La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- CINQUANTE-CINQUIÈME ANNEE 1927 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD [SAINT-GERMAIN
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- N° 2752,
- LA NATURE
- Voici LA NATURE sous la ’orme nouvelle que nous avions annoncée dans noire numéro du 20 novembre dernier.
- Ce premier exemplaire permettra de juger du progrès accompli. Que nos lecteurs, que nos amis encouragent notre effort, non seulement en restant fidèles à LA NATURE, mais en faisant connaître à ceux qui les entourent, aux jeunes notamment, les services qu'elle leur rend, l'intéré qu ils y trouvent.
- NOUVEAU PROCÉDÉ D'EXTINCTION DU COKE
- UNE NOUVELLE SOURCE D'ÉCONOMIES DE COMBUSTIBLE
- Le coke s’obtient, on le sait, en faisant distiller de la houille dans clés cornues closes, chauffées à des températures plus ou moins hautes. Les produits volatils se dégagent; ils constituent tantôt, comme clans la fabrication du gaz d’éclairage, le produit principal, tantôt, comme dans le cas du coke metallurgique, un sous-produit, le coke étant alors le produit essentiel. Dans tous les cas, le processus de fabrication reste le môme clans ses grandes lignes; quand la cuisson cle la houille est terminée, la masse cle coke est retirée incandescente cle la cornue et il faut la refroidir généralement par un jet_cl’eau.
- Jusqu’ici la chaleur ainsi emmagasinée dans le coke a été purement et sim-
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- S BIBUGTHIQUÊ”!
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- Déversement du coke incandescent
- Chaudière
- __ Sortie des gaz réchauffés
- VentHateuj
- Entrée des gaz froids
- Fig. 1. — Principe de 'Vextinction du coke h sec.
- Le eolce incandescent au sortir du four est placé dans une trémie.
- Un courant de gaz traverse cette niasse, s'v écliauffe et va à son tour chauffer une chaudière immédiatement voisine.
- plement perdue, et c’est là une perte considérable : elle représente par tonne
- cle coke, près de 350 000 calories, soit plus du tiers de fer des chaudières. Après quoi,
- l’énergie calorifique nécessaire à la carbonisation clu charbon. La récupération des calories perdues clans l’extinction clu coke présente donc un très grand intérêt. Si l’on songe aux masses énormes carbonisées aujourd’hui clans lesusines à gaz ou clans les fours à coke métallurgiques, on sc rend compte qu’il y a là un gaspillage d’énergie qui peut être évité, au plus grand bénéfice à la fois cle l’industrie et de la collectivité.
- Tel est le but clu récent procédé Sul-zer.
- Il utilise l’énergie calorifique contenue clans le coke pour produire cle la vapeur. Le principe est le suivant : on recueille le coke incandescent clans une trémie fermée. On y fait passer un courant cle gaz inoxy-dant qui s’échauffe au contact du coke et que l’on utilise ensuite pour cliauf-le gaz est refoulé par
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- un ventilateur et recommence le circuit en revenant à la trémie où se trouve le coke incandescent.
- Une installation d’essai a été faite à l’usine à gaz de Zurich, pour traiter 24 tonnes en 24 heures.
- Le coke qui sort des cornues de distillation 'était amené par un wagonnet jusqu’à la trémie de refroidissement.
- Un élévateur montait
- ce wag
- ;‘onnet à la partie supé-
- rieure de la trémie. Le coke y était déversé après qu’on eût enlevé une quantité égale de coke refroidi. L’appareil, en effet, fonctionnait toujours avec un chargement complet.
- A la hase de la trémie se trouvait un caisson qui l’entourait çt un ventilateur refoulait à la base de celle-ci le gaz inerte pris à la partie inférieure des carneaux; de la chaudière, c’est-à-dire un mélange d’azote et d’acide carbonique.
- Ces gaz se réchauffaient en circulant à travers le coke incandescent ; ils repassaient à travers la chaudière et étaient repris par le ventilateur et ainsi de suite.
- L’ensemble était contenu dans une caisse en béton armé qui assurait l’étanchéité et l’isolement. La trémie comportait un garnissage en terre réfractaire doublée d’une enveloppe isolante, un dispositif spécial évitait les accrochages du combustible à la sortie.
- La température du gaz qui sort à la partie supérieure pour aller dans la chaudière est variable ; on peut estimer qu’en moyenne elle est de 700°. Il s’établit d’ailleurs un régime en fonction des intervalles de chargement.
- A la sortie de la -.chaudière, les gaz ont une température qui varie suivant celle de la chaudière elle-même ; on peut l’estimer à 222°. Celle du coke refroidi est d’environ 250'-’.
- - Dès le début, les résultats obtenus par l’appareil d’essai ont été tout à fait remarquables et la pratique industrielle qui a suivi cette première installation a confirmé les premières données.
- Le coke entre dans la trémie à 950° environ; il en sort à 250°.
- On récupère donc par tonne de coke (dont la chaleur spécifique, avec 10 pour 100 de cendres, est 0,37) :
- 1000 X 0,37 X (950 — 250) = 259 000 calories.
- Cette quantité de chaleur permet de produire environ 350 kg de vapeur saturée à la pression de 15 kg.
- Par conséquent, si nous envisageons une usine de carbonisation, dont la production est de 1000 tonnes de coke par jour, on y produira un minimum de 300 tonnes de vapeur, ce qui représente une économie de 50 tonnes de charbon. •
- Les appareils réalisés industriellement et en fonctionnement dans plusieurs usines sont agencés de manière à assurer un grand débit de coke. Pour cela, on utilise un wagon, comme ceux que l’on emploie dans la métallurgie américaine, qui conduisent le coke incandescent à la station d’extinction. Un monte-charge élève les wagons au niveau de la trémie et les y déverse.
- Le coke refroidi est repris à la base par un dispositif continù, de manière à éviter les engorgements, puis on l’emmène au criblage et au chargement par un transporteur ou par un wagon à fond incliné.
- Bien entendu, suivant l’importance de l’usine, on met en service plusieurs trémies, quand cela est nécessaire.
- En dehors de l’économie considérable réalisée par la récupération des calories emportées par le coke, le procédé offre un autre avantage important.
- L’extinction du coke par l’eau, telle qu’on la pratique généralement, fait perdre, bien entendu, la puissance calorifique qui subsistait dans le coke incandescent; mais, en j>Ius, on incorpore au coke environ 4 pour 100 d’eau que l’on est obligé de transporter par la suite.
- Le prix du coke s’en trouve augmenté : le transport de 100000 tonnes de coke à 4 pour 100 d’humidité entraîne, pour le transport de l’eau seule qui représente 4000 tonnes, une perte sèche que l’on peut estimer, pour 250 km. à 160 000 francs.
- Or, l’industrie métallurgique française consomme à elle seule, actuellement, chaque année environ 8 millions de tonnes de coke.
- A raison de 50 tonnes de charbon économisées par 1000 tonnes de coke, on voit que, pour l’ensemble de l’industrie métallurgique française, la généralisation du procédé Sulzer pourrait amener un bénéfice correspondant à
- 50X8000 000
- 1000
- 400 000 tonnes de charbon.
- De plus, pour la plus grandepartie, 60 pour 100 au moins, ce coke provient de cokeries de mines et il est transporté à une distance moyenne de 300 km du lieu de production.
- A l’économie réalisée sur le transport vient s’ajouter celle résultant de la production de vapeur. La vapeur, en effet, lorsqu’elle est obtenue au moyen de charbon ou de gaz, coûte actuellement de 20 à 25 francs la tonne, alors qu’avec l’extinction à sec, le prix ne dépasse.pas 10 francs.
- La vapeur, ainsi produite dans les cokeries, est utilisée dans les usines de x’écupération. Elle laisse un excédent, qui peut servir à actionner des turbines, lesquelles fourniront l’énergie nécessaire à la mise en marche des machines diverses des services de la cokerie.
- L’extinction à sec a d’autres avantages encore : elle supprime les torrents de vapeur produits à l’air libre par l’extinction humide, et qui détériorent les constructions ; le coke obtenu est moins fendillé et plus résistant; il brûle mieux parce qu’il ne contient pas d’eau; les poussières entraînées par la vapeur, dans l’extinction par voie humide, poussières souvent fort gênantes pour le voisinage, sont supprimées.
- En ce temps où les économies de combustibles sont ardemment cherchées dans toutes les voies; où l’on s’essaie de toutes façons à utiliser le. charbon au maximum, à réduire les pertes de chaleur par radiation et conduction, à régler le chargement, la conduite du feu, le tirage, de manière à ne laisser perdre aucune calorie disponible, l’extinction du coke à sec peut devenir pour la grande industrie minière et métallurgique une source de profit telle qu’elle ne tardera certainement pas à se généraliser.
- E.-II. Weiss.
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- 'Fi?. 2. - V installation cV extinction du coke à sec de la cokcrie des forges et Aciéries delà Marine à Ifomécourf
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- LES RECHERCHES RECENTES DE PETROLE
- DANS LA LIMAGNE
- POURQUOI L’ON A RECHERCHÉ LE PÉTROLE EN LIMAGNE
- On désigne sous le nom de Limagne, la région du centre de la France, arrosée par l’Ailier et ses affluents, comprise entre les monts du Forez et du Livradois à l’Est, la chaîne des Puy et le Mont Dore à l’Ouest. Ses principales villes sont Clermont, Riom, Gannat, Thiers et Issoire.
- La géologie de la Limagne présente un caractère spécial : c’est une vaste cuvette de terrains primitifs^dans laquelle se sont accumulés une série de dépôts d’a^. jdus récent dont la puissance dépasse 1500 m. en certains endroits.
- Une activité volcanique prodigieuse s’est manifestée à sept r e p r i s es différentes sur cette région à des périodes géologiques encore proches de nous ; des éruptions en relations avec les fractures de la cuvette ont traversé toute l’épaisseur des dépôts donnant naissance à des volcans.
- Ces volcans éteints constituent les Puys.
- Ces Puys donnent quelquefois issue à des sources minérales et thermales et à de nombreux dégagements d’acide carbonique. Enfin à divers endroits on a reconnu des gisements de substances appelées poix, asphalte, bitume, substances qui, au point de vue chimique, s’apparentent avec le pétrole. Divers de ces gisements sont exploités, en particulier les mines de bitume de Pont-du-Chàteau. Ces caractères spéciaux autorisent des rapprochements entre la Limagne et certains champs pétrolifères reconnus ; de là est née l’idée d’explorer le sous-sol de cette région pour y rechercher le pétrole; déjà avant la guerre, plusieurs sondages avaient été entrepris dont les deux plus importants furent celui de Cellule et cejui de Macholles, situés respectivement au Nord et à l’Est de Riom.
- Le sondage de Macholles atteignit la profondeur de 1160 m. avec malheureusement un diamètre insuffisant.
- L’importance de plus en plus grande du pétrole au point de vue national incita, après la guerre, l’Office des Combustibles liquides, en collaboration avec l’Administration des Mines, à poursuivre les recherches; on com-
- mença en septembre 1910 un premier sondage aux Martres d’Artières, près de Pont-du-Château, un second en mars 1920, prés du Puy de Crouelle, un troisième en novembre 1923 au Menhir de Beaulieu, enfin, à fin 1924, un quatrième sondage fut décidé à Mirabel, à l’Ouest de Riom, et commencé en février 1925.
- Les entreprises de forage à grande profondeur pour la recherche du pétrole sont des entreprises assez spéciales et peu connues en France-.
- En étudiant ce qui s’est fait récemment en Limagne, on se forme une idée de la façon dont sont exécutés ces travaux, des appareils mis en œuvre, des risques encourus et des difficultés surmontées.
- GOMMENT
- ON EXÉCUTE LES FORAGES
- Les puits forés dans le sol pour la recherche du pétrole ont une profondeur qui, dans des cas exceptionnels, a dépassé 2000 m. Le diamètre varie suivant la profondeur. Le diamètre, généralement de 50 à 60 cm au niveau du sol, n’a plus que de 15 à 20 cm à 1000 m.
- L’opération fondamentale consiste dans le forage proprement dit du trou de sonde et l’évacuation des déblais. Ces opérations peuvent se faire au moyen d’appareils qui agissent soit par rotation (appareils Rotary), soit par percussion (appareils pennsylvaniens au câble et appareils canadiens à tiges).
- Appareil Rotary. — Le principe du système rotatif (appareil Rotary) est de forer en faisant tourner au bout d’une tige creuse un outil spécial analogue à une tarière ; en môme temps un mélange d’eau et de boue est injecté à haute pression au travers de la tige; cette eau lourde s’échappe par des orifices voisins de l’outil en travail, le nettoie, remonte du fond du puits entre l’extérieur des tiges et les parois, entraînant avec elle les déblais des terrains travaillés.
- Dans le système par percussion, on brise et pulvérise les terrains en les battant au moyen d’un outil dit trépan, longue et lourde masse cylindrique d’acier, à section méplate, dont l’extrémité est taillée en biseau; ce trépan est suspendu dans l’appareil pennsylvanien à l’extrémité
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- cl’un câble de chanvre ou d’acier, dans l’appareil canadien à l’extrémité d’une colonne de tiges. Lorsqu’on a foré un certain temps, la cuiller, sorte de grand cylindre métallique avec fermeture à clapet à la partie inférieure, est descendue dans le puits où l’on prend soin de laisser toujours une certaine quantité d’eau. Cette eau mélangée aux déblais pénètre dans la cuiller. Dès qu’on remonte celle-ci, le clapet inférieur se ferme emprisonnant les déblais que l’on rejette hors du puits.
- Une différence essentielle s’observe entre le système
- puits, et surtout par la prise de carottes. On appelle carottes, des échantillons cylindriques des terrains traversés, prélevés au moyen d’outils spéciaux que l’on visse à l’extrémité de la colonne de tiges à la place du trépan.
- Quoi qu’il en soit, l’appareil Rotary dont la vitesse d’avancement est, dans des formations favorables, prodigieuse (puits de 1000 m. forés en moins de trois mois) sert plutôt à l’exploitation qu’à la recherche des gisements de pétrole; on l’emploie surtout dans des terrains reconnus, dont les niveaux pétrolifères sont repérés.
- Fig. 2. — Les installations de sondage du puits de Mirabel. (Sondage au câble.)
- rotatif et le système à percussion; dans le premier, le puits est constamment plein d’eau, tandis que dans le second on a un minimum d’eau que l’on épuise facilement au moyen de la cuiller, lorsqu’on le juge utile.
- Une colonne d’eau lourde dans un puits profond exerce une pression considérable sur les terrains et colmate les parois. Cette pression et ce colmatage sont quelquefois avantageux pour tenir les terrains éboulants en place, mais par contre entraîne le risque grave de passer des horizons pétrolifères sans les déceler. On obvie à ces inconvénients par l’examen des boues qui s’échappent du
- Appareils à câble. — La vitesse d’avancement de l’appareil à câble, sans atteindre celle de l’appareil Rotary, est de beaucoup supérieure à celle de l’appareil à tiges. La descente ou la montée des outils dans ce dernier nécessite le vissage, ou le dévissage, des joints des tiges composant la colonne; de là des pertes de temps considérables surtout pour les grandes profondeurs. Au contraire les mêmes manœuvres d’outils pour l’appareil penn-sylvanien se font soit par le déroulement, soit par l’enroulement d’un câble sur un treuil. Il est juste de dire que la colonne de tiges permet, en cas de besoin, l’utili-
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- sation de l’appareil canadien en appareil rotatif ; tous les appareils à tiges utilisés dans les sondages de la Limagne pouvaient forer soit par percussion, soit par rotation. Néanmoins, il est rare qu’un puits de 1000 ni. soit foré avec l’appareil à tiges en moins de deux ans et demi, tandis qu’un avancement mensuel de 100 m. environ est normal avec l’appai’cil à câble.
- Le tubage. — Quel que soit le système utilisé, le forage du trou de sonde et l’évacuation des déblais ne constituent qu’une partie du travail. Sans parler des accidents (rupture de tiges, de câbles, outils coincés au fond du puits, etc...) qui exigent des opérations longues
- Pour tenir les terrains, comme pour être en mesure de fermer les venues d’eau, on descend dans le puits un tube en -acier d'un diamètre extérieur très légèrement inférieur au diamètre du trou. Ce tube, sorte de revêtement des parois du puits, maintient: les terrains eu place. Pour fermer les eaux, on approfondit le puits jusqu’à une formation solide sur laquelle on peut asseoir le tube métallique; quelquefois le coincement de l’extrémité du tube, dans, cetle. formation suffit à constituer un point étanche; dans certains cas, on est obligé de faire reposer cette extrémité sur un bouchon de glaise, ou de la cimenter par injection. Les eaux ôtant fermées, on peut, épuiser l’eau à l’intérieur du tube, et continuer le forage à sec.
- Fig. 3. — Au puits de Mirnbel h balancier.
- et délicates, lorsque même ils n’entraînent pas la perte du puits, le revêtement ou tubage du trou de sonde nécessite des manœuvres particulières et des travaux spéciaux.
- Si les formations- traversées par un forage étaient suffisamment compactes pour se tenir d’elles-mêmes, et ne présentaient pas de Avenues d’eau, l’entreprise serait de beaucoup simplifiée.
- Dans la plupart des cas, on rencontre des couches de terrains qui, en s’éboulant, empêchent un avancement normal et risquent de coincer les outils au fond du puits. Des venues d’eau viennent de plus se déverser dans le trou, le remplissant soit en partie, soit en totalité, ou même jaillissant hors de l’orifice.
- La descente de ces tubes métalliques entraîne des changements de diamètre pour le trou de sonde. En effet, si l’on creuse un trou, dans le sol au moyen d’un trépan, le diamètre de ce trou est sensiblement égal au diamètre du trépan. Un tube d’acier est descendu, à ce moment on est obligé, pour approfondir, de changer de trépan, et d’en choisir un d’un diamètre inférieur au diamètre intérieur du tube.
- Avec ce nouveau trépan, le diamètre du trou foré sera inférieur au diamètre du tube, et la descente plus avrant de ce tube sera donc impossible.
- Si l’on a immobilisé ce tube pour une raison quelconque, comme par exemple pour fermer les eaux, et s’il
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- est reconnu nécessaire de tuber le puits au-dessous de l’extrémité inférieure du tube, il faudra donc descendre à l’intérieur du premier tube, un second tube.
- Si le premier tube n’est pas immobilisé et qu’on veuille le descendre, il faut élargir le diamètre du forage au-dessous de l’extrémité inférieure. Cette opération s’effectue au moyen d’un outil spécial appelé élargisseur; cet outil consiste-essentiellement en une barre portant deux couteaux articulés qui, lorsqu’elle débouche à la partie inférieure du tube prennent, au mo}ren d’un dispositif spécial, une position perpendiculaire à la barre. L’élargisseur constitue ainsi une sorte de trépan d’un diamètre supérieur au diamètre intérieur du tube.
- Il est dangereux de descendre les tubes d’un diamètre déterminé au delà cl’une certaine profondeur. Ils sont exposés parfois à des pressions énormes. Par exemple, une venue d’eau à 1000 m. remplit totalement le puits ; on ferme les eaux et on épuise à l’intérieur de la colonne de tubage; à ce moment une pression de 100 atmosphères correspondant à une colonne d’eau de 1000 m. s’exerce à la partie inférieure du tubage. Si le tubage n’est pas mécaniquement suffisamment résistant, il s’écrase et généralement le puits est perdu.
- Il est prudent pour les sondages profonds, dans des terrains non reconnus, de choisir des tubes aussi résistants que possible. A poids égal, plus le diamètre intérieur est grand, moins grande est la résistance à l’écrasement. Par exemple, pour une profondeur de 1000 m., un tube d’acier de 150 mm de diamètre intérieur, pesant 36 kg au mètre
- Fig.
- Au puits de Mirabel : un trépan pour sondage au câble.
- courant et ayant une résistance à l’écrasement de 225 atmosphères, est indiqué; un tube d’acier de 195 mm de diamètre intérieur ayant la même résistance à l’écrasement pèserait 63 kg au mètre.
- LES SONDAGES
- DE LA LI MAGNE
- Ces notions générales sur les sondages des puits profonds permettent de mieux comprendre les difficultés de la prospection du sous-sol de la Limagne. En certains endroits, les terrairis se tiennent mal et les éboùlë-rnents sont à ’recloüter; d’importantes venues d’eau se sont fréquemment manifestées dans presque tous les forages. Enfin, il est iii-: dispensable pour une reconnaissance géologique complète cle pousser l’approfondissement des àsondages jusqu’au fond cle' la cuvette, ce qui impliqué des profondeurs cle l’orclre cle 1500 m.
- Le sondage des Martres cl’Artières fut exécuté avec un appareil à tiges. Commencé le 4 septembre 1919 avec un diamètre cle 400 min il rencontra à 415 m. un véritable geyser qui entraîna l’abandon clu travail.
- Le sondage clu Puy de Crouelle fut exécuté avec un appareil à tiges. Commencé le 29 mars 1920, il fut arrêté le 22 octobre 1922. On fora jusqu’à 250 m., ensuite à la rotation jusqu’à 856 m. ; à cette profondeur, l’écrasement clu tubage arrêta l’avancement.
- Le sondage clu Menhir cle Beaulieu fut également exécuté avec un appareil à lines. Commencé le 3 no-
- O
- veinbre 1923, il atteignit la profondeur cle 1000 m. clans les premiers mois de 1926 ; il fut poussé jusqu’à 1147 m., mais avec un diamètre extrêmement réduit, 88 mm.
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- Le sondage de Mirabel — Pour le quatrième son- . dage, l’Office National des Pétroles vient d’essayer le système pennsylvanién par percussion au cable. Un emplacement fut désigné à Mirabel, près de Riom, et le premier coup de trépan fut donné le 23 février 1925. La suite des opérations de l’entreprise se résume comme suit :
- Du 23 février au 11 mars 1925 :
- Forage au diamètre de 0 m. 50 et descente cl un tube de diamètre intérieur de 485 mm jusqu’à 14 m.
- Du 11 mars au 1er avril :
- On fore sans tuber de 14 m. à 87 m. A 87 m., par suite de la mauvaise tenue des terrains, on descend une nouvelle colonne cle tubes (diamètre intérieur 385 mm).
- Du 1er avril au 4 mai :
- On fore de 87 m. à 19.6 m. en élargissant et faisant suivre la colonne de 385 mm que l’on arrête à cette profondeur.
- Du 4 mai au 22 juin :
- On descend une nouvelle colonne de tubes (diamètre intérieur 314 mm) et l’on continue l’approfondissement en faisant suivre cette colonne. Les terrains sont extrêmement difficiles par suite des éboulements incessants. On décide d’arrêter la colonne de 314 mm à 427 m. et de 'descendre une nouvelle colonne de tubes (diamètre intérieur 255 mm).
- Du 22 juin au 11 août :
- Continuation du forage. La colonne de 255 mm est descendue jusqu’à 592.m., et une nouvelle colonne de tubes (diamètre intérieur 200 mm) est descendue.
- Du 11 août au 10 octobre :
- Continuation du forage. La colonne de 200 mm est descendue jusqu’à 900 m.; on cimente le pied de la , colonne. Une nouvelle colonne de tubes (diamètre intérieur 150 mm) est descendue.
- Du 10 octobre au 31 mai :
- Continuation du forage. La colonne de 150 mm est descendue jusqu’à 1122 m.
- Deux résultats se manifestent nettement dans ce quatrième sondage. La vitesse d’avancement a été notable-ment augmentée : la profondeur de 900 m. a été atteinte en moins de 9 mois.
- Le diamètre à 1122 m. est encore de 150 mm, tandis que dans les autres sondages qui en Limagne dépassèrent 1100 m., le premier à Macholles et le second à Beaulieu, le diamètre était beaucoup moindre. On peut donc espérer pousser le puits de Mirabel peut-être au-delà de 1500 m., si le fond de la cuvette n’est pas rencontré auparavant.
- LES RÉSULTATS
- Quels ont été jusqu’à présent les résultats accpiis au cours de cette prospection de la Limagne On a trouvé des indices très favorables : des quantités notables d’un bitume analogue aux pétroles lourds mexicains ont été recueillies, mais jusqu’à présent on n’a pas encore trouvé le gisement important qui classe une région dans les champs pétrolifères à exploiter.
- Le sondage des Martres d’Artières rencontra, vers 320 m., un peu de bitume lourd et des venues de gaz car-
- bonique. Le geyser qui fit irruption à 415 m. projeta du bitume sous la poussée des gaz.
- Le sondage du Puv de Crouelle traversa des terrains dégageant une forte odeur d’hydrocarbures.. A 596 m. environ, on recueillit un peu de pétrole ; de 850 à 856 m., les sables rencontrés étaient un peu imprégnés.
- Le sondage du Menhir de Beaulieu fut celui qui donna le moins de manifestations intéressantes.
- Par contre, au sondage de Mirabel, à 225 m.., eut lieu un dégagement de gaz combustible. A 680 rn., on recueillit en 5 jours 3 tonnes d’un pétrole lourd bitumineux. A 1000 m., nouvelle venue de 13,tonnes du même produit. Ce pétrole présente des analogies avec le pétrole recueilli à Pcchelbronn, en Alsace.
- Dans ces sondages, il est à noter que la température s’élevait de 1° tous les 13 m.; dans les terrains normaux, l’élévation de température est seulement de 1° tous les 33 m. La température au puits de Mirabel est entre 80° et 90° à 1130 m. - .
- En définitive, aucun des sondages n’a donné du pétrole en quantité commerciale. Faut-il penser qu’un gisement exploitable n’existe pas en Limagne? Ce serait une supposition toute gratuite : il ne fait aucun doute que les terrains de la Limagne sont pétrolifères; les résultats obtenus le prouvent surabondamment. Il y a toutes probabilités qu’en certains endroits il y a eu accumulation des produits dont on n’a rencontré jusqu’à présent que de faibles quantités. L’efïoi’t méthodique de l’Office National des Pétroles doit nécessairement continuer et se développer.
- On doit se rappeler les paroles du Laboureur de la Fable à ses enfants :
- Un trésor est caché là-dedans,
- Je ne sais pas l’endroit, mais un peu de patience Vous le fera trouver.
- Si le trésor de la Limagne n’est pas trouvé, s’ensuivra-t-il qu’en pure perte des travaux auront été exécutés et de l’argent dépensé? Assurément non.
- L’activité cpii s’est déployée en France durant ces dernières années pour les recherches pétrolifères à Gabian dans l’Hérault, dans les Basses-Pyrénées, les Landes, le Bugey, etc., a mis en évidence un fait, l’ignorance profonde de la constitution du sous-sol de notre pays. Ce sous-sol est extrêmement tourmenté; les géologues, malgré toute leur science, manquent de données précises pour étayer les hypothèses ingénieuses cju’ils édifient d’après l’étude attentive des affleurements. Quelques sondages de prospection, tels cpie ceux entrepris pour la recherche du pétrole, leur apportent des renseignements précieux. M. Paul Lemoine, professeur au Muséum, se plaint dans son ouvrage consacré à la géologie du Bassin de Paris que l’on ne connaît pas le tréfonds de ce Bassin; sauf peut-être pour les régions houillères, une observation analogue s’impose pour beaucoup de régions de la France.
- On a reconnu la nécessité d’établir une carte géologique à laquelle travaillent de nombreux collaborateurs; cette carte n’indique que les affleurements sur le terrain; tant que l’on n’est pas fixé sur l’allure et le raccor-
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- Fig. 5. — Au cours du forage au câble, le trépan est relevé et on enlève la cuillère.
- (lement de ces couches en profondeur, on n’a que des renseignements incomplets.
- Quels que soient donc les résultats de l’initiative prise par l’Office National des Pétroles de continuer les son-
- dages de la Limagne, l’œuvre entreprise présente un intérêt national, et hautement ‘scientifique. Un Etat qui explore méthodiquement son sous-sol ne perd ni son temps, ni son argent. . R; Yii.leiis:
- ï L'EXPÉDITION DE LA « DISCOVERY ”
- Au mois de juillet dernier, La Nature énumérait (n° 2729), lés travaux océanographiques de quelques expéditions allemandes, anglaises, danoises, qu’elle comparait aux croisières du Pourquoi-Pas P, si maigrement pourvu d’argent qu’il.ne peut entreprendre d’aussi vastes études, malgré foulé l’activité de son commandant, le Dr Charcot.
- Notre confrère dé Londres, Nature, publie le récit d’une autre expédition anglaisé, celle dii Discoveiy dans l’Atlantiqiie sud. Parti de • Falmoulh, le 5 octobre 1925, ce navire alla au Cap après avoir touché lés Canaries et Ascension: Le 17 janvier 1926, il quitta le Cap pour une croisière d’études sur les baleines qui le conduisit à Tristan d’Acunha, à la Géorgie du Sud, aux Falkland à travers tout l’Atlantique sud. Il revint au Cap le 29 juin 1926, après six mois d’observations.
- Malgré le mauvais temps persistant qui gêna beaucoup les travaux, le I3r Stanley Ivemp, qui dirigeait les recherches à bord, à rapporté une ample moisson de documents. Il a trouvé, en abondance, une espèce de petits Crustacés, Euphansia, qui forme l’unique nourriture des Baleinoplères
- et des Rorquals; il a étudié les conditions de température et de salinité des parages où se pèchent les gros Cétacés; il a pu recueillir des échantillons de plancton d’une manière continue; au moyen d’un ingénieux appareil imaginé par M. Hardy.
- Pendant ce temps, la station maritime de Gryfviken, en Géorgie du Sud, examinait les Baleines pêchées en ces parages. M. Mackintosh y constatait que 26 pour 100 des baleinoplères et 58 pour 100 des rorquals péchés sont immatures, ce qui est certainement une cause de dépeuplement. Les petits naissent en hiver et mesurent alors 6 m.
- En octobre dernier, la Disçovery a repris la mer, accompagnée d’un navire baleinier, le William Scoresby. Tous deux ont dû toucher la banquise et finir l’année en Géorgie du Sud.
- Nous attendons des nouvelles de l’actuelle expédition qui, sans nul doute, complétera les observations faites l’an dernier et ajoutera à nos connaissances sur les Baleines des mers du sud, dues surtout jusqu’ici aux études de M. Raco-vilza à bord de la Belgica et du Dr Liouville à bord du Pourquoi-Pas ? René Merle.
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- BLANCS ET NOIRS DANS LE SAHARA
- Les problèmes sahariens sont devenus d’un intérêt national pour la France, et la sollicitude qu’ils inspirent à certains est absolument passionnante. Aujourd’hui, l’auto a modifié les conditions de la pénétration saharienne, aucune partie ne parait absolument inaccessible, mais on ne doit pas oublier qu’il faudra encore longtemps se servir des chameaux pour apporter l’essence des autos et pour circuler dans le Sahara.
- Je voudrais attirer l’attention sur le mode d’existence et la répartition des deux races blanche et noire dans l’Afrique du Nord.
- fusionnées, qui occupaient le pays avant l’arrivée des conquérants arabes (640-678-691), suivie de la grande invasion de tribus de même origine, de 1080 à 1150.
- 2° Le Sahara est le grand Désert, qui s’étend de l’Atlantique à la mer Rouge, avec ses montagnes : Ahag'gar et Tibcsti; ses plateaux picrréux (hamrnada) ; ses dunes formant des massifs (ergs) ; ses régions basses, quelquefois humides, avec des [chotts et des oasis. Le Sahara [est caractérisé par l’absence ou la rareté des précipitations atmosphériques. Il est habité par des blancs, qui sont des Arabes, surtout au Sud de l’Algérie et du Maroc, et des tribus Touaregs, d’origine berbère, dans la partie centrale, comme dans le massif du Ahaggar (Iloggar). On trouve là une plate-forme élevée, d’altitude 1000 à 1300 m., formée de schistes cristallins et de granités, surmontée de volcans tertiaires et quaternaires, comme l’Ilaman pouvant atteindre 8000 mi C’est une région saine, carrefour des routes sahariennes, avec sa popu-
- l'ig- — Oued Saoura : type
- de hartania du Ksar de Oucirouront.
- (Cliché Lachaux.)
- COUP D'ŒIL GÉNÉRAL SUR LA GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
- 1° On trouve, au Nord, le massif de l’Atlas (Tunisie, Algérie, Maroc) ou Berbérie, pays renfermant surtout des plaines élevées et des montagnes. Ces dernières peuvent dépasser 2000 m. d’altitude en Algérie, et 4000 au Maroc, lui région rappelle surtout l’Europe méditerranéenne et elle est peuplée de Blancs, Berbères et Arabes.
- On appelle Berbères tout le stock des races, plus ou moins
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- Fig. 0. — Tarit : jeune hartani. (Cliché Lachaux.) Fig. 5. — Bcni, Abbés : groupede femmes hartania. (Cliché Lachaux.
- lation blanche, plus ou moins nomade, avec quelques villages (arr’eren, arrem) de sédentaires et quelques cultures avec des palmiers.
- 3U Au Sud, on trouve le B< -lacl es Soudan (Pays des Noirs), des Arabes, constituant aujourd’hui l’Afrique occidentale française, où les précipitations atmosphériques recommencent d’une façon plus régulière ; on y voit d’abord des régions de steppes, avec des arbustes, puis des clairières à arbres.-A mesure que les chutes d’eau augmentent, on a affaire à un pays équatorial et enfin à la grande forêt.
- NÈGRES ET HARATINES
- La race noire est adaptée à ce climat chaud et humide du Soudan, où la transpiration abondante est de règle. Les blancs supportent malaisément ce climat qui éprouve considé-
- rablement les Européens, même en dehors de toute maladie; ils né peuvent pas travailler le sol; ils sont sujets au paludisme, ce fléau meurtrier par excellence.
- Dans le Sahara, la race blanche supporte la température élevée, car l’air est sec. Ge n’est plus le domaine des noirs, pas plus que la région méditerranéenne, car les nègres (Sénégalais et autres) craignent les variations brusques de la température. Mais, lorsqu’on remonte au Nord, à partir de l’Afrique noire, on trouve des bas-fonds humides où la race blanche s’étiole, et où elle est attaquée par la malaria. Aussi, les cultivateurs sont-ils des nègres ou surtout des métis.
- Déjà, dans les villages des Touaregs, il y a des représentants de la race nègre, en partie parce que les blancs sont les maîtres qui font cultiver des
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- serfs, en partie parce qu’ils ne peuvent s’adapter aux bas-fonds arrosés. On y trouve déjà des haratines venus du Nord, qui sont des K hranimés, c’est-à-dire des colons qui ont droit au cinquième de la récolte : du mot arabe, khrarnas, cinq.
- Le cas est beaucoup plus sensible et plus général dans les oasis du nord du Sahara. On y voit des cultivateurs noirs, ou très foncés, les Haratines ([), qui l’ésultent du croisement des blancs de la Berbérie avec les négresses, anciennes esclaves, originaires du Soudan : ils n’ont pas les cheveux crépus et lé nez épaté des véritables nègres. Us habitent des villages appelés Ksour (ksar au singulier (2). Les oasis sont des fonds gorgés d’eau, où l’on récolte à l’ombre des palmiers, et grâce à une irrigation intensive. Ce sont presque des moi'ceaux de l’Afrique équatoriale, transportés au sud du Massif de l’Atlas. Aussi, oh voit des « haratines », depuis l’Atlantique jusqu’au Tibesti. Les blancs vivent parfaitement sur les plateaux voisins, secs ou semi-aiûdes, où les nègres ne peuvent subsister. C’est pour cela que les troupes blanches campent toujours en dehors des oasis, pour éviter le paludisme. Les tribus arabes du Sud-Algérien, Châamba et autres, sont adaptées depuis des siècles à ce milieu plus ou moins désertique; ce sont des nomades qui nous ont fourni un instrument parfait, les méharistes
- 1. Hartani; au masculin singulier; Hartania au féminin.
- 2. On a prétendu à tort qu’ils étaient les descendants des Gara-mantes, de l’époque romaine.
- des Compagnies sahariennes, pour la pacification du Sahara.
- Sur cette grande marge septentrionale du désert, la grandeur des cultures a, du reste, toujours varié; avec la puissance du gouvernement de la région. Si ce dernier est incapable de protéger les sédentaires, on voit les nomades blancs envahir les zones cultivées, malmener ou faire disparaître les cultivateurs et le désert avancer sur les zones semi-arides.
- Cela explique, en partie, les traditions des Arabes du Sahara algérien, qui prétendent qu’autrefois les cultures s’étendaient au loin dans la région au sud de Laghouat, jusqu’au grand Erg occidental, sur les rives des Oueds Loua, Mehaïguen, Zergoun, etc., dans la direction du Gourara et du Touat.
- Depuis notre arrivée à Laghouat (1885) et à Toug'gourt et Ouargla (1854), les cultures se sont certainement étendues, ainsi que les Palmiers, surtout dans l’Oued Rhir.
- La population actuelle des oasis du Sud Algérien est toujours misérable , bien que sa si tuai ion ait été améliorée par notre présence. Elle n’est pas nombreuse et on peut envisager la possibilité de repeupler les zones basses au moyen des nègres du Soudan. Mais il est inutile de penser à utiliser ces derniers plus au nord, car, dans le Massif de l’Atlas, les enfants s’élèvent mal et les nègres disparaissent peu à peu. Jules Welsch,
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- COMMENT ON RÈGLE ET ON CONDUIT LE TIR
- DE L’ARTILLERIE NAVALE EEZ'."
- LE « FIRE-DIRECTOR ”
- LES CONDITIONS DU TIR AUTREFOIS ET AUJOURD'HUI
- Il n y a pas plus de 35 ans, le problème du tir du canon en mer était résolu par les moyens les plus simples, on peut môme dire les plus primitifs. L’oflicier canonnier placé dans le blockhaus transmettait aux pièces l’ordre de commencer ou de cesser le feu que lui donnait le commandant. Il estimait comme il le pouvait la distance du but, en déduisait la hausse, la transmettait par porte-voix aux pièces avec la correction transversale à faire pour la vitesse, la dérive et le vent, et s’en remettait pour le reste à l’adresse et au coup d’œil de ses canonniers. Ces deux qualités étaient d’ailleurs cultivées très soigneusement chez des marins choisis pour leur bonne vue et leur sang-froid, et capables, pour envoyer leur projectile, de saisir le moment précis où les mouvements combinés du roulis et du tangage amenaient là ligne dé visée sur le but. Ce n’était point chose facile, on le pensé bien, mais avec un bon entraînement on arrivait tout de même à des résultats, qu’on jugeait satisfaisants, parce qu’on ne pouvait être très exigeant, et que les mêmes
- difficultés existaient d’ailleurs chez l’ennemi. Mais si on obtenait ces résultats, c’est qii’on ne tirait pas à plus de 3000 ou 4000 m. et aussi que le bâtiment-tireur et le but sè déplaçaient avec une lenteur relative qui permettait de négliger les erreurs résultant de ces éléments.
- Mais le calibre des pièces' et surtout leur portée se mirent à augmenter rapidement. On envisagea les distances de tir de 10000, puis 15000 m. pour atteindre les 18000 m. dii Jùtland et enfin lés 25000 m. qui m'étonnent personne aujourd’hui, sans préjuger en rien de ce qu’on fera demain.
- A ces portées, le canonnier, de la culasse de sa pièce, ne voit presque plus rien du but, ou même ne le voit plus du tout: Ce but et le navire-qui tire se déplacent à dès vitesses considérables [les derniers croiseurs en service ou en construction filent 36 nœuds, soit 66 km à l’heure, 18 m. à la seconde]. Si les deux adversaires courent en sens inverse, la vitesse de croisement passe à 130'km à l’heure, 36 m. à la seconde, et dévient un élément capital de la correction â apporter à la traverse de hausse.
- 11 faut noter en outre que le pointage est très délicat au combat, le but étant fréquemment masqué par la fumée,
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- Fig. 1.
- Les installations de conduite de tir (spotting top) dans les hunes d’un cuirassé pjuévieemr^ a a, télémètres de tourelles et passerelles.
- les gaz d’explosions des obus, les nuages des fumigènes, l’air chaud sortant des volées des canons, les gerbes des coups courts qui forment un écran opaque.
- Dans des conditions si totalement nouvelles, la nécessité s’imposa de centraliser les opérations du tir entre les mains d’un officier placé sur un point très élevé d’où il pourrait suivre le but et relever les points de chute, le canonnier à sa pièce se bornant à la pointer le mieux possible en utilisant les éléments indiqués.
- On devait obtenir de la sorte les avantages suivants :
- Le pointeur danç son observatoire aura la vue dégagée;
- De nuit il sera peu gêné par la lueur des pièces;
- Tous les canons seront pointés sur le même objectif et les changements d’objectifs seront exécutés rapidement ;
- On pourra réduire considérablement les ouvertures des tourelles ;
- Le pointeur pourra etre à proximité immédiate du directeur de tir ;
- La dispersion du tir sera à peu près constante (elle ne dépend plus que de la précision d’appareils).
- Mais pour réaliser ces désiderata, il fallait d’abord inventer et construire des instruments qui permissent de faire arriver rapidement et sûrement aux canons les ordres et indications de l’officier de tir et améliorer les appareils de visée pour assurer l’exécution précise des ordres reçus.
- Ce double problème a été résolu sans trop de peine par l’installation d’appareils électriques pour les trans-
- Fig. 2. — Le spotting top d'un cuirassé msfïtBSÿ-. —sa, télémètre.
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- Fig. 3. — La hune de conduite de tir du cuirasse français Bretagne (vue de l’arrière).
- missions, par celle de lunettes de visée pour les hausses.
- C’est à partir de l’année 1900 qu’une grande émulation se manifesta dans toutes les marines pour établir de bonnes méthodes de tir et enjréaliser les procédés mécaniques d’applications.
- La marine française se distingua particulièrement dans ces recherches. Un groupe d’officiers spécialisés dans ces études, et parmi lesquels brillèrent au premier rang le vice-amiral Caillard, les capitaines de vaisseau Gauchet, Gaschard et Lafrogne, devenus amiraux, dotèrent notre marine d’une méthode de tir dite chronotélémétrique qui, pendant plusieurs années, la plaça au premier rang au point de vue de l’usage de l’artillerie,
- Ces progrès conduisirent à un autre qui permit la concentration du feu de toutes les pièces sur le même but, ce qui était très malaisé avec les grandes distances de tir, et même auti’efois avec les petites. En fait au cours de la dernière guerre les erreurs d’objectif ont encore été fréquentes. Les marines anglaise et allemande où on s’était depuis longtemps préoccupé de remédier' à cet état de choses en étaient arrivées à considérer qu’il n’v avait qu’un moyen possible : confier à un seul homme le soin de pointer toutes les pièces. Ce fut l’origine de l’appareil baptisé i^Fire Director, qui existait à bord de presque tous les navires anglais et allemands à la bataille du Jutland et sur lequel nous reviendrons plus loin.
- ORGANISATION ACTUELLE DE LA CONDUITE DU TIR A LA MER
- Celte organisation extrêmement efficace a été rendue possible par l’invention du télémètre très précis que construit la firme anglaise Barr et Stroud. On en connaît trop le principe pour qu’il soit nécessaire de le rappeler.
- La conduite du tir à bord d’un navire moderne met en jeu deux organismes tout à fait distincts : le poste central et le poste de tir.
- Le poste central est un réduit placé dans l’intérieur du navire, au-dessous de la flottaison, à l’abri des coups et du tumulte du combat.
- L’officier qui y commande reçoit des télémètres placés dans les hunes, dans les tourelles, dans le blockhaus et aussi souvent que possible, la distance géographique du but à battre. De multiples appareils, très précis et d’une incroyable ingéniosité, lui fournissent presque automatiquement les routes et les vitesses du tireur et du but; mais il a en outre à sa disposition deÿ appareils correcteurs pour le vent, l’état hygrométrique de l’atmosphère, la qualité des poudres, la durée du trajet du projectile. Et il arrive ainsi à connaître ce que, dans la limite des prévisions humaines, doivent être la hausse et la dérive. Hausse et dérive ainsi calculées sont envoyées de façon continue aux pièces en cas de tir individuel, et aux lunettes des pointeurs du poste de tir.
- Si complets que soient les calculs effectués, il est rare que la hausse et la dérive calculées au poste central soient exactement la hausse et la dérive donnant au tir le meilleur rendement. De plus, les appareils correcteurs employés ne prévoient pas ; ils calculent, et avec les bâtiments rapides actuels il faut souvent prévoir. C’est là la fonction du poste de tir (Spotting top).
- Le poste de tir est le domaine non plus de la science, mais de l’art du tir; peu d’appareils, encore moins d’hommes : le directeur du tir, deux pointeurs attelés à la manœuvre de l’outil principal, le Fire-Director et quelques servants de transmission.
- Tous sont enfermés dans une petite tour placée au haut du mât tripode, munie de liaisons avec le blockhaus, le poste central, les tourelles et divers autres points du
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- navire, et qui renferme les appareils dont nous parlerons plus loin. Le tout est mis autant que possible à l’abri des projectiles légers et éclats d’obus, et protégé aussi «outre le terrible courant d’air que produit la vitesse du navire lancé à pleines machines.
- Le directeur du tir doit être non seulement un artiste, mais même un petit peu sorcier. Le feu ouvert, il doit observer constamment son tir, démêler ses points de chute de ceux du bâtiment voisin ; de la* succession de coups courts ou longs, droite ou gauche qui se présentent à sa vue. Il doit encore prévoir et sentir les mouvements de son adversaire afin de pouvoir faire exécuter à la hausse.les bonds nécessaires pour ramener les gerbes sur le but qui tente de s’en échapper. Il faut à l’officier de tir non seulement une bonne vue, il dispose d’ailleurs d’une optique perfectionnée, mais plus encore une excellente mémoire'visuelle, des réflexes rapides, un sang-froid imperturbable. Impassible au sort de son propre bâtiment, isolé dans sa tour d’acier, il doit vivre en pensée sur son but. Sur son propre bâtiment, il n’aura de rapports qu’avec son commandant qui lui indiquera le but à battre, les ordres d’ouverture et de cessation du feu, e1 avec le poste central à qui il transmettra ces ordres et dont il recevra les éléments des corrections de tir.
- Les deux pointeurs — un pointeur en hauteur et un pointeur en direction — ont un rôle simple, mais d’une telle importance ! maintenir sur le but -visé les fils des réticules de leurs lunettes et lorsqu’ils s’estiment bien pointés, agir sur leurs pistolets de mise de feu qui provoquentles départs des projectiles.
- Les mouvements des lunettes des pointeurs sont reproduits fidèlement par toutes les pièces du bord.
- Des dispositifs de sécurité permettent naturellement d’empêcher le coup de partir si les pièces ne sont pas chargées, si elles sont pointées dans des gisements dangereux pour la sécurité du bâtiment, ou si pour une raison quelconque les mouvements des lunettes des pointeurs n’ont pas été exécutés par les pièces.
- Si important est le rôle du Spotting top qu’il a fallu prévoir son remplacement. Aussi en
- divers points du bâtiment, mât arrière, tourelles importantes, a-t-on organisé des postes secondaires, de tir qui pourraient, en cas de besoin, se substituer au Spotting top. si celui-ci était détruit.
- LE PRINCIPE DU FIRE-DIRECTOR
- Il s’agit en résumé :
- 1° De pointer toutes les pièces d’une artillerie de même calibre sur le même but.
- 2° De commander la mise de feu de toutes les pièces de cette artillerie avec le même appareil.
- Réalisation. — La principale difficulté d’installation d'un télépointeur à bord, réside en ceci que les chemins de roulement des pièces et du télépointeur ne sont pas, et ne peuvent pas être parallèles. (Ponts se déformant et ayant une certaine tonture.) Il faut donc commencer par déterminer aussi exactement que possible les plans des chemins de roulement. Puis on adopte comme plan de repère un plan de roulement moyen.
- Les angles de pointage des pièces et du télépointeur se
- feront par rapport à ce plan moyen.
- D’un autre côté les tourelles et le télépointeur ne sont pas à la même hauteur au-dessus de l’eau : il y aura donc à faire des corrections de site différentes pour les tourelles non situées sur un même plan. Et comme, de plus, les axes de rotation des chemins de roulement ne se trouvent pas à l’aplomb de la verticale du chemin de roulement du director, il y aura lieu d’apporter une correction de parallaxe en direction.
- Solution Vickers (adoptée pour quelques-uns de nos cuirrassés). — L’appareil
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- Fig. 4.
- La hune de conduite de tir du cuirassé français Bretagne (vue de Vavant).
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- Direcior est, en réalité, un faux, canon. Il comporte une lunette de pointage en hauteur, et une lunette de pointage en direction (lig. 5 et 6). Ces deux lunettes sont accouplées et peuvent se mouvoir horizontalement et verticalement.
- On place la semelle portant ces lunettes à la hausse voulue, la hausse étant en réalité un angle de pointage.
- Pour viser sur son but le pointeur en . hauteur du Director va réagir en inclinant sa lunette d’un angle égal et de signe contraire à celui correspondant à la hausse. Si le bâtiment n’avait aucun mouvement de plate-forme, mais qui est, en réalité, affecté d’une correction automatique, l’axe optique de la lunette restant toujours dirigé
- sur le but. ' ,J' '•*--•-> ''
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- - Ce faisant il actionne mécaniquement un distributeur commandant divers récepteurs qui ne sont autre chose que des moteurs électriques à impulsion (20 volts continu)I Ces moteurs récepteurs commandent à leur tour des aiguilles rouges qui se déplacent «devant un cadran auprès de chaque canon. Un second indëx noir, solidaire du pointage en hauteur du canétfi, indiquera l’angle que fait réellement la pièce avec sa plate-forme. En superposant les deux index, le canon sera correctement pointé en hauteur.
- En réalité le problème est encore plus complexe. H fdutâen effet, faire encore intervenir des corrections pour l’usure des pièces, les variations des poudres utilisées, le fait aussi que les diverses pièces ne sont pas à
- la meme distance du but, enfin la parallaxe en direction.
- On est donc obligé d’installer auprès de chaque pièce un appareil de calcul automatique tenant compte de toutes ces corrections et déplaçant les index récepteurs de la quantité voulue pour que les corrections soient faites effectivement lorsque les index rouges et noirs sont en coïncidence.
- Ce qui vient d’ètre dit pour le 'pointage en hauteur s’applique intégralement au pointage en direction.
- Pointage des canons et mise de feu.
- — Les pointeurs du poste de tir pointant leurs lunettes sur le but, les index hauteur et les index direction de chaque pièce se déplacent en conséquence sur leurs cadrans respectifs. Aux différentes pièces, les pointeurs essaient de maintenir en coïncidence ces index rouges avec les index noirs commandés par le déplacement de leurs pièces. Lorsque cette coïncidence a lieu ils ferment les interrupteurs électriques. La mise de feu peut alors être effectuée du poste de tir à la volonté du chef pointeur (généralement pointeur en direction) qui fera partir la salve, lorsqu’il s’estimera bien pointé en hauteur et en direction.
- Des interrupteurs électriques allument devant l’officier de tir des lampes indiquant que les différentes pièces sont chargées, prêtes à faire feu. Les commutateurs fermant le cir-lampes sont entre les mains d’un servant de la tourelle.
- A noter que le pointeur en hauteur du poste de tir a constamment à pointer par suite du roulis d’une part et d’autre part du fait des mouvements secondaires donnés à sa lunette par le servant de hausse. Ce pointage se traduit dans les sections par un mouvement continu et désordonné des index. La mise en coïncidence est assez
- Lunette de pointage en direction
- Cadran des portées Index
- fVolant du (servant de hausse
- ^ Volant du pointage en hauteur
- 'Volant de .. la dérive Came
- Volant de pointage ' en hauteur
- Fût supportant l'appareil
- — Fire-Director vu de profil.
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- pénible de sorte que le « Fire-Director » ralentit le débit du tir.
- LES MOYENS NOUVEAUX* L'AVENIR
- Depuis la guerre, la conduite du tir a fait appel à un nouveau et puissant moyen, l’aviation. Il doit en résulter un bouleversement profond des méthodes de tir. Les grosses difficultés du tir à la mer résident d’une part dans la mobilité du tireur et du but et d’autre part dans le fait que sur cette nappe absolument uniforme et plane il était impossible d’évaluer, même approximativement, la valeur les écarts entre les points de chute et le but; on pouvait simplement en connaître le sens et même était-il difficile souvent de reconnaître si un coup mauvais en direction était court ou long. Mais actuellement la plupart des « capital ships » possèdent des avions de réglage d’artillerie. Ces avions voleront au voisinage de l’ennemi, ils pourront signaler avec précision la valeur des écarts, ainsi que tous les mouvements du but. Ils arriveront en somme à doubler les fonctions du directeur de tir. C’est là un progrès considérable qui permet d’envisager comme prochain le jour où l’on tirera, tout
- J7
- comme à terre, sur un but complètement invisible.
- Un autre problème très important, et peut-être soluble, est la question de la concentration du tir de plusieurs batiments sur un même but. On conçoit aisément en effet combien serait vite réglé le sort d’un navire qui verrait se déchaîner sur lui l’ouragan d’une trentaine de pièces de 340 mm.
- Jusqu’ici cette concentration restait très délicate et diminuait le rendement du tir par le fait que chacun des bâtiments tireurs conduisant son feu séparément, l’observation des points de chute était rendue très malaisée.
- Mais, actuellement, le problème des transmissions à distance a fait de tels progrès qu’on peut regarder comme prochain le jour où un officier de tir pourra diriger le feu de l'artillerie de plusieurs bâtiments aussi aisément que s’il s’agissait seulement de son propre navire (*). Ct Sauvaire Jourdan.
- 1. Je suis redevable, pour cet article, à l’obligeance de M. le Capitaine de corvette Schwérer, et de M. le Lieutenant de vaisseau Provensal, spécialistes des questions d’artillerie navale, qui m’ont permis de puiser dans leurs très intéressants travaux et que je remercie ici.
- LES ALLIAGES LÉGERS ET LA CONSTRUCTION AÉRONAUTIQUE
- Le 19 décembre dernier, M. L. Guillet a fait au Grand Palais une conférence sur les alliages légers et leur influence sur la métallurgie et la construction aéronautique.
- L’aluminium, connu dès 1850 et préparé industriellement depuis 1886, ne devient intéressant par ses alliages qu’à partir de 1904, exception faite du bronze d’aluminium de Sainte-Claire Devillef
- En 1908, l’alliage aluminium-magnésium est étudié en Allemagne. Cet alliage, chauffé vers 475°, est trempé, puis laissé en vieillissement à la température ordinaire ; on obtient pour la résistance à la rupture les valeurs :
- R = 20 kgs/mm® avant trempe.
- R = 25 — après'trempe.
- R = 40 — après vieillissement.
- L’allongement reste sensiblement constant pendant toutes ces opérations. La proportion est : 0,5 pour 100 de magnésium dans un aluminium commercial. Après une mise au point à laquelle contribuent l’Angleterre et la France, le traitement devient possible industriellement.
- L’étude du phénomène, commencée en France en 1914, continuée en 1918 et 1919 en France et aux Etats-Unis, montre que trempé et laissé dans l’air liquide, l’alliage ne durcit pas; il durcit après 5 ou 6 jours passés à 15°; à 100° ou 150°, le vieillissement est plus rapide; enfin aucun résultat n est obtenu, si l’aluminium ne contient pas de silicium. On admet qu’il se forme du SiMg2, qui entre en solution à la trempe, puis reprécipite à l’état très divisé pendant le vieillissement. Ce phénomène se rapproche d’ailleurs de l’hyper-trempe des aciers (trempé très froid l’acier ne durcit pas ; il durcit par simple réchauffage à température peu élevée).
- Des recherches en vue d’augmenter la résistance du duralumin n’ont donné des résultats qu’aux dépens de la résilience (ç’est-à-dire en augmentant la fragilité). On peut citer dans cet ordre d’idées l’alliage Y dont la résistance atteint 55 à 60 kg, et qui à l’état coulé, résiste à l’eau de mer. Actuellement, toutes choses égales d’ailleurs, aucun alliage léger n’est moins attaquable que l’aluminium (le degré d’é-
- crouissage a à ce point de vue une grande importance)..
- Pour les alliages aluminium-cuivre (12 pour 100) on observe un changement de composition à température constante, correspondant à un accroissement considérable de la dureté.
- L’industrie utilise un grand nombre de pièces de duralumin forgées ou matricées ; les produits coulés ont fait récemment de grands progrès. Le duralumin coulé contient de gros grains de SiMg2qui se dissolvent mal si on ne prend pas la précaution de refroidir l’apidement (épaisseurs faibles, moules métalliques). Bien traité, le duralumin fondu a une résistance dépassant 30 kg.
- L’alliage aluminium-zinc, de propriétés intéressantes, se fendille malheureusement (season-crackingj.
- 'Vers la fin de la guerre, le Dr Pacz obtint un alliage aluminium-silicium (13 pour 100) avec des traces de sels alcalins (sodium) : c’est Yalpax, alliage caractérisé par une coulabilité remarquable (pistons, portières de wagons du métro), ses caractéristiques sont : résistance, 20, allongement, 6 pour 100.-Les traces de sodium interviennent pi'o-bablement par décapage assurant un meilleur contact, ou bien par un changement de propriétés.
- Pour éviter la corrosion par l’eau de mer de ces nombreux alliages, des études sont menées en ce moment; les revêtements employés, métalliques par simple trempe, ou autres, semblent donner des résultats encourageants.mDans le but d’éviter l’aspect poussiéreux des objets d’aluminium (couche d’alumine), le IT Pacz proposé un bain à base d’un sel de nickel à 70°; l’effet obtenu, très décoratif, ressemble à un niellage partiel.
- Enfin, tout récemment, on est arrivé à produire aux Etats-Unis, de faluminiuin extra-pur (99,8 à 99,9 pour 100). La purification se fait par électrolyse, avec pour anode de l’aluminium impur et pour électrolyte un bain complexe (sels de baryum), de densité supérieure à celle de l’aluminium; l’aluminium pur apparaît à la cathode en sm'face du bain. Cet aluminium possède de grands allongements et une bonne résistance à la corrosion, F. Gruson.
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- UN PYLONE ÉLECTRIQUE ORIGINAL ET ÉCONOMIQUE
- LE PYLONE DARRIEUS
- La mise en valeur des chutes d’eau et l’extension de l’électrification sont aujourd’hui d'impérieuses nécessités pour tous les pays en voie de développement industriel. Elles s’imposent à la France plus qu’à tout autre pays,
- Isolateur
- Rotule
- Schéma clu pylône-chevalet articulé système Darrieus.
- puisque notre pauvreté en combustibles minéraux nous oblige à tirer le meilleur parti de nos ressources en houille blanche.
- Après une magnifique éclosion qui a commencé voici une vingtaine d’années, on assiste depuis 1921 à un sérieux ralentissement dans la mise en exploitation de nouvelles chutes. Le motif s’en trouve dans le prix élevé des travaux de premier établissement. L’effort des ingénieurs doit donc se porter sur l’abaissement du prix de revient de tous les éléments qui constituent une distribution électrique.
- C’est pourquoi l’on assiste à la simplification croissante des organes des stations centrales, à la réduction des bâtiments par l’installation de sous-stations et de postes de coupures en plein air, etc.
- Une partie importante des frais d’équipement d’une distribution électrique est évidemment imputable à la ligne elle-même : conducteurs, isolateurs et supports. Si on examine en détail ce poste de dépense, on constate avec surprise qu’en employant les procédés de construction usuels, le prix des pylônes atteint à lui seul la moitié de la dépense.; l’autre moitié représentant le prix des conducteurs, artères vitales de la distribution, et de leurs isolateurs. Il est quelque peu paradoxal de voir les accessoires prendre ainsi le pas sur l’essentiel.
- Frappé de cette anomalie, un ingénieur français M. Darrieus a été amené à envisager sous un angle nouveau le problème des pylônes et il lui a donné une solution aussi originale que hardie, quoique parfaitement rationnelle.
- Les supports usuels, dit-il, sont dimensionnés pour assurer deux sortes de fonctions, les unes normales, les autres accidentelles.
- Les premières consistent à porter les fils et leur surcharge éventuelle (givre), et à résister aux efforts transversaux du vent, les secondes consistent à résister aux efforts supplémentaires dus à la rupture accidentelle d’un ou plusieurs fils, ou résultant de la poussée du vent dans le sens de la ligne.
- M. Darrieus entend débarrasser entièrement les supports de ces fonctions accidentelles; qui, logiquement, peuvent et doivent incomber aux conducteurs eux-mêmes. Ceux ci, en effet, ont toujours des sections relativement élevées; et il y a toujours, au surplus, intérêt à les accroître, pour diminuer les pertes en ligne; ils offrent donc par eux-mêmes une résistance mécanique aux efforts dans le sens de la ligne, et il y a tout avantage à les calculer, de telle sorte qu’ils puissent à eux seuls résister aux efforts de renversement dans la direction parallèle à
- Fig. ?. — Expérience de la rupture d'un cable sur la ligne expérimentale. Le seul effet de cette rupture est de gauchir le support.
- la ligne. La ligne et les supports forment ainsi un tout, mais ce sont les conducteurs qui forment la membrure
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- véritable de l’ouvrage ; les pylônes n’ayant plus qu’à faire face à leurs fonctions normales, peuvent être considé-
- rablement allégés.
- LE NOUVEAU PYLONE
- M. Darrieus a ainsi été conduit à imaginer le pylône extrêmement léger que représente notre figure 1. C’est un chevalet articulé. Les deux pieds, formés chacun d’une poutre à treillis et convenablement écartés reposent par l’intermédiaire d’une articulation à rotule, chacun sur un dé en béton, de très faibles dimensions. Cette libre articulation au niveau du sol soustrait les supports à tout effort longitudinal de la part des conducteurs. A leur partie supérieure ils sont articulés sur une barre transversale à treillis qui supporte les isolateurs.
- Deux haubans assurent l’entretoisement.
- Ces pylônes sont calculés pour supporter le poids des conducteurs et résister aux efforts transversaux à la ligne. Ils n’ont a subir aucun effort dans le sens de celle-ci.
- Ces efforts sont supportés par des conduc-
- haute tension comporte presque toujours 3 fils, souvent 4, s’il y a un fil de terre. Leurs sections sont ou en tout cas doivent être toujours assez fortes pour les garantir pratiquement contre tous accidents d’ordre mécanique, et si par hasard l’un d’eux vient à se rompre, ceux qui subsistent garantissent à l’ouvrage un coefficient de sécurité suffisant pour lui permettre d’attendre la réparation, du reste très aisée.
- Les calculs de M. Darrieus, entièrement confirmés par les résultats de la ligne d’expérience dont nous venons de parler, montrent qu’avec ses pylônes on peut réduire dans la proportion de 80 pour 100 le poids total des
- l'tg. if. — Ligue expérimentale construite au Bourget avec supports sysiè Cette ligne est du type triphasé, 120 000 volts.
- leurs et par des pylônes d’arrêts, répartis le long de la ligne, à de très grands intervalles.
- Mais, dira-t-on, si un conducteur se rompt, que se produira t-il ? La photographie de la fig. 2 répond à cette question. L’expérience a été faite sur une ligne expérimentale construite par la Cie Electromécanique. Le chevalet se déforme en se gauchissant : il n’en est pas moins maintenu par les fils qui subsistent. Mais tous les fils pourraient se rompre, objectera-t-on. On doit observer que c’est un accident très peu probable, et qui serait imputable non aux supports, mais aux conducteurs insuffisamment dimensionnés : une ligne de distribution à
- hue Darrieus.
- Fig. 4. — Montage de la ligne expérimentale. Levage d’un pylône.
- Les conducteurs électriques ont été fixés au pylône avant le levage.
- supports ; ce qui se traduit par une économie de 10 à 20 millions pour une ligne à très haute tension de 500 km. de long.
- Cet avantage fondamental n’est pas le seul : la suppression quasi totale des fondations entraîne la diminution des emprises sur le terrain d’autrui et facilite la pose de la ligne, lorsque le terrain est difficile, rocheux ou marécageux. Le poids des pylônes de ce type croît beaucoup moins vite en fonction de la hauteur que pour les pylônes ordinaires; d’où possibilité de réaliser de plus grandes portées, donc économie sur les isolateurs et leur entretien. Ce support, grâce à sa souplesse, s’adapte aux conditions d’installation les plus variées : accidents de terrains, tracés brisés, etc. Enfin la légèreté de ses éléments facilite le transport et le montage. ' ' .
- La solution ainsi apportée au problème des supports sort des sentiers battus, et au premier abord peut sembler quelque peu aventureuse. Un examen attentif montre, au contraire, qu’elle offre une sécurité au moins égale à celle de tous les systèmes usuels. A. Troeler.
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- Fig. 1. — Dolomies ruuiiformes du Causse Noir, érodées par les anciens courants pliocènes. I- Le Dromadaire du Rajol, — II. Le « Donjon » de Rocjuesaltes. (Clichés Martel.)
- Depuis quelcpies armées, La Nature a pris la bonne habitude de décrire, de temps à autre, une « région naturelle » de France.
- Mais cette excellente idée a démontré, une fois de plus, quelles énormes difficultés présente la subdivision de notre territoire en tranches complètement rationnelles.
- Les grands Causses et les Cévennes. — Un
- exemple particulièrement topique est celui des grands Causses et des Cévennes, qui composent le partage océano-méditerranéen entre l’Hérault (et autres minuscules lleuves voisins) et de grands affluents de la Loire, du Rhône et de la Garonne, avec le Mont Lozère (1702 m. au Signal de Finiels) pour point culminant.
- En géographie physique déjà ce territoire'peu étçndu (une moitié de la Lozère, un tiers de l’Aveyron, un quart du Gard et autant de l’Hérault, soit un département et
- un tiers) requiert un classement hydrographique spécial, comme « toit de la France », dénomination de vieille date.
- Depuis les grands travaux géologiques de G. Fabre et surtout depuis la révélation des « gorges du Tarn » par A. Lequeutre, en 1880, on a réalisé, en ce pays des Causses, de vraies trouvailles inattendues, qui ont modifié ou complété bien clés idées (4).
- Dès 1840, Dufrénoy et Elie de Beaumont expliquaient que les grands Causses [sont ces puissants sédiments calcaires de la période secondaire, qui forment entre
- i; Voir les.n0* 597, 008, (539, (575, 734, 76(5, 821, 824, 834, 855, 938, 1278, 1306, 1331, 1450, 1895,1956, etc., et surtout mou récent ouvrage : Causses et gorges du Tarn (in-8, 512 p., 270 gr. et 3 cartes, édité par le Syndicat d’initiative de Millau, imprimeiûe Artières et Maury. Millau, avril 1926, prix : 22 francs, en vente au T G. F., O. N. T., G. A. F.), où j’ai mis au point et condensé tout ce qui concerne cette région.
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- Mencle, Rodez et Montpellier, le talus méridional du massif central français et la déclivité occidentale des Cévennes. Comme un golfe en forme de Z épais, ils pénètrent et divisent en deux portions les terrains archéens et granito-sc-histeux du Languedoc; au lendemain du dessèchement des mers jurassiques, ils ne constituaient qu’une seule masse continue; ensuite les mouvements tectoniques de l'écorce terrestre, — la surrection, dit-on, des Pyrénées, de la Provence, des Alpes, à l’époque tertiaire,— les disloquèrent et fragmentèrent intensément; enfin l’action des eaux, le ruissellement et les érosions, creusant et approfondissant, leurs cassures, dessinèrent d’étroites vallées ou cartons-, de haut en bas, celles-ci tronçonnèrent les strates superposées en une multitude de petits causses accessoires et en quatre principaux, les hauts causses élevés de 559 à 1278 m. : Sauvai erre, Méjcan (rattaché à l’Aigoual par un isthme qui, en un certain point, n’a que 10 m. de largeur), Noir, Larzac (le plus grand, plus de 1000 km2).
- Il convient de les nommer Causses Majeurs, pour les distinguer des Causses Mineurs, qui les prolongent à l’ouest, en Rouergue, Quercy et Périgord (300 à 450 m.
- d’altitude).
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- Caractères des Causses majeurs. — Élisée et Onésime Reclus avaient magistralement décrit les grands Causses et leur aridité. Mais des investigations récentes permettent de préciser maintenant que quatre faits spéciaux, à la fois géologiques et géographiques, distinguent particulièrement « les Causses majeurs » :
- 1° Leur disposition en « hautes terres, dont le pourtour est très nettement caractérisé par des remparts abrupts ». Cette simple et ancienne définition cl’Élisée Reclus (La. Terre, 1868) est excellente et doit être ressuscitée : car les Causses Majeurs ne sont ni des plateaux (puisque la dénivellation de leur surface, atteint 409 m. au C. de Sauveterre, 470 m. au Méjean, 373 m. au C. Noir et 362 au Larzac), — ni des pénéplaines (puisque l’engouf-1 renient des eaux courantes dans les abîmes, dès l’époque tertiaire, a empêché leur aplanissement de se parfaire). Ce sont plutôt des terre-pleins très bosselés. De là provient leur morphologie très singulière, comme pour toutes les régions de calcaires fissurés absorbants.
- 2° heur séparation ou « dissection » par des canons encaissés entre remparts abrupts (Tarn, Jonte, Dour-bie, ïrévezel, Vis, Hérault, les Arcs, Buèges) ; ce sont de magnifiques gorges, longues de 5 à 50 km;
- l'ig. 2. — Montpellier-h-Vieux [Aveyron) : Sortie du cirque de la Millière.
- Rocs pcdonculaires (hauts de 25 ni.) et ravin desséché, érodés par un ancien fleuve tertiaire, dons les dolomies batlioniennes (jurassicpies). (Cliché Martel.)
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- larges cle 30 à 2000 m., profondes de 300 à 600 m.
- 3U Leur hydrologie souterraine actuelle et ancienne, représentée par les . avens (abîmes) ou puits naturels (150 connus), les pertes de ruisseaux, les cavernes et cours d’eau intérieurs et les puissantes réapparitions d’eaux, les résurgences (autrefois appelées sources) (120 connues).
- Ceci est la plus étrange particularité des Causses. Les rivières n’ont pas d’affluents à ciel ouvert : les eaux des pluies sont absorbées par les gouffres et les fissures du sol; elles circulent parmi des cavités et des conduits souterrains puis, au contact de niveaux d’argile, elles ressortent au fond même des basses vallées au niveau des rivières (entre 100 et 1000 m. d’altitude), sous la
- Fig. 3. — Ermitage Saint-Michel (carlovingien, ix° siècle) sur un « champignon » de dolomies hathoniennes, de corniches du" Causse Noir (Aveyron), (Cliché Martel.) '
- forme de puissantes fontaines bleues et bouillonnantes: les réapparitions ou résurgences (‘).
- 4° Leur composition lithologiquë exclusivement calcaire, dolomitique (calcaire magnésien) et marneuse (calcaire argileux); — à l’exception de quelques grès de l’infra-
- 1. Rappelons que les principales cavités naturelles des Causses, dont les arcanes étaient inconnues avant 1888, sont : Bramabiau (perte, rivière souterraine, résurgence; la plus grande caverne de France, avec 7 lcm. 1/2 de ' galeries) ; les abîmes de Rabanel (Hérault, profond de 212 m.) ; de l’Avën Armand (Causse Méjean, 210 m., dont l’admirable profusion de stalagmites, ' la pus belle du monde, sera ouverte à la cui-iosité publique au printemps de 1927); clu Mas Raynal (Larzac) où on a retrouvé'le puissant cours-souterrain de la Sorgue d’Aveyron; la magnifique grotte de Dargilan (Causse Noir), rivière souterraine fossile, morte; celles des Baumes-cliaudes (Causse de Sauveterre), pai'tie supérieure d’un réservoir de résurgences, etc. Voir mon Nouveau traité des Eaux souterraines, Paris, Doin, 1921, sur toutes les questions et controverses relatives à « l’œuvre de l’eau » tant à l'intérieur qu’à la surface du sol.
- lias et du trias, et d’un certain nombre de pointements volcaniques (basaltes) sur une ligne nord-sud, de Sauveterre au voisinage de Lodève.
- La splendide originalité des causses et de leurs cluses est due surtout, aux caprices bizarres des découpures de la dolomie, roche spéciale et mini forme par excellence. Partout, elle s’v dresse en étranges remparts, tout taillés, par les météores atmosphériques et les anciens courants d’eau, en créneaux, tourelles, donjons el murailles. Il en est résulté les « villes de rochers » el les « rocs ruiniformes » de Montpellier-le-Vieux, Roquc-saltes, le Rajol, Nîmes-le-Yieux, etc., devenus classiques. Voilà les quatre éléments qui font des Causses Majeurs un bloc indivisible, du pied de l’Aubrac et de la Marge-ride au pic Saint-Loup (633 m.) voisin de Montpellier.
- Les Cévennes n'existent pas. —Mais les Causses sont si étroitement et directement appuyés et butés contre les Cévennes, granitiques, gneissiques, schisteuses, depuis les monts du Vigan (Lingas, 1440 m., et le fameux Aigoual, 1567 m.), jusqu’à la Montagne du Goulet (1499 m. aux sources du Lot) qu’ils font véritablement corps avec elles.
- Les dépôts jurassiques ont dépassé, agrippé, harponné les schistes, gneiss et granits cévenols, au point de se les annexer en quelque sorte ; on ne peut plus les en séparer, du moins pour le versant ouest des Cévennes. Et il v a bien d’autres connexions : des Cévennes mêmes descendent les tributaires de la Garonne : Lot, Tarn, Tarnon, Jonte, Dourbie, Trévezel, Sorgue, qui ont tronçonné le bloc des « hautes terres » des Causses Majeurs, en y creusant les canons. L’accès par routes, jusqu’au faîte orographique est plus aisé par le versant ouest, le revers oriental étant inextricablement raviné vers Alès (nouvelle orthographe d’Alais, d’après le décret du 29 juillet 1926).
- Il n’est pas jusqu’au déboisement (instauré en 1791, combattu depuis"1885) et à la transhumance des troupeaux, qui n’aient sévi tout autant sur les Causses Majeurs que sur les crêtes et cimes cévenoles elles-mêmes.
- Les Camisards, pitoyables victimes de Louvois et de Mme de Maintenon, subsistent non seulement jusqu’à Nîmes et Uzèsfmais encore ils ont gardé d’actifs foyers à Mende, Florac et Meyrueis, à Millau.
- Bref il ne sera jamais possible, en géographie générale, de séparer les Causses Majeurs des gibbosités dominantes qui se déroulent du Lingas au Goulet. Et pourtant il y a des différences considérables : en hydrographie d’abord ; puis en végétation, par le noyer, les chênes verts et rouvres et le pin sylvestre qui régnent aux Causses, et par le châtaignier (arbre à pain des Lozériens) du versant rhodanien ; en aspect physique entre les tristes monotonies des granits du Haut-Tarn (Pont de Montvert), * du Bougés, de l’Aigoual, etc., et les gaietés capricieuses, fantastiques des canons verts aux eaux bleues et aux dolomies rousses. Il y a aussi cette scissure locale par laquelle le Tarnon a mis un si profond fossé entre le Causse Méjean et les vraies Cévennes (de Vébron à Florac), etc.
- Ensuite c’est le climat qui diffère : s’il y a 2 à 3 m. de pluies à l’est du mont Lozère à Vialas, il n’en tombe que
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- 1 m. par an sur le Larzac, où les vents opposés se combattent ( aures tièdes du Midi et entres noirs glacés du nord-ouest! : Valleraugue et le Yigan « sentent déjà le Midi » et Ganges a des mûriers, mais ce n’est pas la même chaleur qu’à Millau, où prospère la vigne, à Peyre-leau, qui a vu fleurir des mimosas, à Ispagnac cjui cultive des amandiers, parce qu’elles sont tournées à l’ouest et abritées par des remparts jdolomitiques naturels, Man dis que des rivières presque torrentielles les rafraîchissent.
- On note encore des divergences agricoles et industrielles entre l’élevage de bestiaux, les fromageries, ganteries,draperies de Marvejols, Roquefort, Millau,
- Lodève et les charbonnages et usines de Bessèges, la Grand’-Combe, Aies. Tandis que les mines de plomb s’exploitent au Mont-Lozère (Vialas, le Bleg-nard) comme au voisinage de Bramabiau ( Saint-Sauveur de Pourcils). Bref, il faudrait en vérité trois subdivisions dans ce pays : « la Cévenne, » dont le versant Est par la Cèze et les Gardons relève du Rhône ; — les Causses Majeurs jusqu’au ressaut de la Séranne — et le complexe de la Vis, de l’Hérault, du Buè-ges, du Vidourle, qui passe insensiblement des vrais Causses aux garrigues, si spéciales de Montpellier, Nîmes, Uzès. On voit que, tout bien pesé et compensé, comparé et opposé, il existe entre « Causses majeurs et Cévennes » une majorité de connexions, mais aussi de notables divergences.
- Pour ajouter aux difficultés du partage, il a été fait en tous temps du mot Cévennesnne, abusive extension, qu’on n’enrayera pas facilement : les géographies antérieures aux-xe siècle ont attribué ce nom à tous les chaînons, massifs, plateaux, épanchements et extrusions volcaniques, qui haussent le sol entre Méditerranée et Atlantique, depuis le bas seuil de Naurouse jusqu’au canal du Centre. Il faudrait, un article spécial pour expliquer et détailler cette erreur. Disons seulement que- en vérité le nom de Cévennes n’est localement et populairement appliqué qu’à la crête tortueuse qui réunit l’Aigoual au Mont du Bougés (50 km développés pour 28 à vol d’oiseau).
- Même l’Aigoual et le Mont Lozère n’en font pas partie. Pour réagir contre l’abus, il faut enseigner désormais que, considérées comme « chaîne de partage des eaux », de
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- Naurouze au Creu-sot les Cévennes n existent pas! Et ceci n’est pas un paradoxe.
- Le Massif Central. — Que si, maintenant, on fait intervenir la tectonique, histoire de la formation des reliefs du sol, on s’enlise absolument dans le marécage des controverses théoriques, des hypothèses contradictoires, dont le fatras submerge et masque les données
- util es des faits matériellement observés. On s’en est rendu compte à la réunion extraordinaire de la Société géologique à Alès en 1923, faisant suite à la publication de la seconde édition d< la carte géologique, feuille d’Alais, au 80 000e, par M. Thiéry.
- Le Larzac surtout, avec le gauchissement de sa surface actuelle, le ressaut de la Séranne, les recouvrements de l'étrange vallée du Buèges, attend la solution de maints problèmes.
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- Fig. 5. — Canon de la Jonte, va de l’ermitage Saint-Michel.
- Creusé par Téi'osion dans les calcaires fissurés du jurassique moyen et supérieur. — A g\, le rocher Fabié (Causse Noir) en dolomies bathoniennes. — Au fond, les « corniches du Causse Majeur » (talus de calcaires bajociens), rempart de dolomies bathoniennes, strates de l’oxfordien. (Cliché Martel.)
- l’a brutalement coupée en deux (comme Causses et Cévennes), calcaire à l’Est, granitique et schisteuse à l’Ouest.
- De même pour les Pyrénées françaises : le crétacique y domine au Nord de la chaîne (avec des percées souterraines très distinctives) et à l’Ouest, à partir du val d’Ossau, précisément dans la région d'Euskarie, où un petit peuple, unique au monde, le Basque, constitue la plus étonnante des îles ethnographiques : non seulement il ne ressemble à aucune autre population, mais on ignore encore ce qu’il est; le pays basque à lui seul (du pic d’Anie .2504 m.) au golfe de Gascogne, fait une vraie « région naturelle ».
- Ne disséquons pas davantage le puzzle des délimitations de ce genre, sujettes à des compartimentages indéfiniment variables.
- Le topique exemple des « Causses et Cévennes » doit avertir renseignement géographique actuel qu’il verse fâcheusement dans des découpages parfois illogiques, parce qu’il né tient pas compte de certains facteurs. Sans revenir au morcelasse excessif des anciens petits pays (C/ialosse des Landes, Couscrans de l’Ariège, Gèvaudan Cévenol, Baronnies de la Drôme, Bugcy du Jura, Vexin et Brie de l’Ile de France, Cotentin de la Manche, Bocage vendéen, etc.), il convient de ne pas juxtaposer des pièces vraiment disparates. Un discernement bien critique s’impose pour éviter de tomber dans une arbitraire fantaisie.
- En beaucoup de cas les « coupures naturelles » sont impossibles à établir.
- Renonçons donc aux ingéniosités inutiles et tortionnaires, qui perdent du temps et fatiguent les attentions en assemblages artificiels « et contre nature ». E.-A. Martel.
- En définitive, Causses et Cévennes réunis sont bien « région naturelle » si l’on veut, mais à double caractère lithologique, calcaire et siliceux, avec hydrographie et flore essentiellement différentes.
- Pour le Massif Central, l’individualité n’est acquise que si l’on cesse de l’appeler Plateau Central; en effet on est bien forcé, aux points de vue ethnique, climatique, agricole, de l’étendre jusqu’à la Haute-Loire; mais alors on y comprend les deux grands sillons à dépôts tertiaires de la Limagne et du Forez, séparés par la vraie chaîne granitique (à pointements basaltiques) des Monts du Forez. Et ces deux creux introduisent dans l’est du massif de violentes oppositions.
- Les Causses Mineurs (Rouergue, Quercy, Périgord), jurassiques et crétaciques donneraient une trop longue et trop étroite bande jusqu’en Charente. Faut-il la tronçonner en annexes du Massif Central et de l’Aquitaine ?
- Le bassin de Paris, géologiquement, outrepasse la Loire jusqu’à Poitiers et englobe la moyenne Meuse. Donc quelles différences de caractères, de produits et de professions, entre les Lorrains et les Tourangeaux. Pour la Normandie, si elle présente une incontestable unité d’altitudes, de population, de cultures, la géologie
- Fig. 6. — E.-A. Martel, d’après un dessin d’Henri Rudaux,
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- Fig. 1. — Le Salon (le F Automobile de 1926, qui s’est tenu au Grand Palais, a permis de dégager les tendances nouvelles de la construction automobile.
- LA VOITURE AUTOMOBILE MODERNE
- COUP D'ŒIL D’ENSEMBLE SUR LA CONSTRUCTION ACTUELLE
- Il n’y a pas à proprement parler, un type de voiture automobile moderne. Les usages des voitures automobiles sont actuellement si divers, qu il faut bien qu il y ait de nombreux modèles de voitures, de la plus petite jusqu’à la plus grande, et il est tout à fait évident qu’on ne saurait trouver sur une 5 G. V. et une 40 C. Y. les mômes solutions mécaniques.
- Mais, ce qui caractérise la voiture automobile moderne, c’est un ensemble de perfectionnements successifs, appliqués à la construction et qui font que les voitures de 1926 diffèrent non seulement' des voitures d’il y a quinze ou vingt ans, mais encore de celles qui sont sorties des usines il y a seulement quelques années.
- Ces perfectionnements sont d’ailleurs souvent peu apparents : je veux dire qu’ils portent sur des points qu’on ne peut découvrir par le seul examen extérieur du châssis. Certains d’entre eux pourtant entraînent à des modifications de forme des organes et ce sont ceux-là, bien entendu, qui frappent le plus le spectateur.
- Apparents ou non, les perfectionnements des voitures sont constants d’une année à l’autre, moins importants sans doute à l’époque actuelle, où l’automobile depuis trente ans qu’elle existe, a acquis peu à peu une technique sûre d’elle-même, qu’ils n’étaient au début, mais réels néanmoins.
- Ces perfectionnements sont connus des techniciens souvent bien longtemps avant qu’ils aient été appliqués. Les nécessités commerciales qui obligent les constructeurs à terminer la vente des modèles existants, les nécessités industrielles qui leur interdisent tout changement brusque dans la fabrication, font que les nouveautés intéressantes demandent quelquefois plusieurs mois, sinon plusieurs années, avant d’être mises en application.
- C’est généralement au Salon de l’Automobile que les modèles nouveaux font leur première apparition; c’est tout au moins au Salon que le public est appelé à examiner ces modèles, et à se faire sur eux une opinion.
- Ce sera donc à l’occasion du Salon que nous allons retracer dans leurs grandes lignes, les caractères des voitures vraiment modernes.
- LA VOITURE MODERNE
- Moteur de petite cylindrée, voiture ayant une grande puissance de transport : telle paraît être la formule bien nette de la voiture automobile moderne.
- On demande de plus en plus en effet aux voitures de pouvoir transporter un grand nombre de passagers en leur assurant le plus de confort possible. On veut aussi que ces passagers puissent être transportés rapidement,
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- Un modèle de moteur caractéristique des tendances modem par la. simplicité de son aspect extérieur.
- Le moteur Alfa-Romeo : 1500..cm3,•• 6 cylindres Sport, 10 GV.
- d’où la nécessité do créer des châssis ayant ce ‘ que' nous appellerons une grande puissance de transport.
- Mais on veut aussi que le transport soit économique. Pour obtenir cette économie indispensable, on cherchera à alléger le plus possible l'ensemble du châssis et de la carrosserie dans la mesure compatible avec la sécurité et la durée du mécanisme. On cherchera à utiliser au maximum chacun des organes de la voiture; et c’est ce qui conduit à l’emploi de moteurs de petite cylindrée.
- Petits moteurs donnant une grande puissance de transport, cela paraît au prime abord, un paradoxe.
- Si légère que soit la voiture en effet, il faut, pour obtenir un transport rapide et des conditions de logement confortables dans la carrosserie, une puissance de moteur relativement élevée. On y atteindra en utilisant la matière du moteur le plus souvent possible dans l’unité de temps, c’est-à-dire en faisant tourner le moteur très rapidement.
- Un moteur de cylindrée donnée possédant tous ses organes, a, en effet à quelques kilogs près, un poids parfaitement déterminé.
- La puissance qu’il donne est fonction du nombre d’impulsions motrices dans1 l’unité de temps. Plus ori aura d’impulsions motrices, plus la puissance sera élevée pour un poids donné de métal. Il faudra donc, pour obtenir une puissance élevée d’un moteur de faible cylindrée, le faire tourner vite.
- LES MOTEURS RAPIDES
- Depuis que l’automobile existe, pourrait-on dire, la construction a toujours été orientée vers le moteur de plus en plus rapide.
- L’expression moteur rapide n’a par conséquent qu’une valeur très relative : tel moteur considéré comme tournant vite en 1910, fait au contraire figure de moteur lent en 1926.
- Les premiers moteurs d’automobiles tournaient à des vitesses comparables à celles des machines à vapeur de l’époque, soit quelques centaines de tours à. la minute. Le régime de 700 à 1000 tours a été longtemps considéré comme normal.
- Les premiers moteurs ayant dépassé nettement ces vitesses de rotation très modérées, ont; été les moteurs des célèbres tricycles de Dion qui tournaient à 15 ou 1800 tours à la minute, vitesse réputée folle à l’époque.
- On a fait mieux depuis.
- Sans suivre par le menu toutes les étapes du perfectionnement du moteur dans cet ordre d’idées, rappelons que les moteurs des voitures de course du Grand Prix de l’Automobile Club de 1926, tournaient normalement aux environs de 7 à 8000 tours à la minute. Sans doute, les moteurs de nos voitures de tourisme sont-ils encore assez éloignés de ces vitesses. Mais les régimes de 3000, voire 4000 tours n’effraient plus personne.
- La puissance par litre, qui peut, somme toute, servir de point de comparaison pour le degré de perfection atteint dans la construction des moteurs d’automobiles, a passé depuis 15 ans, d’une dizaine de chevaux à 35 chev., cela, pour le*s moteurs de tourisme. Les moteurs de course en effet, avec compresseur, atteignent maintenant près de 150 chev. par litre de cylindrée.
- Pour qu’un moteur puisse tourner vite, il faut évidemment qu’il soit construit spécialement et que chacun de ses organes soit approprié aux efforts qu’il a à supporter, calculé pour résister aux frottements qui lui sont imposés, et que les diverses fonctions du moteur soient suffisamment bien assurées pour que rien ne souffre de ces régimes élevés.
- Au moment où l’on a commencé à pousser les moteurs, suivant l’expression d’ailleurs vicieuse mais consacrée, ou a dit beaucoup de mal des moteurs à grande vitesse.
- On a affirmé en particulier que ce n’étaient pas des moteurs sérieux, des moteurs d’usage, et qu’ils seraient mis hors de service après un fonctionnement trop bref, tandis que, ajoutait-on, les bons vieux moteurs lents peuvent résister presque indéfiniment à un fonctionnement très prolongé.
- C’était peut-être vrai pour les premiers moteurs rapides, simplement parce que leurs organes n’étaient pas proportionnés à leur vitesse de rotation. Les paliers en particulier se trouvaient beaucoup trop chargés, les pistons trop lourds, les vilebrequins mal équilibi’és, les différentes articulations insuffisamment graissées, les eylindres pas assez refroidis, les soupapes faites en métal trop peu résistant; bref, les moteurs rapides du début se présentaient comme des moteurs surmenés, incapables de soutenir longtemps l’effort important qui leur était demandé; d’où leur mauvaise presse. Depuis, on a appris à construire les moteurs rapides et l’expérience prouve que les moteurs modernes satisfont à un service aussi prolongé que les moteurs d’autrefois, et dans des conditions infiniment plus économiques.
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- Les voitui*es modernes ont: donc toutes des moteurs à régime rapide : entendez par régime rapide 2000 à 2500 tours pour les grosses voitures, 3 à 4000 pour les petites.
- Pourquoi, se demandera-t-on certainement , ne cherche-t-on pas à obtenir une puissance spécifique aussi élevée des gros moteurs que des petits:’
- Il y a là un point qu’il convient de ne pas laisser dans l’ombre. Les petites voitures, par définition, doivent être des voitures économiques. L’économie d’établissement et par conséquent l’abaissement du prix de vente, l’économie de consommation, font qu’on met au second plan la plupart des autres questions, et en particulier les questions de bruit, de vibrations, qui.prennent au contraire une importance très grande, dès qu’il s’agit d’une voi-’ure de luxe.
- Pour les voitures de luxe en effet, on ne tolère aucune imperfection et le silence est certes une qualité très importante de la voiture bien faite.
- Or, il n’est pas possible, dans l’état actuel de nos connaissances, d’obtenir un fonctionnement aussi silencieux du moteur au régime très rapide que du moteur à régime un peu plus lent. Et c’est pour obtenir le fonctionnement plus silencieux qu’on a sacrifié un peu de la puissance spécifique et par conséquent de l’économie générale d’établissement du châssis.
- LES VOITURES A SIX CYLINDRES
- Ce souci de la recherche du confort, plus grand confort qui réside en grande partie dans les qualités de silence et de douceur de fonctionnement, s’est manifesté d’une façon éclatante dans l’Exposition de 1926, par l’abondance des voitures munies de moteurs à six cylindres.
- Il n’est pas un grand constructeur qui n’ait exposé ou au moins n’ait eu dans son service d’études un ou deux châssis avec un moteur à six cylindres. Il s’agit à peu près partout de moteurs moyens, c’est-à-dire dont la cylindrée oscille entre 2 litres et 3 litres 1/2 : c’est à peu près la formule actuelle de la voiture moyenne.
- Pour les voitures plus puissantes, le six cylindres existait depuis longtemps, avec Hispano, Renault, Far-man.
- Le moteur à six cylindres sur lequel nous aurons l’occasion de revenir plus en détail quand nous étudierons spécialement le perfectionnement du moteur, présente sur le quatre cylindres l’avantage incontestable d’une plus grande régularité de couple et de meilleur équilibrage.
- Dans un quatre cylindres en effet, le couple moteur s’annule deux fois par tour, au moment où les pistons passent par leur point mort. Dans le six cylindres au contraire, il y a toujours un ou deux cylindres qui se trouvent au temps de la détente, en train par suite de produire du travail, ce qui donne au moteur un couple qui ne s’annule jamais.
- Ajoutez à cela qu’à cylindrée et par conséquent à puissance égale, chaque impulsion
- motrice du moteur à six cylindres est moins forte que celle du quatre cylindres; un quatre cylindres de 3 litres de cylindrée, a un volume de 750 cm3 par cylindre, tandis qu’un cylindre de même capacité totale n’a que 0,500litre.
- Le travail par coup de piston est donc, dans le second cas, seulement les deux tiers de ce qu’il est dans le premier : autre raison pour que les coups .moteurs soient moins perçus par le conducteur et les passagers, dans un moteur à six cylindres que dans un quatre cylindres.
- Nous ne nous étendrons pas aujourd’hui sur les points de détail qui caractérisent le moteur moderne, nous réservant, ainsi que nous l’avons dit, d’y revenir par la suite. Nous nous contenterons de noter les points les plus importants.
- Dans l’étude du moteur, comme du reste dans celle des autres organes de la voiture, on recherche de plus en plus la grande sécurité de fonctionnement et la commodité d’emploi. On arrive à obtenir ces deux qualités non pas comme beaucoup se le figurent un peu naïvement, en simplifiant la construction, mais au contraire en la compliquant, par des complications que, il est vrai, on cache soigneusement aux yeux de l’observateur.
- Perfectionnement et simplicité ne vont que bien rarement de pair. Nous pourrions en citer d’innombrables exemples, aussi bien dans le domaine de l’automobile que dans celui de la vie courante.
- En ce qui concerne le moteur, la recherche va de plus en plus vers la grande simplicité d’aspect extérieur. Plus de tuyauteries apparentes, ou tout au moins, le moins possible. Plus d’organes en mouvement qui ne soient enfermés dans dés carters. Le cylindre et le carter forment un bloc d’aspect compact, supportant quelques autres blocs : la magnéto, la dynamo d’éclairage, le carburateur ; telles sont à peu près les seules saillies qui se dégagent du bloc d’ensemble (fig. 2).
- On avait coutume autrefois de faire toujours le carter du moteur en aluminium avec des cylindres en fonte.
- Le prix sans cesse croissant de l’aluminium fait que maintenant, assez fréquemment, on fait appel à la fonte pour constituer le carter, tout au moins dans sa partie supérieure. Aussi, voyons-nous un certain nombre de moteurs modernes où le cylindre est venu de fonte d’une seule pièce avec la moitié supérieure du carter. Il s’ensuit une certaine économie, mais aussi et surtout, une
- Fig-, 3. — Une voiture curieuse : l’autobloc Claveau.
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- Fig. U. — Le châssis Renault, nouveau modèle. (6 cylindres, 15 CV.)
- plus grande rigidité de l’ensemble; le carter n’est en effet pfs une simple boîte dans laquelle on cache le vilebrequin et ses organes accessoires, mais c’est aussi et surtout le bâti rigide qui supporte par des paliers les arbres tournants : vilebrequin, arbre à cames, etc.... -
- II importe bien entendu que ce bâti soit aussi rigide et indéformable que possible. Aussi, a-t-on grand soin de le faire assez massif, ou tout au moins d’y ménager des nervures aux endroits convenables pour que ses déformations restent extrêment petites.
- Le système du bloc-cylindres venu de fonte avec la moitié supérieure du carter ne va pas d’ailleurs sans présenter d’assez sérieux inconvénients, surtout au point de vue des réparations.
- BLOC MOTEUR ET BLOC TRANSMISSION
- On emploie universellement maintenant, à bien peu d’exceptions près, l’agencement du bloc-moteur pour les trois organes importants de la voiture, qui sont : le moteur, l’embrayage et la boîte de vitesses.
- Autrefois, il était de règle de séparer ces trois organes, le moteur reposait soit directement sur le châssis, soit plus généralement sur un faux châssis. L’embrayage était placé à la suite'du moteur, boulonné sur le volant mais d’une façon apparente, et la boîte de vitesses tout à fait distincte trouvait sa place à l'arrière du faux châssis. Un arbre âvec joints de cardan réunissait l’embrayage et la boîte de vitesses.
- Le système du bloc moteur réunit au contraire sur un seul bâti, le moteur, l’embrayage et la boîte de vitesses, et les abrite dans un seul carter. Ce carter peut d’ailleurs comporter plusieurs plans de joints, mais une fois monté,
- il forme un tout qui repose sur le cadre du châssis par trois ou quatre points d’attache.
- L’inventeur du bloc moteur fut Sehandel. La première maison importante qui a utilisé le bloc moteur fut la firme bordelaise Motobloc.
- Le nom de Motobloc est d’ailleurs caractéristique du genre de construction mis à la mode par cette maison.
- Ceci se passait aux environs de 1903. L’idée a fait son chemin, et maintenant 95 pour 100 des constructeurs l’ont adoptée.
- Les avantages du bloc moteur sont presque évidents : tous les organes mécaniques du châssis se trouvent en effet montés sur le même bâti; tous les arbres peuvent par conséquent être et rester parfaitement alignés, puisqu’ils reposent sur un bâti rigide, lequel est soustrait aux déformations inévitables du châssis. L’usinage des portées des arbres se faisant entièrement sur des machines-outils, est facile à réaliser avec précision. Enfin, le bloc-moteur donne au châssis un aspect de simplicité très satisfaisant.
- En France, un seul constructeur n’est pas venu au bloc-moteur, mais il est d’importance : il s’agit de Louis Renault. Il ne pouvait guère, sans abandonner des principes qui lui sont chers, en particulier pour le refroidissement, faire un bloc-moteur. Il a réalisé d’ailleurs un autre groupement des organes mécaniques du châssis et qui, pour être différent du bloc moteur, n’en présente pas moins des qualités tout à fait comparables.
- C’est ce groupement que nous appelons le bloc-transmission. Sur les voitures Pvenault, moteur et embrayage sont réunis en un seul ensemble, lia boîte de vitesses est montée à l’extrémité antérieure du tube de réaction qui est assemblé d’autre part sur le pont arrière; le bloc
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- moteur-embrayage est réuni au bloc boîte de vitesses-pont arrière par un arbre muni d’un seul joint de cardan. L’ensemble est tout aussi net que dans le bloc moteur, présente les mêmes qualités au point de vue de la facilité et de la précision d’exécution, et présente en outre# l’avantage de soumettre le joint de cardan à des efforts moindres.
- L'EMBRAYAGE
- Les types d’embrayages, très variés autrefois et presque également répartis en nombre sur les différents châssis, tendent maintenant à diminuer ou tout au moins la faveur s’oriente vers quelques-uns d’entre eux.
- L’embrayage le plus employé maintenant, et qui conquiert tous les jours de nouveaux adeptes, est l’embrayage à disque ou à plateau unique, en tôle d’acier, placé entre deux plateaux solidaires du volant et garnis de matière amiantée. Le disque en acier qui forme récepteur est entaillé suivant des rayons et des portions de circonférence, de façon à ne pas se déformer, ou plutôt à conserver une planité parfaite, malgré les dilatations que lui imposent les variations assez notables de température.
- La plupart de ces embrayages fonctionnent à sec.
- Le seul constructeur important dont les embrayages fonctionnent dans l’huile est Panhard ; sur les voitures Panhard, le plateau récepteur porte rivé sur lui une couronne plate en fibre, et frotte sur deux plateaux en fonte, solidaires du volant, le tout trempant dans l’huile.
- On rencontre également, surtout sur les voitures assez puissantes, des embrayages à disques multiples, disques en acier, alternativement nus et recouverts de matière
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- amiantée. Ces embrayages fonctionnent également à sec.
- Les embrayages à cône, si en faveur autrefois, tendent à disparaître, tout au moins sur les voitures de tourisme, de même que les embrayages à disques fonctionnant dans l’huile.
- Les nouveaux types d’embrayage présentent sur les anciens certains avantages appréciables : la partie entraînée a moins d’inertie, ce qui facilite la manœuvre du changement de vitesses, et le débrayage est plus franc avec les systèmes secs qu’avec ceux qui fonctionnent dans l’huile, surtout lorsque l’embrayage est froid.
- LA BOITE DE VITESSES
- C’est peut-être l’organe qui a le moins changé depuis que l’automobile existe. Ou, tout au moins, les changements qu’il a subis datent de fort longtemps et la boîte de vitesses est maintenant arrivée à un régime qu’on pourrait appeler stable; il ne semble pas en effet qu’elle soit près d’être supplantée par un autre système.
- La boîte de vitesses de la voiture moderne est donc une boîte à trains baladeurs multiples et à prise directe.
- En général, sur les voitures françaises, la boîte de vitesses comporte quatre combinaisons de marche avant et une marche arrière.
- Sur certaines voitures cependant, il y a seulement trois vitesses ; la boite à trois vitesses se trouve soit sur des voitures où on l’a adoptée pour raison d’économie (petites voitures), soit, au contraire, sur de grosses voitures en général avec des moteurs à six cylindres, où l’on dispose d’un très gros excédent de puissance.
- La boîte dej vitesses est certainement l’organe de la
- Fig. 5. — Coupe d’une voiture Citroën, conduite intérieure, 10 CV.
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- voiture automobile qui donne le moins de souci à!son propriétaire. La panne de boîte de vitesses est en effet pratiquement inconnue, et lors de la révision générale de la voiture, il est bien rare qu’on ait à toucher quoique ce soit à cet org’ane.
- Si lifboîte de vitesses n’inspire aucun souci au propriétaire de la voiture, il n’en est pas de même pour le constructeur; celui-ci, en effet, a la plus grande difficulté à obtenir d’une boîte de vitesses un fonctionnement parfaitement silencieux. Le silence des voitures, lorsqu’elles marchent en .prise directe, a réalisé de très sérieux progrès, et le bruit de la boîte de vitesses quand on prend une combinaison inférieure d’engrenage, est d’autant plus sensible. Ce bruit provient soit de l’engrè-nement incorrect des dents des pignons, soit de la vibration des arbres qui les supportent.
- En ce qui concerne la correction de l’engrènement, il ne faut pas oublier en effet, que les pignons tracés avec le profil théoriquement exact de denture, ne peuvent être exécutés sur les machines-outils qu’avec une certaine approximation d’usinage. Comme ils subissent après la dernière opération un traitement thermique, ils sont souvent victimes, au cours de ce traitement, de petites déformations, d’où des irrégularités dans la forme des dents, et par conséquent du bruit au cours du fonctionnement.
- Pour arriver aune forme aussi exacte que possible, on est conduit, tout au moins dans les voitures soignées, à rectifier la denture des roues à la meule, après traitement thermique. Les machines à rectifier les pignons, autrefois presque inconnues, sont maintenant d’un usage courant dans la plupart des usines, au moins dans celles d’où sortent de grosses voitures.
- Le bruit peut provenir également, nous l’avons dit, de la vibration des arbres qui supportent les pignons. On observe, quand on suit les transformations delà boîte de vitesses d’année en année, que celle-ci se raccourcit toujours de plus en plus et que les arbres ont un diamètre qui va en grossissant. Avec des arbres gros et courts, la période de vibration propre devient tellement élevée qu’elle n’est pratiquement pas atteinte dans les conditions normales de marche et que, par conséquent, la vibration des arbres ne se produit pas.
- Enfin, une cause du bruit des boites de vitesses réside également dans la vibration du carter qui en constitue le bâti.
- Certaines boîtes sont plus bruyantes que d’autres, simplement parce que le carter est moins rigide, moins bien nervure, ou a des parois moins épaisses.
- Nous avons dit que la boîte de vitesses avait probablement atteint sa forme définitive avec le système à trains baladeurs. Cependant, de très nombreux inventeurs se préoccupent de la supprimer ou tout au moins, de la remplacer par des appareils de changement de vitesses continus et automatiques. Nous ne saurions donner un aperçu même très incomplet de tous les systèmes imaginés jusqu’à maintenant. Contentons-nous de signaler ici deux changements de vitesses continus et automatiques qui étaient exposés au dernier Salon : le changement de vitesses Sensaud de Lavaud, et celui de Cons-tantinesco. Avec ces appareils, le couple résistant de la
- voiture équilibre automatiquement le couple moteur. Le conducteur n’a plus aucune manœuvre à faire pour passer de l’arrêt à la vitesse maximum; il lui suffit d’appuyer plus ou moins sur la pédale de l’accélérateur.
- * Le principe de ces appareils est très séduisant. Malheureusement, ils utilisent tous des roues libres. Or, la roue libre, tout au moins celle que nous connaissons à l’heure actuelle, est un organe délicat qui a donné lieu à bien des déboires. Les constructeurs que nous avons nommés disent avoir résolu le problème. C’est à cette condition seulement que leur invention peut être viable.
- LA TRANSMISSION
- On discutait fort autrefois, pour savoir si la transmission des voitures devait se faire par chaînes ou par arbre longitudinal à joints de cardan. La question ne se pose plus maintenant, même pour les châssispoids lourds, où l’arbre à cardan a reçu une généralisation à peu près complète : Au Salon des Poids lourds de 1926, tous les châssis, à deux exceptions près, avaient en effet des transmissions par cardan.
- Les systèmes de transmission employés actuellement se rangent dans deux catégories principales : système à un seul joint de cardan, avec réaction et poussée transmises par un tube entourant l’arbre à cardan, et système à deux joints avec réaction et poussée par les ressorts. Le premier système est employé sur toutes les voitures de litxe et a le gros avantage d’enfermer complètement les transmissions et de soumettre les ressorts de suspension à des efforts moins importants.
- Le second système est plus simple, moins cher, et conserve encore d’assez nombreux partisans.
- Les joints de cardan employés sont presque toujours des joints à croisillon avec, s’il y a lieu, un joint coulissant à cannelures. Mais sur beaucoup de voitures, et en particulier sur presque toutes les voitures légères, le joint de cardan mécanique a fait place au joint flexible en toile ou caoutchouc ; celui-ci est formé par un disque constitué par un empilage de toiles vulcanisées dans du caoutchouc, disque relié d’une part à l’arbre secondaire de la boîte et d’autre part, à l’arbre de transmission. Par ses déformations, ce disque permet aux deux arbres qu’il réunit, des déplacements angulaires assez importants.
- Assez discuté au début, le joint souple a fait ses preuves et a montré qu’il était aussi sûr qu’un joint mécanique, à condition d’avoir des dimensions suffisantes.
- La transmission du mouvement de l’arbre longitudinal jusqu’à l’arbre transversal, qui porte les roues, se fait au moyen de pignons coniques. Une seule firme (Peugeot) a conservé sur ses petites voitures, la transmission par vis sans fin. Il semble d’ailleurs qu’il y ait surtout là une question d’outillage.
- Les pignons coniques dont on fait usage sur les voi-tures automobiles ont tous actuellement une denture courbe dite parfois spirale. Ces pignons sont taillés sur des machines américaines Gleason. Le silence de fonctionnement des engrenages coniques à denture droite est en effet extrêmement difficile à obtenir d’une façon parfaite, et le ronflement des ponts arrière a fait l’objet
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- d’études longues et décevante?. Avec la denture courbe, le problème paraît définitivement résolu, et les ponts arrière bruyants sont maintenant extrêmement rares.
- Un nouveau système de denture pour pignons coniques a fait son apparition en Amérique sous le nom d’engrenage Hypoïd. Les pignons à denture Hypoïd sont en somme l’intermédiaire entre les pignons coniques ordinaires et les vis sans fin. Les arbres qui les portent sont montés de façon telle qu’ils ne se rencontrent pas, et le point de contact du pignon avec la roue se fait entre le centre de celle-ci et sa périphérie. La denture Hypoïd est toute nouvelle. Je ne crois pas qu’aucun constructeur français l’ait encore employée. Il paraît d’ailleurs que sa mise au point suscite certaines difficultés : c’est le lot commun d’ailleurs pour les inventions nouvelles.
- L’arbre à cardan n’attaque pas directement les arbres transverses; il travaille sur un différentiel cpi’on rencontre sur la presque totalité des voitures. Les toutes petites voitures construites après la guerre 1 étaient souvent dépourvues de différentiel. On abandonne de plus en plus maintenant ce genre de montage, simplement sans cloute parce cpie ces petites voitures ont grandi avec le temps, et que le poids porté par les roues arrière est plus important.
- Les ponts arrière sont constitués par un carter qui enveloppe les organes de transmission. Le type le plus généralement adopté maintenant, est le pont en tôle emboutie dit type banjo. Il est formé de deux moitiés symétriques embouties séparément et soudées ensuite clans le plan médian à l’autogène. Une large ouverture est ménagée à Umint et à l’arrière, sur laquelle vient se boulonner à l’avant le bâti clés engrenages et la trompette clu tube, et à l’arrière une calotte de protection.
- Les roues sont montées très généralement sui- les arbres transverses et soutenues dans leur plan par un gros roulement: à rouleaux, ou à double rangée de billes. On trouve cependant, surtout sur les voitures soignées, des roues montées sur les trompettes du pont.
- Les deux systèmes paraissent sensiblement équivalents au point de vue valeur et sécurité.
- LES FREINS ET LES SERVOFREINS
- Toutes les voitures actuelles sans exception, sont munies de freins sur les quatre roues.
- La question du freinage avant, très discutée autrefois, ne l’est plus; on a fini par se rendre compte que les freins avant étaient infiniment moins dangereux que les freins arrière, tout en étant beaucoup plus puissants.
- Mais, en même temps qu’on multipliait les
- moyens-de freinage, on s’est aperçu que la force mus-
- Fig. G a 10. — Quelques voitures récentes d'aspect caractéristique.
- De haut en bas : voiture Renault,, carrosserie Kellner. — Voiture Bugatii, carrosserie Lavocat et Marsaud. — Voiture Peugeot, carrosserie Lavocat et Mar-saud. — Cabi’iolet IIispano-Suiza, carrosserie Kellner. — Torpédo Isotta-Fraschini, carrosserie de Cossier et Bourak.
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- culaire du conducteur n’était plus suffisante pour mettre en œuvre les quatre freins. De là la nécessité d’adopter sur les voitures un dispositif permettant d’utiliser, pour actionner les freins, une source étrangère d’énergie : c’est le servo-frein.
- Le sérvo-frein a été appliqué pour la première fois en série sur les voitures automobiles par Birkigt sur les voitures Hispano.
- Louis Renault, Chenard, Georges Irat, Bignan, ont suivi ; actuellement, de très nombreux constructeurs ont adopté le servo-frein.
- Les premiers adeptes du servo-frein s’en tiennent au système à friction.
- A l’heure actuelle, la faveur semble se dessiner vers les servo-freins à dépression qui utilisent, pour actionner les freins, la dépression permanente qui règne dans la tuyauterie d’aspiration du moteur, lorsque celui-ci tourne, le papillon du carburateur partiellement ou complètement fermé. Le système de servo-frein à dépi’ession Dewandre est actuellement le plus employé.
- Nous aurons l’occasion d’ailleurs de revenir en détail sur l’étude des freins et des servo-freins.
- LES ROUES ET LES PNEUS
- Pas de nouveauté en matière de roues; sur les petites voitures, c’est la roue Michelin à voile plein qui est le plus généralement adoptée; sur les grosses, les roues à rayons métalliques et exceptionnellement, la roue en bois ou plutôt la roue du type Sankey en tôle emboutie, qui a l’aspect extérieur d’une roue en bois.
- Quant aux pneus, on constate la généralisation des gros pneus à basse pression dits pneus ballon, qui don-
- nent à la voiture un confort très supérieur aux anciens pneus à haute pression.
- L’emploi des pneus ballon a entraîné ipso facto le système d’accrochage de l’enveloppe sur la jante par des tringles, au lieu des talons à peu près uniquement employés chez nous autrefois avec les jmeus à haute pression. Les pneus à tringles sont de règle maintenant pour toutes les voitures rapides qui utilisent les pneus ballon et même pour pas mal de pneus à haute pression.
- La jante démontable dite straight-side, qui nous venait d Amérique, cède de plus en plus la place à la jante à baSe creuse, que Dunlop a mise au point et qu’il a fait généraliser sur les voitures nouvelles.
- En matière de pneu, nous ne saurions passer sous silence le nouveau système imaginé par Michelin pour les pneus à tringles et qu’il va commencer bientôt à commercialiser pour les petites sections.
- LES CARROSSERIES
- La carrosserie à conduite intérieure se généralise de plus en plus, conséquence directe et naturelle de la recherche du plus grand confort et de l’usage de plus en plus actif que l’on fait de l’automobile pour les affaires.
- Les systèmes de carrosserie souples, imaginés par Weymann il y a quelques années, se généralisent.
- Le système rigide n’est cependant pas près de disparaître, car ses partisans ont travaillé et présenté de jolies solutions ; les carrosseries en alpax à panneaux démontables imaginées et construites par Janoir en sont un exemple particulièrement intéressant.
- Nous reviendrons d’ailleurs plus tard sur çette importante question. Henri Petit.
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- QUELQUES PROBLÈMES DE PHYSIOLOGIE COMPARÉE
- LE VOL DES PTÉRODACTYLES — LA COLORATION DES MAMMIFÈRES LA FORME DE L OEUF — LA SOIF CHEZ LES OISEAUX PÉLAGIQUES.
- I. — Le vol des ptérodactyles.
- M. le Professeur Charles Richet veut bien nous communiquer la très intéressante lettre qu’il a reçue et que nous nous faisons un plaisir de publier.
- Monsieur le Professeur, *
- Permettez-moi de poser devant vous quelques questions et de formuler quelques remarques, assez disparates, mais to\i-chant toutes à la physiologie comparée :
- Dans votre article sur l’aviation, de la Revue des Deux Mondes du 1er avril dernier, vous disiez (plaçant d’ailleurs celte assertion dans la bouche d’un contradicteur) : « Dans tout le règne animal il ne se trouve pas de volateur dont le poids dépasse 11 kg (albatros). »
- Je me suis souvenu d’un passage du livre de Marey sur le Vol des Oiseaux (1890), où je relis ceci : «... d’après Mouillard, le grand ptérodactyle de Greensand avait 9 m. d’envergure, son poids devait atteindre 116 kg; tout porte à croire que cet animal gigantesque était apte à voler. »
- Je me suis informé, et je dois remercier M. Cottreau, assistant au Muséum, des indications qu’il m’a données.
- Effectivement, dans le Crétacé moyen du Kansas, où l’on trouve les plus grands des Ptérosauriens, le Pteranodon ingens (Marsh), mesurait 7 à 8 m. d’envergure (il est vraisemblable que son poids était d’ailleurs bien inférieur à 100 kg). C’est le plus grand animal volant que nous connaissions actuellement. Peut-on douter qu’il volât et peut-on le considérer simplement comme un de ces animaux à parachute qù’on signale dans différents groupes de la faune actuelle (écureuils volants, galéopithèque, marsupiaux pétauroïdes, lézards-dragons, poissons volants, etc.) ? Assurément non.
- Les Ptérosauriens, il est vrai, ne semblent pas avoir èu de bréchet, mais les chéiroptères n’en ont pas non plus et ne présentent que quelques légères aspérités ou saillies d’insertion sternales, ce qui ne les empêche pas d’ètre de très bons volateurs de chasse, aussi adroits dans leur genre et aussi infatigables que les hirondelles ou les libellules-æschnes.
- Les ailes membraneuses des Ptérosauriens rappellent beaucoup, non dans le détail, mais dans le principe, les ailes des chauves-soui'is, et il suffit de considéi’er leur squelette et cette énorme hypertrophie de leur 5e doigt pour se convaincre qu’ils devaient être, comme ces dernières, non seulement capables de voler, mais obligés de voler, je dirais presque condamnés à voler, n’étant pas plus aptes qu’elles à marcher, ni à grimper, ni à sauter.
- Il faut même remarquer que cette adaptation exclusive à la locomotion aérienne les rendait très inférieurs, comme elles, dans la lutte pour la vie, aux autres types d’animaux volants, tels que. l’Oiseau et l’Insecte dont la plupart des espèces jouissent avec une égale aisance de plusieurs modes de locomotion, voire dans trois « éléments », comme disaient les anciens. Et c’est là une des raisons qui ont dû causer la totale disparition des Ptérosauriens, dès que les circonstances cosmiques cessèrent de leur être favorables; toute leur évolution, si spécialisée, des petites formes du Rhétien de Souabe aux grandes formes du Kansas,(*) est comprise entre le Jurassique inférieur et le Crétacé moyen.
- Le vol, d’autre part, semble exiger des conditions dyna-
- (1) Les plus anciens Ptérosauriens, repérés dans les couches jurassiques de l’Europe actuelle, étaient d'e petite et même de très petite taille : taille du corbeau, voire de la tourterelle, voire même du moineau. Ils semblent avoir fait migration au cours des millénaires vers les parages de l’Amérique du Nord actuelle où le
- miques telles que Seeley, considérant ces animaux et se fondant d’ailleurs sur la disposition de leur crâne, souvent pourvu d’un bec, sur les empreintes de l’encéphale, sur les cavités pneumatiques de leurs os, etc., leur a attribué une physiologie (au point de vue surtout de l’hématose) tout autre que celle des Reptiles et les a constitués en une sous-classe, Saurornia, intermédiaire entre eux et nos homéo-thermes (oiseaux particulièrement). La plupart des paléontologistes n’ont point admis ces vues et, jugeant l’ostéologie des Ptérosauriens en somme toute reptilienne, les ont maintenus, dans la classe des Reptiles. Seeley avait peut-être le droit de penser que, d’une ostéologie donnée, on ne doit pas nécessairement induire toujours une splanchnologie, ni par conséquent une physiologie, surtout lorsqu’il s’agit d’organismes si éloignés, à tous égards des types qui nous sont familiers.
- Mais ce qui donnerait raison aux naturalistes opposés en majorité à Seeley, c’est que les Ptérosauriens ont promptement disparu, ainsi que je viens de le dire, dès l’apparition présumée des variations climatériques, contre lesquelles leur organisation ne les prémunissait donc point; et il se peut qü’à l’époque de leur plein développement ils n’aient été en effet capables de voler qu’à la faveur d’une haute température extérieure permanente (facteur si important de l’acli-vité des Reptiles) et peut-être d’une densité plus grande de l’atmosphère.
- En tous cas, il est certain qu’il a existé, à l’époque secondaire, des vertébrés volants ayant deux fois au moins l’envergure de l’albatros ou du condor et un poids vraisemblable de 30 à 40 kg. Le problème de leur physiologie reste posé.
- 2. — La coloration des mammifères.
- Alors que l’on peut voir (ainsi que sur les (leurs) toutes les couleurs du spectre représentées, et même à l’état pur, sur les téguments des diverses espèces animales de la plupart des classes ou ordres (oiseaux, reptiles, batraciens, poissons, mollusques, insectes, etc.), il est à remarquer que la coloration des Mammifères est relativement fort pauvre, défective, généralement d’un ton indécis, procédant des radiations les plus absorbées ou les moins réfrangibles : noir, gris, brun, jaunâtre, roux — avec le blanc, total ou partiel, par mimétisme, par vieillesse ou par l’effet de la domestication. Même dans les forêts tropicales, où les autres animaux sont communément revêtus des couleurs les . plus vives et les plus tranchées, les mammifères gardent des robes ternes, des teintes plus ou moins terreuses, variées seulement quelquefois détachés ou raies (girafe, zèbre, tigre, léopard, etc.)
- qui paraissent se rattacher au mimétisme.
- Il n’y a pas de mammifères proprement rouges, ou mémo jaunes, encore moins verts, ni bleus, en donnant à ces couleurs les valeurs qu’elles ont chez les oiseaux ou les reptiles. 11 semblerait, pour préciser encore si toutefois cette assimilation était légitime), que les pigments des mammifères appartinssent tous à la série xanthique, à l’exclusion de la série cyanique. On peut citer comme exceptions fort rares les faces bleues de certains singes cynocéphales, le pelage verdâtre de quelques autres singes,
- type s’éteignit sous les formes géantes des Pléranodontidés du Crétacé. La loi d’augmentation de taille dans les rameaux phylé-tiques est bien connue des paléontologistes et comporte mille exemples. Quant à cette nfigration, elle était favorisée, à çes époques, par la configuration continentale du globe.
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- le pelage vert, mordoré des taupes chrysochlores de l’Afrique australe et le pelage presque bleu d’une musaraigne de l’Inde (Pachyura cærulea).
- Il va sans dire que l’isatis ( Vulpes lagopus) n’est appelé « renard bleu » que par hyperbole, .le n’indiquerai que pour mémoire les pigments iridiens bleus et verts de l’homme et de quelques autres mammifères, la pigmentation verte de la bile et la coloration bleue des cartilages articulaires de quelques jeunes animaux (les veaux, par exemple). Ce sont là des caractères internes, et je ne considère dans cette note que les téguments. Or, l’on doit reconnaître que le poil a des propriétés chromatiques différentes de celles de la plume et de l’écaille; qu’il a notamment, en général, un moindre pouvoir de réflexion et de réfraction, circonstance dont la raison d’être mériterait sans doute d’être recherchée : non la raison pourquoi (qui n’est pas scientifique), mais la raison comment.
- 3. — La forme de l’œuf.
- Les œufs des oiseaux sont à coquille rigide et d’une forme géométriquement régulière, variant selon les espèces entre le type sphéroïdal de l’œuf du manchot et le type ellipsoïdal de l’œuf du cormoran, l’œuf de la poule étant intermédiaire (sphéroïdal par un de ses pôles, ellipsoïdal par l’autre); en tous cas, cette forme, quel qu’en soit le degré ou la combinaison, est remarquablement constante pour une même espèce.
- Comment s’expliquer que la coquille puisse ainsi se déposer sous une forme géométriquement régulière dans un milieu mou et mobile, sur un objet mou et mobile ? Là, ni moule, ni tour de potier. Invoquera-t-on la pression de l’oviducte ? mais comment s’exercerait-elle avec cette régularité et cette rigueur ? Ne faudrait-il pas penser plutôt à une pression ou tension ab intus, mais de quel mode-, de quelle origine? Et comment se déterminent les courbes.qui carac-
- térisent constamment les œufs des différentes espèces ? Remarquons que la même question, ou une question bien voisine, se pose au sujet des coquilles spirales ou hélicoïdales des mollusques, et je m’aperçois que nous louchons là à la question des symétries organiques, qui évoquent jusqu’à un certain point dans l’ordre biologique, l’idée de ce qu’est, dans l’ordre minéral, la cristallisation.
- 4. — La soif chez les animaux pélagiques.
- Je songeais, il y a quelque temps, à ajouter une quatrième question à celles-là. Je me demandais comment peuvent boire les Pulmonés pélagiques, particulièrement les oiseaux de la famille des Procélariidés qui, dans les immenses mers australes, s’éloignent absolument à toute distance des rivages. L’eau de mer contenant une quarantaine de grammes de sel par litre, est imbuvable par nous ; l’homme ne meurt pas moins de soif que de faim sur le radeau de la Méduse. Comment font donc ces oiseaux pélagiques et les autres vertébrés pulmonés vivant habituellement en haute mer? Faut-il recourir à la chimie et admettre qu’ils « boivent » (ou s’hydratent) par la décomposition des matières organiques, surtout des graisses, qu’ils ingèrent ?
- Une enquête m’a fourni la réponse la plus plausible à.cette question. Ces oiseaux, l’albatros, par exemple, se nourrissent surtout de charognes, de mollusques et de cœlentérés flottant à la surface de la mer ; or, ce qu’ils mangent les désaltère suffisamment, car ces derniers organismes contiennent jusqu’à 97 0/0 d’eau de constitution (très peu saline). Je dois cette explication à M. le Dr Albahary, mais vous me l’aviez vous-même suggérée.
- Peut-être les autres questions que je crois soulever sont-elles aussi déjà résolues. En ce cas, je vous prierais d’excuser ma présomption.
- D1' Maurice Dusolier.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR FILTRER UN GRAND VOLUME
- Dans YIndustrial and Engineering Chemistry, M. H.-B. Gordon décrit des dispositifs applicables à la filtration continue d’un grand volume de liquide, cas qui se présente fréquemment dans les laboratoires et l’industrie et oblige habituellement à des manipulations répétées.
- Le plus simple, que représente la figure ci-jointe, n’a pas besoin de grandes explications.
- Le flacon G contient le liquide à filtrer. Il est placé sur une table ou un support, plus haut que le filtre F. On le ferme avec un bouchon à deux trous par lesquels on fait passer deux tubes, l’un formant .siphon S qui ouvre au fond, l’autre cpii amène l’air et s’arrête au ras du bouchon. Le siphon descend un peu plus bas dans l’entonnoir que le tube à air. Pour amorcer le siphon, le mieux est de disposer sur le tube i un robinet à trois voies K. En y soufflant après l’avoir mis en communication avec le flacon G, on fait pression sur le liquide qui s’engage dans le tube S et coule dans l’entonnoir. Une fois le siphon amorcé, on met en communication les deux parties du tube i. Quand l’entonnoir s’emplit, le liquide affleure l’extrémité inférieure du tube i, l’air ne pénètre plus dans le flacon C, l’écoulement s’arrête ; mais quand le liquide ayant filtré, le niveau s’abaisse dans l’entonnoir, l’orifice de i se débouche et l'écoulement reprend.
- On réalise ainsi un niveau constant dans le filtre où l’on peut faire passer un grand volume de liquide automatiquement, sans avoir à intervenir ni à surveiller.
- Ce dispositif rendra certainement service dans de très nombreux cas.
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- - LA RADIOPHONIE PRATIQUE ...;._r.' E
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION SIMPLE D'UN POSTE DE RÉCEPTION
- LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE LIAISON A BASSE FRÉQUENCE
- On sait que l’organe de liaison à basse fréquence le plus employé est le transformateur à fer (fig. 1); dans ce procédé, les oscillations à basse fréquence sont transmises d’une lampe à la suivante par induction magnétique entre le primaire P et le secondaire S du transformateur T.
- Il existe pourtant d’autres systèmes de liaison moins classiques. C’est d’abord le système de liaison à résistance-capacité (lig. 1), dans lequel les oscillations à basse fréquence sont transmises de la lampe A à la lampe B par l'intermédiaire d’une résistance de plaque R de quelques dizaines de milliers d’ohms et d’une capacité de liaison C de quelques millièmes de microfa-rad. La grille de la lampe B est. maintenue à unpotentiel moyen à l’aide d’une résistance r de l’ordre du mégolim. Ce procédé d’ampliricalion est moins utilisé que le premier parce qu’il exige une tension de plaque souvent supérieure à 80 volts, et que l’amplilication est bien inférieure. ~
- Enfin, un troisième procédé de liaison à basse fréquence est le système à impédance-capacité ou auto-transformateur capacité ( 11g. 2). Dans ce procédé, les courants basse fréquence sont transmis d’une lampe à la suivante à l’aidé d’un bobinage à fer L et d’une capacité C de quelques millièmes de micro-farad ; comme dans le procédé à résistance le potentiel de la grille est maintenu à une valeur lixe au moyen d’une insistance de l’ordre du mégohm.
- La prise de plaque peut d’ailleurs être faite, soit à l’extrémité, soit à la partie médiane du bobinage, et l’audition obtenue par ce procédé peut être presque aussi intense qu’avec des transformateurs, à égalité du nombre des étages, tout en ayant une pureté comparable à celle obtenue avec des résistances.
- À titre d’exemple, indiquons un montage réalisé avec des auto-transformateurs du commerce (lig. 3).
- On peut cependant faire la remarque suivante : lorsqu’on écoule une émission avec des étages haute fréquence et la délectrice seulement, et qu’on ajoute ensuite un étage à basse fréquence à transformateur, on constate généralement que les sons entendus devien-
- Fig. 3. — Les procédés de liaison à impédaJice-capacité ou autotransformateur-capacité sont ana-loguesau système à résistance, sauf remplacement de la résistance de plaque par un bobinage à fer ou un auto-transformateur.
- Fig. 1 et 2. — À gauche : Dans le système de liaison basse fréquence à transformateur, les oscillations sont transmises d’une lampe A à la lampe 13 suivante par induction entre le primaire P et le secondaire S du transformateur T. A droite : Dans le système de liaison basse fréquence à résistance-capacité, les oscillations sont transmises d’une lampe A à la lampe B par /’intermédiaire d’une résistance de plaque R et. d’une capacité G. Une résistance r fixe le potentiel de grille.
- rient plus graves, c’est-à-dire correspondent à des courants de basse fréquence de fréquence plus petite.
- Ce phénomène est généralement dû à ce que le primaire du premier transformateur à basse fréquence est shunté par un condensateur de quelques millièmes de microfarad. Ce condensateur a pour but de laisser le passage aux courants de haute fréquence, mais il peut arriver qu’il laisse également passage à des courants de basse fréquence correspondant à des notes aiguës, c’est ce qui explique le changement de tonalité constaté (fig. 1).
- On peut quelquefois constater le phénomène inverse avec la liaison impédance-capacité (fig 2). Les courants de basse fréquence correspondant à des notes aiguës sont arrêtés par l’impédance L, tandis que les notes graves traversent cette impédance. Dans ces conditions, il est intéressant, pour obtenir une pureté d’audition oplima, d’employer un étage à transformateur suivi d’un étage à impédance, ce qui a pour effet de rendre à l’audition sa note intégrale et pure.
- Fig.
- k. —. Schéma d'un poste à trois lampes, comportant une lampe détectrice il réaction avec accord par bobinage L et condensateur G, réaction par bobine R. Cette détectrice est suivie de deux étages basse-fréquence-montés avec des sui'volteurs Dubois.
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- L'EMPLOI DES LAMPES DE PUISSANCE
- Les lampes de puissance sont des modèles d’audions de réception utilisés depuis quelque temps en T. S. F. pour l’amplilication basse fréquence. Dans ces modèles, le coefficient d’ain-plification est assez faible, mais le courant de saturation est très élevé et peut atteindre une vingtaine de milliampères ; la résistance intérieure est très faible.
- Dans certains types de ces lampes, la grille et la plaque ont une dimension beaucoup plus grande que dans les lampes ordinaires et le filament est lui-même d’un diamètre supérieur, ce qui entraîne l’emploi d’une intensité de courant de chauffage un peu plus grande (%• 4)-
- Un modèle très récent que nous avons déjà cité comprend cependant deux groupes d’électrodes montées en parallèle, et les filaments montés ainsi en parallèle n’exigent qu’une intensité de courant à peine supérieure à celle des lampes ordinaires (fig. 4 à gauche).
- Les lampes de puissance sont donc spécialement indiquées pour l’amplification à basse fréquence et surtout pour le deçnier étage d’amplification.
- Elles sont donc construites de façon à avoir une faible résistance intérieure et un faible coefficient d’amplification tout en fournissant un courant filament-plaque très intense.
- Mais pour obtenir le minimum de distorsion, il est nécessaire d’annuler le courant filament-grille dans la lampe, ce résultat s’obtient en rendant négatif le potentiel de cette grille au moyen d’une petite pile de 4 à 8 volts intercalée sur le circuit de cette grille (fig. 5). La tension de la grille doit, d’ailleurs, varier suivant la tension de plaque employée, qui varie généralement entre 80 et 120 volts.
- LES NOUVELLES BOITES D'ALIMENTATION
- On donne le nom de boîtes d’alimentation aux dispositifs, qui permettent de transformer le courant d’un secteur électrique pour l’alimentation des postes de T. S. F. sans rien changer au montage intérieur de ces postes.
- La construction des boites d’alimentation a été rendue possible, le plus souvent, par l’emploi des lampes à faible consommation'qui n’exigent qu’une intensité de courant très minime. 4^
- D’assez nombreux procédés ont été-proposés pour la réalisation de ces appareils et nombre de constructeurs ont présenté des solutions diverses au dernier Salon de la T. S. F.
- Citons en premier lieu les piles thermo-électriques (fig. 6) qui transforment l’énergie calorifique en énergie électrique, et fournissent un courant continu pour le chauffage des filaments ou à la rigueur pour la tension.plaque.
- Une résistance chauffée par le courant du secteur chauffe
- à son tour la soudure de deux métaux différents qui produit un courant de très faible intensité. Pour obtenir un courant de tension et d’intensité suffisantes, il faut employer un grand nombre de ces thermo-couples et le rendement est d’ailleurs très faible.
- Mais, si l’on considère la faible intensité du courant nécessaire pour le chauffage des lampes à faible consommation, la solution est très acceptable. Malgré le prix d’achat assez élevé de l’appareil et la consommation de courant qui est d’environ deux heclowatts-heures, on peut recommander cet accessoire aux usagers que l’emploi d’accumulateurs elfraye. La simplicité du dispositif et d'absence absolue de ronflements parasites sont remarquables.
- Un deuxième procédé pour assurer le chauffage du filament. des lampes à l’aide du courant alternatif d’un secteur consiste à redresser ce courant dont la tension a été amenée à la valeur convenable à l’aide d’un transformateur, au moyen - de valves qui ne laissent passer le courant que dans un sens, et à filtrer ensuite le courant à l’aide de condensateurs de très fortes capacités ou plus simplement à l’aide d’une petite batterie d’accumulateurs en tampon.
- Ces valves de redressement sont d’ailleurs du type à liquide, genre électrolytique ou colloïde quelconque ou enfin des valves à gaz de grand débit.
- Pour assurer l’alimenlation en courant plaque, maintenant, la solution la plus générale consiste à redresser les deux phases du courant amené à la tension convenable, au moyen de valves à gaz ou même à liquide.
- Le courant ainsi redressé est envoyé dans un filtre, formé de condensateurs de fortes capacités et de bobinages à fer.
- Les procédés qui permettent d’obtenir le chauffage et la tension plaque sont très souvent combinés dans une seule boite d’alimentation qui permet d’assurer ainsi très facilement le fonctionnement du poste par simple connexion à une prise de courant quelconque, comme s’il s’agissait d’un radiateur électrique ou d’une lampe de bureau (fig. 7 et 8).
- UN POSTE-MEUBLE FACILE A CONSTRUIRE
- Nous avons décrit plusieurs fois dans La Nature la construction d’un poste-meuble pour la réception sur cadre.
- Un de nos fidèles lecteurs, M. Jaubel, professeur à l’Ecole Normale de Moulins, nous a signalé, il y a déjà quelque temps, les excellents résultats obtenus avec un poste de sa construction et qu’il utilise depuis plusieurs années. Nous pensons intéresser nos lecteurs en leur indiquant les caractéristiques de cet appareil très simple dont l’ensemble est représenté par la figure 12.
- Le meuble-cadre monté sur roulettes, qui supporte tout l’ensemble, a 1 m. 20x1 m. 80, et les spires de fil de cuivre 8/10 mm de diamètre isolé au
- Fig. 5 et G. — A gauclic : lampe de puissance dite super-ampli « courant de saturation de 30 à 40 milliampères et h faible résistance intérieure. A droite : lampe de puissance dite micro-ampli à faible consom-mation arec deux groupes d’électrodes en parallèle.
- s I 1 RS 1 ^ 1 £ _ i > . -4v.
- ♦ 80 v. S M i r * -_Lp T *4v.
- Fig. 7. — Comment l'on rend négative la grille d’une lampe au moyen d’une petite batterie de pile P.
- Fig. 8. — Cette pile thermo-électrique système Miéville transforme l’énergie calorifique en énergie électrique. Il suffit de la relier à une prise de courant, comme un radiateur électrique ordinaire, pour obtenir un courant continu pouvant servir à chauffer les filaments des audions d’un poste de T. S. F.
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- Fig. 9. — Dans la boite d’alimentation Radio L.-L., le courant de chauffage est redressé au moyen de valves à liquide (su/foirons) et le courant de plaque à l’aide de valves à gaz.
- coton sont enroulées sur quatre bâtons isolants portés par les quatre angles..
- Les spires sont, d’ailleurs, écartées de 10 mm, divisées en deux, groupes de 20 et de 30 respective ment qui peuvent être connectées en parallèle ou en série.
- Une première planchette horizontale supporte un amplificateur haute fréquence à résistance suivie d’un amplificateur basse fréquence à transformateurs.
- En dessous de celte planchette, sont montés les
- condensateurs d’accord, une plaque lie de connexion des spires du cadre et des écouteurs ou du haut-parleur, et enfin une sorte d’armoire centrale est réservée pour les accessoires divers.
- Une troisième planchette inférieure supporte l’accumulateur de chauffage et les piles de tension plaque.
- L’amplificateur haute fréquence pourrait évidemment être de montage quelconque. Celui qui est employé ici est à liaison par résistance-capacité, c’est-à-dire qu’on a adopté pour
- la liaison un bobinage semi-apériodique ffi'g. 9).
- La bobine de réaction électromagnétique est formée par un petit cadre auxiliaire C en bois de 30 cm de côté portant un enroulement de 12 spires en fil de 6/10 mm à isolement coton. (On voit, d’ailleurs, ce cadre sur la ligure 10:)
- On règle la sensibilité de l’amplificateur haute fréquence au moyen d’une résistance R variable de 3 à 4 mégohms, réglable par manette et plots par fractions de 200 000 ohms, et shuntant le condensa-
- Fig. IL. — Dans l’amplificateur haute fréquence a liaison par bobinage S et capacité. C, h réglage de la sensibilité est obtenu au moyen d’une l'ésistance variable de 3 à 4 mégohms qui shunte le condensateur C.
- teur de liaison C.
- Le réglage de l’appareil est très simple et l’orientation du cadre-meuble n’a pas besoin d’être très précise.
- P. Hk.uardinquek.
- Adresse des constructeurs :
- Survolleurs, Dubois, 211, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Piles thermo-élcclri-
- Fig. 10. — Cette boîte d’alimentation type A rianepermet /’alimentation complète d’un poste de T. S. F. à l’aide du courant alternatif d’un secteur électrique. Dans ce modèle, le courant de chauffage et le courant de plaque sont redresses et filtrés séparément à l’aide de valves à gaz.
- ques, Guérindon, 1, boulevard Sébastopol. Paris.
- Boîte d’alimentation, Ariane, 6, rue Fabre-d’Eglantine, Paris. Boite d’alimentation Radio h-J,., fiG. rue de l’Université, Paris.
- Réaction
- Commutateurs_
- Accord'
- Armoire
- Accus
- 45 volts
- Fig. 12. — Ce poste-meuble formé par un cadre à carcasse en bois qui supporte les appareils de réception et leurs accessoires, est très facile à construire et donne de bons résultats.
- CONSEILS ET REFLEXIONS
- Une bonne audition en haut-parleur n’est pas souvent une forte audition. —
- On n’emploie plus un seul type de lampe de réception pour tous les étages du poste; rappelez-vous que les constructeurs établissent depuis quelque temps des modèles spéciaux pour chaque rôle qu’une lampe peut jouer.
- — La réception sur cadre permet d’obtenir des auditions pures, mais elle exige généralement l’emploi de postes sensibles.
- — Pureté d’audition, sensibilité, sélectivité, simplicité de
- réglage doivent être les quatre qualités essentielles de tout poste de réception moderne.
- — Il est absurde d’utiliser une superhétérodyne uniquement pour entendre à Paris les radio-concerts des postes parisiens.
- — Il est très commode d’employer des piles pour le chauffage des lampes d’un poste, mais un usage prolongé de ces piles est beaucoup plus coûteux que celui d’une batterie d’accumulateurs.
- P. 1IÉMARDINQUER.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- A QUOI SERT LA RATE?
- Que$t-ce que la rate ? — On sait, ou tout au moins on devrait savoir, que la rate est un organe mou, allongé, violacé, logé profondément dans l’hypoehondre gauche, au-dessous du diaphragme. Les anatomistes et les histologistes qui l’ont étudiée, non sans peine, ont réussi à en connaître la structure. Dans une capsule cloisonnée pénètre une artère, l’artère splénique, qui se divise d’abord en 6 ou 8 branches. Chaque branche se subdivise à son tour et les artérioles apparaissent entourées d’une gaine épaissie par endroits en véritables ganglions qu’on nomme corpuscules de Malpighi. Au-delà de ces corpuscules, les dernières ramifications artérielles se perdent dans un magma difficile à analyser, la boue splénique, ou encore la pulpe rouge (par comparaison avec la pulpe blanche des gaines et des corpuscules). Comme dans tous les organes longeant l’artère et ses divisions, on voit une veine, la veine splénique, qui se réunit à beaucoup d’autres pour former la veine porte.
- Bien que la rate existe chez tous les vertébrés, il s’en faut qu’on l’ait étudiée chez la plupart d’entre eux et qu’on connaisse toutes ses fonctions.
- L’intérêt qu’on lui a porté a longtemps été sporadique. Les physiologistes s’étant assurés qu’un animal dératé peut très bien survivre et ne manifester aucun trouble, ont délaissé cet organe pour ses voisins, plus indispensables et plus gros d’ailleurs, le foie et le pancréas.
- Certains l’ont considérée comme une de ces superfétations de l’organisme, tout juste bonne à loge,r quelques lésions supplémentaires, tuberculeuses ou cancéreuses.
- Et cependant !...
- au repos (à gauche) et après mouvement (à droite).
- Les fonctions de la rate. — En examinant le sang de l’artère et de la veine splénique, ou en comparant des animaux normaux et d’autres dératés, on a pu révéler plusieurs fonctions de la rate, dont certaines sont aujourd’hui bien établies, dont d’autres attendent encore confirmation. Les recherches de ces dix dernières années ont notamment mis en évidence nombre de faits intéressants, qui méritent d’être connus.
- La rate peut fabriquer des globules blancs (lymphocytes). Elle le fait certainement chez le jeune, mais cette fonction disparait chez l’adulte.
- La rate est le tombeau des globules rouges. Elle détruit, phagocyte, dissout les'hématies vieillies, usagées, ou extrait le pigment ferrugineux qui passe ensuite dans le foie où sa destinée est incertaine. C’est un travail considérable, puisque l’homme a 5 litres de sang dont chaque millimètre cube renferme 5 millions de globules rouges qui se renouvellent, selon les auteurs, en 10 ou en 60 jours.
- La rate fabrique des globules rouges nouveaux, tout au début de la vie, quand la moelle osseuse ne fonctionne pas encore.
- En plus de son rôle capital dans l’assimilation du fer, elle semble avoir bien d’autres actions sur la nutrition et la croissance : formation, de bilirubine, de cholestérine, de fibrinogène, transformation du trypsinogène en trypsine, etc.
- La liste de ces fonctions, toujours délicates à établir sûre-
- Fig. 1. — Le volume de la rate,
- ment, s’allonge et s’allongera à mesure que la rate inté' cessera plus de physiologistes et qu’ils lui consacreront plus d’attention.
- lut rate, organe régulateur des globules rouges. — Une dernière fonction, mécanique, vient d’être clairement mise en évidence au dernier Congrès international de physiologie tenu à Stockholm en juillet dernier.
- Depuis longtemps, on savait que la rate a une forme et un volume très variables, qu’elle est beaucoup plus grosse sur le vivant que sur le cadavre.
- ' Elle est extrêmement dilatable et Chevallier et Jolly ont pu injecter dans une rate de mouton jusqu’à dix fois son poids d’eau salée sans la rompre.
- Elle peut se dilater eL se contracter spontanément; c’est ainsi qu’elle gonfle pendant la digestion, après un effort, pendant l’infection paludéenne, la fièvre typhoïde, la leucémie, etc. Enfin, dès 1881, Roy avait signalé des contractions rythmiques de cet organe.
- Depuis deux ans, le professeur Bar-croft, de Cambridge a beaucoup ajouté à nos connaissances sur les mouvements de la rate.
- En utilisant la radiographie aussi bien que l’examen direct, il a vu la rate diminuer de volume après l’exercice musculaire, les hémorragies, l’intoxication par l’oxyde de carbone, dans tous les cas où la teneur du sang en globules actifs risque de diminuer.
- Il a donc considéré la rate comme un réservoir d’hématies où elles s’accumulent pendant le repos, d’où elles sortent rapidement dès qu’un déficit menace. Selon l’expression du Dr Léon Binet,
- le
- la rate est Vorgane régulateur du sans
- D’après J. Barcroft
- aiguë. Ils ont pu menlation de 1 a
- circulant en globules rouges.
- Le Dr Binet a, avec MM. Henry Car-dot et Williamson, très bien étudié ce phénomène dans le cas de l’asphyxie compter dans le sang circulant une aug-1,5 million de globules rouges par millimètre cube aussitôt après.
- Cette polyglobulie est rapide puisqu’on l’observe en quelques minutes; elle est progressive, les nombres augmentant jusque vers la cinquième minute; elle est générale-, dans tout le corps.
- Elle disparait lentement quand on combat l’asphyxie par la respiration artificielle
- Elle ne se produit pas quand la rate est enlevée ou ligaturée.
- Ainsi, la rate apparaît nettement et sans conteste comme l’organe régulateur du sang circulant en ce qui concerne les globules rouges.
- C’est elle qui réagit aux besoins immédiats de l’organisme en hémoglobine, soit après l’effort, soit pendant 1 asphyxie.
- Ce nouveau rôle s’ajoutant à tous ceux qu’on connaissait déjà, fait de cette glande close un organe très complexe et utile à de multiples points de vue, sinon indispensable à la vie de l’organisme.
- R. M.
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- CURIOSITÉS DE LÂ NATURE
- La planète MARS vient de se trouver de nouveau à proximité de nous fin octobre, a la distance de 68000000 de kilomètres Dans ces conditions de visibilité très favorables, de très intéressantes observations ont été effectuées sur les curieuses variations d’aspect de certaines régions de ce monde voisin.
- L’air n’est jamais au repos absolu même quand on ne ressent ancun souffle : voici (à droite) l’inscription photographique des mouvements d’un brin d’herbe pendant 5 secondes. En opposition (« gauche) un effet de la violence d’un vent d’ouragan ayant fiché une ardoù dans une porte, comme un fer de huche.
- Les caprices de la Nature : un curieux aspect des nuages (icumulus à contre-tour).
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Novembre ig2Ô
- CHIMIE ORGANIQUE
- La* synthèse des carbures tétrahydronaphta-léniques et naphtaléniques, M. Georges Darzexs. — Le noyau de la naphtaline jouant un grand rôle dans les produits du règne végétal, M. Georges Darzens a repris la synthèse des homologues de ce carbure et la méthode très générale qu’il préconise repose sur une cyclisation particulière de l’acide benzylallylacétique qui a lieu sous l’action de l’acide sulfurique concentré, en donnant un acide tétra-hydroinéthylnaphtaline carbonique facile à déshydrogéner, puis à décarboxyler en inéthylnaphtaline.
- La méthode est susceptible d’un grand nombre d’applications, car il est facile de préparer des homologues de l’acide benzylallylacétique en traitant successivement l’éther malo-nique sodé pà’r le bromure d’allyle et Tes homologues du chlorure de benzyle, puis en décomposant les acides malo-niques correspondants.
- PHARMACODYNAMIE
- L’action de Vergotamine sur la respiration,
- M. Raymoxd Hamet. — De l’ergot de seigle, Stoll a isolé un alcaloïde cristallisé qu’on s’accorde à considérer, du point de vue pharmacodynamique, comme très voisin de l’ergotoxinc, obtenue jusqu’ici seulement à l’état amorphe.
- Reprenant les travaux de Rothlin et de Dale, M. Raymond Hamet â étudié l’action des doses moyennes cm fortes d’er-gotamine sur les mouvcnïents respiratoiresjclu chien chlôra-losé. Il estime que, même au point de vue de leur'aclion sur la respiration, l’ergotamine et l’ergotoxinc ne diffèrent pas qualitativement, mais (pic cette action est plus forte pour la première qui constitue un alcaloïde pur, à constantes physiques nettement fixées. à
- GÉOLOGIE
- Quelques observations sur le terrain crétacé au sud de Pau, M. H. Douvillé. — M. IL Douvillé s’est attaché à définir la nature du sol sur lequel ces dépôts së sont effectués, la mer s’étant retirée avant la fin du Jurassique pour n’y revenir qu’après la fin du Crétacé. Dans ceit intervalle, le sol devenu continental a été modelé et raviné parles actions atmosphériques, tandis que se produisaient des mouvements orogéniques.
- Les quelques retouches apportées par ce géologue aux concliisions de Seunes, montrent une succession d’écàilles ht d’anticlinaux, correspondant à un ensemble de plis couchés, violemment refoulés vers le sud. Ces plis sont d’iïne forme particulière (plis en Z), le plus souvent cassés et crevés.
- Il y a là, en petit, d’api’ès M. Douvillé, une disposition analogue à celle qui a produit les grandes nappes alpines:
- GÉOLOGIE *
- Les marbres de Sarrancolin et dè Saint-Béat dans les Pyrénées centrales, M. H. Douvillé. — En bordure-des terrains paléozoïques, des calcaires marmoréens se présentent sous l’aspect d’un mur qui s’élève en certains endroits à plus de 500 m. de hauteur, sur une épaisseur dépassant parfois 1000 m. Plus ou moins cristallins, de couleur claire et souvent tachés de rouge, ils s’appuient au sud, depuis Saint-Béat jusqu’au Gave de Pau, sur le permo-trias.
- Déjà étudiés par Léon Bertrand et Carez, qui les considé-
- raient comme de l'Aptien métamorphique, ils viennent de faire l’objet d’une élude de M. H. Douvillé et, pour ce géologue, de Saint-Béat à Argelès, ces roches marmoréennes ou bré-chiques se présentent toujours à la limite des terrains secondaires et du permo-trias. On doit les considérer comme représentant sensiblement le rivage du Cénomanien. D’ailleurs, des marbres ‘analogues ont été rencontrés, à l’ouest de la région étudiée, au voisinage de Larrau.
- CHIMIE PHYSIQUE
- l es aciers au chrome et au cobalt. M. F. M. Os-
- xroga; — Ces métaux s’emploient, depuis quelques années, pour la fabiûcation de soupapes d’échappement dans certains moteurs et M. F. M. Ostroga a mis en évidence leur facilité à prendre l’hypertrempe. Il a déterminé les points singuliers sur courbes de revenu et décrit les principaux aspects micrographiques, caractérisés par des cristaux de carbure, disposés en bandes.
- Si l’on considère l’influence de la lempéi’alure de chauffe et de la vitesse du refroidissement, sur leur constitution, ces produits montrent une sensibilité au moins égale à celle des aciers chrome-nickel et des aciers à coupe rapide. Au revenu, le point de transformation, signalé vers 700°, paraît correspondre à un stade — austénite-troostite — que semble accuser davantage le chauffage portant sur un métal hyper-trempé.
- BOTANIQUE
- Le rôle des péricarpes charnus, M. Hrmu Coupix. — Généralement charnue et épaisse, cette enveloppe qui caractérise les drupes et les baies paraît, bien que très riche en matières nutritives, n’avoir aucun rôle important du point de vue Chimique, car elle pourrit, sans utilité pour les graines, quand les fruits tombent à terre et se dessèche lorsqu’ils restent fixés à la plante.
- Chef de travaux à la Sorbonne et-auteur de livres charmants sur les animaux et les végétaux; M. Henri Coupin a cherché à voir si ce péricarpe avait une action d’ordre physique, en étudiant les variations de la température du fruit avec celle du milieii ambiant. Les expériences ont porté sur des pommes, des tomates et des prunes. Elles indiquent que le rôle du péricarpe peut être, d’emmagasiner de la chaleur, ce qui né saurait que favoriser la maturité des graines, sans quë le sUcrë abondant, dans ses tissus fût à mettre en cause.
- ' - MICROBIOLOGIE AGRICOLE
- Une méthode de culture pour le bacille du rouissage, M. Omeliaxsky et Mlle M. Koxoxorr. — Généralement dénommé Granulobacter pectinovorum, ce bacille se trouve à l’état de spores sur la paille du lin, et, entouré de microbes commensaux dont on connaît mal le rôle, il pullule dès l’immersion du végétal.
- Le procédé de contrôle imaginé par M. Omeliansky et Mlle M. Ivononoff comprend un chauffage du lin à 115° pendant 15 minutes et l’association au Granulobacter d’un bacille aérobie dépourvu de spores : Bac. coli commune, Bac. my-coïdes, Oïdium lactis, Bac. mesentericus vulgatus et montre que les organismes qui accompagnent le bacille du rouissage ont pour but de protéger cet agent anaérobie contre l’action directe de l’oxygène et se signalent par une résistance assez forte à la réaction acide du milieu, causée par la fermentation butyrique des substances pectiques. Paul Baud.
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- I CHRONIQUE E
- L’HISTOIRE DU CANON DE 75
- La notice nécrologique que nous avons consacrée au colonel Déport, le père du canon de 75, et à ce titre l’un des grands artisans de la victoire, nous a valu une protestation énergique d’un de nos lecteurs, qui nous reproche de ne pas avoir cité le nom du général Mercier, ancien ministre de la Guerre, sans, lequel, dit-il, le canon n’aurait pas-vu le jour. La paternité du célèbre canon a été revendiquée au profit de maintes personnes. Il est toujours difficile, après coup, dans l’histoire d’une invention, qui n’a pu se développer qu’avec l’appui de nombreuses autorités, de faire la part de chacun. Tous ceux qui ont joué un rôle dans sa genèse en revendiquent l’honneur avec une légitime fierté.
- Nous croyons intéressant de résumera ce propos l’histoire du 75. Elle a été écrite en détail par le colonel Rimailho. Celui-ci a le mérite de l’avoir vécue lui-même; il assista à la naissance du canon et prit une part importante à sa mise au point. Nous croyons donc ne pouvoir nous appuyer sur une autorité plus sûre (Voir l’ouvrage Artillerie de campagne, par Rimailho, publié en 1924).
- Comme nous l’avons dit, c’est sur l’initiative du général Mathieu, directeur de l’artillerie, que le commandant Déport, directeur de l’atelier de Puteaux, accepta d’entreprendre l’étude d’un matériel de campagne, de 75 mm de calibre, à frein pneumatique et à longue course. Le général Mathieu, encouragé par le Ministre de l'époque, Freycinet, fixa au commandant Déport le programme à suivre. Il existait déjà à cette époque un canon à tir rapide remarquable; c’était le matériel de 52 du capitaine Sainte-Claire-Deville; Déport s’en inspira dans une certaine mesure.
- Il commença par étudier en 1892, sur un canon de 80 mm, un frein hydropneumalique à longue course, dont l’essai eut lieu en octobre 1892. Ce premier essai permit â l’inventeur de définir à la fin de l’année 1892, son programme d’études: il comportait l’emploi d’une cartouche complète, d’une culasse à vis excentrée, de plans inclinés pour reposer le canon sur le frein pendant la route, le pointage en direction par coulissement sur l’essieu, l’emploi d’un système de hausse indépendante et de pointage au collimateur. La conception du futur matériel était donc alors arrêtée dans ses grandes lignes; mais on était encore loin de la réalisation. L’immobilisation de l’affût par la bêche de crosse, en particulier, fut l’objet de nombreux essais, plus ou moins satisfaisants, pendant l’année 1893.
- Enfin, le 25 novembre 1893, une première pièce est prête et exécute un tir d’essai devant le ministre, général Loizillon. L’affût était pour la première fois muni de sièges de servants. Certaines mises au point apparaissent nécessaires et se poursuivent dans les premiers mois de 1894. Le 19 mai, un tir a lieu devant le général Mercier, ministre de la Guerre, qui prescrit de passer des marchés pour 340 éléments de canon (tubes, jaquettes, vis, culasses). Cet ordre prouve que ce ministre avait immédiatement compris l’intérêt de la nouvelle pièce et avait su prendre aussitôt ses responsabilités; toutefois le colonel Rimailho juge la mesure quelque peu prématurée ; la nécessité d’employer ces éléments commandés avant l’achèvement des études devait, en effet, créer ultérieurement certaines difficultés, au moment de la mise en fabrication de la pièce définitive.
- En novembre 1894, Déport, lieutenant-colonel depuis 1892, quitte l’armée; son œuvre déjà si brillante est inachevée. Sa pièce de 75 avait donné des résultats remarquables; elle pouvait tirer à la cadence de 25 coups par minute un projectile
- de 7 kg, à la vitesse initiale de 500 in. Mais l’organe principal du canon, le frein hydropneumatique ne pouvait exécuter qû’un nombre très limité de tirs; il perdait vite son chargement en liquide et en air comprimé. La pièce était encore incapable de faire Campagne. Il restait, en outre, à créer le matériel de la batterie complète.
- Le départ de Déport marque un moment très critique dans l’histoire du canon. Très peu de personnes étaient au courant de ses travaux; d’autre part, tous les techniciens, à qui le problème avait été posé, l’avaient jugé insoluble, et les défauts constatés dans le canon réalisé par Déport semblaient justifier leur opinion. Il se trouva alors, fort heureusement, à la tète de la direction de l’artillerie un homme qui sut voir clair et agir en conséquence; le général Deloye, dont le rôle devait être capital, et dont le nom mérite à ce titre d’être retenu comme celui d’un des grands serviteurs du pays.
- Au moment du départ de Déport, d’autres études étaient poursuivies à Puteaux, dans une voie toute différente par le commandant Ducros ; elles visaient à améliorer notre matériel de campagne, le 90 de Bange, à l’aide d’ingénieux perfectionnements de détail, mais sans intervention d’un frein entre le canon et l’affût. Le commandant Ducros, à l’aide d’un matériel rustique et éprouvé, réalisait une vitesse de tir de 6 à 7 coups à la minute. Ce résultat pouvait sembler très satisfaisant. Sollicité dans le milieu de 1894 par le général Deloye de donner son avis sur le canon Déport, le commandant Ducros, le déclarait incapable de faire campagne, parce que trop fragile, de par son frein.
- Mais le général Deloye avait consulté en même temps un autre officier, le capitaine Sainte-Claire-Deville, qui lui aussi avait été interrogé en 1892 par le général Mathieu et avait alors jugé insoluble le problème posé à Déport. Sainte-Claire-Deville avait réalisé déjà en 1890 un canon à tir rapide, de 52 mm complètement immobile au tir, lançant des projectiles de 3 kg environ à la vitesse initiale de 570 m. à la seconde, à la cadence de 38 coups à la minute. Ce matériel un peu modifié, donna naissance en 1896 à l’excellent canon de 57 qui rendit, lui aussi, de grands services au cours de la guerre. Dès 1891, ce matériel, véritable précurseur du 75, comportait des éléments tels que perce-fusée mécanique, récupérateur à air qui se retrouveront dans le 75 définitif.
- Si Sainte-Claire-Deville avait persisté dans son opinion de 1892, il est probable que le 75 eut été abandonné. Fort heureusement lorsqu’il fut mis .au courant des résultats obtenus par Déport, il. changea d’avis. Il répondit à son directeur en demandant que « tous les efforts soient portés sur les essais du matériel Déport et qu’il ne soit plus donné suite aux propositions qu’il avait formulées lui-même ». Cette liberté d’esprit et cette sévérité à l’égard de soi-même sont trop rares pour ne pas être soulignées ici.
- Quelques mois plus tard, Sainte-Claire-Deville était chargé de continuer les études de Déport. Mais, d’autre part, le commandant Ducros était autorisé à continuer ses études dans la voie du matériel rigide, sans frein.
- On. était encore loin de l’adoption du 75.
- Mais Sainte-Claire-Deville a dès ce moment une conception très précise, non seulement des problèmes mécaniques à résoudre, mais aussi des conditions d’emploi du matériel qu’il veut réaliser; les méthodes de tir les plus efficaces sont déjà arrêtées dans son esprit : ce sont précisément celles qui furent mises en œuvre avec tant de succès par nos artilleurs au cours de la grande guerre.
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- Cette nette vision du but à atteindre devait être une aide précieuse non seulement pour guider l’inventeur dans ses travaux, mais encore pour créer dans son entourage immédiat l’espoir et la confiance et lui assurer les appuis moraux qui allaient se révéler indispensables.
- Les anrîées 1895 et 1896 sont employées par Sainte-Claire-Deville, assisté du capitaine Rimailho, à mettre définitivement au point le canon de 75 et à créer de toutes pièces la batterie de 75 avec tous ses organes.
- On essaya tout d’abord de perfectionner le frein primitif du colonel Déport ; c’était une tâche difficile et ingrate ; il fallut abandonner le modèle du colonel Déport et en créer un autre; on n’y réussit qu’au prix des plus laborieux efforts. Les essais exigeaient du temps et de pénibles tâtonnements. Aussi le scepticisme finit-il par gagner tous les officiers compétents tenus au courant des travaux : l'abandon à brève échéance paraissait certain. Trois hommes seulement conservaient la foi : Sainle-Claire-Deville, Rimailho et Deloye. Et celui-ci sut faire partager sa confiance à Cavaignac, rapporteur du budget de la guerre, puis ministre en 1896, en qui il trouva un ferme appui.
- Le 4 septembre 1896 eurent lieu enfin les premiers essais satisfaisants du frein Sainte-Claire-Deville. Le premier exemplaire fut soumis à l’épreuve d’un tir de 10 000 coups. Il y fit face victorieusement. La partie désormais était gagnée. En novembre 1896, le général Billot, ministre de la guerre, donne l’ordre à l’arsenal de Puteaux d’étudier la fabrication en grand du frein et le 4 décembre 1896, l’ordre est donné de construire 600 freins à livrer en 1897.
- Ces deux années décisives n’avaient pas été employées uniquement à l’étude du frein ; organisation de l’affût avec Hausse indépendante permettant de changer la hausse sans modifier le pointage, création du frein de roues à abatage immobilisant l’alîùt pendant le tir, réalisation du caisson blindé avec débouchoir automatique, se plaçant à proximité du canon et permettant une alimentation rapide de celui-ci en rapport avec son débit, perfectionnements des instruments de pointage en vue de généraliser les méthodes de tir indirect, tel fut le fruit de ces deux années d’efforts acharnés.
- Le canon de 75 est désormais arrivé à son stade définitif et ne subira plus de modifications.
- Son histoire pourtant n’est pas terminée.
- A la fin de 1896, le ministre, le général Billot, a pris sa décision. Le 75 sera le matériel de campagne de l’artillerie française. Reste à le construire. Jusqu’ici rien n’a transpiré sur ce nouveau canon que des rumeurs pessimistes. Il s’agit de garder le plus précieusement possible ce secret précieux; la dépense à engager est de 300 millions. Une telle somme, énorme pour l’époque, ne peut passer inaperçue; cependant
- elle ne figura ouvertement dans aucun budget et cela, grâce à l’initiative courageuse du président du Conseil, Méline, de son ministre des finances Cochery, du président et du rapporteur de la Commission du budget, Delombre et Krantz, couverts par tous les autres ministres et le Président de la République Félix Faure. Un compte secret fut ouvert et géré par un haut fonctionnaire du Ministère des Finances, M. Ch. Laurent. L’existence du nouveau canon ne fut connue du public qu’au moment de sa mise en service dans les unités d’artillerie. Le commandant Sainte-Claire-Deville et le capitaine Rimailho furent chargés de diriger la construction du nouveau matériel. Us répartirent les fabrications entre les diverses manufactures d’armes de l’Etat. Une savante division du travail, rendue possible par l’emploi de méthodes de mesures et de vérifications de la plus haute précision permit de mener à bien la construction dans le minimum de temps. Cette opération, maintenue secrète, peut passer à juste titre pour un modèle d’organisation industrielle. La rigoureuse interchangeabilité des pièces, d’un canon à l’autre, voulue et assurée par les créateurs du matériel, fut un élément essentiel de succès et de l’efficacité du matériel du 75, dans toutes les campagnes où il a figuré. L’industrie privée ne devait venir que beaucoup plus tard aux méthodes de travail dont nos arsenaux avaient été les initiateurs.
- En 1898, le matériel du 75 était achevé et confié aux unités d’artillerie. Pendant que l’on poursuivait dans un jaloux secret, partagé entre quelques personnes seulement, après les hésitations et les tâtonnements rappelés plus haut, l’étude, la mise au point, puis la construction du 75, on n’avait pas cessé de travailler au canon de 90 sans frein du commandant Ducros.
- En 1895 et 1896, les Commissions d’expériences assistèrent à des essais de ce canon auquels on donna beaucoup d’importance. « Il en résulta, dit le colonel Rimailho, que les Allemands y attachèrent également l’intérêt qu’on n’était pas fâché de les inciter à y prendre ».
- L’Allemagne fut ainsi amenée à croire que le nouveau matériel qui allait être mis en construction serait celui du commandant Ducros. Forte de ce renseignement, elle se lança hâtivement dans la construction de son canon de 77 qu’elle croyait bien supérieur. Cette décision eut pour nous les plus heureuses conséquences : le nouveau matériel allemand était insuffisamment étudié; il fallut le refaire deux fois et cependant le matériel de 77 dont était munie l’armée allemande en 1914 devait se montrer bien inférieur au nôtre. L’habile manœuvre du général Deloye a eu sa récompense dix-huit ans après sur tous les champs de bataille de France, où le plus ancien des canons de campagne à tir rapide s’est révélé comme un modèle encore insurpassé.
- NOTES ET INFORMATIONS
- BOTANIQUE
- Chênes-lièges remarquables.
- Dans la Revue des Eaux et Forêts, M. G. Saunié rappelle les plus gros chênes-lièges connus et en signale un particu- -lièrement beau qui existe près du Boulou (Pyrénées-Orientales).
- On cite communément parmi les plus gros et les plus vieux arbres de cette espèce un arbre, de 5 m. 20 de circonférence, vivant aux environs d’Hyères, près de Notre-Dame-des-Maures et un autre de 5 m. 70, en Tunisie, près de Souk-el-Arba. M. Saunié demande qu’on y ajoute l’individu situé sur la
- commune de Saint-Jean-Pla-dc-Cors, que les baigneurs du Boulu vont admirer. Il mesure 5 m. 65 de tour à 1 m. du sol vers le haut et à 1 m. 50 vers le bas, le terrain étant fortement en pente. Son tronc est en bon état et son feuillage très vert; sa hauteur totale est de 17 m. On l’écorça en 1908, puis en 1925; il fournit alors 360 et 368 kg de liège d’excellente qualité. La dernière récolte fut vendue 736 francs, ce qui a permis à M. Saunié de calculer le rapport de cet arbre magnifique. Comme il couvre environ 5 ares, comme il fut écorcé au bout de 17 ans, il rapporte donc par an 865 francs par hectare : c’est un revenu appréciable pour un terrain très médiocre, en pente, ne permettant aucune culture.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- Les accidents seraient moins nombreux
- si les conducteurs ne dépassaient pas
- leur vitesse limite normale.
- Le nombre des accidents d’automobiles s’accroît, certes, tous les ans, mais il s’accroît beaucoup moins vile que le nombre des automobiles elles-mêmes, et la statistique n’a donc rien qui puisse effrayer les usagers de la route.
- Une partie assez importante de ces accidents est due a des hasards malheureux ou à des ruptures de pièces mécaniques, niais on peut imputer néanmoins quelques autres à l’inexpérience des conducteurs ou à leur vitesse exagérée.
- qu’une voiture légère peut, sans inconvénient, aller sur la même route à la même vitesse qu’une voiture lourde, même si le constructeur a garanti possible une telle vitesse.
- En dehors de l’usure prématurée causée par l'effort exagéré demandé à toutes les pièces du mécanisme, vouloir demander toujours à une petite voilure légère de « rendre son maximum » est extrêmement imprudent. Il est rare, en effet, qu’une voilure légère puisse « tenir aussi bien la roule '» qu’une voiture lourde, et sa résistance aux incidents brusques de la route, par exemple aux coups de freins, est forcément, moins grande, dé même que son équilibre dans les virages. Ces remarques n’affaiblissent nullement le mérite
- Fig. 1 à 5. — 1. Garniture de caoutchouc pour volant de direction. Elle rend la conduite plus aisée et moins fatigante, car elle permet de très peu serrer le volant; 2. Lanterne de signalisation. Elle est actionnée par la batterie d’accumulateurs de la voiture. Le signal Halte est commandé par la pédale de frein, et les deux autres signaux par une manette placée à portée de la main du conducteur; 3. Lanterne de signalisation. Placée à l’arrière elle permet à un conducteur d’effectuer les différents signaux réglementaires sans avoir à étendre le bras; 4. Nouveau tableau de bord. Il répond à la tendance moderne de la construction automobile et groupe sur une glace unique tous les appareils nécessaires au contrôle et à la bonne marche de la voiture. Le dispositif d’éclairage à diffusion donne un éclairage total et uniforme sans éblouir le conducteur; 5. La lampe d'éclairage du tablier de bord. D’ailleurs dissimulée elle évite l’éblouissement du conducteur, et le contacteur a quatre positions d’éclairage : arrêt, lanterne, phares, code, permettant une
- mnnu'uvi
- Que faut-il entendre par vilesse exagérée ? C’est une vitesse qui dépasse la vitesse normale que devrait choisir le conducteur suivant le lieu où il se trouve, l’élaQde la route, le type et la résistance de sa voilure, et aussi suivant son habileté personnelle et... l’état de ses réflexes.
- Il est en effet indispensable, tout d’abord, de régler la vilesse d’un véhicule suivant le lieu où l’on se trouve, et dans les grandes villes, heureusement, une police prévoyante rappelle vile l’imprudent au respect des règlements.
- Il est évident, d’autre part, que lancer sa voiture à 100 à l’heure sur une route parfaitement droite et peu fréquentée est beaucoup moins imprudent que descendre à 50 à l’heure une route de montagne.
- C’est une erreur absolue, d’autre part, que de s’imaginer
- des voitures légères, mais elles signifient seulement que leur conduite, d’ailleurs facile, ne doit pas être effectuée comme celle d’une voiture lourde.
- Il est enfin un facteur qu’on néglige trop souvent et c’est le facteur personnel du conducteur.
- Il est inexact de croire que tout homme est capable, â n’importe quel age, de conduire une automobile à plus de 100 à l’heure.
- Au-dessus d’une vitesse de 60 à 70 km à l’heure, la conduite d’une automobile exige des qualités d’habileté et de sang-froid, une rapidité des réflexes qui ne peuvent être acquises, en général, que par des hommes jeunes dont le système nerveux est normal.
- En outre, il faut remarquer qu’une fatigue trop grande,
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- due à une étajDe trop longue, effectuée à vive allure, peut amener chez le conducteur une dépression nerveuse, qui le rend incapable d’agir rapidement en cas de danger.
- Bien qu’en certains pays, il n’existe même pas de permis de conduire, il serait donc souhaitable, dans l’intérêt général, qu’up examen médical du conducteur soit effectué en France au moment de la délivrance du permis, sinon périodiquement.
- Garniture pour volant de direction.
- Au cours de longues élajjes, le conducteur d’une voilure de tourisme ressent généralement une fatigue gênante dans les articulations des doigts par suite de la nécessité, surtout avec des pneus à basse pression, de serrer assez énergiquement le volant pour assurer une adhérence suffisante.
- Une gaine en caoucthouc enserrant complètement le volant de direction et permettant d’obtenir une excellente adhérence sans être obligé de serrer le volant est donc un accessoire fort utile (fig. 1).
- Cette garniture est, évidemment, surtout destinée aux automobilistes qui conduisent avec des gants.
- Constructeur :
- ConnoUy Ltd, 14, rue de Villiers, à Levallois-Perret.
- Appareil lumineux de signalisation.
- On sait qu’un décret récent, qui est applicable en janvier 1927, rend obligatoire pour un conducteur d’automobile la signalisation des manœuvres d’arrêt ou de virage.
- Cette signalisation est difficile à effectuer à la main dans une voiture à conduite intérieure, et c’est pourquoi plusieurs constructeurs ont réalisé récemment des dispositifs de signalisation mécaniques ou électriques.
- L’un des plus simples; parmi ces derniers^ est formé essentiellement d’une lanterne électrique spéciale dont la forme est indiquée par la figure o.
- L’appareil comprend trois signaux bien distincts. Deux flèches visibles de l’avant et de l’arrière, et indiquant la direction que va prendre le conducteur soit à droite, soit à gauche, un signal Halte indiquant l’arrêt ou le ralentissement.
- Les deux flèches donnent une lumière verte et les lampes s’allument par un contact à levier, se posant à la demande, soit sur le volant ou le tube de direction on encore sur le tablier (fig. 2).
- Le levier de contact se manœuvre dans le sens où l’on va se diriger, c’est-à-dire droite ou gauche. Le signal Halte donne une lumière rouge, et la lampe s’allume chaque fois qtie l’on appuie sur la pédale de frein.
- Cet appareil de signalisation se pose généralement sur l’aile arrière gauche, ce qui permet une bonne visibilité de l’arrière et de l’avant. \
- Agent exclusif :
- Saint-Didier, 16, rue des Belles-Feuilles, Paris.
- Tableau de bord moderne.
- Le conducteur d’automobile amateur de grand tourisme aime, avec raison, avoir groupés sous ses yeux sur le tablier de bord, tous les appareils de contrôle de la voiture : compteur kilométrique et indicateur de vitesse, compte-tours, montre, jauge d’essence, ampèremètre-, manomètre de pression d’huile, contacteur d’éclairage, etc.
- Dans les tableaux de bord modernes, tels que celui représenté sur la figure 4, tous les accessoires sont encastrés et disposés harmonieusement sous une glace de protection. De plus, un système spécial d’éclairage à diffusion évite l’éblouissement du conducteur, et permet un contrôle facile pendant la nuit (fig. 5).
- Constructeur :
- Ateliers Scignol, 17, rue Duret, Paris.
- L. Picard.
- PETITES INVENTIONS
- Porte-habits extensible.
- Ce modèle de porte-habits extensible est construit tout en acier. Il est constitué par une tige montée dans une armature que l’on fixe de façon différente suivant qu’il s’agit du dessous
- d’une planche ou d’une paroi. Sous la planche, on pose une vis à tête plate dans la tablette et on introduit l’œillère de la glissière dans l’armature. On pousse à fond et il suffit de placer les trois autres vis.
- Pour monter l’appareil le long du mur, on place les vis du fond dans la fente qui est à l’extrémité; on introduit la patte en crochet qui se trouve au bout du bras et on place ensuite les deux vis du bras sur le mur.
- Dans la tige ainsi supportée coulissent deux pièces qui supportent une autre tige recourbée à l’extrémité. C’est sur cette dernière tige que l’on vient fixer les porte-habits et la résistance de l’appareil est telle qu’il peut supporter un poids de 20 kilos à l’extrémité de la tige sans risquer de déformations.
- Fabricant : Antoine Giraud, 5, cité Milton, Paris (IXe).
- Pare-boue de talon
- Voici un petit appareil original, fabriqué en matière incassable, flexible et transparente et qui se place sur le talon de la chaussure à quelque distance du sol. Il est pour ainsi dire complètement invisible et il protège contre les éclaboussures le pantalon ou les bas.
- Ce petit instrument facilement mis en place, maintenu au moyen d’un caoutchouc, sera apprécié les jours de mauvais temps de tous ceux qui sont soucieux de conserver la propreté de leurs effets.
- Fabricant : Pare-Boue Faleni-Tripied, 52, rue Chariot, Paris.
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- Cuillère pour bébé.
- Cette cuillère a une forme rationnelle permettant aux bébés de manger naturellement. Au lieu d’être placée dans l’axe, elle est déportée, ainsi que le montre la ligure ; de plus, l’extrémité est ronde, ce qui évite à l’enfant de se blesser et de se déformer labouche. Le bébé est obligé d’absorber moins rapidement ses aliments et l’on supprime ainsi une cause fréquente d’indigestions et d’embarras gastrique.
- Le mouvement que l’enfant doit faire pour se servir de cette cuillère est instinctif, de sorte qu’il s’habituera très rapidement à manger seul et proprement.
- Fabricant : C. I. E. F. À., 66, rue de -la Chaussée-d’Antin, Paris.
- Parapluie démontable.
- Au Concours Lé-pine était exposé un parapluie démontable et repliable, de sorte qu’une fois la manœuvre exécutée, le tout a l’aspect d’un paquet dont la longueur est très inférieure à la moitié de celle d’un parapluie ordinaire.
- La tige du parapluie est en deux parties qui se déboitent et se séparent.
- L’extrémité de la
- tige qui dépasse de la partie en étoffe se déboite également, ainsi que la poignée. Les baleines sont articulées et chaque partie de la baleine se rabat sur l’autre. La tension de l’étoffe assure aux baleines dépliées la forme normale d’un parapluie ordinaire.
- Le montage est très rapide. On commence par placer l’embout, puis on réunit les deux parties constituant le tube tige ; on enfonce la poignée de cè tube en faisant pénétrer le ressort dans la fente prévue. On tire ensuite le coulant on le faisant passer sur les ressorts et en le rapprochant de la poignée, enfin on rabat les baleines et il suffit d’ouvrir'comme un parapluie ordinaire. Le pliage se fait en exécutant les opérations inverses.
- Ce parapluie était présenté en modèle courant et aussi en modèle Tom pouce. Dans ces conditions le paquet est de dimensions tout à fait minimes. Il peut ainsi trouver place dans une serviette, dans un sac de voyage et l’on ne risque plus d’égarer le parapluie nu cours d’un déplacement.
- Lue modification au modèle pri-
- Cuillère
- Lampe mire-œufs.
- mitif consiste dans la suppression des pas de vis, qui assemblaient les différentes parties, de sorte qu’il n’y a plus à craindre la détérioration des filets. Les pièces peuvent se déplier, mais restent solidaires grâce à une petite liaison articulée. 11 n’y a plus de chance alors d’égarer l’embout ou le manche lorsqu’on procède au démontage.
- Constructeur: L. Guillemin, 12, rue Crespin, Paris.
- Lampe mire-œufs.
- Les œufs, pour jouer leur rôle dans 1 alimentation, doivent être frais. Le moyen le plus simple de vérifier leur qualité consiste à les mirer et ceci demande une certaine habitude. Pour qu’une ménagère puisse mirer les œufs d’une façon mécanique, on est obligé d’avoir recours à des appareils. Conçu dans cet esprit, le mireur électrique
- permet d’effectuer cette opération délicate à la clarté du jour. L’appareil est formé d’une boîte en fer, de forme trapézoïdale, à l’intérieur de laquelle est branchée une lampe électrique spéciale à filament concentré.
- La boite est per-çée de partetd’autre de trous dont le diamètre a été minutieusement calculé, ces trous sont dans le plan horizontal du filament.
- La même lampe en lampe-applique.
- La même lampe en lampe à pied.
- Parapluie démontabtc.
- Les œufs que l’on présente, le gros bout en avant, sont mirés deux par deux. L’intérieur de l’œuf étant opaque, la lumière diffusant, on distingue alors avec netteté dans ce rayonnement, les taches dont l’existence peut faire suspecter la valeur alimentaire du produit. Cette opération de grande simplicité peut être effectuée sans qu’on soit obligé d’avoir recours a l’obscurité.
- Un jaune homogène, un blanc lisse et une chambre d’air réduite, révèlent la pureté et la fraîcheur de l’œuf. Egalement grâce au mireur il est permis de se. rendre compte si la coquille est polie comme il convient, ce qui révèle un œuf frais, ou si celle-ci a ses pores obstrués ou craquelés, ce qui révèle un œuf conservé à la chaux ou au silicate.
- Les tares des œufs, que l’aspect extérieur ne révèle pas, sont donc découvertes aisément.
- De plus l’appareil peut être transformé très rapidement en lampe à pied ou en lampe applique .
- Constructeur : Teyssier, 16, boulevard de l’Hôpital, Paris (Ve).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Pour utiliser la chaleur du globe.
- M. J. M. D., de Pau, nous écrit : « Si j’ui bien compris le principe exposé par Georges Claude à l'Académie des Sciences, il utilise la différence de température entre la surface et le fond des océans pour y trouver une force.
- J’avais songé à un principe analogue pour produire de la force en un point quelconque du globe, à la condition de disposer d’une certaine quantité d’eau à la température ordinaire, ou même aussi froide que possible, ruisseau ou lac.
- La température du sol augmente environ de 1 degré par 30 mètres. Si la température du sol est 0°, à 3000 m. elle sera de 100 degrés.
- b orons un puits de 3000 m. et enfonçons un~gros et solide tube de fer dans ce puits. A la partie inférieure, il devra supporter une énorme pression, comme nous le verrons tout à l’heure, 300 atmosphères environ, il sera construit en conséquence. Ce gros tube sera bouché à la partie inférieure.
- Dans ce gros tube, introduisons un petit tube ouvert et calorifugé.
- Remplissons d’eau ce système, la surface des deux liquides sera la même dans les deux tubes.
- Si maintenant nous pompons l’eau du petit tube, il sc produit ceci :
- L’eau du gros tube . est. à 0° en surface et à 100° à la partie inférieure.
- Celle du petit tube est à 100° à la base et le tube étant calorifugé à 60, 70 ou 80° à la partie supérieure.
- La colonne ascendante dans le jmtit tube est plus légère que la colonne descendante dans le gros; nous aurons donc un thermosiphon qui, une fois amorcé, continuera à débiter de l’eau chaude.
- Si mes calculs sont exacts, l’eau dans le petit tube devrait s’élever à plus de 20 ni, au-dessus du niveau de l’eau dans le grand.
- D’où chute d’eau et par suite force.
- En outre, cette eau, étant chaude, jicut être utilisée en tant qu’eau chaude.
- En forant un semblable puits à la campagne, par exemple, on dispose d’une force pour ce que l’on voudra — éclairage — et d’eau chaude poiir le chauffage des appartements.
- Je n’envisage pas le coût d’une pareille organisation. Le forage d’un puits de 3000 m. représente une somme d’argent que je veux ignorer.
- En outre les diverses couches du sol, traversées par le gros tube, sc refroidiraient au contact du gros tube plus froid, et le rondement faiblirait.
- Pour avoir 100° à la base d’une façon constante, il faudrait pousser le forage à 4500 ou 6000 m. probablement.
- 11 y aurait en outre bien d’autres difficultés, les unes que je prévois, les autres inattendues.
- Je voulais exposer un projet dont la réalisation est chimérique, c’est fait. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Dissolutions de caoutchouc.
- Elles sont habituellement constituées par :
- Caoutchouc pur, gomme Para. 10 gr.
- Benzine.................... 100 c. c.
- Tétrachlorure de carbone . . . 200 —
- Fabrication des objets en caoutchouc.
- Consultez l’ouvrage très complet de Jacobs : Le Caoutchouc, éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. COKTAILLOD, NeUFCIIATEL.
- Ouvrages sur la fabrication des liqueurs.
- Mémorial du distillateur-liquorisle, par Cuniasse, éditeur Lefran-çois, 91, boulevard Saint-Germain. Fabrication des liqueurs, par Eritsch, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Les liqueurs sans distillation, éditeur Hetzel. La Distillation et la fabrication des liqueurs, par Horsin-Déou. Traité des liqueurs, par Duplais, éditeur Baudry. Le Distildteur-liquoriste, par Lebaud et Julia de Fontcnellc, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- M. Y. Bedoxi, Rome.
- Feuilles de cuivre d'aspect argenté et doré.
- »
- Les articles que vous nous avez soumis sont constitués par des feuilles de cuivre rouge argentées électrolytiquement, les unes restent ainsi en blanc, les autres sont recouvertes d’une couche de gélatine colorée par de la gomme-gutte qui leur donne dans une " certaine mesure un aspect doré. Yous trouverez facilement les matières premières nécessaires pour cette fabrication, feuilles argentées, matrices, estampeuses, etc., chez les fournisseurs pour fabricants de feuillages artificiels, dont vous aurez la nomenclature en consultant le Bottin à cette rubrique.
- B. B., Lions d’Angers.
- Pour boucher les fissures des marmites en fonte.
- Opérer ainsi :
- Prendre : Soufre..................... 200 gr.
- Plombagine..................100 —
- Faire fondre le soufre à feu doux dans un vase de terre, sans qu’il s’enflamme et y incorporer la plombagine (mine de plomb), couler alors le mélange sur une pierre polie, laisser prendre en masse, pmis après refroidissement réduire en poudre.
- Pour réparer, mettre dans la fissure une quantité suffisante de la poudre ci-dessus, chauffer à feu doux pour amener à fusion et faire pénétrer le produit liquéfié, terminer par un coup de fer à souder sur chacune des faces pour lisser.
- Si c’est un trou qu’il faut reboucher, introduire d’abord dans celui-ci un rivet que l’on matera légèrement, puis on poursuivra l’opération comme précédemment.
- M. Nicolas, Cherbourg.
- Vulcanisation du caoutchouc.
- 1° L’emplüi du sulfumate (solution de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone) pour vulcaniser sur place les pièces sur chambres à air a été une des premières applications de cette propriété remarquable découverte par Parkcs.
- Accumulateurs.
- Yos accumulateurs ne tiennent pas la charge parce que, au bout de cinq années d’usage, avec les trépidations, la matière acti ve contenue dans les alvéoles est tombée au fond du récipient, l’emploi du produit spécialisé dont vous- parlez et qui est destiné, aux accumulateurs sulfatés, n’apporterait aucune amélioration à cet état de choses.
- Sel pour les piles.
- Inutile de recourir au chlorure de manganèse comme sel cxc\\ tuteur de piles type Leclanché, la classique solution de sel ammoniac à 50 gr. par litre suffit parfaitement.
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- Contre te gel des radiateurs d’automobiles.
- Les proportions de 30 d’alcool et 70 d’eau pour garnir les radiateurs en liiver et empêcher le gel, sont des proportions normales, dans ces conditions aucune gelée du liquide n’est à craindre aux températures les plus basses observées sous nos climats.
- Eu égard* au prix élevé de l’alcool dénaturé, nous pensons qu’il serait plus économique pour vous d’employer, soit une solution de sulfate de soude à 10 pour 100, soit une solution de chlorure de calcium que l’on trouve actuellement à bas prix pour constituer les saumures de l’industrie frigorifique. La table suivante vous fixera sur les concentrations à adopter, eu égard à la température la plus basse qui soit à craindre :
- Chlorure
- l’oint Densilé Degré de calcium anhydre.
- de congélation. à 15° G. Baume. jiar ur* à 0°.
- — 9° 8 1,13 16° 6 167 kg
- — 11“ 1,14 17° 7 180 —
- — 1203 1,15 18° 8 1 193 —
- — 13° 7 1,16 ;19°9 207 —
- —15°2 1,17 21° 0 221 —
- — 16« 8 1,18 22ü0 235 —
- — 18° 4 1,19 23° 0 249 —
- — 20° 2 1,20 24° 0 263 —
- 22° 1 1,21 25° 0 277 —
- — 24° 0 1 02 x ,--1 26°0 291 —
- — 26° 1 1,23 27°0 306 —
- — 28° 3 1,24 27° 9 320 —
- — 30° 6 1,25 28° 8 334 —
- IV. B. Pour éviter toute attaque du fer par suite d’une trace d’acidité que pourrait présenter le chlorure de calcium industriel, prendre soin d’ajouter 0 kg 500 de soude caustique par 100 kg de sel CaCl2 contenu dans la solution.
- M. De LAMARRE, PaR[S.
- T. S. F.
- Pour le chauffage du filament, employer les piles Danicll ou Callaud; pour la tension-plaque, de petits éléments Leclanché.
- M. de M., Lavoux
- Suppression de l’humidité sur les murs.
- L’humidité qui apparaît sur votre mur est duc à l’ascension par capillarité de l’eau contenue dans le sol. A notre avis, le meilleur moyen pour supprimer cet inconvénient serait de couper cette ascension par interposition d’une lame de plomb glissée dans le joint dégagé du mortier, entre deux briques à faible distance du sol et sur toute la largeur de la cloison.
- Bien entendu, il faudrait opérer progressivement, par exemple de deux briques en deux briques et faire pénétrer dans l’espace resté libre après pose de la plaque de plomb, un petit coulis de ciment Portland, le bord de la plaque relevé en avant formant gouttière, * ' '
- J. B. T., École d’application.
- Taches produites par les goudrons contenus dans la fumée de bois.
- Gcs goudrons ont en général une fonction acide. Lorsqu’ils ont souillé des objets placés dans leur voisinage, par exemple sur une cheminée alimentée au bois, le meilleur moyen de faire disparaître les taches est de se servir d’une solution alcaline, par exemple l’eau seconde des peintres qui correspond à une lessive de soude caustique marquant 5° à l’aéromètre Baume. Badigeonner avec le liquide tiède, puis rincer à fond avec de l’eau claire pour éliminer toute trace de soude.*-
- Taches noires sur le bois des cuviers.
- Les taches noires que vous constatez sur le bois de vos cuviers dans les parties proches des cercles en fer, ne sont pas des taches de rouille, mais en réalité des taches d’encre, elles résultent en effet de l’action des tanins contenus dans le bois sur les sels de fer provenant de l’attaque du métal. Vous pourriez très probablement faire disparaître ces taches en les traitant par un peu d’eau de Javel acidulée avec un peu d’acide chlorhydrique, mais comme il est impossible pratiquement de purger le bois de son tanin, il est fort probable que de nouvelles taches prendront naissance à la première occasion.
- Taches sur te linge.
- Nous pensons comme vous que les taches persistantes constatées sur le linge, sont dues à de Y albumine cuite; le seul moyen d’y remédier est de faire macérer pendant un temps prolongé dans une solution chaude contenant 2 à 3 pour 100 de soude caustique que vous obtiendrez sans difficulté en étendant de dix fois son volume d’eau la lessive de soude caustique commerciale qui est à 30° Baume. Rincer ensuite à l’eau tiède et savonner.
- M. Constantin, Paris.
- Eaux minérales.
- 1° L’eau d’Evian est une eau bicarbonatée contenant 0 gr. 394 de bicarbonates de chaux, de magnésie, de soude; au contraire les eaux du Bassin parisien sont des eaux sulfatées calciques et. magnésiennes contenant par exemple à Passv, 2 gr. 344 de sulfate de chaux et 0 gr. 597 de sulfate de magnésie. Il n’y a donc aucune analogie entre ces eaux qui diffèrent également comme action physiologique, l’eau d’Evian ayant une action très favorable dans les affections des voies urinaires : gravelle, néphrite, cystite, etc., tandis que les eaux chargées en sulfates alcalino-tcrreux (eaux séléniteuses) ont un effet tout à fait fâcheux. En résumé, il est inutile de chercher dans la région voisine de Paris un équivalent ou même un approchant.
- 2° Vous trouverez un répertoire très complet de la composition des eaux minérales françaises et étrangères à l’Institut d’hydrologie du Collège de France, rue des Ecoles, ou au Laboratoire du Comité consultatif d’IIygiène, boulevard du Montparnasse.
- 3“ Aucune des eaux, dont vous nous indiquez la composition, ne peut être considérée, à notre avis, comme propre à la consommation, toutes deux sont séléniteuses au plus haut point et nous pensons que leur emploi d’une façon continue aurait pour conséquence de sérieux troubles rénaux.
- M. Truille, Paris..
- Mastic pour réparer l’ébonite.
- Le mastic pour réparation d’ébonitc auquel vous faites allusion, est constitué par :
- Colophane................ . 100 gr.
- Gutta-percha............... 50 —
- Faire fondre à feu doux la colophane, puis y incorporer progressivement la gutta coupée en petits morceaux, rendre la masse homogène, couler en plaquettes sur une pierre froide.
- Au moment de l’emploi, faire fondre la quantité nécessaire de mastic, enduire du liquide chaud les parties à réunir, serrer fortement jusqu’à refroidissement complet, enlever les bavures avec une lame de canif chauffée.
- Un amateur adroit peut effectuer quelques réparations de stylo ou démontages de pièces, mais comme le plus souvent il est nécessaire de se servir d’outils à calibre déterminé, le mieux est de s’adresser à un spécialiste.
- •" H. T., Paris.
- Cuirs moisis.
- **
- Les brosser énergiquement, puis les revernir avec une solution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone, que l’on teintera au besoin avec une couleur d’aniline.
- G. P. 17, Bamako.
- (Voir suite de la Boîte aux Lettres, page V.)
- M. Maître, Montpellier.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- > i ' -Jÿr-K_~%\ i i. s s ùr n
- Au X" Salon de VAéronautique.
- 1. Le célèbre Breguet XIX qui a conquis celle année les records de distance est exposé. Ci-dessus, l’appareil do Costes et Rignot (5425 km).
- 2. L’hydravion Lioré-Ollivier du raid France-Madagascar.
- 3. L’avion de transport Fokkcr trimoteur.
- Le plus grand orgue de France, celui de Saint-Sulpice, aient d'être remis en état. Construit en 1862, par A. Cavadlé-Coll, il possède 6000 tuyaux sur 5 otages, 5 claviers manuels, 100 registres.
- Une camionnette de diffusion radioélectrique, munie d'un poste Radio L.-L. de 100 watts, longueur d’onde 50 m., vient d’être mise eu service par le Petit Parisien pour suivre ci diffuser les péripéties des épreuves sportives.
- 94.037. — Paris. Imp. Lahure. —• 11 20.
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- LA NATURE
- N° 2753. — 15 Janvier 1927.
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- LA NATURE
- à partir de 1927, paraîtra le 1er et le 3e samedi de chaque mois (48 pages par numéro) MASSON et Cie, Éditeurs, iao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (J{. C. Seine : i5.i34)
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n*'), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris. Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n**), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 43 fr.
- Pour l’étranger, abonnements payables en monnaies étrangères aux prix ci-dessous :
- Tarif extérieur n‘ 1 niable pour les pays ayant accepté une réduction de HO pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses. Pesetas. Florins hollandais. Lei roumain.
- 12 mois (24 nM). . 3.60 0.15.0 18. » 25.70 9. » 800. »
- 6 mois (12 n0*). . 1.80 0. 7.6 9. » 12.85 4.50 400. »
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses. Pesetas. Florins hollandais.
- 12 mois (24 n0'). ......... 4.40 0.18.4 22. « 31.42 11. »>
- 6 mois (12 n") 2 20 0. 9.2 11. » 15.70 5.50
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Mature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
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- S'IMPOSE PAR
- La SIMPLICITE de
- son fonctionnement et
- V UNIVERSALITÉ de ses applications
- dans tous les Établissements d'Enseignement pour l'illustration des Cours et Conférences
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- la Diascopie — l’Èpiscopie — la Microprojection et la Cinématographie
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- Constructeurs
- 13 et i5, Boulevard des Filles-du-Calvaire — PARIS
- Keg. C, t Parla 8-18S,
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- LA NATURE
- LA CONQUÊTE DE LA FORCE MOTRICE ANIMALE
- I — LA PÉRIODE ANTIQUE
- car l’industrie des transports est à la base de toute industrie humaine.
- Ce fut aussi l’une des plus ardues, puisque des milliers
- Fig 1. à 4. — L’attelage antique du cheval.
- A droite : L’attelage en bige, montrant le collier, le joug, le timon, la sangle et le frein. A gauche : Un quadrige.
- L’art de capter la force motrice du cheval et du bœuf, pour l’appliquer à la traction, est l’une des conquêtes les plus importantes que l’homme ait faites sur la nature,
- Fig. 5 à 7. — L’attelage antique du bœuf, à deux, à quatre et a seize.
- A gauche, procédé de Poconius, d’après Vitruve. Au milieu, procédé de Chersiphron et de Métagène d’après Yitruve.
- A droite . tour roulante de Cyrus, d’après la Cyropédie de Xénôphon (poids total : 3140 kg. ; hauteur : 5 m. 30 ; largeur : 18 m. environ.)
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- d’années s’écoulèrent avant la mise au point du moteur animal.
- Cette conquête se fit en deux étapes ou périodes bien distinctes, l’antique et la moderne.
- La période antique est celle du tâtonnement et de l’ébauche. Pendant toute sa durée, l’homme s’ingénie à trouver un système d’attelage pratique, multiplie les essais, va d’échecs en échecs, et s’en tient en définitive au premier moteur qu’il avait conçu, le débile attelage antique.
- La période moderne, au.contraire, débute parla découverte d’un système d’attelage parfait qui capte entièrement la force des animaux et dont le rendement est quasi sans limite.
- La pénurie de force motrice animale d’une part, sa puissance de l’autre, sont deux faits d’importance capitale. Ils caractérisent deux mondes, l’antique et le moderne et marquent le fossé profond qui les sépare.
- C’est ce que nous chercherons à démontrer, en décrivant les deux systèmes et en dégageant, s’il se peut, les conséquences de leur emploi.
- L'attelage.
- Rappelons, tout d’abord, qu’un attelage se compose d’un ou de plusieurs animaux harnachés, c’est-à-dire garnis d’un appareil dont les divers organes sont conçus et combinés entre eux, en vue d’assurer la traction, la gouverne, le rendement et la conduite de l’attelage.
- Le harnachement devant s’adapter étroitement à la conformation de l’animal, le cheval et le bœuf ont des harnachements différents.
- L’attelage antique du cheval se composait en principe de deux animaux disposés de front sous le joug. Quand il y en avait davantage, dans le quadxûge par exemple, les animaux en supplément ne participaient pas à la traction et ne figuraient, dans l’équipage, que pour le remplacement et l’apparat.
- Le harnachement comprenait cinq organes : le collier, le joug, le timon, la sangle et le frein.
- La ferrure à clous était inconnue ainsi que le dispositif des arïimaux en file.
- Le collier, principal organe de traction, était une bande de cuir souple et sans armature qui entourait le cou du cheval, comme un collier de chien, sans toucher aux épaules et dont les deux extrémités amincies en lanières étaient liées au joug au-dessus du garrot.
- Lo. joug, organe de traction, de gouverne et de reçu-lement était une barre de bois flexible, chevillée et liée en croix au timon et qui reposait, par ses extrémités, sur le garrot des chevaux timoniers.
- Le timon, org'ane de traction, de gouverne et de recu-lement était une longue barre de bois fixée à l’essieu sous le char, et qui suppoidait le joug.
- La sangle, organe de gouverne et de reculement, était une bande de cuir souple, plus étroite que le collier qui se rattachait, comme lui, au joug au-dessus du garrot et qui entourait la poitrine en arrière des coudes.
- Le frein était un mors de bridon analogue au nôtre, avec ses garnitures de tête en cuir et deux guides par cheval.
- Le collier, le joug et le timon formaient à eux trois l'appareil de traction.
- La sangle, le joug et le timon : l'appareil de gouverne et de reculement.
- Le frein, ses garnitures et les guides : l'appareil de conduite.
- Le char était toujours de petites dimensions et le plus souvent à deux roues.
- Fonctionnement de l’attelage.
- Quand les chevaux se portaient eu avant, ils entraînaient avec eux l’appareil de traction (collier, joug, timon), et par suite le char. Le collier plaquait sur la gorge à l’endroit même où la trachée-artère passe directement sous la peau et la comprimait plus ou moins, selon la résistance de la voiture. L’animal, menacé de strangulation, se trouvait alors obligé de relever la tête pour tendre les muscles antérieurs de l’encolure, les raffermir et protéger ainsi la trachée. L’attitude caractéristique des chevaux de trait sur tous les documents figurés antiques n’a point d’autre cause.
- Or, cette attitude elle-même avait l’inconvénient grave d’entraver l’effort du cheval de trait, en rejetant son poids en arrière sur les jarrets.
- L’appareil de traction de l’attelage antique du cheval était donc très défectueux.
- Peut-être l’étrange collier de gorge fut-il inventé par quelque chasseur de chevaux, obligé de suivre, en courant l’animal qu’il avait capturé à l’aide d’une lanière, passée autour de son cou.
- Quand l’attelage changeait de direction, reculait ou ralentissait, l’appareil de gouverne et de reculement, sangle, joug et timon, transmettait ces divers mouvements au char et l’empêchait de butter contre la croupe des chevaux.
- Le joug et le timon servaient aussi à maintenir le char à deux roues dans l’horizontale.
- La conduite des chevaux së faisait, comme de nos jours, sauf que les guides bifurquées n’étant pas inventées, le cocher avait toujours deux guidés par cheval, soit huit guides en mains pour le quadrige.
- L’attelage antique du cheval, tel que nous venons de le décrire, c’est-à-dire réduit à deux animaux non ferrés, disposés de front, sous le joug, demeura seul en usage dans le monde antique (la Chine exceptée), des origines de l’histoire aux premiers Capétiens.
- En dépit des notions couramment admises, l’exarnen attentif des organes de l’attelage antique, l’exiguïté des voitures représentées sur les documents figurés nous inspira des doutes sur la puissance de rendement de cet attelage.
- Nous fîmes en 1910, à la Compagnie des petites voitures, à l’aide d’un harnachement copié de l’antique, une série d’expériences de traction dont le résultat vint nettement à l’appui de nos déductions,
- La lecture du Code théodosien et de ses prescriptions, au sujet du chargement des voitures des messageries impériales, vint nous apporter, par la suite, la preuve indiscutable que nous cherchions. '
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- Attelages égyptiens (ù gauche) et assyriens (à droite.)
- .1 gauche, en haut : peinture thé-baine de la XYIIIe dynastie (British Muséum). Au milieu, reconstitution de l’attelage de Tourali par M. le Commandant Lefebvre des TS’oëttes. Eu bas, attelage mixte (papyrus d’Àani). A droite, en haut : bas-relief de la chasse aux lions. Palais de Tiglalialasuï III. Au-dessous, évacuation d’une ville prise. Môme palais (British Muséum.)
- le De cursu publico du Code Théodosien. D’après Xéno-L attelage antique du bœuf. phon, le chargement normal de la voiture à bœufs était
- L’attelage antique du bœuf comprenait, comme celui de 18 talents environ (1), soit à peu près 470 kg. du cheval, deux animaux non ferrés, Mille ans plus tard, le De cursu
- disposés de front sous un joug. Mais le principal organe de traction du bœuf, le joug de cornes ou de garrot, encore en usage de nos jours, bien adapté à la conformation de l’animal était plus efficace que le collier du cheval.
- Grâce à cet avantage, le bœuf pouvait déployer en pleins champs et sur terrain meuble un effort très supérieur à celui du cheval ; aussi avait-il le monopole du labour et de tous les transports agricoles, à l’exclusion totale du cheval.
- Par contre sur. la route ou sur un terrain caillouteux, l’absence de ferrure faisait perdre au bœuf le bénéfice de son bon appareil de traction et ramenait son rendement utile au même taux que celui du cheval,
- Quel était donc ce rendement? Deux textes originaux nous en donnent l’exacte mesure : un passage de Xéno-phon, au livre VI, de la Cyropédie et
- Fig. 13,
- Vase"grec du début du Ve siècle montrant le trait unique des chevaux extérieurs du quadrige (.Pinacothèque de Munich).
- publico fixe sous des peines draconiennes, allant jusqu’aux travaux for cés à perpétuité, le chargement limite des voitures des messageries impériales, attelées indifféremment de bœufs, de chevaux ou de mulets.
- Voici quels étaient les poids maximum prescrits pour ces diffé-
- rentes voitures :
- Birota, 200 livres (2). . . . 66 kg.
- Vereda 300 livres. .... 99 —
- Currus 500 livres.............198 —
- Rheda, vehiculum Carpen-
- tum 1000 livres........... 328 —
- Angaria, Clabulal5001ivres. 492 —
- La lecture de ces chiffres eût dû suffire à elle seule pour révéler à l’historien l’incroyable impuissance de l’attelage antique. Mais on les a traduits, cités, enseignés, sans en approfondir la signification et sans songer
- 1. Le talent grec, au temps de Xénophon,
- était de 26 kg 160. . ...
- 2. La livre romaine était de 328 gr.
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- 52;
- Fig. lk. — Char antique trouvé à Thèbes. (Musée de Florence).
- à les mettre en -regard de ceux qui expriment le chargement de nos voitures modernes.
- Dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de Saglio, ouvrage si bien documenté par ailleurs, on lit en effet à l’article « rheda » que cette voiture était capable de transporter un grand nombre de voyageurs avec leurs bagages, et aussitôt après, que le règlement impérial fixait à 1000 livres (328 kg), la limite de son chargement.
- L’auteur de l’article n’a fait aucun rapprochement entre ces deux assertions et leur contradiction flagrante lui a totalement échappé. Cet exemple est pris entre mille.
- Il est donc établi par ce qui précède, que le rendement sur route du plus puissant attelage antique n’atteignait par 500 kg.
- Si les anciens n eurent jamais qu’une force motrice animale aussi faible, il n’en faudrait pas déduire qu’elle répondît à tous leurs besoins et qu’ils en fussent pleine-ment satisfaits. Il ressort, au contraire, de l’étude des documents figurés et des textes, que tous les peuples du monde antique se rendirent compte de la faiblesse de leurs attelages, qu’ils en souffrirent et firent, sans se
- Fig. 16. — Char de Boro-Boudour, Java, IXe siècle.
- lasser, des essais nombreux et variés pour les modifier et accroître leur rendement.
- «
- Ce furent en Egypte les dispositifs, en quinconces ou en éventail, de couples de bœufs tirant sur un câble unique, mis à l’essai au temps des grandes pyramides et représentés sur les bas-reliefs de Tourah et les papyrus d’Ani. Puis les courroies de relai entre le collier et la sangle, destinées à éloigner le collier de la gorge et à l’abaisser au contact des épaules, accessoire ajouté au harnachement du cheval, vers l’époque de Ramsès II, procédés éphémères.
- En Assyrie : la fausse bricole, qui doubla le collier de gorge sur les bas-reliefs de Tiglatphalasar III, au vme siècle et qui bientôt fut délaissée. En Perse : le dispositif à 4 timons du char à faux d’Abradate, traîné par huit chevaux de front, et celui, à huit timons, des tours roulantes de-Cyrus, dont l’attelage à seize bœufs de front traînait un poids total de 3160 kg, soit 197 kg seulemènt par bœuf. Ces dgux dispositifs sont décrits par Xéno-phon, au livre YI de la Cyropédie.
- En Grèce : le trait unique des chevaux extérieurs du quadrige, employé pendant cinquante ans environ, vers
- Fig. 15. — Le char de Persépolis ( Ve siècle).
- la fin du vie siècle et le début du ve. L’attelage de 64 mules disposées par rang de seize, sur huit timons composé pour le transfert de Babylone à Alexandrie du sarcophage d’Alexandre, dont le poids peut être évalué, semble-t-il, à 2000 ou 3000 kg, ce qui donnait pour chaque mule, un effort de traction de 30 à 50 kg. Les grands cylindres à charpente, à deux timons traînés par deux couples de bœufs, employés par les architectes Chersiphron et Métagène pour le transport des blocs du temple de Diane à Ephèse, décrit par Vitruve.
- Un autre grand cylindre en charpente entouré d’un câble sur lequel tirait un couple de bœufs, vainement essayé par l’entrepreneur romain Paconius, pour le transport du piédestal d’une statue d’Apollon, également décrit par Vitruve.
- La fausse bricole et la selle d’attelage, employées à Byzance et dans l’Inde. Le joug à quatre, porté par un timon, essayé par tous les peuples, mais dont l’emploi ne se généralisa jamais, en raison de son rendement médiocre.
- Le joug à quatre, porté par deux timons, dont le
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- succès fut moindre encore, etc.
- Plusieurs des attelages de fortune, que nous venons d’énumérer furent en mesure de traîner à pied d’œuvre des blocs pesant plusieurs tonnes, surtout quand la pente s’y prêtait, mais ils ne furent qu’occasionnellement uti-Fig. 17. — char étrusque lises et se virent succes-
- à 4 chevaux sivement délaissés, en rai-
- (British Muséum.) son de leur rendement in-
- fime eu égard au nombre "d’animaux employés. Si nous en croyons une traduction récente, les plus défectueux furent ceux dont il est question dans les inscriptions d’Eleusis.
- D’après cette traduction, on se serait servi en effet à Eleusis, de 33 paires de bœufs, pour le transport par un, de tambours de colonnes pesant de 1 à 8 tonnes, ce qui eût donné à traîner à chaque bœuf de 15 à 121 kg, alors qu’un seul bœuf de nos jours en traîne aisément 1500.
- Si la traduction était entièrement exacte, rien ne viendrait mieux à l’appui de nos assertions au sujet de la débilité de la force motrice animale chez les Grecs, que le simple énoncé de ces chiffres, mais ils sont trop faibles pour être vraisemblables, attendu qu’il s'agit d’attelages industriels. Nous inclinons plutôt à penser que si les entrepreneurs d’Eleusis consacraient un troupeau de 60 bœufs au transport par un, des tambours de colonne, c’était par groupes successifs qui se relayaient entre eux, et que le chiffre de 66 est celui de l’écurie entière desdits entrepreneurs. Quoi qu’il en soit de l’interprétation des comptes d’Eleusis, il ressort clairement des textes, des documents figurés et du résultat des expériences pratiques, que l’attelage antique du cheval et du bœuf ne donnait sur route qu’un rendement utile inférieur à 500 kg, poids qu’un âne, à lui seul, peut traîner de nos jours, et que tous les essais tentés par les anciens, pour appliquer la force motrice animale au transport des poids lourds, furent inefficaces et stériles.
- Fig. 19. — L’attelage au VIIe siècle, d’après le Pentateuque de Tours. (Bibliothèque Nationale.)
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- Ce fait eut une influence profonde sur les conditions de la vie et le développement de la civilisation.
- Il maintint à l’état d’enfance l’industrie des transports sur terre, entrava la concentration des denrées et matières premières et empêcha l’exploitation des forces naturelles, à commencer par celle de la houille blanche.
- Les Romains connaissaient le moulin à eau, Vitruve décrit son mécanisme et d’après Procope, Belisaire en installa sur le Tibre, lors du siège de Rome par les Goths. Mais pendant dix siècles au moins, l’invention fut presque inutile en raison de la faiblesse des charrois. Il était impossible en effet d’alimenter en blé des moulins à grand rendement, sans consacrer à ce service un nombre exagéré de voitures.
- Les moulins à eau restèrent donc confinés en de rares endroits particulièrement accessibles aux navires et la dure corvée de mouture à bras demeura la règle.
- Ce fut aussi vraisemblablement la faiblesse des moyens de transport, qui empêcha les Romains de diriger les minerais et les troncs d’arbres vers le moulin à eau et de muer celui-ci en forge à martinet et en scierie mécanique, comme on le fit au moyen âge. L’industrie était
- Fig. 18. — Chute de Phaéton, bas-relief d’un sarcophage montrant le joug. (Galerie des Offices, Florence.)
- vouée à l’émiettement, au détriment de la production.
- Dans ces conditions, la main-d’œuvre humaine se trouvait en présence de tâches si dures que seul le travail forcé pouvait en assurer l’exécution continue. Sans lui, le développement matériel des civilisations successives, tel qu’il se produisit autour de la Méditerranée, n’était pas possible; aussi le monde antique fit-il un appel sans réserve au moteur humain. De là l’institution de l’esclavage, mal profond qui rongea les sociétés antiques, démoralisant à la fois le maître et les malheureux qui se trouvaient à sa merci.
- Par une loi fatale, plus un peuple était civilisé et constructeur, plus ses esclaves étaient nombreux et durement traités. Athènes et Rome comptaient quatre ou cinq esclaves pour un citoyen.
- Le maître avait tous les droits, l’esclave mâle ou femelle, aucun : ce n’était qu’un outil animé. A Athènes, où, dit-on parfois, les mœurs étaient douces, on s’assurait contre son suicide, on l’enchaînait souvent au travail, on le;muselait même, quand il tournait la meule pour
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- l’empêcher de manger la farine. Chez les Romains, l’esclave était non seulement une force motrice, une machine à voix humaine,' selon l’expression de Yarron, mais un jouet sanglant pour l’amusement du peuple.. Dans chaque ville de l’empire se trouvait un dépôt public, cloaque infect, où l’on jetait vivants les tout petits enfants des esclaves que l’on ne désirait pas élever.
- Les considérations de morale étaient sans effet contre le principe, source de ces turpitudes. On pouvait bien Conseiller la douceur, obtenir des atténuations, mais non interdire l’emploi sans réserve de la seule force motrice efficace. En fait, les philosophes et, après eux, tous les Pères de l’Église, en furent réduits à justifier, comme étant de droit naturel et d’origine divine, une institution qui nous paraît monstrueuse aujourd’hui, et nul, dans le monde antique, ne soupçonna jamais qu’elle pût disparaître un jour.
- Les théoriciens de 89 étaient donc victimes d’un mirage singulier, en cherchant en Grèce ou à Rome, l’exemple du libéralisme et de la solidarité humaine ; 1 a
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- q Fig. 20. — L’attelage au Xe siècle, d’après la Psychomachie : de Prudence. (Bibliothèque Nationale.)
- Fig. 21. — L’attelage au XL- siècle, d’après la Bible de Posas. (Bibliothèque Nationale.)
- chemins redeviennent praticables, les carrières se rouvrent et bientôt s’élèveront, de toutes parts, les édifices en pierre, églises, abbayes, châteaux, « le blanc manteau » de Raoul Glaber.
- Ce retour à l’activité motivera des transports nombreux et nécessitera de nouveau une grande dépense de force motrice.
- Où la trouvera-t-on ? Le moteur humain sera-t-il seul en présence de ces besognes nouvelles, verra-t-on les équipes d’esclaves se reformer sous le bâton pour assurer le développement matériel qui s’annonce. 11 n’en fut heureusement pas ainsi. À ce moment critique, apparut l’attelage moderne, qui dota l’humanité d’un moteur à grand rendement, plus puissant et plus économique à la fois que l’esclave. Désormais le monde sans force motrice a vécu, l’ère moderne est ouverte (').
- Cl Lefebvre des Noëttes.
- 1. Voir, pour plus de renseignements, l'ouvrage : La force motrice animale a travers les âges, par le Ct Lefebvre des Noëttes, JBerger-Levrault, éditeurs, Paris.
- pratique du travail forcé est incompatible avec ces notions; les droits de l’homme n’existaient pas pour les anciens.
- Quand l’empire romain s’écroula, la société latine désorganisée ne conserva ni industrie ni commerce, oublia l’art de construire en pierre, et ruinée, retournée à la terre, n’eut plus les mêmes besoins en force motrice que sous la d'omination romaine.
- De plus, les conquérants Germains avaient coutume, nous dit Tacite* de traiter leurs esclaves en colons ou en métayers plutôt qu’en machines.
- Il s’ensuivit que pendant la période troublée qui s’étend du ive au x" siècle, l’institution qoériclita sensiblement, malgré les grandes ventes d’esclaves consécutives aux victoires de Charlemagne.
- Mais avec les premiers Capétiens, nouveau tournant de l’histoire, l’ordre et la sécurité se rétablissent peu à peu, l’industrie et le commerce tendent à renaître, lés
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- Fig. 22. — L’esclavage, conséquence de l’attelage antique. Peinture tombale de Béni Hassan. [Musée Guimet.)
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- LE PORT DE STRASBOURG
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- Le touriste quitte Strasbourg, les yeux charmés encore par les visions d’art que lui a réservées la grande cité alsacienne. 11 aime à se souvenir des maisons de bois aux poutrelles saillantes. Dans son imagination ravie, il suit les lignes harmonieuses des vieux hôtels que le xviii® siècle s’est plu à faire naître tout autour de l'imposante Cathédrale.
- Et poui’tant, notre voyageur laisse derrière lui la ville de grès rose, sans avoir comblé une lacune importante, sans avoir visité le port de Strasbourg qu’il ne connaissait pas... Grand oubli que celui de ce touriste ! Le grand port français' de l’Est réserve aux esprits les plus artistiques comme aux plus réalistes les joies d’une découverte, pleine de charmes et d’intérêt..
- Le Port de Strasbourg avait été, du temps de l’occupation allemande, gravement concurrencé par le port de Ivehl. Le port de Strasbourg n’a reçu son plein développement que depuis le retour1 à la mère-patrie clés deux provinces annexées et la création d’un organisme unique pour les ports cle Strasbourg et de Kehl. Afin de faciliter le plein épanouissement de cette création alsacienne, sur les bords
- les richesses artistiques, intellectuelles et économiques.
- Embarquons-nous au bassin d’Austerlitz, près du centre de la Ville, sur un des petits remorqueurs qui font
- tÈËSÊKBIËKÊËi
- fis 2
- 1. — En haut : Port d’Austerlitz. (Photo Vénus.)
- — En bas : Bassin du Commerce. Vue générale. (Photo Vénus.)
- Fig. 3. — Bassin du Commerce : Entrepôts publics. (Photo Vénus.)
- du Rhin, la République française a doté le Port de
- Strasbourg d’une
- organisation
- autonome faisant face
- à ses dépenses avec ses ressources propres. La visite du port présente donc un intérêt capital pour le touriste qui visite l’Alsace et veut en connaître toutes
- le service du port; ce bassin fut le premier édifié à la fin du xixe siècle, c’est, le modeste berceau du grand port qui apparaîtra ensuite. Le visiteur étonné remarquera que toutes les installations du bassin d’Austerlitz sont établies en bois; c’est un des restes de la domination allemande durant laquelle, pour paralyser l’essor de l’Alsace, sous prétexte de nécessités militaires, la eonstrueioen cl’édifîces en pierre ou en brique ne fut jamais permise.
- Continuons notre'visite; nous voici dans le canal de jonction qui réunit le Port d Austerlitz au Rhin et au Port du Rhin. Ici sur notre droite un bassin autrefois important, aujourd’hui en voie de désaffectation : le
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- bassin aux Pétroles; la manutention des combustibles liquides se fera dorénavant au nord de Strasbourg, dans un havre spécialement aménagé à cet effet, muni des derniers perfectionnements de la technique moderne et situé à l’entrée du port, loin de toutes habitations, pour atténuer les risques d’incendie. Actuellement les gros chalands-citernes du '♦Rhin transbordent encore les
- Fig. 5. — Les travaux de creusement du bassin aux Pétroles. (Photo Vénus.)
- liquides dans des wagons-citernes*
- Le remorqueur double les immenses fours verticaux d’une fabrique de coke dont les feux nus brûlent jour et nuit._ A côté des fours : les cloches où sont recueillis les produits de la distillation
- et les acides qui ont donné naissance à quantité d’industries secondaires qui se pressent autour de la fabrique initiale.
- Ici nous entrons dans le Bassin des Remparts; sur notre gauche, voici des frondaisons, vestiges de l’ancienne forêt du Rhin que les progrès de la civilisation ont sacrifiée. Puis le Quartier des Quinze, composé de petits cottages modernes, entourés cle jardinets fleuris, s’épanouit sur notre gauche. Quelques-unes de ces villas ont fait brillante figure à l’Exposition parisienne internationale des Arts décoratifs. Le Bassin des Remparts se réunit au canal de la Marne au Rhin que nous parcourons pendant quelques centaines de mètres.
- Dans cette partie sont amarrées de nombreuses petites péniches de canal dont les animaux de trait sont logés à bord, qui viennent chercher à Strasbourg les denrées arrivées par le Rhin, pour les répartir à l’intérieur du pays. Le pont tournant électrique du chemin de fer cède
- en moins d’une minute le passage à notre remorqueur, qui s’engage dans l’écluse du Rhin. Celle-ci sépare les canaux du fleuve dont elle leur évite les crues et les caprices. Nous arrivons dans les bassins du Rhin.
- A gauche de puissants remorqueurs à aube sont amarrés à leur base de réparation et se ravitaillent avant de repartir pour leurs voyages vers la mer, qui durent jusqu’à deux mois.
- Pénétrons dans le nouveau bassin aux Pétroles; on achève d’aménager ses bords,. et déjà les entreprises pétrolières s’y installent. En face de l’entrée du bassin aux Pétroles une cabine suspendue au bord d’un long quai oblique : c’est l’appareil pour transborder automatiquement les charges en vrac. Le visiteur émerveillé voit des wagons entiers se vider en une seule fois dans les gros chalands du Rhin.
- Le bassin du Commerce, où nous entrons maintenant passe à juste titre pour la « perle » du port. C’est un havre large; ses quais sont garnis de florissantes entreprises de navigation, de minoteries, d’entrepôts. Partout une activité fébrile; l’outillage ultra-moclerne est mû à l’électricité, pas de poussière, peu de bruit, aucun heurt. Ici c’est la partie réservée aux céréales ; les blés, les avoines des Amériques ou de l’Australie y arrivent chaque jour; des élévateurs automatiques prennent les grains dans les chalands, les pèsent, les sèchent, les dépoussièrent et les déposent
- Fis. 0.
- Poste de transbordement des minerais.
- enfin dans les silos des différentes sociétés sans aucune intervention humaine.
- Les chalands français, allemands, belges, suisses, hollandais se vident ainsi comme par enchantement. En une journée 10 000 tonnes de blés seront emmagasinées, stockées, en attendant que la consommation y fasse appel. Devant nous la masse du beffroi de style flamand se dresse à l’horizon; son ombre se profile élégamment sur le fond rosé du soleil couchant; nous faisons demi-tour sur notre droite. Des chalands de toutes nationalités
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- Place de la
- PROJET D’EXTENSION DU PORT DE STRASBOURG
- _____Echelle__ ”
- /Caserne
- NEUD
- Parties projetées „ existantes
- Esplanade
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- emportent la potasse violette que clés bennes aux mâchoires puissantes vont chercher dans les wagons qui défilent sans arrêt sur les quais.
- Nous pénétrons maintenant dans le Bassin de l’Industrie; sur ses bords se sont groupées de grosses entreprises métallurgiques et charbonnières, des fonderies, des forges; une prodigieuse activité règne sur les quais; les flammes rouges sortent des brûlots. Plus loin voilà les industries du bois; de longues poutres, des arbres entiers à peine équarris arrivent aux portes de la France, où ils sont finis et apprêtés pour la consommation journalière. Le Voyage en bateau se termine. Le remorqueur se rapproche de la terre ; nous voici à quai : notre pensée
- s’envole vers le spectacle d’activité prodigieuse qui vient de nous être donné ; notre esprit s’en réjouit. Mais une clerniere vision vient montrer tout ce que ce port renferme de richesses et de possibilités pour l’avenir; le touriste gagne en automobile les broussailles où doivent être construits les nouveaux bassins du port. Il n’y a pas encore de route, un mauvais chemin de fer y serpente, et cependant s’élèvent déjà deux gigantesques bâtiments : une fabrique de soie artificielle en pleine prospérité et une des plus grosses centrales électriques du monde presque terminée. L’une et l’autre se sont installées là, avant que les bateaux" n’y parviennent, tellement est grande leur coniiance dans l’avenir. Pierre Winkler.
- UNE MONTRE ORIGINALE
- Tout récemment, M. Georges Brown, chef de la maison Breguet, a fait établir la montre dont notre photographie donne la reproduction du cadran.
- Ce cadran n’a pas d’aiguilles. Il est constitué par une couronne fixe portant la division en minutes, chiffrée de la façon ordinaire, et une partie centrale munie d’un guichet, et faisant son tour en une heure. C’es.t dans ce guichet que l’heure apparaît, changeant brusquement au moment du passage devant le nombre 60. Dans la figure, la montre va marquer 7 h. 59. Lorsque l’index terminant la fenêtre se trouvera en face du nombre 60, l’heure 8 apparaîtra instantanément et à son tour s’en ira indiquer sa minute sur la couronne fixe. Cette montre, ne
- Fig, 1.
- La montre sans aiguille.
- saurait être comparée aux montres ordinaires à guichet fixe. Elle demande un mécanisme très précis et soigneusement établi, permettant d’effectuer avec précision le saut de l’heure. Ce mécanisme doit entraîner non seulement la partie centrale du cadran dans laquelle est ménagé le guichet, mais encore le disque des heures sous-jacent, disque qui doit à chaque heure avancer instantanément d’un douzième de sa circonférence. Le mouvement d’ensemble se trouve donc être en quelque sorte la combinaison de trois mouvements différents, deux lents et un très rapide. Il y a là une ingénieuse application simultanée de divers effets jusqu’ici seulement produits isolément. La difficulté a été heureusement vaincue. L. R.
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- LA CONSERVATION DES UNITÉS DE LONGUEUR
- Dans les temps modernes, les dimensions de la Terre et la longueur du pendule battant la seconde ont été prises tour à tour comme étalons ultimes auxquels, en cas de perte ou de destruction des prototypes, on devait avoir recours pour les reconstituer. Mais, chaque fois que l’occasion s’est présentée d’utiliser de semblables définitions, on y a renoncé, trouvant des moyens plus simples et plus précis de s’en tirer.
- Ainsi, l’étalon du yard, construit par Bird en 1760, fut sanctionné par un « Act » du Parlement britannique, en date du 17 juillet 1824, prévoyant que, en cas de perte ou d’avarie, sa longueur devait être retrouvée par la relation suivante : le pendule battant la seconde dans le vide à la latitude de Londres et au niveau de la mer, est au yard comme 39, 1393 est à 36.
- Or, en 1834, l’étalon fut détruit dans l’incendie du Parlement, et, lorsque se réunit la Commission chai’gée de le reconstituer, la longueur du pendule avait subi de telles corrections à la suite des travaux de Young, de Bessel, de Baily et de Kater, qu’elle trouva plus sage de renoncer à la relation numérique, et rechercha des étalons du yard sur lesquels on put compter ; elle exécuta à cette occasion un travail magistral et justement célèbre dans les annales de la métrologie.
- De même, la Commission chargée d’en délibérer par les Gouvernements, des Etats qui devaient, par la suite, adhérer à la Convention du Mètre, de 1875, décida de prendre la longueur du Mètre des Archives dans son état actuel, bien que les recherches postérieures à la fameuse opération de Delambre et Méchain eussent démontré qu’il différait à n’en pas douter de sa définition. C’est cette longueur que l’on s’est borné à copier pour réaliser le prototype international.
- Ainsi,-la construction des étalons a traversé, en moins d’un siècle, trois étapes bien caractérisées. Le Mètre des Archives, construit en 1799, était une barre de platine de 23 mm de largeur et de 4 mm d’épaisseur (fig. 1, A); sa flexibilité exigeait que, pour des comparaisons précises, elle fût portée dans toute sa longueur sur un plan bien dressé. Comme la rectitude parfaite ne peut pas être obtenue, la barre repose en réalité sur un certain nombre de points du plan, et sa longueur dépend, dans une faible mesure, de aon mode de support,
- Le yard,au contraire (B), est une forte barre de 1 inch
- 1. — Divers systèmes d’étalons de longueur. A, mètre des Archives; B, yard; G, mètre international et ses copies; D, étalon en métal peu coûteux.
- ou 25 mm, 4 au côté, creusée jusqu’en son milieu de deux puits mettant à découvert le plan des fibres neutres, dans lequel deux mouches en or portent son tracé. Comme on peut se borner à la supporter par deux points, ou plus exactement deux arêtes, il est parfaitement, défini.
- Lorsqu’on voulut construire le mètre international, Tresca eut l’idée de mettre à découvert le plan des fibres
- neutres dans toute sa longueur, et il créa la célèbre forme en x (C), où la matière est économisée au maximum, pour une rigidité donnée. Lorsqu’il s’agit de construire un mètre en un métal moins coûteux que le platine, on épargne des peines, en adoptant la section en H (D).
- Voici un exemple du désordre qui régnait autrefois dans la métrologie mondiale. Lorsque se réunit la première Conférence générale des Poids, et Mesures, en 1889, B.-A. Gould, qui y représentait les Etats-Unis, émit l’opinion que le méridien passant par New-York était à très peu près égal à quarante millions de fois la longueur du mètre. J’eus, beaucoup plus tard, la clef de cette affirmation. En 1919, un étalon ayant servi à la géodésie du Brésil fut apporté, pour sa détermination, au Bureau international des Poids et Mesures. Il avait été construit autrefois par les frères Brunner, et avait été indiqué comme exact à 18°. Or, à cette température, il fut trouvé excéder le mètre de 186 microns. C’est précisément la valeur numérique de l’écart entre le mètre et sa définition primitive.
- Des divergences de cet ordre sont fréquentes dans les étalons construits avant la création du Bureau international des Poids et Mesures.
- o
- Le grand physicien Angstrôm fut en proie à de cruels soucis, parce qu’à la fin de sa vie, il n’était pas certain de l’équation de la règle au moyen de laquelle il avait étalonné ses réseaux, et c’est seulement après sa mort que nous eûmes l’occasion de la vérifier. Elle fut trouvée trop longue de 107 microns.
- Thalén, qui utilisa cette règle et put, en outre, faire vérifier ses réseaux au Bureau international, a obtenu une valeur de la longueur d’onde à très peu près exacte. Mais les déterminations spectroscopiques auxquelles Rowland avait consacré un énorme travail longtemps classique, l’avaient conduit à des valeurs erronées d’environ 1/33000, parce qu’il n’avait pas trouvé le moyen de se procurer des étalons précis.
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- Aujourd’hui de telles erreurs sont devenues tout à fait impossibles, grâce à l’organisation internationale d’un Institut rnétrologique, qui conserve les étalons et qui se irouve toujours prêt à en vérifier, avec une extrême précision, les copies de premier ordre.
- On pourrait penser que le Bureau international, créé il y a un demi-siècle, est arrivé depuis longtemps à la perfection que l’on peut atteindre. Cependant, il progresse encore non pas avec la célérité des premières années, mais par étapes d’autant plus lentes que les stades déjà franchis ont amené plus près de la perfection.
- ...—-............ — -......... ....... 59 =
- réintégré Belgrade, ils furent envoyés au Pavillon de Breteuil pour une nouvelle détermination. On retrouva leur équation dans les limites de précision des mesures primitives. Pour le mètre, la différence n’était que de 2 dixièmes de micron ; pour le kilogramme, inférieure au centième de milligramme.
- Pour qu’un tel résultat puisse être atteint, il est nécessaire que le kilogramme en particulier soit garanti contre toute espèce de frottement. Pour cela, il est posé sur une plate-forme, sur laquelle trois radiales, terminées par des pièces épousant sa forme, le maintiennent rigi-
- Fig. 2. — L’un des étalons du kilogramme. (Il y eu a 40 dans le monde.)
- A droite, sous la cloche le kilogramme au Laboratoire. A gauche : son enveloppe de voyage.
- En 1880, ont été achevés les mètres en platine iridié, comparés entre eux avec un soin extrême, et dont les dilatations, déterminées individuellement, avaient présenté de très faibles divergences. Les mètres étaient, à la vérité, d’admirables étalons. Ils étaient de construction robuste, rendant des détériorations improbables. La preuve en a été donnée au cours de la dernière guerre, lorsque les étalons du mètre et du kilogramme appartenant au Royaume de Serbie, évacués de Belgrade au moment de la retraite de l’armée, furent transportés à dos de mulet, et finalement arrivèrent à Corfou après une odyssée vraiment impressionnante. Dès qu’ils eurent
- dement, tandis qu’une vis verticale supportant un plan le maintient par-dessus. Bien entendu, les pièces métalliques sont garnies de peau de chamois. Dans le coffre-fort, oèi le kilogramme n’a pas à craindre les déplacements, on retire l’échafauclage, et on couvre la plate-forme de deux cloches, immobilisées par des pièces de métal. La figure 2 représente les divers organes. On voit de plus, sur le devant, la pince servant à saisir le kilogramme ; à l’arrière une enveloppe cylindrique qui achève de fermer le dispositif de voyage.
- Cependant la longue expérience amassée au Bureau permit de mettre en évidence quelques petites imperfec.
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- tions dans les déterminations faites autrefois. Des comparaisons très serrées, entre six étalons de platine iridié, auxquels on avait attribué des dilatabilités, jadis très légèrement différentes, ne donnèrent, lors de la mesure entreprise entre 1919 et 1921, aucune divergence supérieure aux limites des erreurs d’observation, alors que les écarts de dilatation Tadmis jusque-là atteignaient le décuple de ceux auxquels aurait conduit l’application des mesures récentes,
- Mais on s’est inquiété, il y a quelques années, de la conclusion d’un rapport que j’avais présenté au Comité international des Poids et Mesures, et où il était question d’une variation du mètre. On s’était alarmé à tort. La vérité, c’est que, ayant comparé des étalons nationaux venus d’un peu partout aux deux étalons d’usage du Bureau, on avait cru trouver que les premiers s’étaient raccourcis d’une quantité variant entre 3 et 4 dixièmes de •micron. Cependant, étant donnée la concordance des équations, il parut plus naturel de suspecter les étalons d’usage du Bureau, qui avaient été, pendant plus de trente ans, en service continu, et avaient pu subir une série d’accidents minuscules, qui avaient fini par les modifier légèrement. On eut recours successivement aux témoins du prototype international enfermés avec lui dans le célèbre caveau, et enfin à ce prototype lui-même ; on eut ainsi la confirmation parfaite de la variation supposée. Le Bureau possède maintenant un étalon admirablement tracé, auquel on comparera, à des intervalles éloignés, les étalons d’usage, afin de n’être pas exposé même à ces erreurs presque imperceptibles.
- Tout de même, il est un peu angoissant de laisser une unité aussi importante que le mètre à la merci de changements moléculaires possibles. Nous savons que certains métaux ou alliages ne sont pas absolument stables; les variations de volume des aciers au nickel sont classiques, et le laiton éprouve aussi des variations bien mesurables.
- Il est certain que le platine iridié est infiniment plus constant; mais si, par exemple, le mètre international, depuis qu’il a été construit, avait varié d’un dixième de micron, il serait assez difficile de le constater, parce que les étalons les plus sûrs auxquels on pourrait le comparer sont précisément ceux en platine iridié, faits à la même époque, et qui auraient pu varier parallèlement au prototype,
- Remarquons combien on a gagné par un siècle de
- métrologie. Ce qu’on cherche aujourd’hui, c’est l’éventualité d’une erreur qui, dans le cours du temps, atteindrait le dix-millionième, alors qu’à l’époque où fut construit le Mètre des Archives, on considérait le deux-centième de ligne, c’est-à-dire le centième du millimètre, comme l’extrême limite de la précision possible.
- Or, il y a un peu plus de trente ans, le célèbre physicien américain Michelson vint à Sèvres pour mettre en œuvre une méthode entièrement nouvelle et extrêmement précise de détermination des longueurs d’onde lumineuses. Il avait étudié auparavant les sources les plus monochromatiques, et .avait constaté que la raie rouge du cadmium est idéale par sa simplicité et son étroitesse. Après une année de travail, auquel J.-René Benoît collabora avec toute l’ardeur dont il était coutumier et la connaissance parfaite des procédés métrologiques, M. Michelson donna une valeur des longueurs d’onde à laquelle on pouvait attribuer une exactitude du demi-millionième.
- Quatorze ans plus tard, MM. Benoît, Fabry et Pérot reprirent la même détermination, mais en utilisant des procédés plus parfaits, permettant, en particulier, de passer en une seule séance des petits étalons à la valeur du mètre, opération qui, dans les expériences de M. Michelson, exigeait près d’un mois. Le résultat confirma, avec une approximation d’un dix-millionième environ, le nombre admis jusque-là.
- On pourrait donc penser que l’on a réalisé, avec cette approximation, un témoin de la longueur métrique. Ce serait sans doute àller un peu vite, que de se rallier à cette conclusion. Sans vouloir insister sur les très légères incertitudes qui affectent l’une et l’autre des déterminations, et qui amènent à conclure que l’extraordinaire concordance des résultats est en partie due à un hasard heureux, l’expérience amassée depuis vingt ans a montré que les longueurs d’onde ne sont pas absolument constantes.
- L’intensité du courant qui leur donne naissance dans les tubes servant à les produire, la température de la vapeur métallique, la possibilité d’existence d’un champ magnétique, la façon même dont on observe la source (en bout ou de côté) peuvent introduire, dans les longueurs d’onde, des divergences, assurément très faibles, mais qui empêchent de regarder les plus monochromatiques d’entre elles comme constituant un contrôle de la valeur du mètre, à l’approximation des variations que l’on recherche aujourd’hui.
- Fiq. 3. — M. Ch.-Ed. Guillaume.
- Directeur du Bureau international des poids et niesurps. Pliot. Benjamin.
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- C’est là qu’intervient un troisième élément.
- Depuis longtemps, on cherche à réaliser des étalons faits avec un cristal naturel, le quartz par exemple. Les beaux échantillons de cette substance ont atteint, il y a bien des milliers d’années, leur forme ultime, qui est celle d’un cristal unique, au delà duquel il semble que la matière ne doive plus éprouver aucune variation. Cependant, on n’a pas jugé possible, jusqu’à l’époque actuelle, d’utiliser ce corps pour en faire des étalons à traits, parce que, indépendamment du fait qu’on ne trouverait au monde que peu d’échantillons s’adaptant à la réalisation d’étalons de 1 m de longueur, on n’est pas parvenu à obtenir des traits de bonne qualité; toujours, ils sont éclatés sur les bords, et ne permettent pas des pointés précis. Il en est de même de la silice obtenue par fusion du quartz naturel. Au National Physical Laboratory de Grande-Bretagne, on a tourné la difficulté du tracé direct, en platinant une plage qui sert de support aux traits; de plus, ce quartz étant amorphe, on n’est pas aussi sûr de sa constance. Un détail : il est aussi indilatable que l’invar moyennement écroui; mais ceci est une simple parenthèse.
- En revanche, il est possible de faire, avec des cristaux de quartz, d’admirables étalons à bouts, dont les dimensions sont de l’ordre du décimètre, et dont on détermine
- la valeur en fonction des longueurs d’onde lumineuses. Comme ces déterminations sont, en valeur absolue, dix fois plus précises que les pointés au microscope, on obtiendra, avec ces décimètres de quartz, la même précision relative qu’avec les mètres à traits.
- Le Bureau international est prêt à entreprendre ce travail, dont M. Albert Pérard a mis au point les méthodes, déjà appliquées au décimètre prototype. Les longueurs d’onde seront toujours réalisées dans des conditions aussi identiques que possible, et ces décimètres, une fois répartis,-pourront servir à contrôler numériquement les procédés interférentiels employés à mesurer leur longueur. Une fois l’unification obtenue, les décimètres en quartz pourront constituer des étalons de contrôle pour la valeur des mètres, et, dans deux ou trois siècles, si ces derniers ont varié de plus d’un dixième de micron, on pourra sans doute le constater.
- Pour aussi longtemps que la métrologie se contentera des précisions actuelles, nous avons donc un complet apaisement; et l’histoire des contrôles qu’on a imaginés dans le cours du temps, nous permet de croire qu’on en trouvera toujours qui soient adaptés à la précision des
- Ch.-Ed. Guillaume,
- Directeur du Bureau international des Poids et Mesures.
- mesures de longueur.
- CURIEUX CAS DE FASCIATION
- La fasciation est un phénomène de tératologie végétale, consistant en ce que les tiges, rameaux, pétioles des feuilles et pédoncules des fleurs, au lieu d’être arrondis ou prismatiques,' comme à l’ordinaire, sont aplatis ou rubannés. Pour certains auteurs ce n’est là que le premier degré d’une malformation plus accentuée, caractérisée par la division de l’organe en deux ou plusieurs parties.
- Dans le cas présent, il s’agit d’une Borraginée, du genre Eckium, qu’on rencontre communément dans nos champs ; nous en donnons trois photographies qui montrent que la plante ne possède qu’une seule tige principale; mais celle-ci, fortement aplatie, est démesurément élargie surtout dans sa partie supérieure, au lieu d’être ronde et mince comme à l’état normal. L’extrémité supérieure présente un commencement de bipartition se poursuivant par un sillon longitudinal médian, surtout visible sur la face postérieure, disposition qui semble
- donner raison aux auteurs qui voient dans la fasciation un début de division.
- Comme cela est la règle dans ce genre de malformation, la lame fasciée ne possède pas de branches divergentes norma.
- lement constituées ; elle est simplement munie de petits appendices correspondant à ces rameaux, plus nombreux qu’à l’état sain et fortement rabougris. Ces appendices, jamais ramifiés, sont d’au tant plus nombreux qu’on considère une région plus élevée, au point que les supérieurs forment un vé-l’ilable bouquet, par le fait qu’à ce niveau les appendices sont plus courts que sur le reste du fascie et appliqués les uns contre les autres.
- Chaque rameau porte de très petites feuilles et une ou deux fleurs, le plus souvent une. Il est à remarquer que si les rameaux sont courts et grêles, et les feuilles petites, les fleurs ont conservé leurs dimensions normales, j; Chaîne^ Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux.
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- — 62 " LES COMÈTES
- LES COMÈTES INATTENDUES — SUPERSTITIONS SUR LES COMÈTES — LE MOUVEMENT DES COMÈTES
- LES COMÈTES PÉRIODIQUES
- Il y a bien longtemps que nous n’avons eu le plaisir cle voir une belle comète^resplerîdir dans le ciel. Les dernières comètes remarquables par leur beauté qu’on ait vues dans notre hémisphère sont celles de 1881 et 1882.
- Les comètes sont d’ailleurs beaucoup plus nombreuses qu’on ne le soupçonne en général. En 1919, par exemple, on en a observé sept, et sauf les astronomes de profession, personne ne s’en est douté.
- Mais ce beau spectacle, nous en jouirons peut-être demain. Il n’est pas rare, en effet, qu’un de ces astres apparaisse dans le ciel sans que son arrivée ait été aucunement pressentie, et le public ne manque pas, bien entendu, de se moquer des professionnels, qui n’ont pas su l’avertir d’avance.
- C’est ainsi que la comète de 1680, une des plus belles qu’il ait été donné aux hommes d’admirer, fut découverte par un paysan nommé Christophe Arnold, qui vivait en cultivant la terre au village de Sommerfeld situé à une lieue de Leipzig. Ce campagnard aimait à contempler le ciel, et on lui doit encore la découverte d’une autre comète, celle de 1686. Il a bien mérité que que l’on écrive sur son tombeau les mots latins suivants’: Agmvola et cœticola
- ou, si on veut : laboureur et astronome.
- Ajoutons qu’Arnold qui vécut de 1650 à 1695, sut transmettre ses goûts à sa fille. Celle-ci, devenue Mme Ivirch, eut des enfants qui continuèrent la tradition de leur aïeul, et on leur doit la découverte d’étoiles variables, des observations d’éclipses, etc... ainsi que les calculs nécessaires pour la publication d’un calendrier annuel dont la série va de 1685 à 1741. —Une partie des journaux d’observations de ces astronomes, achetée par J.-N. Delisle, se trouve à l’Observatoire de Paris.
- De même, à une époque beaucoup plus voisine de nous, le 30 juin 1861, on vit apparaître à Paris et dans toute l’Europe, une immense comète inattendue qui se montra au voisinage du point où le soleil venait de se coucher. — On se figurera l’attention que le public donna à ce visiteur surprenant si on se dit que le lendemain, iLr juillet, la comète étant plus dégagée des rayons du Fig.l.— La grande comète de 1264. soleil, SOU noyau était plus
- brillant que les étoiles de première grandeur, et sa queue avait une longueur de 45 degrés. Le lendemain,
- 2 juillet, la longueur de la queue avait presque doublé. Ainsi, en supposant le noyau de la comète au zénith, la queue se serait 'prolongée jusqu’à l’horizon, et on devait voir mieux encore, car cette queue atteignit une longueur de 120 degrés. Comment un tel spectacle n’aurait-il pas vivement impressionné l’âme populaire ?
- COMÈTES ET SUPERSTITIONS
- Notre espèce ne brille pas par la modestie, aussi s’est-on, dès les époques les plus reculées, figuré que l’apparition d’une comète était en rapport avec les événements qui se passent sur notre « petit globe terraqué », comme disait Voltaire. Le plus souvent, on y voyait un signe de la colère du ciel, et on s’évertuait à conjurer les effets de cette colère. — Ne rions pas trop de nos ancêtres, si lointains soient-ils. — Ces craintes n’ont pas disparu. Si une brillante comète était apparue pendant la dernière guerre, ou un peu auparavant, Dieu sait les commentaires que cette apparition aurait fait naître ! — D’ailleurs le mal de l’un fait souvent le bien de l’autre, et, parfois, chez les Anciens, des chefs de guerre ont su profiter de la présence d’une comète sur l’horizon pour ranimer le courage de leurs soldats.
- 11 arrivait aussi que l’on croyait que les événements qui nous touchent avaient pour conséquence l’apparition d’un astre chevelu. On sait que coma veut dire chevelure.
- C’est ainsi que peu après la mort de César, assassiné le 15 mars de l’an 43 avant J.-C., une belle comète se montra dans le ciel, et la populace de Rome s’écria que c’était l’âme matérialisée du dictateur. On peut croire que l’héritier de César ne fit rien pour contredire ce bruit populaire, tout au contraire, et voici, à ce propos, quelques lignes de Bayle, dont les Pensées sur la comète (*),
- 1. C’est à l’occasion de la comète de 1680 que Bayle composa ce livre donL la conclusion est que les comètes sont des corps aussi anciens que le monde et qui, de par les lois du mouvement, passent nécessairement de temps en temps à la portée de notre vue. Elles ne peuvent donc rien présager, puisque leur retour est fatal pour une époque déterminée.
- Cette attaque aux préjugés vulgaires fit un grand scandale et souleva de violentes polémiques- Fig. 2.— La grande comète de 1680.
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- publiées en 1682, furent un ouvrage qui faisait pressentir le xvme siècle.
- « Auguste, par des vues politiques, fut bien aise qu’on crût que c’étoit l’âme de César. Car c’étoit un grand avantage pour son parti de croire qu’on pour-suivoit les meurtriers d’un homme qui étoit alors parmi les dieux. C’est la raison pourquoi il fit bâtir un temple à cette comète (*), et déclara publiquement qu’il la re-gardoit comme un très heureux présage.... Ceux qui étoient encore républicains dans l’âme disoient, au contraire, que les dieux témoi-gnoient par là combien ils désap-prouvoient qu’on n’appuyât pas le parti des libérateurs de la patrie. »
- On voit que la mémoire, pourtant si sûre de Napoléon le trompait quand à Sainte-Hélène, ayant appris qu’une comète était visible, il s’écria qu’un de ces astres avait présagé la mort de César, qu’il avait pris pour modèle. — Le grand capitaine était quelque peu superstitieux ; cependant, il semble bien qu’il ait fait la sourde oreille
- Fig. 4. — La comète à 6 queues, de 1744. (.D’avrès le dessin original de Chéscaux.)
- Fig. 3. — La grande comète de 1882 vue le y octobre au matin.
- quand Messier, le furet des comètes, désirant obtenir une pension viagère, publia, en 1808, un opuscule destiné à rappeler au tout puissant souverain que le 8 août 1769, il avait découvert une belle comète qui présageait évidemment, bien qu’on ne s’en fût pas douté alors, le grand événement qui devait arriver sept jours après.
- Ces superstitions, d’ailleurs, n’étaient, pas partagées par tout le monde ; c’est ainsi que Mazarin, profond sceptique bien qu’il fût Italien et cardinal, se moquait de ceux qui s’imaginaient que l’apparition d’une comète pouvait avoir quelque rapport avec la vie ou la fortune des hommes.
- Mais venons-en à ce que nous savons de positif sur ces astres.
- l’étude scientifique des comètes
- Pendant bien longtemps, on ne les a pas distinguées nettement d’avec les bolides et même les aurores boréales. — On les regardait comme de simples météores engendrés peut-être par les exhalaisons de la surface de notre globe.
- Les grandes lois de Képler étaient connues dès le premier tiers du xvne siècle, mais on ne les appliqua pas immédiatement aux comètes.
- L’astronome polonais Hévélius s’occupa beaucoup de
- 1. Ce temple doit être absolument détruit, car, s’il en subsistait des ruines, Lalande n’aurait pas manqué de les visiter, quand il fit son intéressante excursion en Italie, et d’en parler dans sa relation de voyage.
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- OrbiJ'f,-—
- celles-ci, et la belle comète de 1652 lui donna l’idée d’écrire sa Cometographia, qui parut en 1668 et fut dédiée à Louis XIV.
- Cette comète de 1652 était vraiment remarquable, car le diamètre de son noyau n’était que peu inférieur à celui de la pleine lune. Par contre, la queue n’était longue que de 6 à 7 degrés. Il va sans dire que, dans la Cometographia, il est question de beaucoup d’autres comètes, notamment de celles de 1661, 1664 et 1665.
- Ilévélius commence par croire que le mouvement des comètes est rectiligne, au moins à peu de chose près. Puis, il fait un pas en avant, et leur fait décrire des paraboles, mais il ne met pas le Soleil au foyer de celles-ci, ni même dans leur plan.
- Ce progrès est dû à un disciple de l’astronome de Dantzig, Doerfell. Celui-ci était né en 1643 à Planen, en Saxe; il vécut jusqu’en 1688, et on lui doit un opuscule, devenu rarissime, sur la grande comète de 1680. Pour Doerfell, le Soleil se trouve au foyer des paraboles décrites par les comètes, mais il ne lui vient pas à l’esprit de rechercher si celles-ci ne seraient pas soumises aux lois delvépler, ce qui semblait pourtant bien naturel.
- Ce fut Newton qui prouva que l’orbite des comètes, décrite sous l’influence de l’attraction du Soleil, est en réalité une ellipse très,allongée et que cette ellipse peut, au voisinage du périhélie, être confondue avec une parabole pour la facilité du calcul.
- En résumé, les comètes, dans leur mouvement, suivent les mêmes lois que les planètes, et il doit être possible de prédire leur retour.
- LE RETOUR DES COMÈTES PÉRIODIQUES .
- LA COMETE DE HALLEY
- L’astronome Halley était tout désigné pour faire les recherches d’érudition indispensables pour identifier les comètes observées jadis et montrer que des apparitions, séparées par un certain nombre d’années plus ou moins grand, sont celles d’un seul et même astre, revenant à des intervalles réguliers. Halley, en effet, possédait admirablement les langues classiques, et, de plus, l’hébreu et l’arabe. — Il n’en était pas moins un géomètre de grande valeur, ainsi qu’un physicien habile. Enfin, avec tout cela, il avait une pratique suffisante de l’art nautique pour que, à une certaine époque
- Aphélie
- Un q
- Fig. 5. — Orbite de la comète de Halley.
- présumer qu’il en était de même de la comète de 1456 sur laquelle on avait moins de détails. Halley se persuada qu’il n’y avait là qu’un seul et même astre qui revenait tous les soixante-quinze ans environ.
- On connaît à l’heure actuelle vingt-cinq comètes périodiques, et de toutes, c’est celle de Halley dont la durée de la révolution est la plus longue.
- On ne sera pas surpris si nous disons que Halley s’est acquis une gloire immortelle. Aussi, les plus grands, parmi les poètes, se sont-ils plu à chanter cette gloire. Pour ne citer que des Français, on peut voir les vers que lui ont consacrés Voltaire dans son Epitre à Madame du Châtelet, Victor Hugo dans la Légende des siècles, Sully-Prudhomme dans les Epreuves.
- Si Halley ne s’était pas trompé, la comète devait reparaître vers l’année 1760 ; mais il fallait calculer d’avance l’époque de son passage au périhélie, en tenant compte de l’action attractive que les planètes auraient exercée sur la comète depuis 1682.
- Au mois de juin 1757, Lalande invita Clairault à appliquer sa solution du problème des trois corps àl’astre attendu, et à calculer les attractions qu’il subirait de la part de J upiter et de Saturne (Uranus et Neptune étaient encore inconnus). Clairault fit tous les calculs analytiques qu’on lui demandait, mais il restait à mettre, dans les formules, les nombres fournis par l’observation, et c’était un énorme travail où il fallait calculer pour tous les degrés et pour soixante-quinze ans les distances et les forces attractives de chacune des deux planètes par rapport à la comète. Lalande s’en chargea.
- Il eut comme auxiliaire, Mme Lepaute, femme du célèbre horloger. Lalande et elle, pendant plus de six mois, calculèrent du matin jusqu’au soir, quelquefois même à table, tant il importait que le résultat fût donné avant l’arrivée de la comète pour que personne ne pût douter de l’accord entre l’observation et les calculs qui serviraient de fondement à l’annonce (*).
- Au mois de novembre 1758, l’Académie des sciences fut avertie que l’action de Jupiter et de Saturne retarderaient de 600 jours le passage de la comète au périhélie. Annoncé pour le 4 avril 1759, le passage eut lieu, en réalité, le 12 mars. En 1835 la différence entre le calcul et l’observation varia, suivant les orbites calculées par
- de sa vie, on lui ait confié le commandement d’un vaisseau de la marine royale, afin qu’il pût vérifier ses théories du magnétisme terrestre et de la circulation des vents.
- Halley appliqua la méthode newtonienne à vingt-quatre comètes et il fut récompensé de ses efforts en trouvant que les comètes de 1531, 1607 et 1682 avaient suivi la même route à peu de chose près, et il était à
- 1. 11 y a peut-être quelque intérêt à rappeler que la vocation astronomique de Lalande fut éveillée par deux grands phénomènes qu’il lui fut donné de contempler dans sa jeunesse, a savoir l éclipse totale de soleil du 25 juillet 1/48, et, antérieurement, la comète de 1744, qui avait six queues, d environ trente degrés de longueur, et leurs projections sur la voûte céleste formaient un magnifique éventail. — Les dames, cette année-là, se coiffèrent à la comète.
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- divers astronomes de 3 à 12 jours. En 1910, l’exactitude obtenue a élé à peu près comparable.
- En 1759 comme en 1682 la comète de Halley fut vue en premier lieu par un villageois allemand ; celui-là se nommait Palitsch, et il habitait les environs de Dresde. Le monopole de ces découvertes n’est d’ailleurs pas réservé aux habitants des campagnes ; le 8 janvier 1760, une belle comète, voisine de l’étoile x Orion, fut aperçue par un jeune Maître des Requêtes, zélé pour toutes les sciences comme pour le bien public, et nommé Turgot. Celui-ci, très lié avec l’abbé de La Caille, lui fit sans retard connaître sa découverte.
- 11 est bien rarement donné à un même individu de se souvenir, dans son extrême vieillesse, d’un phénomène céleste dont il a été témoin dans son enfance. Cela est arrivé une fois, cependant, à notre connaissance. L’illustre astronome Bessel, mort en 1846, à l’âge de 62 ans, avait eu grand soin de faire remarquer à ses enfants la comète de Halley, quand elle revint en 1835. Une de ses filles, Mme Lorek,ne mourut qu'en 1913, plus que nonagénaire. Il lui fut donné, en 1910, de revoir l’astre vagabond que son père lui avait montré.
- À sa dernière apparition, en 1910, la comète de Halley n’a pas été facile à observer, au moins en Europe, à cause des intempéries. On a été plus heureux ailleurs, et
- à M. Mascart, qui s’était transporté à Ténérife pour pouvoir l’étudier dans des conditions favorables, elle offrit un spectacle merveilleux. Il est vrai que son observatoire se trouvait à 2715 m. au-dessus du niveau de la mer. L’air y était d’une transparence exceptionnelle; mais, par contre, la sécheresse y était si grande que l’astronome eut bien des ennuis avec les pièces de bois qui formaient une partie de ses appareils. La matière se fendait et s'effritait avec une rapidité surprenante. Les ongles des observateurs se brisaient, le cuir de leurs chaussures se déchirait comme du papier.
- Vers 1855, Babinet écrivait, à propos de la comète de Halley les lignes suivantes, qu’on lira peut-être avec intérêt :
- « ... Voyons ce que trouvera la comète de Halley à
- son prochain retour vers la terre en 1911 (1910, s. v. p. M. Babinet). Sans doute, dans notre Europe, tout marchera sous les lois de la sagesse, de la raison et de la science ; mais ce qui est bien plus certain, c’est qu’en Amérique, à cette époque, une ville de plusieurs millions d’âmes, comme autrefois Rome, Alexandrie ou Constantinople, ou comme aujourd’hui Londres, vérifiant les prédictions de M. Ampère fils, occupera l’isthme de Panama. Les États-Unis compteront 125 millions de citoyens, et au retour subséquent de la comète de Halley,
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- vers 1988, ils en compteront comme l’Europe, qu’ils surpassent en étendue, en fertilité et en activilé laborieuse, 250 millions. Un astronome du milieu du xvie siècle s’excusait de pousser ses calculs jusqu’à 1600, comme à un futur incommensurablernent éloigné. Depuis lors, trois siècles se sont écoulés. Dans la vie des nations, comme dans celle des sciences, 1800, c’est hier, 1900, c’est demain, a ""
- Et 1900 est déjà loin dern ière nous. .
- LA COMÈTE DE 1882
- Venons à la dernière c< mèie vraiment belle qu’il ait été donné aux hommes de voir, à celle de 1882.
- Ceux qui ont eu le p'aisir de la contempler n’en perdront jamais le souvenir. Elle s’ét.iil montrée dans les premiers jours du mois de septembre, et se levait avant le Soleil. Ün voyait sa queue surgir de dessous l’horizon, comme une iraniens* gerbe de blé dont on constatait la croissance à l’œil nu. 11 fallait plus d une heure pour qu’elle fût tout à fait
- dégagée et entièrement visible, et après le lever du Soleil on pouvait la contemp’er encore un certain intervalle de temps.
- Comme celles de 1680 et de 1843, la comète de 1882 a passé si près du Soleil, quand elle se trouvait au périhélie, qu elle en a sans doute traversé l'atmosphère. Malgré ce voisinage périlleux, elle ne s’est pas consumée, comme, à d’autres époques on s’était imaginé que c’était une chose possible et grandement à craindre, car la chaleur engendrée par cette combustion aurait pu élever la température de notre atmosphère à un tel degré que la vie n'aurait plus été possible pour nous (1).
- Celte année 1882 fut froide et pluvieuse, le raisin mûrit difficilement. C’est un fait incontestable, mais beaucoup de gens continueront néanmoins à affirmer fin —
- la Terre,
- 4e Vénus
- Fig. 8. — La Comète de tlalley et la Terre, le 18-19 mai 1910.
- [Notre globe a, veut-être, été effleuré par lextrémité de la queue).
- fluence heureuse des comètes sur les vendanges et à citer, à l’appui de leur opinion, la qualité supérieure des vins de 1811 et 1858.
- E. Doublet.
- (1) 11 faut savoir se borner, aussi n’avons-nous pas insisté sur le fait que la Terre peut traverser la queue d’une comète. Gela s’est vu en 1861, et il est possible, mais douteux, qu’en 1910 le même phénomène se soit reproduit En tout cas, dans cette dernière occasion, nous n’aurions fait qu’effleurer l’extrémité de la queue de la comète. '
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- Fig. 9.
- Passage de la Terre dans la queue de la comète de 1861, le 30 juin 1861, d après Liais. 1) Situations, en perspective, de là Terre et de la comète.
- 2) Passage de la Terre [et de la Lune) à travers l'extrémité de la queue, représentée en coupe par le cercle gris.
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- LES PLAQUES PHOTOGRAPHIQUES £
- LES DERNIERS PROGRÈS DE LEUR FABRICATION
- PRÉPARATION DE L’ÉMULSION AU GÉLATINO-BROMURE D’ARGENT
- La découverte du procédé au gélatino-bromure d'argent est, sans contredit, la plus importante de toutes celles cpti ont marqué les progrès de la photographie.
- Les procédés antérieurs, dans lesquels le support était sensibilisé par exposition à certaines vapeurs, comme
- .10 minutes, il a ouvert à la photographie un champ d’action immense. ,
- L’émulsion au gélatino-bromure d’argent est 'aisément obtenue en mélangeant dans l’obscurité une solution de bromure de potassium iodurée et de gélatine avec une solution ammoniacale de nitrate d’argent. On laisse digérer pendant 3/4 d’heure à une température de 37° et on ajoute enfin une solution complémentaire de gélatine.
- dans la daguerréotypie, ou par trempage, ainsi qu’on le pratiquait avec l’albumine et le collodion, présentaient de graves imperfections. La sensibilité était très faible et les plaques, qui ne se conservaient pas, devaient être préparées ou sensibilisées au moment de l'emploi.
- Dès l’origine, le gélatino-bromure d’argent s’est montré tout à la fois extraordinairement stable et sensible.
- En rendant possible la fabrication industrielle des plaques photographiques, il a dispensé l’opérateur de manipulations délicates et fastidieuses; en permettant d’obtenir en un centième de seconde des clichés, qui, avec le collodion sec, auraient exigé des poses de
- Le nitrate de potassium résultant de l’action du nitrate d’argent sur le bromure de potassium et l’excès de ce dernier sel sont éliminés par lavage de l’émulsion préalablement divisée en filaments par. compression à travers une toile de crin. L’émulsion est ensuite chauffée au bain-marie, amenée à une température de 60° et filtrée.
- Elle peut alors être coulée sur des plaques de verre; mais le plus souvent, elle est conservée durant quelques jours à l’état humiefe, sous une couche d’alcool; elle y « mûrit » et acquiert une sensibilité plus grande.
- Coulé à une température de 50 à 60°, le gélatinobromure d’argent s’étend facilement sur les plaques de
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- ; *Éig. Micrographie de la plaque
- Lumière « Etiquette bleue » (100u II et JJ) | f (jgrjo$-sis' 1 000 diamètres).
- Fig. 3. — Micrographie de ta plaque Lumière « Ortho S. E. » (100° Il et D) (gross' 1000 diamètres).
- Fig. k. — Micrographie de la plaque « Sigma » (300° H et D)
- (gross' 1000 diamètres).
- verre et se coagule eu quelques minutes; le séchage complet est obtenu en quelques heures. L’érnulsionnage des plaques est fait mécaniquement avec une très grande régularité, une courroie sans fin présentant les plaques durant le temps nécessaire sous le récipient contenant l’émulsion.
- Lorsque Ton compare une image sur plaque au gélatino-bromure avec une photographie sur plaque à l’albumine ou au collodion, on constate qu’au point de vue de la finesse, ces anciens procédés étaient bien supérieurs. Le sel sensible s’y présente sous la forme d’une couche continue, très mince et transparente; il prend au contraire avec le gélatino-bromure la forme de grains disséminés dans l’épaisseur de la gélatine (lig. 2 à 7) ; et dont la grosseur peut atteindre 3 à 4 microns.
- LES PLAQUES A GRAIN FIN
- Il est pourtant possible de préparer des plaques au gélatino-bromure aussi transparentes et aussi fines que
- celles au collodion ou à l’albumine. Lippmann y avait réussi pour la photographie des couleurs par la méthode interférentielle. Mais ses plaques exigeaient, dans les conditions les plus favorables, des poses de plusieurs minutes avec un diaphragme ouvert à F/C,3.
- On est parvenu à fabriquer industriellement des plaques à peu près exemptes.de grain : telles sont les plaques lentes spéciales pour phototypie et travaux de reproduction, certaines plaques dispositives à tons noirs et surtout à tons chauds, ces dernières ayant parfois la transparence du verre. Mais il s’agit uniquement de plaques lentes et jusqu’à ce jour, on n’a pu obtenir une sensibilité suffisante, pour les travaux courants à la chambre noire, que des émulsions granuleuses, le grain étant d’ailleurs d’autant plus gros que l’émulsion a mûïi plus longtemps.
- Négligeable lorsqu’il s’agit de grands formats destinés à l’examen direct, la grosseur du grain prend une notable importance pour les petits formats si en faveur aujourd’hui, les photographies obtenues avec ces derniers étant presque toujours examinées sous un certain gros-
- Fig. 5. — Micrographie de la plaque «.Opta » (750» II et D)
- (gross' 1000 diamètres).
- Fig. 0. — Micrographie de la plaque « Micro » (750 H et D)
- (gross1 1000 diamètres). ••
- Fig. 7. — Micrographie de la plaque Lumière « Etiquette jaune » (16° II et D) (gross1 1000 diamètres).
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- sissement, soit que l’on procède au tirage des images positives par le moyen d’un agrandisseur, soit qu’on les regarde au stéréoscope ou sur un écran de projection. Aussi les fabricants se sont-ils livrés à de nombreuses recherches en vue d’atténuer le grain sans réduire la sensibilité.
- LES ÉMULSIONS TRÈS SENSIBLES ROLE DES GERMES
- Il a tout d’abord été constaté que certaines gélatines se prêtaient mieux que d’autres à la préparation d’émul-
- cholestérine, telles, par exemple, que la farine de moutarde.
- M. Sheppard a reconnu que l’augmentation de la sensibilité était due à la présence de l’allyl-sulfo-uréc et pouvait, d’une façon générale, être obtenue par addition de sulfo-cyanates.
- L’examen microscopique d’une plaque en voie de développement montre que le grain ne noircit pas simultanément et d’une façon uniforme sur toute sa surface : un ou plusieurs points noirs paraissent d’abord, grossissent, s’étalent et, si le développement est suffisamment.
- Fig. 8. — Fabrication des plaques photographiques. — Machines a lacer et à silicaler le verre.
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- sions très sensibles et qu’une quantité, même très faible, de bonne gélatine communiquait ses propriétés à des gélatines médiocres. L’analyse des eaux de digestion des bonnes gélatines ayant révélé la présence constante de cholestérine, on a essayé d’augmenter la sensibilité au moyen de cette substance. Avec la cholestérine chimiquement pure, le'résultat a été négatif, mais avec ce même composé extrait de matières le contenant naturellement, on a obtenu une amélioration indiscutable.
- On a été ainsi amené à conclure que les bonnes gélatines devaient leurs propriétés à une impureté de la cholestérine et, dès ce moment, la pratique s'est établie d’ajouter aux émulsions de faibles quantités de matières riches en
- prolongé, finissent par se rejoindre. Tout se passé comme s’il existait dans chaque grain un ou plusieurs germes capable deise développer sous l’influence du révélateur.-Ces « germes » sont invisibles et n’ont évidemment pu. être isolés,ànais on peut admettre qu’ils sont constitués par du sulfo-cyanate d’argent. Comment agit ce corps? Nous l’ignorons. . •
- Remarquons toutefois que certains sulfures, notamment ceux de baryum, de calcium et de zinc, manifestent leur sensibilité à la lumière sous forme de phosphorescence.
- Ces découvertes ont été mises à profit : la comparaison entre la plaque « étiquette bleue « de Lumière, qui marque 100° au sensitomètre de Hurler et Driffielcl et
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- la plaque « Sigma » (300° H et D) de la meme maison montre que l’on a pu tripler la sensibilité, tout en augmentant la finesse du grain. La Société Lumière est parvenue, pÆr la suite, à fabriquer une plaque à grain relativement fin marquant 000 ' H et D, puis, tout récemment, 1’ « Opta », qui est 7 fois 1/2 plus sensible que la plaque « étiquette bleue ».
- Certains fabricants, afin d’améliorer le rendu des détails dans les ombres, exposent leurs plaques, pendant un instant très bref, à l’action d’une faible lumière; impressionné légèrement en deçà de la limite de formation du voile, le gélatino-bromure est amené à un état où la plus courte admission de lumière suffit à produire une trace développable. C’est là, à vrai dire, un artifice qui réduit simplement le coefficient d’inertie de la plaque, sans augmenter en rien sa sensibilité générale.
- La Société Lumière s’est également appliquée, toujours en partant des propriétés des sulf’o-cyanates, à exalter, non plus la sensibilité, mais la finesse; elle a ainsi obtenu une émulsion de 75° H. et D., dont le grain est à peu. près aussi fin que celui d’émulsions 7 fois 1/2 plus lentes, et qui, en raison de cette particularité, a reçu le nom de « Micro ». Le grain atteint ici une telle ténuité:, qu’il ne se produit pas de diffusion appréciable dans l’épaisseur de la couche : il en résulte que cette plaque donne des images très fines d’objets lointains ou minuscules, et que le halo est suffisamment atténué pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours aux artifices habituels : tels que couche inactinique ou opaque séparant l’émulsion du support, ocre ou enduit noir au verso de la plaque. Assez fine pour se prêter aux travaux de
- Fig. 9. — Photographies du spectre solaire obtenues: I sur . une plaque ordinaire ; II sur plaque Lumière Ortho S. E.; III sur plaque orthochromatique X’ ; IV sur plaque Lumière
- photogravure les plus précis, la plaque « Micro » se recommande d’elle-même pour les petits formats, le grain restant invisible sous les plus fortes amplifications utilisées dans la pratique.
- LES PROGRÈS DANS
- L’ISOCHROMATISME
- Quelle que soit sa rapidité, quelle que soit sa finesse, la plaque photographique ordinaire présente une grave imperfection : sa sensibilité chromatique ne concorde pas avec celle de notre œil. Alors que dans le spectre solaire, le jaune et l’orangé sont les couleurs que nous voyons briller du plus vif éclat, la plaque ordinaire présente le maximum de sensibilité pour les radiations dont la longueur d’onde est comprise entre 400 et 510 mg, et n’est qu’à peine impressionnée par les radiations les moins réfrangibles.
- Le gélatino-bromure enregistre une image identique, quant à la forme, à celle perçue par notre œil, mais très différente quant à la valeur relative des couleurs. Il est impossible, avec la plaque ordinaire, d’obtenir la reproduction fidèle d’un sujet polychrome présentant à la fois des tons compris entre le bleu et le violet d’une part, le rouge et le vert d’autre part.
- Cette imperfection des surfaces sensibles est connue depuis longtemps et, dès 1873, Yogel s’efforçait d’améliorer la sensibilité chromatique des plaques au collodion. Plus tard, le même chimiste découvrit que le gélatino-bromure teint par trempage dans une solution de cyanine devenait sensible aux rayons jaunes. Beaucoup d’autres colorants ont été utilisés depuis. Vers 1905 notamment, on vit naître en Allemagne toute une série de matières colorantes capables
- Chroma Y ; V sur plaque Lumière Chroma Y R ; VI sur plaque Chroma Y R avec interposition d’un écran L 20 en multipliant le temps de pose par 3.
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- d’orthochromàtiser les plaques photographiques. Certaines telles que Vortho; hrome T et le pinaverdol, permirent d’étendre la sensibilité à toutes les radiations comprises entre 400 et 650 m;j.. Puis, grâce au pi.rm-cyanol, on sensibilisa de 400 à 700 nm, c’est-à-dire à toutes les radiations visibles.
- En ces dernières années, les laboratoires de la Société Lumière et Jougla, ont obtenu des résultats absolument remarquables, notamment avec la cyanine A, la cyanine B et le pantochrome.
- On a réussi, avec ces colorants, à fabriquer des
- particulièrement à l’attention des amateurs. Il eût été possible de préparer cette plaque avec une émulsion plus sensible encore, mais l’effet orthochromatique eût été ainsi fortement atténué; mieux vaut, lorsque la grande rapidité s’impose, renoncer totalement à l’orthochromatisme.
- La plaque « orthochromatique sans écran », véritable plaque universelle, convient dans la majorité des cas. Pourtant son isochromatisme laisse encore à désirer; sa sensibilité ne s’étend que de 400 à 600 mg, c’est-à-dire du violet au jaune, et présente un minimum vers 510 mjx, dans la région du vert. Pour un meilleur orthochroma-
- Fig. 10. — Les frères Lumière dans leur laboratoire.
- plaques dont l’orthochromatisme est bien supérieur à celui des préparations antérieures.
- Ces nouvelles plaques sont fabriquées en plusieurs variétés dont chacune répond à un besoin pai’ticulier.
- L’une d’elles, la plaque « orthochromatique S. E. », présente l’avantage de produire, sans l’interposition d’aucun écran, un effet orthochromatique se rapprochant de celui que l’on obtenait avec les anciennes plaques orthochromatiques travaillant derrière un écran jaune foncé. Cette plaque est pourvue d’une sous-couche de gélatino-bromure d’argent opaque et fort peu sensible, capable d’absorber le halo.
- La facilité de son emploi, la finesse de son grain, sa sensibilité voisine de 100° H. et D., la désignent tout
- tisme, on est contraint de recourir à des plaques spéciales, habituellement utilisées avec interposition d’un écran coloré.
- Parmi ces dernières, on remarque la plaque « Chroma V », que sa sensibilité à toutes les radiations comprises entre 400 et 620 mu, désigne pour la photographie des paysages et des sujets où le vert tient une large place; la plaque « Chroma R », dont la sensibilité S’étend de 400 à 680 mg, mais présente un minimum de 510 à 530 mg; enfin, la plaque « Chroma VR ». Celle-ci, qui est la plus intéressante, se laisse impressionner d’une façon à peu près uniforme par toutes les radiations comprises entre 400 et 700 mjx, c’est-à-dire par la presque totalité du spectre visible.
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- Un dernier progrès, enfin, a été réalisé avec la « Micro Panchro » qui, à une extrême finesse de grain, joint un isochromatisme aussi remarquable que .celui de la plaque « Chroma VR. »
- L’isochromati.sme ne suffit pas pour reproduire correctement la valeur relative des couleurs; il faut, non seulement amener les rouges, les jaunes et les verts à l’intensité des bleus et des violets, mais encore réduire la sensibilité à ces deux dernières couleurs qui, pour nos yeux, sont moins brillantes que les précédentes. Jusque maintenant, une telle atténuation n’a pu être réalisée que dans des plaques sensibilisées pour le jaune cl le vert,
- de lumière verte, dans un paysage d’automne où d’un sol l’onché de feuilles mortes jaillissent des arbres roussis, ou encore, à la lumière écarlate d’un soleil couchant.
- Les nouvelles plaques panchromatiques présentent, pour les travaux si délicats de sélection trichrome, un intérêt plus considérable encore que pour la photographie d’amateur. Elles permettent, avec les écrans orangé, vert, et violet appropriés, d’obtenir dans les meilleures conditions les clichés destinés à la préparation des planches phototypiques utilisées dans la trichromie par superposition.
- Les progrès réalisés par MM. Taimière dans le domaine
- Fig. II. — l'n laboratoire de recherches photographiques.
- telles que les plaques orthochromatiques sans écran.
- Il faut, pour obtenir des plaques « Chroma « et « Micro Panchro », le maximum d’orthochromatisme, interposer entre la plaque et le sujet un écran diminuant le bleu et le violet; mais avec les anciennes plaques orthochromatiques il fallait des écrans d’un jaune intense multipliant la pose par un nombre compris entre 6 et 12; il suffit , avec les nouvelles, d’écrans très peu teintés doublant ou triplant la pose.
