout affecté le grand équatorial de om,83 à l’observation des planètes. Il convient de rappeler les recherches faites autrefois, au même instrument, sur la planète Mars par M. Perrotin et surtout par M. G. Millochau.
- En 1909-1910, M. Antoniadi, qui est, au monde, l'homme, qui connaît mieux la surface de Mars, entreprit une série remarquable d’observations- qui révélèrent notre voisine céleste comme un astre semblable au nôtre, à 1 « aspect naturel », sans trace des fameux « canaux » qui firent couler des flots d’encre. Depuis cette époque, et notamment lors de l’opposition de 1924, MM. E.-M. Antoniadi et F. Baldet ont réalisé, au même instrument, de remarquables observations.
- Actuellement, Mars s’approche de l’opposition, qui aura lieu le 4 novembre prochain, et Jupiter brille chaque soir au milieu du ciel, d’un magnifique éclat.
- Le grand instrument de Meudon est constamment braqué sur l’un de ces deux astres et voici les dernières et‘ sensationnelles observations faites :
- Tout d’abord sur Mars. Le 6 septembre, M. E.-M. Antoniadi a constaté une transformation remarquable dans la configuration de la région du « lac du Soleil ». Ce « lac » qui paraissait depuis 65 ans presque toujours orienté de l’Est-Nord-Est à l’Ouest-Sud-Ouest est actuellement dirigé de l’Est-Sud-Est à l’Ouest-Nord-Ouest, comme s’il avait tourné de un quart de tour sur lui-même. En même temps, son intensité s’est grandement accrue depuis 1924. L’hypothèse d’une végétation, que nos compatriotes Liais et Trouvelot avaient admise autrefois, peut expliquer de tels changements.
- D autre part, M. E.-M. Antoniadi écrivait, le 20 septembre, que, depuis plusieurs- jours, il avait constaté que la région de Mars désignée sous le nom de xMare Cimmerium avait perdu la pointe « suivante », c’est-à-dire une partie allongée située à l’Est, et qui « suit » dans la rotation planétaire. Cette même observation a été faite, indépendamment, en Touraine, par M. Lyot, astronome à l’Observatoire de Meudon, utilisant une lunette de om,x^/5 et qui, ensuite, l’a confirmé au om,83 de Meudon.
- Pour Jupiter, les changements observés cette année sont considérables. M. Antoniadi a pu constater dernièrement des variations quotidiennes dans l’aspect de la fameuse .« tache rouge ». Il se produit là de légères modifications du contour de cette plage énigmatique, et surtout des déplacements dans la position des ©mbres légères dont elle est marbrée.
- Le 17 septembre, M. E.-M. Antoniadi a remarqué deux gros filaments bleus dans la zone équatoriale de Jupiter. Ils étaient frappants. Cette observation a été aussitôt confirmée par M. Baldet.
- Dans la grande lunette de Meudon, les colorations de Jupiter sont remarquables.
- Mars pose d’importants problèmes par la nature de sa surface, mais-la végétation explique bien des apparences. Pour Jupiter, dont la surface est si instable, c est une autre affaire, on n’y comprend rien et toutes ses colorations fantastiques restent, pour le moment, inexplicables.
- Le grand instrument de Meudon a été appliqué, avec des grossissements considérables — dépassant parfois 2000 — aux satellites de Jupiter. Il y a des tïches sur chacun d eux — sur les principaux bien entendu — des taches réelles,, à formes diffuses, vagues, sobres de détails.
- L’Astronomie planétaire, avec les grands instruments, a encore bien des progrès à faire. E. T.
- Distillation des bois résineux sur place, sans extraction des souches. — L’Université d’Idaho (Moscow, Amérique) a mis en pratique la distillation sur place, et sans extraction des souches qui rendent le sol impraticable à la culture agricole ou au reboisement, procédé qui donne des résultats très satisfaisants, et permet d’opérer rapidement; sans exiger de main-d’œuvre.
- , La distillation a lieu sur la coupe même, au moyen d’appareils que l’on applique sur les souches dans lesquelles on a pratiqué, préalablement, au moyen d’une foreuse, un orifice de 8 à fo- cm de diamètre et 25 à 36 cm de profondeur.
- Dans le fourneau ainsi construit, on met du charbon incandescent.
- Lorsque le feu est un peu développé, on place l’appareil sur la souche et on butte avec la terre environnante.
- Les souches à exploiter doivent avoir dix à douze mois de coupe, délai nécessaire pour avoir des produits bien secs.
- Le liquide pyroligneux brut est retravaillé à l’usine pour en séparer les alcools, les acétates, le goudron, le charbon de bois restant dans le sol.
- L appareil se compose d’un entonnoir ayant un diamètre suffisamment grand pour recouvrir une souche, et d’un grand condensateur qui s’adapte sur l’entonnoir et fournit le tirage indispensable à l’entretien du feu et au bon rendement de l’opération. Le refroidissement a lieu par le contact de parois froides. Il donne un rendement élevé et présente le grand avantage de ne pas exiger d’eau.
- Le tirage a lieu comme dans les cheminées d’usine, avec cet avantage qu il est augmenté par l’atmosphère froide que crée le condensateur agissant comme une pompe aspirante.
- L Université d Idaho a obtenu par ce procédé, avec des souches de Pinus Ponderosa, de 1 m. 92 de dia-mètre, 36 litres de goudron et 99 litres de pyroligneux.
- Le Pin Sylvestre et l’Epicéa donneraient des rendements aussi intéressants. Henri Blin.
- Les industries marocaines à Fez. — Parmi les nombreux attraits d’un voyage au Maroc, la visite des artisans des diverses corporations groupées chacune dans un souk spécial, selon l’usage des villes marocaines, est certainement à la meilleure place. Si la visite de Fez, qui était si impressionnante il y a quelques années a perdu un peu de son caractère par l’augmentation des Européens qui l’habitent, il y a de ce fait un certain nombre d’autres modifications que l’on peut constater.
- C est ainsi que dans ces dernières années les corporations des. fabricants de cuirs travaillés sont florissantes depuis que nous sommes installés ; par contre, les fabricants de babouches ont vu décroître leurs ventes, car 1 Egypte qui était le principal client a restreint ses achats. Les relieurs ont une industrie de plus en plus florissante, grâce au tourisme. Les industries artistiques des métaux sont toujours actives : ciseleurs sur cuivre, fabricants de plateaux, etc. Enfin les autres industries indigènes subsisteront longtemps encore, malgré la modernisation de cette cité qu’il est peut-être permis de regretter.
- Parmi les corporations curieuses, citées par un supplément du Bulletin du Comité de l’Afrique française., on trouve à Fez les « ngaguef » ou « pompes joyeuses » qui remplissent le rôle inverse de celui de nos pompes funèbres. C est une corporation d’une centaine de femmes partagées en une vingtaine d’équipes « qui louent parures, vêtements, bijoux et riches meubles pour attifer les mariés et invités, orner les maisons, organiserlescortèges, préparer les festins, etc,, à propos des fêtes familiales et so-
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- INFORMATIONS
- AS.
- ciales ». Toutes les corporations sont sous la surveillance du Mohtasseb, nommé par le Gouvernement et qu’on appelle quelquefois le prévôt des corporations.
- La lutte contre le gaspillage industriel aux Etats-Unis. — La revue polytechnicienne « A'. Information » montre comment l’ingénieur et ministre américain, Herbert Hoover, a su, en organisant une lutte efficace contre le gaspillage industriel, faire économiser à son pays des milliards de dollars. Exemples méditer et à suivre, en notre pays, en ce moment tout particulièrement où commence un puissant effort pour restaurer nos finances, et où il importe non de réduire, mais de multiplier les richesses réelles du pays. L’idée capitale de M. Hoover est la suivante : « on sait combien est onéreuse pour une fabrication la multiplicité des modèles d’un même objet, douilles de lampes, matériaux céramiques, etc., bref tous produits d’usage courant pour lesquels le style, l’art ou une véritable originalité ne sont pas requis ». Les frais qui en résultent sont reportés par l’industriel sur le client; mais alors, celui-ci, à ressources égales, jouit d’une vie moins aisée, d’un pouvoir d’achat restreint, et par choc en retour en fait subir les conséquences au commerçant et à l’industriel. Ainsi les dépenses industrielles inutiles paralysent l’essor d’un pays et freinent le développement de sa richesse. Le remède apparaît très clairement : simplifier et unifier les modèles dans tous les domaines industriels où la chose est possible. C’est ce que l’on appelle la standardisation ou la normalisation. L’idée n’est, évidemment, pas neuve. Et dans la plupart des pays, en France notamment où siège au Ministère du Commerce une importante Commission de standardisation, on a fait de grands efforts dans celte voie. L’originalité de M. Hoover réside dans la méthode mise en oeuvre pour vulgariser l’idée et la faire entrer effectivement dans la pratique. Trois écueils apparaissent immédiatement : tout d’abord l’incompréhension et le scepticisme qui attendent tout novateur : il faut enseigner et convaincre ; il y a ensuite la suspicion des industriels contre l’ingérence officielle, si légère et si bien intentionnée soit-elle, dans la conduite de ses affaires; enfin et peut-être surtout la résistance de l’acheteur qui exige un grand choix et manifeste une préférence indéniable pour les magasins bien assortis. Tout commerçant avisé sait qu’il doit, en dernier ressort, céder devant la volonté souveraine de l’acheteur.
- La méthode de M. Hoover repose sur les trois principes suivants.
- Ne rien entreprendre sans avoir préalablement groupé fabricants, commerçants, acheteurs.
- Le groupement réalisé, opérer par enseignement et persuasion.
- Ne jamais mettre l’administration en avant. Elle n’a aucune prétention technique. Elle fait de la propagande, encourage les initiatives, groupe les bonnes volontés, met à leur disposition tous les moyens d’action qu’elle possède, authentifie et divulgue les mesures arrêtées d’un commun accord par les intéressés eux-mêmes.
- M. Hoover a su d’abord gagner à sa méthode les grands services créés par les Chambres de Commerce, les syndicats de producteurs, de négociants et de consommateurs.
- Voici quelques-uns des résultats obtenus dès maintenant : briques à empierrer les routes, réduction du nombre de types de 90 à 5 ; lits, sommiers, matelas : de 78 à 4; vaisselle de porcelaine pour hôtels : de .700 à 160 ; limes et râpes, de 1351 à496; briques ordinaires, 3g à 1 ; briques pressées, de 3(3 à 1 ; barils et tonneaux métalliques, de 67 à 24; bouteilles à lait ouàcrème, de 49 à 9; chaudières et vases d’expansion pour chauffage central, de i3o à 10, douilles pour lampes électriques, de 179 à 6, etc.
- Les premières études entreprises ont porté sur le bâtiment, la confection, la cordonnerie, l’imprimerie, la construction mécanique, la filature. Les économies annuelles réalisables par la simplification des modèles dans ses six industries ont été évaluées à 10 milliards de dollards.
- Elles suffiraient à couvrir tous les impôts des Etats-Unis, et en outre l’achat des voitures de voyageurs et de l’essence qu’elles consomment, ainsi, que la construction de nouvelles maisons d habitation sur tout le territoire des Etats-Unis.
- De telles perspectives -doivent également encourager
- l’industrie française à s’engager dans cette voie, et en particulier à mettre dès maintenant à contribution les remarquables travaux, trop peu connus, de la commission de Standardisation du Ministère du Commerce.
- Longévité des Batraciens, Reptiles et Poissons en captivité. — L'Année Biologique analyse une note de M. le D1' Pellegrin sur ce sujet, parue dans le Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation. Les épi-noches ne vivent guère plus dé deux ans ; les brochets et les carpes ne dépassent guère une vingtaine d’années; par contre des sterlets ont vécu en captivité 38 ans, des orfes 3o ans, des carpes 24 ans, un Protoptère et un Ceratodus 20 ans. Les Siluridés ont une longévité plus grande qui atteint au moins 5o ans pour le silure glanis du Danube.
- La grande Salamandre du Japon est aussi remarquable : un exemplaire a vécu 43 ans au Muséum national, à Paris, et un autre 52 ans en Hollande.
- Les serpents ne dépassent guère 20 ans, mais des orvets ont vécu une trentaine d’années en captivité. Les caméléons tiennent 5 ans. Les tortues battent de loin tous les records, puisqu’on en connaît qui ont plus de deux siècles d’existence.
- Une bouteille d’Anatifes. — Les Anatifes sont des Crustacés du groupe des Cirrhipèdes, auquel M. L. Ber-tin a déjà consacré une étude dans La Nature. Ils vivent en pleine mer, fixés sur des corps flottants : bois d’épave, bouteilles, etc. Les marins en rencontrent parfois, dans toutes les mers, et rapportent à titre de curiosité ces singuliers bouquets. Chaque animal est formé d’un pédoncule, plus ou moins long, qui le fixe au support et d’une partie enfermée entre deux valves composées de pièces calcaires minces. Ces valves s’en-tr’ouvrent et l’on en voit alors sortir pé-riodiquement six paires de cirrhus d’un gracieux effet.
- Le 27 août dernier, un pêcheur rencontra dans la baie de Concarneau trois touffes de ces Anatifes, de l’espèce Lepas anatifera, fixées sur une bouteille de bénédictine vide et bouchée. Il les apporta au Laboratoire maritime de Collège de France où l’on en prit la photographie reproduite ci-jointe.
- La bouteille, intacte, portait trois touffes ahmidantes, l’une fixée sur le bouchon de liège et le col, l’autre sur le ventre d’un seul côté, la dernière tout autour du fond.
- Qui saura d’où venait cette bouteille, où et quand elle fut jetée à la mer, le chemin qu’elle parcourut, l’histoire de la fixation et du développement des Anatifes sur ses parois ?
- Le Salon International d’Art photographique. —
- Le XXI” Salon International d’Art photographique, organisé par la Société Française de Photographie et le Photo-Club de Paris, sera ouvert au public du dimanche 3 octobre au dimanche 17 octobre, de 10 heures à midi et de 14 heures à 17 heures, dans l’Hôtel de la Société Française de Photographie, 51, rue de Clichy, Paris, 9“.
- L’entrée est gratuite.
- Le choix des œuvres exposées a été fait sur un ensemble de plus de 2000 épreuves parvenues du monde entier.
- Le groupement des œuvres par pays offre un intérêt tout particulier en faisant apparaître l’adaptation des divers procédés d’Art photographique à l’orientation artistique de chaque nationalité.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
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- Nous décrivons sous cette rubrique les idées nouvelles pratiques concernant Vautomobile et tous les petits accessoires originaux qui servent à augmenter la facilité d’entretien ou de conduite, le confort des voitures modernes
- dont le nombre augmente si vite en France.
- Simplification du graissage des automobiles. — Les constructeurs d’automobiles se sont efforcés depuis quelques années de réduire au minimum l’entretien des voitures, et tout spécialement les manœuvres de graissage, toujours si ennuyeuses pour un propriétaire conduisant lui-même sa voiture sans l’aide d’un mécanicien.
- Déjà le graissage du moteur, de la boîte de vitesses et de l’embrayage est devenu extrêmement aisé et n’exige
- dans lequel tous les mécanismes du véhicule seront lubrifiés automatiquement par une même masse de lubrifiant en circulation, masse sans cesse épurée et refroidie ?
- En attendant, un inventeur, M. Félix, a récemment étudié un système dit Centro-graissage qui permettrait, d’après lui, d’envoyer la graisse sous pression dans tous les graisseurs genre Tecalemit du véhicule, au
- Fig. i. — La pompe à pression Y' placée sur le tablier d’une automobile et vissée à un raccord spécial C' permettrait de graisser à volonté tous les organes d’une automobile munie de graisseurs à pression sans déplacer la pompe. L’opération est contrôlée par un manomètre M' et peut être commandée à volonté au moyen d’un robinet et d’un cadran indicateur D'.
- (D’après Omnia.)
- Fig. a. — Grâce à cette sorte de hublot monté sur la glace supérieure du pare-brise, on peut conserver une visibilité suffisante
- par temps de pluie ou de brouillard.
- Fig. 3. — Cette simple visière en celluloïd coloré, fixée au bord du chapeau ou sur la visière de la casquette, peut éviter les
- dangereux effets de l’éblouissement par le soleil ou les phares.
- Fig. 4. Cette glace colorée en bleu et inclinée en avant du pare-brise protège le conducteur contre l’éblouissement du soleil ou des phares, tout en laissant à l’intérieur du véhicule une clarté normale.
- plus qu’un contrôle à des intervalles relativement longs.
- Les cardans métalliques qui servaient à la transmission du mouvement entre la boîte de vitesses et l’arbre moteur, entre l’arbre moteur et le pont arrière, et dans diverses parties du moteur, ont été généralement remplacés par des « flecteurs » qui n’exigent aucun entretien.
- Enfin, toutes les articulations de la direction, des pédales de commande, des jumelles de ressorts, etc. sont maintenant graissées, [le plus souvent, à l’aide de graisseurs à graisse sous pression genre Tecalemit, dont l’usage est fort pratique, et qui sont beaucoup plus efficaces que les anciens graisseurs.
- Il est cependant évident qu’il y a encore des progrès à réaliser pour simplifier le problème de l’entretien d’une voiture automobile.
- Peut-être verrons-nous un jour un modèle idéal, I
- moyen d’un seul poste de commande placé sur le tableau de l’automobile (fig. 1).
- D’après la revue Omnia, ce système, qui est formé de tubes métalliques et de raccords spéciaux fixes et mobiles fort ingénieux, aurait déjà donné des résultats pratiques, et serait même mis à l’étude par plusieurs grands constructeurs de voitures....
- Pare-brise à hublot contre la pluie. — L’emploi de plus en plus grand des carrosseries à conduite intérieure a rendu plus nécessaire aussi l’étude des systèmes qui permettent de conserver au conducteur d’une voiture une bonne visibilité par temps de pluie ou de brouillard sans qu’il soit besoin de relever la glace supérieure du pare-brise. *On emploie très souvent maintenant des essuie-glaces automatiques mus, comme on le sait, soit par l’effet de dépression du moteur, soit grâce à l’énergie électrique des accumulateurs de l’automobile.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Au lieu d’employer ces dispositifs mécaniques forcément coûteux et assez fragiles, on peut également adapter simplement sur la glace supérieure du pare-brise une sorte de hublot, dit Ilublomatic, qui reste fermé par beau temps, mais qui permet d’assurer une visibilité très satisfaisante par temps de pluie ou de brouillard (tîg. ‘2).
- L’augmentation des impôts sur les automobiles.
- — On sait que la récente loi des Finances a augmenté les impôts sur les automobiles dans des proportions considérables ; la taxe de circulation a été, en effet, fixée ainsi :
- Minimum de 36o francs, par cheval ou fraction de cheval, 72 francs pour les 5 premiers chevaux, 90 francs pour les 5 chevaux suivants, ioj francs pour les .10 chevaux suivants et i.J4 francs au delà.
- D’après ces indications, voici quelques exemples de taux d’impôts annuels :
- Pour une 5 chevaux .... 36o francs
- 10 ' — . . . . 810
- 20 — . . • • 1890
- 32 — . . J. 458
- Les raisons qui étaient exposées dans le projet de loi pour justifier cfes majorations énormes ne sont évidemment que fort peu valables, car seule comptait l’urgente nécessité de se procurer des ressources fiscales nouvelles.
- Espérons que ces nouveaux impôts, dont les effets se font sentir eu même temps que ceux des augmentations des droits sur les essences et huiles, n’arrêteront pas le développement de l’automobilisme dans la classe moyenne si nombreuse de la population française.
- Comment éviter « l’éblouissement » par le soleil ou les phares — « L’éblouissement » du conducteur d’une automobile par les rayons du soleil ou des phares d’une autre voiture arrivant en sens inverse constitue, en réalité, un grave danger.
- De nombreux accidents sont dus à cet éblouissement qui enlève momentanément au conducteur tout contrôle de la direction.
- Il existe, comme on le sait, des phares à dispositifs anti-éblouissants qui ont, d’ailleurs, été déjà décrits dans La Nature, mais malheureusement ils ne sont pas encore toujours adoptés.
- Si l’on veut utiliser un procédé de sécurité très économique, il n’est rien de plus simple que d’adapter à la bordure d’un chapeau ou à la visière d'une casquette un écran-visière en celluloïd coloré, comme le montre la figure 3.
- Cet écran supprime tout danger d’éblouissement, ne fatigue aucunement les yeux, ne cause pas de maux de tête comme certaines lunettes trop lourdes et mal établies.
- Il est évidemment plus esthétique d’établir en avant du pare-brise une glace colorée inclinée qui protège contre les rayons du soleil et des phares et aussi.contre la pluie (fig. /j).
- Ce système est bien supérieur à un écran opaque du même genre, car il ne réduit pas le champ de la vue du conducteur, et n’offre pas l’inconvénient de réduire la lumière passant à travers le pare-brise, et qui est si utile dans une conduite intérieure, surtout dans les voitures modernes ne comportant généralement plus que les glaces de portières.
- Constructeurs des appareils décrits :
- Centro -graissage. Félix, 28, boulevard, Bineau, Le val-lois-Perret ;
- Hublomatic, Belverge et Wetzel, 24, rue Montrosier, à Neuilly-sur-Seine ;
- Antisolphar, 45, rue Laborde, Paris;
- Parsolazur, 22, rue Montrosier (Neuilly).
- Optique ^^3
- Le Pantoscope. — Tous ceux, conférenciers ou autres, qui font usage, de la projection t désirent projeter les objets eux-mêmes sur l’écran sans qu’il soit nécessaire d’en faire préalablement une ^photographie sur plaque. Ce désir'est réalise par le « pantoscope » (fig. 5), lequel
- peut être utilisé, partout où il y a l’électricité, directement sur le courant iio-ii5 volts (continu ou alternatif), avec une petite résistance pour les courants supérieurs. Replié, cet appareil forme un coffret de forme hexagonale allongée, peu encombrant (o m. 40 X o m. a5 X o m. 25), aisément transportable au moyen d’une poignée de cuir.
- Pour le faire fonctionner, il faut retirer, en les faisant glisser en hauteur, les deux volets placés de chaque côté de l’ouverture de l’objectif, visser le dernier sur le devant de l’appareil, ensuite faire glisser en arrière les deux petites lanternes latérales jusqu’au bout de la glissière, ouvrir les portes des lanternes qui sont situées à l’arrière et s’ouvrent de haut en bas, visser à fond les lampes dans leur douille en ayant soin de s’assurer que l’on est arrivé au contact et que les filaments sont parallèles au condensateur et au centre des lentilles, puis refermer les deux portes ; enfin mettre le contact au moment où l’on voudra projeter.
- L’objectif étant placé perpendiculairement à l’écran, il projette donc les objets en les inversant, c’est-à-dire que la droite se trouve à gauche.“
- On comprend que cette inversion, si elle est possible dans nombre de cas, est inacceptable si l’image comporte un texte à lire.
- Cet inconvénient disparaît, soit en projetant par transparence sur écran approprié, soit en employant pour la
- Fig. 5. — Le Pantoscope.
- projection directe un miroir redresseur argenté ; avec l’aide de ce dernier, le conférencier reste non seulement en contact avec son auditoire, mais peut manipuler lui-même l’appareil. Dans ce cas, le pantoscope est placé, l’objectif parallèle à l’écran, et le miroir incliné à 45° devant l’objectif renvoie sur l’écran la projection redressée.
- Les cartes postales, petites gravures, dessins, etc., doivent préalablement être mis dans les passe-cartes ; on introduit le premier passe-carte dans la glissière placée sur la face arrière de l’appareil jusqu’au taquet d’arrêt et on engage le second jusqu’à toucher le premier.
- Pour changer la projection, on tire en arrière le taquet d’arrêt et on pousse le second passe-carte qui chasse devant lui le premier; on engage le troisième et ainsi de suite.
- Toutefois, il faut avoir soin de laisser retomber le taquet entre chaque passage du passe-carte.
- Pour les livres ou revues de grandes dimensions, on pose l’appareil à plat sur le livre ouvert, au moyen d’un support spécial; les livres de petites dimensions sont simplement présentés à la main contre la fenêtre de l’appareil; pour la projection d’objets, on place un voile noir dans la rainure qui se trouve au-dessus de la glissière et on présente également à la main lesdits objets à projeter, ou, si l’on préfère, on met comme ci-dessus U’appareil à plat et on place les objets sur le support.
- Cet appareil avec lequel les objets et dessins sont projetés sur l’écran avec leur couleur et leur relief a donc son application dans l’Enseignement, dans l’industrie et même en famille.
- Constructeurs : Etablissements Montgolfier, 35, rue Boissy-d’Anglas, Paris, 8e,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1926 (
- Pendant le mois de novembre, l’étudiant du ciel pourra occuper toutes ses soirées de beau temps. Qu’il en juge!
- Opposition de Mars avec le Soleil, le 4 ; plus grande élongation de Mercure, le soir, le 5; le maximum de Mira Ceti, au cours du mois ; la chute des Léonides du i3 au 14 ; la chute des Andromèdides, du 17 au a3; de nombreuses occultations d’étoiles par la Lune; l’étude de la lueur anti-solaire, etc.
- Mais, pour l’observateur possédant de bons instruments, c’est Mars qui doit être, en ce moment, le but de ses recherches. Car, à la fin du mois, la planète aura déjà perdu 3" de son diamètre du fait de son éloignement de la Terre.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en novembre, diminue de plus en plus. De — 140 17’ le ier, elle atteint — 2i° 34’ le 3o. L’hiver est proche.
- La durée du jour diminue rapidement. De 9'“ 52“ le i*r, elle n’est plus que de 8h 34m le 3o. La diminution est surtout sensible le soir. Le Soleil passe au méridien pendant tout le mois vers nh35ra, c’est-à-dire qu’il est au milieu du ciel avant midi. Donc, la matinée est plus longue que la soirée. Il fait jour vers 6h 1/2 du matin, et nuit à 17''.
- Voici le tableau du Temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- d’une pureté parfaite et l’absence de toute lumière artificielle éclairant l’atmosphère.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune en novembre :
- N. L. le 5, à i4h 34" P. Q. le 12, à 23ù 2d
- Dates.
- Nov.
- Heures du passage (T. U.).
- 1
- 3 5 7 9 11 13 i5 *7 >9
- 21
- 23 2 5 27 29
- 1111 34”
- 1 ib 34ra 1ih 34“
- 1ih 34“
- 11h 34m 3a“ 1 1* 34m 43‘ iP 11*
- 1 ih 35“ 36‘ 1 th 36m i* 11h 36m 28' 1 ih36m 5g‘ 1ib 37“ 33‘ 1 ih 38m n‘
- 21*
- I9‘
- 20"
- l4s
- th 34“ 58" 35“ i5s
- 11
- 138“ 5i
- Observations physiques du Soleil. — Le tableau suivant permet d’orienter les dessins et photographies du Soleil. (Voir au n° 2712 la définition des termes P, B0, L0.)
- Dates. P B_0 K
- Nov. 2 + 24°, 56 + 4°,25 278°,o5
- — 7 + 23°,61 + 3°,72 212°, I 3 146°, 21
- — 12 -f- 22°,46 + 3°, 16
- — i7 -f- 21°, 12 + 2°, 57 8o°,3o
- — 2 2 -{- i9°,6o + 1°.97 i4°»39
- — 27 + i7°.9° + i°,35 3o8°,48
- Lumière zodiàcale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est encore bien visible en novembre. Nous l’avons vue plusieurs fois à l’époque des Léonides ( 13, 14, i5 novembre) au cours d’observations de ces météores.
- A cette époque, la lumière zodiacale n’offre pas la même apparence que le soir, au printemps. Son extrémité est plus effilée.
- Dessiner sa forme, repérée par rapport aux étoiles, noter sa couleur, son intensité èt toutes les particularités que l’on pourrait constater. Cette année, la période la plus favorable en novembre pour observer la lumière .zodiacale sera celle du 5 au i5, pendant laquelle là Lune ne gênera pas.
- Ce sera précisément celle de l’observation des Léonides.
- On pourra rechercher la lueur anti-soldire, du, Ier au 8, en l’absence de la Lune, vers minuit, près de ô Bélier.
- Il faut, pour effectuer cette observation, des nuits
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel, compté de oh à 2.V à partir de minuit.
- P. L. le 19, à i6h21“
- D. Q. le 27, à 61115“
- Age de la Lune, le i*r novembre, à oh=25J,i; le 6 à oh = oJ,4. Pour calculer l’âge de la- Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 6. Pour une heure donnée, ajouter en outre 0,o4 *7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- La longitude du terminateur est un élément beau-couj3 plus précis que l’âge pour classer les observations lunaires.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 10 novembre = — 28° 14' ; le 2 3 = -f- 23° 18'. •
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 16 novembre, à i4h. Parallaxe = 59'54//. Distance — 366 080 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 28, à io11. Parallaxe — 54' i3". Distance = 404 45o km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 10, occultation de 49 Sagittaire (gr. 5,5), de 1611 12“ à 171' 19™.
- Le 12, occultation de 128 B. Capricorne ( gr. 6,5), de I9h 69“ à 20*1 5g“.
- Le 13,occultation de 66 Verseau (gr. 6,1), de 2ih59™ à 23hi“.
- Le 14, occultationde 336 B. Verseau (gr. 6,3), de 23h 54“ à o1' 47“ le i5.
- Le i5, occultation de 24 B. Baleine (gr. 6,0), de i6h3i“ à 1711 26“.
- Marées , Mascaret: —
- Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 19.
- Voici le tableau de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Dates.
- Nov.
- Marées du matin. Marées du soir.
- Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- l7 ih45“ 0,84 i4h10“ 0,90
- 18 2h34“ 0,95 i4h55“ o»99
- 19 3h 17“ 1,01 i5h 39™ i,o3
- 20 3h 5g“ 1 ,o3 l6h 20“ 1,02
- 21 4h 4o“ o-99 i7h im o,q5
- 22 5h 21“ 0,91 171* 41“ 0,86
- Pas de mascaret annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après donne, d’après Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1926, les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de novembre 1926.
- Mercure sera à sa plus grande élongation du soir le 5 novembre, à 4''» à 23° 13' à l’Est du Soleil.
- On pourra le rechercher, aussitôt le coucher du Soleil, à partir du ier novembre et jusqu’au 10 ou 12 novembre. La déclinaison très australe de 'Mercure rendra, à la latitude de la France, les observations difficiles.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates,
- Nov.-
- Disque illuminé. Grandeur stell
- 2 0,69 0,0
- 7 0,5g 0,0
- 12 0,44 -)- o,3
- 17 0,25 -h 0,7
- 22 0,06 ~t~ * ,8
- 27 0,01 -f 2,7
- Vénus est inobservable, se trouvant en conjonction supérieure avec le Soleil, le 21 novembre, à nb.
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-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- J»
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris (4) à sion et VISIBILITÉ
- NO VE MC. Paris. Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- ' 6 II1 34“ 22* l6h 22“ i4M3m — i5° 5i' 3a'21 "4 Balance
- Soleil . . . 16 7 2 ii 35 25' l6 9 i5 24 — 18 38 82 24,0 Balance > . »
- 26 ' 7 *7 Il 37 52 15 5g 16 6 — 20 51 32 28,8 Scorpion
- s 6 9 6 13 7 17 8 16 T 4 — 24 5 6 0 a Scorpion 1 Le soir.
- Mercure. . 16 6 49 12 49 16 49 16 38 — 24 10 8,6 a Scorpion J Plus grande élongation
- ( - 26 7 8 11 34 i5 59 16 4 - 19 55 9,8 v Scorpion le 5.
- 6 6 22 11 21 16 20 14 28 — i3 34 9)8 X Vierge
- Vénus. . . \ 16 6 53 11 3i 16 9 15 17 — 17 32 9 )8 1 Balance Inobservable.
- 1 26 7 22 11 44 16 4 16 9 — 20 43 9>8 vScorpion
- 6 16 m 23 21 6 32 2 34 + 14 22 20,0 p Baleine Toute la nuit. Opposition le 4-
- Mars. . . . 16 1 26 i5 21 14 34 22 29 21 48 5 38 4 49 2 21 2 12 4- i3 55 + 41 *9>° *7,4 S2 Baleine ] ç1 Baleine
- Jupiter. . . 16 12 5 a 17 38 22 24 21 27 — 16 5 3.6,8 y Capricorne Le soir, dès la nuit.
- Saturne . . 16 7 20 11 56 16 33 i5 45 — 17 55 13,6 ô Scorpion Inobservable.
- Uranus. . . 16 14 4 19 55 1 47- 23 45 — 2 25 3,6 20 Poissons Le soir, dès la nuit.
- Neptune. . 16 23 6 6 10 i3 i3 9 57 + 12 57 2,4 v Lion Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Voici, comme Dates. pour Mercure, le tableau de la phase : Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Nov. 2 0,99 — 3,5
- — 7 °>99 - 3,5
- — 12 °>99 — 3,5
- — *7 1,00 — 3,5
- — 22 1,00 - 3,5
- — 27 1,00 — 3,5
- Mars, en opposition le 4 novembre," a ppelle l’attention
- de tous les observateurs. Sa distance à la Terre sera
- seulement de 68 millions de kilomètres.
- Son diamètre atteindra 20",4 au moment de l’opposition (en 1924, le diamètre maximum avait été de 25 ', 1).
- Le pôle austral de Mars est tourné en ce moment vers la Terre, et à l’époque de l’opposition la latitude du centre sera de — 170.
- Nous avons donné quelques indications (n° 2780) sur les instruments à employer pour observer Mars. Plus l’instrument sera grand et parfait, plus détaillés seront les dessins, et plus fins les objets observés.
- Voici, à présent, comment se présente le globe de Mars, en novembre, à l’observateur terrestre :
- Angle de Latitude Angle de
- Dates, position de du position Éclat
- (üb) l’axe de Mars, centre. Diamètre. Phase, de la phase, stellaire.
- Nov. ier323°,2 —i6°,i 20",3
- — 11 323°,3 —i7°,8 19", 6
- — 21 323°,4 — 190,1 18",2
- o",o 264°,4 — 2,1
- o",o 68°, 8 -—2,0
- o",3 71°, t —1,7
- Lorsque l’on connaît l’heure du passage au méridien central de Mars du méridien o° (Baie fourchue du Sinus Sabæeus), on peut déterminer la longitude du point de cette planète tourné vers la Terre à une heure quelconque. On sait que Mars tourne sur son axe en 24'' 37™ 22s,65,„ c’est-à-dire de o°24 en 1 minute ou de i40,6i en 1 heure.
- Le tableau suivant donne, de 2 en 2 jours, le moment du passage du méridien o° de Mars par le méridien central du disque :
- Heure de Dates. passage.
- Heure de Dates. passage.
- Nov.
- T 3 5 7 9 11 i3 i5
- 9” 34“ ioh 46“ nh 58ra i3h 10“
- l4h 22m 7-i5h 35m o i6h47m4 i8h 0“ o
- Nov.
- *7
- *9
- 21
- 23
- 25
- 27
- 29
- I9 I7 20L 25“6 2111 38“ 7 22h 52“o
- Oh 42" Ih 56“
- M. E.-M. Antoniadi a donné, dans L’Astronomie, l’éphéméride des changements saisonniers que l’on peut observer sur Mars au cours de cette opposition.
- L’observation des satellites yde Mars ne peu! êire faite qu’à l’aide des instruments de très grandes dimensions.
- Jupiter est encore visible, dès l’arrivée de la nuit. Il sera en quadrature avec le Soleil, le 11 novembre, à 1911.
- Un changement d’aspect très considérable a été signalé ces temps derniers sur celte planète. La « cavité » dans laquelle semblait s’incruster la fameuse « tache rouge » a disparu et cette tache, à présent, semble isolée loin de la bande qui la côtoyait auparavant. Ce changement donne à la planète un aspect nouveau, et augmente encore l’intérêt des observations.
- R.appelons que pour observer Jupiter les instruments moyens (om,095, o“,io8, etc.) conviennent très bién.
- Mais, comme pour Mars, les instruments les plus grands sont évidemment ceux avec lesquels on effectuera les observations les plus profitables.
- Voici à présent le tableau des phénomènes produits par les satellites et que l’on pourra encore observer :
- Phénomènes du Système des satellites de Jupiter
- DATE Novembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Novembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 I7h 3i“ III p.f. *4 i8h 28™ II E.f.
- 1 19 19 III O.c. i5 16 37 I O.c.
- 3 20 53 II Im. i5 17 35 I P.f.
- 5 18 35 II O.c. i5 18 54 I O.f.
- 5 . 18 47 II P.f. *9 J7 34 III E. c.
- 5 21 24 II O.f. 19 21 6 III E.f.
- 5 2 I 42 I Im. 21 20 3 I Im.
- 6 18 53 I P.c. 21 21 6 II E.f.
- 6 20 12 I O.c. 22 *7 i5 I P.c.
- 6 21 10 I P.f. 22 18 33 I O.c.
- 7 19 48 I E.f. 22 19 32 I P.f.
- 8 16 58 I O.f. 22 20 5o I O.f.
- 8 17 54 III P.c. 23 18 8 I E.f.
- 8 21 29 III P.f. 26 16 18 III Im.
- 9 20 21 IV 0. f. % 6 «9 55 III Em.
- 12 17 5 III E. f. 28 -18 i3 II Im.
- 12 18 32 II P. c. 29 !9 12 I Pc.
- 12 21 11 II O.c. 29 20 29 I O.c.
- 12 21 23 II P.f. 3o 16 3o I Im.
- i3 20 48 I P. c. 3o 18 29 IL O.f.
- *4 18 *6 I Im. 3o 20 3 I E. f.
- Saturne est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil le 21 novembre, à i8h.
- Voici, toutefois, les éléments de l’anneau à la date du 11 novembre :
- ih
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-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Grand axe extérieur........................ 34",34
- Petit axe extérieur........................ +i4",io
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................- -f-240 i5'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ................................. +a4°
- Uranus est visible dès le coucher du Soleil. On pourra le rechercher au moyen de la petite carte de son mouvement reproduite dans le « Bulletin astronomique » du n° 2725.
- Uranus brille de l’éclat d’une étoile de 6e grandeur.
- Certains, observateurs doués d’une excellente vue ont pris l’habitude de le suivre à l’œil nu. M. Flammarion faisait remarquer la difficulté de cette observation. Par contre, c’est une chose facile avec la plus petite des jumelles de théâtre ou mieux de campagne.
- Dans une bonne lunette, Uranus offre un petit disque bleuâtre, de 4" environ de diamètre.
- Neptune devient de plus en plus visible. 11 sera en quadrature occidentale le 20 novembre. Il se lèvera, le 15,. vers 23 heures et on le trouvera facilement au moyen de la petite carte (fig. 1), que nous reproduisons d’après Y Annuaire astronomique Flammarion. On voit que, en novembre, Neptune se déplacera très peu, à l’Ouest de l’étoile v Lion.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Vénus, Saturne, h, Mercure, b Jupiter,
- Le 5, à 4 Le 6, à 1711 Le 7, à 12 Le 12, à 20 Le 15, à 8b, Uranus, Le 18, à 5b, Mars,
- Le 21, à 23\ Vénus, Le 2 5, à 14h, Mercure, Le 26, à i4\ Neptune Le 28, à 1511, Mercure,
- en conj. avec la Lune, à 3° /\i' S.
- — — la Lune, à i°35'S. — la Lune, à 5° 34* S.
- — — la Lune, à 2°23'N.
- — — la Lune, à 4° 35'N.
- — — la Lune, à 4° 5o'N.
- — — Saturne, ,à i° 27' S.
- — — Vénus, ko0 if N.
- — — la Lune, à 3° 40' S.
- — — Saturne, à o° 11' S.
- Etoiles filantes. — Le mois de novembre est célèbre dans les annales des étoiles filantes, par ses chutes fameuses des Léonides et des Andromédides. De nos jours, ces essaims donnent encore des météores assez nombreux, mais il faut entendre par « nombreux » quelques dizaines à l’heure. En 1833, la chute des Léonides était comparable à la moitié du nombre des flocons que l’on aperçoit par une chute ordinaire de neige.
- Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des. essaims actifs en novembre.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Nov. i'r au 4 ~43° -J— 2 2® e Bélier.
- — ior au 8 58" -j- 30° A Taureau.
- — i3-i4 53° + 32° 0 Persée.
- — i3-i8 i49° + 23° Ç Lion.
- — 13-14 2790 + 56° 2348 Bradley.
- — 16 i54° + 4o° g Grande Ourse.
- — 20 62° —j— txt}P to2 Taureau.
- — 25 au 28 i54° + 4o° 9 Grande Ourse.
- 27 62° + 22° w2 Taureau.
- — 27 2 5° + 43° y Andromède.
- — 28 328° + 62° a Céphée.
- L’essaim des Léonides, qui donne les étoiles filantes jusqu'au 18, produit des météores rapides, avec traînées.
- L'essaim des Andromédides, actif autrefois le 27, donne à présent des météores du 17 au 23, météores lents, avec traînées.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (|3 Persée) : le 5 novembre, à 5b44m j Ie 8, à 2h33m; le 10, à 23h 2im ; le 13, à 20b iom ; le 28, à 4h i5m.
- Pendant tout le mois, observer fréquemment l’étoile variable Mira Ceti (0 Baleine), dont le maximum doit avoir lieu prochainement. Cette étoile varie de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8. Noter aussi fréquemment que possible l’éclat de cette étoile pour en déterminer le maximum.
- Etoile Polaire. — Heures du passage de. l’Etoile Polaire au méridien de Paris en novembre :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Temps légal, à midi moyen de Paris.
- Nov. 7
- — 17
- — 27
- Supérieur 22b 21” 22*
- — 2ih4im59‘
- — 2Ib 2m 35’
- i5h 3“ 4i‘,7 i5h 43m 7S,2 l6b 22m 32*,8
- V. Constellations. — L’aspect du ciel le Tr novembre, à 2i\ ou le 15, à 2o\ est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée (r\, t, c) ; Andromède (y, M. 31 ) ; Persée (p, 17, e, Ç, amas).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire) ; Céphée (5, 9, x, l, p) ; le Dragon (v, 0, cp, 40, s, 9) ; la Grande Ourse.
- A l'Est : Les Gémeaux (a> p, Ç, ô, x, 38 e) ; le Cocher ( 14, 4 w) ; le Taureau (Pléiades, p, t, %, <f). — Orion se lève.
- Au Sud : Pégase (1, 3, 85, it) ; le Bélier (y, 3o, 33, 14) ; le Verseau (Ç, ty1, 94, 41, 12); les Poissons; la Baleine; le Poisson austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest : Le Cygne (p, o2, 4b P> 61e) ; l’Aigle (a, i5 h, ii); la Lyre (a, e, t, vj, M. 67).
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne. Em. Touchet.
- BOITE AUX LETTRES
- CS*T
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natlirô oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une, bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — P. O., à Villcfranche.— Manuel du cordonnier, par A. Liégeart, directeur du cours professionnel de Roman. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- 20 colle dont se servent les cordonniers pour fixer les pièces est simplement une dissolution de caoutchouc dans la benzine. Après avoir enduit de cette colle les parties à joindre, on laisse la benzine s’évaporer jusqu’à ce que la colle devienne poissante. A ce moment on passe sur la colle au moyen d’un pinceau un liquide désigné sous le nom de sulfumate et on joint très rapi-ment les pièces.
- Le sulfumate est une dissolution de 2 à 3 gr. de chlorure de soufre dans 100 gr. de sulfure de carbone. Son emploi réalise en somme une vulcanisation du caoutchouc,
- M. Callewaert, à Saint-Joris. —D’après la Photo-Revue on peut rendre transparent le papier support des photographies par la mixture suivante ;
- Faire dissoudre au bain-marie pour éviter l’inflammation :
- Térébenthine de Venise......... 20 gr.
- Essence de térébenthine .... 100 —
- Laisser refroidir et ajouter en mélangeant intimement :
- Huile de ricin................ 200 gr.
- Chloroforme...................... 5o —
- Vaseline........................ 20 —
- Cette composition s’applique au dos du papier avec un pinceau dur. Pour favoriser la pénétration appliquer un fer chauffé à 4o-45°C après avoir interposé une feuille de papier parcheminé.
- M. B., à La Bourboule. — Pratiquement on ne peut espérer, d’une peinture de baignoire, la même résistance que celle d’un émaillage. Cependant s’il ne s’agit que de dissimuler le noir de la fonte aux endroits où l’émail s’est détaché, vous pourrez avoir des résultats satisfaisants avec fine peinture à base de caoutchouc du type
- suivant.
- Prendre :
- Caoutchouc pur gomme Para. . 90 gr.
- Benzine........................5oo —
- Tétrachlorure de carbone . . . 5oo —
- Laisser digérer plusieurs jours en flacon bien bouché un temps suffisant pour obtenir une masse sirupeuse.
- Ajouter 20 gr. de la dissolution ainsi obtenue à 1 kgr de peinture ordinaire au blanc de zinc ou au lilhopone
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-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- mais non au blanc de céruse et employer comme d’habitude.
- Robert, à Raga. — x° Les asphaltes sont des produits complexes et de compositions très variables suivant les origines, les travaux sur cette question sont épars dans des publications diveises ayant trait aux pétroles et aux hydrocarbures, sans qu’à notre connaissance, ils aient été condensés dans un ouvrage spécial. C’est, croyons-nous, dans le Traité de chimie industrielle _de Lunge que vous trouverez les données les plus précises sur la constitution des asphaltes. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- 20 Vous pourrez vous procurer du ruban non encré pour machines à écrire chez les fabricants suivants : Dalle et Cie à Saint-Etienne (Loire). Dolomier, 23, rue de la Sous-Préfecture, même ville. Ochswald à Belval par Senones (Vosges). Lejuif à Thiberville (Eure).
- 3° Fabricants de machines à tisser les rubans : Diederichs à Bourgoin (Isère). Ateliers des Vosges, 1, rue Jules-Lefèvre à Paris. Demol, 5o, boulevard de la Villette. Dupré à Romilly-sur-Seine. Ed. Lambert, 249, avenue du Président Wilson (Plaine Saint-Denis). Gerest, 23, Cours Fauriel à Saint-Etienne.
- 4° Pour l’encrage des rubans, prendre :
- Violet de Paris...................... 5 gr.
- Savon mou............................ 5 —
- Glycérine............................20 —
- Eau distillée........................55 —
- Laisser digérer pendant quelque temps dans un flacon bien bouché, passer au travers d’une mousseline pour séparer les impuretés, appliquer avec une petite brosse sur les rubans tendus.
- M. Vesson, à Snint-Hippolyte. — i° Voici d’après Bourdais quelques formules de vernis les plus employés par les graveurs sur métaux.
- ÎS° i 2 N° 3 N° 4 N° 5
- Bitume de Judée. ... i5 i5 — — i5gr.
- Cire d’abeilles ..... 60 3o 3o 75 5o
- Gomme mastic. . . . i5 , r5 '— — 3o
- Asphalte..................75 - 3o 60 —
- Poix noire...........• . — — i5 —
- Poix de Bourgogne ... — —- 5 90
- Colophane..................— — — i5 —
- Térébenthine de Venise. — — — 5 —
- 20 La composition du produit employé pour imbiber les balais genre Cedar-Mop serait la suivante d’après les renseignements qui nous été donnés (Voir La Nature n° 2628 du 16 août 1924) :
- Huile de bois de Chine. . \
- Alcool dénaturé . . . . . > à parties égales.
- Huile de cèdre...........)
- M. Ricaud, à Fauverney. — Une peinture au silicate sera celle qui conviendra le mieux pour peindre votre bac à alcool, par exemple :
- Lithopone......................5oo gr.
- Silicate de soude à4o°B. . . . 200 —
- Eau ordinaire..................200 —
- Pour l’emploi, donner d’abord une première couche de préparation au silicate de soude non teinté à 220 B.
- Après séchage donner une seconde couche avec la peinture proprement dite indiquée ci-dessus.
- Terminer par une couche de silicate simple, mais à 26° B. Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- M. de Coubert, à La Boisnière. — L’eau de Javel peut effectivement être employée pour enlever sur les gravures les taches dites d’humidité, qui sont dues au développement de moisissures, mais comme il est assez difficile de se débarrasser du chlore résiduel après l’opération et que ce chlore peut compromettre ultérieurement la solidité du papier, nous vous conseillons plutôt de vous servir d’eau oxygénée en opérant ainsi :
- La gravure est trempée au large dans une bassine remplie d’eau, on l’applique ensuite sur une feuille de verre en passant cette dernière en dessous de la gravure qui flotte et en relevant doucement. Après égouttage, on met la feuille de verre horizontalement, puis on verse sur la gravure un mélange à parties égales d’eau oxygénée • et d’eau ordinaire le tout additionné de quelques gouttes d’ammoniaque.
- On entretient ainsi le papier humide en reversant de temps à autre' quelques gouttes du mélange; quand on juge que le blanchiment est suffisant, on transpoi'te à
- nouveau dans le récipient plein d’eau et on rince à fond. Cela fait on retire la gravure comme précédemment en soulevant la lame de verre, on essore au papier buvard et fait sécher sous presse.
- Charvériat, à Lyon. .— L’imperméabilisation des capotes d’autos ainsi que des toiles de tentes s’effectue facilement en les badigeonnant avec la mixture suivante :
- Lanoline anhydre................. 10 gr.
- Vaseline blonde................. 10 —
- Essence pour autos...............5oo cc.
- Tétrachlorure de carbone. . . . 5oo —
- Effectuer ce badigeonnage de jour et au grand air.
- M. Cardot, à Alger. —Pour enlever les taches de sang sur les étoffes de couleur, on commence par se rendre compte, sur un coin du tissu, si l’acide tartrique modifie la teinte. Quand on constate qu’il est sans action nuisible, on fait dissoudre dans une cuvette d’eau tiède deux cuillerées à café d’acide tartrique en poudre, puis on lave l’étoffe tachée de sang dans cette eau, en frottant entre les mains, jusqu’à disparition des taches ; ensuite on rince à l’eau pure.
- Dans le cas où la matière colorante du tissu est sensible aux acides, remplacer le précédent liquide par une solution concentrée de pyrophosphate de soude, sel neutre et complètement inofîensif. L’opération est assez longue et exige de la patience, aussi ne faut-il pas se décourager si, au début, les taches ne disparaissant pas de suite on croit à un insuccès.
- C. S. C., à Canton. — 1° Ouvrages sur la fabrication des chlorures décolorants : Le chlore et ses dérivés, par Billon, éditeur, Albin-Michel, rue Huyghens ; Préparation des produits chimiques par Tèlectrolyse, par Karl Elbs, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte; Electro-chimie, par Albert Levasseur, même éditeur.
- 20 Ouvrages sur le celluloïd : Le celluloïd, par Masse-lou Roberts, éditeur Cillard, à Paris ; Le celluloïd et la soie artificielle, par Bockmann et Klôtz, éditeur Dunod ; La cellulose, par Clément et Rivière, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. Flayelle, à Valenciennes. — Si les lamelles en laiton de votre meuble de Boule ne tiennent pas en place, c’est qu’elles ont été faussées dans le sens vertical. Il convient donc de sortir complètement la portion qui se relève, puis de la dresser pour la remettre à l’état de neuf, après quoi le modelage à la main ou à la pince permettra facilement de donner à la lamelle la forme de la rainure où elle s’emboîtera sans difficulté. Passer en dernier lieu au pinceau une couche de colle forte sur le tout, essuyer avec un linge humidifié à l’eau tiède.
- N. B. — La colle forte peut être remplacée par une colle à la. caséine composée de :
- Caséine.......................25o gr.
- Chaux éteinte................200 —
- Silicate de soude............. 80 —
- Ammoniaque à 220.............. 20 cc.
- Eau ordinaire.................5oo —
- Délayer la caséine dans l’eau ammoniacale et ajouter "successivement en malaxant la chaux, puis le silicate de soude.
- M. E. R., avenue de la Gare, à Marsillargues (Hérault). — Nous avons répondu à vos questions dans la Boîte aux Lettres, n° 2736, du n septembre 1926, p. 86 (documentation sur la fabrication des huiles).
- M. H. D., à Charleville (Ardennes). —Documentation sur le furet et son élevage. — Comme suite à la réponse que nous vous avons donnée dans le n° 2729, du 24 juillet, et après nouvelles recherches, nous vous indiquons l’ouvrage suivant : Le Furet (histoire, utilisation, hygiène, médecine), 1 vol., avec 19 figures, par P. Mé-gnin (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e).
- D’autre part, en ce qui concerne la nourriture des furets, elle est constituée par du pain et du lait et, exceptionnellement, une petite quantité de viande cuite hachée.
- Laisser mâle et femelle ensemble, mais réserver une logette spéciale pour isoler la femelle lors de la mise bas. Les cages pour furets doivent être à deux compartiments, l’un avec foin ou menues pailles, pour le repos ; l’autre, avec moins de litière, où on distribue les aliments; il est utile que les furets puissent.passer aisément de l’un dans l’autre,
- Une cage de 1 m. de longueur, om. 5o de largeur et 0 m. 40 à om. 5o de hauteur suffit pour un couple, ou pour une femelle avec ses petits.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 274i
- 16 Octobre 1926.
- INFORMATIONS
- G&
- Un dirigeable à enveloppe métallique. — Jusqu’ici tous les dirigeables, rigides ou souples, sont construits avec'une enveloppe en tissu spécial, du reste très coûteux et fragile. Cette enveloppe a en outre l’inconvénient d’être très facilement déformable; sous l’effet des coups de vent il se crée des pochés de plus’ ou moins grande envergure, mais qui toutes altèrent les caractéristiques du bâtiment.
- L’enveloppe métallique aurait évidemment l’avantage d’assurer la permanence de la forme. Aussi son emploi a-t-il été maintes fois proposé. On a même projeté des ballons à enveloppe métallique à l’intérieur de laquelle régnerait le vide. Mais jusqu’ici aucun de ces projets n’a été poussé jusqu’à la réalisation.
- Le Scientifie American annonce qu’une société des Etats-Unis, la Aircraft Development Corporation, après plusieurs années d’expériences et d’études, va entreprendre pour le compte de l’Amirauté Américaine la construction d’un dirigeable d’étude à enveloppe métallique. Cet aéronef jaugera 56oo ms. L’enveloppe sera en duralumin; elle sera constituée par des tôles assemblées les unes aux autres par une triple rangée de rivets. Cet assemblage a été jugé suffisamment étanche pour rendre inutile tout cloisonnage intérieur.
- L’enveloppe métallique peut supporter une partie des efforts qui, dans les autres modes de construction, incombent tous à la charpente intérieure. Celle-ci peut donc être notablement allégée.
- La navigabilité du Rhône. — La pente du Rhône (o m. 56 par km) est uné des plus fortes de tous les fleuves européens, le chenal navigable (5o X i.6o aux basses eaux) est très irrégulier. Le rayon très faible des courbes empêche en bien des points les croisements, mais de plus gêne le remorquage. D’autre part, des tournants brusques, encaissés, gênent la visibilité. Les barques du Rhône sont très robustes, en acier de 5o à 70 m. sur 6 à 8 m., elles portent 220 à 56o tonnes à l’enfoncement de 1 m. 40. Ses reitoorqueurs sont puissants ; 2000 ch. 11 résulte de cet état de choses que la navigation sur le Rhône est coûteuse. La création d’une voie navigable Méditerranée-Alsace exigerait d’importantes et coûteuses améliorations : 600 millions pour l’aménagement d’un canal latéral. Tels sont quelques renseignements puisés dans la communication de M. Conche, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées au Congrès de Lyon-Grenoble 1925.
- Parquets insonores en pâte à papier. — L’utilisation de la pâte à papier, aux Etats-Unis et au Canada, pays qui possèdent d’immenses richesses forestières, s’est développée même dans l’industrie du bâtiment.
- Ces pays produisent des quantités considérables de pâte de bois. En Amérique, on a eu l’idée de faire des parquets insonores en utilisant la pâte à papier en mélange avec du cimènt.
- Cette pâte est étendue sur le sol et comprimée à l’aide d’un rouleau. Cette façon de procéder offre un sérieux avantage : on supprime les joints et les interstices entre lesquels les poussières s'accumulent.
- Le ciment employé seul ne donné pas de bons résultats et il ne convient pas pour le parquetage des appartements ; néanmoins, on en fait Usage pour les sols d’ateliers., où il se fendille assez souvent, mais dont la surface rugueuse est acceptable.
- Le ciment, mélangé en petite quantité à de-îa pâte de bois, sert d’agglomérant et conserve à celle-ci sa surface lisse, laquelle peut d’ailleurs être polie et cirée comme celle du bois ordinaire.
- Les parquets en pâte à. papier et ciment sont insonores, résistants, doux au pied, et de longue durée.
- Le mal de terre. — Dans Un intéressant article paru dans la Presse médicale,\Q D‘ Bohec examine le malaise qui s’observe fréquemment à la fin d’un long voyage maritime et même un peu avant de descendre à terre.
- Cette indisposition est caractérisée par une sorte de fièvre sans température, accompagnée, de courbature générale, de nervosité, d’anxiété respiratoire et circulatoire, de maux de tête, de nausées, de vomissements, etc.
- et surtout d’insomnie. Toutefois, à l’inverse du mal de mer, on n’éprouve pas de vertiges.
- Après le débarquement, pendant les premiers jours à terre, on ressent tantôt une . somnolence invincible, tantôt un sommeil profond et lourd.
- Çe qui est curieux et consolant, c’est que les personnes qui ont payé leur tribut au mal de mer sont indemnes de celui de terre.
- La population du Japon. — Le Bulletin de la statistique générale de la France résume les résultats provisoires du dernier recensement officiel du Japon, effectué le ier octobre 1925. La population du Japon proprement dit, à cette date, s’élevait à 55 963o53 habitants, en augmentation de 3 773 65i sur le recensement de 1920. L’accroissement ressort ainsi à 750000 habitants par an et au total il représente 6,7 pour 100 de la population de 1920. La densité s’est accrue de 147 à 157 habitants par kilomètre carré. Le nombre de villes dont la population dépasse 100000 habitants est de 22 contre 19 en T920. Par suite du tremblement de terre de 1923, Tokio rétrograde au 2e rang avec 1 995 3o3 habitants ; la ville la plus peuplée aujourd’hui est Osaka avec
- 2 114 809 habitants au lieu de 1 768 2g5. Les principales villes sont ensuite Nagoya (768 56o), Kijotô (679 960), Kobé (644 212) et Yokohama (4o5 888).
- La Corée compte 17284 119 habitants ; Eormose en compte 3 655 3o8 ; Sackaline 105899 habitants.
- Les plus grandes villes des Etats-Unis. — Une statistique officielle récemment publiée montre que les Etats-Unis comptent, en ce moment, quatre villes dépassant le million d’habitants et une approchant de très près ce chiffre. Ceci n’est pas pour surprendre quand on sfe rappelle combien, au cours dé ces trente dernières années, l’accroissement de population de certaines cités américaines a été prodigieux.
- New-York est toujours la ville la "plus peuplée de l’Amérique avec ses 6.109389. habitants; seule, dans le monde, Londres la dépasse encore. Chicago vient ensuite avec 29957.I9 habitants, soit 100000 têtes de plus qu’à Paris. Philadelphie vient au troisième rang avec 1 979804 habitants.
- Détroit, la quatrième, qui avait à peine, au début du siècle, 35o 000 habitants en compte maintenant 1 a5o 000, soit quatre fois plus. C’est donc une vraie ville Champignon; il est vrai que c’est la ville où M. Eord, lë roi de l’auto, possède ses gigantesques Usinés.
- Mais si l’industrie automobile à fait rapidement grandir Détroit, l’indüstrie dti cinéma fait pousser à vue d’œil Los Angeles. Celle-ci compterait plus dé goooooha-bitants alors qu’eÜe n’en avait au début du Siècle qu’un peu plus de 100000. Elle battrait donc toüs les records des villes-champignons, et on ne doute pas que d’ici peu de temps, le million ne soit atteint, peut-être même dépassé. •
- Le 10° Salon Aéronautique de Paris. — Les dates du 10e Salon de l’Aéronautique, qui se tiendra au Grand Palais des Champs-Elysées à Paris, sont définitivement fixées ainsi : ouverture solennelle de l’Exposition le
- 3 décembre, clôture le 19 décembre.
- *>> Nouvelles de T. S. T. ^4
- Une école d’artistes radiophoniques. —2 Chanter ou parler devant un microphone n’est pas toujours üné tâche facile si l’on désire que l’aüditëur de radiophonie' puisse apprécier toutes les modulations dé la voix. 11 est donc nécessaire que l’artiste qui veut se faire entendre au cours de radio-concerts prenne des précautions toutes spéciales et différentes de celles qu’il est accoutumé à observer au théâtre,
- C’est pourquoi une école^ pour artistes spécialement destinés à la radiophonie vient de s’ouvrir à Berlin. Ce conservatoire d’un nouveau genre comprendra des cours préparatoires et des cours d’application dans lesquels les élèves pourront s’exercer dans des conditions analogues à celles où ils se trouveront dans les « auditoriums ».
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- INFORMATIONS
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- Les nouvelles longueurs d’onde des stations anglaises. — En vertu de la convention de Genève, les stations anglaises auront à partir du 17 septembre les longueurs d’onde suivantes :
- Aberdeen-Birmingham, 49U8; Glasgow, 4o5,4; Belfast, 3a6,i ; Londres, 36i,4; Newcastle, 312,5; Manchester) 384,6; Bournemouth, 3o6,i ; Cardiff, 353; Leeds, 297; Bradford, 294,1.
- Les autres relais travailleront sur 288,5.
- La T. S. F. et les pêcheries françaises. — Un chalutier à vapeur de la marine de l'Etat, La Tanche, a été muni d’un poste de T. S. F. fonctionnant sur 600 m. de longueur d’onde : ce navire a spécialement pour but de repérer les bancs de poissons et de les signaler aux navires de pêche. Un laboratoire et une salle d’expériences ont, en outre, été installés à bord.
- Une nouvelle « école radiophonique » en Allemagne. — Sous les auspices du Ministère de l’instruc-
- tion publique allemand une « école radiophonique » a été organisée à l’université d’Iéna. Des cours complets d’instruction seront radiophonés : ils se rapporteront à la chimie, à la physique, aux mathématiques et aux langues vivantes.
- La T S. F. et la prise de vues cinématographiques. — Il est souvent difficile de faire exécuter par tous les figurants les mouvements d’ensemble nécessités par une prise de vues cinématographiques à grand spectacle et la T. S. F. peut rendre de grands services sous'ce rapport. C’est ainsi qu’à Los-Angelès les mouvements des bâtiments d’une véritable flotte, destinés à figurer les frégates d’une bataille navale au cours d’un film, étaient dirigés par T. S. F.
- Nouvel horaire des émissions de la Tour Eiffel. —
- A la demande de nombreux lecteurs, nous donnons ci-dessous le nouvel horaire des émissions radiotélégra-phiques et radiophoniques de la Tour Eiffel à la date du ior septembre 1926.
- HEURES T MG NATURE DES ÉMISSIONS LOiVGUEUIï d’onde SYSTÈME D EMISSION ANTEMYG UTILISÉE OBSERVATIONS
- 0150 à Service avec Beyrouth mèLros. 75 Lampes. P. A.
- 0220 à 0230 Météo France, Suisse, Hollande 2650 Id. G. A.
- 0400 à 0415 Météo Europe, Amérique, Afrique du Nord . . 2650 Id. G. A.
- 0415 à 0420 Appels Marine. . . 2650 Id. G. A.
- 0420 à 0440 Météo « Le Verrier » 75 Id. P. A.
- 0450 à 0500 Météo, premier avis matinée 2650 Id. M. A.
- 0520 Réseau « R » 2650 Id. M. A.
- 0542 à 0550 Météo Phisérar •2650 Id. M. A.
- 0650 à 0650 Appels Marine 2650 hl. M. A.
- 0700 Téléphonie Météo 2650 Id. M. A.
- 0705 Téléphonie. Dernières nouvelles P. T. T. . . 2650 Id. M. A. Sauf dimanches.
- 0750 Réseau « L » .... 2650 hl. M. A.
- 0742 à 0750 Météo Phisérar ! . . 2650 hl. M. A.
- 0756 à 0808 Signaux horaires 32 Id. M. A. Issy-les-Moulineaux.
- 0815 à 0820 Météo, variations brusques . . . 2100 ou 2650 Id. G. A. Issy ou E. L.
- 0820 à 0840 Météo France, Belgique, Hollande, StiisSe. . . . 7200 Id. G.A. P.A. M.A.
- 0840 à 0900 Météo Amérique, navires Atlantique. ...... 7200 et 75 Id. M. A.
- 0840 à 0850 Téléphonie. Météo 2650 Id. M. A.
- 0915 à 0920 Météo, variations brusques 2100 ou 2650 hl. G. A. Issv ou F. L.
- 0926 à 0938 Signaux horaires 2650 Amortie '
- ou modulée. M. A.
- 0940 Appel. 0 3 2650 Lampes.
- 0945 à 1000 Météo Europe. Sismo Strasbourg. . 7200, 2650
- et 52 Id. G.A. M.A. P.A. Emissions simultanées.
- 1050 à 1040 Téléphonie. Cours des cotons, cales, sucres.
- poissons et-annonce de l’heure . . 2650 Id. G. A. Sauf dimanches et lundis.
- 1042 à 1050 Météo Phisérar 2100 ou 2650 Id. M. A. Issv ou F. L.
- 1115 à 1120 Météo, variations brusques 2100 ou 2650 Id. M. A. Issy ou F. L.
- 1120 à 1130 Téléphonie. Météo 2650 Id. G. A.
- 1135 à 1200 Réseau « I » 2650 Id. M. A.
- 1150 à 1205 lor et 15 de chaque mois, ondes étalonnées. . . . 5000 Arc. G. A. (1)
- 1200 à 1205 Météo, prévisions techniques 7000, 2100
- ou 2650 Lampes. M. A. Issv ou F. L.
- 1205 à 1-215 Avertissement pour l'après-midi . . 2650 Id. M. A. Issv ou F. L.
- 1215 à 1220 Avis, variations brusques 2050 Id. • M. A. Issy ou F. L.
- 1345 à 1400 Téléphonie. Cours d’ouverture de la Bourse de
- Commerce de Paris 2650 Id. M. A. Sauf samedis cl. dimanches
- 1420 à 1440 Météo France, Belgique, Suisse, Hollande. . . . 7200 Lampes ou are. G. A.
- 1450 à 1500 Téléphonie. Cours des cafés, changes, Tentes. -
- valeurs, clôture de Bourse 2650 Lampes. M. A. Sauf samedis et dimanches
- 1510 à 1600 Réseau al»... 2650 hl. M. A.
- 1615 à 1625 Téléphonie. Cours après clôture de la Bourse
- de Commerce. 2650 Id. M. A. Sauf samedis et dimanches
- - si pas transmis à 14 h. 50.
- 1600 à 1620 Météo « Le Verrier » . 75 Id. P. A.
- 1700 à 1705 Appels « Marine » • 2650 Id. M. A.
- 1705 à 1710 Météu. Variations brusques 2650 ou 2100 Id. M. A. Issv ou F. L.
- 1750 à 1835 Radio-Concert. Journal parlé 2650 Id. G. A..
- 1900 à 1915 Téléphonie. Météo 2050 Id. G. A.
- 1920 à 1945 Mctéo France 7200 hl. G. A.
- 1956 à 2008 Signaux horaires 32 Id. G. A. Issy-les-Moulineaux.
- 2010 à 2200 Radio-Concert. Téléphonie 2650 Id. M. A.
- Météo Europe. . 7200 Id. G. A.
- 2100 à 2120 Téléphonie. Météo 2650 Id. M. A.
- 2226 à 2236 Signaux horaires . 2650 Entretenue, mo-
- dulée ou amortie, G. A.
- 2240 à 2250 Météo. Prévisions techniques ... • 2650 Lampes. M. A.
- 2250 à 2310 Météo « Maury » 75 et 32 Id. . P. A.
- 2330 Trafic avec Beyrouth 75 Id. P. A.
- Les intervalles disponibles sont à la disposiiion du il. G. U. de l’Administration des P. T. T. pour transmissions privées avec divers postes européens (I1D, HAR, AXK, FIFB, FF, SPT, etc., etc.).
- (I) Ondes étalonnées le 1er et le 15 de chaque mois, de U50 à 1151, série de lettres A sur 5000 mètres; 1151 à 1154, Irait continu sur 5000 mètres; 1200 à 1201. série de lettres B sur 7000 mètres;. 1201 à 1204, Irait continu sur 7000 mètres.
- Le télégramme donnant les longueurs d’onde exactes sera passé par Y1I (Lyon la Doua, à 15 heures).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *t>
- Construction
- asphalte
- béton
- Imperméabilisation des conduites en ciment. —
- Depuis quelques années la construction de conduites en ciment s’est beaucoup développée, mais elle a réalisé des pi’ogrès de plus en plus importants au fur et à mesure des conditions qu’on leur a imposées en accroissant les diamètres et les pressions intérieures. En raison de l’aménagement de chutes d’eau à grands débits ou à hautes chutes et de la hausse formidable des métaux, les ingénieurs ont dû créer de nouveaux moyens de résoudre des problèmes très ardus se rattachant à l’économie industrielle pour atteindre des prix raisonnables de premier établissement, et à des questions très difficiles de résistance des matériaux.
- En outre de l’amélioration de qualité des ciments et des bétons, on a appliqué aux conduites le système « béton armé » qui fournit pour les enveloppés des résistances beaucoup plus élevées que ne peut en donner le meilleur ciment sans les liaisons établies par des fibres, par des fils de fer ou par des fers profilés; on a mis en place les ciments et les bétons par des appareils projecteurs, généralement à force centrifuge qui font de chaque tuyau un moulage sur place à forme définitive ; on a étudié les moyens pratiques de donner à ces agglomérés une imperméabilité qui n’appartient pas au béton oi’dinaire, en chargeant au moins la surface d’imprégnations solidifiées où l’oxychlorure de magnésium joue un rôle plus efficace que la cristallisation progressive
- des carbonates, des silicates de chaux et des silicates complexes de chaux, d’alumine, etc.
- C’est un nouveau système d’imper -
- Fig. i. — Coupe d’une conduite de ciment méabilisation ^ que ë enduit d'asphalte. nous allons présen-
- ter ici a nos lecteurs et qui résulte
- des recherches pratiques de la Société du Périgord.
- On sait que l’asphalte de bonne qualité, fondu et glacé avec quelque soin, fournit des revêtements assez imperméables pour éviter toute pénétration d’eaux ; on sait aussi combien il est important d’éviter ces infiltrations dans les bétons, que détruit assez rapidement l’eau courante, même à très faible débit, c’èst-à-dire l’infiltration qui est en réalité un courant très lent, mais continu.
- De là est née anciennement l’idée de recouvrir d’asphalte en fusion toute nappe de maçonnerie ou de béton, comme les chapes des voûtes de tunnels.
- Mais la couche d’asphalte ainsi appliquée ne se soude pas au ciment; il y a là un joint de décollage qui n’empêche pas l’imperméabilité contre les eaux pesant sur la surface de l’asphalte, mais si des infiltrations arrivent par le ciment, elles peuvent gondoler l’asphalte et y provoquer des fissures qui sont d’un effet désastreux.
- L’invention de la Société du Périgord consiste à garnir toute la surface du massif de ciment, armé ou non, d’aspérités notables, formées de cailloux ou de fragments de coke, dont une partie est soudée au béton par le ciment, tandis que les parties libres, chauffées à température convenable (environ 2000) au moment de l’application de l’asphalte fondu, se soudent énergiquement à celui-ci. Et de là résulte une solidarité telle qu’en brisant un pareil bloc par un choc assez violent, on n’observe aucune tendance au décollement.
- On comprend aisément toute l’importance de ce résultat pratique. On peut fabriquer ainsi des pavages parfaits et qui ne sont pas glissants si on a mêlé la couche d’asphalte avec des fragments rugueux au moment de la pose; la plasticité de l’asphalte empêche délaisser aucun joint entre les pavés fabriqués d’avance et battus avec la demoiselle chaude, et la surface peut être aplanie à volonté par une addition minime d’asphalte en poudre. Pour les tuyaux, la résistance à la pression comporte un ciment plus ou moins armé.
- C’est ici le cas de rappeler une autre invention relative à l’établissement des conduites forcées en ciment, dont il a été parlé par La Nature n° 2023, où la difficulté principale était la solidarité à établir entre les
- tronçons des tuyaux. M. Monteux y a répondu en établissant une liaison parfaite, soudée ou rivée, entre les pièces de fer constituant la carcasse du tuyau, et deux plaques terminales en fer ou acier. Pour former le joint, il suffit de rapprocher les deux faces planes de deux tronçons successifs, sauf à interposer entre elles une mince feuille de caoutchouc ou de carton bitumineux.
- T Je T~
- Armature noyée
- îu'î \ \\ 1 \ « \ 1\ I-tIt-i I
- dans le ciment.
- Fig. 2. — Joint Monteux pour conduite en ciment.
- Le serrage des boulons assure alors la solidarité complète entre les parties métalliques des deux tronçons en ciment armé et l’étanchéité du joint lui-même. Comme d’ailleurs on peut interposer entre les deux plaques une feuille de fer plus épaisse d’un côté que de l’antre, cela permet de donner à la conduite une courbure progressive bien calculée, sans enlever rien à la solidarité de toutes les parties, métaux, ciments, asphalte.
- Il semble bien que ces travaux ont conduit à la solution la plus complète qu’on puisse désirer pour les conduites d’eau qui jouent un si grand rôle dans les transformations industrielles des usines actuelles. La conduite tout entière est un vrai monolithe tout en restant démontable. " E11ère.
- Impressions en creux sur ouvrages en ciment. —
- On sait que par les moyens ordinaires à la règle, un ouvrier même adroit n’arrive à tracer des dessins sur des dallages en ciment qu’assez lentement; cela est même souvent la raison qui fait que l’on écarte autant que l’on peut les rayures, ce qui produit une surface nue, plutôt désagréable et parfois glissante.
- Avec l’outil B. E. G., cet inconvénient disparaît puisqu’il permet d’imprimer en creux, rapidement, divers quadrillés serrés — donc non glissants — ainsi que de nombreux dessins décoratifs imitant certains carreaux en ciment comprimé. *
- En outre, cet outil, robuste et pas compliqué, du fait qu’il comprime le ciment, rend celui-ci plus dur et plus résistant à l’usure. On a donc l’avantage d’avoir un dallage non pas composé de nombreux carreaux pouvant se décoller et se casser par la suite, mais un ouvrage monolithe, incassable et décoratif.
- Pour chaque dessin, le B. E. G. se compose de deux plaques matrices carrées et d’une demi-plaque en fonte
- — Utilisation de l’outil B. E. G..
- Fig. 3.
- munies d’une poignée en bois sur laquelle on tapote avec un maillet pour imprimer.
- Constructeurs : P. Savoie à Brignais (Rhône).
- 'Electricité
- i . '
- Télérupteur système Dargon. — Branché sur un' circuit en fil de sonnerie alimenté par un petit transformateur, ce télérupteur détermine la fermeture ou l’ouverture d’un circuit de lampes électriques. En somme cet appareil est un interrupteur à distance présentant l’avan-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- tage de supprimer les descentes de fil lumière allant aux interrupteurs et de les remplacer par un circuit en fil fin (de sonnerie), bien moins coûteux et aussi plus aisé à poser; il supprime également les interrupteurs, va-et-vient, ainsi que les inverseurs, et peut être commandé par autant d’endroits que l’on désire, à l’aide de deux fils
- de sonnerie pris en dérivation.
- Il existe trois modèles :
- N° i pour alluma g e simple. Dans ce cas l’appareil ne fait marcher que i, 2, 3, 4 ou 5 lampes, mais toutes en même temps, c o m m and é e s comme il est dit plus haut par au-
- tant d’endroits Fig. 4. — Schéma du télérupteur Dargon. que 1»OQ veut
- Ainsi une lampe
- de vestibule pourra être allumée de la cuisine, salle à manger ou du salon, etc, et être éteinte de l’un quelconque de ces endroits. Dans un escalier, on pourra placer i ou plusieurs lampes qui marcheront toutes en même temps, mais qui seront commandées aussi bien du rez-de-chaussée que du ier, 2e ou 3e étage, etc.
- N" 2 pour deux allumages. Mêmes avantages que le n° î avec cette différence toutefois que si l’on presse une fois sur le bouton, la moitié de l’allumage (qui peut comporter 2 ou 3 lampes) marche, une deuxième pression actionne l’autre moitié, une troisième pression éteint le premier allumage, une quatrième éteint le tout.
- N° 3 pour allumage alternatif. Dans ce cas on fait fonctionner 2 lampes, mais jamais en même temps comme, par exemple, dans une chambre à coucher.
- De ce qui précède, il ressort que cet appareil fait réaliser une économie de fil et de main-d’œuvre, sauf évidemment si dans la pièce il n’y a qu’une lampe commandée par un seul interrupteur à la porte ; il est alors préférable d’utiliser entièrement du fil de lumière, attendu que l’économie réalisée avec ce fil ne compenserait pas le prix de l’appareil. Sa pose est extrêmement simple, car il suffit de raccorder d’abord à leurs bornes respectives les deux fils de lumièi-e et les deux fils de sonnerie, puis de fixer l’appareil au moyen de vis, soit au plafond, soit au mur. On peut aussi le fixer où l’on désire et comme l’on veut, attendu qu’il fonctionne dans toutes les positions.
- Constructeur : M. Dargon, 4 U avenue Louise, à La Madeleine (Nord).
- Divers
- Le « Muscamor » piégea mouches. — Les mouches ne sont pas qu’ennuyeuses, mais aussi et surtout le véhicule naturel de toutes les maladies microbiennes. C’est donc un devoir de les détruire, d’autant encore que leur fécondité est prodigieuse.
- Pour cela, toutes sortes de moyens sont proposés. Un certain nombre donnent de bons résultats, mais sont
- Arrivée
- lumière
- Circuit
- auxiliaire
- Départ aux lampes
- Fig. 5. Fig. 6.
- Vue du «Muscamor». Intérieur du «Muscamor».
- d’un emploi assez désagréable. Tels les papiers gluants qu’on voit misérablement suspendus au bout d’un fil, ce qui ne fait pas bel effet dans une pièce; si l’on se sert de poudres empoisonnées, on risque que les mouches mêmes répandent le poison partout où elles iront se poser.
- Le « Muscamor » est un petit appareil qui a pour but d’obvier à ces inconvénients. Son fonctionnement est très simple et d’une réelle efficacité (fig. 5 et 6). La blancheur et le mouvement de rotation du tambour suf-
- ..........y.
- fisent, en effet, à attirer les mouches ; toutefois, il est préférable d’étendre sur chaque face du tambour, seulement au milieu, quelques gouttes d’eau sucrée, de sirop, de miel, etc. Il suffit de remonter le matin le mouvement d’horlogerie et l’appareil fonctionne tout le jour.
- Quand la cage est pleine de mouches, on la détache de l’appareil, et on l’expose quelques secondes au-dessus d’un feu. On peut également et tout simplement les laisser mourir de faim, ou mettre un peu de poudre de pyrèlhre dans le fond de la ca^e.
- Constructeur : Société Muscamor, 5o, rue d’Alger, Toulon (Var).
- Épouvantail à moineaux éloignant les sangliers.
- — Le rôle utile des moineaux comme oiseaux insectivores est singulièrement amoindri par les dégâts que ces effrontés pillards commettent dans les vergers, en becquetant les fruits, et dans les semis en s’appropriant les graines.
- Pour les éloigner, on a imaginé toutes sortes d’épouvantails : mannequins (sur lesquels ils viennent se percher), oripeaux aux cou- A ,
- leurs éclatantes, oiseaux de proie empaillés, etc., engins dont l’effet est nul ou éphémère, parce que les moineaux ont l’œil fin, l’acuité visuelle très développée et un instinct d’observation qui ne les trompe que rarement.
- Voici un épouvantail très simple, et qui, de plus, a le pouvoir d’éloigner des cultures les sangliers. Il est facile de le confectionner et de l’installer; son efficacité est réelle, parce qu’il affecte, à la fois, l’ouïe et la vue de l’oiseau.
- Le dispositif se compose d’une bouteille ordinaire dont on supprime le fond ; il suffit de verser un peu d’eau bouillante dans la bouteille vide, où même de plonger le fond dans un vase contenant de l'eau en ébullition.
- La bouteille est traversée par une mince cordelette; un morceau de mèche de fouet est à préférer à toute autre. Cette cordelette est retenue par le bouchon. On y attache, à hauteur voulue, un morceau de métal dur, fer ou cuivre, et, à l’extrémité, une planchette peinte, de couleurs vives, et différentes sur chaque face.
- Le moindre vent fait osciller et tourner la palette ; suivant la force d’impulsion, le morceau de métal, qui fonctionne comme le battant d’une cloche, frappe le verre et fait plus ou moins de bruit : suivant la force du choc, le son se modifie également. Il en résulte que cette variété de sons et aussi les modifications de mouvements de la palette, changeant sans cesse, l’accoutumance ne se produit pas pour cet épouvantail comme pour les. autres. Le bruit est presque incessant, sans être monotone ; il varie constamment. La palette, rouge sur une face, jaune sur l’autre, remue bien plus que le moulin qui exige un vent assez fort. Le moindre souffle, le plus léger zéphir fait tourner la palette. Il suffit même d’une modification atmosphérique, sécheresse ou humidité, pour que la ficelle se contracte ou se détende, ce qui provoque un mouvement de rotation et d’oscillation de l’engin. Si l’on met quelques-uns de ces dispositifs dans des situations assez différentes, pour que les mouvements soient forcément variés, l’effet préservatif est absolument remarquable.
- Bien plus, on a constaté que dans une vigne située près d’une forêt, dans laquelle des sangliers commettaient des ravages, des épouvantails de ce modèle étant installés de place en place, les sangliers désertèrent complètement cette vigne, et que même s’ils étaient poussés dans cette direction par des chiens courants.ils cherchaient toujours à n’y pas passer.
- Lès tintements des bouteilles les effrayaient à ce point qu'ils cherchaient leur salut dans toute autre voie que celle-là.
- Ce mode de protection des vergers et des cultures contre les moineaux et les sangliers est donc très efficace, il est très facile à réaliser sans dépense appréciable ; enfin, il est à la portée de tout le monde.
- H-enhi Blin.
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- , Fig. 7. Epouvantail à moineaux éloignant les sangliers.
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES
- Parmi les espèces de Mélilots, il en est deux qu’on trouve dans les officines des pharmaciens, ce sont : le Mélilot officinal (Melilotus officinalis Lam.) et le grand Mélilot (Melilotus macvorhiza Pers.) Légumineuses. Bien que jouissant tous les deux des memes propriétés, il faut, pour le Jardin familial, donner la préférence au premier.
- Habitat. — il est très répandu dans les prés, les bois, les moissons, les lieux incultes et humides et sur les coteaux calcaires.
- Description sommaire. — Plante herbacée, bisannuelle, à tiges droites hautes de o m. 3o à i in. 5o. Feuilles alternes, trifoliolées, pétiolées, ressemblant à celles de la luzerne. Fleurs (juin-juillet) jaunes, parfois blanches, disposées en grappes axillaires, grêles et allongées, très odoriférantes. Fruit (gousse indéhiscente) ovoïde, renfermant une ou deux graines.
- Culture. — Le mélilot préfère un sol argilo-siliceux, bien qu’il demande un peu de calcaire, mais il vient bien, cependant, dans les terrains humides et sur les coteaux calcaires. On le multiplie par semis au printemps ou à la fin de l’été, dans un terrain bien fumé, en lignes espacées de o m. 20 à o m. 40, en ayant soin d’enterrer peu les graines.
- Comme elles germent assez difficilement quand elles n’ont pas absorbé suffisamment d’eau, il est indiqué de les laisser d’abord tremper 8 à 10 heures, puis de séparer par un criblage celles qui ne se sont pas gonflées (A. R. et D. B.). On donne en cours de végétation des binages et des sarclages.
- MÉDICINALES : MÉLILOT OFFICINAL
- Récolte et séchage. — On l’effectue aux mois de juin et de juillet, pour la plante entière au début de la floraison et vers le milieu pour les sommités fleuries "qui constituent alors le mélilot mondé. Le séchage se fait à l'ombre dans un grenier ou un hangar bien aéré, après avoir enveloppé les sommités dans des cornets de papier pour conserver aux fleurs leur coloration jaune et empêcher les feuilles de se séparer aussi facilement. Par la dessiccation, elles contractent une odeur forte et suave qu’elles doivent à la coumarine, odeur qui ressemble à celle de la fève tonka, de la flouve odorante, de l’aspérule odorante, etc.
- Composition chimique. — Les sommités fleuries renferment de la coumarine, et c’est ce principe qui les fait utiliser en parfumerie dans la préparation des extraits de « foin coupé ». Les maîtresses de maison seront bien inspirées en leur accordant une bonne place dans leur armoire à linge.
- Propriétés thérapeutiques. — Elles passent pour antispasmodiques, carminatives, émollientes et résolutives.
- Préparations pharmaceutiques. — On les emploie, à l’intérieur en infusé, 10 à 20 gr. par litre en lavement; à l’extérieur, on recourt à l’eau distillée en collyres et lotions. L’infusion de 10 gr. de sommités fleuries est toujours recommandée pour le traitement des maladies des yeux : conjonctivites, ophtalmies, etc.
- Observations commerciales. — La vente à l’herboristerie et à la parfumerie est bonne. Les sommités fleuries ont été payées : en bouquet o fr. 75 à 1 fr. le kilogramme, et coupées 1 fr. à 1 fr. 20..
- MOUTARDE NOIRE
- La dernière pharmacopée française (Codex de 1908) admet dans son tableau synoptique des plantes médicinales indigènes deux variétés de Moutardes, la Moutarde noire (Brassica nigra K.) et la Moutarde blanche (.Brassica alba K ) Crucifères, mais comme la première est de beaucoup la plus employée, c’est elle qu’il vaut mieux cultiver dans le Jardin familial.
- Habitat. — Commune dans presque toutes les parties de l’Europe, on trouve la moutarde noire dans les champs, les lieux pierreux, les décombres, etc.
- Description sommaire. — Plante à lige dressée de o m. 20 à 1 m., velue dans sa partie inférieure. Feuilles pétiolées, lobées et presque glabres. Fleurs (juin-août) petites, jaunes et disposées en grappes terminales. Fruits (siliques), courts, grêles, tétragonaux, s’appliquant contre l’axe floral ainsi que leur pédicelle. Graines très petites, comprimées, brunes ou noirâtres.
- Culture. — En France, la moutarde noire est cultivée en grand surtout en Alsace, puis en Flandre, en Picardie et dans la Charente-Inférieure. Elle demande un bon sol bien préparé, parce qu’elle végète rapidement. Les terres à blé, un peu légères, argilo-calcaires, assez riches en humus, sont celles qui lui conviennent le mieux.
- Multiplication. — Elle a lieu par semis en mars-avril. Dans le Jardin familial des fermes d’élevage, où on doit lui accorder une assez grande place, on sème à la main, mais, dans les champs de grande étendue, on recourt au semoir mécanique, en lignes espacées de o m. 5o pour faciliter les binages. On estime que, selon le procédé employé, il faut de 5 à 6 kg ou 3 à 4 kg à l’hectare. Les graines sont recouvertes suffisamment de terre par râtelage ou hersage, en raison de l’endroit où le semis est fait. On effectue le premier binage quand les petits plants ont trois oju quatre feuilles et le second lorsqu’ils atteignent o m. i5 à o m. 20 de hauteur.
- Récolte et rendement. — On y procède, selon la région, de fin juin à septembre ou de juillet à août, dès que les feuilles commencent à tomber ou quand les graines contenues dans les siliques deviennent jaunâtres. Il importe de saisir le moment convenable, car si les siliques sont complètement mûres, elles ont beaucoup de tendance à s’ouvrir et laisser tomber leurs graines.
- Pour la récolte dans les champs, je renvoie le lecteur aux ouvrages de MM. A. Rollet et D. Bouret, ou de MM. A. Goris et J. Demilly, dans lesquels il trouvera tous les renseignements nécessaires.
- Dans le Jardin familial, on coupe les tiges avec un sécateur en opérant le matin ou le soir et non au soleil ; on les laisse sécher sur le sol en les couvi’ant d’une toile pour protéger, les graines contre les oiseaux. Lorsque les tiges sont sèches, on les bat avec des baguettes pour ne pas écraser les graines, puis on dépose celles-ci dans un endroit sec où on les remue de temps à autre pour éviter les fermentations. Le rendement moyen à l’hectare est de i5 à 20 hectolitres pesant chacun de 65 à 68 kilogrammes.