- Parfois, d’ailleurs, l’écran est inutile : tel est le cas lorsque l’on opère à une lumière pauvre en radiations bleues et violettes; par exemple dans un sous-bois baigné
- de l'orthochromatisme n’ont pas encore eu de répercussion sur les plaques “ autochromes” pour la photographie en couleurs. Mais nous croyons savoir que l’on étudie actuellement les moyens d’accroître leur sensibilité.
- Depuis quelques années, on le voit., la qualité des plaques photographiques s’est notablement améliorée, beaucoup plus d’ailleurs que celle des pellicules. Que l’on désire de la rapidité, de la finesse ou un rendu exact des diverses tonalités, on est assuré de trouver en plaque, mieux qu’en pellicule, une surface sensible adéquate. C’est une des raisons pour lesquelles tant cl’amateurs restent fidèles à la plaque. André Bourgain.
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- PHÉNOMÈNE DE DÉPRESSION ATMOSPHÉRIQUE
- Fig. 1.— Carte hollandaise du XVIII* où se trouve schématisée
- comme sur la gravure suivante Iimportance du Deerenberg.
- L’un de nous avait déjà visité par 6 fois les parages de l’île Jan Mayen sans avoir observé le phénomène dont il va être question, bien qu’il se soit souvent trouvé dans les mêmes conditions, mais le hasard a voulu que ses yeux ne tombent pas sur le baromètre enregistreur au moment psychologique. Ceci prouve une fois de plus qu’on ne doit jamais se lasser d’observer et d’étudier la nature en utilisant tous les moyens mis à notre disposition, celle-ci paraissant ne nous livrer ses secrets qu’avec une extrême parcimonie, alors que c’est nous qui généralement ne faisons pas tout ce qu’il faut pour les découvrir.
- L’île Jan Mayen est, comme on le sait, une sorte d’anthrax volcanique isolé dans l’Océan glacial par 72;) de latitude N. et 8U de longitude W. Elle fut visitée au moyen âge par un moine Irlandais, Brennain Mac Finlonga (qui devint après sa mort saint Brandan), mais réellement découverte au xvn' siècle par le navigateur hollandais dont elle porte le nom.
- Fig. 2. — Schéma illustrant le phénomène décrit.
- CRÉÉE LOCALEMENT PAR UN OBSTACLE OBSERVÉ A L’ILE JAN MAYEN PENDANT LA CAMPAGNE DU « POURQUOI-PAS ? ”
- D’un aspect très sauvage,, elle offre des paysages désolés d’une grandiose beauté et on ne peut la par courir, sans penser à certaines des plus impressionnantes pages de l’Enfer de Dante. Les blocs de lave figés dans des positions étranges y revêtent des couleurs d’une sombre mais chaude tonalité qui contrastent avec les cascades de glace qui s’écroulent du sommet. Il n’y a, à notre connaissance, aucun coin du globe où se trouvent mêlés d’une façon aussi saisis-
- Fig. 3.— Gravure tirée du grand et illuminant flambeau de ta mer.
- .-.Taaai
- Fig. k.
- Le Deerenberg vu au large du cap S.-E.
- santé les effets les plus grandioses de la puissance du feu et de la puissance des glaces.
- Cette île est composée en majeure partie d’un volcan, le plus septentrional connu, le Beerenberg, aujourd’hui éteint. De plus de 2000 m. de hauteur ses parois tombent presque à pic dans la mer sur les faces N.-W., N.-E. et S.-E.
- Il constitue ainsi un obstacle isolé, dressé au milieu de l’Océan glacial, sur lequel viennent tourbillonner les vents violents des régions arctiques.
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- Le plateau sous-marin sur lequel repose cette île présente un grand intérêt scientifique et le Pourquoi-Pas? avait pour mission, cet été, d’en continuer l’étude et d’y effectuer des sondages et des dragages; or, par deux fois, au cours de ces travaux, le navire dut, en raison de la violence du vent, se mettre dans l’Est à l’abri de l’île. La première fois, il se trouvait sur la côte sud avec coup de vent S.-AV., et la seconde fois sur la côte' nord avec coup de vent de AV.-N.-W. Or, dans ces deux circonstances, lorsque le navire pénétra dans la zone de calme à l’abri du volcan, les deux baromètres enregistreurs du bord mar-
- quèrent un crochet de dépression de 1 mm 8 la première fois, alors que le vent au large était en moyenne de 13 m. par seconde, et un crochet de 2 mm 5 le second jour, le vent au large étant cette fois sensiblement plus fort, de 18 à 20 m. environ.
- Nous reproduisons ci-contre les courbes relevées sur les enregistreurs où l’on voit très nettement les crochets inscrits au moment où le navire franchissait la limite de l’abri.
- On peut certainement attribuer ce phénomène, qui doit être constant, à la présence d’une forte colonne d’air ascendante sous "le vent du Beerenberg. En effet, des expériences directes faites par l’un de nous et exposées
- Fig. 5. — Les variations de pression enregistrées par le baromètre lors du passage du Pourquoi-Pas ? sous Jan Moyen.
- dans La Nature du 9 septembre 1922, ont montré que sous le vent d’un obstacle à parois raides au-dessus d’une surface unie (une meule dans un champ par exemple), il se produisait une colonne d’air ascendante. Cette colonne ascendante est due à la rencontre des masses d’air séparée*; par l’obstacle qui, le contournant, se rejoignent à l’arrière et s’échappent par le haut.
- Ici, le cas est tout à fait analogue, mais la plaine est remplacée par la mer et la meule par le Beerenberg, obstacle de 2300 m. de haut. C’est à cause de la grande
- hauteur de cet obstacle et par conséquent de la colonne ascendante, que le baromètre était sensible à la dépression causée.
- Il était d’ailleurs facile de constater que le vent s’infléchissait autour de l’île de manière, à converger vers la zone de calme et la partie supérieure de la colonne ascendante était en quelque sorte dessinée dans le ciel par la présence d’un nuage, en apparence immobile au-dessus de la zone de calme.
- C’est là un exemple assez remarquable d’une dépression locale, artificiellement créée par un obstacle et sensible ici au baromètre en raison de la grande élévation de cet obstacle.
- ,L-B. CHARCOT, Membre de l’Institut, et P. InnAc.
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- MOSAÏQUES de diatomées microscopiques
- En voyantles figures reproduites ci-contre, si régulières, si élégantes, qui croirait que ce sont des photographies très fortement agrandies d’arrangements d’objets microscopiques, prodigieusement réalisés par un travailleur du Musée national de sciences naturelles de Madrid, M. Er-nesto Caballero y Bellido (’).
- Le célèbre histologiste Ramôn y Cajal, qui présente l’auteur au public, rappelle que les matériaux de ces véritables bijoux microscopiques sont des diatomées, algues unicellulàires qui vivent enveloppées dans une carapace de silice dont la forme-et-les ornements varient avec chaque espèce. Leur variété, leur beauté sont si grandes que, comme le dit Cajal, c’est pour ces organismes que paraît écrit l’adage antique : in minimis perfectio.
- Beaucoup d’algologues se sont sentis attirés par le charme de ces formes et leur ont consacré leurs études. On connaît dans divers musées des collections de diato-
- 1. E. Caballero y Bellido. Tecnica de las preparaciones microscopicas sistémuticas, Trab. Mus. nac. de Ciencias nat., Sér. Botanica, num. 20, Madrid, 1925.
- niées montées sur verre, entre lame et lamelle, mais il en est bien peu qui possèdent des préparations montées systématiquement et c’est bien la première fois qu’on révèle l’art de réussir de si parfaites présentations.
- Le Dr Môller, de AVedel, avait bien mis en vente, dès 1867, des préparations magnifiques, mais il avait gardé secrets ses tours de mains et seuls trois spécialistes de diatomées semblent les avoir connus qui n’en divulguèrent rien. M. Caballero y Bellido, par contre, révéla i dès 1897, ses techniques dans les Anales de la So iedacl ; espaùola de Hisloria natural et depuis il a continué de les ajuster, de les améliorer jusqu’à la perfection actuelle qui semble toute simple après qu’on l’a lu.
- Lorsqu’onreçoitlesdiatomées, recueillies dans des boues et des vases, ou sur les plantes, les pierres, les coquilles de mollusques, qu’elles viennent de l’eau douce ou de l’eau salée, le premier soin doit être de les nettoyer, de les débarrasser des matières organiques ou vivantes qu’elles renferment et qui se putréfieraient, aussi bien que des particules solides qui~se répandraient dans les préparations.
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- On commence par l’acide chlorhydrique au dixième qui solubilise le calcium ; on le verse sur la masse de diatomées dans un verre; on agite, on laisse déposer, on enlève l’eau surnageante et on lave plusieurs fois jusqu’à ce que l’eau sorte à peu près claire. Le dépôt est alors traité dans un ballon par l’acide nitrique concentré à chaud; on lave ensuite à l’eau distillée plusieurs fois, en laissant décanter chaque fois, puis on passe à l’acide sulfurique concentré qu’on élimine aussi par
- lavage. Le dépôt qui reste au fond du ballon est fort riche en diatomées p a r f a i t e m e n t propres. On le conserve dans
- baume du Canada ou au monobromure de naphtaline et on la colle sur une lame de verre pour préparation microscopique. On lute, on sèche et le tour cle force est terminé.
- Tour de force que peuvent réaliser bien peu d’amateurs car il demande une habileté, une adresse peu communes. Ceux qui voudraient s’y essayer feront bien de demander à M. Caballero y Bcllido tous les menus détails qui seuls permettent de réussir.
- Mais aussi, joie de vaincre la difficulté, d’accomplir des prodiges, de créer une œuvre d’art — microscopique, — tout en découvrant la merveilleuse variété des formes de la nature.
- Voici quelques chefs-d’œuvre de M. Caballero y Bel-lido ; on y reconnaîtra une maîtrise étonnante et un goût parfait. La figure 1, à l’aspect de bijou mexicain, montre une des innombrables combinaisons ornementales qu’on
- peut obtenir; la préparation contient 127 diatomées de formes très variées, mais communes.
- La figure 2 est un document d’étude zoologique. Ce sont des diatomées fossiles provenant du gisement d’Oa-maru, en Nouvelle-Zélande. On peut y compter 183 dia-
- l-’ig. 2. -
- d Oarnaru; celles du centre sont classées systématiquement.
- l’eau légèrement formo-lée. Pour les diatomées marines, il est préférable de substituer à l’acide sulfurique du chlorate de potasse additionné d’une goutte d’acide nitrique,' qui est oxydant et corrode moins les formes peu siliciiîées.
- Les dépôts bien conservés sont ensuite examinés et triés sous le microscope. M. Caballero y Bellido emploie une aiguille fine montée et une lame de verre à quadrillage gravé recouverte d’une feuille de mica ; il observe et manipule sur fond noir. Il constitue ainsi dans chaque case un groupement des individus de memes formes et de même espèce.
- 11 reste à les réunir et à les grouper selon une symétrie et un arrangement prévus.
- Sur une lamelle couvre-objet circulaire, on place une goutte clu mélange fixateur formé de 1 gr. 5 de gélatine,
- 12 cm3 d’eau distillée, 12 gr. 50 d’acide acétique cristal-lisable et 2 gr. d’alcool absolu. Le tout doit être très propre, sans grains dépoussière. La lamelle est placée sous le microscope, dans une chambre de verre protégeant de la poussière. Les diatomées à placer y sont déposées. On les manipule au moyen d’un poil monté sur un fil de cuivre fixé à une bague de laiton couvrant la chambre. Le reste n’est plus que goût et patience : il en faut beaucoup !
- La préparation terminée, on la sèche, on T inclut au
- ]<’ig. 3. — Groupement de 445 diatomées toutes différentes sauf celtes du cercle de bordure.
- t o m é e s , toutes différen -tes; celles de la partie centrale sont groupées selon la
- classification de van Heurck, sans recherche spéciale d’ornementation.
- La figure 3, à l’aspect de mosaïque, représente un ensemble de 415 diatomées, toutes différentes sauf celles qui forment le cercle de bordure, resserrées dans le plus petit espace possible.
- C’est une vue d’ensemble du monde des diatomées puisqu’elle contient toutes les plus remarquables espèces du monde entier.
- M. Caballero y Bellido trouvera-t-il des élèves et des imitateurs? René Meule.
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- UNE NOUVELLE MESURE
- DE LA VITESSE DE LA LUMIÈRE
- L'illustre physicien américain Michelson, le doyen des physiciens des États-Unis, a entrepris une nouvelle mesure de la vitesse de la lumière qui promet de donner des résultats beaucoup plus précis que ceux que l’on possède jusqu’à ce jour.
- La valeur de la vitesse de la lumière présente aujourd’hui une importance théorique capitale, et aussi un très grand intérêt pratique.
- Dans Scienti/ic American, M. H.-N. Russel, astronome au Mont Wilson, donne d’intéressants détails sur ce travail de Michelson, encore en cours.
- La méthode employée est celle du miroir tournant, déjà mise en œuvre par Foucault, mais appliquée ici avec de grands perfectionnements.
- Un rayon lumineux tombe sur un miroir tournant à-grande vitesse; il s’y réfléchit et est renvoyé sur un autre miroir, situé à une certaine distance, qui le renvoie à nouveau sur le miroir tournant. Celui-ci ayant, pendant le voyage aller et retour du rayon, changé de position, le rayon est finalement réfléchi dans une direction un peu différente de la direction primitive. De l’écart entre le rayon initial el le rayon réfléchi en dernier lieu, on peut déduire le temps employé par la lumière pour effectuer ce parcours et par suite la vitesse de la lumière.
- Mais il faut connaître avec une précision suffisante la distance des deux miroirs, la vitesse du miroir tournant et mesurer l’écart, entre le rayon initial et le rayon réfléchi. Et chacune de ces mesures représente un dur travail.
- M. Michelson opère entre le Mont Wilson el le Mont San Antonio, distant de 37 km environ. La distance exacte des deux stations a été mesurée, avec une grande précision, par des moyens géodésiques. Cette distance connue, le problème revient en somme à mesurer, au moyen du miroir tournant, un intervalle de temps de l’ordre de la 4200e partie d’une seconde.
- Pour y parvenir, M. Michelson a perfectionné la méthode du miroir tournant, de façon à s’affranchir de la nécessité de mesurer l’écart entre les deux rayons lumineux.
- Au lieu d’utiliser un seul miroir tournant, il en emploie 12, constitués par les faces d’un prisme dont la section droite est un polygone régulier de 12 côtés ; les faces sont taillées avec le maximum de précision, soigneusement polies et argentées.
- Supposons que ce miroir tourne à raison de 350 tours par seconde ; pendant la fraction de seconde qui représente la durée du trajet aller et retour du rayon de lumière, le miroir aura tourné exactement de 1/12° de tour, le rayon rencontrera la face suivante du prisme polygonal, qui aura occupé exactement la même position que la face précédente au moment où elle réfléchissait ce rayon vers le Mont Antonio. Le rayon de retour sera donc réfléchi suivant la direction de départ et tout se passe comme si le miroir était resté immobile.
- Mais pour des vitesses plus fortes ou plus faibles du miroir, le rayon de retour est dévié de quantités plus ou moins fortes. Il s’agit donc de communiquer au miroir tournant une vitesse qui ramène les deux rayons en coïncidence et de mesurer cette vitesse.
- On saura, alors, que la durée du trajet est exactement 1112 de celle d’un tour du miroir.
- Le miroir tournant est mû par une petite turbine à air comprimé et sa vitesse est réglée et mesurée de la façon sui-
- vante : sur l’une des branches d’un électro-diapason, vibrant à une fréquence rigoureusement constante et au surplus choisie pour être à très peu près la même que la vitesse convenable du miroir, est monté un petit miroir.
- A chaque vibration du diapason, un rayon lumineux, réfléchi par ce miroir, est renvoyé sur le miroir tournant et de là dans un oculaire auxiliaire. Si les périodes de vibration du diapason eide rotation du miroir sont exactement les mêmes, les images successives, réfléchies par le miroir tournant et reçues dans l’oculaire, se confondront en une image en apparence immobile. Si les périodes diffèrent de si peu que ce soit, l’observateur apercevra au contraire une image mobile.
- Un assistant, l’œil à l’oculaire, la main sur le robinet d’air de la turbine, règle le jet d’air comprimé de façon qu’il y ait synchronisme rigoureux entre le diapason et le miroir. Ce réglage ne peut se maintenir que quelques secondes, mais ce laps de temps suffit à M. Michelson pour faire ses observations et ses mesures sur les rayons réfléchis successivement par le miroir tournant, la station lointaine, ramenés à nou-. veau sur le miroir tournant et de là dans un oculaire.
- La vitesse du miroir n’est jamais rigoureusement celle qu’il faudrait pour obtenir la coïncidence absolue de l’image de départ et de celle d’arrivée, mais les écarts sont très faibles, l’image est un peu déviée à droite ou à gauche; on fait tourner alors le miroir en sens inverse et on observe une image déviée d’une quantité égale, mais en sens contraire.
- Ces deux observations suffisent pour déterminer avec une extrême précision de combien la durée du trajet de la lumière est plus longue ou plus courte qu’un battement du diapason.
- La période du diapason est à son tour mesurée strobosco-piquement par comparaison avec un pendule standard, lui-même soigneusement calibré.
- Le foyer lumineux initial est un puissant projecteur. Un faisceau lumineux est isolé par une fente étroite, réfléchi sur le miroir tournant; de là il parvient sur un miroir concave qui le transforme en un faisceau de rayons parallèles et l’envoie à la station lointaine, où il est réfléchi et renvoyé dans sa direction primitive par un dispositif optique très simple. Quand le miroir tournant est maintenu immobile dans une position convenable, le faisceau réfléchi est visible à l’œil nu comme une brillante étoile sur le flanc de la mon- tagne.
- M. Michelson espère mesurer la vitesse de la lumièrc'à 17 km près. Cette précision est de l’ordre du 1/20 000°.
- Quelqu’un demandait à M. Michelson pourquoi à son âge, il s’astreignait à ce dur et long labeur d’observations nocturnes.
- Le savant fit valoir l’intérêt d’une connaissance exacte de la vitesse de la lumière pour rénover la géodésie. Une fois celle vitesse connue avec une précision suffisante, la détermination de la distance de deux points éloignés pourrait être faite simplement par la même méthode qui a servi à déterminer la vitesse de la lumière, c’est-à-dire par le calcul du temps nécessaire à la lumière pour effectuer l’aller et retour entre ces deux points.
- L’inconnue serait la distance. En quelques nuits, on pourrait effectuer ainsi une mesure qui, actuellement, exige souvent des semaines.
- « Mais, ajoutait M. Michelson, je dois avouer que ce ne fut pas là mon mobile essentiel. Le vrai motif, le voici : C’est un si beau jeul » Pour le savant, la science est, en effet, le plus beau des sports. A. T.
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- — UNE INVASION DE FIDONIE =
- DANS LES PINERAIES DE HAGUENAU
- ÉPANDAGE D’INSECTICIDES AU MOYEN D’UN AVION
- La forêt de Haguenau, en Alsace, est un grand massif qui s’étend au nord de cette localité, sur 18 700 hectares d’un seul tenant (‘). Le Pin sylvestre occupe un peu plus de la moitié de la surface totale; la qualité du bois est irès bonne, surlout quand la croissance a été lente. Les autres essences qui constituent les peuplements sont, par ordre d’importance, le Chêne, le Charme, le Hêtre, le Frêne, le Bouleau.
- Le Pin se présente soit en massifs purs, soit en sujets disséminés au milieu des feuillus. Les premiers ont le grand inconvénient de permettre aux insectes ravageurs de l’essence de se propager rapidement et à coup sûr.
- Parmi ceux-ci la Fiolonie ou arpenteuse d u pin ( Bupal us pinia-rius, Lépidoptère) est l’un des plus dangereux.
- LA FIDONIE,
- FLÉAU DES FORETS DE PINS
- La chenille de ce Géométridé est verte, le dos parcouru dans toute sa longueur par une ligne blanche, une autre'bande jaune longitudinale, sous les stigmates.
- Les ailes antérieures du papillon mâle sont jaune pâle, largement marquées aux extrémités de^brun chocolat. La femelle a les ailes postérieures rouges et les ailes antérieures jaunâtres avec des dessins bruns.
- Les œufs sont pondus au mois de juin sous les aiguilles des Pins. Les chenilles qui en sortent évoluent pendant tout l’été et une bonne partie de l’automne. Elles rongent les aiguilles et les bourgeons tout en respectant ordinairement la nervure médiane.
- En novembre, aux premières gelées, elles se laissent descendre au moyen d’un fil et la nymphose a lieu sans cocon, sous la couverture morte, parfois assez profondément.
- C’est la quatrième fois depuis cent ans environ, qu’elle fait son apparition à Haguenau. De 1831. à 1833, elle ravagea de jeunes perclus de 40 à 50 ans. D’autres
- 1. En y adjoignant la forêt de Konigsbruck. Les renseignements généraux concernant la forêt proviennent de l’ouvrage de G. Hüf-el, La Forêt Sainte de Haquenau en Alsace, Paris, 1920.
- attaques en 1871 et en 1893 furent heureusement moins importantes.
- Les premières traces de l’invasion actuelle furent relevées en novembre et décembre 1924, dans la partie occidentale de la forêt, parmi des peuplements de 40 à 100 ans, purs ou mélangés de quelques feuillus. Le fléau semblait venir du nord-ouest, car déjà en juin 1923, quelques taches avaient été remarquées dans les pineraies des Basses Vosges distantes de la forêt de 25 krn environ. Au mois de juin 1925 un nouveau foyer apparut à quelques kilomètres plus à l’est.. Mais c’est seulement dans
- la seconde moitié d’octobre et en novembre que les dégâts grandirent et prirent la proportion d’une vaste calamité.
- D’une quarantaine d’hectares à la lin de 1924, la surface attaquée était passée à 911 hectares au début de 1926. Le cantonnement voisin, de la Petite Pierre, dans les Basses Vosges, était lui aussi dangereusement atteint et l’invasion s’étendait vers le nord jusque dans la forêt domaniale de Bitche. Les peuplements envahis se reconnaissaient de loin à la teinte grisâtre des cimes des arbres dont les aiguilles demeurent incomplètement rongées par les chenilles.
- Divers moyens avaient été mis en œuvre pour essayer d’arrêter les progrès du mal.
- Le panage, c’est-à-dire L’engraissement des porcs avec les glands tombés à terre en forêt, avait toujours été pratiqué en forêt de Haguenau depuis le moyen âge. Le service forestier local essaya de se servir de ces animaux pour supprimer les chrysalides de Bupalus avant leur éclosion au printemps. Le moyen était d’autant plus indiqué que les sangliers avaient donné l’exemple au cours cle l’hiver en bouleversant des parcelles entières à la recherche des nymphes; l’auteur de ces lignes put s’en rendre compte lui-même en visitant au début du mois de mai 1926 les taches d’invasion en forêt de Bitche.
- Des troupeaux de 140 à 170 porcs furent donc constitués, mais des difficultés surgirent bientôt, d’abord du fait des propriétaires qui montrèrent peu d’empressement;
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- puis la circulation du troupeau et la fouille complète du sol par les animaux se révélèrent très malaisées.
- On tenta également le râtelage de la couverture morte en tas ou en bandes parallèles, tau cours de l’hiver, les chrysalides étant tuées par les râteaux ou enfouies sous une épaisseur de débris telle, que le papillon à l’éclosion, ne pouvait se frayer un chemin au dehors.
- Il fallut pourtant aviser à des traitements plus énei'-giques. Durant l’été de 1926, l’invasion était pour ainsi dire étale et l’Hylésine du pin (Myelophilus piniperda, Coléoptère) s’était jetée à la suite de la Fidonie dans les peuplements dépérissants. Des blancs-étocs massifs avaient du être opérés pour lutter contre ce nouvel ennemi toujours endémique dans les grandes pineraies (fig. 1).
- L'AVION CONTRE L'INSECTE
- On pensa alors à un procédé que les Américains et les Allemands avaient déjà employé : un avion porteur d’une caisse remplie d’un insecticide pulvérulent, survolant le peuplement attaqué et répandant le poison sur les cimes.
- Des essais avaient été tentés en 1921 près de Dayton (Ohio) (J). Il s’agissait de protéger une plantation de •Catalpa speciosa fortement attaquée par un Sphin-gidé, Ceratomia catalpac.
- Le récipient à poison était une caisse aplatie fixée latéralement au fuselage de l’avion et pouvant contenir 50 kg d’arséniate de plomb sec et pulvérulent. L’insecticide fut répandu le 3 août 1921 entre 15 et 16 heures. La superficie fut survolée 6 fois par l’avion qui lança 85 kg d’arséniate. Les résultats constatés 46 heures après furent, paraît-il, extrêmement satisfaisants.
- De nouvelles expériences furent faites durant l'été et l’automne de 1924, en Bavière, dans les forêts de pins qui entourent la petite ville d’Ensdorf (1 2). Il y sévissait une dangereuse invasion de Fidonie. L’insecticide employé fut ici un pi’oduit spécial à base d’arséniate de calcium et titrant 12 pour 100 d’acide arsénieux As2Os.
- L’avionétaitun Junker Limousine F. 13. Dans l’espace réservé à l’observateur, la caisse à poison avait été disposée, pouvant contenir normalement 250 kg de poudre ; un distributeur rotatif à ailettes, placé sous une ouverture inférieure, servait à la répartition de l’insecticide aussi uniforme que possible. Le récipient se chargeait par une ouverture qui s’adaptait exactement à celle des
- 1. I. C. Uphof. Die moderne Insektenbekampfung in den Yer-einigten Staaten. Zeitschr. f. angew. Ent., IX, p. 343, 1923.
- 2. K. Escherich. Die « Flugzeugbekampfung » des Kieferns-panners in Bayriscben Forstamt Ensdorf. Forstwiss. Centralbl., 48e année, p. 73, 1926.
- pots de remplissage spécialement construits en vue de ce service ; ceci rendait tout masque inutile pour les manipulateurs. Un premier vol fut effectué le 27 juillet 1924, mais la pluie interrompit les épandages. Us furent repris le 15 septembre et poursuivis jusqu’au 4 novembre. 600 hectares de forêts furent ainsi survolés.
- Les conditions les plus favorables pour les épandages se trouvèrent être les suivantes : journées calmes, à ciel couvert. Un vent d’une vitesse supérieure à 2 ou 3 m. par seconde, rendait impossible tout travail. Le soleil, en échauffant les peuplements, provoquait des courants ascendants qui soulevaient la poudre en tourbillons. Ces jours-là on ne pouvait opérer que le matin et le soir.
- Par vent faible ou très faible, il valait mieux épan-dre avec le vent de coté, ce qui assurait une bien meilleure répartition de l’insecticide. 50 kg de poudre empoisonnée à l’hectare furent reconnus suffisants.
- La vitesse du vol était de 110 km à l’heure, à 6 ou 10 m. au-dessus des cimes. Quant à l’efficacité du procédé, l’auteur auquel nous avons emprunté ces renseignements, n’a formulé aucune opinion ferme.
- En 1925, enfin, d’autres épandages furent faits sur des pineraies de l’Allemagne du Nord envahies par une invasion formidable de Noctuelle piniperde [Panolis griseo-variegaia, Lépidoptère). L’avion employé était cette fois un Fokker F. II, où deux caisses à insecticide se trouvaient derrière la place du pilote. La charge utile était de 400 kg. Les deux coffres en bois aboutissaient à un appareil d’épan-dage-manœuvré par l’observateur, le pilote étant laissé tout entier à son rôle. L’appareil emportait à chaque vol 250 kg environ d’arséniate de chaux.
- Le nuage constitué par le produit pulvérisé couvrait derrière l’avion une largeur de 50 à 60 m.
- A la dose de 4 tonnes d’insecticide par 6 km-, l’épandage eut cette fois un succès complet et ses résultats purent être facilement constatés quelques jours après.
- L'AVION AU SECOURS DELA FORÊT DE HAGUENAU
- S’inspirant de ces antécédents, le Service des Eaux et Forêts résolut d’appliquer la méthode en forêt de Iiague-nau. La disposition des lieux s’y prêtait. La surface du massif boisé est presque absolument plate. De plus, un champ d’aviation avec de vastes hangars avait été construit pendant la Guerre, auxportes de la ville, par les Allemands.
- Un crédit dé 33 200 francs fut demandé en 1926. Malheureusement, l’autorisation d’emploi de la somme arriva tard dans le courant de l’été et il fallut qu’en un mois, l’avion fût équipé, les insecticides fussent achetés et amenés sur place, les vols d’essais effectués. Les mauvais
- Fig. 2. — Schéma du dispositif d’épandage.
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- temps de l’automne, la descente des chenilles en terre formaient en effet une limite infranchissable.
- On s’adressa à la Compagnie internationale de Navigation aérienne, qui choisit un biplan Salmson 2 A 2, modèle 1918, muni d’un moteur de 280 ch (fig. 5). L’appareil était un avion d’école à double commande; la caisse à insecticide, d’un volume de 0 m3 6, fut établie dans le poste avant. Le fond , en foi me de tronc de pyramide, se prolongeait sous le fuselage par une bouche d’évacuation fermée ou non par un volet obturateur à glissière B manœuvré par le pilote. Une manche à air M traversait la caisse et se terminait à la base de la bouche, par une fente évasée et aplatie F. Au cours de la marche, le courant d’air qui s’engouffrait dans la manche assurait la dispersion de l’insecticide. Un clapet C commandé par
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- encore à temps pour saisir les chenilles sur les cimes, avant leur descente.
- Nous assistâmes à tous les épandages qui eurent lieu dans la journée du 28 octobre, sur les deux parcelles voisines: l’une de la maison forestière du Gros Chêne, l’autre de celle du Krantzhubel (fig. 3 et 4). Dans la matinée le temps était couvert, mais très calme; les conditions étaient donc favorables à l’opération.
- Le pilote avait reçu une carte au 1/50 000e sur laquelle étaient nettement indiquées les parcelles à survoler. Sur le terrain, à chaque angle, avait été disposé un large panneau blanc de repérage, en même temps qu’un feu de fumée indiquait au pilote la direction du vent.
- Les épandages furent exécutés à 8 ou 10 m. au-dessus des cimes, par brise très légère arrivant latéralement.
- Fis?. 3. — L’avion au travail. Vue prise d'un avion de chasse convoyeur. b’iiviou u l'ait une première virée; le nuage de poison s’étale sur les cimes. Il revient et laisse derrière lui le eône de. poussière.
- le pilote permettait, ou non l’admission de l’air dans la manche. Le remplissage du coffre, à 200 kg environ, sc faisait par la face supérieure; cette manœuvre était exécutée en 5 ou 6 minutes par deux hommes munis du masque réglementaire de l’armée.
- Les produits pulvérulents dont on se servit, furent de deux sortes : en voici les analyses et les caractéristiques :
- Produit N° 1. Produit N° 2.
- Poids employé. .................... 375 kg
- Acide arsénieux Às205pour 100. 0.14
- Acide arsénique As205, pour 100. 27.10
- Oxyde de calcium, pour 100. . . 58.06
- 950 kg 0.22 33.02 57.45
- A la suite de diverses mises au point et de vols d’essai, tout fut prêt dans les derniers jours d’octobre 1926,
- Le nuage d’insecticide se présentait tout d’abord sous la forme d’un cône extrêmement allongé s’étalant peu à peu. Arrivant lentement au sol, il couvrait une largeur de 15 à 40 m., suivant les cas. Au moment où le pilote ouvrait l’obturateur à glissière, un paquet de poudre plus épais était nettement visible. Tous les végétaux étaient en général bien recouverts.
- 1325 kg furent répandus sur 53 hectares, soit une densité moyenne de 25 kg à l’hectare, quantité deux fois moindre que celle employée à Ensdorf, mais d’un produit presque trois fois plus riche en arsenic.
- Le prix de revient total monta à 425 francs par hectare; il pourrait être assez facilement ramené dans l’avé-nir à 308 francs, car l’évaluation précédente comprend, entre autres dépenses, l’aménagement de l’avion, les vols
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- Fig. k. — L’avion nu travail. Vue prise de l’avion de chasse convoyeur.'
- Ou voit ou fond le feu de fumée indiquant au pilote la direction du vent.
- d essai et le port de l’insecticide qui avait dû être effectué en grande vitesse, par suite de l’arrivée tardive des crédits. En somme, le prix de revient se trouva être, malgré tout, inférieur à celui d’autres moyens de lutte classiques, tels que le râtelage et la mise en tas de la couver ture morte en hiver.
- Pourquoi a-t-il fallu qu’une forte pluie, qui se mit à tomber dès l’après-midi du 28 octobre et se prolongea durant plu-sieurs.jours, soit venue, en lavant les feuilles des arbres, enlever à ces expériences une partie de leur efficacité? Néanmoins des chenilles nettement atteintes et paralysées furent récoltées le 31 octobre et le 1er novembre.
- CONCLUSIONS
- Que faut-t-il penser de ce procédé ?
- En ce qui concerne les essais français, les épandages qui viennent d’être exécutés à Haguenau ne sauraient passer pour définitifs. C’est une très intéressante mise au point des traitements qu’il y aura probablement lieu de refaire l’été prochain, si d’ici là les Tachinaires, les Hyménoptères parasites, les maladies bactériennes et les circonstances météorologiques n’ont pas eu raison de *
- l’invasion.
- Le dispositif adopté sur l’a-
- Fig. 5. — L’avion d’épa/ut On voit à la partie supérieur marquée en M Sous le fuselage, trémie de
- vioif Salmson présente en outre un inconvénient : la caisse à insecticide a été disposée devant le poste de pilotage et non derrière, afin que, par un regard vitré pratiqué dans la paroi, le pilote puisse suivre l’écoulement de la poudre. Or, ceci s’est révélé inutile à l’usage, car le pilote peut, en regardant seulement le cône d’épandage laissé derrière lui par l’avion, voir si la caisse est vide ou non. Enfin des bouffées d’insecticide peuvent être ramenées parle vent sur le poste de pilotage, ce qui rend nécessaire le port gênant d’un masque Tissot. Si imparfait qu’il soit encore, ce moyen de lutte doit être sérieusement envisagé maintenant, chaque fois que les circonstances le permettront : proximité d’un terrain d’atterrissage facile, grandes étendues plates, aisées à survoler, invasions massives. A l’heure actuelle, on l’emploie en Amérique pour détruire deux Curculionidés : l’un, nuisible#aux plantations de coton, Anthonornus grandis, l’autre, aux vergers de pêchers, Conotrachelus nénuphar (1).
- E. Hubault,
- Assistant de Zoologie à la Station de Recherches de l’Ecole des Eaux et Forêts de Nancy.
- âge darséniate de calcium. 1. W.-E. Hinds. Airplane dusting
- e du fuselage, la manche à air of Cotton for Boll-Weevil controL sur la figure 2. Journ. of Econ. Entom-., XIX, p. 607,
- déversement de l’insecticide. 1926.
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- INFLUENCE DE LA CHALEUR SOLAIRE JL SUR LES GLACIERS
- Nous avons eu l’occasion d’examiner rapidement ici même le problème général des révolutions du globe, l’action primitive du Soleil et les témoignages de la faune dans les modifications probables des climats successifs (*) ; et, en étudiant la valeur de tous ces témoignages, nous avons vu que, si la géologie entre dans une voie plus scientifique par l’examen méthodique de tous les vestiges d’un passé lointain, par l’étude des glaciers et des phénomènes erratiques, il faut cependant reconnaître que nos expériences précises sont de trop courte durée et que les problèmes, pour avoir changé d’aspect, restent aussi mystérieux.
- Peut-on expliquer simplement les phénomènes glaciaires à l’aide de quelque cataclysme : l’invasion subite de la mer par suite d’une convulsion de l’écorce? Celte théorie diluvienne de Cuvier, dont l’influence prévalut longtemps, fut brillamment défendue par Dolomieu, de Lasleyrie, van der Lintli, Howarth, etc., et, avec des acquisitions plus modernes, on ne saurait encore la délaisser entièrement : bien des phénomènes, comme ceux du volcanisme, ont ainsi des spasmes violents suivis de longues périodes de calmes. Avec Hennessy, d’Almeida, on revient aux influences de l’eau, des neiges, du climat en général sur le relief : la théorie de Hutton, reprise par Lyell, complétée par Murchison, Tchyliatchef..., permet d’apercevoir l’œuvre énorme accomplie par l’eau en mouvement et les matériaux qu’elle transporte.
- Puis l’érosion glaciaire pose de nombreux problèmes : érosion, transport, comblement, action de sciage, et c’est en réalité tout le problème glaciaire qu’il faudrait envisager; comment citer tous les travaux importants ? De Charpentier à Agassiz, de Marlins ou Heim jusqu’à de Lapparent, en passant par Elie de Beaumont... Et la région de Genève fut-elle recouverte d’une couche de glace de plus de 1000 m. d’épaisseur ? Nous concevons difficilement la puissance des actions qu’il faudrait invoquer et la nature du relief primitif correspondant.
- Mais, à côté d’hypothèses gratuites, de conception simple comme celle de la Terre traversant quelque jour, on ne sait pourquoi et brusquement, une région froide de l’espace, d’idée a priori d’une nuée cosmique qui viendrait diminuer le rayonnement solaire, Tyndall fait nettement avancer la question en faisant observer que, pour avoir de la neige, il faut au préalable de la chaleur, indispensable pour l’évaporation océanique. Nous revenons d’une manière inéluctable à la thèse que, après Kilian, nous avons développée sur les relations nécessaires entre la géographie et toutes les manifestations de la Physique du Globe (s).
- Le problème se ramène donc à une question d’espèce et d’équilibre : si la chaleur que le Soleil répand sur la Terre est assez forte pour ,qu’il ne tombe pas de neige, même au sommet des montagnes élevées des latitudes moyennes, on n’aura pas de glaciers; si, d’autre part, il n’y a pas assez de chaleur, l’évaporation sera fortement diminuée, ce qui tendra à supprimer les neiges, et par suite aussi les glaciers. Il paraît évident que c’est le premier cas qui s’est produit tout d’abord et qui a précédé l’apparition des glaciers terrestres : puis, au fur et à mesure que le soleil se refroidissait, la Terre recevait de moins en moins de chaleur et les glaciers purent apparaître aux sommets des montagnes élevées, petits d’abord, mais grandissant sans cesse en surface — et, cela, avec assez
- 1. La Nature, 26 juillet et 13 décembre 1924, 27 février et 31 juillet 1926.
- 2. La Nature, 7 février 1925.
- de rapidité puisque à cette époque reculée le Soleil évaporait sur notre région équatoriale infiniment plus que de nos jours.
- Avec un pareil mécanisme, on conçoit aisément l’apparition du stade où les montagnes des latitudes moyennes étaient déjà assez refroidies pour servir de puissants condenseurs des eaux météoriques, tandis que le Soleil, bien plus chaud que dans la période actuelle, envoyait se congeler sur les^mon-tagnes une quantité d’eau immense évaporée à l’équateur ; on passe par un maximum de conditions favorables, donnant naissance à la plus grande extension possible des glaciers; puis, ce passage franchi et le Soleil continuant à se refroidir, la quantité d’eau évaporée à l’équateur va sans cesse en diminuant, les glaciers reculent de plus en plus jusqu’à prendre les proportions réduites que nous leur connaissons aujourd’hui, laissant en place leurs moraines comme témoignages. Ainsi, les glaciers étaient beaucoup plus étendus bien que la température moyenne fût plus élevée que de nos jours : jusqu’alors, ceci n’exige aucun changement dans l’ordre naturel des faits, mais suppose une diminution continue, et c’est pourquoi Millot qui, cependant, eut une vision si nette du mécanisme de condensation n’y voyait que les oscillations d’un phénomène unique, sans accepter l’hypothèse de plusieurs périodes glaciaires successives.
- Or le phénomène unique supposerait bien plus, en réalité : niant l’importance des mouvements orogéniques et leur répercussion possible sur les climats, il admet une continuité certainement inexacte dans la décroissance de l’activité solaire.
- Parmi les géologues, de Lapparent est celui qui eut l’action la plus heureuse pour mettre en évidence toute l'importance de la remarque de Tyndall, avec le rôle des massifs de montagnes : les phénomènes caractéristiques de la période que nous appelons glaciaire et qui, pour l’Europe centrale, ont coïncidé avec la première partie de l’époque quaternaire, ont été provoqués, non pas par un froid exceptionnel, mais par des courants d’air très humides joints à l’existence de puissants condenseurs montagneux qui, jusque-là, avaient fait défaut — les grandes chaînes du système alpin n’avaient pas encore, en effet, acquis tout leur relief. Ces précipitations atmosphériques très abondantes, qui se manifestent par des pluies aux basses latitudes, tombent sous forme de neige dans les montagnes : et cette abondance de neige, qui alimente les glaciers, permet à ceux-ci de s’avancer au loin, jusque dans les plaines, comme des fleuves glacés. Humidité et altitude furent donc, ici, les deux grands facteurs du phénomène glaciaire, mais le mode d’application de l’observation de Tyndall peut varier selon les régions : ainsi, en examinant comment sont distribués les glaciers dans les régions arctiques, on en apprécie encore la justesse en remarquant que les glaciers du Spitzberg sont le produit du Gulf-Stream et de l’action du Soleil sur les mers intertropicales (Rabot).
- Une étude attentive des dépôts laissés par les glaciers ne tarda pas à démontrer qu’au début des temps quaternaires le nord de l’Europe et de l’Amérique septentrionale avaient été le 'théâtre de deux époques glaciaires séparées par un’ long intervalle, et que les dépôts laissés par la seconde étaient inférieurs en puissance à ceux de la première : plus tard, on constata sur nombre de points les traces d’une troisième action glaciaire postérieure à la seconde et beaucoup moins accentuée, et, ainsi, l’avènement des grands
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- hivers circumpolaires paraît présenter les caractères d’un phénomène périodique....
- De Lapparent (1894) est l’un des premiers à avoir bien mis en évidence la localisation des anciennes calottes glaciaires quaternaires sur le pourtour de l’Àtlantique Nord et il a montré la coïncidence des progrès d’une faune de plus en plus froide avec les effondrements de la fin du tertiaire ; la brèche Atlantique s’étant ouverte définitivement au pliocène, les mers glaciales entrèrent alors en libre communication avec les mers chaudes et il en résulte une aggravation des chutes de pluies et de neige. On voit ainsi, dès à présent, que des causes géographiques sont capables d’expliquer la plus grande abondance des neiges en plaçant toutes les régions du pourtour atlantique dans des conditions analogues à celles du Groenland actuel. Et tout récemment, sans nier la participation des glaciers à des dispersions de blocs erratiques, Villain pense que c’est bien une série de mouvements de la mer, dus à des phénomènes orogéniques, qui a dispersé sur de vastes étendues le dinft glaciaire; d’après un ensemble d’observations géologiques et paléontologiques, il présente ainsi une nouvelle théorie des phénomènes glaciaires remontant jusqu’à la période jurassique, et à tout prendre, avec d’autres termes, nous voisinons singulièrement avec les spasmes de Cuvier.
- Puis les explorations géographiques laissent entendre que le globe entier a ressenti les atteintes d’un régime glacé : on rencontre des traces de glaciers sur des montagnes de la zone équatoriale f1) ; des recherches géologiques importantes tendent à prouver que la période glaciaire s’est étendue sur les deux hémisphères — et peut-être simultanément, ce qui s’opposerait à une explication purement astronomique.
- 1. Paschinger donne les limites actuelles des neiges, plus basses dans la zone équatoriale arrosée que dans les zones intertropicales et désertiques; Klute indique le décalage, parfois très faible, avec les zones quaternaires.
- Cependant, il est possible qu’il n’y ait pas synchronisme, même pour des régions assez voisines, et Rolland admet pour vraisemblable que la période glaciaire pour le Sahara coïncide avec la fin du pliocène et le commencement du quaternaire, précédant ainsi celle de l’Europe Centrale. Les phénomènes sont d’ailleurs irréguliers : ici, on connaîtra avec précision la décrue glaciaire de Scandinavie et celle de l’Amérique du Nord; ailleurs, en Espagne, Sibérie, Alaska, on ne peut établir avec certitude qu’une ou deux périodes glaciaires; dans les Alpes, Penck et Brückner reconnaissent quatre périodes glaciaires et trois interglaciaires et sont religieusement suivis (Koppen, Kilian, Boule, Glangeaud...). El, ainsi, progressivement, à travers une énorme quantité de documents d’interprétation souvent malaisée, naît l’idée moderne que la période glaciaire a régné sur des espaces immenses des deux hémisphères, et qu’en réalité il y eut, non pas seulement une, mais plusieurs périodes de ce genre durant le tertiaire, le crétacé, le trias, le carbonifère — voire même le précambrien.
- Pour la période toute récente, on imagine alors le mécanisme suivant : une période glaciaire, dont la température serait inférieure d’environ 5° à celle d’aujourd’hui : en se fondant sur la comparaison des limites des neiges, alors et aujourd’hui, Penck trouve même beaucoup trop faible un abaissement de température de 5° pendant le paroxysme glaciaire, et suppose au moins de 9 à 10°; une période dite interglaciaire, à température un peu plus douce que la nôtre et pendant laquelle l’homme existe déjà; enfin, une seconde période glaciaire moins rigoureuse que la première
- Tout ceci est toujours assez conjectural et nécessitera encore l’intervention des mécanismes de radioactivité; mais déjà, par l’introduction de processus normaux de la physique, l’interprétation des vestiges de l’histoire de la Terre devient moins fantaisiste.
- Jean Mascart,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA LUTTE CONTRE LES MITES
- A. Fourrures. — Après avoir été battues, elles sont rangées dans des caisses renfermant des sachets contenant du para-dichlorobenzène.
- B. Lainages. — Les lainages sont protégés très efficacement contre les mites, en intercalant dans différents endroits des pastilles de trioxyméthylène (formaldéhyde polymérisée) (communiqué par M. Coquenne).
- PROCÉDÉS DE STÉRILISATION DES PLANTES
- Il faut d’abord veiller à ce que les feuilles et fleurs ne se fanent pas, ne se .recroquevillent pas. A cet effet, on les immerge dans une solution composée de 1 partie d’acide salicylique pour 600 parties d’alcool à 60°, chauffé au bain-marie.
- Les plantes les plus délicates doivent être immergées, du moins la partie inférieure, dans une solution composée de 75 parties d’alun, 10 parties de nitre et 400 parties d’eau, pendant 2 ou 3 jours. Lorsqu’on n’a que des rameaux ou des feuilles de ces plantes à conserver, il suffit d’en faire baigner la base dans ce liquide. On a ainsi, toutes chances de conserver la couleur naturelle.
- Après cette préparation, prendre du sable de grès bien pur, le laver soigneusement, pour le débarrasser complètement des matières terreuses, puis le sécher au soleil ou à l’étuve.
- A ce sable ainsi préparé, ajouter, par kilogramme, une émulsion ainsi composée *
- Alcool....................50 à 100 gr.
- Stéarine........................... 3 —
- Pai’affine......................... 3 —
- Acide salicylique.................. 4 —
- Mélanger le tout bien intimement.
- Le sable auquel on ajoute cette émulsion peut servir de nombreuses fois.
- L’alcool et l’acide salicylique empêchent la fermentation et contribuent à maintenir la couleur. La stéarine et la paraffine empêchent que le sable adhère aux plantes.
- On prend alors une caisse à parois peu épaisses, soit 12 à 15 cm au plus et à fond coulissant. La partie supérieure est garnie d’un grillage à mailles suffisamment grandes pour laisser passer le sable. Au fond de la caisse, on met d’abord une petite couche de sable, puis la plante, eh même temps, on glisse du sable, à l’aide d’un tamis ou d’un entonnoir, jusque dans les moindres interstices.
- Quand les plantes sont couvertes de sable complètement, on met la caisse dans une étuve ou un four- de boulanger, à une température de 35° à 45°.
- Au bout de 6 à 7 heures, on retire la caisse et on la laisse en cet état pendant un ou deux jours, ensuite, on ôte le fond, le sable glisse et tombe, on secoue les plantes très soigneusement, afin qu’il ne reste aucune trace de sable, et les plantes prêtes à être employées, mises en vases ou en potiches, pour l’ornementation des appartements.
- ' - Henri Blin.
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- NOUVEAUTÉS EN T. S. F.
- L’APPAREIL DE TENSION ANODIQUE
- L — LA TENSION PLAQUE D'UNE LAMPE DE RÉCEPTION DOIT ÊTRE CONSTANTE.
- ON PEUT L'OBTENIR AU MOYEN DE LA TENSION VARIABLE D’UN COURANT DE SECTEUR ALTERNATIF.
- Le but de l’appareil de tension anodique est d’obtenir du secteur d’éclairage à courant alternatif la tension anodique nécessaire à un appareil de réception. Pour cela il est nécessaire de redresser ce courant et d’obtenir uû courant continu parfaitement constant par un procédé de filtrage approprié. Pour répondre à ce but, un appareil de ce genre devra être très soigneusement construit. Nous allons voir comment le problème a été résolu dans l’appareil Philips.
- La figure i montre le schéma de principe des connexions de cet appareil. L’enroulement primaire P d’un transformateur est branché au réseau alternatif.
- L’enroulement secondaire comprend deux parties et S2, dont la première donne la tension de plaque du tube redresseur, la seconde servant au chauffage du filament de ce même tube. Ce tube redresseur transforme le courant alternatif en courant redressé pulsatoire (fig. 2). Un tel courant n’estpas continu. On peut démontrer qu’il est formé de la superposition d’un courant continu et d’une série d’harmoniques, qui représentent chacune un courant alternatif de fréquence plus élevée que le courant alternatif fondamental. Le problème est de supprimer ces harmoniques dans le circuit plaque. On y arrive au moyen de filtres.
- Fig. 1. — Schéma de principe de l’appareil à tension anodique Philips.
- IL — LE PRINCIPE DU FILTRAGE DES HARMONIQUES.
- Le système ’fütreur de l’appareil Philips comprend deux condensateurs Ct et C2, et une bobine d’impédance S,„ (fig. 3) ; il permet de transformer le courant pulsatoire en un courant continu pratiquement constant. Le fonétionnement du système filtreur peut s’interpréter de la façon suivante :
- Un condensateur peut être considéré comme un réservoir pouvant emmagasiner une certaine charge électrique. Une bobine d’impédance offre une résistance considérable au passage du courant alternatif à cause de son champ magnétique et s’oppose dès lors à toute variation de courant.
- Un couraxt continu passera donc sans difficulté, alors qu’un courant alternatif sera pratiquement arrêté.
- Le schéma de la figure 1 comporte un condensateur C entre les bornes A et B.
- Pendant la fraction de la période où le tube redresseur laisse passer le courant, une portion de celui-ci chargera le condensateur C, le reste passera par l’appareil branché entre les bornes A et B. Pendant la seconde fraction de la période, la plaque du tube redresseur devient négative par rapport au filament et aucun courant ne peut passer. Mais le condensateur C se trouve chargé et c’est lui qui fournira, en se déchargeant, le courant anodique à l’appareil récepteur. La fig. 4 représente l’allure du phénomène.
- Dans la figure 4 la courbe 1 représente la variation de la tension aux bornes de l’enroulement secondaire S, du transformateur. La tension aux bornes du condensateur C est donnée par la courbe 2. Pendant lç temps a-b la tension du transformateur est plus grande que celle du condensateur, et comme la différence de ces deux tensions est celle qui existe entre le filament et la plaque du tube redresseur, on voit que pendant ce temps a-b la plaque est positive par rapport au
- filament. Pendant le temps a-b le tube redresseur laisse donc passer le courant, qui partiellement charge le condensateur C et partiellement sert à l’alimentation anodique de l’appareil récepteur. La tension du condensateur doit donc aller en augmentant, ce qui ressort d’ailleurs clairement de l’allure de la courbe II entre les points a et b. Pendant le temps b-c la plaque du tube redresseur est négative par rapport au filament et aucun courant ne peut passer.. Alors le condensateur se décharge à travers l’appareil de réception et son potentiel doit diminuer ainsi qu’on peut le voir sur la figure 4.
- Aux bornes du condensateur il existe donc une variation de tension d’autant plus petite que la capacité C est plus grande.
- Fig. 2. — A gauche : courbe temps-tension d’un courant alternatif, à droite : courbe du même courant redressé et transformé eh courant pulsatoire.
- III. — DESCRIPTION DE L'APPAREIL DE TENSION ANODIQUE.
- Un seul condensateur, même de forte capacité, ne peut donner une tension rigoureusement constante. Un filtrage plus parfait est obtenu à l’aide d’une bobine d’impédance S„, et d’un second condensateur Cj. Les connexions deviennent alors celles de la figure 4. Les variations de tension entre A et
- B tendent à produire un courant variable à travers la bobine d’impédance et l’appareil récepteur. La bobine d’impédance s’opposant aux variations de courant, celles-ci seront petites. Au surplus le condensateur fonctionne comme un second réservoir régulateur de tension. Il absorbe les petites varia-
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- tions du courant sans que la tension à ses bornes varie sensiblement.
- La figure 3 montre aussi une résistance R à 3 prises. Par l’intermédiaire de cette résistance il est possible d’obtenir une tension plus basse pour les tubes détecteurs et amplili-
- — Schéma d’ensemble de l’appareil de tension anodique Philips.
- cateurs en haute fréquence. Celle-ci est d’ailleurs réglable à 3 valeurs différentes. Un troisième condensateur C3 achève le filtrage du courant anodique pour la lampe détectrice et les lampes amplificatrices en haute fréquence. Les condensateurs de l’appareil de tension anodique Philips sont de très forte capacité et la bobine d’impédance est aussi de dimensions très largement calculées, de sorte que le filtrage obtenu est très suffisant, même pour un débit de courant considérable.
- Le résultat du filtrage est représenté dans la figure 5. La courbe A. B. C. D. E. F. représente le courant tel que le _ tube redresseur le laisse passer ; le courant Ig débité à l’appareil récepteur est représenté par N O P (fig. 5.)
- La quantité d’électricité débitée par le tube redresseur, et représentée par la surface de la figure ABC, est sensiblement égale à celle passant par l’appareil et indiquée par la surface A N O D. Ces deux surfaces étant presque égales, il est évident dès lors que le courant continu Ig est beaucoup plus faible que la valeur .maxima Im du courant passant à travers le tube redresseur.
- Le réglage de la tension anodique s’effectue à l’aide d’une résistance de chauffage Rg. Sur l’appareil Philips cette résistance est réglée par le bouton « YOLT ». Dans la position « MAX » le courant de chauffage est maximum, dans la position « MIN » il est coupé.
- La figure 6a donne la relation qui existe entre le courant à travers le tube redresseur et la tension aux bornes de ce même tube pour des courants de chauffage différents. Les courbes 2, 4 et max. se rapportent à des valeurs du courant de chauffage allant en augmentant et correspondant aux positions 2, 4 et « MAX » du bouton « YOLT ». Ce bouton est représenté par la figure 6b.
- Admettons que la valeur maximum de la tension positive sur la plaque du tube redresseur soit Ym (fig. 6 a). On voit alors que pour la position 2 du bouton « YOLT » le courant maximum à travers le tube redresseur est de i,. Si l’on augmente le courant de chauffage en mettant le bouton « YOLT » en 4, le tube laisse passer un courant i2 très supérieur à ij. Il n’est plus guère possible alors de pousser davantage ce courant en plaçant le bouton jusqu’à la position « MAX » ainsi qu’il résulte clairement de la figure. D’après ce qui précède, une augmentation de tension de chauffage n’entraîne pas nécessairement une augmentation du courant
- Période
- Fig. 4. — Dans cette figure, la courbe I représente la variation de
- tension du courant alternatif du secteur recueilli aux bornes du secondaire du transformateur.
- La courbe II représente la variation de la tension recueillie aux bornes du condensateur filtrant de la figure 1.
- débité par l’appareil. Comme d’autre part la durée utile du tube est de beaucoup réduite par un courant de chauffage excessif, on comprendra qu’il ne faut jamais exagérer la valeur de ce dernier. On tournera le bouton « YOLT » vers la droite juste assez pour avoir une bonne réception.
- IV. — RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX.
- Il est intéressant d’examiner les formes du courant débité par le tube redresseur. C’est ce qui a été fait au moyen de l’oscillographie. Deux des oscillogrammes obtenus sont reproduits ici (fig. 7).
- La courbe du haut de la figure 7 a été relevée sous une tension anodique de 80 volts et pour un courant anodique total de 8 mA, le bouton «YOLT » étant dans la position IL La forme aplatie de la partie supérieure de la courbe montre que le courant du tube redresseur a atteint sa valeur de saturation, soit 20 mA dans le cas actuel. Ceci correspond à la courbe 2
- Période
- Fig. 5. — Cette figure représente le résultat du filtrage obtenu avec Vappareil de tension anodique de la figure 3. N OP représente le ~ courant débité à Vavpareil récepteur,. Il est constant.
- de la figure 6a où le courant à travers le tube redresseur atteint également sa valeur de saturation. La tension maximum de la plaque de ce tube est représentée par Ya dans la figure 6a.
- La courbe du bas de la figure 7 a ét’é relevée sous une tension anodique de 120 volts et pour un courant anodique total de 26 mA, le bouton « YOLT » étant dans la position «MAX». Dans ce cas la tension anodique maximum du tube redresseur n’est plus que de Yb. Le courant débité est de 160 mA. La courbe montre bien que le courant ne peut atteindre sa valeur de saturation dans ces conditions.
- La grandeur des variations Yr de tension aux bornes du premier Ci a fait l’objet d’une autre série de mesures.
- Le tableau suivant donne quelques-unes des valeurs observées.
- IENSION ANODIQUE de l’appareil récepteur. COURANT ANODIQUE total. POSITION du bouton « YOLT » Vr
- 120 volts . 15 mA 3 35 V
- 120 » 10 » 2 1/2 23 V
- 80 » 10 » 2 3/4 22 Y
- 80 » 5 ' » 1 1/2 12 Y
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- On voit que les variations Yr vont en augmentant lorsque le courant débité lui-même augmente.
- Grâce à l’action filtrante très efficace du système filtreur les variations de tension aux bornes du second condensateur
- Tension sur la plaque du
- tube redresseur
- Fig. 6. — En I, courbes donnant les relations entre les courants à travers le tube redresseur et la tension aux bornes de ce tube pour des courants de chauffage différents. En II, bouton de réglage des courants de chauffage.
- C„ c’est-à-dire aux bornes-]-et—de l’appareil, sont pratiquement nulles à condition toutefois que le courant débité ne dépasse pas 25 mA,
- La valeur de la tension pour le détecteur dépend de la tension entre les bornes —j- et — de l’appareil et de la position du bouton « Det ».
- On a mesuré la tension et le courant entre les bornes — et -)- Det alimentant la détectrice, une lampe amplificatrice haute fréquence, toutes deux à 409 et deux étages basse fréquence B 406 branchés entre les bornes — et-J-de l’appareil de tension anodique. Les résultats obtenus sont réunis dans le tableau suivant :
- POSITION TENSION COURANT
- du entre débité entre
- bouton « DET » « — » et « -j- » DET « — » et « -j- » DET
- • J 30 Y 2,5 mA
- II 40 Y 2,0 »
- III 55 Y 3,3 »
- Enfin la figure 8 donne la relation existant entre la consommation de courant anodique, la tension anodique èt la
- Fig. 7. — Oscillogrammes relevés sur un awareil de tension anodique.
- position du bouton « VOLT ». Les courbes donnent le résultat moyen d’une série de mesures effectuées sur plusieurs appareils. Un appareil quelconque ne donnera donc pas de résultats identiques à ceux représentés, mais les écarts seront toujours petits.
- Ces courbes montrent, par exemple, que pour fournir un courant anodique total de 10 mA sous une tension anodique de 120 volts, le bouton « VOLT » doit occuper la position 2 1/2.
- Inversement si-l’on assure le courant anodique total la à l’aide d’un milliam-pèremètre, les courbes nous indiquent quelle est, pour une position déterminée du bouton «VOLT », la valeur approximative de la tension anodique.
- En modifiant la position du bouton « VOLT » on peut obtenir telle autre valeur de la tension anodique que l’on désire. Ainsi tout en surveillant l’indication du milliampèremètre, on pourra régler la tension anodique par des tâtonnements successifs.
- J. Marcot.
- Fig. 8. — Courbes indiquant la relation entre la consojnmation de
- courant anodique et la position du bouton de réglage des courants de chauffage, pour diverses valeurs de la tension anodique.
- CONSEILS ET REFLEXIONS
- — Le rapport de transformation des transformateurs basse fréquence d’un poste dépend du nombre des étages haute fréquence qui précèdent la détectrice. Dans un appareil à multiples étages haute fréquence, ce rapport peut être au maximum 2,5 ou même 1.
- — Rappelez-vous qu’il est utile de polariser négativement les grilles lorsqu’on emploie des lampes de. puissance sur les étages basse fréquence.
- — Le rendement maximum d’un poste serait obtenu en employant une tension de chauffage et une tension de plaque différentes presque pour chaque étage; mais le gain d’amplification obtenu ne compense pas toujours la complexité des réglages.
- — La sélectivité est une qualité essentielle d’un appareil de T. S. F. moderne, mais un appareil trop sélectif ne permet pas
- d’obtenir des auditions exemptes de distorsion. In mediostat virtus.
- — Un appareil automatique à réglage unique est essentiellement un poste destiné aux usagers de la T. S. F» Un amateur habile pourra obtenir des résultats au moins équivalents avec un appareil de même principe et de prix moins élevé, bien que de réglage un peu plus complexe.
- — On ne peut jamais affirmer qu’une invention théorique, qui semble irréalisable à un moment donné, n’aura jamais d’applications pratiques. Ces applications dépendent, en effet, d’un grand nombre de facteurs complexes qui se modifient constamment. Ainsi, en T. S. F., pour les piles thermoélectriques.
- — Il est rare qu’un inventeur ait compris, dès l’abord, les usages pratiques que son invention aura dans l’avenir.
- P. Hemardinquer.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ ^
- QUELQUES RENDEMENTS DE LA MACHINE HUMAINE
- Mesures applicables aux sports.
- Quel est le rendement de la machine humaine ? C’est un problème qu’on a souvent cherché à serrer de près. Mais dans ce domaine-là, comme dans tous les autres, on fait des progrès qu’il est intéressant de noter. Parmi ceux-ci, il en est qui concernent un exploit sportif particulièrement intéressant. Il s’agit du canotage.
- Dans les fameux matchs des universités anglaises oü américaines, Oxford, Cambridge ou Yale, les huit rameurs de chaque bateau dépensent, en quelques minutes, tout ce qu’un homme peut donner, et quand ils ont dépassé le poteau, ils sont tout près de l’épuisement total.
- En étudiant, suivant plusieurs méthodes, les données d’un certain nombre de matchs de ce genre, Hendersonet Haggard sont arrivés à calculer que chaque homme fournit de 0.45 à 0.57 CY, c’est-à-dire 4,8 à 6 calories effectivement transformées en travail par minute. Ces chiffres correspondent à une dépense totale de 19 à 30 calories par minute. Le calcul montre que le rendement est assez faible au cours de ces efforts intenses; il n’atteint pas 25 pour 100. Nous verrons tout à l’heure qu’avec un exercice plus normal, le rendement est plus élevé.
- Cet effort considérable, correspondant à 0,57 C. Y, n’a été, il est vrai, fourni que pendant un match de 2000 m. dont la durée fut de 6 minutes.
- Son mauvais rendement s’explique probablement par le fait que les rameurs ne consomment pas tout l’oxygène dont ils auraient besoin. A la fin de la course, le déficit est de 4 à 8 litres, bien que la consommation ait été de 3 à 4 litres d’oxygène par minute. Pour améliorer ce rendement, il y a lieu de consommer, telle est la conclusion de Hender-son et Haggard, une heure avant le match, une centaine de grammes de sucreries.
- L’effort fourni pendant la marche est plus intéressant à certains égards puisqu’il est plus physiologique. Yoici donc les chiffres, exceptionnellement précis, récemment obtenus par Fleisch et qui complètent ceux que nous venons de voir.
- $i la dépense de base correspond à 200 cm3 d’oxygène par minute, le fait de se tenir debout avec le travail nécessité par le maintien de l’équilibre exige 64 cm3. Dans ces conditions l’unité de marche, c’est-à-dire un mètre d’avance exécuté par un poids de 1 kg exige une dépense d’oxygène de 0,0885 cm2 quand la vitesse est supérieure à 1380 et inférieure à 4620 m. à l’heure. Les vitesses inférieures entraînent une dépense supplémentaire dè freinage et, pour les vitesses supérieures, l’accroissement de dépense d’oxygène se fait suivant une formule exponentielle ayant 1,6 comme exposant.
- Yoici à quoi correspondent, pratiquement, ces chiffres un peu abstraits. Un individu, bien entraîné, de 25 ans, pesant 70 kg et mesurant 1 m. 70, dont les besoins de base, au repos complet, sont de 1,12 calories par minute, dépensera 2,75 calories par minute pour marcher à la vitesse de 4,6 km à l’heure, chargé d’un poids de 5 kg de vêtements. En ajoutant 25 pour 100 pour le travail qu’exige l’alimentation et divers mouvements parasites on arrive à un total de 3820 calories par jour avec environ 10 heures de marche.
- Il s’agit là de la marche en terrain plat. Les dépenses augmentent d’une constante 7,1 à 7,49 calories par kilogram-mèlre quand le chemin présente une pente inférieure à 28 pour 100. Le calcul montre que l’effet utile est alors de 33 pour 100, ce qui met l’homme parmi les très bonnes machines thermiques. Avec une pente de 42 pour 100 l’effet utile s’abaisse à 27 pour 100. Ces chiffres sont donc meilleurs que ceux fournis par les rameurs .
- On peut calculer, d’un autre côlé, que le travail exigé par 1 m. d’ascension correspond à celui qu’exige une marche de 17,7 m. en terrain plat.
- Les travaux qu’on vient de voir ne comportent-ils pas comme conclusion logique, que les exercices dans lesquels le travail est moyen et le rendement maximum, sont hygiéniquement préférables aux autres ? 11 semble difficile de discuter ce fait.
- Dr P.-E. M.
- POPULATION DE LA FRANCE EN 1926
- Le Journal Officiel publie les résultats du recensement effectué le 7 mars dernier.
- La France compte actuellement 90 départements (non compris l’Algérie), 279 arrondissements (106 ayant été supprimés par le Décret-loi du 10 septembre 1926), 3024 cantons et 37 381 communes.
- Le chiffre total de la population s’élève à 40 743 851 habitants (contre 39 209 766 en 1921). Cette augmentation est due pour 586 314 habitants à l’accroissement de la population française et pour 947 771 à l’augmentation du nombre des étrangers. 11 faudrait y ajouter :
- 146 159 officiers et soldats;
- 10 568 marins et fonctionnaires de la marine nationale;
- 21 807 marins du commerce.
- 31 départements ont vu leur population diminuer.
- Les 37 981 communes de France se répartissent ainsi au point de vue de leur population :
- Inhabitées............................. 10
- Au-dessous de 10 habitants 2096
- 101 à 1000 — 28925
- 1001 à 10 000 — 6584
- 10.001 à 20 000 — 207
- Au-dessus de 20 001 — 150
- 16 villes ont plus de 100 000 habitants :
- Paris, 2 871 429. Marseille, 652196. Lyon, 570 840. Bordeaux, 256 026. Lille, 201921. Saint-Etienne. 193 737, Nantes, 184 509. Nice, 184 441. Toulouse, 180 771, Strasbourg, 174 492. Le Havre, 158 022. Rouen, 122 898. Roubaix, 117 209. Toulon, 115120. Nancy. 114 491. Reims, 100 998.
- Les villes qui ont subi la plus forte augmentation sont, dans l’ordre : Marseille, Nice, Saint-Etienne, Reims, Lyon, Strasbourg, Toulouse. Paris a perdu 35 043 habitante, mais sa banlieue a augmenté de 251 989.
- Le nombre des étrangers résidant en France est de 2 498 230 en augmentation de 947 771 depuis 1921.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 19271
- Un excellent Atlas céleste est chose rare. Comment trouver sur le ciel une étoile un peu faible, une planète comme Uranus ou Neptune, si l’on ne possède que des cartes insuffisantes et pas d’équatorial? Aussi convient-il d’applaudir à l’initiative prise par la Société astronomique tchèque, à Prague, qui, pour commémorer le dixième anniversaire de sa fondation, a décidé de publier un Atlas céleste déjà fort complet, puisqu’il contient toutes les étoiles visibles de nos latitudes, jusqu’à la 7e grandeur, et plus de 40 000 nébuleuses et amas stellaires. L’ouvrage entier, dont la première partie est parue, et la seconde partie sur le point de paraître, embrasse tout le ciel depuis le pôle nord jusqu’à la déclinaison — 30°.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail complet des renseignements contenus dans cet Atlas, mais ces renseignements sont vraiment importants. La grandeur des étoiles y est donnée à 1/10 de grandeur près; les étoiles doubles ou multiples sont figurées et soulignées d’un petit trait noir ou rouge, ce qui veut dire qu’elles peuvent être vues avec un petit instrument ou un grand; les étoiles variables figurent par deux cercles concentriques, le diamètre du cercle extérieur correspondant au maximum d’éclat, le diamètre du cercle intérieur au minimum ; les novæ, les étoiles rouges, les étoiles à grand mouvement propre sonllesnébuleuses, différenciées suivant leur nature (planétaire, spirale, annulaire, etc.); les amas, etc., y sont dessinés.
- L’ouvrage comporte une introduction en français (traduction de l’introduction tchèque) et les planches comportent toutes les indications en latin, ce qui en fait vm Atlas véritablement universel. L’Atlas a été dessiné sous la direction de M. Fr. Selniller; il a été édité par un amateur éclairé d’Aslronomie, M. J. Klépesta, qui a pris à sa charge la plus grande partie des frais de cet Allas, frais considérables, comme on en juge en voyant ce beau volume.
- Ajoutons, et ceci pour les lecteurs de ce « Bulletin astronomique w, auxquels nous sommes bien souvent embarrassé de donner certaines descriptions qui exigent, d’abord, l’emploi d’un Atlas, que ce bel ouvrage sera très prochainement en vente au siège de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris et dans des conditions heureusement fort abordables. La question d’un Atlas intéressant tous
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées (sauf exception indiquée) en Temps Universel, compté de 0'1 à 24" à partir de minuit. C’est le temps légal en France.
- les observateurs, nous aurons l’occasion, ici même, d’y revenir en temps voulu.
- I. Soleil. — Le Soleil, en mars, traverse l’équateur et monte dans l’hémisphère boréal. Le moment où s’effectue cette traversée de l’équateur est l’équinoxe de printemps. Il aura lieu, cette année, le 21 mars, à 15h. A cette époque de l’année, les nuits et les jours ont sensiblement la même durée. La déclinaison du Soleil, de — 7° 51' le l,rmars, atteindra — 0«3' le 21, à 12\ +0'>2r le 22 à 12" et + 3» 52'le 31.
- La durée du jour augmente avec la déclinaison du Soleil. Elle sera de 10h 55"* le 1er mars et de 12"43” le 31. Cette
- durée est celle de la présence du centre du Soleil sur l’horizon de Paris. Pour avoir la durée complète du jour, il faut y ajouter celle des deux crépuscules (du matin et du soir).
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure légale quand il est vraiment midi (Soleil au milieu de sa course diurne). Nous avons montré ici même comment ce renseignement permet de tracer avec une bonne précision la méridienne, au moyen d’un fil à plomb et de l’heure exacte — que l’on obtient si facilement aujourd’hui par les émissions de T. S. F.
- Heures du passage
- (T. U.).
- 12h 3m 16“ 12h 2“ 52“ 12" 2™27“ 12h 1™ 59s 12h l,r‘ 30s 12h lm 0S 12h O"1 28“ 11“ 59" 55* 11" 59"' 20“ 11" 58ra 45“ 11" 58m 9S 11" 57”33= 11" 56m 57s 11" 56™ 20-11" 55"44" 11" 55”07»
- Observations physiques. — De nombreux amateurs ont pris l’habitude d’observer, chaque jour, le Soleil. Certains le font à heure fixe (notamment ceux dont le temps est pris par un emploi), d’autres, plus ou moins favorisés, le font très souvent au cours de la journée. Cette habitude est excellente, car c’est par l’observation en quelque sorte continue du Soleil que l’on arrivera à saisir sur le vif certains phénomènes solaires ayant une répercussion terrestre, comme nous l’avons rappelé récemment en celle Revue dans un article sur le Soleil et les aurores polaires (1926).
- Il importe de prendre des dessins et des photographies du Soleil, chaque fois qu’on le peut et de pouvoir orienter ces images. Voici les éléments permettant de faire cette orientation.
- — 13
- Fig. 1. — Aspect de la lumière zodiacale vers la fin — 15
- du mois de Mars. — 17
- — 19
- D’après une observation faite à l’Observatoire de Donville __ 21
- (Manche), par M. Lucien Rudaux. On remarquera que le bord sud ___ 23
- de la lueur est plus net que le bord nord, ^ers le milieu du dessin, immergé dans lalumièrc zodiacale, le groupe des Pléiades.
- A gauche de ce groupe, l’étoile Àldébaran (a Taureau) et le LJ
- groupe des Hyades. — 29
- — 31
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- 8S
- Dates. P B0 L«
- Mars 1er — 21°, 5 — 7°, 2 150°, 5
- — 6 — 22°, 7- — 7°, 2 840, 6
- — 11 — 23°, 7 — 7°, 2 18°, 7
- — 16 — 24°, 6 — 7o, 1 312°, g
- — 21 — 25°, 3 — 7°, 0 246°, 9
- — 26 — 25o, g — 6°, 8 181°, 0
- — 31 — 26°, 2 — 6°, 6 115°, 0
- Rappelons que la colonne P donne l’angle de position de
- l’axe de rotation du Soleil. Cet angle est compté à partir du point Nord du limbe solaire, dans le sens Nord, Est, Sud, Ouest.
- La colonne B0 donne la latitude héliographique du point de la surface solaire qui se projette juste au centre du disque.
- L0 est la longitude héliographique du même point.
- Lumière zodiacale. — Mars est le mois par excellence pour observer la lumière zodiacale. La période la plus favorable sera celle du 1er au 5 mars, et celle du 20 au 31 mars, pendant lesquelles la Lune ne gênera pas. On recommande d’observer la position exacte de la lueur, repérée par rapport aux-étoiles, de noter la couleur, l’intensité lumineuse et, si possible, des variations de cette intensité.
- La lueur anti-solaire, visible juste à l’opposé du Soleil, dans les nuits les plus pures et les plus noires (absence de la Lune et de toute lumière artilicielle) pourra être recherchée le 1er mars autour de l’étoile p Lion, le 7 mars autour de l’étoile x Lion, le 30 mars autour de la belle étoile double y Yierge (d’après Y Annuaire, astronomique Flammarion).
- II. Lune. —: Voici les phases de la Lune pour le mois de mars 1927 :
- N. L. le 3, à 19h25™ P. L. le 18, à 10” 24“
- P. Q, le 10, à 11” 3m D. Q. le 26, à 11” 35'"
- Age de la Lune : le 1er mars, à 0”z=26i,6; le 4 mars, à 0h = 0j,2. Pour avoir l’àge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 4. Et
- pour une heure considérée, 0J,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars 1927 : le 12 = + 23° 36' ; le 27 = — 23° 46'.
- Périgée de la Lune, le 4 mars, à 10”. Parallaxe = 61' 20". Distance = 357 520 km.
- Apogée de la Lune, le 18 mars, à 22h. Parallaxe — 53'57". Distance = 406 450 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 12 mars, occultation de l’étoile BD -)- 23° 1744 (gr. 6,4), de 22h 9ra à 22h 55™.
- Le 15, occultation de 107 B. Lion (gr. 6,3), de 21h 5m à 21h 52ra.
- Le 20, occultation de 88 Vierge (gr. 6,5), de 20h28ra à 21h24m.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le soir, du 5 au 9 mars.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Luné du 3 et de la Pleine Lune du 18 mars. Voici quelques coefficients de la marée au
- début du mois.
- Dates* Marée du malin. Marée du soir
- Mars 3 0,94 1,01
- — 4 1,07 1,11
- — 5 1,14 1,15
- — 6 1,14 1,11
- — - 7 1,07 1,01
- — 8 0,94 0,85
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données contenues dans L’Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mars 1927.
- Mercure est inobservable pendant tout le mois; il sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 13, à 15”.
- Vénus se couche environ une heure après le Soleil. On pourra donc l’observer dès la disparition de celui-ci derrière l’horizon. Dans les mois qui vont suivre, Vénus va devenir
- ASTRE Dates : MARS Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- ' 6 6h 26m 12h 2m'13s 17h 39 m 23> 4m 5°56' 32' 16" 8 Verseau
- Soleil .... 16 6 6 11 59 37 17 55 23 41 — 2 1 32 12,0 Verseau »
- f 26 5 45 11 56 38 18 10 0 18 + 1 55 23 6,0 Poissons )
- ' 6 6 31 12 42 18 53 23 45 + 1 55 9,2 21 Poissons Inobservable,
- Mercure . . . 16 5 37 11 34 17 31 23 17 — 1 6 11,0 12 Poissons 1 en conjonction inférieure
- [ 26 5 1 10 39 16 16 22 59 — 5 28 10,0 p Verseau 1 avec le Soleil le 13.
- 6 7 20 13 35 19 51 0 35 2 51 11,2 Poissons
- 16 7 2 13 41 20 20 1 20 + 7 58 11,6 v Poissons 1 Un peu visible le soir dès
- ) 26 6 45 13 47 20 50 2 6 + 12 46’ 12,0 Q- Baleine * le coucher du Soleil.
- l 6 9 15 17 15 1 14 4 16 ~b 23 4 6,6 y. Taureau
- M ars 16 8 54 16 59 1 4 4 40 + 23 54 6,2 v Taureau 'Première partie de la nuit.
- [ 26 8 35 16 44 0 53 5 4 + 24 31 5,8 P Taureau
- Jupiter. . . . 16 5 51 11 19 16 47 23 0 — 7 26 30,8 X Verseau Inobservable.
- Saturne . . . 16 0 17 4 44 9 11 16 25 19 38 15,4 v Scorpion Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . . 16 6 18 12 16 18 14 23 58 — 1 0 3,2 29 Poissons Inobservable.
- Neptune . . . 16 14 59 22 6 5 13 9 49 + 13 41 • 2,4. v Lion Toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- de mieux en mieux visible. Phase de Vénus, le 15 mars (portion éclairée du disque) — 0,891.
- Mars est encore observable pendant la première partie de la nuit, se couchant vers lh du matin. Son diamètre est à
- présent bien réduit, à 6" environ. C’est dire que les observations utiles, pour cette opposition, sont pratiquement terminées, même avec les grands instruments. Phase de Mars, le 15 mars =0,900.
- Jupiter est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil le lor mars, à l'lh.
- Saturne, dans le Scorpion, est bien bas sur l’horizon. On pourra l'observer dans la seconde partie de la nuit. L’anneau en ce moment s’ouvre de plus en plus. La planète sera stationnaire le 18 mars.
- Uranus est invisible, se trouvant en conjonction avec le Soleil le 21 mars, à O'1.
- Neptune, qui apparaît dans les instruments comme une étoile de 8e grandeur, présente, avec une ouverture suffi-
- santé, un petit disque bleuâtre de 2" de diamètre. La planète
- a été ; en opposition avec le Soleil le 15 du mois dernier, elle
- est donc encore visible toute la nuit. On la trouvera à l’aide
- de ses positions, que voici :
- Dales. Ascension droite. Déclinaison, Diamètre.
- Mars 6 9h 50m + 13o 36' 2", 4
- — 16 9h49“ + 13° 41' 2", 4
- — 26 9"48” + 13° 46' 2", 4
- I\ '. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 3, à 14h, Jupiter en conjonct. avec la Lune, à 3° 52' N.
- Le 4, à 14h, Mercure -— — la Lune, à 8° 41' N
- Le 4, à 18h, Uranus — — la Lune, à 4" 39' N.
- Le 5, à 10h, Vénus — la Lune, à 4° 30' N.
- Le 9, à 15h, Mars — la Lune, à 4» 4' N.
- Le 15, à 16h, Neptune — — la Lune, à 30 34' S.
- -------------- ....... 89 .r=
- Le 20, à 20h, Mercure en conjonct. avec Jupiter, à 3° 27' N.
- Le 24, à 8\ Saturne — — la Lune, à 0° 5' S.
- Le 31, à 8h, Mercure — — la Lune, à 4° 46' N.
- Le 31, à 12h, Jupiter — — la Lune, à 4° 9' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Persée), variable en 2j 20h 48™ : le 2 mars, à 19h28“; le 22, à 21h13m.
- Étoiles filantes. — Peu d’essaims sont actifs en mars. M. W.-F. Denning, dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes, indique, à la date du 7 mars, deux radiants, l’un situé par Æ =r 233° et 0 — —• 18°, près de p Scorpion et l’autre situé par Æ — 244° et cP = —(— 15° près de y Hercule.
- En dehors des météores provenant des radiants catalogués, d’autres étoiles filantes sont visibles à toutes les époques de l’année, provenant de radiants non déterminés. On sera bien inspiré de ne jamais négliger l’observation des étoiles filantes, si attrayante et si facile à réaliser. Il faut pour cela une bonne carte, l’heure exacte et quelque peu de patience.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er mars à 21h, ou le 15, à 20h, est celui-ci :
- Au Zénith': La Grande Ourse (Mizar, v, 23 h, 57); les Gémeaux (1, Ç, -/., amas); le Cocher (14, M. 37).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); Céphée (6, p,
- %) ; Cassiopée (ï), i).
- A l’Est : La Vierge (y, 84, 54,.17); la Chevelure; le Lion (Régulus, y, 54).
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Sud : L’Hydre (s, 54 M. 68) ; le Navire; la Licorne, le Petit Chien (Procyon, S. 1126).
- A l’Ouest : Le Taureau (i, x, <P> M. 1); le Bélier (y, \).
- Au Nord-Ouest : Cassiopée.
- Au Sud-Ouest : Orion (<5, l, es, c, nébuleuse).
- Les noms, lettres ou chiffres entre parenthèses indiquent les principales curiosités visibles avec de petits instruments.
- Em. Touchet.
- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Nouvelles résines artificielles à base de glycérine et d’anhydride phtalique.
- On connaît bien aujourd’hui les résines artificielles, obtenues par réaction de l’aldéhyde formique sur le phénol. Elles sont désignées sous le terme de bakélite, du nom de leur inventeur le Dr Backeland.
- General Electric Review annonce que la General Electric C° des Etats-Unis a réussi, après une dizaine d’années d’études, à mettre au point un type tout différent de résine artificielle, qu’elle emploie comme isolant électrique. Ces résines sont préparées au moyen de glycérine et d’anhydride phtalique et ont été baptisées «glyptals », contraction des deux mots : glycérine-phtalique. L’anhydride phtalique s’obtient par oxydation de la vapeur de naphtaline dans de l’air chauffé, au contact d’un catalyseur. Il se présente sous forme d’aiguilles cristallines, incolores, fondant à 130° C.
- Une des propriétés les plus intéressantes du glyptal est son adhérence remarquable sur les surfaces polies, ce qui permet de l’employer comme ciment pour coller ensemble des surfaces polies et imperméables, telles que verre, porcelaine, mica, etc.
- Cette propriété a été utilisée par la General Electric C° pour confectionner des pâtes isolantes destinées à cimenter les plaques de mica employées comme isolants dans les
- machines électriques, notamment dans les collecteurs. On sait que la majeure partie du mica, extraite dans le monde, est employée à cet usage. Jusqu’ici pour cimenter les lames de mica, on-utilisait la gomme laque.
- Le glyptal s’est révélé bien supérieur à ce produit et, aujourd’hui, l’a entièrement remplacé dans les fabrications de la General Electric C°. Son pouvoir diélectrique, sa résistivité électrique, sa résistance à la compression sont supérieures à celles de la gomme laque ; sa résistance à l’abrasion et sa densité sont du même ordre. Sous l’effet de la chaleur, le glyptal a moins tendance à se carboniser ; en cas de coup de feu, ses produits de décomposition sont beaucoup moins nuisibles que ceux de la gomme laque, parce qu’ils ne sont pas conducteurs de l’électricité et n’altèrent pas le cuivre.
- Le glyptal offre donc un grand intérêt pour la construction des machines et appareils électriques. On en fait aussi des objets moulés de jolie couleur et très solides : porte-plumes, articles de fumeur, etc.
- AVIATION
- Les moyens de sauvetage en aviation.
- Le 22 décembre dernier. M. l’ingénieur Mazer, du S. T.Àé., a fait à la Société française de Navigation aérienne, un exposé très complet des moyens de sauvetage utilisés en aviation.
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- Il considère : 1° Les moyens de sauvetage utilisables à bord des avions et des hydravions : parachutes ; 2° ceux spéciaux aux hydravions et avions marins : appareils flottants.
- 1° Le système de parachute doit varier avec le type d’avion. Pour les appareils à habitacle découvert, les parachutes dorsaux et les parachutes sièges sont actuellement utilisés ; l’aménagement est dans ce cas des plus simples (siège reculé ou abaissé, ouverture légèrement agrandie). On a reproché à ce système de ne pouvoir être employé qu’avec un appareil en ligne de vol, l’expérience semble indiquer au contraire qu’il est possible de sortir facilement d’un appareil sur le dos ou en vrille.
- Pour faciliter la sortie de la carlingue, un parachute soulevant l’homme de son siège a été proposé ; l’aménagement est alors beaucoup plus compliqué, et les suspentes risquent de s’accrocher aux empennages.
- La ceinture doit être de bouclage et de débouclage faciles, pour pouvoir être fixée rapidement au moment du danger, et libérée aussitôt après l’atterrissage. Le déclenchement doit enfin être à la fois automatique et commandé, afin d’assurer dans tous les cas l’ouverture.
- Le non-fonctionnement duparachute peut être dû àl’altitude trop basse, aune rupture empêchant le pilote de se dégager, à la rupture de la corde de déclenchement, ou à l’usure de la corde de fermeture entraînant l'ouverture prématurée du parachute.
- Sur les avions civils à cabine, le parachute individuel semble devoir causer la panique en cas d’accident. Le dispositif de cabine larguable nécessite la position en ligne de vol de l’avion; la préférence semble devoir être accordée au système larguant moteurs et voilure, et soutenant le reste de l’avion par un parachute. Ce parachute devrait être de dimensions élevées pour les gros avions de,1 transport (2 à 4 kg par in*). Plusieurs autres systèmes ont été proposés, utilisant des parachutes individuels.
- Parachutes dans les coussins et portes individuelles, d’ouverture commandée parle pilote; parachutes enlevant chaque passager de son siège et commandés par le pilote, des trappes étant disposées dans les parois ; trappe unique dans le plancher de la cabine, passagers envoyés un à un dans le vide sous la commande du pilote, etc.
- Tous cès systèmes semblent assez imparfaits. Il serait en tout cas souhaitable que les constructeurs fassent intervenir la question du sauvetage dans les projets d’avions commerciaux.
- 2° Les appareils de sauvetage spéciaux pour hydravions : ceintures, vêtements flottants, etc./doivent assurer la flottabilité verticale, la tête restant bien dégagée; ils doivent être larguables pour permettre un dégagement facile en cas de capotage par exemple.
- Les ceintures en liège fixé sur toile sont trop encombrantes. Un gilet sans manches garni de caoutchouc mousse, une ceinture de toile gonflée à l’aide d’une bouteille de gaz carbonique liquide, une combinaison garnie de caoutchouc mousse, répondent parfaitement aux exigences de l’hydravion ; cette dernière est cependant un peu lourde et chaude, les pilotes d’hydravion volant à basse altitude portent d’ailleurs rarement une combinaison.
- Un radeau de secours pratique existe : il est formé d’une enveloppe circulaire garnie de kapok, contenant une chambre pouvant être gonflée de gaz carbonique; un filet pour les passagers est fixé à cette enveloppe. L’appareil soutient deux personnes lorsque la chambre n’est, pas gonflée, quatre personnes quand la chambre est gonflée.
- Un système intéressant consisterait à former un canot léger avec une partie quelconque du fuselage.
- Les moyens de sauvetage en aviation existent donc et sont
- efficaces; il reste à les mettre au point et à adapter les appareils à leur aménagement.
- AGRICULTURE
- Les animaux de ferme en France 1925.
- Le Ministère de l’Agriculture a fait procéder au recensement des animaux de ferme existant en France au 31 décembre 1925. Le Bulletin de Ici Statistique générale de la France donne les résultats de cette enquête comparés à ceux des années précédentes, en milliers de têtes.
- Espèces 1925 1924 1913
- Chevaline : Adultes et jeunes. . 2880 2859 3222
- Mulassière : Adultes et jeunes. . 188 193 188
- Asine : Adultes et jeunes. . . . 273 280 356
- Bovine :
- Taureaux 257 250 284
- Bœufs 1429 1402 1843
- Yaches 7590 7431 7794
- Elèves : 1 an et plus 3002 2928 2854
- Elèves : moins de 1 an 2095 2014 2013
- Total 14373 14 025 14 788
- Ovine :
- Béliers au-dessus de 1 an. . . . 212 204 294
- Brebis 6496 6257 9288
- Moutons 1311 1286 2581
- Agneaux de moins de 1 an . . 2518 2425 3968
- Total 10 537 10172 16 031
- Porcine : Adultes et jeunes . . . 5793 5802 7036
- Caprine : Adultes et jeunes. . . 1378 1377 1435
- On y voit que le cheptel français se reconstitue progressivement et que le nombre des têtes de bétail, sauf pour les chevaux, les ovins et les porcs, approche de ceux d’avant-guerre.
- TECHNOLOGIE
- La panification économique par l’emploi des sous-produits de laiterie.
- Tandis qu’en France, on recherche encore, à l’heure actuelle, la solution du problème du pain fabriqué économiquement, dans certains pays on fait des essais d’utilisation de divers produits ou sous-produits tirés du règne animal.
- D’après un compte rendu d’expériences publié par M. Frin-der, dans The Mil/c Industry, la Station expérimentale du Gouvernement norvégien aurait obtenu d’intéressants résultats en employant du lait écrémé ou du petit-lait en remplacement de l’eau dans la fabrication du pain.
- Les observations faites sur 160 fournées de- pain, dans diverses localités, ont permis de conclure que l’emploi de ces sous-produits de laiterie entraîne une économie de farine de 4,2 pour 100 avec'le petit-lait et de 6,2 pour 100 avec le lait écrémé. C’est-à-dire que 100 kg de petit-lait donneraient un supplément de pain de 9 kg 900 et 100 kg de lait écrémé en donneraient 14 kg 400.
- Le pain ainsi obtenu est meilleur, se dessèche moins et est plus nutritif.
- Ce procédé semblerait particulièrement intéressant dans la fabrication ménagère du pain.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Décembre 1926.
- ASTRONOMIE
- L’étude de la planète Mars (M. Ja.rry-Desi.oges). — L’opposition qui vient de se produire pour cette planète a indiqué à cet observateur de nombreux changements. Dans l’hémisphère austral par exemple, le 6 novembre, au début du jour martien, cet astronome a vu de nombreux voiles sur Mare Tyrrhenum alors que le rivage montrait des coupures,] surtout, au sud de Mare Cimmeriu-m, à la hauteur d’Eleclris. Sur l’autre hémisphère, s’étendait une sorte de voile rougeâtre à travers lequel se dessinaient à peine des plages sombres. Nix Olympica a été observée à plusieurs reprises, même au cours d’une matinée .martienne, et les bords en étaient nettement arrêtés.
- Au total, des modifications superficielles importantes.
- ACOUSTIQUE
- L’accroissement de l’intensité et de la durée d’extinction du son (M. Th. Yautier). -—Cet ancien Professeur à la Faculté des Sciences de Lyon a poussé le souci de la physique et du pittoresque jusqu’à jouer du violoncelle dans une cuve cylindrique fermée, en ciment armé, appartenant à une propriété viticole du Midi.
- Les sons de l’instrument, attribué au luthier italien Guar-nerius, ont été émis tantôt en sons filés, tantôt en pizzicato et du tableau donnant les durées d’extinction en secondes, on voit que cette extinction, que l’oreille estime instantanée à l’air libre, a une durée notablement accrue dans la cuve et demande une vingtaine de secondes, que la corde soit frottée ou pincée; enfin, diminuant à mesure que la hauteur du son augmente, elle passe, dans l’intervalle de Yuii au la3, de 20 à 13 secondes pour les sons forts et de 15 à 9 secondes pour les faibles.
- M. Yautier estime que la cuve doit son influence aux effets de la réflexion, offrant ainsi quelque analogie avec l’enceinte du corps noir dont le rayonnement interne demeure constant et qui définit une température quand l’apport de chaleur compense les diverses pertes.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Utilisation industrielle de l’énergie d’un liquide chaud dans une turbine à vapeur (M. Jean Rey). — L’auteur rappelle qu’une installation industrielle basée sur le même principe que celui invoqué par MM. Claude et Bou-cherot a été réalisé en France, en 1905, aux usines Solvay de Dombasle-sur-Meurlhe. Il s’agissait d’utiliser l’énergie calorifique d’un liquide salin chaud sortant de l’usine à 116° pour produire de la vapeur à utiliser dans une turbine.
- Le liquide chaud (220 m3 à l’heure) se rendait par gravité dans un bouillisseur où il entrait en ébullition sous la pression absolue de 0 k. 65. On produisait ainsi 9800 kg de vapeur à l’heure, le liquide était évacué sans dépense d’énergie par nn tube barométrique. La vapeur donnait sur le turboalternateur une puissance de 360 kilowatts et aboutissait à un condenseur à mélange, à la pression moyenne de 0 kg, 08; les auxiliaires absorbaient 46 kilowatts.
- GÉOGRAPHIE
- Du Nil aux confins du Tibesti par le centre du desert Libyque (M. Tiliio).— La longue note de cet explorateur donne le détail des Voyages effectués aux cours des années 1924-1925 par le Prince lxemal el Dine, parti de Khar-
- geh pour atteindre le puits de Sarra en passant par Mont, Abou Ballas et Ouenat.
- La région parcourue présente l’aspect cl’une immense pénéplaine de grès d’où émergent des massifs cristallins, dont le plus élevé, celui d’Ouenat, atteint 1900 m. pour une superficie totale de 1500 km®. Aux premiers mois de 1926, les températures extrêmes ont oscillé entre 1 et -f- 30° C, la rosée se montrant fréquemment avant le lever du soleil ; par contre les voyageurs n’ont pas vu de brouillard de sable.
- Quelques familles Gaëdas et Toubous, venues de l’Ennedi, du Tibesti et de Koufra paraissent de temps en temps dans les pâturages d’Ouenat ; mais, dans sa partie centrale, le désert de Libye est normalement inhabité, et la palmeraie de Merga elle-même, qui rassemble 10 000 arbres autour d’un lac salé couvrant un hectare, n’est visitée qu’au moment de la récolte des dattes par les Bideyats de l’Ennedi.
- MÉDECINE EXPERIMENTALE
- La formation des abcès de fixation (Mme Mouto-Toy et A. Auguste Lumière). — Dans la thérapeutique des maladies infectieuses, on estime que l’intérêt de celle pratique imaginée par Fochier, de Lyon, est de fournir une indication extrêmement nette pour le pronostic du médecin. Lorsque l’injection d’essence de térébenthine reste sans résultat, on peut assurer que le malade est en grand danger de mort.
- Dans ce cas, l’affluX leucocytaire local provoqué par la substance irritante ne se produit pas, les cellules, occupées à l’enrobement, à la digestion et à l’élimination des floculats ayant perdu leur tropisme habituel. Ces floculats, on le sait, viennent de l’action sur le plasma sanguin des produits d’excrétion des microbes pathogènes. Or, il a suffi à M. Auguste Lumière et à Mme Montoloy, de soumettre au préalable des cobayes ou des lapins à l’injection, par voie intracardiaque, d’une légère suspension d’encre de Chine, pour les rendre absolument réfractaires à l’action de. l’essence de térébenthine.
- Ce fait indique avec netteté que le rôle protecteur dés légères particules de carbone, sans action chimique possible, est d’ordre purement physique.
- ENTOMOLOGIE
- La charge supportée par les ailes de certains Lépidoptères. (Mlle de Rorthays et M. Portier). — Les mesures effectuées par ces deux entomologistes comprenaient la pesée, après l’expulsion de son liquide intestinal, de chaque insecte soit capturé dans la nature, soit obtenu d’éclosion, puis la détermination de la surface des ailes dont ils relevaient le contour sur un papier millimétré ou sur un carton d’épaisseur connue.
- Chez les Rnopalocères, qui utilisent le vol plané ou le vol à voile, la charge supportée par les ailes est relativement faible (150 gr. par cm2) ; chez les Sphingides, dont les muscles alaires sont très développés, elle peut atteindre 1 kg alors que chez la grande Libellule, voilier remarquable pris comme terme de comparaison, elle ne dépasse pas 400 gr. Enfin, le Xylocopa violacea et le Bombas terrestris donnent des chiffres très élevés : 2,4 à 3 kg.
- Il résulte de ces mesures que la charge ainsi supportée par les faibles membranes d’une aile d’insecte est notablement inférieure à celles qu’on attribue aux oiseaux et à nos avions. Dans ce dernier cas, on le sait, on atteint 23 kg par cm8. Paul Baud.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- • O • « 0
- Fig. 1. — Profil d’une poutre composée de quatre briques ordinaires.
- CONSTRUCTION
- Un nouveau matériau : la brique armée.
- M. Atthenont, à la suite d’essais, a pu constater qu’en associant, d’une certaine manière, la brique, le fer et le mortier
- de ciment pur, riche ou très riche, ouïe béton de ciment, on obtenait des constructions qui, grâce à l’adhérence puissante des trois éléments entre eux, pouvaient subir, sous l’influence des efforts, les mêmes déformations, bien au delà de la limite d’élasticité du métal seul employé avec le mortier, et jusqu’à cette limite avec le béton.
- Par suite, il est possible d’appliquer à ce matériau nouveau les lois et les calculs de la résistance des matériaux.
- Quelques tentatives ont déjà été faites pour associer la brique au fer et au béton, notamment pour des cloisons, pour des liourdis spéciaux, mais on n’avait pas encore été amené à la remarque scientifique que nous venons d’indiquer
- Des essais faits par l’inventeur avec une poutre armée d’acier dur ont permis de constater que pour une charge dépassant de 260 kg la limite d’élasticité du métal, l’adhérence du ciment et de la brique avec l’acier restait parfaite.
- Dans un autre essai, on s’était assigné pour but de voir si les matières associées à l’armature subiraient les mêmes déformations qu’elle, dans les allongements et jusqu’à la limite d’élasticité du métal. Avec une pièce fléchie jusque dans la voie de striction du métal, six fissures se présentèrent vers le milieu de la poutre, partout ailleurs l’adhérence des trois éléments consécutifs de la poutre resta entière. Après libération de la poutre, le fléchissement permanent constaté fut de 11 mm, alors qu’il était de 35 au commencement de la striction, et de 42 à la limite de 1 essai. Cette élasticité était due à une petite armature interne en fil à câble.
- L’inventeur utilise des briques creuses ou des poteries quelconques, qui sont percées dans le sens de la longueur. Il assemble les pièces en chapelet au moyen de fers qui arment les poteries intérieurement ou extérieurement, ou même des deux manières à la fois. Il réunit ensuite les briques et les fers au moyen de mortier ou de béton de ciment.
- On peut alors s’en servir dans la construction courante, dans les ordres de grandeur que permettent les dimensions des briques elles-mêmes. Toutes formes de briques ou de poteries, pourvu qu’elles soient percées dans la longueur sont utilisables.
- Ce système se prête bien à la construction debout, et l’on n’a plus besoin de coffrages aussi sérieux que lorsqu’il s’agit de béton armé.
- On peut appliquer le mode d’assemblage habituel du fer et du béton et réduire sensiblement les dimensions des charpentes. C’est ainsi qu’une poutre de 10 cm de
- hauteur remplace une solive en chêne de 25 cm. Partout oû se trouve de la brique ou de l'argile, ce procédé de construction est donc particulièrement intéressant.
- La brique creuse est celle qui se prête le mieux à une armature rationnelle. Les trous extrêmes reçoivent l’armature qui est chargée de résister aux efforts de la flexion, pour une poutre constituée par des briques de champ. Les trous de la région centrale recevront une armature résistant aux efforts tranchants et horizontaux. On agence au besoin sur les petites faces une armature supplémentaire, ce qui augmente le moment d’inertie et le module de résistance.
- On peut d’ailleurs combiner tous les systèmes d’armatures, simples ou doubles, renforcer la brique suivant les efforts auxquels il s’agit de résister, au moyen de barrettes, d’étriers, de ceintures ou d’enroulements continus.
- Pour compléter l’armature, on ajoute, dans les joints des briques, des plaques de tôle qui peuvent affleurer la surface ou déborder plus ou moins. Ces plaques sont percées afin de laisser le passage du fer, du mortier ou du béton.
- Elles ont pour rôle de résister aux efforts tranchants horizontaux des poutres, de supprimer les causes de voile-ment dans la flexion de champ. Elles facilitent grandement le montage et l’assemblage, car elles fixent la position relative des briques et des armatures, elles agissent comme butée, supports, assemblages avec les pièces voisines.
- Il y a évidemment une infinie variété de combinaisons suivant le mode d’établissement de la construction et suivant l’allure de la pièce à réaliser.
- L’introduction de plaques dans les joints permet aussi d’obtenir des solives d’égale résistance. Lorsqu’une plaque ne doit pas être traversée par une barre, on recouvre le trou d’une pastille qui l’obture; si des trous non armés de la brique doivent rester vides de ciment, une plaquette, soutenue par un tampon, arrête le bain de mortier et demeure ensuite en place sans gêner aucunement.
- Les plaquettes sont calcifiées suivant les efforts qu’elles doivent supporter. En faisant exécuter un ou plusieurs demi-tours à ces plaquettes, on tord les fils qui les traversent et l’on constitue alors une sorte de câble noyé dans le ciment d’un trou de brique, de sorte qu’on peut obtenir le même résultat qu’avec des fers de plus gros diamètre, sous un plus petit volume.
- Quand on moule debout, avec ou sans coffrage, le coulis de ciment doit remplir les vides : pour cela on ménage des encoches. La présence de plaques percées de trous facilite aussi l’adjonction de toutes sortes d’organes secondaires. On
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- Fil de
- Suspension -------
- Ligature
- Fil tendu ~
- -j-Planchette super Ie
- -- Plaque
- ^Plaque
- -2? brique ^ P/acjue
- -Etais en bois
- -FF brique
- obtient alors facilement des cloisons armées dans les deux sens, des cloisons contreventées ; on réalise simplement des
- scellements, des colliers, des raccords.
- Avec cette nouvelle combinaison d'éléments, la construction horizontale, la construction inclinée sont possibles, il en est de même de la fabrication verticale.
- Si l’élément à fabriquer est rectiligne ou présente des redans, sans fils flexibles, on peut se passer de tout coffrage. Quand l’élément est coudé ou courbé, un coffrage sommaire avec une surface d’appui de la forme voulue et des guides latéraux assurera la forme et sera suffisant pour un élément non enduit.
- Si l’on veut enduire l’élément, tous les côtés seront coffrés : l’un des côtés au fur et à mesure seulement de la pose des briques ou des plaques. Les vides sont remplis avec du coulis ; s’il y a des fils en croisillons, leur pose, ainsi que celle des conduites, se fait après le décofîrage. Celte manière de procéder peut d’ailleurs être suivie dans tous les cas et comporter de l’ornementation.
- Une pièce rectiligne, de profil constant, sans plaque débordante, se fera avec son enduit dans un coffrage spécial à portière, en bois ou en métal. Au moyen de fourrures bloquées intérieurement, le même coffrage servira à obtenir des pièces des différentes sections, et l’on peut ménager en creux des dessins ou des ornements qui ressortiront en relief sur la poutre.
- Le mode de procéder avec le moule à portière est différent suivant que la pièce comporte des fils flexibles ou non.
- 11 faut suivre naturellement toutes les prescriptions de la technique habituelle dans l’emploi des coffrages : suifîage du moule, immersion des briques si elles sont trop sèches, tassements par petits coups avec le coulis, grattage du ciment avant sa prise aux endroits réservés pour les assemblages, etc.
- Le nouveau matériau imaginé par M. Atthenont, remplaçant le bois, il sera donc possible de constituer des charpentes mixtes, concurremment avec d’autres pièces en fer. Par exemple, on établira une ferme avec des arbalétriers en briques armées, des tirants et des poinçons en fer.
- Les boulons travailleront à la traction à cause de la forte adhérence de la pièce; enles plaçant dans les régions neutres on n’affaiblira pas celle-ci. Un autre avantage est lafaible dilatation linéaire qui n’est pas plus à redouter
- / Planchette Coude des fils
- Fig. 3. — Chapelet de briques, tel qu’on le place dans un coffrage à volet, pour le couler. On y distingue les fers et les plaques.
- Nœud en béton pour qu’avec le béton armé..
- charpentes avec le nouveau matériau.
- Divers éléments constitués de la manière que nous ve-
- ......• -.............— 93 ------------.
- nons d’indiquer peuvent être réunis par des noeuds de béton, dans lesquels sont noyées les extrémités des armatures, et l’on combinera ce système de nœuds avec celui des plaques ou des boulons, qu’il s’agisse de charpentes homogènes ou mixtes.
- En résumé, la brique armée s’adapte à tous les éléments qui entrent dans la construction du bâtiment et dans les travaux publics.
- Son montage est facile, ainsi que l’assemblage avec les pièces voisines.
- C’est un produit fabriqué extrêmement intéressant, notamment pour les pays privés de fer. De plus les poutres essayées ont prouvé leur grande élasticité et assurent à ce point' de vue une sécurité qu’aucun matériel n’a encore donnée.
- Cette particularité semble donc faire de la brique armée un élément de choix pour les pays exposés aux secousses sismiques et aux grands cyclones.
- E. Weiss.
- M. L. Atthenont, architecte-ingénieur, 4, rue de Gravelle, à Versailles.
- ÉLECTRICITÉ
- Connexion pour batterie d’accumulateurs.
- Les conducteurs qui se rendent à une batterie d’accumulateurs, ainsi que ceux que l’on utilise pour les conduc-
- i n m iv v
- leurs.d allumage sur une voiture, sont constitués généralement non pas au moyen d’un seul fil, mais par des petits câbles.
- L’extrémité dénudée pour la connexion ne reste pas toujours en parfait état, car les fils élémentaires se détorsadent et parfois, on a recours à une petite goutte de soudure à l’extrémité du câble torsadé.
- On peut agir autrement en préparant à l’avance une boucle, qui formera cosse et se placera sur la tige de la borne de connexion.
- Pour cela, on dénude le câble sur une longueur de 2 cm environ (I) et l’on partage les fils élémentaires en deux groupes égaux (II).
- On torsade chaque groupe de fils (III) et on constitue ainsi deux câbles voisins.
- On les torsade entre eux, de deux ou trois tours, et on réserve l’œil (IV) en se servant d’un crayon ou du manche d’un porte-plume, puis on termine la réunion par deux ou trois torsades extrêmes.
- On retire naturellement le crayon et on trempe l’ensemble de la connexion dans un bain de soudure. On forme alors une extrémité lisse (V) et préparée pour se fixer solidement et commodément sur la tige de la borne après avoir enlevé l’écrou de serrage. Ce dernier, placé ensuite, assure un excellent contact et l’extrémité du câble ainsi préparée ne bouge jamais.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- L’arbre à pain (n° 2722).
- M. Georges Ying, de Port-Gentil (Gabon), nous écrit, au sujet de la disparition de l’arbre à pain dans les îles du Pacifique : « Je n'ai jamais planté d’arbre à pain autrement que par sectionnements de racines de 25 à 30 cm de longueur. Ces bouts de racines sont d’abord plantés en pépinière de façon qu’on puisse s’en occuper, les soigner, les arroser, etc. On les incline légèrement en laissant liors de terre une des extrémités. En peu de temps, ce., bouts de racines prennent et donnent un rejet qui sera bientôt un petit arbre à pain. Lorsqu’il atteint 40 à 00 cm de hauteur, ou le déplante et on le met en place définitive dans un grand trou bien fumé et avec des cendres. La transplantation doit se faire en saison des pluies. Si l’eau manque, on peut compter un tiers à un quart de déchet; il est donc utile, si possible, d’arroser les premiers jours.
- J’ai planté ainsi chez moi, aux « Collines », 600 arbres à pain, il y a 7 ou 8 années. Quelques-uns sont aujourd’hui de la grosseur d’un homme et atteignent 10 à 15 m. de hauteur. Tous sont en production depuis deux ans au moins. En ce moment, je viens d’en transplanter encore une cinquantaine.
- Cette méthode, la seule que je connaisse, pourrait parfaitement être pratiquée aux Iles de la Société.
- Pourrait-on faire de la farine avec les fruits de l’arbre à pain qui, actuellement, doivent être consommés sur place dès leur maturité ?»
- A propos du mystérieux « sens de l’espace chez les pigeons voyageurs.
- M. Victor Cornetz, bibliothécaire de la ville d’Alger, nous écrit : « Lisant le très intéressant article de M. Jean Casamajor, sur les pigeons voyageurs dans La Nature du 4 décembre 1926, p. 366, je viens vous demander de vouloir bien insérer les lignes qui suivent pour une légère rectification de fait. L’auteur écrit : a La fourmi, l’abeille, le pigeon voyageur, l’hirondelle, etc..., le chat, lâchés à
- des distances en rapport avec leurs moyens de locomotion, retournent à leur demeure. » C’est exact, sauf pour la fourmi. J’ai fait des centaines de fois l’expérience de capturer une fourmi à son gîte, au moyen d’une bribe d’aliment ou en lui faisant saisir une j>aille et de la lâcher à diverses distances du nid en la portant en un point quelconque. L’insecte tourne sur place, tout se passe comme s’il se figurait être encore au lieu où on l’a pris, il cherche l’orifice du nid. Ses tournoiements deviennent de plus en plus grands, il est manifestement incapable de prendre une direction précise..
- Ayant été lâchée par exemple à 2 ou 3 m. du nid, les tournoiements d’une telle fourmi peuvent durer d’une demi-heure à trois quarts d’heure, jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment étendus pour que l’insecte puisse recouper une piste olfactive déjà établie et partant de son gîte.
- Avec l’espèce à vue distincte Myrmecocystus c. b. qui dans ses explorations en quête d’un butin s’en va jusqu’à 100 m. de chez elle, et même plus, j’ai lâché des individus pris au nid (à des distances de 50 à 80 m.). J’ai pu suivre l’insecte pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il s’arrête comme épuisé de fatigue. Alors je l’ai porté à son nid, pour ne pas le laisser mourir.
- A propos de ce fait général, il est intéressant de lire le tout récent et très beau travail du professeur E. Rabaud intitulé : « L’orientation lointaine et la reconnaissance des lieux » à la page 886 du Journal de Psychologie du 15 novembre 1926. »
- A propos de la fuchsine.
- M. Gardot nous écrit : « Je vois dans La Nature du 27 septembre le terme fuchsine employé pour la teinture d’aniline, sans explication de ce terme. Yoici celle qui nous a été donnée en 1864 par notre professeur, ancien préparateur de Sainte-Claire Deville : « Le brevet a été pris par un M. Renard, de Lyon, qui a cru devoir germaniser son nom, en allemand Fuchs veut dire renard, d’où Fuchsine ».
- QUESTIONS ET REPONSES
- Erratum.
- Dans la Bibliographie du n° 2749, le volume : La culture commerciale des raisins de table, par II. Latière est indiqué du prix de 75 fr. 20 au lieu de 7 fr. 20.
- Protection des soies de brosses à dents.
- Pour que les soies de brosses à dents soient protégées contre le ramollissement dans l’eau, il serait nécessaire de pratiquer un enduisage en fabrique, avant montage avec une solution légère de caoutchouc, gutta-perclia, copal manille dur et térébenthine de Venise; dans le benzol. Une fois les soies en place, cet enduisage devient plus délicat, cependant nous croyons que vous pourriez tenter un essai sur une brosse bien sèche que vous tremperiez dans un liquide contenant 5 à 10 pour 100 de solution pour pneumatiques (colle au caoutchouc) et 90 à 95 d’essence pour autos, en prenant la précaution de secouer très fort aussitôt après sortie du bain, afin qu’il ne reste pas un excès de caoutchouc qui collerait les soies entré elles.
- M. Bourdon, Caen.
- Agglomérés de sciures de bois.
- Voici différentes formules d’agglomérés de sciure de bois qui pourront vous servir de types, les proportions devant forcément varier suivant l’état dans lequel se présentent les constituants :
- 1°. Brai de houille ........ 25 p. 100
- Terre glaise............. 10 —
- Sciure de bois......... . 45 —
- Poussier de charbon...... 20 —•
- 2° Faire un mélange de :
- Argile grasse. ........ 15 p. 1(10
- Chaux éteinte tamisée. .... 5 —
- Sciui'e de bois............. 80. —
- Ajouter une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte ferme, mouler sous pression et laisser sécher à l’air.
- 3“ On peut enfin ajouter simplement à la sciure 10 pour 100 de ciment, bien mélanger, puis terminer comme il vient d’être dit.
- Ecole d’Automobile, Fontainebleau.
- Pour enlever les taches d’encre à stylo sur les tissus.
- Sur les tissus blancs, traiter localement par de l’eau de Javel étendue d’environ dix fois son volume d’eau et acidulée par quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
- Quant aux taches sur tissus de couleurs, il faut se contenter de les atténuer par macération prolongée dans l’alcool dénaturé, car tout traitement chimique qui enlèverait l’encre ferait très probablement disparaître la teinte de fond obtenue avec une couleur d’aniline.
- Taches produites par les sucs de plantes.
- Elles se traitent comme les taches de fruits, c’est-à-dire que l’on commence par imbiber d’ammoniaque pour solubiliser les produits colorants, lé plus souvent à fonctions acides, ensuite on rince à l’eau tiède, rjj
- Si l’ammoniaque modifiait quelque peu la teinte de fond, il
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- suffirait pour la rétablir, après laçage, d’imbiber le tissu d’eau vinaigrée.
- Au cas où le traitement ammoniacal ne réussirait pas, il faudrait employer l’acide sulfureux, soit à l’état liquide (solution saturée), soit à l’état’ gazeux en brûlant, en dessous de la tacbe, un petit fragment de soufre.
- Gomme réciproque à l’observation précédente, si l’acide sulfureux altérait la teinte de fond, il faudrait après rinçage traiter à l’eau légèrement ammoniacale.
- Réparation de fentes dans un pavage en mosaïque.
- Faire d’abord un mélange de :
- Magnésie lourde.................. 12,5
- Sable............................ 87,5
- N. B. Le sable ne doit être constitué que par de la silice et ne pas contenir d’argile.
- Délayer ensuite le mélange jusqu’à consistance de pâte avec une solution de chlorure de zinc à 22° B. La concentration du chlorure doit être bien observée, car à 24° B., il y a dilatation de la masse, ce qui en diminue la solidité.
- Si on veut colorer, ajouter à la magnésie avant mélange l’une des couleurs suivantes : Jaune indien, terre de Sienne, ocre jaune ou rouge, outremer, en évitant d’employer les couleurs dérivées de la houille qui sont trop fugaces.
- Enlèvement de la rouille sur les pierres.
- La rouille s’enlève facilement sur les pierres avec une solution d’hydrosulfite de soude, que l’on prépare en faisant digérer pendant quelques heures des rognures de zinc dans du bisulfite de soude liquide. Rincer ensuite à grande eau pour éliminer le fer solubilisé.
- Mastic pour boucher les fentes de parquet.
- Cire jaune.................... 350 gr.
- Résine en poudre.............. 200 —
- Suif de mouton ............... 50 —
- Fondre ensemble, puis incorporer au mélange fondu :
- Blanc d’Espagne............... 400 gr.
- Ce mastic s’applique en le versant chaud dans les rainures, après refroidissement, on racle l’excédent avec une lame mousse ou morceau de verre cassé de forme arrondie.
- N. B. On peut approprier la teinte à celle du parquet ou des meubles, en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge additionnée de noir de fumée.
- M. Risler, Paris.
- Levures de panification.
- Les produits désignés sous les noms de self raising flour, baking powder, etc., que l’on mélange à la farine pour faire lever la pâte sont des agents chimiques qui sous l’inüuence de l’eau dégagent de l’acide carbonique; vous pouvez prendre comme type la pré-
- paration suivante :
- Amidon de.riz.................. 700 gr.
- Bicarbonate de soude............120 —
- Acide tartrique pulvérisé ... 90 —
- Bien sécher « l’air et isolément chacun des éléments, puis mélanger, tamiser et enfermer dans des récipients fermant hermétiquement.
- Pour l’emploi, ajouter environ 70 grammes de la préparation par kg de farine.
- E. S., Halle.
- Conservation des solutions de gélatine.
- Le moyen le plus pratique est d’ajouter 0 gr. 5 d’aldéhyde formique par 100 gr. de colle considérée à l’état solide, dans ces conditions le pouvoir collant n’est pas modifié, mais il ne faut pas dépasser la dose, car il y aurait insolubilisation de la gélatine.
- Les colles ainsi préparées restent neutres, ne foncent pas en coloration par séchage et demeurent stables quels que soient les changements de température.
- 95
- N. B. Le formol commercial est à 40 pour 100 d’aldéhyde formique.
- M. Boutais, Courbevoie.
- Fabrication de l’acide sulfurique.
- Les ouvrages suivants vous donneront tous renseignements sur la fabrication de l’acide sulfurique ; Traité de Chimie minérale de Moissan, article Acide sulfurique, par Ghabrié. La grande Industrie chimique. T. I, Acide sulfurique, par Lunge et N avilie, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Les acides minéraux, par Pierron, éditeur Baillière, 19, rue. Hautefeuille. Le soufre et ses composés de l'Encyclopédie, par Billon, éditeur Albin Michel, 22, rue Huyghens.
- M. Se.yienow, Moscou.
- Ciments dentaires.
- Les ciments dentaires sont presque toujours constitués par de l’oxyde de zinc, du verre porpliyrisé et du borax délayés dans une solution de chlorure de zinc. Vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce genre le ciment de Tetchtinger :
- Poudre : Oxyde de zinc pur .......' 30 gr.
- Yerre porphyrisé ... ... 10 —
- Liquide : Borax. ....................... 1 —
- Chlorure de zinc pur D — 15. . 50 —
- Si on désire donner le ton ivoire, ajouter à la poudre une trace d’ocre jaune.
- M. Richet, Paris.
- Consommation d’une voiture automobile.
- Pour une çoiture automobile du genre de la vôtre, on prévoit, en général, que la consommation en essence aux 100 1cm est approximativement sur route d’un litre par cheval, mais avec les moteurs poussés actuels, cette consommation peut être un peu supérieure, c’est ainsi que les automobiles récentes d’une puissance nominale de 11 chevaux, consomment normalement de 14 à 15 litres aux 100 kilomètres.
- Le carburateur livré avec la voiture est généralement réglé au mieux par le metteur au point du constructeur.
- Cependant vous pouvez très facilement faire vous-même quelques essais pour déterminer quel est le réglage le plus économique. 11 vous suffira d’avoir deux ou trois gicleurs de diamètre immédiatement inférieur à celui qui est actuellement en service sur votre voiture et de déterminer le plus petit qui est compatible avec la marche normale de l’automobile.
- Pour effectuer ces essais, on abordera plusieurs fois par exemple une côte assez longue, en changeant chaque fois le diamètre du gicleur et on devra ai'river chaque fois au sommet de la côte à une vitesse à peu près semblable.
- J. B., Paris.
- Ouvrages sur les ondes courtes de T. S. F.
- Parmi les ouvrages traitant des très petites ondes, ouvrages d’ailleurs peu nombreux encore, nous pouvons vous signaler le livre sur les Ondes très courtes de M. Me su y (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) et VÉmission d'amateur, par M. Laborie (éditeur, la T. S. F. Moderne, 9, rue Castex, à Paris).
- Dr Pichard, Angers.
- Alimentation d’un poste de T. S. F. sur courant alternatif.
- Un tableau de tension plaque sur le courant d’un secteur aller natif peut donner de bons résultats s’il est bien construit et si surtout le filtre qui fait suite au redresseur est établi avec des bobinages de choc bien adaptées et de bonne qualité, et également avec des condensateurs bien choisis.
- La question du chauffage du filament est plus délicate ; elle sera d’ailleurs traitée dans La Nature. À notre avis, l’amateur qui veut construire un appareil lui-même aurait tout intérêt à se contenter d’une petite batterie à liquide immobilisé qui se'rait simplement chargée facilement à l’aide d’une valve de redressement connectée immédiatement à l’aide d’un commutateur, lorsque le poste de réception n’est pas en fonctionnement.
- M. Benoit, Enghien.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- La traction T électrique vient, d’être mise en service par le
- P.-O. de Paris à Vierzon.
- En haut, à gauche : Locomotive à grande vitesse (construction Ganz), 4 essieux moteurs, 2 bogies. Puissance : 4000 ch.
- En haut, à droite : La même locomotive nue.
- Au-dessous, à gauche : Locomotive à grande vitesse (construction Brown-Boveri) à 4 essieux moteurs. Puissance : 3600 ch.
- Â droite : Une sous-station de la ligne Paris-Vierzon : Le Theillay, près de Yierzon.
- Lancement d’avion par catapulte.
- Toutes lés marines étudient le lancement d’avions par catapultes à bord des navires porte-avions.
- En bas, à droite : Une expérience à bord d’un navire américain.
- 91.101. — Paris, lmp. Lahure. — 1927.
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- LA NATUR
- à partir de 1927, paraîtra le 1er et le 3e samedi de chaque mois (48 pages par numéro)
- MASSON et Cie, Éditeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (7{. C, Seine : j5.234)
- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n°*), 70 fr. ; — 6 mois (12 n®’), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris, Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 43 fr.
- Pour l’étranger, abonnements payables en monnaies étrangères aux prix ci-dessous :
- ^tifjextérieu^nM valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U.R.S.S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses. Pesetas. Florins hollandais. Lei roumain.
- 12 mois (24 n*‘l. . 3.60 0.15.0 18. » 25.70 9. >» 800. »
- 6 mois (12 n°‘). . 1.80 0. 7.6 9. » 12.85 4.50 400. »
- Tarif extérieur n® 2 valable pour les autres pays.
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses. Pesetas. Florins hollandais.
- lü mois (24 n®*i 4.40 0.18.4 22. » 31.42 11. »
- 6 mois (12 n1"; 2.20 0. 9.2 11. » 15.70 5 50
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- N° 2754
- LA NATURE
- 5 Février 1927
- LES BIGOUDENS SONT-ILS DES MONGOLS?
- Dans son numéro du 31 décembre 1921, La Nature publia une étude d’Auguste Dupouy, le Celtisant, sur les Bretons de Pont-L’Abbé, ceux qu’on a qualifiés de « Mongols », c’est-à-dire les Bigoudens (').
- Il s’efforce de prouver que ce qualificatif n’est nulle-
- sistes sur le mongolisme des Bigoudens. Mais pour être pleinement démonstrative, pareille étude doit s’appuyer sur une base solide entre toutes, celle de l’anthropologie somatique, de la morphologie humaine comparée.
- C’est donc sur cette base que j’ai entrepris sur place,
- Fig. 1. - Quelques jeunes filles bigoudens d’aujourd’hui.
- ment justifié par l’ethnographie, en particulier par l’examen de la coiffe, du costume et des fameuses broderies que Mahé de la Bourdonnais a cru devoir identifier avec certaines d’origine thibétaine, origine que je ne saurais confirmer d’après ce que j’ai vu au Thibet.
- L’étude de Dupouy est intéressante; au lieu de s’abandonner à son imagination, comme tant d’autres, il s’est efforcé de voir les réalités et elles seules. Il a donc fait œuvre utile en réfutant certaines idées courantes fantai-
- 1. Auguste Dupouy. Un point d’etlinographie : les Bigoudens. Aquarelles de Mathurin Mjéheut. La Nature, n° 2491, 31 décembre 1921. ' ; i :
- cette année, l’examen systématique du type « bigouden
- Avant de décrire' ce type; je dois mentionner que,-même à l’École d’anthropologie de Paris, j’avais entendu1 affirmer l’existence dé la race mongole dans la presqu’île* de Penmarc’h. Mais j’attachai péd d’importance à cette’ assertion jusqu’au jour où, à Brest, certains médecins* me posèrent nettemènt là quéstiôn, s’étonnant même qu’après avoir étiidié si longtemps, en Asie, là race dite mongole, je pûsse ignorer qu’il eti existait des représentants dans mon pays de Bretagne.
- Gomment et par quelle voie les Mongols — s’il en existait .t— avaient-ils pu venir se fixer dans la pres-
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- Fig. 2. — Deux paysans de Pont-Labbé.
- qu’île de Penmarc’h, en un point de l’Europe aussi excentrique, aussi éloigné de leur patrie asiatique? Mais ni l’immensité des distances, ni la barrière des mers souvent infranchissables avec les faibles moyens de l’antiquité, ni' l’obstacle toujours renaissant des montagnes ou des déserts n’ont empêché les hypothèses de surgir et même des affirmations des plus audacieuses sur l’existence d’une colonie mongole dans la région de Pont-
- L’Abbé.
- "Les plus modérés ont qualifié cette colonie de « phénicienne « et vous apprennent que le culte d’Astarté est toujours vivant au pays bigouden. Mais comment concilier ce sémitisme d’origine avec le mongolisme?
- C’est ce qü’on néglige d’expliquer.
- Le plus audacieux toutefois, le plus fantaisiste parmi les littérateurs qui ont voulu expliquer l’origine raciale des Bigouden est incontestablement M. de Médicis. « Dans la région de Pont-L’Abbé, dit-il, se retrouvent dçs types-témoins merveilleusement évidents de tout l’ensemble ethnique commandé par le carrefour de l’Hindou-Kousch. Les individus laponoïdcs-finniques sont nombreux et se rattachent à l’ancienne Scythie des Samoyèdes et Kirghiz de nos jours. Le type mongol pur est beaucoup moins fréquent, mais admirablement distinct. On rencontre plus souvent ses dérivés immédiats : Bouriate, Tcherkesse, Ouzbeg, Tadjik('). C’est le lien le plus manifeste avec le Turkeslan, l’Afghanislan actuel et la Mongolie. Voilà donc les Mongols et les Parthes représentés dans ce coin d’Armorique. Du Thibétain, nous trouvons (toujours à Pont-L’Abbé) le summum du genre : l’Indo-Thibétain et à côté le Dravidien très indiqué de faciès et même d’humeur.
- « Quant aux types du Cachemir et du Népaul, ils sont disséminés, mais frappants. C’est finalement une synthèse ethnique complétée d’éléments Scandinaves, ibériques, saxons, gaulois, germaniques, frisons, vieux-bretons, celtes, lybiens, lusitaniens, tartessiques, ligures. »
- 1. Il y a ici confusion par l’auteur de races très différentes.
- Et l’auteur de conclure lyriquement : « Faisceau admirable de toutes les branches humaines, corollaire de la civilisation des dolmens! Prodigieuse réserve des principes les plus purs de nos origines celtiques ! »
- Il est inutile de qualifier cette prose.
- Mais qui eût pu jamais se douter que le Bigouden, un simple Cornouaillais, avait une telle lignée dé générateurs, lignée de tous les sangs, de toutes les peaux? Cette miraculeuse généalogie me rappelle certaine épithète dont le Chinois qualifie le métis ou le bâtard en son pays : « Ouann je ti ! », lui lance-t-il, lorsqu’il est en colère. Ce qui ne signifie rien moins que « fils de 10 000 pères! » Et, cependant, la généalogie d’un Chinois est loin d’avoir la troublante complexité de celle du Bigouden, telle que l’a conçue M. de Médicis.
- D’ailleurs, est-ce que récemment quelqu’un ne qualifiait pas le pays Bigouden de Nigritie de l’Occident!
- Belles histoires, pures créations de l’imagination en opposition brutalement évidente avec les réalités; nous en trouvons un exemple frappant, même chez Le Goffic, qui a écrit de si belles choses par ailleurs.
- Les Bigoudens aux « prunelles retroussées, aux crins bleus » sont sacrés Mongols par notre poète Le Goffic. Or, ce qu’il décrit la n’est nullement le Breton de Pont-L’Abbé ou de Penmarc’h, devant lui présent en chair et en os, mais bien un Jaune, Chinois ou Annamite, qu’il peint de mémoire. Mais le plus étrange en ceci, c’est que tous ceux qui ont eu la vision d’un mongolisme réel parmi les Bretons de Pont-L’Abbé en réservent le privilège, la propriété ethnique, aux seules femmes. Pour eux, les hommes sont d’une race différente; ils représentent de simples Aryens!
- Mais que dit l’anthropologie, l'analyse morphologique du type Bigouden? A quelle conclusion ai-je abouti après avoir examiné à loisir les habitants de la région de Pont-L’Abbé, les avoir examinés à la lumière de l’expérience que j’ai acquise en 25 années de contact avec le monde asiatique, dit Mongol?
- Eh bien! le Bigouden, du point de vue de son origine raciale, n’est en rien le descendant des « Hordes Camuses » de Le Goffic et encore moins la résultante de cette mixture sans nom imaginée par M. de Médicis.
- En effet, quelles sont les caractéristiques différentielles du Mongol? C’est la couleur de la peau, l’obliquité de l’œil avec bride, la saillie des pommettes, la petitesse de la taille, la couleur et la nature des cheveux, la forme du nez et de la bouche.
- Le Bigouden est incontestablement blanc de peau, d’une blancheur de blond beaucoup plus que de brun.
- La nuance de l’iris, si claire, si céruléenne souvent, se différencie totalement chez le Bigouden de la forte pigmentation de la race dite jaune.
- 3° La saillie des pommettes avec face large n’est, en pays bigouden, qu’un accident physiologique, une exception qui s’observe chez toutes les races, même les plus évoluées. Ici, cette saillie n’a rien de la généralité qui en fait, en d’autres pays, un caractère ethnique.
- Dans nos pays d’Europe, ce type physiologique s’observe fréquemment chez le digestif où la face atteint un grand développement, en particulier dans sa partie infé-
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- rieure. Mais plus généralement, ce type doit être qualifié avec raison de primitif'^d’archaïque (Mac-Auliffe). Personnellement, je le qualifie de « végétatif », c’est-à-dire un type humain attardé dans son évolution et qui en est toujours à l’âge végétatif, au stade de prédominance de l’appareil de nutrition sur celui du système nerveux encéphalique. En un mot, un type humain facilement discernable du fait que le développement de la face l’emporte nettement sur celui du crâne.
- Le Bigouden a des cheveux fins, souvent blonds et même roux ou encore châtain plus ou moins clair, mais jamais noirs comme chez le Méditerranéen. En un mot, le Bigouden a non des crins, mais le cheveu si bien caractérisé de la race blanche et même du rameau tant vanté par les Allemands : le type blond ou nordique.
- Après avoir examiné au cours de mon existence vagabonde tant de types humains, j’en suis venu à considérer la-forme du nez ou mieux l’indice nasal comme un caractère hautement différentiel des races humaines et surtout comme un caractère de supériorité ethnique. J’estime encore que l’affinement du nez est fonction du développement phylogénique, évolutif, du crâne aux dépens de la face. Mais pour le moment, n’envisageons que la forme du nez du Mongol et celle du nez du Bigouden.
- Le Mongol a le nez généralement court et aplati, à base large et à racine étalée, ensellée. Le Bigouden, au contraire, a le nez long, étroit dans l’ensemble et à racine bien marquée.
- Les exceptions à ce sujet parmi toute une population n’ont aucune signification ethnique; elles rentrent dans la catégorie des accidents physiologiques dont j’ai parlé ou dans celle du type végétatif.
- Bref, le Mongol est un mésorrhinien et même souvent un platyrrhinien, tandis que le Bigouden, comme les autres Bretons, est un leptorrhinien.
- La forme de la bouche : le Mongol est généralement lippu; certains, nombreux en Chine et en Indo-Chine, ont même les lèvres retroussées (type négroïde).
- Le Mongol est loin aussi d’être orthognathe ; son prognathisme réel, fréquent, peut même être ti’ès accentué jusqu’à former museau, caractère vraiment spécifique d’infériorité raciale.
- Inutile de faire remarquer que cette morphologie n’est en rien applicable aux Bigouden. Les plus fervents amateurs de mongolisme ne sauraient la reconnaître chez aucun d’eux, homme ou femme, cette femme qu’on a voulu isoler de son milieu racial, de son ascendance.
- Je n’insisterai pas davantage sur ces caractères différentiels si riches d’évidence, qui séparent le Mongol du Breton de Pont-L’Abbé. Je redirai cependant un mot de l’œil mongoloïde que certains auraient reconnu chez de nombreux Bigouden, Bigouden femmes en particulier.
- Examinons d’abord l’obliquité : cette disposition de la paupière supérieui’e peut s’observer chez le Bigouden aussi bien que chez le Fouesnantais, le Quimpérois, le Briochin, sans compter le Normand, le Gascon, le Provençal, etc., c’est-à-dire chez tout Français ou Européen. Rarement apparaît-elle chez l’adulte, cette obliquité, mais fréquemment, au contraire, chez l’enfant si l’on se donne la peine de regarder systématiquement.
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- Aucune conclusion à tirer de cet accident anatomique, de cette disposition exceptionnelle chez le Bigouden comme chez tout Français.
- Reste la boursouflure apparente de la paupière supérieure qualifiée mongoloïde. Qu’est-elle en réalité chez le Bigouden? Un simple rapprochement jusqu’à contact réel du bord supérieur du sillon palpébral avec le bord antérieur de la paupière. Généralement, le contact n’existe que dans la moitié ou les trois quarts externes du rebord palpébral, si bien que l’ouverture de l’œil du Bigouden prend la forme « triangle rectangle », différente donc de celle « triangle scalène » de l’œil mongol. L’ouverture palpébrale reste largement ouverte, n’apparaît jamais rétrécie comme dans la race dite jaune.
- Bref, nous n’avons affaire chez le Bigouden, comme chez tout Breton des côtes, qu’à une simple déformation de cette ouverlure par un rabattement de la lèvre inférieure du repli (M sourcilier sur la paupière, laquelle se trouve ainsi voilée en .partie. C’est un simple processus de défense contre la réverbération solaire, un phénomène d’adaptation des plus fréquents parmi les populations vivant au bord de la mer ou encore au milieu des champs, exposées, du matin au soir, à la pleine lumière.
- Résumons : la population de la région de Pont-L’Abbé présente toutes les caractéristiques de la race blanche sans aucune affnité avec les races mongole ou négroïde. Le Bigouden est même, un beau spécimen d’humanité façonné, au cours des siècles, par la rudesse de son milieu, par une sélection naturelle qui a dû être intense avant le bien-être actuel.
- Aussi, quelle belle et vigoureuse musculature, même chez la femme; quel équilibre harmonieux des formes! Le morphologiste ne saurait s’y méprendre; il est en présence d’une race saine, forte physiquement, et... moralement, sans doute, malgré certaines assertions. Car le dicton latin est toujours vrai : « Mens sana in corpore sano ».
- Il faut en finir avec cette légende du mongolisme bigouden; elle ne repose sur aucun fait scientifique.
- D1 A. Legendre.
- 1. Ou bourrelet, plutôt.
- Fig. 3. — Jeunes filles de Pont-Labbé à la mode d aujourd’hui.
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- LE FILM EN COULEURS
- La photographie en couleurs est aujourd’hui d’un emploi courant et les principes de la trichromie, sur lesquels elle est basée, sont bien connus.
- On peut les utiliser de deux façons différentes : soit en superposant les trois couleurs fondamentales, soit en les juxtaposant en éléments assez petits pour que l’œil ne puisse pas les séparer. Le premier procédé nécessite des manipulations assez compliquées et ixn repérage minutieux. Seuls, quelques professionnels en obtiennent de très beaux résultats. Il est par contre journellement employé dans l’imprimerie pour des illustrations en couleurs. Quant au second, il est universellement connu depuis la belle invention des plaques autochromes Lumière.
- LE FILM TRICHROME
- Lorsqu’on a voulu appliquer l’un ou l’autre de ces procédés à la cinématographie, on s’est heurté à des difficultés qui, jusqu’à présent, n’ont pas encore été surmontées. Dès 1898, W. Friese Greene avait réalisé un appareil qui donnait des résultats intéressants, (voir n° 1920 du 12 mars 1910) et plus tard d’autres appareils furent également construits (voir nc 2022 du 24 février 1912) notamment par les Etablissements Gaumont, qui installèrent à Paris, une salle spéciale pour les projections en couleurs naturelles.
- Tous ces procédés sont basés sur la superposition. Seul, le dernier venu, le procédé Keller-Dorian, est basé sur la juxtaposition (Voir n' 2678 — lor août 1925). Les résultats très intéressants qu’il a donnés font bien présager de son avenir.
- Mais pour le moment le film en couleurs par trichromie n’est pratiquement pas exploité, soit parce qu’il présente de très grandes difficultés d’exécution, soit parce qu’il exige des appareils de projection spéciaux. Il faut, en effet, pour que la cinématographie en couleurs naturelles entre dans l’exploitation courante, que les bandes puissent passer sur tous les appareils usuels sans modifications et que le prix de location ne soit pas très sensiblement augmenté.
- LE)FILM BICHROME CONSTITUE ACTUELLEMENT LA SOLUTION PRATIQUE .
- On a proposé, pour simplifier le problème, de transformer la trichromie en bichromie : au lieu de diviser le spectre solaire en trois groupes principaux donnant les couleurs fondamentales : rouge, violet, vert, on le divise seulement en deux groupes : rouge et vert. Le kinemacolor dont on a vu vers 1910 les belles projections du Durbar de Delhi, était basé sur ce principe, mais la nécessité d’interposer deux écrans colorés mobiles entre le film et l’objectif, exigeait la modification de l’appareil projecteur.
- Aujourd’hui, afin de remplir les conditions essentielles énoncées plus haut, on a pris le parti de juxtaposer les images dos à dos sur le même film dont l’un des côtés est teinté en rouge; l’autre en vert. (Quand nous disons rouge et vert, il est bien entendu qu’il s’agit du mélange des couleurs du spectre de la région rouge et de la région verte.)
- De cette façon, les images et les perforations ont les dimensions ordinaires, aucun écran spécial n’est nécessaire et le film peut être intercalé dans une bande d’un scénario quelconque sans modification. Ce sont là des éléments de succès que l’événement a du reste justifiés. Deux sociétés se sont principalement attachées à obtenir ce résultat, toutes deux américaines : la Kodachrome et la Technicolor. La
- réalisation a été longue et difficile, les premiers brevets remontent à plus de dix ans, aussi n’entrerons-nous pas dans les détails. Nous nous bornerons à exposer sommairement la caractéristique des deux procédés.
- LE PROCÉDÉ KODACHROME
- Kodachrome impressionne une bande négative hypersen-sibilisée et panchromatisée, de format normal, en disposant l’appareil de façon que deux images successives soient enregistrées l’une au travers du filtre rouge, l’autre au travers du filtre vert. Au développement, on a donc deux images voisines sélectionnées chacune pour l’une des deux couleurs. On a alors, pour le tirage de ce négatif, recours à une bande positive de format normal, mais qui a été émulsionnée des deux côtés, en ayant soin de séparer les deux émulsions au moyen d’un enduit spécial, complètement opaque à la lumière, adhérant au support commun, mais qui se dissoudra dans les bains de développement et de fixage. Au moyen d’un appareil spécial on peut impressionner cette bande d’un côté en y projetant une seule image sur deux, par exemple les images 1-3-5-7.... Ensuite, ce tirage étant terminé pour toute la longueur de la bande, on opère de même de l’autre côté pour les images d’ordre pair 2-4-6-8... de telle sorte qu’en fin de compte l’image 1 et l’image 2 se trouvent superposées dos à dos. Elles ne sont pas rigoureusement identiques; mais si peu s’en faut, que dans la pratique, cela ne présente pas d’inconvénient. Après développement, au moyen de dispositifs appropriés, on teint un côté de la bande en rouge et l’autre en vert. Par transparence, on voit reproduites sur chacune des images de la bande toutes les couleurs du modèle.
- LE PROCÉDÉ TECHNICOLOR
- Technicolor emploie également deux images sélectionnées par des écrans appropriés et rendues, par des dispositions spéciales de l’appareil optique, pratiquement superposables dos à dos. Mais au lieu de les tirer sur un seul film, on les tire sur deux films séparés dont l’épaisseur est moitié moindre que celle des films ordinaires. Après le développement et le teintage, on colle les deux films l’un sur l’autre avec des machines qui permettent de faire une superposition aussi exacte que possible des deux images.
- Pour arriver au but, il a fallu de nombreuses recherches photographiques et mécaniques.
- Quoi qu’il en soit, les bandes à deux couleurs sont aujourd’hui reconnues pratiques. Il est clair que par suite de l’emploi de deux régions seulement du spectre solaire, la reconstitution des couleurs ne peut pas être rigoureusement exacte ; les vues prises en plein air, notamment, le montrent bien. Mais quand l’opérateur peut, dans un intérieur, éliminer soit de l’ameublement, soit des costumes, les couleurs réfractaires à une bonne reproduction, les résultats sont en général fort acceptables et, dans bien des cas, tout à fait remarquables.
- Aussi, pour le moment, les metteurs en scène se bornent-ils à ne demander à ces procédés que ce qu’ils peuvent donner. Ils font exécuter pour leurs scénarios certaines parties, gros premiers plans ou passages jugés favorables, et ils les intercalent dans la bande, c’est là une excellente solution provisoire de la question. Le film entièrement en couleurs naturelles capable de remplacer complètement le film monochrome est, et restera encore pendant assez longtemps, un mythe. Une bèlle gravure sera toujours préférable à une mauvaise peinture. G. Mareschal.
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- :.LE COTON =~~...............: '=
- SA CULTURE DANS LES COLONIES FRANÇAISES
- Parmi toutes les préoccupations et tous les soucis que peuvent avoir à l’heure actuelle les pouvoirs publics et les industriels ou même les simples citoyens, il est une question qui se pose avec une acuité toute particulière et qui semble distancer de [loin toutes les autres. Le monde, dans le développement considérable du machinisme et de l’industrie, peut-il sans inquiétude compter sur une abondance suffisante de matières premières et est-on assuré de ne manquer jamais des produits qui deviennent actuellement aussi indispensables à la vie industrielle que l’air à la vie humaine ?
- Notre but est uniquement ici d’étudier le problème cotonnier dans les colonies françaises, et si nous posons au début de cette étude cette question qui peut sembler à première vue n’avoir aucun rapport avec elle, c’est que les Américains, qui sont à l’heure actuelle les gros fournisseurs du monde pour le coton, menacent, par suite de la baisse des cours de ce textile et l’accroissement considérable de leurs filatures, de cesser ou tout au moins de restreindre dans de très grandes proportions leurs exportations.
- Quelle répercussion cela aurait-il en France?
- Une très grande à coup sûr, puisque cette mesure 'se traduirait par l’arrêt de l’une de nos industries les plus prospères et par le licenciement de 150 000 ouvriers qui tant dans le Nord que dans l’Est sont employés dans l’industrie textile.
- En outre, les achats que nous faisons à l’étranger se traduisent par des sommes considérables (plusieurs milliards) et ces débours ne sont pas faits pour améliorer la monnaie nationale. Pour obvier (aux inconvénients qui résultent de la situation actuelle le seul remède est de faire ravitailler l’industrie française par la production coloniale.
- Fig. 1- — Uu champ d'expérience du coton à Ségou (Soudan)
- Qu’est-ce que le coton ?
- Le cotonnier, autrement nommé Gossypium, est une plante herbacée ou subarborescente annuelle ou vivace ; sa taille est en moyenne de 1 à 2 m. et il porte des fleurs, blanches, jaunes ou purpurines selon les espèces. A la base de ces fleurs se trouvent des bractées vertes dentelées, et accrescentes. Le fruit est une capsule qui au moment de la maturité s’ouvre en 3 ou 5 valves conte--nant chacune des graines plus ou moins nombreuses, d’où s’échappent des poils tégumentaires : c’est le coton.
- La longueur de ces poils, ou fibre, varie selon les espèces; ils sont souvent accompagnés d’un duvet. Quant à la graine elle renferme un produit huileux qui peut être extrait, et le résidu ou tourteau a son usage dans l’alimentation du bétail ou dans les usines d’égrenage comme carburant.
- Fig. 2. — Un marché du coton en Afrique occidentale française à Bobo-Dioulasso (Haute-Volta).
- Historique.
- Le coton est connu de très longue date, son berceau semble avoir été en Chine, mais les Egyptiens, bien avant notre ère, le cultivaient dans les riches vallées du Nil, et il n’était pas ignoré non plus des indigènes de l’Inde qui, comme nous allons le voir, avaient su en tirer parti. Jusque vers la deuxième moitié du xvne siècle, on ne travaillait pas le coton en Europe, l’Inde approvisionnait l’Occident en tissus, et ce n’est qu’en 1772 que fut fabriquée en Angleterre la première étoffe de coton. A compter de cette époque, les progrès qui fu-rents faits d’année en année sont remarquables et en 1780 en Normandie, où s’était localisée l’industrie textile, on comptait 20000 fileuses qui au moyen du rouet produisaient plus de 3000 tonnes de coton filé..
- L’inventeur de la première machine fut un Français, Roland de la [Platière, les Anglais
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- Fig. 3. — Construction d’une usine d’égrenage pour le coton à Bouaké (Côte d'Ivoire).
- surent mettre à profit la découverte de notre compatriote, et après l’avoir mise au point, introduisirent en France vers 1784 des machines, primitives évidemment, mais néanmoins susceptibles d’absorber et au delà toute la production des filés.
- Le coton venait d’Egypte ou des Indes et l’Amérique resta dans un rang très proche de la fin jusque vers la fin du xvm0 siècle. A cette époque elle conquit rapidement la première place qu’elle a conservée depuis, sauf aux environs de 1860. Pendant la guerre de Sécession, l’Inde, l’Australie et l’Egypte reprirent une importance qu’elles ne purent garder par la suite.
- Les différentes sortes de coton et leur culture.
- Il existe un grand nombre de sortes de coton, selon que l’on se | lace au point de vue de sa provenance, de la longueur de la fibre ou de la façon dont il est cultivé. Au point de vue provenance, deux groupes principaux : le coton américain et le coton asiatique. Pour la longueur de la fibre, on distingue les cotons à longue, à moyenne ou à courte soie, ceux-ci étant préférés aux deux autres qui sont beaucoup trop délicats. Enfin il faut savoir que la culture peut être sèche ou irriguée et que chacune d’entre elles produit un genre différent. La culture irriguée exige un apport d’eau nécessaire à l’arrosage par suite de la sécheresse et de l’irrégularité des pluies de la région où elle est pratiquée. La culture sèche au contraire n’exige aucun travail d’adduction d’eau, la nature se chargeant d’arroser suffisamment les territoires où elle a lieu, elle est de ce fait préférable, puisque plus économique. On pratique principalement en Egypte la culture irriguée, l’autre sur la côte orientale des Etats-Unis d’Amérique et le long du golfe de Guinée. Quel que soit le mode de culture, le terrain est rapidement épuisé par cette plante, aussi la nécessité s’impose ou bien de laisser reposer le sol, ou bien d’alterner les cultures. Cette dernière méthode consiste a remplacer un an sur trois le cotonnier par des légumineuses qui reconstituent le terrain; celui-ci étant préparé, on laboure plusieurs fois dont une au moins à la profondeur de 50 cm, on herse ensuite et la plantation s’effectue enfin après avoir
- aménagé des sillons distants de 1 m. environ soit en poquets, soit en lignes. Une sélection très sérieuse des graines doit être opérée avant le semis et c’est d’elle que dépend pour une grande part la qualité du produit que l’on récolte. Dès que les premières pousses sont sorties, il faut entourer le cotonnier de soins très minutieux ; sarclages et binages fréquents sont exigés par le développement autour des pieds de plantes inutiles et des pieds mal venus qui sont sacrifiés au profit de leurs voisins plus robustes. La plante ayant tendance à se développer en long’ueur et en largeur, on l’étête et l’on coupe les branches latérales à une longueur approximative de 40 cm ; 5 ou 6 mois après les semailles on procède à la récolte, qui s’échelonne sur une période indéterminée, car les capsules ne s’ouvrent pas en même temps, et il faut attendre pour la cueillette que le temps soit absolument sec.
- Industrialisation du coton à \la colonie.
- Tel qu’il est cueilli, c’est-à-dire muni encore de sa graine, le coton est soumis à un 'séchage minutieux opéré sur des claies afin de lui éviter tout contact avec les impuretés du sol, puis commence un travail mécanique destiné à le rendre transportable dans les meilleures conditions : l’égrenage et le pressage.
- On égrène le coton, car le grain risquerait d’abîmer la fibre en sécrétant l’huile qu’il renferme, et de plus sa présence augmenterait considérablement le poids de la marchandise à expédier; la graine entre, en effet, pour les 2/3 dans le poids du fruit. L’égreneuse, qui comprend différents modèles (à scies, à rouleaux, etc.) sépare la fibre et l’entraîne d’un côté tandis que la graine est projetée d’un autre, fibre et graines sont ensuite [traitées séparément. La première, tassée d’abord au pied par l’indigène, est amenée ensuite devant la presse (hydraulique ou à bras) qui comprime le coton et l’entoure d’une enveloppe de toile, lui donne enfin la forme paralléli-pipédique de la balle telle qu’elle est expédiée : il ne reste plus qu’à la cercler au moyen de larges bandes métalliques et à la diriger vers le port d’embarquement. Quant à la graine, qui est également une source de revenus appréciables, elle donne par pression 18 à 20 pour 100 de son poids en une huile utilisée dans l’industrie savonnière, les résidus servent ensuite comme engrais, comme nourriture pour les bestiaux, ou enfin comme combustible utilisé dans les usines d’égrenage.
- Un gros effort a été fait pour la préparation industrielle du coton dans les colonies françaises par l’Association cotonnière coloniale fondée en 1904 par M. Esnault Pelterie; elle poursuit un but] complètement désintéressé et a pour but de pourvoir au ravitaillement des filatures françaises par le coton colonial. Ce groupement doit, pour mener sa tâche à bien, disposer de sommes importantes; le prix de revient d’une usine,!les salaires d’un personnel spécialisé sont des charges qui n’arrivent pas à couvrir les recettes d’égrenage et de pressage. Aussi le budget de l’Etat d’une part, celui des colonies d’autre part viennent-ils en aide à ce groupement, ainsi d’ailleurs que la plus grande partie des fila-
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- teurs français qui se sont imposé librement une taxe de 1 franc par balle utilisée dans leur usine, montrant de la sorte tout le bien qu’ils attendent d’un accroissement de la production des possessions françaises. L’Association cotonnière coloniale qui n’avait encore en 1922 que 3 usines en A. O. F. en a actuellement 15.
- Les considérations qui précèdent, très légèrement esquissées d’ailleurs, nous ont néanmoins semblé nécessaires, avant d’examiner plus spécialement le point de développement actuel de la culture du colon dans les colonies françaises.
- LE COTON
- DANS LES COLONIES FRANÇAISES
- Avant la guerre, on feignait d’ignorer les ressources que contenaient nos colonies, on considérait celles-ci comme champs de bataille pour les officiers de carrière, ou comme lieu d’exil pour les hommes ne pouvant se plier aux exigences de la vie moderne. La guerre a eu le bon côté de réduire à néant ces idées fausses et de faire voir à tous la source de trésors inépuisables que sont nos possessions d’outre-mer.
- Pour le coton, en particulier, les quelques efforts dispersés entrepris par certaines sociétés étaient loin de donner des résultats appréciables et d’apporter sur les marchés européens des quantités importantes; l’effort méthodique date de ces dernières années, il semble devoir être couronné de succès et nous nous proposons de voir dans chaque possession ce qui a,déjà été fait et ce qui peut être encore entrepris.
- Asie.
- L’Indochine, notre grande possession d’ Extrême-Orient, est par la composition de son sol une des plus belles terres à coton que nous possédions ; c’est au Cambodge que se trouve la principale zone de culture, tant sèche qu’irriguée, les berges immédiates du Mékong se prêtent à ce dernier mode de culture, grâce aux inondations salutaires qui font périodiquement déborder le Mékong de son lit. La culture y est ancienne et les indigènes recueillent une fibre courte de 18 à 22 mm., irrégulière et laineuse. Les Terres Rouges ou Terres hautes, à l’abri, elles, des inondations du grand fleuve occupent une superficie de plus de 2 millions d’hectares où la culture du coton est de date récente; ces terres sont d’un accès facile et d’une fertilité incomparable ; le coton qu’elles produisent, propre, soyeux, nerveux, soutient avantageusement la comparaison avec les meilleures espèces américaines et le rendement à l’hectare arrive à dépasser la moyenne observée aux Etats-Unis. Cette i*égion n’est malheureusement pas suffisamment peuplée; il serait bon d’étudier la possibilité d’une immigration rationnelle de travailleurs provenant de régions voisines ; cela n’a pas empêché des compagnies métropolitaines de s’atteler à une augmentation de la production ; certaines, même, après avoir obtenu des concessions, y ont importé un matériel nouveau de culture et d’égrenage.
- =—................. ...... 103 =
- Le Laos jouit d’un climat favorable, et produit cependant une quantité réduite acheminée pour plus de la moitié vers le Siam.
- Il ne faut pas cependant fonder de grands espoirs sur des importations considérables en France de cotons indo-chinois. Notre grande possession est située dans la zone d’influence de la Chine et du Japon, et ces deux pays ont fait un gros effort dans l’industrie textile : le nombre des broches utilisées en 1907 était de 850 000 en Chine et de 1 500 000 au Japon, il est passé à 2 250 000 en 1923 dans ce premier pays et à 4 700000 dans le second. Cette industrie est appelée à absorber la récolte de notre possession et c’est là un courant commercial naturel contre lequel il n’est pas possible de lutter.
- Océan Indien.
- L’éloignement n’est pas, à l’époque où nous vivons, une raison qui fasse renoncer à la possibilité de recevoir de Madagascar du coton en abondance. En 1923, sollicitée par l’Agence économique de Madagascar, l’Association cotonnière coloniale dont nous avons mentionné plus haut l’importante et utile besogne décidait d’entreprendre un voyage d’études dans notre grande Ile de l’Océan Indien pour se rendre compte des possibilités de culture cotonnière. M. Cayla voulut bien prendre la direction de cette mission d’études, que le Ministre des Colonies transforma en mission officielle pour lui prouver l’importance qu’il y attachait. La plus grande partie de Madagascar fut parcourue et M. Cayla résuma dans un ouvrage les observations importantes qu’il fit.
- Le climat de la région occidentale est celui qui se prête le mieux à la culture du coton et la vallée de la Tsiribihina ainsi que la zone qui s’étend au nord de ce fleuve est apte à la culture sèche, tandis qu’à l'autre extrémité, depuis et y compris la vallée du Mangoky jusqu’à la vallée de l’Onilahy, sauf de rares exceptions, l’irrigation est appelée à porter ses fruits, ainsi que dans la partie méridionale que la mission n’a d’ailleurs pas visitée. L’introduction de la graine de coton remonte à une époque fort lointaine, les variétés y sont nom-
- Fig. 4. - L’usine de 1‘ A. C. C. à Bouaké (Cote d’ivoire) après son achèvement.
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- breuses par suite du manque de méthode qui a présidé.
- Il a été difficile, etM. Cayla dans son ouvrage l’a nettement indiqué, de désigner une variété susceptible d’être préférée aux autrés; il donne cependant les'quelques conseils ci-après : en culture sèche la variété dite « Mombana », originaire de l’Ouganda, a donné des résultats supérieurs à ceux obtenus avec les cotonniers indigènes, la soie en est longue (2B à 30 mm.) et le rendement à l’égrenage des plus satisfaisants. En culture irriguée, aucune base expérimentale n’existe pour fixer son choix sur une variété quelconque, on peut toutefois supposer que les variétés indigènes sont appelées à donner des résultats rémunérateurs.
- Il faudra entreprendre une lutte énergique contre les parasites susceptibles de provoquer des dégâts considérables ; grâce à des mesures sévères ils ne pourront être un obstacle insurmontable à la production malgache, encore faut-il les prendre sans délai et surveiller à la fois les importations de graines et les cultures.
- Malgré le manque de cohésion, la diversité des espèces, les parasites, la grande Ile pourra concourir avec succès au ravitaillement de la métropole jusqu’à concurrence de plusieurs milliers de tonnes par an, le jour où l’on se décidera à procéder avec méthode et où les colons installés là-bas auront l’aide matérielle et morale à laquelle ils ont tous droits de prétendre.
- Syrie.
- En continuant notre voyage documentaire, nous arrivons dans ce pays placé sous mandat français. La Syrie est appelée, à devenir l’un des gros fournisseurs de la filature française ; il faut lui souhaiter seulement pour arriver à ce résultat de'ne pas changer constamment de Haut Commissaire, ou tout au moins de conserver une même méthode.
- La culture du coton dans ce pays remonte à la plus haute antiquité, elle occupait même au moment des croisades une importance très grande dans le commerce régional, importance qu’elle sut garder jusqu’à la période toute contemporaine d’avant-guerre. Depuis, la nécessité de produire redonna une vigueur nouvelle aux entreprises de production et d’usinage.
- La côte syrienne, de Tyr à Alexandrette, convient à la culture sèche ou irriguée selon les régions.'En l’absence de tout cadastre syrien, on fixe approximativement à 2 500 000 hectares, la totalité des terres susceptibles de produire du coton de toutes variétés dont 1 700000 en culture non irriguée ; mais toute cette étendue ne pouvant être plantée simultanément pour ne pas épuiser le sol, il faut tabler sur une superficie annuelle de 260000 hectares en irrigation et de 560000 hectares de culture sèche. .
- La production moyenne étant de 350 kg de fibres à l’hectare dans les terrains irrigués et de 80 pour les autres, il n’est pas invraisemblable d’espérer une production annuelle de 138 600 tonnes dont 93 000 susceptibles d’utilisation en France, ce qui représente un tiers de notre consommation. . ,
- M. de Jouvenel, l’ancien haut commissaire, était même
- plus optimiste à ce sujet et lors d’un interview qu’il voulut bien accorder au correspondant d’un journal du Nord il disait notamment : « La France se doit d’aider les Syriens à mettre en valeur un sol dont on ignore trop les ressources et les possibilités, c’est d’abord conforme à sa grande mission civilisatrice ; c’est ensuite le meilleur moyen de s’attacher définitivement les populations un peu turbulentes, c’est enfin l’occasion unique pour elle de se libérer de l’obligation qui lui est faite de s’approvisionner, en laine, en coton et en soie dans des pays qui lui font payer ses matières premières en livres et en dollars et dont elle est par suite tributaire. » M. de Jouvenel ajoutait textuellement : « Quand je suis arrivé en Syrie, j’ai eu l’impression qu’un champ magnifique s’offrait à notre activité. Je me suis renseigné auprès de mes services. Ils m’ont confirmé dans mon impression première et par eux j’ai appris que la Syrie à elle seule, pouvait produire les trois quarts du coton nécessaire à l’ensemble de l’industrie française. »
- Les essais officiels de ces dernières années eui'ent lieu simultanément dans l’Etat des Alaouites et dans celui du grand Liban; ils confirmèrent l’aptitude de la zone côtière à produire du coton à maturité peu précoce se rattachant au type égyptien ou au type américain, particulièrement au « Sea-Island » dont les fibres fines et longues de 34 mm. sont très recherchées.
- Un très gros effort a été fait en Syrie contre les parasites ; pour limiter leur introduction en Syrie, l’autorisation d’importer des gi’aines de coton fut d’abord limitée au seul port de Beyrouth où les arrivages étaient minutieusement contrôlés. Par la suite, la faculté d’introduction fut étendue, mais toujours sous le contrôle et la responsabilité des services agricoles, à un poste ou port par état. Il fut également créé des centres de désinfection. En outre des tournées de propagande, la divulgation des notices et d’instructions parmi les indigènes n’ont pas peu contribué à la réussite dans la lutte entreprise contre les insectes.
- La main-d’œuvre, sans être pléthorique, est cependant en suffisante abondance pour ne pas donner d’inquiétudes. La Syrie par conséquent, et sans aucune restriction, est appelée à concourir largement au ravitaillement nécessaire.
- Afrique du Nord.
- (Algérie, Tunisie, MarocV.
- Avant de passer à l’Afrique Occidentale Française, où se porte actuellement le plus gros effort de l’Administration et des entreprises privées, l’Afrique du Nord mérite d’attirer l’attention du lecteur.
- De 50 tonnes qu’elle était encore en 1920, la production algérienne est passée à 1200 tonnes en 1925, c’est dire la faveur dont jouit la culture du coton chez l’agriculteur algérien depuis quelques années ; et cela se comprend si l’on évalue à 6000 francs environ la recette par hectare (5500 hectares auraient été cultivés au cours de la dernière campagne 1925-1926 et cette superficie pourrait bien être doublée lors des prochaines semailles).
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- L’état actuel clés possibilités d’irrigation permettrait d’ailleurs de consacrer à la culture irriguée des espaces plus considérables qui pourraient atteindre 20000 hectares.
- Les techniciens ont mis en garde à différentes reprises les agriculteurs contre la tendance qu’il s ont à cultiver chacun et au petit bonheur des espèces différentes. Le but à atteindre étant de produire un type unique « Nord Africain »’ils ne devraient pas perdre de vue que la valeur marchande du coton algérien risque d’être fort amoindrie par une abondance de produits non homogènes répondant plus ou moins aux exigences de l’industrie textile. Les Américains, et ce fut là le secret de leur réussite, surent se plier à une discipline de production; pour ne pas s’y conformer les agriculteurs algériens risqueraient fort de compromettre irrémédiablement le succès de leurs entreprises. Il faut donc sélectionner les graines et engager le planteur à venir uniquement s’approvisionner parmi celles qui ont été triées; il faut ensuite classer la production en lots importants et homogènes. Le meilleur moyen pour arriver à ces fins serait le groupement er > coopératives de tous les pro- , ducteurs, comme cela s’est d’ailleurs fait déjà dans les centres de Perrégaux, la Ferme Blanche, etc., où le « Pima », variété améliorée du « Mit Afifii » égyptien, a donné d’intéressants résultats.
- En Tunisie, certaines espèces telles que le Yuma et le Mit Ali fi, appelées peut-être à supplanter les autres, ont donné satisfaction en culture irriguée ;• mais dans l’ensemble les résultats n’ont pas été très encourageants
- dans la dernière campagne, peut-être d’ailleurs par suite des mauvaises conditions atmosphériques.
- Quant au Maroc, pays neuf et fertile, il n’y a pas de raisons pour que les essais entrepris, et d’ailleurs dans l’ensemble couronnés de succès, ne soient point étendus à de grandes étendues du territoire. En culture sèche, le « Lone Star », le « Durange » et 1’ « Acala Sar-Sar » semblent convenir, tandis que le choix se porte sur le « Pima » et 1’ « Aschmonni » en culture irriguée. Les difficultés furent grandes jusqu’en 1925 par suite du manque d’usines d’égrenage et beaucoup de cultivateurs de ce fait reportèrent sur d’autres produits leur activité. Mais à partir de cette époque, et pour le plus grand bien
- Fig. 5. — Le montage d'un moteur dans une usine d'ê.
- ciation cotonnière marocaine, groupe tous ceux qui s’intéressent à la culture du coton et essaie de diminuer les frais encore très élevés de l’usinage. Ainsi le Maroc qui a produit 42 tonnes en 1925 pourra cultiver et produire davantage.
- Afrique Occidentale Française.
- Avec le groupe de colonies échelonnées depuis les côtes de Mauritanie jusqu’à l’embouchure du Niger et qui s’étendent profondément à l’intérieur du continent, nous arrivons dans le pays où la culture du coton donne déjà des résultats sensibles, et où la production ira sans cesse en augmentant. Les deux modes de culture trouvent l’un et l’autre leur emplacement dans ce vaste territoire.
- La zone côtière, qui comprend les colonies de la Guinée, de la côte d’ivoire, du Togo et du Dahomey, jouit d’un climat tel que la culture sèche y donne de bons résultats : pluies régulières et abondantes, main-d’œuvre suffisante. La zone intérieure, où les pluies ne sont ni
- régulières, ni abondantes, se prêtera néanmoins à la culture irriguée lorsque les travaux entrepris dans la boucle du Niger auront été menés à bien.
- Soudan. — Dans les territoires du Soudan ainsi que dans la vallée du Sénégal, les conditions de l’irrigation sont les plus favorables, elles ont été d’ailleurs mises en évidence par les études que le Gouverneur général de l’A. O. F. a fait entreprendre grâce
- egrenage.
- à la mission Bélirne en 1919 et 1920, laquelle a constate que l’importance des crues, leur durée et leur époque s’adaptaient remarquablement bien aux besoins de ce mode de culture, mais nécessiteraient de ce fait des travaux importants, principalement dans la zone du delta nigérien.
- Une seconde mission confiée au Dr Forbe conclut à la possibilité d’endiguer le Niger deltaïque sur sa rive gauche et de soustraire de la sorte à l’inondation une superficie de 300 000 hectares au moins qui pourrait être irriguée par une dérivation du Niger dans les environs de Sansanding, et drainée par le système actuel d’évacuation des eaux de crue vers l’aval. Ces deux missions
- de chacun et de tous, quelques colons se groupèrent en estimèrent également que la vallée moyenne du Niger,
- coopératives d’égrenage et de vente. Les résultats furent tels que cette année les superficies ensemencées atteignent 400 hectares.
- L’Administration s’occupa, dans la partie occidentale du protectorat, de coordonner les efforts particuliers, de distribuer des graines et d’établir des centres d’égrenage (Kénitra-Marrakech), elle fut aidée dans cette tâche par l’Association cotonnière coloniale, dont une filiale, l’Asso-
- favorable à la culture irriguée de cotonniers américains, pourrait donner de 200 à 500 kilogs à l’hectare d’une fibre de qualité demandée par l’industrie métropolitaine.
- Les importants travaux à prévoir font ressortir une dépense de 80 à 90 millions de francs à laquelle peuvent faire face sans difficulté les budgets coloniaux.
- Les firmes particulières ne sont pas, pendant ces
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- études, demeurées inactives et l’une d’entre elles, la « Société de Culture cotonnière du Niger », créa, sur l’initiative de M. Marcel Hirsch, une plantation de près de 3000 hectares à Dué, qui a produit en 1925 250 tonnes de coton de qualité parfaite', ce qui constitue une démonstration de premier ordre des principes établis par les missions officielles.
- La récolte annuelle du coton dans cette région est d’environ 3.000 tonnes et pourra être augmentée au fur et à mesure de l’avancement des travaux, elle est appelée à comprendre des espèces égyptiennes, ou originaires de Nigéria, où surtout américaines, car ces dernières plus recherchées sont susceptibles d’un rapport plus grand que les précédentes.
- Haute Volta et Guinée. — Ces deux colonies constituent avec la partie du Soudan voisine de Koutiala la transition entre les pays de culture sèche et ceux de culture irriguée, c’est une zone moyenne où l’on peut adopter la culture en « dry-farming » qui a donné au cours de la précédente campagne toute satisfaction au planteur.
- Zone côtière. —- Cette zone comprend les colonies que nous avons citées plus haut et qui se prêtent à la culture sèche, n’exigeant pas les travaux considérables que nécessite la culture irriguée; la main-d’œuvre y est abondante et l’évacuation des produits plus facile que dans la partie continentale par suite d’un réseau routier et même ferroviaire beaucoup plus considérable, ce serait pourtant une erreur de s’imaginer que la seule difficulté consiste seulement à défricher et déboiser pour planter ensuite des semences ; les pratiques culturales doivent être peu à peu introduites, et il faut amener l’indigène à renoncer au système actuel de jachères broussailleuses, pour lui substituer la jachère cultivée, les assolements rationnels, et la pratique des récoltes fourragères.
- Les variétés que l’on trouve dans ces colonies sont, d’origine sud-américaine et ont été introduites jadis par des marchands d’esclaves. A l’Ouest (Côte d’ivoire) on se trouve en présence du Gossypium braziliencc ou coton rognon, à l’Est (Togo-Dahomey) du Gossypium peruvianum. Une espèce américaine, le « Sea-Island », y a en outre été introduite et donne dans ces deux dernières colonies des résultats tout à fait satisfaisants. C’est même, au dire du Dr Forbes, à Parahoué (Dahomey), que se trouve le plus beau champ de coton de la région.
- Côte d’ivoire. — L’effort réalisé dans cette colonie pour la production d’un cacao de qualité très appréciée laissé cependant le champ libre à la culture du coton, la récolte de 1926 a été estimée à environ 4000 tonnes, ce qui représente le double environ de la récolte de 1925 et laisse prévoir une exportation de 900 à 1000 tonnes.
- Les procédés de culture divulgués à la ferme-école de Ferkessedougou, l’accroissement du nombre des usines sont autant de preuves de l’espoir que mettent
- dans la production de cette colonie l’Administration et l’industrie.
- Dahomey et Togo. — Ces deux Territoires, le premier colonie française, le deuxième placé sous mandat français, cultivent, nous l’avons vu plus haut, une variété américaine nommée Sea-Island, classée dans le standard américain comme « good middling » et particulièrement recherchée par l’industrie textile française pour la longueur moyenne de la fibre, sa nervosité et sa résistance; le Dahomey a produit pour la campagne 1926 une quantité de fibre évaluée à 900 tonnes, cependant que le Togo, bien que d’une superficie plus restreinte, en produisait 1600 tonnes.
- A noter, dans ce dernier pays, la présence du Gossypium hirsutum qui n’est autre que le fameux « Upland » américain et qui s’est particulièrement bien adapté au climat togolais.
- '!*
- En résumé, en A. O. F., les variétés américaines qui .sont les plus demandées et par conséquent préférables aux autres ont montré une certaine adaptation à leur nouveau milieu et sont susceptibles d’améliorations par sélection et acclimatation. Les sols éoliens ont donné des résultats excellents, mais la valeur au point de vue culture cotonnière des sols argileux n’a pas encore été suffisamment prouvée. Les parasites doivent être constamment l’objet d’une attention soutenue destinée à parer aux dégâts qu’ils ne manqueraient pas de faire. L emploi des engrais verts enfin semble être pour 1 instant la méthode la plus pratique pour la fertilisation des grandes surfaces.
- Jj’Administration, toujours aidée par les entreprises privées, a multiplié sur l’étendue du Territoire les fermes-écoles et les stations d’essai. Se rendant compte que pour donner à un coton une valeur marchande qui se lasse apprécier, il convient d’éliminer les cotons impurs, mélangés ou tachés, elle a pris un décret qui règle les conditions de vente,, de circulation et d importation des produits, elle a aussi, par un arrêté du mois de mai dernier, réglementé l’importation des semences afin de lutter contre l’introduction du « ver rose ».
- Des routes nouvelles ont été établies, et cependant le Gouverneur Généi'al estime que les centres d achat ne sont pas"’ encore suffisamment nombreux, et que si l’on ne veut pas briser l’élan qui a été donné dans les colonies à la culture cotonnière, il faut éviter aux agriculteurs les déplacements excessifs et les pertes de temps qui en découlent.
- | M. Garde prescrit en conséquence que les dispositions nécessaires soient prises au plus tôtpour que les ti’ansac-tions relatives au coton ne se lassent au cours de la prochaine campagne que sur des marchés régionaux officiellement désignés et organisés de telle solde que 1 indigène producteur du coton n ait pas à parcourir poui s y rendre une distance supérieure à une trentaine de kilomètres.
- Ces marchés seront aménagés de façon à assurer la
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- stricte application des mesures de conditionnement à réaliser éventuellement le triage par qualité et la pesée publique des lots avant leur présentation aux acheteurs.
- Il est prévu en outre une liaison continue par des postes automobilisables entre ces différents marchés. Elle a enfin, et ce n’est pas là son moindre succès, persuadé peu à peu l’indigène de quitter ses primitifs outils de travail pour la charrue nécessaire aux labours profonds et rapides.
- Un simple coup d’œil sur les exportations de 1925 et 1924 servira de conclusion à cette étude sommaire et trop courte du coton en A. O. F.
- Année 1925 Année 1924
- Sénégal. . . . kg . 755.369 kg. 1.007.582
- Soudan(J). . . )) )) » 84.489
- G uinée. . . . » 221.657 » 65.542
- Côte d’ivoire . )) 592.055 » 262.824
- Dahomey. . . » 680.546 » 321.477
- Totaux. . 2.249.627 1.741.914
- * ' *
- Nous avons fait à l’A. O. F. la plus belle part dans cet article, mais ce n’est pas une raison pour passer sous silence l’œuvre entreprise par des colonies moins vastes et plus lointaines. En Océanie, en Nouvelle-Calédonie, en Guyane, à la Guadeloupe, les récoltes annuelles permettent de constater un progrès constant. Plus près de nous, en Afrique Equatoriale, et particulièrement dans l’Oubangui-Chari, les résultats ont été à ce point satisfaisants que l’Administration locale a craint que l’indigène n’abandonne au profit du cotonnier les cultures vivrières si nécessaires cependant à une population qui est obligée ‘de se nourrir presque exclusivement des produits de son sol.
- Pour terminer, nous croyons nécessaire de devoir mettre en garde contre un enthousiasme qui consisterait à s’imaginer que dans un délai très proche, nos possessions coloniales nous donneraient tout le coton qui nous est nécessaire. Ce serait aller un peu vite en besogne, et il est bon de savoir à ce sujet que les Américains ont mis plus de 60 ans pour devenir les gros producteurs mondiaux, et durant cette période ils n’ont ménagé ni leurs efforts ni leurs capitaux. Il faut à l’heure présente s’inspirer de leurs méthodes et des méthodes anglaises, encourager l’initiative privée, susciter une émulation et discipliner l’effort, éduquer au point de vue colonial la .masse française, attirer vers les colonies l’épargne nationale.
- A l’heure où nous écrivons, l’exposition internationale du caoutchouc et des autres produits tropicaux vient d’ouvrir ses portes' au Grand Palais. Chaque pays s’est
- (I) Les statistiques douanières ont compris en 1925 dans les exportations de Guinée et de Côte d’ivoire le colon produit au "Soudan.
- attaché à montrer l’effort qu’il a entrepris; si la place prépondérante est évidemment réservée au caoutchouc, on peut apercevoir de-ci de-là la masse blanchâtre d’une pyramide de coton et de nombreux visiteurs s’intéressent à cette exhibition, comparent sur les graphiques les augmentations successives des étendues cultivées, des quantités produites. On sent que les Français éprouvent à cette comparaison une fierté légitime, et que les étrangers ne sont pas les derniers à rendre hommage à l’effort de nos nationaux; peut-être les uns et les autres prévoient-ils qu’après un démarrage assez labo-
- Vig. G. — Installation d’un réservoir d’eau pour une usine d’égrenage à Bobo-Dioulasso (Haute-Volta).
- rieux le mouvement donné ira sans cesse en s amplifiant, on sent très nettement l’appui d’une opinion publique enfin avertie, qui s’intéresse à la question coloniale et qui semble toute disposée à faire confiance au génie colonisateur français.
- En nous étendant davantage sur cette question, nous sortirions du cadre que nous nous sommes tracé. Et nous nous bornons à espérer que l’avenir viendra confirmer nos prévisions très optimistes sur ce sujet.
- R. L.
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- LA GLACIÈRE SOUTERRAINE PERFORÉE DU MARBORÉ
- Depuis le ' naturaliste Ramond de Carboimières, qui explora le massif de Gavarnie dès 1787 pour parvenir à gravir le Mont Perdu (le 10 août 1802), d’innombrables pyrénéistes, géologues, géographes, botanistes et chasseurs ont escaladé toutes les cimes, étudié cette région, rédigé des guides, établi des cartes qui ne laissent plus rien ignorer, semble-t-il, de ce sauvage massif iadis inconnu.
- Nouveaux venus dans cette partie des Pyrénées, où nous fîmes une première reconnaissance, accompagnés et guidés par le montagnard célèbre et l’astronome distingué qu’est M. Louis Robach, nos prospections nous ont fait découvrir une curiosité géologique dont l’intérêt scientifique ne le cède en rien au côté pittoresque.
- Il s’agit d’une glacière naturelle, qui est, croyons-nous, la plus haute grotte glacée connue au monde, puisqu’elle s’ouvre à 2700 m. d’altitude.
- Le 27 juillet 192G, une tourmente de neige nous obligea, ma mère Mme Henri Casteret, mon frère Martial, ma femme et moi à nous réfugier dans « l’abri
- Sur la carte du Massif de Gavarnie de Schradcr au 20 000°, on peut situer remplacement de cette caverne sous un pic anonyme coté 2764 m., entre le Casque du Maivboré (3006 m.) et le Pic Descargador (2714 m.),
- Orientée Ouest-Est et longue d’environ 400 m., elle traverse de part en part le pic 2764, à l’altitude moyenne de 2700 m. et à 150 m. au Sud du sommet.
- Entrant dans la grotte par l’Ouest, comme nous l’avons fait le 28 juillet 1926, on pénètre sous un porche de 30 m. de largeur, ouvert à la base d’une haute falaise verticale. Un long névé redressé relie le pied de cette muraille au thalweg où coule le rio de la Brèche de Roland.
- Le porche d’entrée est encombré intérieurement d’un chaos de roches affectant la disposition d’une moraine, dont le puissant talus retient une nappe d’eau souterraine de 700 m2 qui occupe toute la largeur de la galerie.
- La rive Ouest est à 30 m. du jour, et la rive Est à 60 m.
- Le lac étant traversé, on prend pied sur le front
- — La «rotte Casteret.
- Coupe de lu glacière souterraine découverte et explorée par Esther, Elisabeth, Norbert et Martial Casteret, au sud du cirque de Gavarnie, en Espagne, à 2700 mètres d’altitude.
- 1, Névé redressé; 2, moraine; 3, lac souterrain de 700 m2 ; 4, glacière souterraine; 5, adduction formant colonne de glace;
- 6, chaos de roches et de glace; 7, colonne de glace; S, abîme de glace inexploré; 10, chattière (violent courant d’air) ;
- 11, cascade supérieure de glace; 12, cul-de-sac; 13 à 14, lapiaz (puits de neige); 15 à 16, névé souterrain.
- Gaurier », contrariant ainsi notre projet d’aller de Gavarnie au canon cl’Arrasas en Espagne. Cet « abri », bien connu des pyrénéistes, est une minuscule grotte de 6 m2, dans la falaise espagnole de la Brèche de Roland; elle fut découverte en 1906 par l’abbé Gaurier, l’éminent glaciologiste et limnologiste des Pyrénées.
- En attendant la fin de la tourmente, nous devisions de spéléologie, sans nous douter que, le même jour, nous pénétrerions dans une caverne uniqùe dans les Pyrénées et certainement la plus pittoresque des 80 grottes que j’ai prospectées à ce jour.
- La tempête étant enfin apaisée, nous glissâmes en longs toboggans jusqu’au Rio de la Brèche où nous eûmes la satisfaction de sortir des nuages et la surprise d’apercevoir, à quelques centaines de mètres dans une falaise, une grande arcade rocheuse. Grotte ou simple surplomb? Dans le doute, ie ne m’abstiens jamais en cette matière et malgré l’heure tardive et le temps incertain, nous montâmes vers une déception probable, qui se changea en découverte intéressante, car nous venions de pénétrer dans une vaste grotte glacée.
- incliné d’une nappe de glace souterraine, qui baigne dans l’étang glacé et charrie des rochers.
- La galerie, rectiligne et horizontale, de 30 m. de largeur pour une hauteur de voûte variant de 4 à 8 m., s’enfonce dans la montagne, le plancher étant entièrement formé d’une glace épaisse, limpide et unie qui paraît reposer directement sur le rocher. La paroi gauche de la galerie est percée d’une voûte surbaissée de 50 m. d’ouverture qui donne accès dans une vaste salle glacée. De fortes adductions de glace, coulant en divers endroits par des avens-cheminées et des crevasses, ont accumulé là une autre nappe de glace où l’on distingue jusqu’à 2 m. de profondeur des rochers pris dans son épaisseur.
- Revenu dans la galerie principale, on remarque à 110 m. du jour une belle colonne de glace pure haute de 7 m. Plus loin la nappe de glace est canalisée dans un rétrécissement qui est encombré de blocs de rochers vei’glassés, sur lesquels on progresse difficilement pour aboutir à un abîme de glace de 10 m. de diamètre. N’ayant pas de corde nous n’avons pu encore y descendre et le faible éclairage de notre bougie ne nous a pas
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- m
- permis d’en voir le fond. Ici la voûte atteint 15 à 18 m. et en iuillet une énorme colonne de glace s’élevait des
- profond eurs du puits jusqu’au plafond.
- On contourne l’obstacle par un étroit passage glacé, et on arrive au pied d’un escarpement de 7 à 10 m. de haut, tapissé par une coulée de glace. L’escalade en est délicate, et au sommet il faut ramper dans une cha-
- Fig. 2.
- Ercche de Roland [coté espagnol.)
- l’on voit le ciel. L’escalade de ce puits est impossible» et. on constate que la grotte se prolonge sous un dédale de puits semblables.
- Pratiquement, la caverne s’étend on ne sait où, car elle se poursuit dans toutes les directions sous un lapiaz extrêmement troué et crevassé, véritable écumoire qui collecte souterrainement les neiges.
- Les puits naturels, profonds de 4 à 8 m., communiquent entre eux à leur base par des fissures, des galeries, des salles occupées par un névé souterrain ininterrompu, qui alimente la partie basse de la caverne par le boyau incliné elles cascades de glace.
- Le lapiaz couvre une superficie considérable, qui s’étend du pied du Casque et de la Tour du Marboré au Nord, jusqu’au plateau aride de Millaris au Sud, dont l’origine lacustre est frappante.
- Un signal en pierres érigé par nous à l’orifice d’un des puits les plus accessibles indique l’entrée Est de la grotte, qui serait introuvable dans ce chaos.
- Avant de clore la description sommaire de cette découverte familiale qui a fait donner au glacier souterrain le
- nom de « grotte Caste-rct », il importe de rappeler ce que M. E.-A. Martel nous a signalé :
- Fig. 4. — Madame Norbert
- O
- Caslcret dans l’étang glacé du Mont Perdu a 3000 m. d’altitude.
- Fig. 3.
- O
- lière de glace où souffle un violent courant d’air descendant qui éteint les bougies. Un étroit couloir horizontaljglacé joint le sommet de cette première cascade à la base d’une deuxième, haute seulement de 4 m., mais qui se dresse en
- rideau, isolé de la paroi rocheuse surplombante.
- Lors de notre première reconnaissance, nous n’avions qu’une seule bougie, qui se consumait rapidement à cause du courant d’air, et c’est ici que je fus arrêté, tandis que mon frère m’attendait cramponné à son piolet, dans l’obscurité complète, au pied de la cascade inférieure et que ma mère et ma femme, contraintes à l’immobilité faute de lumière, grelottaient au bord du puits de glace.
- Le 15 septembre suivant, ma mère et mon frère n’ayant pu se joindre à nous, je me trouvais de nouveau avec ma femme au pied de la cascade supérieure que nous escaladions, non sans peine, avec sacs et piolets. La violence du courant chair nous faisait préjuger l’existence d’un autre orifice et nous donnait l’espoir de traverser la montagne de part en part. En effet, au delà de la deuxième cascade, un boyau exigu et escarpé conduit dans une petite salle dont la voûte est percée d’un puits circulaire par où
- boréen et identifier les points de perte, les gouffres mêmes cpii conduisent les neiges fondues vers Gavarnie et Ordesa ».
- Ainsi donc, ces vues si justes de Schrader se trouvent confirmées par la révélation de cette glacière souterraine
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- Fig. 5 — Le lapiaz.
- Un des nombreux puits à neige qui alimentent lu glacière souterraine.
- de G000 m1 2 environ, et, à notre humble avis, l’extraordinaire région du revers Sud du Cirque réserve encore des découvertes analogues aux pyrénéistes qui, sortant des sentiers battus, entreprendront l’exploration méthodique des lapiaz de Millaris, de Salarous et de Gaulis.
- Non RE K T C A STE tt ET.
- COMMENTAIRE GÉOLOGIQUE
- La trouvaille de M. Casteret présente un intérêt scientifique considérable. Elle corrobore de très curieuses constatations récentes et analogues, et elle confirme des idées toutes nouvelles sur l’universalité du phénomène des abîmes et sur les paléo-circulations d’eaux souterraines en hautes montagnes (').
- Il est exact qu’on ne commît pas encore de glacières naturelles aussi élevées; les plus liantes ne dépassent pas, par ailleurs, 2400 m. (Salzburg et Caucase) en l’état actuel des recherches.
- Le tunnel glacé du Marboré, relique cl’un ancien courant souterrain, est un phénomène naturel de premier ordre, en même temps .qu’un record.
- La perforation, due de toute évidence au travail des eaux (et non à la glace), rappelle tout à fait celles qui fonctionnent encore de nos jours, beaucoup plus bas, dans les percées du Plantaurel et des Petites Pyrénées (la Bouiclie, le Portel. le Mas d’Azil, le Voip, Montes-pan, etc.), vers les 300 à 450 m. seulement d’altitude, c’estle même procédé : mais, là-lmut, il est fossile.
- L’extension et F « écumoire » d’un lapiaz en amont de la grotte sont à rapprocher des crevasses et puits à neige de l’Arabika (-). de FOucane.de Chabrières (Hautes-Alpes) (3), du Parrnelan et au désert de Plate (Haute-Savoie) (4), des Bracas (Basses-Pyrénées), etc. Sur le
- 1. E.-A Martki.. C. R- Ac. Sc., 22 avril et 19 mal 1924, 4 janvier. 1926; Revue de geogr. annuelle, fascic. IV, Paris, Delagrave, 1923, etc.
- 2. Caucase Occidental, à 2275 m. Côte d’Azur russe, 1909, p. 183.
- 3. A 2220 m., La Montagne, C. A. F., 20 décembre 1906.
- 4. Gouffre 'des Verts, ’à 2130 m; ; .Spelunca, Mcm., 19 avril 1899, C. R. Ac. Sc., 15 décembre 1902. R. Perret, Vallée des Sales, Paris, Barrère, 1922, etc.
- versant Nord de la Brèche de Roland, L. Briet avait trouvé aussi un lapiaz symétrique avec abîme et perle aux Sarradets (M, sous .la Brèche (côté français).
- Il est normal que l’alimentation en glace se fasse par des avens-fissures des voûtes, : celles-ci se congèlent sous terre, à cause de l’altitude et de l’évaporation rapide due aux courants d’air.
- L’abîme de glace inexploré représente sans doute l’ancien point de fuite en profondeur du torrent qui a excavé la caverne, peut-être à une époque de température plus élevée. C’est un exemple de plus de cette « loi des oubliettes » que j’ai expliquée jadis à propos des Gargas (2), Pène-Blanque (*), etc., dans les Pyrénées.
- Il y aura lieu de rechercher si la glace de la caverne se comporte comme celle d’un vrai glacier, avec progression de la glace et transport de matériaux morainiques. A priori je ne le crois pas. Dans les glacières souterraines (même celle de l’Eisriesenwelt, des Tannenge-birge), la glace se forme en hiver et fond en été sur place; elle est statique plutôt que dynamique. Toutefois l’altitude et la déclivité ont pu produire des conditionnements particuliers. 11 n’en existe pas moins un lac de fusion, dans la cavité même, comme à l’Eisriesenwelt, au Haut de l’Aviernoz (Parrnelan), etc.
- M. Casteret a raison de souligner-l’aspect lacustre du plateau de Millaris : il faut insister à ce propos sur les vues véritablement prophétiques de Schrader, esquissées dans les premiers « Annuaires du Club aL.in français ». Au revers espagnol (Gaulis, Millaris) de la Brèche, . « la roche est criblée de puits où s’engouffrent les eaux « et les neiges » [Ann., 1876, p. 56); jadis « elles « creusaient des galeries souterraines qui minaient le « terrain.... Un jour vint-il, où le sol s’effondra, ouvrant « ainsi des vallées? » [Ann., 1878, p. 437). « La grande vallée d’Ordesa a dû se former par effondrement [Ann., 1876, p. 62 et 1877, p. 58). Il est clair qu’il y a cinquante ans on trouvait pareille théorie trop hardie. Depuis on Fa parfois adoptée avec exagération. Mais elle a du vrai cependant (4). Et voici qu’à 2700 m. d’altitude,
- 1. La Nature, n” 1714, 31 mars 1906.
- 2. « Evolution de la grotte de Gargas », L’Anthropologie, 1917, p. 497-535.
- 3. Ann. hydraul. agric., fasc. 38, 1910.
- 4. V. Nouveau traité des eaux souterraines, 1921.
- Fig. 0. — Porche de la caverne (Entrée occidentale).
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- entre Gaulis-Millaris et les Sarradest, M. Casteret nous livre un témoin fossile de ces circulations souterrain e s de hauts niveaux, dont quelques-unes ont parfaitement pu, au cours des âges, se muer en véritables canons.
- Le sujet est
- Fig. 7. — Vue prise du porche d’entrée de la grotte glacée.
- neuf et ses éléments d’études se multiplient depuis 25 ans, au Caucase, aux Alpes, aux Pyrénées.
- Il est très remarquable que cette circulation souterraine ne soit pas entièrement morte et que l’altitude de 2700 m. soit aussi celle delà résurgence découverte en 1907 par Brulle, de Monts, L. Gaurier entre le plateau fissuré du Marboré et l’origine delà grande cascade de Gavarnie (sous le pic central de la cascade). La fonte des neiges et le crevassement du calcaire crétacé (Maestrichtien) expliquent la survivance de cette infiltration locale ('). Tout cela fournit déjà un trop grand nombre de maillons pour ne pas constituer quelque jour un enchaînement gros de conséquences. Dès maintenant il est permis d’évoquer une affinité plausible avec la question si controversée de l’origine du cirque de Gavarnie. Il y a deux ans, dans mon étude sur Schrader (2), je rappelais, à propos desphéno-
- 1. V. L. Briet, Bull. Pyrénéen, janvier - février 1907 et La Nature, n* 1716, 14 avril 1906. Y. sur l’origine de la cascade de Gavarnie : Fr. Schrader Bull. Pyrénéen, n° 179, 1926, et D1 Mengaud, ibid., n» 166, 1923.
- 2. La Montagne, C. A. F., juin 1925, p. 196 et 204.
- mènes d’érosion souterraine encore visibles sur le « plateau marboréen », que Ramond avait songé à l’influence de cette érosion sur la formation du Cirque et j’osais même risquer cette phrase : « Assurément, je suis bien « loin d’estimer, que l’Oule de Gavarnie soit, à la ving-« tième puissance (exactementj, un Padirac effondré. Qui « dit, pourtant, que ce facteur n’y a pas concouru? » Sous cette interrogation se cachait une « prise de date » pour une timide hypothèse que je formule nettement aujourd’hui. Sans affirmer cpie l’Oule de Gavarnie soit une ancienne caverne (ou juxtaposition de cavernes) écroulée sous l’effort de formidables érosions souterraines tourbillonnaires, je demande maintenant que la suggestion soit prise en considération. Les exemples d’accidents naturels dus à cet effort se multiplient d’année en année, en hautes montagnes; il convient de rechercher si l’on ne va pas en trouver d’autres, aux pourtours élevés des cirques calcaires pyrénéens et alpestres:
- _____ _ Creux du Champ,
- aux Diablerets (Suisse); Fer à Cheval de S i x t (Haute-Savoie) ; Gosau du Dach-stein (Autriche) ,etc Gardon s-n o u s certes de conclure,* mais accumulons et discutons des faits aussi étranges et nouveaux que'
- Fig. 10.
- Stalagmite
- de glace et rigole de clégcl dans la glacière souterraine.
- Fig. 9.
- Fig. 8. — À gauclie : Au pied d’une A droit
- Colonne de glace pure
- cascade de glace, pendant la fusion[d’été-
- ceux de l’Eisrie-senvcelt (*) et de la grotte Casteret qui semblen t pleins de promesses.
- E.-A. Martel,
- 1. Salzburg. La plus grande caverne d’Europe (27 1cm d’étendue) et la plus, grande glacière naturelle du inonde (à 1640- 1910 m. ; v. La Nature, n° 2570, 7 juillet 1923).
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- QUELQUES SOUVENIRS SUR LE « SINGE PARESSEUX ”
- J’ai eu l’avantage de vivre jadis en la compagnie de cette étrange créature vulgairement appelée « singe paresseux » ou encore aï (diphtongue qui a la prétention d’imiter son cri). Et peut-être mes observations personnelles pourront-elles contribuer à faire connaître les moeurs de l’animal.
- Le cholèpe (Cholœpus didactylus) se voit très rarement dans les ménageries. Sans que l’espèce soit réellement nombreuse, elle est représentée dans toutes les forêts tropicales de l’Amérique du Sud. Mais il est très difficile de l’y étudier.
- Ces édentés ne descendent iainais sur le sol, même pour boire, et je suppose qu’ils trouvent suffisamment à se désaltérer en broutant les feuilles des arbres. Ils ne quittent guère les branches élevées, où rien ne trahit leur présence, car ils ne font entcndi’e leurs cris plaintifs que pendant la nuit.
- Je fis leur connaissance dans les épaisses forêts vierges du Darien où j’étais attaché à une exploitation aurifère. J’y fus chargé de construire une route. Fréquemment, ma petite armée de bûcherons trouvait des ani-m aux e x t r a o r d i n ai re s dans le feuillage des arbres gigantesques qu’elle abattait.
- Un matin, je vis airi-ver au campement deux hommes qui apportaient, suspendu des quatre pattes à la perche posée sur leurs épaules, un cholèpe de belle taille.
- La capture m’enchantait; enfin, j’allais pouvoir étudier sur le vif ces curieux animaux.
- Je rappellerai que leurs pattes antérieures n’ont que deux doigts, armés de griffes formidables, longues d’une dizaine de centimètres, légèrement recourbées, et tranchantes. Les pattes postérieures ont trois doigts, moins puissamment armés.
- Me fiant à la réputation de paresse accordée à l’espèce, je m’approchai assez près du captif, pour palper son épaisse toison fauve. Avec la rapidité de l’éclair, la jambe antérieure qui était de mon -côte se décrocha de son support, et j’eus tout juste le temps de bondir à l’écart pour éviter le coup des énormes griffes.
- J’habitais alors en pleine forêt un immense hangar que j’avais fait édifier pour loger mes cent cinquante ouvriers. Sous la toiture assez élevée, une partie de la charpente supportait un plancher où je rangeais des sacs de riz et
- de farine. En avant de cette soupente, plusieurs traverses restaient libres, et j’y fis hisser le prisonnier qui s’accrocha volontiers à l’une d’elles. J’eus soin que des branchages fraîchement coupés fussent attachés à sa portée.
- Il est important de consigner ce détail : dans un rayon d’une centaine de mètres autour de la cabane j’avais fait abattre tous les arbres, en ne respectant que quelques palmiers auxquels les ouvriers nouaient les cordes servant à sécher leur linge.
- Le lendemain matin, rna première pensée fut pour mon nouveau prisonnier, et je levai les yeux vers la toitui’e. Ne l’apercevant pas accroché à une des traverses, j’envoyai un jeune nègre explorer le grenier : le cholèpe
- s’était évadé!
- Je donnai l’ordre de fouiller les abatis d’arbres qui entouraient la maison, bien convaincu que le fuyard n’avait pu escalader des troncs dont le diamètre variait entre trois et six pieds. Peines perdues! Cette créature, qui est considérée comme le plus stupide des mammifères, et qui ne se meut sur le sol qu’avec une lenteur de tortue, ainsi que je l’avais constaté la veille, quand les porteurs l’avaient posée à terre, s’était bel et bien jouée et de notre vigilance et des obstacles rencontrés.
- J’avoue que pareille évasion me laissa perplexe, et que je cherchai vainement à lui trouver une explication plausible,
- Ces édentés, je l’ai dit, passent toute leur existence sous leurs pattes, et il leur est matériellement impossible de se tenir sur leurs quatre membres. Ils s’attardent dans la cime d’un arbre jusqu’à ce qu’ils en aient mangé toutes les feuilles, mais sans s’attaquer à celles des branches inférieures,- qui, dénudées par leur appétit, les offriraient à la vue du chasseur. Et ils gagnent alors i’arbre voisin en passant d’une branche à l’autre.
- Une chose certaine, c’est que mon cholèpe me prouva qu’il n’était pas aussi stupide que le veulent les monographies consacrées à son espèce, en s’enfuyant de sa prison sans éveiller l’attention des trois ou quatre chiens qui sommeillaient au pied des pilotis et j’ajoute qu’il me démontra du même coup que l’épithète de paresseux qu’on lui attribue est loin d’être justifiée.
- Y. Foiunx.
- Fig. i. — Le paresseux (Ctfolœpus didnelylus).
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- LES PROGRÈS DU PHONOGRAPHE
- F! or. 1.
- LE PHONOGRAPHE D'HIER. CELUI D'AUJOURD'HUI.
- C’est en 1878 que le phonographe fit son apparition dans le monde. Si l’on peut attribuer au grand inventeur français Charles Cros le mérite de sa conception, il faut accorder à l’illustre Edison, la gloire d’avoir réalisé le premier instrument complet de synthèse des sons, et d’en avoir prévu les diverses applications.
- Le premier phonographe d’Edison enre- '^""1
- gistrait les ondes sonores sur un cylindre tournant recouvert d’une feuille d’étain, et mû à la main; les vibrations du son étaient transmises par l’ai r à un diaphragme ; celui-ci portait une aiguille qui gravait sur la feuille d’étain un sillon sinueux, traduction des mouvements du diaphragme. Inversement, le cylindre gravé en tournant au contact de l’aiguille, imprimait à celle-ci des déplacements transmis au diaphragme et par celui-ci à l’air. Ainsi étaient reconstituées les vibrations originelles; elle fut la première machine parlante. Quoique bien imparfaite encore, elle provoqua immédiatement l’émerveillement des foules, parfois aussi le scepticisme des esprits dits « avertis ». On a gardé le souvenir d’un académicien, M Bouillaud, qui lors de la séance de présentation de l’instrumentparDuMoncel à l’Académie des Sciences, le 11 mars 1878, protesta violemment contre ce qu’il appelait lagrossière supercherie d’un ventriloque.
- L'ÉVOLUTION
- DU PHONOGRAPHE
- Cependant cet appareil, nasillard et désagréable, ne pouvait alors prétendre qu’au titre de jouet scientifique. Mais les perfectionnements vinrent rapidement: ce fut d’abord le mouvement d’horlogerie avec régulateur, substitué au mouvement à la main, puis le remplacement du cylindre par le disque plat avec mouvement latéral de l’aiguille gravant des sillons de profondeur constante, procédé d’un usage à peu près universel aujourd’hui; l’emploi de la cire au lieu d’étain pour l’enregistrement; la création des aiguilles à pointes de saphir.
- Le jour où l’on sut reproduire à volonté un cylindre ou un disque impressionné marque le début de la carrière industrielle du phonographe; on se servit d’abord de procédés de reproduction mécaniques; puis vint le
- — Le premier phonographe d'Edison présenté le 11 mars 1818 à l'Académie des Sciences. •
- Reproduction d’une ancienne gravure de La Nature.
- Fi.
- procédé galvanoplastique en usage aujourd’hui : du disque original, on tire par galvanoplastie une reproduction métallique en relief, celle-ci sert de'matrice pour imprimer par pression sur une substance plastique convenable une copie de l’original.
- Peu à peu, on perfectionna les substances plastiques employées à la confection des disques, par des procédés qui font du reste l’objet de secrels jalousernenQgardés;
- on accrut les dimensions des disques; une technique de l’enregistrement se créa. Bref, de progrès en progrès, le . phonographe finit par devenir un instrument pratique, apprécié par une vaste clientèle et faisant l’objet d’une importante industrie.
- Maître de la faveur populaire, il lui restait à conquérir celle de l’élite artistique. Tâche difficile, qui a exigé de longues années d’études méthodiques et de perfectionnements progressifs, et qui, en bonne voie aujourd’hui, n’est peut-être pas encore complètement achevée. Certes, il n’est pas question ici de certains appareils à bon marché qui sévissent dans les quartiers populeux, et dont les grincements et hurlements écorchent les oreilles les moins, sensibles. Mais, jusqu’à ces derniers temps, les meilleurs appareils avaient encore de graves défauts. Muets ou presque pour les notes basses, ils donnaient un écho par moments infidèle des œuvres qui leur étaient confiées; il restait au phonographe à étendre la gamme de ses sonorités, et à perfectionner ses procédés d’em*egistremenl pour devenir un instrument réellement artistique, capable d’interpréter fidèlement, sinon la totalité, du moins la majeure partie d’une œuvre musicale.
- Il semble bien que ce soit aujourd’hui chose faite ; il y a quelque temps, la Société Colombia nous invitait à un concert phonographique, dans lequel son nouvel appareil, le Viva Tonal, a émerveillé les auditeurs; nous avons entendu des morceaux d’opéra entiers : chant, orchestre et chœurs, non seulement reproduits avec une pureté presque parfaite, mais pour lesquels l’appareil reconstituait en quelque sorte l’atmosphère même du théâtre ; chacun des exécutants se trouve replacé, au point de vue sonore, dans son plan et l’impression est celle d’une reconstitution de ce que l’on pourrait appeler le
- - Le phonographe Berliner à disque fait son apparition en. 1888.
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- Instruments à vent Flûte
- Hautbois
- Clarinette
- Basson
- Trompette
- Trombonne
- Instrum.à cordes
- Voie humaine Ténor Baryton Soprano Basse
- Fréquence
- Fig. 3. — Etendue de quelques instruments de musique au voint de ime de la fréquence.
- relief des sons. De telles reproductions ne remplacent pas l’audition personnelle des virtuoses, pas plus qu une belle photographie ne supplée à la vue d’un chef-d’œuvre de peinture ou de sculpture. Mais comme la photographie, elles créent par elles-mêmes une profonde sensation d’art.
- Dès maintenant, du reste, le phonographe peut se targuer, dans le domaine sonore, d’une lîdélité plus étendue que celle de la photographie dans le domaine lumineux; car il rend à la fois, d’une façon à peu près exacte, les rapports des valeurs des vibrations sonores, leurs hauteurs qui sont l’équivalent de la couleur pourja lumière, et leur relief.
- Gomment ces résultats ont-ils été obtenus C est ce que nous allons montrer en nous aidant d’une^excellente étude publiée dans le Journal of Franklin Institute, par M. S. T. Williams, ingénieur de la Victor Tal-king Machine C°, l’une des sociétés qui ont mis en œuvre, pour l’amélioration du phonographe, les recherches acoustiques poursuivies depuis de longues années aux Etats-Unis dans les célèbres laboratoires des Sociétés Bell.
- Çés recherches avaient primitivement pour objet le perfectionnement du téléphone; elles ont trouvé bien d’autres applications : physiologie de l’oreille, appareils d’auscultation électrique, haut-parleurs pour radiophonie, et enfin le phonographe.
- Il nous faut tout d’abord rappeler les notions physiques essentielles sur la nature et les qualités du son.
- LES QUALITÉS DU SON
- les derniers, les seuls dont nous nous occuperons ici, sont ceux dont l’oreille peut apprécier les caractéristiques.
- Celles-ci sont au nombre de trois : la hauteur, l’intensité, le timbre.
- Un son musical peut être simple ou complexe.
- Le son simple est celui qui s’enregistrerait sur un cylindre phonographique sous la forme de la plus simple des courbes périodiques, la sinusoïde. Un son musical complexe est également périodique, mais il peut être considéré comme la superposition à un son pur, dit fondamental, d’autres sons également purs, mais de période plus petite, ou, ce qui est synonyme, de fréquence plus grande, ce sont les harmoniques.
- Hauteur du son. — La hauteur d’un son est une qualité qui dépend uniquement de la fréquence du son fondamental.
- L’oreille humaine perçoit les sons depuis la fréquence de 16 par seconde, jusqu’à 20 000 ou 25 000. Ces limites varient du reste suivant les individus. En outre, la sensibilité de l’oreille n’est pas la même pour toutes les fréquences; de plus, le domaine de sensibilité se rétrécit avec l’âge, surtout du côté des notes élevées, ou aiguëè.
- Il n’est du reste, et fort heureusement, pas nécessaire de donner à une machine parlante la faculté de reproduire fidèlement les sons entre les fréquences de 16 et de 25 000. Car aucun instrument de musique, et encore moins la voix humaine, n’a cette étendue. L’orgue, qui couvre l’échelle la plus vaste, va de la fréquence 16 à la fréquence 4138; le piano qui vient après lui a la même limite pour les notes aiguës, mais pour les basses s’arrête à 27.
- Quant aux autres instruments, aucun n’approche de ces deux frontières, comme le montre le schéma de la figure 3. La voix humaine est encore plus limitée, une bonne voix de basse ne peut guère descendre en dessous
- Le son est une vibration mécanique plus \ /
- ou moins complexe, perçue par l’oreille à qui V /
- elle est transmise en général par l’air. _____:____________________
- Les physiciens distinguent les bruits et les Fig k _ ^ musica[ comphxe produit par l(l superposition lVune onde Sôns musicaux; la démarcation est assez diffl— fondamentale et d’une harmonique de période double.
- cilc a définir; nous nous bornerons a dire que Sur ces courbes, le temps est porté en abscisse, le déplacement en ordonnée.
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- de la fréquence 80, un bon soprano ne monte pas au-dessus de 1100.
- Faut-il conclure de là qu’une machine parlante dont le domaine de fréquence irait par exemple de 50 à 4200 donnera une reproduction suffisante de la voix et de la musique? Nullement, car nous allons le voir, il y a encore d’autres conditions à remplir.
- Intensité du son. — -La deuxième qualité du son est son intensité; elle est fonction de d’énergie mécanique de Fonde sonore qui lui donne naissance. Celle-ci est proportionnelle au carré de l’amplitude de la vibration et à sa fréquence. 11 en résulte immédiatement que les sons de basse fréquence donneront, à amplitude égale, des inscriptions moins fortes que les sons aigus.
- Timbre.— La troisième caractéristique du son est le timbre. Elle est due aux harmoniques de fréquence plus élevée qui se superposent au fondamental. Un son musical a rarement la forme simple représentée figure 4; la figure 5 représente la courbe d’une note donnée par un
- Diaph ragme
- Pointe
- graveuse
- Disque enregistreur
- Fig. 0. — Principe de l’ancien système d’enregistrement.
- violon; elle est la superposition de 3 sons purs, le fondamental et les harmoniques de fréquences double et triple.
- C’est par le nombre, la grandeur relative, la fréquence propre et les différences de phase de ces sons partiels que se distinguent, à égalité de hauteur et d’intensité, deux sons provenant d’instruments différents. Telle est la cause du timbre.
- La machine parlante devra donc être capable d’enregistrer et de reproduire exactement le son fondamental et ses harmoniques.
- LE CRITÉRIUM DE PERFECTION
- Une telle machine sera parfaite, si tous les sons élémentaires de l’original sont reproduits avec leur hauteur exacte, et dans le rapport exact de leurs intensités. Ceci peut se traduire par le critérium suivant : si la machine reçoit des quantités égales d’énergie sous forme de sons purs de différentes fréquences, elle doit à la reproduction
- faire rayonner à son tour des quantités égales d’énergie pour chacune de ces fréquences.
- Ce critérium dicte la méthode à suivre pour étudier scientifiquement les qualités d’un phonographe; on a pris des sources d’énergie sonore, de fréquence et d’énergie constantes ; on a imaginé, d’autre part, des procédés précis pour mesurer l’énergie sonore rayonnée.
- On a ainsi réalisé une véritable méthode d’auscultation des machines parlantes ; elle a permis d’étudier isolément l’influence des divers éléments qui entrent dans leur construction. Qui dit science, dit mesure. L’emploi de ces méthodes de mesure a fait entrer la construction des phonographes dans la phase réellement scientifique.
- LES PROCÉDÉS D'ENREGISTREMENT
- Jusqu’à ces dernières années, le procédé classique d’enregistrement était celui représenté sur le schéma de la figure 6.
- Au fond d’un cornet destiné à capter le maximum d’énergie sonore est placé un diaphragme. Celui-ci transmet ses vibrations à un levier articulé autour d’un axe horizontal et terminé par un soc en saphir, qui trace des sillons spiraloïdes sur un disque horizontal en cire.
- L’énergie absorbée par le soc dans son travail sur la
- Enregistreur
- magnétique
- Moniteur
- Amplificateur et contrôle
- Microphone
- Fig. 7. — Ce système moderne d’enregistrement.
- Fig. 5.
- Courbe d’une note donnée par un violon.
- En à le son résultant; en 1, le son fondamental; en 2 et 3, harmoniques de fréquence double et triple.
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- Fig. 8 et 0. — A gauclic : Enregistrement d'un orchestre par F ancien procédé; les artistes sont placés devant le cornet enregistreur suivant la nature et la force de l’instrument. A droite : Enregistrement d’un orchestre par la nouvelle méthode-, l’orchestre reste
- groupé normalement derrière son chef.
- cire est empruntée directement aux ondes sonores ['par l’intermédiaire du diaphragme. C’est dire que l’énergie motrice disponible est très faible. Elle est si petite que les instruments faibles comme le violon ne peuvent être enregistrés que grâce à des artifices spéciaux de renforcement. L’enregistrement d’un orchestre est particulièrement délicat et exige des talents tout particuliers de la part du chef d’orchestre; il faut, placer les instruments faibles au voisinage même du cornet, écarter au contraire les instruments puissants. Inutile de dire que ce groupement spécial, si habilement qu'il soit fait, ne peut qu’altérer profondément la physionomie de l’œuvre ainsi jouée. A la méthode d’inscription purement mécanique que nous venons de résumer, on peut: encore reprocher la distorsion des ondes sonores, due à l’inertie et aux frottements inévitables des pièces en mouvement : diaphragme, levier, soc. On lui a substitué une méthode électromécanique qui supprime, engrande partie, ces défauts.
- Les ondes sonores, captées par un microphone de construction spéciale, sont transformées en courants électriques (fig. 7) ; ceux-ci traversent un amplificateur électronique, ils en sortent amplifiés pour commander les mouvements d’un soc qui grave dans la cire, comme précédemment, la trace du son. L’enregistrement se fait dans une chambre étanche au son. L’opérateur qui le surveille peut être aidé par un haut-parleur ou moniteur, connecté à l’amplificateur, et qui répète l'enregistrement. Grâce à l’amplificateur, on dispose en tout cas de l’énergie nécessaire pour la gravure; il devient donc superflu de grouper les instruments d’une façon spéciale, de renforcer les plus faibles, de réduire les plus forts. Chants, morceaux de musique, discours sont enregistrés tels qu’ils sont joués ou prononcés naturellement. Entre ce procédé et l’ancien, il y a la même différence qu’en photographie entre un instantané et une pose. De plus, l’enregistrement électro-magnétique n’a pas les défauts de distorsion de l’enregistrement mécanique; il permettra donc une
- reproduction plus pure et plus fidèle. Le disque ainsi impressionné pourra, bien entendu, être monté sur un phonographe reproducteur quelconque (fig. 8 et 9).
- LA REPRODUCTION
- Mais la reproduction, elle aussi, a fait de grands progrès. Elle comporte deux organes d’une Importance capitale, le diaphragme avec l’aiguille qui l’actionne, d’une part, le cornet d’autre part. L’un et l'autre ont fait l’objet de travaux et perfectionnements importants.
- Le cornet est un organe dont la simplicité n’esl qu’apparente. Ses dimensions, sa forme influent grandement sur ses qualités; il est très difficile du reste de dégager le rôle de chacune des variables qui intervien-
- nent; mais l’on sait bien que le cornet renforce certaines notes, en étouffe d’autres, et de ce fait introduit dans la reproduction des altérations graves.
- L’étude physique des sons, par les moyens scientifiques indiqués plus haut, permet aujourd’hui d’établir avec précision les courbes de réponse des cornets, c’est-à-dire de noter les intensités avec lesquelles est reproduit, suivant sa fréquence, un son d’intensité constante.
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- Le cornet parfait aurait une courbe de réponse figurée par une droite horizontale dans toute l’étendue du domaine des fréquences de l’appareil.
- Ce résultat est loin d’être atteint aujourd’hui.
- Néanmoins, l’étude méthodique des cornets a permis de réaliser de grands progrès, applicables aussi bien au haut-parleur radiophonique qu’au phonographe.
- Pour dresser les courbes de réponse, il fallait tout d’abord, nous l’avons dit, une source d’énergie sonore capable d’émettre, aux differentes fréquences, une quantité déterminée et constante d’énergie. Cette source sonore était constituée par un haut-parleur électrique actionnant un diaphragme reproducteur phonographique, et alimenté sous voltage constant par un tube à vide générateur d’ondes électriques.
- La mesure de l’énergie sonore rayonnée par les cornets s’effectuait au moyen d’un microphone relié à un amplificateur électronique.
- Les expériences ont été exécutées dans une chambre étanche aux sons de l’extérieur, et dont les parois étaient garnies d’étoffes pour éliminer les réflexions et réverbérations.
- Les investigations ont porté sur des cornets droits, de différentes longueurs et de diverses ouvertures de pavillon. On a constaté l’influence heureuse de l’allongement des cornets. Mais il ne suffit pas d’avoir un long cornet pour obtenir une reproduction satisfaisante. Les conditions à remplir sont beaucoup plus complexes. La surface de l’embouchure, celle du fond du cornet, l’angle du pavillon, la régularité de sa courbure, jouent un rôle au moins égal à celui de la longueur. Et l’on se rend compte ainsi que c’est un art délicat que de construire un bon pavillon, et de trouver un compromis entre des exigences parfois contradictoires. Mais le contrôle scientifique apporte ici une aide précieuse au constructeur.
- La forme la plus favorable semble être celle d’un long cornet, droit, dont la section aurait la forme d’un byper-
- Fig. 12. — Le cornet du nouveau phonographe Colombia.
- ag,
- Fig. 11. — Cornet géant étudié aux Laboratoires Bell.
- boloïde, donnant un angle d’ouverture régulièrement et progressivement croissant. Comme il serait impossible de loger pratiquement dans un meuble domestique un cornet assez long, on a été amené à replier le cornet sur lui-même, en étudiant avec soin la courbure de façon à réaliser des caractéristiques aussi bonnes que celles du cornet droit (fig. 10).
- La figure 13 montre la courbe de réponse d’un de ces nouveaux pavillons long de 1 m. 80; on peut la comparer à celle d’un pavillon ancien de la même maison (fig. 14) ; ses sinuosités, en somme peu marquées, indiquent une l’eproduction très satisfaisante dans le domaine des fréquences comprises entre 100 et 3500. L’amélioration est particulièrement sensible pour les notes basses, écueil ordinaire du phonographe.
- On remarquera toutefois que ces courbes de réponse s’arrêtent brusquement à la fréquence 100. La musique utilise souvent des notes de fréquence inférieure à cette limite. Est-ce à dire que le pavillon deviendra brusquement muet pour ces sonorités? Fort heureusement, non. Les notes musicales, nous l’avons dit, ne sont pas constituées exclusivement de sons purs; elles comprennent, outre le fondamental, des harmoniques de fréquence plus élevée qui, à eux seuls, permettent encore de les reconnaître. Le phonographe n’étouffe donc pas totalement les sons bas de fréquence inférieure à 100. Mais la reproduction en est alors gravement altérée. C’est dans ce domaine des très basses fréquences qu’il reste à travailler pour améliorer encore les qualités si remarquables déjà des nouveaux appareils.
- On construit aujourd’hui, pour des salles de concert par exemple, des meubles imposants à très longs cornets;
- 11 en existe qui ont des cornets de 6 m. ; un cornet de
- 12 m. est même à l’étude. Son embouchure mesure 4 m. 25 de large sur 3 m. 05 de haut (fig. 11).
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- Fig. 13. Courbe de réponse d’un nouveau pavillon.
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- -
- 10000
- Fig. 14.
- Courbe de réponse d’un ancien papillon.
- Le concert récent de la Société Colombia était donné avec des appareils munis de longs cornets repliés, ôu plus exactement d’un cornet à double pavillon («g. 12).
- Le diaphragme et les organes qui lui sont reliés ont fait, eux aussi, l’ob-jet de minutieuses études; la masse, l’élasticité, les dimensions de chacun de ces éléments, le volume des chambres d’air sont autant de variables qui interviennent et dont l’influence doit être précisée.
- La figure 15 représente le diaphragme et le porte - aiguille d’un reproducteur du dernier modèle.
- Un autre progrès important est la reproduction électrique.
- Par la méthode usuelle, les sillons du disque enregistré sont traduits directement en ondes sonores, par un moyen mécanique.
- La méthode nouvelle, en empruntant l’intermédiaire de l’électricité, s’inspire immédiatement de la technique du téléphone et des progrès considérablesi réalisés en ces dernières années. Par elle, le phonographe s’apparente étroitement au haut-parleur.
- On s’est attaché à réaliser, pour, le phonographe,
- Réglage Filtre d‘intensité
- 2? étage
- îerétage
- d'amplification Transfo d'ampimâlion Transfb
- Transfo
- 3 <2_____,
- 4,5 v.
- Cornet
- Traducteur
- Lame vibrante
- Fig. 16.
- Principe du système de reproduction électrique,
- »
- l’équivalent de ce que l’on appelle en électricité un système à « impédances équilibrées ».
- Pour faire comprendre ces termes un peu barbares, nous empruntons à l’exposé de M. S. T. Williams une comparaison frappante.
- Un tel système doit assurer un écoulement d’énergie vibratoire, se produisant rigoureusement dans une seule direction sans résonance, sans réflexions, et par suite sans distorsion.
- Imaginons une file de billes de billard en contact, toutes les billes ayant rigoureusement la même masse et la même élasticité.
- Si l’on imprime un choc à la bille tête de file, l’énergie se transmettra à travers toute la file et parviendra à la dernière bille, sans autres pertes que celles, très faibles, dues au frottement.
- Par contre, si l’une quelconque des billes présente, par rapport aux autres, une différence de masse ou d’élasticité, les impédances des divers éléments du système ne seront plus égales; l’écoulement de l’énergie à travers ce système cessera d’être régulier,
- En suivant cette voie on a été amené à combiner le système représenté sur la figure 16.
- Il comporte un style traducteur, un filtre électrique, un amplificateur et un téléphone haut-parleur.
- Le style traducteur est, en somme, un petit générateur électrique, la pointe qui suit les sinuosités du disque phonographique est garnie d’une petite armature en acier, qu’entourent les pôles d’un électro-aimant. Les vibrations mécaniques de la pointe, traduction des ondes sonores
- Fig. 15.
- Diaphragme et porte-aiguille du nouveau phonographe Victor.
- enregistrées, sont ainsi
- transformées tout d’abord en oscillations électriques de faible intensité; celles-ci traversent un filtre qui élimine notamment les vibrations dues au frottement de l’aiguille sur le disque; ainsi sont supprimés des parasites fort désagréables.
- A ce filtre est associé en parallèle un circuit de réglage d’intensité.
- De là les oscillations sont dirigées sur un amplificateur à deux étages; puis par l’intermédiaire d’un électroaimant les ondes ainsi amplifiées viennent actionner une lame vibrante au fond du cornet d’un haut-parleur et se trouvent retransformées en ondes sonores.
- Les impédances de ce système de transmission électrique ont été égalisées de façon à obtenir une reproduction correcte.
- Le haut-parleur peut être d’un modèle quelconque en usage en radiotéléphonie.
- A. Trolleh.
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- LE STABILISATEUR “ SAVAGE BRAMSON ” POUR AVIONS
- M. Bramson a fait le 17 novembre dernier à la Société Française de Navigation aérienne, un exposé particulièrement clair sur la délicate question des appareils de stabilisation longitudinale, et en particulier sur le dispositif Odier, système Savage Bramson.
- La perte de vitesse, même si elle n’entraîne pas la chute, aboutit toujours à une perte d’altitude importante pouvant rendre difficile le choix du terrain, dans un atterrissage forcé par exemple. Il est donc intéressant de prévenir le pilote de l’imminence de laperte de vitesse.
- Symptômes. — La perte de vitesse peut être prévue par :
- 1° La mollesse des commandes : symptôme peu sûr avec les appareils actuels;
- 2° L’estimation d’une trajectoire trop cabrée pour le régime du moteur : indication très approximative,-'
- 3° Un indicateur de vitesse relative donnant une
- Palette du détecteur
- Fig. 1. — Le détecteur d’incidence
- vitesse inférieure à la vitesse minima pérmise. Cette indication est la seule valable ; cependant en vitesse non uniforme, elle perd sa signification, l’avion pouvant marcher pendant quelques secondes sur sa vitesse acquise.
- Suppression cle la perte de vitesse. — L’avertissement du danger doit :
- 1° Atteindre le pilote avec certitude ;
- 2° Etre toujours bien interprété;
- 3° Parvenir au moment opportun.
- Un signal visuel ne répond pas à la première condition.
- Un signal auditif effraie le pilote (des essais ont eu lieu en Angleterre avec un clakson). Une force appliquée soudainement au manche à balai, mais n’empêchant pas le pilote de manœuvrer comme il l’entend ne présente pas ces inconvénients.
- C’est ce raisonnement qui a conduit les inventeurs au système Savage Bramson.
- Ce système comprend :
- 1° Un détecteur d’incidence, formé d’une palette fixée à l’extrémité d’un levier mobile autour d’un axe horizon-tal O (fig. 1). Ce levier, placé dans la voiture et convenablement orienté, a son oscillation limitée en A et B.
- Le vent relatif ayant la direction I, le levier butte en A. si le vent prend la direction II, le levier quitte A. Au moment où le vent dépasse cette direction pour venir en III, le levier vient butter brusquement en B, ouvrant la soupape primaire d’un relais à air comprimé.
- L’appareil est réglé de façon que ce mouvement ait lieu au moment où l’angle d’incidence devient dangereux;
- Manche à balai
- Air comprimé du relais
- Cylindre fixe
- Fig. 2. — Le système avertisseur.
- 2° Un relais à air comprimé envoyant de l’air comprimé à 1 kg au système avertisseur.
- 3U Le système avertisseur composé d’un piston lié rigidement au manche, le cylindre étant lié à un point fixe de l’appareil.
- Quand l’angle limite est atteint, une force de 5 à 10 kg est ainsi appliquée à la main du pilote; cette force amorce la commande de piqué, seule capable de remettre l’appareil en ligne de vol.
- .11 est à remarquer que l’appareil n’est qu’un avertisseur, et que le pilote peut réagir s’il le juge utile. L’ensemble pèse environ 4 kg pour un avion moyen, et la grande simplicité du dispostif fait prévoir sa sécurité de fonctionnement.
- F. Ghuson.
- LA PROSPECTION ÉLECTRIQUE DU SOUS-SOL
- Depuis quelques années un grand effort se manifeste pour créer des méthodes d’exploration du sous-sol plus pratiques que celle qui consiste à exécuter des sondages guidés par des considérations géologiques. On a fait appel aux mesux-es de pesanteur exécutées au moyen d’un instrument très sensible, la balance d’Eotvôs. On a fait surtout appel à l’électricité; le chemine ment de l’électricité dans le sol soit sous foi-rne de courant, soit sous forme d’ondes, la répartition des lignes de foi-ce dépendent manifestement de la constitution du sous-sol, de la nature et de la répartition des matériaux qui s’y trouvent. On conçoit donc que l’étude rationnelle de la propagation des courants et des champs dans le sous-sol puisse donner des indications précieuses à des investigateurs déjà éclairés par des expéi-iences préalables sur des tex-rains bien connus.
- M. Scblumberger et M. Loth en France, MM. Nathorst et Lundberg en Suède, M. Ambronn en Allemagne, ont déjà obtenu par ces méthodes des résultats extrêmement intéressants.
- La même question vient d’êti-e abordée en France par un ingénieur jusqu’ici spécialisé dans les études de x-adioélecti-icité, M. Guy du Bourg de Bozas. Sa méthode de prospection ne diffère pas en
- pi-incipe de celles qui ont été décrites par les savants ci-dessus. Il fait appel au courant alternatif de fréquence 500, celui qu’on employait pendant la gueri-e pour faii-e de la télégi-aphie par le sol (T. P. S.), Ce courant est lancé par deux prises de terre dans la zone à explox-er, et au moyen d’appareils convenables, on dx-esse la carte des lignes de force à la surface du terrain influencé par le coui-ant. Cette carte, comparée à la carte théoi-ique, qu’on dressei-ait sur un teri-ain homogène, donne des indications précieuses sur la î-épartition et l’orientation généi'ale des lignes de foi-ce dans le sous-sol. '
- Pour déterminer en chaque point du terrain- la direction de la ligne de foi-ce, M. du Boui’g de Bozas utilise un cadre de T. S. F., oi-ientable dans toutes les directions, et dont l’eni’oulement est choisi pour lui assui-er une î-ésonance à la fréquence 500. Cet enroulement est connecté à un téléphone, par l’intérmédiaire d’un amplificateur. L’appareil est extrêmement sensible et l’extinction du son dans le téléphone indique que le cadre est dans la direction de la ligne de force. On note la direction géogi-aphique exacte du cadre à ce moment et l’on a la direction à-insci-ire sur là carte des lignes de force, au point considéré. i
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- LES RAQUETTES DE TENNIS EN ACIER
- Le nombre d’amateurs du jeu de tennis s’est considérablement accru en ces dernières années. Les compétitions internationales, dans ce sport, prennent l’importance d’événements historiques et nos champions ou championnes, sont accueillis par delà les mers avec un enthousiasme dont ne sauraient bénéficier les plus habiles de nos ministres, les plus savants de nos professeurs, les plus hardis de nos ingénieurs.
- Le jeu s’est par suite perfectionné à l’extrême. Les courts sont établis avec toutes les conditions de précision possible. Les surfaces sont nivelées et dressées comme
- généralement fort élevé; aussi un champion américain, M. William Larned, a-t-il eu l’idée d’étudier la possibilité d’établir des raquettes de tennis complètement en acier. Il fit toute une série d’expériences qui le persuadèrent que la chose était réalisable.
- Il fallut sept ans pour arriver à établir des raquettes métalliques donnant satisfaction; depuis, il s’est fondé à Dayton une manufacture où l’on produit actuellement, d’une façon régulière, des raquettes dont les cordes elles-mêmes sont métalliques.
- Au début, on avait pensé monter sur le cadre en tube d’acier des cordages en boyau, mais les essais successifs montrèrent que les boyaux cassaient au point de contact avec le métal; successivement on décida d’utiliser un fil à 3 brins, puis à) 9 brins. La solution actuellement adoptée est un fil câblé à 6 brins, sur une âme centrale que l’on fait ensuite disparaître.
- On obtient alors un câble à âme creuse, parfaitement élastique.
- La fabrication de ce genre de raquette est beaucoup plus rapide que celle des raquettes de bois et le prix de revient est ainsi beaucoup diminué.
- Le cadre est ovale, suivant la forme habituelle des raauettes. Il est constitué par un tube dont la section
- Fig. 1. — Les cordes métalliques sont tressées dans des machines spéciales qui produisent te câble à âme creuse.
- un marbre d’ajusteur. Les balles sont fabriquées, comme nous l’avons déjà indiqué dans La Nature (n° 2744), avec des procédés nouveaux qui leur assurent une élasticité constante et bien déterminée.
- Si nous examinons les raquettes, on constate que ce sont de véritables outils de précision et que celles destinées aux champions atteignent des prix fabuleux.
- Elles sont caractérisées par leur poids, qui s’indique en onces (28 gr. 35). C’est le numéro indiqué sur le manche. Il va de 12 1/2 à 13 pour les raquettes de dame et de 131/2 à 14 1/2 pour les raquettes d’homme.
- Le joueur fervent prend soin de sa raquette comme d’un enfant. Lorsqu’il ne joue pas, il la tient sous presse de préférence trapézoïdale. Par temps humide, il prend la précaution, avant de se rendre au terrain, de graisser les cordes à la graisse de bœuf. Il les dégraisse au moment de jouer et les graisse à nouveau la partie terminée.
- A Paris même les courts s’installent un peu partout, couverts ou découverts. Un grand immeuble, dans le quartier des Invalides, est entièrement consacré à ce sport, depuis lep caves jusqu’au dernier étage.
- Le prix des raquettes de tennis établies en bois est
- Fig. 2. — Une salle immense sert uniquement au contrôle de la fabrication des pièces.
- est légèrement inférieure à celle du bois des raquettes ordinaires, il offre donc moins de résistance à l’air. Le tube est recourbé à la forme voulue ; les extrémités de chaque pièce s’appliquent l’une contre l’autre et elles sont resserrées de manière à rentrer dans la poignée. Celle-ci est établie en bois.
- A l’endroit où les deux branches se rapprochent, on brase un pont qui complète l’ovale et l’on obtient un ensemble solide. Après recuit, le cadre est percé de trous au moyen d’une machine conçue spécialement, qui perce de l’intérieur. On enlève les bavures, les bords des trous sont fraisés à l’intérieur; à l’extérieur du cadre, on forme une gorge ou canal, dans la-
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- quelle doit reposer le cordage qui se rend de trou à trou.
- Le cadre ainsi préparé est trempé et, pour cela, on le maintient dans un moule qui lui conserve sa forme primitive au cours de la trempe. Les pièces qui doivent maintenir le cadre dans la poignée sont ensuite soudées au tube et le tout est décapé au jet de sable pour enle.ver l’huile et la poussière. Le cadre terminé est recouvert de vernis à l’acétate de cellulose, qu’on applique au moyen du pistolet à air comprimé.
- La poignée de bois est en deux parties. Dans chacune d’elles sont pratiquées des gorges afin de recevoir les deux tiges métalliques d’assemblage ; les morceaux sont ensuite collés, assemblés et vissés en place. On donne au bloc la forme d’une poignée ordinaire au moyen d’un tour à copier. Cette poignée est ensuite vernie, après que
- breux au cours de la période d’établissement de ce genre de raquette. Les cadres en acier supportent des efforts beaucoup plus considérables que ceux en bois. Le cordage d’acier est supérieur au boyau dans la majorité des. coups, notamment pour le service, pour les coups à ras de terre les coups de volée sort peut- être moins facilement
- Fig. k a 6.
- En haut : Brasage du pont qui complète l’ovale formant la raquette.
- Au milieu : Peinture du cadre métallique au pistolet à air comprimé avec du vernis à Vacétate de cellulose.
- En bas : Avant le montage, les poignées sont soigneusement calibrées avec des instruments de haute précision.
- les extrémités du cadre ont été assujetties au moyen d’un ciment qui réunit ensemble fortement l’acier et le bois; un rivet fixé en croix dans la poignée consolide encore l’assemblage.
- Ainsi préparée la raquette reçoit le cordage élastique métallique.
- Il est coupé en longueurs de la même manière que les cordes à boyau dans les raquettes de bois.
- Ce cordage métallique est recouvert d’une couche de préservatif chimique contre la rouille, il se forme une pellicule tenace très mince qui résiste à l’usure. Dans certains cas on cuivre aussi le fil métallique.
- La raquette cordée est équilibrée en ajoutant au besoin des poids dans des trous pratiqués sur la poignée. On termine la fabrication en montant le talon de cuir avec une bande de soutien, comme à l’habitude.
- Les essais de laboratoire et de pratique ont été nom-
- Fig. 3. — Essai de flexion du cadre terminé. On le gradue avec des poids rigoureusement tarés.
- donnés qu’avec une raquette de bois. Ceci d’ailleurs fut expérimenté en projetant des balles sur des raquettes fixées suivant divers degrés de rigidité. Les coups furent appliqués en faisant varier, la vitesse; la direction et le rendement ont été notés avec une précision toute mathématique.
- Grâce à la raquette d’acier, on réalise une grande économie lorsqu’on joue constamment. La raquette métallique donne également la possibilité de jouer au tennis dans des régions humides et pluvieuses, au bord de la mer, notamment sous les tropiques et son apparition, depuis quelques années, a contribué à accroître le développement du jeu de tennis dans des régions où ce sport n’était pratiqué que par exception.
- E.-H. Weiss.
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- UN NOUVEAU TUBE A RAYONS CATHODIQUES
- Les rayons cathodiques découverts par Hittorf en 1863, puis étudiés par Croobes en 1875, par Hertz en 1892 et par son élève Lenard, ont été l'origine de la grande révolution qui a bouleversé la physique à la lin du siècle dernier. C’est en étudiant les rayons cathodiques, notamment, que Rœntgen a été amené, par un heureux hasard, à la découverte des rayons X.
- Les rayons cathodiques prennent naissance, lorsque l’on fait passer un courant électrique dans un tube suffisamment vidé. Si on fait le vide progressivement dans un tube de ce genre, on voit peu à peu disparaître la lumière qui remplit le tube, mais alors le verre du tube s’illumine et devient fluorescent en regard de la cathode.
- Ce sont les rayons cathodiques qui produisent cet effet : on sait aujourd’hui qu’ils sont constitués par un jet de petites particules matérielles, les électrons, projetés normalement à la cathode avec des vitesses qui peuvent atteindre des valeurs très élevées.
- Les propriétés des rayons cathodiques ont été très étudiées déjà; certaines d’entre elles, cela se conçoit aisément, dépendent de la vitesse avec laquelle ces particules sont expulsées de la cathode, ’c’est-à-dire en définitive du voltage appliqué au tube générateur.
- Quand les électrons cathodiques se heurtent à des molécules ou des atomes matériels, il se produit des chocs violents qui se traduisent par des dislocations plus ou moins profondes de ces édifices matériels; c’est l’origine des phénomènes d’ionisation.
- Mais ces obstacles arrêtent rapidement les petits projectiles électriques. C’est ce qui explique que les rayons cathodiques ne puissent être étudiés aisément que dans des tubes dont le vide est suffisamment poussé. L’air à la pression atmosphérique absorbe ces rayons sous une très faible épaisseur.
- Il est donc très difficile, malgré l’intérêt que présente cette investigation, d’étudier les rayons cathodiques à l’air libre, en dehors de tubes scellés.
- Cette étude a cependant été commencée par Lenard, il y a plus de 30 ans. Ce physicien avait observé que les rayons cathodiques traversent certains métaux comme l’aluminium, lorsque leur épaisseur est suffisamment faible. Dans un tube à vide, il aménageait, en face de la cathode, une fenêtre fermée par une feuille extrêmement mince en aluminium d’une épaisseur inférieure à 3 microns. Il put ainsi, pour la première fois, faire sortir d’un tube les rayons cathodiques et les étudier à l’air
- libre.
- Depuis cette époque, de grands progrès ont été réalisés dans la construction des tubes à vide ; on sait en construire aujourd’hui que l’on peut faire traverser par des décharges de voltages et de puissances très élevées.
- Le Dr Coolidge, bien connu par son invention des tubes à rayon X à cathode incandescente, vient de réaliser un tube qui permet d’observer les rayons cathodiques dans l’air sur une longueur de plus de 60 cm.
- C’est un tube à fenêtres comme celui de Lenard; mais la décharge électrique peut y être réalisée sous des tensions beaucoup plus élevées.
- Un modèle, du type représenté sur la figure 1, de 89 cm de long, et dont le ballon a 20 cm de diamètre,
- supporte des voltages allant jusqu’à 250 000 volts. Un modèle plus grand, long de 1 m. 55 avec un ballon dé 30,5 cm a permis d’aller jusqu’à 400 000 volts.
- Le vide régnant à l’intérieur du tube est un vide très poussé, comme dans les tubes modernes à rayons X, à décharge purement électronique.
- Les électrons sont émis par un filament de tungstène porté à l'incandescence; sous l’effet du champ électrique, ils se rassemblent en un faisceau étroit et prennent des vitesses énormes. Ils passent à travers un long tube en cuivre placé à l’intérieur du bras allongé, à l’extrémité duquel est scellée la fenêtre qui sert également d’anode. Le tube de cuivre sert d’écran électrostatique pour empêcher le verre d’être percé par le voltage élevé.
- Rayons cathodiques,
- Filament de tungstène incandescent ——
- Anode-
- Fig. 1. — Le nouveau tube Coolidge permettant d’observer les rayons cathodiques dans l’air.
- Fig. 2. — Coupe de la fenêtre du tube Coolidge.
- A droite, vue de la mince plaque de nickel fermant la fenêtre et de son support en nid d’abeilles
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- Fig. 3. — Un cristal de calciic irradié par les rayons cathodiques reste phosphorescent plusieurs heures.
- En a on aperçoit les scintillations qui se produisent sous l’impact cathodique; en b, agrandissement de quelques points de scintillation. Ils ont la forme d’un petit cratère; en c, agrandissement d’un cratère à plus forte échelle montrant le cratère et les canaux; en d, agrandissement à échelle plus forte encore montrant la structure des canaux en cliajielets de globules.
- La fenêtre est une feuille de nickel, épaisse de 1,25 millième de millimètre. Pour ne pas être enfoncée dans le tube par la pression atmosphérique, cette feuille s’appuie sur une pièce en molybdène en forme de nid d’abeilles. L’ensemble est soudé sur une bague en invar qui sert à effectuer le scellement dans le bras du tube.
- Quand l’appareil est mis en marche, les rayons cathodiques sortant de la fenêtre en nickel, font irruption dans l’air et y provoquent une ionisation qui se manifeste par une lueur de forme sphérique, en avant de la fenêtre, d’un diamètre de plus de 0 m. 60. En même temps, des odeurs ozonées et nitreuses sont nettement perceptibles.
- Les rayons cathodiques jouissent de la propriété, en frappant certaines substances, d’y provoquer de remarquables phospnorescences, souvent très persistantes. Le nouveau tube Coolidge permet d’observer ces phénomènes dans des conditions beaucoup plus commodes qu’autrefois, puisqu’il n’est plus indispensable de placer l’échantillon à irradier dans l’intérieur du tube avant d’y faire le vide.
- Ainsi, un cristal de calcite prend sous le bombardement cathodique une phosphorescence de couleur orange qui persiste plusieurs heures après l’irradiation. En outre, on peut y voir apparaître des scintillations brillantes , d’un blanc bleuâtre. Celles-ci se manifestent spontanément pendant plus d’une minute après l’irradiation. Elles réapparaissent ensuite, même au bout d’une heure, si l’on gratte légèrement le cristal avec une pointe fine. La surface avoisinant le point de scintillation perd toute luminosité pendant que la scintillation se produit et apparaît en noir sur un fond orange. L’examen au
- microscope révèle que chacun de ces points a la forme d’un petit cratère autour duquel s’irradie un fin réseau de canalicules, constitués par des rangées de globules minuscules.
- Ces scintillations disparaissent quand la température du cristal de calcite dépasse 180° C. Par contre, à la température de l’air liquide, elles prennent naissance
- plus facilement.
- A ces très basses températures, beaucoup d’autres substances donnent naissance à des scintillations analogues, notamment les gommes, les acides organiques, les sels de sodium de ces acides, les alcools, les esters, le celluloïd.
- Le Dr Coolidge a étudié également l’action des l'ayons cathodiques sur le diamant. Crookes,puis Moissan avaient déjà fait cette expérience en plaçant le diamant à l’intérieur du tube.
- Ils avaient observé un noircissement que Moissan attribuait à la formation de graphite. Le Dr Coolidge a soumis au bombardement un grand nombre de diamants; contrairement à ses devanciers, en aucun cas, il n’a observé de noircissement ni de changement de couleur.
- Il attribue le phénomène observé parCrookes et Moissan à des dépôts carbonés provenant soit du, métal, soit de la graisse des électrodes.
- Le granit qui est un mélange de nombreux minéraux, donne sous le bombardement cathodique un très bel effet; il prend en effet des couleurs orange, bleu, rouge et verte.
- Le quartz fondu, soumis au bombardement cathodique, a manifesté un phénomène bien curieux et quelque peu mystérieux. L’expérience a été faite sur un disque, pré-
- Fig. 4. — Aspect de la lueur qui se forme dans l’air autour de la fenêtre quand le tube est en action. Elle est due à l’ionisation de l’air ambiant par les rayons cathodiques.
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- paré par fusion dans le vide, au four électrique, de débris de cristaux provenant du Brésil. Le disque avait été ensuite meulé et poli.
- Exposé, pendant deux minutes à l’action des rayons cathodiques, il prend une phosphorescence pourpre en certains endroits de sa surface formant des plages de dessin irrégulier. Cette coloration disparaît si l’on chauffe fortement le bloc au mojmn d’un bec Bunsen. Si on l’irradie à nouveau, on voit la phosphorescence exactement aux mêmes endroits que dans la première expérience.
- On a alors brisé le disque et irradié ses fragments; on a constaté que l’inhomogénéité lumineuse ainsi observée n’est pas un phénomène superficiel. Elle s’étend à travers toute la masse et ne dépend nullement, comme on aurait pu le supposer, des opérations de meulage et de polissage. Pour découvrir l’origine du phénomène, on a irradié un grand nombre de cristaux de quartz de diverses provenances. Un seul échantillon a manifesté un changement de coloration, en devenant brun ; or, il provenait de Herkimer County,dansl’Etat de New-York, alors que les cristaux employés pour fabriquer le disque venaient du Brésil. Autre constatation curieuse : les plages lumineuses révélées par le bombardement cathodique avaient la forme et les dimensions des fragments de cristaux, fondus dans le four électrique pour fabriquer le disque. On est donc amené à penser que ces figures de phosphorescence singulières sont une sorte d’image de certains des fragments cristallins originels.”
- Pourquoi le traitement au four électrique n’a-t-il ainsi modifié qu’un epartie des fragments, alors que les autres ne manifestent aucune phosphorescence ? Le Dr Goolidge pense que le phénomène est dû à des traces d’impuretés existant à l’origine dans certains des cristaux; l’action du four électrique aurait modifié la forme chimique de ces impuretés et les aurait mises en état de provoquer la phosphorescence lors de l’irradiation cathodique.
- Le Dr Coolidge a pu étudier les variations de la phosphorescence cathodique avec la température ; ce qui n’avait jamais pu être idéalisé jusqu’ici.
- Mais les investigations les plus intéressantes auxquelles il a procédé ont trait aux actions chimiques et biologiques des rayons cathodiques.
- L’acétylène gazeux est transformé en une poudre solide, jaune, insoluble dans tous les réactifs chimiques essayés par le savant américain. L’huile de ricin est solidifiée. Un cristal transparent de sucre de canne devient opaque et, si on le chauffe ensuite, dégage une
- grande quantité de gaz. Des solutions aqueuses de sucre, de glycérine, d’amidon deviennent acides. Le lait prend très rapidemend une saveur rance et une forte odeur. Il en est de même pour le beurre.
- Le bombardement par des rayons à 200000 volts d’une feuille de l’arbre à caoutchouc (Ficus elastica) placée à 4 cm de la fenêtre du tube provoque l’exsudation immédiate du latex.
- On a étudié également l’action des rayons cathodiques sur les bactéries. A cet effet les cultures étaient étendues à la surface d’une gelée nutritive d’agar-agar. Les expériences ont porté sur le Staphylococcus aureus, le Bacillus coli, le Bacillus prodigiosus et le Bacillus subtilis. Les uns et les autres sont lues après bombardement pendant une seconde, à 1 cm de la fenêtre, par des rayons produits au régime de 0,1 milliampère sous 90 000 volts.
- Des rayons de 1 milliampère sous 150 000 volts tuent
- certaines mouches presque instantanément. Les blattes périssent au bout d’une 1/2 seconde. Les limaces meurent soit immédiatement, soit au bout de quelques jours.
- L’action sur les tissus animaux n’est pas moins intéressante. Le Dr Coolidge a irradié des oreilles de lapins gris, sur de petites surfaces circulaires rasées; suivant la durée d’exposition et l’intensité du courant employé l’effet a varié depuis un léger tannage de la peau jusqu’à la complète destruction des tissus sur toute l’épaisseur de l’oreille. Par exemple deux surfaces circulaires de 1 cm de diamètre ont été exposées, l’une pendant 0,1 seconde, l’autre pendant une seconde, à 2,5 cm de la fenêtre aux rayons produits sous 1 milliampère et 200 000 volts. Les autres régions de l’oreille étaient protégées.
- Les surfaces irradiées s’enflamment immédiatement et se couvrent d’escarres qui tombent, huit ou quinze jours après, en entraînant le poil. Le follicule n’étant pas détruit, le poil repousse trois semaines après.
- Mais sur la surface irradiée pendant 1 seconde, il repousse blanc comme neige et deux fois plus long qu’auparavant.Sur la surface irradiée pendant 0,1 seconde, les poils qui repoussent sont un mélange de blanc et de gris.
- Des expositions plus longues provoquent la destruction des follicules ou même du tissu.
- On voit que le nouveau tube du Dr Coolidge se prêle à de nombreuses et intéressantes investigations, qui peuvent avoir, quelque jour, des conséquences pratiques fort importantes. B. Villers.
- Fenêtre
- Echelle en centimètres
- Fig. 5. — Diagramme montrant la pénétration dans l’air des rayons cathodiques issus du tube Coolidge et indiquant comment elle dépend de la tension appliquée au tube.
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- = POSTE AUTOMOBILE RÉCEPTEUR-ÉMETTEUR =
- DE T. S. F. A GRANDE PUISSANCE
- l'ig. 1. Ensemble du poste émctteur-recepteur Kraemer sur ondes courtes monte sur une auto-chenille Citroën à propulseurs Kégresse-IJinstin. On remarque sur le toit du véhicule l’antenne III à trois brins parallèles soigneusement isolés. En (I) les poulies motrices et en (II) le chariot à galets qui supporte le châssis. — Fig- — En moteur à essence à 4 cylindres de 9 ch entraîne une génératrice a haute tension (II) qui fournit ta tension plaque des lampes d’émission, et une dynamo (III) qui débite un courant d’une tension de 40 volts pour la recharge dune batterie daccumulateurs de grande capacité. En (IV) dispositif de débrayage. — Fig. 3. — Vue de l’intérieur d une automobile montrant en (I) la disuositiou du radiateur du moteur auxiliaire. En (II) on voit la boite de connexions des sources
- d’alimentation du poste. — Fig. 4. — Disposition du groupe moteur (I) dans la voiture et ensemble des batteries d’accumulateurs. Fig. 5. — Ensemble des appareils de T. S. F. Le groupe récepteur pour ondes longues en (I), le récepteur pour ondes courtes en (II) et le groupe émetteur en (III).
- Les postes de T. S. F. montés sur automobiles ont été employés depuis longtemps.
- On a eu l’idée de réaliser des postes émetteurs-récepteurs mobiles presque depuis les débuts de la T. S. F., et, dès avant 1914, l’armée française possédait des camionnettes automobiles sur les-
- quelles étaient adaptés des postes émetteurs, évidemment à étincelles, et donc à ondes amorties.
- Dès l’avènement pratique des postes à lampes, la Radiotélégraphie militaire française construisit des appareils émetteurs-récepteurs radioté-légraphiques et même radioté-léphoniques à lampes montés sur automobiles., Ces postes
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- mobiles ont d’ailleurs été décrits dans La Nature en 1919.
- A mesure que se perfectionnait la radiotechnique, les constructeurs ont réalisé des postes mobiles, également de plus en plus perfectionnés, et, actuellement, l’usage de stations automobiles émettrices-réceptrices est devenu courant. En dehors des modèles militaires, citons simplement à ce sujet les automobiles de T. S. F. de la Préfecture de Police, ou la station mobile Radio L. L. pour informations sportives, dont nous avons signalé les essais.
- Cependant, les postes de ce genre émettant sur ondes courtes sont encore rares, l’émission ne peut se faire, le plus souvent, que pendant les arrêts, et enfin, les appareils de T. S. F. sont adaptés sur une voiture automobile quelconque, qui n’a pas été spécialement modifiée pour cet usage.
- C’est pourquoi il nous semble intéressant de décrire un poste automobile de T. S. F. sur ondes courtes et à grande portée qui paraît présenter un ensemble d’avantages nouveaux fort ingénieux.
- Principes de construction du poste automobile.
- Ce poste mobile est évidemment surtout destiné à accompagner des expéditions coloniales ou à être utilisé en campagne, c’est pourquoi il est monté sur un châssis 15 ch Citroën à chenilles Kegresse-Hinstin qui peut se déplacer dans les terrains lesplus variés (fig. 1).
- Nous ne donnerons d’ailleurs pas la description technique détaillée de ce châssis bien connu et dont nos photographies indiquent clairement les caractéristiques.
- L’antenne est placée sur le toit de la voiture comme on peut le voir sur la photographie et les appareils d’émission et cle réception sont alimentés par un groupe moteur absolument séparé du groupe de traction.
- La gamme d’émission sur ondes courtes s’étend de 30 à 100 mètres, et la réception peut s’effectuer sur n’importe quelle longueur d’onde. Le fonctionnement du poste de T. S. F. peut avoir lieu pendant la marche normale de l’automobile, et enfin, la portée de la station est en télégraphie de plus de 2000 kilomètres, alors qu’elle n’est que de 600 kilomètres en téléphonie.
- Sources d'alimentation.
- Plusieurs sources de courant d’intensité et de tension différentes sont nécessaires pour le fonctionnement du poste. Tout d’abord une source à haute tension pour fournir la tension-plaque des lampes d’émission, ainsi qu’une autre source de basse tension pour le chauffage des filaments de ces mêmes lampes ; il faut en outre prévoir des batteries de plus faible capacité pour la tension-plaque et le chauffage des lampes de réception, et enfin il est nécessaire de recourir à une autre source d’alimentation pour obtenir l’éclairage électrique de la voiture et le fonctionnement de tous les appareils auxiliaires : outillage électrique, radiateur, glacière, ventilateurs, etc.
- Pour assurer une source d’énergie très régulière, on n’a pas recours, ainsi que nous l’avons noté, au moteur de l’automobile sauf en cas de « panne » de la machine spéciale.
- Cette machine spéciale est constituée par un moteur Ballot d’une puissance de 9 ch à 1500 tours et à quatre
- cylindres, actionnant un générateur à deux collecteurs et une deuxième dynamo (fig. 2).
- La génératrice à deux collecteurs fournit, d’une part, un courant de 2500 volts avec une intensité de 350 milliampères, et, d’autre part, un courant de 10 volts avec une intensité de 50 ampères. (Tension-plaque-émission, et tension-filament avec batterie d’accumulateurs de 10 volts).
- La génératrice 40 volts charge une deuxième batterie d’accumulateurs de 32 volts 240 ampères-heure, et des conioncteurs-disjoncteurs automatiques règlent la charge de ces batteries. Au moment du démarrage, les deux dynamos fonctionnent comme moteurs avec le courant des batteries.
- Mais deux problèmes se posaient alors :
- 1° Soustraire les opérateurs à la chaleur excessive produite par le radiateur du moteur à essence actionnant le groupe d’alimentation.
- 2“ Eviter l’accumulation des vapeurs acides provenant des batteries d’accumulateurs à l’intérieur du véhicule, ce qui pourrait détériorer les appareils ou gêner les opérateurs (fig. 3 et 4).
- Ces deux inconvénients ont été éliminés grâce à l’emploi de puissants ventilateurs électriques qui chassent les vapeurs acides ou l’air chaud vers l’extérieur à travers des orifices grillagés.
- Le radiateur est, d’ailleurs, placé latéralement comme le montre la figure 3.
- Antenne et poste émetteur-récepteur
- En marche, on utilise comme antenne le système à trois doubles T métalliques placé sur le toit de l’automobile, et un contrepoids métallique isolé placé dans le plancher de la voiture.
- A l’arrêt, l’opérateur dispose également d’un mât démontable de 12 mètres qui permet d’installer une antenne d’une trentaine de mètres avec contrepoids métallique (grillage) correspondant pour la réception des émissions les plus lointaines.
- Le poste émetteur comporte deux lampes de 250 watts. Il est du type Hartley à couplage indirect de l’antenne. En téléphonie, une des lampes travaille en modulatrice et l’autre en oscillatrice. Les lampes sont d’ailleurs montées sur supports élastiques, afin d’éviter les risques de rupture des filaments par les chocs de la route.
- Le poste récepteur comprend deux parties distinctes :
- 1° Un appareil destiné à la réception des ondes courtes (2 à 300 mètres) et comportant une lampe détectrice à réaction munie de deux étages basse fréquence.
- 2° Un appareil pour ondes moyennes et longues (300-25 000 mètres) comprenant une lampe haute fréquence, une détectrice et trois basse fréquence en push-pull. Une sixième lampe peut servir d’hétérodyne pour la réception des émissions radiotélégraphiques de longueurs d'onde supérieures à 3000 mètres.
- L’ensemble est donc absolument complet et peut servir non seulement à l’ester en communication constante avec des postes situés dans un très grand rayon, mais encore à recevoir les informations météorologiques, économiques ou politiques du monde entier.
- ; P. HÈMARDIjXQUER.
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- UNE ÉVOLUTION NOUVELLE ' ..... 127
- ... ....... E DE L'INDUSTRIE CHIMIQUE
- Sous ce titre, M. Raymond Berr, directeur général des Produits chimiques aux Etablissements Ivuhlmann, a prononcé le 21 décembre dernier à la Société des Ingénieurs civils, une conférence remarquable.
- Il a en quelque sorte fait le point de la situation actuelle de l’industrie chimique dans son ensemble; il a montré dans quelles voies nouvelles elle se trouve entraînée par une triple coalition de forces : les armes nouvelles données à l’industrie par la chimie théorique, les besoins matériels nouveaux, impérieux et sans cesse accrus du monde moderne en engrais et carburants, enfin les concentrations industrielles formidables qui se sont formées récemment dans les principaux pays pourvus d’une grande industrie chimique.
- La guerre a prouvé que toute Jnalion qui veut garder son indépendance est tenue de posséder sur son territoire la gamme essentielle des diverses productions chimiques et d’assurer leur autonomie. Les lacunes dont souffrait à cet égard l’industrie chimique des alliés n’ont pu être comblées que par des improvisations coûteuses et lentes qui ont retardé l’issue de la guerre. Celle-ci terminée, chacun des grands belligérants a pu se croire à l’abri de pareils défauts. France, Angleterre, Etats-Unis avaient réussi, en effet, à se constituer des industries nouvelles : explosifs et matières colorantes, produits azolés, ou à développer d’une façon souvent pléthorique des industries anciennes comme celle de l’acide sulfurique. Tarifs douaniers aidant, l’hégémonie chimique allemande paraissait définitivement brisée et chaque pays semblait avoir conquis une indépendance aussi précieuse dans le domaine économique que dans le domaine militaire.-
- La conférence de M. Raymond Berr démontre d’une façon éclatante que cet équilibre est à nouveau menacé. C’est un avertissement qui mérite d’être écouté et compris.
- Nous ne pouvons ici que résumer, trop brièvement à notre gré, ce puissant exposé synthétique.
- L'INDUSTRIE CHIMIQUE AVANT LA GUERRE
- Entre 1900 et 1910 le spectacle de l’industrie chimique pouvait se résumer ainsi.
- Une industrie minérale stabilisée après la grande secousse de la lutte entre les procédés Leblanc et Solvay, pour la fabrication du carbonate de soude. La victoire était restée au procédé Solvay qui lire directement le carbonate de soude du sel marin et du calcaire, en supprimant l’intermédiaire de l’acide sulfurique. Les fabricants d’acide sulfurique avaient, il est vrai, trouvé une large compensation, quasi providentielle, dans la production des superphosphates, et d’autres débouchés s’offraient sans cesse dans de nouvelles industries.
- A côté de cette industrie minérale une jeune industrie électrochimique donnait de grands espoirs.
- En face, se dressait une industrie organique presque uniquement développée en Allemagne ; constituée à la suite des synthèses sensationnelles de l’alizarine et de l’indigo, elle avait conquis le monopole de fait des colorants de synthèse et des produits pharmaceutiques, et comme consé-cpience celui de la préparation de l’acide sulfurique par le procédé de contact et celui du chlore par électrolyse.
- Enfin de patienls chercheurs s’attachaient à la fixation de l'azote atmosphérique pour parer [à l’épuisement possible des gisements de nitrates du Chili et pour écarter le spectre des famines prophétisées par Croolces. Dans cet ordre
- d’idées il faut signaler les premiers essais d’oxydation de l’azote au four électrique en 1903 (Birkeland et Eyde), la découverte de la cyanamide calcique par Franck et Caro à la même époque, enfin en 1912 la mise au point par la Ba-dische Anilin de la réaction Ilaber pour la production de l’ammoniac synthétique par hydrogénation de l’azote à haute pression. Dès le mois d’août 1914,, cette société était en mesure de produire 25 tonnes par jour.
- Indépendantes et isolées apparaissaient la carbonisation de la houille qui produisait les principaux carbures cycliques utilisés pour la fabrication des matières colorantes et la carbonisation du bois avec ses sous-produits : alcool méthy-lique et acide acétique.
- Enfin la soie artificielle avait fait depuis peu son apparition mais ne rencontrait encore qu’un accueil assez réservé.
- L'INFLUENCE DE LA GUERRE SUR L'ORIENTATION DE L'INDUSTRIE CHIMIQUE
- Cette influence a été considérable. Les Alliés ont reconquis leur indépendance chimique. Mais une transformation profonde s’est effectuée également en Allemagne. Coupée par le blocus de ses approvisionnements en pyrites et en’ nitrates, nécessaires les premières à la fabrication de l’acide sulfurique, les seconds à celle des explosifs, elle a réussi cependant à soutenir la guerre pendant quatre ans, cela grâce au remplacement de la pyrite par le gypse pour la fabrication de l’acide sulfurique et à la mise en œuvre du procédé Haber à une gigantesque échelle.
- Pour ces vasles réalisations les grandes sociétés allemandes s’unirent en une communauté d’intérêts dont le premier objet fut d’assurer l’unité de direction technique.
- La guerre terminée, l’Allemagne a perdu définitivement son monopole des matières colorantes, elle sait qu’elle ne pourra le reconquérir. Mais la concentration de ses industries chimiques reste un fait accompli. Le nouveau groupement, l'I. G. (Interessen Gemeinschaft für Farben Industrie) est une puissance technique et financière sans égale au monde. Ses ambitions sont à la hauteur de ses moyens. Elles visent à des réalisations beaucoup plus importantes, au point de vue du bien-être de l’humanité et [de l’avenir de la civilisation, que ne le fut la synthèse des colorants artificiels. L’I. G., en effet, s’attaque délibérément à deux vastes problèmes : celui des engrais à bon marché et celui des carburants artificiels. Dans ces deux domaines qui, nous allons le voir, sont intimement liés et où elle a déjà pris une avance redoutable, elle espère offrir à son immense organisation des champs d’action à peu près illimités.
- Sûre de pouvoir dans ces voies trouver pendant longtemps l’écoulement d’une production accrue, l’I. G. en s’y engageant visait un autre but : éviter à son pays des importations périlleuses pour sa balance commerciale. C’est ainsi qu’elle a cherché à se libérer des importations de pyrites. Dès qu’il fut à peu près certain que la fabrication de l’acide sulfurique à partir du gypse ne constituait qu’un expédient de guerre, FI. G. abandonna son emploi comme support de l’ammoniac dans les engrais azotés, et elle est même sur le point de se passer de son intervention pour la fabrication des engrais phosphatés.
- Des problèmes analogues se posent dans tous les pays et leur ampleur fait éclater les cadres anciens de l’industrie chimique. Us gravitent autour de trois grandes questions :
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- La production de l’hydrogène, le problème du support de l’azote et sa répercussion sur celui des engrais phosphatés ou potassiques ;
- La production des carburants synthétiques dont les alcools constituent un aspect;
- L’application à la chimie organique des méthodes de catalyse.
- « On est frappé, dit M. Berr, en les abordant, de yoir ces énormes problèmes résolus grâce au maniement des corps les plus simples de la chimie. Ils sont quatre à intervenir : l’oxyde de carbone, l’hydrogène, l’azote et le phosphore; mais il a fallu plus d'un siècle pour que les chimistes parviennent à les combiner sans autre intermédiaire que de mystérieux catalyseurs. »
- L'HYDROGÈNE ET LE SUPPORT DE L'AZOTE
- La synthèse de l’ammoniaque (NII3) par union directe de l’azote et de l’hydrogène est aujourd’hui un problème résolu. Différents procédés sont en présence : Haber, Claude avec les hyperpressions, Casale, Fauser. Un nouveau procédé a même fait récemment son apparition, le procédé Urfer qui vise à une synthèse à basse pression (16 à 18-kg) par l’intervention de métaux alcalins comme catalyseurs. Au point de vue pratique, les diverses méthodes en usage paraissent actuellement équivalentes; la technique des hautes pressions est arrivée à un tel degré de perfection que l’abaissement de •la pression semble maintenant d’un intérêt en somme secondaire.
- Le véritable problème actuel de l’ammoniaque synthétique réside dans la production de l’hydrogène. Les installations du type Haber font appel au gaz à l’eau : mélange d’hydrogène (50 p. 100) et d’oxyde de carbone (40 p. 100) obtenu par passage d’un courant de vapeur d’eau sur du coke porté au rouge. On fait ensuite réagir l’oxyde de carbone sur de la vapeur d’eau, à une température et en présence d’un catalyseur convenables. Cette réaction donne une nouvelle quantité d’hydrogène et l'oxyde de carbone est converti en acide carbonique.
- Ce procédé donne comme sous-produit de grandes quantités d’acide carbonique pur, que la « Badische » utilise dans la fabrication du sulfate d'ammoniaque à partir du gypse. Mais ce n'est là, nous le verrons, qu’un débouché précaire. Et le gaz à l’eau étant relativement cher, la méthode est en définitive peu économique.
- Dans les pays où l’on dispose d’énergie hydraulique à très bon marché, on peut préparer l’hydrogène par électrolyse de l’eau.
- Mais la véritable source économique d’hydrogène se trouve dans les gaz de fours à coke, au moins en France, où l’on en a actuellement un excédent. L’extraction peut se faire chimiquement ou mécaniquement; dans le procédé chimique on emploie le gaz de four à coke pour réduire de l’oxyde de fer; l’hydrogène est converti en vapeur d’eau; celle-ci passe ensuite sur du fer porté à 600 ou 700°, elle est décomposée, le fer est reconverti en oxyde et l’on obtient de l’hydrogène pur. Cette méthode, moyennant des dispositifs convenables de récupération de chaleur, parait constituer l’une des meilleures solutions.
- Le procédé mécanique, dû à M. Claude, consiste à séparer par liquéfaction partielle les divers constituants des gaz; l’hydrogène est recueilli à l’état gazeux. Le procédé a l’avantage de récupérer les dernières traces de benzol contenu dans les gaz; mais il exige une grande dépense de force motrice, et il donne des sous-produits dont l’emploi peut devenir difficile quand ils seront offerts en grande quantité : l’éthylène et le méthane. L’avenir du procédé mécanique est lié à
- la découverle de nouvelles applications pour ces substances; l’éthylène est utilisé pour la production de l’alcool; mais celle-ci est déjà surabondante ; il pourrait aussi remplacer l’acétylène dans la soudure autogène; on pourrait également envisager sa transformation en glycol dont les dérivés nitrés constituent d’excellents explosifs ; mais la transformation de la totalité de l’éthylène des gaz de fours à coke sous cette forme conduirait en France à une production annuelle de 25 000 tonnes d’explosifs, alors que la production totale des explosifs nitrés en 1913 n’atteignait pas 1600 tonnes.
- L’utilisation du méthane apparaît encore plus problématique.
- Quoi qu’il en soit, ce sont bien les fours à coke qui, en France, doivent nous fournir d’hydrogène. Ils permettent la production annuelle de 400 000 à 500 000 t. d’ammoniaque (NH3), correspondant à 1 600 000 ou 2 000000 de tonnes de sulfate d’ammoniaque, soit 5 à 7 fois la consommation actuelle.
- L’ammoniaque étant à notre disposition, quel est le support le plus avantageux à lui donner pour le convertir en engrais ?
- Actuellement, c’est surtout sous la forme de sulfate d'ammoniaque qu’elle est offerte à l’agriculture. Mais l’acide sulfurique est un support coûteux qui réduit à 20 pour 100 le titre de l’azote dans le produit ' final ; il a l’inconvénient d’une acidité trop forte, et son emploi à doses trop élevées risque d’empoisonner les terres. Aussi a-t-on cherché d’.autres supports, l’acide chlorhydrique par exemple, mais qui donne un engrais très discuté : le chlorhydrate d’ammoniaque. M. G. Claude a émis d’autre part une suggestion fort intéressante : substituer dans le procédé Solvay, au sel marin, la sylvinite, chlorure double de sodium et de potassium extrait des mines de potasse. Le sodium intervient seul dans la réaction Solvay et l’on retrouverait intégralement le potassium sous forme de chlorure double d’ammoniaque et de potassium, contenant 40 pour 100 d’éléments fertilisants. Cette réaction rendrait solidaires trois industries importantes : celle du carbonate de soude, celle de la potasse et, celle de l’azote.
- On peut envisager aussi la transformation de l’azote ammoniacal en urée, en nitrates, engrais excellents, notamment le nitrate de chaux et le nitrate de potasse. Au surplus, les nitrates peuvent être obtenus par oxydation directe de l’azote au four électrique, industrie importante dans les pays où l’énergie hydraulique est à bon marché, et susceptible encore de grands progrès.
- LE PHOSPHORE SUPPORT IDÉAL DE L'AZOTE ET PIVOT DE L'INDUSTRIE CHIMIQUE
- Mais ces diverses solutions, malgré l’intérêt qu’elles présentent, semblent devoir s’effacer partiellement tout au moins, devant celle qui consiste à employer l’acide phosphorique comme support de l’azote. Ici, nous assistons aux débuts d’une véritable révolution dans l’industrie chimique. Elle aura pour résultat de faire du phosphore l’un des pivots de la grande industrie, alors que naguère sa production était quasi négligeable. Par contre, l’acide sulfurique perdrait le plus important de ses débouchés actuels.
- Les phosphates d’ammoniaque, le phosphate diammonique plus particulièrement, semblent aptes, en effet, à donner un engrais excellent, associant deux éléments essentiels à l’agriculture : l’azote et le phosphore. Le phosphate diammonique titre 53 pour 100 d’anhydride phosphorique et 21 pour 100 d’azote. Il remplacerait et le superphosphate et le sulfate d’ammoniaque. 100 kg de ce phosphate équivalent à 350 kg de superphosphate et 100 kg de sulfate d’ammoniaque. On voit
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- immédiatement l’économie considérable qui en résulte, du seul fait de la diminution des frais de transport et de magasinage dans la proportion de 4,5 à 1.
- Les Allemands se sont orientés avec décision dans la voie de la fabrication du phosphate d’ammoniaque sans intervention d’acide sulfurique. Yoici le cycle auquel ils se sont arrêtés.
- Le premier stade consiste à réduire le phosphate dé chaux naturel par le coke en présence de silice suivant la réaction : (PO4)2 Cas _|_ 3 si O2 + 5 C = P2 + 3 Si CF Ca -f- 5 CO.
- On obtient ainsi le phosphore pur, et* de l’oxyde de carbone comme sous-produit.
- Le phosphore peut être ensuite brûlé dans l’air, ce qui donne de l’anhydride phosphorique et de l’azote pur. 11 peut aussi être traité par la vapeur d’eau à haute température en présence d’un catalyseur.
- On obtient alors de l’acide phosphorique et de l’hydrogène suivant la réaction
- P + 4 II2 O = PO4 PL + 5 IL
- L’acide phosphorique est ensuite neutralisé par l’ammoniaque.
- Si l’on se souvient que l’oxyde de carbone, par réaction sur la vapeur d’eau en présence d’un catalyseur, donne lui aussi de l’hj’drogène, on voit que cette suite de réactions donne théoriquement, comme sous-produit, 10 molécules d’hydrogène pour une de phosphore, c’est-à-dire plus qu’il n’en faut pour préparer l’ammoniaque nécessaire à la neutralisation de l’acide.
- Ainsi, non seulement le phosphore donne un engrais à qualité égale moins pesant et moins encombrant que tout autre, mais il apparaît encore comme un véritable réservoir .d’hydrogène; et il rend, théoriquement au moins, la fabrication de l’ammoniaque indépendante des sources jusqu’ici connues : fours à coke ou chutes d’eau.
- Le phosphore, fabriqué en un petit nombre de centres bien choisis, pourra être transporté, en emportant avec lui son énergie considérable : « un wagon-citerne de 30 tonnes de phosphore contient, songez-y, les matières premières de 450 tonnes de superphosphates et de 100 tonnes de sulfate d’ammoniaque ».
- Actuellement, on poursuit jour et nuit en Allemagne, à l’usine de Pisteritz, dépendance de l’I. G., l’achèvement d’un atelier qui, dans quelques semaines, doit produire 100 tonnes de phosphore par jour.
- Notre pays, qui est aujourd’hui le plus grand producteur de phosphate, ne saurait rester indifférent devant cette évolution qui peut être pour nous ou très heureuse ou très redoutable.
- LES CARBURANTS ARTIFICIELS
- La question des engrais à bon marché est, sans doute, la plus importante qui se pose aujourd’hui, pour l’avenir et le bien-être de l’humanité, puisque de sa solution dépend la nourriture d’une population constamment croissante.
- Mais un autre problème est peut-être d’un intérêt plus urgent : c’est celui des carburants artificiels. Le développement extraordinaire de la locomotion automobile le pose avec acuité. Les gisements de pétrole connus sont menacés d’épuisement rapide. D’autre part, la proportion des besoins d’essence par rapport à la production du pétrole est telle que les procédés actuels de cracking ne vont plus suffire et que, même en faisant appel aux procédés de catalyse et d’hydrogénation pour transformer les produits lourds en essence, on se heurtera à une impossibilité, en raison de la nécessité de satisfaire aux besoins de pétrole lampant et d’huiles lourdes. En outre, un petit nombre de pays ont le privilège
- d’un a'pprovisionnement indépendant en pétrole et en essence.
- La France, entièrement tributaire de l’étranger, doit importer chaque année un minimum de 1 million de tonnes d’essence, correspondant à une exportation de 2 à 3 milliards de francs, du même ordre de grandeur que la valeur des automobiles que nous exportons.
- La question des carburants synthétiques a été abordée au cours de ces dernières années de différentes façons. Il faut signaler tout d’abord les recherches pour la transformation de la houille en combustibles liquides. La Nature a tenu les lecteurs au courant de ces travaux qui gravitent autour de deux procédés différents : le procédé Bergius et celui de Franz Fischer.
- Le procédé Bergius repose sur l’hydrogénation directe du charbon, sous pression élevée et à une température de 420° à 470°. L’hydrogène est fourni par la dissociation à 1250° sur des matériaux réfractaires et en présence de vapeur d’eau, des carbures d’hydrogène qui subsistent dans les gaz résiduels produits au cours de l’hydrogénation. Le procédé exige un matériel important et très perfectionné; ce n’est qu’en 1925 que fonctionna la première installation semi-industrielle; elle était capable d’hydrogéner seulement 4 tonnes par jour, avec une dépense d’énergie considérable de 450 kilowatts-heure par tonne; le rendement par tonne serait de 150 kg de carburants, 340 kg d’huiles diverses, 240 kg d’un coke très cendreux, 235 kg de gaz (1/3 méthane, 2/3 éthane), 5 kg d’ammoniaque.
- Le procédé Bergius n’est pas encore réellement exploité, mais%n fait important vient de se produire, c’est l’acquisition des brevets Bergius par l’I. G.,en participation avec la Standard Oil et la Shell ; ainsi se manifeste l’intention du puissant groupement chimique allemand d’aborder la production des carburants artificiels et de libérer l’Allemagne, à cet égard, des importations étrangères.
- Dans le procédé Fischer, également connu de nos lecteurs, le charbon, pris à l’état de coke, est d’abord gazéifié, sous forme de gaz à l’eau, et l’on part, en définitive, de ce mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène; l’oxyde de carbone s’unit à l’hydrogène, à la pression ordinaire, vers 300°, en présence d’un catalyseur contenant l’un des trois métaux, fer, cobalt, nickel, et une substance activante, telle que chrome, zinc ou cuivre; il peut fournir la totalité des produits du pétrole, depuis l’essence jusqu’à la paraffine solide.
- Le procédé Fischer n’a pas encore reçu la consécration industrielle; les expériences de laboratoire toutefois permettent d’escompter le kilogramme d’hydrocarbures liquides au prix d’une consommation de 4,5 kg de houille, sans dépense appréciable de force motrice ; la valeur du produit fabriqué serait 8 fois supérieure à celle de la houille brute servant de point de départ.
- Il y a quelques semaines, un certain nombre des cokeries les plus importantes de la Ruhr, dont certaines viennent d’aborder le problème de l’ammoniaque synthétique, émues de l’emprise croissante de l’I. G. dans le domaine des combustibles, ont décidé de se grouper pour acquérir le procédé Fischer et en poursuivre les essais.
- Le problème des carburants a été, enfin, abordé par une troisième voie, celle de l’alcool méthylique.
- L’oxyde de carbone, traité par l’hydrogène sous pression élevée (150 à 250 atm.), donne, en présence d’un catalyseur, non plus des carbures d’hydrogène comme dans la méthode Fischer, mais un corps oxydé : l’alcool méthylique; cette synthèse réalisée pour la première fois par un savant français, M. Patart, permet déjà à l’alcool méthylique de synthèse de concurrencer celui que fournissait exclusivement jusqu’ici la distillation du bois.
- La réaction s’effectue même en présence d’autres gaz, tels
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- que l'acide carbonique, le méthane, l’azote, et même aussi lorsque la teneur en oxyde de. carbone est faible. On peut donc envisager le procédé Patart comme moyen de purifier grossièrement un hydrogène souillé d’oxyde de carbone. Sous les fortes pressions nécessitées par les procédés Claude et Casale, la tension partielle d’une petite proportion d’oxyde de carbone serait encore suffisante pour donner lieu à la réaction de l’alcool. Celui-ci apparaît donc comme susceptible de devenir un véritable sous-produit de l’ammoniaque synthétique. La réaction Patart pourrait encore être appliquée directement au traitement de la totalité de l’oxyde de carbone du gaz de fours à coke, comme à celui que l’on laisse perdre dans d’autres fabrications, celle du carbure de calcium par exemple.
- Ainsi la fabrication de l’alcool méthylique peut, tôt ou. tard, devenir très économique, et ce corps pourrait alors passer du rang de produit chimique où il se tient actuellement à celui de carburant. Au point de vue technique, M. Dumanois a montré en effet que l’on peut, moyennant certaines précautions simples, l’utiliser dans les moteurs, 1,5 litre d’alcool équivalant à 1 litre d’essence.
- LES MÉTHODES DE CATALYSE EN CHIMIE ORGANIQUE
- La synthèse de l’alcool méthylique ù partir de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène offre un premier exemple d’une synthèse directe d’un composé organique ternaire, c’est-à-dire comprenant du carbone, de l’oxygène, de l’hydFogène. Elle permet de concevoir la formation directe de tous les composés ternaires à partir des mêmes gaz, par la simple intervention de la chaleur, de la pression et de catalyseurs convenables. Ceux-ci, il est vrai, sont encore à découvrir; la recherche est délicate et ne se fait guère qu’à tâtons. Mais il n’est pas douteux qu’elle aboutira un jour ou l’autre.
- Si l’on n’a pas encore trouvé un catalyseur capable de préparer-directement à partir des gaz précités un alcool supérieur à l’exclusion des autres, on sait déjà catalyser l’alcool méthylique pour le transformer en alcools supérieurs, très employés dans l’industrie des vernis, or ils provenaient jusqu’ici de sous-produits de la fermentation de substances végétales.
- Récemment M. Matignon a rappelé que la synthèse des composés organiques quaternaires pourrait elle-même s’effectuer directement, grâce à l’introduction de l’ammoniaque dans les réactions. On éviterait ainsi la transformation coûteuse de l’ammoniaque en acide azotique et l’intervention de l’acide sulfurique.
- L’industrie organique s’oriente donc vers la suppression de la plupart des réactifs minéraux employés jusqu’ici comme interipédiaires et vers la simplification des réactions. C’est ainsi que pour la préparation de l’anhydride phtalique, les Etablissements Kuhlmann ont substitué à l’ancien procédé de l’oleum réagissant sur la naphtaline un procédé beaucoup moins coûteux et de meilleur rendement : l’oxydation catalytique de la vapeur de naphtaline. Grâce au bas prix du produit, on a pu entreprendre la synthèse de l’anthraquinone à partir de l’anhydride phtalique et de la benzine sans passer par l’anthracène rare et coûteux.
- De même on envisage aujourd’hui la fabrication du phénol par oxydation catalytique de la benzine potir éviter les coûteuses opérations de la sulfonation et de la fusion à la soude.
- On aperçoit ainsi la profonde transformation qui s’opère dans les procédés de la chimie organique par l’intervention des méthodes physico-chimiques inaugurées dans l’industrie minérale. Elle se traduira par de grandes, économies-de prix
- de revient; mais jusqu’ici elle ne paraît pas comporter les conséquences incalculables qu’on aperçoit dans le domaine des engrais et des carburants.
- CONCLUSION
- M. Raymond Berr conclut que nous assistons à une véritable révolution chimique qui réagit ou réagira sur l’avenir d’industries très diverses et très importantes.
- La production de l’azote se lie aux industries houillères et hydroélectriques, mais elle est sur le point de déborder à son tour sur l’industrie des engrais phosphatés et par contrecoup sur celle de l’acide sulfurique.
- La fabrication des carburants apparaît, elle aussi, comme une industrie mixte houillère et chimique, tandis que les nouvelles synthèses entrevues en chimie organique risquent d’atteindre la carbonisation du bois, menacent certaines industries de fermentation et de plus peuvent réduire dans des proportions assez larges le concours demandé jusqu’ici par l’industrie organique à la chimie minérale.
- Par contre celle-ci voit, en même temps, ses débouchés s’accroître dans un grand nombre d’industries toutes nouvelles qui grandissent rapidement : les textiles artificiels, lés matières plastiques synthétiques (bakélite et autres), les vernis nitro-cellulosiques consommés en quantités croissantes par la construction automobile.
- « Les incidences inattendues et graves des nouvelles méthodes tendent à faire des différentes industries chimiques un seul complexe. »
- Et, par suite, « la concentration des industries similaires et l’agrégation des industries voisines deviennent ainsi une nécessité non pas seulement individuelle, mais nationale. »
- L’exemple donné par l’I. G. en Allemagne est particulièrement frappant et inquiétant. Ce consortium a absorbé la plupart des entreprises de l’industrie allemande plus ou moins apparentées à la chimie, et il entame contre les réfractaires une lutte de prix dont l’issue n’est guère douteuse. La fabrication des matières colorantes n’est plus qu’un département important, mais non essentiel du trust. Nous le voyons en mesure non seulement d’approvisionner l’Allemagne en engrais azotés, mais d’exporter, en 1926-1927, 200000 à 300000 tonnes d’azote ; bientôt il disposera de 100 tonnes de phosphore par jour, et abordera le domaine des engrais phosphatés; il produit déjà 2000 tonnes par mois d’alcool méthylique auxquelles s’ajouteront sous peu les pétroles synthétiques fabriqués sur une vaste échelle; il achète des mines de charbon et de lignite ; sa situation est prépondérante dans l’industrie des produits pharmaceutiques et photographiques; il est maître également, en Allemagne, de celle de la soie artificielle, des explosifs et des produits nitrés.
- A cette redoutable concentration, l’Angleterre, cependant si individualiste, vient de répondre par la formation de l’Im-perial Chemical Industries Ltd, au capital de 7 milliards de francs, constituée par la réunion des quatre plus puissantes sociétés de produits chimiques : Brunner-Mond, fabricant de soude; British Dyestuffs Corporation, fabricant de matières colorantes; United Alkali C°, fabricant d’engrais et de produits minéraux; Nobel Industries Ltd, fabricant d’explosifs.
- En Amérique même, à côté de la formidable firme Dupont de Nemours, les grandes industries delà soude, des fours à coke, des colorants se sont groupées sous le nom d’Allied Chemical C° pour disputer aux Allemands les marchés d’Extrême-Orient.
- Comment la France s’orientera-t-elle entre ces géants? La plus vigilante attention s’impose aux industriels, aux hommes politiques et au gouvernement. A. T.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- L’électrisation des essences.
- L’essence qui alimente les moteurs à explosion prend des charges électriques lorsqu’elle s’écoule dans des canalisations métalliques. Ce phénomène peut donner lieu à des étincelles susceptibles de provoquer des inflammations intempestives et des incendies.
- Or, on a remarqué que l’essence, en passant sur de la limaille de cuivre ou de laiton, perd totalement la capacité de donner des charges électrkpres par écoulement rapide au contact d’une paroi métallique. Il y a un intérêt manifeste à préciser le mécanisme et les causes de cette influence salutaire, quoique assez mystérieuse.
- M. Bruninghaus s’est attaché à ce problème et il expose dans Recherches et Inventions le résultat de ses investigations.
- Il a constaté que l’essence, susceptible de se charger électriquement, est relativement isolante; celle qui a perdu cette propriété par passage sur de la limaille de cuivre, de bronze ou de laiton, est devenue conductrice.
- Mais les poudres métalliques ne sont pas toutes capables de rendre l’essence conductrice : la poudre de magnésium et la limaille de fer sont inactives. La poudre de zinc agit, mais faiblement. Les poudres de cuivre, de bronze, ou de laiton, provenant des débris de travail de diverses machines-outils, tours, fraiseuses, étaux-limeurs, agissent au contraire instantanément. Par contre, il a été observé qu’une poudre de laiton rigoureusement propre, obtenue par limage à sec, n’agit pas aux premiers instants du contact, néanmoins au bout d’un certain temps elle enlève, elle aussi,,à l’essence toute activité électrique.
- AVIATION
- Indicateur d’altitude pour avions.
- L’atterrissage, dans l’obscurité ou dans la brume, est pour l’avion une manœuvre des plus périlleuses et qui réussit rarement. La proximité insoupçonnée d\i sol crée un danger plus grave encore. Il importe que le pilote en soit avisé immédiatement; mais la lecture de son baromètre altimétrique ne peut lui offrir à cet égard aucune certitude et par suite aucune sécurité. D’après Scientific American, l’Army Air Corps des Etats-Unis et la Société ^Junkers en Allemagne ont dans ce but étudié des dispositifs électriques. Les études ont été faites, bien entendu, indépendamment l’une de l’autre; mais, comme il 'arrive souvent, il se trouve que le principe utilisé est le même dans les deux cas. Aux deux' extrémités de l’aile inférieure de l’avion sont placées des plaques métalliques reliées entre elles par un fil de métal. Les deux plaques constituent l’une des armatures d’un condensateur, dont la terre forme l’autre armature; l’air interposé constitue le diélectrique. La capacité de ce condensateur est très faible. Quand l’avion approche du sol, la capacité augmente. Si le condensateur est connecté à un circuit oscillant, on peut utiliser ces variations de capacité pour produire, à l’approche du sol, un signal avertisseur. Le pilote est alors prévenu du danger et peut manœuvrer en conséquence.
- Maniabilité et sécurité de l’avion.
- Continuant sa série d’études sr^r la sécurité, la Société Française de Navigation Aérienne a- donné le 17 novembre un exposé du Capitaine Cousin sur « l’influence sur la sécurité des qualités de maniabilité d’un avion ».
- Pour le Capitaine Cousin, la maniabilité est la résultante des caractéristiques intéressant les relations de l’avion avec le pilote ; elle est caractérisée par l’action des commandes, la réaction des commandes et la stabilité.
- 1° Les commandes ont plus ou moins d’action suivant que l’appareil obéit plus ou moins rapidement. Une commande peut d’ailleurs agir autour d’un axe qui ne lui correspond pas (inclinaison entraînant un virage, par exemple). Cet effet secondaire est utilisé dans le cas où l’action de certaine commande est faible.
- 2° La réaction plus forte exige des efforts plus grands. Il importe, pour la précision des manœuvres, que les efforts nécessités par les différentes commandes soient du même ordre de grandeur. Ces efforts dépendent des conditions mécaniques, des conditions aérodynamiques (gouvei’nes et cellule), de la vitesse, de la compensation des gouvernes, de la position de l’axe du propulseur, etc....
- il" Plus un appareil sera stable, moins il sera maniable ; or, si la stabilité évite les conséquences dangereuses d’une défaillance du pilote, elle peut diminuer la sécurité dans des cas spéciaux : départ, atterrissage, perle de vitesse, ainsi que pour certains pilotes. La perte de vitesse est due à un accroissement de la traînée entraînant une diminution de la vitesse ; elle était caractérisée dans les avions anciens par le manque d’action des commandes. Dans la plupart des avions actuels, les commandes agissent à toutes les vitesses ; la maniabilité de l’avion est donc dans ce cas une sécurité.
- Si beaucoup des appareils modernes sont encore imparfaits au point de vue de la stabilité, c’est que le calcul a priori est impossible actuellement. Les stabilisateurs et servo-moteurs proposés pour remplacer la stabilité de forme sont en général inférieurs à un bon pilote ; ils ne seront utilisés efficacement qu’au-dessus de la zone des remous du sol.
- Le « White Spirit »; combustible de sécurité pour les avions.
- Le 12 janvier, M. Dumanois, ingénieur en chef du S. T. I. Aé., a fait à la Société française de Navigation aérienne, une communication sur les recherches qu’il vient d’effectuer au sujet de l’alimentation des moteurs d’avions au a white-spirit ».
- Le plus grand défaut de l’essence au point de vue de la sécurité est sa volatilité; elle peut causer la formation de mélange tonnant à l’intérieur du fuselage, elle se vaporise rapidement en cas de fuite et au remplissage : trois causes de danger d’incendie. Cependant jusqu’ici, les cahiers des charges exigent des produits très volatils, donc dangereux, à cause de leur haut rendement aux faibles altitudes; ces qualités, l’essence les doit à sa fluidité et à son homogénéité.
- L’examen de la courbe de montée de l’avion utilisant de l’essence montre une diminution notable de la vitesse ascensionnelle vers 9500 m.; cette diminution, correspondant à un faiblissement du moteur, semble venir du déréglage de la carburation, de la tension de vapeur du carburant restant, constante alors que la pression atmosphérique diminue avec l’altitude.
- Cherchant le remède à cette diminution de rendement, M. Dumanois est parti de l’hypothèse suivante : un combustible ayant les mêmes caractéristiques d’homogénéité qu’une essence d’aviation, une fluidité comparable et une tension de vapeur égale à n pour 100 de la tension de vapeur de l’essence d’avion, donnera un fonctionnement, dans un moteur d’aviation, comparable à celui de l’essence d’avion au sol pour une
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- altitude où la pression atmosphérique est n pour 100 de la pression au sol.
- Ces considérations ont conduit M. Dumanois à étudier l’emploi d’un produit commercial d’origine pétrolifère, le « White-Spirit », produit très homogène, distillant entre 130° et 180°, alors que les essences d’avion distillent entre 60° et 140°.
- Des essais effectués avec le « white-spirit '», d’abord sur une automobile, ensuite sur un avion, ont vérifié cette théorie; le carburateur n’a pas été changé, et les gaz sont simplement réchauffés par les gaz d’échappement; la température doit être de 25° au sol, elle doit diminuer en altitude, Ainsi équipé, le moteur, un 180 ch de série, donne, ainsi qu’on s’y attendait, une diminution de puissance à basse altitude par rapport au fonctionnement à l’essence (1480 tours au lieu de 1550).
- Mais, à 3000 m., le moteur qui a fonctionné très régulièrement pendant toute la montée, donnait 1700 tours au lieu de 1650.
- Or le « White Spirit », présente l’intérêt fondamental de ne point émettre de vapeurs inflammables avant le voisinage de 30°. Il apporte donc un élément de sécurité considérable. Il est à souhaiter que les conditions d’emploi soient étudiées et précisées avec soin pour permettre à son usage de se répandre rapidement.
- L’ingénieur général Grard, directeur du Service technique et industriel del’Aéronautique, vient du reste d’inviter tous les constructeurs à poursuivre des recherches dans cette voie.
- AGRICULTURE
- Tes récoltes en France en 1926.
- Le Bulletin de la statistique générale de la France publie les résultats de l’enquête effectuée cette année, comme les précédentes, par le Ministère de l’Agriculture. En voici les principaux résultats :
- superficie production
- (milliers d’hectares) (milliers de quintaux métriques)
- " 1926^ 1925^ 1926 "Î925 ^
- Froment................... 5463 5614 67 660 89 905
- Méleil..................... 96 95 1113 1239
- Seigle.................... 859 869 8461 11091
- Orge...................... 736 699 11 760 10268
- Avoine................... 3529 3480 57754 47558
- La récolte de blé est très déficitaire et obligera à de fortes importations pour répondre aux besoins de la consommation.
- COLONISATION L'industrie en Algérie.
- L’Algérie est un pays essentiellement agricole; cependant certains produits du sous-sol, comme le minerai de fer et les phosphates, sont exploités depuis longtemps et leur extraction a nécessité l’organisation d’importants établissements. D’autre part on a cherché à faire subir quelques transformations aux produits agricoles du pays; enfin les besoins locaux ont donné naissance à des industries diverses, si bien qu’à l’heure actuelle presque toutes les branches industrielles sont représentées en Algérie. Jusqu’ici il n’existait pas de publication officielle permettant de suivre le développement de cette activité industrielle. Le Gouvernement général s’est préoccupé de combler cette lacune; il vient de publier le compte rendu d’une enquête à laquelle ont participé en 1924 les patrons, les municipalités, les syndicats et les chambres de commerce.
- Le Bulletin de la statistique générale de la France en rend compte ; il montre que l’effort accompli est loin d’être négligeable et a déjà donné des résultats intéressants. Malheureusement, la pénurie de combustibles limite jusqu’à pré-
- sent ce développement . Quoi qu’il en soit, voici les résultats
- de cette enquête comparés à ceux de la précédente qui avait
- eu lieu en 1901. 1901 1924
- Nombre Nombre Nombre Nombre
- Groupes d’industries d’établis- d’ouvriers d’établis- d’ouvriers
- Alimentation sements 4149 10 513 sements 12 343 20 176
- Industries chimiques . 254 1256 274 9939
- Bâtiment 772 3977 569 9260
- Industries du bois . . 863 3053 1365 15 666
- Carrosserie 605 1868 481 2133
- Céramique 241 1687 10 204
- Constructions navales , 74 348 45 266
- Cuirs et peaux . . . . 694 2543 850 2630
- Imprimerie papeterie . 134 1131 149 1782
- Industries extractives . 524 6517 149 19 764
- Industries textiles. . . 556 3451 1619 29505
- Métallurgie et constructions mécaniques, 952 3033 1017 8609
- Vêtements 475 1943 1624 7654
- Manutention — — 75 7590
- Transports — — 1194 22 539
- Divers ........ 568 8125 1194 1857
- Totaux 10 861 49 445 22 958 159 574
- Les établissements recensés en 1924 disposaient d’une
- force motrice totale de 93 000 ch.
- Yoici quelques indications sur l’état des industries les plus prospères et les plus caractéristiques de l’Algérie.
- Industries extractives. — Des exploitations très florissantes se livrent à l’extraction des phosphates et (des minerais métalliques. L’industrie extractive du fer comprend 25 exploitations avec 7232 ouvriers, elle utilise 2 235 000 kw. La production de 1924 a été (de 1 657 000 t. 41 exploitations s’occupent de minerais de plomb et de zinc, souvent mélangés. Il a été tiré, en 1924, 15 554 t. de minerais de plomb et 42 000 t. de minerais de zinc. Le cuivre et l’antimoine sont beaucoup plus rares. On recherche le pétrole dans la région d’Oran : un puits avec 377 ouvriers a fourni 1337 t. d’huile brute en 1923. Quant à la houille, elle fait presque entièrement défaut : la houillère de Kenadsa avec 337 ouvriers n’a produit que 3562 t. en 1923. L’industrie des phosphates occupe 3713 ouvriers et a retiré, en 1924, 671 000 t. de phosphates.
- Industries de Valimentation. — Il existe actuellement plus de 1500 meuneries ou minoteries disposant d’une force d’environ 11000 ch. La fabrication des pûtes alimentaires a pris un grand développement au cours de ces dernières années. L’exploitation en fut interdite pendant 3 ans jusqu’en 1923 pour remédier aux conséquences des récoltes déficitaires, ce qui explique la fermeture de quelques usines (68 en 1922, 54 en 1925). La distillation des vins a fourni 146 000 hl. d’alcool en 1923-1924, contre 35 000 h. en 1921-1922. Le tabac est cultivé par plus de 19 000 planteurs et la fabrication des cigares et cigarettes utilise le concours de 5000 ouvriers. L’olivier est une des cultures essentielles (7 800 000 oliviers en 1925, contre 6 300 000 en 1912). On compte 131 grandes huileries et la production a dépassé 260 000 h. en 1925.
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- Fabrication du papier. — La matière première, l’alfa, qui s’étend sur plus de 4 millions d’hectares, est une des richesses de la colonie. La majeure partie de la production est dirigée sur l’Angleterre. Le papier d’alfa est un des plus appréciés sur le marché, aussi s’est-on préoccupé d’obtenir la pâte elle-même en Algérie, malheureusement l’extraction de la cellulose exige beaucoup d’eau douce et l’on est à la recherche d’un nouveau procédé; il n’a été importé, en 1924, que 1800 qx de pâte.
- Industries textiles. — La culture du coton est pratiquée actuellement dans la vallée du Ghelifî à Orléansville et dans la plaine du Sig. Les résultats obtenus paraissent assez encourageants. Des coopératives se chargent de l’égrenage. Les plateaux de l’Atlas sont très riches en troupeaux de moutons, il est produit annuellement environ 90 000 qx de laine. Le tissage de la laine est une industrie familiale très répandue, qui est restée entre les mains des indigènes. Mais la fabrication locale des vêtements est aujourd’hui fortement concurrencée par les tissages de la métropole. Pour les tapis, l’Algérie dispose d’une main-d’œuvre nombreuse et peu coûteuse. A la laine produite par les moutons du pays viennent s’ajouter le poil de chameau et le poil de chèvre. On a organisé un véritable enseignement professionnel pour la fabrication des tapis. On a relevé l’existence de 309 établissements employant 2570 salariés. Depuis 1924, le gouvernement de l’Algérie entreprend une active propagande pour l’élevage ' du ver à soie : il achète les cocons à un prix fixé d’avance et fournit les graines gratuitement. En 1925 le nombre des éducateurs était de 277 et il avait été produit 80 000 kg de cocons. Il y a eu une forte diminution depuis 1850 où 414 éducateurs obtenaient 17 000 kg.
- Industries du bois. — La préparation des lièges pour l’exportation en balles est assurée par 81 usines qui manutentionnent toute la production estimée à 400 000 qx par an. Onze usines fabriquent des carrés de liège. Avant la guerre l’industrie du bouchon était presque inexistante, aujourd’hui il existe 37 fabriques dont 7 occupent plus de 100 ouvriers. Or il faut un quintal de liège brut pour avoir 30 kg de liège ouvré. Le quart de la production est maintenant transformé en Algérie.
- Travaux publics. — De grands travaux ont été entrepris pour irriguer les plaines et on utilise de plus en plus barrages, réservoirs et digues pour la production d’énergie électrique. Plus de 100 millions ont été prévus pour ce objet, et le programme en cours d’exécution porte sur le Bas-Chelifî, la Seybousc, etc. (Voir La Nature, nos 2720, 2723, 2725.) La distribution d’électricité est assurée par 59 centrales (43 à moteur thermique et 16 à moteur hydraulique), elles totalisent une puissance-motrice de 45 562 kw, et en 1925 elles ont distribué plus de 47 millions de k\v-h.
- INDUSTRIE
- Le papier-bois pour tentures.
- On emploie, en Amérique, du papier à tapisserie, dont l’un des côtés est en bois.
- Ce papier est fabriqué avec différentes sortes de bois, que l’on scie mécaniquement, sur une très faible épaisseur. On enduit le bois d’une matière colorante, et on l’applique sur une feuille de papier.
- Au moyen de cylindres, on obtient une feuille à peine plus épaisse qu’une feuille de papier peint ordinairement, et dont l’emploi est très facile. Le papier que l’on colle au dos empêche le bois de se casser et de se fendre.
- " • — 133 =
- Il est d’un emploi plus^avantageux que les feuilles de placage, parce qu’il empêche le bois de « travailler » et de se casser.
- On l’applique au mur, du côté du papier, à l’aide d’une colle très légère.
- Ce papier-bois n’a pas que l’utilité du papier et du cuir pour tajjisseie. Dans le journal Bois et Résineux, qui signale le grand essor pris par l’utilisation du papier-bois américain pour la décoration des plafonds, des murs, etc., on observe qu’il se prête aux mêmes effets plastiques que le bois massif pour placage.
- Des expériences faites avec de la vapeur, à des températures très élevée, sont donné, parait-il, les meilleurs résultats.
- La fabrication du papier-bois pour tentures a pris déjà une certaine importance en Europe.
- BOTANIQUE APPLIQUÉE
- Action nuisible de la paille et des débris végétaux sur la croissance des plantes.
- A la station expérimentale agricole de l’Etat de New-York, M. Collison a poursuivi d’intéressantes expériences en vue de déterminer les causes de l’action très nuisible qu’exercent sur la végétation, et plus encore en terrains sablonneux qu’en terrains argileux, la paille et autres débris végétaux riches en carbone, récemment enfouis dans la terre.
- M. Collison a reconnu deux causes principales : d’une part, une action toxique directe, non encore signalée ; d’autre part, la concurrence biologique entre les microbes du sol et les végétaux, pour la nourriture azotée, concurrence que l’on corrige en donnant aux plantes, au (premier moment de leur existence, une alimentation azotée suffisante, sous forme de nitrate.
- L’action toxique serait due, principalement, à la production dans le sol d’acide salicylique, d’acide dihydrostéarique et de vanilline. La présence de ces diverses substances dans les sols est démontrée chimiquement.
- La technique particulière préconisée consiste en la stérilisation des graines, soit par le nitrate d’argent en solution de 1/300 N, soit par le chlorure de chaux et d’alcool.
- Considérant que la mise en œuvre de ces procédés de stérilisation est assez délicate, M. Collison estime que l’on peut réaliser des cultures réussissant fort bien en se bornant à renouveler, une ou deux fois par jour, les liquides nutritifs mis en contact avec les plantes, procédé plus pratique.
- AVICULTURE
- L’air des couveuses artificielles.
- Généralement, l’incubation artificielle des œufs donne des résultats moins favorables que la couvaison naturelle par la poule ou la dinde.
- M. J.-G. Szuman a cherché les causes possibles d’un pareil résultat et il vient de communiquer à l’Académie d’Agricul-ture les résultats de ses observations.
- La température ne peut être en cause, en raison de la perfection des thermo-régulateurs qui entretiennent parfaitement le degré de chaleur nécessaire. L’humidité semble, d’après les travaux de Kirkpatrick et Chattock, n’avoir que peu d’importance. M. Szuman a cherché du côté de la composition de l’atmosphère de la couveuse; il n’a pas trouvé de quantités excessives d’acide carbonique (en moyenne 0,17 pour 100) et il lui semble donc rationnel d’incriminer le courant d’air qui circule dans la couveuse et il conseille de porter de ce côté les futurs perfectionnements^
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- LE NOUVEAU STATUT DE LA RADIOPHONIE
- Le décret du 28 décembre 1921J, inséré au Journal Officiel du 31 décembre, réglemente les postes privés radioélectriques et les stations émettnees de radiodiffusion. Nous croyons utile de publier les principales clauses de ce nouveau statut de la T. S. F. intéressant les amateurs.
- Art. 1. — Aucune installation radioélectrique pour rémission ou la réception des signaux ou des correspondances ne peut être établie ou utilisée que dans les conditions déterminées par le présent décret.
- Titre I. Postes privés radioélectriques de réception.
- Art. 2. — Les postes radioélectriques servant uniquement à la réception de signaux ou de communications n’ayant pas le caractère de correspondances particulières sont divisés en trois catégories :
- lu Postes installés par les départements, les communes, les établissements publics ou d’utilité publique pour des auditions gratuites ;
- 2° Postes installés par des particuliers pour des auditions publiques ou payantes ;
- 3° Postes qui ne sont pas destinés à des auditions publiques ou payantes.
- Art. 3. — L’établissement, des postes radioélectriques privés servant uniquement à la réception des signaux ou communications n’ayant pas le caractère de correspondances particulières est autorisé sous la condition, pour le pétitionnaire, de souscrire dans le bureau des postes et des télégraphes de sa commune ou de son quartier une déclaration conforme au modèle déterminé par un arrêté du ministre chargé des postes, des télégraphes et des téléphones.
- Le défaut de déclaration entraîne l’application des peines prévues à l’art. 471, 15°, du code pénal, sans pi'éjudice de l’application, s’il y a lieu, des sanctions administratives.
- A tout moment, interdiction peut être faite de posséder un poste de réception, après enquête et accord des ministères intéressés.
- La déclaration donne lieu à la perception d’un droit statistique dont le taux et les conditions de perception seront fixés par un arrêté du ministre chargé des postes, des télégraphes et des téléphonas et du Ministre des Finances.
- Art, 4. — Les postes récepteurs ne doivent être la cause d’aucune gène pour les postes voisins.
- En cas de troubles causés par les postes récepteurs, l’administration des postes, télégraphes et téléphones pourra prescrire toutes dispositions techniques qu’elle jugera utiles.
- Art. 5. — Les agents des postes, télégraphes et téléphones chargés du contrôle technique peuvent pénétrer à tout moment dans les locaux où se trouvent installés les postes récepteurs destinés à des auditions publiques ou payantes.
- Art. G. — Les postes radioélectriques de la 2e catégorie mentionnés à l’art. 2 et destinés à des auditions publiques ou payantes sont soumis à une redevance annuelle fixée par un arrêté pris de concert entre le ministre chargé des postes, des télégraphes et des téléphones et le Ministre des Finances.
- Art. 7. •— Les postes visés à l’art. 3 du présent décret sont autorisés seulement à recevoir soit les signaux ou communications adressés « à tous », soit les signaux d’expériences,, à l’exclusion absolue de correspondances particulières adressées à des postes privés ou à des postes assurant un service public de communicati ons.
- L’établissement des postes destinés à recevoir des correspondances particulières est subordonné à une autorisation spéciale dans les conditions fixées pour les postes d’émission, par le titre 2 du présent décret.
- Titre II. Postes privés radioélectriques d’émission.
- Art. 8. L établissement des postes privés radioélectriques de toute nature servant à assurer l’émission ou à la fois l’émission et la réception de signaux et de correspondances est subordonné à une autorisation spéciale des ministres des Affaires étrangères, de la Guerre, de la Marine, de l’Intérieur et du ministre chargé des postes, télégraphes et téléphones, après avis de la Commission interministérielle prévue au titre Y du présent décret.
- Art. 9. — Est considéré comme poste privé radioélectrique démission tout poste non exploité par l’Etat pour un service officiel ou public de communications ou par un permissionnaire autorisé à effectuer un service de même nature.
- Les postes privés radioélectriques d’émission sont divisés en 5 catégories :
- 1° Postes fixes destinés a l’établissement de communications privées ;
- 2° Postes mobiles et postes terrestres correspondant avec ces jiostes pour l’établissement de communications privées et non régis par les dispositions des conventions internationales ou des règlements intérieurs ;
- 3° Postes fixes ou mobiles établis par les concessionnaires ou permissionnaires de services publics pour les besoins de l’exploitation desdits services ;
- 4° Postes destinés a des essais d’ordre technique ou à des expériences scientifiques ne pouvant servir qu’à l’échange des signaux et communications de réglage à l’exclusion de toute émission de radiodiffusion;
- 5° Postes d’amateurs servant exclusivement à des communications utiles au fonctionnement des appareils à l’exclusion de toute correspondance ayant un caractère d’utilité actuelle et personnelle.
- Art. 10. — Toute demande d’autorisation concernant l’établissement d’un poste privé radioélectrique d’émission doit être adressée au ministre chargé des postes. Elle est établie en double expédition, dont une sur timbre, conformément à un modèle déterminé par un arrêté de ce ministre.
- Art. 11. — Aucun appareil servant à l’émission ne peut être manœuvré que par le titulaire d’un certificat d’opérateur radiotélégraphiste ou radiotéléphoniste délivré après un examen dont les conditions sont déterminées par le ministre chargé des postes. Les frais d’examen pour l’obtention de ces certificats sont fixés par un arrêté ministériel.
- Art. 12. — Un arrêté du ministre chargé des postes détermine, après avis de la Commission interministérielle, les conditions techniques d’exploitation des postes visés au présent titre.
- Titre III. Postes de radiodiffusion.
- Art. 13. — Les postes destinés à assurer sur l’ensemble du territoire la radiodiffusion se divisent en postes centraux ou nationaux et postes régionaux. L’organisation du réseau de radiodiffusion comporte, dans les conditions techniques actuelles, l’installation et l’exploitation sur le territoire de 3 stations nationales et de 18 stations régionales. La répartition, les caractéristiques techniques de ces stations sont déterminées par un arrêté, compte tenu des stations installées, en cours d’installation ou dont la création est projetée.
- Art. 14. — Les stations nationales ou régionales fonctionnent normalement dans les conditions suivantes : l’Etat ou l’organisme qu’il pourrait se substituer propriétaire des installations qui constituent les stations en assure l’exploitation technique et en contrôle l’exploitation administrative et financière. En dehors de
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- celles des émissions dont lu matière est fournie par les administrations publiques, informations et communications officielles, la composition et la réalisation des programmes sont confiées à des groupements ou collectivités dotés de la personnalité civile où sont représentés : 1° les services publics centraux et régionaux; 2° les associations d’intérêt général ou d’extension nationale et les groupements corporatifs; 3° les auteurs, compositeurs, professeurs, conférenciers, musiciens, artistes et exécutants ; 4° les constructeurs et commerçants en matériel x*adioélectrique ; 5° les groupements d’amateurs et d’auditeurs ; 6° les représentants de la presse. La composition de ccs groupements et collectivités est soumise à l’agrément du ministre chargé des postes, télégraphes et téléphones et du Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts. Ils seront tenus de respecter les droits de la propriété littéraire et artistique.
- [Les articles 15 à 21 définissent un régime transitoire, jusqu’en 1933, des vostes destinés à comvléter le réseau de radiodiffusion. (
- Titre IV. Dispositions communes aux postes prives radioélectriques de toute nature.
- Art. 22. — Les postes privés radioélectriques d’émission, de réception ou de diffusion sont établis, exploités et entretenus par les soins et aux risques des permissionnaires. L’Etat n’est soumis à aucune responsabilité à raison de ces operations.
- Art. 23. — Le permissionnaire ne pourra traiter avec des Etats, offices ou particuliers étrangers en matières d’émissions et transmissions radioélectriques que sous le contrôle et avec l’approbation de l’administration des postes.
- Art. 24. — Les autorisations accordées ne comportent aucun privilège. Elles sont délivrées sans garantie contre la gène mutuelle qui serait la conséquence du fonctionnement simultané d’autres postes. Elles ne peuvent être transférées à des tiers.
- Toutes les autorisations sont révocables à tout moment, sans indemnité, par le ministre chargé des postes, après avis de la Commission interministérielle et notamment dans les cas suivants :
- 1° SL le permissionnaire n’observe pas les conditions particulières qui lui ont été imposées pour l’établissement et l’utilisation de son poste;
- 2° S’il commet une infraction aux règlements intérieurs ou internationaux sur le fonctionnement et l’exploitation des postes radioélectriques ;
- 3° S’il utilise son poste à d’autres fins que celles qui ont été prévues dans l’autorisation ' ou la déclaration, notamment s’il capte indûment des correspondances qu’il n’est pas autorisé à recevoir ou s’il viole le secret de celles qu’il a captées fortuitement;
- 4° S’il apporte un trouble quelconque au fonctionnement des services publics utilisant soit la voie radioélectrique ou radio-téléphonique, soit la télégraphie ou la téléphonie sans fil, à haute ou à basse fréquence.
- Art. 25. — Les informations de toute nature transmises parles postes radioélectriques privés d’émission sont soumises au contrôle prévu par l’art. 3 de la loi du 20 novembre 1850 sur la correspondance télégraphique privée.
- Art. 26. — Les postes, appareils et installations privés radioélectriques peuvent être provisoirement saisis et exploités s’il y a lieu, sans indemnité, par décision du Conseil des Ministres, dans tous les cas où leur utilisation serait de nature à nuire à l’ordre, à la sûreté ou au crédit publics ou à la défense nationale. Le ministre chargé des postes pourra prendre les mêmes mesures dans les cas où l’utilisation apporterait des troubles à la correspondance radioélectrique ou ne serait pas conforme aux conditions posées à l’autorisation. Il en sera de même, en ce qui concerne les postes de radiodiffusion, dans le cas de défaillance ou violation dûment constatée des clauses du cahier des charges. Il
- est statué définitivement après avis de la Commission interministérielle.
- Art. 27. — Un arrêté détermine : 1° La taxe de contrôle à laquelle sont assujettis les postes radioélectriques privés d’émission des 5 catégories et des postes de radiodiffusion, s’il y a lieu;
- 2° La redevance annuelle pour droit d’usage, à laquelle sont en outre soumis les postes des 3 premières catégories. Cette i-ede-vance est réduite au tiers pour les postes de la 3e catégoxâe établis pour les besoins des; services publics. Des tai-ifs spéciaux pourront être fixés par arrêté pour les postes privés d’émission établis par les départements, les communes et les établissements publics et pour les postes mobiles correspondant avec lesdits postes émetteurs. Des tarifs spéciaux pourront être accordés aux postes privés dont les titulaires auront consenti à collaborer avec les services publics en se soumettant aux dii’ectives tracées par les administrations compétentes.
- Art. 28. — La l’églementation des postes mentionnés au paragraphe 3 de l’art. 9 sera établie par arrêté.
- Art. 29. — Le matériel dos postes radioélectriques d’émission, que ces postes soient établis par l’État, des établissements publics ou des particuliers, devra, autant que possible, être de fabrication française.
- Art. 30. — L’administration des postes exerce un. contrôle permanent sur les conditions techniques et d’exploitation des stations et des postes privés radioélectriques de toutes catégoi-ies. Le Ministre de llntéineur (direction de la Sûreté générale) et le ministre chargé des postes sont chargés de contrôler la teneur des émissions. Un arrêté déterminera ultérieurement les modalités de ce contrôle.
- Les Ministres des Postes et de l'Intérieur assurent, d’accord, la recherche des postes clandestins.
- Les agents de l’administration des postes, télégraphes et téléphones et du Ministère de l’Intérieur cliai’gés du contrôle peuvent à tout instant pénétrer dans les stations éinetti’ices.
- Les constructeurs et commerçants en matériel électrique seront tenus de faire connaître à l’administration des postes et au Ministère de l’Intérieur (direction de la Sûreté générale), aussitôt après la livraison d’un appareil, le nom et l’adresse de tout acquéreur d’un poste d’émission.
- Art. 31. — Les infractions au présent décret sont passibles des pénalités prévues par le décret-loi du 27 décembre 1861 et l’art. 85 de la loi de finances du 30 juin 1923.
- Titre V Commission interministérielle de la T. S. F.
- Art. 32. — Il est institué auprès du ministre chargé des postes, télégraphes et téléphones une Commission appelée à émettre des avis dans les cas pi’évus par le présent décret et sur toutes les questions dont les ministres intéi’essés la saisissent. (Suit la composition de la Commission. L’art. 33 prévoit la nomination des membres et l’organisation.)
- Titre VI.
- Art. 34. — Aucun droit à indemnité dans le cas cle non-ratification par le Parlement du présent décret.
- Art. 35. — Création d’un service de radiodiffusion à la direction de l’exploitation télégraphique.
- Art. 36. — Dans un délai maximum de 3 mois, tout exploitant actuel d’un poste de radiodiffusion pourra présenter une demande d’autorisation. Dans le cas où l’exploitant ne présenterait pas de demande ou si la demande est rejetée, il devra cesser ses émissions dans le délai de 6 mois s’il était titulaire d’une autorisation précaire et révocable, et dans le délai d’un mois s’il a exploité sans autorisation.
- Dès la publication du présent décret, tous les postes seront soumis au contrôle de l’administration des postes et du Ministre de l’Intérieur.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Décembre 1926 et Janvier 1927.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Cémentation de l’acier doux par le cyanogène ou la cyanamide. (M. Etjgkne Pérot.) —La note de cet ingénieur donne les résultats oblenus sur des éprouvettes en métal doux à 0,15 pour 100 de carbone. Elle s’accompagne de courbes fixant, pour une durée d’expérience variant entre 30 minutes et 6 heures, la pénétration en millimètres, les températures s’échelonnant de 700 à 1100°.
- Dans le cas du cyanogène, le tube contenant le métal étudié étant traversé par un courant de ce gaz, M. Pérot a mis en évidence l’influence du temps, de la température et delà concentration de l’atmosphère; lorsque celle-ci ne se renouvelle pas, les résultats sont comparables à ceux que fournit l’éthylène ou le méthane, en circulation continue. Ce qui montre, à capacité égale des appareils, un léger avantage au bénéfice du cyanogène.
- Pour étudier l’action de la cyanamide, l’opérateur lassait ce composé calcique autour des éprouvettes, sur une épaisseur de 5 mm.
- En comparant enfin les cémentations fournies par les deux agents, on note que pour le gaz IICÀzen atmosphère non renouvelée, la pénétration totale est moindre, mais que, par contre, dans le cas de la cyanamide, la zone hypereutectoïde (C 0,9 à'l,7°/0) fait complètement défaut.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La granulation des scories♦ (M. B. Bogitch.) — Cet auteur a démontré que les explosions qui se produisent lors de la trempe clans l’eau, soit des métaux, soit des scories liquides, sont dues à la production instantanée de poches de vapeur, engendrées par une nappe de matière trempée qui se forme dans certaines conditions au fond des récipients.'Il a indiqué ensuite, pour éviter de tels accidents, l’emploi de l’air comprimé, injecté au fond de l’appareil de granulation et au-dessous du jet liquide de métal ou de scories.
- La nouvelle note que M. Le Chatelier présente en son nom précise les précautions indispensables pour que l’air comprimé soit toujours efficace :
- le jet liquide doit tomber au centre de la fosse sans qu’il y ait suintement ou écoulement le long des parois;
- au moment de la trempe, il faut, si possible, élever la température du four pour augmenter la fluidité du corps à tremper;
- il y a intérêt à réchauffer l’eau de la trempe vers 35-40°, pour faciliter le dégagement de la vapeur à la surface de l’élément incandescent.
- MICROBIOLOGIE
- La transmission du Treponema crocidurae.
- (M. Brumpt.) — Le germe signalé en 1917 par André Léger se rencontre non seulement dans le sang de Crocidura stampfli, musaraigne commune dans les égouts et certaines habitations indigènes de Dakar, mais encore dans le sang de quelques Rats et Souris, tels que Mus decumanus et Golunda campanae. Or, ce spirochète est, par sa morphologie, identique aux divers agents des fièvres récurrentes
- transmises à l’homme par les Poux ou par les Tiques. Il semblerait alors, comme l’a suggéré F. Mesnil, que la Musaraigne constituât un réservoir de virus en puissance.
- M. B rumpt a été ainsi conduit à l’étude de la transmission du Treponema crocidurae, soit par Y Ornithodorus moubata, soit par YOrnith. marocanus. Les résultats fournis par des Souris et des Rats ont été positifs, montrant ainsi cpie les Insectivores et les Rongeurs fréquentant les habitations sénégaliennes pourraient jouer un rôle actif, le jour où l’un des Ornithodorus étudiés s’acclimaterait. Et c’est le cas de YOrnith. marocanus qui risque d’être importé du Maroc ou du Sud de l’Espagne avec les porcs de ces pays.
- Comme l’indique sans ambages M. E. Brumpt, il y a là un danger que ne sauraient négliger les services de l’élevage, en Afrique Occidentale.
- L’oxydation microbienne du soufre au cours de l’ammonisation. (M. G. Guittoneau.) — Dans un milieu de culture qui reste neutre ou devient alcalin, cet auteur a séparé certaines espèces microbiennes en deux groupes : les premières déterminent une solubilisation de l’élément S à l’état S203H2, les autres à l’état S04I12. Or, ces dernières sont incapables d’ammoniser seules la peptone de façon appréciable.
- M.. Guittoneau a alors recherché comment se conduisent un certain nombre de microorganismes, le plus souvent classés parmi les ammonisateurs, se développant au contact de l’air dans une solution nutritive de peptone chargée de soufre précipité. Les essais qui ont porté sur Bac. subtilis, Bac. mesentericus, Bac. mycoïdes, Bac. coli, Proteus vulgaris, Pénicillium glaucum et Sierigmatocystis nigra, montrent que les ammonisateurs, alcalinisant les milieux où ils s’attaquent à une matière protéique, peuvent au total, en présence du soufre, faire apparaître les radicaux acides SO'2 ou SO5; mais, à teneur en élément S égale, on voit se produire ou s’éliminer des quantités d’ammoniac différentes.
- “ANATOMIE PATHOLOGIQUE
- La virulence de la bave chez les animaux rabiques. (MM. Y. Manouelian et J. \Talac;—Pour ces savants, on ne saurait plus mettre en doute la théorie de Duboué de Pau que MM. Roux et Nocard devaient reprendre en 1892 : c’est en se propageant le long des nerfs que le virus rabique va dans la salive.
- Or, la muqueuse des parois de la bouche et de la langue contiennent des cellules nerveuses étalées sous l’épithélium qui est parfois d’une minceur extrême. Elles constituent ainsi des centres périphériques, qu’accompagnent des troncs, rameaux et ramuscules nerveux, et, par une fissure ou une éraillure de l’épithélium, elles sont mises à nu. Mais, chez tous les chiens enragés, le cytoplasma de ces neurones contient le parasite de la rage : pour que la bave ne devînt pas virulente, il faudrait ainsi que les muqueuses de la langue et de la bouche fussent d’une intégrité parfaite, ce qui constitue l’exception.
- 11 reste donc acquis que c’est à la faveur d’une lésion de la muqueuse que le parasite de la rage est inoculé dans la plaie de la morsure.
- Paul Baub.
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- CURIOSITES DE LA NATURE
- La plus grande algue du monde : Nereocystis Luetlteana, appelée vulgairement chou aux loutres. L’exemplaire ci-dessus, péché récemment par le professeur Rigg, de l’Université de Washington, mesurait 305 mètres de long.
- Le stipe du Nereocystis ressemble h une longue corde et se termine par une boule creuse oupncumatocyste qui lui sert de flotteur. Cette boule creuse est recueillie par les pécheurs de la cote du Pacifique qui l’utilisent comme bouteille.
- On a analysé les gaz quelle contient et on y a trouvé 12 pour 100 d’oxyde de carbone. . "
- La photographie ci-dessous montre un pneumatocyste coupé en deux.
- A droite, deux monstruosités végétales.
- En haut, chapelet de quatre poires placées les unes au bout des autres. Elles furent cueillies l automne demi' r par M. le Capitaine Dagault sur un po'rier Duc-de-Rordeaux. planté en espalier, taillé en palmette, exposé au nord-ouest dans un verger situé au fond de la baie du Palu-den, sur le golfe du Morbihan (commune d’Arradon).
- Au-dessous, pomme de terre quadruple.
- Cette anomalie se rencontre assez souvent et donne.parfois des aspects très curieux.
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- Une heureuse nouvelle.
- On annonce que, sous l’énergique direction de M. Tardieu, ministre des Travaux publics, la réfection des principales routes nationales, dont on connaît l’état déplorable, serait décidée, et que les travaux nécessaires seraient activement exécutés.
- Espérons que les usagers de la route pourront le constater au cours de l’été 1927 !
- Les droits de circulation sur les différents véhicules automobiles.
- Nous avons déjà indiqué les droits applicables aux automobiles de tourisme, d’après la dernière loi des Finances, et donné quelques exemples de la manière de déterminer le montant de l’impôt annuel applicable à chaque voiture suivant sa puissance.
- Il nous semble utile, cependant, étant données les nombreuses demandes de nos lecteurs reçues à ce sujet, de publier ci-dessous un tableau plus détaillé indiquant exacte-tement les droits de circulation non seulement pour les voitures de tourisme, mais pour les cycle-cars, motocyclettes, camions à gazogène et même bateaux automobiles. Nous empruntons, d’ailleurs, ce barème à la revue D. A. S. (Voir ci-contre).
- Miroir rétroviseur servant de feu
- de position.
- La difficulté de circulation dans les villes exige de plus en plus l’emploi de miroirs rétroviseurs qui permettent aux conducteurs d’une torpédo et surtout d’une conduite intérieure de se rendre compte du mouvement des voitures en arrière de leurs automobiles au moment de l’arrêt ou d’un virage.
- D’autre part, les lanternes spéciales de stationnement à feux blanc et rouge, munies d’une ampoule à faible consommation, sont très utiles, car elles évitent la décharge des accumulateurs pendant les longs arrêts de nuit. Ces lanternes se placent généralement, comme le rétroviseur, sur l’aile avant gauche, ou à gauche du pare-brise de l’automobile.
- Un constructeur a eu l’ingénieuse idée de combiner ces deux accessoires en réalisant un miroir pouvant servir de rétroviseur le jour, et de feu de stationnement la nuit (fig. 1).
- Ce résultat est obtenu grâce à l’emploi d’un miroir translucide permettant de laisser passer les rayons lumineux d’une lampe intérieure à travers le miroir muni d’un écran rouge à l’arrière et d’un verre blanc à l’avant.
- Indicateur d’essence de principe simple.
- Les jaugeurs d’essence à distance sont des accessoires fort utiles et de plus en plus employés, encore faut-il que leur principe soit suffisamment simple et leur fonctionnement assez précis pour donner toute confiance sur les indications lues sur leur cadran.
- Un flotteur placé dans le réservoir et transmettant les variations de niveau à une aiguille indicatrice au moyen d’une transmission mécanique constitue évidemment un système extrêmement simple et suffisamment précis lorsqu’il est soigneusement construit (fig. 2 et 3).
- .DROITS DE CIRCULATION SUR LES AUTOMOBILES
- NOMBRE DE C. V. VOITURES AUTOMO- BILES (personnes et marchandises) AUTOMOBILES A GAZOGÈNE CYCLES- GARS BATEAUX AUTOMOBILES DE PLAISANCE ET MOTOCY- CLETTES
- Année Année Trimestre Année Année
- 1 360 180 45,00 60 30
- 2 360 180 45,00 120 60
- 3 .... . 360 180 45,00 180 90
- 4 360 180 45,00 240 120
- 5 360 180 45,00 300 150
- 6 450 225 56,25 360 180
- 7 540 270 67,50 420 210
- 8 630 315 78,75 480 240
- 9 720 360 90,00 540 270
- 10 810 405 101,25 600 300
- 11 918 459 114,75 660 330
- 12 1.026 513 128,25 720 360
- 13 1.134 567 141,75 780 390
- 14 1.242 621 155,25 420
- 15 1.350 675 168,75 450
- 16 1.458 729 182,25 480
- 17 ... 1.566 783 195,75 510
- 18 1.674 837 209,25 540
- 19 1 782 891 222,75 570
- 20 1.890 945 236,25 600
- 21 2.016 1.008 252,00 630
- 22 2.142 1.071 267,75 660
- 23 2 268 1.134 283,50 690
- 24 2 394 1.197 299,25 720
- 25 2 520 1.260 315,00 750
- 26 2.646 1.323 330,75 780
- 27 2.772 1.386 346,50 810
- 28 2.898 1.449 362,25 840
- 29 3.024 1 512 378,00 870
- 30 3.150 1.575 393,75 900
- 31 3.294 1.647 411,75 930
- 32 3.438 1.719 429,75 960
- 33 3.582 1.791 447,75 990
- 34 3.770 1.865 465,75 1.020
- 35 3.870 1.935 483,75 1.050
- 36 4.014 2 007 501,75 1.080
- 37 ..... . 4.158 2.079 519,75 1.110
- 38 4.302 2.151 537,75 1.140
- 39 4.446 2.223 555,75 1.170
- 40 4.590 2.295 573,75 1.200
- 41 4.734 2.367 591,75 1.230
- 42 4.878 2.439 609,75 1.260
- 43 5.022 2.511 627,75 1.290
- 44 . . . . . . 5.166 2.583 645,75 1.320
- 45 5 310 2.655 663,75 1.350
- 46 5.454 2.727 681,75 1 380
- 47 5.598 2.799 699,75 1.410
- 48 5.742 2.871 717,75 1 440
- 49 5.886 2.943 735,75 1.470
- 50 6.030 3.015 735,75 1.500
- Au-dessus de
- cette puissance ? 144 72 18 30
- ajouter par c.v.
- Fig. 1. — Miroir Rétrolux.
- Ce miroir rétroviseur possède une partie translucide et une lampe électrique intérieure qui la transforme en un feu de position à faible consommation pour les longs stationnements.
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- En fait, le flotteur supporte un levier qui commande une tige centrale et son ogive. Cette ogive est calculée d’après la forme du réservoir et agit sur le galet du poussoir de départ, maintenu en contact avec l’ogive par un ressort de rappel.
- Les mouvements du galet se reproduisent dans le tube transmetteur jusqu’au récepteur et à l’aiguille se trouvant sous les yeux du chauffeur (lig. 3).
- \Appareil anti-vol de précision.1
- Les vols d’automobiles et d’accessoires se multipliant, une précaution essentielle pour l’automobiliste qui conduit lui-même consiste à employer des appareils anti-vol robustes et à fermeture de sûreté qui maintiennent le volant de direction ou la roue de rechange, par exemple.
- Le principe de combinaisons des coffre-forts, qui est évidemment le meilleur procédé de construction d’une serrure de sûreté, vient d’être appliqué à un appareil de ce genre (fig. 4).
- Cet accessoire très robuste est en acier massif et son ouverture n’est possible qu’en réalisant le nombre repéré choisi par le propriétaire de l’automobile au moyen de trois disques portant chacun une rangée de chiffres.
- Comment reconnaître que l’huile d’un moteur doit être changée ?
- On sait qu’une condition essentielle du bon entretien d’un moteur d’automobile consiste à vidanger soigneusement le carter tous les 1500 ou 2000 km environ. Il est d’ailleurs possible de se rendre compte si l’huile usagée possède encore assez de pouvoir lubrifiant pour un service efficace.
- L’huile qui a servi déjà depuis un certain temps, mais encore suffisante, doit conserver des reflets verts tout en ayant une teinte noire plus accentuée qu’une toute neuve; de plus, l’huile usagée ne doit pas avoir perdu sa viscosité.
- On peut se rendre compte de ces deux caractéristiques en versant l'huile dans un verre, en examinant d’abord sa couleur, puis en vidant le verre lentement goutte à goutte pour contrôler la viscosité.
- Le refroidissement des automobiles en hiver.
- Il existe pour chaque voiture une température de fonctionnement optimum qui correspond généralement à une température de 80 à 90° environ pour l’eau de son radiateur, et cette eau d'ailleurs ne doit jamais être à l’ébullition.
- En hiver, par contre, il est nécessaire de prendre des précautions spéciales pour éviter une chute trop grande de température, qui causerait une perte de rendement fâcheuse accompagnée d'une augmentation inutile de la consommation d’essence.
- Ces précautions sont d’autant plus utiles que les constructeurs, ont, avec raison, généralement prévu les organes du système de circulation pour assurer un refroidissement énergique : radiateur de grande surface avec ventilateur, thermosiphon ou pompe à eau, tuyaux de circulation bien disposés, etc.
- Le moyen le plus simple de diminuer l’intensité du refroidissement d’une manière fixe consiste à enlever la courroie d’entrainement du ventilateur ou à diminuer la surface de refroidissement du radiateur en fixant une plaque en [métal ou même en carton fort, dont on déterminera la surface par expérience, en avant ou en arrière de celui-ci.
- Ce moyen n’est pas à recommander, en général, parce qu’il est rare qu’une voiture fasse continuellement le même service, et l’intensité du refroidissement varie évidemment sui-
- Transmission
- Fig. 2 et 3. — L’indicateur d’essence Corset.
- En haut : un flotteur dans le réservoir est relié mécaniquement à une aiguille indicatrice placée sous les yeux du conducteur. En bas : le mécanisme de transmission entre le flotteur et l’aiguille. Le
- profil de l’ogive est déterminé suivant la forme du réservoir.
- vant ce service : grandes randonnées sur route, en montagne ou en palier, petits trajets dans les villes suivis d’arrêts, etc.
- Une housse de radiateur avec volet avant mobile et repliable est bien préférable parce que l’on peut ainsi contrôler l’intensité plus ou moins grande du refroidissement en repliant ou en dépliant le volet mobile. C’est ainsi que pendant les arrêts on pourra complètement recouvrir le radiateur afin d’éviter un refroidissement complet qui rendrait la mise en route difficile.
- Certaines voitures américaines comportent un dispositif encore plus perfectionné formé de volets métalliques mobiles dont le conducteur commande l’ouverture ou la fermeture sans quitter son volant, à l’aide d’une simple manette. On peut ainsi à chaque instant obtenir le refroidissement optimum.
- Signalons enfin qu’il existe maintenant des appareils appelés thermostats, sur lesquels nous reviendrons, et qui déterminent automatiquement l’intensité de refroidissement sans que le conducteur ait à intervenir.
- Adresses des appareils décrits : Miroir Rétrolux, G. I. P. A., 90, rue Saint-Maur, Paris (11e).
- Jaugeur d’essence, Etablissements Corset, 5 bis, impasse Thore-ton, Paris (15e).
- Avpareil anti-vol. Société Safra,88, avenue Marceau, Courbevoie.
- L. PlCA-RD.
- Fig. 4. — Appareil antivol Safra.
- Il comporte une serrure à combinaison comme celle d’un coffre-fort.
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- *« PETITES INVENTIONS
- CHAUFFAGE
- Utilisation de la sciure pour le chauffage.
- Jusqu’à présent les poêles à sciure se contentaient d’utiliser la chaleur fournie par les gaz de la combustion pour chauffer les locaux. Le rendement calorifique est faible. Il •est nécessaire de charger souvent les appareils et enfin presque impossible de distribuer la chaleur suivant les besoins de plusieurs locaux distincts, dans des séchoirs, etc.
- Un nouveau modèle d’appareil est conçu de manière à assurer à l’intérieur du poêle une circulation d’air chaud à travers des tubes. La coupe indique nettement comment est conçu ce nouveau poêle.
- Pour le charger, on retire le couvercle supérieur et l’on •met en place un cône de chargement, qui est représenté en traits pointillés sur la figure 1. On verse la sciure en plusieurs fois et au fur et à mesure on foule sur toute la surface et entre les tubes C, avec un fouloir spécial. La sciure remplit ainsi toutes les parties hachurées, jusqu’à la base de la cheminée D.
- On retire alors le cône de chargement B, en le faisant tourner lentement; on le sort de l’appareil et on remet le couvercle en place. On ouvre alors le registre inférieur E et on place dans la conduite F un journal froissé en torche, ,puis on l’allume. La flamme s’élève parla cheminée centrale, elle enflamme les parois constituées par de la sciure foulée. Les produits de la combustion s’échappent à l’extérieur et
- Air
- chaud
- Air \froid
- Air
- froid
- Appel d'air pour la combu\th
- Fig. 1. -— Coupe du poêle à scù
- Fig. 2. — Le poêle à sciure.
- l’air froid des parties basses de la pièce rentre par l’ouverture inférieure des tubes C; il circule à l’intérieur et s’échappe par les ouvertures supérieures, parfaitement réchauffé.
- Dès que la température voulue est atteinte, on laisse retomber le registre, dont on règle l’ouverture afin que la combustion soit suffisante.
- Société . de chauffage et de carbonisation, 37, rue Taitbout Paris (10°).
- OPTIQUE
- Une illusion d’optique.
- Cet effet d’optique n’est certes pas nouveau, mais il est fort amusant, et il a été ' ingénieusement utilisé comme réclame par un opticien de la rue Vivienne. Regardez la
- figure ci-contre et comptez le nombre des dés. Y en a-t-il 6 ou 7 ? Regardez et comptez attentivement : vous en verrez tantôt 6, tantôt 7. Vous voyez 7 dés, avec la face noire en haut et 6 dés avec la face noire tournée vers le bas.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1927,
- I pl. in-16 de xii-703 p., 5 cartes célestes en couleur et 2 cartes magnétiques. Gauthier-Villars et Cie, éditeurs, Paris. Prix :
- II fr. 20.
- L’Annuaire de 1927 divisé en 5 chapitres (calendrier, Terre, Astronomie, Poids et Mesures, Statistiques) contient les éléments du calendi’ier pour 1927, les positions relatives des astres, une étude des divers calendriers; il indique les poids et mesures légàux et étrangers, les règles de jaugeage des navires; il publie des statistiques géographiques et démographiques qui s’étendent au monde entier, et enfin des tables de survie, de mortalité, d’intérêt et d’amortissement. Notons en passant que sa liste des préfectures et sous-préfectures de France ne tient pas compte de la récente réforme administrative qui a supprimé un certain nombre d’arrondissements. En outre, l’Annuaire contient deux notices scientifiques d’un haut intérêt : l’une de M. Bigourdan sur les Comètes et les éléments d’une statistique cométaire, l’autre de M. de la Baume Pluvinel sur la session de l’Union astronomique internationale tenue à Cambridge en 1925.
- L’Annuaire créé par la Convention, en 1796, arrive aujourd’hui à sa 131° année. C’est un âge vénérable. Cette publication, si précieuse par le nombre des documents qu’elle contient et par son prix modique, ne cesse de rendre de signalés services. Elle a beaucoup évolué depuis sa création.
- Elle a dû répartir sur un minimum de deux années la publication périodique d’une partie des renseignements qu’elle a pour mission de porter à la connaissance du public. Sa table des matières renvoie aux volumes des 5 dernières années. On ne peut s’empêcher de penser qu’il y aurait intérêt à présenter au lecteur ces matières sous une forme plus commode ; pourquoi s’astreindre par exemple à republier chaque année ou tous les deux ans des notices et des tableaux de constantes pratiquement immuables ? Ne serait-il pas plus simple, moins coûteux, en tout cas plus pratique pour le lecteur, de répartir la publication en deux parties, l’une fixe qui n’aurait qu’à être revisée avec soin à intervalles assez éloignés, l’autre annuelle qui contiendrait les éléments variables et mériterait seule le titre d’Annuaire ?
- Manual of Meteorology (vol. 1), by Sir Napier Shaw witn the assistance of El. Austin. 1 vol, 340 p., 122 fig. The Cambridge University Press, London, 1926. Prix : 30 sh.
- Le manuel de météorologie de sir Napier Shaw s annonce comme une oeuvre magistrale. On connaît déjà le quatrième volume consacré aux rapports entre le vent et la distribution de la pression barométrique. Le premier volume vient de paraître, plusieurs années seulement après. Il est consacré à l’exposé des connaissances générales nécessaires à quiconque désire cultiver la météorologie ; il retrace en même temps comment s’est constitué le savoir humain dans ce domaine, et comment est organisée, dans ses grandes lignes, la météorologie mondiale. C’est donc avant tout un ouvrage d’initiation, écrit par l’un des maîtres les plus éminents en la matière. La première partie du volume est consacrée à l’histoire de la météorologie dans la civilisation européenne; l’auteur résume, notamment, avec une merveilleuse érudition, ce que les anciens savaient en cette matière; il en conclut que les conditions climatologiques sont restées sensiblement les mêmes dans le bassin Méditerranéen au cours de l’époque historique. Il montre ensuite comment a évolué, dans l’histoire, la prévision du temps; puis il résume l’œuvre et la carrière des grands pionniers de la science météorologique moderne : Bacon, Descartes, Galilée, Pascal, Boyle, Newton, Réaumur, Franklin, Euler, Lagrange, Herschel, Lavoisier, Saussure, Laplace, Dalton, Fitz-Roy, etc. Après un résumé de l’organisation internationale qui régit actuellement la météorologie, il décrit en détail les tâches fondamentales qui s’imposent aujourd’hui au météorologiste observateur: observation des instruments au sol, investigations dans la haute atmosphère, étude des nuages, mesures de la radiation solaire, de la radiation terrestre, études et mesures des phénomènes électriques du sol et de l’atmosphère, étude des vents et analyse des mouvements de l’air dans la circulation générale de l’atmosphère. L’ouvrage est d’une science aussi sûre qu’attrayante. Il est en outre admirablement illustré; il contient notamment une splendide série de photographies de nuages. L’impression est également de premier ordre.
- Einführung in die physikalische Chemie und Kolloidchemie insbesondere fur Biologen und Mediziner, par le D1 H.-R. Kruvt. Traduit du hollandais en allemand sur la 2e édition, par le Dr À. Nowak. 1 vol. in-8°, 208 p., 67 fig. Akademische Verlagsgesellschaft, Leipzig, 1926. Prix : broché, 8,40 M. ; relié, 10 M.
- Introduction à l’étude de la chimie physique et de la chimie des colloïdes, à l’usage des biologistes et des médecins. On y trouve clairement exposées les notions essentielles sur les solutions, la pression osmotique, la vitesse des réactions et leurs équilibres, l’électrochimie, l’adsorption, la chimie capillaire, les colloïdes, suspensoïdes et émulsoïdes, etc. Les lois essentielles sont exprimées, quelques exemples simples en sont donnés qui préparent suffisamment à la lecture des traités tels que ceux de Nernst, de Mc Lewis,_de Hôber.
- Les anomalies végétales. Leur cause [biologique,
- par Paul Wuillemin. 1 vol. in-8, 357 p. Presses Universitaires de France, Paxûs, 1926.
- L’auteur décrit les très nombreuses anomalies connues dans les fleurs et leurs diverses parties, les inflorescences, les diverses parties végétatives de la plante. 11 les classe, leur donne des noms et montre qu’elles sont des aberrations liées aux déviations de l’activité habituelle et non des formes indépendantes. Ainsi la téi’atologie sert à expliquer la morphologie.
- Les bas-reliefs ides bâtiments royaux d’Abomey (Dahomey), par Em. G. Waterlot. 1 vol. in-8°, 56 p., 2 fig., 23 planches dont 18 en couleurs. Travaux et Mémoires de l’Institut d’ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris. Prix : cartonné toile, 50 francs.
- L’ancienne l'ésidence royale d’Abomey possédait des bas-reliefs polychromes indigènes qui sont certainement une des plus importantes productions artistiques de l’Afi’ique occidentale. Malheureusement, une partie considéi-able en a été détruite ou altérée par le temps ou les incendies. M. WateiTot a relevé ces œuvres en péril, en a piùs des moulages et a recueilli de la bouche des indigènes l’explication des sujets représentés. 11 s’agit d’un ensemble de constructions en pisé et en chaume, ayant sei’vi d’appartements royaux depuis au moins un siècle, où chaque roi a fait exécuter des bas-reliefs religieux ou historiques, certains représentant la devise du règne. Leur reproduction en couleurs constitue pour l’avenir une iconogi’aphie de tout premier ordre.
- The Cleaning and Restoration of Muséum Exhibits.
- 3th Report upon Investigations conducted at the British Muséum. 1 vol. in-8°, 70 p., 60 fig. en planches hors texte. Department of scientific and industrial Research. H, M, Stationei'y Office, Adartral House, Kingsway, London W. C. 2. Pi-ix : cartonné, 5 sh.
- La Nature a déjà fait connaître (n03 2500 et 2555) les importants travaux entrepris par le Département anglais des recherches scientifiques et industrielles, à la demande du British Muséum, pour déterminer les meilleurs procédés de réparation et de instauration des objets conservés dans les musées et collections. Yoici le rapport complet sur les résultats obtenus. Il est divisé en chapitres consacrés aux peintums, dessins, sculptures, terres cuites, objets d’argent, de fer, de plomb, de cuivre et de bronze, aux bois, aux verres, aux tissus, etc. Toutes les méthodes indiquées ont été éprouvées et ont donné les meilleurs l’ésultats. C’est dire que ce livre constitue le guide indispensable à tous les collectionneur et consex-vateurs de musées.,
- Dictionnaire pratique et% historique""de musique,
- par Michel Brenet. 1 vol. in-8°, 487 p., 510 citations musicales, 140 fig. Armand Colin, Paris, 1926. Pi'ix : broché, 56 fr. ; relié, 91 francs.
- Dans un oi’dre alphabétique, l’auteur définit toutes les connaissances musicales, tous les termes techniques, toutes les expressions qu’on trouve dans les partitions, tous les instruments de l’oi’chesti'e. Solidement documenté, il donne de chaque mot, de chaque chose, non seulement le sens mais l’histoire. Des figures et surtout de nombreuses citations musicales éclaii’ent le texte, le démontrent et font de ce dictionnaire le guide de tous les jours, pour l’exécutant aussi bien que pour l’amateur.
- Les vignobles domaniaux dans les provinces rhénanes, par Marcel Biron. 1 vol. in-8, 102 p,, 24 pl. Baillière et fils, Paris. Piùx : 16 fr. 50.
- Après un rappel des sites pittoresques et des coutumes de chaque région des bords du Rhin, de la Moselle, de la Nahe et de la Sai-re, l’auteur décrit les opérations culturales et les .procédés de vinification, tels qu’il les vit en spécialiste, au cours d’un voyage d’études dont de belles photographies i-appellent les points les plus intéressants.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du Pentatron.
- Nous recevons de M. le D' Youlgre, à Bayonne, la lettre suivante :
- « En parcourant les premières pages du n° du 18 décmbre 1926, de votre très intéressant journal, La Nature, j’y ai lu un article consacré à la description d’une prétendue découverte d’un inventeur allemand, qui, sous le nom de « pentatron », fait fabriquer une lampe de T. S. F. dont la caractéristique est l’existence de deux plaques et de deux grilles dans un tube à vide à filament de chauffage.*
- Vous faites ressortir, après lui, l’importance de ce dispositif nouveau qui permet, avec une seule de ces lampes, d’obtenir l’amplification de deux lampes normales et de monter un appareil récepteur économique dont vous donnez le schéma.
- Youlez-vous me permettre de vous demander de restituer au véritable inventeur de ce dispositif, qui est moi-même, le droit de priorité indûment attribué à l’industriel allemand; car le dessin que vous donnez de cette lampe reproduit fidèlement le croquis que j’ai publié dans la lre addition, n° 21,050, délivrée le 26 novembre 1919, à un Brevet principal n° 491.533, pris le 11 décembre 1917 à Paris, pour un compas de marine à correction automatique,
- La figure 4 de cette addition comprend en effet un croquis dont la partie représentant la lampe présente le dispositif très exact du dessin donné dans La Nature.
- Au surplus, le résumé du texte des revendications inscrites dans cette addition comprend les lignes suivantes :
- « 6° Le dispositif d’une lampe contenant un seul filament, mais « deux plaques et deux grilles, connectées respectivement avec
- QUESTIONS
- Errata. — Au numéro du 1er janvier"|1927, article Le Fire-Director, page 13, placer la légende de la figure 1 sous la figure 2 et inversement. — Blanes et noirs au Sahara : Les légendes des figures 2 et 4 ayant été interverties, il faut lire : Fig. 2. — Tar’it : jeune hartani; Fig. 4. Oued Saoura : type de hax-tania du Ksar de Ouarourout. En outre : p. 10, Ilaman 3000 au lieu de 8000; p. 12 fthramsa au lieu de khramas; p. 12, Lagbouat 1852 et non 1885.
- Tables des nombres premiers.
- Un de nos lecteurs désire connaître les tables de nombi'es premiers les plus complètes qui existent (étendue de la table, auteur, éditeur). • M. Grésillon.
- Epreuves photographiques minuscules.
- Les épreuves photographiques d’images très l'éduites, par exemple, celles que l’on voit au travers d’une loupe Stanbope montée sur manche de poi’te-plume, sont des épreuves obtenues par noii’cissement direct, ce qui est possible malgré le peu de sensibilité des émulsions au chlorure d’ai’gent, à cause de la grande quantité de lumière qui est concentrée sur une faible surface, de soi’te qu’avec intervention d’un condensateur, une lampe A incandescence de 30 watts, non seulement est suffisante, mais son intensité doit être modérée par l’emploi d’un verre orangé, sans quoi l’émulsion serait voilée.
- Le point capital est d’obtenir une émulsion au grain le plus petit possible. Deux procédés essentiels ont permis de réaliser ce desideratum, principalement pour la fabrication des micromètres : ce sont les procédés de Taupenot à l’albumine iodurée et le col-lodion ioduré avec addition de conservateurs (tanin).
- La disposition optique nécessaire est simplement celle d’un .appareil micropbotograpbique avec utilisation inverse, c’est-à-dire qu’au lieu d’agrandir l’image, on en fait la réduction. Une précaution importante est de mettre à l’abri des vibrations, en plaçant le système sur une plaque de feutre ou de caoutchouc. Sur
- << deux cellules actino-électriques (sélénium ou ampoules) et perce mettant le fonctionnement de deux relais ».
- Ceci ne permet aucune ambiguïté ».
- A propos de Vutilisation de la chaleur du globe.
- M. Yiel, ingénieur à Bucarest, nous écrit à ce sujet.
- « A propos de « l’utilisation de la chaleur du globe » (La Nature du lBr janvier 1927), je me permettrai la remarque que le projet de M. D. M. J. de Pau, n’est pas seulement chiméi’ique, en ce qui concerne la réalisation, mais qu’il pèche par principe. En effet, pour avoir de l’énergie utilisable, il ne suffit pas d’avoir une cer-taine différence de température, mais il faut un afflux continu de chaleur à dégrader. C’est ce que réalisent MM. Claude et Bouche-rot en faisant circuler d’une part l’eau de surface, d’autre part l’eau de fond, et ce grâce à la fluidité du milieu. Mais les couches profondes de notre globe ne sont fluides que si l’on considère des laps de temps géologiques, et d’autre, part sont très mauvaises conductrices de la chaleur. Aussi en réalisant le projet de M. D. M. J., réussirait-on, tout au plus, à refroidir le fond du puits, après quoi l’échange de température prendrait une allure... géologique, à moins de tomber sur une veine d’eau chaude, ce qui serait réellement de la... veine.
- Soit dit en passant, j’ai songé au projet de M. D. M. J. lorsque, potache, je prenais mes premières leçons de géologie. Par la •suite, la réflexion étant venue, j’ai fait le raisonnement ci-dessus et je crois utile d’en faire part aux nombreux lecteurs de La Nature.
- .’*Je ne saurais conclure sans exprimer à MM. Claude etBoucherot
- Ê” mon admiration pour leur magnifique conception et remercier La Nature de l’avoir communiquée à ses lecteurs. »
- ' REPONSES
- le côté de l’appareil on~dispose une lunette avec oculaire d’observation, qui permet au moyen d’un miroir de faire la mise au point et de suivre la venue de l’image jusqu’au moment où elle a atteint l’intensité voulue.
- La couche sensible est une émulsion de chlorure d’argent dans le collodion, réalisée par réaction du chlorure de lithium sur le nitrate d’argent.
- Li Cl2 + 2(Az 03 Ag) = 2 Ag Cl + Li( Az O3)*.
- Le professeur Goldberg, directeur de la Société I. C. A. de Di'esde, recommande de préparer les trois solutions suivantes :
- A Chlorure de lithium anhydre. . 5 gr.
- Eau distillée. . . • ............ 20 c. c.
- Alcool à 90°...................... 70 —
- B Nitrate d’argent................. 24 gr.
- Eau distillée.................... 30 c. c.
- Alcool........................ 60 —
- C Acide citrique........... 12 gr.
- Alcool ......................... 50 c. c.
- Ether sulfurique.............. 50 —
- Puis les trois collodions :
- Collodion A
- Solution A...................... 11 c. c,
- Collodion à 2 p. 100........... 100 —
- Collodion B
- Solution B...................... 11 c. c.
- Collodion à 2 p. 100........... 100 —
- Collodion C.
- Solution C...................... 11 c. c.
- Collodion à 2 p. 100........... 100 —
- L’émulsion pour l’emploi est obtenue en mélangeant
- Collodion A...................... 3 c. c.
- Collodion B...................... 2 —
- Collodion G...................... 4 —
- Cette émulsion se conserve assez longtemps, on en recouvre la plaque du micromètre, ou la face plane de la loupe Stanhope,
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- uivant les précautions habituelles au procédé au collodionT Dans le cas où l'image doit rester ensuite sur son support, sans pelli-culage du micromètre, on applique d’abord sur ce support une couche de gélatine à 1 pour 100 qui assure l’adhérence de la pellicule de collodion.
- Dans les conditions d’éclairage décrites précédemment, la pose est de 10 secondes environ, mois dépend évidemment de la sensibilité de l’émulsion.
- Après exposition, on dépose sur l’image une goutte d’un bain ordinaire de virage-fixage, on plonge la plaque dans le bain. Au microscope, on suit ce virage pour amener binage ou point voulu (objectif à immersion dans le' cas d’extrêmes réductions), finalement on lave, sèche, puis recouvre d’une lamelle collée au baume du Canada.
- Si les images doivent être transférées sur un outre support, par exemple dans le cas des micromètres, on incise les lords de l’image et transporte la pellicule ainsi libérée avec un pinceau. Quand la séparation de la couche ne se fait pas bien on la facilite par l’intervention d’une trace d’un acide étendu.
- N. B. Bien que le procédé du professeur Goldberg soit le plus perfectionné à l’heure actuelle, si vous désirez étudier les procédés antérieurs, vous trouverez les détails du piocedé Taupe not dans un article de Miethe. Zeits. Instrumenter! unoe, t. 33, 1112, p. 190. Bull. Soc. franç. de Phot. (3), t. 3, 1112. p. c £9, et le procédé au tanin remis au point par l’auteur dans J l.otogi aphische Industrie, 1917, p, 448.
- Cercle Sura, Routschouck.
- Conseils pour le réglage d'un poste de T. S. F.
- 1° Sur certains étages d’amplification à basse fréquence établis avec des lampes dites de puissance, on a intérêt à rendre très
- Fig. 1. — Montage d’une petite batterie P dans le circuit de grille d’une lampe basse fréquence.
- négatif le potentiel de la grille afin de diminuer le courant filament-grille, et, dans ce cas, il suffit d’intercaler une petite pile sèche de 4 v. 5 sur le circuit grille comme le montre la figure 1.
- . , , = J43 =
- ainsi la petite batterie de piles que dans le cii’cuit de grille de la dernière lampe à basse fréquence (fig. 2).
- 3° Nous ne comprenons pas exactement ce que vous désirez nous expliquer, et il nous faudrait des renseignements complémentaires.
- Il y a quelquefois intérêt à monter une capacité entre la borne terre et la terre, mais l’usage d’une pile pour remplir le même effet nous paraît a priori anormal et inefficace!
- M. L. J. N., Lillebonne.
- Choix d'une antenne pour réception des ondes courtes de T. S. F.
- Nous ne croyons pas que le poste récepteur que vous avez installé soit d’un modèle défectueux.
- Le défaut de réception des ondes courtes que vous nous signa-
- Y Vers le poste
- Fig. 3. — Antenne prismatique. Longueur 25 à 30 m. Diamètre
- 0 m. 60 à 1 m.
- lez provient certainement du modèle d’antenne que vous avez construit qui est trop long et trop bas.
- Une antenne prismatique de 15 à 30 m. de longueur (fig. 3) vous donnerait certainement de bien meilleurs résultats, et déjà
- Borne terre
- Borne à 'antenne
- Condensateur variable de 0,5/1000 de microfarad.
- Fig, 4. — Montage d’un condensateur en série pour réception des
- ondes courtes.
- Fig, 2. — Montage classique à 4 lampes à résonance avec pile P dans le circuit de grille de la 2° lampe basse fréquence.
- 2° Pour un montage à 4 lampes comprenant une lampe haute fréquence à résonance, une détectrice et deux étages à basse fré quence du modèle classique, il ne saurait y avoir intérêt à monter
- en plaçant en série entre votre antenne actuelle et le poste un condensateur variable de 0,5/1000° de microfarad (fig. 4), vous devriez obtenir une amélioration sensible.
- » M. Eparoice, Saint-Victoire-sur-Loire.
- Pour empêcher des récipients de se rouiller.
- Le mieux serait certainement de les faire étamer. Si cependant vous désirez essayer d’une peinture au silicate, la formule suivante vous donnera très probablement satisfaction.
- Lithopone.................................500 gr.
- Silicate de soude à 40°B................. 200 _
- Eau ordinaire........................... 200 _
- Pour l’emploi, donner d’abord une'première couche au silicate non teinte à 22°B, puis apres dessiccation, la couche de peinture proprement dite, indiquée ci-dessus, teintée au besoin par de l’outremer, ou du noir de fumée. Terminer enfin par une couche de silicate simple mais à 26ÜB. Bien entendu, chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- M. Brunet, Nantes.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- i. M. Baillaud, V éminent directeur de l’Observatoire de Paris, qui vient de prendre sa retraite. — 2. M. Haton de la Goupillière, membre de l’Institut, auteur d’ouvrages sur les mines et les machines, vient de mourir /1833-1927j. — 3. Le D1 Eberth, qui découvrit le bacille de la typhoïde, récemment décédé (1835-1927J.
- 4. Un pont suspendu type Gisclard-Arnodin, de 230 m. de portée a été mis en service sur la Seine, à Alfortville.
- 5. Le plu» haut gratte-ciel du monde, en construction à NewYork fhauteur 372 m. — 108 étages).
- 6. L’hydravion Lioré-Ollivier, moteur Jupiter 450 ch, sur lequel Bernard et Bougault ont effectué le voyage France-Madagascar
- et retour (29 000 km) terminé le lh janvier.
- 7 et 8. L'avion amphibie « de Villiers » expérimenté à Suresnes, largue son avant-train en vol (8J
- et mouille ensuite en hydravion (7).
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- ATURE
- pour la .vente en France.
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- LA NATURE
- MASSON et Cie, Éditeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T(. C. Seine : i5.234.)
- PRIX DE L’ABONNEMENT,
- Tarif intérieur, France cl Colonies : 12 mois (24 n*”), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro rendu en France : 3 fr. 50
- Règlement par mandai, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris. Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n01), 85 fr. ; — 6 mois (12 n”’), 43 fr.
- Pour l’étranger, abonnements payables en monnaies étrangères aux prix ci-dessous :
- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonic, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du SudUruguay, Venezuela.
- Dollars. Livres Sterling. Francs suisses. Pesetas. Florins hollandais. Lei roumain.
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- 6 mois (12 nos). . 1.80 0. 7.6 9. » 12.85 4.50 400. »
- Tarif extérieur n" 2 valable pour les autres pays.
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- 6 mois (12 n0B) 2 20 0. 9.2 11. » 15.70 5.50
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- Fig. 1. — Village indien au nord du lac Stewart, en Colombie britannique.
- LES INDIENS DU CANADA
- Il fut un temps où les amis des Peaux-Rouges (nom généralement réservé aux autochtones clu Canada et des Etats-Unis, exception faite des Esquimaux) purent redouter que cette race fût condamnée à disparaître avant longtemps. Les maladies d’importation européenne, et surtout la variole et la phtisie, tristes cadeaux que la civilisation apporte aux populations primitives comme dons de joyeux avènement, décimaient effroyablement les indigènes, supprimant parfois des tribus entières dont il ne restait plus que le nom.
- On peut dire désormais que les Peaux-Rouges ont franchi le tournant dangereux ; qu’après avoir diminué de nombre graduellement, ils augmentent d’une façon appréciable, et que, statistiques en main, ils ont le droit de regarder l’avenir avec confiance.
- Le recensement ofliciel de 1902 accusait au Canada 108 112 Indiens ; l’année suivante, le chiffre passait à 108 233. Le troisième recensement que nous lisons date de 1917, et parle de 105 998 personnes. Enfin, dans le Rapport annuel du Département des Affaires Indiennes pour 1925, nous voyons que le nombre, est descendü à 104 894, marquant, dit le signataire, l’Hon. Duncan C. Scott, « une légère diminution dans la population indienne en comparaison . des rapports précédents ».
- Le mouvement ascendant fut considérablement retardé par cette épidémie de «grippe
- espagnole » qui ravagea le monde entier, de 1917 à 1920, et qui sévit cruellement chez les Indiens. Mais les deux grands ennemis des autochtones sont, comme nous l'avons indiqué plus haut, la variole et la tuberculose, et les mesures définitives prises par les autorités canadiennes donnent déjà l’espoir que les deux fléaux seront conjurés.
- Indiquons comment ces Indiens sont traités, d’une façon générale. Le Département des Affaires Indiennes entretient 114 agences, chargées de l’administration locale des « réserves » disséminées dans toute l’étendue du
- Dominion.
- Le personnel de chaque agence comprend, outre l’agent-chef, un médecin, un commis, un instructeur agricole, une matrone (infirmière), un constable (gendarme), un garçon de ferme et autres auxiliaires dont le nombre varie selon l’importance du poste. Ces matrones sont des gardes-malades, qui secondent les médecins, et qui sont chargées, en outre, de visiter les camps et d’instruire les femmes indiennes « sur les méthodes hygiéniques se rapportant aux travaux domestiques et à la prévention des maladies ».
- Le nombre des bandes (tribus ou fractions de tribu) établies sur une réserve varie de 1 à 30. Les terres appartiennent à la communauté, qui n’a pas le droit de les aliéner. Cependant, les propriétaires indiens peuvent signer des baux
- N" 2755. — 19 février 1927.
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- == 14 6 = :. .:==
- avec les blancs qui veulent cultiver une parcelle. De même, avec l’agrément des agences, ils peuvent céder des licences pour la coupe de leurs bois: Les sommes en résultant sont versées au capital commun de la bande.
- Enlin, d’après un article de la « Loi des Sauvages », un chef de famille peut obtenir son émancipation : le terrain qu’il cultivait jusqu’alors pour la collectivité sur la Réserve devient sa propriété privée, et il obtient, en outre, sa part du capital de la bande. En 1925, l’émancipation n’a été accordée que dans un seul cas.
- Cette même Loi des Sauvages a rendu, depuis 5 ans, l’instruction obligatoire pour tous les enfants indiens âgés de 7 à 15 ans. C’est annoncer à l’avance que ces enfants disposent de nombreuses écoles, et nous apprenons, en effet, par le rapport déjà cité, que le nombre, des écoles ouvertes exclusivement pour la jeunesse indienne comprend 247 externats, 73 internats et 13 écoles professionnelles. 14400 enfants des deux sexes ont fréquenté l’an dernier ces divers établissements. Ajoutons
- liûbus du Far-West) que beaucoup de « bandes ». observent encore en secret le culte ancestral. Ainsi, chez les Pieds-Noirs de l’Alberta (représentés sur la plupart des photographies que nous, reproduisons sur ces pages), les anciens guerriers, ennemis héréditaires des Sioux et grands chasseurs de bisons, se réunissent secrètement pour célébrer la fête du dieu Soleil et exécuter des danses que les agents du gouvernement canadien interdisent sévèrement, car elles sont de nature à réveiller l’humeur belliqueuse de ces guerriers, dont les vieux chefs portent encore à l’épaule les scalpes qu’ils arrachèrent jadis des crânes de leurs ennemis.
- La légende qui voulait que les autochtones de l’Amérique du Nord fussent irrémédiablement réfractaires an progrès a reçu au Canada son coup de grâce. Ecartons celles des tribus qui vivent de la chasse et‘ de la pêche dans les régions impropres à la culture. Mais les autres, <-elles qui possèdent des terres arables sur leurs réserves, savent désormais en tirer un bon parti, et le signataire
- Fig. •>. — La femme dit chef « Canard », partant en
- que 125 étudiants indiens poursuivent des éludes supérieures dans plusieurs collèges ou universités du Canada.
- Le Dominion dépense des sommes considérables pour l’instruction des Indiens : 1 854 G08 dollars en 1925. En outre, certaines « bandes » dont la situation financière est prospère ont prélevé sur leurs revenus 65 495 dollars pour couvrir quelques dépenses scolaires. La tribu dite des « Six-Nations de la Grande-Rivière » entre clans ce total pour près de 22 000 dollars.
- Le nombre des Indiens varie considérablement d’une province à l’autre. La Colombie Britannique prend la tête avec 23 782 personnes; l’Ontario suit avec 20 429, précédant le Manitoba (15 466), le Québec (13191) et le Saskatchewan (8059). L’immense territoire du Yukon n’en compte que 1456, et l’Ile du Prince-Edouard, la plus petite des onze provinces, 315.
- Presque tous les Indiens du Canada (sauf 6146 idolâtres) professent une religion chrétienne. Les catholiques sont au nombre de 48671; les anglicans, 23 557; les méthodistes, 13 930, etc. Mais ces conversions sont de dates si récentes dans bien des cas (surtout parmi les
- a'yagc arec son « traçais » et son chenal de remonte.
- du rapport que nous analysons ici a pu écrire cette phrase, riche de promesse :
- « Les Indiens cultivent leurs*terres beaucoup mieux qu’ils ne le faisaient auparavant, et la majorité d’entre eux font d’aussi bon travail que celui des fermiers blancs. »
- De fait, nous notons que les fermiers indiens des trois provinces dites « des Prairies » ont ajouté l’année passée 11 239 acres à leurs terres cultivées, qui forment maintenant un total de 104495 acres, dont 66429 semés en blé (l’acre équivalant à 40 ares).
- Le Département des Affaires Indiennes s’efforce par tous les moyens de développer le goût de l’agriculture chez ses pupilles. Les écoles sont entourées de jardins où les élèves suivent des cours de jardinage. Sur plusieurs réserves, des concours de labourage mettent aux prises les champions des diverses tribus, et il est amusant de constater que les rivalités qui se réglaient jadis entre bandes à coups de tomawak sont remplacées par ces pacifiques tournois où le soc de la charrue est la seule arme admise. L’année dernière, un Ojibwa, Nicolas
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- Plain, déjà détenteur de plusieurs championnats canadiens, s’adjugea aux Etats-Unis celui du Michigan.
- Beaucoup d’indiens joignent à la culture de leurs terres l’élevage du Bétail, et le rapport note : « Ils érigent de meilleures étables pour abriter leurs bestiaux, et nous avons moins de difficulté à les induire à les nourrir mieux que par le passé. Ils possèdent quelques-uns des plus beaux animaux des trois provinces.... »
- Seuls, les Peaux-Rouges des régions écartées qui vivent exclusivement de la chasse aux fourrures continuent à s’abriter sous des tentes. Partout ailleurs, on
- caus, plutôt concentrés dans la partie orientale du Canada, les Sioux, rencontrés exclusivement dans la partie centrale, les Saliches (ou S ali sh ) et les Tlinguils (ou Tlingits), dans la partie occidentale près du rivage du Pacifique.
- A la famille des Algonquins appartiennent des tribus dont les noms nous sont déjà familiers : tels, les Micmacs, qui ont enrichi notre langue d’un terme agréé par l’Académie, les premiers colons français n’ayant vu dans leur dialecte qu’une chose horriblement «. embrouillée « ; les Montagnais, qui occupent le littoral sud du Labrador,
- Fig. 4. — A guuclie, le chef « Tête blanche », de la tribu des « Pieds noirs », sa femme et sa fille eu costumes de ceremonie. Te chej tient~duns sa main droite l’insigne de la danse de guerre. — A. droite, le chef « Canard », sa femme et sa fille, en costumes de fête des Indiens du sud de l’Alberta. Le chef tient dans sa main droite une carabine enveloppée de sa housse, dans sa main gauche une hache
- ' * et une pipe en terre, don de son père ce Lapin agile ». ' . > • % .
- enregistre de remarquables progrès. « La vieille hutte en billots est rapidement remplacée par des demeures en charpente avec intérieur en enduits. La plupart des maisons indiennes peuvent être comparées maintenant à celles des fermiers prospères de race blanche.... »
- Nous ne connaissons pas de travaux d’ensemble sur l’ethnograpbie canadienne, sujet très compliqué, car les tribus sont nombreuses et très dispersées.
- En recourant plus aux dialectes qu’aux caractères physiques, on est parvenu à les classer en six groupes, qui sont : les Algonquins, les Iroquois, les Athapas-
- dans la province de Québec, les Ojibwas, qui émigrèrent jusqu’au fond du Far-West. , , - • - ' v
- Dans la famille des Iroquois, concentrés en_grande partie dans le Québec, nous trouvons les Ilurons, qui ont donné leur nom à l’un des cinq Grands Lacs, les Mohawks, les Six-Nations.
- Enfin, dans la famille des Athapascans, qui essaima jusque dans les régions arctiques, nous rencontrons toute une collection de noms pittoresques : les Castors, les Esclaves, les Lièvres, les Loucheux, les Coûte aux-J aunes, les Plates-Côtes-de-Chien, les Mangeurs-de-Caribou, les
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- Gens-Maudits, et autres désignations dues à l’esprit inventif et malicieux des trappeurs canadiens-français, qui, les’ premiers, entrèrent en contact avec ces bandes et les baptisèrent de ces noms baroques que l’usage et même l’ethnographie ont perpétués.
- La moins avancée de ces familles est assurément celle des Athapascans ou Dénés, moins intelligente et moins belliqueuse que les Iroquois et que les Algonquins. Ceux-ci, qui peuvent compter par leur aspect physique
- partie de leur nombre ancien. Ils basent leurs calculs sur les faits enregistrés en Colombie Britannique 'depuis un siècle que la race blanche a débarqué dans celte région. En 1859, un recensement organisé par des missionnaires accordait aux Lukungens, de l’Ile Vancouver, 8500 âmes. Elle n’en compte plus que 200. Il y a une cinquantaine d’années, la tribu des Cowichans (ou Covcintchins), fixée dans la même île, comptait 5005 âmes, tombées aujour-rnoins de 750. Le cas le plus tragique est celui
- Fig. 5. — À gauclic, la femme du chef « Une Tache », portant le costume de la société du sang ; sa roI\c est faite d’une peau de buffalo ornée de coquillages, sa coiffure d’une tête de bison arec les cornes. — À droite, « Joli Visage », fille « d’Une Tache »; robe de peau de
- chevreuil décorée de coquillages ; coiffure d’hermine, de perles et de grelots. «
- et leur haute stature parmi’ les plus belles races humaines, harcelèrent de- bonne' heure les Dénés et les séparèrent en deux tronçons, dont l’un remonta jusque dans les régions sud-arctiques, tandis que Lautre se réfugiait dans les Montagnes Rocheuses en essaimant jusqu’aux frontières du Mexique.
- Il est matériellement impossible de dire quelle était l’importance numérique-''des autochtonés à l’arrivée des premiers blancs. Certains auteurs croient pouvoir affirmer que leur nombre actuel ne représente que la dixième
- des Haïdas, des Iles de la Reine-Charlotte. En 1840, d’après un.recensement de missionnaires, ils atteignaient le chiffre de 8328. En 1890, ils. étaient réduits à moins de 2000, pour tomber 20 ans plus tard à 700.
- Mais répétons que la période critique est passée, grâce au traitement si humain et si éelairé que le gouvernement canadien accorde à ses pupilles (')•
- V. Foiibin.
- 1. Les photograjjhies cpii illustrent cet article sont dues à l'obligeance de la Compagnie des Canadian National Railways.
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- LE PLÂTRE ........... =
- LA CUISSON ET LA PRISE DU PLÂTRE - ÉTUDES RÉCENTES ET APPLICATIONS NOUVELLES
- Le plâtre est connu et utilisé depuis la plus haute antiquité. Les anciens connaissaient comme nous la précieuse propriété qu’offre le gypse cuit et pulvérisé : il forme avec l’eau une pâte plastique qui fait prise au bout de quelques minutes en une masse très dure.
- On pourrait donc croire que la technique du plâtre est . arrivée au plus haut degré de perfection ; ce serait une illusion. Il en est du plâtre comme de la plupart des substances usuelles; les règles de leur emploi sont dictées par un empirisme souvent millénaire; mais les phénomènes qui interviennent dans leur mise en œuvre n’ont pas encore été soumis à une analyse scientifique rigoureuse et complète.
- Les matières vulgaires, peut-être parce qu’elles sont supposées bien connues, peut-être aussi parce qu’elles sont en réalité très complexes, semblent trop souvent aux savants des sujets indignes de leurs efforts.
- Cette tendance est. sans conteste regrettable. On ne se lassera jamais de rappeler que Lavoisier a débuté par l’étude de la lampe à huile dans la chimie qu’il devait révolutionner; de même Pasteur, en s’attachant à l’étude de la brasserie, question industrielle et terre à terre, a déclenché une autre révo-
- lution scientifique. En ce qui concerne le plâtre, on retrouve d’abord dans son histoire scientifique le nom
- illustre de Lavoisier; puis beaucoup plus tard, celui de Marignac en 1874. Mais il a fallu attendre les études de M. H. Le Cliatelier sur les mortiers hydrauliques, en 1887, pour avoir une première analyse des phénomènes si complexes de la pinse. Les résultats, du reste, en sont encore valables aujourd’hui.
- Les recherches de M. H. Le Cliatelier ont été récemment reprises et complétées au Laboratoire de chimie de l’Ecole des Mines par M. P. Jolibois et ses élèves, MM. Lefebvre et Chas-sevent.
- Ce dernier vient de consacrer à l’ensemble de la question line intéressante thèse de doctorat (]) à laquelle nous emprunterons la plupart des renseignements qui suivent. Ces investigations ont apporté de très importantes précisions à nos connaissances sur la déshydratation de la pierre à plâtre et sur le mécanisme de laprisè du plâtre. Elles ont en outre enrichi la technique de procédés nouveaux qui paraissent appelés à d’importantes applications pratiques.
- 1. Recherches sur le sulfate de chaux, par L._ GilÂssÉYEÂ'T. M.asson et Cie, éditeurs, Paris. ' '
- Fig. 1. — Deux beaux échantillons de gypse naturel cristallises en fer de lance. (Laboratoire de Minéralogie de la Sorbonne.) |
- Fig. 2 et 3. — Les cristaux de gypse se présentent dans la nature sous des apparences très diverses dont les photographies ci-dessous
- donnent quelques exemples. (Laboratoire de Minéralogie de la Sorbonne.)
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- Fig. 4. — Courbes indiquant la vitesse de déshydratation d’une masse donnée de gypse, chauffée dans une atmosphère de vapeur d’eau à la pression 1G0 mm.
- - ' - QU'EST-CE QUE LE PLÂTRE
- r Tout le monde sait que le plâtre se fabrique en cuisant,. à une température modérée, inférieure à 300", la pierre à plâtre ou gypse. Le sous-sol de la région parisienne est particulièrement riche de ce minéral qui donne lieu à une industrie ^importante. Le plâtre de Paris est réputé dans le monde entier.
- Le gypse, qui se présente souvent dans la nature sous forme de beaux cristaux en fer de lance (fig. 1) n’est autre chose que le sulfate de chaux bihydraté (S04Ca.2H®0).
- La cuisson le déshydrate plus ou moins complètement. Il est ensuite pulvérisé et mis en sac à l’abri de l’humidité. Pour l’emploi, on le gâche avec une quantité d’eau convenable; dans la'pâte ainsi formée se produisent des phénomènes complexes de dissolution et de cristallisation au cours desquels le sulfate déshydraté se recombine avec l’eau pour se retransformer en gypse qui, peu soluble, se dépose en une masse de petits cristaux enchevêtrés, tandis que l’eau en excès s’écoule ou s’évapore.;
- Quelle est exactement la composition du plâtre du! commerce? Tel est, manifestement, le premier point à élucider, et pour y parvenir, il faut connaître exactement le processus de la déshydratation de gypse sous l’effet de la chaleur.
- On sait depuis longtemps que le plâtre du commerce est un mélange, en proportions variables, de sulfate anhydre, ou anhvdrite (SO*Ca), insoluble dans l’eau, et de sulfate semi-hydraté (S04Ca -h i/iHîO). Il peut y subsister aussi un peu de gypse ayant échappé à la cuisson.
- L’étude précise des conditions de la cuisson n’avait pas été faite avant les recherches de MM. Jolibois et Lefebvre. Nous verrons plus loin les résultats qu’elle a donnés, et comment elle explique et permet de prévoir la formation ainsi que les propriétés des constituants du plâtre, suivant la température de cuisson et la composition de l’atmosphère où celle-ci s’opère.
- Il convient ensuite de rechercher comment ces constituants se comportent, les uns et les autres, au contact de l’eau. Tel a été ensuite l’objet de recherches systématiques de MM. Jolibois, Lefebvre et Chassevent; elles ont-eu pour résultat de préciser le mécanisme de la prise, ainsi que les conditions de conservation du plâtre à l’air humide. Signalons, de suite, que dans les phénomènes de prise, c’est le semi-hydrate SOCa -h ij2H'2 O qui joue, ainsi que l’a montré M. Le Chatelier, le rôle essentiel.
- DÉSHYDRATATION DU GYPSE
- Comment le gypse chauffé perd-il son eau? Pour le savoir exactement, MM. Jolibois et Lefebvre ont’ chauffé dans un four électrique maintenu à température constante, un poids connu de gypse et mesuré sa perte de poids en fonction du temps. L’opération a d’abord été effectuée dans un courant d’air soigneusement desséché ; elle a montré que, à toutes températures, le gypse se déshydrate régulièrement pour ariûver à l’anhyclrite comme terme final, sans aucun point d’arrêt indiquant la formation de semi-hydrate. C’était une constatation assez surprenante, étant donné la composition connue du plâtre commercial où le semi-hydrate se rencontre toujours en proportions importantes.
- Par contre, si on laisse le gypse en présence de la vapeur d’eau qu’il dégage, le phénomène est profondément modifié et les courbes obtenues montrent alors l’existence d’une limite de déshydratation très nette correspondant au semi-hydrate. Le cas extrême est celui où au courant d’air sec on substitue un courant de vapeur d’eau à la pression atmosphérique.
- Les résultats obtenus montrent que, dans ces conditions, jusqu’à 160° la déshydratation s’arrête toujours au semi-hydrate. Mais à 200°, elle est complète et rapide, et donne le sulfate anhydre (fig. 4).
- Nous pouvons ainsi nous rendre compte de ce qui se passe dans un four à plâtre où la température peut atteindre et dépasser 300°. Voici un bloc de gypse à l’intérieur du four; sa surface est à une température supérieure à 200°; elle donne du sulfate anhydre; à l’intérieur du bloc, faiblement conducteur, la température est moins haute, la vapeur d’eau ne peut s’en dégager et reste au contact de la surface en transformation; il y aura donc rdes régions qui ne donneront que le semi-hydrate. Enfin au centre, il peut rester des traces de gypse non cuit. Çes produits se retrouveront dans la farine obtenue après broyage.
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- L'ACTION DE L'EAU SUR LES CONSTITUANTS DU PLÂTRE — LA PRISE DU PLÂTRE
- Le semi-liyclrate et le sulfate anhydre au contact de l’eau se réhydratent, plus ou moins vite.
- Il est utile de savoir exactement comment s’opère cette recombinaison. Voyons d’abord ce cpii se passe quand il y a assez d’eau pour qu’il puisse se produire des dissolutions. Ce sont les conditions où l’on se place quand on gâche le plâtre.
- Le serni-hydrate est soluble dans l’eau; sa solubilité va en décroissant quand la température augmente ; il est plus soluble que le gypse jusqu’à 1079, point où les deux courbes de solubilité se coupent (fig. 5). Si aucun germe de gypse n’existe dans le semi-hydrate expérimenté, la solution saturée de ce corps est momentanément stable. Mais cette pureté ne peut sè réaliser qu’au laboratoire. En réalité, au bout d’un temps relativement court, le semi-hydrate en solution se recombine avec l’eau pour former du gypse. Celui-ci, moins soluble, se précipite, et si la température est assez basse, la précipitation sera immédiate s’il y a des germes de gypse présents dans la solution. La solution ainsi appauvrie redissout du semi-hydrate qui se transforme à son tour en gypse qui précipite, et ainsi de suite.
- Quant au sulfate anhydre, il se comporte différemment suivant la température à laquelle il a été préparé. Tous ceux qui emploient le plâtre savent que le plâtre trop cuit fait prise lentement ou pas du tout.
- Le sulfate anhydre cuit en dessous de 300° au contact de l’eau se transforme d’abord et immédiatement en semi-hvdrate, celui-ci peut, comme nous venons de l’expliquer, rester plus ou moins longtemps en solution saturée, mais il finit, par se rehydrater et cristalliser.
- C’est là le phénomène de la prise du plâtre; il est dû à la fois à la transformation du sulfate anhydre en semi-hydrate, et à la dissolution de celui-ci, qui fournit une solution sursaturée, d’où le gypse se dépose en cristaux enchevêtrés.
- Le sulfate anhydre provenant de cuissons à des températures supérieures à 3009 s’hydrate d’autant plus lentement que la température de cuisson a été plus élevée. L’hydratation totale pour un plâtre cuit, par exemple, à 600° exigera un temps très long; si on l’abandonne à lui-même dans l’air, il aura perdu son eau, par écoulement et évaporation, bien avant que la transformation en gypse du sulfate anhydre ait pu s’opérer, ce qui provoque dans'la masse des vides nuisibles à sa résistance. Ces plâtres ne peuvent s’employer qu’avec des précautions et une technique spéciales.
- CONSERVATION DU PLÂTRE GÂCHE AVANT SON EMPLOI
- Dans son étude du semi-hydrate SO Ca -4- 1/'2H2 O, M. Chassevent a fait une constatation importante; les solutions'saturées de ce corps restent d’autant plus longtemps sans cristalliser que leur température est plus
- élevée. Elles ne laissent déposer que très lentement des cristaux, même en présence de germes de gypse, lorsque leur température est supérieure à 60°..
- De là une application intéressante qui consiste à retarder la prise du plâtre pour pouvoir le conserver gâché avant son emploi.
- A la température ambiante, le plâtre gâché fait prise, très rapidement et là pâte s’épaissit très vite. La présence de cristaux de gypse que l’on ne peut guère éviter contribue à accélérer la cristallisation.
- Cette rapidité de prise rend l’emploi du plâtre difficile. Pour éviter l’épaississement immédiat de la pâte, conséquence de la cristallisation, on ajoute souvent un excès d’eau de gâchage pour remplacer celle qui est absorbée. Mais c’est au détriment de la solidité du plâtre durci.
- D’autre part, la x-apidité de la pi’ise du plâtre ne permet pas d’utiliser des appareils mécaniques pour le gâchage et la fabrication des planches, carreaux et. autres objets en plâti’e, qui est souvent une fabrication de grande séide.
- Les recherches de M. Chassevent dictent, d’elles-mêmes, un procédé pour remédier à cet inconvénient, procédé qui a été breveté par l’inventeur. Le plâtre est gâché avec de l’eau bouillante, en évitant que la température de la masse ne tombe au-dessous de 63°. Le plâtre est ensuite conservé dans des l’écipients fercnés à doubles parois entre lesquelles est maintenue une enveloppe de vapeur ou d’eau bouillante.
- On peut ainsi gâcher en une seule fois du plâtre employé au cours d’un travail de plusieurs heures. On peut le doser exactement, éviter par suite tout excès d’eau et obtenir un travail-de qualité parfaite. Enfin, on peut recourir aux machines pour le gâchage et le travail du plâtre.
- Température
- Fi°. 5. — Courbes de solubilité du gypse fSOi Ca, 2H% O) et du ° semi-hydrate de chaux (SOi Ca, */3 H-0)r :
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- PLÂTRE COMPRIMÉ
- Cette possibilité cle retarder la prise du plâtre a été également utilisée par MM. Jolibois et Chassevent pour préparer le plâtre comprimé.
- Théoriquement, il ne faut que 1,80 gr. d’eau pour retransformer en gypse 100 gr. de plâtre à mouler du commerce. Pratiquement, on en ajoute 40 à 60 gr. pour avoir une pâte se coulant facilement.
- L’excès d’eau disparaît à la longue par évaporation, mais en laissant des vides qui diminuent la résistance.
- Ces deux savants ont cherché à préparer un plâtre contenant le moins de vides possible. A cet effet, le plâtre est additionné d’une cjuantité d’eau sensiblement égale à celle qui correspond à la rehydratation: L’eau est ajoutée chaude, sa température est supérieure à 60°; le mélange est comprimé, tout en étant maintenu à une température comprise entre 80 et 90°. La pression répari il' l’eau dans la masse, et grâce à la température la prise est différée. Celle-ci s’effectue ensuite quand on revient à la température normale. Les pressions exercées allaient de 100 à 2000 kg.
- Le plâtre comprimé présente après durcissement l’aspect du marbre. Sa finesse de grain et sa compacité permettent d’obtenir des moulages très fins et non poreux. Sa densité est 2 et sa résistance à la compression supérieure à celle d’un ciment Portland gâché dans les conditions habituelles et conservé deux mois sous l’eau.
- Ce rapide exposé montre bien comment l’étude pure-
- ment scientifique d’un produit usuel, entreprise au laboratoire avec la seule’ intention d’analyser des phénomènes complexes et obscurs, peut conduire par surcroît à des résultats pratiques précieux.
- La guerre, on ne le sait que trop, a tari, dans tous les domaines, le recrutement des spécialistes. Le bon ouvrier plâtrier est, lui aussi, un spécialiste devenu rare; il ne se forme que par une longue pratique. On se l’explique aisément si l’on songe que le plâtre du commerce est, en somme, comme nous venons de le montrer, un mélange mal défini de diverses substances et que ses propriétés varient suivant sa composition. Pour le mettre en œuvre, il faut donc de la part de l’ouvrier une sorte de sens de la matière qui ne s’acquiert que par un long apprentissage.
- Il en serait tout autrement si le plâtre fourni à l’ouvrier était un produit de composition constante, bien déterminée, permettant de dicter des règles d’emploi précises.
- Les recherches de MM. Jolibois, Chassevent et Lefebvre indiquent clairement aux fabricants de plâtre la voie à suivre pour satisfaire aux desiderata actuels des constructeurs.
- Il est à souhaiter que notre industrie du plâtre sache s’inspirer de la méthode et de l’exemple de ces savants, pour oi’ganiser la lutte contre la concurrence chaque jour plus redoutable que lui font les Américains et les Allemands sur les marchés mondiaux. A. Troller.
- & 1000
- — Plâtre de
- commerce
- r 500
- Plâtre
- non comprimé
- Densité apparente
- Fig. G. — La courbe 'ci-dessus montre que la résistance à la compression du plâtre croît très rapidement arec sa densité apparente.
- Fig. 7.
- Un modèle de four moderne pour la cuisson du gypse : Le four Vernon.
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- ^ooj^ L ORIGINE - EMPLOIS - PRODUCTION
- Le caoutchouc est une matière qui, depuis quelque temps, fait beaucoup parler d’elle. Non seulement, ses emplois étant devenus de plus en plus nombreux, on s’intéresse davantage à ses qualités, mais aussi le prix d’achat du caoutchouc semble comme le produit lui-même, doué d’une élasticité extraordinaire.
- « J’ai appris depuis mon arrivée à Quito que l’arbre qui distille cette matière, croît aussi sur le bord de la rivière des Amazones, et que les Indiens Mainas la nomment « Caoutchouc » ; ils en couvrent des moules de terre de la forme d’une bouteille, puis ils cassent le moule quand la résine est durcie : ces bouteilles sont plus
- Fig. 1. — Qu elques plantes à caoutchouc.
- 1, Hevea brasiliensis; 2, Manihot Glaziovii ; 3, Gastilloa elastica ; 4, Funtumnia elastica; 5, Landolpliia Kirkii; 6. Ficus elastica.
- LES ORIGINES - LES PREMIERS TRAVAUX
- C’est en 1736 que pour la première fois fut introduit en Europe, un échantillon de caoutchouc.
- Il avait été envoyé en France par La Condamine, qui était alors au Pérou, en mission avec P»ouguer pour mesurer le renflement de la Terre à l’Eqüateur.
- Dans une note à l’Académie des Sciences qui accompagnait cet échantillon, La Condamine écrivait : « Il croît dans les forêts de la Province d’Esméraldès un arbre appelé par les naturels du pays « Hévéa »; il en découle, parla seule incision,-une résine blanche, comme du lait, on la reçoit au pied de l’arbre sur des feuilles qu’on étend exprès, on l’expose ensuite au soleil où elle durcit et brunit d’abord extérieurement, et ensuite en dedans.
- légères que si elles étaient en verre et ne sont point sujettes à se casser.... »
- C’est la première note détaillée sur cette curieuse matière que plusieurs explorateurs depuis Fernandez d’Oviedo, en 1536, avaient indiquée commentant employée par les Indiens dans leurs jeux, sous forme de balles. « Matière légère, et qui, lorsqu’elle tombe sur le sol, rebondit beaucoup plus haut que le point où la main l’a quittée » disait le père Gharlevoix, de la Compagnie de Jésus.... ' .
- La Condamine, lors du retour de son expédition en 1744, fit la connaissance à Cayenne de François Fres-neau qui y était en service comme ingénieur du Roi. Fresneau qui avait vii du caoutchouc aux mains de Portugais revenant de Para s’intéressa vivement à cette matière.
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- Il fit des recherches méthodiques pour découvrir l’arbre qui la produisait. Mis en rapport avec des Indiens fugitifs des missions portugaises résidant près de Para, il leur fit dessiner les feuilles et modeler en terre glaise la forme des fruits de l’arbre qu’il cherchait, et que les Portugais appelaient Pao Xiringa (Bois de seringue). Il distribua ces modelages aux nègres chasseurs et aux habitants des régions éloignées.
- Peu de temps après, un habitant d’Aprouargne, Meri-got, lui signala le premier arbre. II partit en expédition, levant la carte du pays au fur et à mesure qu’il avançait, et il se trouva bientôt en présence d’un grand nombre d’arbres à caoutchouc. Pendant six jours, qu’il resta parmi les indigènes, il leur lit façonner les objets les plus divers. II envoyait à peu de temps de là en France, à M. de Maurepas, alors ministre de la Marine, une superbe paire de bottes qu’il avait confectionnée avec le suc liquide du Pays des Goussaris; cela se passait en février 1746.
- A partir de cette époque, que ce soit à Cayenne, ou en France, après son retour, Fresncau consacra tous ses loisirs à l’étude du caoutchouc. Dans un mémoire adressé à MLde Maurepas, son ministre, et lu par La Condamine, à l’Académie en 1756, ainsi que dans un autre, très détaillé, fait en 1762, à la demande de Vaucanson, il disait les propriétés de cette matière et les applications qu’il en entrevoyait.
- II recherchait avec opiniâtreté un solvant plus volatil que les huiles ou l’essence de térébenthine, de façon à pouvoir utiliser la matière dissoute comme il avait employé le lait s’écoulant de l’arbre.
- Il n’y put parvenir, mais deux ans avant sa mort, en 1768, il apprit que le chimiste Macquer avait découvert que le caoutchouc se dissolvait dans l’éther.
- Fresneau, dont le rôle a rai’ement été signalé, laissait à notre pays le mérite d’avoir entrepris les premières recherches systématiqnes sur le caoutchouc.
- En 1770, nous voyons Priestley en Angleterre conseiller le caoutchouc comme gomme à effacer, c’est de là que provient le nom d’india Rubber « Frotteur Indien », que lui donnent les Anglais.
- En 1783, le physicien Charles fît en France une ascension dans un ballon dont l’enveloppe avait été imperméabilisée par une dissolution de caoutchouc dans l’essence de térébenthine.
- Fourcroy et Berthollet décrivent les propriétés du caoutchouc.
- C’est vers 1820 que l’on peut situer les débuts de l’industrie du caoutchouc.
- A-cette époque, l’Anglais Xadler s’efforcait de découper le caoutchouc brut pour en faire des fils élastiques, quand Nancock (dont les travaux sur le caoutchouc commencèrent en 1818) eut l’idée, après avoir découpé le caoutchouc brut à l’emporte-pièce, de réchauffer les morceaux obtenus, puis de les comprimer dans un moule de façon à obtenir un bloc régulier qu’on pouvait ensuite, à l’aide d’un couteau circulaire, débiter en feuilles minces utilisables pour doubler les vêtements. C’est là l’origine Ade la fabrication de la feuille anglaise.
- Pour réemployer les chutes provenant de la coupe,
- Hancock eut l’idée de les agglomérer à nouveau, en les pétrissant après les avoir réchauffées dans l’eau bouillante. Il construisit le premier mélangeur. Pendant le malaxage il incorporait de l’ocre rouge au caoutchouc, pour le colorer.
- Hancock reconnut qu’après avoir été mastiqué, le caoutchouc se dissolvait beaucoup mieux dans l’essence de térébenthine.
- C’est en 1823, que Macintosh trouva, en l’huile de houille, le solvant pratique recherché depuis 60 ans, pour le caoutchouc. Il est en outre le véritable créateur de l’industrie du vêtement imperméable.
- En 1829, Rattier et Guibal développèrent en France le procédé de Macintosh. En mars 1830, ils prirent, d’autre part, un brevet pour la fabrication des fils de caoutchouc qui servirent avec beaucoup de succès au tissage de bretelles et jarretières.
- C’est vers 1830 que furent créées les premières usines de Clermont-Ferrand.
- Dès le début des applications du caoutchouc, on n’avait pas été sans signaler le grand inconvénient que présentait pour cette matière l’influence des variations de température. Les étoffes imperméabilisées ouïes chaussures, si elles étaient chauffées, ou simplement laissées au soleil, devenaient poisseuses et étaient détériorées; sous l’action du froid au contraire, elles devenaient rigides. Ces graves inconvénients commençaient à ruiner l’industrie naissante du caoutchouc, quand la découverte de l’Américain Charles Goodyear (1800-1860) vint y porter remède.
- LA DÉCOUVERTE DE GOODYEAR
- C’est par hasard, qu’ayant incorporé à du caoutchouc, de la fleur de soufre, Goodyear constata que si l’on chauffait le caoutchouc ainsi mélangé, il n’était plus sensible ensuite aux variations de la température.
- Goodyear se livra à de nombreuses expériences, pour déterminer les quantités de soufre à incorporer au caoutchouc, et la température optima. Il reconnut qu’en plongeant du caoutchouc dans du soufre en fusion, on obtenait aussi le résultat cherché. Goodyear qualifiait celte opération de « métallisation. »
- Goodyear se contenta de garder son procédé secret sans le faire breveter. En 1842, un agent qu’il avait envoyé en Europe pour négocier son invention avec les fabricants, n’obtint pas de résultats, mais laissa des échantillons de caoutchouc « métallisé » à Brockedon, ami de Hancock, qui les remit à ce dernier.
- Hancock, en recherchant la cause de la transformation subie par les échantillons de Goodyear, eut l’idée, à son tour, de plonger du caoutchouc dans un bain de soufre fondu, et suivant la durée de l’immersion et la température du bain, il constata que la matière restait souple ou devenait dure. Sans s’intéresser au caoutchouc durci qui pouvait être ainsi obtenu, il prit un brevet le 21 novembre 1843, et appela « vulcanisation » l’action du soufre sur le caoutchouc. La fabrication des objets en caoutchouc « vulcanisé », se développa rapidement. Goodyear, quand il connut les travaux de Hancock,
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- protégea de suite son invention aux Etats-Unis, où rien n’avait été fait par ce dernier, et détermina bientôt les conditions de formation du caoutchouc durci.
- L’Anglais Parkes, cpii en 1843 avait trouvé que le sulfure de carbone était un solvant du caoutchouc, prenait en mars 1840 un brevet concernant l’action du chlorure de soufre en solution clans le sulfure de carbone sur le caoutchouc, autre mode de vulcanisation.
- LE DÉVELOPPEMENT DES APPLICATIONS
- Depuis la découverte de la vulcanisation les applications du caoutchouc ont pris un développement considérable. Les premières chaussures en caoutchouc vulcanisé furent fabriquées à Vienne, en 1850, par Reithefler.
- Vers 1868, on appliqua des cercles en caoutchouc plein
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- de la consommation du caoutchouc brut. La consommation mondiale qui était inférieure à 54 000 tonnes en 1900, dépassait 108 000 tonnes en 1913 et elle a été de 470 000 tonnes en 1924, 560 000 tonnes en 1925. Sur cette dernière quantité, les Etats-Unis ont absorbé 400 000 tonnes, alors qu’ils n’avaient utilisé que 46 000 tonnes en 1913. La France, plus modeste, a vu cependant sa consommation atteindre 35 000 tonnes en 1925 contre 6500 tonnes en 1913. Elle vient au deuxième rang, comme pays consommateur.
- LES CAOUTCHOUCS DE RÉCOLTE
- Comme nous l’avons vu, le caoutchouc provient du suc laiteux, latex, sécrété par certaines plantes des pays tropicaux : Amérique centrale et du Sud, Afrique,
- Fig. 2. — Sous-bois cl’IIci'cas, en exploitation à Anloc.
- aux roues des vélocipèdes qui commençaient à se répandre; Amrs 1875, ces cercles furent remplacés par des cercles en caoutchouc creux de plus gros diamètre; en 1868, Dunlop reprit la conception de l’Anglais Thompson qui, en 1845, avait eu la première idée des pneumatiques. L’application de ces bandages se développa très rapidement, pour les bicyclettes d'abord, puis pour les automobiles.
- A partir de ce moment l’essor de l’industrie du caoutchouc fut lié à celui de l’industrie automobile.
- Petit à petit, le caoutchouc reçut des applications dans tous les domaines et, maintenant encore, il n’est pas d’année qui n’apporte une nouvelle utilisation.
- On peut se faire une idée du développement considérable des applications du caoutchouc par la progression
- Malaisie, Indes anglaises et néerlandaises, Indo-Chine.
- Ce sont des arbres, des arbustes ou des lianes. Comme arbres, Y Hevca brasilicnsis, originaire du Brésil, est le principal, puis on peut citer le Funt uni nia de la foret équatoriale; le Ficus clastica, qui pousse en Indo-Chine ; Y lian-cornia du Brésil; le Manihot Glaziovii. Comme lianes, les Landolphia d’Afrique sont les plus importantes (fig. 1).
- Lorsqu’on incise, ces arbres ou ces lianes, le latex s’écoule semblable à du lait; abandonné à lui-même, ce lait se coagule comme du lait caillé.
- La coagulation est activée par l’action de la chaleur ou de certains réactifs : les jus acides de certaines plantes, telles que le citron, le suc acide du Baobab, l’urée, l’alun, le sel marin, l’acide sulfurique, l’acide acétique, etc., provoquent la coagulation.
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- Jusqu’en 1905, à très peu près, le caoutchouc provenait d’arbres poussant à l’état sauvage. Suivant son origine, il affectait les formes les plus différentes. Le latex était recueilli alors avec plus ou moins d’impuretés ; la coagulation était obtenue par des procédés primitifs et parfois très malpropres! Il fallait le flair du caoutchoutier, pour discerner quelle perte subirait au lavage le caoutchouc d’un lot, par suite de l’humidité ou des impuretés qu’il contenait.
- Pour obtenir du Para commercial on procédait ainsi : un entrepreneur louait au gouvernement de grands territoires forestiers, il formait des équipes d’ouvriers et leur fournissait des outils et des provisions. Chaque équipe exploitait une zone ou <c estrada » renfermant de 100 à 150 arbres. Elles commençaient par faire des sentiers jusqu’à ces arbres, ensuite les hommes procédaient aux incisions dès le point du jour. A l’aide d’un petit pic à manche court appelé « machado », ils entaillaient à une profondeur suffisante pour briser les canaux lactifères sans trop endommager l’arbre. Les incisions étaient faites en forme de Y, le lait cheminant goutte à goutte vers la base, d’où partait une incision verticale par laquelle il coulait dans de petits godets fixés à l’arbre. Au bout de trois heures, les incisions s’étant refermées d’elles-mêmes, on vidait ces godets dans des calebasses (récipients plus grands). Vers le soir, on rafraîchissait à nouveau les incisions et faisait une nouvelle récolte.
- Pendant toute une semaine, les mêmes incisions étaient utilisées; pour une « estrada » de 150 arbres, la même incision donnait environ 45 litres de latex. Pour la durée entière de la récolte, on faisait environ 20 entailles, qui donnaient 900 litres de latex.
- Le latex recueilli était versé dans des bassines plates; l’indigène y trempait une grande spatule en bois en forme de disque à son extrémité, qu’il présentait ensuite à la fumée d’un feu de bois. La mince couche recouvrant le disque étant coagulée, il recommençait l’opération jusqu’à ce que par. couches successives, il ait obtenu une boule d’environ 30 cm de diamètre, qu’il dégageait ensuite de sa spatule.
- Le Para ainsi obtenu a toujours fait prime sur le marché. C’est un caoutchouc de très grande qualité, toujours très apprécié.
- La qualité du Para d’ailleurs n’est pas uniforme, on distingue le « hardcure » plus élastique et plus ferme du « soft cure » et suivant la contrée dont il provient, il est plus ou moins estimé. Lorsqu’on lave ce caoutchouc, pour éliminer ses impuretés, lors de son emploi en usine, on enregistre une perte de 14 à 20 pour 100.
- Les « Sernamby » en masses irrégulières, noires extérieurement, jaunâtres à l’intérieur, proviennent des déchets qui se produisent lors de la coagulation, ils perdent environ 25 pour 100. Les «- Negrelieads », les « Scraps de Negreheads » que l’on était habitué à voir perdaient souvent plus de 30 pour 100.
- Bien d’autres espèces nous venaient d’Amérique : les « Yirgen Sheets » du Mattogrosso en pains à coupe jaune clair qui perdaient jusqu’à 35 pour 100; les « Scraps de Ceara » de couleur ambi’ée à l’aspect de miel, d’une odeur très particulière, difficiles à laver; les « Manga-
- beira » en plaques humides d’une couleur rosée, peu nerveux, perdaient jusqu’à 40 pour 100.
- D’Afrique, nous recevions le caoutchouc de lianes de Guinée, du Sénégal et du Soudan, petites lanières d’un blanc rosé taché de brun, enroulées très serrées en boules, plus ou moins grosses, parfois aplaties; les petites boules de Gambie, souvent très falsifiées par les indigènes qui y incorporaient du sable, perdaient souvent 40 pour 100 au lavage ; le Grand Bassam donnait une sorte estimée : les Niggens du Niger, les Massai, assez réguliers. Du Gabon venaient des sortes molles en petites boules à odeur peu agréable, qui n’était rien par rapport à celle des lumps de la Gold Goast, grosses masses molles avec des poches remplies d’un liquide innommable. Les lumps perdaient parfois au lavage jusqu’à 60 pour 100.
- L’Accra qui provenait de la môme région, et les « Flake du Niger » voyageaient en fûts de bois d’où on avait beaucoup de mal à les décoller; c’était une matière rosée qui se laissait étirer comme de la pâte de guimauve.
- Sous la désignation de « Congos », on recevait des sortes plus ou moins estimées, certaines se résinifiaient assez rapidement; entre les petits dés bruns rougeâtres, dont elles étaient formées, on trouvait parfois une matière poisseuse produite par l’oxydation du caoutchouc, qui en diminuait la qualité. Les haut « Congos » en petits dés noirs très compacts et élastiques, étaient très estimés; ils le sont encore, car leur perte au lavage est minime. De même pour certaines sortes du Cameroun. Les Mozambique et les Benguela se présentaient en petits cubes ou en fuseaux très boisés; le bois leur donnait une teinte rougeâtre.
- De Madagascar, nous venaient en assez grande quantité les « Pinky », sorte rosée estimée et les « Yirg'in YVhite » en grosses boules blanches humides, moins nerveuses.
- Le Tonkin nous envoyait des sortes noires et des rouges, perdant peu au lavage, 10 pour 100 environ, et de bonne qualité. D’Annam et de Cochinchine, le caoutchouc nous arrivait en cordons enroulés pour former des blocs de couleur rouge ou noire. Les Rangoon de Birmanie et de Singapour étaient en masses irrégulières à coupe brillante. Les Java et les Penang étaient souvent poisseux et adhérant aux nattes qui les emballaient. Les Bornéo perdaient de 45 à 60 pour 100; peu élastique, la variété, dite « Bornéo Mort » ou « Pontaniac » n’était qu’une sorte de mastic blanc inerte. La Nouvelle-Calédonie envoyait d’assez bonnes sortes.
- LE CAOUTCHOUC DE PLANTATION
- A partir de 1900, on commença à voir apparaître sur le marché des caoutchoucs provenant de la culture méthodique d’arbres plantés sur des terrains spécialement choisis. Des 1875, en effet, sur l’initiative du Gouvernement des Indes, des tentatives avaient été faites pour planter à Ceylan et en Birmanie des semences d’Hévéas provenant du Brésil. En 1881 il fut établi que le climat de Malaisie convenait parfaitement à ces plantations qui furent commencées en 1895. Après une période d’hésita-
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- tion assez longue, les planteurs se décidèrent vers 1900 à développer leurs exploitations; dans les Indes Néerlandaises on en fît autant.
- Les premiers caoutchoucs de plantation, accueillis d’abord avec méfiance, furent rapidement plus appréciés; petit à petit les espèces sauvages, sauf celles du Brésil, disparurent presque complètement du marché. En 1900, la production mondiale du caoutchouc qui était de 53 800 tonnes, se répartissait entre :
- 4 tonnes de plantation, 26 750 tonnes du Brésil et 27 136 tonnes d’autres pimvenances.
- En 1912, pour 97 000 tonnes de production totale, les
- baissa jusqu’à 5fr. 50, il remonta ensuite, pour baisser à nouveau à la fin de 1920, et en 1921 fut atteint le cours le plus bas, 3 fr. 50.
- Cette baisse excessive, due à des circonstances exceptionnelles (exportation des stocks accumulés dans les plantations, arrêts des achats par suite de la crise de trésorerie dans l’industrie), aurait conduit les planteurs à la ruine, le prix de vente ne couvrant pas les frais d’exploitation. Le Gouvernement anglais intervint, pour soutenir les planteurs par le Bill Stevenson, qui limita le droit d’exporter. A partir du 1er novembre 1922, fut déterminé, trimestre par trimestre, le pourcentage d’exportation autorisé par rapport à la production de 1920, prise comme base et évaluée à 336 000 tonnes. Pour le premier trimestre, du 1er novembre 1922 au 31 janvier 1923, on limita le droit d’exporter à 60 pour 100. Si le cours moyen dans le trimestre écoulé tombe au-dessous de 1 sh. la livre, on réduit le droit d’exporter de 5 pour 100 à chaque début de trimestre jusqu’à ce que le prix moyen cle 1/3 ait été atteint. Ce résultat obtenu, on augmente le quantum exportable de 10 p. 100.
- Bien que les planteurs hollandais aient refusé de suivre l’exemple des Anglais, le Bill Stevenson eut pour effet de faire remonter les prix rapidement et de faire disparaître les stocks en Europe et en Amérique. La consommation du caoutchouc en 1924 a été de 560000 tonnes, contre
- Fig. 3 à 5.
- En haut :
- Rassemblagc du latex dans des bidons.
- Au milieu : Récolte du latex.
- En bas : Transport a la factorerie.
- plantations donnaient déjà 28 500 tonnes contre 42 000 tonnes pour l’Amérique du Sud, 6000 tonnes pour l’Amérique Centrale, 16 000 tonnes pour l’Afrique et 3500 tonnes de pays divers.
- La production des plantations se mit alors à progresser d’année en année, très rapidement :
- En 1925, la production totale ayant été de 515 947 tonnes, comprenait 481826 tonnes de plantation,
- 27 386 tonnes du Brésil et 6735 seulement d’autres provenances.
- En 1924, les 375 000 tonnes produites par les plantations, se répar-tissaient ainsi : 165 000 tonnes des Etats Malais, 34 000 de Ceylan, 153 000 tonnes des Indes Néerlandaises et 23 000 tonnes de Bornéo, Indo-Chine et autres pays de plantation.
- Le développement des plantations a tout d’abord été favorisé par les prix élevés atteints par le caoutchouc.
- Le prix moyen du caoutchouc de Para qui avait été de 7 fr. 70 en 1895, était monté à 9 fr. 80 en 1900, 11 fr. 80 en 1903, 15 fr. 30 en 1906, 20 fr. en 1909.
- En avril 1910, le prix monta à 33 fr. 70 et le prix moyen pour l’année 1910, s’établit à 26 fr. 50. Par suite des quantités importantes mises sur le marché par les plantations, les prix baissèrent à partir de 1911. Le prix moyen de 1911, pour les qualités de plantations, s’établit à 14 fr. 50, 1914 à 8 fr. 50. Le prix, pendant la guerre,
- 516000 tonnes de caoutchouc produit; l’industrie des Etats-Unis a absorbé 400 000 tonnes ; son influence sur le marché est donc très considérable. Les Etats-Unis protestèrent contre l’application du Bill Stevenson. L’irrégularité des achats des usines américaines exagéra l’influence que la limitation anglaise avait sur les prix. Ceux-ci montèrent exagérément. En décembre 1924, le prix du « First Latex» dépassait déjà 16 francs. En 1925, il ne cessa de monter pour atteindre 65 fr. 50, au milieu de décembre.
- Par suite de la diminution des achats en Amérique, les prix descendaient au début de cette année. Le first latex vaut aujourd’hui 36 fr. 50 le kilog. Depuis février dernier, l’application du Bill Stevenson conduit à exporter
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- la totalité de la production. Il n’y a donc plus limitation.
- LES RECHERCHES DANS LES PLANTATIONS
- Si le Gouvernement anglais a soutenu les plantations au point de vue économique, il a contribué très efficacement à l’amélioration des qualités obtenues. Il n’a pas hésité, ainsi que les Compagnies des plantations anglaises, à créer à Ceylan et dans les Etats malais des comités scientifiques dont les conseils sont à la disposition des planteurs.
- La « Rubber Grower Association », qui groupe un grand nombre de compagnies de plantations, a un organisme à Ceylan où des laboratoires sont installés. Cet organisme correspond avec un comité scientifique à Londres.
- Les planteurs hollandais, de leur côté, ont créé une station de recherches à Builtenzorg, dirigée avec une grande compétence.
- Ces laboratoires ont déterminé les conditions qui amé-
- métallique fixée à l’arbre. Les coupes sont vidées dans des seaux, les dernières traces sont entraînées à l’eau et le latex ainsi légèrement dilué est transporté à la station centrale où il subira la coagulation. Dans les grandes plantations anglaises, ces transports se font parfois en wagons-citernes. Pour éviter une coagulation prématurée, on ajoute en petite proportion des anti-coagulants tels que le sulfate de soude, la formaldéhyde, l’ammoniaque ou le carbonate de soude.
- Le latex est séparé des plus grosses impuretés; on le verse dans de grands bassins collecteurs, où on l’amène à une dilution type; on le verse alors dans des bassins plus petits, dans lesquels on le coagule en ajoutant clc l’acide acétique dans la proportion de 0,3 pour 100.
- Le processus de la coagulation a été très étudié. Un grand nombre d’agents ont été proposés et essayés; l’alun était, à un moment donné, très employé par les indigènes de Malaisie. Son usage est maintenant interdit par la loi.
- Le caoutchouc préparé à l’aide du latex recueilli
- Fig. (>. — Arrivée du làtc.v a l’usine, à Anloe.
- lioreront la composition du latex, mis au point les procédés d’incision des arbres, ou « tapping », qui donnent les meilleures récoltes et ont précisé les conditions les plus favorables pour la coagulation. Actuellement la récolte se lait de la manière suivante dans les plantations anglaises :
- On commence le « tapping » quand les arbres ont 4 ou 6 ans; la hauteur des hévéas est alors d’environ 9 m., leur circonférence de 45 à 80 cm.
- - On découpe soigneusement une étroite bande d’écorce avec un couteau spécial, la coupure faisant en biais environ le quart cle la circonférence du tronc ; cette opération est répétée chaque jour, chaque bande est enlevée au-dessous de la précédente. L’année suivante, on incisera sur le quart de la circonférence opposé. On peut aussi procéder au tapping en Y, les entailles étant obliques et réunies par un canal central. Le latex qui S’écoule suit la coupure ; on le recueille dans une coupe de verre ou de porcelaine à l’aide d’une petite gouttière
- comme nous l’avons dit est dénommé « first latex », livré habituellement sous forme de feuilles fumées et crêpes pâles.
- Pour obtenir les feuilles fumées, on effectue la coagulation dans des bassins divisés, ou dans des cuvettes plates po'ur obtenir le coagulum en plaques de dimensions déterminées. On fait passer ensuite ces plaques entre deux cylindres de laminoirs lisses et tournant à vitesses égales. Le sérum se sépare et on obtient des feuilles de 60 cm sur 35 cm environ d’épaisseur. En faisant passer ces feuilles entre des cylindres cannelés on produit à la surface des cannelures en relief qui, lors de l’emballage, évitent l’adhérence. Les feuilles fumées sont suspendues dans un séchoir où elles sont exposées à la fumée d’un feu de noix de coco par exemple, à une température de 45° environ ; le séchage demande une dizaine de jours. Les feuilles ont pris alors une couleur variant de celle de l’ambre au brun rouge foncé, elles ont une bonne odeur caractéristique.
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- Pour obtenir les crêpes, le coagulurn humide passe dans des laminoirs à cylindres cannelés tournant à vitesses inégales, qu’on arrose avec un courant d’eau. Le sérum éliminé, le caoutchouc se met en feuilles continues à surface rugueuse. Par des laminages successifs, on obtient des crêpes de 1 mm. ce sont les crêpes minces; un peu plus grandes, ce sont les « blanket crêpes » dont une variété est le crêpe dans lequel on découpera les semelles pour chaussures. Les crêpes sont séchés habituellement à la température ordinaire. Pour augmenter leur blancheur, on traite souvent le latex par le bisulfite de soude, avant coagulation.
- Pendant le transvasement du latex et son transport, une petite partie coagule spontanément.
- Traité comme précédemment, ce coagulurn donnera des crêpes de couleur plus foncée, mais de très bonne qualité. D’autre part, le latex qui a pu coaguler sur le tronc des arbres ou sur le sol est recueilli : il donne des crêpes inférieures ou « Scraps », contenant des impuretés, bois ou sable.
- Fig. 7 à 9. —• En haut '. Coagulation à la main.
- Au milieu : Séparation du caoutchouc coagulé.
- En bas : Mal axa ee à la main des masses de caoutchouc.
- Les travaux de ces dernières années ont montré l’influence considérable de certains corps organiques pour accélérer l’action vulcanisante] du soufre, ils ont conduit à établir que les 2 pour 100 de protéines du sérum agissent comme accélérateur de vulcanisation. C’est donc une erreur de les éliminer.
- Parmi les grandes usines américaines qui possèdent des plantations, on tend à laisser le caoutchouc sous forme de plaques épaisses ou slabs, le coagulurn étant passé dans des cylindres sans en diminuer l’épaisseur et étant ensuite séché à la température ordinaire, la masse restant humide à l’intérieur.
- Un autre procédé de préparation du caoutchouc appliqué récemment, et qui tend à se répandre, consiste à sécher intégralement le latex en le pulvérisant dans une atmosphère surchauffée. La pulvérisation est obtenue en laissant écouler un filet de latex sur un petit disque
- tournant horizontalement, à très grande vitesse, placé à la partie supérieure d’un séchoir parcouru par un courant d’air chaud. On recueille ainsi une masse spongieuse, sorte de neige de caoutchouc, contenant tous les constituants du latex sauf son eau. C’est là le « Spray Drying Process » qu’Hopkinson a étudié pour l'United States Rubber Cy. Le « Spraid Rubber » se trouve sur le marché américain où il est très apprécié.
- Il nous faut signaler également que, dans ces dernières années, l’industrie américaine s’est mise à utiliser directement le latex, sans coagulation préalable, la suspension
- aqueuse du caoutchouc remplaçant les dissolutions dans les solvants volatils, pour l’imperméabilisation des fibres et des tissus. L’United States Rubber Cy, a mis sur pied toute une organisation de wagons-citernes et de tanks-steamers pour le transport du latex préservé par addi tion d’ammoniaque. Sa consommation est de plus de 10 000 hectolitres par mois.
- Nous croyons à un grand avenir de l’emploi du caoutchouc sous cette forme.
- [A suivre) J.-Ch. Bongrand.
- Secrétaire de la Section du Caoutchouc au Comité national de Chimie.
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- Fig. 1. — Deux effets utiles du frottement.
- Lefrottemcnt empêche les terres et les roches de glisser sur les flancs des montagnes. — Il permet l’adhérence des roues
- des locomotives sur les rails.
- FROTTEMENT - GRAISSAGE - ONCTUOSITÉ
- Sous le titre « Contribution à l’Etude du graissage » I1), M. Paul Woog, professeur ci VEcole Nationale Supérieure clu Pétrole cle Strasbourg, aient de faire paraître un ouvrage remarquable qui ouvre des aperçus nouveaux, du plus haut intérêt théorique et pratique sur le mécanisme du frottement entre liquides et solides. L'auteur a bien voulu résumer pour les lecteurs cle La Nature les points essentiels de ses recherches et les résultats obtenus.
- Frottement et
- graissage.
- En dehors de l’inertie, tout objet oppose une résistance aux mouvements tangents quand on cherche à le faire glisser contre un autre corps en contact avec lui : cette résistance est due au frottement. La notion de frottement, qui semble banale, traduit en réalité des phénomènes très complexes dont la nature n’est pas encore entièrement connue.
- Pendant longtemps, on a considéré que le frottement était produit par les irrégularités des- pièces en contact. Ainsi les anciens physiciens tels que : Amontons, de la Hire, Euler, l’abbé Nollet, Coulomb, Morin, pensaient que le frottement était causé par les aspérités des surfaces qui, s’engageant les unes dans les autres, provoquaient une ré-
- 1. Contribution à l’étude du graissage. Onctuosité. Influences moléculaires, par Paul Woog. 1 vol. illustré, Delagrave, Editeur, Paris.
- Fig. 2. — Un organe de machine utilisant le frottement visqueux pour réaliser le graissage parfait.
- Palier de butée à secteurs pivotants inclinés, genre Michell, construit par Brown-Boveri.
- sistance au déplacement. L’abbé Nollet comparait le frottement à la résistance rencontrée en traînant une balle de velours posée sur une pièce de la même étoffe , pour Coulomb, l’analogie était représentée par la difficulté éprouvée à déplacer deux brosses dont les crins sont emmêlés. Cette manière de voir contient certainement une part de vérité, et l’augmentation du frottement quand le poli des pièces s’altère en est une preuve.
- Mais, pour diverses raisons, cette interprétation est manifestement insuffisante : ainsi Fichter, par exemple, a montré que si l’on augmente progressivement le poli des pièces en contact, on constate que le frottement, qui s’était d’abord abaissé, passe par un minimum et prend ensuite une valeur plus grande au fur et à mesure que le poli devient plus parfait. Ceci est bien en contradiction avec la théorie des aspérités matérielles. Pour se rappro-
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- cher de la véritable explication du frottement, il est nécessaire de faire appel à des phénomènes beaucoup plus délicats, et de substituer à l’idée d’irrégularité matérielle, celle d’irrégularité moléculaire (Ewing, Brillouin, Hardy, Woog).
- Les théories modernes montrent en effet, que la surface de tout corps est prolongée, jusqu’à une distance d’ailleurs extrêmement faible, par un champ de forces d’origine électro-magnétique; or ce champ de forces, qui émane des atomes constituant les molécules de la couche superficielle, est en réalité composé de champs de forces
- ............................ - — m =
- Les théories de l’irrégularité moléculaire constituent un grand progrès, mais elles paraissent cependant encore insuffisantes et incapables de représenter la totalité des phénomènes. L’intervention d’un cisâillement plus ou moins prononcé des champs de forces parcellaires dans les espaces lacunaires que la constitution des corps nous révèle, semble par contre pouvoir expliquer la nature intime du frottement, y compris la production d’électricité que l’on observe pendant la friction.
- Le frottement, que l’on se représente souvent comme une force nuisible, comme une entrave gênante, est
- Fig. 3. — Mesure de la viscosité des huiles.
- Une batterie de viscosimèlres surveillée par une seule opératrice (Laboratoire des Établissements Wisner).
- parcellaires issus des divers atomes, et on conçoit aisément que la structure des molécules superficielles ait une influence sur la structure du champ de forces superficiel qui leur correspond. Il s’ensuit que ce champ de forces, loin d’être régulier et homogène, est hétérogène, et* lorsque deux de ces champs de forces se déplacent l’un vis-à-vis de l’autre (c’est-à-dire quand deux surfaces frottent) leur hétérogénéité s’oppose à la continuité régulière du mouvement : d’où résistance, résistance qui pourrait même être encore augmentée par des mouvements de rotation ou de vibration imprimés aux molécules superficielles.
- cependant des plus utiles dans une foule de cas : c’est lui qui empêche lés terres et les roches de glisser sur les pentes des montagnes, c’est lui qui affermit notre démarche sur le.sol, et nous connaissons tous les inconvénients d’un parquet trop ciré sur lequel le frottement est atténué; c’est le frottement qui permet aux freins de jouer leur rôle; c’est grâce à lui que fonçtionnent les embrayages, que les roues des locomotives peuvent adhérer aux rails et faire avancer le train sans patiner, etc., etc. Le frottement est donc souvent notre auxiliaire. Malheureusement il devient notre ennemi dès que nous construisons des machines dans lesquelles des
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- pièces sont en mouvement. Le frottement use alors les pièces ; il est capable de les détruire par « grippage », et toujours il absorbe — pour la gaspiller sous forme de chaleur — une fraction souvent importante de la force utilisable. Il faut, en conséquence, dans tous les mécanismes, chercher à diminuer les frottements. S’il s’agit de roulement, les pertes d’énergie peuvent être ramenées à un taux très faible au moyen d’organes parfaitement calibrés et ajustés, tels que les roulements à billes. Mais dans le cas de glissement, il n’est pas possible de supprimer le frottement par des procédés purement mécaniques : l’arme que nous devons utiliser pour cette lutte est le graissage ou lubrification. Le graissage consiste donc à modifier, à transformer les surfaces frottantes, de telle sorte que la valeur de la friction diminue. Ce que nous avons dit de la nature du frottement, nous fait comprendre que le graissage doit se manifester par une
- surface. Bien que ses applications soient importantes, nous laisserons de côté, dans cet exposé, le frottement de roulement, car il n’a que peu d’intérêt au point de vue du graissage, dont nous devons nous occuper ici.
- Nous parlerons donc uniquement du frottement de glissement.
- Le frottement de glissement peut se présenter sous diverses formes qu’il est indispensable d’avoir toujours présentes à l’esprit si l’on veut comprendre les phénomènes du graissage.
- A. Frottement, direct, sec, immédiat ou graissage nul :
- Les pièces frottent directement l’une sur l’autre, les
- surfaces sont à vif, entièrement propres, et aucune matière étrangère solide, liquide ou gazeuse n’est interposée. Ce cas, important en théorie, est exceptionnel en pratique, car il serait infailliblement suivi de grippage.
- B. Frottement lubrifié, gras, ou graissage imparfait :
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- Fig. 4. — a) Schéma de graissage imparfait ou onctueux.
- A, surface solide mobile ; B, surface solide fixe; G, couche monomoléculaire lubrifiante recouvrant A (Epila-men); D, couche monomoléculaire lubrifiante recouvrant B ( Epila-men).
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- b) Schéma de graissage parfait ou visqueux.
- A. surface solide mobile; B, surface solide fixe; G, épilamen recouvrant À ; D, épilamen recouvrant B; E, plan de glissement : f/, fluide lubrifiant.
- atténuation des irrégularités matérielles — et surtout moléculaires — des surfaces, et, puisque nous avons affaire à des forces moléculaires, nous pouvons prévoir que c’est par l’emploi d’autres forces moléculaires que nous pourrons le mieux neutraliser les forces qui causent Je frottement.
- Pour graisser, on introduit entre les parties frottantes une couche de lubrifiant. Celui-ci adhère aux surfaces, les nivelle et s’y substitue. La résistance au glissement direct des pièces l’une sur l’autre est alors remplacée par un frottement gras ou fluide des surfaces (plus ou moins modifiées), sur le lubrifiant dont les couches mêmes se déplacent les unes sur les autres.
- On sait qu’il existe deux sortes de frottement :
- 1° Le frottement de roulement.
- 2° Le frottement de glissement.
- Le frottement de roulement se manifeste, comme son nom l’indique, quand une surface roule sur une autre
- Les pièces ne sont plus en contact direct, mais séparées par une couche adhérente et mince de substances diverses. L’épaisseur de cette couche lubrifiante est très faible ; elle ne comprend qu’un nombre limité d’assises moléculaires : ces molécules prolongent en quelque sorte les surfaces solides sur lesquelles elles sont fixées, et bien que la friction soit exclusivement supportée par les molécules du lubrifiant, la valeur de la friction est influencée par la nature des surfaces solides sous-jacentes qui agit sur les propriétés de la couche lubrifiante protectrice.
- C. Frottement fluide, médiat, visqueux ou graissage parfait :
- Les surfaces frottantes sont et restent maintenues entièrement séparées l’une de l’autre par une lame continue et d'épaisseur notable d’un lubrifiant visqueux qui fait corps avec elles. Ici la friction s’effectue au sein même du lubrifiant, au milieu de la couche fluide, à une
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- distance des surfaces qui, ramenée à l’échelle moléculaire, est relativement grande, de telle sorte que l'influence des surfaces solides disparaît tout à fait. La résistance au mouvement, qui peut être fort réduite, a uniquement pour origine le frottement interne ou viscosité du lubrifiant.
- La lame fluide interposée entre les surfaces frottantes et sur laquelle flotte la pièce mobile, doit être entretenue sous une pression convenable, soit par un moyen auxiliaire (pompe à huile), soit par le mouvement même des pièces mobiles qui, en se déplaçant, forcent le lubrifiant à s’insinuer en coin entre elles.
- Le frottement fluide — autrement dit le graissage parfait — est celui qui permet d’obtenir les frottements les plus atténués: Cette forme de la friction a été très étudiée, et l’analyse mathématique des phénomènes qui interviennent et relèvent des lois de l’hydrodynamique a été très poussée. Les travaux de Ilirn, Beauchamps Towers, Osborne Reynolds, Petroff, Sommerfeld, Michell, Streibeck, etc., sont classiques. Des calculs bien conduits ont même permis dans ces derniers temps la réalisation de dispositifs qui atténuent les frottements d’une manière remarquable. (Voir paliers à secteurs inclinés Michell, La Nature, n° 2428, p. 243, 16 octobre 1920).
- Il est donc certain que le graissage parfait doit être employé aussi souvent que possible en raison de ses qualités. Malheureusement, il est loin d’être toujours réalisable : il est même rarement réalisé. Sauf dans le graissage effectué ' sous pression, et en dehors de cas spéciaux, il paraît impossible de compter en pratique sur une lubrification parfaite, pure et permanente. La théorie permet déjà d’affirmer que la lubrification parfaite n’existe pas dans les phases de démarrage et d’arrêt d’une machine; mais les essais de Hyde, en particulier, exécutés au moyen de paliers transparents en verre qui permettent une observation facile, ont prouvé
- que même en régime normal, il se produisait dans la lame fluide du graissage parfait, des irrégularités d’épaisseur pouvant entraîner un graissage imparfait, en certains points tout au moins.
- Nous voyons donc clairement que l’étude du graissage doit s’étendre dans deux directions différentes :
- 1° Celle qui concerne le graissage parfait, c’est-à-dire examen des lubrifiants au point de vue de leur viscosité et réalisation des dispositifs mécaniques les mieux appropriés à la formation et au maintien de la lame graissante, l'influence des surfaces étant ici nulle.
- 2° Celle où est mise en jeu le graissage imparfait, c’est-à-dire analyse des phénomènes qui se passent au niveau môme des surfaces et qui intéressent celles-ci.
- Or, tandis que l’étude du graissage parfait était fort avancée, nos connaissances touchant le graissage imparfait étaient restées très rudimentaires. Il planait un certain mystère sur l’efficacité plus ou moins grande de divers lubrifiants. On avait reconnu qu’à viscosité égale, certaines huiles avaient des pouvoirs graissants très différents, mais on en ignorait la cause. On avait simple ment constaté que les huiles les meilleures paraissaient plus moelleuses et plus glissantes quand on les frottait entre les doigts, et on avait défini cette qualité des lubrifiants en disant qu’ils étaient plus graisseux, plus onctueux, ou que leur graissivité, leur onctuosité ou même leur oléosité était plus élevée.
- Depuis peu, l’onctuosité a fait l’objet d’un certain nombre de recherches parmi lesquelles nous citerons celles de : Dunstan et Thole, Hardy, Deeley, Wells et Southcombe, Marcel Brillouin, Wilson et Barnard, Paul Woog.
- Nous étudierons dans un prochain article cette propriété des lubrifiants et ses rapports avec le graissage.
- Paul Wooo.
- Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure du Pétrole (Université de Strasbourg)
- MASQUES PROTECTEURS CONTRE LES GAZ
- UN NOUVEAU PERFECTIONNEMENT
- Il est loin déjà, le temps où pour la première fois, le 22 avril 1915, lés soldats français furent surpris, sans défense, entre Bixchoote et Langemarck, par une nouvelle arme de guerre, les gaz asphyxiants.
- Il fallut hâtivement trouver un moyen de protection et l’on vit apparaître les masques. Les premiers furent de simples tampons imbibés d’hyposulfite de soude qu’on plaçait devant le nez et la bouche. Puis on songea à les perfectionner, tant au point de vue physiologique, afin de réduire au minimum la gêne respiratoire qu’ils provoquaient, qu’au point de vue chimique, afin d’arrêter les gaz et les vapeurs toxiques, de plus en plus nombreux, qui étaient utilisés.
- A la fin de la guerre, tous les soldats et la population civile de la zone proche du front étaient pourvus du masque A. R- S., formé d’un tissu caoutchouté doublé
- d’un tissu enduit d’huile de lin recouvrant toute la face et portant devant la bouche une embase métallique circulaire munie de deux soupapes sur laquelle se visse la
- cartouche filtrante. La cartouche est une boîte tronc-o-
- %
- nique contenant de l’extérieur à l’intérieur une couche de granulés, une couche de charbon absoi’bant et une couche de coton (fig. 1). Ce masque est remarquablement efficace contre un très grand nombre de corps et a largement fait ses preuves.
- Le traité de Versailles a bien prohibé l’emploi des gaz asphyxiants, comme l’avait déjà fait la convention du 29 juillet 1899(1), mais il est si aisé, en temps de guerre, d’utiliser les usines de produits chimiques à des fabrications de corps délétères, irritants, toxiques, qu’il vaut mieux prévoir leur emploi et se protéger en conséquence.
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- Aussi, actuellement, des études se poursuivent, dans tous les pays pour perfectionner et augmenter l’efficacité
- des appareils de protection.
- Un groupe de' corps toxiques est particulièrement redoutable; ce sont les arsines, chlorures ou cyanures de diphénylarsines, qui, lancées par obus, sont pulvérisées par l’explosion en un brouillard de particules très fines qui provoquent des éternuements et des vomissements. Jusqu’ici, ces particules d’arsines passaient à travers les masques, en raison de leurs faibles affinités chimiques et constituaient de ce fait un des produits les plus dangereux.
- Un industriel français, M. Maurice Fernez, spécialisé du reste dans la fabrication des appareils respiratoires, vient enfin de trouver un dispositif permettant d’utiliser, sous un petit volume, une matière filtrante efficace constituée avec des tissus ou du papier buvard, sans pour cela créer à l’intérieur du masque une dépression qui générait la respiration du porteur de l’appareil.
- L’originalité de Finvention consiste en un assemblage de chambres superposées reliées entre elles, et maintenues à écartement convenable par une matière appropriée, par exemple des disques en étamine.
- Cet assemblage de filtres très fragiles, présentait une difficulté qui a été très heureusement résolue par l’inventeur.
- La figure 2 montre son adaptation sur une cartouche filtrante de masque A. R. S.
- Le filtre se trouve enfermé dans une boîte métallique qui le protège contre la pluie. La hauteur totale du dispositif est de 20 mm.
- La figure 3 montre le filtre proprement dit, constitué par cinq chambres assemblées. Les arsines pénétrant
- Fig. J. — A droite, J a cartouche filtrante du masque A. R. S. A gauche, le filtre supplémentaire Fernez et sa bague de fixation.
- par l’orifice central se trouvent arrêtées et localisées à l’intérieur du filtre, cette localisation intérieure permettant de manipuler sans danger les filtres usagés'destinés à être détruits ultérieurement.
- Il est certain que la filtration par cloisonnements aura son application, non seulement pour les masques de combat, mais également pour l’élimination des poussières, en remplacement des tampons d’ouate actuellement en usage.
- Pour l’industrie chimique, M. Fernez a étudié un système démontable dans lequel la protection sera obtenue par des disques imprégnés, maintenus par des bagues d’écartement.
- Le Ministère de la Guerre français vient de décider l’adaptation du dispositif Fernez aux^masques protecteurs
- Fig. 2. — Le masque A. R. S. muni d’un filtre supplémentaire Fernez.
- de l’armée. Plusieurs Gouvernements étrangers se sont également intéressés à cette invention, et il est probable que ce moyen de filtration sera bientôt généralisé, libérant les armées et les populations civiles d’une de leurs plus graves et plus justes inquiétudes.
- Nous avons tenu à signaler ce fait pour montrer que, contrairement à ce qu’on entend dire trop souvent, les services responsables ne se reposent pas sur la foi des traités et des engagements internationaux (qui nous ont valu quelques surprises durant la dernière guerre!) et qu’on se préoccupe activement et sérieusement de tous les moyens de protéger aussi bien la population civile que les troupes combattantes, au cas où se produiraient de nouvelles alertes.... aux gaz !
- sfi11^1556 Cartouche flltoaate
- Charbon
- Z' t '
- Granule
- Fig. 1. — Schéma de l’e'mbase et de la cartouche du masque A. R. S.
- A. R.
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- CONQUÊTE
- DE LA FORCE MOTRICE ANIMALE
- IL — LA PÉRIODE MODERNE
- Fig. 1. — Exemple d’attelage antique : k chevaux traînent au maximum 492 hilogs.
- O
- Nous avons vu (n° 2 753) que sous les premiers Capétiens, le retour à l’activité industrielle et constructive ayant considérablement accru les besoins en force motrice, l’Occident était menacé d’une recrudescence de l’esclavage, obligation qui lui fut épargnée par l’avènement de l’attelage moderne.
- Cette invention géniale mettait au service de l’homme un moteur àgrand rendement, à la fois plus puissant etplus économique que l’esclave.
- Facteur nouveau, elle apportait en germe des possibilités immenses, et dès lors, sous son impulsion, on voit se développer pendant la « nuit » du moyen âge, la période la plus féconde et la plus créatrice-peut être que l'humanité ait connue.
- L’attelage moderne.
- l’animal; ferrure à clous; dispositif en file des animaux.
- Le principal organe de traction du harnachement moderne du cheval est le collier à armature rigide, ou la bricole (fig. 8) qui tous deux diffèrent profondément du collier antique, en ce qu’ils ne touchent pas la gorge, et prennent leur appui tout entier sur lafbase solide de l’omoplate.
- En vertu de cette particularité, le cheval de trait moderne peut, en toute liberté prendre l’attitude la plus commode et la plus efficace pour la traction. 11 peut baisser la tête, vousser l’échine, se pencher en avant, peser sur le collier. La ferrure à clous lui permet de se cramponner au sol au démarrage et de déployer son effort sur les terrains les plus durs, sans aucun dommage pour ses pieds. Sa force est ainsi totalement captée. Le dispositif en file complète le système, en permettant d’additionner l’effort d’un nombre indéterminé d’animaux (fig. 9.) D’utiles accessoires, les uns du harnachement : raits, palonnier, chaînettes de timon, courroie de reculement, sellette, supports de brancards, guides bifum quées...,les autres du véhicule : avant-train tournant, bandages des roues cerclés et frettés à chaud, ressorts
- Fig. 2. — L'attelage moderne: gravure du XVIIe siècle figurant le transport du charbon à Sainie-Marie-aux-Min.es : deux chevaux traînent environ 3 tonnes.
- Le système moderne d’altelage doit son efficacité à l’application rationnelle des trois principes suivants : Organes de traction bien adaptés à la conformation de
- Fig. 3. — La première figuration du collier d’épaules et des traits sur un manuscrit latin du Xe siècle (Bibliothèque Nationale).
- de suspension, boîtes à graisse de l’essieu..., complétèrent le système, dès l’origine ou successivement; mais la traction par les épaules, la ferrure à clous et le dispositif en file, sont la base même et le secret de sa puissance. Dans ces conditions, le rendement utile du cheval, pris isolément dans l’attelage, est décuplé environ de ce qu’il était chez les anciens, en sorte que l’attelage à un cheval qu’ils n’utilisaient pas à cause de sa faiblesse est au contraire d’un usage courant de nos jours.
- L’attelage collectif moderne, en file, permet d’accumuler l’effort d’un nombre indéterminé d’animaux; aussi son rendement utile n’a-t-il d’autre limite que le but à atteindre et la résistance de la route.
- L’attelage du bœuf possédait déjà dans l’antiquité les jougs de cornes et de garrot, organes de traction rationnels ; il acquiert de plus, au moyen âge, le jouguet ou joug individuel, et le collier d’épaules semblable à celui du cheval, tous deux accompagnés des traits. Il se complète enfin par la ferrure à clous et le dispositif en file, qui lui assurent un rendement égal à celui du cheval.
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- Fig. k. — Manuscrit de Saint-Gall du A’“ siècle montrant le collier d’épaules et les traits modernes.
- Son apparition.
- L’attelage du système moderne apparaît, pour la première fois, sur le manuscrit latin 8085 de la Bibliothèque Nationale, document de la première moitié du xe siècle, et probablement d’origine française'(fig. 3).
- On voit sur ce manuscrit quatre chars à deux chevaux harnachés à la moderne, avec le collier d’épaules et les traits. Un deuxième manuscrit du x° siècle, de la bibliothèque de Saint-Gall (fig. 4) et un troisième du xie siècle, de la bibliothèque royale de Bruxelles (fig. 5), contiennent aussi chacum une figuration de l’attelage moderne avec le collier d’épaules et les traits. C’est tout, à notre connaissance, pour les xie et xn° siècles, période pendant laquelle les artistes demeurent fidèles à la représentation de l'attelage antique. Mais, il est à croire que dans la pratique l’usage du nouveau système d’attelage se propageait rapidement, car au xne siècl'e la proportion est renversée en sa faveur sur les manuscrits. On voit dès lors sur ces derniers des attelages à l’aspect tout moderne, comme ceux de la herse et de la charrue à roues de la Tapisserie de Bayeux, traînées par un cheval et un mulet, chose totalement inconnue des anciens (fig. 6), l’attelage à deux chevaux de la lourde voiture chargée de 16 guerriers (fig. 7), et celui à quatre chevaux attelés en file par deux, sur palonniers, du célèbre manuscrit de Herrade de Landsberg.
- A cette époque on ne voit encore sur les documents figurés que des attelages de deux bœufs disposés de front sous le joug, comme chez les anciens, mais nous savons, par un texte précieux relevé par Y. Mortet, que dans la pratique il en était autrement.
- On lit en effet dans ce texte que lors de la construction de l’église de Conques en Bouergue au milieu du xne siècle, Hugues, le maître de l’œuvre, eut les jarâbes broyées par un chariot attelé de 26 paires de bœufs, qui transportaient des chapiteaux et des bases de colonnes, de la carrière à l’église.
- L’attelage du cheval et du bœuf était donc en mesure, au temps des premiers Capétiens, d’effectuer d’un seul coup le transport de chargements, qui jadis eussent exigé l’emploi de dix, vingt, trente voitures et plus, à moins de recourir à la traction humaine.
- Désormais l’industrie des transports brusquement éveillée se développe sans arrêt et favorise la concentration des gros matériaux, minerais, bois en grume, céréales, etc. Sous cette impulsion, d’innombrables moulins surgissent au long des cours d’eau et font oublier la mouture à bras (^ La forge et la scierie mécanique,
- ï
- 1. Aidés des moulins à vent qui apparaissent vers lexii0 siècle.
- ancêtres de l’usine apparaissent, mus tous deux par la houille blanche. L’industrie condensée succède peu à peu à l’industrie émiettée. Dans ces conditions l’esclavage perd sa raison d’être; il disparaît (sauf exeptions sporadiques) ainsi qu’un organe inutile, et ce sont des ouvriers libres qui construisent les cathédrales.
- C’est l’aurore d’un monde nouveau, dans lequel pourront se développer les notions de dignité et de solidarité humaines.
- La ferrure à clous.
- Sans la ferrure à clous, la force motrice animale n’eût jamais pris un tel essor; aussi n’est-il pas superflu de lui consacrer ici quelques lignes.
- Les Barbares et les Romains connurent-ils la ferrure à clous ? Rien ne permet de le supposer. L’examen des documents figurés et des textes, le résultat des fouilles contrôlées, auxquels il faut ajouter la débilité de l’attelage antique, celui du bœuf en particulier, démontrent au contraire qu’il n’en fut rien.
- Cependant, au siècle dernier, sous l’influence de la mode, quiconque s’improvisait amateur de fouilles ne manquait pas de découvrir des fers dits antiques, et les musées classaient de confiance, parmi les objets romains ou barbares, tous les fers qu’on leur apportait.
- En vain l’archéologue Duplessis fit-il observer, que la mise au jour de fers si nombreux s’accordait mal avec l’absence de cet instrument sur les documents figurés antiques, le silence absolu des textes à son égard, les plaintes continuelles des écrivains spécialistes anciens sur la fragilité des sabots du cheval et les moyens qu’ils préconisent pour y remédier.
- En vain émit-il l’opinion que ces fers, recueillis sans contrôle pouvaient bien être tout simplement du moyen âge, nul ne l’écouta. Le célèbre archéologue Quicherat prit en mains la cause du fer antique, affirma que les fers romains et barbares étaient innombrables, que pas une fouille n’avait manqué d’en fournir, et pour écarter les scrupules de ceux que troublait l’absence de toute figuration antique, versa aux débats trois documents, trois preuves sans réplique : la tessère de Domitien ('), le bas-relief de Yaison au musée d’Avignon, et le sarcophage d’Hector au Louvre.
- La question fut tranchée ainsi, ex cathedra, Duplessis réduit au silence et les tenants du fer à clous antique couronnés par les corps savants. Enfin l’exposition de 1889 réserva une place d’honneur à la ferrure celtique et romaine.
- C’était la consécration d’un dogme. Pourtant les arguments de Duplessis n’avaient rien perdu de leur force.
- Lui mort, on s’inquiéta
- 1. Petit jeton en bronze.
- Fig. 5. — Manuscrit du XI0 siècle (Bibliothèque royale de Bruxelles). Attelage moderne.
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- enfin des circonstances des fouilles, on se prit à exiger un contrôle et dès lors, les fers antiques se -raréfièrent au point de devenir introuvables. De plus, on s’avisa d’examiner de près les trois documents dont Quicherat s’était servi pour confondre Duplessis et nous pûmes ainsi constater :
- 1° Que la tessère de Domitien ne représente nullement des fers, mais des bijoux d’un modèle connu, avec des points situés trop près dès bords pour figurer des clous et des pendeloques terminales qui ne sauraient appartenir à des fers ;
- 2° Que le fameux bas-relief dit de Vaison, sur lequel un pied sur huit porte la trace de clous, est d’origine pour le moins douteuse et que ce n’est vraisemblablement qu’un médiocre ouvrage de la Renaissance, encadré de fragments romains;
- 3° Que la face du sarcophage d’Hector, sur laquelle on voit des chevaux ferrés, est une réfection totale de la Renaissance.
- La légende de la ferrure antique nous est donc en tous point suspecte.
- Néanmoins quelques archéologues font encore état de fers trouvés sous des voies romaines, dans la tourbe, scus les débris de cabanes halstattiennes, ou encore des fers du cimetière halstattien d’Aguilar, fers qui ne faisaient pas partie du mobilier funéraire, mais se trouvaient répartis au hasard dans le sol. A cela nous pouvons objecter, semble-t-il, que les fers en question purent pénétrer dans le sol au cours du moyen âge, par des fissures et éboulements dus aux intempéries, enfin que nulle station vierge et contrôlée, comme Alésia ou Pom-
- péi, ne fournit actuellement le moindre vestige de ferrure à clous.
- L’abondance même de cette ferrure dans les musées archéologiques qui ne contiennent par contre que de rares spécimens de, fers attribués au moyen âge, nous paraît étrange, à moins qu'on ne veuille admettre que les fers antiques aient eu le privilège d’échapper à la destruction, alors que ceux du moyen âge disparaissaient virtuellement, rongés par la rouille.
- Duplessis s’élevait déjà en 1867 contre l’invraisemblance de cette hypothèse et se méfiait en l’occurrence du zèle des collectionneurs.
- Pour s’en tenir aux preuves tangibles, c’est au ixe siècle, après Charlemagne, que la ferrure à clous apparaît, en Occident et à Byzance, et que sa présence nous est révélée à la fois par les documents figurés, le résultat, des fouilles et un passage du Strategicon de l’empereur Léon le philosophe, dans lequel est décrit l’équipement du cavalier byzantin.
- Détail curieux qui éclaire un côté de la civilisation grecque. A Byzance, les chevaux de trait sont ferrés à partir du Xe siècle, ainsi qu’on le voit sur les documents figurés, mais par une inconcevable routine, les Grecs continuèrent à se servir du harnachement antique à collier de gorge, en sorte qu’ils ne purent jamais accroître les dimensions de leurs voitures ni leur rendement.
- Il s’ensuivit que le moteur humain demeura seul efficace à Byzance, et que l’esclavage resta en vigueur jusqu’à l’entrée des Ottomans dans la ville.
- En Occident, par contre, grâce, nous l’avons dit, à la
- Fig. 7. — Manuscrit de Herrade de Landsbcrg.
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- réunion du collier d’épaules, de l'attelage en file et de la ferrure, le rendement utile des voitures ne cessa de se développer du Xe siècle à nos jours.
- La puissance et Vavenir de Vattelage moderne.
- Actuellement, deux chevaux suffisent pour traîner dans Paris des haquets chargés de 7 fûts de 800 kg chacun, 5600 au total (fig. 10) ; cinq à six chevaux en file, pour le transport sur fardier de blocs de 8 à 15 tonnes; vingt chevaux en file par deux, pour le transport d’une dynamo de 35 tonnes.
- A Carrare, huit à dix couples de bœufs traînent de lourds chariots qui portent des blocs de marbre pesant parfoisplus de trente tonnes.
- En Amérique et dans l’Afrique du Nord, des attelages de trente à trente-cinq chevaux meuvent, à travers champs, des moissonneuses batteuses dont la résistance dépasse largement 40 tonnes....
- Partout, sur la route, le chantier, aux champs, dans la forêt, le rendement de l’attelage moderne atteint et peut au besoin dépasser le centuple de celui de l’attelage antique.
- Ce précieux agent est-il devenu caduc, ainsi que d’anciens le prétendent?
- E’attelage des animaux,après avoir donné l’essor à la grande métallurgie, en assurant la concentration des minerais et combustibles, serait-il menacé de disparaître à bref délai devant le moteur mécanique ?
- On l’a déjà prédit lors de l’extension* des chemins de fer et l’expérience a démontré l’inanité de cette prévision.
- Sans doute, le trait léger a perdu la plus grande partie de son utilité, mais il n’en est pas de même pour le trait lent, et la meilleure preuve c’est qu’à Paris même, le nombre des chevaux de gros trait augmente sans discontinuer.
- L’élevage du gros cheval n’a jamais été plus prospère ni mieux rémunéré. C’est que le moteur animal unitla puissance à une souplesse incomparable, qu’il est plus intimement lié que tout autre à l’activité humaine, et qu’enfin, il est le moins cher pour les transports lents et lourds.
- Il est à présumer que pour une longue période encore il demeurera l’associé plutôt que le rival du moteur
- mécanique. Quoi qu’il en soit de l’avenir, son rendement total dans le monde dépasse de beaucoup actuellement celui des machines automobiles.
- L’invention de l’attelage moderne fut donc pour l’humanité un événement capital, et l’historien qui méconnaît ce fait et ses conséquences commel une erreur plus grave, à notre avis, que s’il décrivait la période moderne sans dire un mot de l’invention des chemins de fer et automobiles. .
- Mais, nous objectera-t-on peut-être, si l’esclavage dis-parut au moyen âge, chassé par le puissant moteur animal, comment donc expliquer sa réapparition en Amérique au xvie siècle, sous une forme aussi cruelle et aussi
- dégradante que chez les anciens ? Pour la raison bien simple que les mêmes causes engendrèrent les mêmes effets. On sait que le Nouveau Monde ne possédait ni chevaux, ni bœufs, ni même la roue, avant l’arrivée des Européens. Lorsque ceux-ci voulurent exploiter leur conquête, ils se trouvèrent donc en présence de difficultés du même ordre que celles dont avaient souffert les peuples de l’antiquité classique.
- S’ils voulaient tirer parti des richesses des régions qu’ils s’étaient annexées, il leur fallait une force motrice, et la seule existante était celle de l’homme.
- Sans plus de souci des facteurs moraux que les anciens eux-mêmes, ils s’en emparèrent et réduisirent les indigènes au rôle de bétail humain.
- Mais ceux-ci supportèrent mal ce régime et subirent une mortalité telle que de vastes régions se dépeuplaient rapidement.
- C’est alors qu’ému de pitié, un évêque vénéré à l’égal d’un saint, Mgr Las Casas obtint en 1517 de Charles Ier d’Espagne, alias Charles-Quint, un édit qui autorisait le recrutement et l’exploitation des noirs d’Afrique, jugés plus résistants au travail.
- Le geste était charitable, mais quels en furent les résultats !
- ^ Extension rapide de la traite, concurrence acharnée ' entre les peuples d’Europe pour ce commerce lucratif, traversées meurtrières pour les malheureux noirs, entassés par couches horizontales entre des planchers, et pour les survivants ainsi que leur descendance, trois siècles de la misérable existence, si bien décrite dans la Case de
- Fig. 8.
- La Bible de Gebbard (XIIe siècle).
- La plus ancienne figuration de la bricole en Occident.
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- Voncle Tom. Rien ne serait plus vain, en l’espèce, que d’incriminer les peuples chrétiens colonisateurs, de stigmatiser leur conduite et de les accuser d’avoir renié leurs principes et leur foi.
- Sans autre alternative que de s’en retourner d’où ils étaient venus, ou d’agir avec les moyens matériels qui s’offraient à eux, ils s’inclinèrent, comme les anciens, devant la force des choses, et cherchèrent comme eux à la justifier.
- En fait, tant que le nombre des chevaux et des bœufs importés ou nés dans le Nouveau Monde fut insuffisant pour fournir la force motrice nécessaire, l’esclavage des noirs fut maintenu, réglementé par les atroces codes noirs des peuples colonisateurs et approuvé sans restriction dans son principe, par toutes les autorités non seulement civiles, mais religieuses, ainsi qu’en témoigne le Ve avertissement à Jurien de Bossuet.
- Ce ne fut qu’au milieu du xvm° siècle, que les Quakers de l’Amérique du Nord, énergiques travailleurs et munis d’un cheptel suffisant d’animaux de trait, donnèrent le signal de la* réprobation, en libérant d’un seul coup, légalement, tous leurs esclaves.
- Leur exemple fut contagieux, l’esclavage devint odieux dès lors qu’on pouvait s’en passer, et un siècle plus tard, la guerre de Sécession libéra les esclaves aux Etats-Unis, désormais assez riches en animaux de trait pour supporter pratiquement cette réforme.
- L’institution du travail forcé est tellement liée à la pénurie de force motrice animale, que de nos jours encore elle est en vigueur sous l’euphémisme de portage, partout où les animaux de trait font défaut.
- C’est ainsi qu’à Madagascar dont les indigènes ignoraient la traction animale et la roue, les transports se faisaient à dos d’homme entre la côte et l’intérieur, pendant la période qui suivit la conquête.
- Rien n’était plus pénible à voir, écrit un témoin, magistrat colonial, que ces convois de porteurs effectuant le trajet de Tamatave, à Tananarive, soit 400 Km environ, avec des charges qui variaient entre 40 et 60 kilogs.
- Le fardeau était réparti aux deux extrémités d’un bambou posé à même l’épaule, où se formaient des protubérances de chair de la grosseur du poing, généralement écorchées par le frottement. Il n’était pas rare qu’un porteur achevât sa triste carrière sur le bord du sentier, auprès de sa charge....
- R était indigne de nous de laisser se maintenir un
- Fig. .9. — Manuscrit français de la Bibliothèque Nationale, daté de 1317. Attelage en file.
- pareil état de choses, entré cependant dans les habitudes du pays....
- Grâce à l'énergie du général Gallieni, une grande voie de communication fut ouverte entre Tamatave et Tananarive... on fit alors venir de France des voitures à bras, ce qui fut une amélioration sensible, mais c’était encore la traction humaine. On entreprit enfin de dresser les bœufs du pays, on enseigna cet art aux indigènes, on leur apprit à construire des voitures et l’on vit disparaître peu à peu les charrettes à bras. Quand on circule maintenant dans la région centrale de Madagascar et qu’on y voit la quantité d’attelages en service, on ne se douterait guère, qu’il y a quelque vingt ans ce mode de transport était inconnu dans le pays. L’effet de ces nouvelles méthodes ne se fit pas attendre. La suppression du portage et de,la traction humaine avaient libéré une main-d’œuvre considérable qui s’adonna à l’agriculture ; enfin le chemin de fer de Tanarive à Tamatave vint à propos, pour évacuer les produits de ces travailleurs (').
- N’est-ce point là le racourci d’une histoire cinq fois millénaire.
- Malheureusement, les circonstances ne permettent pas toujours de substituer le moteur animal à la machine humaine. C’est ainsi que clans les régions du centre africain infestées par la mouche tsé-tsé, et par conséquent privées d’animaux de trait, le portage est encore en vigueur de nos jours.
- Ct Lefebvre des Noettes.
- 1. Revue Economique Française, juillet 1926.
- Fig. 10. — La puissance d'un attelage moderne : deux chevaux traînent, au pas et au trot, ce haquet de IhOÔ hgs
- chargé de 7 tonneaux de 5600 kgs, soit un total de 1 tonnes.
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- LE CHÂTEAU D'EAU DE LA VILLE DE BRUGES
- Bruges estime ancienne ville située dans la Flandre occidentale, qui se trouve à la jonction des canaux de Gand, de l’Ecluse et d’Ostende. Sa population est de 56000 habitants. C’est une ville célèbre par ses anciens monuments; dans la cathédrale (Bruges est un évêché) se trouvent les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Boui’-gogne. Cette ville est connue également dans le monde entier par ses magnifiques dentelles si artistiques. Il est donc naturel que les Brugeois soient jaloux de la renommée de leur ville et que les bâtiments industriels, à tendance moderne, ne puissent s’appareiller avec les monuments anciens que l’on rencontre à chaque pas lorsqu’on parcourt la capitale de la Flandre occidentale.
- On a édifié récemment à Bruges, au bord du canal, une sorte de donjon en maçonnerie dont l’aspect extérieur ne laisse rien soupçonner de sa véritable destination, celle d’un château d’eau.
- Plutôt que d’établir un réservoir surélevé, monté à l’extrémité d’une charpente soit métallique, soit en béton armé,
- M. Tytgat, ingénieur à Gand, eut l’idée de créer un aspect extérieur tout à fait original.
- Le château d’eau comprend deux parties différentes : d’abord le réservoir, qui est constitué par une cuve en béton armé reposant au moyen de 12 piliers équidistants sur 12 groupes de 7 pilotis chacun, enfoncés dans le sol.
- La cuve a un diamètre de 8 m. 70 et une hauteur de 12 m. 50; elle n’est remplie que sur une hauteur de 11 m. 50 d’eau, ce qui lui donne une capacité de 600 mètres cubes.
- Les parois sont plus épaisses au fur et à mesure qu on se rapproche du fond, lequel a^une forme de calotte sphérique bordée par une ceinture extérieure. Cette ceinture repose sur une autre ceinture dodécagonale qui relie les têtes des 12 pi-
- liers. Cette partie est établie de manière qu’elle puisse subsister seule ; de sorte qu’en cas de tassements inégaux dans la fondation et les supports, il n’y a pas de risques de fissuration dans la cuve.
- Dans un endroit quelconque, on l’aurait laissée ’en cet état, ce genre de construction s’apparentant bien au style des grands bâtiments industriels ou des gares de chemins de fer.
- Mais, à Bruges, il fallait trouver une combinaison ingénieuse pour que la construction soit d’accord avec le svle de la ville.
- Pour dissimuler l’aspect du réservoir et des piljers, M. Tytgat a construit une tour extérieure en maçonnerie avec une tourelle accolée, dans laquelle est ménagé l’escalier à vis d’accès à la calotte du réservoir. Des escaliers en béton conduisent depuis le sol jusqu’à la petite tourelle et à l’escalier à vis qui débouche sur la terrasse supérieure.
- La cuve est. fermée par un couvercle plat avec un lanterneau central. Trois hourdis minces répartis dans la hauteur de la tour constituent une série d étages. Ces hourdis ainsi que les piliers supportent les escaliers.
- L’eau est amenée par une conduite de 35 cm, la conduite de distribution en ayant 40. Ces conduites partent verticalement du sous-sol où sont placées les vannes de manœuvre. Au troisième étage, des vannes auxiliaires permettent les réparations des conduites sans qu’on ait à vider la cuve. Néanmoins cette dernière est munie d’un orifice de vidange où viennent se raccorder les tuyaux de trop-plein d’une part et d’autre part le tuyau d’évacuation des pluies de la terrasse.
- Cette construction originale est à signaler comme un effort méritoire de 1 art de 1 ingénieur, si souvent discrédité par les fervents de l’art tout court.
- E.-H. Weiss.
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- LE MOTEUR D'AUTOMOBILE MODERNE
- Essence distillée %
- Lorsqu’on examine une voiture automobile, un moteur, en général un mécanisme quelconque, on est plutôt frappé par la forme extérieure qu’il présente que par sa conception interne elle-même.
- Et, cependant, les formes extérieures sont toujours une conséquence directe de l’application des principes généraux qui ont présidé à la conception de la machine.
- En matière de moteurs d’automobiles, cette remarque conserve toute sa valeur; c’est pourquoi, dans l’essai que nous entreprenons de l’étude du moteur d’automobile moderne, nous allons chercher à dégager des principes généraux qui président actuellement à son établissement. Nous verrons comment les formes extérieures, la disposition des différents organes s’en déduisent logiquement.
- - On peut dire, sans aucune exagération, que le moteur moderne se résume, au point de vue thermique, dans l’étude de la forme de la tuyauterie d’admission et de la chambre de combustion.
- C’est, en effet, la forme de la tuyauterie d’admission, qui règle la répartition du combustible dans les différents cylindres, et, par conséquent, l’équilibrage de la charge de,çhacun d’eux. C’est la forme de la chambre d’explosions qui détermine le rendement thermique du moteur, c’est-à-dire l’utilisation du combustible.
- Ces questions sont tellement importantes, qu’elles méritent, pensons-nous, d’être examinées un peu à fond.
- LA TUYAUTERIE D'ADMISSION
- Considérons un moteur à explosions en cours de fonctionnement.
- Le iluide ou mélange explosif est constitué, comme on sait, par un mélange d’air (comburant) et d’essence (combustible). Le dosage de ce mélange se fait entièrement dans le carburateur : c’est cet appareil, en effet, qui distribue dans le courant d’air qui le traverse sous l’effet de la succion du moteur, la quantité d’essence qui correspond à la densité du gaz.
- Nous aurons à revenir sur les méthodes de dosage de
- Températures centigrade
- Fig. 2. — Influence du réchauffage sur la masse de gaz admise aux cylindres.
- Celle-ci diminue quand la température augmente (Loi de Gay-Lussac) et la puissance diminue plus vite encore.
- Fig. 1.— Courbe de distillation de deux essences américaines.
- l’essence dans l’air, lorsque nous étudierons plus spécialement le carburateur.
- Ce qui sort du carburateur est donc un mélange convenablement dosé d’air et d’essence. Ce mélange doit se répartir également dans tous les cylindres du moteur. C’est là une chose qui tombe sous le sens. Comment va se faire cette répartition?
- Pour répondre à cette question, il est indispensable de chercher à se rendre compte de la façon dont le mélange air-essence est constitué.
- L air, qui est un gaz-, ne peut se mélanger d’une façon parfaite à l’essence qui est un liquide, que si celle-ci est réduite préalablement soit à l’état de vapeur, soit à l’état de gouttelettes suffisamment fines et divisées, pour que, mises en suspension dans l’air, elles forment un véritable brouillard.
- L’expérience prouve qu’à la sortie du carburateur, l’essence se trouve dans l’air sous quatre formes différentes.
- Il y a d abord une partie de l’essence qui est réduite en vapeur : celle-là va se trouver parfaitement mélangée à l’air, et sa répartition en proportions égales dans les différents cylindres ne soulèvera aucune espèce de difficulté.
- Une autre portion de l’essence se trouve, par suite des chocs violents entre le liquide qui sort des gicleurs et l’air qui traverse le diffuseur, très finement pulvérisée. Elle forme avec l’air un véritable brouillard, qui a l’aspect d’une fumée blanche, brouillard assez ténu pour rester homogène pendant tout le temps que le mélange voyage depuis le carburateur jusqu’à l’intérieur des cylindres. Le brouillard d’essence, pouvant être considéré comme homogène, va, lui aussi, se-répartir très convenablement dans les différents cylindres.
- Mais une partie assez notable de l’essence fournie par le carburateur reste à l’état de gouttelettes assez grosses dans le courant d’air qui les entraîne.
- Ces gouttelettes ne vont évidemment pouvoir accompagner l’air dans lequel elles se trouvent en suspension que si cpt air conserve une grande vitesse. Dès que la vitesse du courant gazeux diminuera, dès que celui-ci formera
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- Fig. 3. — Un moteur cl’automobile américain avec tuyauterie d’aspiration à point chaud..
- des remousj ces grosses gouttelettes se sépareront de l’air d’autant plus facilement que leur diamètre est plus grand, et viendront se déposer sur les parois internes de la tuyauterie.
- C’est sous cette forme que se trouve la quatrième portion de l’essence fournie par le carburateur : elle constitue sur la majeure partie de la surface intérieure des tuyauteries une sorte de pellicule à peu près continue, pellicule qui reste à l’état liquide; les forces capillaires qui se développent à la surface de cette masse liquide l’obligent à rester collée aux parois, et à se déplacer avec une lenteur relative le long de ces parois, sous l’influence du frottement de l’air qui lèche sa surface libre.
- Si nous considérons l’état du mélange air-essence à l’entrée du cylindre, nous constatons donc qu’une partie de ce mélange comporte de la vapeur d’essence et des gouttelettes très fines maintenues en suspension à l’état de brouillard : c’est la seule partie homogène du mélange air-essence.
- Il pénètre également dans le cylindre de grosses gouttelettes d’essence entraînées par l’air qui y arrive avec une grande vitesse.
- Vapeur, brouillard, ou gouttelettes entraînées,
- Fig. 5. — Tuyauterie d’admission ancienne pour moteur à 4 cylindres. (Charron — Bébé Peugeot.)
- voyagent avec la même vitesse que l’air, et, par conséquent, se répartissent à peu près également dans tous les cylindres.
- Il n’en est pas de même de l’essence liquide collée aux parois, qui chemine plus lentement que l’air, jusqu’aux ouvertures qui lui donnent accès dans la chambre d’explosions.
- Le fait que l’essence n’arrive au cylindre qu’avec une vitesse inférieure à celle de l’air, pour une portion tout au moins, va troubler assez fortement les phénomènes de répartition du combustible. Ce trouble va se manifester par des irrégularités de fonctionnement à chaque changement de régime.
- Il est évident, en effet, que la proportion d’essence contenue dans le mélatige à l’état de vapeur d’une part, ou celle qui reste à l’état liquide suintant sur les parois, d’autre part, va varier constamment lorsque varieront la vitesse de l’air dans la conduite, ou sa pression.
- Quand la pression est faible (marche au ralenti), une grande quantité d’essence va se trouver vaporisée. Quand
- Carburateur
- Dessin d’une ancienne forme de tuyauterie d’admission pour moteur à 6 cylindres.
- Du carburateur à chacun des 6 cylindres, la tuyauteiûe comporte la même longueur et le même nombre de coudes.
- la pression est forte, au contraire (marche dite à pleins gaz), une plus grande quantité d’essence va se condenser.
- Pendant longtemps, on a négligé ou même ignoré la présence de l’essence à l’état liquide sur les parois internes de la tuyauterie.
- On s’ingéniait,-à cette époque, à faire parcourir au mélange carburé entre le carburateur et chacun des cylindi'es, un itinéraire de même longueur et comportant, autant que possible, le même nombre de coudes ou de changements de direction. C’était l’époque déjà lointaine des tuyauteries à forme compliquée qui ont connu leur plus beau développement sur les premiers moteurs à 6 cylindres.
- Il est certain qu’il y aura d’autant moins d’essence sur les parois de la tuyauterie que celles-ci seront portées à une température plus élevée. (Voir courbe de distillation de l’essence, fig. 1.) La première solution qui s’offre pour régulariser la distribution du combustible dans les cylindres consiste donc à réchauffer, aussi fortement que possible, a tuyauterie d’aspiration et le mélange carburé lui-même. Il est facile de réchauffer l’aspiration du moteur : on
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- dispose, en effet, d’une source de chaleur importante à température élevée, source constituée par les gaz d’échappement.
- Malheureusement, si on réchauffe la tuyauterie d’aspiration suffisamment pour que toute l’essence soit vaporisée avant d’arriver dans les cylindres, la masse de mélange explosif admise dans chaque cylindre se trouve fortement réduite : cette masse obéit sensiblement en effet à la loi de Gay-Lussac, et il est facile de voir que pour une différence de température de 100° par exemple, la masse de gaz se trouve réduite dans une proportion d’environ un tiers (fig. 2.) Or, la puissance du moteur varie dans le même sens que la masse du gaz admise dans les cylindres ; elle se trouve donc réduite par un réchauffage excessif de la tuyauterie d’aspiration.
- Nous verrons d’ailleurs plus loin qu’un réchauffage exagéré des gaz explosifs est de nature à favoriser les phénomènes de détonation qu’on cherche à éviter par tous les moyens possibles dans les moteurs à explosions.
- On se limite donc, dans les moteurs automobiles, à un réchauffage modéré de la tuyauterie d’aspiration. On se contente d’ordinaix'e de noyer cette tuyauterie dans la masse même du cylindre, ce qui permet de la maintenir à la température de l’eau de circulation. Cette température varie entre 50 et 80° environ, suivant l’intensité de refroidissement des moteurs. Dans tous les cas, elle est insuffisante pour provoquer l’évaporation complète du combustible.
- Lorsqu’on examine attentivement les phénomènes dont la tuyauterie d’aspiration est le siège, on constate que les dépôts d’essence sur les parois ont des points d’élection, et sont plus importants aux endroits où se produisent des remous et où la vitesse d’air est faible. Dans d’autres endroits, au contraire, où l’air se déplace avec une grande vitesse, ils sont très faibles ou même manquent complètement.
- Se basant sur cette observation, les constructeurs américains ont, les premiers, pensé à établir des tuyauteries d’aspiration à points chauds (c’est ce qu’ils ont appelé les hot spot tnanifold, littéralement « tuyauteries à points chauds »).
- Ils observaient très soigneusement quels étaient les
- Fig. G. — Tuyauterie en Y sur un moteur Grégoire 4 cylindres 1013. [Soupapes symétriques.)
- points dans la tuyauterie de leur moteur où se formaient les dépôts d’essence liquide. Ils mettaient ces régions en contact soit directement avec la tuyauterie d’échappement, soit avec une tuyauterie dérivée de la tuyauterie d’échappement. Les points de dépôt d’essence se trouvaient ainsi fortement réchauffes, portés à une température suffisante pour que l’essence soit complètement vaporisée, sans que pour cela l’ensemble de la tuyauterie atteigne une température gênante pour la conservation de la puissance du moteur (fig. 3.)
- Les tuyauteries à points chauds, extrêmement séduisantes dans le principe, renconti'ent, dans leur réalisation des difficultés assez importantes. Il serait facile évidemment d’établir une -tuyauterie à points chauds où on pourchasserait les condensations cle l’essence avec une efficacité suffisante pour les faire disparaître.
- Mais dans une construction de série les tuyauteries
- a) Mot&ur de dirigeable Clément-Bayard, 6 cylindres, 2 carburateurs et tuyauterie spéciale pour chaque cylindre ;
- b) Moteur de dirigeable Chenu, 6 cylindres, 2 carburateurs alimentent en parallèle une tuyauterie commune;
- ej Moteur Wolseley, 6 cylindres. La tuyauterie se rapproche delà forme théorique de la figure 4, mais est plus ramassée.
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- Fig. 8. — Ancien moteur Sunbeam, 6 cylindres.
- Un seul carburateur. Tuyauterie avec nourrice centrale, déri-vations non équilibrées. (Une des dérivations terminales alimente deux cylindres,
- l’autre un seul.)
- d’aspiration viennent généralement de fonderie. Elles ne sont, par conséquent, pas absolument identiques les unes aux autr,§s, et l’expérience a montré que les points de condensation de l’essence pouvaient différer d’une façon assez notable dans deux tuyauteries théoriquement identiques, c’est-à-dire ne comportant comme différence que les différences inévitables de fabrication.'
- Les tuyauteries à points chauds paraissent donc perdre un peu de leur intérêt, et ne sont en fait, appliquées d’une façon courante que dans la construction américaine.
- Remarquons d’ailleurs qu’elles paraissent avoir plus d’utilité, ou si on nous pardonne ce barbarisme, plus cVindispensabilité aux États-Unis que chez nous. Malgré, en effet, que les États-Unis soient par excellence le pays de l’essence, ou peut-être pour cette raison même,
- ^ 0,80 -
- Rapport de compression
- Fig. 10. — Variation du rendement théorique d’un cycle à air en fonction du rapport de compression.
- l’essence qu’on y utilise est beaucoup moins bien raffinée que celle dont on se sert en France, elle contient davantage de produits lourds et il est par conséquent plus nécessaire avec elle de réchauffer les tuyauteries d’aspiration qu’en France, où l’essence est plus homogène.
- On a cherché plutôt, dans notre pays, la bonne répartition de l’essence dans les cylindres, en se résolvant à conserver, puisqu’on ne pouvait pas la supprimer, la pellicule d’essence à l’intérieur de la tuyauterie, mais en lui ménageant un trajet convenablement étudié pour qu’elle se répartisse à peu près également entre les différents cylindres.
- Pour les moteurs à quatre cylindres, le problème a été assez simplement résolu, bien que dans la pratique on constate que les cylindres extrêmes sont en général alimentés par un mélange plus riche que les cylindres milieux.
- Mais, sur tous les moteurs à 6 cylindres, le problème est plus difficile à résoudre, puisque la tuyauterie est plus compliquée et qu’il y a davantage de cylindres à alimenter. Aussi se résoud-on dans
- Fig. 0. — Moteur 12 cylindres Fiat.
- Le carburateur unique alimente une tuyauterie récliauüee par la circulation d’eau.
- la plus grande majorité des cas à utiliser deux .carburateurs pour alimenter les 6 cylindres; chacun des Carburateurs étant chargé de nourrir un groupe de 3 cylindres.
- Dans certains cas l’alimentation de chaque groupe de trois cylindres est complètement indépendante de celle du groupe voisin. Dans d’autres cas, au contraire, la tuyauterie de chacun des groupes communique avec celle du groupe voisin.
- Lorsque nous parlons de deux carburateurs, cela veut dire qu’il existe, deux chambres de carburation avec leur attirail de diffuseurs et de gicleurs, ces deux chambres pouvant puiser leur essence dans -une cuve -à niveau constant commune ; on a affaire dans ce cas à un carburateur dit à deux corps, qui est plus élégant et moins coûteux que T ensemble de deux carburateurs complets.
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- Alors qu’autrefois, on cherchait à réaliser des tuyauteries d’aspiration aussi rectilignes que possible, où les changements de direction indispensables se faisaient par des courbes à grand rayon, on semble plutôt à l’heure actuelle préférer les angles vifs à l’intérieur des tuyauteries. On a cru constater que le brassage très énergique du mélange qui se produisait aux changements de direction brusques avait une action heureuse sur l’homogénéité de ce mélange, c’est pourquoi on peut remarquer sur certains moteurs modernes des tuyauteries à angles droits et vifs.
- Sur d’autres, au contraire, surtout sur ceux où les tuyauteries sont noyées dans les cylindres, l’orientation est moins nette.’
- LA CHAMBRE DE COMBUSTION
- L’utilisation du combustible se mesure par le travail mécanique que l’on peut tirer d’une masse donnée de mélange
- Les théorèmes de thermo-dynamique montrent, en effet, que le rendement thermique du moteur est en relation directe avec la détente du gaz après combustion et varie dans le même sens que celle-ci (fîg. 10).
- Dans tous les moteurs employés sur les voitures automobiles, le rapport de détente est, à très peu de chose près, égal par suite de la forme même du moteur, au rapport volumétrique de compression préalable.
- C’est, pourquoi on a pris l’habitude de parler plutôt de
- rapport de compression que..de,. rapport de détente ; seul, cependant, au point de vue rendement, le rapport de détente est intéressant.
- Pour augmenter le rapport de détente, on se trouve par conséquent .conduit à augmenter le rapport de compression; on est vite arrêté dans cette voie par des phénomènes qui troublent profondément l’aspect de la combustion du mélange au-dessus du
- Fig. 11.— Quelques solutions modernes du problème de la tuyauterie.
- a) Moteui’ de'Dion 12 cli., 4 cylindres. La tuyauterie est complètement noyée et le carburateur accolé au cylindre (Ph. Meurisse) ;
- b) Moteur Farman, 6 cylindres, carburateur à double corps, tuyauterie à angles vifs (Ph. Roll)\
- c) Moteur Chenard-Walker, 8 cylindres en ligne. 2 carburateurs alimentent la tuyauterie accolée aux cylindres.
- explosif, formée avec ce combustible et l’air. C’est ce qu’on appelle le rendement thermique de la chambre de combustion.
- Ce rendement dépend essentiellement, comme il est facile de le comprendre, de la forme même de cette chambre. Il dépend également de ses dimensions, autrement dit, il est lié très étroitement aux taux de compression ou plutôt aux taux de détente des gaz après combustion.
- piston, dès que le taux de compression devient un peu élevé.
- On constate en particulier, que pour un combustible déterminé, lorsqu’on fait augmenter progressivement le taux de compression, la confbustion change brusquement d’aspect à certain moment : elle prend la forme de ce qu’on est convenu d’appeler la détonation.
- Pour bien comprendre ce qu’est la détonation, il faut chercher à se rendre compte de l’allure normale de la
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- L'AUTO-ALLUMAGE
- combustion du mélange explosif dans un moteur à combustion interne.
- Ce mélange a été comprimé par le piston dans un espace clos, appelé chambre de combustion ou chambre de compression.
- Au moment où il occupe ce volume minimum, une étincelle électrique jaillit en un point du mélange, en produisant son inflammation.
- Celle-ci se propage de proche en proche, sous la forme d’une surface appelée onde de combustion. Lorsque le taux de compression ne dépasse pas une certaine limite, la combustion a lieu progx*essivement depuis le point de jaillissement de l’étincelle (pointe des bougies) jusqu’aux points les plus x*eculés de la chambre de combustion.
- Il est à l’emarquer qu'au cours de cette combustion, les gaz brûlés qui se trouvent en arrière de la surface de combustion voient leur température et par suite leur pression augmenter très fortexnent.
- Ils compriment par conséquent devant eux les gaz non encore brûlés qui se ti’ouvent de l’autre côté de la surface de combustion.
- On sait par expéi’ience que si on comprime très fortement un mélange explosif dans une chambre dont les parois sont pratiquement athermanes (c’est-à-dire n’absorbent pas là chaleur du mélange), il arrive un degré de compression où le mélaxige brûle spontaxiément ; la combustion ayant lieu au même moment en chacun de ses points, il s’agit d’une véritable explosion.
- Nous avons remarqué que dans le phénomène normal de combustion, les gaz brûlés comprimaient devant eux les gaz encore non brûlés.
- Il peut se faire, si la compression préalable a été suffisante, que ces gaz non brûlés se trouvent à un certain moment portés à une pression telle qu’ils s’enflamment spontanément. A ce xnoment, la coxnbus-tion, au lieu de se propager progressivement par déplacement de la surface de combustion, s’achève brusquement dans tous les points de la chambre de combustion non encore atteints par la flamixie : il en résulte une élévation extrêmement brusque de température et de pression : c’est ce phénomène qu’on appelle la détonation.
- On conçoit, sans qu’il soit besoin d’y insister beaucoup, que la détonation dans une chambre de combustion de moteur est nettement nuisible à la bonne marche de ce moteur.
- Cette brusque élévation de pression produit sur tous les org’anes du moteur en relation directe ou non avec le piston un choc brusque qui nuit à leur conservation, et qui nuit aussi au bon rendement mécanique de l’ensemble.
- La détonation, lorsqu’elle se produit dans un moteur, se manifeste à l’observateur qui suit les essais par un bruit très net et très perceptible dit cognement; tous les praticiens savent qu’un moteur qui cogne travaille dans > de mauvaises conditions.
- Sa puissance en particulier diminue très rapidement, et si on n’y porte aucun remède, le moteur finit par s’arrêter.
- D’autres phénomènes peuvent être constatés dans la culasse du moteur où les gaz sont très comprimés. Ce sont les phénomènes d’auto-allumage soit spontanés, soit par points chauds. L’auto-allumage spontané, nous en avons parlé tout à l’heure : c’est l’allumage simultané dans tous ses points, d’une masse gazeuse combustible qui a été portée par compression à une température égale à sa température d’inflammation spontanée. Il est très rare qu’un auto-allumage de ce genre se produise dans un moteur à explosions. Le phénomène de détonation a toujours lieu avant, au moins avec les combustibles usuels.
- Il n’en est pas de même de l’auto-allumage par points chauds qui est au contraire assez fréquent.
- Les parois de la culasse du moteur sont fortement réchauffées parles gaz incandescents qui les lèchent au moment de la combustion et au commencement de la détente.
- Elles sont, d’autre part, refroidies par la circulation d’eau ou d’air qui se fait à l’extérieur. _Si„ les parois présentent à l’intérieur des points mal refroidis, soit parce qu’ils sont peu conducteurs (pointes de bougies ou dépôts de crasse), soit parce qu’ils sont un peu isolés, au point de vue thermique, de la circulation d’eau (saillies aiguës à l’intérieur de la chambre), ils peuvent rester incandescents entre deux explosions. Les gaz combustibles qui se trouvent au contact de ces points incandescents s’allument donc lorsqu’ils ont atteint, par suite de la compression, une certaine température : c’est l’auto-allumage par points chauds.
- Il est relativement facile d’éviter l’auto-allumage par points chauds : il suffit pour cela de polir soigneusement l’intérieur de la paroi de la chambre de combustion et de refroidir les organes qui seraient exposés à voir leur lempéi’ature dépasser la limite convenable (soupape d’échappement et bougies en particulier) ; on peut admettre qu’un moteur bien construit ne doit pas présenter d’autoallumage par points chauds.
- Les phénomènes de détonation dominent actuellement, pourrait-on dire, toute la construction des moteurs d’automobiles. Je ne veux pas dire par là que les moteurs courants, les moteurs de série qu’on monte sur les voitures qui sortent journellement des usines de nos constructeurs présentent des phénomènes de détonation. On s’est soigneusement tenu en dehors de ces limites de détonation pour le choix des dimensions de ces moteurs. Mais pour le moteur de l’avenir, le moteur à haut rendement et à grande puissance, on se heurte à chaque instant aux phénomènes de détonation parce que précisément pour ces moteurs, on veut utiliser les grands rapports de détente, ou si on préfère, les grands rapports de compression. Ces phénomènes de détonation méritent donc une étude approfondie.
- Cette étude a été faite surtout par les Américains. Elle n’a été reprise chez nous qu’il y a quelques années, en particulier par l’ingénieur Dumanois.
- Nous indiquerons, dans un prochain article, les résultats obtenus à l’heure actuelle et la voie qui semble tracée. Henri Petit.
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- NDES, MOTS ET CURIOSITÉS
- DE LA SCIENCE
- Sous le titre d'Erreurs et Mensonges historiques, un érudit qui avait des loisirs se divertit, naguère, à redresser un certain nombre de légendes, de fables plus ou moins accréditées, qui, soumises au crible de l’analyse, se réduisent le plus souvent, quand on les dépouille de leur auréole de merveilleux, à des faits très simples, démesurément grossis ou dénaturés.
- Il en est de même des mots qui, avec le temps, revêtent une forme lapidaire, mais ont rarement été prononcés tels que nous les connaissons.
- Pour ne pas sortir du domaine scientifique, citons la fameuse phrase : E pur si muove, que Galilée n’a jamais prononcée ; pas plus que n’est vrai l’épisode de sa prison, palais des plus confortables, qui appartenait à un ambassadeur de ses amis.
- Il en est de même de l’incarcération du Tasse, qui fut enfermé comme fou, non dans une sombre cellule, comme les artistes l’ont représenté, mais dans de superbes appartements, où tous les soins lui furent prodigués.
- Combien de fois a-t-on raconté l’histoire de ce duc de Clarence qui fut noyé dans un tonneau de malvoisie, alors qu’il est avéré que son corps fut mis dans un tonneau ayant contenu de ce vin, puis jeté dans la Tamise,, npn loin de la Tour de Londres! C’est, évidemment, moins romanesque mais bien plus vraisemblable.
- Essayez de soutenir que Cromwell ne mourut pas de la pierre et vous verrez aussitôt surgir un scoliaste qui vous opposera le texte de Pascal : « Rome même alloit trembler sous lui, mais ce petit gravier, qui n’était rien ailleurs, mis en cet endroit, le voilà mort, sa famille abaissée, et le roi rétabli ». Il ne nous sera pas malaisé de démontrer qu’une erreur manifeste se dissimule sous cette éloquence ampoulée.
- Grâce aux progrès de la science, il nous,est possible, aujourd’hui, de démontrer ce qu’il y a de vrai ou de faux dans certaines légendes qui ont survécu à travers les âges, telles que celle d’Annibal fondant les rochers avec du vinaigre; de Cléopâtre, réduisant en liqueur l’une des perles qui pendaient à ses oreilles, etc.
- Nous montrerons comment Archimède ne put prononcer sa phrase devenue historique : « Donnez-moi un point d’appui et avec un levier je remuerai le monde. » Nous rechercherons si Bélisaire fut réellement aveugle. Esope bossu et Démosthène bègue; si Salomon de Caus fut atteint de folie et mourut, méconnu, dans un cabanon de Bicêtre, ou si cette imposture doit être mise au même compte que la prophétie attribuée à Cazotte, par le critique La Harpe, qui l’a, de toutes pièces, fabriquée.
- Tous, ou à peu près tous, les historiens prêtent ces paroles à Charles IX, le jour du terrible massacre de la Saint-Barthélemy : « Tuez, tuez » ; et ils ajoutent « et. (le roi) n’en voulut sauver aucun, sinon maistre Ambroise Paré, son premier chirurgien ». Ici, nous relèverons une double erreur : la première, c’est que Charles IX désigna nommément un certain nombre de personnages, comme devant être épargnés; la seconde, c’est que sa clémence n’avait pas à s’exercer envers Pàré, qui n’appartenait pas
- à la religion réformée, mais à la religion catholique, ce qui le mettait à l’abri de la persécution.
- Rien ne semble moins établi que la tradition qui nous montre le désintéressement d’Hippocrate refusant les présents d’Artaxerxès, l’héroïsme de Mutius Secevola, ou celui de Lucrèce. La critique moderne n’en a presque rien laissé subsister, il nous appartiendra d’entériner ses conclusions.
- A nous résumer, nous nous bornerons, pour ne pas allonger ce préambule, à faire nôtre cette déclaration du Père Griffet : « il n’y a de place dans l’histoire que pour le vrai, et tout ce qui n’est que vraisemblable doit être renvoyé aux espaces imaginaires des romans et des fictions poétiques. »
- Le Génie est une longue patience.
- Ce mot, attribué à Buffon, se présente à nous sous les formes les plus variées.
- \ous le chercheriez vainement dans le Discours de réception à l’Académie française de l’illustre naturaliste. Il faut donc puiser à d’autres sources.
- Dans un Voyage à Monlbard, Hérault de Séchelles raconte que Buffon dit une fois en sa présence : « Le génie n’est plus qu’une grande aptitude à la patience. » Flourens cite le mot par à peu près : dans son Histoire des travaux et des idées clc Buffon, il prête au savant dont il s’est constitué l’historiographe, la phrase citée plus haut, sauf une légère et d’ailleurs heureuse modification : « Le génie n’est plus qu’une grande aptitude à la patience ».
- De son côté, Mme Necker, chez qui Buffon fréquentait, prête à ce dernier ce propos : « Le génie se forme par la patience, en considérant longtemps une idée et en trouvant enfin des rapports féconds et bien liés(‘) ».
- Un peu plus bas, elle ajoute, comme pour mieux faire entendre la pensée de son auteur : « M. de Buffon est persuadé que l’art d’écrire est de la patience, et que le génie est de la patience : il faut bien voir pour bien écrire, il faut penser longtemps pour avoir des idées nouvelles. Quand on a une idée intéressante, il ne faut pas s’empresser de la délayer pour en faire un livre; il faut, au contraire, la mettre de côté, afin cle pouvoir la réunir avec toutes celles qui se présentent à notre esprit et en faire un corps digne d’attention (*). »
- Il résulte de ces citations, que, comme tous les mots historiques, celui de Buffon a pris, avec la patine du temps, une forme axiomatique. Sans doute l’idée première ne lui appartient pas moins, mais combien modifiée, combien déformée! Quand encore on ne lui en conteste pas la paternité, pour l’attribuer à Descartes, ou à... Newton....
- « Je le pansay, Dieu le guarist. »
- Ambroise Paré parle souvent, dans ses récits, de sa
- 1. Nouveax mélanges, 1801, t. I, 154.
- 2. Id., 181.
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- croyance en Dieu, de sa foi dans la vertu de la prière. On relève, par exemple, dans ses Traités, des phrases comme celles-ci : Dieu bénit mon œuvre ; il guérit par la grâce cle Dieu,
- A propos de son voyage dans les Flandres, et des soins qu’il fut appelé à donner au marquis d’Auret, dangereusement blessé, il écrit : « Après avoir vu le malade, je priai Dieu qu’il me fit cette grâce, qu’il guarist et qu’il bénit nos mains et les médicaments(*).
- Le principal et le plus autorisé des biographes de nqtre chirurgien met en doute l’authenticité du mot qu’on lui prête :
- « Le fait le plus saillant de son caractère était une profonde piété, et il n'est pas un seul de ses ouvrages où il ne cherche l’occasion de rendre gloire à son Créateur. Avant comme après la Saint-Barthélemy, son langage demeura le même. Il n’effaça jamais une ligne de ce que lui avait dicté son sentiment religieux.... A cette foi ardente, à cette vive espérance en Dieu, il joignait une charité sincère pour les malades confiés à ses soins ; jamais il ne lui serait échappé de dire, comme l’ont imaginé quelques-uns : Je t'ai pansé, Dieu te guérisse! Mais après le pansement, il veillait avec soin à tout ce qui pouvait favoriser la cure; et, après le succès obtenu, il disait modestement : Dieu le guaritf*). »
- 1. Cf. Le Vennendois, revue d’histoire locale, beaux-arts et littérature, 2e année, 1879.
- 2. Histoire de la Chirurgie en Occident, depuis le vi° jusqu’au xvi° siècle, et Histoire de la Vie et des Travaux d’Ambroise Paré, par J. F. Malgaigne ; Introduction, CCXCYI.
- N’en déplaise au plus savant des commentateurs, Ambroise Paré a bien fait imprimer la phrase qu’on lui prête à très juste titre. Malgaigne lui-même en convient, du reste, à une autre place; il indique, très précisément, que c’est dans la 4e édition des OEuvres complètes d'Ambroise Paré (Paris, 1885), au chapitre intitulé : Y Apologie et Traicté, contenant les voyages faicts en divers lieux, à la page MCXIIII, qu’on relève la première mention de l'aphorisme devenu célèbre.
- Ce qui a pu donner le change, c’est que, dans les éditions antérieures à 1585 comme dans toutes celles cpii ont suivi, l’histoire de l’épisode du capitaine Le Rat, blessé d’un coup d’arquebuse à la cheville, au siège de Turin en 1536 et où se trouve la fameuse phrase, a été supprimé.
- Comme, d’autre part, on rencontre, dans ces mêmes éditions, et à de fréquentes reprises, des phrases comme celles-ci : « ce nonobstant, ledit Seigneur, grâce à Dieu, a esté gueriz »; ou cette autre : « lequel aussi j’ai pensé jusques à guérison, grâces à Dieu », on a pu en inférer que la phrase, telle qu’on la connaît, n’était que « la fixation, sous une forme parfaite, d’une pensée exprimée sous des variantes multiples, dans les récits de Paré (*) ; alors que celui-ci l’a bien conçue et formulée telle qu’elle nous est parvenue.
- Le fait assez rare, d’ailleurs, valait d’être signalé.
- Dr Cabanes. . -
- 1. Cf. Chron. mcd., 1er août 1913.
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES
- SAPONAIRE OFFICINALE
- La Saponaire (Saponaria officinales L.) Caryophyllacées, est souvent désignée sous les noms de Savonnaire, Savon-nière, Herbe à savon, Herbe à foulon, qui rappellent ses anciens usages dans le blanchiment ou le nettoyage des étoffes de laine et des objets de lingerie où elle remplaçait le savon. C’est la plante savonnière la plus connue en Europe.
- Habitat. — Elle croît spontanément dans les lieux frais, sur les bords des champs humides et des ruisseaux, dans les haies.
- Description sommaire. — Plante vivace, herbacée, haute de 40 à 60 cm. Rhizome à divisions rampantes, émettant des stolons. Tige noueuse aux articulations, rameuse au sommet. Feuilles opposées, sessiles, ovales et lisses. Fleurs (juillet-août) grandes, en grappes corymbiformes d’un rose pâle, rarement blanches, peu pédonculées, légèrement odorantes. Fruit uniloculaire en capsule s’ouvrant par un pore produit par l’écartement du sommet des carpelles. Graines réni-formes et rougeâtres.
- Culture. — On cultive la saponaire sur une surface plus ou moins grande dans les départements de l’Ain, de l’Isère, de la Loire, de l’Aisne et dans la région parisienne, notamment à Milly. La culture en est facile et bien qu’elle préfère les terres profondes, humifères et fraîches, elle se contente
- d’un sol bien préparé et, autant que possible, léger et siliceux.
- Multiplication. — On emploie deux procédés : par semis ou avec des éclats de pied.
- Par semis. Voici, succinctement, le procédé de MM. A. Goris et J. Demilly. On sème à la fin de mars ou dans les premiers jours d’avril, sur des planches larges de 1 m. 20 dans des sillons écartés de 10 cm et profonds de 2 cm; on recouvre les graines en comblant les sillons de terre avec le dos d’un râteau.
- Bien que l’on puisse mettre en place les jeunes plants lorsqu’ils ont 4 à 5 feuilles, il vaut mieux les laisser une année en planches et les planter soit à l’automne de la première année, soit au printemps de la deuxième année, ils auront alors plus de vigueur. On les mettra à 25 cm les uns des autres sur des lignes distantes de 60 cm.
- Par éclats de pied. — On les plante à demeure, de l’automne au printemps, à 30 ou 40 cm sur des rangées espacées de 50 cm au moins. En cours de végétation, on donne les soins culturaux habituels.
- A Milly, M. Morin plante des rhizomes traçants dans des rigoles de 5 cm de profondeur et de 20 cm de largeur sur des lignes distantes de 0 m. 15 (A. R. et D. B.).
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- Récolte et séchage. — La récolle diffère selon qu’il s’agit des feuilles ou des racines. Pour les feuilles, on l'entreprend dès la première année, de juillet à août, un peu avant la floraison. Sur les champs, on les coupe à la faux, dans le Jardin familial on les détachera une à une, de façon à éliminer les parties altérées, puis on les desséchera soigneusement et le plus vite possible. Il est difficile de les conserver vertes, parce que le jaunissement s’empare d’elles rapidement et leur fait perdre une partie de leur valeur marchande.
- Dix kilogrammes de feuilles vertes laissent, après dessiccation, 3 kg 100 de feuilles sèches.
- Les racines sont arrachées, à l’automne, à partir de la deuxième année jusqu’à la cinquième année. On les nettoie aussitôt et, comme elles sont minces et longues, on les coupe en fragments de 3 à G cm de longueur et on les fait sécher sur des claies à l’air libre ou à l’étuve.
- Production. — On peut faire, par hectare, pendant la durée de la plantation qui est de cinq années environ, quatre récoltes de 2500 kg de feuilles et, une récolte de 4500 kg de racines (A. R. et D. B.). MM. Goris et J. Demilly indiquent un rendement de 8000 kg de racines fraîches à lhectare.
- position chimique. — Toutes les parties de la Sapo-
- naire, mais surtout la racine, renferment un glucoside : la saponine dont un millième suffit pour rendre l’eau savonneuse et mousseuse. Elle possède la propriété d’émulsionner les résines, les huiles, le camphre, mais on lui attribue aussi, en partie, les effets nocifs, voire vénéneux de la plante.
- Propriétés thérapeutiques. — On la considère comme dépurative, sudorifique et légèrement stimulante. On la recommande comme efficace dans le traitement des dartres furfuracées et squameuses, ainsi que dans les affections rhumatismales, la goutte et la jaunisse.
- Préparations pharmaceutiques. —• Celles dans lesquelles entrent les racines sont les plus actives. Les plus employées sont : la décoction 20 à 30 gr. pour 100; l’extrait 1 à 2 gr. par jour sous forme de sirop : 10 gr. dissous dans 990 gr. de sirop simple. Pour les feuilles, les doses sont sensiblement les mêmes, mais on augmente leur action dépurative en leur associant soit les pensées sauvages, soit l’iodure de potassium, le bicarbonate de soude ou le benzoate de soude.
- Observations commerciales. —• La Saponaire donne lieu à une vente importante. Ses différentes parties ont été payées le kilogramme : la plante entière 0 fr. 90 ; les feuilles mondées 2 fr. à 2 fr. 25 et les racines 2 fr. à 3 francs.
- TANAISIE VULGAIRE
- Plante des plus odorantes, la Tanaisie vulgaire ( Tanacetum vulgare LJ. Synanthérées-Sénécionidées, a pour principaux synonymes : Tanacée, Herbe aux vers, Herbe amère, Bar-botine, etc.
- Habitat. — Elle est très répandue dans toute la France, notamment dans les lieux incultes et un peu frais, sur le bord des routes et les berges des cours d’eau, etc.
- de feuilles sèches. La dessiccation n’enlève aux fleurs ni leur coloration jaune ni leur saveur amère, mais elle diminue légèrement leur odeur.
- Composition chimique. — La Tanaisie compte comme principes vraiment actifs, une huile volatile (tanacétone), une substance amère (tanacétine) et un camphre (hydrure de tanacétyle).
- Description sommaire. — Plante vivace, de 0 m. 60 à 1 m. 20 de hauteur dont l’odeur prononcée est due à des glandes oléifères, saveur amère et nauséeuse. Tiges nombreuses réunies en touffes, cylindriques et rameuses. Feuilles alternes, les inférieures pétiolées et les autres sessiles, derni-embrassantes, très divisées, pennatipartites. Fleurs s’épanouissant de juin à septembre, d’une belle coloration jaune, en capitules nombreux assez longuement pédonculés, disposés en corymbe composé, dressé et terminal. Fruit (akène) allongé, à 5 côtes, surmonté d’une couronne membraneuse.
- Culture. — La Tanaisie demande une terre légère, sablonneuse, fraîche, à une bonne exposition. On la multiplie facilement de semis ou avec des éclafs de pied.
- Dans le premier cas, les graines sont semées en place au printemps, dans le second cas, les éclats de pied sont mis en terre à la fin de l’hiver ou au début du printemps.
- Récolte et séchage. — On procède à la récolte pendant toute la durée de la floraison, soit de juin à septembre; elle comprend surtout les sommités fleuries dont on forme des bouquets et des guirlandes que l’on suspend sur des cordes ou des fils de fer, dans un endroit aéré, ou bien que l’on porte au séchoir ou à l’étuve. On récolte aussi les feuilles à part et on les met sécher sur des claies.
- Après séchage, 10 kg de feuilles fraîches laissent 1 kg 960
- Propriétés thérapeutiques. — Des différentes propriétés qu’on lui reconnaissait autrefois, tant pour le traitement interne qu’externe, on ne lui accorde aujourd’hui qu’une action vermifuge bien démontrée.
- Préparations pharmaceutiques. — Les plus recommandables, d’après le Dr H. Leclerc, sont : l’infusion de semences à 4 ou 5 pour 100, la poudre, à la dose de 2 à 4 gr. incorporée à de la marmelade d’orange ou en suspension dans un julep gommeux, l’extrait aqueux qui contient le principe amer et peu d’essence (0 gr. 20 à 0 gr. 60), et contre les oxyures l’infusion concentrée de la plante entière en lavements ou des suppositoires renfermant 0 gr. 30 d’extrait.
- En dehors des préparations pharmaceutiques, la poudre de fleurs de tanaisie entre dans la composition de certaines poudres insecticides; on prétend même qu’elle chasse les puces et les punaises qui infestent les objets de literie.
- Enfin, dans le Nord de l’Europe, la tanaisie sert de condiment et on la fait entrer dans la composition de la bière en remplacement du houblon (Dr A. Iléraud).
- Observations commerciales. — La vente de cette plante est faible. L’herboristerie a payé la plante entière 0 fr. 80 à 1 franc le kg, les feuilles mondées 1 fr. 25 à 1 fr. 40 et les fleurs mondées 1 fr. 50 -à 1 fr. 60.
- A. Truelle.
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- 50 :: ' LA RADIOPHONIE PRATIQUE ........:.'EE
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION SIMPLE D’UN POSTE DE RÉCEPTION
- Fig. 1. — Dans un condensateur variable à lames senii-circuluires, la variation de capacité est proportionnelle au déplacement angulaire du cadran. Il en résulte, comme le montre la figure, que les longueurs d’onde courtes sont beaucoup trop resserrées au début de la graduation, lorsque le condensateur est monté dans un circuit oscillant.
- COMMENT CHOISIR LES CONDENSATEURS VARIABLES D'UN POSTE MODERNE?
- On sait que les condensateurs variables employés actuellement dans les postes de réception sont presque exclusivement à diélectrique d’air. Cependant, il y a quelques années, les lames des armatures fixes et mobiles de ces condensateurs étaient toutes de forme semi-circulaire.
- Dans ces condensateurs, en faisant tourner le cadran commandant l’arbre de l’armature mobile, on produisait une variation de capacité proportionnelle au déplacement angulaire de ce cadran, et ce procédé avait un défaut grave encore plus accentué par l’emploi des ondes courtes.
- Lorsque le condensateur était monté dans un circuit oscillant, un circuit de liaison à résonance, par exemple, il était fort difficile d’opérer un réglage précis au début de la graduation (lig. 1).
- C’est pourquoi, l’on utilise maintenant des condensateurs à variation linéaire de longueurs d’onde (square-law ou loi du carré). Ces condensateurs, qui comportent des plaques fixes ou mobiles de forme spéciale parabolique, permettent d’obtenir un déplacement du cadran proportionnel aux variations de longueur d’onde du circuit oscillant dans lequel est monté le condensateur (fig. 2 et 4).
- Dans ces conditions, les repères correspondant aux
- Fig. 3. — Avec un condensateur à variation linéaire de longueur d’onde, les variations de longueur d’onde sont proportionnelles aux déplacements du cadran, et les longueurs d’onde sont réparties uniformément tout autour de ce cadran.
- émissions sont répartis également autour du cadran, et le réglage devient beaucoup plus facile.
- Dans certains cas, cependant, pour réaliser des circuits d’accord sur cadre et de modulation, dans un appareil à changement de fréquence, par exemple, il est utile d’avoir des condensateurs dans lesquels les déplacements du cadran ne correspondent plus à des variations proportionnelles de longueurs d’onde, mais à des variations de fréquences, ce qui n’est pas du tout identique, malgré les confusions qui peuvent exister dans l’esprit de certains amateurs (fig. 5 et 6).
- Ces condensateurs, dont les lames mobiles ont également un profil spécial, sont dits à variations linéaire de fréquence (straight line frequency).
- De tels condensateurs sont employés, par exemple, dans ces superhétérodynes à réglage unique que nous avons déjà décrites, et dont nous aurons l’occasion de donner prochainement de nouvelles descriptions à propos des modèles français de ce type.
- Le condensateur moderne que l’on emploie maintenant dans la construction des postes de réception sera d’un des deux modèles décrits plus haut, mais il devra posséder, en outre, deux qualités essentielles.
- Tout d’abord, il faudra que l’armature mobile ou rotor soit très bien isolée, ce qui peut être obtenu par l’emploi de barrettes d’ébonite
- de bonne qualité, d’orca, ou de quartz, et, de plus, il faudra que la construction mécanique de cet accessoire soit réalisée de façon à éviter les pertes en haute-fréquence. La masse des flasques du stator, et, en général, toutes les parties fixes devront être évidées autant que possible.
- Enfin, la capacité résiduelle du condensateur devra être extrêmement faible ; nous rappelons que l’on appelle capacité résiduelle d’un condensateur la capacité de l’ensemble lorsque le cadran est au zéro, c’est-à-dire lorsque les lames mobiles sont à l’extérieur des lames fixes.
- Il ne faudrait pourtant rien exagérer, et il est évident que ces prescriptions rigoureuses s’appliquent surtout au cas où l’on veut recevoir des émissions sur ondes très courtes.
- L’auditeur de T. S. F., quia seulement en vue la réception des émissions de radiodiffusion, actuellement transmises en France sur la gamme 300-3000 m. peut utiliser à la rigueur des condensateurs de bonne qualité, évidemment, mais construits avec une précision moins rigoureuse.
- On peut remarquer, d’ailleurs, que l’emploi d’un condensateur à variation linéaire de longueurs d’onde est surtout intéressant dans un circuit d’accord sur cadre, de résonance
- Fiq. 2. — Condensateur à variation linéaire de longueurs d’onde. On voit également sur cette figure une lame mobile de forme spéciale assurant les propriétés du système.
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- ou de modulation, beaucoup plus que dans le cas d’un circuit d’accord en dérivation sur antenne (fig. 6).
- Dans ce cas, en effet, il faut considérer que la connexion de l’antenne et de la prise de terre introduit dans ce circuit une capacité fixe 'constamment en pai-allèle avec la capacité variable, et les variations de longueurs d’onde ne sont plus proportionnelles au déplacement du cadran du condensateur-.
- PEUT-ON ÉLIMINER LES BRUITS PARASITES INDUSTRIELS?
- Parmi les bruits gênants qui viennent troubler les auditions de T. S. F., il faut distinguer trois catégories :
- Un premier groupe de ces bruits parasites est causé par les influences atmosphériques, un deuxième par les défectuosités du poste lui-même, mauvaises connexions, usures des piles ou des lampes, etc., enfin un troisième a pour cause essentielle tous les courants provenant d’établissements industriels environnants, ou des postes d’émission voisins, sinon des postes de réception qui réactionnent dans leurs antennes, les transformant ainsi en antennes d’émission.
- Ne considérons pas pour l’instant les deux premières catégories, sur lesquelles nous avons déjà donné des indications que nous compléterons prochainement.
- Ce n’est pas une chose facile, la plupart du temps, de
- Fig. 5. — Avec un condensateur à variation linéaire de fréquence,
- les fréquences sont réparties uniformément autour du cadran.
- supprimer ou même d’atténuer les bruits parasites industriels, tels que bruits provenant de moteurs ou de dynamos voisines du poste de réception, d’appareils à rayons X, d’ascenseurs, etc.
- Le remède général, souvent préconisé, consiste à employer une antenne courte bien dégagée, et à remplacer la prise de terre habituelle par un contrepoids, ou bien encore à utiliser un cadre de modèle plus ou moins spécial.
- Mais ce remède est souvent inutile dans beaucoup de cas, parce que la réception des courants parasites à haute fréquence se fait, non seulement par le collecteur d’ondes habituel, mais encore par les organes mêmes du poste : bobinages d’accord ou de résonance, tesla de liaison dans une superhétérodyne, transformateurs, etc.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a préconisé depuis quelque temps en Amérique et même en France le blindage des organes du poste, et même du poste tout entier. Ce procédé a, en outre, l’avantage d’éviter les réactions mutuelles des organes les uns sur les autres, donc de stabiliser l’appareil.
- On s’est contenté, jusqu’à présent, en France, d’utiliser des postes avec des panneaux antérieurs en aluminium, et d’entourer les organes tels que transformateurs ou impédances avec des blindages en aluminium ou en laiton.
- Aux Etats-Unis, on est allé plus loin et l’on enferme souvent tous les organes du poste dans une véritable cuirasse qui dissimule même les lampes.
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- QUELQUES [RÉCENTS MODÈLES DE HAUT-PARLEURS
- On a pu voir au dernier Salon de la T. S. F. des modèles nouveaux de haut-parleurs, qui semblent présenter des particularités assez intéressantes au point de vue de la pureté de l’audition.
- Tout d’abord, il faut remarquer que, pour les haut-parleurs de salon, c’est-à-dire permettant une audition d’intensité modérée dans une pièce de dimensions moyennes, le système à diffuseur semble prendre l’avantage sur les aj>pareils à pavillons, et ces derniers paraissent, d’ailleurs, réservés aux auditions puissantes.
- En outre, pour la plupart de ces modèles à diffuseur, les constructeurs se sont efforcés de réaliser des systèmes ayant non pas une seule péiûode propre de vibration, mais de multiples périodes de résonance, afin que toutes les vibrations sonores de différentes fréquences soient également reproduites et amplifiées.
- Dans le haut-parleur Saldana (fig. 7), appareil d’ailleurs très élégant, l’armaUxre vibrante est soutenue par des croisillons légers métalliques de sections différentes, qui ont donc des fréquences différentes de vibrations propres.
- Le nouveau modèle de haut-parleur Gaumont, dit Lotus, comporte un nouveau procédé de construction (fig. 8). Le diffuseur en papier plissé d’un modèle bien connu n’est pas actionné par le moteur électromagnétique en son centre, comme dans l’ancien modèle, mais en un point excentré, ce qui donne aux différentes parties du diffuseur des fréquences propres inégales de vibrations.
- La maison Gaumont a, d’ailleurs, réalisé un haut-parleur très curieux dit Biblos (fig. 9). Dans cet appareil, le diffuseur est formé par deux parties semi-cylindriques de parchemin qui figurent les pages ouvertes d’un livre.
- Signalons enfin le haut-parleur Ilervor système Magunna (fig. 10), dont le pavillon diffuseur est très curieux. Ce pavillon se compose de trois organes, un réflecteur parabolique à grande ouverture, une bague ajourée de réglage de la diffusion, et une conque, dont la section varie suivant la loi exponentielle.
- La ligne médiane de la conque est conformée de manière à affecter la forme d’un col de cygne, et débouche dans l’axe du réflecteur et à petite distance de ce dernier.
- L’exti'émité inférieure de Ta conque forme une tubulure conique qui vient s’engager dans la douille portée par le socle supportant le générateur électromagnétique de
- Lg
- '4-80 v.
- Fig. 4. — Condensateur à variation linéaire de fréquences.
- sons.
- D’après le constructeur, au point de vue acoustique, la pureté et l’amplification des sons
- Fig G.— Lors de l’accord en dérivation sur antenne en I, il faut considérer que la connexion de Vantenne et de la prise de terre introduit une capacité fixe en dérivation sur le circuit L C, ce qui n’est pas le cas en II pour l’accord du circuit de résonance L'C'.
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- Fig. 7 à 10. — 7. Dans ce haut-parleur à diffuseur perfectionné du type Saldana, le diffuseur est en matière moulée transparente, et Varmature vibrante est ‘soutenue par des croisillons métalliques qui possèdent des fréquences propres de vibration differentes. — 8. Le diffuseur de forme spéciale de ce haut-parleur Lotus du type Lumière-Gaumont est en parchemin plissé, et les vibrations sonores sont communiquées au diffuseur par F armature du moteur électromagnétique en un point excentré. — 9. Ce modèle très original de haut-parleur dit Biblos a exactement l’apparence d’un livre ouvert posé sur un chevalet. Le diffuseur est formé 'par le feuillet de parchemin qui figure les pages ouvertes du livre. — 10. L’appareil Hervor-Magunna est en quelque sorte une combinaison d’un réflecteur de sons et d’une conque de haut-
- parleur à pavillon.
- sérail beaucoup mieux obtenue qu’avec un pavillon ordinaire.
- CONSTRUCTION D'UN CADRE POUR TOUTES LONGUEURS D'ONDES
- On sait qu’il est bon d’utiliser séparément un cadre pour la réception des ondes courtes/et un cadre pour la réception des ondes moyennes et qu’il est préférable de bobiner le premier en spirale plate et le deuxième en hélice.
- Cependant, si l’on utilise des appareils extrêmement sensibles, comme, par exemple, des superhélérodynes, on dispose quelquefois d’un tel excédent de sensibilité qu’il peut paraître presque indifférent d’employer un seul cadre pour toutes longueurs d’onde, qui fournira une énergie sans doute inférieure, mais qui sera de dimensions plus réduites et d’usage pixitique.
- Un tel cadre est facile à réaliser de la manière suivante : on découpe deux légers croisillons en bois, par exemple en hêtre, de 110 cm de long, que l’on assemble au moyen de vis, et que 1 on fixe sur un support en bois de la forme indiquée (fig. il)-
- Ces croisillons portent à leur quatre extrémités, dans une fente exécutée à la scie, de petites pièces d ébonite maintenues par des boulons en laiton.
- Ces pièces d’ébonite, d’environ 4 à 5 mm. d épaisseur.
- 30 à 40 mm. de large et 140 mm. de long, portent douze traits de scie oblique sur chaque face, distants de 10 mm., comme le montre la figure 11 jb),
- Ces pièces d’ébonite supporteront les spires de fil de 6'10 de mm. de diamètre isolées à la soie ou au coton.
- On effectue le bobinage de la manière suivante : le fil est d’abord fixé à la borne A, située à la base du cadre, puis on enroule 12 spires sur la face avant des supports en ébonite dans le sens de rotation des aiguilles d’une montre.
- A partir de la douzième spire, on passe sur la face opposée du cadre en enroulant en sens inverse, c’est-à-dire en commençant par la partie du cadre la plus rapprochée du centre.
- L’extrémité du bobinage aboutit à la borne B.
- Enfin, on effectue une coupure à la 7° spire à partir du commencement de l’enroulement et l’on connecte les deux extrémités aux bornes C et D (fig. 11 (c).
- On utilise alors le cadre de la manière suivante :
- Pour les grandes ondes, les bornes C et D sont connectées ensemble et les bornes A et B sont reliées au poste.
- Pour les petites ondes, C et D sont déconnectées, et les bornes A et C reliées au poste.
- On évite ainsi l’encombrement de deux cadres différents pour un seul poste.
- P. IIkmarbinquer.
- Fig. 11. — a) Carcasse de cadre en bois. — b) I. Plaquette en ébonite avec traits de scie supportant les spires de l’enroulement, II. Son montage à l’extrémité d’un croisillon en bois. — c) Disposition des bornes sur la base du cadre.
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- PETITES INVENTIONS
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- APPAREILS DE LABORATOIRE Brûleur de laboratoire.
- On a. souvent besoin au laboratoire d’incliner plus ou moins les becs Bunsen, soit pour les introduire sous un appareil trop bas, soit pour concentrer sur un même point la flamme de plusieurs brûleurs, ou encore pour chauffer l’intérieur d’une coupelle ou le haut d’un creuset.
- M. J.-L. Breton, directeur de l’Office national des Recherches et Inventions, vient d’imaginer dans ce but un nouveau dispositif représenté figure 1. Sur un socle très stable,, une
- signalé aux établissements Neveu-Fontaine qu’il y aurait intérêt à trouver dans le commerce des valets semblables à ceux qu’il emploie et qui sont constitués par une rondelle de plomb et une ficelle d’amiante, selon la figure 3 ci-jointe.
- Ces valets ont de nombreux avantages : ils supportent des températures allant jusqu’à 300°. Ils demeurent au fond des bains-marie, des bains d’huile, de chlorure de calcium, sans aucune altération et servent presque indéfiniment; lès accidents qui abrègent la durée des valets ordinaires, notamment le contact avec les liquides corrosifs, étant sans action sur eux. Les établissements Neveu-Fontaine viennent d’établir à l’usage des laboratoires une série de 3 rondelles mesurant respectivement 6, 10 et 15 cm de diamètre qui répondent à la plupart des besoins.
- Établissements Neveu-Fontaine, 16 à 20, rue Monsieur-le-Prince, Paris.
- Fig. 1 et 2. A gauche, brûleurs a gaz inclinables. A droite, trois brûleurs groupés sous un creuset.
- vis permet de fixer en n’importe quelle position le tube du brûleur mobile dans un palier. Le brûleur est formé d’une sphère creuse surmontée d’un tube; le gaz est réglé à son arrivée dans la sphère par un robinet pointeau; l’entrée d’air se fait par une couronne de trous percés à la base du tube, elle se règle par le vissage et le dévissage du tube sur la sphère; le tube est embouti en croix à sa partie supérieure pour étaler la flamme, améliorer la combustion et éviter l’allumage à l’intérieur. Le réglage est très commode et précis; la flamme peut être réduite à une veilleuse sans danger d’allumage à la base du tube. Le nouveau brûleur est plus pratique que les becs Bunsen ordinaires et rendra certainement service.
- Constructeur : Société S. A. C. A. M., 16, rue de Bellechas.se, Paris.
- Valets de laboratoire.
- Pour poser les ballons à fond rond, on a, depuis longtemps, réalisé des valets en osier, en paille ou en bois. Tous ont l’inconvénient de brûler facilement, de s’altérer rapidement quand des gouttes de produits chimiques y tombent et de flotter quand on les met dans un bain.
- M. Duclaux, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur, a
- valet de laboratoire.
- Appareil de déshydratation des liquides volatils.
- Il est divers cas où l’on a besoin, au laboratoire, de liquides anhydres : alcool, acétone, éther, benzine, etc. On sait combien il est difficile, non point de se les procurer, mais de les conserver tels dans des flacons entamés, aussi bien qu’ils soient bouchés.
- Voici un appareil qui permet de déshydrater tous les liquides volatils, au moment du besoin, en utilisant l’avidité de la chaux vive pour la vapeur d’eau.
- C’est un appareil de distillation qiri permet de recueillir en 8 heures 10 litres d’élher, de benzine ou d’acétone, ou 4 à 5 litres d’alcool absolu. Les distillais sont toujours, limpides et neutres; la chaux éteinte ne retient pas de vapeurs autres que l’eau et peut servir ensuite à tous usages.
- L’appareil comprend un évaporateur E et trois tubes
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- déshydrateurs DIf D2, D-, suivis d’un réfrigérant. Chaque tube déshydratateur renferme une série de plateaux sur les quels on dispose des petits morceaux deichaux vive. Cet ensemble est monté sur un support ’ct- disposé suivant une circonférence de façon à occuper un espace restreint. Des griffes maintiennent les tubes en place, ce qui permet un montage et un démontage très rapides.
- Les tubes Dp, D2, D3, sont construits en laiton pour être moins fragiles. -
- On fait couler goutte à goutte dans l’évaporateur le liquide à déshydrater contenu dans une ampoule genre ampoule à brome A. Une petite allonge en verre a intercalée entre l’ampoule A et l’évaporateur E permet de se rendre compte du débit. Un manomètre à mercure M indique la pression à l’intérieur de l’appareil.
- A leur sortie de l’évaporateur, les vapeurs passent successivement de bas en haut dans les trois tubes déshydrateurs de façon à épuiser méthodiquement la chaux vive. Le liquide volatil est condensé et recueilli à la manière ordinaire par un réfrigérant construit ou disposé de telle façon qu’il ne
- Les vapeurs traversent les tubes déshydrateurs dans lesquels la chaux s’empare de la totalité de l’eau pour ne laisser passer que les vapeurs de liquide anhydre. Ce liquide se condense dans le réfrigérant et il est recueilli dans un récipient rigoureusement sec. Les 20 à 30 premiers centimètres cubes sont recueillis à part et reversés dans l’ampoule A.
- Chaque tube déshydrateur renferme environ 200 à 250 gr. de chaux vive. Il y a intérêt à employer une chaux vive s'éloignant rapidement. La charge d’ün tube est suffisante pour déshydrater 2 litres d’éther, benzine, acétone, etc... ou 1 litre d’alcool, mais il est préférable de s’arrêter après un passage de 1 litre 750 environ pour les .premiers liquides et de 700 à 800 cm5 pour l’alcool; on évite ainsi de créer de la pression à l’intérieur des tubes par suite du foisonnement de la chaux.
- Si l’on veut continuer l’opération, on renouvelle partiellement la chaux vive de la manière suivante : On arrête l’admission du liquide à déshydrater; le premier déshydrateur Dj étant épuisé, on le retire du support; on met le tube D2 à l’ancienne place de Dj. D3 à celle de D2; la place
- Fig. 4 à G. — A gauche, schéma de l’appareil de déshydratation. Au centre, une colonne h chaux vive.
- A droite, l’appareil monté tel quil se vrésente.
- puisse y avoir d’accumulation de liquide en un point. On le prolonge par une allonge plongeant dans le flacon récepteur.
- Chaque tube déshydrateur, en laiton, renferme 11 petits plateaux perforés munis de trois pieds. On commence par introduire un plateau, les pieds en l’air, et on le charge avec des morceaux de chaux vive de la grosseur d’une petite noix de telle façon que la chaux occupe le tiers du volume de l’espace compris entre deux plateaux. On introduit ensuite le 2e plateau, toujours les pieds en l’air; on le charge de la même façon que le premier et. ainsi de suite jusqu’au 10" plateau compris. Le 11" et dernier plateau étant introduit, on place au-dessus un tampon d’ouate hydrophile de manière à finir de remplir complètement le tube que l’on ferme avec le bouchon en liège fourni à cet effet. Le tampon d’ouate est destine à retenir, le cas échéant, les particules impalpables de chaux qui pourraient être entraînées.
- On chargé de la même façon les trois tubes déshydrateurs et on les placé dans lés griffes du support.
- L’appareiLétant monté, on l’introduit dans le bain-marie que l’on porte à l’ébullition. A ce moment, on fait une admission goutte a goutte du liquide à déshydrater qui se vaporise. - ,
- rendue libre par le déplacement de D- est occupée par le tube Dt rechargé de chaux vive ou mieux par un tube de rechange préparé à l’avance. On procède ainsi à un épuisement méthodique de la chaux.
- Constructeurs : Etablissements Poulenc frères, 86-92, rue Vieille-du-T emple.
- OBJETS UTILES
- Un aspirateur de poussières qui passe sous les meubles.
- Nous ne décrirons pas ici les aspirateurs de poussières, car nous avons eu plusieurs fois l’occasion de parler de ces appareils dans de précédents articles.
- Le principe est toujours sensiblement le même : un moteur électrique fait tourner une turbine d’aspiration, ce qui permet, au moyen d’une buse placée sur l’appareil lui-même ou à l’extrémité d’un tube de caoutchouc, d’enlever la poussière des tapis, des tentures, etc.
- Il y a deux sortes bien distinctes d’aspirateurs : ceux qui sont mobiles, montés sur un chariot, et que l’on manoeuvre au moyen d’un manche, l’aspiration se faisant par une buse
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- fixe. Ces appareils s’appliquent au nettoyage des lapis et des planchers.
- L’autre genre est constitué par une sorte de réservoir solidaire du moteur et du ventilateur aspirant. De cet ensemble, part un tube souple qui aboutit à un manche de manœuvre terminé par une ventouse. Ce dispositif s’applique à toutes les sortes de neltoyagesà lelpoint qu’on monte toujours sur les aspirateurs à chariot un tube caoutchouc de Fig. 5. — L’aspirateur Mors. ce genre , terminé
- Travail avec la buse poignée seule. • également par un
- bras de manœuvre.
- C’est là le seul moyen de nettoyer sous les meubles sans les déplacer, d’enlever la poussière des tentures, des rideaux, des dessus de portes, etc. Cependant, dans presque tous les modèles, la buse étant fixe ne permet pas de nettoyer facilement dans les encoignures et sous des meubles bas.
- Pour appliquer facilement la buse complètement à plat sur les parties qu’il s’agit de nettoyer et quels que soient les obstacles qui se trouvent interposés, on a eu l’idée de constituer le bras en trois pièces. On peut dire que c’est l’invention la plus originale qui ait surgi depuis 10 ans dans l’industrie des aspirateurs de poiissières :
- Un long tube coudé en aluminium est relié au tuyau flexible par une buse ou ventouse également coudée, formant poignée. Le tube d’aluminium se termine par une ventouse pivotante en aluminium.
- Le montage de ces trois pièces est extrêmement simple : on commence par enfoncer le tube d’aluminium dans la buse, poignée qui est fixée au tuyau flexible ; en tournant d’un quart de tour, on rend absolument solidaires le tube et la buse.
- A l’autre extrémité du tube, on engage la buse pivotante que l’on tient d’une main, en comprimant avec les doigts
- Fig. G. — L’aspirateur Mors.
- Travail avec le tube coudé permettant de passer sous les meubles.
- l’anneau métallique autour de la manchette de la buse. Il forme joint comme un véritable segment de piston. Finalement on enfonce la buse pivotante dans le tube.
- La buse aspiratrice s’oriente autour du manche. Elle est aussi mobile qu’une brosse l’est dans la main, avec cette différence que le bras est remplacé par un long manche coudé. Il est donc possible de passer partout sans être arrêté par l’encombrement du levier qui se tourne plus ou moins complètement, se pose à plat sur le plancher. La buse peut tourner facilement autour des pieds d’armoire, fouiller les encoignures, etc. De même, les rideaux, le dessus des meubles, les corniches sont débarrassées complètement de la poussière, car la buse s’applique complètement à plat dans toutes les positions.
- Enfin s’il s’agit du nettoyage d'un fauteuil, d’un vêtement, d’une fourrure, on enlève le manche aluminium et on se sert uniquement de la buse poignée, facile à manœuvrer pour ces travaux où le manche pourrait être gênant.
- Ce dispositif s’applique sur des appareils à chariot aussi bien que sur des appareils semi-fixes ayant la forme d’un tronc de cône monté sur un berceau d’acier. Les patins de ce berceau ne sont pas plats, mais présentent une certaine courbure qui facilite le déplacement des appareils.
- La buse peut naturellement être remplacée par toute une série de pièces de formes diverses : buse étroite, buse large, brosse plate ou brosse ronde, etc.
- Constructeur : Société d’Elcctricité Mors, 19, rue Lafayette, Paris.
- Fig. 7. — Montage du tube coudé de l’Aspirateur Mors : 1. On enfonce le tube d’aluminium dans la buse poignée; 2. A l’autre extrémité du tube on engage la buse pivotante; 3. Finalement on enfonce la buse dans le tube.
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- ,86 .....; NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Turpin, inventeur de la mélinite.
- François-Eugène Turpin, le célèbre inventeur de lu mélinite dont la découverte transforma profondément la pyrotechnie militaire, est mort le 24 janvier au soir, dans sa 'villa de Pontoise où il vivait très retiré depuis 1898. Il était ne en 1849 à Rosendael (Nord) que sa famille abandonna peu après pour venir se fixer à Paris. Son père y exerçait la profession de bottier dans une petite échoppe de la rue Saint-Martin ; mais le fils rêvait de plus hautes destinées ! Une fois ses études secondaires tenninées, le jeune Turpin songea, en effet, à embrasser la médecine.
- Cependant il ne persévéra pas longtemps dans cette voie et se consacra bientôt aux recherches chimiques.
- Habile manipulatexir, ses premiers travaux, qui remontent à 1877, ne tardèrent pas à révéler son génie inventif.
- Son heureuse trouvaille de colorants inoffensifs pour les jouets d’enfants lui valut le prix Montyon de l’Académie des Sciences et... quelques procès pour contestations de priorité d’inventions.
- Ces déboires toutefois n’abattirent pas son zèle et après une courte crise de découragement, le tenace chimiste aborda les problèmes pyrotechniques qui devaient l’illustrer. On ne connaissait alors comme explosifs que la poudre noire, la dynamite et le fulmi-coton. Malgré la piüssance de ses effets, on avait renoncé à employer ce dernier en artillerie, à cause des catastrophes qu’il avait provoquées (éclatement d’obus dans l’Ame des pièces, inflammation spontanée de chargements dans les caissons, explosions dans les fabriques de munitions, etc.). La perspicacité de Turpin allait vaincre toutes ces difficultés. Dès 1878 il découvre la pan-clastite. Mais ce « brise-tout » étant liquide, notre inventeur se mit en quête d’un explosif plus pratique. Il abandonne alors les composés nitrés de la série grasse pour se tourner vers ceux de la série aromatique et il est assez heureux, après sept ans d’expériences poursuivies sans relâche dans un pavillon à Carrières-Saint-Denis, pour rendre maniable 1 ’acide picrique, inemployable à l’état liquide et qui risquait d’exploser au tassement à l’état pulvérulent. Afin d’éviter tous ces inconvénients, Turpin fondit ledit acide picrique à 122° dans l’huile chauffée au bain-marie et après diverses autres manipulations, il put le couler dans des moules où il se solidifiait sous forme d’un corps dur, d’un beau jaune de miel ; JU fameuse mélinite était née (1885).
- Il fallait encore apporter à l’invention quelques perfectionnements importants avant que cet explosif supplantât définitivement les autres poudres alors utilisées en pyrotechnie
- militaire. Il dut construire un détonateur composé d’acide picrique fortement comprimé et amorcé avec du fulminate de mercure, puis placer entre ce détonateur et la charge de mélinite pulvérulente une pastille de poudre fusante qui, en retardant l’inflammation d’une fraction de seconde, fournit le composé théorique idéal.
- Turpin fut alors décoré de la Légion d’honneur, mais deux ans plus tard, il allait être frustré du fruit de son génial labeur. L’Etat français lui avait acheté les procédés de fabrication de sa mélinite moyennant 250 000 francs. Toutefois peu satisfait du marché, l’inventeur engagea, selon son droit, strict, des pourparlers avec la Société anglaise Armstrong pour essayer de lui vendre ses brevets. Ces négociations
- n’aboutirent pas, du reste, mais lui révélèrent qu’un capitaine d’artillerie territoriale, Triponé, avait déjà livré sa découverte à l’étranger. Le chimiste spolié s’empressa de dénoncer cette trahison dans un volume intitulé Comment on a rendu la mélinite et sur la plainte du Ministre de la Guerre le traître Triponé fut alors condamné tandis que Turpin, accusé d’avoir dérobé à l’arsenal de Puteaux le modèle d’un détonateur en service dans notre armée, était à son tour poursuivi. Acquitté de ce chef, le tribunal condamna le malheureux inventeur à cinq ans de prison et à dix ans d’interdiction de séjour pour avoir divulgué dans son livre des secrets intéressant la défense nationale (1889).
- Emprisonné à Etampes, Turpin fut gracié en 1893, après vingt-trois mois de détention au cours desquels, il imagina divers engins originaux (fusées autopropulsives, canon à recul sur l'affût, canon à contrepres-sion, etc.). Malgré la justesse de certains principes sur lesquels reposait ce matériel de guerre, le comité des inventions ne jugea pas à propos de l’expérimenter.
- Cependant depuis 1901, le martyre du génial chimiste avait cessé pour faire place à une réhabilitation complète. Gracié par un décret présidentiel, puis appelé peu après à siéger à la section technique de l’artillerie, il y rendit de précieux services et si les nouveaux explosifs qu’il proposa pendant la grande guerre ne furent pas adoptés à cause des difficultés de leur fabrication, ses conseils expérimentés apportèrent quelques utiles perfectionnements à l’armement de nos « poilus ».
- Depuis la victoire des Alliés dont il fut, sans nul doute, un des principaux artisans, grâce à son invention de la mélinite, Eugène Turpin recevait de l’Etat français une rente annuelle de 20 000 francs qui assura la tranquillité de ses vieux jours.
- De petite taille, mais trapu, solide, les yeux bleu clair et le regard vif, le brave « bonhomme » portait allègrement ses
- François-Eugène Turpin.'
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- 78 ans. Ayant connu tour à tour, la gêne et l’aisance, la gloire et la prison, les heurts d'une existence particulièrement agitée lui avaient fait acquérir une forte dose de philosophie. Quand pour se distraire de ses calculs balistiques ou de ses expériences poursuivies jusqu’à sa mort, il allait se promener sur les bords de l’Oise, les mains dans les poches de sa vareuse et le cigare à la bouche, les promeneurs ne pouvaient guère soupçonner dans ce vieillard aux allures si bourgeoises et si pacifiques, le génial inventeur du plus puissant des explosifs ! Jacques Boyer.
- QUELQUES COMMUNICATIONS DU CONGRÈS DU CAOUTCHOUC
- La 7° Exposition internationale du caoutchouc, des autres produits tropicaux et des industries qui s'y rattachent s est tenue à Paris, au Grand Palais, du 21 janvier au 6 février dernier. Ce fut une admirable leçon de choses où les visiteurs purent admirer les productions des divers pays tropicaux : Brésil, Mexique, colonies françaises, belges, anglaises, hollandaises, portugaises, suivre leurs derniers progrès, voir les industries qui s’y créent ou qu’ils alimentent.
- L’étude sur le coton, parue dans notre dernier numéro, celle sur le caoutchouc qui commence aujourd’hui, montrent Vimportance prise par les principales productions tropicales et coloniales.
- En meme temps que cette exposition, un congrès fut organisé par la Société de Chimie industrielle, qui réunit un grand nombre de techniciens coloniaux, français, belges, anglais, etc.
- Nous voudrions signaler quelques-unes des communications qui y furent faites, en dehors des questions relatives au caoutchouc et au coton que La Nature a déjà traitées en leur ensemble.
- Les matières grasses coloniales.
- M. François de Roux a constaté les grands progrès réalisés dans la préparation et la présentation des graines oléagineuses. Il a recommandé aux Européens de répandre parmi les indigènes les techniques nécessaires pour éviter la dépréciation des produits exportés. 11 préconise dans ce but :
- Pour les coprahs : 1° Le développement du séchage au soleil ou à l’air chaud, de préférence au séchage au feu nu ou à la fumée; 2° le développement de l’industrie de coir, c’est-à-dire de l’utilisation de la bourre ou fibre de coco.
- Pour les huiles de palme : le développement de la méthode européenne ou industrielle pour l’extraction et le traitement des huiles de palme, à l’effet d’augmenter le rendement en huile et d’améliorer la qualité du produit.
- Pour les amandes de palme : la mise en application, de plus en plus généralisée, des mesures administratives tendant à l’inspection et au contrôle de la pureté et de la qualité des produits exportés (coques, corps étrangers, etc’.).
- Pour les graines d’arachides : Le développement de la méthode dite « décortiquée à sec » au lieu du décorticage à l’eau qui ramollit la coque, cause des fermentations acides, diminue la teneur en huile.
- Les oléagineux en A. O. F.
- L’A. O. F. a exporté en 1925 693 000 tonnes valant 848 millions de francs. Les oléagineux tiennent la première place : anichides (453 000 tonnes pour 506 millions), huile et amandes de palme (100 000 tonnes pour 178 millions), sésame, ricin, graines de coton, coprah, karité, etc.
- L’aire de production de l’arachide s’étend à peu près sur toute la zone de l’Afrique occidentale française comprise entre le 8e et le 14e degré de latitude Nord correspondant à une moyenne de pluies annuelles de 350 mm. Dans l’ensemble de cette zone, l’arachide est cultivée par les indigènes pour leurs besoins alimentaires; au Séuégal seul, jusqu’à présent, elle donne lieu à une culture en vue de l’exportation.
- La culture se pratique ainsi : les semis sont effectués au début de la saison des pluies, par graines décortiquées, mises en poquets de 3 ou 5 cm de profondeur, distants les uns des autres de 40 cm environ. La geiunination se produit six à huit jours avant le semis, la florajson commence trente à quarante jours après la levée. Le cycle végétatif complet de l’arachide a une durée de quatre mois et demi. Les rendements sont en raison étroite avec les façons culturales reçues par la plante : l’arachide a besoin en effet de sarclages fréquents ; pendant longtemps elle reste petite et grêle et serait rapidement étouffée par la végétation adventive spontanée qui se développe' avec tant de vigueur pendant la saison des pluies. Or l’indigène ne possède comme instrument aratoire que F « hilaire », sorte de houe à long manche, qui ne lui permet pas de cultiver une superficie supérieure à 1,5 hectare. Après les sarclages, il faut effectuer des binages, pour réduire l’évaporation de l’eau. La récolte commence lorsque les tiges se fanent; chaque pied est soulevé de terre avec l’hilaire et les gousses sont ainsi arrachées du sol ; on entasse la récolte en meules pour permettre la dessiccation des graines. La séparation des gousses d’avec les tiges se fait ensuite soit à la main si l’on veut conserver la paille, soit par battage.
- Le sol ne reçoit aucun engrais ; les graines ne sont pas sélectionnées ; aussi les rendements diminuent-ils. Une Station expérimentale a été créée à Bambey (Sénégal) en 1924, qui étudie la génétique, les conditions de culture, le machinisme nécessaires.
- L’habitat du palmier à huile, en A. O. F., comprend la Casamance, la Guinée, la Côte d’ivoire et le Dahomey. La superficie des peuplements exploitables a été évaluée approximativement à 1 750 000 hectares; ces palmeraies comprendraient 105 millions de palmiers adultes, susceptibles de produire 164 000 tonnes d’huile et 438 000 tonnes d’amandes de palme. Or, en 1925, l’A. O. F. n’a exporté que 26 000 t. d’huile et 73 000 tonnes d’amandes. On estime qu’il y a au Dahomey, à peine un palmier exploité sur deux, un sur trois à la Côte d’ivoire et un sur quatre en oGuinée, à cause de l’extension illimitée des peuplements sur des terrains' défo-restés pour la culture, puis abandonnés, et de la main-d’œuvre locale trop peu nombreuse pour les exploiter. Quant à la préparation de l’huile, voici comment elle se pratique généralement : les régimes sont cueillis à peu près à maturité : les fruits séparés des rafles sont mis dans des trous creusés en terre dans des jari'es ou tous autres récipients, quelquefois même simplement en tas sur le sol et abandonnés à eux-mêmes pendant quelque temps. Une fermentation très active se produit qui commence à dissocier la pulpe des fruits. On procède alors à leur cuisson qui dure de trois à quatre heures jusqu’au moment où le péricarpe peut s’écraser facilement, et on laisse souvent les fruits macérer plusieurs jours dans leur eau de cuisson, pratique tout à fait défavorable à la qualité de l’huile par suite des fermentations putrides qui se développent. Les fruits 'cuits ~ et macérés sont pilonnés et foulés aux pieds pour permettre ^a séparation facile des noyaux ; la pulpe est malaxée dans l’eau, et l’huile vient surnager à la surface. Il suffit alors de recueillir l’huile et de la faire bouillir pendant plusieurs heures. L’huile ainsi fabriquée et soumise à une grossière purification dans les factoreries, contient alors de 12 à
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- 15 pour 100 d’acide gras ; mais l’hydrolyse se poursuit ensuite et il arrive qu’elle renferme, en arrivant en Europe, de 20 à 50 pour 100 et même parfois davantage d’acides gras libres. Or, on sait que l’industrie européenne recherche principalement les huiles neutres pour la préparation de la margarine. De plus, l’absence de pression, pour l’extraction de l’huile, fait que l’indigène ne retire pas plus de 8 à 9 pour 100 d’huile d’un fruit qui en renferme en moyenne 20 à 22 pour 109. Enfin, le concassage des noix contenant les amandes de palme s’opère à la main entre des cailloux par les femmes et les enfants qui peuvent casser au maximum 2 kg de graines par jour et emploie une main-d’œuvre considérable.
- Deux stations expérimentales ont été créées en 1924 à La Mé (Côte d’ivoire) et à Pobé (Dahomey). Elles étudient la sélection des meilleures variétés, leur culture et les moyens d’extraction au pressoir.
- L’industrie de l’huile de palme en Afrique.
- M. F. O. James a étudié les conditions économiques qui permettent de choisir entre les grandes usines centrales, les petites usines de plantation et le traitement indigène. Pour lui, les fruits du palmier à huile étant une marchandise de valeur relativement inférieure, il y a une limite aux frais de transport jusqu’à une usine centrale d’un tonnage suffisant. De plus, les fruits sont périssables et la période qui s’écoule entre la récolte et le traitement industriel doit être aussi courte que possible, tout retard se traduisant par une diminution de la qualité de l’huile fabriquée.
- Les usines doivent être d’une capacité telle qu’elles puissent être assurées d’être alimentées suffisamment au moyen de fruits cueillis dans un rayon maximum de 5 km : dans ces conditions, il suffit, au plus, d’un chemin de fer à voie étroite ou même du portage.
- Une plantation de 5 km de rayon, ayant environ 5000 hect. de palmeraies proprement dites, doit pouvoir donner, lorsque ses arbres seront adultes, assez de fruits pour alimenter une grande usine travaillant 1000 à 2000 tonnes de fruits par mois. Dans le cas d’une palmeraie sauvage, qui est presque toujours entrecoupée de brousse ou d’herbage, les usines mécaniques devront avoir une capacité d’environ 250 t. de fruits par mois.
- Les deux types d’usines, utilisés de manière rationnelle, peuvent donner des rendements de 85 à 90 pour 100 de l’huile contenue dans le fruit et l’huile extraite doit contenir notablement moins que 5 pour 100 d’acides gras.
- Il est douteux qu’on puisse facilement convaincre les indigènes des avantages d’appareils actionnés à bras, car ceux-ci demandent de leur part un effort assez considérable, tout en n’améliorant que fort peu le rendement du travail. Ainsi, les expériences faites en Nigérie par le Département de l’Agriculture ont montré que les machines à bras dont il disposait extrayaient de 60 à 65 pour 100 de l’huile contenue dans les fruits, tandis que les méthodes purement indigènes en extrayaient de 45 à 50 pour 100.
- La culture du thé.
- M. Charles J. Bernard, directeur de la station expérimentale pour le thé de Buitenzorg, a traité de la question de l’avenir de cette culture, particulièrement à Java.
- Tandis qu’en 1870 la culture du thé aux Indes Néerlandaises ne couvrait guère plus de 160 hect. avec une production d’environ 12 millions de livres, on compte actuellement à Java plus de 250 plantations (dont plus de 200 dans la
- partie occidentale de l'ile), avec une superficie d’environ 80 000 hect. et une production totale approchant de 100 millions de livres. A Sumatra il y a une vingtaine de plantations couvrant en tout 13 000 hect. et produisant près de 20 millions de livres. M. Bernard estime qne d’ici 5 ou 6 ans, la culture du thé à Java aura augmenté de 5 à 6000 hect. au plus et qu’elle atteindra alors son maximum. Il espère que les plus grandes quantités de produit obtenu dans un avenir relativement proche des nouvelles contrées ouvertes à la culture iront de pair avec une augmentation de la consommation et que les réserves en magasins n’augmenteront pas de manière à présenter un danger sérieux pour la situation du marché mondial; d’ailleurs, même s’il y avait surproduction, augmentation anormale des réserves et, par conséquent, baisse des prix, les conditions actuelles de la culture lui permettraient de se mettre rapidement en équilibre, d’augmenter les productions, de diminuer les prix de revient et d’améliorer de telle sorte la qualité que le bénéfice par livre continuerait à donner aux entreprises des résultats financiers satisfaisants.
- Le tabac dans les colonies françaises.
- M. Guillaume Capus a donné d’intéressantes précisions sur le marché international du tabac.
- La production mondiale du tabac a dépassé, en 1925, un million de tonnes en feuilles sèches. La moyenne quinquennale de 1920-1924, d’après les statistiques de l’Institut International de Rome, a atteint 949 000 tonnes.
- Les principaux producteurs sont :
- Etats-Unis d’Amérique. . . . 603.900 tonnes.
- U. R. S. S. (Europe et Asie). 72.500 -
- Brésil................. 71.600
- Japon.......................... 63.700
- Iles Philippines....... 44.800 —
- Grèce.................. 34.600
- La production de la France et de ses principales colonies figure pour :
- La France .... 26.800 tonnes (19.500 en 1925)
- L’Algérie......... 20.300 —
- Madagascar. . . . 6.200 — ( 9.900 en 1925)
- La Tunisie. . . . 400 —
- Le total de ces quatre nombres est loin de représenter la production totale des colonies françaises dont la plupart sont incapables de fixer avec approximation le chiffre de la production indigène. Ce que l’on peut dire, c’est que presque toutes importent des tabacs du dehors sous les diverses formes et qualités, au gré des consommateurs.
- Il en est de même de la métropole. En 1925, la France a importé les quantités suivantes de tabacs étrangers en feuilles ou en côtes :
- Etats-Unis.................. 22.150 tonnes.
- Algérie.......................... 5.622 —
- Brésil........................... 1.570 —
- République Dominicaine . . 8.900 —
- Philippines......................... 79 —
- Autres pays..................... 16.575 —
- Total. . . 54.896 tonnes.
- sans compter les produits fabriqués acquis par la Régie : cigares, cigarettes, tabacs.
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- La France consomme par an 65 000 tonnes de tabac dont 25 000 proviennent de son sol (culture autorisée dans 32 départements) 9000 à 10 000 viennent d’Algérie et plus de 1000 de Madagascar. Le reste est acheté à l’étranger pour 200 à 250 millions de francs. La vente en France a rapporté à l’Etat, en 1925, 2333 millions de francs.
- En 1910, fut créée au Ministère des Finances une Commission interministérielle des tabacs coloniaux chargée de développer la culture. Or, la plupart des indigènes désirent des tabacs forts, corsés, riches en nicotine alors que la régie les veut légers, combustibles, sans beaucoup de nicotine et préfère surtout le type « Maryland » et les tabacs de « cape « qui enveloppent les cigares.
- Madagascar et l’Indochine peuvent devenir de gros producteurs. Madagascar exporte déjà 1000 tonnes par an ; en Indochine de vastes territoires ont été reconnus propres à fournir de bons crus. D’autres de nos colonies : Dahomey, la Réunion, Guinée, Soudan français, Congo, Gabon, Martinique et Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie, ont accusé, par la qualité de certains échantillons envoyés à l’expertise de la Commission interministérielle, leurs aptitudes à produire des tabacs susceptibles d’entrer dans les fabrications de la Régie ou de répondre aux exigences du « goût européen ».
- Il semble donc qu’on puisse espérer le développement de cette culture, si on lui offre des prix d’achats rémunérateurs.
- L’élevage au Congo belge.
- Le magnifique ensemble présenté par le Congo belge au Grand Palais a montré toutes les richesses de ce vaste territoire et le remarquable effort fourni par nos amis belges. Mais une question primordiale soulevée par le développement de l’activité de ce pays est la nécessité d’y généraliser l’élevage des animaux domestiques en vue de fournir une alimentation carnée suffisante à la population ouvrière indigène. M. Edm. Leplae, directeur général de l’Agriculture au Ministère des Colonies de Belgique, a traité ce problème capital.
- Couvert pour la moitié de sa superficie par des l'orèts vierges, de densité variable, le Congo belge, comme le Congo français, ne se prête guère aux élevages. Les bêtes bovines y étaient presque inconnues : on n’y trouve de grands élevages que chez les indigènes de la frontière orientale, le long des grands lacs, depuis le Tanganyika et le lac Ivivü, jusqu’au lac Albert et aux rives du Nil. Ailleurs, bien que de vastes savanes entourent la forêt centrale et offrent d’immenses étendues herbeuses, les indigènes n’ont pas de gros bétail. Ils n’élèvent que des moulons et des chèvres, quelques porcs et des volailles. Ces petits élevages suffisaient autrefois, avec les produits de la chasse et de la pèche, pour assurer l’alimentation carnée des populations noires. Mais la multiplication des entreprises européennes, la création de centres miniers et de villes comptant jusqu’à 20 000 habitants, les sollicitations constantes du commerce, la destruction rapide du gros gibier, ont drainé les petits élevages : la viande fraîche est de plus en plus rare et chère.
- Cette situation s’est considérablement aggravée en ces dernières années, car des ordonnances de 1923 imposent désormais à tout employeur de main-d’œuvre, aux exploitants de mines ou de chemins de fer, aux entrepreneurs de plantations, de donner à leurs ouvriers, chaque semaine, une ration de viande ou de poisson.
- La culture du poisson peut' être appliquée dans certaines plantations, comme elle l’est abondamment dans quelques parties des Indes et de Java. Sur l’initiative du ministre Franck, un essai de pisciculture, entrepris au Congo belge,
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- donna des résultats douteux; un autre, organisé par un administrateur colonial dans la région de Yanonghe, a fourni des effets plus intéressants ; une application de ce système sera faite bientôt dans la plantation de l’Etat de Yangambi : le cours d’un ruisseau sera barré à plusieurs endroits pour former des étangs et des poissons indigènes y seront nourris d’herbes : l’expérience a prouvé que leur accroissement peut être rapide.
- L’élevage du gros et du petit bétail constitue une ressource plus générale et plus abondante. Les petits élevages indigènes exigent l’intervention constante des autorités. Les grands élevages ont d’abord donné des insuccès, notamment à cause des mouches tsé-tsé. Depuis, ils ont mieux réussi, grâce aux bains arsenicaux périodiques qui empêchent la piroplasmose.
- Dans les deux ou trois dernières années, plusieurs sociétés importantes ont commencé des plantations de palmiers et de café et plusieurs ont aussi consacré des capitaux considérables à l’introduction de grands troupeaux d’élevage. Dans la région herbeuse du Katanga, traversée d’un bout à l’autre par le nouveau chemin de fer reliant le Katanga au Bas-Congo (1100 km), quatre grands élevages furent établis récemment par l’importation de près de 20 000 tètes de bétail achetées en Rhodésie. • Cette introduction a coûté environ 20 millions de francs. Le bétail est d’excellente qualité, croisé de races anglaises et indigènes, et se reproduit normalement. Régulièrement baigné dans des solutions arsenicales, il se maintient en excellente santé depuis trois ans. Les sociétés qui organisent ces élevages ont pris toutes les précautions utiles pour l’hygiène de leurs troupeaux et disposent d’un personnel vétérinaire expérimenté, qui a étudié les méthodes d’élevage de l’Afrique du Sud. Tout permet d’espérer que ces troupeaux compteront dans une dizaine d’années environ 250 000 têtes de bétail et ravitailleront une bonne partie de la colonie.
- Des essais moins importants se font actuellement en beaucoup d’endroits du Congo belge, surtout dans les missions, les plantations et à proximité des villes. L’usage des bains arsenicaux et les débroussements contre les tsé-tsés se montrent partout efficaces.
- Le quinquina au Congo belge.
- La lutte contre la malaria dans les régions marécageuses ne pouvant être entreprise au moyen de dessèchements et autres grands travaux publics, force est.de lutter contre les moustiques par la protection mécanique des habitations et la prophylaxie quininique.
- Il est certes facile aux quelques 15 000 Européens d’avoir des moustiquaires et de la quinine, mais il n’en est pas de même des 8 millions d’indigènes pour qui la quinine est trop chère.
- M. Claessens, directeur au Ministère des Colonies de Belgique, a expliqué la solution envisagée : 1 emploi de poudres, d’extraits ou plus simplement de décoctions d’écorces de quinquinas plantés dans le pays même. Dès 1901, le jardin colonial de Laeken envoyait des) plants, malheureusement insuffisamment surveillés. Cependant, plusieurs tentatives réussirent et la colonie dispose actuellement de quelques milliers de plants dont un certain nombre en fructification. Parmi ces derniers se trouvent quelques Ledgeriana à bon rendement de quinine dont les graines seront semées à la station expérimentale située dans les régions volcaniques au bord du lac Kivu, dans un des sites les plus merveilleux du monde, à l’altitude d’environ 1900 m., par le 2° degré de latitude Sud.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La pluie de sang du 30 octobre 1926.
- M. Bidault de l’Isle nous écrit à ce sujet la lettre suivante :
- Dans le n° 2751 du 25 décembre 1926 de La Nature, p. 201 des Informations, je lis ceci : « Un de nos lecteurs nous écrit de Bédarieux : « Pour le Midi de la France en général et l’Hérault, « en particulier, la chute de pluie rouge ne s’est pas produite « dans la soirée du 30 octobre, comme le dit M. Bidault de l’Isle, « mais bien dans la matinée du 31, entre 5 et 7 h. du matin, sui-« vont les localités. »
- Je suis persuadé, quoique la rédaction de la phrase de votre lecteur puisse prêter à une certaine confusion, que ce dernier n’a pas voulu révoquer en doute l’heure à laquelle, pour l’Yonne et notamment pour l’Isle-sur-Serein, le phénomène a été observé et qu’il n’a eu que' l’intention d’affirmer, en ce qui concerne le Midi de la France en général et le département de l’Hérault en particulier, que le phénomène de la pluie rouge n’a eu lieu que le 31 octobre au matin.