- Composition chimique. — D’après Moride, les semences contiennent, pour 100, 63,02 de matières organiques ; 27,36 d’huile; 3,32 de phosphates ; 1,10 de silice et 5,20 d’eau. Elles renferment de la sinapine, de l’acide sina-pique, un ferment la myrosine, un glucoside le myro-nate de potasse appelé sinigrine, qui se décompose sous l'influence de la myrosine, en présence de l’eau froide ou inférieure à la température de 4°°> en essence de moutarde (isosulfocyanate d’allyle) en glucose et en sulfate de potasse. Il se forme, en outre, un peu de cyanure d’allyle et de sulfure de carbone.
- Propriétés thérapeutiques. — Filles sont connues depuis fort longtemps et si Columelle est le premier qui ait indiqué la moutarde comme condiment, Galien, Arétée, Théophraste, Dioscoride, Pline, etc., etc,, s’en servaient comme médicament ou connaissaient son action.
- À l’intérieur, on la considère encore pour excitante, anliscorbutique, purgative, selon la dose, mais elle est très peu usitée; c’est, en réalité, bien plutôt un condiment qu’un médicament et elle constitue un des excitants les plus énergiques de la digestion. A l’extérieur, sa principale action en fait un révulsif toujours très employé et même le plus populaire de tous.
- Préparations pharmaceutiques. — On ne prescrit plus aujourd’hui que celles qui se rapportent à l’usage externe, parmi lesquelles la plus usitée est assurément le sinapisme qu’on prépare de différentes manières, mais'pas toujours comme il le faudrait. Voici, à ce sujet, quelques détails qui ne seront pas superflus pour totxt le monde.
- Si l’on ne peut écraser soi-même les semences, on doit s’assurer, tout d’abord, si la farine est récente et si elle a été conservée en lieu sec, et, autant que possible, à l’abri de l’air ; on donnera la préférence à celle qui est déshuilée, parce qu’elle est beaucoup plus active et de meilleure conservation. Le procédé à suivre varie
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- VARIÉTÉS
- selon qu’on veut appliquer un véritable sinapisme ou un cataplasme sinapisé.
- Dans le premier cas, on prend -aoo gr. environ, de farine et on la délaye dans une quantité suffisante d’eau tiède (4o°- au maximum) de façon à obtenir une bouillie assez épaisse pour ne pas couler à travers les mailles de la tarlatane qui la contiendra. Dans le second cas, on confection^ un cataplasme de farine de lin à la manière ordinaire et, quand il est tiède, on le saupoudre plus ou moins de farine de moutarde, et ce n’est qu’après que l’on replie la tarlatane. En agissant ainsi, on évite l’adhérence des fragments de moutarde sur la peau, ce qui se produirait non, parfois, sans inconvénient pour les émules d’Esaü, si l’addition était faite sur la tarlatane même. Un autre procédé consiste dans l’incorporation de la moutarde à la farine de lin quand le cataplasme est assez refroidi.
- Selon les effets qu’on désire, le mélange doit varier dans la proportion d’une partie de farine de moutarde pour quatre parties de farine de lin ou d’un tiers de la première pour deux tiers de la seconde.
- Pour en obtenir les meilleurs résultats, il faut avoir soin : a) de ne pas dépasser 4°°» car une température supérieure diminuerait ou annihilerait la formation de l’essence révulsive; b) de ne pas ajouter de vinaigre, comme on le fait parfois, ni même d’alcool ou de sel de cuisine, qui nuiraient plus ou moins à la rubéfaction.
- On prépare encore un bain de pied sinapisé avec i5o gr. de farine de moutarde et un grand bain avec i kg de farine que l’on a bien soin de renfermer dans un sachet en toile. On prend dans ces deux cas les précautions indiquées ci-dessus. Enfin, on recourt aussi à l’essence de moutarde comme épithème rubéfiant : 20 gr. d’essence dans 3oo gr. d’alcool à 3o°, ou comme liniment révulsif : 2 gr. d’essence dans ioo gr. d’alcoolat de Fioraventi..
- Observations commerciales. — La consommation toujours croissante des graines de moutarde noire, pour les besoins de la médecine humaine et de l’art vétérinaire, a fait recommander officiellement la culture de cette plante. Le prix avant la guerre variait de 4° à 5o francs les ioo kilogrammes. A. Truelle.
- POMPES PRIMITIVES EN USAGE EN AUVERGNE
- Dans les nombreux villages des environs immédiats d’Issoire, on se sert, pour tirer l’eau des puits, de pompes aspirantes en bois dont l’origine remonte probablement à l’époque de la conquête romaine (46 av. J.-C.).
- Comme ees « machines » hydrauliques disparaissent peu à peu, pour faire place aux pompes dites à chape-
- Fig. 1. — Centrage du corps de pompe.
- let, il est bon de conserver au moins leur souvenir dans une revue de sciences appliquées, qui accueille toujours avec empressement tout ce qui a trait à 1 histoire des inventions.
- On pourrait donner de ces pompes une définition analogue à celle du canon : c’est un trou entouré de bois de tous côtés, sauf aux deux extrémités !
- Le bois de verne — vergne ou aune — est le seul employé)1) pour la construction de ces pompes curieuses dont le seul défaut est de manquer totalement d’élégance.
- On choisit un arbre aussi droit que possible, de 35 cm environ de diamètre et d’une longueur proportionnée à la profondeur du puits. Cette longueur est habituellement de 8 m. dans la plaine d’Issoire. On travaille le bois pendant qu’il est encore vert.
- Après avoir enlevé l’écorce de l’arbre, on le rabote avec soin pour enlever les nodosités et pour lui donner une circonférence régulière. On procède ensuite au centrage (fig. 1) qui s’opère de la façon suivante :
- L’arbre écorcé est placé sur deux tréteaux auxquels
- Fig, 2- — Forage du corps de pompe.
- on donne une horizontalité parfaite à l’aide du niveau d’eau posé sur une règle. Puis, à l’aide du fil à plomb l’ouvrier trace aux deux extrémités deux lignes verticales A B, A' B' et relie les points A et A' par un trait au cordeau noir. Ce trait sert de guide à l’ouvrier pendant le travail de forage, afin d’éviter toute déviation de la tarière à droite ou à gauche.
- 1. A cause de sa longue conservation.dans an milieu humide.
- A l’aide du compas, il trace ensuite une ligne horizontale C D, C' D', passant par le milieu de la ligne A B, A' B'. Le point d’intersection est le centre cherché. Un second trait noir reliant les points D, D' guidera la hauteur constante au-dessus du niveau du sol, que doivent avoir les longues tarières en position de travail.
- Les tarières à cuiller, au nombre de quatre, ont une longueur d’une dizaine de mètres et leur diamètre respectif varie de 3 à 12 cm. Elles sont soutenues dans la position horizontale par deux tréteaux surmontés de coussinets-guides qui maintiennent l’outil dans la ligne axiale de l’arbre ffig. 2).
- Après la mise au point minutieuse de la tarière, l’ouvrier commence le forage qui demande une journée
- Fig. 3. — Coupe de la pompe en bois. *
- de travail. Il se sert d’abord de la tarière du plus petit diamètre (3 cm). L’engorgement de l’outil provoqué par les copeaux l’oblige à retirer la tarière à chaque instant et chaque fois il doit prendre garde de ne pas déplacer les tréteaux. Une fois le premier trou foré, le travail devient plus facile ; la seconde tarière (6 cm), la troisième (10 cm) et la quatrième (12 cm) très bien affilées agrandissent successivement 1’ « âme » du corps de pompe et lui donnent le diamètre voulu. La paroi intérieure est enfin polie à la poudre d’émeri, à l’aide d’un écouvillon.’
- 11 y a trente ans à peine, le piston se composait d’un simple noyau en bois perforé et entouré de filasse de chanvre. Aujourd’hui, il est muni d’un cuir embouti et d’un clapet en cuivre. Quant au balancier, il est lui aussi en bois et, grâce à sa longueur de 2 m. environ, il est d’un maniement très doux. Il oscille sur un tourillon
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- VARIÉTÉS
- métallique supporté par deux joues ménagées dans la paroi du corps de pompe.
- Le tuyau d’écoulement est construit lui-même en bois. Il est parfois remplacé par un tube en laiton, depuis quelques années seulement.
- Le corps de pompe repose au fond du puits sur trois pieds en bois de verne fixés à sa base. Il est maintenu dans la position verticale par un collier de serrage métallique scellé sur les bords de la margelle recouverte de dalles cimentées.
- Les pompes en bois que nous venons de décrire doivent leur longue survivance en Auvergne aux avantages indiscutables qu’elles offrent sur les modèles similaires en fonte : i° fabrication sur place ; 20 grand débit dû à
- la longueur de course et au diamètre plus grand du piston; 3° douceur de fonctionnement; 4” longue durée (de i5 «à 20 ans); enfin, 5° insensibilité absolue à la gelée. Même par les plus grands froids (— 200 centigr, en 1915), ces pompes fonctionnent parfaitement. Ces avantages devraient en généraliser l’emploi dans les contrées exposées aux fortes gelées. Si elles disparaissent peu à peu, c’est à cause du prix de'revient trop élevé (200 francs au minimum). Il faudrait perfectionner l’outillage de fabrication par trop primitif. Façonnées au tour et forées mécaniquement par séries, ces pompes coûteraient meilleur marché que les modèles en fonte, tout en ayant une durée beaucoup plus longue.
- J. ChATAING.
- JÊD
- I&O
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement II est rappelé qu’en raison des l'echerckes le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Correspondance. — Moelle d’agaves. — M. P. Jioffredy,' 24, boulevard des Moulins, à Monte-Carlo, nous écrit :
- « Je lis dans la petite correspondance du dernier numéro de La Nature que vous ignorez l’adresse de fournisseurs de plaques de moelles d’agave pour piquer les insectes.
- Je ne puis vous indiquer des commerçants spécialisés en la matière, mais on peut trouver très facile.ment des tiges d’agaves desquelles il est facile de faire des planchettes, dans presque tous les jardins de la Côte d’Azur.
- Je pourrais, si vous le désirez, mettre votre correspondant en rapport avec un jardinier ». :
- Réponses. — Ville de Châteauroux. — Il n’y a pas de teneur limite à laquelle une eau séléniteuse devient convenable au gâchage du ciment, car si le défaut s’atténue, il n’en persiste pas moins. Lemieux est d’abandonner l’eau trop chargée en sulfate de chaux dont vous vous êtes servi jusqu’ici et d’en adopter une autre empruntée soit à une nappe différente, soit à une rivière ou ruisseau qui, selon toutes probabilités, sera moins minéralisée que l’eau des couches profondes. En dernière ressource, il faudrait décalcariser et nous vous rappelons que les produits connus sous le nom de Permutite et de Zéolithe donnent ce résultat d’une manière facile et économique puisqu’ils sont régénérables en les traitant par une solution de sel marin (voir Z« Nature, n° 1905, 27 novembre 1909, Informations, n° 1923, 2 avril 1910; n° 2628, 16 août 1924). Adresses : La Permutite, Etablissements Phillips et Pains, 1, rue Taitbout ; Zeolithe, Noël Adam, et J.-B. Gail, 6, rue Alexandre-Cabanel, i5e.
- N. P. — Les proportions relatives de plomb et d’étain contenues dans les alliages dont vous nous rapportez la composition correspondent à celles de Y alliage antifriction employé par la Compagnie de l’Ouest pour coussinets de bielles et tiroirs de distribution, toutefois la quantité d’antimoine est un peu plus faible h.5 au lieu de 3) et le cuivre ne s’y trouve qu’à l’état de traces (0.10 pour 100). En conséquence, nous croyons que ces alliages ne conviennent que pour des mouvements lents, ne provoquant pas (Réchauffement des pièces.
- JL S. T., à Penestin (Morbihan). — Préparation de la farine de poisson. — Elle est basée sur les opérations suivantes : on commence d’abord par sécher le poisson à l’air, puis on complète par le séchage au four et finalement on broie le produit sec obtenu.
- On peut aussi soumettre à la cuisson, presser, sécher et broyer le résidu dans la presse.
- La farine de poisson anglaise est obtenue par l’action de la vapeur, puis séchée et moulue.
- Eu traitant le poisson en autoclave lorsqu’il est déchargé du chalutier, c'est-à-dire avant qu’il ait subi la moindre altération organique, on obtient un [produit
- utilisable pour l’alimentation du bétail (porcs, volailles). Afin que le produit ne communique pas un goût désagréable à la chair, le poisson est déshuilé par expression; on traite le tourteau séché par un dissolvant dégraissé (ligroïne, ou tétrachlorure de carbone, ou essence de pétrole).
- Le séchage a lieu par l’action d’un vif courant d’air, dans un séchoir approprié et un appareil d’extraction est employé pour la séparation de l’huile. Le poisson séché a perdu les deux tiers de son poids d’eau; il n’y a pas d’intérêt à pousser plus loin la dessiccation.
- Le produit obtenu se présente sous forme de masse spongieuse, puis de poudre fine, après déshuilage et passage au broyeur-tamiseur. Cette poudre ou farine de poisson est d’une belle couleur ambrée et à odeur franche de poisson.
- On fait la préparation de la farine de poisson notamment à la Rochelle (usine Dahl).
- Pour le matériel, se renseigner en vue d’indication d’adresses de constructeurs, à la Station d’Essais de machines, Paris, 2, avenue de Saint-Mandé (120).
- Pêcheries de l'Océan, à Arcachon. — i° Il n’est pas à notre connaissance que l’organisation corporative de la pisciculture, en France, ait été, jusqu’à présent, entreprise et réalisée, c’est dire que nous ne connaissons pas d’organe spécialement affecté à cette fin. Mais il existe des Syndicats de Propriétaires et Exploitants d’Etangs des principales régions piscicoles en France, notamment une Union nationale des Syndicats de l’Etang, organisme qui est une Fédération des Syndicats de Pisciculteurs, Propriétaires d’Etangs, et a été créé depuis le ier Congrès national de l’Etang et de l’Elevage de la Carpe, organisé en 1918, par les Services commerciaux de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans.
- Vous auriez des renseignements en compulsant les Mémoires et Comptes rendus du 2e Congrès national de l’Etang, tenu en février 1924, à Paris, en vous adressant au Secrétaire général, M. E. Poher, Paris, i_, place Valhubert ( 13e).
- 2" Voici les principaux ouvrages traitant de la pisciculture en eau douce : Instructions générales sur l’Elevage de la carpe én étang, par Louis Roule, 1 brochure (Paris, 1, place Valhubert); Pisciculture, par G. Gué-naux, 1 vol.: Les Poissons d’eau douce, par le même, 1 vol. ; La Pisciculture en eaux douces, parAlph. Gobin et G. Guénaux, 1 vol. ; Pisciculture pratique, par A. Humbert, 1 vol. ; La Culture de l’écrevisse, par A. Zipcy, 1 vol.; La Pisciculture en France, par Jousset de Bel-lesme, 1 vol. ; Le Pisciculteur amateur, par H.-Alph. Blanchon, 3 brochures; L’Elevage de la Truite, par Delachaux, 1 vol.; Traité manuel de la Pisciculture d’eau douce, par Albert Larbalétrier, 1 vol. ; Manuel de Pisciculture et Aquiculture fluviales, par le même, 1 vol. ; Les Poissons d’eau douce, par le même, 1 broch. ; Traité pratique de Pisciculture, par A. Peupion, 1 vol. ; La Carpe, par le Dr Le Play, 1 vol. ; Za Pisciculture, par Raveret-Wattel, 2 vol.; Atlas de poche des Poissons d’eau douce de France, par le même, 1 vol. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 26, rue Jacob, 6e; Librairie spéciale agricole, Mendel, éditeur, Paris, 58, rue ,Claude-Bernard, 5°; Manuel du Pisciculteur, par
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- H.-Alph. Blanchon, i vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haulefeuille, 6°).
- 3° Centre d’élevage de Notz-Marafin, près Mézières-en-Brenne (Indre); Etablissements de Wacken, près Strasbourg; Etangs du Stock près Sarrebourg; Etablissement Meugniot, .à La Corveraine, par Froideconche (Haute-Saône) ; Station de recherches piscicoles annexée à l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts, à Nancy; Etablissement piscicole dê Coui’ville, près Fismes (Marne); domaines de Lindre, Guermange et Dordahl (Lorraine).
- 4° Consulter les Offices départementaux agricoles du Cher, à Bourges; de la Seine, à Paris; de la Loire, à Saint-Etienne; de la Haute-Saône, à Yesoul, ainsi que M. E. Poher (adresse indiquée ci-dessus), et M. Cardot, conservateur des Forêts, Chef du Service de la Pisciculture au Ministère de l’Agriculture, Paris, 78, rue de Varenne (7e).
- T. S. P. — M. Devalment, à Sotteville-lès-Rouen. — Le dégagement anormal de gaz formant une mousse abondante constatée lors de la charge de votre batterie
- de plaque semble provenir simplement de l’ét.at impur de votre électrolyte.
- Le premier remède à essayer consisterait donc à vider ces éléments et à les remplir de nouveau avec de l’eau acidulée soigneusement préparée.
- M. E. Meyer, à Fort-de-France.— is Nous regrettons de ne pas posséder la liste exacte de toutes les stations de radiodiffusion américaine émettant sur ondes de longueurs inférieures à 100 mètres. Peut-être pourriez-vous vous adresser pour avoir ce renseignement spécial au journal l’Antenne, 53, rue Réaumur, à Paris.
- 20 L’amplification haute fréquence directe des ondes de longueur inférieures à 100 m. paraît illusoire avec les moyens techniques actuels. On ne peut que recommander les dispositifs de superréaction ou la superhétérodyne, si l’on ne veut pas se contenter de la détection suivie d’amplification basse fréquence.
- Yoici des adresses de fabricants d’appareils pour ondes courtes ;
- Dortein Titus, Gg, rue de Wattignies, Paris; Comptoir général de T. S. F., 11, rue de Cambronne, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Les Physiciens hollandais et la méthode expérimentale en France au XVIIIe siècle, par P. Brunet, i vol. 154 p. Albert Blanchard, éditeur. Paris, 1926. Prix : 14 francs.
- La science hollandaise a toujours brillé d’un vif éclat. Grâce à leur traditionnelle hospitalité, grâce aussi à leur situation géographique et leurs relations naturelles avec toute l’Europe, les Pays-Bas ont souvent servi de trait d’union entre les divers pays et joué un rôle capital dans la vulgarisation des idées scientifiques ou philosophiques nouvelles à travers le monde eiyilisé. M. Brunet expose comment les savants hollandais du début du xvuT siècle ont été les agents de propagation en France des théories et de la méthode expérimentale de Newton. La Hollande, après avoir été le foyer du cartésianisme, s’était, dès l’origine, mise à l’école de l’illustre physicien anglais. L’enseignement et les publications du médecin Boer-haave, des physiciens S’Gravesande, Muschenbrock jouirent bientôt d’une renommée universelle et exercèrent en France une grande influence, combattue parles cartésiens obstinés, elle trouva un puissant soutien notamment dans Yoltaire, l’Abbé Nollet et La Mettrie. Tous trois eurent des relations très suivies avec les savants hollandais, qui inspirèrent aussi les encyclopédistes. M. Brunet a écrit ainsi, avec beaucoup d’érudition, un important et attachant chapitre de l’histoire moderne des sciences.
- les réserves d’énergie, par M. Rigaud. i vol. 296 p. (Encyclopédie Léauté). Editeurs Masson et Cie, Gauthier-Yillars et Cie. Paris, 1926. Prix : 36 francs.
- L’avenir de la civilisation, telle que nous la concevons, est intimement lié au développement continu des ressources de l’humanité en force motrice. Depuis une centaine d’années, elle a fait appel surtout aux combustibles minéraux et aux chutes d’eau; les ressources du globe à cet égard ne sont pas inépuisables et l’on peut se demander si elles suffiront encore longtemps à faire face à des besoins qui semblent augmenter suivant une progression chaque jour plus rapide. Angoissante question qui nous amène à faire le bilan des énergies que l’homme peut mettre en | œuvre. C’est à ce bilan qu’est consacré le captivant ouvrage de M. Rigaud, et rarement il a été dressé d’une façon plus complète et plus lucide : marées, vagues, énergie interne du globe (chaleur et pressions internes, radioactivité, sources thermales, réactions chimiques internes), énergie rayonnée par le soleil (radiations et leur emploi direct, vents, énergie hydraulique, végétation), combustibles minéraux. M. Rigaud explique la genèse de chacune de ces sources d’énergie, en résume les modes d’utilisation pratiqués ou possibles) en chiffre les disponibilités. Chemin faisant, il rompt quelques lances contre lâ
- théorie actuellement classique sur l’origine organique des combustibles minéraux et se fait le brillant champion de la théorie plutonienne, théorie à la fois séduisante et rassurante puisqu’elle prévoit la formation continue d’hydrocarbures dans les profondeurs du globe. Il consaere la fin de son ouvrage à l’utilisation rationnelle des combustibles et aux moyens de les utiliser avec le rendement optimum.
- Bow Instruments. Their Form afld Construction, by J.-YVL Giltay. Issued into English by the Aüthor in coopération with E. Yan der Straeten. 1 vol. i3o p. William Reeves, éditeur, 83, Charing Cross Road, London.
- L’acoustique est, dit-on souvent, une science arrivée à l’état de perfection, et cette perfection décourage les chercheurs qui préfèrent tourner leurs investigations vers des domaines, en apparence plus féconds en découvertes. L’acoustique, cependant, comme toute autre science, n’est jamais achevée et réserve à ses amateurs bien des problèmes à résoudre ou qui n’ont encore reçu que des solutions peu satisfaisantes. Parmi ceux-ci on peut classer ceux qui t e rapportent à la construction des instruments de musique. M. J.-W. Giltay, un savant hollandais, s’est attaché aux instruments à archet. C’est une question qui a fait l’objet déjà de nombreuses recherches expérimentales, notamment de Chladni, Delezenne, Helmholtz et surtout de Savart ; elle est cependant bien loin d’être épuisée; après un siècle d’études, on est encore mal fixé sur le rôle des diverses parties d’un violon et les règles de construction sont toujours purement empiriques. M. Giltay examine successivement les divers organes du violon, cordes, chevalet, sourdine, table, âme, dos, trous, etc., et cherche à en définir le rôle exact; il rappelle et discute, souvent même il réfute les opinions ou théories émises par les chercheurs qui l’ont précédé ; sur de nombreux points il s’est livré à des expériences personnelles fort intéressantes : notamment sur les mouvements propres du chevalet, et sur le rôle de l’air enclos dans la caisse. Signalons aussi un intéressant chapitre sur l’influence de l’âge et du vernis.
- Il existe peu d’ouvrages français consacrés à la construction rationnelle des instruments à cordes. Il serait souhaitable que l’ouvrage de M. Giltay fût traduit en français et qu’il suscitât, parmi les savants et constructeurs de notre pays, le goût de publications sur ce captivant sujet.
- Pour le contremaître industriel. Recettes, formules, méthodes, procédés « trucs » et tours de mains du praticien, par Albert Lefèvre, i vol. 12X18 de v-170 pages, 127 fig. Dunod, éditeur, Paris 1926. Prix : 16 fr. 80. -
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- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N» 2742
- 23 Octobre 1926
- La transmutation de l’hydrogène en hélium. —
- Nous avons signalé dans un précédent numéro la nouvelle annoncée par différents quotidiens : la transmuta-lon de 1 hydrogène en hélium par deux savants allemands, MM. Paneth et Peters. Les Berichte du mois de septembre, de la Société Chimique Allemande, publient le mémoire de ces deux auteurs. Ils y décri-vent la méthode qu’ils ont employée : elle consiste à faire absorbera la température ordinaire, par du palladium très linement pulvérisé, de l'hydrogène rigoureusement ^Uji j6’’ transformation se produirait au sein du
- palladium et donnerait naissance à de l’hélium, en quantité, dureste, extrêmement faible. La quantité à déceler est de 1 ordre du cent-millionième de centimètre cube.
- Les points essentiels étaient de trouver une méthode assez délicate pour déceler cette faible teneur en hélium et de s’assurer.que l’hélium mis en évidence ne pouvait provenir de l’air atmosphérique.
- La présence de l’hélium était mise en évidence et sa teneur calculée au moyen d’une analyse spectroscopique. Celle-ci permet d’évaluer des quantités extrêmement petites d’hélium, jusqu’à io~12ou io~13 gr. Dans le tube où s e,st produite, au contact du palladium, la réaction catalytique donnant naissance à l’hélium, on enlève d aboid au moyen d un refroidissement par l’air liquide tous les gaz aisément liquéfiables ; puis on ajoute de 1 oxygène et on fait brûler l’hydrogène à la surface dm catalyseur; la vapeur'd’eau et l’oxygène en excès sont retenus par du charbon. On fait alors passer les gaz résiduels dans un tube de verre capillaire de o,i mmT de section, tube entouré extérieurement de fils servant d électrodes et placé devant la fente d’un spectroscope, £0^8 précautions ont été prises pour exclure la possibilité d introduction d’hélium atmosphérique. L’apparition des raies du néon servait de critérium pour permettre de se rendre compte de la présence de gaz de 1 atmosphère ; si ceux-ci avaient été présents dans le tube, les raies du néon auraient dû apparaître avec une certaine intensité ; en fait elles apparaissaient toujours, mais si faiblement que les deux savants s’estiment en droit, de^ considérer comme négligeable la quantité d hélium provenant de l’air atmosphérique.
- Dans les expériences de MM, Paneth et Peters, l’hydrogène est . maintenu en contact’pendant 12 heures avec le palladium ; celui-ci est à l’état de noir de palladium omd’amiante imprégnée de palladium. L’analyse spectrale, pratiquée comme nous venons de l’indiquer, révélait alors la présence de 4 ou 5 raies de l’hélium et d’une seule, raie du néon. On constata aussi une porportion-nalité très nette entre la quantité d’hélium observée et la durée du contact.
- L activité des préparations de palladium est très friable ; elle diminue avec l’usage. Mais elle peut être • régénérée par un chauffage dans l’hydrogène, dans l’oxygène ou le vide. Aucune production d’hélium n’a été observée avec les-préparations de palladium qui n’avaiént pas. absorbé d’hydrogène.
- Ces .résultats laissent prévoir que des préparations de palladium restées longtemps inemployées à la température ordinaire doivent contenir un peu d’hélium d’origine non atmosphéripue.
- Ln effet, un certain nombre d’échantillons ainsi examines contenaient bien de l’hélium, fin particulier, un échantillon d’amiante palladié acheté 2 ans auparavant chez Kahlbaum a été trouvé relativement très riche ; i. gr de cette substance contenait io~® ce. d hélium pratiquement pur. On le chauffa pour expulser l’hélium; puis, on -le. traita à l’oxygène pendant 12 heures;
- 1 hélium avait disparu. Mais après un traitement de 5 heures à 1 hydrogène, l’hélium réapparut en quantités relativement abondantes.
- Le palladium neuf fournit de l’hélium à raison de 10 8 à io-’ cm3, en moyenne, par jour et par gramme. Mais il perd peu à peu son activité et devient inactif après 20 traitements. On le régénère comme il a été dit plus haut.
- MM. Paneth. et Peters discutent les possibilités de contamination par l’air atmosphérique introduit par des luîtes ou préalablement absorbé soit par le verre, soit
- par 1 amiante. Ils estiment s’être complètement affranchis de ces causes d’erreur. En particulier l’hydrogène et.l oxygène employés ne contenaient pas plus de.r cent-millième d air et par suite ne pouvaient introduire d’hélium en quantités décelables. >-
- Les théories actuelles indiquent que la frafismutation de 1 hydrogène en hélium doit se produire aÿec un dégagement considérable d’énergie (6,4x1a11; calories par 4 atomes gramme d’hydrogène). Les expériences n’ont révélé, aucun dégagement sensible de chaleur. Mais cela s explique par la faiblesse des quantités d’hydrogène mises en jeu. D’autre part, les auteurs pensent que l’énergie libérée apparaît plutôt sous forme de radiations.
- .De ce résumé, il résulte qu’il s’agit d’expériences très sérieusement conduites; sans doute donneront-elles lieu à une. critique serrée. Elles méritent en tout cas d’être examinées avec soin et au besoin reproduites par les physiciens compétents.
- Le plus grand autodrome du monde.. — C’est dans les environs d’Adenau, plaisante petite ville rhénane, située à 70 km de Cologne, 45 de Bonn et 60 de Coblence, que l’on construit cette piste routière à laquelle plus de 2000 ouvriers sont occupés depuis plus d un an. landis que les autodromes de Monza (Italie), Montlhéry et Miramas (France), Brooklands (Etats-Unis) servent, à des courses de vitesse, celui-ci, appelé déjà « circuit de Nurburg », constituera une piste d’essais unique au monde, attendu qu’elle est tracée au travers d’une ^ région montagneuse et fort rude. On compte l’inaugurer au printemps prochain.
- La longueur du circuit est de 29 km et sa forme est celle d’un huit. Toùte agglomération est évitée, nulle maison ne se trouve sur ses bords. Pas de croisements, ni carrefours, aucun obstacle ne se présentera, car il n’y aura.d autre trafic sur cette route que la circulation automobile. La largeur de la voie bitumée est de 9 m. ; sa surface, travaillée d’après un système spécial, offre toutes les garanties contre le dérapage, sans toutefois être nuisible aux pneumatiques. La ligne droite du départ et de 1 arrivée, longue de 3 km, est large de 20 m. Il n’y a pas moins de 172 virages dont 88 à gauche et 84 à droite. Un tour de circuit amène les voilures à une différence d altitude de 700 m.; les rampes sont, en moyenne, de 0 m. 09 à o m. 17 par mètre, et il y en a même une atteignant près de o. m. 27, une descente va jusqu’à o m. 11 par mètre.
- Navigation du Rhône entre Arles et Lyon par touage sur chaîne noyée. — Le 27 mai 1921 était promulguée la loi décidant en principe l'aménagement intégral du Rhône, au triple point de vue de la navigation, de la force motrice et de l’irrigation, et la création dans les trois années qui devaient suivre d’une société nationale disposant d’un capital actions et obligations de 3 milliards et composée de toutes les grandes collectivités et les grandes industries de la région.
- Depuis que la loi a été promulguée rien n’a encore été fait : les études étaient incomplètes, mais surtout l’énormité des capitaux à engager, qui actuellement seraient de 1 ordre de 7 a 8 milliards, a fait reculer les collectivités appelées à constituer la société chargée des travaux.
- Dans ces conditions, la raison comme l’intérêt commandent de recourir à des solutions partielles et provisoires, pouvant plus tard se concilier avec la solution définitive du projet d’ensemble, si l’on veut donner de suite non seulement un commencement d’exécution au projet gouvernemental, mais encore répondre aux exigences et aux intérêts économiques de toute une région. C’est dans cet esprit qu’a été conçu, par M. Emile Huchet un intéressant projet de touage sur chaîne noyée pour relier Arles à Lyon; ce projet qui a été approuvé par le Conseil supérieur des Ponts et Chaussées offrirait une solution pratique pour l’exploitation des transports à bon marché sur le Rhône.
- .La régularisation du Rhône peut être aujourd’hui considérée comme à peu près terminée par l’achèvement des hardis travaux conçus et exécutés par nos ingénieurs.
- Leurs efforts ont été couronnés de succès et ont donné
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- INFORMATIONS
- de précieux résultats. Le mouillage minimum du Rhône qui tombait souvent à o m. 40, demeure maintenant à 1 m. 35 environ; aussi l’on compte actuellement :
- 355 j. de navigation avec un tirant d’eau supérieur à im3o. 841 —•. — im4o.
- 318 - . — i”6o.
- 291 — ^— î^o.
- 2(35 -- ---------------------- „ 2m
- Malheureusement, en raison des fortes pentes, l’on n’a pu supprimer les courants, qui ont conservé leur vitesse primitive et sont aujoux’d’hui un obstacle à une navigation économique. Les objections faites jusqu’à ce jour contre l’application du touage sur chaîne noyée, pour l’exploitation de la navigation du Rhône, semblent devoir être définitivement écartées, notamment la principale d’entre elles, celle de l'engravement de la chaîne, grâce aux travaux exécutés pour fixer le lit du fleuve et supprimer le serpentement du chenal.
- Sur les voies navigables, la traction peut s’effectuer de deux façons ; soit sur point mobile, qui est l’eau et qui se dérobe constamment; ou sur point fixe, fixé au sol et qui ne cède pas.
- Des divers moyens de traction sur point fixe connus actuellement, le touage est seul susceptible d’être appliqué sur le Rhône, et il offre sur le remorquage ordinaire une supériorité incontestable. En effet, le rapport de l’effort de traction est donné pour un même convoi, une même vitesse et un même courant par la formule :
- —1 y
- dans laquelle T est le travail demandé au remorqueur, t le travail demandé au toueur, Y la vitesse absolue du convoi (c’est-à-dire par rapport aux berges), v la vitesse du courant. En eau morte, alors que v est égal à zéro, l’effort à dépenser est 2 fois plus grand pour le remorqueur ordinaire que pour le toueur. Il est 4 fois plus grand, si la vitesse du courant est égale à celle du convoi ; 6 fois plus grand si, ce qui est fréquent sur le Rhône, le courant a une vitesse double de celle du convoi, si v est égal à 2 Y, etc..., ainsi le travail théorique à demander aux loueurs serait en moyenne de 8 à 10 fois moins élevé que celui dun remorqueur ordinaire.
- De toutes les objections faites à l’établissement sur le Rhône d’une chaîne de touage, la plus importante est celle de l’engravement de la chaîne.
- Les causes d’engravement de la chaîne peuvent être permanentes ou accidentelles. Dans le premier cas, elles sont dues au cheminement des graviers en quantités et vitesses variables suivant la hauteur des eaux ; il est des moyens très simples au cours de la navigation pour combattre et obvier aux engravements permanents. Les principaux cas d’engravements accidentels sont : cône de déjection à la suite d’une crue subite d’un affluent, rupture de digue ou d’épi, épave, éboulement de terre, etc. ; on doit admettre que ces cas seraient fort rares et l’on pourrait y remédier rapidement par des moyens appropriés où de fortune comme cela se pratique sur les chemins de fer en cas d’accidents, et sans pour cela arrêter le trafic, sauf de très rares ex-ce]3tions.
- fl faut également Renir compte qu’une chaîne de touage mouillée dans le Rhône serait relevée au moins une fois par jour pour le service de l’exploitation. Jamais donc un dépôt dé graviers ne pourrait atteindre une importance telle qu’il puisse recouvrir la chaîne au point de l’immobiliser.
- Des essais de touage sur chaîne noyée ont élé déjà, il est vrai, exécutés sur le Rhône, et n’ont donné aucun résultat probant, mais ils ont été effectués du fi décembre 1881 au 19 février x883, c’est-à-dire avant lés travaux d’amélioration du Rhône, et si ces essais n’ont pas été concluants, c’est qu’ils ont été exécutés avec des engins de trop faible puissance.
- En raison du travail qu’une chaîne de touage aurait à fournir sur le Rhône, et des efforts de traction considérables à supporter, pour le remorquage de très lourds convois, il est nécessaire de lui donner de très fortes dimensions. Elle devrait avoir les caractéristiques suivantes : diamètre de la tige 37 mm, poids du mètre 3o kg 800, charge d’épreuve 3o 000 kg, correspondant à une charge de rupture de Co 000 kg.
- La longueur totale de la chaîne pour relier Arles à Lyon serait d’environ 3io km.
- Etant donné le service à effectuer et les conditions d’exploitation, la traction de la chaîne sur les toueurs du Rhône se ferait à l’aide de poulies à adhérence magnétique du système de Bovet. La chaîne, dans ce système, se détache avec la plus grande facilité, est abandonnée et reprise à chaque voyage, et le toueur, qui portera en même temps qu’un appareil de touage 2 hélices de propulsion, deviendra pour la descente un simple remorqueur.
- En conséquence, plus de touage à la descente, et par suite suppression des relais et du troquage, opérations toujours longues et fastidieuses, sources d entraves et par suite de retards pour la navigation.
- A la montée, les toueurs effectueraient le parcours sur toute la longueur de la chaîne, qu ils abandonneraient à son extrémité amont; il n’y aurait donc jamais de croisement de convois sur la chaîne.
- La descente s’effectuerait en roule libre et sur traîne.
- Les loueurs destinés à la navigation du Rhône auraient approximativement les caractéristiques suivantes : longueur 5o m., largeur 8 m., creux au milieu 3 m., tirant d’eau en service 1 m. 20 environ.
- La puissance nécessaire pour actionner ces toueurs serait fournie par deux machines actionnant indifféremment les poulies de louage ou les hélices de propulsion.
- La puissance de chaque machine serait de 200 ch pouvant être portée en cas de besoin à 3oo ch.
- En raison de la puissance d’adhérence magnétique à développer, l’équipement de l'appareil de louage comporterait 3 poulies magnétiques, d’une puissance totale de 12 000 kg environ.
- Etant donnés les divers efforts de traction à développer, soit pour le passage des rapides, ou aux différents états du fleuve, l’appa%eil de touage serait à trois vitesses de marche qui seraient de o m. 60, 1 m. 20 et 1 m. 70 à la seconde, correspondant respectivement à des vitesses absolues de : 2160 m, 4!°° ef fUoo m. à 1 heure.
- Si l’on compare les frais d’exploitation d’un toueur avec ceux du plus perfectionné des remorqueurs à aubes actuellement en service sur le Rhône, 1 avantage est nettement en faveur du touage ; ainsi, à ne considérer que la consommation du combustible que nous avons tout, intérêt à ménager, on trouve qu un remorqueur à aubes consomme actuellement, pour la montée du Rhône, en moyenne 100 kg de charbon par tonne de marchandises remorquée ; par touage, cette consommation ne serait que d’environ 10 kg; en prenant comme prix de base de la tonne de charbon- ia5 francs; oh peut se rendre compte de l’énonomie réalisée sur le combustible seul. )
- Un convoi de 3ooo tonnes qui serait remorqué par un seul toueur exigerait deux remorqueurs à aubes d uue puissance moyenne de 1200 à i5oo ch pour effectuer le même travail.
- Si pour un faible tonnage, l’avantage est en faveur du ‘ remorqueur ordinaire, par contre pour un tonnage élevé et en progression constante, ce qui serait le cas pour le Rhône, l’avantage serait pour le touage. En.effeb tandis que les frais d’exploitation par remorqueurs croîtraient proportionnellement avec le développement du tonnage, le prix de la traction kilométrique restant constant, par contre, lés frais d;exploitation par touage iraient en diminuant, la chaîne étant un capital fixe, qui ne consomme pas,, et dont les frais d amortissement s°ut d’autant plus réduits, par tonne remorquée, que le tonnage est plus, élevé ; dans les frais d exploitation, la part contributive de la ^chaîne est donc inversement proportionnelle au développement du tonnage.
- Le projet de M. Emile Huchet mérite donc d’être étudié attentivement en vue d’arriver à une prompte réalisation.
- Nouvelles de T. S. T.
- Le Salon de la T. S. F. de 1926. — Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, le Salon de la T. S. F. de 19^1 s’ouvrira au Grand-Palais en même temps que le deuxième salon de l’Automobile, le 9.3 octobre prochain-
- Cette manifestation sera la plus importante qui ait jamais eu lieu en France, puisqu’elle groupera 196 exposants.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- sg'ïss, 'Electricité
- Petit moteur électro-magnétique simple. — Beaucoup d’amateurs désirent évidemment construire, le plus simplement possible, un petit moteur jouet, qui servira à actionner des mécanismes de démonstration. Il est assez difficile, sans outillage un peu complet, de faire quelque chose de parfait; dans ces conditions, on ne saurait songer à produire un moteur (ou une dynamo) susceptible d’utilisation autre que celle destinée à l’amusement ou à la démonstration.
- C’est sur cette base qu’est conçu le moteur simple dont nous allons indiquer la construction, en ne cherchant pas bien entendu le rendement mécanique et électrique, mais en combinant les pièces de manière à faciliter le travail.
- Nouschoisissonsun moteur électro -magnétique, qui par conséquent n’a pas d’enroulements inducteurs, à un aimant en fer à cheval provenant d’un rebut d’une magnéto d’allumage d’automobile ; il consti -tuera à lui seul l’inducteur. Il est monté sur un socle en bois, de 20 cm sur 10 cm, et il est posé de façon qu’il ait une branche en l’air e t l’autre contre le bois du socle. Ce dernier sera simplement verni à la gomme laque, sans êti’e paraffiné, car la source de courant est ici une batterie de piles de sonnerie.
- L’aimant est maintenu suivie socle au moyen d’une bride en laiton mince, de 2 à 3/io de millimètre, par conséquent facile à couder à la forme du barreau de l’aimant. Ceci peut se faire au maillet en rabattant la plaquette laiton au moyen de barrettes de bois au préalable. Si l’on dispose d’un étau, la chose est encore plus facile, grâce aux mors qui feront serrage et permettront de rabattre facilement le laiton sur l’aimant.
- Pour les autres pièces à construire, la plupart des dimensions dépendent de celles de l’aimant et comme il y a divers modèles dans le commerce, nous fixerons comme valeurs caractéristiques :
- H largeur totale de l’aimant,
- D écartement des branches, l largeur du barreau,
- qui détermineront les cotes de l’induit et des supports.
- Induit. — C’est la pièce la plus difficile de l’appareil. Si l’on ne dispose d’aucun outil d’ajusteur, il faudra faire exécuter cette pièce, mais on peut tourner la^ difficulté.
- Il est possible tout d’abord d’utiliser l’induit de la magnéto d’où provient l’aimant, en sciant une partie de longueur égale à 1 mm près à la largeur de l’aimant. Dans ce cas, le barreau doit être muni d’épanouissements polaires qu’on sciera en longueur dans ceux qui constituaient la cage de la magnéto.
- La largeur de la carcasse d’induit, ainsi obtenue a line
- forme en double T. On perce bien exactement au centre-" un trou de diamètre d. qui sera celui de l’arbre.
- On peut aussi obtenir la carcasse d’induit en partant d’un barreau de fer doux dont le diamètre est égal à D moins 1/2 mm. On scie un rondin d’épaisseur égale à l moins i mm. Soit à la scie fine, soit à la lime, on enlève des secteurs de manière à se rapprocher de la forme du double T. Comme précédemment on perce un trou d exactement au centre.
- A vrai dire, la méthode logique de travail est toute différente, mais elle exige alors l'emploi du tour. Si l’on a cet outil, la plaquette de fer doux est prise dans un barreau d’un diamètre égal ou supérieur à D; on perce d’abord le trou d et ce trou servira à monter la pièce sur le tour, de manière qu’on puisse tourner la surface
- extérieure jusqu’au diamètre D moins 1/2 mm ; elle est alors parfaitement concentrique au trou.
- La carcasse obtenue d’une façon ou de l’autre est passée au papier de verre et les angles de la branche du double T sont arrondis à ,1a lime pour que le fil ne soit pas coupé.
- L’axe est une tige d’acier doux de d de diamètre, il est emmanché à force, mais la position de la carcasse n’est déterminée qu’après avoir mis en place le collecteur.
- Collecteur. — La manière de réaliser le plus simplement possible cet organe délicat consiste à prendre un tube de laiton de 1 mm. d’épaisseur et de diamètre intérieur k.
- On y coupe à la scie une bague de 1 cm de hauteur et toujours à la scie, on en fait deux par--ties égales. Les bords sont affranchis à la lime douce, puis au papier de verre fin. Ce sont les segments du collecteur sim -plifié.
- La monture est un cylindre de bois de diamètre k et d’une hauteur égale à 1 centimètre.
- Au centre de celte pièce, on perce un trou de diamètre d pour le passage de l’arbre et les deux segments sont fixés au moyen de petits clous après avoir percé à l’avance des trous dans les segments. La tête des clous est coupée à la pince ou aux tenailles et on affleure au besoin avec une lime, de manière que chaque segment ne présente aucune aspérité.
- Bobinage. —- L’induit étant monté près d’une extrémité de l’arbre, on le garnit de fil de sonnerie de 9/10 de diamètre, isolé à la soie et on remplit complètement de fil de manière à donner d’ensemble l’aspect d’une pelote sphérique. Au préalable, on peut assujettir la carcasse sur l’arbre au moyen d’une petite goupille, le trou nécessaire étant pèreé à la chignolle, une fois l’induit placé sur l’arbre.
- Le bobinage terminé, fait simplement à la main, on emmanche le collecteur sur l’arbre et on le juxtapose à l’induit. L’entrée et la sortie de l’enroulement induit sont soudées chacune à un segment du collecteur. Ce dernier est placé de manière que le diamètre qui sépare les segments fasse un angle de 140 environ avec le dia-^
- Fig. t. — Les différents organes d’un moteur électro-magnétique.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- mètre qui passe dans l’axe de la branche verticale du double T.
- Supports. — L’arbre étant ainsi préparé, on fabrique deux supports en laiton de i mm d épaisseur. A la scie, on leur donne la forme de la figure et l’extrémité la
- plus étroite est percée d’un
- Décalage de balai - Le montage du moteur.
- de diamètre d. L autre est percée pour le passage d’une vis à bois. La pièce est coudée d’équerre de façon que la hauteur du centre du trou d soit , . , H
- égalé à — ouun peu moins.
- Cela permet de soutenir l’arbre à chaque extrémité. Pour bien centrer l’induit entre les branches de l’aimant, on rapporte sous les pattes quelques épaisseurs de papier ou de bristol que l’on maintient avec les vis à bois de fixation des pattes.
- Les frotteurs sont fabriqués en bronze phosphoreux de préférence ou à la rigueur en laiton laminé dur, de quelques dixièmes de millimètre
- d’épaisseur. Ils sont coudés de manière à former une patte percée de 2 trous pour le passage des vis à bois de fixation sur le socle.
- A l'extrémité de chaque patte, on monte une borne qui sera par exemple une borne de sonnerie trembleuse ordinaire. La longueur du frotteur est choisie de façon que les extrémités viennent s’appliquer contre les segments du collecteur près du centre. Pour avoir un meilleur contact, et plus de souplesse, on refend la lamelle à l’extrémité et on redresse légèrement les bords comme sur le croquis (fig. 2).
- Fonctionnement. — Le montage étant complètement terminé, il suffit de brancher deux fils venant d’une batterie de piles de sonnerie ou d’accumulateurs de 2, 4 ou 6 volts aux deux bornes fixées aux balais frotteurs, Dans le cas où la mise en route présenterait des difficultés ou si des étincelles nombreuses se produisaient au collecteur, on inverserait les fils de connexion de la batterie aux bornes. Il est d’ailleurs facile de déterminer théoriquement la polarité des bornes du moteur, mais ici la méthode expérimentale est suffisante.
- Ce moteur ne fonctionne que sur courant continu à voltage faible. Dans le cas où on voudrait le relier sur le secteur d’éclairage (courant continu toujours), il
- niquement, il est susceptible de fournir un courant électrique.
- Sans rien changer au montage, ou agira sur la poulie
- Carcasse
- Palier
- Palier
- Balai
- Induit
- ColiectC
- Aimant
- Fig. /|. — Le moteur vu de haut.
- de manière à faire tourner la machine en sens inverse de celui du fonctionnement en moteur.
- On recueillera un courant d’une tension de quelques volts, cela dépendra de la vitesse communiquée à la dynamo jouet.
- Le moteur mécanique sera par exemple une petite turbine' à eau ou un petit moteur à vent, dont nous avons indiqué il y a déjà quelque temps la construction dans La Nature.
- Il est possible, bien entendu, de construire sur ces données un moteur assez perfectionné mécaniquement. Par exemple, prévoir des paliers véritables, utiliser même de petits roulements à billes, monter des frotteurs avec pastilles de charbon, etc. Tout cela dépend des possibilités de chacun et surtout de l’outillage dont il dispose.
- i<t> Travaux d'amateur <«*
- Modification à une échelle. — Lorsqu’on doitpeindre des parois, il est parfois assez difficile d’atteindre les coins des ouvertures parce qu’on ne peut appliquer l’échelle à l’endroit voulu. Celle-ci ne peut, en effet, normalement qu’être placée de chaque côtéxle la fenêtre ou de la baie que l’on veut peindre. En disposant une traverse de bois de 3 cm 1/2 d’épaisseur à l’extrémité de
- Fig. ï. — L’échelle modifiée'et son emploi.
- faudra monter une lampe 00 bougies (filament métallique) en série.
- Si l'on ne dispose que de courant alternatif, il faut le redresser par un vibreur ou une soupape.
- Sur l’arbre, à l’extrémité, on monte une petite poulie en bois avec gorge permettant de faire passer un cordonnet qui actionnera les mécanismes qu’on veut faire tourner.
- Marche en génératrice, — Ce moteur est naturellement réversible, de sorte qu’en le faisant tourner méfia»
- l’échelle on pourra appliquer celle-ci au centre même de la fenêtre.
- Pour maintenir cette traverse, on entaille l’extremité de l’échelle de manière à préparer l’emplacement de la traverse, on cloue ensuite deux lames d acier formant ressort qui appliqueront la traverse contre les montants.
- Cette disposition a l’avantage de permettre l’enlèvement de la traverse lorsqu’on n’en a plus besoin.. Elle est préférable à celle qui consiste à clouer définitivement la traverse sur l’échelle,
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- VARIETES
- Q0L
- LES UTILISATIONS DU PAPIER « KRAFT ”
- Les progrès réalisés depuis quatre à cinq ans, dans la fabrication des papiers d’emballage, ont amené un accroissement considérable de la consommation du papier « Kraft » qui est un papier d’emballage de première qualité, et que l’on utilise maintenant comme matière première dans la fabrication de nombreux et importants articles.
- Sur l’initiative de la Société forestière du Rouergue, on a tenté d’utiliser le bois de Pin sylvestre pour la fabrication du papier.
- Il résulte des essais effectués par le Syndicat national des fabricants de pâte à papier et carton, et d’une étude complète faite au laboratoire de M. Navarre, que si, dans l’état actuel des procédés de fabrication dont on dispose, le Pin sylvestre ne convient pas à la fabrication de la pâte mécanique, ni à celle de la pâte traitée au bisulfite de chaux; par contre, lorsqu’on lui fait subir un traitement énergique à la soude, on obtient des pâtes excellentes, nerveuses, qui conviennent à la fabrication du papier d’emballage dit « Kraft » qui, jusqu’en ces dernières années, était fabriqué par la Suède et la Norvège.
- La production du « Kraft » se développe en France, sous l’influence des multiples usages auxquels se prête ce papier.
- On peut fabriquer, avec le Pin sylvestre, de la pâte à soude blanche, bien qu’elle nécessite un peu plus de chlorure de chaux que le sapin. Avec de bons épurateurs, on obtient une pâte très nette.
- La pâte à papier de Pin sylvestre peut convenir à de nombreux usages. ‘L’industrie française peut l’utiliser, quoique sur une moins grande échelle que les pâtes de sapin et d’épicéa.
- Le « Kraft » a des débouchés considérables ; il s’est substitué à d’autres matières premières.
- Les enveloppes en papier « Kraft » sont obtenues à un prix de revient sensiblement inférieur à celui des enveloppes de jute et de chiffons.
- Les sacs en « Kraft » sont fabriqués en grandes quantités. On les emploie pour l’empaquetage du thé, du café, du sucre, de la chaux, du ciment, des clous et de la ferronnerie.
- Les forêts canadiennes en fournissent un tonnage énorme et ce « Kraft » est utilisé même pour l’habillement, notamment pour confectionner les vêtements de travail appelés communément « salopettes », lesquels sont incombustibles et imperméables, particularité pré-
- cieuse et curieuse propriété qui permet de faire usage de ces vêtements dans les corps de métier où l’on doit se prémunir contre l’eau ou contre le feu.
- Le papier « Kraft », ciré ou huilé, est un papier d’emballage idéal pour les produits alimentaires.
- Les sacs à provisions, les paillassons, les papiers-tentures, les stores, les bâches, les tissus d’ameublement fabriqués avec ce papier font l’objet d’un important commerce.
- Le « Kraft » est un excellent succédané de la toile ; grâce à sa résistance à l’eau on en fait de la ficelle et même des tentes.
- La plupart de ces articles se composent de fils et de cordes préalablement décatis ou tordus à même des bandes de papier d’environ deux pouces de largeur. Le papier ainsi tordu ne se rompt que difficilement, ensuite on tisse les fils et on obtient un tissu d’aspect agréable, analogue à la toile. Ce tissu est alors employé dans la fabrication des différents articles mentionnés ci-dessus.
- Pendant la guerre, le papier « Kraft » était utilisé dans les manufactures d’explosifs. En Angleterre et au Canada, les Ministères de la Guerre le firent employer dans la confection des cartouches. On introduisait une mince bourre de papier dans la capsule en nickel, en remplacement du plomb.
- Au front, dans les tranchées, on employait le papier « Kraft » pour la mise en sac du sable, et en Angleterre on l’utilisait pour la protection des monuments historiques menacés par les raids d’avions.
- Ce papier est employé aussi, avec succès, pour les impressions artistiques, pour la confection des brochures, cartes postales, circulaires artistiques, etc. L’emploi en est tout indiqué pour les travaux colorés. Grâce à la riche teinte brune du papier, on obtient des effets très remarquables avec des encres brunes ou vertes.
- Le « Kraft » prend, avec une égale facilité, les couleurs les plus vives ou dégradées.
- Une classification judicieuse et un dernier polissage le placent au rang des papiers de première qualité.
- Ainsi, grâce aux progrès de l’industrie papetière et aux études et recherches poursuivies avec persévérance, 'depuis la guerre surtout, les débouchés offerts au papier « Kraft » sont considérables, les utilisations auxquelles il se prête étant en quelque sorte illimitées.
- Henri Blin.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- La mosaïque « Granito ». — Cette mosaïque que • l’on a pu voir dans certains stands de la Foire de Paris est obtenue par le mélange de cassons de marbre avec un mortier de ciment.
- Le sol étant préparé par une forme en béton de ciment, on procède sur place au dit mélange qu'on étale ensuite sur toute la surface à daller ; on nivelle cette dernière, puis on la lisse et enfin on termine par un polissage à la pierre ponce.
- Quand le travail est terminé et sec, le dallage se'présente sous un aspect de mosaïque irrégulière, dans laquelle apparaissent sur fond du ciment, les petits morceaux de marbre.
- En utilisant des marbres de différentes couleurs et des ciments teintés, on peut obtenir des effets extrêmement- variés. Ce procédé a l’avantage de foivrnir un dallage sans joint, d’un prix de revient bien inférieur à celui du carrelage céramique.
- Ajoutons que, depuis quelques années, cette mosaïque est connue notamment en Normandie, où elle est due à des ouvriers italiens, sous le nom original, mais bien expressif, de « fromage de cochon ».
- Pour améliorer le cuir des chaussures et diminuer les ressemelages. —• En même temps que les prix de toutes choses augmentent, leurs qualités vont
- trop souvent en diminuant; elles s’usent ou se déchirent avec une rapidité qui navre et qui effraie. Si pour certaines il est aisé de se restreindre, de limiter leur consommation, pour d’autres, les chaussures notamment, il n’est d’autre solution que de se résigner à l’inévitable : payer cher d’abord, faire réparer souvent ensuite. En effet, les cuirs employés pour les chaussures ordinaires sont trop souvent de qualité médiocre, tannés trop rapidement, et les semelles se percent après un trop court usage.
- Un ingénieux inventeur, dont La Nature a déjà eu l’occasion de parler, M. Guillemin, s’est préoccupé de ce grave problème. Il a constaté qu’on améliore beaucoup les cuirs des semelles en les « nourrissant » et il a eu l’idée de préparer un mélange d’huiles et de résines choisies qui, étendu à froid avec un pinceau en plusieurs couches sur des semelles parfaitement sèches, les pénètre, les graisse et améliore considérablement la qualité du cuir. Celui-ci devient imperméable, ne s’amollit plus sous l’action de l’humidité, ne peluche plus, s’use beaucoup moins.
- ' Ce produit, d’emploi très aisé puisqu’il suffit d’en peindre les semelles et de les laisser sécher un jour ou deux, a reçu le nom de « Cuirinusable ». On le trouve chez M, GruUlertiin., Gonflaps-Sjdote-flcmoriTie (Seme-eG Oise),
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L,â NatUl'd oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — Un vol singulier d’oiseau. — M. le Dr H. nous écrit : « J’ai observé le 18 septembre dernier, à Belle-Ile-en-Mer, vers 17 heures, un fait qui m’a paru singulier — peut-être seulement parce que je le voyais pour la première fois.
- « J’étais allongé sur une plage, lorsque je vis passer à une douzaine de mètres au-dessus de moi un oiseau de la taille d’un goéland, mais de plumage plus foncé que celui de goélands de l’année et d’une teinte gris-noirâtre (ce n’était pas un cormoran.) Il faisait un vent d’ouest moyen et l’oiseau volait à coups d’aile espacés, contre le vent. Cinq à six fois sur une longueur d’une centaine de mètres, c’est-à-dire tant qu’il reste parfaitement et facilement visible, l’oiseau se retourne complètement. Il volait ainsi le dos tourné au sol, pendant deux à trois mètres, avant de reprendre son vol normal. Pendant ce temps il ne donnait pas de coups d’aile. Il ne cessait d’aller en ligne droite et ne semblait ni monter ni descendre pendant ces instants où il planait à l’envers. Il était seul. Aucune circonstance extérieure ne m’a paru être la cause de ce vol anormal; l’oiseau accomplissait son demi-tour de gauche à droite, dans le sens des aiguilles d’une montre. Il m’a semblé qu’il revenait à sa position normale par un demi-tour en sens inverse. »
- Réponses. —M. Terziau, à Philipopoli. — i° La préparation du produit désigné commercialement sous le nom de Kétol repose essentiellement sur la décomposition pyrogénée du butyrate et de l’isobutyrate de calcium.
- Ces butyrates sont obtenus par fermentation du sucre qui résulte de la saccharit!cation de la cellulose par les acides, ainsi que l a montré Braconnot, fermentation qui a lieu en milieu neutre ou faiblement alcalin.
- Les caractéristiques industrielles du procédé sont les suivantes :
- On traite en autoclave la sciure de bois par l’acide sulfurique étendu, ce qui donne un mélange de glucoses et de dextrines, on sépare le liquide sucré des résidus cellulosiques et sature son acidité par des écumes de sucrerie en mettant celles-ci en léger excès.
- N. B. — Les écumes de sucrerie résultent de l’épuration des jus de betteraves et contiennent, en même temps que la presque totalité des impuretés qui y étaient contenues, une grande quantité de carbonate de chaux destinée à assurer la filtration.
- Les jus glucosés ainsi neutralisés sont ensemencés au moyen de cultures de Bacillus amylobacter qui transforme le sucre en acide butyrique; la température doit être voisine de 48° C.
- L’acide butyrique ainsi formé se combine à la chaux en excès pour donner les butyrates de chaux qui étant insolubles sont séparés au moyen de turbines-essoreuses, séchés, puis enfin décomposés par la chaleur.
- Le produit obtenu par condensation des vapeurs, appelé Kétol, est un mélange de diverses cétones qui sont les aldéhydes des alcools secondaires dont elles dérivent par perte de deux atomes d’hydrogène dans le groupe caractéristique CIIOH de ces alcools. Les cétones sont donc caractérisées par le groupe — CO — (carbonyle) ; on a par exemple :
- CH3 — CH OH — CH5 |-0=HS0 + Cil3 — CO — Cil3
- Alcool propyliquo secondaire. Acétone ordinaire.
- En général, c’est par décomposition pyrogénée des organates de chaux ou de plomb que l’on obtient les cétones. Exemple :
- (CH3 — CO2)2 C'a = Co3 Ca + Cil3 — CO — CH3
- Acétate de calcium. Acétone.
- Le Kétol industriel est un liquide jaune pâle, d’odeur éthérée, le rendement serait paraît-il de 110 litres dé Kétol par tonne de sciure de bois mise en œuvre. C’est un excellent dissolvant des cires, graisses, paraffines, gommes-résines et de la nitrocellulose dans la fabrication du celluloïd.
- Au lieu de soumettre le butyrate de calcium à l’action de la chaleur, on peut le décomposer par l’acide sulfurique, ce qui met en liberté l’acide butyrique, lequel est aujourd’hui d’emploi courant pour la préparation des essences artificielles utilisées en parfumerie, savonnerie, confiserie.
- On peut enfin envisager l’emploi du Kétol comme combustible en mélange avec le pétrole brut ou raffiné avec l’huile de 'schiste, voire avec de l’alcool dont il empêche la séparation de l’essence pour autos, sans qu’il soit besoin d’amener l’alcool à l’état absolu.
- a0 Pour avoir connaissance des brevets, il faut vous adresser à l’Office de la propriété industrielle, a6 bis, rue de Pétrograd, Paris 8e. Les salles de communications sont ouvertes de ia heures à i4 heures.
- 3° Pour la transformation de votre machine à vapeur, le mieux est de vous adresser au constructeur qui est le mieux qualifié pour apprécier les améliorations qu’elle est susceptible de recevoir, eu-égard à son type et aux conditions locales de fonctionnement.
- il/. Utruy, à Sèvres. — Yous trouverez tous genres de pompes dans les maisons suivantes : Ledoux, 64, avenue de la République; Anceaux, 121, rue Ober-kampf; Berger, 32, rue Auger, à Pantin; Duponchelle, rue de Douai, à Lille.
- D. M., à Amiens. — La formule suivante peut vous servir de type pour la préparation d’une crème-cirage à
- l’essence pour chaussures :
- Cire de Carnauba .... 85 grammes.
- Cérésine............ 100 —
- Noir de fumée........ 10 —
- Stéarate de nigrosine. . . 5 —
- Essence de térébenthine . 800 cm3
- Liquéfier les cires au bain-marie, ajouter le stéarate, puis l’essence de térébenthine, ensuite incorporer progressivement le noir de fumée. Réchauffer au besoin, toujours au bain-marie, pour faciliter le mélange laisser refroidir, en remuant constamment jusqu’à consistance pâteuse, de manière qu’il n’y ait pas séparation du noir par gravité.
- M. d’Estampes, à La Charité. — Le barbotage d’air, dans le procédé à'extraction de l'or par cyanuration suivant le procédé Mac Arthur et Forrest, a parfaitement sa raison d’être, attendu que, sous l’influence de l’oxygène et de l’acide carbonique, les réactions suivantes se produisent :
- KCAz + 0 = K0CAz 2 (KOCAz) -f- 03 = K2C03+ CO2 -f Az2 2 (KCAz) -f C02 + H20 = 2(CAzH) + C03K2, ce qui revient en somme à libérer de l’acide cyanhydrique à l’état naissant, par conséquent sous sa forme la plus active.
- Quant à la substitution du nickel au zinc pour la précipitation, elle est parfaitement possible, ces métaux étant tous deux avant l’or dans la série des tensions ou potentiels électrolytiques. Eu égard au prix élevé du nickel, nous ne pensons pas que la modification soit avantageuse, on préfère de beaucoup le procédé Siemens et Halske qui consiste à électrolyser les solutions de cyanure qui peuvent être très étendues (0,6 à o,5 de cyanure d’or à l’hectolitre) et ne nécessite qu'une faible densité de courant (o,5 ampère par mètre carré d’électrode, sous une différence de potentiel de 4 à 5 volts). La cathode est en plomb, l’anode en fer, les métaux précieux se déposent.sur le plomb en une couche très adhérente; lorsque cette cathode contient de 2 à 10 pour 100 d’or, on sèche et coupelle suivant la méthode habituelle, ce qui donne un bouton de métal presque pur.
- J. JF.-1927. — Nous ne pouvons entreprendre de mettre au point des procédés industriels; pour la question qui vous intéress'e veuillez vous adresser au Bureau technique du Mois scientifique, 8, rue. Nouvelle, Paris, 9e.
- M. Mondol, à Olargues. — i° Constructeurs de turbines hydrauliques : Turbine Alaska, 3i, avenue Faid-herbè, à Asnières (Seine); Turbine America Sloan, 17, ru.e du Louvre; Neyret-Beulier, 3, rue Scribe; Boblet, 87, rue Yitton, à Lyon; Thomson-Houston, 10, rue de Londres ; Lacroix, 155, avenue Michel-Bizot; Turbine Stam, 54» avenue deSaxe; Schneider, 42i rue d’Anjou ; Négri, à Saint-Dié (Yosges).
- M. E. Pérou, à Reze. — Le stylet des appareils enre-
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- BOITE AUX LETTRES
- gistreurs est le plus souvent chargé d’une encre au violet de Paris; cette couleur étant très sensible aux acides minéraux il est fort probable que vous pourrez faire disparaître sur les feuilles de papier les anciennes inscriptions en plongeant ces feuilles dans de l’eau acidulée par 5 pour 100 environ d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique du commerce), bien rincer pour faire disparaître toute trace d’acidité et laisser sécher sous presse entre deux buvards neufs. Bien entendu, le papier-support doit être suffisamment solide pour pouvoir supporter mouillé ces différentes manipulation?.
- MM. Savy et Jeanjean, à Courbevoie. — Une légère erreur de composition a fait metlre ioo gr. d’hydro-quinone au lieu de 10 gr. dans la formule de révélateur en positif direct que nous avons donnée dans le n° 2730 du 3i juillet 1926; la solubilité de l’hydroquinone dans l’eau froide seule étant de 3 pour 100 à io° C., la dose d’hydroquinone était manifestement exagérée et nous vous remercions de nous avoir permis de faire cette rectification. En conséquence, le bain doit être préparé
- de la façon suivante :
- Eau distillée ............ 1000 cm3
- Sulfite de soude............... 5o gr.
- Chauffer vers 700 C. et y dissoudre complètement 1
- Hydroquinonc................... 10 gr.
- Ajouter ensuite :
- Carbonate de soude cristallisé ... 100 gr.
- Il est de toute nécessité que l’hydroquinone soit amenée à dissolution complète avant l’addition du carbonate alcalin, un seul grain d’hydroquinone non cHssous, en présence de l’alcalin, rougirait le bain et le mettrait rapidement hors d’usage.
- En dernier lieu compléter par :
- Thiosinnamine . .................2 gr: 5
- M. Jacobs, à Yilvorde. — A notre grand regret, nous ne pouvons vous indiquer un moyen de donner au white spirit ou à Vessence d’autos l’odeur de térébenthine. Les deux premiers produits sont couramment vendus comme succédanés de l’essence de térébenthine vraie pour fabriquer des peintures ; la vulgarisation d’une semblable formule pourrait favoriser et développer une fraude qu’il faut au contraire éviter.
- M. Lelièvre, à Divion. — i° La terre de Sommières (Gard) est une argile smectique appelée aussi fréquemment terre à foulons à cause de son emploi au foulonnage lorsque l’on dégraisse les laines.
- A l’état naturel, elle est légèrement translucide sur les bords, elle happe peu à la langue; on .la rencontre en gisements intercalés entre l’oolithique et le crétacé.
- Comme caractères chimiques, elle est attaquable parles acides en donnant une gelée de silice. Au chalumeau, elle fond en donnant un émail gris opaque, sa densité varie de 1,7 à 2,4-
- D’après Salvetat, une argile de ce genre se rapproche de la composition suivante
- Silice combiner. ........ 43.qp
- Silice libre.................... 1.5o
- Alumine ......................... 32.5o
- Oxyde ferreux............... 1.20
- Magnésie. . .................... o . 3o
- Chaux. .....................- V .1.00
- Potasse et soude ............. . 0.40
- Humidité...................... 20.10
- 100.00
- 20 Groupes turbo-électriques : Rateau, 4°j rue du
- Colisée ; Société Alsacienne de Construction mécanique, 4, rue Yivienne; Ateliers de Meudon, 2, rue de Paris, à Meudon, Seine-et-Oise ; Constructions électriques de France, 19, rue Louis-le-Grand ;C. E. M., 12, i-ue Portalis.
- M. Fichet, à Paris. — Là formule .que nous avons donnée page 1 g3, paragraphes des Recettes de l’Atelier, concerne la préparation d’une graisse anti-vouille destinée à protéger le fer ou l'acier de l’oxydation; mais il est de toute évidence qu’elle ne peut convenir dans les circonstances normales pour empêcher la chloruration dans l’eau de mer, car les conditions d’attaque du métal sont tout à fait différentes. Dans ce cas particulier, un dépôt de graisse en couche mince n’est pas suffisant et ü faut avoir recours à un vernis protecteur très adhérent, par exemple à base d’asphalte et de caoutchouc; poux-pouvoir vous fixer il faudrait connaître exactement le but que vous poursuivez et les données du problème.
- Un lecteur portugais. — i°. Le moyen le plus simple
- que vous puissiez employer pour obtenir à distance du plomb fondu est d’utiliser le principe de l’aluminothermie en faisant un mélange de litharge et de poudre d’aluminium. Ce mélange sur lequel vous auriez placé parties égales de bioxyde de baryum et d’aluminium en poudre serait in flammé par un fil de platine en spirale dans lequel vous feriez passer, au moment voulu, un courant électrique. La réaction ainsi amorcée est la suivante :
- 3 (PbO) -f 2Al = Al2O3 -f 3Pb.
- 20 Les produits les plus inflammables sont les explosifs puisqu’ils renferment simultanément le combustible et le comburant; cette combustibilité est parfois si exagérée que sous l’influence de. vibrations très légères l’état d’équilibre est rompu et que la détonation semble se produire spontanément. Yous trouverez dans le Dictionnaire des explosifs, de Cundill, une liste complète de tous les explosifs connus à ce jour. Editeur Dunod, 92, i-ue Bonaparte.
- 3° Yeuillez vous adresser à M. Toussaint, directeur de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, qui vous fournira très volontiers ce renseignement.
- 4° L’arme répondant le mieux aux conditions imposées serait une carabine à air comprimé ; la Manufacture d’armes de Saint-Etienne, dont le magasin est 42, rue du Louvre, Paris, pourra vous fournir des carabines et pistolets de genre, de différents modèles. Eu égard à la précision qu'exige une semblable fabrication, il ne faut pas espérer construire vous-même quelque chose d’approchant,
- M. Blancher, à Orléans. — Yous pensons que les maisons suivantes seraient susceptibles de vous fournir des papiers spéciaux pour vêtements ou sous-vêtements : Lefevre-Lesourd, a5, rue des Petits-Champs; Souchard, 7, rue de Cléry ; Stourbe, 65, boulevard de Sébastopol; Société anonyme du Papier, 3, rue Dauménil; Gelle, 15, rue Michel-le-Comte.
- M. R. T., à Marseille. — Yous trouverez des renseignements très complets sur la fabrication des bouillons techniques et des jus de viandes liquides ou en tablettes dans l’ouvrage Les déchets et sous-produits industriels, par Razous, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte, et pour la documentation chimique dans le Guide de l’expert chimiste, par Pellerin, article Extraits de viande, pep-tones et poudres de viande, éditeur Maloine, n5, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- 20 On ne peut établir aucune classification des produits servant comme décolorants, attendu que le pouvoir fixateur ou faculté d’adsorption est sous la dépendance immédiate de l’état physique et qu’un même corps, sans changer de constitution chimique, agit plus ou moins énergiquement comme décolorant suivant son état de division, la température-à. laquelle il a été porté, somme toute suivant des conditions qui parfois sont encore mal déterminées.
- M. le D' Dybowshi, à Lwow. — Yous trouverez tous détails sur le reverdissage des légumes à la chlorophylle par le procédé de Guillemare et Lecourt dans l’ouvrage Conserves alimentaires de Billon, éditeur Albin Michel, rue liuyghens, à Paris.
- M. d'Herbeline, à Nantes-. — Il vous sera facile de préparer un cirage à la gomme laque en remplaçant dans la formule donnée, page 280 des Recettes de l’Atelier, la gomme arabique et la colle forte par une disso-
- lution faite à chaud de :
- Borax Y . . . . . . . • • . • 5o gr. Gomme laque en 'écaillés.. . . . 100 — Eau non calcaire. . . .... . 800 —
- Nigrosine soluble à l’eau .... 5o —
- Yoici également ime formule de cirage liquide à la gomme laque qui donne de bons résultats :
- Porter à l’ébullition jusqu’à dissolution complète, en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore : .
- Borax en poudre.» . ... t a5 gr.
- Gomme laque. ........ 5o —-
- Eau ordinaire................ . 400 c. c.
- . Ajouter ensuite : *
- Cassonade ou sucre roux, ... 5b gr.
- Glycérine...................... 5o —
- Nigrosine soluble à l’eau. ... i5 —
- Laisser refroidir et compléter par :
- Alcool à brûler . ........... . 5o c. c.
- Rendre homogène, garder en flacons bien bouchés.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La doctrine métaphysique et géométrique de Bruno, exposée dans son ouvrage « De triplici minimo », par Xenia. Atanassieyitcii, x vol. 160 p. « Les Presses Universitaires de France, Paris et Imprimerie Miro-totchivi », Belgrade, 1923.
- Giordano Bruno est un célèbre philosophe et métaphysicien du xvi° siècle, grand ennemi d’Aristote et de l’école péripatéticienne, adepte fervent de Copernic. Son ouvrage « De triplice minimo », consacré au développement de sa doctrine sur le minimum, est à la fois métaphysique et géométrique; c’est, dit sa savante commentatrice, Mme Ata-nassievitch, un ennuyeux mélange d’hexamètres incorrects et de scolies plus poétiques par endroits que les vers eux-mèrnes », d’un style vif et imagé, mais « obscur et chaotique », oùdes vérités importantes se cachent dans un fouillis de déductions puériles. Ce sont ces vérités que Mme Ata-nassievitch s’est attachée à dégager; elle montre que Bruno, partant de l’impossibilité de la division indéfinie de la matière et de l’espace, a eu le mérite de la première tentative de construction détaillée d’une géométrie nouvelle, et s’est trouvé le précurseur de la géométrie « discrète », développée de nos jours par le savant serbe Petronievics, géomètre, qui suppose l’espace comme un discretum fini, composé de points simples et indivisibles.
- Les équations de la dynamique de l'éther, parti. Eyr.vud, 1 brochure 68 p. Albert Blanchard, Editeur. Paris, rg26. Prix : 12 francs.
- Contribution mathématique d’ordre très élevé aux théories nouvelles de l’espace et à leurs applications à la relativité.
- L’énergie rayonnante, par A. Forestier (2e édition). 1 vol.
- s 76 p- Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1926. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage présente sous forme de tableaux synoptiques les propriétés et les caractéristiques essentielles de la gamme des radiations électromagnétiques, depuis les ondes hertziennes et l’infrarouge jusqu’aux rayons X et rayons y. Il expose en outre, sous une forme concise et claire, la genèse des théories électromagnétique et électronique de la lumière, et donne un excellent résumé des théories modernes, ainsi que la valeur des diverses constantes physiques qui y interviennent. La 2e édition de ce très utile aide-mémoire a été revue et mise au courant d’après les travaux les plus récents.
- Le sondage par le son. 1 brochure illustrée, 28 p., publiée par le Bureau Hydrographique International de Monaco. Imprimerie Robaudy, Cannes, 1926. Prix : o fr. 5o. suisses.
- Cette brochure contient la description de trois systèmes de sondage : le sondeur ullra-sonore Chilowski-Langevin-Florisson, l’enregistreur graphique continu, de sondage en mer parle son (système Marti), le sondeur par écho de l’Amirauté Britannique. Il indique en outre les résultats très remarquables obtenus, avec le sondeur ultra-sonore, sur le navire hydrographique Ammiraglio Maynaghi de la Marine Royale Italienne.
- Dictionnaire de chimie, des Parfums, par Félix Cola. 1 vol. 42 p. « Les Editions de la Revue des marques », 43, avenue Gambetta, Paris. Prix : 3o francs.
- Les divers composés chimiques qui interviennent dans l’industrie des parfums sont énumérés par ordre alphabétique, avec indication de leur formule chimique, de leurs qualités, de leurs principaux emplois en parfumerie et des adultérations dont ils peuvent faire l’objet. A l’article analyse, l’auteur résume les méthodes de contrôle physiques et chimiques d’usage pratique.
- Pour le cimentier amateur ou professionnel, procédés, recettes, formules, tours de mains, conseils et « trucs » divers pour la confection des travaux de ciment et de
- . béton armés, par A. Chaplet. i vol. iïXiü de yiii-148 p., 112 fig. Dunod, éditeur. Paris 1926. Prix : i5 fr. 40.
- Ouvrage destiné à guider les amateurs pour l’exécution de travaux en béton ou en ciment à la maison ou à la campagne.
- La Ménagère, par Mme L. Doresse. i vol. 328 pages. L. Eyrolles, Editeur. Paris 1927. Prix : 12 francs.
- Ce petit traité d’économie domestique, à l’usage de l’enseignement ménager des jeunes filles, est à la fois précis, concis et complet. Les jeunes ménagères y trouveront les plus utiles et les plus sages conseils pour l’organisation et l’entretien de leur ménage, les soins à donner aux enfants, l’achat et la préparation des aliments.
- Im vie des mammifères et des hommes fossiles déchiffrée à Vaide de l’anatomie et de la physiologie comparées de l’appareil masticateur, par Henry Sanielevici. 1 vol. in-4, 660 p., 459 fig. Imprimerie de l’Etat, Bucarest.
- L’auteur, lamarckien intégral, admet la plasticité des formes et des caractères sous l’influence du milieu. Après avoir critiqué avec verve et avec justesse les diverses théories de l’évolution il montre dans les variations de l’anatomie et de la physiologie de l’appareil masticateur de divers Mammifères la clé des différences qu’on observe chez les principaux types. Il passe alors en revue de nombreux groupes : les paresseux, les dinosauriens, les mammifères secondaires, les marsupiaux récents, le passage des reptiles aux oiseaux et aux mammifères, les proton-gulés, les créodontes, les garrodontes, les mammifères de l’éocène, les notongulés, les Siréniens, le Machairodus, les lémuriens, les singes du Fayoum, les platyrrhiniens, les catarrhiniens et enfin les hommes. C’est un travail considérable, dénotant une grande érudition, écrit avec clarté, où, chemin faisant, l’auteur émet diverses suggestions relatives à l’action de la nourriture, fonction du milieu, sur les variations de formes et même de couleurs. Le lamarckisme absolu de M. Sanielevici simplifie beaucoup de problèmes, mais laisse peut-être trop dans l’ombre les caractères fondamentaux des structures et les causes profondes de leurs différences chez les divers groupes.
- Le Système veineux normal et pathologique. Guide des malades et des prédisposés ( Varices, Phlébites, Ué-morroïdes, etc.), par R. Hugel et G. Delatek. i vol. in-16, 184 p., 7 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : i5 fr.
- Les auteurs expliquent les mesures qu’ils proposent par des chapitres d’anatomie et de physiologie du système veineux normal et pathologique, puis parune mise au point des symptômes qui caractérisent les varices, les hémorroïdes, les phlébites, et par celle des complications qui peuvent survenir. Ils initient ensuite leurs lecteurs aux traitements modernes par l’opothérapie et les eaux de Bagnoles, par les injections sclérosantes, par l’électrothérapie, et ils donnent des conseils d’hygiène générale et particulière pour les malades.
- Rabelais notre maitre. Son œuvre. Sa doctrine, le pantagruélisme, par le Dr William Nigati (Alcuin Miliait). 1 vol. in-16, 246 p., 1 portrait. Editions Quo Vadis, Marseille; Maloine, Paris. Prix : 9 francs.
- Sous ce titre à l’allure littéraire, l’auteur étudie avec charme la psychologie, la philosophie, la morale cachées sous la truculence de Gargantua et de Pantagruel? Il y trouve un exposé didactique de cette neuropsychologie que l’actualité tend à substituer à la physio-psÿchologie classique, et présente un Rabelais successivement psychologue expérimental, philosophe relativiste, moraliste averti, prophétique enfin des expériences capitales qui assimileront l’activité de la pensée à celle d’un foyer de force. Une vraie physio* logie du rire termine la démonstration.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- Q0C_
- N° 2743
- 30 Octobre 1926.
- Les anomalies météorologiques de l’année 1926. — M. Bidaut de l’Isle nous écrit :
- « Je vous signale les anomalies météorologiques auxquelles nous avons assisté cette année à la Guette — (et ailleurs, sans doute)...
- Février. Mois très chaud. — Moyenne mensuelle -j-8°,8 au lieu de la moyenne normale -{- 3°.
- Ce chiffre de 8°,8 est rarement atteint, en moyenne, ici, en avril (i année sur 7).
- Le maximum absolu a atteint, le a3 février : 19°,2. (11 atteint très rarement —|— 15° les autres années, en février.)
- Mai. Mois très froid et surtout très pluvieux. — Il est tombé i/t5 mm 6, en 16 jours de pluie, par vent N.-E. et E. Un seul mois a dépassé ce chiffre depuis 5 ans (octobre 1923, avec 175 mm 3 en 18 jours).
- Juin. — Mois très orageux, sans insolation, normal. Juillet. — Normal.
- Août et Septembre. — Les deux mois les plus secs depuis 20 ans !
- Août : chute de pluie totale 4 mm 9 (4 jours). Septembre : chute de pluie totale 8 mm 3 (4 (jours). De plus septembre a été aussi chaud que juillet : (moyennes 170,9 en septembre et 180,1 en juillet).
- Août a dépassé septembre de i°,a : moyenne 190,1.
- Le thermomètre a dépassé 3o° 6 fois en juillet.
- — — 8 — août.
- —? — 6 — septembre,
- avec des maxima absolus de 32°,o en juillet, 34°,6 en août et 33°,2 en septembre.
- Si le 3o septembre (dernier jour) le thermomètre n’avait pas marqué un minimum de -f- o°,8, le minimum absolu aurait été de 6°,6, supérieur de i° à celui d’août, et la moyenne du mois de septembre aurait dépassé celle de juillet.
- Ce qu’il y a surtout de remarquable, c’est qu’il n’est tombé, en 80 jours, à la Guette, que i5 mm d’eau environ. Sans la chute d’eau de mai, toutes les sources sans exception seraient taries depuis plus d’un mois dans la région.
- Les 4 premiers jours d’octobre n’ont, du reste, apporté aucune modification à cette regrettable siccité qui a compromis les récoltes de tubercules et de betteraves, et qui empêche les labours de se faire pour les semailles prochaines ».
- La sécheresse à Marrakech. — L’année agricole 1925-1926 est une année exceptionnellement sèche, dit M. Tornezy dans la feuille de Renseignements de la Direction de l’Agriculture du Maroc (i5 juin). Voici les quantités d’eau recueillies au pluviomètre.
- Octobre 1925. 8 mm février . 6,5
- Novembre . . 60,9 mars . . 45,2
- Décembre . . . néant avril . . ï8,5
- Janvier . . . . u,4 total . . . i5o mm 5
- M. Tornezy fait observer que sur les pluies qui sont tombées, un certain nombre aussitôt évaporées n’ont pu avoir qu’un effet inappréciable pour la culture. La sécheresse a été aggravée par une température très élevée et un régime de vents chauds de l’Est.
- Dans ces conditions, la question de l’irrigation se pose à nouveau, mais si des irrigations peuvent être faites sur des surfaces restreintes et cela d’autant plus que les besoins d’eau sont plus grands, car en année sèche les canaux sont peu alimentés, on ne doit pas perdre de vue yque les méthodes de culture doivent être adaptées et l’auteur conseille beaucoup de modifier ces méthodes pour lutter davantage contre l’évaporation du sol (binages, etc.), tout en évitant d’ensemencer plus de terrain qu’on pourra en, entretenir.
- * Nouvelle usine de soie artificielle à Nevers. — La
- Société « Borvisk » française vient d’achever une usine qui commence à produire, et livre déjà Soo kg de soie artificielle par jour. Elle emploie les procédés de l’ingénieur Borzykowski, c’est-à-dire ceux de la viscose per-
- fectionnés. La plupart des perfectionnements sont soigneusement tenus secrets.
- L’usine, étendue sur 11 hectares entre la voie ferrée et un bras de la Nièvre, est construite d’une façon tout à fait remarquable, spécialement en vue d’éviter la propagation des incendies dans une industrie où l’on manipule des produits très inflammables comme le sulfure de carbone. Il y a des couloirs pare-feu, des portes pare-feu, etc.
- Un aperçu est donné sur cette usine par L’Avenir textile (juillet 1926).
- Alliages de métaux précieux. — Bien que ces alliages soient connus de tous dans leurs grandes lignes, il est intéressant de résumer les principales données les concernant, comme l’a fait M. G. Pellerin dans le Bulletin des sciences pharmacologiques, mai 1926.
- 1" Argent. Vaisselle, argenterie, médailles : argent 95o, cuivre 5o, ior titre.
- Bijouterie (petite bijouterie) : argent 800, cuivre 200, 20 titre.
- Exportation : tous titres. Ces alliages pour l’exportation ne sont pas contrôlés par l’Etat
- 20 Or. ier titre 920, 20 84o, 3° 75o (—or rouge).
- Boîtes de montres pour exportation : 583 millièmes, 4° t. (= 14 carats).
- Le carat autrefois employé en orfèvrerie n’est pas celui des diamantaires.
- L’or pur comptait 24 carats sur 24, l’or 18 carats est à-75o millièmes (= 3e titre) l’or 20 carats à 833, l’or 22 carats à 917. On ne voit plus guère employer que l’expression 18 carats correspondant au 3e titre:
- 3° Alliages d’or et d’argent.
- Or Argent Cuivre Aluminium.
- Electrum . . . ... . 800 200
- Or rose; 75o 200 5o
- Or vert 75o 25o . — ' —
- Or vert d’eau ..... 600 4oo — -
- Or feuille morte.... 700 3oo —
- Or anglais blanc. . . . 75o i5o 100 —
- Or anglais jaune. . . . j5o I 25 I 25 —
- Soudure pour objets d’or 5 00 166 334 —
- Doré ......... 15o Soo 600 —
- Or de Nuremberg. . . 55 55 890 —
- Or violet pâle 920 — 80
- L’amiante bleue du Cap. — On en produit 3 à 4000 tonnes par an. La valeur est de 25 livres st. par tonne de 1016 k). f. o, b. Cape Town. Pour la fibre B de 2,54 cm de longueur [1 inch.) le prix atteint 80 livres, et au-dessus de cette longueur les prix sont encore plus élevés.
- Blanchiment de la paille à chaises. — La paille de seigle employée pour le paillage1 des sièges sè blanchit, en général, à l’acide sulfureux gazeux, lequel en cette circonstance agit de deux manières : il se combine à la matière colorante qui perd sa teinte naturelle, et si la paille est humide, il s’empare de l’oxygène de l’eau tandis que l’hydrogène s'unit à la matière colorante en formant un hydrure incolore.
- Voici, d’après Y Agriculture nouvelle, comment doit se pratiquer cette opération. Dans un local bien clos et sur des étagères^superposées à claire-voie, on étale en couches assez minces la paille préalablement mouillée ; ensuite, on fait brûler du soufre en canon dans un récipient quelconque placé sur une plaque en fer ou èn fonte, 1 où 2 kg suivant la capacité du local. On ferme la porte en collant des bandes de papier sur les joints et on attend vingt-quatre heures environ.
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- Les maladies parasitaires en Egypte. — Une très instructive étude vient d’être publiée, par M. le professeur M. Khalil dans The Cairo scientific Journal (juin 1926) sur les maladiés parasitaires chez les enfants des écoles en Egypte.
- Des statistiques ont porté sur Ankylostonia duodenale et sur Bilharzia. Ces parasites nuisent évidemment au
- *sSGl 4 o-r '21t.
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- INFORMATIONS
- ^1*
- développement intellectuel des individus atteints en déterminant une anémie spéciale, Egyptian chlorosis (Ankylostomiasis) et le second des troubles entraînant la gravelle (Bilharziasis). Bilharzia est un parasite du sang. ,
- Quoi qu’il en soit de l’étiologie de ces maladies, voici des données objectives sur leur fréquence dans quelques écoles.
- Sujets infectés (pour ioo) par
- Bilhamu tome Autres To Lai
- Ecoles élémentaires. . 4b à 87 8 à 3g 58 à 76 66 à 93
- Flcoles primaires ... 11 Ecole industrielle à 49 0 à 11 12 à 60 53 à 78
- (Nag Iïamadi) . . . 77 11 14 IOO
- Ecoles secondaires . . Ecoles supérieures 36 6 i4 45
- School of law .... 12 3 3 15
- School of engineering Higher School of agri- 11 0 4 i5
- culture ...... School of veterinary 43 8 3 8 48
- medicine 18 9 2-
- Religious Institute . . 74 11 46 87
- On voit que ces parasites sont beaucoup plus répandus dans les écoles primaires et élémentaires que dans les écoles supérieures. Dans tous les cas le pourcentage des sujets parasités est impressionnant.