- Il est très possible, en effet, que la chute de pluie rouge n’ait pas eu lieu partout à la même heure, et que certains pays, malgré leur éloignement du point de départ supposé de la bourrasque, aient reçu la précipitation avant d’autres localités plus proches. Gela pourrait s’expliquer aisément par le plus ou moins de hauteur à laquelle dans l’atmosphère, le précipité a été entraîné par les vents ascendants, par le plus ou moins de retard dans la réunion des conditions nécessaires à permettre la chute de pluie contenant le précipité, et enfin aussi par la direction des courants aériens, souvent giratoires, entraînant la poussière ravie aux déserts.
- Cependant, des observations de plusieurs de mes collègues de la Société Astronomique de France, insérées dans le n° de janvier du Bulletin, sans être contradictoires avec l’affirmation de votre lecteur, ne sauraient toutefois permettre à ce dernier de généraliser pour tout le Midi de la France, la fixation exclusive entre 5 et 7 h. le 31, de la chute de la pluie rouge.
- Voici en effet ce que nous y lisons :
- M. G. Raymond, notre éminent cbllègue d’Antibes, écrit : « Au lever du jour du 31 octobre, on fut surpris de trouver tous les corps, et particulièrement ceux tournés vers le j\t.-E. recouverts d’une poussière rougeâtre très fine. Examinée au microscope, cette matière ne renfermait aucun corps organique. En lumière polarisée, beaucoup de particules offraient la polarisation chromatique, tels que grains de silice (sable) et quelques petits rhomboèdres de spath calcaires. Une analyse qualitative sommaire montrait qu’il s’agissait d’une argile colorée par le sesquioxyde de fer et contenant des particules siliceuses et calcaires. »
- Cette dernière observation concorde, soit dit en passant, avec l’examen microscopique du précipité, fait à la Guette, et rapporté
- dans ma communication à La Nature dans les termes suivants :
- « au microscope, ce limon se révélait constitué par de minuscules cristaux semi-transparents, et par des poussières assez brillantes, avec un support argileux ».
- M. Brès, membre de la S. A. F. à Miramas (Bouches-du-Rhône), a signalé : « Il semblait que, pendant la nuit, on avait répandu sur les plantes quelque engrais chimique. »
- M. Marius Balmelle, à Mende (Lozère), dit enfin : « Au matin du 31 octobre, la campagne, les toits, les trottoirs, les terrasses, étaient recouverts de sable ocreux. Dans la matinée du 31, il est encore tombé de la pluie chargée de limon coloré. Cette pluie a été constatée dans plusieurs localités de la Lozère. »
- Il résulte de ces quelques observations, que la pluie rouge a pu tomber a Bédarieux le 31 entre 5 et 7 heures du matin, et qu’ail-leurs, dans le Midi de la France (et aussi dans l’Yonne, bien entendu), de semblables chutes avaient déjà pu avoir lieu quelques heures auparavant (dans la nuit du 30 au 31).
- Il ne faut donc voir dans ces observations diverses aucune contradiction, mais au contraire y puiser la preuve évidente de la complexité des effets des cyclones, dont les mouvements en direction paraîtraient désordonnés si on ne les observait que d’une seule station, mais qui s’enchaînent au contraire et se révèlent parfaitement rationnels, si on rapproche les observations recueillies sur plusieurs points de la marche du météore, dont l’étendue nécessite une vue d’ensemble dans le temps comme dans l’espace, et qu’une seule station ne saurait embrasser....
- L’origine du mot Fuchsine.
- M. le Dr Tad. d’Estreicher, professeur à l’Institut de Chimie de Cracovie, nous écrit à ce propos : « Dans la Boîte aux Lettres du n° 2753 sc trouve une communication de M. Cardot sur le terme « fuchsine » employé pour un colorant bien connu, breveté il y a bientôt 70 ans par M. Renard, de Lyon. Or, M. Cardot, se basant sur l’autorité d’un ancien préparateur de Sainte-Claire Deville, dit que le nom du colorant dérive du nom de l’inventeur, germanisé en « Fuchs ». D’après mes informations que j’ai reçues il y a nombre d’années d’un de mes collègues (de nationalité allemande), professeur de chimie organique dans une université suisse, ce ne serait pas le cas. Il m’a affirmé d’une manière positive que cette coïncidence de Renard-Fuclis est. ici tout à fait accidentelle : l’inventeur a choisi ce nom de « fuchsine » seulement parce que la couleur correspondait à la nuance d’une fleur rouge de « Fuchsia » qu’il cultivait.
- « Si cette version — que je n’ai pas l’occasion de vérifier — est juste, on n’aurait pas besoin de soupçonner M. Renard de germanophilie. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment faire disparaître les dépôts calcaires qui se forment dans les cuvettes en porcelaine ou en faïence ?
- Ces dépôts sont constitués suivant la nature des eaux par du sulfate ou du carbonate de chaux. On les fait disparaître sans beaucoup de peine, en les humectant d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique du commerce), puis en rinçant à l’eau claire. Se servir pour cette opération d’un bâtonnet dont l’extrémité est garnie avec un vieux chiffon et éviter de projeter sur les vêtements de toile des gouttelettes d’acide qui causeraient des trous. Y., Axtibjïs.
- Enlèvement des taches d’encre sur tissu.
- Il est toujours très difficile de faire disparaître des taches d’encres aux anilines, sur fond de tissu teint lui-même aux ani-
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- lines, sans qu’il en résulte, une altération de ce fond. Dans le cas qui vous occupe, tache d’encre à stylo sur soie légère couleur saumon, nous pensons que vous pourriez obtenir un résultat assez satisfaisant en opérant avec un pinceau très fin et grandes précautions de la manière suivante :
- Faire une dissolution d’hypochlorite acidulée en étendant de l’extrait de Javel de quatre à cinq fois son volume d’eau et aci-dulant par quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
- Placer l’étoffe sur un buvard blanc neuf pour éviter que le liquide ne s’étende et toucher au pinceau, la tache, avec la solution préparée. Pomper de suite l’excès de liquide avec de petits morceaux de buvard et répéter l’opération jusqu’à disparition de la teinte bleue. Finalement bien rincer pour enlever toute trace d’acide et d’hypochlorite, puis après séchage faire une retouche très légère aux points blanchis, à l’eau carminée par une trace d’encre rouge.
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- Déchets du travail du bois.
- L’espace limité dont nous disposons ne nous permettrait pas de traiter d’une façon suffisamment complète la question d’utilisation des déchets du travail du bois, mais nous pouvons vous indiquer l’ouvrage de Paul Razous : Les déchets et sous-produits industriels. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte, dans lequel, les chapitres suivants vous donneront, croyons-nous, satisfaction : Utilisation de la sciui’e de bois et des copeaux. Emploi des déchets et débris de bois. Emploi de la sciure et des copeaux pour le chauffage des générateurs de vapeur. Emploi de la sciure de bois pour la fabrication des briquettes. Emploi de la sciure de bois pour fixer les éléments fertilisants. Emploi de la sciure en horticulture. Emploi de la sciure dans l’alimentation des animaux. Agglomérés de sciure de bois pour les constructions. Emploi des déchets de bois dans les moteurs gazogènes à action directe. Gazéification des déchets de bois, etc. »
- M. Dklamotte, Paris.
- Application d’un nouvel enduit et de décoration sur mur blanchi à la chaux.
- 1° Le nouvel enduit, quel qu’il soit, que vous voudrez appliquer sur des murs déjà blanchis à la chaux, ne pourra tenir que si vous enlevez préalablement l’ancienne couche par un bon lessivage à l’eau tiède.
- Cela fait, préparer le badigeon gélatineux suivant :
- Pour 4 m2 prendre : : à
- Blanc d’Espagne . . . 1000 grammes.
- Eau ordinaire........ 500 —
- Broyer le blanc d’Espagne et le délayer peu à peu en y ajoutant l’eau, teinter légèrement avec de l’outremer, ou une trace de noir d’ivoire, laisser « infuser » ainsi que disent les peintres, pendant 24 heures, pour que l’imprégnation soit complète.
- D’autre part, mettre en contact pendant le même temps :
- Colle de peaux de lapins . . 100 grammes.
- Eau...................... 1000 —
- Liquéfier ensuite au bain-marie et y verser la détrempe précédente rendue bien homogène.
- : Employée" enfin la préparation ci-dessus de préférence encore chaude, sur murs propres, en donnant le coup de brosse de la dernière couche dans le sens d’où vient la lumière des fenêtres, jamais en travers, ce qui ferait apparaître les coups de pinceaux.
- 2° Pour les motifs de décoration en couleurs, se servir de la même préparation à laquelle vous ajouterez suivant besoins, du rouge d’Angleterre, de l'ocre jaune, du vert de Vérone, de la Terre de Sienne et toutes couleurs 'minérales, à l’exception des couleurs d’aniline trop fugaces,
- 3° Vous trouverez des plaques découpées pour dessins ou pochoirs, dans les maisons suivantes : Bernard et Wœhrlé, 35, rue Chaplon; Chamyon, 7 bis, rue Victor-Chevreul, Paris 12°; Tlié-venon, 39, rue de Montmorency; Cholleton, 181, rue des Pyrénées ; Lardcnoy, 99, Faubourg Saint-Denis ; Letulle, 47, rue de Turenne.
- N. D. — La maison Fairer, 339, rue Saint-Martin, s’est spécialisée dans la fabrication des couleurs pour la décoration au pochoir. M. Lutvkt, Damiucourt-Yirton.
- Emboutissage.
- Pour pouvoir vous conseiller utilement, il nous faudrait voir le modèle de l’appareil que vous voulez industrialiser, car votre description est insuffisante pour que nous puissions nous rendre compte du fonctionnement et par suite do la possibilité d’exécution des pièces. En tout cas, nous devons vous signaler que la fabrication par emboutissage n’est intéressante que pour grosses quantités, ordre de grandeur 2000. M. Déjouait, Boufakik.
- Destruction des vrillettes.
- Le moyen le plus sûr pour détruire les vrillettes (Anobium per-tinax ou striatum) dont la larve s’attaque au bois des meubles, est d’introduire dans les cavités une goutte ou deux d’une solution de bichlorure de mercure (sublimé) à 1 pour 100 dans l’alcool dénaturé. L’opération est rendue facile par l’emploi d’une seringue en verre à injection hypodermique (seringue de Luer); un peu de
- patience est évidemment nécessaire, mais l’effet est très sur, l’alcool imbibant presque immédiatement la partie interne du bois. Prendre seulement toutes précautions, en manipulant la solution de sublimé, afin d’éviter l’intoxication de l’opérateur ou de son voisinage. M. Ranulloc, Clermont-Ferrand.
- Nettoyage d’un marbre souillé par la fumée.
- La fumée qui a souillé le marbre de votre cheminée est, selon toutes probabilités, de la fumée de bois et constituée par des goudrons à fonction acide: Pour les solubiliser, il faut avoir recours aux alcalis ; c’est pourquoi nous pensons qu’un badigeonnage à la lessive de soude caustique à 5° B. (eau seconde des peintres) suivi d’un rinçage à l’eau tiède, vous permettra de vous débarrasser de cet enduit disgracieux. Avoir soin d’employer la lessive chaude et la laisser en contact assez prolongé avant de rincer.
- Au cas où, à cause de la porosité du marbre, les goudrons auraient pénétré dans la masse, il faudrait les ramener à la surface, le marbre étant bien sec, par une application d’un mélange de plâtre et d’essence de térébenthine, qu’on laisserait quelques heures, puis on procéderait, après enlèvement du plâtre, à un nouveau lessivage comme au début. M. A. P. Ayigxo.n.
- Tissus en soie artificielle.
- Les tissus que vous nous avez soumis sont constitués par de la soie à l’acétate de cellulose avec matière colorante brune incorporée dans la pâte. Le tissu mordoré a reçu simplement un apprêt mécanique (calandrage), quant au second tissu il a été revêtu d’un enduit obtenu en délayant de la poudre d’aluminium dans un vernis acétate de cellulose-acétone.
- Gravure sur cuivre.
- 2° Le noir de remplissage pour garnir les creux des inscriptions gravées sur cuivre est habituellement formé de :
- Asphalte.............. 300 grammes.
- Ciré jaune............. 240 :—
- Gomme mastic.......... (50 —
- Bitume de Judée. .... 60 —
- Certains praticiens remplacent la-gomme mastic et le bitume par là poix et se servent do la composition suivante :
- Asphalte ......... 300 grammes.
- Cire jaune . . '....... 300 —
- Poix noire..............150 —
- Poix de Bourgogne .... 50 —
- Si. on ne trouve pas la coloration noire assez franche, on peut, lors de la fusion, pour rendre la masse homogène, ajouter dans l’une ou l’autre de ces préparations une quantité suffisante de noir de fumée. M. Mi.m.f.u, Paris.
- Composition des vernis. ;
- Les beaux vernis pour intérieur sont généralement à base de Copal Manille qui nous arrive des Philippines, de Bornéo, Macàssar et Singapour. Suivant la qualité de la gomme on les désigne sous les noms d’intérieur pâle, intérieur gras, intérieur surfin. Vous pouvez prendre comme type d’une préparation de ce
- genre, la formule suivante :
- Copal Manille . ...... 220 gr.
- Huile de lin................. 335 —
- Essence de térébenthine . . . 445 —
- Siccativer par addition de :
- Linoléate de plomb .... : 1 gr. 800
- Sulfate de'zinc'?’. .. . . .... 0 gr. 200
- Résinate de manganèse ... 0 gr. 450
- La préparation des vernis étant toujours une opération délicate, tant par la pyrogénation des copals pour les solubiliser, que par la manipulation à température élevée de produits inflammables, il est préférable d’acheter les vernis tout préparés, par exemple chez Soelinée, frères, 58, rue de Saint-Mandé, Paris-Montreuil.
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- Un moulin à vent dont les ailes ont la forme d’hclices d’aéroplanes a été expérimenté à l'Université d’Oxford. On voit le montage du moulin à l’extrémité d’un mât. (Photo Roi.)
- Le Préfet de Police a .recommandé l’emploi du pistolet automatique pour l’abatage des animaux dans les abattoirs parisiens. Notre photographie montre le mode d’emploi du pistolet. (Ph. Roi.)
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- Le tunnel du Rove qui livre passage au Canal de Marseille au Rhône.est le plus large tunnel du monde. Il vient d’être mis en eau. Le canal lui-même va être mis en service sous peu. (Photo Roi.)
- k.L’antenne du poste émetteur américain deRocky Point. U. S. A.—5. Une partie du poste transmetteur comprenantles appareils modulateurs, les filtres et amplificateurs. Ici se terminent les fils et commence la radio. (Ph. Roi).—Q.Un service radiotèléphonique régulier vient d'être inauguré entre Londres et New-York, L’état-major de VAmerican Téléphoné C* et les journalistes inaugurent le service. (Ph. Roi.)
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- N° 2756.
- LA NATURE
- 1” Mars J 927.
- FROTTEMENT - GRAISSAGE - ONCTUOSITE
- L'ONCTUOSITÉ (*)
- Chaîne
- hydrocarbonée
- Carboxyle
- Fig. 1. — Schéma d’une molécule d’acide stéarique et représentation tt'ès schématique des champs de force qui en émanent.
- Ceux-ci sont maxima aux environs du carboxyle et minima à l’extrémité de la chaîne hydrocurbonée.
- Pour nous, l’onctuosité résulte de l’ensemble des phénomènes qui, influencés par les surfaces solides, stabilisent une couche lubrifiante et réduisent le frottement, le graissage n’atteignant jamais dans ce cas la forme hydrodynamique où seule intervient la résistance visqueuse. Plus la pèllicule graisseuse interposée entre les surfaces est permanente et le glissement facile, plus l’onctuosité est élevée.
- L’onctuosité n’est pas une propriété qui corresponde a un caractère unique et bien déterminé (comme la densité ou la viscosité, par exemple); elle- résulte de la totalisation d’effets physiques et chimiques distincts, agis-
- sant simultanément avec une efficacité variable, mais concourant tous à former une pellicule stable et glissante.
- L’onctuosité n’existe pas dans un lubrifiant inutilisé et n’apparaît que dans des conditions déterminées d’emploi de celui-ci. Une matière onctueuse n’est pas onctueuse par elle-même ; elle possède seulement une onctuosité latente capable de se manifester sous l’action d’un excitant convenable : le réactif indispensable pour déclencher et révéler cette onctuosité se trouve dans la présence des surfaces solides entre lesquelles s’exerce le frottement. Le siège des phénomènes est localisé au niveau des surfaces et des régions très voisines.
- L’onctuosité peut donc exister sans apparaître.
- Dans le cas d’un graissage parfait, l’onctuosité reste dissimulée' au niveau des surfaces ; elle n’intervient que si ce régime parfait est troublé et que les surfaces arrivent à être directement intéressées par la friction.
- Les effets de l’onctuosité se manifestent de deux manières :
- 1° par une protection efficace des surfaces;
- 1. Yoir numéro 2755 du 19 lévrier 1927.
- 2° par un meilleur glissement des pièces.
- L’onctuosité grandit :
- 1° quand la permanence et la résistance de la pellicule graissante s’accroissent ;
- 2° quand le glissement devient plus aisé.
- Le mécanisme de l’onctuosité réside entièrement dans des actions moléculaires.
- La formation et les qualités de l’onctuosité dépendent de facteurs que l’on doit diviser en deux groupes:
- I. — Actions dues aux lubrifiants, quelles que soient les surfaces solides en présence.
- IL — Actions attribuables aux surfaces solides, par suite de la nature particulière de celles-ci.
- Chacun de ces groupes doit faire l’objet d’une étude spéciale.'
- Mais auparavant, il convient de dire quelques mots d’une caractéristique dont on parle souvent dans les
- jFig. 2. — Le coincement moléculaire est d’autant plus énergique que le volume des molécules est plus grand.
- Cette propriété peut se représenter par la comparaison figurée ci-dessus : un bâton pénètre plus difficilement dans un tas de gravier que dans un tas de sable ; la pénétration est impossible dans un tas de pavés.
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- questions de graissage et qui est une source d’erreurs : la tension superficielle.
- 'Tension superficielle. — On avance, en effet, de manière courante, qu’un lubrifiant est d’autant meilleur que sa tension superficielle est plus basse. Il pourrait ainsi mouiller plus aisément les surfaces, s’insinuer dans les espaces étroits et mieux résister à l’expulsion. Comme ceci n’était,pas, évident, nous avons effectué sur un certain nombre de lubrifiants des mesures très précises de la tension superficielle lubrifiant air, à diverses températures. Or, si les nombres obtenus montrent, comme on pouvait s’y attendre, une différence entre les produits aqueux et les produits huileux, on trouve pour les produits huileux qui constituent l’immense majorité des lubrifiants des nombres extrêmement voisins. Aucun classement des lubrifiants ne saurait donc être demandé à la tension superficielle. La véritable nature de la tension superficielle nous permet d’ailleurs d’en comprendre la raison, ainsi que son absence d’action sur le graissage.
- La tension superficielle lubrifiant air ne résulte pas d’un simple effet physique d’attraction globale entre molécules, cette attraction s’exerçant symétriquement dans toutes les directions, ainsi que l’admettait Lapîace ; Langmuir et Ilarkins ont montré que la tension superficielle traduisait le degré d’intensité d’un champ de forces rayonné par les atomes qui forment la couche extrême liquide/air. (Voir La Nature, n° 2396, 3 avril 1920, p. 138).
- Les molécules ne sont pas assimilables à de petites sphères régulières. Les molécules sont des édifices de forme plus ou moins compliquée, comportant en général des irrégularités, des centres d’activité, qui forcent ces molécules à se placer sous certaines conditions, dans dés
- positions particulières, en un mot à s'orienter. Or les molécules dé la couche superficielle s’orientent toujours de telle manière que la partie la plus activ e de la molécule se tourne vers la masse du liquide, tandis que la partie la moins active vient former la couche extérieure en contact avec l’air. On comprend donc que les champs de forces rayonnés par les régions des molécules en contact avec l’air soient sans rapport obligé avec les propriétés des molécules, car ces propriétés peuvent justement dépendre des régions actives détournées de la surface par cette activité même (fig. 1).
- Dans les diverses huiles, la partie inactive de la molécule qui vient à la surface du liquide en contact avec l’air est formée d’un même groupe H
- II — C — H : il est
- I
- donc naturel que les tensions superficielles mesurées soient semblables.
- Si la tension superficielle lubrifiant air n’a pas d’intérêt pour le graissage, les forces en jeu sur les régions des liquides qui viennent en contact avec les parois solides, c’est-à-dire les tensions interfaciales, ont une grande importance.
- Adsorption. — Toute surface solide pure est, jusqu’à une très faible distance (10~7 à 10~s cm.), le siège d’un champ de forces attractif plus ou moins intense. On conçoit donc que des molécules qui passent dans ce champ subissent son influence et puissent être captées par la surface sur laquelle elles se fixent ; toute la surface peut ainsi se recouvrir de molécules étrangères. Finalement, l’activité de la surface ainsi saturée se trouve neutralisée, les forces attractives étant annulées par lès molécules qui ont été adsorbées.
- Cet enduit superficiel, qui peut résulter d’une véritable sélection entre diverses molécules, peut changer complètement les propriétés des surfaces, et il est évident qu’il
- Fia. 3. — Etude du coincement moléculaire.
- Ou forme à la surface de l’eau contenue dans le plateau métallique, un épi-lamen monomoiéculaire ; puis on rompt celui-ci au moyen d’une goutte d’un liquide actif qui refoule les molécules de l’épilamen. En haut, l’épilamen est composé de molécules volumineuses de tristéarine : celles-ci, grâce à leur volume sc coincent aisément, et la rupture de la couche s’effectue en fentes rectilignes qui pénètrent en coin dans l’épilamen résistant comme l’étrave d’un vaisseau dans un champ de glace. Au-dessous, la même expérience faite sur un épilamen de molécules d’acide stéarique trois fois moins volumineuses que les molécules de tristéarine. Les molécules d’acide stéarique se coincent donc moins bien, se déplacent, et permettent à la déchirure de prendre une forme
- plus symétrique.
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- Fig. 4. — Etude de l’étalement de gouttes de lubrifiant sur un métal.
- La plaqué d’acier est simplement nettoyée dans 1a région B. La zone À à été recouverte d’un épilamen qui neutralise le champ superficiel de l’acier. Tandis qu’une goutte d’huile minérale envahit la région B en une heure environ, les gouttes de la même huile
- restent indéfiniment immobiles sur le côté traité.
- doit jouer un rôle capital dans l’onctuosité puisqu’il constitue la première assise moléculaire ou épilamen dans laquelle nous avons localisé cette onctuosité. L’adhérence et la stabilité de la couche adsorbée peuvent être plus ou moins grandes. Nous y reviendrons.
- Notons ce fait remarquable, bien mis en évidence par les expériences de Langmuir et de Devaux, qu’il suffit bien d’une seule couche de molécules pour neutraliser le champ superficiel.
- Enfin nous rappellerons que, dans certaines conditions (relation de Gibbs), des substances dissoutes peuvent ne pas conserver une distribution homogène et venir se concentrer aux surfaces de discontinuité.
- Examinons maintenantles facteurs capables de donner aux épilamens les qualités de stabilité et de facilité de glissement que doit leur conférer une onctuosité élevée.
- /. Action des Iubrifisthts
- Ces facteurs sont, en ce qui concerne les lubrifiants :
- — Le coincement des molécules.
- — Les dimensions, l’ani-sotropie de forme et l’orientation des molécules.
- — L’adhérence aux surfaces ou affinité.
- — La rigidité élastique des molécules ; leur saturation.
- — La viscosité.
- Coincement des molécules. Nous attribuons au coincement des molécules un rôle essentiel dans la résistance des épilamens aux déformations mécaniques.
- Par coincement, il faut entendre la résistance effi-
- cace que les molécules opposent aux mouvements disrup-tifs, les forces élastiques réactives de chaque molécule prenant appui sur les molécules voisines. En un mot, plus le coincement est effectif, moins l’épilamen court le danger d’être bouleversé en compromettant la protection des surfaces solides qu’il recouvre. Ce coincement moléculaire est d’autant plus énergique que le volume des molécules est plus grand. Une comparaison grossière permet de se représenter ce point. Si l’on enfonce un bâton dans du sable, le mouvement se fait sans effort ; dans un tas de gravier, la pénétration est plus difficile ; elle devient impossible dans un tas de pavés. Or ce n’est pas le poids des éléments qui intervient ici,
- mais leur tmlume. Des expériences faites en mesurant les efforts nécessaires pour faire pénétrer une tige dans un amoncellement de graines végétales de grosseur croissante montrent bien une augmentation parallèle de la force requise.
- Notons que la régularité des éléments favorise le coincement, ce qui tend à donner une supériorité aux lubrifiants formés de molécules égales (fig. 2).
- La détermination du volume moléculaire des lubrifiants minéraux, animaux et végétaux usuels confirme l’importance du volume moléculaire, car celui-ci montre bien un| parallélisme frappant entre leur onctuosité et la grandeur de leurs molécules.
- Dimensions des molécules. Anisotropie de forme. Orientation. En dehors du volume global, la forme des molécules joue un rôle dans la résistance des épilamens. La
- Fig. 5. — Schéma de frottement onctueux entre épilamens formés de molécules actives polaires et orientées sur les surfaces.
- A, surface solide mobile dont l’épilamen est CD. B, surface solide fixe dont l’épilamen est C'D'. CD-C'D', molécules lubrifiantes orientées. C C' parties actives des molécules. DD' parties les moins actives des molécules. E, plan de glissement.
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- théorie permet de prévoir qu*e les molécules allongées sont celles qui doivent conduire aux meilleurs résultats. Des-mesures ont été effectuées pour vérifier ce point. Nous; avons opéré sur les molécules des huiles grasses qui ..permettent des mesures précises par l’examen des propriétés de couches grasses monomoléculaires étendues sur une»nappe d’eau. Mais ici il a fallu lever une difficulté^.
- En effet, les nombres (*) obtenus n’indiquent tout d’abord qu’une faible asymétrie ; -l’étude approfondie des phénomènes à montré, qu’en réalité, ce manque d’asymétrie n’était qu’une apparence, et que les molécules des huiles grasses sont environ trois fois plus hautes que larges : si cette forme allongée n’apparaît pas dans les mesures, cela est dû à une déformation des molécules. Ce fait est très important, car il nous révèle un état de la matière différent de celui qu’admettent les idées classiques. On regarde en effet les molécules des corps solides, liquides ou gazeux comme formées de petits grains tous solides et seules la direction et l’intensité des forces qui s’exercent entre les molécules imposent aux corps l’état solide, liquide ou gazeux. Les essais ci-dessus, et d’autres encore, conduisent à considérer au contraire les molécules des solides comme possédant une rigidité dont les molécules des liquides sont dépourvues. Cette conception trouve d’utiles applications dans nombre de problèmes de la lubrification.
- D’autres méthodes d’examen montrent que les molécules des lubrifiants minéraux sont en général aussi de forme allongée.
- Nous avons déjà parlé de l’orientation des molécules à propos de la tension superficielle. Or, la théorie de Langmuir considère que cette orientation sur les surfaces est obligatoire dans tous les cas. Diverses preuves de ce fait existent, et nous rappellerons à ce sujet les magistrales expériences de Devaux. L’orientation des molécules se produit avec d’autant plus d’énergie que les centres d’activité se trouvent plus localisés à une extrémité de la molécule (molécules polaires). Mais au-dessus de l’épilamen s’orientent de nouvelles assises moléculaires successivement orientées à leur tour, et qui viennent renforcer l’épilamen. Cette sorte de cristallisation du lubrifiant peut être montrée tout au moins pour certains corps, au moyen de l’analyse spectrale par les rayons X qui. met hors de doute cette stratification. Nous aurons encore à faire intervenir l’orientation des molécules lubrifiantes qui est un phénomène très important.
- Adhérence des molécules aux surfaces. Affinité. On conçoit que la stabilité des épilamens soit améliorée lorsque les éléments qui les composent sont fortement ancrés sur les parois. Or l’énergie de l’attraction (ou affinité) que les molécules lubrifiantes éprouvent pour les surfaces est due aux valeurs résiduelles et principalement aux centres actifs dont nous avons déjà parlé et qui déterminent l’orientation des molécules.
- En réalité, la grandeur de l’attraction qui fixe les molécules sur les surfaces correspond à la résultante des
- 1. Ces nombres sont de l’ordre: du centimètre XlO~s pour la liaùteur et la largeur; du centimètre carré X 10~1G pour la section droite ; du centimètre cubeXlO-24 pour le volume.
- forces qui attirent les molécules sur les surfaces et des forces de cohésion qui tendent, au contraire, à maintenir les molécules en contact avec les molécules voisines. Geci est encore relié à la capacité de mouillage des liquides pour les solides. Si les forces de cohésion l’emportent, une goutte de liquide déposée sur une surface reste agglomérée en lentille ; exemple : une goutte de mercure sur une lame de verre. Si, au contraire, ce sont les forces d’attraction qui prédominent, le liquide s’étend sur le solide ; exemple : une goutte d’huile minérale sur une plaque d’acier (fig. 4).
- Divers procédés ont permis d’étudier et de mesurer la grandeur de l’affinité des lubrifiants pour les surfaces. Un moyen d’investigation très simple, et pourtant très sûr, consiste à examiner la manière dont une goutte d’huile s’étend sur une nappe d’eau pure : les huiles s’étendent d’autant mieux, d’autant plus vite, que leurs molécules renferment davantage de centres actifs. Si les molécules ne renferment pas de centres actifs (huile de vaseline raffinée, par exemple), une goutte d'une telle huile déposée sur une nappe d'eau pure reste agglomérée en lentille et ne s'étend pas. On a pu finalement mettre en évidence l’activité particulièrement intéressante de divers groupes chimiques, parmi lesquels nous citerons le carboxyle (C02H), les liaisons carbonées non satisfaites (atomes de carbone à double liaison, etc.), l’oxhydrile (-OH) etc.
- Ajoutons que si un lubrifiant renferme des molécules plus actives que celles ayant déjà formé un épilamen, ces dernières peuvent être déplacées, et finalement l’épilamen se trouvera exclusivement constitué par les molécules les plus actives.
- Ces données permettent de prévoir et de comprendre bien des phénomènes, et leur emploi conduit à des solutions rationnelles des problèmes du graissage.
- Rigidité élastique des molécules. Saturation. Ce que nous avons dit précédemment des molécules fluides ou solides prend ici une importance singulière, car la présence, dans les épilamens, de molécules solides confère à ces lames minces une résistance que les molécules fluides sont incapables de fournir. On conçoit donc toute l'importance du choix convenable des molécules graissantes, et on notera, en outre, que la non-saturation des molécules, c’est-à-dire la présence de liaisons carbonées non satisfaites, s’est montrée comme une cause constante d’affaiblissement des édifices moléculaires. De nombreuses expériences viennent à l’appui de ces théories. Par exemple, l’étude des mousses formées lorsqu’on agite certains liquides permet d’intéressantes vérifications. Une cellule de mousse est, en effet, constituée par une lame mince de liquide assimilable à un épilamen, ou plutôt à deux épilamens juxtaposés, et la résistance, la permanence de la mousse est ainsi liée à la résistance des épilamens. Par l’emploi de solutions appropriées et par la comparaison des mousses obtenues dans des conditions semblables, on peut constater que les mousses sont d’autant plus stables que les molécules formant les épilamens sont plus volumineuses et plus rigides. La présence de liaisons non satisfaites entraîne aussitôt la 'fragilité de la masse spumeuse. '
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- Au moyen d’autres procédés on a pu chiffrer la résistance à la compression de pellicules minces formées d’une seule assise moléculaire. Là encore, la rigidité des molécules s’avère comme un facteur important de la solidité de l’épilamen.
- Voici quelques valeurs obtenues :
- Matières constituant les lames Résistance en kilog.
- minces par cmq
- Lame mince d’acide oléique (molécules
- liquides)............................. 129-141
- Lame mince d’acide palmitique (mo-
- lécules solides)........................ 232-266
- Lame mince de trioléine (molécules
- liquides) .............................. 58
- Lame mince de tristéarine (molécules
- solides)................................ 253
- Viscosité. La viscosité agit pour protéger les épilamens contre les perturbations extérieures qu’elle réduit. On établit souvent une confusion entre la viscosité et l’onctuosité. En réalité, ces deux propriétés sont bien distinctes, mais l’erreur commise provient d’un parallélisme qui existe pour certains corps entre leur viscosité et leur onctuosité, parallélisme qui est dû à ce que la viscosité est en relation avec le poids moléculaire et que ce dernier est lié au volume moléculaire, facteur essentiel de l’onctuosité comme nous l’avons vu.
- Fig. 7. — Appareil dérivé du chariot de lord Rayleigh pour la mesure du frottement statique.
- Le trépied frotteur peut glisser sur une surface polie enduite des lubrifiants étudiés. On détermine la charge qu’il faut placer sur le plateau de balance pour faire avancer le chariot tiré par le fil passant sur une poulie très mobile. Un petit miroir fixé sur l’axe de la poulie permet d’observer les mouvements amplifiés. Un cône en tungstène délesté par un bain de mercure dans lequel sa densité lui permet de s’immerger supprime tout choc au moment
- de la pesée.
- Fig. 6. — Lorsqu’un épilamen est prolongé par une stratification moléculaire, le glissement peut se produire entre deux couches de molécules orientées ; ces couches glissent les unes sur les autres comme font dans un paquet de cartes quelques cartes poussées
- latéralement
- II. Action des surfaces
- Il existe de nombreux exemples montrant que les surfaces peuvent agir sur les liquides qui les baignent. C’est ainsi que certains cristaux, en se formant sur divers supports solides, prennent sur ceux-ci une orientation caractéristique.
- Le flottage des minerais, procédé qui permet de séparer les minerais de leur gangue au moyen de bains appropriés sur lesquels flotte le minerai riche tandis que les parties stériles s’immergent, prouve chaque jour, sur des milliers de tonnes cette influence des surfaces, qui se manifeste ici par une adhésion spécifique et sélective vis-à-vis des liquides constituant les bains.
- La nature des surfaces est donc capable d’influencer l’orientation et la fixation des molécules lubrifiantes qui viennent les revêtir, et les propriétés des épilamens sont, par suite, en relation avec les propriétés mêmes des surfaces solides.
- Réduction du champ de forces superficiel. Nous sommes capables maintenant de comprendre un mécanisme plus complexe par lequel les épilamens sont aptes à réduire les frottements.
- Nous avons vu que, par leur seule présence, les épilamens empêchaient les forces superficielles des solides d’intervenir directement dans la friction, et nous savons qu’une seule couche de molécules agit en cela avec efficacité. Mais, si les molécules sont polaires, c’est-à-dire renferment des centres d’activité placés à une extrémité de l’édifice moléculaire, un nouveau phénomène va*, se produire. En effet, les molécules s’orientent franchement en raison même de leur polarité, c’est-à-dire que ces molécules se placent sur la surface solide et s’y fixent de telle manière que leur partie active vienne en contact avec la surface solide, tandis que la partié la moins active se trouve à l’opposé, c’est-à-dire vers l’extérieur (voir fig. 5). Dans ces conditions, l’énergie superficielle flu plan sur lequel va se produire le frottement sera non seulement l’énergie superficielle du solide atténuée par la présence des molécules lubrifiantes, mais encore l’énergie superficielle la plus faible que les molécules
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- lubrifiantes sont capables d’offrir. On conçoit donc que lorsque deux épilamens orientés de ce genre frottent Tun sur l’autre, la friction se fasse dans les meilleures conditions. Les surfaces privilégiées entre lesquelles s’exerce le frottement sont absolument analogues aux surfaces cle. clivage de la minéralogie, et elles catalysent en quelque sorte la friction.
- Nous ajouterons que dans certains cas, lorsque l’épi-lamen est prolongé par une stratification moléculaire, le gflissemënt peut se produire non plus au niveau de l’épi-liimen, mais entre deux couches quelconques de molécules orientées,“celles-ci glissant les unes sur les autres comme peuvent le faire dans un paquet de cartes à jouer, quelques cartes poussées latéralement (Bragg). Mais le glissement se fait alors dans de moins bonnes conditions que dans les conditions limites où seuls les épilamens se trouvent intéressés (fig.' G).
- Vérification des théories par des mesures directes du frottement. On a cherché à vérifier l’exactitude des théories dont nous venons de parler par des mesures directes du frottement. Mais ces mesures se sont montrées comme étant des plus délicates à réaliser. Les appareils ordinaires ou frictiomètres, sont en général des dispositifs à mouvements rapides dans lesquels la forme de
- Fig. 8. — En haut : Appareil automatique employé par M. JVoog pour mesurer le frottement onctueux dans la phase dynamique. En bas : Collections de cavaliers servant aux expériences de frottement.
- graissage parfait joue forcément un rôle important. Or nous savons que dans cette forme de lubrification c’est la viscosité qui est le facteur essentiel. Il est donc bien inutile de passer par ces frictiomètres pour effectuer finalement une simple mesure grossière de la viscosité que tout viscosimètre donnera aisément avec beaucoup plus d’exactitude. Les seuls appareils capables d’apprécier l’onctuosité sont ceux dans lesquels les mesures intéressent les épilamens mêmes et dans lesquels l’influence de la viscosité se trouve éliminée. Les nombres ainsi obtenus avec des appareils appropriés confirment d’une manière absolument frappante toutes les données théoriques que nous avons exposées (fig. 8).
- Onctuosité et tact» Nous avons signalé que l’onctuosité se révélait au toucher par une sensation spéciale de douceur glissante. Or, nous savons maintenant que cette impression, assez nette pour permettre à ceux dont le tact est délié d’apprécier l’onctuosité, est causée presque exclusivement par une seule couche de molécules, l’épi-lamen fixé sur les téguments. On peut admirer que notre sens du toucher ait une acuité et une finesse assez grande pour différencier des variations de structure si délicates. On peut aussi comparer cette sensibilité du tact percevant des différences de l’ordre des grandeurs moléculaires (10~8cm), à la sensibilité de la rétine qui se montre moins parfaite, puisqu’elle n’est impressionnée que par les vibrations lumineuses de l’ordre de 10~5cm.
- Applications.
- Les applications des théories moléculaires du graissage sont innombrables. Elles permettent tout d’abord de choisir les lubrifiants les plus aptes à un emploi donné. Elles font comprendre les raisons qui doivent faire rejetet* un lubrifiant dans certains cas. Par exemple, pour le graissage des turbines à vapeur, il est nécessaire entre autres que les huiles se séparent facilement des eaux de condensation, autrement dit qu’elles ne soient pàs émul-sionnables. Nous pouvons donc prévoir qu^; seront impropres toutes les huiles dont les molécules renferment dès centres actifs ayant de' l’affinité pour l’eau, telles les huiles grasses, où le carboxyle représente le centre d’activité ici nuisible.
- Nous pouvons désormais comprendre qu’un navire pris dans une tempête et en situation difficile, ne devra pas, pour calmer les flots, filer à la mer une huile minérale saturée'qui ne s’étendrait pas sur les eaux, mais bien une huile renfermant des molécules actives (huiles grasses, huiles minérales de basse qualité) dont l’extension rapide amènera la_ suppression des (brisants et un calme relatif de la mer.
- Il faut aussi se bien rendre compte que si la viscosité d’un lubrifiant doit soüs peine d’inconvénients graves être proportionnée aux effets à obtenir, l’onctuosité, elle, n’est jamais nuisible ; il y a toujours intérêt à employer des lubrifiants aussi onctueux que possible. Les théories moléculaires permettent de réaliser des compositions graissantes, remarquablement efficaces, dans lesquelles la présence d’une petite quantité de molécules actives — îuste la proportion suffisante — permet la formation
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- Fig. 2. — Prophase de la division cellulaire indirecte ou mitose: formation du spirème, filament chromatique continu et pelotonné (grosse spermatogonie de salamandre, d’après Prenant et Bouin) X 1100.
- nucléoles nu-cléiniens, prend l’aspect d’un ruban continu, p elotonné, qu’on appelle le spirème (fîg. 2). A son tour, celui-ci subit une importante évolution.
- Il se rompt d’abord en tronçons réguliers, dont le nombre varie d’une espèce animale ou végétale à l’autre, et que nous avons déjà mentionnés dans un article anté-
- rieur : les chromosomes (fig. 3). A cette segmentation transversale succède la lissuration longitudinale de chaque chromosome, d’où résulte la formation d’un nombre de paires chromosomiales égal au nombre de chromosomes initial (fig. 4).
- Cependant, au sein du cytoplasme, s’est différencié un organite spécial destiné à prendre une part importante au développement des phénomènes cinétiques : c’est le centrosome. On appelle ainsi un corpuscule composé, soit d’une granulation unique, soit de deux petits grains (diplosorne) que l’on voit inclus en une sorte de condensation globuleuse du protoplasma, la sphère attractive. Autour de cette dernière se dessinent des filaments radiaires, qui constituent Vaster.
- D’abord unique, la sphère attractive ne tarde pas à se diviser, et les sphères-filles, issues de cette bipartition,
- s’écartent l’une de l’autre pour se placer enfin à deux pôles opposés de la cellule, aux extrémités d’un axe virtuel traversant le noyau (fig. 3, 4
- C’est alors que la membrane nucléaire disparaît et que les chromosomes deviennent libres dans le .cytoplasme, désormais mêlé au suc nucléaire. A peu près simultanément on voit se tendre, entre les deux sphères attractives, un fuseau formé de filaments minces et réguliers, analo-
- et 5).
- Fig. 4. — Prophase de la mitose: fissuration longitudinale des chromosomes.
- L’ébauclie du fuseau- est ici moins avancée que dans la cellule représentée fig. 3 ; on distingue les deux centrosomes dans la sphère attractive, autour de laquelle commence à irradier l’aster (même objet que fig. 3, d’après Prenant et Bouin) X 900.
- Fig.
- 3. -mentation
- Prophase de la mitose
- transversale du spirème et formation des chromosomes.
- On voit, à droite du noyau, la sphère attractive, contenant deux centrosomes déjà écartés l’un de l’autre et déterminant ainsi l’ébauche du fuseau (même objet que fig. 2, d’après Prenant et Bouin) X H00.
- gués à ceux des asters (fig. 5).
- Les chromosomes appariés se disposent vers le centre de ce fuseau.
- On considère dès lors la prophase comme terminée.
- La métapha-se, qui lui fait suite, consiste en un arrangement particulier des paires chromosomiales au niveau de l’équateur de la cellule en mitose. On a accoutumé de désigner, sous ce vocable d’ « équateur », le plan imaginaire, perpendiculaire à l’axe du fuseau, qui passe à égale distance des sphères attractives, situées, elles, à chaque pôle.
- Les chromosomes se disposent selon ce plan équatorial (fig. 6, 8 et 9). Là, ils forment ensemble une sorte de couronne, dite couronne équatoriale, de façon que chaque anse oriente en dehors son angle ouvert, et vers l’intérieur du fuseau son sommet. Par mosomes paraissent insérés sur externes du fuseau (fig. 7 et 10).
- L’anaphase entre ensuite en jeu. Ce stade voit se réaliser la séparation des chromosomes en deux groupes numériquement égaux, et leur acheminement vers les pôles opposés de la cellule. Le processus se réalise selon une modalité fort simple. Les anses chromatiques de la couronne équatoriale sont en effet, comme je l’ai indiqué pré c é d e m -ment, constituées chacune de deux chro-
- ce sommet, les chro-les fibres les plus
- mosomes apparies, issus de la fissuration longitudinale d’un seul chromosome originel. Dans chaque paire les éléments jusqu’alors conjoints s’écartent l’un de l’autre, puis se dirigent, en même temps que ceux des paires voisines, l’un vers une des sphères, l’autre vers la sphère opposée (fig. 11).
- Fig. 5. — Prophase de la mitose: disparition de la membrane nucléaire et dissémination des chromosomes dans le cytoplasme.
- Formation du fuseau entre les deux sphères attractives qui s’écartent graduellement l’une de l’autre (même objet que fig. pi’écédentes, d’après Prenant et Bouin) x 900.
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- Fig. G. — Mctophasc de la mitose.
- Le fuseau s’est définitivement édifié, entre les splières attractives disposées aux deux pôles de la cellule et entourées chacune d’un aster. Les chromosomes se sont placés à l’équateur de la cellule. Pour mieux faire comprendre leurs rapports avec le fuseau, on a simplifié la figure et représenté seulement deux doubles-chromosomes vus de profil (même objet que fig. précédente, d’après Prenant et Bouin) X 900.
- Au cours de ce déplacement, qui reçoit souvent la dénomination expressive d'ascension polaire, les chromosomes de chaque groupe peu à peu se rapprochent, et, à la fin, ils se trouvent resserrés au voisinage de leur sphère respective
- («g- 12).
- La dernière phase de la mitose, ou télo-p/iase, s’ouvre à cette période. Elle se traduit par les phénomènes préparatoires à la scission définitive des deux cellules-filles et, de même que des phénomènes nucléaires et protoplasmiques simultanés caractérisaient la prophase, de même encore cette dislinc lion
- s’impose dans la description de la télophase.
- Les phénomènes nucléaires résident en la reconstitution des noyaux. En s’unissant par leurs extrémités, les chromosomes organisent un nouveau spirème, tandis qu’au tour de lui une membrane renaît et désormais limite chaque noyau-fils (fig. 13). Le spirème se résout ensuite en ces particules chromatiques, d’aspect et de forme variables, que nous avons appris à connaître dans les noyaux au repos.
- Quant aux phénomènes protoplasmiques, ils se manifestent simultanément par la formation d’un sillon au niveau du plan équatorial de la cellule d’origine, sillon qui, peu à peu, s’approfondit. Bientôt les futures cellules-filles, ainsi individualisées, ne se trouvent plus réunies que par un mince pédicule, au niveau duquel on reconnaît encore, étranglées, les fibres du fuseau (fig. 13). En
- ce point s’édifie une sorte de plaque mince, qui prolonge le sillon té-lophasique et qui résulte de l’épaississement localisé de chaque fibre fusoriale en son milieu.
- La plaque intermédiaire en question devient la zone de moindre résistance où se consomme, la rup-
- Fig. 8. — Cellules d’œuf de truite (disque germinatif) en division.
- Deux cellules offrent une image particulièrement nette de métaphase. Microphotographie X 300.
- bipartition de est dès lors
- ture. La la cellule réalisée.
- L’aster, les sphères attractives s’effacent dans les cellules-filles, à moins qu’une nouvelle division ne s’y amorce sans solution de continuité.
- Comme je l’ai dit au début de cette étude, toutes les étapes de la mitose se poursuivent d’une manière ininterrompue. Mais leur durée relative est fort En dépit des différences qui séparent, en ce qui concerne les délais requis par la ci-nèse, une espèce cellulaire d’une autre et qui,
- même pour une espèce donnée, s’instituent sous l’in-vfluence de facteurs externes comme la température, il est permis, pour fixer les idées, de choisir un exemple, comme celui du globule blanc du sang : d’après Jollv,
- inégale.
- grandes
- Fig. 7. — Métaphase de la mitose.
- Couronne équatoriale vue de face. Au rcentre, les points correspondent à la coupe transversale des fibres du fuseau ; les chromosomes, en forme de V, ont leurs sommets orientés vers la périphérie du fuseau (môme objet que fig. précédente, d’après Prenant et Bon in) X 900.
- t?
- une telle cellule met environ deux heures à se diviser. Les temps les plus longs sont la prophase et la télophase, la métaphase est brève, l’anaphase plus courte encore.
- La description qu’on vient de faire a renseigné le lecteur sur les transformations morphologiques d’une cellule en mitose. Elle suffit à permettre l’identification du processus et de ses phases essentielles. Pendant longtemps elle a, d’ailleurs, représenté tout ce que savaient les biologistes.
- Mais ceux-ci, de nos jours, se sont posé de nouvelles questions. Ils ont pu les aborder grâce à des procédés nouveaux de technique et d’observation, et grâce à -l’application, à
- Fig. 9. — Cellule d’œuf de truite (disque germinatif ) en division.
- Stade de la couronne équatoriale. On distingue les sphères attractives, le fuseau et les chromosomes groupés à égale distance des deux sphères. Microphotographie X 750.
- heures
- des
- l’histologie, connaissances fournies par la physico-chimie.
- Ils se sont, en particulier, préoccupés de comprendre à quoi correspondent les structures décelées par les préparations, qui ne sont que des images figées et parfois trompeuses du réel, et ils ont procédé à l’étude de cellules en division vivantes.
- A cet égard l’appareil à micro-
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- pSÉill
- Fig. 10.
- sion (métapliase,
- Figure de divi-
- couronue équatoriale vue de face) d’une cellule J épidermique de la queue chez une larve de salamandre.
- Microphotographie X 750.
- dissection a rendu les services les plus précieux.
- Il a permis de constater que les chromosomes ne sont pas un vain artifice, mais représentent effectivement des sortes de rubans ou de cor-donnels minuscules, assez consistants, qu’on arrive à saisir par leurs extrémités et même à étirer quelque peu.
- En revanche on supposait autrefois que le centrosome, la sphère attractive, avaient la valeur d’organites permanents de la cellule, et on voyait dans les fibres du fuseau des filaments véritables, d’une substance spéciale, sur lesquels les chromosomes auraient été insérés. Or l’expérience nous enseigne que ces formations répondent plus vraisemblablement à un état physico-chimique transitoire du protoplasme. La sphère est une zone de viscosité plus forte ; les irradiations de l’aster, du fuseau, sont déterminées par des courants protoplasmiques fluides entre des parois gélifiées. La figure de division compose un tout assez cohérent, qu’on arrive à mouvoir à i’intérieur de la cellule.
- De telles observations ont le mérite de nous fixer, au moins dans une certaine mesure, sur ce qui est. Elles ne nous montrent pas pourquoi cela est. Malheureusement, dans l’état actuel de la science, on ne dispose que de théories quand on prétend à rendre compte des transformations cle la cellule en mitose, et de leur cause.
- S’agit-il, par exemple, d’interpréter l’origine de la figure « achromatique », c’est-à-dire du fuseau, des sphères attractives, des asters, on a invoqué des phénomènes magnétiques, à cause de l’analogie qui existe entre les lignes de force d’un champ magnétique et celles de la
- figure de division. Mais il faut se garder de conclure d’une analogie à une ho-molog e, et cette comparaison se heurte à bien des objections. On tend aujourd’hui à accorder plus de foi à une conception suivant laquelle les sphères attractives, les chromosomes, supportent des charges électriques de sens divers, capables de conditionner des attrac-tions, 'des répulsions, et, par suite, des orientations et des mouvements.
- Si de semblables idées restent encore bien spéculatives, nous ne nous trouvons pas beaucoup plus avancés quand nous
- Ftg.
- 12.
- Anaphase de la mitose.
- Fin de 1’ « ascension polaire » des chromosomes et stade initial de la reconstitution des noyaux (même objet cpie fig. précédente, d’après Prenant et Bouin)X 900.
- abordons ce] problème fondamental : quelle est la cause de la mitose, quel est le facteur qui provoque la bipartition d’une cellule ?
- Il ne nous suffit pas de savoir que c’est grâce à la pénétration du spermatozoïde que la cellule-œuf entre en division. Comment agit; le spermatozoïde, c’est là ce que se demandent et recherchent les biologistes.
- Fig. 11. — Anaphase de la mitose. Début de 1’ « ascension polaire » des deux groupes de chromosomes issus de la séparation des chromosomes appariés (même objet que fig. 2 à 7, d’après Prenant et Bouin) X 900.
- Nous ne voulons pas non plus nous contenter d’observer que certaines substances, qu’on appelle les hormones, et -que nous ne connaissons souvent que par leurs effets, sont susceptibles, produites par des organes déterminés, d’aller mettre en jeu, au niveau d’autres organes, des division .s cellulaires., Nous avons encore l’ambition d’apprendre le mécanisme d’une semblable influence. Enfin, n’est-il pas une question, plus importante, et plus grave, que toute autre, et qui se juxtapose à celle du déterminisme de la mitose, je veux parler de l’origine du cancer ? Là, des cellules quelconques récupèrent les potentialités des éléments les plus jeunes, des cellules embryonnaires, et redeviennent aptes à se
- multiplier indéfini m ent aux dépens de l’organisme qu’elles envahissent. Découvrir la cause ou les causes delà cinèse serait peut-être, du même coup, trouver la clef de celte terrifiante énigme.
- De ces divers aspects du problème, c’est celui de la mise en jeu de la segmentation ovulaire, en d’autres termes de « l’activation » de l’œuf, qui a, jusqu’ici, été le plus approfondi. Les nombreuses, et importantes acquisitions, réalisées sur ce!point durant les dernières années, ont jeté une vive lumière sur certains des facteurs de la division cellulaire.
- D1 Max An on.
- Chargé de cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- Fig. 13.
- Télophase de la mitose.
- Les noyaux sont reconstitués et les chromosomes ressoudés en un cordon chromatique (les noyaux ont ici la forme d’ün fer à cheval, d’où l’aspect un peu spécial de l’image). Dans la concavité des noyaux est logée la sphère attractive. Les deux cellules-filles sont presque complètement séparées, sauf en un point où l’on distingue le résidu du fuseau, avec le corpuscule intermédiaire où s’achèvera la scission (même objet cpie fig. précédente, d’après Prenant et Bouin) X 900.
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- VINGT-CINQ CADRANS SOLAIRES
- SUR LE MÊME POLYÈDRE
- Bien qu’il ne serve plus guère à régler les horloges el les montres, le cadran solaire n’a pourtant pas perdu complètement la faveur du,public. De temps à autre on en trace de plus ou moins vastes sur des murs officiels. Il existe même des fabricants qui en construisent industriellement des modèles joliment décoratifs. Telle la maison Barlcer and Son, de Londres-Clerkemvcll, existant depuis soixante ans.
- Dans les siècles passés, le cadran solaire eut une grande vogue et de nombreux auteurs ont écrit à son sujet, en particulier Dom Bedos de Celles, dont l’ouvrage a été en quelque sorte 'classique. En 1922, M. Bigourdan a publié un traité \ fort complet de Gnomonique.
- On ne se contentait d’ailleurs pas de faire des instruments décorés avec goût et richesse. On s’ingéniait à imaginer des complications et à tracer des cadrans sur toutes sortes de ligures : des globes, des demi-globes, des croissants, des étoiles, des croix, des cylindres, des anneaux, des quarts de cercle. On les ornait aussi de lignes astronomiques diverses : maisons célestes, azimuts, almucantaraths, signes, méridiens, parallèles, etc. On faisait enfin des cadrans lunaires et des cadrans aux étoiles.
- Dans son Traité cl’Horlogiograp/iic, le Père cle Sainte Madeleine donne en particulier la. manière de tracer des cadrans multiples sur le cube ou hexaèdre, la pyramide simple ou tétraèdre, la pyramide double du octaèdre et l’icosaèdre à vingt faces « triangulaires, équilatérales et équiangles». Le [National Muséum de Munich, possède un instrument plus complicpié encore. Il n’a pas moins de vingt-cinq faces, dont dix-sept carrées et huit triangulaires. L’auteur est llans Koch qui le construisit en 1578. On en trouve la description dans le bel ouvrage de M. E. Von Basser-man-Jordan : Alte Uhren and i/ire Meistcr.
- On peut dire que cet appareil, monté sur pied richement ouvragé, résume les données de l’ancienne Gnomonique,. puisqu’il peut donner l’heure avec les orientations les plus diverses.
- Je dois à l’extrême obligeance de M. Von Bassermann-Jordan, la communication des deux magnifiques photographies qui représentent cette curiosité artistico-scien-tifique.
- La première nous montre l’œuvre de Hans Ivock sur son pied. La seconde donne le développement de l’instrument et présente ses 25 cadrans. Les numéros portés en haut de la figure se réfèrent à la nomenclature ci-dessous :
- 1. Est le cadran fondamental horizontal.
- 2. Le cadran vertical, oriental, droit ou direct.
- 3. Le cadran vertical, méridional direct.
- 4. Le cadran vertical, ooccidental direct.
- o.
- 6.
- 7.
- 8. 9.
- Fur. i-
- Le cadran vertical, septentrional direct.
- Le cadran vertical, méridional, déclinant à droite Le cadran vertical, méridional, déclinant à gauche. Le cadran vertical, septentrional, déclinant à droite, Le cadran vertical, septentrional, déclinant à auche.
- 10. Le cadran oriental, incliné supérieur.
- 11. Le cadran oriental, incliné inférieur.
- 12. Le cadran septentrional, incliné supérieur direct.
- 13. Le cadran’ septentrional, incliné inférieur direct.
- 14. Le cadran occidental, incliné supérieur.
- 15. Le cadran occidental, incliné inférieur.
- 16. Le cadran méridional, incliné supérieur direct.
- 17. Le cadran méridional, incliné inférieur direct.
- 18. Le cadran méridional, incliné supérieur, déclinant à droite.
- 19. Le cadran méridional, incliné supérieur, déclinant, à gauche.
- 20. Le cadran méridional, incliné inférieur, déclinant à droite.
- 21. Le cadran méridional, incliné inférieur, déclinant à gauche.
- 22. Le cadran septentrional, incliné supérieur, déclinant à droite.
- 23. Le cadran septentrional, incliné supérieur, déclinant à gauche.
- 24. Le cadran septentrional, incliné inférieur, déclinant à droite.
- 25. Le cadran septentrional, incliné inférieur, déclinant à gauche.
- On remarquera avec quelle finesse sont gravés les dessins qui ornent chacune des faces. Ces dessins donnent à l’instrument un incontestable cachet d’élégance. La cinquième face, la principale avec la face n° 1, porte la devise : Vigilate quia nescitis qua hora Dominus Vester venturus sit. On remai-quera qu’elle s’applique aussi bien à la vie courante qu’à la vie future. On pourrait en effet la traduire par : « Faites toujours votre devoir de crainte d’être pris en défaut par votre maître ».
- Sur la face 13 qui se trouve en dessous on peut lire les quatre vers :
- Hie Kurtze Frist Dort Ewig ist Bedenck das end Zeit Lavfft Be/iencl Anno 1578.
- - Le cadran solaire à 25 faces de Hans Koch (1518).
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- que nous pouvons traduire ainsi :
- Nos instants sont courts,
- IJ Eternité nous guette,
- Pensons à notre fin,
- Le temps s'enfuit rapide.
- Cette œuvre de Hans Ivoch semble avoir été inspirée par Albert Dürer, l’illustre peintre et graveur, qui était aussi un mathématicien de valeur et consacra un chapitre à la construction des cadrans solaires, verticaux, horizontaux et universels dans son ouvrage Un derweys un g cler Messung, mit dem ZÀrckel und Ric/il-scheyt, in Linien Ebncn ’iinrid Gant zen Corporen (1525).
- ......... ...................= 205 =
- vir que pour les pays ayant à très peu près la latitude inscrite sur la plaque 12, soit 48° 38'. Celui que nous avons représenté pouvait servir approximativement à Munich (48° 8' 45"), Landshut (48° 32' 4"), Ingolstadt (48° 44' 42"), Tubingen (48° 31' 12") et Stuttgart (48° 46' 36").
- L’expression universel signifie que ces cadrans sont à la fois verticaux, horizontaux, droits ou directs, inclinés et déclinants. Ce sont des curiosités, dans le genre de celle qu’on peut voir à Neuilly, au château de Saint-James, chez M. Julien Potin, et qui, sous le titre de Monument solaire comporte 16 cadrans divers établis en 1848 par Letessier du Plessis-Grammoire, membre correspondant de la Société industrielle d’Angers.
- Fig. 2. — Les vingt-cinq faces du polyèdre développées.
- M. de Bassermann-Jordan a reproduit dans Die Alte U/iren (*) une page de beaux dessins dont l’un représente justement les éléments d’un cadran analogue à celui de Ivoch.
- Koch semble avoir eu la spécialité de construire de ces cadrans solaires dits « universels ». Il en a laissé un autre également publié dans Die Alte U/iren, et qui porte les armes de Louis, duc de Wurtemberg et de Teck, comte de Montbéliard.
- Le terme d’ « universel » est d’ailleurs impropre puisque la rigidité de l’instrument ne lui permet de ser-
- 1. Die Alte Uhren und ihr Meister, in-4°, 180 p., 164 gravures et 8 planches en couleurs, chez W. Diebener, à Leipzig.
- Des curiosités qu’on admire, mais que seul peut commander un Mécène (1). Léopold Revehchon.
- 1. La Nature a déjà décrit nombre de cadrans solaires anciens remarquables, par exemple deux appareils portatifs de la collection de M. Radiguet (article de M. Cli.-E. Guillaume du 13 décembre 1890), un instrument circulaire construit à Paris par But-terfield, probablement dans le dernier quart du XVIIIe siècle et un autre fort élégant, en forme de mandoline, construit à Paris en 1612 (article de M. Ch.-E. Guillaume du 4. avril 1891), deux cadrans fixes, l’un sphérique, l’autre en forme de roue (article de M. l’abbé Tb. Moreux du 30 mars 1901), divers cadrans modernes de Thévenot, Oliver, Fléchet (article de M. Ch.-E. Guillaume du 31 décembre 1892).
- Aucun n’approche comme complexité du polyèdre à 25 faces de Koch.
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- E:-=EEEE LE CAOUTCHOUC EEEEE'-EEEE
- IL LA PRODUCTION DES COLONIES FRANÇAISES
- Dans la précédente étude (n°2745), après avoir rappelé la découverte du caoutchouc et les premières recherches sur son traitement et ses utilisations, nous avons énuméré les diverses sortes de récolte et de plantation, puis nous avons exposé comment on avait organisé d’une manière remarquable la culture et la l’écolte du caoutchouc dans les Etats Malais, à Ceylan, à Bornéo, et dans les Indes Néerlandaises.
- Voyons maintenant ce qui a été fait dans les colonies françaises.
- AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
- De l’Afrique Occidentale française nous viennent, nous l’avons dit, des sortes estimées de caoutchouc de cueillette, qui se présentaient autrefois sous forme de petites lanières, réunies en boules, et maintenant sont souvent en forme de petites plaques. Ce caoutchouc est recueilli sur des lianes.
- Les Landolp/iia poussent dans la zone des savanes; on les rencontre au Sénégal (Casamance), en Haute-Guinée, en Haute Côte d’ivoire, et dans les zones du Soudan eide la Haute Yolta, voisines de la Haute Guinée et de la Haute Côte d’ivoire.
- La Guinée est la principale région productrice, elle donne les 5/6 du total, le Sénégal et le Soudan, donnent des qualités analogues.
- Dans la Côte-d’Ivoire on recueille du caoutchouc de Fantumnia, arbre qui est abondant dans la forêt.
- En 1900 la production de l’A. O. F. était de 2956 t. ; en 1909, elle était montée à 4317 t. et dépassait 4000 t. en 1910. A partir de cette époque, par suite de la concurrence de plus en plus grande des sortes de plantations, l’exportation de l’A. O. F. diminua de 2566 t. en 1913, époque à laquelle le caoutchouc occupe la deuxième place comme valeur exportée ; elle tombe à 1063 t. en 1914; en 1915 et 1916, elle remonte au-dessus, à 1700 t. ; mais en 1919, elle n’est plus que de 768 t., 771 en 1920, 303 en 1921, 324 en 1922. En 1923, elle remonte à 1340 t. Les exportations de 1924, qui ont été de 1282 t., comprenaient : 1038 t. pour la Guinée; 31 t. pour le Sénégal ; 3 t. pour le Soudan; 210 pour la Côte d’ivoire, en 1925 elles ont été de 1737 tonnes et de 1563 tonnes pour les huit premiers mois de 1926.
- En A. O. F., aucune tentative de plantation n’a été faite à notre connaissance.
- Pour améliorer les qualités de la récolte et afin d’éviter les fraudes (introduction de pierres, de sable, etc.) par les indigènes, un office général du caoutchouc avait été créé en 1914. En janvier 1924, il fut incorporé au « Service du Conditionnement des produit des crus de l’A. O. F. ».
- Pour la Guinée, le règlement stipule dans son article 6: «. Les caoutchoucs ne doivent contenir aucun corps étranger (terre, pierre, etc.) ni être mouillés. Ils doivent être
- i—*
- coagulés en plaquettes ayant au maximum 1 cm. d’épaisseur. Toutefois, leur présentation en lanières minces a été autorisée jusqu’en avril 1925, par les cercles.de Boké, Kernbia, Mamou, Pita, Labé, lvindia, et jusqu’au l«r janvier 1925, par les autres cercles de la Colonie. Les caoutchoucs stikkés sont réputés avariés. »
- En ce qui concerne la Côte d’ivoire, un arrêté du 13 mars 1925, stipule : « Les conditions que doit remplir le caoutchouc, pour être admis à la circulation dans la colonie, à la vente, à l’achat et à l’exportation, sont les suivantes : 1° ne contenir aucun corps étranger; 2° être élastique ; 3° ne pas être poisseux ; 4° être présenté : celui provenant du Funturnnia en crêpes ou plaquettes translucides, de 5 mm. d’épaisseur maximum, ou en cubes de 2 cm. de côtés, maximum; celui provenant des lianes « niggers », en lanières ou plaquettes de 2 cm. maximum, d’épaisseur. »
- Il y a là un effort intéressant de l’Administration pour améliorer la qualité. Il faut espérer que l’on parviendra à intensifier la production et qu’on retrouvera le tonnage ancien, qui était plus du triple de ce qu’il est actuellement, et développer encore la production dans cette colonie.
- AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE
- L’Afrique équatoriale française, qui à côté du Tchad, non producteur du caoutchouc, comprend le Gabon, l’Oubanghi-Chari et le moyen Congo, est la colonie africaine qui donne le plus d’espoir, au point de vue qui nous occupe.
- C’est pour l’ecueillir du caoutchouc que le premier effort de colonisation vers le Congo fut fait par les Français, comme par les Belges.
- Le régime des grandes concessions territoriales y fut institué au profit des sociétés commerciales qui s’étaient formées pour exploiter ce caoutchouc. Le chemin de fer belge de Stanley Pool à Matadi avait été construit à l’origine pour transporter vers l’océan la précieuse gomme.
- On sait l’admirable développement que les Belges, sous l’impulsion première de Léopold II, ont su donner à leur colonie du Congo ; mais l’avilissement des prix du caoutchouc fit se tourner leur activité vers d’autres domaines : richesses minérales, oléagineux, copal, etc.
- Il a fallu longtemps pour que l’on comprenne en France tout l’avenir de notre colonie équatoriale. Mais les efforts des Gouvernements, particulièrement actifs dans ces dernières années vont être récompensés. Le grand développement des routes automobilisables, en particulier dans l’Oubanghi-Chari; la mise en service, clans quatre à cinq ans, de la ligne Congo-Océan pour permettre un grand trafic entre Brazzaville et la côte ; la création du Port de Pointe Noire, à l’aboutissement de la voie ferrée, ouvrent l’espoir que l’Afrique équatoriale prendra un aussi riche développement que le Congo belge.
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- Le caoutchouc exporté par la colonie est actuellement entièrement d’origine sylvestre. Les quantités ont été les suivantes :
- (c’est le chiffre le plus haut qui ait été atteint)
- 655 tonnes en 1900
- 1736 — — 1909
- 2770 — —• 1913
- 1430 — 1921
- 780 tonnes en 1922
- 1076 — — 1923
- 1408 — •—- 1924
- 1555 .— 1925
- 959 — — 1926
- (c’est le point le plus bas)
- (8 premiers mois)
- Le caoutchouc est produit d’une part, par les lianes qui donnent les « Congo rouges», d’autre part, par la partie souterraine de certaines lianes dont les rhizomes se reproduisent en grandes quantités. Ces rhizomes broyés donnent du latex. On obtient ainsi ce qu’on appelle le « caoutchouc des herbes ».
- Mais la plus grande part du caoutchouc de l’Afrique équatoriale française est actuellement produite par le Funtumnia qui donne les « Congo noires » dont les prix atteignent de 70 à 80 pour 100 de ceux des crêpes de plantations. Le Funtumnia pousse abondamment dans les forêts tropicales entre le 1° et le 4Ü de latitude nord. On l’y rencontre en nombres variant de 10 à 150 à l’hectare dans les parties exploitées. Or, dans son [ensemble, la forêt équatoriale française couvi'e 10 millions d’hectares; on voit l’importance de cette source de caoutchouc.
- On peut récolter le latex du Funtumnia en faisant une saignée
- massive qui donne de 300 gr. à 1 kg de latex; on peut procéder deux fois, parfois même trois, à une telle saignée, sans compromettre la vie de l’arbre.
- La Compagnie forestière de Sangha-Oubanghi, qui s’est formée en 1910 par la fusion de 11 sociétés concessionnaires du Congo Français, a développé et perfectionné la récolte du caoutchouc du Funtumnia.
- Ses nombreux agents ont dressé les indigènes, et si le procédé de récolte paraît encore bien primitif par rapport à ceux des plantations d’Hévéa de l’Indo-Chine ou de la Malaisie, il faut reconnaître que les « Congo Noii’es » de la Sarigha ont toujours fait prime sur le marché. Pourtant les événements n’ont pas favorisé l’essor de cette société. En 1911 ou 1912, lors de tractations avec l’Allemagne (on se souvient du fameux a bec de canard»), on céda à celle-ci le meilleur domaine de la compagnie
- Fig. 1. — Saignée d’une plantation de Funtumnia dans un village de la Cote d’ivoire.
- forestière, et pendant la guerre, ses agents furent en partie massaci’és par une colonne allemande venant du Congo.
- La production de la compagnie forestière de Sangha-Oubanghi qui a atteint 1225 t. en 1917, a été de 100 t. par mois en moyenne en 1925-1926, dont 45 t. environ provenant du Cameroun (commerce libre) -; elle devrait être beaucoup plus considérable, si cette société était mieux soutenue, la richesse en Funtumnia étant très grande dans son domaine qui atteint près de 5 millions d'hectares. Des essais de la compagnie forestière ont montré que VHévéa venait également bien dans ces régions .
- Un groupe vient de se former pour créer des plantations d'Hévéa au Gabon; une concession importante a été demandée. Aux côtés de la compagnie forestière qui connaît toutes les ressources de la région, se trouvent d’actifs planteurs de l’Indo-Chine qui apporteront avec leurs connaissances de VHévéa, les éléments de main-d’œuvre expérimentée indispensable pour ces plantations.
- Dans l’Oubanghi-Chari, au nord de Banghi, le Funtumnia ne vient qu’en faible quantité. L’indigène, pour tirer le latex des lianes, doit se déplacer en forêt dans des régions de plus en plus éloignées, au fur et à mesure que ces lianes sont détruites.
- Le gouverneur Lamblin, dont on sait la grande activité, a eu l’idée, en 1917, de faire planter à proximité des villages un arbre à caoutchouc, le Manihot Gla-ziovii. ou « Céara » qui, tout en étant moins robuste que les He-vca et les Funtumnia, a le grand mérite de pousser avec une extrême facilité.
- A partir de 1920, l’Administration de l’Oubanghi-Chari exigea qu’il fût planté, aux abord-des routes et des villages 75 pieds de Céara par contris buable (en 3 ans à raison de 25 pieds par an). Il s’est formé ainsi, petit à petit et sans aucune dépense, une vaste plantation surveillée par chaque chef de village. Pour la saignée de ces arbres, qui doit être faite avec ménagement, une école de moniteurs a été constituée et l’exploitation n’a commencé que quand les indigènes ont été suffisamment formés pour que la destruction des arbres ne fût pas à craindre. 300 t. ont été récoltées en 1926 ; on prévoit 500 t. pour l’an-, née prochaine et 2000 t. dans 5 ans.
- Il faut louer très vivement l’initiative de M. Lamblin. On a en effet critiqué le choix de l’arbre planté, on a regretté que ce ne soit pas des Hévéa. Or, il est presque certain, étant donnée la nature des indigènes de ce pays, que si l’on avait trop exigé d’eux (la plantation d'Hévéa
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- demande beaucoup de soin), rien n’aurait été obtenu, tandis qu’il y a maintenant 60 millions d’arbres plantés et le rapport a été de 3 millions de francs en 1926 plus 1 million de taxes perçues et cela n’a gêné en rien les autres productions de la colonie. n
- On a prétendu que les caoutchoucs de Céara avaient peu de valeur. C’est une erreur. Les Allemands en récoltaient dans leur colonie de l’Est Africain avant la guerre.
- Je crois avoir eu à ma disposition en 1910, le premier petit lotin de 600 kg environ qu’ils avaient expédié à Hambourg. Ce caoutchouc était en boules coupées, d’aspect tigré ; on avait quelques difficultés pour son lavage, mais la vulcanisation était bonne et les résultats de fabricatiou satisfaisants.
- La coagulation du caoutchouc de Céara de l’Oubanghi est faite dans de bonnes conditions, la gomme est de belle qualité, les essais de vulcanisation que nous venons d’effèctuer sont très satisfaisants. Il y aura là pour la France, une source de caoutchouc très appréciable.
- PAYS SOUS MANDAT
- Dans les pays sous mandat, c’est surtout la région est du Cameroun, vers Lomié et Doumé qui peut contribuer efficacement à alimenter la France en caoutchouc.
- Pendant la campagne 1923-1924, 900 t. environ ont été produites par cette région. La forêt est riche en Funtumnia. Le manque de main-d’œuvre est un obstacle à de grands rendements, mais le dévouement avec lequel notre service sanitaire lutte contre la maladie du sommeil, qui décimait les indigènes, fait espérer des progrès que l’organisation des transports et le développement du réseau routier aideront aussi.
- La « Gesellschaft Sud lvamerun » à laquelle les Allemands avaient concédé l’exploitation sur plus de 40 000 km2, obtenait avant la guerre de bons résultats, le Congo noir qu’elle exportait était apprécié. Mais la complaisance avec laquelle l’autorité fournissait à cette société une main-d’œuvre indigène abondante, prélevée à plus de 100 km à la ronde, dans les maisons d’arrêt, spécialement pourvues semble-t-il à cet effet, ne peut certainement pas être imitée par notre administration.
- Peut-être est-il à craindre que la liberté d’exploitation laissée à tous au Cameroun ne soit dans la suite préjudiciable à la qualité du produit obtenu. Sur le Nyong, les Allemands avaient tenté de ctéer une importante plantation de Funtumnia (200 000 pieds et une petite plantation d’i/écéa). Ces derniers ont parfaitement bien réussi alors que les Funtumniane se sont pas développés.
- MADAGASCAR
- Si les colonies dont nous venons de parler offrent des espoirs aux caoutchoutiers, il en est une qui est bien décevante, c’est Madagascar. Avant la conquête de l’île, les négociants qui y étaient installés, exportaient déjà une certaine quantité de caoutchouc. Jusqu’en 1912, une Compagnie anglaise exploitait les lianes dans la région
- ouest de l’île. Elle abandonna alors son exploitation, ayant détruit la majeure partie de ces lianes.
- Des régions de Majunga, de Tuléar et de Fort Dauphin, d’autre part, nous venaient autrefois les Piriky dont nous avons parlé, et les sortes blanches plus humides. En 1924, de Majunga et de Tuléar il est sorti 30 t. au total.
- C’est dire que la cueillette est presque complètement abandonnée. Un essai de plantation d’Hévéa, fait sur la côte Est, semblait donner de bons résultats. 11 est dommage que parmi le très grand nombre, peut-être le trop grand nombre de produits qu’exporte Madagascar, il n’ait pas été laissé une place au caoutchouc.
- INDO-CHINE
- Enfin, nous arrivons à l’Indo-Chine, qui va nous offrir une large compensation. Autrefois il nous venait d’Indo-Chine de petites quantités de caoutchouc de cueillette, provenant des lianes du Laos, du Tonkin, et en faible proportion de Cochinchine.
- En 1907, les exportations totales vers la France et l’étranger avaient atteint 212 t. ; en 1910, elles n’étaient que de 270 t. ; en 1913, de 214 t., en 1914, de 194 t.
- Le caoutchouc avait donc peu d’importance pour la colonie.
- Dès 1898, la mission Raoul avait introduit dans le pays les premiers Hévéas, mais on préconisait alors la monoculture, et tous les efforts se portaient vers le riz. Au début de 1904, lors de l’inauguration du chemin de fer de Saigon à Nihatrang, l’attention des colons fut attirée par la nature très spéciale des terres rouges, apparaissant dans les déblais de la voie ferrée. Une société d’études se constitua, pour essayer des cultures diverses : canne à sucre, coton, oléagineux. En 1905, elle établit une pépinière d’Hévéas, et deux ans après, en 1907, fut constituée la première exploitation en Cochinchine dénommée « Société agricole de Suzannah ». En 1908, à la suite d’essais faits à Xa-Trach, sous l’impulsion de M. Capus, une autre Société d’études se forma, qui donna naissance à une nouvelle plantation. Un grand nombre d’autres furent créées en 1910 à la faveur des hauts cours du caoutchouc.
- Les plantations de Cochinchine comprennent maintenant trois groupes : 1° les petites plantations, appartenant à des fonctionnaires, aux employés de l’industrie et du commerce, et qui sont dans les régions salubres, autour des centres agricoles ; 2° celles qui ont été établies en terre rouge, après défrichement, à l’aide de matériel perfectionné de ces terres souvent envahies par des graminées ; on y procède par grands espacements, et applique l’alternance des saignées reconnues plus propices (les plantations «Suzannah » et « An-Loc », brillamment dirigées par M. Girard, sont de ce nombre) ; 3° les entreprises fondées en 1910, ou après, suivant les méthodes malaises (la Société du caoutchouc de l’Indo-Chine, qui s'étend sur 4150 hectares, est de ce nombre; un chemin de fer Decauville la parcourt sur 12 km de long).
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- Les bons résultats obtenus de toutes ces plantations ont montré que la Cochinchine, grâce à la nature cle ses terres grises ou rouges et de son climat, avec une saison sèche suivant une période de pluies suffisantes, est une région particulièrement favorable à la culture de 1 Hévéa. La main-d’œuvre annamite, intelligente et adroite, convient bien au travail des plantations. Des rendements très élevés, atteignant 600 kg à l’hectare, supérieurs même à ceux des plantations britanniques, ont pu être obtenus. Les exportations qui, pendant la guerre, par suite de l’interdiction d’exporter à l’étranger, ne progressèrent pas beaucoup, passant de 377 t. en 1915, a 538 t. en 1918, s’accroissent très rapidement puisqu’en 5 ans, de 1918 à 1923, elles décuplèrent; elles atteignirent :
- En 1923..................... 5184 tonnes
- En 1924..................... 5902 —
- En 1925..................... 6417 —
- En 1924, pour un prix moyen de 11 fr. 50 le kg, cela représente une valeur de 78 154 000 de francs. Pour 1925, cette valeur aura été d’environ 320 000 000 de francs.
- Quand les 8 500000 arbres plantés seront tous saignés, on récoltera plus de 10 000 t. de caoutchouc. C’est là un magnifique résultat que l’Administration cherche à intensifier, par la mise en vente de terrains propres à de nouvelles plantations.
- RÉSUME
- Pour résumer l’effort colonial français en ce qui concerne le caoutchouc, on peut grouper les productions des différentes régions dans le tableau suivant qui se rapporte à 1924 :
- Colonies Productions en tonnes.
- A. O. F.:
- Guinée...................... 1038
- Sénégal....................... 31
- Soudan ........................ 3
- Côte d’ivoire................ 210
- A. E. F. (Congo-Oubanghi-Sanga) :
- Cameroun....................
- Madagascar .................
- Indochine...................
- 1282
- 1408
- 900
- 30
- 5902
- Total
- 9522
- La consommation de caoutchouc de la France ayant été en 1925 d’environ 35 000 tonnes, le quart seul a pu être fourni par nos colonies, le reste a dû être importé de l’étranger.
- On voit la marge qui reste à l’extension des récoltes et des plantations dans notre domaine tropical.
- (.A suivre.) J.-Ch. Boxguand,
- Secrétaire de la Section du Caoutchouc au Comité national de Chimie.
- Fig. 2. — Une magnifique plantation d’Hévéas âgés de 10 ans, à Anloc.
- -kick
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- U ACOUSTIQUE ARCHITECTURALE
- liorer d'acoustique défectueuse de l’amphithéâtre du Harvard College ; il consacra ensuite sa vie à l’étude méthodique des divers facteurs qui interviennent dans la transmission du son à l’intérieur d’un édiiice. Son élève Watson, de l’Université d’Illinois, continue actuellement son œuvre aux Etats-Unis.
- En Angleterre, le National Physical Labo-ratory, sous la direction du E)1' Kaye, s’est depuis quelques années engagé avec succès dans la même voie.
- En France, nous ne pouvons malheureusement citer que des efforts dispersés et individuels; mais il serait injuste de ne pas rappeler les études de M. Lyon et celles du I)1 Marage.
- Nous ne pouvons ici aborder l’exposé de tous les travaux récents qui ressortissent à l’acoustique architecturale. Nous nous bornerons à indiquer la voie suivie pour étudier et améliorer les conditions d’audition dans une salle.
- Fig. 1. — Courbes de Wallace Sabine pour les salles de concert.
- Elles indiquent la durée optima de la réverbération du son en fonction de
- LA RÉVERBÉRATION DU SON
- la racine cubique du volume de la salle
- .L’acoustique est une science depuis trop longtemps négligée en France. Cependant elle offre aux savants un vaste domaine où bien des problèmes théoriques restent à résoudre; elle présente en outre un champ d’applications immense ; les perfectionnements du téléphone par exemple, que nous envions aux Américains, n’ont été réalisés que grâce à de patientes études expérimentales , systématiquement poursuivies pendant des. années, Parmi les divers domaines que l’acoustique offre aux investigations des savants et des praticiens, il en est peu de plus vastes et de plus importants que celui qui a reçu le nom d'acoustique architecturale.
- Ne croyez pas qu’il comprend seulement la recherche des règles qui doivent présider à la construction des salles ou lieux publics destinés à recevoir un auditoire. À l’acoustique architecturale, il appartient également de déterminer comment se comportent vis-à-vis des ondes sonores tous les matériaux et toutes les formes de construction : rendre les habitations imperméables aux bruits du dehors est un problème qui se pose aujourd’hui d’une façon aiguë dans les grandes villes. Les études systématiques des acous-ticiens de l’architecture doivent nous mettre sur la voie de sa solution pratique.
- C’est un architecte américain, Wallace Sabine, qui a créé l’acoustique architecturale; il y a été amené en cherchant à amé- Fis.
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- L’acoustique d’une salle peut être déclarée parfaite lorsque.tous les mots prononcés par un orateur sont distinctement compris par l’auditoire, et s’il s’agit de musique, lorsque toutes les notes sont distinctement perçues, sans altération de leur hauteur, et avec leurs justes rapports mutuels d’intensité. Cette condition, simple à énoncer, fait intervenir en réalité, quand on l’analyse, des facteurs très nombreux :
- 20
- 40
- 60
- 80
- 100
- 120
- 140
- 3---------
- y Volume
- Courbes corrigées de Watson pour les salles de concert.
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-
- les dimensions et la Tonne de la salle, la nature de ses matériaux, et en" outre sa destination; une salle de concert, un théâtre, une salle de réunion publique, un amphithéâtre universitaire ne peuvent se traiter de la même façon.
- Mais pour les unes et les autres, on peut dire que l’audition sera satisfaisante lorsqu’un son moyen sei'a, en tout endroit de la salle, perçu avec une intensité convenable, sans échos et sans distorsion du son originel, et qu’il s’éteindra assez vite pour laisser le champ libre au son qui le suit.
- Partant de là, Sabine a été amené à considérer comme capitale au point de vue de l’acoustique des salles l’extinction rapide des sons réfléchis par les parois. Dans une chambre ordinaire, le son peut subir, avant de s’éteindre, 200 à 300 réflexions successives. Après son émission il survit donc un certain temps; Wallace Sabine a établi que cette survie est proportionnelle au volume de la salle; inversement proportionnelle à sa surface ainsi qu’au coefficient d’absorption moyen du son par les matériaux qui la composent (y compris les auditeurs). C’est ce qu’ex-
- , f , K Y
- prime la formule t = —^
- où t est la durée de réverbération d’un son ; Y le volume de la salle, S sa surface, a le coefficient d’absorption moyen par unité de surface. Wallace Sabine a déterminé expérimentalement la valeur de t dans un grand nombre de salles ré-
- putées excellentes, et il en a conclu que la valeur la plus favorable est donnée
- i r i °’05V
- par la formule t— -----—
- a S
- (dans cette formule V est exprimé en pieds cubes, S en pieds carrés, a est le coefficient d’absorption moyen par pied carré).
- Pour bien comprendre ce que signifie cette formule, prenons avec M. Watson (*) l’exemple simple et schématique d’une salle sphérique de rayon /•; la formule précé-0,05 r
- dente devient t
- 3 a
- la durée de réverbération est
- donc proportionnelle à -• Prenons deux cas extrêmes :
- d’abord supposons le coefficient d’absorption constant; le temps t serait alors proportionnel au rayon de la sphère, autrement dit à la racine cubique du volume de la salle. En réalité le coefficient d’absorption dépend toujours plus ou moins des dimensions de la salle et la relation simple que nous venons d’exprimer ne correspond pas rigoureusement à la idéalité expérimentale quoiqu’elle ne s’en écarte pas beaucoup.
- L’autre hypothèse extrême est que le coefficient cl’ab-
- 1. (Acoustics of Auditoriums. Journal of the Franklin Institute, juillet 1924).
- sorption a est proportionnel au rayon r ; dans ce cas, la durée de réverbération serait constante; or, l’expérience montre que ce serait là une condition fâcheuse pour l’acoustique; la durée de réverbération ne doit pas être trop courte, sinon les auditeurs ont une sensation saccadée très désagréable; elle ne doit pas être trop grande; sinon les sons chevauchent les uns sur lies autres et donnent une sensation confuse ; enfin elle doit être plus grande pour les grandes salles que pour les petites.
- D’autre part, si l’on voulait maintenir constante cette durée pour toutes les salles, on serait conduit à des impossibilités matérielles. M. Watson compare un studio de musique de l’Université d’Illinois, dont le volume est de 33G0 pieds cubes et la grande salle de théâtre Eastman à Rochester, dont le volume est de 790 000 pieds cubes.
- Le coefficient d’absorption de ce dernier devrait être 6,2 fois plus grand que celui du premier, pour être dans le rapport de y/790 000 à<^3600. Pour arriver à un (tel résultat, il faudrait garnir les parois du grand théâtre de matériaux absorbants sous une épaisseur excessive et les
- sons se trouveraient assourdis dans une proportion inadmissible.
- La [vérité pratique se trouve entre ces deux cas extrêmes. Elle est exprimée par exemple, par les courbes de la figure 1, dressées par Wallace Sabine pour les salles de concert en s’appuyant sur les résultats de ses expériences dans un grand nombre de salles jugées par des experts très satisfaisantes au point de vue acoustique. Ces courbes sont d’une aide précieuse pour les architectes ou ingénieurs chargés de dres-, • ser les plans de salles nou-
- velles. Elles indiquent les durées- de réverbération op-tima en fonction de la racine cubique du volume de la salle pour la salle vide, la salle au tiers pleine et la salle entièrement pleine.
- A titre d’exemple, pour une grande salle de concert à Boston, dont le volume est de 649 000 pieds cubes, Wallace Sabine indique 2,3.1 secondes comme durée acceptable de la réverbération. Pour de petits studios de
- 4000 pieds cubes environ, la valeur favorable serait
- de 1,08 seconde.
- Les courbes de Wallace Sabine ont été perfectionnées par son élève Watson, qui a continué les mesures expérimentales de son maître. . ' .
- : M. Watson fait remarquer que la durée de réverbération des sons n’est j>as le seul facteur à considérer pour obtenir une acoustique satisfaisante; il faut aussi cpie le son parvienne à chaque auditeur avec une intensité suffisante, autrement dit la quantité d’énergie sonore, par unité de volume de la salle, doit avoir une valeur déterminée, et celle-ci est la même pour toutes les salles,
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- Fig. 4. — Ondes sonores aériennes.
- Succession de photographies prises sur un modèle réduit d’amphithéâtre.
- puisqu’elle est fixée par la sensibilité de l’oreille humaine.
- . Or, celte intensité par unité de volume s’exprime par
- 4 A
- la formule simple : E ——g où A est l’énergie émise en
- une seconde par le corps vibrant et c est la vitesse du son, les autres lettres ayant la même signification que précédemment. Dire qu’elle doit être constante, c’est dire que l’énergie de la source sonore cloti augmenter proportionnellement au produit a S. Or la valeur de la surface est fixée par les dimensions de la salle; finalement, la valeur de l’énergie de la source sonore dépend donc du facteur a, pouvoir absorbant moyen par unité de surface de toutes les surfaces de la pièce.
- Si l’on se reporte à la formule précédemment indiquée pour la durée de réverbération du son dans une salle, il est facile de voir cpie cette condition a le sens suivant : la durée de réverbération doit être proportionnelle à la racine cubique du volume de la salle, et le coefficient d’absorption moyen par unité de surface doit alors nécessairement être le même pour toutes les salles. Quant à l’énergie de la source sonore, dans cette hypothèse elle doit être proportionnelle â la surface de la salle.
- M. Watson accepte ces conclusions, avec toutefois une légère correction; elles entraîneraient la conséquence suivante : les courbes de Sabine seraient des droites passant par l’origine; autrement dif la durée de réverbération devrait être presque nulle pour une salle de faible volume. Or, l’expérience montre que cette condition n’est pas admissible et qu’une durée rninima de réverbération est nécessaire.
- Aussi le savant américain propose-t-il les courbes très simples de figure 2 qui encadrent cl’une façon très satisfaisante. les résultats expérimentaux; ces courbes sont simplement des droites, figurant pour le cas d’une salle vide la relation :
- * = 0,75 + 0,375 J/V-On voit, par ce qui précède, le rôle important que joue le coefficient d’absorption moyen d’une salle. L’école américaine a procédé à de très nombreuses mesures et établi des tables très complètes donnant la valeur de ce coefficient pour les différents matériaux utilisables. C’est là encore un éminent service rendu aux architectes. Le National Physical Labora-tory d’Angleterre a commencé également dans le même but une série très étendue de mesures.
- LE DANGER DES ÉCHOS
- Il jne faut pas confondre la réverbération du son avec l’écho. La première est due à une suite ininterrompue de réflexions, sur les parois de la salle; c’est une véritable diffusion qui provoque la sensation d’un son continu allant en s’éteignant progressivement. L’écho, au contraire, provoqué lui aussi par une réflexion, est la répétition de son originel, au bout d’un intervalle de temps nettement perceptible.
- Les échos constituent un vice rédhibitoire pour une salle d’audition, et il faut leur faire une chasse acharnée. Ils sont peu à craindre dans les petites salles : en effet, l’oreille ne sépare pas les sons qui se succèdent 1
- à moins de — de seconde d’intervalle; cet intervalle de 16
- temps représente pour le son un trajet de 20 m. environ, et il faut que l’oreille soit au moins à 10 m. de la paroi réfléchissante pour pouvoir percevoir l’écho. Mais dans les grandes salles, il n’en va plus de même et l’on connaît nombre d’exemples de salles gâtées par l’écho. Ce sont évidemment les formes de leurs surfaces qui sont défectueuses, et on ne peut guère les corriger qu’en installant de fausses parois aux endroits convenables. Avec des parois planes, on a rarement des échos; mais les surfaces courbes séduisantes par leur élégance, souvent imposées par les nécessités de la construction, sont extrêmement dangereuses.
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- Il importe donc de se rendre compte à l’avance, quand on établit un projet, si les formes choisies éliminent nettement toute possibilité d’écho. Pour cela on peut procéder, sur le dessin, à une sorte d’auscultation géométrique de la salle projetée. Rien de plus simple en théorie; c’est une question de géométrie élémentaire à la portée des débutants; en réalité, la chose est beaucoup plus complexe; cette auscultation ne peut s’exercer que sur des dessins en plan, c’est-à-dire sur un petit nombre de coupes; alors que pour être efficace, elle doit porter sur toute l’étendue du volume de la salle.
- C’est pourquoi l’on a imaginé de remplacer cette étude en plan sur le papier par un examen réel sur un modèle réduit de la salle projetée.
- LES MODÈLES RÉDUITS
- Un premier moyen consiste à placer [une source sonore à l’emplacement de l’orchestre, de l’acteur ou de l’orateur et l’on photographie les ondes qu’elle rayonne dans la salle.
- La photographie des ondes sonores a été réalisée il y a fort longtemps déjà par Topler en 1867 et par Mach en 1880. Wallace Sabine l’a utilisée pour ses études de l’acoustique des salles. Voici la description du dispositif installé dans le même but par MM. Davis et Fleming au National Physical Laboralory qui l’utilisent pour ausculter des modèles réduits de salles.
- La source sonore est réalisée au moyen d’une étincelle électrique dont l’éclatement crée l’impulsion sonore. Une seconde étincelle éclate immédiatement après pour éclairer les ondes aériennes ; celles-ci créent dans l’espace des, régions de densités différentes; la lumière en les traversant est plus ou moins absorbée et la plaque photographique enregistre ces différences de densité.
- La figure 3 représente schématiquement ce dispositif.
- La coupe du modèle réduit, fait en bois ou ébonite, est placée dans une caisse bien close, fermée à une extrémité par une plaque photographique.
- L’étincelle, source sonore éclate entre 2 pointes platinées, montées à l’autre extrémité de la boîte, à peu près à l’endroit correspondant à la position de la scène, ou de la tribune de la salle.
- L’étincelle lumineuse se forme à peu près au milieu de la boîte; elle éclate entre 2 pointes en magnésium enfermées dans un petit tube capillaire de façon à réaliser une source ponctiforme. Ces étincelles sont créées par une machine électrostatique chargeant deux bouteilles de Leyde; celles-ci se déchargent par l’intermédiaire d’un éclateur dans les
- circuits où sont montées les pointes à étincelles. Deux lames de verre que l’on déplace au-dessus des intervalles de l’éclateur provo- quent la décharge dans ces intervalles, de telle sorte que les étincelles, à l’intérieur de la boîte, éclatent dans l’ordre voulu.
- Avec ce dispositif, on peut prendre des photo-
- 1
- gTaphiesse succédant à intervalles de - de seconde.
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- Les figures 5 montrent des séries de photographies ainsi obtenues.
- Un autre procédé a été employé au National Physical Laboratory. Le modèle réduit est rempli d’eau, il est placé à plat sur le fond d’un réservoir en verre. Un vibra-teur plonge dans l’eau à la place où doit se trouver la source sonore, le tout est éclairé par une lamjje à arc qui permet de photographier les rides engendrées par l’appareil vibrant. On admet que ces rides matérialisent des ondes identiques aux ondes sonores; les accidents qu’elles subissent par suite des réflexions, au cours de leur évolution, nous renseignent donc sur ce qui se passerait pour les ondes sonores (fig. 6).
- A. Tiïoller.
- Fig. 5.'— Photographie des rides produites dans un modèle rempli d’eau.
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- DES POISSONS EXTRAORDINAIRES
- LES CÉRATIOIDÉS
- Les poissons de l’ordre des Pédicules sont caractérisés par leur première nageoire dorsale composée de quelques rayons longs et flexibles dont le premier appelé illicium, placé sur le sommet de la tête, sert de filament pêcheur.
- L’un d’eux est bien connu sur nos côtes, c’est la baudroie dont MM. Guitel et Legendre ont déjà signalé
- 220 individus adultes, sans compter les larves et les stades post-larvaires. C’était une récolte merveilleuse, dont l’étude fut confiée à M. Tate Regan, le spécialiste duBritish Muséum. Celui-ci vient de publier un mémoire (') dont nous reproduisons ici quelques figures et dont nous voulons indiquer les points les plus intéressants.
- l'ig. 1 à 6. — Quelques Cérutioidés : de liaut en bas à gauche ; Acentrophryne ïongidens (grandeur réelle) ; Photocorynus spiniceps (X 1,5) Borophryne apogon (grandeur réelle); à droite, Melanocetus polyactis (demi-grandeur);
- Linophryne arborifer (grandeur réelle); Lasiognathus saccostoma (grandeur réelle).
- les modes de pêche dans La Nature (nos 2097 et 2725). D’autres, qui vivent également sur le fond, sont groupés dans le sous-ordre des Antennarioidés. Enfin, un troisième sous-ordre, les Cératioidés, comprend des poissons nageant entre 500 et 1500 m.
- On savait peu de choses de ces derniers, dont les captures se chiffraient en tout par une soixantaine de spécimens, quand M. le Dr John Schmidt fit, de 1920 à 1922, sa série de croisières dans l’Atlantique nord et le golfe de Panama, à bord du Dana. Il en rapporta
- Le filament pêcheur de ces poissons se termine par un bulbe lumineux ; c’est un sac glandulaire, recouvert à la partie postérieure d’un pigment qui agirait comme réflecteur, enveloppé d’une membrane transparente percée d’un pore par où s’échappe le mucus phosphorescent. Le bulbe est entouré chez certaines espèces de papilles, de filaments, de digitations qui servent peut-être ainsi que
- 1. G. Tate Regan. The Pediculate Fishes of tlie suborder Ceratioidea. The Danish Dana Expéditions 1920-1922. Oceanogra-phical Reports, n° 2, 1926. Gyldendalske Boghandel, Copenhague.
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- Fig. 7. — Tête de Neocei’atias spi-nifer ; un poisson qui a des dents tout autour de la bouche.
- la luminosité à attirer les proies.
- Le filament pêcheur, Yillicium, a des longueurs et des formes très variables, comme le montrent les figu-
- res 1 à 6 et 10 : certains poissons ont un bulbe lumineux sessile, directement fixé sur la tête ; d’autres ont une antenne beaucoup plus longue que le corps. Le filament pêcheur est articulé sur un os basal mobile situé au-dessus du crâne ; quand cet os est très développé, comme chez Lasiognathus (fig. 6), le poisson dispose d’une véritable ligne avec manche, filament, ampoule lumineuse et harpons terminaux.
- La plupart des Cératioidés se nourrissent de poissons; ils ont tous une très grande bouche munie de dents très aiguës courbées vers l’intérieur et disposées généralement en trois rangées, les plus internes étant les plus grandes. Les dents peuvent se plier vers l’intérieur, ce qui facilite l’ingestion des proies, mais empêche de les rejeter une fois saisies.
- L’estomac est souvent très, extensible puisqu’on a trouvé dans un Melanocetus un poisson trois fois plus long que lui et beaucoup plus lourd. Le plus extraordinaire est certainement le Neoceratias (fig. 7) avec ses dents en dehors de la bouche, jusque sur le sommet de la tête.
- Une observation particulièrement intéressante a été faite par M. Tate Regan, celle de mâles nains, parasites des femelles, chez plusieurs espèces. Les Cératioidés sont les seuls vertébrés à présenter cette particularité dont on connaît divers exemples chez les animaux inférieurs.
- Tous les poissons capturés pendant qu’ils nageaient librement étaient des femelles. Les mâles seraient donc extrêmement rares. Mais dans quatre cas, les femelles portaient des mâles nains attachés à leurs flancs : une femelle de Photocorynus de 62 mm portait un mâle de 10 mm attaché sur la tête, devant l’épine surorbitaire droite ; une femelle d’Edriolychnus (fig. 8) de 62 mm portait un mâle de 14 mm sous son préopercule droit ; une femelle de Ceratias, longue d’un mètre, portait un mâle de 105 mm ; une autre de même espèce (fig. 9), longue de 1 m. 03, avait deux mâles de 80 et 85 mm fixés sur sa peau.
- Les mâles ont la forme générale des femelles, mais n’ont ni dents, ni filament pêcheur, ni rayons dorsaux, ni épines sur la tête; leur tube digestif est très réduit ; le
- Fig. 8. — Femelle d’Edriolychnus Sclimidti portant un mâle attaché à son préopercule (demi-grandeur.
- cœur et les branchies existent; la cavité abdominale est remplie par un énorme testicule.
- Chez Photocorynus et Ceratias, les mâles sont en continuité de substance avec les femelles, un tissu très vascularisé sort de la bouche
- du mâle et est uni à une papille sortant de la peau de la femelle; les vaisseaux sanguins des deux individus semblent communiquer.
- Les mâles paraissent incapables d’un développement libre, ce q.ui expliquerait leur rareté. Ceux qui peuvent rencontrer une femelle à la fin de leur stade post-larvaire et qui s’y fixent sont sauvés; ils sont alors liés à celle-ci pour leur vie; les autres disparaissent.
- Tels sont quelques-uns des points les plus curieux et les plus extraordinaires révélés par les pêches du Dr Johs
- Schmidt et les études de
- Fie. 9.
- Deux mâles de à une femelle
- M. Tate Regan. Les Cératioidés, qu’on connaissait à peine, sont maintenant classés, décrits, des dissectiods nombreuses ont permis d’étudier leur anatomie, leur biologie, si étrange, est même esquissée.
- On pourrait évidemment commenter tous ces faits avec abondance, discuter du nanisme des mâles parasites, de la diversité des formes spécifiques, des curieuses dispositions des filaments pêcheurs lumineux, etc; chercher dans ces observations des arguments pour telle ou telle théorie zoologique en cours, les interpréter selon des idées préconçues. Mais ce serait là jeux bien inutile. Des faits valent mieux que des hypothèses. Il faut convenir que M. Tate |Regan nous en a apporté un beau bouquet.
- René Meule.
- Ceratias holboelli attaches (demi-grandeur). '
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- LES ORIGINES DU TABAC
- M. Auguste Chevalier, l’explorateur connu, directeur du Laboratoire d’Agronomie coloniale .au Muséum national d’Histoire naturelle, dont La Nature a décrit le nouveau laboratoire, reconstruit après l’incendie de 1925 (n° 2712), vient de publier dans la Revue Internationale des Tabacs, l’histoire de la découverte de cette plante, ou plus exactement des nombreuses variétés et des divers hybrides qu’on connaît aujourd’hui.
- Cultivée d’abord par les Indiens d’Amérique, elle a été répandue dans les régions tropicales et tempérées de l’univers entier, tantôt par des voies encore peu connues, tantôt comme en Europe par les voyageurs du xvi' siècle. En même temps, une sélection s’établit entre les plants, certains types furent abandonnés et ne persistent plus que comme mauvaises herbes, d’autres furent introduits à divers époques, si bien que l’histoire des tabacs est une des plus complexes qu’on puisse aborder.
- Son intérêt est multiple : elle pose des problèmes de génétique, de sélection et d’hybridation, de distribution géographique, vastes questions biologiques pour lesquelles toute nouvelle documentation est précieuse ; elle a un aspect économique, si l’on se rappelle qu’actuellement le monde fume chaque année un million de tonnes de feuilles sèches et dépense pour cela une dizaine de milliards de francs or; elle révèle un curieux besoin, puisque le tabac des Indiens a envahi et conquis toute la planète.
- Les ancêtres du tabac. — Sans doute, l’homme a fumé bien avant la découverte de l'Amérique. Hérodote raconte déjà que les Babyloniens, les Scythes, les Thraces, fumaient du chanvre indien ou hachish qui leur procurait une ivresse violente.
- En Extrême-Orient, on fume l’opium depuis des milliers d’années.
- En Sibérie, on brûle la jusquiame et une amanite desséchée.
- En Occident, on connaissait probablement diverses plantes odoriférantes.
- En outre, on a chiqué le kat, le bétel, la kola, la coca, le péturi, en divers pays avant d’y connaître le tabac.
- Mais l’usage de toutes ces plantes a plus ou moins disparu devant l’apparition de l’herbe à nicot,
- La découverte du tabac. — Le journal de bord de Christophe Colomb relate, à la date du 11 octobre 1492, que lorsque l’amiral débarqua à l’ile San Salvatore (Antilles), les Indiens vinrent offrir, entre autres présents, des feuilles de tabac, séchées. Les Espagnols en ignoraient l’usage et ne les apprécièrent pas. Quelques semaines après, à Cuba, deux matelots de Colomb virent des indigènes allumer des rouleaux de feuilles sèches, en aspirer la fumée qu’ils renvoyaient par la bouche et les narines; ils crurent que c’était un moyen de se parfumer.
- Lors des voyages suivants, les Espagnols s’aperçurent que le tabac jouait un grand rôle dans la vie des Indiens, que ceux-ci le fumaient, le chiquaient, le prisaient et qu’ils lui attribuaient une vertu enivrante en même temps qu’ils en faisaient un remède contre la faim. Parmi les noms indigènes qu’ils lui donnaient, on trouve celui de petum ou petun appliqué à la plante et celui de tabe au rouleau de feuilles ou cigare.
- Sa classification botanique. — Le frère Ramon Pane, resté à Haïti après le deuxième voyage de Colomb,
- envoya, dit-on, des graines de tabac à Charles-Quint en 1518 ; puis Girolano Benzoni vit la plante au Mexique de 1541 à 1555; enfin, le franciscain français André Thevet, venu au Brésil en 1555, décrivit le tabac sous le nom de petun en 1557. Le tabac reçut son nom générique de Nico-tiana en 1586, dans YIlistoria plantarum du botaniste français Dalechamp. Linné le conserva et l’on distingua bientôt plusieurs espèces.
- L’herbe à Nicot, introduite en France en 1560 est le N. rustica, à fleurs jaunes, cultivé parles Indiens de l’Amérique du Nord; après avoir été répandu en Europe, il y a diminué d’importance et ne fournit plus aujourd’hui que le tabac d’Orient qui constitue le dixième seulement de la production totale.
- Le tabac à fleurs roses, N. tabacum, cultivé par les Indiens des Antilles, de l’Orénoque et de l’Amazone, dont les pre. mières graines furent apportées en France par Thevet, en 1555, a conquis le monde et forme les neuf dixièmes des cultures; c’est lui qui donne le havane, le deli, le tabac de Virginie, etc.
- On connaît aujourd’hui plus de cinquante espèces de Nico-tiana qui se groupent autour des deux précédentes et des espèces N. petunioïdes à fleurs blanches et N. Lehmannia à fleurs pourpres.
- Toutes sont d’origine américaine, bien que deux au moins aient l’apparence de plantes spontanées en Australie et en Nouvelle-Calédonie.
- Le tabac en Amérique. — Bien entendu, l’origine du tabac ne peut être exactement connue, pas plus que celle de toutes les autres plantes cultivées.
- Certes, il semble prouvé, notamment par les belles recherches de Rivet [La Nature, nn 2654), que l’Amérique eut des rapports avec l’ancien monde bien avant les voyages Colomb, par la Malaisie et la Polynésie, mais si les Mélanésiens ont vraisemblablement introduit en Amérique le bananier, le cocotier, le ricin, la canne à sucre, il est à penser que le tabac est une plante autochtone. Il est probable que les Indiens cueillirent d’abord les plantes sauvages, puis commencèrent à les cultiver. On connaît deux centres importants de civilisation précolombienne : les Mayas au Pérou, les Aztèques au Mexique, qui surent domestiquer de nombreuses plantes utiles : manioc, arachide, pomme de terre, quinoa, lupin, coca au sud; haricot, maïs, patate, cacaoyer, agave, nopals au nord.
- Le Nicotiana tabacum a pu être cultivé par les Mayas, le N. rustica par les Aztèques.
- Au début du xvi° siècle, les Européens fixés en Amérique se mirent à cultiver eux-mêmes les deux espèces, le rustica, au nord, le tabacum au sud.
- Cependant, dès le xvne siècle, le N. tabacum subsistait seul en Virginie et l’importation des noirs y permit l’établissement de vastes' cultures.
- A Cuba et à Saint-Domingue, dès 1520, les colons espagnols utilisèrent les Caraïbes, et, après 1580, les noirs d’Afrique, pour semer du tabac dans les forêts abattues et défrichées.
- Peu après, les Portugais firent de même au Brésil, puis . les Français et les Anglais vers 1560 aux Antilles, les Français en Louisiane et au Canada.
- Le commerce avec l’Europe se développa rapidement et le tabac fut la grande richesse des Antilles pendant tout le xvue siècle. En 1674, en France, la vente devint un monopole d’état réservé aux fermiers généraux.
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- Le tabac en Océanie. —On rencontre à l’état spontané en Australie et en Nouvelle-Calédonie, un tabac, N. suaveo-lens, découvert en 1774 par Forster, compagnon de Cook en son deuxième voyage et retrouvé en 1818 par Gaudichaud, lors du voyage de l’Uranie. C’est une magnifique plante qui peut atteindre plusieurs mètres de haut.
- On a signalé depuis d’autres espèces dans les îles du Pacifique : Juan Fernandez à 700 km dn Chili; île des Pins, Loyalty et Nouvelle-Calédonie. Sont-ce des plants américains apportés par les indigènes qui traversaient le Pacifique, ou des graines transportées sur des bois flottés ou par des oiseaux ?
- Le fait qui n’a rien d’impossible n’est pas prouvé.
- D’autre part, le tabac a été importé à Java dès 1601, par les Hollandais, puis disséminé par les Malais dans les autres îles de Malaisie et de Polynésie.
- Les tabacs d’Océanie pourraient donc avoir eu deux origines, une indigène, l’autre européenne, tout en provenant toujours de l'Amérique.
- Le tabac en Asie. — On connaît à Formose une espèce, spontanée au Chili, à la Plata et au Mexique; au Bengale, une autre originaire du Mexique et des Antilles ; en Perse, une autre encore signalée en 1833, identique à une du Chili. On cultive en Syrie, en Perse, on rencontre au Thibet, au Yun-nan^ au Setchuen le JV. rustica. Le N. tabucum est actuellement cultivé dans toute l’Asie. Il est difficile de se prononcer sur leurs voies d’introduction : fut-ce par la Sibérie et l’Alaska? ou par la Malaisie antérieurement au xv° siècle? En tous cas, les variétés qu’on rencontre en Chine sont très nombreuses et certainement d’importation fort ancienne.
- Le tabac en Afrique. — M. Chevalier a trouvé du tabac partout, en Afrique occidentale et centrale, même chez les peuplades qui n’avaient encore eu aucun rapport avec les blancs. Les noirs le fument et le chiquent; ils le cultivent aussi et il ne semble pas qu’il existe d’espèce spontanée. Singer a cité un texte arabe relatant l’introduction du tabac au Maroc par le Soudan vers 1593; mais la traite existait déjà à cette époque et les rapports avec l’Amérique étaient donc fréquents.
- . A Madagascar, on le connaît peut-être depuis beaucoup plus longtemps ; en tout cas les Portugais- semblent l’y avoir introduit vers 1506.
- Le tabac en Europe. — Les premières graines furent envoyées par Fernand Cortez à Charles-Quint en 1519.
- En 1525. Hernandez d’Oviedo cultiva peut-être, en Espagne, les premiers plants. En tout cas, Hernandez de
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- Tolède introduisit à nouveau la plante en 1560 et lui donna le nom de tabaco.
- Considérée d’abord comme plante médicinale, elle ne tarda pas à être fumée.
- On cite cette nouvelle habitude en Belgique en 1576, en Angleterre en 1586. Dès la fin du xvie siècle, on prise et on chique également. Le pape Innocent X en interdit l’usage à Saint-Pierre de Piome, puis dans toutes les églises de la Chrétienté.
- A la fin du xvne siècle, la Faculté de Médecine de Paris entendit la première thèse sur le tabac, soutenue par Claude Berger, M. Chevalier conte la chose avec humour : « La question posée était de savoir si l’usage prolongé du tabac abrégeait la vie. Et la thèse concluait qu’effectivement il l’abrégeait : Ergo ex frequenti Tabaci usu viiae summa bre-vor. .
- Une telle assertion risquait de causer un grand préjudice à la ferme des Tabacs qui constituait une importante ressource pour le Roi : le Président de thèse se montra lui-même un adversaire ardent du tabac, « mais, dit Labat, son nez n’était pas d’accord avec sa langue, car on remarqua que pendant tout le temps de la soutenance, il eut tonjours la tabatière à la main et ne cessa pas un moment de prendre du tabac ? »
- A la fin du xvie siècle, un ambassadeur et un moine se disputèrent la gloire d’avoir introduit la plante en France. Jean Nicot, ambassadeur de François II auprès du roi de Portugal l’avait apportée en 1560 en France et présentée à la reine Catherine de Médicis et au grand prieur François de Lorraine, d’où les noms d’ herbe à la reine et d’herbe au grand prieur et celui de Nicotiana donné au genre. Mais, avant Nicot, un moine cordelier originaire d’Angoulême, André Thevet, en aurait apporté en 1556 du Brésil en France et avait décrit ses propriétés en 1558.
- Il revendiqua sa priorité et jmoposa, sans succès, le nom d’herbe angoulmoisine. Et cependant, c’était le véritable introducteur, et qui plus est, vraisemblablement du N. tabacum alors que Nicot avait apporté le N. rusticum~a.u-jourd’hui abandonné en Europe.
- Telle est l’histoire du tabac dont la culture occupe actuellement 12 à 15 000 hectares en France et cependant ne fournit pas la moitié de la consommation.
- Grâce à l’importance prise partout par cette herbe, on peut mieux suivre que pour beaucoup d’autres les progrès de son extension. Et pourtant que de points obscurs — et qui risquent de le rester toujours — dans l’histoire des migrations multiples que les hommes lui ont imposées !
- Daniel Claude.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Contre les engelures et les crevasses. — M. le Dr Albert Nast, de Chelles, vient d’indiquer dans la Presse médicale, le traitement suivant, très simple, et qui lui donne toujours les meilleurs résultats.
- 1° Matin et soir se laver les mains longtemps et à l’eau chaude, avec un savon, soit à la glycérine, soit à l’huile de Cade. Bien rincer à l’eau chaude et bien sécher les mains.
- 2° Verser dans le creux d’une main la valeur d’une bonne cuillerée à café du mélange suivant :
- Baume du Pérou............ 3 grammes.
- Glycérine.................120 —
- Avec cette glycérine, on enduira soigneusement les deux mains en faisant le geste d’un savonnage ordinaire, de façon à en bien imprégner l’épiderme et les crevasses; ne pas sécher, ceci est extrêmement important pour assurer l’efficacité de la dernière manœuvre.
- 3° Saupoudrer copieusement les mains avec de la craie camphrée.
- En recommençant une dernière fois, avec le même geste, le frottement des mains, celles-ci, au bout de 3 à 5 minutes,, seront entièrement enduites d’un composé qui sera à la fois : cicatrisant, désinfectant et adoucissant. Il aura l’avantage de velouter les mains et de ne pas les laisser désagréablement graisseuses.
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- LA LUTTE CONTRE LES INCENDIES DE L'AIR
- LA GRAVITÉ DU DANGER
- Les incendies sont bien l’une des catastrophes les plus impressionnantes et les plus redoutées. Mais leur horreur s’accroît encore lorsqu’ils frappent des machines volantes. Ces incendies aériens, attisés par le vent violent de la vitesse, peuvent en quelques secondes transformer les aéronefs les plus perfectionnés, dirigeables ou avions, en un amas affreux écrasé sur le sol.
- Le plus grand nombre des catastrophes aériennes provient du feu ; en ces seules dernières semaines, nous relevons l’accident du « Sikorsky », qui devait traverser l’Atlantique, la destruction totale d’un « Goliath » militaire avec les cinq membres de son équipage, l’embrasement d’un avion quadrimoteur Blériot au cours d’un voyage commercial de Paris-Londres, tuant l’équipage et tous les passagers, sans compter une dizaine d’avions militaires ou civils détruits également par les flammes.
- Dans la plupart des cas, on ne peut incriminer la négligence des services de contrôle, nous devons donc en conclure que la responsabilité de ces catastrophes doit être recherchée dans la construction même des avions, ce qui évidemment est plus grave.
- Chacun devine que les incendies trouvent dans les avions actuels des conditions parfaites pour se développer rapidement, avant même que l’action humaine ait le temps d’intervenir pour les maîtriser.
- De nombreux avions et en particulier presque tous les avions français sont encore construits en bois et en toile recouverts de peinture ou de vernis tout spécialement inflammables. Tous contiennent de grandes quantités d’essence et d’huile ; on ne peut s’étonner qu’il soit difficile d’organiser, dans ces conditions, une lutte efficace contre les incendies.
- Enfin, quand l’avion est en vol, sa grande vitesse crée un violent courant d’air qui transforme la moindre flamme en chalumeau particulièrement dangereux.
- Le plus grave, c’est qu’à ces conditions si favorables aux incendies s’ajoute un élément tragique et bien spécial aux avions ; tous les éléments constructifs d’un avion sont indispensables à la résistance générale de la charpente et la moindre atteinte locale détruisant un de ces éléments est rendue désastreuse pour l’ensemble. Un mât de la cellule, un montant de fuselage, ou un longeron de l’aile est-il brûlé que l’avion entier se replie sous la formidable poussée de l’air et s’effondre sur le sol en une masse informe.
- LES MOYENS DE SECOURS
- On conçoit que devant un péril aussi redoutable, les mesures les plus strictes aient été prises pour sauvegarder la sécurité des équipages et des passagers.
- Des carburateurs très ingénieux ont été inventés en France, qui véritablement ne peuvent pas 'prendre feu par suite des retours de flammes ; il serait souhaitable de voir leur usage se généraliser.
- D’autres mesures de conservation peuvent être envi-
- sagées pour sauver la vie de l’équipage et des passagers c’est de leur permettre d’abandonner l’avion en [feu au moyen de parachutes.
- Malheureusement, ce procédé n’est pas toujours possible ; son application ne souffre pas grande difficulté lorsqu’il s’agit d’avions militaires ; les deux ou trois membres de l’équipage assis dans des postes ouverts peuvent se dégager facilement et en deux ou trois secondes.
- Nous Lavons déjà signalé aux lecteurs de La Nature que les Allemands, pendant les derniers mois de la guerre, avaient sauvé la vie de plusieurs centaines de pilotes grâce aux parachutes, ces pilotes n’hésitant pas à sauter clans le vide dès que leur avion était endommagé ou brûlait ; c’est seulement depuis quelques mois en France que les parachutes sont devenus obligatoires dans l’armée et encore de nombreux équipages n’en sont-ils pas encore pourvus.
- L’utilisation des parachutes se révèle un peu plus complexe à bord des gros avions dont 1’équipage ou les passagers sont placés dans l’intérieur d’une cabine.
- D’abord, l’efficacité de la « bouée aérienne » n’est réelle que pour les incendies survenant à une altitude telle que les parachutes puissent avoir le temps de se déployer et de freiner la chute du naufragé, soit pratiquement une centaine de mètres.
- En second lieu, on peut se demander ce que devient une cabine cl’avion pendant la chute et si les passagers pourraient se dégager vers les sorties d’évacuation, car tant que l’avion continue à voler, on peut avoir l’espoir de regagner le sol avant que les ravages du feu aient transformé ce vol en chute accélérée et dès que les réservoirs flambent, c’est la dislocation complète de 1’avion et la chute.
- Enfin, on peut craindre, même si l’évacuation a lieu normalement et sur Tordre du pilote, que les passagers ne soient complètement affolés et ne puissent évacuer l’avion normalement,
- On peut craindre aussi que les passagers perdent leur sang-froid par suite d’un incendie localisé et qu’ils ne se jettent prématurément ou déséquilibrent complètement l’avion en se précipitant tous à la fois vers la sortie.
- Devant ces craintes, l’Administration et les Compagnies ne se sont pas encore décidées à utiliser les parachutes dans les gros avions marchands.
- Cependant tous les avions nouveaux doivent comporter des sorties spécialement aménagées pour l’évacuation par parachutes, soit une trappe spéciale placée dans la cabine, soit des portes supplémentaires.
- Nos inventeurs cherchent à résoudre un autre problème qui répondrait aux objections formulées plus haut, ce serait le parachute de cabine capable de soutenir la cabine et ses passagers; le pilote, devant le danger, par le jeu d’un levier séparerait la cabine du reste de l’avion.
- Ce dispositif ne serait que l’amplification du parachute de nacelle employé pendant la guerre pour les ballons d’observations. Cependant les conditions sont tout autres pour un avion contenant une quinzaine de passa-
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- gers, soit 2000 kg y compris le poids de la cabine !
- La réalisation de ce radeau de sauvetage aérien reste donc dans le domaine des hypothèses improbables.
- car il est rare qu’une allumette jetée par inadvertance sur un tapis ou un plancher puisse y mettre le feu, sauf dans des conditions vraiment malheureuses. Le risque
- Fig. 1. — En haut : Un gros avion trimoteur, type Jubiru pouvant porter 10 passagers. En bas : Le même appareil, après quelques
- minutes d’incendie n’est plus qu’un amas de ferrailles disloquées et tordues.
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- Il semble, entout cas, que ces diverses mesures aient été insuffisantes, puisque les catastrophes se succèdent à une cadence trop rapide pour permettre d’incriminer la seule fatalité.
- COMMENT LES INCENDIES ÉCLATENT-ILS?
- Les incendies d’avions peuvent se produire soit en plein vol, soit aii sol après un accident d’atterrissage, mais les causes en sont à peu près les mêmes. Certes, des fumeurs peuvent être rendus responsables des incendies, mais dans un nombre infime de cas, le feu étant décelé dans les cabines et contrebattu aussitôt avec efficacité,
- - provenant des fu-
- meurs peut donc être considéré comme presque annulé par la présence dans les cabines d’extincteurs à main, et il est pratiquement permis de fumer dans tous les avions marchands.
- Nous estimons cependant qu’en raison de la proximité d’une grande quantité d’essence et des possibilités de fuites aux réservoirs, aux robinets et aux tuyauteries multiples, il vaudrait mieux interdire formellement de fumer à bord des avions en bois.
- Plus sérieux est le danger des court-circuits électriques; nous avons publié antérieurement les schémas d’installations électriques existant à bord des avions
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- marchands et l’on y voit que les réseaux de chauffage, de lumière et de T. S. F. conduisent à des complexités dangereuses à bord de machines aussi sujettes, d’une part, aux vibrations génératrices de court-circuits et, d’autre part, aux incendies.
- Ces innombrables câbles électriques peuvent être placés dans des endroits qui ne sont pas toujours accessibles en plein vol, ni même visibles par l’équipage et le moindre court-circuit, provenant d’un dénudement des câbles, peut entraîner alors de redoutables incendies que l’équipage ne perçoit que trop tard pour agir.
- La présence des accumulateurs de T. S. F. à bord de presque tous les avions n’est pas non plus faite pour
- nant encore et donnant par suite des flammes d’échappement ou des étincelles électriques; si le feu prend dans ces conditions, il s’ensuit généralement un incendie total de la masse d’essence du réservoir crevé et la destruction complète et instantanée de l’avion.
- Quant aux incendies de carburateur provenant d’une rupture de soupape, de piston ou d’embiellage ou de toute autre cause survenant en plein vol, leurs conséquences devraient être limitées à celles d’une flamme ne durant que quelques instants pendant que brûle la faible quantité d’essence contenue dans la cuve du carburateur, le pilote ayant fermé la tuyauterie d’arrivée d’essence.
- Si ces incendies de carburateur s’aggravent, c’est par
- Fig. 2. — Projection d’un passager en parachute.
- accroître la sécurité aérienne, notamment en cas d’accident d’atterrissage lorsque l’essence se déverse sur les étincelles que peuvent produire les court-circuits d’accumulateur ; ce risque est néanmoins.considéré comme peu grave en pratique.
- C’est, en réalité, du moteur que proviennent presque toujours les incendies, soit par suite de retours au carburateur dus à un mauvais réglage ou de la rupture d’une soupape d’admission, soit par suite de la sortie des gaz incandescents de l’échappement, soit par suite des étincelles produites par les dispositifs d’allumage, soit enfin par suite de rupture en pleine marche de certains organes, comme les bielles, qui crèvent les carters et incendient les carburateurs proches et pleins d’essence.
- En principe, les incendies provenant de l’allumage ou des gaz d’échappement n’ont lieu que lorsque l’essence se déverse, après un accident au sol, sur le moteur tour-
- suite de la communication de ces petits foyers avec les réservoirs de combustibles, mais nous devrons alors conclure que le mode de construction de l’avion est défectueux.
- Nous ne pouvons passer’sous silence les phénomènes électriques provenant de l’atmosphère ; ils peuvent donner lieu à des productions d’étincelles lorsque les diverses parties métalliques d’un avion se chargent d’électricités différentes. Ces phénomènes, graves pour les ballons, sont devenus négligeables grâce aux protections prises.
- Les avions peuvent aussi recevoir en plein vol la foudre; plusieurs cas sont connus; dernièrement, un avion métallique marchand a été ainsi frappé en plein orage par le feu céleste et s’est abattu en flammes dans la mer Baltique ; un autre avion de bois, frappé dans les mêmes conditions, n’a subi que le percement de ses
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- les moteurs, les réservoirs, etc... Ces extincteurs fixes projettent, sous l’action d’un gaz comprimé, du liquide spécial sur les organes protégés ; c'est le pilote qui agit sur une manette de manodétenteur et sur des robinets pour diriger le liquide extincteur vers la pomme qui arrosera le feu.
- Pour perfectionner ce dispositif, qui avait l’inconvénient de n’agir que sous l’impulsion raisonnée dn pilote, on imagina des dispositifs automatiques qui devaient agir sans que le pilote en fût même avisé et dès que le feu se déclarait.
- Ce dispositif comporte des détecteurs sensibles à la chaleur qui commandent directement les projections du liquide extincteur et les dirigent au bon endroit.
- Fig. 3. — A fion Bléri'ot 6 places en service sur la ligne Paris-Varsovie-Constantinople.
- Les deux réservoirs à essence sont placés sur le plan supérieur pour écarter les risques d’incendie.
- plans et la fusion de quelques pièces métalliques. Un autre incendie, qui entraîna une catastrophe sur la ligne Paris-Londres, provint de l’accumulation, dans un espace clos situé derrière un moteur, d’une masse d’air saturée d’essence, qui explosa soudain sans doute à la suite d’étincelles provenant de l’échappement du moteur.
- Tous ces cas sont relativement assez rares, mais ils sont tellement désastreux dans leurs conséquences qu’il ne faut pas en cacher l’existence sous prétexte de propagande aéronautique ; tout accident de cet ordre suffit, à lui seul, à faire une contre-propagande aérienne considérable et nous estimons qu’il est plus facile de combattre un mal lorsqu’il est avoué que lorsqu’il est nié.
- LA LUTTE CONTRE L'INCENDIE
- Il est, en effet, possible de prévenir les causes de ces incendies et tout au moins de lutter contre leur développement, mais avec plus ou moins de succès suivant les cas ; toutefois, il faut partir de ce point de vue qu’avec un peu de soin on peut éliminer tous les incendies graves des avions en vol et prendre des mesures pour limiter les conséquences des incendies désastreux résultant d’un accident préalable au sol.
- Les premières mesures prises ont été de munir tous les avions d’appareils extincteurs qui devaient permettre aux équipages soit d’étouffer le début de l’incendie, soit de limiter ses dégâts pour donner au pilote le temps de regagner le sol. Les extincteurs à main étant de faible capacité et incapables d’atteindre certains foyers et en particulier ceux des moteurs, généralement inaccessibles en plein vol, il fut monté sur les avions des extincteurs puissants et fixes qui au moyen de tuyauteries protègent
- On en connaît aujourd’hui divers modèles basés sur la dilatation.
- Malheureusement, si le principe de ces installations est parfait, leur fonctionnement pratique se ressent de leur fragilité et leur complexité résiste mal aux vibrations et aux à-coups d’une exploitation intense, tout au moins si nous en jugeons par les résultats des grands réseaux aériens.
- Tous ces extincteurs ne sont, en somme, si perfectionnés qu’ils soient, que des moyens répressifs et d’une efficacité pratique quelque peu discutable, et nous devons avouer que nous préférons de beaucoup les mesures préventives, non pas qu’on puisse espérer la suppression totale des incendies, mais au moins celle des causes aggravantes.
- Puisque le grand péril provient de l’embrasement irrésistible des réservoirs d’essence, il semble que depuis longtemps on aurait dû éloigner ceux-ci des foyers d’incendie, c’est-à-dire des moteurs.
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- Or il est curieux de constater que très souvent les constructeurs n’ont pas hésité à placer les réservoirs immédiatement derrière les moteurs, c’est-à-dire qu’un simple incendie au carburateur a toutes chances de se transformer chaque fois en" feu au réservoir et qu’à chaque accident au sol l’essence ne peut manquer de se déverser directement sur le moteur.
- La première mesure à prendre est donc d’éloigner ce danger permanent. Un emplacement a été choisi qui paraît donner à cet égard toute satisfaction, sans décentrer les avions, c’est de placer le combustible soit dans le plan supérieur, soit sur ce plan, soit dans la cellule, soit dans les plans à droite et à gauche du fuselage.
- Pour les avions à ailes épaisses, cette solution ne présente aucun inconvénient, les réservoirs pouvant trouver place dans l’épaisseur de l’aile sans saillir notablement ; pour les avions à ailes semi-épaisses ou minces, les réservoirs forment saillie et entraînent une perte sensible du rendement aérodynamique; de plus, ils risquent même, en cas de capotage anodin, de se crever et d’immobiliser l’avion jusqu’à réparation.
- Dans presque tous les cas, sauf celui d’un écrasement général de l’avion, l’essence placée dans le plan supérieur se déverse hors du moteur.
- On peut aussi utiliser des réservoirs vidangeables, c’est-à-dire que le pilote, en cas de danger, agit sur une vaste soupape placée à la partie inférieure du réservoir et qui, en s’ouvrant, permet à l’essence de se déverser en quelques secondes dans l’atmosphère.
- Cette solution radicale est efficace pour les incendies en plein vol, elle ne l’est pas pour les accidents au sol, à moins que le pilote ait eu la possibilité de prévoir réellement cet accident (montagne, villes, forêts, etc.), ce qui est assez rarement le cas.
- En outre, le vidangeage n’est possible que pour les réservoirs placés sous l’avion et assez loin en arrière, car on ne sait pas encore exactement si l’essence vidangée n’est pas brassée par les mille remous qui entourent un avion au point d’asperger tout l’avion et de le transformer en torche incendiaire.
- Enfin, on construit des avions dont les réservoirs sont larguables en plein vol, c’est-à-dire que le pilote peut, en tirant sur un levier, déclencher d’un seul coup son réservoir entier, qui tombe au sol.
- Cette mesure, radicale pour les incendies en vol, est à notre avis d’une valeur moindre pour leiU incendies ^résultant d’un accident soudain au sol ; encore convient-il, pour la sécurité terrestre, que cet abandon d’une masse pesant parfois plus de 4<à 500 kg ne vienne pas au sol causer des accidents plus graves encore, ce qui serait le cas au-dessus d’une ville.
- LA CONSTRUCTION
- Nous venons de voir que d’excellentes mesures pouvaient être prises pour lutter contre les causes ou les conséquences des incendies aériens; mais, en somme, le meilleur moyen pour éliminer ce danger redoutable réside
- dans des dispositifs de construction spécialement étudiés adaptés.
- La première protection consiste à écarter résolument les réservoirs des foyers principaux d’incendie, c’est-à-dire des moteurs ; ils devraient être tous placés au moins à 3 m. des moteurs.
- Dans ces conditions le pilote aura toujours le temps de gagner le sol et d’y atterrir si l’incendie provient du carter ou du carburateur. Tous les avions possédant encore des réservoirs placés derrière les moteurs devraient être rayés des listes des avions marchands agréés par l’Etat.
- La deuxième protection, qui complète d’ailleurs la première, serait de construire des avions dont toutes les parties voisines des moteurs soient métalliques, non pas en duralumin qui, chauffé, devient mou comme du plomb, mais bien en bon acier de telle manière qu’un incendie de carter ou de carburateur ne trouve aucun aliment de propagation.
- Une troisième mesure, complément des précédentes, serait d’exiger sur tous les avions multimoteurs existants, le remplacement des mâts de cellule en bois placés à côté ou derrière les moteurs latéraux par des mâts en acier.
- Ainsi un incendie local ne risquerait plus de se propager par la combustion d’un mât de cellule qui [est généralement imbibé d’essence et d’huile s’il est proche d’un moteur; l’on ne verrait plus d’avion se disloquer entièrement et d’un seul coup, parce que la flamme d’un carburateur ou d’un carter en feu aurait léché un seul mât de cellules.
- Ces mâts d’acier devraient être en plus protégés à hauteur des moteurs par un revêtement approprié d’amiante pour éviter les déformations par échaufïement.
- Enfin toute une série d’aménagements devraient être appliqués avec le plus grand soin, pour éviter, dans la mesure du possible, les incendies de moteurs et leurs conséquences moins graves. Ainsi les moteurs devraient être isolés du fuselage par des plaques pare-feu ; les carburateurs ne devraient être, en aucun cas, collés contre les carters des moteurs ; l’intérieur même des carters devrait être inondable par du liquide extincteur ; les moteurs devraient être obligatoirement munis de pots d’êcliappement et de dispositifs pare-flammes, etc.
- Il faudrait aussi tirer au clair la question de l’efficacité ou du danger des réservoirs vidangeables ; certains essais effectués avec un avion semblable à celui quia péri si tragiquément sur la ligne Paris-Londres auraient montré que la vidange de l’essence en plein vol aspergeait complètement l’arrière du fuselage et les gouvernes.
- Il n’y aurait là rien d’éto'nnant. Ces jours derniers un avion insecticide lâchant une poudre insecticide sur une forêt ravagée par les chenilles s’est trouvé complètement entouré par le nuag’e toxique au cours de son vol, au point que le pilote aveuglé dut atterrir d’urgence : cependant cette poudre était lâchée sous l’avion,
- Bien des essais et des expériences sont encore nécessaires pour que la lutte contre le feu soit bien organisée à bord des avions.
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- Fig. k. — L’avion De Ilavilland avec lequel Sir Alain Cobliam a accompli le le voyage Londres-Melbourne et retour.
- Il est pourvu d’un réservoir sur le plan supérieur.
- LES COMBUSTIBLES ININFLAMMABLES
- Nous n’avons pas encore parlé de l'accroissement énorme de sécurité qui procurerait aux aéronefs le remplacement de l’essence éminemment inflammable, par d’autres combustibles moins dangereux et généralement aussi beaucoup moins chers.
- On peut fort bien envisager l’utilisation du pétrole ainsi que de nouveaux carburants tels que le Kétol ou le Makhonine ou encore de nouveaux procédés d’alimentation des moteurs par le charbon de bois, par exemple.
- Si ridicule que puisse paraître maintenant l’idée d’avions marchant au charbon de bois, il est très possible que cette utilisation entre dans la pi’atique avant
- Peu-
- Les Allemands n’annoncent-ils pas qu’ils ont mis au point pour les dirigeables Zeppelin un combustible gazeux ininflammable composé d’hydrogène et d’oxyde de carbone et qui aurait la même densité que l’air. Il se pourrait donc que d’ici peu tous les emplacements libres des avions, ailes, queue, etc., soient remplis de ballons contenant un combustible gazeux ininflammable ; cette fois les risques d’incendie seraient absolument supprimés, surtout à bord des avions métalliques.
- Nous espérons que malgré les oppositions sourdes et intéressées du grand commerce des essences, la France arriver a à utiliser des combustibles moins dangereux.
- En ce qui concerne les risques maritimes, le Bureau Veritas a su établir contre les incendies toute une série de prescriptions très sévères qui ont limité sérieusement les risques de la navigation. .
- Puisque le Bureau Veritas étend maintenant son action prudente sur l’aviation, il faut souhaiter qu’il prenne l’initiative d’interdire purement et simplement les formules de construction ou d’aménagement des avions qui ne présenteront pas toute la sécurité désirable, quoi qu’en puissent penser les constructeurs d’avions, et mêmè si les performances devaient en souffrir.
- L’aviation marchande n’a pas été créée pour battre
- des records, mais bien pour transporter des passagers et du fret avec le plus de sécurité possible.
- CONCLUSION
- Contre les risques d’incendie de l’air, dont la fréquence n’est pas négligeable et dont la gravité est toujours très grande, il reste encore beaucoup à faire à bord des avions.
- Certaines mesures sont dès maintenant connues et doivent être imposées sans tarder.
- Fig. 5. — Capotage d’un avion Trimoteur Caudron.
- Les trois réservoirs d’essence étant placés en A à l’intérieur de l’aile [Supérieure, l’avion n’a pu prendre feu lors du capotage.
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- D’autres n’ont pas encore fait leurs preuves et doivent être l’objet de recherches poursuivies avec ténacité.
- Nous avons signalé les moyens suivants qui diminueraient beaucoup le nombre des accidents :
- L’emploi de carburateurs sans retour de flamme ;
- La disposition des pots d’échappement loin des réservoirs d’essence et leur équipement avec des pare-flammes;
- L’éloignement des réservoirs et des moteurs;
- L’isolement des mâts de cellule qui doivent être en matériaux incombustibles et infusibles.
- En outre, tous les avions doivent être munis d’extincteurs assez puissants pour arrêter tout commencement d’incendie avant qu’il se propage.
- Enfin, ceux qui ne transportent que quelques personnes doivent avoir autant de parachutes que de passagers.
- En attendant mieux, et uotammentl’utilisation de carburants nouveaux ininflammables, ce serait là un accroissement de sécurité très sensible et rien ne s’oppose à son adoption et à sa généralisation sur tous les types existants.
- Fig. 6. — Vue avant d'un trimoteur Gaudron.
- Le moteur Lorraine 400cli est monté sur un bâti métallique en tube d’acier; il est isolé de l’avion par une plaque pare-feu en métal doublé d’amiante.
- Jean-Abel Lefbanc.
- Fig. 7. — A gauclie : Appareil parc-flammes Roclmt-Bartliélemy adapté à un moteur Hispano-Suiza 300 C. V. en V.
- A, pipe d’échappement; B, collecteurs; G, appareil silencieux pare-flammes,
- A droite : Appareil, pare-flammes Rochat-Barlhélemy adapte a un moteur Jupiter de kOO C. V.
- A, pipes d’échappement; B, Collecteurs circulaire; G, appareil silencieux-pare-flamme.
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- PIERRES-FIGURES, AVEC PEINTURES
- DES CÔTES DE VENDÉE
- Je crois faire plaisir aux lecteurs cle La Nature en leur présentant la photographie ci-jointe et en leur annonçant une découverte des plus imprévues et des plus intéressantes faite sur le littoral de la Vendée.
- Il s’agit d’un gisement sous-marin de silex taillés, où existe un grand nombre de Pierres-figures !
- Certes, on connaît depuis longtemps ce qu’on appelle, en Préhistoire, les pierres-figures! Mais, jusqu’à présent, personne : 1° n’en avait recueilli en tas, bien constitué et cela en plein atelier de taille, ayant fourni des milliers de pièces; 2° et surtout n’en avait découvert sous l’océan, partant en station forcément vierge.
- Mais ce n’est pas tout. Il y a là quelque chose de plus extraordinaire encore et de tout à fait nouveau : j’ai constaté l’existence, sur des centaines de ces objets, de deux pierre-figures, ayant été peintes, à dessein!
- L’authenticité de cette peinture est corroborée par la trouvaille, dans le même lieu, de deux galets de mer, peints également : ce qui fait songer aux célèbres galets
- intérêt scientifique exceptionnel, car, après le débitage du silex, il s’est formé, sur elle, une sorte de dépôt d’alios, à l’air libre, qui recouvre les retouches de régularisation et authentifie^de façon indiscutable le travail humain ancien ! Je n’ai trouvé dans la station qu’une seule autre pièce,présentant le même phénomène observé pour la première fois en préhistoire.
- Je n’insiste pas sur le Chien couché et sur le protomé de Sanglier, ou de .Rhinocéros, très retouchés également.
- La sixième photographie a trait à un stupéfiant Sanglier à quatre pattes et à queue, constitué par un rognon siliceux ; mais cette pièce a été recueillie à Charleval (Eure) et non en Vendée. Je ne la cite que pour comparaison.
- Tout cela est du début du Néolithique. '
- Jadis, les pierres-figures n’étaient pas admises, par les préhistoriens classiques. Aujourd’hui, le problème ne se pose plus ; il est résolu. La découverte des pièces
- Fig. 1. — Pierres-figures de Saint-Gilles-sur-Vie.
- De gauche à droite : Grand rat; lézard ou castor; chien couché; tête de biche avec alios de formation récente ; sanglier
- protomé de sanglier ou de rhinocéros.
- peints du Mas d’Azil découverts par Piette il y a longtemps.
- Un galet a une face peinte en rouge (ocre) ; l’autre a sa circonférence partiellement couverte de peinture noire et rouge. Les deux pierres-figures sont colorées en noir (charbon ou noir de fumée ?)
- 11 est maintenant étonnant que ces peintures se soient conservées , dans le sable et des vases, sous l’eau salée !
- Ces pierres-figures sont, bien entendu, de purs Lusus naturæ, pour la plupart; mais il en existe en silex taillé, qui sont d’ailleurs les moins curieuses. Cependant, ce qui les distingue des lusus ordinaires, c’est que toutes ont été travaillées par l’homme et subi des retouches d’adaptation au but poursuivi.
- C’est ainsi qu’un gros Rat, à queue visible, a eu une oreille arrangée et raccourcie, parce que trop longue, ainsi que la racine d’un membre postérieur !
- C’est ainsi qu’un Lézard, qui ressemble par sa queue à un castor, a eu les pattes et la queue retouchées.
- C’est ainsi, surtout, qu’un protomé de Biche (les pro-tomés sont fréquents) a eu un crâne très raccommodé et un joli museau finement retouché. Cette pièce est d’un
- peintes juge d’ailleurs, désormais, la question, de façon définitive.
- Dans notre premier fait, il s’agit d’une petite Colombe, qui repose sur son abdomen et dont la moitié droite et le dos seuls, sont peints en noir. Les retouches sont précisément sur les parties non recouvertes de couleur.
- Notre second cas se rapporte à une tête de gros Oiseau, qui doit être aussi un grand Pigeon. La couleur est plaquée, sous forme de deux taches noires, sur la joue droite, et au niveau de l’œil.
- Ces deux spécimens, par ce fait qu’ils sont réellement décorés à l’aide d’un procédé très primitif, se distinguent nettement des autres pierres-figures connues, et qui abondent dans de nombreuses collections, sans grande valeur scientifique au demeurant parce que ramassées un peu partout!
- En Vendée, tous les exemplaires ont été trouvés en pleine station ensemble, et en grand nombre sous l’Océan et aucune autre observation de ce genre n’a îamais encore été signalée au monde.
- Ces données suffisent à montrer l’intérêt exceptionnel des faits que nous venons de brièvement signaler.
- Dr Marcel Baudouin.
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- LES INONDATIONS DE PARIS
- La crue annuelle de la Seine provoque régulièrement dans la presse le panégyrique des mesures de défense prises par les Conseils municipal et départemental.
- L’exposé succinct ci-après montrera pourquoi l’auteur croit ne pouvoir partager l’optimisme officiel.
- I. SITUATION ACTUELLE I. Effets des travaux exécutés. —Les crues de 1910,
- 1924 et 1926 marquèrent respectivement :
- à l’échelle 6 m 05, du pont d’Austerlitz : 8 m 64, 7 m 32 et
- à l’échelle 6 m 51. du barrage de Bezons î 7 m 92, 7 m 34 et
- Leurs différences de hauteur furent : à Austerlitz : 1 m 32 pour 1910-1914 et 2 m 59 pour
- 1910- 1926,
- et à Bezons : 0 m 58 pour 1910-1924 et 1 m 41 pour
- 1910-1926.
- Les travaux de défense exécutés entre Austerlitz et Bezons déterminèrent donc en ce point des surhaussements de crue de 1 m 32 — 0 m 58=0 m 74 en 1924 et de 2 m 59 — 1 m 41 = 1 m 18 en 1926.
- Les développements des lits à l’amont d’Austerlitz jusqu’à Choisy et à Neuilly étant à peu près égaux à celui unique d’aval jusqu’à Bezons, le resserrement des berges y étant doublé et les débordements plus marqués, les travaux qui y furent exécutés durent forcément déterminer un surhaussement plus important. Il est donc naturel de fixer à 2 m 50 le surhaussement total éprouvé par la crue de 1926 à la traversée de la région parisienne.
- II. Effets des travaux en cours. — Lors de cette crue, 17 millions de travaux étaient en exécution : dérasement du barrage de la Monnaie, réfection du pont de la Tournelle, etc. Dorénavant, ils apporteront leur appoint de résultats avantageux pour l’amont et nocifs pour l’aval.
- III. Effets des travaux approuvés. — Le 16 janvier 1926, le Ministre approuva un programme de travaux montant à 184 millions. A lui seul celui de 14 millions consistant dans l’appropriation des deux tunnels de Sainl-Maur, à l’évacuation d’un débit de 200 m3 d’eau de Marne, déterminera un surhaussement d’environ 0 m 50 du fait de la diminution des débordements d’amont et de l’atténuation du précieux décalage des arrivées à Charenton des maxiraa de la Ilaute-Seine et de la Marne(').
- IY. Résultats à prévoir. — Si le programme ci-dessus avait été parachevé, la crue de 1926 aurait certainement subi entre Choisy et Bezons un surhaussement de plus de 3 m 20.
- Y. Résultats en cas de très grande crue. — Or, cette crue était de celles qui jadis atteignaient 4 m 80 à Austerlitz et n’occasionnaient que de faibles débordements.
- a) Dans Vhypothèse d’une crue type 1910 et de la résistance des digues préservant la banlieue amont, le surhaussement au pont National serait théoriquement d’environ 1 m 70, compte tenu de l’aspiration résultant de l’élargissement du pertuis des Iles(*).
- 1. Généralement la Marne est en retard d’une quinzaine d’heures.
- 2. Les ingénieurs font erreur sur le bénéfice de eet élargissement en admettant que la réalisation de deux sections mouillées dont la somme égalera celle unique de l’amont y assurera en effet,
- Pratiquement, il serait prudent de porter à 3 m les prévisions et d’estimer qu’en pareil cas tout le bas de Paris disparaîtrait sous près de 2 m d’eau.
- b) Dans ïhypothèse d’une telle crue et d’une rupture des digues, l’irruption des eaux dans la plaine d’Alfortville et de Choisy s’effectuerait avec une telle rapidité qu’un terrible désastre s’ensuivrait probablement.
- YI. Résultats en cas de crue excessive. — Or, la
- crue de 1910 aurait pu être dépassée. Comme on sait, elle résulta du grossissement de la crue des rivières du Haut Bassin consécutive aux grandes pluies des 18-20 janvier par celle des cours d’eau du bassin parisien déterminée par les pluies des 23 et 24. Son maximum du 28 janvier eût été retardé et certainement renforcé de 1 m 50 si cette seconde série de pluies des 23-24 janvier avait été aussi copieuse dans le bassin de l’Yonne que dans celui contigu du Loing, et si, par surcroît, une troisième bourrasque s’était abattue sur le plateau briard les 26 et 27.
- En pareille éventualité, les désastres mentionnés ci-dessus seraient naturellement amplifiés en proportion.
- YII. Effets à Vaval de Paris. — En principe, les travaux de défense prendront fin à Bougival, de sorte que les riverains d’aval seront dans l'obligation de subir les effets de ces surhaussements, capables d’atteindre en ce point 5 m et peut-être 6.
- Le résultat immanquable sera leur constitution en un syndicat qui actionnera l’agglomération parisienne pour son sans-gêne à disposer du fleuve et qui en tirera des indemnités susceptibles d’atteindre annuellement le chiffre moyen de 30 millions.
- IL TRAVAUX DE PRÉSERVATION
- VIII. Préservation de l'aval. — Pour éteindre ces réclamations, Paris devra, soit organiser les réservoirs dont il sera parlé plus loin, soit approfondir le lit de la Seine de 2 m 50 à 3 m jusqu’à la mer.
- Or, ce procédé, préconisé par les ingénieurs, exigerait un temps considérable et une dépense d’au moins 3 milliards, sans procurer la moindre sécurité à l’aval de Poses, parce que l’agrandissement du lit faciliterait la remontée du flot et le renforcement des vagues par vent d’Ouest dans la même proportion que la descente des crues, et déterminerait des inondations compensatrices de celles supprimées à l’amont.
- IX. Préservation de Paris. — D’auti’e part, un approfondissement du lit à l’intérieur de Paris ne peut pas assurer sa sécurité après la suppression des débordements d’amont. Des déterminations opérées en 1910, il semble, en effet, résulter que le 26 janvier le volume des débordements à l’amont de Paris augmenta de 39 000 000 m cubes. La banlieue amont n’aurait donc été préservée que si la traversée de la ville avait été adaptée à un débit supplémentaire de 460 m cubes par seconde, c’est-à-dire si la combinaison de l’approfondissement du lit et de son endiguement jusqu’au niveau des quais avait procuré le même écoulement qu’un surhaussement théorique de 2 m à la Tournelle.
- la même pente superficielle des crues. Une telle réduction, de le pente serait en effet en opposition avec le fait qu’entre les confluents de la Cèze et de la Sorgues, le Rhône, par deux fois, couie dans un lit unique et dans deux bras et que, dans les deux cas, la pente des bras est double de celle du lit unique.
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- Compte tenu de l’obstruction par les ponts et des dangers de l’approfondissement aux abords des murs de quais, cette marge est certainement insuffisante, et la réalisation par ce moyen de la sécurité cherchée paraît irréalisable. Force sera de l’assurer, soit par la dérivation de la Marne appliquée à un débit minimum de 650 m cubes, soit par l’organisation des grands réservoirs.
- À. Préservation de Paris par la dérivation de la Marne.
- — La dérivation de la Marne d’Annet à Epinay définitivement enterrée vient d’être remplacée au pied levé par celle de Gournay à Epinay qui, d’ailleurs, en 1910, avait été étudiée, semble-t-il, concurremment avec la précédente et avait été écartée notamment à cause de son devis : 190 000 000 fr., contre 170 000 000 fr.
- Au point de vue financier et sans adaptation à la navigation, cette dérivation serait donc aussi coûteuse que l’autre (').
- Au point de vue technique, elle présenterait les mêmes inconvénients rédhibitoires : la superposition à Epinay non seulement des maxima de l’Yonne et de la Haute-Marne, mais encore de ceux des deux séries de rivières du bassin parisien : l’Yères, l’Orge et l’Essonne d’une part, l’Ourcq et les Morins de l’autre. Le maximum de la seconde série arrivant aujourd’hui à Charenton 24 heures après l’autre, la conjonction envisagée pourrait déterminer à Epinay un surhaussement de plus d’un mètre.
- B. Préservation de Paris par l’organisation de réservoirs.
- — Ce mode de préservation, proposé dès décembre 1910 par l’auteur du présent article, comporte l’organisation, suivant la ligne générale Révigny-Saint-Florentin, de réservoirs réduisant à 100 m cubes par seconde les débits écoulés à l’aval de tous les cours d’eau du Haut-Bassin, depuis l’Ar-gonne jusqu’au Morvan.
- Or, en 1910, la Marne supérieure, qui fournira tout au plus le sixième de l’alimentation totale, évacua 600 m cubes par seconde à Saint-Dizier. L’accolement de ces nombres établit l’énorme bénéfice de cette organisation.
- Par surcroît, les crues du Loing supérieur, dont la nocivité fut considérable en 1910, seront, soit dérivées dans la Loire, soit emmagasinées dans un réservoir facile à obtenir par la reconstitution du barrage de l’ancien lac dont le fond marécageux, drainé par le Fusain, est occupé par les petites localités de Courtempierre et de Sceaux en Gàtinais. Au surplus, ce réservoir, tout en emmagasinant les crues de l’Essonne supérieure, évacuera ses eaux de vidange par l’Essonne inférieure, de telle manière qu’elles ne. puissent renforcer les crues des cours d’eau du bassin parisien, quelque subites soient-elles.
- En décembre 1925, ce projet donna lieu à l’avis suivant du Conseil supérieur des Travaux publics :
- a) « On ne saurait penser à réaliser pour une capacité donnée des ^réservoirs à l’amont un abaissement défini des crues de Paris ;
- b) « à cause de l’obligation d’emmagasiner au préalable, dans ces réservoirs, un cube au moins égal au tiers des débordements constatés en 1910, soit environ 400 000 000 m c;
- c) « à cause de la multiplicité des affluents, de la variété des circonstances qui règlent l’importance relative de leurs flots et des intervalles auxquels ils se succèdent;
- d) (( à cause de la distance qui sépare la capitale des régions où de grands lacs artificiels peuvent être créés, distance qui, pour les régions les plus favorisées, dépasse 300 km. »
- 1. En 1920, le devis de la dérivation d’Annet à Epinay dressé par le gouvernement et notifié à une délégation du Conseil municipal montait à 750 000 000 fr. Aux prix actuels, il dépasserait probablement un milliard et demi.
- ..... = 227 =
- Dans l’intérêt public, il nous semble de notre devoir de faire appel de cette sentence et de démontrer qu’elle témoigne, tout au moins, d’un examen par trop rapide :
- a-b) La description du projet de réservoirs spécifie la suffisance de leur capacité à assurer la complète régularisation des débits de tous les cours d’eau du Haut-Bassin. Dès lors, pourquoi, appelé à juger la valeur de ce système de réservoirs de capacité pratiquement illimitée, le Conseil supérieur a-t-il basé son avis défavorable sur un aphorisme ne s’appliquant qu’à des réservoirs de capacité donnée et par suite limitéeP
- Cette substitution, si importante et en même temps si subtile, n’a-t-elle pas eu pour résultat de mettre à épreuve trop dure l’ignorance du public concernant l’abîme qui existe entre les deux organisations ainsi définies, et, par voie de confusion, de lui Suggérer que les inconvénients rédhibitoires inhérents au second système frappaient également d’impraticabilité le premier, alors que celui-ci en est affranchi ?
- De toute évidence, le Conseil supérieur aurait dû baser son avis défavorable sur une démonstration de l’impossibilité technique ou financière de réaliser ces capacités illimitées.
- Son mutisme, injustifiable sur ce point essentiel, constitue donc une présomption ^très grave que le projet des réservoirs remplit cette condition primordiale de « l’illimitation » de la capacité et cette constatation frappe de non-valeur indiscutable le premier motif de son avis défavorable.
- c) La carte, annexée à la description du projet des réservoirs, spécifiait l’atténuation par eux des inondations dans les vallées principales à l’amont de Paris, mais rien n’empêche l’adoption de la disposition inverse : l’adaptation des disponibilités, que le fonctionnement des réservoirs déterminera dans les zones d’inondation, à la suppression des « pointes » des débits des affluents d’aval susceptibles de créer des superpositions gênantes avec des crues subites des cours d’eau briards.
- Moins profitable à l’Agriculture, cette seconde disposition sera plus avantageuse pour 4a Navigation et pour le Ravitaillement de Paris par voie d’eau et elle rétorquera la seconde critique du Conseil supérieur.
- d) Cette adaptation des zones d’inondation des vallées à l’atténuation des crues des affluents de l’aval des réservoirs anéantit également la troisième objection ci-dessus, puisqu’elle aura pour résultat certain d’abaisser à 3 m le maximum d’amplitude possible des crues à la traversée de Paris.
- e) Quant à la dernière objection, force est de constater qu’elle est basée sur de surprenantes inexactitudes.
- De Charenton à Montereau, la ligne ferrée en bordure de la Seine compte 89 km avec un excédent de 15 km sur celle directe par Brunoy et Fontainebleau.
- De Montereau au barrage du grand réservoir de la Voire, la distance est de 110 km par les lits supposés rectifiés de l’Aube et de la Seine. Loin de « dépasser 300 km », la distance de ce réservoir à Charenton est donc de 200 km.
- De Montereau à la gare de Versigny, la voie ferrée développe 94 km. Ajoutons 20 km pour tenir compte des coudes de l’Yonne et de l’Armançon et nous obtenons 203 km pour la distance de Charenton au confluent de l’Armance situé à hauteur de cette gare de Versigny et à 1 km de Sournain-train, emplacement possible du barrage du grand réservoir de l’Armance. Total : 210 km par les lits non rectifiés au lieu de plus de « 300 km ».
- Enfin par la voie de l’Essonne, le réservoir du. Fusain sera à moins de 100 km de Charenton.
- Cette dernière objection du Conseil supérieur est donc basée sur une majoration des distances d’environ 50 pour 100 pour les grands réservoirs et de plus de 200 pour 100 pour
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- celui du Fusain et par suite, est dépourvue de toute valeur.
- e) Aucune justification ne nous parait donc possible de son avis défavorable.
- III. BILAN COMPARATIF DES DEUX ORGANISATIONS
- Les bilans comparatifs des deux dispositions proposées pour assurer la sécurité de Paris, sont les suivants :
- A. Projet officiel, par la modification du lit. \— a) Dépenses effectuées : 70 000 000 fr ; accordées en principe : 184 millions; admises en 2e urgence : 170 millions; total : 424 millions.
- b) Résultats. — Crainte perpétuelle d’une crue recouvrant le bas de Paris de plus de 2 m d’eau ; accroissement des chômages et des frais d’exploitation des Ports de Paris et du ravitaillement par eau; indemnités énormes aux riverains d’aval ; insuffisance du débit de la Seine pour l’alimentation en eau, etc...
- La dérivation de la totalité de la Marne (4) peut seule conjurer la terrible inondation. Peut-être même devra-t-elle être grossie d’une dérivation partielle de la Haute-Seine. En tout cas, son devis dépassera, semble-t-il, un milliard et demi.
- Les indemnités au profit des riverains d’aval ne pourront être éteintes que par l’approfondissement du lit jusqu'à P,oses. Au delà l’impossibilité est complète. Coût : trois milliards pour le moins et durée des travaux illimitée.
- Après comme avant d’ailleurs, la continuité et les frais du ravitaillement de Paris par eau n’en resteront pas moins subordonnés aux éléments.
- Enfin le renforcement de l’éliage de la Seine pour l’alimentation en eau imposera la création de réservoirs de capacités en rapport avec l’importance des puisages.
- Total général : cinq milliards de dépenses environ, précarité du ravitaillement par eau et inondation de toute la Seine maritime avec les indemnités correspondantes.
- 1. Une dérivation de la Seine au sud de Paris complétée par une autre sous le col de Vaucresson paraît préférable à celle de la Marne.
- B. Contre-projet, par Vorganisation des réservoirs. —
- c) Dépenses : moins élevées de beaucoup que dans le projet ci-dessus, étant donné notamment qu’elles portent pour moitié sur des acquisitions et que, depuis 1914, la valeur des terres est restée stationnaire tandis que les prix de base des travaux ont sextuplé.
- d) Résultats. — Craintes anéanties d’inondation et d’interruption de l’usage des ports ; réduction des frais de la navigation et suppression de ses chômages ; certitude, à partir des réservoirs, d’un débit de 100 m cubes par seconde, capable d’assurer, soit une alimentation en eau de l’agglomération parisienne aussi complète qu’il sera nécessaire, soit la rémunération d’un canal de grande navigation depuis Monle-reau jusqu’au réservoir de la Yoire, lequel serait ensuite automatiquement prolongé par le réservoir et par l’amenée de la Saulx jusqu’à Revigny, à 100 km seulement du bassin ferreux de Briey et de ses colossales usines.
- Complétée par la réalisation peu coûteuse d’un mouillage de 3 m 50 entre Corbeil et Montereau, et prolongée jusqu’à la Moselle, cette grande voie de transport aura un mouvement annuel certain de 10 millions de tonnes, du fait, soit de l’échange du minerai ferreux contre le charbon et le coke anglais ou allemand, soit du transport du charbon sarrois, des fers et des minerais lorrains, ceux-ci assurant à nos ports de Rouen et du Havre le fret de retour dont l’absence grève nos importations de dépenses sèches considérables.
- Ajoutons qu’elle incorporera le bassin liouiller de la Sarre à notre bassin économique.
- IY. CONCLUSION
- La juxtaposition de ces deux bilans est concluante. Suf-fira-t-elle pour décider nos édiles parisiens à modifier l’orientation de leurs efforts financiers et à s’entendre avec une société chargée de l’aménagement de la voie de grande navigation ?
- Cette entente, nous la souhaitons de tout cœur comme seule capable d’assurer une réalisation de la plus haute importance pour l’avenir de notre pays.
- L. Pjïch.
- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- La bataille des engrais chimiques en Allemagne
- La conférence de M. Raymond Berr que nous avons publiée dans notre N° 2754 signalait le développement rapide que prennent dans des voies toutes nouvelles les industries des engrais chimiques artificiels. Elle montrait la liaison intime qui s’établit entre les industries de l’azote, et des phosphates d’une part et l’industrie houillère d’autre part. Enfin elle appelait l’attention sur l’une des ambitions du formidable groupement chimique allemand l’L G. : monopoliser, en Allemagne tout au moins l’industrie des engrais artificiels.
- Rien n’illustre mieux cette orientation nouvelle de l’industrie chimique et les incidences qu’elle peut provoquer que le conflit qui met actuellement aux prises en Allemagne l’I. G. et un groupe charbonnier fort important. M. Berry a du,reste fait une rapide allusion. La Revue Industrielle nous apporte sur ce sujet des renseignements fort intéressants.
- L’ I. G., comme on le sait, exploite les procédés Haber-
- Bosch, pour la fabrication de l’ammoniaque synthétique. Or cette fabrication, nos lecteurs le savent, tend de plus à se lier à l’industrie de la carbonisation de la houille, à qui elle permet d’utiliser les gaz de jour à coke pour obtenir un sous-produit très rémunérateur.
- Le groupe charbonnier en question comprend notamment la grande firme Klockner et le consortium Rochling ; ce dernier a parmi ses membres la Société Minière Hibernia qui appartient à l’Etat Prussien. Ce groupe, ne pouvant exploiter le procédé Haber mit au point pour la fabrication de l’ammoniac le procédé dit du Mont-Cenis, et avec l’appui du consortium de la potasse, il chercha à lancer un engrais composé azoté-potassique.
- La rip©ste fut rapide. Le 1er décembre dernier, le directeur de l’I. G., le Dr Bueb, annonçait que son consortium allait, sous peu, offrir un engrais complet, contenant à la fois l’azote, la potasse et le phosphore, le Nitrophoska. Cet engrais serait une véritable combinaison et non un mélange ; remarquable par la concentration sous laquelle sont livrés -Z- ;
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- les éléments actifs : le Nitrophoska I contient 17 pourJLOO d’azote pur (N), 11 pour 100 d’acide phosphorique pur (P205) et 21 pour 100 de potasse pure (K20). Le Nitrophoska II contient 14,7 pour 100 d’azote, 10,2 pour 100 d’acide phosphorique et 25,6 pour 100 de potasse.
- Pour arriver à cet engrais, quatre étapes, dit le Dr Bueb, ont du être franchies.
- 1° Obtenir de l’acide phosphorique pur à partir du phosphate brut ;
- 2° Combiner cet acide phosphorique à l’azote;
- 3° Découvrir un moyen pratique de transformer les chlorures de potasse en nitrates de potasse ;
- 4° Faire enfin la synthèse de ces trois éléments.
- La conférence de M. Berr nous a appris comment ont été franchies les deux premières. Nous sommes sans renseignements sur les deux dernières.
- En tout cas le problème de l’approvisionnement en matières premières se pose pour l’I. G. En ce qui concerne l’ammoniaque, ses énormes usines de Mersebourg et Oppau l’assurent largement, si largement même qu’elle cherche à étouffer la concurrence et qu’elle a déposé [une plainte contre la Société qui exploite le procédé du Mont-Cenis, sous prétexte que l’Etat Prussien, un des participants, n’a pas le droit de faire concurrence à un trust qui a puissamment contribué au redressement de la balance commerciale allemande.
- Pour faire de l’ammoniaque, il faut de l’hydrogène et ce corps, en définitive, provient de la houille. L’I. G. a [donc acquis de nombreuses mines en Westphalie et des gisements immenses de lignite en Saxe. Et l’industrie de l’hydrogène l’a naturellement conduit à celle des carburants artificiels. On sait qu’elle a acquis les brevets Bergius, et que en manière de riposte, un puissant groupement charbonnier a acquis les brevets Fischer.
- Pour la potasse, l’I. G. dépendra du Kalisyndilcat, qui, comme on le sait, monopolise en Allemagne. Et ceci soulève de nombreuses questions dont l’une intéresse vivement la France. Une première difficulté lient à la loi sur la potasse qui exige que tout producteur de potasse (K20) fasse partie du Ealisyndikat. On croit que c’est une commission du Reichstag qui va être 'appelée à trancher ce débat. En tout cas le D' Bueb a fait remarquer que l’I. G. à proprement parler ne fabriquera pas de potasse (K2 O), puisque c’est non un mélange, mais une synthèse que représente le Nitrophoska. On peut se demander, à ce propos, si les accords entre les mines alsaciennes et le Kalisyndikat ne risquent pas d’être lésés par cette nouvelle fabrication.
- Pour l’approvisionnement en phosphates, il n’y a guère que deux grands groupes de producteurs en présence : les Etats-Unis et l’Afrique^F'rançaise du Nord. Il semble, dit la Revue Industrielle, que ce soit vers le second que s’orientent les efforts Allemands.
- BIOLOGIE
- Le noircissement des papillons.
- M. J. W. Heslop ïïarrison vient de signaler dans Nature, un phénomène curieux observé chez les Lépidoptères indigènes d’Angleterre. Les unes après les autres, les espèces de papillons habituellement de couleurs pâles, deviennent peu à peu fortement pigmentées ; elles prennent une teinte gris sombre ou même parfaitement noire. Tous les individus s’assombrissent et non certains seulement.
- M. Harrison cite des faits particulièrement précis : il y a 25 ans, les Boarmia repandata, très abondants de mai à août dans les bois, sur les ronces, les myrtilles, etc., étaient tous de couleur typique gris cendré, les ailes antérieures
- ...... ..229 =
- mêlées de blanc et de jaune brun; aujourd’hui, tous ceux qu’on prend sont noirs,
- Ce mélanisme gagne chaque année de nouvelles espèces, les dernières atteintes étant, d’après M. Harrison, Phigalid pedaria et Teplirosia bistortata.
- Beau sujet d’observations et d’expérienees pour les biologistes et de commentaires sans fin pour les théoriciens !
- Le noircissement est-il un caractère acquis sous l’influence du milieu, une variation lamarckienne ? Est-il une mutation, causée dans chaque espèce par une modification des caractères héréditaires? Suit-il la loi de Mendel ? On imagine aisément tout ce qu’on peut écrire sur un pareil cas, même sans aller y voir.
- Ce n’est pas uniquement ce qu’a fait M. Harrison, comme nous allons le dire.
- Le mélanisme des Papillons est depuis longtemps connu et a suscité de nombreuses expériences, notamment de M. Arnold Pictet, de Genève.
- Les pupes du papillon Petite Tortue (Vanessa urticae), soumises à des températures de 0 à 5° par Standfuss, ont donné des papillons plus sombres rappelant l’espèce boréale V. polaris. Des pupes du Bronzé (Chrysophanus phlacas) chauffées à 27-38° par Weismann, ont donné des papillons plus noirs. Des chrysalides d’Ecaille marbre (Arctia caja) gelées à — 8° d’une manière intermittente par E. Fischer, se transformèrent en papillons noircis sur les ailes.
- M. Pictet examina les variations naturelles en rapport avec la distribution géographique, les saisons, l’humidité, la température, la lumière, les agents chimiques, la nourriture, etc., en provoqua au laboratoire par acclimatation d’espèces lointaines et en faisant varier la température pendant le développement ; il reconnut ainsi que le mélanisme et l’albinisme sont des variations provoquées par les facteurs les plus divers, des réponses banales à tout changement des conditions externes, le mélanisme étant un signe de vigueur et l’albinisme de faiblesse.
- Cette variation est-elle héréditaire ? est-ce, selon la question posée par Cuénot, une sommation ou une mutation ? Aucune réponse nette et claire n’a encore été fournie, le temps (facteur capital) ayant manqué à toutes les recherches.
- M. Harrison ajoute à nos connaissances de nouvelles observations qui ne l’ésolvent cependant pas complètement le problème.
- Les variétés mélaniques de Cymatophora or et dé Boarmia roboraria ont été signalées sur le continent avant d’être observées en Grande-Bretagne; elles ont envahi les zones industrielles allemandes avant de pénétrer dans celles anglaises. On a signalé aux Etats-Unis des espèces mélani-santes dans les régions industrielles où la fumée est fréquente dans l’air. Sur les feuilles d’arbres des parcs, des villes, on a trouvé des dépôts de divers sels, notamment de manganèse, provenant des fumées. M. Harrison a alors songé à introduire dans la nourriture des chenilles de diverses espèces de sels de manganèse et de plomb et à élever des papillons dans des villes industrielles à fumées abondantes, Il obtint ainsi des formes noircies et, chose plus curieuse, donnant ensuite naissance à un pourcentage élevé de mélaniques dans les générations succcesives.
- Le mélanisme pourrait donc être héréditaire ; il pourrait être dû à l’industrialisation et aux fumées qu’elle provoque. Conséquences inattendues de notre civilisation qui ternirait jusqu’aux ailes des papillons !
- Les entomologistes pourront examiner cette nouvelle face du problème des variations et chercher si les causes invoquées sont non seulement réelles, mais efficaces et uniques.
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- î0 =ZZ LA RADIOPHONIE PRATIQUE '
- NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES — CONSEILS PRATIQUES
- Fig. 1. — Ce combinateur porte les organes de réglage du poste (ici un condensateur et un transformateur H.F.) et le réglage de ces organes est commandé automatiquement par des cadrans verticaux accolés portant des chiffres de combinaison.
- UN COMBINATEUR AUTOMATIQUE POUR POSTES D'USAGERS
- Nous avons décrit dans le numéro 2751 de La Nature du 28 décembre 1926 la construction d’un poste à réglage automatique réalisé grâce à un système spécial de combinateur qui permet de grouper les organes de réglage du poste, et de rendre la manœuvre de ceux-ci automatique et comparable à celle d’un coffre-fort.
- Ce combinateur est maintenant réalisé industriellement, et les photographies 1 et 2 montrent une de ses formes.
- Une plaquette métallique en aluminium ou en laiton, portant des supports également métalliques, maintient les différents organes de réglage du poste : condensateurs variables, bobinages fractionnés d’accord ou de résonance, transformateur haute-fréquence semi-apériodique, impédances, etc... tous ces accessoires peuvent, d’ailleurs, grâce à un dispositif particulier, se placer facilement les uns à la place des autres sur les supports adaptés à cet effet, ce qui fait qu’un même combinateur peut servir à réaliser un grand nombre de montages radioélectriques différents.
- Le combinateur représenté comme exemple comprend un condensateur variable et un transformateur apériodique, il
- Fig. 3. — Schéma d’un poste simple a quatre lampes pour la réception sur cadre, dont le réglage peut être rendu automatique à l’aide du combinateur précédent.
- permet de construire un poste de réception simple à quatre lampes absolument automatique (lig. 3).
- Les organes de réglage sont commandés par des cadrans en ébonite accolés dont le plan est perpendiculaire au panneau frontal de réception. Pour le montage, il suffit de fixer la plaquette métallique support sur ce panneau, et l’on n aperçoit plus extérieurement que l’extrémité des cadrans, avec, au centre de la plaquette, une fenêtre repère à travers laquelle apparaissent des chiffres portés par les cadrans de réglage, qui constituent un nombre repère de réglage.
- Si le montage radioélectrique est bien exécuté, il suffira donc, pour entendre une émission donnée, de manœuvrer les cadrans de réglage de façon à faire apparaître le nombre repère correspondant à cette station dans la fenêtre du combinateur; ainsi, pour entendre l’émission de Radio-Paris, il suffirait de faire apparaître le nombre 755 dans la fenêtre repère pour l’exemple indiqué.
- Le combinateur peut donc permettre à un amateur de construire facilement un poste à réglage automatique, et il permet également de réaliser des appareils destinés aux usagers, et d’emploi fort pratique.
- POSTE ÉMETTEUR-RÉCEPTEUR COMBINÉ D'USAGE PRATIQUE
- Il est inexact de croire qu’un poste radiotélégra-phique et même radiotélé-phonique de faible puissance soit un appareil très compliqué et coûteux.
- Avec ces postes à petite puissance, et grâce à l’emploi des ondes courtes, on peut réaliser facilement des portées d’une centaine de kilomètres en téléphonie et de 400 à 500 km en télégraphie.
- L’émission est réglementée en France et avec raison, mais la licence nécessaire s’obtient généralement assez facilement après demande à l’administration des P. T. T., et l’impôt correspondant est peu élevé.
- Il y a donc des régions, non seulement aux Colonies, mais encore dans certaines parties montagneuses de France, presque impraticables pendant l’hiver, où l’emploi de postes émetteurs-récepteurs simples doit progresser très rapidement.
- Signalons donc un nouveau modèle de poste émetteur-récepteur particulièrement simple (fig. 4).
- Cet appareil émetteur-récepteur combiné dans le même meuble se manœuvre avec beaucoup de facilité et un simple inverseur permet de passer de l’émission à la réception.
- L’appareil utilise quatre lampes à l’émission et deux à la réception. En téléphonie, deux de ces lampes travaillent en modulatrice et les deux autres comme oscillatrices ; en télégraphie, les quatre lampes travaillent comme oscillatrices. Un î simple inverseur permet de transmettre à volonté en
- Fig. 2. — Le combinateur est placé sur le panneau avant du poste récepteur et l’on n’aperçoit extérieurement que là plaquette méallique qui supporte les organes de réglage avec sa fenêtre centrale de repère, et les bords molletés des cadrans de commande.
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- téléphonie ou télégraphie, un ampèremètre d’antenne permet de contrôler le courant d’émission, et un milliampèremètre le courant de modulation.
- QUELQUES MANIÈRES D'UTILISER UN CADRE
- On sait que, pour utiliser un cadre d’une façon classique, on réunit simplement les deux extrémités de son enroulement aux bornes correspondantes de l’appareil de réception, sans qu’il soit besoin de prise de terre; l’accord est simplement obtenu, le plus souvent, à l’aide d’un condensateur variable en dérivation sur l’enroulement (fig. 5 a et 5 b).
- Cependant, on obtient encore une meilleure sélectivité en compensant le cadre à l’aide d’un petit condensateur variable à trois armatures, dont l’armature mobile est réunie à la terre, et les deux armatures fixes aux extrémités de l’enroulement; on peut ainsi compenser les différences de capacité qui existent entre les extrémités de l’enroulement (fig. 5 c).
- Si, au lieu d’augmenter encore la sélectivité, on veut augmenter la puissance de réception, on peut utiliser quelques moyens différents, assez peu connus; tout d’abord, on peut utiliser en même temps que le cadre une prise de terre. On relie donc, au moyen d'un fil conducteur quelconque, une bonne prise de terre, tuyau d’eau, par exemple, à l’une des bornes du cadre (fig. 5 d) ; on déterminera, par l’expérience, quelle est celle des deux bornes qui donne les meilleurs résultats.
- Le réglage est, d’ailleurs, assez peu modifié par cette adjonction et la puissance d’audition est généralement très accrue; il est bien évident, par contre, que ce montage ne doit pas être employé dans le cas où les parasites industriels violents sont à craindre, parce que ceux-ci seraient transmis par la terre. La sélectivité est rarement diminuée dans des proportions importantes.
- L’emploi du cadre permettant d’éviter l’usage d’une antenne extérieure, il peut paraître paradoxal de vouloir se servir à la fois d’un cadre et d’une antenne. Cependant, la réception sur antenne extérieure combinée avec la réception sur cadre donne généralement de bons résultats au point de vue de la sélectivité et pour l’élimination des parasites. Le montage n’exige évidemment pas de prise de terre et s’effectue très simplement en reliant la descente d’antenne à l’une des
- Fig. 4. — Poste émetteur-récepteur simple à faible puissance émettant sur ondes courtes.
- bornes du poste, connectée à l’enroulement du cadre. On choisira la borne qui donnera les meilleurs résultats (fig. 5 e).
- Notons enfin, que si l’on réalise généralement et très simplement l’accord sur cadre au moyen d’un condensateur variable en dérivation sur l’enroulement, ce montage n’est pas toujours le plus favorable dans certains cas spéciaux.
- Par exemple, pour la réception avec un appareil superrégénérateur, il est nécessaire, pour que le fonctionnement du poste soit satisfaisant, d’avoir un circuit d’entrée présentant une capacité très faible. Il y aura intérêt, dans ce cas, et l’expérience le montre, à réaliser l’accord au moyen d’un condensateur variable, en parallèle, et d’un variomètre en série dans le circuit (fig. 5/').
- BOBINAGES INTERCHANGEABLES ET BOBINAGES FRACTIONNÉS
- On avait pris l’habitude depuis quelques années d’employer pour les circuits d’accord, de résonance, de modulation, etc... dans un poste de réception, des bobinages interchangeables de faible capacité répartie, de différentes formes : en fonds de panier, en nid- d’abeilles, en gabion, etc... (fig. 6 a).
- Ces bobinages permettent d’obtenir le rendement optimum
- Fig. 5. _
- a). Montage classique du cadre sans prise de terre, b). Accord classique du cadre avec condensateur variable, c). Compensation des extrémités de Venroulcmcnt d'un cadre au moyen d’un condensateur a 3 armatures, d). Réception sur cadre avec prise de terre, cl. Réception sur cadre combinée avec réception sur antenne, f). Accord sur cadre réalisé avec variomètre V en série
- et condensateur en parallèle.
- Descente
- d’antenne
- le poste
- récepteur
- Bornes cadre'
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- Fis- °-
- a). Bobinage en nids d’abeilles monté et non monté sur support interchangeable, b). Bobinage fractionné L avec manette M à plots. B1 B- bornes d’utilisation. c). Fractionnenient des bobinages Z1 Z2 Z3 au moyen d’une manette M qui les met en court-circuit [B1 B’1 bornes d’utilisation), d). Bobinages S1 S2 S3 en parallèle. (Si ces trois bobinages sont égaux le coefficient total de self du système est le tiers de celui d'un bobinage seul. e).Combinaison de 3 bobinages Ien série,
- - II en parallèle, III en série-parallèle.
- i '
- de l’appareil, et les amateurs avertis s’en servent encore d’une façon intensive. .
- Cependant, lorsqu’on veut recevoir sur une gamme étendue de longueurs d’onde, il est évident qu’il est nécessaire de posséder un jeu’ complet de ces bobinages, et que la recherche des émissions devient relativement longue du fait qu’il faut changer les divers bobinages en service.
- Aussi, comme on recherche actuellement la plus grande simplicité et la plus grande rapidité de réglage dans les appareils d’usagers, et même dans certains appareils d’amateurs, on a été conduit à supprimer ces bobinages interchangeables extérieurs au^poste, et à les remplacer par des bobinages fixes montés à l’intérieur de l’appareil, et que l’on peut mettre en service à volonté à l’aide de manettes extérieures sur le panneau de commande du poste.
- Le moyen le plus simple consiste à employer des bobinages fractionnés et une manette à plots, les diverses fractions du bobinage. sont reliées aux plots, et sont mises en série à volonté suivant les émissions à recevoir, (fig. 6 h).
- Ce moyen est assez peu recommandable en théorie, surtout pour la réception des ondes courtes, bien qu’il soit souvent employé dans les appareils du commerce.
- En effet, la portion du bobinage qui est inutilisée, et qui reste hors circuit, absorbe cependant une quantité assez importante d’énergie, on dit qu’elle constitue un bout mort.
- Pour éviter en partie cet inconvénient, on peut effectuer le réglage d’une autre façon en court-circuitant les parties du bobinage qu’on ne veut pas utiliser (flg. 6 c). On pourra ainsi disposer dans le poste plusieurs bobinages en nids d’abeilles mis en série, et on court-circuitera les bobines non employées.
- Mais il existe un autre moyen assez peu connu qui permet de réaliser facilement des bobinages à coefficients de self-induction variables sans bouts morts. Ce moyen consiste à placer les parties du bobinage, soit en série, soit en parallèle, soit en série-parallèle, et l’on obtiendra ainsi en outre une diminution de la résistance de l’ensemble des bobinages.
- On sait, en effet, qne si l’on place en parallèle trois bobines différentes St , S2, S3 , le coefficient de self-
- induction total S du système est donné par la formule :
- 1 __ 1 . 1 1
- s-s; + s2+s:'
- D’où l’on déduit, par exemple, que si S2, S3 sont très grandes, S se réduira sensiblement à S4 ; et le coefficient de self-induction total de l’ensemble sera ainsi très inférieur au coefficient des bobinages les plus importants (fig. 6 d).
- On pourra donc réaliser, par exemple, une combinaison de bobinages en série, en parallèle ou en série-parallèle qui permettront sans bout mort d’obtenir trois gammes de longueurs d’onde (fig. 6 e). C’est ce qui a été réalisé dans une bobine du commerce qui se monte comme une bobine interchangeable, mais qui peut servir pour une gamme étendue de longueurs d’onde , simplement en faisant tourner le couvercle mobile de son boîtier, qui for-meles combinaisons de bobinages nécessaires (fig. 7).
- P. HÉMARDIiXQUEK.
- Adresses rela-. tives aux appareils décrits :
- Combinateur automatique. Établissements Électrons. LaYarenne-Saint-Hilaire (Seine).
- Poste émetteur-récepteur, Établissements Poirier à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord).
- Fig. 7. — Bobinage d’accord de résonance raOec monture à broche et combinaison actionnée par un boîtier permettant de recevoir une gamme étendue de longueurs d’onde.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN AVRIL 19271
- Dans les belles soirées de printemps, lorsque le croissant eiïilé de la Lune brille au-dessus de l’horizon occidental, éclaire parles dernières lueurs du jour, il parait contenir entre ses pointes argentées un globe transparent, léger, semblable à un ballon éclairé par le dessous. C’est la lumière cendrée. La moindre lunette révèle dans cette lueur des taches où l’on reconnaît toutes les configurations de la surface lunaire.
- La cause de cette illumination est connue depuis longtemps, et c’est Léonard de Vinci qui l’a attribuée à la lumière du Soleil réfléchie par la Terre. Ainsi la lumière cendrée de la Lune n’est pas autre chose que le clair de Terre sur la Lune. Ce clair de Terre est très intense, car dans le ciel lunaire, la Terre occupe une surface environ 14 fois plus grande que la Lune n’en occupe dans notre propre ciel. Et la Terre, recouverte de nuages, a un fort pouvoir réfléchissant, un albedo certainement supérieur à celui de la Lune, de sorte que le sol lunaire, plongé dans l’ombre, est magnifiquement éclairé par la Terre.
- Cette lumière est si intense qu’elle permet, à l’aide d’une lunette, de reconnaître les détails de la topographie lunaire (voir figure 1).
- On peut suivre la lumière cendrée pendant plusieurs jours. Elle s’efface peu à peu, au fur et à mesure de l’augmentation d’éclat de la partie éclairée de notre satellite.
- Par la photographie., M. Quénisset est arrivé, à l’Observatoire Flammarion, à enregistrer la lumière cendrée presque jusqu’à la Pleine Lune.
- Ajoutons que la lumière cendrée est plus intense le matin, avant l’arrivée du jour que le soir. La raison en a été donnée par Galilée : le matin, la partie de la Terre, tournée vers la Lune, est surtout continentale. Le soir, au contraire, elle est surtout océanique.
- Ajoutons que la lumière cendrée est plus brillante lorsque des nuages s’étendent sur une grande partie de la Terre, ou encore lorsque d’abondantes chutes de neige recouvrent les continents.
- I. Soleil. — Le Soleil, en .avril, s’élève rapidement dans l’hémisphère nord.
- Sa déclinaison de -}- 4° 16' le lor atteint + 14° 33' le 30.
- La durée du jour augmente rapidement, et de 12h 47ra le 1er avril, elle est de 14h 26m le 30.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai (c’est-à-dire l’heure légale lorsque le Soleil est exactement au milieu du ciel) :
- Soleil, et nous y sommes revenu le mois dernier (n° 2753). Le tableau ci-après fait suite à celui publié le mois dernier :
- Dates. P Bo I'o
- Avril 1er — 26°,25 — 6°, 54 1010,81
- — 6 — 26°, 40 — 6°, 25 35°,84
- — 11 — 26°,37 — 5°, 91 329o,85
- — 16 — 26°,16 — 5°, 53 2630,83
- — 21 — 25°,76 — 50,11 197°,80
- — 26 — 250,18 — 4o,65 1310,74
- Lumière zodiacale. — En avril, la lumière zodiacale est encore bien placée pour l'observation, le soir, lorsque la
- Fig. i. — La lumière cendrée de la Lune, vers le quatrième jour de la lunaison. (Dessin de M. L. liudaux.l
- Dates... Heures du passage (T. U.). Dates. Heures du passage (T. U.).
- Avril 1er 11" 54“ 49’ Avril 17 11" 50™ 24’
- — 3 11" 54“ 13’ — 19 11" 49“ 56’
- — 5 11" 53“38’ — 21 11" 49“30s
- — 7 11" 53“ 3* — 23 11"49“ 5’
- — 9 11" 52“30s — 25 ll"k48“ 43s
- — 11 11" 51™56’ — •27 11" 48™ 22’
- — 13 11" 51“25’ ‘ — 29 il"48“ 3’
- — 15 11" 50” 54’
- Observations physiques. — Nous avons insisté, à de nom-
- breuses reprises, sur l’intérêt de l’observation quotidienne du
- nuit est bien pure et la Lune absente. Nous en avons longuement parlé le mois dernier. Ce mois-ci, les périodes les plus favorables sont celles du 1er au 4 avril et du 18 au 30 avril, pendant lesquelles la Lune ne sera pas au-dessus de l’horizon.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’avril, seront les suivantes :
- N. L. le 2, à 4" 24“ P. L. le 17, à 3h 35’“
- P. Q, le 9, à O11 21“ D. Q. le 24, à 22" 21“
- 1. Toutes les heures indiquées dans le présent « Bulletin ustronomique » sont exprimées en Temps Universel, compté de 0" à 24h à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter une heure à toutes les heures mentionnées ici.
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- = 234 ' .......................:.::......... .. . -
- Age de la Lune : le 1er avril, à 0h=28J,2; le 3, à 0ll = 0i,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter aux valeurs ci-dessus, 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 3. Et pour avoir l’âge de la Lune à une heure considérée, ajouter 0J,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 8 = + 23° 52' ; le 23 = — 24» 1'.
- Périgée de la Lune, le 1er avril, à 22h. Parallaxe = 61' 25". Distance — 357 030 km.
- Apogée de la Lune, le 15 avril, à lh. Parallaxe = 53' 58". Distance = 406 320 km.
- Périgée de la Lune, le 30 avril, à 7h. Parallaxe = 60'59". Distance = 359 570 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 5 avril, occul-
- Voici à présent l’heure d’arrivée du mascaret pour quel-
- ques dates en avril :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- 2 Avril 1,12 7h 35” gh 15« gh 21®
- 2 — 1,16 19h 55m 20h32“ 20h41“
- 3 — 1,18 gh 14m 8h 51” 9h g®
- 3 — 1,18 20h35“ 21h12“ 21h 21“
- 4 — 1,16 8“ 56“ 9h 33“ 9h 42“
- 4 1,12 21h18“ 21h55“ 22“ 4“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mars 1927.
- ASTRE Dates : AVRIL Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1) Coucher à Paris. A scen-sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 5h 24m l'P 53“38” 18h25“ 0h 54m -f 5° 48' 32' 12" 0 Poissons
- Soleil .... 15 5 4 11 50 54 18 40 1 31 + 9 30 31 55,2 Poissons > »
- i 25 4 44 11 48 43 18 53 2 8 +12 57 31 50,4 Bélier
- ! ' 5 4 42 10 16 15 50 23 15 — 6 11 8,4 4 Verseau Le matin,
- Mercure . . . 15 4 28 10 15 16 1 23 52 — 3 29 7,2 24 Poissons 1 plus grande élongation
- 1 ( ' 25 4 16 10 26 16 36 0 48 + 2 19 6,0 e Poissons le 10.
- \ ! 5 6 30 13 55 21 20 2 53 + 17 5 12,6 Bélier
- Yénus.... 15 6 19 14 4 21 49 3 41 + 20 41 13,2 Pléiades Le soir,
- ! ) 25 6 13 14 15 22 16 4 31 + 23 24 13,8 e Taureau dès le coucher du Soleil.
- ; i- 5 8 18 16 30 0 41 5 29 -f 24 55 5,4 p Taureau
- Mars 15 ,8 3 16 16 .0 28 5 55 + 25 4 5,2 y] Gémeaux ^Première partie de la nuit.
- : 1 25 7 50 . 16 2 0 14 6 20. + 24 57 5,0 g Gémeaux
- Jupiter. . . . . Vl5 ’ ; -4- 4 5 , 9 .47 15 29 23 26 — 4 46 31,8 <p Ophiuchus Inobservable.
- Saturne . . . . 15 .22 16 2 44 7 12 16 22 — 19 28 16,2 Verseau Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . . 15 4 23^ 10 24 16 25 0 4 — 0 20 3,2 25 Poissons Inobservable.
- Neptune. . . 15 12 58 * 20 "6 " 3 14 9 47 + 13 52 2,4 v Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- i. Cette colonné donne l’heure, en temvs universel, du passage au méridien de Paris.
- tation de 85 H2 Taureau (gr. 6,0) de 20h 26m à 21h 23m. — Occultation de 234 B. Taureau (gr. 6,2). Immersion seule visible à 22h 22“.
- Le g, occultation de 58 Gémeaux (gr. 6,0), de 0h49m à lh 35m.
- Le 16, occultation de 80 Yierge (gr. 5,6), de 19h 27““ à 20h34m.
- Lumière cendrée de la Lune. — Les 5 et 6 avril, lumière cendrée admirable, à observer dès l’arrivée de la nuit (voir ligure 1).
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois, se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 2. Yoici quelques-unes de ces plus grandes marées.
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Co. flicient
- Avril 1er 3h 16” 0,98 151* 38“ 1,05
- — 2 3h 59“ 1,12 16h 21“ 1,16
- — 3 4h 42“ 1,18 17h 3“ 1,18
- — 4 5h 24“ 1,16 17h45“ 1,12
- — 5 6h 5“ 1,06 18h24“ 1,00
- — 6 6h 46“ 0,91 19h08“ 0,82
- Mercure sera visible le matin du 1er au 15 avril, sa plus grande élongation se produisant le 10 avril, à 4h, à 27° 40' à 4 l’Ouest du Soleil. La différence des déclinaisons du Soleil et de Mercure sera telle, que peu de temps séparera le lever de Mercure de celui du Soleil, de sorte que l’observation de la petite planète sera assez difficile cette fois. Phase de Mercure, le 16 avril = 0,57. Grandeur = -j~ 0,4.
- Vénus se couche de plus en plus tard le soir et illumine nos soirées de printemps. Elle s’achemine vers sa plus longue élongation orientale, qui aura lieu le 2 juillet prochain. L’éclat de Vénus est tel que la planète est visible en plein jour à l’œil nu, surtout avec sa très forte déclinaison actuelle : c’est une observation bien intéressante à faire et que nous recommandons. Phase de Yénus, le 16 avril = 0,81. Grandeur = — 3,4.
- Mars est encore visible, dès l'arrivée de la nuit, et se couche après minuit. Malheureusement, il s’éloigne de plus en plus (le 15 avril, sa distance à la Terre est de 1,7 fois celle de la Terre au Soleil) et son diamètre diminue (5" environ). Les observations à faire sont maintenant réservées aux plus puissants instruments.
- Jupiter, trop près du Soleil, est invisible.
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- Saturne, se lève de plus en plus tôt. Il est malheureusement assez bas sur l’horizon de France, près de l’étoile ^ Ophiuchus.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 12 avril :
- Grançl axe extérieur........................ 40",55
- Petit axe extérieur .'.......................... 17",42
- Ilautpur de la Terre au-dessus du plan de l’an-
- - beau. .......................................25° 27'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. -f- 25° 6'
- Ou observera avec intérêt, en s’aidant d’une petite lunette (0m,075) les élongations de Titan, le plus brillant des satellites. Voici ces élongations :
- Dates. Élongation orientale Élongation occidentale.
- Avril 2 6h,5
- — 10 —
- — 18 4h,5
- — 26 —
- 10",0 7",8
- Uranus, plongé dans les rayons du Soleil, est inobservable.
- Neptune, dont l’opposition a eu lieu en février, est encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. Pour le trouver, une petite carte, comme celle de Y Annuaire astronomique, est nécessaire. Ou encore les positions de la planète, que voici :
- Dates (011). Ascension droite. Déclinaison.- Diamètre.
- Avril 5 9" 481» + 13° 49' 2",4
- — 15 9" 47“ -j-130 52' 2",4
- — 25 9" 47ra + 13° 54' 2", 4
- IV. Phénomènes divers. - - Conjonctions :
- Le 1er, à 8", Uranus en conjonct. avec la Lune, à 5° 3' N. Le 4, à 8h, Vénus — — la Lune, à 4° 23' N.
- Le 6, à 5", Mercure — — Jupiter, à 0° 29' S
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- Le 7, à 4", Mars en Le 11, à 21", Neptune Le 17, à 14", Mercure Le 20, à 12h, Saturne Le 28, à 7", Vénus Le 28, à 20", Uranus Le 30, à 1", Mercure
- conjonct. avec la Lune, à 2° 15' N.
- — — la Lune, à 3° 44' S.
- — Uranus, à 2° 4' S.
- — — la Lune, à 0° 7' N.,
- — — la Lune, à 4° 22' N.
- — — la Lune, à 4° 47' N.
- — — la Lune, à 2° 34' N.
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile Algol (|3 Persée), le 14 avril, à 19" 47”.
- Minimum de l’étoile variable Mira Ceti (variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8) dans le courant du mois. Ce minimum est malheureusement inobservable, en raison de la proximité du Soleil.
- Etoiles filantes. -- En avril, d’assez nombreux radiants d’étoiles filantes sont actifs : le 9 avril, vers 7t Hercule; du 16 au 30, vers rj Bouvier; du 19 au 22, vers 104 Hercule; du 29 avril au 2 mai, vers a Verseau.
- Le radiant des Lyrides (104 Hercule, 19 au 22 avril) donne des météores rapides.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er avril à 21", ou le 15, à 20" est le suivant : •
- . Au Zénith : X et Grande Ourse.
- Autour du Zénith : La Grande Ourse (Ç, Ç, v, 23 h, 57); le Lion (y, 54, 90, M. 65); le Dragon (v, o, s, g).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire, ô, %) ; Céphée ; Cassiopée.
- A l’Est : Arcturus et le Bouvier; la Couronne boréale; le Serpent; Hercule, la Balance.
- Au Sud-Est : La Vierge (L’Epi).
- Au Sud : Le Corbeau (ô) ; l’Hydre (*, 54, M. 68); la Licorne; le Petit Chien (Procyon).
- A l’Ouest : Sirius ; Orion; le Taureau.
- Les belles et brillantes constellations d’hiver disparaissent au couchant, tandis qu’à l’Est se lèvent des étoiles qui illumineront les nuits d’été. Em. Touchet.
- LA PLUIE DE SANG DU 30 OCTOBRE 1926
- M. Chabaud, chef de poste météorologique de Saint-Ger-vais-sur-Mare nous écrit :
- « Dans le n° 2751 (25 décembre) de La Nature sous la rubrique : « Pluje de sang » du 30 octobre, je viens de lire un article rédigé par un de vos correspondants de Béda-rieux.
- Voulez-vous me permettre d’ajouter quelques commentaires aux indications fournies par votre correspondant de Bédarieux, mon voisin.
- C’est bien dans la matinée du 31 octobre 1926 et, pour Saint-Gervais, entre 6 heures et 6" 30"‘ — j’étais levé et déjà dehors — qu’il m’a été donné d’observer la pluie rouge. Ici, averse de 15 à 18 minutes environ. Comme il avait plu une partie de la nuit, il ne m’a pas été possible de déterminer au pluviomètre la quantité d’eau tombée juste au moment de l’averse considérée.
- Comme le dit très bien votre correspondant de Bédarieux, j’ai pu, moi-même, remarquer que le mélange rougeâtre présentait une densité très accusée.
- J’ai pu en recueillir, dans les cavités des feuilles cloquées des choux de Milan ou fourragers du Poitou, la valeur d’environ deux tubes d’aspirine du mélange. J’ai adressé ces derniers au laboratoire de l’Ecole d’Agriculture de Montpellier, ce mélange avait une coloration intermédiaire entre ocre et vermillon, la petite quantité fournie n’aurait pas
- permis d’en faire l’analyse quantitative. C’est à mon avis très regrettable.
- Pendant l’averse, les vents étaient ici : haute atmosphère, Est à E.-N.-E., 5 à 6. Vent de surface, variable en direction avec prédominance du S.-S.-E. de l,à 2. Le baromètre enregistreur se maintenait aux environs de 751,5 mm ramené au niveau de la mer, un léger bouzillage accuse sur le diagramme le moment de l’averse. Un peu avant et pendant la durée du phénomène, les nuées présentaient une coloration fuligineuse rappelant celle des nuées de sable des pays à plaines désertiques.
- D’après la direction des vents de surface pris comme résultante, et celle des nuages supérieurs équivalant au mouvement diurne du globe, on pourrait accepter l’hypothèse comme 2e composante d’un vent de Sud (sirocco) tenant en suspension du loess saharien. Cependant cette solution des plus simplistes ne nous satisfait pas, car, à ce moment, le Vésuve et le Santorin présentaient, si j’ai bonne mémoire, des recrudescences d’activité. De leur côté, l’apparition de nombreuses étoiles filantes bombardant notre atmosphère à ce moment là pourrait laisser croire à une abondance ou amas tout particulier de poussières cosmiques, ou de poussières éruptives.
- Seule l’analyse aurait pu nous fixer, et c’est justement ce qui nous fait défaut. »
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Janvier 1927.
- GÉOLOGIE
- Le rôle possible des transmutations en géologie. (M. L. de Launay). — On doit à ce géologue une loi métallogénique indiquant que les éléments, au sens chimique du mot, semblent s’être classés dans la Terre encore fluide, de telle façon que leurs poids atomiques aillent en croissant de la périphérie au centre, depuis l’hydrogène (1) jusqu’à ruranium (238), et de même que l’on rencontre des atomes de plus en plus lourds en se rapprochant du centre d’un astre, de même on trouve des planètes de plus en plus denses, de Neptune à Mercure, quand on se rapproche de leur centre d’attraction. Ce dernier fait explique l’interprétation bien connue de la loi de Bode : les nombres qui mesurent les distances des planètes à Mercure paraissent mesurer aussi les temps qui ont séparé leur formation, temps dont la progression géométrique correspond à la condensation progressive de la nébuleuse solaire.
- Mais si l’on envisage l’épiderme de notre Terre, on y trouve surtout les éléments à poids atomique peu élevé : oxygène, sodium, magnésium, aluminium, silicium, calcium, les atomes lourds étant venus des zones centrales en quantité d’autant plus faible que leur origine normale est plus profonde.
- Et ce « dépaysement » expliquerait, pour M. de Launay, la désintégration, qui se traduit par une transmutation et le rayonnement actif (a, B, y), les atomes se remettant en équilibre avec leur milieu, par des explosions successives.
- La matière présenterait ainsi, suivant les « milieux », comme eût dit Taine, trois états distincts : tendance à la condensation atomique équilibre ou désintégration, le premier étant spécial aux régions du centre, les autres aux zones de la périphérie.
- Ces vues hypothétiques auraient l’avantage d’expliquer un certain nombre de faits géologiques. Elles montrent déjà que M. de Launay est un peu resté le poète qu’il fut dans sa première jeunesse.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Un nouveau procédé d’ornementation de l’aluminium. (M. Guillet). — Le Directeur de l’Ecole Centrale signale l’intérêt, que présente une récente découverte de M. A. Pacz, l’inventeur de l’Alpax, pour protéger l’aluminium et ses alliages contre la corrosion ou leur enlever l’aspect gris et terne qui les caractérise.
- En trempant les feuilles ou les objets dans un bain de sel S04Ni, additionné de nitrate Az03K et de fluosilicate so-dique, on obtient, sous la forme de lignes plus ou moins colorées et fonction, en paidie, du mouvement relatif de la pièce et du bain, un dépôt foncé dont l’origine est toujours une zone contenant quelqu’une des impuretés courantes de l’aluminium. m
- Peu tenace, ce dépôt n’en résiste pas moins à l’emboutissage et peut se prêter à certaines applications. PourM. Guillet, il est formé de métal Ni très divisé et partiellement oxydé, car on note une perte de poids quand les feuilles ainsi traitées sont ensuite maintenues deux heures, à 450°, dans un courant d’hydrogène sec.
- PHYSIQUE APPLIQUÉE
- Appareil pour mesurer tes vitesses d’absorption des gaz par les liquides. — (M. Paul Riou.) — Le disposi-
- tif présenté par M. Henry Le Chatelier doit rendre d’impoi'-tants services dans un grand nombre d’opérations industrielles où l’on se propose de séparer deux gaz en absorbant l’un d’eux par un liquide, avec ou sans réaction chimique.
- Dans sa partie essentielle, il comprend un tube parfaitement étanche, traversé par un agitateur et qu’on met en communication, d’une part avec une éprouvette graduée, d’autre part avec un récipient contenant le liquide absorbant. Une tubulure latérale permet l’introduction du gaz à étudier et l’on mesure au chronomètre le temps nécessaire à la disparition de 5 ou de 10 cm3, la quantité de liquide employée devant être assez grande pour que les variations de concentration soient pratiquement nulles.
- Les premières mesures effectuées par M. Paul Riou ont donné des résultats concordants et des courbes très régulières.
- BIOLOGIE VÉGÉTALE
- Trois générations de Beta vulgaris L. dans l’espace d’une année. (M. O. Munerati.) — L’auteur avaitdéjà montré qu’il est possible, en complétant la lumière du jour par un fort éclairage nocturne, de pousser les types cultivés de la betterave sucrière, Beta vulgaris, à monter en graine avec plus ou moins de rapidité.
- Le nouveau problème qu’il s’est posé est de savoir si l’on doit s’attendre à plusieurs générations, en une même année, d’un type dont l’équilibre s’est déjà déplacé vers l’annualité.
- Les expériences faites de janvier à mars, puis de septembre à novembre 1926, sont nettement concluantes. Beta vulgaris peut aussi bien conserver l’état végétatif pendant deux ou plusieurs années que se reproduire, en trois générations, dans l’espace de douze mois. Il semble enfin que, seule parmi les plantes cultivées, elle possède une telle plasticité.
- BIOLOGIE
- Le moustique de la fièvre jaune. (MM.T. Roubaud et J. Colas-Belcour). — Stegomya fasciata dépose ses œufs dans les collections d’eau ou sur les parois des récipients et la larve primaire est prête à éclore au bout de trois jours. Mais, quand il s’agit d’une eau faiblement souillée de germes microbiens, les œufs peuvent garder leur vie latente et ne libérer leurs larves qu’au bout de plusieurs mois. L’addition d’une eau riche en produits organiques et contenant des microbes ou des levures provoque par contre une éclosion extrêmement rapide.
- MM. Roubaud et J. Colas-Belcour ont repris à ce sujet les expériences de Bacot, déjà vieilles d’une dizaine d’années, et employé à cet effet des solutions de peptone ou d’albumine et des produits de digestion ou de fermentation comme l’urée, le glycocolle ou l’indol. Ils ont enfin mis en œuvre des cultures vivantes de bactéries ou des extraits filtrés.
- Les faits relevés indiquent une adaptation étroite entre la vie larvaire du moustique de la fièvre jaune et les agents microbiens, et c’est ainsi que les auteurs ont obtenu le développement total de l’insecte jusqu’à l’imago, en cultures pures de Bac. coli ou de Torulas.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’Annuaire Astronomique et Météorologique. Camille Flammarion pour 1927. 1 vol. 330 p,, 9i fig.
- Ernest Flammarion, Paris, 1027. Prix : 12 francs.
- Sous la direction de Mme Camille Flammarion et de M. Que-nisset, VAnnuaire astronomique rédigé pendant 62 ans par Camille Flammarion, avec un entier désintéressement, continue sa vaillante et utile carrière. Il expose l’ensemble des phénomènes astronomiques observables dans l’année. 11 contient en outre nombre de notes concises sur des questions astronomiques importantes; la partie météorologique contient les renseignements climatologiques essentiels relatifs à la région parisienne et quelques pages attrayantes sur les saints de glace, la saint Médard et leté de la saint Martin. L’ouvrage renferme encore une substantielle revue des progrès de l’astronomie au cours de l’année 1926, et une étude de M. Quenisset mettant à la portée de tous un moyen d’investigation particulièrement précieux : la photographie astronomique.
- Erde und Weltall. par S vante Arrhenius, traduit du suédois par le D1' Finkelstein. 1 vol. 342 p., 63 fig. Alcademische
- Verlagsgesellschaft, Leipzig, 1926. Prix : 12 marks.
- Le physicien suédois Arrhenius, célèbre par ses travaux sur l’électrolyse, est également l’auteur de deux ouvrages de vulgarisation astronomique, aussi attrayants par l’agrément de l’exposé que par l’originalité audacieuse de certains aperçus et de certaines théories. L’un s’intitulait VAvenir des Mondes publié en 1906, l’autre la Vie des Planètes publié en 1915. Ils eurent tous deux le plus vif succès. En 1925, Arrhenius a remanié et remis à jour ces deux ouvrages, en les fondant en un seul intitulé Terre et Univers, dont voici la traduction allemande. 11 rappelle tout d’abord l’essentiel de ce que nous savons sur les profondeurs du globe, qui se révèlent à nous par les éruptions volcaniques et les séismes; il résume de même ce que l’on sait sur la composition et la structure de l’atmosphère terrestre et sur celle des planètes ; puis il montre le rôle climatologique de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau. Les idées d’Arrhenius sur les causes qui maintiennent l’équilibre apparent de l’acide carbonique de notre atmosphère, sur les effets de ce gaz sur la vie à la surface du globe, sur son influence quant au maintien de la température et son rôle dans l’évolution des climats sont aujourd’hui bien connues et presque classiques. On en trouve dans ce chapitre l’exposé d’ensemble. L’auteur y discute aussi la question du dessèchement de la Terre, celle de son refroidissement ; puis, nous passons au Soleil, à la description de sa surface, des rayonnements qu’il émet et aux problèmes que posent la température du Soleil et le maintien de son énel'gie rayonnante. Il examine ensuite le rôle que joue la pression de radiation dans le monde solaire et il est amené ainsi à parler des comètes, de l’émission électronique solaire, des taches du Soleil, des aurores boréales. L’ouvrage se termine par une excursion sur les différentes planètes et sur la Lune; l’auteur cherche à pénétrer les conditions climatiques qui régnent à leur surface.
- L’ouvrage d’Arrhenius ainsi remanié est resté d’une lecture.très agréable; l’auteur s’est borné à le condenser un peu et à en remanier certaines parties que les progrès récents de l’astronomie et de la physique avaient rendues caduques. La traduction allemande nous a paru très fidèle. Elle est en outre très bien présentée au point de A'ue matériel.
- La Technique photographique, parL.-P. Clerc. Tome I.
- 1 vol. 458 p., 179 fig. Editeur Paul Montel, 189, rue Saint-Jacques, Paris, 1926. Prix : 100 francs les 2 volumes.
- La photographie en France est considérée surtout comme un art ou un métier. On oublie trop que si sa technique a atteint un haut degré de perfection, elle le doit exclusivement à l’intervention de recherches scientifiques qui ont pris un très grand développement, trop peu connu dnns notre pays. M. Clerc, un technicien éminent de la photographie, nous donne un livre d’enseignement qui contribuera utilement à combler cette lacune.
- Après les généralités indispensables sur la lumière, la couleur, le mécanisme de la vision, les propriétés des systèmes optiques, il étudie successivement les diaphragmes, l’objectif, les obturateurs, puis les éléments qui entrent dans la construction des appareils photographiques de divers modèles. De là, il passe aux opérations photographiques proprement dites et d’abord à l’obtention du négatif; il étudie la préparation des émulsions au gélatinobromure, le problème de l'orthochromatisme, la constitution et les propriétés des plaques, des pellicules et des papiers négatifs. Il montre ensuite comment doit être aménagé le laboratoire professionnel ; il dit les règles qui doivent présider à l’éclairage du sujet, à la mise au point et à la mise en plaque.
- Le volume se termine pur l’étude détaillée du développement, et du fixage du négatif. Les phénomènes qui se produisent au cours de ces opérations sont analysés avec précision.
- Aussi l’amateur ou le technicien qui aura étudié cet ouvrage sera-t-il en mesure de comprendre le pourquoi des choses, et saura-t-il, au lieu de se fier à des recettes, mettre en œuvre à coup sur les moyens logiques et#efficaces pour arriver au résultat cherché.
- Proceedings of the Optical Convention, 1926. 2 vol. in-8, 512 et 578 p., fig. et planches. Optical Convention, 1, Lowfher Gardens, Exhibition Road, London S. W. 7. Prix : reliés 3 £.
- La Grande-Bretagne qui naguère n’avait que peu développé les études et les industries d’optique, a fait, depuis le dtibut du siècle, un effort considérable qui commence à porter ses fruits. Elle produit maintenant chez elle à peu près toutes les catégories d’instruments en usage, elle peut rivaliser avec les constructeurs français et allemands pour la fabrication des verres d’optique, elle construit, notamment pour la marine, des appareils universellement appréciés. Ces progrès sont dus, comme partout, à l’intime collaboration des physiciens et des ingénieurs. Avant la guerre, deux « conventions » avaient réuni, en 1905 et en 1912, tous les spécialistes anglais ; la troisième s’est tenue à Londx-es, en avril dernier, sous la présidence dé sir Frank -Dyson. Un très grand nombre de mémoires y furent présentés qui sont publiés dans ces deux volumes. Ils touchent à toutes les branches de l’optique, depuis la théorie des quanta et les conceptions classiques de la lumière, en passant par les compositions des verres à propi'iétés particulières, la physiologie de la vision des formes et des couleurs jusqu’aux multiples instruments de photométrie, d’analyse des couleurs, et à leurs applications à l’astronomie, la microscopie, la spectroscopie, l’interférométric, la photographie, l’opthalmologie, la cinématographie et la projection, la géodésie, les phares, la télémétrie, etc.
- Ces deux livres forment un bilan de l’effort anglais actuel; ils sont le complément des traités d’optique; ils montrent les voies où s’engagent la science et l’industrie d’aujourd’hui; ils forment un admirable monument que nos physiciens et opticiens doivent lire avec attention.
- Les grandes régions de la France. Description photographique avec notices géographiques. Albums composés par Emmanuel de Martonne, avec la collaboration de Paul Feyel et Maurice Teissier. 2. Cévennes et Causses. Un album in-8 oblong, 31 p., 60 pl. et 3 cartes Prix : 18 francs. (Majoration 20 0/0.) Payot, 106, boulevard Saint-Germain, Paris. L’album « Cévennes et Causses » ne le cède en rien à celui consacré à la « région méditerranéenne », par lequel a débuté, il y a trois mois, la collection des « grandes régions de la France ». C’est la même maîtrise dans la description géographique et le choix des documents photographiques, illustrant les aspects physiques et économiques, la même perfection de l’exécution matérielle.
- Les « Garrigues » du Languedoc, brûlées par le soleil, la châtaigneraie cévenole, les crêtes des « Serres » et les plateaux du « Coiron », les hauteurs pastorales de l’Aigoual, du Lozère et de l’Espinouse, les plateaux des grands Causses avec leurs roches fantastiques, et leurs cavernes aux intérieurs féeriques, une série admirable de photographies de Martel dans la prodigieuse descente du Tarn, qui est un des plus grands spectacles de la nature, les Ségalas du Rouergue et les petits Causses du Quercy, les villages de la châtaigneraie et les centres industriels du pied des Cévennes, les bergeries des Causses et le bourg fromager de Roquefort avec ses caves, les sites préhistoriques de la Vëzère et de là Dordogne, montrent les aspects caractéristiques de la région.
- L’art néo-calédonien, par G.-II. Luquet. Documents recueillis par Mai’ius Archambault. 1 vol. in-8, 160 p., 241 fig., 20 pl. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Etlinologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1926, Prix : cartonné toile, 50 francs.
- M. Archambault a patiemment recueilli de nombreux documents iconographiques, qu’on trouve reproduits dans les figures et les planches qui terminent^ le volume, sur la parure corporelle, la sculpture sur bois, la gravure sur bambous et sur. pierre. M. Luquet les décrit et les interprète en se servant des connaissances acquises par ses travaux antérieurs sur les dessins des enfants. Il arrive ainsi à classer les divers motifs, à trouver leur signification, à définir le style canaque, à lé dater, à l’estimer par rapport aux autres manifestations des primitifs.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la prospection électrique du sous-sol.
- Nous recevons lu lettre suivante de M. William Loth, l’inven-t eur bien connu des procédés de guidage des navires et avions par câble à courant alternatif.
- « J’ai lu dans la Revue 'La Nature, n° 2754, du 5 février 1927, page 119, le petit ai’ticle intitulé « La prospection-électrique du sous-sol ». Dans cet article, je suis cité avec d’autres personnes, comme m’étant occupé de prospection du sous-sol. Votre rédacteur est certainement de bonne foi, mais je tiens à rétablir les faits au moment où cette question de la prospection prend une importance considérable.
- H ne faut pas oublier qu’il existe plusieurs systèmes, de principes complètement différents, pour prospecter le sous-sol.
- 1° On peut utiliser le procédé pur conductibilité (voir en particulier les travaux de M. Sclilumberger).
- 2° On peut utiliser le procédé par rayonnement [ondes' électromagnétiques par réflexion ou absorption, etc.).
- 3° On peut utiliser le procédé par induction (exemple fréquences audibles). •
- Or, j’ai montré par un long travail qui a duré toute l’année 1921 et qui a demandé des milliers de mesures, que de la méthode par induction, purement qualitative jusqu’à cette époque, on pouvait tirer une méthode magnéto-électrique quantitative. Cette méthode, d’un principe entièrement nouveau, consiste :
- 1° A déterminer, grâce à des milliers de mesures, et dans le cas d’un sol homogène, la forme du champ magnétique normal d’une ligne de longueur quelconque parcourue par un courant variable (à fréquence musicale, par exemple).
- 2° A déterminer exactement les modifications de ce champ magnétique, entraînées par des modifications du sous-sol.
- 3° A se rendre compte de ces modifications en mesurant les variations d’inclinaison des lignes de force dudit champ , magnétique.
- Pour la première fois; la prospection devenait vraiment scientifique et pratique, en devenant quantitative.
- Après avoir découvert par ce procédé, en 1921 : nappes d’eau, conduites, mesuré leur profondeur, etc., je déposai, le 4 janvier 1922, un brevet concernant le principe de la nouvelle méthode et les appareillages mêmes à utiliser.
- Vous voudrez bien remarquer que jamais il n’a été fuit aucune réclamé sur ce procédé dont les études étaient continuées cependant, à l’abri, pensions-nous, des indiscrétions.
- . ' QUESTIONS
- Peinture.
- Il ne nous est pas possible, sans avoir l’objet en mains, de nous rendre compte du genre de peinture qui a été appliquée sur vos classeurs et par suite de déterminer pourquoi elle ne sèche pas.
- Tout ce que nous pouvons supposer, c’est qu’il s’agit d’une peinture à bon marché dans laquelle l’essence de térébenthine a été remplacée par de l’essence de petrole et probablement aussi l’huile de lin classique par une futile quelconque non siccative. Dans ces conditions, ce que vous avez de mieux à faire est d’enlever l’ancienne peinture par lessivage à la potasse, puis de repeindre avec une peinture de bonne qualité.
- M. W.-G., Beauvais.
- Cuves inaltérables aux acides.
- Les briques de schiste comprimé qui sont tout à fait inaltérables aux acides, vous donnèrent très probablement satisfaction pour établir des cuves de grande résistance aux préparations chimiques que vous nous signalez. Ces briques sont fabriquées
- Ainsi, je ne vois rien, absolument rien dans le procédé de prospection dont vous avez parlé, qui ne soit dans mon brevet de janvier 1922, employé déjà à l’étranger, connu de tous les spécialistes et que chacun peut se procurer pour la modeste somme de cinq francs, à l’Office de la Propriété Industrielle, rue de Pétrograd. (Vous voyez que l’on peut devenir inventeur à peu de frais.)
- Votre rédacteur a eu tort de dire que la méthode décrite « ne diffère pas en principe de celles qui ont été décrites par les savants ci-dessus ». Il devrait dire que la méthode est identique à celle décrite par Monsieur Loth, dans son brevet n° 545 590 du 4 janvier 1922. Je le-prouve.
- La méthode soi-disant nouvelle consiste à utiliser du courant alternatif (dans ce cas voir mon brevet n° 545 590, ligne 5, ligne 25, ligne 57, etc.).
- 1° L’emploi, dans une ligne en résonance ou non, du courant alternatif musical, est d’ailleurs bien connu.
- 2° La méthode (soi-disant nouvelle), consiste aussi à dresser, paraît-il, la carte des lignes de force à la surface du terrain influencé par le courant et à la comparer à la carte théorique, qu’on dresserait en terrain homogène, etc. Dans ce cas (voir mon brevet n° 545 590 du 4 janvier 1922, figure 2, figure 3, voir même brevet de 1922, lignes 30 à 50, lignes 51 à 63, lignes 64 à 68, lignes 69 à 100, lignes 100 à 109; voir aussi le résumé, lignes 253 à 266.
- 3° La méthode (soi-disant nouvelle) consiste aussi à déterminer, en chaque point du terrain, la direction delà ligne de force en utilisant un cadre orientable dans toutes les directions, en résonance sur la fréquence d’émission.
- Voir dans ce cas mon brevet du 4 janvier 1922, figure 4, voir aussi ligne 119, voir ligne 130, voir lignes 175 à 190, lignes 194 à 197, lignes 197 à 204, lignes 204 à 207. Voir le résumé également, ligne 270.
- 4° La méthode (soi-disant nouvelle) consiste aussi à connecter cet enroulement à un téléphone par l’intermédiaire d’un amplificateur. Dans ce cas, voir mon brevet du 4 janvier 1922, lignes 130 à 134.
- 5“ La méthode (soi-disant nouvelle) consiste aussi à se servir de l’extinction du son dans le téléphone, extinction qui indique que le cadre est dans la direction de la ligne de force.
- (Dans ce cas voir mon brevet du 4 janvier 1922, lignes 75 à 94 et en particulier, lignes 89 et 90). »
- ET RÉPONSES
- d’une façon courante par les briqueteries mécaniques de Maries, Pas-de-Calais.
- M. Ch. Leven, la Suze.
- G.-G. à Arles-sur-Tech.
- Une erreur typographique s’est en effet glissée dans la composition, c’est 55 gr. de glycérine qu’il faut lire et non 550 gr. Du reste, suivant l’affinité de l’argile, les quantités adsorbées sont variables et le mieux est de n’ajoutei' le liquide, eau sucrée, glycé-riné que de façon à réaliser la consistance convenable.
- D’une manière générale, il ne faut pas êti’e prisonnier d’une formule, mais savoir au contraire l’adapter aux circonstances et aux produits dont on dispose, par les ressources locales qui ne mettent pas toujours sous la main de l’amateur, les substances dans l’état où il désirerait les trouver.
- Question dfèlectrolyse.
- 1° Vous p.ounrez trouver le matériel nécessaire pour expériences
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- sur l’électrolyse chez Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- 2° Pour utiliser le courant alternatif en vue d’électrolyse il faudrait n'utiliser le courant que dans un seul sens, ce qui peut, être réalisé par interposition soit d’une soupape électrolytiqüe, soit d’une lampe de redressement.
- 3° L’ouvrage YElcctrolyse appliquée, par Filusine, directeur du laboratoire d’Electro-Chimie de Grenoble, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille, vous donnera probablement satisfaction.
- Sacred Hearth Collège, Canton.
- Enlèvement des taches de vert-de-gris sur un tapis.
- Le produit désigné vulgairement sous le nom de vert-de-gris est du carbonate de cuivre hydraté. Si les taches faites sur votre linoléum ont réellement cette origine, il vous sera facile de les enlever en frottant avec un tampon imbibé de bon vinaigré." Au cas où le vinaigre ne serait pas assez riche en acide acétique, vous pourriez le renforcer par quelques gouttes .d’acide, chlorhydrique du commerce (acide muriatique). Après dissolution de la tache, bien rincer à l’eau tiède avec une éponge pour enlever le liquide verdâtre résultant.
- M. Freiilin, Marseille.
- Les phénomènes de dissolution et de dilution.
- De nombreux savants se sont occupés de la variation de température résultant de la dissolution ou de la dilution : depuis Gay-Lussac (1778-1850) on peut citer Kaesten, Pfafï, Diacon et particulièrement Rudorlf (Deutsche Chem. Gesellschaft, t. II, p. 68). A une époque plus récente, Berthelot a publié dans les Comptes rendus une étude très intéressante sur cette question. {Comptes rendus, T. LXXVIII, p. 1722.)
- M. Anastay, Marseille.
- Protection de la tôle contre la rouille.
- 2° La peinture suivante vous permettra de protéger efficacement de la rouille votre bac en tôle :
- Faire digérer pendant plusieurs jours en agitant fréquemment:
- Caoutchouc pur Para................... 90 gr.
- Benzine . . . ,r'......... ........... 600 —
- Tétrachlorure de carbone ..;... . 500 —
- Lorsqu’on a obtenu une masse sirupeuse bien homogène rajouter 20 gr. de la préparation à 1 kg de peinture ordinaire de la teinte choisie et appliquer comme d’habitude trois couches sur le métal bien gratté et débarrassé des enduits précédents s’il y a lieu.
- N.IJ. — Dans le cas où le réservoir devrait contenir de l’eau destinée à la consommation, éviter de faire entrer dans la composition de la peinture des sels de plomb tels que céruse,
- minium, etc., se servir de sulfate de baryte (blanc fixe) ou de lithopone.
- Protection des statuettes en bois contre les vril-lettes.
- 2° Pour enrayer les dégâts que causent les vrillettcs à vos statuettes en bois, placer ces statuettes dans une caisse pouvant fermer hermétiquement avec, à côté, un tampon' de coton imprégné de tétrachlorure de carbone. Au bout d’une huitaine, les
- vapeurs auront sûrement asphyxié dans leur retraite les larves de l'anobium pertinax.
- Pour empêcher la cristallisation jdu sucre dans les confitures.
- 3° La cristallisation du sucre à la surface des confitures se produit lorsque, les fruits employés ne sont pas assez acides pour que, pendant là cuisson, une partie du sucre ajouté (saccharose du sucre de betteraves ou de cannes) soit transformé en glucose incristallisable. On peut facilement remédier à ce petit inconvénient en ajoutant dès le début du mélange sucre et fruits, 1 à 2 gr. d’acide tartrique par litre de produit soumis à la cuisson.
- M. G., Seyssel,
- Préparation des briquettes à la sciure de bois.
- 1° Voici quelques formules pouvant servir de bases pour pré-
- paration de briquette avec la sciure de bois :
- A» Brai........................ 235 kg
- Terre glaise...........................100
- Sciure................................ 450 i
- Poussier.............................. 235 j
- B° Sciure.................................. 70 kg !
- Terre glaise......................... 5 ' ;
- Pâte de vieux journaux ....... 15 !
- G0 Faire préalablement un mélange de : |
- Gliaux éteinte...................... 25 kg
- Argile grasse .......................... 75
- Puis -prendre : j
- ~ Sciure de bois................i . . . 85 kg :
- Mélange précédent....................... 15 ]
- Mouiller avec quantité suffisante d’eau, malaxer, mouler souis pression et faire sécher. i
- Bien entendu ces*papportions peuvent être modifiées et adaptéejs à la nature, la qualité et l’humidité des matières mises en œuvré.
- •• Si à' . )
- Composition des encres d’imprimerie.
- 2° Les encres d’imprimerie) étaient autrefois uniquement obtenues par cuisson prolongée de l’hüile de lin, mais aujourd’hui, seules les encres extrà-jfines ..sont ainsi préparées, les encres ordinaires sont faites avec des huiles de résine, des huiles minérales soufflées, des goudrons, de la colophane, du savon, le toiit fluidifié par des solvants volatils, souvent'“même on y introduit les siccatifs usités en peinture'(résinate de manganèse, oléate de plomb, etc.). On peut ainsit.a'ctuellement obtenir des encres :à séchage très rapide, par exemple pour tirage" des journaux, qui ne doivent pas donner lieu â report. >
- MM. Similiion, Paris et Th., Saint-Dié.
- j
- Pour teindre le bambou. j
- Vous pouvez parfaitement teindre votre bambou dans l’épaisseur du bois en utilisant l’aptitude des couleurs diamines de se fixer directement sur les fibres végétales, sans intervention de mordants, cette teinture doit s’effectuer à chaud comme pour lejs étoffes. Eu égard aux dimensions de l’objet que vous indique^, vous pourrez par exemple utiliser comme récipient une poissoil-nière de cuisine en opérant ainsi : j
- Prendre : j
- Eau............................. 4000 cm3 i
- Carbonate de soude Solvay. ... 5 gr. j
- Sulfate de soude .................. 20 — j
- Colorant............................ 5 —
- On monte le bain avec la moitié du colorant et le porte aiijX environs de 40° à 50° puis on y introduit l’objet à teindre et on élève progressivement la température jusqu’au premier bouilloii. A ce moment on retire l’objet, on ajoute le reste du colorant rentre à nouveau dans le bain, puis reporte à l’ébullition, laisse en contact environ une heure, finalement on sort l’objet du bain et rince à l’eau claire.
- TV. B. — Tenir compte que la teinte baisse en séchant, par suite la tenir au-dessus de l’effet désiré pendant l’opération de teinture.
- Les colorants diamines à employer pour réaliser un ponceau sont le Rouge solide F, l’Écarlatc 3 B, l’Orangé G associés en proportions convenables et modifiés au besoin par addition de Brun coton (marron), Brun 3 G (havane) ou de Brun B (bistre).
- Après séchage parfait, passer à l’encaustique, cire d’abeilles, essence de térébenthine pour aviver la teinte.
- E. S. A., VlLLACOUBLAY.
- A propos du vernis cristal.
- 2° Le vernis cristal se trouvé tout préparé chez les marchands de couleurs, nous ne vous cônséillpiis pas d’entreprendrevmne fabrication de ce genre, laquelle demqnde’’:'poüi> la pyrogénation des copals, une expérience consommée. , s (,j
- T. et C.;*Marseille. A;!
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- CURIOSITES DE LA NATURE
- M. M. Baudouin a signalé en Vendée des marmites de géants littorales (n° 2746). En t’oiei deux magnifiques photographiées par M. Ve rase à V extrémité sud de la presqu'île de Quiberon, entre Port-ICurbi et Porl-llenriette. L’une a 3 m. de profondeur [à gauche), l’autre 1 m. 50.
- Elles sont creusées dans la granulite.
- A gauche : Sauterelles gelées depuis des siècles, trouvées dans le « Grass-
- hoper Glacier » du Yellowstonc Parh, en Californie. — Eu bas : Défenses d’éléphants emballées dans des peaux de bœufs pour l'expédition en Europe, au poste des douanes abyssin de Dire-Daoua. Cet ivoire est recherché depuis que la destruction des éléphants est interdite dans la vluvart des pays.
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- Prix du Numéro : 3 francs 30
- pour la vente en France.}
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, Vlp fg. C. Seine : i5.234)
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 nrB), 70 fr. ; —- 6 mois (12 n4’), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l ordre de Massox et Cie, sur une banque de Paris. Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0B), 85 fr. ; — 6 mois (12 n08), 43 fr.
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- ^ valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour :(00 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grège, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U;B. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, 'Terre-Neuve, 'Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
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- ^ 2757.
- J 5 Mars J 927.
- UN MAITRE DE LA
- 'A OL-JThlfflC'Çf
- SIR J.-J. THOMSON, O.M., F. R. S.
- Nous vivons à une époque où la physique est féconde en grands hommes. Quoi qu’il en puisse être des autres sciences, il est probable que le monde n’a jamais vu des temps plus glorieux pour la physique mathématique que les cinquante'dernières années.
- Stokes, Maxwell, Helmhollz, Fitz-Gerald, Hertz, Kelvin, Rayleigh ont disparu. Mais d’autres demeurent, comme Lorentz, Larrnor et J.-J. Thomson.
- Fig. 1 a 3. — Trois grands savants contemporains.
- En. haut, à gauche, sir J.-J. Thomson dont on vient de célébrer le 70e anniversaire.
- A droite, sir Oliver Lodge auteur de Véloge qu on va lire. En bas, à gauche, M. Charles Richet, Prix Nobel, Membre de l’Institut, traducteur de l’article de sir Oliver Lodge.
- *
- * *
- . A vrai dire, l’œuvre de ces grands savants est d’un caractère trop profond pour qu’il soit facile
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- de faire comprendre au public toute la portée de leur œuvre.
- Beaucoup d’entre eux appartiennent à l’Université de Cambridge qui a toujours triomphé dans le domaine de la physique mathématique, depuis les temps héroïques de Sir Isaac Newton jusqu’à aujourd’hui. Car les hommes de la génération présente sont dignes de leurs prédécesseurs.
- Récemment un des plus célèbres, sir J.-J. Thomson, a atteint sa soixante-dixième année. Des physiciens du monde entier se sont réunis à Cambridge le soir anniversaire de sa naissance, le 16 décembre 1926, afin de lui exprimer toute leur admiration aussi bien pour son œuvre que pour sa personne.
- En réalité il a été comblé de tous les honneurs.
- Il est membre de presque toutes les sociétés scientifiques du, monde. Il a été président de la' Société Royale, ce qui est la plus haute situation scientifique dans notre pays. Il a reçu du Roi l’ordre du Mérite. Il a obtenu le prix Nobel. 11 est maintenant master du Tri-nity College à Cambridge.
- Nous allons donner une brève idée de son œuvre, et montrer comment il a pu l’exécuter.
- H: " *
- Né à Manchester, il a été élevé à Owen’s College sous la direction du professeur Balfour Stewart. Puis, à un âge très jeune, il fut nommé professeur de physique à Cambridge pour succéder à Rayleigh et à Clerk Maxwell.
- C’était en 1884. Dans le laboratoire Cavendish, fondé cinquante ans auparavant par le savant duc de Devon-shire, il a travaillé continuellement pendant quarante-deux ans’.
- Son labeur n’a été interrompu que pendant la guerre, car, alors, lui et ses élèves furent, dans des commissions diverses, occupés à des recherches scientifiques cl’ordre militaire.
- Innombrables sont les travaux provenant du laboratoire Cavendish, tant les travaux anciens que les travaux contemporains, grâce aujourd’hui à la direction du savant qui occupe à présent cette chaire, sir Ernest Rutherford, actuellement président de la Société Royale. La renommée de ces professeurs célèbres a attiré .de toutes les parties du monde civilisé des collaborateurs et des professeurs éminents.
- *
- * :j:
- Si l’on avait à indiquer en peu de mots le principal titre de gloire de Sir J .-'J. Thomson, on dirait que c’est la découverte de l’électron, découverte fondamentale qui éclaire d’un jour tout à fait nouveau la nature de l’électricité.
- On peut dire encore, sous une autre forme, que c’est le fondement d’une théorie électrique de Ict matière.
- Maintenant nous savons que la'matière, c’est de
- l’électricité, et que l’électricité elle-même se compose d’électrons positifs et négatifs.
- Ges électrons sont des particules prodigieusement petites dont les groupements, différant par le nombre et par la forme, constituent les atomes des divers éléments chimiques.
- On n’exagère pas en disant que par cette découverte toute la science chimique a été transformée de fond en comble.
- De même que notre corps est constitué par des cellules dont chacune est un agrégat.de molécules, de même chaque parcelle de matière est formée d’atomes, chaque atome étant, un groupement cl’électrons.
- Nous commençons seulement à entrevoir les . conséquences de cette découverte' pour édifier une théorie de la vie.
- Quelle importance n’aura-t-elle point pour expliquer le mécanisme de l’hérédité et pour donner l'appui cl’une théorie physique aux lois qui gouvernent les êtres vivants !
- Au point cle vue de la biologie générale, il y aura là de grandes recherches à faire encore.
- •’ N' ‘r-
- * *
- Dans tous les laboratoires du monde, on a fait des traAraux qui confirment et amplifient la théorie électrique de la matière et développent toutes ses* conséquences. Beaucoup d’auteurs ont apporté leur pierre à l’édifice et l’apporteront encore ; mais le fondement est un mémoire mathématique de J.-J. Thomson qui date de longtemps, de 1881.
- Là il montrait que, quelle que fût la nature (près inconnue d’ailleurs) de l’électricité, il fallait lui accorder nécessairement les propriétés fondamentales de la matière, c’est-à-dire l’inertie, la masse, la pesanteur, toutes propriétés qui semblent pouvoir s’appliquer également à l’électricité et à la matière.
- En 1881, c’était une prédiction. Alors, elle attira peu l’attention, malgré la remarquable précision des détails.
- Cette prédiction ne fut vérifiée que quelque trente ans après, quand de nouveaux faits, venant de tous les points du monde, l’eurent complètement confirmée.
- Nous savons maintenant que le mouvement des électrons. produit les courants électriques, les rayons N, les ondes de la télégraphie sans fil (déclenchement et détection) ; la lumière, l’émission, l’absorption, et les phénomènes chimiques de toute radiation. Nous commençons à savoir comment le mouvement tourbillonnaire clés électrons produit l’action magnétique, comment leurs agitations ont pour effet ce que nods appelons la chaleur. ' -
- Il n’est pas de région dans toute la physique que cette découverte fondamentale n’ait pénétrée. '
- Le mouvement des électrons peut être analysé par les ndications du spectroscope. Voilà pourquoi nous sommes maintenant capables de connaître la constitution, la température, l’évolution des étoiles et des nébuleuses ; et cela, malgré les prodigieuses distances qui nous en séparent.
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- C’est à cette œuvre que se sont attachés, avec d’admirables résultats, les grands astronomes, Eddington et Jeans, qui sont aussi de Cambridge.
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- * * *
- Qu’il me soit permis maintenant de rappeler à nos lecteurs comment ils sont en réalité déjà familiers avec les électrons, sans les connaître cependant.
- Quand vous pressez le bouton d’une sonnette électrique pour fermer le circuit, voilà aussitôt toute une procession d’électrons qui passent dans le fil qui est un conducteur par lequel le passage des électrons est libre.
- Si le fil est de trop petit diamètre, il s’échauffe, et nous avons de la lumière (lampe électrique) ; quand le fil est échauffé, les électrons subissent une telle poussée que quelques-uns s’envolent et s’échappent.
- Ces électrons libérés sont des corpuscules qui se dégagent des ampoules à vide et transmettent les signaux radiants.
- Ils sont des particules, légères et puissantes à la fois, si dociles, si accessibles au contrôle électrique, qu’elles suivent toutes, les modulations de la parole ou de la musique.
- De même, si vous frottez un bâton de cire ou d’ébo-nite sur un vêtement de drap, les électrons se précipitent à sa surface, quittant le vêtement frotté pour se transporter sur le bâton dé cire ou le morceau d’ébo-nite.- Et alors ils exercent leur activité en attirant de petits fragments de matière ou en émettant de petites étincelles.
- Il est probable qu’il s’agit encore, quand la lumière frappe notre rétine, d’un mouvement d’électrons,, mouvement qui stimule le nerf optique et nous donne la notion de la lumière.
- C’est probablement aussi grâce à l’activité des électrons que les plantes sont capables d’utiliser l’énergie de la radiation solaire, de manière à élaborer les substances chimiques qui les composent.
- Ainsi, grâce au progrès de nos connaissances, nous pouvons dévoiler l’activité presque universelle de ces minuscules éléments. '
- a indiqué le poids et la dimension, il a trouvé que l’électron est beaucoup plus petit, et notablement plus léger, que l’atome d’hydrogène lui-même. Pour le poids on peut dire que l’électron est à l’atome dans le rapport de 1 à 2000. Et quant au volume, le volume de l’électron est énormément plus petit; car il est dense, compact, incroyablement plus petit que toutes les substances connues jusqu’à présent.
- Mais je ne puis ici expliquer en peu de mots par quels moyens les savants ont pu peser et mesurer un atome et même un électron. Ce sont des travaux qu’on ne saurait comprendre et admirer qu’après de longues études techniques.
- Qu’il nous suffise de dire ici que les savants sont d’accord pour l'econnaître que ces merveilleuses mensurations, grâce à leur précision, sont conformes à la réalité et hors de toute contestation possible.
- Nous n’avons aucune raison de penser que même l’électron est la limite ultime de la petitesse des choses.
- Ce n’est une limite qu’à présent, c’est-à-dire selon nos connaissances actuelles. Il semble bien, en effet, qu’il n’y a dans l’univers, pour le x^olume des choses, aucune limite, que ce soit en grandeur ou en petitesse. Même voici maintenant qu’on commence à soupçonner qu’il y a des éléments encore plus petits que l’électron.
- Il fut un temps où on pensait que jamais on ne pourrait découvrir la structure d’un atome. Or voici que cette structure a été découverte. Aujourd’hui, personne ne songe à pénétrer la structure de l’électron, problème réservé aux générations futures. Aujourd’hui on connaît assez bien l’atome; mais on connaît peu l’électron.
- Il est vrai cependant qu’on l’a pesé et mesuré. Il est vrai que nous savons dans quelles conditions il se libère, mais voilà tout ce que nous pouvons dire de lui. Et cependant nous savons à chaque instant utiliser ses propriétés, car il est à la base de toute électricité et de tout magnétisme. Ses vibrations et ses projections sont les seules sources de la lumière. C’est l’unité fondamentale de toute télégraphie, de toute industrie électrique. Probablement il joue un grand rôle dans les fonctions de notre organisme, particulièrement dans notre mécanisme cérébral, et cela beaucoup plus que nous ne sommes prêts à l’admettre.
- *
- Avant l’année 1897, l’élément le plus petit et le plus léger qu’on connût, c’était l’atome d’hydrogène. Il était difficile de supposer quelque chose de plus petit. Une balance très délicate peut peser un vingtième de milligramme. Supposons qu’on puisse en faire une capable de peser un vingt-millième de milligramme. Eh -bien ! dans cette minuscule quantité de substance, il y a quarante mille millions de millions d’atomes d’hydrogène.
- L’atome d’oxygène est 16 fois plus lourd que l’atome d’hydrogène; l’atome de fer, 56 fois plus; l’atome de radium, 225 fois plus. Or, quand, en 1897, Sir J.-J. Thomson a découvert l’électron, en même temps qu’il en
- *
- * *
- Mais les spéculations aventureuses sur ce sujet sont d’utilité médiocre. Toutes les recherches nouvelles à cet effet doivent être poursuivies avec un soin minutieux, c’est-à-dire en adoptant les définitions précises que donnent les équations mathématiques. La lâche évidemment dépasse de beaucoup la compétence et le pouvoir du vulgaire. Nous voilà au-dessus du niveau moyen. Aussi ne pouvons-nous qu’exprimer notre reconnaissance aux hommes qui ont été capables de faire ces surprenantes découvertes.
- Sus Ojlivek Lodck.
- (Traduit par Charles Richet).
- (D’après John O'London, "Weckly, 22 janvier 1927).
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- LA MUSIQUE INDIENNE EN AMÉRIQUE
- Pendant très longtemps, on a complètement négligé l’étude de la musique des indigènes du Nouveau Monde, l’attention des ethnologues semblant accaparée par les autres manifestations de leur vie sociale, religieuse et domestique.
- C’est en Amérique du Nord que l’on a commencé à s’intéresser aux productions musicales indiennes et que des spécialistes autorisés, notamment Mmes Alice
- de plus pure race à l’égal d’une musique populaire nationale.
- Combien de fois ai-je pu noter, à la fin des soirées mondaines en Equateur, l’émotion non dissimulée ressentie par tous, lorsque le pianiste, ayant épuisé son répertoire' européen, jouait quelque tono ou quelque yaravi. indigène. Le souffle frais et purifiant des Andes passait sur le salon mondain, balayant en un instant
- Fig. 1 et 2. — A gauche : Vase en argile représentant un félin habillé et coiffe, battant une tinya. Trujillo. (Coll. Juhnekee, Lima). A droite : Vase en argile à engobe brun-rou^e et crème. Un esclave ou un prisonnier mutilé frappe une tinya tandis que des guerriers, modelés sur la panse, dansent une ronde au son des syrinx jouées var des petits personnages. Trujillo. (Musée national
- de Lima.)
- Flechter et Frances Densmore, se sont attachées à les récolter et à les analyser avec tout le soin désirable.
- En Amérique centrale et en Amérique du Sud, aucun travail d’ensemble approfondi, fait sur des documents originaux, recueillis par de vrais musiciens, n'avait encore été entrepris. Le fait est d’autant plus surprenant que la musique indienne en Amérique du Sud a exercé et exerce encore une influence profonde sur la population blanche, qu'elle réagit sur la sensibilité des Hispano-Américains
- les snobismes et les enthousiasmes conventionnels, et c’était vraiment la voix du pays qui chantait dans le recueillement général.
- La vraie revanche de l’Indien, c’est d’avoir par sa musique primitive, par ses rythmes si simples dans leur originalité, subjugué celui qui l’a asservi.
- S’il n’y a pas d’Hispano-Américain de l’Equateur, du Pérou ou de Bolivie qui n’ait été bercé sur les genoux de sa nourrice indienne au son de ces vieilles mélodies,
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- nul d’entre eux ne s’était avisé de noter, et de préserver cet admirable folklore ; on vend bien à Lima, à Quito ou à La Paz des morceaux de musique comme étant des pièces d'inspiration indigène, mais toujours le transcripteur a cru bon d’interpréter, en le modernisant, le thème original, sans comprendre qu’ainsi il en modifiait le caractère, quand il ne le dénaturait pas complètement.
- La tâche du folkloriste musical n'est d’ailleurs pas facile. L’Indien chante surtout quand il ne se sait pas écouté. Le soir au campement, dans la haute Cordillère, nos muletiers m’ont donné souvent d’extraordinaires concerts, précisément parce qu’ils ne les exécutaient que pour leur propre plaisir. C’est par surprise qu’il faut saisir l’âme indienne.
- Telle est la méthode qu’ont employée M. et Mme d’Harcourt au cours de deux séjours au Pérou, et c’est ce qui nous vaut le très beau livre qu’ils viennent de publier
- Musiciens expérimentés et nota-teurs scnipuleux, ils ont transcrit, sans y rien changer, les chants qu’ils ont entendus de la bouche même d’indiens ou d’Hispano-Américains profondément imprégnés d’esprit indien, et, dans cette magnifique récolte, ils ont choisi 204 mélodies qu’ils publient aujourd’hui dans toute leur intégrité.
- Ce sont des chants religieux, des lamentations, des chants d’amour, des chansons, des danses, des pastorales, etc....
- Mais en mettant ces précieux documents à la disposition de tous, ils ont voulu en faciliter la compréhension et, dans ce but, ils les ont soumis à une analyse minutieuse.
- Ils sont arrivés ainsi à déterminer avec exactitude ce qui dans ces survivances mélodiques est nettement indien , et ce qui peut être attribué à l’influence de la
- 1. Harcourt (R. et M. d’). La Musique des Incas et ses survivances. 1 vol. in-8, texte, vii-576 p.; 1 vol. in-8, planches,
- 23 p.,- XXXIX pl. Librairie orientaliste Paul Gcutliner, Paris,
- 1925, 200 francs.
- musique et du folklore espagnols. Encore que l’inspiration indigène reste toujours dominante , l’influence blanche est loin d’être négligeable. i
- A côté des productions nettement autochtones qui se chantent encore comme elles se chantaient au temps des Incas, il y a les mélodies métissées où les rythmes espagnols ont agi d’une façon parfois très heureuse sur le rythme primitif,, où la gamme pentato-nique, seule connue des Indiens préhispaniques, a été modifiée par la gamme européenne.
- Jamais une analyse aussi poussée et aussi pénétrante du mécanisme et de l’évolution de l’art musical chez un peuple primitif n’avait été tentée et réalisée avec tant de bonheur.
- Là ne se borne pas l’œuvre de M. et Mme d’Harcourt.
- Leur livre est en effet également une monographie de tout le matériel instrumental des orchestres indigènes, non seulement du Pérou et des pays avoisinants, mais de toute l’Amérique.
- Ce matériel est loin d’être aussi simple qu’on pourrait le croire*.
- Avant la conquête espagnole, les Indiens n’utilisaient guère que les instruments de percussion et
- les instruments à vent.
- Parmi les premiers, on peut citer les bruiteurs, les sonnailles, les grelots, les tambours à membrane, portatifs ou bien fixés au sol, et les tambours tout en bois; parmi les seconds, les trompes, les flûtes verticales, les ocarinas et les syrinx.
- L’ère de répartition de ces instruments présente des anomalies, des lacunes qu’il n’est pas toujours aisé de justifier.
- Si, par exemple, les sonnailles, dont le prototype est représenté par une petite calebasse munie d’un manche et contenant des graviers, se rencontrent, sous des formes voisines, dans la plus grande partie du Nouveau Monde, le tambour tout en bois — le teponastli des Mexicains — ne se trouve que dans le bas-
- Fig. .9. — Wewtll ancien, en bois sculpte provenant de Manilalco (Monique.)
- Fig. k. — Teponastli anciens du Mexique. (Musée du Trocadéro).
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- sin des Antilles et le nord de l’Amérique du Sud; la syrinx, * répandue dans tout le nord du continent sud, n’a pas franchi, semble-t-il, l’isthme de Panama; l’ocarina reste la propriété de l’Amérique centrale et du nord-ouest de l’Amérique du Sud.
- La flûte verticale, ou son proche parent, le flageolet à bec, couvre la superficie entière de l’Amérique à l’exception de ses extrémités australes ou boréales; mais tandis que les anciens Mexicains façonnaient de jolis flageolets en terre cuite à cinq notes avec un pavillon ornemental et un long bec élégant, les Péruviens restaient fidèles à la simple flûte verticale faite le plus souvent d’un roseau; d’ailleurs, ils tentaient d’améliorer la perce empirique de cet instrument et lui donnaient une étendue plus considérable de huit notes.
- Leur fidélité à la flûte simple de roseau s’explique peut-être par la sonorité musicale de cet instrument, supérieure à celle du flageolet. C’est également dans l’ancien empire des Incas que la syrinx atteignit ses formes les plus parfaites, notamment sur la côte au sud de l’actuelle ville de Lima, à Nazca, lieu des célèbres poteries polychromes; sous les doigts d’habiles potiers, la flûte de Pan, faite ailleurs de roseaux assemblés, s’est puée en un instrument en terre cuite dont les tubes juxtaposés ont été finement soudés les uns aux autres et recouverts d’un engobe vernissé parfois rehaussé de motifs décoratifs empruntés aux croyances et aux coutumes locales.
- Depuis la conquête, les instruments anciens des Indiens ont subi parfois des transformations sensibles; on constate la disparition de certains d’entre eux et l’apparition de nouveaux venus.
- Ainsi les Péruviens restopt fidèles à la flûte verticale, la kena, de même qu’à la syrinx de roseaux, surtout dans la Cordillère, mais le bel instrument en terre cuite de Nazca, oublié des indigènes doit sa survie aux seules fouilles archéologiques.
- Le vieux teponastli à deux notes n’est plus joué par les descendants des Aztèques, un xylophone plus complet le remplace, la marimba apportée en Amérique par les esclaves noirs.
- Ici la provenance de l’instrument paraît aisée à déterminer; il n’en est pas de même de certaines origines lointaines, notamment pour la syrinx, le tambour en bois sans membrane et surtout l’arc à musique, cet ancêtre reculé du violon.
- Leur existence en Amérique ouvre des aperçus sur la question du peuplement primitif du Nouveau Monde,
- puisqu’on les retrouve dans d’autres continents. Et, l’ethnologue se heurte à l’éternel problème : convergence ou emprunt? Sans se prononcer d’une façon catégorique, M. et Mme d’Harcourt marquent nettement leur préférence, lorsqu’il s’agit d’appareils très spécialisés et très compliqués, pour l’hypothèse de l’emprunt, apportant à la thèse que je soutiens depuis plusieurs années de l’origine océanienne d’une partie de la population américaine, des arguments d’une valeur considérable.
- Mais il ne suffit pas aux auteurs d’analyser la musique des Indiens et d’en étudier le matériel instrumental. Ils ont voulu reconstituer les fêtes au cours desquelles l’âme indienne se plaisait à se manifester par des chants de toute nature. Là encore, la tâche était particulièrement délicate, car, du fait de l’introduction du christianisme, les fêtes actuelles, de nature surtout religieuse, ne sont plus naturellement que le vague reflet des fêtes de l’époque païenne. C’est donc moins dans l’observation
- directe que dans les récits des premiers chroniqueurs qu’il fallait découvrir les élémenls de documentation. M. et Mme d’Harcourt ont eu la patience de rechercher toutes les descriptions des manifestations de la vie religieuse et sociale des Incas et des Aztèques, que les anciens auteurs nous ont conservées et ont pu ainsi évoquer toute la somptuosité des fêtes, tout le faste des cérémonies rituelles mexicaines et péruviennes.
- Il a d’ailleurs existé entre ces fêtes au Pérou et au Mexique des différences pro-. fondes non seulement dans leur principe religieux et les manifestations qui en résultaient, mais aussi dans la conception musicale et chorégraphique des cérémonies.
- On ne doit plus, avec le bon Garcilasso, considérer les monarques Incas, fils du Soleil, comme les Saint Louis de l’Amérique du Sud ; leur despotisme était sans limites, le traitement qu’ils infligeaient aux prisonniers de guerre n’avait rien de tendre, cependant les rites — en y comprenant même ceux, plus cruels, des peuples côtiers, notamment des Nazca — ne comportaient pas ces sacrifices humains innombrables, ces hécatombes qui au sens vrai du mot couvrirent le Mexique de ruisseaux de sang. Pour en revenir au chant et à la danse, il semble bien qu’au Pérou les manifestations chorégraphiques aient eu une grande mobilité; elles se déplaçaient sur des espaces considérables : longues farandoles, chaînes d’hommes et de femmes soutenant une couleuvre d’or, courses, sauts, prouesses de montagnards.
- Les Mexicains au contraire, dans leur célèbre fête
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- Fig. <!. — A gauche : Flûtes et sifflets anciens d’argile, provenant du Mexique. A droite : Quelques flûtes verticales anciennes en roseau, du Pérou et de la Bolivie. (Musée d’Ethnographie du Trocadéro.)
- du milote, évoluaient essentiellement sur place; ils commençaient par disposer, au centre d’un vaste carrefour, les instruments de percussion nécessaires aux battements des rythmes, lourds weivetl, toponastli montés sur un fût ; auprès de ces tambours venaient se grouper à l’heure delà danse les instrumentistes, les coryphées, les nobles aussi.
- Il se formait autour d’eux des rondes concentriques formées de très nombreux danseurs qui, avec un synchronisme parfait, disent les chroniqueurs, se mettaient à tournoyer, roue vivante, au son des voix et des tambours. Et la vitesse s’accélérant peu à peu, l’œil ne percevait plus que le chatoiement indistinct des vêtements et des parures de plumes au riche coloris.
- encore un châ-
- trante du folklore andin avec le folklore de l’Amérique en général et de l’Espagne.
- On voit que le livre de M. et de Mme d’Harcourt tient plus que ne promet son titre. L’habitude inverse est si généralisée qu’on ne saurait trop signaler les cas où le lecteur reçoit plus qu’on ne lui a offert.
- La Musique clés Incas et ses survivances est un vrai traité de musicologie indienne comparée, une étude synthétique de l’ethnographie musicale américaine avec des aperçus singulièrement suggestifs sur l’ethnographie musicale des primitifs. C’est une œuvre de haut style qui fait le plus grand honneur aux deux' savants artistes qui l’nrit réalisée.
- Elle a été éditée, comme elle le méritait, avec beaucoup de goût et de soin.
- Elle est accompagnée d’un ma-
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- == RESPIRERA-T-ON L'HÉLIUM =
- POUR LES TRAVAUX DANS L’AIR COMPRIMÉ ?
- Pour les travaux sous-marins, la recherche des épaves, la construction des piles de pont, le creusement de tunnels sous un fleuve (Métropolitain de Paris,par exemple), l’obstruction de fuites d’eau, etc., l’homme doit vivre dans une atmosphère d’air comprimé.
- La cloche à plongeur, puis les caissons plus perfectionnés d’une part, les scaphandres d’autre part, ont permis de résoudre le problème.
- On travaille couramment en caisson sous quelques mètres d’eau ; les scaphandriers descendent aujourd’hui de plus eii plus bas et l’été dernier, lors des recherches pour le sauvetage de YEgypt dans l’Iroise, ils ont pu dépasser 100 mi.
- Les dangers du travail dans Vair comprimé.
- —L’emploi des caissons daté de 1839. Tôt après, on reconnut que la vie dans ceux-ci n’est pas sans danger. Puis, les expériences de Paul Bert, suivies de celles d’une commission anglaise à Pécole de scaphandriers de Ports-mouth précisèrent la cause des accidents : ce n’est ni la descente, c’est-à-dire la compression, ni le séjour dans l’air comprimé qui provoquent les accidents,‘mais uniquement la remontée, la sortie des caissons, en un mot la décompression. Suivant l’expression imagée des ouvriers spécialistes, « on ne paie qu’en sortant ».
- Ces accidents, d’allure particulièrement dramatique, sont souvent très graves et même mortels. Parfois, ils se bornent à des bourdonnements d’oreilles,- à des vertiges, aboutissant chez les professionnels à une surdité complète ; d’autres fois, les muscles crépitent, la peau se boursoufle par places (puces et bosses des ouvriers) tandis que l’on ressent de vives douleurs et des démangeaisons ; souvent les genoux ou les coudes, ou la face enflent brusquement; enfin plus souvent encore, le dégagement de gaz dans les vaisseaux sanguins provoque des paralysies : hémiplégie, paraplégie, aphasie, syncope, mort subite.
- Les ouvriers ont toujours hâte de sortir du caisson ou du scaphandre et de''revenir à l’air libre; or, plus la pression a été forte et plus il faut les décomprimer lentement. Tandis qu’un bon plongeur peut être descendu en 2 ou 3 minutes à plus de 60 m, il faut plus de deux heures pour le remonter à la surface sans danger. C’est là une perte de temps pour le travail des équipes dans les caissons; ce peut être un grave inconvénient dans le cas des scaphandriers s’ils se trouvent au fond en mauvaise posture, attaqués par un poisson vorace, ou dans un appareil fonctionnant mal, ou encore si le bateau qui les convoie se trouve dans la nécessité de repartir rapidement.
- Un décret du Ier octobre 1913 a prescrit les mesures particulières imposées aux chantiers de travaux à l’air comprimé : examen médical sélectionnant les ouvriers, vitesses maxima de décompression, postes de secours, chambres de recompression, etc.
- L’entrée et la sorlie des caissons ont lieu par des sas où la pression varie progressivement. La remontée des scaphandriers est autrement difficile à régler avec.précision.
- Le mécanisme des accidents. — Paul Bert a particulièrement bien montré, par de nombreuses expériences, que les accidents sont dus au dégagement de bulles gazeuses dans les vaisseaux et les tissus pendant la décompression. En outre, l’oxygène trop comprimé (au-dessus de 5 atmosphères) devient toxique et provoque des convulsions (Paul Bert, Haklane et Boycott).
- On est ainsi arrivé à prescrire des vitesses pratiques de décompression : 10 minutes par kilogramme au-dessous de 2 kg; 15 minutes par kilogramme entre 2 et 2 kilogrammes ; 20 minutes par kilogramme au-dessus de 3. Puis, l’Amirauté britannique a établi que les scaphandriers peuvent remonter de 9 m. par minute, à condition de s’arrêter à chaque palier en faisant mouvoir alors les bras et les.jambes pour activer la circulation et l’élimination des gaz. On admet aujourd’hui que le début de la remontée peut être plus rapide, mais que la fin de la décompression doit être très ralentie.
- Un nouveau point a été acquis en ces dernières années en ce qui concerne le dégagement des gaz.
- On a reconnu que ceux-ci ne contiennent jamais ni oxygène ni acide carbonique, mais seulement de l’azote.
- L’oxygène et l’acide carbonique restent dissous dans le sang et les liquides de l’organisme et en sont éliminés rapidement par les mouvements respiratoires. Mais l’azote a une solubilité beaucoup plus grande dans les graisses et c’est lui qui s’élimine trop lentement.
- Ainsi, les plongeurs gras sont beaucoup plus souvent victimes d’accidents que les maigres. Le crépitement des muscles, les « puces » tiennent à la haute teneur en graisse de ces tissus.
- Le remède apparaît ainsi dans l’envoi aux caissons et surtout aux scaphandi’iers cl’un air modifié et adapté à la profondeur : il faudrait doser l’oxygène pour que sa pression partielle n’atteigne pas 5 atmosphères (si l’on atteint un jour 250 m.) ; il faut régler la tension d’acide carbonique à 4 ou 5 pour 100 pour donner à la respiration son maximum d’amplitude; il faudrait supprimer l’azote.
- Si la préparation et la distribution de pareils mélanges sont difficiles pendant la plongée, tout au moins peut-on plus aisément en envisager l’emploi dans les caissons de recompression adjoints à toute entreprise de travail dans l’air comprimé. En effet, tout chantier à caissons, tout bateau à scaphandre travaillant à grande profondeur, dispose d’un caisson où l’on enfourne, souvent même avec un médecin, les victimes d’un accident dès leur retour à l’air libre. On les y recomprime pour dissoudre les bulles de gaz formées, puis on les décomprime à nouveau très lentement.
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- proposer pour gonfler les dirigeables. On en extrait un peu par la liquéfaction de l’air et l’on en recueille cependant parmi les émanations de certains puits de pétrole.
- Or l’hélium a un coefficient de solubilité beaucoup moindre que l’azote : 0.008175 dans l’eau à 30°, tandis que le coefficient de l’azote est 0,0134’; il n’a pas d’affinité particulière pour les graisses.
- Cette différence de solubilité a donné l’idée de constituer des atmosphères artificielles formées d’oxygène et d’hélium pour les
- L'hélium, gaz thérapeutique. — Quel gaz choisir pour remplacer l’azote trop soluble dans les graisses, un gaz inerte qui ne doit servir qu’à créer la pression partielle nécessaire ?
- L’idée est venue de s’adresser à l’hélium dont on commence à pouvoir disposer en quantités assez abondantes.On sait que c’est un des gaz rares de l’atmosphère, très léger et ininflammable, propriétés qui l’on fait
- chambres de recompression. Des essais très rigoureux viennent d’être faits au Bureau des
- — 1. Les premières expériences de com-10 kg. dans une atmosphère d’oxygène et d’hélium sur de petits animaux. 2. Chambre de compression pour traite? les accidentés, alimentée h l’oxygène et à l’hélium. A gauche, observateur regardant par un hublot et téléphoniste communiquant avec Vintérieur. 3. La vie dans la chambre, au cours des expériences.
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- Fis*. 4. — La descente du scaphandre,
- Mines de Pittsburg, par le Dr R. R. Sayers, M. W. P. Yant et M. Joël Ilildebrand.
- Rs ont constaté que la durée dé la décompression peut ainsi être réduite de 3 à 4 fois.
- Après divers essais sur des animaux effectués dans un cylindre jusqu’à 10 atmosphères de pression (fig. 1), les expérimentateurs résolurent de soumettre un homme à la même action. M. Gunner Tibbals, commandant du bateau sauveteur Falcon accepta le premier celte expérience. Des essais exécutés dans un caisson analogue à celui que l’on emploie pour traiter les plongeurs accidentés lors d’une remontée trop rapide, donnèrent complète satisfaction et plusieurs autres volontaires subirent ensuite ces essais sans aucun inconvénient.
- Les figures 2 et 3 représentent ce caisson de recompression pendant les expériences. R est équipé avec des hublots, des téléphones, des indicateurs de pression, etc., d’une manière analogue aux caissons qu’on utilise dans les centres aéronautiques pour des essais d’ordre inverse, sur la résistance des aviateurs aux basses pressions.
- *
- * *
- L’hélium, gaz pour scaphandriers. — Les
- expériences de laboratoire ayant donné des résultats tout à fait satisfaisants, on songea alors à utiliser l’hélium pour la plongée elle-même.
- Justement, on procédait à ce moment au repêchage du
- sous-marin américain accidenté S-51, dont La Nature racontera prochainement les opérations de sauvetage. M. Francis George Smith alla, dans un scaphandre alimenté par un mélange d’oxygène et d’hélium, repêcher la cloche du sous-marin, après l’avoir dissimulée aux recherches des divers plongeurs, dans une cachette de la chambre des machines (lig. 5.).
- II y a en effet, on le sait, une grande émulation entre plongeurs pour remonter la cloche d’un navire qu’ils considèrent comme un véritable trophée que chacun d’eux est jaloux de ramener.
- L’air artificiel ainsi composé d’oxygène, d’hélium et d’acide carbonique sans azote paraît donc être un mélange précieux pour tous les travaux dans l’air comprimé.
- * *
- Malheureusement la quantité de ce gaz dont on dispose actuellement dans le monde est encore très faible.
- Pourra-t-on s’en procurer suffisamment pour étendre ses applications?
- Quoiqu’il en soit, les récentes recherches de physiologie respiratoire du Bureau des Mines américain viennent d’ajouter aux études de Paul Bert une série de données expérimentales importantes, d’augmenter considérablement nos connaissances et elles marquent un progrès considérable qui ne manquera pas de servir à diminuer les accidents si graves qu’on observe encore parmi les ouvriers des caissons et les scaphandriers.
- E. H. Weiss.
- Fig. 5: — La cloche du sous-marin S-51 repêchée par M. J. G. Smith (à gauche), dans un scaphandre à oxygène-hélium. A droite, M. W. P. Yant, du Laboratoire de Pittsbourg.
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- LE GLUCINIUM, MÉTAL LÉGER = *»
- Les moteurs à explosion s’orientent de plus en plus vers les grandes vitesses de rotation. Celles-ci posent des problèmes d’équilibrage d’autant plus ardus à résoudre que les pièces en mouvement ont des masses plus fortes. On s’explique l’intérêt que présentent les métaux et alliages légers. Les plus employés dérivent de l’aluminium. La densité de l’aluminium est 2,58, celle du fer est 7,8. Le magnésium, plus léger encore (densité 1,6), a fait récemment son apparition en mécanique.
- Un métal, plus léger que l’aluminium, provoque actuellement de nombreuses recherches, c’est le glucinium ou béryllium, de densité 1,84.
- Il a été isolé pour la première fois en 1828, presque simultanément par Bussy et Wœhler qui réduisaient son chlorure par le potassium. Depuis, de nombreux chimistes ont essayé de l’obtenir en traitant par le sodium, soit le chlorure de glucinium, soit le fluorure double du glucinium et du potassium. Mais le métal ainsi préparé était très impur et extrêmement cassant.
- Le glucinium pur a été extrait pour la première fois par le chimiste français Le-beau, en 1898, grâce à l’é-lectrolyse, à la température du rouge naissant, d’un mélange fondu de fluorure double de sodium et de glucinium.
- Cette méthode est longue, pénible et peu commode.
- « Déplus, dit Mlle Marchai, dans le Bulletin des Physiciens, le métal est obtenu sous forme de paillettes brillantes qu’il faut ensuite' fondre ensemble avec toutes sortes. de précautions pour l’agglomérer. » Mlle Marchai décrit le procédé électrolytique qui vient d’être mis au point en Allemagne sous la direction du D1' Goldschmidt. Une société, la « Béryllium Studien Ges. » a même été formée, par la grande firme Siemens et Halske, pour exploiter ce procédé.
- Pour obtenir directement le métal sous forme compacte, MM. Stock, Praetorius et Priess opèrent l’électro-lyse à la température de 1350° C., notablement supérieure à celle de fusion du métal (1280°). L’électrolyse porte sur des mélanges de fluorures doubles de glucinium et sodium, et de glucinium et baryum : NaGl. F3, Ba G1 F3, Ba Gl. F6. Ces mélanges sont nécessaires pour rendre la masse conductrice, le fluorure de glucinium étant mauvais conducteur. L’électrolyse s’effectue dans un creuset de graphite de 7 cm de long sur 7 cm de large, servant d’anode, tandis que la cathode est en fer et refroidie intérieurement par de l’eau pour empêcher le glucinium
- de s’allier au fer. L’intensité du courant est de 50 ampères sous 80 volts; l’opération se fait très régulièrement et, ce qui est très remarquable pour cette température, sans chauffage extérieur, la fusion étant maintenue par l’énergie du courant. Au bout de 9 heures, on obtient environ 50 g. du métal sous forme de quelques régules compacts. Le rendement en glucinium métallique est de 40 à 45 pour 100. C’est là peut-être le premier exemple d une préparation électrolytique effectuée à température aussi élevée.
- La même méthode a été employée, en Angleterre, par M. Vivian, du National Physical Laboratory.
- La figure 1 représente une coupe, du four employé. Il comprend -un creuset en graphite servant d’anode, entouré d’un bobinage en nichrome par lequel arrive le
- courant. La cathode creuse en acier est refroidie à l’eau et est tournante. Dans le creuset plongent en outre deux électrodes auxiliaires amovibles, en graphite. Le four est mis en marche et quand la température du bain atteint 1200°, on y plonge les électrodes auxiliaires. Elles livrent passage à un courant alternatif qui élève la température du bain à sa partie supérieure j u s q u’ à 1350° C. Ces électrodes sont montées sur un support pivotant en forme d’anneau creux refroidi par un courant d’eau.
- Le creuset et les électrodes engraphite doivent subir un traitement préliminaire, sinon ils se désagrègent rapidement en service et donnent naissance à une écume qui provoque des court-circuits.
- Les bâtonnets de glucinium obtenus sont nettoyés dans un bain de soude caustique fondue.
- Le métal a l’aspect cristallin; il est dur, gris d’acier, susceptible d’un beau poli. Il résiste aux agents atmosphériques et à l’eau chaude, en se recouvrant d’un film protecteur. Il est peu soluble dans les alcalis et les acides; la soude caustique anhydre fondue l’attaque à peine aux températures ordinaires. Sa densité est 1,84; son point de fusion est voisin de 1380°, sa dureté Brinell est de 140.
- Il reste à savoir s’il fournit réellement des alliages répondant aux espérances.
- Le minerai de glucinium le plus répandu est le silicate double d’aluminium et de glucinium. Il contient 5 pour 100 environ de glucinium. M. Copaux a indiqué, en 1919, une méthode satisfaisante au moyen du silico-fluorure de sodium pour le transformer en fluorures doubles utilisables dans le traitement électrolytiqué.
- Cathode creuse tournante
- Electrodes auxiliaires si en graphite
- Support deS électrodes
- Eau de J refroidissemi
- ___Creuset en
- graphite
- Moufle
- Le four Vivian pour la préparation du glucinium. D’après Engineering.
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- LES QUALITES DES CUIRS A CHAUSSURES
- COMPARAISON ENTRE LES PEAUX TANNEES AU VEGETAL ET AU CHROME
- La peau d’un animal quelconque, abandonnée dans un endroit frais et humide, ne tarde pas à se putréfier ; séchée assez rapidement après la dépouille, elle devient capable de se conserver très longtemps, mais elle est dure et par suite impropre aux usages courants. L’incorporation à la peau de certaines substances dites tannantes (tanin végétal, contenu dans des écorces de bois, etc... sels de chrome, huiles de poisson, alun ordinaire, etc.), la rend imputrescible et lui permet, avec une technique appropriée, d’acquérir plus ou moins certaines qualités : souplesse, résistance à l’eau, etc. La chaussure est dans la grande majorité des cas un objet confectionné exclusivement avec du cuir. On peut la diviser en deux parties principales : le dessous, c’est-à-dire semelle ettalon, le dessus, c’est-à-dire tige et empeigne. Pour le dessous, on emploie les gros cuirs : vache, bœuf, buffle, pour le dessus, des cuirs plus légers et souples, vachette (c’est-à-dire vache fendue en deux parties dans le sens de son épaisseur), veau, chevreau, cheval et mouton façon chevreau.
- Il y a un certain nombre d’années, les peaux destinées à la chaussure étaient uniquement tannées au végétal, aussi bien pour la semelle que pour le dessus. Les méthodes de tannage végétal sont lentes; le cuir à dessus exige un certain nombre de journées; quant à l’ancien tannage du cuir à semelle avec l’écorce de chêne en fosses, il demandait une année ; des méthodes dites rapides, employant des extraits concentrés et opérant en tonneaux, n’ont pas permis d’abaisser cette durée au-dessous de quelques semaines en pratique.
- Le tannage au chrome, d’invention récente (l’application pratique du procédé dit à un bain remonte à 1893, date du brevet Martin-Dennis), se caractérise par une très grande rapidité d’exécution : de quelques heures à quelques jours suivant l’épaisseur de la peau. En raison de cet avantage, on a cherché à remplacer le tannage végétal par le tannage au chrome, partout où cela est possible.
- Les autres modes de tannage ne nous intéressent pas ici. Nous n’avons pas non plus à considérer les tanins synthétiques dont l’emploi est limité.
- Actuellement, en ce qui concerne la chaussure, la situation est la suivante : la semelle est restée pour la plus grande partie tannée au végétal ; toutefois le cuir chromé est employé couramment pour les semelles souples : sandales, bains de mer, etc., mais son application aux chaussures d’usage est [réduite ; il est d’ailleurs nécessaire de lui incorporer dans ce cas diverses substances.
- Au contraire, le veau chromé, dit box-calf et les divers autres cuirs à dessus, tannés au chrome, ont rencontré
- une grande faveur. Le dessus
- végétal
- s’est pourtant
- maintenu pour les chaussures de fatigue, les chaussures de chasse, les chaussures militaires.
- Il est intéressant de chercher à pénétrer les causes de cette situation, en confrontant les propriétés respectives des cuirs chromés et végétaux avec les qualités que doivent posséder les semelles et dessus de chaussures.
- Nous allons nous inspirer particulièrement des travaux récents faits en Amérique, d’une part par le Bureau 0/ Standards et d’autre part par le chimiste J.-A. Wilson.
- À, cube d’érable. B, tube de Terre calibré. G, piston de laiton, D, échantillon de cuir.
- CUIRS A SEMELLE
- On peut énumérer comme suit les principales qualités que doivent posséder les substances destinées à la confection des semelles ou des talons : résistance à l’usure (qui est principalement dans le cas de la semelle une résistance au frottement), résistance au choc ou résilience (cas des talons), résistance à l’eau, mais en même temps perméabilité à la vapeur d’eau et porosité à l’air suffisantes pour permettre les échanges entre l’intérieur de la chaussure et l’atmosphère extérieure, ce qui est nécessaire pour l’hygiène du pied. En outre, il convient déconsidérer certaines qualités accessoires sur lesquelles nous dirons quelques mots.
- Le cuir, provenant des grosses peaux, est de par sa texture même une des substances les plus capables de réunir ces diverses qualités, mais suivant la nature du tannage, il les possède à des degrés variés.
- Résistance à Vusiire. — La semelle chromée a une résistance à l’usure bien supérieure à celle de la semélle végétale. On peut dire qu’une semelle chromée dure en moyenne deux fois plus qu’une semelle végétale, la nature de la peau étant la même.
- Mais à cause de certains inconvénients qui seront exposés dans la suite, on incorpore au cuir chromé diverses substances dont l’effet est de diminuer la résistance à l’usure. On obtient ainsi l’ordre décroissant suivant : semelle chromée additionnée de paraffine, semelle chromée additionnée d’un mélange de paraffine et de pyroxyline, semelle chromée additionnée d’un mélange de charges minérales et de matières cireuses, cette dernière n’ayant plus qu’une résistance supérieure d’un tiers environ à celle de la semelle végétale.
- Les essais faits pour comparer entre elles les diverses méthodes de tannage végétal n’ont pas montré de grandes différences. Mais on pourrait augmenter dans une petite proportion la résistance à l’usure du cuir végétal en lui incorporant des matières grasses après tannage, ce qui diminuerait par contre sa porosité. Ce
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- procédé a été proposé mais n’est pas entré dans la pratique. On additionne souvent, dans le but d’augmenter son poids, le cuir à semelle végétal de glucose, de sels minéraux, de cellulose sulfîtée ; toutes ces substances ne paraissent pas avoir d’effet appréciable sur la durée des semelles. Le retannage végétal du cuir chromé diminue la résistance à l’usure dans la mesure même du degré du retannage.
- Résilience. — Les chiffres obtenus en mesurant la hauteur du rebondissement d’un piston de laiton tombant sur du cuir à semelle d’une hauteur de 60 cm. (fig. 1) prouvent la supériorité du tannage végétal (rebond de 38 pour 100 environ) sur le tannage au chrome (rebond de 18 pour 100 environ). Le cuir chromé retanné au végétal occupe naturellement une place intermédiaire (rebond de 24 pour 100). Des talons de caoutchouc expérimentés parallèlement ont montré des rebonds de 37 pour 100 dans un cas et de 20 pour 100 dans'deux autres cas,
- Fig. 3. — Courbes de niveau permettant de comparer Vépaisseur de deux bandes provenant d'une même peau de bœuf.