- En ce qui concerne la lutte contre ces parasites la conclusion du savant spécialiste est assez décevante. Aucune méthode pratique de prévention n est satisfaisante. Eviter la pollution des cours d’eau, etc. Le concours de toute la population et l’application de mesures d’hygiène seraient nécessaires.Un tel programme est inapplicable dans l’état actuel de l’Egypte, et cela ne surprendra pas, étant donné la difficulté d’appliquer des mesures de précaution, de prévoyance sanitaire dans des pays déjà organisés de longue date.
- Il existe en ce qui concerne les écoles des mesures sanitaires, des visites médicales, dont l’efficacité est déjà très satisfaisante. Et malgré tout certains sujets sont de véritables musées de parasitologie,pour employer une expression heureuse que M. le vétérinaire major Aubry appliquait à des « clients à quatre pattes >> au Maroc, et qui semble, hélas, convenir dans les régions tropicales à beaucoup d’êtres humains.
- Congrès technique de la papeterie. Grenoble
- (9-11 juillet). — Le congrès technique organisé, comme chaque année, par les anciens élèves de l’Ecole hrançaise de papeterie de Grenoble a réuni un grand nombre de techniciens de l’industrie du papier, ainsi que des constructeurs du matériel de papeterie.
- Des études importantes furent exposées notamment par M. Romanet sur les générateurs de vapeur en papeterie ; par M. Burlcle sur l’organisation du travail en papeterie; par M. Bergeon sur la commande des machines à papier par turbines à vapeur; par M. Bouyer sur les toiles métalliques en papeterie, et plusieurs autres techniciens.
- Des discours furent prononcés au banquet de clôture par M. Thouvard, délégué . des Fabricants de. papier de France, président du congrès; par M. Barbilliou, l’éminent directeur de l’Institut Polytechnique de Grenoble qui dirige avec tant de succès ce groupe d écoles techniques de la Faculté des Sciences de Grenoble ; par M. Ruby, président de la Cellulose, association des anciens élèves de l’Ecole de papeterie de Grenoble ; par M. Romanet, directeur des Etablissements Joya, montrant les liens qui existent entre la métallurgie et la papeterie.
- Comme toujours, ce fut l’occasion d’un fructueux transport d’idées et de méthodes entre les anciens élèves de l’Ecole de papeterie qui.se sont rencontrés à ce congrès où l’on travaille sérieusement.
- Nouvelles de T. S. V.
- La radiodiffusion et l’agriculture américaine. —
- Aux Etats-Unis, il y aurait, d’après Eleclrical Review,
- se basant d’ailleurs sur un rapport officiel du Département de l’Agriculture, près de 1 000 000 de postes récepteurs fonctionnant dans les fermes; dans certaines régions, on noterait jusqu’à a5 à 4° pour 100 des fermiers recevant des émissions.
- Ce mouvement tend à se développer d’année en année. Alors qu’en ig23, la totalité de la Confédération comptait 145 000 postes installés dans des exploitations agricoles, en 1924 ce chiffre passait à 365 000, et au début de 1925 à 553 000.
- Les agriculteurs américains portent, comme on le voit, un intérêt très marqué aux communications qui leur sont faites par les stations d’émission, soit sur les cours des marchés, soit sur les prédictions météorologiques. C’est ainsi que l’un de ces postes a reçu, en l’espace de trois mois, 3ooo lettres environ émanant de douze Etats voisins.
- D’ailleurs le Département de l’Agriculture encourage officiellement cette radiodiffusion et un accord a été conclu entre lui et plus de 100 postes susceptibles de répondre aux services ci-dessus. Depuis le commencement de cette année, plus de 60 stations émettent à heures régulières 4 services journaliers d’informations agricoles,-
- Une innovation du poste Radio-Paris. — Depuis le ier octobre 1926, le poste de Radio-Paris a commencé la transmission tous les soirs d’un journal parlé composé par les collaborateurs du journal L’OEuvre, et dans lequel sont relatés avec quelques commentaires intéressants les événements les plus importants de la journée.
- Radio-concerts sur ondes très courtes, — Le
- journal L’Antenne annonce que le poste allemand de Koenigswüsterhausen émettra prochainement des concerts sur une longueur d’onde de 4^ m. Cette nouvelle ne peut manquer de réjouir les amateurs d’essais sur ondes très courtes.
- La direction des navires au moyen des ondes hertziennes. — D’après le Journal of Commerce, il y aurait maintenant plus de deux cents navires marchands anglais munis d’installations radiogoniométriques leur permettant de relever leur position à l’aide des stations côtières.’ Ces stations côtières seraient malheureusement en trop petit nombre le long des côtes anglaises.
- Conférences contradictoires sur des sujets de
- T. S. F. — A l’occasion d’un congrès d'ingénieurs radioélectriciens, des techniciens anglais ont eu l’idée d’organiser des conférences contradictoires sur des sujets de T. S. F., analogues, en somme, aux conférences des congrès de médecine. Le premier sujet traité sera le suivant -. « Il est impossible d’obtenir une audition parfaitement pure avec la détection par lampe ».
- Le conflit des longueurs d’onde aux antipodes. —
- Ce n’est pas seulement en Europe et aux Etats-Unis, remarque le Wireless World,qu’il est difficile d’attribuer à chaque station de radiophonie une longueur d’onde distincte de façon à éviter les interférences.
- La radiodiffusion a fait de tels progrès en Australie et en Nouvelle-Zélande que les amateurs australiens se plaignent des troubles d’audition causés par les interférences des stations de la Nouvelle-Zélande, et inversement. 11 est donc nécessaire maintenant que dans le monde entier interviennent des règlements basés sur la bonne volonté réciproque des dirigeants des diverses nations émettrices.
- La radiodiffusion en Russie. — Nous avons déjà indiqué à plusieurs reprises les progrès de la radiophonie en Russie et les encouragements tout particuliers que la radiodiffusion avait reçus du Gouvernement des Soviets.
- Des postes d’audition en public, munis d’immenses haut-parleurs, ont été installés en de nombreux endroits et spécialement à Moscou ; leur fonctionnement paraît en général excellent.
- Comme le remarque le Wirelesss-TVorld, la radiophonie-sert plutôt à diffuser des informations ou des discours politiques que de la musique de jazz-band. C’est d’ailleurs surtout dans un but politique que le Gouvernement développe la radiodiffusion.
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- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE *926 (*)
- Voici les plus longues nuits de l’année! Nous avons déjà, ici même, parlé de la splendeur des nuits d’hiver, illuminées par les feux célestes d’Orion, de Sirius, d’Aldébaran, de Procyon, de Capella.... Et du charme de l’observation nocturne, moyennant des précautions inévitables, car plus les nuits sont belles, plus la température est basse. Nous n’y reviendrons pas cette année, et nous nous bornerons à signaler l’intérêt astronomique du mois au point de vue des aspects célestes et des planètes visibles.
- Mercure sera à sa plus grande élongation du matin le 14 .décembre. Mars est encore bien placé. I ranus et Neptune peuvent être recherchés.
- Il ne faut pas laisser passer les Géminides, qui donnent souvent des météores rapides, courts.
- Enfin, quelques occultations par la Lune, notamment celle de p. des Gémeaux, le 19. Et, le 3i décembre, à 22h, pour finir l’année, une conjonction de Saturne et de la Lune, malheureusement invisible, Saturne étant trop près du Soleil.
- I. Soleil. — En décembre, la déclinaison du Soleil atteint son minimum.
- De —2i° 44' le xcr, elle tombe à — 23027' le 22 et remonte à — 23° 8' le 3i. Le solstice d’hiver se produira le 22, à i5h.
- C’est le début astronomique de l’hiver.
- La durée du jour, de 8h32m le ior, atteint son minimum de 8h nm du 20 au 23, et remonte à 8h i5m le 3i.
- Le temps moyen à midi vrai est donné par le tableau suivant.
- C’est l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris.
- L’ombre d’un fil à plomb à ce moment indique exactement la direction du méridien :
- Fig. T- — Occultation de l’étoile (j. des Gémeaux par la Lune, le ig décembre 1926. (Image droite.)
- Dates. Heures du passage (T. U.). Dates. Heures du passas (T. U.).
- Déc. Ier i ih 39m 34* Déc. 17 1 ih 46’" 36*
- — 3 1 ih 4om 20* — 19 1 ih 47"1 358
- — 5 iih4im 8‘ — 21 11h 48“ 34”
- — 7 11b 41m 58s — 23 1 xh 49“ 34‘
- — 9 1 ih42“ Sx1 25 1 ih 5om 33*
- — 11 11h 43m 4.5’ — 27 nh5i”33‘
- — i3 1 ih 44m 4 is — 29 IIh 52“ 32*
- — 15 nh 45m 38“ — 3i nh 53m 3o‘
- Observations physiques du Soleil. — Il est nécessaire d’orienter exactement les dessins et photographies du Soleil.
- On trouvera au n° 27x2 l’explication des termes P, B0, L0 du tableau ci-dessous :
- Dates. P B0 L0
- Déc. 2 + i6°,o3 + 0°,72 242°,59
- — 7 T i4°,ox + o°,o8 176°,70
- — 12 + ii°, 87 — o°,56 X 10°,82
- — 17 + 90,62 — i°, 20 44°,94
- — 22 4- 70,28 — i°,83 339°,o7
- — 27 + 4°.89 — 20,44 2730,21
- Janv. rr + 2°, 46 — 30,04 207°,36
- L’activité du Soleil a été particulièrement importante en ces derniers mois, et l’observation du Soleil est une de celles qu’il convient de poursuivre avec assiduité et méthode.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est peu visible en décembre, en France, par suite de l’inclinaison de l’écliptique sur l’horizon. Par contre, la lueur anti-solaire atteint, au moment du solstice d’hiver, son maximum d’élévation au-dessus de
- 1. Toutes les heures données ici sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de oh à 24h à partir de minuit. C’est le temps de Greenwich, c’est-à-dire le temps légal en France.
- l’horizon, à minuit. La Lune gênera à ce moment du solstice et c’êst au début du mois, du i,r au 10, qu’il conviendi’a de faire cette recherche. On pourra la ti'ou-ver vers le ier, à minuit, au-dessus d’Aldébaran, vers v Taureau.
- Le 10, on pourra scruter la région située à mi-distance entre a Taureau et (3 Taureau.
- Rappelons que pour faire cette observation de la lueur anti-solaire, il faut une nuit très pure et surtout l’absence de toute lumière artificielle éclairant le ciel.
- Nous serions heureux de réunir les observations que les lecteurs de La Nature pourraient faire de ce phénomène et de les publier s’il y a lieu.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pour décembre, sont les suivantes :
- N. L. le 5, à 6h 12“
- P. Q. le 12, à 6h 47“
- P. L. le 19, à 6h 9“
- D. Q. le 27, à 411 âq"1
- Age de la Lune, le Ier décembre, à oh= 25j,4 ; le 6, à oh = 0^7.
- Si l’on veut calculer l’âge de la Lune pour une autre date du mois, à oh, on ajoutera, aux âges ci-dessus, un jour par jour écoulé depuis le ier ou le 6.
- Si l’on veut l’âge de la Lune à une heure désignée, on ajouter-a, en outre, 0-1,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Pour classer les dessins ou photographies, la longitude du terminateur est un renseignement beaucoup plus précis que l’âge de la Lune.
- On trouvera ce renseignement pour chaque jour de l’année, à oh, dans Y Annuaire astronomique Flammarion.
- Plus gi-andes déclinaisons de la Lune en décembre : le 7 =—-23°.21'; le 20 — -j- 23° 21'.
- Ces dates sont celles où la Lune, à son passage au méridien, pour nos altitudes européennes, sera à sa plus faible ou à sa plus grande élévation au-dessus ,de l’horizon.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Teri’e), le 12 décembre, à 141".
- Parallaxe = 5g' 13".
- Distance = 370 3oo km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 décembre, à 7h.
- Parallaxe = 54' i3".
- Distance = 404 45o km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 9 décembre, occultation de 27 Capricorne (gr. 6,1), de i6h20m à 17k 27™.
- Le 12, occultation de 3o Poissons (gr. 4»7)» de aoh 3m à 211111m.
- Occultation de 33 Poissons (gr. 4.7)» de 2ih54m à 22h54m.
- Le i5, occultation de 85 Baleine (gr. 6,3), de 2iha8ro à 22h 35m.
- Le x6, occultation de 3o B. Taureau (gr. 6,4)» de 2xl1 52ra à 2211 57“.
- Le 17, occultation de 68 Taureau (gr. 4>3), de 17h 11m à i7h4x“.
- Le x9, occultation de g Gémeaux (gr. 3,2), de i8h23m à i9h29"\
- - Ce phénomène se produira juste le jour de la Pleine Lune.
- Celle-ci ayant lieu à 6h9m, douze heures avant l’occultation? il est possible que déjà le bord ouest de la Lune soit dans l’ombre et que l’étoile émerge derrière ce bord assombri (fig. 1).
- Le 23, occultation de 107 B. Lion (gr. 6,3), de 22ll55m à 23hSa™.
- Marées, Mascaret. — Les plus gi'andes marées du mois, d’ailleurs assez faibles, se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 5 et de la Pleine Lune du 19.
- Voici le tableau de ces marées, pour Brest :
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. 1 mefficient
- Déc. 4 T 1 im 0,81 i5h 27” 0,84
- — 5 3h4Gra 0,86 i6h 4ra 0,88
- — 6 4h 2 2ra 0,89 16h 41m 0,89
- — 7 5h- om 0,88 jyb2im 0,86
- — 8 5h 42“ 0,84 l8h 2m 0,81
- — 17 2h 12“ 0,81 i4h 36“ 0,84
- — 18 3h 0" 0,87 i5h a3m 0,88
- — *9 3" 44'" 0,89 16’1 5"' 0,89
- — 20 4h 25” 0,88 i6h47” 0,87
- — 21 5h 6“ o,85 17'' 26"1 0,82
- Ces marées sont faibles, et le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour décembre.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Déc. 2 o>99 — 3,5
- — 7 o,99 — 3,5
- — 12 o,99 — 3,4
- — *7 o,99 — 3,4
- — 22 o,99 - 3,4
- — 27 o,99 — 3,4
- Janv. Ier 0,98 -3,4
- Mars est encore visible en de bonnes conditions,
- presque toute la nuit. Mais son diamètre diminue assez rapidement.
- Voici comment se présente le globe de Mars en décembre, à nos regards :
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à Méridien de Paris (*) à sion et VISIBILITÉ
- DECEMB. Paris. Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- 6 7h 3o“ 11h 41m 33‘ i5h 53“ i6h 49“ 22° 27’ 32 31 2 Scorpion •
- Soleil . . q 16 7 4o* 11 46 7 i5 53 17 33 23 18 32 33,6 Scorpion t »
- 26 7 45 11 5i 3 i5 57 18 17 23 23 32 34,8 Sagittaire |
- 3o 7 46 11 53 1 16 0 18 35 — 23 12 32 34,8 Sagittaire
- ( 6 5 43 io 27 i5 11 i5 34 l6 27 8 2 y Balance )
- Mercure. 16 . 26 5 45 6 19 10 18 10 33 14 5o 14 47 16 2 16 56 ~ 18 38 — 21 53 6.4 5.4 P Scorpion f 0 Scorpion ( JCrt. JLXJ. v 1U . Plus grande élongation
- ( 3o 6 34 10 42 i4 49 17 21 — 22 55 5,2 44 Scorpion J.e Iq.
- 6 7 49 11 57 16 5 I7 2 —-22 55 9,8 0 Scorpion y
- Vénus . . .< 16 26 8 11 8 26 12 i3 12 28 16 14 16 3i 17 57 18 52 — 23 58 — 23 43 9,8 10,0 X Sagittaire a Sagittaire i Inobservable.
- 3o 8 29 12 34 *9 39 19 14 — 23 24 10,0 z Sagittaire J
- ( 6 i3 5i 20 59 4 7 2 8 +- i3 47 15,8 ç1 Baleine '
- Mars. . . .< 16 26 i3 12 12 35 20 22 19 48 3 32 3 3 2 9 2 16 4- 14 i5 -j- i5 1 14,2 12,6 q1 Baleine f £2 Baleine t Presque toute la nuit.
- ( 3o 12 21 19 37 2 53 2 19 + i5 23 12,0- Baleine ,
- Jupiter. . .j \ 16 11 4 15 Sy 20 5o 21 44 — 14 4i 33,8 1 42Capricornel Le soir,
- 3o 10 14 i5 12 20 9 21 54 — i3 47 32,8 g Capricorne jdès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . .j 1 16 3o 5 41 4 53 10 i3 9 24 14 45 13 55 15 5q 16 6 — 18 40 — 18 58 13.8 13.8 (3Scorpion ) v Scorpion j Inobservable.
- Uranus. . .j 16 12 6 17 57 23 43 23 45 — 2 27 ' 3,4 20 Poissons / Le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- 3o 11 11 17 3 22 54 23 46 — 222 3,4 20 Poissons
- Neptune, .) 16 3o 21 8 20 12 4 12 3 16 ii i5 10 20 9 57 9 57 -j- 12 58 -f i3 2 2,4 2,4- v Lion f v Lion j Seconde partie de la nuit.
- j. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi d’après-les données de Y Annuaire astronomique Flammarion, contient les principaux renseignements pour trouver et observer les planètes pendant le mois de décembre.
- Mercure sera visible le matin, au milieu du mois. Sa plus grande élongation ayant lieu le <4 décembre, à. 5\ à 2i°5f à l’Ouest du Soleil, on pourra le rechercher du 8 au 20.
- Il sera assez bien placé, quoique bas sur l’horizon, sa déclinaison étant plus forte que celle du Soleil.
- Une petite lunette permet de voir les phases de Mercure, qui semble ainsi une Lune en miniature.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates. Déc. 2 Disque illuminé. o,i5 Grandeur stellaire. + 1,1 •
- — 7 0,37 — 0,1
- — 12 0,57 — o,*3
- — 17 0,71 — o,3
- — 22 0,80 — o,3
- — 27 0,86 — o,3
- Janv. ier 0,90 — o,3
- Vénus est inobservable pendant ce mois. Voici, comme pour Mercure, le tableau de la phase et de la grandeur stellaires ;
- Angle de Latitude Angle de
- Dates. position de du position Éclat
- (Oh) l’axe de Mars. centre. Diamètre. Phase, de la phase. stellaire.
- Déc. 1' -3230,5 - - 20°,O 16*,6 o",6 71°,3 — i,4
- — 11 323°,4 - - 20°, 4 14", 9 o",8 7i°, 3 — 1,0
- — 21 3230,3 - - 20°,3 13",3 i",o 7i°,4 — °»7
- — 3i 323°,0 - - i9°,8 n",9 1">° 71°,8 — 0,4
- Voici à présent, en temps universel, les heures de passage du méridien zéro de Mars (Baie fourchue du Méridien) par le méridien central de4a planète.
- Heure de Heure de
- Dates. passage^ Dates. passage.
- Déc. ier 3h 1 om ,5 Déc. 17 i3h I 2m, I
- — 3 4h 24“ 9 — i9 i4h 28” 2
- — 5 5h 39“ 5 — 21 15h 44m6
- - 1 6h 54m 4 — 23 i7h l” I
- — 9 8h 9m 5 — 25 i8h 17“ 8
- — 11 9h ^4“ 8 — 27 i9h 34“ 7
- — i3 ioh 40” 3 — 29 20h 5im 8
- — i5 i U 56” 1 — 31 22h s 00
- Si l’on tient compte que Mars tourne sur son axe en 24h 37“ 22s,65, soit de o°,24 en 1 minute ou de 140,62 en 1 heure, on voit que l’on peut toujours savoir la partie de Mars tournée vers la Terre, à un instant donné.
- L’observation des configurations de la surface de Mars est accessible aux instruments de faible puissance (lunettes de om,oy!> et au-dessus), Mais l’étude des détails
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-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- de cetle configuration générale de la planète est réservée aux instruments les plus puissants des grands observatoires.
- En France, notamment, l’Observatoire d’Astronomie physique de Meudon — dont la grande lunette possède un objectif de on',83 de diamètre — a pris la première place, on peut dire mondiale, dans l’étude de cette planète voisine. Il convient de joindre à ces recherches les études photographiques faites — par intermittence seulement — à l’Observatoire du Mont Wilson (télescope de 2"’,5o); à l’Observatoire Yerkes (réfracteur de ira,o5); à l’Observatoire de Strasbourg (réfracteur de o“,5o) et enfin les recherches poursuivies méthodiquement à l’Observatoire de Sétif (Algérie), par MM. R. Jarry-Desloges et G. Fournier (réfracteurs de om,5o et o"‘,37), etc.
- Jupiter est encore visible dès l’arrivée de la nuit, et l’on dispose de 3 à 4 heures pour l’observer. Les plus petites lunettes suffisent pour voir le disque aplati de la planète, soupçonner les bandes nuageuses qui traversent ce disque et suivre les évolutions curieuses des quatre principaux satellites dans leur mouvement autour du globe central. Voici le tableau des phénomènes visibles en décembre.
- Phénomènes du Système des satellites de Jupiter
- DATE Décembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Décembre, Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 ‘7h i5m I O.f. i5 i8h 5 im I O.c.
- 3 20 29 III Irn. 15 «9 58 I P.f.
- 4 l8 8 IV E.c. 16 18 22 I E.f.
- 7 18 II O.c. 16 18 22 II E.f.
- 7 18 28 I Im. 21 16 .56 IV E.f.
- 7 18 42 II P.f. 21 ‘9 7 III P.c.
- 7 *9 0 III O.f. 22 19 4i I P.c.
- 8 16 54 I O.c. 23 16 56 I Im.
- 8 *7 58 I P.f. 24 16 29 I P.f.
- 8 19 11 I O.f. 24 17 I O.f.*
- 9 16 27 I E.f. 25 *7 12 III E.f.
- 12 16 46 IV P.c. 29 17 38 IV P.f.
- i4 18 22 III P.f. 3o 18 45 II Im.
- i4 18 35 II P.c. 3o 18 57 I Im.
- i4 *9 33 III O.c. 3i 17 I I I O.c.
- i5 17 4i I P. c. 3i 18 3o I P. f.
- Saturne est inobservable. Voici les éléments de l’an-
- neau à la date du i3 décembre :
- Grand axe extérieur........................ 34",48
- Petit axe extérieur . . ............ 14",5a
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ -f-240 54/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .................................. . . +240 26'
- Uranus est visible dès l’arrivée de la nuit. Pour le trouver, on utilisera la petite carte de son mouvement que nous avons donnée au « Bulletin astronomique du n° 2725. Uranus^présente l’éclat d’une étoile de 6° gran-_deur. On peut le suivre avec une simple jumelle.
- Uranus sera en quadrature orientale avec le Soleil le 18 décembre, à 7h.
- Neptune est à présent bien placé pour être observé, se levant, pendant le mois, vers 2ih ou 20h. On le trouvera facilement en s’aidant de la petite carte publiée au dernier « Bulletin astronomique ». Avec une bonne lunette (om,095 ou ora,io8) on peut voir à Neptune un petit disque bleuâtre de 2" environ de diamètre.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 23h, Mercure, en conj Le 4» à 7h, Saturne, —*
- Le 5, à i2h, Vénus, —
- Le 10, à 71*, Jupiter, —
- Le 12, à i4\ Uranus, —
- Le i5, à 4\ Mercure, —
- Le i5, à 811, Mars, —
- Le 23, à 22h, Neptune, —
- Le3i,à 2211, Saturne, —
- avec la Lune, à o° 57' S‘
- — la Lune, à i°22'S.
- — la Lune, à 20 3' S.
- — la Lune, à2°5i' S.
- — la Lune, à 4°45,N
- — la Lune, à o° 18'N
- — la Lune, à 6° 12'N
- la Lune, à 3° 44 ^ S
- — la Lune, à i° 9' S
- Etoiles filantes. — Pendant le mois de décembre, on pourra observer un certain nombre de météores. Voici, d’après M. W.-F. Denning, les radiants actifs pendant ce mois :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Déc. ie r 43°
- — Ie r au 10 1170
- — 6 8o°
- — 6 au i3 149°
- — 9 au 12 1070
- — 18 au 12 i3o°
- —56° ri Persée.
- -j- 32° a-p Gémeaux.
- -f- 23° ç Taureau.
- + 4i° P. IX-254.
- -j- 33° a Gémeaux.
- -j- 46° t Grande Ourset
- Etoiles variables. — Minima de l'étoile variable Algol (P Persée) : en décembre : le Ier, à ih 4m ; le 3, à 2ih 53“ ; le 6, à i8h4am; le 18, à 5h58“; le 21, à 2h47m; le 23, à 23" 37™; le 26, à 20h 26“ ; le 29, à i7h i5m.
- Etoile Polaire. — Ci-dessous, on trouvera les heures du passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Temps légal, à midi moyen de Paris.
- Déc. 7
- — 17
- — 27 Janv. i‘n'
- Supérieur
- iok 23“ 9* i9h 43m 41*
- i9h 4“ i2‘ i8h 44m 28“
- 17" i“58',4 1711 41“ 23s,9 i8b 2om 4g*,5 i8h 36m 35s,8
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste le Ier décembre à ai\ ou le i5 à 20h.
- Au Zénith : Persée (Algol, amas) ; Andromède (M. 31, Y) ; Cassiopée (rg t, tp, 0).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, iz, y) ; Céphée (3, g, g, p) ; le Dragon (0, 40, s, g) ; la Grande Ourse
- (S, G G 23 h, o).
- A l’Est : Le Cocher (a, 14, 4 w) J Ie Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, p, 3, x, M. 35) ; le Petit Chien (Pro-cyon) ; le Taureau (a, v, x> Pléiades); Orion (0, M, 42, G P, t, 0*).
- Au Sud : Le Bélier; les Poissons (a, Ç, 35); la Baleine (Mira, y, 66, 37) ; l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : Le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase (85, 3, tc); le Cygne (0, 61, 5).
- Au Nord-Ouest : La Lyre (Véga).
- Em. Touchet.
- “-0<
- £80
- VARIETES
- a&>
- LES VARIATIONS DE L’HIVER ET DE L’ÉTÉ DANS LA RÉGION DE PARIS
- DEPUIS LE MILIEU DU XVIII" SIÈCLE
- Ayant utilisé le travail de M. Renouf1), sur les observations de la température moyenne de l’air, faites dans la région parisienne depuis 1757, continuées depuis 1874 jusqu’à nos jours par la série de celles faites à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, j’ai pu établir le tableau et le graphique ci-dessous, donnant par périodes décennales : i° la moyenne des trois mois composant l’hiver
- 1. Étude sur le climat de Paris (Température, 3e partie). Annales du B. Ç. M., 1887.
- météorologique (décembre, janvier, février) ; 20 celle des trois mois composant l’été météorologique (juin, juillet, août). Pour toute cette longue série, la moyenne de Phiver est 2°,8 et celle de l’été i7°,6.'
- Les hivers ont trois minima bien accentués, vers 1780, 1840, 1890, séparés par des maxima aplatis et nous sommes précisément, en ce moment, dans la partie ascendante d’un maximum bien plus élevé que les autres ; cette observation, déjà faite du reste par M. Bra^«
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- fgf VARIÉTÉS
- ipg,
- 4»>X
- zier, directeur de l’Observatoire du Parc Saint-Maur, a fait l’objet par ce dernier, d’une intéressante communi-
- cation en la séance de la Société Météorologique de France, du 14 avril 1926. Les étés offrent des minima moins accusés vers 1790. 1810, i85o, 1880, 1910 et
- paraissent avoir été plus chauds dès le début de la série, c’est-à-dire dans les vingt premières années, de 1757 à 1776, en passant par un maximum relativement très élevé.
- Périodes.
- 1757-1766. 1767-1776. i777-i786.
- 1787-1796 -
- 1797-1806. 1807-1816. 1817-1826, 1827-1836. 1837-18.46. 1847-1856. 1857-1866. 1867-1876. 1877-1886. 1887-1896. 1897-1906.
- i9°7-ï9i6.
- 1917-1926.
- Moyennes.
- Hiver.
- 2°,4
- 3°,3
- in,8
- 2,5
- 2°, 4 2°, O
- 2°. 7
- 2°, 7
- 3°, 1 3°, 1 i°,9
- 3°,7 4°, 0
- 4°, 2
- 2°, 8
- Eté.
- I9°-
- 19°,
- 1 7°j6
- 170.1
- 170.2
- i6°,8
- 170,6 i7°,7
- i7°,3
- o
- 170,6 I7°>7
- I7°,2
- i7°,3 i8°,o I7°>o 170,3
- i7°,6
- E. Roger,
- Membre de la Société Météorologicpio.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- EST-IL UN ANTIDOTE DE
- L’acide cyanhydrique ou prussique (acide du bleu de Prusse) est considéré comme un des poisons les plus violents, soit qu’on l’ingère ou qu’on le respire.
- On sait que le chimiste suédois Scheele mourut brusquement d’en avoir inspiré quelques bouffées, pendant qu’il étudiait ce gaz.
- On connaît beaucoup d’empoisonnements involontaires par l’eau de laurier-cerise qui renferme 5 centigr. d’acide cyanhydrique par xoo gr. de distillât et par les cyanures employés dans l’industrie, notamment pour la dorure et l’argenture.
- Les cyanures ont servi maintes fois à des suicides, parfois aussi à des empoisonnements criminels.
- Depuis peu, l’acide cyanhydrique gazeux est préconisé et employé en agriculture pour la désinsectisation des arbres et à bord des navires pour la dératisation.
- La mort par l’acide cyanhydrique est tellement fou--droyante qu’on n’y connaît encore aucun remède.
- Cependant, M. le Dr H. Violle, professeur à la Faculté de Médecine de Marseille, qui suit dans ce port les opérations de désinfection des navires et a vu ainsi divers accidents, vient de signaler à l’Académie de Médecine les premières expériences qu’il a pu faire sur des animaux, des lapins notamment, et qui tendent à indiquer un moyen possible de neutraliser in vivo ce gaz.
- Déjà, en 1921, M. Perrier, pharmacien, avait reconnu qu’une solution de cyanure, mise en contact avec une grande quantité de glucose, perd rapidement et complètement sa toxicité et il avait proposé le glucose comme antidote de l’acide cyanhydrique.
- M. Violle injecte à un lapin une solution de glucose à 10 pour ioo par voie intraveineuse, ou l’introduit par les voies digestives ; cet animal peut alors résister à un séjour prolongé dans une atmosphère contenant jusqu’à 2 gr. d’acide cyanhydrique par mètre cube.
- Il y a là l’indication d’un moyen de protection qu’il reste à mettre au point pour qu’il soit utilisable dans la pratique.
- Dès maintenant, ces recherches interviennent dans l’interprétation d’un problème historique récent et célèbre, l’assassinat de Raspoutine. C’est ce que M. L. de Saint-Rat vient de montrer dans un intéressant article de la Presse Médicale.
- On se souvient des circonstances de la mort de cet homme. M. de Saint-Rat les rappelle, d’après le récit
- L’ACIDE CYANHYDRIQUE ?
- d'un des principaux acteurs, Pourichkévitch : « Le 16 décembre 1916, Raspoutine, le favori de l’impératrice, a accepté l’invitation du jeune prince Félix Yous-soupof. Le complot a été minutieusement préparé : on a mélangé du cyanure de potassium à du vin de Porto, et des gâteaux ont été garnis avec de la crème rose cya-nurée. Le prince bavarde familièrement avec son invité ; Raspoutine boit successivement deux verres de vin cyanuré, mange des gâteaux à la crème rose, sans que le poison manifeste son effet. On sait de quelle façon se termine le drame; l’empoisonnement ayant échoué, le prince et ses complices massacrent le staretz à coups de revolver et de matraque. »
- On a voulu voir, dans ce drame, une résistance extraordinaire et même surnaturelle du favori de la cour de Russie aux poisons. On a rappelé à son sujet l’histoire de Mithridate. M. de Saint-Rat suggère une explication plus rationnelle et physiologique. Le vin et les gâteaux avaient été préparés quelques heures d’avance. Or, le vin de Porto est riche en sucre; il peut donc décomposer rapidement le cyanure. M. de Saint-Rat s’est assuré qu’nn vin de Porto titrant 190 et contenant 85 gr. par litre de sucre réducteur agit par son alcool et son sucre : dans une expérience, 5o pour 100 du cyanure disparurent en 20 minutes; dans une autre, 70 pour 100 furent détruits en 2 h. 1/2.
- La crème rose des gâteaux était faite de beurre, œufs, lait, sucre cristallisé, jus de citron, farine, matière colorante rose. « Dans cette préparation, dit M. de Saint-Rat, c’est le lait qui apporte le sucre réducteur (lactose) nécessaire à la destruction du poison. De plus, nous pouvons admettre que, par l’acidité du jus de citron, une petite quantité de saccharose est hydrolysée, fournissant du sucre interverti, capable lui aussi de " fixer le cyanure. »*
- Il était donc normal que la destruction du cyanure se produisît avec une égale facilité dans la crème et dans le vin ».
- Et voilà comment une recherche dont on peut attendre beaucoup pour l’avenir détruit en même Aemps une légende qui risquait d’entourer de mystère un des dramatiques événements de la Russie d’il y a dix ans.
- Le prince Youssoupof et ses amis avaient préparé des poisons instables, à peu près inoffensifs, quand ils les servirent à celui qu’ils considéraient comme le mauvais génie de leur pays. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de Là Na.tUF© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement II est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. A. Maitre, à Arles. — i‘Vous devez pouvoir trouver du goudron de cèdre au Comptoir de fourniture générale des Goudrons qui tient des goudrons de toutes provenances. Adresse : 3, boulevard Morland. Pour le détail, s’adresser à la Pharmacie Vigier, boulevard Bonne-Nouvelle.
- 2° Le soufre colloïdal se prépare habituellement par mélange d’un sulfure alcalin et d’acide sulfureux en présence d’albumine; on peut également l’obtenir en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une solution aqueuse d’acide sulfureux, il se forme en abondance des flocons qu’on laisse se sédimenter, puis que l’on met en suspension dans l’eau distillée, par dialyse on élimine les dernières traces d’acide que le soufre peut encore contenir. Le soufre colloïdal ainsi obtenu est une poudre grisâtre donnant des pseudo-solutions jaunâtres, opaques, diohroïques que l’on utilise en injections hypodermiques ou par la voie stomacale.
- M. M , Doubs. — La pommade incriminée ne doit pas être à base d'oxyde de zinc ; si au lessivage elle a donné naissance à des taches noires, nous croyons plutôt qu’il s’agit d’une pommade au calomel (protochlorure de mercure) ou d’une pommade à l’acétate de plomb, l’un et l’autre de ces métaux étant susceptibles de donner en présence du soufre des matières albuminoïdes, des sulfures noirs. Il vous sera facile, en consultant l’étiquette portée par le pot, de relever le numéro du registre d’ordonnance et de vous assurer chez votre pharmacien du bien-fondé de nos prévisions. Dans l’un ou l’autre cas, il conviendrait pour faire disparaître les taches de terminer d’abord le nettoyage comme d habitude au savon et à la brosse, puis après rinçage de traiter par l’eau oxygénée qui transformera les sulfures en sulfates incolores.
- M. de Otero, à Rio-de-Janeiro. — La réparation de l'émail des baignoires est une opération délicate qui demande quelque expérience pour être menée à bien.
- On. commence par fondre :
- Débris de cristal pulvérisé . 125 gr.
- Carbonate de soude .... 20 —
- Acide borique. ...... 12 —
- Bioxyde d’étain................. 12 —
- On pulvérise à nouveau l'ensemble et mélange intimement, puis on délaye la poudre dans un peu de silicate de soude de manière à former une pâte que l’on applique à l’endroit voulu. Laisser bien sécher et amener à fusion sur place au moyen d’une lampe à souder genre Paquelin. Ne pas chauffer trop fortement pour ne pas faire craquer l’émail avoisinant.
- N. B. — Il est bon de se faire la main par quelques essais préalables sur une vieille casserole émaillée hors d’usage avant d’entreprendre la réparation définitive.
- M. Francotte, à Bruxelles. — Plusieurs solutions peuvent être adoptées suivant le cas pour obtenir une couche conductrice à la surf ace d’un tube de verve.
- ie Coller sur le tube au moyen du silicate de soude ou du silicate de potasse une bande de papier d’étain, tel que celui qui servait autrefois à envelopper le chocolat, papier qui plus souple que le papier actuel d’aluminium, épouse plus facilement la courbure du tube sans résister.
- 20 Délayer dans l’un des silicates précédents de la poudre d’aluminium et tracer avec la mixture, en se servant d’un pinceau, un trait plus ou moins fin suivant besoin.
- 3° Dépolir la surface du verre en frottant avec de la toile émeri, puis tracer un trait de largeur convenable avec un crayon de graphite. Ce dernier procédé permet en particulier une grande délicatesse d’exécution.
- Dans les trois cas, on protège ensuite le trait conducteur en le recouvrant d’un vernis à l’alcool, sauf les extrémités qui restent libres pour les connexions.
- M. Bouisson, à Marseille. — 1° Vous pouvez prendre comme type de cirage crème, noir, à l’essence, la formule suivante :
- Cire de Carnauba, . . 8 grammes.
- Cérésine 10 —
- Noir de fumée .... I —
- Stéarate de nigrosine . . I —
- Essence de térébenthine 80 —
- La limonade gazeuse du commerce est préparée
- avec :
- Sirop de citron............. 80 grammes.
- Eau de Seltz.............. 1000 cm3.
- Normalement l’eau de Seltz doit être chargée d’acide carbonique à la pression de 7 atmosphères.
- On prépare de même les limonades à l’orange, à la groseille, à la framboise, etc., en remplaçant le sirop de citron par les sirops correspondants.
- Le sirop de citron est lui-même composé de :
- Acide citrique.......... 10 grammes.
- Eau distillée........... 40 —
- Sirop de sucre simple . . g5o —
- Alcoolature de citron. . . i5 —
- N. B. — On peut substituer à l’alcoolature deux ou trois gouttes d’essence de citron.
- 3° L’addition d’une solution saturée d’alun, au badigeon au lait de chaux, a pour but de libérer de l’alumine d’après la réaction suivante :
- Al2 (SO4)3 + 3 [Ca (OH)*] = 3-Ca SO* + Al2 (OH)3 Le sulfate de chaux formé (plâtre) durcit et englobe l’alumine en donnant un revêtement solide et glacé au lieu d’une poussière peu adhérente de chaux et carbonate de chaux.
- P. B., à Saint-Léger Vauban. — i° Les papiers hygrométriques qui changent de couleur suivant l’état de saturation de l’air se préparént facilement par trempage de papier blanc un peu fort, papier à dessin par exemple, dans une solution chaude composée de :
- Gélatine blanche........ 5 grammes.
- Eau distillée.............. 100 —
- Chlorure de cobalt. ... 1 —
- Laisser gonfler la gélatine dans l’eau pendant 12 heures, liquéfier au bain-marie, ajouter en dernier lieu le chlorure de cobalt.
- 20 Le liquide contenu dans le baroscope ou sturm-glass est constitué de la façon suivante :
- Alcool à 8o°............ 80 grammes.
- Nitrate de potasse .... 6 —
- Sel ammoniac ...... 6
- Camphre ........ 6 —
- Eau distillée...............200 —
- D’après les observations poursuivies pendant plus de deux années par M. Grellois, ainsi que par M. Poêy, le sturm-glass nè posséderait aucune propriété pour la prévision du temps, car ce sont les variations de température, beaucoup plus que les variations de pression, qui ont une influence sur l’abondance et l’aspect des cristaux qui se forment dans le liquide. Cet instrument constitue plutôt une curiosité qu’un appareil réellement utile et il est préférable de s’en tenir aux auxiliaires habituels, girouette, baromètre, thermomètre et psy-chromètre.
- M. Huart, à Yitry. — Pour enlever les taches d’encre sur les étoffes teintes, il faut se servir d’un tampon de coton imprégné d’une solution saturée de pyrophosphate de soude et ne pas se décourager si l’effet se fait quelque peu attendre, ce sel est évidemment beaucoup moins actif que les hydrosulfites ou les hypochlorites, mais on ne risque pas d’altérer le fond.
- M. de La Mahotière, à Paris. — Le nettoyage des statuettes de marbre ne nécessite pas de produits spéciaux, il suffit de les plonger dans l’eau tiède savonneuse additionnée de 5 pour 100 environ de carbonate de soude (cristaux du commerce); on brosse dans ce liquide de façon à dégager la poussière logée dans les anfractuosités, puis on rince à l’eau claire. Dans le cas de marbres blancs on peut avant rinçage laisser les statuettes pendant quelques heures dans un bain tiède contenant une cuillerée à bouche d’eau de Javel par litre d’eau.
- M. Bardey, à Lyon. — Sous le nom de naplite, on désigne généralement les fractions du pétrole brut qui distillent en dessous de i5o° C.
- L’essence brute telle qu’on l’obtient lors de la première distillation du pétrole brut renferme d’ordinaire des quantités considérables de produits entraînés bouil-
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- lants au-dessus de i5o°C. et dont on doit le débarrasser par redistillation.
- La limite supérieure de i5o° n’est pas toujours rigoureusement observée dans toutes les fabriques et le point supérieur d’ébullition des produits commerciaux varie beaucoup suivant leur origine.
- La rectification est en réalité une distillation fractionnée dans laquelle on cesse de recueillir les produits qui distillent lorsque le thermomètre marque i5o° G., on se sert pour cette opération, suivant l’importance de l’appareil, soit d’un tube à boules avec rétrogradation type Lebel et Henninger, soit d’un appareil en cuivre à plateaux analogue à celui servant à la rectification de l’alcool.
- Le naphte rectifié ne doit laisser aucun résidu lorsqu’on l’évapore sur un verre de montre au bain-marie
- faiblement chauffé. Evaporé sur un papier, celui-ci ne doit présenter aucune tache graisseuse. Si ces deux essais fournissent un résultat négatif, on peut conclure à l’absence d’huiles lourdes.
- M. le Dr Peix, à Chulumani. — Le procédé que vous nous avez soumis nous paraît effectivement le plus pratique pour extraire sur place la majeure partie des principes actifs du quinquina, mais, bien entendu, il faudra se contenter d'un rendement moyen, ne pouvant se comparer à celui de laboratoire. Vous trouverez ensuite facilement des acquéreurs du cinchonate de chaux brut dont le prix dépendra évidemment de la teneur en alcaloïdes.
- M. le Dl Lucas, à Rennes. — Nous avons répondu à votre demande dans le n" 2738, Boîte aux Lettres, page io3.
- BIBLIOGRAPHIE
- Constitution et organisation modernes des vergers de pêchers, par Deumié. i broch. in-8, 48 p., 10 fig. Librairie spéciale agricole, Paris. Prix : 5 fr. 40.
- Les plantations de pêchers prennent dans les régions du Sud-Ouest, du Sud-Est et du Midi une extension considérable. Les résultats obtenus sont des plus intéressants et les bénéfices laissés par les vergers rationnellement établis et conduits sont bien faits pour encourager les planteurs. Mais un certain nombre de parasites dont la cloque et le puceron vert, les deux plus grands ennemis du pêcher, doivent être harcelés sans merci par les moyens appropriés. Pour faciliter la lutte, il est nécessaire de conduire les pêchers suivant une méthode spéciale sur laquelle M. Deumié, le réputé professeur d’arboriculture de Toulouse, appelle l’attention des arboriculteurs.
- Gum Arabie, with spécial reference to its production in the Sudan, par H. S. Blunt. i vol. in-4, 47 P-> fig-Oxford University Press ; Humphrey Milford, London. Prix : relié 10 sh. 6 d.
- L’auteur qui a passé cinq ans au Soudan décrit les caractères de la gomme, l'histoire de son commerce, l’arbre (Acacia verek) qui la produit, la région de culture, les modes d’exploitation, les marchés, les transports. C’est une monographie très complète, vécue, exacte, un bon document.
- V Engraissement des Volailles, par Alin Caillas, 1 broch. in-8, 14 p.. 2 ‘fig., fasc. 12 de « Toute la basse-cour ». Librairie spéciale agricole, Paris. Prix *, 1 fr. 5o.
- Indications pour le choix des sujets d’engraissement et des races françaises à préférer.
- A marée basse. Animaux et Plantes du Littoral, par P.-H. Fritel et Ri Charpiat. i vol. in-16, g5 p., 162 fig. Delagrave, Paris. Prix : 7 francs (-f- 40 p. 100).
- Manuel, de format de poche, permettant de reconnaître facilement les animaux et végétaux qui se rencontrent communément sur nos plages. Les. auteurs énumèrent les quelques instruments utiles au naturaliste et reproduisent les signaux de marée qu’il est bon de connaître.
- Bird Study in India, par M. R, N. Holmer. 2e édition. 1 vol. in-12, 148 p., 14 pL en noir et en couleurs. Oxford University Press; Humphrey Milford, Londres; American University Press. Prix : relié 4 sh. 6d.
- Excellent petit livre, écrit d’une manière vivante et familière, qui donne sur les oiseaux de l’Inde, rencontrés dans les plaines, sur le bord de l’eau, au-dessus des collipes, les caractéristiques servant à les reconnaître, des observations sur leurs moeurs, leurs habitats. Des appendices facilitent la classification. C’est à la fois un guide pour le voyageur, un recueil de références pour le touriste, un ensemble de notations précieuses pour l’ornithologiste.
- Précis d’anatomie pathologique, par G. IIerrmann et C. Morel. 2e édition revue et corrigée par le Dr Morel. 1 vol. in-8, 811 p., 8 pl. en noir et en couleurs, 342 fig. Gaston Doin, Paris. Prix : 66 francs.
- Tenant compte de_s tendances nouvelles, qui, à très juste titre d’ailleurs, orientent l’Anatomie pathologique vers les applications cliniques, l’auteur a profondément remanié ce Précis. Des planches en couleurs et de nombreuses figures, dont certaines sont la réduction des belles gravures de Cruveilhier et de Lebert, accompagnent le texte. D’autre part, des microphotographies tiennent une large part parmi les illustrations originales; reproduisant fidèlement l’aspect des coupes, elles corrigent ce que le dessin peut avoir de trop schématique et acheminent le lecteur vers 1 interprétation directe des préparations microscopiques.
- Le Précis se divise en deux parties. La première est consacrée aux phénomènes généraux : altérations régressives et modifications des cellules et des tissus; effets des troubles de la circulation, inflammation, tumeurs. La deuxième traite des phénomènes spéciaux aux divers tissus en rapport avec les différentes maladies. Le tout forme un manuel très complet et très clair de toutes les lésions connues.
- Les tempéraments. Essai de synthèse, par le Dr Léon Mac-Auliffé. i vol. in-16, 291 p., 39 fig. Collection « La Pensée contemporaine ». La Nouvelle Revue française, Paris. Prix : i3 fr. 5o.
- L’auteur, s’appuyant sur les travaux morphologiques récents, définit les tempéraments et essaie de les classer. Il distingue dans la forme humaine quatre types : respiratoire, digestif, musculaire, cérébral, sépare des types francs, primitifs, plats, ronds. Physiologiquement, il isole des tempéraments endocri-_ niens, sympathicotoniques et vagotoniques. De nombreuses figures montrent les caractéristiques de chacun d’eux. Cet effort de classification aboutit à une connaissance des capacités diverses de chaque homme. En terminant, le Dr Mac-Auliffe montre l’importance de celle-ci. Il dit : « L’étude du tempérament montre vers quoi l’on penche. Elle permet de s’élever jusqu’au concept de prophylaxie, de thérapeutique individuelle et d’appliquer à chaque personne, en connaissance de cause, les innombrables moyens mis à notre disposition par l’hygiène et la médecine modernes. Elle remplit, en dernière analyse, l'un des buts principaux du praticien instruit, qui n’est pas seulement la guérison des maladies, mais la prolongation de la vie, l’augmentation de durée de la jeunesse, l’accroissement de la résistance individuelle. Dans une certaine mesure elle permet enfin de combattre les lois de fer de l’hérédité, et la connaissance des divers tempéraments affectés par l’enfant depuis sa naissance peut éviter bien des erreurs éducatives. Chaque âge a ses capacités. »
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- LA NATURE
- Supplément,
- N° 2744
- 6 Novembre 1926
- wso
- INFORMATIONS
- CST
- Un moteur à explosion marchant avec un combustible solide. — Le Bureau of Chemistry des Etats-Unis d’Amérique est entrain d’étudier la cause des explosions de poussières dans les installations industrielles et de développer les moyens de contrôle et de protection nécessaires.
- Il est généralement reconnu qu’un des problèmes principaux dans la manutention des grains est une question de disposition et de récupération.
- Le B. O. C. a eu l’idée d'utiliser la puissance mise en œuvre dans l’explosion des silos de grain, cette puissance est formidable comme le démontra en 1925 l’explosion d’un silo de 36o.ooo hl. qui fut complètement détruit.
- Dans ce but le B. O. C. a établi un petit appareil destiné à étudier les modalités des explosions de nuages de poussières, il se compose d’une chambre de om8oXom/(OXomi)0 qui a l’aspect extérieur d’un silo à grain, une pompe à air à main maintient la poussière à étudier en suspension dans l’air, un dispositif permet de faire éclater une étincelle à l’intérieur de la chambre.
- On a pu déterminer, pour des poussières données, la teneur à partir de laquelle elles produisent une explosion.
- Ces résultats permirent au chimiste du B. O. C. de mettre sur pied une application de la puissance d’explosion de la poussière de farine aux moteurs d’automobile. Pour cela on utilisa un moteur Ford à 4 cylindres, le carburateur fut enlevé et l’on mit l’admission du moteur en communication avec l’interieur d'une chambre où un violent courant d’air créé par un ventilateur mettait la farine en suspension dans l’air, un clapet de retenue était interposé entre l’admission et la chambre à poussière en vue d’éviter un retour de flamme. Le freinage du moteur était réalisé par une dynamo débitant sur rhéostat.
- A la suite de quelques essais, on reconnut qu’une grande quantité de la poussière introduite par l’aspiration n’était pas brûlée et se déposait dans la culasse des cylindres et sur les fonds des pistons ; cela provenait, d’une part, des pertes de charges subies par le mélange et de la compression qui créait un contre courant, toute cette poussière obturait peu à peu la chambre de combustion. De plus l’étincelle donnée parla magnéto n’était pas assez chaude.
- Le moteur fut alors modifié comme suit : la chambre de combustion des cylindres fut prolongée par un tube en acier de 6 pouces fermé à sa partie supérieure par une plaque d’acier portant un regard constitué par une glace armée de*5/i6 de pouce. La bougie était prolongée à l’intérieur de la chambre de combustion afin que l’étincelle se produise bien au milieu de la masse de poussière. L’étincelle électrique d’abord produite par une magnéto Bosch couplée avec une bobine de i pouce i /a et une batterie de 8 éléments secs fut produite par un distributeur Ford ordinaire branché sur le courant du secteur (iio v) avec 3 lampes montées en série. L’alimentation fut simplifiée, on se contenta de produire à la main le nuage de poussière directement devant l’admission du moteur.
- Les essais furent alors repris, et le moteur marcha d une façon satisfaisante pendant quelques minutes, quand une explosion plus forte que les autres fit éclater la glace des regards.
- Cependant les résultats concluants de ces premiers essais ont encouragé les ingénieurs du B. O. C. qui étudient un nouveau matériel.
- Les automobiles en France en 1925. — La statistique des automobiles révèle l’existence en France, en 1925, de 778 807 véhicules automobiles qui se répartissent comme suit :
- 45s 829 voitures de tourisme (352 458 en 1925).
- 244875 camions ou camionnettes (200 8g5).
- 20722 automobiles assujetties (18890) à un tarif de transport arrêté par une autorité publique.
- 2 880 autobus et camions assurant (2693) un service public concédé.
- 29 53o cycle-cars (27402).
- 20 273 side-cars (20 84G).
- 2 698 bateaux automobiles (2280) de plaisance.
- Sont particulièrement remarquables les augmentations de nombre de voitures de tourisme (100371) et de camions (43 980).
- Notons aussi que la puissance totale des moteurs de ces véhicules, calculée pour l’impôt, se monte à 7 316670 chevaux-vapeur, et que les impôts payés de ce fait en 1925 se sont élevés à 313 667 36t francs.
- Dans le département de la Seine, on comptait 82 i56 voitures de touristes, 34 763 camions, 16 440 taxis, 1010 autobus publics, 5229 cycle-cars, 5771 side-cars, 88 bateaux automobiles de plaisance.
- La prise dit ciment aux basses températures, — L’emploi du chlorure de calcium. — Les mortiers de ciment cessent de faire prise lorsque la température ambiante est trop basse. Leur résistance s’affaiblit et devient même à peu près nulle. Aussi lorsqu’il commence à geler, on voit suspendre tous les travaux où le ciment entre en jeu. C’est la source de fâcheux contre-temps, parfois même d accidents. On sait depuis longtemps que le chlorure de calcium permet de combattre cette influence nocive du froid et l’on trouve dans le commerce divers produits à cet usage, qui tous sont des solutions plus ou moins concentrées, de chlorure de calcium.
- L’ « Union technique du Bâtiment et des Travaux Publics » a entrepris des recherches méthodiques sur cette action du chlorure de calcium. M. Anstett en rend compte dans la Revue Bâtiment et Travaux Publics.
- Il en résulte que le chlorure de calcium en solution concentrée (de l’ordre de 100 à 400 grammes par litre) accélère la prise de tous les ciments, mais surtout du ciment fondu, du Holderbank et du Portland normal.
- Des essais ont été faits notamment avec une solution contenant 382 grammes de chlorure par litre, les échantillons étaient gâchés avec un mélange de 1 partie d’eau et 2 parties de la solution à la température de i5°, l’addition de chlorure de calcium nuit à la solidité du mortier; par contre, aux basses températures, à —20°, son action est nettement favorable. Toutefois pour le ciment fondu, la résistance du mortier est nettement inférieure à celle d’un mortier faisant prise à la température normale. Pour les ciments Holderbank, Portland. de laitier, la résistance du mortier au chlorure faisant prise à basse température est du même ordre que celle du même mortier gâché à l’eau et faisant prise à la température ordinaire.
- Il resterait encore à savoir si la présence de chlorure dans le ciment n’entraîne pas à la longue, dans le cas du béton armé, la corrosion des armatures.
- Les mortiers au chlorure donnent lieu en tout cas à des efflorescences:
- La sécurité du Canal de Panama. — Le Canal de Panama est en fonctionnement depuis 11 ans et son trafic dépasse déjà celui de Suez. M. Fr. Mange, qui collabora aux travaux français, à l’époque de De Les-seps, publie dans la Géographie d’intéressants souvenirs historiques et des réflexions auxquelles son expérience confère une grande valeur. Il met notamment en relief le parfait fonctionnement actuel du canal ; les écluses, malgré des manœuvres multiples, n’ont donné lieu à aucun accident sérieux; les opérations d’ouverture et de fermeture s’exécutent avec rapidité, dans un silence absolu, sous la direction d’un seul homme qui commande, dans une guérite centrale aux échelles d’écluses, tous les leviers électriques. L’expj.oitation du canal, la circulation des convois sont excellemment organisés. L’alimentation en eau, le grand souci de tous les canaux à écluses, n’a donné lieu à aucune difficulté, grâce à la puissante réserve constituée par le lac de Chagres ; ce lac formant bief de partage a une superficie presque égale à celle du Léman. M. Mange rappelle que c’est un ingénieur français, M. de Lépinay, qui a eu le mérite de proposer le barrage du rio Chagres et de montrer les avantages assurés par la création de ce lac intérieur. Si l’on veut dans l’avenir améliorer la voie actuelle et en augmenter le mouillage, il suffira d’élever le plan d’eau, et de surélever, par des travaux faciles, les crêtes des barrages et des maçonneries des
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- INFORMATIONS
- écluses et des portes. Le tirant d’eau, qui est actuellement de i3 m., au plus bas niveau du lac, pourrait être ainsi porté à i5 mètres.
- On a beaucoup redouté, pour la sécurité de la navigation dans le canal, les éboulements de la célèbre tranchée de la Culebra. M. Mange, sans sous-estimer ce danger, ne le juge cependant pas extrêmement grave. Des dragages en auront toujours raison.
- Mais il existe, pour le canal, un danger beaucoup plus grave ; c’est la menace des eaux s’écoulant, en novembre et décembre de chaque année, à des dizaines de mètres au-dessus du niveau du canal et dont une partie, tombant des talus de la grande tranchée, causeraient des dégâts terribles en une année exceptionnelle où le lac, lui aussi vaincu par les crues, déborderait, entraînant la ruine des déversoirs, des écluses, des chenaux à l’aval. Ce danger s’est révélé en octobre et novembre 1923 lorsque des pluies diluviennes exceptionnelles, simultanées sur toute l’étendue du bassin du Chagres ont amené dans le lac jusqu’à 85oo m3 par seconde, heureusement pour très peu de temps, ce qui a permis de tenir le coup. La navigation a été interrompue pendant 48 heures. Il a été organisé un bon système de protection, au moyen de stations pluviométriques et de jaugeage réparties sur l’ensemble des bassins qui alimentent le canal, à différentes hauteurs ainsi qu’en certains points caractéristiques des rivières. Ces stations sont reliées télégraphiquement entre elles et avec les préposés aux écluses et aux déversoirs pour permettre la manœuvre immédiate des vannes. Mais il peut arriver, et ce fut le cas en 1923, que la tempête démolisse les lignes; alors l’homme reste ignorant sur les mesures à prendre. Les installations créées répondent à un certain maximum de débit résultant des observations faites pendant les 10 ou 20 dernières années. Mais c’est là un laps de temps trop court et l’observation doit être prolongée bien au delà. M. Mange conseille d’étendre encore l’excellent service d’observations hydrométriques organisé par les Américains. Il signale également qu’un nouveau barrage est projeté sur le haut Chagres pour atténuer les crues et créer des ressources nouvelles en eaux d’alimentation du canal.
- Taupes minuscules. — Le Jardin Zoologique de Londres possède depuis quelque temps un certain nombre de ces mammifères, mais si petits que six peuvent au besoin nicher dans une boîte d’allumettes.
- Ces taupes pygmées qui excitent, on le devine, la plus vive curiosité, proviennent de l’Afrique du Sud ; elles paraissent, du moins jusqu’ici, parfaitement s’acclimater.
- Comme le fait remarquer le Journal des Voyages, l’Afrique se trouve être une fois de plus le pays des extrêmes. L’oiseau le plus petit, le colibri, en est originaire ainsi que le plus ^ros, l’autruche. Il en est de même pour le plus gros mammifère, l’éléphant, et le plus petit, la taupe pygmée.
- Le Bois de Boulogne, réserve zoologique. — Le
- Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation rend compte d’une conférence faite par M. le Dr Rochon-Duvigneaud à l’une de ses dernières séances sur ce sujet quelque peu inattendu.
- •M. Rochon-Duvigneaud a remarqué que tous les lacs de ce Bois, qui possèdent un ou plusieurs petits îlots inaccessibles au public, nourrissent des Poules d’eau et des Plongeons (Grèbe castagneux). Les lacs dépourvus d’îlots n’ont jamais que des Canards et des Cygnes. Il est donc bien facile de conserver au milieu de nous certains animaux' sauvages pourvu qu’on leur offre un petit asile inviolé. Il serait aisé de créer des îlots-réserves dans les lacs qui n’en possèdent point. En tout cas, une disposition de même ordre serait facile à réaliser au bout du grand lac du Bois de Boulogne, entre la pointe de l’île et la source chaude. Il existe là, dans le cul-de-sac du lac et à la pointe de l’île, des bordures de roseaux où ne nichent actuellement que quelques Canards exposés sans défense aux injures des canots qui ont malheureusement accès partout. Il suffirait de protéger ces bordures de roseaux par une ligne de piquets, ou tout autre dispositif, qui, sans empêcher la circulation des canots, les maintiendrait à une quinzaine de mètres. Les Oiseaux (Poules d’eau), se sentant en sûreté, viendraient nicher là et les bords du lac en deviendraient animés et embellis.
- Les Pygmées du Congo belge. — On sait que les forêts de l’Afrique centrale abritent une population, très mystérieuse encore, de Pygmées. C’est une race essentiellement différente de toutes celles qui peuplent l’Afrique et certains ethnographes voient en elles un vestige de populations très anciennes.
- M. Sauzey, dans la Géographie, expose comment au cours d’une traversée de l’Afrique centrale, de Mombassa à Matadi, il est entré en rapport avec une tribu de Pygmées; il donne d’intéressants détails sur ces êtres curieux.
- C’est au Congo belge, dans le district de l’Itouri, non loin de la région de Kilo célèbre par ses mines d’or, qu’a eu lieu cette rencontre.
- Un guide, détaché en avant de la caravane, avait reçu mission de la préparer, et d’apprivoiser les Pygmées en leur promettant du sel. A l’approche du voyageur blanc, un premier Pygmée, timide et craintif, prêt à prendre la fuite, apparaît en lisière de la grande brousse. « Nous lui donnons quelques tablettes de sel et lo miracle s’accomplit; sur la figure au nez écrasé vient s’épanouir un large rire. Le petit homme qui mesure à peine 1 m 20 est là, secoué d’une joie enfantine. Tout à coup, en quelques bonds, il disparaît. Quelques cris rauques retentissent dans les herbes hautes en lisière de bois et toute une famille de Pygmées fait son apparition à la suite du chef qui nous les amène triomphant. »
- La taille des Pygmées ne dépasse guère 1 m 3o. Leur teint n’est pas noir, mais olivâtre. Le grain de leur peau est plus fin que celui de leurs voisins, les indigènes du Haut Ouellé. Très grêles d’ossature, ils ont cependant une musculature puissante, donnant l’étrange impression d’enfants et d’hommes faits. Les boîtes crâniennes sont larges et très développées. Les arcades sourcilières sont proéminentes, les pommettes très saillantes, le nez est écrasé à sa naissance. Les maxillaires sont taillés en force, la bouche très marquée, les lèvres épaisses, les cheveux rares et crépus. Tous ont ce relâchement des muscles abdominaux qui porte leur ventre en avant. Ils ne sont vêtus que d’un léger pagne fait d’herbages tressés ou d’écorces d’arbres, battues et assouplies.
- Les Pygmées vivent par famille; le chef est en général le plus ancien de la tribu. Ils n’ont pas de résidence fixe. Ils se construisent hâtivement dans la forêt de minuscules maisons faites de branchages et d'herbes tressées : ils s’y entassent la nuit; à tour de rôle un d’entre eux monte la garde, lis sont armés d’arcs, de flèches le plus souvent empoisonnées et de larges coutelas. Ils sont extraordinairement habiles à l’arc. Chasseurs merveilleux, d’une adresse surprenante, ils suivent des pistes invisibles avec une science rare, traquant sans trêve le gibier auquel ils s’attaquent. En particulier, ils chassent l’éléphant ; plusieurs clans se réunissent pour cette chasse. Parmi le troupeau une bête est choisie : un chasseur se détache de la troupe et rampant dans les herbes s’approche de l’animal, lui plonge son large couteau dans le ventre et s’enfuit. Les petits chasseurs se mettent alors à la poursuite de l’animal blessé jusqu’à ce qu’il tombe à bout de force. Ils l'achèvent ensuite.
- Les Pygmées sont peu batailleurs, mais très vindicatifs ils ne pardonnent pas les affronts faits aux leurs, et leur adresse au tir à l’arc les fait redouter et respecter de leurs voisins, les indigènes de la plaine. Ils ne fusionnent pas avec les autres tribus et procèdent pour leurs échanges de la façon suivante : la viande abattue est déposée en lisière de la forêt près des villages des indigènes qui apportent en échange des bananes, des fruits, du manioc.
- Il y a encore des centaines de mille de Pygmées dans la grande forêt équatoriale. Ils ne se soumettent à aucun contrôle administratif et s’isolent dans leur indépendance, aussi y a-t-il peu d’espoir de les civiliser et de modifier leur mode de vie primitif et sauvage.
- La fabrication du béret basque. — Un mouvement très actif dans l’industrie du béret basque est signalé par L’Avenir textile (juillet 1926). L’exportation de cette coiffure s’accroît beaucoup, elle redevient à la mode, offrant il est vrai certains avantages comme de bien adhérer à la tête, de retenir les cheveux des dames en auto.
- L’industrie est localisée dans les Basses-Pyrénées, spécialement à Oloron-Sainte-Marie, où un certain nombre d’usines sont munies du personnel et des machines très spécialisés nécessaires.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- L'ÉVOLUTION DE L'INDUSTRIE RADIOELÉCTRIQUE FRANÇAISE ET SES RÉCENTS PERFECTIONNEMENTS
- Si la radio-diffusion n’a pas encore atteint en France un développement aussi grand que dans plusieurs autres nations européennes, ce retard est uniquement dû à des raisons financières et politiques, et non techniques.
- principes des postes de réception destinés aux usagers.
- Il est certes possible de remarquer de nombreuses variantes de construction dans ces appareils du com’
- Fig. i. — Trois modèles récents d’appareils américains neutrodynes.
- L’industrie radioélectrique française acquiert chaque jour, par contre, une importance de plus en plus grande, et prend rang désormais parmi les groupements économiques réguliers du pays.
- Après les essais d’une période de recherches pour une industrie naissante, les appareils de T. S. F. français sont maintenant presque toujours construits en série suivant des données soigneusement déterminées, et dans des ateliers fort bien agencés mécaniquement.
- Une seule visite au Salon de T. S. F. de 1926 aurait suffi, s’il en était besoin, à démontrer que l’industrie française de la T. S. F. n’avait rien à envier à ses rivales européennes, et c’est également en se basant surtout sur les appareils exposés à cette occasion que l’on peut essayer de déterminer les perfectionnements récents apportés à la fabrication des postes récepteurs de T. S. F. destinés aux « usagers », et l’évolution constatée dans cette fabrication.
- Un premier caractère extrêmement net des appareils
- de T. S. F. modernes est la simplicité de leur aspect extérieur. Tous les éléments du poste et même les lampes sont presque toujours renfermés désormais dans des boîtes en ébéniste-rie, avec plaquettes en ébonite ou en métal, qui. les protègent complètement.
- Seuls sont apparents les boutons de réglages, et encore ceux-ci sont-ils en petit nombre, d’où l’on peut conclure à première vue que le réglage de l’appareil est devenu fort peu complexe.
- Ce genre de construction était adopté depuis quelque temps déjà aux Etats-Unis (fig. 1) et il semble que ses nombreux avantages le feront également choisir exclusivement par les constructeurs français dans un délai très court, pour les postes fixes du moins. Nous en indiquerons, d’ailleurs, des exemples dans, le cours de cet article.
- Au point de vue technique proprement dit également, on peut constater une sorte d’uniformisation dans les
- merce, et les amateurs avertis utilisent toujours de très nombreux appareils d’essais, mais les pidncipes actuels qui déterminent la construction des appareils, iadus-
- ]’ig. 3. — Poste de réception « S. F. R. » à 2 étages de résonance neutrodynes.
- triels peuvent se ramener essentiellement à deux ou trois procédés différents.
- La lampe détectrice à réaction demeure toujours le poste le plus simple à régler et à construire (après le poste à galène évidemment!) mais son usage, même si elle est suivie d’étages d’amplification à basse fréquence
- Fig. — Appareil à 6 lampes « G. M. R. » à réglage unique des circuits de résonance.
- qui permettent la réception en haut-parleur, semble désormais réservé à des cas assez particuliers : réception des émissions sur ondes très courtes, réception des émissions locales, établissement de postes de réception très simples et portatifs (fig. 2).
- Etant donné le nombre de plus en plus grand des
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- émissions, un poste de réception doit non seulement être très simple, sensible et de réglage facile, mais il doit être aussi sélectif, c’est-à-dire permettre de recevoir
- Fig. 5. — Suporliétérodyiie portatif Radio LL. (L'appareil et tous ses accessoires : cadres, piles, aceuniula-1 leurs, 1 va ut-parleur, coffret.)
- l’émission que l’on désire entendre à l’exclusion de toutes les autres.
- Les appareils sélectifs actuels sont basés sur l’un de ces deux principes essentiels : la résonance, le changement de fréquence.
- Tous les appareils actuels de moyenne puissance
- Fig. f>. — Ultrahétérodyne « Yitus »
- (licence Radio LL).
- comportent donc au moins un étage d’amplification à haute fréquence à résonance ; cet étage à résonance peut, d’ailleurs, être quelquefois combiné avec un ou deux étages apériodiques dans les appareils sensibles (1 ). .
- Les appareils de ce genre sont évidemment réalisés sous la forme moderne décrite plus haut, et les cons-
- Fig. 7. — Appareil « Gaumont » à réglage semi-automatique.
- tructeurs se sont ingéniés à leur apporter des modifications de détail, par exemple dans l’agencement des cadrans de réglage, généralement montés à démultiplication avec quelquefois indications directes en longueurs d’onde (fig. 3 et 4),
- I. Yoir La Nature, n° 2612,
- Fig. 8. — Appareil de réception réalisé sous forme d’écritoire de type provençal. (P. A. R. M.)
- Les appareils à changement de fréquence, c’est-à-dire les différents modèles de superhétérodynes, demeurent toujours les dispositifs actuellement les plus sensibles,
- Fig. 0, — Le même poste en forme de bureau <c P. A- R, M,».
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- »!
- même pour les réceptions sur cadre, et aussi les plus sélectifs.
- Il existe maintenant des postes portatifs complets qui peuvent facilement être transportés en automobile et comportent tous les éléments nécessaires à leur fonc-
- Fig.
- Appareil « G. M. R. » à alimentation directe sur le courant alternatif.
- Fig. n. — Accu-pile « Tiidor ».
- tionnement, même un cadre pliant de volume réduit (fig. 5) permettant la réception des émissions radiophoniques à plus de 1000 km !
- Certains constructeurs ont employé des procédés de changement de fréquence différents et [ont monté leurs appareils suivant, le « genre américain » dans de somptueuses ébénisteries (fig. (5).
- Notons encore les efforts tentés par quelques fabricants pour restreindre r , au minimum le réglage
- ! des postes à résonance et le rendre en quelque sorte semi-automatique (%• 7/-
- Ces postes comportent généralement des condensateurs doubles qui permettent de régler plusieurs circuits à la fois, et sont neutrodynés, c’est-à-dire qu’ils sont pourvus d’un dispositif spécial de stabilisation empêchant les fâcheux « accrochages » spontanés qui se traduisent par des sifflements intempestifs dans les écouteurs ou le haut-parleur.
- Il faut noter également les efforts tentés pour réaliser des postes-meubles aussi bien adaptés que possible et, dans cel ordre d’idées, nombre d’appareils sont exécutés d’une façon extrêmement heureuse (fig. 8 et 9).
- Le problème de ^alimentation des postes sur le courant d’un secteur alternatif ou continu, qui a toujours fort intéressé les usagers de T. S. F., n’a cessé d’être étudié, et l’on peut trouver désormais des postes spéciaux donnant des résultats très satisfaisants (fig. 10).
- L’emploi des lampes de réception à faible consommation a permis , d’autre part, d’établir des boîtes d’alimentation qui s’adaptent sur un secteur d’éclairage électrique et permettent l’ali-mentation d’un poste quelconque sans piles ni accumulateurs.
- Le rendement d’un poste de réception dépend avant tout de la qualité de ses lampes ; récemment encore on ne pouvait se procurer en, France qu’un seul type de lampes à faible consommation (le plus employé), quel que soit le rôle auquel on les destinait : détection, amplification à haute fréquence, amplification à basse fréquence, oscillation.
- Les fabricants français ont compris cette regrettable erreur et l’on peut désormais utiliser des lampes
- Fig. 12. — Batterie d’accumulateurs insulfatables « Férv».
- détectrices spéciales : lampe « molle » et à filament anti-vibrateur, des lampes de puissance pour étages à basse fréquence, à faible résistance intérieure et faible coefficient d’amplification, et même de curieuses lampes doubles pour dernier étage d’amplificateur, sans parler
- F'ig. 14. — Condensateur square law à faible perte type « F. A. R »
- _. — Batterie de tension-plaque à blocs élémen-
- taires type « Hydra » avec étrier et bornes de connexion en a et b.
- de modèles. spéciaux pour haute fréquence pour les étages à résistances, par exemple, et.des lampes à deux grilles.
- L adoption des lampes à faible consommation, le perfectionnement des méthodes d’alimentation sur le secteur n a pas cependant amené la suppression complète de l’emploi des accummulateurs de chauffage, mais ce sont maintenant des modèles spéciaux que l’on emploie de préférence, " •
- éléments de faible capacité, mais très robustes, ne demandant que peu d’entretien et des recharges très espacées (fig. nj.
- Des modèles robustes et compacts de batteries de tension-plaque facilitent l’emploi de ce système d’alimentation, et l’apparition d’une nouvelle batterie pratiquement insuif atable semble appelée à modifier profondément les
- conceptions des amateurs à ce sujet (fig. 12).
- Les batteries de piles (généi'alement piles sèches au chlorure d’ammonium) ont également été très heureusement perfectionnées, les batteries de tension-plaque sont désormais établies en éléments séparés, ce qui facilite l’emploi de plusieurs tensions-plaque, procédé de plus en plus utile avec les postes superhétérodynes et les nouvelles lampes de puissance (fig. i3). Ce dispositif permet de régulariser l’usure des éléments et d’opérer un remplacement facile des éléments détériorés.
- De plus, des piles amorçables qui sont sensibilisées au moment de l’emploi peuvent être maintenues en réserve fort longtemps sans aucun inconvénient et rendront les plus grands services dans les colonies et même en province.
- Dès perfectionnements importants dans la fabrication des accessoires ont permis d’accompagner les perfectionnements essentiels des postes récepteurs et des dispositifs d’alimentation.
- Des condensateurs square-law, c’est-à-dire permettant de faire varier la longueur d’onde d’un circuit proportionnellement âu déplacement du egdrfin de^réglage,
- Fig. i5. — Bouton démultiplicateur « F. A. R. »
- ^ 149 pt-
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- fort bien isolés et à faibles pertes, munis de boutons démultiplicateurs ingénieux, facilitent le réglage surtout pour la réception des ondes éoürtes (fig. 14 et 115) ; des transformateurs à basse fréquence soigneusement bobinés et blindés permettent une audition plus forte en
- haut-parleur avec une pureté satisfaisante (lig. 16).
- Notons enfin, pour terminer, les efforts patients et continus des fabricants de haut-parleurs. Un modèle récent de ces appareils établi avec une armature vibrante multiple sans période propre de vibration présente la particularité fort intéressante et rare jusqu’ici de reproduire fidèlement les sons d'un piano, particularité appréciée, sans doute, des amateurs de musique (fig. 17).
- Nous reviendrons, d’ailleurs, prochainement sur les nouveautés les plus intéressantes de ce Salon, et décrirons, avant tout, les postes automatiques à réglage unique qui constituent une innovation particulièrement originale.
- Il est permis d’écrire que l’industrie radioélectrique
- française présente actuellement un caractère extrêmement satisfaisant ; par les perfectionnements techniques qu’elle a su apporter à sa fabrication, par la probité de son travail et par l’effort unanime de tous ceux qui concourent à cette fabrication complexe d’un poste de réception complet, elle a su acquérir désormais une place enviable en Europe.
- L’usager de la T.
- S. F. ne peut jouir encore en France d’une organisation de radiodiffusion aussi parfaite que dans d’autres pays, il a du moins à sa disposition dès maintenant des appareils de réception sensibles,simples, sélectifs, faciles à régler, d’une construction mécanique parfaite, dont tous les éléments sont soigneusement étudiés et qui lui permettront facilement non seulement de recevoir les émissions des postes français (encore préférables malgré tout à bien des étrangers), mais encore tous les radio-concerts européens et même américains. P. Hiîmaudinquer.
- Fig. 16. — Transformateur B F type laboratoire « F. A. R. ».
- Fig. 17. — Haut-parleur « Saldana » à armature sans vibration propre.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Formule pour trempe des outils. — Préparer la composition suivante :
- Résine ordinaire..............5oo gr.
- Huile de poisson..............a5o —
- Suif épuré.................. xa5 —
- Sur un feu doux, faire fondre la résine dans l’huile de poisson.
- D’autre part, faire fondre le suif et bien mélanger le tout.
- Faire chauffer l’outil au rouge brun, et ensuite, le tremper dans cette composition.
- Répéter l’opération deux ou trois fois, puis, faire chauffer à nouveau jusqu’au rouge brun et plonger l’outil dans l’eau. II. B.
- Affaiblisseur photographique à Fiodure de potassium. — Le Bulletin de la Société française de photographie reproduit une note parue dans la Photogra-phische Rundschau et donnant, d’après Lainer, la fqrmule suivante d’un bain affaiblisseur de clichés photographiques :
- Hyposulfite.....................s5o gr.
- Eau ............................ 1 litre
- Iodure de potassium. ... 10 gr.
- Ce bain agit avec une extrême lenteur, si bien qu’il suffit de surveiller le cliché seulement toutes les demi-
- heures. Un séjour de 6 heures dans ce bain suffit généralement pour enlever un voile marqué. La gélatine ne s’y altère pas, mais durcit un peu.
- Destruction des limaces. — Aux nombreux produits et procédés indiqués pour la destruction des limaces et des vers blancs, voici qu’il vient s’en ajouter un autre qui serait radical, si l’on en croit la discussion qui s’est engagée récemment à l’Académie d’Agriculture.
- Il consiste dans l’application d’environ i5 kg de sylvinite par are (i5o gr. par mètre carré) répandue bien uniformément à la surface au cours de l’hiver. Comme d’autre part, la sylvinite est un engrais qui, à ce titre, agira sur les récoltes, il y a donc tout avantage à l’utiliser.
- La question s’est posée de savoir si c’est par son chlorure de potassium ou par le chlorure de sodium qu’elle contient en quantité importante comme impureté, que la sylvinite agit sur les limaces. On s’est de même posé la question de savoir si ce produit éloigne les limaces et les fait fuir vers des lieux plus cléments, ou bien si elle les détruit sur place en les étouffant ou en les corrodant.
- On ne sait pas encore, mais peu importe; qu’elle les fasse disparaître de nos plates-bandes par un moyen ou par un autre, c’est parfait. En attendant, on peut toujours essayer comme dit l’autre.
- Mj
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L' abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natlir© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Renseignements. — Planchettes en moelle d’agave. — L’un de nos abonnés, M. Maranne, pharmacien, nous signale que la maison Dej-rolle, 46, rue du Bac, Paiùs,
- fournit de ces planchettes pour servir d’étaloirs à papillons [aux dimensions de 40 cm de long sur 1 d’épaisseur.
- Communication. — L’Electricité dans Vaiguillage et la signalisation. Le moteur de signal Klein. —• Nous recevons de M. Klein la lettre suivante :
- « Permettez-moi de vous donner quelques indications complémentaires concernant l’emploi du moteur de signal Klein dont il est question dans Inintéressant article paru le 2 octobre 1926 dans votre journal au sujet
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- de <c l'Electricité dans l’aiguillage et la signalisation ».
- Le moteur en question a reçu ses premières applications pratiques pendant la guerre : il actionne actuellement environ trois mille (3 ooo) signaux des types les plus divers en ce qui concerne tant leur construction que les indications données;la plupart de ces signaux sont à deux positions, mais il en existe aussi à trois positions ; ils sont situés dans des gares ou en pleine voie, sont commandés par des postes quelconques ou automatiquement et remplissent toutes les fonctions utiles à la bonne marche, à la sécurité des trains et des manœuvres.
- Les moteurs sont branchés soit sur des distributions d’énergie électrique, soit sur des piles, suivant les ressources locales et donnent également satisfaction avec les signaux isolés dont la manœuvre mécanique ne serait possible que dans les grandes gares à postes d’itinéraires comme Paris-Est par exemple ou encore dans les installations de cantonnement automatique où le trafic peut exiger à certains moments de la journée le libre passage de plus de 20 trains à l’heure ainsi que cela se présente sur la ligne de Yincennes.
- Je pense que ces renseignements pourront intéresser vos lecteurs et leur montrer que le moteur Klein, bien que très simple et très économique comme le fait ressortir l’article sus-visé, s’adapte bien néanmoins à tous les besoins pratiques d’une exploitation même très serrée. »
- Réponses. — M. Dehillerin, à Paris. — Théoriquement, l’alliage dont vous nous soumettez la composition doit fondre aux environs de 3oou G., mais il serait bon, si cet alliage doit servir à contrôler la pression d’appareils autoclaves, de vérifier expérimentalement le point de fusion par comparaison avec un thermomètre à mercure.
- M. le Dl Marc Jameson, à Marseille. — A notre grand regret, nous ne pouvons nous charger de constituer une documentation sur un sujet donné, en vue d’une thèse à soutenir, ce qui constitue une question toute personnelle et non d’intérêt général. Yeuillez bien vous adresser à l’Office de documentation, 82, rue Taitbout, directeur M. J. Garçon, qui pourra certainement vous donner satisfaction.
- V.-B., à Lyon. — Le papier genre « carbone » que vous nous avez soumis est préparé au violet de Paris, lequel, ainsi que la plupart des couleurs dites d’aniline, est très fugace ; vous ne pouvez par suite empêcher l’altération des épreuves à la lumière et encore moins revivifier les caractères altérés.
- Le seul moyen d’éviter cet inconvénient est d’employer des papiers noirs réellement enduits de charbon à l’état très divisé (noir de pétrole par exemple) et non préparés avec une couleur dérivée de la houille. Dans ces conditions vous obtiendrez des épreuves inaltérables non seulement à la lumière, mais également par tous les réactifs. — N.-B. Un petit essai vous permettra de vous rendre compte s’il s’agit bien de carbone : un fragment de papier macéré dans l’alcool ne doit pas colorer ce dernier par dissolution de la matière colorante, autrement dit apres dépôt du charbon d’abord en suspension, le liquide limpide ne doit pas être coloré.
- M. Callewaert, à Saint-Joris-ten. Distel. — L’emploi du sucre et de la colle forte se trouve contre-indiqué dans la préparation de charbon à combustion persistante, car ils empêchent l’arrivée de l’air sur la matière combustible. Après avoir ajouté à la poudre de charbon (braise de boulanger) 10 pour 100 de son poids de nitre pulvérisé (nitrate de potasse), le mieux est d’agglutiner la masse par addition d’une quantité suffisante de mucilage de gomme adragante que l’on obtient en prenant :
- Gomme adragante............. 10 gr.
- Eau froide...................90 —
- On laisse digérer 24 heures, puis on passe avec expression au travers d’un linge, on bat ensuite le mucilage pour le rendre homogène avant emploi.
- Vous pouvez également donner à la braise de boulanger la propriété de brûler lentement sans craindre une extinction, en l’immergeant pendant une demi-heure jusqu'à imprégnation complète dans une solution chaude d’acétate de plomb (sel de Saturne), laisser égoutter, puis sécher au soleil ou à l’entrée d'un four tiède.
- N.-B. — Se rappeler que les sels de plomb sont des
- •$T5
- poisons et ne pas se servir pour ces manipulations d’ustensiles pouvant être employés à nouveau en cuisine.
- M. Danis, à Saigon. — i° A notre avis votre papier pèche surtout au point de vue azurage, c’est-à-dire que vous n’avez pas ajouté la couleur complémentaire devant donner avec celle de la pâte du papier l’impression du blanc pur; là est le point délicat et l’expérience seule peut vous guider.
- D’après Arnould, un praticien de la papeterie, le blanc pur ou du moins sa sensation serait réalisée par le mélange de
- Jaune.....................3 parties
- Rouge.............. 5 —
- Bleu...................... . 8 —
- étant donné que le jaune est un jaune très clair, le rouge un rouge vif et le bleu un azur brillant.
- Il convient donc, pour réaliser l’impression du blanc, de tenir compte du « fond » de la pâte pour y ajouter le rouge et le bleu en proportions convenables, que des essais systématiques vous permettront de déterminer.
- En résumé, ne pas croire que toutes les pâtes doivent s’azurer de la même façon avec le même produit, mais régler pour chacune d’elles la couleur complémentaire optima.
- 20 Pour remédier à 1 ’hygroscopicité de la pâte de vos allumettes, le mieux serait d’employer le procédé qui a été mis au point par l’Ingénieur Dubrisay pour fabriquer les « Naïades » ou allumettes inaltérables en présence de l’eau.
- Ce procédé est une application de la bakélite obtenue en principe par condensation du phénol et du formol, en présence d’un catalyseur alcalin ou acide. Sous l’influence de la chaleur, il se forme un liquide visqueux soluble dans les alcools, l’acétone, la glycérine, que l’on peut appliquer comme enduit.
- Quand on chauffe ce produit sous pression vers 1600 C., il y a transformation moléculaire et l’on obtient une masse dure, insoluble, infusible résistant à la plupart des réactifs et pouvant être chauffée jusqu’à 3oo° sans décomposition.
- Pour préparer les « Naïades », M. Dubrisay remplace le phénol par la résoi'cine (métadiphénol), ce qui permet d’obtenir un durcissement rapide et à température peu élevée ; on opère ainsi :
- Dans un premier mélange, on broie du chlorate de potasse, de la résorcine et de la lessive de soude jouant le rôle de catalyseur.
- Un second mélange est constitué par le bioxyde de manganèse, le phosphore rouge et le formol.
- Après broyage séparé, les deux mélanges sont malaxés à la spatule, la pâte obtenue est appliquée sur le bois par les procédés ordinaires.
- Le durcissement est réalisé en une journée à la température des ateliers, et en une demi-heure si l’on porte les cadres chargés d’allumettes garnies dans des séchoirs à 4°0-5o°C.
- Des allumettes de ce type s’allument encore sans difficulté après un séjour d’un an sous une cloche en présence d’un cristallisoir plein d'eau.
- M. Boutan, à Courbevoie. — L’aspect visqueux que prennent les éponges de toilette après un certain usage est dû à l’action des alcalis libres du savon sur les matières organiques qui constituent l’éponge.
- Pour remédier à cet inconvénient il suffit de tremper les éponges pendant quelques heures dans l’eau acidulée par 5 pour 100 diacide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique du commerce), les éponges reprennent leurs caractères primitifs et un rinçage à grande eau termine l’opération.
- M. Guimiot, à Nevers. — Yous avez parfaitement raison, il est préférable de ne charger les châssis que peu de temps avant l’exposition des plaques (nous ne disons pas immédiatement avant, car il ne faut pas tomber dans l’exagération). Cette prudence s’impose, car on n’est jamais sûr de l’étanchéité absolue d’un châssis et vous avez pu remarquer que les professionnels sortant de la chambre noire, où ils ont fait le chargement, tiennent le châssis enveloppé dans une étoffe noire.
- A plus forte raison, si l’on doit se transporter au dehors, doit-on prendre les mêmes précautions, La vulgarisation des appareils à main fait aujourd’hui négliger beaucoup de soins ; mais aussi, combien de clichés ratés ; c’est la part du feu, on recommence et on ne s’inquiète pas de savoir pourquoi on n’a pas réussi.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Cours de physique, par Jean Becquerel (tome II. Elasticité. Acoustique), i vol. 427 p., 151 fig. J. Hermann, éditeur, Paris, 1926. Prix : 49 francs.
- Le cours de physique de M. Jean Becquerel est destiné aux élèves de l’enseignement supérieur et aux ingénieurs. C’est une œuvre claire et bien équilibrée ; le côté expérimental trop souvent négligé dans les ouvrages modernes au profit des développements purement mathématiques des théories est ici traité avec le soin qu’il mérite. Les théories classiques n’en sont pas moins exposées dans leurs grandes lignes et avec assez de détails pour en bien faire comprendre l’utilité et la beauté. Ce volume est consacré tout d’abord à l’étude physique de l’élasticité, à l’esquisse delà théorie mathématique de l’élasticité et à des notions d’hydrodynamique théorique indispensables pour aborder l’acoustique. L’auteur, avant de pénétrer dans le domaine spécial de l’acoustique, étudie encore d’une façon théorique la propagation des mouvements, par ondes, dans les divers milieux matériels. L’acoustique est ensuite exposée dans l’ordre suivant : mesures de la vitesse du son; mesure de l’intensité du son; réflexion et réfraction du son, considérations sur les zones de silence; vibrations des cordes, des verges, des membranes et plaques, des tuyaux sonores ; résonance et timbre; composition des mouvements vibratoires et battements ; un intéressant chapitre, beaucoup plus développé qu’il n’est d’usage dans les traités de physique, est consacré à la musique. Le volume se termine par l’étude de problèmes d’acoustique qui se sont posés pendant la guerre et ont reçu à cette occasion diverses solutions : écoute des bruits aériens, repérage par le son de la position des canons, des avions, des travaux souterrains, des sous-marins; on trouvera là, notamment, un résumé des remarquables travaux de M. Esclangon sur les ondes balistiques et les ondes de bouche des canons, ainsi que sur les infra-sons. Signalons aussi un résumé des intéressantes recherches de Wallace Sabine et de Marage sur l'acoustique des salles, sujet trop peu étudié en France par les physiciens, les ingénieurs et les architectes.
- Aide-mémoire formulaire de la T. S. F., par E. Pacoret, 1 vol. 577 p., 255 fig. Alb. Blanchard, éditeur, Paris, 1926.
- Ce volume est, en réalité, un traité abrégé de radioélectricité. On y trouve l’exposé des notions indispensables, la description des appareils et des montages, ainsi que l’étude de leurs propriétés, le rappel des diverses formules pratiquement utiles, ainsi que les méthodes de mesures et d’essais. Un chapitre, en outre, est consacré à la télémécanique. Le livre contient aussi la liste déjà longue des Sociétés d’amateurs de T. S. F.
- Les moteurs à combustion, par Marcotte, i vol. in-16, 220 p. Armand Colin, éditeurs, Paris, 1926. Prix broché : 9 fr. 80.
- Ce volume forme une suite naturelle à l’excellent ouvrage de vulgarisation du même auteur, publié dans la même collection et consacré aux moteurs à explosion. Ici l’auteur étudie les moteurs Diesel et semi-Diesel; il en explique clairement le principe, en décrit les diverses formes de réalisation dont il montre les avantages et les inconvénients. En ce qui concerne le Diesel notamment, il décrit les divers perfectionnements que l’on a vu naître en ces dernières années. Des pages instructives sont consacrées à la pratique du moteur Diesel qui est, on le sait, assez délicate.
- Les moteurs Diesel marins, les moteurs Diesel pour traction sur voie ferrée, et les petits Diesel font chacun l’objet d’un chapitre spécial, justifié par les particularités propres à ces trois classes de machines. On trouvera aussi d’intéressantes considérations sur le moteur Diesel léger, qui un jour sera peut-être le moteur d’avion idéal. L’ouvrage se termine par des renseignements pratiques sur les combustibles et les lubrifiants consommés dans les moteurs à combustion.
- Réactions de la matière vivante et non vivante, par sir Jagadis Chunder Bose. Traduction d’Edouard Monod-Herzen. 1 vol. in-8, 187 p., 117 fig. Gauthier-Yillars et Cie, Paris.
- Sir Jagadis Chunder-Bose est un grand savant hindou que ses livres ont fait connaître en Europe avant même qu’il y vînt lui-même exposer ses recherches et présenter ses dispositifs d’expérience. Certains de ceux-ci sont d’une grande ingéniosité et permettent d’enregister des phénomènes d’une petitesse extrême. M. Bose est venu à Paris cet été faire une série de conférences sur la matière de ce livre, adversaire de la force vitale, il y soutient que les trois règnes de la Nature ont les mêmes réactions aux mêmes excitants, à l’ordre de grandeur près. Les réactions mécaniques et surtout les réactions électriques sont les mêmes, dans un nerf, une plante, un métal, qu’il s'agisse de la variation négative, des rapports avec l’intensité de l’excitant, des effets de sommation, de fatigue, de l’influence de la température, de la lumière, etc. L’auteur essaie ainsi de dégager les phénomènes communs à toute matière, vivante ou inorganique. Ses conclusions dépassent toutefois, croyons-nous, les faits qu’il observe.
- Les Arachnides de France, par Eugène Simon. Tome VI. 2e partie contenant le synopsis général et le catalogue des espèces françaises cïe l’ordre des Araneae. CEuvre posthume publiée par L. Berland et L. Page. 1 vol. in-8, pp. 3og-532, 275 fig. Encyclopédie Roret. Paris. Prix ; i5 francs.
- Eugène Simon, qui a consacré sa vie à l’étude des Araignées, avait entrepris la publication en 7 volumes accompagnés de-figures et de planches de la description de tous les Arachnides, y compris les Chernètes, les Scorpions et les Opilions, qu’on trouve en France. Il mourut avant que son livre ait complètement paru, laissant à MM. Berland et Fage le soin d’en publier la fin qu’il avait déjà rédigée. Voici le dernier volume de son œuvre magistrale. C’est un catalogue et un synopsis de toutes les espèces, donnant leur synonymie, décrivant leurs caractères, indiquant les localités où on les a observées. Ce livre classique est le fondement de nos connaissances actuelles sur ce groupe zoologique.
- Les pigments dans Vorganisme animal, par le Dr J. Verne, i vol. in-16, 6o3 p., 32 fig. Encyclopédie Scientifique. Gaston Doin et Cie, Paris. Prix : 28 francs.
- Les pigments sont toutes les substances colorées qui existent dans les organismes et qui sont élaborés par leur matière vivante. C’est dire leur généralité et leur variété. M. le Dr Verné, professeur agrégé à la Faculté de Médecine deParis, a déjà fait de nombreuses recherches à leur sujet ; il a donc pu dégager l’intérêt qu’ils présentent aux points de vue les plus divers. Cytologistes, pathologistes, chimistes, physiologistes, généticiens s’en sont tous occupés, mais les travaux parus, dont une abondante bibliographie indique le nombre considérable, ne portent que sur des points particuliers et sont disparates. M. Verne les a lus, classés et a mis de l’ordre et de la clarté dans cet immense sujet.
- Il traite d’abord de la chimie des pigments qui se groupent ainsi en couleurs sans azote, lipoïdes, à noyau tétra-pyrrolique, indoliques et phéno-pyrro-liques, métalliques, etc. Puis il passe en revue leur répartition, leur siège dans les cellules, leur formation et leur désintégration. Il énumère ensuite les . facteurs physiologiques qui les font naître et varier*. ) Enfin, il les observe dans toutes les classes de la série animale et discute les interprétations qu’on en a données : homochromie, sélection sexuelle, transmission héréditaire, etc.
- Ce livre touche ainsi à tous les problèmes biologiques. Il est si clair et si complet qu’il servira à la fois de guide pour les futures recherches et de livre d’enseignement pour tous ceux que les mystères de la vie préoccupent.
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- N° 2745
- 13 Novembre 1926.
- LA NATURE
- Supplément.
- La réunion des Observatoires astronomiques de Paris et de Meudon. — Paris possède un observatoire fondé par Louis XIV, qu'ont illustré de célèbres astronomes comme les Cassini et Leverrier.
- Après 1870, un nouvel Observatoire a été créé dans la région parisienne, l’Observatoire d’Astronomie physique de Meudon, actuellement dirigé par un astronome éminent : M. Deslandes. 11 a été souvent proposé de fusionner ces deux Observatoires ; c’est aujourd’hui une décision arrêtée qui vient d’être sanctionnée par décret. Elle a été dictée par des considérations d’économie dans les dépenses publiques.
- Deux modèles de passerelles simples et économiques- — Voici deux modèles de passerelles qui existent en Asie sur de grands fleuves assez encaissés.
- Le premier modèle, réservé aux fervents de l’acrobatie ou de l’alpinisme, peut être intéressant pour traverser des rivières étroites, peu profondes et où l’on peut tomber sans danger.... Sur le Mékong des explorateurs n’ont pas hésité à suspendre leurs chevaux à ce câble et à les envoyer ainsi sur la rive opposée, sans accident.
- Le deuxième modèle, sur leYang-tsé àTsilikiang, est formé de chaînes sur lesquelles sont posées directement des traverses. Ce dernier est déjà un pont suspendu
- véritable, mais dont le tablier n’est pas horizontal. Il constitue une construction simple, économique, pouvant convenir dans les endroits où il n’y a pas lieu de faire les frais d’un pont suspendu ordinaire à tablier horizontal ou d’un pont en maçonnerie. Il semble qu’on pourrait adopter beaucoup plus souvent qu’on ne l’a fait jusqu’ici ces modèles simples de passerelles sur nos sentiers de montagne. Les photographies de ces ponts asiatiques ont été publiées par Joseph F. Rock dans The National Géographie Magazine (august 1926) : les schémas ci-joints donnent une idée de ces ouvrages d’art.
- Un Institut du fer au Japon. — On sait quelle grande importance ont acquise les recherches métallurgiques. Les propriétés physiques et chimiques des métaux peuventdéjà, dans nombre de cas, être modifiées pour ainsi dire à volonté par des traitements mécaniques ou thermiques appropriés, par des additions en proportions variables d’éléments acessoires, parfois en quantité très faible.
- Un laboratoire métallurgique bien outillé est souvent à même de créer l’alliage doué de telle ou telle propriété, nécessaire à l’obtention, à la réalisation de tel out le desideratum. C’est ainsi que, dans le monde des acier s,il existe déjà une gamme très étendue dont les diverses notes sont fournies par le nickel, le chrome, le silicium, le tungstène, le molybdène. Les problèmes du réglage chronométrique aux températures ont été résolus de cette façon, comme de simples problèmes d’arithmétique.
- Dans tous les pays s’établissent des instituts voués aux investigations métallographiques.
- Parmi les nations qui se passionnent pour ce genre de recherches, il convient de placer au premier rang le Japon.
- Le Japon possède maintenant un très bel Institut métallographique (Research Jnstitute for Iron, Steel and other Metals) inauguré les 9 et 10 juillet 1921. Il a pour directeur un savant bien connu, M. Ivotaro Honda, et fait partie de l’Université Impériale de Sendai.
- Cet Institut est la consolidation d’un établissement provisoire du temps de guerre, The Temporary Institute for physical and Chemical Investigation, ouvert en avril 1915.
- C’est grâce à la générosité de M. K. Sumitomo, le grand propriétaire de mines d’Osaka, que cette transformation a pu s’effectuer.
- Après avoir donné 7000 yens par an pendant trois ans à l’institut temporaire, il a versé pour la construction des bâtiments définitifs iàoooo yens, plus 100000 yens pour l’équipement des laboratoires et 5o 000 pour les dépenses courantes.
- Les constructions commencées en 1919 étaient terminées en avril 1921. En 1922 l’établissement prit son titre actuel et l’Etat lui alloua 240000 yens pour trois ans,
- Les chiffres suivants indiquent quelle activité a pu déployer la nouvelle fondation.
- En 1919 il y avait 2 professeurs titulaires, S professeurs adjoints et 9 assistants, avec un budget de 87 000 yens.
- En novembre 1922, le nombre des assistants était porté à i3.
- En mai 1928, il y avait 3 professeurs titulaires, 8 professeurs adjoints, 19 assistants et 2 commis.
- En juin 1924, les professeurs adjoints étaient au nombre de 10, les assistants 24. Il y avait en plus 27 machinistes et 18 aides.
- En 1925, le budget des dépenses a atteint i65 000 yens,
- Le bâtiment principal, de trois étages, occupe une superficie de 383 mètres carrés.
- Les ateliers couvrent actuellement 660 mètres carrés • et en occuperont prochainement 1118.
- 85o instruments sont déjà en service.
- Un fonds de recherches supplémentaires a été constitué par les souscriptions de diverses maisons importantes, en 1921. Parmi les souscripteurs, on remarque la Kiso Electric C° pour 10000 yens, la Ivobe Stahl Steel Works pour 10000 yens, etc.
- Enfin l’Institut a été chargé en septembre 1923 des études métallurgiques nécessitées par la recherche des alliages pour aéroplanes et buts analogues. Un crédit de 3ooooo yens a été affecté par l’Etat à ces études à raison de 100000 yens par an.
- De nombreux travaux ont été effectués par les professeurs, les assistants et les personnes admises à fréquenter l’Institut avec l’autorisation et sous le contrôle du directeur.
- La brochure qui vient de paraître sur le Research Institute for Iron, Steel and other metals signale que i5o travaux ont déjà été publiés de 1921 à 192a.
- Souhaitons, puisqu’on parle beaucoup de la paix du monde en ce moment, que cette activité débordante serve la cause de ladite paix et que les savants de Sendai puissent chanter comme le Forgeron :
- C’est pour la paix, dit-il, que je travaille
- Je ne produis du fer que pour l’humanité.
- Léopold Reverciion.
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- INFORMATIONS
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- Pavage en caoutchouc sur les ponts. — La circulation actuelle sur les ponts produit une vibration ininterrompue qui nuit beaucoup à la durée de ces ouvrages, qu’ils soient en maçonnerie ou en métal. L’usage des bandages pneumatiques réduit déjà cet inconvénient, mais tous les . véhicules n’en sont pas pourvus.
- L’emploi d’un pavage de caoutchouc sur les ponts a été essayé aux Etats-Unis où il a donné, dit Rubber Age, toute satisfaction.
- Consommation de la viande en divers pays. — M. A. Molinari a fait à la XXIe session de l’Institut international de statistique une communication sur la consommation de la viande considérée spécialement dans les grandes villes, dont rend compte le Bulletin de la Statistique générale de la France.
- Bien que les données sur lesquelles on puisse tabler soient assez incertaines, M. Molinari, tenant compte de la différence de consommation des populations urbaines et rurales, delà production intérieure et des facilités de ravitaillement de chaque pays, des éléments d’appréciation que fournissent les octrois et les abattoirs, aboutit au tableau suivant :
- Consommation de viande par habitant dans quelques pays.
- (En kg, poids de boucherie.)
- Pays. Années. liilog.
- Argentine . 127,2 j
- Australie 1902 119,22
- Nouvelle Zélande 1902 96;47
- Etats-Unis d’Amérique . . ( 1907-1914 } 1919-1923 7^,96 73,70
- Canada . . 19x0 62,20
- Cuba 1906 56,3o
- Allemagne ( I9°7 l J924 52.70 40.70
- Chili x 919 53,i3
- ( 1901 61,48
- Angleterre. \ I911 56,77
- ( i922 33,8o
- ( I911 47 >96
- Suisse J !9l3 42,00
- ( 1919-1923 28,20
- Mexique — 2 1,85
- Prusse ( igi3 45, 31
- t !923 29,16
- Belgique ( 1902 ( 1919-1923 40.60 30.60
- France 1904 36,32
- Danemark 1902 34,5o
- Hollande 1902 31,78
- Grèce i899 80,87
- Autriche-Hongrie 1890 29,06
- Norvège 1902 28, i5
- Suisse. 1902 28, i5
- Pologne . . . 1894 2 8,15
- Russie . . i§99 22,70
- Espagne i899 22,25
- ( i9°3 12,60
- Italie . J 19°9-19i3 17,60
- ( i9!9. 11,00
- Le chiffre indiqué pour la France provient d’une statistique américaine. e
- La dernière enquête du Ministère de l’Agriculture, datant de 1892, donnait une consommation de 35,12 kg. On ne possède pas de document officiel postérieur.
- Un certain nombre d’auteurs évaluent de 40 à 5o kg par tête et par an la consommation carnée de la France avant la guerre. D’après une opinion assez répandue, cette consommation serait aujourd’hui beaucoup plus forte, (au moins double ou triple. Les quelques renseignements, statistiques dont on peut faire état à ce sujet ne semblent pas autoriser une pareille conclusion. En effet, pour trois villes qui publient des statistiques combinées des abattoirs et dès octrois, on trouve : Quantités, en tonnes métriques, introduites en
- igi3 1924
- Paris.................. 199.238- 184.397
- Tours................... 3.834 4-203
- Nancy. ................. 10.587 8.710
- Le commerce français des conserves de sardines.
- — Depuis vingt ans, on parle en France de la crise sardinière. On en a cherché les explications les plus variées dans la température de la mer, la présence des « bélugas », le dépeuplement des côtes, etc. Quoi qu’il en soit, notre industrie de la conserve de sardines, autrefois unique au monde, subit de plus en plus l’assaut de la concurrence étrangère et va périclitant. Les procédés archaïques de pêche au filet droit, le manque d’initiative des pêcheurs, leur malthusianisme économique qui limite les captures, les hauts prix du poisson qui en résultent d’une part ; la routine de beaucoup d’usiniers écrasés par les frais généraux de leur industrie saisonnière d’autre part, ont réduit à presque rien la production dès côtes bretonnes et vendéennes. Seule la région du sud-ouest a compensé partiellement cette crise par l’emploi de filets tournants, de barques à moteurs, la création d’usines travaillant une bonne partie de l’année.
- Dans la Pêche maritime, M. de Laurens-Castelet publie les statistiques de nos importations et de nos exportations depuis la guerre ; elles montrent que nous nous approvisionnons de plus en plus à l’étranger.
- Importations. Exportât ions.
- Années. Quantités en quintaux. Valeur en milliers clc fr. Quantités eu quintaux. Valeur en milliers de fr.
- 1913. . 100.664 14.093 43.921 10.102
- 1918. . 82.336 4i.x68 2.398 1.439
- 1920. . 139.o51 76.478 40.349 26.227
- 1922. . 146.562 55.964 26.294 16.828
- [924• - 167.648 OO 52.029 45 623
- D’après les documents de 1924, nos principaux fournisseurs sont le Portugal (137.886 quintaux), l’Espagne (22.372), l’Algérie et le Maroc (5.983).
- Nous expédions encore nos produits dans la plupart des pays. Nos principaux clients sont la Suisse et l’Allemagne (17.073), l’Angleterre (9.006), le Canada et les Etats-Unis (6.587), la Pologne (5.753), la Belgique et les Pays-Bas (5.519), la Suède et le Danemark (4.687), les colonies françaises (3.3o5).
- Isolement des ruchers, pour éviter les accidents.
- — Nombreux sont les ruchers installés près d’une routé, d’un chemin ou d’une maison, sans qu’une clôture suffisante soit établie entre les ruches et le passage public ou privé. Des accidents graves en résultent dont l’un mérite d’être relaté : Près de l’usine à gaz de Bône (Algérie) existe un grand rucher, des ruches étaient placées près d’un chemin où circulent des attelages de mulets. Il y a quelques semaines un attelage reculant un peu a touché une ruche. Aussitôt les abeilles se sont précipitées sur les mulets, tant et si bien qu’ils sont morts des piqûres. Enfin des passants ont été fortement atteints et l’on a dû mettre le feu aux ruches pour se débarrasser des bestioles furieuses.
- Et il existe des ai’rètés en Algérie qui exigent 20 m. entre les ruchers et les voies publiques ou les propriétés voisines.
- La loi du 21 juin 1898 complétée par celle du 25 mars 1926 admet que ne sont assujetties à aucune prescription de distance les ruches isolées par un mur, des propriétés voisines ou des chemins publics, une palissade en planches jointes, à hauteur de clôture, une haie vive ou sèche sans solution de continuité. Ces clôtures devront avoir une hauteur de 2 m. au-dessus du sol et s’étendre sur au moins 2 m. de chaque côté de la ruche. Ces renseignements sont donnés par la Revue agricole de l’Afrique du Nord (2 juillet 1926).
- Xe Congrès International de zoologie. — Le
- X° Congrès international de zoologie, tenu à Monaco en mars 1913, avait décidé que la dixième session aurait lieu à Budapest en 1916 sous la présidence du Professeur Horvath. La guerre a fait ajourner jusqu’à présent cette réunion. Mais le Comité permanent des Congrès internationaux de zoologie) vient d’annoncer que le Xe Congrès International de zoologie se réunira du 4 9 septembre 1927 à Budapest. Tous les zoologistes et amis de la zoologie sont invités à prendre part à ce Congrès.
- S’adresser à M. le Dr G. Horvath, président du Xe Congrès International de zoologie, Musée national hongrois, Budapest.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- c^'S-S» Mécanique
- La pompe rotative Quinard. — C’est une pompe à pistons, fonctionnant par conséquent suivant le même principe que les pompes usuelles à pistons. Mais ici le mouvement alternatif des pistons qui provoque l’aspiration et le refoulement est produit par la rotation d’une pièce spéciale commandée directement par l'arbre du moteur, électrique par exemple. Cette pièce fait tourner les pistons d’un mouvement d’ensemble et en même temps les oblige à prendre dans leur logement le mouvement cherché de va-et-vient. On réalise ainsi | une pompe rotative à pistons qui peut s’accoupler directement à un moteur électrique comme une pompe centrifuge, tout en gardant le bon rendement mécanique inhérent aux pompes à pistons. Voici, tout d’abord, comment cette machine est constituée :
- Dans l’intérieur d’un corps de pompe (i) portant 4 grands évidements, deux^pour l’aspiration réunis à une même tubulure d’aspiration (2), deux pour le refoulement réunis à une même tubulure de refoulement (3), tourne aveo un jeu périphérique de o mm a environ, un cylindre évidé (4) supporté à une extrémité *par l’arbre de commande (5) sur lequel il est calé, et, à l’autre extrémité, par un tourillon (6).
- Le cylindre est percé de 8 trous diamétralement opposés deux par deux, dont 4 suivant un plan (a) et 4 suivant
- Fig. i. — Schéma de la pompe Guinard.
- un plan (b). Dans chaque trou se déplace un piston relié d’une façon rigide à son vis-à-vis par une joue (7) évidée pour le passage de l’arbre. Les 4 pistons de chaque couronne appuient, par leur face intérieure, sur une pièce massive (8) de forme carrée, tourillonnant librement sur un prolongement excentré (9 et 10) d’un arbre fixe (n).
- La pompe est partagée en deux parties correspondant à chaque couronne de pistons, par un cloisonnement disposé de telle façon que la pression de refoulement s'exerce de bas en haut sur l’une des couronnes, et de haut en bas sur l’autre couronne.
- Voyons maintenant .comment elle fonctionne :
- Le cylindre entraîne dans sa rotation les 8 pistons, qui entraînent eux-mêmes les deux croix. Le cylindre tourne autour de l’axe O, les pistons autour de leur axe excentré O' pour la couronne avant, représentée sur la coupe, O" pour la couronne arrière. Il en résulte un mouvement relatif de chaque piston par rapport au cylindre.
- Pour une rotation dans le sens de la flèche (f) et en ce qui concerne la couronne représentée au schéma, on voit que de la position (X) à la position (Y) le piston s’enfonce dans le cylindre en produisant une aspiration; et de la position (Ÿ) pour revenir à la position (X) le piston avance dans le cylindre en refoulant devant lui le liquide précédemment aspiré. La course'des pistons est égale à deux fois l’excentrage. '
- Cette pompe, très simple et très robuste, ne comporte aucun organe susceptible de se détériorer ou de se dérégler : ni ressort, ni clapet, ni joint, ni excentrique, ni palette. Elle évite l’usure des pièces qui est la principale objection aux pompes rotatives, à palettes ou à engrenages, usure due aux frottements toujours importants et qui croissent avec la vitesse relative des pièces et avec les pressions qu’elles supportent. Ici le cylindre tourne avec un jeu de 0,2 mm dans le corps de pompe, ce qui élimine tout frottement périphérique de ce fait.
- D’autre part la pression du liquide s’exerçant de part et d’autre de la partie tournante équilibre celle-ci auto-
- matiquement, ce qui supprime la fatigue et l’usure des tourillons qui supportent le cylindre. La pression du liquide s’exerce sur les pistons suivant leur direction axiale, ce qui facilite leur mouvement, tandis que dans les pompes à palette, la pression de liquide sur les palettes est un obstacle au mouvement et une source de coincements.
- Enfin chaque pièce tournante est équilibrée par rapport à son axe de rotation, ce qui évite les réactions dangereuses, génératrices d’usure, permet de réaliser des vitesses de rotation relativement élevées, et d’accoupler directement la pompe à un moteur électrique.
- Les pompes Guinard se prêtent àla réalisation de petites pompes domestiques etaussiàcelledemachines de grande puissance, telles les pompes à mazout de 3oo tonnes à l’heure de la Marine Nationale (puissance : 200 chevaux).
- Constructeurs : A. Guinard et Cie, 21, avenue Carnot, Paris.
- 'Electricité
- Attache-fil « P. C. ». — Cet attache-fil a l’avantage de se monter sur n’importe quel type de bougie d’automobile. Son mode de fixation rapide assure un contact parfait, une sécurité complète et permet le démontage même en marche grâce à son bouton isolant.
- Pour l’arrêt des moteurs industriels, il permet de réaliser une très importante économie . en supprimant le contact qu’il remplace avantageusement.
- Indispensable dans le cas des bougies d’aviation à gorge, il s’impose dans toutes les bougies à écrou. Dans ce cas, l’écrou de la bougie étant bloqué une fois pour toutes, l’attache-fîl P. C. se fixe dans la gorge même de l’écrou; s’il vient à se desserrer par la trépidation, il ne peut se perdre' attendu qu’il est toujours maintenu par l’at-tache-fil.
- On remarque le peu de longueur de l’attache-fil ; ceci est voulu afin qu’il ne puisse faire masse avec le corps dé la bougie ou les robinets de décompression en cas de torsion accidentelle. Gette particularité permet la suppression de la douille en ébonite employée dans les autres systèmes.
- Constructeurs : Etablissements P. Caillau, 82, avenue Edouard-Vaillant, à Billancourt (Seine).
- Construction d’une pile au bichromate. — La pile au bichromate est l’une des plus avantageuses pour la recharge de petits accumulateurs.
- On peut établir économiquement une pile au bichromate à deux liquides en utilisant les pièces qui proviennent des piles Leclanché épuisées.
- Le vase qui contient la pile aura environ i5 centimètres de haut, il sera en verre ou en grès. On découpe dans du bois une rondelle qui servira de couvercle à ce vase. On se procure ensuite un tube de cuivre rouge, de préférence ayant une longueur de i3 à i5 centimètres et un diamètre de 1 cm 1/2.
- On prend quelques éléments poreux Leclanché épuisés. On chauffe légèrement les poreux de manière à fondre la sorte de cire qui maintient l’électrode en charbon et le dépolarisant. On garde cette cire qui servira ultérieurement. L’électrode en charbon étant retirée, on a d’une part le vase poreux et l’électrode munie de sa borne ; le dépolarisant ne peut servir, on le rejette.
- Le couvercle en bois est percé de manière à laisser passer au centre le vase poreux et sur les bords 3 ou 4 plaquettes de charbon qui sont retenues sur la planchette grâce à leur épaulement. On relie ces plaquettes électriquement au moyen d’un fil de cuivre. Il sera bon, au préalable, de paraffiner le couvercle en bois ou d’y passer la cire chaude que l’on, a retirée des éléments poreux Leclanché. On choisit ensuite un pinceau de peintre complètement hors d’usage, une brosse numéro 10 ou de dimensions approchantes. On fait brûler ce pinceau afin de recueillir la virole qui servira de monture au tube de cuivre qu’on a préparé, l’emboîtage se faisant naturellement sans soudure.
- Fig. 2. — Attache-fil « P. C. ».
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- 'üStfcl.
- La virole peut d’ailleurs être remplacée par une pièce de cuivre similaire. On obtient ainsi une électrode centrale qui sera munie, dans le haut, d’une tête avec borne prise de courant, ou sur laquelle on fixera simplement par soudure le fil de cuivre de connexion.
- Le vase poreux ainsi préparé avec son électrode centrale est monté et assujetti sur la planchette de bois soit par serrage, soit par un moyen quelconque. On obtient alors une monture que l’on place dans le vase de grès ou de verre.
- On jette ensuite dans le vase poreux des fragments de zinc, de préférence des déchets fondus et cassés en petits lingots. Au préalable on les amalgame en les immergeant pendant quelques minutes dans une solution de bisulfate de mercure au dixième. On introduit, en outre, dans le vase poreux quelques gouttes de mercure.
- La plus grosse dépense de la pile consiste dans le vase extérieur et le tube de cuivre central, le reste provenant de poreux inutilisables, que l’on jette et qui dans le fonctionnement de la pile que nous venons de décrire durent pour ainsi dire indéfiniment.
- Repérage d’un interrupteur d’éclairage. — Les
- interrupteurs porcelaine employés habituellement pour l’allumage et l’extinction des lampes ont l’inconvénient de ne pas indiquer si l’interrupteur est ouvert ou fermé.
- Lorsque la lampe est visible, il est évident que cette indication n’est pas utile, mais s’il s’agit d’un interrupteur placé à l’extérieur d’une pièce, qui commande les lampes à l’intérieur, ou bien d’un interrupteur de cave qui allume une lampe à une extrémité d’un corridor, il peut arriver que l’on oublie d’éteindre les lampes
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- Borne
- Butée
- Tube cuivre
- Virole
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- Trou pour le poreux
- Trou pour le charbon
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- Vase
- poreux
- Solution de 'bichromate
- Vase
- Fig. 3. — Détail d une pile au bichromate : i, vase poreux; 2, électrode charbon; 3, électrode centrale; 4, bac
- 5, couvercle bois; 6, vue en dessus; 7, coupe de la pile..
- Dans ce même vase poreux central, on verse un mélange composé de 5o grammes d’acide sulfurique pour un litre d’eau. Dans le vase extérieur on verse une solution au dixième de bichromate de potasse ou de soude.
- On obtient ainsi un élément dont la force électromotrice est deux volts.
- En prenant trois piles de ce genre, avec les dimensions que nous avons données, il est possible de charger un petit accumulateur de T. S. F. de 20 ampères-heure.
- L’usure de la pile demande le remplacement de la solution d’acide sulfurique une fois ou deux au coursde la charge. La solution de bichromate sera suffisante et n’aura pas besoin d’être remplacée pour l’accumulateur de 20 ampères-heure. On ajoute des petits morceaux de zinc au fur et à mesure de la disparition de ceux qui se trouvent dans le poreux. Ces zincs sont automatiquement amalgamés quand la pile est au repos.
- Pour vidanger les liquides, on utilise avec avantage un tube de caoutchouc formant siphon.
- La dépense occasionnée par le fonctionnement de la pile n’est pas énorme. On peut employer en effet des déchets de zinc ; seul le bichromate est d’un prix assez élevé, mais, en se le procurant directement chez des marchands de produits chimiques, ou l’aura dans <J'excellentes conditions,
- et que l’on ne puisse s’en rendre compte par leur aspect.
- On peut modifier légèrement l’interrupteur de façon que sa position indique s’il donne l’allumage ou l’extinction. Sur le socle de l’interrupteur, on inscrit à la peinture les lettres O et F, correspondant aux positions ouvert et fermé, en rapport avec la barrette centrale.
- Celle-ci a sa tranche peinte en noir ou en rouge et les lettres sont disposées de manière que cette barrette
- se trouve dans la direction des lettres O et F d’après le fonctionnement de, l’interrupteur et l’allumage des lampes.
- Il suffit alors d’examiner simplement l’appareil en passant, pour se rendre compte s’il donne l’allumage l’extinction,
- Peint en rouge ou noir
- Fig. 4-
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- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : PAVOT BLANC
- Des différentes variétés de pavots cultivées pour l’extraction de l’opium, celle qui mérite la préférence pour le Jardin familial, non pas pour l'obtention de ce suc que je ne saurais conseiller, mais pour la production de ses capsules, c’est le Pavot blanc (Papaver somniferum album L.) Papavéracées, qu’on nomme' encore Pavot à opium, P. officinal, P. somnifère, P. à fleurs blanches, etc. On en connaît deux races, celle à capsules oblongues ou déprimées et celle à têtes rondes, et l’on peut y joindre, d’après MM. A. Goris et. J. Demilly, une variété à grosse capsule très cultivée en Europe comme pavot médicinal pour le produit connu sous le nom de « Tête de Pavot. »
- Habitat. — Lë pavot à opium est originaire_ de l’Orient et de l’Extrême-Orient où se trouvent les différentes régions qui le cultivent pour ce produit.
- Description sommaire. — Plante annuelle plus ou moins glabre, exhalant à l’état vert une odeur vireuse. Tige de i m. à i m. 20 de hauteur, fistuleuse. Feuilles alternes, sessiles, embrassantes, incisées et dentées sur le bord, d’un vert bleu cendré. Fleurs s’épanouissant de juin à juillet, variant du blanc au violet, noirâtres à la base. Fruit, capsule indéhiscente, surmontée de 10 à 12 stigmates élargis et persistants, possédant à l’intérieur des lames longitudinales supportant les semences avant maturité. Graines blanches ou jaunâtres, très petites et nombreuses, i5 000 à 3o 000 environ.
- Culture. — Le Pavot à opium a été introduit en France par jTournefort. Des essais de culture ont été entrepris en Picardie, en Auvergne, en Algérie ainsi que dans la région parisienne, et les opiums obtenus aux environs d’Amiens et dans la Limagne ont fourni à l’analyse entre 20 à 22 pour 100 de morphine. En outre, il a été reconnu par MM. Gillet et Millant que, pour les usages médicaux, ils n’auraient rien à envier, au point de vue de la qualité, aux opiums recueillis en Orient. On trouvera dans le livre Culture des plantes médicinales, de MM. A. Rolet et D. Bouret, tous les renseignements désirables que je ne puis donner ici sur ce sujet. Le pavot est exigeant sur la nature du sol où l’on doit le cultiver. Pour sa culture en grand, il lui faut une terre profonde, légère, calcaire-argileuse ou calcaire-siliceuse, substantielle, bien fumée, et surtout rendue aussi meuble que possible par deux labours dont le dernier à l’époque des semailles, à cause de la finesse des graines. Dans le Jardin familial, ces conditions sont faciles à remplir, surtout s’il a été fait sur l’emplacement d’un ancien jardin fleuriste, car le pavot une fois semé se reproduit ensuite de lui-même, ce qui est appréciable, étant donnés les fréquents usages journaliers que l’on fait de ses capsules.
- Multiplication. — On y procède par semis. On l’effectue vers la fin de février ou au début de mars par un temps sec, en ayant soin de mélanger les graines avec 3 à 4 fois leur volume de sable fin bien sec. On suivra, en petit, dans notre jardin, les recommandations de MM. A. Goris et J. Demilly. On opère au moyen d’une bouteille dont on a préalablement percé le bouchon, ou bien à la main en procédant par petites pincées, car il importe de semer très clair pour n’avoir pas de plants trop serrés et formant excédent, l’éclaircissement étant très difficile. La graine ne doit être que légèrement recouverte. Il faut par hectare 2 kg à 2 kg 5oo, environ, de semences.
- Dans le but de détruire les mauvaises herbes, l’éclaircissage est pratiqué de bonne heure, lorsque les plants ont 3 à 4 feuilles, en laissant 18 à 25 cm de distance entre eux; on effectue ensuite deux binages, le dernier suivi d’un buttage. Dans les conditions culturales favorables, les plantes poussent rapidement et fleurissent vers le quatrième mois' qui suit la germination. Un pied de pavot donne, en moyenne, 4 têtes et un hectare 200 à 25o 000.
- Récolte et séchage. — Comme la culture du pavot dans le Jardin familial n’a en vue, ainsi que je l’ai dit, que la production de ses têtes et non celle de l’opium, on les laisse croître, sans les inciser pour en extraire le latex, jusqu’à ce qu’elles cessent de grossir et soient presque mûres. On n’est pas d’accord sur leur maturité, complète ou incomplète ; on allègue, dans l’un ou l’autre cas, une plus grande quantité des principes actifs; qui a raison ?
- On plie les tiges à mi-longueur et on les abandonne ainsi jusqu’à ce que les têtes soient bien fermes. On les cueille alors avec un bout de queue de 0 m. 20 environ. On les réunit dans un endroit bien aéré en les remuant de temps à autre en attendant qu’elles craquent sous la pression, ou bien on les dessèche à l’étuve. On les réunit en guirlandes ou en paquets que l’on suspend dans un local sec à l’abri des rongeurs.
- Composition chimique. — Le séchage des capsules ne leur enlevant pas leurs principes vénéneux, elles contiennent par suite les nombreux alcaloïdes de l’opium (on en compte environ 17 plus ou moins toxiques) qu’elles peuvent céder à un solvant approprié comme l’eau bouillante.
- Propriétés thérapeutiques. — Elles sont connues dès la plus haute antiquité où le pavot était prescrit contre l’hystérie, la dysenterie, le choléra et l’insomnie; il servait de base à la fameuse thériaque si oubliée depuis assez longtemps. Les capsules sont regardées comme béchiques, pectorales, sédatives et légèrement narcotiques ; les feuilles comme narcotiques.
- Préparations pharmaceutiques. — Infusion des capsules, 10 gr. par litre (avoir soin dejeter les graines qui sont inactives et cèdent une certaine quantité d’huile), sirop 10 à 40 gr. Il faut être prudent dans leur emploi pour les enfants auxquels on ne doit les faire servir, comme les opiacés, que sur la prescription formelle d’un médecin. Elles entrent très fréquemment dans la médecine populaire sous forme de fomentations, gargarismes, injections et lavements, à la dose de 20 gr. par litre. Les feuilles fraîches font partie de l’onguent populéum et du baume tranquille.
- L’art vétérinaire se sert aussi des capsules pour les mêmes usages que la médecine humaine.
- Quant aux graines qui ne possèdent pas les mêmes propriétés que .les autres parties de la plante, on en extrait de l’huile et le tourteau peut être mangé sans inconvénient par les animaux. Les anciens préparaient avec la farine des graines une sorte de gâteau ; il en est encore de même en Orient et en Italie où on le nomme « paverata ».
- Obsei’vations commerciales. — La culture du pavot a été recommandée. L’herboristerie préfère les capsules rondes aux capsules oblongues et les paie plus cher. Les feuilles, dont la vente est faible, valent de o fr. 70 à o fr. 80 le kilogramme. ^
- PENSEE SAUVAGE
- Parente très proche des violettes, la Pensée sauvage ( Viola tricolor arvensis. D. G.).Yiolariées, porte encore selon les régions les noms de Violette tricolore, Herbe de la Trinité, Fleur de la Trinité, Herbe à la Clavelée, etc.
- Habitat. — On la trouve en abondance dans les montagnes, les champs cultivés,' les terres à blé, etc.
- Description sommaire. — Plante annuelle, glabre, velue, haute de o m. i5 à o m. 25. Tiges anguleuses, simples, étalées ou dressées. Feuilles inférieures arrondies, étroites vers le sommet, à stipules foliacées, très divisées. Fleurs (avril-octobre) de couleur jaune ou violette ou mélangées des deux, munies d’un éperon
- formé par le pétale inférieur. Fruit (capsule) ovoïde, s’ouvrant en trois valves, contenant de nombreuses graines petites et blanches.
- Culture. — Bien que la plante soit abondante à l’état sauvage, les demandes étant devenues de plus en plus grandes, elles ont poussé à sa culture dans les terres pauvres, sableuses, qui ne peuvent guère être utilisées pour des cultures de rapport. (A. G. et J. D.). Cependant, elle prospère naturellement beaucoup plus dans les terrains bien fumés et exposés au midi.
- Multiplication. — Elle a lieu surtout par semis qu’on peut faire au printemps, da«s Je courait de l’été, ho
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- VARIÉTÉS
- juin à août et dans le courant de septembre. Le terrain étant bien préparé, on trace des lignes écartées de o m. 35 et l’on sème sur ces lignes après avoir pris la précaution de mélanger les graines avec du sable tin très sec ou de la cendre; c’est ainsi que l’on procédera dans le Jardin familial. En grande culture, si l’on voulait faire les binages mécaniquement, l’écartement des lignes devrait être de 60 cm. (A. G. et J. D.). On repique en planche entre 25 à 3o cm quand la plante a trois ou quatre feuilles, généralement en septembre-octobre, et la floraison survient au printemps suivant.
- Récolte et séchage. — Lorsque le semis a été fait en septembre, la récolte de la plante entière s’effectue à partir de juin jusqu’à fin octobre. On arrache les plantes entières fleuries dont on forme des bouquets que l’on attache sur des cordes tendues dans un local aéré. Cependant, comme le séchage doit être rapide, il est utile de recourir à des séchoirs spéciaux ou à l’étuve. La récolte sera de plus bel aspect et de meilleur qualité. Quand il s’agit des fleurs, on les cueille à peine épanouies, on les étale sur une claie ou une aire très propre. On estime que io kg de fleurs de pensées fraîches donnent i kg 470 de fleurs sèches.
- 1 Composition chimique. — La pensée sauvage contient :
- matière amère extractive, résine, albumine végétale, gomme, violine.
- Desmoulière a trouvé qu’elle renferme, en outre, un glucoside qui, par suite de son dédoublement en présence de l’eau et d’un ferment, produit du salicylate de méthyle.
- Propriétés thérapeutiques. — La pensée sauvage, notamment les fleurs, sont considérées comme dépu-ratives, antiscrofuleuses; à haute dose purgatives et mêmes vomitives. Elles sont toujours très employées contre les maladies de la peau, surtout dans le traitement des dermatoses, manifestations de la diathèse névro-arthritique. Sous leur influence, l’urine acquiert une odeur fétide qui rappelle celle de l’urine de chat.
- Préparations pharmaceutiques. — Infusion, 10 à 20 gr. de plante sèche, pour 1000; 3o à 60 gr. de fleurs fraîches ; cette dose doit être diminuée pour les personnes dont la peau est sensible aux boutons ; suc de la plante 60 à 120 gr.; sirop 3o à 120 gr.
- Observations commerciales. — La vente est assez forte pour la plante entière qui a été payée o fr. 75 à 2 fr. le kilogramme, et très forte pour les fleurs mondées qui ont atteint jusqu’à 14 fr. pour le premier choix.
- A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Formules du mastic angevin, pour greffe des arbres. — Les pépiniéristes angevins emploient un mastic ainsi composé :
- Résine pulvérisée............1 kg
- Poix blanche.................0 kg 5oo
- Suif ou graisse liquéfiés. . . o kg 100 Ocre rouge pulvérisée ... 0 kg 5oo
- Faire fondre ensemble la résine pulvérisée et la poix blanche, puis mélanger au suif ou à la graisse, mélange fait à l’avance et additionné d’ocre rouge pulvérisée, au moment de l’emploi.
- Ce mastic s’emploie à chaud.
- On fait usage aussi d’un mastic à froid dont voici la composition :
- Suif de mouton.............. 5o gr.
- Poix blanche................ 90 —
- Cire blanche................190 —
- Térébenthine............... 180 —
- Faire fondre à feu doux, dans un poêlon en agitant constamment.
- Lorsque le mélange est bien homogène, le laisser refroidir et, ensuite, le mouler en pains à employer au fur et à mesure des besoins, en les ramollissant entre les mains mouillées, au préalable, légèrement. H. B.
- Les poissons et les odeurs. — On n’est pas sans avoir remarqué quantité de poissons au débouché d’un égout ou d’une décharge d’abattoir ou tannerie.
- 11 ne fait pas de doute qu’ils y sont attirés par l’odeur pénétrante des matières organiques en décomposition.
- Les pêcheurs connaissent d’ailleurs cette attirance et la mettent à contribution lorsqu’ils font cuire leur blé dans une décoction de plantes aromatiques : anis, thym, menthe, fenouil ou encore quand ils « parfument » l’amorce avec de l’huile d’aspic ou de l’assa-fœtida, produits à odeurs vraiment écœurantes.
- Voici d’après le Chasseur français quelques produits dont on peut utiliser à cet égard l’odeur : l’huile de chènevis ; un vieux et puant fromage (très bons pour la pêche des barbillons); l’essence de térébenthine, en quelques gouttes versées sur la viande placée sur les balances pour la pêche aux écrevisses; les boyaux de poulet, le foie de raie, excellents pour le chevenne ; le sang caillé, égoutté sur une toile métallique, et conservé quelques jours, etc.
- Le pétrole comme désincrustant de chaudières.
- — L’addition d’une petite quantité de pétrole dans l’eau d’alimentation des chaudières empêche la formation d’un dépôt dur adhérent aux parois.
- Les particules de calcaire qui précipitent à l’ébullition deviennent incapables d’adhérer fortement les unes aux autres et la boue qu’elles forment est facilement évacuée par les purges, la partie qui peut se déposer sur les tubes est d’ailleurs friable et s’enlève à la brosse.
- En somme, on obtient un résultat un peu comparable à celui donné par l’emploi des désincrustants spéciaux comme la Permutite par exemple, mais évidemment moins efficace.
- Le meilleur procédé d’application est l’emploi d’un injecteur spécial qui pulvérise le pétrole dans l’eau d’alimentation.
- Un dispositif branché sur l’aspiration de la pompe alimentaire donne toute satisfaction, sans danger d’incendie.
- 11 faut un litre de pétrole par 10 mètres cubes d’eau titrant 24° hydrotimétriques (dureté normale).
- La quantité de pétrole passant dans la vapeur est si faible qu’on a pu employer le procédé même dans les industries qui utilisent la vapeur : teintureries, blanchisseries, brasseries, sans causer de trouble dans les opérations.
- Enfin, sur les autres désincrustants, un avantage du pétrole est à souligner, il n’est pas corrosif pour les métaux. ___
- M. Leperchey a donné dans la Revue Arts et Métiers des renseignements sur ceprocédé qui s’est déjà répandu en Belgique.
- Pour détruire les petits rongeurs. — A l’une des dernières séances de la Société Nationale d’Acelima-tation, M. Debreuil a rappelé un procédé de destruction des petits rongeurs qui est extrêmement pratique dans les petites propriétés. Sur une tuile plate, on place un pot à fleur renversé ; on soulève celui-ci au moyen d’une noix dont on a brisé une faible partie de la coquille; la partie où l’amande est à nu et visible est placée vers l’intérieur. Quand une souris, un campagnol ou un mulot pénètre sous le pot pour grignoter la noix, il fait tomber l’édifice instable et se trouve emprisonné.
- M. Pierre Crépin a ensuite indiqué comment tuer le rongeur qui s’est laissé prendre à ce piège : on soulève très légèrement le pot, on saisit l’animal par la queue, puis on le tire doucement vers soi; quand la tête seule se trouve sous le pot on appuie brusquement sur le vase et l’on rompt ainsi la colonne vertébrale.
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- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui 'parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L,a Nature oblige à limiter strictement lés réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement II est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Correspondance. — A propos de la laine de pin. — M. Pierre Forestier, 7, rue Cuvier, à Lyon, nous informe que, connaissant très exactement cette question pour l’avoir étudiée à l’étranger, il entrerait volontiers en rapport avecfceux de nos lecteurs, notamment M. M. P., rue RambuteaU, à Mâcon, que ladite question intéresse.
- D’autre part, M. Pierre Brachet, 245, boulevard de la Plage, à Arcachon, nous écrit qu’étant disposé à créer une société d’études, il désire entrer en relations avec les personnes qui, de même, ont apprécié le côté pratique de la question, et il fait appel aux techniciens compétents pour l’exploitation de cette nouvelle industrie en France.
- Réponses. —,M. G.-M., rue Rochechouart, Paris; M. E.-L., Ecole normale, Dax (Landes). — Nous avons fait connaître dans la Boîte aux Lettres (n° du 18 septembre 1926) que l’adresse pour la Charrue automatique destinée à la petite culture est la suivante : Charrue Scarabée, 3, rue Sedaine, Paris (11e).
- M. le Dr E.-C., rue de Fontenelle, à Rouen. -— L’article traitant de Y emploi de la nicotine comme insecticide n’a qu’un objetif horticole.
- Pour savoir à quel poids moyen de tabac frais ou sec, correspondent les doses de nicotine dans les jus de tabac, il faudrait être fixé sur le mode d’extraction et la préparation des jus titrés ou non titrés de nicotine, précisions que l’on obtiendrait, croyons-nous, en s’adressant à l’une ou l’autre des manufactures de tabac (Lille, Reuilly) où ces jus de tabac sont préparés.
- Les Pêcheries de l’Océan, à Arcachon. — i° Nous n’avons pas conservé la lettre de l’abonné dont vous demandez l’adresse. En rappelant les initiales : M. M. P., rue Rambuteau, à Mâcon, nous pensons que cet abonné, par l’entremise de la Boîte aux Lettres, se mettra en rapport avec votre firme.
- 20 Documentation sur les races des chats, leur fourrure et leur élevage. Voyez l’ouvrage récent : Les Races de chats, par le docteur-vétérinaire Ph. Jumaud, 1 vol., 10 francs (édition des « Tablettes », à Saint-Raphaël ( Var) ; l’ouvrage de Paul Diffloth : Chiens et chats, 1 vol. ; Les petits mammifères de la maison, par Charles Cor-nevin, 1 vol. En ce qui concerne la documentation relative aux races, spécialement, au point de vue de la fourrure et à leur élevage, vous auriez, croyons-nous, des indications en vous adressant à M. le Dr Ph. Jumaud, secrétaire général du Cat-Club de France et de Belgique, à Saint-Raphaël.
- 3° 11 existe des variétés de seigle sélectionnées, donnant des pailles longues et fournies ; ce sont principalement, les suivantes : Seigle d’été amélioré, précoce, de grande production, et à paille haute ; le Seigle multicaule, ou Seigle de la Saint-Jean-, le Seigle de Schlanstedt d’hiver, très productif et à paille très haute, mais grosse; le Seigle géant d’hiver, à paille forte, très droite, grosse et résistante ; le Seigle d’hiver grand de Russie, à paille haute, assez grosse.
- Pour être renseigné sur ces variétés et faire choix parmi elles, s’adresser à Vilmorin-Andrieux et Cie, 4, quai de la Mégisserie, Paris '(ior).
- M. E. Delafond, Mexico. — Electrodes platine iridium : Comptoir Lyon-Allemand, i3, ruè de Montmorency, Paris; Maret-Bonnin, 220, rue Saint-Martin, Paris ; Caplain Saint-André, 10, rue Portefoin, Paris,
- M. G. B., Sainte-Assise. — Utilisations des marrons d’IndeLes marrons d’Inde contiennent des principes ainers qui déplaisent au bétail, et notamment de la saponine qui est nuisible.. On peut les en débarrasser, après décorticage, par lessivage, puis broyer l’albumen. On obtient ainsi une farine blanche, sans odeur, ni saveur, qui peut servir à l’alimentation des . animaux domestiques, aux ovins à la dose de o,5 à 1 kg par jour, aux bovins à raison de 3 kg, aux porcs à raison de 1 kg. La farine de marrons d’Inde est au mieux
- mélassée ou mélangée à des herbes ensilées et à des feuilles et cossettes de betteraves.
- On peut aussi extraire la saponine en broyant les marrons, les faisant bouillir avec de l’alcool et extrayant à l’éther.
- Les marrons d’Inde ont ét^ ramassés et utilisés pendant la guerre. Actuellement, ils sont utilisés en pharmacie pour la préparation d’intrait. Vous pourriez vous renseigner sur les marchés et les cours auprès de l’Office national de la Droguerie, 12, avenue du Maine, Paris.
- M. Gandon, à Gye. — i° Nous avons répondu à votre question dans le n° 2739, page 112, relative à l’entretien du marbre; 2° Quant aux inscriptions en creux, il vous suffira pour les rendre plus apparentes de passer sur les caractères, avec un pinceau fin, une couche de vernis noir dit Japon.
- M. Farigoule, au Puy. — i° Les appareils dit veille-lait ayant pour but d'éviter le débordement au moment de l’ébullition sont basés sur le même principe que les lessiveuses ; lorsque le liquide bout, les bulles de vapeur qui prennent naissance sur le fond du récipient montent à la surface et entraînent le liquide qui s’engage dans l’entonnoir et en vertu de la vitesse acquise sort par l’orifice, mais à ce moment les bulles s’échappent et le liquide retombe en couronne sur la périphérie, laquelle n’a pas été chauffée, puisqu’elle est séparée du fond par le veille-lait; il s’établit ainsi une circulation de bas en haut au centre, de haut en bas près des parois verticales, c’est-à-dire dans la région dangereuse pour la tranquillité de la cuisinière ; autrement dit le sens de déplacement du lait réalisé près des bords est inverse du mouvement qui produirait le débordement.
- 20 Quand le lait « tourne », c’est que l’alcalinité naturelle du lait (au tournesol) a été saturée par l’acide lactique formé aux dépens de la lactose par transposition moléculaire d’après la réaction
- C«HmO",H80.= 4[C5H6 0s]
- Lactose Ac. lactique
- Cet acide lactique prend naissance sous l’action d’un ferment, en forme de bâtonnets, qui est le ferment lactique.
- Dans ces conditions, la caséine qui était maintenue en solution par les alcalis contenus dans le lait, principalement la potasse, se précipite à l’état de caséine insoluble appelée vulgairement fromage blanc.
- Il résulte de ces observations que pour conserver le lait sans qu’il caille, il faut tuer le ferment lactique apporté par l’air des étables ou des laiteries en portant le lait à une température suffisante pour stériliser le milieu. Généralement on se contente de porter industriellement vers 700 C. Quant aux ménagères qui ne disposent pas de thermomètre, elles se contentent de faire bouillir le lait pour assurer sa conservation jusqu’au lendemain.
- 3° Bibliographie sur la cellulose : La cellulose et les éthers cellulosiques, par Clément et Rivière, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères. Recherches sur la cellulose, par Cros et Bevan. Les matières cellulosiques, par Beltzer et Persoz, même éditeur. La chimie de la cellulose (en allemand), par Schwalbe. Complémentairement sur les dérivés industriels de la cellulose : Celluloïd et soie artificielle, par Bockmann. La soie artificielle, par Foltzer. La soie artificielle, par Willems. Tïes soies artificielles, par Chaplet et Rousset. Nitrocel-lulose Industry, par Worden. Bas Zelluloïd, par Piest. Vous pourrez vous procurer ces ouvrages chez Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. C., au Valdahon, Doubs. — Le minéral que vous nous avez soumis est déjà pyrite de fer, FeSa, appelée pyrite blanche, sperkite ou marcassite. Sa structure interne est rayonnée, mais le morceau ayant été roulé se présente extérieurement avec un aspect poli et mamelonné, la coloration rouge brun étant due à l’oxyde de fer qui résulte de l’oxydation du sulfure au contact de l’air. La pyrite de fer en rognons se rencontre fréquemment dans les terrains de votre région.
- M. Lebrun, à Paris. — Nous pensons que le produit commercial désigné sous le nom de Légérite vous donnera satisfaction pour imperméabiliser votre mur en briques exposé aux pluies d’hiver. Vous trouverez cette pi'éparation aux Etablissements Lefebvre, rue Ste-Anne, à Saint-Quentin, Aisne.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OÊL.
- cs§>
- Les moteurs, par Lucien Fournier, i brochure illustrée, 64 p. Hachette, éditeur. Prix : 3 fr. 5o.
- A l’aide de magnifiques illustrations, l’auteur passe en revue rapidement tous les types de machines motrices : thermiques, hydrauliques, à vent, électriques; il en présente les plus récents modèles et met en relief les faits saillants de leur évolution.
- Les grands dirigeables dans la paix et dans la guerre. Leiti' technique, par Jean du Plessis, i vol. '218 p., no fig. 2 photos hors texte. Plon, éditeur, Paris, 1926. Prix : 20 francs.
- Yoici un livre en apparence purement et froidement technique; il est peu d’ouvrages cependant qui soient plus profondément émouvants. Il réunit des études et rapports dus au commandant du dirigeable Dixmude qui naguère périt corps et biens, au cours d’une croisière. A leur lecture, on reconnaît de suite avec quelle passion et quelle lucide intelligence l’héroïque officier avait étudié la structure, les conditions de navigation et l’emploi de son bâtiment aérien. Le Dixmude est un rigide type Zeppelin cédé à la France par l’Allemagne en vertu du traité de paix. Le dirigeable né en France avec le colonel Renard et développé sous la forme de dirigeables souples n’avait pas répondu pendant la guerre à toutes les espérances et son étude fut délaissée dès la fin de la guerre. L’Allemagne par contre avait porté à un degré de perfection remarquable pour l’époque la construction et la technique des rigides, et, malgré les catastrophes qui ont marqué leur emploi au cours de la guerre, on peut bien dire qu’elle en a tiré un parti remarquable, qui laisse prévoir un grand avenir commercial et militaire pour ce genre de navigation aérienne.
- Le commandant du Plessis s’est imposé la tâche difficile de réparer, dans la mesure du possible, notre énorme retard en s’aidant au maximum de l’expérience acquise en Allemagne et en la perfectionnant sans relâche. C’est le fruit de ce travail que l’on trouve dans les études recueillies et publiées par son père. Celles que contient le présent volume ont trait à la construction et à l’équilibre, à la manœuvre, au gonflement et à l’aménagement des grands dirigeables. On y trouve les éléments d’un règlement militaire de manœuvre, d’entretien et de navigalion en même temps que de précieuses suggestions pour le perfectionnement futur du dirigeable et l’organisation de ses bases. Et ainsi, même après sa mort, l’officier d’élite que fut J. du Plessis continue à servir efficacement son pays.
- Dictionary of Wireless Technical Ternis, by S. O. Pear-son, 1 vol. illustré, 254 p. Ilifîe and Sons, éditeurs. Tudor Street, Dorset House, Londres. Prix : 2 sh.
- Ce petit volume donne, en langage clair, la définition et l’explication des principaux termes employés en radiotechnique. Destiné à servir d’aide-mémoire aux amateurs anglais de T. S. F. et de guide aux débutants, il sera très utile également aux Français qui ont à lire ou à traduire des publications anglaises.
- Technologie du Thé, par H. Neuville, i vol,- 2e édit., 3o4 p. et 4g fig. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, rue Jacob, Paris. Prix : 5o francs.
- La coutume de prendre du thé s’étend de plus en plus et les transactions auxquelles cette plante donne lieu prennent une grande extension. Chose vraiment curieuse, on ne connaît, en somme, que peu de chose sur la culture de la précieuse plante et, surtout, sur les manipulations auxquelles on la soumet. Il y a une vingtaine d’années, M. H. Neuville, actuellement assistant au Muséum, avait déjà tenté d’élucider la question et publié la première édition de cet ouvrage ; il nous en donne aujourd’hui la deuxième, considé-
- rablement augmentée et revisée aveo les documents qu avec un zèle louable il n’avait cessé d’accumuler et, aussi, avec ceux à lui communiqués par la Station expérimentale d’études sur le thé, de Buitenzorg ( Java). Il a ainsi obtenu un ouvrage des plus remarquables, tant par l’abondance des renseignements que par la clarté du texte et celle des gravures, la plupart étant des photographies relatives aux traitements du thé dans plusieurs types de machines (flétrissage, roulage, criblage, fermentation, dessiccation ou torréfaction, triage ou assortiment, etc.). Après avoir lu cet ouvrage, on a une idée très nette de la question et on se rend compte de sa complexité ; ceux qui ont l’esprit curieux y trouveront aussi des sujets de travaux à faire sur elle et des perfectionnements à chercher dans l’industrie du thé qui peut avoir une si grande importance dans nos colonies indo-chinoises.
- Le bananier, par Boone, i vol. 346 p. et 24 fig. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, 17, rue Jacob. Paris : Prix : 5o francs.
- L’auteur passe en revue les différentes espèces de bananiers susceptibles d’être cultivées suivant les climats, ainsi que les maladies cryptogamiques et les insectes ennemis du bananier. S’étendant ensuite sur la culture de celui-ci, depuis le choix du terrain jusqu’à la fructification et la récolté, il considère enfin les questions si importantes de Remballage et du transport des régimes de bananes. Un certain nombre de devis détaillés des dépenses et des recettes à prévoir, suivant l’étendue des exploitations, est suivi d’une deuxième partie fort importante sur le commerce proprement dit de la banane et sur l’utilisation industrielle de ses sous-produits (sucre, alcooi, fibres, farine, etc.), lesquels sont, d’ailleurs, jusqu’ici, d’une importance assez médiocre (sauf la farine) et demandent à être très perfectionnés.
- Les Bassins fermés de la Basse-Provence ont été l’objet d’une intéressante étude de Mlle J. Pfender (C. R. Congrès. Soc. sav., 1925, Sciences, p. 447-460, Paris, I. N., 1926). Les uns, indépendants de l’hydrologie extérieure, sont fonction de la lithologie (Urgonien du Grand-Cap, derrière Toulon; 41 trous de 20 à 3oo m. de diamètre ; dolomies néo-jurassiques du Gapeau) ; les autres, en relation avec les cours d’eau anciens ou actuels, absorbés par les embouts en bétons, sont alignés en chapelets : Plan d’Aups, Tuges, Méounes, la Limate, etc. Celui du plan d’Aups est drainé par le gouffre de la Tourne. « Aucun de ces bassins ne présente une relation quelconque avec les dislocations du sol », c’est-à-dire avec la tectonique.
- Causses et gorges du Tarn (Millau, capitale des canons et cavernes), par E.-A. Martel, in-8, 5i2 p., 270 gravures et 3 cartes. Publié par le syndicat d’initiative de Millau, imprimerie Artères et Maury, Millau, 1926. Prix : 22 francs. En vente à Paris au Touring-Club de France et au Club alpin français.
- Cette monographie descriptive et scientifique de la région des Causses majeurs (Lozère, Aveyron, Hérault, Gard) est la suite, le complément, la remise au point des deux premiers ouvrages de l’auteur (les Cévennes, 1889 et les Abîmes, 1894^ depuis longtemps épuisés. C’est un livre entièrement neuf (expliquant tout ce qui a été trouvé depuis plus de trente ans dans ce curieux pays) et une monographie modèle, où l’auteur ne craint pas de faire la guerre aux nomenclatures compliquées et aux conceptions confuses de certains géographes modernes. Le résumé géologique (chap. xxn) fait une discrimination rationnelle entre les notions véritablement acquises et les hypothèses insuffisamment vérifiées. L’ouvrage est à lire, sur place, en faisant (plus lentement qu’en automobile) le beau voyage des gorges du Tarn et de leurs dépendances.
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- LA NATURES"
- Supplément.
- !-^V,
- ^INFORMATIONS
- N° 2746
- 20 Novembre 1926
- Nécrologie. — Le colonel Déport. — Lé Canon de
- 75. — Le colonel Déport vient de mourir. C’était un ingénieur d’artillerie de la plus haute valeur. Il prit une part très importante à la création de notre canon de campagne de 75. On sait quelle supériorité ce matériel possédait encore en 1914 sur ie matériel similaire des armées ennemies ou alliées. Il est intéressant à cette occasion de rappeler brièvement la genèse du célébré canon dont la paternité a été revendiquée par de nombreux prétendants. L’historique en a été établi en 1908 par le général Mathieu, directeur honoraire de l’Ar-tiilerie dans une lettre au Ministère de la Guerre qui n’a été publiée qu’en 1924 Par Ie lieutenant-colonel Rimailho dans son ouvrage sur l'Artillerie de campagne.
- Au début de l’année 1892, l’attention du Ministère de la Guerre était attirée sur un matériel de campagne à frein pneumatique construit par un ingénieur allemand, Haussner, et essayé à i’usine Gruson. Les expériences s’étaient terminées par un échec. Mais le général Mathieu, alors directeur de l’Artillerie, pensa que les Français pourraient réussir là où avaient échoué les Allemands. Le commandant Déport, alors directeur de l’atelier de Puteaux, et déjà l’auteur de beaux travaux, est chargé par le directeur de l’Artillerie d’étudier les documents allemands. Trois jours après, il fait connaître qu’il est prêt à tenter, par des moyens du reste tout différents de ceux de l’inventeur allemand, l’essai d’un matériel de 75 à tir rapide, sans recul de l’affût, ni dépointage, en reliant la pièce à l’affût par un frein à longue course. Le Ministre de la Guerre, M. de Freycinet, mis au courant, comprit aussitôt l’intérêt qu’il.y aurait à poursuivre rapidement ies études qui devaient doter le pays d’un matériel supérieur à tous ceux étudiés jusqu’alors ; il donna les ordres en conséquence et le commandant Déport fut chargé de réaliser/le matériel à tir rapide qu’il avait proposé. Tel fut l’acte de naissance du canon de 75.
- De 1892 à novembre 1894, le lieutenant-colonel Déport se consacre entièrement à la tâche qu’il avait acceptée ; à ce moment, il donna sa démission ; il avait alors réalisé, un canon de 75, avec frein hydropneumatiqué, tirant un projectile de 7 kg à une vitesse initiale supérieure à 5oo m., avec une stabilité complète de l’affût, et pouvant réaliser un tir rapide sans dépointage, à la cadence de 25 coups à la minute, C’était déjà, dit ie lieutenant-colonel Rimailho, un résultat admirable. Mais le frein hydropneumatique du colonel Déport présentait encore de graves défauts. Les études de Déport furent continuées par le capitaine Sainte Claire Deville; en 1897 le canon de 75 voyait enfin le jour sous sa forme définitive, était officiellement adopté et mis en fabrication.
- Après avoir quitté l’armée, le colonel Déport n’abandonna pas les études d’artillerie. Entre dans l’industrie privée, au service des Forges de Ghâtillon-Commentry, il créa notamment un nouveau matériel de 75 à tir rapide, caractérisé par un affût à double flèche et qui fut adopté par l’armée italienne.
- Les mésaventures de la mission française au Pôle Nord. — Nous avons annoncé, il y a quelque temps, le départ pour le Spitzberg d’une mission française commandée par M. Darcis. Elle se proposait de gagner la pointe Barrow en passant par le Pôle Nord. Notre information était inexacte ; en fait, une partie du matériel de la mission a bien quitté lé Havre à desti? nation de Bergen. Mais la mission elle-même, qui devait s’embarquer le 17 septembre et avait pris toutes ses dispositions à cet égard, n’a jusqu’ici pas quitté- la France,. Nous avons cherché à connaître les raisons de cet ajournement brusque qui semble être sine die.. L’expédition Darcis, projetée depuis plusieurs mois, avait fait l’objet de minutieux préparatifs, elle réunissait i5 personnes, un nombreux matériel et des approvisionnements dont une partie, mais une partie seulement provenait de dons. Les expéditions d,e ce genre exigent des préparatifs coûteux : l’Etat français avait accordé une modeste subvention et fait don d’une avion-nette Albert. En réalité les frais devaient être couverts par un journal américain, qui s’était engagé à verser,
- contre l’exclusivité des nouvelles et documènts dé la mission, une somme de 65 odo dollars, dont 23oôo au départ. L’héroïsme et la science në sont pas taxés très cher au pays des dollars. Lé premier paiement devait servir à couvrir les dépenses faites âu cours des préparatifs, notamment l’achat des traîneaux automobiles, de la 20 avionnette, les frais de transport. La veille du départ, le chef de la mission n'avait pas encore reçu lè premier dollar du versement promis, et iùën ii’a été versé jusqu’ici. Les collaborateurs ont repris léur liberté et le tout finira par dès exploits... d’huissier.
- Le pétrole de Gâbian. — Après un long silence, dit notre confrère le Pétrole, les champs pétrolifères de Gabian attirent à nouveau l’attention. Deux des nouveaux puits forés viennent en effet de toucher le pétrole.
- Le puits n° 14, foré à environ 70 m. au nord du puits n° i, a atteint, à la profondeur de 101 m, la couche pétrolifère. Son rendement, relativement faible, serait de 2 ms par 12 heures d’exploitation, le montage se faisant à la cuiller.
- Les prospecteurs ont également découvert lé pétrole au puits n° i5, situé à 120 m. au sud-ouest du puits n° 1. C’est à la profondeur de i35 m. que la nappe pétrolifère a été atteinte. Lë rendement serait beaucoup plus important. La quantité dé pétrole extrait à là cuiller s’élèverait en effet à 35 ms poür 12 heures.
- Un cyclone destructeur à Cuba. — Les cyclones tropicaux. — Le 20 Octobre dernier, la partie occidentale de l’île de Cuba, aux environs de la Havane, a été ravagée par Un cyclone; les victimes sont nombreuses, notant ment à la Havane et dans les localités environnantes, où l’on Compte beaucoup de morts et blessés ; les: dégâts matériels sont très élevés ; à la Havane la plupart des édifices Ont été endommagés, Un certain nombre entièrement démolis ; les dégâts sont plus graves encore aux environs où les constructions étaient moins solides.. Tous les arbres de la capitale cubaine ont été .arrachés et de nombreux bateaux de pêche coulés dans le port.
- C’est l’habituel et désolant cortège des calamités qui accompagnent les cyclones tropicaux quand ils àtte.ir gnent des régions habitées. Cette année, la , zoüe de là mer des Antilles et du golfe du Mexique a été .particut lièrement éprouvée. On n’a pas oublié la catastrophe de la Floride et la destruction de Miami. Mais: d’autres régfons ont été également atteintes, en particulier dans l’archipèl des Bahamas et aux Bermudes.
- Les cylones sont malheureusement fréquents dans toute cette zone et la saison d’été, chaque année, en voit naître quelques-uns. L’une des tâches les'plus importantes des observatoires météorologiques de ces contrées est précisément l’étude des cyclones et l’organisar tion dë services d’avertissement.
- Le golfe du Mexique et la mer des Antilles n’ont pas le privilège des cyclones tropicaux; il existe deux autres grandes zones affectées par ce fléau : la première est formée par la mer d’Oman, lë golfe du Bengale, les mers dë Chine et la partie occidentale du Pacifique Nord, l’autre Comprend au sud dé l’Equateur la région qui s’étend à l’est de Madagascar à travers l’océan Indien'jusqu’aux îles Touamotou à l’Est de l’Australie.
- Gés cylones offrent, des caractères généraux que l’on retrouve partout. Ils sont constitués par un noyau à bassê pression autour duquel l’air tourbillonne avec des vitesses plüs ou moins élevées. Dans la ré(gion centrale, nommée œil, l’atmosphère reste calmé et le ciel relativement clair ; les vents lés plus violents se rencontrent à la périphérie immédiate dé l’œil, où ils peuvent atteindre jusqu’à 210 km à l’heure. La vitesse du vent diminue ensuite quand on s’éloigne du centre; Le cyclone a une séctiôn de forme elliptique, le grand axe dirigé dans lé sens du déplacement dü cyclone, le rapport du grand axe au petit axe est voisin de 3/2. Le diamètre de l’œil varie en général entre 8 et 5o km, celui delà section extérieure varie entre 80 et i5oô km.
- Le mouvement tourbillonnaire intense est dirigé dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour les cyclones de l’hémisphère Nord, et dans le sens des aiguilles d’une montre polir cèux de l’hémisphère Sud.
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- INFORMATIONS
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- Les cyclones prennent naissance presque toujours dans la zone comprise entre xo et 200 de latitude Nord au Sud, rarement à moins de 5 ou 6° de l’Equateur.
- Ils se déplacent ensuite à une vitesse relativement lente ; pour la région des Antilles elle est comprise entx-e 420 et 640 km par jour.
- Dans l’hémisphère Nord leur trajectoire est d’abord dirigée de l’Est vers l’Ouest avec une légère inclinaison vers le Nord ; puis, entre les latitudes de 20 et 3o°, elle s’oriènte vers le Nord, puis enfin s’incline au Nord-Est. Pour l’hémisphère Sud, la trajectoire est symétrique de la précédente par rapport à l’Equateur.
- La période où les cyclones sont le plus fréquents est celle de l’équinoxe d’automne ; dans l’Océan Indien, il y à un autre maximum au début de l’été.
- D’après le savant météorologue anglais, Sir Napier Shaw, l’origine des cyclones serait à chercher dans des mouvements de convection verticale d’une colonne d’air chaud et humide; au fur et à mesure de l’ascension, la vapeur en se condensant créerait un vide qui amorcerait le mouvement tourbillonnaire. La rotation de la Terre intervient également pour orienter ce mouvement et infléchir la trajectoire du phénomène.
- Les importations d’énergie électrique. — Le
- Ministère des Finances publie chaque mois une statistique intéressante de nos importations et exportations. Les tonnages et les valeurs y sont indiqués. Sur ces tableaux ne figure pas cependant une denrée, impondérable il est vrai, mais qui donne lieu à des échanges assez importants et susceptibles de s’accroître dans l’avenir, nous voulons dire l’énergie électrique. La France, en effet, est importatrice de courant ; elle importe environ 3,4 pour 100 de l’énergie totale qu’elle produit elle-même. Par contre, son exportation est négligeable. C’est ainsi qu’en 192! nous avons importé 253 245 000 kilowatts-heure, dont la presque totalité provient de Suisse (247914600 kilowatts-heure). Cette houille blanche 'd'origine suisse est utilisée dans l’Ain, le Doubs, le Jura, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, les Yosges et la Haute-Savoie. En 1925, l’importation d’origine suisse est évaluée à 3oooooooo de kilowatts.
- L’exportation de l’énergie électrique soulève divers problèmes de droit international et a déjà fait 1 objet, on s’en doute, de réglementations dans les divers pays. C’est ainsi qu’en France, l’exportation de l’énergie électrique d’origine thermique est libre, mais celle de l’énergie d’origine hydraulique est interdite, sauf dérogations spéciales accordées par décret.
- En Suisse les exportations d’énergie électrique d’origine hydraulique sont également subordonnées à une autorisation du Conseil Fédéral, laquelle n’est accordée que pour une durée déterminée, de 20 ans au maximum.
- Cette question de l’échange d’énergie électrique entre pays différents commence à préoccuper les techniciens ; elle a fait l’objet de plusieurs rapports à la Conférence mondiale del’énergie tenue à Bâle au début de septembre; notamment d’un rapport français de M. Genissieu.
- Celui-ci met en relief la différence profonde qui distingue les échanges internationaux d’énergie électrique des échanges de marchandises usuelles ; deux réseaux électriques voisins ont toujours, l’un et l’autre, le plus grand intérêt à s’interconnecter au lieu de rester isolés : en effet il arrive toujours que l’un d’eux a, à un moment donné, un excédent d’énergie disponible alors que l’autre est déficitaire. Ainsi, quand le réseau de Lorraine et d’Alsace, alimenté en partie par des usines thermiques à gaz adjointes aux hauts fourneaux et par des usines à .charbon, sera constitué, il aura intérêt à emprunter de l’énergie aux réseaux suisses, Soit pour économiser le charbon en été, soit pour faire face à une pointe. De son côté, la Suisse en hiver, aux périodes de basses eaux, aurait avantage à emprunter du courant au réseau thermique de France.
- Ainsi l’échange international de l’énergie, besoin local aujourd’hui, sera une nécessité permanente générale de demain.
- Le nombre de pièces dans une bicyclette. — La
- bicyclette qui apparaît comme une machine peu compliquée, quand on la considère dans son ensemble, comporte, au contraire, un nombre incroyable de pièces, variable d’ailleurs, suivant le type et la marque de la machine.
- En supposant une bicyclette fort simple comme le type routier, mais encore sans roue libre, ni frein, ni garde-boue, enfin sans aucun accessoire, on arrive à un minimum de... io52 pièces.
- Yoici d’après M. Maillard, ingénieur, le détail de ce chiffre :
- i° Cadre (type soudé à l’autogène)........... 20 pièces
- 20 Direction (compris les billes)............ 66 —
- 3° Pédalier (type à clavettes)...............109 —
- 4° Chaîne (type à rouleaux classiques au pas
- de 12 mm 7)................................. 601 —
- 5° Roues (avant et arrière). ...... . 232 —
- 6° Selle (type courant à 4 fils)............. 24 —
- Le remplacement du nickelage par le chromage.
- — Le Génie Civil signale, d’après le Times Engineering Supplément, qu’une société de construction automobile des Etats-Unis, en collaboration avec la General Motors Corporation, a étudié les revêtements métalliques par dépôt galvanoplastique de chrome et qu’elle est arrivée à des résultats fort intéressants. Aussi le chromage est-il devenu, dans cette société, une opération courante qui se pratique soit seule, soit de préférence comme parachèvement du nickelage.
- Le chrome, déposé en mince pellicule sur le nickel, assure aux pièces ainsi traitées une durée beaucoup plus longue dans les conditions de service les plus sévères. L’eau, les sels et les solutions alcalines sont sans effet sur les revêtements de chrome. Des essais comparatifs effectués avec des solutions concentrées sur des revêtements chromés ou nickelés ont montré que les premiers, après 120 heures d’essai, restaient inaltérés alors que les seconds commençaient à se corroder au bout de 10 à 20 heures au maximum
- La difficulté du chromage résidait dans le choix d’une anode qui ne fût pas soluble dans la solution d’acide chromique employée. Le problème a été résolu, après plusieurs mois de recherches méthodiques, mais on ne dit pas par quel moyen.
- Yoici, en tout cas, comment dans l'usine en question on procède au nickelage et au chromage superposé qui est maintenant de règle.
- Les pièces sont polies à l’émeri, décapées, cuivrées électrolytiquement dans une solution de cyanure de cuivre, puis nickelées électrolytiquement dans une solution chaude de chlorure de nickel. On les polit ensuite à la machine et on procède au chromage : ce dernier se fait par un traitement de très courte durée dans une cuve à électrolyse contenant la solution d’acide chromique appropriée, cuve surmontée d’une hotte pour dégager les vapeurs d’acide chromique. On rince à l’eau froide et l’opération est achevée. L’épaisseur de la couche de chrome ne dépasse pas o mm ox5.
- Les pièces ainsi recouvertes de nickel et de chrome ont un aspect blanc bleuté caractéristique qui n’est pas celui habituel du chrome et qui n’est plus celui du nickel. La pellicule est parfaitement résistante et il est facile de conserver par un simple nettoyage au chiffon un aspect très brillant aux pièces traitées.
- Le chromage a fait son apparition en France. Au dernier Salon de l’Automobile on remarquait les phares chromés d’un très joli aspect, présentés par la maison Mar-chabVaucanson. Le procédé employé reste, ici encore, secret. En tout cas il ne comporte pas de nickelage préalable.
- Pain spécial pour Chien. — On oublie trop l’énorme consommation de pain que font les gros chiens de garde, tant dans les villes que dans les campagnes. Il y aurait avantage pour tout le monde, comme le dit Vie à. la Campagne, à généraliser la fabrication et l’emploi de biscuits de succédanés pour les chiens, sous forme de galettes, trouées et pas trop épaisses pour les bien cuire et mieux les conserver.
- Il suffirait à cét effet d’utiliser des boulanges de tourteaux d’arachides ou de palmistes, riches en graisses et en azote avec des boulanges de seigle, .d’orge d’Afrique, de manioc ou autres graines grossières de France ou des colonies que les meuniers traiteraient comme les farines d’orge pour le bétail.
- Les boulangers ne perdraient nullement dans la fabrication de ces pains spéciaux, et lès consommateurs de pain ordinaire y gagneraient. Le franc également.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- <t§TsS, Chauffage
- Pour confectionner des boulets en papier. — On
- peut utiliser des vieux papiers pour la confection de boulets qui pourront servir de combustibles.
- Pour cela il faut plonger les Vieux papiers, catalogues ou journaux, dans une bassine d’eau pendant un certain
- temps, de manière que le papier se ramollisse peu à peu.
- En remuant de temps à autre, on finit par obtenir un mélange suffisamment homogène qui pourra servir au moulage..
- Sil’on désire préparer des boulets, on se servira d’une petite presse facile à fabriquer. Pour
- Fig. i.—Appareil à fabriquer les boulets bêla on découpe
- en papier. dans une planche
- de bois épaisse
- deux pièces de bois terminées' à l’extrémité par une poignée qui facilitera le serrage. Ces deux pièces sont articulées l’une sur l’autre au moyen d’une forte charnière, laquelle est encastrée dans le bois de manière que les deux surfaces soient parfaitement jointives quand on les ràpproche l’une de l’autre.
- Ces surfaces sont creusées d’une empreinte correspondant à une moitié de boulet et les empreintes sont placées sur les deux plaques de manière qu’elles coïncident parfaitement l’une sur l’autre. La surface dubois est soigneusement poncée au papier de verre, de manière qu’il n’y ait aucune aspérité et les surfaces doivent être parfaitement planes.
- Sur la plaque inférieure, qui pourra être fixée sur une table au moyen de vis, on ménage deux rigoles qui font communiquer l’empreinte avec les faces extérieures du moule. On remplit l’empreinte inférieure avec une quantité de pâte de papier suffisante pour la formation d’un boulet.
- Il faut au préalable exprimer l’excès d’eau de la poignée de pâte que l’on prend. Une fois que cette pâte garnit le moule, on rapproche l’empreinte supérieure et l’on appuie fortement. L’eau exprimée à nouveau s’écoule par les rainures et le boulet se trouve moulé. On le retire avec précaution et il suffit de le laisser sécher avant de l’employer dans une grille ou un foyer.
- Ces boulets de papier une fois secs brûlent lentement et ils dégagent une chaleur suffisante ; en tout cas leur tirix de revient est économique.
- On peut utiliser une autre sorte de moule qui exigera
- moins de préparation pour la pâte de papier. Pour cela, on prend une boîte de métal que l’on perce de trous et qui ressemble a-lors à une sorte de moule à fromage mou. Dans cette boîte coulisse une pièce de bois ronde reliée à un levier articulé à rotule, de manière qu’on puisse faire pression sur la matière contenue dans le moule. On obtient alors une sorte de briquette que l’on démoule et qu’on laisse sécher avant de l’utiliser comme combustible.
- Ces mêmes appareils faciles à établir peuvent servir à agglomérer toutes sortes de déchets autres que les vieux papiers ; on peut, par exemple, faire des agglomérés avec des poussiers de charbon, de vieux chiffons, de la sciure de bois. Pour ce deimier corps en particulier et pour les résidus de charbon, on prépare généralement un mélange comportant 5 pour ioo d’argile environ et 5 pour xoo de brai, de manière à agglomérer la matière
- Rigole
- pulvérulente et à constituer des boulets ou des briquettes suffisamment résistantes. P. M.
- Marmite Thermorapid, brevet Chardard. — Il existe un grand nombre d’appareils que l’on place sur un réchaud et que l’on alimente par un robinet d’eau; à la sortie, on récolte de l’eau très chaude en un débit continu.
- Tous ces appareils ont pour principe une grande
- Eau froic/e Eau chaude
- T r
- jere
- 7_couronne
- ZEEcouronne 3efE.couronne
- Fond ouvert
- Fig. 3.— Coupe schématique delà marmite Thermorapid.
- surface soumise à l’action des gaz chauds, entourant une enveloppe où circule le courant d’eau.
- Yoici un appareil tout à fait perfectionné, dont le fonctionnement est du même ordre, mais qui repose sur la propriété des chaudières à vaporisation rapide avec tubes Field. L’appareil se présente sous la forme d’une marmite qui comporte à l’intérieur une série de tubes à double circulation à grande surface de chauffe. Le fond de la marmite est ouvert de manière à soumettre les tubes directement à l’action d’une source de chaleur.
- L’eau froide arrive par une tubulure supérieure, elle pénètre dans la partie supérieure de la couronne extérieure, mais elle est arrêtée par une cloison médiane et elle est obligée de descendre par un tube à l’intérieur des tubes Field soumis à l’action des gaz.
- Là le liquide se divise en couronne circulaire et remonte entre les deux tubes pour arriver chaude dans la partie inférieure du premier élément de chauffe. L’eau se rend ensuite par un tube de communication
- Mélange réfrigérant
- La marmite Thermorapid transformée en appareil réfrigérant.
- dans la deuxième couronne de chauffe où la circulation est identique à celle de la première : elle arrive donc encore plus chaude dans la troisième série de tubes.
- Finalement, après avoir circulé une dernière fois dans les tubes de la dernière couronne, elle arrive dans une partie centrale et elle sort par une tubulure et l’olive de sortie. C’est une véritable chaudière qui est construite en cuivre rouge et qui est entourée d’une enveloppe en acier bleui, garnie d’amiante de manière à canaliser la source de chaleur. Cet appareil de chauffage est intéressant quand on désire obtenir rapidement de l’eau cou-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- HP
- PÎMS'
- rante bouillante, par exemple pour les différents lavages, cuisine, vaisselle; pour les douches et dans ces derniers cas, on utilise Une pomme à douches, en réglant le débit d’eau afin d’avoir la température voulue.
- On pourrait utiliser le même appareil non plus pour chauffer l’eau, mais au contraire pour refroidir un liquide en plongeant les éléments tubulaires dans un mélange réfrigérant. Dans ces conditions il est. préférable d’avoir un appareil spécial de modèle plus réduit, qui s’adapte dans l’ouverture d’un bocal contenant le mélange réfrigérant. L’appareil, alimenté par un distributeur d’eau, fournit à la sortie de l’eau frappée à volonté, en un courant continu.
- Société des Usines Chausson, Asnières (Seine).
- . eçg'TïNS* Chimie
- Burette automatique « Airène ». — La titrimétrie est une des opérations les plus courantes et les plus
- commodes de la chi-,.T mie analytique.
- Quand elle doit être pratiquée en série avec le même réactif, il y a intérêt à remplacer la burette ordinaire par une burette à remplissage automatique. Divers modèles ont déjà été proj>o-sés dans ce but.
- * La burette « Airène », que les établissements Neveu-Fontaine viennent de réaliser, présente plusieurs particularités intéressantes, en ce qui concerne la sensibilité, l’exactitude, la suppression du contact avec l’acide carbonique de l’air (fort importante pour les solutions alcalines), les facilités de nettoyage.
- La burette « Airène » comprend un flacon réservoir F à deux tubulures,l’une d’arrivée d’air, l’autre de départ du liquide. L’air est introduit par pression de la poire P, mais il traverse un absorbeur A, conçu de telle façon que l’air extérieur est débarrassé de son acide carbonique avant son entrée dans l’appareil, mais par contre ne peut absorber les vapeurs contenues à l’intérieur du flacon F. La pression de l’air fait monter la solution dans la burette B. Celle-ci est terminée en haut par un tube capillaire T qui assure l’affleurement automatique à zéro avec une grande précision. Le trop plein tombe dans le réservoir L qui forme flacon-laveur lors de l’entrée de l’air. De plus, lors du vidage, l’entrée de l’air étant ralentie, l’écoulement se fait lentement, ce qui assure un mouillage des parois dans des conditions toujours identiques, évite la formation de gouttes qui faussent les lectures, provoque un ménisque d,e forme régulière rendant les lectures plus fines. La burette se termine par un tube effilé Y donnant des gouttes de o,o3 cc. environ. Tout est ainsi prévu pour des mesures comparables et fines. La burette ne présente aucun robinet. L’écoulement et l’arrêt sont commandés par la manœuvre de l’oreillette O.
- La burette automatique <c Airène » est construite par les Etablissements Neveu-Fontaine, 16, 18, 20, rue Monsieur-le-Prince, Paris, 6”.
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- Fig.
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- 5. — Schéma de la burette « Airène ».
- *> T. S. F.
- Nouvel isolateur pour antenne de T. S. P. —•
- Éps isolateurs 4’aptenqe sopt 4es accessoires de pre-
- mière importance dans une installation de T. S. F. ; ce sont cependant ceux dont le choix est le plus souvent abandonné au hasard. La forme et même, dans une mesure raisonnable, les dimensions d’un collecteur d’ondes offi'ent moins d’intérêt pour assurer une bonne réception des émissions radiophoniques que les conditions d’isolement. dans lesquelles est établi ce collecteur d’ondes.
- Fig. 6. — Isolateur Duroquier.
- C’est le plus souvent à l’insuffisauce d’isolement du collecteur d’ondes qu’est imputable la difficulté qu’éprouvent certains amateurs à recevoir convenablement les ondes courtes; plus la fréquence des oscillations radio-électriques est grande, plus soigné doit être l’isolement de l’antenne destinée à les capter.
- Un bon isolateur d’antenne doit protéger le collecteur d’ondes contre toute perte par capacité, en évitant le croisement autour d’une noix en matière isolante du câble d’attache et du conducteur hertzien, et toute perte par conductibilité en s’opposant par une forme judicieuse à la liaison du câble de retenue et du fil collecteur par une couche de buée, de pluie, un fourreau de neige, un dépôt de poussière recouvrant l’isolateur,
- L’isolateur Duroquier que représentent au naturel et en coupe les figures ci-jointes, répond à toutes les exigences de l’isolateur parfait. Léger, puisqu’il ne pèse que 120 grammes, il est cependant très robuste et peut résister à une traction de a5o kilogrammes environ; sa forme ingénieuse garantit le collecteur d’ondes contre toute perte d’énergie. Le câble de retenue et le fil collecteur d’antenne ne se croisent pas autour de l’isolateur en formant comme les deux armatures d’un condensateur à travers lequel s’écoulerait la plus grande part de l’énergie captée; l’isolateur, au contraire, maintient éloignées les deux extrémités de ces conducteurs et protège leur attache sous une jupe où ne peuvent pénétrer, quelle que soit l’inclinaison de l’antenne, la rosée des soirs d’automne et de printemps, la pluie et la neige en hiver. Le fond des cloches de l’isolateur peut être, au besoin, pour assurer un plus grand isolement , recouvert d’une mince couche de paraffine ou de soufre fondu (voir sur la figure en coupe où un dépôt de paraffine est représenté en pointillé).
- Indépendamment
- de 1 effet protecteui Fig, — Coupe de l’isolateur, des jupes recouvrant les extrémités des fils
- d’attache et d’antenne, la forme particulière de l’isolateur Duroquier, avec ses cloches et sa ceinture ondulée, a pour résultât d’allonger considérablement la ligne de fuite entre les deux extrémités de l’appareil et de la rendre égale à celle d’un isolateur qui (mesurerait 20 cm de longueur.