- L’une, celle de droite, a été tannée au végétal. L’autre, celle de gauche, a été tannée au chrome. (Les épaisseurs sont indiquées en demi millimètres. D’après le Bureau of Standards.)
- c’est-à-dire une résilience plutôt inférieure en moyenne aux semelles végétales. Une grande résilience serait désirable pour le confort du pied.
- Résistance à Veau.— Si l’on place des cuirs à semelle végétaux et chromés secs dans des atmosphèrès à diverses humidités relatives, leur teneur en eau augmente suivant la courbe de la figure 2. Il importe de signaler qu’une humidité relative de 35 pour 100 correspond en moyenne à l’atmosphère des appartements chauffés, celle de 50 pour 100 à l’atmosphère des appartements non chauffés pendant l’été et celle de 75 pour 100 à l’atmosphère extérieure.
- On voit que le cuir chromé est capable d’absorber une forte quantité d’eau dès qu’il se trouve à l’humidité. Les substances qui ont été énumérées plus haut et qu’on lui incorpore généralement, ont pour objet d’augmenter la
- Humidité relative pour cent de l'atmosphère
- Fig. 2. — La résistance du cuir à l’eau. Pouvoirs d’absorption d’eau comparés du cuir végétal et du cuir chromé. (D’après J.-A. Wilson.)
- résistance à l’eau. On a proposé dans le même but le retannage végétal du cuir chromé.
- Perméabilité à la vapeur d’eau et porosité a l’air. — Les deux sortes de cuirs semblent égales sur ce point, mais les matières qu’on ajoute d’habitude au cuir chromé peuvent diminuer fortement ces deux caractéristiques. Le caoutchouc est absolument imperméable et a une porosité nulle.
- Autres qualités. — Le cuir à semelle végétal est naturellement plein et ferme alors que le chromé est plu-
- Humidité relative pour cent
- Fig. 4. — Variations comparées des surfaces du veau “ végétal’’ et du veau “ chromé ” sous l’influence de l’humidité atmosphérique. (D’après J.-A. Wilson).
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- tôt flexible. A l’usage, la semelle chromée a tendance à s’effranger sur les bords et à glisser sur les surfaces humides. On améliore l’aspect et la tenue à l’usage de la semelle chromée par l’adjonction des substances précédemment indiquées, en particulier les matières cireuses et les sels minéraux ; de même par un retannage végétal.
- Un autre point très important pour les fabricants est que le tannage végétal donne plus de surface et d’épaisseur au cuir. (Pour cette dernière caractéristique, voir la figure 3 et remarquer également combien l’épaisseur varie à travers une même peau). Il fournit également un poids plus élevé, ce qu’on ne peut négliger puisque le cuir à semelle se vend au poids.
- Conclusions. —Le tannage végétal donne tel quel un cuir tout à fait apte à la semelle. Il est possible de communiquer au cuir chromé des qualités voisines au moyen de divers traitements après tannage ; mais tout dépend
- La résistance à l’eau est aussi nécessaire que pour la semelle. Nous aurons également à parler de la variation de surface des cuirs à dessus sous l’influence de l’humidité. En effet l’augmentation de la surface sous l’action de l’eau est suivie au séchage d’un rétrécissement, qui a pour effet de rider et de faire craquer le cuir. Enfin le dessus doit, tout comme la semelle, assurer les échanges entre l’intérieur de la chaussure et l’atmosphère extérieure ; il doit donc être suffisamment perméable à la vapeur d’eau et poreux à l’air.
- Dans ce qui suit, nous n’envisageons que le veau chromé ou box-calf et le veau végétal, une telle comparaison n’ayant pas d’intérêt pratique pour les autres peaux.
- Qualités d’aspect, de tenue à l’usage, de confort. — Le box-calf se présente beaucoup mieux que le veau végétal ; il a un aspect plus élégant; il est plus souple, plus léger. C’est ainsi qu’il a conquis les faveurs du
- Fig. 5 et 6. — A gauche : Coupe transversale d’une peau de veau tannée au végétal. (Grossissement 75 diamètres.)
- A droite : Coupe transversale d’une peau de veau tannée au chrome. (Grossissement 75 diamètres. D’après J.-A. Wilson.)
- de ces traitements. Le cuir chromé reste certes intéressant par sa rapidité de fabrication et par sa résistance à l’usure.
- CUIRS A DESSUS
- Le cuir à dessus subit après tannage de nombreuses opérations. Les principales sont la teinture, la; nourriture, c’est-à-dire l'incorporation de matières grasses, le finissage, c’est-à-dire l’application à la surface de mixtures diverses destinées à améliorer l’aspect, à donner du brillant, à couvrir les défauts, etc. Tous ces traitements ont évidemment une influence sur les propriétés du cuir obtenu, de sorte que l’effet propre au tannage est parfois moins visible.
- Les qualités d’aspect, de tenue à l’usage et de confort jouent naturellement un grand rôle dans le cuir à dessus.
- public. Cependant il perd sa tenue primitive plus vite que le dessus végétal, surtout à cause de sa conduite vis-à-vis de l’humidité. Si sa légèreté et sa souplesse semblent au premier abord le rendre plus agréable, il apparaît moins confortable au pied après plusieurs heures de marche. Cette constatation justifie la survivance du cuir végétal dans le cas des chaussures de fatigue, en particulier des chaussures de chasse et des brodequins militaires.
- Résistance à l’eau. — Des expériences faites sur des veaux tannés au chrome ou au végétal et finis ont montré que leur capacité d’absorption d’eau sous l’influence de l’humidité atmosphérique est la même que celle des cuirs à semelles. La courbe donnée plus haut s’applique identiquement aux cuirs à dessus.
- Variation de la surface sous l’action de l’humidité. — Comme on le voit par les courbes de la
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- Fig. 7. — Quelques modèles récents de chaussures. (D’après le Moniteur de la cordonnerie.)
- Fig. 8.
- figure 4, le veau chromé, probablement en raison de son pouvoir supérieur d’absorption d’eau, augmente beaucoup plus de surface sous l’influence de l’humidité atmosphérique. Ce caractère explique pourquoi le veau chromé perd plus vite son aspect primitif que le veau végétal. Les résultats obtenus avec un veau chromé et retanné au végétal ne sont pas figurés; ils sont intermédiaires.
- Perméabilité à la vapeur d’eau et porosité h l’air. — La nature du tannage ne semble pas influer sur ce point. La teneur en matières grasses est le principal facteurs. Les cuirs vernis ont des porosités et perméabilités presque nulles.
- Conclusions. — Les deux sortes de cuirs possèdent pour le dessus des avantages et des inconvénients. Si le cuir chromé ne présente pas en moyenne une supériorité certaine, son succès s’explique toutefois par sa rapidité de .fabrication et par son aspect plus plaisant.
- Mais le cuir végétal reste préférable pour les chaussures de fatigue.
- EXPLICATION DES PRINCIPALES DIFFÉRENCES CONSTATÉES ENTRE LES CUIRS CHROMÉS ET LES
- CUIRS AU VÉGÉTAL
- On peut expliquer bien des particularités signalées en confrontant la composition chimique et la structure des deux sortes de cuirs.
- La plus grande différence dans la composition chimique réside dans les proportions comparées de tanin et d’oxyde de chrome par rapport à la substance peau.
- On a trouvé par exemple dans le cas de peaux de veau tannées qu’il y avait environ 50 parties de tanin végétal pour 100 de substance peau contre 9 parties d’oxyde de chrome. On comprend par là le rendement en poids supérieur du tannage végétal.
- Ce fait est confirmé par la structure, examinée au microscope. Les figures 5 et 6 représentent des coupes transversales de veau chromé et de veau végétal. Les deux échantillons provenaient d’une même peau, qui avait été coupée en deux suivant la raie de dos, une moitié étant tannée au végétal, l’autre au chrome. Les échantillons avait été prélevés à des emplacements correspondants.
- Par suite de leur combinaison avec 50 pour 100 de leur poids de tanin, les fibres du veau végétal sont considérablement gonflées, de sorte que les espaces interfi-brillaires sont réduits au minimum.
- Cela permet d’expliquer la plus grande résistance du cuir végétal à l’humidité, son meilleur maintien, sa fermeté et sa résilience supérieures. Au contraire, dans le veau chromé, les fibres sont minces et laissent
- entre elles de nombreux
- - Un atelier de coupe dans une usine de chaussures. (Cordonnerie Française de Saint-Etienne.)
- vides; il n’est donc pas surprenant que les peaux chromées soient plus souples.
- Les fibres chromées, combinées avec relativement peu d’oxyde de chrome, se rapprochent probablement davantage de leur état dans la peau brute ; d’où leur plus forte résistance à l’usure et leur plus grande sensibilité aux variations de l’humidité.
- Nous ne pouvons nous étendre davantage sur ces divers sujets mais nous pensons avoir montré l’influence du mode de tannage sur les qualités des cuirs à chaussures. Etant donné les autres traitements que ceux-ci subissent, les cuirs à dessus particulièrement, on comprend comment la peau d’un même animal peut arriver à acquérir des propriétés très differentes suivant la manière dont on la travaille.
- A. DEFonc.E.
- Ingénieur chimiste I, C. P.
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- LA FARINE DE BOIS =
- PRÉPARATION ET UTILISATIONS INDUSTRIELLES
- On fait, depuis quelque temps, aux Etats-Unis, de sérieux efforts pour développer la préparation de la farine de bois en vue de profiter plus largement des débouchés que de nombreuses industries offrent à ce sous-produit de l’exploitation sylvicole et des scieries.
- La Revue des produits chimiques a publié récemment la quintessence d’une intéressante étude deM. HarryH. Steidle, assistant au Comité national américain pour l’utilisation du bois, sur la production et les utilisations industrielles de la farine de bois.
- Malgré l’importance des industries du bois aux Etats-Unis, on y importe des milliers de tonnes de farine de bois européenne, dont la qualité est appréciée particulièrement.
- M. Harry H. Steidle constate qu’il n’y a pas grande différence entre la nature des bois de diverses essences. Cependant les bois résineux et les bois colorés donneraient une farine se prêtant moins bien aux usages industriels.
- La farine de bois obtenue en Europe et aux Etats-Unis est fournie principalement par le pin et le sapin. M. Steidle estime que l’on peut utiliser également d’autres essences dont le bois est de teinte claire et ne contient pas de résine, tels que l’érable, le frêne, le bouleau et le tilleul.
- I. Préparation de la farine de bois. — En Europe, la farine de bois est produite, le plus souvent, parle broyage dans des moulins à farine, de modèle ancien, c’est-à-dire à l’aide de meules en pierre. Une des meules est fixe, l’autre tourne sur un axe vertical.
- Les meules sont enfermées dans une caisse en bois ou en acier, ouverte seulement à son sommet. La meule supérieure a une ouverture centrale ajustable. Une conduite d’alimentation y déverse la sciure de bois ou les copeaux, lesquels arrivent ainsi sur la meule inférieure, qui est plate. La meule supérieure est un peu concave, ce qui permet aux débris plus grossiers de pénétrer entre les meules. La matière est ainsi broyée de plus en plus finement et la farine de bois produite est déchargée-dans la caisse, à la périphérie. On la soutire, ou on l’entraîne par un courant d’air, pour la tamiser et la mettre en sacs. Afin d’éviter un échauffement excessif au cours de la mouture, on introduit des quantités restreintes d’eau ou de vapeur.
- Pour réduire en farine impalpable la sciure de bois, on fait usage de broyeurs comprenant une série de' cylindres d’acier cannelés à dentures de finesse croissante, très rapprochés et tournant en sens inverse à une vitesse différente.
- Aux Etats-Unis, on utilise une machine constituée d’une meule tournant rapidement dans une chambre dont les parois forment l’autre surface de broyage.
- On ne tamise pas la farine, mais celle-ci est entraînée par un courant d’air qu’on laisse se détendre dans une autre chambre un peu plus grande. Les particules les plus grosses s’affaissent et retombent dans la chambre de broyage. L’air, chargé de poussière de bois, passe ensuite dans une chambre de dépôt et la farine de bois tombe sur la sole. De cette façon, on peut régler exactement le degré de finesse de la farine, car plus le courant d’air est lent, plus la farine est ténue.
- IL Principales utilisations industrielles de la farine de bois. — Durant ces dernières années, la farine de bois a été de plus en plus employée dans diverses industries importantes d’après les données recueillies aux Etats-Unis par M. Steidle.
- Fabrication du linoléum. — L’industrie américaine du linoléum consomme annuellement environ 20 millions depounds
- (9000 tonnes) de farine de bois, notamment pour fabriquer le linoléum incrusté. On en emploie aussi, mais en quantité restreinte, en mélange avec la farine de liège, pour fabriquer d’autres sortes de linoléum (battleship linoléum), et notamment du linoléum imprimé.
- Par sa faible densité et son faible volume, la farine de bois convient tout particulièrement comme charge. On la mélange intimement avec un ciment constitué principalement de résine, d’huile de lin et de résine Ivauri. On obtient une pâte consistante qu’on lamine en une nappe. On y découpe les parties du dessin, pour les déposer ensuite sur une toile de jute et soumettre le tout à une très forte pression à chaud.
- Dans le linoléum incrusté, les différentes parties du dessin ayant des couleurs différentes, il faut, que la charge soit de couleur claire et qu’elle se mélange bien aux pigments.
- La finesse de la farine de bois permet d’obtenir un beau poli. Avec une farine moins fine et plus fibreuse, ce qui est la caractéristique de la farine américaine, la ténacité du linoléum est augmentée.
- Fabrication des explosifs. — On apprécie beaucoup la farine de bois comme constituant des dynamites.
- La sensibilité au choc de la nitro-glycérine est considérablement amoindrie lorsqu’on lui associe une matière carbonée telle que la farine de bois et des matières oxygénées telles que le nitrate de sodium ou d’ammonium.
- Voici la composition d’une dynamite normale, à 40 p. 100 :
- Nitro-glycérine . . . ;............. 40 pour 100
- Nitrate de sodium..................... 44
- Carbonate de calcium................... 1 •—
- Farine de bois........................ 15 —
- la dynamite ainsi composée est alors transportable par les moyens ordinaires.
- Autrefois, on utilisait comme absorbant dans les dynamites, le Rieselguhr ou terre d’infusoires, que l'on remplace avantageusement par des matières actives : farine de bois, farine de céréales, sciure de bois. Ces adjuvants de la nitro-glycérine remplissent deux fonctions ils servent de charge, absorbant la nitro-glycérine, et sont en même temps, des matières combustibles.
- Tandis que le sable, le Rieselguhr sont inertes, dans le phénomène d’explosion, la farine de bois entre en réaction avec l’oxygène en excès de la nitro-glycérine, par conséquent elle donne un surplus de gaz de combustion et augmente ainsi le pouvoir explosif de la dynamite.
- Bakélite. — Bakeland ayant constaté que la bakélite pure est cassante, essaya de nombreuses poudres et matières fibreuses et, finalement, il adopta, comme charge, la farine de bois.
- Cette substance est utilisée aussi dans la fabrication des papiers de tenture granités et veloutés. Pour ces derniers, on emploie la farine de bois colorée, dont on saupoudre le papier préalablement enduit d’une colle.
- On fabrique toutes sortes d’objets en farine de bois agglomérée : poupées incassables, montures de brosses, bougeoirs, jeux d’échecs, balles, jouets divers, plaques de phonographes, etc.
- Il est facile de prévoir le grand développement auquel doit se prêter l’industrie de la farine de bois, en raison de ses multiples utilisations.
- En France, l’industrie forestière*et ses dérivés sont appelés à bénéficier largement des progrès qui seront réalisés dans cette voie. Henri Blin.
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- LA COLLÉGIALE DE SAINT-QUENTIN 257
- LES PROCÉDÉS MODERNES DE CONSTRUCTION APPLIQUÉS A LA RESTAURATION
- DES ANCIENS ÉDIFICES
- 'ENSEMBLE de cet important édifice à double transept, élevé du début du xme au xve siècle et possédant une crypte d’un haut intérêt archéologique , se trouvait dânsun étatlamen-table en octobre 1918, lorsque la ville fut enfin libérée de l’emprise allemande et dégagée de la zone des batailles. Voûtes du vaisseau central effondrées, arcs-boutants partiellement détruits, nombreuses brèches dans les murs et contreforts (fig. 3,4). Certaines maçonneries menaçant ruine pouvaient entraîner la chute d’ouvrages entiers, dont la tour-clocher, datant du début du xme siècle et remaniée au xa7ii®('). Nous nous proposons
- 1. Cette tour a environ 41 m. de hauteur, du sol extérieur à l’arase de la corniche sous comble.
- d’indiquer ici les mesures prises pour sauver le monument de l’anéantissement définitif, puis pour le restaurer et lui conserver son caractère; en un mot, pour rendre la santé à ce grand blessé de la guerre.
- PREMIERS TRAVAUX PROVISOIRES
- Une équipe de prisonniers allemands fut mise au déblaiement des 3000 m* de pierre de taille et gravois provenant de l’effondrement. Les éléments utilisables : moellons, assises ou non ouvragées, motifs sculptés, furent rangés par catégories.
- Les consolidations provisoires les plus urgentes de maçonneries, la plupart à grande hauteur, furent effectuées avec un matériel réduit par quelques ouvriers spécialisés, au début de 1919; à cette époque le séjour était difficile dans les régions dévastées et les transports mal assurés. « •
- Afin de préserver les ruines des pluies et de l’hiver qui suivit (cela d’autant plus que la pierre avec laquelle fut édifiée la Collégiale est gélive), des combles provisoires à faibles pentes furent disposés sur les arases de tous les
- Fig. 1. — La Croix de la Collégiale de Saint-Quentin. (Cl. Brunet.)
- Fig. 2.
- La Collégiale de Saint-Quentin avant la guerre. (Cl. Archives Phot. d’Art et d’Histoire.)
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- Fig. 3.— Vue du portail en 1918.
- (Cl. Archives Phot. d’Art et d’Histoire.)
- Fig. 4. — Le chœur en octobre 1918 (Cl. Archives Phot. d’Art et d’Histoire.)
- murs. C’est ainsi qu’à l’aide d’une charpente légère recouverte de plaques de fibro-ciment, rubéroïd et zinc suivant les cas, plus de 5000 m. superficiels de toiture furent exécutés.
- Ces combles, posés dans le vide à environ 37 m. au-dessus du dallage, ont été conçus de telle façon, qu’au moment de l’établissement de la charpente définitive, projetée en ciment armé, les banquettes de rives au-dessus des murs soient seules supprimées, en laissant substituer la partie• centrale, aux fins de préserver les vestiges de voûtes et autres maçonneries conservées (fig. 5, 6 et 7).
- TRAVAUX DÉFINITIFS
- Aussitôt qu’il fut possible, les réparations définitives, dans leur presque totalité en sous-œuvre, furent entreprises. Aujourd’hui, les collatéraux de la nef sont révisés, les arcs-boutants et leurs contreforts repris, la tour-clocher consolidée.
- Ce travail de consolidation du clocher a fait l’objet d’une étude spéciale et de la mise en œuvre de moyens nouveaux, rendus nécessaires par l’état tout à fait inquiétant dès maçonneries, dont celles côté parvis menaçaient de s’effondrer sur la voie publique, malgré les reprises provisoires déjà effectuées.
- Fig, 5. — Les poules de la nef en 1919. (Cl. B. A.)
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- C’est que l’ancienne Collégiale eut, depuis sa construction, beaucoup à souffrir du temps et des hommes.
- Le siège des Espagnols et plusieurs incendies l’altérèrent au cours des xvie, xvne siècles et de la dernière guerre (').
- L’incendie de 1069 avait été très préjudiciable au clocher. L’ancien et très important beffroi des cloches qu’il renfermait fut détruit, les murs calcinés. Les réparations qui suivirent immédiatement laissèrent fort à désirer. C’est ainsi que les nouveaux murs de remplissage des hautes baies, épais, mais mal liaisonnés, avaient été garnis de moellon parfois dépourvu de mortier.
- Peu de travaux s’effectuèrent depuis cette époque à cette partie d’édifice jusqu’en 1914.
- 1. L'incendie des combles et les bombardements de 1917 et 1918 l’endommagèrent particulièrement et peu s’en fallut que cette guerre ne l’acbevât complètement. L’arrêt de mort en avait été, en somme, signé le jour où l’autorité militaire allemande décida de détruire l’édifice. A cet effet, tous les points d’appui furent minés pour recevoir une charge d’explosif et l’on peut encore voir ces importantes cavités, imefèentaine, creusées avec sojn à hauteur d’iiomrrie (fig. 8); vp
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- Fig. 7. — Vue extérieure du chevet montrant la disposition de la couverture provisoire.
- Banquette de circulation en zinc, versant en fibro-ciment. (Cl. Meaume.)
- Fig. 0. — Combles provisoires posés en 1019. (Cl. Archives Phot. d’Art et d’Ilistoire.)
- CONSOLIDATION DE LA TOUR-CLOCHER PAR INJECTION DE CIMENT SOUS PRESSION
- Voici les opérations successives exécutées en 1923 et 1924 pour la consolidation de cette tour :
- A. Injection de ciment liquide sous pression (de 1 kg 500 environ), à l’aide d’une pompe appropriée mue à main d’homme J1), dans les quatre murs en maçonnerie d’éléments de natures diverses : craie, pierre maigre, grès, murs dont l’épaisseur varie entre 1 m. 30 et 3 m. 40 suivant les niveaux (fig. 12).
- Préalablement, on fit un sérieux lavage à l’eau sous forte pression, en vue de supprimer les poussières et permettre l’adhérence du nouveau liant. Les joints des parements furent bouchés avec du plâtre au voisinage des points de pénétration du jet, afin d’éviter le coulis de ciment s’accusant parfois à 5 et 6 m. de distance; coulis dont il aurait été difficile d’enlever les traces sur la pierre sans suppression regrettable de l’ancien calcin.
- Des essais furent faits pour ce bouchement des joints avec du mortier de chaux grasse, de la glaise ; mais c’est le plâtre qui donna le meilleur résultat.
- La composition du mortier employé pour l’injection
- 1. Au cours des essais, la pompe fut actionnée par un moteur, mais on reconnut que la main de l’homme réglait mieux le travail.
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- fut cclle-ci : un sac de 50 kg de ciment de Portland-Boulogne, sans sable, pour 100 litres d’eau. On dut, en effet, renoncer complètement au sable, qui, même employé en faible quantité, avait l’inconvénient d’obstruer la crépine de la pompe.
- B. On établit ensuite une ossature en béton armé dans la hauteur de la tour accusant le plus de mouvements; ossature composée de trois enrayures, dont les niveaux se trouvaient pour ainsi dire commandés par les baies et les voûtes, constituant des chaînages à doubles ceintures entretoisées; celles extérieures recouvertes d’éléments de vieille pierre. Ces enrayures sont reliées intérieurement à des poteaux de fond (fîg. 9).
- Le tout forme une armature monolithe de grande résistance qui consolide les quatre murs tout en les soudant pour ainsi dire aux maçonneries de la nef(‘).
- C. Grâce à ce raidissement de la tour-clocher, grâce
- Malgré l’installation de quatre cloches, actionnées électriquement, dans l’ancien beffroi de charpente réparé, aucune lézarde nouvelle ne s’est à ce jour accusée , et il y a lieu de croire que tout désordre se trouve désormais arrêté et que les opérations auxquelles l’architecte et ses exécutants se sont livrés ont été réellement efficaces.
- Ce procédé de consolidation n’est généralement appliqué que dans des cas spéciaux de travaux publics; il est appelé à rendre de grands services dans les reprises d’anciens édifices. Nous ne saurions trop, s’il nous l’était permis, le recommander à nos confrères et en particulier à nos collègues des Monuments Historiques.
- Le simple coulis de ciment à l’aide de godets est bien couramment.utilisé, mais les résultats ne sont nullement comparables à ceux obtenus par l’injection, même à très faible pression avec la moindre pompe à main.
- D’ailleurs, le détail de l’opération est appelé à varier
- aussi à l’établissement de quelques semelles de béton armé en pleine maçonnerie il ne restait plus,après avoir repris en sous-œuvre la tourelle d’escalier, complètement écrasée, flanquant l’angle nord-est du beffroi, qu’à remplacer les assises de pierre sans consistance ou brisées par les mouvements. Un sérieux « remaillage » fut effectué tant à l’extérieur qu’à l’intérieur et la tour put être débarrassée des importants échafaudages qui l’encombraient (1 2 *)
- 1. Des chaînages de fer de très forte section (0.060x 0.060), établis sous Louis XIV, reliaient déjà avant-guerre la tour à la nef, mais ces chaînes, quoique disposées en plein mur, furent rompues par les bombardements. Cette rupture de liaison du clocher à la nef, au sommet surtout, dut également contribuer aux mouvements de maçonneries signalés plus haut.
- 2. L’architecte tient à rendre ici hommage à ses collaborateurs, MM. Meaume et Taxûot, de Paris, et leur chef de chantier
- Guidon, qui se sont parfaitement acquittés de la tâche délicate
- qui leur était dévolue.
- suivant les programmes qui découlent, la plupart du temps, de cas d’espèces (4).
- LA RÉFECTION DU COMBLE DU CLOCHER AU MOYEN DE CIMENT ARMÉ
- Les combles de l’édifice ayant été détruits par l’incendie de 1917, on dut, les reprises de maçonneries de
- 1. En même temps que s’effectuait l’opération d’injection de ciment sous pression des anciennes maçonneries de la tour-clocher de Saint-Quentin, un travail à peu près analogue s’exécutait à la tour sud de l’église paroissiale Saint-Jacques, à Jihlava, en Tchécoslovaquie. Toutefois, pour ce dernier édifice (de moindre importance comme dimensions), la pression du ciment obtenue à l’aide d’un compresseur spécial était bien plus forte qu’à Saint-Qu'entin et, en généi’al, l’opération un peu plus compliquée.
- Le résultat fut excellent dans les deux cas.
- Dans les travaux de reprises actuellement en cours à la Cathédrale Saint-Paul à Londres, des injections semblables s’effectuent parallèlement à d’autres procédés de consolidation. De même à la Cathédrale de Mayence,-mais là à forte pression.
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- Fig. 10. — Coupe et plan du comble en ciment armé de la lanterne de la cathédrale de Laon.
- la tour-clocher achevées, songer à les couronner par une charpente et une toiture définitives.
- Cette charpente fut exécutée suivant le principe adopté avant-guerre par l’auteur de cet article, lors de la réfection des combles du transept et de la lanterne de la Cathédrale de Laon, l’une des premières applications de comble en ciment armé dans les monuments historiques français (fîg. 10 et 13).
- Ce principe consiste à réunir des éléments coffrés et moulés sur place, se prêtant aux irrégularités en plan et en élévation communes à tous nos anciens monuments et constituant un ensemble monolithe indéformable. C’était la disposition préconisée par le regretté maître en la matière, l’architecte A. de Baudot, l’un des précurseurs, sinon l’innovateur en France, de l’application du ciment armé à l’architecture.
- Malgré le prix élevé des bois de coffrage, très variable d’ailleurs, dans les charpentes monolithes, il est avéré que la plupart des autres systèmes, en particulier ceux à multiples éléments assemblés, ne sontpasplus économiques, par suite de la complication du montage, de la pose et des sujétions d’assemblages. C’est la raison sans doute pour laquelle presque tous les architectes et constructeurs adoptent ** le principe de charpente mou-lée sur place, dont l’exécution v se prête, avec souplesse peut-on dire, à tous les problèmes.
- Mais laissons là toutes questions de préférence, le dernier mot n’étant pas dit, au point de vue combinaisons de structure, sur le « nouveau matériau » appelé à transformer, et rapidement— ainsi que l’avait d’ailleurs entrevu de Baudot — nos vieilles méthodes de construire.
- Donc , le système de charp ente en ciment armé monolithe étant admis à Saint-Quentin comme ayant fai tse s preuves de résistance au vent depuis une vingtaine
- 261 =
- Fig. 9. — Coupe transversale de la Collégiale de Saint-Quentin montrant les enrayures et le comble en ciment armé.
- Fig. H. — Plan d3une enrayure.
- Échelle
- i 2 3 4 5 6 7 8m.
- d’années sur la très exposée cathédrale de Laon, et donné d’excellents résultats au point de vue liaison et consolidation des anciennes maçonneries, voici comment fut résolue la question, très simple d’ailleurs, du comble qui nous occupe :
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- Sur une semelle continue recouvrant la plus grande partie de l’arase des murs, laquelle semelle est ancrée en divers points et tient lieu, dans une large mesure, de dalle de répartition des charges, suivant la méthode adoptée au moyen âge, reposent les fermes maîtresses, d’arétiers et demi-ferme de croupe (*)'. Ces fermes, aussi légères que possible, sont reliées à l’aide de pannes, faîtage et sous-faîtage, ces derniers réunis entre eux par des contrefiches qui suffisent amplement à assurer le contreventement (fig. 9 et 10).
- Les entraits au niveau des arases des murs ont pu être évités, aux combles du clocher de Saint-Quentin et de la Cathédrale de Laon, ceux retroussés y suppléant.
- Le chéneau recueillant les eaux pluviales, également en ciment armé, a fait l’objet d’une recherche spéciale.
- Au lieu d’être coulé en même temps que la semelle de répartition d’arase des murs, il fut rendu indépendant de
- cette dernière et établi sur une mince couche de sable,
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- 1. Au cours de la restauration, il fut décidé que l’ancien pignon Louis XIV couronnant la façade ouest, d’une silhouette compliquée et de facture médiocre, ne sei-ait pas reconstruit. Cet ouvrage, qui surchargeait inutilement les maçonneries inférieures et avait totalement disparu au cours des opérations de guerre, fut remplacé par une croupe devant laisser ultérieurement plus d’unité au grand comble du vaisseau.
- qui l’empêche d’adhérer à la corniche. Cette double précaution, ainsi que celle indispensable du joint de dilatation disposé à la haute pente du chéneau laissent toute latitude à cet ouvrage pour « travailler « suivant les diverses températures.
- Les propriétés de la charpente monolithe de ce comble ont été mises à profit pour donner de la solidité à l’ancien mur pignon séparant le comble de la tour de celui de la nef, mur en partie conservé, quoique calciné par l’incendie de 1917.
- Le chevronnage en chêne supportant la couverture est fixé à l’aide de vis sur de petites lambourdes noyées dans les pannes et faîtage ; la toiture est exécutée en ardoises d’Angers sur clou cuivre.
- La croupe est surmontée d’une croix en fer forgé et coq en cuivre martelé (fig 1).
- FUTUR COMBLE DU VAISSEAU CENTRAL
- Le grand comble de la nef, dont les dimensions sont de 12 m. 50 moyenne de portée dans œuvre et environ 15 m. de hauteur de l’extrados des voûtes au sommet, est également projeté en ciment armé suivant les données de celui de la tour-clocher.
- Ses fermes maîtresses sont prévues au droit des
- Fig. 12.— L’injection de ciment sous pression dans les maçonneries de la tour-clocher. (Cl. Meaume.)
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- arcs-doubleaux des voûtes hautes, avec un dispositif d’entrait, potelets et liens permettant de renforcer lesdits arcs, dont la plupart sont très déformés et bandés par de forts chaînages en fer ajoutés après coup ; ces chaînages d’étrésillonnement pourront être de ce fait supprimés.
- Ce sera là un nouvel avantage de la charpente rigide ; pour ainsi dire indéformable malgré le coefficient d’élasticité que comporte, de façon variable, toute ossature de ciment armé.
- Avant de procéder à la réfection du grand comble du vaisseau de la nef, il y aura lieu de mettre les murs goutterots et les voûtes hautes en état. A cet effet, un plancher provisoire est lancé au niveau des appuis des grandes fenêtres et l’on procède actuellement à la réfection partielle de ces fenestrages et des doubleaux de voûtes. La réparation de la corniche suivra.
- En terminant signalons que, depuis mars 1920, le collatéral sud de l’ancienne collégiale est rendu à l’exercice du du culte; qu’au printemps 1927, la nef, flanquée de ses bas-côtés, pourra l’être à son tour, garantie par le plancher et le comhle provisoires.
- La restauration complète de l’imposant édifice, si souvent éprouvé et aujourd’hui grand mutilé de guerre, demandera un laps de temps qu’il semble, quant à présent, difficile à fixer. Toutefois, il est vraisemblable
- qu’une dizaine d’années seront encore nécessaires.
- Souhaitons qu’au cours du pansement de ses blessures, l’intérêt du public averti et des archéologues se porte davantage sur ce beau monument, car, il faut l’avouer : discrédité par l’ab -sence de portail et de clochers latéraux peut-être aussi par ses façades extérieures trop remaniées, il est assez méconnu.
- Il n’en possède pas moins des parties remarquables, dignes d’être comparées à certaines de nos plus belles cathédrales de France.
- Emile Bruxet,
- Architecte en chef des Monuments historiques.
- Fig. 13. — La charpente en ciment armé de la lanterne de la cathédrale de Laon. (Cl. Brunet.)
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- UNE PLANETE PEU CONNUE , MERCURE
- Parmi les planètes principales du système solaire, quelques-unes semblent avoir plus spécialement capté la faveur des astronomes : et, par répercussion, du public. Les raisons ne manquent pas de motiver cette préférence. Mars, si curieux, peut être facilement observé dans les plus favorables conditions ; la grosseur de Jupiter rend aisée l’étude des incessantes perturbations de son globe inconsistant; Saturne nous 1 attire par l’unique mervéille de son système annulaire ; et, grâce à des observations suivies, nous possédons de nombreuses et satisfaisantes données sur les dimensions, la constitution et le mouvement de rotation de ces mondes. Mais les autres planètes sont loin d’être aussi connues ; Ura-nus et Neptune, dont l’éloignement est formidable, n’apparaissent que comme de ternes et minuscules disques perdus dans l’espace, ce qui les rend rebelles à toute investigation détaillée. Par une raison inverse, Vénus, l’étincelante « Etoile du Berger », a rebuté bien des observateurs : la planète la plus proche de la Terre, et dont la dimension apparente la rend accessible aux plus faibles instruments, dérobe ses secrets dans une éclatante blancheur qui ne laisse percevoir aucun détail, ou presque.
- Quant à Mercure, la plus voisine du Soleil, elle est par force à peu ;près négligée; c’est que cet astre, auquel les lignes suivantes vont être consacrées, se dérobe franchement aux regards humains.
- DIFFICILE VISIBILITÉ
- DE MERCURE
- Sur une orbite très elliptique qui tantôt la rapproche à 45,5 millions de kilomètres du Soleil, tantôt l’en éloigne à 69 millions, Mercure se meut très rapidement, n’employant que 88 jours seulement à accomplir sa course. De la Terre, dans ce mouvement de circulation vu en perspective, cette planète semble passer alternativement d’un côté à l’autre de l’astre du jour, dont elle ne s’écarte pas d’un angle de plus de 28°; on sait que ces moments d’écartement maximum se nomment élongations. C’est à ces époques seulement qu’il est possible d’apercevoir Mercure suffisamment dégagé du voisinage aveuglant du Soleil, dont il précède alors de peu le lever, ou suit également de peu le coucher ; il est donc difficilement visible, car dans les deux cas on ne peut le voir briller qu’au voisinage de l’horizon : ces conditions défavo-sables réclament un ciel complètement dégagé, de brume rurtout. Enfinf par suite de la rapidité de son mouvement, Mercure n’est visible que quelques jours de part et d’autre des élongations ; de nos latitudes de la zone tempérée, dont le ciel manque un peu de transparence,
- cette période de visibilité dure de 10 à 15 jours au maximum. Il n’est donc que trop facile d’être empêché de même entrevoir, à une époque donnée, la fugitive planète. Le meilleur exemple en est donné par ce fait que Copernic a pu se plaindre de ne l’avoir jamais aperçue !
- Même lorsque la planète Mercure peut être distinguée, elle se trouve dans des conditions très défavorables pour l’observation télescopique : en effet, au voisinage de l’horizon, elle est vue à travers les couches les plus denses et les plus troubles de l’air, sous leur plus grande épaisseur, et son image perd volontiers toute netteté. Or, précisément, il faudrait pouvoir lui appliquer une très forte amplification, à cause des faibles dimensions du diamètre apparent, Mercure étant comme on le sait la plus petite des planètes principales ; elle est à peine plus grosse que la Lune, ne mesurant que 4.700 kilomètres de diamètre seulement (fig. 1). On peut, il est
- vrai, observer Mercure dans d’autres -circonstances en cherchant à le voir dans les hauteurs du ciel, mais alors en plein jour. Il faut pour cela un instrument équatorial qui permette, soit de pointer directement sur l’astre, à l’aide des coordonnées fournies par les Annuaires, soit en l’ayant pointé à une élongation du matin, de continuer à le suivre au fur et à mesure qu’il s’élève dans le ciel. Mais alors, noyée dans l’illumination intense des couches aériennes si voisines du Soleil, son image est toujours très pâle, et même souvent non observable utilement. Toutes ces circonstances expliquent assez facilement la pénurie des documents relatifs à cette planète.
- Les différents traités d’Astronomie n’ont donc fourni, en général, que de vagues et souvent contradictoires renseignements sur notre petite voisine. On connaît ses dimensions, on a déterminé à peu près sa masse ; et, d’après les observations déjà anciennes de Schroeter (1801), on a admis volontiers que Mercure tournait sur lui-même en 24 heures 5 m. 30 sec. (et aussi en 24 heures 0 m. 50 sec.), autour d’un axe très incliné; des taches ont été distinguées sous forme d’une bande équatoriale, toujours d’après Schroeter, qui avait indiqué, d’autre part, la présence de montagnes qu’il estimait devoir s’élever jusqu’à 19 kilomètres.
- Les observations plus modernes ne semblent pas avoir éclairci beaucoup ces différentes questions, et un désaccord profond existe, surtout depuis que Schiaparelli annonça en 1890 que le mouvement de rotation de Mercure sur lui-même s’effectue non pas en 24 heures, mais en 88 jours, c’est-à-dire que son mouvement de
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- rotation est égal à celui de sa révolution autour du Soleil. Autrement dit, comme la Lune se comporte vis-à-vis de la Terre, Mercure doit tourner autour du Soleil en lui présentant toujours la même face.
- La découverte de Schiaparelli n’a pas été admise sans réserves, certaines observations semblant rester favorables à la durée de rotation rapide.... Au surplus, il faut invoquer surtout le manque d’observations; les difficultés précitées ne sont pas favorables à la comparaison des rares observations effectuées, très souvent, par hasard. Il est même des observateurs qui n’ont rien pu distinguer à la surface de cette planète rebelle.
- Bref, nos connaissances sont encore si restreintes que la moindre pierre apportée à l’édifice à peine sorti de terre ne pourra sembler sans intérêt. C’est pourquoi je résumerai ici une série d’observations que j’ai été assez favorisé pour pouvoir effectuer sur une longue période, s’étendant de 1893 à 1926, en y mettant, il faut l’avouer, quelque persévérance.... A défaut d’éléments plus favorables, une telle période, par sa longueur même, est un facteur important par la valeur qu’elle permet d’attribuer à la notation répétée de certains phénomènes. Ces recherches ont été poursuivies à mon observatoire de Donville avec un excellent réfracteur de 95 mm. de Secrétan, permettant d’employer des grossissements de 200 à 250 fois, indispensables pour distinguer utilement quelques détails sur un astre de si minime diamètre apparent.
- L'ASPECT DE MERCURE
- On sait qu’en raison de sa situation entre la Terre et le Soleil, le globe de Mercure, éclairé par ce dernier, présente des phases analogues à celles de la Lune. Par l’effet de la perspective, lorsque Mercure est dans la portion de son orbite opposée à la Terre, nous le voyons éclairé presque de face, mais très réduit par l’éloignement. Aux élongations, il est plus proche, mais nous ne distinguons plus que la moitié de son globe éclairé ; plus proche encore de nous, la phase s’accentue davantage, la perspective ne nous laissant alors apercevoir qu’un
- Fig. 3. — Aspects de Mercure, observé en plein jour entre les élongations et la conjonction supérieure. (1) 3 juin 1893. (2) 31 mai 1925.
- Aux époques de ces phases le disque est très réduit et on ne voit que les principaux détails des régions centrales.
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- Fig. -2. — Aspect général de Mercure aux élongations du soir (1) et du matin (2).
- Dessins résumant l’ensemble des observations effectuées de 1923 à 1926.
- croissant de plus en plus délié. Les observations ne portent donc que sur une portion du globe relativement réduite, mais aussi, chose d’importance, sur la limite de l’éclairement ou terminateur de la phase.
- D’une manière générale, la surface de Mercure montre des taches sombres et claires tout aussi apparentes que celles de Mars, et même quelquefois plus; c’est un fait que j’avais reconnu dès l’abord et signalé dans un premier mémoire (*). Il y aurait lieu de s’étonner que certains observateurs ne distinguent pas ces taches au cours de diverses observations, si je n’avais pu constater qu’effectivement elles semblent parfois absentes, comme nous le verrons plus loin. Mais lorsqu’on les distingue, ce sont toujours les mêmes que l’on découvre ; plus exactement, lorsque les observations sont effectuées aux époques d’élongations du soir, on aperçoit toujours, et sensiblement dans la même position par rapport à la phase, les mêmes configurations ; tandis qu’aux époques des élongations matinales ce sont d’autres configurations qui se remarquent immuablement.
- LA ROTATION DE MERCURE
- Ces faits sont en parfaite harmonie avec la période de rotation lente de Schiaparelli. Il serait bien surprenant qu’à chaque observation effectuée à une époque quelconque (et, en raison des circonstances, à des intervalles se chiffrant par années) le même point du globe se retrouve chaque fois tourné vers nous. Pourquoi des observations renouvelées pendant plusieurs jours consécutifs, et chaque soir à la même heure (c’est-à-dire pendant le court instant favorable à l’observation), paraissent-elles indiquer un mouvement rapide ? Car, dans ces conditions, on constate, en effet, un léger décalage dans la position des détails par rapport au terminateur de la phase. De telles observations m’avaient au début rendu partisan de la rotation de 24 heures et quelques minutes. Mais Schiaparelli a expliqué le fait en faisant remarquer que Mercure, circulant autour du Soleil sur une orbite
- 1. Boletin de la Real Academia de Ciencias y Artes de Barcelona n° 16, avril 1897.
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- très elliptique, son mouvement de révolution subit des variations très sensibles alors que celui de la rotation est uniforme. Mercure, vers le périhélie, se déplace vis-à-vis du Soleil avec une vitesse très grande qui l’emporte sur celle de la rotation, et la compensation des deux mouvements n’existe plus ; inversement à Yaphélie, où le mouvement de révolution est moindre. Il s’en suit des librations (ou sorte dé balancement des configurations du globe) analogues à celles que nous présente la Lune pour des raisons de même nature.
- D’autre part, lorsque les circonstances atmosphériques ' sont lavorables à la visibilité de Mercure en plein jour, on peut alors constater que son aspect ne varie pas. Je l’ai suivi ainsi en août 1926 pendant 4 heures sans remarquer aucun changement dans la position apparente des taches visibles.
- Il faut donc bien admettre avec beaucoup d’observateurs modernes (*) la rotation lente découverte par Schia-parelli.
- Ce mouvement de rotation semble s’effectuer autour d’un axe peu incliné sur le plan de l’orbite. On a écrit, d’après une fausse interprétation des observations de Schroeter, que l’axe était très fortement incliné, alors que l’auteur estimait l’angle d’inclinaison à 20°.
- D’après mes observations, l’ensemble des configurations paraît révéler, en effet, un léger déplacement dû à un effet de perspective variable, et correspondant aux diverses positions du globe de la planète sur son orbite. Ces variations s’expliqueraient bien par une inclinaison de l’axe voisine de 10° (par rapport à la verticale sur le plan de l’orbite) et suivant une direction, ou ligne des solstices (2), peu éloignée du grand axe de l’orbite (fig. 4). La planète serait à son solstice d’été boréal vers la longitude 90°, celle du périhélie étant de 75°.
- Faute de mesures précises, ces données ne sauraient être présentées qu’avec de justes réserves et auraient besoin de vérification à l’aide d’instruments plus puissants.
- 1. A. Danjon. Observations faites à l’observatoire de Strasbourg. U Astronomie, mars 1924.
- 2. Eléments provisoires également indiqués dans le mémoire mentionné plus haut.
- LES CONFIGURATIONS ET LA CONSTITUTION DE MERCURE
- A cause de leur permanence, les taches visibles semblent bien appartenir au sol même de la planète ; les taches sombres tranchent sur l’ensemble delà surface, qui paraît légèrement jaunâtre, sauf en quelques points, permanents aussi, où se distinguent des régions très blanches. L’ensemble de toutes ces configurations m’a paru assez stable pour essayer d’établir la cartographie de la face visible de Mercure, d’après mes observations. La figure 5 représente cette carte à laquelle il ne faut attribuer d’ailleurs que la valeur d’une esquisse offrant un caractère général. Elle offre une assez grande similitude d’aspect avec celle qu’avait établie Schiaparelli, mais les configurations m’ont paru posséder un aspect moins linéaire que celles déssinées par cet observateur. Par ailleurs, il faut reconnaître que la petitesse du disque et, le plus Souvent, l’instabilité des images sont des obstacles à la précision. Certainement, ces détails sont d’une structure moins simpliste, mais il est impossible de discerner autre chose que les dimensions relatives, des emplacements, et des directions. L’essai cartographique ci-dessous a été établi en reproduisant sur un globe, éclairé et orienté conformément à chaque observation, les aspects correspondants. Les méridiens et parallèle's tracés de 30° en 30° sur cette mappemonde n’ont qu’une valeur accessoire, destinés surtout à l’établissement approché des relations et des proportions,
- A l’égard de toutes ces configurations, il faut enfin, pour mieux affirmer leur réalité, noter qu’elles ont été
- Fig. 5. — Esquisse cartographique, en projection orthographique, de la face visible de Mercure.
- Le méridien central correspond à la direction du Soleil. Les détails de gauche sont visibles aux élongations du soir, ceux de droite à celles du matin.
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- S3W
- Pj; ÿm^jiSo/e/l |a
- 1
- Pi
- Plan - E|i \ l'orbite
- 2 IP JC
- Fig. 4.
- Eléments probables de l’axe de rotation de Mercure.
- (1) Position de la ligne des solstices par rapport au grand axe de l’orbite (P, périhélie ; A, aphélie) : S1 solstice d’été boréal. S2 solstice d’hiver boréal.
- (2) Inclinaison de l’axe sur le plan de l’orbite. P, pôles. E, équateur.
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- généralement aperçues aussi, et avec une suffisante concordance, par divers observateurs : Denning en 1882 et récemment Danjon, Quénisset, Fournier, Bidault de l’Isle, pour ne citer que les principaux auteurs dont i’ai pu utilement comparer les dessins aux miens,
- Quelle est la constitution des diverses portions du sol Mercurien? Le manque d’observations précises doit rendre prudent à l’égard de toute explication. Il n’est cependant pas absolument téméraire de chercher peut-être quelques comparaisons avec la Ltine, dont l’image réduite, et vue avec un manque de netteté comparable à celui de la vision télescopique des petites images planétaires influencées par les troubles atmosphériques, offre quelque analogie avec l’aspect général de Mercure. Sans doute, nous pouvons admettre que certaines de ses régions claires sont à un niveau plus élevé que les sombres, comme il ressort des déformations locales subies par le terminateur et particulièrement par la corne australe qui systématiquement, à certaines phases, se montre tronquée ou arrondie (fig. 6). Sur ce fait, la plupart des observateurs semblent d’accord, et Schroeter avait attribué le phénomène à la présence de montagnes extraordinairement élevées. Le manque de netteté des images, soit instrumentale, soit atmosphérique, peut facilement exagérer de telles apparences et, par répercussion, leur cause ; il faut tenir compte aussi des contrastes, des phénomènes d’irradiation, ayant leur origine dans les très inégales intensités lumineuses de ces diverses régions. La Lune, Arue à l’œil nu ou examinée en réduction, nous montre de tels aspects (fig. 7) et provoqués, somme toute, par l’éclairage oblique de dénivellations
- de l’ordre de 3000 à 4000 mètres de moyenne, se combinant avec les diverses tonalités de la surface. La comparaison de notre satellite avec Mercure autorise à admettre que sur ce dernier les accidents du sol doivent avoir une importance analogue.
- En tout cas, Mercure semble se différencier par la présence d’une atmosphère qu’il est difficile de ne pas invoquer pour l’expli-Fig. 7. — Déformation du terminateur cation de certains de la Lune. i * \
- phenomenes:
- Le contraste entre les régions d’inégale lumi- J’ as sombrisse-nosité exagère pour l’œil ces déformations,
- surtout pour la plus petite image manquant men^ Ou termi-de netteté. nateur toujours
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- Fig. 6. — Aspects télescopiques de Mercure montrant les déformations du terminateur de la phase.
- 1, 18 mars 1893. — 2.1er février 1895. — 3. 10 avril 1898.
- 4. 22 mars 1899. — 5. 1er juin 1915. — 29 août 1926.
- très estompé, l’atténuation très rapide du degré de visibilité des détails vers les bords du disque, ainsi que l’absence totale ou partielle de certains d’entre eux à diverses époques, comme j’ai pu le constater sans pouvoir invoquer la qualité des images.
- Divers astronomes nient la présence d’une'atmosphère autour de Mercure, malgré les observations spectroscopiques de Yogel et Huggins, qui estimaient même cette atmosphère très riche en vapeur d’eau.... Dans le cas le plus probable de l’existence d’une couche aérienne sensible, elle devrait être le siège de phénomènes météorologiques de grande importance.
- Par sa proximité, le Soleil déverse là des torrents de lumière et de chaleur. D’après leurs mesures effectuées à l’observatoire du Mont Wilson, Pettit et Nicholson estiment que la température du sol de Mercure peut s’élever à 417° centigrades!...
- Ce qui est certain, c’est que, suivant sa position sur son orbite très elliptique, cette planète reçoit une radiation qui est de 7 à 10 fois supérieure à celle que reçoit la Terre. Il doit donc exister un déséquilibre énorme entre l’hémisphère tourné constamment A?ers le Soleil et celui qui reste toujours plongé dans la nuit.
- Et si yraiment les éléments donnés plus haut pour l’axe se vérifiaient, les régions polaires jouiraient de conditions très inégales, beaucoup plus excessnœs pour le nord, dont l’été coïnciderait à peu de chose près aArec la plus grande proximité du Soleil.
- On le voit, bien des recherches restent encore à effectuer, et seulement étapes par étapes nous arrrverons à arracher les secrets de ce petit monde qui par son agilité semble vouloir se dérober à nos ^investigations....
- Lucien Rudaux.
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- LES NOUVEAUX « JOURNAUX LUMINEUX ” DE PARIS
- Depuis quelque temps, les Parisiens, en se promenant sur les boulevards ou près de là gare Saint-Lazare, n’ont qu’à lever les yeux vers le ciel pour voir les nouvelles du jour s’inscrire en lettres flamboyantes au-dessus de deux maisons. Ces nouveaux Journaux lumineux sont « imprimés » par des lampes électriques installées sur les toits et leurs « lignes » semblent se déplacer horizontalement, mais à une vitesse assez réduite pour en permettre la lecture. Aussi les passants s’arrêtent volontiers pour apprendre de ces originales « gazettes » en peu de mots et..., sans bourse délier, soit le dernier événement sensationnel d’Angleterre ou de Chine, soit le cours
- plots formant un tableau de distribution établi dans une cabine voisine plus en arrière. De son côté, depuis le crépuscule jusqu’à 8 ou 9 heures du soir, le « journaliste » se tient dans un étroit réduit qui abrite son matériel d’imprimerie, composé d’une machine a perforer les bandes de celluloïd et d’un appareil dérouleur avec sa dynamo. Il travaille le plus souvent en manches de chemise, car il fait chaud dans la petite « salle de rédaction ». Assis devant sa linotype d’un nouveau genre, notre confrère reçoit par téléphone, d’une agence de presse, les textes à « insérer » sur l’écran lumineux.
- Mais il nous faut, avant d’aller plus loin, indiquer les
- Fig. 1 et 2. — À gauche '.Le “ Journal lumineux ” récemment installé sur le toit d’une maison parisienne, près de la gare Saint-Lazare. (Vue prise de jour.) — A droite : Le “ Journal lumineux ”, (Vue prise en fonctionnement pendant la nuit.)
- de la livre ou du dollar, soit simplement le nom du meilleur parfum ou des pilules les plus efficaces contre la grippe !
- Montons donc sur la toiture d’un des immeubles où se « rédigent » et « s’impriment » ces éphémères quotidiens, afin de nous rendre compte de leur organisation technique imaginée par M. Henri-Maurice Duchard. Là se trouve dressé, à hauteur convenable, un vaste panneau de 2 à 3 ifl. de hauteur, de 10 à 40 m. de longueur et sur lequel s’espacent en rangées régulières un à plusieurs milliers d’ampoules électriques. Grâce à un dispositif spécial, ces lampes s’illuminent ou s’éteignent dès qu’on lance ou qu’on interrompt le courant et des fils métalliques relient le culot de chacune d’elles à une série de
- modes de distribution et de fonctionnement des lampes électriques. Celles-ci sont régulièrement réparties par rangées de 10 et on intercale, dans leur circuit, des interrupteurs commandés à distance par l’intermédiaire d’une bande perforée en mouvement. Au cours du déplacement de cette sorte de fdm troué, des contacts pénètrent à travers ses orifices de manière à fermer le circuit sur les ampoules correspondantes. Pour obtenir ce résultat, les interrupteurs se composent d’un groupe de plots à ressort reliés individuellement aux lampes et d’une brosse ou carde métallique, sorte de courroie sans fin passant sur deux tambours fous ou commandés. Le mécanisme d’entraînement de la bande perforée comprend un tambour actionné par un moteur, électrique ainsi qu’un rou-
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- leau intermédiaire entre ledit tambour et une bobineuse enrouleuse. Quant à la perforatrice, elle sert à préparer des bandes dont les trous permettront le contact des dents de la brosse métallique avec les plots fixes. Cette machine, aux organes peu compliqués, du reste, fonctionne grâce à l’air comprimé, que l’opérateur règle à volonté au moyen d’une pédale ; elle se compose d’un tambour pouvant tourner autour d’un axe et susceptible d’être élevé ou abaissé. Ce cylindre présente sur sa périphérie des matrices dont les pleins correspondent aux trous à pratiquer dans le ruban de celluloïd avec des poinçons, situés verticalement au-dessous de l’axe de rotation dudit tambour. Enfin un cadran, solidaire de ce dernier et muni d’un index fixe, porte des caractères correspondant à chacune des matrices.
- Une fois la bande de textes préparée avec sa
- Fig. 3. — Le “ journaliste lumineux ” dans sa petite “ salle de rédaction IJ sous le toit. Avec une machine spéciale, il perfore une bande de celluloïd pour y écrire les lettres à projeter.
- sions reçues par leur rétine, les Parisiens qui, du reste, accueillent fort'bien cette -innovation, voient les « articles » divers de ces Journaux lumineux se mouvoir devant leurs. yeux à côté des textes d’annonces largement payées. Aussi plusieurs industriels et commerçants des grandes villes se proposent d’adopter le système de publicité Duchard afin de dévoiler aux passants les mérites, sans cesse renouvelés, des objets que leurs maisons fabriquent ou vendent.
- Jacques Boyer.
- Fig. 5. — Une partie de la bande perforée qui provoque Valternance des allumages et des extinctions des lampes figurant les lettres.
- Fig. 4.— Brosse ou courroie sans fin mue par un moteur électrique et entraînant la bande perforée.
- machine perforatrice, le journaliste l’enroule sur le tambour de l’appareil de transmission dont- il met immédiatement en marche la petite d}rnamo ; elle se déroule alors devant les plots du tableau de distribution contre lesquels des ressorts la pressent. Là où le film est intact, les lampes restent éteintes tandis que s’allument celles dont Je plot se trouve en face d’un trou au travers duquel s’établit le contact. Gomme, d’autre part, la bande se déplace, de la droite vers la gauche, à chaque instant, certaines ampoules s’illuminent tandis que d’autres cessent de briller. Toutefois, vu les faibles distances qui les séparent et l’instantanéité de ces éclats, l’ceil du spectateur ne saurait décomposer ces modifications optiques successives. En vertu de la persistance des impres-
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- LA DIRECTION DES AVIONS PAR T. S. F
- NÉCESSITÉ D'UN SYSTÈME DE GUIDAGE DES AVIONS
- Los raids aériens effectués pendant la nuit ou par
- « temps bouché », comme disent les aviateurs, exigent l’emploi de méthodes de guidage différentes de la méthode optique habituelle de repérage sur la carte.
- On a bien installé déjà quelques phares très puissants (sur le Mont Affrique, par exemple), mais ces phares ne sont même pas visibles par temps brumeux.
- Aux alentours des passages dangereux, ou à l’approche des aérodromes, on peut envisager l’usage de câbles conducteurs Loth qui ont été décrits dans le numéro 2494 de La Nature. Pendant le trajet, il suffit que le navigateur puisse déterminer à chaque instant sa position sur la carte, soit d’après les moyens du bord, soit en demandant par T. S. F. ce renseignement à des postes fixes, et, dans les deux cas, l’opération s’effectue par radiogoniométrie.
- PRINCIPES DE LA RADIOGONIOMÉTRIE
- La radiogoniométrie a été employée
- déjà d’une façon intense pendant la guerre, et M. Blondel en avait indiqué les bases essentielles, il y a près de vingt-cinq ans.
- Rappelons, d’ail-leurs, que le n° 2358 de La Nature du 17 mai 1919 contenait une étude détaillée de la question.
- Les appareils de r a d i ogoniométrie
- permettent donc de déterminer la position de l’avion par rapport à des postes émetteurs fixes de T. S. F. ou à des postes émetteurs fixes de déterminer la position de l’avion mobile, et leur fonctionnement est basé sur les propriétés des cadres de réception.
- On sait qu’un cadre de réception se compose, en réalité, d’une sorte de bobinage de grandes dimensions formé de spires de .fil de cuivre généralement isolé, enroulées en spirale plane (dans ce cas particulier) sur un support léger (fig. 1).
- Lorsque les ondes hertziennes traversent les spiréte du bobinage, elles induisent des courants à haute fréquence dans le circuit, et l’on peut recueillir les courants dans le poste récepteur en accordant le cadre au moyen d’un condensateur variable sur la longueur d’onde des émissions à recevoir.
- Mais, pour qu’on puisse recevoir ainsi les signaux de T. S. F., il faut, d’une part, que le plan du cadre soit vertical, parce qu’il est nécessaire que les lignes de force du champ électromagnétique horizontal traversent l’enroulement, et il faut, d’autre part, que le plan vertical de cet enroulement soit dirigé vers la station dont on veut recevoir les émissions (fig. 2).
- 11 est facile de se rendre compte, en effet, que, lorsqu’il
- n’en est pas ainsi (I, fig. 5), les deux côtés du cadre sont au même potentiel, parce qu’à la même distanee du poste émetteur, les ondes électromagné-. tiques ne traversent plus l’enroulement.
- Cette position est, d’ailleurs, dite,àcause de ce phénomène, la position d'extinction.
- Lorsqu’on fait tourner le cadre autour de son axe vertical, l’intensité M’audition est proportionnelle au cosinus de l’angle a que
- Fig. 4. — Pour déterminer la position d’un avion sur la carte, il suffit de déterminer les directions de 3 postes fixes A, B, C. au moyen d’un radiogoniomètre.
- Fig. 1. — Un cadre de réception est formé de spires en fil de cuivre
- isolé enroulées sur un support léger. Les extrémités de Venroulement aboutissent à deux bornes A B reliées au poste de réception.
- Fig. 2. —Le plan vertical des soires d’un, cadre doit être toujours dirigé vers le poste dont on veut recevoir les émissions. Le plan perpendiculaire à ce vlan est dit “ plan d’extinction ”.
- Fig. 3. — Lorsqu’on fait tourner ,le cadre (vu par dessus) autour de son arbre vertical., l’intensité de l’audition est proportionnelle au cosinus de l’angle a.
- Position c/'ex tinotion
- Direction de l'émission
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- fait la projection du cadre avec la direction de l’émission; l’audition est maxima en OA et en OA', elle est théoriquement nulle en OB' et enOB (fig. 3).
- On conçoit donc qu’en faisant tourner le cadre, on pourra déterminer facilement, soit la position d’audition maxima, soit la position d’extinction qui lui est perpendiculaire; on déterminera ainsi la direction de la station d’émission sur la longueur d’onde de laquelle on a accordé le poste radiogoniométrique.
- En réalité, il faut prendre des précautions spéciales pour obtenir des zones nettes d’extinction, et il faut tenir compte aussi des déviations produites par les masses métalliques qui peuvent se trouver à proximité de l’appareil de réception sur les navires ou les avions ; il se produit aussi quelquefois des déviations dans la propagation des ondes, dues à des phénomènes magnétiques atmosphériques mal connus, mais ces déviations parfois importantes sont heureusement rares.
- En principe donc, en installant sur un avion un poste radiogoniométrique, c’est-à-dire un poste récepteur sensible de T. S. F. muni d’un cadre spécial avec cadran divisé, on pourra déterminer les directions de plusieurs stations d’émission connues, et en déduire, à chaque instant, par recoupement sur la carte, la position de l’avion (fig. 4) ; le navigateur pourra ainsi se diriger sans voir le sol.
- EXEMPLE D'EMPLOI DE LA RADIOGONIOMÉTRIE A BORD D'UN AVION
- Un bon exemple des services que la radiogoniométrie peut rendre pour la direction des
- l'tg. 5. — Les ondes qui rayonnent autour de la station d’émission ne traversent pas les spires du cadre dans la position I elles le traversent dans la position IL
- Fig. 6. — Installation du radio goniomètre sur un avion avec cadre muni d’un cadran divisé et d’un volantde commande. (Pli. Harand)
- avions nous a été donné récemment par le raid de nuit effectué en septembre dernier par le lieutenant Gérardot et le lieutenant Cornillon entre Le Bourget et Rabat.
- Les’navigateurs étaient guidés dans leur voyage au moyen de signaux conventionnels émis de quart d’heure en quart d’heure par les stations suivantes :
- Yé^-Chatillon sur 1100 m.
- Bordeaux 1400 m.; Toulouse, Casablanca, Alger, sur 1100 m.
- Sans compter la Tour Eiffel sur 2650 m.
- L’avion était du type Breguet-Lorraine 450 C.V. et le poste radiogoniométrique se composait d’un cadre de 0 m. 50 de côté branché sur une superhétérodyne Radio L. L. (fig. 6).
- Le navigateur pouvait ainsi par la manœuvre du cadre déterminer la direction du poste émetteur par rapport à l’axe de l’avion, et tracer cette direction sur la carte. Deux opérations semblables, exécutées sur deux autres postes, permettaient par recoupement des droites ainsi
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- Fig. 7. — Le poste récepteur isolé dans une cage d’acier et séparé des magnétos par la cloison pare-feu. (Ph. Harand.)
- tracées, de déterminer sur la carte la position exacte de l’avion. Les résultats obtenus au cours du voyage ont répondu au désir des organisateurs, et le trajet de 1980 km s’effectua avec une vitesse moyenne de 177 km à l’heure à l’aller et de 210 km au retour (vent arrière).
- Cependant, il avait fallu .vaincre des difficultés de détail et empêcher, autant que possible, l’induction nuisible des magnétos du moteur qui auraient pu troubler la réception d’une façon gênante.
- Ce résultat avait été obtenu en entourant la superhétérodyne d’une cage en acier et, d’autre part, la cloison pare-feu réglementaire de l’avion était placée entre le poste et le moteur, et formait déjà écran contre l’induction des magnétos (fig. 7).
- Pendant le vol, le navigateur placé en arrière du pilote 'et muni d’un casque téléphonique avait devant lui le radiogonio-mètre, et les instruments ordinaires dé navigation : carte, boussole, etc., il pouvait effectuer rapidement les opérations de repérage et transmettre au pilote les indications correspondantes. P. Hémardinquer.
- Fig. 8.
- Position du pilote et du navigateur manœuvrant un
- pendant le vol.
- radio goniomètre
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- LA FAMILLE DES CRUCIFÈRES
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- SES APPLICATIONS A L'ALIMENTATION, A LA THÉRAPEUTIQUE ET A L'INDUSTRIE
- Bien qu’il aimât la botanique, Alphonse Karr ne laissait guère échapper l’occasion de se moquer des botanistes auxquels, entre autres griefs, il reprochait de se comporter à l’égard des végétaux en émules de Procuste, d’en méconnaître la grandeur, l’odeur, la couleur et le goût pour les ranger plus commodément dans leurs classifications, si bien qu’ils finissaient par ne plus voir de différence entre la mauve, « petite plante traînante à feuilles rondes, à fleurs roses qu’on aurait peine à retrouver dans l’herbe » et le baobab, « le plus grand arbre du monde, qu’on prendrait de loin pour une forêt » dont le tronc peut atteindre 100 m. de circonférence et rester vivace pendant plus de 6000 ans. Ces critiques (il serait plus juste de dire ces boutades) ne sauraient viser les naturalistes lorsqu’ils ont fondé la famille des Crucifères : les plantes qui la composent présentent, en effet, des liens trop étroits de parenté pour qu’on ne puisse, à première vue, les rattacher à la même lignée : c’est d’abord leur fleur qui, véritable blason aux armoiries parlantes, offre dans toutes ses parties un dispositif immuable où se retrouvent les 4 branches d’une croix : calice à 4 sépales, corolle à 4 pétales, androcée à 4 étamines, gynécée à 4 pistils, fruit à 4 carpelles. Pour que l’air de famille fut plus frappant, la nature a voulu qu’aux caractères d’identité fournis par la morphologie s’en ajoutât un autre basé sur la composition chimique : elle a imprégné les tissus de toutes les espèces de Crucifères d’un principe dont les qualités organoleptiques
- Fig. 2.
- Le Cochlearia, d’après Jaume Saint-Hilaire. (Plantes de la France, 1808.)
- Fig. 1.
- Le Pastel, d’après J. E. Souwerby.
- (English Botany, 1861.)
- sont si particulières qu’il suffit aux sens du goût et de l’odorat d’en percevoir la saveur et le parfum pour qu’aussitôt leur soit révélée une parenté qui aurait pu échapper au sens de la vue. Ce principe est une essence sulfo-azotée qui ne préexiste pas dans la plante, mais qui s’y forme suivant une genèse dont les belles recherches de M. le Professeur L. Guignard (*) ont précisé le mécanisme. Si l’on prend, par exemple, de la graine de moutarde et qu’on la pulvérise, l’essence de moutarde ou sulfocyanate d’allyle ne se produit qu’en présence de l’eau par suite de l’action d’un ferment soluble, la myro-sine, sur la sinigrine ou myronate de potasse, sorte de gluco-side salin dont le dédoublement fournit du sulfocyanate d’allyle, du glucose et du sulfate acide de potasse. Une réaction analogue a lieu avec les tissus végétaux de la plupart des autres Crucifères : mais si le ferment soluble y est toujours représenté par de la myrosine, il n’en est pas de même du glucoside et le composé qui résulte de leur action réciproque subit des variations suivant l’espèce sur laquelle on opère. C’est ainsi que le sulfocyanate d’allyle est remplacé dans la moutarde blanche par de Yisosulfocyanate d’orthoxy-benzyle, dans le cochléaria par de Y isosulfocyanate de l’alcool butylique secondaire, dans l’alliaire et dans la bourse à pas-leur par un oxysulfure d’allyle analogue à celui que contient l’ail, dans le cresson de fontaine par du nitrile de l’acide phénylpropionique. Ces composés ne diffèrent, d’ailleurs, que par leurs formules chimiques, par les chiffres qui y traduisent leur teneur plus ou moins élevée en azote et en
- 1. Léon Guignard. Recherches sur la localisation des principes actifs des Crucifères. Journ. de Botanique, 1890.
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- soufre : ils présentent, au point de vue de leurs caractères organoleptiques et de leurs propriétés physiologiques, assez de ressemblances pour que les végétaux qui leur donnent naissance puissent, dans une certaine mesure, répondre aux mêmes usages et se substituer les uns. aux autres aussi bien dans le domaine de l’alimentation que dans celui de la thérapeutique, comme plantes potagères ou médicinales, comme légumes ou comme simples.
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- Disséminées sur toute la surface du globe, particulièrement abondantes en Europe et en Asie Mineure où, s’élevant du fond des vallées jusqu’aux cimes des montagnes, elles montrent un remarquable éclectisme dans le choix de leur habitat, les Crucifères fournissent à l’homme les aliments végétaux, sinon les plus nourrissants, du moins les plus sapides, les plus susceptibles, suivant l’expression de Paul Carton, « d’excitations dynamogènes et sécrétoires énergiques, » les plus utiles « pour stimuler l’appétit, pour solliciter les fonctions digestives capricieuses!1). » Entête, se place le chou qui, vêtu de vert comme un académicien ou de violet, comme un abbé de cour, ventru comme un financier ou efflanqué comme un poète incompris, se distingue par ses qualités nutritives et reminéralisantes. Parmi ses nombreuses variétés, lâ plupart des hygiénistes accordent la préséance au chou-fleur bien que ses tissus anémiés, où la chlorophylle est absente, n’apportent à l’organisme qu’un.contingent à peu près nul de principes vitalisés et d’éléments minéraux, sans avoir, comme on le croit communément, l’avantage d’être d’une digestibilité parfaite : s’il se laisse docilement réduire en purée sous la fourchette ou dans la bouche, il affecte une fâcheuse tendance à stabuler dans les voies digestives, dont, par suite de sa pauvreté en cellulose et de la platitude de son arôme, il est incapable de réveiller le péristaltisme, et à y déterminer des fermentations. Malgré l’ostracisme qui les bannit de la cuisine des dyspeptiques, le robuste chou pommé, les minuscules choux de Bruxelles dont la saveur puissante faisait les délices d’Apicius, le chou rouge, d’une tendresse et d’une douceur qui contrastent avec la truculence de son teint, sont, au.contraire, d’excellents aliments nourrissants, toniques et sapides : convenablement blanchis, cuits à l’eau, salés à point et beurrés avec discrétion, ils sont bien tolérés par les estomacs les plus susceptibles, les méfaits qu’on leur reproche n’étant imputables qu aux graisses, aux viandes et aux charcuteries que des traditions culinaires erronées croient obligatoire de leur adjoindre. Il en est de même de la choucroute consommée « nature » et que n’ont pas imprégnée les suifs des saucisses, des cervelas et du petit salé. D’autres choux accumulent des principes alibiles dans leur tige, comme le chou-rave, ou dans leur racine comme le chou-navet ou rutabaga et offrent de précieuses ressources pour les menus d’hiver, le premier surtout qui, s étant hypertrophié au-dessus du sol, a pu bénéficier de l’action vivifiante des rayons solaires et emmagasiner des provisions de vitamines. Celles-ci sont particulièrement abondantes dans le cresson qui, s’il est pauvre en matières azotées et hydrocarbonées, comme le sont tous les légumes herbacés, est le végétal de la famille des Crucifères le plus propre à satisfaire aux besoins de l’organisme en principes minéraux, notamment en fer et en iode; on devra, toutefois, avant d en conseiller l’usage, s’assurer de l’intégrité des voies urinaires; car il peut, ainsi que je l’ai signalé à diverses reprises, déterminer, lorsqu’on le consomme cru, des crises parfois très •pénibles de cystalgie par suite de l’action irritante qu exerce
- 1. Paul Carton. Traité de médecine, d’alimentation et d hygiène naturistes, 1920.
- son essence sur la muqueuse vésicale ('), inconvénient qui n’est plus à craindre après qu’il a été soumis à la cuisson : réduit en purée avec son congénère le navet, dont il relève la teinte blafarde par sa tonalité d’un vert intense, il fournit le plus alliciant et le plus sain des potages, un brouet à la fois onctueux, roboratif, savoureux et rafraîchissant recommandable à tous les tempéraments délicats. Par contre, ce n est qu aux estomacs solidement blindés, revêtus d’une muqueuse à toute épreuve et capables, parla vigueur de leur musculature, de brasser et de transformer en chyme les substances les plus rebelles qu’on pourra permettre le radis, qu il s’agisse du petit radis, rose et joufflu comme la face d’un angelot ou du gigantesque radis noir qui cache sa chair marmoréenne et piquante sous une livrée d’appariteur des pompes funèbres. La sagesse diététique veut qu’on se montre non moins prudent à l’égard de la moutarde et du raifort, condiments qui prédisposent aux prouesses gastronomiques, mais ne stimulent les sécrétions des glandes digestives qu’à la faveur de phénomènes incendiaires qu’il est préférable de réserver à des usages externes.
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- 1 outes les Crucifères doivent, en effet, à l’essence qu’elles contiennent la propriété d’exercer sur l’épiderme une révulsion qui peut varier de la simple rubéfaction à la formation de cloques ou vésicules remplies d’un liquide séreux. Nul n’ignore l’emploi du cataplasme de farine de lin saupoudré de moutarde, du classique « cataplasme sinapisé » dans les cas qui nécessitent une dérivation cutanée, pour faire cesser un état congestif, inflammatoire ou infectieux intéressant une autre partie du corps, pour stimuler le système nerveux. Mais il n’est pas hors de propos de rappeler les règles qui doivent présider à cette méthode thérapeutique : la formation de l’essence allylique qui produit la sinapisation étant entravée à partir de 50°, la farine de moutarde ne sera semée à la surface du cataplasme que lorsque la température de ce dernier ne sera plus que de 40 à 45° au maximum; on s’abstiendra également de l’arroser de vinaigre, comme on croit bon de le faire parfois, les acides paralysant la réaction de la myrosine sur la sinigrine. L’action révulsive n’est pas le monopole de la moutarde : on la retrouve, plus ou moins accentuée, dans d’autres plantes de la même famille ; j’ai déjà eu l’occasion de signaler les bons effets obtenus en employant, faute de mieux, de l’erysimum (ou herbe au chantre) haché, dans un cas de lumbago (2) et j’ai coutume, lorsque je me propose une dérivation énergique, une vésication rapide, de prescrire l’application d’un cataplasme de pulpe froide de raifort.
- A cette action ne se bornent pas les services que peuvent rendre les Crucifères aux thérapeutes : chez plusieurs d’entre elles l’essence, en s’éliminant par les voies respiratoires, détermine des modifications des muqueuses et des glandes qui en légitiment l’emploi dans le traitement des affections du poumon et des bronches; sous leur influence, les sécrétions se fluidifient, deviennent moins visqueuses, moins adhérentes aux parois, se débarrassent des germes pathogènes qui y entretiennent la suppuration ; elles agissent à la fois en favorisant l’expectoration, en combattant la stase bronchique, en aseptisant les matières excrétées. C’est ce qu’on observe à la suite de l’ingestion de préparations (infusions, extraits, alcoolatures, etc.) ayant pour base l’erysimum, le cochlearia, le cresson, et surtout la diplotaxe (Diplotaxis tenuifolia L.) dont fj’ai relaté l’efficacité dans divers cas de trachéites, de
- 1. Henri Leclerc. Cystalgi.es consécutives à l’ingestion du cresson. Bull, de la Soc. de tkérap., 1920.
- 2. Henri Leclerc. Plantes révulsives. Union pharmaceutique, 1916.
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- bronchites chroniques, d’emphysème, de dilatation des bronches et même de tuberculose pulmonaire j1). Rappelons à ce propos, un remède, sinon héroïque, du moins très populaire de la coqueluche : on creuse un radis noir de façon à ménager une cavité qu’on remplit de sucre candi qui, en fondant, procure un sirop dont on donne de 3 à 5 cuillerées par jour : cette' médication pourrait s’appliquer également aux hépatiques, si l’on en croit un médecin allemand, le Dr Grumme, qui considère le suc de radis comme particulièrement indiqué contre la lithiase biliaire. C’est encore à leur essence sulfo-azotée, qui agit en excitant l’épithélium rénal, que les Crucifères doivent les vertus diurétiques assez prononcées dont nous avons pu, mon savant confrère et ami le Dr Ferdinand ,Tanin et moi, relever plusieurs cas typiques.
- Cette rapide esquisse montre qu’il existe entre ces plantes de grandes analogies au point de vue thérapeutique comme au point de vue morphologique et vient à l’appui de la thèse soutenue par A. de Jussieu et par A.-P. de Candolle (2) à savoir qu’il est assez ordinaire de trouver aux végétaux
- 1. Henri Leclerc. Note sur l’emploi de la Diplotaxe dans les affections bronchiques. Bull. Soc. de l/iérap., décembre 1922. Emploi de la Diplotaxe dans le traitement des affections des voies respiratoires. Bull, des Sc. pharrnacol. Août-Sept., 1923.
- 2. À.-P. de Candolle. Essai sur les propriétés médicales des plantes comparées avec leurs formes extérieures et leur classification naturelle, 1816.
- RAPHANVS
- Fig. 4.
- Le Raifort, d’après Léonhart Fuclisius. {De historia stirpium commentarii. Bâle, 151*2.)
- ERVCA
- La Roquette sauvage (Diplotaxe), d’après L. Fuchsius.
- les mêmes rapports dans leur efficacité que dans leurs caractères naturels.
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- A l’industrie, la famille des Crucifères fournit les huiles de colza et d’arabette dont l’importance a considérablement diminué depuis que le gaz et l’électricité ont détrôné l’archaïque et fumeux quinquet et une substance colorante bleue qu’on extrait du pastel (Isatis tinctoria L.) et qui n’est autre que de l’indigo : c’est d’elle que se servaient les Bretons du temps de César et de Pomponius Mêla pour se peindre le corps en bleu et réaliser ainsi une tenue guerrière aussi simple qu’économique, vénérable ancêtre de notre uniforme bleu horizon. Enfin, dans le suc du pastel, M. C. Ger-ber a signalé la présence d’une présure très résistante dont le pouvoir coagulant est- d’autant plus marqué que le lait sur lequel elle agit est cà une température plus élevée (*). Ces applications industrielles s’ajoutent au rôle que jouent dans l’alimentation et dans la thérapeutique les plantes qui la constituent pour faire de la famille des Crucifères un des groupes les plus importants du règne végétal, groupe auquel ue messied pas la croix qu’arborent tous ses membres comme un signe de ralliement et comme une marque d’honneur accordée par la nature aux services rendus.
- Dr Henri Leclerc.
- 2. C. Gerber. La présure des Crucifères, C. R. Soc. Biologie> 29 juin 1907.
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- : HYGIÈNE ET SANTÉ E
- LES SECOURS AUX ÉLECTROCUTÉS
- La Nature a signalé à diverses reprises les progrès accomplis depuis vingt ans en ce qui concerne les moyens de secours aux asphyxiés de toutes natures : noyés, intoxiqués par l’oxyde de carbone, électrocutés.
- La méthode Schafer de respiration artificielle, plus commode et plus efficace, doit partout remplacer les méthodes de Laborde et de Sylvester, uniquement pratiquées et enseignées en France jusqu’en ces dernières années. Elle est particulièrement aisée à appliquer quand on dispose de l’appareil respiratoire Panis que La Nature a décrit dans son n4 2573. Associée aux inhalations d’oxygène, données au moyen d’un masque tel que celui de Legendre et Nicloux (La Nature, n° 2554), elle constitue le moyen le plus sûr et le plus actif dont nous disposions à l’heure actuelle pour
- Nous reproduisons ici le texte de l’affiche la plus complète qui devra être placardée dans un endroit apparent des locaux contenant des installations électriques.
- INSTRUCTIONS
- CONCERNANT LES DANGERS PRÉSENTÉS PAR LES COURANTS ÉLECTRIQUES
- Tout contact avec des conducteurs électriques en charge est dangereux.
- Même si la tension de régime entre conducteurs est faible, comme c’est le cas des basses tensions utilisées pour l’éclairage domestique, un contact avec un sol conducteur peut,
- Fig. 1. — Les deux temps de la méthode Schafer de respiration artificielle : à gauche, expiration ;
- à droite, inspiration.
- rappeler à la vie toutes les personnes en état de mort apparente.
- L’appareil respiratoire Panis et le masque à inhalation d’oxygène de Legendre et Nicloux forment un poste de premier secours complet qui est actuellement employé par les sapeurs-pompiers de Paris, les houillères, de nombreuses usines, les hôpitaux, etc.
- Il ne restait plus qu’à faire l’éducation du public, à lui apprendre les nouveaux moyens dont on dispose en remplacement de ceux qui furent préconisés si longtemps.
- C’est maintenant chose faite. Déjà, en 1923, le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France avait approuvé la méthode Schafer. Depuis, elle a largement fait ses preuves et récemment, le Ministère des Travaux publics décida de réunir une Commission interministérielle .pour réviser les ^instructions datant de 1911, obligatoirement affichées dans tous les locaux contenant des installations électriques, sur les secours à donner aux personnes victimes d’un contact accidentel avec des conducteurs. Les travaux de cette Commission ont abouti à un décret, visé par le Conseil d’Etat, en date du 23 janvier 1927, publié au Journal Officiel du 3 février. Il prescrit l’apposition de deux affiches, l’une s’adressant aux électriciens, l’autre au public, indiquant ce qu’il faut faire en cas d’accident.
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- dans des conditions spéciales, provoquer un accident mortel.
- Ces conditions, quoique spéciales, ne sont pas exceptionnelles.
- Pour qu’elles se réalisent, il suffit que la résistance normale du corps au passage du courant électrique diminue sensiblement et qu’en même temps se produise, à travers le corps, une dérivation à la terre.
- Les mains moites, une forte transpiration, un sol humide, un contact direct avec des outils ou des pièces métalliques reliés à la terre, des robinets, des canalisations d’eau, de gaz, de vapeur, constituent un danger très sérieux à ce double point de vue.
- Ne l’oubliez pas, tout particulièrement en maniant des lampes portatives, des outils ou des appareils électriques quelconques mobiles.
- Prenez toujours vos précautions en vous isolant convenablement du sol.
- Les installations électriques doivent être fréquemment vérifiées : c’est le moyen le plus sûr d’éviter les accidents.
- SECOURS A DONNER AUX PERSONNES VICTIMES D'UN CONTACT ACCIDENTEL AVEC DES CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES
- Soustraire le plus rapidement possible la victime aux effets du courant en tse conformant rigoureusement aux preserip-
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- tions ci-dessous indiquées pour ne pas s’exposer personnellement au danger.
- Nota. — L’humidité rend le sauvetage particulièrement dangereux. Dans tous les cas, prévenir un médecin.
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- Tensions au plus égales à :
- courant continu, 600 colts ;
- courant alternatif simple, 250 volts ;
- courant alternatif triphasé, 250jh30 volts.
- Écarter immédiatement le conducteur de la victime, en prenant la pï-écaution de ne pas se mettre en contact direct ou par l’intermédiaire d’un objet métallique avec le conducteur sous tension.
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- Tensions supérieures aux précédentes et au plus égales à :
- courant continu, 6000 volts ;
- courant alternatif simple, 6000 volts;
- courant alternatif triphasé, 3500j6000 volts.
- Tenter de supprimer le courant, mais, si la victime est suspendue, prévoir auparavant sa chute, en préparant sur le sol : matelas, bottes de paille, etc.
- Tant que le courant ne sera pas supprimé, n’entreprendre le sauvetage qu’en suivant les prescriptions suivantes :
- Ecartement des pis.
- Sans toucher la victime, écarter le fil avec un bâton, une canne ou un outil à manche isolant, à l’exclusion d’un parapluie; ces objets ne doivent pas être humides.
- Lorsque le fil est tombé sur le sol et touche la victime, se placer, si possible, sur un tabouret isolant (*) ou sur une chaise en bois sèche.
- Déplacement et dégagement de la victime.
- S’il est plus facile de déplacer la victime que d’écarter les fils, le faire en observant exactement les mêmes précautions.
- Dans toutes ces opérations, éviter que le fil ne vienne toucher le visage ou d’autres parties nues du corps.
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- Tensions supérieures à :
- courant continu, 6000 volts ;
- courant alternatif simple, 6000 volts ;
- courant alternatif triphasé, 3500/6000 volts.
- Supprimer le courant, sinon le sauvetage sera toujours très dangereux.
- Ne l’entreprendre alors qu’en respectant scrupuleusement les précautions suivantes :
- 1. « Tabouret isolant ». Se construit en disposant sur le sol des planches sur lesquelles on place des isolateurs ou, à défaut, des objets solides très isolants (bouteilles vides, bols en faïence, etc.), le tout est surmonté par de nouvelles planches aussi sèches que possible.
- ~ "7.. - — 277 =
- Isoler le sauveteur à la fois du côté du courant et du côté de la terre; n employer que des outils à manches très isolants ou munis de poignées en porcelaine ou en verre ; dans tous les cas, se placer sur un tabouret très isolant.
- Si la victime est suspendue, ne faire supprimer le courant qu’après avoir prévu sa chute.
- PREMIERS SOINS A DONNER EN ATTENDANT LtARRIVÉE DU MÉDECIN
- Donner à la victime, dès qu’elle est soustraite aux effets du courant, les soins ci-après indiqués, même dans le cas où elle présenterait les apparences de la mort.
- 1 ransporter d’abord la victime dans un local aéré où on ne conservera qu’un petit nombre d’aides, trois ou quatre, les autres personnes étant écartées.
- Desserrer les vêtements et s’efforcer, le plus rapidement possible, de rétablir la respiration et la circulation.
- Pour rétablir la respiration, on doit avoir recours à la respiration artificielle.
- Chercher concurremment à ramener la circulation en frictionnant la surface du corps, en flagellant le tronc avec les mains ou avec des serviettes mouillées, en jetant de temps en temps de l’eau froide sur la figure, en faisant respirer du vinaigre ou de l’ammoniaque.
- Les inhalations d’oxygène, quand on dispose de ce gaz, accélèrent le retour à la vie. Elles doivent être pratiquées par les voies respiratoires dans les conditions qui auront été prescrites par le médecin présent. Il est interdit de faire respirer ce gaz sous pression.
- MÉTHODE DE RESPIRATION ARTIFICIELLE (SCHAFER)
- Coucher la victime sur le ventre, les bras étendus le long de la tête. Le sauveteur se place à genoux, à cheval, sur la victime, de manière à pouvoir s’asseoir sur ses mollets ; il étend les bras et pose les mains ouvertes sur le dos au niveau des dernières côtes, les pouces se touchant presque. Il appuie progressivement et de tout son poids sur le thorax de manière à provoquer l’expiration, puis il cesse de presser tout en laissant ses mains en place; l’inspiration se produit alors par l’élasticité des côtes et de l’abdomen. Le sauveteur recommence les mêmes pressions et continue ainsi à raison d’une quinzaine de pressions par minute, réglées sur sa propre respiration.
- Ces mouvements doivent être répétés jusqu’au rétablissement de la respiration naturelle, rétablissement qui peut demander plusieurs heures.
- N’abandonnez jamais un électrocuté sans avoir des signes certains de sa mort.
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- La seconde affiche,, destinée au public, reproduit les mêmes instructions, en simplifiant les remarques techniques relatives aux diverses catégories de courants.
- Le Ministère de l’Instruction publique a prescrit, de son côté, dans les lycées, collèges, écoles, établissements de l’enseignement technique, des leçons sur le même sujet. Elles seront particulièrement utiles, puisqu’avec le développement de l’industrie et l’électrification progressive du territoire, les accident deviennent de plus en plus fréquents. R. M.
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- VAUTOMOBILE PRATIQUE
- Pourquoi un moteur d’àutomobile peut-il « chauffer » ?
- On sait que, normalement, l’eau d’un radiateur d’automobile doit être à une température suffisante pour que le rendement thermique du moteur soit satisfaisant, mais cette
- rapidement par suite Pde l’insuffisance' de la pompe ou [des canalisations, et la réserve- d’huile contenue dans le carter est parfois insuffisante pour permettre son refroidissement normal.
- Il est évident que le constructeur seul est qualifié pour remédier à ces inconvénients, mais les petits défauts suivants sont moins graves, très faciles à déceler et à faire disparaître :
- Fig. 1. — 1. Le Lubopédal. Cette pédale sert à jla commande du débrayage et du frein d’une voiture. Elle permet en même temps d’actionner les appareils de signalisations électriques, lumineux et même sonores. 2. Ecran antiéblouissant Safety. Il se place sur le phare gauche d’une voiture et renvoie les rayons lumineux vers la droite, donc il ne peut gêner le conducteur arrivant en sens inverse. 3. Croisement de deux voitures dont les phares sont munis d’écrans antiéblouissants. La visibilité de la route reste excellente et les conducteurs ne sont pas gêné s.
- 4. Carrosserie à toit amovible, réunissant les avantages de la conduite intérieure et du torpédo.
- eau ne doit pas entrer en ébullition; ce fait indique donc toujours un fonctionnement anormal. On dit, dans ce cas, que le moteur « chauffe », et ce phénomène se produit malheureusement trop souvent avec de petites voitures à moteur de faible cylindrée, mais à forte compression.
- Il faut d’abord noter soigneusement qu’il est essentiel de s’assurer, lorsqu’un moteur a chauffé, et que l’on veut à nouveau remplir le radiateur, du niveau .du liquide dans ce dernier. Si par malheur, en effet, on verse de l’eau froide dans un radiateur vide à ce moment, l’eau froide, en arrivant au contact des cylindres chauds, peut causer, une fêlure immédiate du bloc-moteur entraînant par la suite une réparation extrêmement coûteuse, en outre de la mise hors service de l’automobile pendant assez longtemps.
- Ceci posé, réchauffement anormal d’un moteur peut provenir de deux sortes de causes : des défauts généraux auxquels seul le constructeur peut remédier, et des anomalies momentanées que le conducteur de l’automobile peut faire disparaître facilement.
- Une première cause d’échauffement peut être la mauvaise circulation de l’eau autour des cylindres. Le thermo-siphon est mal établi ou la pompe insuffisante, la capacité du radiateur est trop faible ou sa disposition est défectueuse.
- Un défaut de conception du système de graissage peut également amener un échauffement anormal et rapide du moteur. La circulation de l’huile ne s’effectue pas assez
- 1° Le ventilateur ne tourne pas normalement, généralement parce que sa courroie est détendue. Il suffit alors de la resserrer à l’aide de l’excentrique dont il est le plus souvent muni ;
- 2° Le niveau de l’eau dans le radiateur est insuffisant ;
- 3° Le niveau de l’huile dans le carter est insuffisant, ou la circulation de l’huile n’est pas assez rapide par suite d’un défaut de la pompe ou d’un encrassement du filtre ;
- 4° Le point d’allumage est mal réglé. La manette d’avance à l’allumage est mal réglée dans le cas où l’avance est variable, ou la magnéto est déréglée si l’avance est automatique ;
- 5° La carburation est défectueuse. Le mélange explosif est trop riche en essence ; on reconnaît ce défaut par la couleur noire des électrodes des bougies. Pour remédier à êet inconvénient, on augmente l’ouverture de la prise d’air si celle-ci est variable, on augmente le diamètre de la buse ou l’on diminue le diamèti'e du gicleur;
- 6° Les soupapes d’échappement sont mal réglées et l’échappement se fait dans de mauvaises conditions.
- Une pédale de commande à usages multiples.
- Nous avons indiqué dans une de (nos dernières chroniques, l’utilité actuelle des appareils électriques de signalisation, surtout pour les automobiles à conduite intérieure.
- Ces appareils sont généralement commandés à l’aide d’une
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- manette à plots à plusieurs directions, fixée sur le tablier de contrôle de l’automobile ou sur le volant de direction.
- Il est cependant encore plus facile pour le conducteur, surtout au moment d’un virage, de ne pas avoir à déplacer sa main, et de pouvoir commander la mise en fonctionnement du signal avec son pied seulement.
- Les nouvelles pédales spéciales que montre la fig- 1 remplacent les pédales ordinaires de frein et de débrayage d’une voiture.Elles comportent une plaque fixe et une deuxième plaque mobile qui peut venir appuyer sur la première, mais en est normalement écartée à l’aide de ressorts.
- En appuyant avec le pied sur là pédale, soit sur la partie médiane, soit sur la partie droite ou gauche, on actionne le frein ou le débrayage et en même temps on commande à volonté la fermeture de trois circuits électriques différents. Ces circuits électriques contrôlent la mise en fonctionnement d’appareils lumineux ou sonores quelconques de signalisation.
- Écran anti-éblouissant pour phares d’automobile.
- On sait les dangers de l'éblouissement produit par les phares d’automobile, dangers qui ont déjà été signalés dans La Nature; on connaît, d’autre part, les prescriptions sévères mais justes du Code de la Route à ce sujet.
- Parmi les moyens les plus simples employés pour éviter l’éblouissement, l’adaptation sur le phare d’un écran extérieur de forme spéciale, représente évidemment une solution efficace (fig. 2).
- Cet écran se place sur le phare gauche de la voiture et
- renvoie les rayons lumineux vers le bas et la partie droite de la route.
- Le conducteur continue ainsi à avoir une très bonne visibilité, de la route qu’il suit, mais l’éblouissement est évité pour l’automobiliste qui arrive en sens inverse (fig. 3).
- Carrosserie conduite intérieure à toit mobile.
- La vogue de la carrosserie dite conduite intérieure augmente chaque jour avec raison, car ce modèle convient particulièrement à l’automobiliste qui veut conduire lui-même sa voiture en toute saison, et c’est maintenant là.un cas général.
- Tout en appréciant les avantages de la conduite intérieure, un grand nombre d’amateurs de grand tourisme regrettent parfois l’aération et la clarté d’une torpédo.
- Une carrosserie conduite intérieure à toit s’ouvrant doit combler leurs vœux. Dans un modèle de ce genre, le toit est formé d’une' tente parfaitement étanche, et d’un seul morceau, qui s’accroche et se tend simultanément (fig. 4).
- Grâce à l’étude particulière de la forme de la carrosserie, aucun remous d’air ne se produit pendant la marche, même à grande vitesse. De plus, un système souple à panneaux entoilés garantit le silence indispensable à toute voiture moderne. L. Picard.
- Adresses des constructeurs des appareils décrits :
- Lubopédal, 1, avenue deVillars, Paris (vu®).
- Ecran antiéblouissant « Safety », 9, rue Brémonlier, Paris (xvne)..
- Nouvelle carrosserie,Henri Labourdette, 35, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- POUR VISSER UN ECROU USE
- Un écrou, ayant quelque usage, présente une usure plus ou moins importante des filets, de sorte qu’il ne peut se visser sur la tige; les filets sautent par dessus ceux de la tige elle-même, dès que l’écrou éprouve une certaine résistance au serrage.
- On peut retaper provisoirement un vieil écrou ou un vieux boulon en posant les pièces sur une surface plane résistante et en appliquant sur la pièce quelques coups bien d’aplomb, pas très violents, aveé la panne du marteau.
- S’il s’agit d’une vis, les coups seront très faibles, afin de renfler légèrement les filets qui pourront coincer plus facilement dans les logements préparés sur l’écrou. Pour l’écrou, on frappe un peu plus fort, afin d’ovaliser légèrement le trou central.
- En vissant ensuite avec une clé, sans faire de trop grands efforts, l’écrou monte sur les filets.
- Cette réparation est évidemment peu durable, mais elle permet de sortir d’embarras, sur une route par exemple, lorsqu’on veut remonter une pièce d’une bicyclette.
- POUR DESSINER FACILEMENT DES DENTS D'ENGRENAGES
- 11 est long de figurer des roues d’engrenages dans un dessin, si l’on veut exécuter toutes les dents exactement de la même forme.
- On peut gagner du temps en préparant une sorte de patron ou gabarit, découpé dans du celluloïd épais, le profil du gabarit étant celui de la dent qu’il s’agit de représenter.
- Il est indispensable en premier lieu de dessiner très exactement une première dent sur le celluloïd; ensuite au moyen d’un canif ou d’une paire de ciseaux bien affûtés, le celluloïd est taillé suivant le profil de la denture et la dent est prolongée par une bande de longueur suffisante pour qu’elle puisse être fixée au moyen d’une punaise, sur le dessin, au centre de la roue.
- De cette manière, en faisant tourner successivement la bande
- de celluloïd, on amène le gabarit à l’emplacement de toutes les dents qu’il faut dessiner. On suit avec un crayon le profil extérieur du patron et on dessine ainsi rapidement toutes les dents d’engrenage de la roue.
- En se basant sur les modules d’engrenages, on peut n’utiliser qu’un seul gabarit pour des roues de différents diamètres, de la même façon qu’on utilise la même fraise pour le taillage des dents d’engrenage d’un module déterminé.
- De la même façon on représentera rapidement des roues à rochet, des roues à cliquet dont l’exécution est souvent défectueuse, en raison de la lenteur du travail fastidieux que demande l’exécution parfaite des roues d’un grand nombre de dents.
- POUR EMPÊCHER LA TOILE CIRÉE DE SE COUPER AUX ANGLES DES TABLES
- Lorsqu’on fixe sans précaution une toile cirée clouée sur une table, par exemple dans une cuisine, la toile cirée ne tarde pas à se couper aux angles de la table. On pourrait évidemment avec une râpe à bois abattre les angles, mais cela détériorerait le plateau.
- Pour éviter la coupure de la toile cirée, on cloue tout autour de la table une petite baguette demi-ronde, dont la hauteur sera exactement égale à celle de la planche, de façon à supprimer les arêtes coupantes. Comme la plupart du temps, il n’existe pas de baguettes demi-rondes suffisamment hautes, on en préparera avec une râpe à bois, en utilisant des baguettes de section rectangulaire, dont la grande dimension correspond à la hauteur du plateau.
- Au lieu de prendre des baguettes demi-rondes, on peut utiliser de vieux chiffons de laine ou de vieilles flanelles pour faire une sorte de bourrelet suffisamment épais et arrondi, que l’on cloue tout autour des bords de la table. Ce procédé est encore plus efficace pour la conservation de la toile cirée que celui de la baguette demi-ronde que nous avons indiqué ci-dessus.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- Un dispositif de réglage automatique de Uadmission pour les moteurs d’avion surcomprimés.
- Les moteurs surcomprimés utilisés en aéronautique sont calculés pour une altitude d’emploi déterminée ; au-dessous de cette 'altitude il est défendu, sous peine d’usure exagérée du moteur, de le faire fonctionner à pleine admission. Devant cette nécessité, une butée est généralement placée pour limiter la course de la manette des gaz, butée escamotée par le pilote une fois atteinte l’altitude nominale. Le moteur fonctionne donc pendant la montée à une puissance exagérément réduite, cette puissance s’accroît brusquement de 20 0/0 environ au passage.de l’altitude nominale.
- Un dispositif de réglage automatique du couple serait intéressant, il augmenterait la durée du moteur et la sécurité par élimination des fausses manœuvres, et majorerait sensiblement les performances.
- Ceci a conduit M. Dorand, ingénieur aux établissements Louis Bréguet, à imaginer l’appareil qu’il présentait le 2 février dernier à la Société française de Navigation aérienne.
- Vers la manette des gaz
- Fig. 1.
- Cet appareil (lig. 1) se compose d’un piston C commandant la manette des gaz du moteur; sur ce piston agissent, d’un côté {A) la pression fournie par un compresseur [a), pression maintenue constante par une soupape, de l’autre côté {B), la pression fournie par un compresseur (b) dont l’espace mort est rendu variable suivant les mouvements du piston
- (<?)•
- La pression atmosphérique baissant, la pression en (A) reste constante, la pression en (B) diminue : (C) se déplace donc dans le sens de la flèche. Ce mouvement entraîne la diminution du volume mort du compresseur (b) ce qui entraîne une augmentation de la pression en (Z?). Il s’établit rapidement un équilibre stable du système, dont la position dépend de la valeur de la pression extérieure.
- Une came permet de lier les mouvements de (C) au volume mort par une loi quelconque, donc de lier la position de la manette des gaz à la pression extérieure, de manière à rendre le couple moteur constant.
- Le calcul montre que l’usure de l’appareil correspond à un simple changement du zéro; une vis permet de rattraper cette variation (variation assez faible).
- Les deux compresseurs sont à cylindres opposés, attaqués par le même maneton ; les soupapes d’admission sont à culbuteurs, les soupapes de refoulement automatiques.
- L’appareil essayé à terre et en vol a donné les résultats escomptés, résultats comme nous l’avons dit, fort intéressants.
- TRAVAUX PUBLICS Le forage le plus profond du monde.
- C’est aujourd’hui celui de Orange County en Californie (Etats-Unis). Il atteint actuellement la profondeur de 2.400 mètres ; il ira plus profondément encore, puisqu’il a été décidé de le continuer aussi longtemps qu’on le pourra. Ce forage a été commencé^le 13 mars 1925 et poursuivi sans arrêt depuis lors. .
- Le dernier record en cette matière appartenait jusqu’ici au forage de Lincoln Ilighway, près de Pittsburg (Pensylvanie), exécuté par le People’s Natural Gas C°, et descendu jusqu’à 2.325 m. On peut citer ensuite : Roscrans Field (Californie) : 2.277 m. ; Fairmont (Virginie Occidentale) : 2.2'73 m. ; Czuchow (Allemagne) : 2.204 m. ; Dominguez (Californie) : 2.196 m. Mc Donald (Pennsylvanie) : 2.174 m.
- INDUSTRIE
- Durcissement et protection du bois par le soufre
- fondu.
- Aux États-Unis, des essais d’imprégnation du bois par le soufre fondu ont donné des résultats satisfaisants.
- Le soufre fondu préserve le bois, comme le traitement à la créosote ; en outre il le durcit et le rend résistant, même aux acides.
- Pratiquement, tous les bois peuvent être imprégnés par immersion dans du soufre fondu en opérant dans une cuve ouverte ; la quantité de soufre absorbée varie suivant les espèces. L’emploi du vide ou de la pression accélère le trai-ment, mais, assez souvent, la quantité de soufre absorbée est à peine supérieure par l’un de ces procédés et la différence ne justifié pas la dépense d’installation.
- D’après le Génie Civil, qui donne la relation des essais effectués aux Etats-Unis, l’imprégnation comporte le traite-tement suivant :
- Le bois est maintenu à l’intérieur du bain de soufre, porté de 140° à 160° pendant les cinq ou six premières heures, jusqu’à ce que toute humidité ait disparu, puis entre 120° et 125° pour la fin du traitement, généralement quatre ou cinq heures.
- Le degré d’imprégnation est mis en évidence par la flottabilité du bois dans le bain de soufre.
- Il faut traiter du bois sec, car la présence d’humidité gène la pénétration du soufre et même l’empêcherait complètement s’il y avait excès d’eau.
- La quantité de soufre absorbée varie dans de très grandes proportions : le chêne rouge absorbe 40 0/0 de son poids, le spruce 64 0/0, le cyprès 60 0/0, le pin 75 0/0, le peuplier 76 0/0.
- Le bois imprégné de soufre a une résistance plus élevée; ainsi, pour la résistance à la compression, la charge maximum supportée par le pin passe de 250 à 400 kilogr. au centimètre carré et, au point de vue dureté, le traitement au soufre triple la résistance du sapin noir du Canada.
- L’effet du traitement par le soufre est différent de celui obtenu par l’imprégnation de créosote ou de sels métalliques, car le soufre reprend, dans le bois, sa forme cristalline, ferme les pores et ne peut s’échapper aux températures ordinaires. Bien qu’il ne soit pas toxique, le soufre préserve néanmoins le bois, parce qu’il empêche la pénétration et l’action de la plupart des agents de destruction.
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- Le bois imprégné de soufre se prête à de nombreuses applications, notamment pour les traverses de chemins de fer, les rais de roues, les poteaux, les manches d’outils, le pavage, en un mot pour tous les usages réclamant des bois résistants et très durs. H. B.
- L’aptitude des bois à la rétention des clous.
- Les Laboratoires des Produits Forestiers du Ministère de l’Intérieur du Canada ont entrepris des expériences en vue de déterminer la force de rétention des clous par les diverses essences de bois.
- Ces expériences offrent un grand intérêt au point de vue pratique, comme au point de vue commercial, car, comparées entre elles, de nombreuses essences ont un pouvoir de rétention très variable de l’une à l’autre.
- La forme et la dimension des clous jouent un rôle important. Le clou découpé tient mieux que le clou de fil de fer, mais il ne s’enfonce pas aussi bien, tandis que l’on peut fixer ce dernier beaucoup plus solidement dans le bois en l’enduisant de ciment ou en lui donnant une surface rugueuse.
- Dans les constructions qui nécessitent l’emploi d’une grande quantité de clous, il importe de bien déterminer les dimensions que ces derniers devront avoir, car une différence sur chaque clou réalise sur l’ensemble une économie appréciable.
- Les Laboratoires des Produits Forestiers du Canada ont déjà effectué 600 essais de ce genre, et ces essais seront continués jusqu’à ce -que toutes les essences fournies au commerce par les forêts canadiennes aient été mises à l’épreuve.
- Cette initiative très intéressante est d’une réelle utilité pour la 'construction des bâtiments, pour la menuiserie, la .charpenterie et l’industrie du meuble. H. B.
- ALIMENTATION
- Les nids d’hirondelle dans l’alimentation humaine.
- Un rapport de M. H. Martel, chef des Services vétérinaires du département de la Seine, donne les intéressants détails que voici sur le mets délicat que constituent les nids d’hirondelle, recherchés en Europe comme en Extrême-Orient, et dont on consomme une certaine quantité à Paris.
- Les hirondelles à nids comestibles, ou salanganes, du type martinet, habitent presque toutes les îles de l’archipel asiatique, les Philippines, les îles et côtes de la mer de Chine et du golfe de Siam, la péninsule indo-chinoise, la presqu’île de Malacca. Elles construisent leurs nids dans les cavernes au voisinage de la mer. Ces nids sont très petits, de forme à peu près hémisphérique, ayant 8 à 10 centimètres de longueur^ à4 centimètres de largeur et pesant de 5 à 10 grammes. Leur coque, très mince, n’a que 2 millimètres d’épaisseur environ.
- Ce sont les nids blancs, neufs, recueillis avant la ponte, qui sont de beaucoup les plus estimés. Ils ont moins de valeur quand les œufs y ont été déposés.
- Après l’éclosion et lorsque les jeunes y ont séjourné, les nids sont plus ou moins souillés par du sang, des déjections, des traces de duvet; ils sont alors de couleur grisâtre ou même noirâtre et, dépréciés, ils ne peuvent être consommés qu’après avoir été nettoyés soigneusement.
- On a cru longtemps que la substance qui constitue les nids de salanganes était le mucilage de certaines algues marines répandues dans les mers de l’Extrême-Orient et que les hirondelles se borneraient à recueillir pour en édifier leurs nids.
- Mais Payen a démontré que si les algues constituent les éléments initiaux des nids, ceux-ci sont en réalité édifiés à l’aide d’un mucus élaboré dans le jabot des hirondelles et qui; au temps des amours, s’écoule de Ieu*r bec sous forme de filaments fins et visqueux constitués par une substance, la cutilose, toute différente, par ses propriétés spéciales et sa composition, de la gélose ou agar-agar, qui forme la matière gélatineuse des algues. Néanmoins des fraudeurs seraient parvenus à fabriquer de faux nids d’hirondelle avec de la gélose.
- Singapour est le grand marché collecteur des nids d’hirondelle, d’où ils sont expédiés en Extrême-Orient et en petite quantité en Europe.
- Les nids d’hirondelle sont consommés en potage ; on les ébouillante pour en détacher le duvet, on passe sur gaze claire et le produit obtenu est employé, en guise de tapioca, avec un consommé de bœuf corsé et clarifié.
- Les gourmets apprécient, pour son goût fin, délicat, ce potage aux nids d’hirondelle; on emploie quatre nids pour préparer un potage.
- Ce produit naturel exotique tient sa place parmi les curieuses conquêtes de la gastronomie.
- Henri Blin.
- AVIATION
- Expédition argentine aérienne au Pôle Sud.
- Le 15 décembre dernier, une expédition est partie à bord d’un bateau de guerre du gouvernement argentin qui se dirige vers le Pôle Sud. Le bateau déposera les explorateurs à l’ile Désolation où ils resteront trois mois, effectuant de nombreuses observations et impressionnant 3.000 mètres de film cinématographique. L’ile Désolation est située à 800 kilomètres au Sud''3es Orcades, par 62° de latitude et 60° de longitude Ouest de Greenwich. Aux îles Orcades, le gouvernement argentin entretient depuis 24 ans un Observatoire météorologique, sismologique, magnétique et aérologique.
- L’hydravion qui servira à l’expédition a été louÜ pour la somme de 400.000 fr., il est du type Dornier Wal, a deux moteurs de 360 ch. chacun; il pèse 3.300 kilog. et peut transporter 2.200 kilog. de charge utile. Sa vitesse en régime maximum est de 180 kilomètres à l’heure et il peut s’élever jusqu’à 4.000 mètres d’altitude. Il comporte une cabine fermée pour les observateurs, les instruments de navigation perfectionnés, un transmetteur radiotélégraphique de grande puissance et un transmetteur radiotéléphonique pouvant communiquer à 300 kilomètres.
- Les explorateurs ont des habits de laine, du linge de corps en soie et des « over-alls » spéciaux contre le vent. Ils emportent 3 kilog. d’aliments par jour et par personne ; des traîneaux fabriqués spécialement en Norvège sont embarqués à bord.
- L’expédition se propose d’explorer une région aussi grande que l’Amérique du Sud dont elle étudiera la météorologie, de calculer pour l’océan Antartique, des tables d’orientation aérienne et observera les taches du soleil.
- De l’ile Désolation, l’expédition ira ensuite à la Terre* de Graham, suivant la côte orientale jusqu’à la Grande Barrière. De là, en ligne droite, l’avion ira survoler le Pôle Sud pour atteindre la mer de Ross.
- Le chef de l’expédition est l’ingénieur Pauly, auteur du projet, le major Zanni, célèbre et excellent aviateur qui fit le raid Paris-Tokio en 1925 ; le docteur Frias, opérateur radio-télégraphique et cinématographique et un excellent mécanicien l’accompagnent.
- Nous leur souhaitons plein succès.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Janvier et Février 1927.
- ÉLECTIONS
- Au cours du mois de janvier, l’Académie a élu Membres correspondants MM. Ch.-Eugène Guye et Paul Pascal.
- Dans la section de physique, le premier de ces savants remplace M. Kamerling Onnes, devenu associé étranger.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Un nouveau dérivé organo-métallique de l’or.
- (MM. Auguste Lumière et Félix Perrin.) — Dans le traitement de la bacillose, les médecins danois semblent avoir obtenu des résultats plus nets que leurs collègues français, dont il est à penser qu’ils ont employé des doses relativement élevées de thiosulfate double d’or et de sodium.
- La méthode due à M. Mollgaard présente ainsi quelques inconvénients et l’on ne saurait fonder de nouveaux espoirs sur d’autres sels d’or, comme le krysolgan et le triphal.
- Au sujet des organo-métalliques, MM. Aug. Lumière et Félix Perrin ont été conduits à préparer un dérivé, le cryptargol, qui répond à la formule CH2SAu — C1IOH — CFI20SO5Na, riche à 47 pour 100 de métal précieux. Corps blanc, amorphe et soluble dans l’eau, ce composé présente un sérieux avantage sur le thiosulfate, car il donne des solutions à 2 pour 100 qui, de faible toxicité, s’absorbent sans peine.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Un procédé général de préparation des colloïdes métalliques. (M. Eugène Fouard.) — Jusqu’ici, on ne disposait que de la méthode de Bredig, applicable seulement à quelques métaux, comme l’or, l’argent et le platine. Or, ainsi que l’a remarqué M. Fouard, si l’on prépare à l’avance une solution étendue d’albumine, de gélatine ou d’amidon qu’on additionne d’un sel du cristal à transformer, l’arc électrique que l’on y produit donne, sous un courant de quelques milliampères, avec une tension à peine supérieure à la tension de dissociation, un nuage de teinte caractéristique autour de la calhode. Et ce nuage se disperse dans le liquide. Mais le rendement n’est avantageux que lorsqu’on élimine tous les produits de la réaction électrolytique étrangers au métal, en plongeant l’anode dans une cellule-membrane de collodion, rendue semi-perméable par une précipitation interne de ferrocyanure de cuivre, le liquide inter-cellulaire étant renouvelé fréquemment au cours de la transformation.
- M. Eug. Fouard a pu ainsi préparer chimiquement purs, non seulement l’or, l’argent et le platine, mais aussi l’arsenic, l’iode, le tellure, le mercure, le bismuth, le cuivre et l’antimoine, et certains de ses essais indiquent que le procédé est encore applicable à quelques groupements organiques ioni-sables, comme les alcaloïdes.
- BIOLOGIE
- La biologie du phylloxéra de la vigne. (M. A. Mord-vii.ko.) — Les observations faites au cours de l’été 1925, dans la province de Ivouban, au nord du Caucase, ont mon-
- tré à cet auteur quelques caractères de la vie souterraine de l’insecte qui ne peut rester sur les racines des cépages plantés dans un sol sableux. Entre les parcelles du sol adjacentes et les racines, il n’y a en effet, ni interstices ni vides permettant aux larves de circuler. Pour que s’établissent des conditions favorables à la vie du phylloxéra, il faut que le vent, en agitant la partie aérienne de la plante, mette en mouvement le système radiculaire, créant ainsi, surtout dans les couches superficielles, des cavités où les colonies se développent ; si bien que les ceps se montrent d’autant plus résistants que leurs racines s’enfoncent plus profondément dans le sol. Quand ils s’enroulent autour d’arbres à troncs épais, les vents ne réussissent pas à les ébranler et l’on ne trouve pas de phylloxéra sur leurs racines.
- M. Mordvilko signale encore que, dans la province de Kouban, les ravages de l’insecte sont relativement de faible importance, car la température assez basse ne permet qu’un lent développement de la vigne dont la période de végétation est assez courte. Dans ces conditions, il y a moins de générations de phylloxéra et, par suite, moins d’individus qu’en Transcaucasie, où des vignobles entiers périssent.
- CRYPTOGAMIE
- Sur un Ceramium à bromuques. (M. G. Ollivier). — Reprenant la technique imaginée par M. C. Sauvageau qui emploie la solution ammoniacale de fluoresceine, l’auteur étudie un petit Ceramium. épiphyte, remarquable par l’abon-' dance de cellules hyalines à contenu réfringent et qu’il récolte depuis quelques mois à Yillefranche-sur-Mer et à Nice. La plante semble, par les anneaux corticaux, se rapprocher de Cer. tenuissimum Ag. et ses bromuques ont pour plus grande dimension 10 jx.
- Les cellules primordiales d’un anneau et leurs dépendances ne prennent pas naissance simultanément; la première se montre dans le plan de dichotomie, du côté externe, et couvre des rameaux. Si bien que dans les dernières ramifications on ne trouve qu’un bromuque par anneau sur la face externe; puis, avant la disparition du premier bromuque, un second se montre du côté opposé et ainsi de suite.
- Au total, pour M. G. Ollivier, quelques Ceramium portent des organes accumulateurs de brome, semblables à ceux des Antithamnion et des Antithamnionella, et leur apparition dure autant que la multiplication des cellules corticales (qui peuvent toutes en porter) et ils disparaissent ensuite complètement.
- OCÉANOGRAPHIE
- Transparence de l’eau de mer pour l’ultraviolet lointain. (M. Iv. Tsukamoto). — Cette question a encore été peu étudiée. En employant un speclrographe à optique de quartz, l’auteur a reconnu que l’eau de mer est beaucoup moins transparente que l’eau distillée, pour les rayons ultraviolets; particulièrement pour les radiations de longueur d’onde inférieure à 2200 A, son opacité augmente très rapidement.
- Parmi les sels qui composent l’eau de mer, les bromures ont un pouvoir particulièrement absorbant.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Viscosité et lubrification, par A. G. M. Michell, traduit de l’anglais par A. Troller. 1 vol. 68 p., 31 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1927. Prix : 8 francs plus majoration de 40 pour 100.
- Les problèmes de graissage sont encore’trop souvent, malgré leur importance capitale dans les machines modernes, soumis à l’empirisme le plus aveugle. Cependant les'bases d’une théorie logique du graissage ont été jetées, il y a longtemps déjà, parles expériences de Beauchamp Torver et la théorie fondamentale de Osborne Reynolds, travaux trop peu connus en France. Les vues théoriques de Reynolds ont reçu de remarquables applications dont la première en date semble être celle des paliers de butée à segments pivotants, inventés par Michell, l’auteur du présent ouvrage et aujourd’hui d’un usage universel. C’est même un des rares exemples où la théorie pure est conduite d’emblée à une invention de grande portée pratique, et ait précédé la pratique. C’est une preuve de la fécondité de la théorie du graissage de Reynolds. Elle repose essentiellement sur l’étude hydrodynamique de l’écoulement des fluides visqueux.
- Dans la première partie de son ouvrage, M. Michell résume les connaissances physiques essentielles sur la viscosité des fluides et indique les moyens les plus précis pour la mesurer. Puis il expose dans scs grandes lignes la théorie de l’écoulement des fluides visqueux entre surfaces parallèles ; théorie qui a reçu une application fort intéressante dans la création d’un nouveau viscosimètre à billes.
- La seconde partie étudie les rapports entre la viscosité et la lubrification. On y trouve la théorie de l’écoulement des fluides visqueux entre plans des surfaces inclinées, son application au calcul des paliers et la description des paliers les plus modenies mettant logiquement en œuvre ces phénomènes.
- Manuel de la classification décimale à l’usàge des ingénieurs électriciens. Etabli d’après le Manuel du Répertoire bibliographique universel de !Institut International de Bibliographie, par E. Beinet. 1 vol. de x'-{-'130p., édité par la Revue générale de VElectricité, ;12, place de Laborde, Paris, 1926. Prix : broché 9 francs. . ^
- La classification décimale imaginée par l’Américain Dewey puis reprise et complétée par l’Institut international de Bibliographie, à Bruxelles, est de plus en plus utilisée, à l’heure actuelle, dans les bibliothèques et dans les revues techniques. La Revue générale de l’Electricité, en particulier, en fait usage depuis longtemps et avec succès dans le but de permettre le classement des résumés composant le fascicule « Documentation » annexé à chacun de ses numéros.
- . Dans une sé-rie d’articles parus dans cette Revue, l’auteur a exposé les principes et les règles de la classification envisagée et indiqué un certain nombre de rubriques de cette classification choisies dans le Manuel du. Répertoire bibliographique universel comme devant plus particulièrement être utiles aux ingénieurs électriciens.
- Ce travail a été rassemblé dans la présente brochure et complété par. un index alphabétique. 11 servira de guide à tous ceux qui veulent s’initier à la pratique si commode et si rationnelle de la classification décimale.
- L’alcool d’industrie, par A. Richard. 1 vol. 222 p., 30 fig. Masson et Cio, éditeurs, Gauthier-Villars et Cio, Paris, 1927.
- Ce volume est le premier d’une série intitulée : « Les automobiles sans pétrole ». Il s’y l’attache par les espoirs que l’on a fondés sur l’alcool pour remplacer l’essence comme carburant, mais en fait il n’aborde nullement la question de l’emploi de l’alcool dans les moteurs; il est exclusivement consacré à la description des divers procédés de fabrication de l’alcool d’industrie: alcool de betteraves et de mélasses ; alcool des matières amylacées, grains ou pommes de terres, obtenu soit par les ferments, soit par les mucors, alcools de bois, ou de sciure, de déchets sul-fitiques obtenus par des procédés chimiques. L’auteur termine en indiquant les divers moyens pratiqués aujourd’hui pour déshydrater l’alcool et préparer l’alcool absolu.
- Il est curieux que l'auteur ait omis de mentionner la préparation de l’alcool à partir de l’éthylène des hauts fourneaux, qui pourrait, si on le voulait, fournir de grandes quantités d’alcool à bon marché.
- La Guerre chimique, par le lieutenant-colonel D.-P. Bloch. 1 vol. in-8, xiv -j- 119 p., 19 fig. Berger-Levrault, Paris, Nancy, Strasbourg. Prix : 6 francs.
- Voici la première étude, paraissant en France, qui traite de la guerre chimique sous ses divers aspects. L’auteur — un de nos techniciens militaires les plus connus, — après avoir décrit les différents moyens employés par les Allemands et par les Alliés pour l’utilisation des gaz, et relaté l’histoire de leur emploi au cours de la guerre, jette un coup d’œil sur l’avenir, gros de me-
- naces pour les populations de l’intérieur autant que pour les armées. Il montre les effets terribles dé toute surprise technique, exploitée par un peujde qui n’hésiterait pas à violer les engagements internationaux. Il termine enfin par un exposé des besoins chimiques si variés d’une nation en guerre et met en balance ces besoins avec nos ressources. L’ouvrage est précédé d’une magistrale introduction du général Weygaud.
- Où en est la chimie colloïdale, par Paul Bary. 1 vol. in-8, 323 p., .73 fig. Collection des ce Mises au point ». Gauthier-Villars et Cie,- Paris, 1927. Prix : 25 francs.
- La chimie des Colloïdes est une branche des sciences qui est actuellement en pleine évolution. Le développement qu’elle a pris depuis quelques années l’a entraînée bien au delà des laboratoires qui l’ont vu naître. Ses applications industrielles s’étendent à presque toutes les grandes fabrications, et dans les plus anciennes, comme la verrerie, la céramique, la teinture, le traitement des bois, les vernis, elle a permis la discussion des procédés empiriques et leur remplacement par des méthodes scientifiques; elle est enfin à la base même de toute une série importante d’industries modernes : les matières plastiques, les’soies artificielles, les isolants électriques, etc. L’auteur, après avoir exposé simplement les tares scientifiques de. cette nouvelle science, énumères ses nombreuses applications industrielles avec toute la compétence dont il a déjà fait preuve.
- La représentation du Monde chez l’Enfant, par Jean Piaget, avec le concours de onze collaborateurs. 1 vol. in-8, 424 p. Bibliothèque de Psychologie de l’Enfant et do Pédagogie. Alcan, Paris, 1926. Prix : 40 francs.
- Depuis les études fameuses de Sully et de Stanley Hall, les psychologues et les pédagogues ont compris l’intérêt qu’il y a à connaître les idées spontanées, ou tout au moins les orientations d’esprit spontanées des enfants sur la nature et les phénomènes d’observation courante. L’auteur s’est efforcé de contrôler les résultats connus, et de compléter l’observation pure et simple de l’enfant par des conversations libres. Il a repris de ce point de vue l’étude du réalisme enfantin (idées des enfants sur les rêves, les noms, la pensée), de l’animisme et de l’artificialisme enfantin (idées des enfants sur les phénomènes naturels, la vie, l’origine des choses1). Ce volume est un bon recueil de documents objectifs qui mettent en lumière les modes de la pensée enfantine.
- Faune de France. 13. Diptères brachycères, par E. Séguy. 1 vol. in-8, 308 p., 685 fig. Lechevalier, Paris, 1926. Prix : 55 francs.
- Voici le 13e volume de la Faune de France éditée par l’Office central de Faunistique de la Fédération française des sociétés de sciences naturelles. Nous avons dit quelle œuvre admirable est cette entreprise qui doit nous doter progressivement d’un inventaire complet des animaux de France, établi sur un plan uniforme par les zoologistes les plus qualifiés. Celui-ci est la 5" partie du catalogue des Diptères. 11 traite de toutes les espèces des familles suivantes : Strationyiidés, Erinnidés, Cœnomyiidés, Rhagionidés, Tabanidés, Godidés, Nemestrinidés, Mydaidés, Bombybridés, Therevidés, Omphralidés.
- Encyclopédie entomologique. VII. Faune cavernicole de la France avec une étude des conditions d’existence dans le domaine souterrain, par le Dr René Jeannel. 1 vol, in-8, 334 p.,
- 74 lig., 15 planches. Paul Lechevalier, Paris, 1926. Prix : broché,
- 75 francs ; cartonné, 85 francs.
- Dans la première partie l’auteur précise les conditions d’existence dans le domaine cavernicole, minutieusement observées au cours de vingt années d’explorations souterraines ; il montre les habitats et les associations qu’on y rencontre. Les animaux cavernicoles sont de nature et d’origine extrêmement variables; leurs habitudes, leurs spécialisations, leur manière de se nourrir sont très diverses et ces conditions écologiques déterminent leur répartition. Les espèces troglobies, avec leurs caractères évolutifs si remarquables, monti*ent des adaptations très curieuses et encore peu connues ; ils sont . des survivants de lignées très anciennes et disparues au dehors. Les quelques animaux ailés qui fréquentent en grand nombre les entrées de toutes les grottes posent un autre problème biologique. L’association des guano-bies, qui grouille dans le fond des cavernes autour de quelques espèces de Chauves-Souris grégaires, est sans doute une des symbioses les plus populeuses de toutes celles existant à la surface de la terre. La deuxième partie donne la liste de tous les Invertébrés rencontrés dans les grottes de la France et des régions limitrophes e.t cite pour chaque espèce, sa distribution géographique et ses conditions d’existences dans les cavernes. D’excellentes illustrations ajoutent à l’intérêt de cette remarquable étude d’un des milieux biologiques encore les moins connus.
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- PETITES INVENTIONS
- TRAVAUX D'AMATEUR Des outils faits avec un tube d’acier.
- Si l'on sait'travailler le métal à chaud, il est facile de faire des outils à bois en se servant de tubes sans soudure en acier. Ce moyen est plus commode et plus rapide que celui qu’on emploie ordinairement pour fabriquer des ciseaux à bois, des gouges et des bédanes.
- Le tube d’acier est coupé en longueurs égales sensiblement pareilles à celle de la lame d’un outil courant. On donne au tube, sur une partie, la forme voulue, soit aplatie, soit rec-
- consomme donc un peu moins qu’un aspirateur de poussière ou qu’un fer électrique à repasser.
- Cette puissance permet de.menus travaux, néanmoins suffisants pour le travail d’amateur d’un simple particulier.
- Le moteur est établi, ainsi que nous l’avons dit, dans le mandrin, on peut fixer les pièces que l’on veut tourner. On peut monter une machine à percer, une meule à polir, une scie circulaire sur l’arbre horizontal ; on peut fixer les différents montages qui coulissent et sont bloqués à la position voulue au moyen d’une vis support d’outil, poupée de tour, planchette guide pour le sciage, etc.
- La machine peut également, suivant le travail à effectuer,
- Fig. 1. — Comment on fait des outils en tube d’acier.
- Fig. 2. — Le Voltouiil.
- tangulaire, suivant la nature de l’outil qu’on se propose de fabriquer.
- Dans le cas d’une gouge étroite, le tube rectangulaire est laissé entier, mais dans le cas d’une gouge plate, on enlève la partie inutile, comme l’indiquent les croquis (fig. 1).
- L’extrémité du tube qui reste est évasée en utilisant un pointeau et cet évasement permet d’emmancher facilement un manche de bois qui permettra la manœuvre de l’outil terminé.
- Bien entendu, le travail du tube se fait à chaud sur une petite enclume ou même sur un étau un peu robuste. On peut d’ailleurs faire exécuter par un forgeron la partie du travail à chaud que l’on ne pourrait entreprendre.
- Les bords du tube transformé, qui doivent travailler, sont ensuite taillés en biseau et affûtés sur la meule, comme à l’habitude pour les outils usuels du menuisier.
- Le voltoutil.
- Cetfe petite machine se place facilement sur un établi ou une table, au moyen de deux pinces placées à l’extrémité d’un arbre de guidage horizontal ; l’une des pinces est solidaire d’un moteur électrique qui fait fourner un mandrin, lequel peut recevoir toute une série d’appareils.
- Le moteur électrique a une puissance de 200 watts; il
- être fixée verticalement et elle prend alors l’aspect d’une petite perceuse électrique, les pièces à percer se montant sur un plateau qui est fixé rapidement par une patte faisant partie de l’étau principal.
- Enfin, le moteur électrique peut servir avec une courroie et un renvoi, à actionner un petit appareil quelconque.
- S. G. A., 44, rue du Louvre, Paris.
- Un appareil électrique à marquer le bois.
- Cette petite presse à marquer permet d’exercer, au moyen d’un levier, une pression élevée. La mâchoire mobile reçoit une marque à chaud composée d’une plaque gravée en acier ou en laiton, munie d’un corps chauffant électrique et d’une plaque supérieure de serrage, sur laquelle la marque est fixée à queue d’aronde.
- La consommation est de 1 kw, la température de travail à atteindre demande 10 à 15 minutes. La presse peut alors travailler sans interruption à raison de 1 impression par seconde.
- Elle brûle aussi bien les bois durs que les bois tendres, la planche rabotée et la planche lisse, les éléments de chauffage électriques sont établis aussi bien pour le continu que pour l’alternatif et suivant le réseau de distribution,
- La marque est faite en un alliage spécial qui permet un chauffage plus rapide, un maintien plus régulier de la tem-
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- pérature et une plus grande longévité pour obtenir des impressions nettes sur les pièces qu’il s’agit de marquer.
- Aug. Damblon, 16, rue Gérard, Anvers.
- Fig. 3. — Appareil électrique a marquer le bois.
- ECLAIRAGE Lanterne photographique à veilleuse.
- Le meilleur dispositif à utiliser pour une lanterne photographique est évidemment celui d’une lampe électrique, mais lorsqu’il n’est pas possible d’avoir recours à ce mode d’éclairage, on peut remplacer la bougie ordinaire par une veilleuse en transformant simplement la lanterne à bougie habituellement utilisée.
- Dans l’emplacement où se met la bougie, on fixe un verre à pied cassé, en remplissant le porte-bougie de cire ou tout simplement de bougie fondue qui, en se solidifiant maintient le verre dans sa position verticale. Un petit verre à liqueur
- Fig. 4. — Une lanterne vhotographique à veilleuse.
- fait parfaitement l’affaire. Si l’on veut utiliser un verre sans pied, il suffit de retirer le porte-bougie.
- La veilleuse est maintenue à la surface de l’huile que contient le récipient au moyen d’un flotteur, que l’on peut très bien fabriquer soi-même avec une rondelle de liège, coupée dans un bouchon, et une capsule pour bouteille que l’on aura percée d'un trou au centre.
- ' ........................—= 285 =
- Ce flotteur supporte la veilleuse qui est du modèle bien connu.
- L’emploi de ce mode d’éclairage a de grands avantages sur celui de la bougie; la dépense est faible, la chaleur dégagée est moins grande et il n’y a pas à craindre une brûlure en enlevant le verre rouge, car seule la partie supérieure de la lanterne est un peu chaude.
- La lumière se répartit bien et comme l’huile s’use lentement, la flamme ne présente pas de variations gênantes, en particulier si l’on veut effectuer un virage sur papier bromure.
- Enfin la bougie s’use ti'ès vite dans une atmosphère surchauffée, ce qui n’est pas le cas de la veilleuse, car la quantité de combustible dont on dispose dure longtemps étant donné le peu de consommation d’huile. On peut conserver l’intérieur de la lanterne propre, ce qu’il est bien difficile de faire lorsqu’on emploie une bougie ordinaire.
- Lampe électrique
- pour laboratoire de photographie.
- On peut équiper très simplement une lampe électrique de laboratoire en utilisant une boîte métallique à bonbons, suffisamment haute pour con-
- tenir à l’intérieur une lampe et sa douille.
- La douille choisie est à double bague, ce qui permet de la fixer facilement sur le couvercle de la boîte, dans lequel on aura, au préalable, découpé une ouverture destinée au passage de la queue de la douille de lampe.
- Pour assurer le serrage et l’étanchéité au point de vue de la lumière, on interpose entre la double bague et la ^ boîte une rondelle de drap ou de caoutchouc, cette dernière étant découpée par exemple dans une vieille chambre à air.
- Le fond de la boite est découpé, puis garni d’un verre
- rouge, dont le diamètre est un peu plus grand que celui de l’ouverture préparée. On peut fixer ce verre au moyen d’un cordon de mastic contre les parois de la boite, ou plus simplement encore au moyen de deux tringles qui sont rivées sur la boite et qui appliquent le verre contre l’ouverture.
- On peut également, pour assurer un joint plus étanche, interposer une rondelle de drap [ou de caoutchouc entre le verre et le fond, cette rondelle étant collée à la colle de poisson.
- 11 ne reste plus maintenant qu’à mettre la lampe dans la douille, celle-ci étant réunie par un cordon souple avec une fiche de prise de courant.
- Le couvercle des boîtes de bonbons en général s’ajuste sur la boîte d’une façon suffisante, mais si cela n’était pas on pourrait interposer une bande de caoutchouc formant joint
- Fig. 5. — Lampe électrique pour laboratoire de photographie.
- ou bien un tissu élastique quelconque.
- On peut munir le couvercle d’une patte à crochet et la lampe sera ainsi suspendue facilement au mur, à moins qu’on se contente de la suspendre au plafond, l’ouverture circulaire éclairant alors directement la table et la lampe pouvant être facilement redressée à angle droit, en la tenant d’une main, quand on veut observer un cliché par transparence.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l’utilisation des chaleurs tropicales.
- M. P.-M. Jauvert, ingénieur à Toulon, nous écrit à ce propos une lettre dont nous extrayons ce qui suit :
- « La récente communication de MM. Claude et Boucherot à l’Académie des Sciences a lancé sur une piste fort intéressante Un nombre respectable de chercheurs.
- A vrai dire, l’idée d’utiliser soit la chaleur solaire, soit au contraire le froid intense de certaines eaux marines n’est pas nouvelle.
- Dans cet oi'dre d’idées seule la réalisation pratique d’un appareil compte..
- C’est ce qui explique que des recherches entreprises depuis 1921 en Italie n’ont pas encore abouti...
- Et pourtant la solution du problème est bien simple...
- Remarquons d’abord que M. Claude est tenu d’aller chercherau voisinage des mers tropicales les différences de températures ncccs-raires au fonctionnement de sa machine à vapeur.
- Ces différences sont de l’ordre de 25°.
- Or, j’ai construit en fin 1923 une machine, de faible puissance, il est vrai (0,2 ch.) qui produisait une force motrice immédiatement utilisable sur son arbre dès qu’on lui imposait une différence de température de 4°. Le rendement économique du système était évidemment très faible, peut-être la moitié de celui exprimé par la formule de Carnot, mais au prix de revient de cette chaleur cette question devenait sans aucune importance.
- Le premier essai de cet appareil a eu lieu en utilisant simplement la différence de température d’une eau chauffée durant le jour par les rayons solaires et de l’eau d’un puits, soit environ 12°.
- Cette machine tournait dès qu’on lui faisait sentir une chute quelconque de température, elle fonctionnait sans interruption avec quelques gouttes d’huile par semaine.
- Or, et ceci présente une importance capitale au sujet de la récente communication dont toute la presse a parlé : le brevet couvrant cette disposition a été déposé le 28 septembre 1925, donc neuf mois avant ladite communication. «
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment recoller les touches de piano?
- La formule suivante de colle vous donnera très probablement satisfaction pour recoller les touches de piano :
- Colle de poissons .................. 40 gr.
- Eau non calcaire.............. . . , 200 —
- Alcool à 95°........................100 —
- Mastic en larmes. .................. 10 —
- Oxyde de zinc pulvérisé............. 10 —
- On dissout la colle de poissons dans l’eau additionnée de
- 10 cm5 environ d’alcool, puis on y incorpore le mastic dissous
- dans le reste d’alcool. Finalement on ajoute l’oxyde de zinc et on teinte le mélange par une pointe^ d’ocre jaune pour obtenir le ton vieil ivoire, nu cas où les touches à réparer auraient quelque peu jauni. G. D., Saint-Rapiiael.
- Pour durcir le ciment.
- Le silicate de soude peut effectivement être employé pour durcir le ciment, mais, à notre avis, il est préférable d’utiliser le fluate de magnésie en opérant ainsi :
- 1° Sur le ciment bien sec on applique une couche de ffuatc de magnésie, à 25° Baumé, cela au moyen d’un pinceau ordinaire à raison de 400 gr. par mètre carré. On laisse sécher de 12 à 24 heures suivant l’état de l’atmosphère;
- 2° On fait une seconde application, mais avec du fluate à 15° B., et attend séchage complet comme précédemment;
- 3° Pour terminer, on enduit à raison de 100 gr. par mètre carré avec une solution à 12° B. et l’opération est terminée.
- N. B. — Vous trouverez des fluates par toutes quantités chez Teisset-Kessler," à Clermont-Ferrand.
- M. Matiiis, Toulon.
- Le collage des cartes géographiques.
- 1° Vous avez abordé le collage des cartes géographiques sur des dimensions beaucoup trop grandes pour un débutant, Si en elle-même l’opération du collage est très simple, dans la pratique
- 11 faut se faire la main pour acquérir progressivement l’expérience nécessaire.
- Un des principes essentiels pour réussir est d’attendre suffisamment de temps après application de la colle pour que le papier retombe de lui-même et soit souple, c’est-à-dire n’ait plus aucune tendance à se rouler, l’imbibilion étant uniforme sur toute l’étendue.
- Agir de même avec la toile support qui doit être bien imprégnée.
- Pour éviter les bulles d’air, appliquer la feuille de papier en commençant par un bord et maintenant le reste levé, puis descendre progressivement, parallèlement à ce bord, en laissant à l’air le temps de s’échapper, autrement dit la feuille de papier doit peu à peu prendre contact avec la toile et le collage s’effectuer naturellement sans qu’il soit nécessaire d’effacer les plis.
- Vous trouverez toutes indications pour préparer la colle de pâte dans l’ouvrage les Recettes de l’atelier, que vous possédez, à la page qui précède celle relative au collage des cartes, c’cst-à-dire la page 9.
- Formule d’imperméabilisation des manteaux de laine.
- La formule d’imperméabilisation à laquelle vous faites allusion est celle du Dr Jacquemot qui consiste à badigeonner les manteaux de laine avec la composition suivante :
- Vaseline........................... lü gr.
- Lanoline anhydre................... 10 —
- Essence pour autos............... 500 —
- Tétrachlorure de carbone . . . . . 500 —
- La lanoline doit être parfaitement sèche, c’est-à-dire privée de l’eau d’interposition qu’elle pourrait contenir, ce que l’on peut réaliser en la maintenant fondue jusqu’à ce qu’elle ne décrépite plus et soit d’une limpidité parfaite. M. Martin, Dijon. e
- Pour coller le caoutchouc sur le cuir.
- Vous pouvez coller le caoutchouc sur le cuir en prenant :
- Gutta-percha..................... 30 gr.
- Sulfure de carbone................ 200 —
- Mettre en flacon bien bouché et agiter fréquemment jusqu’à obtention d?une masse sirupeuse, ajouter alors
- Essence de térébenthine........... 200 gr.
- Rendre homogène, laisser reposer et décanter la partie limpide que l’on garde pour l’usage.
- Si on désire vulcaniser à froid, il suffit, après avoir enduit de mixture les parties à joindre, de laisser d’abord évaporer le solvant jusqu’au moment où la masse devient poisseuse, on enduit alors rapidement avec un pinceau d’une solution à 3 pour 100 de chlorure de soufre dans le sulfui'e de carbone. On rapproche vivement les pièces et met sous presse, on maintient fortement serré jusqu’à prise complète, ce qui demande toujours quelques heures..
- M. Michel, Neuilly.
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- Formule d'enduit souple.
- t Pour pouvoir répondre utilement aux questions qui nous sont posées, il est indispensable de nous faire connaitre exactement quel est le but que l’on a en vue. Or, les indications que vous nous donnez sont trop vagues pour que nous soyons certains de répondre à votre désir. C’est donc d’une manière générale que nous pouvons vous conseiller d’employer comme enduit souple là formule ci-dessous :
- Acétate de cellulose. . . 30 grammes.
- Tétracliloréthane .... 360 —
- Triacétine.......... 3 —
- Alcool à 95"....... 40 —
- Employé tel quel, ce vernis est incolore et transparent; additionné d’une couleur d’aniline, il peut prendre toutes les teintes désirées. M. James, Genève.
- . Comment enlever au beurre le goût de rance.
- On enlève facilement au beurre le goût de rance en l’étalant sur une table, puis saupoudrant avec du bicai-bonate de soude (sel de Vichy) en quantité suffisante pour saturer l’acide butyrique qui donne au beurre le goût et l’odeur désagréables. Cette quantité, variable suivant les circonstances, est de 2 à 5 gr. par kilogramme. Le beurre est bien malaxé avec les mains pour rendre le mélange intime, puis on le lave sous un courant, d’eau claire en pétrissant toujours jusqu’à ce que toute alcalinité ait disparu, ce dont on peut s’assurer aii moyen de papier de tournesol qui ne doit plus bleuir. Ce dernier lavage est très important, car la présence résiduelle d’alcali donnerait au beurre un fâcheux goût de savon en remplacement du goût de rance dispaïu. C. E., Bourges.
- Ouvrage sur le plomb.
- Nous pensons que l’ouvrage suivant qui vient de paraître, répondra à votre demande : Métallurgie du plomb et de ses alliages, four réverbère à bas foyer, de grillage, four à cuve, désargenta-tion et raffinage par Fourment et Guillet. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille (1926). M. Pannetier, Couombes.
- Mauvais goût d’une eau-de-vie.
- L’odeur nauséabonde que présente votre eau-de-vie de quclsch est très probablement due à la présence de composés sulfurés toujours difficiles à éliminer par rcdistillation. Sans garantir une réussite complète, nous pensons que vous pourrez améliorer d'une façon notable le produit en y ajoutant quelques centimètres cubes d’eau oxygénée par litre. Opérerjl’abord en petit de façon à déterminer la dose minium à employer avant de ti’aiter la totalité. M. L. Flori, Bouuogne-sur-Seixe.
- Emploi du liquide des fosses septiques comme engrais.
- 1° Théoriquement le liquide sortant des fosses septiques eu fonctionnement normal ne doit pus contenir de germes pathogènes. Cependant nous croyons qu’il convient d’ètre prudent dans l’emploi de ce liquide pour l’arrosage des légumes. En tout cas, si des déjections typhiques pénétraient dans la fosse, il conviendrait de supprimer l’épandage dés que le diagnostic médical ferait craindre une maladie de Ce genre.
- La fabrication des têtes de cire.
- 2° Elle présente surtout des difficultés artistiques et la nature des matériaux employés n’a qu’une importance secondaire ; le carton, la filasse, le plâtre, la cire, la paraffine sont les principales matières premières, mais pour réussir il faut de Fliabileté, du goût et la pratique de l’art sculptural. J. P., Montargis.
- Fabrication du charbon de bois.
- 1° Vous trouverez dans l’ouvrage suivant tous renseignements sur les procédés employés pour la fabrication du charbon de bois : Carbonisation des bois, ligniies, tourbes, par Ch. Mariller,
- éditeur Dunqd, 92, rue Bonaparte. D’autre part, le n° 2678 de La Nature (1er août 1925) vous fera connaître le résultat des derniers essais pour la carbonisation du bois en forêt (article de Jacques Boyer), les noms des constructeurs ayant pris part au concours y sont mentionnés et l’adresse de la plupart figure en tete des Informations ou de la Boîte aux Lettres, soit dans ce numéro, soit dans les suivants.
- Pour conserver les collections de poissons et mollusques.
- 2° Le liquide de Wickersheimer donne de bons résultats pour la conservation de’s collections de poissons ou de mollusques; on
- le prépare en prenant :
- Eau distillée................. 3000 gr.
- Alun. ..... ........ 100.—
- Sel marin....................... 25 —
- Nitrate de potasse............... 15 —
- Acide arsénieux.................. 10 —
- Alcool méthylique............... 300 cm5
- Glycérine...................... 1200 —
- On fait dissoudre les sels dans l’eau, l’acide arsénieux dans l’alcool, on mélange, ajoute la glycérine et rend homogène à nouveau.
- N. B. —•-L’acide arsénieux étant un poison violent, toutes précautions doivent être prises pour éviter une intoxication: lavage soigné des mains après manipulation, coloration légère du liquide en bleu ou en rouge par une couleur d’aniline afin de prévenir une confusion du liquide de réserve. R., Mirande.
- Peinture pour flotteur d’automobile. — Comme peinture résistant à l’essence pour autos, le mieux serait d’employer une peinture à l’albumine, ce que l’on peut réaliser facilement en battant un blanc d’œuf avec une quantité d’eau suffisante pour lui donner la fluidité nécessaire. On peut ajouter au mélange un pigment approprié à la teinte désirée, préalablement macéré dans l’eau pendant 12 heures (infusé ainsi que disent les peintres-), puis broyé à la molette. Après application de la peinture*, on place l’objet soit dans une étuve chauffée vers 70° C., soit à l’entrée d’un four de cuisinière; l’albumine se trouve ainsi coagulée et donne un enduit de* grande insistance dans les conditions indiquées ci-dessus. • C.-W., Genève.'
- Comment se fabriquent les allume-feu?
- Les allume-feu à base de sciure de bois s’obtiennent en ajoutant à celle-ci des résidus de colophane, puis en comprimant le mélange dans des moules chauffés à la vapeur de manière à produire la fusion de la résine qui sert ainsi de liant entré les débris de bois.
- Afin d’économiser la colophane d’un prix assez élevé actuellement, on fait quelquefois un mélange avec des huiles lourdes de pétrole dans les proportions suivantes :
- Huiles lourdes de pétrole........70 kg
- Colophane.................. ... 30 —
- Ajouter suivant grosseur des débris constitutifs de la sciure 5 à 10 pour 100 du mélange ci-dessus, mélanger intimement jjuis mouler à chaud comme précédemment.
- N. B. — Avoir soin de ménager des trous dans la briquette pour assurer l’accès de l’air dans la masse. G. K. S.
- Peintures lumineuses. T
- Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir des peintures lumineuses : Etablissements Cohendy, 26 bis, rue Charles-Baudelaire, 12e, vendant la peinture « l’irradiante »; Maison Sauvage, 23, boulevard des Italiens, produit Radiana.
- Cir., Péronne. :
- i.
- Documentation sur les confitures. ;
- 2° Ouvrages sur les confitures : Les Confitures, par Ileni’i Roua-set, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Confitu-rerie et confiserie, par Ch. Corthay. Confiturerie et confiserie industrielles, par François. Confiturcrie industrielle, par Jacobsen (en allemand). Les Cent meilleures recettes de confitures, par Louvért. Confiturerie ménagère et industrielle, par A. Rolet. Technologie et chimie de la confiturerie, par Saillard. Les succédanés du miel, par Herzberg, sucrerie belge, 1906. . M. Petibleu, Rouen
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- Fig. 1, — Une victime de la science :
- le radiologiste Dr Blanche qui vient d’être amputé d’un doigt. (Phot. Roi).
- lig. 2-3. — Une nouvelle machine à forer destinée aux plantations de caoutchouc aux colonies. Montée sur châssis Renault 40 ch., elle creuse par minute un trou de 0 m 80 de large et 0 m GO de profondeur.
- Fig. 4. — L’observatoire du Pic du Midi est maintenant pourvu d’un poste émetteur de T. S. F., système Radio LL.
- Vue prise à un récent concours militaire de poids lourds en Angleterre. (Phot. Roi).
- Fig. 6. — On vient d’expérimenter à Berlin un système pour le rapide des bâtiments neufs, par insufflation mécanique d air chaud.
- Fig. 7. — Le plus grand pont en arc du monde. Le pont de Sydney actuellement en construction (llb9 m. de long, dont 502 m. pour l’ouverture de l’are principal).
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- Prix
- du Numéro : 3 francs 50
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- LE PORT D'ALGER1
- Les origines. — Une ligne d’îlots rocheux, à peu près parallèles à la côte et situés à quelque 400 m. de celle-ci, à laquelle ils étaient réunis par une ligne
- 1. Bibliographie. Études sur le port d’Alger, par Mrs Gauckler (Alger 1922), Lespès (Arm. Colin), Delvert (Dunod), Baeza (Gar-bonel, Alger), Gillet (dans Sud-Ouest économique, du 23 février 1926). Documents statistiques de la Chambre de Commerce
- d’écueils à fleur d’eau, tel fut le berceau du port d’Alger. Une colline, la « Bouzaréa », le protégeait à peu près des vents d’ouest; la ligne d’écueils, des grandes houles du nord; les îlots des vents d’est. Sans doute, la grande
- MM. Edouard Tiné, membre de la Chambre de Commerce; La-roque, secrétaire général adjoint; Oriot, secrétaire; ainsi qu’à MM. de Courson et Bonel, ingénieurs de l’entreprise Schneider,
- N" 2758.
- 1er avril 1927.
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- baie qui s’étend du cap Caxine au cap Matifou et qui est largement ouverte au Nord, produisait dans le port, qui se trouve au Nord-Ouest de celle-ci, de violents mouvements de ressac, lorsque pendant les. grandes tempêtes, les ondulations de la mer se réfléchissent sur le fond de la baie. Mais, d’une manière générale, l’emplacement était bon pour un port, sur les côtes d’Algérie, si pauvres en havres naturels .et il est à supposer que les plus anciens navigateurs doivent l’avoir fréquenté. L’histoire, cependant, ne nous parle que du petit municipe d’Icosium, dont le rôle commercial fut sans importance. Les grandes invasions et notamment celle des Vandales, ruinèrent Icosium de fond en comble'et, plus tard, une tribu, laissée à demeure par l’invasion Hilalienne, celle des Beni-Mezrana, fonda, à son tour sur les ruines de l’ancien port, celui d’El-Djezair (Les Iles) d’où est venu le nom d’Alger. Enfin Baba-Arroudj, aventurier qui s’en était fait donner l’investiture par le Sultan, s’empara d’Alger et fonda la Régence de ce nom qui, au milieu de vicissitudes diverses, dura jusqu’à la conquête française. Au moment de la prise de possession d’Arroudj, celui-ci trouvait d’héroïques Espagnols en possession d’un des îlots du port, sur lequel ils avaient élevé une forteresse, « le Penon », dont les substructions, qui existent encore, supportent le phare de l’Amirauté. Là, à portée du canon du rivage, isolés, ils bravèrent pendant dix-neuf ans toutes les attaques des Turcs et ce ne fut que le 27 mai 1529, que Kheir-Eddin, frère et successeur d’Arroudj, put s’emparer du Penon. Le port lui appartenant ainsi d’une façon exclusive, il entreprit de l’améliorer, construisit une jetée sur les écueils qui joignaient les îlots à la côte, fortifia ces derniers et le premier port, méritant véritablement ce nom, fut créé. De hardis pirates, les « Raïs », armèrent en course de légers bâtiments; une sorte de syndicat, la « Taîffe des Raïs », fut créé et de paisibles citadins, voire des femmes, commanditèrent les hardis navigateurs. Les profits étaient partagés entre les différents ayants droit. De bonnes prises amenaient l’abondance dans la ville où les marchandises étaient vendues à bon compte et les esclaves à très bas prix. Le Dey dut souvent ménager les Raïs et en fait, l’administration du port leur appartint exclusivement jusqu’à la conquête.
- Il y a fort peu de choses à dire sur le commerce proprement dit à cette époque, l’hinterland d’Alger ne fournissant presque rien au commerce maritime, mais il faut noter, cependant, que certains navires de commerce, français et génois notamment, étaient admis à Alger, moyennant finances et en exportaient principalement des laines, des cuirs et quelques dattes venant du Sud.
- Œuvre de la conquête française. — Hérissé de batteries, défendu d’autre part par ses écueils, Alger était imprenable par mer. Les différents bombardements qu’il subit depuis 1669, s’ils occasionnèrent des morts et la destruction de nombreuses maisons, n’eurent aucun effet militaire. Aussi l’armée française se garda bien de procéder à une attaque directe, et après un débarquement à Sidi-Ferruch, la prise du fort « l’Empereur » qui domine et la ville et le port, obligea le Dey à capituler le 4 juillet 1830.
- Ainsi qu’on le sait, la France n’avait nullement l’intention de conquérir l’Algérie et cette idée ne prit corps que longtemps après le débarquement dans l’esprit des conseils gouvernementaux. Il en résulta que dans les premiers temps le port d’Alger n’eut d’autre fonction que de servir à ravitailler le corps d’occupation et de fournir aux nombreux vivandiers, qui suivaient l’armée, les marchandises qui leur étaient nécessaires. On utilisa donc, exclusivement, la vieille darse turque et en 1831, la douane n’enregistra qu’un mouvement de 3 670 000 fr., entrées et sorties comprises. Une violente tempête ayant éclaté le 11 février 1835 et ayant occasionné dans le port même, par suite du ressac, la perte de 18 navires, des projets d’amélioration du port furent présentés et l’ingénieur Raffeneau de l’Isle, reprenant d’ailleurs quelques-unes des idées émises en premier lieu par M. Poirel, mit au point un projet complet dès 1840. Il prévoyait la construction, dans la direction du Sud, d’une jetée, partant de l’extrémité de la ligne des îles, berceau d’Alger, et la construction d’une autre jetée, qui, s’enrochant à un petit cap et se dirigeant dans la direction de l’est, devait, après avoir tourné à angle droit, revenir vers le nord. Un espace de 90 ha devait ainsi constituer le port; une passe de 450 m., défendue par deux fortins, était faite à l’est et permettait l’accès des navires. Ce projet, repris par l’ingénieur Bernard, fut définitivement adopté le 26 août 1848 et exécuté avec assez de promptitude. Toutefois des critiques formulées par un ingénieur hydrographe des plus distingués, mais trop épris de science pure, furent causes de tergiversations dans l’exécution de la jetée nord, qui, laissée et reprise, finit par présenter une forme concave vers le large, disposition qui constitue encore, à l’heure actuelle, un danger pour l’existence de cet ouvrage. Des travaux d’amélioration ont d’ailleurs été faits depuis à ce port et c'est ainsi qu’un îlot, se trouvant dans l’espace circonscrit par les jetées, l’îlot « Al-Djefna », a été relié à la terre ferme par un môle où est édifiée une gare maritime, qui va être incessamment mise en service. Elle servira à l’accostage à quai et de flanc des navires de la Compagnie générale transatlantique et de ceux de la Compagnie mixte. A l’extrémité de ce môle, accostent déjà, mais en pointe, de belles unités étrangères, dont certaines dépassent 25 000 tonnes. La profondeur d’eau est de 10 m. Lapasse, d’autre part, fut rétrécie de 1895 à 1904 et réduite à 175 m. par — 22 m de fond. Ainsi réduite, le ressac devient insensible dans le port, même par gros temps. La Chambre de Commerce a fait édifier en 1896 et 1907,' des hangars-abris d’une surface de 3600 m2. Enfin des dérochages ont amélioré le fond et l’on trouve actuellement une profondeur moyenne de — 8 à —10 m le long des quais et de — 18 m près de la jetée sud. Les plus grands navires peuvent donc y trouver refuge. Ce port, que l’on nomme communément « le vieux port », s’étend d’une façon très pittoresque devant la ville, bâtie en amphithéâtre. Il est fréquenté par les navires à passagers et par de nombreuses lignes de navigation, apportant des marchandises relativement légères. Quant à la vieille darse turque, elle est réservée à la défense mobile, aux embarcations du « Sport Nautique » et aux barques de pêche. La construc-
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- tion d’un môle spécial pour le débarquement du poisson est en cours et le prochain Congrès des Pêches se tiendra
- 29I
- de boulevard de la République, forme aujourd’hui l’une des plus belles promenades d’Alger et d’où l’on jouit d’une vue étendue sur le vieux port et les montagnes de la Kabylie. Il fut inauguré par Napoléon III et l’Impératrice, le 18 septembre 1860. Les voûtes ne servent plus guère, d’ailleurs, à l’entrepôt des marchandises du port, mais plutôt de réserve aux négociants tenant magasin dans la ville, les compagnies de navigation possédant toutes des hangars sur les quais eux-mêmes.
- Les nouveaux ports. — Quelle que fût l’importance du port d’Alger, celui-ci
- 1. Le port et la ville d'Alger.
- 2. La gare maritime.
- 3. Hangars-abris de la Chambre de Commerce.
- 4. 4a vieille darse turque dans son état actuel.
- dans trois semaines à Alger, attestant l’importance, au moins relative, de ce
- port, en ce qui concerne le poisson.
- Avec le' palais de l’Amiral, remanié en style mauresque, qui se mire dans l’eau claire, le vieux repaire des Pirates est délicieux à souhaits et tente fréquemment le pinceau des artistes.
- Pour loger les marchandises faisant l’objet du trafic de l’ancien port, le sec ond Empire concéda à un Anglais, « Sir Morton Peto », aujourd’hui représenté par 1’ « Algiers Land and Warehouse O », dont le privilège est encore en cours, le droit de construire des voûtes bordant lesquais, voûtes qui supportent un grand boulevard, dit boulevard de l lmpératrice, qui sous le nom actuel
- était loin de répondre aux nécessités du commerce. Le vignoble se développa avec une rapidité inouïe et l’on vit, un iour, 70 000 fûts en instance d’embarquement sur les quais. Il en était de même de l’extraction des minerais, enfin le
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- nombre des navires relâcheurs qui venaient charbonner à Alger, augmentait de jour en jour, nécessitant une
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- manipulation de charbon considérable. Ainsi que le dit M. Lespès(l), dans son étude sur le Port d’Alger, « le trafic de ce port a toujours marché plus vite que les travaux d’agrandissement ». Il s’agissait de se décider vite et de voir grand. Ce lut l’œuvre de la Chambre de Commerce xi ’Al ger. Cette Assemblée, composée de négociants avisés, rompus aux affaires et aimant leur ville, qu’ils veulent prospère et riche, pour le plus grand intérêt de la: mère patrie, est actuellement présidée par M. Louis Billard, qui incarne en lui toutes les qualités de ses collaborateurs et qui, avec une intelligence et une ténacité remarquables, a réussi à faire: d’Alger un grand port moderne. Dès 1892, la Chambre de Commerce, qui était alors présidée par M. Warot, se préoccupait de se faire donner la haute main sur le port d’Alger et par décret en date.du 5 juin 1894, elle recevait la concession de tout l’outillage des quais. Prenant à sa charge la création d’un nouveau port, approuvé par le Conseil des Ponts et Chaussées dès 1872 et dont la première pierre fut posée, le 14 juillet 1897, par M. le Gouverneur général Cambon, elle subvenait aux dépenses prévues, soit 5 600 000 francs, moyennant le droit de percevoir tous les droits de port : péages et autres, à l’exception de ceux formant la rémunération d’un service autonome, tels que droits de pilotage, droits sanitaires, etc. Le nouveau port est' constitué, d’abord par un môle, dit « môle Amiral Mouchez », puis par le « môle des Minerais », consacré exclusivement à cette mai’chandise et enfin par le « Grand Môle », destiné au débarquement des autres marchandises. La surface d’eau est de 35 ha, celle des terre-pleins de 30 ha et la longueur utile des quais de 2970 m. Ceux-ci sont desservis par des voies ferrées, dont le rail extérieur se trouve à 4 m. de l’arête du quai, permettant un chargement ou un déchargement facile et direct des navires. La profondeur d’eau qui est en moyenne de —8 à —10 m., atteint —12 m. à l’extrémité des môles et —15 m. le long de la jetée de protection. Le nouveau bassin reçut le nom de a Bassin de l’Agha ».
- Les nouveaux projets. — Le commerce continuant toujours à se développer, la Chambre de Commerce, dans une note présentée aux Délégations Financières, faisait ressortir qu’il y avait lieu de prévoir un port de 7 000 000 de tonnes, capable de recevoir annuellement de 18 000 à 20 000 navires et immédiatement elle commençait à exécuter ce projet grandiose. Adoptant un plan dressé par M. l’Ingénieur des Ponts et Chaussées Buta-vand, elle mit au concours la réalisation de ce plan. M.l’Ingénieur en Chef Balensi, qui surveille avec sa haute compétence les travaux actuellement en cours d’exécution, eut à étudier et rapporter trente et un projets. Ce fut celui présenté par la Société Schneider, Hersent et Daydé qui fut agréé et une loi autorisant les travaux ayant été promulguée, le 21 avril 1921 et la première pierre ayant été posée par M. Millerand, Président de la République le 19 avril 1922, la Société Schneider reçut définitivement la concession de la première tranche des travaux, c’est-à-dire du bassin de « Mustapha », par arrêté, gouvernemental, en date du 13 mars 1923. Un
- 1. LËSPÈS. Le port d'Alger, p. 200.
- délai de huit ans est prévu pour l’exécution de ces travaux.
- Dans son ensemble le nouveau projet comprend :
- 1° La construction du bassin de Mustapha (en cours d’exécution) de 80 ha de surface d’eau et devant comprendre trois bassins d’amarrage et trois môles. La profondeur d’eau variera de — 8 à — 10 m. entre les môles, atteindra —13 à leurs extrémités et — 17 contre le môle du large. Les dépenses prévues étaient, en 1922, de 110 000 000 sur lesquels la Colonie devait fournir 27 000 000; un emprunt lancé par la Chambre de Commerce (52 307 800) et le reste versé par cet organisme devant provenir des taxes et péages perçus par lui. Il est à présumer que ces sommes seront de beaucoup insuffisantes.
- 2° La construction d’un avcint-port. Celui-ci sera constitué par une surface d’eau de 115 ha et sera situé au-devant de l’ancien Port et du bassin de l’Agha. Il présentera une grande profondeur d’eau savoir : —20 m. le long des jetées ouest et sud; de —25 à —30 m. Arers la jetée nord. Il pourra, en conséquence, recevoir les plus grandes unités modernes : cuirassés ou autres navires.
- 3° La construction d’un bassin dit du Hatnma. Celui-ci, qui n’a pas encore fait l’objet de concours, doit avoir 60 ha, trois môles, trois bnssins d’amarrage et trois formes de radoub, dont les dimensions ne sont pas encore définitivement arrêtées. Le besoin de celles-ci se fait impérieusement sentir, le port d’Alger n’en possédant que deux à l’heure actuelle, l’une de 138 m. 83 et l’autiœ de 81 m. 90.
- Construction du bassin de Mustapha. — Les
- chantiers de construction du bassin de Mustapha sont actuellement l’objet d’une grande activité. Ils sont sous la haute direction de M. Jaclot, ingénieur de la firme Schneider et Cie, assisté de MM. de Courson et Bonel, également ingénieurs de cette Société.
- Parmi les particularités de ces travaux citons :
- 1° Les jetées seront constituées par une base de pierres d’un grand poids, immergées à la volée. A la cote de —15 m. leur sommet sera arasé et supportera un mur formé de blocs de béton de 400 tonnes, mur vertical sur ses deux faces, absolument étanche et empêchant tout passage de houle ou de ressac.
- 2° Les murs des quais seront faits de la même façon, mais à l’aide de blocs de béton moins volumineux. Verticaux du côté de la mer, ils auront du côté des terre-pleins; le profil dit « à la chaise » qui équilibre parfaitement les pressions provenant des terre-pleins et du poids des marchandises que ceux-ci supportent.
- Parmi l’outillage employé on remarque :
- lu Une drague suceuse et refouleuse, qui va prendre de la terre mélangée de sable sur les rivages de la baie.
- Elle fait son plein, soit 800 m3, en 2 heures et refoule les terres emmagasinées sur les terre-pleins en construction en 1 heure. Faisant trois voyages par jour elle déverse donc, pendant ce laps de temps, 2400 m3.
- 2° Un bardeur, susceptible de transporter jusqu’à un titan flotteur spécial, des blocs de béton pesant de 400 000 à 450 000 kg.
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- Il repose sur 4 boggies à 4 paires de roues chacune, l’ensemble des roues de chaque boggie étant mû par un moteur électrique spécial, synchronisé avec ceux des autres boggies.
- 3° Un pont électrique. Le bardeur indiqué plus haut devant non seulement circuler dans le sens des rangées de blocs mis à sécher, mais encore transporter ceux-ci transversalement vers le point d’accostage du titan flottant, s’engage pour cela sur un pont électrique. L’ensemble : pont, bardeur et
- Fig. 6. — Titan flotteur pour la mise en place des blocs.
- 4° Un titan flotteur, supporté par deux chalands. Le bloc de 400 tonnes se trouvant ainsi suspendu entre ces derniers qui sont amenés à chevaucher la jetée en construction, peut ainsi être dé-
- Bardeau destiné au transport des blocs de bOO tonnes.
- posé exactement à la place prévue.
- Ces blocs, qui constituent des masses imposantes, sont faits à l’aide de moules, par une bétonnière de type ordinaire circulant sur rails et en « gros béton ». Leur durée de séchage est d’environ deux mois, quand les
- Fig. 7. — Moules pour blocs •.nés et grue démoulage.
- Fig. 8. — Un bloc de hOO tonnes prêt à être soulevé.
- bloc dépasse alors le poids de 800 000 kg et l’on s’imagine la difficulté de faire supporter une pareille masse surjdes rails placés eux-mêmes sur des terrains rapportés.
- circonstances atmosphériques sont favorables. Ils cubent en moyenne 180 m5, pesant, en moyenne également, 2200 kg au mètre cube.
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- Outillage actuel du port d’Alger. — Les matières les plus pondéreuses et les plus difficiles à manier, parmi celles qui forment actuellement l’objet du commerce du port d’Alger, sont, d’abord, le charbon qui arrive en majorité d’Angleterre et qui est ensuite revendu aux relâcheurs; puis le minerai, qui, transporté par rail est stocké sur un môle spécial, avant d’être expédié à l’étranger.
- Les autres marchandises, plus légères, et notamment les vins en fûts sont d’un maniement plus facile. Pour ces derniers et pour les poids légers, la Chambre de Commerce et diverses entreprises particulières possèdent un grand nombre de grues, de divers systèmes et de force variée, susceptibles de donner toute satisfaction. Certaines sont supportées par des chalands, d’autres.sont placées sur des camions automobiles et peuvent circuler, ainsi, en tous points des quais. Une fnention spéciale doit être faite, en ce qui concerne deux grues électriques, à portique, de 3 tonnes, qui appartiennent à la Chambre de Commerce. Elles sont d’un maniement facile et rapide.
- Circulant sur une voie spéciale, le long des quais, elles peuvent, lorsque le navire est de moyen tonnage, le charger directement, après avoir pris les fûts dans les wagons qu’elles chevauchent.
- Le plus souvent toutefois, et cela se produit dès que le navire à charger est d’un fort tonnage, il faut, d’abord, décharger les wagons sur des allèges dont le port possède une flotte de 465 unités ma-nœuvréespar34 remorqueurs, puis charger des allèges sur le navire avec les moyens propres de celui-ci. En ce qui concerne le charbon, on ne peut s’empêcher, lorsque l’on parcourt les quais d’Alger, d’être frappé par le nombre de déchargements qui s’effectuent encore par des équipes de travailleurs indigènes qui, un couffin renfermant une vingtaine de kilogrammes de charbon sur l’épaule, font la navette entre le navire livreur et un chaland ou ün chaland et un relâcheur. Bien que ces équipes soient arrivées à un rendement remarquable, atteignant parfois 70 tonnes à l’heure, pour une équipe de 50 hommes et que ces chargements se fassent à toute heure du jour ou de la nuit, une demi-heure à peine après l’amarrage du,navire, il est permis de souhaiter un moyen moins primitif. Une société particulière possède un pont transbordeur plus perfectionné, mais qui, étant donné son emplacement, ne peut guère servir efficacement qu’à son usage particulier et à alimenter la fabrique de briquettes pour lequel il a été construit. La Chambre de Commerce et diverses Sociétés privées possèdent des grues flottantes à bennes preneuses, mais qui nécessitent
- cependant un complément de remplissage à la pelle. Une puissante Société, « l’Anglo Algerian Coaling Cy », possède un engin, dont il n’existe que quelques rares spécimens au inonde et qui est assez curieux. Il s’agit d’un vaste ponton en acier, qu’en l’honneur de sa raison sociale elle a dénommé « l’Analcoal » et qui peut renfermer dans son cuvelage 10 000 tonnes de charbon (lîg. 11).
- Ce ponton est pourvu de deux ponts roulants, qui peuvent se déplacer sur toute sa longueur et qui sont munis, chacun, d’une grue à vapeur. L’Analcoal peut ainsi Ravitailler un relàcheur à raison de 300 tonnes à l’heure." Là, encore, il faut observer que, par suite du peucle longueur des flèches des grues, cet engin ne peut charger, directement qu’un navire de faible tonnage. Dans le cas contraire, on intercale une grue flottante qui se place entre le navire et l’Analcoal, qui ne joue alors que le rôle d’entrepont flottant. La même société possédait
- un autre navire, mais à déchargement automatique, qui a malheureusement coulé et n’a pas été encore renfloué. La Chambre de Commerce pense aménager un môle spécial pour les charbons où, si la place est assez grande et les moyens financiers suffisants, on pourra installer un élévateur à godets pour le déchargement et des trémies à distributeurs orientables pour le remplissage des soutes des relâcheurs. Enfin, pour suivre le progrès, un réservoir de mazout, d’ailleurs très dangereusement placé, a été édifié à l’extrémité du grand môle, dans le bassin de l’Agha. Il renferme 8000 tonnes et peut charger directement un navire, par un système de vannes, à raison de 300 tonnes à l’heure. Il appartient à une société particulière qui possède également un bateau-citerne de 6000 tonnes. Des réservoirs d’essence et de pétrole se trouvent également sur les quais de l’Agha. Us seront probablement déplacés dans un avenir peu lointain. Les minerais, particulièrement de fer, de zinc, sous forme de calamine et de blende, arrivent au port par voie ferrée, et proviennent de, diverses mines dont les plus importantes sont,celles du Zaccar et de Rouina. Ils sont d’abord déchargés à l’aide de bennes et stockés en collines imposantes, au moyen de bennes, par-une société particulière qui possède sur lé môle des -mingrais un titan transbordeur mobile d’une portée de 53 fe et d’une hauteur de 14. Deux chariots transbordeurs de 5 tonnes chacun permettent le maniement facile des bennes. Pour le chargement sur navires, une flèche de 7 m., en dehors de l’aplomb du portique, permet de charger directement dans les cales. Actuellement la Société des mines de Rouina est en train d’établir les fondations
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- cl’un autre engin à plus fort rendement qui permet tra de manutentionner 2000 tonnes par jour environ Citons, enfin, pour être complet : un frigorifique appartenant à une société particulière, des bateaux citernes et un matériel complet de sauvetage des navires et de lutte contre
- l’incendie , qui appartient aux armateurs Schiaffino frères, qui sont, en outre, propriétaires d’une importante flotte de navires marchands et à passagers, dont certaines belles unités atteignent 2500 tonneaux. Tous ces navires ont Alger pour port d’attache.
- Mouvement commercial du port
- la réalité, en ce qui concerne l’accroissement du port d'Alger et les quelques chiffres, que l’on nous excusera
- #13
- I
- Fig. 12.— Déchargement du minerai à l'aide du pont titan transbordeur.
- Fig. 13. — Stocks de minerais.
- Fig. ik. — Grue électrique de 3 tonnes de la Chambre de Commerce.
- Fig. 15. — Réservoirs de mazout.
- 15
- Ipi»
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- d’Alger. — Ainsi que cela a été dit, les prévisions d’avenir les plus optimistes sont toujours au-dessous de
- de citer, ont une éloquence sur laquelle nous attirons l’attention. Il faut toutefois observer que la guerre a porté un coup néfaste, mais momentané, au port d’Alger et que l’année 1918 a présenté un chiffre de tonnage très inférieur à celui de 1913.
- Depuis cette année déficitaire, la progression a rapidement repris, mais la crise monétaire que nous traversons n’a pas permis d’atteindre encore les chiffres de 1913.
- En tout cas, l’accroissement soit en tonnage net, soit en tonnes poids est considérable depuis 1918.
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- Marchandises importées et exportées :
- 1880 ............... 295.513 tonnes
- 1901..........• . . -1.112.600 —
- 1913 ................. 3.482.161 —
- 1918 . ................ 804.699 —
- 1924 (*).............. 3.132.125 —
- Tonnage de jauge (1924).
- 8420 navires jaugeant 13 978 915 tonneaux.
- Rappelons, en ce qui concerne le nombre des navires, que le Havre a reçu en 1924 : 15 353 navires et Marseille 13 607. Alger vient immédiatement après ces deux ports.
- Alger tient également le troisième rang au point de vue du tonnage de jauge, Marseille ayant eu 21 068867 t. et le Havre 14 123 509 tonnes.
- En ce qui concerne les tonnes poids, Alger vient au sixième rang, après : 1° Rouen, 2° Marseille, 3° Le Havre, 4° Dunkerque, 5° Rordeaux.
- Les principales marchandises exportées ont été en 1924 :
- Minerais........
- Vins. ......
- Moutons vivants .
- Primeurs........
- Crin végétal . . .
- Alfa.......... .
- Aux importations citons :
- Céréales........
- Pétroles........
- Sucres...........
- 468.391 tonnes 3.139.312 hectolitres 245.349 têtes 60.645 tonnes 18.719 —
- 7.038 —
- 79.138 tonnes 21.627 —
- 16.078 —
- Les principaux pavillons représentés au Port d’Alger, sont, après le pavillon français qui jouit du monopole, si âprement discuté après chaque grève d’inscrits maritimes, et par ordre d’importance : Anglais, Italien, Hollandais, Grec, Yougo-Slave, Suédois, Norvégien, Espagnol, Danois, etc.
- Alger, port de relâche. — La situation d’Alger, situé sensiblement à égale distance entre les ports anglais et Port-Saïd (Liverpool-Alger, 1690 milles; Alger-Port-Saïd, 1510 milles) en fait un excellent port de relâche. Ainsi que nous l’avons déjà dit, le ravitaillement en charbon se fait avec une grande rapidité, soit de jour, soit de nuit, dans un port, dont de nombreux phares et une grande profondeur d’eau, rendent l’accès facile. L’eau douce y est d’autre part abondante et saine et il est facile de s’y procurer des vivres frais. Aussi le nombre des relàeheurs va croissant :
- De 1289 navires en 1900, il passe en 1924 à 1198, représentant un tonnage de 2 939 269 tonneaux. L’importation de charbon était dans cette dernière année de 790 248 tonnes, dont 545 482 revendues aux relâcheurs.
- Alger, centre de tourisme. — Le charme prenant d’Alger a été maintes fois décrit par nos plus grands littérateurs. Bâtie en amphithéâtre, la « Ville idéalement blanche » ainsi que l’a dénommée Jules Lemaître dans un de ses rares poèmes, présente, vue de la mer, un spectacle ravissant et c’est en revenant de rêver, dans le cimetière d’une de ses plus vieilles mosquées, que Pierre
- 1. Les chiffres de 1925 ne sont pas encore publiés. Ils le seront par les soins de la Chambre de Commerce.
- Loti y apprit son élection à l’Académie Française. Ville de 234313 habitants, très animée et très vivante, elle possède de somptueuses villas et des hôtels présentant tout le confort moderne. Aussi les compagnies de navigation étrangères, dont les navires ont à franchir la Méditerranée, ont réservé pour leurs passagers une escale dans le port d’Alger. Citons parmi les plus connues : La Compagnia de navigazione generale italiana de Gênes, la White Star Line de Liverpool, la Cunard Line, l’Anchor Line de Glascow, la Royal Mail Steam Packet de Londres, la Pénirisular and Oriental, la Cana-dian Pacific de Montréal et la Royal Mail Line Neder-land d’Amsterdam, dont les magnifiques paquebots, d’üne propreté toute hollandaise, font l’admiration des connaisseurs. La France n’est pas restée en retard et Alger est dessemû par la Compagnie Générale Transatlantique, la Compagnie de Navigation Mixte, celle des Transports Maritimes à vapeur et nombre d’autres, de moindre importance. Signalons spécialement l’effort fait par la Compagnie Générale Transatlantique, qui, outre ses navires, possède des autobus et des hôtels confortables, dans toute l’Afrique du Nord. Il est ainsi possible de prendre son billet à Paris même et de se rendre avec la plus grande facilité à Touggourt, par exemple, déjà enchâssée dans le désert, où se trouve un excellent hôtel transatlantique et ce, après avoir visité commodément au passage, les merveilleuses villes d’Or, de Djemila et de Tirngad. L’accès de l'Afrique du Nord, par le port d’Alger, placé au milieu de la côte nord, permet au touriste, après avoir visité la ville, de se diriger facilement soit à l’est vers la Tunisie, soit à l’ouest vers le Maroc. Partout la Compagnie Transatlantique lui assurera le même confort. La traversée de Marseille-Alger dure 27 heures. Quittant Marseille à midi, le passager commence à apercevoir les côtes vers 13 heures. Il débarque entre 15 et 16 heures.
- Le mouvement des passagers a été en 1924 de 269 097 personnes amenées par les compagnies françaises et de 8837, par les compagnies étrangères.
- Conclusions. — Ainsi que nous l’avons répété, aucune des prévisions faites relativement à l’avenir du port d’Alger, n’est trop optimiste. Le mouvement des relâcheurs, qui est lié au développement général de la navigation mondiale, s’accroît tous les jours, en proportion de celle-ci. La production vinicole, qui ne date que de quelques années, s’accroît également d’une façon très rapide et il en est de même de celle des minerais, les Sociétés concessionnaires améliorant tous les jours leur production. Enfin, il est à présumer qu’Alger exportera un jour des céréales, l’indigène venant peu à peu aux procédés de culture européens et l’hinterland d’Alger pouvant devenir aussi productif que les Hauts Plateaux du Sersou ou de Sétif.
- Ainsi que l’a excellemment écrit M. Zimmerman, rapporteur de la caravane d’études envoyée en Algérie, en 1925, par la Chambre de Commercé de Lyon : « Il est de fait que la ville semble partie pour de grandes destinées et le temps n’est pas éloigné, sans doute, où elle deviendra la quatrième des villes françaises, immédiatement après Marseille et Lyon ». Henri Sounes.
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- LE CAOUTCHOUC
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- TRANSFORMATIONS ET UTILISATIONS “>
- Il nous reste à passer en revue les différentes opérations que l’on fait subir industriellement au caoutchouc brut pour obtenir les objets manufacturés.
- d’eau enlevant les impuretés. Après cette opération, le caoutchouc a la forme de crêpes minces de plusieurs mètres de longueur, que l’on appelle souvent « dentelles ».
- On suspend ces crêpes dans un séchoir modérément chauffé, et on les y laisse plusieurs jours. Le séchage dans le vide, qui a longtemps été préconisé, n’a pas donné de bons résultats: par contre, le séchage dans un courant d’air humide, à température élevée, plus récemment proposé, donne satisfaction.
- MASTIQUAGE ET PRÉPARATIONS DES MÉLANGES
- Le caoutchouc que l’on appelle gomme dans les usines, est ensuite travaillé sur des
- LAVAGE
- S’il est nécessaire, on procède d’abord en usine, au lavage. Avec les feuilles fumées
- et les crêpes à plantations, cette opération pourra souvent être évitée, elle est indispensable pour les caout-
- choucs sauvages.
- Après un ramollissement dans l’eau chaude, le caoutchouc est passé entre les cylindres de laminoirs analogues à ceux employés dans les plantations, un courant Voir La Nature n03 2755 et 2756.
- Fig.l à 3. — En liaut : L’étirement des crêpes au laminoir. Au milieu : L’usine d’Anloc (Cockinchine). Au premier plan, bacs de coagulation; à gauche, laminoirs; au fond, crêpes pendues aux wagonnets. En bas :
- , L’entrée de la salle d’enfumage, à Anloc.
- laminoirs horizontaux dont les 2 cylindres d’une dimension moyenne de 1 m de longueur et 500 mm de diamètre, sont creux, et peuvent être, à volonté, réchauffés à la vapeur ou refroidis par un courant d’eau. Les deux cylindres tournent le plus souvent, tà vitesses inégales; sur ces laminoirs, le caoutchouc se ramollit. La masse, en s’échauffant, se laisse mastiquer et devient très plastique. On peut alors incorporer à la gomme ce qu’on appelle la « charge » qui comprend d’une part, le soufre et les accélérateurs, qui réagiront sur le caoutchouc lors de la vulcanisation, et d’autre part un certain nombre de matières qui donneront ad produit les qualités requises pour l’emploi auquel on le
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- destine, ou qui permettront de le mieux travailler. Sans adjuvant, le caoutchouc vulcanisé ne pourrait recevoir qu’un très petit nombre d’applications ; des pneus d’automobiles, constitués de cette façon, seraient très rapidement hors de service. De même qu’un métal donnera avec d’autres métaux toute une gamme d’alliages ayant des propriétés très différentes, de même suivant la nature des produits incorporés au caoutchouc, les qualités physiques ou mécaniques des mélanges obtenus seront très variables. Longtemps, la constitution des mélanges n’a été qu’une
- En France, tout récemment encore, les chimistes de fabrication étaient des phénomènes exceptionnels dans les usines de caoutchouc ; peut-être commence-t-on à comprendre leur utilité. .
- Les chimistes anglais et américains ont publié un grand nombre de travaux sur le rôle des adjuvants ; ils ont spécialement étudié ceux dont l’emploi conduit à une amélioration des propriétés mécaniques du caoutchouc, augmentant la résistance à l’usure ou développant les propriétés élastiques. Le blanc de zinc, le lithopone, le kaolin, le carbonate de magnésie, le noir de carbone, sont utilisés dans ce but. L’usage de ces deux derniers se développe de plus en plus, car il a été établi qu’avec la nature colloïdale du caoutchouc, c’est quand les particules des charges sont amorphes, et de dimensions extrêmement réduites, que leur effet est le plus favorable, l’emploi des adjuvants colloïdaux a été préconisé. Certains produits,
- cuisine empirique; les secrets de fabrication abritaient une ignorance complète du rôle des produits utilisés.
- Certes, l’habitude professionnelle a une grande valeur, mais elle doit s’appuyer sur des recherches méthodiques, scientifiquement conduites, pour donner un bon résultat. Les chimistes de fabrication sont très nombreux dans l’industrie du caoutchouc aux Etats-Unis et en Angleterre. Le Rubber Association of America et l’Institution of Rubber Industry appuient très puissamment leurs travaux, dont fes résultats, dans une saine compréhension de l’intérêt général, sont très largement publiés.
- I , , /, — Lu li ml Ir mélange des caoutchoucs, ou Inmi/u'. a l ai imt " l usine. Au milieu : Le bou-dtna^t ih s t/iumbn^ a nu d’auto. Eu bas : Le mon-/(•("<• d un pneumatique.
- euiuuic le sulfate de baryte, le talc, la craie, servent à augmenter la densité des mélanges. D’autres sont ajoutés comme pigments, tels le blanc de zinc, le blanc de titane, l’oxyde d’antimoine pour les blancs; les soufres dorés d’antimoine, le vermillon, les ocres, pour les rouges; le noir de fumée pour les noirs.
- Certains produits améliorent la résistance au vieillissement; d’autres diminuent la porosité des mélanges, et, les rendant plus plastiques, facilitent la mise en feuilles, ou la confection des objets. Les factices obtenus par action sur les huiles gi’asses, soit du soufre à chaud, soit du chlorure de soufre à froid, rentrent dans cette catégorie, de même que les régénérés obtenus par le traitement des déchets de caoutchouc vulcanisé.
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- CALANDRAGE
- En vue de la confection des objets en caoutchouc, on est souvent obligé de tirer le mélange en feuilles ; on utilise alors des calandres à deux, trois ou quatre cylindres superposés. Lorsque les mélanges sont calandres, ils subissent une sorte d’écrouissage, la matière perdant son élasticité dans le sens de la longueur. Dans la fabrication de la feuille anglaise, par un tout autre procédé, on évite cet écrouissage, on scie la matière compressée en bloc compact. Les calandres servent aussi au caoutchoutage des tissus par friction.
- PROFILAGE
- Dans d’autres cas, avant de confectionner les objets, on devra profiler les mélanges. Les boudineuses sont des machines à vis sans fin, dans lesquelles le mélange est maintenu chaud et plastique, grâce à une double enveloppe
- feuilles, tissus, etc., étant découpés et réunis à la main. Pour confectionner un pneu par exemple, on assemblera les bandes de mélange, calandrées au préalable avec des nappes de fils retors ou « cord » juxtaposés et qui auront été caoutchoutés, et des talons qui auront été profilés, et le tout se soudera.
- VULCANISATION
- Les objets ayant été confectionnés, on procédera à
- Fig. 7 à — A gauche : Un autoclave pour vulcanisation sous presse des pneumatiques dans leurs moules. A droite, en haut, : La sortie du moule. En bas : Le boudinage des bandages pleins pour camions.
- chauffée à la vapeur, et forcée à travers une filière; les bandages pleins, les chambres à air, les tubes de caoutchouc, sont tirés de cette manière.
- CAOUTCHOUTAGE ET CONFECTION
- Le caoutchoutage des tissus, qui se fait quelquefois par friction à la calandre, s’obtient le plus souvent en étendant sur le tissu une dissolution de caoutchouc dans la benzine et en évaporant le solvant. L’opération, se fait en continu sur le métier à gommer ou « spreader ».
- Pour la confection des articles en caoutchouc on utilise la propriété qu’a le caoutchouc non vulcanisé de se souder facilement à lui-même, les différents éléments,
- leur vulcanisation soit à chaud avec le soufre, soit à froid avec le chlorure de soufre.
- A chaud, on peut utiliser le procédé du bain de soufre : l’objet, dont le mélange ne comporte pas de soufre, est immergé dans un bain de soufre fondu; on vulcanise ainsi des objets minces, fabriqués avec des mélanges riches en caoutchouc, les gants par exemple. On peut aussi vulcaniser les objets dont le mélange contient du soufre, en les chauffant soit en autoclave, dans la vapeur d’eau sous pression, les objets étant exposés à nu ou recouverts de talc ou emballés dans des bandes de toile, ou encore immergés dans l’eau, ou placés dans des
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- moules (les chambres à air, les tuyaux, les câbles électriques, sont vulcanisés ainsi) ; soit dans des étuves à air chaud, ou des chaudières à double enveloppe de vapeur, comme pour les chaussures par exemple ; soit encore en plaçant les objets dans des moules que l’on serre entre les plateaux chauffés d’une presse.
- A froid, la vulcanisation au chlorure de soufre ne se fait que pour les articles en caoutchouc mince et pour les tissus caoutchoutés, destinés aux ballons et aux vêtements. On peut procéder soit au trempé, en humectant la surface des objets avec une solution de 5 à 10 pour 100 de chlorure de soufre, dans le sulfure ou le chlorure de carbone et la benzine, soit par l’action des vapeurs de chlorure de soufre, que l’on dégage par évaporation dans des chambres fermées, où sont suspendus les objets.
- La vulcanisation par le procédé Peachey, utilisée pour les objets en caoutchouc mince, pour le tissu, se fait en les exposant successivement à l’action de l’hydrogène sulfuré et de gaz sulfureux.
- UTILISATION DU LATEX NON COAGULÉ
- 11 est à prévoir que les méthodes actuelles de travail seront complètement transformées si le transport du latex non coagulé, dont nous avons parlé, se généralise, et si les études auxquelles donne lieu son emploi sont poursuivies avec résultat. La mastication du caoutchouc et l’incorporation des charges’sur les mélangeurs,exige une force considérable (un laminoir de dimensions moyennes, prend environ 20 ch pendant la mastication) ; au cours de cette opération, la chaleur a une action néfaste sur les propriétés du caoutchouc. Il est donc logique de chercher à incorporer les charges dans le latex lui-même: on n’aurait ainsi qu’une dépense de force très minime, et les qualités du caoutchouc subsisteraient dans leur intégrité.
- L’état très instable de la dispersion aqueuse qui constitue le latex, et la facilité avec laquelle il tend à se coaguler, font naître de sérieuses difficultés ; l’emploi de colloïdes protecteurs peut seul permettre l'incorporation de certains adjuvants. Etant donnés les progrès de nos connaissances dans la chimie des colloïdes, nous sommes convaincus qu’en faisant appel au concours des chimistes et des physiciens, ces délicates questions seront résolues et qu’une technique nouvelle sera bientôt introduite dans l’industrie du caoutchouc. Pour le caoutchoutage des textiles utilisés dans la fabrication des pneumatiques, le latex est déjà employé en grosses quantités, avec succès,(en Amérique, en remplacement des dissolutions de caoutchouc. Dans ce pays riche en solvants volatils, la question ne présente pourtant pas autant d’intérêt que pour nous, en France.
- On a cherché à diminuer les frais de transport du latex en le concentrant. On est également parvenu à disperser à nouveau dans l’eau le caoutchouc déjà coagulé de façon à profiter des avantages que présente l’emploi du latex tout en utilisant le caoutchouc tel qu’il nous parvient actuellement. ( Procédé de la Société d’Etude pour le caoutchouc.)
- L'AVENIR
- La fabrication des bandages pour automobiles (pneumatiques et bandes pleines) est la branche la plus importante de l’industrie du caoutchouc. Sur près de 25 millions d’automobiles qui existaient dans le monde au 1er janvier 1926, les Etats-Unis d’Amérique en possédaient près de 20 millions. Si en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, au Japon, l’usage de l’automobile se développait comme aux Etats-Unis, la consommation mondiale du caoutchouc doublerait. Si la Russie, l’Inde, la Chine, suivaient même de loin, ce serait rapidement la disette.
- Nous ne considérons que l’industrie automobile mais les autres utilisations qui sont les plus diverses sont très importantes, et de nombreuses applications nouvelles peuvent être envisagées. Il y a donc lieu de chercher par tous les moyens, dans les domaines les plus variés, à augmenter la récolte, sans craindre une surproduction.
- Notre pays doit s’en préoccuper : il pourrait facilement, à brève échéance, trouver dans ses colonies, tous les caoutchoucs dont il a besoin.
- Cette question intéresse au plus haut point non seulement notre industrie et notre commerce, mais aussi la défense nationale. Souvenons-nous, en effet, que pendant la guerre, lorsque le blocus de l’Allemagne devint effectif, le caoutchouc fut la matière qui fit le plus défaut à l’ennemi. Les chimistes allemands déployèrent une grande activité pour organiser la fabrication du caoutchouc synthétique, utilisant pour cela les résultats des travaux des deux savants français, Bouchardat et Couturier; après de grands efforts, ils parvinrent, en 1918, à prodûire 150 tonnes de synthétique par mois. Ce produit leur rendit de très grands services ; il était loin cependant de posséder les qualités du caoutchouc de récolte; aussi les premiers chargements que les sous-marins introduisirent dans l’Allemague bloquée, furent-ils constitués par du caoutchouc.
- Par l’organisation de plantations en Afrique, moins éloignées que celles de l’Indo-Chine, la France serait assurée de ne pas manquer de caoutchouc, en cas de guerre. C’est un devoir d’y songer, puisqu’il est indispensable pour la traction sur route, les masques protecteurs contre les gaz et cent autres applications.
- Il faut espérer que, suivant l’exemple donné en Angleterre, les pouvoirs publics français sauront appuyer les efforts faits dans nos colonies. Souhaitons aussi que s’inspirant des Anglais et des Hollandais, nos producteurs prendront l’habitude de s’entourer des conseils des spécialistes. Le laboratoire d’Agronomie coloniale au Muséum d’Histoire naturelle, dirigé par M. Chevalier, leur a déjà apporté un précieux concours.
- Un organisme nouveau, la « Société d’Etudes pour le caoutchouc et colloïdes », a été récemment créé à Paris, pour permettre aux planteurs d’améliorer la valeur de leurs produits. Le caoutchouc de nos colonies doit pouvoir lutter victorieusement comme qualité, avec ceux des autres provenances. j._Gh. Bongrand.
- Secrétaire de la Section du Caoutchouc au Comité national de Chimie.
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- Fig. 1, 2 et 3. — Quelques attelages chinois de Vépoque des Ilan, estampages de la mission Chavannes.
- ‘A gauche, attelage à un cheval, de la chambrette du lhao T’anh Chan. Au milieu, attelage a deux chevaux, bas-relief funéraire dt la même chambrette. A droite, attelage à quatre chevaux, dont les n°s 1 et k sont hors brancards.
- LA CONQUÊTE DE LA FORCE MOTRICE ANIMALf
- CHINE ET JAPON"'
- La Chine, monde fermé d’une originalité puissante, s’attaqua de bonne heure, comme les pays d’Occident, au problème de la force motrice animale. La solution qu’elle adopta fut incomplète, mais elle lui appartint en propre, et s’écarta sensiblement de celle que lui donnèrent les peuples de l’antiquité classique.
- Le Che-King, un des six livres canoniques du xe siècle avant notre ère, étudiés au vie siècle par Confucius, parle à plusieurs reprises de chars à quatre chevaux, mais la description qu’il en donne est si vague, que nous devrons recourir aux seuls documents figurés, pour connaître en détail le système chinois d’attelage.
- Les plus anciennes figurations de chars attelés apparaissent en Chine à l’époque Han (200 ou 300 ans après J.-C.), sur les dalles gravées, en pierre noire, qui ornent les parois des chambrettes funéraires du Chan-si, du Chantoung, et sur plusieurs stèles du Se-Tchouen. Ces documents reproduits en grande partie par le Kîn-c/ie-so, célèbre recueil d’épigraphie, ont été relevés et estampés par le regretté Chavannes, oupho-tographiés, pour notre étude, dans les musées et collections privées (fig. 1 à 3). On y trouve,, parmi les piétons et les cavaliers, de nombreux chars attelés, dont le type et les éléments essentiels paraissent fixés déjà, par un long usage.
- Une remarque s’impose tout d’abord, à la vue de cette charrerié, c’est la part très large faite sur les documents chinois à l’attelage
- 1. Yoir La Nature, ncs 2753 et 2755.
- d’un seul cheval, contrairement à la règle observée sur les documents figurés antiques, à quelque peuple qu’ils appartiennent. Ce contraste n’est pas fortuit, mais provient, au contraire, de ce que les Chinois trouvèrent, quatorze siècles avant les Européens, un organe de traction rationnel et bien adapté à la conformation du cheval.
- Attelage du cheval. — Si l’on examine, en effet, le harnachement Han (fig. 4), on constate, non sans surprise, que son principal organe de traction est la bricole, dont le premier exemplaire n’apparaît en Occident qu’au xne siècle, sur une peinture de manuscrit anglais. La bricole chinoise prenait son appui, comme la nôtre, sur l’omoplate, au-dessus de son articulation avec l’humérus, mais elle était fixée aux brancards vers le milieu de leur longueur, sans l’intermédiaire des traits qui prolongent la bricole moderne jusqu’au char.
- Le harnachement Han comprenait, en plus de la bricole, les brancards, le joug, le reculement et le frein du cheval.
- Les brancards, fortement recourbés vers le haut, étaient réunis, à leur extrémité, par une traverse munie d’œilletons pour les guides.
- Sous cette traverse, était fixé le joug.
- Le ycwg'Han, en forme de V renversé, reposait comme une sorte de fourchon sur le crête de l’encolure, très haut, près des oreilles.
- Contrairement au joug antique, ce n’était pas un organe de traction, mais un instrument de soutien pour les brancards de la voiture à deux roues.
- Le reculement était formé,
- Schéma de Vattelage du cheval en Chine, à l'époque des Ilan.
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- comme le nôtre, d’une courroie souple, fixée aux bran-, cards et contournant la croupe. Le frein était un mors de bridon, analogue au nôtre.
- Vappareil de traction était formé de la bricole et des brancards.
- L’appareil de gouverne, du joug et des brancards.
- L'appareil de recidement, de la courroie de reculement et des brancards'.
- ÎZfappareil de conduite, du mors, de ses garnitures de tête et de deux guides par cheval.
- La ferrure à clous était inconnue des Chinois, comme des anciens.
- Composition et dispositif de l’attelage. —
- L’attelage type se composait en Chine, d’un seul cheval encadré de brancards, on y voyait aussi des attelages collectifs de chevaux, disposés de front, entre des brancards multiples. Il y avait donc en principe trois bran-
- chinois des facilités de traction dont était privé le cheval de trait antique, C’est pour cette raison que l’attelage à un cheval est si répandu sur les documents figurés chinois et que tel de ces attelages traîne à lui seul une grande voiture à sept occupants, dont le deuxième cheval se trouve hors brancards... Toutefois les Chinois, selon leur habitude, ne surent pas exploiter à fond leur invention si ingénieuse de la bricole, en la complétant par les traits parallèles, le dispositif en file des animaux et la ferrure à clous. Il en advint que le rendement sur route de leur attelage collectif demeura médiocre, et ne dépassa guère celui de l’attelage antique, soit environ 500 kg.
- Fonctionnement de l’attelage. -- Quand les chevaux se portaient en avant, ils entraînaient avec eux la bricole, les brancards et par suite le char.
- Quand ils tournaient adroite ou à gauche, ils agissaient
- Fig. 5. — Dalle funéraire Han. Collection Maton, actuellement au Muséum de Boston.
- cards pour deux chevaux, quatre brancards pour trois chevaux...,
- Pareil dispositif avait l’inconvénient d’exiger des voitures de plus en plus larges/à mesure que le nombre des chevaux attelés augmentait. Or, les voitures très larges sont peu maniables, aussi dans la pratique, les Chinois se contentèrent-ils (sauf exception) d’attelages à un ou deux chevaux et de voitures à deux ou trois brancards.
- On rencontre pourtant sur les bas-reliefs Han, des attelages à trois et à' quatre pbevaux de front, mais ces triges èt quadrigeA ne sont ;en réalité que des biges, avec des che’Vàux en surnombre placés hors brancards, et qui par conséquent, ne participent pas à la traction
- (fig- 3)- ' ;
- Nous avons vu que le quadrige antique présentait un
- dispositif analogue. * ’ ' !
- L’emploi de la bricole conférait âü cheval de trait
- latéralement sur le joug et les brancards et changeaient ainsi la direction du char.
- Quand ils reculaient ou ralentissaient, ils transmettaient leur mouvement au char à l’aide de la courroie de reculement et des brancards.
- La conduite des chevaux s’opérait au moyen de deux guides par cheval comme chez les anciens. Mais dans le harnachement Ilan, les guides passées dans les œilletons de la traverse de brancards, étaient soulevées par cette traverse à hauteur des oreilles du cheval, en sorte que leur action se faisait sentir de bas en haut sur le mors. Il s’ensuivait que l’animal relevait la tête, prenant ainsi la même attitude redressée que sur les documents figurés antiques, mais pour une raison différente.
- Le char chinois. Le char chinois était un léger véhicule, monté sur deux grandes roues à multiples rais. A l’époque Han, il affectait, tantôt la forme d’une charrette anglaise découverte ou munie d’un toit à pivot
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- central avec étais aux quatre coins, tantôt d’une guérite sur roues, tantôt d’un char à bancs couvert, tantôt d’un fourgon à bagages avec toit en berceau modèle dont les Chinois se servent encore de nos jours.
- Le cheval chinois. —
- Le cheval chinois était au temps des Han, ce qu’il est encore, un fort poney râblé, trapu, à tête forte et à l’encolure épaisse dont le type s’apparente curieusement à celui du cheval d’époque magdalénienne figuré notamment dans la grotte de la Pasiega del Castillo en Espagne. Ses allures sont l’amble, le pas très relevé, le galop et plus rarement le trot. L’amble domine, peut-être parce que cette allure glissée réduisait au minimum le tangage du char, que l’étrange position du joug Han devait forcément accentuer.
- L’attelage chinois après les Han. — Les représentations d’attelages, nombreuses sous les Han, se raréfient sensiblement par la suite. Un bas-relief bouddhique de 543, publié par Chavannes, semble indiquer qu’à cette époque le harnachement chinois comprend encore les brancards recourbés et le joug d’encolure des Han. Par contre, ces brancards et ce joug n’existent plus sur les peintures du virie-ixe siècle découvertes au Turkestan chinois par Aurel Stein et P. Pelliot (fig. 6). On voit à leur place des brancards droits supportés par une dossière, comme dans le harnachement moderne, mais la bricole demeure fixée aux brancards. Les attelages de ces peintures n’ont qu’un seul cheval, attelé à une charrette à deux roues avec de hautes ridelles, et parfois un toit analogue à celui de la voiture Han. Ils sont purement chinois, et sauf exception, sans emprunt au système antique adopté par les peuples voisins, Perses, Arabes et Hindous.
- De même que les anciens, les Chinois se rendaient compte de l’insuffisance de leur procédé d’attelage et une
- peinture du xme siècle (*) nous conserve le témoignage d’un curieux essai qu’ils firent pour l’améliorer. Le système représenté sur la peinture en question (fig. 10) avait apparemment pour but de restreindre la largeur du char en limitant à deux le nombre des brancards, et de porter à quatre le nombre des chevaux participant effectivement à la traction. De nos jours ce problème n’offre aucune difficulté, grâce aux traits parallèles, au palon-nier et au dispositif en file, par un ou par deux, mais ce qui nous paraît très simple l’était beaucoup moins pour les Chinois qui ne connaissaient rien de ces inventions, et tâtonnaient, comme les anciens, à la recherche d’un attelage rationnel.
- Sur la peinture en question, quatre chevaux sont dis-pbsés en losange entre deux brancards et garnis d’un harnachement spécial, dont les organes sont des colliers souples, la selle et les traits divergents.
- L’appareil de traction des chevaux de tête et de queue se compose de la selle, du collier fixé à la selle et des traits divergents reliant la selle à l’extrémité des brancards ou à la caisse du char.
- L’appareil de traction de chaque cheval du milieu se compose de la selle, du collier fixé d’une part à la selle et de l’autre au brancard par côté, enfin de ce brancard lui-même.
- Le but fixé par l’inventeur était partiellement atteint, en ce sens que la largeur du char se trouvait restreinte, et que chaque animal participait à la traction; mais les colliers agissant de bas en haut, ou par côté sur l’enco--lure, captaient moins bien que labricole Ilan,la force de chaque animal; les traits divergents n’avaient qu’une action oblique et défectueuse, enfin, ceux du cheval de tête tendaient à rapprocher entre elles les extrémités des brancards, gênant ainsi les chevaux du milieu dans leur
- 1. Collection Brun.
- Fig. G. — Peinture du vm°-ixe siècle du Turkestan chinois, Mission Pelliot.
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- marche, toutes conditions nuisibles à l’effort d’ensemble et au rendement total. Ce dispositif empirique était donc un recul, plutôt qu’un progrès, et les Chinois s’en rendirent compte sans doute, car on n’en voit plus d’autre trace sur les documents figurés postérieurs.
- Pendant trois siècles encore, la Chine devait se servir exclusivement de l’attelage à un cheval entre deux brancards, ou à deux chevaux entre trois brancards.
- Ce n’est qu’a partir du xvne siècle qu’elle abandonna son vieux système, et apprit des Européens à constituer de puissants attelages de chevaux à l’aide du collier d’épaules des traits et de la ferrure.
- Toutefois, ses tendances particularistes l’ont conduite à rejeter jusqu’ici l’emploi du timon, du palonnier, et à préférer, au dispositif en file des animaux entre deux traits, un système de traits individuels qui donne à l’attelage collectif chinois un curieux aspect de désordre et d’enchevêtrement.
- Ajoutons que depuis l’adoption du collier d’épaules, les Chinois ont totalement délaissé la bricole, cet organe de traction pourtant rationnel, qu’ils avaient découvert quatorze siècles avant les Occidentaux. '
- L'attelage du bœuf. —Les plus anciens documents figurés chinois, représentant clairement l’atlelage du bœuf, sont les bas-reliefs Han des ne et . 111e siècles avant notre ère. Sur ces bas-reliefs, le bœuf est at-telé seul sous le joug de garrot et encadré de brancards. C’est l’attelage type dont les Chinois ne s’écarteront pas jusqu’à la pénétration européenne.
- Les documents figurés nous montrent la persistance à travers les siècles de ce genre d’attelage, pour la traction des chars et le labour. Sur tous, le bœuf est attelé seul, d’où l’on peut conclure que dans la Chine ancienne le rendement utile de l’attelage du bœuf égalait à peine celui du cheval.
- Ce n’est qu’a partir du xvne siècle, que les Chinois apprirent des Européens, l’art de composer de'puissants attelages de bœufs au moyen du dispositif par couples et en file auquel il faut ajouter la ferrure.
- Le travail forcé en Chine. — Il résulte des documents qui précèdent, qu’avant la pénétration européenne,; l’attelage des animaux ne constituait en Chine qu’une force motrice médiocre, analogue à celle de l’attelage antique de l’Occident. Les Chinois se trouvaient donc, au point de vue des transports sur terre, dans les mêmes conditions que les anciens, à savoir qu’au delà de 500 kg, ils devaient recourir à la force motrice humaine.
- La Chine connut donc le travail forcé, et de fait, ses annales relatent que la construction de la grande muraille, commencée trois siècles avant notre ère, par le général Noung-Tien, coûta la vie à des centaines de mille hommes, travaillant dix-huit heures par jour sous le fouet, et n’ayant, pour toute nourriture, que deux bols de riz et un peu d’eau croupie.
- D’autres grands travaux d’utilité publique, le creusement du grand canal, la construction de murailles de villes, de chaussées dallées et de ponts, nécessitèrent aussi l’emploi d’importantes équipes humaines. Mais, en Chine, les grands travaux de construction furent beaucoup moins nombreux et moins continus que chez les
- peuples de l’Occident classique. En outre, ils furent exécutés presque tous, avec des matériaux pris et ouvrés sur place. La grande muraille, par exemple, était formée d’un massif enterre recouvert de briques. Les maisons, les temples, les palais étaient des constructions légères, en briques et en bois. Enfin les Chinois, grands consommateurs de riz cuit en grains, n’avaient pas à fournir la corvée de mouture à bras, si dure pour la main-d’œuvre antique.
- Dans ces conditions, la. Chine ne fut pas astreinte, comme les peuples d’Occident, à une exploitation constante et sans merci de la force motrice humaine, aussi ne connut-elle pas l’esclavage, sous la forme d’une institution permanente comme les anciens. Chez elle, la masse des travailleurs resta libre.
- Il importe de remarquer, d’autre part, que l’adoption du système d’attelage moderne n’a pas conféré, jusqu’ici aux Chinois, les mêmes avantages qu’aux peuples d’Occident. Il ne suffit pas, en effet, d’adopter un système d’attelage rationnel, il faut aussi construire pour les voitures les voies de communication qui leur sont nécessaires, et c’est ce qu’on n’a pas fait en Chine.
- Il en est résulté que de vastes provinces où les chars circulaient à l’époque Han, le Se-Tchouen, par exemple, ne possèdent plus que des animaux de bât, et n’ont, en fait de chemins, que des pistes, par où leurs produits passent au compte-gouttes. Sans doute, il y a le Yang-tsé et quelques voies ferrées, mais que peuvent de grandes artères, si les capillaires et les veines font défaut dans l’appareil circulatoire? L’avenir de la Chine est lié à cette grave question. Malgré ses immenses ressources latentes, et sa main-d’œuvre si abondante et si diligente, ce grand;pays végétera, au point de vue économique, tant qu’il n’aura- pas donné l’essor à sa force motrice animale en créant le réseau routier qui lui manque.
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- La force motrice animale au Japon. — L’histoire de la force motrice animale au Japon présente cette particularité qu’elle se borne à celle du bœuf de trait.
- Le Japon en effet, bien qu’il ait une race de chevaux indigène, bien qu’il ait été ' civilisé par la Chine, n’a jamais attelé le cheval avant le xrx° siècle. Il suffit, pour s’en assurer, d’examiner attentivement les documents figurés japonais, estampes, peintures, laques, céramiques, bronzes, ivoires, sur lesquels on rencontre un grand nombre de chevaux montés, à l’exclusion totale du cheval attelé, jusqu’au milieu du xixe siècle. À cette époque seulement, les artistes japonais commencent à représenter l’attelage du cheval en s’inspirant des modèles occidentaux. Tout d’abord, ils comprennent mal le collier d’épaules, le palonnier, les ressorts et autres organes, mais ce fut une période fugitive, et bientôt le Japon s’habitua à voir dans le cheval un animal de trait, au même titre que le bœuf, et à l’employer de la même façon qu’en Europe.
- L'attelage du bœuf. — Si le Japon ancien ignora l’art d’atteler le cheval, il n’en fut pas de même pour le bœuf, dont l’attelage est très fréquemment représenté
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- Fig. 10. — Peinture chinoise du xm' siècle. (Collection Brun.)
- sur 'les documents figurés de toute nature. L’attelage japonais du bœuf est copié sur l’attelage chinois des bas-reliefs Han. Il se compose comme lui, d’un seul bœuf encadré de brancardsetplacésouslejougdegarrot (fig. 11). La voiture, qui est toujours à deux roues, comme en Chine, rappelle dans son aspect les modèles chinois. Cet équipage à un seul bœuf, est le seul que les Japonais aient connu antérieurement au xixe siècle. De nos jours, par contre, ils connaissent et utilisent tous les genres d’attelages, sans délaisser toutefois leur antique système, principalement pour la culture des rizières.
- La force motrice animale n’eut donc au Japon, avant l’époque contemporaine, qu’un rendement médiocre, inférieur même à celui que donnait aux anciens leur attelage de deux bœufs sous le joug.
- Est-ce à dire que la pénurie de force motrice animale ait mis les Japonaisdans l’obligation de s’emparer du moteur humain pour en faire le même abus que les peuples de l’antiquité classique? Nullement, caria ci-vilisationjaponaise, plus encore, peut-être, que la chinoise, se développa sans grande dépense de force motrice. '
- L’architecture japonaise n’emploie guère, en effet, depuis ses origines que des matériaux ultra-légers. Le combustible favori du Japon est depuis un temps immémorial, le charbon de bois dont le transport est facile.
- Les Japonais, pas plus que les Chinois n’ont jamais pratiqué en grand la mouture des céréales, enfin ils ont la mer et ses innombrables détroits.
- Sans doute, il y eut au Japon comme en Chine, pour la construction de forteresses, de ponts en pierre, de temples ou de, palais, des transports importants qui nécessitèrent l’emploi de fortes équipes humaines, mais ces travaux ne furent pas assez nombreux pour exiger
- l’institution permanente du travail forcé.
- Le Japon féodal eut des serfs attachés à la glèbe comme chez nous, au moyen âge, mais pas d’esclaves, ravalés au rang de la bête, comme ceux de Rome ou de l’Amérique.
- Ils ne lui étaient pas nécessaires (*).
- Cl Lefebvre des Noëttes.
- 1. Voir pour plus de détails : La Force motrice animale a travers les âges. Berger-Levrault, éditeurs.
- Fig. 11. — Attelage japonais du bœuf, d’après une estampe.
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- UNE SCÈNE DE CHASSE INÉDITE =
- DE LA GROTTE DE GANTIES, MONTESPAN (HAUTE-GARONNE)
- Dans la séance du 9 octobre 1926, le comte Begouën a fait à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une communication sur la découverte, par mon ami Gabriel Dubuc et moi, d’une nouvelle galerie préhistorique dans la grotte de Ganties à Montespan (Haute-Garonne).
- On sejsouvient queMM.Cas-teret et Godin avaient trouvé dans cette caverne, en août 1923, des modelages célèbres que l’on considère actuellement comme parmi les plus anciens connus (1).
- Parmi les gravures ou sculptures en argile découvertes, on peut particulièrement signaler la représentation d’un ourson sans tête, entre les pattes de devant duquel on a trouvé sur le sol un crâne d’ourson. Le cou de la statue portant un trou, on peut imaginer qu’il logeait une cheville tenant la tête naturelle et qu’on est en présence d’une figure sans tête, complétée par une tête réelle et peut-être aussi recouverte de la peau d’un animal.
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- Quoi qu’il en soit, la multitude de galeries qui aboutissent au lit souterrain du ruisseau nous réservait d’autres surprises. C’est au cœur de la montagne, cette fois, à 800 m. du puits situé à Ganties que les Magdaléniens ont placé dans une longue galerie basse le sanctuaire secret et inviolable de leurs incantations (fig. 1).
- Après une suite de bains glacés, de glissades, de chutes, après l’escalade pénible d’un chaos inimaginable
- 1. Comte Begouen et N. Caste-ret. — La caverne de Montespan. Rev. anthropol,, 1923, p. 533.
- Sortie de ia
- Galegie supérieure
- Grotte
- Fresqueke Chasse Cheyetr'agO
- Griffures. U‘Ours f' des Caverm
- Echelle
- Bisons gravéi
- Bégouen ( *$26) > Chevaux gnavêmk m.Bégouen (1926NJ
- Pont naturel-
- du Chaos W/ÊpEeva/ (r.T.)
- Traces de doigts sur /e voûte
- Echelle
- mètres
- Salle,..
- Salle
- des Elép hardi.
- ia/le du Dromadaire
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- ? du Dôme
- Salle du Dromadaire (étage sun-) Galle delacryi
- pS Salle du Dôme Pilier) (étage sup.)
- CStalagmites
- <facci
- ntrée de ta Grotte [Coté de Ganties)
- de roches en équilibre, on arrive enfin dans une partie plus calme, haute faille, que coupe par instants la rivière, et qui nous montre sur ses parois des Bisons et des Chevaux gravés dans le roc; la galerie préhistorique est au bout. L’entrée, sorte de chatière haute de 0 m. 35 sur une longueur d’environ 2 m., a été pendant des centaines de siècles le plus sûr gardien de ces richesses (fig. 3).
- Sur le sol, recouvertes d’une pellicule de calcaire, se voient de nombreuses traces de pieds et de genoux, et, tout au fond, sur la paroi, la scène de chasse tracée sur argile, longue d’environ 3 m., qui fait toute l’importance de la découverte : des Chevaux percés de trous, figurant les blessures produites par les sagaies, se dirigent, harcelés, vers une palissade entourant la fosse qui devra les capturer. Le premier, blessé, se renverse, le cou tendu, les naseaux dilatés; c’est, d’après le comte Begouën, une des plus fines gTavures préhistoriques que l’on possède (fig. 2, A).
- Les autres Chevaux, plus grossiers, sont simplement tracés au doigt comme les palissades et le reste du panneau (fig. 2, B).
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- Aussitôt après la découverte de cette galerie, j’avisai le comte Begouën, alors en Moravie. Dès son retour, il vint la visiter et surtout interpréter le sens des des-
- Fig. 1.— La galerie basse de Ganties à Montespan.
- Les largeurs ont été un peu exagérées pour montrer les détails du cours du ruisseau souterrain.
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- sins. Malgré son âge et en dépit des difficultés d’exploration, il a tenu à se rendre compte lui-même de la valeur scientifique de cette découverte.
- M. le comte Begouën a fait dans le Journal des Débats du 10 octobre dernier, le récit de son exploration :
- « L’entrée est un étroit boyau de 2 mètres de long et mesurant tout juste, maintenant qu’il est dégagé de la gangue de calcaire qui l’obstruait en partie, exactement 35 centimètre de hauteur. Inutile de dire que le passage de cette chatière est plutôt pénible et difficile, et il convient de remarquer, en outre, qu’elle est située à 800 mètres de l’entrée de la caverne. '
- « Ce parcours se fait suivant le cours du ruisseau, le plus souvent dans l’eau jusqu’au-dessus du genou et le
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- rites et dans le plus profond secret, étant fait pour assurer la bonne chance de quelque expédition de chasse.
- C’est le grand mérite du comte Begouën d’avoir su discerner dans cette suite de dessins, au plus profond des galeries obscures, l’intention religieuse et magique de nos ancêtres préhistoriques.
- Les cavernes n’étaient jamais pour eux ni trop profondes, ni trop inaccessibles pour cacher les secrets d’où dépendaient la vie et la prospérité de la tribu.
- C’est pour cela que dans le gigantesque dédale qui aboutit à ces 1200 m. de rivière, il reste encore beaucoup à chercher et à trouver.
- Dans ces salles, dans ces couloirs, aux parois labou-
- A
- Fig. 2.
- En haut : Ensemble 'de la scène de chasse de la grotte de Ganties.
- À droite : Le cheval proche de la
- palissade, tracé au doigt qui figure en B sur la frise.
- A gauche : Le cheval renversé figuré en A.
- corps plié en deux, car le plafond, très bas et hérissé de stalactites menaçantes, ne permet guère de se relever.
- « Vers le milieu du parcours, il faut escalader un chaos de rochers éboulés, dont les arêtes vives et les surfaces glissantes sont plutôt pénibles et dangereuses à aborder.
- « Cette grotte est certainement la plus dure et la difficile à parcourir que je connaisse.
- « Aussi devons-nous adresser nos plus vives félicitations aux deux hardis jeunes gens qui, depuis quelque temps, explorent cette grotte avec une endurance et une énergie remarquables.
- « C’est, nous dit-il, le premier panneau de chasse indiscutable que nous ayons ».
- Dans cette étroite faille, à la lumière de nos lampes, il a reconstitué pour nous la scène qui s’était déroulée là il y a quelques dizaines de mille ans : les coups de sagaie, les cris des rabatteurs, la course éperdue des •Chevaux vers le piège final; tout cela dans un but magique, l’envoûtement de ces images, suivant certains
- rées de griffades d’ours, on évoque sans peine notre ancêtre de l’âge des cavernes qui, malgré l’eau, malgré la nuit redoutable et terrifiante du souterrain, osait en disputer avec d’incertaines lumières la possession aux bêtes fauves.
- Depuis ces épopées millénaires, seul par instants, le bruit lointain de la rivière vient troubler le calme profond de la caverne.
- Peu à peu, par le travail séculaire de la goutte d’eau, des colonnes, des draperies invisibles se sont dressées entre l’homme et ses origines.
- Elles le séduisent, elles le charment et l’arrêtent au seuil de la vérité.
- Félix Trombe.
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- COMMENTAIRE SCIENTIFIQUE
- Fig. 3. — M. Félix Trombe, dans la grotte de Ganties, à Ventrée de la galerie où sont les sculptures.
- Les découvertes du comte Begouën et de ses fils dans les galeries profondes des deux cavernes de Monte s-quieu-Avantès avaient déjà montré que les antres pyrénéens contiennent dans leurs couloirs inviolés des merveilles artistiques et qu’on n’est jamais sûr, si difficile qu’en soit l’accès, d’en avoir pénétré tous les secrets.
- La belle découverte de MM. Gasteret et Godin que j’ai visitée dès le lendemain de leurs trouvailles m’avait laissé l’impression que tout n’était pas dit sur le souterrain de Ganties. Grâce aux courageuses explorations de MM. Félix Trombe et Gabriel Dubuc, méthodiquement poursuivies, nous en savons maintenant davantage .
- Il ne faut pas oublier que le climat de l’âge du Renne était beaucoup plus sec que ceux qui ont suivi et que souvent les couloirs aujourd’hui inondés étaient alors ordinairement à sec; de plus, maintes concrétions stalag-mitiqués, bornes ou draperies obstruantes, se sont formées Ultérieurement; plus d’un couloir est ainsi sous scellés, ou presque, depuis des millénaires, derrière des obstacles d’eau ou de calcite. Mais quand on voit l’audace des hommes de l’âge du Renne à pénétrer jusqu’aux moindres replis des couloirs les moins accessibles, il faut bien en conclure que quoiqu’on en pense , leur luminaire devait être assez stable, assez sûr et assez facilement entretenu et renouvelé pour garantir leur retraite vers le grand jour.
- Lorsque je fouillais avec les Begouën le couloir si resserré donnant accès aux Trois Frères, je ne fus pas, peu étonné de découvrir, empilées comme des assiettes, des plaques de grès étrangères à la grotte et présentant des traces de brûlures à une extrémité ; c’était sans doute
- un magasin de bougeoirs, sur lesquels de la graisse munie d’une mèche jouait le rôle de chandelle.
- On peut ainsi mieux concevoir qu’avec une bonne provision de plaques et de graisse, les paléolithiques aient pu non seulement se conduire en circulant « la chandelle à la main », mais qu’aussi il leur était possible, en distribuant aux bons endroits des lumières stables, d’éclairer a giorno toutes les galeries où se déroulaient les rites magiques, aux temps de leur accomplissement.
- On peut même penser qu’ils étaient célébrés en hiver, alors que les eaux étaient les plus basses et quand la morte saison de la grande chasse donnait aux tribus le plus de loisirs.
- Nous devons remercier de leur intéressant et notable appoint les jeunes explorateurs et leur souhaiter de ne pas s’arrêter en si bonne voie.
- Abbé Bbeuil,
- Pi-ofesseur à l’Institut de Paléontologie humaine.
- Fig. 4.
- M. VAbbè Breuil, à Ventrée de la Pasiega (Santander).
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- LE CHEMIN DE FER DE PARIS A SAINT-GERMAIN
- LES DÉBUTS
- Le chemin de fer de Paris à Saint-Germain n’est pas, sans doute, le premier qui ait été construit en France : lors de sa mise en service il existait déjà, entre Saint-Etienne, Andrézieux et Roanne, une ligne affectée au transport des charbons entre le bassin minier et la Loire, et on pouvait aller de Saint-Etienne à Lyon en empruntant une voie ferrée où la traction était assurée tour à
- on put entreprendre la construction de grandes lignes allant de Paris à la mer et aux frontières.
- Le chemin de fer de Paris à Saint-Germain partait primitivement d’un « embarcadère » situé rue de Stockholm, s’enfonçait sous le square de l’Europe en un tunnel auquel succédait une tranchée, passait sous le village des Batignolles et, après avoir franchi la Seine à Asnières puis à Chatou, atteignait le point terminus au Pecq, près du pont conduisant à Saint-Germain.
- Fig. 1. — Inauguration du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, le 24 août 1837.
- tour par des locomotives, par des câbles mis en mouvement à l’aide de machines fixes, par des chevaux, parfois même simplement par la gravité ; de leur côté, les houillères d’Épinac étaient reliées au canal de Bourgogne par une petite ligne. Cependant, le fait qu’Émile Péreire, en faisant construire le chemin de fer de Paris à Saint-Germain, avait en vue la création d’une ligne modèle, capable de montrer au public ce que l’on pouvait attendre du nouveau mode de locomotion, et le succès extraordinaire que ce chemin de fer a connu dès les premiers mois, obligent à admettre qu’en réalité c’est de son inauguration que date le mouvement d’opinion à la faveur duquel
- L’inauguration eut lieu le 24 août 1837 : la Reine, le duc et la duchesse d’Orléans, les ducs d’Aumale et de Montpensier, le Ministre du Commercé, le Préfet de la Seine, le Préfet de Police et un grand nombre de notabilités prirent place dans un train spécial qui fil le trajet de Paris au Pecq en 25 minutes et furent reçus, à l’arrivée, par les Administrateurs de la Compagnie, par le directeur Émile Péreire et par les ingénieurs Lamé et Clapeyron. La vitesse moyenne avait atteint 56 km à l’heure : c’était un résultat magnifique et l’on s’explique qu’un chroniqueur ait pu qualifier d’ « effrayante » la rapidité à laquelle les voitures étaient emportées.
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- Prix des places :
- Diligences, impériales, wagons garnis : 1 fr. 50 parpersonne. Wagons: 1 fr.
- Jusqu’à nouvel ordre, il n’y aura pas de stations intermédiaires.
- Il sera délivré de Paris des places pour l’aller et le retour, mais pour le jour seulement.
- On doit être rendu à la station 1/4 d’heure avant chaque départ.
- Le plus grand nombre de billets qu’une personne pourra prendre sera :
- Une caisse de diligence de 8 places.
- Une caisse de wagon de -10 places.
- Une banquette d’impériale de 3 places.
- Les billets ne pourront servir que le jour et l’heure indiqués.
- Les bureaux sont établis rue de Londres, place de l’Europe.
- Fig. 2. — L’embarcadère de la rue de Stockholm.
- Au fond les tunnels des Batignolles (1840). (Musée Municipal de Saint-Germain
- La mise en service fut annoncée au public par une affiche ainsi conçue :
- COMPAGNIE DU CHEMIN DE FER DE PARIS A SAINT-GERMAIN
- L’ouverture du chemin de fer aura lieu demain samedi, 26 août.
- Les heures de départ sont lîxées comme suit, jusqu’à disposition contraire :
- DEPARTS DE PARIS
- 6 heures du matin.
- 7 h. 1/2 —
- 9 h. 1/2 —
- 10 h. 1/2 —
- Midi.
- 2 h. 1/2 de relevée.
- 4 h. —
- 5 h. 1/2 —
- 7 h. —
- 8 h. 1/2 —
- DEPARTS DE SAINT-GERMAIN
- 6 h. 3/4 du matin.
- 8 h. 1/4 —
- 9 h. 3/4 —
- 11 h. 1/4 —
- Midi 3/4.
- 3 h. 1/4 de relevée.
- 4 h. 3/4 —
- 6 h. 1/4 —
- 7 h. 3/4 —
- 9 h. 1/2 —
- Fig. 3. — L’embarcadère de la rue de Stockholm.
- Au fond, la Butte Montmartre (1840). (Musée Municipal de Saint-Germain.)
- Dès la première année, alors qu’il n’y avait encore que dix trains par jour dans chaque sens, on transporta 449 442 voyageurs, bien que la ligne n’ait été exploitée que pendant les quatre derniers mois. Les convois avaient de 15 à 25 véhicules ; chacun d’eux pouvait admettre 24 ou 40 voyageurs, suivant la classe.
- S’il faut en croire les journaux de l’époque, l’embarcadère de la rue de Stockholm comportait une « vaste salle d’attente fastueusement décorée » où les voyageurs étaient séparés par une légère barrière, selon qu’ils avaient retenu des places à 1 fr. 50 ou à 1 fr. Pourtant cette installation n’était pas définitive : le lieu où s’élevait l’embarcadère semblait alors très éloigné du centre de la capitale et la Compagnie songeait à établir, entre la rue Tronchet et l’emplacement aujourd’hui occupé par le marché de la Madeleine, une gare terminus à laquelle, les trains auraient accédé par « un viaduc traversant les rues Saint-Lazare, Saint-Nicolas, Neuve-des-Mathurins et Castellane sur de jolies arcades de fonte élevées de 20 pieds au-dessus du sol ». Bien qu’une Ordonnance royale en date du 16 octobre 1837 ait approuvé ce projet, une enquête eut lieu en 1838 : une vive opposition se manifesta de la part de quelques habitants du quartier et surtout de celle de la Société d’études du chemin de fer de Paris à la mer par la vallée de la Seine, qui estimait que les travaux projetés lui rendraient plus difficile l’établissement de sa propre gare. Finalement, la Compagnie de Saint-Germain dut se contenter de prolonger sa ligne jusqu’à la rue Saint-Lazare.
- Pendant cette même année 1838, au cours de laquelle furent ouvertes au public les stations d’Asnières, de Nanterre et de Chatou, le nombre des voyageurs, au départ de Paris, s’éleva à 1 265139 : le succès de l’entreprise était définitivement assuré. Quatre ans plus tard, la gare de Paris fut établie rue Saint-Lazare, à l’emplacement aujourd’hui occupé par la Direction des Chemins de fer de l’État; le nombre des trains était alors de 15 par jour dans chaque sens.
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- Fig. 4. — Le pont d’Asnières en ISM. (Musée Municipal de Saint-Germain.)
- LA LIGNE ATMOSPHÉRIQUE DU PECQ A SAINT-GERMAIN
- Cependant, la ville de Saint-Germain n’était pas pleinement satisfaite de son chemin de fer et manifestait le désir de voir les trains atteindre le haut de la colline. L’entreprise était ardue, car il s’agissait de franchir, en moins de 2 km 1/2, une dénivellation de 51 m. et aucune des locomotives de cette époque n’était capable de gravir une rampe qui, en certains points du parcours, ne saurait être inférieure à 35 mm. Les ingénieurs étaient d’accord pour affirmer qu’il fallait avoir recours à une machine fixe; ils se divisaient quant au procédé à employer pour transmettre la force aux convois : les uns préconisaient l’installation d’un câble sans fin commandé
- par un tambour placé au point terminus ; les autres, sur la foi d’expériences faites en Irlande, affirmaient qu’une transmission pneumatique était de beaucoup préférable. L’idée de ce dernier mode de transmission était déjà ancienne : dès 1687 Denis Papin en avait énoncé le principe; toutefois, ce n’est qu’en 1838, lorsque les [constructeurs Glegg et Samuda parvinrent à mettre au point le système imaginé par Medhurst, quelques années auparavant, que des résultats probants furent obtenus.
- C’est sous l’empire de ces résultats que fut votée la loi du 5 août 1844, qui allouait à la Compagnie une somme de 1800000 francs pour établir une ligne atmosphérique de Nanterre à Saint-Germain, somme à laquelle cette dernière ville ajouta 200000 francs. La nouvelle ligne s’embranchait sur celle du Pecq au voisinage du pont de
- Fig. 5. —Locomotives et voitures (Î8M). (Musée Municipal de Saint-Germain.)
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- Souterrain
- Fig. 6. — La ligne atmosphérique du Pecq à Saint-Germain. [18kl.)
- a). Tube propulseur de 0,63. b). Tube propulseur de 0,37.
- e). Profil de la ligne.-
- Montesson, se dirigeait vers l’île Corbière et la terrasse de Saint-Germain, franchissait la vallée sur un viaduc et, après avoir décrit une courbe de 500 m. de rayon, arrivait à quelque 200 m. de la place du Château. En fait, les prévisions financières furent largement dépassées : la Compagnie dépensa 6 millions sur la section comprise entre la nouvelle gare du Pecq et Saint-Germain et dut renoncer à poursuivre les travaux jusqu’à Nanterre.
- Le chemin de fer atmosphérique comportait, couché suivant l’axe de la voie, un tube présentant à la partie supérieure une fente longitudinale normalement fermée par des lanières de cuir enduites de matières plastiques. Un piston, relié au véhicule tracteur par une lame, était placé dans ce tube ; dès que l’air était raréfié d’un côté du piston, la pression atmosphérique agissant sur l’autre face le poussait vivement et la lame, qui se frayait un passage entre les lèvres de cuir, entraînait le véhicule.
- La machine fixe placée à Saint-Germain comportait quatre corps de pompe ayant chacun 2 m. 53 de diamètre et 2 m. de hauteur (fig.7), dont les pistons étaient mus par un moteur horizontal de £00 chevaux ; ces pompes aspiraient 4 m3 d’air par minute. Le tube propulseur était calculé de façon à animer d’une vitesse de 60 km par heure un convoi de 54 tonnes lorsque l’on réduisait la pression au tiers de la pression atmosphérique; le diamètre du
- Fig. 8. — Le tracteur du chemin de fer atmosphérique (Î8h7).
- tube, qui était de 63 cm pour la partie comprise entre Le Pecq et Saint-Germain, devait ,être seulement de 37 sur le reste de la ligne atmosphérique; une machine fixe, semblable à celle de Saint-Germain, mais dont la force n’était que de 200 chevaux, avait été installée à Chatou.
- Les plus grandes espérances avaient été édifiées sur le système atmosphérique : pourquoi, disait-on, s’astreindre à véhiculer le générateur de force, puisque par le tube à vide, un train en marche peut recevoir constamment l’énergie qui lui est nécessaire? On ne reprochait guère au tube que de compliquer l’aiguillage et prohiber absolument les passages à niveau.
- Le chemin de fer atmosphérique commença à fonctionner le 14 avril 1847. Lorsque le train de Saint-Germain arrivait au Pecq, la locomotive était détachée, puis
- Fig. 7. — La machine pneumatique de Saint-Germain (i8h7).
- (Extrait du Magasin Pittoresque.)
- envoyée sur une voie d’évitement et le tracteur (fig. 8) était placé en tête du convoi. Dès qu’un signal électrique avait fait connaître à l’usine pneumatique de Saint-Germain que le train pouvait partir, les pompes étaient mises en action : la montée ne demandait guère que trois minutes.
- L’expérience ne tarda pas à démontrer que le système atmosphérique présentait de graves inconvénients. Non seulement l’entretien des lèvres de cuir était des plus onéreux, mais le rendement était déplorable, car les chaudières devaient être maintenues constamment sous pression, alors que les pompes ne travaillaient effectivement que pendant trois minutes par heure. L’impossibilité de proportionner à tout instant,‘'suivant les circonstances, la puissance absorbée aux résistances à vaincre, ainsi qu’on peut le faire avec la locomotive, contribuait aussi à diminuer le rendement. Aussi, des
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- que l’on fut à même de construire des locomotives assez puissantes pour gravir les fortes rampes, on envisagea la suppression du système atmosphérique.
- Assurer l’alimentation dynamique continue d’un véhicule en lui transmettant au fur et à mesure l’énergie dont il a besoin était, certes, une idée rationnelle, mais avec les moyens dont on disposait alors elle ne pouvait être réalisée dans de bonnes conditions : ce n’est que beaucoup plus tard, grâce au progrès de l’électro-technique, que le problème pourra être réellement résolu.
- La traction à vapeur fut substituée à la traction atmosphérique le 2 juillet 1860.
- La locomotive spécialement établie pour cette ligne, avait une puissance voisine de 260 kw, atteignait, en charge, un poids de 39 tonnes et pouvait exercer un effort de traction de 7 t. 6 ; les trois essieux étant couplés, l’adhérence était aussi élevée que possible. Afin que la montée soit toujours effectuée dans de bonnes conditions et avec toute la sécurité désirable, une locomotive était ajoutée en queue du train et ioignait ses efforts à ceux de la machine placée en tête ; cette pratique a d’ailleurs été conservée par la suite. L’application de la traction à vapeur obligea à remanier les installations de la gare de Saint-Germain : on en profita pour pousser les voies jusqu’à la place du Château.
- LE DÉVELOPPEMENT DU TRAFIC DE BANLIEUE
- Le prolongement de la ligne jusqu’à Saint-Germain, avait eu une influence des plus heureuses sur le développement du trafic : le nombre des voyageurs au départ de Paris, qui dans l’année qui précéda la mise en service du chemin atmosphérique fléchit légèrement, s’éleva en 1861 à 3 020 073. L’augmentation du trafic était d’ailleurs simultanément constatée sur toutes les lignes aboutissant à Paris Saint-Lazare et dès 1851, cette gare avait été
- agrandie afin de pouvoir admettre les trains de la Compagnie de l’Ouest qui desservaient Versailles et la Bretagne.
- Vers la même époque, les voitures de lre classe à trois compartiments de huit voyageurs, firent leur apparition et furent suivies, quelques années plus tard, des voitures de 2e classe à impériales ouvertes offrant 76 places, dont 40 à l’intérieur. Ces véhicules sont encore en 'service aujourd’hui, dansjes trains à vapeur de la banlieue
- Etat.
- Au cours des années qui suivirent, la Compagnie de l’Ouest, qui avait absorbé celle de Saint-Germain, dut entreprendre de grands travaux afin de dégager les abords de la gare de Paris : un troisième souterrain fut adjoint aux tunnels jumeaux des Batignol-les, le square de la Place de l’Europe disparut et fut remplacé par un pont, la partie de la rue de Stockholm qui traversait les voies fut supprimée.
- Ces travaux furent achevés en 1866 ; quatre ans plus tard, on ajouta à la gare Saint-Lazare une grande galerie de banlieue à laquelle on accédait au moyen d’un escalier de bois situé cour de Rome ; depuis, cette galerie a été prolongée vers la rue d’Amsterdam et est devenue la salle des pas perdus.
- Des travaux plus considérables encore, effectués entre 1884 et 1889, donnèrent à la gare Saint-Lazare l’aspect que nous lui connaissons.
- Jusqu’alors, la ligne de Saint-Germain formait, entre Paris et la Garenne-Bezons, timnc commun avec celle de Poissy : afin d’améliorer les conditions d’exploitation, un raccordement fut établi entre Bécon-les-Bruyères et La Garenne-Bezons et mis en service, le 1er juillet 1892 : les trains de Saint-Germain purent dès lors être acheminés à volonté par les voies de Versailles ou par la ligne primitive.
- Trois années plus tard on vit paraître les voitures de
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- PAR IS-ST- LA Z A R E-...
- PONT-CARDINET
- CLICHY-LEYALLOIS-
- ASNIERES- .....
- BÉCON..........
- LES VALLÉES...
- LA GARENNE-Bezs
- LA FOLIE
- NANTERRE
- RUEIL..........
- CH ATOU -CROISSY
- LE VESINET LE PECQ...
- ST GERMAIN-
- 35 W « 50 55 60 5 10 15 20 25 30
- Fig. 11. — Graphique des trains circulant sur la ligne de Saint-Germain de 7 h. à Oh. 30.
- Ce graphique montre bien mieux qu’un horaire le mécanisme de la circulation des trains. On voit, par exemple, comment le train 6537 E, partant de Paris à 8 li. 05, peut atteindre Saint-Germain en 32 minutes, après avoir pris à Rueil les voyageurs de la deuxième zone amenés par le train 5547 E, et desservi les trois gares intermédiaires de la troisième zone. On voit encore comment les retards se répercutent de proche en proche; c’est ainsi qu’un retard supérieur à 10 minutes dans la marche du train 1523 E partant de Paris à 7h. 45 peut, par l’entrave appportée à la circulation des <r matériels vides » 5543 E et ,6019 E, retarder le départ des trains 5562 E et 6036 E partant, l’un de Rueil à 8 h. 26, l’autre du Pecq à 8 h. 36.
- 2eclasse à impériale fermée, qui permettent de composer des trains offrant plus de 1500 places. De puissantes locomotives-tender de 500 k\v, pesant en charge 60 tonnes et capables de produire un effort de traction de près de 10 tonnes, furent mises en service à partir de 1897 et permirent de porter au maximum permis par les règlements, le nombre des voitures d’un train, tout au moins entre Paris et le Pecq.
- Par la suite, la partie de la banlieue desservie par la ligne de Saint-Germain s’est développée d’une façon extraordinaire : en 1905, le nombre des voyageurs s’éleva à 11 788 652 au départ de Paris et il fallut meltre en circulation 38 trains par jour dans chaque sens. La Compagnie de l’Ouest connut alors de grandes difficultés du fait de l’exiguïté de la gare de Paris et du manque de voies d’accès. Dès 1908, elle prévoyait l’électrification de la ligne de Saint-Germain et l’établissement à Paris Saint-Lazare, d’une gare souterraine à laquelle les trains électriques auraient accédé par une voie spéciale, entrant en tunnel vers les Batignolles. Sur ces entrefaites, l’Etat racheta le réseau de l’Ouest. La nouvelle Administration fut vite amenée à conclure que l’électrification de l’ensemble des lignes de banlieue était une nécessité, et qu’il fallait rompre l’interdépendance qui existait entre les différentes lignes.
- LA DERNIÈRE ÉVOLUTION : LA TRACTION ELECTRIQUE
- En 1911, onséparalaligne Saint-Germain d’avec celle
- de Versailles, entre Asnières et Bécon-les-Bruyères, puis on mit en construction les centrales électriques et un certain nombre de sous-stations. On entrepiût ensuite de porter à 10 le nombre des voies principales qui, entre Paris et Asnières, était de 6. Il fallut percer un tunnel, élargir plusieurs ponts et détruire les anciens tunnels des Batignolles. Lorsque les traversées à niveaux différents, entre Bécon-les-Bruyères et Les Vallées seront achevées, la ligne de Saint-Germain sera complètement indépendante.
- Elle est maintenant exploitée pas zones ; l’application de ce système est justifiée par le fait que, sur cette ligne, la plupart des voyageurs vont à Paris ou en viennent et que, par conséquent, les trains sont d’autant plus chargés qu’ils sont plus près de la capitale.
- Un train desservant une telle ligne d’une extrémité à l’autre, serait très mal utilisé, car une partie des voitures circuleraient à vide sur une notable partie du trajet. Il est donc rationnel de diviser la ligne en zones, de trafic à peu près équivalent, et d’assurer le service de chacune d’elles au moyen de trains ne desservant pas les autres zones. Ce mode d’exploitation a en outre l’avantage d’augmenter le débit de la ligne et évite aux voyageurs nombre d’arrêts inutiles. Les zones sont au nombre de trois, Bécon-les-Bruyères et Rueil marquant respectivement les limites des deux premières zones. Le graphique (fig. 11) des trains de cette ligne circulant entre 7 heures et 9 h. 30
- Fig. 12. — Terminus de la deuxième zone de la ligne Paris-Saint-Germain.
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- montre comment on est parvenu, en réglant convenablement l’ordre des circulations, à assurer la desserte de chaque station toutes les 15 minutes, sans gêner en rien la marche de ceux de ces trains qui doivent traverser une zone sans y subir aucun arrêt. Afin de permettre aux trains qui doivent se garer, de le faire rapidement, des terminus de zone (fig. 12) comportant une ou deux voies spéciales placées entre les voies principales, ont été établis à Bécon et à Rueil.
- Le service de la ligne est assuré en principe au moyen d’éléments formés d’une automotrice et d’une remorque. Dans ces véhicules, le châssis et la caisse sont confondus :'le tout forme une énorme poutre tubulaire dont les faces présentent des panneaux rigides. Au cours des essais, de telles voitures reposant sur leurs boggies, ont pu être chargées de 15 tonnes uniformément réparties, sans qu’il en soit résulté une flèche supérieure à 2 mm. Par ailleurs, elles ont prouvé une- très grande résistance à l’écrasement. L’automotrice comporte 4 moteurs de 120 Lav, commandés par un contrôleur électro-pneumatique limitant automatiquement l’intensité du courant, aussi bien au démarrage qu’en pleine marche.
- Un élément automotrice-remorque offre place à 327 voyageurs. Lorsque les nécessités du trafic l’exigent, on groupe en une même rame deux ou trois éléments; grâce à des commandes électriques appropriées, le machiniste contrôle simultanément tous les moteurs de la rame.
- La facilité avec laquelle on fait varier la composition de tels trains donne à l’exploitation une souplesse qu’aucun autre système ne permet d’atteindre. Les mouvements de gare sont d’ailleurs réduits au minimum, puisqu’il n’est plus besoin, aprèsxhaque arrivée de train, de placer une locomotive en tête et d’évacuer la locomotive ayant amené le convoi : il en résulte un important accroissement de la capacité des voies de réception.
- La distribution de l’énergie électrique est assurée par les sous-stations du Pont-Cardinet et d’Asnières, qui disposent chacune de quatre commutatrices de 1500 kw, par celles de La Garenne, de Chatou et de Saint-Germain
- Fig. 24. — Train électrique gravissant la rampe de Saint-Germain.
- Fig. 13. — Sous-station de Saint-Germain, équipée actuellement avec 3 commutatrices de 1000 kilowatts.
- qui renferment chacune trois commutatrices de 1000 kw. La puissance installée atteint actuellement 21 000 kw ; on a prévu dès à présent une extension qui la portera à 30000 kw.
- La traction électrique a été appliquée le 27 juin 1926 aux deux premières zones de la ligne, mais ce n’est que depuis le 20 mars dernier que les rames électriques atteignent Saint-Germain.
- On pourra, avec l’organisation nouvelle, faire face à un mouvement quotidien de 100 000 voyageurs, présentant des « pointes » de 12 800 voyageurs par heure pendant les périodes où le trafic est le plus intense. Il convient d’ailleurs de remarquer, d’une part que la première zone est desservie également par des trains circulant sur les lignes de Versailles et d’Argenteuil, d’autre part que le nombre des trains de la deuxième zone pourra être élevé à 8 par heure dès que la gare de La Garenne aura été dotée d’une voie spéciale de garage.
- La capacité de transport devra, dans un avenir plus éloigné, être portée à un chiffre plus élevé encore. Il n’est pas possible d’accroître la vitesse, les véhicules ne pouvant dépasser 65 km par heure ; il faut donc augmenter la fréquence des trains et leur capacité. La signalisation lumineuse automatique, déjà installée de Bécon-les-Bruyères à Saint-Germain, permettra d’appliquer aisément le premier moyen; mais le second exigera l’acquisition de nouvelles voitures et le renforcement des sous-stations électriques. Si l’on veut éviter que les rails soient alors parcourus, au moment des démarrages, par des intensités qui sous 650 volts dépasseraient* 4300 ampères dans le cas de rames de 5 éléments, on sera obligé de porter la tension à 1500 volts; les éléments automoteurs ont été établis de façon à pouvoir, moyennant quelques légères additions, être alimentés sous l’une ou l’autre tension.
- Il est à présumer qu’en dépit de toutes améliorations, la ligne actuelle deviendra un jour insuffisante ; les chemins de fer de l’État l’ont prévu et, déjà, a été élaboré un projet de construction, entre Paris et Bécon-les-Bruyères, de voies souterraines exclusivement réservées aux trains de la première zone. André Bourgaïn.
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- ;. . LE GLOBE SE REFROIDIT-IL? =
- LES TRAŒS GLACIAIRES CRÉTACÉES EN AUSTRALIE
- Des recherches récentes viennent de signaler en Australie l’existence de glaciers à la période crétacée. L’attention des géologues avait été attirée depuis plusieurs années déjà sur des blocs erratiques, dont l’âge de dépôt était jusqu’ici resté imprécis. Cette dernière question résolue entraîne des conséquences d’un certain intérêt.
- On rencontre ces blocs dans le sud de l’Australie, disséminés sur une aire immense définie par les coordonnées 26° 25’ à 30° 35' latitude sud et 134° 30' à 139° 44' longitude est (approximativement 40 000 km2). Il sont constitués pour la plupart par une quartzite étrangère à
- stries et des rainures assez profondes, caractéristiques d’une action glaciaire.
- Logiquement, il fallait supposer que cette glaciation était contemporaine des tillites primaires que l’on rencontre dans cette même région d’Adélaïde, où les traces sont d’ailleurs nombreuses d’un refroidissement intense permo-carbonifère (époque durant laquelle, selon Wegener, le pôle sud oscillait entre la pointe de l’Inde et l’Australie centrale).
- Pourtant la position stratigraphique des blocs striés erratiques est nettement supérieure à celle des tillites permo-carbonifères, dont ils sont séparés non seulement
- Ouest
- Pré-cambrien ?
- Laves et conglomérats
- fillittes^pg/rÆ,
- Mont
- Babbage
- uloowurtina
- \ wons
- V~\ m\réœntes \ ^ ^ ^ v
- Pleistocène
- Tertiaire
- Niveau de la mer
- Gneiss archéjen fnterruption dans la coupe
- 0 100 200 300 mo .500 mètres
- Crétacé supérieur Horizon glaciaire
- Crétacé inférieur
- Echelle verticale
- 10 kilomètres
- Sondage 585 métrés Jurassique
- SRNlfr/ss
- Horizon glaciaire
- permo-carbonifère (tillites)
- Fig. 1. — Coupe de la région de Muloowurtina (Australie du Sud), montrant les horizons glaciaires : tillites primaires ; horizon permo-carbonifère ; horizon crétacé.
- la région, mais analogue à celle du terrain cambrien d’Adélaïde, dont les affleurements les plus A^oisins se trouvent à 250 et 300 km de là. Comment de pareils blocs — certains pèsent plus d’une tonne — ont-ils été transportés à une telle distance de leur roche d’origine ?
- Le fait qu’ils sont associés, dans leur situation actuelle, à des troncs fossiles de conifères, pourrait faire supposer qu’ils sont venus sur ces bois, alors flottants, s’il ne s’agissait de masses et de distances aussi considérables. Pour les mêmes raisons on ne peut envisager un transport par torrents, et, après avoir discuté de nombreuses hypothèses, les géologues australiens, MM. Wodnough et David, ne conçoivent qu’un seul agent capable d’opérer un tel transport : ce serait la glace flottante.
- Or, on a remarqué à la surface de certains blocs, dés
- par la série jurassique, mais encore par les « Rolling DoAvns Sériés » ou crétacé inférieur. Ils gisent dans des couches d’âge crétacé moyen ou supérieur, recouvertes elles-mêmes par les dépôts miocènes. On peut donc dire déjà que le transport des blocs s’est effectué à un âge variant du crétacé moyen à la base du miocène.
- Mais il est possible de préciser, car les géologues australiens ont remarqué, dans l’horizon glaciaire, un bloc calcaire contenant des Aucellina, des Maccoyella et une tige d’lsocrinus. Si le fragment de Crinoïde est peu probant (encore qu’il indique que l’horizon glaciaire n’est certainement pas d’âge permo-carbonifère, mais plus récent), ces lamellibranches sont nettement crétacés. Le bloc calcaire paraissant in situ, le transport des blocs erratiques, ses voisins, se serait effectué entre
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- l’Aptien et l’Albien supérieur, même peut-être le Cénomanien.
- Si le bloc calcaire était, lui aussi, erratique, la probabilité resterait sensiblement la même, et la glaciation ne serait pas d’âge postalbien, mais prémiocène.
- Dans l’état actuel de la question il y aurait difficulté à préciser s’il s’agit là de glaciers locaux ou d’une calotte glaciaire de quelque étendue.
- L’existence de forêts de conifères (dont les troncs fossiles sont associés aux blocs erratiques) ferait pencher vers la première hypothèse, mais il se peut fort bien aussi que les glaciers descendant et progressant au-dessous de la limite des neiges aient déraciné et entraîné les arbres des forêts rencontrées. Il faut remarquer, en outre, que le glacier, dont on retrouve les produits sur une aire de 40000 km2, était certainement de très grande étendue.
- Des faits d’ordre différent viennent d’ailleurs confirmer un refroidissement très net de cette région australe, au crétacé. Ce sont les traces de l’invasion d’une faune froide dans les mers de l’Australie centrale, puis la présence dans leurs dépôts d’éléments minéraux (glaubérite et ses pseudomorphes) dont la formation est toujours favorisée par des mers très froides (on les trouve dans l’horizon glaciaire permo-carbonifère des Nouvelle-Galles du Sud, et dans la glace actuelle de l’Antarctique).
- Il est possible que la cause -de ce refroidissement réside dans des faits locaux : mouvements verticaux de l’aire australienne, plissements intenses en NouvelleZélande.
- Mais il faut noter qu’à cette époque nous assistons au déclin de groupes organiques importants et abondants : Ammonites, Rudis-tes, Orbitolites, et que leur disparition complète à la fin de la période est pour le paléontologiste le signe d’une forte et générale chute de température, et la venue de conditions glaciaires.
- De quel ordre et de quelle intensité furent-elles ?
- On a déjà retrouvé çà et là des traces sporadiques d’autres glaciers paraissant
- dater de cette époque.
- Ce sont les blocs erratiques du crétacé d’Angleterre (Croy-don) et d’Islande, du Spitzberg, de l’Afrique du Sud, et ceux de l’éocène du Colorado.
- Charles Lyell en a reconnu dans le miocène de Superga, près Turin.
- On a beaucoup discuté sur la signification de ces formations.
- Suffisent-elles à nous faire croire à une glaciation importante ?
- La découverte de l’âge des blocs glaciaires d’Adélaïde est. un témoignage précieux, et, dans cet ordre, le plus net que nous connaissions jusqu’alors. Il est en outre accompagné d’une telle série de faits concordants qu’il semble bien que les glaciers épars de cette période sont moins les conséquences de conditions [locales, que celles d’un refroidissement évident, et sans doute, à ce moment du Crétacé, assez général du globe.
- La question encore bien obscure des glaciations se modifie ainsi peu à peu. Longtemps la glaciation quaternaire a été tenue pour unique, jusqu’au jour où l’on s’aperçut qu’il s’agissait d’une série d’oscillations glaciaires. Voici une dizaine d’années seulement, survenait la découverte d’une série de glaciations d’âge primaire;
- puis de témoins glaciaires au trias.
- Aujourd’hui des faits assez nombreux démontrent, sinon une glaciation, du moins un refroidissement très net, et l’existence de vastes glaciers à l’époque crétacée.
- A mesure que se développent nos connaissances, les traces de ces refroidissements périodiques se montrent donc plus nombreuses et plus fréquentes, au cours des âges géologiques.
- Ceci ne peut laisser subsister la conception classique d’un refroidissement graduel du globe.
- Faut-il donc admettre des variations oscillantes ou périodiques ?
- Mais ce rythme connaît-il une loi? problème dont la solution nous reste, à vrai dire, inconnue.
- Jean Lacoste.
- Fig. 2. — Blocs erratiques du crétacé de l’Australie du Sud. (Trans. and Proc. R. Soc. South Àustralia.)
- Blocs isolés à Dalhousie Springs.
- Fig. 3 et 4. — Blocs erratiques du crétacé de VAustralie du Sud. (Trans. and Proc. R. Soc. South Australia.)
- A gauche, blocs de quartzite près d’Arkeeta Claypans.
- A droite, bloc de porphyre près de Coward Springs.
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- LES SURFACES PLANES == LES PLUS PARFAITES DU MONDE
- ÉTALONS PLANS EN QUARTZ
- La silice amorphe ou quartz fondu jouit de l’intéressante propriété d’avoir un coefficient de dilatation extrêmement faible. Il est 40 à 50 fois plus petit que celui d’un acier ordinaire, 15 fois plus faible que celui du verre de composition normale.
- L’emploi du quartz pour faire des étalons de longueur ou des calibres est donc tout indiqué ; d’autant plus que sa transparence permet l’emploi de moyens optiques extrêmement sensibles, fondés sur les phénomènes d’interférence, pour apprécier la précision des concordances. Mais l’obtention du quartz parfaitement transparent et le travail de cette substance présentent de très grandes difficultés.
- Aussi la réalisation récente par le Bureau of Standards,
- employée, de l’habileté de l’ouvrier et de la précision avec laquelle on peut déceler une erreur. Un homme habile, au moyen d’une règle rectiligne qu’il applique sur la surface et dont il examine les coïncidences devant une source lumineuse, peut distinguer un écart de contact de l’ordre de 25 longueurs d’onde de lumière, ce qui correspond à un peu plus du 1/100 de millimètre.
- Mais si l’on emploie les méthodes bien connues d’interférence pour apprécier le contact entre les surfaces polies de deux disques transparents, on peut, en observant les franges d’interférence, apprécier les écarts de planitude.à moins de 1/100 de longueur d’onde près.
- Dans la pratique industrielle, on n’a jamais besoin de surfaces dont la planitude soit parfaite à plus de 1/20 de
- Fig. 1. — Les trois étalons de planitude en quartz construits par le Bureau of Standards.
- Ce sont trois disques, ayant environ 25 cm de diamètre, 4 cm de long. Leur surface est plane à moins de 1 /100e de longueur d’onde près.
- aux Etats-Unis, de disques en quartz susceptibles de servir d’étalons de planitude présente-t-elle un grand intérêt et mérite de retenir l’attention.
- La ligne droite est en pratique définie comme l’intersection de deux plans. C’est donc la surface plane d’un étalon qui est à la base des opérations servant à obtenir en pratique non seulement des plans, mais des alignements parfaits et des mesures de longueurs précises.
- L’épreuve fondamentale pour vérifier la planitude d’une surface consiste à constater que tous ses points peuvent entrer en coïncidence avec ceux d’un autre plan. Si trois surfaces données peuvent deux à deux coïncider exactement l’une avec l’autre en toute orientation, toutes trois sont parfaitement planes.
- On conçoit ainsi l’importance que présentent des étalons offrant des surfaces rigoureusement planes.
- Telle est la qualité des disques de quartz préparés au Bureau of Standards, sous la direction de M. Skinner.
- Le degré de précision que l’on peut obtenir^dans la confection d’un plan standard dépend de la substance
- longueur d’onde près. La bonne règle, pour les vérifications, exige que les défauts du modèle soient négligeables par rapport à ceux de la pièce essayée. Il faudrait donc que le modèle, ou le calibre, soit plan à moins de 1/200 de longueur d’onde près. Ceci donne une idée des difficultés d’exécution et aussi d’emploi de tels modèles. Les moindres irrégularités de température troublent les observations et déforment le modèle, c’est ce qui explique la supériorité d’une substance transparente indilatable comme le quartz, par rapport au verre plus facile à travailler, mais qui ne permet pas, et de loin, une telle précision.
- Nous allons voir maintenant comment ont été préparés les étalons de quartz du Bureau of Standards et comment ont été surmontées les difficultés de leur fabrication.
- M. Skinner a pris trois disques de silice transparente fondue, de 25 à 28 cm de diamètre, épais de 4 à 5 centimètres. Les progrès récents réalisés dans la fabrication du quartz fondu ont permis de trouver dans l’industrie
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- dre de grandes précautions pour que cette poix ait la dureté optima, suivant la température régnant dans la salle. Si elle est trop molle, on la fait bouillir; si elle est trop dure, on l’étend avec de la térébenthine. Quand elle est trop dure, l’abrasif adhère irrégulièrement et provoque des rayures.
- Il est essentiel que la température de cette couche de poix reste bien uniforme dans toute la masse pendant le travail. Si la poix est trop molle, sa surface se déforme trop vite.
- On se rend compte que ce travail exige constamment de la part de l’artiste les précautions et le contrôle les plus vigilants et les plus minutieux.
- La transparence du disque les facilite. Elle permet d’observer l’abrasif et de noter toutes variations locales ou générales dans l’effort nécessaire pour maintenir le mouvement. Elle permet de graduer les efforts et les déplacements du disque suivant chaque état particulier, de varier la longueur de la course et le mouvement de rotation circulaire, ainsi que la pression qui vient s’ajouter au poids du disque, enfin de juger quand il faut arrêter le travail pour éviter tout échauffement.
- Le travail de polissage des disques se décompose
- Fig. 3.
- M. Skinner procédant au polissage parfait d'un
- disque en quartz.
- Fig. 2. — Contrôle optique des disques, après la deuxième période dû polissage, du moyen de franges d’interférence.
- Deux des disques sont placés l’un sut- l’autre et éclairés par une fenêtre en verre dépoli diffusant une lumière monochromatique. Les franges d’interférence sont observées soit par vision directe, soit par réflexion sur le miroir placé au-dessus des disques.
- de tels disques. Ceux-ci, dégrossis dans un atelier d’optique, ont été soumis, au Bureau of Standards, à un travail de rectification particulièrement délicat, consistant en des opérations de meulage et de polissage, dont l’exécution exigeait de véritables artistes.
- Tout le travail fut fait à la main, sur une table en forme de piédestal, permettant à l’artiste de circuler librement autour d’elle. L’artiste fait tourner le disque en l’appuyant contre la table, avec une pression bien régulière. Les trois disques sont d’abord rectifiés avec une poudré de carborundum, jusqu’à obtention de surfaces jugées parfaitement planes par le contrôle à la règle. On passe ensuite au polissage qui donnera la planitude parfaite satisfaisant au contrôle optique.
- L’abrasif employé est une suspension de rouge de colcothar dans l’eau, préparée avec grand soin. La plaque polisseuse, posée sur la table, est une plaque de fonte, munie de rainures en Y et garnie de poix. Il faut pren-
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- Fig. 4. — Les franges d’interférence produites parla lumière réfléchie sur les deux faces de contact des disques au cours de l’expérience de contrôle de la figure 2.
- Ces franges examinées en tous leurs points, en vision perpendiculaire, avec le dispositif de la figure 5, apparaîtraient parfaitement rectilignes.
- en trois phases. Dans la première, on polit le mieux possible les deux faces des trois disques, sans faire de mesures de planitude. Dans la seconde phase, on rend à peu près plane une face du disque en la vérifiant par des méthodes usuelles. Cette vérification se fait en mettant les surfaces de deux des disques en contact, en faisant réfléchir sur elles les rayons d’une source lumineuse monochromatique et ep observant^siilês franges d’interférence sont rectilignes-(fi^., 2) ;
- Cette méthode est limitée au point de vue de la précision, en raison de l’obliquité des rayons qui traversent les disques pour arriver aux yeux de l’observateur.
- Les franges rectilignes ne sont un critérium correct qu’en vision perpendiculaire. Or la vision ne peut être perpendiculaire que pour un point seulement et elle est oblique pour tous les autres.
- La vision oblique produit une courbure légère des franges, variable avec l’angle; le critériam^ën^question est donc d’une précision insuffisante.
- Au début de la troisième phase, des observations sont faites à l’aide de la méthode de Pulfrich, qui permet de réaliser une vision perpendiculaire en tous les points de la surface.
- Le principe de cette méthode est indiqué sur la figure 5.
- Le faisceau de la source éclairante traverse une plaque, de verre à 45° et est transformé, au moyen d’une lentille, ! en un faisceau parallèle. Il se réfléchit à la surface de contact des deux disques , est rendu à nouveau convergent par la lentille et renvoyé par la lame à 45°, dans l’œil de l’observateur placé latéralement.
- On corrige, alors, les petits écarts décelés par'cette méthode. C’est ainsi que l’on a pu arriver, pour les surfaces des trois disques, à une précision de planitude supérieure à 1/100 de longueur d’onde, exemple rare* d’un travail pour lequel la main de l’artisan a pu réaliser une précision égale à celle que peut mesurer le physicien armé des instruments de mesure les plus délicats.
- Si ces disques conservent leur forme d’une façon permanente, ce que l’usage seul révélera, le Bureau of Standards se trouvera en possession d’étalons plans réellement parfaits.
- La conduite d’un travail aussi délicat demandait des soins extrêmes, une sollicitude constante pendant les opérations.
- Pour arriver à la précision qui a été obtenue, il a fallu travailler longtemps au polissage des disques, puisque le quartz est une matière d’une grande dureté et que l’abrasif utilisé, bien que très efficace, ne pouvait enlever que d’infimes parties de matière à chaque traitement.
- L’opérateur devait donc s’armer d’une patience à toute épreuve : l’usure très progressive et très lente des surfaces était d’ailleurs une des conditions nécessaires; pour arriver à la précision voulue.
- L’obtention de disques aussi parfaits, dont la valeur scientifique est indéniable, fait le plus grand honneur à M. A. Skinner, chef du Département de l’Optique, qui a eu l’idée de cette utilisation du quartz fondu pour la préparation de disques étalons invariables.
- E.-H. Weiss.
- Fig. 5. — Schéma du dispositif optique permettant à l’œil d’examiner simultanément et en vision perpendiculaire toutes les parties du disque.
- Source lumineuse
- Lentille
- contrôler .
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE "
- DE PASCAL : DESCARTES OU PASCAL?
- LA « GRANDE EXPÉRIENCE ”
- L’époque semble favorable à la révision des procès historiques. Parmi ceux-là, les débats scientifiques nous attirent spécialement, et ce n’est pas sans une vive curiosité que nous avons parcouru un opuscule récemment livré à la publicité (a), et qui met au point un problème dont la solution nous parait cette fois définitive et sans appel.
- Rappelons en quelques lignes l’état de la question.
- Il y a un demi-siècle, ou environ, au cours de l’été de 1876, un homme d’Etat, qui devint plus tard ministre, M. Agénor Bardoux, célébrant le génie de son illustre compatriote, Biaise Pascal, rappelait l’initiative que celui-ci avait prise, dès l’année 1647, de la fameuse expérience touchant la pesanteur de l’air, qui a contribué à immortaliser son nom. Or, la véiûté nous oblige à déclarer que c’est non à Pascal, mais à Descartes, que revient la gloire d'avoir suggéré et conseillé à Pascal l’expérience du Puy-de-Dôme, dont l’auteur du Discours de la Méthode avait clairement annoncé les résultats avant sa réalisation. Et cette réalisation elle-même, ce n’est pas à Pascal qu’en revient le mérite, mais à son beau-frère Périer, guidé par lui, il n’est que juste de le reconnaître.
- Si l’on s’en tient aux assertions de Pascal, nul doute qu’il ait eu l’initiative qu’il s’attribue, alors qu’il sera démontré qu’il ne fut que « l’intelligent exécuteur d’une idée, suggérée par autrui » ; en l’espèce, par le philosophe Descartes.
- Dans une lettre qu’il écrivait, le 12 juillet 1651, à M. de Ribeyre, Premier Président à la Cour des Aides de Clermont-Ferrand, Pascal spécifiait :
- « Je vous le dis tardivement, que cette expérience est de mon invention; et, partant, je puis dire que la nouvelle connaissance qu’elle nous a découverte est entièrement de moi. »
- Il ne saurait être d’affirmation plus catégorique, et, se basant sur cette déclaration, de nombreux « pascalisants » n’ont pas hésité à attribuer à Pascal la paternité de cette géniale découverte; d'autres, moins exclusifs, en ont partagé l’honneur entre Descartes et Pascal; d’autres, enfin, ont reconnu la priorité de Descartes, qui, après examen des arguments produits par le chanoine Bossebœuf, nous a paru incontestable.
- Ces arguments, il faut les chercher non pas seulement dans les ouvrages, mais dans la correspondance du grand philosophe, « mine infiniment riche, dans laquelle se rencontrent les aperçus, les observations et les documents les plus précieux sur divers points ».
- Dès 1681, Descartes déclare que c’est à la pesanteur de l’air qu’est due la suspension du vif-argent dans un tube. Cette explication est en complète opposition avec l’opinion, qui avait cours alors dans le monde scientifique, de l’hypothèse sur l’horreur de la nature pour le vide, opinion que Pascal partageait avec (nous le répétons) la majorité, presque l’universalité de ses contemporains.
- Sur ces entrefaites, Descartes, qui avait dépassé la cinquantaine, et qui avait depuis quelques années cherché, dans une retraite en Hollande, la solitude favorable aux travaux de l’esprit, Descartes, venu en France pour ses affaires, se trouva de passage à Paris, où il eut plusieurs entrevues avec différentes notabilités de la capitale. Pascal, désireux de le voir, se rendit chez le Père Mersenne, où il était sûr de rencontrer l’homme qu’il avait depuis longtemps le très grand
- 1. Yoy. le n° du 19 février 1927.
- 2. Pascal et ses étapes scientifiques sous le rapport de la pesanteur de l’air, par le chanoine Bossebœuf. Tours et Paris, 1926.
- désir d’approcher. On possède, sur cette rencontre mémorable, deux relations, dont l’une est due à la propre sœur de Pascal, Jacqueline : celle-ci, écrivant à sa sœur, Gilberte Périer, le 25 septembre de l’an précité, lui racontait que Descartes avait montré beaucoup de sollicitude pour la santé de leur frère commun, qu’il lui avait même donné des conseils d’hygiène.
- D’autres conversations eurent lieu, par la suite, entre les, deux intei’locuteurs de marque. L’une d’elles ne dura pas moins de trois heures. La discussion s’engagea sur le problème du plein et du vide, qui préoccupait alors tous les esprits dans le monde savant. Pascal développa les raisons qui le portaient à soutenir la théorie du vide. Descartes répliqua en lui opposant ses idées sur la colonne d’air, sur la pesanteur atmosphérique, qu’il professait depuis de longues années, et sur laquelle il n’avait jamais varié de sentiment. Le jeune physicien se sentit très ébranlé par les observations si concluantes du philosophe, et par la pleine conviction que celui-ci avait manifestée à cet égard. Avant de se quitter, ils eurent un entretien décisif, au cours duquel Descartes conseilla fortement à Pascal de profiter d’un de ses voyages dans son pays natal, très montagneux, pour faire une expérience sur la pesanteur de l’air, à des hauteurs différentes, ajoutant que, pour lui, il ne doutait pas du résultat, qu’il prévoyait absolument conforme à ses idées préconçues.
- Dans le même temps, Descartes mandait à son ami, qui était aussi celui de Pascal, le Père Mersenne :
- « J’avais averti M. Pascal d’expérimenter si le vif-argent montait aussi haut lorsqu’on est au-dessus d’une montagne que lorsqu’on est en bas. Je ne sais s’il l’aura fait. »
- L’expérience n’était pas, à véritablement parler, encore réalisée, mais Pascal y pensait à coup sûr. On a des lettres de lui, où il dit expressément qu’il travaille présentement « à chercher des expériences qui fassent voir si les effets que l’on attribue à l’horreur du vide doivent être véritablement attribués à l’horreur du vide, ou si elles doivent l’être à la pesanteur et pression de l’air ». *
- Et il ajoute, ce qu’il n’aurait pas écrit quelques mois auparavant, c’est-à-dire avant sa rencontre avec Descartes :
- « Pour vous ouvrir facilement ma pensée, j’ai peine à croire que la Nature, qui n’est point animée ni sensible, soit susceptible d’horreur, puisque les passions présupposent une âme capable de les ressentir ; et j’incline bien plus à imputer tous ces effets à la pesanteur et à la pression de l’air, parce que je ne les considère que comme un cas particulier d’une proposition universelle sur l’équilibre des liqueurs, qui doit faire la plus grande partie du traité que j’ai, promis. Ce n’est pas que je n’eusse ces mêmes pensées lors de la production de mon Abrégé, et toutefois, faute d’expériences convaincantes, je n’osais pas alors (et je n’ose pas encore) me départir de la maxime de l'horreur du vide. »
- Il est manifeste que Pascal évoluait; il n’avait plus qu’une hâte, celle de vérifier par l’expérience ses vues nouvelles. Dans ce but, il avisait son beau-frère, résidant à Clermont-Ferrand, qui, lui aussi, s’intéressait aux questions de physique, de se préparer à l’exécution de son dessein.
- « Notre ville de Clermont, lui mandait-il, est au pied de la montagne du Puy de Dôme et... j’espère de votre bonté que vous m’accorderez la grâce de vouloir faire vous-même cette expérience. »
- C’est le 19 septembre 1648 que l’opération fut exécutée
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- par M. Périer, en présence de plusieurs notabilités de la région : les conseillers De Bégon et de la La Ville, le médecin de la Porte, le Minime de Bannier et l’oratorien de La Mare.
- « M. Périer se servit de deux tubes de verre, munis de vif-argent, qu’il plaça d’abord au pied de la montagne, où le mercure demeura au même niveau ; puis, laissant l’un en bas comme contrôle, il fit l’ascension, en vérifiant à cinq endroits divers tantôt à découvert et tantôt à l’abri, jusqu’à ce qu’il parvînt à la cime du mont, où il constata la différence dans l’élévation du vif-argent. »
- Le lendemain, M. Périer reproduisait l’expérience de la veille dans une maison située au haut de la ville, puis sur la plus élevée des tours de la cathédrale. On sait qu’un peu plus tard, Pascal la renouvelait en deux endroits, notamment à la Tour Saint-Jacques de la Boucherie.
- De tous ces faits, il résulte que, par simple sentiment de l’équité, nous sommes tenu de conclure que la célèbre expérience du Puy de Dôme a eu pour inspirateur Descartes, dont l’idée première a été réalisée par le sieur F. Périer, à la suggestion de son beau-frère, Pascal.
- A qui trouverait excessives ces conclusions, nous rappellerons que Descartes écrivait textuellement à son correspondant, M. de Carcavi, à ce propos, le 11 juin 1649, cette lettre, qui mettra fin, nous l’espérons du moins, au débat engagé dans ces colonnes :
- « ... Je vous prie de m’apprendre le succès d’une expérience qu’on me dit que M. Pascal avait faite ou fait faire sur les montagnes d’Auvergne, pour sçavoir si le vif-argent monte plus haut dans le tuyau étant au pied de la montagne et de combien il monte plus haut qu’au-dessus. J’aurois droit d’attendre cela de luy plutôt que de vous, parce que c’est moy qui lui ay donné avis
- il y a deux ans de faire cette expérience, et qui l’ay assuré qu’en-core que je ne l’eusse pas faite, je ne doutois point du*succez. »
- M. de Carcavi ne put que répondre à Descartes qu’en effet l’expérience avait été faite, et que les résultats en avaient été entièrement conformes à ses prévisions. En remerciant son correspondant de ce renseignement, le philosophe précisait à nouveau :
- « J’avois quelque intérêt de le savoir à cause que c’est moi qui l’avois prié, il y a deux ans, de le vouloir faire, et je l’avois assuré du succès, comme étant entièrement conforme à mes principes, sans quoi il n'eùt eu garde d’y penser, à cause qu’il étoit d’opinion contraire. »
- Pascal ne répliqua pas à cette ferme déclaration, dont il eut, à coup sur, connaissance; il attendit la mort de Descartes pour proclamer hardiment qu’il était le promoteur de l’expérience du Puy de Dôme.
- Nos lecteurs savent ce qu’il en faut penser; nous abandonnons les faits à leur appréciation, rendant grâce à M. le chanoine Bossebœuf de nous avoir fourni les éléments de ce passionnant problème de priorité scientifique.
- Dr Cabanks.
- P. S. — Un de nos lecteurs nous fait observer que nous avons dit à tort qu’Ambroise Paré était catholique; nous traiterons, dans un très prochain article, de la religion professée par l’illustre chirurgien du xvi° siècle. Le problème est plus complexe qu’il ne semble de prime abord.
- Errata.. — Dans noire article du 19 février 2e colonne de la ire page, ligne 28, lire : « le génie n’est qu’une plus grande aptitude à la patience. »
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES
- TUSSILAGE
- Vulgairement appelé Pas d'Ane, parce que l’on a comparé là forme de ses feuilles à l’empreinte du sabot de cet animal, le Tussilage (Tussilago Farfara L.). Synanthérées Eupato-riées, tire son étymologie de deux mots latins : tussis, toux et agere, chasser, ce qui indique clairement ses propriétés. On le nomme encore Bechion, Chou de vigne, Herbe de Saint Quirin, Taconnet, etc.
- Habitat. — Le Tussilage est très répandu dans toute la France, notamment dans tous les terrains humides et argilo-calcaires où il est envahissant, sur les bords des fossés et des rivières et même dans les vignobles.