- L’isolateur Duroquier se place à chaque extrémité defe fils composant la nappe collectrice aérienne, mais, à la rigueur, un seul isolateur à chaque point d’attache de cette nappe suffit pour en assurer le bon isolement.
- L’isolateur Duroquier est en vente chez M. Duroquier, à Tours (PortiUoïî-.-Saint'Cyr), Iudr^et-Loire,
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- LE JARDIN FAMILIAL DES PLANTES
- Le Safran (Crocus sativus L.) Iridées a pour principaux synonymes Safran cultivé, Safran du Gàtinais, Safran d’automne.
- ^Habitat. — Il est originaire de l’Asie et, peut-être, de l’Europe méridionale.
- Description sommaire. — Bulbe solide, globuleux,' arrondi en dessus et aplati en dessous ; enveloppes sca-rieuses, d’un brun rougeâtre, munies de racines fibreuses, jaunâtres. Feuilles réunies dans une gaine membraneuse partant du bulbe, dressées jusqu’au printemps et s’étalant ensuite. Fleurs (septembre-octobre) apparaissant avant les feuilles, violettes, teintées de rose ou de pourpre, i-3, portées par une hampe très courte. Style simple terminé par trois longs stigmates d’une belle coloration safranée ou d’un rouge vif, pendant hors du tube de la fleur à cause de leur pesanteur, creusés en cornet et possédant une odeur très prononcée. Fruit (capsule) ovale, trigone, s’ouvrant en trois valves. Graines arrondies.
- Culture. — En France, d’après Heuzé, le safran était cultivé dès le xvx° siècle comme plante tinctoriale dans l’Albigeois, le Lauraguais, l’Angoumois. On l’a cultivé depuis dans les environs d’Avignon, d’Orange et de Car-pentras. Aujourd’hui, il a disparu de ces régions et l’on ne trouve plus quelques cultures que dans le Gàtinais (Loiret) et dans l’Hurepoix (Dourdan, en Seine-et-Oise). Les safranières sont réparties dans l’arrondissement de Pithiviers, et cette ville est le centre commercial d’où part le safran pour les grandes villes de France, et l’exportation en Angleterre et en Allemagne.
- Yoici, au regard de sa culture, un résumé succinct que je tire de l’étude très complète que MM. A. Rolet et D. Bouret lui ont consacrée dans leur excellent livre Culture des plantes médicinales.
- Multiplication. — Elle a lieu avec des bulbes ou oignons, mais il importe que le terrain soit spécial et bien préparé. Celui qui convient le mieux doit être de consistance moyenne, silico-calcaire ou argilo-calcaire riche, bien fumé, très propre, et, en outre, autant que possible, à une bonne exposition assez chaude en été mais non trop froide à l’automne, bien aérée et loin des arbres.
- La préparation du terrain consiste d’abord en un défoncement, de l’automne au début' du printemps, puis en une fumure avec du fumier bien décomposé ou même avec du terreau. Une deuxième façon est donnée en mai et une troisième un peu avant la plantation que l’on fait en août-septembre, car il est nécessaire que la terre soit bien émiettée, tant pour la plantation des bulbes que pour la sortie des fleurs en automne. Le terrain est ensuite divisé en planches de i m. 5o de large.
- Dans le Jardin familial, où l’on ne peut admettre qu’un petit nombre de plantes, il suffira de faire, en été, un labour à la bêche ou à la houe, que l’on complétera par un ou deux râtelages pour niveler le sol.
- Choix des bulbes. — Ils doivent être sains, arrondis en dessus, aplatis en dessous. Il faut préférer, parce qu’ils sont très florifères, les bulbes globuleux, surtout ceux qui mesurent, en moyenne, 23 à mm de diamètre et 36 à 4o mm de hauteur. Il est utile, avant de les planter, d’enlever la tunique externe, afin de s’assurer qu’ils ne sont pas altérés.
- Plantation. — L’époque varie suivant la région. Dans le Gàtinais, on y procède dans la deuxième quinzaine de septembre. Il est avantageux de planter tôt parce que les fleurs évoluent plus sûrement avant les froids.
- Dans les champs on creuse à la charrue, et à la houe dans le Jardin familial, un sillon de 22 à 24 cm de large et de i5 à 18 cm de profondeur. On met au fond un peu de terreau, puis l’on y dépose les oignons sur la base du plateau en les appuyant contre une des parois du sillon. La distance observée est i5 à 20 cm entre les lignes et 4 à 6 cm sur les lignes. On comble ensuite avec la terre du sillon suivant.
- La quantité de bulbes employés par hectare varie beaucoup, car la grosseur et les distances adoptées diffèrent avec les pays. Au regard de la grosseur, il est bon de savoir que, dans un hectolitre, il y a, environ, 6000 gros bulbes ou 9000 moyens ou, enfin, 11 000 petits. Si l’on s’en tient an Gàtinais, on compte à peu près
- MÉDICINALES : SAFRAN MÉDICINAL
- 2 hectolitres 4 à 2 hect. 5 pour planter un are. On a dit aussi qu'il faut 5ooooo à 1000000 de bulbes par hectare, soit 80 à 110 hectolitres du poids de 4b à 5o kg. On estime qu’un bon ouvrier aidé d’une femme peut planter 10 à i5 ares par jour.
- Les soins culturaux consistent en plusieurs binages et sarclages jusqu’à la floraison, car le succès de la plantation réside dans la grande propreté du sol. Dans un bon terrain et avec des soins appropriés, une safra-nière peut durer 3 à 4 ans; toutefois, dans le Gàtinais, on l’arrache généralement à la fin de la troisième année.
- Récolte des fleurs. — La cueillette des fleurs les plus hâtives débute vers le 20 septembre et celle des plus tardives s’achève vers la fin d’octobre. Dans les circonstances ordinaires, la récolte dans le Gàtinais dure environ 20 jours, elle est donc relativement courte, ce qui exige beaucoup de main-d’œuvre.
- On doit cueillir les fleurs fermées et fraîches de grand matin ou le soir, mais non quand le soleil les a fanées. La récolte d’un hectare et la préparation des stigmates exigent quatre hommes et seize femmes pendant le temps que dure la floraison.
- Préparation. — Les fleurs doivent être épluchées aussitôt cueillies. L’impox-tant est que les stigmates ne soient pas mélangés à des étamines ou à des débris de corolle. Une éplucheuse habile peut dans 4^5 heures détacher a5o gr. de stigmates, soit, en moyenne, 5o à 60 gr. par heure.
- Séchage. — On laisse les stigmates se dessécher naturellement à l’ombre, puis on les met en couche mince sur un tamis de crin que l’on suspend à 5o cm et au-dessus d’un brasier modérément garni de braise sans fumerons, et couvert de cendre, afin de ne point brûler les filaments. On les remue continuellement jusqu’à ce qu’ils aient pris une belle couleur rouge et qu’ils se brisent sous la pression des doigts. On les met refroidir entre des feuilles de papier blanc et on les enferme dans des boîtes ou des petites caisses que l’on garde à l’abri de l’humidité. Le safran frais donne environ le i/5 de son poids de safran sec.
- Le safran du commerce, dont la sorte la plus estimée est le safran du Gàtinais, est constitué par les stigmates desséchés; il se présente sous la forme de longs filaments souples, d’un rouge orangé foncé. Il doit être sans mélange de pétales ni d’étamines jaunes. Son odeur est forte, pénétrante, agréable; il colore fortement la salive en jaune.
- Rendement. — On estime qu’il faut 100 000 à 140000 fleurs pour obtenir 1 kg de safran sec, et, d’une façon générale, que le Rendement moyen d’un hectare est de 20 kg de safran sec par an.
- Composition chimique. — Les stigmates de safran contiennent : huile volatile très odorante, de saveur âcre et brûlante et 65 pour 100, environ, d’une matière colorante rouge orangé, nommé crocine, polychroïte où safranine ; une substance gommeuse et de l’albumine végétale.
- Propriétés thérapeutiques, -r- Le safran est considéré comme excitant, stimulant général et emménagogue. Homère célébrait déjà, de son temps, les vertus de cette plante.
- ’ Préparations pharmaceutiques. — Les plus employées sont : l’infusion à 1 gr. 5o pour 100 (2 à 3 tasses par jour) ; la teinture (2 à 5 gr.) par prises de 10 à 20 gouttes toutes les deux heures; le sirop 20 à 60 gr. Le safran entre dans le Laudanum de Sydenham, l’élixir de Garus, le sirop de dentition de Delabarre et différentes pilules et potions emménagogues.
- On l’emploie dans l’art culinaire comme condiment pour assaisonner, colorer, aromatiser d’une façon particulière certains mets, tels que la bouillabaisse, la soupe aux poissons, (etc.
- Différentes industries alimentaires : biscuiterie, pâtisserie, confiserie, liquoristerie et même la parfumerie pour ses eaux et émulsions, utilisent également ses propriétés colorantes. • c
- Observations commerciales. — La culture du safran a été l'objet d’une recommandation officielle par la Feuille d’informations du Ministère de VAgriculture, en juillet 1916 en vue d’assurer @inqn complètement nos besoins,
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- VARIETES
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- du moins de diminuer notablement les quantités que nous importons surtout de l’Espagne, puis de l’Autriche, de la Turquie et de l’Inde. Mais les frais de premier établissement ainsi que les prix de la main-d’œuvre de plus en plus élevés sont des obstacles sérieux à une
- reprise de cette culture qui, naguère, eut une réelle importance. Le prix du ;kilogramme de safran qui était tombé avant la guerre à 70 francs, par suite de la concurrence étrangère, s’est relevé depuis et doit être, aujourd'hui, plus que doublé. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Emploi du chlorure de chaux contre les rongeurs et les insectes. — Les rats et les souris désertent les-locaux où l'on a répandu, de place en place, du chlorure de chaux.
- Ce produit chimique est également efficace contre les insectes qui attaquent les plantes (altises, chenilles, papillons). Des expériences faites en Suisse ont donné des résultats très satisfaisants, en débarrassant radicalement des champs de choux envahis par les insectes précités.
- Le mode opératoire consiste simplement à faire un lait de chlorure de chaux et à en asperger les plantes avec un balai, autant que possible le soir et le matin de bonne heure. Des champs ainsi traités ont été préservés des chenilles, alors que les champs environnants, non traités, étaient dévastés complètement.
- L’emploi du chlorure de chaux, pour éloigner les chenilles des arbres fruitiers, comporte le mode opératoire suivant :
- On prend une partie de chlorure de chaux, que l’on mêle avec une demi-partie de saindoux. Avec le tout, on forme une pâte que l’on enveloppe dans de l’étoupe et que l’on suspend autour du tronc de l’arbre. Toutes les chenilles se laissent tomber des branches et ne tentent pas de remonter par le tronc.
- Ce procédé peut être employé également avec succès pour empêcher la montée des papillons de la Cheima-tobie (Cheimatobia brumata) le long des troncs des arbres fî’uitiers à l’automne, précaution à prendre pour
- empêcher la ponte au faîte des arbres et, par suite, une nouvelle invasion.
- Poussière dès sols cimentés. — On empêche la poussière de se former par suite de l’usure en étendant sur le ciment 2 ou 3 fois par jour, pendant trois jours de suite, une couche de solution de silicate de soude. Le silicate de soude pénètre dans les pores du ciment et forme avec lui une masse imperméable et compacte, que le frottement n’use pas.
- On peut répéter le traitement aussi souvent que cela redevient nécessaire.
- Pour reconnaître le thé qui a déjà servi. —
- Quelques commerçants (?) peu scrupuleux recueillent, dans les cafés et les restaurants, le thé qui a déjà été utilisé pour les fervents du Five-o’clock tea\ le font sécher, puis, après l’avoir « rajeuni » par diverses manipulations, le vendent comme s’il arrivait, en droite ligne, de Chine, du Japon ou de Ceylan. Dans le livre de M. Neuville que nous avons cité à la bibliographie, nous trouvons un procédé très simple pour déceler cette fraude, procédé connu sous le nom de réaction de Tichomirow. Celle-ci consiste à mettre les feuilles suspectes dans une solution saturée d’acétate de cuivre (opération se faisant à froid). Si, au bout d’un temps assez long, la couleur bleue de ce réactif ne change pas, cela indique que les feuilles ont déjà servi ; si, au contraire, elle tourne au vert, cela indique que les feuilles n’ont pas encore été utilisées. H. Courus.
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- BOITE ' AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications, — Etaloirs à papillons. — A propos de la réponse à M. Dardenne (Boîte aux Lettres du n° 2737, 18 septembre 1926).
- M, le Pontois, membre de la Société Entomologique de France, nous écrit de Vannes.
- «. Voici quelques renseignements qui intéresseront M. Dardenne.
- Il trouvera de l’agave en planches et de la nivelle de sureau en bâtonnets, chez Deyrolle, 46, rue du Bac, Paris.
- Pour la tourbe, je ne connais au monde qu’un seul fournisseur : Hermann Ivreye, Fernroderstrasse, 16, à Hanovre (Allemagne).
- Le meilleur matériel pour établir les étaloirs à papillons est le peuplier bien homogène; le marronnier, le tilleul doivent aussi convenir. Le fond de la rainure est à garnir de liège ou d’aggloméré de liège et dans les petits étaloirs de moelle de sureau. Pour s’éviter par la suite bien de petits ennuis, il est indispensable que M.. Dardenne se procure chez Deyrolle ou Bureau un étaloir qui lui servira de modèle, car par exemple là profondeur de la rainure est maintenant standardisée, ce qui est important si par la suite il fait des échanges d’insectes.
- La profondeur de la rainure fixe la hauteur de l’insecte sur l’épingle et pour le rangement d’une collection cette hauteur doit être constante pour le coup d’œil n.
- Réponses. —Dr E. V., à Changis. — i° Le linge dit américain est constitué par une toile placée entre deux feuilles de celluloïd blanc et assouplie à l’huile de ricin. L’adhérence est obtenue en mouillant à l’alcool le celluloïd puis en repassant le tout; on polit ensuite à la meule de drap et on donne au celluloïd le grain de la toile par un gaufrage approprié.
- Cette fabrication est bien entendu du domaine industriel, mais on peut dans la pratique se contenter de badigeonner le linge, faux-col ou manchette, à trois ou quatre reprises avec une solution d’acétate de cellulose dans le tétrachloréthane additionné pour l’assouplir de triacétine. On peut par exemple prendre comme base
- la formule suivante :
- Acétate de cellulose............... 12 gr.
- Tétrachloréthane....................36o —
- Alcool éthylique à q5Q.............. 40 —
- Triacétine.......................... 3 —
- Le linge ainsi préparé se nettoie parfaitement à l’eau de savon et reste toujours blanc, sans avoir le défaut de jaunir comme les préparations à la nitro-cellulose.
- 20 Vous pouvez parfaitemeut installer vous-même un système de protectionr contre la foudre sur votre bâtiment peu élevé, la seule précaution essentielle est de bien assurer la communication avec la terre.
- L. M., à Lillebonne. —Votre explication est la bonne, c’est parce que le poêle fonctionne toujours à tirage réduit qu’il y a condensation des goudrons dans,la partie supérieure des tuyaux trop éloignée du foyer de combustion. Comme en résumé il y a économie de combustible et seulement le léger inconvénient d’un dépôt de goudrons que votre installation permet d’évacuer facilement, nous croyons que le mieux est de conserver la disposition actuelle.
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- M. le Dr E. A., à Paris. — i° La peinture gris ardoise à laquelle vous faites allusion est une peinture au graphite (mine de plomb) ; vous pourrez la préparer facilement en prenant :
- Graphite....................400 gr.
- Blanc de zinc...............200 —
- Sulfate de baryte...........200 —
- Huile de lin................200 —
- Ajouter ensuite de l’essence de térébenthine en proportion variable pour la première et la seconde couche (peinture à l’extérieur), savoir :
- ir' couche 3/4 d’huile et 1/4 d’essence;
- 2e couche 1/2 d’huile et 1/2 essence;
- 3° couche à l’huile pure.
- 2* Les maisons qui suivent vous fourniront Z<? s produits magnésiens nécessaires pour la réparation des pierres de taille rongées : Blanc, 88, boulevard Magenta; Société française des Produits magnésiens, 20, rue Baudin, 9e; Produits magnésiens de Villeneuve-d’Aveyron, 136, rue de Yaugirard ; Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice, à Aubervilliers ; lven, 22, rue des Acacias, à Yillemomble, Seine.
- M.' L. D., à Urville, Calvados. — Bibliographie relative aux produits réfractaires : Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte; Fabrication des briques et des tuiles, par Fritsch, éditeur Desforges, 29, quai des Grand s-Augustins.
- M. A. P., h La Ferté Saint-Aubin. — Yotre bassin est envahi par des algues sulfuraires (Beggiatoacées) qui absorbent l’oxygène de l’eau et la rendent ainsi impropre à la vie du poisson. Le remède doit consister à mettre sur lé fond une couche de terre et de gravier mélangés, sous une épaisseur de 10 à 20 cm, puis à y faire la plantation de plantes aquatiques. Dans le cas où le bassin aurait trop peu de profondeur pour y constituer ce fond de végétation, mettre les plantes aquatiques dans des pots en grès qui ne se désagrègent pas à l’eau. Deux genres de plantes aquatiques peuvent ainsi être établis pour l’assainissement de l’eau :
- i° Les plantes complètement immergées dont la plupart se reproduisent par la plantation de boutures ; les plus répandues sont les sagittaria, nymphœas, litto-rella, etc.
- 2° Les plantes submergées, presque toutes en racines; principales variétés : Myriophillum verticillatum Myvio-phillum siabratum Clodea canadensis Carolianiana fontinalis, etc.
- Assurer enfin une circulation d’eau, arrivant aérée par chute d’une certaine hauteur.
- M. Van Genechten, à Bruxelles. — Les ouvrages suivants répondront très probablement à votre désir : Le secrétaire pratique, Librairie Taride, 18-20, boulevard Saint-Denis; Les affaires par correspondance, par Chambonnaud, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte; Fabrication de la fécule et de l’amidon, par Fritsch, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Chabot, à Paris. — La résine synthétique Orca (anagramme de Acro) est obtenue par polymérisation de l'acroléine en présence d’hydroquinone, c’est un produit transparent analogue comme aspect à la bakélite, susceptible des mêmes emplois, en particulier comme isolant électrique. Ce produit peut se trouver chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris. Yous pourriez vous renseigner auprès de M. Moureu, professeur au Collège de France, qui, avec son collaborateur M. Dufraisse, a mis pendant la guerre cette fabrication au point. D’après des recherches récentes, la résine d’acroléine aurait pour formule [CFI2 =r CH — CHO|*°.
- M. Anastay, à Marseille. — Le phénomène que vous avez observé est un phénomène de dilution qui n’est autre chose que l’extension de la dissolution.
- Or celle-ci correspond à un travail de dissociation moléculaire, lequel a lieu avec absorption d’énergie sous forme de chaleur. Si cette chaleur n’est pas fournie par un apport extérieur elle est empruntée au solvant lui-même d’où un abaissement notable de température et contraction résultante, ce qui motive la diminution de volume que vous avez constatée.
- M. Chardin, à Pantin. -— On ne peut mettre en comparaison bakélite et vernis à l’acétate de cellulose non plus que les vernis divers entre eux. Tout dépend de l’application que l’on a en vue et du support; tel enduit
- donne sur bois un résultat parfait, qui sur métal n’aura aucune adhérence, ici on recherchera la souplesse, ailleurs la dureté.
- En résumé ce sont les essais pratiques qui montrent si un produit plutôt qu’un autre convient à la réalisation cherchée.
- Mlle Nageotte, à Dijon. — Les matières colorantes qui par lessivage pluvial du bois sont venues souiller votre marbre ont en général une fonction acide (type tanins), surtout s’il s’agit de bois de chêne.
- En conséquence nous pensons que vous réussirez assez facilement à enlever les taches jaunes en lessivant à l’eau seconde des peintres (Lessive de soude caustique à 5° B) que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs. Employer un vieux pinceau sacrifié ou un chiffon fixé à l’extrémité d’un bâtonnet, éviter d’en répandre sur les mains et les vêtements de laine. Après avoir laissé séjourner la lessive au contact des souillures pendant au moins une demi-heure rincer abondamment à l’éponge, une fois la lessive enlevée par épandage direct d’eau.
- Mlle C. Derréal, à Paris. — i° Une dissolution d’acétate de' cellulose dans l’acétone vous permettra par imbibition de donner aux tissus de la rigidité. Suivant la quantité d’acétate dissous (ordre du millième) par rapport à l’acétone, vous pourrez réaliser toute une gamme de souplesses.
- L’acétone ayant pour point d’ébullition 56°C s’évapore facilement.
- 20 Pratiquement on n’emploie pas la cellulose en solution directe, mais des solutions de ses éthers : nitro-cellulose, acétate, formiate, etc., ou des produits mixtes appelés xanthates de cellulose à l’état de viscose. Si cette question vous intéresse consultez La Cellulose par Clément et Rivière. Editeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- M. Wirth, à Lisbonne. — Yous ne nous faites pas connaître quel est le métal pour lequel vous dédirez effectuer une soudure autogène. Supposons qu’il s’agit du fer ; dans ce cas on utilise habituellement un fondant analogue au suivant :
- Borax..................82 pour 100
- Sel ammoniac........... 8 —
- Prussiate jaune .... 8 —
- Limaille de fer .... 2 —
- 100
- M.-R. Michaud, à Port-Tewfik (Egypte). — Documentation sur le jardinage et la floriculture. Yoici les ouvrages qui nous paraissent répondre à votre objectif : Le Bon Jardinier, 1 vol. de 1000 pages, avec gravures et planches en couleurs ; Traité d’Horticulture pratique, par G. Bellair, 1 vol.; Manuel de Floriculture, par Ph. de Yilmorin, 1 vol. ; Instructions pour les semis de fleurs de pleine terre, 1 vol. par Yilmorin-Andrieux ; Le Petit Jardin, 1 vol. par D. Bois; Manuel du Jardinier, par J. Rudolph, 1 vol. Yous trouverez ces ouvrages à la Librairie agricole de la « Maison Rustique », Paris, 26, rue Jacob (6e).
- M. G.-L., Lycée Carnot, à Dijon. — Documentation sur l’âne (bibliographie). Yoici la nomenclature des ouvrages que nous connaissons : L’Ane et les Mulets (anatomie, physiologie, production, exploitation et conduite, hygiène, maladies), 1 vol. par Emile Thierry; Traité de Zootechnie tome ITT, races asines, 1 vol. par André Sanson ; Zootechnie, Races chevalines, ânes et mulets, x vol. par Paul Diffloth ; Chevaux, ânes et mulets, 1 vol. par E. Perrier et Menegaux. Librairie agricole de la « Maison Rustique », Paris, 26, rue Jacob (6e).
- M.-C., rue Borghèse, à Neuilly-sur-Seine. — Il n’existe pas, du moins à notre connaissance, de machines pour la plantation des végétaux dont il s’agit (tabac, caféiers, théiers, hévéas et autres plantes arbustives). Pour renseignements relatifs à cette question, vous pourriez vous adresser à la direction de la Station d'Essais de machines agricoles, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé (12e), et à la direction de l’Ecole supérieure d’Agricul-ture coloniale, à Nogent-sur-Marne.
- M. Carlo Becchi à Savona. — Yous trouverez tous renseignements sur l’utilisation des résidus, dans l’ouvrage Les déchets et sous-produits industriels, récupération et utilisation par Razous, éditeur Dunod, 92, nie Bonaparte.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Eléments de mécanique industrielle, par S. Berrens, suivis d’une Conférence sur l’organisation dansles ateliers. par Jules LANGE, i vol. in-16, 468 p., 322 fig. et 4 pl- hors texte. G. Doin, éditeur, Paris, 1926. Prix : 33 fr. 60.
- Cet ouvrage contient un exposé élémentaire des potions théoriques fondamentales de la mécanique et la description schématique des principaux éléments de machines ainsi que des types de machines les plus importants en usage industriel.
- Les mathématiques du chimiste, par L. Gay. i vol. 208 p. J. Hermann, éditeur, Paris, 1926. Prix : 28 francs.
- Les mathématiques du chimiste ne sont pas différentes de celles des autres professions ; la mathématique est une; mais toutes ses branches ne sont sans doute pas nécessaires au chimiste ordinaire, quoiqu’il soit bien difficile en cette matière de faire des prévisions à longue échéance. On eut fortement étonné les chimistes les plus éminents,. voici un demi-siècle à peine, en leur annonçant que le, calcul différentiel et intégral deviendrait à brève échéance un instrument indispensable même au chimiste moyen. C’est cependant ce qui est advenu avec le développement de la chimie physique. Dans ce livre, rédigé précisément par un professeur de chimie physique, on trouvera, traités d’une façon très claire, les chapitres suivants : puissances, racines et logarithmes, fonctions d’une variable, fonctions de plusieurs variables, différentielles, dérivées, intégrales de fonctions d’une seule variable, notions sur les intégrales de fonctions de plusieurs variables. Les exemples concrets choisis au cours de l’exposé sont toujours empruntés à la chimie ou à la physique et familiarisent ainsi, par avance, ‘l’étudiant avec l’aspect des courbes et des équations qu’il rencontrera plus tard. Ils sont presque toujours traités d’une façon approfondie et minutieuse et constituent ainsi, à la fois, un excellent exercice mathématique et une initiation très heureuse aux méthodes de raisonnement du chimiste ou de l’expérimentateur en général. La lecture de cet ouvrage n’exige pas d’autres connaissances que celles d’un bon bachelier. L’auteur pour y parvenir a souvent renoncé à la rigueur des démonstrations pour certains théorèmes, se contentant de vérifications faciles dans des cas particuliers simples, il a fait, selon sa propre expression, des mathématiques « expérimentales ». C’est une méthode très défendable, mais qui au point de vue pédagogique n’est cependant pas sans dangers.
- Traité général de la fabrication des colles des gluti-nants et matières d’apprêts, par M. de Keghel, i vol. 14 p,. 158 fig. GauthieràVillars, éditeur, Paris, 1926.
- Ce volume constitue une véritable encyclopédie pratique des colles de tous genres ; il en indique la composition, les propriétés, le mode de fabrication ét les emplois. Il passe ainsi en revue les dolles animales : colles de peaux, d’os, gélatine et ses dérivés, colles de poissons, colles dé caséine, colles d’albumine et de sang. Puis il étudie les colles végétales : gommes, résines, colophane, mucilages, sub-stancès pectiques, amidons et fécules, colles de pâte, de dextrine, colles â base de sucres et de sirops* colles à base d’amylocellulose ou celluloviscoses. II terminé en passant en revue rapidement les colles minérales, assez peu nombreuses du reste. On trouve-dans cet ouvrage les plus utiles renseignements sür les procédés de fabrication et les moyens d’études des colles ; on y trouve aussi de nombreuses recettes de colles qui seront très appréciées dès amateurs.
- La production et le commerce des céréales, par L. MÀ-chefel, 1 vol. i3o p. Librairie agricole de la Maison rustique. Paris, 1926. Prix broché : 7 fr. 20, franco : 8 francs.
- C’est un vaste et important sujet que celui traité par M. Machfefel, chef de l’Office des renseignements agricoles au Ministère de l’Agriculture et professeur à l’Ecole française de meunerie. Il intéresse non seu-
- lement les agriculteurs et les commerçants, mais aussi et peut-être davantage les hommes politiques et ie public éclairé. Les uns et les autres ont besoin, sur cette question, de données précises et de vues saines, qui leur font hélas trop souvent défaut. Et cette ignorance provoque, en chaque période de crise, l’application de soi-disant remèdes, cent fois essayés par tous les Gouvernements au cours de l’histoire et par tous les peuples, et cent fois démontrés inefficaces ou nuisibles. A cet égard, Ahistorique et les statistiques mondiales, qui forment le début du remarquable ouvrage de M. Machefel, sont empreints d’un intérêt réellement saisissant. L’auteur étudie ensuite le marché des céréales en France : il analyse, avec une vigoureuse clarté, le mécanisme de notre régime douanier, trop mal connu par le public, il montre comment fonctionnent, les marchés et bourses de commerce, il résume la législation et la réglementation actuellement en vigueur, pour là minoterie, la vente des farines et dü pain.
- Lé problème des fermentations. Les Faits et les Hypothèses, par M. Schgek. i vol. in-8, 200 p. Monographies de l’Institut Pasteur. Masson et Ciô, Paris.
- Les nombreux travaux qui se sont succédé depuis plus d’un siècle, signés des noms les plus illustrés qu’aient connus les sciences expérimentales, n’ont pas épuisé ce vaste champ d’études qu’offre le problème des fermentations. Problème biochimique par excellence, car nous y avons toujours affaire, disait Pasteur, à « des réactions chimiques qui sont corrélatives de phénomènes physiologiques », et qui continue à tenir en éveil la curiosité et des chimistes et des physiologistes. Dans cette remarquable monographie, l’auteur dégage les faits acquis et examine, à la lumière de ces faits, la valeur des hypothèses qui doivent en être F « expression la plus prochaine ». Ce sont les faits qui se rattachent à la fermentation alcoolique, prototype de toutes les fermentations, qui constituent le sujet principal. A la lumière des faits acquis dans ce domaine sont ensuite examinées les fermentations bactériennes. On arrive ainsi à établir entre les divers types de fermentations des liens étroits et à introduire dans l’étude de cette partie de là chimie biologique une certaine unité. Cette unité ne s’étend pas seulement aux phénomènes de fermentation proprement dite; mais des analogies frappantes existent entre la marche de la dégradation de la molécule de sucre au cours de ces fermentations qui aboutissent à la formation de tant de substances variées et les processus de dislocation de la molécule dans l'organisme animal qui y puise l’énergie nécessaire au maintien de la vie. Les propriétés physiologiques essentiellement plastiques des microbes peuvent être modifiées profondément. La réaction du milieu constitue un des facteurs les plus importants qui influent sur ces modifications, d’où la nécessité de connaître les facteurs de celui-ci.
- Cette monographie rendra service à tous ceux, biologistes, chimistes, industriels, qui s’intéressent aux questions de fermentation.
- Les métamorphoses des animaux marins, par le D11 L. Joubin. ï vol. in-i6, 270 p.,' 71 fig. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 14 francs.
- L’auteur expose clairement, en employant le minimum de termes techniques, ce que l’on sait actuellement de l’évolution larvaire si curieuse, et encore souvent mystérieuse, dès habitants des océans.
- Après un exposé général des conditions physiques du milieu marin dans lequel s’accomplit l’existence de ces êtres délicats à leurs débuts, l’auteur a choisi dans chacun des grands groupes zoologiqües lès types les plus frappants, les plus curieux pour les métamorphoses de leurs larves, leurs migrations, leurs passages à l’état de parasites à travers le corps d’autres animaux qui leur servent d’hôtes temporaires.
- Le lecteur non spécialiste est ainsi mis au courant de quelques-uns des problèmes de la vie marine, dont la solution, actuellement acquise, a nécessité nombre d’années d’efforts et de patience.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
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- N° 2747
- 27 Novembre 1926.
- Les Prix Nobel. — Le prix Nobel de physique vient d’être attribué à notre compatriote Jean Perrin, membre de l’Académie des Sciences, professeur à la Sorbonne. M. Jean Perrin est né à Lille en 1870. Son premier travail, une thèse de doctorat consacrée à l’étude de la charge des rayons cathodiques, en 1897, le mit immédiatement au rang des grands physiciens. Elle s’est trouvée à l’origine des études expérimentales de l'électron, étude qui, on le sait, ont révolutionné la physique moderne. Depuis M. Jean Perrin a fait de très importants travaux sur le mouvement brownien, sur la fluorescence ; on lui doit une théorie remarquable sur les rapports entre les radiations électromagnétiques et les réactions chimiques. Il a écrit notamment un ouvrage sur les atomes, universellement admiré pour son élégance « gallique » suivant l’expression de Max Planck.
- Le prix Nobel de physique pour 1925 a été partagé entre les deux savants allemands Franck et Hertz à qui l’on doit des travaux expérimentaux de la plus haute importance sur l’ionisation des gaz et les potentiels de résonance, et les rapports qui lient ces phénomènes à la théorie des quanta.
- Le prix Nobel de chimie pour 1925 a été attribué à M. R. Zsigmondy, un autre savant allemand, l’inventeur de l'ultramicroscope et l’auteur de nombreux travaux sur les colloïdes.
- Le prix Nobel de chimie pour 1926 a été attribue à M. Svedberg, de l’Université d’Upsal (Suède), pour ses travaux sur les colloïdes.
- Tremblement de terre en Arménie. — Le 22 octobre, un violent tremblement de terre a détruit la ville de Leninekhan (Alexandropol) en Arménie russe, cité de Joooo habitants. On signale des centaines de morts, des milliers de blessés et toute la population de la ville est sans abri.
- La pluie de sang du 30 octobre 1926. — Les pluies colorées furent toujours l’objet de l’étonnement des peuples, et la croyance populaire appelait « pluie de sang « celles colorées en rouge, et « pluie de soufre » celles colorées en jaune.
- Depuis Homère, qui rapporte qu’une pluie de sang s’abattit sur les héros grecs, jusqu’à nos jours, on put enregistrer un grand nombre d’observations de ces précipitations curieuses, phénomène qui fut interprété, selon les tendances ou les circonstances, comme un présage plus ou moins effrayant. Ce n’est qu’en 1669, le 17 mars, jour où il tomba une « pluie de sang » à Châ-tillon-sur-Seine, que l’on commença à soupçonner la vérité. « Il tomba en plusieurs endroits de la ville, dit « l’Histoire de l’Académie des Sciences, une espèce de « pluie ou de liqueur roussàtre, épaisse, visqueuse et « puante, qui ressemblait à une pluie de sang. On eD « voyait de grosses gouttes imprimées contre les murs ; « ce qui fait croire que cette pluie était formée d’eaux « stagnantes et bourbeuses, enlevées par un tourbillon « de vent de quelque mare des environs ».
- On remarqua, depuis cette époque, des pluies rouges et jaunes, et surtout dans le Midi de la France, l’Italie, les Balkans, la Turquie, ce qui s'explique aisément, si l’on admet comme l’hypothèse la plus vraisemblable, que le principe colorant des pluies provient des sables des déserts sahariens, soulevés par les tempêtes, et dont les éléments les plus légers peuvent être entraînés dans la haute atmosphère et transportés à des distances con; sidérables. Le simoun saharien, le sirocco peuvent soulever en effet des tonnes de ces particules. Aux îles Canaries, dont le sol est essentiellement volcanique, on constate la présence de dunes sableuses formées par les apports que les vents provenant de l’est ont emprunté aux déserts africains. En 1846, pendant l’automne, une pluie de terre accompagnant un cortège d’orages, d’ouragans, avec tonnerre pt éclairs, s’abattit sur la France, l'Italie et jusqu’en Turquie. Elle recouvrit d’un précipite très abondant le Jura et le Midi de la France. Le château de Chamagneu reçut un crépi qui le rendit méconnaissable. A Valence, la couche fut si épaisse que l’qn dut curer les gouttières et dégager les tuyaux de descente. Fournet
- rapporte un calcul duquel il résulte que, pour le département de la Drôme seulement, les nuées ont dû charrier sur la contrée le poids énorme de 72 tonnes de cette terre !...
- On retrouve de semblables pluies en 1847 à. Chambéry, en 1862, dans le centre ; en 1863 où l’on observa une neige que l’on crut teintée de sang, le 10 mars 186g, le i3 février 1870, etc.... Il est du reste assez intéressant de constater que c’est surtout au printemps et en automne, à jl’époque des tempêtes équinoxiales, que ces pluies singulières se produisent le plus souvent. „
- C’est une pluie de même nature qui tomba le samedi 3o octobre dernier, vers 18 heures 3o. Le lendemain matin, les habitants de l’Isle-sur-Serein eurent l’étonnement en effet de constater que l’abondante pluie (22 mm. en 24 heures), qui avait sévi toute la nuit, avait laissé partout un dépôt terreux de couleur rougeâtre, onctueux au toucher. Dans les auges destinées à recueillir les égouts des toits, l’eau était limoneuse, couleur de rouille ; le linge laissé dehors par des laveuses, souillé d’un limon couleur roux, dut être remis en lessive.
- Dans la journée du 3i, on pouvait recueillir sur les feuilles des arbres, dans les chéneaux, un dépôt brun rosé, assez semblable à la poudre de cacao, abandonné partout par la chute de pluie. Au microscope, ce limon se révélait constitué par de minuscules cristaux semi-transparents et par des poussières assez brillantes avec un support argileux.
- 11 est évident que cette curieuse précipitation peut être attribuée à l’apport par la haute atmosphère des parties légères des sables que les vents violents, observés un peu partout ces derniers temps, enlevèrent aux déserts.
- On remarquera précisément que le 24 octobre, une tempête violente, accompagnée d’orages, par vent du sud-ouest, sévit pendant 48 heures. Cette tempête marqua le commencement d’un cyclone abordant le territoire français avec direction générale S.-S.-O. Les appareils de l’Observatoire de la Guette enregistrèrent, du 25 à minuit jusqu’au 26 à 18 heures, c’est-à-dire pendant 42 heures, le passage de 7x0 kilomètres de vent, chiffre considérable, avec des vitesses de 20 m. à la seconde, soit 75 kilomètres à l’heure. Après trois jours d’accalmie, une nouvelle tempête, marquant la fin du cyclone, par vent violent du Sud, apporta précisément, le 3o octobre, la pluie curieusement colorée signalée dans nos régions. L’examen des gi'aphiques des enregistreurs montre l’identité du mouvement cyclonique dont la première atteinte, le 25 à 14 heures, se manifesta par la chute du mercure du baromètre à 735 mm. (venant de 760), et dont la seconde, le 29 à 10 heures, atteignit 782 mm., yexxant de 756,60.
- Il paraît possible de conclure de l’ensemble de ces obsei’vations, et aussi d’autres remarques qui ont été faites comparativement à des chutes antérieures de pluies colorées ou boueuses, que les sables des déserts d’Afrique, arrachés par un vent violent et entraînés pardessus la Méditerranée dans la direction du golfe du Lion, furent rejetés par le mouvement de rotation cyclonique dans la direction du Nord. C’est ainsi que le vent venant du Sud, le 3o octobre, aurait poussé la nuée limoneuse qui s’abattit dans la soirée sur nos contrées en une pluie rousse.
- L’eau de cette pluie, soumise à l’évaporation, abandonna un dépôt de 5,y5 milligr. par litre, soit pour 10 mm. de hauteur de pluie 07,0 milligr. par mètre carré, ou 57a gr. à l’hectare. Si l’on songe que le département de l’Yonne a une étendue de 746006 ha., c’est un chiffre de plus de 525 tonnes de matière solide qui aurait été ainsi abandonnées par la pluie sur son seul territoire!... Pour transpoi’ter cette masse, il* faudrait deux ti*ains de chemin de fer de 27 wagons chacun, chargés au maximum de poids!...
- On remarquera donp que cette chute de pluie était particulièrement riche en matières en suspension, puisque l’apport dont parle Fournet pour le département de1 la Drôme n’était que de 72 tonnes, lors de la fameuse pluie « de sang » de 1 S.jG.
- G. Bidault dis l’Isle.
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- INFORMATIONS
- Carte en relief de grande taille. — Il existe au Guatemala une carte en relief de ce pays et du Honduras britannique, construite sur une surface de 1800 m'2, les montagnes sont solidement établies en ciment; les villes et les villages, les chemins de fer et les routes sont soigneusement représentés, les fleuves sont d’eau courante et les lacs pleins d’eau. Œuvre de l’ingénieur Francisco Yela, ce travail présente le plus haut intérêt pour l’instruction, et il est à souhaiter que dans d’autres pays on adopte cette méthode de représentation du territoire national ; l’intérêt en est évident.
- Dans le relief du Guatémala, l’échelle horizontale est de 1 : 10000, l’échelle des hauteurs 1 ; 2000. Les lignes de niveau utilisées pour ce travail sont équidistantes de 5oo m.Une note et une photographie sont consacrées à ce relief dans les Petermanns Mitteilungen de Justin Perthes à Gotha (1926, heft 9, octobre, p. 212).
- Le plus profond gouffre du monde. — Ce n’est plus l’abîme Bertarelli (45o m.) en Istrie. (Y. La Nature, n°3 2656 et 2704, 28 février 1925 et 3o janvier 1926). Un autre vient d’être visité jusqu’à 490 m. de profondeur (plus 3o m. d’eau, soit 520 m.), le 12 septembre 1926, par les membres de la section « Grotte » de la Société sportive triestine dite « Assouaz XXX Octobre » (présidée par M. Ant. Petech). L’abîme est situé à Montenero, au Sud d’Idria (aux célèbres mines de mercure) aux extrêmes confins Nord des calcaires liburniens du Garso. Après une première reconnaissance, le 6 septembre, 22 hardis explorateurs se partagèrent en cinq escouades sous la direction de MM. Cesare Prez et Umberto Tarabocchia. La descente commença le 12 septembre à 2 h. 3o du matin. Le gouffre se compose d’une longue succession de puits verticaux de 12 à 80 m. de profondeur, reliés entre eux par des couloirs en plans inclinés plus ou moins étroits et tortueux. L’un de ces passages n’a que O m. 40 de largeur. Les infiltrations étaient abondantes, formant plusieurs petits bassins d’eau; la température s’est montrée basse et les courants d’air gênants. A l’aide d’une profusion d’échelles en fils d’acier, de câbles et de téléphones, l’escouade de pointe (MM. Comici, Diminich, Benedetti) atteignit à 8 h. i5, après 5 h. 45 de continuelle descente, et au bas d’un dernier puits de 20 m., un lac rectangulaire de 20 m. sur i5 m., clos de toutes parts et siphonnant. Le baromètre anéroïde marquait 490 m. au-dessous du niveau de l’entrée; le sondage du lac ayant donné 3o m. de profondeur, le creux total serait donc de 520 m. On se demande si, après une grande sécheresse, un désamorçage du siphon ne permettrait pas de pousser plus loin encore. A 22 heures, les explorateurs et leur matériel se retrouvaient à la surface du sol, après
- 19 h. 3o de labeur. La rapidité de cette remarquable pénétration est extraordinaire : elle témoigne de la maestria et des excellentes méthodes de ses auteurs (*) et aussi de dispositions naturelles exceptionnellement favorables à l’intérieur du gouffre (*). On l’a baptisé abîme Garibaldi, nom du colonel chargé de la délimitation des frpntières Yougo-Slaves (3).
- E.-A. Martel.
- Aciers spéciaux. — Acier pour couteaux de table inoxydables. — La composition des aciers employés pour cette fabrieation est à peu près la suivante : 10 à î5 pour xoo de chrome, un peu de nickel, o,5o de carbone. Ces aciers résistant à l’oxydation sont aussi employés pour la fabrication des aubes des turbines.
- Aciers magnétiques. La force coercitive de l’acier à
- 20 pour 100 de cobalt est plus de 1000 fois celle de
- l’acier à 5o pour 100 de nickel. (
- Aciers pour tôles de dynamos. — Autrefois on employait des aciers ordinaires dont la grande conductibilité donnait des pertes par courants de Foucault. Actulelement on emploie des aciers contenant 4 pour 100
- 1. Leur audace dépasse toutes les témérités; il y a quelques années le frère de M. C, Prez s’est tué, à la cavexme de Saint-Ganzian, dans une chute de So m.
- 0 2. Nous en publierons la coupe et les données scientifiques dès qu’elles nous seront parvenues.
- 3. Le 17 août le « Piccolo délia sera » de Trieste annonçait la prochaine visite par des spéléologues de Yérone d’un autre gouffre, celui de Prêta sur le Forno d’Aqujlla. Deux premiers puits auraient déjà été explorés jusqu'à 198 m. Un troisième semblait dépasser 5oo m. Nous attendons confirmation.
- de silicium qui présente une très grande résistance et de très faibles pertes par hystérésis. (Renseignements de Chimie et industrie, août 1925, d’après Stahl und Eiseit-; décembre 1924).
- Le recensement de la France en 192Î. — Le
- Bulletin de la Statistique générale de la France publie les résultats du recensement effectué en 192t.
- La population, répartie selon l’âge et le sexe, comptait :
- 3 g12- E isemble. Sexe masculin Sexe féminin.
- 0- 1 an . . 784 3 20 396 989 387.331
- 0- 4 ans . . I 614 017 8x5 x 53 798.861
- S- 9 — . . •> ù 001 281 I o53 368 1.497.913
- 10-14 3 406 214 I .7x0 574- 1.6g5.640
- 15-1 g — . . 3 446 093 I •729 247 1.716.846
- 20-24 — . . 3 046 926 I 4o5 198 1.641.728
- 25-29 — . . 2 783 7x4 I 23o 856 1 .552.858
- 3 o-3 4 — . . 2 . 768 008 I 25 I 5x5 1 .511.4g3
- 35-39 — . . 2 768 .411 I 272 616 1.495.795
- 4o-44 — . . 2 754 546 I .3x5 209 1.439.337
- 45-49 — . . 2 600 og1 I 269 949 1,33o.142
- 5 o-5 4 — . . 2 33o 667 ï 131 028 1.199.639
- 55-59 — . . 2 . x i5 a4'2 I 014 424 1,100.818
- 60-64 — . . I 804 o3q 845 828 958.711
- 65-6g — . . I 410 414 643. 744 766.670
- 70-79 — . . I . 686. 875 720 517 966.358
- 80 et plus. . 407 522 i53. 422 254100
- Non déclaré. 74 l6o 35 519 38.641
- Totaux . . . 38. 797 540 18 444 656 20.352.884
- Elle comprenait 87.0 I I . I7 3 françai s, 254.3 43 natura-
- Iisés ît 1.532.0 24 étrangers.
- Les nationalités étrangères ayant le plus i’individus
- en France étaient :
- Hommes. Femmes.
- Italiens , 256 193 I 94 767
- Belges. 187 940 I 61 046
- Espagnol S . l52 112 I 02 868
- Suisses. 5o 634 39 5x5
- Allemand s . 35 091 4o 535
- Britanniques 20 4xx 26 945
- Polonais. 3o 082 i5 684
- Africains 36 55q I 107
- * Russes. !9 609 I 2 738
- Luxembourg eois i3 .902 i5 367
- Parmi les enfants de 5 à 9 ans, 1.960.141 savaient lire et écrire, 578.198 étaient illettrés ; parmi les individus de 10 ans et plus, 29,779.820 savaient lire et écrire, 2,657.271 étaient illettrés.
- La population active comptait 21.720.604 personnes se répartissant ainsi par catégories d’occupations :
- Pêche........................ 72,400
- Forêts, agriculture........ 8.951.099
- Industries extractives...... 317.607
- Industries de transformations. . G. 181.441
- Manutention et transports . . . 1.184 41 4
- Commerce, banque........... 2.253.529
- Professions libérales....... 590.492.
- Soins personnels, domestiques . 847.566
- Services publics et armée. . . . 1.822.006
- Un vêtement fait en un jour. — Du Canada nous parvient la nouvelle d’un record d’un nouveau genre, la transformation en un seul jour de la laine prise à des moutons en un paletot taillé, cousu, fini et porté. Ce tour de force fut accompli à la suite d’un défi lancé par un journal quotidien de Toronto, et le paletot porté par le lieutenant-gouverneur Pérodeau, de Québec, lors de l’ouverture de l’exposition nationale canadienne. Pour le réussir, on a tout d’abord transporté quatre moutons en automobile de tourisme jusqu’à la Slingsby Woollen Mills, àBrantford, soit, à une distance de douze milles. Ces moutons furent tondus à 5 heures du matin, puis, en moins d’une demi-heure, la laine fut dégraissée, nettoyée et mise dans une cuve de teinture bouillante. Cette laine fut ensuite cardée, boudinée et tissée en drap, qui fut remis à un tailleur de Brantford. Le paletot fini fut transporté par aéroplane et livré sur le terrain de l’exposition, c’est-à dire, à une distance de 5o milles, à 18 h. 45 le soir du même jour.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Q&L
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1927
- Cette fois, les comètes envahissent le ciel, mais que les personnes timorées se rassurent : ces signes du ciel, qui inspiraient autrefois la terreur, passeront, cette fois, totalement inaperçus. Comme l’aimée .dernière, nous sommes gratifiés de comètes d’un éclat presque ridicule (il y en a une de 14e grandeur), et il sera parfaitement inutile de chercher à les observer. Mais les découvertes d’astres aussi faibles font honneur aux astronomes qui effectuent leur recherche et montrent la perfection actuelle des procédés d’observation.
- La comète Finlay, inscrite, Cette année, sous la désignation 1926 d, a été retrouvée par M. Delporte sur un cliché du g août comme une nébulosité certainement plus faible que la 12e grandeur. Elle a été réobservée le 17 août, son éclat avait alors gagné près d’une grandeur.
- La comète périodique Giacobini-Zinner, observée en 1900 et 1913, et ayant une révolution de 6,5 ans, a été retrouvée à l’Observatoire de Bergedorf, par M. Schwass-mann. Elle doit passer au périhélie le 12 décembre. Son éclat est de la 14° grandeur C’est la comète 1926 e.
- Une autre comète ( 1926 /) a été découverte par M. Comas Sola, le 4 novembre. Faible éclat : 12e grandeur. En raison du très faible mouvement propre, il est possible que ce soit là une petite planète et la circulaire n° 46 de la British Astronomical Association suggère que ce pourrait être la petite planète Ohio (439). Aux dernières nouvelles, c’est bien une comète.
- Enfin, la comète périodique Neujmin, découverte en 1916, à Siméis (Crimée), par M. Neujmin, vient d’être retrouvéé au même observatoire le 5 novembre par son premier découvreur, qui en attendait, comme l’on pense, le retour. Eclat très faible : i4°,5 grandeur.
- D’après M. Merton, l’époque du passage au périhélie, d’après la position du 5 novembre, serait le 16 janvier prochain. Cette comète a une révolution de 5 ans 1/2. Provisoirement, elle sera inscrite sous la désignation (1926 g).
- Nous aurons le regret de ne pouvoir observer aucun de ces astricules.
- I. Soleil. — Le Soleil* en janvier, remonte déjà très sensiblement vers l’hémisphère nord. De —23°4' le ier janvier, sa déclinaison atteint —; i7°35' le 3i. La durée du jour (présence du centre du Soleil sur l’horizon) passe de 8h i6m le iei à 911 19” le 3i. C’est donc une augmentation de i heure par jour duieràla fin du mois.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vraiÿ c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. A ce moment, l’ombre d’un fil à plomb indique la direction du méridien :
- Dates. Jam
- Heures du passage Heures du passa
- (T. U.). Dates. (/ r. u.).
- 1" 1U 53“ 57* Janv. 17 I 2h Om 37'
- 3 1 ih 54m 5.4* — !9 I2h im i6*
- 5 1 lh 55m 4q‘ — 21 I 211 Im 52*
- 7 1 ih 56m 43s • —- 2 3 I 2h 2m a5‘
- 9 1ih 57“ 34* — 25 I.2h 2m 55‘
- 11 1 ih58m 24’ — 27 I2h 3m 22‘
- i3 1 ih 5gm 1 is — 29 I 2h 3“ 46“
- i5 nh 59“ 55‘ — 3i 12» 4* 6*
- Observations physiques du Soleil. — Une fois de plus nous insisterons sur l’utilité, pour les amateurs, de suivre les variations d’aspect du Soleil chaque jour. Observer et dessiner taches et facüles. En 1926, le Soleil a présenté une activité considérable, des taches énormes, visibles parfois à l’œil nu. Comme nous l’avons exposé (2), cette activité a été souvent la cause de perturbations magnétiques, d’aurores polaires, etc. Mais quel est au juste le phénomène solaire qui déclenche ces phénomènes sur Terre ?
- Il pourrait se faire que ce soit celui observé par Carrington et Hogdson, en i85g, comrne On est en droit de le penser d’après une récente et remarquable photographié de l’Observatoire de Méudon (Voir L'Astronomie, décembre 1926) qui représente unë très brillante explosion solaire saisie, si l’on peut dire, sur le vif. Il
- i: Toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin sont exprimées (sauf exception indiquée), en Temps Universel, compté de oh à 24J à partir de minuit.
- 2. La Nature, nos 2737, 2j38 et 27 19.
- s’agit là d’un phénomène de très courte durée, qui, sans doute, a été visible avec une petite lunette, tellement son éclat a ete intense. En résumé, une observation en quelque sorte continue du Soleil l’aurait révélé. Mais on se rend compte de la difficulté d’une telle observation, et des frais qu’elle entraînerait, sans compter les interruptions dues au mauvais temps. Toutefois, si les observations par les observateurs bénévoles se multiplient, elles deviennent en quelque sorte continues, et les chances de mauvais temps diminuent, si les postes augmentent en grand nombre.
- Nous donnons ci-dessous les éphémérides pour l’observation physique du Soleil et renvoyons, pour la définition des termes P, B0, L0, au « Bulletin astronomique » du n° 2712.
- Dates. D B„ L„
- Janv. Ier + 20,5 — 3°, 1 207°,4
- 6 _L_ 1 0°,0 — 3°,6 i4i°,5
- — 11 — 2°,4 — 4°, 2 750,7
- — 16 — 4°, B — 4°,7 9°,8
- 21 — - 7°,i - - 5°, 1 3o4°,o
- 26 — 90,3 — 5o,6 238°2,
- — 31 — 11°,5 — 6°,o 17 2°, 3
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — On pourra rechercher la lumière zodiacale à la fin du mois après la disparition de la Lune, et à la fin du crépuscule, au Sud-Ouest. La lumière zodiacale est encore assez inclinée sur 1 horizon, mais dans les mois qui vont suivre, elle va devenir de mieux en mieux visible.
- A la fin du mois (3o-31 ), on pourra rechercher la lueur anti-solaire, vers minuit, dans le Cancer, si le temps est très pur et si aucune lumière artificielle n’éclaire l’atmosphère.
- Eclipse de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris, se produira le 3 janvier. L’éclipse générale commencera à if44m, elle atteindra sa valeur maxima, 0,9997 (le diamètre du Soleil — 1) à 20’’22“ et finira à 23h im. Cette éclipse sera visible dans l’Australie orientale, au Sud de l’Océan Pacifique et dans la partie sud de 1 Amérique du Sud. La durée maximum de la phase annulaire sera de 52 secondes.
- IL Lune. Les phases de la Lune, pendant le mois de janvier, seront les suivantes :
- N. L. le 3, à 20h 28"“
- P. Q. le 10, à i4h 43
- Age de la Lune, le isr janvier, à o :Oj,2.
- P. L. ie 17, à 22h 27" D. Q. le 26, à 2h 5”
- 26},7 ; le 3, à
- Pour calculer l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter aux nombres ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le C ou le 3. Et pour une heure donnée, ajouter oi,o4i_7 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 7 janvier, à 3“. Parallaxe = 5q'47". Distance = 366 800 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 20 janvier, à 3h. Parallaxe = 54'7". Distance = 405 200 km.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le 3 janvier = —^3°2U; le 16 “ + 23° 2U; le 3i =—• 23°22;.
- A ces dates, la Lune, pour nos régions, se trouvera à sa plus faible ou à sa plus grande hauteur au-dessus de l’horizon, lors de ses passages au méridien.
- Occultations détoiles pat la Lune. — Le 11 janvier, occultation de 38g B. Baleine (gr. 6,3), de 2ih58m à 23h 3,n. .
- Le 13, occultation de 180 B. Taureau i6h33m à i7ll28m.
- Le 14, occultation de Z Taureau (gr. 5,2), de i8h46ra à igh 43m.
- Le 16, occultation de n Gémeaux (gr. 3,2), de oh 36m à 1 5om, ,Ce sera la veille de la Pleine Lune et, pour Paris, l’étoile traversera presque diamétralement le diamètre lunaire. Intéressante observation à faire avec de petits instruments. Occultation de 44 Gémeaux (gr. 5,q), de 21h im à 2211 3ra.
- Marées. —- Les plus grandes marées de l’année se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 3 janvier et de la Pleine Lune du 17,
- ïr. 6,1), de,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Dates : JANVIER Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- • 5 7h 46“ 1 ih 55m 49’ i6h 6“ I9h 2™ '2 2° 42' 32'34"8 Sagittaire
- Soleil . . . i5 7 42 11 59 55 t6 19 19 45 21 l5 32 34,8 Sagittaire »
- a5 7 33 12 2 55 16 34 20 27 — 19 8 32 32,4 Capricorne
- . 5 6 55 10 Sy 14 58 17 5g — 23 5y 5,0 \ Sagittaire Inobservable.
- Mercure. . i5 7 24 11 26 15 27 *9 7 — 24 2 4,8 v Sagittaire En conjonct.avecleSoleil,
- ^ 25 7 42 11 56 16 11 20 ly — 21 42 4,8 g Capricorne' le 28.
- 5 8 32 12 48 16 54 19 46 — 22 25 10,0 00 Sagittaire )
- Vénus . . . 15 8 3i 12 56 17 22 20 3g —19 54 10,2 p Capricorne Inobservable.
- 1 25 8 23 *3 7 17 5a 21 29 — 16 26 10,4 9 Capricorne
- 5 12 1 19 20 2 39 2 26 + 16 I 11,4 Baleine
- Mars. . . .< 15 11 29 18 54 2 19 2 3g 4- 17 11 10,2 Baleine >Premièrepartie de la nuit.
- 25 10 58 18 3i 2 3 2 55 + 18 26 9,2 Bélier
- Jupiter. . . i5 9 18 14 22 19 25 22 y — 12 38 31,8 0 Verseau Dès le coucher du Soleil.
- Saturne . , 10 3 58 8 28 12 Sy 16 12 — 19 14 14,2 v Scorpion Avant l’arrivée du jour.
- Uranus. . . i5 10 9 16 1 21 54 23 47 — 2 11 3,4 20 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. . i5 *9 7 2 12 9 16 9 55 + i3 8 2,4 v Lion Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les renseignements utiles pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de janvier.
- Mercure, dans le Sagittaire, est pratiquement inobservable. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 28 janvier, à i4h.
- Vénus, dans le Sagittaire, puis le Capricorne, est également inobservable ce mois-ci. Elle s’est trouvée en conjonction supérieure avec le Soleil le 21 novembre dernier.
- Phase de Vénus à la date du i5 janvier (portion éclairée du disque) = 0,976.
- Mars est encore bien placé pour les observations. Mais son diamètre diminue rapidement, par suite de la distance croissante qui nous sépare de lui.
- Nous renvoyons à ce que nous avons écrit ici même pour tout ce qui concerne les observations physiques de la planète.
- Jupiter, dans le Verseau, se couche à présent de très bonne heure, et l’on ne pourra l’observer qu’au voisinage de l’horizon. Un grossissement de 45 fois environ montre Jupiter avec un diamètre apparent analogue à celui de la Lune vue à l’œil nu.
- La plus petite lunette permet de suivre les curieuses évolutions des satellites autour de la planète. Voici encore quelques phénomènes que l’on pourra observer dans le crépuscule.
- Phénomènes du Système des satellites de Jupiter
- DATE Janvier. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Janvier, Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 i6hi8m II p.f. i5 i6h49m IV 0. c.
- 1 16 41 I E. f. i5 ly 29 I Im.
- I 17 24 III Em. 16 17 4 I P.f.
- 1 17 45 III E. c. 16 17 48 I O.f.
- 1 18 10 II O.f. 16 18 i5 II E. f.
- 7 18 14 I P.c. 23 16 48 I P.c.
- 8 17 57 II 0. c. 23 17 26 I 0. c.
- 8 18 14 III Im. 24 16 55 I E. f.
- 8 18 36 I E. f. 26 17 20 III P.c.
- Le 6 janvier, observer à i yh-45“ la curieuse disposition des satellites I, II et IV de Jupiter, les uns au-dessus des autres, près de la planète, à l’Ouest.
- Dans leur mouvement autour de Jupiter, les quatre prroçipgux satellites dopneqt lieu aux phénomènes sui-
- vants (ils se produisent naturellement pour les autres satellites, mais sont pratiquement inobservables).
- i° Ils passent devant la planète. Le commencement d’un passage (P) est indiqué par c., la fin par f.
- 20 Ils passent derrière la planète. Suivant le cas et l’époque, on observe des immersions (Im.) ou des émersions (Em.).
- 3° L’ombre des satellites se projette sur le disque de Jupiter. Les points de la planète ainsi dans l’ombre ont une éclipse de Soleil. Le commencement du passage de cette ombre est désignée par O. c.; la fin par O. f.
- 4° Enfin les satellites traversent le cône d’ombre que Jupiter projette derrière lui. C’est exactement le pendant de nos éclipses de Lune. Le début des éclipses est désigné par E. c. ; la fin par E. f.
- Saturne se lève le matin, le 15, vers 4 heures. On le trouvera aisément dans le Scorpion.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du i5 janvier :
- Grand axe extérieur.......................... 35",5
- Grand axe intérieur.......................... 23",6
- Petit axe extérieur............................ -f-i5",a
- Petit axe intérieur............................ -j-io",i
- Uranus, dans les Poissons, près de l’étoile 20 de cette constellation, est visible avec une simple jumelle. On le trouvera aisément à l’aide de ses positions que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre. Distance à la Terre (’).
- Janv. 5 23‘‘ 46ra — 2° l8' 3",4 20,370
- — i5 2oh 47m 2° I U 3", 4 20,528
- — 25 23h4gm — 2° 2' 3",4 20,662
- Neptune, près de l’étoile v Lion , peut être recherché
- avec une petite lunette aux positions ci-après
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre. Distance à la Terre C).
- Janv. 5 9^56» + 13° 4' 2", 4 29,320
- — i5 9h 55m + i3° 8’ 2",4 29,280
- 25 9h 54“ + 13° i3' 2", 4 29,200
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à i6h, Mercure, en conj.
- Le 4, à i6\ Vénus, —
- Le 6, à 22h, Jupiter, —
- Le 8, à 20h, Uranus, —
- Le 12, à 2b, Mars, —
- Le 20, à 5\ Neptune, —
- Le 28, à i3\ Saturne, —
- avec la Lune, à i° i3' S.
- — la Lune, à o°2i'N.
- — la Lune, à 3° i5' N.
- — la Lune, à 40 49' N.
- — la Lune, à 6° 20' N.
- — la Lune, à 3° 3g' S.
- — la Lune, ào°5i' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (jB Per-sée), variable en 2J 2011 48“ de la grandeur 2,1 à la gran-
- 1. En unités astronomiques, c’est-à-dire la distance moyenne de la Terve au Soleil,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- deur 3,2 : io janvier, à 4h 41m ; i3, à ih 31m ; 15, à 2 2h 20B1; 18, à ighg™.
- Etoiles filantes. — On observera notamment ce mois-ci l’essaim des Bootides (radiant p Bouvier), qui donne les 2 et 3 janvier des météores rapides, à longues trajectoires. Yoici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, les divers essaims actifs pendant ce mois.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Janv. 2 1190 + 160 Z Cancer.
- — 2-3 2 32° + 49° P Bouvier.
- — 4 au 11 1800 + 350 N Chevelure
- - 18 232° + 36° Z Couronne.
- — 28 236° + 25° a Couronne.
- - — le mois io5° + 44° 63 Cocher.
- Y. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le icr janvier à aih, ou le i5 à 2o\ est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas e, •/]) ; le Cocher (14, 4 «, M. 37); Andromède (y, ir, 56, M. 3i).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5, n) ; Céphée (S, g, x, \, p, 0); Cassiopée (t\, 1, er) ; le Dragon.
- A l’Est : Le Lion (a, p, y, Z, 54 v) ; le Cancer (la Crèche); les Gémeaux (a, p, Ç, r„ S, 61, M. 35).
- Au Nord-Est : La Grande-Ourse.
- Au Sud : Orion (0, M. 42> 6, 42 c P> a)'> Taureau (les Pléiades, a, t, %, 88, 9); le Bélier (y, 3o, 1, u, 33).
- Au Sud-Est : Le Grand Chien (Sirius).
- A l’Ouest : Les Poissons (a, Ç, ip1, 35); Pégase (85, 3, 1, e, iï); la Baleine et le Cygne se couchent.
- Çm. Touchet.
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- VARIÉTÉS
- L’INDUSTRIE DES MARRONS GLACÉS
- La culture du châtaignier, en France, devrait être protégée comme étant une des sources de richesse agricole se prêtant à l’industrialisation facile de ses produits.
- L’industrie des marrons confits ou glacés a survécu aux grandes crises de production engendrées par la guerre, et à l’amoindrissement des surfaces qu’occupe le châtaignier en France,
- Malgré la destruction de belles châtaigneraies séculaires, soit par la maladie dite « de l’encre », à laquelle nous avons consacré une étude ici même, soit par les exigences croissantes de l’industrie des extraits tanni-ques, nous avons encore dans notre pays des arbres producteurs de ces beaux marrons destinés à la confiserie.
- On fait, d’ailleurs, de louables efforts, non seulement pour combattre la grave maladie qui décime les châtaigneraies, mais aussi pour encourager les propriétaires à reconstituer celles-ci, en ayant recours à des variétés résistantes, produisant de beaux et gros fruits, notamment les châtaigniers du Japon.
- I. Choix des marrons à confire. — Depuis bien des années, les fameux marrons de Lyon (qui, en réalité, viennent des Yesseaux, localité de l’Ardèche, renommée pour la belle qualité de ce fruit), ainsi que les précieux marrons du Luc, récoltés dans le massif des Maures, ne suffisent plus aux besoins de l’industrie, qui n’utilise que le beau marron, de qualité supérieure, et se voit dans la nécessité de s’approvisionner à l’étranger, notamment en Italie : les marrons de Turin, de Florence et surtout ceux de Naples, sont les plus estimés à cause de leur grosseur et de leur belle .forme arrondie.
- Ce sont les qualités les plus recherchées pour l’Angleterre, et l’industrie est loin de produire les quantités que réclame le commerce.
- Les marrons japonais, dits Tambus, sont énormes; ce sont de parfaits fruits de confiserie. L’amande est entière, non cloisonnée.
- La confiserie offre aux cultivateurs de châtaigniers un débouché très avantageux pour les gros fruits, les marrons de choix.
- Le premier choix, en beaux marrons à confire, ne contient que 60 fruits au kilogramme, et le prix en est le double du prix des marrons moins gros dont on compte 70 unités pour faire 1 kilogramme.
- II. Préparation des‘marrons. —La confiserie traite les marrons frais. On commence par décortiquer les fruits, opération qui consiste à enlever leur enveloppe externe, en s’aidant simplement d’un couteau; ensuite on soumet les fruits à la cuisson et on enlève la pellicule.
- En décembre-janvier, on traite les marrons conservés ; on les blanchit en les soumettant à l’action des vapeurs sulfureuses, puis on les lave à grande eau et on met à la cuisson. »
- Ainsi, au début de la campagne, en octobre-novembre, on cuit les marrons frais. Mais en fin de saison, en décembre et janvier, quand on n’a plus que des fruits que î’op a conservés et qui opt subi, parfois, un commence-
- ment de germination et de noircissement, il devient nécesaire de les blanchir.
- Dans ce but, on met les marrons, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, dans une chambre close, au sein d’une atmosphère de vapeurs d’acide sulfureux. Pour éliminer ensuite l’excès d’acide sulfureux, qui a pu pénétrer les marrons, on les lave en les agitant avec de l’eau, dans des tonneaux montés comme certaines barattes en usage dans les beurreries, appareils mobiles autour de pivots perpendiculaires à l’axe de révolution du tonneau.
- Que l’on ait à traiter des marrons frais ou des marrons conservés, la confiserie proprement dite, par le sucre, ne vient qu’après blanchiment, s’il y a lieu, et lavage à grande eau, et, enfin, cuisson, puis élimination de la pellicule.
- III. Cuisson. — La cuisson des marrons est effectuée dans de grandes bassines cylindriques, chauffées à la vapeur. Ces bassines ont environ 60 cm de diamètre. Il faut éviter que les marrons s’écrasent sous l’effet de leur propre poids. C’est pour qu’ils se conservent intacts qu’on les isole par petites masses de 5 kg environ, que l’on étale sur des grilles superposées.
- Parfois, on met les marrons dans des paniers en cuivre étamé, perforés de trous et introduits, en les plaçant les uns sur les autres, dans une bassine également en cuivre étamé, chauffée au bois, par un serpentin à vapeur, ou par un double-fond.
- La cuisson exige de l’attention; c’est une opération assez délicate, car il faut veiller à ce que les fruits restent entiers, tout en se cuisant bien, et sans qu’ils soient teintés en rouge par la matière colorante soluble qui imprègne la pellicule interne. Pour éliminer cette matière colorante, abondante chez certaines variétés comme la variété appelée Bouche-Rouge, on change l’eau de cuisson une ou deux fois, et, afin que les marrons ne se brisent pas, on prolonge la cuisson pendant trois ou quatre heures, et autant que possible sans pousser jusqu’à l’ébullition. Quand la cuisson est achevée, le moment est venu de procéder à une autre opération qui exige aussi des précautions.
- IV. Elimination de la pellicule. — Cette opération se fait mieux à chaud qu’à froid. Les fruits sont plongés dans une bassine remplie d’eau chaude, bassine analogue à celles que l’on emploie dans les filatures. Les ouvrières en tirent les fruits un à un et les dépouillent de leur mince enveloppe en s’aidant de la pointe d’un couteau, toujours en prenant bien garde de ne pas les briser, car les marrons brisés sont classés comme déchets et subissent, de ce fait, une sérieuse dépréciation au point de vue de leur valeur marchande.
- Certains marrons, tels que ceux de;la variété Grosse-bouche, ont parfois des replis de la pellicule qui pénètrent très avant dans l’amande, et dont l’extraction exige une certaine habileté manuelle.
- Les fruits « écornés » pendant l’épluchage sont confits comme les autres, mais vendes à un moindre prix que les marrpps entiers,
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- PI)
- VARIETES
- M
- rsm
- V. Cônfiserie des marrons. — Après l’enlèvement delà pellicule vient la confiserie proprement dite, qui s’effectue dans de grandes bassines en cuivre ou des terrines en grès, en forme de pots à fleurs, et plongeant dans un bain-marie. Là, les marrons prennent le sucre à froid, dans un sirop peu concentré, à i8° Baume.
- La pénétration du sucre est fort lente; il faut attendre le temps nécessaire pour qu’elle s’accomplisse avec ce sirop; ensuite, elle se fait au bain-marie. Le sirop se concentre par évaporation et, à la fin dé l’opération, c’est-à-dire au bout de deux ou trois jours, il marque 33° Baume.
- Au fur et à mesure, le t( sirotier » récupère la perte par évaporation en ajoutant de nouveau sirop à concentration voulue. Ge sirop est obtenu par simple dissolution à chaud de sucre de betterave blanc, en petits cristaux.
- Les marrons doiventdemeurer complètement immergés dans les vases à confire, où ils sont surmontés d’une grille en cuivre, qui les maintient et empêche la pénétration du sucre par certaines parties de la couche supérieure des marrons et la formation des durillons de couleur claire, qui déprécieraient le produit.
- Afin que les marrons ne soient pas exposés à blanchir, par la suite, on ajoute un peu de glucose ayant plus de degrés Baumé que le sirop. Le glucose étant incristalli-sable, une légère addition de ce produit au sirop permet d’en pousser la concentration jusqu’à 33° ou 34° Baumé, sans craindre de le voir se cristalliser, cè qui se produirait s’il était fait exclusivement avec du sucre de betterave.
- YL Glaçage des marrons. — Quand les marrons sont confits, on procède au glaçage.
- La consommation de ces fruits de confiserie se faisant surtout à l’occasion des fêtes de Noël et du Nouvel an, et les marrons glacés ne pouvant se conserver plus de quinze joürs sans sécher et durcir, le confiseur est dans la nécessité de conserver le produit de sa fabrication d’octobre et de novembre jusqu’au moment de livrer à là consommation en décembre.
- A cet effet, les marrons confits sont mis en conserve dans des pots en terre vernissée, puis on lés couvre d’un sirop chaud et assez concentré pôùr qu’ils ne soient pas exposés à moisir.
- Ainsi, la dessiccation et lé durcissement sont évités.
- Le glaçage des marrons ne se fait donc, pour ainsi dire qu’au moment des livraisons. Yôici comment se fait cette opération :
- Le marron est plongé, un instant, dans un sirop très épais, rouge brun, brillant, et chauffé à feu nu très vif, dans une large bassine en cuivre peu profonde, le sirop de glaçage n’est « à point » que lorsqu’il a sühi un commencement de caramélisation, et qu’une goutte, tirée de la bassine, fait prise en se refroidissant. Le sirop de glaçage renferme environ lo pour ioo de
- glucose qui, en se solidifiant sur le marron, lui conserve son aspect translucide et brillant et évite qu’il ne devienne farineux et opaque par cristallisation du saccharose.
- Afin que les marrons ne se chargent pas trop de sirop dé glaçage, il faut avoir soin de les ën sortir quand le bain est encore bien chaud et fluide ; délicatement, on enlève les fruits à la main pour qu’ils ne se brisent pas ; pour cette opération, il faut une personne ayant, comme on dit, le « tour de main », c’est-à-dire l’habitude et l’attention nécessaires.
- Après glaçage, on fait sécher les marrons à l’étuve, puis on les emballe soigneusement dans de petites caissettes en bois.
- ^ IL Utilisation des déchets. — Les marrons glacés qui ont été « écornés », c’est-à-dire brisés pendant la préparation, à l’épluchage (élimination de la pellicule) ou au glaçage, représentent un déchet dont l’utilisation est encore très avantageuse, bien que ces marrons brisés aient une valeur moitié moindre de celle des marrons entiers, intacts.
- Quant aUx débris qui valent encore moitié moins que les marrons écornés, on les transforme en crème de marron, produit de confiserie préparé de la manière suivante :
- On écrase les débris dans une quantité de sirop convenable, puis on stérilise lé tout par la chaleur, au bain-marie, suivant la méthode Appert (conservation par élimination de l’air), c’est-à-dire que le produit est mis en boîtes cylindriques en fer-blanc que l’on ferme ensuite hermétiquement,
- VIII. Conservation en boîtes des marrons confits. — C’est aussi par la méthode Appert que l’on conserve dans des boîtes en fer-blanc les marrons entiers confits et non glacés, lesquels plongent dans un^sirop, à la façon de la pulpe d’abricots, par exemple.
- Les boîtes sont placées dans un bain-marie fermé, dont on élève graduellement la température jusqu’à ïoo° C, et dans lequel on entretient une légère ébullition pendant un quart d’heure ou. une demi-heure si le volume des boîtes ne dépasse pas un ou deux litres, et pendant une héure ou deux si le volume est plus grand.
- Cés marrons confits peuvent être consommés tels quels. Mais, généralement, ils sont livrés aux confiseurs détaillants, dans les villes, et ces confiseurs les glacent au dernier moment, suivant la demande de leur clientèle.
- Privas est réputée, de longue date, pour l’excellence de ses marrons glacés. Lyon produit aussi cet article de cônfiserië, aliment très énergétique, contenant moitié environ de son poids de sucre, et de digestion encore plüs facile que le chocolat. I
- Gourmets et gourmands assureront toujours à l’industrie des marrons confits ou glacés des débouchés constants et largement rémunérateurs.
- Henri Blin.
- Ipd
- BOITE AUX LETTRES
- PlVïS. L’abondance des demandes de renseignement» qui
- parviennent au Service de la Boite aux Léitrès de Ldi Nùtllï"® oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement II est rappelé qu’ën raison des recherches le plue souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communication. — A propos de l’Institut Botanique alpin. — ,M. A. Guillaume, auteur de l’article sur « l’Institut botanique alpin du Lautàret » paru dans le n° de La Nature du a3 octobre, tient à signaler qu’il a puisé sesjrenseignements et une partie de sou texte dans les excellents articles de son ami R. Heim, publiés en iqaS et 1924 dans les nos 77-79-80 et 81 de la Revue Jardinage, de M. Georges Truffaut et dans les monographies de M. le Professeur M. Mirande, de Grenoble, sur « Les Jardins alpins », parues dans l’annuaire de la Société Française d’Economie alpestre de ig24et dans le Congrès international pour la protection de la nature de 1925. — Les photographies et cartes sont personnelles.
- Les Iles Kerguelen et Ch. Velain. — Nous recevons de M. Chalas l’intéressante lettre suivante :
- « En lisant l’article si bien documenté de M. le Cl Sau-vaire-Jourdan sUr « L’effort français aux pays lointains, La mise en valeur des îles Kerguelen », paru dans La Nature du 3o octobre, je suis mélancoliquement surpris, par ce beau jour de Toussaint ensoleillé, de n’y point voir cité le nom du professeur Charlés Yélain, ni mentionnée l’œüvre remarquable effectuée dans notre lointaine colonie par le savant mort dans le courant de l’année dernière.
- Nul, tout aü moins parmi « les générations de géographes, de géologues et d’explorateurs instruits par lui, et qui professaient pour cet enseigneur réputé autant d’affection que de respect » [Le Temps, 9 juin 1925 : Nécrologie), nul parmi eux n’ignore que la découverte géologique des Kerguelen est due au géologue attaché à la mission de l’amiral Mouchez, en 1874.
- Si les astronomes français chargés de l’étude du passage de Yéhùs sur le soleil ont choisi l’île St-Paul et
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- BOITE AUX LETTRES
- l’île Campbell pour y procéder à leurs observations, Ch. Vélain, lui, n’hésita pas à s’isoler pendant de longs mois dans l’île Kerguelen afin d’y exécuter sa mission : exploration complète de l’île, étude stratigraphique détaillée de ses terrains sédimentaires, dans les couches secondaires desquels il découvrit les importants gisements de lignite qu’il est maintenant question d’utiliser, étude pétrologique des roches éruptives, etc.
- C’est l’ensemble de ces résultats qui ont permis de situer les îles Kerguelen parmi les « témoins », restés émergés, des anciens continents dont l’effondre-ment a fait place à l’océan Indien actuel, et au nombre desquels notre belle colonie de Madagascar n’est pas un des moindres. C’est d’ailleurs au gouvernement général de la grande Ile que les Kerguelen sont administrativement rattachées.
- Il ne serait donc pas juste de citer les nouveaux résultats obtenus dans l’exploration récente de l’archipel sans rappeler les beaux travaux du bon pionnier qui découvrit à la science ces îles dont les navigateurs n’avaient que localisé la position isolée dans l’hémisphère austral. Permettez-moi, pour terminer, de rappeler que c’est Ch. Vélain qui fonda en 1897 l’enseignement de la géographie physique à la Sorbonne et y créa ce laboratoire de géographie scientifique universellement apprécié.
- Correspondance. — A propos des épouvantails à oiseaux, un lecteur de La Nature nous adresse l’intéressante communication que voici :
- Autrefois, j’ai vu employer, contre les corbeaux, un appareil dit mitrailleuse, qui n’était pas sans efficacité, car de nombreuses bandes de corbeaux qui passaient dans le voisinage des champs ensemencés fuyaient promptement et on n’en revoyait plus.
- Cet appareil était composé, tout simplement, d’une sorte de brouette supportant un réservoir d’eau, une petite roue hydraulique et un barillet contenant un certain nombre de cartouches, dont la détonation, très bruyante, avait lieu à des intervalles de temps réglables à volonté.
- On a imaginé aussi des appareils sonores électriques : cloche, timbre ou gong1, avec un petit réveil-matin établissant des contacts d’une durée et à intervalles déterminés, pour envoyer le courant d’une batterie de piles ou d’un petit accumulateur.
- On emploie aussi un épouvantail représenté par un chat en zinc découpé, peint en blanc d’un côté et en noir de l’autre, monté, comme une girouette, à l’extrémité d'un pieu et tournant au moindre vent.
- Par son changement fréquent de position et d’aspect, tantôt noir, tantôt blanc, et surtout lorsqu’on y suspend deux fortes sonnettes ou deux cloches, cet appareil constitue un épouvantail très efficace. II.-B.
- Questions. — M. J. L.-M., ingénieur, à Caen. — Le questionnaire, très long, que vous nous avez adressé nécessiterait un développement incompatible avec la place dont on peut disposer pour la Boite aux Lettres.
- Vous trouverez, d’ailleurs, une partie des renseignements relatifs à certaines de vos questions dans les indications données dans le n° 2709 du 2 octobre 1926 [Boite aux Lettres). A l’heure actuelle, nous ne connaissons pas de documention française ou étrangère sur les questions très spéciales que vous posez au sujet de l’industrie de la caséine et dérivés. Nous ne pouvons que vous conseiller de vous mettre en rapport avec un technicien spécialisé dans cette industrie et ses branches annexes. Vous pourriez vous adresser, par exemple, à la direction de la Station Laitière de Surgères (Charente-Inférieure), à l’Association centrale des Laiteries coopératives des Charentes et du Poitou, à Surgères, qui s’occupe de caséinerie industrielle. En visitant une ou plusieurs usines produisant la caséine et la mettant en œuvre pour les diverses fabrications qui vous intéressent, vous serez plus facilement et plus complètement renseigné que par une documentation limitée aux quelques études incomplètes éparses dans diverses publications .
- Nous vous indiquons l’usine de la Compagnie internationale de la Caséine, à Taillebourg (Charente-Inférieure); la caséinerie de Chef-du-Pont (Manche). D'autre part, vous pourriez vous renseigner auprès deM. L. Hé-diard, directeur des Services agricoles du Calvados, à Caen, rue de Dernières.
- M. Préfol, à Nice. — Les succédanés du café les plus répandus sont la chicorée, les glands, les figues, les caroubes, les dattes et les graines de céréales. Tous ces produits sont soumis à une torréfaction et donnent par infusion dans l’eau un liquide brun, d’odeur et goût empyreumatiques qui se rapproche plus ou moins de l’infusion résultant de l’emploi normal de café grillé.
- La composition chimique de ces différents « ersatzs » est la suivante :
- Autres
- Sucres matières Matières Matières réduc- non
- Eau azotées grasses leurs azotées Cellulose Cendres
- Chicorée. 15.16 0.55 2~/74 17789 4L42 124)7 6,19
- Glands. . 12,85 6.15 4,01 8,01 62,00 4,98 2,00
- Figues.. 18,98 4(25' 2,85 54,19 29,15 7,16 o,44
- Caroubes. 5,55 8,9o 5,65 69, ,85 10,15 2,06
- Dattes . . 9,27 5.46 8,50 52, .86 25,97 1.05
- Haricots.. 4.22 27,06 1,19 5,25 40,57 17,28 4165
- Céréales , 15.22 11,84 5,46 5,92 4h,37 11,55 4,48
- Dans la pratique, seule la racine de chicorée torréfiée est devenue d’un usage courant.
- M. le Dv Nain, à Mâcon. — i° Formule de vernis à
- métal pour objets en cuivre :
- Alcool à 90°..............700 cent, cubes
- Gomme-laque en écailles. i5o grammes
- Térébenthine de Venise. 20 —
- Sandaraque................ 80 —
- Colorer si on le désire en jaune d’or par un peu de gomme-gutte , agiter fréquemment et filtrer sur coton au bout d’une quinzaine de jours.
- 20 L’acier inoxydable est un alliage à 12-14 pour 100 de chrome, o,25-0,35 de carbone, o,2-0,4 pour 100 de manganèse. Il fut découvert en 1912 au Laboratoire de recherches de la Maison Broun Firth de Sheffield et sous la direction de M. Bearley, chef de ce laboratoire ; c’est lui qui le premier mit en valeur la propriété très remarquable de cet acier de résister aux acides et de garder son poli dans les conditions les plus défavorables. Cet acier a en outre la propriété de se laisser travailler facilement lorsqu’il est recuit et se retrempe ensuite sans difficulté.
- D’abord utilisé pour la coutellerie, puis les instruments de chirurgie, cet acier trouve de jour en jour des emplois nouveaux, soupapes de moteurs, pistons de pompes, aubes de turbines à vapeur; un grand avenir lui est certainement réservé.
- 3° Vous pourrez vous procurer des instruments en acier inoxydable (Stainless), 1, rue Rourdaloue, Paris, IXe.
- C. H. à Nice, — A notre avis la fluatation serait le meilleur moyen de durcir le sol de votre grenier en mortier de chaux. Pour cela passer d’abord avec un pinceau (brosse des peintres) d’assez fortes dimensions une couche de fluate de magnésie, puis douze heures après une autre couche et douze heures après la deuxième couche, en donner une troisième, le fluate étant étendu de 5o pour 100 d’eau. Laisser sécher définitivement.
- La maison Teisset-Kessler, de Clermont-Ferrand, à laquelle il vous suffira d’indiquer le but poursuivi et la surface à traiter, vous fournira le fluatè prêt pour l’emploi.
- H., à Lyon. — T Le démasticage des vitres, même lorsque le mastic est ancien, peut s’effectuer sans difficulté par le tour de main suivant :
- On prend un petit flacon, bouteille à pharmacie par exemple, et on perce le bouchon d’un petit trou dans lequel on engage un tube de verre effilé. Dans la bouteille ainsi préparée, on introduit de l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau (huile de vitriol du commerce) que l’on peut ainsi verser goutte à goutte sur le vieux mastic sans s’en répandre sur les mains.
- Le mastic étant à base de craié (carbonate de chaux) l’acide décompose ce carbonate, il se produit une effervescence due au dégagement d’acide carbonique ; au bout de très peu de temps, le mastic devient mou et on peut le détacher facilement avec un grattoir quelconque.
- N. B. — Si on dispose d’un bouchon de caoutchouc percé tel que ceux dont on se sert dans les laboratoires il est préférable de s’en servir, car le bouchon de liège ne résiste pas au contact prolongé de l’acide sulfurique,
- . 20 Eu égard à la mauvaise qualité du papier d’impression actuel, nous ne pensons pas que votre livre sali par un usage prolongé puisse supporter un nettoyage, le mieux serait de le remplacer.
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- U excitabilité en fonction du temps, La chronaxie, sa signification et sa mesure, par Louis Lapicque, i vol. in-8°, 371 p., 79 fig. Collection «Les Problèmes biolo-logiques ». Presses Universitaires de France, Paris. Prix : cartonné, 45 fr.
- L’auteur qui s’occupe de cette question depuis 20 ans expose le problème de l’excitabilité nerveuse, tel qu’il a évolué depuis les premières recherches de Du Bois-Reymond, en 1848. La question en cause est de savoir si l’excitation est due à la variation d’intensité ou au temps. Il passe en revue et discute les divers travaux publiés jusqu’à la période actuelle, quand Hoorweg, puis Weiss intégrèrent correctement les observations, et quand Lapicque en fournit une mesure pratique précise : la rhéobase et la chronaxie. Après avoir résumé les travaux de son laboratoire, il aborde les théories récentes de Nernst, de Hill, en montre les insuffisances, puis, considérant la chronaxie comme une donnée expérimentale, expose les principaux faits qu’il a établis •: l’isochronisme du nerf et du muscle, l'explication de la curarisation. Il termine par l’indication des techniques instrumentales, de leurs applications à la clinique et par l’esquisse des perspectives qu’ouvre cette nouvelle notion.
- Pour comprendre la Philosophie, par l’abbé Tu. Mobeux. 1 vol. in-16, 296 p., 9 fig. Gaston Doin et C'% Paris, Prix : 16 fr. 80.
- Chercher en tout le dernier mot des choses, tel est, suivant l’expression de Renan, l’objet propre de la Philosophie. Cette science est donc la synthèse de toutes les connaissances humaines, en ce sens qu’elle groupe toutes les acquisitions de l’esprit pour les réunir, si possible, en un faisceau harmonieux : œuvre colossale qui ne saurait tenir en un simple volume. Toutefois, en sériant les questions et en laissant de côté la matière purement historique, l’abbé Moreux a réussi à condenser en 296 pages ce que tout homme qui pense doit savoir aujourd’hui sur les grands problèmes qui ont préoccupé les philosophes depuis Aristote et Platon. Fidèle à sa méthode pédagogique, l’auteur a su vulgariser les notions qui jusqu’ici étaient réservées à un petit nombre d’initiés. Dans un style toujours attrayant et sans mots techniques, l’abbé Moreux examine successivement les questions les plus intéressantes sur la matière et l’és-prit, sur la vie et l’instinct, sur l’évolution, sur la cause de l’Univers, sur l’au-delà et la survie et expose ses conclusions en accord avec les données les plus récentes de la science.
- Les Transformateurs, par René Carton et Pierre Dumartin. i.'Vol. in-16, 217 pages, 3g fig. Armand Colin, éditeur. Paris 1926. Prix : broche, 9 fr. 80.
- A tous les stades de la production et de l’utilisation de l’énergie électrique apparaît le transformateur.