- Description sommaire. — Plante herbacée, vivace, à racine rampante, ramifiée, brunâtre, de la grosseur du petit doigt, émettant des rameaux aériens ou tiges florifères, cotonneuses, de 10 à 25 cm, apparaissant avant les feuilles et portant des écailles rouges et sessiles. Chacune de ces tiges est terminée par un capitule de fleurs. Feuilles radicales, blanches et cotonneuse en dessous, vertes en dessus, longuement pélio-lées, cordiformes ou rappelant, comme il est dit plus haut, l’empreinte du pied de l’âne. Fleurs en capitules solitaires, apparaissant en mars-avril, d’un beau jaune d’or semblable à celui des fleurs du Pissenlit. Fruits (akènes), bruns,
- oblongs, cylindriques, dont l’ensemble forme une houppe d’aigrettes soyeuses très longues et très fines.
- Culture. — La multiplication du Tussilage se fait par division des touffes ou par séparation des rhizomes aussitôt après l’arrêt de la végétation indiqué par la dessiccation des feuilles. (A. R. et D. B.).
- Dans le Jardin familial, on lui réservera, si possible, un endroit compact, argileux, humide à une exposition demi ombragée. Dans les jardins botaniques, on obtient la plante à l’aide des graines et elle se resème d’elle-même. On lui donne les soins culturaux habituels.
- Récolte et séchage. — La récolte des capitules ou fleurs a lieu au printemps. On les coupe quand ils sont encore en bouton, leur épanouissèinent complet s’achevant pendant le séchage. Celui-ci doit être effectué rapidement dans un courant d’air en évitant de les remuer beaucoup ; il est même préférable de les porter dans une étuve, afin de chasser complètement l’humidité et de conserver leur belle coloration jaune. Faute de cette précaution, les fleurs noircissent( s’altèrent promptement et perdent toute valeur marchande.
- Dix kilogrammes de fleurs fraîches laissent, après dessiccation, 1 kg 920 de fleurs sèches.
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- Les feuilles sont ramassées lorsqu’elles ont acquis leur complet développement; elles deviennent friables en se desséchant.
- Composition chimique. — Le Tussilage renferme du tanin, du fer, de faibles proportions d’huile volatile et une matière résineuse qui, d’après Bondurant, serait du caoutchouc.
- Propriétés thérapeutiques. — Les Anciens attribuaient aux feuilles du tussilage, comme principale vertu, celle de combattre la toux, ce qu’indique, d’ailleurs, son étymologie. Ils en faisaient aspirer la fumée aux asthmatiques ; ce traitement s’est maintenu encore de nos jours, du moins dans quelques pays; de plus, l’usage a existé pendant assez longtemps en Normandie de mélanger de petites lanières de fleurs sèches à du tabac ordinaire dans la proportion de
- 20 gr., environ, de ce dernier pour 5 gr. de tussilage.
- Préparations pharmaceutiques. — On emploie l’infusion de fleurs sèches à la dose de 5 gr. par litre (Codex de 1908), mais on la double souvent; le sirop, entre 30 et 60 grammes.
- Les fleurs entrent dans la composition des espèces pectorales avec les fleurs de mauve, de pied-de-chat, de coquelicot, de bouillon blanc, de guimauve et de violettes, à parties égales ; il en est de même dans la préparation des sirops d’érysimum et de grande consoude. Enfin, on utilise parfois les feuilles et les fleurs en cataplasmes contre certains abcès.
- Observations commerciales. — La vente des fleurs est forte. L’herboristerie les a payées 1 fr. 50,. 4 fr., 4 fr. 50 et même 5 fr. le kilogramme, tandis que les feuilles n’ont atteint que 1 fr. à 1 fr. 20.
- VÉLAR
- Cette crucifère qu’on appelle aussi souvent Erÿsimum (Erÿsimum officinale L.) que Yélar (Erÿsimum Velar), voire même Sisymbre officinal, répond encore aux noms d’Herbe aux Chantres, Mortelle, Moutarde de haie, Sinapi, etc.
- Habitat. — Le vélar est très commun au bord des chemins, le long des murs, sur les décombres et dans les terrains vagues.
- Description sommaire. — Plante annuelle, tige droite de 20 à 80 cm, grêle, velue, ramifère. Feuilles profondément divisées en lobes inégaux. Fleurs très petites, apparaissant de mai à septembre, jaunâtres, en grappe terminale. Fruits (siliques) de 2 cm de long, isolés les uns des autres, appliqués étroitement contre la tige et terminés en alêne, valve à trois nervures. Graines attachées sur un seul rang dans chaque loge.
- Culture. — L’érysimum n’est pas difficile sur la nature du terrain, pourvu qu’il soit bien préparé. On le multiplie de graines : le semis se fait à la volée ou de préférence en lignes peu espacées. On sarcle, bine et traite les plants comme à l’ordinaire.
- Récolte et séchage. — La récolte des feuilles et des sommités fleuries a lieu pendant tout l’été, c’est-à-dire de juin à septembre. Le séchage est effectué sur des claies à l’ombre ou dans un endroit aéré. Il importe que la conservation soit faite à l’abri de l’air et de l’humidité.
- Bien que l’érysimum soit une des crucifères qui perdent le moins de leurs propriétés au cours de la dessiccation, il y a cependant intérêt à l’employer de préférence à l’état frais.
- Composition chimique. — Le principe le plus important auquel le vélar, comme la plupart des crucifères, doit son action, est une essence sulfurée (essence allylique), qu’il renferme en assez grande proportion.
- Propriétés thérapeutiques. — Cette plante est considérée comme stimulante, béchique, antiscorbutique et résolutive. Son surnom « d’herbe aux chantres » lui a été donné à la suite de son action favorable contre l’enroùment. J’emprunte à l’excellent Précis de Phytothérapie du D' H. Leclerc, qui a fait une étude spéciale de l’érysimum, les deux documents suivants :
- a Rondelet, mon précepteur, dit Daléchamp, fut le premier que je sçache qui le mit en usage, par la seule décoction duquel il me souvient qu’il rendit la voix gaillarde et claire à un enfant de chœur qui l’avoit du tout cassée et quasi perdue avec le souille même. »
- Dans une lettre à Boileau, Racine cite également le cas d’un chantre de Notre-Dame à qui un rhume avait fait perdre la voix et qui se tira d’affaire en trois semaines grâce à la tisane d’érysimum.
- Préparations pharmaceutiques. — Les deux principales sont l’infusion de 10 gr. de plante sèche ou de 50 à 60 gr. de feuilles fraîches, par litre, et la préparation du sirop d’érysimum composé, 30 à 60 grammes.
- Observations commerciales. — La vente est assez forte. L’herboristerie a payé les feuilles mondées 1 fr. à 1 fr. 50 le kilogramme. A, Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- FUMEES COLOREES POUR SIGNAUX Pour 100
- D’après M. Ray [Ind. engin. Chem., janv. 1926), voici des mélanges Lactose .... 24 '
- dont la combustion donne des fumées colorées. Bleu : Indigo synthétique ..... .... 40
- C103K
- pour 100 Lactose . . . . . 25
- — Vert : Indigo 'synthétique .... 26
- Rouge : Rouge de paranitraniline . 65 Auramine jaune O . . . . 15
- Chlorate de potasse C103K . . . . . 15 " C103K . . . . 33
- Lactose . 20 Lactose • . .... 26
- Jaune : Chrysoïdine orange 9 Noir : Hexachloréthane . . . . 60,5
- Àuraminc jaune O . 34 Poudre de magnésium . . . . . . . 18,6
- C103K . . 33 Naphtaline . . . . [20,9
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- . LES COLLECTEURS D'ONDES — '
- EMPLOYÉS POUR LES RÉCEPTIONS RADIOPHONIQUES
- LES DIFFÉRENTES PARTIES D'UN POSTE RÉCEPTEUR RADIOPHONIQUE
- On sait qu’un poste récepteur radiophonique comprend trois parties principales distinctes. Un collecteur d’ondes d’abord, c’est-à-dire, un dispositif permettant de capter l’énergie des ondes transmises par le poste émetteur; puis
- veut entendre, et enfin le poste récepteur proprement dit, qui amplifie l’énergie transmise et la transforme de façon à rendre audibles les signaux dans les récepteurs téléphoniques ou le haut-parleur.
- Les formes de collecteurs d’ondes que l’on peut employer sont assez diverses, et, de plus, elles ont varié suivant les modifications des postes émetteurs eux-mêmes, et suivant
- Prise de courant avec condensateur \ de sûreté
- Isolateurs
- Secteur électrique d'éclairage
- Tuyau d'eau
- Canalisation d'eau
- Fig. U — Les formes classiques de collecteurs d’onde.
- a) L'antenne. Elle exige une prise de terre. - b) Le cadre. Il n’exige pas de prise de terre. - c) Une antenne de fortune très employée : Une prise de courant spéciale avec condensateur de sûreté est indispensable.
- un appareil d’accord, qui permet d’accorder ce collecteur d’ondes de façon à recevoir uniquement l’émission que l’on
- Fig. 2. — a) Antenne uni fil aire. — b) Antenne en nappe
- de grande longueur.
- les transformations des méthodes de réception. Nous allons indiquer quelques-unes de ces modifications des collecteurs d’onde.
- LES TROIS FORMES DE COLLECTEURS D'ONDES
- On peut distinguer trois formes classiques différentes de collecteurs d’ondes :
- 1° L’antenne extérieure ou intérieure, qui se compose, en principe, d’un réseau de fils métalliques isolés placés à l’extérieur ou à l’intérieur de l’habitation, aune aussi grande hauteur que possible et qui a pour contre-partie une prise de terre formée par un tuyau d’eau ou de gaz et, en général, par une masse métallique reliée à la terre '(fig. 1 a).
- 2* Le cadre, formé simplement de spires de fil métallique généralement isolé, enroulées sur une carcasse non métallique, et dont les extrémités sont reliées au poste de réception, sans qu’il soit besoin de prise de terre (fig. 1 b).
- 3° U antenne de fortune, qui se compose de toutes masses métalliques de nature très diverse et souvent plus ou moins bien isolées : réseau de fils de sonnerie, balustrade de balcon, fil d’un secteur électrique, lit métallique, coffre-fort, etc. (fig. 1 c). Une antenne de fortune a également comme contrepartie une prise de terre correspondante, mais certaines précautions spéciales doivent être prises, le plus souvent, pour éviter les inconvénients qui peuvent résulter de leur emploi.
- 1922-1927
- C’est en 1922 que commencèrent les premières émissions
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- de radiodiffusion transmises sur ondes longues, à faible puissance, et par des postes très peu nombreux.
- En 1927, le nombre et la puissance des postes émetteurs ont augmenté dans d’énormes proportions, et un grand nombre de ces postes transmettent sur ondes courtes.
- Parallèlement, les méthodes de réception ont également varié.
- Etant donné le grand nombre des stations d’émissions, il est nécessaire d’avoir des postes de réception très sélectifs, c’est-à-dire permettant de recevoir les émissions que l’on veut entendre à l’exclusion des autres. De plus, la sensibilité des postes récepteurs a été accrue de telle sorte qu’il suffit que le collecteur d’ondes recueille une énergie beaucoup plus faible qu’en 1922 pour permettre le plus souvent une audition en haut-parleur satisfaisante.
- Enfin, une nouvelle classe d’auditeurs est née, les usagers, ses préférences diffèrent de celles des anciens amateurs en ce que l’usager désire avant tout un poste simple peu encombrant, facile à installèr, permettant une recherche rapide des émissions.
- Toutes ces modifications d’ordres divers devaient entraîner une évolution correspondante dans la réalisation des collecteurs d’ondes.
- L'ÉVOLUTION DE LA FORME DES ANTENNES
- Les antennes extérieures dont on se servait en 1922 étaient généralement très longues et très hautes, de forme unifilaire ou en nappe (fig. 2).
- Mais ces antennes, de grandes longueurs d’onde propres, étaient mal adaptées pour la réception des ondes courtes, nécessitaient évidemment un grand emplacement pour leur installation, et n étaient guère favorables pour l’élimination des parasites atmosphériques et même industriels.
- Il n’est plus besoin aujourd’hui d’antenne de 100 m. de long, une petite antenne prismatique de 15 à 20 m. de long, bien isolée, suffit pour recevoir au casque avec un appareil à deux lampes, ou en haut-parleur avec un poste à trois ou quatre lampes, toutes les émissions européennes (fig. 3).
- Si des postes à ondes très courtes de radiodiffusion sont construits prochainement, il ne faudra plus sans doute pour les entendre que des antennes de quelques mètres de long.
- Quant aux antennes intérieures, le modèle simple consiste le plus souvent en un ruban métallique, plein ou tressé et que l’on suspend au mur d’un appartement (fig. 4).
- L'ÉVOLUTION DE LA RÉCEPTION SUR CADRE
- En 1922, un grand nombre d’auteurs émettaient couramment l’opinion que le cadre ne pourrait jamais servir pour des réceptions à grande distance.
- En 1927, au contraire, les amateurs et surtout les usagers de la T. S. F. portent toutes leurs préférences vers les postes à cadres qui semblent (constituer pour eux un modèle idéal d’appareil récepteur.
- Le cadre, semble-t-il, ne mérite pas plus cet excès d’honneur qu’il n’a mérité cet excès d’indignité, et, comme nous avons fait remarquer dès 1922, dans les articles de La Na tare, les avantages de la réception sur cadre, nous ne pourrons être suspecté de partialité dans cette étude.
- Au point de vue de la sélectivité et de la facilité d’instal-
- Pig; 4.
- Antenne intérieure en ruban.
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- Fig. 3. — Antenne en cage.
- Cette antenne, assez courte, est aujourd’hui très employée.
- C’est elle qui présente théoriquement la moindre résistance en haute fréquence.
- lation, les avantages du cadre sont indéniables, on le sait.
- Il suffit de placer un poste à cadre, soit à l’intérieur d’un appartement, soit à un endroit quelconque et de diriger le plan du cadre vers le poste à recevoir, pour entendre l’émission désirée, si le poste récepteur est assez sensible (fig. 5). Il n’est besoin ni de prise de terre, ni d’aucune autre installation supplémentaire, et souvent même le cadre est pliant ou contenu dans le poste lui-même.
- Un appareil à cadre constitue donc le poste d’appartement le plus élégant ou le poste portatif le plus pratique.
- Il est évident, par contre, que le poste à cadre qui n’est pas exclusivement destiné à la réception des radio-concerts locaux doit être un poste très sensible, à multiples étages, parce que le cadre ne recueille que peu d’énergie, et les appareils à changement de fréquence constituent donc le système idéal pour la réception sur cadre (fig. 6).
- On en déduira également qu’un poste à cadre est presque toujours un poste coûteux.
- Tout amateur ou usager des villes qui ne dispose que d’un faible emplacement pour installer son poste, pouvant difficilement monter une antenne extérieure, gêné par des parasites industriels, et troublé dans l’audition des émissions lointaines par les postes locaux, aurait intérêt à choisir un poste à cadre.
- Il faut donc se féliciter que les progrès de la radiotech-nique aient permis d’établir des postes de réception à cadre très pratiques et suffisamment sensibles pour permettre
- Fig. 5. — Deux formes de cadre.
- a). Le cadre en tambour à grand nombre de spires convient spécialement à la réception des ondes longues ou moyennes, b). Le cadre en spirale plate, avec un petit nombre de spires écartées, convient mieux aux ondes courtes.
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- Fig. G. — a). Cadre plat à deux enroulements pour ondes courtes et moyennes, b). Cadre pliant.
- l’audition des émissions lointaines à grande distance sans aucune installation extérieure.
- Par contre, l’amateur ou l’usager des campagnes, pour lequel l’installation d’une antenne extérieure est très facile, et qui n’est pas troublé par les émissions de postes émetteurs rapprochés n’a pas en général le même intérêt à choisir la réception sur cadre.
- Un appareil plus simple et de prix plus modique pourra très souvent lui donner des résultats équivalents avec une antenne d’un des modèles indiqués précédemment.
- Il s’agit là, bien entendu, d’une question de budget plutôt que d’une question technique, et l’amateur des campagnes qui voyage souvent et désire un poste portatif très sélectif sera toujours bien avisé de choisir un poste à cadre.
- Mais la forme du cadre elle-même s’est quelque peu modifiée depuis 1922. On a toujours intérêt, certes, à employer des cadres d’aussi grandes dimensions que possible, et à utiliser des enroulements séparés pour la réception des ondes courtes et des ondes longues (fig. 5).
- Cependant, si l’on emploie des postes extrêmement sensibles, tels que des superhétérodynes ou des appareils superrégénérateurs, on dispose d’un tel excédent de sensibilité que l’on peut se dispenser de suivre exactement ces indications théoriques.
- On pourra alors adopter plus simplement un cadre portant deux enroulements et qui servira à la fois pour la x’éception des ondes courtes et des ondes moyennes, et dont le diamètre est très réduit (fig. 6). La plupart de ces cadres seront en outre pliants, ce qui accroît encore la facilité de leur emploi.
- Notons, d’autre part, que l’on commence à construire des' cadres spéciaux destinés à accroître encore les qualités sélectives et antiparasites de ce mode de réception.
- Les cadres de ce modèle comportent deux enroulements, dont l’un est récepteur et l’autre protecteur; une combinaison supplémentaire permet souvent d’employer le. cadre protecteur pour la réception des ondes courtes. M. Blondel a inventé récemment un modèle remarquable de ce genre.
- LES ANTENNES DE FORTUNE
- La simplification des antennes extérieures ou intérieures
- et la facilité d emploi des cadres ont quelque peu diminué 1 inLérèt des antennes de fortune, et les résultats qu’elles peuvent donner sont toujours subordonnés à des cas d’espèces.
- Par contre, on a tenté de nombreux essais avec des collecteurs d’onde curieux, de formes très diverses : antenne en abat-jour, en cylindre, antennes enterrées, etc. (fig. 7).
- Les résultats obtenus sont quelquefois encourageants, mais ils ne paraissent pourtant pas de nature à amener une transformation radicale dans la forme des collecteurs d’ondes. On ne peut cependant rien affirmer, et l’une quelconque de ces tentatives nous donnera peut-être le collecteur d’ondes de l’avenir.
- Il faut d ailleurs noter qu’en dehors des montages classiques de collecteurs d’ondes, il existe des dispositifs modifiés qui constituent des excellents modes de réception; nous avons indiqué par exemple, dans nos chroniques de Radiophonie pratique, des combinaisons de cadre avec prise de terre ou antenne qui sont d’un usage simple et efficace.
- POURRA-T-ON UN JOUR RECEVOIR LES ÉMISSIONS RADIOPHONIQUES SANS ANTENNE NI CADRE?
- D’après ce que nous venons d’indiquer, l’augmentation de la puissance des postes émetteurs, l’adoption de la transmission sur longueurs d’ondes courtes et la sensibilité des postes récepteurs permettent de plus en plus de diminuer la longueur des antennes ou la surface des cadres..
- On sait, d’ailleurs, que l’on peut déjà recevoir des émissions à longues distances à l’aide d’un poste sensible et d’un simple bobinage d’accord ou de résonance de quelques centimètres de diamètre; de même les réceptions sur bobinage avec simple prise de terre sont parfois très faciles, et l’on sait que quelques amateurs ont pu entendre des émissions venant des antipodes à l’aide d’un simple fil de quelques mètres et d’un poste réduit à deux ou trois lampes.
- Il est donc permis de supposer que le poste de l’avenir, non seulement ne nécessitera l’installation d’aucune connexion extérieure à l’habitation, mais encore ne comportera même plus de collecteur d'ondes extérieur au poste récepteur proprement dit. On peut, par contre, prévoir que, si 1 on maintient les émissions sur ondes moyennes, une antenne extérieure, même de dimensions réduites, permettra longtemps au campagnard d’établir, à moins de frais, un poste de réception utilitaire. \ P. Hémardinqujlr.
- Fig. 7. — a). Antenne extérieure conique. b). Collecteur d’ondes enterré formé d’une série de disques métalliques empilés.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1927 ’
- L’intérêt de ce mois, au point de vue astronomique, est retenu par les planètes Yénus et Saturne, Yénus qui brille de feux étincelants dans le ciel du soir et Saturne, à l’opposé du Soleil, visible par conséquent dans les meilleures conditions.
- attendre le matin, en septembre, pour l’observer utilement.
- II. Lune. — Yoici les phases de la Lune pour le mois de mai :
- - En mai, le Soleil s’élève de plus en plus sur et les jours augmentent de durée.
- Soleil sera de 4-14° 51'. Elle
- r. atteindra 15h47m le 31.
- I. Soleil. -
- notre horizon,
- Le 1er, la déclinaison du atteindra + 21° 49' le 31.
- Et la durée du jour, de 14"
- On approche des plus jours de l’année.
- Yoici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par une bonne montre quand il est vraiment midi (à ce moment, le Soleil est juste au milieu du ciel, donc au méridien) :
- IJ. Q. le 24, à 5" N. L. le 30, à 21h
- 34"
- 6'"
- D.iles.
- Heures du passage (T. 0.).
- Mai 1er 11" 47ra 478
- — 3 11" 47™32’
- — 5 11" 47"' 20“
- — 7 11" 47” 10“
- — 9 11" 47” 2“
- — 11 11" 46" 56*
- — 13 11" 46”53“
- — 15 11" 46“ 52“
- — 17 11" 46” 53“
- — 19 11" 46“ 56“
- — 21 11" 47” 2“
- — 23 11" 47“ 9“
- — 25 11" 47”19“
- — 27 11" 47” 31“
- — 29 11" 47”45“
- — 31 11"48” 1“
- Observations physiques
- Comme tous les mois, nous publions ici le tableau des principales
- Fig. 1. — La planète Saturne observée dans divers instruments, comparée à la Lune vue à l'œil nu.
- En tenant cette figure au bout du bras, la Lune a un diamètre angulaire sensiblement égal à celui qu’elle nous présente, vue directement à l’œil nu (1/2 degré). A gauche, Saturne tel qu’il apparaîtrait dans le champ d’une petite lunette de 0m,045 d’objectif, grossissant 50 fois.
- Au milieu, Saturne vu dans une lunette de 0”,075, grossissant 125 fois.
- A droite, Saturne dans le champ d’une lunette de 0m,095 ou de 0”,108, grossissant 200 fois.
- On voit qu’avec un grossissement de 125 fois environ, le globe de Saturne recouvrirait sensiblement le disque lunaire. (Dessin de L. Rudaux.)
- N. L. le 1er, à 12h 40ra P. Q, le 8, à 15h 29m P. L. le 16, à 19" 3,n
- Age de la Lune : le 1er mai, à 0"~28j,8; le 2 = 0j,5. Il est facile d’avoir l’àge de la Lune à une autre date du
- mois sachant que l’âge de la Lune augmente de 1 jour par 24 heures, el de 0J,0417 par heure.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 5 = -j— 24° 5' ; le 20 rrr — 24° 10'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 12, à 13h. Parallaxe = 54' 5".
- Distance — 405 445 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 28 mai, à 8h.
- Parallaxe = 60' 13".
- Distance = 364160 km.
- Occultationj d’étoiles par la Lune. — Le 5, occultation de 87 B. Gémeaux (gr. 5,8), de 191’ 46m à 20" 38"'.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 1er mai, puis de la Pleine Lune du 16 et de la Nouvelle Lune du 30.
- Celles du début du mois seront les plus importantes.
- Yoici les heures de la pleine mer à Brest.
- données pour Soleil : orienter les dessins ou plio tographies du Dates. Marées Heures. du matin. Coeliieieut Marées du soir. Heures. Corflicic
- Dates. P I*o l-o Mai 1er 3" 34” 1,09 15"56” 1,11
- — — — 2 4" 16” 1,12 16"38“ 1,11
- Mai 1er — 240,41 — 4°,16 65°,67 — 3 5" 0” 1,09 17"21” 1,05
- — 6 — 23<>,47 — 30,65 3590,58 —. . 4 , 5" 42“ 0,99 00 3 0,92
- — 11 — 220,34 — 3°,U 2930,47 — 5 6" 25” 0,85 18"48“ 0,77
- — 16 — 21°,05 — 20,55 2270,35 — 28 1" 34” 0,81 14" 0” 0,87
- 21 — 190,59 — 1»,97 161°, 21 — 29 2" 24” 0,91 14"48” 0,95
- — 26 — 17°,97 —1°,38 95°,06 — 30 CO !-^ 3 0,98 15"34” 0,99
- — 31 --160,22 — 0o,78 28°,90 — 31 3" 56” 1,00 16"18” 0,99
- Lumière zodiacale. — La grande durée des jours et surtout l’inclinaison de l’écliptique sur l’horizon au moment du coucher du Soleil empêchent l’observation de la lumière zodiacale à la latitude de la France. Il faut, à présent,
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel, compté de 0" à 24" à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter une heure à toutes les heures mentionnées ici.
- Yoici les heures d’arrivée du mascaret à Quillebeuf, Yille-quier et Caudebec :
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier." ' Caudebec.
- Mai 1er 1,09 71* 12” 7" 49“ Je OO 3
- |er 1,11 19"32” 20"'9” 20"18”
- 2 1,12 7" 50” 8" 27“ 8" 36”
- — 2 1,11 20"11“ 20"48“ 20" 57”
- — 3 1,09 8" 32“ .9" 9” 9" 18”
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- = 328 :........................... : ........................-
- III. Planètes. — Le tableau ci-après est établi à l'aide des données publiées par Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927. Il contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai.
- Voir, pour l’explication de ces phénomènes, les Bulletins antérieurs.
- Saturije sera en opposition avec le Soleil le 26 mai, à 15h. Il est donc dans les conditions les plus favorables pour être observé et étudié. « Heureusement pour l’étudiant des beautés
- ASTRE Dates : MAI Lever • à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 4h 27ra l'P 47" 20“ 19h 9m 2b 46” + 16° 3' 31' 45" 6 Bélier
- Soleil .... 15 4 12 11 46 52 19 23 3 25 + 18 42 31 40 , 8 Bélier »
- ! 25 4 0 11 47 19 19 35 4 5 + 20 49 31 37,2 Taureau .
- i 5 4 6 10 49 17 31 1 44 + 8 37 5,4 o Poissons Inobservable,
- Mercure. . . 15 4 4 11 25 18 46 2 59 + 16 21 5,0 Bélier en conjonct. avec le Soleil
- 25 4 16 12 14 20 13 4 27 + 22 51 5,2 e Taureau le 20.
- 5 6 14 14 26 22 39 5 22 + 25 5 14,6 (3 Taureau
- Vénus .... 15 6 22 14 38 22 54 6 13 + 25 38 15,4 y; Gémeaux Admirable le soir.
- 25 6 36 14 49 23 1 7 4 + 25 3 16,6 ô Gémeaux
- 1 5 7 39 15 49 23 58 6 46 H- 24 34 4,8 e Gémeaux
- Mars 15 j 30 15 35 23 40 7 12 + 23 55 4,6 i Gémeaux > Dès l’arrivée de la nuit.
- 25 7 22 15 22 23 21 7 38 + 23 0 4,4 p Gémeaux
- Jupiter. . . . 15 2 20 8 11 14 2 23 49 — 2 26 33,6 ï) Poissons Le matin, avant l’aurore.
- Saturne . . . 15 20 9 0 38 5 8 16 15 — 19 8 16,6 Ophiuchus Toute la nuit. Oppos.le26.
- Uranus. . . . 15 2 28 8 32 14 35 0 9 T 0 13 3 4 25 Poissons Avant l’aurore.
- Neptune . . . 15 10 59 18 7 1 16 9 47 + 13 54 2,4 v Lion Première partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 20 mai, à 4h. Il est donc inobservable pendant tout ce mois.
- Vénus brille d’un magnifique éclat, au Nord-Ouest, dans le crépuscule. Elle s’écarte de plus en plus du Soleil et arrivera à sa plus longue élongation au début du mois de juillet prochain. Sa phase, le 16 mai, sera de 0,71, Grandeur stellaire =-— 3,6.
- On pourra rechercher Vénus en plein jour; son éclat est tel qu’elle est visible à l’œil nu, en plein midi, comme un point lumineux sur le ciel bleu. M. Quénisset, avec un équatorial et des écrans colorés, a obtenu de bonnes photographies de Vénus en plein jour.
- Les détails visibles sur la planète sont excessivement difficiles à voir, très pâles et dilîus, et l’obtention de bons dessins de la planète et surtout de très bonnes photographies est à souhaiter.
- Mars s’éloigne, son diamètre est à présent bien réduit et pour l’étudier utilement, les plus grands instruments sont nécessaires. Cependant, nous recommandons de diriger sur la planète les lunettes que l’on peut posséder, l’observation simple des planètes étant toujours une grande satisfaction à notre curiosité scientifique.
- Jupiter peut être recherché le matin, dès son lever. Une petite lunette suffit pour reconnaître les bandes qui traversent son disque aplati et voir les quatre principaux satellites. Ceux-ci donnent lieu à de curieux aspects dans leur révolution autour de la planète géante. Voici les phénomènes que l’on pourra observer ce mois-ci :
- célestes, dit Camille Flammarion dans son Annuaire astronomique, une toute petite lunette suffit pour faire admirer une partie des merveilles de cette planète. En effet, un objectif de 0m,04 permet déjà de deviner l’anneau, lorsqu’il n’est pas trop fermé. Avec une lunette de 0m,057, on le distingue bien; avec celles de 0m,061 et 0n\075, on constate que l’anneau extérieur est plus foncé que l’intérieur, ce qui est le premier indice de la visibilité de la division de Cassini, que l’on reconnaît dans une lunette de 0ra,095. Une bonne lunette de 0m,108 montre l’anneau intérieur transparent, projeté sur le fond noir du ciel. Les bandes de la planète sont plus ou moins diffuses ou mal définies, bien que les plus sombres soient visibles avec de modestes moyens. Mais l’observation des détails est réservée aux instruments d’au moins O”,20 d’ouverture. » (Voy. fig. 1.)
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 14 mai :
- Grand axe extérieur.............................. 41",72
- Petit axe extérieur.............................. 17",77
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................-f 25° 13'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. -f- 25° 15'
- On pourra rechercher Titan, le plus brillant des satellites, à l’époque de ses élongations, comme un astre de grandeur 8,5. Voici ces élongations :
- Dates. Elongation. Heure.
- Mai 4 Orientale. 2\1
- Le 7 mai, III, O. c., 4h 6ra Le 17 mai, I, P. f., 3h,26ra — 12 Occidentale. 5\2
- Le 13 — II, O. c., 3h28m Le 24 — I, P. c., 3\10m — 19 Orientale. a3h,5
- Le 15 — II, Em., 3h 34"> Le 31 — II, P. f., 3h,19,n — 28 Occidentale. 2\4
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- Uranus est un peu visible le matin, avant l’arrivée du jour et Neptune est visible le soir dès l’arrivée de la nuit. On trouvera ces planètes à l’aide de leurs coordonnées célestes
- que voici : Uranus. Neptune.
- Dates. M " <D Diam. iT~ U' Diam.
- Mai 5 0“ 8m + 0° 3' 3", 4 9» 47“ +13° 54' 2",4
- — 15 0» 9- + 0° 13' 3", 4 9h 47m -1- 13o 54' 2",4
- — 25 0h 11“ + 0° 22' 3", 4 91.47- + 13° 52' 2", 4
- IV. Phénomènes divers.— Conjonctions :
- Le 4, à 7h, Vénus en conjonct. avec la Lune, à 2° 38' N. Le 5, à 20\ Mars — — la Lune, à 0° 26' N.
- Le 9, à 3h, Neptune — — la Lune, à 3° 57' S.
- Le 17, à 15h, Saturne — — la Lune, à 0° 3' N.
- Le 25, à 23\ Jupiter — — la Lune, à 4° 28' N.
- Le 26, .à 6h, Uranus — — la Lune, à 4° 28' N.
- Le 31, à 22\ Mercure — — la Lune, à 2° 21' N.
- Etoiles filantes. — Du 1er au 6 mai, étoiles filantes Aqua-rides, radiant i\ Verseau. Rapides, avec traînées.
- Le 22 mai, météores radiant de a Couronne.
- Etoile polaire. — Passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- = 329
- Dates. Heures du passage inférieur. Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Mai 1er 22h 49“ 22“ 2h 33“ 38*,9’
- — 11 22h10™ 8S 3h 13™ 45,4
- — 21 21h 30™ 55s 3h 52™ 30",0
- — 31 20h 51™ 44* 4h 31™ 55*,5
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 15 mai à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mi/.ar et Alcor, 23 h, a, 57); le Bouvier (e, tc, £, 44 i, ô) ; les Chiens de Chasse (a) ; la Chevelure de Bérénice.
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); La Girafe; Céphée (Ô, p, 7., Ç, p); Cassiopée (vj, t, o, H. VI. 30); le Cygne (P. n- 6ie).
- A l’Est : Le Sagittaire, le Scorpion (w, v, (f, a, Antarès), l’Aigle (ri, 15 h, 57, 11, 23 M. 11); la Lyre (e, v), Véga);
- Hercule (*, x, p, 95, fi, M. 13); la Couronne (L a); Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 39, M. 14). '
- Au Sud : La Vierge (y, 54, 17); la Balance (fi, a, p) ; le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion (y, 54); le Cancer (la Crèche, t, X,, 6, M. 67); les Gémeaux (Castor et Pollux) ; le Cocher.
- Em. Touchet.
- NOTES ET INFORMATIONS
- La paternité du canon de 75.
- Nous avons reçu, à la suite de l’article sur l’histoire du canon de 75 publié dans notre numéro du 1er janvier, la lettre suivante de Mme Déport, veuve du colonel Déport, l'illustre créateur de notre canon de campagne :
- « Vous avez publié dans le numéro de La Nature du 20 novembre 1926, un article nécrologique sur le colonel Déport, le père du 75, qui était un bel hommage sincère et loyal à sa mémoire, et dont sa famille vous est reconnaissante.
- « Mais, dans le n“ du 1er janvier 1927, après des réclamations qui vous sont parvenues, vous avez publié un article et cité « l’Artillerie de Campagne » du lieutenant-colonel Rimailho où vous avez puisé les renseignements concernant les études et les réalisations du 75. Ces renseignements sont tendancieux et la plupart inexacts.
- « Le colonel Déport n’a jamais eu connaissance de cet ouvrage; il aurait sûrement répondu au colonel Rimailho.
- « Je suis donc obligée pour réfuter des allégations très erronées contenues dans F « Artillerie de Campagne » du colonel Rimailho de vous communiquer en vous priant de les insérer dans le prochain numéro de La Nature les lettres du colonel Déport qui répondaient en 1915 à un article de M. Gaston Phelip dans les Annales du 7 février 1915, dont je vous envoie une copie ci-jointe ainsi qu’un extrait de la lettre écrite au Temps le 9 février 1915.
- « Beaucoup d’autres documents sont à votre disposition comme preuves à la juste revendication que je dois faire pour défendre la mémoire de mon mari, le colonel Déport. »
- Et voici la lettre du colonel Déport aux Annales. Avec la parfaite pondération, qui était la caractéristique de ce grand inventeur; elle définit très exactement les contributions respectives du colonel Déport et de son successeur Sainte-Claire Deville, dans la création et la mise au point du canon.
- « Dans votre numéro du 7 février courant, vous avez fait
- paraître sous ce titre : « Quel est le Père du Canon de 75? » un article où je suis visé et qui appelle, de ma part, certaines rectifications.
- « Vous dites dans cet article que le capitaine Sainte-Claire Deville chargé de continuer l’étude du matériel que j’avais créé à Puteaux, en 1894, dut apporter de profondes modifications aux divers organes du matériel et remanier entièrement le frein de tir qui d’après vous devait être rechargé tous les 40 coups.
- « Il est surprenant qu’après mon départ de Puteaux on ait eu dans le fonctionnement du frein de pareils mécomptes, attendu que j’avais exécuté des tirs très importants, dont notamment un tir à outrance de 240 coups en 24 salves de suite sans avoir à opérer le rechargement. Cette différence ne peut s’expliquer que par l’oubli par les monteurs de certaines prescriptions. Du reste si j’avais été arrêté par cette question de l’étanchéité, laquelle était assurée comme actuellement par les dispositifs de Bourges, j’aurais modifié le frein ou j’aurais simplement demandé à la direction de F artillerie d’intervenir pour y remédier.
- « Carie général Mathieu, qui m’avait chargé de l’étude du 75 à tir rapide, ne me demandait pas d’aboutir uniquement à coups d’inventions personnelles, mais d’aboutir aussi rapidement que possible, et si, pour arriver à ce résultat, j’avais dû utiliser même les dispositifs personnels d’un Allemand, je n’aurais pas hésité à le faire, sauf à demander pour lui une juste rémunération.
- « Je n’ai donc aucune peine à reconnaître que le capitaine Sainte-Claire Deville a introduit dans l’organisation intérieure du frein d’heureuses modifications qui lui donnent droit à une part de paternité dans la création du 75, ma rentrée dans la vie civile ne m’ayant pas permis d’achever moi-même la mise au point de mon matériel désormais certaine.
- i< Cette réserve faite, il faut reconnaître, par contre, qu’en dehors d’innovations de détails qui relèvent de la mise au point, cet officier a conservé absolument toutes les données
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- principales, caractéristiques et dispositions essentielles de mon matériel.
- « En effet, c’est toujours mon canon, avec sa culasse à vis excentrique, sa longueur anormale de 36 calibres et ses trois paires de galets de guidage, si caractéristiques, permettant au canon de prendre un recul de 1 m. 40 sur sa glissière; avec le plan incliné sur lequel il repose sur cette glissière ; c’est le même affût avec sa courte glissière frein, ses chemins de roulement, son plan incliné avec le coulissement du corps d’affût sur l’essieu, son double mécanisme de pointage en hauteur et son berceau permettant aux deux pointeurs assis de donner séparément et simultanément l’angle de site de la hausse, avec son frein de route servant pour le tir par l’opération de l’abatage, avec le tracé de sa bêche de crosse; avec, enfin, son système général de construction. Ces dispositions caractéristiques ne se trouvent pas dans le matériel de 57 Sainte-Claire Deville du Musée de l’Armée que vous citez. Par contre, on avait déjà vu, à l’Exposition Universelle de 1889, des matériels de campague de 37, 47 et 57, à tir rapide, antérieurs par conséquent au matériel précité, ayant, comme ce dernier, le court recul du canon sur l’affût, un bouclier, une bêche de crosse et un siège pour le pointeur unique.
- « Quelles sont donc les dispositions originales empruntées par le matériel dé 75, aujourd’hui « réglementaire », au matériel de 57 du Musée de l’Armée ?
- « En ce qui concerne les propriétés essentielles de mon matériel, le capitaine Sainte-Claire Deville n’a augmenté ni sa puissance, ni sa rapidité de tir, ni sa stabilité, ni sa mobilité, ni sa justesse et il n’a rien changé à sa manœuvre, ni aux fonctions caractéristiques des servants. »
- Signé :
- Le lieutenant-colonel en rétraite, A. Déport.
- Paris, le 10 février 1915.
- La conclusion s’impose d’elle-même pour tout esprit soucieux de la vérité historique. Le canon Déport n’emprunte aucune de ses dispositions essentielles et originales, à un matériel antérieur, tel que le 57 de Sainte-Claire Deville. Il constitue une invention au sens précis du mot ; et. même une invention révolutionnaire pour l’époque où elle a été conçue.
- Mais le colonel Déport n’a pas été seulement inventeur : il fut aussi un grand réalisateur, puisqu’au moment où on lui laissa prendre une retraite prématurée, le canon, dessiné et construit par lui, avait été expérimenté et fait ses preuves. Ce canon a reçu ensuite des perfectionnements, importants sans doute, mais de détail. Qui donc doit être déclaré le père du 75? La réponse ne fait aucun doute ; elle nous est donnée du reste, d’une façon définitive, par la voix la plus autorisée, celle du capitaine Sainte-Claire Deville lui-même, à qui l’on entend parfois attribuer, contre son gré sans doute, la paternité du canon. Yoici son témoignage sous forme d’une carte adressée au colonel Déport : « E. Sainte-Claire Deville remercie le lieutenant-colonel Déport de ses aimables félicitations et est heureux de pouvoir lui donner d’excellentes nouvelles de son enfant qui se fait aimer de tous ceux qui le connaissent ».
- Cette carte est du 5 janvier 1898. A cette date les premières batteries de 75 étaient construites et mises en service.
- INDUSTRIE
- Le brai de naphtal.
- En France, une usine, en Angleterre ainsi qu’en Allemagne plusieurs, manufacturent le bétanaphtal, dont les emplois sont
- très étendus dans l’industrie des matières colorantes. Cette fabrication exige une distillation difficile à mener à bien. En France, on pousse à l’extrême la distillation du naphtal brut en vue d’en augmenter le rendement. Il s’ensuit un commencement de « cracking » des goudrons, ce qui souille le bétanaphtal. Le brai résultant diminue donc de valeur, car il est trop sec et à applications trop peu étendues. En Angleterre, en Allemagne et en Suisse, la distillation est moins poussée : le bétanaphtal est plus pur quoique à rendement moindre, et le brai est plus gras et plus onctueux. Il atteint par suite des prix plus élevés que le produit français.
- J’ai eu de très bons résultats en mélangeant au laboratoire, du Pechelbronn 60° avec du brai de bétanaphtal, proportions variant suivant le but recherché. Mais je n’ai pas donné d’essor industriel à mon travail.
- J’ai eu aussi de bons résultats de « graissage » de brais secs (bétanaphtal sec et autres).
- Avec du Pechelbronn (la qualité naturelle) pâteux à la température ordinaire, j’ai ajouté jusqu’à 60 pour 100 de Pechelbronn pâteux.
- J’ai aussi employé des brais roumains qui se rapprochent beaucoup du 60° — 80° de Pechelbronn. La grande consommation de tous ces « composts » réside en les « matières de boites » pour les câbles électriques, que chacun a pu voir fondre sur la chaussée. Chaque entreprise électrique doit satisfaire à des « desiderata » très sévères de cahier de charges.
- A. Hutin.
- ZOOLOGIE
- Le lait de monotrème.
- On connaît ces singuliers mammifères à mamelles peu développées, à dents qui disparaissent chez les adultes tandis que se développe un bec corné comme celui des oiseaux, et qui pondent des œufs analogues à ceux des reptiles et des oiseaux. Mammifères très inférieurs qu’on considère souvent comme des espèces de fossiles vivants, des survivants de formes étranges, dans lesquels on a voulu trouver le passage des reptiles aux mammifères, les monotrèmes (ne renferment que deux genres, vivant exclusivement en Australie et dans les iles voisines : l’ornithorhynque et l’échidné. Les ornitho-rhynques pondent leurs œufs dans un terrier, puis les couvent et, quand les petits sont nés, les nourrissent du lait que la mère, couchée sur le dos, fait sourdre en contractant les muscles qui entourent la mamelle sans mamelon. Les échidnés élèvent leurs petits dans une poche abdominale temporaire analogue à celle des marsupiaux, où les mamelles débouchent.
- On comprend que, dans ces conditions, on sache encore peu de chose du lait des monotrèmes.
- Notre confrère anglais Nature vient de rendre compte d’un travail publié par M. Hedley H. Maston dans l’Australian Journal of experimental Biology and medical Science, en décembre dernier, où il est question, pour la première fois, des qualités du lait de l’échidné. C’est un lait très riche en matières nutritives. Sa densité est 1,023 (lait de vache : 1029 à 1033). Il contient 367g,5 par litre de matières sèches, le triple de celui de femme ou de vache (120 et 125g). Sa teneur en caséine est de 84g (contre 20 pour le lait de femme et 28 pour celui de vache) ; celle en albumine et globuline, 29 (contre 5 environ) ; celle en lactose 28,1 (contre 60 et 48) ; celle en matières grasses 196,2 (contre 35 et 36). C’est donc un lait très peu sucré, riche en protéines et surtout en graisses. Le petit échidné doit pouvoir utiliser ces masses de graisse ou les mettre en réserve, mais l’on voit qu’il ne faut pas songer ' à utiliser le lait des monotrèmes pour l’alimentation humaine. Sa rareté suffit d’ailleurs pour interdire d’y songer !
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’industrie sidérurgique luxembourgeoise (histoire
- de sa concentration), par A. de Muïsek. 1 br., 128 p. illustrée.
- Imprimerie Yon Buggenhoudt, 5, rue du Marteau, Bruxelles.
- Le Grand Duché de Luxembourg, malgré la faible étendue de son territoire, tient en Europe une place importante, au point de vue industriel comme au point de vue politique. L’industrie essentielle du Grand-Duché est la sidérurgie ; il est particulièrement intéressant de voir comment elle a pu évoluer et prospérer au milieu de voisins, concurrents puissants, qui enserrent de tous côtés le petit Etat. C’est cette évolution que retrace en détail M. de Muyser; il montre comment le Luxembourg s’est rangé vers 1842 parmi les puissances sidérurgiques grâce à la découverte des gisements de minette par Renaudin, comment aussi à la même époque, il fut incorporé dans le Zollverein allemand, contrairement aux vœux des habitants, très peu germanophiles. L’extraction et la vente du minerai prennent bientôt une importance régulièrement croissante ; puis les hauts fourneaux s’installent et se perfectionnent, bientôt complétés par de puissantes aciéries. Pour faire face aux redoutables concurrences qui visaient à l’absorber ou à l’étrangler, l’industrie luxembourgeoise dut dès 1900 se grouper, et nous assistons à la naissance des grands trusts du Luxembourg. La guerre a créé une situation difficile, le traité de paix arrachant le Luxembourg à la sphère économique à laquelle il avait fini par s’adapter. Une période pénible de réadaptation s’est imposée. Dans les anciens trusts, des participants français et belges se sont substitués aux participants allemands, unissant intimement l’industrie du Grand-Duché aux industries sidéi’urgiques et houillères de France et de Belgique ; ce mouvement de concentration s’est accentué avec intensité. Et l’industrie du Luxembourg, sans être sortie encore de toutes ses difficultés, représente un groupement formidable, bien armé et bien appuyé qui continue à tenir une grande place en Europe. Faut-il rappeler que le siège du cartel européen de l’acier récemment conclu est à Luxembourg.
- Traité de chimie colloïdale, par Zsigmondy. Traduit sur
- la 3e édition allemande, par J. Audy, C. Gazel et G. Lejeune.
- 1 vol. in-8, 539 p., 58 fig. Dunod, Paris, 1926.
- Les colloïdes sont toutes les substances, plus ou moins analogues aux colles, qui diffusent peu et ne traversent pas les membranes de parchemin. Tandis que la chimie classique ne s’en préoccupait guère, la chimie physique leur a fait une large place et Ton a étudié leurs propiûétés particulières, intéressantes tant au point de vue théorique de la structure de la matière qu’à celui pratique, puisque les savons, les colles, le caoutchouc, la gélatine, la caséine, beaucoup de colorants sont des colloïdes, de même que les albuminoïdes de la matière vivante, l’hémoglobine, etc., sans compter les métaux colloïdaux que la thérapeutique emploie de plus en plus. Nous disposons déjà de plusieurs ouvrages en français sur ce sujet (Duclaux, Barie, Kopaczewski), mais ce traité, écrit par le lauréat du prix Nobel allemand de chimie, ne fait double emploi avec aucun d’eux. Fortement documenté, nourri de nombreuses références bibliographiques, il définit, situe, classe, analyse les multiples questions de cette chimie spéciale. Après avoir rappelé leurs propriétés physiques et la formation des sols et des gels, il passe en revue les colloïdes inorganiques (métaux, oxydes, sels) et organiques (sels, albuminoïdes, etc.). Un appendice de grand intérêt traite de l’estimation de la structure interne et de la grosseur des particules colloïdales au moyen des rayons X. Exposé magistral, auquel l’auteur apporte la contribution de nombreuses recherches personnelles, ce traité a sa place à côté des œuvres classiques de la chimie.
- Cours de chimie biologique, par Pierre Thomas. I,
- Partie générale, lvol.iin-8, 362 p., 21 fig. Presses Universitaires
- de France, Paris, 1926. Prix cartonné, 70 francs.
- Cours professé aux étudiants de la Faculté de Médecine de Cluj, destiné également aux biologistes qui veulent se familiariser avec la chimie biologique moderne. Chaque chapitre est suivi de l’indication d’un certain nombre d’exercices pratiques élémentaires bien choisis; destinés à appuyer les notions théoriques qui viennent d’être exposées, Après avoir rappelé la constitution de la matière, l’auteur aborde immédiatement l’état colloïdal, puis revient aux propriétés des solutions : tension superficielle, pression osmotique, dissociation électrolytique, passe à la catalyse et traite plus longuement les phénomènes particuliers aux cellules : adsorption, perméabilité, ferments solubles, matières protéiques, lipoïdes, saccharides et termine par les processus chimiques dans l’organisme : oxydations, synthèses, dislocation, réductions. Un dernier chapitre est consacré aux
- relations entre les propriétés des corps et leur configuration chimique. C’est un bon précis, aux exemples démonstratifs ; une bibliographie choisie guide dans le choix des traités nécessaires pour compléter cet exposé didactique.
- Physiologie normale et pathologie du globulin
- (plaquette de Bizzozero), par Jacques Roskam. 1 vol. in-8, 153 p., 21 fig. Collection « Les Problèmes biologiques », Presses Universitaires de France, Paris, 1927."
- Les globulins sont de petites plaquettes qu’on voit dans le sang; ils s’altèrent et disparaissent si facilement qu’on a discuté de leur réalité. Depuis quelques années, on considère qu’ils doivent jouer un rôle très important dans les chocs anaphylactiques, l’hémostase, la coagulation du sang, la vaso-motricité des vaisseaux et peut-être la défense de l’organisme contre les infections bactériennes. Le professeur de Liège a contribué à ces découvertes et il expose ce chapitre de physiologie en pleine élaboration avec beaucoup de clarté et d’entrain.
- Ergebnisse der Biologie, édité par K. v. Frisch, R. Gold-schmidt, W. Ruhland et H. Winterstein, Band II, 729 p., 177 fig. Julius Springer, Berlin, 1927. Prix : 56 marks; relié, 58 marks.
- Recueil de mémoires exposant les récents progrès de quelques questions de biologie générale : le problème des voies de conduction de l’excitation chez les plantes (Peter Stark) ; la théorie de Blaauw sur le phototropisme (Léo Brauner); les réactions géotropiques des plantes (Walter Zimmermann) ; les matières azotées dans l’économie des plantes et leurs rapports avec l’albumine (A. Kiesel); l’apparition de l’hétéroploïdie, en particulier dans le règne végétal (von Wettstein); l’appareil réticulaire de Golgi (Werner Jacobs); l’histochimie de la fibre musculaire striée (W. Biedermann) ; la rate (E. v. Skramlik) ; les degrés intermédiaires des zygotes sexuels et la théorie de la détermination du sexe (R. Goldschmidt). Chaque étude est suivie d’une bibliographie très complète et constitue une monographie précieuse pour les spécialistes qui voudraient continuer des recherches sur les questions exposées.
- Où en est l’embryologie? par Fauré-Frémiet. 1 vol. in-12, 251 p,, 51 fig. Collection des « mises au point ». Gauthier-Vil-lars et Cie, Paris, 1927. Prix : 28 francs.
- Cette collection se propose d’expliquer aux lecteurs curieux ce qu’est chaque science et où elle en est arrivée. Ce livre-ci y réussit parfaitement, d’une manière charmante, sans pédantisme ni spécialisation excessive. Après avoir rappelé les légendes anciennes puis les croyances à l’origine de la vie, il fait l’historique des faits : la cellule, la fécondation, le développement, l’organisation, ce qui constitue le bagage de l’embryologie classique. Mais cette science a cessé d’être une histoire descriptive; elle a évolué vers l’expérimentation, la physiologie, la physico-chimie. L’auteur y a lui-même beaucoup contribué qui vient d’écrire « la cinétique du développement », mais il a la sagesse de ne pas croire que ce sera le dernier mot. En exposant « où en est l’embryologie », il reconnaît que l’orientation actuelle, nécessaire n’est pas encore suffisante et que les problèmes'de l’origine et du développement, si troublants, agitant toute la complexité de l’organisme et de ses constituants, ne peuvent être abordés que partiellement par notre science.
- The Pacific Russian scientific Investigations. 1 vol. in-8, 191 p., 4 fig., 9 pl., 11 portraits hors texte. Académie des Sciences de l’Union des Républiques socialistes soviétiques, Léningrad, 1926. Prix : 5 roubles.
- A l’occasion du 3e Congrès panpacifique, l’Académie des Sciences de Léningrad a publié cet historique de la part prise par la Russie à la découverte et à l’exploration du Grand Océan. On lui doit en effet de nombreux voyages et de multiples recherches surtout dans la région septentrionale qui avoisine le détroit de Behring. Une série de chapitres rappelle les faits glorieux relatifs aux découvertes, à la cartographie, la géologie, la séismologie, au magnétisme, à l’océanographie, la météorologie, la botanique, la zoologie et l’ethnographie.
- D’Euclide à Einstein, par J. Anglas. 1 vol. 126 p. Delamain et Boutelleau, éditeurs, Paris, 1926.
- Ce petit volume s’efforce de dégager, dans un langage accessible à tous, les grands traits de la théorie relativiste; il s’inspire directement du célèbre ouvrage de vulgarisation de A. Einstein, dont il reproduit fidèlement les raisonnements essentiels.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE
- Pyromètre de surface [à indications rapides.
- Dans certaines industries — fabrication du caoutchouc, matières plastiques, tissus, simili-cuirs, linoléum, papier, carton, matières isolantes pour l’électricité, etc. — on se
- Fig. 1. — Le pyromètre de surface.
- sert de calandres et autres machines à rouleaux chauffés et, pour assurer la bonne qualité du produit, il est nécessaire de contrôler rapidement la température à la surface des rouleaux sans arrêter la marche de ceux-ci. Jusqu’ici, les appareils destinés à cet emploi ont laisse beaucoup à désirer, étant ou trop encombrants ou trop délicats pour l’usage pratique à l’usine.
- Le nouveau pyromètre de surface « Cambridge » est destiné à combler cette lacune. C’est un appareil extrêmement simple, très portatif, donnant presque instantanément la température de la surface avec laquelle il est mis en contact (pour une surface propre, une indication stable de la température est obtenue au bout de 3’à 5 secondes).
- L’appareil se compose essentiellement d’un couple thermoélectrique de forme spéciale relié à un galvanomètre à aiguille dont l’échelle est graduée en degrés centigrades. Le thermocouple est constitué par un mince ruban bimétallique — moitié cuivre, moitié constantan — tendu entre les extrémités d’un ressort à lame d’acier en forme d’arc.
- Appliquée contre la surface d’un cylindre en rotation, la partie médiane du ruban prend immédiatement la température de celui-ci et la force thermoélectrique engendrée à la soudure des deux métaux donne naissance à un courant qui est mesuré par le galvanomètre. Celui-ci fait corps avec le thermo-couple et une poignée de forme commode permet de manier l’appareil avec une extrême facilité.
- On sait qu’un pyromètre thermoélectrique indique ordinairement la différence entre la température de la soudure chaude et celle de ]’air ambiant, mais cet appareil est muni d’un
- dispositif automatique de correction grâce auquel il donne toujours la vraie température de la surface chaude, sans qu’il y ait besoin de faire aucun calcul.
- L’échelle va de 0° à 200u C. ; les graduations sont très lisibles sur fond blanc. L’appareil ne pèse que 600 grammes.
- Constructeur : Cambridge Instrument Cy Limited, en vente chez M. F.-Ç. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris, 5'..
- SPORTS
- Fabrication des skis.
- Il est possible avec un peu de soin, si l’on dispose d’une planche de frêne, de fabriquer des skis qui permettront de pratiquer les sports d’hiver.
- La planche doit avoir 2 m.. de longueur, 20 cm de large et 2 d’épaisseur. On la partage en deux, dans le sens de la longueur et l’on constitue ainsi la matière pour la paire de skis que l’on veut fabriquer.
- On trace deux traits de repère, l’un de 60 cm, l’autre à
- 1 m. 10 de chaque extrémité et l’on obtient ainsi une plage de 50 cm. de longueur qui devra conserver l’épaisseur de la planche, c’est-à-dire 2 cm. De chacun de ces traits ainsi tracés, la planche va en s’amincissant jusqu’à chaque extrémité où elle n’a plus que 3 mm. d’épaisseur.
- Ce travail d’amincissement doit être fait très progressivement en commençant par l’extrémité de la planche et en progressant ainsi jusqu’à l’arrivée au trait où l’épaisseur de
- 2 cm doit être respectée.
- Pour exécuter plus facilement ce travail et avoir des skis d’épaisseur correspondante, on prépare cet amincissement sur la planche de 20 cm ; la séparation en deux planchettes de 10 cm de large, moins la demi-épaisseur du trait de scie, n’aura lieu que lorsque le travail de préparation sera terminé.
- Ce travail s’exécute à la scie, au rabot, à la vastringue, qui est un outil spécial employé par les chaisiers, et la pièce est passée au papier de verre, de manière à enlever toute rugosité.
- Sur la face qui est restée plane, on creuse une rainure qui va jusqu’à l’extrémité de la partie amincie la moins longue, et qui s’arrête à 40 cm de l’autre extrémité. La rainure a ainsi 1 m. 60 de longueur, la même dimension qu’une rainure de parquet, on l’exécutera donc au bouvet à joindre à rainure et languette.
- L’extrémité de la latte où n’aboutit pas la rainure est effilée à partir de 30 cm de l’extrémité. On obtient alors la forme du ski développée sur un plan. Il s’agit maintenant de
- Fig. 2. — Préparation des skis et fixation de la sandale.
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- donner aux. deux skis la courbure définitive et pour cela il faut faire subir au bois une préparation à l’eau bouillante ou à la vapeur.
- Si l’on dispose d’un récipient suffisamment long, contenant de l’eau bouillante, on se contente d’immerger les deux latt.es pendant plusieurs heures. A la rigueur, on peut utiliser une baignoire d’eau très chaude, mais il dépasse de la baignoire une partie des lattes. On la maintient humide en l’entourant d’un linge mouillé que l’on humecte de temps à autre avec l’eau du bain.
- Il est plus pratique encore de soumettre le bois à l’action de la vapeur. Pour cela les lattes sont placées dans un tuyau de fonte ou de zinc obturé par des tampons. On fait arriver par l’un des tampons le tube de dégagement d’un appareil à distiller ou d’une arrivée de vapeur d’un radiateur de chauffage, quand on dispose de ce genre d’installation. Après plusieurs heures de traitement par l’eau très chaude ou par la vapeur, le bois peut se courber facilement pour donner la forme correspondant à celle des skis.
- Les deux lattes sont placées sur une planche où l’on a fixé au préalable une petite planchette de 3 cm d’épaisseur.
- Ai m. 20 de cette planchette on a cloué deux tasseaux verticaux dont le plus haut a 12 cm. La deuxième planchette a une hauteur moins grande. Elle est assujettie sur la planche de base lorsque les skis seront mis en place.
- Les arasements supérieurs de ces deux planchettes sont préparés en biais. Le ski est placé de manière que la partie centrale de 2 cm d’épaisseur s’applique en son centre sur le petit tasseau cloué au milieu. La pointe des skis se redresse pour reposer sur les tasseaux d’extrémité et à ce moment on ajoute .le deuxième 'tasseau pour qu’il vienne au contact des parties ainsi recourbées.
- Près de l’autre extrémité et à 30 cm environ du tasseau relevant le ski, on fixe au moyen de vis deux barres qui font pression sur les skis et leur donnent la forme voulue, en exagérant un peu, car une fois les skis secs et retirés de ce montage, ils reviendront à une forme exacte.
- Le séchage demande de 10 à 15 jours dans un endroit sec. -On peut alors démonter toutes les pièces qui maintiennent et les skis conservent leur forme. On passe du vernis pour bateaux, en deux couches, la deuxième étant mise lorsque la première est sèche.
- Le dessous du ski n’est pas verni, mais on étend de la cire fondue de façon à bien imprégner le bois.
- Il n’y a plus maintenant qu’à fixer une sandale sur la partie épaisse du milieu, de manière à pouvoir chausser les skis. Cette sandale est constituée par une lanière qui est fixée sur les bords au moyen de vis en laiton avec rondelles, ce qui évite que le cuir se déchire.
- De chaque côté de la lanière, on rive une courroie, l’une est munie d’une boucle avec ardillon. Sur le ski lui-même on fixe une latte, à une distance de la courroie suffisante pour que la chaussure soit coincée par le serrage de la courroie à boucle. Cette latte sert d’appui à la partie intérieure du talon. Il faut naturellement ajuster tout cela d’après la chaussure que l’on utilise.
- TRAVAUX D'AMATEURS Pour empêcher l’échelle de glisser.
- Les échelles simples glissent, lorsqu’elles sont placées contre un mur sous un angle trop grand (par rapport au mur). Cependant, dans certains cas, on dispose d’une échelle trop longue et l’on veut atteindre une partie du mur à une hauteur telle que l’échelle risque de causer un accident.
- ................./........ ..............= 333 =
- > Voici un moyen d’incliner une échelle dans une position dangereuse et d’éviter toute chute.
- Au moyen de trois planches, on prépare une sorte d’U robuste, ayant I m. de longueur environ. La largeur des planches correspond à la distance des deux barreaux infé-
- Fig. 3. — Moyen d’empêcher une échelle de glisser.
- rieurs de l’échelle, de sorte que, lorsque l’appareil est en place, il se coince et forme avec le dos de l’U un appui supplémentaire sur le sol.
- L’échelle est ainsi consolidée, assujettie sur une base large et ne peut plus déraper sur le sol, malgré l’inclinaison qu’on lui donne.
- Pour fixer le marteau à la ceinture.
- Lorsqu’on travaille sur kune échelle et qu’on a besoin constamment du marteau, on ne sait où le placer. Les ouvriers professionnels ont des poches aménagées, qui leur permettent de transporter ainsi l’outillage volant.
- Un amateur ne peut avoir une garde-robe aussi spéciale, il agencera facilement une ceinture avec des pattes accessoires, qui serviront à maintenir les divers outils dont il a besoin pour installer des fils électriques, pour poser des tentures murales, des tableaux, etc.
- Les pattes en question sont taillées dans du cuir et ont la forme indiquée £ar le croquis. Une ouverture ronde est ménagée pour laisser passer le manche du marteau ou la branche de la pince.
- Deux fentes servent au passage de la ceinture et la patte
- Fig. 4. — Fixation d’un marteau à la ceinture.
- peut facilement coulisser sur celle-ci, de manière à se placer en bonne position, à la portée de l’ouvrier et à sa main la plus commode.
- Ceinture
- Support
- Marteau
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- L’histoire de la Fuchsine.
- A propos de la lettre de M. Cardot, publiée le 14 janvier 1927, M. Bouvy, nous écrit :
- «Pour l’édification de votre correspondant et aussi pour ne pas laisser ternir la mémoire de l’industriel susnommé, permettez à un lecteur de La Nature de vous adresser ces quelques lignes extraites des Leçons de Chimie. J. de Girardin, membre de l'Institut', etc. Masson, éditeur. »
- Dès 1834, le chimiste Runge avait indiqué comme réaction caractéristique de l’aniline la couleur violette qu’elle donne avec le chlorure de chaux, la couleur rouge pourpre qu’elle fournit avec le chlorure d’or sous l’influence de la chaleur, etc. Ces faits curieux passèrent inaperçus.
- Ce ne fut que dix ans plus tard que Hoffmann, étudiant les bases organiques contenues dans l’huile de goudron de houille, confirma les observations de Runge et y ajouta nombre de faits nouveaux ; mais il fallut encore douze ans pour que ces réactions de laboratoire devinssent d’une application industrielle. La gloire en est due, d’une part à un chimiste anglais, Perkin, qui, au commencement de 1856, isola la matière violette, procréée dans
- les actions oxydantes sur l’aniline, et fit l’examen de ses propriétés tinctoriales ; d’autre part, à un chimiste-coloriste de Lyon, Verguin, qui, frappé du magnifique rouge qu’obtint Hoffmann en 1858 par la réaction du bichlorure de carbone sur l’aniline à une température de 170 à 180° s’empressa de tirer parti pour l’industrie de la soie de cette nouvelle couleur et parvint à l’obtenir dans des conditions convenables en substituant le bichlorure d’étain anhydre au bichlorure de carbone d’un prix beaucoup trop élevé.
- Verguin céda son procédé à MM. Renard frères et Franc, de Lyon, qui le firent breveter en France, le 8 avril 1859; ce sont eux qui donnèrent au nouveau rouge le nom de fuchsine pour rappeler la similitude de sa couleur avec celle de la fleur de fuchsia.
- Telle est la véritable origine du mot fuchsine. »
- Erratum. — Charge supportée par les ailes des Papillons.
- Dans l’analyse de la note de Mlle de Rorlhays et de M. Portier à l’Académie des Sciences, parue dans le n° 2753, une erreur s’est glissée que M. Taverne nous signale. Les charges indiquées sont par mètre carré d’aile et non par cm2.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Renseignements météorologiques et T. S. F..
- Les ouvrages donnant la clef des prévisions météorologiques, ainsi que les horaires explicatifs des signaux horaires pexivent être trouvés à la librairie Chiron, 40, rue de Seine, Paris.
- La plupart des prévisions météorologiques sont maintenant transmises radiotélégraphiquement en ondes entretenues, elles ne peuvent donc être reçues qu’avec des postes à lampes.
- Nous prenons bonne note de votre suggestion et essaierons de faire paraître dans La Nature un article indiquant les moyens les plus simples pour recevoir les télégrammes météorologiques actuels. M. àxdré Rigert, Colmar.
- Elimination de rémission de Daventry à Paris.
- Lorsqu’on reçoit-sur antenne extérieure, il .ne paraît pas possible de séparer l’émission de Daventry de celle de Radio-Paris au moyen simplement d’un poste à quatre lampes comportant seulement un étage d’amplification haute fréquence à résonance du type que vous nous indiquez.
- Le moyen le plus simple d’obtenir le résultat que vous désirez et d’augmenter la sélectivité du poste sans modifier son montage intérieur, consiste à intercaler, entre l’antenne et la borne antenne du poste, un circuit-filtre composé d’un enroulement et d’un condensateur en dérivation sur cet enroulement.
- Le circuit devra pouvoir être accordé sur la longueur d’onde de l’émission à éliminer et pourra donc être formé ici d’un enroulement en nid d’abeilles de 150 à 200 spires et d’un condensateur variable de 0,5/1000 de microfarad.
- Il est bien évident que le condensateur d’accord du poste devra être placé en parallèle sur la bobine d’accord normale de l’appareil et que l’adjonction de ce circuit-filtre amènera une modification du réglage de l’accord.
- Ainsi que nous l’avons déjà expliqué plusieurs fois, pour effectuer le réglage, on commence par régler l’appareil sur l’émission que l’on veut éliminer sans mettre le circuit-filtre en série, puis on met ce circuit en série et l’on actionne le condensateur jusqu’à élimination de l’émission perturbatrice.
- On recherche ensuite l’émission que l’on veut entendre sans toucher au réglage du condensateur qui est déterminé une fois pour toutes.
- On pourrait également employer un circuit-filtre d’un autre
- modèle qui serait relié au poste de réception par la très faible liaison électrostatique d’une capacité variable.
- M. M. R., Paris.
- Montage de lampes à deux grilles permettant d’utiliser la grille intérieure et la plaque.
- Ce montage qui, d’ailleurs, semble-t-il, a été proposé il y a quelques années déjà a reçu le nom d’lsodyne ou de Cryptodyne.
- Etant donné que vous désirez seulement utiliser votre lampe à deux grilles comme détectrice, et la faire suivre d’étages à basse fréquence établis avec des lampes ordinaires, la plaque et la grille intérieure de cette lampe à deux grilles détectrice seront
- -80 v.
- > 12 à 20 volts
- Montage de la lampe.
- connectées aux deux extrémités du primaire du premier transformateur basse fréquence T,.
- Théoriquement le point A de l’enroulement connecté à la batterie de tension devrait être au milieu de cet enroulement; mais, en fait, il serait nécessaire de le déterminer expérimentalement dans la région médiane.
- Comme système d’accord, vous pouvez utiliser un montage à
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- autotransformateur avec un primaire de quelques spires relié à l’antenne.
- Le circuit LC formé par la bobine d’accord et le condensateur variable C de 1/1000 de microfarad (fig. 1) sera approximativement accordé sur la longueur d’onde des émissions à recevoir.
- M. G. Mouchoux, Rouen.
- Préparation d’un savon à détacher.
- La préparation suivante donne un excellent savon à détacher. Prendre :
- Savon de Marseille en copeaux . . 2200 gr.
- Bile de bœuf..................... 1500 —
- Eau non calcaire . •.............. 900 —
- Couvrir et laisser en contact toute une nuit, chauffer ensuite doucement pour dissoudre le savon, sans faire bouillir, amener ainsi à l’état de miel, laisser refroidir et ajouter :
- Essence de térébenthine............ 55 gr.
- Benzine. .......................... 45 —
- Bien mélanger, ajouter quelques gouttes d’ammoniaque liquide (alcali volatil) pour rendre franchement alcalin.
- Ce savon s’applique avec une petite brosse imbibée d’eau tiède sur la partie de l’étoffe à nettoyer, rincer ensuite également à l’eau tiède.
- Bien se rappeler qu’il est essentiel d’effectuer ce rinçage à fond afin d’entraîner au dehors du tissu les impuretés solubilisées ou simplement mobilisées par la mixture. Faute de prendre cette précaution, il n’y aurait qu’une répartition de la tache sur une plus grande surface, ce qui la rendrait moins visible, mais ne la ferait pas dispaïuitre. Riïunion des officiers, Marrakech.
- Conseils pour la préparation du miel artificiel.
- 1° La préparation du miel artificiel en partant du sucre ordinaire (sucre de betteraves ou sucre de canne) est basée sur le dédoublement de la saccharose avec fixation d’eau en glucoses droit et gauche incristallisables par l’action d’un acide qui ne joue qu’un rôle de présence.
- Ci*HM0“ + H2 O = 2 [CfiH12 0G]
- Saccharose Glucoses
- Pour pi'oduii'e cette transformation, il n’est pas nécessaire de porter à température élevée, celle de 100° est parfaitement suffisante si elle est maintenue 20 à 30 minutes.
- Le mode opératoire indiqué dans les Recettes de la Maison, page 47, qui a été mis au point par un spécialiste en sucrerie, le professeur Hertzfeld, est donc bien exact et si vous avez eu des mécomptes, c’est parce que A’ous; avez chauffé trop énergiquement.
- En résumé, conserver les proportions de 1 kg de sucre, 300 gr. d’eau et 1 gr. d’acide tartrique, porter-à la. températui’e de 100° et la maintenir pendant environ une demi-heure. Dans ces conditions vous obtiendrez un produit de teinte paille que vous pourrez parfumer avec du miel de Bretagne pai’ticulièrement bouqueté par suite de l’abondance des bruyères dans cette région.
- La fabrication du savon de résine.
- ~ : = 335 =
- Gomme conclusions, nous vous conseillons de v ous assurer que la lessive employée est bien caustique et non carbonatée, qu’elle a bien la richesse voulue en alcali et qu’elle entre en proportions convenables pour saturer l’acide abiétique de la résine.
- A propos des carburants.
- 2° La question « carbui'ants » est trop étendue pour que nous puissions la traiter dans la « Boîte aux Lettres », le mieux serait de vous abonner à la revue Le Pétrole, et ses dérivés, 49, rue des Vinaigriers) ou à la Revue pétrolifère, 71 i'ue de Grenelle qui vous tiendront au courant des derniers perfectionnements.
- M. PlONIAN, TAURIS.
- Nettoyage d’un mur.
- Pour enlever les coulées de bistre sur votre mur, le seul moyen pratique est de laver à l’eau seconde tiède (lessive de soude caustique à 5° B.). Gomme bien entendu la teinte de la peinture s’est trouvée considérablement modifiée, il conviendra de repeindre ensuite tout l’ensemble.
- L’eau oxygénée pour le nettoyage des vieilles gravures.
- G’est en effet l’eau oxygénée qui est actuellement employée par les professionnels pour nettoyer les gravures jaunies ou tachées par des moisissures, ce procédé n’ayant pas l’inconvénient de laisser comme l’eau de Javel du chlore dans la masse du papier, ce qui plus tard en produit l’altération. On opère ainsi :
- La gravure est trempée au large dans un baquet d’eau, on l’applique ensuite sur une feuille de verre, que l’on place bien horizontalement et on verse sur la gravure un mélange à parties égales d’eau oxygénée et d’eau ordinaire additionné de quelques gouttes d’ammoniaque liquide (alcali volatil).
- On entretient la feuille humide, de cette façon, pendant une heure environ, puis, quand on juge le blanchiment suffisant, on rince à l’eau pure sur la feuille de verre en plaçant sous un robinet; on essore entre deux feuilles de papier à filtrer blanc neuf et fait ensuite sécher sous presse.
- Destruction des perce-oreilles.
- Les insectes que vous nous avez soumis sont les larves du Forficularia auricularia, appelé vulgairement Perce-oreille ou Pince-oreille. Le meilleur moyen pour les détruire est d’utiliser leur aptitude à se réfugier dans les emplacements étroits et obscurs. Pour cela on coupe des fétus de paille de blé d’une longueur de 5 à 6 cm et on les répand dans les endroits fréquentés par les foi'ficules. Le lendemain on brille ces fétus et les remplace par de nouveaux, en opérant ainsi on arrive au bout de très peu de temps à une destruction radicale.
- E. D., Clères.
- 1° Nous ne sommes pas surpris que vous ayez éprouvé quelques difficultés à préparer le savon de l'ésine, car au contact de la soude chaude la colophane se prend en grumeaux dont la dissolution devient ensuite difficile par suite de leur compacité. Voici habituellement comment on opèi-e :
- Dans la chaudière, on introduit la lessive de soude caustique faible, on porte à l’ébullition et on met en marche l’agitateur, puis on introduit la résine réduite en poudre fine en la faisant couler doucement ; une fois la résine incorporée au liquide on pousse alors la cuisson jusqu’à obtention d’une solution limpide; s’il reste de la résine non dissoute, c’est qu’il y a insuffisance d’alcali et il faut en ajouter.
- D’avance on ne peut fixer d’une façon absolue la quantité de soude caustique qui sei'a nécessaire, car suivant provenance, les colophanes ont un indice, de saponification ; variant de 167 à 195 dans l’industrie on procède à un titrage préalable de la matièi’e première, mais l’amateur doit procéder par tâtonnement.
- Comment combler et boucher des fissures d’une cuve en bois.
- Vous n’avez probablement pas réussi à réparer votre cuve de bois garnie de gutta pai’ce que les fissures et le bois suppoi’t étaient encoi'e humides; il. faut donc, condition essentielle, laisser parfaitement sécher avant Ü’entrepi’endre la répai'ation. En outre, par simple fusion des pai'ties avoisinantes, vous ne disposez pas d’assez de gutta pour combler les vides, il convient donc de faire un nouvel apport, par exemple, avec le mélange suivant :
- Faire fondre doucement 100 gr. de colophane, puis ajouter peu à peu en remuant constamment 50 gr. de gutta coupée en petits morceaux. Bien mélanger, puis couler sur une surface froide de façon à obtenir des plaquettes.
- Pour l’emploi, faii'e fondre à nouveau et couler le liquide chaud dans les fissures parfaitement sèches, lisser avec la lame d’un couteau chauffée, enlever les bavures et laisser refroidir.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- 1. Daniel Berthelot, membre de l’Institut, physicien célèbre, est mort le 9 mars 1921. —2. Le célèbre paléontologiste américain G. D. Walcott, né en 1850, est mort le 9 février 1921. Ses travaux ont rénové nos connaissances sur les faunes primitives.— 3. Le chimiste allemand Ch. Graebe, décédé en 1921, à 86 ans. Il réalisa, en 18ü9, la première synthèse de matière colorante, celle de l’alizarine.
- 4. Une rue de la grande ville d’Osaka (Japon) qui a été gravement éprouvée par le tremblement de terre du 7 mars.
- 5. Un camion Renault avec gazogène à carbonite.
- 6. Voiture Peugeot et sa remorque à gaz méthane.
- 7. Voiture Panhard à gazogène.
- 8. Concours de tracteurs militaires à gazogène, à Satory :
- Essai du tracteur Renault.
- 9. La mine de Cwm (AngleterreJ où un coup de grisou a récemment fait lh5 victimes.
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- LA NATURE
- N° 2759. — 15 Avril 1927.
- Paraît le ier et le i5 de chaque mois.
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- N" 2759.
- LA NATURE
- ‘V- 15 Avril 1927,
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- MARCELIN BERTHELOT (1827-1907)
- SA VIE
- Marcelin-Pierre-Eugène Berthelot naquit le 25 octobre 1827, au cœur du vieux Paris, place de Grève, dans une maison qui appartenait à son grand-pèi'e maternel. Un peu plus tard, sa famille vint s’installera quelques pas de la rue des Ecrivains, en face de la Tour Saint-Jacques.
- Aujourd’hui, il ne reste pas une pierre des deux maisons; le sol même a disparu, abaissé par le nivellement de la rue de Rivoli il y a un demi-siècle.
- Son père Jacques-Martin Berthelot était, écrit Renan, « un de ces caractères de médecins ac-compliscommeParis saitlesproduire ».
- Vivant dans un quartier populaire, il soignait gratuitement la plupart de ses malades ; il vécut et mourut pauvre.
- L’enfant grandit au milieu des émeutes du début du règne de Louis-Philippie. Au collège, sa vive intelligence se manifesta de bonne heure par des succès exceptionnels ; en 1846, il obtenait aju concours général entre tous les lycées de France, la plus haute récompense, le prix d’honneur de philosophie. De cette forte éducation classique, il lui resta toujours l’amour des littératures anciennes. "
- Ses études terminées, il hésita sur le choix d’üne carrière. Guidé par les traditions et les souvenirs de famille, il choisit les sciences.
- C’est à ses débuts dans la vie scientifique qu’il rencontra Renan, qui venait de quitter Saint-Sulpice et d’entrer dans une petite pension delà rue Saint-Jacques, où il donnait des répétitions. Il se lia avec lui d’une étroite amitié. Les deux jeunes gens, animés d’une égale passion pour la vérité, confondirent leurs efforts.
- Berthelot enseignait à Renan les sciences naturelles, Renan lui expliquait l’exégèse et lui apprit l’hébreu, que le savant n’oublia pas.
- Après avoir travaillé avec passion au Laboratoire d’enseignement pratique de Chimie, dirigé par Pelouze, rue Dauphine, il entra en janvier 1851 comme préparateur au Laboratoire de Balard au Collège de France. Il soutint sa thèse de doctorat ès sciences en 1854.
- En 1865, les principaux professeurs du Collège de France prirent l’initiative de demander pour lui la création d’une chaire de chimie organique à M. Duruy, ministre de l’Instruction publique. Berthelot occupa, depuis, cette chaire sans interruption et se refusa toujours à la quitter.
- SON ŒUVRE*
- I/œuvre de Marcelin Berthelot est immense autant que limpide.
- Elle comprend près de 1500 mémoires : le premier publié en mai 1850, dans les Annales de Chimie et de P/iysi(/iie, relatif à un travail effectué à l’École de Chimie de Pelouze, le dernier présenté à l’Académie des Sciences, le mois même de sa mort, mars 1907. Tous ou à peu près ont trait à quatre ordres de questions : la préparation synthétique des composés organiques, l’étude des forces qui président aux combinaisons et décompositions chimiques, la chimie agricole, l’histoire de la chimie.
- Nous allons essayer d’en résumer l’essentiel pour montrer les grandes lignes de celte belle œuvre.
- La chimie organique de synthèse. — En 1889, M. Berthelot inaugura ses fonctions de Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences en lisant à la séance publique de cette Académie une notice sur Lavoisier. Il montra en cette occasion la nature et la raison d’être de la réforme fondamentale apportée par Lavoisier aux théories de la chimie à la fin du xvnie' siècle.
- Berthelot mit en évidence la découverte capitale « du fondateur de la chimie moderne » , c’est-à-dire la distinction entre les corps pondérables et les agents impondérables, dont les corps pondérables subissent l’influence sans changer de poids.
- Lavoisier avait formulé la notion de corps simple et avait prouvé que la composition d’un corps doit être déterminée en toute certitude par l’analyse et la synthèse. En énonçant son principe de la conservation de la matière au cours de l’accomplissement des réactions, il avait fait éclater une véritable révolution chimique dont les conséquences théoriques et pratiques eurent une portée incalculable. Marcelin Berthelot qui marquait ainsi le caractère révolutionnaire de l’œuvre de Lavoisier, avait lui aussi révolutionné la chimie en créant de 1854 à 1867 la synthèse chimique organique et, lui aussi, il avait enrichi les sciences et les techniques dans des proportions qu’il est difficile de se représenter.
- Avant les travaux de M. Berthelot, l’opinion scientifique établissait une distinction de principe entre la chimie minérale et la chimie organique. On admettait
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- l’intervention obligatoire de la force vitale pour l’élaboration, au sein des oi'ganismes vivants, des substances organiques.
- M. Berthelot, dans une. lettre de jeunesse à Renan, avait autrefois affirmé sa croyance en l’unité de l’univers, de ses phénomènes, de ses lois. Il ne concevait aucune séparation entre le monde vivant et le monde minéral.
- L’idée directrice de ses recherches sur la synthèse organique a eu, dans sa vie, des origines lointaines. En 1851, alors qu’étudiant la décomposition pyrogénée de l’alcool et de l’acide acétique, il constatait la production de la benzine, de la naphtaline, du phénol et d’autres substances contenues dans les produits de la distillation de la houille ou des huiles grasses ; il notait que la synthèse de ces corps devait être regardée comme un fait accompli puisqu’on les obtenait au moyen de l’acide acétique lequel avait été préparé synthétiquement par Kolbe. Woehler avec la synthèse de l’urée en 1828, Kolbe avec celle de l’acide acétique en 1835 sont en effet deux précurseurs de Berthe-lot, mais leurs travaux étaient restés isolés, leur importance théorique n’a-vaitpasété entrevue.
- Ils étaient considérés comme des cas aberrants de la doctrine, presque incontestée, de la séparation absolue des phénomènes de la chimie minérale et de la chimie des matières vivantes.
- Un changement complet allait se produire avec les travaux de Ber-thelot. Tout d’abord il réalisa la synthèse partielle des corps gras naturels au moyen d’acides gras et de glycérine. Puis ce fut 1 a « série décisive », comme a dit Charles Moureu : les synthèses de l’isosulfocyanate d’allyle ou essence de moutarde (1854), de l’alcool éthylique (1855), de l’acide formique (1855), de l’alcool méthylique (1857), de l’acétylène (1862), de la benzine (1866), de l’acide oxalique (1867).
- Une d’entre elles doit retenir spécialement l’attention, car elle permet d’exposer l’intérêt général et profond de la synthèse organique.
- Deux éléments minéraux sont à l’état libre ; l’hydrogène, le carbone. En utilisant l’arc électrique, Berthelot les unit dans les molécules d’acétylène. Ce corps, par hydrogénation, par condensation, par union avec l’azote ou l’oxygène, donnera, selon les cas, des carbures d’hydrogène (éthylène, formène, benzine, etc.), des acides (acétique, oxalique, cyanhydrique) et dès lors, c’est à partir de sa synthèse, toutes les avenues de la chimie organique ouvertes plus ou moins directement. Les phénomènes biologiques peuvent donc se reproduire au laboratoire;
- bien plus, on peut entrevoir que des combinaisons inexistantes dans la nature peuvent être créées, car ainsi que Berthelot l’écrivait un jour : « Le domaine où la synthèse chimique exerce sa puissance créatrice est plus grand que celui de la nature actuellement réalisé ».
- Cette affirmation devait être communicative. Sans doute ne fut-elle qu’implicite au moment de la publication des premiers résultats expérimentaux de Berthelot. Néanmoins elle devait être immédiatement génératrice de travaux qui ont porté la chimie de synthèse organique vers les hauts degrés de perfection qu’elle a atteints de nos jours, créant l’importante industrie des médicaments, des parfums, des matières colorantes synthétiques.
- La thermochimie. — L’institution des premières méthodes générales de synthèse des composés organiques et son rattachement à la doctrine de l’unité physico-chimique des phénomènes du monde de la vie et du monde minéral entraînèrent Marcelin Berthelot vers l’étude du
- mécanisme des réactions chimiques ainsi unifiées. Lorsqu’il avait effectué la synthèse de l’acide formique (1855) en combinant les éléments de l’eau et de l’oxyde de carbone, l’attention de Berthelot avait été attirée par l’extrême lenteur avec laquelle cette réaction s’accomplissait. En 1864, en étudiant les faits observés, il reconnut que la chaleur de combustion de l’acide formique était supérieure à la chaleur de combustion de l’oxyde de carbone, son générateur.
- Conclusion : la synthèse de l’acide formique absorbe de la chaleur ; elle est une réaction en-dothermique par opposition aux réactions exothermiques qui dégagent de la chaleur. De là, une conception de l’affinité chimique qu’il considéra non plus comme une force vaguement définie, mais comme une grandeur mesurable par des absorptions, ou des dégagements de chaleur.
- La calorimétrie avec Lavoisier et Laplace, Fabre et Silbermann, Thomsen et Régnault, s’était largement développée. Berthelot l’enrichit de ses découvertes théoriques et d’un nombre considérable de déterminations expérimentales et d’indications numériques. Il créa des méthodes nouvelles, simples et précises de calorimétrie, comportant l’emploi de la bombe calorimétrique qui porte son nom.
- Le nombre des déterminations effectuées par Berthelot, ses collaborateurs et ses élèves pour l’étude thermochimique des réactions, est énorme. Elles ont permis à Berthelot, en se fondant également sur les travaux de ses émules étrangers, d’énoncer les lois qui fournissent la mesure des travaux moléculaires accomplis pendant les
- Fig. 2. — Berthelot dans son laboratoire dit Collège de France.
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- transformations chimiques et qui règlent ces transformations. Ces lois présentent un intérêt pour la science pure; leur rôle n’est pas moins grand dans les applications à la physiologie, à l’agriculture, à l’art militaire, à la métallurgie, aux industries électriques.
- Les trois principes de la thermochimie de Berthelot sont :
- 1° — Le principe des travaux moléculaires d’après lequel la quantité de chaleur dégagée dans une réaction mesure la somme des travaux chimiques et physiques accomplis dans cette réaction.
- 2° — Le principe de l’état initial et de l’état final, ainsi exprimé : si un système de corps simples ou composés, pris dans des conditions déterminées, éprouve des changements physiques ou chimiques, capables de l’amener à un nouvel état, sans donner lieu à aucun effet mécanique extérieur au système, la quantité de chaleur dégagée ou absorbée, par l’effet de ces changements, dépend uniquement de l’état initial et de l’état final du système ; elle est la même, quelles que soient la nature et la suite des états intermédiaires.
- 3° — Le principe du travail maximum : tout changement chimique, accompli sans l’intervention d’une énergie étrangère, à température constante, tend vers la production du corps ou du système de corps qui dégage le plus de chaleur.
- Ce troisième principe a une importance toute particulière, parce qu’il permet de prévoir le sens dans lequel évoluent les réactions chimiques. Il ne constitue pas une loi absolue, mais une loi limitée, une règle empirique très générale et très précieuse.
- Les poudres et explosifs. — Berthelot a utilisé les principes de la lhermochimie dans ses recherches sur les matières explosives. Dès 1871, il exposa le problème de la force des poudres et explosifs en marquant que quatre
- Fig. 4. — Berthelot et la Chimie agricole.
- Fig. 3. — Berthelot et les déterminations calorimétriques.
- données sont nécessaires pour sa définition : 1°) la composition chimique de la matière explosive ; 2°) la composition des produits de l’explosion ; 3°) le volume des gaz fournis ; 4°) la quantité de chaleur dégagée dans la réaction.
- Cette dernière quantité, disait-il, mesure le travail maximum qui peut être produit par la matière explosive, tandis que la pression initiale résulte du volume des gaz fournis et de leur température.
- Partant de ces points de vue nouveaux, M. Berthelot apporta une contribution importante à l’étude des phénomènes de décomposition des poudres et des substances explosives dans laquelle M. Vieille trouva les premières données qui le conduisirent à la découverte des poudres sans fumée.
- La chaleur animale. — L’étude de la production de la chaleur chez les êtres vivants constitue un chapitre de thermochimie d’une importance considérable pour les physiologistes et les zootechniciens. Les px*emières données sur la chaleur animale furent établies par Lavoisier. Avec Dulong, en 1820, elle fut considérée comme proportionnelle non plus au poids seul de l’oxygène consommé, mais à ceux de l'acide carbonique et de l’eau formés.
- Berthelot môhtra que les mesures d’oxygène consommé ou d’acide carbonique et d’eau engendrés ne rendaient pas compte du phénomène de la thermogenèse avec suffi -samment de précision. La méthode de détermination thermochimique permet de mettre en évidence et de distinguer les productions de calories dues aux oxydations totales ou incomplètes, directes ou indirectes, aux réactions d’hydratation, d'hydrolyse, de dédoublement, de synthèse. La production de la chaleur par les êtres
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- vivants apparut ainsi plus complexe dans sa profonde réalité.
- Les transformations des substances chimiques qui constituent les aliments s’accomplissent suivant les mêmes lois physico-chimiques dans l’organisme ou dans l’appareil de laboratoire : la quantité d’énergie qu’elles libèrent est toujours la même, quels que soient les états intermédiaires par ...lesquels sont ^passées ces substances pour 'aller (de leur état initial à leur état final : l’entretien de la vie ne consomme aucune énergie qui lui soit propre.
- La Chimie agricole. — Le développement des méthodes générales de synthèse organique conduisit M. Berthelot à l’étude de la synthèse des substances azotées par fixation de l’azote sur les corps ternaires et de là vers des travaux sur la fixation de l’azote atmosphérique par les plantes.
- Cette question faisait l’objet de nombreuses controverses parmi les chimistes agronomes.
- En 1876, Berthelot constata que l’azote pur ou atmosphérique est absorbé par les composés organiques à la température ordinaire, sous l’influence de l’effluve électrique, en engendrant des produits azotés condensés de l’ordre des principes humiques. Berthelot reprit ses premières observations et réalisa, en 1890, l’absorption de l’azote par des plantes placées en vase clos, dans un champ électrique, dans des conditions analogues à celles réalisées naturellement. En cherchant à approfondir la réaction de fixation de l’azote sous l’influence de l’effluve, Berthelot avait découvert vers 1885 une condition nouvelle et plus générale encore d’utilisation directe de l’azote; l’action sourde, mais incessante des sols argileux et des organismes microscopiques qu’ils renferment. Cette découverte devait avoir d’importantes conséquences qui apparurent dans les publications de Hellriegel en 1886 : c’était la découverte du rôle des nodosités des légumineuses et de leurs bactéries pour l’assimilation directe de l’azote des plantes ; ce fut ensuite celle de Schloesing et Laurent sur l’activité des micro-organismes dans la fixation de l’azote par le sol ; enfin ce fut la découverte par Winogradsky d’un bacille fixateur d’azote. A traversées remarquables travaux et ceux d’autres chercheurs, l’affirmation première de Berthelot prenait toute sa valeur : « Le point de départ de la fixation de l’azote réside non dans les végétaux supérieurs, mais dans certains des micro-organismes inférieurs qui peuplent la terre végétale ».
- Les travaux divers. —- Berthelot exerça, dans d’autres directions sa lumineuse activité. Il étudia, avec
- Buignet, la formation du sucre de canne dans le tissu des fruits. Il fit des recherches sur la formation des éthers dans les vins et les vinaigres, sur les actions chimiques végétales dues àlalurnière et sur la chimie du sol avec André. Quatre forts volumes, publiés en 1899, résument l’œuvre de Berthelot en chimie végétale et agricole.
- L’œuvre de Marcelin Berthelot n’est pas une succession d’habiletés de laboratoire sans coordination, fragmentaires et isolées, mais un vaste ensemble équilibré sur l’armature du principe : l’unité des forces naturelles et des lois auxquelles elles obéissent.
- Berthelot fut poussé par une disposition naturelle de son esprit à scruter les origines des connaissances humaines et à écrire une contribution à l’histoire de la chimie; elle devait être considérable.
- Les recherches de Marcelin Berthelot portèrent aussi sur un certain nombre de sujets différents, ou tout au moins ne se rattachant qu’indirectement aux quatre ordres principaux d’études que nous venons d’analyser brièvement. Il faut les rappeler ici : liquéfaction des gaz, distillation fractionnée des liquides, ammoniaques composées, alcools polyatomiques, composés à fonctions mixtes, éthérification, méthode universelle d’hydrogénation des substances organiques par l’acide iodhydrique agissant à haute température, action de l’effluve électrique, origine des pétroles. Berthelot étudia d’une façon toute spéciale les fermentations et l’intervention des micro-organismes dans les réactions chimiques. Il établit que la levure de bière intervertit le sucre de canne en vertu d’une action propre. Ses idées générales sur les fermentations présentent les ferments’ organisés comme les producteurs du ferment proprement dit, agissant par des procédés purement physico-chimiques. Il assimila ces phénomènes aux actions de présence et fut conduit ainsi à l’étude des actions catalytiques.
- Les connaissances encyclopédiques de Marcelin Berthelot, sa haute culture générale, son goût pour la généralisation devaient le conduire à écrire sur des sujets très divers comme la philosophie, la politique, l’histoire, l’enseignement, la morale dans leurs rapports avec la science.
- Une belle carrière. — Ses découvertes provoquèrent l’admiration de tous les corps savants : membre des Académies de Médecine (1863), des Sciences (1873), secrétaire perpétuel de cette Académie (1889), membre de l’Académie Française (1901), de l’Académie d’agriculture, en France, il était nommé en même temps
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- membre de tous les grands corps scientifiques de l'étranger.
- Le Gouvernement de la République lui avait décerné sa plus haute distinction en le nommant grand-croix de la Légion d’honneur, en 1896. Dès la création du Conseil Supérieur de l’Instruction Publique, en 1880, Berthelot avait été appelé à faire partie de cette assemblée et de sa section permanente. Enfin Marcelin Berthelot fut sénateur inamovible et deux fois ministre.
- La Maison de la Chimie. — Les organisateurs de la célébration du Centenaire de la naissance du savant génial, que fut Marcelin Berthelot, ontpensé que la meilleure manière d’honorer sa mémoire serait d’édifier une Maison de la Chimie, qui serait appelée à devenir un des plus importants foyers intellectuels du monde.
- Par son caractère de haute utilité internationale, par la coordination qu’elle permettrait de tous les organismes qui ont pour but de contribuer aux- progrès de la Chimie et de ses applications, la Maison de la Chimie traduirait aux yeux de tous, avec une particulière netteté, la puissance irradiante du grand chimiste disparu en 1907.
- La réalisation de cette vaste conception sera réellement évocatrice du labeur ininterrompu qui caractérise la vie de Marcelin Berthelot, labeur qui lui a permis d’accomplir uue œuvre dont l’histoire enregistrera la pérennité.
- Un exemple. — Prodigieuse par sa substance comme par la force rayonnante qui émane d’elle, cette œuvre a orienté l’esprit de ses collaborateurs, de ses élèves, des chimistes qui vécurent à son époque et de leurs successeurs, principalement vers les recherches de synthèse organique, dont les résultats ont en quelque sorte modifié l’aspect du monde.
- Le jour de la célébration du cinquantenaire scientifique
- Fig. 7. — Un des derniers portraits de M. Berthelot.
- de Marcelin Berthelot, le 24 novembre 1901, le célèbre chimiste allemand Emil Fischer s’exprima ainsi, en présentant à notre illustre compatriote, les félicitations de l’Académie des Sciences de Berlin :
- « Dans les sciences expérimentale^, les grands progrès accomplis par l’acquisition de faits nouveaux et le perfectionnement incessant des méthodes d’observation ont eu cette conséquence fâcheuse, mais inévitable de rétrécir de plus en plus le cercle d’études dans lequel un savant se sent véritablement chez lui. C’est ainsi que s’est établie dans la chimie une spécialisation profonde qui aura peut-être pour résultat de séparer cette grande science en une série de branches distinctes. Le seul des chimistes vivants qui ait réussi à triompher de ce pouvoir désagrégeant, résultant de l’accumulation des matériaux, c’est vous.
- « Grâce à votre génie et à votre puissance de travail sans pareille, vous avez pu cultiver et enrichir tous les champs de la science. La chimie minérale et la synthèse organique, la chimie physique et la chimie biologique ont simultanément et également reçu les dons les plus riches et les plus nombreux de la corne d’abondance de vos observations et de la profondeur de votre esprit, et nous devons à votre faculté d’embrasser d’une manière synthétique de grandes parties de la science, toute une série d’œuvres monumentales telles que la thermochimie et la chimie organique qui figurent parmi les écrits classiques de la chimie. » Marcelin Berthelot fut un grand savant, un grand animateur, et un bel exemple de dévouement intellectuel. 11 a pu écrire les lignes qui suivent, sans que personne ait été en droit d’y opposer la moindre réserve :
- « Voilà un demi-siècle que j’ai atteint l’âge d’homme, et j’ai vécu fidèle au rêve idéal de justice et de vérité qui avait ébloui ma jeunesse. Le désir de diriger ma vie vers un but supérieur, fût-il inaccessible, n’a été ni refroidi, ni calmé par les années.
- « J’ai toujours eu la volonté de réaliser ce que je croyais le mieux moral pour moi-même, pour mon pays, pour l’humanité. Jamais je n’ai consenti à regarder la vie comme ayant un but limité, la recherche d’une situation définitive ou d une fortune personnelle aboutissant à un repos ou à une jouissance vulgaire m’étant toujours apparue comme le plus fastidieux objet de l’existence. »
- ALBERT R ANC,
- Délégué pour la France
- du Comité du Centenaire de Marcelin- Berthelot.
- Fig. G. — La médaille de Chaplain, du Cinquantenaire scientiüque de Marcelin Berthelot (1901).
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- ! = LA VIE DANS LES EAUX DOUCES ......; —
- DE LA COLOMBIE SEPTENTRIONALE (AMÉRIQUE DU SUD)
- I. LE MODELÉ DE LA COLOMBIE SEPTENTRIONALE ET LA FORMATION DES CIENAGAS.
- La Colombie septentrionale, qui occupe l’Extrême Nord-Ouest de l’Amérique du Sud, est constituée principalement par un pays de grandes plaines mollement ondulées. Limitée vers l’Est à la Cordillère orientale qui s’avance dans la mer des Antilles, en formant la presqu’île de la Goajira, l’antique « El Dorado » enserre, dans sa partie nord, la terminaison des Cordillères centrale èt occidentale ; ces chaînes s’ennoyent en effet sous les dépressions tertiaires et quaternaires du rio Mag-dalena. Cependant, en bordure immédiate de la mer des Caraïbes se dresse, jusqu’à 5700 m. d’altitude, la Sierra Nevada de Santa Marta, aux cimes couvertes de neiges éternelles et aux pentes constituées par des masses grano-dioritiques, prolongement septentrional de la Cordillère centrale, à laquelle la raccordent une série de cerros, au Nord-Est de Chimichagua et d’El Banco; l’impo-santpâté montagneux qui se dresse ainsi sur la rive atlantique, correspond, comme la ligne de reliefs même de la Cordillère centrale, à une amygdale ancienne, probablement hercynienne, encadrée de deux faisceaux de plis andins, les Cordillères occidentale et orientale.
- Le rio Magdalena coulait autrefois entre la Cordillère centrale et la Sierra Nevada d’une part, la Cordillère orientale d’autre part; des alluvions quaternaires jalonnent encore son ancien thalweg, du Banco à Rio Hacha; aujourd’hui même cet alignement est suivi, vers le Sud, par le cours du rio César et, vers le Nord, par celui du rio Hacha. A la suite d’importants mouvements tectoniques, le grand fleuve de Colombie fut amené à se frayer un nouveau chemin entre la Sierra Nevada et la Cordillère occidentale, en profitant de l’ennoyage de la Cordillère centrale dans la région de Chimichagua. Les oscillations du sol, au Quaternaire, dans la Colombie
- septentrionale, ont comporté, comme dans nos régions, des phases de soulèvements et d’affaissements. Si celles-ci ont eu pour conséquences les plus remarquables des phénomènes de capture, tels que celui marqué par le coude du rio Magdalena au Banco, les récents exhaussements des terres se sont traduits, en Colombie, par l’élévation des récifs jusqu’à des altitudes de 300 m. vers Tubara et Piojo, entre Barranquilla et Carthagène.
- Ces relèvements des contrées littorales de la mer des
- Antilles, d’amplitude notablement plus grande que chez nous, ont eu, à leur tour, une répercussion marquée sur la topographie de l’intérieur du pays. Ils ont entraîné la formation de très nombreux bassins fermés, de cienagas, qui se succèdent depuis lé voisinage immédiat du rivage jusque fort loin dans les terres. Près du bord de la mer ces cuvettes sont occupées par des eaux laguno-marines, cie-naga de Totumo, près de Galera Zamba, cienaga Grande entre Barranquilla et Santa Marta. Dans l’intérieur, au contraire, ce sont des eaux douces ou à peine saumâtres qui remplissent les cienagas de Lur-naco, Guajaro, Palen-que, entre Carthagène et Calamar, ou de San Antonio, Sapayan, Zapatosa, etc., sur la rive droite du rio Magdalena. Le terme ultime de cette série de types hydrographiques correspond aux playones; les Hispano-Américains désignent sous ce nom de grandes étendues à peu près planes, couvertes d’eau pendant une partie de l’année et presque complètement desséchées à la saison chaude; tels sont les playones de Plato, Santa Ana, encore sur la rive droite du rio Magdalena, ou ceux de San Pedro * au Sud de la Sierra Nevada.
- Cienagas et playones ne sont d’ailleurs pas absolument isolés du réseau fluvial qui draine l’ensemble du territoire. Presque toujours des bocas ou des canos les relient, suivant leur position géographique, à la mer ou aü fleuve. Mais dans ces bocas et dans ces canos, le sens du courant varie aux différentes périodes de llannée; pour les
- Légenc/e
- '”.t Frontières f Chemina de Fer Æ crêhea principales
- Carte de la Colombie.
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- cienagas de l’intérieur, par exemple, les eaux vont au rio en saison sèche et viennent du rio en saison humide.
- nagas strictement lacustres, des poissons de mer; certains sont même d’assez grande taille, comme celui désigné localement sous le nom de « Salado ». Mais les plus fréquents peut-être de ces animaux marins des cienagas d’eau douce de la Colombie septentrionale sont des Ra-jidés du genre Trygon, de taille il est vrai plutôt faible en général.
- L’abondance des Rajidés dans les eaux douces sud-américaines n’est d’ailleurs pas un fait particulier à la Colombie septentrionale, bien qu’ils ne soient pas indiqués dans les atlas classiques de zoogéographie ; ces Vertébrés abondent en effet dans le rio Atrato de la région Choco, vers l’Ouest, comme dans les rios Casa-nare et Meta du Haut bassin de l’Orénoque (pays des Llanos). Dans le rio Magdalena supérieur, au pays Toli-ma, les Raies, disent les voyageurs, « abondent malheureusement d’une manière démesurée ». Dans toute la contrée on considère les Trygons comme particulièrement dangereux pour l’homme en raison des blessures très douloureuses que fait leur aiguillon ; les plaies ainsi déterminées seraient particulièrement difficiles à guérir. Cette dernière remarque s’explique à mon avis simplement par
- Fig. 2. — En haut : Le port de Barranca Bermeja sur le rio Magdalena.
- Au milieu à gauche : Pirogue sur le fleuve dans la région de Barranca Bermeja.
- Au milieu à droite : Harponneurs en pirogue dans la région de Barranca Bermeja.
- En bas : Le rio Oponcito dans la région de Barranca Bermeja.
- II. LES POISSONS DES CIENAGAS ET DES RIOS
- Si la vie présente, dans la mer littorale ou dans les fleuves de Colombie, une intensité dont il est absolument impossible d’avoir une idée dans nos pays, c’est certainement dans les cienagas qu’elle atteint son maximum de développement. L’imagination reste confondue, lorsque par exemple le voyageur remonte la partie du rio César, qui sert de déversoir à la cienaga de Zapatosa dans le rio Magdalena, devant les myriades de poissons rencontrés; ceux-ci sautent tout autour des pétrolèttes et des pirogues jusqu’à 1 m. 50 au-dessus de la surface d’eau. Les plus gros d’entre eux sont des Bagres. Aux formes d’eau douce se juxtaposent, communément d’ailleurs jusque dans les cie-
- le fait que les piquants sous-caudaux de ces Sélaciens
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- introduisent, dans les chairs, de la vase du fond des cienagas ou des rios, renfermant une proportion élevée de matières organiques en voie de décomposition.
- Il m’a été donné de me rendre- compte de visu de cette richesse de la faune ichthyologique lacustre du Nord colombien en visitant, au plus fort de la sécheresse, les playones de Plato, réduits alors à une tranche d’eau tout à fait insignifiante. Notre pirogue progressait à la perche, glissant sur la vase, en repoussant à droite et à gauche, les poissons qui formaient une véritable couche dans la boue liquide où nous avancions. Des Bagres, souvent de grande taille et dont beaucoup étaient morts, reposaient le ventre en l’air sur le fond. Les Rajidés, par contre, résistaient assez victorieusement, toutes proportions gardées, à la dessiccation de la masse _____
- liquide, et venaient jusqu’à notre embarcation, tantôt en se déplaçant sur la masse des poissons, tantôt en nageant dans la boue; sans doute ces animaux étaient-ils attirés par le sillon que creusait dans la cienaga notre pirogue, sillon vers lequel convergeaieni les eaux subsistant dans cette partie de la dépression. Pen-
- cours d’eau jusqu’au milieu des Llanos de Colombie, avec d’ailleurs les Dauphins d’eau douce ou Platanistes. Mais il se trouve aussi dans les rios et cienagas du Choco, sans doute seulement dans le bassin atlantique de ce pays (rio Atrato et affluents).
- Lorsqu’une cienaga d’eau douce de la Colombie du Nord commence à se dessécher, en général les poissons qui y fourmillent tentent de gagner le fleuve en empruntant les cafios de communication entre le lac et le rio. Mais bien souvent la sécheresse marche plus rapidement que n’est possible la descente en troupes compactes et en flot continu de la masse ichthyologique de la nappe d’eau intérieure. Alors des quantités énormes d’animaux meurent à la surface des playones, attirant par myriades
- dant que nous circulions dans le playone, les Torlues se réfugiaient sur de petites éminences marneuses. De leur côté les Caïmans et Crocodiles, notamment ceux de petite taille, appelés Babillos ou Crocodiles terrestres, étaient couchés sur l’argile fendillée en réseau polygonal, plus ou moins loin des dernières flaques d’eau, souvent à 1 km et plus de celles-ci.
- Les Lamantins qui ne sont pas très rares dans le Mag-dalena, où ils remontent au moins jusqu’à Plato, pénètrent assez fréquemment dans les cienagas. Ce fait est à rapprocher de la présence depuis longtemps reconnue de Manatus dans le Tchad, où son existence a surpris bien des naturalistes. Dans l’Atlas de Bartholomew, ce Sirénien n’est indiqué en Amérique du Sud que de l’Amazone et de l’Orénoque. En fait, il remonte bien ce dernier
- Fig. 3. — En fiant : Bancs de poissons du rio Mag-dalena. Ils sont si nombreux qu’ils donnent un aspect frisé à la surface de l’eau.
- En bas : Caïman capturé à Plato.
- les Vautours, les Aigrettes et aussi les Cochons des villages voisins. Parfois aussi dans la seconde moitié de la saison sèche, une pluie, en général de courte durée, survient : brusquement la température des faibles surfaces d’eau qui ont persisté. subit, de ce fait, un abaissement de température de quelques degrés; alors se produit aussitôt une hécatombe générale des poissons qui n’ont pas encore pu regagner le rio. Cette catastrophe se propage non seulement dans les cienagas, mais même dans les cafios, où la migration en bancs compacts et sans discontinuité de ces vertébrés paralyse leurs mouvements individuels. Si la sécheresse se montre longtemps persistante, le fond des cafios, à Plato par exemple, est finalement occupé par une masse noirâtre, formée de corps de poissons en voie de décomposition. Quand l’eau revient, presque instantanément s’étale, à la surface liquide, une pellicule d’huile.
- Dans certaines parties des cienagas, la végétation aquatique est très dense, notamment dans des anses et des chenaux plus ou moins étroits : ce sont ces points où semblent frayer de préférence les poissons, car les alevins y sont excessivement nombreux. Ainsi les cienagas
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- joueraient aussi un rôle important dans le repeuplement des eaux douces de la Colombie septentrionale.
- La pêche fait l’objet d’une industrie assez active dans les villages des bords du fleuve et des lacs. En général le poisson est pris dans des filets et séché au soleil, suivant la coutume très répandue chez les Nègres africains. Dans les Cordillères, sur les bords des ruisseaux aux eaux claires, Métis et Indiens pêchent encore à l’arc. L’homme s’apprête à percer le poisson de sa flèche, en
- quand, selon leur habitude, ils reposent, couchés sur la berge, la gueule ouverte, il n’est pas rare de les voir se toucher par groupes de six, huit ou dix. Bien souvent, c’est pour leur échapper que les poissons font au-dessus des nappes d’eau ces bonds de un mètre et plus de hauteur, qui tout d’abord frappent d’étonnement le voyageur.
- Les mœurs des Caïmans diffèrent quelque peu de celles des Crocodiles, telles du moins que je les ai observées pour ces derniers animaux à Madagascar.
- Les Caïmans de la grande espèce ne quittent à peu près jamais le bord immédiat de l’eau et y replongent à la moindre alerte. Au contraire, les Crocodiles à Madagascar se reposent souvent dans les herbes, au haut des rives abruptes des fleuves. Par contre, les « Babillos » de la petite espèce des Crocodi-liens colombiens viennent couramment à terre, où ils ont d’ailleurs une certaine agilité; ils ne s’y déplacent guère en vérité que la nuit.
- Lorsque la sécheresse entraîne la disparition
- Fig. 4. — En haut : Pêche à l’arc dans un torrent de la Cordillère orientale (région du Banco).
- En bas : Pêcheurs de caïmans à l'affût sur le rio Magdalena (région de Plato).
- se tenant immobile, caché par exemple dans les racines d’un grand arbre, dont les parties proéminentes dans l’arroyo, obligent les animaux descendant au fil de l’eau à ralentir leur natation. Le « chasseur » en profite pour viser avec une sûreté de main tout à fait remarquable sa victime impitoyablement condamnée.
- III. LES CROCOD1LIENS
- L’extraordinaire abondance des poissons dans les cienagas, et d’ailleurs aussi dans tous les cours d’eau du nord de la Colombie, suffit à expliquer la fréquence dans ces milieux des Caïmans.
- Ces reptiles sont ici partout très nombreux; mais dans le rio César, entre la cienaga de Zapatosa et le rio Magdalena, ils sont si nombreux qu’à la fin de la journée,
- des nappes d’eau où ils vivaient, ils demeurent au voisinage, à la surface du sol, se cachant généralement dans les parties un peu boisées le jour et chassant la nuit. Au contraire, les vrais grands Caïmans, qui vivent dans des nappes d’eau non permanentes, se terrent dans la vase pendant la saison sèche, de même, d ailleurs, que les Crocodiles des marais de Madagascar; deux petits trous dans la terre demeurent ouverts, par où passe-le courant d’air de leur respiration, au-dessus de leurs fosses nasales, au bout du museau.
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- La pêche au Caïman est pratiquée par quelques spécialistes qui installent, en un point qu’ils savent fréquenté par des individus repérés par eux, des abris en feuillage derrière lesquels ils se masquent. Un canard retenu par une corde sert d’appât pour les reptiles, que les chasseurs harponnent au moment où ils arrivent à portée de leurs armes; les animaux sont ensuite abandonnés au fil de l’eau, tandis que se déroule le fdin auquel est amarré le harpon. Finalement, la bête blessée, perdant son sang en abondance, s’arrête épuisée. Bien souvent, sont ainsi capturés des animaux encore vivants; les mariniers s’empressent alors de leur ligaturer la mâchoire.
- Une grosse difficulté se présente en dernier lieu: charger, sur une étroite pirogue, ces hôtes dangereux qui, d’un coup de queue, même dans un spasme d’agonie, font souvent chavirer la frêle embarcation qui les porte. Il y a tout un art pour venir à bout de cette délicate opération, dans laquelle excellent certains spécialistes de la Colombie du Nord.
- Aujourd’hui, grâce aux prix élevés qu’atteignent, à la faveur de la mode, les peaux de Crocodiliens, il y a dans la chasse aux Caïmans une source de profits fort appréciable pour certains éléments actifs et entreprenants de la population riveraine du rio ou des cienagas.
- Poissons et grands reptiles creusent des cavités dans les falaises en bordure du fleuve ou des lacs, trous dans lesquels ils vivent une partie du temps.
- Les trous de poissons, particulièrement nombreux en certains points, arrivent à donner aux berges du Magdafena, faites de marnes sableuses néogènes et d’al-luvions quaternaires, l’aspect d’un ancien rivage marin percé de trous de lithophages. Quant aux Caïmans, le caractère sédentaire de leur vie est clairement démontré par les témoignages de constante utilisation de leurs refuges entaillés dans les parois riveraines du thalweg des rios.
- IV. — LES OISEAUX
- Les Oiseaux sont aussi extrêmement nombreux dans les cienagas. La faune avicole y présente certaines différences aArec celle des cours d’eau. Ainsi les Aigrettes blanches vivent surtout sur les rivages des lacs, tandis que les Aigrettes grises se trouvent principalement le long des berges du fleuve.
- L’abondance des Oiseaux, dans la cienaga de Zapa-tosa par exemple, est prodigieuse : Aigrettes, Canards d’espèces variées, etc., y forment des bandes immenses, dont les individus se touchent sur des kilomètres, notamment aux basses eaux, le long des rides de sable formant haut-fond.
- V. LES CONDITIONS D'ADAPTATION DES ANIMAUX MARINS AU MILIEU DES EAUX DOUCES DE LA COLOMBIE SEPTENTRIONALE
- Fm somme, la faune à peuplement si dense des eaux douces de la Colombie septentrionale est surtout remarquable par l’abondance d’éléments marins, tels que des Rajidés [Trygon) qui pullulent jusqu’à un millier de kilomètres des côtes. Ces poissons témoignent ainsi de la parfaite facilité avec laquelle des êtres océaniques peuvent s’adapter aux eaux douces, particulièrement dans les contrées tropicales à tendance marquée vers l’isolement géographique, comme les cienagas.
- Deux théories ont cours sur les conditions du peuplement dulçaquicole aux dépens du milieu marin. L’une explique l’acquisition, par les animaux océaniques, d’une vie plus ou moins confinée dans les lacs, grâce à la transformation progressive sur place de bassins fermés se substituant à des mers continentales au cours de périodes géologiques successives, le stade éthologique intermédiaire correspondant aux lagunes. L’autre thèse fait entrer principalement en ligne de compte la remontée des fleuves par les habitants des mers, avec, comme aire sladiaire transitoire, la région des estuaires. Le cas particulier des Trygon de Colombie nous fait voir, dans la nature actuelle, des poissons empruntant cette seconde voie pour s’installer dans les nappes d’eau continentale. .
- Il faut noter qu’un aussi important changement s’est complètement effectué pour ces animaux sans qu’il en résulte aucune modification fondamentale de leur morphologie.
- Ce sont là des observations fort importantes pour les naturalistes qui s’efforcent de reconstituer les divers processus de l’adaptation biologique.
- L. JoLEAUD,
- Professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris.
- LE BLÉ IL Y A 55 SIECLES
- La Nature publiera prochainement les premiers résultats des fouilles actuellement poursuivies à Ivish, en Mésopotamie, qui viennent de révéler des merveilles de l’art sumérien.
- Au cours de celles-ci, M. le pi’ofesseur Langdon, de l’Université d’Oxford, a trouvé au fond d’un vase qu’il date de 3600 ans avant Jésus-Christ, des grains de blé qu’il a confiés à M. John Percival de l’Université de Reading et ce dernier vient de communiquer à Nature, de Londres, ses premières observations qui ne manquent pas d’intérêt.
- Il est certes difficile d’identifier des races de blé d’après les grains seuls, surtout quand ceux-ci sont desséchés depuis
- plus de 54 siècles. Cependant la tâche n’est pas impossible pour des spécialistes entraînés et le professeur de botanique de Reading en est un.
- Après avoir bien examiné les grains et les avoir comparés aux espèces actuelles, il conclut que le blé sumérien d’il y a 54 siècles appartenait à l’espèce Triticum turgidum, inconnue des anciens Egyptiens et dont les variétés modernes sont considérées comme étant parmi les races les plus développées de cette plante.
- Ils posent donc de nombreux problèmes nouveaux sur les origines et l’évolution du blé cultivé.
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- ÉPURATION DU GAZ DE HAUTS FOURNEAUX
- PAR FILTRATION A SEC
- Les hauts fourneaux, dont la fonction essentielle est la production de fontes de toute' nature, fournissent en outre de très grosses quantités d’un gaz combustible dont
- 1000 calories. Le principal emploi de ce gaz est le réchauffage du « vent » soufflé dans le haut fourneau. Les empilages de briques des appareils Cowper sont
- Gaz de dépoussiérage
- Gaz de chauffage
- Gaz
- épuré
- Fig. 1. — Une installation d'épuration à sec du gaz de hauts fourneaux. (Coupe longitudinale du bâtiment.)
- A, gaz brut; A', gaz épuré; B, refroidisseur du gaz; C, réchauffeur; D, batteries de filtres; E, ventilateur principal provoquant la circulation du gaz; F, départ de gazépuré ; G, ventilateur du gaz de dépoussiérage ; H, vis de convoyage longitudinal; I, vis de convoyage transversal; K, caisse à poussière; L, ventilateur aspirant de l’air ou les gaz brûlés d’appareils Cowpers pour les faire circuler dans le réchauffeur; M, moteur actionnant le mécanisme de dépoussiérage et les vis longitudinales et transversales.
- l’utilisation rationnelle est de plus en plus poussée dans les usines sidérurgiques.
- Si l’on admet une production de 4 000 m3 de gaz par tonne de coke, un fourneau qui, par vingt-quatre heures, coule 200 t. de fonte avec une consommation de 1200 kgs de coke par tonne de fonte, fournira, par heure, environ 40 000 m3 de gaz, d’un pouvoir calorifique de 900 à
- portés à une haute température par la combustion du gaz. Ils emmagasinent des calories qu’ils cèdent ensuite à l’air froid arrivant de la soufflerie. Mais les Cowpers n’utilisent qu’environ 30 °/o du §’az total. Le surplus alimente des moteurs à explosion, ou brûle sous des chaudières et dans des fours divers.
- A la sortiè du haut fourneau, ce gaz est chargé de
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- ses poussières. C’est un fait connu que les particules solides ont une action retardatrice très nette sur la vitesse de combustion d’un mélange gazeux explosif. Un gaz chargé de particules en suspension (telles que de sel dépotasse) ne s’enflamme pas ou brûle irrégulièrement et incomplètement.
- De plus, les poussières encrassent les appareils d’utilisation, et si, dans les Cowpers, on peut à la rigueur admettre des teneurs de 0 gr. 50 par m5, il est nécessaire, pour les moteurs, d’avoir un maximum de 0 gr. 020 (allumages prématurés, usure des cylindres, encrassement des culasses et soupapes).
- Enfin, le plus souvent, ces poussières offrent par elles-mêmes un intérêt qui pousse les usines sidérurgiques à les récupérer : les plus grosses sont chargées en fer; elles sont briquetées et repassées au haut fourneau.
- Les poussières plus fines renferment une proportion appréciable de potasse qu’il est intéressant d’extraire.
- Elles constituent également un isolant remarquable.
- Fig. 2. — Coupe transversale du bâtiment de l'épuration à sec. Dès la sortie du fourneau,
- Les lettrés ont la même signification que sur la fig. 1. les poussières les plus lourdes
- Gaz de dépoussiéraç ?
- v ga^epifre
- gaz épuré \
- poussières et d’humidité. La teneur en vapeur d’eau est variable suivant la nature de la charge et son degré d’humiclité. Elle est en moyenne de 70 gr. par m3.
- La quantité de poussières entraînées dépend d’un grand nombre de facteurs : allure du fourneau, vitesse du vent soufflé, nature des minerais plus ou moins menus, etc. Elle est ordinairement comprise entre 3 et 15 gr. par m3. Cependant, au cours do fabrications spéciales, elle peut atteindre 30 gr. et davantage.
- L'INTÉRÊT DU DÉPOUSSIÉRAGE
- En supposant une teneur moyenne de 10 gr. par m3 de gaz, on voit que, pour le haut fourneau de 200 t. dont il a été question, la quantité de poussière débitée par jour sera d’environ 10 t. ; en se déposant, elles obstrueraient rapidement les conduites si on ne prenait le soin de les évacuer.
- D’autre part, l’emploi du gaz dans les différents fours, Cowpers, chaudières, Martin (en mélange ou non avec du gaz de fours à coke), et dans les gros moteurs, exige un gaz débarrassé, en majeure partie pour le moins, de
- Fig. 3. — Épuration à sec (système Halberg Beth). Partie inférieure des chambres.
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- commencent à se déposer dans un réseau d’épuration préliminaire, que possèdent toutes les installations. Il est indiqué de pousser cette épuration le plus loin possible, car c’est la plus simple et la moins coûteuse. Elle permet d’extraire environ 35 pour 100 des poussières contenues dans le gaz.
- L'ÉPURATION PAR VOIE HUMIDE
- L’épuration proprement dite s’effectue ensuite soit par voie humide, soit par voie sèche.
- Quelques appareils d’utilisation pouvant se contenter de teneurs de 0 gr. 5 dé poussiérés par m3 de gaz, il a semblé à certaines usines inutile de faire passer tout le
- Fig. 5. — Schéma d’une épuraion électrique (coupe transversale).
- sortant des hauts fourneaux dans une installation qui serait d’autant plus coûteuse ; aussi ont-elles adopté deux degrés d’épuration : épuration dite primaire pour ces appareils raisonnables; épuration secondaire poussée à 0 gr. 005-0 gr. 020 pour les autres.
- Dans ce cas, les systèmes d’épuration par voie humide conviennent parfaitement.
- Mais si on veut bien considérer que, dans le prix de revient d’une tonne de fonte, entrent, outre les frais d’amortissement des installations, les consommations de calories et les dépenses d’entretien des divers appareils servant à la fabrication (moteurs, Cowpers, chaudières, etc.) on se rendra rapidement compte qu’il est avantageux d’épurer complètement et sans distinction d’utilisation, tout le gaz sortant des fourneaux.
- Fig. 4. — Epuration à sec (système Halberg Beth).
- Partie supérieure des chambres. Prise de gaz épuré et mécanisme de secouage.
- L’emploi, dans les Cowpers, de gaz épuré au second degré évite les dépôts des poussières et les scorifications qui en sont la conséquence. La durée des appareils se trouve augmentée et la température du vent est plus élevée. On peut alors modifier leur construction, pour obtenir un rendement thermique notablement supérieur : réduire la section des carneaux d’empilages et en multiplier le nombre. À Neunkirchen, où l’épuration est complète, on a obtenu d’excellents résultats en substituant aux briques hexagonales des briques plus petites octogonales. On a ainsi doublé la surface de chauffe des Cowpers, en n’augmentant que de 20 pour 100 le tonnage de briques.
- Enfin, les procédés modernes de chauffage, dont le P. S. S. (Pfoser, Stracke, Stumm), sont particulièrement applicables dans ce dernier cas. Des avantages analogues recommandent l’emploi, sous les chaudières, de gaz bien épuré : les arrêts pour nettoyages sont d’autant moins fréquents, et les transmissions de chaleur sont favorisées.'
- Les systèmes d’épuration du gaz par voie humide ont tous pour principe d’alourdir avec de l’eau les particules de poussières pour les projeter ensuite.
- Dans l’appareil Zschocke, suite de vastes cylindres laveurs remplis de claies en planches, l’eau arrive à la
- Fig. 6. — Circulation des gaz dans Vépuration électrique.
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- Fig. 7. — Épuration à sec.
- Le haut d’une chambre à filtres ouverte.
- partie supérieure. Elle ruisselle sur ces planches espacées de champ et parallèles, orientées d’une rangée à l’autre suivant des directions rectangulaires. Le gaz circule en sens inverse. Il faut compter, pour des hauts fourneaux de 200 t., sur des appareils de 5 à 6 m. de diamètre et 18 à 20 m. de hauteur.
- L’appareil Theisen procède par centrifugation. Le gaz circule en spirale entre un tambour cylindrique en tôle mobile autour d’un axe horizontal et un carter légèrement conique. La rotation rapide du tambour pulvérise l’eau qui y est injectée et crée une couche liquide continue contre le carter; la force centiùfuge sépare les poussières et le brouillard. Les poussières sont entraînées par la nappe liquide. La consommation d’énergie est de l’ordre de 10 à 12 ch par 1000 m3 et par heure pour du gaz à 0 gr. 04 de poussières par m3.
- Le « désintégrateur » Schwarz-Bayer présente le grand avantage que l’eau injectée y est très finement pulvérisée, grâce à la rotation rapide en sens inverse de deux groupes de deux couronnes de broches en acier au nickel. Le gaz traverse cet appareil en se dirigeant vers l’axe alors que l’eau est projetée en sens contraire. La consommation d’énergie est plus faible que dans les deux autres procédés : deux épurateurs « Schwarz-Bayer » en série amènent la teneur en poussières d’abord à Ogr. 10, puis à 0 gr. 010-020, en absorbant 7 ch par 1000 m3 de gaz et par heure.
- Les inconvénients de ces différents systèmes sont, d’une part, la consommation d’énergie notable, d’autre part, la grande quantité d’eau requise, que la situation des usines est souvent incapable d’assurer. En outre, l’épuration humide fournit un gaz saturé d’eau à la température à laquelle il quitte l’épuration, d’où frais d’entretien beaucoup plus élevés pour les moteurs.
- Enfin les sels de potasse ne peuvent être récupérés parce que trop dilués.
- L'ÉPURATION ÉLECTROSTATIQUE
- L’épuration électrostatique, dont le principe, posé en 1882, par Lodge, est ancien, mais dont les applications aux gaz des hauts fourneaux sont toutes récentes et ne permettent guère d’émettre encore une appréciation certaine, repose sur le phénomène d’attraction des corps légers par les corps électrisés. Si, dans l’axe d’un cylindre conducteur creux mis à la terre on tend un fil isolé relié à une source électrique à potentiel élevé, et si on fait circuler dans ce cylindre des gaz animés d’une certaine vitesse, les poussières, dont ces gaz sont chargés, sont précipitées sur les parois du cylindre.
- Ce système semble se montrer assez coûteux. Il présente l’avantage de conserver au gaz sa chaleur sensible. Il est certainement très séduisant et s’il réalise les espérances qu’on en attend, il sera d’un emploi répandu (fig. 5).
- L’épuration électrique, telle qu’elle a été déjà réalisée industriellement, rappelle beaucoup comme disposition générale l’épuration Halberg Beth : un groupe comprend deux cellules, qui sont parcourues en série par le gaz à épurer. Chaque cellule-filtre est composée d’un certain nombre de plaques de tôle verticales, parallèles à la direction de circulation des gaz, qui servent d’électrodes. Entre deux de ces plaques, est suspendue une tige verticale munie de pointes de décharge. Ces tiges et ces plaques sont reliées aux deux bornes d’un transformateur à 40000 volts (un transformateur par cellule). En plan, les plaques d’une rangée se présentent, comme l’indique la figure 6 dans l’axe de l’intervalle des plaques précédentes. Les poussières se déposent sur les plaques. Un mécanisme intermittent de secouage les fait tomber dans les trémies et de là dans des wagonnets, le gaz étant alors coupé sur le groupe de cellules.
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- Fig. 9. — Épuration à sec. Réchauffeur primaire pour gaz brut.
- L'ÉPURATION PAR FILTRATION A SEC
- Le système d’épuration par filtration à sec a fait ses preuves dans des installations multiples. Les frais d’installation sont assez élevés, mais son encombrement réduit. Moyennant quelques précautions, son entretien est facile, sa conduite simple et sa marche économique. Il donne un gaz propre et sec convenant aussi bien pour le moteur que pour les divers appareils de chauffage. Nous allons décrire ce procédé et en étudier le fonctionnement.
- Jépuration préliminaire. — Du gueulard du haut fourneau, le gaz, brut et chaud, est amené par des conduites à diamètre variable jusqu’à la partie inférieure de tours ou bouteilles à poussières, vastes récipients cylindriques en tôle, terminés à leur base par une partie tron-conique. Le dépôt des poussières est provoqué par la diminution de vitesse accompagnée d’un changement de direction à 180 degrés .Le fond de ces bouteilles est aussi
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- parfois constitué par une cuvette remplie d’eau formant joint hydraulique, qui permet l’évacuation continue des boues, sans pertes de gaz ni rentrées d’air. Le gaz en ressort par la partie supérieure et parcourt de larges conduites ovales ou -inclinées à 45° (angle de chute des poussières 35 à 40°). Les dépôts ont lieu dans les points bas facilement accessibles.
- On peut multiplier les changements de direction et de section, utiliser d’autres dispositifs dégrossisseurs tels que les « escargots » ou les « cyclones ». Une précaution indispensable à prendre est de ménager des portes et clapets assez nombreux, car ces conduites s’encrassent vite; elles se tapissent d’une croûte adhérente légèrement humidifiée par la condensation d’une partie de la vapeur d’eau entraînée et riche en potasse. Les clapets sont en outre nécessaires pour prévenir les effets des explosions possibles, ainsi qu’en vue de la purge des conduites.
- Épuration primaire. — L’épuration préliminaire terminée, le gaz subit une épuration primaire, en même temps qu’il est refroidi, dans une série de bouteilles verticales de grande dimension où il se détend. Le gaz suit dans ces bouteilles un parcours sinueux, à une vitesse de 6 à 8 m. par seconde. Le fond de ces tours s’ouvre dans un bassin rempli d’eau formant joint hydraulique.
- De là, le gaz arrive, après avoir traversé une boîte à clapets d’isolement, dans le bâtiment de l’épuration. 11 passe dans un réchaufïeur-refroidisseur constitué par une caisse en tôle dans laquelle sont plongés des tuyaux qui peuvent être parcourus, soit par des gaz brûlés venant des Cowpers, si le gaz doit être réchauffé avant d’arriver sous les filtres, soit par de l’air frais pris à l’extérieur, si le gaz n’est pas encore suffisamment refroidi à la sortie des bouteilles. La condition essentielle à observer est en effet que le gaz arrive sous les filtres à une température comprise entre 65° et 110°.
- Un ventilateur spécial aspire l’air ou les gaz brûlés. Des thermomètres enregistreurs à contacts donnant la température sous les filtres, assurent, au moyen de relais qui ouvrent ou ferment le courant normal sur des moteurs électriques, l’ouverture ou la fermeture des di vers papillons.
- La filtration à sec. — Le gaz amené à la température voulue est aspiré à l’intérieur de bonnets de coton, légèrement coniques sur la moitié de leur hauteur, de 3 m. de hauteur utile et 200 mm de diamètre (fig. 7).
- Ces bonnets sont partagés en un certain nombre d’éléments au moyen d’anneaux métalliques cousus au tissu et dont l’office est de s’opposer au recroquevillement.
- On avait d’abord songé tout naturellement à employer des tissus capables de résister à une température élevée, tels que laine de laitier ou amiante. Mais on reconnut vite que la laine de laitier était fragile et que le tissu en amiante n’était pas assez serré. Les tissus de laine se détériorant rapidement, on a eu recours aux bonnets en coton, qui donnent toute satisfaction, si ce n’est qu’ils imposent des limites de températures assez étroites.
- Ils peuvent à la rigueur résister jusqu’à 130°, s’ils sont plongés dans une atmosphère humide. Mais si on les chauffe dans un gaz sec ils se déshydratent et tombent en poussière dès 70°.
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- Désirant une filtration rapide, il faut une température assez élevée, car les vitesses de diffusion croissent en proportion de la température absolue. Le gaz de hauts fourneaux étant toujours humide, on a pu adopter sans crainte 80° à 90° comme température optima à l’entrée des filtres. Au-dessous de 60u on se rapproche trop du point de rosée du gaz (55°env.) et les filtres se colmatent rapidement par le dépôt de poussières humides ; au-dessus de 110°, on risque de les brûler. Le tissu de ces bonnets est parfaitement lisse à l’intérieur, pour permettre un décollement facile des poussières, et bourru à l’extérieur, pour retenir les dernières particules de poussières qui auraient passé à travers les mailles très fines.
- Les bonnets sont assujettis par leur base inférieure à une plaque de tôle, percée d’orifices ayant le même diamètre, formant le fond d’un compartiment également en tôle. A leur partie supérieure, les filtres sé trouvant dans un même compartiment, sont fixés à des tringles reliées à un mécanisme de secouage. Dans chaque compartiment il y a un nombre variable de filtres, douze ou plus.
- Ils constituent une section de filtrage. Une « batterie » comprend dix à vingt sections. La durée normale des filtres, qui est de six mois à un an, peut, si onprend soin des températures, atteindre jusqu’à quinze mois (fig. 1 et 2).
- Les gaz ainsi épurés entrent dans les ventilateurs pour être refoulés dans la conduite collectrice d’utilisation.
- La dépression à la traversée des filtres ne doit pas dépasser 150 mm d’eau, sans quoi le tissu serait inutilement fatigué. La pression normale du gaz brut avant les refroi-disseurs est de 150 à 200 mm d’eau ; avant le réchauffeur, elle est encore ;de 140 à 160 mm, sous les filtres, elle n’atteint plus que 20 à 50 mm. La dépression à la sortie est d’environ 50 mm. Le ventilateur refoule le gaz sous 150 mm d’eau.
- Une vanne ou un papillon avec lequel on étrangle la conduite de refoulement du ventilateur permet de régler la pression avant filtres. II faut en effet éviter les surpressions brusques sous les bonnets, qui nuisent à leur conservation et surtout les dépressions qui sont dangereuses. On peut également dans ce but faire varier la vitesse du ventilateur. Mais il est préférable d’employer un réglage automatique tel que celui-ci : un papillon placé sur la conduite de gaz épuré est commandé par un moteur qui est actionné lui-même par un flotteur situé sur la conduite de gaz initial. Le papillon est plus ou moins ouvert suivant la position du flotteur.
- Les gaz sortent des chambres trop chauds pour être employés directement dans les moteurs. Ceux qui sont destinés à cet usage passent dans un laveur à claies suivi d’un séparateur d’eau qui ramènent leur température aux environs de 30°.
- Les sacs filtrants sont nettoyés toutes les huit minutes par secouage, en même temps qu’une certaine quantité de gaz épuré les traverse en sens contraire de la marche habituelle des gaz. Les poussières décollées tombent dansla partie inférieure de la caisse, d’où des convoyeurs à vis d’Archimède les entraînent dans des silos spéciaux.
- Le secouage était obtenu autrefois en tendant les sacs 5 ou 7 fois de suite. On a récemment adopté la méthode inverse qui consiste à détendre .brusquement les
- filtres. On a augmenté ainsi notablement leur durée.
- Le gaz qui sert au dépoussiérage est pris dans la conduite de gaz épuré et refoulé par un ventilateur spécial à une pression supérieure d’au moins 70 mm à celle du gaz brut. Pour éviter toute condensation dans les chambres, ce gaz passe dans un réchauffeur aux gaz brûlés des Cowpers.
- Le dispositif, mécanique ou pneumatique, qui sert pour le secouage, est utilisé également pour actionner un papillon qui, au moment où une section va abattre», coupe la communication sur la conduite de gaz épuré et ouvre celle du gaz de dépoussiérage. Ce dernier, étant à une pression supérieure à celle du gaz brut sous les filtres, agit sans qu’il soit nécessaire d’isoler davantage la section. La proportion de gaz destiné au dépoussiérage peut être estimée à 10 °/0 environ du gaz total.
- Certaines usines, n’ayant pas de ventilateur spécial pour ce gaz, sont obligées de refouler la totalité du gaz épuré à une pression complètement inutile pour son envoi aux Cowpers, chaudières ou moteurs; d’où une dépense qui dépasse vite les frais d’installation du ventilateur.
- Lorsque, dans une section, un ou plusieurs sacs sont détériorés, il faut ouvrir la section pour les changer. On le reconnaît soit à l’aide d’une flamme de contrôle, soit par l’examen d’un regard vitré qui se recouvre, dans ce cas, des poussières entraînées. A 5 mg de poussières au ms, le gaz brûle avec une flamme claire et d’un bléu pur. A 15 ou 20 mg, apparaît une teinte rouge qui est une indication très distincte.
- On isole alors la section en fermant toutes communications et, pour éviter plus sûrement que les ouvriers soient exposés aux fuites de gaz, on fait aspirer le ventilateur du réchauffeur sur cette section. 11 y a donc dépression et toute crainte de refoulement est écartée.
- Comme, dans la plupart des usines, la poussière provenant des filtres est pyrophorique, on pourrait redouter des explosions à la remise en service d’une chambre momentanément arrêtée. Il suffit pour les éviter, lorsqu’on met une caisse à filtres hors circuit, de faire fonctionner l’extracteur à vis un certain temps encore, l’incandescence ne commençant qu’à 4 ou 5 cm de profondeur.
- Le réglage de la température des. gaz. — La température des gaz au gueulard est très variable. Dans les petits hauts fourneaux, tout arrêt momentané dans le chargement, pendant que se poursuit régulièrement la descente des charges, donne lieu à la production d’un gaz de plus en plus chaud. Cette influence se fait d’autant moins sentir que la hauteur et la capacité du fourneau croissent davantage. Suivant la nature des minerais et leur humidité, la température varie également dans des limites importantes. Dans la région des minettes, elle est de l’ordre de 50° à 250°. Dans la Ruhr, les températures au gueulard sont en général plus élevées, 350° à 400°. Enfin, tel fourneau qui, pour la fabrication d’une fonte d’affinage ordinaire, donne un gaz "de 50° à 200°, pour une fonte de moulage donnera 100° à 300°, pour un spiegel jusqu’à 400°, et il n’est pas rare d’atteindre 500° pour un ferro-manganèse ou un ferro-silicium.
- Dans tous les cas, on doit maintenir le gaz constamment au-dessus de son point de rosée, sinon son réchauf-
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- fage consomme une bien plus grande quantité de chaleur, et les gaz brûlés ne suffisent pas toujours à l’assurer. L’idéal du système d’épuration « à sec » est évidemment de n’introduire dans le gaz aucune parcelle d’eau. Il est réalisé par certaines usines qui utilisent des réfrigérants où le refroidissement est effectué soit par circulation naturelle d’air à l’intérieur de tubes les traversant verticalement, soit par l’injection d’eau en pluie dans les tubes, soit enfin, encore mieux, en y soufflant de l’air froid. Pour augmenter l’effet de refroidissement, on détend le gaz à une faible pression dans ces réfrigérants. Des essais rapportés par M. Fowles ont montré que le gaz circulant dans une conduite de 1 m. 20 de diamètre à une vitesse de 1 m. 50 à la seconde au centre et sous une
- cipe de l’épuration sèche; la vapeur d’eau saturée, chargée de poussières, se dépose sur les parois et y forme des croûtes épaisses qui réduisent la section et peuvent même l’obstruer au bout d’un temps relativement court.
- Dans d’autres installations, on ne refroidit que jusqu’à 90° environ. Le peu d’eau entraînée mécaniquement se vaporise et se surchauffe dans le réchauffeur sans élévation sensible de température nuisible pour les filtres. Comme on se trouve ainsi à 35° au-dessus du point de iosée,on a une vaporisation complète en vapeur sèche et on évite les incrustations. Si quelques légers dépôts se forment aux points d’injection, un martelage suffit de temps à autre à les détacher.
- Fig. 10. — Un bâtiment d’épuration à sec traitant 180 000 m5 de gaz à l’heure. On aperçoit le mur du pignon du bâtiment des filtres.
- pression de 50 à 75 mm d’eau présentait des différences de température de l’ordre de 100° entre le centre et la périphérie. Des vannes à papillon placées à l’entrée des réfrigérants permettent de régler la pression dans ceux-ci. D’autres usines prévoient une injection d’eau dans les réfrigérants mêmes, au moyen de très bons pulvérisateurs donnant un brouillard; l’eau injectée ne doit pas frapper les parois, sans quoi ce sont autant de points où se formeront des incrustations de poussières humides.
- Dans certaines installations on pousse le refroidissement jusqu’à 60°. Cet excès de réfrigération donne lieu à de sérieux inconvénients, car la condensation commence bien au-dessus du point de rosée. Une partie de l’eau s’écoule au bas des refroidisseurs, ce qui détruit le prin-
- Cette dernière méthode, qui permet de traiter des gaz plus chauds, est beaucoup plus employée. Somme toute, si les frais de premier établissement d’une telle installation sont assez élevés, l’épuration obtenue est très poussée, pour une consommation d’énergie faible et les besoins en eau sont des plus réduits. . ,.i
- En 1922, M. Schlipkoter, comparant les prix de revient de l’épuration des gaz dans une usine allemande dont la production journalière était de 1250 t. de fonte, trouvait 329000 marks par an pour l’épuration humide et 149 200 pour la sèche, soit une économie de 189000 marks, permettant un amortissement supérieur à 10 °|0.
- Ce système est donc intéressant à divers points de vue et prendra une notable extension. J. O.
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- LA GÉOGRAPHIE HUMAINE
- Fig A. —Une Bretonne de Vile de Batz allant au goémon, par Mathurin Méheut.
- Depuis près d’un demi-siècle que l’Allemand Frédéric Ratzel, avec l’originalité mais aussi les généralisations un peu outrancièresd’un naturaliste devenu géographe (à l’instar de Humboldt), créait l’anthropogéo-graphie en condensant des idées et des théories depuis longtemps diffuses dans l’atmosphère scientifique ; les nouvelles conceptions, qui ne tardèrent pas à pénétrer en France, ont fait leur chemin chez nous comme à l’étranger.
- De la géographie humaine, rebaptisée d’un nom moins barbare, Vidal de la Blache, qui a formé presque toute la brillante pléiade de nos géographes actuels, fut l’initiateur, comme il fut le rénovateur de la géographie physique : il est fâcheux qu’il n’ait point publié de son vivant les Principes de géographie humaine qui auraient évidemment gagné, comme les Noms de lieu de Lon-gnon, à ne pas être posthumes. Mais, à défaut d’une œuvre complète et achevée par le maître défunt, la génération qui l’a suivi nous a donné de nouveaux théoriciens, des critiques, surtout de nombreux auteurs de monographies. A l’esprit analyste et hypercritique de
- Fig. 2.—• Une “ hortillone" au xme siècle.' Sculpture sur bois de la cathédrale d’Amiens, par Roger Broders.
- M. Lucien Fèbvre créateur de M. Jean Brunhes (3), dont nous avons exposé naguère les conceptions générales (n°du24oct. 1925).
- Mais, les théories, les doctrines ne suffisent pas : il faut les confronter avecla réalité. Jusqu’ici ce travail délicat n’avait été effectué que dans des études d’ordre régional, souvent remarquables, et embrassant à la fois, pour la plupart, la géographie physique et hu-
- 1. Paris (A. Colin), 1922; mis au point par M. de Martonne.
- 2. La Terre et l'Évolution humaine, Paris, 1922 (La Renaissance dit livre, collection ;
- '« L’Évolution de l’humanité », t. iy.)
- 3. La Géographie humaine, 3e éd., 3 vol., Paris, 1925 (Alcan),
- s’oppose l’esprit synthétique et
- Fig. 3.
- Écoles romanes d’architecture.
- Rayonnement de l’école normande; influences rhénanes et lombarde.
- maine.Le premier, M. Jean Brunhes a eu la hardiesse de s’attaquer à un sujet de vaste envergure, le plus séduisant qui pût tenter un géographe français : la Géographie humaine de la France, dont le second et dernier volume vient de paraître ('), précédant de peu l’élection de son auteur à l’Institut.
- C’est un magnifique ouvrage, dont la présentation artistique augmente l’attrait et l’intérêt.
- On peut juger ainsi comment ont évolué et comment s’adaptent aux faits les principes d’une science qui
- a déjà acquis droit de cité dans les programmes scolaires.
- La géographie humaine embrasse un ensemble de faits particulièrement complexes, mais d’une délimitation très nette : les rapports entre la terre et l’activité humaine, les réactions du milieu naturel sur l’homme et de l’homme sur le milieu. Dès le début se sont opposées deux conceptions antagonistes : la doctrine allemande déterministe, assujettissant l’homme au milieu physique d’où elle prétend déduire rigoureusement les lois de l’activité humaine, et la doctrine française, qui entend montrer comment les possibilités d’adaptation diffèrent suivant les groupes
- sociaux, qui met en valeur la force de réaction de l’homme, et réduit à sa juste mesure une dépendance qui n’est pas un esclavage,
- M. Brunhes situe d’abord le facteur humain dans son cadre. C’est une remarquable esquisse du Visage de la France, qui sera plus poussée dans les chapitres suivants, détaillant l’architecture du sol : visage dontles eaux-fortes et les
- 1. Paris, collection « Histoire de la nation française », publiée parla Société de l’Histoire nationale, 2 vol. (Plon), avec la collaboration de MM. Paul Girardin et Pierre Defïontaines. Les gravures reproduites ici sont extraites de èet ouvrage.
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- gravures de divers artistes, les aquarelles d’Auguste Lepère, évoquant les paysages caractéristiques, fixeront les aspects passagers, tandis que cartes, schémas et graphiques synthétisent les réalités profondes. Pays de transition, confluent des migrations et des races, lieu de heurts géologiques avant les heurts humains, en proie à toutes les batailles jusqu’à celle des trois climats, une unité indestructible s’est dégagée, depuis des millénaires, de la complexité de la configuration et du peuplement.
- L’analyse, région par région, du cadre naturel de la France, rappelle le célèbre tableau de la France de Michelet, mais elle est plus complète, plus précise. Depuis un siècle, la géologie a fait mieux connaître au géographe la structure du sol, son irrigation, ses possibilités de culture, tandis que le facteur humain n’est plus une entité vague, mais est étudié dans son adaptation au sol comme à travers son évolution historique. Le point de vue dynamique de la géographie humaine s’affirme ainsi à chaque pas.
- Le langage tient désormais une place importante dans les préoccupations des géogra-phes. Ceux-ci ignoraient naguère les linguistes, qui ne les connaissaient pas mieux. Ayjour-d’hui on collabore. Les noms de lieux, ces « fossiles de la géographie humaine » ,suivantl’heu-reuse formule de M. Brunhes, intéressent les uns et les autres, car ils sont des témoins — dont la répartition est profondément instructive — des races et des langues disparues. La formation de l’unité linguistique va de pair avec celle de l’unité nationale : le géographe ne peut la négliger et il doit connaître le groupement et l’état actuel des dialectes, apprécier la force d’expansion,interne et externe, du français, et surtout situer les phénomènes actuels dans l’évolution générale — car la géographie ne veut plus se cristalliser dans un présent momentané, qu’explique seul le passé en faisant prévoir l’avenir.
- Voici posés maintenant les principes de la géographie régionale. Au lieu de s’attarder dans des discussions théoriques et oiseuses sur les régions naturelles, l'auteur s’attache aux réalités tangibles, explique la formation des provinces etdes pays, les transformations etles vicissitudes des divisions administratives, jusqu’à celle qui s’est superposée aux autres, le département, dont l’adaptation aux traditions est beaucoup plus grande qu’on ne le croit.
- L’étude des types régionaux de maisons est un des chapitres les plus attrayants et les plus neufs. Le sujet
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- est presque vierge. Nous avons montré ici (') quel parti on peut tirer de la répartition des anciens types d’habitation rurale pour reconstituer les migrations, colonisations et les influences des civilisations anciennes. M. Brunhes a publié, le premier, une carte des toits, qui nous a été fort utile.
- De même, rien n’est instructif comme l’étude des semis fondamentaux de peuplement, qui s’adaptent aux conditions du sol et notamment à la plus ou moins grande fréquence des points d’eau, mais qui varient aussi suivant les races et les traditions sociales : telle la dispersion des hameaux bretons autour d’un bourg central ou l’émiettement des maisons entourées de clos dans les villages cauchois.
- Après la géographie générale et la géographie régionale, voici la géographie politique, conçue dans un esprit entièrement nouveau. Suivant un plan très personnel, l’auteur nous conduit de la capitale à la frontière, en étudiant, chemin faisant, les villes et leurs annexes, puis les
- organes et les moyens de circulation.
- Une monographie de Paris en 50 pages : c’est un vrai tour de force, si l’on songe que tout l’essentiel est là,formation historique, peuplement et développement démographique , consommation (à laquelle est rattachée l’adduction des eaux), ports et gares, circulation et moyens de transport, le tout illustré de graphiques saisissants, — et complété par un tableau, brossé à larges touches, de la physionomie sociale, artistique et pittoresque de Paris.
- Viennent ensuite les métropoles régionales, groupées par deux ou plusieurs, afin de faire ressortir leurs similitudes et leurs oppositions, leur rivalité, leur émulation, l’originalité de chacune. Point de fatalité géographique dans leur situation : elles sont bien plus souvent marginales, voire excentriques, que centrales, et surtout elles ne se sont développées que grâce à de longs et tenaces efforts.
- L’analyse des sites et types de villes est particulièrement originale. La plupart des agglomérations importantes se sont formées sur les voies de communication, à des points de rencontre ou de croisement : en bordure de mer (les villes-ports), au passage d’un fleuve (les villes-ponts : Pontoise, Amboise, Beaucaire-Tarascon, etc.). Les possibilités de défense ont joué aussi un grand rôle : il y a des villes-forteresses typiques, comme celles qui
- 1. La Nature, 26 janvier 1924.
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- Toulouse
- Fig. 4. — Ecoles romanes. Fig. 5. — Ecoles romanes.
- Rayonnement de l’école auvergnate. Rayonnement de l’école provençale.
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- Fig. 6. — Le trafic annuel de marchandises en petite vitesse sur trois réseaux français.
- sont juchées sur des oppida naturels, que la butte soit isolée (Laon, Sancerre, Cassel) ou forme une presqu’île terrienne (Angoulême, Langres) ou maritime (Granville, Monaco). Les deux points de vue peuvent être combinés, la ville commerçante ou ville-pont étant installée dans une île facile à défendre (agglomération primitive de Paris, Melun, Saint-Denis) ou sur un méandre, surtout lorsqu’il forme un cap en relief (Besançon, Mézières). Les divers types ont été renouvelés au cours des âges, témoins les bastides méridionales en damier des xne-xnr siècles, les villes-citadelles de Vauban, les ports modernes, les stations balnéaires, etc. Croissance et déclin des villes, formation des faubourgs, physionomie actuelle, classification par familles régionales, autant de points de vue intéressants.
- Eglises, châteaux, remparts et ponts sont envisagés tour à tour, en annexe des villes et comme facteurs du paysage français. Ici la géographie rejoint l’art et lui applique sa méthode. Les cartes des écoles romanes, dont deux sont reproduites ici (fig. 3,4 et 5), présentent, sous une forme toute nouvelle et suggestive, le rayonnement de chaque école autour d’un ou deux foyers centraux.
- . Si négligée par l’ancienne géographie, la circulation reprend la place à laquelle elle a droit, une fois de plus, c’est l’histoire qui explique la géographie par la comparaison des types de routes et des réseaux de circulation qui se sont succédé et superposés, appelant et conditionnant de nouveaux moyens de transport et de commu-
- nication, des voies romaines aux chemins de fer, à l’avion et à la T. S. F. Parmi les graphiques les plus neufs, signalons celui qui symbolise le raccourcissement des distances au départ de Paris par l’accélération des moyens de transport et la proportion du trafic en petite vitesse sur les diverses voies ferrées, réseau par réseau (nous reproduisons les cartes du P.-L.-M. et de l’Est) (fig. 6).
- La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à la géographie du travail (géographie économique et sociale) qui relie l’activité de l’homme aux conditions, naturelles du sol, du sous-sol, de la végétation spontanée.
- Toute une série de travaux et d’occupations dépendent de la forêt, qui a fort reculé depuis la préhistoire, et qui, en dehors du bois de construction, de chauffage qu’elle fournit, fait éclore d’innombrables petits métiers donnant lieu à une illustration pittoresque.
- Les plus antiques genres de vie, chasse et cueillette, dont les antécédents sont rappelés à grands traits jouent encore leur rôle; la chasse même, réservée jadis aux seigneurs, prend de plus en plus d’extension. En regard, voici les divers sites et types de pêche, d'une extraordinaire variété, et qui nous valent de savoureux croquis, comme celui de la Bretonne allant au goémon (fig. 1).
- Les travaux agricoles constituent un des chapitres les plus attrayants. L’auteur a fait appel, en artiste, à l’iconographie des cathédrales pour évoquer les formes primitives du labeur au moyen âge (fig. 2). Il étudie l’adaptation des cultures au sol, il analyse le rythme des travaux agricoles suivant les saisons et, reliant le folk-lore à la géographie, complète le tableau de la vie rurale par une brève esquisse des fêtes, des jeux, des coutumes et des costumes. Après les cultures et l’élevage, voici les industries textiles, les carrières et les mines, enfin la géographie de l’énergie : énergie minérale, houille, pétrole, houille blanche, — et énergie humaine, qui termine le volume par un chapitre de démographie examinant les problèmes inquiétants que nous avons hérités de la guerre.
- Cet aperçu ne donnera qu’une idée incomplète de l’incroyable richesse de documentation réunie en des pages d’une lecture toujours agréable, souvent passionnante. La géographie humaine s’avère comme une « somme » qui concentre tout un ensemble de connaissances humaines, leur fait prendre contact entre elles et leur infuse une nouvelle sève parla méthode cartographique.
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- LE LABOURAGE ÉLECTRIQUE
- Le développement des réseaux de distribution électrique dans les campagnes progresse de jour en jour. Les machines productrices de courant disposent, au cours de la journée, d’un supplément de puissance qui, jusqu’à présent, est presque inutilisé; aussi l’emploi des moteurs électriques pour actionner les appareils de culture mécanique est-il à l’ordre du jour.
- Cette question n’est pas nouvelle, elle a fait l’objet d’études et d’expériences très sérieuses depuis bientôt 15 ans. On peut dire qu’à l’heure actuelle, les résultats acquis prouvent que l’emploi de l’électricité pour le labourage a de très grands avantages, aussi bien pour les usines productrices de courant, que pour les agriculteurs utilisant au cours de la journée une force électrique disponible à bon compte.
- Le labourage électrique n’est pas autre chose qu’une application de la méthode par treuil. Le cas le plus simple est celui du treuil unique : un moteur électrique entraîne deux tambours tournant en sens inverse, sur lesquels est enroulé le câble tracteur. Celui-ci passe sur des poulies de renvoi, dont deux sont fixes et deux autres mobiles sur chariot. Entre les chariots se trouve la charrue que l’on peut alors déplacer au fur et à mesure de l’avancement du labour.
- Le treuil unique ne s’applique qu’à des parcelles de terrain relativement petites.
- Il est beaucoup plus intéressant d’appliquer le système à double treuil, la charrue étant manœuvrée en navette. On a alors un matériel puissant, susceptible d’un très grand rendement et par suite plus économique, bien que le prix d’achat soit plus élevé.
- L’appareillage comporte une roulotte qui contient le transformateur, deux voitures-treuils et une charrue-balance. Les machines que nous allons décrire ont été conçues et mises au point par M. Hubert, qui s’est-spécialisé depuis de longues années dans le labourage électrique et les diverses applications de l’électricité à l’agriculture.
- Les treuils comportent un bâti monté sur un essieu arrière, sans différentiel et sur un essieu avant oscillant autour d’une cheville horizontale, de sorte que le bâti peut prendre toutes les inclinaisons. A l’avant se trouve un moteur thermique, puis un moteur électrique. Tous les d'eux attaquent l’arbre transverse par l’intermédiaire d’une boîte de vitesse. L’arbre actionné par pignon coulissant et
- Fig. 2. — Plan d’un chantier de labourage électrique avec treuil simple pour exploitation moyenne.
- Cable souple isolé sous tresse acier
- Champ 16 Ha
- Cabine de transformation
- pOOmètres.
- 600 mètres
- Charriot
- d'ancrage
- Ancrage
- Poulie fixe
- Cable d'acier
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- Touret d'enroulage du câble souple
- r \
- 'Boite de connexions____^
- §11 ! Roulotte, Cantine, Transformat:
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- Sll jSZ Lie ne volante h. 5o0ü K?/£s
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- = 358 : ==
- harnais d’engrenages communique la rotation aùx roues arrière et propulse le châssis. A l’autre extrémité, l’arbre commande par pignons cônes un arbre Vertical ; celui-ci, au moyen d’un embrayage, actionne la roue dentée calée sur le tambour où s’enroule le câble tracteur. Chaque treuil peut enrouler ainsi 650 mètres de câble d’acier.
- Le moteur thermique a une puissance de 50 chevaux; le moteur électrique une puissance continue de 100 chevaux, pouvant momentanément aller jusqu’à 225. Les boîtes de vitesse sont prévues de façon que le moteur électrique et le moteur thermique donnent chacun deux vitesses, aussi bien pour la translation du matériel que pour la traction de la charrue. Fig. 3.
- Le châssis comporte un frein sur chaque roue arrière.
- Un touret portant 1000 mètres de câble électrique est disposé à la partie arrière du châssis. A l’intérieur du touret, le câble est raccordé sur une boîte à frotteurs. La commande se fait par chaîne et manivelle, de sorte que le câble électrique à trois conducteurs, gainé d’acier, dont la longueur peut atteindre 1000 mètres, relie le treuil au transformateur monté dans la roulotte.
- Cette dernière voiture est une petite sous-station ; le transformateur étant prévu pour la tension et la fréquence de la ligne aérienne et le secondaire fournissant du courant à 1500 ou 5000 volts.
- Parfois cette cabine est adjointe à une cantine pour loger le personnel.
- — Chantier de labourage électrique employant une ligne volante à partir de la roulotte à transformateur.
- Les appareils de travail proprement dits sont : soit une charrue qui comporte deux séries de 4 socs effectuant une largeur de labour de plus de 1 m. 40; soit une charrue à deux groupes de 6 socs, qui laboure sur 2 m. 10; soit un cultivateur tournant à 24 dents pour déchaumage sur une largeur de 4 m. 60.
- Le maniement de ce matériel est simple. Pour l’amener à l’endroit du travail, on accroche à l’un des treuils la roulotte-transformateur et le cultivateur ; l'autre treuil traîne les deux charrues.
- Le convoi utilise alors les moteurs à essence et il est ainsi automoteur.
- Arrivée près du lieu d’opérations, la roulotte-transfor-
- Fig. 4. — Vue d’ensemble d’un treuil en action “ tire à droite
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- mateur est amenée près du réseau aérien haute tension qui longe la routé. Les deux treuils se placent de part et d’autre du terrain.
- Le câble électrique est branché et l’on accroche une des charrues au câble tracteur.
- L’un des treuils tire la charrue à une vitesse de 1 mètre par seconde.
- Arrivé à l'extrémité du sillon, à côté du treuil, on fait basculer la charrue, le conducteur prend l’autre vêlant de direction et la charrue décrit un parcours en sens inverse, tirée par le second treuil.
- Pour faire avancer les deux machines, afin d’allaqucr à chaque sillon une nouvelle suri ace de labourage, on enclenche le levier de propulsion.
- On effectue ainsi un travail journalier qui peutf%ller jusqu’à 8 hectares de labour et 20 hectares de déchaumage
- La consommation varie de 30 à 110 kilowatts-
- ........ ....... ........... = 359 =
- L’importance du travail journalier fourni par deux puissants treuils a l’avantage de remédier rapidement à un arrêt de travaux agricoles occasionné par des gelées ou des pluies prolongées.
- Il est évident qu’un matériel important comme celui dont nous venons de parler coûte plus cher qu’un matériel moyen, mais si l’on considère le prix rapporté à l’hectare annuel de labour, on s’aperçoit que le capital nécessaire à engager, pour l’achat de treuils électriques, est moins important lorsqu’on a la possibilité d’utiliser les treuils lourds.
- Ainsi conçus, ils sont employés par des collectivités agricoles : syndicats, coopératives, groupements d’agriculteurs ou par des sociétés, même par des secteurs électriques qui assurent l’entreprise de travaux agricoles, comme cela se fait déjà pour le battage.
- Les groupements, qui ont acheté un matériel, confient l’exploitation des treuils de labourage généralement à un
- Fie. 5.
- — Basculement et départ de
- charrue vers le treuil “ lire à droite”.
- heure par hectare, suivant la profondeur de labourage; le moins profond se fait à 15 centimètres; on peut le pratiquer à 25 centimètres de profondeur, à 30 centimètres même, en le complétant par un fouillage de 15 centimètres, ce qui exige une consommation, dans ce dernier cas, de 90 à 110 kilowatts-heure.
- Comme on le voit, c’est donc un matériel très puissant, qui à l’heure actuelle se généralise en France; matériel lourd qui, par suite, a une stabilité immédiate dès qu’il est en position de travail et cela quel que soit l’effort du câble qui tire la charrue. !
- L’ancrage est supprimé ; on n’a donc aucune gêne de travail, aucune déperdition de puissance, aucune détérioration à craindre d’un matériel d’ancrage toujours délicat à établir. Enfin la question du transport sur place du matériel nécessaire est résolue d’une façon élégante, puisqu’on n’a pas besoin de faire appel au concours d’animaux de trait ou d’un tracteur supplémentaire.
- entrepreneur, lequel travaille à forfait, de sorte que chacun y trouve son intérêt. .
- C’est cette formule d’exploitation qui a été mise en vigueur par la Société générale agricole à la Société coopérative de Labourage électrique Sud-Versailles.
- Le matériel est confié à un entrepreneur non spécialiste, non technicien en électricité; il à labouré de 500 à 600 hectares par an sur une moyenne de sept campagnes ; il atteindra 700 hectares cette année. Le chantier marche avec quatre hommes et la production par jour, eh gros labour d’une profondeur d’ameublissement de 45 à 50 centimètres, a atteint jusqu’à six hectares. Les deux machinistes sont d’ailleurs des anciens boüviers dé la région, qui conduisaient une charrue attelée de boeufs quelques mois auparavant.
- Il n’est donc pas étonnant qu’un exemple de ce genre ait fait école et que plusieurs chantiers, et notamment dans les régions agricoles qui avoisinent Paris, soient
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- actuellement équipés avec des treuils électriques à grande puissance.
- Au point de vue des résultats qu’ils peuvent donner, par rapport à la production, la puissance élevée d’un treuil permet de labourer très profond et de compléter par un fouillage, de sorte que le sous-sol est aéré et drainé.
- On a pu constater, avec du matériel employé ainsi depuis plus de 8 ans, que les rendements en récolte avaient été améliorés de 20 °/0, ce qui correspond à une augmentation à l’hectare évaluée de. 500 à 1000 francs.
- Comme les prix de labourage sont en outre inférieurs à ces chiffres, on voit donc l’intérêt de ce matériel pour l’agriculteur.
- Le secteur électrique voit de son côté la consommation de courant augmenter de. jour en jour, en dehors des heures.Ae pointe, ce qui contribue à rendre viabfq la production-d’électricité dans une région Agricole et justifie parfois l’établissement d’une ligne nouvelle, susceptible de desservir quelque agglomération éloignée. ' , Fior 6
- D’ailleurs des sociétés importantes de distribution ou ..de production d’électricité : le Nord-Lumière, ^’Ouest-Lumière et le Sud-Lumière ont montré que la question les intéressait, puisqu’elles
- Fig. 1. — La roulotte transformateur.
- — Vue arrière du treuil. (Le collecteur du touret est démonté.)
- ont doté de matériel de labourage électrique puissant les régions agricoles desservies par leur secteur.
- Le labourage électrique et le développement des secteurs électriques agricoles sont évidemment deux questions liées intimement; aussi l’usage du matériel de labourage employant le moteur électrique a fortement progressé dès la mise au point des grands réseaux.
- Le premier type de treuil allait être mis en service en juillet 1914, quand la guerre survint et tout fut détruit.
- [L’année suivante, on acheva la mise au point d’un deuxième type qui fut mis en marche en pleine guerre, dans le Multien. Lors des avances ennemies, le matériel fut évacué sur route par ses propres moyens.
- Il revint dans la région parisienne, et, à l’heure actuelle, il est en service depuis 11 ans. Il travaille à plein rendement et les agriculteurs qui l’emploient ont commandé deux autres équipements du même genre, ce Jqui prouve surabondamment l’intérêt du labourage électrique et la mise au point du système.
- Les treuils en service à la Société Coopérative Sud-Versailles, que nous avons déjà nommée, ont labouré et déchaumé actuellement plus de 4000 hectares.
- Il y a quelques années les dirigeants d’une centaine de sociétés agricoles firent une visite collective à cette exploitation.
- Plus récemment, lors de la dernière manifestation internationale de motoculture à Bue, les mêmes treuils fonctionnèrent d’une façon parfaite pour le labourage à grande profondeur, sur terrain sec et dur.
- C’est probablement la première fois qu’on a pu assister à la démonstration publique* dans une exposition d’engins de motoculture ayant sept années de marche intensive et manœuvrés par d’anciens bouviers.
- E.-H. Weiss.
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- D'OU VIENNENT LES ROMANICHELS?
- Ethnographes et philologues ont noirci des tonnes de papier à l’intention de cette race essentiellement nomade connue sous une kyrielle de noms. Le français, fidèle à sa réputation de langue logique, a choisi celui des romanichels, dérivation de rom, terme que ces chevaliers errants s’appliquent à eux-mêmes dans leur langue. En Angleterre, ce sont des gypsies (corruption d’Egyptiens), désignation que nous employons en France pour l’appliquer à leur sainte patronne, Marie l’Egyptienne, compagne de Marie-Magdeleine, qu’elle suivit en Provence.
- Bohémiens, gitanos, zingari, tziganes, peuvent être cités parmi les autres noms qu’on leur accorde en Europe, et nous devons renoncer à l’énumération de ceux qu’on leur donne en Asie et sur le littoral africain de la Méditerranée.
- On soupçonnait depuis longtemps que les Romanichels étaient originaires des Indes, et, parmi tant d’autres autorités, nous citerons ce qu’en dit M. J. Deniker, dans une ï’écente édition de Les Races et les Peuples de la Terre :
- « A côté des Juifs, il faut placer un autre peuple, également dispersé sur toute la terre et originaire d’Asie, probablement de l’Inde, à en juger par les affinités de la langue, qui est à la base des nombreux jargons tziganes, avec les idiomes hindous... ».
- Mais nous trouvons d’intéressantes précisions sur le sujet dans Nature, notre confrère londonien, où paraît l’analyse d’un ouvrage sur « Le Dialecte des Gypsies du Pays de Galles» parle Dr John Sampson, qui a déjà consacré de nombreux ouvrages à cette race mystérieuse, et qui en étudie patiemment les dialectes depuis trente-deux ans.
- Il existe dans cette montagneuse principauté un clan de Romanichels qui paraît avoir conservé la langue ancestrale dans un état de pureté que l’on ne retrouve pas ailleurs, chez les nombreuses tribus dont le langage a subi, au cours des siècles, l’influence des populations ambiantes. Dans son volume de 650 pages, M. Sampson a dressé un vocabulaire de la langue de ce clan en s’efforçant de retracer l’histoire de chaque terme.
- Le romani, d’après les conclusions de l’auteur, fait partie du groupe des dialectes indo-aryens qui se parlent encore dans l’Inde, tels que le kachmiri, le pandjabi, le gudjarati, le marathi, le bengali. Tous ces dialectes descendent d’une langue fort ancienne dont le sanscrit est la forme littéraire.
- L’étude approfondie du romani montre que les Roma-
- nichels commencèrent leur vie errante bien des siècles avant notre ère. Ils se fixèrent ensuite dans le massif de l’Hindou-Kouch (frontière occidentale de l’Inde), où leur langue fit des emprunts aux dialectes locaux.
- Vers l’an 400 de notre ère, les invasions des Huns les remirent en mouvement. A partir de cette date, le Dr Sampson reconstitue leur exode méthodiquement. S’acheminant vers l’ouest, ils séjournèrent longtemps en Perse, où l’on constate leur présence en l’an 900, puis en Syrie, d’où les chassèrent les invasions des Turcs Ottomans.
- Plusieurs bandes, remontant vers le nord, passèrent en Transcaucasie; d’autres émigrèrent en Egypte; d’autres encore se fixèrent en Arménie, où survivent de nos
- jours quelques clans. Mais, de nouveau, les invasions turques les remirent en mouvement, et d’importants contingents s’établirent dans la région des Balkans avant la fin du xie siècle. Et c’est à partir de cette époque, nous apprend l'auteur, que nous obtenons des observations rigoureusement historiques sur cette étrange race.
- Mais, une fois de plus, les conquêtes des Turcs en territoire européen l’empêchèrent de prolonger son séjour dans l’ancien Empire Grec. Emportant, incorporés dans leurs dialectes, de nombreux mots de la langue hellénique, les Romanichels s’éloignèrent de Constantinople avantsachute, et, peu de temps après, leurs bandes étaient déjà répandues dans la plupart des contrées européennes.
- L’auteur fait remarquer que ces incorrigibles nomades étaient partout mal accueillis, qu’on les persécutait, qu’on tentait de disperser ou de détruire leurs bandes, et qu’ils avaient conséquemment un intérêt vital à conserver leur vieille langue indienne, inintelligible pour leurs ennemis, et qui était comme un signe de ralliement entre leurs petites bandes éparses.
- Avouons que cette explication ne nous satisfait pas, et que la question de la langue des Romanichels reste aussi mystérieuse que celle de leur origine. Pour être plus exact, nous dirons qu’il est bien certain qu’ils viennent de l’Asie (comme nous en venons tous, d’ailleurs) et que leur langue est plus étroitement apparentée que les nôtres avec les dialectes hindous actuels dérivés du sanscrit. Mais les arguments du Dr Sampson, malgré sa profonde érudition sur ce chapitre des Gypsies, nous apparaissent bien fragiles, lorsqu’il invoque les
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- invasions des Huns aux Indes vers la fin du me siècle de notre ère comme le début des migrations de cette race. On ne voit pas très bien pourquoi, parmi tant d’autres peuplades hindoues, elle aurait été la seule à se mettre en marche vers l’Occident.
- On ne devrait pas perdre de vue que les Romanichels, en quelque pays qu’ils habitent, exercent surtout les métiers de forgeron et de chaudronnier, ce qui semblerait indiquer qu’ils se spécialisèrent de bonne heure dans le travail des métaux. D’autre part, leur nomadisme irréductible n’a pas pu débuter brusquement, et nous serions tenté de croire qu’ils l’ont « dans le sang », selon l’expression populaire, que cette tendance est devenue chez eux atavique, qualité qu’elle n’aurait pu revêtir qu’en se transmettant parle canal d’innombrables générations.
- Ces réflexions nous porteraient à croire que les lointains ancêtres des Romanichels jouèrent un rôle actif dans l’évolution de l’Age du Rronze, qui débuta probablement, quarante siècles avant notre ère, dans l’Elam et la Chal-dée, qui apparut presque aussitôt en Egypte, et, successivement dans l’intérieur des Indes, en Perse, en Asie Mineure, en Grèce, pour atteindre enfin l’Europe Occidentale vers l’an 2000 av. J.-C.
- Fig. 2. — Romanichels en France.
- Le hasard d’une dé leurs constantes migrations livra à' ces éternels nomades le secret de la fabrication du bronze, et ils se firent les colporteurs des nouvelles armes et des nouveaux outils ou ornements. Dans plusieurs sépultures néolithiques de l’Europe
- Fig. 3. — Bohémiennes de différents pays au pèlerinage des Sainies-Maries-de-la-Mer en Frovence.
- centrale, on a trouvé des haches de bronze figurant parmi des objets de pierre polie, et ce fait semble bien indiquer que les haches ne provenaient pas d’une industrie locale, mais bien d’une industrie lointaine dont les produits étaient colportés par des marchands ambulants.
- L’hypothèse que nous relatons là trouve des points d’appui dans les métiers qu'exercent toutes , les bandes de Romanichels répandues dans le monde : la chaudronnerie, les gros travaux de forge et le commerce des chevaux.
- A propos de ce commerce, nous pouvons rappeler que le cheval était déjà domestiqué en Asie bien avant la fin de l’Age néolithique, et que ces bandes de nomades durent s’en servir comme bête de somme pour le transport de leurs produits et marchandises.
- De nos jours encore, les tribus de Romanichels (les Nàts, les Bédiyas) demeurées aux Indes vivent autant du commerce des chevaux que de la vente des objets de cuivre et .de bronze ; sans se mêler aux populations hindoues, elles errent de village en village, où l’on fait appel à leur habileté de chaudronniers et de forgerons pour réparer les charrettes , les pressoirs et autres instruments domestiques.
- L’humeur voyageuse de la race est étonnante.
- Il y a une vingtaine d’années, alors que je
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- séjournais à Port-au-Prince, capitale de la République d’Haïti, je fus surpris d’y voir arriver une tribu de Romanichels comprenant plus de deux cents personnes, accompagnée d’autant de chevaux.
- Cette caravane venait de la capitale voisine , Santo-Doming’o, et c’est dire qu’elle avait traversé toute Pîle en franchissant un vaste territoire à peine peuplé.
- Je ne sais comment la tribu avait réussi à franchir l’océan; mais il faut bien admettre que la compagnie de navigation ne lui avait pas fait cadeau du passage,
- ' . ..-..... -----..— — 363 =
- et j’imagine qu’elle fut expulsée de Cuba et qu’elle atterrit finalement au Mexique saus avoir beaucoup écorné son capital !
- Tous les Romanichels d'Europe sont catholiques, mais ils restent cependant fidèles à des pratiques inspirées certainement par une religion ancestrale.
- Quand le « roi » des Gypsies mourut il y a quelques années aux environs de Londres, ses obsèques furent célébrées en grande pompe dans une église catholique.
- Puis, l’office terminé, le cercueil fut transporté dans
- Fig. k. — Funérailles du “ roi” des gypsies d’Angleterre.
- ce qui laisse supposer que la communauté disposait d’un certain capital.
- Expulsée de Santo-Domingo, elle s’était mise en route en transportant ses bagages à dos d’homme. Mais, fidèle aux habitudes de la race, elle volait en chemin les chevaux à demi sauvages dans les savanes domini -caines, et les revendait aux Haïtiens avant de quitter Port-au-Prince, d’où les autorités expulsaient ces indésirables en les « repassant » à leurs voisins de l’ouest, aux Cubains.
- C’était probablement tout ce que désirait la tribu,
- une forêt voisine où prit place une nouvelle cérémonie, marquée de chants bizarres et de danses.
- Nous avons déjà rappelé que tous les Romanichels d’Europe vénèrent Sainte-Marie-l’Egyptienne, dont les reliques font partie du trésor de l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer, la petite ville de Camargue. A l’époque du pèlerinage annuel, des milliers de Bohémiens se donnent rendez-vous autour du sanctuaire, et l’on y voit fraterniser des représentants de tous les clans, venus parfois de pays aussi éloignés que l’Egypte et les Balkans. V. Forbix.
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- 3é* = LA REMISE A NEUF DES PNEUMATIQUES
- Le recaoutchoutage des pneumatiques s’impose de plu? en plus vu leur cherté. Boucher un trou de clou, ressouder les lèvres d’une plaie d’un bandage ou mettre des morceaux de toile aux endroits usés sont choses assez faciles; mais il n’en va plus de même si l’on veut remettre à neuf les pneumatiques. Il faut alors les revulcaniser, autrement dit chauffer un mélange de caoutchouc et de soufre afin d’obtenir une matière plastique qui, soudée aux parties saines du bandage, lui donnera une nouvelle vie.
- Cette « vulcanisation chirurgicale », doit s’effectuer à une température déterminée et pendant un temps suffisamment long. Chauffé trop peu, le caoutchouc reste flasque et n’offre pas grande résistance à l’usure ; soumis, au contraire, à une chaleur trop forte et trop prolongée, il devient cassant. Les divers types de recaoutchouteurs, inventés pour mener à bien les opérations « pneumatico-répa-ratrices » emploient tous la vapeur d’eau comme source de chaleur. Grâce à la souplesse de cet agent calorifique, on peut maintenir la même température sur les régions « à rajeunir ». Du reste, les appareils à vulcaniser sont, somme toute, des presses, munies de surfaces chauffantes affectant des formes variées et appropriées à leur destination : simples plaques horizontales maintenues par des vis de serrage, pour réparer les chambres à air, mâchoires pour les enveloppes, autoclaves à vapeur ou à air chaud pour les pneumatiques complets dont le rechapage ou la plus grande partie du croissant sont à refaire.
- L'Intégral « Fit » (fig. 1) permet d’effectuer le recaoutchoutage des pneus en une seule cuisson. Il comprend une demi-cage-chambre de vapeur fixe, une demi-cage-chambre de vapeur mobile, un pied support, un système de serrage mécanique dit « parapluie Fit », une double tuyauterie (d’admission et de retour avec vannes et raccords), un cercle mobile de frette et un sac de moulage (fig. 2). La Société « Fit » construit chacun de ses « Unitaire » pour le recaoutchoutage d’une seule dimension de pneumatiques.
- Ceci posé, voyons comment on se sert de l’intégral « Fit ». Le réparateur examine d’abord soigneusement ’ intérieur de la carcasse, qu’il élimine si ses tissus-câbles présentent des soufflures à la palpation, puis il se livre au déchapage (fig. 2) ; autrement dit, il enlève avec un cou-
- teau très robuste et très affilé les restes de la vieille bande de roulement abîmée et même la sous-cape jusqu’au tissu câblé quand elle est trop usagée. Il passe ensuite successivement l’enveloppe ainsi déchapée sur une râpe et sur une brosse métallique actionnées toules deux par un même touret mû électriquement (fig. 3). Cela fait, l’ouvrier étend au pinceau, sur les parties avivées, une dissolution de gomme et benzine destinée non seulement à faciliter l’adhérence du caoutchouc, mais à reconstituer la bande de roulement. Un bon recaoutchoutage doit, en effet, comporter une couche de gomme de liaison, une sous-
- chape et une chape de plastique. Celte dernière se découpe, d’ordinaire, soit dans une feuille de caoutchouc manufacturée au préalable dans une usine, soit dans des croissants profilés établis également en fabrique aux diverses dimensions requises.
- Une fois le pneumatique à recaoutchouter revêtu de la sorte (fig. 4), on le passe sous le compresseur de plastique (fig. 6). Comme organes essentiels, cette machine comprend un galet mobile, au-dessus duquel peut se déplacer, grâce à un système de serrage très puissant, un rouleau à gorge actionné par une manivelle. Dansl’espacelaissé libre entre les deux rouleaux, dont les surfaces courbes ont été parfaitement étudiées, s’insère le pneumatique.
- Le volant de serrage permet de réaliser, la pression voulue, quels que soient les dimensions de ce dernier, le nombre des feuilles de plastique et l’épaisseur des profilés. En outre, la pression s’exerce également sur toute la largeur de la bande de roulement, le rouleau supérieur se déplaçant parallèlement au galet inférieur sur lequel se pose le pneumatique. Quelques tours de manivelle suffisent à chasser complètement l’air interposé entre les diverses couches de gommes et évitent la formation des boursouflures au cours de la cuisson. Au sortir de cette compression, l’ouvrier dispose à l’intérieur du pneumatique un sac de moulage, puis un autre de ses compagnons ouvre alors Y Intégral Fit (fig. 5) passe-partout; y place un jeu de coquilles d’aluminium correspondant aux dimensions du pneumatique à recaoutchouter et préalablement chauffées. Puis, après avoir mis l’appareil sous pression, il y introduit le pneu cerclé de sa frette et muni à l’intérieur de son sac de moulage.
- Fig. 1. — L’appareil Intégral Fit pour la remise à neuf des pneumatiques.
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- Il ferme la machine, rabat et serre les écrous. Puis il manœuvre l’extenseur au moyen d’un volant.
- Le système de serrage adopté dit « parapluie Fit »
- 365
- Fig. 2 à 4.
- A gauche : Déckapage au couteau de la vieille bande de roulement abîmée.
- En haut :
- L’enveloppe déchapée est passée sur une râpe
- et sur une brosse métallique. A droite :
- Application de la bande de caoutchouc neuf sur les endroits à réparer.
- Le bandage est méconnaissable. Le « bain de Jouvence » de la vulcanisation lui a redonné les qualités de la jeunesse. Après une quinzaine de jours de repos dans un endroit
- exerce sur la bande de roulement une pression mécanique continue indispensable à la combinaison intime des nouvelles couches de gomme et du câblé ancien. En outre, ce dispositif provoque le centrage automatique très précieux en l’occurrence. On sait que des pneumatiques de même fabrication et de même dimension s’usent différemment et qu’au bout d’ùn certain temps, leurs carcasses ne possèdent plus le même diamètre par suite d’excès ou de défaut de gonflage, de conduite de la voiture à grande vitesse, etc.
- D’autre part, les réparations déterminent elles-mêmes des surépaisseurs. Il faut donc quand l’ouvrier place un pneumatique à revulcaniser dans le moule, que le centre théorique de l’appareil soit mobile pour pouvoir s’ajuster à toutes ces irrégularités. Le constructeur a résolu le problème en adoptant le système de serrage « Parapluie » dont tout l’ensemble se déplace dans l’axe de la cage. Le caoutchoutier a donc fermé l’intégral et manœuvré le volant de l’extenseur afin d’exercer sur la bande de roulement une pression convenablement répartie. À ce moment, le manomètre de la chaudière indique 3 kg 500 environ et la vapeur atteint 150° environ; Au bout de 40 à 45 minutes la cuisson est achevée. Il suffit alors de ramener l’extenseur au point mort, d’ouvrir la cage mobile pour en extraire l’enveloppe qu’on retire finalement de sa frette.
- Le pneumatique garni passe sous le compresseur de plastique, qui augmente l’adhérence de la bande de
- caoutchouc.
- Fig. 5. — Le pneumatique va être placé dans l’appareil de remise à neuf. On met en place les coquilles d’aluminium correspondant aux dimensions du pneumatique.
- frais, il va pouvoir fournir une nouvelle et longue carrière.
- Jacques Boye'k.
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- UN APPAREILS QUI “ DÉCUSCUTE ” LE TRÈFLE
- Fig- 1. — Principe du trieur à décuscuter le trèfle.
- On connaît les fructueux efforts faits depuis une vingtaine d’années par les exportateurs français de graines de plantes fourragères, principalement de trèfle et de luzerne, pour s’assurer, grâce à la qualité de leurs produits, une place prépondérante sur le marché mondial des semences.
- Les semences françaises sont en effet universellement réputées pour leur pureté et un grand nombre de pays en importent des quantités considérables. Cela tient à ce que nos trèfles et nos luzernes expédiés au delà des mers sont exempts d’un dangereux parasite qui exerce ses ravages dans toute la zone tempérée méridionale et contre lequel tous les pays civilisés ont pris de si sévères mesures de défense qu’ils ont édicté des lois prohibant rigoureusement l’entrée des semences contenant des graines du parasite (').
- Cet hôte indésirable est la Cusrute.
- *
- * *
- Les cuscutes sont des plantes parasitaires, appartenant à la famille des Convolvulacées qui vivent principalement sur les plantes fourragères dans les tiges desquelles elles implantent des suçoirs qui leur permettent de se nourrir à leurs dépens.
- Une seule graine de cuscute donne naissance à une plante qui formera bientôt, si rien ne vient entravér son
- (1) Il est interdit, notamment aux Etats-Unis, d'importer des trèfles ou des luzernes contenant plus de 50 graines de cuscute par kilogramme de semences et cela établit assez l’importance considérable attachée à leur pureté, si l’on songe qu’un kilo de luzerne contient en moyenne plus de cinq cent mille graines, tandis que la même quantité de trèfle n’en contient pas moins de sept cent mille.
- développement, une « tache » pouvant atteindre jusqu’à deux mètres de diamètre, dans laquelle les plantes utiles sont recouvertes d’un lacis inextricable de tiges à suçoirs qui amènent rapidement leur mort.
- La dissémination des cuscutes se fait souvent lorsqu’un animal arrache en passant une tige de la plante et que celle-ci, accrochée à son pelage, vient à tomber dans une culture jusqu’alors indemne. Dans la majeure partie des cas, cependant, la dissémination des cuscutes se trouve provoquée par l’emploi de graines impures.
- Le problème de la séparation des semences de cuscute mélangées aux semences de trèfle ou de luzerne s’est donc tout naturellement posé et l’on a fait de très nombreux efforts pour le résoudre. Mais ce problème était double : en effet les espèces de cuscute particulièrement redoutables pour les plantes fourragères sont la petite cuscute indigène oucuscuta Trifolii et les grosses cusr eûtes dont la plus répandue en Europe porte botaniquement le nom de Cuscuta Racemosa.
- Or, si depuis longtemps les appareils cribleurs permettaient de séparer la petite cuscute du trèfle et de la luzerne, en raison de son plus faible diamètre, il n’en était pas de même pour la grosse cuscute dont les graines possèdent toutes sensiblement les mêmes caractéristiques de poids, de forme et de volume que celles du trèfle.
- Ni les cribles à plaques métalliques ou à mailles de dimensions variables, ni les appareils alvéolaires formés d’un cylindre dans la paroi interne duquel sont creusées de petites cavités où viennent se loger les graines salissantes tandis que les graines saines n’y peuvent pénétrer, n’étaient capables de résoudre le problème de l’épuration des semences contenant de la grosse cuscute.
- De nombreux ingénieurs s’y attaquèrent cependant dans la plupart des pays du monde et le désir d’y apporter une solution était tel qu’on en vint, par exemple, en Angleterre, à tenter la séparation des graines parasites en traitant les semences par de l’oxyde de fer magnétique réduit en poudre impalpable qui adhérait au tégument chagriné des graines de cuscute, mais non à celui des graines de trèfle ou de luzerne. Un trieur électromagnétique permettait, théoriquement du moins, d’opérer le tri définitif.
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- La question paraissait donc pratiquement insoluble et la plupart des gouvernements du globe avaient préféré prohiber purement et simplement l’entrée sur leur territoire de toutes semences fourragères contenant de la cuscute plutôt que de s’exposer au développement du redoutable parasite, lorsqu’un jeune inventeur français qui s’était spécialement attaché à la question, vint propo-' ser aux techniciens du triage des graines une solution qu’ils n’attendaient plus.
- Après une étude approfondie des différents caractères des semences à séparer, l’attention de M. Claude Bussard fut retenue par la différence d’aspect très remarquable au microscope de la cuscute et du trèfle ou de la luzerne.
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- Tandis que la première présente de petites aspérités lui donnant à l’œil nu l’apparence d’une surface dépolie à grain très fin, les secondes possèdent un tégument remarquablement lisse.
- Ces données posées, M. Bussard eut l’idée ingénieuse de construire une sorte de laminoir formé de deux cylindres parallèles horizontaux présentant des aspérités du même ordre de grandeur que celles du tégument de cuscute. L’élasticité de la surface des cylindres permet à des corps de faible dimension d’être happés sans écrasement, lorsque l’on anime ces cylindres de mouverqents de rotation contrariés comme l’indique la figure 1. Or, on constate que pour un diamètre convenablement choisi, les graines de cuscute dont les aspérités « engrènent» en quelque sorte avec celles des cylindres sont seules entraînées, tandis que les graines de trèfle demeurent dans le sillon formé par les cylindres à l’exception de celles qui, brisées ou aplaties, ne présentent plus les dimensions des graines intactes. (Il s’opère donc ainsi, en même temps qu’une séparation des graines de cuscute, une élimination des graines de trèfle de mauvaise qualité.)
- En inclinant le dispositif dans le sens de la longueur on obtient, en renversant le sens de rotation des cylindres, une translation des graines vers l’extrémité la plus basse. Pour assurer l’élimination des graines de cuscute, il suffît de donner à l’ensemble des deux cylindres un mouvement de rotation qui change de sens tous les trois ou quatre tours. Lorsque dans le « sillon » formé par les cylindres, le mouvement est dirigé vers le bas, la cuscute est entraînée à travers les cylindres tandis que le trèfle reste immobile. Lorsque le mouvement est dirigé vers le haut, l’ensemble des graines s’achemine vers l’extrémité la plus basse du système. On a ainsi des alternances de triage et de translation. Il suffît en général de trois ou quatre séries de rotations alternées pour éliminer toute la cuscute.
- Pour constituer un trieur, on dispose côte à côte un certain nombre de cylindres, formant une sorte de « clavier» incliné, dans lequel, à chaque instant un sillon sur. deux travaille comme « trieur » tandis que l’autre achemine les graines ; les fonctions des sillons alternant à chaque changement de sens de rotation.
- Les semences à trier étant déversées à la partie supérieure du plancher (A) par une trémie (B) les graines de trèfle s’écoulent lentement dans les rigoles formées entre les cylindres et viennent choir à leur extrémité inférieure dans une auge spéciale (G) d’où elles sont dirigées vers les réserves ou ensachées automatiquement. La cuscute, au contraire, entraînée en même temps que la paille, les poussières, les semences brisées et les dé- . bris divers, passe au travers du plancher et vient choir bien avant d’avoir parcouru la moitié de la longueur des rigoles, dans une auge (D) destinée à recevoir les déchets.
- On peut augmenter le débit sans augmenter sensiblement l’encombrement de l’appareil, en
- accolant dans le sens de la longueur deux « claviers » alimentés par une même trémie.
- On peut, en outre, superposer plusieurs étages de claviers.
- Les semences ayant été traitées par cet appareil sont d’une telle pureté qu’on peut estimer, par exemple, que le trèfle cuscuté, dont le nettoyage était considéré jusqu’à présent comme impossible, peut être ainsi débarrassé de toute la grosse cuscute qu’il contenait.
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- Par sa position géographique, la France est la voie naturelle entre l’Orient et le Nouveau Monde.
- De plus, le marché d’exportation des graines fourragères lui appartient pour une bonne part.
- On n’a donc pas de peine à comprendre quel gain sérieux pourrait être réalisé par nous si, non contents d’exporter nos propres semences, nous devenions la grande voie de transit vers les Etats-Unis et le Canada de semences orientales débarrassées par nos soins de la dangereuse cuscute (le premier de ces pays a importé des semences de trèfle français en 1926 jusqu’à un total qui s’élève au chiffre impressionnant d’un million et demi de kilogrammes).
- Nous ne pouvons que nous réjouir de l’apport qu’un de nos compatriotes vient, une fois de plus, de faire à la technique industrielle et nous Souhaitons que le nouveau procédé soit utilisé ici avant que nos voisins n’aient réussi, ainsi que nous leur en avons tant de fois laissé la faculté, à exploiter à leur profit une idée née chez nous, mais que notre industrie n’aurait pas été suffisamment prompte à saisir (*). «
- R. VlLLERS.
- (1) La question présente un vif intérêt pour la ville de Hambourg qui était avant la guerre le marché mondial des semences de trèfle et de luzerne de basse qualité.
- Appareil continu séparant la graine de cuscute de la graine de Trèfle.
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- CURIOSITES DE LA NATURE
- 1. Le lac de Bel Aïd, à l’ouest d’El Goléak.
- Il se forma après le forage d’un puits artésien dont on voit le jaillissement au fond, à gauche.
- M Jean Thomas qui Va vu en juin dernier Va trouvé bordé d’une, haie de bambous et de plantes aquatiques.
- Des tanches y ont été introduites par le commandant Cau vet.
- (Photo Jean Thomas.)
- Les Tétrodons sont des poissons curieux, avec un bec formé par 4 dents, le ventre, armé de piquants, que l’animal peut gonfler comme une outre. Ils sont communs au Japon (fîg. 2) où Von en fait des lanternes (fig. k). On en voit très rarement sur nos côtes. Cependant en voici un (fig. 3) trouvé dans la baie de Concarneau l’été dernier.
- Le dos bleu, le ventre blanc il s’est dégonflé aussitôt après la mort.
- 5. Deux amis (!) photographiés en Australie.
- Un jeune aigle, faisant ses premiers pas, est mis en présence d’un chat; il prend immédiatement une position de défense.
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- CINÉMATOGRAPHIE
- LA CINÉMATOGRAPHIE D’AMATEUR
- Pendant longtemps la cinégraphie d’amateurs est demeurée dans le domaine chimérique ; en effet, le prix de la pellicule constituait le principal obstacle à son développement. Depuis la guerre, différents constructeurs se sont ingéniés à réduire le format de l’image, pour la mettre à la portée de toutes les bourses ; ils y ont pleinement réussi : Pathé-Baby, « Cinex » Bourdereau, « Interview » de Debrie, Ciné-Kodak, Cinétype-Mollier, « Kinette » Ernemann, « Sept », etc.
- Mais de gros écueils ont freiné la progression du cinéma d’amateurs : les uns n’ont pas réussi au gré de leurs désirs ; d’autres ont reproché à leurs appareils de ne -pas se plier aisément à leurs volontés les plus légitimes ; beaucoup ont relégué dans un tiroir leur caméra, après avoir cru épuiser en elle toutes les satisfactions qu’elle pouvait leur donner. Enfin, il manquait à la cinégraphie d’amateurs un guide à la fois sérieux et pratique. M. Jacques Henri-Robert, qui porte un nom illustre à plus d’un titre, a étudié longuement celte passionnante question et composé un Manuel du Cinéaste Amateur (*), qui unit l’art du lettré à la sûreté du technicien.
- La clarté et la précision poussées jusqu’aux plus petits détails y voisinent parfois avec une pointe d’humour.
- Pour satisfaire la légitime curiosité des « Cameramen » (traduisez opérateurs), l’auteur décrit d’abord le fonctionnement de l’appareil de prise de vues le plus qualifié pour l’amateur, et rappelle que c’est une petite merveille qu’il vaut mieux ne pas chercher à voir ; la caméra, à ce point de vue, est aussi prude qu’une montre. Les accessoires sont rapidement passés en revue : pied, posographe, bonnette, écran, etc., etc., avec un rapide plaidoyer en faveur de leur utilité. L’auteur recommande la musique d’accompagnement pour conserver une cadence de rotation toujours régulière, la détermination instantanée du diaphragme, qui est la clef de voûte des films positifs par inversion, par un dispositif à index tenant compte des multiples facteurs en jeu.
- Il préconise de ne pas chercher, en chambre noire, à contrôler l’apparition de l’image. « Sur une petite pellicule, dit-il, il est très pénible de distinguer le moment exact de l’apparition, et encore plus de la venue des détails. Si l’on tire sur un bout de film pour l’écarter du cadre, on ne réussit qu’à le tacher et l’on ne voit rien du tout. Nous adopterons la méthode automatique, beaucoup plus sûre et plus simple, qui ménagera nos yeux et nos nerfs. » Il est évident que si le diaphragme a été déterminé avec exactitude, l’automatisme du développement basé sur la température du bain et le temps d’immersion donne des résultats excellents.
- Le film peut souvent être amélioré, sauf dans quelques cas irrémédiables, pour lesquels on doit se borner à « prendre de bonnes résolutions pour le film suivant ». Rien n’étant plus fastidieux qu’une « symphonie en blanc et noir », l’auteur recommande quelques virages ou teintures permettant d’obtenir les tons sépia, sanguine bleu, double-ton, etc.
- Bien que les appareils d’amateurs ne permettent pas — malheureusement — le rappel en arrière du film, on peut, avec un peu d’ingéniosité, obtenir des vues fondues passant d’un sujet à l’autre et surtout des truquages faciles qui sont à la cinégraphie ce qu’est l’acrobatie à la gymnastique. Par exemple, pour obtenir les vues à mouvements inversés, telles qu’un plongeur jaillissant de l’eau, il suffit de placer la Caméra à l’envers sur son pied, grâce à un dispositif très
- 1. J. de Francia, éditeur, Paris.
- simple. « Comme la Caméra est la tête en bas, le film monte au lieu de descendre : mais comme on le fera descendre à la projection, ce changement de sens produit automatiquement l’inversion des mouvements, qui commencent par où ils ont fini et réciproquement. »
- On peut même réaliser du « ralenti », si toutefois l’on n’est pas trop gourmaûd ; tout d’abord, sans aucun appareillage, on peut ralentir deux fois : il suffit de tourner à quatre tours par seconde au lieu de deux ; les cinéastes aimant le « bricolage », peuvent y ajouter une sorte de changement de vitesse s’adaptant à l’extérieur de la Caméra et permettant de ralentir trois fois, soit de prendre 42 à 48 images par seconde : le même dispositif réalise les vues accélérées, et la prise de vues « vue par vue » (objets animés, etc). Un tableau de correspondance des diaphragmes indique alors les corrections à apporter en fonction de la variation du temps de pose.
- Bien que les sous-titres ne soient pas nécessaires et qu’il ne faille pas en abuser, l’amateur peut, par des moyens simples et rapides, les exécuter rapidement et même les corser par quelques dessins appropriés au sujet.
- Sans entrer ici dans l’examen des cas particuliers, on ne peut qu’approuver les sages conseils que l’auteur donne au sujet du scénario : « Avant tout, se mettre à la poursuite d’une idée, enfermer le scénario dans les limites étroites des possibilités du cinéma d’amateur, éviter les intérieurs, les reconstitutions, destructions, exigeant du matériel humain ou décoratif ; se méfier de l’absurde, si cher à tant de « cinéastes officiels. Avant la prise de vues, recruter des amis sûrs, ce qui est facile, rassembler ses acteurs, ce qui est beaucoup plus difficile : personne n’est à l’heure, il fait trop chaud ». Se garder des imprudences : « ascensions, chevaux à la Tom Mix, autos en folie, etc. », leur préférer un bon mannequin qui permettra souvent les scènes les plus amusantes.
- M. J. Henri-Robert ne croit pas à la réussite du film tragique par les amateurs ; il préfère les bandes du genre comique, burlesque, etc. Fixer la vie est bien, la déformer est mieux; d’où l’intérêt des principaux truquages permettant « de vaincre le temps, le ralentir, l’arrêter, l’accélérer, et le faire reculer au gré de notre imagination ».
- Le montage du film doit être l’objet d’un soin particulier ; en effet, toutes les bandes terminées et tirées constituent « un chaos d’où il faut faire naître l’ordre qui permettra plus tard la vision exacte de la pensée du cinéaste ».
- Dans l’appareil de projection l’auteur critique justement la tendance actuelle qui fait adopter des objectifs à court foyer, dans le but de pouvoir projeter dans les locaux les plus petits : dans ces conditions les spectateurs sont trop près de l’écran, ce qui tend à dissocier l’image et à la rendre granuleuse : « c’est un agrandissement vu de trop prè.s ». Il serait utile de pouvoir monter, le cas échéant, un long foyer.
- Enfin l’auteur recommande un accompagnement musical au cours de la projection « pour empêcher les commentaires, quels qu’ils soient, et pour apporter aux spectateurs une sensation sonore complétant leurs impressions visuelles de la Vie ».
- Nous avons tenu à signaler l’œuvre très intéressante de M. Jacques Henri-Robert; elle vient à son heure, en montrant tout le parti qu’on peut tirer d’une des plus extraordinaires inventions de notre temps, pour servir de guide technique et inciter de nombreux amateurs à goûter cette nouvelle distraction.
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- DES PARTICULARITÉS REMARQUABLES DE LA TEMPÉRATURE
- DANS LA REGION DE PARIS,
- D'APRÈS LES TRAVAUX DES METEOROLOGISTES E. RENOU ET L. BESSON
- I. DE M. E* RENOU (*)
- L’année la plus froide connue jusqu’à présent est celle de 1740 avec une moyenne de 7°, 8 seulement contre 10°, 0 la normale; février eut une moyenne de— 4°, 1 et mai de 8°, 8 ' (dans la campagne), ce sont les plus basses de tout ce que nous connaissons jusqu’à maintenant.
- Il paraît probable qu’il y aurait eu plus de différence entre les saisons (hiver et été) dans le courant du xvme siècle que de nos jours.
- Dans le cours de l’année, les refroidissements du 11 février et du 11 mars se reproduisent fréquemment; les saints de glace de mai (11-13) sont plus prononcés dans notre temps qu’autrefois ; l’été de la Saint-Martin (11 novembre), si connu autrefois, a disparu presque complètement de nos jours ; il est fort possible que de telles anomalies se produisent pendant quelques siècles et disparaissent ensuite pour revenir après une certaine période. Il y a, maintenant, un refroidissement très accentué le 21 novembre.
- Dans le xviii0 siècle, le maximum de la température tombait, non pas le 18 juillet comme aujourd’hui, mais plus tard, car il y a de longues séries d’années pendant lesquelles le mois d’août était à peu près aussi chaud que celui de juillet.
- Le mois de juin éprouverait une variation périodique, dans la température d’une soixantaine d’années.
- Des écarts extrêmes de la température, par rapport à la normale, ceux en dessous sont beaucoup plus grands que ceux en dessus pour l’hiver, et le contraire a lieu pour l’été, mais d’une façon moins tranchée.
- Janvier le plus froid observé a été celui de 1795 avec un écart de — 8°, 6 sur la normale (sa moyenne ayant été de — 6°,3 et à la campagne de — 7°,0) ; probablement ceux de 1408, 1565, et 1608 ont été de même.
- L’hiver de 1879-1880 a eu beaucoup d’analogie avec celui de 1788-1789, les dégâts ont été tout pareils et la température a eu la même intensité, car à l’Observatoire de Paris on a eu — 21°,8 le 10 décembre 1879 comme le 31 décembre 1788.
- Le mois de mars 1880 a été le plus chaud qu’on connaisse (moyenne vraie des 24 heures au Parc Saint-Maur, 9°, 7), il a suivi, ainsi, un hiver très rigoureux; celui de 1822, qui est également très chaud et le suit de près comme température moyenne, s’est présenté à la suite d’un hiver très doux. On voit ainsi quelle complication préside à tous ces phénomènes.
- Les mois de juillet froids de 1758, 1795, 1816, 1879, 1888, correspondent à une température vraie, dans la campagne, égale à un chiffre compris entre 15° et 15°, 5 qui paraît être la limite inférieure de la température moyenne de juillet.
- Les maxima eux-mêmes ont une limite fixe et voisine de 27° à 28°; seul le mois de juillet 1795 n’a eu, à Montmorency, près Paris, qu’un maximum de 25°, 6 seulement. Ces différents mois de juillet froids ont une extrême analogie : le régime des vents est le même; température basse amenée par des vents très dominants du S. à l’O.
- Comme pronostic de prévision du temps à long terme, un froid assez intense, accompagné de grandes chutes de
- 1. Études sur le climat de Paris, 3e Partie : Température (Annales du B.C.M. de France), année 1887, I, p. B, 195 à 226.
- neige en janvier en une seule période de froid, indique assez sûrement un été sec et chaud.
- II. DE M. L. BESSON (')
- On peut considérer comme possibles, en novembre, des froids bien plus intenses que tous ceux qui ont été constatés jusqu’à ce jour. Quant à décembre, son déficit extrême, — 10°,7, en 1879, est certainement tout à fait extraordinaire et ne se reverra probablement pas avant bien longtemps.
- En ce qui concerne les excès de température, c’est dans la saison chaude qu’ils sont les moins réguliers. Avril 1865 (excès 5°,0), septembre 1895 (excès 4°,6) et octobre 1921 (excès 4°,3) semblent avoir eu des températures exceptionnellement élevées.
- Au contraire, mai et juillet peuvent vraisemblablement être notablement plus chauds que ne l’ont été mai 1868 et juillet 1859 qui, depuis un siècle et demi, ont présenté l’excès le plus grand (3°, 8 pour l’un et l’autre).
- De l’influence de la température d’un mois sur celle du mois suivant, on voit que les mois très froids ou très chauds tendent à être suivis d’un mois s’écartant de la normale dans le même sens. Il en est de même après un mois froid ou chaud, mais à un degré beaucoup moindre. Mais cette tendance varie au cours de l’année ; elle est la plus grande en hiver et en été. Vers les équinoxes, elle s’annule et change même de signe. Un fort excès de température en avril ou en octobre est plutôt suivi d’un déficit en mai ou en novembre.
- Dans les saisons extrêmes (hiver et été), les seules où l’influence d’un mois sur l’autre soit bien marquée, un mois très froid tend à être suivi d’un mois non seulement en déficit, mais très froid, et après un mois très chaud, c’est également un mois très chaud qui est le plus probable.
- Après un mois d’été très chaud, la probabilité d’un mois très froid est remarquablement faible (10 pour 100).
- L’amplitude totale des oscillations de la température est le plus faible en mars et en septembre, et le plus grande en mai et en décembre.
- Janvier présente des variations de température presque aussi amples que celles de décembre ; elles ont une apparence périodique, avec deux maxima en 1809 et 1877, à 68 ans d’intervalle (deux périodes de Brückner). Janvier a été généralement froid de 1810 à 1842 et de 1878 à 1897, généralement chaud au contraire de 1851 à 1877 et de 1898 à 1922.
- La température de février n’a offert qu’une anomalie importante et de longue durée, s’étendant du minimum de 1865 au maximum de 1885 ; au cours de ces 20 années, février a été trop chaud de 1°, 1.
- Pour mars aucune remarque intéressante.
- En avril, on retrouve des anomalies accentuées. De 1818 à 1832 et surtout de 1862 à 1878, ce mois a été généralement chaud. Au contraire, durant les sept années 1833-1839, il a été très froid.
- Mai est le mois dont la température normale semble la moins fixée. Il a été chaud de 1806 à 1813 et de 1911 à
- 1. La température à Paris d’après cinquante années d’observations (Annales des services techniques d’hygiène de la Ville de Paris, t. VII, p. 1 à 47.
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- 1922, froid de 1850 'à 1858 et de 1871 à 1879. La variation séculaire de la température de mai suit dans ses grandes lignes celle de décembre avec un retard d’environ sept ans. Une période chaude étant encore en cours pour décembre, il est assez probable que mai restera généralement chaud au moins jusqu’en 1930.
- Juin a passé successivement, dans la première moitié du xixe siècle, par une période froide et par une période chaude, puis après des fluctuations irrégulières, a été, avec assez de continuité, relativement chaud de 1885 à 1901 et relativement froid de 1902 à 1906.
- Juillet présente une curieuse corrélation avec janvier; à un an près, on y retrouve les maxima de 1809 et de 1877, mais ils y sont suivis vingt-huit ou trente ans après d’autres maxima, comme si une seconde oscillation périodique se superposait à la première. En juillet, les séries froides et chaudes se sont succédé avec assez de régularité. La dernière a été une série froide qui semble maintenant près de sa fin.
- Les courbes de la température moyenne d’avril et de juillet se ressemblent beaucoup. Les accidents de la première se reproduisent dans la seconde avec un retard d’environ sept ans. Yoici ce qu’il semble possible de dire au sujet des mois de juillet qui vont se présenter : Avril a passé par une période froide qui a atteint son apogée en 1917-1919,' ce qui correspond, pour juillet, à 1924-1926.
- Le relèvement de la courbe d’avril en 1920-1921 permet de prévoir un mois de juillet chaud en 1927 ou 1928.
- En août, les changements de température ont été plus grands et plus durables au cours de la première moitié du xixe siècle que dans la suite.
- Septembre est le mois dont la température a éprouvé le moins de changements.
- En octobre, on constate des anomalies de plus longue durée. Ainsi de 1853 à 1863 ce mois a été froid.
- En novembre, les fluctuations de la température retardent en moyenne de six ans sur celles de janvier et sont de sens contraire.
- A la période chaude, qui a commencé en 1898 pour janvier, correspond pour novembre une période froide dont le début est en 1901.
- Cette anomalie n’a pas cessé. Elle est très accentuée pour l’un et l’autre mois depuis sept ou huit ans.
- La courbe de la température moyenne de décembre a beaucoup de traits communs avec celle de mai dans laquelle les mêmes variations semblent se produire environ huit ans plus tard.
- A la série presque ininterrompue de mois de mai chauds que nous avons eus depuis 1911, correspond une série de mois de décembre, dont la douceur n’est pas moins remarquable.
- E. Roger.
- ’ . RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RÉPARATION D’UN TUYAU D’EAU CREVÉ RÉVÉLATEUR POUR RÉGIONS TROPICALES*
- A la suite des gelées, il n’est pas rare que les tuyaux éclatent sur une longueur assez importante, si l’on r.’a pas pris de précautions préalables.
- On peut faire une réparation rapide et durable au moyen de ciment. Pour cela on ferme naturellement l’arrivée d’eau. Tout autour de la partie détériorée, on place une plaque de tôle roulée qui formera coffrage pour le ciment à couler. A chaque extrémité cette sorte de rigole est obturée par une plaque de bois ou même de carton fort.
- Au lieu de constituer une simple rigole, on peut naturellement rouler la feuille de tôle de manière à former un tube de diamètre beaucoup plus grand que celui du tuyau à réparer. Un morceau de tuyau de poêle hors d’usage par exemple fera parfaitement l’affaire, mais dans ces conditions, il est nécessaire de ménager à la partie supérieure plusieurs ouvertures, qui permettront de couler le ciment avec j>récaution.
- On emploie du ciment Portland et il faut naturellement laisser sécher plusieurs heures avant d’ouvrir à nouveau l’arrivée d’eau. Le ciment obture la crevasse et supporte bien la pression de l’eau à condition d’avoir été bien préparé, de façon à ne pas être poreux.
- Ce procédé peut s’appliquer à toutes les réparations du même genre, pour des tubes de poterie, des citernes, des vasques, etc.
- UTILISATION DU PAPIER AU BROMURE ALTÉRÉ*
- Dans El Progreso Fotograpco, M. R. Garriga signale avoir pu tirer un excellent parti, pour les tirages industriels, de papiers au gélatino-bromure altérés par une longue conservation dans des conditions très défectueuses. Le voile et les points noirs obtenus avec les bains habituels ont totalement disparu en utilisant pour le développement le révélateur au diamidophénol stabilisé par addition de génol, suivant la formule de R. Namias :
- Eau........................q. s. p . . . . 1.000 gr.
- Sulfite de soude anhydre.......................30 gr.
- Chlorhydrate de diamidophénol...................6 gr.
- Génol...........................................1 gr, 5
- Bromure de potassium............................3 gr.
- Les noirs obtenus sont très denses, les blancs purs et les demi-
- teintes bien modelés. A. H.
- Le révélateur à l’acide pyrogallique, contenant peu de sulfite de soude, insolubilise totalement la gélatine, mais ne peut êti'e employé dans les pays chauds, par suite de son oxydation rapide à 35°-40° et de la coloration jaune intense communiquée à la couche sensible.
- MM. A. et L. Lumière et A. Seyewetz ont montré, dans la Bevue Française de Photographie, que l’insolubilisation nécessaire-peut être obtenue avec la plupart des révélateurs courants si la dose de sulfite n’excède pas 1 gr. 5 par litre (révélateurs carbo-natés) ou 3 gr. (emploi des alcalis c.austiques) et évite l’addition à dose massive dé sels neutres habituellement employés pour empêcher momentanément le gonflement de la gélatine.
- Le révélateur suivant :
- Eau...........................q. s. p. . . . 1000 gr.
- Sulfite de soude anhydre.......................1 gr. 5
- Génol..........................................1 gr. 5
- Hydroquinone...................................1 gr. 5
- Carbonate de soude anhydre....................10 gr.
- Solution de bromure de potassium à 10 % . • • 30 cc.
- développe complètement en 2 minutes */2, à 38° centigrades, sans altération de la gélatine et sans formation de voile particulier. L’image a une coloration légèrement brune. Enfin le révélateur neuf se conserve assez bien en flacons complètement remplis et bouchés. A. H.
- DIMINUTION DES CONTRASTES DES ÉPREUVES AU GÉLATINO-BROMURE
- M. E. J. Houghton propose, dans le Britisk Journal of Photogra-phy, d’utiliser le mode opératoire ci-dessous, indiqué par J. Sterry :
- L’épreuve sur papier est plongée pendant environ 2 minutes, entre l’exposition et le développement, dans une solution de bichromate de potasse au millième; le papier est ensuite rincé sommairement et développé dans un révélateur normal.
- Les résultats ainsi obtenus ne diffèrent pas sensiblement de ceux produits par l’affaiblissement du négatif original parle per-sulfate d’ammoniaque. On peut donc, éventuellement, procéder au tirage d’un négatif vigoureux sur un papier à contrastes, faute d’en avoir un autre dans le format ou dans la texture désirée.
- A. H.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE ;...-.....
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LA QUESTION DES RHÉOSTATS DE CHAUFFAGE
- Fig. 1.
- d’un voste de réception à amplification haute fréquence directe.
- Il est théoriquement nécessaire qu’à chaque type de lampe et à chaque tension-plaque appliquée à cette lampe corresponde, suivant le rôle que joue cette dernière, une valeur déterminée du chauffage de son filament.
- Ainsi, dans un poste à amplification directe comprenant des étages d’amplification haute fréquence, une lampe détectrice et des étages d’amplification basse fréquence, il faudrait au moins employer trois rhéostats (fig. 1).
- Ce nombre devrait même être augmenté dans le cas où tous les étages haute fréquence ne seraient pas montés de la même manière, par exemple, dans le cas où un étage à résonance serait combiné avec des étages apériodiques.
- Dans un poste à changement de fréquence (fig. 2) il faudrait un nombre de rhéostats encore plus considérable. Par exemple, dans un poste à changement de fréquence à modulation par lampe bigrille, il faudrait un rhéostat pour la première lampe haute fréquence, un rhéostat pour la lampe bigrille, un rhéostat pour les étages moyenne fréquence, un rhéostat pour Ja deuxième détectrice, et enfin, un rhéostat pour les étages basse fréquence, soient cinq rhéostats en tout.
- Un dispositif de ce genre permet évidemment d’obtenir le rendement maximum d’un appareil quel que soit le type de lampes utilisé, mais il est assez coûteux, et surtout la
- Fig. 3. — a) Un interrupteur général M intercalé dans'le circuit de la batterie de chauffage entre les divers rhéostats des lampes Rk1 Rk.2 Rh~ Rh4 et le pâle de la batterie ; il commande la mise en marche ou l’arrêt du poste sans nouveau réglage, b) Au lieu d’un interrupteur général de mise en marche, il vaut mieux intercaler un rhéostat général Rh dans le circuit 'de la batterie.
- multiplicité des réglages risquerait d’effrayer le malheureux auditeur qui désire avant tout la simplicité.
- On peut cependant remarquer que, dans la plupart des postes destinés à des usagers, il est possible, sans grand inconvénient, de diminuer le nombre de ces rhéostats ; dans un appareil à quatre lampes, par exemple, comprenant un étage haute fréquence semi-apériodique ou à résonance, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence, l'expérience montre que l’on peut se contenter d’un rhéostat pour la lampe haute fréquence et la détectrice, et d’un autre pour les étages basse fréquence.
- A la rigueur, un seul est même suffisant.
- Dans un poste à changement de fréquence ne comportant pas de haute fréquence avant la lampe bigrille, l’expérience montre aussi que l’on obtient des résultats suffisants en utilisant un rhéostat pour la bigrille, un autre pour les étages moyenne fréquence et même pour les étages basse fréquence.
- Il est cependant préférable, lorsqu’on le peut, d’employer
- Collecteur d‘ondes
- Amplificateur
- haute Fréntia f
- Tesla de 'Amplifient? Amplification i
- liaison moyfréqu?6 Détection basse fréquence]
- 0 = 00
- Appareil
- d'accord
- Changeur de
- fréquence
- Fig. 2. — Représentation schématique d’un appareil de réception à changement de fréquence.
- un rhéostat séparé pour la lampe ou les lampes qui jouent des rôles séparés, mais, lorsqu’on a effectué le réglage de ces rhéostats avec des lampes déterminées et une source de courant relativement constante, un accumulateur, par exemple, il n’est pas nécessaire de recommencer un nouveau réglage chaque fois que l’on veut se servir de l’appareil récepteur.
- Il suffit d’employer un interrupteur général intercalé dans le circuit de chauffage entre les rhéostats et la batterie.
- Lorsqu’on veut mettre en marche ou arrêter le poste, il n’y qu’à ouvrir ou à fermer l’interrupteur M, et il n’y a pas à manœuvrer les curseurs des rhéostats, sauf à de très longs intervalles (fig. 3-a).
- Il vaut encore mieux, au lieu d’utiliser un interrupteur, employer un rhéostat général de chauffage intercalé également entre les rhéostats particuliers et les batteries de chauffage. Ce rhéostat permet, non seulement d’interrompre ou de commander la mise en marche de l’appareil récepteur, mais encore il rend possible un réglage général très rapide et très facile suivant la tension de la batterie de chauffage qui varie évidemment plus ou moins rapidement (fig. 3-b),
- Il y a déjà longtemps, presque dès les débuts de l’emploi des lampes, que l’on a fait des recherches, surtout en Allemagne, pour trouver un modèle de résistance qui règle automatiquement, en quelque sorte, le chauffage des filaments.
- Une résistance de ce genre doit avoir une valeur qui croît lorsque la tension augmente, et diminue, au contraire, lorsque cette tension diminue.
- Ces résistances auto-régulatrices sont, en principes, connus
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- depuis longtemps ; elles ont même été employées pendant la guerre sur des appareils allemands : elles consistent en des spirales de fil de fer de quelques dixièmes ou quelques centièmes de millimètre de diamètre placées dans une ampoule vide ou remplie d’hydrogène. En Angleterre et en Amérique ces résistances sont vendues sous le nom d’ampérite et, outre leurs propriétés auto-régulatrices, ces accessoires présentent l’avantage évident de protéger les filaments contre toutes surtensions qui peuvent causer des détériorations souvent fâcheuses (fîg. 4).
- En fait, le fonctionnement de ces éléments paraît assez satisfaisant. On voit, par exemple, sur la courbe de la figure 5, que l’on peut construire les résistances de ce modèle permettant d’obtenir une intensité de courant sensiblement constante entre 3,6 volts et 4,2 volts.
- COMMENT RÉGLER LA TONALITÉ ET L'INTENSITÉ D'AUDITION D'UN HAUT-PARLEUR ?
- On sait qu’il est bon, en général, pour protéger les enroulements du haut-parleur contre les effets nuisibles du courant
- 5 volts
- Fig. 5. — Courbe représentant la variation du courant de chauffage [en ampères) en fonction de la tension de la batterie pour une lampe mise en série avec la résistance autorégulatrice.
- continu de plaque lorsqu’il y a erreur dans le sens des connexions, d’utiliser un transformateur dit de sortie, du
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- type ordinaire à basse fréquence, mais de rapport 1 à 1,5 seulement, en général.
- L’enroulement primaire de ce transformateur T est connecté dans le circuit de plaque de la dernière lampe, et l’enroulement secondaire est relié au haut-parleur (fîg. 6-a).
- On pourrait également obtenir ce même résultat d’une autre manière, en montant dans le circuit de plaque de la dernière lampe du poste une bobine de choc L à fer de quelque 20 henrys, et un condensateur C de un microfarad, comme le montre la figure 6-b.
- Le courant continu de plaque traverse le bobinage L, mais ne parvient pas à l’enroulement du haut-parleur, parce qu’il est arrêté par le condensateur C.
- Au contraire, les courants audibles à basse fréquence sont arrêtés par la bobine L et traversent le condensateur C pour venir actionner le haut-parleur.
- Mais, quel que soit le système de protection adopté, il est possible de faire varier la tonalité des sons du haut-parleur et l’intensité de l’audition au moyen d’un dispositif très simple.
- Ce dispositif sera très apprécié des amateurs ou des usagers qui veulent obtenir des auditions excellentes au point de vue musical, car il est rare qu’un haut-parleur traduise tous les sons musicaux avec une égale facilité ; il est donc souvent utile de pouvoir modifier l’audition suivant la nature de l’émission entendue : solo de piano, de violon, de flûte, musique d’orchestre, chant, conférence, etc.
- Rien de plus simple, d’ailleurs, que de le réaliser au moyen de quelques condensateurs que l’on met en dérivation sur le haut-parleur et d’une résistance réglable Rj de 6 à un mégohm environ (fîg. 6-c).
- En faisant varier la capacité du condensateur, on fera varier la tonalité de l’audition, et l’audition deviendra d’autant plus grave que la capacité sera plus grande. On pourra employer le jeu de condensateurs fixes suivants : 1/1000, 3/1000, 6/1000, 10/1000 de microfarad.
- D’autre part, l’intensité de la réception sera d’autant plus forte que la résistance Rt sera plus grande.
- Sur ce principe, on sait d’ailleurs qu’est basée la méthode de mesure de l’intensité de réception au moyen du téléphone shunté.
- Fig. 4. — Résistance auto régulatrice dite « Ampérite.
- Fig, 6. — a) Pour protéger les enroulements d'un haut-parleur, on emploie souvent un transformateur T de sortie, de rapport 1. b) On peut aussi dans le même but employer un bobinage L à fer de 20 Henrys environ et un condensateur C de 1 microfarad. c) Quel que soit le système de protection, on fait varier la tonalité de l’audition en faisant varier la capacité C, en dérivation aux bornes de sortie et on modifie l’intensité en réglant la résistance variable R, également en dérivation aux bornes du haut-parleur.
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- Fig. 1. — Le nouveau haut-parleur Philips (vu d’arrière et de profil) est du type à diffuseur à système magnétique équilibré.
- UN HAUT-PARLEUR ANTIDÉFORMANT
- Pour obtenir une audition radiophonique agréable, exempte de déformations, il est évidemment nécessaire, tout d’abord, que l’émission que l’on désire recevoir soit bien modulée ; il est ensuite indispensable que le système de réception utilisé déforme le moins possible, et enfin le haut-parleur adopté doit être soigneusement construit.
- Nous reviendrons prochainement sur la question délicate de la construction d’un poste récepteur idéal au point de vue de la pureté de l’audition, et nous avons déjà noté les conditions que devrait remplir un haut-parleur non déformant.
- Fig. 8. — Installation d’un tableau de recharge d’accumulateurs pour redresseur Tungar.
- Prise de courant
- REGULATOR
- O o o o ~o~‘
- 80 Volts
- Redresseur T.S.F Redresseur TSF
- — o
- Appareil
- récepteur
- 4 Volts +
- Appareil récepteur. 80 Volts
- Un haut-parleur idéal doit être exempt de résonance et sensible à toutes les fréquences comprises entre 50 et 10 000 cycles, il doit avoir une grande sensibilité et produire une grande puissance sonore sans déformation. Il doit être aussi d’aspect élégant et cadrer avec l’ensemble du mobilier.
- De très nombreux essais sont, chaque jour, tentés par les constructeurs pour se rapprocher de cette solution idéale, et nous avons déjà décrit dans La Nature d’excellents modèles.
- Un très intéressant haut-parleur à diffuseur vient d’être présenté ; la figure 7 montre l’aspect extérieur de ce nouvel appareil construit par la Société Philips-Radio.
- Ce modèle possède un système magnétique équilibré comprenant un aimant permanent à quatre pièces polaires entre lesquelles une petite armature est en équilibre.
- Cette armature ne peut vibrer que par un mouvement de translation verticale, l’excitation de l’aimant étant proportionnelle à l’intensité du courant provenant des lampes amplificatrices. L’armature se met en mouvement dès que le courant alternatif parcourt les enroulements portés par l’aimant, et la disposition de cette dernière pièce est telle que l’une de ses extrémités est attirée par l’une des pièces polaires et repoussée par une autre.
- Il en est de même de ses autres extrémités. Les quatre actions s’exercent toutes dans le même sens.
- Le phénomène de résonance est atténué autant que possible par un amortissement approprié, de sorte que la sensibilité est maintenue à peu près uniforme dans toute l’étendue des fréquences utiles.
- Le mouvement de l’armature est transmis à un cône fait d’un papier spécial insensible aux influences atmosphériques. Le bord du cône est réuni au bâti du haut-parleur par l’intermédiaire d’une bande d’étoffe très souple, ce qui assure à l’armature une complète liberté de mouvement.
- Notons enfin que ce haut-parleur n’étant pas polarisé, peut être branché dans le circuit de sortie sans aucun réglage.
- TABLEAU DE CHARGE POUR BATTERIE D’ALIMENTATION
- La recharge des batteries d’accumulateurs est devenue une opération très facile, grâce à la réalisation de redresseurs de courant robustes, indéréglables et silencieux, et en particulier, des redresseurs à valves thermoioniques.
- Nous avons déjà décrit, par exemple, le redresseur Tungar, qui constitue un excellent appareil dé ce type.
- Mais il peut être intéressant avec cet appareil, comme avec d’autres du même type, d’utiliser un tableau d’alimentation qui permette de recharger immédiatement la batterie de chauffage et celle de tension-plaque, sans avoir aucune connexion à effectuer et par le simple jeu d’un commutateur.
- Les batteries restent ainsi constamment reliées au tableau de charge et l’on peut contrôler à chaque instant leur tension au moyen d’un voltmètre placé également sur ce tableau.
- Un constructeur français vient d’établir un petit tableau de ce genre d’un prix modique, qui semble fort pratique (fig. 8) et rendra sans doute les plus grands services à tous les amateurs de T. S. F., que la recharge ou l’entretien des batteries d’accumulateurs effraie encore bien à tort.
- Comme le montre le schéma, l’installation de l’appareil est réduite au minimum ; elle évite toute initiative et tout danger de court-circuit lors de la recharge ; par là ce système contribue au bon entretien des batteries et prolonge leur durée de service.
- CONSTRUCTION D’ANTENNES VERTICALES POUR LA RÉCEPTION DANS LES VILLES
- L’installation d’antennes extérieures dans les villes constitue généralement un problème délicat, par suite du peu de
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- place disponible sur le toit des immeubles et des dangers d’induction par les réseaux électriques voisins. Il est cependant un modèle d’antenne de faible encombrement, facile à installer, peu sensible aux inductions des conducteurs voisins et qui peut donner de bons résultats, c’est le type prismatique ver-
- Deux modèles d’antenne verticale.
- Fig. 9.
- tical ou en tambour. On trouve maintenant-chez les constructeurs français des modèles d’antennes de ce genre, et ces dispositifs paraissent assez utilisés dans les villes à l’heure actuelle (fig. 9). Mais la réalisation de ce collecteur d’ondes est très facile à obtenir par un amateur quelconque, même peu habitué aux travaux manuels. Il suffit de fixer sur le toit une perche métallique ou même en bois, de. préférence soutenue par des haubans et aussi haute que possible. Cette perche porte une carcasse en tambour avec deux cerceaux munis d’isolateurs
- Fig. 10. — Antenne verticale en tambour, facile à construire par un amateur (d’après Wireless Coristructor).
- et l’enroulement du tambour est effectué sur ces isolateurs.
- La base de l’enroulement est réunie au poste par un fil de descente isolé de la manière ordinaire (fig. 10).
- UN MONTAGE SIMPLE DE LAMPE A DEUX GRILLES
- On sait que les lampes à deux grilles sont des lampes à vide dans lesquelles on a placé une deuxième grille, dite de
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- contrôle, entre le filament et la grille normale G. Les lampes à deux grilles sont utilisées actuellement pour la détection, l’amplification haute fréquence, et surtout pour le changement de fréquence sans noter ici d’autres montages spéciaux plus ou moins pratiques ; elles sont peu employées pour l’amplification basse fréquence, car leur courant de plaque ne dépasse pas 3 à 4 milliampères, ce qui ne permet pas une réception intense en haut-parleur. Par contre, il est très facile d’utiliser ces lampes pour monter des petits postes portatifs peu encombrants et très légers. Si l’on porte, en effet, la grille G' decontrôle à un potentiel positif, cette grille favorise le passage des électrons entre le filament et la plaque ; il en résulte qu’on peut employer une tension plaque très faible, donc une batterie de plaque très réduite (20 volts maximum).
- La figure 11 indique ainsi le schéma d’une lampe montée en détectrice à réaction; ce poste très facile à réaliser donne de meilleurs résultats qu’une lampe ordinaire montée en détectrice, tout en n’exigeant qu'une tension plaque inférieure.
- L’accord est réalisé par une bobine L, interchangeable, et la réaction par une bobine L2 également interchangeable, un condensateur C, permet de régler le cir-cuitd’accord,un condensateur shunté est intercalé sur le circuit de la grille extérieure G. Un rhéostat Rh permet de régler avec précision le chauffage du filament, tandis qu’un potentiomètre P concourt au contrôle de la réaction. Les éléments de l’appareil et même les piles de tension plaque et de chauffage sont facilement contenus dans un petit coffret de 30X20 X 20 cm avec panneau avant en ébonite.
- Les bobines Lj et L2 sont des bobines en nid d’abeilles montées sur un support dont une partie est mobile, les constantes de ces bobines dépendent de l’antenne employée et de la tension de plaque. En général, Lt aura de 30 à 50 tours pour la réception des ondes courtes (condensateur en série) et 150 à 200 spires pour la réception des ondes moyennes.
- La bobine de réaction Ls aura 30 spires pour les petites longueurs d’onde, et environ 200 pour les ondes moyennes.
- On pourrait faire suivi’e facilement cette lampe détectrice à réaction d’une deuxième lampe bigrille montée en amplificatrice basse fréquence. Cette lampe serait, d’ailleurs, montée comme une lampe ordinaire et la liaison se ferait à l’aide d’un transformateur basse fréquence à circuit magnétique fermé de rapport 3 ou 5. La grille intérieure G1 serait simplement portée à un potentiel positif, comme celle de la première lampe, mais il est préférable que ce potentiel soit plus élevé que celui de la lampe détectrice. On prendra soin, évidemment, de choisir soigneusement les lampes à deux grilles utilisées comme détectrice et amplificatrice basse fréquence; une lampe à deux grilles du commerce peut, en effet, parfaitement convenir pour la détection et non pour l’amplification, et inversement, car on n’estpas parvenu encore, malheureusement, à obtenir une régularité parfaite de la fabrication. P. Hémardinquer.
- Fig. 11.— Schéma d’une lampe à deux grilles
- montée en détectrice à réaction. Glt condensateur variable de 0,5/1.000 de microfarad;
- C2 R2, condensateur de 0,05/1.000 shunté par une résistance de 4 mégohms ; C3, condensateur de 2/1.000; Lj et Lâ, bobines d’accord et de réaction en nid d’abeilles ; P, potentiomètre de 300 à 400 ohms.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Daniel Berthelot
- Une cruelle coïncidence nous amène à consacrer dans le même numéro de La Nature un article à Marcelin Berthelot et un autre à son fils Daniel, décédé subitement le 9 mars dernier.
- Nous reproduisons ci-dessous les passages principaux de l’éloge prononcé par M. Barrois à l’Académie des Sciences :
- « Successivement préparateur à la Sorbonne, au Muséum, au Collège de France, Daniel Berthelot s’était stabilisé comme professeur de physique à l’Ecole de Pharmacie; c’est là, c’est dans son laboratoire de Meudon, qu’il poursuivait ses recherches, quand la mort vint nous le ravir.
- Ses premiers travaux ont porté sur les réactions des composés chimiques en dissolution, étudiées par la méthode des conductibilités électriques. Dès ses débuts, il abordait dans sa généralité le problème de la neutralisation des acides tant minéraux qu’organiques, ainsi que les questions de mécanique chimique qui s’y rattachent. Il est demeuré de ce premier travail, définitif, une méthode dite des « courbes de neutralisation», couramment employée dans la pratique.
- Un autre problème sollicita bientôt son effort, celui de la pyrométrie.
- La mesure des hautes températures se heurte à des difficultés si considérables qu’il existait, avant les recherches de notre confrère, des écarts de 40° entre les nombres des meilleurs expérimentateurs pour la plus importante des constantes pyrométriques au voisinage de 1000% celle du point de fusion de l’or. Les thermomètres ne donnent que des résultats incertains à la température du rouge, en raison de la nature de leur enveloppe.
- Daniel Berthelot voulut s’en passer et posa le principe d’une méthode optique nouvelle, basée sur l’application du phénomène des interférences à l’évaluation des températures en valeur absolue.
- Il introduisait dans la production des températures la précision des mesures électriques, et put ainsi déterminer avec sûreté quelques-uns des points fixes les plus importants dans la mesure dés températures élevées. Il pouvait passer à d’autres piesures.
- Les physiciens et les chimistes attachent, à juste titre, une grande importance à la connaissance de la densité des gaz. Daniel Berthelot montra qu’elle était encore sous-estimée, puisqu’on pouvait l’utiliser pour fixer leurs poids atomiques, avec une précision au moins égale à celle des analyses chimiques, à condition de substituer aux densités ordinaires mesurées sous la pression atmosphérique les densités limites que l’on déduit des premières.
- Cette méthode physique offrait le précieux avantage de permettre de calculer le poids moléculaire d’un gaz d’après deux données (densité et compressibilité) relatives à ce gaz seul.
- Les différentes valeurs obtenues sont donc indépendantes les unes des autres, ce qui n’est pas le cas pour les méthodes chimiques. L’accord des nombres obtenus pour les poids atomiques de l’oxygène et de l’hydrogène par des méthodes aussi différentes qu’une synthèse en poids de l’eau d’une part, et des mesures sur la densité et la compressibilité des gaz séparés, d’autre part, est également honorable pour les adeptes de ces deux disciplines.
- Après les densités limites, Daniel Berthelot a évalué les coefficients de dilatation limites. Utilisant des expériences sur la compressibilité des gaz à 0° et à 100°, il a ramené les
- coefficients de dilatation observés sous diverses pressions à leur valeur sous une très faible pression. En possession des densités limites et des coefficients de dilatation limites, il put donner exactement pour la première fois la constante des gaz parfaits, la plus importante des constantes physicochimiques.
- Ces études conduites avec une rare méthode amenèrent Daniel Berthelot à une équation caractéristique nouvelle qui lui permet de déduire de la seule connaissance de la pression et de la température critique tous les écarts des gaz réels par rapport aux gaz parfaits, tels qu’ils ont été mesurés par les meilleurs observateurs.
- A la suite de ces études sur les gaz, il étendit sa formule aux fluides en général.
- D’autres observations de Daniel Berthelot sur l’analyse des phénomènes électriques et magnétiques, d’autres méthodes imaginées par lui, telle celle pour la comparaison des constantes diélectriques, sont assurément présentes à vos esprits, mais ce que nous avons rapporté suffit à la réputation d’un savant.
- Par le choix et l’ingéniosité des méthodes mises en œuvre, la précision des observations, la sagacité des aperçus théoriques, Daniel Berthelot s’est classé parmi les expérimentateurs les plus habiles et les plus avisés de notre temps. De progrès en progrès, il allait se surpasser lui-même et se placer au premier rang des physiciens.
- On connaissait depuis longtemps les actions physico-chimiques de la lumière ordinaire ou visible. Les rayons rouges, à vibrations lentes, agissent faiblement, les rayons violets sont plus actifs. Avec les rayons ultraviolets invisibles de la lampe à vapeur de mercure à enveloppe de quartz, Daniel Berthelot a découvert de nombreux phénomènes du plus haut intérêt dont il a poursuivi méthodiquement les conséquences, tantôt seul, tantôt en collaboration avec M. Gaudechon.
- En exposant aux rayons ultraviolets dans un ballon de quartz un mélange de vapeur d’eau et d’acide carbonique, ceux-ci.se dissocient; le premier gaz se dédouble en oxygène et en hydrogène, le second en oxygène et en oxyde de carbone.
- Puis, dans le mélange, l’oxyde de carbone et l’hydrogène disparaissent à volumes égaux pour donner naissance à l’aldéhyde formique, le plus simple des composés ternaires (C, O, Bty ; l’aldéhyde formique peut se condenser et se polymériser, il est le point de départ des sucres végétaux, des amidons, des celluloses.
- A cette formation directe d'un composé ternaire, à la température ordinaire, sous l’action des rayons ultraviolets, Daniel Berthelot a fait succéder la formation du plus simple des composés quaternaires (Az, C, O, II), l’amide formique. De l’oxyde de carbone et du gaz ammoniac étant cette fois enfermés dans un ballon de quartz et irradiés, les deux gaz disparaissent à volumes égaux et un dépôt huileux d’amide formique tapisse les parois du ballon. L’amide formique, représente le point de départ des substances albuminoïdes qui constituent la base de la matière vivante.
- Ce que la fonction chlorophyllienne produisait seule chez les plantes, sous l’action du soleil, depuis les temps géologiques, Daniel Berthelot l’a reproduit dans son laboratoire au moyen des rayons ultraviolets.
- Par ces deux synthèses fondamentales, Daniel Berthelot avait rejoint Marcelin Berthelot : fils digne d’envie, il prolongeait la vie de son père.
- Il y,réussit encore par de nouvelles synthèses, par de nou-
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- velles réactions au moyen des mêmes irradiations : production de corps qui n’avaient pas encore été obtenus par les réactions purement chimiques, réaclions d’oxydation, réactions de polymérisation, reproductions des principaux types de la fermentation, interprétation dynamique du rôle des diastases. Nous renonçons à le suivre dans toutes ses photosynthèses, pour passer à sa photolyse, ou décomposition par la lumière, qui paraît plus générale que l’électrolyse, décomposition par l’électricité.
- La photolyse suit des lois déterminées comme l’électrolyse et l’on voit en particulier les dégagements gazeux caractérisés par des rapports volumétriques aussi simples que ceux de l’électrolyse.
- C’est ainsi que les sucres cétoniques, tels que le lévulose, dégagent de l’oxyde de carbone pur; les sucres aldéhydiques, tels que le glucose, dégagent deux volumes d’oxyde de carbone pour un d’hydrogène ; les sucres purement alcooliques ou polyols, tels que la mannite, dégagent des volumes égaux d’oxyde de carbone et d’hydrogène.
- L’amour de la science qui avait inspiré Daniel Berthelot nous l’avait donné, mais ne nous l’avait pas donné tout entier !»
- INVENTION
- Le projet de loi sur les brevets d'invention et la Société des Savants et Inventeurs.
- La discussion de cette nouvelle loi, destinée à régir les brevets d’invention, est enfin à l’ordre du jour du Parlement.
- On sait que les intéressés demandaient depuis longtemps la refonte de la loi de 1844 devenue bien désuète.
- Le Gouvernement ayant déposé à la Chambre des Députés, en 1924, un projet de nouvelle loi élaboré par le Comité technique de la Propriété industrielle, ce projet a été renvoyé à la Commission du Commerce et de l’Industrie dont les conclusions ont été données en juin 1925 dans un magistral rapport du député, M. Marcel Plaisant, l’éminent avocat, spécialiste en la matière.
- La Commission, tout en se ralliant, en général, au texte du Gouvernement, propose diverses modifications importantes donnant, en partie, satisfaction aux vœux qui lui avaient été exprimés par les intéressés.
- Les principaux points à signaler dans la nouvelle loi en préparation paraissent les suivants :
- Augmentation de la durée des brevets qui est portée de quinze à vingt ans ;
- Facilités nouvelles pour le dépôt d’un brevet avec secret d’un an ;
- Suppression par la Commission, à la demande des intéressés, d’un appel aux oppositions que prévoyait le projet du Gouvernement ;
- Création d’une organisation pour renseigner les brevetés sur la nouveauté des inventions, sans que la délivrance des brevets en dépende;
- Suppression de la chute des additions avec le brevet principal ;
- Fixation des droits respectifs des patrons et employés sur les inventions de ceux-ci;
- Délai de trois mois (Gouvernement) ou six mois (Commission) pour le paiement des annuités en retard avec amende ;
- Remplacement de la déchéance faute d’exploitation, par un système de licence obligatoire.
- La Société des Savants et Inventeurs de France, reconnue d’utilité publique, ayant pour président M. Esnault-Pelterie, et pour vice-présidents, MM. Barbet, Edouard Belin et
- ........ ..- --.......... ' = 377 =
- Rateau, demande au nom des Inventeurs, outre ces .améliorations, qui proviennent d’ailleurs en partie de son initiative, diverses autres améliorations très désirables dans l’intérêt national comme dans celui des Inventeurs, intérêts qui, du reste, sont liés, les inventions étant la base des industries les plus prospères. Les principales améliorations qu’elle demande sont les suivantes :
- Plus d’équité en faveur des inventeurs qui resteront de toute façon bien mal traités par rapport aux auteurs de productions littéraires ou artistiques, ou aux propriétaires de choses matérielles, en ce qui concerne tant la durée de leurs droits, que les taxes qui leur sont imposées, sans que les auteurs ou les propriétaires supportent rien de semblable pour garder leurs propriétés;
- Plus longue durée des brevets, pour lesquels le chiffre de vingt ans est encore très insuffisant, étant donné le temps nécessaire, en général, pour mettre les inventions au point ou en exploitation.
- Suppression de la déchéance faute de paiement des annuités, qui est une mesure si cruelle et si fâcheuse contre les inventeurs, et substitution d’autres moyens ne diminuant pas les recettes de l’Etat.
- La Société des Savants et Inventeurs de France serait désireuse de voir se joindre à elle tous les savants et inventeurs, dont elle défend avec énergie non seulement les intérêts généraux, mais aussi, à leur demande, quand il y a lieu, les intérêts particuliers.
- Elle le fait par le moyen de ses divers comilés et conseils techniques, et de la documentation importante qu’elle a réunie et en partie fait imprimer.
- Elle voudrait, pouvoir arriver, en groupant tous les savants et inventeurs, à faire en faveur de ses membres autant que la puissante Société des Auteurs fait en faveur des siens.
- Pour faire partie de la Société des Savants et Inventeurs, il faut payer une cotisation annuelle d’au moins 25 francs. Ecrire, pour adhésion et tous renseignements, au siège de la Société, 28, rue Serpente, Paris, 6°.
- ARCHITECTURE
- L'acoustique architecturale.
- Dans notre article du 1er mars 1927 sur cette question, nous avons mentionné brièvement les travaux importants de M. G. Lyon sur cette question, mais sans pouvoir donnerde détails. Car M. Lyon, qui a consacré de nombreuses années de sa vie à des recherches méthodiques et poursuivies dans l’esprit le plus scientifique sur ce sujet, n’enn’a jusqu’ici publié aucun exposé.
- D’une lettre que nous écrit l’un des fils de M. Lyon, nous extrayons les intéressants renseignements qui suivent: M. G. Lyon, nous dit-il, a fixé des règles acoustiques architecturales d’une grande simplicité. Dès qu’elles furent établies, ces règles ont été mises en pratique et je puis dire que les résultats furent extraordinaires.
- Vingt et une salles, après l’établissement d’épures longues, mais élémentaires, ont été corrigées parfaitement sans que dans le cours de ces travaux la théorie ait été une seule fois mise en défaut. Plus de 70 autres ont été en outre étudiées ou sont à l’étude dont un grand nombre sont envoie de correction pratique.
- Nous espérons pouvoir donner prochainement à nos lecteurs un aperçu de ces règles et de leur mode d’emploi, et démontrer ainsi que la contribution française au progrès de l’acoustique architecturale ne le cède pas à celle des savants américains et anglais.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les concepts scientifiques, par Hélène Metzger. 1 vol. in-16, 195 p. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Pans, 1926. Prix : 12 francs.
- « Gomment l’esprit humain est-il parvenu à renfermer les données les plus inconsistantes et les plus hétérogènes de l’expérience en des classes bien délimitées, stabilisées par la pensée ? Par quels procédés a-t-il rangé dans la même classe les choses présentant des ressemblances petites ou grandes et qu’il a cru révélatrices d’une communauté de nature? » Pour répondre à cette question, l’auteur interroge un grand nombre de savants anciens et modernes ; il caractérise quelles furent dans leurs œuvres les suppositions recélées par la conceptualisation ; il étudie successivement les concepts fondés sur la ressemblance, la permanence des substances, l’évolution ; enfin l’interprétation des concepts par le nominalisme scientifique qui cherche à s’évader de toute hypothèse.
- Les. courants de la pensée !philosophique française, par André Cresson. 2 vol. in-16, 210 et 212 p. Collection Armand Colin, Paris, 1927. Prix de chacun : relié, 11 fr. 90; broché, 9 fr. 80.
- Rappel sommaire des théories chrétiennes traditionnelles, des circonstances qui ont éveillé l’esprit critique à la Renaissance, étude de Montaigne, de Descartes, de l’anticartésianisme de Pascal, des tentatives de conciliation entre la physique cartésienne et le catholicisme augustinien dont Malebranche fournit un excellent exemple, examen détaillé de ce xvme siècle français dont l’effort philosophique n’est sous-estimé que par ceux qui ne le connaissent pas, analyses des tentatives que font, après 1815, les écoles traditionaliste, éclectique, positiviste, pour « clore la période révolutionnaire », du mouvement qui emporte certains penseurs contemporains du positivisme au scientisme et, certains autres vers l’antiscientisme et ses diverses formes : voilà la riche matière concentrée dans cet ouvrage, qui donne Une idée très vivante du travail de l’esprit français, de sa beauté, de sa vigueur et de son rôle, Le sujet est traité avec tant d’ordre et de simplicité qu’il est à la portée de tous les esprits et qu’il intéressera tous ceux qui cherchent à voir clair dans leur propre pensée.
- Chim ie industrielle, par P. Baud. 2° édition entièrement refondue. 1 vol. 1022 p., 331 fig. Masson et Gie, éditeurs. Paris, 1927. Prix : 100 francs.
- La première édition de cet excellent ouvrage était surtout destinée à l’enseignement. Mais elle n’en constituait pas moins un aperçu général sur l’ensemble complexe des industries chimiques, qui s’est révélé aussi utile pour les ingénieurs et praticiens que pour les élèves. Dans cette nouvelle édition, l’auteur, tout en conservant son plan primitif, s’est attaché à accentuer le côté technique de l’ouvrage, à développer l’exposé de certaines fabrications traitées sommairement ou omises dans la première édition, comme les produits pharmaceutiques ou le caoutchouc. Enfin tous les chapiti-es ont été mis à jour pour tenir compte des progrès récents les plus essentiels. L’auteur a su mettre en œuvre une vaste documentation, puisée très souvent dans l’étude directe des fabrications à l’usine même ; si volumineux que paraisse un tel livre au premier abord, on se rend compte aisément, étant donnée l’immense ampleur du sujet, qu’il ne saurait être qu’un résumé. M. Baud a eu le grand talent de mettre en évidence dans chaque chapitre les points réellement essentiels; aon livre forme ainsi un véritable précis, guide sûr et averti, auquel le lecteur peut se confier pour parcourir les dédales de l’industrie chimique contemporaine.
- Les ions d’hydrogène, par W. Kopaczewski. 1 vol. in-8, 322 p., 100 fig. Gauthier-Villars. Paris, 1926.
- La question de la concentration des solutions en ions d’hydrogène prend depuis quelques années une ampleur toujours croissante. C’est en effet une mesure plus fine, plus précise que les anciennes notions de l’alcalinité et de l’acidité dont les variations jouent un rôle prépondérant dans un très grand nombre de phénomènes chimiques et biologiques. On s’explique ainsi le nombre des livres qui viennent de paraître sur cette question. En voici un nouveau écrit par un physico-chimiste, qui étudie l’ensemble du problème. Après avoir rappelé les considérations théoriques de la dissociation électrique et des équilibres - des solutions, après avoir défini l’acidité réelle, il passe en revue les techniques de mesure et le fait avec détails, d’une manière pratique. Il décrit les appareils électrométriques, indique leur montage, explique leur manipulation, signale les erreurs possibles. Il fait ensuite de même pour les méthodes colorimétriques et passe
- enfin rapidement en revue les applications chimiques, biologiques, médicales. Une série de tableaux rassemble les données numériques utiles à consulter.
- Hydrogen Ion Concentration, par Leonor Michaelis. Vol. I. Principles of the Theory. Traduit sur la 2” édition allemande, par Williams A. Perlzweig. 1 vol. in-8, 299 p., 32 fig. William and Wilkins Gy, Baltimore, 1926. Prix : relié, 5 dollars. _
- Le traité de Michaelis, Wasserstoffionenkonzeniration, paru en 1914, fut une des premières publications qui attirèrent l'attention sur une nouvelle notion qu’il avait d’ailleurs largement contribué à établir, l’acidité et l’alcalinité des solutions, représentées par leur concentration en ions hydrogène, qu'on exprime le plus souvent par le symbole pH, Depuis, cette branche de la chimie physique s’est prodigieusement développée. Michaelis a écrit xine deuxième édition qui comprendra plusieurs volumes. Le premier, dont voici la traduction anglaise, est consacré aux principes théoriques. On y trouve les lois de la dissociation électrique, la théorie de la détermination quantitative de l’acidité et de l’alcalinité, le rôle des ions, et particulièrement des ions d’hydrogène, dans les différences de potentiel électrique. L’exposé est parfaitement à jour, clair, concis, aisé à suivre. On y trouve les récentes recherches sur l’activité, la dissociation des ampholytes selon les nouvelles conceptions de Bjerrum, la théorie de l'oxydation-réduction. Les questions de potentiels de membranes, d’absorption, et celles des phénomènes électrocinétiques sont réunies pour la première fois en un ensemble qui fait de ce livre un traité magistral, indispensable à tous ceux qui suivent ces nouvelles voies.
- Carbohydrate IMetabolism [and Insulin, par John James Rickard Magleod, 1 vol. in-8, 357 p., 33 fig. Mono-graphs on Physiology. Longmans, Green and Co, London, 1926. Prix cartonné : 18 sh.
- La question du métabolisme des hydratés de carbone a été transformée par la découverte de l’insuline, due en grande partie aux travaux de l’auteur et de ses collaborateurs. Aussi cette monographie a-t-elle la valeur non seulement d’une mise au point, mais d’un travail original fort impoi'tant.
- L’ouvrage débute par le rappel de la structure des îlots de Langerhans du pancréas, leurs variations expérimentales, les effets de la pancréatectomie, puis vient l’histoire de la découverte, de la préparation et des propriétés chimiques de l’insu-linde. Ensuite, une série de chapitres traite des effets de l’insuline sur le diabète, le glycogène du foie, le sucre du sang, la glycosurie, Le mécanisme d’action est longuement discuté et le livre se termine par l’indication des essais pharmacologiques des préparations d’insuline.
- C’est donc une œuvre complète, fondamentale, dont les conséquences thérapeutiques apparaissent aussi considérables que celles purement physiologiques.J
- Les algues marines des côtes de France, par
- E. Wuitner, 1 vol. in-16, 129 p., 134 fig., 112 pl. en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste Paul Lechevalier. Paris. Prix cartonné : 24 francs.
- Ouvrage pratique, d’un format de poche, donnant des conseils pour l’exploration de la côte, la recherche, la récolte et la préparation! des algues ; puis décrivant les espèces qu’on peut rencontrer, donnant des tableaux dichotomiques pour leur classification, enfin signalant les multiples usages de ces plantes. D’excellentes planches en couleurs, de nombreux dessins guident l’amateur et rendent agréable et aisé l’emploi de ce livre.
- Les Aleurites producteurs d’huiles siccatives dites huiles de bois, par M. le professeur Emile Perrot et Mme Khouvine. 1 br. in-8, 50 p., 13 fig. Association Colonies-Sciences, 44, rue Blanche, à Paris. Prix : 15 francs.
- Les huiles improprement appelées huiles de bois proviennent de gi’aines de divers arbres d’Extrême-Orient et sont utilisées comme succédanés de l’huile de lin. Celle-ci est importée annuellement en France pour plus de 300 millions de francs de l’étranger par les industries de peinture, du vernis, du linoléum, des films, etc. Les auteurs, après avoir étudié les conditions de production des huiles de bois font ressortir que certaines de nos colonies, l’Indochine notamment, sont susceptibles d’en produire de grandes quantités. Ils concluent à la nécessité, plus impérieuse que jamais, d’une liaison entre les producteurs eoloniaux et les industriels métropolitains pour nous affranchir, dans la plus large mesure possible, de l’étranger par l’emploi de méthodes scientifiques dans les cultures coloniales.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Février et de Mars 1927.
- MAGNÉTISME
- Pour la mesure des champs magnétiques.
- (M. Gaston Dupoxjy.) — L’appareil présenté par M. Cotton repose sur ce principe : si l’on soumet à un couple proportionnel au carré du champ magnétique uniforme qui tend à l’orienter un cristal mobile autour d’un certain axe et si l’on oppose à ce couple la torsion d’un fil on d’un ressort spiral, à chaque valeur du champ correspond une position d’équilibre et la mesure de l’intensité, évaluée en gauss, se lit sur un cadran gradué.
- De maniement commode, ce gaussmètre, à cristal de carbonate C03Fe, a déjà rendu de grands services pour déterminer la topographie des champs créés par le modèle réduit du gros électro-aimant, actuellement en construction par les soins de l’Académie.
- PHOTOCHIMIE
- Sur les actions chimiques des radiations.
- (M. P. Villard.) — Par la notion des niveaux atomiques, ce physicien a récemment expliqué l’effacement d’une image latente de rayons X, par la lumière ordinaire, et le rétablissement, à peu près total, de la sensibilité du gélatino-bromure pour ces mêmes rayons. Dans cette conception, l’ionisation causée par la lumière amènerait la reconstitution des niveaux atteints par les radiations X, mais inaccessibles à la lumière; ainsi serait supprimée l’image et ramenée la sensibilité pour la haute fréquence.
- En utilisant des plaques Micro à grains très lins (Cf. La Nature, n° 2753, p. 68), M. Yillard confirme ses hypothèses et montre que, même fortement impressionnée par la lumière, une plaque au gélatino-bromure n’est pas solarisée par les rayons de très faible longueur d’onde et conserve même une grande partie de sa sensibilité à leur égard.
- On ne saurait donc admettre que toutes les radiations produisent des impressions de même nature sur les émulsions photographiques. Les propriétés d’une image latente varient avec la fréquence de la radiation agissante, c’est-à-dire avec le rang du niveau atomique qu’elle intéresse.
- THERMOCHIMIE
- Quelques chaleurs de combustion. (M. Henri Marce-let.) En vue de leur utilisation comme carburant dans les moteurs semi-Diesel, cet auteur a déterminé les pouvoirs calorifiques de certaines huiles d’animaux marins (Globice-phalus, Dëlphinus, Centrophorus, Dorosoma, etc.).
- Les chiffres les plus élevés permettent des comparaisons intéressantes avec ceux que fournissent les pétroles de consommation courante.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- La digestion des grains d’amidon dans les cellules végétales. (M. A. Maige.) 4— Les divers processus connus se rattachent à deux types : digestion périphérique, qui ne change ni la régularité du contour du grain, ni la densité intérieure, et la digestion interne qui, provoquant uue érosion profonde dans toute la masse, en amène une disso-
- lution lente. On est ainsi conduit à admettre l'une ‘de ces trois hypothèses : 1° nature de l’hydrate de carbone qui, par sa contexture, serait plus perméable au ferment dans le cas de digestion interne ; 2° nature de l’amylase ; 3° existence dans le cas de digestion périphérique, d’une action régulatrice du stroma plastidal.
- Rejetant les deux premières, dont l’une fut défendue par A. Meyer, M. Maige a fait porter ses recherches sur des rejets de Pommes de terre, des cotylédons frais de Haricots, des hypocotyles du Pois à grain ridé, enfin des cotylédons verts de Pkaseolus multiflorus. Il en conclut que les deux modes de digestion des grains d’amidon, périphérique et interne, sont en relation directe avec la présence ou l’absence d’une écorce plastidale jouissant, à l’égard de la diastase, de la propriété adhésive.
- PATHOLOGIE
- La pathogénie de l’urémie. (MM. L. Blum et D. Broun.) —Ayant, vu que l’ingestion de chlorure NaCl peut amener chez les néphritiques atteints d'une rétention de chlore, non accompagnée d’une rétention d’eau, des accidents comme l’anorexie, la céphalée, l’insomnie et l’agitation, les auteurs ont cherché à voir si cette rétention chlorée joue un rôle de quelque importance dans la pathogénie de l’intoxication urémique.
- Ayant établi d’abord que la rétention sèche est essentiellement tissulaire, alors que la rétention hydratante ou chloro-sodique est humorale, ils ont fait l’examen d’un certain nombre d’organes. Chez les urémiques, ils ont ainsi constaté que la rétention chlorée sèche marque une prédilection très nette pour le système nerveux, et notamment pour la substance grise. Le rapport Na : Cl, qui varie entre 9 et 13 pour des sujets non urémiques, tombeau-dessous de 2 parfois chez les malades. De là sans doute une modification profonde des colloïdes cellulaires, entraînant des troubles fonctionnels de nature nerveuse. |
- ANATOMIE COMPARÉE
- L’indice de valeur cérébrale au cours de l’enfance,. î(Mlle P. Coupin.) — Par application de la formule PE' = PS°-25x K où PS représente le poids de l’individu et K le coefficient de céphalisation chez l’adulte (Dubois), l’au-PE
- teur établit le rapport pjg>’ dit indice de valeur cérébrale,
- où PE représente le poids du cerveau d’un animal, à un stade donné de son développement, PE" étant celui d’un adulte supposé ramené à la taille qui correspond à ce stade.
- En utilisant pour l’orang-outang les chiffres de Keith, Rolleston et Max Weber et en reprenant les chiffres donnés par l’autopsie de deux jeunes gorilles, Mlle Coupin trouve pour le coefficient de céphalisation les valeurs 0,71; 0,74; 1,14 et 2,79, suivant qu’il s’agit du Gorille, de l’Orang, du Chimpanzé ou de l’Homme.
- (s* Elle en conclut que la supériorité du jeune sur l’adulte est d’autant plus marquée que l’on s’adresse à une espèce d’anthropoïdes moins développée du point de vue intellectuel.
- Les hommes d’âge mûr lui sauront quelque gré de cette affirmation.
- Paul Baud.
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- PETITES INVENTIONS
- Fig. 1.
- L’essuie-glace Dux monté.
- AUTOMOBILISME
- Essuie-glace Dux semi-automatique
- L'essuie-glace est un accessoire indispensable pour permettre la conduite de la [voiture par^tous les temps. Il était
- constitué au début par une simple raclette de caoutchouc que l'on faisait glisser avec la main, mais les inventeurs n’ont pas tardé à imaginer des appareils fonctionnant automatiqu ement soit par l’action du moteur, soit par la commande d’un petit moteur électrique spécial.
- Ces appareils, si parfaits soient-ils, ont l’inconvénient
- d’être d’abord d’un prix assez élevé, puis d’exiger une préparation pour leur mise en place. Il est nécessaire de disposer d’un emplacement suffisant et de percer la glace du pare-brise, de sorte que l’essuie-glace doit continuellement rester posé, même par beau temps.
- Un appareil récemment imaginé et breveté, a la particularité d’être d’une simplicité très grande et de se poser sans qu’on ait à toucher en quoi que ce soit à la glace. La fixation est assurée, en effet, par deux plaquettes avec joues en caoutchouc, qui empêchent le glissement sur la glace lorsqu’elles sont serrées au moyen de deux écrous.
- L’appareil, d’encombrement minime, peut ainsi se poser sous la glace mobile; les écrous sont serrés progressivement et la partie repliée de la plaquette mobile s’encastre plus ou moins suivant l’épaisseur de la glace.
- Cette monture comporte un mécanisme constitué par un levier formant secteur denté et agissant sur une autre denture solidaire de la raclette de l’essuie-glace. Ainsi une légère action du doigt sur la manette de commande la fait déplacer d’un quart de tour, ce qui correspond au voyage aller et retour sur un demi-cercle de la raclette de nettoyage.
- Le retour de la manette
- Fig. 2.
- Réglage de la hauteur.
- de commande est automatique, grâce à un ressort de rappel qui est dissimulé dans le corps de l’appareil.
- Pour assurer un nettoyage parfait, on a prévu le réglage tout d’abord en hauteur, qui s’opère par un simple déplacement de la chape tenant le balai sur une tige ondulée. Si, pour une raison quelconque, la raclette est trop longue, il est facile de la raccourcir, beaucoup moins qu’avec un essuie-glace ordinaire puisqu’il est possible de placer au
- point voulu le centre de la raclette par rapport à la tige qui la porte, ainsi que le montre le croquis (fig. 1).
- La position de la chape est modifiée facilement en retirant la goupille qui l’arrête et en faisant coulisser la chape sur la tige ondulée. On rapporte ensuite la goupille dans un des crans de la tige ; la distance entre les crans est d’environ 6 millimètres (fig. 2).
- On peut également régler la pression de la raclette sur la glace au moyen d’un bouton molleté qui agit sur la lige porte-balai, d’autant plus régulièrement que le balai est fixé exactement en son milieu. Il y a donc autant de caoutchouc de part et d’autre du point d’articulation, la pression est ainsi uniforme.
- Ce petit appareil, simple, de prix peu élevé, permet aussi une combinaison très ingénieuse en disposant deux essuie-glaces jumelés et placés l’un devant le conducteur, l’autre devant le passager assis sur le siège avant. Les deux appareils sont réunis par une tringle terminée à chaque extrémité par une sorte de patte qui s’engage dans une gorge ou poulie, préparée à cet effet, entre la manette et le levier sur lequel elle est fixée. Cette tringle est [placée instanta-
- Fig. 3.
- Deux essuie-glace Dux montés sur l’avant d’une voiture.
- nément, elle donne la possibilité au passager de manœuvrer non seulement son essuie-glace, mais également celui du conducteur, qui n’a pas à se soucier dorénavant d’assurer le nettoyage de la partie de la glace placée devant lui.
- E. H. Weiss
- Èssuie-glace Dux — 23 Rue Guillaume Tell, Paris.
- Chauffe-mains pour volant d’automobile.
- Voici un appareil qui est destiné au cours de l'hiver à rendre de grands services aux automobilistes.
- Il est formé par une résistance électrique que l’on enroule sur un volant et que l’on peut relier à la batterie d’accumulateurs, au moyen de prise de courant et de fiches. Le courant circule dans la résistance qui maintient chaudes les mains du conducteur. Cela est d’un usage appréciable, surtout pour ceux qui gardent l’habitude de la voiture découverte.
- Le chauffe-mains est applicable, bien entendu, à toutes sortes de véhicules automobiles, aussi bien pour celui du médecin
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- Chauffe-mains fixé sur un volant d’automobile.
- qui doit se rendre la nuit au chevet d’un malade, que pour le taxi d’un chauffeur tenu de conduire par tous les temps et surtout à toutes les heures.
- L’appareil se pose d’une façon très simple au moyen de brides sur les deux parties du volant à l’endroit où l’on pose habituellement les mains.
- Rollet et Cie, 64, rue de la Folie-Méricourt. Paris.
- MÉCANIQUE Treuil d’applique
- A l'Exposition de l’Union des inventeurs de la Loire, à Saint-Etienne, figurait un petit treuil d’applique, entièrement métallique, robuste et léger, permettant la manœuvre rapide des matériaux de construction.
- Le diamètre d’enroulement du câble métallique sur le tambour est constant, le câble n’est pas entraîné et retenu par une gorge angulaire qui risque de le coincer et de le déformer, il ne subit donc pas de détériorations.
- Cet appareil se fixe sans bâti spécial sur une chèvre, un trépied, une planche quelconque ; il s’installe rapidement sans nécessiter un appui important,
- En raison de son poids réduit qui n’atteint que 7 kilos, il est facile de le monter sur une solive, une toiture, dans le vide d’une baie par exemple. La capacité normale de levage est de 65 kilos et la vitesse d’ascension, avec un fonctionnement à bras de la manivelle par un homme de force courante, est de 20 à 25 mètres par minute- Le câble peut être mouflé et dans ce cas il peut s’élever de 30 mètres.
- L’un des avantages principaux de ce petit treuil est la régularité de la résistance, qui fait que l’effort est le même à la hauteur d’un cinquième étage qu’au début de l’ascension de la charge. Le diamètre du tambour n’augmente pas, car le câble sort de l’appareil et descend dans le vide.
- Constructeur : Henri Croizier à Fraisse (LoireJ.
- OBJETS UTILES Un métronome à ruban.
- Ce petit appareil qui ressemble à un mètre à ruban minuscule n’est autre chose qu’un métronome. Un métronome pendulaire. C’est ainsi que le qualifie son inventeur, M. Bauhain, chronométrier à Bordeaux.
- Au lieu d’être divisé en décimètres et centimètres de longueur uniforme, le ruban porte des divisions correspondant
- Métronome à ruban.
- Fig. 5. — Treuil d’applique Croizier.
- aux principales mesures employées en musique. Vous saisissez l’instrument de la main gauche et de la droite vous tirez sur l’anneau jusqu’à ce que le numéro de la mesure voulue affleure l’orifiçe de sortie. Vous vous mettez dans la position de la figure et les oscillations de la boîte vous donnent immédiater •ment la mesure demandée.
- Quand vous avez fini, vous appuyez de l’ongle sur un bouton qui dépasse légèrement la boîte sur le centre, et le ruban rentre à l’intérieur précipitamment comme les cornes de l’escargot qu’on vient d’effleurer avec une paille !
- C’est très simple. Il suffisait d’y penser pour le réaliser.
- Toute l’échelle des danses anciennes et modernes s’étage sur ce petit ruban d’un instrument qui ne pèse pas plus de 100 grammes, depuis les 60 oscillations à la minute de Y adagio aux 208 battements du prestissimo, depuis les 60 du tango au 176 de la java et au 200 du fox-trot...............
- De quoi se compose l’appareil? D’un ressort enfermé dans un petit barillet sur la périphérie du fond duquel sont taillées des dents de rochet sur lesquelles appuie un cliquet. Ce cliquet permet au barillet sur lequel on . agit par le ruban, de se déplacer dans le sens de la sortie de celui-ci. Pour le faire rentrer il suffit d’appuyer sur le bouton central lequel éloigne le cliquet et des dents libèrent le ressort, ÇeluLci, en se détendaift, détermine la rentrée brusque de tout en place.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La production du tabac.
- A propos de la production du tabac dans les colonies françaises et de nos importations (n° 2755, 19 février 1927, p. 188) M. M. Bes-sime, professeur à l’École normale primaire de Constantinople, nous signale que la Turquie a été omise, qui est un des principaux producteurs, tant pour la qualité que pour la quantité.
- M. Bessime indique que la production annuelle moyenne de la Turquie dépasse 50 000 tonnes de feuilles sèches. Elle fut de 50 000 en 1925 et de 42 000 en 1926, année particulièrement sèche. Les Etats-Unis, grands producteurs de tabac, importent cependant chaque année près de 15 000 tonnes de tabac des Smyrne qu’ils mélangentaux feuilles américaines, pour faire un produit plus doux.
- L’origine du mot Fuchsine.
- A'propos de la communication de M. Th. d’Estreicher (n° 2955), M. Stachling, maître de conférences de Chimie à la Faculté des Sciences de Strasbourg, nous écrit :
- « Je suis étonné de l’opinion exprimée par votre correspondant.
- L’étymologie Renard-fuchs m’a été indiquée il y a trente ans par un chimiste lyonnais dont le père avait assisté au lancement de la fuchsine découverte par Yerguin et vendue par celui-ci à la maison Renard frères.
- Le collègue de M. T. d’Estreicher a-t-il jamais regardé un fuchsia? La fleur du. fuchsia est toujours bicolore, rouge et bleue, rouge et blanche, etc. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Cadre antiparasites.
- 1° Le cadre1 antiparasites inventé par M. Blondel a été décrit en détails dans La Radio (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Pour obtenir, ou du moins tenter d’obtenir un effet antiparasites avec votre cadre actuel, vous pourriez entourer d’un enroulement protecteur perpendiculaire l’enroulement récepteur, mais les spires de cet enroulement protecteur doivent être mises en court-circuit et peuvent être reliées à la terre.
- En pratique, votre cadre en spirale plate de 7o cm de côté pourrait être entouré par un enroulement protecteur « en tambour », dont le plan des spires serait perpendiculaire au plan de l’enroulement récepteur.
- Ces spires seraient écartées de 2 cm et mises en court-circuit par paires.
- 2° L’emploi d’un accumulateur de forte tension et de faible capacité pour obtenir la tension plaque d’une superhétérodyne est très recommandable lorsqu’on dispose d’un redresseur de courant qui permet une recharge facile.
- En réalité, le prix d’entretien d’une telle batterie (frais d’amortissement d’achat compris) est beaucoup moins élevé que s’il s’agissait d’une batterie de piles de grande capacité nécessaire avec un tel poste.
- D’autre part, la résistance intérieure de cette batterie est beaucoup moins grande que celle d’une batterie de piles, et n’a pas tendance à augmenter constamment comme la résistance) de cette dernière. Il en résulte que le fonctionnement du poste de réception ne peut être troublé, en général, par ce fait fâcheux qui détermine des « accrochages » et des sifflements gênants dont on discerne souvent mal la cause très_ simple.
- On peut donc recommander l’emploi d’accumulateurs de tension plaque à tout amateur que l’entretien un peu délicat de ces petites batteries n’effraie pas.
- M. Manchon, a Rouen (Seine-Inférieure).
- Réparation d’un accumulateur et boîtes d’alimentation.)
- 1° Nous ne comprenons pas fort bien comment une batterie d’accumulateurs au plomb peut comporter un bac à carcasse métallique que vous désirez ressouder, et peut-être votre batterie serait-elle du type fer-nickel à liquide alcalin. 11 serait utile, en tout cas, que vous nous donniez des détails à ce sujet.
- 2° Nous avons déjà donné plusieurs fois des indications dans La Boite aux lettres de La Nature sur les boîtes d’alimentation par le courant d’un secteur. Il existe maintenant des dispositifs qui donnent des résultats satisfaisants.
- A notre avis, le meilleur procédé consiste à utiliser des lampes à faible consommation qui n’exigent qu’un com'ant de chauffage d’une tension de 1 volt environ. On peut chauffer ‘ces lampes à
- l’aide d’une pile thermo-électrique actionnée par le courant alternatif d’un secteur.
- La tension plaque, d’autre part, peut être simplement fournie par un redresseur à valves thermoioniques dont il existe de nombreux modèles et il est évident .que le type de boîte d’alimentation à employer varie suivant le nombre de lampes du poste récepteur, caractéristique que vous n’indiquez pas, d’ailleurs.
- Voici deux adresses de constructeurs de boîtes d’alimentation :
- 1° Etablissements Masson, 31 bis, avenue de La République, Paris.
- 2° Etablissements Ariane, 6, rue Fabre d’Eglantine, Paris.}
- M. SoUBETRAND, A ChAMBON DE TeNCE (ÜAUTE-LoIRE).
- Essais avec radio modulateur bigrille.
- Un appareil à changement de fréquence par lampe bigrille est essentiellement destiné à la réception sur cadre.
- On obtient cependant, en général, d’excellents résultats également en connectant un fil de prise de terre à l’une des bornes du cadre, comme il a été expliqué dans La Radiophonie pratique de La Nature.
- Ce poste récepteur étant très sensible, il est inutile, en général, d’utiliser un cadre dont l’enroulement ait plus de 0 m. 70.
- Il est difficile, dans la journée, de recevoir les émissions radiophoniques sur ondes courtes par suite de l’influence nuisible de la lumière solaire sur la propagation des ondes de 200 à 500 m. de longueur utilisées actuellement pour la radiophonie.
- Pour entendre plus facilement ces émissions, et du moment que vous ne pouvez pas utiliser une antenne extérieure et une prise de terre par suite des bruits parasites produits, il faudrait augmenter la sensibilité de votre poste récepteur en ajoutant un étage d’amplification haute fréquence en avant de la lampe bigrille.J
- M. Morin-Gautier, a Nantes (Loire-Inférieure).
- Réception sur cadre ou antenne intérieure~'et questions diverses sur l’alimentation des poste~s de T. S. F.
- 1“ Pour recevoir à quelque 300 km de Paris les émissions radiophoniques, et plus spécialement les émissions sur ondes courtes, à l’aide d’un cadre ou d’une antenne intérieure, il est nécessaire d’employer un poste à changement de fréquence ou un appareil à amplification directe à multiples étages haute fréquence.
- 2° On ne peut pas juger a priori de l’efficacité d’une ligne d’un secteur électrique utilisé comme antenne et seule l’expérience peut indiquer des données certaines.
- Une antenne intérieure tendue dans votre grenier vous donnera certainement des résultats plus réguliers, et une audition plus pure exempte dé bruits parasites.
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- 3° Voici des adresses de constructeurs qui pourraient vous fournir des postes convenant bien à votre cas particulier.
- Etablissements Péricaud, 85, boulevard Voltaire, Paris (Poste Superisodyue). Etablissements Radio L.-L, 66, rue de l’Université, Paris (Poste Superhétérodyne). Etablissements Lemouzy 121, boulevard Saint-Michel, Paris (Poste Hyperhétérodyne).
- Une installation de ce genre complète coûte de 3000 à 5000 fr. environ actuellement.
- 4° En général, la réception sur cadre n’exige pas de prise de terre:; il y a avantage cependant à en employer quelquefois, comme nous l’avons indiqué dans une réponse précédente.
- 5° La durée d’un bloc de piles pour tension plaques varie suivant le type d’appareil et suivant le type des piles. La durée la plus normale est de trois mois.