- Le livre de MM. Carton et Dumartin en explique le fonctionnement avec le minimum d’appareil mathématique. Il s’attache surtout aux questions concernant la construction, l’exploitation, la marche des transformateurs, ainsi qu’à leur adaptation aux divers cas pratiques.
- L’exposé est clair, pratique et bien au courant.des derniers progrès de là technique en cette matière.
- Les transformations du papier et d,u carton. 1 voisin-4, illustré, 160 p., gravures en noir, hors-texte en couleurs. Editions Papyrus, 3o, rue Jacob, Paris. Prix : 3o francs.
- Cet ouvrage rédigé par de nombreux spécialistes, brillamment illustré, luxueusement édité, est consacré à la technique du papier et du livre. Il débute par une agréable causerie de M. Leclerc sur le papier et une étude de M. Crolard sur les principales sortes de papiers d’édition. Les articles suivants sont consacrés à l’édition ancienne ou moderne, à là reliure, à la fabrication du livre, à la fabrication des diverses espèces de papier, à l’encollage des papiers et cartons, à la fabrication des cartons.
- Blanchiment, par A. Chaplet, i vol. 370 p., 78 fig. (20 édition). Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1926.
- Cet ouvrage examine les diverses espèces de blanchiments industriels : blanchiment des divers textiles en bourre, en fils ou en tissus ; des pailles et du bois, des produits alimentaires, etc. Il étudie d’abord 1 appareillage commun à toutes ces industries, puis l’opération préparatoire de décreusage, celle de la décoloration proprement dite, et enfin le finissage. Après quoi, il passe en revue les diverses substances, montrant pour chacune les particularités de traitement qui leur convient.
- Les conditions économiques actuelles des industries sardinières française et portugaise, par Hubert Ouizille. 1 vol. in-8, 196 p. Librairie générale de droit et de jurisprudence, Paris. Prix : i5 francs.
- L industrie sardinière, maintenant centenaire, a traversé de nombreuses crises dues tant aux variations de la pêche qu’aux transformations économiques de 1 outillage, de la main-d’œuvre et surtout des marchés. La production française, autrefois sans rivale, est de plus en plus concurrencée par divers pays étrangers dont le plus actif est le Portugal. On sent aujourd’hui le besoin de perfectionner les moyens techniques de pêche et de préparation pour sauver notre industrie décadente. M. Ouizille, après avoir rappelé l’historique de la conserverie, compare en France et au Portugal les conditions techniques, économiques, juridiques et commerciales et fait ressortir les cirr constances actuellement favorables pour nous de reprendre partie des marchés perdus. Cette étude économique, écrite avec compétence, constitue une bonne monographie d’une de nos industries aussi importante qu’irrégulière dans son activité.
- Les différentes formes de Varsenicisme et en particulier de Varsenicisme provenant de l'habitation ou des objets domestiques, par le professeur Karl Petrén. 1 vol. in-8, 128 p. Masson et Cie, Paris.
- 11 y a quelques années, une épidémie de phénomènes pathologiques éclata en Suède qui fut attribuée à des intoxications par l’arsenic. Une commission fut nommée que l’auteur présida. Elle ouvrit une enquête auprès des médecins et recueillit des observations dont certaines très précises mettent en cause divers objets domestiques tels que vêtement teint au vert de Sehweinfurth, linoléum, peinture et surtout des papiers peints. Ce livre décrit les résultats de l’enquête, appuyée par des analyses chimiques précises ; il précise la symptomatologie de l’arsenicisme, les phénomènes morbides observés et conclut à la réalité des possibilités d’empoisonnement par les couleurs à base d’arsenic employées dans les peintures murales à la détrempe et surtout dans les papiers peints.
- La plante qui fait les jeux émerveillés. Le Peyotl (Echi-nocactus Williamsii), par Alexandre Rouhier. i vol. in-8, 371 p., 46 fig., 2 cartes et 9 textes de musique indiennes. Gaston Doin et Cie, Paris. Prix : 35 francs.
- Etrange plante, par son action physiologique et son histoire. C’est un petit cactus du Mexique dont l’ingestion provoque une sorte d’ivresse, ou mieux un rêve visuel, accompagné d’audition colorée, de visions mobiles et parfois lilliputiennes. L’auteur en donne plusieurs observations dont une faite sur lui-même. A l’inverse de la plupart des poisons nerveux, elle ne crée pas d’accoutumance ni de troubles prolongés.
- L’auteur décrit la plante, sa distribution géographique, ses caractères botaniques, sa composition chimique, ses propriétés pharmacologiques et les usages qu’on en peut faire.
- Il y ajoute un long et intéressant chapitre sur son histoire et sa légende, puisqu’elle est l’objet d’un culte et de cérémonies de la part des Indiens du Mexique qui connaissent de longue date ses propriétés.
- Le tout forme une monographie très complète, très curieuse, une révélation d’une plante aux effets extrar ordinaires.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N* 2748
- 4 Décembre 1926
- INFORMATIONS
- La sécurité de la navigation' aérienne. — La
- Société française de Navigation aérienne entreprend une enquête technique sur les principaux problèmes relatifs à la sécurité de la navigation aérienne; un exposé général de la question a été fait le io novembre dernier par M. Brunat, du S. T. Aé. Cet exposé étudie les différents points suivants :
- Recrutement. — 54 pour ioo des accidents sont dus à des fautes de pilotage; ce chiffre élevé doit être attribué au mauvais recrutement des pilotes. La majorité de ceux-ci n’ont qu’une instruction primaire qui ne permet pas un développement technique suffisant. Pour remédier à cet état de choses, M. Brunat propose la création d’écoles de pilotes à proximité des villes universitaires, ce qui permettrait aux étudiants d’apprendre le pilotage tout en continuant leurs études.
- La fondation d’une école supérieure de navigation aérienne semble également indispensable (voir n° 2780, Supplément). Enfin un corps de mécaniciens de l'aéronautique, analogue au corps de mécaniciens de la marine, élèverait le niveau des services mécaniciens' militaires et civils.
- Planeur, — Les défauts des planeurs actuels sont :
- i° Le manque de stabilité propre; les recherches ont tendu jusqu’ici à améliorer les performances et la maniabilité du planeur aux dépens de sa stabilité; il ne faut pas perdre de vue que cette stabilité est la qualité ’ la plus importante de l’appareil. (Il est à noter que les instruments évitant la perte de vitesse paraissent au point : appareils Constantin et Savage-Bramson.)
- 20 Le faible écart de vitesse ; un progrès important vient d’être réalisé par l’aile à fente Handley-Page. L’autogire de la Cierva et aussi l’aile à courbure et à surface variable promettent dans le même sens des résultats intéressants.
- 3° Les gouvernes sont inefficaces à la vitesse minima, ce qui facilite la mise en perte de vitesse.
- 4° Le confort du poste de pilotage et la douceur des commandes (étude des guignols et des surfaces de compensation) sont souvent négligés. La fatigue du pilote en fin d’étape diminue pourtant beaucoup la sécurité.
- 5° La grande finesse des appareils modernes et leur maniabilité peuvent amener, par suite d’une manœuvre trop brusque (redressement après piqué), une rupture de cellule. Ces accidents, rares, seraient réduits par des mesures d’efforts en vol et par l’utilisation d’appareils signalant la vitesse dangereuse.
- Groupes moto-propulseurs. — 22 pour 100 des accidents ont leur origine dans ces "groupes. Ils sont dus généralement au manque d’entretien ou. de surveillance, et aussi à la complexité de montage des moteurs,
- Beaucoup de ces accidents seraient évités par la suppression dès soupapes et de la circulation d’eau, ainsi que par des essais au banc plus importants.
- Dangers d’incendie. — Le pourcentage d’incendies a augmenté avec la mise en service des moteurs puissants :
- En 1924 : J,3 pour 100 des morts par incendie envol.
- 11,8 pour 100 des morts par incendie à terre. En 1926 : i3,2 pour 100 des morts par incendie en vol.
- 26,5 pour 100 des morts par incendie à terre.
- Certaines précautions diminueraient les risques d’incendie en vol ou à terre :
- Réservoirs d’huile, filtres à essence, etc., placés à l’extérieur du capotage; utilisation de raccords perfectionnés pour les canalisations d’essence et d’huile ; disposition et fixation judicieuses des prises d’air ; radiateurs d’huile efficaces, évitant les fuites par changement de fluidité ; réservoir entièrement entouré de cloisons pare-feu ; réservoirs larguables ; bougies ne donnant pas d’auto-allumage; trous de ventilation et d’évacuation dans la coque, etc. L’efficacité des extincteurs est de 5o pour 100; leurs inconvénients sont : la longueur des manœuvres à exécuter, les défauts de conception des bouteilles à gaz cai-bonique, enfin la possibilité d’indisposition du pilote par le tétrachlorure de carbone.
- Quelques dispositions de détail peuvent d’ailleurs diminuer la gravité des accidents, citons par exemple rétablissement des cabines à l’arrière du fuselage sur
- les appareils de transport; l’aménagement d’un poste de mécanicien sur les multi-moteurs ; les coques flottantes en cas d’amerrissage forcé; l’antenne d’amerrissage et la pompe à eau sur les hydravions, etc. Enfin, l’adaptation du parachute à l’avion, par exemple par l’emploi de'parachutes individuels ou collectifs enlevant les passagers de leur siège et commandés par le pilote.
- La multiplicité des problèmes posés et la complexité des recherches à effectuer pour augmenter la sécurité des avions montrent l’intérêt d’un service spécial de sécurité qui pourrait centraliser tous les efforts. La création d’un tel service serait un grand pas vers la vulgarisation de l’aéronautique.
- Les enseignements d’un accident d’avion. — Le 22 octobre dernier, un avion de la compagnie anglaise « Impérial Airways » assurant le service Paris-Londres a fait naufrage dans la Manche; les dix passagers, le mécanicien et le pilote ont été recueillis par un vapeur.
- La brume obligeant le pilote à voler à faible altitude, l’un des moteurs s’était arrêté, et l'avion incapable de garder sa hauteur dut amerrir, opération dangereuse pour un appareil terrestre. Cet accident met en relief l’intérêt des. procédés permettant à un avion de garder sa route par temps de brume sans être obligé de voler à faible altitude : radiogoniométrie, câble directeur parcouru par un courant modulé, etc.... Il montre égale-' ment l’intérêt pour un avion commercial de pouvoir, voler l’un des moteurs étant arçêté, condition qui est d’ailleurs prévue par le règlement du dernier concours des avions de transport.
- Les naissances et la mortalité infantile dans les divers pays. •—• Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie le relevé des décès d’enfants de moins d’un an dans les divers pays, comparé au chiffre de la population et au nombre des naissances.
- Voici les principaux éléments de cette statistique.
- ' Année Population Décès
- Pays. de la t'atislique eu milliers. Naissances. à moins d’u n a n.
- Angleterre
- et Galles. . 1925 88.890 710•979 53.oo8
- Ecosse. . . 1925 4.891 104.137 9 429
- Irlande. . . 1923 4-443 91.787 6.400
- Finlande 1924 3.480 78.057 8.348
- Danemark . . 1925 3.410 71.900 5.8oo
- Norvège . .. 1922 ’2.700 62.461 3.427
- Suède . . • 1925 6.045 105.989 5.85o
- Autriche. . 1924 6.537 140.740 i8.o56
- Hongrie. . 1925 8. i3o 23o.o6i 38.534
- Suisse. . - . 1923 3.902 75.25i 4.571
- Allemagne. 1925 62.526 1.290. y3'i i35.670
- Pays-Bas. . 1925 7.358 178.524 8.765
- Belgique. . 1924 / 7-7°5 154.555 i3.618
- France . . 1925 - 39.507 „ 768.993 68,36"
- Espagne. . . i223,-r 21.658 660.776 97-918
- Italie , . . 1923 37.829 1.107.5o5 I4X.2l5
- Roumanie . 1923 16.736 608.763 1 ‘i5.83o
- Canada•. . f933 9.210 240.476 24-833
- Uruguay. . • 1923 i.583 40.281 4.166
- ""Chili ... . 1922 3.83i 147.205 35.364
- Australie . . 1925 5.931 135.792 7.25 I
- Nouvelle-Zélande . 199A 1,33o 28.153 1.125
- Japon . . . 1924 59.139 1.998.620 312.267
- La France apparaît comme un pays de faible natalité (196 naissances pour 10.000 habitants), ce qu’on sait depuis longtemps déjà. Seules, la Suisse (187), l’Angleterre ( 183), la Suède (ir/S) présentent une proportion moindre de naissances, tandis que le Portugal 1317), l’A'rgentine (3a6), le Japon (338), la Roumanie (367) et le Chili (4o3) sont les pays de grande natalité.
- En ce qui concerne la mortalité infantile qui, on le sait, dépend en grande partie de l’oi-ganisation de l’hygiène publique, la France se situe dans la moyenne avec 89 décès d’enfants de moins d’un an pour 1000 naissances. Cette proportion est supérieure à celles du Danemark (80), de l’Irlande (76), de l'Angleterre (q5), de
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- INFORMATIONS
- Suisse (61), de la Norvège et de la Suède (55), de Australie (53), des Pays-Bas (49) et de la Nouvelle-Zélande (40). Elle est fortement dépassée dans les pays suivants : Roumanie (207), Hongrie (167), Japon ( 156), Espagne ( 149), Autriche (128), Italie (127), Finlande (107), Allemagne (io5).
- Les mues des Araignées. — On sait que tous les Arthropodes présentent un certain nombre de mues au cours de leur croissance. Chez les Araignées, leur étude est rendue difficile par l’impossibilité de garder beaucoup d’espèces en captivité.
- Mme Berland a pu compter cinq mues successives chez Uloborus pulmipes. M. P. Bonnet vient de publier dans le Bulletin de la Société Entomologique de France ses observations sur d’autres espèces. Dolomedes fimbriatus change de peau dix fois, plus rarement neuf fois quand il s’agit de males. Epeira diademata mue généralement huit fois, quelques femelles sept, les mâles parfois six et plus rarement sept fois. Le nombre des mues varie donc selon les espèces et dans chaque espèce selon le sexe, les plus petits muant souvent une fois de moins que les femelles.
- M. Bonnet pose la question du rapport du nombre des mues avec la taille, avec l’abondance de la nourriture et aussi avec le degré d’ancienneté de l’espèce. De nouvelles observations sont nécessaires pour en décider.
- Conférence internationale du caoutchouc et autres produits tropicaux. — On sait qu’une exposition internationale du caoutchouc se tiendra au Grand Palais du 21 janvier au 6 février prochain. A cette occasion, une série de conférences en français ou en anglais seront données sur les sujets suivants :
- > ire Semaine : Caoutchouc.
- 1. Le Latex : extraction, coagulation, études physico-chimiques.
- 2. Utilisation industrielle directe du latex et des émulsions artificielles.
- 3. Les Heveas : sélection, reproduction, multiplication, engrais.
- 4. Charges et mélanges dans l’industrie du caoutchouc. — Accélérateurs de vulcanisation.
- 5. Nouveaux usages industriels du caoutchouc. — Raison de l’emploi du caoutchouc autre que l’Hevea dans l’industrie.
- 2” Semaine i Produits coloniaux de grande consom* mation.
- 1. Le Coton : Récents progrès dans la culture. Choix des races, ennemis et parasites.
- 2. Matières grasses : et en particulier des arachides, et palmiers à huile, culture, méthodes d’extraction, procédés de transformation en denrée alimentaire.
- 3. Denrées alimentaires : riz, manioc, etc.
- 4. Denrées de luxe : cacao, café, thé, vanille; amélioration dans la production et l’usinage.
- 5. Produits divers de grande consommation : tabac, etc.
- S’adresser au Secrétariat général, 49, rue des Mathu-rins, Paris.
- *»> Nouvelles de T. S. T.
- La Radio World’s Fair de New-York. — La troisième Radio World’s Fair a eu lieu à New-York, comme nous l’avons annoncé, le i3 septembre dernier. Elle a groupé environ 3oo constructeurs, et les appareils exposés avaient une valeur d’environ 1 5oo 000 dollars
- Les fabricants intéressés espéraient pouvoir conclure des affaires pour une somme globale d’environ 100 000 000 de dollars, mais il ne semble pas que le résultat final ait répondu à leur attente.
- On a pu constater, comme en France et en Angleterre, une sorte à’uniformisation de la construction, les appareils puissants à plus de cinq lampes formant là grande majorité. Les principes employés pourala construction des postes demeurent à peu près invariables,'lès'recher-ches portent surtout sur la simplification !du réglage, l’alimentation par le courant du secteur, l’amélioration de la pureté de l’audition. ' J ^ f
- En somme, l’industrie radio-électrique américaine établit maintenant des appareils standards à des prix relativement bas, et elle est entrée dans une période de stabilisation, pendant laquelle on ne constate plus que des perfectionnements de détails.
- La T. S. F. aux Indes* — La T. S. F. a pris aux Indes un assez grand développement, annonce le Wireless World. De très nombreuses demandes d’autorisation pour l’installation d’un poste émetteur ont été demandées et 5oo ont déjà été délivrées, 2700 auditeurs de broadcasting ont déclaré leurs postes et i65 commerçants en T. S. F. ont installé des magasins bien organisés.
- L’emploi des ondes courtes sur mer. — On sait que les communications des bateaux entre eux ou avec les postes côtiers se font généralement sur une longueur d’onde de 600 mètres. Un navire anglais de la Canard line, le Carinthia, vient pourtant d’être équipé avec un poste transmetteur sur ondes courtes.
- Ce navire a envoyé le T1 octobre, le premier radio-télégramme commercial sur ondes courtes transmis par un navire à un poste côtier anglais.
- Si ces essais réussissent, il est possible que les ondes courtes soient également adoptées pour les communications à longues distances sur mer.
- Le désastre de Floride et les amateurs de T. S. F.
- — Pendant la récente catastrophe de Floride qui a détruit la ville de Miami, les amateurs-émetteurs américains de la région ont activement collaboré avec les services de secours.
- Les communications télégraphiques, téléphoniques et même radio-télégraphiques officielles étaient impossibles dans la zone atteinte par l’ouragan.Ce sont des amateurs, M. Moore de Tamja et M. Heisch de Miami, qui ont réussi les premiers à entrer en communication pour renseigner les sauveteurs sur l’étendue du désastre, et leur indiquer les mesures les plus urgentes à prendre.
- l
- Le Salon de la T. S. F- de 1926. — Le Salon de la T. S. F. s’est ouvert, comme nous l’avons indiqué, le 23 octobre. Il a remporté le plus grand succès à la fois par le nombre des exposants, et celui des visiteurs. Pour la première fois en France, les constructeurs ont présenté de très nombreux modèles d’appareils automatiques spécialement destinés à des usagers. La plupart des modèles exposés étaient, d’ailleurs, des appareils puissants à étages multiples et surtout des superhétérodynes.
- On a pu examiner également de très nombreux modèles de boîtes d’alimentation pour l’utilisation du courant d’un secteur.
- Nous étudierons, d’ailleurs, en détails plusieurs des nouveautés exposées. '»
- La transmission de l’énergie par T*S. F. — D’après le sénateur Marconi, le problème de la transmission de l’énergie par T. S. F. ne serait pas une utopie.
- En effet, dans une récente communication à la Société « Of Civil Engineers », M'. Marconi a dit qu’il était permis d’espérer quelque jour la transmission d’une énergie importante à des distances assez rapprochées au moyen, d’un système d’ondes dirigées ; ce qui éviterait la dispersion de cette énergie dans l’espace.
- Le contrôle des longueurs d’onde des» postes émetteurs. — On sait que la Commission internationale de radiophonie de Genève a décidé de changer quelques longueurs d’ondé de stations européennes et de déterminer très exactement les autres afin d’éviter les interférences si gênantes.
- Pour obtenir ce résultat, il est évidemment nécessaire que les longueurs d’onde des postes d’émission soient déterminées au moyen d’instruments de mesure très précis, et il est intéressant de connaître les caractéristiques de ces ondemètres qu’a fait connaître le Wireless World.
- Contrairement à ce qu’on pourrait croire, des oscillateurs à cristal de quartz n’ont pas été employés à cause des difficultés de polissage du cristal avec beaucoup de précision.
- L’ondemètre à absorption se compose simplement d’un bobinage monté sur un support à faibles pertes avec capacité en parallèle. Cette capacité est formée, d’ailleurs, d’un condensateur fixe et d’un petit condensateur variable à armatures cylindriques (plus indéformable qu’un condensateur ordinaire). On observe lajrésonanced’abord grossièrement au moyen d’une ampoule à incandescence, puis ensuite avec plus de précision avec un thermocouple et un galvanomètre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- cfgTNS* Chimie
- Appareil de L. Hackspill et Al. Sigot pour la distillation continue et automatique du mercure dans le vide. — Tous ceux qui ont eu à manipuler des gaz sur la cuve à mercure ou à en transvaser au moyen de pompes et de trompes à vide savent combien il importe d’avoir un métal toujours parfaitement propre.
- Les purifications chimiques restant toujours insuffisantes, il y a intérêt à recourir à de fréquentes distillations dans le vide. Cette pratique est très répandue dans les laboratoires de physique et de chimie ainsi qu’on peut s’en rendre compte par le nombre de dispositifs préconisés à cet effet. Tous, du reste, dérivent plus ou moins de celui de Mendelejeff qui présente le double avantage d’être « à marche continue et d’entretenir le vide par écoulement du mercure distillé, dans une chute de Sprenge-1.
- Un des derniers en date est celui de Dunoyer (1912) qui réalisait un progrès considérable sur les précédents et dont le' débit atteignait 45 kg- en 24 h., avec un courant de 4 amp. 4 sous 110 volts.
- Le principal inconvénient qu’il présente est une grande fragilité, défaut commun à tous les appareils déjà existants qui de plus sont souvent encombrants et de faible débit.
- MM. L. Hackspill et Al. Sigot se sont attachés à éliminer tous ces défauts et à réaliser un appareil résistant, à grand débit et complètement automatique. Ils sont arrivés à mettre au point un appareil très pratique, très peu encombrant puisqu’un carré de 3o cm. de côté suffit à son installation et qu’il peut même être disposé sur une planche et accroché au mur.
- Il se compose d’un tube barométrique T de 75 cm. de longueur, la chambre élargie C surmontée d’un réfrigérant R.
- Le vide fait par la tubulure à robinet r détermine l’ascension dû mercure dans la chambre barométrique, qui peut être chauffée au moyen d’un petit four F à résistance en fil de nichrome ; moulé en aluminium et épousant la forme du tube C.
- Sa résistance est d’environ 3o ohms et l’intensité utilisée est de 3 à 4 ampères, il peut être branché directement sur une prise de courant de lampe à défaut de ligne de courant de force ou de chauffage.
- La vapeur du mercure porté à l’ébullition se condense au contact du réfrigérant et le mercure condensé retombe dans l’entonnoir E placé à cet effet sous le réfrigérant.
- La partie supérieure de la chambre barométrique est rétrécie au niveau du réfrigérant, ce qui améliore la condensation, et l’entonnoir situé dans la chambre C est un peu plus large que la partie supérieure de ladite chambre, permettant de recueillir à la fois le mercure condensé sur cette paroi et celui qui est condensé sur le réfrigérant.
- L’entonnoir se prolonge par un tube traversant la paroi de C et se terminant verticalement par un tube étroit ab, qui constitue une chute où les gouttes de mercure distillé entretiennent le vide ; ce tube a environ -i m. 20 de long et son extrémité plonge dans un petit vase à trop-plein contenant 4 à 5 cc. de mercure.
- Une ampoule à élimine les traces d’humidité que le mercure sale entraîne toujours.
- La quantité de mercure immobilisée a été réduite au strict minimum (200 çc.) en employant comme récipient,
- pour le mercure à traiter, un cylindre en verre de 40 mm. de diamètre qui est alimenté à niveau constant par un entonnoir à décantation B ou un flacon portant une tubulure latérale à sa base, de 1 à 2 litres de capacité et muni d’une rentrée d’air d. i
- De cette manière le niveau dans la chambre barométrique ne subit d’autres déplacements que ceux dus aux variations de la pression atmosphérique.
- Lorsque le mercure de B est épuisé et que le niveau dans le réservoir devient inférieur à la pointe de platine p le courant est coupé et la distillation arrêtée. On évite ainsi une rentrée d’air par la partie inférieure du tube barométrique.
- Un tube t, situé à l’intérieur du tube T, recourbé à sa partie inférieure et contenant du mercure, assure le passage du courant, de sorte que, outre l’arrêt produit par la baisse du niveau en B, si la pression atmosphérique venait à diminuer beaucoup, et que le niveau du mercure en C descende à l’intérieur du four électrique, le contact serait coupé entre le mercure du tube intérieur et celui de là chambre. Il se produit alors une étincelle sans inconvénient et jamais d’arc.
- On évite par ce dispositif une surchauffe possible du verre aux points où il n’y aurait plus de mercure et un ramollissement suivi d’écrasement.
- L’appareil étant vidé d’air une fois pour toutes, une addition de mercure dans l’entonnoir B détermine une élévation du niveau dans la cuve barométrique en même temps qu’en C et par suite le passage du courant et la mise en route de la distillation qui commence après quelques minutes et cesse lorsqu’il n’y a plus rien dans le réservoir, il n’y a donc aucune surveillance à exercer.
- Construit en verre Pyrex, l’appareil de MM. L. Hackspill et Al. Sigot donne les rendements suivants :
- Au début de la distillation, le vide étant fait à la trompe à eau, pour un courant de 3 amp. 5 sous 110 volts, on obtient 32 kgr. en 24 heures et avec 4 amp. 51 kgr. en 24 heures.
- Après une heure environ, le vide étant très amélioré par la chute, on arrive avec 3 amp. 5 à 43 kgr. et avec
- 4 amp; à 58 kgr.
- On peut d’ailleurs avoir des quantités encore plus considérables, plus de 70 kgr. en 24 heures en opérant avec
- 5 amp. 5.
- En résumé ce nouvel appareil beaucoup plus robuste, moins encombrant et à plus grand débit que les appareils existants, est d’un prix de revient peu élevé ; d’un montage facile, complètement automatique il est toujours prêt à fonctionner par simple addition de mercure.
- Ch. Yolck, constructeur, Strasbourg.
- 'Electricité <^3 ^
- Stroboscope pour reconnaître la nature du courant. — On peut agencer un stroboscope élémentaire qui permettra de reconnaître quelle est la nature du courant qui circule dans une lampe.
- Avec le courant continu, le filament rougit d’une façon pour ainsi dire régulière, sans intermittences ; avec le courant alternatif au contraire, constitué par une série de pulsations, l’inténsité du filament est variable. C’est en raison de la persistance des impressions lumineuses
- —
- Fig. i. — Schéma d’un appareil pour la distillation continuent automatique-du mercure dans Te vide.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- sur la rétine que nous ne nous apercevons pas de ces variations.
- Si l’on déplace devant le filament incandescent un objet brillant, le phénomène du stroboscope se produira avec le courant alternatif.
- L’expérience est facile à faire avec la lame d’un couteau qui déplacé vivement devant la lampe donne l’impression d’une lame toujours brillante, avec le courant continu. Au contraire avec le courant alternatif, elle prend l’apparence d’une série de lames brillantes qui se déplacent, séparées par des intervalles obscurs.
- On peut répéter cette expérience au moyen d’un disque en carton noir sur les bords duquel on trace une croix blanche. Ce disque est fixé sur un pivot, par exemple une aiguille piquée dans un bouchon.
- Lançant ce disque avec le doigt de manière à le faire tourner rapidement, il prend l’aspect, avec le courant continu, d'un disque noir portant une bande annulaire grisâtre.
- Si la lampe est alimentée par le courant alternatif, la croix est visible et elle se déplace lentement, pendant que le disque tourne au contraire rapidement. A un moment donné, si l’on arrive à faire tourner le disque à un nombre de tours correspondant au nombre de périodes du courant, à un multiple ou à un sous-multiple exact, la croix reste immobile, P.-M.
- *#94, Mécanique
- Serrure sans clé. — Cette serrure a l’avantage d’être parfaitement incrochetable, car il n’existe aucune entrée de clé permettant l’introduction d’un instrument quelconque. Elle est basée sur le système des serrures de coffres-forts et permet des combinaisons multiples. La clé est remplacée par un bouton qu’on manipule facilement et qui est fixé à demeure. On peut d’ailleurs changer ce bouton par un motif approprié au style d’un meuble.
- L’entraînement du pêne est obtenu au moyen d’une roue dentée dont la rotation est elle-même provoquée par un pignon qui est fixé à l’extrémité de la tige por-
- Fig. 3. — Serrure Aclement.
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- tant le bouton de la serrure. Tant que la combinaison des chiffres n’a pas été réalisée, le pignon est bloqué par une pièce d’arrêt et il ne peut se placer dans le plan de la roue dentée d’entraînement. Si on réalise la combinaison de chiffres pour laquelle la serrure est réglée, la pièce d’arrêt s’efface; on peut alors pousser à fond la tige porte-bouton, mettre le pignon en prise avec la roue, tourner le bouton et déplacer le pêne et par conséquent ouvrir la porte.
- La pièce d’arrêt se trouve montée à l’extrémité d’une branche d’un levier à deux branches, qui pivote sur le bâti de la serrure, l’autre branche du levier porte un ergot qui se loge dans les encoches d’une série de roues dentées superposées.
- Suivant les chiffres choisis pour la combinaison, on fait tourner d’angles inégaux, à partir d'une origine
- donnée, les roues dentées à encoches, les encoches viennent donc se placer les unes au-dessus des autres en face de l’ergot.
- Ce dernier obéissant à l’action d’un ressort s’enfonce dans les encoches ainsi placées.
- Les rotations des diverses roues à encoches sont successivement produites soit par un seul pignon que l’on met dans trois positions successives, soit par plusieurs pignons.
- De toute façon, les pignons sont montés sur la tige porte-bouton, l’attaque des roues à encoches se fait par l'intermédiaire de trous qui comportent les dispositifs de mise à O de chacun des éléments de la combinaison.
- Pour changer à volonté la combinaison, on met les roues à encoches hors de prise des roues intermédiaires.
- Le déplacement du pêne à l’intérieur de la pièce à laquelle est appliquée la serrure est produit au moyen d’une rondelle solidaire du bouton de manœuvre placé à l’intérieur de la pièce. Cette rondelle porte un goujon qui traverse d’abord une encoche ménagée dans le pêne, puis dans une autre encoche ménagée dans la roue d’entraînement.
- On détermine au moyen d’un dispositif approprié les deux positions extrêmes du pêne.
- Une serrure de ce genre est intéressante, car elle perihet d’avoir dans des établissements une combinaison spéciale pour chaque service, l’ensemble des combinaisons n’étant connu que du chef de maison.
- La garantie est aussi grande qu’avec une serrure de coffre-fort et l’on peut protéger facilement tous les meubles et les tiroirs ; enfin on supprime les trousseaux de clés encombrants, on évite par conséquent la perte des clés tout en ayant une grande sécurité.
- Société des Serrures Aclement,
- 98, rue Réaumur,
- Paris.
- Outil pour desserrer un robinet.
- — Lorsqu’on veut démonter un robinet on est obligé de le desserrer au moyen d’une clé et si l’on a affaire à du métal fragile, il est bien difficile, avec une clé ordinaire, d’opérer sans détériorer le métal. Yoici un modèle de clé représenté par la figure, qui permet d’engager l’outil entre le biseau et la béquille, de gauche à droite ou de droite à gauche, suivant le serrage ou le desserrage.
- De cette mani,^ re, on forme levier sur la partie supérieure du r © binet que l’on peut alors remonter ou démonter facilemeut,
- Jean Lapeyre, 70, rue des Martyrs, Paris,
- Fig. 4. — Clé pour desserrer les robinets.
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- JÈD
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- VARIETES
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- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : PIED-DE-CHAT
- Cette gracieuse petite plante, que le Codex appelle Pied-de-Chat (Gnaphalium dioïcum L.) ou Antennaria dioïca), Synanthérées Sénécionidées, a reçu de certains auteurs les noms de Gnaphale dioïque ou d'Antennaire dioïque, qui tirent leur origine, le premier, du grec gnaphalon bourre, c’est-à-dire plante cotonneuse, ou encore de ce que les capitules de fleurs bien épanouis représentent le dessous de la patte du chat; le second, du latin antenna, antenne, pour rappeler que les soies des fleurs mâles sont épaissies au sommet comme les antennes de certains insectes. On la nomme encore Immortelle dioïque, Herbe blanche, Œil-de-chien.
- Habitat. — Elle est commune dans nombre d’endroits sablonneux des bois, pâturages, pelouses, collines ou montagnes, notamment dans le centre de la France; l’Ardèche en fournit beaucoup; à une certaine altitude on la trouve en abondance.
- Description sommaire. — Plante vivace, cotonneuse, radicante, émettant des rosettes de feuilles alternes et des tiges florifères de io à 20 cm portant de petites feuilles lancéolées. Fleurs s’épanouissant en mai-juin, petites, dioïques, disposées en capitules en un corymbe terminal, blanches (capitules mâles) ou roses (capitules femelles). Fruit (akène) à peu près cylindrique, glabre, surmonté d’une aigrette plumeuse qui forme un fin duvet.
- Culture. — Le Pied-de-Chat demande, autant que possible, un terrain léger, sablonneux. On le multiplie de deux manières : x° par division de pieds ou touffes; a* par semis, mais la première est la plus employée.
- Par division de touffes. — Comme les tiges rampantes sont pourvues de nombreuses racines adventives, on les divise en petites touffes ou éclats qu’on plante, en mars, en lignes distantes de 3o cm et à 20 cm sur les lignes (A. R, et D. B.), ou encore en lignes très rapprochées, i5 cm en tous sens. De cette façon, on arrive à avoir un véritable tapis de Pied-de-Chat (A. G. et J. D.).
- On donne en cours de végétation les soins habituels, binages et sarclages.
- Par semis. — D’après MM. A. Goris et J. Demilly on peut également multiplier cette plante par les graines semées sous châssis froid au printemps. Les graines étant très petites, il ne faut pas les couvrir, l’arrosage seul suffira.
- Récolte et séchage. — On ne récolte que les fleurs, de mai à juillet, en ayant soin qu’elles n’aient pas atteint leur complet épanouissement qui s’achève pendant le séchage. Si l’on attendait trop, les fleurons et les aigrettes se sépareraient. Pour cette même raison, le séchage demande une certaine attention et doit se faire rapidement sur des claies, des toiles ou un plancher très propre dans un local ou sous un hangar très aéré.
- Les fleurs perdent pendant le séchage les trois quarts de leur poids. Il faut les conserver à l’abri de l’humidité et de la lumière pour maintenir, aussi complètement que possible, leur belle coloration rose qui forme une grande partie de leur valeur commerciale. Quand leur dessiccation est complète, on les garde sans inconvénient dans des sacs bien pressés.
- Propriétés thérapeutiques. — On tient les fleurs pour adoucissantes, béchiques, vulnéraires, et on les emploie dans les affections catarrhales chroniques, ce qu'elles doivent au mucilage qu’elles renferment.
- Préparations pharmaceutiques. — On en fait une tisane à la dose de 10 à 3o gr. par litre d’eau bouillante. Elles font partie des espèces pectorales à parties égales avec les fleurs de bouillon blanc, coquelicot, guimauve, mauve, tussilage et violettes.
- Observations commerciales. — La vente de ces fleurs est forte, l’herboristerie en demande une grande quantité. Le prix en est assez élevé selon les années et la conservation de leur coloris rose. Le kilogramme a valu de 4 fr. 5o à 5 francs pour les fleurs blanches et de 5 fr. 5o à 6 francs pour les fleurs blanches et roses.
- RAIFORT
- Ainsi que deux autres crucifères, le Cresson de fontaine et la Moutarde, le Raifort ou Cochléaria de Bretagne (Cochlearia Armoracia L.) joue un rôle assez actif dans l’art médical et dans l’art culinaire. Très connu sous les noms de Rorique rustique et de Cran de Bretagne, il l’est encore, quoique de façon moindre, sous ceux de Cran des Allemands, Cranson rustique, Cranson des Anglais, Moutarde des moines, Moutarde des Allemands, Moutardelle, Radis de cheval, Rave-luque, Ravenelle, Rave sauvage, etc.
- Habitat?. — Qn le suppose originaire de l’Europe orientale. En France, il croît naturellement sur les bords des ruisseaux dans les pays humides, sur les côtes de la mer, notamment en Bretagne.
- Description sommaire. — Plante vivace, dont la tige dressée, fistuleuse, glabre, rameuse au sommet, atteint o m. 60 à un m. Feuilles inférieures bien développées, longuement pétiolées, ovales, oblongues, dentées en scie. Fleurs (mai-juin), petites, blanches, très nombreuses, disposées en grappes terminales. Fruit (sili-cule), petit, ovoïde, couronné par le stigmate persistant.
- Graines ovoïdes, lisses, mais généralement stériles.
- Racine épaisse, charnue, pouvant atteindre 76 à 80 cm de longueur et jusqu’à 5 cm de diamètre dans sa partie moyenne. Elle est pourvue d’une saveur âcre, brûlante, piquante, rappelant, quand on la râpe ou l’écrase, celle de la moutarde, mais qui provoque le larmoiement.
- Culture. — Elle existe partiellement depuis longtemps dans de nombreux jardins maraîchers et, depuis plusieurs années, sur une plus grande échelle, dans quelques communes de la Seine, spécialement à Montreuil et à Orly. Le raifort demande une bonne terre profonde et fraîche que l’on a eu soin, avant la plantation, de défoncer à 4° cm, environ, et de fumer fortement au fumier bien décomposé. Dans ces conditions, il se développe vigoureusement, mais il faut bien choisir l’endroit où l’on veut le planter, car il est très difficile de l’en extirper quand il s’y est bien acclimaté. Aussi, pour
- cette raison, convient-il de lui réserver, dans le Jardin familial, un coin de terre très fraîche et ombragée.
- Multiplication. — Etant donné que les graines, même les plus récentes, sont presque toujours stériles, il ne faut pas songer au semis pour le progager, mais n’employer que les éclats ou tronçons de racine. Ceux-ci ont généralement de 8 à 10 cm de longueur et possèdent un œil ou bourgeon. On les prend, habituellement, parmi les petites racines que l’on a séparées à la récolte et que l’on a conservées dans du sable. Ce sont d’ailleurs ces jeunes plants qui sont vendus par les marchands grainiers ou les pépiniéristes (A. G. et J. D.).
- Selon ces auteurs, il est un moyen assez rapide qui consiste à sectionner des racines de raifort en morceaux de grosseur quelconque, mais de 3 à 5 cm de longueur. Ils sont plantés en lignes tous les 25 cm en écartant celles-ci de 70 cm environ. On a, par ce moyen, une plantation moins coûteuse qu’avec le jeune plant et qui réussit tout aussi bien. On lui donne la première année les soins culturaux nécessaires pour empêcher l’envahissement par les mauvaises herbes.
- On trouvera de plus amples détails dans Culture des plantes médicinales, par A. Rolet et D. Bouret.
- Récolte et conservation. — On peut récolter à l’automne qui suit la plantation faite par éclats au printemps, mais, de l’avis général, il vaut mieux attendre la deuxième et la troisième année parce que les racines sont plus grosses. Le meilleur mode d’arrachage se fait à la bêche avant la floraison; il est bien rare qu’on obtienne les racines entières. On prive les grosses de leur collet et de leurs radicelles lorsqu’on les destine à la vente ou à la consommation et on les conserve à la cave dans du sable fin.
- Composition chimique. — Le principe le plus actif de la racine est une huile volatile sulfurée extrêmement irritante qui provoque les larmes et répand une odeur très désagréable. Appliquée sur la peau elle l’enflamme et produit de la vésication. Elle ne préexiste pas dans
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- VARIÉTÉS
- la racine et ne se forme que sous l’influence de l’eau de végétation mise en liberté.
- Propriétés thérapeutiques. — On n’a commencé à les connaître qu'au xvm® siècle. Le raifort est considéré comme puissant antiscorbutique, antigoutteux, stimulant énergique, diurétique et rubéfiant. Son action dominante est d’exciter les muqueuses et de modifier la nutrition générale.
- Préparations pharmaceutiques. — La racine fraîche est la seule partie employée. Elle entre dans plusieurs médicaments : la tisane de raifort, la teinture de raifort composée, l’alcoolat de cochléaria composé, le vin et le sirop antiscorbutique, la bière antiscorbutique, tout autant connue sous le nom de « sapinette » et dont voici la compostion : Raifort récent 60 gr., feuilles de cochléaria 80 gr. ; bourgeons de sapin 3o gr. ; bière nouvelle, deux litres. Faire macérer 3 ou 4 jours et filtrer.
- Le docteur H. Leclerc a donné une excellente formule du sirop de raifort préparé à, froid : couper les racines en rondelles, les disposer en couches sur un filet tendu au-dessus d’un plat et les recouvrir de sucre ; donner le liquide sirupeux qui s’écoule à la dose de i à 2 cuillerées à soupe par jour.
- A l’extérieur, les cataplasmes de pulpe froide de raifort exercent une action révulsive et même vésicante supérieure à celle de la farine de moutarde. On pourrait, d’après le D1 Héraud, se servir de la racine sèche, si on l’avait desséchée avec soin, car elle reprend toutes ses propriétés au contact de l’eau.
- La racine crue et râpée, seule ou avec du vinaigre et du sel, s’emploie comme condiment à la manière de la moutarde. %
- Observations commerciales. — Les racines fraîches ont' été vendues en gros i5 à 3o francs le cent ; les racines sèches i franc à i fr. 2S le kilogramme. A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Renforcement des phototypes par fixation de matières colorantes sur l’argent réduit. — Ce procédé est basé sur l’emploi de colorants d’aniline, en utilisant la propriété que possèdent certains sels d’argent de se comporter comme mordants vis-à-vis de ces colorants. MM, A. et L. Lumière et A. Seyewetz ont proposé, dans la Revue française de Photographie, n° 145, la méthode suivante pour le renforcement des négatifs. 1
- Le cliché, sec ou mouillé, est mordancé pendant 3 ou
- 4 minutes, dans le bain suivant :
- Eau......................... 1000 c. c.
- Sulfate de cuivre............. 40 gr. .
- Citrate de potasse............ 60 gr.
- Acide acétique cristallisable. . 3o gr.
- Sulfocyanure de potassium . . 20 gr.
- Le sulfocyanure est dissous séparément dans un peu d’eau et ajouté aux autres constituants.
- Après lavage de 10 minutes en eau courante, la teinture est obtenue par immersion d’un quart d’heure dans le mélange des solutions aqueuses à 1 pour 100 des matières colorantes suivantes, additionnées de 1 pour 100
- d’acide acétique.
- Bleu méthylène (Mabbaux et Camell) . . 287 c. c.
- Rhodamine S (Société pour l’Industrie
- chimique de Bâle).................... 333 c. c.
- Phosphine M brevetée (Société pour l'Industrie chimique de Bâle)...............38o c. c.
- Un lavage de quelques minutes élimine l’excès de colorant, puis le cliché est mis à sécher.
- Ce mélange donne une solution noir-bleuâtre 'comparable à la teinte de l’argent réduit. L’intensification très régulière atteint son maximum en i5 minutes ; le phototype est homogène, transparent et sans granulation. Enfin ce procédé donne une intensification supérieure à celle obtenue avec les meilleurs renforçateurs. A. H.
- Hypersensibilisation des émulsions panchromatiques. — M. Burka, dans Science et Industries photographiques, indique un procédé simple, exempt de colorants coûteux et de manipulations compliquées et permettant d’hypersensibiliser les émulsions panchromatiques du commerce.
- La plaque est immergée pendant 4 minutes et à l’obscurité complète dans le mélange suivant :
- Alcool éthylique à 900 . . . . , a5 c. C.
- Eau..........................75 c. c
- * Ammoniaque pure.............. 3 c. c.
- Après égouttage soigné, ou mieux essorage au centri-fugeur à 2800 tours-minute, la plaque est mise à sécher.
- Cette méthode quintuple environ la sensibilité de l’émulsion pour la lumière des lampes à incandescence.
- L’utilisation de cette formule peut donc rendre d’utiles services pour les photographies d’intérieurs et dispenser, dans bien des cas, de l’emploi, toujours délicat du magnésium. A. II.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Naturô oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne petit être, en général, répondu immédiatement.
- ' Adresses relatives aux appareils décrits. — Aspiration et soufflage des suies des chaudières : Union thermique, 19, boulevard Malesherbes, Paris (8°).
- Réponses. — M. G. Besse, à Kompong-Tiam, Cambodge,— La concentration de V acide suif urique dilué n’est possible qu’industriellement et ne peut être réalisée par l’amateur. Le mieux, croyons-nous, est de revendre cetacide dilué pour des utilisations courantes, par exemple le garnissage d’accumulateurs (acide à 220 B.).
- M. Derickx, à Bruxelles. — Le ravivage des couleurs sur étoffes dépend de la fonction chimique, acide ou basique, remplie par cette couleur, autrement dit suivant le cas, la teinte est ravivée par une solution légèrement
- acide ou par une solution alcaline. 11 convient par suite avant de traiter l’ensemble, défaire un petit essai préalable pour se rendre compte du traitement le plus favorable en opérant sur un coin de l’étoffe. Comme produit acide, on se servira de vinaigre étendu, et, comme alcalin, d’ammoniaque liquide désignée le plus souvent sous le nom d’alcali volatil. Si ni l’un ni l’autre de ces agents ne produit d’amélioration c’ëst que la couleur est passée, sous l’action des rayons lumineux, et le seul remède est de faire reteindre le tissu, s’il en vaut la peine.
- M. Ghyoot, à Namur. — L'imperméabilité absolue des tissus aux liquides et aux gaz ne peut être obtenue que par obturation des mailles du tissu au moyen de caoutchouc, en procédant de préférence par immersion.
- Comme solution type de caoutchoutage, vous pouvez
- prendre la suivante :
- Caoutchouc, gomme pure Para. 3 grammes
- Solvant...................... 97 cent cubes
- Le solvant étant lui-même constitué par :
- Tétrachlorure de carbone. ... . 200 cent cubes
- Benzine...................... 100 —
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- BOITE AUX LETTRES
- Opérer de préférence au grand air pour éviter de respirer trop copieusement les vapeurs du solvant.
- L. G., à Paris. — Périodiques de chimie organique : Bulletin de la Société chimique de France, 120, boulevard St-Germain. Moniteur Scientifique Quesneville, 12, rue de Buci. Revue générale de chimie pure et appliquée, i55, boulevard Malesherbes. Annales de chimie, 120, boulevard St-Germain.
- M. F., à Asnières. — x° D’après les renseignements que nous possédons, le liquide dont on imprègne les balais en coton anti-poussière serait composé de :
- Huile de cèdre.
- Huile de bois de Chine.
- 5 Alcool dénaturé.
- A parties égales en volumes.
- 2° Les colles blanches du commerce sont des colles ordinaires dans lesquelles on introduit de l’oxyde de zinc, de la craie ou du sulfate de baryte, ainsi qu’un peu de sucre et de glycérine pour éviter que ces colles ne sèchent dans le récipient.
- Prendre par exemple : '
- Gomme arabique.............i5 grammes
- Dextrine blanche. ......... i5 —
- Couvrir d’eau froide, environ double volume, laisser en contact un jour ou deux jusqu’à dissolution complète, en remuant fréquemment avec un agitateur. Laisser ensuite reposer suffisamment pour que les impuretés gagnent le fond et décanter le liquide limpide.
- Ajouter alors à celui-ci :
- Sucre blanc en poudre ... 10 grammes
- Oxyde de zinc ........... 5 —
- Glycérine................20 —
- Rendre homogène, puis ajouter quantité d’eau suffisante pour obtenir la fluidité désirée.
- M. Naville, à Annemasse (Haute-Savoie). — Yoici comment il faudrait opérer pour faire disparaître l'huile qui a souillé, dites vous, toutes les pages d'un livre :
- Se procurer une cuvette photographique ayant à peu près les dimensions du livre ainsi qu’une feuille de verre un peu plus grande que la cuvette et permettant de couvrir celle-ci.
- Ces préparatifs faits, mettre le livre entier et tel quel dans la cuvette, verser dans celle-ci du tétrachlorure de carbone (environ 7 fr. le kilogr., produit courant en droguerie) de telle manière que le livre soit complètement recouvert de liquide, placer la feuille de verre au-dessus du récipient pour empêcher l’évaporation et laisser en contact 24 heures, en agitant de temps à autre par balancement de la cuvette comme pour un développement.
- Au bout de ce temps laisser égoutter le liquide qui a dissout la plus grande partie de l’huile, cela en inclinant la cuvette vers un coin, appuyer au besoin avec la paume de la main mise à plat de façon à extraire la plus grande quantité de liquide possible.
- Recouvrir alors à nouveau de tétrachlorure et laisser digérer à nouveau 24 heures dans les mêmes conditions.
- En répétant ces opérations quatre ou cinq fois avec précaution, sans sortir le livre de la cuvette et en essorant à fond, vous devez réussir. Lorsque vous constaterez que les pages sont complètement débarrassées d’huile il n’y aura plus qu’à laisser sécher le livre au grand air, puis à le mettre sous presse pour lui donner bon aspect.
- N. B. — Le tétrachlorure de carbone est ininflammable, aucune crainte à avoir d’allumage pendant les manipulations.
- M. Gautié, à Albi. — i° Le caoutchouc se durcit par une transformation moléculaire, malheureusement il n’y a plus rien à faire quand le durcissement est réalisé.
- 20 Les petites pyramides que Von fait brûler pour éloigner lès moustiques sont constituées par :
- Poudre de pyrèthre..........100 grammes,
- Nitrate de potasse pulvérisé . 22 —
- Après mélange intime, délayer avec quantité suffisante d’eau gommée légère, faire une pâte ferme, mouler en cônes ou pyramides de 2 cm. de haut, laisser sécher. Parfois on remplace le pyrèthre parle Datura stramonium en mêmes proportions.
- T. S. F.— M. L.-B., à Paris — 1° Il existe actuellement des procédés qui permettent d’alimenter imposte de réception à l'aide du courant alternatif ou continu d’un secteur sans rien changer au montage intérieur de 1 appareil.
- ; Ces procédés donnent de bons résultats et les boites d alimentation ainsi construites sont très pratiques, leur seul inconvénient réside peut-être encore dans leur prix d’achat relativement élevé.
- 20 Les piles thermoélectriques constituent en effet un des meilleurs dispositifs pour chauffer les filaments des lampes à faible consommation à l’aide du courant alternatif d’un secteur. Le rendement de l’appareil est en effet très faible, mais il faut songer que l’intensité du courant de chauffage nécessaire est aussi très faible. On peut compter, en réalité, sur une consommation d’environ 2 hectowatts-heure pour l’alimentation d’un poste puissant à 7 ou 8 lampes.
- M. Fautrel, à Asnières. — Bien que vous ne donniez aucun détail, ni schéma sur votre poste de réception à galène, nous pensons que vous avez essayé de recevoir les émissions radiophoni -ques en employant comme collecteur d’ondes un fil du secteur électrique d’éclairage et un.système d’accord en dérivation (fig. 1).
- Dans ces conditions, il est naturel que vous éprouviez quelques difficultés pour la réception des émissions sur ondes courtes, étant donnée la grande longu eur d’onde propre du collecteur d’ondes de fortune utilisé.
- Pour obtenir quand même un résultat suffisant, vous pourriez d’abord essayer de diminuer la capacité du condensateur d’arrêt C2 mis en série au lieu de l’aue-menter, comme vous l’avez fait, et en employant évidemment une bobine d’accord L assez faible.
- A7ous pourriez également utiliser un système d’accord à primaire P apériodique, composé de quelques spires couplées d’une façon très serrée à la bobine secondaire S (fig. 2).
- Ce principe est, d’ailleurs, utilisé dans des petits ac-cessoires vendus dans le commerce à un prix relativement modique et vous pourrez, si vous le voulez, trouver le détail de montages de ce genre dans La Pmtique Radioéleclrique (Masson, éditeur).
- M. G.-B., à Kem-Pang-Triam (Cambodge). — Le moyen le plus simple d’éliminer les bruits parasites provenant des étincelles de collecteurs, de dynamos voisines, et qui gênent vos réceptions sur superhétérodyne, semble être la réception sur grand cadre.
- De plus, votre appareil serait enfermé dans une cage métallique afin d’éviter la réception directe des parasites par les bobinages intérieurs dé l’appareil.
- Le cadre ne comprendra évidemment que de une à deux spires suivant ses dimensions puisque vous voulez recevoir des émissions de i65 mètres de longueur d’onde. I
- Nous vous signalons à ce propos que les modèles ordinaires de superhétérodynes utilisées en France reçoivent mal les ondes au-dessous de 200 mètres de longueur qui ne sont pas encore employées pour la radiodiffusion.
- Nous espérons donc que vous avez fait modifier spécia lement votre appareil, ou que vous avez modifié vous même les bobinages de votre hétérodyne de modulation, ce qui est très facile.
- Fig. 2.
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- JfeD
- Igr:
- BIBLIOGRAPHIE
- OSSL
- a**
- Histoire de Paris, par Lucien Dubecii et P. d’Espezel. i vol. 5io p., avec i plan hors texte, Payot, éditeur, Paris 1926: Prix : 3o fr.
- Ce livre, documenté et vivant, nous fait assister à travers les âges à l’évolution de la capitale en synchronisme avec les événements politiques qui s’y sont
- déroulés, et auxquels la ville a souvent pris une part prépondérante. A ces circonstances politiques, les auteurs semblent attribuer le rôle essentiel dans l’histoire de la grande cité et de son développement, plutôt qu’aux conditions économiques. Celles-ci n’ont, dureste, pas été passées sous silence; mais peut-être
- les auteurs ont-ils sous-estimé leur importance_Tout
- l’ouvrage se lit avec le plus vif intérêt ; il est difficile de condenser avec plus de talent et de relief vingt siècles de la vie d’une cité, aux fonctions si multiples, aux destinées si diverses et si brillantes. Mais on ne peut s’empêcher de trouver ce livre injustement sévère pour le Paris de la Révolution et du « stupide » xixe siècle, par opposition à celui de la royauté. Il est injuste par exemple de relater les sombres et sanglantes journées de la Convention sans faire la moindre allusion aux guerres extérieures, aux revers de nos armées, aux insurrections intérieures qui affolaient le patriotisme du peuple. Il est injuste également de reprocher au Paris moderne de n’avoir pas suivi le mode harmonieux d’évolution qui semble caractériser les deux derniers siècles de la royauté : quelle est donc la ville ancienne qui a pu se prêter aux rapides transformations commandées par les révolutions imprévues que notre époque fit subir à plusieurs reprises aux moyens de communication, de transport, et à la production de la force motrice ? Il est surprenant de constater que les auteurs font à peine allusion à ces divers progrès et ne mentionnent même pas l’avènement de l’électricité, du télégraphe et du téléphone, pas plus que celui delà navigation à vapeur sur la Seine.
- Leçons sur le carbone, la combustion et les lois chimiques, par H. Le Chatelier, membre de l’Institut (2e édition, 1 vol. 456 p., 53 fig. Hermann, éditeur. Paris 1926) Prix : .
- Voici la 2e édition des premières leçons de chimie minérale professées en 1907-1908 par M. H. Le Chatelier. Elles firent sensation à l’époque. L’illustre savant y affirme dès le début la nécessité d’établir dans l’enseignement un contact intime entre la science et ses applications pratiques; il rappelle que les plus grands savants, même théoriciens, ont presque toujours été orientés dans leurs recherches par les problèmes de la vie réelle : témoins Lavoisier, Sadi-Carnot, Sainte-Claire Deville. Guidé par ces considérations, M. Le Chatelier n’hésite pas à révolutionner l’enseignement traditionnel de la chimie minérale : pour son premier cours, il s’attache exclusivement à un corps capital au point de vue pratique : le carbone’ élément essentiel de tous les combustibles ainsi que de toutes les substances organiques. En passant en revue les propriétés physiques et chimiques essentielles du carbone, il est amené à exposer sOus une forme claire et concrète les lois fondamentales de la chimie proprement dite ainsi que celles de la chimie physique. Après une leçon inaugurale consacrée à Sainte-Claire Deville et Moissan, il étudie le carbone à l’état naturel, sous ses diverses formes allotropiques et est amené ainsi à exposer les éléments fondamentaux de la cristallographie et les premiers principes de la thermochimie. Il étudie ensuite les combustibles, les carbures métalliques en s’attachant à chaque pas à mettre en évidence les lois générales. L’acide carbo-> nique offre l’occasion d’exposer les lois de la dissolution des gaz et d’aborder les questions relatives à la dissociation, à l’équilibre chimique et à la mécanique chimique. Celles-ci sont ensuite précisées .sur l’exemple des carbonates métalliques. D’autées exemples sont
- donnés dans l’étude de l’oxyde de carbone, et dans celle de la combustion des mélanges gazeux où l’auteur résume également les recherches faites à l’époque sur la propagation des phénomènes explosifs. Les dernières leçons sont consacrées à un magistral exposé didactique des principes de la thermodynamique, de leurs applications aux lois delà mécanique chimique, et des lois pondérales de la chimie qui ont conduit aux conceptions des poids atomiques et moléculaires,, On voit que l’auteur a suivi fidèlement son programme d’enseignement qui consiste à procéder du particulier au général, à l’encontre des méthodes officielles pratiquées avant lui, Dix-huit années d’un enseignement particulièrement brillant ont affirmé l’excellence de cette méthode.
- Die Hôhlen Salzburgs, par Walter Czœrnig Czerx-hausen, in-8°, 160 p., 87 fig. et plans. Salzburg, Verein für, Holenkunde, 1926.
- Description de 262 cavernes, glacières et abîmes actuellement explorés dans le Salzburg (jusqu’à 2:840 m. d’altitude), et notamment du fameux Eisrie-senwelt (long de 27 kilom., plan au 3oooe) voir La Nature n° zSyo, 7 juillet 1923); outre cette immense caverne, l’intérêt de la plupart des autres est de témoigner d’une ancienne circulation souterraine fossile, à de hauts niveaux. C’est une constatation capitale faite aussi au Caucase, aux Alpes, aux Pyrénées. Elle devra intervenir désormais dans les discussions relatives aux problèmes de la technique. (Y. C. R. Ac. Sc., 22 avril et 19 mai 1924)- Ce volume est le sixième publié des monographies spéléolo-giques entreprises par la Bundes-Hohlen Commission de Vienne. Les autres sont la Spéléologie théorique, par Ktrle ; les Cavernes de Cyrénaïque, par Muhlho-fer; YEisriesenwelt, par divers; la Flore, par Morion et Gams; la Faune, par Spandl.
- La Bretagne, guide régional; Michelin, in-8°, 3g6 p. et figj. Michelin, Clermont-Ferrand. Prix ; 15 francs (1926).
- Premier volume) d’une série nouvelle de guides spécialement destinés aux automobilistes. Il comprend 38 itinéraires détaillés sur routes et 48 descriptions de villes avec, un aperçu général de la Bretagne. La nouveauté, très pratique, consiste dans les innombrables croquis et plans, relevés sur place, qui, à chaque page, précisent les obstacles à éviter et éclairent les bifurcations. Avec un soin minutieux, tous les parcours sont ainsi jalonnés pour empêcher toutes erreurs et pertes de temps, particulièrement aux entrées et sorties des localités. Cette originale innovation ralliera tous les suffrages des adeptes du volant.
- L’œuf et ses localisations germinales, par J. Duesberg, 1 vol, in-8, 107 p., 56 fig. Collection « Les Problèmes biologiques ». Presses Universitaires de France, Paris. Prix : cartonné, 18 fr.
- Dans cette excellente monographie, bourrée de faits très clairement résumés, l’auteur passe en revue toutes les recherches déterminées par le problème de là prédétermination de l’œuf. L’œuf présente-t-il des localisations germinales, ou bien les diverses parties de l’être futur naissent-elles successivement, au hasard, de n’importe quelle portion de l’œuf ? Un premier groupe d’observations est favorable à la théorie des localisations, un deuxième lui est contraire. L’œuf des Amphibiens, très souvent exploré, est l’objet d’un troisième chapitre, Un quatrième pose nettement le problème général. La deuxième partie est consacrée aux expériences destinées à modifier l’œuf en le comprimant ou en le bouleversant. Il s’en dégage, sinon une conclusion nette, du moins un programme de nouvelles recherches, ce qui est le but de cette collection.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2749
- Il Décembre 1926.
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- La stabilité des avions —- Une communication sur la stabilité des avions a été faite, le io novembre dernier, à la Société française de Navigation aérienne, par M. l’ingénieur en chef Grimault, du S. T. Aé.
- Un appareil est stable quand, éloigné de sa position de régime, il y retourne de lui-même ; il est manoeuvrable quand une rotation autour du centre de gravité dans un sens quelconque est possible; il est plus ou moins maniable, suivant que cette manœuvre est plus ou moins facile (effort nécessaire, temps de réaction). On distingue la stabilité longitudinale et la stabilité transversale ; la première est la plus intéressante, elle peut être étudiée en statique ou en dynamique.
- L’étude statique revient à l’étude du couple de rappel correspondant au déséquilibre (sur les courbes méta-centriques par exemple), elle donne des formules suffisantes pour un avant-projet et doit être complétée par des essais au tunnel faits sur une maquette.
- L’étude dynamique revient à l’étude des mouvements de l'appareil autour de son centre de gravité et de leur amortissement. Elle donne des formules aux coefficients mal connus ; même dans le cas des petits angles, une étude complète a priori est impossible; pour aller plus loin, la connaissance de l’écoulement de l’air autour des ailes serait nécessaire.
- Le mouvement est périodique amorti pour un appareil stable. Plus l’appareil est stable, c’est-à-dire plus grand est son couple de rappel, moins il est manœuvrable et maniable. D’autre part, un grand moment d’inertie autour de l’axe de tangage donne un amortissement lent et des efforts moindres, et inversement un faible moment d’inertie donne plus de maniabilité et des efforts plus grands.
- Un compromis devra donc exister, et un bon appareil aura, en plus de la stabilité de formes nécessaire, un couple de rappel pas trop grand, et un moment d’inertie dépendant de l’utilisation prévue.
- La formation des mécaniciens d’aviation. — Le
- 20 octobre dernier, M. G. Ramat, inspecteur de l’enseignement technique, faisait à la Société Française de Navigation aérienne une conférence intéressante sur la formation des mécaniciens d’aviation telle qu’elle est comprise à l’école Hanriot.
- Cette école fondée en 1921, période où le recrutement des mécaniciens d’aviation était particulièrement difficile, arrive à former en neuf mois pour l’aviation militaire un personnel mécanicien joignant à l’habileté manuelle et à la connaissance parfaite du matériel une haute conscience professionnelle. Le programme de ses cours qui s’adressent à des jeunes gens dont le niveau moyen est celui du certificat d’études primaires est particulièrement chargé : rappel de notions élémentaires, mécanique, électricité, théorie du moteur et de l’avion, technologie, dessin. Les exercices pratiques ont lieu dans trois ateliers : atelier de mécanique générale, atelier de moteur, atelier avion.
- Pour parcourir aussi rapidement ce programme, une méthode pédagogique spéciale a été mise au point, spécialisant les professeurs et réduisant les explications théoriques au minimum ; dans ce but, trois sortes de tableaux sont utilisés : tableaux technologiques (outillage, types d’engrenages, assemblages, etc.), tableaux de démonstration (coupe des appareils), tableaux d’instruction (pour les exercices de montage et de démontage'par exemple).
- Les résultats obtenus montrent d’ailleurs la perfection des méthodes employées.
- Une école semblable a été fondée en Turquie pour le compte de la ligue aéronautique turque ; des pourparlers sont en cours pour créer d’autres écoles en Serbie, en Pologne, en Grèce et en Roumanie, écoles qui élendront largement l’influence aéronautique française à l’étranger.
- L’or des Océans. — L’eau de mer contient de l’or qui lui a été apporté par les fleuves charriant des sables aurifères. L’extraction de cet or a souvent provoqué l’effort des inventeurs, mais toujours sans succès, et pour cause. La teneur en or de l’eau de mer est infini-
- ment faible. Le professeur Haber, le célèbre chimiste allemand, a récemment créé des méthodes d’analyse très sensibles pour déterminer la teneur en or d’un mélange aurifère. Il les a appliquées à l’analyse de plus de 5ooo échantillons d’eau de mer. 11 a constaté que leur teneur en or est, en moyenne, de l’ordre de ijioo de milligr. par tonne. Avec une si faible concentration, il est impossible d’entrevoir un procédé pratique qui permettrait de retirer avec bénéfice l’or de l’océan.
- Composition et coloration des verres antiques. —
- De nombreux échantillons de verres ont été examinés par M. Bernhard Neumann (Zeitschrift für angewandt chemie, 38 p., 776 et 857, 1925). Cet auteur a remarqué dans 38 verres les colorants suivants ; oxydes de cuivre, plomb, étain, manganèse et fer. Les irisations semblent dues à l’action de l’eau et de l’acide carbonique sur des verres trop alcalins, mal préparés, où ces agents ont pu diffuser.
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- La commission des travaux scientifiques du Club alpin français. — Ce groupement de quelques montagnards notoires et spécialistes a été reconstitué en 1922 pour continuer les travaux de l’ancienne commission de topographie du G. A. F. C’est d’ailleurs surtout de topographie qu’elle s’occupe. Jusqu’à présent les résultats de ses studieuses séances n’ont pas pu être publiés dans La Montagne. Voici quelques notes extraites de ses procès-verbaux du 26 janvier 1925 au 23 avril 1926.
- La représentation du rocher sur les cartes topographiques à grande échelle est un problème très difficile, qui n’est pas encore résolu : il préoccupe beaucoup le service géographique de l’armée (général Bellot et lieutenant-colonel Noirel). M. R. Perret a exposé dans une note fort intéressante (26 janvier 1925), publiée aux Annales de Géographie de juillet 1925, comment Fr. Schrader, Ch. Yallot, et les topographes suisses, (Imfeld, Jacot Guillarmod) et autrichiens (Ægerter, etc.) se sont le plus approchés de l’idéal recherché. La représentation par courbes seulement au stéréautographe sur un essai au 10000e pour la Meije (feuille de la Grave) n’est pas satisfaisante. C’est un « aveu d’impuissance ». Il faudrait que le topographe-géomètre fût en même temps géologue et géographe. Henri Yallot estimait qu’on ne pouvait pas se passer de hachures pour les escarpements. E. de Larminat propose l’emploi des teintes. Des essais sont encore nécessaires, surtout si l’on veut faire discerner quelque peu les différentes sortes dérochés (lithologie).
- M. E. de Larminat a exposé (note du 20 mars 1925) les avantages de la photographie aérienne en avion (préconisée dès 1923 par M. Alph. Meillon) comme nouvelle source de documentation pour les topographes : les photos zénithales (axe de l’appareil vertical) sont un précieux auxiliaire pour les cartes de montagnes au 20000° notamment.
- Sur les perfectionnements actuellement recherchés, notons une sage remarque du commandant Maury : « II « vaut mieux avoir des cartes un peu moins parfaites « que n'en pas avoir du tout. »
- M. Charles Yallot a présenté (2 juin 1925) la première feuille (Talèfre) de la grande carte du Mont-Blanc au 20 000V par H., J. et Ch. Vallot, œuvre admirable en cours de publication, ainsi que le nouveau guide descriptif du Mont-Blanc.
- M. D. Mougin a fait connaître (21 janvier 1926) que « d’une façon générale les glaciers des Alpes Françaises sont en décrue », sauf quelques-uns, comme la Mer de glace par exemple, dont la crue a lieu sept ans après celle des Bossons.
- M. R. Perret a exécuté 3i panoramas photographiques sur les sommets du massif du Mont-Blanc.
- L’enquête hydrographique et glaciologique de M. l’abbé L. Gaurier (pour les Ministères de l’Agriculture et des Travaux publicsj dans les Pyrénées comprenait (fin igaÛ) 170 lacs, tous sondés : celui du Portillon d’Oo mesure io5 m de profondeur ; toutes leurs cartes bathymétriques ont figuré à l’exposition de Grenoble en 1926.
- Les levés topographiques de détail au 20ooo° avancent
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- dans les Pyrénées : massifs de Neu-Bielhe (Néouvielle, commandant Maury); du Yignemale (Alph. Meillon), etc.
- MM. Durègne et de Saint-Saud signalent qu’au Parc National espagnol de la Yallée d’Arrasas « huit bouquetins introduits au milieu de la guerre se sont reproduits à une trentaine de têtes ».
- Feu Ch. Jacot Guillarmod a dressé au 63 36oe (échelle anglaise) une carte du Mont-Everest (pour le volume de la 3° expédition). On y a maintenu l’ancienne cote de 29002 pieds (8840 m), bien qu’on la sache notoirement trop faible. Les dernières observations du Dr Kellas et des trois expéditions tenant compte de la déviation du fil à plomb (perturbation isostatique) font penser que l’altitude du Mont-Everest est comprise réellement entre 8882 et 8914 mètres. (On pourrait donc adopter provisoirement 8900 m.)
- Enfin la commission poursuit une enquête sur la transcription des noms de lieux (toponymie).
- Il serait désirable que ses travaux fussent analysés dans l’organe mensuel du G. A. F., La Montagne.
- E.-A. M.
- Fumier artificiel et fumier d’étable. — Des abonnés de La Nature ont demandé des renseignements consécutivement à la note que nous avons publiée sur la production du fumier artificiel, d’après des expériences faites en Angleterre par MM. Richards et Hutchinson, à la station agricole expérimentale de Rothamstedt.
- Yoici des indications complémentaires concernant le mode de préparation, la composition et le pouvoir fertilisant du fumier artificiel dont il s’agit :
- On a formé un tas de paille de 3o cm de hauteur, lequel a été saupoudré de! chaux et arrosé ensuite. Le tas étant monté jusqu’à une hauteur de 3 m, on l’a arrosé alors avec du sulfate d’ammoniaque neutre jusqu’à ce que la solution de ce sel eût bien pénétré dans tout le tas. Au bout de quelques jours, la température augmenta et, après trois mois environ, la paille s’était décomposée en un humus brun, d’aspect fort semblable à celui du fumier ordinaire d’étable.
- Des analyses comparatives de ce fumier artificiel et de fumier de bovins ont donné la composition centésimale suivante :
- Fumier Fumier artificiel d’étable
- pour 100 pour 100
- Azote................................. 0.48 0.37
- Acide phosphorique (exprimé en
- phosphate tricalcique)............. 0.16 0.27
- Potasse.............................. 0.27 0.21
- Matière organique......................12.60 11.10
- Pour comparer le pouvoir fertilisant ce ces deux fumiers, on les a appliqués à une culture d’avoine, de façon à fournir à chaque parcelle de terrain une quantité égale d’azote, d’acide phosphorique et de potasse.
- Les chiffres ci-dessous expriment les résultats de cette comparaison :
- Avoine
- quintaux ù l’hectare
- Fumure Grains Paille
- Fumier artificiel et engrais chimiques. 23.6 54.3
- Fumier artificiel seul..............21.8 4°-°
- Fumier de bovins extrait de la fosse
- à fumier................................ 26.1 3g.5
- Bouses de bovins desséchées. .... 16.6 .41.0
- Lorsque la paille n’a pas été traitée uniformément, les parties non décomposées peuvent être ajoutées à un autre tas en préparation ; elles sont alors soumises à un nouveau traitement.
- Les expériences faites èn Angleterre présentent un intérêt pratique évident, surtout lorsqu’on veut transformer la paille en fumier sans le bétail. Henri Blin.
- La vaccination antipneumococcique à Madagascar.
- — Le Dr Koun a exposé dans le Bulletin Economique de Madagascar (1925-26) que la pneumonie fait de très importants ravages dans la population malgache; les maladies à pneumocoques forment dans certaines formations sanitaires le quart de la clientèle hospitalière et près de la moitié.des décès.
- L’emploi du vaccin antipneumococcique de l’Institut
- Pasteur de Paris a permis de réduire la mortalité à un nombre voisin de zéro, de guérir des complications graves et d’abréger des convalescences.
- Mais la vaccination préventive qui s’obtient par deux injections à quelques jours d’intervalle a pu être organisée grâce à la clairvoyance du gouverneur général p. i. M. Berthier, et au concours du Dr Fontoynont dont l’activité est bien connue.
- La vaccination est sans danger, mais le Dr Koun fait observer qu’il faut faire prendre aux sujets impaludés une dose de quinine suffisante (un gramme) pour éviter le retour possible d’un accès de fièvre qu’ils ne manqueraient pas d’imputer à la vaccination. Elle ne présente aucune contre-indication, peut être faite à tous les états physiologiques ou pathologiques, à jeun ou après les repas.
- Les Européens se trouveraient bien d’en user.
- La protection par ce vaccin a une durée d’un an et peut être entretenue par une revaccination pratiquée au début de la saison fraîche.
- Le caoutchouc en Cochinchine. — De toutes les importations, l’une des plus indispensables, étant donné les nécessités de la vie moderne, mais malheureusement l’une des plus onéreuses en raison du change, est celle du caoutchouc. Comme la consommation de ce dernier va beaucoup plus vite que sa production, il faut s’attendre à ce que le chiffre de 5o 000 tonnes importées l’an dernier soit sensiblement dépassé avant peu. Sur les 5oooo tonnes entrées dans nos ports, 9000 provenaient de nos colonies dont près de 80 pour 100 d’origjne indo-chinoise.
- Il y a là pour nos colonies et en particulier pour la Cochinchine un sérieux débouché. Or les terres rouges de cette colonie semblent un lieu d’élection pour la culture des heveas et le rapide développement de cette culture, joint au perfectionnement des méthodes, a déjà permis d’obtenir des rendements supérieurs à ceux des plantations britanniques.
- Après avoir ravi sa prépondérance au Brésil, laissé maintenant bien en arrière, la Malaisie anglaise et les Indes néerlandaises, d’où sortent plus des 3/4 de la gomme récoltée dans le monde, voient s’élever sur les bords du Mékong une jeune rivale qui, avant qu’il soit très longtemps, pourra dire son mot dans la fameuse querelle où s’opposent le marché anglais vendeur et le marché américain acheteur. En 21 ans, en effet, les exportations indo-chinoises sont passées de 214 à 6796 tonnes, et les possibilités d’extension sont, on peut dire, illimitées.
- Nouvelles de T. S. T.
- La radiodiffusion et l’industrie des spectacles. —
- On a certes beaucoup exagéré les griefs de l’industrie des spectacles envers la radiodiffusion, et il est, au contraire, beaucoup de directeurs de théâtres ou de music-halls qui lui rendent justice.
- Au Congrès international dés directeurs de music-halls qui s’est tenu récemment à Dusseldorf, un manager berlinois a reconnu qu’un public nouveau très nombreux avait été acquis aux spectacles de music-halls par l’intermédiaire de la radiophonie.
- Les programmes de Radio-Toulouse. — Pour permettre spécialement aux ouvriers et aux agriculteurs d’écouter les émissions radiophoniques, le poste Radio-Toulouse, dont les excellentes transmissions sont très appréciées d’un si grand nombre d’auditeurs du Midi et même de toute la France, a modifié son horaire à partir du 24 octobre dernier comme il est indique ci-après.
- A 17 heures : Informations.
- A 17 h. 25 : Causerie agricole du journal Le Blé et le Vin.
- A 20 heures ; Informations et cours, Causeries. Bourse.
- A 20 h. 3o : Radio-Concert.
- L’extension du « Beam System » en Angleterre.
- — Le système de transmission Marconi à ondes courtes dirigées, dit Beam System, est de plus en plus, employé en Angleterre pour les communications radiotélégra-phiques internationales. Un service régulier avec l’Afrique du Sud sera inauguré vers la fin de novembre, un service avec les Indes en décembre, et la liaison avec l’Autriche en janvier.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Liqne 1
- Contact périodique du régulateur
- Fig.
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- Transmission de l’heure par régulateur électrique. — Maintes fois, il est arrivé à chacun de nous de noter le désaccord des pendules placées dans les différentes pièces d’un 3 hôtel, d’une usine, et même d’un appartement. La nécessité d’avoir cependant une heure absolument uniforme et exacte n’était pas sans retenir l’attention des fabricants de pendules et des électriciens, et ainsi on proposait, en vue de parer à cet incon- S vénient, l’utilisation de relais électriques, shunts, batteries d’accumulateurs, etc. Mais le défaut de ces installations, c’est qu’elles exigeaient des appareillages et des canalisations coûteuses. C’est alors qu’on a songé à ajouter à une pendule électrique faisant fonction de pendüle-mère un contact spécial pouvant lui permettre d’actionner un nombre illimité de pendules réceptrices, lesquelles tout en fonctionnant d’une façon continue, silencieusement et sans saccades, marqueraient rigoureusement la même heure. On a pu voir à la dernière Foire de Paris une semblable distribution de l’heure par l’intèrmédiaire d’un régulateur électrique du type « Ato ».
- Le principe de cette transmission est représenté schématiquement (fig. i). Le balancier R du régulateur manœuvre périodiquement un interrupteur électrique relié aux bornes Aj et A„ visibles sur le côté du régulateur ; cet interrupteur envoie dans la canalisation L, et L2 des émissions successives de courant fournies par la pile de commande P des réceptrices horaires 0.j 02, Os. Quant à l’entretien des oscillations du balancier du régulateur, il est assuré par la petite pile spéciale se trouvant à l’arrière du coffre du régulateur.
- Chaque fois que dans ses courses vers la droite et vers la gauche, le balancier R passe par la verticale, le contact du régulateur se ferme, par suite les émissions du courant sont envoyées toutes les 1/2 secondes, puisque la durée d’une oscillation du balancier du régulateur « Ato ^» est d’une seconde, aller et retour.
- L’organe moteur dechaque pendule réceptrice est constitué par un petit balancier dont la durée d’oscillation (aller et retour) est d’une 1/2 seconde: ce balancier porte un aimant permanent spécial Cj, C2, C3 se déplaçant au voisinage d’une bobine B1; B2i Bs, laquelle reçoit périodiquement les émissions de courant envoyées par le régulateur.
- Lors de chaque émission de courant, tous les aimants des récepteurs horaires reçoivent simultanément les impulsions motrices de sorte que tous les balanciers oscillent en parfait synchronisme. Ces balanciers qui se comportent en- somme comme des moteurs alternatifs magnéto - électriques
- fonctionnent avec un rendement électrique élevé.
- L’entretien des oscillations dès balanciers exige une puissance mécanique extrêmement faible et la consommation d’électricité est bien plus réduite qu’avec les dispositifs à électro-aimants, car on évite les pertes d’énergie importantes causées par l’inertie des pièces à déplacer et les collages magnétiques. L’entraînement des aiguilles se fait d’une manière continue et sans choc appréciable. La sûreté de fonctionnement est fort grande,
- attendu que les oscillations du balancier restent suffisamment entretenues, même s’il vient à se produire une réduction de 5o pour 100 du voltage de la pile et un accroissement notable des frottements mécaniques.
- « Pratiquement, le mécanisme des récepteurs « Ato » est inusable, toutes les pièces et engrenages sont soumis
- à des efforts très fai-
- Barreaux aimantés
- Bobines des réceptrices
- Schéma de la transmission électrique de l’heure.
- blés, et ils pourraient même fonctionner à la poussière et sans huile dégraissage ; le mécanisme est par suite bien moins délicat que dans les systèmes comportant des armatures soumises à de fortes attractions magnétiques, dont le fonctionnement peut être d’ailleurs compromis parla moindre poussière métallique venant se loger dans les entrefers. En outre, le mouvement de ces pendules réceptrices est de dimension très réduite et ne nécessite pas une mise d’aplomb délicate.
- Comme une intensité de 0,0002 ampère suffit à actionner les récepteurs horaires, cette consommation extrêmement faible permet dès lors l’alimentation de grands réseaux horaires, au moyen de simples piles, tout en évitant les ennuis et les aléas des branchements sur les réseaux avec les|multiples complications qu’ils entraînent(bâtteries d’ac-cumulatëurs de secours, conjoncteurs-disjoncteurs, etc.).
- De plus lès balanciers récepteurs n’étant sensibles qu’à un courant intermittent de période très voisine de leur durée propre d’oscillation, il né peut se produire de ratés ou d’avances anormales par suite de courants induits dans la canalisation. Cette dernière peut être réalisée très économiquement en raison du voltage très réduit entre fils (au maximum 3 volts) et de la très faible section de fil nécessaire. La chiite de tension en ligne est en effet toujours négligeable, lë courant étant très faible. Grâce à ce faible courant, le contact de la pendule-mère ne se détériore pas. Egalement, grâce au montage en parallèle, les modifications et extensions du réseau horaire sont aisées et elles n’exigent pas l’arrêt de la distribution.
- Un autre dispositif a été aussi créé parle constructeur en
- vue de transformer en réceptrices des pendules ordinaires du type « Ato ». Enfin, le régulateur peut fonctionner comme pendule indépendante; de nombreux modèles ont été établis à cet égard. C’est une de ces pendules qui donne tous les soirs aux sans-filistes de la Tour Eiffel, l’heure du journal parlé de la Tour.
- sg'avS, 'Eclairage
- Pour faire une lampe à contrepoids. — Il est facile de réaliser économiquement un montage de lampe à contrepoids eu utilisant des matériaux bon marché;
- Lefil qui supporte lalampe est un fil à deux conducteurs,' torsadé, appelé fil souple, comme ceux que l’on utilise pour les lampes dë bureaux. Il pend du plafond, en / passant par l’intermédiaire
- d’une pièce dë porcelaine ou de bois qu’on appelle rosace.
- Pour les suspensions à tirage, il faut choisir une rosace qui comporte également un coupe-circuit ; on évite ainsi tous inconvénients dans le cas où l’usure des fils détériore l’isolant et provoque un contact entre les deux conducteurs, chose d’ailleurs assez peu fréquente.
- Le fil qui descend de la rosace passe ensuite sur deux poulies. On se procure ces poulies, qui sont en porcelaine vernie et qui comportent un étrier de fixation
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- SCIENCE APPLIQUEE
- muni d’un anneau. L’une des poulies est suspendue par son anneau à un crochet que l’on visse dans le plafond, à peu de distance de la rosace. L’autre poulie repose dans la boucle formée qui se rend de la rosace à la poulie du plafond.
- L’étrier de la deuxième poulie pend à la partie inférieure et on y suspend un poids équipé de la manière que nous allons indiquer. Le fil souple qui descend de la poulie du plafond vient ensuite se raccorder à la lampe et à la douille. Il faut avoir soin que la poulie de plafond soit suspendue à un crochet solide, capable de supporter non seulement la lampe et son appareillage, mais le contrepoids. Ce dernier organe est la partie essentielle de l’équipement, son importance doit être réglée de manière à bien équilibrer la lampe et son appareillage.
- On peut réaliser un contrepoids au moyen d’une boîte en fer-blanc, avec couvercle, et 5oo grammes environ de déchets de plomb ; en prenant du gros plomb de chasse le réglage est plus facile. Le couvercle et le fond sont percés au centre d’un trou qui a trois millimètres de diamètre environ. On passe dans ces trous un fil de fer robuste ou mieux du fil de laiton ayant deux à trois millimètres de diamètre. Le couvercle est percé d’un second trou suffisamment grand pour permettre d’introduire, une fois le couvercle en place, les grains de plomb dans la boîte.
- Le fil de laiton est introduit dans le trou central du couvercle et on n’en laisse passer que juste la quantité nécessaire pour former un œil avec une pince ronde, œil qui sera fixé à l’étrier de la poulie inférieure. Sous le fond de la boîte, duquel le fil ressort, on torsade une boucle de manière à pouvoir manœuvrer le contrepoids avec la main pour le faire monter ou descendre afin de régler la lampe à la hauteur voulue.
- Avec une longueur de fil de i5 centimètres environ on prépare un guide de fil souple conducteur. Pour cela ce fil est fixé à la partie supérieure de la boucle sous le contrepoids; il est maintenu horizontalement et terminé par une boucle qui entoure le fil conducteur. On règle la charge de plomb dans l’intérieur de la boîte, de manière que la lampe reste en équilibre dans n’importe quelle position.
- Pour réaliser un aspect propre, avant de monter la boîte définitivement, on laque au ripolin blanc, ce qui fera ressembler l’objet aux contrepoids en porcelaine ou aux contrepoids laqués que l’on vend dans le commerce à un prix certainement supérieur à celui du revient de l’appareil que vous aurez fabriqué. P. M.-
- Fig. 3. — Lampe « Niaii
- Lampes électriques « Niam » pour cabinet de travail. — Ce type de lampe (fig. 3) présente de nombreux avantages. Au point de vue 'du rendement lumineux, le réflecteur de forme allongée, en verre doublé, dirige le faisceau lumineux sur la table, tout en filtrant une douce lumière verte. Aucune fatigue pour les yeux. L’inclinaison variable du réflecteur, l’articulation de la tige permettent de localiser exactement l’éclairage.
- Le réflecteur peut être fait également en verre spécial, lequel donne une lumière dont le spectre se rapproche sensiblement de celui de la lumière du jour.
- L’articulation, longtemps l’objet de recherches pratiques des constructeurs de ces sortes de lampes, est ici parfaitement conçue. Grâce à un mécanisme breveté, on relève aisément la tige de la lampe sans avoir besoin de maintenir le socle. Le réglage de cette articulation s’opère simplement par un bouton placé sous le pied de l’appareil.
- La lampe « Niam » comporte différents modèles, soit en fonte, laquée, vernis or ou vernis bronzé, soit en bronze fondu et ciselé, vieil or ou nickel vieil argent, selon le goût et le décor.
- Constructeur ; G. Main et Gie> 91» avenue de Glichy, Paris,
- *.> Objets utiles
- Parapluie pliant minuscule. — Qui n’a pesté contre les inconvénients du parapluie? Faute de certitude en météorologie, si l’on ne l’emporte pas toujours avec soi, on risque fort de l’avoir quand il fait beau et, quand il tombe de la pluie, d’être trempé jusqu’aux os. En faire un compagnon inséparable de toute ses sorties? p faut alors le laisser à la porte partout où l’on s’arrête et l’on risque beaucoup de l’oublier dans un de ces dépôts successifs, quand bien même un voisin étourdi, communiste inconscient, n’aura pas fait plus tôt erreur sur les biens et ne sera pas sorti avec votre parapluie... généralement plus beau et plus neuf que celui qu’il abandonne. Que sais-je encore ? Le chapitre des parapluies est un des plus longs et des plus tristes de la vie des hommes.
- Beaucoup d’inventeurs ont déjà cherché remèdes à ces maux etl’onavu paraître... puis disparaître le parapluie-aiguille, la canne-parapluie, toutes sortes de parapluies démontables et remontables en un clin d’œil, pour aboutir au Tom-pouce actuel, un nain quand on le pose dans le porte-parapluies, si petit qu’on se baisse pour le reprendre par terre, mais souvent bien petit aussi quand on l’ouvre pour se préserver de la pluie.
- Est-ce cette fois la solution ? Yoici un parapluie de poche — de poche d’homme tout au moins. On peut donc l’emporter partout et l’avoir toujours sur soi. Fermé, il occupe exactement 31 centimètres de longueur. Vienne la pluie, non seulement il s’ouvre, mais il se déploie : son manche- télescopique s’allonge, autant qu’on veut, jusqu’à J5 centimètres ; on en peut régler la longueur à sa taille. Les baleines articulées, armées comme une ferme
- Fig. 5. — Le parapluie ouvert.
- métallique, s’ouvrent et se déploient, le tissu se tend. En un instant, le petit paquet qu’on portait aisément dans la main (fig. 4) est devenu un parapluie ou un en-cas de surface raisonnable (fig. 5) ; la transformation dans les deux sens se fait simplement par l'effet de tirer sur le manche. Les deux photographies que nous donnons ne nécessitent pas de plus longs commentaires.
- Le parapluie pliant est en vente chez MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue A-ùber, Paris,
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- VARIETES
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- LES SOUS-PRODUITS DES BANANIERS
- Le meilleur moyen de tirer parti des Bananiers est, évidemment, d’en couper les régimes à demi mûrs fils mûrissent sur le bateau, — ce qui montre, une fois de plus, que les voyages forment la jeunesse —), et de les expédier en Amérique et en Europe, où les amateurs de ces fruits ne manquent certes pas, même aux prix qu’ils atteignent aujourd’hui, mais cette exploitation (remarquons, à ce propos, qu’en France on en consomme par an 44 000 tonnes, sur lesquelles i3ao seulement viennent des colonies, ce qui est maigre) est loin d’être aussi facile qu’on pourrait le croire, ainsi qu’on s’en convaincra en lisant l’ouvrage de M. Boone sur Le Bananier. Bien des régimes, pour des raisons diverses, restent inutilisés et il est tout indiqué de chercher à en obtenir un certain bénéfice en exploitant ces fruits de diverses façons ; d’autre part, certains Bananiers ne donnent pas de fruits comestibles et il faut alors chercher à les utiliser d’une autre façon. Les sous-produits ainsi utilisables sont : les bananes sèches, les bananes cristallisées, la farine de bananes, le sucre de bananes, l’alcool de bananes, les fibres des bananes, la paille à chapeau et les cordages ; nous allons donner sur eux quelques aperçus d’après l’ouvrage cité plus haut.