- 6° Nous avons indiqué dans une réponse précédente notre avis sur la question des boîtes d’alimentation sur le courant d’un secteur, mais leur usage n’est pas fort économique à cause de leur prix d’achat élevé.
- M. Revière, a La.va.ud (Vienne).
- Ouvrages sur les ondes courtes de T. S. F.
- Parmi les ouvrages traitant des très petites ondes, ouvrages d’ailleurs peu nombreux encore, nous pouvons vous signaler le livre sur les Ondes très courtes de M. Mesny, Ghiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris, et L’Emission d'amateur, par M. Laborië, ïla T.. S» F. Moderne, éditeur, 9, rue Gastex, à Paris.
- Dr Pichard, Angers-.
- Alimentation d’un poste de T. S. F. sur courant alternatif.
- Un tableau de tension-plaque sur le courant d’un secteur alternatif peut donner de bons résultats, s’il est bien construit et si surtout le filtre qui fait suite au redresseur est établi avec des bobinages de choc bien adaptés et de bonne qualité, et également avec des condensateurs bien choisis.
- La question du chauffage du filament est plus délicate ; elle sera d’ailleurs traitée dans La Nature. A notre avis, l’amateur qui veut construire un appareil lui-même aurait tout intérêt à se contenter d’une petite batterie à liquide immobilisé qui serait simplement chargée facilement à l’aide d'une valve de redressement connectée immédiatement à l’aide d’un commutateur, lorsque le poste de réception n’est pas en fonctionnement.
- M. Benoit, Enghien.
- Sélectivité d’un poste à changement de fréquence.
- On sait que la sélectivité. d’un poste à changement de fréquence est surtout due à l’existence des circuits de liaison entre le détecteur pour ondes courtes et les étages d’amplification moyenne fréquence. Ges circuits séparent les battements provenant de l’émission à recevoir des battements qui pourraient provenir de l’émission perturbatrice, grâce à la grande différence de fréquence qui existe entre eux.
- Cependant la sélectivité d’un tel poste est évidemment accrue si l’on emploie des liaisons moyenne fréquence à résonance ou si l’on fait précéder le détecteur pour ondes courtes d’un •étage haute fréquence également à résonance.
- Pour augmenter la sélectivité de votre superhétérodyne trois moyens sont donc possibles :
- 1° Utiliser comme tesla de liaison des bobines à couplage variable, par exemple deux bobines en nids d’abeille montées sur un support à une partie fixe et une partie mobile ;
- 2° Utiliser des étages moyenne fréquence à résonance réalisés -avec des transformateurs, bobinés en sandwich par exemple, d’un type courant dans le commerce, et dont le secondaire est shunté par un condensateur fixe ou variable de 0,5/1000 de microfarad;
- 3° Faire précéder la détectrice pour ondes courtes d’une lampe 4e couplage à transformateur haute fréquence accordé. Ce transformateur pourra être réalisé simplement au moyen de bobinages en nids d’abeille, avec bobine secondaire shuntée par un condensateur variable de 0,5/1000 de microfarad.
- L’adoption de ces trois dispositifs permettrait évidemment
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- d’obtenir un appareil d’une sélectivité extrêmement marquée ; mais, par contre, le réglage deviendrait par trop difficile.
- L’expérience montre que l’on peut se contenter, en général, de réaliser un tesla de liaison avec des bobinages accolés à couplage fixe, on a même l'habitude, dans ce cas, d’employer un transformateur moyenne fréquence dont on shunte le primaire.
- L’adoption d’étages moyenne fréquence à résonance avec première lampe détectrice précédée d’un étage haute fréquence semi-apériodique, ou l’emploi d’étages moyenne fréquence semi-apériodiques avec amplification haute fréquence à résonance précédant la première détectrice suffit pour obtenir une sélectivité satisfaisante, surtout si l’on reçoit sur cadre, ce qui est généralement le cas. M. P.-L., a Strasbourg.
- Système de liaison moyenne fréquence pour changeur de fréquence.
- 1° Nous ne pensons pas que le constructeur que vous nous indiquez continue sa fabrication.
- 2° A notre avis, le mode de liaison: moyenne fréquence le plus pratique à la suite d’un changeur de fréquence bigrille est la liaison par transformateur accordé, et nous ne vous conseillons pas la liaison par impédances.
- Voici des adresses de constructeurs de transformateurs de ce genre : Etablissement Electrons, La Yarenne-Saint-Hilaire(Seine). Etablissements A.-L., 11, avenue des Prés, Saint-Cloud (Seine-et-Oise).v M. Monbureau, a Poitiers (Vienne).
- Les parasites industriels.
- La « Commission Internationale ((de Radiophonie » établie a Genève, et dont nous avons signalé plusieurs fois l’existence, vient de s’occuper avec raison de la question si importante des parasites industriels qui troublent si fâcheusement les^meilleures auditions surtout dans les villes.
- Une commission spéciale étudie d’une [part les solutions techniques capables de remédier à ces graves perturbations, et, d’autre part, les problèmes juridiques nouveaux que peut .présenter l’application de ces solutions techniques.
- Un questionnaire (très complet relatif à cette questionna (été envoyé à tous les adhérents du Comité. Espérons qu’un Résultat efficace sera enfin atteint.
- Les auditeurs de T. S. F. dans le monde.
- Le l«r janvier 1927 les nombres des auditeurs dans quelques pays du monde étaient ainsi répartis.
- Allemagne : 1 376 564.
- Hongrie : 59 383.
- Irlande : 4 544. . V\.. -,'.i -
- Pologne 1 52000.
- Suisse : 31194,
- Australie : 175 598.
- Tchéco-Slovaquie : 180 000.
- Revues de T. S. F.
- Voici les adresses de revues de T. S. F. que vous nous demandez :
- 1° Les Annales de la T. S. F., librairie Eyrolles, 3, rue Thénard, à Paris ;
- 2° La T. S. F. pour tous, Ghiron, éditeur, 40, rue de Seine.
- M. le Dr V., Angers.
- Livres contenant des schémas dé montage de T.S.F.
- Vous pourrez trouver des indications avec schémas et photographies pour la construction à l’aide de pièces détachées du commerce de postes de réception puissants sur antennes, cadres ou antennes intérieures dans les livres suivants : Les Montages Modernes en radiophonie, et Les Montages puissants en T. S. F. (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris;.
- Pour le choix du poste à construire, les soins d’entretien, mesures, etc., vous pouvez consulter la Pratique radioélectrique (Masson, éditeur). Ancien abonné belge.
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- LES GALETS COLORIÉS DU MAS-D'AZIL
- Fig. 1.
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- Amulettes égyptiennes.
- La campagne entreprise dans la vallée de l’Arize (Ariège) par, Ed. Piette, au cours des années 1887, 1888 et 1889, fut très féconde en heureux résultats. Entre autres objets, trouvés sur la rive gauche du fleuVe, au Mas-d’Azil, les fouilles amenèrent la découverte de nombreux galets, généralement plats et oblongs; mesurant environ neuf centimètres dans leur plus grande dimension. Les uns sontgris etde nature quartzienne, les autres blancs, quelquefois légèrement teintés en rose. Ils portent, peints à l’ocre rouge, des sujets infiniment variés, peintures grossières faites sans goût, sans art, sans la moindre application. Le pinceau, des bâtonnets et même le doigt étaient les instruments dont se servaient les troglodytes pour appliquer leur couleur. C’est l’étude de ces ourieux monuments qui fait l’objet de ce travail.
- Après des millénaires sans nombre, durant lesquels il ne connut point d’autre existence que celle des animaux au milieu desquels il vivait, l’homme, dès que son esprit eut acquis la faculté de percevoir, de se ren- , î
- dre compte de ses sensations, ne pouvait rester insensible aux phénomènes dont il était sans cesse le témoin.
- L’éclat du soleil et de la lune, le retour périodique des saisons, le vent, les orages, le grondement du tonnerre, les flots de l’Océan, le mystérieux silence des forêts, frappèrent tour à tour son imagination; n’en connaissant point la causé, dans son ignorance les considérant comme des agents conscients et animés, il les convertit en divinités bienfaisantes ou hostiles, suivant que leurs effets lui étaient favorables ou funestes.
- Par la suite, la superstition lui fit attribuer à des objets de toute nature la vertu de préserver soit des maladies, soit des maléfices et en général de détourner toute influence ma-
- Fig. 2. Abraxas.
- Fig. 3. — Emblèmes. a, disque solaire; b, scarabée; c, pendants d’oreilles.
- ligne des personnes ou des choses auxquelles il était attaché. Telle fut l’origine des amulettes.
- Les Egyptiens, qui étaient le peuple le plus religieux et le plus superstitieux de la terre, nous ont laissé par milliers, des amulettes de toute nature, auxquelles sont consacrés quelques-uns des derniers chapitres du Livre des Morts. Ces menus objets nous montrent avec l’image de la figure humaine et les diverses parties dont elle est constituée, des animaux, des plantes, des objets usuels très variés, auxquels on attribuait un caractère symbolique (fig. 1). '
- Au ix': siècle, après l’avènement du christianisme, les Gnostiques, '
- mêlant à la nouvelle doctrine les divinités du paganisme, mais surtout les dieux du panthéon pharaonique, multiplièrent l’usage des amulettes. Sur des pierres gravées de forme ovale, avec le nom d’ABPAXAS, qu’ils donnaient à l’Etre Suprême, figurent des. sujets composés de bizarres assemblages déformés empruntées à la figure humaine et à celle de divers animaux, d’attributs de tout genre dont l’explication ne pourrait être fournie que par la connaissance, encore imparfaite dés doctrines Gnostiques.
- divinités égyptiennes, les Abraxas figures astronomiques, le soleil, la On y rencontre souvent portant un bouclier et vêtu d’une cotte d’armes, un corps humain avec les jambes faites de, deux serpents dont les têtes forment les pieds. Emblème du soleil, il est muni d’une tête de coq, parce que c’est le chant de cet oiseau qui, chaque matin, annonce le lever de cet astre Sa main tient un fouet dont il excite ses coursiers (fig. 2). Voici encore, agenouillé, un corps humain à tête d’oiseau et aux bras formés de deux ailes, un énorme lézard en contemplation devant la lune, enfin de nombreuses inscriptions, souvent indéchiffrables.
- Une étude comparée de ces petits monuments, avec les galets coloriés du Mas-d’Azil, nous permettra de savoir quelle était la destination de ceux-ci, et s’ils n’auraient pas avec les autres une étroite relation.
- Nous ferons d’abord remarquer que dans
- vVvec l’image des nous montrent des lune et les étoiles.
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- la région où l’on a découvert ces galets, sur la rive gauche de l’Arize, les fouilles ont également mis à jour, mais sur la rive opposée, une statuette, en palme de renne, représentant un sphinx ailé, conception matérielle de la divinité.
- La présence de cet emblème démontre clairement que les hommes de cette époque avaient une religion et, par conséquent, possédaient des croyances, des superstitions de toutes sortes et avec elles tous les accessoires qu’elles comportent. De sorte que la présence de ces galets dans le même voisinage, ne nous paraît point fortuite et peut fort bien se rattacher à celle du sphinx, ce qui nous amènerait à leur reconnaître un caractère mystique.
- Cet endroit était probablement un centre religieux où se fabriquaient des milliers de talismans, fort recherchés, sans doute, des régions avoisinantes.
- Quand on examine attentivement les sujets représentés sur ces galets, on ne peut s’empêcher d’y reconnaître un air de parenté avec les amulettes égyptiennes. Ainsi que les parties de la figure humaine, les images représentées sur ces menus objets, se composent, — mais moins habilement traitées, — des mêmes éléments : symboles, produits de la faune et de la flore, monuments, objets de toute sorte, etc. Aussi ne doit-on pas hésiter, croyons-nous, à voir dans les galets coloriés du Mas-d’Azil, des talismans préhistoriques.
- Gomme il serait téméraire, dans un semblable sujet, de vouloir préciser d’une manière trop absolue, nous nous bornerons à étudier ceux de ces galets qui nous permettront d’établir les hypothèses ayant le plus de vraisemblance.
- EMBLÈMES.
- Le disque solaire. — Le soleil a joué un rôle prépondérant dans les religions de la ! haute antiquité. Frappés de la puissance bienfaisante de cet astre, qui répand la vie dans le monde et sans lequel il n’y aurait à la surface de la terre que la nuit profonde et le néant, dès les temps les plus anciens, les hommes primitifs adorèrent le soleil et lui rendirent un culte.
- Les Egyptiens, les Chal-déens, les Assyriens, les Sabéens, etc., étaient adorateurs du soleil, aussi en.trou-
- vons-nous son image reproduite à profusion, et sous toutes les formes, sur les plus anciens monuments.
- Les contemporains des galets du Mas-d’Azil nous en ont laissé deux images légèrement différentes. Elles représentent, l’une et l’autre, deux cercles concentriques, l’un très grand, l’autre tout petit; dans l’une des figures, ces cercles sont tout unis (fig. 3 a). C’est de cette manière que dans leurs hiéroglyphes les Egyptiens représentaient le signe syllabique ra, par lequel ils désignaient le soleil.
- Ils semblent avoir attaché à ce signe une vertu extraordinairement bienfaisante, car nous le trouvons abondamment prodigué sur les amulettes préhistoriques, les scarabées, les pendants d’oreilles, etc. Associée quelquefois au dieu Bès, au luth et autres objets, cette image . formant cadre les entoure de toutes parts (fig. 3, b, c) .
- Dans l’autre figure les deux cercles sont légèrement dentelés (fig. 4, a). Ce disque rayonnant qui symbolise également' le soleil, est aussi très souvent employé comme motif de décoration; chez les Chaldéens il affecte généralement la forme d’une étoile (fig. 4, b, c).
- La Roue. — L’un des symboles dérivés du disque solaire est la Roue à quatre rayons. Elle apparaît sur les plus anciens monuments de l’âge du bronze, comme un emblème du soleil. Nous en relevons une image sur l’un des galets du Mas-d’Azil (fig. 5, a).
- a Dans la longue évolution des arts industriels, l’invention de la roue fut l’une des plus grandes découvertes de l’âge du bronze, qui ont fortement impressionné les hommes de ce temps, aussi la voyons-nous à cette époque portée en ornement, en amulette ou en pendeloque » (fig 5. b). (*)
- Cette invention était inconnue en Egypte au temps de l’ancien et du moyen empire. Sous la ve dynastie, environ 3500 ans avant notre ère, un riche Egyptien parcourait ses domaines assis dans un fauteuil, fixé sur
- le dos d’un baudet (fig. 6), position peu commode qu’on n’aurait pas hésité à abandonner, s’il y avait eu un moyen de transport plus confortable. Plus tard, sous le" moyen empire, une peinture nous montre un no-marque de la xiie dynastie, Khnoum Hotep, 3000 ans avant notre ère, faisant ses pérégrinations dans une chaise à porteur (fig. 17). Ce n’est
- 1. Chauxet. Cachette d’objets en bronze à Venat.
- b . c
- Fig. 4. — Disque rayonnant. a, peinture azilienne ; b, motif de décoration j c, image du soleil chez les Chaldéens, tablette de Sippara.
- Fig. G. — Bas-relief de la Ve dynastie.
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- Fig. 7. — La croix, o, b, c, à, peintures aziliennes; e, f, céramiques de la nécropole de Suse ; g-, fusaiole d’Issurlik. (2)
- qu’au nouvel empire, après la guerre de l’indépendance, que nous voyons au tombeau de Paheri xvne dynastie, un char avec des roues à quatre rayons, attelage qui sans doute avait été introduit en Egypte par les Pasteurs au temps de la xve dynastie, environ 2200 ans avant notre ère (*).
- Les galets du Mas-d’Azil, offrant l’image d’une roue, n’auraient donc point la prodigieuse antiquité qu’on leur attribue.
- Peut-être pourrait-on objecter que ce que nous prenons pour une roue n’est pas autre chose qu’une croix équilatérale entourée d’une bordure. Nous ferons remarquer qu’aucune des croix figurées sur les galets ne porte de bordure, que cet encadrement est extrêmement rare et qu’ici le pourtour est beaucoup trop large pour n’être qu’un simple ornement. La forme du galet, qu’on a choisi le plus rond possible, la largeur du cadre qui l’entoure aussi large que celle des rayons, tout atteste que c’est bien une roue qu’on a voulu représenter et non une croix équilatérale entourée d’un encadrement.
- La croix. —- L’origine de la croix, symbole dérivé de la roue, se perd dans le lointain des âges.
- il y en a de quatre sortes : la croix équilatérale ou croix grecque, la croix latine, la croix gammée et la croix potencée. Les galets du Mas-d’Àzil nous en offrent de nombreuses images dont la forme est subordonnée à celle des galets (fig. 7, a, b, c (1 2). On a reconnu depuis longtemps que la croix équilatérale était le symbole du soleil et avait un caractère religieux bien avant l'avènement, du christianisme, Nous voyons cet emblème très souvent figuré sur des céramiques
- 1. Voir La Nature, année 1903, page 106 et suivantes :
- Nos animaux domestiques dans la civilisation égyptienne, par P. Hippolyte Boussac.
- 2. Toutefois ni la croix gammée, ni la croix potencée ne sont indiquées.
- —= - = 387
- de la nécropole de Suse, remontant à plus de 3000 ans avant notre ère. Elle y eSt quelquefois associée au croissant de lune,
- (fig. 7, e, /“,), symbole qui pendant des millénaires s’est perpétué sous la même forme et comme amulette, jusqu’à la période copte. La croix figure au cou des rois d’Assyrie et sur des cylindres chaldéens, associée à des images divines. Une fusaïole d’Issarlik nous montre une croix latine superposée à un disque radié (fig. 7, g).
- Les cornes sacrées. — L’un des galets coloriés nous offre un croissant placé sur un support (fig. 8, a), image qu’on a cru d’abord être la figuration de 1 un de ces chevets de momies, trouvés dans les syringes de l’ancienne Egypte.
- Mais de nombreux croissants, de pierre ou d’argile, trouvés dans les palafiltes lacustres de la Suisse et les découvertes égéennes, ont permis d’en établir la véritable destination (fig. 8, b).
- Les trouvailles de Crète et de Mycènes témoignent de l’importance qu’avait en Orient le culte des animaux et surtout des bovidés. Le caractère sacré de la tête de vache, aux cornes d’or, découverte à Mycènes est mis en évidence par ce fait que sur d’autres monuments, on voit entre les deux cornes soit la croix, soit la double hache, signes héliaques.
- On les a rencontrées en grand nombre associées à des statuettes, à des doubles haches votives, à des figurines de bœufs et de colombes, ou à d’autres symboles certainement religieux. Ewans y voit une représentation plus ou moins complète de la tête de bœuf des sacrifices.
- Leur forme présente de nombreuses variétés, dont l’une, aux cornes hautes et déliées supportées par une base étroite (fig. 8, c) rappelle le syllabique égyptien ap, servant à écrire le mot front (fig. 8, d).
- Les plus anciens croissants découverts jusqu’à ce jour paraissent appartenir à une époque très éloignée de la fin de l’âge du bronze.
- Peut-être est-ce de l’adoration de ce fétiche qu’est né le culte d’Apis fondé par Kakaou, second roi de la deuxième dynastie, environ 4500 ans avant notre ère.
- Le culte de la hache remonte à une époque prodigieusement lointaine.
- Depuis l’origine de la civilisation pharaonique, son image constitue le syllabique égyptien nuter, qui signifie Dieu.
- Fig. 9.
- La figure humaine, œil.
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- d
- Fig. 10. — La faune, a, b, c, serpents, peintures aziliennes, d, poterie égyptienne préhistorique (3).
- LA FIGURE HUMAINE.
- En examinant superficiellement les sujets représentés sur les galets du Mas-d’Azil, on n’y voit, tout d’abord, qu’un griffonnage informe n’ayant rien de précis, aucune signification, bien définie. Mais un examen attentif nous révèle, chez les auteurs de ces peintures, des artisans expérimentés et d’une remarquable habileté.
- De même que certaines amulettes préhistoriques sont formées de l’une des parties du corps humain, les galets du Mas-d’Azil nous offrent l’image d’un œil (fig. 9), l’un des organes les plus caractéristiques de la figure humaine. Quoique dessinée avec les doigts, si l’on en juge parla forme de l’iris, cette image offre une telle précision qu’on peut facilement la reconnaître et l’identifier d’une façon certaine.
- LA FAUNE.
- Le serpent. — Avec le soleil, le serpent est l’un des plus antiques symboles. Nous trouvons ce reptile à l’origine du monde et de tous les mythes où il joue un rôle très important comme bon ou mauvais génie.
- A Thèbes, les parois des syringes royales nous le font connaître sous ce double aspect. Ennemi redoutable du soleil, le serpent Neha-ho, à Face de Tempête, veut faire obstacle à son passage au cours de sa marche à travers les heures de la nuit. Mais à la septième heure, vaincu par les incantations d’Isis et de Samsou, debout à l’avant de la barque solaire, le monstre, percé de glaives, est
- (D<0>
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- Fig. 12. — Les nombres.
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- lié et garotté par le génie Hertasouf et la déesse Selk l’Etrangleuse.
- A la onzième heure, voici précédés d’Uræus, douze génies sur la tête desquels s’agite en multiples replis, un Agatho-démon, le serpent Menhi, emblème du bon principe.
- Ils le portent triomphalement devant la barque du soleil, au moment où celui-ci quittant la région des ténèbres concrètes fait son apparition à la lumière (*).
- Très dangereux par son venin et ses piqûres, le serpenta toujours inspiré une crainte superstitieuse. Afin de se le concilier, de se garantir contre ses maléfices, on lui rendait un culte et on multipliait sur soi les amulettes protectrices.
- Au ne siècle de notre ère, il a donné naissance à la secte Gnostique des Ophites ou adorateurs du serpent, auquel ils attribuaient la science du bien et du mal, aussi l’ont-ils fréquemment reproduit sur leurs abraxas.
- L’homme primitif portait aussi sur lui de nombreux talismans pour échapper à ses atteintes. Les reptiles qu’il a reproduits sur les galets (fig. 10, a, b, c) n’offrent point une espèce particulière susceptible d’être identifiée ; il n’en a donné plutôt que le caractère général.
- Représenté souvent en amulette, le serpent est aussi quelquefois reproduit comme ornement sur dés poteries égyptiennes préhistoriques (fig. 10,d).
- LA FLORE.
- Les services que la plupart des plantes rendent à l’humanité les ont fait considérer comme des dieux et leur culte se trouve dans toutes les religions primitives.
- L’homme préhistorique ne manqua point d’apprécier les bienfaits qu’il recevait de certains arbres et de prodiguer partout leur image. Cette religion se prolongea même très avant dans les temps historiques, car nous voyons encore, peints sur les parois des syringes égyptiennes, des individus prosternés devant un palmier, un doum, un acacia, un sycomore.
- Des divers galets du Mas-d’Azil, représentant les produits de la flore, trois seulement, pourraient à la rigueur, mais en faisant les plus grandes et les plus sévères réserves, se prêter à un essai d’identification.
- Dans l’un des galets nous
- 1. C’est de ce tableau que s’est inspiré Flaubert dans sa Tentation de Saint Antoine, au passage où il met en scène les Ophites.
- b, bruyère ; c, épis de blé ?
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- Vtr
- Fig. lh. — Bison (4).
- croyons reconnaître un sapin (fig. 11. a), mais indiqué d’une façon trop sommaire pour en préciser l’espèce.
- Une sorte de bruyère (Erica cylinclricaJ? semble être l’objet qu’on a voulu représenter sur un deuxième (fig. 11, b).
- Sous la période azilienne, quoique moins froid qu’à l’époque précédente, le climat était encore assez sévère, aussi paraît-il assez naturel que les essences que nous venons d’énumérer aient prospéré dans une région dont la température convenait parfaitement à leur nature et où elles vivent encore aujourd’hui.
- Enfin il semble que ce soient des épis qu’on a voulu représenter sur un troisième galet (fig. 11, c). Nourriture de l’homme, le blé ne peut avoir qu’un caractère bienfaisant. Il n’y a donc point de doute que, lui attribuant une action salutaire, l’homme préhistorique ait porté son image comme talisman.
- Quant aux plantes que nous offrent les autres galets, l’idée même d’un essai d’identification ne saurait être envisagée.
- LES NOMBRES.
- La plupart des galets portent des séries de petits cercles ou disques alignés à côté les uns des autres et des bandes parallèles disposés de la manière que voici : sur l’un des galets ne figure qu’un cercle ou une seule bande, deux sont peints sur un autre, trois sont figurés sur un troisième et ainsi de suite jusqu’à huit.
- Tous ces signes et ces bandes constituaient probablement des nombres fatidiques ayant une signification bonne ou mauvaise, suivant la manière dont
- ils étaient groupés.
- Il en était sans doute de même de la bande placée entre deux disques ainsi que du galet portant trois cercles et historiés de quelques filets parallèles, rectilignes ou formant arc de cercle. Une signification semblable pourrait être attribuée aux deux galets portant des signes en forme de fer à cheval (fig. 12).
- CARACTÈRES ALPHABÉTIFORMES.
- Nos caractères alphabétiques sont si bien figurés sur quelques galets, qu’on pourrait attribuer à ceux-ci une origine relativement récente.
- Piette lui-même, quand il les a relevés pour la première fois, pris d’une subite méfiance, croyait s’être trompé. Mais l’aspect des couches superposées ne tarda pas, à le rassurer. L’assise des galets coloriés intacte, appartenait bien à l’époque de transition qui a suivi l’âge du renne, entre le paléolithique et le néolithique.
- Voici deux galets, l’un portant le signe E I, l’autre, F E I, précédé d’un point. Ne faudrait-il pas voir dans ces caractères alphabétiques des signes ayant un sens particulier qui nous échappe et que nous ne connaîtrons probablement jamais? Le signe E, marqué trois fois sur l’épaule d’un bison (fig. 14), peint dans la caverne d’Altamira, justifierait assez une semblable hypothèse, attendu que l’antiquité de cette peinture remonte beaucoup plus haut que celle des galets.
- Fig. 17. — Peinture de Beni-Hanan XII' dynastie. (D’après Champollion.)
- B Hippoty te-Boussac del-
- Fig. 16.—Monument. a, peinture azilienne, b, temple de Vénus à Paphos.
- Fig. 15.
- Les lignes.
- a, b, peintures aziliennes; c, à, poterie préhistorique de VEgypte et de la Ckaldée.
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- C’est peut-être en raison de cette haute antiquité, qu’on ]'dL-attribuait, semble-t-il, une vertu protectrice extraordinaire, puisque on l’a .même peint sur des galets où, ne -pouvant se développer entièrement, on lui a fait épouser la forme des galets (fig. 13, c, d).
- On a voulu voir dans ce signe E, l’origine d’une lettre de l’alphabet phénicien, opinion qui ne saurait être soutenue, Emm. de Rougé ayant de façon péremptoire démontré que les lettres phéniciennes sont tirées de rfciératique égyptien.
- Tout prouve jusqu’ici que la civilisation nous vient dê TOrient, et à moins de découvertes dont l’importance exceptionnelle prouverait le contraire, on doit, croyons-nous, s’en tenir â ce fait depuis longtemps acquis.
- Peut-on considérer comme ayant un sens phonétique les caractères précédènts ? On ne saurait le dire, mais il n’en est pas de même du signe que porte un galet allongé, représentant un carré surmonté d’une croix (fig. 13, e). Par sa forme, cette figure se rapproche si bien de certains syllabiques hiéroglyphiques, qu’on pourrait, croyons-nous, sans trop de témérité, lui attribuer un sens phonétique. Toutefois la présence de la croix sur un carré, inclinerait à lui donner plutôt un yaraclère symbolique.
- £J1;i LES LIGNES BRISÉES.
- \ Elément primordial d’où les anciens mythes font sortir toutes choses et qui couvre les trois quarts du globe, l’eau, comme les autres forces de la nature, fut, de la part de l’homme primitif, l’objet d’un culte spécial. Les Chaldéens la représentaient «par des ondulations ; dans leurs bas-reliefs et leurs peintures, c’est par des lignes brisées que les Egyptiens rendaient le frissonnement de l’onde. Nous trouvons ce mode d’interprétation en usage dès l’antiquité la plus lointaine.
- Dans l’alphabet égyptien, une ligne brisée seule, placée horizontalement, correspond à la consonne n et forme une préposition. Signifiant a, elle marque le datif, signifiant df elle marque le génitif.
- Trois lignes brisées superposées équivalent au syllabi-qu emou servant à écrire eau et signifiant eau, allersurl’eau.
- Des lignes brisées sont représentées d’une façon particulière sur deux des galets du Mas-d’Azil (fig. 15, a, b). Dans l’un, deux de ces lignes viennent butter contre deux lignes droites parallèles ; dans l’autre c’est la ligne droite qui est placée entre deux lignes brisées. De semblables dispositions ne sont certainement pas dues au hasard, et l’on doit, croyons-nous, y voir une intention symbolique. ' 1 .......
- Aux temps reculés, les motifs de décoration n’étant point très nombreux, la ligne brisée constituait parfois à elle seule l’unique élément décoratif, aussi la voyons-nous fréquemment employée dans les poteries préhistoriques de l’Egypte et de la Chaldée (fig 15, c. d), sans que l’on puisse préciser si, dans ce cas, elles ont un caractère symbolique ou purement ornemental.
- MONUMENT*
- Ce n’est que sous la période néolithique ou aux premiers temps de l’âge du bronze, que se classent, en
- grande majorité, les premiers monuments mégalithiques1. L’un des galets nous montre lepland’un édifice (fîgl6,o), mais ce n’est pas un assemblage de grosses pierres posées à sec les unes sur les autres, comme les dolmens ou les allées couvertes, tout dans ce dessin nous révèle une construction architecturale solidement maçonnée et aux murs tracés au cordeau. Elle est composée de trois pièces, d’une régularité parfaite. L’une d’elles a la forme d’un rectangle fermé de toutes parts sans issue. Celle qui lui est adjacente a la même longueur, mais elle^ est très étroite et forme un long couloir muni d’une porte sur le côté gauche en entrant. Cette porte offre une curieuse particularité, le côté gauche n’a pas de chambranle, c’est dans la paroi latérale qu’entrait le pêne de la serrure 2, disposition qu’on rencontre fréquemment dans les monuments égyptiens, surtout dans les tombeaux.
- La troisième enceinte, plus large à elle seule que les deux premières réunies, est percée d’une grande porte dans son milieu et le mur du fond n’existe pas.
- Faut-il voir dans cet ensemble un monument funéraire célèbre dans la région et où l’on se rendait en pèlerinage? La première pièce sans issue nous paraît être une fosse et la salle à côté un endroit destiné à satisfaire à quelque prescription rituelle, sacrifice, purification ou repas de funérailles, et la vaste enceinte : une grande cour contenant la multitude. Au cours de mes périgrinations dans le désert de Libye, je rencontrai à Deir-el-Ballas sur les confins du désert, entre Thèbes et Denderah, un amas de ruines n’arrivant pas plus haut qu’à fleur du sol. Elles comprenaient une fosse ayant environ 15 mètres de long, trois de large et quatre de profondeur; tout autour gisaient d’autres vestiges que je n’ai pu identifier, c’étaient des salles séparées entre .elles, par des murs en briques crues ayant plus de deux mètres d’épaisseur.
- Par leur aspect et leur situation, ces ruines accusaient un caractère funéraire et la longue fosse rappelait par sa forme l’image peinte sur le galet du Mas-d’Azil.
- Ces représentations de lieux célèbres sur les talismans ne sont pas rares dans l’antiquité, un abraxas nous montre le temple de Vénus à Paphos avec sa cour en demi-cercle, où il ne pleuvait jamais (fig. 16, b).
- CONCLUSION*
- D’après ce qui précède, il est, croyons-nous, permis d’établir que les galets coloriés du Mas-d’Azil sont des talismans de la Gaule préhistorique, dus à des populations animistes, fortement imprégnées d’influences orientales, principalement égyptiennes.
- En l’absence de toute chronologie, il est difficile d’assigner à ces menus objets une date précise. Toutefois nous ne croyons pas qu’ils atteignent la prodigieuse antiquité qu’on leur attribue, car non seulement ils ne peuvent pas remonter plus haut que la civilisation pharaonique, mais la reproduction d’objets dont l’âge pourrait à quelques années près être évalué, permettrait de les placer à deux mille ans environ avant notre ère.
- P. Hippolyte Boussac, Membre de l’Institut d’Egypte.
- 1 Dechelette, Manuel d’archéologie préhistorique. Yol. I, p. 374.
- 2 Serrure en bois sûrement, encore en usage chez les Fellahs de la haute Egypte, peut-être une simple barre.
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- LE GRAND FLEUVE DE LA CHINE
- LE YANG-TSÉ-KIANG *
- Le Yang-Tsé-Kiang est au premier plan de l’actualité.
- Les événements à tournure anarchique qui se déroulent sur ses bords peuvent avoir des conséquences aussi fâcheuses que considérables pour les ressortissants des nations diverses qui y ont créé une énorme activité industrielle et commerciale.
- Nous voyons se reproduire aujourd’hui, dans cette partie la plus riche et la plus cultivée de la Chine, l’éternelle lutte de la Chine du Sud contre la Chine du Nord, avec son même cortège de pillage des villes, de mise à sac des cultures, d’incendies, de ruines et de massacres.
- Mais tous ces événements d’allure catastrophique ne doivent pas être jugés du point de vue de notre mentalité européenne, qui n’a, avec celle des Chinois, aucune commune mesure. Là où nous croyons entendre, sur la foi d’articles de journaux tendancieux ou de racontars d’ignorants, le choc de nombreuses armées disciplinées et régulières, où nous croyons percevoir la tactique de chefs expérimentés et vaillants, il n’existe en réalité que des ramassis de semi-brigands, plus préoccupés de piller leurs compatriotes que de reconstituer une Chine, toujours prêts à s’éclipser si le danger devient sérieux.
- Ils sont sous la conduite de soi-disant généraux ou même maréchaux, aux noms aussitôt oubliés que lus, dont le plus grand nombre, on peut en être certain, n’ont jamais connu aucune école d’Etat-Major, et ne doivent leurs titres et fonctions et ce qu’elles leur rapportent en pillages et autres bonis, qu’à leur seule initiative.
- Le Yang-Tsé-Kiang forme la délimitation entre les deux Chines, du Sud et du Nord.
- Le nom de Fleuve bleu, que nous lui donnons quelquefois en France, est de pure fantaisie. Il n’y a rien de moins bleu que ses eaux qui charrient, sur la majeure partie de son parcours de 4800 km, les poussières des roches arrosées à son passage dans les gorges étroites de son lit dans la partie ouest et les limons jaunâtres de ses plaines. Gj
- La traduction littérale de son nom chinois est, d’ailleurs, Fleuve, fils de VOcéan, poétique à souhait.
- Venu des frontières du Thibet, où sa source est située dans des territoires encore inconnus, il suit, à travers l’immense Chine, une direction sensiblement Ouest-Est,
- Dans ce trajet il se heurte, pendant une longue partie de son parcours à des séries de hauteurs, au travers desquelles il est parvenu quelquefois à se frayer son chemin, mais bien souvent aussi il a dû les contourner, ce qui donne, en somme, à son cours un caractère tourmenté et chaotique.
- Ce n’est guère qu’en approchant de la mer, entre Itchang et Changhaï qu’il coule paisiblement- dans un
- pays plat.
- Le régime du fleuve est fort irrégulier. Les basses-eaux se voient en hiver et c’est en janvier que se produit le minimum. Lorsque les neiges fondent au Thibet et dans les régions montagneuses de l’ouest,il se livre en revanche à des crues, d’une soudaineté et d’une ampleur terrible. Une de nos gravures montre un point où le fleuve est monté de 25 mètres.
- En dépit des difficultés que crée ce régime des eaux, la navigation est possible sur environ 2800 km du cours du Yang-Tsé, et elle s’y développe très rapidement parce que ce fleuve constitue la seule route permettant d’amener à la mer, c’est-à-dire au commerce du monde, les produits des provinces de la Chine les plus fertiles, les mieux cultivées et en somme les plus riches sous tous les rapports.
- Le caractère tourmenté et montagneux de ses rives sur la très grande partie de son cours rendrait très difficile et très coûteux 1’établissemént d’une voie ferrée ou même de routes par lesquelles pourrait s’écouler le commerce des provinces riveraines, et d’ailleurs la concurrence de la voie d’eau rendrait leur exploitation ruineuse. Et, enfin, ce sont là des travaux que la mentalité de la Chine actuelle rend impossible à tous égards, et qu’il n’est pas permis d’entrevoir avant bien des années.
- Sous le rapport de la navigabilité, le Yang-Tsé se divise en trois sections.
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- Fig. 1. — Le Yang-Tsé-Kiang et la Chine méridionale.
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- Le point le plus rapproché de sa source où peuvent atteindre quelques petits valeurs et des embarcations à moteur est situé à 2800 kffi de l’embouchure. ' Il faut ajouter cependant que quelques jonques remontent encore plus haut.'
- De Suifou à Tchung-King etltchang, le fleuve est navigable sur une distance de 900 km, mais seulement d’avril à novembre, et pour des navires à faible tirant d’eau. Suifou est au confluent d’une rivière nommée Ming sur laquelle ces mêmes navires peuvent remonter sur une distance de 160 km jusqu’à Kia-ting. C’est le haut-fleuve.
- Le premier vapeur qui en 1902 atteignit Sui-fou fut la
- King elle atteint encore 40 mètres. Et il n’est pas rare de voir, en été, le fleuve monter de 8 mètres en 12 heures. »
- Puis le lit du Yang-Tsé s’étale jusqu’à Tchong-Iving, mais on y trouve encore de nombreux rapides et la navigation y est très difficile. Pour franchir certains de ces rapides, on doit haler les navires à la corde en y attelant deséquipesde coolies maisles accidents restent nombreux.
- La marine Française sur le Yang-Tsé-Kiang. — La plupart des renseignements qui vont suivre et quelques-uns de ceux qui précèdent me sont fournis par un très intéressant article de la Revue Maritime (n° de janvier 1927) des lieutenants de vaisseau du Jonchay et Lafosse.
- Fig. 2. — A Changaï, le port sur le Wang-Pou.
- petite canonnière française Olry, placée sous le commandement du lieutenant de vaisseau Hourst.
- Le fleuve moyen se développe à Itchang à Hankéou. IPest accessible en presque toutes saisons pour des navires fluviaux de 2 à 3000 tonnes sur un parcours de 650 km. Enfin sur les 1200km qui séparent Hankéou de la mer, tous les navires de guerre et de commerce, à l’exception des plus gros, peuvent circuler aisément. L’été, les navires de 15000 tonnes, peuvent remonter à Hankéou.
- Entre Itchang et Wanshien, sur un parcours d’environ 290 km, le fleuve traverse un défilé étroit et d’aspect impressionnant, formé par de hautes falaises en forme de tour. C’est là que l’effet des crues se fait le plus sentir.
- « La différence entre les niveaux le plus haut et le plus bas [des eaux est supérieure à 60 mètres. A Tchung^-
- C’est en 1901, au cours de l’insurrection des Boxers, que l’Amiral Pottier, commandant l’Escadre des mers de Chine, décida d’envoyer, une canonnière dans le haut Yang-Tsé. Cette mission fut confiée au lieutenant de vaisseaft Hourst, célèbre déjà par sa remontée du Niger.
- Une sorte de chaloupe à vapeur de 37 m. achetée à Changhaï fut armée sommairement et sous le nom d’ « Olry » donné en souvenir de l’Amiral, se mit en route le 3 octobre 1901 pour le haut fleuve.
- Ce voyage, dans des eaux inconnues, au milieu de bas-fonds mouvants, de rapides terribles, fût extrêmement mouvementé, et il fallut toute l’énergie, toute l’habileté du Commandant Hourst et de ses officiers pour le mener à bien.
- L'Olry arriva à Tchong-King le 12 novembre 1901.
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- Fig. 3.
- Le Yang-Tsè en crue à 25 m. au-dessus du niveau normal aux environs de Tckon^-Kins-
- On voit à gauche, sous le pagodon, la statue dorée du “ grand Bouddha” que tous les bâtiments saluent en passant
- d’un coup de sifflet.
- salué avec enthousiasme par le petit groupe de Français de cette ville. En 1902 il atteignit Sui-fou, qui n’avait reçu jusque-là aucun navire à vapeur, puis remonta le Yang-Tsé jusqu’à Pin Chou Yen, et la rivière Ming.
- Au cours et dans les intervalles de cette navigation, l’hydrographie du fleuve était rapidement levée, et deux établissements de la marine construits, à Tchong-King et à Sui-fou.
- Notons ce dernier point qui doit avoir, pour l’avenir, une grande importance. Cette ville de Sui-fou où la France possède ainsi un petit établissement n’est qu’à 600 km de la frontière du Tonkin. Or une voie ferrée, venant de Hanoï, arrive déjà presque à Yun-nan-fou, sur territoire chinois, et doit, lorsque les-conditions en Chine le permettront, être prolongée jusqu’à Sui-fou. Cette ligne drainera vers la mer, par le Tonkin, c’est-à-dire par une voie beaucoup plus courte et partant plus économique que celle du Yang-Tsé, les produits de la province du Se-Tchouan, une des plus riches de la Chine.
- L’Olry fut remplacé en 1908 par la canonnière Boudard de Lagrée à laquelle vint
- s’ajouter après la guerre une seconde canonnière le Balny du nom de l’Enseigne de vaisseau Balny d’Avricourt, qui se distingua à la défense d’Hanoï, puis une troisième, La Grandière (en mémoire du vice-amiral de ce nom
- Fig. 4.
- La canonnière française Doudard de Lagi'ée sur le. haut Yang-Tsé-Kiang.
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- Fig. 5. — Bue descendant au Yang-Tsé à Tchong-ICing. Toutes les rues sont en escaliers. On y circule en chaises à porteur. Il n’y existe pas de moyens de locomotion sur roues.
- qui fut le premier Gouverneur et le créateur cle la Cochin-chine) destinée aux sections du fleuve où un petit tirant * d’eau est nécessaire, et une quatrième « l’Alerte ». Les travaux d’hydrographie purent ainsi être activement
- Fig. 6. — Le batiment de la Marine Française à Tchong-King. . Au premier plan, le “ Bahny ”.
- poussés par un groupe d’officiers, que vint aider une mission spéciale envoyée par le Ministère de la Marine.
- Leur résultat flatteur est, qu’actuellement, « il n’y a pas un bâtiment de guerre ou de commerce naviguant sur le Yang-Tsé, qui ne se serve des cartes et des diagrammes dus à la marine Française ».
- Le rôle de la France sur le Yang-Tsé. — La France a toujours joué sur le grand fleuve un rôle de premier plan, et c’est à elle que le monde doit, pour la plus grande part, d’avoir pu pénétrer par cette voie d’eau jusqu’aux confins les plus reculés de la Chine.
- « C’est un vapeur français, le Shutung qui assura le premier service régulier entre Ilchang et Tchung-King.
- Cet exemple fut rapidement suivi. En 1918 il y avait 43 entrées ou sorties de vapeurs pour le port de Tchung-King. En 1924 on en comptait 858. En 1925, il y avait 264 entrées ou sorties de vapeurs français à Tchung-King représentant 120272 tonnes.
- « Depuis 1923, le commerce sous pavillon français a conquis sur le haut Yang-Tsé la première place, devant les Anglais, devant les Américains. »
- On trouve sur le Yang-Tsé des groupements de nos compatriotes à « Changhaï d’abord, où la France possède seule, en propre, une vaste concession florissante, à Hankéou, à Itchang, à Tchung-King, à Tchentou, capitale du Sé-tchouan, où des médecins détachés par le Ministère des Affaires étrangères font, pour notre pays, la plus utile des propagandes, et où, dès 1896, une importante mission de Soyeux, de Lyon, créait les bases d’une organisation commerciale que devait couronner l’achèvement de la voie ferrée Hanoï-Yunnanfou-Suifou. »
- Les missionnaires français au Se-tchouan. — C’est au début du xixe siècle que la Société des Missions étrangères, qui ne compte que des prêtres français,, est venue s’installer sur les rives du Yang-Tsé. Ces missionnaires y trouvèrent quelques Chinois chrétiens, témoins du travail apostolique de deux jésuites français, qui au xvrne siècle, vinrent évangéliser les Chinois de Tchentou.
- La mission française du Se-tchouan n’a cessé de se développer. Si bien que cette province contient actuellement 5 évêchés dans lesquels nos prêtres assistent 180000 chrétiens chinois, assurent le fonctionnement de 1100 écoles qui reçoivent aussi bien les enfants catholiques} que les autres, soignent gratuitement dans leurs hôpitaux, leurs orphelinats, leurs dispensaires, des dizaines de milliers d’indigènes.
- La vitalité de ces missions fait honneur à la France et a eu, pour son prestige, une influence prodigieuse. La marine française et tous les Français qui résident dans le haut Yang-Tsé doivent beaucoup aux missionnaires; ces hommes, venus en Chine pour y reste toute leur vie, sont partout aimés et respectés, ils sont les aides et les conseillers indispensables dans un pays où tout est si éloigné de nos habitudes occidentales.
- N’oublions pas de noter que dans les circonstances actuelles si critiques les missionnaires français du Se-tchouan restent fermes à leur poste.
- Cl SaUVAIRE JOUUDAN.
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- = INITIATION BIOLOGIQUE
- LA DIFFÉRENCIATION CELLULAIRE01
- Le problème cpii va être envisagé dans cet article prend place parmi les plus fondamentaux de la biologie.
- Il est de ceux qui méritent de préoccuper, non seulement les spécialistes, mais encore tous les esprits soucieux d’atteindre ces régions de la connaissance scientifique, oit les faits d’expérience deviennent des objets de réflexion philosophique.
- Comme on le sait, tous les êtres multicellulaires procèdent d’une cellule originelle unique, la cellule-œuf. Pour donner naissance à un individu d’organisation complexe, l’œuf se divise en deux cellules-filles ou « blas-tomères » dont chacun se divise à son tour, ainsi que scs descendants, et cela jusqu’à ce que se constituent des êtres composés souvent d’un nombre immense, presque inconcevable, de cellules.
- Nous avons appris à connaître, au cours d’un précédent article, les lois de la division cellulaire qui président à cette évolution.
- Mais tandis que, suivant des modalités variables pour les différents groupes zoologiques, cette « ontogenèse » déroule ses phases, les cellules nées des divisions successives acquièrent peu à peu, les unes par rapport aux autres, des différences de forme, de structure, de fonction : elles subissent des différenciations. S’il n’en était pas ainsi — qu’on m’excuse d’énoncer cette évidence — la segmentation de l’œuf ne saurait aboutir qu’à un agrégat d’éléments identiques, à un « être colonial», comme il én existe d’ailleurs parmi les végétaux les plus inférieurs.
- C'est d’une différenciation cellulaire précoce que résulte, chez les embryons, la formation de régions distinctes, de « feuillets » tels que leurs cellules possèdent, non seulement une disposition caractéristique, mais encore une morphologie propre. Dans la suite de l’évolution, des tissus, des organes se développent aux dépens de ces feuillets. La différenciation cellulaire se complique et s’accuse.
- Pour donner à de telles notions l’appui d’un exemple concret et, en même temps, pour fixer la signification de certains termes que j’aurai à employer dans la suite, je me propose de rappeler ici, de la manière la plus sommaire, les premières étapes de l’embryogenèse d’un métazoaire.
- C’est l’Amphioxus, ce petit animal marin classé, par les zoologistes, entre les Invertébrés et les Vertébrés, qui va me fournir les données fort classiques d’une description.
- La segmentation de l’œuf fécondé d’Àmphioxus aboutit à un pelit massif cellulaire compact qu’on nomme une monda, à cause de son aspect mûri forme (fig. 6, à droite). Plus tard, la morula, enrichie de nouveaux éléments par des cinèses successives, se creuse d’une large cavité, la cavité de segmentation, de manière qu’autour d’elle les
- 1. Voir La Nature, n°' 2703, 2713, 2715, 2731, 2735, 2738, 2740 et 27„0. vA
- cellules se disposent en Une couche régulière. L’étape ainsi atteinte caractérise la blastula (fig. 1). Un phénomène important se déclenche plus tard. En un point de la blastula, il se produit une invagination, c’est-à-dire que le feuillet cellulaire, qui limite la cavité de segmentation, s’enfonce vers l intérieur jusqu’à gagner le pôle opposé (fig. 2).
- Ce processus est la gastrulation, et la larve, parvenue à ce stade, s’appelle une gastrula (fig. 3).
- Gomme l’implique son mode de formation, la gastrula a pour paroi deux feuillets cellulaires, dont l’externe est Yépiblaste, l’interne Yhypoblaste. Entre eux subsiste, virtuelle, la cavité de segmentation, landis qu’en dedans de 1 hypoblaste une nouvelle cavité a pris naissance, la cavité gastruléenne, ébauche de l’intestin primitif; un orifice, le blastopore, la fait communiquer avec l’extérieur.
- Je n’irai pas plus loin dans la description de l’embryogenèse.
- Qu’il me suffise de mentionner qu’ultérieurement les organes naîtront de plissements nouveaux, soit de l’épiblaste, comme le tube nerveux, soit de l’ento-blaste, comme les ébauches des muscles, la chorde dorsale, etc.
- Chez tous les animaux les premières phases du développement comportent une morula, une blastula, une gastrula. Mais, en ce qui regarde la blastulation et, davantage, la gastrulation, les divers groupes zoologiques se distinguent par des particularités du développement.
- Quoi qu’il en soit, du point de vue de la différenciation cellulaire, c’est la gastrulation qui marque un tournant capital de l’évolution. Car c’est alors que se constituent des « feuillets » destinés à engendrer, à leur tour, dans un délai très bref, des tissus et des organes.
- Tous ces préliminaires me permettent de poser enfin, sous une forme précise, le problème qui fait l’objet de cet article.
- Etudier la différenciation cellulaire, c’est rechercher quels facteurs interviennent pour assigner, à un moment donné, à des cellules jusqu’alors semblables en apparence, des spécialisations de forme, de fonction, qui sont à la base de l’édification des organismes les plus complexes.
- On a acquis, à l’heure présente, tant de notions originales sur cette grande question, singulièrement en ce qui concerne les stades initiaux de l’embryogenèse, qu’il me faudra, pour rester dans le cadre d’une simple «initiation», renoncer à être complet, et résolument sacrifier des travaux d’un vif intérêt. Mon dessein sera de tracer, sous les yeux du lecteur, en quelques traits fort simples., une esquisse précise.
- Pour introduire un plan logique dans l’étude des facteurs de différenciation, il me paraît opportun de rappeler comment les anciens biologistes les ont conçus. Leurs
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- Fig. 1. — Blastula d‘ Amphioxus ; vue perspective après section par un plan méridien, cb, cavité blastuléenne (d’après Ilatschek.)
- doctrines adverses me fourniront les éléments d’une distinction commode.
- Or, avant que s’ouvre l’ère de l’expérimentation, à laquelle nous devons ce qu’actuelle-ment nous savons avec certitude, deux théories s’affrontaient.
- Pour l’une, tout individu existe, en puissance, dans l’œuf d’où il dérive. Le développement ne représente, en quelque sorte, qu’un « déplissement » graduel de propriétés préexistantes, sur lequel n’a de prise aucune influence étrangère.
- Ainsi se résume grossièrement la doctrine de la préformation. Quand certains philosophes de jadis admettaient que l’homme naît d’un germe minuscule, invisible, d’un « homunculus » comme on l’appelait, renfermé dans le spermatozoïde et pourvu à l’avance de l’organisation d’un être complet, ils exprimaient déjà, sous une forme naïve, une théorie de la préformation. Les préformistes plus modernes n’ont certes pas été jusqu’à assigner à l’œuf une aussi stricte préfiguration. Mais ils ont estimé que son destin est, dès l’origine, fixé par des conditions internes inéluctables. 1
- A cette conception s’opposait celle de l’« épigenèse », pour laquelle les premières cellules issues de l’œuf possèdent toutes strictement les mêmes possibilités d’évolution.
- La différenciation progressive des blastomères dépendrait alors d’influences qui, du dehors, s’exerceraient sur eux, soit qu’elles émanent des cellules voisines, soit qu’elles résident en des actions extérieures d’ordre physique ou chimique.
- Sous leur forme absolue, ces doctrines se montrent, aujourd’hui, aussi inacceptables l’une que l’autre. Nous savons maintenant que certaines différenciations peuvent
- être subordonnées à la
- Fig. 3. — Gastrula d,'Amphioxus {cf. fig. î et 2.)
- ep, epiblaste; hy, hypoblaste; cg. cavité gastruléenne (intestin primitif); bl, blastopore. (D’après Hatscheh.)
- constitution même de l’œuf : depuis les travaux de l’embryologiste allemand W. Roux et de l’embryologiste belge A. Bra-chet, on les dénomme les différenciations spontanées. Mais leur manifestation est loin d’être exclusive. On connaît des exemples nombreux de différenciations, qui s’avèrent comme l’œuvre d’agents étrangers à la constitution même des cellules : ce sont les différenciations provoquées. Il va nous incomber d’illus-
- trer, par des exemples suggestifs, l’existence des unes et des autres.
- Les différenciations spontanées.—
- C’est aux phases les plus reculées de l’embryogenèse que ce mode de différenciation se vérifie, chez certaines espèces, de la manière la plus évidente.
- En des groupes zoologiques fort divers, l’œuf présente en effet, avant ou seulement après la fécondation, des territoires qu’un aspect, une coloration spéciale, permettent souvent de reconnaître avec facilité.
- Or ces territoires possèdent une « valeur prospective » définie. Leur destruction élective entraîne, chez l’embryon issu de tels œufs, l’absence de tissus, d’organes ou de régions déterminées.
- Il n’est pas douteux que les territoires en cause renferment les conditions nécessaires à édifier les parties de l’embryon qui viennent à manquer, si on les a détruits.
- On donne le nom de localisations germinales aux zones de l’œuf qui détiennent ces conditions. Quant aux œufs qui présentent une telle constitution, on les désigne sous les expressions d’« œufs anisotropes », ou d’« œufs en mosaïque » (Fischel). J’en citerai quelques exemples.
- Un mollusque, le Dentale, possède des œufs dont les recherches de l’embryologiste américain Wilson ont montré l’étroite anisotropie. Avant la segmentation, on aperçoit, au niveau de la région équatoriale d’un œuf de Dentale, une large bande pigmentée, tandis qu’au pôle inférieur reste ménagée une zone claire, le « lobe polaire » (fig. 4 A).
- Quand on sectionne l’œuf fécondé en deux moitiés égales, par un plan méridien (c’est-à-dire qui passe par les pôles) on obtient, aux dépens de chacune, une larve naine, mais complète. Si l’on pratique, au contraire,
- h >g. 2. — Début de la gastrulation chez Vampfiioxus (cf. fig. 1.) cb. cavité blastuléenne; i g. invagination gastruléenne. (D’après Ilatschek.)
- F:g. 4. — A. Oeuf de Dentale avant la segmentation. Ip, lobe polaire.
- B. Oeuf de Dentale après la première division de segmentation, a. blastomère antérieur; p, blaslornère postérieur, avec lp, lobe polaire. (D’après Wilson.)
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- une section équatoriale, chaque moitié ne donne qu’un embryon partiel. C’est que, dans le premier cas, les demi-œufs ont hérité toutes les substances ou conditions requises pour une évolution normale, réparties également de part et d’autre du plan méridien ; dans le second, le partage a été inégal.
- Les résultats sont encore plus caractéristiques quand l’expérimentation est conduite après la première division de segmentation. Celle-ci aboutit normalement à engendrer un blastomère antérieur et un postérieur auquel reste appendu le lobe polaire (fig. 4 B). Détruit-on ce dernier, on voit se développer une larve qui, au lieu de présenter un aspect normal (fig. 5 A) ne possède ni «organe post-trochal », ni «organe apical» (fig. 5 B). Le lobe polaire contient donc ce qu’il faut pour l’édification de ces organes embryonnaires.
- Un autre type fort caractéristique d’œuf « en mosaïque » est celui des Ascidiens, comme Styela partita, étudié en Amérique par Conklin. Après la fécondation, on assiste à la séparation, sur la surface de cet œuf, de territoires que leur forme et leur coloration permettent aisément d’identifier (fig. 6). Au cours de l’embryogenèse, la substance de ces territoires passe exclusivement aux cellules de tissus ou d'organes déterminés : le croissant jaune, aux éléments du mésoblaste (muscles); le croissant gris, à ceux du tissu nerveux; la substance du pôle supérieur, à ceux de l’hypoblaste ; la région incolore, à ceux de l’épiblaste. Par la centrifugation, on arrive à susciter des déplacements tels de ces substances, que l’évolution normale en est profondément altérée.
- Ainsi, en mobilisant les matériaux du croissant jaune, on peut obtenir les larves dont les muscles se groupent en un seul point de l’organisme.
- Chez certains insectes, l’œuf fécondé possède un pôle inférieur chargé d’un protoplasme spécial. Cette région est ultérieurement dévolue aux cellules sexuelles, et si, comme l’a réussi Hegner, on la détruit précocement, les larves naissent dénourvues de cellules sexuelles (fig. 7).
- Enfin, l’œuf de la grenouille rousse a servi d’objet à d’importantes constatations de même ordre. Après la fécondation on remarque, entre le pôle supérieur, très pigmenté, de cet œuf, et le pôle inférieur, chargé de matériaux nutritifs et clair, un «croissant gris» qui occupe seulement la moitié antérieure (fig. 8).
- Brachet a établi que la destruction du croissant gris en certains points, effectuée par piqûre, à l’aide d’une aiguille chauffée, lors de la blastulation, a pour suite l’absence ou la malformation de parties correspondantes des organes axiaux (cerveau et moelle, chorde dorsale) de la larve. Aucune réparation ne saurait intervenir plus tard.
- Tous ces faits attestent suffisamment que l’œuf de certaines espèces présente des zones de « valeur prospective » différente, correspondant à la future ébauche de certains organes.
- Mais il s’en faut qu’il en soit de même dans la série zoologique entière. L’œuf des Echinodernes, tels que l’Oursin, pour ne citer qu’un exemple, est « isotrope » : il ne montre aucune localisation germinale précoce.
- . —- — = 397 =
- Aussi les quatre premiers blastomères demeurent-ils capables d’engendrer chacun une larve complète.
- Même au stade de huit blastomères, certains d’entre eux se montrent encore aptes à donner un embryon normal.
- Il n’est pas jusqu’aux « œufs en mosaïque» qui ne diffèrent les uns des autres. Chez le Dentale, les localisations germinales sont déjà fixées bien avant la fécondation.
- Chez la grenouille rousse, au contraire, Brachet a prouvé que c’est la fécondation qui provoque la mise en place des localisations. Il existe donc indéniablement toute une hiérarchie d’œufs, depuis ceux qui affectent une anisotropie précoce, jusqu’à ceux chez lesquels l’ani-sotropie ne se manifeste à aucune phase avant la segmentation.
- Quoi qu’il en soit, les premiers témoignent suffisamment l’existence de différenciations spontanées. Et la question se pose de savoir de quelle nature sont les conditions, qui régnent en certains territoires ovulaires et président à la différenciation des cellules qui en dérivent.
- On a supposé, on admet encore, qu’elles consistent en des substances chimiques localisées dans ces régions, et on leur a attribué la dénomination expressive de « substances formatives» (*). Mais le problème est bien loin d’être résolu.
- Il n’est pas invraisemblable qu’au moins dans certains cas il s’agisse, non de corps chimiques définis, mais purement d’un état physico-chimique, particulier et localisé, du protoplasme. L’importance d’un tel sujet de discussions et de recherches n’échappera à personne : c’est toute l’énigme de l’embryogenèse qui est en jeu.
- Les différenciations provoquées. — Comme je l’ai déjà avancé, on ne saurait considérer la différenciation cellulaire comme l’œuvre exclusive de « localisations germinales » précoces, et il me suffira, pour le prouver, cle peu d’exemples.
- A certaines phases reculées du développement, certains expérimentateurs ont révélé l’existence, chez l’embryon, de «centres d’organisation» qui tiennent sous leur dépendance la différenciation des régions voisines. C’est ce qui ressort des découvertes de l’embryologiste Spemann et de son école.
- Quand, chez le Triton, à un stade assez précoce de la gastrulation, on greffe, là où le tissu nerveux va prendre naissance, un fragment d’épiblaste prélevé sur un autre œuf au niveau de la région ventrale, par exemple, ce fragment, destiné à devenir normalement de l’épiderme banal, subit la même différenciation en éléments nerveux que son nouvel entourage.
- 1. Il n’est nullement démontré que ces prétendues substances n’existent pas dans les œufs dits isotropes, comme celui de l’Oursin. L’isotropie de tels œufs résulte vraisemblablement de ce que les «substances formatives», au lieu d’être localisées de telle sorte que la première segmentation les distribue inégalement, se trouvent réparties, à peu près également, en tous points. L’existence des différenciations spontanées, on a tout lieu de l’admettre, est générale.
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- B
- Fig. 5. — A. Larve normale de Dentale (trochophore
- B. Larve de Dentale issue d’un œuf dont le lobe polaire a été détruit pendant la première division de segmentation. (.cf fig. 4.) (D’après Wilson).
- On a pu, d’autre part, en transplantant, dans une région quelconque de jeune gastrula de triton, un fragment de blastopore (l) excisé sur une autre gastrula, provoquer la différenciation d’une ébauche embryonnaire supplémentaire.
- Ainsi une région déterminée de l’embryon est susceptible de contrôler, d’assurer la différenciation des régions voisines.
- Ce qui s’observe si précocement, on le retrouve, sous des modalités diverses, à des périodes plus tardives. Un seul fait d’expérience, choisi entre plusieurs autres, l’attestera. Un biologiste, Fischel, a réussi à transplanter un cristallin isolé d’œil de larve de salamandre sous la peau d’une région quelconque du corps. Phénomène surprenant, la peau qui recouvre le cristallin transplanté acquiert certains caractères djune cornée transparente, comme celle de l’œil normal. Ainsi, une influence locale,
- 1. Voir ci-dessus la signification de ces termes.
- Fig. 7. — Oeuf de mouche (Miastor).
- A gauche : œuf fécondé, avant la segmentation: en, cellules nourricières; no, noyau de l’œuf; o, œuf; ps, protoplasma spécial. A droite : œuf en cours de segmentation : en, cellules nourricières ; od, œuf en division; cg, cellule mère des cellule germinatives. ^D’après Hegner.)
- o. d.
- Fig. G. — Oeuf de Styela.
- A gauche : œuf fécondé, avant la segmentation ; Cj, croissant jaune: Cg, croissant gris; Pc, partie claire; Vg, vitcllus gris. A droite : œuf segmenté en 64 cellules (Morula); cj, blastomères héritiers djs matériaux du croissant jaune; cg, blastomères héritiers des matériaux du croissant gris; cc, blastomères héritiers des matériaux de la partie claire (d’après Conklin.)
- émanée du cristallin, a conditionné ici la différenciation de la peau.
- Dans ce cas, comme en d’autres, on souhaiterait de connaître les facteurs qui entrent en jeu pour provoquer des différenciations. Action chimique? Peut-être. Malheureusement, nous ne sommes pas plus renseignés sur sa nature que sur celle des « substances formatives » de l’œuf.
- Le rapide regard que nous venons de jeter sur les phénomènes du développement suffit, en tout cas, je pense, à convaincre qu’aucune doctrine exclusive ne saurait rendre compte de la différenciation cellulaire. L’embryogenèse résulte du jeu simultané et harmonieux de différenciations dont les cellules portent en elles les conditions suffisantes, et d’autres que régissent des actions extérieures. Cette harmonie même demeure le grand mystère de l’édification des espèces.
- Il nous reste pourtant à tâcher d’élucider un point nouveau. La différenciation, une fois acquise sous quelque influence que ce soit, le reste-t-elle définitivement? Jusqu’à quel degré est-elle liée à l’existence de la cellule?
- Un prochain article envisagera ce problème, à propos duquel je serai amené à effleurer des sujets d’actualité, tels que la culture des tissus, et le cancer.
- Dr Max Aron,
- Chargé dé Cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- Fig. 8. — Oeuf de grenouille rousse, moitié antérieure avant ta segmentation.
- zp, zone pigmentée (pôle animal); zc, zone claire (pôle vitellin); cg, croissant gris.
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- ~—~ L’EXTRACTION DU SEL =
- PAR LES PROCÉDÉS PRACHE ET BOUILLON
- Dans l’industrie du sel, la plupart des procédés appliqués pour l’évaporation des saumures sont restés primitifs; dans les pays favorisés par le soleil, c’est à la chaleur solaire que l’on demande d’évaporer la solution saline et d’en précipiter le sel. C’est l’industrie bien connue des marais salants. Dans les pays septentrionaux, il faut utiliser le chauffage et c’est une cause de grandes dépenses de combustible.
- Il en est de même dans les salines comme celles de Lorraine, où l’on extrait le sel du sous-sol par dissolution. Celle-ci doit être ensuite concentrée jusqu’au point où le sel se précipite. Cependant cette antique industrie est, elle aussi, en progrès. On fait appel aujourd’hui à des procédés rationnels qui permettent l’économie de combustible, avec une production importante, et une marche continue.
- ~ Nous trouverons un exemple de ces installations modernes dans l’usine puissante qui, utilisant les procédés la Société Générale d’Evapo-ration Prache et Bouillon, vient d’être mise en marche en Hollande, où se trouvent d’importantes salines.
- On emploie encore très souvent, pour extraire le sel de sa dissolution, l’antique système des poêles.
- Ce sont de vastes récipients métalliques, chauffés à feu nu, dans lesquels l’évaporation s’effectue à l’air libre. La solution y est amenée au degré de concentration voulu, après quoi elle laisse, par refroidissement, se déposer la majeure partie du sel qu’elle contient.
- On peut se demander pourquoi ce procédé, en apparence barbare, dans lequel le combustible semble dépensé pour la majeure partie en pure perte, n’a pas fait place depuis longtemps et en tous lieux à des procédés d’évaporation perfectionnés, tels que ceux que l’on met en œuvre dans l’industrie sucrière par exemple, où les appareils à multiple effet sont depuis très longtemps exclusivement employés.
- Il faut rappeler ici certaines particularités des solutions salines. Tout d’abord il est impossible de songer à l’intervention du froid pour obtenir la précipitation du sel marin, car la solubilité de ce corps ne diminue guère quand la température s’abaisseC-'Sa courbe de solubilité est à peu près une droite parallèle à l’axe de température.
- On ne peut donc que faire intervenir la concentration par évaporation, pour obtenir une solution saturée où le sel cristallisera et se précipitera. Mais le travail nécessaire pour évaporer 1 kilogramme d’eau (environ 535 calories) est infiniment supérieur à celui qui serait théoriquement nécessaire pour séparer de cette masse d’eau la petite quantité de sel qui s’y trouve dissoute. Si l’on veut opérer économiquement, il faut donc récupérer, en partie au moins, celte chaleur dépensée en excès. C’est ce que réalise en particulier l’évaporation à multiple effet. C’est ce que l’on obtient aussi dans les évaporations à récupération de chaleur par compression et recondensation de la vapeur.
- Mais dans le cas des solutions de sel marin, on rencontre, dans l’emploi d’appareils évaporatoires de ce
- genre, de graves difficultés qui tiennent à l’existence de fais -ceaux tubulaires, in-dispensables pour réaliser les échanges de température.
- Le sel se dépose sur les tubes, réduit le coefficient de transmission de la chaleur et par suite le rendement de l’appareil, puis il finit par obstruer les faisceaux. C’estcephé-nomènedudépôtde sel sur les tubes qu’il s’agit avant tout d’éviter, si l’on veut réaliser des appareils évaporatoires pratiques.
- Ce problème a été résolu d’une façon très ingénieuse par MM. Prache et Bouillon dans l’usine qu’ils viennent d’installer en Hollande.
- L’appareil évaporateur est un appareil à compression de vapeur. Rappelons-en tout d’abord le principe (fig. 1).
- La solution à concentrer est placée dans un évaporateur. La vapeur qui s’en échappe est aspirée par un compresseur et comprimée dans, un faisceau tubulaire placé au sein de l’évaporateur; là elle se condense en abandonnant à la solution, à travers les tubes, sa chaleur de condensation. La solution s’échauffe donc et se concentre. Le faisceau tubulaire joue le rôle de réchauffeur.
- Dans les appareils Prache et Bouillon le compresseur, dit thermo-compresseur, est un éjecteur à vapeur, dans lequel un jet de vapeur vive lancée avec une grande vitesse à travers une tuyère aspire et entraîne la vapeur issue de l’évaporateur. On dispose alors pour chauffer la solution non seulement de la chaleur de condensation de
- Vapeur vive
- Compresseui
- aspiree
- CondensaÙe/a vap,
- Evaporateur
- ~~Faisceau tubulaire
- Mélange
- comprime de vapeur aspirée et de vapeur j vive. _________
- Solution
- concentrée
- Eau condensée
- Fig. i. — a, Principe de l’évaporation par compression ; b, Schéma d’un éjecteur à vapeur compresseur de vapeur.
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- = 400 ............... ...........:..
- la vapeur issue de l’évaporateur, mais encore de celle de la vapeur motrice de l’éjecteur.
- Un évaporateur dont la disposition serait calquée sur celle du schéma de la fig. 1 présenterait le grave défaut que nous avons signalé au sujet du dépôt du sel. Il faut faire en sorte que le sel ne puisse en aucun cas se déposer sur les tubes du faisceau. Il y a, en outre, le plus grand intérêt à réaliser une disposition qui évite les
- pression telle qu’elle ne peut s’évaporer; elle ne peut donc que s’échauffer.
- L’évaporateur a la forme représentée sur la fig. 2. Le faisceau tubulaire réchauffeur est extérieur au corps principal de l’évaporateur, et relié à celui-ci en dérivation; il est placé à la partie inférieure de l’évapora-teur, et le niveau du liquide dans celui-ci est toujours maintenu à une hauteur suffisante pour que la pression
- >eur aspiree
- Pression
- atmosphérique
- Thermo -compresseur
- Arrivée de vapeur
- Faisceau tubulaire de chauffage par condensation de vapeur.
- Eau condensée
- -, Propulseur hélicoïdal
- Chaîne à godets évacuant le se! cristallisé.
- L’appareil de concentration Prache et Bouillon à extraction continue du sel.
- Fis. 2.
- opérations intermittentes. Dans le système de la figure 1, il faut évidemment, quand la concentration a atteint le degré voulu, arrêter le chauffage de l’évaporateur, le vider pour remplacer la solution concentrée par une solution fraîche.
- Dans l'appareil Prache et Bouillon, pour éviter les dépôts de sel sur les tubes du faisceau réchauffeur, on maintient la solution, au contact de ceux-ci, sous une
- sur les couches de la solution en contact avec le faisceau s’oppose à l’ébullition.
- Pour obtenir la circulation de la saumure le long des tubes chauffants, circulation qui doit être très rapide si l’on veut éviter les tubes de trop grande longueur, le liquide est mis en mouvement mécaniquement par un propulseur hélicoïdal, mû électriquement, et placé à la partie inférieure du réchauffeur. Il oblige la saumure à
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- descendre le long des tubes; elle s’y échauffe et de là passe dans le corps principal de l’évaporaleur, où l’évaporation se produit à la surface libre du liquide.
- La saumure surchauffée s’élève donc, elle se sursature par évaporation, lorsqu’elle a atteint une région assez élevée où l’évaporation est possible. Cette sursaturation se traduit immédiatement, dans un milieu agité où il y a déjà des amorces de cristallisation, par la formation des cristaux maintenus en suspension par le courant ascendant.
- Les cristaux séjournent dans une région où le liquide est sursaturé, ils tendent à se grossir.
- Lorsque leur masse est suffisamment importante , l’équilibre est rompu , les cristaux tombent à la partie inférieure de l’appareil, malgré le courant de circulation et ils peuvent être extraits d’une manière continue par une chaîne à godets.
- En réglant convenablement la vitesse du liquide, on peut faire varier la grosseur des cristaux obtenus. On y arrive en agissant sur la vitesse du propulseur et la section du conduit, c’est-à-dire en faisant varier la vitesse du courant de saumure, les cristaux étant d’autant plus fins qu’ils se forment dans des zones plus agitées.
- Le faisceau tubulaire est chauffé, commenous l’avons dit, au moyen d’un thermo-compresseur ou éjecteur à jet de vapeur , qui utilise la force motrice d’une certaine quantité de vapeur vive détendue dans une tuyère. Il aspire la vapeur d’ébullition qui se dégage à la pression atmosphérique dans l’évaporateur ; il refoule dans le faisceau tubulaire cette vapeur mélangée à la vapeur motrice détendue, et l’y comprime à une pression calculée de telle sorte que la condensation de la vapeur se produise à la température nécessaire pour le chauffage de l’évaporateur.
- Un kg de vapeur vive aspire un kg de vapeur d’ébullition et l’ensemble permet d’évaporer à peu près
- Fig. 3. — Vue du montage d’une installation d’extraction de sel, en Hollande var les machines Prache et Bouillon.
- deux kg d’eau de la saumure préalablement portée à sa température d’ébullition.
- Avec l'éjecteur, on a toujours, on le voit aisément, plus de vapeur qu’il n’est nécessaire pour le chauffage de la saumure. On n’aspire donc dans le réchauffeur tubulaire qu’une partie de la vapeur issue de l’évapora-teur.
- Le surplus est employé au chauffage d’autres cris-talliseurs fonctionnant sous le vide, du sj^slème à
- multiple effet.
- On arrive ainsi à évaporer, au total, plus de deux h g et demi d’eau par kg de vapeur vive mise en jeu.
- L’installation faite en Hollande comprend l’évaporateur cristalli-seur fonctionnant à la pression atmosphérique par thermo - compression, suivi d’un double effet sous vide.
- Ce matériel important comporte des organes en fonte, car la tôle ne saurait résister au sel.
- Il est prévu d’ailleurs des dispositifs de nettoyage aux points délicats, de manière à pouvoir entretenir le mécanisme sans arrêter un seul instant la marche continue.
- Grâce à cette utilisation à l’extrême de la vapeur, consécutivement à l’emploi du double effet placé à la suite de l’appareil principal, on arrive à une production économique.
- La chaudière consomme 180 kg de charbon pour chaque tonne de sel cristallisé obtenu, alors que les procédés habituels exigent une dépense de
- 450 kg de charbon pour arriver au même résultat.
- Le principe de l’évaporateur-cristalliseur peut s’appliquer également à tous les sels dont les courbes de solubilité ont la même allure que celle du sel marin.
- Par exemple, on peut employer ce même matériel pour concentrer les lessives glycérineuses salines, les ondes électrolytiques, le sulfate de soude anhydre raffiné.
- Dans ces1 derniers cas, il y a une difficulté particulière,
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- = 402 ——----------------. :......................=
- car la solubilité décroît légèrement quand la température s’élève.
- Pour éviter cet écueil, on diminue à l’extrême l’importance du réchauffage et on augmente la vitesse de circulation du liquide dans le faisceau, de manière à ne
- rement l’un des sels en le cristallisant par refroidissement. C’est le cas des lessives de minerais de nitrate du Chili où la solution contient de l’azotate de sodium et du chlorure de sodium.
- L’installation réalisée en Hollande fait le plus grand
- Fig. 4. — Les appareils Prache et Bouillon, pour Vextraction du sel, en cours de montage.
- pas avoir de dépôts incrustants sur les surfaces de chauffe.
- Ôn peut en outre envisager des cas complexes, comme celui des solutions doubles et amener ainsi à saturation une solution déterminée, de manière à séparer ultérieu-
- honneur à l’industrie française, car c’est la première du genre qui assure en marche continue d’aussi grandes productions; des appareils identiques sont d’ailleurs en cours d’installation dans des salines françaises.
- E.-H. Weiss.
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- Fig. — La région montagneuse où croissent les Peyotls : Mont Alban, Oasca, Mexique.
- 1=..:..:... ^ LE PEYOTL .........................:.
- CACTUS MEXICAIN QUI PROVOQUE DES RÊVES VISUELS MERVEILLEUX
- Le Peyotl (fig. 2), dont M. Alexandre Rouhier vient d’étudier les étranges propriétés physiologiques (4), est un Cactus. Originaire du Mexique et de l’extrême sud des Etats-Unis, on le rencontre en abondance dans les hautes régions désertiques du plateau central mexicain ainsi que sur les rives du Rio Grande del Norte (Texas). Les peuples précolombiens connaissaient déjà cet Echino-cactus, et vivement frappés par les rêves visuels extraordinaires que son ingestion leur procurait, ils le considérèrent comme une émanation de la divinité. Ils lui rendirent un culte, aux cérémonies rituelles curieuses qui se sont même perpétuées jusqu’à nous, comme divers voyageurs, entre autres Léon Diguet mort récemment, ont pu le constater (fig. 4). Encore aujourd’hui, les Indiens Huichols, (fig. 5) dont la civilisation moderne n’a pu transformer les mœurs ancestrales, partent revêtus de costumes bizarres, le visage bariolé de peintures symboliques (fig. 5) à la récolte de la « plante divine! ». Ils vont chercher l’enivrant « Hicouri » (2) à Saltillo, à Mapimi et jusque dans la Sierra Madré occidentale, à 400 km environ à l’est du Nayarit. Le voyage est très pénible vu l’aridité des steppes, les difficultés de la route et surtout à cause des privations religieuses que les Peyotleros s’imposent.
- Dans ces régions arides (fig. 1) aux collines abruptes et rocailleuses, brûlées le jour par le soleil ardent et soumises durant la nuit à un refroidissement intense, le Peyotl pousse au ras du sol, soit en pieds isolés, soit en petites colonies familiales. Chaque sujet atteint 15 à
- 1. A. Rouhier. La plante qui fait (les yeux émerveillés : Le Peyotl. 1 vol. in-8 (G. Doin et Gie, éditeurs, Paris, 1926.)
- 2. Nom indien du Peyotl au Mexique.
- 20 cm de longueur totale et forme une grosse tige cylindrique fauve grisâtre, se terminant à sa partie supérieure par un renflement sphérique figurant assez bien une tomate. Cette tête globuleuse de couleur vert foncé se divise en côtes épaisses, peu saillantes, dont le nombre varie de 5 à 13 sur lesquelles surgissent, de distance en distance, des pinceaux de poils blancs; elle porte, en outre, à son sommet, une dépression ombilicale garnie également d’un coussinet de poils soyeux d’où émergent, après la période des pluies estivales caractéristiques du climat subtropical, des fleurs roses ou blanches. Un mois et demi à deux mois après la floraison, apparaît le fruit constitué par une baie rose clair, légèrement massuée, renfermant de nombreuses graines petites, arrondies, de couleur noir mat et d’aspect chagriné. Généralement, les Peyotls, se ramifiant dès leur racine, sont polycéphales (fig. 3) et poussent en touffes plus ou moins serrées.
- Les tralicants de la vallée du Rio Grande del Norte vendent la plante découpée en rondelles et desséchée sous le nom de mes-al-buttons (boutons de Mescal) ou dry Wisky (Wisky sec) à cause de l’analogie que présente l’ivresse peyotlique avec celle de l’eau-de-vie tirée par distillation du Mescal (Agave américain). Le métier du Peyotlero n’est d’ailleurs pas de tout repos ; il lui faut s’aventurer dans l’un des Etats mexicains de Chi-. huaha, de Coahuila, de Nueyo-Leon, de Tamaulipas, de Zacatas, de San Luis Potosi, de Queretaro, de Hidalgo, le long des rives escarpées du Rio Grande del Norte, à travers les falaises rocheuses des Canons du Texas ou les Apache Mountains. Au milieu de cette végétation hostile, de ces Cereus géants, de ces Mimosées aux branches épineuses, le pauvre récolteur aura beaucoup de peine à
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- découvrir quelques Peyotls aux têtes rondes que la poussière du « limon aérien » des grands vents de décembre et la boue des « aguaceros » de juillet auront barbouillés. Cependant son œil exercé finira par les distinguer parmi les touffes barbelées des Eehinocactus. Il en sectionnera la tête horizontalement au-dessus du collet, à l’aide d’une mac.hele ou d’un couteau. Si la grosseur du sujet l’impose, il opérera une nouvelle section parallèle à la première à mi-hauteur du globe chlorophyllien déjà détaché. Une fois rentré au logis, il laissera sécher les tranches vertes et juteuses sous les chauds effluves du soleil des tropiques. Après quoi, il vendra ces « mescal-buttons » aux approvisionneurs des droguistes américains.
- M. A. Rouhier classe les mescal-buttons en deux catégories : les tranches premières constituées par la tête de la plante tout entière ou par sa partie supérieure seulement et les tranches secondes ou coupes comprises entre les sections inférieure et médiane. Toutes deux sont brunes rougeâtres ou grisâtres et de forme circulaire; elles se distinguent aisément, car on y retrouve les particularités extérieures du végétal. Elles se ressemblent d’ailleurs beaucoup comme aspect général mais la face supérieure de celles-ci est plane et dépourvue des côtes caractéristiques de celles-là. On voit, en effet, sur les tranches premières un entonnoir central d’où rayonnent des plissements d’aspect grenu.
- En broyant les mescal-buttons et en les épuisant par l’alcool, puis en filtrant le résidu qu’ils traitèrent ensuite, selon diverses méthodes, les chimistes Lewin, Heffner, Kauder et Spath parvinrent à extraire plusieurs alcaloïdes baptisés du nom de Mescaline, Anhalamine, Ànha-lonidine, Peyotlirie, Anhalonine et Lophophorine. D’après M. A. Rouhier et quoiqu’il n’existe qu’une seule espèce de Peyotl, Y Eehinocactus Williamsii (Lem.), la teneur de. ces bases varie suivant la nature des sols où croissent les plantes qui ont fourni la drogue examinée. Chacune d’elles ingérée séparément et par voie buccale (sauf
- 1 ’ anh alamine qu’on n’a pas encore étudiée) possède des actions p h y si o logiques particulières dans le détail d e s -
- Fig. 2.
- A gauche : Le Peyotl du Zacatecas {Mexique), d'après un échantillon de la collection de M. Rouhier.
- Fig. 3.
- À droite : Un Peyotl tricéphale récolté dans l’état de San Lhuis Potosi {Mexique). (D’après M. Rouhier.)
- quelles nous ne saurions entrer. Résumons-en les traits essentiels de la façon suivante. Sauf l’anhalonidine, les alcaloïdes du Peyotl agissent sur le système nerveux central. Leur action se disperse suivant une échelle aux deux extrémités de laquelle se situent d’un côté la mescaline productrice des visions colorées, parce qu’excitatrice du centre cérébral optique et d’autre part la lophophorine antagoniste de la première et très toxique. Quant à la peyotline, à l’anhaloninc et à l’anhalonidine, elles tiennent le milieu entre les deux précédentes.
- Pharmacologiquement parlant, les alcaloïdes peyot-liques s’apparenteraient, les uns à la morphine, les autres à la strychnine. Des doses assez élevées (0 gr. 20 de mescaline pure ou 0 gr. 75 d’alcaloïdes totaux, représentés par leur équivalent en mescal-buttons ou en extrait) sont nécessaires pour provoquer chez l’homme les phénomènes visuels de Y ivresse sacrée. A l’encontre de la plupart des poisons nerveux, le « divin » cactus mexicain semble — à dose physiologique tout au moins — ne comporter aucun danger. Il ne crée ni accoutumance, ni troubles prolongés.
- D’après les observations à peu près concordantes de Prentiss et Morgan, d’Havelock Ellis et de A. Rouhier, le « dieu peyotlique » favorise surtout les gens sains et bien portants. Chez un sujet robuste et parfaitement équilibré, l’expérience se passe très agréablement et sans effets secondaires déplaisants.
- L’intoxication peyotlique comporte deux périodes bien marquées. A une phase de surexcitation générale succède, au bout de 3 ou 4 heures, une sédation nerveuse remplie presque tout entière par des visions colorées extraordinaires, des phénomènes d’interversion sensorielle (audition colorét- notamment), d’autoscopie, de dédoublement de la personnalité, de rapetissement des. objets, de curieuses erreurs d’appréciation, etc. Le Peyotl ne provoque ni une exhilaration puissante à la façon du haschich, ni une extériorisation bruyante comme l’alcool. Il détermine d’abord un accroissement des facultés physiques et parfois intellectuelles. Bientôt la pupille, ce «baromètre de l’activité cérébrale »,se dilate et pendant 24 heures environ la sensibilité de l’œil à la lumière s’accroît ainsi que l’acuité de la perception visuelle. Le relief des objets s’intensifie, les couleurs et leurs rap-
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- Ftg. 4. — Autel d un temple du feu, chez les Indiens Ihiichols. Parmi les attributs cultuels, on voit sur des bannières des représentations symboliques du Peyotl.
- (Cliché Diguet, collections du Muséum national * d’Histoire naturelle.
- ports se modifient. Au maximum de l’extase, le « peyotliné », placé dans l’obscurité et les yeux fermés, éprouve des sensations lumineuses exquises. Certains détails revêtent une teinte si éclatante, une beauté si grande, une pureté si inconcevable qu’ils lui arrachent des cris d’admiration. « Les couleurs de ces visions sont, au dire de M. A. Rouhier, inouïes et inoubliables. » On ne saurait, ajoute-t-il, « en exprimer l’intensité, la somptuosité, la magnificence ». De son côté, Weir Mitchell déclare « qu’il désespère de dépeindre ce spectacle enchanté, en un langage qui puisse initier les autres à sa beauté et à sa splendeur ».
- Comme cet auteur, arrêtons là aussi la description des phénomènes hallucinatoires dus au Peyotl et que n’accompagne d’ordinaire aucun effet secondaire désagréable comme nous l’avons déjà noté ci-dessus. Le lendemain d’une orgie mescalinique, le sujet n’a, d’ordinaire, ni les nausées, ni la soif excessive qu’éprouvent les buveurs d’alcool et les opiomanes. Effner, Ilaveloch Ellis, Pren-tiss et Morgan, Putt et A. Piouhier ont cependant noté, chez quelques individus, de légers troubles de la vision, des maux de tête et une certaine fatigue pendant 2 ou o jours. En revanche, le peyotlisme chronique n’existe
- pas, même chez les sectateurs indiens de celte drogue extraordinaire, qui ne semble pas provoquer une appétence physiologique irrésistible comme l’opium, la cocaïne ou l’héroïne.
- D’autre part, d’après ses propres observations et d’après les constatations faites jusqu’ici, M. Rouhier préconise nettement l’emploi du peyotl en thérapeutique comme un toni-sédatif de valeur et un actif stimulant du système nerveux; il en suggère même l’emploi expérimental en tant que réactif cérébral aux psychoanalystes, aux psychologues et aux psychiatres pour l’étude du mécanisme de la mémoire, des rêves, des petites ou grandes hallucinations, etc. Ce « dieu végétal » ouvre donc aux savants un vaste champ à défricher. Mais l’arsenal des stupéfiants ne va-t-il pas s’augmenter ainsi d’une arme dangereuse dont les amateurs de voluptés nouvelles vont devenir les victimes? M. Rouhier a répondu d’avance à une telle objection puisqu’avec la drogue mexicaine on n’a pas à redouter l’accoutumance. D’ailleurs, comme ajoute fort logiquement le professeur Em. Perrot, « ne serait-il pas infiniment ridicule de priver la thérapeutique d’un agent utile, à seule fin de prévenir les hypothétiques abus de psychopathes incurables et socialement peu intéressants. » Notre législation pharmaceutique est, du reste, suffisamment armée pour que la morale publique n’ait rien à craindre !
- En tout cas, voilà des siècles que les peuplades américaines ont associé le Peyotl à leurs cérémonies magiques. D’après une légende locale, le Frère aîné (Tamafs Parilié ou dieu des vents et de l’air) l’aurait fait connaître aux ancêtres des Huichols. Cette plante leur apparut dans les lieux où elle croît encore, sous la forme d’un daim qui, disparaissant bientôt àleurs yeux, se transforma en un gros a Idicouri ». Sur les traces de l’animal, les chasseurs découvrirent cinq Peyotls. Les Indiens lancèrent alors sur chacun d’eux, deux ffèches que sur l’ordre du « Dieu du Feu » ou « Queue de Daim », ils retirèrent ensuite sauf celles plantées dans l’Hicouri principal. Puis s’assemblant en ce lieu, ils mangèrent
- Fig. 5. — Indiens Huichols, rêcolteurs du Peyotl.
- (Photographie communiquée par le Muséum national d’Histoire naturelle.)
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- des Peyotls, tandis que le « Frère aîné » demeurait sur le haut du plateau où on le rencontre aujourd’hui sous forme d’un autel.
- Selon d’autres traditions, les dieux auraient révélé la célèbre drogue aux hommes de façon différente. Mais les premières notions exactes sur le Peyotl remontent aux historiographes de la conquête du Mexique par les Espagnols, entre autres à Bernardino de Sahagun (1560). Cet auteur écrit à propos de la merveilleuse plante : « Ceux qui la mangent ou la boivent voient des choses effrayantes ou risibles. Cette ivresse dure 2 ou 3 jours et disparaît ensuite.... Ce végétal les soutient et leur donne du courage pour le combat en les mettant à l’abri de la peur, de la soif et de la faim. »
- Depuis cette époque jusqu’à nos jours, le culte du Peyotl se maintient parmi les tribus mexicaines Huichol, Cora, Tepehuane et Tarahumare habitant les régions désertiques de la Sierra Madré du Pacifique, malgré les anathèmes lancés contre la plante magique par les missionnaires catholiques. Quatre siècles de domination espagnole et d’évangélisations patientes n’ont pu arracher la foi des Mexicains autochtones en ces théogonies ancestrales. Le culte indéraciné du cactus mystique s’introduisit vers la fin du xixe siècle parmi les peuplades spiritualistes du sud des Etats-Unis (Mescalero,
- Apaches, Commanches et Kiowas) et en 1923, d’après les documents officiels du Bureau of Indians Affairs de Washington, une quarantaine de tribus indiennes, réparties sur onze Etats de l’Union, le pratiquaient encore malgré les efforts du gouvernement américain pour ralentir son extension. Mais jusqu’ici les mesures antipeyotliques semblent n’avoir eu d’autre effet que de favoriser la contrebande du produit défendu.
- Du reste, suivant M. Rouhier, la guerre menée sous prétexte d’hygiène par les pouvoirs publics des Etats-Unis contre le Peyotl, est au fond une guerre de religion et de race.
- Le Peyotl est la pierre angulaire du vieux culte indigène, le lien solide unissant entre eux les cœurs des Hommes Rouges. Le supprimer, c’est « priver les Indiens du labarum autour duquel se groupe leur nationalisme informulé, c’est enlever la clé de voûte de leur temple, c’est tuer leur Dieu ! »
- Actuellement, les Indiens Huichols sont les principaux sectateurs du Peyotl. Ils habitent une région montagneuse, d’aspect inhospitalier et sauvage, d’accès difficile et périlleux, dont les pics et hauts plateaux atteignent 2500 à 3000 m. d’altitude. D’immenses forêts de chênes et de pins les recouvrent où vit une faune innombrable dont la dominante est le daim. Mi-chasseurs, mi-agri-uulteurs, les Huichols défrichent le^sol et sur ces terres
- désembroussaillées, ils sèment du maïs ou des fèves, ils récoltent de la canne à sucre, des pastèques, des bananes ou autres fruits comestibles. Durant la belle saison ils habitent des huttes rondes au toit de chaume, aux murs faits avec des pierres et de la boue desséchée, qu’ils édifient à proximité de leurs cultures. Une fois les ensemencements finis et les moissons faites, ils regagnent leurs villages respectifs composés de cinq ou six habitations un peu plus confortables disposées autour d’une place centrale. Au voisinage, se trouvent des oratoires ou Maisons des Dieux. Ces constructions diffèrent surtout des précédentes par leurs dimensions ; une poutre reposant sur des piliers de bois supporte leur toit assez.élevé. Aux murs de ces frustes chapelles, qui ressemblent plutôt à un chalet alpestre qu’à un temple, on voit accrochés des objets hétéroclites, des attributs, ex-voto ou fétiches, des têtes de cerf desséchées, des figurines et des masques, des boucliers en bambous et coton tressé avec représentations symboliques du Peyotl (fig. 6).
- La mythologie des Huichols du Nayarit est assez difficile à saisir. Toutefois, pour nour borner à ce qui nous intéresse, leur psychologie religieuse peut s’expliquer en peu de mots. Croyant à l’existence d’une transmutation vitale et gardant le souvenir des époques préhistoriques où ils ne tiraient leur nourriture que de lâchasse, les Indiens croient qu’alors le daim était maïs, tandis que le Peyotl servait d’aliment à l’esprit. En vertu de cette croyance atavique, ils admettent donc l’identité du maïs, du daim et de l’Hicouri en tant que substances alimentaires 1 D’autre part, pour ces primitifs panthéistes, les actes les plus simples de leur vie quotidienne ont une signification religieuse. Un dieu se cache sous chaque chose : ils mettent une divinité protectrice ou malfaisante à l’origine de chaque phénomène naturel. Mais parmi tout l’Olympe mexicain, nous retiendrons seulement le Dieu des Vents et de l'air (Tamats Pa’riké) au visage, aux mains, aux pieds ornés de Peyotls et qui selon la légende indienne, apporta aux hommes la a plante sacrée ».
- Pour obtenir santé, bonheur, chasses fructueuses, génératrices d’abondantes récoltes, il faut invoquer tous ces dieux et s’il ne pleut pas sur le plateau mexicain, c’est la famine en perspective.
- Les Huichols vont donc déposer des objets votifs dans les temples sacrés pour que l’eau tombe du ciel au moment propice, sur ces terres désertiques et rocailleuses. Or la garantie de la pluie est la possession du Peyotl; d’où nécessité pour les Indiens Huichols et leurs coreligionnaires d’aller chaque année récolter Y Echinocactus divin, « source de vie, de bonheur et de richesse pour ses possesseurs ».
- Jacques Boyek.
- Fig. 6'. — Bouclier indien dédié à a “ Mère des pluies occidentales.
- Les figures centrales symbolisent le Peyotl. (Dessin de M. Rouliiex’.)
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- LES TRANSMISSIONS RADIOÉLECTRIQUES = 407
- PAR ONDES DIRIGÉES
- POSTES ÉMETTEURS DE DIFFUSION ET POSTES DE RADIO-COMMUNICATION
- Parmi les postes émetteurs radiotélégraphiques ou radiotéléphoniques, on peut distinguer deux catégories : 1° les postes-de radiodiffusion ; 2° les stations de radiocommunication.
- Les postes de radiodiffusion sont destinés mettre des informations politiques, financières, météorologiques, des radio-concerts, etc.
- Par définition , il est nécessaire que leurs émissions puissent être entendues du plus grand nombre d’auditeurs possible, quelle que soit la position des postes récepteurs par rapport à la station d’émission.
- On a pu ainsi'comparer, d’une façon superficielle et élémentaire, le phénomène de propagation des ondes autour d’une station de radiodiffusion au phénomène visible et bien connu que l’on peut observer à la surface d’une eau tranquille, lorsqu’on y jette une pierre
- (fig- 2).
- Autour du point de chute, il se produit des ondes circulaires qui vont s’élargissant en diamètre autour de ce point, mais qui, peu à peu, diminuent d’amplitude, à moins que l’on ne jette de nouveau une pierre au même point.
- Les sommets de deux ondes consécutives sont toujours séparées par une distance égale, à laquelle on donne le nom de longueur cl'onde.
- La composition schématique de la figure 3 donnerait peut-être cependant au lecteur une idée un peu plus exacte de la forme possible des *ondes électriques autour de leurs points d’ébranlement, c’est-à-dire autour de l’antenne du poste de radiodiffusion.
- Pourtant, à côté de ces postes de radiodiffusion déjà très nombreux, il existe d’autres postes, presque uniquement radiotélégraphiques ceux-là, et par conséquent dont les émissions sont peu écoutées des amateurs de T. S. F., ce sont les postes de radiocommunication.
- Ces stations, presque uniquement commerciales ou militaires, ont pour but d’effectuer un trafic radiotélégra-phique régulier analogue au service télégraphique par ligne terrestre ou par câbles sous-marins, et ce trafic est généralement effectué par chaque station avec un correspondant unique ; c’est ainsi que l’on peut citer le service Paris-Buenos-Ayres, Angleterre-Canada, Angleterre-Australie, etc., etc.
- Or, si l'on conçoit bien qu’un poste de radiodiffusion doive envoyer ses ondes dans toutes les directions, on comprend aussi immédiatement qu’il est absolument inutile qu’un poste de radiocommunication envoie ses émissions dans une autre direction que celle de son correspondant habituel.
- Dès les débuts de la ., on a donc essayé, dans le but essentiel de diminuer l’énergie nécessaire à la transmission tout en assurant une meilleure propagation des ondes des postes de radiocommunication, de concentrer les ondes émises par ceux-ci, de les diriger wers le poste correspondant.
- De là est né le problème de la transmission par ondes dirigées que nous allons exposer ; ce problème n’a, d’ailleurs, reçu une solution vraimentpratiqueque depuis peu de temps, bien qu’il ait été étudié depuis plus de trente ans, comme nous l’indiquerons plus loin.
- QUELQUES NOTIONS SUR LES LONGUEURS D'ONDE L'ÉCHELLE DES LONGUEURS D'ONDE ET DES FRÉQUENCES
- La plupart de nos lecteurs ont, sans doute, quelques connaissances en physique et en radiotechnique, mais il nous semble cependant nécessaire de rappeler quelques notions essentielles indispensables pour la compréhension de ce qui va suivre.
- La physique moderne a démontré que l’origine de la plupart des phénomènes naturels paraît être la vibration. On peut observer partout des vibrations, soit qu’il s’agisse essentiellement d’une oscillation, soit qu’il s’agisse de la
- à trans-
- t'ig. 1. — M. G. Marconi qui le premier étudia les ondes courtes au. point de rue pratique.
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- propagation cl’un mouvement vibratoire, c’est-à-dire d’une onde.
- Vibrations mécaniques (ressort, pendule), ondes élastiques (vagues de la mer, marées, rides à la surface de l’eau), ondes sonores, ondes électriques, ondes calorifiques, ondes lumineuses, ondes radiologiques (rayons X), ondes radioactives (du radium), tout dans la nature est vibration. %
- Les oscillations réparties sur toute la gamme des vibrations sont caractérisées par leur longueur d’onde ou leur fréquence.
- La longueur d’onde est le chemin parcouru par Fonde pendant la durée d’une période (la période dans un mouvement vibratoire est l’espace de temps au bout duquel le mouvement en un point se produit de nouveau dans le même sens et avec la même valeur).
- Dans l’exemple élémentaire indiqué par notre figure 2, la longueur d’onde était la distance constante qui séparait le sommet d’une ride circulaire de la ride adjacente, et c’est aussi ce qu’indique à nouveau la figure 4.
- l'ig. 2. — La propagation des ondes.
- Les ondes produites à la surface d’un liquide par la chute d’une pierre fou rnissent un exemple simple d’un phénomène de propagation comparable à celui des ondes hertziennes autour d’un poste de radiodiffusion.
- La fréquence d’un phénomène vibratoire, maintenant, est le nombre des oscillations par seconde, et, comme la vitesse de propagation pour des ondes de même famille dans un même milieu est constante, on en déduira que la fréquence est inversement proportionnelle à la longueur d’onde. Dans le premier exemple indiqué dans notre article, la fréquence du phénomène oscillatoire constaté est le nombre de rides circulaires qui passent en une seconde en un point de la surface de l’eau.
- On déduit de la définition de la fréquence que, plus la longueur d’oncle du rayonnement considéré est courte, et plus grande est sa fréquence, et inversement.
- Pour revenir au sujet essentiel de notre article, c’est-à-dire aux ondes hertziennes, on sait qu’une des plus grandes conquêtes de la science moderne a été de démontrer la nature commune de ces ondes et des ondes lumineuses avec leurs prolongements, qui sont les rayons calorifiques du côté des grandes longueurs d’onde, les rayons ultra-violets puis les rayons X vers les petites (fig. 5).
- La gamme des ondes de T. S. F. s’étend actuellement depuis 30.000 mètres de longueur cl’onde environ jusque vers quelque 20 mètres pour les communications à grande distance, et l’on sait que l’on peut distinguer, parmi elles, trois catégories, plus ou moins distinctes :
- 1° Les ondes longues de 30.000 m. à 600 m. environ ;
- 2° Les ondes courtes de 600 m. à 150 m. environ ;
- 3° Les ondes très courtes de 150 m. à 14 m. et au-dessous.
- Ainsi que nous le rappellerons plus loin, il y a fort peu de temps que l’on emploie les ondes
- Fig. 3. — La propagation des ondes hertziennes.
- Si nos yeux pouvaient voir les ondes hertziennes se propageant autour d’une antenne, elles apparaîtraient sous la forme représentée ci-dessous.
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- Ondes amortie:
- Ondes entretenues
- Fig. 4. — Une ondulation électromagnétique est caractérisée par sa longueur d’onde. Elle peut se propager sous forme d’ondes amorties (id’amvlitude décroissante) ou d’ondes entretenues (d’amplitude
- constante).
- courtes pour la transmission à grande distance, et ce sont ces ondes pourtant qui, seules, ont permis la solution pratique actuelle de la transmission par ondes dirigées.
- Pour en terminer avec l’exposé de ces notions générales, notons encore que la démonstration expérimentale directe de la continuité entre les ondes radioélectriques et les ondes calorifiques infra-rouges n’a été faite qu’en 1924.
- Il existait, en effet, à cette époque une seule discontinuité dans l’échelle des ondes, allant des ondes radioélectriques les plus courtes (7 mm de longueur) obtenues par Nôbius en 1918 aux ondes infra-rouges les plus longues (0,32 mm) étudiées en 1911 par R.ubens et von Baeyer.
- En 1924, donc, les savants américains Nichols et Tear ont pu obtenir des ondes radioélectriques jusqu’à la limite de 0,22 mm de longueur d’onde qui est ainsi inférieure à celle des rayons infra-rouges de Rubens et von Baeyer.
- Cette dernière expérience supprimait la dernière solution de continuité qui existait entre ces rayonnements, se manifestant à nos sens imparfaits sous des formes très diverses, mais qui sont donc tous des perturbations électromagnétiques identiques, ne différant que par leurs longueurs d’onde.
- LES PREMIÈRES EXPÉRIENCES DE HERTZ
- Cette identité des ondes lumineuses et des ondes radioélectriques avait déjà été formulée dans l’hypothèse de
- Fig. 6. — La première expérience de transmission * d’ondes dirigées.
- Résonnateur
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- l’illustre physicien anglais Maxwell (1831-1879) et les travaux de Hertz vers 1890 devaient donner à cette hypothèse, il y a déjà longtemps, une confirmation complète.
- Hertz produisait des ondes radioélectriques amorties de l’ordre du mètre à l’aicle d’une forte bobine de Ruhm-korff alimentant un excitateur.
- Ce petit appareil se composait de deux sphères métalliques de même rayon reliées par une tige conductrice, au milieu de laquelle a été ménagée une coupure. Deux petites boules fixées aux extrémités de la tige interrompue sont mises en communication avec les pôles de la bobine (fig. 5).
- L’étincelle oscillante, qui éclate entre les boules, engendre alors des ondes électriques. Celles-ci peuvent être très simplement aussi reçues à l’aide d’un résonateur, fil métallique contourné en cercle, dont les extrémités se terminaient, l’une par une petite boule, l’autre par une pointe mobile, formant ainsi une sorte de manomètre à étincelles (fig. 5).
- Hertz a montré que ce résonateur devait avoir une dimension déterminée pour un excitateur déterminé, d’où la première notion de résonance électrique, et, à l’aide de
- Fig. 5. — A gauche : l’excitateur de Hertz alimenté par une bobine
- de Ruhmkorff. A droite : le récepteur de Hertz : un résonateur formé d’un anneau métallique et d’une vis micrométrique constituant une sorte de micromètre à étincelles.
- dispositifs élémentaires, il a pu obtenir des phénomènes de réflexion, de réfraction, d’interférences et d’ondes stationnaires, analogues à ceux que l’on obtient pour la lumière et pour le son.
- La réflexion des ondes hertziennes était démontrée au moyen de deux grands miroirs sphériques concaves formés d’une plaque de métal.
- Au foyer de l’un des miroirs était placée la coupure d’un excitateur et au foyer de l’autre celle d’un résonateur accordé. Si les axes des miroirs coïncident, et seulement dans ce cas, des étincelles vives éclatent dans le résonateur.
- Cette expérience réalise donc le premier dispositif de communication par ondes dirigées, et l’on voit qu’il a été possible dès la découverte initiale de la T. S. F. (fig. 6).
- La réfraction des ondes hertziennes se montre d’ailleurs d’une manière analogue, soit avec un prisme, soit avec une lentille èn poix ou en cire.
- On réalise également le phénomène des ondes stationnaires, en disposant devant un excitateur et parallèlement à son axe un plan métallique. Les ondes hertziennes se réfléchissent sur ce plan et interfèrent avec les ondes incidentes. Le résonateur permet de contrôler l’exis-
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- Fig, 7. __ Les premières expériences de M. Marconi sur les ondes courtes; en I poste émetteur, en IIposte récepteur.
- tence des nœuds et des ventres des ondes stationnaires.
- Après Hertz, d’autres chercheurs, comme M. Blondlot, ont réussi à l’aide de radiations électriques de longueur d’onde encore plus faible, à répéter d'autres phénomènes particuliers à l’optique, tels que la polarisation et la réfringence des cristaux.
- Des savants français, M. Blondel, dès 1898, ét M. Bouthillon, entre autres, plus récemment, ont étudié les phénomènes radioélectriques à la fois expérimentalement et par le calcul, comme s’il s’agissait de problèmes d’optique (l).
- Mais, pour obtenir des phénomènes de réflexion avec les ondes radioélectriques, il est nécessaire, et le l'ait est capital, que le système employé ait des dimensions du même ordre de grandeur que la longueur de l’onde. On en déduit immédiatement que les ondes courtes permettent plus facilement que les ondes longues, et quelquefois seules, l’emploi de systèmes directifs.
- LES PREMIÈRES EXPÉRIENCES DE M. MARCONI SUR LES ONDES COURTES
- M. Marconi, un des grands pionniers de la T. S. F., a songé, dès les débuts de ses essais sur la transmission des ondes radioélectriques, en 1895, à utiliser des réflec-
- 1. Voir par exemple l'Onde électrique, nos 43 et 59.
- teurs paraboliques pour concentrer dans une direction donnée les ondes rayonnées par l’antenne.
- Les ondes utilisées étaient de l’ordre du mètre et les miroirs étaient constitués soit par des feuilles métalliques, soit par des fils parallèles, formant un cylindre parabolique ; l’antenne était placée suivant l’axe focal à la réception comme à l’émission, dans le cas évidemment où l’excitateur n’était pas pla<?é directement au foyer du miroir
- (fig- 7).
- Déjà, à ce moment, un dispositif de ce genre à réflecteurs permit une communication très intelligible sur une distance de 2800 m. (1896).
- Mais, malgré les résultats encourageants ainsi obtenus, ces essais furent interrom-» pus, et ils ne devaient être repris en Italie qu’au début de 1916, c’est-à-dire vingt ans après !
- Ce fait très curieux est dû à ce qu’en 1896 on ne pouvait émettre que des ondes courtes amorties de faible puissance, et surtout à ce qu’au début de la T. S. F. les progrès obtenus avec les antennes ordinaires et les ondes longues ont été si rapides qu’on’a laissé pratiquement de cote les ondes courtes.
- Bien plus, on a cru, durant de nombreuses années, que seules les ondes longues permettaient les communica-
- Fig. 8. — Le système de deux
- antennes verticales proposé par M. Blondel en 1898.
- En I représentation schématique de ces deux antennes. En II courbe représentant la caractéristique de ce svstème à erande distance.
- Fig. 9. — Courbes caractéristiques d’antennes émettrices (d’après Zcnnek).
- I, antenne verticale symétrique. II, L’émetteur a une action plus intense dans la direction O' que dans la direction O.
- III et IV, antennes à effet directif plus intense.
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- Fig. 10. — Antenne directrice proposée par Zennech en 1900. Elle comprend deux fils verticaux ; l’un cf2est émetteur, l’autre dx sert de réflecteu.r pour renvoyer les ondes dans la direction didiB.
- Fig. 11. — Antenne de Braun.
- Elle comprend 3 antennes verticales St Ss S5. La courbe II représente la caractéristique de ce système.
- lions à grande distance, et il a fallu les "merveilleux résultats obtenus en 1922, grâce au concours des amateurs émetteurs, pour détruire Complètement cette opinion admise alors par les techniciens du monde entier!
- QUELQUES NOTIONS HISTORIQUES SUR LES ESSAIS DE DIRECTION DES ONDES HERTZIENNES
- Bien qu’on ait ainsi abandonné l’emploi des ondes courtes depuis 1896, de nombreux radio-techniciens ont établi des systèmes spéciaux d’antennes destinés à diriger ou à recevoir les ondes longues dans une direction plus ou moins déterminée.
- Pour permettre une étude facile de ces émetteurs, et d’ailleurs pour tous les émetteurs à ondes dirigées, on construit la courbe caractéristique de l’action à distance, obtenue en mesurant l’amplitude des ondes émises à une distance déterminée ,de l’émetteur, et dans les diverses directions; on porte en vecteurs les valeurs de cette amplitude dans la direction pour laquelle chacune d’elles a été mesurée, et l’on réunit l’extrémité de ’ces vecteurs
- par une courbe (fig. 9). Cette courbe donne immédiatement une idée d’ensemble sur l’utilisation possible de l’émetteur considéré pour la télégraphie dirigée, mais cette caractéristique dépend, en général, de la distance à laquelle l’amplitude est mesurée ; on ne devrait donc parler que de la caractéristique pour une distance déterminée.
- Ceci posé, déjà en 1898, M. Blondel avait proposé d’effectuer la transmission dans deux antennes verticales placées à une distance l’une de l’autre égale à une demi-longuëur d’onde, la longueur des antennes elles-mêmes étant égale à un quart d’onde ; ce système d’émetteurs envoie des ondes dans une direction privilégiée perpendiculaire au plan des antennes, et la caractéristique de l’action à grande distance peut être représentée par la courbe double de la figure 8. Pour la réception, les circuits étaient disposés de manière à produire un effet analogue.
- Ce système a donné d’excellents résultats à petite distance ; mais la complication des installations, trop grande pour l’époque, avait fait abandonner la réalisation d’expé-l’iences à grande distance.
- Fig. 12. — Réflexion des ondes lumineuses ou électriques sur un cylindre parabolique au foyer duquel est placé l’émetteur.
- Fig. 13. — L’antenne cadrée de Marconi.
- En I principe de l’antenne. II, L’antenne d’un des premiers postes transatlantiques. III, La caractéristique de cette antenne.
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- En 1900, Zenneck eut l’idée de faire quelques expériences (près de Cuxhaven) en utilisant deux fils verticaux de 30 m. de longueur. L’un de ces fils servait d’antenne et l’autre, distant de .6 m.., était mis à la terre (fig. 10).
- L’expérience montra que ce deuxième fil pouvait servir de réflecteur et que l’émission était maximadansla direction opposée au réflecteur et déterminée par l’axe réunissant les projections horizontales des antennes.
- En 1902, M. Blondel généralisait ses idées antérieures dans un Mémoire présenté à l’Association française pour l’avancement des sciences, et démontrait que l’on pouvait combiner les radiations simultanées de plusieurs antennes espacées à une certaine distance et recevant des oscillations présentant des différénces de phases, de façon que les effets de ces antennes s’ajoutent suivant une certaine direction et s’annulent suivant la direction perpendiculaire.
- Fig. 44. — Courbes caractéristiques obtenues par M. Franklin dans ses expériences de IIendort.
- 25° \
- Ce principe nouveau était analogue à celui des réseaux en optique, et il est intéressant de noter qu’il a été énoncé dès cette époque, car ce sont des systèmes analogues d'antennes en nappe qui sont employés aujourd’hui dans les postes anglais à ondes dirigées, comme nous le verrons plus tard.
- Notons encore, à ce propos, que, dès 1912, M. Blondel a construit des radiophares,(pa\ émettaient sur 125 m.. de longueur d’onde, devançant ainsi l’emploi des ondes courtes.
- F. Braun fit, vers 1900 aussi, un grand nombre d’expériences sur la télégraphie sans fil dirigée, et il utilisa, par exemple, un système de trois antennes verticales (fig. 11).
- Dans deux des antennes S2S2 les oscillations sont en phase, et dans la troisième S4 l’oscillation présente avec les précédentes une différence de phase de 270°; ces antennes sont distantes d’un quart de longueur d’onde, et les amplitudes sont dans le rapport 1 — 0,5 — 0,5.
- Là caractéristique de l’action à distance et l’expérience montrent alors que le rayonnement est maximum dans la direction SA et à peu près nul dans la direction opposée (II, fig. 11).
- Nous ne pouvons citor évidemment dans cette étude sommaire tous les travaux intéressants qui ont été exécutés à cette époque, ceux’ de M. Garcia, de Bellini-Tosi, de Petit, etc., mais il est nécessaire de rappeler encore les procédés Marconi utilisés dès 1906 parce qu’ils ont permis, à ce moment, les plus grands succès pratiques.
- M. Marconi utilisait alors un émetteur composé d’une longue partie horizontale AB et d’une partie verticale plus courte OA (I, fig. 13).
- La dimension la meilleure pour la partie horizontale était 1/5 delà longueur d’onde.
- Les antennes réceptrice et transmettrice du même modèle étaient dans le même plan, les extrémités mises à la terre se faisant face.
- Si l’antenne est transmettrice, on constate que la radiation est rninima dans le prolongement de l’extrémité libre, maxima dans l’extrémité mise à la terre.
- Un système de ce genre a été employé pour la construction des antennes des premiers postes transatlantiques (II, fig. 13), et, dans ce cas, on augmentait encore le pouvoir directif en inclinant l’extrémité libre vers la terre. A une distance d’une longueur d’onde environ, la caractéristique de l’émetteur est alors représentée par la courbe III de la figure 13; mais, pour les grandes distances, l’effet était beaucoup moins net, tout en étant encore sensible.
- Bappelons encore, pour terminer cette nomenclature de procédés déjà anciens, l’emploi des antennes basses et, en particulier, de l’antenne Beverage, antenne de grande longueur à extrémité mise à la terre à travers une résistance, et qui, d’après des techniciens américains, possédait des propriétés directives assez accentuées.
- LES NOUVEAUX ESSAIS DE M. MARCONI ET DE SES COLLABORATEURS
- Parmi tous les procédés que nous venons d’indiquer, seul le système Marconi, pour ondes longues à grande
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- puissance, était employé pratiquement pour les communications à grande distance, lorsqu’on 1916 MM. Marconi et Franklin, sans tenir compte des travaux antérieurs, reprirent en Italie leurs expériences sur les ondes courtes dirigées, d’après les premiers travaux de Hertz, ou plutôt d’après les expériences de 1895.
- Ils utilisèrent des ondes amorties de 2 à 3 m. de longueur, mais l’éclateur plongé dans l’air comprimé permettait d’obtenir une énergie plus considérable avec une résistance moindre.
- Le poste récepteur utilisé était un appareil avec détection à cristal et les réflecteurs se composaient de plusieurs fils accordés avec la longueur d’onde employée et disposés suivant une parabole dont l’antenne occupait le foyer (fig. 12).
- M. Franklin a pu alors déterminer les caractéristiques de différents de ces systèmes en faisant varier l’ouverture, c’est-à-dire la largeur du réflecteur et la longueur d’onde. Cette ouverture a une grande importance pour la concentration des ondes.
- En théorie, la concentration des ondes est d’autant plus grande que l’ouverture est grande par rapport à la longueur d’onde, mais il y a une limite d’efficacité, parce que, si l’ouverture est trop grande, les fils les plus éloignés du réflecteur sont trop écartés de la partie oscillante pour agir comme réflecteurs.
- En fait, la hauteur des fils du réflecteur était généralement d’une demi-longueur d’onde à une longueur d’onde et demie et l’ouverture du miroir variait de 2 à 8 longueurs d’onde (fig. 15).
- A Carnavon, en 1917, avec un transmetteur à étincelles, une longueur d’onde de 3 m. et un réflecteur ayant une ouverture de 2 longueurs d’onde, des transmissions avaient pu être exécutées avec succès à une distance de 32 km.
- Dès 1919, l’emploi des postes émetteurs à lampes qui permettaient facilement d’obtenir des émissions entretenues sur ondes courtes devait amener très rapidement des résultats fort intéressants.
- A Carnavon en 1919 M. Franklin, sur onde de 15 m, réussit à obtenir des communications radiotélép/ioniques sur ondes dirigées d’abord avec Holydead à 32 km du poste émetteur et avec un navire portant un poste récepteur jusqu’à 125 km.
- Puis de nouveaux essais entre Hendon et Birmingham (160 km) toujours en radiotéléphonie, avec une puissance de 800 watts et une antenne haute d’une demi-longueur d’onde, donnèrent encore les meilleurs résultats tout en permettant un service duplex (fig. 14).
- C’est également en s’appuyant sur ces principes qu’eurent lieu en 1920 les expériences d’ondes dirigées par radiophares à Inchkheit, expériences que nous aurons l’occasion d’étudier dans un prochain article sur cette question des radiophares.
- En même temps que se poursuivaient ces expériences, les essais effectués de tous côtés à l’aide des ondes courtes montraient que ces ondes permettaient des transmissions à très grandes distances à l’aide d’une énergie relativement infime, et de cette constatation, accompagnée, d’autre part, des résultats d’expériences de direction des
- " 1 = 413 =====
- ondes que nous venons de citer est née la conception des systèmes modernes de transmission sur ondes dirigées.
- A dire vrai, les systèmes réflecteurs paraboliques du genre de ceux que nous avons décrits ne sont guère utilisés actuellement que pour des usages particuliers, transmission des ondes extra-courtes, radiophonie, expériences de radiotéléphonie secrète, etc. (').
- Dans les postes commerciaux de radiotélégraphie dirigée, qui existent actuellement, la complexité de ces miroirs paraboliques les a fait remplacer par des systèmes de rideaux plans d’antennes en nappe.
- G est ce que nous expliquerons dans un prochain article en décrivant le « Beam System » de M. Marconi qui' permet actuellement une communication directe entre 1 Angleterre, le Canada, 1 Afrique du Sud, et bientôt avec l’Inde et l’Australie sur une longueur d’onde de 26 m. seulement. (Nous voici loin des 18900 m. du poste de Lyon-La Doua ou des 15 000 m. de la station Bordeaux-Lafayette ! )
- Nous aurons également à étudier plus longuement les caractéristiques et les avantages de ces systèmes modernes de transmissions dirigées à grande distance.
- P. Hémardinquer.
- 1. Au lieu de placer l’antenne émettrice au foyer du réflecteur parabolique on peut d’ailleurs relier directement le poste émetteur placé au foyer aux antennes rédectrices. Les ondes sont alors émises directement par ces antennes.
- Fig. 15. — Le système réflecteur employé par Marconi au cours de ses expériences en 1919.
- Il se compose d’antennes verticales isolées disposées de façon à dessiner un cylindre parabolique.
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- 1 LA PRÉSENCE DU CORPS HUMAIN :
- PEUT-ELLE INFLUENCER LA CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
- DE CERTAINES SUBSTANCES?
- Batterie d accumulateurs
- Fig. 1. — Une étincelle jaillit entre les deux boules K et là d’un éclateur entre les tiges duquel on établit une tension électrique, pour une distance convenable des boules.
- On sait depuis longtemps que la conductibilité électrique d’un grand nombre de substances est modifiée par l’action de quelques agents physiques, tels que la lumière, la chaleur, etc. Ainsi, dès que certaines préparations de sélénium passent de l’obscurité à la lumière du jour, leur conductibilité électrique est instantanément décuplée; un bâ-
- tonnet d’oxyde de magnésium ne laisse passer un courant appréciable que lorsque sa température le rend incandescent; les gaz ne conduisent l’électricité que quand ils sont soumis à l’influence d’agents ionisants (arc électrique, rayons X, substances radioactives, etc.).
- Sous une tension électrique constante, l’étincelle jaillit entre les deux boules A et B d’un éclateur (fig. 1) pour un écartement des boules qui varie suivant un certain nombre de circonstances. L’action de la lumière, et surtout de la lumière ultra-violette, celle des rayons X ou des substances radioactives, et d’une façon générale toute action ionisante, favorisent la production de l’étin-eelle. Le fonctionnement de l’éclateur dépend de la nature du gaz dans lequel il se trouve, de sa pression, de la forme des électrodes, etc.
- QUELQUES OBSERVATIONS CURIEUSES DE M. MULLER (DE ZURICH)
- Quelques expériences curieuses de M. Müller, directeur de l’Institut « Salus » de Zurich, et répétées par le professeur J.-L. Farny du même institut, semblent indiquer que le voisinage du corps humain, ou tout au moins de certaines parties du corps humain, peut modifier la conductibilité de quelques substances : l’air, la «oie, la gomme-laque, le papier-filtre humecté, etc.
- M. Müller attribue les actions qu’il a constatées à l’émission par le corps humain d’une certaine émanation pour laquelle il propose le nom d'anthropoflux R (la lettre R est destinée à rappeler qu’il s’agit d’un rayonnement modifiant les résistivités électriques). D’après M. Müller, de toute la surface du corps, c’est de la face intérieure des phalangetles de la main gauche qu’en général l’anthropoflux R s’échappe le plus abondamment. Les extrémités des phalangettes et les ongles ne l’abandonnent qu’avec moins d’intensité. Lorsque, à la suite d’une blessure, le sang a perlé sur une phalangette, on
- ne constate aucun accroissement d’anthropoflux R. Mais si l’on fait couler le sang durant l'observation, de manière qu’il se renouvelle, l’anthropoflux R s’intensifie considérablement. L’haleine en est généralement pourvue.
- Retenons simplement que c’est par l’approche des phalangettes intérieures de la main gauche que les effets constatés sont les plus nets, et que cette action varie avec l’état physiologique du sujet, sans que les conditions de cette variation soient encore bien précisées.
- COMMENT RÉVÉLER L'ANTHROPOFLUX R
- Les expériences que nous allons décrire ne demandent pas un matériel très compliqué et pourront, peut-être, être répétées par un certain nombre de nos lecteurs.
- En principe, il s’agit de comparer les valeurs du courant électrique traversant un volume d’air, de soie, etc., avant et après l’approche d’une partie du corps humain.
- VARIATION DU COURANT QUI PASSE ENTRE LES LAMES D'UN CONDENSATEL R
- On sait qu’on appelle condensateur en électricité un système de deux conducteurs (ou armatures) A et B séparés par un isolant quelconque (fig. 2).
- Un minuscule condensateur, formé de deux plaques d’argent A et B d’environ 5x30 mm de surface séparées par une couçhe d’air de 0,2 à 0,3 mm d’épaisseur, est inséré dans le circuit d’une batterie d’accumulateurs d’environ 40 volts, comprenant un électromètre sensible. L’électromètre ne se charge que très lentement, grâce à l’excellent isolement des plateaux du minuscule condensateur dont la capacité est insignifiante (fig. 3). Mais, dès que la face interne d’expérience avoisine le contour du condensateur, sans le toucher, la charge de l’électromètre s’accélère en général d’une façon continue.
- Parfois l’allure de la charge de l’électromètre devient variable, saccadée.
- Si on charge au préalable l’électromèire, il se décharge en général très lentement, à moins qu’on n’approche, même sans le toucher, les phalangettes à quèlques millimètres du contour du minuscule condensateur.
- des phalangettes d’un sujet
- Fig. 2. — a) condensateur à lame d’air : les armatures A et B sont séparées par de l’air, b) condensateur à lame isolante : les armatures A et B sont séparées par du verre, du mica, du papier paraffiné, etc.
- Lame isolante
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- L’électromètre se dé-eharge alors plus rapidement ou par à-eoups.
- ÉCLATEMENT DES ÉTINCELLES ENTRE LES LAMES D'UN CONDENSATEUR
- On peut également associer l’emploi du condensateur à celui d’une petite bobine de Ruhmkorff et étudier les conditions dans lesquelles l’étincelle jaillit entre les armatures.
- On relie les lames du condensateur aux deux bornes du circuit secondaire d’une bobine (fig. 4) de Ruhmkorff fournissant une tension de 1000 à 1800 volts. On règle cette tension à une valeur légèrement inférieure à celle d’éclatement des étincelles entre les lames du condensateur. Dans ces conditions, malgré la mise en action de la bobine, aucune étincelle ne jaillit, à moins qu’on n’approche une phalangette le long du contour du condensateur sans le toucher. Ces étincelles suivent la phalangette dans son mouvement d’une extrémité du condensateur à l’autre; elles apparaissent au point des bords du condensateur le plus voisin de la phalangette.
- On peut répéter cette expérience après avoir interposé une feuille de mica, une faible épaisseur de verre, etc., entre le bord du condensateur et la phalangette. Les étincelles jaillissent au point le plus voisin de la phalangette.
- Lorsqu’on dirige l’haleine sur le condensateur ainsi protégé contre l’humidité qu’elle contient, les étincelles jaillissent également parfois.
- VARIATION DU COURANT AU TRAVERS DE SYSTÈMES TRES FAIBLEMENT CONDUCTEURS
- Sur un cylindre d’ébonite d’environ 30 mm de diamètre et de 80 mm de long (fig. 5), on bobine une couche de deux fils parallèles de fer ou de cuivre de 0,2 mm de diamètre, isolés à la soie. Les spires de ces deux fils sont serrées les unes contre les autres. Deux
- Batterie d'accumulateurs
- Fisr. 3 — L’électromètre accuse le
- O
- vassage d’un courant dans le circuit lorsqu’on approche une certaine partie du corps humain du condensateur.
- Fig. 5 et 6.
- A droite : Cylindre d’ébonite portant à ses extrémités deux bornes A et B. Les fils de cuivre isolés a et b, a’ b' sont bobinés autour du cylindre. L’extrémité a est fixée à la borne À, /'extrémité b' « la borne B, les extrémités b et a' sont libres. A gauche : Le cylindre d’ébonite A B, de la figure précédente, est mis dans un circuit comprenant une batterie de pile et un galvanomètre G.
- Batterie de piles
- = ..4J5 =====
- couches de soie séparent donc ces deux fils sur toute leur longueur. Soit a et b les extrémités de l’un des fils, a et b' celles de l’autre. L’extrémité a est serrée dans une borne A fixée à l’une des extrémités du cylindre d’ébonite ; l’extrémité b est libre. L’extrémité a'de l’autre fil étant également libre, on serre l’extrémité b' dans une borne B fixée à l’autre extrémité du cylindre d’ébonite. Les deux bornes A et B sont donc isolées l’une de l’autre par le cylindre d’ébonite et par les deux couches de soie qui recouvrent les deux fils parallèles. On intercale le cylindre grâce aux bornes A et B dans un circuit comprenant un galvanomètre très sensible G et une batterie de piles d’environ 40 volts (fig. 6). Un courant à peine perceptible traverse ce circuit, la soie des fils parallèles interceptant son passage. Mais dès que l’on dispose la face la plus active des phalangettes dans le voisinage de la surface de la bobine (recouverte ou non d’une feuille de papier, de mica, de cuivre, d’étain, d’aluminium, ou vernie à la gomme-laque, etc.), on voit en général le galvanomètre indiquer le passage d’un courant plus intense, d’allure parfois saccadée.
- A la bobine précédente, on peut substituer dans le circuit un ruban de papier-filtre humecté d’eau. On constate, en général, un accroissement de courant dans le circuit ainsi formé dès que la face interne des phalangettes avoisine la surface du ruban imbibé d’eau.
- SUR UN FACTEUR POSSIBLE DES ACCIDENTS D'ÉLECTROCU TION
- On sait combien fréquents et parfois inexpliqués sont à l’heure actuelle les accidents d’électrocution. L’accident se produit souvent dans des conditions où le danger paraissait minime. Gomme les individus résistent à des degrés très différents aux actions du courant électrique, on interprète en général l’accident par une disposition individuelle du cœur ou de la peau de la victime. Cette explication est certainement vraie dans quelques cas, mais peut-être d’autres circonstances peuvent-elles intervenir. Parfois des personnes qu’on peut considérer averties du danger sont victimes en passant au voisinage de conducteurs électriques de haute tension de décharges qui éclatent entre elles et le conducteur, dans des conditions où il semblait que la sécurité fût assurée. On peut se demander si les phénomènes signalés par M. Müller n’interviendraient pas dans quelques cas, certains sujets pouvant par leur présence modifier la conductibilité de l’air et favoriser la production de décharges.
- A. Boutaric.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon
- Fig. 4. — Les 2 bornes P P du primaire d’une petite bobine de Ruhmkorff’ sont réunies aux deux pôles d’une pile. Les bornes S S du secondaire sont reliées aux armatures A et B d’un petit condensateur. L’éclatement des étincelles entre les armatures du condensateur est favorisé par l’approche d’une certaine partie du corps humain.
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- CHRONIQUE AÉRONAUTIQUE
- LES TRAVERSÉES DE U ATLANTIQUE
- De nombreux efforts sont- concentrés actuellement sur la traversée de l’Atlantique ; dans le courant de l’hiver, trois équipages se sont mis en ligne : un équipage italien avec de Pinedo, un équipage uruguayen avec le commandant Larre Borges, et un équipage portugais.
- L’appai'eil de de Pinedo est un hydravion Savoia, à deux moteurs Isotta Frashini de 500 ch ; il est de ligne très pure, et comporte deux coques raccordées à une aile épaisse, en porte à faux. Les deux moteurs sont placés en tandem au-dessus de l’aile, et supportés par une armature de mâts en N. Les deux autres appareils sont des Dormier-Wal, équipés de deux moteurs français. Le Dormier-Wal est un monoplan à coque métallique munie de deux grandes nageoires latérales. Les moteurs sont placés en tandem au-dessus de l'aile, et actionnant des hélices à quatre pales. Cet hydravion qui a déjà fait ses preuves, est un des plus robustes existant actuellement.
- De Pinedo a traversé en février ; mais, gêné par le mauvais temps, il a dû faire étape à l’île Fernando de Noronha, alors qu’il comptait atteindre Port-Natal. Les Uruguayens, forcés d’amerir, ont vu leur appareil retourné par une lame et détruit; enfin, les Portugais, après un faux départ, ont accompli l’étape Bolama-Fer-nando de Noronha, à une moyenne horaire dépassant 140 km/h, en dépit d’une tempête violente au passage de l’Equateur.
- La route du Sud, utilisée dans ces essais, est la seule pratique actuellement pour aller d’jîurope en Amérique, tant à cause des distances à franchir que du régime des vents. Cette route a déjà été suivie par un équipage portugais commandé par Cortiuko (c’est ce dernier qui mit au point les méthodes de navigation permettant la traversée), et en 1926, par le commandant Franco.
- Il y a lieu de remarquer toutefois que les décollages ont toujours été très difficiles à cause de la chaleur et du manque de vent.
- La route du Nord (Irlande, sud de Terre-Neuve), suivie par le dirigeable livré' par l’Allemagne aux Etats-Unis est difficile dans ce sens, et en fait, ce dirigeable eut à lutter, sur la fin du voyage, avec des vents violents qui auraient pu le mettre en position dangereuse. Dans l’autre sens, cette route a été utilisée par Alcock et Brown (en 1919) pour leur traversée de Terre-Neuve en Irlande. Traversée jusqu’ici sans lendemain, à cause de la longueur de l’étape à franchir et aussi du manque d’intérêt scientifique et pratique d’un tel vol avec les appareils actuels. F. Gruson.
- MOTEURS A PISTONS OPPOSÉS
- La forme générale du moteur à explosion n’a guère changé depuis sa création : les types nouveaux essayés ne semblent pas avoir donné les résultats attendus. Nous arrivons pourtant à la limite de masse spécifique avec les formes actuelles « des moteurs de course très allégés donc rapides arrivent à 450 par ch ; il semble que ce chiffre ne puisse guère être abaissé.
- Une formule nouvelle ou plutôt une formule rajeunie vient d’apparaître : c’est celle d’un moteur à deux pistons
- opposés dans le même cylindre, solution supprimant complètement la culasse. La difficulté réside dans la transmission de la puissance à l’arbre. Deux solutions sont actuellement étudiées :
- 1° La solution de l’ingénieur Causan, schématisée sur la figure 1, consiste à attaquer un vilebrequin par chaque série de pistons opposés, vilebrequins liés par un engrenage à l’arbre principal du moteur. Pratiquement quatre séries'de cylindres sont disposées en carré, les pistons du même angle de ce carré attaquant un même vilebrequin. Le cycle est à deux temps, et l’alimentation assurée par un ventilateur Roots. L’admission et l’échappement ont lieu par des lumières situées à chaque extrémité des cylindres et découvertes par les pistons à fond de course. Le moteur d’essai a donné de bons résultats. Le moteur définitif, développant 700 ch à 2400 tours sur les
- Admission
- Echappement
- l/Ubreq,
- Fig. 1. — I. Schéma du moteur Causan. II. Schéma du moteur Junkers.
- vilebrequins, soit 1450 tours sur l’hélice, donnerait une masse spécifique inférieure à 450 gr. par cheval.
- Malgré la suppression des soupapes, la complication mécanique semble dangereuse.
- 2° Une deuxième solution (genre solution Junkers), déjà réalisée avant la guerre par Gobron est mécaniquement plus simple (fig. 2) : les pistons oposés attaquent un même vilebrequin, le premier par une bielle ordinaire, l’autre par deux longues bielles [symétriques travaillant à la traction. Le moteur essayé serait un Diésel à deux temps. Ce deuxième type, moins compliqué en apparence, tout au moins pour un petit nombre de cylindres, semble devoir s’accoutumer difficilement des grandes vitesses de rotations actuelles, à cause des deux longues bielles qu’il nécessite.
- Néanmoins ces deux solutions sont intéressantes parce qu’elles doivent conduire à des moteurs très légers et aussi d’un équilibrage parfait, deux qualités intéressant spécialement l’aéronautique.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE1’
- AMBROISE PARÉ ÉTAIT-IL CATHOLIQUE OU HUGUENOT?
- II est toujours intéressant d’entrer en conversation avec ses lecteurs, quand ceux-ci vous interpellent courtoisement et qu’ils s’efforcent, comme nous-mêmes, à la poursuite de la vérité.
- Nous avions écrit, dans un précédent article, qu’Ambroise Paré appartenait à la religion catholique. Cette affirmation, nous ne pouvions que l’émettre, puisque la question n’était pas posée, et que ce n’était qu’ineidemment que nous étions conduit à exprimer une opinion, basée sur une conviction. Mais aujourd’hui, nous sommes tenu de nous expliquer et d’apporter nos preuves. Force est de nous exécuter.
- Voyons, d’abord, les arguments que nous opposent ceux qui font de l’illustre chirurgien un protestant.
- Le professeur II. Folet, de Lille, qui a consacré à Paré une monographie de tous points remarquable, s’exprime sans ambages :
- « Il (Paré) était^protestant : Brantôme le dit nettement dans la relation de l’attentat dont Coligny fut victime l’avant-veille de la Saint-Barthélemy. Le 22 août, pendant que l’amiral retournait à pied vers son logis, voisin du Louvre, une arquebusade lui fut tirée d’une fenêtre et l’atteignit à la main et au coude. « M. l’Admiral étant blessé, écrit Brantôme, fut fort bien secouru des médecins et chirurgiens du Roy, et même de ce grand personnage Maistre Ambroise Paré, qui estoit fort huguenot. »
- Paré semble, si nous suivons toujours l’argumentation des tenants de la thèse, contraire à la nôtre, avoir fait profession de foi protestante, dans le récit de l’épisode de sa vie où il se plaint d’avoir failli être victime d’une tentative d’empoisonnement, « de la part de quelques-uns qui le hayaient (haïssaient) à mort pour la Religion ». Or, on sait que le mot Religion (avec un grand R) s’appliquait aux réformés. D’autre part, on a fait état de ce que Paré cite souvent * la Bible et les Psaumes, et qu’il ne fait jamais allusion à la messe, aux sacrements, ni aux rites catholiques.
- Nous avons cité tout à l’heure le témoignage de Brantôme, nous pouvons y ajouter celui de Sully.
- « De tous ceux qui approchaient ce prince (il s’agit de Charles IX), il n’y avait personne qui eût tant de part en sa confiance qu’Ambroise Paré. Cet homme, qui n’était que son chirurgien, avait pris avec lui une grande familiarité, quoi qu’il fût huguenot.... » Simple affirmation, il est vrai, mais qui émane d’un contemporain de notre chirurgien et, pour cela, doit être retenue.
- Admettons, pour un instant, que Paré fut, pendant un temps, protestant ; mais, en tout cas, ce ne fut pas un militant ; car, s'il l’eut été, aurait-il pu, durant toutes les guerres de religion, servir dans les armées catholiques et être le chirurgien de quatre rois, Henri II, François II, Charles IX, et Henri III?
- On a cité, il est vrai, un passage des œuvres de notre personnage, où il ne parle qu’avec une sympathie mitigée des catholiques, mais surtout de ceux qui n’ont pas de religion :
- « <Te n’ay cité cette histoire, dit-il en parlant de ceux qui l avaient voulu empoisonner, en intention de montrer que ceux qui suivent la Sainte Eglise catholique romaine abusent de moyens illicites pour se deffaire de leurs ennemis : car est fort certain que tel empoisonneur n’estoit ni d’une ni d’autre religion, ains (mais) seulement libertaire, (libre-penseur) et sans aucune crainte de Dieu. »
- Pour le professeur Folet, Paré ayant échappé au danger
- (1,)V. les n05 du 19 février et 19 mors 1927.
- de la St-Barthélemy, n’aurait plus fait montre de ses convictions religieuses et laissait même volontiers croire à sa conversion au catholicisme. Comme Plenri IY, qu’il adorait, il estimait, lui aussi, que Paris valait bien une messe et, pour ne pas être inquiété, il aurait mis une sourdine à ses opinions religieuses.
- Quoi qu’il en soit, les preuves abondent, qui témoignent que Paré, du moins sur la fin de sa vie, était catholique.
- L’auteur, très érudit, du Dictionnaire de biographie critique, A. Jal, qui a compulsé tous les registres de l’Eglise St-André-des-Arcs, la paroisse de notre ancêtre professionnel, y a relevé jusqu’à 25 actes, actes de baptême, de mariage, de décès, dont 18 antérieurs à la mort de Paré, et où le nom de celui-ci figure. Paré a été parrain dans un baptême catholique ; ses deux femmes étaient catholiques ; tous ses enfants ont vécu et sont morts au sein de l’Eglise romaine ; lui-même, Ambroise, fut inhumé dans l’église St-André-des-Arcs au bas de la nef : ce qui indique bien qu’il avait donné des preuves de catholicité avant d’obtenir une pareille sépulture.
- Le plus autorisé des biographes de Paré, Malgaigne, arrive aux conclusions mêmes que nous avons formulées dans un ouvrage paru il y a une trentaine d’années (*), et auquel nous nous permettons de renvoyer les lecteurs qui ne seraient pas encore convaincus.
- LES PETITES INVENTIONS DU GRAND PASCAL
- Nous avons montré, dans une précédente étude, la part qui revient à Descartes d’une invention généralement attribuée à Pascal ; ce n’est pas la seule fois que le mérite.d’inventeur ait été contesté au philosophe mathématicien.
- On a prétendu que Pascal avait eu la première idée des omnibus, ou carrosses à cinq sols. Tout ce qu’on pourrait affirmer, c’est qu’il fut un des principaux actionnaires de la première compagnie de transports en commun qui nous soit connue. Nous relevons, en effet, dans son testament, ces clauses démonstratives :
- •A
- «.Item, donne et lègue ledit sieur testateur à l’hôpital général de cette ville de Paris un quart du droit appartenant audit sieur testateur, sur les carrosses publiques (sic), établies depuis peu en cette ville de Paris, à la charge néanmoins de consentir, s’il y échet, qu’au lieu de la part appartenant de présent à M. le grand prévôt sur les dites carrosses, il appartienne à l’avenir audit sieur prévôt un sixième au total d’iceux, en telle sorte, qu’au lieu d’un pareil sixième qui appartient à présent audit testateur au total desdites carrosses, il ne lui appartiendra plus qu’un sixième aux cinq sixièmes restants, ou à la condition de contribuer par ledit hôpital, en proportion aux mêmes frais, charges, clauses et conditions dont ledit sieur testateur est tenu.
- « Item, donne et lègue ledit sieur testateur, aux mêmes conditions que dessus, à l’hôpital général de la ville de Clermont en Auvergne, un autre quart du même droit, si mieux n’aime ledit hôpital de Clermont, dans trois ans prochains du jour du décès dudit sieur testateur, prendre la somme de trois mille livres une fois payée pour ladite portion, laquelle, en ce faisant, retournera à ladite damoiselle, sœur dudit sieur testateur, qui ne pourra rien prétendre à la jouissance qu’aura eu ledit hôpital de ladite portftm pendant ledit temps.
- « Item, donne et lègue ledit sieur testateur, aux conditions
- (1) Cf. Les Morts mystérieuses de l’Histoire, par le Dr Cabanes, l,e série.
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- ------- 4*8 =: ' -
- devant être énoncées pour l’hôpital de la ville de Paris, à Mre. Jean Domat, avocat du Roi au présidial dudit Clermont, un autre quart du susdit droit pour en jouir sa vie durant, et après son décès, ledit quart retournera à ladite demoiselle. » Les carrosses dont il est ici question étaient des omnibus partant de la porte Saint-Antoine, et se rendant au Luxembourg. Le réseau s’est quelque peu développé depuis !
- Certains auteurs attribuent à Pascal l’invention de la vinaigrette : on sait qu’on entendait par là « une petite calèche à deux roues, trainée par un homme », et dont Furetière attribue la paternité à un certain abbé de St Martin, dit Y Abbé malotru, qui se faisait ainsi traîner dans les rues de Caen, où il résidait.
- Il convient de dire, à ce propos, que Moreri, dans l’article très complet qu’il consacre à St Martin, ne souffle mot de cette invention attribuée à son héros. Nous ne pouvons donc que conclure : adhuc sub judice lis est.
- Nous serons plus catégorique pour ce qui concerne la découverte de la brouette, que Pascal n’a sûrement pas imaginée, car elle a été figurée sur divers documents bien des siècles avant lui.
- La brouette parait avoir été connue des Chinois, dont la civilisation est une des plus anciennes du monde. Le chariot brouette dont ils se servaient, et auquel on pouvait ajouter une voile, différait seulement de la brouette-type en ce que le milieu de son caisson ou de sa civière reposait sur l’axe de la roue (').
- On a observé le même véhicule sur les anciens monuments de l’Egypte, d’une forme presque entièrement semblable à celle en usage de nos jours.
- Les Romains se servaient, pour transporter les marchandises et les bagages, de chariots à deux roues, qu’ils appelaient birotæ (de bis, deux, et rota, roue) : d’où est venue birouette, puis brrouette ; enfin, brouette.
- A partir de la fin du treizième siècle (2), la brouette est représentée dans une foule de manuscrits ; un, notamment qui date de la fin dudit siècle, renferme un dessin où est figuré un convoi de damnés, voiturés en enfer par deux diables cornus. Trois de ces réprouvés, dans lesquels on a cru reconnaître Philippe le Bel, le pape d’Avignon Clément Y, et Marguerite de Bourgogne, sont « empilés » dans une brouette
- (1) Chron. méd., 1906, 557.
- (2) Viollet-le-Duc, dans son Dictionnaire du mobilier, t. II, p. 41,
- a reproduit le dessin d’une brouette d’après la vignette d’un manuscrit de cette époque, et cet exemple, ajoute-t-il, n’est pas le
- seul.
- de tous points semblable à celle dont les Torquennois se servent depuis un temps immémorial (')•
- C’est dans la catégorie des miniatures amusantes, sans grande portée satirique, qu’il faut ranger un renard <c brouettant » un escargot., et que l’ancien conservateur du Musée de Gand, L. Maeterlinck, a reproduit dans son curieux livre-sur le Genre satirique dans la sculpture flamande et wallonne-d’après le manuscrit n° 103 de la Bibliothèque de Cambrai.
- Ce fut un libraire parisien, du nom de Pasquier Bonhomme, qui, en 1476, imprima dans la capitale le premier livre en français; ce fut un typographe également parisien, Jean du Pré, qui, le premier, introduisit la gravure dans les livres en 1481. Une des planches qu’il publia nous offre la représentation très fidèle d’un chantier de construction au xvc siècle ; l’on y voit à l’œuvre un terrassier, un tailleur de pierres, un maçon, avec leurs outils respectifs, et on distingue, entre autres, une brouette, dont on trouvera la représentation dans la Chronique médicale (2).
- La brouette figure sur des vitraux d’églises, notamment dans la- cathédrale de Beauvais, l’église St-Pierre de Roye (3), où l’on voit le diable transportant dans c^ véhicule un de ses futurs justiciables (4).
- Enfin, une gravure que nous empruntons au livre de Y Art des métaux, d’Agricola (1546), nous fait voir la brouette au nombre des instruments usuels des ouvriers métallurgistes. Agricola, dans ce même ouvrage, consacre un assez long paragraphe à la description de ce véhicule.
- Nous aurions pu citer encore une des miniatures d'un manuscrit sur la Vie de St Denis, publié par M. Henri Martin, jadis conservateur de la Bibliothèque de l’Arsenal, manuscrit qui, selon l’expression du regretté Camille Piton, est « le recueil le plus précieux, comme documentation, sur l’existence et la vie à Paris au xme siècle » ; or, celte miniature représente un homme poussant une brouette, qui ne diffère en aucune façon de celles employées de nos jours.
- Celte accumulation de preuves et de documents n’empêchera probablement pas la légende attribuant à Pascal l’invention de la brouette, d’avoir cours, car rien ne prévaut contre une légende bien enracinée.
- Dr Ca.ba.nks.
- (1) V. Chron. méd., 1923, p. 200.
- (2) Année 1905, p. 460.
- (3) Cf. Dr Witkowske, l’Art profane à l'Eglise : France, 421.
- (4) On retrouve la brouette, écrit Witkowski (loc. cib.), dans un vieux manuscrit de la Bibliothèque de St-Omer, où elle est poussée par un diable à la jambe de bois ; et dans le Mystère de 1’ « Empereur Justinien au Liban », cité par Edelestnnd Duméril et Maeterlinck. Le diable s’exprime ainsi ;
- Ma brouette vueil mener là SL que dedans le (Justinien) jetterons Et en enfer l’entraînerons Sans plus attendre.
- LE JARDIN FAMILIAL DE PLANTES MÉDICINALES*1»
- VERVEINE OFFICINALE
- Plante merveilleuse des temps antiques, la Verveine Officinale (Verbena officinalis, L.), Yerbenacées, qu’il ne faut
- 1. Voici le dernier article de l’importante série que M. Truelle, membre de l’Académie d’Agriculture, a bien voulu écrire pour les lecteurs de La Nature, afin de les guider dans l’organisation et la culture du jardin familial des plantes médicinales. Nous tenons à lui exprimer tous nos remerciements pour les utiles conseils qu’il a su donner à tous.
- pas confondre avec la Verveine odorante ou Citronnelle, a pour principaux synonymes, Verveine commune, Verveine sauvage, Herbe sacrée, Herbe de sang, Herbe à tous les maux. L’étymologie de son nom latin Verbena a fait l’objet de plusieurs interprétations. On l’a fait d’abord dériver du sanscrit « vardh » qui veut dire croître, puis de Vénus ou de veina, veine; du verbe « verrere », balayer, parce que Ton se servait de cette plante pour balayer les autels.
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- C’était l’Herbe sacrée des anciens Grecs et l’Herbe de Vénus des Romains ; elle était également vénérée chez ces deux peuples qui s’en servaient dans leurs solennités en l’honneur de leurs dieux. Les pythonisses ainsi que les druides s’en couronnaient pour rendre leurs oracles Au Moyen Age on ceignait de ses tiges le front des soldats victorieux.
- Habitat. — Elle est commune aussi bien dans le nord que dans le midi de la France, sur le bord des chemins, au pied des haies, dans les lieux secs et les terrains incultes.
- Description sommaire. — Plante herbacée, vivace, à tige carrée, haute de 0 m. 50 à 0 m. 80, dressée ou ascendante, rameuse. Feuilles opposées, longues, profondément divisées en lobes inégaux. Fleurs s’épanouissant de juin à septembre, bleu pâle, petites, sessiles, à l’aisselle de petites bractées, réunies en longs épis lâches et très grêles.
- Culture. — On multiplie la verveine de graines et de boutures dans toutes les terres substantielles bien préparées. On sème les graines à l’automne et mieux au printemps; on repique les plantules lorsqu’elles sont assez fortes, et on' leur donne, en cours de végétation, les soins culturaux habituels.
- Récolte et séchage. — La récolte a lieu du mois de juin jusqu’en septembre ; elle comprend la plante entière ou les feuilles seules mondées, mais toujours avant le complet développement des fleurs.
- Le séchage doit se faire rapidement afin de conserver la couleur des tissus. Dans ce but les bouquets de plantes entières ou de sommités fleuries sont attachés par deux ou trois aux extrémités d’un lien et chaque paquet est ensuite placé à cheval sur un 111 de fer ou une corde tendus dans un local très aéré ou un séchoir. Les feuilles mondées sont auparavant étalées en couche mince sur des claies.
- Composition chimique. — La verveine officinale doit sa saveur amère et astringente à un tanin particulier qui, très probablement sous l’influence d’une oxydase, acquiert la propriété de colorer en rouge la partie de l’épiderme sur laquelle on applique la plante pilée. Ce phénomène lui a fait attribuer le pouvoir d’attirer le sang, de là son nom d’herbe de sang. Elle renferme, en outre, un glucoside, la Verbénaline, isolé par M. Bourdier, et une essence dont la proportion ne devient notable que lorsque la- plante est cultivée dans le Midi.
- Propriétés thérapeutiques. — Il n’y a que très peu de plantes qui aient joui chez les Anciens de propriétés aussi merveilleuses que la verveine officinale, tant au point de vue surnaturel que thérapeutique. Elle guérissait la lièvre, préservait de la morsure des serpents venimeux, détruisait les maléfices, conciliait l’amitié et faisait disparaître les haines... Elle servait à composer un philtre d’amour irrésistible. Au moyen âge et longtemps après, la crédulité et les préjugés populaires lui ont conservé ses vertus légendaires contre des maladies les plus différentes : fièvres intermittentes, jaunisse, hydropisie, pierre, pleurésie, etc. Elle augmentait la sécrétion du lait chez les nourrices, d’où le nom d’Herbe à tous les maux qui lui fut donné. Toutefois, les médecins les plus sensés l’employaient comme antispasmodique et vulnéraire, et plus spécialement comme antinévralgique et fébrifuge.
- Après avoir été préconisée comme une panacée universelle, elle est devenue presque inusitée, cependant son action antithermique a été remise en honneur par le Dr Rocci qui prétend même qu’elle est supérieure à celle de la quinine ! D’après MM. A. Rolet et D. Bouret, on l’utilise encore dans les campagnes en décoction ou en infusion, comme résolutif et antiscorbutique. Les feuilles écrasées dans du vinaigre
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- sont appliquées en cataplasme sur le côté ou sur la tète pour calmer le point de côté des pleurésies ou les migraines.
- L’art vétérinaire fait prendre parfois aux animaux l’infusion ou le suc comme vulnéraire, astringent, fébrifuge.
- Préparations pharmaceutiques. — Dans les formulaires qui mentionnent encore la verveine, on ne trouve généralement que l’infusion, à la dose de 5 à 10 grammes par litre. Cependant le Docteur H. Leclerc, qui a fait l’étude de cette plante, dit avoir obtenu de bons effets de l’extrait fluide de la plante stabilisée, à la dose de 1 à 2 cuillerées à café par jour, dans certaines formes légères de névralgie du trijumeau.
- Observations commerciales.— Celle plante est peu demandée par l’herboristerie qui la paye 1 fr. 50 à 1 fr. 75, environ, le kilogramme.
- Avec la Verveine officinale se termine l’élude des 50 plantes médicinales qui composent le Jardin familial dont j’ai indiqué, dès le début, l’utilité de la création sous ses deux modalités, grand et petit jardin, pour répondre aux nécessités de l’heure présente. Malgré la forme condensée sous laquelle j’ai dû traiter chaque plante, je crois, cependant, avoir réuni l’ensemble des renseignements qu’il importe de connaître surtout en ce qui concerne les trois points de vue les plus importants : culture, propriétés thérapeutiques, préparations pharmaceutiques, pour en retirer les meilleurs résultats pratiques. Et il me reste à souhaiter que cette étude ait pu faire naître dans l’esprit de nombreux lecteurs le désir de réaliser au plus tôt, dans la limite du possible, l’idée mère qui l’a inspirée : la création de petits on de grands: jardins familiaux de plantes médicinales.
- Leur utilité est toujours très grande, car, d’après les renseignements que je dois à la complaisance de M. le Directeur de l’Offlce des Matières premières et du Comité Interministériel, si sous l’influence de ces deux grands organismes, la production française en plantes médicinales a augmenté d’une façon sensible, cependant, on ne peut encore constater une diminution notable des importations qui se chiffrent, en moyenne, depuis quelques années, par 8 à 10 tonnes annuellement.
- Par contre, les exportations ont augmenté considérablement. En 1919, elles n’étaient pour racines, fleurs, feuilles, écorces, lichens, baies, fruits et graines, que de 5070 tonnes, tandis qu’en 1925 elles ont atteint pour les mêmes espèces 11 450 tonnes.
- Pour les herbes, fleurs et feuilles médicinales, la quantité exportée en 1925 a dépassé de 1441 tonnes celle de 1924.
- Parmi les plantes'communes en France ou susceptibles d’y être cultivées, certaines sont importées en assez grande quantité. On ne peut, à ce sujet, indiquer des chiffres exacts, car l’on ne connaît pour 1926 que les importations du premier semestre. Voici quelques-unes des plantes dont la quantité importée a dépassé 10 tonnes pour ladite période :
- Bardane (racine)
- Belladone (feuilles)
- Bourrache
- Camomille
- Chiendent
- Datura
- Fougère mâle (rhizome) Saponaire Iris Thym
- Mauve Uva-Ursi ou
- Menthe Busserole
- Pissenlit (feuilles et racines) Valériane Queues de Cerise
- Je signale à l’attention des personnes qui, à un litre quelconque, s’intéressent à la production de nos plantes médicinales, celles qui figurent sur celte liste, afin qu’elles puissent en entreprendre ou intensifier la culture.
- A. Truelle.
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- Une détaxe pour les vieilles voitures.
- Les Français sont, certes, beaucoup plus conservateurs que les Américains en matière automobile, et l’on voit encore rouler sur les routes, surtout en province, des voitures datant de multiples années.
- Il est évident, cependant, que la valeur réelle de ces vieux véhicules plus ou moins usés par un service prolongé n’est pas très grande, et pourtant, comme l’impôt de circulation en France est basé uniquement sur la puissance du moteur, les propriétaires de ces voilures devaient jusqu’ici payer le même impôt que pour des voitures neuves.
- L’amortissement d’une voiture automobile devant être calculé en cinq ans environ, il serait normal que les voitures datant de plus de cinq ans ne payent que demi-taxe au plus.
- Ce résultat sera sans doute obtenu lorsque les nécessités budgétaires seront moins pressantes ; en attendant,la Chambre des Députés vient de voter un amendement spécifiant qu’à partir du 1er avril 1927 les voitures et camions automobiles dont le châssis est sorti de l’usine depuis plus de 9 ans au 1er janvier de l’année de l’imposition ne paieront que demi-taxe.
- L’esprit latin et l’esprit saxon dans la technique automobile.
- M. Baudry de Saunier, dans un article intéressant d’un récent numéro de la revue Omnia, étudie, en les opposant, la technique américaine et la technique française en matière automobile.
- Les ingénieurs américains dotés de grands moyens matériels mais quelquefois très spécialisés, possédant peu d’idées générales, adoptent souvent des solutions simples, mais que l’on pourrait qualifier de brutales; l’ingénieur français, au contraire, très instruit et très raffiné, étudie très soigneusement le problème posé pour trouver une solution aussi parfaite que possible en même temps qu’élégante.
- L’opposition entre les deux genres de méthodes peut être fort bien illustrée par deux questions d'actualité que nous avons déjà indiquées dans cette chronique, et que nous aurons l’occasion d’exposer prochainement en détail.
- La première concerne l’établissement d’un pneu à forte section et à basse pression pratiquement indéjanlable.
- Les Américains ont préconisé le type straight-side, ou à tringles, comportant un rebord de jante fixé au moyen de cerceaux et de boulons.
- Ce système, que l’on a employé en France, présentait l’inconvénient d’être souvent difficile â démonter, d’un poids excessif, et perméable à l’eau et à la poussière.
- Les ingénieurs français ont résolu le problème d’une manière bien plus élégante avec le pneu à jante creuse, très léger et démontable à la main.
- Nous avons, d’autre part, indiqué plusieurs fois à nos lecteurs, les essais entrepris pour réaliser le graissage central de toutes les articulations d’une voiture telles cjue direction, articulations de frein, jumelles de ressorts, etc..., d’une façon constante et semi-automatique.
- Les Américains ont employé un système à pression utilisant une pompe qui envoie l’huile sous pression à tous les points nécessaires.
- Ce système est assez complexe et a l’inconvénient d’être délicat à régler par suite de la nécessité d’avoir des canalisations sous pression parfaitement étanches.
- Un ingénieur français, M. Koehler, vient de proposer une solution beaucoup plus élégante et beaucoup moins coûteuse du problème, permettant d’obtenir un graissage central auto-
- matique à l’aide des effets de capillarité de conducteurs à mèches reliées à un réservoir central, le débit de l’huile étant simplement réglé au moyen de vis.
- Nous décrirons prochainement ce système très intéressant qui semble bientôt devoir être appliqué pratiquement sur un grand nombre de voitures.
- Un nouveau pare-chocs inaccrochable.
- Nous avons déjà décrit dans La Nature des systèmes de pare-chocs dont les extrémités sont montées à charnières, ce
- Fig. 1. — Nouveau modèle de pare-chocs double et élastique inaccrochable, à extrémités pivotantes.
- Fig. 2. — Lorsqu’une voiture A est munie de pare-chocs à extrémités oivotanies sur charnières, il ne peut se produire d'accrochage par des voitures B suivant une direction oblique latérale.
- qui évite le danger d’accrochage par une voiture roulant latéralement ou dans une direction oblique (fig. 1).
- Le modèle que nous avions décrit comportait des barres rigides dont la section était en forme de T.
- Sur ce même principe vient d’être établi un pare-chocs du même genre, mais à lames flexibles en acier à ressort.
- Ce modèle peut d’ailleurs être simple ou double, comme le montre la figure 2.
- Un strapontin amovible pratique.
- Dans les automobiles à carrosserie torpédo et même dans les conduites intérieures, on a souvent besoin d’utiliser un
- Au milieu: Strapontin amovible. A droite: montage des plaquettes de fixation.
- En haut : Grâce à la forme spéciale du siège de ce strapontin les voyageurs placés, a l’arrière peuvent étendre leurs jambes.
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- strapontin mobile supplémentaire pour un ami ou un enfant, mais il est nécessaire que ce petit accessoire soit suffisamment confortable, qu’il soit stable, qu’il ne gène pas les autres occupants de la voiture, et qu’enfin, il tienne peu de place une fois replié.
- Le nouveau modèle représenté par la ligure 3 semble présenter ces qualités.
- Suffisamment confortable grâce à son dossier cintré, il est fixé solidement sur des plaquettes vissées sur le plancher de la voiture lorsque l’on veut l’utiliser, et se replie complètement si on le désire.
- Grâce à la forme en cœur du siège, les voyageurs assis sur la banquette arrière de la voiture peuvent aisément étendre leurs jambes .
- Un signalisateur électrique semi-automatique.
- Nous avons décrit plusieurs systèmes de signa-lisateurs électriques lumineux dans nos chroniques, et nous avons fait remarquer, à ce propos, que le projet séduisant en apparence de réaliser un signalisateur automatique n’était pas pratique, le plus souvent, parce que le signal ne devait pas être fait au moment où la manœuvre d’arrêt ou de virage s’effectuait, mais bien avant d’effectuer cette manœuvre, un intervalle de temps variable suivant les circonstances séparant d’ailleurs le signal de l’exécution de la manœuvre.
- On vient, pourtant, de réaliser en France un système de signalisation lumineuse qui paraît présenter les avantages de la signalisation semi-automatique sans en comporter les inconvénients.
- Ce système comprend une ou deux lanternes spéciales en laiton nickelé de la forme indiquée par la figure 5. Ces lanternes avec verre rouge ou orange à l’arrière et verre de couleur verte à l’avant sont munies de 4 ampoules électriques
- Fig. 4 à 6. — Au milieu : Cette lanterne de signalisation munie d’un verre rouge à l’arrière et d’un verre de couleur verte à l’avant, fait apparaître le signal Stop pour Varrêt et une flèche à droite et à gauche pour les virages. Elle sert de feu de position. — En haut : La lanterne se place sur une aile ou le toit d’une conduite intérieure ou d’une limousine où elle est visible de l’avant ou de Varrière. — En bas : Elle veut se placer aussi sur le pare-boue.
- Fig. 7 et 8. — A gauche : Une boite de voyants permet de se rendre compte du fonctionnement des signaux dans une voiture à carrosserie fermée. — A droite : Schéma de montage d’une installation de signalisation semi-automatique.
- Exemple du commutateur a 2 directions sur le tableau de bord et sur le voient de direction .
- Lanternes
- Voyants
- Dynamo
- interrupteur Interrupteur
- p.c intact au frein p.régulatei
- Batterie
- Commutateur
- de 6 bougies seulement (donc de faible consommation) permettant d’effectuer le signal « Stop » et l’indication du virage à droite ou à gauche au moyen de flèches indicatrices.
- Ces lanternes peuvent se placer, soit sur les ailes de la voiture, soit sur le toit d’une conduite intérienre, soit même sur un côté du pare-brise (fig. 4 et 6).
- Les ampoules employées sont du type utilisé dans les plafonniers ordinaires, c’est-à-dire à filaments longs donnant un bon éclairage, plus étendu que les ampoules sphériques ; d’autre part, le signal d’arrêt « Stop « est éclairé par deux lampes, ce qui assure l’éclairage, même lorsqu’une lampe est hors d’usage.
- La lanterne peut, en outre, servir de feu de position lorsque la voiture effectue un long arrêt de nuit, grâce à un interrupteur intercale sur le circuit général de commande (fig. 7).
- Ceci posé, l’installation générale du dispositif est représentée par la schéma de la figure 8 et son fonctionnement se décompose comme suit.
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- = 422 ............................................ =
- Les signaux de virage à gauche ou à droite (flèches lumineuses) sont commandés par un commutateur A à deux directions, que l’on A'oit également sur la figure 8.
- Le signal « Stop » est contrôlé par un contact B, actionné lorsque le conducteur appuie sur là pédale de frein, mais il est commandé aussi automatiquement lorsque le moteur de la voiture tourne à une vitesse moindre qu’une certaine vitesse limite que l’on peut déterminera volonté.
- A cet effet, un régulateur spécial C est relié au conjoncteur-disjoncteur de l’installation électrique et il allume ou éteint l’ampoule correspondante suivant la vitesse de la dynamo, donc suivant la vitesse du moteur.
- Le signal s’effectue donc avant l’arrêt puisque le ralentissement du moteur précède évidemment la manoeuvre d’arrêt.
- Enfin une boîte à voyants de couleuts visible également sur la figure 7 et placée sur un tableau de commande de l’automobile indique au conducteur au moyen de « voyants » rouge, blanc ou vert, l’exécution des signaux « Stop », « virage à gauche », et (("virage à droite ».
- L’ensemble parait donc perfectionné et très pratique, tout en restant suffisamment simple. L. Picard
- Le commerce extérieur des automobiles en 1926.
- En 1926, 14 440 automobiles valant 142 250 000 francs ont été importées en 1 rance, alors qu’en 1925, 25 203 voilures valant 160 008 000 francs avaient été importées (automobiles de tourisme seulement).
- Les exportations se sont élevées à 63 614 voitures valant 2 347 623 000 francs, en 1925 il y avait eu 67 847 voitures exportées valant seulement 1962 686 000 francs.
- Les exportations se répartissent comme suit : Grande-Bretagne : 5 827 voitures, Allemagne : 1553, Belgique,
- Luxembourg : 9423, Suisse : 7752, Espagne : 8 709, Algérie : 5380, Italie : 1540, autres pays : 23 370.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Pare-chocs inaccrochable. Etablissements Lemoine, 21, rue de happe. Paris (11e).
- Strapontin pliant, a Stop ». Auto Bcrard Frères, 21, rue d’Ar-men on ville. Neuilly-sur-Seine.
- Signalisateur automatique. Le Caltem, 172, route de la Révolte. Levallois (Seine).
- L'INTÉRÊT DES ALLIAGES DE GLUCINIUM
- POUR LA CONSTRUCTION EN MÉCANIQUE
- Nous recevons de M. Bourgoin. ingénieur général d’artillerie navale de réserve la très intéressante lettre qui suit :
- « Le dernier numéro de La Nature conlient un fort intéressant article intitulé « Le Glucinium, métal léger ».
- Dans cet article, je relève la phrase suivante in fine : « Il reste à savoir s’il fournit réellement des alliages répondant aux espérances ».
- Les considérations suivantes me paraissent bien fournir une base sérieuse à ces espérances.
- Prenons les métaux usuels et formons un tableau dans lequel figurent leurs poids atomiques A, leurs poids, spécifiques 8, leurs modules de traction (E X 10-3), leurs points
- d’ébullition et de fusion et enfin les quotients — > quotients
- qu’on peut appeler volumes atomiques.
- Rangeons dans ce tableau les métaux suivant l’ordre des modules de traction croissants, il se présente alors sous la forme du tableau ci-contre :
- L’examen de ce tableau fait immédiatement ressortir les particularités suivantes :
- 1° D’une manière générale et réserve faite de l’imprécision de leur détermination, les modules de traction croissent en sens inverse des volumes atomiques.
- 2U Lorsqu’il y a inversion entre 2 corps, le module le plus élevé correspond toujours à celui dont le point d’ébullition est le plus haut.
- Soit y la chaleur spécifique d’un métal, ce coefficient croît rapidement, avec la température il s’ensuit que la constatation relative à l’influence du point d’ébullition revient à dire que c’est vraisemblablement la grandeur de l’énergie lolale nécessaire pour vaincre toute cohésion atomique qui, eu dernier lieu, assure le classement suivant l’ordre des modules de traction et des volumes atomiques.
- Si maintenant l’on observe que le glucinium avec un volume atomique de 5 seulement se classe en tète des métaux,
- Tableau.
- Volumes
- Modules de traction E.10-3 Poids atomiques Métaux A Poids spéci- fiques ù t ato- miques, A 8 Points de d'ébul- fusion lition
- 1.700 Plomb 207.20 11.35 18.2 327°3 1525°
- 4.200 Magnésium 24.32 1.74 14. 650° 11201'
- 5.000 Etain 118.7 7.28 16.2 231°85 2270°
- 7.000 Aluminium 27.1 2.7 10. 658° 1800°
- 7.500 Argent 107.88 10.5 10.27 960°5 1955°
- 8.000 Or 197.2 19.27 10.2 1063° 2200°
- 10.000 Cuivre 63.57 8.93 7.1 1083° 2310°
- 17.000 Platine 195.2 21.4 91 1755° dans l’arc.
- 21.000 Fer 55.84 7.86 7.2 1510» 2450°
- 22.000 Nickel 58.68 8.8 6.6 14520 vers 2000°
- 28.000 Rhodium 102.9 12.33 8.3 1970° dans l’arc.
- ? Glucinium 9.1 1.84 5. 1380» ?
- et que, « d’autre part, son point de fusion étant de 1380°, son
- point d’ébullition, est vraisemblablement beaucoup plus élevé, il semble qu’on soit en droit d’espérer que son module de traction sera lui aussi le plus élevé de tous ceux connus. Un intérêt de premier ordre s’attache donc à l’étude de ce corps et de ses alliages.
- Sans compter les applications industrielles de ceux-ci, il se peut qu’ils rendent possible l’établissement de cuirasses beaucoup plus résistantes à poids égal que celles en acier. A noter que Madagascar possède des gisements de béryls communs permettant une extraction notable de ce métal plutôt rare. » Bourgoin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1927 ‘
- Voici un mois astronomiquement très chargé : une éclipse de Lune, une éclipse totale de Soleil, la plus grande élongation de Mercure, de nombreuses occultations (dont une fort intéressante de l’étoile ^ delà Vierge, un certain nombre de conjonctions, divers phénomènes du système des satellites de Jupiter, etc., etc. Certainement, nous ne pourrons pas tout voir, et il' nous faudra faire un choix dans ces diverses curiosités célestes.
- I. Soleil. — Le Soleil, en juin, arrive à sa hauteur maximum au-dessus de l’équateur. Sa déclinaison de —{— 21° 57' le 1er juin, atteint + 23° 27' au moment du solstice d’été, le 22 juin, à 10\ pour redescendre à -f 23° 13' le 30. Voici les plus longs jours de l’année : 15h49" le lor juin; 16h 7m le 18; 16h 4“ le 30.'
- Nous donnons, comme chaque mois, le temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours. Ce temps moyen est l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Heures du p assage. Dates. Heures du p issage.
- Juin 1er Uh 48“ 10“ Juin 17 11”51“ ; 9“
- — 3 llh 48ro 28" — 19 llh51” 35“
- — 5 H* Q© B 48“ — 21 Uh 52m 1“
- - 7 1111 49™ 9“ — 23 llh 52“ 28’
- — 9 11” 49“ 32“ — 25 Uh 52m 53“
- — 11 llh 49"’ 55“ — 27 llh53“ 19-
- — 13 llh 50m 19“ — 29 Ht, 53", 44“
- — 15 llh50m 44“
- Fig. 2. — Photographie du Soleil montrant Vassombrissement du bord vroduit par l'atmosphère solaire. (Cliché L. Rudaux.)
- On a reporté sur cette photographie la phase maximum de l’éclipse, telle qu’on la verra à Paris. A ce moment, le croissant A restera seul visible. La lumière que l’on recevra alors du Soleil sera très diminuée, d’une part en raison de la faible surface du Soleil non recouverte par la Lune; d’autre part, du fait de l’absorption de l’atmosphère solaire.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel, compté de O1' à 24h à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- fÉÉfSilfi
- ÉlSIiiliiS
- Fig. I. — Schéma de l’éclipse de Soleil du 29 juin 1921.
- Phase maximum de Paris.
- Observations physiques. — Voici la suite du tableau des principales données pour orienter les dessins ou photographies du Soleil :
- D 1-0
- 5 — 14°, 33 — 0°,18 322°, 73
- 10 — 12°, 33 — 0°,43 256°,55
- 15 • —10°,24 — lo,03 1900,37
- 20 -- 8°,07 —1<>,62 124o,18
- 25 — 5°,85 - 2°,20 58°,00
- 30 — 30,58 — 2°,76 CO O 0©
- Lumière zodiacale. — Sous nos latitudes, la lumière zodiacale est à peu près invisible en juin, en raison de la longueur des jours.
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil, visible à Paris comme éclipse partielle, se produira le 29 juin.
- L’éclipse générale commencera à 4h0nl (autrement dit le premier point de la Terre qui verra l’éclipse notera, à ce moment, 4|I0“). Le maximum aura lieu à 6l,23m et la fin à 8h 46m. Grandeur maximum = 1,006, le diamètre du Soleil étant un.
- La plus longue durée de la totalité sera de 50 secondes seulement, au Nord de la Nouvelle Zemble et dans l’Océan Glacial arctique.
- L’éclipse sera visible de l’Europe entière, du Nord de l’Afrique, du Nord de l’Asie, de la partie boréale de l’Amérique du Nord et du Groënland.
- L’éclipse sera totale en Angleterre, dans la partie centrale de T île, avec une phase variant de 11 secondes à 24 secondes selon les lieux.
- A Paris, l’éclipse sera partielle, mais très importante : 0,905, le diamètre du Soleil étant un (voir figures 1 et 2). Le Soleil se lèvera à 3h 51m, l’éclipse débutera à 41' 21 •. La plus grande phase aura lieu à 5h 15' et le dernier contact à 6h 13”.
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- Voici d’ailleurs comment l’éclipse se présentera en France :
- Lieu. Commencement. PI us grande phase. Fin. Grandoui
- Besançon . . 4h 18™,0 5h12™,0 6"10™,0 0,854
- Bordeaux . . 4h18™,3 5hiO™,5 6h 6™,4 0,870
- Brest. . . . 4h 24™,4 5h 16™,9 6h12™,7 0,949
- Lyon. . . . 4h 16™, 7 5h10"\0 6» 7™,2 0,841
- Marseille . . 4h13™,8 5h 6™,4 6" 3™,0 0,798
- Nice .... 4>‘13™,5 5h 6 ,5 6h 3",6 0,789
- Paris. . . . 4h 21™,5 5h 15 “,3 6" 12",8 0,905
- Strasbourg . 4h 19 \0 5h13",7 61* 12 ",4 0,863
- Toulouse . . 4h 16™,0 5h 8™,2 6h 4”,0 0,835
- Tous les instruments conviennent pour observer une éclipse partielle de Soleil. Si l’on observe directement, avoir bien soin d’employer des verres noirs. Une simple jumelle, dans laquelle on écarte suffisamment les lentilles oculaires des objectifs, permet d’obtenir une bonne image par projection.
- On peut encore, très simplement, projeter l’image solaire au fond d’une pièce sombre au moyen d’une glace de poche recouverte d’un papier noir percé d’une ouverture de 7 à 8 mm de diamètre. La petite partie découverte de la glace agit à la manière d’un sténopé et donne des images très suffisantes, qui peuvent être suivies par un grand nombre de personnes à la fois. Et si l’on place la glace sur un petit pied orientable et un peu stable, on dispose alors d’un instrument très pratique pour suivre toutes les phases d’une éclipse partielle de Soleil.
- II. Lune. — Yoici les phases de la Lune pendant le mois de juin :
- P. Q, le 7, à 7h 49m D. Q. le 22, à 10h 29™
- P. L. le 15, à 8h 19“ N. L. le 29, à 6h 32“
- Age de la Lune, le 1er juin, à Oh=lJ,l; le 30, à 0h = 0^7. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter à l’âge ci-dessus le nombre de jours écoulés depuis le l”r juin. Si on veut l’âge à une heure autre que 0h, ajouter en outre 0J,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juin : le 2 + 24° 11'; le 16 = — 24» 11'; le 29, = + 24° 11'.
- Apogée de la Lune, le 9 juin, à 6h. Parallaxe = 54' 12". Distance = 404 570 km.
- Périgée de la Lune, le 24 juin, à 10h. Parallaxe —59'27". Distance — 368 850 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2, occultation de l’étoile B. D. -p 23°1734 (gr. 6,4). Immersion seule visible à 22h 10“.
- Le 7, occultation de v Vierge (gr. 4,2), de 23h 8“ à 23h54m.
- La Lune sera, au Premier Quartier, donc très belle à voir au télescope. L’immersion aura lieu au bord obscur. L’étoile réapparaîtra derrière le bord éclairé.
- Le 10, occultation de 598 B. Yierge (gr. 6,1), de 22h19™ à 22“33".
- Le 12, occultation de 32 Balance (gr. 5,9), de 21h38“ à 22h46,u. — Occultation de 34 Balance (gr. 6,0), de 23b10m à 23h 53“.
- Le 13, occultation de Ç Balance (gr. 5,6), de 0h38™ à lb32“. — Occultation de 58 G. Scorpion (gr. 6,2), de 21" 37™ à 22h56™.
- Le 16, occultation de 189 B. Sagittaire (gr. 6,1), de 22h28“ a 22'1 46“.
- Le 18, occultation de % Capricorne (gr. 5,3), de 23h49™ à 0h 57™ du 19.
- Le 21, occultation de 257 B. Verseau (gr. 6,3). Emersion seule visible à 0h37™.
- Eclipse de Lune. - — Une belle éclipse totale de Lune se produira le 15 juin. Elle sera malheureusement invisible en Europe. L’éclipse commencera à 5h33ra; son milieu se produira à 8h24™. Elle finira à llh15™. (Or, ce jour-là, la Lune se lèvera à Paris à 20h 20™ et elle se sera couchée, la veille, à 3hllra). Grandeur de l’éclipse : 1,018, le diamètre de la Lune étant un,
- L’éclipse sera visible de l’Océan Atlantique, de l’Amérique du Nord, de l’Océan Pacifique et de l’Australie.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront au début (nouvelle Lune, le 30 mai) et un peu après le milieu (pleine Lune le 15). Ces marées seront, malgré tout, assez faibles. Coefficient à Brest, le 1er juin : 0,96.
- Par suite, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour juin.
- ASTRE Dates : juin Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (4) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 3h 51™ llh 48™59‘ 19» 47n 4h 54m + 22° 35' 31' 33"6 Taureau
- Soleil .... 16 3 48 11 50 57 19 54 5 35 -F 23 20 31 32,4 Taureau
- 26 3 50 Tl 53 6 19 56 6 17 + 23 23 31 31,2 Gémeaux * F
- 6 4 55 13 10 21 26 6 11 4- 25 32 6,0 p Gémeaux Le soir,
- Mercure . . . 16 5 32 13 37 21 41 7 18 + 23 50 7,2 ô Gémeaux , plus grande élongation
- 26 5 55 13 38 21 22 8 1 + 20 29 8,8 Ç Cancer le 22.
- 6 7 0 14 59 22 57 8 1 + 22 57 18,4 Ç Cancer
- Venus .... 16 7 21 15 3 22 46 8 46 + 20 13 20,0 ô Cancer Le soir,
- 26 7 41 15 5 22 28 9 27 + 16 49 22,2 Lion dès le crépuscule.
- 6 7 15 15 5 22 55 8 9 + 21 34 4,2 Ç Cancer
- Mars. . . *. • 16 7 9 14 51 22 32 8 34 + 20 7 4,2 ô Cancer | Un peu visible le soir.
- 26 7 4 13 36 22 9 8 59 + 18 27 4,0 x Cancer
- Jupiter. . . . 16 0 24 6 23 12 23 0 6 — 0 38 36,8 33 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . . 16 17 47 22 19 2 51 16 5 — 18 44 16,6 u Scorpion Presque toute la nuit.
- Uranus. . . . 16 0 24 6 29 12 35 0 13 -F 0 36 3 4 44 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune . . . 16 8 56 16 3 23 11 9 48 -F 13 45 2,4 v Lion A peu près inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heui’e, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- III. Planètes. — Le tableau précédent renferme les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juin. Il a été établi à l’aide de renseignements contenus à&nsV Annuaire astronomique Flammarion pour 1927.
- Mercure sera visible le soir du 15 au 30 juin, sa plus grande élongation se produisant le 22 juin, à 25° 5' à l’Est du Soleil, Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 5 0,75 — 0,5
- — 10 0,63 — 0,1
- — 15 0,53 -j- 0,3
- — 20 0,44 + 0,6
- — 25 0,35 + 0,9
- — 30 0,26 + 0,2
- Vénus brille toujours d’un magnifique éclat, le soir, dès le
- coucher du Soleil. Elle sera à sa plus g rande élongation du
- soir, le 2 du mois prochain, donc en quadrature. Voici,
- comme pour Mercure, le tableau de la phase et de la gran-
- deur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juin 5 0,63 — 3,7
- — 10 0,61 — 3,8
- — 15 0,58 — 3,8
- — 20 0,56 — 3,8
- — 25 0,53 — 3,9
- — 30 0,51 — 3,9
- On remarquera le très grand éclat de Vénus qui, à la fin du mois, surpassera de près de 5 grandeurs une étoile de lra grandeur.
- Mars est. encore Un peu visible le soir. Son diamètre est de plus en plus réduit par la distance, et il faut remettre à présent les observations à la prochaine période de visibilité.
- Jupiter se lève peu après minuit. On peut donc l’observer avant l’arrivée du jour, malgré la faible durée de la nuit en cette saison. L’attention des observateurs est attirée par les phénomènes curieux présentés par les . quatre principaux satellites. En voici la liste pour juin :
- DATE Juin Heure. Satel- lite. Phéno - mène. DATE Juin Heure. Satel- lite. Phéno - mène.
- 7 2" 49m IV E. c. 16 3 33" II Em.
- 7 3 22 II O.f. 17 2 54 I Em.
- 7 3 23 II P.c. 23 2 49 III Em.
- 8 2 52 I E. c. 23 3 27 II E. f.
- 9 2 26 I O.f. 23 3 33 II Im.
- 12 3 17 III O. f. 24 1 9 I E. c.
- 14 3 15 II O. c. 25 2 2 I P. f.
- 16. 2 6 I O. c. 30 1 20 III EL
- 16 3 17 IV P. c. 30 3 19 II E. c.
- 16 3 27 I P. c.
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- Saturne est visible à peu près toute la nuit (l’opposition a eu lieu le 26 mai). Voici les éléments de l’anneau à la date
- du 15 juin :
- Grand axe extérieur.............................. 41",58
- Petit axe extérieur.............................. 17",54
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau.............................................+ 24° 57'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. 4- 25° 24'
- On pourra observer Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, aux époques de ses élongations que voici :
- Dates. Élongation. Heure.
- 4 Orientale. 20\9
- 12 Occidentale. 23»,7
- 20 Orientale. 18\4
- 28 Occidentale. 21\2
- Uranus, dans les Poissons, sera en quadrature occidentale le 25 juin. On peut le suivre avec une simple jumelle. Dans les instruments assez puissants, Uranus offre un petit disque bleuâtre de 3",5 de diamètre.
- Neptune se couche le 15 à 23hllm. En raison de la longueur des jours et du crépuscule, il est pratiquement inobservable.
- IV. Phénomènes divers.— Conjonctions :
- Le 3, à 6h, Vénus en conjonct. avec la Lune, à 0° 2' N.
- Le 3, à 12h, Mars Le 5, à llh, Neptune Le 9, à 18h, Vénus Le 13, à 18h, Saturne Le 22, à 11», Jupiter Le 22, à 13h, Uranus
- — la Lune, à 1° 16' S.
- — la Lune, à 4° 6' S.
- — Mars à 0° 58' N.
- — la Lune, à 0° 10' S.
- — la Lune, à 4° 24' N.
- — la Lune, à 4° 57' N.
- A signaler le rapprochement de Vénus et de Mars, le 9 juin.
- Etoiles filantes. .— Aucun radiant important n’est signalé en juin. L’observation continue révélera cependant un certain nombre de météores.
- Etoile polaire. — Voici les heures de passage de l’Étoile polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à midi
- Date. Passage. Temps Universel. moyen de Paris.
- Juin 10 — 20
- — 30
- — 30
- Inférieur 20h 12m 34“
- — 19" 33ra 25s
- — 18» 54" 18“
- Supérieur 6» 56“ 16“
- 5» llm 21",1 5h 50ra 46“,7 6h 30m 12",3
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er juin vers 23h ou le 15 à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule ; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Géphée ; Cassiopée. Le Cocher et Persée glissent à l’horizon nord.
- A l’Est : Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle ; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus; le Scorpion; la Balance.
- A l’Ouest : Castor et Pollux; le Lion; la Vierge; la Grande Ourse. Em. Touchet.
- NOTES ET INFORMATIONS
- AUTOMOBILISME
- A plus de 327 kilomètres à Vheure en automobile.
- Sur la plage de Daytono, aux États-Unis, le conducteur anglais Segrave, pilotant une voiture spéciale, construite par
- l’ingénieur français Coatalen, vient d’atteindre cette vitesse fantastique pour un véhicule roulant sur le sol. Elle n’a été réalisée, du reste, que sur le court parcours de 1609 mètres. Les 5 kilomètres ont été franchis à la moyenne horaire fort impressionnante de 326 kilomètres.
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- = 426 ...............:.=
- La voiture qui vient d’accomplir ce record est un véritable monstre : longue de 7 m. 50, large de 1 m. 80, elle est munie de deux moteurs, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière.
- Le pilote est au milieu.
- Les moteurs sont des moteurs d’avions Sunbeam de 500 ch chacun. Le véhicule est donc mû par une puissance de 1000 ch.
- Il est intéressant de comparer ce record de vitesse terrestre au record aérien qui appartient, depuis le 11 décembre 1924, au pilote français Bonnet, à bord d’un avion équipé avec un moteur Hispano de 450 ch. La vitesse atteinte a été dé 448 km, 171 à l’heure.
- La comparaison des deux records et celle des puissances mises en jeu montre bien la supériorité de la voie aérienne sur la voie terrestre pour la réalisation des communications à grande vitesse.
- MÉTÉOROLOGIE
- Observations faites à Voccasion
- du cyclone qui dévasta la ville de Tamatave le 3 mars 1927.
- Dans le numéro du 15 janvier 1927 du journal La Nature le docteur Charcot et P. Idrac rapportent une observation
- Mardi 2 Mars
- Port Louis
- Courbe du baromètre
- enregistreur du "Chambord ”
- Courbe du baromètre
- enregish" à la Pointe des GdiPts xS-Pau/1 Réunion.
- Ô'-Pterri
- /. de te RCUNION
- Marche du cyclone entre Vile Maurice et La Réunion.
- En trait plein : Courbe du baromètre enregistreur du Chambord. En pointillé : Courbe du baromètre enregistreur à la Pointe des
- Galets.
- relative à une dépression atmosphérique créée par un obstacle, relevée à l’ile de Jan Mayan.
- Un fait tout à fait analogue a été remarqué lors du cyclone qui le 3 mars a dévasté la ville de Tamatave, ainsi que la zone de la Côte Est de Madagascar se trouvant entre Tamatave et Tananarive.
- Le paquebot des Messageries Maritimes, Chambord, se trouvait le 2 mars devant le port de Saint-Paul, sur la côte nord-ouest de la Réunion. Constatant une baisse barométrique, il tente d’aller devant Saint-Denis, sur la côte Est. Lors de ce mouvement, le commandant constata une baisse barométrique de 6 mm. ; la mer était d’ailleurs si agitée qu’il dut venir se remettre à l’abri devant Saint-Paul. Le baromètre remonta de 3 à 4 mm. ; une nouvelle incursion du même genre, vers 15 heures, eut le même résultat ; mais alors constatant qu’il se trouvait bien dans l’aire d’un cyclone, ce dont il n’aurait pu s’apercevoir s’il était resté devant Saint-Paul, le commandant prit le nord-est et mit ainsi son navire à l’abri du danger qui le menaçait.
- Le dessin cLdessus reproduit la courbe du baromètre du bateau Chambord; de chaque côté de l’ordonnée du mardi 2 mars sont indiqués les 2 crochets qui correspondent aux déplacements du bateau vers Saint-Denis. En pointillé, la courbe pendant les mêmes jours du baromètre du port de la Pointe des Galets.
- Les surpressions accidentelles qui peuvent résulter d’un abri sont des phénomènes du même genre que ceux qui se produisent derrière une automobile en mouvement ; on sait le vide qui est créé ainsi et l’aspiration de poussière qui en résulte.
- Dans ce cas, c’est l’obstacle qui se déplace.
- Des indications semblent devoir être tirées de ces observations, notamment sur le choix des Stations de prévision du temps. Il est certain que le poste de la Pointe des Galets a pu ignorer le météore, jusqu’à son arrivée dans l’ile. C’est là un fait dû à la nature ; mais il est d’autres constatations résultant du manque de prévoyance des hommes sur lesquelles il paraît utile d’attirer l’attention des populations intéressées.
- Le fait que Madagascar n’a pu être prévenu de l’existence du cyclone alors qu’il aurait pu l’être, le 2 mars à 4 heures de l’après-midi, par un avis adressé de l’ile de la Réunion, soit 19 heures avant que le météore atteigne la Grande Ile, a eu des conséquences graves.
- Le 2 mars, quatre bateaux étaient sur rade à Tamatave. Les uns et les autres ont 1 ien constaté pendant la nuit des mouvements insolites du baromètre et, dès le matin, ont essayé de fuir le danger; il était trop tard. L’un, le plus petit d’entre eux, coula dans la rade, l’équipage ayant réussi en partie à gagner la côte à la nage ; un autre, le Norvégien, voulut prendre le large, mais la tempête, qui commençait à sévir, le fit probablement se briser sur les récifs côtiers, car on n’eut plus de nouvelles de ce navire ; les deux gros paquebots s’échouèrent l’un et l’autre aux environs du port. L’un d’entre eux est considéré comme définitivement perdu. Prévenus la veille, ils auraient très vraisemblablement pu tous se sauver.
- Nous en tirerons déjà une conclusion : c’est que l’organisation des postes météorologiques de la prévision du temps devrait être confiée à une Organisation internationale ; elle dépend, en effet, de pays de nationalités diverses et toutes les mesures que peut prendre l’un d’entre eux sont sans effet, si les autres pays intéressés n’agissent pas dans le même sens. En ce qui concerne la partie de l’Océan Indien, dont nous nous occupons, la prévision du temps intéresse les Observatoires de Madagascar, La Réunion, l'île Maurice et l’ile Rodriguez qui en dépend et qui constitue un poste d’observation avancé dans l’aire parcourue habituellement par les cyclones ; enfin, les îles des Seychelles et Delgoa bay sur la Côte Mozambique.
- En 1911, M. le gouverneur général Piquié avait pris, sur la proposition que je lui avais faite, un arrêté prévoyant l’organisation des postes de météorologie agricole et créé un service spécial de prévision du temps, pour bien indiquer le caractère spécial et le but qu’on poursuivait. Des relations avaient été entamées avec les Gouvernements des pays précités.
- Si nos renseignements sont exacts, pour des questions de changement de personnel, l’Observatoire de Maurice est sans titulaire; quant .à la Réunion, on ne sait ce qui s’y est passé. Dans tous les cas, le silence de ces Stations a été regrettable. Le cyclone a passé à la Réunion le 2 mars, de 11 heures à 20 heures ; ses premiers effets se sont fait sentir à Tamatave le 3 mars, à 8 heures et demie; à son centre, la période de «aime a duré 3/4 d’heure vers 11 heures et le vent a cessé vers 15 heures. Il a donc mis 19 heures pour parcourir 371 milles, soit une vitesse de 10 mètres à la seconde.
- La question de l’Organisation internationale d’un service de prévision du temps paraît devoir être mise à l’ordre du jour. G. Carle,
- Ex-chef du Service de Colonisation à Madagascar.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Calculs d’ateliers, par Erik Oberg et Franklin D. Jones, adapté à l’anglais par E. Weiss. 1 vol. 124 p., 109 fig. Editeur : La Machine moderne, 15, rue Bleue, Paris.
- L’ouvrier à l’atelier se trouve fréquemment aux prises avec des calculs fort élémentaires, sans doute, mais qui sont pour lui une source de difficultés sérieuses. L’expérience lui montre ainsi la nécessité de se familiariser avec les rudiments mathématiques, trop souvent oubliés depuis la sortie de l’école. Pour refaire cette instruction, la meilleure méthode est de s’appliquer à des exercices concrets empruntés à la vie quotidienne des ateliers. C’est ce qu’ont fait, avec succès, les auteurs du présent ouvrage, très bien présenté et adapté par le traducteur. Après avoir rappelé les règles fondamentales de l’arithmétique usuelle et bien fait comprendre ce qu’est une formule, ils donnent des exemples de calculs de surfaces, de volumes, de poids de pièces métalliques de formes diverses, de vitesses de j)oulies et d’engrenages, de vitesses de coupe; ils montrent comment on calcule les engrenages, comment on détermine les angles, comment on résoud les triangles. Enfin ils donnent quelques exemples de calculs de rendement.
- La Brouette, par le Marquis de Camarasa. 1 vol, 540 p., 933 fig. Madrid, 1915. En vente chez Berger-Levrault à Paris.
- Une légende tenace et dont on ignore l’origine attribue à Pascal l’invention de la brouette. On a depuis longtemps prouvé que cette utile machine existait bien antérieurement, et l’on n’a jamais su dire sur quels documents s’appuyait la revendication de paternité faite en faveur de l’illustre savant et philosophe. Certains ont fait remonter d’autre part l’invention de la brouette à l’antiquité la plus reculée. Le marquis de Camarasa s’est attaché à rechercher, à travers les âges, tous les documents écrits ou iconographiques ayant trait à cette machine. Ces investigations, qu’il expose dans une série de causeries fort attrayantes, et pleines de savoureuses digressions, lui ont permis d’établir que la brouette n’est ni si ancienne ni si moderne. En fait la brouette est inconnue dans l’antiquité, les premiers documents authentiques et datés qui la signalent remontent au xne siècle de notre ère. A partir de cette époque son usage s’est répandu, mais assez lentement et irrégulièrement à travers le monde civilisé. Ainsi ce n’est qu’au xvie et au début du xvne siècle qu’elle entre en usage dans les armées pour les travaux de terrassement exigés par les fortifications et les guerres de siège.
- Si l’on ne trouve aucun travail de Pascal sur la brouette, on trouve par contre une étude profonde de Yauban sur les transports à la brouette, où l’illustre ingénieur se révèle Comme un précurseur de la méthode Taylor.
- L’auteur disdute l’étymologie mystéi’ieuse du mot brouette ; il étudie les diverses formes de la machine à travers les âges, ses emplois, son rôle dans la vie domestique, économique, militaire, ses figurations dans les oeuvres d’art.
- Toute une partie de ce savant ouvrage est consacrée à la disr cussion des théories de la brouette; l’auteur fait justice, avec raison, de la théorie dite du levier exposée dans tant d’ouvrages élémentaires, et qui a engendré tant de ^soi-disant perfectionne-nements ou inventions, dont aucune n’a résisté à l’épreuve de l’expérience. La brouette n’est pas une machine à soulever les fardeaux ; c’est une machine roulante dont la théorie exacte doit faire intervenir avant tout, le frottement de roulement, l’adhérence, et l’équilibre du cycle en mouvement. De nombreuses expériences personnelles sont décrites à l’appui de cette thèse. Souhaitons que la documentation et la logique du marquis de Camarasa fassent évanouir promptement les légendes et les erreurs qui ont cours, aujourd’hui encore, sur une machine si simple en apparence et en tout cas si utile à l’humanité.
- Enzyklopâdie der Erdkunde, par Oskar Kende. Teil : Palâogeographie, par Edgar Dacqué. Palâogeogra-phische Darstellung der théorie der Kontinen-talverschiebungen, par Alfred Wegener. 1 vol. in-8, 196 p., 31 fig. Franz. Deuticke, Leipzig et Vienne. Prix : 10 marks.
- La paléographie de E. Dacqué débute par des considérations physiques générales, auxquelles fait suite un exposé des reconstitutions paléographiques, qu’illustrent quelques cartes et divers schémas. Une partie biogéographique termine le texte rédigé par E. Dacqué. Un appendice, dû:à A. Wegener, expose la théorie de la dérive des continents, avec cartes à l’appui, à la fin de l’ouvrage. En tête de chacun des nombreux articles des divers chapitres figure une bibliographie, où il faut remarquer que les travaux français ne sont à peu près pas mentionnés. En général ce livre est très documenté et traite de questions qui n’ont pas fait l’objet de manuels spéciaux.
- Traité de Physiologie normale et pathologique, en
- 11 volumes, publié sous la direction de G.-H. Roger, doyen de
- la Faculté de Médecine de Paris. Secrétaire général : Léon Binet.
- Masson et Cie, Paris.
- Tome VII. Sang et lymphe. Réactions d’immunité, par Ch. Achard, A. Besredka, Léon Binet, J.-Besançon, J. Bordet, L. Cuénot. II. Delaunay, M. Doyon, R. Fabre, J. Jolly, Ph. Pagniez, G.-H. Roger, F. Schulmann, P.-Emile Weil. 1 vol. in-8, 520 p., 58 fig. Prix : broché, 50 fr; relié fer spéciaux, 65 fr.
- Tome XI. Reproduction et croissance, par Léon Binet, H. Busquet, Ch. Cliampy, E. Lesné, A Pézard, Ch. Porcher, E. Rabaud, II. Vignes. 1 vol. in-8, 516 p., 93 fig. Prix : broché, 50 fr. ; relié fers spéciaux, 65 fr.
- Les traités exposant l’ensemble d’une science deviennent rares, surtout en France. Cela tient autant à la longueur qu’ils doivent avoir, aux dépenses que leur édition représente, aux prix qu’ils atteignent, qu’à la difficulté toujours croissante de situer, grouper, classer en un ensemble coordonné les multiples recherches de détail dont est fait le progrès scientifique actuel. Aucun auteur ne peut plus, à lui seul, exposer aujourd’hui l’état de la physiologie.
- Aussi, depuis le traité de physiologie de Morat -et Doyon, n’avait-il paru que des monographies sur des questions spéciales, isolées, et des manuels d’étude pour les étudiants : Langlois, Arthus, Hédon et le plus complet de tous : Gley.
- M. le professeur Roger, doyen de la l'acuité de Médecine de Paris, aidé par M. le Dr Binet, professeur agrégé de physiologie à la même Faculté, vient d’entreprendre l’œuvre considérable de publier, grâce aussi à l’effort de la librairie Masson, un traité complet de physiologie normale et pathologique en 11 volumes. Ce nouveau traité sera l’œuvre collective des physiologistes français contemporains. C’est dire qu’il sera le bilan de nos connaissances actuelles, établi, rédigé, pour chaque point, par l’homme qui connaît le mieux le sujet qu’il traite.
- La répartition des sujets entre les collaborateurs a été faite avec le souci de donner à chaque question la place qu’elle mérite et de coordonner toutes les parties en un ensemble homogène.
- C’est d’abord un traité de physiologie normale étudiant toutes les fonctions de l’organisme, mais il décrit aussi les altérations de ces fonctions dont la connaissance est la hase de la médecine.
- Les deux premiers volumes qui viennent de paraître, le tome Vil consaci’é aux humeurs de l’organisme et le tome XI traitant de la reproduction et de la croissance, montrent bien ce que sera l’ensemble et le luxe de sa présentation.
- Dans le tome VII, M. Jolly, professeur au Collège de France, décrit les propriétés du sang et la morphologie de ses éléments, l’origine et la rénovation de ceux-ci. M. René Fabre, pharmacien de l’hôpital Neclter, étudie l’hémoglobine et ses dérivés et M. Cuénot, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy les albuminoïdes respiratoires des invertébrés. M. Pagniez, médecin des hôpitaux de Paris, expose le rôle des plaquettes sanguines et M. Roger celui de la moelle osseuse. M. Doyon, professeur à la F'aculté de Médecine de Lyon traite la coagulation du sang, M. Delaunay, de la F'aculté de Bordeaux, les hémorragies et M. P. Emile Weil, médecin des hôpitaux de Paris, la transfusion du sang. M. Achard, professeur à la Faculté de Pai’is parle du système lacunaire, MM. Binet et Justin-Besançon de la lymphe, M. Schulmann, du ganglion lymphatique. Enfin, M. Bordet, directeur de l’Institut Pasteur de Bruxelles, expose les questions d’immunité, d’antigènes et d’anticorps et M. Besredka, professeur à l’Institut Pasteur, l’anaphylaxie.
- C’est un ensemble d’études magisti'ales, qui mettent à jour et au point toutes les questions, si diverses et si complexes, relatives aux milieux intérieurs.
- Le tome XI est non moins réussi. M. Champy y explique la genèse des produits sexuels et la fécondation ; M. Busquet l’appareil génital mâle, M. Vignes l’appareil génital femelle et la gestation, M. Pézard les caractères sexuels secondaires, M. Binet la physiologie du nouveau-né et du nourrisson, M. Porcher la sécrétion lactée, MM. Champy, Lesné et Binet la croissance; enfin M. Rabaud l’hérédité et la tératologie. >
- On annonce deux autres volumes qui doivent paraître prochainement et la publication de l’ensemble du traité, des onze volumes, pour 1929. Ce sera certainement le livre de chevet des médécins et des biologistes et un magnifique succès pour l’édition française.
- La vie mystérieuse des harems, par Henriette Cèlarié,
- 1 vol. in-16, 240 p. Hachette, Paris. Prix : 10 francs.
- Suite d’observations très bien notées et très vivantes sur la vie des femmes arabes à Marrakech et dans les châteaux de de l’Atlas.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Mars et Avril 1927.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Sur l'hydrogénation du naphtalène et de l’anthra-cène à haute température et sous pression élevée, en présence de catalyseurs non hydrogénants.
- (MM. André Kling et Daniel Florentin.) — Les dernières notes de ces auteurs avaient indiqué que, pour toute molécule organique, il existe un seuil de température à partir duquel s’amorce la fixation de nouveaux atomes d’hydrogène, mais qu’on peut abaisser cette limite par l’usage de catalyseurs, tels, que les halogénures des métaux terreux. Certains points ayant été contestés par MM. Spilker et Zerbe, MM. Kling et Florentin publient les détails d’expériences récentes sur la naphtaline soumise à une pression initiale d’hydrogène de 90 à 100 kg.
- Le seuil de température est alors 475° pour la naphtaline et 440 pour l’anthracène, ces chiffres s’abaissant à 450° et 430 par addition de chlorure A12C1°. L’étude des portions liquides résultant de l’hydrogénation a montré ensuite que, dans le cas du carbure C10H8, les 3/5 distillent avant 160° et sont constitués par des carbures benzéniques, accompagnés de produits aliphatiques, alors que pour l’anthracène les fractions de tète représentent 36 pour 100 du total. Dans les deux cas, les parties qui passent à températures élevées comprennent des hydronaphtalines ou des hydroanthracènes-
- CHIMIE VÉGÉTALE
- Sur la présence du sodium chez les plantes
- (MM. Gabriel Bertrand et Perietzeanu). — Depuis les travaux de Berthier et de Péligot, on admettait, dans le monde des biochimistes et des phytophysiologistes, que la cendre fournie par l’incinération de la plupart des végétaux est exempte de sodium. Par contre, on reconnaissait que le potassium existe dans toutes les espèces végétales et dans tous les organes de ces espèces ; ce qui expliquait, en l’absence de cet élément, toute récolte appréciable en milieu synthétique.
- MM. Gabriel Bertrand et I. Perietzeanu montrent que, du point de vue quantitatif, le procédé suivi en 1867 par Péligot est presque sans valeur, car il ne saurait déceler de faibles quantités d’élément Na, au contact d’une quantité appréciable de l’autre métal alcalin. La meilleure méthode repose sur la réaction de Streng — précipitation de l’acétate triple d’uranyle, de magnésium et de sodium — appliquée suivant la technique de Blanchetière.
- Les dosage de MM. Bertrand et Peritzeanu ont porté sur 35 plantes ou parties de plantes dont quelques-unes avaient été choisies parmi celles que Péligot avait déclaré exemptes de sodium. Les résultats acquis sont en contradiction formelle avec ceux de ce chimiste et paraissent indiquer que le sodium existe chez tous les végétaux.
- PHYSIQUE PHYSIOLOGIQUE
- Sur le choc radiant. (MM. J. Risler et Foveau de Courmelles). —- Il est admis que, sous ses diverses formes, la lumière peut produire un choc primaire (elle suffit alors seule à donner de violentes réactions) ou secondaire (le phénomène ne prend naissance qu’après injections ou ingestions de substances étrangères fluorescentes) et, depuis une vingtaine d’années, le Dr Foveau de Courmelles a montré les dangers de la superposition des chocs, expliquant ainsi comment une
- opération bénigne, précédée ou suivie de séances de rayons X, peut avoir des conséquences graves.
- Le problème qui fait l’objet de la note présentée par le Professeur Bazy était de voir si l’importance des chocs par photo-sensibilisation, après injection ou ingestion de substances fluorescentes, est proportionnelle à la fréquence vibratoire des sources lumineuses d’émission. Les expériences qui ont porté sur des souris injectées de violet de méthyle et soumises à l’action de lumières de fréquences croissantes ont indiqué que les animaux meurent d’autant plus vite que la fréquence de la lumière d’excitation est plus forte et que la gravité de certains chocs par injections ou ingestions d’éléments photo-électriques est proportionnelle à l’intensité lumineuse.
- Les auteurs estiment que de telles constatations éclairent la pathologie et la thérapeutique par les substances fluorescentes, les colorants et les métaux dont l’action peut être d’origine photo-électrique.
- GÉOLOGIE
- Le problème tectonique de la Vanoise et du Mont Pourri. (M. Pierre Fermier). — Ce problème apréoc-cupé Jean Boussac, en 1913, à la suite de ses observations faites aux environs de Lignes et dans la région de Peisey. Pour ce géologue « les massifs de la Vanoise et du Mont Pourri sont constitués par une nappe de recouvrement distincte de celle du Grand Saint-Bernard, plus élevée, plus métamorphique, originaire par conséquent d’une zone plus interne ». Cette opinion a rallié les suffrages de MM. Maurice Gignoux et Émile Haug, alors que M. Eug. Ragnier, conclut en faveur de l’hypothèse : la Vanoise, ne serait pas une unité tectonique distincte du Briançonnais.
- L’étude de la bande triasique du col de Charière, la submersion sous la nappe des gypses des plis qui font suite à l’anticlinal de la Vanoise, la présence des schistes houillers au col de la Chale, ce sont là des arguments pour M. Pierre Fermier quise refuse, jusqu’à plus ample informé, à séparer du Briançonnais le système Vanoise, Becca-Notta, Aiguille du Midi et Mont Pourri, région qui, pour lui, est une partie de la nappe qu’envahit peu à peu le métamorphisme.
- BOTANIQUE
- Les algues perforantes de la mer Noire. (M.-G. Nad-son). — Les études de l’auteur se sont poursuivies dans la baie de Sébastopol pour porter sur quelques Chlorophycées et Cyanophycées qui végètent là toute l’année sur pierres, galets et rochers et, de concert avec certains mollusques, comme Petricola lithophaga, contribuent à la destruction du rivage.
- Elles s’attaquent aux huîtres (Ostrea taurica) et perforent le test des Balanes, les tubes calcaires des vers Potamoceros triquetroïdes et Spû'orbis pusilla, enfin le tégument calcaire si délicat des Bryozoaires. On les rencontre surtout jusqu’à une profondeur de 20 à 25 m. -M. Nadson n’en a jamais trouvé, du moins dans la mer Noire, au delà de 40 m., et il leur attribue un rôle de premier plan dans la dévastation des bancs d’huîtres, des amas de coquillages, en somme de toutes les substances riches en carbonate de chaux.
- Paul Baud.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les sources d’Hammam-Meskoutîne.
- Les sources d’Hammam-Meskoutîne, près de Guelima (Algérie) sont connues depuis les Romains qui les appelaient Aqua Tibili-ianae. Elles donnent des eaux sulfurées chaudes qui ont déposé en certains points de magnifiques dépôts de travertins. Une station thermale très fréquentée s’y est établie.
- Un de nos abonnés de Constantine, M. Rivoire, nous signale un phénomène qui vient de s’y produire et qui a fortement alarmé la population, laquelle tire en grande partie ses ressources de l’exploitation des sources.
- A la fin de mars dernier, brusquement, les sources tarirent-
- Dans les bassins où, depuis des siècles bouillonnent les eaux chaudes, on ne vit plus sortir qu’une vapeur blanche.
- Aussitôt, une légende se créa parmi les indigènes : l’asséche-ment aurait été provoqué par la colère d’un marabout, Ben Ham-laoui. Ce personnage — qui se dit descendant du prophète, était allé demander aux eaux d’Hammam-Meskoutine la guérison de ses rhumatismes. Le gérant de l’établissement voulut le contraindre à prendre son bain dans les piscines réservées aux indigènes.
- Le marabout ne voulut rien savoir et insista pour avoir accès
- au côté européen. Devant l’intransigeance de l’employé, il entra dans une grande fureur et, lançant l’anathème, il aurait annoncé que désormais Hammam Meskoutine avait vécu.
- — La nuit qui suivit, un grondement sourd aurait été entendu et, comme si elles avaient obéi aux imprécations du prophète, les sources seraient rentrées docilement sous terre pour aller porter ailleurs leurs bienfaits et leur prospérité.
- Seulement, le lendemain, les sources rejaillirent avec la même brusquerie qu’elles avaient disparu la veille et tout est aujourd’hui rentré dans l’ordre.... malgré le marabout. 1
- M. Rivoire nous rappelle que ce même phénomène s’est déjà produit, il y a quelques années à l’établissement thermal (30°) de Fontaine-Chaude, (à quelque 200 kilom. au S.-O. de la station de Meskoutine), tout près de Biskra. La Source jaillissait dans un bassin artificiel au milieu de la cour de l’établissement. Brusquement elle se déplaça pour venir sourdre à 3 m. 50 à côté provoquant un afïouillement sous l’angle de la construction et jetant à bas deux cabines, pendant que deux autres demeuraient suspendues en porte-à-faux et que les voisines devait être aussi évacuées.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erreur de calcul.
- M. Max Laurent nous signale une erreur fréquemment commise, même par des gens réfléchis, et demande si on pourrait l’expliquer.
- Comme elle est répétée trop souvent par des élèves du lycée, peut-être pourrait-elle provoquer une enquête, donner lieu à des expériences, des statistiques, des interprétations.
- Voici la suite des questions arithmétiques posées et les réponses
- qui y sont faites :
- Questions Réponses
- Combien.font 1040 et 1040 ?...................... 2080
- Plus 10 ................................. 2090
- Plus 10 ?............................... 3000
- Destruction des herbes dans les allées de jardin.
- Pour l’application du procédé de destruction par le sulfure de calcium, il convient de se conformer aux Indications suivantes :
- Prendre les proportions exacte s de matières servant à cette préparation, savoir :
- Chaux vive........................................5 kilogr.
- Eau ordinaire....................................50 litres
- Fleur de soufre..........................................4 kilogr.
- Il faut d’abord préparer le lait de chaux en éteignant la chaux avec un peu d’eau.
- Cette poudre de chaux hydratée doit être ensuite passée au tamis, puis on la délaie progressivement dans les 50 litres d’eaut pour former le lait de chaux, après quoi, on porte celui-ci à l’ébullition dans une chaudière en fer et on y ajoute peu à peu la fleur de soufre qui s’y dissout sans difficulté.
- Lorsque le liquide est refroidi, on ajoute un égale volume d’eau, c’est-à-dire encore 50 litres pour compléter à 100 litres cette solution herbicide.
- La préparation du lait de chaux nécessite la quantité d’eau indiquée ci-dessqs, avant de porter à l’ébullition, il n’est pas indiqué de réduire cette quantité ; celle-ci est calculée de manière à obtenir un lait de chaux que l’on n’obtiendrait pas aussi bien en réduisant, pour l’opération dont il s’agit, la proportion d’eau.
- Depuis quatre ans, d’autres procédés de destruction ont été expérimentés, notamment avec les produits chlorates (nitropéch. lorine, phényline) (voyez Société des produits chimiques de Massy. Palaiseau (Seine-et-Oise) et la nitroeuprine).
- On emploie aussi le sel dénaturé au peroxyde de fer ou même au sulfate de fer et vert malachite, qui coûte 5 francs de moins
- par 100 kilogr. La proportion optima de sel est celle de la saturation, soit 26°/0 : 100 litres d’eau peuvent dissoudre 33 kilo g. de sel à la température de 18°.
- M. E. M. la Croix-Rouge. Antibes Alpes-Maritimes.
- Appareil Wilson pour la mesure de la résilience des cuirs.
- Cet appareil a été confectionné par J.-A. Wilson lui-mème pour ses expériences sur la résilience des cuirs et ne doit pas se trouver dans le commerce ; nous ne pensons même pas qu’il soit soumis à brevet.
- Dans ces conditions le plus simple est de le construire soi-même.
- "Voici les détails de construction indiqués par Wilson dans son travail original :
- Pour les essais on a utilisé un cube d’érable à surface rabotée. Le tube de verre était une vieille burette dont on avait coupé le robinet ; il était supporté par un support de laboratoire ordinaire et ajusté dans, la position verticale au moyen d’un fil à plomb. Le piston était un morceau de tige de laiton de 1 cm de diamètre et de 8 cm de long. Pour faire les mesures, on plaçait un morceau de cuir sous le tube de verre et on laissait tomber dessus le piston d’une hauteur de 60 cm ; on mesurait la hauteur du rebord. Cela demandait d’habitude plusieurs essais successifs... »
- M. José Marcos.
- Que sont les nouveaux insecticides?
- Ainsi que nous l’avons signalé dans notre numéro 2693 du 14 novembre 1925, un très grand nombre de produits chimiques ayant attiré l’attention pendant la guerre, sont actuellement utilisés pour la destruction des insectes et en particulier des mites, tels sont l’éthylidène pliénylhydrazone, le diamino-benzène, la triplié-nylguanidine, la phénylhydrazide phtalique, la pyrazolone. Dans la plupart des cas, ce sont des résidus de fabrications industrielles, auxquels on cherche un débouché sous cette forme, il serait donc très difficile de se procurer en petite quantité des produits de ce genre qui ne se traitent que par centaines de Kilogs.
- J K a Arcachon.
- — Peut-on faire disparaître l’odeur de bouc?
- Nous pensons que vous pourriez utiliser pour désodoriser "votre mallette recouverte en peau de bouc, les propriétés désinfectantes connues depuis longtemps en pharmacie, de la farine de moutarde. Délayer la farine dans un peu d’eau tiède, de façon à obte-
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- nir une pâte un peu épaisse, enduire le cuir de cette bouillie et laisser en contact vingt-quatre heures. Brosser ensuite pour faire tomber la farine séchée, renouveler au besoin l’opération si la désodorisation n’était pas suffisante.
- II. P. a Paris.
- — Sachons préparer les badigeons pour murs et plafonds.
- 1° Yoici comment on doit préparer et employer le badigeon simple à l’alun :
- Donner une première couche au moyen d’un lait composé de :
- Pâte de chaux éteinte.............................10 kgs
- Eau ordinaire................'..................100 litres.
- Cette première couche étant sèche, donner une seconde couche avec la même composition dans laquelle on remplace 20 litres d’eau par un même volume d’une solution saturée d’alun.
- 2° Les badigeons du commerce sont désignés « blancs fixes » quand ils sont en poudre et « blancs gélatineux » quand ils sont en pâtes.
- Les blancs fixes se préparent avec des colles sèches en poudre et du blanc d’Espagne — Les blancs gélatineux s’obtiennent en mélangeant à chaud une solution de colle de peaux de lapins avec une bouillie de blanc d’Espagne.
- Si vous n’avez pas eu un bon résultat avec le blanc fixe que vous avez acheté c’est qu’il y avait eu une altération de la colle, ou que le gonflement n’avait pas été assuré par macération préalable dans l’eau, froide, pendant quelques heures avant toute addition d’eau chaude, pour amener au volume voulu. Enfin il se peut que l’application du badigeon ait été faite sur un plafond trop sec et avec un liquide trop froid.
- 3° Pour vous procurer de la chaux, soit à l’état de chaux vive, soit à l’état de chaux éteinte, il vous suffira de vous adresser à n’importe quel entrepreneur de maçonnerie de votre région et plus particulièrement à Mortagne.
- M. Calton a Pervenchères.
- Comment se préparent les tissus métallisés.
- Les tissus enduits de poudres métalliques, qui ont eu une grande vogue ces derniers temps surtout pour gai’nitures dorées de chapeaux de dames, étaient, paraît-il, obtenus de la façon suivante :
- Prendre :
- Gélatine blanche ...................... 200 grammes
- Eau ordinaire non calcaire............. 800 grammes
- Laisser gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant douze heures, puis cuire une heure à l’autoclave sous une pression de une demi-atmosphère.
- Incorporer alors la poudre métallique en quantité suffisante pour réaliser l’effet cherché. — Cette poudre peut être constituée par l’or mussif (bisulfure d’étain) ou par l’une quelconque des poudres de bronze du commerce.
- Pour l’enduisage on maintient la masse entre 30° et 35° C, puis on applique sur l’étoffe soit au rouleau, si l’enduisage doit être uniforme, soit à la planche, si on veut obtenir des dessins variés-Avec le rouleau, il y a toujours [un peu d’encrassement, de sorte qu’il faut prévoir un brossage de celui-ci de temps en temps.
- Afin que l'impression soit solide à l’eau et au savon, on insolubilise la gélatine en l’exposant à des vapeurs de formol, puis on termine par un cylindrage qui donne l’aspect d’une application d’or en feuilles sur le tissu.
- M. Jeanson a Paris.
- Un peu de Chimie pharmaceutique.
- Pour exécuter la préparation pharmaceutique dont vous nous faites connaître la formule, vous avez probablement été embarrassé, pour faire la dissolution, parce que le phosphate de fer normal est insoluble dans l’eau. — La formule que vous nous soumettez, bien que rédigée en espagnol, est empruntée à la pharmacopée anglaise qui fait couramment usage du phosphate acide de fer ou superphosphates de fer.
- Ce sel s’obtient en faisant dissoudre à chaud, jusqu’à refus, du phosphate de fer neutre dans de l’acide métaphosphorique — ce qui donne une solution verdâtre ou ardoisée transparente.
- Le phosphate acide ainsi préparé est miscible à l’eau en toutes proportions et n’a pas la saveur d’encre qui caractérise d’ordinaire les sels solubles de fer.
- Quant aux autres éléments dans la formule, ils sont solubles dans l’eau et il suffit de les ajouter sans précautions spéciales.
- M. Carlos Aguirre Plata-IIonda Columbia.
- Argenture moderne des Miroirs.
- L’argenture des miroirs au nitrate d’argent s’effectqe ainsi :
- On prépare séparément les trois solutions mères qui suivent :
- / Eau distillée.........................100 grammes
- A ) Nitrate d’argent cristallisé..........4 »
- ( Nitrate d’ammoniaque....................6 »
- ( Eau distillée.........................100 grammes
- B < Potasse caustique pure.................10 »
- [ Sucre raffiné...........................4 »
- / Eau distillée.........................100 »
- C | Sucre................................10 »
- I Acide tartrique.....................» »
- Faire bouillir cette dernière solution pendant dix minutes quand elle est refroidie, ajouter :
- Alcool à 40° G L.........................10 Cent, cubes
- Eau distillée...........................90 » »
- Pour préparer le bain d’argenture prendre :
- Solution A............................... 400 Cent, cubes
- « B............................... 400 » »
- « C............................... 280 » »
- On mélange d’abord les solutions B et C,- puis on verse ce mélange en même temps que A dans la cuvette destinée à l’argenture, puis on y introduit aussitôt la feuille de verre, bien nettoyée qui d_oit être argentée. Le dépôt d’argent s’effectue alors plus ou moins rapidement suivant la température du bain ; quand on juge le dépôt suffisant, on relève la plaque et la lave à grande eau.
- N. B. 1° Un excellent moyen pour nettoyer la surface du verre afin d’avoir un dépôt bien adhérent, est de se servir de cendres de bois tamisées, très fines ; en même temps qu’elles nettoient mécaniquement, elles dissolvent les matières grasses paf le carbonate de potasse qu’elles contiennent.
- 2° La maison Soehnée frères, 58 rue de St-Mandé, Paris-Montreuil, vous fournira le vernis nécessaire pour la protection de l’argenture, sans que vous ayez à entreprendre cette fabrication un peu délicate à cause de la pyrogénation des copals.
- 3° Nous ne voyons pas à quel ouvrage annoncé dans notre bibliographie vous faites allusion.
- M. Bourg a Bordeaux.
- Est-il facile de préparer les feuilles de gélatine?
- 1° La fabrication des feuilles de gélatine très minces ou pellicules est simple en elle-même et ne nécessite pas l’intervention de machines, car il suffit de couler sur une table de verre soigneusement nivelée et polie au rouge d’Angleterre et au talc, une dissolution chaude de gélatine pure, absolument claire et limpide. On opère à l’abri des poussières et évite tout mouvement de la plaque de verre pendant le refroidissement sans quoi il y aurait plissement de la feuille de gélatine et gondolement.
- Si on veut donner aux pellicules une certaine souplesse, on incoi-pore à la solution avant coulage une quantité de glycérine variant de 10 à 30 pour 100.
- En général le talcage est suffisant pour éviter l’adhérence, cependant quelquefois, on complète la préparation par un huilage léger — après séchage les feuilles se détachent ainsi facilement, en les prenant par un coin et on rend au besoin la gélatine insoluble en exposant les feuilles aux vapeurs dè formol.
- 2° Pour l’argenture des lames de vei*re, veuillez bien vous î-epoi*-ter à la réponse précédente faite à M. Bourg de Boi'deaux ; les pi-oduits employés se trouvent chez tous les marchands d’articles photographiques.
- 3° Nous pensons que l’argenture au pistolet pourrait également être réalisée, la soctété de métallisation par les procédés Schoop 48, boulevard Hausmann, vous fournira tous renseignements complémentaires à ce sujet.
- M. Dalmas a Bourg Ain
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- Comment protéger contre les fourmis l’extrémité d’une poutre déjà rongée par ces insectes.
- Le meilleur moyen de mettre votre poutre à l’abri des insectes rongeurs est de pulvériser aussi bien à la surface que dans les anfractuosités une solution de zincate de soude ainsi préparée :
- Faire dissoudre dans un litre d’eau 300 gr. de chlorure de zinc sec, ou étendre à 21° B. une solution commerciale de chlorure de zinc qui est vendue généralement à 45° B., et en prendre 1100 c. c., puis ajouter une solution de 900 gr. de soude caustique dans 4 litres d’eau, ce qui correspond à la préparation d’une lessive à 22° B. dont on prendrait alors 4450 c. c. Mélanger jusqu’à redissolution de l’hydrate zincique d’abord précipité, passer sur une toile métallique en fer pour retenir les grumeaux avant d’introduire dans le pulvérisateur si on dispose d’un appareil de ce genre, au cas contraire se servir d’une vieille brosse de peintre, mais la pénétration dans les fissures est ainsi moins assurée. E.-A., Avesnes.
- Indications sur la fabrication des briques en mâchefer.
- La fabrication des briques en mâchefer ne présente aucune difficulté: après avoir broyé les résidus de combustion dans des moulins à meules tournantes type Bühler ou Jannot on y ajoute si possible des débris de briques, tuyaux en poteries, tuiles, etc., puis on incorpore à une brouettée et demie du mélange un sac de chaux hydraulique courante et avec une quantité d’eau suffisante on amène par gâchage à consistance de mortier épais. Ce dernier est mis dans des moules rectangulaires aux dimensions appropriées et laisse durcir avant de démouler, jusqu’au moment où la brique présente assez de solidité pour supporter le transport.
- Finalement on met en tas, aérés, sous hangars en attendant durcissement complet.
- N. B. — Au cas de production importante, on peut installer des machines à mouler dont les principaux constructeurs sont Boulet, Pinette, Joly, Chambrette-Bellon, etc., la proportion d’eau doit alors être réduite.
- M. Galinier, Campha (Tonkin).
- Les réactions colorées du formol.
- Pour répondre utilement à votre question il nous faudrait connaître exactement la réalisation que vous ayez en vue, notre travail ne pouvant se doubler d’un déchiffrage d’énigme. Tout ce que nous pouvons faire est de vous suggérer d’appliquer les réactions colorées du formol en présence d’acide sulfurique, savoir : Coloration violette avec la créosote, le gaïacol, le phénol, le chlorhydrate de morphine, la codéine, la dionine ; une coloration rouge avec l’eucalyptol et rouge passant au violet avec le chlorhydrate d’héroïne; Coloration jaune safran à chaud avec la résorcine, cerise avec l’acide salicylique, rouge avec le thymol. M. E. Maxjgé, Paris.
- La vulcanisation à froid.
- La vulcanisation du caoutchouc à froid par le procédé Parkes se réalise en badigeonnant celui-ci avec'iine solution de chlorure de soufré au 'trentlèmémans îe^ sulfure de carbone." ,
- Pour coller des pièces* en dùirfysi on veut que l’adhérence soit bonne, la condition essentielle'est-, de bien décaper la place au papier de verre pour donner une certaine rugosité puis de nettoyer à la benzine. Cela fait, on enduit d’une dissolutiou de caoutchouc également dans la benzine les parties à joindre et on attend que l’enduit devienne poisseux, à ce moment on badigeonne rapidement avec la solution de chlorure de soufre, réunit les pièces et les presse fortement jusqu’à ce qu’il y ait fixation complète. S. C., Tours.
- Peut-on employer l’acétate de cellulose pour fabriquer des agglomérés à la sciure?
- 1° L’acétate de cellulose est beaucoup trop coûteux pour être employé à la fabxùcation des agglomérés de poussier ou de sciure. Quant à l’acétate de plomb, il ne possède aucun pouvoir agglutinant et loin de ralentir la combustion, il la favorise ainsi qu’en témoigne son emploi dans la préparation des briquettes de chaufferettes.
- Acétate de cellulose.
- 2° Vous trouverez de l’acétate de cellulose à des prix industriels chez Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin (Seine). M. Truillé, Paris.
- P. S. — Nous avons répondu à votre question relative aux eaux du Bassin parisien dans le n° 2752 du 1er janvier 1927, page 47.
- Stérilisation des plantes.
- Le procédé indiqué dans le n° 2753 (15 janvier 1927) est un de ceux que l’on emploie pour préparer les plantes stérilisées (feuillages, fleurs) que l’on trouve dans le commerce.
- Avec une organisation appropriée, on peut, évidemment, faii-e de ce procédé l’objet d’une exploitation commerciale.
- Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement cette question. Il existe quelques âi’ticles, épars dans diverses publications horticoles, principalement. Voir Revue Horticole, Le Jardin, Le Petit Jardin (Paris, 26, rue Jacob, 6e).
- M. D. F., Angers.
- Conservation des citrons à l’état frais.
- Les citrons à importer des colonies en Fi’ance, et ayant à subir, de ce fait, un long transport, peuvent se conserver par le procédé suivant qui les préserve du contact de l’air et les met à l’abri de l’humidité.
- On emploie une matière absoi'bante, qui isole les citrons les uns des auti’es, et qui les î-ecouvre.
- Voici le mode opératoire :
- Au fond d’une caisse, déposer une couche de sable ti'ès fin et parfaitement sec, ou de sciure de bois, de 5 à 6 cm d’épaisseur, sur laquelle on range les citrons après les avoir enveloppés dans du papier fin, très propi-e, non imprimé; avoir soin de les espacer, afin d’éviter tout contact entre eux. Sur cette première couche de citrons, étendre une couche de sable, et sur celle-ci déposer une seconde rangée de citrons, que l’on recouvre également de sable, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la caisse soit pleine. Cette sti’atification étant achevée, recouvi’ir le tout d’un deraier lit de sable de 5 à 6 cm d’épaisseur ; fermer la caisse bien hei'métique-ment. Placer les caisses remplies de citrons dans un endroit sec et frais.
- On peut conserver les citrons frais pendant plusieurs semaines en les mettant dans un récipient rempli d’eau fi'aîche, et en prenant la précaution de l'enouveler l’eau deux ou trois fois par semaine.
- Le procédé de conservation des fruits frais dans le gaz sulfu-reux et en solutions sulfitées s’applique plutôt à l’économie ménagère.
- Pour le ti’aitement des fi'uits de l’arbre à pain à transfoiuner en farine, ainsi que pour les noix de corozo, en vue de la multiplication du palmier Phytelephas mucrocarpa, on peut recueillir des indications aux adresses suivantes : Institut colonial à Marseille; Ecole supérieure d’agricultui'e coloniale à Nogent-sur-Mai-ne (Seine); Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, Pai-is, (1er). M. G. V. Fernan-Vaz (Gabon).
- Quel est le rôle de la gélatine dans les bains d’électrolyse?
- ).La gélatine -introduite dans les bains électrolytiques a pour but d’empécher l’oxydation du cuivre et la formation d’oxydule de cuivre Cu20, son rôle est un rôle de protection analogue à celui joué par le borax pendant l’opération du brassage, des traces seulement sont nécessaires, la gélatine n’entrant pas en l’éaction quantitativement. M. Ch. Revol, Paris.
- Comment donner au laiton l’aspect du fer forgé?
- Vous pourrez donner à votre suspension en laiton un aspect assez voisin, de celui du fer forgé en passant à la surface un pinceau imbibé d’une solution de sulfure de potassium (sel de Bai'èges) que l’on trouve chez tous les pharmaciens à destination de bains.
- Opérer de préférence avec des solutions faibles,, par exemple à un gramme par litre, pour commencer, laisser sécher, passer une nouvelle couche et répéter l’opération jusqu’à ce que l’on ait obtenu la teinte désirée. En se servant de solutions trop concen-ti’ées on risquei'ait de dépasser la mesure et on n’obtiendrait pas les tons chauds que fournissent par irisations les couches suces-sives. M. Imbert, Saint-Etienne.
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- PETITES INVENTIONS
- Fis- L
- Le cycle marin.
- Fis;. 2. — Comment on nage avec le cycle marin.
- Fig.
- SPORTS
- Le cycle marin.
- Parmi les nombreux appareils exposés au dernier Salon Nautique, on pouvait voir un instrument d’un modèle nouveau, destiné à se propulser sur l’eau.
- Il est formé de deux flotteurs de liège, l’un avant, l’autre arrière, garnis de clinquant de cuivre, fixés sur une quille en aluminium ou en suraluminium recouvert d’une peinture spéciale résistante à l’eau de mer. Immédiatement après le flotteur avant est fixé le volant du gouvernail ainsi que les bras de force. Sous la quille et à l’arrière est fixée une béquille d’é-chouage et la boite du différentiel commandant l’hélice. Le différentiel est monté sur roulement à billes et baigne dans l’huile, La boîte qui le contient est rendue étanche par des presse-étoupes.
- L’appareil est réglable par sa quille aluminium et ses bras de force, selon la grandeur des personnes..
- Deux ..appareils peuvent être accouplés par l’avant au moyen d’une barre d’accouplement.
- Un siège d’enfant peut être fixé au milieu de cette barre d’accouplement, permettant ainsi à Monsieur, Madame et
- Bébé de prendre leur bain en famille. Ce siège d’enfant peut être aussi fixé sur un appareil unique entre le flotteur et le volant.
- Le nageur se place sur la quille, la poitrine appuyée au bras de force ; il flotte dans cette position, même sans faire de mouvements. Pour avancer, il place les pieds sur les pédales et actionne alors l’hélice par l’intermédiaire du différentiel. Le volant, tenu par les mains, agit sur le gouvernail et assure la direction.
- Le cycle marin est insubmersible et inchavi-ï'able. L’inventeur est M. Dayde, 16, avenue Madeleine, à Colombes (Seine).
- 3. — a, Le bateau sur l’eau, b, L’inventeur dans son bateau a terre, c, Le transport du bateau, d, Le bateau transformé en armoire rustique.
- Un bateau démontable.
- Un inventeur, M. Chrétien, a imaginé un système de bateau démontable remarquablement ingénieux : Il se compose de plusieurs éléments flotteurs alignés dans le prolongement les uns des autres et reliés par des connexions amovibles. Pour faciliter le transport du bateau à terre, ces éléments sont articulés et peuvent se rabattre en se superposant. Chacun constitue un caisson étanche établi en tôle ou en bois.Sur la face supérieure se trouvent deux ouvertures avec un encadrement et un plat-bord supportant les dames des avirons. Contre chacun des bords latéraux inférieurs, on a appliqué une bande de fer plat, qui sert de quille et d’organe de protection contre le contact du sol.
- On peut utiliser ces bandes de fer plat pour établir un essieu avec des roues amovibles et, sur le sol, le bateau peut roui er. On supporte le plancher et des bancs au moyen de cornières amovibles, fixées contre le fond et, la paroi intérieure. A l’avant, l’élément flotteur a une forme de pan coupé un peu cintré, de manière à diminuer la résistance à l’avancement dans l’eau. Il est ponté complètement àla partie supérieure. A l’arrière est vin élément analogue, avec gouvernail et ailerons latéraux, que l’on rabat au besoin afin d’assurer l’équilibre sur l’eau, dans le cas de faux mouvements.
- Sur le flotteur arrière, se trouve une douille, qui permet le montage d’un mât, d’un piquet de tente. L’assemblage des éléments se fait au moyen de verrous, afin d’assurer la rigidité.
- Lorsque les éléments sont démontés, on peut les disposer de manière à constituer des armoires précieuses pour le camping.
- Constructeur : Chrétien, 94, boulevard de Leval-lois, Neuilly-sur-Seine.
- 94.497. — Fans. lmp. Lahure. — 1927
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- N° 2761. — 15 Mai 1927.
- Paraît Vè ier"'.et le \S de chaque mpisl
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Éditeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (J{. C. Seine :
- PRIX DE L’ABONNEMEWT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0'), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif^spéciai pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"'), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0'), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° l
- Un an. . Six mois.
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- an ex eneur n 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques . Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie {U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- La préhistoire mésopotamienne est une page encore vierge, et certains savants sont même d’opinion qu’elle n’a jamais existé, si nous lui donnons le sens d’âges de la pierre. La géologie nous apprend que les plaines alluvionnaires de Babylonie étaient encore en formation à la période néolithique, et qu’elles ne se prêtèrent à l’agriculture, c’est-à-dire à la colonisation, que longtemps plus tard. On ne saurait donc s’attendre à y trouver des « stations préhistoriques » comme on en trouve un peu partout dans le bassin méditerranéen.
- Mais les plus récentes découvertes de l’assyriologie ont reculé singulièrement l’aube de l’histoire mésopotamienne en nous apportant des preuves nombreuses et irréfutables de l’existence d’une civilisation archaïque, celle des Sumériens, que tous les savants s’accordent désormais à considérer comme l’ancêtre ou le point de départ de la civilisation assyro-chaldéenne.
- Ces Sumériens nous étaient connus depuis un demi-siècle, grâce aux documents assyriens. Dans les fouilles de Ninive, on avait trouvé quantité de tablettes cunéiformes relatives à ce peuple, et, en les déchiffrant, on avait appris qu’un roi d’Assyrie, Assur-bani-pal, qui régna au viie siècle av. J.-C., et qui professait une grande admiration envers cette antique civilisation, avait chargé une mission archéologique de parcourir les vieilles villes de la Basse-Chaldée et d’y copier et traduire' des documents écrits dans la langue sumérienne ; une inscription signée par ce monarque proclame qu’il a déposé ces précieuses pièces dans la bibliothèque de
- son palais, à Ninive, « pour l’instruction de ses sujets ».
- On peut donc dire que grâce à ces inscriptions bilingues, la langue des Sumériens nous fut révélée avant leur existence. Mais jusqu’à la veille de la guerre, on ne possédait d’eux que quelqu.es statuettes et pierres gravées trouvées sous des fondations de ruines assyriennes, ainsi que des inscriptions écrites en cunéiformes archaïques. Personne ne soupçonnait la beauté de leur art et l’avancement de leur civilisation, quand, au début de 1914, des missions archéologiques anglo-américaines mirent à jour de magnifiques monuments, des palais et des tours édifiés par les Sumériens à une époque qui nous fait remonter à plus de 50 siècles!
- Cette race mystérieuse était-elle touranienne ou sémitique ? Nous manquions jusqu’ici d’éléments physiques pour éclaircir ce point. Mais la magnifique trouvaille d’un cimetière sumérien à Kish (ou Kich) comble cette lacune, et l’étude des 38 squelettes découverts en 1925 par l’expédition anglo-américaine dont nous allons parler va permettre aux anthropologistes de trancher ce point d’histoire qui est de la plus haute importance; Par bonheur, cinq crânes étaient suffisamment conservés pour que les savants réussissent à les consolider dans un bain de cire chaude avant de les expédier à l’Université d’Oxford.
- Deux missions anglo-américaines se sont consacrées à la recherche des monuments de l’Art Sumérien, et j’ai omis de noter (oubli que le lecteur aura réparé spontanément) que leurs travaux furent brusquement interrompus
- Fig. 2. — Deux sceaux cylindres du valais de Kish.
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- par; la guerre pour ri'être repris qu’après le rétablissement de la paix. L’une est formée par l’Université de Pennsylvanie ét le British Muséum; la seconde, par le Field Muséum (de Chicago) et l’Université d’Oxford. C’est à cette dernière mission que revient la gloire d’avoir découvert à Kish le palais des Rois de Sumer et la nécropole désignée du nom de Cimetière « A ».
- Cette expédition du Field Muséum et d’Oxford Univer-sity est dirigée par M. Stephen Langdon, professeur d’assyriologie au Jésus College (Oxford), et par M. Ernest Mackay, chargé plus spécialement des travaux d’excavation. C’est au rapport de ce savant américain, publié par le Field Muséum of Natural History, que nous aurons recours dans cette rapide étude sur le « Cimetière A », en regrettant que ce rapport ne fasse que de sommaires allusions à la découverte du palais, dont le dégagement, d’ailleurs, est loin d’être achevé.
- imposante rangée de piliers, fut mise à jour à la fin de la dernière campagne. Cette année, nous avons dégagé, au nord de cette cour, un grand hall et ses colonnes, et y avons recueilli un très riche butin d’objets de cuivre, d’argent et d’or....»
- Parlons des fouilles en cours d’exécution au « Cimetière A » qui ont déjà donné des résultats remarquables. L’emplacement, découvert au début de 1924, 'n’offrail qu’un insignifiant monticule qui ne s’élevait que de 4 m. au-dessus des plaines avoisinantes ; mais l’abondance de débris de poteries rencontrés sur les pentes porta la mission anglo-américaine à commencer des travaux d’excavation vers le 15 mars, et elle trouva presque aussitôt les tombes dont nous avons parlé, ainsi que les ruines fort anciennes de deux bâtiments qui n’ont pas encore été dégagées.
- Nous résumerons avec M. Ernest Mackay l’historique
- Fig. 3. — Pots à larges anses sur lesquelles est figurée schématiquement une tête de déesse:
- Ces ruines, situées à Ivish, près de Babylone, sont les plus anciennes que l’on ait découvertes jusqu’ici. Le palais des rois de Sumer et d’Akkad fut édifié environ 3500 ans avant notre ère, et les annales assyriennes nous apprennent qu’il fut le siège de leur dynastie jusqu’en l’an 2752 av.-J.-C. Il couvrait une étendue de 60 ares. Construit de petites briques plates dont l’épaisseur varie entre 3 et 6 cm, il comportait une vaste salle dont la toiture était soutenue par de massives colonnes.
- « Quand nous pourrons enfin publier une description complète du grand palais Sumérien avec ses plans architecturaux, écrit M. le Professeur Langdon dans la préface qu’il donne au rapport de M. Mackay, l’importance de cette découverte apparaîtra unique, et d’une grandeur inattendue. Ces ruines offrent un parfaitexemple de l’art architectural sumérien appliqué sur une grande échêlié... « La v^te cour extérieure, avec ses alignements dé murailles percées d’alcôves, ses beaux escaliers et son
- de l’emplacement, tel que l’indiquent les découvertes superposées. Il vit d’abord s’édifier une grande construction faite de briques de boue, comportant une entrée avec escaliers et des murs de fortification. Longtemps plus tard, on lui ajouta Une autre bâtisse, avec portique à quatre grosses colonnes. Comme il arrive toujours avec les constructions de briques de boue, les deux bâtisses, qui tombaient en ruine, furent réparées plusieurs fois avec des briques cuites. Un fait démontre que de nombreux siècles s’écoulèrent entre l’érection des deux bâtiments : le niveau des plaines environnantes s’étant surélevé, les escaliers qui conduisaient à la première forteresse furent recouverts par une longue rampe.
- De nouveau, remplacement fut abandonné et servit successivement de dépotoir, puis de cimetière, puis de lieu de récréation pour des enfants, comme l’indique le grand nombre de jouets en terre glaise, plus ou moins en morceaux, retrouvés au-dessus des tombes. Plus tard,
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- vers l’an 2000 av. J.-G., on y édifia quelques constructions sans importance. Enfin, apres de nouveaux siècles d’abandon, sous la période Gréco-Parthe, il servit encore de cimetière. Si l’on relit cet exposé, si l’on songe que, d’après le type dit «biscuit» des briques trouvées dans le premier cimetière, les tombes découvertes au-dessus des deux premiers bâtiments datent au moins de l’an 3000 av. J.-C., on se fait une idée de la haute antiquité de ces bâtisses fortifiées, et l’on comprendra mieux avec quelle impatience les archéologues en attendent le dégagement et l’exploration.
- Nous ne décrirons pas les 38 tombes trouvées ; il suffira de dire que ce sont des fosses tapissées de briques du type « biscuit », longues de moins de 2 mètres, larges d’un peu plus d’un mètre, avec une profondeur de 0 m.60 à 0 m. 70. Les corps y furent placés sans cercueils, probablement enveloppés d’étoffes (bien que M. Ernest Mackay ait vainement cherché des traces de vêtements), et, peut-être aussi, roulés dans des nattes de roseaux, dont on a retrouvé des fragments dans deux tombes.
- Comme le prouve le parfait état des nombreux objets de cuivre recueillis dans ces tombes, les premiers Sumériens étaient d’habiles métallurgistes, car ces objets doivent leur conservation à ce fait que le cuivre fut employé à l’état de pureté parfaite. Deux vases de plomb et quelques bijoux d’argent achèvent notre énumération d’objets métalliques, aucun objet d’or ne figurant dans le butin récolté par des explorateurs. Mais comme ils ont la preuve que beaucoup de ces tombes furent violées dans les temps anciens, il est possible que les voleurs aient fait main basse sur les bijoux précieux.
- Les poteries du Cimetière « A » comprennent des modèles inconnus jusqu’alors, notamment des vases dont les larges anses offrent en relief les principaux attributs du sexe féminin, représentés d’une façon rustique qui ne s’harmonise guère avec le galbe du vase (fig. 1).
- Parmi lés « articles de ménage et de toilette », citons trois « boîtes à toilette » trouvées dans autant de tombes contenant des squelettes de femmes, petites boîtes coniques en cuivre, qui renfermaient de minuscules outils de manucure.
- Toutes les tombes féminines possédaient près du crâne de lourdes épingles à cheveux faites d’une baguette de cuivre à l’extrémité incurvée, terminée dans plusieurs cas par une pierre précieuse bien ouvragée ou par un motif représentant une tête de taureau. Des aiguilles à coudre, des passe-lacets, de la vaisselle de cuivre ou de plomb furent trouvés dans la plupart des tombes, ainsi que de nombreux joyaux d’argent et de cuivre : médaillons (qui se cousaient sur les vêtements, comme le montrent les deux rangées de six trous percés sur le cercle extérieur), anneaux d’oreille (portés par les deux sexes), bracelets (trouvés seulement dans six tombes d’enfants ou de fillettes) (fig. â). Les bagues ne devaient pas être à la mode, car on n’en a trouvé que deux dans une tombe, adhérant encore aux phalanges du troisième et du quatrième doigt de la main droite.
- Les tombes contenaient des quantités de perles de toutes formes et de toutes dimensions taillées pour la plupart en des pierres semi-précieuses : lapis-lazuli, corna-
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- Fig. k. — Collier de perles, bracelets de bronze, statuette de terre, petite jarre, trouvés dans les tombes.
- line, agate, cristal de roche. Le polissage est inégal, et généralement imparfait. On a trouvé aussi quelques perles d’argent. Il semble que le port de colliers était aussi commun chez les hommes que chez les femmes (fig. 5).
- Sur 38 tombes explorées, 15 contenaient 37 cachets ou sceaux, presque tous taillés dans la partie massive d’une coquille, les matériaux employés pour les 15 autres étant la pierre calcaire, la calcite, l’hématite, la serpentine, le lapis-lazuli. Ce sont des cylindres mesurant en moyenne 0 m. 035 de longueur sur 0 m. 017 de diamètre, percés dans leur axe longitudinal pour le passage de la cordelette qui les retenait au cou de leur propriétaire, très rarement au poignet. Ces cachets dont l’origine se perd dans la nuit des temps asiatiques, sont encore d’un usage courant dans la région mésopotamienne où citadins et paysans portent le sceau et leur bourse suspendus au cou par une lanière.
- Fig. 5. — Colliers de perles, de cornaline, d’agate et de lapis-lazuli trouvés dans le cimetière A.
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- de ces premiers Chaldéens. Ainsi, plusieurs de ces scènes nous montrent des lions attaquant les troupeaux, que défendent les bergers armés de bâtons ou d’arcs; d’autres montrent des antilopes à longues cornes, élevées par grands troupeaux pour s’assurer probablement des réserves de viande; on a même trouvé à Nippour une tablette votive représentant une de ces antilopes attelée à une charrue.
- M. Ernest Mackay estime non sans raisons, que la présence de ces lions et de ces antilopes indiquerait que, trente siècles avant notre ère, la Mésopotamie était encore une région semi-aride comparable à
- Fig. 8. — Fragment d'une plaque avec figurines de pierre calcaire, provenant d’un monument célébrant une victoire du roi Kish qu on vjit à gauche tenant Un ennemi prisonnier.
- Rappelons que, dès la plus haute antiquité, les Chaldéens « signaient » de leur sceau personnel les tablettes de • terre couvertes d’écriture cunéiforme qui constituaient des contrats d’achat ou de vente, des missives épistolaires, des documents légaux, etc.
- Les sceaux du Cimetière « A » sont gravés de dessins parfois très compliqués, véritables tableaux qui, eux aussi, nous apportent, en leur formule héraldique ou stylisée, d’utiles précisions sur la vie
- Fig. 6 et 7. — Adroite, cerf en bronze. A gauche, anim aux eu terre, trouvés à Kish.
- l’Afrique Australe actuelle.
- Par les détails que nous venons de condenser sur les résultats obtenus dans l’exploration du cimetière de Kish, on aura compris la haute importance et l’intérêt humain qui s’attachent aux travaux de l’Expédition du Field Muséum et de l’Oxford University.
- Victor Forbin.
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- =~~' UNE OPERATION DIFFICILE----------
- LE RELEVAGE DU SOUS- MARIN AMÉRICAIN S-5I
- COULÉ PAR 44 MÈTRES DE FOND -
- L’opération de renflouement tentée et menée à bien par la marine des Etats-Unis sur l’épave du sous-marin S-51 mérite qu’il en soit rendu compte en raison de la grande profondeur où cette épave reposait et des difficultés de
- tous ordres qu’elle présentait. 44 mètres d’eau sont en effet l’extrême limite à laquelle on peut envisager le travail des scaphandriers munis de l’outillage et de l’habit ordinaires. Le S-51 de 1209 tonnes se trouvait, le 25 sep-
- Fig. 1. — Comment on a relevé le sous-marin S-5t (D’après Scientific American.)
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- === 438 .......... =-.......:.... ...........—
- tembre 1925, à 1L heures du soir au sud de Rhode-I.sland, au large de l’estuaire de 1-’Hudson. Il naviguait en surface, vers le N .-O,' à la vitesse de 11 nœuds, lorsqu’il fut abordé, à 10 mètres sur l’avant de la tourelle de commandement, à bâbord, par le paquebot City of Rome. Le choc produisit une déchirure de 4 mètres de hauteur sur 1 mètre de largeur, inclinée de l’arrière à l’avant, dans le compartiment, principal du navire. Ce compartiment se remplit instantanément et en moins d’une minute le sous-marin,.piquant du nez sous le poids de l’énorme masse d’eau entrée à bord, disparut. Emporté par sa vitesse, il alla frapper le fond, sous 44 mèfres, avec une telle force que son étrave s’aplatit sur une assez grande longueur.
- Au moment de la collision, toutes les portes qui font communiquer les divers compartiments étaient ouvertes pour faciliter l’aération (le navire‘étant en surface).
- Tout l’équipage (44 hommes), à l’exception de 3 matelots, fut noyé. La position du sous-marin fut promptement reconnue. Il gisait sur le sol, incliné de 13° sur tribord, et enfoncé de 2 mètres dans la glaise dure mélangée de parties de sable.
- Un premier essai de renflouement en agissant sur l’arrière, tenté dans l’espoir de sauver encore quelques existences, avec deux grues de 250 tonnes, ne donna aucun résultat, les grues s’étant cassées, et on décida de procéder méthodiquement. Une escadrille de 4 petits bâtiments dont 2 étaient munis de puissants moyens de sauvetage s’installa sur le point où la catastrophe s’était produite. Deux de ces bâtiments, outre leur rôle propre dans lès opérations, eurent à jouer en plus celui de brise-lames. Les travaux purent ainsi être entrepris et conduits dans une eau relativement calme, et grandement facilités de ce chef. Les plongeurs furent envoyés au fond. Ils entreprirent d’abord, et y réussirent, à fermer les portes des compatiments étanches qui n’étaient pas crevés-, ainsi que leurs valves; 4 compartiments furent ainsi isolés.
- Il fallut encore mettre les panneaux de chaque compartiment en état de supporter la considérable poussée de l’intérieur vers l’extérieur, que devait produire l’air comprimé injecté sous grande pression dans les compartiments à l’heure du relevage, et ceci nécessita la confection et la mise en place de panneaux de remplacement pesant chacun 350 kilos. On vida et on rendit également étanches 14 petits compartiments, ballast, citernes à pétrole, etc. Mais la flottabilité ainsi obtenue ne suffisait pas encore pour ramener l’épave à la surface. On dut la compléter par 8 cylindres d’acier de 10 mètres de long, 4 mètres de diamètre, pouvant relever chacun 80 tonnes. Chaque cylindre était muni d’appareils permettant l’introduction de l’air comprimé, et des valves nécessaires à l’introduction et à l’évacuation de l’eau.
- Pour passer sous la coque les aussières d’acierauxquelles les flotteurs de renflouage devaient être fixés, il fallait creuser dans l’argile de véritables tunnels. On y parvint à grand’peine en employant des jets d’eau sous très forte
- pression. Mais les réactions de ces tuyaux à lance furent si violentes, que les plongeurs .avaient une peine extrême à les manœuvrer et que le percement du premier tunnel exigea 15 jours. Heureusement, un jeune mécanicien inventa, sur place, un système d’ajutage qui éliminait toutes les réactions et l’ouvrage put continuer à une allure plus accélérée. La mise en place des flotteurs d’acier, pesant 40 tonnes, fut aussi une manœuvre d’une extrême difficulté. Enfin, cependant les 8 pontons furent à leurs postes le long des flancs du sous-marin, reliés deux à deux par les chaînes qui passaient sous la coque, chaque paire de pontons portant deux chaînes.
- Ce travail gigantesque était terminé le 21 juin 1926 et on donna un premier allégement à tout le système, dans l’idée de terminer l’opération le lendemain.
- Mais une tempête se déclara le 22 juin. L’effet des lames sur le fond fut probablement de décoller complètement le navire de son lit d’argile, si bien que l’avant du sous-marin se releva et que les 4 premiers pontons
- apparurent à la surface. Les lames les projetaient les uns sur les autres et ils menaçaient de se crever. En toute hâte on tenta de soulever aussi l’arrière en pompant de l’air dans les pontons de cette partie, mais les chaînes de ces pontons glissèrent vers l’avant déjà relevé, heurtèrent les quilles et se brisèrent en libérant les pontons qui sautèrent à la surface. 11 fallut replonger l’avant en remplissant à nouveau ses 4 pontons et replacer le sous-marin dans sa position primitive. On recommença. Les flotteurs endommagés furent conduits à terre, réparés et ramenés à leurs postes en trois jours.
- Le 5 juillet 1926, à 12 h. 17, l’air comprimé fut refoulé d’abord dans les compartiments étanches du sous-marin, puis dans les pontons de l’arrière qui s’éleva à 14 h. 05 ; on pompa alors dans les pontons de l’avant et à 15 h. le navire entier apparut à la surface. Le S-51 fut aussitôt remorqué vers New-York, distant de 125 milles, par temps assez mauvais, mais qui ne causa aucun incident fâcheux.
- La malchance guettait encore cependant l’épave et son lugubre chargement. Par suite d’une erreur du pilote qui conduisait le convoi, le S-51 s’échoua à mer haute sur un récif à la sortie du Long IslancL Sound. Ce fut encore une passe très critique. Enfin à la marée suivante on parvint à le remettre à flots et le cortège arriva à l’arsenal de New-York. Il fut reconnu que le navire n’avait souffert en aucune de ses parties importantes et qu’une dépense de 600 000 dollars serait suffisante pour le remettre en état de servir. Il avait coûté. 3 millions. En résumé ce travail remarquable à tous points de vue, et si bien conduit par le lieutenant-commander Edw. Ellsberg qui en était chargé, a été exécuté par 30 plongeurs, dont 13 seulement étaient encore employés au moment du renflouement. Les autres avaient dû abandonner la partie, mais il ne s’était pas produit d’accidents graves. Les travaux avaient duré 10 mois. Cl Sauvaire-Joukdan.
- | Chambüe J
- Fig. 2. — Elévation du sous-marin S-51. (D’après le Génie Civil).
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- LE « NORDESTE ” DU BRÉSIL .....-- «9
- SA SÉCHERESSE
- LES CLIMATS DU BRÉSIL
- Très souvent, en Europe, on se fait des idées fausses sur le climat et l’habitabilité des zones dites tropicales. On se les représente comme des régions très chaudes, « mégathermes », où les Européens ont peu de chance de s’acclimater. Cela est vrai pour quelques-unes et faux pour d’autres.
- Ce qui caractérisées climats'exotiques, ce n’est pas l’excès de chaleur, maisjplutôt l’absence de froid relatif.
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- 1 Zone A J * ( tempéréey Er - . __ vierges • fini Mordes! brésilien -j^P^üanemo Chaud etsec:2/°à3S0C. ^ UlilliU Sécheresses période ques terribles - F=q Ligne de côtes. Climat |=t subtropical très doux et bien arrosé : 15 'à 29'C 1 X Aleioe <rniii Haut plateau. Climat (1600 M ) jamais de grandes 1 Chaleurs
- Fig. 1. — Les zones climatiques du Brésil.
- D’aucuns diront que c’est à peu près la môme chose, la nuance malgré tout est bien perceptible.
- D’ailleurs, comme on le sait, bien des facteurs viennent modifier profondément les climats : l’altitude, la mer et ses courants, le régime des vents dominants, etc. Il s’en faut donc que par la seul 3 latitude d’un lieu on puisse apprécier sans erreurs grossières les caractéristiques de son climat.
- Au Brésil, par exemple (fig. 1), l’immense bassin de l’Amazone, traversé par l’équateur, est cependant bien moins chaud que le sud de l’Inde, le Somaliland, la Sénégambie, etc., situés à la même latitude. Le climat y est adouci par les alizés qui soufflent de l’est à l’ouest et -l’Équateur thermique passe à 10° dans l’hémisphère nord.
- SON IRRIGATION B
- L’Amazone est la région la plus chaude du Brésil.; cependant si la température n’y descend pas à moins de 23 ou 24°, elle ne monte jamais au-dessus de 34°, et les nuits sont incomparablement douces et reposantes.
- C’est le pays de la forêt vierge par excellence; aucune région du globe n’en possède autant, elle s’étend sans interruption dans plusieurs directions, pendant 1500 et même 2000 kilomètres.
- La futaie monte à une hauteur uniforme de 40 mètres. Ajoutons, ce qui nous fait sortir un peu de notre cadre,
- QrOS : le p!us grand barrage du monde =
- 3.200 millions Ai3 y —i Barrages
- *.+.+ Limite de la zone Y, des, sécheresses
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- Fig. 2. — La région du “ Nordeste
- que 1’ « Amazonie » est non seulement le vrai royaume des forêts, mais aussi celui des eaux. Pour faire comprendre cette immensité, il suffira de dire que beaucoup de ses affluents comme le Tocantins-Araguaya, le Xingu (Chingou), le Tapajoz, le Madeira, le Purus et le rio Negro, ont un volume d’eau égal à celui des plus grands fleuves du monde.
- Plus au sud, le Maranhao est encore 1’ « Amazonie », avec son climat et son admirable « Hylea ».
- Puis commence le « Nordeste » brésilien, zone des sécheresses périodiques dont nous parlerons spécialement ici.
- Au sud du cap St-Roque, la côte est une zone tropicale et subtropicale à climat marin. Bahia, à 12° de latitude sud, présente des températures minima de 16° en juia-
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- Fig. 3. — Capacités comparées des plus grands réservoirs du monde.
- De gauche à droite : 1. “Oros", Ceara, Brésil : 3200 millions de m. c. — 2. Eléphant Bute, Etats-Unis 2700 millions de m. c. —
- 3. Passagem Funda, Ceara, Brésil : 1500 millions de m. c. — 4. Assuan, Egypte : 1163 millions de m. c. _
- 5. “Poço dos paus ”, Ceara, Brésil : 1000 millions de m. c. — 6. Quixeramobim, Ceara, Brésil : 1000 millions de m. c _7. Santa Cruz,
- Ceara, Brésil : 900 millions de m. c. — 8. Periar, Inde : 370 millions de m. c.
- iuillet, et maxima de 28° à 29° en décembre-janvier. Ce n’est donc pas une fournaise !
- L’immense zone de plus de 2 millions de kilomètres carrés, qui s’étend en arrière et englobe le sud de l’État de Goyaz, ceux de Minas et de St-Paul, a son centre vers le 20° parallèle. Le tropique du Capricorne, passe encore 3°27' au sud. Cette zone est constituée par de hauts plateaux dont l’altitude corrige la température due à la latitude d’une manière presque inattendue, puisqu’en juin il y a de la gelée blanche et qu’on observe des maxima de 16° à 27° en été. Cette région, exception faite des parties nord-est, a une population dense.
- Sur la carte (fig. 1) une croix placée sur le 14e parallèle indique l’endroit où l’astronome L. Cruls vit tomber delà neige (plateau des « Veadeiros », 1600 mètres seulement!.
- LE « NORDESTE ”
- Maintenant que nous avons précisé le climat des différentes zones brésiliennes, revenons à l’étonnant « Nordeste » qui forme autour du cap St-Roque comme une épaule massive avançant sur l’Atlantique. C’est une région très particulière d’un million de kilomètres carrés, peuplée de 4 à 5 millions d’êtres, entre les latitudes 4, 5 et 6° sud.
- Le territoire du « Nordéste » possède un sol grani-
- Fig. 4. — Type de ferme (fazenda) du “ Nordestc ”.
- tique, cristallin, un des plus vieux du monde, avec quelques bassins secondaires et tertiaires où l’on trouve d’immenses fossiles.
- Son relief est assez tourmenté : on y voit de nombreux groupes de montagnes isolées, rocheuses et très vieillies, fortement érodées. Ici, plus d’immenses forêts, ni de fleuves géants. Des plaines, des pâturages naturels et des bois peu vigoureux, très souvent en « paravent » le long des cours d’eau (forêts ciliaires). Les cours d eau ont tous un régime torrentiel et temporaire.
- Pendant la saison des pluies (de janvier à mai), tout le pays se couvre de la plus douce verdure, et, la température aidant, on se croirait dans quelque région d’Europe des plus favorisées.
- De juin à décembre, aucune pluie, tout sèche sous un soleil brûlant et au souffle constant des alizés d’est et de nord-est. La température s’élève alors à 34 ou 36° le jour et se maintient à 26° la nuit (décembre).
- Certaines années, les pluies d’été manquent ; c’est alors 18 mois de sécheresse. Le bétail meurt, la famine se déclare, on assiste à des tableaux de désolation. Parfois, on a subi des sécheresses doubles et même triples (2 ou 3 années sans pluies!) C’est alors un cataclysme!
- Voici les dates des sécheresses subies depuis le début du xix“ siècle :
- 1804
- 1809
- 1816
- 1825
- 1830
- 1845
- 1877 'j
- 1878 ? sécheresse de 3 ans
- 1879 )
- 1888
- 1900 ) , . . , ,
- 1907 S Penoc*e sec“e
- 1915
- 1919 J
- à V période pluvieuse 1926 )
- Il existe des régions, comme la Californie par exemple, où les précipitations de 300 millimètres annuels sont la règle. Le « Nordeste » a une pluviosité beaucoup plus
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- inconstante. En 1917 et en 1924, il y est tombé plus de 2 mètres d’eau ! 1900, parfaitement sec, fut encadré par deux déluges : 1899 et 1901, etc. Diverses explications ont été cherchées à ces phénomènes irréguliers. Les alizés du nord-est, soufflent terriblement durant certaines années particulièrement ingrates; venant du Soudan (fig. 2), les vents se sont desséchés au contact de 4000 kilomètres de brousse africaine surchauffée, puis en quelques heures, ils traversent l’Atlantique, très étroit, entre le cap St-Roque et la Sénégambie. M. le D' Jean Thomé, sénateur brésilien, explique ces sécheresses par une variation du champ magnétique terrestre, qui à certaines époques n’ioniserait pas suffisamment la vapeur d’eau à l’état vésiculaire.
- LES TRAVAUX D'IRRIGATION
- Si la recherche des causes qui produisent ces sécheresses irrégulières est intéressante pour la météorologie générale, l’étude des moyens employés par le gouvernement brésilien pour éviter ; les conséquences désastreuses qui en découlent, l’est encore plus au point de vue pratique. Elle l’est d’autant
- l’État du Rio Grande do Norte, ceux de Parahyba et de Pernambuco ; il pénètre dans l’hinterland de celui de Bahia, en suivant le cours du Rio Sâo Francisco, espèce de Nil brésilien, presque aussi grand que son sosie pharaonique, mais sans limon fertilisateur.
- Depuis longtemps le gouvernement brésilien a cherché à éviter, dans la mesure du possible, les conséquences désastreuses de ces sécheresses sans régime ni règle que, dans l’état actuel de la météorologie, rien ne peut faire prévoir, même pas un mois à l’avance, ce qui serait d’une immense utilité. Un organisme gouvernemental, spécialement créé, s’est attaché à remédier à ces catastrophes par de grands travaux hydrauliques.
- plus que, si nous sommes assez bien informés sur certaines régions du globe, il en est d’autres, que [l’on ne paraît connaître pas plus que si elles appartenaient à la planète Mars....
- Nous sommes bien certains, que même entre les érudits, bien peu sont informés de l’existence dans le « Nordeste » du Brésil, de larges et curieux phénomènes intéressant la Météorologie et la Science en général, et que dans cette région, cherchant la solution du problème millénaire de la captation des eaux pluviales, on travaille depuis des années aux plus gros ouvrages hydrauliques du monde et de l’Histoire.
- Le territoire du « Nordeste », soumis à des altérations climatériques périodiques, englobe une partie de l’Etat de Piauhy, la totalité de celui de Cearâ, qui peut être considéré comme le centre et le type de la région,
- Fi°\ 5 et 6. — En haut : La gorge du rio Jaguaribe, Ccara, Brésil, avant les travaux de construction du lac artificiel d’Oros de 3200 millions de mètres cubes. En bas : Le réservoir de “ Quixada ”, Ceara, Brésil : 190 millions de mètres cubes.
- Après bien des alternatives, de grands ouvrages ont été construits, d’autres sont en voie de construction.
- Plus de 250 réservoirs ont été établis, variant de 100 000 m3 à 200 millions de m3. Depuis 3 ans on établit sur le rio Jaguaribe (Cearâ) (%• 5), un lac artificiel, celui d’« Oros », qui sera le plus giand du monde : 3200 millions de m3; il a 65 km. de long, 43 mètres de profondeur et il pourra irriguer 40000 hectares de terres d’alluvions exceptionnellement fertiles.
- L’ouvrage a 400 m. de long et 52 m. au couronnement. Il est du type cyclopique, à section normale. Sa capacité sera de beaucoup supérieure à celle de 1’ « Eléphant Bute » des États-Unis.
- Ce n’est d’ailleurs pas le seul ouvrage géant en construction, le « Passagem funda » aura 1500 millions de m3 (Cearâ), le « Poço dos paus » : un milliard de m3, « Quixeramobim » : un milliard de m3, « Santa Cruz » : 900 millions.
- Toute une série d’autres ouvrages moins importants
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- mais cependant encore très grands, sont prévus ou même commencés.
- Parmi les travaux terminés depuis plusieurs années déjà, on peut citer, l’étang de Quixadà (Ceara), d’une capacité de 190 millions de m3.
- On voit sur la figure 6, la muraille en hémicycle qui le limite. Elle mesure 415 m., son rayon de courbure est de 249 m.
- du Nord-est brésilien serait le meilleur du monde : on a même trouvé, dans le produit de cotonniers indigènes, des fibres de 60 m/m de longueur.
- De cette fertilité je ne donnerai que l’exemple suivant : près de ma maison, un pied de maïs isolé avait germé, issu d’un seul grain.
- Il donna 3 épis, 2 bons et 1 mauvais. Ayant compté les grains,j en ai trouvé 850, et le fait est assez commun.
- Fia-, 7 à 9
- O
- En haut : Travaux de construction de l’étang “ Cruzeta ” dans le “ Nordeste ” brésilien.
- A gauche: Creusement jusqu’au sous-sol compact et imperméable pour y établir les fouillions d’un barrage, dans le “ Nordeste”. A droite . Construction d un barrage en terre par pilonnage et compression mécaniques.
- La hauteur sur la base de la galerie est de 16 m. 50, la hauteur totale 26 m. 80.
- La muraille est en pierre et ciment. L’étang de « Riacho do Sangue » mesure 100 millions de m3. Patos, Acarahu, Acarape et quantité d’autres ouvrages commencent à irriguer le pays.
- Dans tous ces travaux gigantesques, on vise naturellement surtout les irrigations agricoles. Les terres sont en effet d’une fertilité extraordinaire.
- Par exemple, s’il était cultivé rationnellement, le coton
- Nous assistons donc actuellement à une transformation du « Nordeste » brésilien.
- Cette région, salubre, habitable, n’avait qu’un seul fléau, les sécheresses.
- Une fois irriguée, elle deviendra une des parties les plus fertiles du monde, une nouvelle richesse pour le Brésil.
- Léonard Martin.
- Ingénieur E. F. G.
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- LES SOLUTIONS SUPERFICIELLES *«
- OU LES FLUIDES A DEUX DIMENSIONS
- Certains corps, comme l’acide oléique, le benzoate de benzyle, le camphre, possèdent la propriété de s’étendre spontanément sur l’eau et forment sur sa surface une couche monomoléculaire décelable de différentes façons.
- Ce phénomène banal, dont chacun peut observer quelques apparences en contemplant, par exemple, les yeux du bouillon, n’a éveillé l’intérêt des physiciens que depuis relativement peu de temps. C’est à Lord Rayleigh, dont l’attention avait été attirée par une lettre de Miss Agnès Pockels, que l’on doit les premières investigations sur ce sujet en 1891. *
- En réalité c’était un domaine tout nouveau qui s’ouvrait ainsi à la science en nous révélant un nouvel état de la matière. Après Lord Rayleigh, la question a été étudiée par le savant français Devaux, à qui l’on doit une technique et des expériences remarquables.
- Langmuir, aux Etats-Unis,
- Sir W. Hardy et Adam, en Angleterre, M. Labrouste, en France ont, à leur tour, apporté d’importantes contributions.
- Enfin M. Marcelin, qui avait abordé ces études dès 1913, et les a reprises au Laboratoire de M. Jean Perrin après la guerre, vient le premier de dégager les lois physiques fondamentales qui régissent ces curieux phénomènes.
- L’exposé qui suit a pour principal objet de résumer
- le brillant mémoire de M. Marcelin récemment publié par les Annales de Physique.
- COMMENT L'ON MET EN ÉVIDENCE L’EXTENSION SUPERFICIELLE
- Rappelons, tout d’abord, la technique de M. Devaux (voir La Nature n°2044,27 juillet 1912). Avant d’y déposer la trace d’huile à observer, M. Devaux saupoudre la surface de l’eau avec du talc dont les grains blancs forment autant de petits flotteurs, se détachant individuellement sur le fond noir d’une cuve. Une trace d’huile, déposée avec une tige de verre en un point de la surface s’étend spontanément en chassant les grains de talc. Le phénomène présente l’aspect d’une tache noire circulaire qui se serait formée spontanément, centrée sur le point de contact de la tige avec la surface, se détachant sur le fond poudré de blanc et bordée par la ligne blanche que forment les grains de talc balayés par le front de l’onde
- grasse. M. Devaux constatait que l’extension, rapide tout d’abord, s’arrête brusquement s’il y a peu d’huile.
- Il en concluait que l’extension de la matière est limitée ; cette limite correspond sensiblement à la réalisation d’une couche monomoléculaire, c’est-à-dire formée d’une seule épaisseur de molécules juxtaposées comme des bouchons flottants.
- Cette conclusion n’était pas exacte. M. Marcelin a pu prouver, au contraire, en reprenant les expériences mêmes de M. Devaux, que l’extension de la tache noire serait illimitée si la surface de l’eau était parfaitement propre et notamment débarrassée de toute poussière et de toute impureté graisseuse. L’huile ainsi répandue en
- couche mince sur l’eau est en réalité comparable à un véritable gaz qui se répand dans tout espace libre s’offrant à lui. Les molécules d’acide oléique sont en état d’agitation perpétuelle ; elles exercent sur les barrières et les parois qui limitent leurs surfaces une pression superficielle de même nature que celle qu’exerce un gaz normalement aux parois qui le contiennent.
- Pour montrer qualitativement cette extension superficielle, M. A. Marcelin a imaginé un petit canon à deux dimensions qui, en même temps, qu’un moyen commode d’investigation, constituerait, si on le voulait, un fort amusant jouet scientifique à la portée de tous.
- Ce petit canon flotte sur l’eau et lance un obus dans le plan de la surface de l’eau. Canon et obus sont découpés dans une feuille de mica paraffiné. Si l’on touche la surface intérieure du canon, ce que l’on pourrait appeler la chambre d’explosion, avec une baguette de verre légèrement graissée par l’acide oléique, l’obus est projeté hors du canon, tandis que .celui-ci recule.
- L’expérience, pour réussir, exige, il faut bien le spécifier, un corps gras s’étendant spontanément sur l’eau comme l’acide oléique. Le camphre donne lieu au même phénomène. Par contre avec de l’acide palmitique ou de l’acide stéarique, il ne se produira rien.
- Que suggère cette expérience si simple et si frappante ? Les premiers savants qui ont, à la suite de Lord Rayleigh, étudié l’extension des lames d’huile, avaient immédiatement constaté que la présence de l’huile abaisse la tension superficielle de l’eau et ils ont mesuré avec soin les variations de cette grandeur en fonction dé l’épaisseur de
- Fig. 1. — Le canon à 2 dimensions.
- À gauche : La position de départ.
- On dépose une goutte d’acide oléique dans la chambre du canon. A droite : L’obus est projeté hors du canon par la pression superficielle de l’acide oléique.
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- Fig. 2. — L’appareil imaginé par M. Marcelin pour mesurer la vression superficielle d’une solution à deux dimensions.
- la couche grasse. Donc, en huilant la chambre de notre petit canon, nous avons diminué la tension superficielle de l’eau qui le remplit, et l’obus sort en vertu de l’attraction plus forte exercée sur lui par l’eau extérieure.
- Fig. 3. — Vue de l’appareil pour la mesure des pressions superficielles.
- Ce langage compliqué a été, jusqu’à M. Marcelin, celui de tous les physiciens qui se sont attaqués à ce sujet; il a contribué à obscurcir le problème.
- Le petit canon de M. Marcelin suggère, invinciblement, une autre façon de nous exprimer : l’artilleur ne dit pas de l’obus qui sort de son canon qu’il est attiré par l’atmosphère, il dit qu’il est projeté par la pression des gaz dégagés de la poudre. De même nous dirons tout naturellement que l’obus du minuscule canon à huile est projeté par la pression superficielle que développe derrière lui la couche huileuse. Cette couche nous lui donnerons, comme M. Marcelin, l’heureuse désignation de « solution superficielle ».
- Les deux langages sont, au fond, équivalents ; mais le second plus explicatif a l’avantage de mettre immédiatement les variables qui entrent véritablement en jeu.
- La solution superficielle, qui tend toujours à s’étendre, exerce une pression sur l’obstacle qui lui est opposé, c’est-à-dire sur l’obus. L’eau, d’autre part, par sa tension superficielle, exerce sur celui-ci une attraction. Nous observons donc, en réalité, une différence entre deux actions distinctes et d’origine essentiellement différentes. L’abaissement apparent de la tension superficielle de l’eau n’est en réalité que la différence entre la tension superficielle de l’eau pure et la pression superficielle de la couche grasse. « La première a son origine dans les forces de cohésion qui s’exercent entre les molécules d’eau et s’opposent à l’arrachement d’une molécule en dehors du liquide. La seconde a son origine, comme la pression d’un gaz, dans l’agitation moléculaire superficielle ».
- Il serait aussi illogique, dit avec raison M. Marcelin, de conserver l’abaissement de tension comme variable fondamentale, que d’expliquer par l’attraction du vide la rupture de la membrane, dans l’expérience du crève-vessie ou d’exposer la loi des gaz, en choisissant pour variable la tension qu’exerce le vide sur la surface du mercure dans un baromètre.