- Bananes sèches. — Si les bananes sèches n’ont pas, par définition, le « moelleux » qui constitue la principale qualité des bananes fraîches, elles ne sont pas tout à fait â dédaigner : on les mange telles quelles, —leur saveur rappelle, à la fois, celles de la banane et de la figue sèche —, soit en compotes, soit en les utilisant en confiserie (elles renferment 20 pour 100 d’eau, mais, cependant, se conservent, paraît-il, indéfiniment dans des boîtes en fer-blanc soudées et stérilisées). Les meilleures viennent de San Thomé, de Saint-Domingue, du Mexique, de la Guyane hollandaise et, surtout, de la Jamaïque, où onze usines leur sont consacrées. Pour les obtenir on coupe le régime et on le laisse mûrir jusqu’à ce que les bananes commencent à se rider; à ce moment, on en enlève la peau, puis on les expose au soleil après les avoir plongées, durant un instant, dans de l’eau bouillante contenant du sulfate de chaux (ce qui les empêche de se liquéfier], jusqu’à ce qu’à leur surface apparaisse une légère efflorescence de sucre, puis on les emballe. Si la chaleur ambiante est insuffisante et, surtout, par trop variable, on dessèche les bananes, non au soleil, mais avec des « évaporateurs » (en particulier celui du système Ryder) chauffés avec un combustible quelconque et où elles reposent sur des claies exposées à un courant d’air chaud ; les grosses bananes donnent 10 pour 100 de bananes sèches contenant 25 pour 100 d’eau et 17,5 pour 100 de bananes ne renfermant que 10 pour 100 d’humidité.
- Bananes cristallisées. — Ge ne sont que des friandises fabriquées à Saint-Domingue. On découpe les bananes en tranches d’un demi-centimètre d’épaisseur, puis,après les avoir saupoudrées de sucre cristallisé, on les expose au soleil jusqu’à ce qu’elles soient sèches (dans l’intervalle, on Jes retourne et on les saupoudre sur l’autre face).
- En n’utilisant que des fruits très mûrs, on obtient des tranches sèches dont l’intérieur, cependant, reste moelleux, ce qui fait la joie des gourmands les plus difficiles.
- Farine de bananes. — Les bananes jeunes renferment de l’amidon, mais, à la maturité, celui-ci se transforme en sucre. Leur pulpe séchée et pulvérisée constitue la farine de bananes, qui permet de faire divers plats et qui, suivant son origine et sa fabrication, est plus ou moins nutritive, moins que celle du froment, plus que celle du seigle et beaucoup plus que celle du riz et des haricots ; au point de vue des calories, elle est supérieure à la viande de bœuf et au pain le plus riche (elle contient, pour 100, 11,90 d’eau; 3,99 de matières azotées; 0,60 de matières grasSes; 78,61 de matières ‘amylacées; 2,5o de cellulose ; 2,40 de cendres). Pour obtenir la farine en question, on coupe les bananes, débarrassées de leur peau, en tranches que l’on sèche, rapidement, au séchoir (deux heures environ), puis que l’on moud au moulin, enfin qu’on passe dans un tamis métallique. Il faut environ 100 kg. de bananes fraîches non" mûres pour obtenir 12 kg. de farine (plus souvent, de 8 à 10 pour foo). Si l’on emploie des fruits trop verts, la farine est amère et sans arôme, mais, s’ils sont trop mûrs, elle est souvent acide ; au contraire, s’ils sont cueillis à point — là est le point délicat — elle est un peu rosée et riche en fécule. Aux Etats-Unis et en Allemagne, elle est très employée à la fabrication du pain (mélangée à la farine des céréales) et des pâtisseries et entre aussi dans la composition de quelques mélanges, à base de cacao, destinés à Falimentation des enfants, des convalescents, des vieillards, des anémiques, des chlorotiques et des tuberculeux, tous ceux, en un mot, qui demandent à être fortement alimentés sans trop fatiguer leur estomac.
- Sucre de bananes. — La jeune banane ne renferme que' peu de sucre, puis elle devient riche en saccharose, mais celui-ci ne tarde pas à être interverti en dextrose et en lévulose. Si l’on veut en extraire du sucre de canne, il faut donc choisir le moment où elle contient du saccharose ; ce n’est pas facile, et, d’autre part, sa teneur en ce sucre est faible. 11 ne semble pas possible, comme on l’a dit avec exagération, de voir dans la banane un succédané de la canne à sucre et de la betterave, du moins jusqu’à nouvel ordre.
- Alcool de bananes. — La banane renfermant, successivement, de l’amidon, puis des sucres, il est bien évident que, théoriquement, on peut, par la fermentation, obtenir de l’alcool; celui-ci, d’après plusieurs auteurs, est un bon alcool de bouche, d’un goût agréable, bon à boire et, aussi, utilisable... pour les moteurs à explosion. Pratiquement, la question n’est pas encore au point.
- Fibres de bananiers. — Certains bananiers qui ne donnent pas des fruits comestibles sont cultivés pour leurs fibres au Brésil et au Japon, notamment, ainsi que, depuis peu, au Congo belge. Avec celles tirées des gaines des feuilles on peut faire des chapeaux et des cordages. Henri Coupin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédés pour préserver des mites les laines et les fourrures. — Dans le commerce et l’industrie des laines, on emmagasine celles-ci dans des locaux à aération constante, le plus grand ennemi des mites étant le courant d’air.
- On établit, à cet effet, des cloisons en lattes formant des compartiments aussi réduits que possible, avec un espace vide entre eux et les murs. Aux vitres des[fenêtres 'on substitue des grillages en fil de fer, puis on établit une cheminée d’appel, en bois, assurant une active circulation d’air. Les balles de laine sont rangées de façon à laisser entre elles un espace libre sans papier interposé. Les laines sont toujours ainsi indemnes de mites.
- Les procédés de préservation, dans les arippires ou
- dans les caisses, comportent l’usage de flacons débouchés, contenant de l’acide phénique impur, à odeur de goudron ou de l’essence de serpolet, dont on imbibe une petite éponge mise au fond du flacon.
- Les sachets à placer entre les vêtements et le linge sont ainsi composés :
- I. — Poudre d’iris....... . . 200 grammes.
- Muscade en poudre. .... i5 —
- Clous de girofle.......... i5 —
- Feuilles de roses de Provins. a5o —
- II. — Fleurs de lavande pulvérisées 5oo grammes.
- Benjoin en poudre.........J2S
- Essence de lavande .... 7
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- On peut aussi employer une solution ainsi composée :
- Poivre...................... i gramme.
- Camphre..................... i —
- Alcool à 90°................ 8 —
- Faire infuser pendant huit jours le poivre et le camphre dans l'alcooL-
- Pour préserver les fourrures des atteintes des mites, on les traite de la manière suivante :
- Après les avoir bien battues et secouées, il est indiqué de les saupoudrer avec le mélange composé ainsi qu’il suit :
- Camphre . . . . ‘ . . , . . 1 gramme.
- Pyrèthré................... 10 —
- Les fourrures sont enfermées ensuite dans des boîtes ou des caisses à fermeture hermétique, assurée par des bandes de papier fort collées sur tous les interstices dü couvercle.
- Le papier journal enveloppant les fourrures est efficace, les mites ne supportant pas l’odeur de l’encre d’imprimerie. Henri Blin.
- Pour empêcher le noircissement des conserves de crustacés. — En 1924, M. Legendre signalait ici même (n° 2627) l’abondance croissante des langoustines sur la côte sud de Bretagne. Ces arrivages de plus en plus considérables ont conduit à essayer de préparer avec les queues de ces crustacés, des conserves analogues à celles de langoustes et de homards. Mais une difficulté est alors apparue : le noircissement fréquent des chairs de crustacés au contact des boîtes de fer-blanc, ce qui les rend invendables.
- Le problème, étudié au Canada et aux Etats-Unis pour le homard, au Japon pour les crabes, en France pour les langoustines, s’est montré partout le même. M. Legendre vient de l’analyser et d’en indiquer la solution dans la Revue de Y Office national des Recherches et Inventions.
- Le noircissement est dû à l’alcalinité des muscles des crustacés et à leur haute teneur en produits aminés et sulfurés. Les amines dégagées par le développement des bactéries du tube digestif à la Suite d’une manipulation malpropre ou d’une stérilisation retardée dissolvent l’étain et mettent à nu le fer que le soufre des chairs attaque pour former les taches noires de sulfure.
- Le remède est donc dans une manipulation rapide, propre, en milieu légèrement acide pour empêcher la mise en liberté des amines.
- M. Legendre donne aux conserveurs les conseils pratiques suivants :
- 11 ne faut employer pour la conserve que des animaux vivants, à carapace dure, de préférence après qu’ils ont vidé leur tube digestif. Les animaux doivent être cuits le plus tôt possible, dans une eau propre, pendant peu
- de temps. On les épluche ensuite, puis on se hâte de les mettre en boîtes et de stériliser. 11 ne faut pas attendre plus de 4 heures entre l’épluchage et la stérilisation. Aussitôt après l’épluchage, les queues des langoustines sont lavées dans une eau acidifiée, amenée au pH6, puis mises en boîtes avec une saumure à 3 ou 4 % de sel, acidifiée au pH6 par addition d’aromates : vinaigre, jus de citron, pulpe de tomates, pickles ou cornichons au vinaigre, acide acétique, citrique, tartrique ou lactique. Des mélanges donnant un goût particulier à chaque marque peuvent être cherchés. Les boîtes ordinaires peuvent servir ; on les enduira à l’intérieur d’une feuille d’aluminium ou de papier parcheminé ou sulfurisé. Le jus préparé emplira presque totalement la boîte. Il y a intérêt à ne préparer que des boîtes de petite capacité, une centaine de grammes par exemple. Pour celles-ci, la stérilisation à l’autoclave à ii5° durera 3o minutes.
- Comme l’acidification du jus est un point important de la préparation, il est nécessaire de pouvoir la vérifier. Il n’est pas possible de donner d’indication précise des doses à employer, car cela dépend, en chaque cas, de la qualité de l’eau douce dont on dispose, du volume des bains par rapport aux crustacés, des épices qu’on y ajoute. L’essentiel est d’atteindre le pH6, ce qu’il est aisé de vérifier.
- Pour cela, on se procure une solution de bleu de bromothymol, qu’on trouve toute préparée dans un certain nombre de maisons de produits chimiques, ainsi que des tubes à essais jaugés à 10 cent. Cubes et une pipette de 1/2 cent. cube.
- En plongeant dans l’eau à acidifier un de ces tubes à essais préalablement rincé avec soin, en faisant ensuite affleurer l’eau au trait de jauge et enajoutant i/2cc/dela solution de bleu de bromothymol prise avec lapipette,on verra si le liquide se colore en jaune, sans aucune trace de vert. Bien entendu, pipette et flacon de colorant devront être toujours tenus très propres et manipulés avec soin, sans toucher avec les doigts le goulot du flacon et le bout de la pipette.
- Si le liquide est bleu ou vert, c’est que l’eau est insuffisamment acide ; on ajoutera peu à peu l’acide ou le mélange d’acides choisi et on brassera jusqu’à ce que la couleur d’une nouvelle prise soit parfaitement jaune. Le virage au jaune pur correspond au pIIG.
- Pour ne pas acidifier trop, on fera bien de se procurer un deuxième indicateur : une solution de rouge de méthyle. Celui-ci est également jaune au ^?II6 ; il vire vers l’orange, puis le rose, quand l’acidité augmente. L’eau de lavage et le bouillon de mise en boîte seront convenablement acidifiés quand les deux indicateurs, bleu de bromothymol et rouge de méthyle, essayés sur deux échantillons différents, prendront tous deux la teinte jaune pur.
- JÙD
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- BOITE AUX LETTRES
- __L’abondance des demandes de renseignement* qui
- .'parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement II est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications.— La sécurité en aviation.,— Nous recevons de M. L. Constantin, l’inventeur des girouettes pour avion et l’auteur de remarquables travaux sur l’aérodynamique, l’intéressante lettré qui suit :
- « Le numéro du 3o octobre dérnier de La Nature contient ün très bel et très utile article de M. J.-A. Lefranc sur l’Aviation économique.
- « Dans cet article, M. J.-A. Lefranc déclare que mon dispositif contre la « perte de vitesse » sert « plutôt à prévenir le pilote du danger qu’à éliminer ce danger lui-même ».
- « Cela n’est pas tout à fait exact.
- « Il est bien connu que les. pilotés n’aiment pas, c’est bien le cas dé le dire, à se laisser forcer la main. J’ai donc été amené à appliquer le principe de la girouette
- que vos lecteurs connaissent (*) à la réalisation d’un instrument avertisseur de la « perte de vitesse ». C’est celui auquel M. J.-A. Lefranc fait sans doute allusion.
- 1 « Mais j’en ai tiré aussi un dispositif empêchant automatiquement cette faute de pilotage. Et il existe un avion Caudron C 5g que son pilote, même en tirant de toutes ses forces sur son manche, ne saurait mettre en « perte de vitesse ».
- « Ou plutôt si : s’il y tient absolument, il a une ressource, il peut débrayer. »
- Les plaques d’agave. — M. Smith nous écrit de Sidi-Ferrüch (Algérie) :
- « A propos de la demande de plaques d'agave* j’ai l’avantage de vous faire savoir que je possède encore quelques anciennes haies d’agaves et qu’avant la guerre, toute ma production de hampes était expédiée, soit à la maison Deyrôlle, Vue du Bac à Paris, soit à la maison Oberthur, à Rennes. Le diamètre minimum exigé par les acheteurs était de 9 cm. M. Oberthur m’a encore fait une commande .depuis la guerre, mais ne l’a plus renouvelée, probablement en raison des prix de trans-1. La Nature, 16 juin 192.3.
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- BOITE AUX LETTRES
- port trop élevés. Les hampes étaient expédiées dans toute leur longueur par paquets de dix.
- Si la demande était intéressante, je pourrais peut-être m'outiller pour le débitage en plaques; il faudrait que l'on m’indique leurs dimensions.
- Je n’ai vu nulle part en Algérie des hampes d’un diamètre aussi fort que celles obtenues dans nos sables de Sidi-Ferruch. »
- Réponses. — M. Pigot, mairie du io°, Paris. — i° Tous les appareils de chauffage actuels au gaz de pétrole sont établis sur le même principe qui est celui d’un chauffage préalable pour amener l’essence ou le pétrole lampant à l’état gazeux avant combustion. Le chauffage a lieu par conductibilité une fois que cette combustion est en régime régulier et les dispositifs diffèrent peu les uns des autres, un robinet-pointeau permet alors de régler l’admission du combustible comme dans un appareil à gaz ordinaire.
- 20 Voici l'adresse de quelques maisons qui pourront vous fournir d’excellents appareils : Guilbert, 68, avenue de la République; Idéal-Pétrole Rogie, 104, rue Ober-kampf; Optimus-Dutrut Bernier, 16, rue de Marseille ; Tito-Landi, a3, boulevard Henri-IV ; Calorigène-Aula-nier, 22, rue des Prairies ; Azurea-Yulin, 6, rue Auguste-Laurent; Saeger, 142, rue Oberkampf; Besnard, 60, boulevard Beaumarchais; Ultimus Béziat, 16, rue du Delta; Primus Blondel, 47» rue de Flandre; Trebleu Grimmeisen, 7, passage Piver, 11°; Liotard, 22, rue de Lorraine; Cobra-Moufflet, 5, rue Laplace, 5° ; Société Flamme bleue, 64, rue Emeriau, i5°; Radius-Vasseur, 142, faubourg Saint-Denis; Verybest, 4, impasse Truil-lot, 11°.
- M. Milliet, à Clermont-Ferrand. — La triacétine est l’éther acétique de la glycérine (alcool triatomique) ; sa formule est :
- CH2 — CO2 — CH3
- I
- CH — CO2 —CH3 ou [C2H302]3 C3H5
- I
- CH2 — CO2 = CH3
- Elle est neutre, odorante, de saveur piquante légèrement amère et distille sans altération à 258°. La triacétine est à peine soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, sa densité est de 1,174*
- Dans l’industrie des matières plastiques et des vernis, la triacétine joue d’une part le rôle de dissolvant des éthers cellulosiques, de l’autre elle assure à la masse résultante une élasticité qui empêche la rupture des enduits.
- La triacétine s’obtient facilement en chauffant pendant plusieurs heures au réfrigérant ascendant, la glycérine sèche avec deux fois son poids d’acide acétique cristallisable.
- O11 purifie ensuite par un lavage à l’eau, une distillation fractionnée et un épuisement par l’éther.
- M. Massicot, à St-Florenl. — Vous pouvez, en effet, utiliser les déchets de savons de toilette pour préparer un excellent savon liquide en opérant ainsi :
- Placer dans un ballon d’un litre environ :
- Débris de savon........... 5o grammes.
- Glycérine blanche. . . . 200 —
- chauffer au bain-marie jusqu’à obtention d’une masse homogène, verser ensuite :
- Eau non calcaire. . . . 800 cent, cubes,
- chauffer à nouveau de manière à avoir une dissolution complète, laisser refroidir et ajouter:
- Ammoniaque liquide. . . 5 cent, cubes.
- Bien mélanger, puis abandonner au repos pour que toutes les impuretés insolubles gagnent le fond et que le liquide se clarifie; décanter alors le-liquide limpide êt mettre en flacons.
- Avec un peu d’ingéniosité, on peut monter le flacon distributeur de savon liquide sur une ceinture métallique à tourillons de façon que par basculage, l’ouverture étant assez étroite, quelques gouttes seulement du liquide se répandent sur les mains placées en dessous. De là grande économie en même temps que commodité d’emploi.
- M. Desclève, à Blérancourt, Aisne. — Le paradichlo-robenzol a, paraît-il, donné pendant la guerre d’excellents résultats pour la destruction des puces et nous pensons que vous pourriez l’utiliser, avec succès, par vaporisation de quelques grammes dans les pièces infestées. A
- défaut, le procédé classique à la poudre de pyrèthre fraîche est encore un des plus sûrs dont nous avons par expérience maintes fois vérifié l’efficacité.
- Mme R. Boas, à Paris. — 1° Toute la difficuté dans Y enlèvement des taches consiste justement dans la détermination de leur origine ; celle-ci étant connue, il est facile d’employer le produit qui solubilisera ou mobilisera la matière dont la présence détermine une tache.
- La première opération à faire est donc d’examiner attentivement la souillure et de voir si elle se dissout dans l’eau tiède, ainsi on pourra faire partir de suite les dépôts de sucre provenant de bonbons, sirops pharmaceutiques, etc.
- Dans la négative, laisser bien sécher de manière que le tissu ne soit plus humide et essayer l’essence ou la benzine, les taches de matières grasses, beurre, huile pommade s’enlèveront ainsi de même que celles debougie.
- A partir de ce moment le traitement devient spécial et l’espace limité dont nous disposons ne nous permet pas d’examiner tous les cas qui peuvent se présenter, mais un peu de réflexion permettra toujours d’essayer judicieusement un réactif anodin, vinaigre, alcali volatil, eau de savon, etc.; suivant la circonstance, le point important est de ne pas aller à l’aventure et de traiter chaque tache individuellement, car il n’y a pas de déta-cheur universel.
- 20 Pour faire la bouillie, il est inutile de mettre immédiatement ensemble la farine et toute l’eau, ce qui oblige à tourner constamment pendant le chauffage jusqu’à ce que la température ait atteint 66°, température à laquelle se forme l’empôis. Il faut délayer la farine ou la fécule dans juste la quantité d’eau ou de lait froid nécessaire pour obtenir une pâte très fluide, puis verser dans le reste du lait ou de l’eau que l’on a fait bouillir d’autre part sans autre souci que la surveillance, c’est seulement en versant la masse fluide sous forme de filet qu’il est utile de tourner, mais comme l’empois se forme immédiatement, cela prend tout au plus une minute et l’intervention d’un appareil mécanique pour le malaxage n’est nullement nécessaire.
- 3° Comme règle générale, pour conserver les fleurs, il faut d’abord rafraîchir la section des queues, les canaux laticifères étant obstrués par les matières desséchées ou coagulées.
- Ensuite, pour les roses et les œillets, on les immerge complètement dans l’eau ; pour les autres fleurs, on se contente de les plonger dans l’eau jusqu’aux sépales.
- Les fleurs ayant subi ce traitement pendant quelques minutes sont enfin mises à leurs places définitives dans les vases dont on change l’eau fréquemment en même temps que l’on y met quelques morceaux de charbon de bois (braise de boulanger) qui empêche l'altération de cette eau par le développement des micro-organismes aussi nuisibles aux plantes qu’aux êtres supérieurs.
- M. Delafond, à Mexico. — Les agglomérés de liège se préparent en utilisant la propriété du formol (aldéhyde formique) de rendre la gélatine insoluble dans l’eau.
- On commence par préparer une solution composée de :
- Colle forte blonde........100 grammes.
- Glycérine commerciale. . . 100
- Eau ordinaire.............5oo —
- Après macération de la gélatine pendant 12 heures dans l’eau froide, on liquéfie au bain-marie et ajoute une quantité de poudre de liège suffisante pour obtenir une masse consistante, soit environ quatre fois le poids de la solution gélatineuse.
- Finalement on incorpore environ 5 °/0 de formol, brasse rapidement et étend sous forme de plaques, on met en moules, il ne reste plus qu’à laisser durcir et à faire sécher à l’air ou à l’étuve si l’on dispose d’une installation de ce genre,
- M. Léon Ottenheim, à Versailles. — L’heure calculée de l’arrivée du Mascaret à Caudebec, le 23 septembre dernier, est bien 9 h. 2 m. (soit 10 h. 2 m., heure d’été). Si le passage a eu lieu à 9 h. 23 m., la différence provient surtout des circonstances météorologiques, notamment du vent, qui peut dans certains cas retarder considérablement la production du phénomène.
- M. A. de A., à Sao Paulo. — Nous pensons que ce sont bien les rayons ultra-violets présents dans la lumière électrique ou dans celle du bec Auer qui sont responsables des troubles que vous signalez. Le remède serait de porter des lunettes avec verres spéciaux contre ces rayons.
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- BIBLIOGRAPHIE
- CUL
- Balistique intérieure, par J. Ottenheimer, x vol. 200 p., 37 fig. Armand Colin, Paris 1926. Prix : broché 9 fr. 80.
- Déterminer la vitesse du projectile et la pression développée dans la bouche à feu en fonction des données du chargement, tel est le problème fondamental que cherche à résoudre la balistique intérieure. Les phénomènes sont si complexes qu’il 'faut mettre en œuvre, pour les soumettre au. calcul, toutes les ressources de la physique et de l’analyse mathématiques. Bien des méthodes ont, été proposées à cet effet; aucune sans doute n’est parfaite si l’on en juge par les critiques assez vives que les balisticiens se renvoient l’un à l’autre. Dans le présent ouvrage on trouvera exposés impartialement les grandes lignes et les résultats de toutes ces méthodes. C’est un véritable précis de la balistique moderne qui rendra service à tous les techniciens des explosifs et de l’artillerie.
- Pour comprendre la Physique moderne, par l’abbé Th. Moreux. 1 vol. in-16, 3oo p., 210 fig. Gaston Doin et CIe, Paris. Prix : 12 francs.
- Dans cette nouvelle initiation, l’auteur vise le point de vue théorique, spéculatif; sans doute, il donne en passant des solutions de problèmes et de questions pratiques, mais son but réel est d’initier son lecteur aux grandes idées qui guident les physiciens d’aujourd’hui à travers le dédale des phénomènes. L’élève qui prépare un examen avec un programme donné trouvera dans ce livre le moyen de comprendre les matières qu’on lui demande d’étudier d’une façon didactique.
- Métallurgie du plomb, du nickel et du cobalt et alliages de ces métaux, par M. Fourment et L. Guillet, i vol. 492 p., 288 fig. J.-B. Baillière et fils édit., Paris 1926. Prix : 98 fr.
- Cet ouvrage est consacré dans sa majeure partie à la métallurgie du plomb et de ses alliages : résumé des propriétés du plomb, de ses composés, de ses minerais, divers modes de traitements des minerais (four réverbère, bas-foyer, grillage suivi de fusion au four à cuve) ; désargentation et raffinage, étude des principaux alliages ; avec l’argent, l’étain, le bismuth, l’arsenic, le cadmium, le phosphore, les métaux alcalins et alcalino-terreux. Nous trouvons ensuite l’étude du nickel ; description et traitement des minerais, procédés d’affinage, avec quelques pages sur la métallurgie du cobalt, procédés de ces deux métaux et de leurs alliages. Les noms des auteurs suffisent à témoigner de l’abondance et de l’ampleur de la documentation mise en œuvre dans ce volume.
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- La bijouterie de fantaisie, par L. Yerleye, i vol. in-16 broché, 2g5 p., 160 fig. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs, Paris, 1926. Prix : 21 francs.
- La bijouterie de fantaisie étend son domaine de la mode à l’orfèvrerie, du bijou à la tabletterie; elle utilise l’argent , l’acier, le laiton, le cuir et les matières plastiques; la corne, la nacre, le cristal, la céramique, etc. On trouvera dans le livre de M. Yerleye des renseignements sur ces matières diverses, sur la façon de les travailler et de les mettz'e en œuvre.
- Gründzüge der Kolloidlehre, par Herbert Freundlich, 1 vol. in-8°, 157 p., 27 fig. Akademische Verlagsgesel-lschaft, Leipzig. Prix : cartonné, 6 m.
- Dans son ouvrage classique, Kapïllarchemie, le professeur du Kaiser Wilhelm Institut avait traité de la chimie des colloïdes avec tout le développement que comporte cette branche importante de la chimie physique moderne. En voici un résumé, un aperçu, un exposé général dont les formules mathématiques ont disparu, écrit pour servir d’initiation aux médecins et aux techniciens. Après avoir rappelé les notions de molécule, d’atome, d’ion, d’électron, indiqué les nombres énormes qui en existent dans les solutions, l’auteur aborde les solutions colloïdales, précise leurs états, selon qu’ils constituent ou non des phases
- distinctes. Par de nombreux exemples expérimentaux, il étudie les actions capillaires et de surface : tension superficielle, adsorption, phénomènes électriques, etc., les séparations de phases, les mouvements browniens. Puis il examine les systèmes colloïdaux, leurs états de gel ou de sol, les propriétés qui y sont liées. Ce livre forme un remarquable exposé de nos connaissances actuelles, écrit avec clarté pour servir d’initiation à l’étude des colloïdes.
- La culture commerciale des raisins de table. — Les meilleures variétés, par H. Latière. i vol. in-8°, 67 _ P” fig- Librairie Spéciale Agricole, Paris. Prix : 75 fr. 20.
- La culture des raisins de table, autrefois centralisée dans la région fameuse de Thomery, a pris ces dernières années une extension considérable dans le sud-ouest et le midi. Il existe de nombreuses variétés beaucoup plus intéressantes que celles actuellement cultivées, susceptibles de mieux se transporter et d obtenir à la vente des prix plus rémunérateurs. Mieux qu’une ampélographie qui décrit toutes les variétés, cet ouvrage choisit celles qui sont susceptibles de donner le maximum de profit.
- Les Sociétés d’insectes. Leur origine, leur évolution, par William-Morton Wiieeler, x vol. in-16, 468 p., 61 fig. Encyclopédie scientifique, Gaston Doin et Cie, Paris. Paris : 25 fr. 20.
- Il a été fait beaucoup de livres sur les sociétés d’insectes, mais celui de M. Wheeler ne fait double emploi avec aucun. D’une façon générale, il suppose même connues les données classiques et il cherche avant tout, en se basant sur elles et sur les acquisitions les plus récentes de la recherche, à reconstituer l'origine, et les stades successifs de la formation de ces sociétés. On trouvera dans ce livre une information considérable et tout à fait à jour, mise en œuvre avec une très grande autorité. Ce volume est un instrument de travail très précieux pour les nombreuses personnes qui veulent s’intéresser aux insectes sociaux : zoologistes, biologistes, philosophes, ou simples curieux de la nature. Il montre, en particulier, d’une façon frappante, quelle riche moisson la science peut attendre de l’étude de ces insectes dans les régions tropicales et mérite à ce titre d’être particulièrement apprécié des milieux coloniaux.
- La Tuberculose pulmonaire latente, par le D‘ J. Rieux. 1 vol. in-8°, 249 p., 12 pl. hors texte. Gaston Doin et Cie, Paris. Prix : 36 fr. 40.
- La question de la tuberculose pulmonaire latente est une des plus importantes et des plus difficiles de toute la clinique. Quand un homme qui maigrit, qui présente une bronchite suspecte, est-il en instance d’accidents pulmonaires tuberculeux aigus ? Comment diagnostiquer l’utilité d’un séjour au sanatorium avant que le malade soit devenu incapable d’en profiter? gomment , distinguer des lésions anciennes, que tous les civilisés présentent, les symptômes d’une prochaine poussée? On'conçoit l’intérêt d’une pareille investigation, qu’il s’agisse d’enfants, de jeunes soldats ou d adultes. La preuve de l’incertitude des diagnostics habituels s’est bien montrée pendant la dernière guerre, alors qu’on a pu récupérer sans inconvénient nombre d’anciens réformés pour « prétuberculose ». M. le médecin inpecteur Rieux, professeur au Yal-de-Grâce, s’est particulièrement occupé de ce délicat problème, capital pour l’armée comme pour toute la nation, il a réussi à préciser des signes nets : cliniques (auscultation), sérologiques (réaction de fixation), radiologiques, dont la concordance assoit, comme il le dit, sur un « trépied » la certitude du médecin. Ce livre est consacré à l'exposé des techniques, à leurs résultats (illustrés de reproductions de magnifiques radiographies) ; il apporte la conviction qu’on peut maintenant dépister très tôt, au moment où la thérapeutique peut encore être efficace, une des maladies sociales les plus meurtrières.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- Le Prix Nobel de médecine. — Ce prix a été accordé au Dr Johannes Fibiger, professeur d'anatomie pathologique à l’Université de Copenhague, pour ses études sur le cancer.
- Les véhicules à gazogène. — Le Comité scientifique du pétrole a consacré à la question des véhicules à gazogène une nouvelle séance, à laquelle assistaient MM. J.-L. Breton et Kœnigs, membres de l’Institut.
- Le Directeur de l’Office National des Combustibles liquides a fait part des décisions intervenues concernant l’application du dégrèvement fiscal des véhicules fonctionnant à l’aide de moteurs à combustion interne alimentés au gaz pauvre. Ne bénéficieront de ce dégrèvement que les véhicules équipés avec un carburateur de secours, alimenté lui-même par un réservoir d’essence inférieur à 5 litres, pour les camions dont la charge utile maximum n’excède pas 3 tonnes, et à io litres pour les camions susceptibles de porter plus de 3 tonnes.
- Le Comité Scientifique s’est préoccupé de l’organisation des multiples essais industriels en cours concernant le développement de l’emploi des véhicules à gazogène. Le général Challéat, inspecteur des Etudes et Expériences techniques de l’artillerie, l’a notamment informé des diverses dispositions adoptées par les services militaires en vue de favoriser cet emploi : commandes de véhicules, construction de locotracteurs, etc.
- Le Comité Scientifique a confirmé son intention d’organiser, en collaboration entre les deux offices des Inventions et des Combustibles, et avec l’appui de la Direction générale des Chemins de fer, un concours d’automotrices à gazogène qui aurait lieu, sur le réseau de Seine-et-Oise, vers la fin de l’année 1927.
- Le Comité a enfin émis le vœu que soit mise d’urgence à l’étude par les producteurs de houille la fabrication d’agglomérés à base de combustible minéral convenant aux gazogènes.
- La ponte de l’abdomen isolé du Bombyx. — On sait que les Bombyx du mûrier, les papillons du ver à soie, déposent leurs œufs avec une grande régularité.
- M. J. Mansion a eu l’idée de faire à ce moment une curieuse expérience dont il rend compte dans le Bulletin de la Société entomologique de France. Pendant qu’une femelle de Sericdria mori est en pleine activité de ponte, il la coupe en deux, sépare l’abdomen du reste de la bête et observe ce qui va en résulter. Chose extraordinaire, l’abdomen isolé continue de pondre normalement. On le voit s’insinuer entre les œufs déjà déposés, s’avancer, se retirer, finalement disposer les œufs un à un en un damier très régulier. Sa ponte se produit jusqu’au bout dans toutes ses phases , malgré la complexité des mouvements qu’elle exige et la tête et le thorax semblent ainsi ne servir de rien.
- Comment on récolte une orchidée rare.— M. Gustave Rivière a indiqué les circonstances qui ont entouré la récolte d’une orchidée de Madagascar : Angraecum sesquipedale qui fut découverte pac A\ibert du Petit-Thouars et dont quelques spécimens furent introduits en Angleterre par le R. W. Ellis en 1855.
- Les relations de voyage de Stévenel à Madagascar en 1862 montrent comment ce dernier a retrouvé la précieuse orchidée et a réussi à en cueillir un assez grand nombre de plants.
- Stevenel, jardinier au Luxembourg, sous les ordres d’Auguste Rivière, eut un jour l’idée de s’embarquer pour Madagascar, au service d’une compagnie coloniale. Avant son départ, Rivière lui signala qu’il pourrait trouver dans la grande île une orchidée rare et il lui en montra un exemplaire de son herbier. Il lui conseilla d’en cueillir des plants, dont il pourrait tirer un sérieux profit.
- Stevenel fut ruiné peu après son débarquement par la faillite de la société qui l’avait engagé.
- Il se rappela l’orchidée rare et se mit à sa recherche. Vingt-trois jours durant, il parcourut l’île sans succès, enfin il arriva sur le bord d’un cours d’eau et vit sur la rive opposée un superbe plant d1 Angraecum sesquipe-
- dale. N’osant s’élancer à travers l’onde où des caïmans veillaient, il eut la chance de voir venir quelques malgaches sur une pirogue. Moyennant un péage qui vida la bourse à peu près vide de Stevenel, ces derniers acceptèrent de le passer sur l’autre rive. Mais en sautant dans la pirogue, Stévenel calcula mal son élan, il alla simplement au fond de la rivière. Les malgaches eurent tôt fait de le sortir de cette dangereuse position et le déposèrent sur la rive convoitée.
- Lorsqu’il fut revenu de ses émotions, il se trouva entouré d’Angraecum et put en récolter 200 plants. Cette petite fortune fut transportée par lui à Bourbon, il fit part de sa découverte à son directeur du Luxembourg. Rivière obtint immédiatement pour lui une somme de i5oo francs qui remit le chercheur d’orchidées tout à fait à flot.
- Les orchidés avec quelques autres plantes purent être envoyées en Europe et y furent l’objet des soins d’entretien les plus assidus naturellement (Journal de la Société nationale d’Horticulture, juillet 1926).
- Coût de la vie comparé aux États-Unis et en France. — Les statisticiens calculent avec un soin méticuleux le coût de la vie au moyen de règles qui dans
- 1914- 19 20 21 22 23 24 25
- l’ensemble rendent comparables les nombres obtenus dans différentes régions et dans les divers pays. En comparant les nombres portés sur des graphiques on peut tirer des conclusions approximatives. Approximatives pour deux raisons : la première est que les données dont partent les statisticiens sont seulement à peu près exactes (cours d'un certain nombre de produits nécessaires à la vie); la deuxième est que beaucoup de statistiques sont tendancieuses. On doit mettre en garde d’une façon toute particulière contre ces indices publiés à chaque instant et desquels on ne doit tirer des conclusions que très prudemment et’ même après des sondages de contrôle.
- Malgré toutes ces réserves, si l’on porte sur un graphique les nombres moyens du coût de la vie aux Etats-Unis et en France, on constate que le prix de la vie en francs-or est revenu en France au niveau de 1914 et qu’aux Etats-Unis le prix de la vie représente encore plus de i5o pour 100 du prix de 1914. .>
- Le morcellement de la propriété viticole en France. — Ce morcellement vient d’être mis en évidence par les statistiques du ministère de l’Agriculture.
- Il y a environ 1.565.ooo viticulteurs dont400 000, c’est-à-dire plus dû quart, exploitant moins d’un quart d’hectare, 579000 exploitant de 1/4 à 1 hectare, 323 000 de 1 à 5 ha.
- On compte seulement 26 700 exploitations de 5 à 10 ha;
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- INFORMATIONS
- 7.228 de 10 à 20; 3.332 de 20 à 5o; ySo de 5o à 100; 94 de 100 à i5o et 33 de plus de i5o hectares.
- Donc à peine mille grandes exploitations viticoles de plus de 5o hectares. Il n'y a donc en réalité que très peu de grands propriétaires de vignobles. Les neuf dixièmes des producteurs de vins sont de petits propriétaires. C’est un fait.
- *»> Nouvelles de T. S. T.
- Un nouveau poste d’émission à grande puissance a Paris ? — Le bruit court actuellement dans les milieux bien informés qu’un projet d’installation d’un poste de radiodiffusion à grande puissance de 60 kilowatts serait à l’étude. Ce poste installé à Paris ou dans la banlieue serait ainsi le plus puissant de France, sinon d’Europe, et la qualité de ses programmes serait tout à fait exceptionnelle,
- La construction de ce poste serait, d’ailleurs, rendue
- possible grâce à l’établissement d’un statut définitif de la radiophonie française qui serait prochainement établi.
- Un record pour les transmissions maritimes. —
- L’opérateur de T. S. F. d’un navire australien, le Jerris Bar, aurait réussi, d’après le Wireless World, à rester en communication avec une station de Sydney durant tout le voyage entre l’Australie et Plymouth (environ 12 000 milles ou 22 000 km).
- La répartition des nouvelles longueurs d’onde des stations européennes. — Nous avons tenu nos lecteurs au courant du plan pour la répartition des longueurs d’onde en Europe, étudié par Y Office international de radiophonie pour obtenir la suppression des interférences gênantes.
- Ce plan a été mis en application le 14 novembre, et nous publions ci-dessous un tableau des modifications ainsi réalisées.
- TABLEAU DES NOUVELLES LONGUEURS D’ONDES
- £ * 0 nom P . > * S NOM £ ^ O NOM
- O fc>D ^ PAYS l’AYS O tp" PAYS
- .1)KS STATIONS ]>KS STATIONS DK S STATIONS
- 577 Grenoble P. T. T. . Madrid II France. Espagne. 348.9 544.8 Prague Séville Tchécoslovaquie Espagne. 270.3 Chrisliansand. . . . Lcmberg Norvège. Pologne.
- 588.2 Vienne II Autriche. 540.9 Paris, Petit Parisien France. 267.8 Lisbonne Portugal.
- Freiburg Allemagne. 357 Copenhague .... Danemark. . 265.5 Anvers Belgique.
- 566 Uzhorod. . . . . Tchécoslovaquie 333.3 Naples Italie. '263.2 Athènes Grèce.
- Berlin II Allemagne. Reykiavik Islande. 260.9 Malmo Suède.
- Mikkel 1 Finlande. 529.7 Nuremberg Allemagne. 258 6 Turin Italie.
- Saragosse Espagne. 326.1 Belfast Grande-Bretagne 256.4 7 Hollande.
- Sarajevo Yougoslavie. 321.6 Breslau Allemagne. 254.2 Pori Finlande.
- Yardoe Norvège. 319.1 Dublin Irlande. Kiel Allemagne.
- 555.6 Bloemeudaal .... Hollande. 515.8 Milan Italie. Malaga Espagne.
- Budapest Hongrie 512.5 Newcastle Grande-Bretagne Kalmar Suède.
- 545.6 Sunsdvall Suède. 309.3 Marseille P. T. T. . France. Venise Italie.
- 535.7 Munich ...... Allemagne. 306.1 Bournemouth. . . . Grande-Bretagne Linz Autriche.
- 526.5 ïhga Lettonie. 303 Kœnigsberg .... Allemagne. Rennes France.
- 517.2 Vienne . Autriche: 500 Bradislava Tchécoslovaquie 252.1 Montpellier .... France.
- 508.5 Bruxelles Belgique. 297 Agen France. Stettin ...... Allemagne.
- 500 Zurich Suisse. Lceds Grande-Bretagne Skien Norvège.
- Helsingfors II . . . Finlande. Hanovre Allemagne. Ostende Belgique.
- Palcrme Italie. Carthagènc Espagne. Norvège. Seffle Suède.
- Tromsoe Norvège. Eidsvoid 250 Gleiwit Allemagne.
- Barcelone II ... . Espagne. .lyvalskyla . . . : . Finlande. Oulu Finlande.
- Linkoeping Suède. Varberg Suède. Oporto Portugal.
- 491.8 Bourges France. 294.1 Dresde Allemagne. Lille France. "
- Aberdeen Grande-Bretagne Bradford ..... Grande-Bretagne Eskilstuna Suède.
- Birmingham .... Grande-Bretagne Uddevala Suède, 247.9 Sosen. . Cologne.
- 483.9 Berlin. Allemagne. Bilbao Espagne. 245 Toulouse P. T. T. . France. 1
- 476.2 Lyon P. T. T. . . . France. Valence Espagne. 243.9 Troncljhem Norvège.
- 468.8 Elbcrfcld . . . . Allemagne. Liège Belgique. 241.9 Munster Allemagne.
- 461.5 Jassy Roumanie. Innsbruek Autriche. 240 Helsingfors .... Finlande.
- Bergen Norvège. 291.5 Lyon-Radio .... France. 238.1 Bordeaux P. T. T. . France.
- 454.5 Stockholm Suède. 288.5 Edimbourg..... Grande-Bretagne 256.2 Bucarest Roumanie.
- 447.8 Paris P. T. T. . . . France. IIull Grande-Bretagne 254.4 Vilna Pologne.
- 441.2 Brunn Tchécoslovaquie Plymouth Grande-Bretagne 232.6 7 Hollande.
- 404. î$ Bilbao Espagne. Notlingham . . . Crandc-Brelagne 250.8 Trieste Italie.
- 428.6 Francfort ..... Allemagne. Stoke on Trcnt. . . Grande-Bretagne 229 Helsingborg .... Suède.
- 422.6 Borne. Italie. Swansea Grande-Bretagne Umea Suède.
- 416.7 Gothcnbourg. . . . Suède. Dundee Grande-Bretagne 227.3 7 Espagne.
- 411 Berne Suisse. Sheffield Grande-Bretagne 225.6 Belgrade Yougoslavie. Russie.
- 405.4 Glasgow Grande-Bretagne Liverpool Grande-Bretagne 225.9 Leningrad
- 400 Mont-de-Marsan, . . France. 285.7 Reval (Tallin) . . . Estlionie. 222.2 Strasbourg P. T. T . France.
- Tampcre Finlande. 283 Dortmund Allemagne. 220.6 Odessa ...... Russie.
- Cadix . Espagne. 280.4 Barcelone ..... Espagne. 219 Kovno Lithuanie.
- Fakm Suède. 277.8 Caen France. 217.4 Luxembourg .... Luxembourg.
- Varsovie Pologne. Trollhaettan Suède. 215.8 Sofia Bulgarie.
- Koszice Tchécoslovaquie Séville II Espagne. 214.5 Viborg Finlande.
- Cork Irlande. Hanko Finlande. 212.8 Cracovie. ..... Pologne.
- Aalesund Norvège. Stavanger Norvège. 211.5 Kiev Russie.
- Charleroi .... Belgique. Salzburg Autriche. 209.8 Smolensk Russie.
- 394.7 Brême . Allemagne. 275.2 Angers France. 208.3 Tirana Russie.
- Hambourg Allemagne. Madrid III Espagne. 206.9 Minsk Albanie.
- 589.6 Toulouse-Radio. . . France. Norrkosping .... Suède- 205.5 Jassy Roumanie.
- 384.6 Manchester Grande-Bretagne Zagreb Yougoslavie. 204.1 Galle Suède.
- 579.7 Stuttgart Allemagne. Gand . Belgique. Salamanca Espagne.
- 375 Madrid Espagne. 272.7 Cassel Allemagne. Speyer Allemagne.
- 570.4 Oslo Norvège. San Sebastien . . . Espagne. 202.7 Cnristinahamm . . . Suède.
- 565.8 Graz Autriche. Hudiksvall .... Suède. Astura Espagne.
- 561.4 Londres Grande-Bretagne Klagenfurt. .... Autriche. 201.3 Oviedo Espagne.
- ”357.1 Leipzig Allemagne. Gênes Italie. Joenkoeping .... Suède.
- 555 Cardiff Grande-Bretagne Dantzig Dantzig. Aix-la-Chapelle . . . Allemagne.
- Plan communiqué par PUnion internationale de Radiophonie, 6, rue du Rhône, Genève.
- On peut remarquer sur ce tableau que seules les longueurs d’ondes courtes ont été changées, et qu’un certain nombre
- de stations prévues ne sont pas encore en fonctionnement.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- C0K,
- LA RADIOPHONIE [PRATIQUE
- Le Pentatron.— Un inventeur allemand a récemment donné ce nom à une nouvelle lampe à vide de T. S. F., qui, en réalité, contient deux groupes de trois électrodes filament-grille-plaque, comme le montre la figure i. Cependant, les filaments sont montés en parallèle, et
- Fig. i.
- — Disposition des deux groilpes d’électrodes dans la lampe dite « Pentatron ».
- On voit à gauche les doux groupes de trois élecl rodes, plnijues J1, et l’.2, lilainenl.s moulés en |inr;i)Jèle.
- grilles G., cl. G»,
- A droite est représenté le symbole schématique de celle lampe avec la uolalmu correspondante.
- l’ampoule de verre qui contient les électrodes a un culot muni de six broches au lieu de quatre dans une lampe ordinaire ; deux de ces broches correspondent aux filaments montés en parallèle, deux autres aux grilles, G, et G3, deux autres aux plaques et P2.
- Le courant de chauffage doit avoir une tension de i volt 6 seulement, et une intensité de o ampère 3.
- Fig. 2. — Le Pentatron permet à lui seul de former un poste
- récepteur à deux étages sans recourir au procédé réflexe.
- I.o schéma représenté ainsi est celui d’une lampe.délcclrice à réunion suivie d'un élago d’ampliiicntion basse fréquence à Iransl'ormaleur.
- On peut utiliser chacune des deux lampes à trois électrodes montées dans la même ampoule, et qui composent en réalité le système, pour jouer un rôle séparé.
- Le schéma i indique le montage d’un Pentatron pour former un étage détecteur à réaction suivi d’un autre étage basse fréquenee à transformateur.
- On peut aussi connecter les deux groupes d’électrodes en parallèle , et la lampe peut servir alors comme lampe de puissance pour un étage basse fréquence, le courant de plaque peut s’élever de 14 à 18 milliampères.
- Remarquons, d’ailleurs, qu’une Société française, la Radio-technique, a construit récemment une lampe de puissance, dite Micro-Ampli (fig. 3), qui comporte également deux grôupes d’électrodes en parallèles comme le Pentatron.
- Quelques remarques et conseils sur les lampes
- de T. S. P. — Une lampe dont le filament éclaire normalement peut cependant ne plus fonctionner normalement.
- Le filament peut toucher la grille, d’où court-circuit, ou bien l’alliage au thorium du filament peut s’ètre dissocié, ce qui supprime toute émission d’électrons.
- Une lampe de puissance convient rarement pour la
- détection, il vaut mieux utiliser un type de lampe particulier pour jouer un rôle déterminé.
- Il ne faudrait pas croire que l’amplification augmente toujours en même temps que la tension de plaque
- Le chauffage du filament et la tension de plaque doivent être réglés en même temps ; ce réglage dépend du type de lampe utilisé. r
- Moins on chauffe le filament d’une lampe et plus elle durera, il vaut mieux régler le chauffage avec un voltmètre qu’avec ses yeux, le témoignage d’un instrument de mesure est plus précis que celui des sens.
- Si les lampes de T. S. F. étaient inusables, il y aurait beaucoup moins de pannes dans les appareils de T. S. F.
- LÙg.
- Les lampes multiples. — Comme le Pentatron décrit, précédemment, les lampes multiples nous viennent d’Allemagne, ce sont des ampoules de verre dans lesquelles on a fait le vide et qui contiennent non seulement plusieurs groupes d’électrodes, mais encore des éléments de liaisons de véritables amplificateurs.
- Le système de liaison choisi est, d’ailleurs, le système résistance-capacité qui est facile à réaliser sous un pe.tit volume.
- Ce procédé permet d’établir des étages basse fréquence qui donnent une grande pureté d’audition et une puissance suffisante, si l’on en emploie plusieurs.
- On a reproché au système haute fréquence résistance - capacité son manque de sensibilité et son manque de sélectivité pour la réception des ondes courtes
- D’après l’inventeur de la lampe multiple, M. Lœwe, ce système permettrait cependant la réception des ondes au-dessus de 200 mètres de longueur, et l’on atténuerait le manque de sélectivité en employant uu système d’accord en Tesla et un étage à résonance.
- La figure 4 montre le schéma du poste formé de ces lampes multiples à deux éléments bigrilles à liaison à haute fréquence suivies d’une autre lampe multiple à trois étages détectrice et basse fréquence, également à résistance.
- Ces lampes multiples permettent évidemment d’établir des appareils sensibles sous un très petit volume et avec un prix de revient relativement bas, il est cependant
- douteux que la sélec-
- — Celte lampe dite Micro-Ampli, utilisée pour les étages à basse fréquence , est construite par une société française. Elle comporte deux groupes de trois électrodes en parallèle; ces électrodes peuvent être d’ailleurs verticales ou horizontales.
- tivité obtenue puisse être très satisfaisante, ce qui est un grave défaut pour un appareil moderne.
- Les lampes à faible consommation ont-elles supprimé l’usage de l’accumulateur de chauffage? — Les lampes à faible consommation à filament thorié n’exigent pour leur chauffage qu’un courant d’intensité-très réduite, on pourrait donc se demander dans ces conditions si ce fait nouveau a supprimé la nécessité de l’emploi des accumulateurs pour l’alimentation des postes de réception.
- Grâce à cette faible intensité, l’emploi des piles sèches et de systèmes spéciaux permettant de transformer le courant d’un secteur deviennent, en effet, possibles. Cependant les piles de chauffage sont devenues
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- actuellement d’un prix relativement élevé, et surtout elles s’usent d'elles-mêmes par décomposition chimique, alors même que l’usager ne se sert pas de son poste de réception pendant quelque temps.
- Les boîtes d’alimentation actuelles fonctionnent très
- Fig. 5.— Ce groupe moteur-dynamo (type Guernet) permet de recharger les batteries d’accumulateurs de 4 v. ou de 80 v. à l’aide du courant d’un secteur alternatif,
- •bien, mais leur prix d’achat est fort élevé, et la consommation de courant électrique correspondante est parfois assez élevée.
- C’est pourquoi de nombreux amateurs ont conservé encore des accumulateurs de capacité moyenne qui peuvent leur fournir un excellent service pendant plusieurs années à condition de les recharger régulièrement.
- Il existe, on le sait, de très nombreux procédés qui permettent de redresser le courant d’un secteur alternatif d’éclairage pour la recharge des batteries de chauffage de 4 volts ou même des batteries de plaque de 8o volts.
- Parmi ces procédés, l’un des plus sûrs et du rendement le meilleur, donc le plus économique, est l’emplôi d’un groupe moteur dynamo.
- Ce groupe est composé d’un moteur actionné par le
- Fig. 6. — Dans ce poste-meuble est monté le groupe moteur-dynamo qui permet la recharge immédiate des batteries sans avoir besoin d’établir de connexion extérieure.
- courant alternatif du secteur. Le moteur commande une dynamo qui fournit le courant continu qui permet de recharger les batteries (fig. 5).
- Ce groupe peut évidemment être placé dans un meuble qui contient le poste avec tous ses accessoires (fig. 6).
- Il est ainsi possible de recharger régulièrement les batteries sans avoir à établir aucune connexion extérieure.
- P. Hémardinquer.
- Mécanique *?*§*
- Comment emmancher un marteau. — Les marteaux mal emmanchés sont souvent la cause d’accidents graves dans les ateliers. 11 est cependant très facile de les évfter en suivant les conseils donnés par M. Julien Caen
- dans le Bulletin mensuel de VAssociation des Industriels de France.
- Lorsque le bois du manche du marteau devient sec, il se rétrécit ; pour obvier à ce retrait, on a coutume d’introduire un coin dans la tête du manche afin de
- Fig. 7 et 8.
- serrer celui-ci dans le marteau. En général ce moyen n’est pas suffisamment efficace, car le coin ne presse le bois que. contre deux des faces du trou du martean, tandis que les deux autres côtés ne reçoivent aucune pression suffisante.
- Pour obtenir un serrage énergique sur les quatre côtés, il convient d’introduire le coin, non pas parallèlement aux côtés du trou, mais diagonalement. La pression sur chaque face du coin se décompose alors en deux forces agissant sur les deux faces perpendiculaires du trou, du côté de la face considérée du coin (fig. 7 et 8).
- Il en résulte ainsi une pression convenable sur les 4 faces du trou du marteau. Le coin doit avoir la longueur exacte de la diagonale du trou. Il est encore plus prudent de fixer les outils lourds au moyen de fers ayant la forme indiquée sur la figure 9 ou d’autres fers de ce genre.
- De plus il convient de faire périodiquement l’inspection des outils et en particulier des burins, bédanes, tranchets, etc., non seulement pour vérifier l’emmanchement mais aussi pour s’assurer que les têtes d’acier de ces outils ne sont pas garnies de bavures qui sous l’action du marteau, pendant le travail, pourraient être projetés et ^blesser les ouvriers voisins.
- Amplificateur Maquet. — Cet appareil a été étudié et réalisé pour augmenter la puissance des moteurs et permettre une meilleure utilisation du carburant, en le diffusant. Tous les techniciens du moteur à explosion remarquent que, quel que soit le type ou la marque d’un moteur, il est pratiquement impossible d’éviter la perte d’une certaine quantité d’essence, qui part à l’échappement sans avoir brûlé et donc sans avoir fourni de puissance utile.
- Cet inconvénient est, en partie, dû à la recondensation des gaz au passage du papillon d’admission et à l’incomplète pulvérisation du mélange, air et essence.
- L’amplificateur de rendement Maquet se compose d’une chambre de réchauffage en forme de bride, qui s’intercale entre le carburateur et le moteur, munie d’une bague centrale de pulvérisation multiple et d’un dispositif automatique d’admission d’air, commandé uniquement par la dépression du moteur. Il remédie aux inconvénients ci-dessus indiqués en rebrassant les gaz frais
- à leur sortie du carburateur, par de l’air réchauffé, et de ce fait donne un gaz homogène et une cylindrée plus complète. Les gaz étant diffusés s’allument plus vite et la combustion devient complète, d’où meilleur rendement et économie, l’essence n’étant plus perdue sous forme de calamine et fumée bleue. On obtient des reprises souples et on augmente la puissance du moteur.
- Etablissement d’exploitation des brevets Maquet, 5, place de Valois, Paris (icr).
- iî'
- Fig- 9-
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- VARIÉTÉS
- OSL
- oat
- LE TRAITEMENT DES SEMENCES
- La fée électricité, qui a révolutionné tant de choses et accompli les miracles que l’on sait dans des branches si diverses de l’activité humaine, devait bien, tôt ou tard, être expérimentée aussi dans le domaine de la physiologie végétale, pour favoriser la production des récoltes agricoles.
- On n’ignore pas les nombreuses recherches [d’électro-culture tentées depuis longtemps (les premiers essais datent de 1783, et même de 1746) pour trouver le meilleur mode d’application du précieux fluide sur les terrains en culture, et exciter la végétation, soit en le faisant circuler dans le sol, soit en inondant les plantes d’une pluie d’effluves bienfaisants.
- On connaît aussi les essais que poursuit actuellement M. Alberto Pirovano, dans son laboratoire d’électrogénétique de Belgirate (Italie), pour la création de nouvelles variétés par la mutation électrique. Il s’agit ici d’électriser (ionolysation) le pollen qui doit servir à féconder les fleurs artificiellement (croisement, hybri-dration), de le soumettre à l’action des courants de haute fréquence, du champ magnétique, des ultra-violets, des émanations radioactives.
- Enfin, on eherche encore à augmenter le rendement des plantes en faisant agir sur les graines, généralement avant leur ensemencement, soit l’électricité, soit des principes de désintégration qu’émettent certains corps radioactifs.
- Dans beaucoup de oas, l’électricité accélère [la germination, des graines. On attribue le fait à l’action directe du fluide sur la vitalité des germes, sur les transformations chimiques des matériaux de réserve des semences, sur l’eau humectant les tissus, qui, décomposée, dégage de l’oxygène activant la respiration, ou sur les matières salines que peut contenir le liquide.
- Lazergues, faisant germer de l’orge dans de l’eau additionnée de substances nutritives, tenue à 270 et traversée par le courant d’une pile Daniell, constata que, pour une intensité assez faible, le courant continu favorise la germination ; au-delà d’une intensité donnée, il lui est défavorable, et à partir d’une intensité un peu plus grande, la germination ne se produit que très lentement et très difficilement.
- Amherst plaçait les graines imbibées d’eau dans un cylindre de verre bouché aux deux extrémités par des disques de cuivre auxquels aboutissaient des fils reliés aux deux pôles d’une bobine de Du Bois-Reymond. Après • avoir subi durant deux minutes l’action du courant d’induction, les semenqes étaient mises sur une terrine. Au bout de %t\ heures, 3o pour 100 de plus avaient germé, et 58 pour 100 après 48 heures. Spechnew employait le même dispositif, mais les graines étaient, dans le tube, mélangéss avec de la terre humide. Des pois électrisés germaient 1 jour et demi plus tôt, des haricots et du seigle, 3 jours, le tournesol, 6 jours et demi.
- Basty électrisa de la moutarde blanche pendant 5 jours, mais une heure par jour seulement, avec un courant continu (6 volts et 4/iocs d’ampère, soit 2 watts 4). Après ensemencement en sol ordinaire, elle germa 3 jours plus tôt; mais dans la suite les plantes devinrent moins belles que les ,non électrisées et placées en terre soumise aux appareils électriques. Par contre, d’autres nombreuses variétés, préalablement électrisées, puis semées en terrain soumis aux appareils, eurent. leur germination fortement avancée, jusqu’à xo jours.
- Dans la méthode Wolfryn les semences sont immergées dans une solution aqueuse conductrice, que l’on fait traverser par le fluide. Dunn, Blackburn signalent que l’on a ainsi obtenu de bons résultats ,en Angleterre, surtout avec le blé, l’orge, l’avoine, électrisés dans des solutions de nitrate de soude, de sulfate d’ammoniaque, etc., avec des courants de 1/2 à 1,26 ampère et 200 volts. Le blé restait soumis à l’action du fluide durant 3 heures, l’orge, 5 heures, et l’avoine, 6 heures. La germination fut meilleure, et il y eut une augmentation de rendement en grain et en paille. Cinq cents agriculteurs auraient admis ce mode de traitement spécial. Blackburn l’appliquait un mois avant les semailles.
- Mercier et Fry ont constaté, en employant une solution de sel commun, des augmentations de rendement de 20 à 3o pour 100 avecïes céréales, et une diminution
- AGRICOLES PAR L'ÉLECTRICITÉ
- des pertes dues à certaines maladies cryptogamiques et à certains ennemis.
- Des expériences en pots, faites à Oxford sur du blé électrisé, ont donné 12 pour 100 de grain en plus et un peu moins de paille. Lee, dans le Manitoba, avec du blé Marquis, et sur une seule parcelle, obtint un fort accroissement de la production en grain.
- Mais voici des résultats moins probants, douteux, ou franchement mauvais. Pour Biffée, les essais d’électrisation ne montrent aucune augmentation du rendement ; il y a, même, une légère diminution du pouvoir germinatif. Heber-Rendsburg n’obtint aussi que des résultats médiocres en électrisant ces graines humides avant leur ensemencement. Dans des expériences en plein champ exécutées par Robb (Kent), avec de l’orge et de l’avoine, une variété d’avoine produisit une légère augmentation, mais une autre variété et l’orge accusèrent, au contraire, qne diminution.
- Leighty et Taylor ont opéré (Virginie) deux années de suite avec une variété de blé rouge d’hiver tendre, préalablement trempée durant 2 heures dans une solution de 3,5 pour 100 de sel commun, traversée par [un courant de 200 wats durant 3 h. 1/2. Le lot témoin fut traité parla même solution saline durant 5 h. 1/2, mais sans courant, et un troisième dans de l’eau durant un temps égal. Les graines furent semées deux jours après, étant sèches. Après 3 jours on fit le compte des germinations et les résultats furent : trempé dans l’eau, 88 pour 100; traité par l’électricité, 84 pour 100; trempé dans la solution saline, 74 pour 100. La rouille fut violente et attaqua tous les lots. Sur 8 cas, le témoin donna dans 7 un rendement plus élevé que le lot traité électriquement. Les auteurs concluent que le traitement électrochimique Wolfryn du blé ne présente aucun avantage.
- H. Sutton a appliqué également la méthode ci-dessus à des graines de betterave fourragère, rutabaga, chou fourrager et carotte. Dans les expériences de germination, malgré les rares cas qui semblèrent légèrement en faveur des semences électrisées, les résultats . peuvent, en général, être considérés comme non concluants. Electrisées, les graines de betterave fourragère montrèrent le plus grand pouvoir de germination, mais elles furent suivies de très près par celles qui avaient été immergées dans la solution de sulfate d’ammoniaque à 2,4 pour 100. Dans le résultat final, la première place appartint aux semences non traitées de carotte et de chou fourrager. Les expériences de culture en plein champ eurent lieu dans un sol sablo-argileux, sur sous-sol graveleux, où l’on avait cultivé, l’année précédente, après application de fumier, des laitues, endives, etc., et que l’on ne fuma pas pour l’expérience. Dans ce cas, également, les graines de betterave fourragère électrisées donnèrent les résultats les plus probants, ainsi qu’une production unitaire un peu plus élevée que dans toutes les autres expériences. On n'a jamais observé que les plantes provenant des graines électrisées aient poussé avant les autres.* En somme, l’ensemble des expériences en plein champ est peu concluant, car les productions données par les semences électinsées ne dépassent pas sensiblement celles obtenues des autres graines.
- Heim et Audubert ont soumis des semences, soit encore à leur état normal de vie latente, soit au début de leur germination, à l’action des effluves haute tension produits par l’appareil radiologique de Gaifïe. Ces graines étaient placées sur une plaque métallique réunie au pôle négatif du secondaire, le pôle positif étant en relation avec un réseau de fils de cuivre de 1/200 de mm de diamètre, disposé à une certaine distance au-dessus de la plaque. Les graines non germées ainsi traitées n’ont révélé aucune modification de leur pouvoir germinatif. Quant aux autres, on n’enregistra qu’une accélération assez faible, et qui ne se maintint pas avec le temps. Au point de vue pratique, disent les expérimentateurs, ces résultats sont donc peu encourageants.
- Il semble que l’électrisation du sol, ou de l’air qui entoure les plantes ait une influence plus marquée, en raison des multiples réactions qui favorisent l’assimilation des aliments par les végétapx, Ainsi, Fichtner a
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- VARIÉTÉS
- obtenu jusqu’à a5 pour ioo en plus avec des pois et de l’orge semés parallèlement à deux conducteurs amenant dans le sol le courant d’une batterie de piles. Heber-Rendsburg enfonçait dans la terre, 8 à i5 jours après l’ensemencement, deux plaques de métal dans lesquelles il faisait arriv-er un faible courant continu (0,01 ampère), la nuit seulement, et tous les trois à six jours il changeait la direction du courant en intervertissant les pôles. Il obtint des résultats manifestement favorables avec les raves, carottes, le lupin, l’orge, l’avoine, le blé, Basty, ne faisant intervenir que l’électricité atmosphérique à l'aide d’un paratonnerre spécial, constata,- avec des pois, des épinards, de la mâche, etc., une période de germination moins longue, une avance notable de l’époque de la maturité, et un rendement plus élevé.
- Phiiipo Campanile, de Portici, avec l’électrisation du sol par le courant voltaïque (2 plaques enfoncées dans le sol réunies par un fil extérieur), observa que la levée du seigle était avancée de deux jours, la germination plus uniforme, qui se compléta plus rapidement. La récolte donna un grain plus beau,! plus nourri, plus dense. Avec des fèves la levée fut avancée de 4 jours. Les plantes se montrèrent plus vigoureuses, plus touffues, avec un feuillage plus développé, plus vert; les nodosités des racines étaient plus nombreuses. Les gousses contenaient quelques graines de plus.
- Lemstrôm, plaçant au-dessus du terrain ensemencé un grillage métallique isolé, muni de pointes tournées vers celui-ci, et en relation avec l’un des pôles d’une machine statique, ou d’un transformateur, dont l’autre pôle était en communication avec le sol, a trouvé que la germination du seigle était plus rapide, les plantes plus vigoureuses, et la récolte de meilleure qualité.
- Russell a signalé que des expériences en pots pratiquées à Rothamsted, avec des graines traitées électriquement, n’ont démontré aucun avantage de la récolte. D’autres essais faits à Cambridge ne donnèrent non plus'aucun accroissement. Fr. Ivoevessis , expérimentant sur un grand nombre de graines en terre, a constaté que le courant continu est nuisible à la germination et au développement des plantes.
- On le voit, les résultats de ces expériences, que nous aurions pu encore multiplier, ne sont pas toujours favorables Il y a là, certainement, à tenir compte de l’état des semences, de leur espèce, de la nature du sol, de son degré de fertilité, de la température, du degré d’humidité, de l’intensité et de la nature du courant électrique, continu, alternatif, d’indtiction, électricité statique, effluves, etc. Le traitement préalable des graines par immersion impose ensuite un dessèchement régulier assez délicat à réaliser en étuve, à une température plutôt faible, mais uniforme dans tout le séchoir. Les fours à malt, dit M. Dunn, donnent les meilleurs résultats.
- Il n’est pas impossible, lorsque les détails de cette nouvelle méthode de néoculture auront bien été mis au point, et que le développement des réseaux électriques dispensera mieux le précieux fluide dans les campagnes, que l’on puisse pratiquement l’utiliser avantageusement pour l’accroissement des récoltes. Le traitement des graines, en particulier, pourrait, d’ailleurs, être confié à des entreprises pourvues d’un matériel scientifique perfectionné, mis en œuvre par des techniciens avertis,
- Anton in Rolkt,
- Ecole d’Agriculture d’Antibes.
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Natur© oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Bibliographie, n° 2745, p. 160. Dans les Bassins fermés de la Basse-Provence, au lieu de « les embouts en bétons » ,lire : les embuts ou bétoires.
- Communication. — A propos de la laine de pin, un de nos correspondants de la Gironde nous informe que M. Tauziet, de Capbreton-sur-Mer (Landes), a eu le premier, l’ingénieuse idée d’extraire des aiguilles de pin, de la laine, bourre ou ouate, dont il obtint de très beaux échantillons, ainsi que le démontrèrent les essais de fabrication qu’il fit pendant la guerre. Cette industrie de la laine de pin ne put être lancée en France parce que, à l’époque susdite, les machines nécessaires pour la fabrication eussent été introuvables.
- M. A. Tauziet estime que, quant à la qualité, la laine de pin produite en France aurait une grande supériorité sur celle qui est produite en Allemagne, car l’aiguille de pin de France est plus longue que celle des pins exploités en Allemagne et ailleurs ; la qualité de ténacité, notamment, est de beaucoup supérieure.'
- L’industrie de fabrication de la laine de pin — produit auquel M. A. Tauziet donna le nom de « Pinfolia » — trouverait la matière première en abondance dans les pineraies de la région landaise. D’après les estimations de M. A. Tauziet, il suffirait d’un capital d’environ 3oo 000 francs pour les débuts d’une entreprise de fabrication.
- Enfin, M, A. Tauziet, possédant sur le produit dont il s’agit et sur sa fabrication une importante documentation, se met à la disposition des personnes qui s’intéressent à cette question. Ceux de nos lecteurs qui nous ont écrit à ce sujet peuvent donc obtenir tous les renseignements qu’ils désirent en écrivant à M. A. Tauziet, à Capbreton-sur-Mer (Landes). H. B.
- Réponses. — M. D. S., rue Alexandre-III, à Dunkerque. — Pour le séchage des fruits, il"y a divers types de séchoirs.
- En ce qui concerne les séchoirs à vide, voici des adresses : Cfi. Lumpp, 12, rue Joufïroy, à Lyon; Grou-velle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert, Paris (14e); Alph. lluillard et Mourgeoir, 65, rue d’Anjou, Paris (8°j; Etablissements Ladreyt, 182, boulevard Victor-Hugo, à Clichy (Seine). En outre, vous pourriez obtenir des renseignements, croyons-nous, en vous adressant à la Société Générale Agricole, Paris, 44, rue du Louvre (ielj ; à Vermorel, à Villefranche-sur-Saône (Rhône), et à la direction de la Station d’Essais de Machines du Ministère de l’Agriculture, Paris, 2, Avenue de Saint-Mandé (12e).
- M. Ed. A., rue Gagnée, à Vitry-sur-Seine. — i° Traitement du fumier de ferme. — Le plâtrage du fumier a pour effet de fixer l’ammoniaque que contient cet engrais naturel sous forme de carbonate d’ammoniaque. Le plâtre, qui est du sulfate de chaux, détermine une réaction ou plutôt un échange entre les deux acides : il se forme du sulfate d’ammoniaque, sel filtrant, qui est retenu dans le fumier, au lieu du carbonate d’ammoniaque, sel volatil, dont l’ammoniaque se perdrait dans l’atmosphère.
- L’acide carbonique se combine avec la chaux pour former du carbonate de chaux.
- Il est préférable de ne répandre, le plâtre qu’à la partie supérieure du tas, afin d’empêcher le carbonate d’ammoniaque de se dégager : il faut, au maximum, 1 kilogr. de plâtre par 100 kilogr. de fumier. Eviter d’employer une dose trop élevée de plâtre, afin de ne pas provoquer une déperdition d’azote du fumier et de ne pas entraver les transformation^ utiles que le carbonate d’ammoniaque fait subir aux litières et aux déjections (formation d’humate d’ammoniaque).
- Le mieux est encore, pour empêcher toute déperdition, de maintenir dans le tas de fumier une humidité cons-tanté, en l’arrosànt souvent et peu à la fois avec du purin, de le tenir bien tassé, de le préserver de la pluie et d’éviter de le remuer. Enfin, on peut rècouvrir le tas de fumier d’une couche de terre, de boues de curages de fossés, d’une épaisseur de o m. 10 à o m. 20. Cette
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- BOITE AUX LETTRES
- couverture s’imprègne de tous les gaz qui tendent à se dégager.
- i° Désinfection du purin. — Par hectolitre de capacité de la fosse, employer 2 à 3 kilogr. de sulfate de fer dissous dans de l’eau chaude, mais en se servant d’un récipient au rebut. Ajouter à la dissolution quatre ou cinq poignées de chaux, autant de charbon de bois pilé et deux ou trois pelletées de suie.
- Autre procédé : pour une capacité de 3 hectolitres, jeter dans la fosse, en remuant avec une perche le mélange suivant : poussier de charbon 11 kilogr., plâtre cru 1 kilogr., sulfate de fer en poudre fine 1 kilogr. ; ou bien de l’eau chlorurée à raison de 3a gr. de chlorure par litre d’eau ; humecter le chlorure pour le mettre en pâte, le délayer ensuite dans la quantité d’eau nécessaire.
- Cette eau chlorurée peut être conservée dans des récipients bien bouchés.
- M. E. M., à Souvigny-de-Touraine (Indre-et-Loire). — Décortication de l'avoine et des graines potagères. — L’opération de décortication se fait industriellement, à l’aide de décortiqueurs, appareils spéciaux qui enlèvent le tégument du grain. Il ne faut pas confondre cette opération avec la mouture, qui consiste à réduire les grains en farine grossière ou en farine fine, selon le calibrage des cylindres et le tamisage consécutif.
- La seconde partie de votre questionnaire se rapporte à la préparation des légumes secs décortiqués (pois, haricots, fèves), pour laquelle il faut un matériel spécial.
- Quant à la préparation de l’avoine à utiliser dans l’alimentation humaine (soupe, bouillie d’avoine), elle peut se faire simplement par torréfaction, c’est-à-dire en passant l’avoine dans un four après qu’on en a enlevé le pain, opération qui est suivie du passage au moulin, lequel réduit l’avoine en farine grossière.
- Pour obtenir des indications sur la préparation culinaire de l’avoine, vous pouvez vous adresser à M. de Ivérizouët, à Menoray, par Guéméné-sur-Scorfî (Morbihan).
- Abonné 1274, à Mussidan (Dordogne). — i” Montée à graines des choux et choux -fleurs. — Votre question est présentée trop sommairement : elle ne donne auyune indication sur les variétés de choux et de choux-fleurs que vous cultivez, la nature du terrain, l’époque à laquelle sont effectués les semis, etc. Presque toujours, les choux plantés à l’automne montent à fleur au commencement du printemps.
- Les petits choux de Milan à tête longue et à tête ronde sont sujets à monter à la sortie de l’hiver. Il est évident que la lune n’a aucune influence sur la montée à graines. Quant au moyen d’éviter celle-ci, il y aurait lieu, probablement, de retarder la date du semis, de supprimer quelques feuilles dès que celles-ci sont formées ; d'éviter l’excès de fumure et d’arrosages et d’apporter un soin particulier au choix du plant. Les choux borgnes, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas de bourgeon terminal, doivent être réformés, car ces choux ne pomment pas.
- Sur les plants normaux, bien constitués, le buttage favorise la formation de la pomme.
- 20 Les arbres et les arbustes ou arbrisseaux que vous citez sont à feuillage persistant, tandis que les autres sont à feuillage caduc. Les premiers doivent leurs propriétés de rester verts à leur constitution même, entretenue par une activité beaucoup plus grande de la fonction chlorophyllienne.
- M. L.-C. P., à Maisons-Laffitte. — Documentation sur la fabrication des confitures, marmelades, gelées de fruits et produits similaires : Voici les ouvrages qui, à notre connaissance, sont publiés en France : Nouveau manuel du confiseur et du chocolatier, par Henri Blin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°) ; Les confitures (Technologie des confitures, gelées, marmelades et fruits confits), par Jacques Michel-Rousset, 1 vol. (H. Desforges, éditeur, Paris, 29, quai des Grands-Augustins, 6e) ; Confiturerie et confiserie. La conserve alimentaire, par A. Corthay, 1 vol. ; Etude économique de l’industrie confiturière (Bulletin du syndicat des fabricants de sucre, 1902, Paris, 3, rue de
- Richelieu, ier), par Hélot; Les conserves alimentaires [Recettes ménagères), par Lavoine, 1 vol.; Lés conserves alimentaires (Technologie industrielle), par X. Rocques, 1 vol. : Technologie et chimie de la confiturerie [Bulletin du Syndicat des fabricants du sucre, 1902 et 1903), par Saillard ; Les confitures ménagères et industrielles, par Saillard, 1 vol.; Technologie ménagère, par Henri Rousset (revue Cosmos, 1909) ; Technologie industrielle, par le même [Revue générale de chimie, 1908) ; Confitures de légumes, par le même [Cosmos, 1909) ; Recettes ménagères [Rapport sur le concours de confitures de Châteauroux, 1907), par Ratouis de Limay, 1 br. : Conserves et confitures de ménage [Recettes ménagères), par de Savigny, 1 vol.; Analyse des confitures [Traité d’analyse des matières alimentaires), par Villiers et Collin, 1 vol. ; Falsifications des confitures, par Chevalier et Baudrimont [Dictionnaire des falsifications et adultérations des matières alimentaires, article Confitures, igo3, 1 vol. ”
- Ouvrages publiés à l’étranger : Technologie de la confiturerie industrielle anglaise. Die Marmeladen Fabrikation, par Conrad Rapp, 1 vol, Magdeburg, 1907. Sur les marmelades, par Haertel, Zeitschrift Untersuch. Nahrungs. U. G. Mittel, 1908.
- M. F.-B., rue Octave-Feuillet, Paris. — A propos de l’emploi du chlorure de chaux contre les rongeurs, nous répondons que vous confondez la formule, telle que vous l’écrivez (CaCl*), formule du chlorure de calcium, avec le chlorure de chaux dont la formule est CaOCl*.
- Pour l’usage dont il s’agit, le chlorure de calcium n’a pas le pouvoir d’action du chlorure de chaux ; c’est là le point essentiel à observer.
- M. R.D., Société Philomatique, Bordeaux. — Les cèpes étant des champignons sauvages qui croissent à l’état spontané dans les champs et surtout dans les terrains boisés, leur multiplication doit être envisagée d’après leur végétation naturelle, c’est-à-dire les conditions de leur développement dans les terres qui leur conviennent. Nous ne connaissons pas de traité d’horticulture donnant les indications que vous désirez obtenir: Mais nous croyons qu’il conviendrait de rechercher, tout d’abord, dans le voisinage des lieux où vous vous proposez de tenter cet essai, les cèpes que l’on y pourrait trouver, afin qu’il y ait concordance au point de vue de l'habitat ; ensuite, semer çà et là, dans la châtaigneraie, les spores provenant de filaments mycéliens du> champignon.
- Enfin, à la Direction des Services agricoles, à Bordeaux, vous pourriez demander des indications fplus complètes sur les conditions de réalisation de votre projet.
- M. E.-F., à Tonneins (Lot-et-Garonne). — i° Adresses pour trichlorure d’éthylène : Lambiotte et Cie, Paris, 3,’rue d’Edimbourg (8e) ; Poulenc, Paris, 92, rue Yieille-du-Temple (3°); Etablissements Kuhlmann, Paris, 117, boulevard Haussmann(9°) ; Lambert-Rivière, Paris, 16, rue de Miromesnil (8e) ; Société chimique des usines du Rhône, Paris, 21, rue Jean-Goujon (8e); Baignères et Dewisme, Paris, 36, rue Tronchet (8*) ; Dior et Cie, 7, rue d’Athènes, Paris (9e).
- 2° Documentation sur Vextraction de l’huile de pépins de raisins. — Nous avons déjà répondu à d’autres demandeurs qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’ouvrages traitant spécialement cette question, mais qu’il faut rechercher les études éparses, en articles, dans diverses publications. Voir, notamment, l’étude publiée par M. André Dubosc, dans la revue Les matières grasses (A.-D. Cillard, éditeur, Paris, 49, rue des Vinaigriers, 10e), et dans cette même revue, numéro de décembre 1923, L’Industrie d’extraction de l’huile de pépins de raisins, par Henri Blin.
- En outre, nous conseillons de se mettre en relation avec M. J. Bonnet, directeur du service de l’Oléiculture, à Marseille, qui a étudié très complètement cette question et établi des données pratiques, après essais dans une usine de Nîmes. S’adresser aussi au journal Le Progrès agricole et viticole, 1, rue Albisson, à Montpellier ; à Coulet, éditeur, à Montpellier, et au laboratoire de viticulture de l’Ecole nationale d’Agriculture, dans cette même ville.
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- BIBLIOGRAPHIE
- aSL
- Acoustique générale (ondes anciennes), par H. Bouasse, i vol., 544 pages, 234 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1926. Prix 40 fr., -j- 4o pour 100.
- Ce livre commence, dans la bibliothèque de l’ingénieur et du physicien de H. Bouasse, la collection des ouvrages consacrés à l’acoustique, qui comprendra au moins 4 volumes.
- Les théories mathématiques tiennent peu de place dans ce traité d’acoustique ; à maintes reprises l’auteur montre que les phénomènes sont trop complexes pour se prêter à l’analyse par trop schématique de la physique mathématique. Ils réclament avant tout des études expérimentales. Toutefois une sobre introduction mathématique rappelle ce qu’il faut savoir des séries de Fourier et des théories de la résonance. Il aborde ensuite l’étude des sons ; il étudie d’abord l’échelle des sons, c’est-à-dire les qualités des sons qui dépendent de la fréquence et leurs vibrations ; il y a là d’intéressantes réflexions sur les bases de la musique. Puis il montre l’usage scientifique de la sirène pour produire les sons de fréquence déterminée, il analyse physiquement le mécanisme de l’audition et définit les phénomènes de battements. La seconde partie de l’ouvrage est consacrée aux ondes aériennes, planes et sphériques : vitesse du son, réflexion, réfraction, diffraction, interférences, ébranlements infiniment petits et ébranlements de dimensions finies, etc. L’auteur n’a pas négligé la question des ondes explosives si importante dans l’étude des explosifs et celle de l’onde de choc qui a joué pendant la guerre un rôle considérable lors des études de repérage au son.
- La préfacé, toujours virulente, sermonne vertement les physiciens qui, au nom de l’acoustique, parlent de musique sans y rien connaître, et les musiciens qui emploient le langage de la physique sans en connaître le sens exact. Elle s’applique à définir le rôle respectif du savant et de l’artiste.
- Le chef-mécanicien-électricien, par A.-E.-M. Blanc. — Tome III, 1 vol. 664 p., 42° fig- Desforges-Girardot et Gie. Editeurs, Paris, 1926. Prix : 45 francs.
- On trouvera dans cet ouvrage l’exposé élémentaire de la mécanique classique : statique, cinématique, dynamique, les notions fondamentales de la thermodynamique, des aperçus sur la dynamique des fluides, l’étude des mécanismes élémentaires, un résumé de la résistance des matériaux, un chapitre sur la statique graphique, un autre sur le ciment, armé.
- Les champignons de France, par A. Maublanc. 20 édition, tome I, ï vol. in-16, GXXIY -f- 120 p., 37 fig., 96 planches en couleur. Encyclopédie pratique du naturaliste, Paul Lechevalier, Paris. Prix : cartonné toile 4° francs.
- La science des champignons et le goût d’en manger les bonnes espèces ont toujours été développés en France, si bien que les livres de mycologie s’y succèdent, excellents et assurés du succès. Voici la 2e édition de l’ouvrage de M. Maublanc, secrétaire général de la Société mycologique de France, qui est un excellent petit traité, bon exposé tout à fait à jour. ^
- Le premier volume est en 2 parties. Il débute par des notions générales : caractères anatomiques, distribution, stations naturelles, époque d’apparition des champignons, puis leur classification- c’est la clé de tout l’ouvrage. La 2e partie, illustrée de 96 planches en couleurs excellentes, d’après les aquarelles de Mlle Boully, décrit et figure la famille des Agaricinées qui comprend la plupart des espèces comestibles et toutes les espèces dangereuses.
- Nos plantes médicinales de France. Nouvelles séries de 8 fiches en couleurs éditées par le Comité Interministériel des plantes médicinales et à. essences, en vente à l’Office National des matières premières, 12, avenue du Maine, Paris. Prix : 1 fr. 2Ô.
- Cette publication dont on connaît la valeur artis-
- tique et scientifique aussi bien que la portée pratique vient de s’enrichir d’une nouvelle collection de 8 fiches, comprenant : Tilleul, Eucalyptus, Sabine, Romarin, Souci, Camomille, Pensée sauvage, et Morelle noire. Ces fiches présentent au recto une image coloriée de la plante et au verso un texte suffisamment détaillé rappelant les caractères botaniques de l’espèce représentée, le mode de récolte, la préparation pour la vente et les usages,
- Le communisme chez les insectes, par E.-L. Bouvier, 1 vol. in-16, 291 p., 24 fig. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : i3 francs.
- Abstraction faite des organismes, multicellulaires, dont chacun représente en fait une société communiste de cellules anatomiquement dépendantes, le communisme idéal ne s’observe nulle part ailleurs que chez un petit nombre d’insectes : les guêpes, les abeilles, les fourmis et les termites. Comment expliquer le fonctionnement merveilleux de ces sociétés? Si, pour les abeilles, Maeterlinck invoque justement l’esprit de la ruche, on doit invoquer de même l’esprit tout pareil qui anime le guêpier, la fourmilière, les cités de termites. Pour connaître l’ensemble des facteurs et des puissances qui règlent et coordonnent les actes dans ces sociétés, l’auteur expose leur fonctionnement et suit, depuis l’origine, l’évolution sociale chez les animaux du même groupe. Puis il analyse l’esprit qui anime les insectes communistes dans leurs sociétés. Il trace ainsi un tableau exact et passionnant de ces vies collectives extraordinairement bien organisées.
- Les glaciers quaternaires des bassins de la Durance et du Var, par David Martin, i vol. in-8°, 534 P- et fig-Société d’études des Hautes-Alpes, Gap 1926. Tiré à i5o exempl.
- Œuvre posthume d’un savant naturaliste qui, de berger au Valgaudemar, devint professeur de l’Université et collaborateur de la carte géologique. Dans la préface, M. de Manteyer a justement dit : « Il a su « voir des choses que l’on n’avait pas distinguées avant « lui », et « il a plus fait pour son pays que son pays « n’a fait pour lui, ce qui est la coutume des gens de « bien ». Plus de quarante années d’observations ont conduit D. Martin à n’admettre qu’une seule période glaciaire et à nier l’action excavatrice de la glace des glaciers : la plupart des géologues repoussent la première de ces deux opinions, et beaucoup n’acceptent pas encore la seconde. Les innombrables faits accumulés et analysés par D. Martin donneront fort à réfléchir.à tout le monde. Ce curieux ouvrage abonde en enseignements importants sur la Crau, l’évolution de la Durance et du Bas-Rhône, les empiétements de la mer aux Bouches-du-Rhône, les gypses et les tufs des Hautes-Alpes, les creusements et remblaiements des vallées, l’origine des lacs, C’est un livre qu’on discutera, mais les géologues doivent le lire.
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- La Préhistoire en Moravie, par K . AnsoLONetR. Czizek, Mitteil. der paleolith. Abt. am miihrischen Landes-Museum. Brne (Brno, Brünn, 1926).
- La Moravie est devenue pour la préhistoire paléolithique un des pays les plus fructueux et intéressants de l’Europe, grâce aux travaux et fouilles de : Wankel à Byci-Skala (1868) ; Maska à Spikaet Predmost (1875) ; Kriz à Predmost et Pekarna (Kostelik, 1879 et s.); Ivnies à Sloup lr88o); Absolon et Czizek, etc. Les admirables et riches collections résultant de ces trouvailles ont été installées depuis la guerre au Landes-Museum de Brunn par les soins du Dr K. Absolon qui y a joint sa bibliothèque : livres, mémoires et notes concernant les cavernes, leur faune, leur paléontologie et leur préhistoire (10.000 numéros, rassemblés depuis trente ans).
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N» 2751
- 25 Décembre S 926.
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- La pluie de sang du 30 octobre. — Un de nos lecteurs nous écrit de Bédarieux :
- « Pour le Midi de la France en général et le département de l’Hérault en particulier, la chute de la pluie colorée ne s’est pas produite dans la soirée du 3o octobre comme le dit M. Bidault de l’Isle, mais bien dans la. matinée du 3i entre 5 et y Iieui’es suivant les localités. Pour Bédarieux, lieu de mon observation, elle s est produite sous la forme d’une assez forte averse qui duia environ i minute et demie, vers 6 heures 5 minutes du matin, et qui donna i mm. 3 d’eau au pluviomètre. Dans ,1e jour naissant, les ruisseaux, les conduites de descente coulaient rouge. La densité de la matière par rapport au volume d’eau était assez grande, car malgré la faiblesse de la chute le sol disparaissait sous une mince pellicule de matière rougeâtre.
- Au moment de l’averse, le vent était de i’Est de 4 à 6 mètres, les nuages couraient du N.-E. au S.-W. assez rapides. Ceux-ci avaient une couleur cuivrée, qu’ils conservèrent jusqu’à 8 heures; on voyait d’après leurs aspects que ce n était pas une teinte réfléchie, mais bien une teinte propre au corps nuageux. Le baromètre enregistreur qui évoluait aux environs de 75o marqua un « pont » de i mm au passage de l’averse. La journée du 3i octobre fut fertile en averses qui donnèrent plus de ai mm au pluviomètre, mais le phénomène ne se reproduisit pas. »
- Extinction des incendies de combustibles liquides.
- M. E. Davin, dans la Revue Le Pétrole et ses dérivés (i5 sept. 1926], a résumé les procédés employés.
- 1 former une nappe de gaz neutre au-dessus du liquide enflammé pour l’isoler de l’oxygène de l’air;
- 2 Projeter sur le foyer du sable, de la terre ou de la sciure de bois ;
- 3 Projeter de 1 eau lorsque le liquide combustible est miscible avec elle. Dans le cas contraire, l’eau étendrait le foyer en chassant le liquide enflammé ;
- 4° Projeter sur le foyer un liquide ininflammable miscible avec le combustible, du tétrachlorure de carbone par exemple. Mais ce produit est cher et ses propriétés anesthésiques rendent son usage assez dangereux-, ^ On peut utiliser d autres produits chimiques ivour l’extinction : ammoniaque, oxycyanure de soufre, chlorure de sulfuryle. Bien que l'auteur ne le dise pas, il convient d'attirer l’attention sur le danger du maniement de ces substances;
- 6° L’emploi d’un mélange mousseux a jusqu’à présent donné les meilleurs résultats contre les incendies de pétrole : on projette à la surface du liquide enflammé une nappe d’écume contenant un gaz neutre qui isole le combustible de l’air et amène l’extinction.
- On emploie en général le mélange de deux solutions :
- Procédé Ervvin :
- i10 solution : acide sulfurique.
- 20 solution : carbonate alcalin.
- Procédé Bartels :
- i10 solution : acide sulfurique.
- . 2e solution : bicarbonate de soude et racine de réglisse.
- Procédé William : 11'0 solution :
- Sulfate d’alumine. . . • . IO
- Acide sulfurique . . Eau •• . o,5
- 2e solution :
- Colle .... • . 1,25 . / o,5 H
- Glucose.
- Bicarbonate de soude. .
- Acide salicylique. . J . * 0,5
- Eau. *......
- Procédé Foamite Firefoam :
- Ce procédé produit une mousse abondante par dégagement de gaz carbonique ; le volume de mousse est S fois plus grand que le volume des solutions. Les solutions sont refoulées par deux pompes dans une chambre de mélange située à la partie supérieure du réservoir à éteindre. Des bouches d’incendie à deux tuyautages sont placées près des réservoirs pour l’emploi de lances.
- L auteur cite encore deux procédés : extincteurs Knock out (Bouillon frères, Paris) et Pyrène, sans indiquer les compositions des mélanges adoptés, sauf pour les petits appareils à tétrachlorure de carbone, construits pour les autos.
- Les appareils domestiques électriques aux Etats-Unis. Depuis quelques années, les appareils ménagers fonctionnant électriquement prennent aux Etats-Unis un développement considérable. Voici d’après la revue i'Jlectrical World quelques chiffres
- Machines frigorifiques.
- Chauffe-eau...........
- Machines à repasser .
- Cuisinières électriques Radiateurs ......
- Percolateurs ...
- Ventilateurs..........
- Machines à laver . . .
- Grils à pain............
- Aspirateurs de poussière Fers à repasser.........
- , 000.000 . 000. U()( » .5oo.000 000.000 .000.000 ,000.000
- La production de l’or au Canada. — La production de l’or a augmenté régulièrement pendant les dix dernières années, principalement en raison de la découverte des gisements aurifères de l’Ontario septentrional. La production continuera à croître pendant quelques années, non seulement parce qu on développera les mines récemment exploitées, mais encore en raison de la découverte de nouveaux champs à Rouyn, dans l’ouest de la province de Québec et dans la région du Red Lake, dans l’ouest de l’Ontario. Le Canada a produit, en 1925, i. 740 386 onces de métal fin valant 7 392 528 livres sler-lings; 84 pour 100 environ de cette quantité proviennent des mines de Porcupine et Kirkland Lake, dans l’Ontario septentrional et 1.3 pour 100 de la Colombie britannique.
- Depuis 1858, le Canada a fourni pour 119 335 559 IL. sterl. d or. Alors que la production de l’or a diminué dans le monde depuis 1912, elle a augmenté régulièrement au Canada et celui-ci occupe maintenant le troisième rang avec une production journalière d’environ 100 000 liv. sterl. qui augmentera encore pendant quelques années.
- Les découvertes faites l’été passé dans la région du Red Lake permettent d’augurer de nouvelles découvertes en raison de l’immensité des terres qui n’ont pas encore été prospectées et reposent sur des roches cristallines de la nature de celles dans lesquelles on a trouvé le métal précieux.
- La production du diamant dans la Guyane anglaise. — Depuis 1890, un gisement important est exploité, celui de la rivière Mazaruni, qui a été étendu aux rivières Kuribrong Cuyuni, puis à la Berbice River en 1925. La plus belle qualité est celle des diamants de la Mazaruni River. Le diamant se trouve accompagné de tourmaline et de sable fin constitué surtout par de l'ilménite avec des minéraux Eerro-magnésiens et de l’or en plus ou moins grande quantité. Les méthodes d’extraction sont encore primitives et un essai d’introduction de machines en 1924 na pas eu de succès auprès des travailleurs qui préfèrent le travail des sables à la main.
- La production en 1920 s’est élevée à 188 207 carats valant 4057285 dollars, contre 184571 car-ats pour 4097437 dollars, en 1924. En 1928 on avait extrait 214747 carats, valant 4958466 dollars.
- Une note du Journal of the Royal Society of Arts (3 septembre 1926) signale qu’il y a sans doute pour l’avenir d’intéressants gisements à étudier dans ce pays.
- Production et consommation de l'arsenic aux Etats-Unis en 1925. — Les Etats-Unis trouvent dans leur sol de l’arsenic qui est activement exploité, mais par contre ils utilisent une quantité de cet élément qui s’accroît d’année en année, pour la lutte contre les insectes parasites des cultures.
- M. Victor Heikes, du Bureau des Mines, a indiqué que
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- INFORMATIONS
- quatre compagnies américaines produisent de l’arsenic : American smalting and refining company; Anaconda Cooper Mining C5 ; Jardine mining Cy; United states melting Cy. Ces sociétés fabriquent 12 000 tonnes d’arsenic valant de 3 à 6 cents la livre.
- Cette production intérieure est loin de suflire : une quantité de 9000 tonnes a été importée en 1925, venant du Mexique, d Allemagne, un peu du Canada, du Japon, de la Rhodésie.
- La quantité employée en 1925 en bouillies à base d’arséniate de chaux, contre les insectes, semble être de 29 000 tonnes d’arsenic. (Industrial and Engineering Chemistry, février 1926.)
- Production mondiale du riz. — Un nouveau périodique, Riz et riziculture, vient d’être consacré aux questions rizicoles par l’Agence générale des Colonies et le Comité d’encouragement aux recherches scientifiques coloniales. Dans son plus récent numéro, il donne, d’après le Bulletin de statistique agricole et commerciale, les résultats de la récolte de 1925 dans l’hémisphère nord, de 1925-26 dans l’hémisphère sud, comparés aux superficies des rizières.
- Pays Superficie eu milliers d hectares. Récolte non décortiquée en milliers de quintaux.
- Europe 200,0 9.507,2
- Etats-Unis 365,8 9,93 ï, 7
- Ceylan 325,0 2.5oo,0
- Inde britannique, . . . 32.965,6 474-999)7
- Indochine 5.072,0 57.620,0
- Japon, Corée, Formose. 5.160,3 146.5o8,7
- Philippines O O O 12.800,0
- Siam 2.700,0 49-472)7
- Java et Madura . . . , . 3.307,0 47.652,0
- Madagascar 520,0 10.400,0
- Totaux. . . . 32.315,9 818.392,0
- Les surfaces cultivées ont augmenté d’environ 160/0 depuis la guerre. Par contre, les rendements ont peu augmenté : de 14 quintaux par hectare dans la période 1909-1913 à 16 en 1924 et 15,6 en 192a.
- Sous-produits des coques d’arachides. —• M. G. de
- Belsunce, chimiste de l’Institut colonial de Marseille, a essayé d’appliquer aux coques d’arachides le procédé Meunier pour l’hydrolyse des matières cellulosiques par l’acide sulfurique étendu et la vapeur à haute pression.
- Les Matières grasses donnent le résultat de deux de ses essais, dont le compte rendu est publié par le Bulletin des matières grasses de l’Institut colonial de Marseille (1, 1926).
- Ces résultats sont des plus importants. Les traitements ont donné pour cent de matière sèche.
- En 3o minutes. E11 60 minutes.
- Sucre 21.8 % i5.8 °/(
- Acide acétique 2 26 4.38
- Furfurol 2.42 2.66
- Acétone 0.155 0.47
- Autres substances solu-
- blés dans l’éther. . . 0.755 1.68
- Le sucre obtenu est entièrement fermentescible. Le résidu, constitué surtout par de la lignine, est suffisant pour assurer comme combustible tous les besoins de ce traitement.
- Le Lautal. — C’est un alliage d’aluminium, de silicium et de cuivre, qui a été signalé par Chimie et industrie (août 1925). La résistance de cet alliage atteint 38 à 42 kg par mm2 avec un allongement de , 18 à 23 pour xoo. Quand on le chauffe, sa résistance diminue jusqu’à 3oo°, puis, remonte jusqu’à 35 kg à 5oo°.
- Forgeable vers 460-480°, soudable, résistant mieux que l’aluminium aux actions chimiques et à l’eau de mer, etc., de densité 2,74 (aluminium 2,52), sa conductibilité électrique est plus faible que celle de l’aluminium (moins de 40 pour 100 de celle de l’aluminium).
- Action nuisible de la paille et des débris végétaux sur la croissance des plantes. — A la Station expérimentale agricole de l’Etat de New-York, M. Collison a poursuivi d’intéressantes expériences en vue de déterminer les catuses de l’action très nuisible qu’exercent sur la~
- végétation, et plus encore en terrains sablonneux qu’en terrain argileux, la paille et autres débris végétaux riches en carbone, récemment enfouis dans la terre.
- M. Collison a reconnu deux causes principales : d’une part, une action toxique directe, non encore signalée ; d’autre part, la concurrence biologique entre les microbes du sol et les végétaux, pour la nourriture azotée, concurrence que l’on corrige en donnant aux plantes, au premier moment de leur existence, une alimentation azotée suffisante, sous forme de nitrate.
- L’action toxique serait due, principalement, à la production dans le sol d’acide salicylique, d’acide dihydro-stéarique et de vanilline. La présence de ces diverses substances dans les sols est démontrée chimiquement.
- La technique particulière préconisée consiste en la stérilisation des graines, soit par le nitrate d’argent en solution de i/3oo N, soit par le chlorure de chaux et l’alcool.
- Considérant que la mise en œuvre de ces procédés de stérilisation est assez délicate, M. Collison estime, que l’on peut réaliser des cultures réussissant fort bien en se bornant à renouveler, une ou deux fois par jour, les liquides nutritifs mis en contact avec les plantes, procédé plus pratique. Henri Blin.
- Un nouveau canon aux Etats-Unis. — C’est celui du San-Juan River, affluent gauche du Colorado, qui n’a été complètement exploré qu’en 1921, par l’expédition Trumble, à propos d’un projet de barrage monstre (de plus de 200 m. de hauteur sur le Colorado). Yisité en partie dès 1893 par B. Loper, il ne fut complètement descendu en bateaux que de juillet au 3 octobre 1921. Dans le Sud-Est de l’Utah, sa longueur est de 214 km. (101 seulement à vol d’oiseau à cause des sinuosités). Les escarpements de ses falaises de grès et calcaires atteignent jusqu’à 800 m. de hauteur. Au voisinage de la Réserve des Indiens Navajo, il est complètement inhabité, très aride et plein de sites extraordinaires : roches pédonculaires sur les crêtes — Balance-Rocks, ponts naturels sur des fissures —Baumes excavées dans les parois. Ses crues, formidables, développent de véritables vagues de sable. La monographie descriptive et géologique en a été publiée en 1924 par M. H. D, Miser, The San Juan Canyon, U. S. Geological Survey, n° 538, avec de fort belles illustrations.
- Les îles Kerkenna (Tunisie). — Ces îles, situées sur la'côte Est de la Tunisie à environ 20 km de Sfax, sont maintenant dotées d’un service régulier établi par la Société française d’entreprises maritimes.
- Sept îles ont une superficie totale de 120 km2. Elles ressemblent à des îlots polynésiens, avec une petite mer intérieure, une chaussée sous-marine. Des ponts romains, une forteresse espagnole sont les traces d’une colonisation ancienne. Actuellement, on y compte environ 20000 habitants. Le climat est tempéré, agréable, même pendant l’été, à cause de la brise du large.
- Ces îles sont recommandées par le Bulletin de l’Office du Protectorat français en Tunisie (juillet 1926) pour des séjours d’hiver, des voyages de tourisme. Elles sont riches en gibier et comme pêche. Avant (que ces îles ne deviennent cosmopolites, il doit être en effet intéressant de visiter un coin de l’Afrique du Nord qui paraît-il est presque intact.
- Émanations du lièvre au gîte. — Souvent des chasseurs se plaignent de ce que leurs chiens d’arrêt, bien que d’excellente souche, n’arrivent pas à arrêter, même à bon vent, un lièvre au gîte. Ce fait s’expliquerait par la faculté qu’a le petit gibier, aussi bien perdrix et faisan sur le nid que lièvres et lapins au gîte, de concentrer les émanations corporelles et d’en réduire le rayonnement par une immobilité complète. On suppose même que les émanations sont concentrées sous l’animal, ce qui expliquerait dès lors les poses presque toujours les mêmes que prend le gibier blessé quand il se cache, essayant de dissimuler son odeuru
- Cours public de photographie. — Le cours en vingt leçons, confié à M. Ernest Cousin par la Société française de photographie, se rouvrira pour la 27° année, le lundi 10 janvier 1927 à 9 heures du soir, pour être continué les lundis suivants à la même heure, dans l’hôtel de la Société, 51, rue de Clichy, à Paris. Les dames sont admises. *
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- *> Travaux d'amateur ^
- La pose des vitres. — On peut réaliser une économie intéressante lorsqu’on remplace soi-même une vitre brisée :
- On achète le verre nécessaire chez un marchand de vitres : les dimensions courantes dans lesquelles on trouve les feuilles ont en moyenne une surface d’un demi-mètre carré. On trouve aussi 69 X 66 cm ; 75 X 60 ; 90X 61, etc. Lorsqu’on a besoin d’une quantité importante de vitres, on achète les feuilles de verre par caisse. Lorsqu’il s’agit d’un format peu courant, qui nécessite une coupe difficile, on le fait tailler par le fournisseur.
- Pour les vitres ordinaires, on emploie du verre blanc, qui existe en trois épaisseurs : verre simple, verre demi-double et verre double. C’est généralement le verre simple qu’on emploie pour les fenêtres et les portes. Les autres qualités sont surtout utilisées pour les toitures et les vitrages d’escaliers, en raison de la résistance qu'ils offrent. Il existe également d’autres variétés de verres : verre dépoli, verre cannelé, strié et verre coloré. Ces dernières qualités sont utilisées pour les cloisons ou les toitures.
- Le verre dit cathédrale, ou verre martelé , offre une grande résistance mécanique.
- Lorsqu’il s’agit de remplacer un carreau, il faut d'abord enlever les parties qui adhèrent encore, ainsi que le mastic et les pointes.
- On prend la glace avec une pince ou avec les mains, à condition de se protéger les doigts avec des chiffons. Les pointes n’ont pas de tête, leur longueur est de 18 millimètres. Pour les enlever, on utilise des tenailles.
- Le mastic est retiré en grattant avec le couteau à dc-mastiquer (fig. 1, IY). La lame est épaisse, de sorte qu’on peut frapper dessus avec le marteau, en prenant la précaution de ne pas entamer le bois, mais en dégageant complètement, la feuillure et en enlevant tout le mastic qui reste. Si l’on n’a pas de couteau à démastiquer, on peut prendre un couteau de cuisine, à lame robuste, par exemple celui qui sert à ouvrir les huîtres.
- Pour retirer le mastic qui reste adhérent, il suffit de passer à plusieurs reprises un peu d’acide sulfurique avec un morceau de chiffon fixé à l’extrémité d’une petite baguette de bois. Le mastic une fois ramolli se gratte facilement. On peut également appliquer de l’ammoniaque au lieu d’acide sulfurique, mais il faut attendre 3/4 d’heure environ pour que le mastic soit suffisamment mou.
- Dès qu’on a dégagé parfaitement là feuillure, c’est-à-dire l’endroit où le carreau viendra s’appliquer, on mesure exactement les dimensions du verre à remplacer, mais il faut tenir compte du jeu nécessaire pour que la vitre puisse rentrer librement sans forcer, ce qui déterminerait la casse. On prend généralement une tolérance de 4 mm sur la hauteur et sur la largeur.
- On prend le verre par l’extrémité des doigts pour le manipuler, en évitant que la tranche du verre touche la paume de la main.
- Quand on pose le verre à plat sur une table, on met au préalable du papier en plusieurs épaisseurs, par exemple des journaux, ce qui évite tout porte-à-faux et tout choc.
- Après s’être assuré que le châssis où le verre doit être placé est bien régulier, c’est-à-dire que les côtés sont parallèles deux à deux, on trace à l’encre ou à la craie sur le verre la forme à obtenir, et l’on coupe le
- verre au moyen d’une règle épaisse, plate, que l’on peut facilement maintenir en appuyant avee la main. On déplace alors, contre la règle, le diamant ou la molette.
- Le diamant est évidemment plus pratique, mais son prix est élevé si l’on veut un appareil bien emmanché. Le coupe-verre à molette, acheté à un fournisseur sérieux et non à un camelot, est suffisant pour un amateur (fig. 1, I).
- En déplaçant l’outil sur le verre, on tient compte de l’épaisseur de la tête de l’outil, de manière que la molette suive exactement la ligne indiquée. Il faut appuyer d’une manière constante et égale tout le long du trait et il doit se produire sur le verre un crissement qui indique que l’outil mord dans la matière. Il ne faut pas se contenter de rayer le verre, il faut qu’il soit coupé, ce dont on s’aperçoit lorsque le trait est transparent et que les bords ne sont pas effrités mais nets.
- On détache ensuite la partie en trop. Généralement c’est une bande étroite si l’on a bien choisi la dimension de la feuille correspondant au carreau à placer. On
- maintient immobile la feuille de verre et on prend la bande par un petit côté, entre le pouce et l’index, au besoin si la bande est étroite on utilise une pince plate ou un grugeoir, pièce d’acier qui présente sur son grand côté des entailles de largeur variable (fig. 1, Y).
- S’il s’agit au contraire de couper en deux parties sensiblement égales une grande feuille, onia déplace jusqu’à ce que la partie à détacher déborde tout entière de la table; on tient cette partie avec la main et on frappe en dessous avec la tête du coupe-verre, tout le long de la coupe. Le verre se détache souvent sans pression, même du pouce. Dès que le verre est coupé, on le présente dans la feuillure, afin de constater s’il ne coince pas, ce qui exigerait la coupe d’une petite bande mince pour mettre la feuille à la dimension voulue.
- Le carreau mis dans sa feuillure doit être maintenu au moyen de pointes de vitrier sans tête. Pour cela on applique la pointe perpendiculairement à la feuillure, donc parallèlement au verre, mais on la laisse à une distance de 1 mm au moins du carreau.
- Dans cette position, on l’enfonce dans le bois. On utilise un marteau spécial à fine tête ; on peut employer également un marteau de tapissier, mais le marteau ordinaire qui sert dans l’ajustage n’est pas pratique, car sa tête est bombée et il n’aurait pas une. bonne action sur les pointes sans risques pour la vitre. Le marteau de vitrier a des arêtes nettes et vives (fig. 1, II).
- Lorsque la pointe est enfoncée aux a/3, parfaitement perpendiculaire au bois, on la rabat doucement sur le carreau en frappant sur-la tête avec précaution, bien entendu, pour ne pas forcer contre le verre.
- On place ainsi les pointes à raison d’une pointe sur chaque côté du châssis. Pour de très grandes vitres, dont une dimension a plus de 5o cm, on met plus de pointes que pour les autres, mais elles sont placées à une distance entre elles et des angles de 3o cm au moins.
- Il ne reste plus qu’à mettre du mastic. C’est une pâte consistante formée de blanc de Meudon ou de blanc d’Espagne, ou bien dé craie en poudre qu’on mélange à l’huile de lin.
- On peut préparer du mastic en prenant de la craie pure en poudre, tamiséo. On prépare un tas de la même manière que pour faire du mortier et au centre on verse l’huile de lin. On triture, on remue avec une baguette de bois ou mieux encore avec un couteau à broyer la
- Fig. 1. — Outils nécessaires pour la pose des vitres.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- couleur. Il faut qu’il n’y ait ni grumeaux, ni parties résistantes. Parfois on ajoute un peu de siccatif pour que le mastic prenne facilement ; on peut également incorporer une petite quantité de savon noir, ce qui facilite la conservation qui, d’ailleurs, se fait par immersion dans l’eau.
- En ajoutant des couleurs minérales en poudre on peut avoir du mastic coloré. On le prépare quelques jours à l’avance et il doit être gras et doux au toucher.
- Pour étendre le mastic et empâter la feuillure par petits coups, on commence par pétrir le mastic entre les paumes des mains, ce qui lui communique une mollesse favorable à son adhérence. Un couteau flexible, dit feuille de laurier ou feuille de sauge, est utilisé pour placer le mastic dans la feuillure et le forcer à bien pénétrer (fig. x, III).
- On charge d’abord ainsi une couche et en inclinant la lame, en faisant glisser la pointe sur le fer tranchant qui se guide sur l’arête du châssis, on lisse le mastic et on enlève l’excédent. Le lissage s’effectue dans le sens inverse de la pose du début.
- On ne doit pas vouloir parfaire le lissage avec le doigt, il faut laisser le petit talus formé bien régulier, obtenu avec la lame. Son inclinaison est telle que de l’extérieur on n’aperçoive pas d’épaisseur de matière. Celui-ci doit affleurer à peine la hauteur de la feuillure.
- Si l’on n’a pas de couteau feuille de sauge, on peut employer un couteau ordinaire, mais, pour empâter la feuillure, le mastic sera roulé sous forme de petit boudin que l’on écrase dans l’angle.
- Il faut laisser ensuite le temps au mastic de sécher avant de manœuvrer comme à l'habitude la porte ou la fenêti'e sur laquelle on a remplacé une vitre. La peinture passée sur le mastic augmente sa résistance.
- Si l’on doit placer un verre dépoli, généralement la face dépolie est placée à l’extérieur, mais si l’on veut que le dépoli se trouve du côté de l’intérieur, le contact du mastic provoque là formation de taches On les évite en frottant avec un oignon cru le côté dépoli ou gravé qui touche le mastic. Pour les vitres dépolies, d’ailleurs, il faut prendre des précautions afin que les mains ne touchent pas le dépolissage pendant la pose. Aussi on encolle au préalable la vitre dépolie ; sur l’encolage se fixent toutes les crasses et les taches qui partent lorsqu’on enlève l’encolage, à la fin du travail.
- Il est d’ailleurs facile de dépolir des vitres par des procédés simples, dont on a donné plusieurs fois des recettes dans la correspondance. Rappelons une formule qui consiste à préparer un enduit avec 5o gr. de blanc de céruse, d’huile de lin, d’essence de térébenthine. Lorsqu’on se sert de cet enduit, on ajoute au moment de l’emploi quelques gouttes de siccatif. On étend au pinceau le liquide épais obtenu
- La pose des vitres sur chàssisdeboisestdoncrelative-ment simple, elle ne demande qu’un peu de soin et de précautions. Il est plus délicat, par contre, de vitrer des châssis métalliques et particulièrement des toitures; nous indiquerons prochainement la manière de procéder pour ce genre de travail. P. M.
- <“Ecldirci^c «ssï$>
- Pour éclairer le fond d’un tiroir. — On peut avoir intérêt à éclairer le fond d'un tiroir, par exemple s’il s’agit d’un tiroir-caisse situé dans une partie d’un magasin où le jour ne pénèire pas facilement; quelle que soit la manière dont la lampe électrique qui éclaire le bureau se trouve placée, il est évident que le tiroir ne se trouve pas suffisamment illuminé.
- Comme il n’est pas nécessaire d’avoir un éclairage puissant, on peut employer une pile de lampe de poche, que l’on placera au fond du tiroir, sur l’un des côtés. Sur le meuble on fixe une pièce métallique munie d’une lame formant frotteur qui court-circuitera deux barrettes de laiton fixées sur l’un des côtés latéraux du tiroir.
- Ces lames de laiton pourront être encastrées dans une petite rainure pour ne pas gêner le fonctionnement du tiroir ; elles n’ont d’ailleurs pas besoin d’avoir une épaisseur très grande ; on peut prendre du laiton ou même du fer-blanc très mince, qu’on clouera sur le bois.
- L’une des lames est reliée à l’une des bornes de la lampe qui est montée avec son support à vis sur le fond du tiroir. L’autre borne de la lampe se rend à la pile. De l’autre pôle de la pile part un fil qui communique avec le second frotteur.
- Etant donné que les lames de laiton n’ont pas toute la longueur du côté du tiroir, on voit qu’il n’y a pas court-circuit entre les lames lorsque le tiroir est fermé ou presque, ou lorsqu’il est complètement ouvert. Par conséquent l’éclairage ne se produit que lorsque le
- Frotteurs
- KLames
- Frotteurs
- Fig. ?,-3. — Dispositif d’éclairage du tiroir.
- frotteur court-circuite les lames, c’est-à-dire si le tiroir est à moitié ouvert.
- Le fond est à ce moment éclairé par la lampe et ce petit dispositif, qui peut rendre de grands services, est particulièrement simple et économique à réaliser. ^
- *»> Objets utiles
- Le coquetier rationnel. — Qui n’a pas maugréé en savourant un œuf frais à la coque, contre le coulage du blanc, et même du jaune, le long de la coquille?
- Ce coulage est dû aussi bien à la maladresse du mangeur qu’au défaut d’équilibre de l’œuf auquel^ il est impossible de faire subir le traitement de Christophe Colomb.
- M. Bauhain, ohronométrier à Bordeaux — ces chrono-métriers ont toutes les audaces — vient de parer à cet inconvénient gastronomique par la création d’un coquetier ingénieux représenté par le croquis ci-joint.
- Cet instrument, qui aurait sûrement plu à Brillat-Savarin, se compose de deux parties symétriques, constituées chacune par un pied muni de griffes élastiques. Vous installez l’œuf sur un des pieds. Les griffes 1 immobilisent Vous le faites cuire dans .cettè position. Vous le retirez et le coiffez d’un autre pied muni de griffes identiques, mais disposé, celui-là, sens dessus dessous. Vous pouvez, sile cœur vous en dit, coiffer l’œuf avant de le faire cuire, ce qui évite toute manipulation à la sortie.
- 1" temps : 2' temps
- LYpnf un CMjuiliiiPO, I/æul est coûté ot prol a cire inanii'c.
- Fig. 4. — L'œuf en position.
- Vous enlevez alors la calotte de votre œuf au ras du pied dont les bords forment une sorte d’assiette ou de cuvette. Vous pouvez alors tremper sans ennui vos mouillettes. Le coulage est devenu impossible.
- C’est simple, commode, propre.
- Ce coquetier doit conquérir le monde ?... des mangeurs d’œufs à la coque! M. Bauhain, 3i, rue Esprit-des-Lois, Bordeaux, L. Reverchon.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OtL
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1927 (*)
- La comète découverte par M. Comas Sola, directeur de l’Observatoire Fabra, de Barcelone, et que, par suite d’une erreur de transmission télégraphique, on avait tout d’abord été amené à prendre pour une petite planète — voir le précédent Bulletin astronomique — est effectivement une comète. Dans L’Astronomie, M. Baldet iudique que la position de cet astre, le 4 novembre 1926, à 24° om o, au moment de sa découverte, était: Ascension droite = 2h56m36s,
- Déclinaison = -|- 603i'.
- Mouvement diurne :
- En ascension droite — — im 0%
- En déclinaison = -j- 3'.
- M. Merton, à Greenwich, a observé cette comète sous l’aspect d’une nébulosité de 120 grandeur, ayant un diamètre de une demi-minute et une condensation centrale.
- M. Ebell a calculé une orbite qui donne pour époque du passage au périhélie la date dix 14 mai prochain. La comète sera toujours éloignée de la Terre, mais se rapprochera beaucoup de Mars.
- I. Soleil. — En février, le Soleil continue sa marche ascendante vers l'hémisphère nord. Sa déclinaison, au début du mois, est de — 170 18'. Elle n’est plus que de — 8° 14' le 28. La durée du jour augmente rapidement. De gh22m le 1" février, cette durée est de ioh 52ra le 28. Ces chiffres marquent la durée de présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon,
- Le tableau ci-après contient l’heure du’ passage du Soleil au méridien de Paris. C’est le temps moyen à midi vrai. Ce renseignement est fort utile pour tracer la méridienne par l’ombre d’un fil à plomb.
- Heures du passage Heures du passa
- Dates. (T. U.). Dates. (T. D.).
- Fév. x" I 2b 4m i5‘ Fév. i5 I2h 4” (>7‘
- - 3- I2b 4” 3x‘ — 17 I2b 4“ 5o‘
- 5 I 2h 4” 44‘ — 19 I2h 4“ 4i’
- — 7 I2h 4“ 53! — 21 I 2h 4“ 29-
- — 9 I 2b 4“ 58' . —- 23 I2h 4“ i4‘
- — 11 I 2h 5“ x‘ — 25 X2b 3“57‘
- — i3 X 2b 5“ o1 — 27 I 2h 3“ 37'
- Observations physiques du Soleil. — On sait l’importance de l’observation physique" du Soleil et, chaque mois, nous insistons pour qu’elle soit suivie avec soin. Pour l’orientation des dessins et des photographies, des éphémérides sont indispensables. Les voici pour le mois
- de février. Les termes P, B0, L0 ont été définis au
- « Bulletin astronomique » du n° 2712.
- Dates. P B0 L0
- Fév. ier — 1 ‘°>9 — 6°,o • i5q°, 1 •
- — 6 — 13°, 9 — 6°, 4 93°,3
- — 11 — i5°,8 — 6°, 7 27°,5
- — 16 — 17°, 5 — 6°, 9 32i°,6
- — 21 — i90D — 7°,o 25 5°,-8
- — 26 — 20°,5 — 70,2 189°,9
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Voici la bonne période pour observer, le soir, la lumière zodiacale, surtout vers la ün du mois. L'Annuaire astronomique Flammarion recommande de l’observer après le crépuscule, à l’Ouest, du ier au 3, époque de la Nouvelle Lune, puis après le 22 et jusqu’à la fin du mois, à l’approche de la Nouvelle Lune suivante.
- La lueur anti-solaire, que l’on observe juste à l’opposé du Soleil, ne peut être recherchée que par les nuits extrêmement pures, sans clair de Lune, et en l’absence de toute lumière artificielle. L'Annuaire astronomique recommande de la rechercher vers minuit, le i*r, dans le Cancer ; le 28, toujours vers minuit (car à ce moment elle est à sa hauteur maximum au-dessus de l’horizon), autour de l’étoile p Lion.
- IL Lune. — Pendant le mois de février, les phases de la Lune, seront les suivantes :
- N. L. le 2, à 8h54m P. L. le 16, à x6b 18“
- P. Q. le 8, à 23b 54“ D. Q. le 24, à 2oh4am
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin sont exprimées (sauf exception indiquée), en Temps Universel, compté de oh à 24b à partir de minuit. C’est le temps légal en France,
- Age de la Lune, le i*r février, à oh = 28J,i; le 3, à ob == o1,6.
- L’àge de la Lune permet le classement des dessins et photographies de la Lune suivant l’éclairement variable du Soleil. Si l’on veut avoir l’âge de la Lune à une date intermédiaire, il suffit d’ajouter aux chiffres ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le xar ou le 3. Pour une heure donnée, ajouter en outre 01,0417 Par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 février, à ih. Parallaxe =60'42". Distance = 361 25o km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19, à i8h. Parallaxe = 54' 1". Distance — 4o5 940 km.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune : le i3 février = -j- 23° 25' ; le 27 février = — 23° 3i'.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 4 février, occultation de 336 B. Verseau (gr. 6,3). Immersion seule visible à 1911 i8m.
- Le 8, occultation de 147 B. Bélier (gr. 5,8), de 20h 3ira à 2Ih x2111.
- Le 9, occultation de 162 B. Taureau (gr. 6,3), de 20" 19“ à 2 xb 1 om ; occultation de 180 B. Taureau (gr. 6, x) de 23h 5gm à oh 44“ du 10,
- Le 13, occultation de 192 B. Gémeaux (gr. 6,3), de 191' 57“ à 2ih 19“.
- Le 18, occultation de v Vierge (gr. 4,2). Emersion seule visible à 19!l 31 .
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 2 et de la Pleine Lune du 16. Les coefficients de la marée, le 4 et le 5, atteindront 1,04 et i,o5.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de février.
- Mercure sera visible le soir à la fin du mois. Sa plus grande élongation se produira le 25, à 11 à x8°5' E. du Soleil. On pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant ou après l’époque de sa plus grande élongation. Dans les lunettes et télescopes, Mercure présente des phases analogues à celles de la Lune et c’est une observation très intéressante à faire dans ses périodes de visibilité.
- Vénus est un peu visible le soir, se couchant, à la fin du mois, deux heures après le Soleil. Elle va devenir de mieux en mieux visible, illuminant nos soirées de printemps.
- Phase de Vénus (portion éclairée du disque), le i5 février = 0,940.
- Mars sera en quadrature orientale avec le Soleil le 17, à 5h, encore bien visible,.dès l’arrivée de la nuit. Mais son diamètre diminue rapidement. II ne sera plus que de q" à la fin du mois. Les observations utiles, même avec de puissants instruments, vont bientôt cesser, Mars étant trop loin.
- Phase de Mars, portion éclairée du disque, le i5 février : 0,891.
- Jupiter devient de moins en moins visible, se couchant un peu plus d’une heure, après le Soleil. On pourra le recherclxer très près de l’horizon et essayer d’observer les phénomènes suivants produits par les satellites :
- Le 2, à i7h5om : II, O. f. ;
- Le 3, à 171117“,5 : III, E. f.
- Saturne sera visible le matin, se levant, le i5, cinq heures avant le Soleil. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil, le 26 février, à 23b.
- Pour observer Saturne, il n’est point nécessaire d’un instrument considérable. Une lunette deo”,o4 d’objectif, donc très petite, permet déjà de deviner l’anneau. Avec une lunette de om,075, on constate que l’anneau extérieur est plus foncé que l’intérieur. Une lunette de o“,io8 montre l’anneau intérieur ti’ansparent. L’observation des détails de la surface du globe est réservée aux grands insti'uments, ce quin’a rien d’étonnant si l’on songe que cette curieuse et mystérieuse planète circule en ce moment à 1 milliard 5oo millions de kilomèti’es de nous.
- Uranus est encore visible, dès l’arrivée de la nuit. Il se déplace au-dessus du groupe des étoiles 20, 24, 27, 29 des Poissons.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Àscen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à dit à sion et VISIBILITÉ
- UKVfllER Paris. Méridien de Paris (4) Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- 6 7h 17”' i2h 4m49! x6h54m 21h17® — i5° 5o' 32' 28" 8 Sagittaire
- Soleil . . . 16 7 0 12 4 54 17 10 21 56 — 12 35 32 25,2 Sagittaire , > »
- 26 G 42 12 3 47 17 26 . 22 35 — 8 5g 32 21,6 Capricorne
- 6 7 46 12 33 17 21 2x 42 - i5 47 5 0 Ô Capricorne
- Mercure. . 1 G 7 3G i3 0 18 24 22 48 — 8 19 5, (3 p Verseau >Le soir, à la fin du mois.
- J 2Ù 7 9 i3 8 *9 7 23 27 — 0 47 7,2 A Poissons
- G 8 8 13 18 18 28 22 27 — xi 17 10, G v Verseau
- Vénus . . . iG 8 52 i3 25 18 58 23 14 — G 26 10,8 p Verseau Un peu visible le soir.
- 26 7 34 i3 3i J9 27 2 3 59 — 1 19 11,0 29 Poissons ‘
- G 10 24 18 5 1 48 3 17 4 19 57 8,2 1aureau
- Mars. . . . 16 9 58 17 46 1 34 3 37 421 10 7>6 Pléiades Première partie de la nuit.
- 2G 9 34 17 28 I 23 3 58 4- 2217 7,o Pléiades
- Jupiter. . . 16 7 28 12 44 18 0 22 '34 —10 3 OO O ro Verseau Pratiquement inobserv.
- Saturne . . iG 2 4 6 3i 10 5g 1622 —19 34 14,8 v Scôrpion Le matin.
- Uranus. . . 16 8 G 14 1 19 56 23 52 — x 37 3,2 20 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. . iG iG 57 0 3 7. 9 9 -j- x3 26 2,4 v Lion Toute la nuit. Opp. le i5.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- On le trouvera à l’aide de ses positions que voici :
- • Ascension
- Dates. droite. Déclinaison. Diamètre.
- Février 6 23h 5o,n — 1° 49' *>// 0 , *2
- -- 16 2 3h 52m — 1° 37' — 1° 25' 3", a
- — 26 2 3h 54“ 3",2
- Neptune sera en opposition le i5 février, très près de l’étoile v Lion.
- Voici, comme pour Uranus, quelques ^positions pour le trouver :
- Ascension
- Dates. droite. Déclinaison. Diainètri
- vrier G 9h 53m -f i3°20' 2", 4
- 16 911 52” 4 i3° 26' 2", 4
- — 26 gh 5im -|- i30 32' . 2",4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le i°‘, à ih, Mars, en conj.
- Le 2, à i6h, Mercure, —
- Le 3, à i4h, Vénus, —
- Le 3, à i7h, Jupiter, —
- Le 5, à 6\ Uranus-;
- Le 5, à 14h, Vénus, —
- Le 9, à 5\ Mars,
- avec ô Bélier (gr. 4,5) à o° 8' S.
- — la Lune, à i° 3'N.
- — la Lune, à 2° 5i' N.
- — la Lune, à 3° 35' N. - la Lune, à 4° 44f N.
- Jupiter, à o° 3/ S.
- — la Lune, à 5° 3o' N.
- Le i3, à 121’, Mercure, en conj. avec Jupiter, à o° 8' S. Le 16, à iih,-Neptune, — — la Lune, à3°33/ S.
- Le 24, à 191’, Vénus, — — Uranus, ào°3o' S.
- Le-2.5,à oh, Saturne, — — la Lune, à oh 27' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 5 février, à oh5m; le 7, à 2oh54’";le 27,4 2 2h39m.
- L’observation des minima de cette curieuse et célèbre variable peut se faire à l’œil nu, avec la plus grande facilité.
- Etoiles filantes. — Le 16 février, radiant d’étoiles filantes situé par 74° d’ascension droite et -f- 48° de déclinaison, près de l’étoile a Cocher (Capella).
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le Ier février à 2 U, ou le i5 février à 2011, est le suivant :
- Au Zénith, presque 'exactement, se trouve (3 Cocher. Autour du Zénith, les constellations des Gémeaux, du Taureau, de Persée.
- A l’Est, le Lion est très haut. La Vierge émerge de l’horizon. Le Bouvier remonte.
- Le Sud est toujours resplendissant avec Ôrion, le Grand Chien, le Petit Chien.
- A l’Ouest descendent le Bélier, la Baleine et Pégase.
- ^Au Nord, Deneb (a du Cygne) frôle l’horizon. Le Dragon passe au-dessous du pôle. Eiu. Touciiet.
- VARIETES
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES : REINE DES PRÉS
- Cette plante qui, par l’élégance de son port, a mérité son joli nom de Reine des prés (Spirœa ulmaria L. ) Piosacées Spirées, est appelée, presque aussi souvent, Spirée Ulmaire, et répond, en outre, aux synonymes ci-contre : Ormère ou Ornière, Barbe de Bouc, Herbe aux Abeilles, Vignette, etc.
- Habitat. — On la rencontre communément le long des ruisseaux, dans les endroits humides, les bois, les prés, les haies.
- Description sommaire. — Plante vivace, herbacée, dépassant souvent x m. de hauteur. Tige rougeâtre, rameuse au sommet ; feuilles grandes, composées, vert rougeâtre en dessus, blond cendré et pubescentes en dessous, comptant 5 à 9 paires de segments inégaux dont le terminal est le plus grand et possède 3 à 5 lobes. Fleurs s’épanouissant de juin en août, blanches, petites,
- nombreuses, fugaces, très agréablement odoriférantes, formant à l’extrémité des rameaux de larges panicules corymbiformes.
- Culture. — La terre doit être riche et assez légère. La multiplication de la Reine des prés se fait de deux façons : par semis et par division des souches. On y affecte dans le Jardin familial un endroit placé à mi-ombre, frais ou faiblement humide; au besoin on le rend ainsi par un arrosage assez fréquent.
- Le semis est effectué en pépinière, en mars-avril et le repiquage en mai-juin ; quant à la division des souches, on peut l’entreprendre au printemps.
- Récolte et séchage. — La récolte des inflorescences ou sommités fleuries doit avoir lieu dès que les premières fleurs s’entr’ouvrent, mais surtout avant leur complet épanouissement qui a lieu en juin-juillet, car
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- VARIÉTÉS
- leurs pétales tombent facilement. On peut, également, selon les régions, récolter la plante entière et les feuilles mondées.
- La dessiccation des fleurs doit être menée rapidement pour empècber leur jaunissement, car, dans cet état, leur arôme primitif est légèrement atténué. La dessiccation des feuilles leur fait souvent prendre une teinte vert grisâtre.
- Composition chimique. — D’après Dorvault, les fleurs renferment du salicylate de méthyle, de l’acide salicy-lique, une huile essentielle composée surtout par de l’hydrure de salicyle et une faible quantité d’hélio-tropine. Soumises à la distlilation, les fleurs fournissent une essence presque entièrement composée d’aldéhyde salicylique. Fructus a trouvé que cette essence n’existe plus dans la plante sèche où elle est remplacée par de l’acide salicylique libre et par des salicylates alcalins et alcalino-terreux.
- Propriétés thérapeutiques. — Les fleurs sont tenues pour anti-catarrhales, sudorifiques et diurétiques par leurs dérivés salicylés, et amères et astringentes par
- RHUBARBE
- Il ne s’agit point ici de la vraie Rhubarbe officinale, la plus employée en pharmacie et dont la racine est fournie d’après quelques botanistes par le Rheum australè, tandis que, pour la majorité, elle provient, sous les noms de Rhubarbe de Moscovie et de Rhubarbe de Chine, du Rheum officinale et du Rheum palmatum.
- - La Rhubarbe de France, dont il est question, est le nom collectif sous lequel on range trois types : Rhubarbe ondulée, Rhubarbe Rhapontic, Rhubarbe à feuilles serrées, qui sont indigènes dans les montagnes de la Turquie d’Europe. Ces plantes sont classées parmi les rhubarbes médicinales et comme elles dans la famille des Polygonacées.
- Habitat. — Les rhubarbes ne croissent pas chez nous à l’état spontané, on les y cultive comme plantes médicinales, alimentaires ou ornementales.
- Description sommaire. — Plante herbacée, vivace, à feuilles radicales cordiformes très développées pouvant mesurer jusqu’à o m. 80 de longueur sur o m. 60 à o m. 70 de largeur, pourvues de longs pétioles diversement colorés atteignant parfois un diamètre de o m. 04 à 0 m. o5 et une longueur de o-m. 3o à o m. 40 qu’une culture spéciale augmente encore. Tiges grosses, cylindriques, creuses, s'élevant entre 2 et 3 mètres de hauteur et portant de courts rameaux garnis de petites fleurs verdâtres. Graines (akènes) à trois angles membraneux, ailés. 1 gr. en contient 35 à 60 et le litre pèse, selon la variété, 80 à 120 gr. Elles conservent leur faculté germinative durant trois ans. Racines fortes descendant ' dans le sol jusqu’à 1 m. ou 1 m. 20.
- Culture. — Les rhubarbes demandent une terre franche, fraîche, profonde, bien préparée et bien fumée, à l’exclusion des terres argileuses, très humides ou de qualité médiocre. Dans le Jardin familial, on leur accordera un coin frais et un peu ombragé.
- Multiplication.— On y procède de deux façons ; i° par drageons ou par divisions de la souche ; 20 par semis.
- Par drageons. — On les emploie de préférence au semis parce que celui-ci ne reproduit pas toujours fidèlement la variété. On prélève les drageons sur les plus beaux pieds, au début du printemps, lors de l’apparition des bourgeons, et on les met en pépinière jusqu’à ce qu’ils aient formé un bon chevelu. On les plante alors à demeure, à environ x m. ou 1 m. 5o en tous sens.
- Par semis. — On peut l'effectuer à deux époques :
- leur tanin. Elles sont utilisées dans la goutte, la gra-velle, les rhumatismes et les affections cardiaques. Leur action diurétique a été mise en lumière par Hannon, Guitard de Toulouse, H. Leclerc. Ce dernier dit en avoir obtenu d’excellents résultats dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu.
- Préparations pharmaceutiques. —. L’infusion est la plus employée à la dose de 10 à 3o gr. par litre, quantité que l’on prend en 3 ou 4 fois dans les 24 heures. On doit en faire un usage assez long, d’ailleurs, sans fatigue pour l’estomac. D’aucuns la prennent en guise de thé. Il faut avoir soin, selon Fructus, de ne pas employer d’eau bouillante pour l’infusion, la vapeur d’eau entraînant l’acide salicylique. Le Dr Leclerc recommande la température de 90°.
- Observations commerciales. — L’herborislërie a payé les prix suivants pour le kg des différentes parties de la Reine des pi'és : bouquets fleuris, 1 fr. 25 à 1 fr. 5o ; plante entière, 0 fr. 90 à x fr. ; fleurs en grappes, afr. 5o à 2 fr. 75 ; fleurs mondées, 3 à 3 fr. 5o ; feuilles mondées, 1,40 à 1 fr. 5o.
- DE FRANCE
- i° en août-septembre, en pépinière ou en terrine. Le plant repiqué en pot et hivex'né sous châssis froid est planté à demeure en mars-avril ; 20 de mars en mai. Le plant repiqué est mis en place à l’automne ou au printemps suivant.
- Les soins culturaux consistent en binages, sarclages, arrosages et labours pour entretenir la fraîcheur, et un paillis de feuilles sèches quand l’hiver est rigoureux. Il est.utile, parfois, de supprimer toutes les tiges florales pour empêcher l’épuisement de la souche,
- Récolte et séchage. — La récolte varie en raison de la partie de la plante, racines ou feuilles. Pour les premières, on l’entreprend à la fin de la ùf ou de la 5° année de plantation. Les racines nettoyées et pelées sont divisées en morceauxsde 8 à 10 cm que l’on expose à l’air pour faire évaporer une partie de leur eau, après quoi on les porte au séchoir. La l’écolte des feuilles peut commencer dès le printemps suivant la plantation et se continuer pendant 4 ans, au minimum, et même 10 ans si la plantation est bien entretenue.
- Composition chimique. — La rhubarbe renferme de nombreux principes dont les plus importants sont : des acides, chrysophanique, oxalique, malique, tannique, un glucoside, la chrysophane, de l’émodine, de la rhapon-licine, une matière colorante, etc.
- Propriétés thérapeutiques. — La rhubarbe est considérée, à petite dose, comme tonique et laxative, et, à haute dose, comme purgative.
- Préparations pharmaceutiques. — Elles sont les mêmes que pour les véritables rhubarbes, mais à une dose plus élevée. D’après le Dr H. - Leclerc, on peut presci’ire 0 gr. 5o à 1 gr. de poudre comme tonique, 4 à 8 gr. comme purgatif, en cachets ou sous forme de pilules ; o gr. 20 à 1 gr. d’extrait et 5 à 10 gr. de teinture.
- Emplois alimentaires. — Les rhubarbes de France médicinales sont susceptibles, bien qu’à un moindre degré, des mêmes emplois alimentaires que les rhubarbes cultivées spécialement pour les pétioles de leurs feuilles avec lesquels on prépare des tai'tes, des confitures et des compotes.
- Dans le cas où l’on voudrait les utiliser dans ce but, il faudrait, pour augmenter la longueur de leurs pétioles, mettre au printemps sur les pieds de rhubarbe un grand pot de jardin sans fond, un cylindre de poterie ou encore un petit baril défoncé. A. Truelle.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter sti-ictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des coi-respondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Mouiller, à Saint- Aubin Jouxte-Boul-leng. — L’appareil à rouleaux pour pédale d’accélérateur, décrit dans notre n° 2729, est construit par la Maison A. P. A., 17, rue Brunei, à Paris.
- D. E. C., à Rouen. — Vons pourrez vous procurer Us produits chimiques en question chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. 0. liages, à Constantine. — La chloropicrine est employée comme insecticide, à la dose de 5 à io grammes par mètre cube d’air, par pulvérisation, d’une solution alcoolique (alcool dénaturé). A ces doses,la chloropicrine serait, parait-il, sans action sur les couleurs des étoffes,
- ainsi que sur les métaux, mais nous ne saurions l’affir-mer. Vous trouverez de la chloropicrine au détail chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, et par grosse quantité en vous adressant au Commandant du Parc d’Artillerie, Fort d’Aubervilliers.
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- f>-
- Les revêtements des voies publiques de Paris, par L. Blette, 1 brochure, 114 pages, 20 fig. L. Eyrolle, éditeur, Paris, 1926.
- Le revêtement des chaussées est l’un des problèmes les plus angoissants de la voirie parisienne ; il a reçu au cours des âges des solutions diverses, qui conviennent plus ou moins, à notre époque. On en trouvera l’histoire dans la présente brochure dont l’auteur est chef des services techniques de la voirie parisienne ; on y trouve également la description des systèmes aujourd’hui en usage, les innovations mises à l’essai, la discussion des résultats obtenus, et l’on verra dans quel sens s’oriente aujourd’hui la Yille de Paris pour perfectionner ses chaussées tout en réduisant leur prix de revient.
- Duemila Grotte, par L. Y. Bertarelli et Eue. Boegan, in-8°, 494 P'» 370 ill., 800 plans et coupes et 2 cartes au ioo.ooo0. Milan, Touring-CIub italien, 1926. Prix : "5 lire.
- Superbe Ouvrage résumant tout ce qui concerne l’exploration des cavernes et donnant le catalogue descriptif et historique des abîmes, grottes et rivières souterraines du Carso italien (Istrie et Carniole), de Pola à Idria. D’après les anciennes explorations de Lindner (1840), Schmidl (i85o), Hanke-Marinitsch-Müller ( 1883 et s.) et les nouvelles recherches ( 1885 et s.) de la Societa Alpina Giulie de Trieste, et de
- , l’Associaz, XXX oct. 1919), les trois plus profonds abîmes mesurent 3o4 m. (Ivarna-Joma) et 029 m. (Trebiciano, tous deux sur le cours de la Recca souterraine) et 45o 111. (abîme Bertarelli). — La grotte de Postumia-Piuka-Adelsberg, depuis les récents travaux de 1918-1925 (Bertarelli, Perco, etc.), possède 16 lci-lom. de galeries connues; et même 23 avec celle de. Planina, où ressort la Piuka souterraine. La Grotte Géante près Trieste a la plus haute voûte naturelle du monde ( 136 m.) et contiendrait St-Pierre de Rome. A la perte de la Recca à St-Canziano on connaît 5 kilom. de galeries formidables et on a prouvé la communi-cationavec leTimavo (34 kilom.). Les abîmes dépassant 200 m. de profondeur sont au_nombre de quatorze. L’illustration du livre est admirable. (Voir La Nature n05 776, 1088, 1274, 1676, 1773, 1895, 1897, 2188, 2290, 2656, 2704.)
- Tes Sourciers et leurs procédés, par Henri Mager, 3° édition complètement refondue, 1 vol. in-8°, XX-352 p., 129 fig. Dunod, Paris. Prix : broché, 42 fr. ; relié, 5i fr. 80.
- Dans la première partie, l’auteur parle des anciens baguettisants et pendulisants ; il décrit les procédés qu’ont employés chacun des plus notoires sourciers depuis trois siècles. Dans la deuxième partie sont exposés les procédés de l’auteur qui recherche les eaux à l'aide de « détecteurs d’ondes » accordés sur des manifestations vibratrices des corps et notamment les eaux souterraines. Le livre, fort curieux, laisse une impression étrange d’interprétation inattendue des forces physiques.
- Au Maine et au Nouveau Brunswick, par G. Nestler Tricoche. 1 vol. in-8, 269 p., 8 planches, 1 carte. Pierre Roger, Paris. Prix: 14 fr. 40.-
- L’auteur, qui a vécu longtemps aux Etats-Unis et au Canada, nous promène dans les Etats du sud de l’embouchure du Saint-Laurent. Dans une suite d’anecdotes très agréablement contées, il fait connaître les
- habitants de ces régions dont beaucoup parlent encore français, note leur vie et leur pensée.
- Les Chambres d’agriculture, par Henri Rollet,
- 1 vol. in-8, 154 p. Librairie spéciale agricole, Paris, Prix : 20 francs.
- Au moment où vont avoir lieu les premières élections pour la constitution de ces organes consultatifs et professionnels des intérêts agricoles, l’auteur expose 1 histoire de leur création depuis les premiers projets de 1840 jusqu’à la loi de 1924 et compare leur situation à celle des organes analogues des colonies et de 1 étranger. Il pose de nombreuses questions sur leur rôle, leur action régionaliste, l’action d’un parlement professionnel, leurs rapports avec l’administration, tous problèmes fort délicats qui vont s’introduire dans notre organisation législative.
- De la durée des êtres vivants : facteurs qui relèvent ou abaissent l’énergie vitale, qui prolongent ou raccourcissent la vie, par Ed. Retterer. i vol. in-8, z88 p. Gaston Doin et Cio, Paris. Prix : 10 francs.
- L’homme ne veut point vieillir, ni mourir. De tout temps, il imagina des remèdes pour rajeunir et pour durer. Quelles sont les changements apparents et intimes qui causent la vieillesse? Est-ce la matière vivante qui dégénère ? Sont-ce les facteurs externes (milieu ambiant) ou les facteurs internes (sécrétions ou interactions des organes) qui déterminent le ralentissement et l’extinction des phénomènes vitaux ? L’auteur examine ces problèmes et rappelle les « règles de longue vie ».
- La Vache laitière, par P. Dechamrre, 3° édition revue et augmentée, 1 vol. in-16, 338 p., 2Ô fig. Librairie des Sciences agricoles, Paris. Prix : 20 fr.
- Livre de chevet dans lequel on trouve toutes les connaissances pratiques nécessaires au propriétaire de vaches f mamelles ; caractères, composition et altérations du lait; description des races bovines laitières; améliorationdes aptitudes parla sélection ; conformation de la bonne vache laitière ou beurrière ; rendement en lait et en beurre ; durée de la lactation ; hygiène de la vache et de l’étable ; régime alimentaire ; ration et ses qualités ; aliments destinés aux vaches laitières; stabulation et pâturage; la traite et ses différents aspects ; castration de la vache : maladies de la vache laitière et leur traitement.
- La Vénerie contemporaine, par le Marquis de Poudras.
- 2 vol. in-8°, 822 et 3o6 p., gravures sur bois de Paul Baudier, Emile Nourry, Paris. Prix : 44 fr.
- La Yénerie contemporaine termine la publication des œuvres cynégétiques du célèbre marquis. Après les romans, les contes et les nouvelles, il donne les chroniques dans lesquelles l’habile conteur a noté l’histoire de la vénerie française pendant les trois quarts du xix“ siècle. Cet ouvrage présente un intérêt technique de premier ordre, car il relate non seulement comment furent reconstitués les réserves et les équipages détruits par les troubles de la Révolution et de l’Empire, mais toutes les innovations cynégétiques qui marquèrent cette longue période si fertile en maîtres-chasseurs. Danà cette chronique vivante et spirituelle, l’auteur passe en revue toutes les personnalités qui ont tenu une place d’honneur dans la vénerie du xix° siècle. Parmi les régions particulièrement étudiées notons la Bourgogne, les Ardennes, le Béarn et la Gascogne.
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- INFORMATIONS
- LA NATURE
- CINQUANTE-QUATRIEME ANNÉE
- 1926
- DEUXIEME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- I. — INFORMATIONS.
- Acétone : fabrication par fermentation...................... 73
- Aciers spéciaux.................................................170
- Açores : tremblement de terre................................... 81
- Aéronautique : concours d’ouvrages.......................... 42
- — : 10e Exposition internationale......................... 2
- — : Salon................................................121
- Afrique occidentale française : travaux géographiques. ... 97
- Agriculture américaine et radio-diffusion.......................138
- — au Maroc : statistique.............................. 66
- Ailes d’avion : profils Joukowsky........................... 1
- Alcool méthylique : fabrication synthétique..................... 18
- Algérie : camphrier............................................. 74
- — : coton................................................ 34
- Allemagne : nouvelle école radiophonique....................122
- — : prostrés de la radiophonie........................... 42
- — : radiophonie.......................................... 42
- — : station nouvelle de T. S. F.......................... 18
- Alliages de métaux précieux.................................. . 137
- Amiante bleue du Cap............................................137
- Ammoniac synthétique dans les houillères françaises......... 73
- Ammoniaque : fabrication synthétique............................ 18
- Anatifes sur une bouteille......................................114
- Angleterre : nombre des auditeurs de T. S. F................ 18
- — : nouvelles longueurs d'onde des stations..............122
- — : progrès de la radiophonie............................ 50
- Antipodes : conflit des longueurs d’onde....................138
- Appareils domestiques électriques au États-Unis.................201
- Arachides : sous-produits des coques............................202
- Araignées : mues................................................178
- Arctique : expédition française.................................105
- Arménie : tremblement de terre..................................169
- Arsenic aux État-Unis...........................................201
- Assurances contre l’incendie en 1924 ....................... 98
- Australie : opossum............................................. 66
- Autochromes : hypersensibilisation.............................. 41
- Autodrome le plus grand du monde............................129
- Automobiles en France en 1925 ................................. 145
- Averse ou ondée?................................................. 9
- Aviation : formation des mécaniciens............................185
- — : néeesdté d’une école................................. 33
- — : raid Paris-Pékin...................................... 1
- — : sécurité.............................................177
- Avion : construction métallique............................... 17
- — : enseignements d’un accident..........................177
- — : profils Joukow ky pour ailes.......................... 1
- — : record d’ahitude..................................... 73
- — ; record du vol en ligne droite..............9, 33, 81
- — : stabilité............................................185
- Batraciens : longévité en captivité.............................114
- Beam System : extension en Angleterre...........................186
- Belgique : poste radio........................................... 2
- Béret basque : fabrication......................................146
- Betterave à sucre : culture en France....................... 53
- Bicyclette : nombre de pièces...................................162
- Bisons : réserves du Canada..................................... 66
- Blanchiment de la paille à chaises..........................157
- Bois de Boulogne : réserve zoologique...........................146
- Bois : exportations de Suède.................................... 26
- Bois résineux : distillation sur place..........................113
- Bouteille d’anatifes............................................114
- Brique de pavage................................................ 57
- Calais : phare ultra-sonore..................................... 81
- Camions à gazogènes.............................................. 9
- Camphrier en Algérie............................................ 74
- Canada : chutes Alexandra et Louise.............................. 1
- — : productiou de l’or............................. . 201
- — : réserves de bisons.................................... 66
- Canal de Panama : sécurité......................................145
- Canon nouveau aux États-Unis....................................202
- Caoutchouc en Cochinchine...................................... 186
- — : conférence internationale.............................178
- — : exposition internationale............................. 58
- — : pavage des ponts..................................... 154
- — : production aux Indes néerlandaises ........ 10
- Carte en relief de grande taille............................170
- Cartographie en Afrique occidentale française............... 97
- Chaises : blanchiment de la paille..........................137
- Charbon de bois : production et consommation en France. . 57
- — iodé en thérapeufique................................... 25
- Chemin de fer de Paris à Orléans : traction électrique ... 105
- Cheminée de 120 m. de haut.................................. 65
- Chiras : pain spécial...........................................162
- Chine du Nord : mission paléontologique française........... 90
- Chloropicrine : étouffage des cocons de vers à soie.........105
- Chlorure de calcium dans la prise de ciment.................145
- Chromage ou nickelage...........................................162
- Chutes Alexandra et Louise, au Canada....................... 1
- Ciment : prise aux basses températures......................145
- Cinéma et T. S. F...............................................122
- Club Alpin : commission des travaux scientifiques...........185
- Cochinchine : caoutchouc........................................186
- Cocons de vers à soie : étouffage par la chloropicrine. . . . 105
- Cocotier : culture.............................................. 34
- Colles d’esturgeon et de silure pour les vins............... 82
- Colles de poissons pour vins.................................... 25
- Combustible liquide : extinction des incendies..................201
- — solide dans un moteur à explosion.......................145
- Concours de fumivorité.................................18, 34
- — Lépine.................................................. 34
- — d’ouvrages sur l’aéronautique........................... 42
- Conférences contradictoires de T S. F.......................138
- — internationale du caoutchouc...........................178,
- — radiotélègraphique internationale : ajournement ... 26
- Congo belge : pygmées.........................................146
- — : radiodiffusion........................................ 42
- Congrès espérantisle en 1926 ................................... 10
- — international de zoologie.............................. 154
- — technique de la papeterie...............................138
- Conseil international de recherches............................. 65
- Conserves de sardines : commerce français.......................154
- Consommation de la viande en divers pays....................154
- Coques d’arachides : sous-produits..............................202
- Coton en Algérie.............................................. 34
- — en Syrie................................................ 58
- Cuba : cyclone..................................................161
- Cyclone à Cuba................................................ 161
- Daventry : nouveau poste d’émission............................. 42
- Dpport : nécrologie.............................................161
- Dépoussiérage des gaz de hauts fourneaux.................... 1
- Diamant : production dans la Guyane anglaise................201
- Diesel de 15 000 chevaux........................................ 97
- Dirigeable à enveloppe métallique...........................121
- Distillation des bois résineux sur place........................113
- École d’artistes radiophoniques. ...............................121
- — de navigation aérienne : nécessité...................... 33
- — radiophonique allemande.................................122
- Égypte : maladies parasitaires..................................137
- Énergie électrique : importations...............................162
- — : transmission par T. S. F..............................178
- Éponges tunisiennes........................................... 106
- Espéranto: Congrès en 1926............- . ................ 10
- États-Unis : appareils électriques domestiques..................201
- — : arsenic...............................................201
- — : canon nouveau.........................................202
- — : commerce de la radiophonie ............................ 2
- — ; émissions scientifiques............................... 90
- •— : groupement de Sociétés de T. S. F.................... 90
- — : lutte contre le gaspillage industriel.................114
- — : plus grandes villes...................................121
- Exposition internationale d’aéronautique......................... 2
- — — du caoutchouc......................................... 58
- — d’inventions à Saint-Étienne............................ 42
- Fécule : production et consommation. . ..................... 42
- Fer : Institut au Japon.........................................153
- Fermentations : pour les arrêter................................ 10
- Fez : industries marocaines......................................H3
- Fibres végétales : machine à extraire........................... 89
- Filet tournant pour la pêche dans le Tibre.................. 33
- Supplément au n* 2751 de La Nature du 25 décembre 1926.
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Floride : tornades...........................................
- Français et téléphonie internationale........................
- France : aufomobi’es en 1925.................................
- — : commerce des conserves de sardines.................
- — : culture de la betterave............................
- — : fluctuations des pêches maritimes..................
- — : lignes électriques à haute tension.................
- - : monnaie................................
- — : production et consommation du charbon de bois . .
- — : recensement de 1921................................
- Fumier artificiel et fumier d’étable.........................
- Fumivorité : concours..................................18,
- Gab'an : pétrole.............................................
- Gaspillage industriel : lutte aux États-Unis.................
- Gazogène à bois : tour de France.............................
- Gazogènes : camions..........................................
- — véhicules............................................
- Gouffre le tdus profond du monde.................
- Grusses : récupération.......................................
- Gravitaia....................................................
- Hauts fourneaux : dépoussiérage des gaz......................
- Hélium : solidification......................................
- — : transmutation de l’hydrogène.................H3,
- Hérédité dans la tuberculose.................................
- Hirondelles : élevage...............................
- Houillères françaises : ammoniac synthétique
- Hydravion géant..............................................
- Hydroélectrique : plus puissante mine du monde...............
- Hydrogène : transmutation en hélium....................
- Hypersensibilisation des autochromes.........................
- IIps IUrkenna................................................
- Incendie : assurances en 1924 .........................
- — : e.-ïlinclion.................................
- Indes : difficultés de la radiodiffusion.
- ~ : t. s. f........................ . ’ ' ; ; ; ; ; ;
- — néerlandaises : production du caoutchouc
- Inventions : exposition à Saint-Eiienne......................
- Irlande : nouvelles stations d’émission......................
- Irrigation dans le sud-est. ...........................
- Japon : InUitut du fer................
- — : population...............................
- Jonkowsky : profi's pour ailes d’avion.................
- Jupiter et Mars : nouvelles............................
- Kerkenna : îles..................................
- Laine de pin...........................................
- Lampes à plaque de molybdène...........................
- Lautal..............................................
- Lévulose de topinambour .........................
- Licent (Père) ; œuvre............................
- Lièvre : émanations au gîte. .......................
- Lunes ébétriqués à haute tension en France.............
- Longévité des batraciens, reptiles et poissons en captivité .
- Longueurs d’onde : répartition.........................
- Machine à extraire les fibres végétales
- — à vapeur la plus puissante du monde..................
- Mal de terre.....................................
- Maladies pirasitaires en Égypte.....................
- Maroc : industries de Fez...........................
- — : phosphates...................................
- — : sladsUqne agricole........................
- M9rrakech : sécheresse................
- Mars et Jupiter : nouvelles.........................
- Martinets : élevage..............................
- Martinet : posé à terre, peut-il s’envoler?
- Maures : tortue............................
- Mécaniciens d’aviation : formation
- Mésange : nid dans une cloche signal.........................
- Métaux précieux : alliages.......................
- Météorologie : anomalies de 1926.......................
- — : transmissiori'de cartes par T. S. F................
- Monnaie française................................
- Mortalité infantile et naissances................
- Moteur Diesel de 15 000 ch......................."
- — à explosion à combustible solide. ...................
- Mues des araignées.........................
- Musée du tourisme et de la voiture...........................
- Naissances et mortalité infantile................
- Navigabilité du Rhône............................. ... ’
- Navires : direction par ondes herlziennes....................
- Navire-école pour le perfectionnement des ingénieurs . . . .
- Navires manharids lancés en 1925 ................... ’
- Nécrologie : Déport .......................
- Nickelage ou chromage......................
- 105
- 25
- 145
- 154
- 33 82
- 49 18
- 57 170 186
- 34 161 114
- 89 9
- 193
- 170
- 9
- 58
- 1
- 65 129
- 25 74 73 81
- 105 129
- 41 202
- 98
- 201
- 50 178
- 10
- 42
- 90
- 89 153 121
- 1
- 113 202
- 2
- 50
- 202
- 97
- 90 202
- 49
- 114 90 89 89
- 121
- 137
- 113
- 73
- 66 137 113
- 74 74 58
- 185
- 106
- 137 157
- 18
- 18
- 177 97
- 145
- 178 66
- 177
- 121
- 138 41
- 26 161 162
- Nid de mésange dans une cloche-signal de chemin de fer.
- Nnbd : prix.................................................
- Nouvelle-Zélande : opossum..................................
- Observatoires de Paris et Meudon : réunion..................
- Océans : or.................................................
- Ondes courtes et transmissions commerciales.................
- Ondée ou averse?............................................
- Opossum en Nouvelle-Zélande et Australie....................
- Orchidée : récolte..........................................
- Or des océans...............................................
- — production au Canada................................
- Ordures ménagères : destruction à domicile..................
- Paille : aciion nuisible..............................
- Paille à chaises : blanchiment..............................
- Pain pour chiens......................................
- Panama : sécurité du canal............................
- Pancréas : extraits et tannerie.............................
- Papeterie : Congrès technique...............................
- Parachutes............................................
- Paraguay : tornades.........................................
- Paris : nouveau poste d’émissien à grande puissance .
- Parquets insonores en pâte à papier.........................
- Passerelles simples et économiques.
- Pâte à papier : parquets insonores....................
- Pavage : brique.......................................
- — en caoutchouc sur les ponts.........................
- Pêche au filet tournant dans le Tibre.................
- Pêches maritimes : fluctuations en France.............
- Pêcheries et T. S. F..................................
- Pétrole de Gabian.............................
- Phare ultra-sonore sous-marin de Calais...............
- Phosphates du Maroc..............................
- Photographie : cours public...........................
- — : salon inlernational.........................
- — : salons internationaux..................
- Piézoélectricité et élude des vagues..................
- Pin : laine......................................
- Pluie de sang du 30 octobre........................... q'gg
- Pneumonie : vaccination à Madagascar........................
- Poires : conservation.................................
- Poirés : fabrication.............................
- Poissons : codes pour vins............................
- — : longévité en captivité......................
- Pôle Nord : mésaventures de la mission française
- Pommes : conservation............................
- Ponfs : pavage en caoutchouc..........................
- Population, du Japon..........................
- — de Serbie.............................
- Portrait de Gaston Tissandier.................
- Prix Nobel....................................... ,jgg
- Propriélés viticoles : morcellement en France
- Pygmées du Congo belge........................
- Radio-Belgique................................
- Radio-concerts sur ondes très courtes.........
- Radiodiffusion et agriculture américaine..............
- — au Congo belge..............
- —, en Piussie..............................
- — et spectacles.........................
- Radio-Paris : innovation du poste.............
- Radio-Paris : modifications des programmes Radiophonie allemande : progrès..................
- — anglaise : progrès............................
- — : commerce aux États-Unis................
- — : contrôle des émissions.................
- — et droits d’auteur....................
- — : école d’artistes.......................
- — et éducation..........................
- — aux Indes : difficultés.......................
- - aux manœuvres aériennes anglaises...............
- — : nouvelle école allemande....................
- — : publicité aux États-Unis....................
- — : récepteurs en location..............
- — : record mondial..............................
- — en Russie................................
- — en Suisse et Allemagne........................
- — : tendances de la construction................
- — transatlantique.......................
- Radiotélégraphie : ajournement de la Conférence internationale.
- — pir Btara System..............................
- — : transmission sur ondes courtes à longue distance ! '
- Radiotéléphonie dans les trains allemands Radio-Toulouse : programmes......................
- Radio Woild’s Fair de New-York...................
- Recensement de la France......................
- 106
- 109
- 66
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- 137 162 145
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Récepteurs automatiques publics.................................. 2
- Record d’altitude en avion...................................... 73
- — du vol en ligne droite en avion............9, 33, 81
- Récupération des matières grasses................................ 9
- Reptiles : longévité en captivité............................114
- Réserve zoologique : le Bois de Boulogne.....................146
- Rhône : navigabilité..........................................121
- — : navigation par touage................................129
- Riz : production mondiale....................................202
- Rucher : isolement...........................................154
- Russie : radiodiffusion........................................138
- — : radiophonie........................................... 2
- Salon de l’Aéronautique.........................................121
- Salon international d’art photographique........................114
- — de la T. S. F.............................. 26, 130, 178
- Sapindus........................................................ 58
- Sardines : commerce français.................................15 {
- Sauterelles : problème.......................................... 50
- Sécheresse à Marrakech..........................................137
- Secrétage : nouveau procédé.....................................105
- Sécurité de la navigation aérienne..............................177
- Serbie-Croatie-Slovénie : population............................ 26
- Soie artificielle : nouvelle usine..............................137
- Solidification de l’hélium...................................... 65
- Souches : distillation sur place................................113
- Stabilité des avions............................................185
- Suède : exportation des bois.................................... 26
- Suisse : radiophonie............................................ 42
- Synthèse de l’ammoniaque et de l'alcool méthylique .... 18
- Tabac artificiel en papier imprégné............................. 90
- Tannerie : extraits pancréatiques............................... 25
- Taupes minuscules...............................................146
- T. S. F. : auditeurs en Angleterre.............................. 18
- — et cinéma...............................................122
- — : conférences contradictoires...........................138
- — : contrôle des longueurs d’onde.........................178
- — et désastre de Floride..................................178
- — : développement de l’amateurisme........................ 98
- — : émissions scientifiques aux Etats-Unis................ 90
- — : émissions de la Tour Eiffel........................... 26
- — : groupement de sociétés aux États-Unis................. 90
- — aux Indes.............................................. 178
- — : lampes à plaque de molybdène.......................... 50
- — : licences de réception................................. 98
- — : nouveau poste d’émission de Daventry................ 42
- — : nouvel horaire d’émission de la Tour Eiffel...122
- — : nouvelles, 2, 10, 18, 26, 42, 50, 66, 90, 98, 121,
- 130, 138, l’,8, 186...................................194
- — : nouvelles longueurs d’onde des stations anglaises . . 122
- 11. — bCIENCE
- Accélérateur : pédale à rouleaux................................ 28
- Aéranalyseur.................................................... 83
- Amplificateur Maquet. ..........................................196
- Antpnne de T. S. F. : isolateur.................................164
- Anti-vol de bagages............................................. 12
- Attache-fil P. C................................................155
- Automobile pratique................................ 27, 43. 115
- Automobile : voiturettes et accessoires......................... 11
- Bagages : anti-vol.............................................. 12
- Boiseries : peinture............................................107
- Boulets de papier : confeclion..................................165
- Broyeur coll jÏ lal « Premier Mill »............................. 3
- Buffet de cuisine transformable................................. 84
- Burette automatique « Airène »..................................164
- Calculette...................................................... 52
- Carrelage d’une pièce........................................... 92
- Charrue automatique pour la petite culture...................... 91
- C'â-sis de jardin : fabrication................................. 67
- Cigarettes : étui-express.......................................108
- Ciment : impressions en creux...................................123
- Colloïdes : broyeur « Premier Mill »............................. 5
- Condensateur à disques de phonographe........................... 19
- Conduites en ciment : imperméabilisation........................125
- Corniches : peinture.........................................107
- Courant électrique : stroboscope pour reconnaître la nature . 179
- Crépine de pompe à clapet de retenue . . ,................... 59
- Débrayage en fieiriant.......................................... 43
- Débromsailieuse « La Landaise » . .............................. 91
- Distillation du mercure : appareil Hackspill et Sigot .... 179
- Eb ouissement : pour l’éviter...................................115
- Échelle : modification..........................................132
- éclairage du fond d’un tiroir...................................204
- Épouvantail à moineaux éloignant les sangliers ...... 124
- T. S. F. : nouvelles stations d’émissions en Islande. . .
- — : ondes courtes sur mer...............
- — et pêcheries.....................................
- — : réception au casque et en haut-parleur.........
- — : record des transmissions maritimes..................
- — : répartition des longueurs d’onde . .............90,
- — : salon.................................. 26, 130,
- — : station allemande nouvelle..........................
- — : stations sur très courtes longueurs d’onde........
- — : transmission de cartes météorologiques............
- — : transmission de l’énergie.........................
- Télémécanique sans fil : nouveau système...................
- Téléphonie internationale et française.....................
- Tissandier : portrait......................................
- Topinambour : lévulose.....................................
- Tornades destructrices en Floride et au Paraguay...........
- Tortue dans les Maures.....................................
- Touage sur le Rhône........................................
- Toulouse : programmes radiophoniques.......................
- Tour Eiffel : émissions....................................
- — : nouvel horaire....................................
- Tourbillons : nouvelle étude. .............................
- Tourisme : musée...........................................
- Traction électrique de Paris à Orléans.....................
- Trains allemands : radiotéléphonie.........................
- Transmutation de l’hydrogène en hélium.................113,
- Tremblement de terre aux Açores............................
- — — en Arménie........................................
- — — : observation..................................
- Tuberculose : rôle de l’hérédité...........................
- Tunisie : éponges......................................
- Turbogroupe de 160 000 kw..................................
- Ultra-sons : phare de Calais...............................
- Unions scientifiques internationales.......................
- Vaccination antipneumococcique à Madagascar................
- Vagues : étude piézoélectrique.............................
- Val on nées................................................
- Véhicules à gazogènes......................................
- Vent : utilisât ion en Algérie.............................
- Vers à soie : étouffage des cocons par la chloropicrine ....
- Verres antiques : composition et coloration................
- Vêtement fait en un jour...................................
- Viandes : consommation en divers pays......................
- Vie : coût en France et aux États-Unis.....................
- Ville des États-Unis : population........................... .
- Vins : collage par colles de poissons......................
- Vins : colles de poissons..................................
- Zoologie : Congrès international...........................
- APPLIQUÉE.
- Épurateur d’air............................................
- Étui-express. ... ....................................
- Filcoupe...................................................
- Graissage des automobiles : simplification.................
- Heure : transmission par régulateur électrique.............
- Humidité : mesureur........................................
- Imperméabilisation des conduites en ciment.................. .
- Impôts sur les automobiles : augmentation..................
- Impressions en creux sur ciment............................
- Interrupteur d’éclairage : repérage........................
- Isolateur pour antenne de T. S. F. ........................
- Jeu de courses « Serpentine »..............................
- Lampe à contrepoids........................................
- Lampes électriques « Niam »................................
- — à faible consommation..............................
- — multiples..........................................
- — de T. S. F.........................................
- Lanterne électrique arrière................................
- Machines à coudre : perfectionnement.......................
- Marmite Thermorapid........................................
- Marteau : pour l’emmancher.................................
- Mi rcure : appareil dDlillatoire Hackspill et Sigot........
- Méléorbation des ruminants : sonde.........................
- Mise en marche sans manivelle..............................
- Moineaux : épouvantail.....................................
- Moteur électrique domestique interchangeable...............
- Moteur électro-magnétique simple...........................
- Mouches : piège « Muscamor »...............................
- Murs : peinture...............'............................
- « Muscamor »...............................................
- Nettoyage des vitres : appareil à réservoir................
- Nouilhs : appareil à fabriquer.............................
- Outil pour desserrer qrt robinet...........................
- 90
- 178
- 122
- 66
- 194
- 194 178
- 18
- 98
- 18
- 178
- 26
- 25 106
- 97
- 105
- 58
- 129
- 186
- 26 122
- 17
- 66
- 105 2
- 129
- 81
- 169 49 25
- 106 89 81 65
- 186
- 65
- 74
- 195 41
- 105
- 185
- 170 154 195 121
- 25
- 82
- 154
- 45
- 108
- 52
- 115
- 187
- 83 125 156
- 123 136 164
- 84
- 187
- 188 195 195
- 195 43 20
- 163
- 196
- 179
- 85 28
- 124 5
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- »
- Pantoscopo.....................................................115
- Papier : confection de boulets.................................165
- Parapluie pliant minuscule.....................................188
- Pare-brise à hublot contre la pluie............................115
- Pare-brise: pour empêcher l’eau de séjourner................... 28
- Pare-suie et pare-étincelles................................... 68
- Parquets : pose................................................ 15
- Pédale d’accélérateur à rouleaux............................... 28
- Peinture des boiseries, corniches et murs.................... 107
- Peinture d’un plafond.......................................... 19
- Pentatron......................................................195
- Phares : comment éviter l’éblouissement........................115
- Piège à mouches.............................................. 124
- Pile au bichromate : construction..............................155
- Plafond : pour le repeindre.................................... 19
- Pneus : éclatement et accidents................................ 45
- Pommes : ramasseur............................................. 99
- Pompe : crépine à clapet de retenue............................ 59
- Pompe rotative Guinard.........................................155
- Porte : pour la remplacer soi-même............................. 44
- Radioélectricité : récents perfectionnements...................147
- Radiophonie pratique...........................................195
- Ramasse-pommes . .............................................. 99
- Réchaud électrique à bougies................................... 12
- III. —
- Régulateur électrique pour transmission de l’heure..........187
- Robinet : outil de desserrage...................................q80
- Rotule du levier de changement de vitesses : protection. . 27
- Roues pour autoî : meilleur type............................ 45
- Ruminants : sonde œsophagienne.................................. 85
- Serrure sans clé............................................... 80
- Servo-l'reins................................................... 27
- Sirop de sucre : appareil Mabille...........................J08
- Sonde œsophagienne pour ruminants............................... 85
- Soulève-roue automatique........................................ 59
- Stroboscope pour reconnaître la nature du courant...............179
- Tapissage des murs avec du tissu................................ 99
- T. S. F. : isolateur d’antenne..................................1G4
- — : lampes................................................195
- — : pour construire un condensateur avec des disques de
- phonographe................................................ [9
- Télérupteur Dargon..............................................123
- Tenture de tissu sur les murs................................... 99
- Tiroir : éclairage du fond......................................204
- Tissu : tapissage des murs...................................... 99
- Vitres : appareil à réservoir pour nettoyer.................... 43
- — : pose................................................. 203
- Voiturette automobile et accessoires „.......................... Tl
- Volants souples................................................. 27
- Le jardin familial des plantes médicinales (A. Truelle) :
- Consoude officinale............................................ 15
- Coquelicot..................................................... 15
- Coriandre...................................................... 45
- Cresson officinal.............................................. 45
- Fenouil officinal.............................................. 62
- Fumeterre officinale........................................... 63
- Gentiane jaune................................................. 85
- Lierre terrestre........................................... 85
- Marjolaine .................................................. 101
- Mauve sylvestre................................................101
- Mélilot officinal..............................................125
- Moutarde noire.................................................125
- Pavot blanc....................................................157
- Pensée sauvage.................................................157
- Safran médicinal...............................................165
- Pied de chat...................................................181
- Raifort........................................................181
- Reine des prés.................................................206
- IV. — HYGIÊ
- Purification spontanée de l’eau de boisson (Dr P.-F. Moruardt). 22
- La fièvre des fondeurs (R. M.).................................... 54
- La javellisation industrielle des eaux d’alimentation (J. Frémont) 70
- V. - RECETTES
- Le jardin familial des plantes médicinales (A. Truelle) :
- Rhubarbe de France.......................................... 207
- Nouvelles notes sur le rayon vert (Dr F. Santschi)........... 6
- La carpiculturc intensive (11. Blin)............................. 21
- Les psylles ou charmeurs de serpents (A. Feuii.lée-Bii.lot) . 29
- Bulletin astronomique (E. Touchet). 35, 75, 117,139, 171, 205 Evaluation approximative du prix d’une construction projetée
- (M. Bousquet)................................................. 37
- Enduits et vernis à l’acétate de cellulose (M. Deschiens) 53,
- 61............................................................ GO
- La mise à fruit des arbres improductifs (H. Blin)............ 93
- La nicotine et les insecticides en horticulture (II. Blin) . . . 109
- Pompes primitives en usage en Auvergne (J. Ciiataing) . . . 126
- Les utilisations du papier « Kraft » (H. Blin)...............133
- Les variations de l’hiver et de l’été dans la région de Paris
- depuis le milieu du xvm' siée1 e (E. Roger)...............141
- L’industrie des marrons glacés (II. Blin)........................173
- Sous-produits des bananiers (H. Couimn)..........................189
- Traitement des semences agricoles par l’électricité (A. Rolet) 197
- : ET SANTÉ.
- L’antagonisme des radiations (Dr Foveau de Courmelles). . . 77
- Eruptions cutanées dues aux fourrures teintes (R. M) . . . 102
- Est-il un antidote de l’acide cyanhydrique? (R. M.)..........142
- PROCÉDÉS UTILES
- Acide tartrique : extraction des lies........................ 79
- Arbres : mastics pour les plaies.............................110
- Bois à courber : ébullition ou trempage......................110
- Bois : mastic.................................................... 79
- Celluloïd: nettoyage du linge.................................... 46
- Chaussures : pour améliorer le cuir..........................135
- Chlorure de chaux contre les rongeurs et les insectes . . . 166
- Ciment : poussière des sols..................................166
- Conserves de crustacés : pour empêcher le noircissement . 190
- Courbage des bois : ébullition ou trempage...................110
- Courge siamoise, produit alimentaire.............................. 5
- Crustacés : pour empêcher le noircissement des conserves . 190
- Cuir des chaussures : pour l’améliorer.......................133
- Désincrustant : pétrole..........................................158
- Désodorisation des flacons de parfumerie......................... 46
- Emulsions panchromatiques : hypersensibilisation.................182
- Enduit ignifuge.................................................. 79
- Flacon de parfumerie : pour désodoriser.......................... 46
- Foudres : mastic pour obturer les portes..................... . 110
- Fourrures : pour les préserver des mites.....................189
- Gravures : transport sur verre pour projections.............. 9
- Greffe des arbres : mastic angevin...........................158
- Ignifuge : enduit................................................ 79
- Insectes : éloignement par le chlorure de chaux..............166
- Laines : pour les préserver des mites........................189
- Lies : extraction du tartre...................................... 79
- Limaces : destruction........................................... 150
- Linge en celluloïd : nettoyage................................... 46
- Lustrage des meubles......................................... . 110
- Mastic angevin pour greffe des arbres............................158
- Mastic pour le bois............................................. 79
- Mastic pour foudres.............................................110
- Mastic pour les plaies des. arbres..............................110
- Meubles : lustrage..............................................110
- Mites : pour préserver laines et fourrures......................189
- Mosaïque « Granito »............................................133
- Mouches : papier à la colophane. . ......................... 46
- Mouches : protection............................................ 50
- Nettoyage du linge de celluloïd................................. 46
- Noircissement des conserves de crustacés : pour l’empêcher. 190
- Odeurs et poissons............................................. 158
- Outils : formule de trempe......................................150
- Papier colle-mouches à la colophane............................. 4G
- Pétrole, désincrustant de chaudière.............................158
- Photographie : alfaiblisseur à l’iodurc de potassium .... 150
- Photographie : hypersensibilisation des émulsions...............182
- Phototypes : renforcement.......................................182
- Poissons et odeurs..............................................158
- Poussière des sols cimentés.....................................166
- Poux : destruction............................................. 110
- Projections : transport des gravures sur verre.............. 6
- Puces : destruction.............................................110
- Renforcement des phototypes ....................................182
- Ressemelages : pour les diminuer................................133
- Rongeurs : destruction..........................................158
- Rongeurs : éloignement par le chlorure de chaux.............166
- Tartrate : extraction des lies................................. 79
- Thé qui a servi............................................... 166
- Trempe des outils : formule.....................................150
- Wagons-foudres : mastic pour obturer les portes.................110
- Le Gérant : P Masson. — Imprimerie Lakvrk, rue de Fleuras, 9,- à Paris, — 1926.
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- 424 ----:=..::...= TABLE DES MATIERES
- 4. Travaux publics. — Art de l'ingénieur.
- Les petites mines d’anthracite du Briançonnais (L. Ri-
- gotard)..............................................159
- Déchargement hydraulique du charbon (E.-H. Weiss) . 186
- Méthodes de forage (H. Vigneron)......................352
- Manutention des blocs de béton dans les travaux des
- ports (E. Weiss).....................................351
- Silice soluble dans les ciments, mortiers et bétons . 207
- 5. Transports.
- Hautes compressions dans les moteurs à explosion
- (P. Ddmanois)...................................15, 20
- La voie ferrée Nice-Com (E. Toociie)...................118
- I a motocyclette carrossée (P. Mare'ciial).............207
- L’électricité dans l’aiguillage et la signalisation (A. Bour-
- gain)........................................ 209, 359
- L’alcool mélhylique comme carburant.................. 219
- Ventilation du tunnel de Mornay (E.-H. Weiss). . . . 238
- L’automobile au Sahara (Lieut. Demoulin)...............305
- Sous station de transformation sur wagon (P. M.). . . 316
- Les substituts de Vessence : -procédé Bergius et alcool
- mélhylique....................................... 45
- Possibilité de réaliser de hautes compressions sans anlidétonanls......................................123
- 6. Aviation et aéronautique.
- Moteurs d’avions à refroidissement par l’air ou par l’eau
- (J.-A. Lefranc)....................................... 20
- Soufflerie aérodynamique à densité variable (A. Toussaint). 72
- Traversée aérienne de l’Atlantique (J.-A. Lefranc) . . 216
- L’aviation économique pour tous (J.-A. Lefranc) . . . 279
- Fabrication et montage des avions à la chaîne (E. Weiss). 313
- Approvisionnement des avions en oxygène.174
- Où placer le véritable aéroport de Paris ? (J.-A. Le-fran )................................................392
- 7. Marine.
- L’aviation dans la marine de guerre (Gommand. Sau-
- vaire-Jouldan)..........................................170
- Le « Barbara b, navire à 3 rotors (R. Y.).................250
- Le rajeunissement de notre flotte de guerre (Commandant Sauvaire-Jourdan)...................................289
- KIN DES TABLES
- Le Gjérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris. — 1926.
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