- LA MESURE DE LA PRESSION SUPERFICIELLE
- Il ne suffit pas de mettre en évidence l’extension des gouttes d’huile. 11 faut mesurer les pressions qui régnent dans ces solutions superficielles.
- Une légère modification du canon précédemment décrit le transformera en un appareil de mesure très délicat et très précis. Si l’on immobilise le canon et que l’on équilibre par la torsion d’un fil métallique la poussée que subit l’obus, on aura constitué un véritable manomètre superficiel. C'est ce qu’a fait M. Marcelin, et c’est grâce à des instruments établis sur ce principe qu’il a pu dégager les lois fondamentales des solutions superficielles.
- L’appareil comporte un cadre en mica paraffiné ABCD flottant sur l’eau, mais immobilisé (fig. 2). Il représente, si l’on veut, l’âme du canon ou un corps de pompe. A l’intérieur de ce cadre, flottant également à plat sur l’eau, est placée une bande de mica paraffiné, ab, pouvant pivoter autour d’un axe O constitué par un fil de torsion suspendu au toit d’une cage vitrée qui protège l’appareil.
- La bandelette pivotante partage en deux parties la sur-
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- face intérieure au cadre ABCD. La surface St reçoit l’acide oléique, la surface S2 reste vide. La bandelette forme donc soupape. Elle n’est pas absolument jointive ; mais la fuite due à l’insuffisance des joinls n’a qu’une influence négligeable si la solulion est suffisamment étendue.
- La pression exercée sur la bandeletle soupape se manifeste par une rotation de celle-ci autour de.son axe O ; on ramène la bandelette à sa position initiale au moyen d’une torsion du fil de suspension, torsion qui fait équilibre à la pression superficielle. On peut mesurer aisément l’angle a dont il a fallu tordre le fil. Il donne une mesure de la pression superficielle p : celle-ci est égale à
- C a
- dynes-em ; C désignant la constante de torsion du fil,
- L la demi-longueur delabandelette (encm.) ; oc est exprimé en parties de rayon.
- Enfin l’appareil comporte un piston qui permet de faire varier à volonté la surface d’une lame d’huile étendue dans la chambre Sj.
- C’est une seconde bandelette flottante c d s’appuyant sur les grands côtés du cadre. Elle se meut parallèlement aux petits côtés sous l’impulsion d’un curseur qu'actionne une vis sans fin V extérieure à la cuve, commandée par un bouton moleté placé en dehors de la cage vitrée qui protège l’appareil.
- Un dispositif spécial très simple permet de relever, de l’intérieur de cette cage, la bandelette soupape avant chaque expérience, pour essuyer avec soin la surface de l’eau, puis de la redescendre et de la placer exactement dans la position voulue.
- La cage vitrée ne protège qu’imparfaitement la surface de l’eau contre les souillures d’origine atmosphérique. Mais l’appareil permet de procéder aux mesures avec une rapidité suffisante pour que l’on puisse considérer que la surface de l’eau essuyée avant une série de mesures reste propre pendant toute la durée de l’expérience.
- Voici, du reste comment l’on procède; on essuie d’abord soigneusement la surface de l’eau intérieure au cadre. Puis on referme les panneaux de la cage vitrée. Toutes les manœuvres ultérieures seront commandées de l’extérieur. On met en place la bandelette soupape dans sa position normale repérée au moyen d’un spot lumineux et| on la cale. Puis découvrant un orifice placé dans le toit de la cage on y fait passer une pipette et l’on dépose dans la chambre Sj une fine gouttelette d’une solution titrée d’acide oléique dans la benzine. On retire la pipette, on bouche l’orifice, on retire la cale qui servait à empêcher que la bandelette me fût, brusquement déviée par la pression superficielle développée par la benzine pendant les quelques secondes que dure son évaporation. Puis on'maintient la bandelette à sa position normale, contrôlée par le spot, en tordant le fil de suspension d’un angle qui donne, comme nous Lavons dit, la mesure de la pression superficielle développée.
- LA LOI DE MARIOTTE DES SOLUTIONS SUPERFICIELLES
- Cet appareil permet très simplement de dé-
- Fig. 4. — Etude cinématique de la détente superficielle.
- A gauche : Clivonopliotographie de 4 flotteurs disposés sur le même rang. Ils restent alignés pendant la détente, ce qui prouve que l’onde grasse progresse en restant rectiligne et parallèle, à sa position initiale. A droite : Chronopliotographie de 3 flotteurs décalés à l’origine; leurs distances respectives pendant la détente restent proportionnelles entre, elles.
- terminer la variation de la pression superficielle suivant la surface occupée par une quantité donnée d’acide oléique. On constate qu’elle suit uni* loi de tous points analogue à la loi de Mariotte pour les gaz. De même que pour un gaz parfait à une température donnée, la pression est inversement proportionnelle au volume occupé, de même pour une solution superficielle la pression superficielle est inversement proportionnelle à la surface occupée.
- Fig. 5. — Saturation d’une solution superficielle dans un espace fixe.
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- De même aussi que pour les gaz la loi de Mariotte ne se vérifie que si l’on est loin du point de liquéfaction du gaz, de même, pour les solutions superficielles, la loi ci-dessus ne se vérifié que si la solution est suffisamment étendue, c’est-à-dire si elle occupe initialement une«surface assez Fig. 6. grande,, ou encore si sa densité su-
- Évaporation perficielle est assez faible.
- superficielle Les mesures à faire sont .très sim-
- a une solution .
- saturée. pies : il suffit de faire avancer la lan-
- guette piston depuis le fond du corps de pompe et de mesurer dans chacune de ses positions les angles dont il faut tordre le fil de suspension pour maintenir le spot au zéro. Non seulement l’on vérifie ainsi la loi de proportionnalité de là pression à l’inverse de la surface; mais encore l’on constate que l’acide oléique est susceptible d’une extension au moins 6 fois supérieure à la limite que lui assignaient les premières expériences de M. Devaux et qui correspondait à une couche mono-moléculaire de molécules juxtaposées. Ainsi il est démontré que la pression superficielle s’exerce sans qu’il soit nécessaire que les molécules soient au contact les unes avec les autres.
- On peut encore employer une autre méthode, moins précise, mais plus sensible, qui permet d’étudier la détente jusqu’à des pressions très faibles; c’est une méthode cinématique, qui ne comporte aucun appareil. Elle consiste à suivre chronophotographiquement l’extension d’une nappe d’acide oléique devant laquelle on a subitement « fait le vide ». La progression de l’onde grasse est rendue visible par les petits flotteurs en papier dont les positions successives sont enregistrées sur la plaque photographique. On connaît donc l’espace parcouru en fonction du temps ; c’est-à-dire la vitesse de propagation. On constate qu’elle est proportionnelle à la pression, dans le domaine où celle-ci est mesurable par le manomètre superficiel. On peut donc en admettant cette loi,
- Fig. 8. — Le manomètre modifié pour la mesure des pressions de saturation.
- 446
- étudier la variation de la pression en fonction de la surface.
- LA LOI
- DE GAY-LUSSAC
- On sait que pour les U-,—:----------------------JJ
- gaz parfaits, le produit j i
- du volume par la pression d’une même masse de gaz est proportionnel
- à la température. C’est ------------;____________________
- la loi classique de Gay- Fig. l. — Ebullition d’une
- Lussac qui s’exprime par solution superficielle.
- la formule PV — RT où R
- est la constante des gaz et T la température absolue. On retrouve une loi anologue pour les solutions superficielles.
- M. Delaplace, aulaboratoire deM. Jean Perrin, a étudié l’influence de la température sur les solutions superficielles. Il a opéré notamment avec le benzoate de benzyle et il a vérifié que le produit P X S de la pression par la surface occupée varie proportionnellement à la température absolue quand la température s’élève de 15 à 27° C.
- Les solutions superficielles obéissent donc à une loi qui peut s’exprimer par la formule PS = KT.
- Des considérations théoriques empruntées à la. théorie cinétique des gaz tendraient à prouver que la constante K des solutions superficielles est la même que la constante R des gaz parfaits. L’expérience n’a pas [confirmé cette déduction. La constante que font |apparaître les mesures de M. Delaplace est 60 fois plus petite que celle des gaz. L’interprétation de ce résultat n’a pu être donnée jusqu’ici. Un problème intéressant se trouve donc posé de ce fait. x
- LAI, CONDENSATION ET L'ÉVAPORATION DES SOLUTIONS SUPERFICIELLES
- Les expériences qui viennent d’être résumées se rapportent toutes à des solutions superficielles étendues. Que se passe-t-il si l’on cherche à augmenter indéfiniment la quantité de matière huileuse contenue dans un espace déterminé? M.|Marcelin s’est posé la question dès le
- Fig. 0. — Principe du manomètre anéroïde.
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- début de ses rechei’ches en 1913 et des expériences très simples lui ont fourni la réponse.
- Lorsque, sur une surface donnée d’une cuvette, la densité superficielle du fluide à deux dimensions (quantité de matière par cm2) atteint une certaine valeur niaxima, le fluide cesse de s’étendre; de nouvelles doses du liquide déposées sur la surface, au lieu de s’étendre, y demeurent sous forme de disques lenticulaires. La surface est saturée. La figure 5 montre comment s’observe ce phénomène qui rappelle celui de la saturation d’une vapeur en présence de son liquide dans un espace clos.
- Une cuve à photographie (bords paraffinés, fond noir) est remplie d’eau jusqu’au bord. Sur la surface flottent quelques grains de talc. A l’aide d’un tube de verre, on
- Fig. 11. — Projection radiale autour d’un morceau de camphre fixé dans l’eau.
- dépose sur la surface, par attouchements successifs, des quantités croissantes d’acide oléique ; après le premier attouchement un cercle noir se forme (a) ; il s’agrandit par saccades après chacun des attouchements (b) et finalement envahit toute la surface. On talque à nouveau et on continue les attouchements : un nouveau cercle noir se forme sur la surface talquée et déjà graissée (c) et s’agrandit comme précédemment ; mais sa progression atteint une limite ; celle-ci se manifeste par ce fait qu’une dose massive d’acide oléique déposée à la surface y demeure sous forme de goutte [d).
- Que va-t-il se passer si l’on augmente la surface offerte à une solution saturante dans cet état ? L’expérience est également très aisée :
- 447
- Fig. 10. — Le manomètre anéroïde.
- L’espace offert à la solution est limité par une bandelette de papier (fig. 6) à laquelle on peut imprimer des déplacements successifs de quelques mm. Voici ce que l’on observe.
- « A chaque fois qu’on étend la surface, le disque lenticulaire s’élargit, puis doucement reprend sa forme initiale, après avoir fourni de matière grasse ce qui était nécessàii’e pour recouvrir d’une couche saturée les quelques centimètres carrés dont s’est accrue la surface ; si la surface de la cuve était assez grande on assisterait ainsi à la disparition complète de la gouttelette...
- « Si l’on vient, au contraire, à réduire la surface, les phénomènes précédents se retrouvent dans l’ordre inverse ; la gouttelette se contracte après chaque translation, puis reprend lentement sa forme d’équilibre, ayant probablement absorbé ce que la réduction de la surface laisse de molécules grasses en excédent. »
- Ces différents aspects sont ceux d’une évaporation ou d’une condensation réversibles.
- Fig. 12. — La turbine à camphre.
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- Et même si l’élargissement est brutal, l’évaporation superficielle prend le caractère d’une véritable ébullition.
- « Des trous circulaires comme [des bulles se forment au sein de la matière condensée »
- M. Marcelin a mesuré la [pression superficielle de saturation, c’est-à-dire la pression superficielle de la solution en présence de gouttelettes. Il a constaté, que, tout comme pour une vapeur en présence de son liquide, cette pression de saturation est rigoureusement constante à une [température donnée. Pour-l’acide oléique elle est de 40 dynes par cm. à la température ordinaire.
- Ces mesures de pressions de saturation ont été effectuées avec un appareil analogue à celui dont nous avons indiqué le principe plus haut, mais légèrement modifié [en raison des pressions plus fortes mises en œuvre. En particulier, la soupape] est jointive et appuyée sur l’ouverture du corps de pompe (fig. 8).
- M. Marcelin a imaginé un appareil rappelant le baromètre anéroïde et permettant comme ce dernier de faire des mesures très rapides, sous condition d’un étalonnage préalable (fig. 9). La pression superficielle est mesurée par la flexion d’une longue et mince bande de mica M (longueur 12 cm, largeur 12 mm., épaisseur 0,005 mm.) Cette bande forme, avec une bande de laiton épais L et deux bandes de caoutchouc Cj C2, les parois d’une cellule que l’on immerge à demi dans l’eau préalablement essuyée, les parois étant normales à la surface de l’eau. L’intérieur de la cellule forme un espace « anéroïde » A où les molécules de la solution superficielle n’ont pas accès. La flexion du mica est amplifiée et mesurée par les déplacements d’une très légère aiguille, portée par une plaquette d’aluminium susceptible de tourner autour d’un axe vertical et elle-même reliée à la plaque de mica, par un simple crin qui lui transmet les mouvements de cette plaque.
- Avec ce manomètre superficiel, M. Marcelin a pu faire d’intéressantes observations^ sur la détente et la compression de vapeurs superficielles saturées sèches.
- DIMENSIONS MOLÉCULAIRES
- On avait longtemps admis, à la suite de Lord Rayleigh, qu’il y a pour la matière grasse, une limite d’extension et que cette « extension maxima » correspond au moment où les molécules sont juxtaposées en une couche moléculaire. Cette hypothèse donnait pour le diamètre de la molécule d’acide oléique la dimension de 1 millimicron qui ne s’accorde guère avec les estimations | faites par des voies toutes différentes.
- Les expériences de M. Marcelin ont montré, nous l’avons dit, qu’il n’y a pas d’extension maxima; et que la détente d’une solution superficielle se poursuit indéfiniment suivant une loi de Mariotte. La seule discontinuité qui se manifeste sur la courbe de compression d’une telle substance est le point qui correspond au début de la condensation réversible. C’est quand le voile graisseux est condensé au maximum qu’il est le plus vraisemblable, suivant M. Marcelin, de supposer que les molécules sont juxtaposées.
- I Cette hypothèse, combinée avec celle de M. Langmuir suivant laquelle les molécules d’acide oléique seraient
- de forme allongée et dressées sur la surface de l’eau en raison de l’affinité pour l’eau de leur groupement O-OH, conduit à assigner à cette molécule une épaisseur de 2,5 millimicrons environ. Ce chiffre coïncide d’une façon satisfaisante avec ceux que MM. Perrin et Wells d’une part, de Broglie et Friedel d’autre part ont déduits d’expériences faites dans un domaine tout différent.
- U AGITATION DU CAMPHRE SUR L'EAU
- Un morceau de camphre, placé à la surface de l’eau, flotte) et prend spontanément des mouvements désordonnés. C’est un phénomène bien connu et même utilisé pour faire en famille d’amusantes expériences.
- M. Marcelin a montré qu’on se trouvait en présence d’une solution superficielle, mais qui se dissipe d’une façon continue par évaporation et par [dissolution dans l’eau.
- Voici une expérience très démonstrative : couvrons avec une plaque de verre la cuve où s’agite un morceau de camphre sur l’eau, ce qui supprime la possibilité de sublimation : le camphre s’agite [un certain temps, puis s’arrête quand l’eau est saturée. Découvrons la cuve : la sublimation enlève du camphre à la couche répandue sur l’eau : de nouvelles molécules s’échappent du morceau de camphre, et sous l’effet de recul provoqué par leur départ celui-ci prend un faible mouvement d’agitation.
- Si 1 on maintient le camphre immobile à la surface de l’eau au lieu de l’abandonner à ses mouvements désordonnés et qu’on laisse tomber à sa périphérie de petits flotteurs en papier, on voit ceux-ci projetés radialement avec une vitesse sensiblement constante (fig. 11).
- Les mesures de M. Marcelin l’ont conduit à la conclusion suivante : les mouvements du camphre sont liés à la formation d’une solution superficielle dont l’épaisseur moyenne a même grandeur que le diamètre calculé des molécules de camphre (0,6 millimicrons). La solution superficielle se dissout et s’évapire, mais se renouvelle grâce à l’apport continu de matière dont le morceau de camphre constitue la réserve. La pression de saturation de camphre a été mesurée. Elle est de 16 dynes par cm2. Le camphre libre s’immobilise quand la pression de la solution superficielle atteint cette valeur.
- M. Marcelin a construit une amusante petite turbine à camphre (fig. 12). Un morceau de mica paraffiné convenablement découpé joue le rôle de tuyère. Il est immobilisé par 3 aiguilles montées sur de petites masses de plomb immergées. Au débouché de la tuyère est placée une roue à aubes, également en mica paraffiné, et fixée en son centre par une aiguille autour de laquelle elle peut tourner librement. Au fond de la tuyère, on place le morceau de camphre, maintenu fixe au contact de l’eau par une pince. La roue se met aussitôt à tourner.
- D’autres corps possèdent des propriétés analogues ; citons parmi les corps organiques le menthol, l’acide citrique, le thymol, la paratoluidine, et parmi les corps minéraux : le bichromate de potassium, le sulfate ferreux, le sulfate cuivrique, le chlorure d’ammonium, etc. Pour mettre en évidence les propriétés giratoires de ces derniers, il faut réduire leurs cristaux en lames minces et les rendre insubmersibles par une mince couche de matière grasse non extensible. A. Troller.
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- = COMMENT RÉDUIRE L'EFFORT EN NATATION 449
- Fig. 1. — Analogie de l'homme et du cétacé ou du poisson.
- La natation sportive, scientifiquement étudiée et démontrée par de vrais techni iens qui ont pris la place des vieux maîtres nageurs d’antan, est devenue un art véritable; le nombre de ses adeptes va croissant, chaque été, et les profanes s’aperçoivent, non sans surprise, qu’il n’est pas besoin d’être bâti en athlete pour exceller dans cet exercice, le seul où la femme puisse se montrer l’égale de l’homme.
- La nage moderne, le « crawl » ou nage rampante, diffère essentiellement de la brasse, qui fut si longtemps la nage pratiquée dans les pays civilisés, mais à tous points de vue, elle lui est infiniment supérieure, et l’on se demande pourquoi l’on a eu si longtemps recours, pour progresser dans l’eau à cette nage lente, et d’un mécanisme compliqué.
- Les caractéristiques de la nage rampante. —
- Si la station verticale nous est devenue naturelle sur terre, il faut adopter, sans hésitation, la position horizontale lorsqu’on se trouve immergé dans l’élément liquide car, ainsi étendu, le corps reçoit sur toute sa longueur, une poussée égale de bas en haut, et il flotte (fig. 1), tandis que si au contraire, la tête s’élève au-dessus de la surface, les jambes s’enfonçent et il faut faire des efforts très énergiques pour ne pas couler. C’est sur ce principe de la nage rampante, en surface, qu’est basée la nage moderne : le corps doit être immergé le moins possible, car toute friction- enraye la glissée. Observez le « tisserand », cet insecte qui semble patiner à la surface de l’eau, avec une vitesse déconcertante ; si son corps touchait l’eau, tant soit peu, sa vitesse diminuée ne saurait plus le mettre à l’abri des attaques fulgurantes des martins-pêcheurs.
- Il s’agit donc pour l’homme de s’allonger sur l’eau, et de s’y comporter comme un poisson et non comme une grenouille. Nous allons voir comment dans l’élément liquide nous avons été particulièrement favorisés par la nature.
- Comment Vhomme se rapproche du poisson. — De toutes les créatures, l’homme est, excep-
- tion faite des reptiles, celle dont la conformation offre le plus d’analogie avec le poisson. Ne souriez pas! jetez un coup d’œil sur le schéma (fig. 2) et diles-moi quel est l’animal non-aquatique qui semble, de par sa conformation, mieux disposé que l’homme à la natation ? Et maintenant, voyons, qu’avons-nous à envier aux habitants de l’élément liquide? Les nageoires? mais nos mains, au bout des bras, forment des pales parfaites, et quant à nos pieds, agités en surface, ne remplacent-ils pas la nageoire caudale, dans son action sta bilisairice et motrice ?
- La vessie natatoire? mais nous la possédons sous la forme des poumons, et elle remplira fort bien son rôle de flotteur, si nous avons soin de prendre notre respiration amplement et régulièrement.
- Oui, mais la respiration ! me direz-vous, voici le hic ! En effet, si l’on est allongé sur l’eau, comme un poisson, on a la figure immergée, et on ne possède pas les branchies du poisson pour filtrer l’air contenu dans l’éau. C’est une difficulté à résoudre, certes, mais prenons notre rôle de poisson au sérieux, et nous la résoudrons avec un peu de pratique.
- Fig. 2. — Les positions du corps humain pendant diverses nages.
- 1. Comment l’homme flotte. 2. Comment on respire dans la nage rampante ou “ crawl”. 3. La nage classique : la brasse.
- 4. L’over-arm stroke “.
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- Fig. 3. — Le coup de ciseaux des jambes dans “l'over-arm stroke” et le "trudgeon”.
- Comment respirer à fleur d’eau. — Si, étant dans la position horizontale, nous relevons tant soit peu la tête pour respirer, nous freinons notre « coulée », il s’agit donc de respirer en maintenant la tête dans le prolongement du corps, mais en tournant la figure vers l’air par une torsion des vertèbres cervicales ; comme la torsion se produit dans le sens inverse pour l’expiration, et que la tête repose sur Veau, ce mouvement alternatif devient machinal, et n’impose aucun effort! Le corps reste parfaitement horizontal de la tête aux pieds, et la respiration se produit clans le creux de la petite vague que forme la tête, en fendant l’eau comme un éperon de navire.
- Il faut, naturellement, absorber sa provision’ d’air, en un clin d'œil, alors que (fig. 2, 2) le bras prenant appui dans l’eau, le corps exécute un léger mouvement de roulis vers la droite. L’inspiration se produit par la bouche (étant ainsi plus rapide et plus complète que par le nez).
- Comparez maintenant la position de la fig. 2, 2 à celle delà fig. 2, 4, et vous comprendrez pourquoi le “ crawl” permet de nager plus vite, avec un effort moindre que dans les autres nages.
- De l’avantage du “ crawl”. Dans la fig. 2,2, le corps est bien allongé sur l’eau, les bras tirent alternativement sous le corps, à la façon d’une pagaie et les pieds tournés vers l’intérieur « en pâlies de pigeon » agissent à la façon d’une hélice. Aucun mouvement inutile, la friction dans l’eau réduite au minimum ; des mouvements nets et précis des bras qui agissent comme d^s leviers dans une œuvre mécanique, les jambes elles-mêmes semblent travailler sur des roulements à billes. Oui, c’est vraiment de la belle mécanique humaine !
- Dans la fig. 2, 2 le corps se ramasse de la façon la plus disgracieuse : premier effort, première perte de temps; on dirait d’une grenouille qui va bondir en avant! mais
- 'Fig. 4. — Le battement des jambes dans le “crawl
- voici les deux grands points défectueux, qui constituent l’infériorité de cette nage (la brasse) : la tête se relève au-dessus de l’eau, pour la respiration, et les jambes forment deux angles extérieurs a et b’ qui sont deux obslacles évidents à la progression. Et que dire de ce mécanisme compliqué qui veut que les jambes et les bras travaillent en trois temps, alors que dans le crawl, il n y a qu à synchroniser par le rythme, le mouvement des bras et celui des jambes.
- La continuité du mouvement, condition essentielle du moindre effort. — La répétition de tout
- Fig. 5. — Le ‘‘ crawl ” : les pieds en pattes de pigeon.
- mouvement fractionné ou saccadé provoque à la longue une faligue excessive : le mouvement des jambes dans la brasse est sac. adé ; dans l’over-arm (fig. 2, 4) ilest heurté, et là encore nous remarquons l’écart des jambes, moins accentué que dans la brasse, il est vrai, et ne présentant qu’un seul angle c ; c’est déjà un progrès sensible; de plus la tête reste dans le prolongement du corps, et de ce fait, la progression est plus uniforme, plus coulée, mais il y a toujours la décomposition des mouvements. R< porlons-nous à la fig. 3, les jambes, en mouvement à partir de la rotule x, travaillent sans arrêt, en souplesse, permettant aux bras de mettre tout leur effort dans la « ti action », alors que dans la brasse, une partie de cette énergie est gaspillée dans la « sustentation » du corps.
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- Pour acquérir l’aisance dans Veau. — Dans la natation moderne, le principe essentiel est de viser à acquérir le maximum de rendement avec le minimum d’effort, car tout mouvement inutile ou défectueux cause une perte de cette énergie, infiniment plus précieuse dans l’eau que sur terre ; c’est pourquoi il faut arriver à « tayloriser » chacun des efforts . nécessaires, en accordant à chacun juste la- dose d’énergie nécessaire et suffisante.
- Pour éliminer la fatigue, ou tout au moins la retarder, il faut que les mouvements accomplis correctement nous soient devenus aussi familiers que des réflexes. C’est alors seulement que nous pourrons nous flatter d’avoir acquis l’aisance dans l’eau, et de là au style il n’y a qu’un pas; le style, grâce auquel un Arne Borge, nageur d’un développement physique assez médiocre, peut devenir champion du monde! Le grand avantage du style, à mon, avis, n’est point tant de donner la vitesse que de réduire l’effort, et on ne saurait trop s’employer à lacquérir.
- Chacun ne peut devenir un champion, tuais pour que la natation soit un exercice agréable, il faut qu’elle soit pratiquée avec aisance ; et pour cela, voici quelques préceptes essentiels : 1° Nager en souplesse, c’est-à-dire ne
- —- UNE PENDULE
- Cette curieuse et coûteuse pendule constituait l’une des attractions de l’exposition organisée à l’occasion du récent congrès de la Société Américaine de Physique. Cette exposition s’est tenue dans les nouveaux laboratoires de l’Université de Columbia; ceux-ci n’ont pas coûté moins de 1 500 000 dollars (plus de 37 millions de francs). La pendule au radium est constituée comme il suit. Dans une ampoule de verre où règne un vide entretenu par une pompe, est emprisonnée une parcelle de radium. L’ampoule contient aussi un électro-scope à feuille d’or. Le
- jamais contracter les muscles.
- 2° Faire corps avec l’eau, s’y enfoncer de la tête aux pieds, comme en une couche moelleuse.
- 3° Conserver la ligne du corps parallèle à celle de l’eau, la tête reposant sur l’eau de tout son poids.
- 4° Après avoir appris à respirer, porter toute son attention à bien expirer, à fond, et sous l’eau, afin de débarrasser les poumons de l’air vicié; il est tout aussi important pour un nageur de savoir expirer que de savoir absorber l’air.
- 5° Ne point rechercher la vitesse dans la précipitation des mouvements, mais dans le rendement maximum de chaque effort utile. El surtout, essayez, après avoir étudié et compris le mécanisme de la natalion moderne, de nager d'instinct,, comme font les animaux: vous arriverez à un meilleur résultat qu’en nageant « d’après la théorie » et vous ne èardei'ez pas à découvrir que l'exercice de la natation est aussi naturel à l’homme que celui de la marche, et que nous pratiquerions la première avec autant d’aisance que la seconde, si nous y étions entraînés dès notre plus tendre enfance, comme les indigènes du Pacifique, véritables “hommes-poissons”.
- G. T. Villrpion,
- Directeur "du Stade de la Plage, à Carmes et du. Club des « Canards et Dauphins » à St-Jean-de-Luz.
- DE PRÉCISION =
- radium émet des rayons a qui ne sont autre chose que des particules chargées positivement; celles-ci chargent à leur
- tour les feuilles de l élec troscope qui se mettent à diverger lentement, jusqu’à ce que l’une d’elles vienne en contact avec un fil mis à la terre. L’électroscope se décharge et les feuilles retombent. Puis elles se chargent à nouveau et le processus recommence à intervalles réguliers. Le temps d’aller etretour des feuilles est rigoureusement constant si la pression à l’intérieur du tube est elle-même maintenue constante. Cette durée peut être réglée à volonté entre 20/40 secondes.
- Fig. 8. — M. Villepion donnant une leçon de li crawl” au bord de la mer..
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- L'ULTRACINÉMA « NOGUÈS ”
- Au cours de ses recherches chronophotographiques qui remontent à une trentaine d’années, Marey avait déjà posé le principe du cinématographe au ralenti. Dans une conférence faite au Conservatoire des Arts et Métiers, le 29 janvier 1899, il indiquait, en effet, que si on projette les images représentatives d’un mouvement, en modifiant sa vitesse réelle, l’œil pouvait nettement saisir les diverses phases du phénomène. Soit, par exemple, l’ob-
- Depuis l’intervention du cinématographe, plusieurs techniciens, entre autres Labrély et Buhl, songèrent à utiliser le principe du ralentissement, dans les appareils ultra-rapides de prise de vues. De son côté, M. Pierre Noguès, chef du laboratoire de mécanique de l’Institut Marey, eut également l’idée d’appliquer la projection ralentie à 1 étude du vol des oiseaux. Il construisit pour cela un type d’appareil à griffes fournissant des négatifs
- Fig. 1 et 2. — A gauche : Prise de vues avec l’nltracinéma Noguès actionné à la main.
- A droite : L’ultracinéma Noguès : la chambre photographique et le magasin inférieur ouvert. On aperçoit le film et ses rouleaux entraîneurs.
- servation du vol d’un pigeon pendant 1/5 de seconde. Durant ce court espace de temps, l’aile de l’oiseau occupe une série de situations différentes que la rétine humaine se montre impuissante à dissocier. Mais, grâce à l’artifice du ralenti, Marey parvint à tourner la difficulté. Au moyen de son chronophotographe, il prit environ 110 images par seconde, images qu’il projeta à une allure 10 fois moins rapide que celle de leur production naturelle et les positions successives du coup d’aile lui apparurent alors très nettement.
- directement tirables en positif sans nécessiter de longs travaux de transformation comme les films ordinaires. Avec ce premier ultracinéma, il obtint d’abord 70 images par seconde puis grâce à des perfectionnements successifs, il arriva en 1912 à prendre 180 images par seconde, vitesse suffisante pour le but proposé. La guerre survenant peu après, le sagace inventeur abandonna ses recherches, qu'il reprit en 1917, à l’instigation de M. Esclangon, alors professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, afin d’élucider certains problèmes balis-
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- tiques. A cette époque, M. Noguès réalisa des filins représentant des sorties d’obus et des réactions d’affûts de canons.
- Récemment le même savant a fini par mettre au point après de multiples essais, un ultracinéma, qui fournit 380 images par seconde et il espère bientôt aller jusqu’à 600. Le modèle actuel fonctionne soit à la main (fig. 1), soit au moyen d’un petit moteur électrique (fig. 2) qui s’y adapte très aisément; il peut servir à la prise des vues à grande vitesse aussi bien qu’à la projection des images. Les perfectionnements portent sur le mécanisme de déplacement intermittent de la pellicule dans le plan focal de l’objectif et sur divers détails de construction concernant le montage de l’appareil sur son pied.
- Le magasin supérieur (fig. 3) renferme le film vierge qui, après son impression, en sort par une fente veloutée étanche et vient s’enrouler sur un premier cylindre broché l’entraînant d’un mouvement continu. Il contourne ensuite un secteur cylindrique, calé sur un axe excentré par rapport au centre de révolution du secteur. Ce dernier pourra donc tourner autour dudit axe, ce qui permet de l’immobiliser dans la position voulue, au moment du réglage. Le film passe alors dans un couloir de guidage, percé d’une fenêtre sur ses deux faces, puis vient contourner un autre galet, monté avec un jeu systématique de 2 à 5 dixièmes de millimètre. Il épouse ensuite un nouveau cvlindre broché avant d’aller se réenrouler dans le magasin inférieur par le procédé ordinaire d’entraînement à friction.
- Les deux cylindres brochés toui*nent d’un mouvement continu et uniforme, grâce à un train cinématique convenable, qui reçoit sa commande d’une poulie, soit par moteur, soit à la main au moyen d’une manivelle, comme nous le notions plus haut. La came employée par M. Noguès est une came Demeny perfectionnée faisant un tour par image; son axe, marchant
- Fig. 3.
- Vultracinéma vu de face.
- On a ouvert la chambre photographique pour montrer le disque obturateur, du type à 2 images par tour.
- en synchronisme avec ceux des cylindres broches* assure sa rotation d’une façon continue. Le disque obturateur (fig. 4), du type à deux images par tour, peut s’équilibrer très exactement, tandis qu’un système d’engrenages appropriés permet la liaison d’ensemble.
- La boucle du film, en effet, se trouve soumise périodiquement à une tension, qui se traduit dans le plan focal de l’ob-iectif, par un déplacement égal à la hauteur d’une image.
- Grâce aux actions combinées du galet came, d’une surface cylindrique orientable et d’un arrêt à griffes, on réalise un déplacement intermittent, rapide, sans déchirures et sans nuire à la netteté des images.
- - L'ultr.acinéma Noguès incliné.
- Cette figure représente un appareil à commande par moteur électrique. Un système de serrage permet d’orienter à Aolonté l’appareil sur son pied et de le bloquer dans la position la plus favorable à la prise de vues.
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- Ce peigne oscillant agit en synchronisme avec le mouvement de rotation de la çame; ses dents viennent s’engager dans les trous marginaux du film, un peu avant que la came cesse d’agir, afin de fixer la bande pelliculaire en bonne position pendant la durée d’exposition à la lumière.
- La synchronisation s’obtient à l’aide d’un excentrique Trézel calé sur l’arbre de la came et ayant pour cadre mobile les branches d’une fourchette oscillante. De son côté, la chambre noire avec les deux magasins situés dans le plan vertical axial de l’objectif et le carter, qui renferme les divers organes du mécanisme moteur, se relie au bras du bâti par un axe creux formant tourillon. Enfin un système de serrage permet d’orienter à volonté l’appareil sur son pied, puis de le bloquer dans
- la position angulaire choisie (fig. 4).
- Pour un pas déterminé, le réglage se fait, une fois pour toutes; après quoi, on opère sans avoir besoin de l’effectuer à nouveau. Aussi, avec son ultracinéma, M. Noguès a pu obtenir très aisément d’excellents films scientifiques documentaires tels que l’athlète lanceur du disque (fig. 5), des oies entrant dans une mare ou une chèvre gambadant. Avec un débit de 6 mètres par seconde, il a cinématographié des mouvements ralentis 20 fois et a pris jusqu’à 380 images par seconde.
- De sorte, qu’un jcoup d’aile d’oiseau, d’une durée réelle de 1/10 de seconde, tient l’écran pendant deux secondes, ce qui permet de l’étudier à loisir.
- Jacques Boyer .
- Fig. 5 et 6. — Films pris par Vultracinéma. Athlète lanceur de disque et chèvre gambadant.
- PERFECTIONNEMENT AU BALLON SPHERIQUE
- Le sphérique est certainement l’appareil volant le moins susceptible de progrès! Aussi convient-il de noter avec soin l’apparition d’un projet de stabilisation thermique pour aérostat. Un aéronaute expérimenté cherche à profiter du vent de direction et de force variables avec l’altitude.
- Ses moyens d’action sont actuellement le lest et dans les cas extrêmes la soupape.
- A chaque jet de lest correspond un bond du ballon, bond terminé par une perte de gaz.
- Un autre moyen d’action très vieux (il date de Pilâtre de Rosier) et très tentant consisterait à combiner le ballon et la montgolfière, la seconde donnant l’appoint de poussée au premier.
- Le contrôle de l’air chaud rendrait possible la variation d’altitude et la stabilisation, sans perte de gaz.
- La grosse difficulté est le chauffage de l’air. II s’agit de créer un système de réchauffage donnant environ 570 grandes calories par minute, par un système pouvant fonctionner sans danger au voisinage immédiat de la poche de gaz du ballon.
- M. Lucien Bodin a proposé et mis au point, avec l’aide de l’Office national de Recherches et Inventions,
- un réchauffeur catalytique. Le catalyseur utilisé est à base de noir de platine, amorcé par un chauffage local à 250° (amorçage électrique) donc présentant toute sécurité.
- Sur le ballon, ce brûleur serait tronconique et fixé au-dessous de la poche à air chaud, poche placée à la partie inférieure de l’enveloppe.
- Il fonctionnerait à l’air saturé de vapeur d'essence comme carburant, la quantité d’air nécessaire à la combustion étant réglée à volonté.
- Ainsi monté, le ballon libre pourrait rester pendant plusieurs semaines en vol, durée limitée seulement par les pertes de gaz dues à la porosité de l’enveloppe.
- Il ne semble pas impossible d’utiliser un système semblable pour l’équilibrage des dirigeables. L’équilibrage actuel nécessitant le plus souvent une charge considérable de lest, il en résulterait un gain très sérieux de charge utile.
- Enfin, il est intéressant de remarquer que ce procédé rappelle celui utilisé par Jules Verne dans : « Cinq semaines en ballon ».
- Les chiffres montrent que l’imagination du romancier n’avait rien exagéré !
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- DES MACHINES QUI PENSENT
- Un enchaînement d’idées ayant pour point de départ les études faites au cours des temps modernes en matière de psychologie humaine par Taine, Ribot, Pierre Janet et Binet, a amené un jeune inventeur, M. Claude Bussard, déjà connu des lecteurs de La Nature, à imaginer et à mettre au point un appareil destiné à l’étude de la psychologie des animaux ou plus exactement à l’étude de leur « comportement « en face des excitations du milieu extérieur.
- L’idée en elle-même n’est pas nouvelle, et différents psychologues (Yerkes, Thorn-dike, Piéron, etc...) avaient déjà fait des études sur cette question, en employant des labyrinthes de formes variées qui permettaient de comparer l’intelligence des sujets qu’on y plaçait, en fonction du temps qu’ils mettaient à en sortir. Un des inconvénients de ce dispositif était la possibilité pour le sujet de se guider sur l’odeur subsistant de ses passages antérieurs.
- D’autres auteurs ont employé des récipients à ouvrir, nécessitant le déclenchement d’un certain nombre de verrous ou loquets. Yerkes utilisa l’influence particulièrement active des sensations désagréables.
- Des secousses électriques avertissaient le sujet qu’il avait fait fausse route. Pawloff fit associer par ses souris l’image auditive d’une sonnerie électrique et celle d’aliments.
- Mais l’inconvénient de ces méthodes, quelle que fût leur ingéniosité, était d’exiger la présence constante, voire même le concours d’un être humain.
- UN APPAREIL MÉCANIQUE A DRESSER LES ANIMAUX
- M. Bussard a réalisé dans le service de M. Danysz à
- l’Institut Pasteur, un appareil ingénieux entièrement automatique, baptisé par son inventeur du nom de « céphalotrieur ». C’est en effet un trieur mécanique sur lequel on a, en quelque sorte, greffé un cerveau pensant.
- Il consiste essentiellement (fig. 1) en une cage vitrée dont le sol est divisé en deux parties, l’une de teinte claire, l’autre de teinte foncée.
- Chacune de ces parties porte un petit réseau électrique formé de deux fils de cuivre écartés de quelques millimètres, disposé de façon que le sol entier soit parcouru par le réseau.
- Un des grands côtés de la cage porte une boîte noircie dans le fond de laquelle se trouve un disque clair qui peut être éclairé par un petit projecteur électrique et qui est visible de tous les points de la cage.
- Une roue de commande située à la partie supérieure de l’appareil et dont la vitesse de rotation est réglable (en moyenne un tour en 2 min. 20 sec.) porte une came permettant de masquer le disque clair par un disque foncé, et des secteurs conducteurs commandant l’ouverture et la fermeture de trois circuits électriques : éclairage du projecteur, électrisation du circuit du sol foncé, électrisation du circuit du sol clair.
- Le moteur étant mis en marche, on réalise successivement les phases suivantes :
- 1° Allumage du projecteur qui éclaire celui des disques qui se trouve à ce moment dans son champ, et qui reste alors immobile.
- 2° Passage d’un courant dans le circuit de la partie du sol de couleur opposée au disque.
- 3° Extinction du projecteur et substitution éventuelle
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- Fig. 2. — L’appareil dresseur. /
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- A. Allumage du projecteur; B. “Réflexion” du sujet; ^É. Électrisation; R. Repos; 1. Circuit du projecteur; 2. Circuii d’électrisation du sol foncé. 3. Circuit d’électrisation du sol clair.
- cl’un disque à un aulre (ce déplacement est réglé de telle façon qu'il n’y ait pas alternance régulière entre les disques présentés; par exemple, on emploie le rythme : Foncé, clair, foncé, foncé, clair, clair, etc.).
- Le moteur étant mis en marche, l’animal, rat ou cobaye, introduit dans la cage, a d'abord son attention attirée par le jet de lumière sur le disque. Il dispose ensuite de quelques instants de réflexion; puis, s’il n’est pas sur la partie du sol de même couleur que le disque, il reçoit des secousses qui l’obligent à se réfugier dans l’autre partie. Et enfin, on lui laisse quelques instants de repos dans l’obscurité.
- Le dressage d’un sujet quelconque comporte deux phases. Dans la première, il apprend à distinguer les deux moitiés du sol d’après leur couleur, et il acquiert la notion que lorsqu’il est électrisé sur l’une des parties, il peut se mettre à l’abri en se rendant sur l’autre. Dans la seconde, l’animal établit une corrélation entre l'apparition d’un disque d’une certaine couleur et l’électrisation de la partie du sol de la couleur opposée, et il se rend de lui-même sur la partie convenable sans attendre l’électrisation du sol.
- Les séances de dressage, d’une durée de 20 minutes, se succédaient à raison d’une par demi-journée.
- Cet appareil exige encore la présence d’un être humain, mais uniquement pour le pointage des résultats obtenus. Rien n’est plus facile cependant, que de supprimer la nécessité d’une telle présence en utilisant un sol à bascule, capable de s’abaisser du côté où le sujet se place, sous le poids de celui-ci. Chaque partie du sol porte un style capable d’inscrire ses déplacements, à côté d’une ligne figurant les déplacements des disques, sur une bande de papier animée d’un mouvement continu de translation.
- L’appareil enregistre alors automatiquement tous les déplacements du sujet. Il est susceptible de dresser
- complètement un animal pour un triage donné et de tenir un compte rendu détaillé du dressage, en dehors de toute intervention humaine.
- * *
- M. Bussard a constaté que la première phase du dressage était terminée, en général, chez les cobayes dès la fin de la première séance, et chez les rats au bout de trois séances.
- Par contre, au bout de 15 séances, le dressage complet des cobayes n’était pas obtenu tandis que les rats commençaient généralement à effectuer des déplacements corrects dès la 4e ou 5e séance. Un sujet particulièrement brillant effectua même quelques déplacements corrects dès la 3e séance. Chez tous les rats, l’allure générale de la courbe des déplacements exacts fut celle de la fig. 3. Elle est caractérisée par une croissance brusque au bout de quelques séances (c’est le moment où le rat a « compris » ce qu’il doit faire) et par un léger fléchissement ultérieur qui correspond peut-être à un relâchement d’attention.
- M. Bussard a noté comme suit les progrès réalisés par le rat au cours de son dressage (') :
- « Le sujet qui au début du dressage, avait présenté des signes évidents d’affolement, puis qui s’était peu à peu calmé, semble nettement « réfléchir » quelque temps avant l’apparition des premiers déplacements corrects.
- Il se dresse sur ses pattes* le regard dirigé vers le disque éclairé, reste quelques instants immobile, esquisse quelques mouvements d’un air inquiet; puis, subitement, se rassure s’il est placé sur la partie du sol correspondant au disque présenté ou bien bondit de l’autre côté si sa position n’est pas correcte et, là, lisse son poil, sans plus se soucier de rien, jusqu’à la présentation du disque suivant. »
- Le temps de réflexion nécessaire pour obtenir un déplacement correct s’abaisse très rapidement, de 10 secondes au début du dressage jusqu’aux environs d’une seconde, le minimum étant atteint vers la fin du 2e tiers des séances.
- Le sujet commet au début des fausses manoeuvres qui augmentent la durée du temps de réflexion. Il arrive par exemple que, bien qu’il soit placé sur la partie voulue du sol, , il se déplace impulsivement lors de l’apparition du jet de lumière et se rende sur l’autre partie du sol d’où il ne tarde pas à revenir à son point de départ. Ces erreurs de jugement disparaissent rapidement.
- PEUT-ON FAIRE CONDUIRE DES MACHINES PAR LES ANIMAUX ?
- L’appareil de M. Bussard a permis de faire un certain nombre de constatations dont certaines, pour n’êlre pas
- 1. Voir l’Année psychologique, tome XXIV. « Recherches sur le dressage automatique », et Comptes Rendus de la Société de Biologie, t. XG, page 749.
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- inattendues, n’en sont pas moins intéressantes, car elles s’appliqueraient à des êtres humains soumis à un dressage analogue, toutes proportions gardées.
- C’est ainsi que, d’après M. Bussard, le temps nécessaire à la manifestation d’une réflexion correcte varie selon l'intelligence des sujets d’une même race : cette variation est de l’ordre de 1 à 3 environ.
- L’âge des sujets est un facteur important du développement intellectuel- Une certaine maturité est nécessaire, mais des animaux trop âgés n’ont plus une plasticité suffisante.
- . L’âge optimum pour le dressage du rat est sans doute compris entre six mois et un an. Le sexe des sujets présente peut-être aussi un certain intérêt.
- Le travail en groupe a donné lieu également à des observations intéressantes :
- « Tout d’abord, lorsque plusieurs sujets travaillent ensemble dans un appareil, les chances d’erreurs diminuent dans^une proportion très considérable, car si l’un des sujets a agi différemment de ses camarades, il est inquiet, « réfléchit » profondément et ne persiste dans sa décision, que s’il a de sérieuses raisons de le faire.
- De plus, si, s’étant trompé, un sujet agit différemment des autres, ses bonds et ses cris au moment de l’électrisation avertissent utilement ceux-ci de ce qui leur serait advenu s’ils n’avaient pas porté un « jugement » correct. »
- *
- * *
- « Fàit à ne pas négliger : le travail en commun semble beaucoup moins désagréable aux rats et aux cobayes que le travail isolé. 11 convient de noter un inconvénient correspondant, d’ailleurs d’assez peu d’importance : les sujets dressés en commun éprouvent, surtout au début, quelque distraction du fait du voisinage de leurs camarades. »
- « Les entraînements collectifs ne sont pas à craindre. Les sujets n’ont iamais commis d’erreurs collectives. »
- L’emploi de l’appareil Bussard permettrait d’effectuer des études curieuses de psychologie collective et son créateur espère même pouvoir passer, grâce à lui, de la psychologie expérimentale à la sociologie expérimentale qui aurait pour objet l’étude du « comportement » d’un groupe d’animaux en présence d’excitations graduées. Ce serait là une branche scientifique toute nouvelle dont on ne petit actuellement prévoir l’extension.
- Il est d’ailleurs possible d’envisager des applications d’un ordre plus pratique. En effet, parmi les opérations à effectuer dans l’industrie, il en est qui ne peuvent être confiées à une machine, aussi perfectionnée soit-elle. Par exemple, aucun appareil à commande automatique n’est capable de trier des objets, ne différant entre eux que par leur couleur ou parleur odeur. Il faut leur adjoindre un cerveau.
- Mais c’est à la vérité un bien médiocre emploi d’un cerveau humain que celui qui consiste à établir uniquement une relation entre une perception visuelle ou olfaclive et le mouvement d’une main ou d’un
- ...... .....’......... ............ = 457 =
- doigt actionnant la manette d’un appareil^ de distribution.
- On pourrait parfaitement, pour un travail de ce genre, utiliser l’appareil Bussard avec une équipe d’animaux dressés dont l’emploi collectif éviterait toute erreur, puisqu’on a constaté qu’en groupe les erreurs restent individuelles. Il suffirait de rendre chaque partie du sol légèrement mobile dans le sens vertical, et solidaire d’un disposilif aiguillant les objets présentés vers tel ou tel récipient selon que la majorité de l’équipe d’animaux trieurs se sera installée sur tel ou tel plateau. Rien n’empêche d’ailleurs l’emploi d’un appareil à touches multiples permettant de trier des objets de plus de deux catégories.
- ANTICIPATIONS
- Il n’est pas défendu de penser qu’à condition de se contenter d’un effort cérébral simple, basé sur la mise en jeu d’un seul sens, on pourrait obtenir d’animaux convenablement choisis des résultats égaux ou même supérieurs à ceux que donne l’homme, cerlains animaux aptes au dressage ayant au moins un sens plus aiguisé que les siens (l’odorat du chien par exemple). Et étant donné la possibilité qui semble bien établie par les travaux de divers auteurs, de tram mission héréditaire d’une habitude indi\iduelle qui sait quel rôle industriel on pourrait faire jouer à des animaux héréditairement spécialisés dans un travai donné?
- Ce ne sont encore que des anticipations, mais n’est-il pas permis de se demander si, après la concurrence faite * par les machines aux muscles humains, la taylorisation poussée à l’extrême, véritable gaspillage de l’emploi du cerveau humain, ne prépare pas le terrain à la concurrence des animaux ?
- R.-J. Rousseau
- Fig. 3. — Courbe de dressage en commun de deux rats blancs.
- L’adaptation apparaît à partir de la quatrième séance.
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- = L’ANHYDRIDE CARBONIQUE E SUCCÉDANÉ DE LA GLACE HYDRIQUE
- Le seul agent de froid transportable, actuellement employé, est la glace hydrique.
- On sait qu’elle permet d’accumuler, sous forme solide, 79 frigories par kilogramme. Mais, par suite de la fusion spontanée, il se perd, soit dans le transport, soit au cours des manipulations nécessaires pour les usages alimentaires, de 20 à 80 pour 100 de la quantité disponible au sortir des mouleaux.
- Les gros usagers de la glace, maîtres d’hôtels, glaciers, bouchers, etc., estiment que la perte peut atteindre même 90 pour 100 en été.
- D’ailleurs, si bien que soient calorifuges les récipients destinés au transport ou à l’utilisation, la fusion spontanée a toujours une valeur finie, qui limite beaucoup le rayon que peut desservir une fabrique de glace.
- La glace présente quelques inconvénients assez graves :
- 1° Si on l’emploie par addition directe à des boissons, elle en entraîne la dilution, par une eau qui est souvent impure.
- 2° La température est seulement de zéro degré, ce qui limite beaucoup l’écart de température entre la source froide et la source chaude, et, par suite, la vitesse de refroidissement.
- 3° Pour augmenter l’écart de température, on utilise des mélanges réfrigérants, faits de glace et de sel ; on peut ainsi atteindre 20 degrés au-dessous de zéro; mais c’est au prix d’une manipulation désagréable, coûteuse, entraînant une perte importante de froid. De plus, les mélanges réfrigérants abîment rapidement les sorbetières et les meubles glacières. Le seul avantage de la glace, c'est son bon marché relatif (0 fr. 10 à 0 fr. 50 le kg) et la facilité de s’en procurer dans les centres un peu importants.
- Mais, en pratique, on peut affirmer que l’énorme majorité des ménages habitant la campagne, ou les petits villages, l’énorme majorité des coloniaux, beaucoup de touristes et de voyageurs sont privés de froid, par l’impossibilité où ils se trouvent de transporter de la glace ou de s’en procurer.
- L’anhydride carbonique, comprimé ou liquéfié, constitue un agent de froid qui pourrait remplacer la glace.
- On sait qu’on liquéfie facilement ce gaz, à des températures inférieures à sa température critique, qui est de 31° centigrades.
- L’anhydride liquéfié est contenu dans des bouteilles d’acier, munies de robinets valves en bronze. Ces bouteilles pèsent environ 2 kg 250 par kilogramme d’anhydride liquéfié qu elles contiennent. Si on tient compte du voyage aller et retour d’un récipient, il faut donc
- transporter 4 kg 500 morts pour 1 kg. utilisable. Chaque kilogramme d’anhydride liquide peut libérer, par son ébullition, environ 50 frigories, si l’ébullition se produit entre 10 et 30°. Il y a, en effet, à peu près compensation entre la diminution de chaleur latente de vaporisation, et l’augmentation de travail de détente, dans cet intervalle de température.
- D ailleurs, sous les climats où la température dépasse 31°, l’anhydride carbonique comprimé à une pression suffisante pour que chaque bouteille contienne 1 kg par 2 kg 25 de son poids, peut libérer, par détente directe, une quantité de froid du même ordre, que lorsqu’il y a liquéfaction.
- En résumé l’anhydride carbonique, liquide ou comprimé permet de transporter 50 frigories sous un poids de 3 kg 250, avec retour de 2 kg250 de bouteille vide.
- Ces conditions a priori semblent prohibitives par rapport à la glace.
- En réalité, il n’en est rien.
- Une fois comprimé ou liquéfié, l’anhydride conservera indéfiniment la puissance frigorifique qu’il permet de transporter à n importe quelle distance, sans aucune perte.
- Par la seule manoeuvre du robinet valve qui ferme la bouteille, le froid sera toujours à la disposition des usagers, par fractions réduites aux besoins du moment de chaque emploi. Il n’y a plus aucune perte.
- Et il y a bien d’autres avantages.
- En premier lieu, la température servant de source froide sera comprise entre 80 et 100° au dessous de zéro.
- On sait en effet, qtu’au moment de la détente de l’anhydride carbonique comprimé, ou liquéfié, il se produit de la neige d’anhydride carbonique, dont la température à la pression atmosphérique est de — 79°. Cette neige s’accumule dans les appareils de détente et forme un tampon poreux que l’anhydride gazeux continue à traverser, produisant par effet Joule-Thomson un refroidissement supplémentaire qui atteint facilement 20 degrés.
- On va donc abaisser instantanément l’appareil de détente à —100" environ et si cet appareil peut être introduit dans le liquide à refroidir, on disposera, pour le refroidissement, d’un écart de température de 110 à 140° ; la vitesse du refroidissement sera donc de 6 à 7 fois plus grande qu’avec la glace.
- Enfin, s’il s’agit d’une boisson, le refroidissement peut être obtenu par simple plongée d’un tube métallique, le gaz détendu s’échappe au-dessus du niveau du liquide et il n’y a aucune dilution, ni addition de corps étranger.
- Ces propriétés, connues depuis longtemps, ont été uti-
- Fig. 1. — Une bouteille d'anhydride carbonique munie du Frigo-gaz.
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- lisées d’abord pour les appareils de cryothérapie et pour les microtomes à congélation : ce sont des appareils de laboratoire. Leur maniement demande une certaine habileté; déplus, il nécessite l'emploi d’un support spécial, permettant de maintenir la bouteille de gaz le robinet valve en bas, (au moins dans les pays où l’acide carbonique est liquéfiable). Enfin, ces appareils n’ayant pas été étudiés au point de vue du rendement économique du froid, leur fonctionnement entraîne un gaspillage élevé.
- Un premier progrès, dans la voie du rendement, peut être réalisé en utilisant les propriétés de la liquéfaction des mélanges gazeux.
- On sait, par exemple, que si l’on comprime, à la température de 15°, un mélange d’anhydride carbonique (liquéfiable à 15U) avec de l’azote,
- (non liquéfiable), on obtient un liquide dont les premières gouttes formées contiennent déjà de l’azote. Seulement, la pression à laquelle la liquéfaction est obtenue est très supérieure à celle nécessaire pour obtenir, à la même température, la liquéfaction de l’anhydride carbonique pur. De plus, la proportion de gaz non liquéfiable contenu dans le liquide est plus faible que celle du mélange gazeux sur lequel on a opéré.
- D’ailleurs, chaque mélange gazeux est caractérisé par une température critique propre.
- Ainsi, la température critique du gaz carbonique étant de 31°, celle d’un mélange de 90 pour 100 de gaz carbonique, avec 10 pour 100 d’oxygène est de 23° ; elle est de 27°,5 pour un mélange de 95 pour 100 de gaz carbonique, et 5 pour 100 d’hydrogène. Les pressions correspondantes sont respectivement 83 et 87 atmosphères.
- On voit de suite que si on liquéfie un mélange convenablement choisi de gaz carbonique et d’air, on pourra accumuler dans un même tube une quantité d’énergie transformable en froid, sensiblement plus élevée qu’avec le gaz carbonique pur. C’est ainsi qu’en liquéfiant un mélange à 92 pour 100 de gaz carbonique et 8 pour 100 d’air, on accumule, à 15°, environ 85 calories par kg de liquide, au lieu de 50 pour l’anhydride pur à la même température.
- Il est bon de noter que l’emploi des mélanges gazeux n’est utile que pour les régions où la température moyenne de l’été est inférieure à 31°, température critique de l’anhydride pur.
- Dans les contrées où cette température moyenne est égale ou supérieure à 31°, l’anhydride est constamment à l’état gazeux, sous une pression qui croît avec la température ; par suite l’énergie accumulée et transformable en froid (tant qu’on n’est pas trop éloigné de 31° pour que les pro*priétés de détente rappelées plus haut s’appliquent) croît aussi avec la température. L’emploi de l’anhydride pur est alors indiqué.
- Un second progrès a consisté à imaginer un appareil de détente permettant une bonne utilisation des frigories mises enjeu, soit par l’ébullition suivie de détente, soit par la détente seule, quand la température est supérieure a 31°.
- Fig. 2.
- Organes de détente du Frigo-gaz.
- On est arrivé récemment, après de nombreux tâtonnements, à réaliser un appareil, le Frigo-gaz, destiné a fonctionner indifféremment par détente ou par ébullition, suivant la température, et dont le rendement en froid est voisin de 90 pour 100.
- La figure 1 représente l’ensemble de l’appareil, fixé au tube d’anhydride liquide en même temps que le support destiné à recevoir les récipients de liquide à refroidir ou à congeler. Dans les pays à climat tempéré, les tubes employés doivent être munis d’un plongeur allant jusqu’au fond, de manière que ce soit de l’anhydride liquide qui sorte par le robinet valve, et arrive dans les organes de détente. Le détail de ceux-ci est montré, en coupe, par la fig. 2.
- L’anhydride arrive en A dans un tube central, terminé par un siège conique, percé de trous fins, OO; ces trous débouchent dans l’intervalle très étroit laissé entre le siège conique mâle, et un siège femelle B, de même angle.
- Le siège femelle est formé dans un tube présentant une chambre inférieure de détente G, qui communique à travers de fines rainures, ménagées sur le siège mâle, à 90° des trous OO, avec la partie supérieure D, formée de 3 cylindres concentriques, glissant les uns sur les autres, sans frottement.
- L’appareil étant suspendu comme il est montré sur la fig. 1, le poids du tube E appuie le siège femelle sur le siège mâle.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on introduit le tube E dans le liquide à refroidir, de façon que le niveau du liquide reste à 1 cm environ au-dessous de la fente circulaire de sortie des gaz détendus, D, puis on ouvre le robinet valve du tube d’anhydride.
- Immédiatement la pression exercée aux orifices OO soulève le tube E, et le gaz vient remplir la chambre G, dans laquelle s’établit, instantanément, une pression élevée, inférieure à celle delà bouteille à gaz, mais suffisante pour appliquer fortement le siège mâle contre le siège femelle ; dans ces conditions, les orifices OO se trouvent obstrués ; le gaz qui remplit la chambre G, ne peut s’écouler vers l’atmosphère que par les fentes pratiquées sur le siège mâle, et en suivant le chemin en chicanes étroites libre entre les cylindres concentriques de la partie supérieure' du tube D. Quand la pression en G a suffisamment baissé, la pression de la bouteille, s’exerçant par la section des orifices OO, sur le siège femelle, suffit à soulever de nouveau le tube E ; une nouvelle détente se produit, et ainsi de suite.
- L’appareil fonctionne par secousses, successives, et au bout de quelques secousses, on voit de petits glaçons du liquide se former contre le tube E, au niveau de la valve; très rapidement ces glaçons se rejoignent, et une couche de glace ne tarde pas à recouvrir toute la partie inférieure de E, présentant un renflement très accusé au niveau du siège.
- D’ailleurs, l’appareil est réglé de façon que les gaz qui
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- s'échappent dans l’air en D aient abandonné tout leur froid au liquide. Une plaque d’aluminium, percée d’un trou circulaire, glissant à frottement doux le long de DE, sert de démôuloir.
- Quand le glaçon formé est suffisant, on retire^ vers le bas le récipient de liquide, puis on démoule le glaçon; ce démoulage est très facile, avec tous les liquides alcoolisés, et avec les crèmes de lait. Avec l’eau, et avec les liquides contenant de l’albumine, il se produit une contraction énergique du glaçon de sorte qu’il faut arrêter la détente, en fermant lé robinet valve, et attendre quelques instants que le réchauffement du glaçon permette le démoulage. On peut aussi refroidir tout le liquide traité, en faisant fondre les glaçons au fur et à mesure de leur formation, par une agitation de l’appareil dans le liquide, en tournant coniquement à la main, qui tient alors la partie A.
- Quant au prix de revient, il dépend du prix de l’acide carbonique. Celui-ci est, en France, vendu entre 1 et 2 francs le kg. C’est donc 8- à 10 fois le prix de la glace; il faut ajouter les frais élevés de transport. Mais cet inconvénient paraît largement compensé par les avantages très considérables présentés par l’appareil Frigo-gaz. Celui-ci pèrmet de faire des choses que l’on ne saurait obtenir avec la glace ou même avec les mélanges
- réfrigérants. Au point de vue industriel, l’emploi généralisé de l’acide carbonique, pour la production du froid domestique ou médical, permettrait de donner une extension appréciable à l’industrie de l’acide carbonique.
- Cette industrie qui sert surtout à alimenter les fabriques d’eau de Seltz et de limonades, est essentiellement saisonnière, et ne fonctionne que quelques mois par an ; d’ailleurs elle comporte l’immobilisation, par les industriels, d’un capital énorme sous forme de bouteilles d’acier. L’usage s’est en effet établi de laisser la propriété de la bouteille au fabricant d’acide. Mais pour des usages domestiques, on conçoit facilement que chaque ménage ou usager ait à lui une ou deux bouteilles. Une bouteille suffit à la consommation normale d’un ménage'de 4 personnes, pendant 3 à 4 semaines.
- Les usagers pourraient ainsi faire leur provision de glace à l’avance pendant l’hiver au besoin, permettant une marche régulière des usines, en même temps qu’un glissement du capital bouteilles de l’industrie vers le consommateur. Il faudrait seulement que l’emploi de bouteilles à plongeur se généralisât, dans les pays à climat tempéré comme la France. Dans les pays chauds le tube plongeur est inutile.
- [R. VlLLEltS.
- L'ENTOMOLOGIE DES MOUCHES A TRUITES
- I - LES INSECTES NÉVROPTtRES
- \ / ./
- Fig. 1. — A gauche, mouche artificielle ; à droite, kackle de coq.
- La truite se nourrit de proies vivanles en général, et en particulier d’insectes, soit à l’état de larves et surtout de larves aquatiques, soit à l’état d’insectes parfaits quand ceux-ci ont l’imprudence de se poser sur l’eau de la rivière. Tous les pêcheurs à la mouche sèche vous diront que la faculté de discernement delà truite est indiscutable, et que, lorsqu’elle monte régulièrement à la surface goberune éphémère déterminée, c’est généralement perdre son temps que d’offrir au poisson une mouche artificielle de silhouette, de grandeur, et peut-être aussi de couleur, très différente. Il n’est pas douteux que la truite suit les
- éclosions, elle en est peut-être même prévenue à l’avance par les mouvements des nymphes; et telle rivière qui semblait sans habitants et sans vie intérieure durant une belle après-midi d’été, s’anime comme par enchantement versle soir, àlapremière éclosion elle se couvre des ronds que fait la truite en venant gober des mouches à la surface. Il est évident que la truite connaît tout particulièrement les espèces d’insectes d’origine aquatique, et nous avons appris sur les bancs du lycée que celles-ci appartiennent presque toutes à l’ordre des névroptères. Les névroptères sont des insectes à quatre ailes minces et transparentes, marquées de nervures nettes, fines et nombreuses.
- Pour les pêcheurs à la ligne, les névroptères se distinguent surtout par le fait que plusieurs de leurs ordres comprennent des insectes nés dans l’eau et ne quittant guère son voisinage à l’état adulte. Ces insectes à larves aquatiques sont les Ephémères, les Libellules, les Perles etNemoures, les Phryganes ou Trichoptères, et quelques sous-ordres de moindre importance, comme les Sialis.
- Fig. 2. — Comment reconnaître les divers ordres de Névroptères par la position des ailes.
- De gauche à droite, Ephémère, perle ou nemoure, phrygane.
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- Encore, les Libelluliens (Demoiselles et Agrions) peuvent-ils être laissés de côté parce que leurs larves vivent dans des vases d’eaux dormantes, et que leurs, insectes parfaits ne sont pas recherchés par les truites.
- Tout pécheur de truite à la mouche sèche doit être capable de se débrouiller parmi les nombreuses variétés d’éphémères, de phryganes, de perles et nemoures, qui forment la base de la nourriture des truites et dont les insectes ailés sont imités par des mouches artificielles aux noms anglais.
- Deux mots sur ces noms. Les duns sont les reproductions d’éphémères à l’état de subimago, les spinners sont les reproductions d’éphémères à i’élat d’imago, les sedges sont les imitations de phryganes. Le reste du vocabulaire anglais halieutico-entomologique est de moindre intérêt ; cependant il est interdit d’ignorer ce que c’est que le ha-kle, ou collerette de plumes longues et fines de coq prises sur la tête et le cou, dont chaque barbe, raide et brillante, diverge à la torsion, et qui sert sur les artificielles à imiter les pattes des insectes, parfois
- ailes ont la forme d’un triangle rectangle dont le grand côté est en avant, du côté de la têj>e, .et sensiblement le double du plus petit côté qui est du côté du corps de l’insecte : on dirait les voiles latines d’un bateau minuscule.
- Les perles et nemoures, toujours au repos, ont les ailes à plat sur le dos, parfois infléchies sur les côtés pour épouser la forme cylindrique du corps.
- Les phryganes ou trichoptères ont les ailes en forme de toit : comme dans l’ordre précédent, au repos, les ailes postérieures sont cachées sous les ailes antérieures.
- Les silhouettes générales ne sont pas moins caracté^ ristiques (fig. 3) :
- Les éphémères n’ont pas d’antennes, mais toujours une queue de deux ou trois longs filaments.
- Les perles et nemoures ontdes antennes, généralement de longueur moyenne, et la queue courte ou atrophiée.
- Les phryg;inesont des antennes, généralement longues, mais pas de queue, même rudimentaire. On peut ajouter qu’elles ont aussi des éperons sur les tibias.
- De ces trois groupes d’insectes sont tirées la plupart des
- Fig. 3. — Les trois types de Névroptères : de gauche à droite : Ephémère, Perle, Phrygane.
- même les ailes quand celles-ci sont trop transparentes pour pouvoir être imitées par des sections de plumes opaques.
- Pourquoi employer ici des termes anglais, direz-vous? D’abord parce qu’ils sont simples et moins rébarbatifs que les termes de subimago, imago ou trichoptère, parce qu’au surplus le mot hackle n’a pas d’équivalent en français. Et aussi, et surtout, parce que la pêche de la truite à la mouche artificielle est une science et un art qui nous ont été appris par les Anglais; c’est dans les bibliothèques britanniques qu’il y a une littérature abondante sur le dry fly fis/iing et la manière de monter les mouches artificielles ; ce sont les fabricants anglais qui, pour une la-ge part, fournissent le commerce français des articles de pêche.
- Rien de plus simple que de distinguer entre eux les divers ordres de névroptères quand on sait que tous ont quatre ailes membraneuses réticulées : il suffit de regarder la position de ces ailes au repos (fig. 2).
- —=- Leséphémèresont quatre ailes posées verticalement. Mais deux seulement sont1 très apparentes parce que grandes les postérieures étant bien plus petites, pariois même presque entièrement atrophiées. En outre ces grandes
- artificielles utilisées pour la pêche de la truite à la mouche. Toutefois certains autres genres d’insectes peuvent occasionnellement être pris par la truite.
- Parmi les coléoptères, on imite, sous les noms de rock y bondhu ou de redpalmer de minuscules bêtes-à-bon-Dieu-Parmi les orthoptères, on n’imite rien, mais on utilise les sauterelles vivantes. Parmi les hémiptères, le Utile wren tail est une copie de VAphrophora spumaria. Parmi les hyménoptères, on imite les fourmis ailées (brown ant-) Parmi les lépidoptères, les petits papillons blancs nocturnes (white mothe). Parmi les diptères, il est des modèles fort utiles comme les chironomes (mouche du « ver de vase »), le cowdung, ou mouche debouse de vache (Sca-tophaga stercoraria), le blac gnat (Biblio johanis) et quelques autres moucherons à deux ailes couchées sur le dos (oak fly, Rawthorn fly, etc).
- Mais il n’en reste pas moins que les plus nombreuses et les meilleures mouches artificielles visent à imiter des névroptères, et plus particulièrement des éphémères.
- C’est donc de ces dernières que nous parlerons dans les prochains numéros de La Nature. Ryvez.
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- EAU DISTILLÉE SANS DISTILLATION
- L’eau pure, ou même l’eau distillée, et parfois l’eau bidislillée sont nécessaires, non seulement dans les laboratoires pour la préparation des solutions titrées, mais encore dans l’industrie, pour la droguerie, la pharmacie, etc.
- Selon le degré de pureté dont on a besoin, on se contente d’épurer chimiquement l’eau (brasseries, blanchisseries, chaudières) en précipitant partiellement les sels qu’elle tient en solution, ou bien on recueille l’eau •des condenseurs des machines à vapeur, eau distillée parfois souillée de matières grasses et de sels de cuivre, ou bien on monte des colonnes à distiller spéciales, en étain, en verre, ou même en verres insolubles spéciaux.
- La distillation par vaporisation suivie de condensation exige du combustible pour la première opération et de l’eau courante froide pour la seconde. C’est dire qu’elle est onéreuse et qu’on ne peut la pratiquer aisément partout, par exemple quand l’eau est rare.
- Peut-on faire de l’eau distillée sans distillation?
- L’Electrosmose. — Si l’on place dans de l’eau deux électrodes et qu’on fasse passer à travers l’appareil un courant électrique, on produit la séparation aux électrodes des deux éléments dont se composent les sels et l’eau : à l’anode (pôle positif) les anions des radicaux acides; à la cathode (pôle négatif) les cations métalliques. Si par exemple l’eau contient du sulfate de chaux ou plâtre (SO'Ca), la cathode recevra l’hy-droxyde de calcium, ou hydrate de chaux, Ca(OH)2 et l’anode, l’acide sulfurique (SO IP). Il en est de même pour les autres sels. Le phénomène obtenu est l’électrolyse de la solution, connue depuis Davy II reste à séparer les ions attirés aux électrodes de la masse de l’eau, pendant que le courant passe. On peut y arriver en isolant les électrodes par des cloisons (diaphragmes) perméables aux ions. On divise ainsi le bain d’élecirolyse en trois compartiments : le compartiment central « M » et les deux compartiments des électrodes « A » et « K » (fig. 1).
- Si, par un courant d’eau dans les compartiments des électrodes, on élimine constamment les produits de la décomposition des sels venant du compartiment central, l’eau contenue dans cet espace central devient de plus en plus pauvre en sels jusqu’à n’en plus contenir.
- L’appareil. — Un appareil à électrosmose réel n’est rien autre que l’application du schéma de la fig. 1. Mais -comme un seul appareil à trois compartiments ne permettrait pas de travailler de façon continue, on dispose 10 de ces unités l’une à la suite de l’autre, à la manière d’un filtre-presse (fig. 2). L’eau dont les sels doivent être retirés pénètre dans l’espace central de la première cellule et quitte l’appareil avec le degré de pureté désiré, après avoir traversé successivement, à 1 aide de siphons, les
- compartiments centraux de toutes les cellules. Le degré d’épuration varie selon la vitesse de circulation de l’eau.
- La tension du courant continu nécessaire peut être de 110 ou 220 volts. En se servant d’eau brute à 18° hydro-timétriques, la dépense de courant par litre d’eau obtenue est d’environ 0,15 à 0,2 kilowatt-heure. La dépense de courant augmente jusqu’à 0,2 à 0,3 kilowatt-heure par litre, si l’on emploie de l’eau titrant de 20 à 35° hydrométriques.
- Le prix de revient de l’eau distillée sans distillation peut être comparé à celui de l’eau distillée ordinaire. En effet, on peut compter que la préparation d’un mètre cube d’eau distillée coûterait :
- 1° dans un appareil distillatoire à quintuple effet, a) chauffé au charbon : 240 kg à 180 fr. la t. soit 43fr20
- b) chauffé au gaz : 240 me. à 0 fr.62, soit. . . . 149fr. 2° par électrosmose.
- 20 kilowatt-heure à 0 fr. 80...............16 fr.
- Il est vrai que l’eau distillée ordinaire n’est généralement pas fabriquée spécialement, mais produite accessoirement en utilisant les chaleurs perdues des machines à vapeur et notamment les eaux de condensation. Il n’en reste pas moins que l’élec-trosmose peut, dans beaucoup de cas, être avantageusement employée, soit qu’on ait besoin d’eau dslillée dans des régions pauvres en eau, dans des installations sans machine à vapeur, ou qu’on désire une eau privee de certains sels, préparée à un degré donné d’épuration.
- Avantages du traitement par l’électro-osmose. — Le procédé électro-osmotique permet de produire de l’eau, dite « distillée » avec un prix de revient plus bas que les procédés habituels, consommant du charbon ou du gaz (ou des kilowatts-heure par thermo-compression). Il est évident que si l’on utilise les calories perdues, des eaux de condensation d’appareils, l’économie apparaît moins évidente. Cependant ce procédé retient encore l’attention par les avantages suivants : L’appareil osmotique demande très peu de place, n’exige pas de fondations et peut, vu son poids peu important, être installé en étages superposés.
- L’appareil petit être branché surn’imporle quelle prise de courant d’un voltage normal (100 à 200 volts) et peut être facilement déplacé. Donc, pas de frais d’installation.
- Il n’exige qu’une surveillance minime ; contrairement aux appareils de distillation, dont les alambics peuvent être brûlés faute d’attention, l’appareil électro-cosmique ne peut pas être abîmé par négligence.
- Tandis que la distillation exige une quantité d’eau importante pour la réfrigération (plusieurs fois multiple de la quantité d’eau distillée produite) l’appareil électroosmotique ne demande pour l’arrosage des électrodes qu’une quantité d’eau représentant 50 à 150 pour 100 de
- Fig. 1. — Cellule é/ectrosmotique dans un bac d’élecirolyse.
- M, compartiment central d’eau épurée : A et K, compartiment de l’anode et de la cathode où se concentrent les ions.
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- la quantité d’eau « distillée « produite. Le procédé électroosmotique n’exige aucune précaution contre l’incendie; pas de conduite de fumée, ni d’échappements pour gaz à haute température.
- La mise en marche et l’arrêt de l’appareil électro-osmotique, peuvent être réalisés très rapidement; au contraire, la mise en marche d’un appareil à distillation demande du temps et de la main-d’œuvre qui sont perdus au point de vue production d’eau distillée. Cet avantage peut
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- prendre une importance particulière dans les usines ayant des fabrications comportant des consommations de courant électrique variables. On peut, en effet, faire fonctionner 1 appareil électro-osmotique dans les périodes où les fabrications sont arrêtées.
- Dans beaucoup de cas, le travail de nuit sera tout indiqué, étant donné le prix moins élevé du courant électrique pendant la nuit.
- H. Sarrot du Bellay.
- Fig. 2. — Un appareil d'éleclrosmose forme de dix cuves d’électrolyse en série.
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- CURIOSITES DE LA NATURE
- Au « Zoo » de Londres :
- « Digger », fils du célèbre kangourou boxeur du jardin zoologique, « Billy », continue les traditions familiales en s’entraînant contre son gardien, pour la joie Jiu public.
- En haut, les « gants inusables » d'une danseuse mauresque de Marrakech dont les mains sont tatouées à l'aide d’une teinture végétale brun foncé.
- A droite, l’amour familial chez le porc-épic. Une mère provenant des États Malais en présence de son enfant âgé d’une semaine au « Zoo » de Londres.
- Au-dessous, deux ennemis australiens • un serpent noir, un des plus venimeux d’Australie et un iguane se préparant au combat.
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- A PROPOS DES VIPÈRES
- A chaque retour du printemps, la question des Vipères revient à l’ordre du jour, question dont l’intérêt ne diminue pas, du reste; car, à l’encontre de beaucoup d’animaux, les Serpents semblent devenir d’année en année plus nombreux.
- Comment détruire les Vipères? nous demande-t-on. — D’abord, en leur faisant la chasse. Ensuite, en protégeant leurs ennemis naturels. —- Le piège ni le poison ’ne peuvent être envisagés, quoique le problème du piège ne soit peut-être pas insoluble.
- M. D., de Vesoul, nous [demande comment progressent les Serpents. Les Ophidiens se déplacent pe;r des ondulations latérales. Chez jces animaux, les côtes, libres à leur extrémité, jouent [un rôle capital dans la reptation, puisqu’elles servent à la fois de support du corps et de levier pour l’actionner en avant. « Lorsque le Serpent veut se mouvoir en avant, il contracte certains muscles intercostaux, de manière à décrire une courbe plus ou moins prononcée, tire en avant les côtes et, dès lors, les plaques du ventre auxquelles elles sont intimement liées, de manière à leur faire prendre une direction presque verticale ; l’animal semble courir sur la pointe de ses côtes [fixées à des plaques cutanées. »
- La colonne vertébrale des Serpents peut exécuter des mouvements latéraux très étendus.
- On sait que les Serpents peuvent nager et grimper sur les arbres. *
- Les Vipères, lourdes et trapues, n’ont jamais l’agilité des Couleuvres. Celles-ci rampent souvent avec grâce, la tête soulevée, vives et légères. Les Vipères se déplacent lentement, pesamment ; elles laissent sur le sol une trace plus marquée et plus continue.
- Les Vipères ne grimpent pas sur les arbres, mais s’enroulent volontiers autour des brindilles tombées à terre. Au contraire, les Couleuvres montent dans les arbres, et c’est cette particularité qui les rend si dangereuses pour les Oiseaux. Le Serpent s’enroule autour d’une branche et progresse en décrivant des spirales analogues à celles d’une vis.
- Les Serpents peuvent sauter, et voici comment Duméril et Bibron ont expliqué le mécanisme du saut chez l’Ophidien :
- « tantôt le Reptile, ayant le corps roulé en cercle sur lui-même, le maintient tendu comme un ressort élastique qui resterait contourné en spirale par la force contractile des muscles de la région latérale interne, concave ou concentrique de l’échine ; mais tout à coup il se débande par le raccourcissement instantané du bord convexe ou externe de la circonférence qui, venant à s’allonger ou à s’étendre subitement, se déploie avec une force et une rapidité extrêmes. Tantôt pour opérer la course ou le transport plus rapide, tantôt pour fuir ou avancer avec plus de célérité, le Serpent exécute ainsi une série de bonds successifs ou de soubresauts partiels qui se produisent dans le sens de la longueur au moyen d’ondulations sur les flancs, en avant ou de haut en bas, et réciproquement, avec de légères sinuosités qui se corrigent alternativement. » (« Erpétologie générale »).
- Les Vipères n’ont pas l’habitude de chercher ni de poursuivre leurs victimes. Paresseusement lovées, elles attendent que viennent à passer près d’elles l’un des petits animaux dont elles se nourrissent, Mulots, Campagnols, etc... Alors, brusquement détendu, le Serpent projette la partie antérieure de son corps pour s’élancer sur sa proie et la mordre : « la bouche s’est ouverte, les mâchoires se sont subitement séparées, la supérieure s’est relevée à angle droit avec le crâne sur l’échine ; par une admirable, mais simple disposition de la structure des pièces osseuses, les crochets veni-
- meux se sont redressés, la pointe acérée qui les termine a été dirigée en avant, afin de pouvoir percer la peau et pénétrer dans une partie quelconque [des chairs molles, où ces aiguilles s’enfoncent comme le ferait une flèche lancée avec force et vélocité. »
- La Vipère sait que sa victime succombera à l’envenimation, elle s’immobilise de nouveau jusqu’à ce que, voyant le petit animal tomber et expirer, elle s’en approche pour le saisir et l’avaler.
- La Vipère ne poursuit pas l’Homme, mais si [elle se croit en danger et si l’on vient à passer trop près d’elle, prompte comme l’éclair, elle se détend pour mordre. Aussi, dans les [régions fréquentées par les Vipères, est-il indispensable de se vêtir en conséquence, surtout de porter de fortes chaussures, des guêtres ou des bottes. La Vipère ne peut accomplir un saut que de la moitié de sa longueur totale, elle ne peut donc pas s’élancer à plus de trente-cinq centimètres.
- Si brusquement, l’on se trouve en présence d’une Vipère,, le mieux est de demeurer calme et de se retirer avant de l’avoir effleurée ou effrayée.
- Dans notre article sur les Vipères de France (paru dans le numéro 2613 de « La Nature »), nous avons donné les caractères distinctifs des Vipères. Rappelons seulement ici que la Vipère Berus ou Péliade, Vipera Berus, habite plutôt le nord et l’est delà France; elle aime à s’établir dans les landes sèches, sur les hauteurs. En plaine, elle se tient parfois dans les endroits marécageux. La Vipère Aspic, Vipera Aspis, au; museau retroussé, habite plutôt le sud ; mais on la trouve dans les montagnes, à de très grandes altitudes, — à près de 3000 mètres dans les Alpes. Elle préfère les lieux secs, bien exposés au soleil dont elle savoure les rayons tamisés par les broussailles.
- Les Vipères sont de caractère irascible, pourtant elles s’habituent rapidement à la captivité et connaissent leur entourage, ainsi que nous avons pu en juger par celles que Mme le docteur Phisalix a présentées à la Société Nationale d’Acclimatation de^France, au cours de séances d’erpétologie.
- Les Vipères ne s’éloignent généralement pas beaucoup de leurs endroits derprédilection. Le chasseur de Serpents venimeux peut facilement en détruire un grand nombre. Certains de ces chasseurs sont habiles à les tuer d’un coup de bâton asséné sur la nuque. D’autres, leur tranchent la tête. De toutes façons, il est bon de prendre garde à ne pas se blesser avec les crochets venimeux de la Vipère morte.
- Le chasseur de Vipères ne doit pas oublier dans son équipement le pansement indispensable à une morsure éventuelle. Si cet accident se produit, il est recommandé d’appliquer une ligature entre le cœur et la blessure, de débrider la plaie et de la faire saigner, de détruire le venin sur place, àu moyen de la préparation du Docteur Viaud-Grand-Marais (acide phénique et alcool par moitié), ou au moyen d’une solution de permanganate de potasse à 1 pour 100, ou de chlore à 1 pour 60. Une injection de sérum antivenimeux complète le traitement. Le sérum antivenimeux est le seul remède capable de neutraliser les effets du venin, lorsque celui-ci a pénétré dans l’organisme.
- Pour lutter contre les Vipères, il faut, autant que possible, détruire les broussailles qui leur servent de retraite, principalement autour des habitations.
- Enfin, pourquoi ne pas respecter et protéger les animaux qui sont les ennemis des Vipères ? En premier lieu le Hérisson est notre allié naturel ; le Blaireau ne l’est pas moins
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- Parmi les Oiseaux, le Circaète Jean-le-Blanc, la Buse et le Busard, sont de grands destructeurs de Vipères.
- Notre correspondant de Vesoul fait remarquer qu’il n’a jamais rencontré de Sérpents dans les Hautes-Vosges : il attribue cette particularité à la présence des Cigognes d’Alsace.
- Il est certain que les Echassiers, tels que la Cigogne, le Héron, etc..., dévorent les Serpents. Les Corbeaux, les Pies, mangent également les jeunes.
- Dans l’Amérique du Sud, des Échassiers, connus en Colombie sous les noms de Culebrero et de Guacabo. recherchent les jeunes Serpents pour s’en nourrir. M. le docteur A. Calmette, dans' son ouvrage sur « Les Venins », signale ces Oiseaux et exprime les regrets suivants : « Du reste, ces Oiseaux sont peu nombreux et les chasseurs les recher-
- chent à cause de leur plumage aux couleurs très vives, et on a le tort de ne rien tenter pour éviter leur destruction, ni pour les acclimater dans les pays où les Serpents venimeux constituent une véritable calamité, comme la Martinique, nie de Sainte-Lucie ou l’Inde. »
- Quelques-uns de nos lecteurs peuvent-ils nous donner des renseignements sur le Culebrero et le Guacabo et nous dire si ces Oiseaux existent encore ? Nous leur serions reconnaissants.
- Enfin, les personnes qui, comme M. D. de Vesoul, cherchent à se procurer des Vipères et des Couleuvres montées, doivent s’adresser aux naturalistes. Il n’est pas rare de voir* en vitrine de ces Reptiles fort bien préparés.
- Alex. Feuillée-Billot.
- ENTRETIENS DE PHOTOGRAPHIE PRATIQUE"
- LA DÉTERMINATION DU TEMPS DE POSE
- Est-il bien nécessaire de rappeler ici l’importance, capitale en photographie, de cet élément inconnu : le temps de pose? Quel que soit le résultat à obtenir : négatif, agrandissement ou tirage positif, cette question se pose chaque fois à notre esprit et relativement peu d’amateurs peuvent la résoudre d’une façon à peu près certaine, devant la grande variété des cas susceptibles de se présenter.
- Non seulement le souci de la bonne exécution de nos clichés doit nous conduire à ne négliger aucune chance de succès, mais la hausse constante du prix des plaques donne à cette question une nouvelle actualité et engage à limiter le plus possible les pertes inévitables.
- Poser correctement, c’est admettre sur la plaque une quantité de lumière telle qu’après développement normal bien conduit, le cliché présente dans ses parties les plus sombres une certaine transparence, et qu’inversement, les zones les plus claires comportent une légère impression. Seules, les réserves produites par les taquets du porte-plaque doivent rester complètement transparentes. La plaque bien posée est aussi détaillée dans les grandes lumières que dans les parties sombres. Au développement, elle doit monter progressivement, sans s’empâter, l’image restant faiblement visible par réflexion jusqu’à la fin du développement. Un voile général est l’indice d’une surexposition certaine à condition, bien entendu, qu’il ne soit pas dû à une cause accidentelle.
- Heureusement le temps de pose idéal ne relève pas d’une durée mathématique. Les perfectionnements incessants apportés par les fabricants dans la préparation des émulsions sensibles permettent une certaine tolérance. Cette tolérance va aisément du simple au quadruple. Le cliché, tout en ne présentant pas le même caractère, conserve cependant les qualités requises pour un bon tirage.
- Les facteurs influant sur le temps de pose sont :
- 1° L’actinisme de la lumière extérieure ;
- 2° Le sujet;
- 3° Le diaphragme utilisé;
- 4® La sensibilité de la plaque.
- 1. Voir La Nature, n° 2720, du 24 juillet 1926, p. 55 à 59.
- ACTINISME DE LA LUMÈIRE SOLAIRE
- Sans chercher à démontrer ici son influence primordiale, contentons-nous d’indiquer que son intensité, très variable, est fonction de la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon. Il est donc logique, pour une détermination arithmétique du temps de pose, de noter la saison, l’heure où l’on opère et même la latitude du lieu. De plus, il faudra naturellement tenir compte des divers obstacles diffusants ou réfléchissants qui interceptent plus ou moins cette même lumière, c’est-à-dire de l’état météorologique de l’atmosphère.
- SUJET
- A première vue, le sujet ne devrait jouer aucun rôle dans la détermination du temps de pose. En effet, ayant réglé le diaphragme et la vitesse d’obturation en rapport avec la luminosité extérieure, il paraît naturel de poser un temps égal dans tous les cas possibles. Un sujet clair impressionnera fortement la plaque et donnera par conséquent une épreuve positive claire et vice versa{1). On doit obtenir ainsi des positifs équivalents à l’impression visuelle.
- Cette méthode est utilisée effectivement dans la mesure du temps de pose au moyen du noircissement d’un papier sensible, comme nous le verrons plus loin. Dans ce procédé, le temps de noircissement nécessité par l’actinisme total, combiné avec l’ouverture du diaphragme, donne le temps d’exposition. Les sujets très clairs ou très sombres exigent cependant une correction supplémentaire.
- Cette simplification de détermination n’est pas applicable à d’autres méthodes, à l’emploi des tables et des abaques en particulier. Ces dernières donnent bien la luminosité type du ciel aux différentes époques de l’année, mais ne peuvent mesurer la surface du ciel éclairant le sujet qu’au moyen d’un facteur supplémentaire qui est le sujet lui-même.
- 1. Il est d’ailleurs bien évident que le temps de pose nécessaire à la reproduction fidèle d’une gravure est absolument indépendant du sujet représenté.
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- Fig- 1- —Mesure de l’ouverture de la vupille.
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- Si nous considérons une vue de sous-bois, le photomètre au papier sensible indiquera automatiquement la diminution de luminosité due au feuillage épais des arbres, tandis qu’au moyen des tables, après avoir pris la luminosité type du ciel au moment où nous opérons, il sera indispensable de faire intervenir le terme sous-bois afin de tenir compte de l’assombrissement en question.
- DIAPHRAGME
- L’ouverture du diaphragme est le seul facteur que nous pouvons évaluer d’une façon rigoureuse. En effet le temps de pose est exactement proportionnel à l’inverse du carré du diamètre du diaphragme utilisé. On sait que la notation habituelle du diaphragme est le rapport existant entre la distance focale et le diamètre utile de l’objectif, les ouvertures les plus utilisées sont par ordre de luminosité décroissante :
- F/4,5 — 6,3 — 9 — 12,5 — 18 — 25 — 36.
- chaque notation, exige un temps de pose double de la précédente.
- Toute variation dans le tirage de la chambre noire modifiera ce rapport, c’est-à-dire le temps de pose. C'est le cas du dédoublement des objectifs symétriques (pose quatre fois plus grande) ou des reproductions de petits objets à grande échelle.
- La luminosité d’un objectif dépend uniquement du plus gi and diaphragme qu’il peut supporter ; l’absorption soit par transmission, soit par réflexion sur les surfaces optiques est tout à fait négligeable. Un de nos plus modernes anastigmats diaphragmé à F/16 donnera, au point de vue impression acti-nique, le même effet qu’une lentille simple utilisée dans les mêmes conditions. On fera donc bien de se méfier des annonces commerciales vantant un objectif achromatique ou rectiligne « extra rapide » alors qu’il ne peut supporter une] ouverture supérieure à F/11 ou F/8.
- RAPIDITÉ DE LA PLAQUÉ
- Enfin nous devons aussi tenir compte dans la mesure du temps de pose de la rapidité de la plaque employée.
- La sensibilité des différentes émulsions est indiquée par les fabricants suivant divers systèmes sensitométriques. Yoici la correspondance de ces divers systèmes, ainsi que l’indication de Insensibilité relative, d’après M. L.-P» Clerc I1), voir le tableau suivant.
- Il est bon de remarquer que la tolérance aux variations du temps de pose est de plus en.plus faible à mesure que l’émulsion est plus sensible. L’usage des plaques d’extrême rapidité est donc, à tous points de vue, bien plus délicat que l’emploi d’émulsions de sensibilité moyenne.
- PROCÉDÉS D'ÉVALUATION DU TEMPS DE POSE
- Après avoir vu rapidement les divers facteurs influençant le temps de pose, abordons maintenant le problème en lui-même.
- Notre œil, par suite de l’accommodation de la pupille et de la différence de sens-ittilité* chromatique, est un très mauvais indicateur et seules^h^ personnes très exercées peuvent évaluer au jugé le temps de pose approximatif.
- Pour un photographe en atelier, opérant dans des conditions toujours identiques, la grande habitude lui permet d’acquérir cette notion.
- i. Le Photographe, 5 mars 1922.
- !:A
- Schneider Eder Hecht Hurter et Driffield. Watkins. Wynne. Sensibilité relative.
- 1 42 7 11 21 1
- 2 46 9 13 24 1,27
- 3 48 12 17 27 1,62
- 4 50 15 22 30 2.07
- 5 53 19 28 34 2.64
- 6 56 24 36 38 3,36
- 7 58 31 45 43 4,28
- 8 61 40 58 49 5,45
- 9 64 50 74 55 6,95
- 10 66 64 94 63 8,86
- il 68 82 122 71 11,3
- 12 71 104 153 79 14,4
- 13 74 133 196 90 •18,3
- 14 77 170 250 101 23,4
- 15 80 216 317 114 29,8
- 16 82 276 405 129 37,9
- 17 84 351 515 145 48,3
- 18 86 448 660 165 61,6
- 19 88 570 840 186 78,5
- 20 90 727 1065 209 100
- Mais ce procédé se complique singulièrement lorsqu’il s’agit d’aborder les sujets les plus variés. Il est bien difficile de suppléer ici à la pratique par une instruction quelconque.
- Il en est de même de la méthode basée sur l’examen de l’image sur le verre dépoli; dans ce cas, il est tenu compte automatiquement du diaphragme utilisé, mais la faculté d’accommodation de la pupille de l’œil à la lumière extérieure rend l’évaluation très difficilement comparable à elle-même. L’œil n’a pas beaucoup de « mémoire lumineuse ».
- Plusieurs procédés de mesure du temps de pose utilisent l’impression visuelle : citons notamment l’usage du verre bleu dégradé ; pour cela, le sujet est vu par un œilleton devant lequel coulisse un prisme ou un secteur bleu d’intensité variable. Le mode d’emploi de l’appareil indique qu’il faut assombrir ainsi progressivement la vision jusqu’à disparition des détails dans les régions lés plus sombres.
- A l’usage, on s’aperçoit que l’œil s’accoutume bientôt à la vision à travers l’écran coloré ; à mesure que l’image s’assombrit, la pupille se dilate, s’accommode au peu de lumière reçue et, en manœuvrant progressivement le prisme dégradé, il est souvent possible de pousser jusqu’au bout de la graduation sans voir se produire l’effet attendu. Il est de toute évidence que l’instrument ne peut donner les mêmes résultats si l’emploi en est fait dans un milieu très actinique, lorsque la rétine est éblouie ou bien au sortir d’un lieu sombre. L’expérience confirme que, dans ces de&ix cas, le temps de pose trouvé est très différent pour un ‘même sujet donné.
- Pourquoi donc ne mesurerions-nous pas directement la dimension de la pupille, conséquence naturelle de l’éclairage extérieur? Ce procédé a été effectivement utilisé au moyen d’un petit instrument aussi simple qu’ingénieux et qui se compose (fig. 1) de deux lamelles de carton A et B portant, l’une une mince fente horizontale et l’autre deux autres fentes non parallèles, disposées presque verticalement.
- La superposition des deux cartons laisse visibles deux points lumineux a et a' dont on a fait varier l’écartement par coulissement du carton B de haut en bas ou inversement. En plaçant cet ensemble tout près de l’œil, on aperçoit deux
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- petits disques lumineux séparés par un espace qui est fonction de l’écartement réel des deux trous dans le ^carton et de 1 ouverture de la pupille. Par le mouvement du carton B, on peut amener les deux disques lumineux à être tangents. La longueur du coulissement ainsi nécessité peut donner des indications sur la luminosité extérieure.
- On peut objecter que ce procédé est essentiellement personnel, la dilatation de la pupille étant différente suivant les individus et sujette à divers excitants; d’autre part l’œil, se trouvant isolé de la lumière extérieure par le carton, la pupille modifie rapidement son ouverture primitive. Cependant cette dernière difficulté pourrait sans doute être tournée en employant, au lieu de carton, des écrans semi-transparents laissant agir sur la pupille un rayonnement qui serait naturellement fonction de la luminosité extérieure.
- Bien des appareils actuellement en vente dans le commerce sont basés sur le noircissement au jour d’un morceau de papier sensible spécial, analogue aux émulsions négatives des plaques. Le nombre de secondes nécessité pour atteindre une teinte étalon fournit les indications nécessaires au temps de pose.
- Ce procédé donne automatiquement le produit des facteurs les plus délicats à mesurer et son emploi est à recommander pour les sujets inhabituels ou dans les circonstances d’éclairage difficiles à évaluer; par contre, il ne peut donner aucun renseignement direct lorsqu’on opère en plein soleil et il est souvent nécessaire d’employer des tables corrigeant ou interprétant les indications fournies par le photomètre. Mentionnons également la nécessité de réapprovisionnement de la surface sensible et la difficulté éprouvée par certaines personnes à saisir l’instant exact de la concordance des teintes.
- A notre avis, il est plus simple et peut-être plus précis de
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- déterminer le temps de pose au moyen de tables bien construites, éliminant le plus possible le coefficient d’appréciation personnelle.
- La meilleure table de temps de pose et l’une des plus complètes est certainement celle publiée par MM. Huillard et Cousin, de la Société française de Photographie. Dans ces tables, les différents facteurs sont évalués au moyen de leurs logarithmes.il suffit donc de faire la somme de ces coefficients pour obtenir le temps de pose au moyen d’un tableau supplémentaire.
- C'est sur ce principe qu’est basée la table que nous présentons ici. En plus de son emploi facile, elle a l’avantage d’avoir été vérifiée par une longue pratique, les données de MM. Huillard et Cousin étant employées journellement par des milliers d’opérateurs; son prix de revient sera des plus modiques et, enfin, son faible volume permet de l’avoir constamment sur soi, prête à l’usage immédiat.
- CONSTRUCTION DE LA TABLE
- Au moyen de bristol mince, confectionner un petit carnet composé de quatre feuilles, c’est-à-dire huit pages. Si nous entoilons le dos de ce carnet, sa conservation n’en sera que meilleure.
- Sur ces pages, il s’agira de reproduire les tableaux ci-contre. Le moyen le plus simple est évidemment de les découper et de les coller. Pour ceux qui sont très patients, on peut conseiller de les copier. Enfin, pour les vrais amateurs, le procédé le plus élégant consiste naturellement à les reproduire photographiquement à l’échelle qui conviendra’le mieux. Les positifs seront alors tirés sur papier blanc brillant à contrastes. Une fois secs, on pourra les recouvrir d’un vernis cellulosique incolore quelconque, soit par exemple :
- Celluloïd transparent. ... 5 grammes.
- Acétate d’amyle...............100 —
- Acétone...................... 50 —
- Ils résisteront ainsi indéfiniment au frottement et seront insalissables.
- Quel que soit le procédé choisi, voici comment on montera ces tableaux.
- Numérotons au crayon nos pages de 1 à 8.
- La page 1 portera tel titre qu’il nous plaira d’y mettre.
- La page 2 sera laissée en blanc.
- Sur la page 3 on collera le tableau I. Lumière.
- — 4 — II. Sujet.
- — 5 — II. Sujet (suite).
- — 6 - III. Sensibilité,
- Sur la page 7 on collera la parLie fixe du tableau « Temps de Pose » puis une fois sec, on découpera avec un canif bien effilé'les parties hachurées ainsi que l’échancrure de la partie inférieure (fig. 6).
- En ce qui concerne le disque mobile, on teintera en vert les nombres correspondant au temps de pose, indiqués par la lettre a, et en rouge les divisions marquées par la lettre b, ceci afin de différencier le temps exprimé en secondes (en blanc) de celui exprimé en minutes (en vert) ou en heures (en rouge).
- Puis ce disque sera lui-même collé sur du carton mince, découpé et monté derrière le dernier tableau, en ayant soin de le centrer bien exactement; le plus pratique consiste aie fixer au moyen d’un œillet métallique (fig. 7).
- Enfin une feuille de papier épais sera collée par les bords seulement au dos du tout. Le disque devra tourner facilement sans cependant présenter de jeu.
- USAGE DE LA TABLE
- Choisir dans chacun des tableaux I, II et III le nombre correspondant aux conditions de prise de vue. Faire la somme des 3 coefficients trouvés. Au moyen-du disque mobile, faire apparaître le total de ces coefficients dans la petite fenêtre rectangulaire du dernier tableau. On trouvera à la partie inférieure le temps de pose correspondant aux divers diaphragmes susceptibles d’être utilisés.
- Exemple :
- Le 25 juillet, à 15 heures (heure d’été), soit T4 heures, Ciel blanc lumineux, groupe en plein air, plaque Lumière S. E.
- On trouve :
- Tableau I. Juillet, 2 heures du soir, Ciel. B . . 7
- Tableau II. Groupe en plein air................12
- Tableau III. Sensibilité.................... 9
- Total. ... 28
- Amenons le chiffre 28 dans la case « Nombre total ». Nous trouverons comme temps de pose :
- Soit 1/50 de seconde à F/4,5 ;
- Soit 1/20 de seconde à F/7 ;
- Soit 1/2 seconde à F/23, etc...
- Afin de pouvoir opérer plus rapidement au cours d’une excursion, les conditions d’éclairage ne variant que faiblement dans le milieu d’une après-midi, on peut faire d’avance le total des coefficients Lumière et Sujet (soit par exemple : paysage) et Sensibilité et amener le disque mobile à sa bonne position. Il nous suffira donc d’une rapide lecture au moment de la prise de vue, quitte à augmenter ou diminuer légèrement le
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- Fig. 2. — Partie fixe.
- temps de pose indiqué si les conditions ne correspondent pas exactement à celles que nous avions prévues.
- Cette pratique très recommandable aura de plus l’avantage de donner insensiblement l’expérience nécessaire à l’estimation personnelle du temps de pose.
- REMARQUES SUR LES DIFFÉRENTS TABLEAUX
- Le tableau I a été simplifié intentionnellement en ce qui concerne les divisions de l’année, afin de pouvoir réduire le plus possible la dimension des tableaux sans nuire à leur bonne lisibilité. Pratiquement, cette simplification ne modifie pas le résultat d’une façon sensible, tout en permettant la recherche plus rapide du coefficient convenable.
- Par contre la table II a été augmentée de nombre de sujets se présentant fréquemment, notamment les portraits, composant souvent la grande partie des clichés d’amateurs.
- En ce qui concerne les intérieurs, dé même que pour les portraits et reproductions près d’une fenêtre, les chiffres établis à la suite de moyennes ne peuvent indiquer que l’ordre de grandeur du temps de pose, car il est difficile de
- tenir compte des conditions locales très variables. Ils seront cependant d’une bonne utilité pour l’amateur, qui pourra les remplacer par des chiffres plus exacts, correspondant à ses conditions propres d’éclairage.
- Le problème des reproductions se posant quelquefois, on trouvera des données spéciales pour ce sujet. Si l’on opère le soir, on pourra se servir de la lumière électrique au moyen des nombres établis à cet effet.
- Enfin, pour les amateurs de curiosités, nous avons ajouté quelques chiffres concernant la photographie nocturne. Ce genre de vues, bien faciles à prendre, est riche en effets originaux. L’usage des plaques anti-halo s’impose ici.
- Le dernier tableau (temps de pose) est plus aisé à employer que sous la forme de table ordinaire. En effet, il donne automatiquement le temps de pose pour les divers diaphragmes sans nécessiter d'opération supplémentaire.
- Ce tableau permet même de résoudre la queslion inverse : à combien doit-on diaphragmer pour opérer à telle vitesse? La solution de ce problème est précieuse dans la photographie des objets en mouvement, lorsque le temps de pose ne doit pas dépasser une certaine valeur, et pour les amateurs qui possèdent un obturateur ne permettant que quelques vitesses particulières, 1/250 et 1/50' de seconde par exemple.
- Fig. 3.
- Partie mobile.
- En outre si, à la grande ouverture de notre diaphragme, la table nous indique par exemple 1/10° de seconde, vitesse qu’il nous est impossible de réaliser avec notre obturateur, il n’y aura qu’à diaphragmer convenablement afin de poser une seconde, chose toujours facile à réaliser à la main.
- A. Hamon.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- DESTRUCTION DES GENETS PAR LE CHLORATE DE SOUDE
- Les essais effectués par MM. Frou et Arnal, au camp d’aviation de Luxeuil, pour détruire des genêts qui avaient envahi le terrain, ont donné des résultats très concluants, dans les conditions suivantes :
- Pour détruire les genêts d’Espagne, on a employé sur une partie 50 litres d’une solution de chlorate de soude à 10 pour 100.
- Après ce traitement, les souches des genêts étaient mortes et complètement desséchées au bout de deux mois.
- Par suite de la destruction des genêts, on a pu extraire facilement les souches. Même à une profondeur de 15 cm dans le sol, le système radiculaire était détruit. Les souches étaient comme grillées et cassaient comme du bois sec.
- L’emploi du chlorate de soude doit se faire avec toutes les précautions de prudence nécessaires pour éviter de porter atteinte aux plantes cultivées. H. B.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d'Avril 1921.
- CHIMIE MINÉRALE
- Sur la réduction des minerais oxydés. (M. Bogitch). — Pour déterminer la composition d’un lit de fusion, on calculait jusqu’ici l’oxygène des bases et des acides contenus dans le minerai à traiter, pour en déduire la quantité de charbon à employer, en admettant que la réduction s’opère dans les fours industriels : par l’oxyde CO avant la fusion et par l’élément C fixe après la fusion.
- Les dernières expériences de M. B. Bogitch ont porté sur des minerais oxydés pauvres de nickel et de cuivre et montré notamment le rôle de la chaux que l’on ajoute — parfois sous la forme de calcaire — pour libérer les oxydes combinés avec la silice et permettre de cette façon leur réduction. Il semble que l’apport d’une base ne fait qu’augmenter la réduction quand la fusion est trop rapide ; dans le cas contraire, l’effet est peu sensible.
- M. Bogitch en déduit qu’il y a intérêt, pour fixer le lit de fusion, à chercher, dans une première série d’expériences de fusions lentes, la quantité de réducteur nécessaire pour amener l’opération au degré de réduction voulu, puis, dans une seconde série de fusions rapides, de voir la proportion de fondant donnant le maximum de métal réduit et correspondant au maximum de fluidité de la scorie à la température moyenne du four.
- CHIMIE AGRICOLE
- La solubilisation du soufre élémentaire dans une terre riche en azote organique. (MM. Guitton-neau et J.J Keilling). — Les premières études de l’un des auteurs avaient indiqué qu’au contact de matières organiques et dans les milieux de cultures liquides, neutres et devenant alcalins, l’élément S se transforme en sulfates par un processus microbien complexe pendant lequel il pasre tout d’abord à l’état S203M2, M représentant un métal monovalent, ou S-03Ca.
- Dans le jardin de l’Institut agronomique de Paris, MM. Guittonneau et Keilling viennent de constater qu’entre le soufre élémentaire et le soufre transformé en sulfates, le métabolisme microbien peut faire apparaître dans le sol des formes intermédiaires, notamment sous l’action d’une ammonisation rapide, — sans qu’il y ait pour cela passage à l’état de sulfures.
- ICHTHYOLOGIE
- Le comportement du Germon dans les couches d’eaux tièdes de faible épaisseur. (M. G. Bélloc). — On sait que Thynnus alalonga Gm abonde parfois dans les eaux où croisent les bateaux thonniers, sans mordre à l’appât habituel (crin, paille de maïs) et, paraissant très actif, bondit souvent hors de l’eau. Alors qu’aux endroits où il ne saute pas, sa capture est relativement facile.
- Une croisière de YHété, au cours, de la campagne de pêche de 1926,a permis d’expliquer ces attitudes différentes par les conditions hydrobiologiques de ces deux régions. Dans le
- premier cas, le poisson évolue dans une couche d’eau de faible épaisseur et de température supérieure à 14°; il se nourrit ainsi en grande abondance de crevettes rouges (Enthemisto bispinosa) et de divers Céphalopodes (Scombre-sox saurus) ; dans le second, il a pour habitat une couche d’eau dont l’épaisseur atteint 40 m. ; son alimentation étant plus difficile à assurer, il se laisse tenter par les appâts en usage.
- MÉDECINE
- L’emploi'd’un gaz pour Vintroduction des émanations radioactives dans l’organisme. (MM. Raoul Baveux et G. Yaugeois). — On sait que les effets de telles émanations se traduisent par une stimulation générale des combustions organiques : augmentation de l’oxygène absorbé et de l’acide carbonique éliminé, élévation du quotient respiratoire, etc. D’autre part, comme elles provoquent une amélioration dans certains états diathésiques comme la goutte, l’arthritisme, les toxémies, il peut y avoir un gros intérêt à régler les conditions les meilleures de leur introduction dans l’organisme.
- MM. Bayeux et Yaugeois ont été ainsi conduits à penser qu’on pourrait utiliser dans ce but les injections hypodermiques d’un gaz tel que l’oxygène, agissant comme véhicule. En employant l’oxygénateur de Bayeux-Richard et de l’oxygène radioactivé, au contact d’un sel de radium ou de thorium, ils ont obtenu des résultats probants pour des pneumo-lhorax thérapeutiques et le traitement d’arthrites ou de cystites. Il est à noter que, dans le cas d’injections sous-cutanées notamment, la présence de l’émanation rend deux fois plus rapide la vitesse d’absorption de l’oxygène : ce qui est de la plus haute importance dans les cas d’asphyxies.
- Il semble enfin que cette nouvelle thérapeutique peut s’appliquer au traitement des tumeurs.
- Paul Baud.
- \ BOTANIQUE
- Les algues perforantes, leur distribution et leur rôle (M. G. Nadson). — Par cette nouvelle note, l’auteur rappelle les descriptions qu’il a données dans un important travail paru en 1900 et qui tendait à montrer déjà qu’étant extrêmement répandues dans la plupart des mers, les dix espèces d’algues perforantes, aujourd’hui connues, jouent un rôle des plus importants pour la destruction des substances calcaires, depuis le tégument délicat des Bryozoaires et les tubes des vers jusqu’aux roches les plus dures.
- M. Nadson indique aussi que l’action dissolvante de ces végétaux s’exerce non seulement sur le carbonate de chaux, mais encore sur le sel correspondant de magnésie dont l’élément Mg est ainsi entraîné dans la circulation.
- Enfin la grande extension des algues perforantes et l’importance de leur rôle ne datent pas de l’époque actuelle. On peut nettement les faire remonter à l’époque silurienne, si l’on veut bien considérer les canaux et les galeries trouvés dans le test des mollusques et les os des animaux fossiles,
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- LIVRES NOUVEAUX
- La chaleur et le froid, par A. Boutaric. 1vol. 280 p., 68 fig.
- (Bibliothèque du DrjG. Lebon). Flammarion, éditeur. Paris, 192,
- Prix: 12 francs.
- Les phénomènes calorifiques sont d’une importance capitale aussi bien au point de vue théorique que pratique, et de tout temps ils ont suscité les méditations et les recherches des philosophes, des savants et des praticiens. M. Boutaric expose d'une façon attrayante, et à la portée de tous, les grandes lignes de ce chapitre de la physique. Il montre comment s’est créé le thermomètre, qui est la base essentielle de toute la science de la chaleur, il indique comment on définit et mesure les quantités de chaleur, puis il étudie les lois des principaux phénomènes calorifiques ; dilatations, changements d’état, propriétés de la matière aux: hautes et basses températures, propagation de la chaleur. Il montre le sens des deux grands principes : équivalence et principe de Carnot, qui régissent les transformations de l’énergie calorifique comme de toute énergie.
- The Founders of Seismology, by Charles Davison,
- 1 vol. 240 p., Cambridge University Press London, 1927. Prix
- net : 12 sh. 6.
- La séismologie, ou science des tremblements de terre, est de création récente. Ses premiers balbutiements ne remontent pas au delà de la seconde moitié du xvin0 siècle. Aujourd’hui, malgré un laps de temps si court, elle constitue un ensemble de doctrines solide, appuyé sur des observations méthodiquement poursuivies, et quoique encore dans l’enfance elle rend déjà de très grands services. L’ouvrage de M. Davison, consacré aux fondateurs de la séismologie, résume pour chacun des pionniers de cette science la part qu’il a apportée à l’édifice commun. L’auteur a ainsi tracé un tableau attrayant et fidèle de l’évolution de la séismologie depuis ses débuts. C'est tout d’abord Michell (1724-1798), astronome anglais qui le premier fait une étude méthodique des tremblements de terre connus à son époque et cherche à donner une explication scientifique du phénomène; puis au début du xtxe siècle, divers savants comme Mérian, Egen, von Hoff, Lyell, Humboldt accordent aux séismes, incidemment, quelques-unes de leurs méditations. Puis voici les grands spécialistes qui apparaissent : en France, Alexis Peirey (1807-1882) dont les travaux statistiques gardent encore de la valeur, et Robert, Mallet (1810-1832) en Angleterre à qui l’on doit les premières analyses du phénomène séismique. Les grands noms qui émergent ensuite sont ceux de l’école italienne avec Palmieri, Bertelli, Rossi, Mercelli, celui de Dutton aux Etats-Unis, et surtout celui du français Montessus de Ballore et ceux de l’école anglo-japonaise avec J. Milne et F. Omori
- Mesures électriques, par Jean Granier, 1 vol. in-16,
- 84 fig. Armand Collin, éditeur. Paris, 1827. Prix broché : 9 fr.
- Voici un excellent précis, qui résume les méthodes, et procédés pratiquement employés pour mesurer les diverses grandeurs électriques que l’on rencontre dans le maniement de l’énergie électrique. Il s’attache exclusivement aux montages modernes, pour chacun d'eux il discute ses avantages et inconvénients. L’ouvrage sera un guide très utile pour les ingénieurs, praticiens et également les amateurs.
- Le réseau navigable français, par O. Jacquinot. 1 vol.
- 464pages, 38 fig. J.-B Baillière et fils. Paris, 1927. Prix; 82 francs.
- C’est la vie même de l’ensemble de notre réseau navigable que dépeint et analyse ce deuxième volume du traité de navigation intérieure de M. Jacquinot. On se plaint souvent ert à juste titre de l’insuffisance de ce réseau; malheureusement le grand public connaît mal les conditions de son fonctionnement, et il croit très volontiers que cette situation ne pourrait être améliorée qu’au prix de travaux grandioses, mais coûteux. Il est frappant de voir, avec M. Jacquinot, quels immenses progrès pourrait réaliser, sans grands frais, le réseau actuel, par un simple effort d’organisation rationnelle de la batellerie, du halage, des affrètements, et par le développement de l’outillage des ports. Cet effort doit logiquement précéder et préparer l’ère des grands travaux. On semble s’y appliquer actuellement. Le livre de M. Jacquinot éclaire l’opinion pvblique sur cette question importante en même temps qu’il propose des solutions sages et pratiques pour la plupart des problèmes délicats qu’elle soulève.
- L’aviation pour tous, par André Laine. 1 vol., 130 p.,
- 40 dessins, 4 planches hors texte. Delagrave, éditeur, Paris;
- Prix : 7 francs.
- Ce petit livre dit clairement ce que chacun, aujourd’hui, doit
- savoir sur l’aviation : comment l’avion vole, comment on le pilote, comment on le construit, les dangers auxquels il est exposé.
- Voyage du capitaine Cook dans l’hémisphère austral (1772-1774), par le capitaine Jacques Cook., 1 vol. avec 8 planches hors texte et carte, éditions Pierre Roger, Paris. Prix : 14 fr. 50.
- C’est june excellente idée que celle de publier à nouveau, en éditions accessibles à tous, les récits de voyages des grands explorateurs. La relation du 2e voyage de l’illustre Cook, rédigée par son lieutenant Ilawkesworth, voyage marqué par une longue et périlleuse navigation dans les solitudes des mers australes, et par des séjours à la Nouvelle-Zélande, à Tahiti, aux îles les Amis, offre le plus vif attrait par les descriptions des mœurs des indigènes, des paysages, des phénomènes observés.
- Les nègres par M. Delafosse, 1 vol. 80 p., 59 planches hors texte en héliogravure. F. Rieder et Cie, Paris, 1927. Prix : 16 fr. 50.
- M. Delafosse, prématurément enlevé à la science l’an dernier, a consacré sa vie à l’étude des noirs africains ; il a étudié leur histoire, leurs langues, leurs folklores, leurs littératures et leurs civilisations. C’est la conclusion de ses investigations qui constitue en somme cet ouvrage posthume. Nous connaissons mal les noirs, dit l'auteur, et cette ignorance nous fait porter sur eux des jugements de pure convention, dictés par d’antiques préjugés. Il résume les grands traits de la civilisation noire, qui fut parfois très brillante et il démontre qu’il est injuste, à tous égards, de voir dans les peuples nègres des races irrémédiablement arriérées, et de les juger par comparaison avec les peuples européens, pris comme modèle. M. Delafosse nous offre le moyen de, juger les noirs africains d’après ce qu’ils ont fait et d’après ce qu’ils font. Le viE intérêt de ces quelques pages est encore rehaussé par une magnifique illustration.
- Mouvements perpétuels,J par J. Michel. 1 brochure, 60 p., 82 fig. Desforges, Girardot et Cie, éditeurs. Paris, 1927. Prix : 8 francs.
- Il y a toujours des chercheurs de mouvements perpétuels. Les exprits que tente cette chimère sont très difficiles à dissuader. Peut-être la brochure de M. Michel qui décrit 98 mécanismes construits sans succès réussira-t-elle à jdétourner quelques-uns d’entre eux d’une voie sans issue.’J
- Les alternateurs jindustriels, par P. Barbillion et P. Bergeon. 1 vol. in-8, 296 p., 260 fig. 8 planches, Albert Michel, éditeur. Paris, 1927. Prix : 35 francs.
- Cet excellent ouvrage technique est consacré aux alternateurs synchrones, qui forment aujourd’hui l’instrument essentiel de la plupart des centrales électriques. Les auteurs expliquent comment fonctionnent ces machines, en décrivent les différents types et montrent avec exemples à l’appui comment on les calcule.
- Guide pratique de l’ouvrier mécanicien, par
- Guillaume Walker, traduit sur la 8* édition allemande par G. Happich, 1 vol. 428 p., 303 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1927.
- Ce volume constitue un très utile résumé, présenté sous une forme très pratique, des connaissances indispensables à l’ouvrier mécanicien : géométrie, algèbre et trigonométrie élémentaires, transmissions usuelles, pratique du filetage, mécanique élémentaire, notions de résistance des matériaux, propriétés mécaniques essentielles des métaux, résistance des fers profilés, description et fonctionnement des principaux éléments des machines.
- Principes de l’électrochimie, par Jules Ponsinet. 1 vol. 215 p., 35 fig. Armand Colin. Paris, 1927, Prix broché : 9 francs.
- Cet ouvrage expose, avec une parfaite clarté, les lois et le mécanisme de l’électrolyse. Il s’appuie sur l’hypothèse de dissociation en ions des corps en solution. Il montre comment elle conduit à étudier des grandeurs mesurables, dont la détermination a fait de l’électrochimie une science rationnelle. Signalons en particulier un chapitre sur la concentration en ions hydrogène qui est une excellente mise au point de cette question aujourd’hui si importante.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- Les risques d’incendie d’avions en vol et à terre.
- Le 9 février dernier, M. Glerget du S. T. I. Aé., faisait à la Société française de Navigation Aérienne une communication sur « Les risques d’incendie en vol et à terre ».
- La présence d’essence à bord de l’avion rend pour celui-ci le danger d’incendie particulièrement grave et explique la proportion importante d’incendies dans les accidents d’av.iation. Les causes d’incendie se répartissent, d’après les statistiques,
- de la manière suivante :
- Retours de flammes............ 33 0 0
- Fuites aux tuyauteries ... 27 0,0
- Organes du moteur............. 13 0/0
- Indéterminées................. 27 0/0
- La cause la plus fréquente est donc le retour de flammes ; celui-ci est dû soit à un déréglage du carburateur, soit à une rentrée d’air dans les tuyauteries d’admission, soit à une accélération brusque dans la vitesse du moteur (par rupture d’hélice par exemple), toutes causes amenant un appauvrissement du mélange d’alimentation, donc une combustion lente de ce mélange. Si la combustion dure encore à l’ouverture suivante de la soupape d’admission, le feu est communiqué, par l’intermédiaire des gaz frais, au carburateur.
- M. Clerget explique la grande violence du phénomène d’une manière un peu différente : on sait que la fermeture de la soupape d’admission, correspondant théoriquement au point mort bas, est toujours retardé de 45° environ, les gaz d’alimentation animés d’une grande vitesse se tassent alors contre le piston et le remplissage est plus complet. Ce tassement est un véritable coup de bélier qui facilite l’inflammation des gaz frais, au contact de la couche de gaz à haute température, produits par la combustion ralentie du cycle précédent et restés dans le cylindre. Le retour est ainsi brutal et de caractère explosif.
- L’accident est aggi’avé d’ailleurs par la présence de nappes d’essence condensée dans la tuyauterie d’admission, quelle que soit la perfection du carburateur employé.
- Une avarie empêchant le fonctionnement de la soupape d’admission (grippage de la tige, rupture du ressort de culbuteur avec coincement de la tige, etc.) peut également produire le retour de flammes.
- Devant la proportion d’incendies, la disposition des organes doit être soigneusement étudiée : éloignement des réservoirs du moteur, cloisons pare-feu, réservoirs sous pression abandonnés, etc.
- Des obturateurs, sortes de clapets, peuvent être placés sur les tuyauteries d’admission pour empêcher l’inversion du sens du courant gazeux ; enfin le larguage et la vidange des réservoirs peuvent, sous certaines conditions (essence canalisée à la vidange, jusqu’à l’arrière de l’appareil), éviter les conséquences désastreuses de l’incendie.
- Les appareils détecteurs d’incendie présentent une sûreté de fonctionnement et une sensibilité remarquables : certains sont même sensibles à la chaleur de la respiration; combinés à un extincteur ils rendent automatiques les manœuvres d'extinction (extincteur Béchard).
- Les fuites et les obturations de tuyauteries seront éliminées par l’emploi de raccords souples et résistants, par la bonne disposition des tubes évitant les « cors de chasse » verticaux et les serpentins, enfin par la bonne exécution des brasures (brasures à l’argent).
- Ces précautions prises, l’incendie trop classique par retour de flammes ou par fuite de canalisation sera évité, ou en tout cas rendu moins grave.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Le brunissage et le bronzage des objets d’acier.
- On brunit les objets d’acier pour les protéger contre la rouille, pour leur enlever l’éclat métallique (armes de guerre), ou pour leur communiquer un aspect, une couleur agréables. La protection peut être poussée jusqu’à une certaine résistance aux solutions acides. Selon l’objet à brunir et le résultat qu’on se propose d’obtenir, on emploie tel ou tel des nombreux procédés dont on dispose. En voici quelques-uns donnés, d’après M. Meysahn, dans Chemiker-Zeitung du 15 septembre dernier.
- Quel que soit le procédé employé, les pièces à brunir, à bronzer, à « oxyder », doivent être soigneusement débarrassées des moindres traces de rouille et de graisse. A cet effet, on les passe au gratte-brosse, puis on les plonge dans l’essence de pétrole ou la benzine ; quelquefois on dégraisse dans une solution chauffée, obtenue en dissolvant la soude caustique dans dix fois son poids d’eau. On doit quelquefois recourir à un véritable décapage. En Suisse,, le beau noir mat des boîtiers de montres, dites en acier oxydé, s’obtient grâce à un décapage préalable aux acides sulfurique, chlorhydrique ou fluorhydrique. Des solutions étendues de ces acides sont versées dans des cuves de grès ou de bois ; les objels en sont retirés avec des pinces de bois, tout contact avec la main provoquant infailliblement une tache.
- Les pièces parfaitement nettoyées et polies reçoivent une mince couche soit d’huile de lin, soit de vernis à l’huile de lin, et sont portées dans un moufle ou au-dessus d’un foyer incandescent de charbon de bois ou de coke ; pour éviter la formation ultérieure de taches, on doit chauffer d’abord modérément pour décomposer l’huile, puis achever par une chauffe courte mais intense. Après quoi, on frotte énergiquement l’objet avec un chiffon. Les mêmes opérations sont recommencées plusieurs fois.
- On peut obtenir le même résultat en chauffant préalablement les objets sur un feu de houille, puis en les faisant passer sur des brosses métalliques qui ont été trempées auparavant dans l’huile ou le vernis. S’il s’agit de noircir de petits objets, on les place avec des copeaux de bois imprégnés du dixième de leur poids d’huile de lin dans un tambour en tôle, tournant lentement au-dessus d’un feu de bois.
- Au lieu d’huile de lin, on peut employer l’huile d’olive, d’œillette, de noix, les huiles minérales. On peut aussi remplacer le tambour par un récipient ouvert en prenant soin d’y remuer les objets. Pour les pièces non trempées, on peut utiliser un bain de sel fondu dans lequel on les plonge ; • c’est soit un mélange de 2 parties de soude caustique pour une partie de salpêtre, soit du nitrite de sodium ou de potassium.
- Un autre procédé de brunissage consiste à enduire plusieurs fois les objets d’une solution de 1 gr. de tanin et de 1 gr. d’acide acétique dans un demi-litre d’eau et à les laisser sécher à l’air avant de procéder au badjgeonnags suivant. Un assez bon résultat s’obtient aisément encore par badigeonnage de l’objet avec de l’eau-forte (acide azotique) étendue, suivi d’un rinçage à grande eau.
- Dans les cas qui précèdent, il ne peut être question du dépôt d’un autre métal sur le fer : il n’y a qu’une simple modification de l’état de la surface et il n’y a pas lieu de s’étonner du changement de couleur, car il suffit de modifier très peu la surface d’un corps pour en changer complètement la couleur. Le cas n’est plus le même quand on fait intervenir les sels des métaux proprement dits.
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- Pour obtenir un ton bleuâtre, on peut décaper dans un bain renfermant pour 200 parties d’eau 1 partie de chlorure ferrique et 1 partie de ferricyanure de potassium, ou bien dans un mélange d'une solution de 260 gr. d’hyposulfite de sodium dans 2 litres d’eau avec une solution de 70 gr. de sel de Saturne (acétate neutre de plomb) dans le même volume d’eau. Ce bain doit être chauffé à 80°.
- Pour obtenir un beau ton brun, on enduit les objets bien nettoyés d’un des liquides suivants : solution de 10 gr. d’azotate d’argent dans 1 litre d’eau ; solution de 50 gr. de sulfate de cuivre dans 26 gr. d’alcool à laquelle on a mélangé 200 gr. d’eau dans laquelle on a dissous 5 gr. de copeaux de fer en y ajoutant 14 gr. d’acide azotique. Après dessiccation, les objets doivent être frottés avec un chiffon de laine ; on recommence les mêmes opérations un grand nombre de fois.
- Pour brunir les canons de fusils, on les polit et dégraisse d’abord parfaitement; on les enduit ensuite, dans un local chaud, d’une pâte formée de : 2 parties de beurre d’antimoine (trichlorure d’antimoine), 2 parties de chlorure ferrique cristallisé, 1 partie d’acide gallique, 4 parties d’eau. Après quoi, le canon de fusil est séché dans un local très chaud, frotté et poli avec un chiffon de laine. Quelquefois son polissage est achevé avec un corps gras, comme l’huile d’olive. Ces opérations sont répétées plusieurs fois s’il est nécessaire.
- Tous les procédés qui viennent d’être décrits peuvent être plus ou moins combinés entre eux. E. Lemaire.
- Quelques particularités sur les extincteurs d'incendie.
- Rien n’est plus réconfortant que de voir dans les locaux où se presse une foule affairée ou oisive (magasins, théâtres ou autres lieux publics) la multiplicité des extincteurs d’incendie qui, en lignes déployées, simples grenades ou appareils compliqués, doivent, au moment venu, remplir un rôle de protection. Tantôt ce sont des grenades qui, en se brisant dans le foyer, dégagent des torrents d’acide sulfureux, gaz qui, lorsqu’il ne se diffuse pas trop, peut créer une atmosphère qui n’entretient pas la combustion.
- Tantôt ce sont des appareils lourds, dangereux, sinon pour le feu, au moins pour ceux qui les manient, compliqués, et dans lesquels un acide agissant sur du bicarbonate de soude fait dégager un grand volume d’anhydride carbonique, qui agit comme précédemment l’anhydride sulfureux, pour créer une atmosphère non comburante. Mais, la plupart du temps, les soupapes de ces appareils ne fonctionnent que peu ou pas : les,pièces de métal, oxydées ou carbonatées, ne laissent pas le jeu voulu aux organes au moment intéressant.
- Une troisième classe d’appareils semble avoir donné jus- m qu’ici d’assez bons résultats.
- Ce sont ceux où l’on déverse sur le foyer d’incendie des liquides incombustibles chlorés, de la famille du chloroforme : trichloréthylène, tétrachloréthane, tétrachlorure de carbone et connexes qui se gazéifient immédiatement.
- Ces corps doivent éteindre l’incendie commençant et leui*s vapeurs doivent créer une atmosphère qui ne permette pas au feu de se propager.
- Mais les appareils de ce genre présentent un grave inconvénient : les liquides précités s’hydrolysent sous l’influence de l’humidité atmosphérique qui agit, si bons que soient les joints. Il y a donc production de gaz chlorhydrique qui réagit sur les pièces métalliques, les coince et qui fait que, le jour du danger venu, le fonctionnement des appareils est défectueux et parfois nul.
- Yoici comment on est arrivé à obvier à cet inconvénient.
- On mélange aux composés chlorés de petites quantités soit d’aniline, soit de pyridine, qui sont lentement saturées par le gaz chlorhydrique naissant ; par suite, les effets nocifs des gaz sur les garnitures métalliques sont réduits au minimum .
- Un autre procédé dû à M. Fohlen, ancien ingénieur aux mines de la Sarre, est basé sur l’action retardatrice de petites quantités d’alcool ou de benzine sur [les liquides précités, additionnés d’un alcali. Car le premier procédé a l’inconvénient de boucher les orifices des extincteurs par suite de la formation de chlorhydrates d’aniline et de pyridine.
- En somme, sans vouloir médire des extincteurs d’incendie, nous rappellerons ici l’opinion d’un des plus vieux spécialistes de la défense contre l’incendie, que le meilleur des remèdes contre les feux localisés qui causent ensuite parfois les incendies les plus terribles est encore un seau d’eau (l), toujours prêt et employé de suite, dans un grand nombre de lieux, ajoutons des conduites d’eau prêtes à entrer en service instantanément, toujours vérifiées, autrement qu’en paroles et en règlements accrochés partout, et jamais appliqués (d’ailleurs imprimés en petits caractères impossibles à lire); enfin un personnel réellement dressé, et, si possible, des foules éduquées.
- Voilà bien des conditions, nous dira-t-on.
- Mais la vie des gens et leur mort parfois valent bien qu’on s’en occupe un peu. Albert Hutin.
- COLONISATION
- Le territoire d’Agadir.
- Jusqu’à ces derniers temps, on a considéré dans le grand public le territoire d’Agadir comme très distinct du Maroc, et les touristes s’y aventuraient peu. Il est exact que la zone d’Agadir n’est pas organisée comme le Maroc occidental, auquel il fait suite, mais dont il est séparé par cette formidable barrière qu’est le Haut. Atlas. De cette barrière aux sommets étincelants de neiges qui fait l’admiration des voyageurs arrivant à Marrakech, on ne visite d’ordinaire que quelques localités du versant Nord. Mais les amateurs de tourisme fixés au Maroc commencent à la « découvrir » ; elle leur donne la faculté de se livrer aux exercices salutaires de l’alpinisme, le Club Alpin possède d’ailleurs une section du Maroc. Enfin, les circuits automobiles de l’Afrique du Nord pousseront sous peu jusque dans ces régions. Une route de Mogador à Agadir a été achevée en 1925. Le général Mou-veaux vient de publier dans les documents du Comité de l’Afrique française Une étude d’ensemble sur ce territoire d’Agadir ; il n’a pas oublié d’insister sur le côté pittoresque de ces régions. Mais on doit s’arrêter un instant aux renseignements économiques de son rapport.
- Histoire. — Sans nous arrêter aux temps célèbres de l’antiquité — le Sous ne paraît guère avoir été connu des Romains — ni aux époques de l’empire des Almoravides, xi° siècle; des Mérinides, xm°, xvie siècle, etc.; remarquons que des intérêts français étaient développés, dès 1906, dans le Sous sous forme de prospections minières et de propriétés de la Compagnie d’Agadir et de la Compagnie marocaine. Avec l’année 1911 passe l’incident de la canonnière allemande Panther ; avec 1912 la surveillance par la France, qui aboutit à la pacification déjà avancée et à l’organisation des Sous.
- Possibilités agricoles. —Les richesses du territoire d’Agadir sont, au point de vue agricole, dans la vallée du Sous, de bonnes terres à céréales. Des irrigations sont d’ailleurs
- 1. Le seau d’eau préconisé dans les chambrées au régiment.
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- faites par les indigènes dans cette vallée. La vallée de l’oued Massa, plus au Sud, descendant de F Anti-Atlas, possède également de l’eau toute l’année et offre des terres à céréales.
- Pour le coton, il est probable qu’on trouvera des terres convenables, mais on doit songer à la main-d’œuvre, elle est -insuffisante actuellement pour de grandes cultures industrielles.
- Le tabac est déjà cultivé et est sans doute à développer. Le tabac de la région de l’Oued Noun est apprécié.
- Le ricin a déjà donné lieu à des plantations pour fixation des dunes sur 1500 hectares, ce nombre dispense de commentaires. '
- Des acacias à gomme arabique sont exploités dans le Feidja, plaine située entre l’Anti-Atlas et le Djebel Bani.
- L’olivier, l’amandier, l’oranger et le citronnier sont répandus.
- Le palmier forme de nombreux oasis ; certaines ont plusieurs centaines de mille palmiers.
- Le noyer existe dans le Grand Atlas et en quelques points de l’Anti-Atlas. L’abricotier, le caroubier, le pommier, le pécher, le prunier, le grenadier, le figuier sont des arbres répandus. Enfin, la vigne est cultivée.
- Le bananier vient bien et, d’après le général Mouveaux, il y aurait lieu d’améliorer la qualité des fruits.
- La canne à sucre a été cultivée dans les temps historiques, elle pourrait être essayée à nouveau.
- Les légumes ordinaires sont produits dans le Sous.
- Forêts. — Territoire assez boisé. L’ « arbre du Sous » est l’arganier, une sapotacée : Argania sideroxjlon, qui donne un fruit précieux dont la partie charnue est mangée par le bétail et dont le noyau renferme un albumen oléagineux. L’huile d’argan, dont l’odeur rappelle celle du beurre chauffé, est consommée et lès tourteaux sont employés à l’alimentation du bétail.
- Un thuya (Arar), souvent mélangé à l’arganier, le sumac, le chêne vert sont répandus.
- Comme élevage, les moutons, les bœufs sont encore insuffisamment nombreux; les chèvres abondent. Les chevaux sont répandus et sans doute les ânes, bien que sur ces derniers le rapport soit muet.
- L’amélioration des irrigations pourra être poursuivie.
- Mines. — Du côté de Taroudant et de Tiznit existent des gisements, mais ils sont encore à mettre en valeur, on ne peut donc donner aucune précision sur leur avenir réel.
- Dans l’ensemble, la région du Sous, qui est, géographiquement, bien délimitée, constituera un territoire économique doté, sous peu, de ressources sérieuses, d’un outillage important et d’une organisation administrative qui lui assureront un avenir incontestable. L. R.
- MÉTALLURGIE
- Utilisation des déchets « d'aciers rapides ».
- Les aciers dits « rapides » contiennent des proportions notables de chrome, de tungstène, de molybdène ou de vanadium suivant les usages auxquels ils sont destinés. Par un traitement voulu, au four électrique, on peut les récupérer parmi les tournures, limailles, fraisures et meulages divers de ces alliages, mais à un coût très élevé et avec des pertes qui ont éliminé peu à peu ce genre de travail.
- Si l’on en croit le Chemical Trade du 6 août 1926 on arriverait à précipiter ces métaux en presque totalité de leurs solutions, parle nitrate mercureux. Mais il est nécessaire de contrôler l’acidité de ces solutions avec le plus grand soin.
- On dissout d’abord les tournures, limailles, résidus de
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- meulage contenant lesdits métaux, dans des acides résiduaires faibles (chlorhydrique, nitrique, sulfurique) ou des solutions de sels fortement acides. Ceci s’applique à des alliages pauvres en ces métaux, car pour les alliages riches, la fusion est dè beaucoup le plus intéressant procédé.
- On neutralise presque exactement l’acidité totale et on rend la solution légèrement nitrique. On ajoute aussi la solution de nitrate mercureux, en agitant vigoureusement.
- Les deux solùtions doivent être chaudes. On neuti'alise la faible acidité nitrique par addition d’un lait d’oxyde de mercure. Les oxydes métalliques précipités sont filtrés et calcinés au rouge, sauf s’il y a du molybdène et le mercure, produit coûteux, est récupéré avec soin par refroidissement des vapeurs.
- Les résidus contiennent toujours un peu de silice.
- Si la solution contient du vanadium, des précautions spéciales sont nécessaires.
- La solution de nitrate mercureux doit être ajoutée à la solution froide des métaux et l’on commence à séparer au préalable le précipité jaune orange contenant le vanadium.
- Quand on suppose que ce dernier s’est précipité totalement, on rend la liqueur légèrement alcaline jusqu’à ce que le précipité noircisse et se dépose rapidement par une agitation énergique. Le résidu contient V9 05, plus des traces de V204. Avant de calciner ce dernier, il faut imprégner le filtre d’acide nitrique. Car si de l’acide nitreux était libéré dans la solution, il en résulterait une transformation de V8 Os en un sel de vanadium qui n’est pas précipité par le nitrate mercureux. »
- Avec les prix toujours croissants et élevés de ces métaux (à part le chrome), ce procédé nous paraît intéressant pour les manufactures qui usinent de fortes quantilés d’alliages et d’aciers « rapides ». C’est pourquoi il valait, à notre avis, d’être signalé ici.
- Albert IIutin.
- INDUSTRIE
- Le sucre de betteraves séchées.
- En Italie, on soumet à l’expérimentation un procédé nouveau de fabrication du sucre, dû à M. de Yecchis, procédé basé sur le traitement des cossetles sèches de betteraves.
- La fabrication comprend les phases principales suivantes :
- Les betteraves sont desséchées après avoir été coupées en tranches minces; ensuite, le sucre est extrait de ces tranches desséchées. On procède par lixiviation, c’est-à-dire que l’on sépare des substances insolubles celles qui sont solubles, au lieu de procéder par diffusion (passage d’une solution dans une autre solution moins concentrée).
- L’intérêt que présente ce nouveau procédé d’extraction du sucre de betterave réside surtout dans ce fait que l’on peut, de cette façon, assurer du travail aux sucreries toute l’année, puisque la betterave est ainsi conservée indéfiniment, au lieu d’une fabrication limitée à cent jours seulement, dans le cours d’une année.
- Enfin, ce nouveau procédé offrirait encore l’avantage de permettre la culture de la betterave même lorsqu'il n’y a pas de distilleries, car des sècheries pourraient s’installer sur place, à bien moins de frais, et envoyer les cossettes séchées aux sucreries durant tout le cours de l’année. Ainsi le prix du transport serait très réduit, les cossettes étant débarrassées d’environ 70 pour 100 de leur poids d’eau.
- Ce procédé peut contribuer au développement de l'industrie sucrière traitant la betterave.
- Henri Blin.
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- PETITES INVENTIONS
- CYCLISME
- Bicyclette suspendue.
- Un modèle de bicyclette qu’on pouvait voir circuler l’année dernière assurait la suspension de la selle à l’extrémité d’un ressort à lames.
- Voici un autre genre de bicyclette suspendue, qui utilise
- également le ressort à lames et qui laisse subsister le cadre et, par conséquent, ne change rien à la résistance mécanique de la machine.
- Le ressort à lames est fixé sur le tube arrière du cadre et son dispositif d’attache permet de lui donner la tension voulue d’après le poids du cycliste. 11 faut réaliser deux conditions essentielles au départ : une distance invariable entre la selle et le pédalier, pour éviter les à-coups et, par conséquent, la fatigue ; et enfin une tension régulière des chaînes, pour éviter les flottements.
- Cette machine a été essayée "pendant de longs mois sur les routes pavées du Nord qui ne sont évidemment pas favorables au sport cycliste. On a constaté qu’avec cette suspension à lames, on pouvait se permettre de longues randonnées sans fatigue, quel que soit l’état de la route.
- Constructeur : G. David, 3, rue du Débarcadère, Paris (XYID).
- MÉCANIQUE
- Tronçonneuse à force centrifuge.
- Le tronçonnage des barres ou des tubes métalliques se fait au moyen de machines spéciales appelées tronçonneuses qui
- ont quelque analo-
- Fig. 2. — Une tronçonneuse. S*e. avec les tours.
- La barre qu’il s’agit de couper est située dans l’axe de la machine et reste fixe ; les couteaux sont portés par des montures qui tournent plus ou moins rapidement et un syslème d’avance par chariot ou par tout autre moyen assure la pénétration du couteau au fur et à mesure du travail.
- Lorsque le couteau est parfaitement affûté et que le métal à sectionner est homogène, cette manière de procéder donne de bons résultats, mais
- Fig. 1. — Bicyclette à suspension à lames.
- s’il arrive que les couteaux soient plus ou moins en mauvais état, si l’on rencontre dans la pièce une pârtie plus dure ou un grain, l’effort anormal est supporté par l’outil.
- Une machine nouvelle assure une pression de coupe élastique, qui est réglée suivant les diamètres et qui empêche le travail d’un couteau usagé.
- La pression de coupe des couteaux est produite par la force centrifuge, grâce à deux petites masses fixées à l’extrémité des leviers articulés dans la poulie de commande. Les leviers, au moyen d’un doigt, agissent sur les coulisses porte-couteau et la pression est réglée automatiquement, suivant le diamètre à couper, par des freins à glycérine.
- Il y a donc ainsi une liaison souple. Les deux couteaux travaillent indépendamment l’un de l’autre. L’outil rencontre-t-il un endroit dur dans la barre? il ne produira que des copeaux fins. Inversement, si l’outil rencontre du métal plus tendre, il produira automatiquement des copeaux plus forts.
- Ainsi le réglage se fait de lui-même suivant la nature de la matière à couper et l’état des outils, tout en gardant toujours le même nombre de tours et en garantissant une économie d’outillage ; la rupture des couteaux est pour ainsi dire impossible.
- La coupe terminée, à l’arrêt de la machine, les couteaux avec les chariots se déplacent automatiquement et reviennent à leur position initiale.
- Cette tronçonneuse à grande puissance est établie pour travailler en série et -fournir un gros travail continu. Les différents modèles qui sont actuellement construits peuvent traiter des barres de 30 millimètres de diamètre, de 50 millimètres et de 100 millimètres. Un ouvrier peut conduire deux ou trois machines dont la marche est régulière et silencieuse.
- Constructeur : Louis Besse, 39, rue de Lappe, Paris.
- Fig. 3. — Bétail des couteaux à force centrifuge.
- Silencieux pour machine à coudre.
- Le bruit que fait une machine à coudre est souvent désagréable pour les voisins ; de plus, les vibrations peuvent à la longue dérégler la ma
- chine, casser les fils et nécessiter des réparations plus fréquentes.
- Un inventeur a imaginé de placer sous les pieds des machines à coudre un patin en caoutchouc extra-souple , de forme spéciale, comme celle qui est indiquée par la figure 4. Ce patin élastique comble, en outre, les erreurs de
- Fig. 4.
- Patin silencieux pour machines à coudre.
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- nivellement des planchers et des bâtis et, par sa forme, il permet de faire glisser les machines sans rayer les parquets.
- « Aux Nouveautés Pratiques », 3, avenue Taillade, Paris (XXe).
- TRAVAUX D'AMATEURS Révision des outils de jardinage.
- Les travaux de jardinage commencent ; il est intéressant
- par deux lames coudées à l’extrémité du manche du râteau. Pour enlever les feuilles et les herbes, le râteau est retourné dessus-dessous et, en faisant pression sur le support, on déplace la pièce de tôle qui décrasse les dents.
- Le jardinier qui s’occupe plutôt de décoration fixe, souvent un morceau de bois près des dents pour que les raies ne se voient pas sur le sol.
- On peut aussi munir chaque dent d’extrémité d’une boule de bois.
- Elles servent de glisseurs et évitent que les dents ne soient- reteûues par l’herbe. Les dents sont filetées de manière qu’on puisse visser les boules, maintenues ainsi solidement en place.
- Les manches des outils de jardinage sont souvent détériorés par l’humidité. Il est bon de les passer au papier de verre et de mettre ensuite une petite couche de vernis. Les manches dureront ainsi plus longtemps et ne risqueront pas de donner d’ampoules.
- Pour les mains délicates, on peut garnir le manche d’étoffe, comme nous l’avons dit, ou simplement coller un morceau de canevas.
- Morceaux de! / fendu
- tube / / O
- Q
- 1Partie à enlever
- Fig. 5. — Améliorations à la bêche et au râteau.
- de faire une révision des outils, de les réparer, de les modifier et de les perfectionner au besoin.
- Si la pelle a le bord fendu et déchiqueté, recourbé, on frappe sur les aspérités avec un marteau en posant la pelle à plat sur une pierre. On trace une ligne de manière à rectifier les irrégularités et on coupe la pelle suivant cette ligne avec un ciseau à froid, de manière à lui conserver sa forme. On finit la cassure en limant le bord, de manière à lui donner une forme régulière.
- Si vous craignez que la partie de la pelle soit trop coupante pour vos chaussures et que vous ne vouliez pas mettre de sabots, comme le font les jardiniers, la partie supérieure de la bêche pourra être garnie avec un tuyau de fer, qui aura été coupé suivant une génératrice. Le tuyau est posé à cheval sur la partie supérieure étroite de la bêche, comme il est indiqué sur le croquis (fig 5).
- Dans le cas où la terre colle à la surface de la pelle, on peut éviter cet ennui en perçant la pelle de quelques trous, mais cela n’est pas nécessaire.
- Si l’on craint que la poignée de l’outil glisse, on peut garnir le manche d’un morceau de tissu ou de toile caoutchoutée.
- Examinons maintenant la fourche à labourèr. Lorsqu’une dent est ébréchée ou cassée, il ne faut pas se servir de l’outil ainsi détérioré, mais mettre toutes les autres dents à la même longueur, à la condition, bien entendu, que la cassure ne soit pas trop importante. On coupe les dents à la scie à métaux et on leur donne la forme pointue régulière, à la lime.
- La binette doit couper parfaitement les racines ; il est donc nécessaire d’aiguiser la lame et, si l’on veut éviter que la terre ne s’accumule sur le dessus de la lame, on perce quelques trous espacés, dont le diamètre est en rapport avec celui de la binette.
- L’angle de la lame avec le manche doit être un peu aigu, car le binage se fait vers l'intérieur. Si l’outil ne fonctionne pas bien, il faut modifier l’angle et le résultat sera certainement satisfaisant,
- Le râteau sert à ramasser la terre, la paille, les débris de toute sorte; on l’emploie pour les allées et les pelouses. Le râteau a ses petits inconvénients, comme tous les autres outils ; c’est ainsi que si l’on ratisse l’herbe ou les feuilles, elles ne tardent pas à encrasser les dents. On peut agencer un retire-feuilles formé d’une pièce de fer mobile maintenue
- OBJETS UTILES Briquet à boules.
- Au cours d’un voyage à Bruxelles, j’ai eu l’occasion de me servir d’un briquet très original, qui n’utilise ni ferrocérium, ni essence. C’est, en réalité, une tige métallique que l’on munit à volonté d’une boule en pâte d’une composition analogue à celle des allumettes suédoises.
- La tige métallique est à coulisse, de sorte qu’en pressant sur le bouton à l’extrémité de cette tige , on écarte 4 branches qui viennent prendre l’une des boules contenues à L’intérieur du briquet formant réservoir.
- On retire la tige ainsi munie de la boule et l’on frotte sur un frotteur identique à celui qui garnit les boîtes d’allumettes. La boule s’enflamme, elle brûle un certain temps avec une belle flamme qui permet au fumeur d’allumer cigarette, cigare ou pipe très facilement.
- Il suffit alors de pousser sur le bouton de la tige métallique pour rejeter la boule consumée et l’on replace la tige dans son logement à l’intérieur du briquet.
- Ainsi, il n’est plus besoin d’essence ni de ferro-cérium qu’on doit remplacer. Il faut évidemment avoir une certaine provision de boules, leur prix en Belgique est d’ailleurs extrêmement bas.
- Je n’ai pas eu l’occasion de voir en usage à Paris ce briquet original qui, très probablement, doit être poinçonné pour pouvoir servir en France.
- Fig. 6. — a) Le briquet au repos', b) La tige portant une boule enflammée; c) la boule consumée est rejetée.
- Frottoir Couvercle
- Boules
- Ejection de la boule
- Pinces
- Bouton
- Bouton de la tige
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Noircissement des papillons. — M. Nessib Remzi, •ancien élève de l’Ecole nationale de Grignon, à Constantinople, nous écrit :
- « J’ai lu dans le n° 2756 l'analyse du travail de M. J. Heslop Harrisson à propos du noircissement des papillons et je viens vous faire part d’une petite expérience que nous avons faite, à l’école supérieure d’Agriculture deHalkali, près de Constantinople, quand j’y étais professeur, concernant le changement des couleurs des papillons, et que tout le monde peut répéter facilement. Nous avons pris des semences de vers à soie de la variété blanche de Bagdad, très connue et dont l’élevage est répandu en Turquie. C’est une variété, dont les cocons et les papillons sont d’une blancheur immaculée ; d’autre part, nous avons trempé dans du carmin des feuilles de mûrier de la variété de Damas. Nous
- QUESTIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- L'anhydride carbonique succédané de la glace: le Frigo-gaz est en vente chez M Cuémieu, usine de Frigo-gaz (Colombières-sur-Orb (Hérault).
- Recharge d'une batterie d'accumulateurs sur réseau à courant continu.
- 11 est très facile de charger une batterie d’accumulateurs de 4 volts et une batterie de 80 volts sur le courant continu d’un secteur 110 volts.
- Pour recharger une batterie de 4 volts et de 10 ampère-heures, il suffit d’abaisser suffisamment la tension du courant en obtenant une intensité de 1 ampère.
- Si l’on appelle V’ la tension du courant que l'on veut obtenir et V la tension du secteur, I l’intensité du courant que l’on veut obtenir, on sait que la valeur de la résistance R qu’il faut mettre en série pour abaisser la tension du courant sera donnée y_______________________Y',
- par la formule : R = ---j--et en appliquant au cas actuel
- 110—4 „ ,
- R r=------ 106 ohms.
- 1
- On peut constituer simplement cette résistance par une lampe à incandescence de 32 bougies à filament de charbon, un rhéostat additionnel en fil résistant métallique, de ferro-nickel par exemple, pourra être utilisé pour un réglage plus minutieux de l’intensité.
- Pour recharger la batterie de 80 volts, il suffit évidemment d’abaisser beaucoup moins la tension de courant, mais il nous semble que vous avez dû faire erreur sur le régime de charge de cette batterie, et que celui-ci doit être de 0,1 ampère maximum. 11 est, d’ailleurs, bon de charger ces batteries avec une intensité très faible. On peut donc monter en série une lampe à filament métallique de 25 à 50 bougies.
- On peut, si Ton veut, construire un tableau de recharge qui permette à volonté de recharger la batterie de 4 volts ou de 80 volts. Comme le montage est le même dans les deux cas, il suffit de changer l’ampoule à incandescence.
- On peut également placer deux supports de lampes sur le même tableau, avec un commutateur qui met en circuit une ampoule ou l’autre.
- On peut remarquer, d’ailleurs, qu’il n’y a généralement pas d’inconvénient à utiliser le poste de T. S. F, lorsque la batterie de 4 volts est en charge.
- Il faut simplement, si Ton reçoit sur antenne avec prise de terre, intercaler un condensateur de 2 microfarads entre la borne terre et le fil de terre, afin d’éviter les courts-circuits par mise h la terre du secteur. Dr Lohéac, Gourin.
- Piles thermoélectriques.
- Yoici les adresses de dépositaires de piles thermoélectriques sur lesquelles vous nous interrogez.
- Guérindon, 1, boulevard Sébastopol, Paris. Etablissements
- avons commencé par nourrir les chenilles avec des feuilles de mûrier sauvage, comme c’est l’habitude de le faire; mais, après la troisième mue, nous avons commencé à faire consommer des feuilles, dont les pétioles avaient trempé dans du carmin et qui avaient commencé à prendre une couleur rouge.
- Quelle fut notre surprise de voir les cocons filés complètement rouges et les papillons qui en sortaient roses. On pouvait expliquer jusqu’à un certain point l’action chimique du carmin. Mais quand nous avons continué l’expérience en faisant éclore les semences issues des papillons rougis par le carmin et élevant Jes chenilles avec des feuilles de mxirier sauvage, sans carmin, les cocons produits étaient roses et les papillons rosés.
- A la troisième génération tout était retourné à l’état primitif et rien ne décelait plus les procréateurs rosés. »
- ET RÉPONSES
- Electrons, La Varenne-Saint-Hiloire, Seine, et 31 bis, ave*ue de La République, Paris. M. R. Adda, Paris.
- Installation d'un poste récepteur.
- Il est relativement facile d’installer un poste récepteur à ?00 km de Paris en employant soit un cadre, soit une antenne extérieure . Avec une antenne extérieure en prisme à quatre brins, d’une vingtaine de mètres de long, vous pouvez recevoir en haut-parleur la plupart des émissions européennes à l’aide d’un récepteur à quatre lampes, comprenant une lampe haute fréquence à résonance, une lampe détectrice à réaction électro statique ou magnétique et deux étages à tasse fréquence à transformateurs.
- Le montage à résonance, à transformateur ou autotransformateur accordé est le plus sélectif.
- Pour recevoir sur cadre, il est nécessaire d’utiliser un poste beaucoup plus sensible comprenant au minimum 6 lampes.
- Les meilleurs résultats seront obtenus avec un dispositif à changement de fréquence composé, par exemple, d’un étage haute fréquence, d’une lampe modulatrice bigrille, de trois étages moyenne fréquence, d’une lampe détectrice et de deux étages basse fréquence, soit huit lampes en tout.
- Yous pouvez trouver des détails simples sur le choix et l’installation d’un poste dans la T. S. F. des Usagers qui vient de paraître (Masson, éditeur). M. F. B. Chamonix.
- Livres de vulgarisation sur la T. S. F.
- 1° Yous pouvez trouver dans le livre, le Poste de l’amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris), des notions élémentaires sur le fonctionnement des postes de T. S. F. et sur les phénomènes radio-électriques.
- Comme livres donnant des notions complémentaires sur ces' questions et sur les mesures nécessaires à l’amateur, nous pouvons vous indiquer : la Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur). Enfin vous pourrez trouver dans la T. S. F. des Amateurs (Masson, éditeur) ou les Montages modernes en Radiophonie (Chiron, éditeur) les détails nécessaires pour la construction des postes récepteurs de T. S. F.
- 2° Voici quelques titres de livres ou brochures plus théoriques, que vous pourrez consulter utilement :
- L’Onde électrique (Chiron, éditeur).
- La Radio (Chiron, éditeur).
- La T. S. F, Moderne, fi rue Castex, Paris.
- Radio-Revue,
- La T. S. F. en 30 leçons (Chiron. éditeur).
- Précis de T. S. F., de Zenneck (Gauthier-Yillars).
- La télégraphie sans fil, de Boulanger et Ferrié (Berger-Levrault, éditeur).
- Cours de T. S. F. de M. Yeaux (Librairie de l’Enseignement technique).
- La Téléphonie sans fil, de Brun (Albin Michel, éditeur).
- M. Coudot, Sceaux (Seine).
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- Les irisations de la nacre. L’irisation des perles artificielles.
- Les irisations de la nacre sont dues à des phénomènes d’interférence des rayons lumineux après passage au travers des couches très minces de conchyoline déposées successivement par le mollusque pour produire l’accroissement de la coquille; en broyant celle-ci on sépare les lamelles et la poudre obtenue est absolument terne. Jusqu’à ce jour, le seul moyen pratique que l’on ait trouvé pour produire l’irisation des perles artificielles est de se servir d’essence d’orient constituée par des écailles de poissons, principalement celles de l’Ablette (Alburnus /ucidus), en suspension dans un véhicule approprié à base de nitrate ou d’acétate de cellulose et composé par exemple de :
- À. Nitrocellulose. . . .
- Acétate d’amyle. . .
- Essence d’orient . .
- B. Acétate de cellulose.
- Alcool méthylique .
- Tétrachloréthane. . .
- Essence d’orient' . .
- Après séchage on passe dans un bain de gélatine, puis finalement on recouvre d’un vernis cellulosique analogue aux précédents, mais sans essence d’orient; on réalise ainsi les pellicules superposées destinées à produire les phénomènes d’interférence qui, avec l’essence d’orient seule* seraient insuffisamment accen-tués; A. H., Rouen.
- 10 grammes.
- 90 —
- quantité suffisante. 10 grammes.
- 10 —
- 90 —
- quantité suffisante.
- Consommation d’une voiture automobile.
- Pour une voiture automobile du genre de la vôtre, on prévoit, en général, que la consommation en essence aux 100 km est approximativement sur route d’un litre par cheval; mais, avec les moteurs poussés actuels, cette consommation peut être un peu supérieure, c’est ainsi que les automobiles récentes d’une puissance nominale de 11 chev., consomment normalement 14 à 15 litres aux 100 km.
- Le carburateur livré avec la voiture est généralement réglé au mieux par le metteur au point du constructeur.
- Cependant vous pouvez très facilement faire vous-même quelques essais pour déterminer quel est le réglage le plus économique. 11 vous suffira d’avoir deux ou trois gicleurs de diamètre immédiatement inférieur à celui qui est actuellement en service sur votre voiture, et de déterminer le plus petit qui est compatible avec la marche normale de l’automobile.
- Pour effectuer ces essais, on abordera plusieurs fois par exemple une côte assez longue, en changeant chaque fois le diamètre du gicleur, et on devra arriver au sommet de la côte à une vitesse à peu près semblable. J. B., Paris.
- Utilisation du papier Kraft pour emballage.
- Comme sui-le à l’article paru dans notre n° 2742, nous indiquons que le papier Kraft peut être utilisé à la confection de sacs pour l’emballage de charbon de bois (braisette pour les gazogènes et autres usages), le poids que ces sacs peuvent contenir étant fonction de la résistance, c’est-à-dire surtout de l’épaisseur du papier, et l’avantage que celui-ci a sur la toile est caractérisé, notamment, par son imperméabilité.
- Voici les adresses demandées : Ame Rollum, Paris, 90. avenue du Général-Michel-Bizot (12e); Syndicat national des Fabricants de pâte à papier, Syndicat de la Papeterie Française, Paris, Chambre syndicale des Fabricants de Papier, Paris, 154, boulevard Haussmann (8e) ; M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, à Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge.
- Le papier Kraft d’origine suédoise, qualité extra-solide, est importé par Arne Rollum (en rames, rouleaux, bobineaux et filets de toutes dimensions et forces).
- M'. E.-G., Faoug (Suisse).
- Pour peindre la galalithe.
- La galalithe étant à base de caséine, ce sont également les peintures à la caséine qui conviennent le mieux pour peindre la galalithe; vous pouvez prendre comme type la préparation suivante :
- 479
- Caséine sèche.................10 gr.
- Carbonate de soude............. 5 —
- Carbonate de chaux. ...... 85 —
- Broyer ensemble,-ce qui donne le mélange de fond auquel on ajoute suivant les circonstances un pigment coloré à la dose de 10 à 20 gr. pour les proportions précédentes.
- Ce pigment peut être : pour le jaune, le jaune de chrome ou 1 ocre jaune; pour le vert, l’oxyde de chrome ou un mélange de jaune de chrome et de bleu de Prusse. Pour le rouge, le rouge d’Angleterre; pour le marron, la Terre d’ombre; pour le bleu, l’outremer ou le bleu de Prusse. Enfin, pour le noir, le noir minéral des schistes graphitoïdes.
- Au moment de l’emploi, délayer la poudre colorée ou non dans la quantité d’eau tiède nécessaire pour obtenir la consistance habituelle des peintures, appliquer avec un pinceau deux ou trois couches.
- On peut éventuellement donnera cette peinture une très grande résistance a l’eau, en badigeonnant après séchage complet avec une solution de formol à 5 pour 100. M. Schrœder, Paris.
- Produits pour la destruction des insectes.
- La plupart des produits lancés dans le commerce en vue de la destruction des insectes sont des dérivés chlorés ; tels sont le dichlorobenzol, le paradichlorobenzol, la cbloracétone, la cliloro-picrine, le chlorure de benzyle, le tétrachlorure de carbone, aussi est-il fort probable que l’hexachloréthane entre déjà dans la composition de certaines formules commerciales.
- P. S. — Nous n’avons pas connaissance d’une littérature spéciale sur les composés chlorés dont vous parlez. B. 288.
- Ouvrages sur la parfumerie.
- Vous trouverez dans les ouvrages qui suivent tous renseignements concernant la parfumerie ‘. L’Industrie des parfums, par Otto, éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. La Parfumerie, par La-zennec, éditeur Baillière, 19, rue Hauteîefiille. La Chimie des parfums, par Piesse, même éditeur. Le Mémorial du parfumeur chimiste, par Cuniasse, éditeur Lefrançois, 91, boulevard Saint-Germain. Nouveau formulaire des parfums, par Durvelle, éditeur Des forges, 29, quai des Grands-Augustins.
- E. de P., Paris.
- Comment se grave industriellement VEbonite.
- Dans l'industrie, là gravure.de l’ébonite s’effectue avecune fraise demi-conique tournant à 2 ou 3000 tours. Cette fraise est commandée par une corde en boyau très longue, actionnée au plafond par un petit moteur électrique; il en résulte que la fraise peut effectuer des déplacements sans que sa commande soit troublée.
- Le guidage de la fraise se fait au pantographe, une pointe mousse suivant une inscription type ou gabarit, constitué par des lettres en creux que l’on met à la suite les unes des autres, dans des glissières de façon à constituer des lignes.
- Avec un jeu de fraises de différentes grosseurs, vous réaliserez facilement une petite installation de ce genre.
- M. de La Boulaye, Chateau de Martenet.
- Récupération de la gélatine des feuilles pour polycopies.
- 1° La récupération de la gélatine des feuillets enduits usagés peut se faire sans difficulté en faisant macérer ceux-ci dans l’eau froide pendant une nuit, puis liquéfiant au bain-marie. — Les fragments de papier support seront enlevés avec une écumoire et la masse gélatineuse, coulée dans une cuvette en fer-blanc da faible profondeur, pourra rendre, les mêmes services que précédemment.
- 2° L’encre résiduelle, contenue dans la masse de gélatine, est, généralement sans importance et ne donne pas de report sur les parties blanches du papier; quant au kaolin, son addition est tout à fait inutile, car il ne joue aucun rôle.
- 2° Vous trouverez d’excellentes soupapes électrolytiques prêtes à fonctionner, dans le commerce, par exemple dans les maisons Heinz, 2, rue Troncbet; Morse, rue de la Bienfaisance etc.; les constructeurs vous indiqueront le régime spécial qui doit être appliqué à leur appareil.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- Préparatifs de la traversée de l’Atlantique. L’avion Levasseur de Nungesser-Coli avant le départ.
- en Malaisie.
- Le R. P. Riboud, missionnaire français et son église automobile aux environs de Penang.
- Une photographie de l'automobile de Seagrave battant le record de vitesse.
- Essais du nouveau planeur Damblanc, à voilure tournante, à Vaérodrome de Saint-Cyr.
- Le planeur a été monté à h00 m. sous la nacelle d'un ballon.
- Lâché sans pilote, il est descendu verticalement à la vitesse d’un bon parachute.
- L’enveloppe d’une des plus grandes turbines hydrauliques du monde.
- Turbine de kOOOO ch destinée à l'équipement des chutes du Shannon l’Irlande).
- La station lacustre de Corcelette, près Granson [Suisse).
- La baisse exceptionnelle des eaux du lac de Neuchâtel l’a mise à jour cet hiver.
- 94 559. — Paria, lmp.. Lahure. — 1927.
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- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Parait le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C,e, Éditeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (7(. C. Seine :
- PRIX DE L’ABONNEMEIMTj
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n«), 70 fr. ; — 6 mois (12 n«), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n®‘), 85 fr. ; — 6 mois (12 a"), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 j YN AN*
- ( Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an. Six mois
- 110 fr.
- 55 fr.
- valable pour les pars ayant accepté une réduction de 50 pour 700 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haiti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, ,?r}él8al e^ ses Colonies, Roumanie, Russie (U, R. S. S,), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à Tordre de Masson et C1®, sur Une banque de Paris,
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-YI®. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C1®, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-YI® La reproduction des illustrations de <r La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- VOULEZ-VOUS AVOIR
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- Par l’électricité, tous les microbes dangereux sont brûlés à froid.
- L’eau devient phosphorescente,
- (Académie des Sciences, t. CXXJII, page 1005, 1896.)
- NOTICES ENVOYEES FRANCO SUR
- DEMANDE
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- N' 2762,
- LA NATURE
- J" Juin 1927*
- î£î:
- UNE USINE A PAINV^
- .‘Efl
- 2*/
- LA BOULANGERIE DE L'ASSISTANCE PUBLIQUE
- Les fabrications séculaires ne s’améliorent qu’avec peine, car les novateurs se heurtent à des résistances intéressées et ne trouvent souvent que de trop rares concours. La panification ne semble pas faire exception à cette règle commune et à l’instar du vieux rat de La Fontaine, les
- nil. Au pétrissage à bras, si pénible pour les ouvriers, on a substitué presque partout le pétrin mécanique. Les constructeurs inventent chaque jour des machines pour
- Fig. 1 à 3.
- A gauche : Mélangeurs et pétrins mécaniques. A droite, en haut : Cuves de pâtes se dirigeant vers le basculeur.
- En bas : Basculage de la pâte vers l’étage inférieur.
- boulangers considèrent un peu les perfectionnements comme des blocs... enfarinés, ne leur disant rien qui vaille ! Pourtant, les méthodes scientifiques et rationnelles finissent par s’introduire, petit à petit, au four-
- faciliter la manutention ou le nettoyage et pour façonner la pâte des pains de tous poids, tandis que dans bien des villes on a remplacé le bois parle gaz pour le chauffage des fours.
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- = 482 :::::: . =
- Les nouvelles installations de la Boulangerie centrale des hôpitaux de Paris réalisent un progrès encore plus grand. Dans le vieil hôtel du financier Scipion, construit en 1540 non loin de la Bièvre, au faubourg Saint-Marceau, l’Assistance Publique, avec le concours de M. E. Lidon, a opéré une transformation technique radicale.
- Aujourd’hui, dans celte originale meunerie-boulangerie, la plus grande de France sinon d’Europe, les opérations successives de la panification s’effectuent presque toutes sans contact manuel, d’une façon très hygiénique et beaucoup plus économique qu’auparavant. Noblesse oblige. Cette révolution industrielle a, en effet, pour théâtre, l’antique maison historique où vers la fin du xvne siècle
- tent dans les bâtiment d’un moulin avoisinant la boulangerie de l’Assistance Publique. Ace moment, la véritable fabrication industrielle commence. Une vis ou une gou-lotte conduit alors les mélanges farineux, convenablement malaxés depuis les silos jusqu’à une bascule qui pèse, en une seule fois, la quantité nécessaire à une « pétrissée ». Pour cela, l’ouvrier règle le fléau de l’appareil et baisse ensuite un interrupteur électrique. Le réservoir de la bascule se remplit d’une façon automatique, grâce à lavis hélicoïdale et une fois le poids voulu de farine écoulé, l’alimentation s’arrête. En outre, des organes de contrôle indiquent le nombre de pesées quotidiennes.
- Dans la salle de pétrissage, se trouvent trois bascules
- Fig. 4. — Schéma de l’usine à pain de /'Assistance Publique.
- les échevins de la Ville-Lumière fondèrent la première boulangerie centrale.
- Suivons donc la farine, dans ses multiples pérégrinations à travers les machines, les engins de levage et les fours de cet établissement où sa métamorphose en pains propres, appétissants et savoureux s’accomplit méthodiquement.
- j v r LA FABRICATION DE LA PATE
- Dès l'arrivée des sacs, un élévateur les monte dans un magasin et les vide dans une trémie où un appareil similaire s’empare de leur contenu pour le déverser dans une bluterie de sécurité. Là, un autre ascenseur reprendra la farine pour l’amener dans les mélangeuses, servant à la fois de silos et de réserve pour une journée de travail. Jusqu’à présent, ces manutentions préliminaires s’exécu-
- automatiques du même système, placées chacune au-dessus de la poche à farine d’un pétrin mécanique et à proximité des récipients mesureurs d’eau. Le boulanger a donc sous la main lous les éléments pour assurer la régularité de ses pétrissées.
- Examinons maintenant l’outil, qui va se charger de malaxer l’eau et la farine à la place du « gindre » de jadis. Ce pétrin, installé au premier étage de l’établissement, comprend deux parlies : un mécanisme fixe, scellé au sol et une cuve cylindrique mobile montée sur roues. Un bras d’acier puissant plonge dans le récipient couvert et travaille la pâte mieux que le bras humain. D’autre part, pour éviter le transvasement de cette dernière, l’ouvrier détache, après chaque pétrissée, la cuve pleine pour la remplacer par une vide.
- Puis, tandis que se poursuit une nouvelle opération de pétrissage, il attache la cuve remplie de pâte à un sys-
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- 483
- Fig. 5. — Machine à façonner et à diviser automatiquement la pâte.
- tème entraîneur, qui conduit celle-ci à un basculeur au bout d’une quarantaine de minutes, temps nécessaire au « repos » de la masse en fermentation.
- Donc, au sortir de ce manège, des hommes renversent successivement, au moyen du basculeur, les deux tiers du contenu de chaque pétrissée, le reste sert de levain pour les fournées ultérieures.
- Cette pâte tombe alors dans un large entonnoir dont l’extrémité débouche au rez-de-chaussée où se trouvent les différentes m aehines qui vont la façonner avant sa mise au four.
- Sous la surveillance d’un seul homme, une peseuse s’empare de la masse pâ-
- teuse, au fur et à mesure de sa descente, la découpe en morceaux uniformes, d’un poids pouvant varier de 500 grammes à 2 kg, et à raison de 2400 pièces à l’heure. Un petit tapis sans fin amène les pâtons jusqu’à la «houleuse ».
- Grâce à des plans mobiles et inclinés dans plusieurs directions, celle-ci oblige la pâte à rouler sur elle-même. La façon est alors terminée si on désire faire des pains ronds comme en mangent les paysans et les soldats français.
- Il suffit de recevoir les pâtcns dans des cadres spéciaux et de les diriger sur les colonnes ou chambres de fermentation.
- Mais les pensionnaires de l’Assistance Publique sont plus raffinés.
- Pour préparer les pains longs, objets de leur préférence, les boules doivent passer entre les deux courroies de toile qui les presseront et les lamineront.
- Us en sortiront boudinés à la longueur voulue et les ouvriers n’auront plus qu’à les prendre à la-main pourles placer successivement dans les cases d’un « bannetonj » à bascule ou sortes d ecrins de
- Fig. 6 et 7.
- En haut : Paniers descendant des tours de fermentation.
- En bas ; Tours de fermentation.
- forte toile, disposés par six sur un même cadre.
- Deux de ces derniers forment le chargement de l’appareil à enfourner et placés côte à côte, sur le chemin de roulement,
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- = 484 : ............— .........................................— ...—.......:—: ..: -
- ils pénètrent automatiquement dans une des colonnes de
- fermentation. , LA CUISSON
- A ce moment, l’ouvrier enfourneur incise, en deux ou trois endroits, avec une lame tranchante, ohaque panneton disposé devant lui, afin d’amorcer les futures ondulations dorées. Mais une sonnerie retentit, indiquant que la sole a avancé d’une longueur suffisante pour recevoir une rangée de pains. C’est le signal attendu. L’homme pousse alors le chariot d’enfournement, manœuvre la poignée de déclenchement et les 12 pâtons tombent sur
- LA FERMENTATION
- Un mécanisme de plateaux actionné par des chaînes fait cheminer les pâtons dans ces hautes tours verticales, d’où ils ne sortent qu’au bout de 30 à 75 minutes selon leur grosseur.
- La fermentation de la pâte s’achève au cours de ce lent voyage et grâce à une seconde plate-forme constituée
- Fig. 8. — Mise des pains dans les fours automatiques Lidon.
- encore par des galets cylindriques mobiles, les cadres arrivent automatiquement près d’un des trois fours installés dans le hall du rez-de-chaussée.
- Au fur et à mesure de l’arrivée des cadres, un homme les place sur un chariot d’enfournement près duquel il se tient.
- Puis, d’un seul geste rapide, il retourne tous les bunnetons afin de renverser les pains sur ledit appareil. Enlevant alors le cadre vide, il le place sur un chemin de roulement qui le dirige automatiquement vers l’endroit de la salle où on doit le remplir de nouveau.
- la sole mobile qui les entraîne aussitôt à l’intérieur du four, tandis qu’après avoir refermé, d’un seul mouvement, les petites trappes correspondantes, le boulanger recommence son opération. Un quart d’heure plus tard, à l’autre extrémité du four, la sole décharge automatiquement douze jolis pains bien cuits, qu’entraîne un vaste tapis sans fin.
- Abandonnons-les momentanément pour examiner de plus près l’imposante masse de maçonnerie revêtue de céramique brillante, que les Etablissements E. Lidon ont construite pour assurer leur cuisson automatique et régu-
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- lière. Ces fours sont chauffés au gaz. Leur marche repose sur le principe delà surface de combustion qui substitue un ensemble de blocs réfractaires, à un foyer garni de coke ou de tout autre combustible.
- Un faisceau de tubes, indépendants les uns des autres, enveloppe entièrement la chambre de cuisson et les gaz chauds circulent dans la maçonnerie en parcourant environ 50 mètres avant de s’échapper dans la cheminée ; en sorte que les calories développées dans la combustion se trouvent parfaitement utilisées.
- D’autre part, des regards aménagés sur le côté du four ainsi que des pyromètres, installés de distance en distance, permettent de suivre la cuisson et de la modifier, le cas échéant, en réglant la vitesse d’enfournement, la marche de la sole ou les brûleurs.
- Mais revenons à nos pains, fumant à la sortie du four.
- Deux hommes les prennent sur le tapis sans fin où ils gisent pêle-mêle, pour les disposer sur les barreaux d’une étagère.
- Fig. 10. — Chariot pour le transport des pains. n
- Comme celle-ci peut se détacher du chariot mobile lui servant de support, on la charge directement, sans nouvelle manipulation, dans des camions automobiles de livraison spécialement agencés.
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- Telle est la remarquable organisation de la Boulangerie industrielle dans laquelle l’administration de l’Assistance Publique, tout en réduisant son personnel technique de 60 pour 100 environ et en réalisant par suite une économie annuelle de plus de 400 000 francs, produit, selon toutes les règles de l’hygiène, les 10 à 12000 kg de pains nécessaires chaque jour aux hôpitaux de Paris. Aussi des installations similaires ne tarderont sans doute
- Fig. 9. — Défournement des pains cuits.
- pas à remplacer, dans les grandes agglomérations urbaines, les infects fournils où peinent encore tant deunal-heureux gindres !
- Il serait d’ailleurs à souhaiter que de telles usines se multiplient et que les antiques boulangeries, établies trop souvent dans des sous-sols sombres, mal aérés, où la préparation du pain est difficile à bien conduire et à être faite mécaniquement, proprement, sans interventions des hommes qui sont toujours un danger de contagion, surtout quand le travail de nuit les fatigue et les anémie, que ces petites boulangeries soient remplacées par de simples dépôts de vente livrant aux consommateurs les pains industriels que leur livreraient de grandes centrales de fabrication.
- Jacques Boyer.
- Fig. 11. — Chargement des bennes complètes sans manipulation du pain.
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- SUR LES RAIDS TRANSATLANTIQUES
- Nous étions encore en pleine incertitude tragique sur le sort de Saint-Roman, Mouneyres et Petit perdus dans l'Atlantique Sud que déjà Nungesser et Coli s’envolaient au-dessus de l’Atlantique Nord courant à une catastrophe aujourd’hui trop certaine.
- Ces deux échecs s’ajoutant au sanglant échec de Fonck, il y a quelques mois, nous forcent à nous demander si tant d’héroïsme est utilement employé.
- Deux autres tentatives françaises se préparent sur la route Paris-New-York : Drouhin sur un Farman bimoteur de 1000 ch, Tarascon sur un Bernard monomoteur de 420 ch.
- Au moment où nous corrigeons ces lignes, Paris fait un accueil enthousiaste à l’aviateur américain Lindbergh, qui devançant ses compatriotes Chamberlin (Bellanca, monomoteur, 400 ch) et Byrd (Fokker, trimoteur. 600 ch) vient de réussir avec une admirable maîtrise ce formidable exploit. Seul, à bord d’un monoplan Ryan, monomoteur, 200 ch, il a franchi en 38 h. 30, les 20 et 21 mai, le parcours New-York-Paris; réalisant le vol le plus audacieux et le plus beau qu’aient enregistré jusqu’ici les annales de l’aviation.
- Mais si de telles tentatives, qu’elles réussissent ou qu’elles échouent, méritent à leurs auteurs une admiration sans réserve, quel est leur intérêt réel pour l’avenir de l’aviation ?
- Le problème du vol Paris New-York ou vice versa comporte quatre ordres de difficultés, dont la solution réelle pourrait être considérée comme un véritable progrès sur la situation aéronautique actuelle : la durée, la direction, la météorologie, la sécurité et enfin une cinquième question dont nous ne parlerons pas qui est l’inlérêt commercial.
- Le problème de durée et de parcours. — Ce
- parcours d’environ 6000 km à effectuer d’un seul vol, sans escales, demande entre 40 et 50 heures à la vitesse de 160 à 180 km à l’heure. Ces performances sont déjà atteintes par les avions qui ont battu les derniers records de durée et en particulier par l’un des avions compétiteurs, le Bellanca 200 ch qui vient de voler pendant 51 heures pour sa première tentative de record.
- Celte durée exige à bord une énorme quantité d’essence. Les avions deviennent alors extrêmement dangereux; non seulement d’un décollage très difficile (Cf. Fonck. Nungesser) mais même d’un équilibre en vol très délicat à maintenir pendant les premières heures en attendant yn allègement d’essence.
- Cinquante heures de vol, cela pose également le problème de l’endurance du matériel et de l’équipage .
- Or les moteurs d’aviation sont encore très capricieux et fragiles, c’est la rançon de leur haute puissance massique et cinquante heures consécutives de marche sans défaillance représentent un tiers environ des possibilités de marche sans repasser dans un atelier pour y subir une révision complète. C’est dire qu’un pareil voyage demande au moteur un effort énorme et que les probabilités de pannes sont importantes ; quelques bougies d’allumage encrassées causent au moteur des vibrations qui deviennent critiques si la marche du moteur doit être prolongée pendant 8, 10, 15 heures, peut-être 25 !
- Les avions qui sont lancés à travers les Océans n’étant pas équipés de moteurs réparables en plein vol, les pannes sont déjà d’une gravité exceptionnelle sur les multimoteurs tels que le Sikorsky de Fonck, le Farman de Drouhin, le Farman de Saint-Roman, le Fokker de Byrd, etc., elles deviennent catastrophiques sur les avions monomoteurs tels que le Levasseur de Nungesser, le Bellanca de Chamberlin, le Ryan de Lindbergh qui n’ont que la ressource de se poser immé-
- diatement sur la mer sans avoir le temps de chercher un navire, de faire le point, ni d’envoyer des messages de T. S. F.
- Le problème de durée ne peut donc être considéré comme résolu pratiquement par aucun de ces avions ; celui qui en approche le plus est certainement le trimoteur Fokker qui vole bien avec deux moteurs, ce qui implique la possibilité de bien voler pendant cinquante heures avec trois moteurs au régime ralenti.
- . En ce qui concerne le personnel, son endurance varie suivant le type d’avion utilisé; le Sikorsky de Fonck, le Bellanca de Chamberlin, le Farman de Saint-Roman, le Farman de Drouhin sont des avions comportant des cabines dans lesquelles les membres de l’équipage peuvent se reposer à tour de rôle, tout au moins se défendre contre les crampes, le froid, le sommeil, etc.
- Par contre le Levasseur de Nungesser, le Ryan de Lindbergh sont dépourvus de cabine et l’équipage pendant les 50 heures doit rester assis encastré dans un siège sans avoir même pour quelques minutes la possibilité de se détendre un peu à l’abri du fracas du moteur, du vent, de la neige ou de la grêle, sans parler d’autres incommodités que nous ne pouvons préciser, mais qui tendent toutes à diminuer la résistance physique humaine.
- Le problème de direction. — Le survol des terres permet d’évaluer assez facilement la dérive que peut causer à un avion un fort vent latéral sans que la boussole le fasse constater. En effet les nombreux repères du sol permettent d’utiliser les indications très précises fournies par de nombreux types d’instruments; la trajectoire suivie peut être très facilement redressée. En mer, il n’existe aucun repère, l’inconvénient est d’autant plus grave que la moindre erreur dans la direction peut entraîner l’échec probable faute d’essence.
- Le seul contrôle possible de la route ne peut se faire que par une série de points tels que le font les marins.
- Or le point est assez délicat à obtenir, avec précision tout au moins, du bord d’un avion ; il ne peut l’être facilement que dans une cabine permettant au navigateur d’être maître de ses mouvements et d’éviter la paralysie par le froid. Ce point sauveur ne peut être fait en tout cas que par une visée du soleil ou des étoiles, et par ciel dégagé.
- En outre, sur une distance de 6000 km, l’itinéraire n’est pas une ligne droite, de nombreux changements de direction très précis sont à prévoir.
- Le problème de la météorologie. — Ceux d’entre nos lecteurs qui ont voyagé en avion savent combien les conditions météorologiques d’un voyage se modifient avec rapidité, même sur de petits parcours et combien le mauvais temps peut rendre pénible la navigation aérienne.
- Lorsqu’il s’agit d’un parcours de 4 à 500 km, le pilote peut surmonter assez facilement la fatigue provoquée par la pluie, la neige, la grêle, le froid. Mais comment le pourrait-il pendant 40 ou 50 heures consécutives ?
- Dans des conditions normales le brouillard oblige les avions soit à se poser en campagne pour attendre une accalmie, soit à faire demi-tour vers un terrain de secours.
- Que peuvent faire les malheureux compétiteurs de ces raids transatlantiques, lorsqu’ils sont pris dans ces tempêtes que signalait le commandant Thomas du transatlantique « Paris » ou lorsqu’ils se heurtent à la brume opaque du banc de Terre-Neuve?
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- Les prévisions météorologiques sont donc indispensables, mais sont-elles suffisantes quand elles sont bonnes pour risquer de pareilles aventures ?
- Certains, suivant qu’ils soutiennent envers et contre tous la valeur hors pair de l’équipage ou qu’ils veulent ne pas soupçonner la valeur du matériel engagé, n’hésitent pas à rejeter la responsabilité de l’échec sur les services de la météorologie en les accusant d’avoir donné des renseignements favorables qui ne se seraient pas confirmés.
- Or, rien n’est plus faux. Les renseignements météorologiques, chacun le sait en aviation, ne sont que des prévisions, des probabilités qui sont d’autant moins certaines qu’elles s’appuient sur des phénomènes plus lointains et qu’elles cherchent à discerner ce qui se passera dans plusieurs heures à de très grandes distances.
- S’il y avait un élément météorologique capital auquel devait tenir tout particulièrement Nungesser, c’était en dehors même du risque de tempête, le sens dominant du vent tout au long de l’itinéraire.
- Dans la nuit du départ, Le général Delcambre consulté sur les prévisions météorologiques déclara que le vent serait exceptionnellement favorable, mais qu’il y avait probabilité de mauvais temps vers Terre-Neuve.
- Pouvait-il raisonnablement dire autre chose ? Ces prévisions se sont d’ailleurs réalisées ; c’était donc à l’équipage et aux promoteurs de l’entreprise de prendre la responsabilité d’apprécier si en arrivant à Terre-Neuve, le pilote aurait encore assez d’énergie et de lucidité pour lutter contre des conditions adverses.
- C’est cette faculté de jugement qui fait les bons pilotes, elle ne peut être que le fruit d’une très longue expérience des grands voyages aériens. L’intrépidité ne remplace pas cet acquit, et en aucun cas les erreurs commises ne doivent être imputées aux services météorologiques.
- Devant ce problème, nous voyons encore que les tentatives actuelles sont entreprises dans des conditions qui rap-v pellent trop celles du jeu de la roulette.
- Il faut reconnaître que les avions en compétition se présentent avec des chances diverses, mais toutes très faibles de ne pas être engloutis corps et biens.
- La solution la plus sûre serait celle d’un hydravion à coque, muni d’au moins trois moteurs accessibles et réparables en vol et un puissant poste de T. S. F.
- Nous sommes loin de cette solution raisonnable avec les réalisations actuelles dont certaines paraissent avoir sacrifié toutes les précautions, même les plus élémentaires, pour rendre aptes à un voyage pareil des avions jadis étudiés pour de toutes autres fins.
- De tous les compétiteurs, seul l’avion Levasseur de Nungesser avait des chances, mais encore combien aléatoires, de pouvoir flotter sur l’eau, et d’y attendre du secours.
- Pendant la première moitié du voyage, avec ses réservoirs pleins d’essence ou aux trois quarts pleins, l’amerissage ne pouvait se faire qu’après avoir vidé l’essence au moyen d’une petite pompe à main ! c’est-à-dire après 2 à 3 heures, de travail ! Faute de quoi la fausse coque de l’avion se serait ou brisée au contact des lames ou trop enfoncée pour ne pas embarquer de l’eau à chaque vague. Le départ a été tellement précipité que le constructeur n’a pas eu le temps de monter sur les réservoirs des soupapes de vidanges qui eussent permis en quelques secondes de vider l’essence, puis, qui, refermées, eussent transformé les réservoirs vides en flotteurs.
- On doit constater en outre que cet avion possédait qu’une fausse coque, relativement fragile, n’ayant aucune qualité nautique étant donné le poids des moteurs et des réservoirscÆt à la merci du moindre gros temps. '
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- Nous sommes loin delà tentative américaine de franchissement du Pacifique, au cours de laquelle un hydravion trimoteur monté par cinq hommes a flotté onze jours, dont huit de gros temps et a réussi à se diriger à la voile vers une île.
- Quant aux autres avions, leurs qualités nautiques sont nulles puisque ce sont de purs avions terrestres et leur flottabilité, à demi submergés, soutenus par les réservoirs vidés, ne saurait dépasser quelques heures au maximum.
- La question de la sécurité est également liée à celle des possibilités de communications par T. S. F. avec les postes côtiers ou les navires en pleine mer. Or, les appareils de T. S. F. utilisés en aviation sont encore assez délicats et ne fonctionnent pas toujours avec certitude. L’avion de Saint-Roman avait un poste de T. S. F. et qui fonctionnait puisqu’il a transmis un message ; malheureusement sa portée devait être faible puisqu’il n’a rien transmis au moment utile. Nungesser n’avait aucun poste de T. S. F. à bord de son avion.
- Fonck, Byrd, Drouhin, Chamberlin en utiliseront; Lind-bergh étant seul à bord s’en est passé.
- Les portées pratiques de ces postes sont assez faibles, en téléphonie de 3 à 500 kilomètres et en télégraphie de 500 à 1000 kilomètres, d’où on peut conclure que par beau temps, ils pourront être en communication avec les postes côtiers pendant un tiers du parcours.
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- Il faut donc, hélas, conclure que ces raids sont entrepris dans des conditions très aléatoires, qui font surtout honneur à l’héroïsme du personnel. Ils ne présentent aucun intérêt technique puisqu’on se contente d’utiliser du matériel ancien ou relevant de formules périmées à l’exception peut-être du Fokker. Ils ne présentent aucun intérêt pratique puisque les évaluations les plus optimistes de ceux qui pratiquent l’aviation chiffrent à 20 0/0 au maximum la proportion des chances non pas de réussite, mais d’éviter la catastrophe.
- Ces entreprises ont donc un caractère exclusivement sportif et si l’on doit admirer le courage de ceux qui s’y lancent il est permis de réserver son jugement en ce qui concerne les promoteurs.
- Dix braves, en quelques mois, sont déjà tombés rien que pour les traversées de l’Atlantique. De telles hécatombes sont-elles justifiées par les résultats à attendre en -cas de succès ? Nous avons vu qu’il n’en est rien. Nous ajouterons qu’il en est de même pour tous les grands raids qui semblent résumer actuellement la politique aérienne de notre pays.
- Ces manifestations organisées à grand fracas à travers l’Afrique, l’Asie et l’Europe nous trompent sur la valeur de notre technique, celle-ci est pauvre, mais elle est brillamment mise en valeur par une élite de pilotes qui, grâce à leurs qualités exceptionnelles, tirent un rendement sportif trompeur d’un matériel médiocre techniquement.
- Les tentatives de traversées de l’Atlantique sont du même ordre : en cas de réussite elles accroîtront l’épaisseur du bandeau que nous avons sur les yeux ; mais si nous ne savons discerner à qui en revient le mérite, au personnel héroïque ou au matériel, l’étranger ne s’y trompe pas, il suffit pour en être persuadé de lire la presse même de nos meilleurs alliés.
- En cas d’échec, ce sera la profonde désillusion de l’opinion publique qui accusera le mauvais sort ou la malignité de nos concurrents, ce sera un recul dans la patiente propagande menée en faveur de l’aviation marchande qui sera ainsi touchée bien injustement.
- Jean-Abel Lefranc.
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- LA SALLE D’HOPITAL MODÈLE
- LA CRÈCHE DES ENFANTS MALADES DE L’HOPITAL SAINT-LOUIS
- On peut, sans hésiter, donner ce qualificatif de salle modèle, à la salle hospitalière que le Dr J. Renault a fait installer dans son service d’enfants malades à l’hôpital Saint-Louis à Paris.
- Ce qui la caractérise, c’est une ventilation permanente, avec chauffage de l’air en hiver, refroidissement en été, grâce à laquelle l’atmosphère de la salle, constamment renouvelée et pure, est maintenue en toutes saisons à température constante, entre 20° et 22°. L’état hygrométrique de l’air est, lui aussi, maintenu à peu près constant, ni trop sec, ni trop humide.
- Aussi quand on pénètre dans cette salle, on n’y éprouve pas cette sensation d’air chaud et lourd que l’on ressent si souvent dans les salles d’hôpital; aucune odeur fâcheuse, aucun courant d’air désagréable ou dangereux; mais une impression d’air pur et d’agréable fraîcheur.
- L’installation du Dr Renault, en service depuis plus de 3 ans, a été surveillée avec le plus grand soin, jour par jour. Cette observation méthodique a révélé, d’une façon éclatante, les avantages hygiéniques de la méthode.
- Les statistiques ont montré que, grâce à la ventilation permanente évitant l’intoxication des malades par l’air vicié, la mortalité des contagieux atteints de scarlatine ou de rougeole a diminué de moitié. Le maintien de la température entre les limites extrêmes de 20° et 23° s’est également montré extrêmement favorable. Le coup de chaleur si fatal aux petits malades lors de la saison chaude a complètement disparu. On a constaté que si on laisse
- la température monter au-dessus de 25°,5, les petits patients au lieu de reposer paisiblement, dorment mal, s énervent et se fatiguent; leur guérison est alors compromise ou retardée. A 27 ou 28°, les enfants deviennent rouges, s’agitent, refusent la nourriture, sont pris de fièvre et de vomissements, de diarrhée, de convulsions et peuvent succomber en quelques heures.
- Il est fort intéressant de voir quels moyens, en somme très simples, on a mis en œuvre dans cette installation de 1 hôpital Saint-Louis, qui a marqué un progrès si net dans l’hygiène des salles d’hôpital. On verra que l’équipement imaginé dans ce but pourrait fort bien s’adapter à un grand nombre d’autres locaux : salles d’école, de réunions, de concerts, où la promiscuité des assistants crée une atmosphère pénible à respirer et dangereuse.
- On peut même aller plus loin et voir dans l’installation réalisée par le Dr Renault la première ébauche de l’appartement de l’avenir, maintenu artificiellement en toutes saisons à la température oplima, à atmosphère constamment renouvelée et cependant inaccessible aux germes nocifs et aux poussières du dehors.
- VENTILATION DE LA SALLE
- Cette ventilation est assurée au moyen d’un ventilateur centrifuge, qui aspire l’air au dehors en un endroit convenablement choisi à l’extérieur, le fait circuler successivement à travers un filtre, puis, suivant la température, sur un appareil réchauffeur chauffé à la vapeur, ou sur un réfrigérant refroidi à l’eau, lui fait traverser enfin un
- Fig. 1. — IJ aération d’une salle de l’hôpital Saint-Louis.
- Commande du moteur
- Prise d air
- Appareil. enregisti
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- Tableau
- /Chambré***-— apoussières
- Appareil a triple effet
- Ventilateur i
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- Réchauffeur
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- Coupe
- Plai
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- Sortie d'air réchauffé
- Arrivée dair filtré
- Refroidisseur
- Air chaud
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- humidificateur automatique, et le refoule alors dans la salle.
- Le ventilateur est mû par un moteur électrique; La vitesse de rotation de l’appareil et son installation ont été étudiées pour réduire le bruit au minimum et éviter toute vibration fâcheuse.
- Le débit est calculé pour assurer un renouvellement complet de l’air de la salle trois fois par heure.
- L’air, traité comme nous venons de le dire, est amené aux bouches de distribution dans la salle par des gaines placées en sous-sol, en tôle galvanisée, parfaitement étanches et calorifugées.
- II est réparti dans la salle au moyen de 4 boîtes de distribution fixées le long des murs extérieurs au ras du sol, et dont les faces libres sont perforées de telle sorte que la plus grande partie du courant d’air (qui sort d’ailleurs à une très faible vitesse) soit dirigée parallèlement aux murs. Les lits étant placés au centre de la salle, les malades ne peuvent être incommodés par le courant d’air.
- L’évacuation de l’air se fait à la partie supérieure des fenêtres, à travers de petits volets pivotants, en aluminium, donc très légers, convenablement équilibrés et qui louent le rôle de clapets; ils se soulèvent légèrement
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- Sortie d'air refroidi
- Refroidisseur
- Air rafraîchi
- Fig. 2.
- Schéma des appareils de réchauffement ou de refroidissement et d’humidification de l’air à l’hôpital Saint-Louis.
- sous l’influence de la petite surpression qui règne à 1 intérieur de la salle, permettant ainsi l’échappement de l’air intérieur ; par contre, toute surpression d’air extérieur qui tendrait à refouler à l’intérieur de la salle l’air du dehors les oblige à s’abaisser et à obturer l’ouverture.
- Dans la crèche de l’hôpital Saint-Louis, jamais l’on n’ouvre les fenêtres. Les ouvrir serait une manœuvre inutile et dangereuse, qui n’aurait pour effet que d’introduire brusquement de l’air impur, trop chaud ou trop froid. Pour éviter jusqu’à la possibilité d’une inadvertance, les crémones ont été supprimées.
- FILTRAGE DE L’AIR
- L’air puisé au dehors est, nous l’avons dit, d’abord filtré. A partir de la prise d’air extérieure placée à 2 m. au-dessus du sol, il traverse en descendant une large chambre d’aspiration, au fond de laquelle une partie des poussières tombent et se rassemblent d’elles-mêmes. Le surplus est arrêté avant le ventilateur, par un filtre N. Celui-ci est formé de plusieurs cadres verticaux placés les uns derrière les autres et sur lesquels sont tendus jointivement des fils de laine. Les poussières s’accrochent aux aspérités des fils et sont retenues. Tous ces cadres sont maintenus à l’intérieur d’une enveloppe métallique formant boite filtrante. Ce filtre offre peu de résistance au passage de l’air et se prête aisément aux nettoyages périodiques ‘nécessaires pour évacuer, les poussières accumulées.
- Toute cette installation est au sous-sol.
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- RÉCHAUFFAGE, REFROIDISSEMENT ET HUMIDIFICATION DE L’AIR
- Ces trois opérations s’effectuent dans l’appareil dit à triple effet, placé également en sous-sol. Il se compose d’une batterie A pour le réchauffage de l’air, d’une batterie B pour le refroidissement et d’un humidificateur.
- La batterie de réchauffage, placée à la partie supérieure de l’appareil, est formée de tuyaux en cuivre à ailettes, à l’intérieur desquels circule et se condense de la vapeur à basse pression, tandis que l’air à réchauffer circule à l’extérieur le long des ailettes
- La batterie de refroidissement de même construction, mais de surface plus grande, est placée au-dessous. Le refroidissement est obtenu en faisant circuler à l’intérieur des tubes un courant d’eau froide pris sur la conduite de la ville et dont la température reste en général comprise entre 14° et 16°. Les dimensions de ce réfrigérant permettent d’abaisser de 10° la température de l’air.
- Les gouttelettes d’eau condensée au contact des surfaces de refroidissement sont arrêtées au passage en C par des lames de tôle placées en chicane, qui les rassemblent, et elles sont ensuite éliminées par un siphon placé au fond de l’appareil.
- Un organe essentiel est la soupape à double siège D, que l’on manœuvre à distance, depuis l’intérieur de la salle et qui permet à volonté et suivant les circonstances, de diriger, soit sur le féchauffeur, soit sur le refroidis-seur, l’air filtré qui débouche de E.
- Après le refroidissement ou le réchauffage, il faut encore amener l’air au degré hygrométrique le plus favorable, c’est-à-dire aux environs de 50" à 70°. C’est le rôle de l’appareil d’humidification F dans lequel l’air passe nécessairement, qu’il vienne du refroidisseur ou du réchauffeur. Il comporte un bac de section triangulaire à niveau variable, contenant l’eau à évaporer qui provient d’un bac à flotteur voisin. L’évaporation est provoquée par un serpentin G de vapeur à basse pression. La quantité d’eau évaporée peut varier suivant la quantité de surface de chauffe du serpentin mise en contact avec l’eau.
- Dans l’installation de l’hôpital Saint-Louis, le courant - d’air à la sortie du ventilateur se bifurque pour desservir deux appareils à triple effet, alimentant chacun deux prises d’air.
- COMMANDE A DISTANCE DES APPAREILS
- , Une des caractéristiques de l’installation du Dr J. Renault, c’est que les manœuvres des différents appareils ci-dessus sont opérées à partir d’un unique tableau de commande placé dans la salle même et où sont réunis tous les volants des robinets de vapeur et de distribution d’eau, les manettes pour le déplacement des registres, les manomètres indiquant la pression de la vapeur et celle de l’eau froide.
- Dans la salle se trouvent des enregistreurs de température et de degré hygrométrique qui renseignent l’infirmière de service et lui dictent les manœuvres à faire.
- Le moteur de commande du ventilateur peut lui-même être commandé à partir de la salle au moyen d’un interrupteur placé dans une armoire vitrée. Deux lampes
- électriques, en restant allumées, indiquent que le moteur est en marche.
- Ainsi, par des manœuvres aussi simples que celles des radiateurs usuels de chauffage central, on réussit à maintenir dans les conditions voulues l’atmosphère de la salle.
- Le succès de l’installation du D1' Renault, affirmé par plusieurs années d’expérimentation, montre clairement dans quelle voie il convient de s’engager pour assurer l’hygiène et le confort des habitations.
- Il semble que dans les pays chauds, plus encore que sous nos climats tempérés, elle devrait servir d’exemple. La ventilation filtrée, toutes fenêtres closes, offre dans ce cas un avantage, qui déjà appréciable dans nos régions devient alors précieux, celui d’empêcher la pénétration des mouches et moustiques dans les salles. Le maintien de la fraîcheur de la température assurerait aux malades, aux Européens surtout, les conditions idéales pour un prompt rétablissement.
- Sans doute, la simple réfrigération de l’air par un courant d’eau ne suffirait-elle plus. Déjà, àl’hôpital Saint-Louis, depuis que l’eau de la ville est de l’eau de rivière, il y a, dans l’année, une courte période où la température optima ne peut être maintenue et où la température de la salle dépasse de 1 à 2°, pendant quelques heures, le degré optimum prévu. ‘
- Mais rien n’empêche de faire appel au froid artificiel. Le D1' Renault avait prévu son emploi pour la crèche de l’hôpital Saint-Louis. M. Turin, l’ingénieur de l’Assistance Publique, qui a dessiné et exécuté l’installation, l’avait conçue avec le secours d’une petite machine frigorifique pour refroidir, pendant les jours les plus chauds, le courant d’eau de ville qui alimente le réfrigérant d’air. Mais l’expérience ayant montré que son emploi ne serait pas nécessaire plus de 3 ou 4 jours par an, on a renoncé à l’installer. Sous des climats plus chauds, ou encore dans les villes où l’eau fraîche serait peu abondante, il faudrait évidemment recourir à la réfrigération artificielle. Il ne sera sans'doute pas déplacé de rappeler ici que c’est précisément pour résoudre ce problème du refroidissement des locaux dans les pays chauds que le savant Maurice Leblanc avait imaginé sa célèbre machine .frigorifique à vapeur d’eau et à éjecteurs, dont l’emploi semble tout indiqué pour celte application.
- Rappelons aussi que ce même problème a conduit récemment M. Georges Claude à son audacieuse conception de capter et ramener à la surface les eaux froides des courants sous-marins.
- Le refroidissement et l’hygiène des locaux dans les contrées chaudes est peut-être une des questions les plus importantes de l’heure présente; car sa solution pratique permettrait la mise en valeur par les races blanches d’immenses et riches régions, aujourd'hui encore mal peuplées et à peine exploitées à cause de leur climat néfaste à la santé des Européens et paralysant pour leur activité intellectuelle.
- On est heureux de constater que c’est par des Français et non des moins illustres que ce grand problème est résolument attaqué, et que c’est en France que l’on en rencontre les premières solutions rationnelles.
- A. Troller.
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- LE TÉLÉPHONE AUTOMATIQUE A PARIS = ««
- Le téléphone automatique est plus que jamais à l’ordre du jour. On sait, en effet, que la transformation du réseau de Paris en automatique a été décidée voici quelques mois. Le choix des commissions spéciales de techniciens s’est porté sur le téléphone automatique système « rotary ». Et déjà ce modèle est en cours de fabrication dans plusieurs usines. Nous nous proposons de décrire ce système et d’en exposer le fonctionnement.
- Le but que doit atteindre une installation de téléphonie automatique peut se résumer en quelques mots : substituer aux meubles du téléphone manuel des mécanismes qui établissent automatiquement les communications demandées par les abonnés du réseau, sans le concours d’aucune téléphoniste.
- D’une manière générale, un réseau de téléphonie auto-
- Fig. 2. — Le cadran d'appel d’un poste dJabonné.
- matique comprend donc les trois installations fondamentales de tout réseau téléphonique : les postes des abonnés, les conducteurs qui relient ces abonnés aux bureaux centraux et les commutateurs automécaniques, montés dans ces centraux et destinés à établir les communications entre abonnés.
- Les conductèurs qui constituent les lignes d’abonnés sont toujours semblables, qu’il s’agisse de téléphonie manuelle ou de téléphonie automatique. Leur nombre seul augmentera sans doute quand le réseau de Paris sera transformé en automatique. Ce système offre, en effet, sur le téléphone manuel, de tels avantages aux abonnés qu’il est très probable que le nombre de ceux-ci s’accroîtra après la transformation.
- L'APPEL PAR L'ABONNÉ -
- Les postes d’abonnés seront eux aussi semblables à ceux que nous employons actuellement. Ils seront tous d’un modèle uniforme adopté par l’administration des
- Fig. 1. — Le téléphone automatique : Un poste d’abonné.
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- P. T. T. Leur seule caractéristique, du point de vue qui nous intéresse, sera d’être munis d’un disque d’appel. Ce petit mécanisme, fixé sur chaque appareil, portatif ou mural, sera utilisé par l’abonné pour transmettre ses demandes au commutateur automécanique installé au bureau central. En d’autres termes, il lui permettra d’établir lui-même ses connexions. Son fonctionnement est d'ailleurs très simple et découle directement de la tâche qu’il doit remplir.
- Venvoyeur, ou disque di appel, doit permettre d’exprimer mécaniquement tous les numéros téléphoniques contenus dans l’annuaire du réseau. Il remplace dans le téléphone automatique la parole de l’abonné demandeur. Ainsi, en
- Fig. 3. — Schéma d’un chercheur.
- A, arc des broches; L, lignes soudées aux broches; B, balai; S, porte-balai.
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- Embrayage par engrenage flexible.
- S, axe porte-balai du chercheur; £>, roue dentée flexible montée sur l'axe du chercheur; E, électro-aimant mis en action par le décrochement de l’appai'eil chez l'abonné ? L, armature de l’élec-tro-aimant E : formant levier; attirée par l'électro E, elle libère la roue flexible D et lui permet de venir engrener avec la roue R; R, roue dentée montée sur l’arbre moteur M ; T, tampon de caoutchouc; R, butoir.
- téléphonie manuelle, un muet est incapable de demander une communication. En téléphonie automatique, il pourra le faire* puisqu’il ne s’agira plusi de « parler,» le numéro, mais seulement d[actionner le ^disque. d’appel.
- Pour atteindre ce but, le disque est percé de dix trous disposés à sa périphérie, numérotés de 0 à 9 et marqués
- chacun de trois lettres. Ces lettres serviront à indiquer le bureau central desservant la ligne demandée. Les chiffres donneront ensuite l’indication du numéro. Ainsi, pour demander l’abonné Wagrarn 66-39, il suffira de transmettre les deux premières lettres du nom Wagram, W et A, puis les quatre chiffres constituant le numéro. Pour actionner le disque, l’abonné doit enfoncer un doigt dans le trou correspondant au signe désiré, lettre ou chiffre. Il le fait ensuite tourner dans le sens des aiguilles d’une montre jusqu’à ce que son doigt touche la butée d’arrêt; puis il le lâche. Sollicité par le ressort spiral qui le maintenait à sa position de repos, le disque revient à celle-ci. L’abonné peut alors envoyer le* second signe. Et ainsi de suite pour chaque signe. En admettant que l’administration des P. T. T. décide de limiter aux deux premières lettres l’indication du bureau, la demande d’un numéro dans le réseau de Paris nécessitera donc six manœuvres successives du disque d’appel. Ainsi pour appeler Wagram 66-39, il faudra actionner le disque une fois pour la lettre W, une fois pour la lettre A, une fois pour le chiffre 6, une autre fois pour le chiffre 6, une fois pour le chiffre 3 et une sixième fois pour le chiffre 9. Disons tout de suite que l’ensemble de ces six manœuvres ne demandera à l’abonné que quelques secondes, c’est-à-dire une fraction de temps négligeable (fig. 1 et 2).
- Tel est le fonctionnement extérieur du disque d’appel. Il est utile maintenant de procéder à un démontage, d’ailleurs élémentaire, et de se rendre compte comment les manœuvres que nous venons d’énumérer peuvent transmettre le numéro demandé au commutateur automécanique placé au bureau central.
- Fig. 5. — Vue d’ensemble d’un chercheur muni de l’embrayage flexible.
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- Dès que l’abonné décroche son récepteur, le crochet, délivré du poids de celui-ci et sollicité par un ressort, vient occuper la position de fermeture du circuit de la ligne. La ligne de l’abonné se trouve donc sous courant. Le disque d’appel est monté sur la ligne par l’intermédiaire d’un petit levier pouvant occuper deux positions, l’une d’ouverture du circuit, l’autre de fermeture. Une fois la ligne mise sous courant par le seul fait du décrochage, ce j>etit levier peut donc ou laisser passer le courant ou le couper. Il constitue en somme un interrupteur.
- Or le disque est muni intérieurement d’une série de petites dents, découpées circulairement sous le cadran numéroté. Et, dans son mouvement de rotation, pendant le retour à sa position de repos, les dents actionnent le petit levier formant interrupteur. La manœuvre du disque a donc pour résultat de causer un certain nombre d’interruptions de courant dans la ligne, mise sous tension par le décrochagê.
- Ces interruptions de courant, ou impulsions, constituent ainsi un langage compréhensible pour le commutateur automécanique qui est relié électriquement avec l’abonné appelant.
- Si nous reprenons notre exemple : l’appel du numéro Wagram 66-39, l’indication de la lettre W, qui est inscrite dans le trou 9, se traduira par l’envoi de 9 impulsions ; celle de la lettre A inscrite dans le trou 2, par 2 impulsions ; celle du chiffre 6, par 6 impulsions et de même pour les trois autres chiffres.
- Ce sont ces impulsions, émanant de l’abonné appelant et représentant sa demande, que le commutateur automécanique doit recevoir, interpréter et satisfaire.
- LES COMMUTATEURS AUTOMÉCANIQUES
- Les commutateurs automécaniques seront installés dans les bureaux centraux. Ils remplaceront les meubles actuels de téléphonie manuelle et les téléphonistes qui manipulent ces derniers.
- Prenons un de ces commutateurs et analysons la tâche qu’il devra remplir. Il sera affecté à un certain nombre d’abonnés comme les meubles manuels. L’un quelconque de ces abonnés pourra, à un instant quelconque, demander un autre abonné du réseau, ce dernier pouvant êti*e desservi par le même bureau que le premier ou par d’autres centraux du réseau. Le commutateur devra donc se charger des trois opérations suivantes, qui sont d’ailleurs fondamentales en matière de téléphonie :
- 1° Répondre à l’abonné appelant, c’est-à-dire entrer en relation avec lui ;
- 2° Recevoir la demande de cet abonné et l’enregistrer ;
- 3° Opérer parmi les lignes du réseau la sélection de la lisme demandée et, enfin, si celle-ci est libre, établir la communication.
- On voit apparaître tout de suite la nécessité de trois mécanismes différents : l’un qui ait pour mission de répondre à l’abonné appelant et de mettre sa ligne en relation avec le mécanisme chargé d’enregistrer sa
- demande; un troisième, enfin, qui soit capable de trouver la ligne répondant à cette demande, c’est-à-dire d’opérer la sélection du numéro demandé. Nous sommes ainsi amenés à décrire ces trois organes essentiels qui portent le nom, respectivement, de chercheur, d’enregistreur et de sélecteur. Nous rencontrerons plus loin un quatrième organe, non moins important, le combineur qui, comme son nom l'indique, aura la responsabilité d’établir successivement les diverses combinaisons de circuits concourant à l’établissement de la communication.
- Chercheur. — Un chercheur est relié directement à cent abonnés du bureau central où il est installé. Il comprend deux parties essentielles, l’une fixe, l’autre mobile. La première revêt une forme demi-cylindrique, c’est l’arc des broches. Du côté de l’arrivée des câbles, les broches sont soudées aux lignes des cent abonnés. A
- Fig. 7. — La partie fixe d'un sélecteur.
- Arc des broches va de dos.
- Les broches sont alignées sur 10 rangées superposées de 100 broches chacune.
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- Fig. 8. — A gauche : Le sélecteur. Vue des balais et du déclencheur de balai. Fig. 9. — A droite : Déclencheur de balai.
- C’est un arbre muni de 10 ergots disposés en spirale.
- l’intérieur du demi-cylindre, elles se présentent comme de petites tiges en laiton, disposées régulièrement sur
- Fig. 10. — Le chariot porte-balai du sélecteur.
- plusieurs rangées. La partie mobile du chercheur est constituée en principe par un axe central portant des balais transversaux. C’est le chariot porte-balais. L’axe coïncide avec le centre du demi-cercle de base de l’arc des broches (iig. 3).
- Le principe de fonctionnement de ce mécanisme apparaît immédiatement. Nous avons vu que son rôle est de chercher les broches de la ligne appelante parmi les cent qu’il dessert; de les trouver et d’établir une connexion entre elles et le circuit intérieur du commutateur. Si on fait tourner à la main le chariot porte-balais, au cours de ce mouvement les balais entrent en contact successivement avec les cent lignes d’abonnés. Pour que le chercheur soit un mécanisme automatique, il suffît donc de faire appel à deux artifices, l’un pour déclencher le mouvement du chariot quand un des cent abonnés décroche son récepteur, .l’autre pour faire cesser ce mouvement à l’instant précis où un jeu de balais est en contact avec les broches terminant la ligne de cet abonné.
- Un seul organe permet de résoudre ce double problème, c’est Vembrayage flexible.
- Ainsi que le représente la figure 4, le chercheur est monté sur un bâti métallique. Un arbre M est animé d’un mouvement continu et tourne ainsi sans cesse à proximité du chercheur. [Sur le prolongement de l’axe S des balais, est calé un disque métallique mince, flexible et denté D, pouvant venir en prise avec une autre roue dentée B, calée sur l’arbre moteur M. Tant qu’aucun des cent clients de notre chercheur ne décroche son récepteur, le chariot porte-balais n’a aucune raison de tourner. 11 y a donc débrayage, c’est-à-dire que le disque flexible D est infléchi vers le bas et porte sur le butoir B sous l’action du tampon de caoutchouc 7’terminant le levier Z.
- Supposons qu’un des cent abonnés décroche son récepteur, sa ligne est mise sous courant, l’électro-aimant E est excité et le levier L est attiré vers les pôles de celui-ci. La roue flexible D n’étant plus forcée contre le butoir B, se redresse grâce à son élasticité, ses dents viennent en prise avec celles de la roue il y a embrayage et le chariot participe aussitôt du mouvement de l’arbre moteur M. Les balais, en tournant, entrent donc en contact successivement avec les broches des cent abonnés.
- La recherche n’est pas longue. Un jeu de balais rencontre bientôt ces broches. Et, comme la ligne est sous courant, ce courant fait naître instantanément une combinaison de circuits qui a pour effet immédiat de couper l’excitation de l’électro-aimant. Le levier L retombe, la roue flexible D se voile à nouveau. Il y a débrayage. Un jeu de balais est en contact avec les broches appelantes ; la ligne de l’abonné se trouve ainsi prolongée vers les autres mécanismes du commutateur et cette situation durera jusqu’à ce que la communication soit terminée.
- La première partie de la tâche est donc accomplie. C’est maintenant au tour de l’enregistreur d’entrer en
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- eu pour recevoir la demande de l’abonné appelant.
- Enregistreur. — Nous avons vu que le disque d’appel met la demande d’un numéro téléphonique sous la forme de six trains d’impulsions successifs. L’enregistreur doit donc être un organe capable de comprendre ce langage par impulsions, c’est-à-dire sensible aux interruptions de courant. Imaginons un axe mobile autour de lui-même et pouvant occuper dix positions pour un tour de rotation. Munissons cet axe d’un embrayage par engrenage flexible analogue à' celui que comporte le chercheur. Selon que l’électro de l’embrayage sera excité ou non, l’axe prendra son mouvement de rotation ou bien restera immobile. Si nous excitons cet électro six fois de suite, pendant des temps égaux et à des intervalles réguliers, l’axe, franchissant une position à chaque excitation, occupera finalement la position 6. Si nous excitions l’électro 4 fois, il viendrait à la position 4 ; si nous le faisions 3 fois, il viendrait à la position 3, etc.
- Cet axe est la représentation schématique d’un élément d’enregistreur que l’on peut ainsi définir : un axe susceptible d’occuper dans un tour complet de rotation dix positions correspondant aux dix chiffres inscrits sur le disque d’appel. Et, pour que l’enregistreur puisse recevoir et enregistrer les six trains d’impulsions d’un numéro (2 lettres et 4 chiffres), il se composera de six éléments semblables. Si nous reprenons notre exemple de Wagram 66-39, le travail d’enregistrement de l’enregistreur sera réparti de la façon suivante : l’abonné envoie la lettre W, le premier élément d’enregistreur reçoit 9 impulsions et vient occuper la position 9; l’abonné envoie la lettre A, le second élément vient occuper la position 2; et de même pour les chiffres ; l’élément des mille vient à la position 6, celui des centaines également à 6, celui des dizaines à 3 et celui des unités à 9.
- Et voici le numéro demandé par l’abonné appelant enregistré. La deuxième partie de la tâche est accomplie. Il n’ÿ a plus qu’à opérer la sélection de la ligne portant ce numéro parmi les lignes du réseau.
- Sélection. — La sélection de la ligne demandée est une opération très vaste. Elle s’étend, en effet, à tout le réseau téléphonique. Aussi peut-on concevoir dès maintenant qu’elle devra être menée par étages successifs. En d’autres termes, ce sera une véritable équipe de mécanismes dits sélecteurs qui, en sériant le travail méthodiquement, permettra d’atteindre de proche en proche les broches de la ligne demandée. Nous aurons les sélecteurs primaire, secondaire, tertiaire, quaternaire et final. Mais ces appareils sont tous d’un même type que nous allons tout d’abord décrire.
- Comme un chercheur, un sélecteur comprend une partie fixe : l’arc des broches et une partie mobile : le chariot porte-balais. Dans l’arc des broches, les broches sont alignées sur dix rangées superposées. Les balais du chariot sont au nombre de dix, un balai se trouvant en face de chaque rangée de broches. Mais, contrairement à ce qui se passe pour le chercheur, si au repos on fait tourner le chariot porte-balais, les balais ne prennent pas contact avec les broches de l’arc ; ils sont retenus en arrière chacun par un petit loquet d’ébonite. Ainsi, il faut déclencher un balai quelconque, c’est-à-dire repousser
- Elément d 'enregistreur
- Déclencheur de balais de séJecteur
- Fig. 11. — Schéma du contrôle d'un déclencheur de sélecteur var un élément d‘enregistreur.
- I. Position de repos : l’élément d’enregistreur et le déclencheur sont au zéro. II. L’abonné a envoyé le chiffre 4, c’est-à-dire 4 impulsions. L’élément est revenu à la position 4 et le déclencheur est toujours à zéro. III. L’élément a mis en mouvement le déclencheur. Celui-ci, à chaque ergot qu’il présente en position de déclenchement, envoie une impulsion vers l’élément. Cette impulsion a pour effet de faire tourner l’élément d’un pas vers sa position de repos. La figure montre le déclencheur ayant tourné d’un pas ; l’élément est ensuite passé de la position 4 à la position 5. IV. Le déclencheur présente son ergot 6. Il a donc envoyé 6 impulsions à l’élément qui de ce fait est revenu à position de repos et a en meme temps coupé l’embrayage du déclencheur. C’est donc l’ergot 6 qui reste en position de déclenchement et le chariot porte-balai du sélecteur peut se mettre à tourner.
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- son loquet pour que, pendant la rotation du chariot, il prenne contact avec les broches de la rangée correspondante (fig. 7).
- Ce travail de déclenchement est accompli automatiquement par un petit mécanisme annexé au sélecteur et appelé déclencheur de balais.
- Cet appareil se compose d’un arbre muni de dix ergots disposés en spirale sur toute sa hauteur. Il peut, lui aussi, occuper dix positions différentes pour un tour complet et, à chacune de ces dix positions, il présente un de ses dix ergots en position de déclenchement, c’est-à-dire telle qu’il puisse repousser le loquet du balai correspondant et libérer ce balai (fig. 8).
- Munissons maintenant le chariot porte-balais du sélecteur d’un embraj'age par engrenage flexible et faisons de même pour le déclencheur qui lui est annexé. Nous pouvons ainsi commander à distance les deux mécanismes. Si nous excitons l’électro du déclencheur, celui-ci prend son mouvement de rotation autour de son axe et présente successivement ses dix ergots en position de déclenchement. Il nous suffit d’arrêter ce mouvement, c’est-à-dire de couper l’excitation de l’électro quand l’ergot que nous voulons se trouve dans cette position. Et nous pouvons mettre en mouvement ou arrêter le chariot porte-balais en agissant sur le circuit d’excitation de l’élec-tro d’embrayage.
- Mais dans le commutateur automécanique, il y a un organe qui peut agir automatiquement sur l’embrayage du déclencheur et sur celui du chariot porte-balajs, c’est l’enregistreur.
- Schématisons donc une opération de sélection (fig. 11).
- Mettons un sélecteur dit primaire sous les’ ordres du premier élément d’enregistreur, celui
- qui, dans notre exemple de Wagram 66-39, a reçu et enregistré la lettre W et, de ce fait, occupe la position 9.
- Dès qu’il est arrivé à cette position, l’élément, par l’intermédiaire du combineur que nous décrirons plus loin, excite l’électro d’embrayage du déclencheur de notre sélecteur. Le déclencheur prend donc son mouvement de rotation autour de lui-même et présente successivement en position de déclenchement ses dix ergots. Mais chaque fois qu’un ergot se trouve dans cette position, il s’établit un jeu de circuits tel que le déclencheur envoie vers l’élément d’enregistreur qui le contrôle une impulsion analogue à celles envoyées tout à l’heure par le disque d’appel de l’abonné.
- Ainsi, l’élément était à la position 9; dès que le déclencheur présente l’ergot 1, l’élément passe à la position 0. Mais cette position 0 est précisément celle où l’élément coupe le circuit d’embrayage du déclencheur. Celui-ci s’arrête donc instantanément et son ergot 1 demeure en position de déclenchement. Un nouveau jeu de circuits intervient à cet instant pour exciter l’embrayage du chariot du sélecteur. Celui-ci commence à tourner.
- Le loquet du balai 1, en passant devant le déclencheur, se trouve repoussé par l’ergot 1 en position de déclenchement. Et le balai 1, ainsi rendu actif, entre en contact avec les broches de la rangée 1, pendant la rotation du chariot.
- Où conduisent ces broches?
- Vers les sélecteurs secondaires qui mènent eux-mêmes au bureau Wagram desservant l’abonné demandé.
- Dès que notre balai 1 du primaire rencontre les
- 13. — Vue d’un sélecteur dfi groupe complet monté.
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- broches d’un secondaire libre, le circuit de l’embrayage est coupé automatiquement. Et c’est au tour du second élément enregistreur de contrôler ce sélecteur secondaire.
- Ce second élément d’enregistreur avait reçu la lettre A. Il occupe donc la position 2. A chaque ergot que le déclencheur présente en position de déclenchement, il franchit un pas. Il est donc revenu au zéro quand c’est au tour du huitième ergot. A cet instant, il coupe l’embrayage du déclencheur et met en mouvement le chariot porte-balais, dont le balai 8 se trouve déclenché au passage devant le déclencheur. Et tout se passe comme pour le sélecteur primaire.
- Mais les broches du secondaire nous amènent cette fois dans le bureau Wagram lui-même. La sélection a donc avancé d’un nouveau pas. Il ne reste plus qu’à trouver dans le bureau Wagram la ligne portant le numéro 66-39.
- ......= 497 ===
- chariot porte-balais dont le balai idoine vient d’être déclenché. Ce contrôle s’effectue par impulsions inverses comme pour le déclencheur de balais. C’est-à-dire qu’à chaque broche rencontrée par son balai, le chariot envoie vers l’élément une impulsion qui a pour conséquence de le faire avancer d’un pas vers sa position de repos ou 0. Dès que celle-ci est atteinte, l’embrayage du chariot est coupé, et le balai maintient la connexion avec la ligne demandée. Si celle-ci est libre, un courant d’appel est lancé et sa jonction avec la ligne appelante est opérée par les soins du combineur.
- C’est l’enregistreur, comme on vient de le voir, qui supporte toute la responsabilité de la sélection de la ligne demandée. Mais toute chance d’erreur est_ écartée grâce au procédé de contrôle par impulsions inverses envoyées à chaque mouvement par le déclencheur et par le chariot porte-balais vers les éléments d’enregistreur.
- Fig. i4. — Schéma illustrant Vexemple d’établissement d’une communication et montrant les étages de sélection.
- Un troisième travail d’approche est fait par le sélecteur tertiaire commandé et contrôlé de la même façon par l’élément d’enregistreur qui a reçu le chiffre des mille.
- Le quatrième étage de la sélection est franchi par le sélecteur quaternaire commandé et contrôlé par l’élément d’enregistreur qui a reçu le chiffre des centaines.
- Enfin, le sélecteur final entre en jeu. Les broches de cet ultime organe ne mènent plus vers d’autres sélecteurs, mais bien vers les postes mèmès des abonnés. L’élément d’enregistreur qui a reçu le chiffre des dizaines ou 3 se charge de commander et de contrôler son déclencheur de balais. Cette opération a pour résultat de faire progresser à nouveau la sélection en indiquant dans quelle rangée de l’arc se trouvent les broches de la ligne cherchée. Mais il reste encore à préciser quelles sont ces broches. C’est la tâche dû dernier élément d’enregistreur qui a reçu le chiffre 9. Il contrôle le mouvement du
- On comprend, en effet, que le montage des fils, une fois fait avec précision, la même précision préside à la sélection. .
- Les mouvements des divers organes sont en quelque sorte solidaires et aucun ne peut s’accomplir en dehors du bon ordre des choses.
- Combineur. — Nous avons déjà dit un mot de ce mécanisme qui est en somme le centre de liaison de tout le commutateur automécanique.
- Constitué par un axe sur lequel peuvent tourner un certain nombre de cames, le combineur joue un rôle de premier plan dans l’établissement d’une communication. C’est lui qui, la ligne appelante une fois trouvée par le chercheur, met l’enregistreur à la disposition de l’abonné. C’est lui qui sert d’agent de liaison entre les différents éléments d’enregistreur et les sélecteurs qu’ils doivent respectivement commander et contrôler.
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- == 498 . -=::—r.-=-............
- C’est lui, enfin, qui assure la liaison entre la ligne appelante et la ligne appelée.
- Le combineur, grâce à sa conception ingénieuse, remplace un nombre de relais qui ne serait pas inférieur à 20 (fig. 12). .
- ÉQUIPEMENT D'UN BUREAU CENTRAL
- On sait qu’à Paris, le réseau téléphonique est divisé en un certain nombre de régions desservies chacune par un bureau central : Wagram, Central, Trudaine, etc. Chaque central doit assurer le service de 10000 abonnés. Il n’est pas sans intérêt d’examiner quel devra être le nombre des mécanismes de chaque sorte : chercheur, sélecteur, enregistreur, pour satisfaire une telle clientèle.
- Prenons d’abord le cas des chercheurs. Un de ces appareils sera relié à cent abonnés. Mais il ne saurait suffire au service de ceux-ci que s’il n’arrivait jamais à deux d’entre eux d’occuper Jeur ligne simultanément. Il ne faut pas oublier, en effet, qu’un chercheur est immobilisé pendant tout le temps que dure la communication qu’il a contribué à établir. Un seul des cent abonnés suffit donc, par sa demande, à rendre un chercheur indisponible durant quelques instants. Et on voit apparaître la nécessité d’affecter plusieurs chercheurs à chaque groupe de cent abonnés.
- Quel doit être ce nombre?
- Il sera nécessairement au moins égal au nombre de conversations simultanément en cours par groupe de cent abonnés, à l’heure de la journée la plus chargée. Seule, une étude minutieuse du trafic pour chaque central peut le déterminer. A Paris, il varie, d’un bureau à l’autre, entre 18 et 24 fc&irrés. Comme chaque central dessert cent groupes de cent abonnés, le nombre des chercheurs par bureau sera compris entre 1800 et 2400.
- Les chercheurs affectés au même groupe de cent abonnés seront montés l’un au-dessus de l’autre dans un châssis métallique et constitueront ainsi une baie. Chacun des cent abonnés sera relié à chaque chercheur de la baie. Ce montage porte le nom de multiplage.
- L’équipement d’un bureau central exigera de même un certain nombre d’enregistreurs. Mais ce nombre sera sensiblement inférieur à celui des chercheurs. L’enregistreur, en effet, n’a pour mission que de recevoir la demande de l’abonné et de contrôler la sélection. Dès que la communication est établie^ il est libéré. Son temps de mobilisation est donc indépendant de la durée de la communication.
- Le nombre d’enregistreurs affecté à chaque central sera, en moyenne, de 170.
- Quant aux sélecteurs, il est difficile de préciser leur nombre, celui-ci étant sous la dépendance de facteurs multiples.
- EXEMPLE D'UNE COMMUNICATION
- Essayons de résumer, en les groupant, les diverses descriptions que nous venons de donner.
- La suite des opérations qui concourent à l’établisse-
- ment d’une communication peut être schématisée dans un dernier exemple (fig. 14).
- Supposons que l’abonné appelant soit un abonné du bureau central Fleurus.
- Il a sur sa table un appareil téléphonique muni du disque d’appel. 11 veut communiquer avec l’abonné qui porte le numéro .Gutenberg 62-37.
- Il décroche son récepteur et le porte à son oreille. A peine ce geste est-il accompli, qu’il entend un léger ronflement continu.
- Que s’est-il passé au bureau Fleurus?
- En décrochant son récepteur, notre abonné a mis sa ligne sous courant, Les chercheurs affectés au groupe de cent abonnés dont il fait partie se sont mis en action. L’un d’eux a trouvé sa ligne en premier. Sans perdre une seconde, un combineur l’a prolongée vers un enregistreur libre.
- Le ronflement qu’il entend, c’est cet enregistreur qui lui dit « J’écoute ».
- L’abonné peut alors exprimer sa demande au moyen de son disque d’appel. II met son index dans le trou G et actionne le disque. Il recommence pour la lettre U, puis pour le chiffre 6, puis pour 2, puis pour 3 et enfin pour 7. Son tx*avail est terminé. Ses ordres sont donnés et sont déjà en train de s’exécuter.
- Voici ce qui se passe dans le bureau Fleurus. Les deux éléments d’enregistreur qui reçoivent les lettres G et U commandent et contrôlent les sélecteurs primaire et secondaire.
- Ceci a pour effet d’orienter la sélection de la ligne demandée vers le bureau Gutenberg qui la dessert. Le combineur intervient alors pour relier un sélecteur tertiaire du bureau Gutenberg à l’élément d’enregistreur qui reçoit le chiffre 6.
- Puis c’est au tour de l’élément qui reçoit le chiffre 2 de commander et contrôler le sélecteur quaternaire.
- Enfin le sélecteur final entre en jeu, qui contient dans son arc les broches de la ligne demandée.
- L’élément d’enregistreur qui reçoit le chiffre 3 commande et contrôle son déclenchement de balais, puis le dernier élément qui reçoit le chiffre 7 agit de même à l’égard du chariot porte-balais. Les broches correspondant au numéro demandé sont bientôt trouvées. Le combineur intervient pour lancer, un courant d’appel dans la ligne et pour relier celle-ci à la ligne du demandeur.
- Disons en terminant que le fonctionnement d’un commutateur automécanique est parfaitement précis et extrêmement rapide. La transformation du réseau de Paris en téléphonie automatique réalisera un grand progrès que tous les usagers du téléphone ne tarderont pas à apprécier.
- Le téléphone manuel tel qu’il est pratiqué aujourd’hui à Paris a un débit limité qui ne permet plus de satisfaire aux besoins et aux exigences d’une clientèle chaque jour plus nombreuse. La transformation hardie et radicale, qui va commencer sous peu et se poursuivra pendant plusieurs années, donnera à la capitale un équipement téléphonique digne d’elle.
- Claude-Georges Bossière.
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- LES VARIATIONS DU DIAMÈTRE DES ARBRES 499
- On sait que chaque année, les arbres restent au repos 1 hiver, puis s accroissent en été, non seulement en hauteur, mais aussi en épaisseur.
- Le mécanisme de cet épaisissement est bien connu : entre le liber et le bois, se forme une nouvelle couche circulaire qui produit de nouveaux tissus vers l’intérieur (bois secondaire) et l’extérieur (liber secondaire). C’est la série de ces formations qui dessine à la surface d’une coupe transversale les stries concentriques dont on se sert pour compter l’âge cl’un bois. L’épaisseur de chaque couche annuelle varie selon l’âge et le milieu. Généralement la croissance augmente dans les premiers temps, atteint un maximum, puis se ralentit. D’autre part, la couche d’une année est d’autant plus épaisse que le temps est plus humide et le sol plus riche en matières nutritives.
- LE DENDROGRAPHE,
- AUTOBIOGRAPHE DES ARBRES
- M. D.-J. Mac Dougal, de la Carnegie Institution, a imaginé un appareil, le dendrographe, pour faire tracer par 1 arbre lui-même la courbe de sa croissance et ses modalités. Ce n’était pas chose aisée, parce que les mouvements sont extrêmement lents et faibles et que l’appareil doit prendre appui sur d’arbre, c’est-à-dire rester très longtemps en plein air et exposé aux pressions du vent. .
- Il y a cependant réussi et il vient de donner la description de cet instrument et des premiers résultats qu’il a obtenus dans American Forest and Forest Life. La Revue internationale d'Agriculture les fait connaître.
- Fig. 2. — Dendrographe fixé près de la base d’un Pin de Monterey ' resté en fonctionnement depuis sevtembre 1918.
- Fig. 1. — Le dendrographe.
- Mécanisme du levier et de la plume enregistrant sur un cylindre tournant par un mouvement d’horlogerie. A, B, baguette de quartz fondu; G, D, bras du levier portant la plume.
- Si les arbres à croissance rapide grandissent assez dans leur jeunesse pour qu’on puisse mesurer les épaisseurs successives au compas ou les périmètres au ruban d’arpenteur, les arbres lents ou vieux ne grossissent guère chaque année que de 2,5 mm. et certains, quand ils ont 200 ou 300 ans, n’épaississent plus que d’environ 1 mm. Il faut donc pour les suivre un appareil amplificateur.
- Le dendrographe comporte un châssis ou polygone rigide fait de barres d’un métal non dilatable par la chaleur. Ce châssis indéformable, est fixé à l’arbre par une vis qui prend appui à l’intérieur de l’écorce. Il porte un levier coudé (fig. 1) pivotant sur son angle, le petit bras vertical bute contre une baguette mince de quartz fondu qui prend contact par son autre boutavecl’arbre ; le bras horizontal, dix ou vingt fois plus long, inscrit aveo amplification sur un papier millimétré enroulé autour d’un cylindre enregistreur à mouvement très lent. L’ensemble du dendrographe est maintenu stable par une ceinture de blocs de bois reliés par des charnières métalliques qui ceinturent l’arbre et peuvent être ajustés (fig. 2).
- Cet appareil a déjà montré d’intéressants phénomènes, par exemple les variations journalières du diamètre. En effet, chez la plupart des arbres il se produit chaque jour, indépendamment de la croissance, une dilatation et une contraction. Le mouvement d’ascension de la sève dans les vaisseaux du bois, produit par la transpiration des feuilles, est si puissant que les troncs de la plupart des arbres subissent une contraction commençant le malin et continuant jusqu’au soir, où alors le bois commence à se dilater pour reprendre peu à peu les dimensions qu’il avait aux premières heures du matin.
- Les changements quotidiens peuvent varier de 1/1250 à 1/200 du diamètre de l’arbre; ils sont inverses des modifications causées par la température, car l’arbre se contracte quand il fait très chaud, en perdant rapidement son humidité, et se dilate, au contraire, quand il fait froid et humide. M. Mac Dougal a surtout étudié le pin rouge de Californie et le pin de Monterey. Un dendrographe est en place depuis 1918 sur l’un de ces derniers (fig. 2) et inscrit régulièrement la courbe des accroissemenls. On peut attendre d’importantes conclusions de ces enregistrements. Daniel Claude.
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- COLONNES LUMINEUSES
- Ce rc/\e
- Fig. 1. — Les halos.
- PP, parhélies. — P'P', parhélies secondaires. — A, arcs tangents supérieurs au halo de "220 (ils sont plus souvent en un seul arc à convexité inférieure). — B, arc circumzénithal tangent au halo d'e 46°. — B', arcs tangents infralatéraux. — A', arc tangent inférieur au halo de 22°.
- Les lecteurs de La Nature ont déjà entendu parler, à plusieurs reprises, du Pic de Midi du Bigorre. Beaucoup d’entre eux connaissent l’Observatoire qui se trouve presqu’à son sommet; car, pendant l’été, de très nombreux touristes viennent contempler, du haut de ses terrasses, le panorama qui embrasse toutes les Pyrénées. Par contre, en hiver, peu de promeneurs entreprennent cette ascension ; et ceux qui parviennent au sommet sont encore plus rares. C’est d’ailleurs fort dommage pour eux, Car s’ils s’émerveillent des vues brumeuses et grises de l’été, que diraient-ils des clairs de Lune transparents qui permettent, en hiver, de voir les plus lointaines crêtes couvertes de neige?
- Certes, ne croyez pas que nous allons entreprendre ici une description de ce panorama. Mais nous voudrions dire quelques mots de certains phénomènes d’optique atmosphérique, observés cet hiver au Pic du Midi, et dont l’origine est, croyons-nous, analogue à celle des halos. On sait que ces derniers sont dus à la présence de petits cristaux de glace dans les plus hautes régions de l’atmosphère. Or nous avons eu l’occasion de voir des phéno-
- Fig. 2. — Quand le soleil est au-dessus de T horizon, ses rayons réfléchis sur la face horizontale d'un cristal de glace dans la haute atmosphère, peuvent donner naissance à une image ou « faux Soleil ».
- mènes analogues produits par des particules de neige qui volaient dans une région de l’air située à notre hauteur, et même plus basse.
- Mais, avant d’entreprendre la description de ces cas particuliers, nous allons dire quelques mots d’un certain phénomène classique du genre halo.
- COLONNES LUMINEUSES : LEUR EXPLICATION.
- I. Les halos. — On sait que le terme de « halo » désigne surtout un cercle lumineux qui entoure parfois le Soleil ou la Lune et dont le diamètre angulaire, toujours le même, est d’environ 22°. Il ne faut pas le confondre avec un autre phénomène d’optique appelé « couronne lumineuse ». Les couronnes, en effet, n’ont pas un diamètre constant; elles sont dues au passage des rayons lumineux à travers les gouttelettes d’eau qui constituent les nuages peu élevés, et leur diamètre dépend de la grosseur de ces gouttes. Au contraire, le halo est produit par les cristaux de glace dont sont formés les nuages élevés du genre cirrus. Son diamètre ne dépend que des angles que font entre elles les faces de ces cristaux, et ces angles sont toujours les mêmes; c’est ce qui explique la constance du diamètre du halo de 22°.
- Mais, par extension, on réunit sous la dénomination de « halos » un ensemble de phénomènes d’optique atmosphérique, dus également aux cristaux de glace qui se trouvent dans l’air. Ces phénomènes, très nombreux et complexes, sont beaucoup plus rares que le halo classique. Certains, même, n’ont été vus que par quelques observateurs privilégiés. Ils sont, en général, beaucoup moins brillants et plus fugitifs que le halo de 22°. Nous allons nous contenter d’énumérer les principaux :
- Le halo de 46° (cercle centré sur le Soleil).
- Les arcs tangents inférieur et supérieur au halo de 22°.
- Les arcs tangents inférieur et supérieur au halo de 46° appelés arc circumzénithal et arc circumhorizontal.
- Le cercle parhélique (cercle blanc horizontal passant par le Soleil).
- Les parhélies ordinaires de 22° et les parhélies de 46° (taches lumineuses situées sur le cercle parhélique).
- L’anthélie située à l’opposé de l’astre, sur lequel se croisent parfois les arcs obliques de l’anthélie.
- La colonne lumineuse.
- L’explication de tous ces phénomènes est assez délicate. Mariotte eut, le premier, l’idée qu’ils étaient dus à la présence de cristaux de glace dans l’air. Puis Bravais fit accomplir des progrès considérables à la théorie des halos. Pernter a bien rejeté ses idées sur plusieurs points; mais, depuis, M. Besson a défendu les théories de Bravais et a donné de nouvelles explications plus satisfaisantes, de certains de ces phénomènes.
- Nous n’insisterons pas sur la description et la théorie de ces nombreux halos. Nous allons nous contenter de résumer ce que l’on sait de l’un de ces phénomènes : la colonne lumineuse.* . . «
- II. Colonne lumineuse. — La « colonne lumineuse verticale » est un des phénomènes de halo assez
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- rare. C’est, en général, au lever ou au coucher du Soleil qu’on la voit le plus distinctement. Lorsque le ciel est quelque peu chargé de nuages élevés, il apparaît une traînée lumineuse bien verticale dans l’azimut du Soleil.
- On l’aperçoit souvent quand le Soleil est déjà caché derrière l’horizon; l’œil n’est pas alors ébloui par l’éclat de l’astre. Il ne faut pas confondre la colonne lumineuse avec certaines bandes ou jets de lumière qu’on appelle, en général, « rayons » du Soleil. Ces derniers sont produits par les nuages qui encombrent le couchant et ne laissent passer que des pinceaux de lumière plus ou moins étroits. Ces pinceaux sont rendus visibles par suite de la diffusion de la lumière dans l’air. Ces « rayons » du Soleil se distinguent facilement de la colonne lumineuse. Tout d’abord leur largeur ne semble pas la même sur toute leur longueur, par suite d’un phénomène de perspective. De plus, l’ensemble de ces « rayons » passant tous par le même point, forment ce que l’on appelle une « Gloire » ; mais, comme les nuages se déplacent et se déforment, ces traînées de lumière se déplacent et se déforment sans cesse. D’ailleurs, le simple mouvement de translation du Soleil suffit à faire constamment changer leur direction. Au contraire, la colonne lumineuse a une largeur à peu près constante, et surtout elle reste parfaitement verticale. Elle est simplement animée d’un mouvement de translation lent et régulier, correspondant au déplacement latéral du Soleil.
- La colonne lumineuse peut se voir également lorsque le Soleil est au-dessus de l’horizon. On est, alors, assez gêné par l’éclat de l’astre; mais, en cachant ce dernier au moyen d’un écran, on peut constater que la colonne lumineuse, passant exactement par le Soleil, s’élève au-dessus de ce dernier, et peut aussi se prolonger au dessous. Sa largeur diffère peu de celle de l’astre; sa longueur atteint parfois 30° à 40°.
- III. Théorie de la colonne lumineuse. —Voici comment on explique ce phénomène :
- Supposons qu’il y ait, à une assez grande hauteur dans l’atmosphère, de petits cristaux de glace qui tendent à s’orienter en tombant. Par suite de cette orientation, une face de chaque cristal peut se trouver horizontale dans sa position d’équilibre. Or, s’il y a dans l’espace, et à l’endroit voulu, un très grand nombre de ces petits cristaux, les rayons lumineux, envoyés par le Soleil, en se réfléchissant sur cette multitude de petits miroirs horizontaux, tendront à fournir une image du Soleil. Ce « faux Soleil » paraîtrait symétrique du vrai par rapport à l’horizon, car la distance des cirrus à l’observateur est négligeable devant la distance de la Terre au Soleil (fig. 2). Autrement dit, au moment où le vrai Soleil disparaîtrait derrière l’horizon, le faux Soleil se lèverait à sa place et monterait paisiblement dans l’espace.
- Supposons, maintenant, que tous ces cristaux oscillent légèrement autour de leur position d’équilibre; que s’en suivra-t-il? L’image du Soleil deviendra floue, me direz-vous, et s’étalera d’autant plus que l’oscillation des cristaux augmentera d’amplitude. Assurément, mais l’expérience montre que la tache ne s’étend pas uniformément dans toutes les directions. Il suffit, pour s’en convaincre,
- I. — Formes de certains cristaux de siace.
- O
- de regarder une lumière se réfléchir sur une nappe d’eau. Dès que la surface en est tant soit peu « ridée », on voit l’image devenir floue, puis s’étaler en une longue « colonne lumineuse » qui paraît verticale. On a lieu de croire que la colonne aérienne est un phénomène analogue. Il ne faudrait pourtant pas, nous semble-t-il, pousser cette comparaison aquatique trop loin. Dans le cas d’une nappe d’eau, nous avons affaire à la surface d’un fluide continu; les mouvements d’une partie de cette surface sont intimement liés à ceux des parties voisines. Dans le cas de la colonne aérienne, chaque petit cristal oscille, vraisemblablement, dans une complète indépendance de ce que font ses voisins.
- Il reste à montrer, pour que l’explication soit acceptable, l’existence de cristaux de glace pouvant, par leur orientation, présenter une face horizontale oscillante.
- On sait que la forme de cristaux de glace la plus simple est celle d’un prisme droit hexagonal. Quand le cristal est allongé dans le sens de son axe, on dit que l’on a affaire à une aiguille; dans le cas contraire, il s’agit d’une lamelle.
- Or, pendant très longtemps, on a admis a priori, que les aiguilles tombaient dans l’air, en s’orientant verticalement, tandis que les lamelles avaient leur axe horizontal pendant leur chute-. On invoquait pour cette affirmation la « loi de la moindre résistance » ; et l’on en concluait, sans la moindre vérification expérimentale, que les colonnes lumineuses étaient dues à la réflexion
- Fig. 4. — Réflexions successives d’un rayon solaire sur deux cristaux de glace horizontaux.
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- Fig. 5. — Deux rayons solaires réfléchis respectivement et rendus convergents par les faces de deux cristaux de glace inclinés.
- des rayons sur les faces horizontales d’aiguilles de glace, dont l’axe oscillait autour de la verticale.
- Mais M. Besson a voulu savoir la vérité sur la chute des cristaux de glace. 11 a fait des essais(') avec de petits prismes de bois ou d’ébonite qu’il laissait tomber dans de l’eau. Il a également employé des solides de liège tombant dans l’air. Le résultat de ces expériences a été que les faits sont tout le contraire de ce que l’on avait admis jusqu’alors : les aiguilles tombent couchées (axe horizontal) et les lamelles à plat (axe vertical).
- Il a aussi étudié d’autres formes, plus compliquées, de cristaux; en particulier certains cristaux constitués par deux prismes dont les axes sont dans le prolongement l’un de l’autre (2). Le cas se rencontre sous la forme d’un prisme allongé terminé à une extrémité par une lamelle, l’autre base étant soit plane (A), soit pointue (pyramidale) (B), soit également terminée par une lamelle (G) (fig. 3). Ces trois types de cristaux tombent verticalement (axe vertical). Le type B aune orientation très stable.
- Que faut-il en conclure au sujet des colonnes lumineuses? Voici comment s’exprime M. Besson :
- « Bravais les attribue (les colonnes lumineuses), à la réflexion de la lumière sur les faces qui oscillent autour de la position horizontale. D’après les idées que l’on avait sur l’orientation des cristaux de glace, ces faces réfléchissantes ne pouvaient être que des bases de prismes allongés. Bravais, jugeant trop exiguës les bases des prismes hexagonaux ordinaires, considérait les prismes terminés à leurs extrémités par des lamelles comme plus propres à produire ces phénomènes. Mais nous savons maintenant que les prismes plats et les étoiles s’orientent horizontalement. Vu la fréquence des formes lamellaires de la glace, la difficulté est maintenant de comprendre pourquoi l’on ne voit pas plus souvent des colonnes lumineuses. Lorsque le Soleil est au-dessus de l’horizon, il est nécessaire d’admettre au moins deux réflexions successives. Pour qu’elles soient efficaces, peut-être faut-il que les lamelles soient très rapprochées les unes des autres dans le nuage. »
- A notre avis, la rareté des colonnes lumineuses n’est
- 1. « Sur la Théorie des halos », par L. Besson (Thèse de doctorat), 1909.
- 2. En pratique, pour ces formes plus compliquées, M. Besson employait des solides cylindriques et non prismatiques.
- pas si difficile à expliquer que semble le croire M. Besson. Car, s’il faut un certain balancement des cristaux pour expliquer l’existence de ce phénomène, il ne faut pas, cependant, que les oscillations soient d’une trop grande amplitude. La largeur de la colonne lumineuse augmente, en effet, avec cette amplitude, au détriment de la netteté et de la luminosité de la traînée de lumière. Or, il est bien difficile de se faire simplement une idée de l’ordre de grandeur des oscillations des lamelles de glaces dans l’atmosphère élevée. D’ailleurs, l’air est presque toujours agité à une certaine altitude et sa vitesse y est le plus souvent irrégulière. Ces perpétuelles accélérations doivent donner des impulsions répétées aux petits cristaux de glace, qui doivent, par suite, nous semble-t-il, avoir des balancements d’une grande amplitude. La colonne lumineuse ne sera visible que si les cristaux de glace oscillent suffisamment peu. La condition sera remplie, pensons-nous, lorsque l’air sera remarquablement calme, ou bien lorsque les cristaux auront une forme particulièrement stable. Peut être que ces deux conditions sont nécessaires simultanément.
- Dans le cas où le Soleil est au-dessous de l’horizon, nous avons déjà indiqué, par la figure 2, comment les rayons lumineux pourraient donner une image de l’astre, en se réfléchissant sur la face inférieure horizontale des cristaux. Dans le cas où le Soleil est au-dessus de l’horizon, nous ne sommes pas entièrement de l’avis de M. Besson sur l’explication qu’il donne du phénomène. Voici comment nous en envisageons le mécanisme :
- Supposons, tout d’abord, les faces réfléchissantes horizontales; les rayons devront alors subir deux réflexions successives (au moins) avant de parvenir à l’œil de l’observateur, comme l’indique la figure 4. Il faut même remarquer que les deux droites sm et m'o étant parallèles, et le Soleil étant très éloigné, l’image ainsi donnée sera confondue avec l’astre.
- Mais, puisque par hypothèse les cristaux oscillent, il se peut très bien que, pour une certaine position de la face réfléchissante, le rayon soit directement renvoyé vers l’observateur, après une seule réflexion^1) (fig. 5).
- 1. Il apparaîtra une colonne lumineuse, car les cristaux situés dans l’azimut du Soleil sont tout aussi privilégiés que dans le cas où cet astre est au-dessous de l’hoi’izon.
- Fig. 6. — Explication de la colonne lumineuse observée au Pic du Midi le Février lü'Jl.
- L . r
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- Il suffit, pour cela, que les oscillations soient d’une amplitude suffisante relativement à la hauteur de l’astre au-dessus de l’horizon. Aussi notre explication n’est-elle valable que dans le cas où le Soleil est près de l’horizon, car, dans le cas contraire, il faudrait que les cristaux aient un balancement de grande amplitude ce qui ferait disparaître la colonne. Lorsque le Soleil sera assez haut dans le ciel, on semble devoir se rattacher à l’explication de M. Besson, bien que deux réflexions successives doivent beaucoup affaiblir la luminosité de la colonne.
- Remarquons, enfin, que, dans le cas d’une seule réflexion, la partie de la colonne lumineuse qui surmonte le Soleil doit être produite par la réflexion des rayons sur les faces inférieures des cristaux, tandis que la partie située au-dessous de l’astre proviendra de la réflexion de la lumière sur les faces supérieures (fig. 5).
- Mais, sans nous attarder à ces considérations un peu ingrates, nous allons passer à la description de quelques faits particuliers, que nous avons eu l’occasion d’ob-. server, il y a peu de temps, dans les Hautes-Pyrénées.
- COLONNES LUMINEUSES CURIEUSES
- observées en hiver à l’Observatoire du Pic du Midi (2860 m.).
- /re Observation. — Le 8 février 1927 à 9 heures, le ciel^était à peu près pur; l’air était très humide et sa température était d’environ —18°. Le vent soufflait régulièrement du N.N.-E.;' sa vitesse était d’environ 11 mètres-secondes. 11 balayait la neige qui recouvrait la crête Est du Pic et l’entraînait à une grande hauteur. Au-dessus du versant abrité du vent, les particules de neige retombaient en pluie régulière; "on voyait les plus proches miroiter au Soleil; les plus éloignées rendaient l’atmosphère légèrement laiteuse.
- 1 Or, dans l’azimut du Soleil, et bien au-dessous de l’horizon, nous vîmes une tache lumineuse immobile, de forme ovale, la grande dimension étant orientée dans le sens de la hauteur. Son contour n’était pas net, mais dégradé; son éclat était très vif. De plus, l’œil n’était pas tenté de lui attribuer une distance, même approximative. Elle se détachait sur le fond, relativement sombre, d’un champ de neige, situé dans l’ombre à plus d’un kilomètre.
- Nous courûmes à un appareil photographique, lorsque
- nous revînmes, la tache brillante avait disparu. Mais il n’y avait plus de neige volante, car on ne voyait plus de miroitement et la brume laiteuse avait disparu.
- Aussi pensons-nous que le phénomène en question est analogue à celui de la colonne lumineuse. La ré-'flexion des rayons lumineux devait avoir lieu sur les faces supérieures des cristaux qui tombaient dans l’air, puisque la tache apparaissait au-dessous du
- Fig. 8. — Croquis du phénomène observé le 9 janvier 1921.
- Fig. 7. — Colonne lumineuse observée le 10 février 1927 à l’Observatoire du Pic du Midi
- La colonne lumineuse est cette longue traînée Houe et ti'ès peu marquée que l’on voit dans l’azimut du Soleil. Elle se détache sur un fond constitué par des champs de neige situés dans l’ombre. Elle était produite par des cristaux de glace éloignés tout au plus de quelques centaines de mètres.
- Soleil. En somme, on voyait une véritable image de cet astre par réflexion de la lumière sur une multitude de petits miroirs horizontaux. D’ailleurs, comme ces petits miroirs étaient répartis dans une large portion de l’espace, on comprend pourquoi l’œil ne pouvait se rendre compte de l’endroit où se faisait la réflexion.
- L’existence de cette image, ou faux Soleil, peut même servir à vérifier la justesse de l’hypothèse proposée. En effet, si le mécanisme du phénomène est bien tel que nous l’avons supposé, l’angle d’incidence i (fig. 6) étant égal à l’angle de réflexion r, l’angle a que fait la direction œil-Soleil avec le plan horizontal doit être égal à l’angle fl que fait la direction œil-tache avec ce même plan.
- Or, nous avions eu soin de repérer le plus exactement possible (avant de nous absenter imprudemment) l’emplacement delà tache-image, et de faire, immédiatement,
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- après notre retour, un croquis indicatif. Aussi avons-nous pu, après coup, mesurer l’angle 8 avec une erreur qui ne dépasse certainement pas 1°. Nous avons trouvé : 8 —199. Nous avons pu, également, connaître a avec une précision bien plus grande ; mais à 1° près on a : a = 19°. La mesure des angles est donc favorable à l’hypothèse.
- Remarquons, enfin, que l’existence d’un faux Soleil, c’est-à-dire d’une image peu allongée, au lieu d’une colonne, prouve la faible oscillation des cristaux de glace. Peut-être s’agit-il de cristaux de la forme B (fig. 3). On pourrait croire, qu'ayant la possibilité d’examiner ces cristaux sur la crête d’où le vent les emportait, nous avons pu étudier leur forme avec soin. Mais il n’en est rien ; car la neige qui recouvre les sommets élevés, comme le Pic du Midi, a, en général, une structure tout ce qu’il y a de plus chaotique. Elle n’a, le plus souvent, aucun rapport avec les belles étoiles que l’on voit tomber en plaine, mais est constituée de petits grains informes et irréguliers. Nous croirions volontiers que le vent opérait un triage de toutes ces particules, et, qu’à l’endroit où apparaissait le faux Soleil, il n’y avait que de très petits cristaux, relativement rares dans la neige, et qui échappaient à une investigation même attentive.
- 2e Observation. -— Le 10 février, vers 16 heures, des fragments de nuages irréguliers encombraient surtout le ciel au sud-ouest et cachaient une partie de la chaîne des Pyrénées. Des débrits de nuées brumeuses pissaient irrégulièrement, souvent très près de nous et devant le Soleil. A certains moments il neigeait un peu et Ton voyait parfois des cristaux scintiller au Soleil.
- Nous vîmes alors une longue colonne lumineuse très brillante, assez large, et de bords peu nets, exactement dans l’azimut du Soleil. Ce dernier était visible au-dessus des nuages situés au Sud-Ouest. La colonne se détachait vivement sur un fond de versants situés dans l’ombre de crêtes. Nous nous précipitâmes chercher l’appareil photographique mais quand nous revînmes, tout s’était évanoui... Heureusement, la colonne réapparut peu après, mais beaucoup moins nette et très fugitive. Aussi nous excusons-nous de ne présenter aux lecteurs qu’une photographie des plus médiocres (fig. 7).
- L’explication du phénomène est évidemment la même que la précédente. La réflexion des ra}rons lumineux avait égalemènt lieu sur la face supérieure des cristaux, puisque la colonne apparaissait au-dessous du Soleil. Mais, dans le cas présent, l’oscillation des cristaux devait être de plus grande amplitude. D’ailleurs, nous ne nous sommes pas bien rendu compte de l’origine des cristaux qui donnèrent lieu au phénomène. Etait-ce de la neige soulevée par le vent? S’agissait-il de véritable neige en formation? ou bien de cristaux qui constituaient en partie les fragments de nuées qui nous frôlaient?
- IL Colonne lumineuse oblique. — Le 9 janvier au coucher du Soleil, nous vîmes une colonne lumineuse ordinaire assez nette. Le ciel était quelque peu nuageux et des fragments de nuages situés sur l’horizon produisaient, par moment, « une gloire ». Mais la colonne se distinguait nettement de ses rayons. Tout d’abord sa largeur était constante, son aspect régulier. De plus, les
- rayons de la gloire changeaient sans cesse de direction La colonne, au contraire, était bien verticale et sensiblement immobile.
- Nous vîmes alors à notre grande stupéfaction, la colonne se déplacer relativement vite vers la gauche et, en même temps, s’incliner légèrement du même côté. Elle sembla bientôt s’arrêter et occuper une position fixe c. (fig, 8) pendant assez longtemps. Le prolongement de la colonne vers le bas passait alors bien au-dessous du Soleil, couché depuis peu. Cette remarque nous interdit absolument d’admettre qu’il s’agissait d’un « rayon de gloire ». Bientôt le phénomène devint moins net; mais, avant sa disparition, il nous sembla bien voir la colonne redevenir peu à peu verticale, sans pouvoir toutefois l’affirmer. Notons que la traînée lumineuse est tout le temps restée rectiligne et qu’à aucun moment il n’y eut de nuages proprement dits dans la partie du ciel où elle se trouvait. Mais l’atmosphère était légèrement laiteuse, car un vent violent soulevait d’effroyables tourbillons de neige.
- Nous ne savons à quelle cause attribuer l’anomalie du phénomène. Remarquons cependant deux choses :
- 1° Pour expliquer l’inclinaison de la colonne, il faudrait montrer un changement d’ensemble dans l’orientation des cristaux, orientation qui devrait être parallèle à (c') (fig. 8).
- 2° Pour expliquer la translation de la colonne (c’est-à-dire le fait que la direction c' ne passe pas par le Soleil), il faudrait, nous semble-t-il, montrer l’existence d’une anomalie dans le balancement des cristaux. Mais à quelles causes attribuer ces deux anomalies simultanées? Nous ne voyons aucune hypothèse vraisemblable.
- Conclusion. — Comme on le voit, les observatoires de montagnes, situés à une altitude élevée, sont précieux pour l’étude des phénomènes d’optique atmosphérique. Nos deux premières observations sont une utile confirmation de l’origine des colonnes lumineuses, et de nouvelles observations du même genre, mais plus poussées pourront, peut-être, montrer quelles sont les formes de cristaux qui donnent lieu au phénomène; car ces cristaux sont, pour ainsi dire, à la portée de la main.
- Par contre, nous pensons que la présence de la neige qui recouvrait la chaîne des Pyrénées ne jouait aucun rôle dans l’apparition de la colonne oblique, dont nous avons parlé en dernier lieu. Nous croirions plutôt qu’elle était due à un léger voile de nuages de glace très éloignés et n’ayant aucun rapport avec les montagnes. On aurait probablement pu la voir également en plaine.
- Aussi ne saurions-nous trop recommander aux lecteurs d’observer tous les phénomènes de halo le plus souvent possible. Ils ne sont pas aussi rares qu’on le croit; mais la plupart du temps, on ne songe pas à les observer. Quand le ciel est tant soit peu chargé de cirrus, regardez donc du côté du Soleil, et si vous voyez quelque lueur anormale, ne vous contentez pas de noter le fait dans votre esprit, faites un croquis, et, si pos; sible, prenez une photographie. Il est à souhaiter que, sur ce point, vous ayez plus de chance que nous.
- J. Devaux.
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- LA PREPARATION INDUSTRIELLE DU FLUOR
- I. LA PRÉPARATION DU FLUOR PAR HENRI MOISSAN
- On sait que le fluor a été découvert par Moissan en i 1886 en électroly-
- sant de l’acide fluor-hydrique anhydre rendu conducteur par une petite quantité de fluorure de potassium et . refroidi vers — 50n. L’électrolyse avait lieu dans un tube en U en platine, non attaqué par l’acide fluorhydrique.
- La cathode était une tige de platine ordinaire et l’anode une tige de platine iridié^ maintenues par des bouchons en fluorine (fig. 1). De l’hydrogène se dégageait sur l’électrode négative, le fluor apparaissait à l'électrode positive. C’est avec cet appareil simple, dont seuls les dimensions et quelques détails de construction ont subi des modifications, que Moissan prépara pendant plus de dix années le fluor dont il poursuivit si brillamment l’étude. La réfrigération primitivement réalisée par du chlorure de méthyle fut ensuite assurée par un mélange d’acétone et de neige carbonique. En 1899, il reconnut que l’acide fluorhydrique anhydre n’attaque pas le cuivre à la température ordinaire, constatation qui le conduisit à remplacer le platine par du cuivre pour le tube en U. Le platine devait subsister comme métal des électrodes, le cuivre se recouvrant, dès le passage du courant, d’un enduit isolant de fluorure de cuivre interrompant complètement l’électrolyse .
- L’appareil utilisé ensuite par Moissan jusqu’à la fin de ses recherches est représenté par la fig. 2. Cet appareil, qui peut contenir environ 200 cm3 d’acide fluor-hydrique anhydre additionné de fluorure acide de potassium, permet d’obtenir pendant plusieurs heures un courant régulier de fluor, avec un débit de 1 à 2 litres à l’heure. Il a servi à Moissan et à ses collaborateurs pour étendre nos connaissances sur les propriétés du fluor et pour préparer un grand nombre de combinaisons de cet élément.
- Sa simplicité, sa parfaite étanchéité et son fonctionnement régulier en faisaient un appareil précieux pour le laboratoire. Il permettait d’obtenir, pendant plusieurs heures, un courant régulier de fluor; il se prêtait parfaitement à des
- Fig. 3. — Appareil de MM. Argo, Mathews, Ilumiston et Anderson.
- opérations intermittentes. On pouvait, en effet, en fermant hermétiquement les tubes de dégagement à l’aide d’un bouchon de cuivre plein comprimant une rondelle de plomb, abandonner ensuite l’appareil pendant plusieurs mois dans un endroit frais, puis le remettre en circuit, et obtenir aussitôt un courant de fluor.
- II. SUBSTITUTION DU GRAPHITE AU PLATINE POUR LES ÉLECTRODES
- Le principal inconvénient de l’appareil de Moissan, c’est qu’il comporte l’emploi du platine pour les électrodes. En 1919, quatre chimistes américains : Argo, Mathews, Humiston et Anderson réussirent à préparer du fluor en électrolysant, avec une anode en graphite (graphite Acheson), du fluorure acide de potassium fondu vers 200°. C’était là un fait important, marquant véritablement une étape nouvelle dans la préparation du fluor. La cuve électrolytique, en cuivre rouge, est recouverte d’un papier d’amiante sur lequel est enroulé un fil de nichrome servant de résistance chauffante pour. tenir le bain à la température voulue (fig. 3) . Cependant le cuivre de l’électrolyseur finit par s’attaquer.
- On a proposé de remplacer la cuve électrolytique de cuivre par un creuset de graphite.
- Malheureusement, l’emploi d’anodes en graphite fournit toujours du fluor souillé par des combinaisons du fluor et du carbone et notamment par le tétra-fluorure de carbone. Comme l’a établi M. Lebeau, la quantité de gaz produit dans l’électrolyse du fluorure acide de potassium avec anode en graphite augmente avec la température, l’intensité du courant et surtout la force électromotrice utilisée. Lorsque cette dernière dépasse 40 volts, il ne se produit pas de fluor, et l’électrolyse du fluorure acide de potassium constitue, dans ces conditions, un bon procédé de préparation d’un mélange riche en tétrafluorure de carbone.
- III. L'APPAREIL DE MM. LEBEAU ET DAMIENS
- L’intérêt du perfectionnement récent apporté par M. Lebeau, professeur à la
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- Faculté de Pharmacie de _ Paris, à la préparation du fluor réside dans l’emploi comme électrolyte d’une combinaison de fluorure de potassium et d’acide fluorhydrique, riche en acide fluorhydrique et de formule FK, 3FH. Ce corps, facile à obtenir en mélangeant dans des proportions convenables du fluorure de potassium et de l’acide fluorhydrique, fond à des températures relativement basses, voisines de 56°. Il est donc aisé de le maintenir à l’état fondu. De plus il n’attaque pas le nickel et comme ce métal n’est pas davantage altéré de façon appréciable par le fluor, M. Lebeau a eu l’idée très heureuse de le substituer au platine et au graphite dans les appareils destinés à la préparation du fluor.
- L’appareil construit par MM. Lebeau et Damiens se compose d’un vase de cuivre cylindrique constituant à la fois la cuve électrolytique et la cathode (fig. 4). Au milieu du bain, suspendue à un support de laboratoire, se trouve l’anode en nickel. Les auteurs ont choisi le nickel parce que ce métal peut être considéré comme pratiquement exempt de carbone. Cetle anode pénètre à frottement doux dans la tubulure supérieure d’une cloche en cuivre. Cette dernière, destinée à servir de diaphagme, est perforée à la partie supérieure plongeant dans le bain, et le fond est constitué par un disque de cuivre. Un tube de dégagement est disposé latéralement à la partie supérieure.
- Après quelques instants de marche de l’appareil, l’intensité initiale du courant s’abaisse, puis devient constante. Ce phénomène correspond à la formation, sur la cloche de cuivre fonctionnant tout d’abord comme partie de l’anode, d’uhe couche de fluorure de cuivre isolant.
- A partir de ce moment, le fluor se dégage régulièrement avec un débit de 0,845 litre pour un courant de 2,1 ampères sous 30 volts. Ayant remarqué que l’addition d’acide fluorhydrique gazeux au bain fondu donnait lieu à une absorption complète de ce gaz, les auteurs ont construit un appareil de plus grand modèle, permettant une préparation continue du fluor (fig. 5). Pour éviter l’appauvrissement du bain au cours de l’électrolyse, on fait arriver, dans l’espace compris entre le diaphragme et la cathode, un courant de gaz fluorhydrique obtenu à partir de l’acide liquéfié contenu dans une bouteille en cuivre munie d’un robinet à pression. Le bain sert'donc d’intermédiaire; il permet la préparation d’une quantité de fluor ne dépendant que de l’alimentation en acide anhydre.
- Le rendement de cet appareil est excellent et supérieur à celui des dispositifs précédemment utilisés. Sous
- 10 volts, pour une température de 65°, atteint 94,5 pour 100 du rendement théorique, correspondant à une production de 41,3 litres de fluor par kilowatt-heure.
- Grâce à ces perfectionnements importants, la préparation du fluor est devenue une opération facile et peu coûteuse. Elle revient à décomposer dans un appareil entièrement en cuivre le fluorure acide de potassium FK, FH. Les précautions qu’exige le maniement de l’acide fluorhydrique sont faciles à prendre. On manipule chaque jour dans l’industrie et sous de forts tonnages des produits tout aussi dangereux.
- AVENIR INDUSTRIEL POSSIBLE DU FLUOR
- La préparation électrolytique du fluor pouvant être faite avec des électrodes en métaux usuels et au moyen d’un bain dont la régénération constante peut être réalisée, devient une opération dont le développement ne dépend plus que de celui des applications de ce gaz.
- Quelles seront ses applications? Certaines peuvent être dès maintenant entrevues. Le fluor, décomposant l’eau dès la température ordinaire avec production d’ozone et d’eau oxygénée, se place parmi les oxydants les plus énergiques. Son action sur les corps organiques en fait un antiseptique puissant, et il peut bénéficier, en outre, de la plupart des applications de l’ozone.
- Il est vraisemblable d’admettre que les perfluorures métalliques, dont la préparation peut être maintenant considérée comme des plus faciles, ne manqueront pas de propriétés utilisables et qu’ils pourront notamment, comme le fluor lui-même, servir comme agents d’oxydation dans certaines opérations de la chimie organique.
- En un mot, l’importance industrielle du fluor ne peut que se développer rapidement avec sa production, rendue facile par la découverte du savant professeur de la Faculté de Pharmacie de Paris. A. Boutaric.
- Fig. 5. — Appareil de P. Lebeau et A. Damiens pour la préparation du fluor.
- Régénération du bain par afflux continu d’acide fluorhydrique anhydre.
- Fluor
- Bouteille a acide fluorhydrique
- Anode en nickel
- •Fig. 4. —Appareil de P. Lebeau et A. Damiens (petit modèle).
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- LE MOTEUR Df AUTOMOBILE MODERNE
- Nous avons examiné dans notre précédent article, les données principales du problème de la distribution égale du combustible dans les différents cylindres du moteur. En terminant, nous avons abordé la question si importante de la détonation, étroitement liée, comme on sait, à l’emploi des fortes compressions.
- Rappelons tout l’intérêt qu’il y a à employer des moteurs à forte compression : le rendement thermique du moteur est d’autant meilleur que le taux de compression ou plutôt le rapport de détente est plus élevé. A cylindrée égale, la puissance du moteur sera aussi d’autant plus grande que le rapport de compression sera lui-même plus grand.
- Ainsi que nous l’avons fait remarquer, la recherche des fortes compressions est entravée par l’apparition de phénomènes extrêmement gênants qui vont jusqu’à interdire le fonctionnement des moteurs très comprimés dans certaines circonstances.
- Comment lutter contre la détonation ou plutôt comment l’empêcher de se produire ?
- Il existe pour cela deux méthodes connues, à savoir : l’étude d’une forme adéquate de chambi'e de combustion, et d’autre part, l’emploi de corps spéciaux mélangés au carburant, corps qui ont reçu le nom d’antidétonants.
- Nous allons examiner successivement les moyens dépendant de ces deux méthodes, en commençant par la plus importante, à savoir l’étude de la culasse.
- FORME DE LA CULASSE
- Avant de commencer l’étude delà forme de la chambre de combustion en prenant pour base les phénomènes de détonation, une petite digression nous paraît s’imposer.
- Les phénomènes de détonation n’ont été étudiés dans le détail que depuis quelques années. Nous verrons plus loin que la meilleure forme de culasse pour éviter, la détonation est la culasse hémisphérique avec bougie au centre. Or, cette forme de culasse a été préconisée et employée depuis fort longtemps dans les moteurs d’automobiles, bien avant qu’on songe à l’existence des phénomènes de détonation.
- Il n’est pas inutile de revenir de quelques années en arrière et de chercher sur quels principes on s’était appuyé pour arriver à cette conclusion d’ordre pratique.
- Lorsqu’un mélange explosif vient d’être allumé dans la chambre à explosion du cy-
- Fig. 1. — Culasse à soupapes doubles symétriques dites en T.
- A gauche : la bougie est placée sur le bouchon de la soupape d’admission; à droite : elle est au fond de la culasse.
- lindre, toute l’énergie qu’il contient est représentée sous forme calorifique. En se détendant, ce gaz chasse devant lui le piston et libère ainsi toute son énergie cinétique. Il y a un intérêt certain à éviter que pendant le phénomène de combustion lui-même et pendant la détente, aucune perte d’énergie puisse se produire.
- Une cause évidente de fuite d’énergie calorifique, c’est la conductibilité des parois : la masse gazeuse à très haute température cède de la chaleur aux parois du cylindre; sa température et par conséquent sa pression diminuent, et c’est autant de perdu pour le travail produit sur le piston.
- La perte de chaleur par les parois sera évidemment d’autant moindre à différence de températures égale, que la surface de contact entre les gaz et les parois sera elle-même plus petite. Le moment où la perte de chaleur est le plus sensible est celui qui précède immédiatement la détente, c’est-à-dire celui où les gaz se trouvent condensés dans la chambre de combustion au-dessus du piston. Il faudra donc donner à cette chambre de combustion la forme géométrique qui présente, pour un volume donné, la surface minima.
- On sait que cette forme est la forme sphérique.
- Dans certains moteurs, comme les moteurs sans soupapes Knight, qui ont été construits en France par la Maison Panhard, on avait à peu près réalisé cette forme de culasse sphérique; le fond du cylindre était hémisphérique, et de même le fond du piston; l’ensemble présentait donc à peu près la figure d’une sphère complète.
- Mais, pour des considérations d’ordre constructif, on se contente presque toujours de donner aux fonds de pistons une forme plate ou même très légèrement bombée; la chambre de combustion prend donc dans l’ensemble, une forme hémisphérique.
- Cette condition de surface minima des parois de la chambre de combustion était considérée comme très importante il y a quelques années. Elle semble ayoir perdu maintenant une grande partie de son importance, à la suite des études sur les phénomènes de dissociation au sein de la masse gazeuse incandescente qui occupe le fond du cylindre, et de leurs conséquences sur les lois de la détente, études poursuivies en Angleterre par Ricardo et ses assistants Tizard et Pye.
- Ces expérimentateurs ont montré que plus la tempé-
- Fig. 2 — A gaucbe : ancienne forme de culasse avec soupapes du même côté. La bougie est placée sur un bouchon de soupape. — A droite : comparer la culasse moderne Ricardo demi-sphérique avec bougie au centre.
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- rature était élevée dans la chambre de combustion, plus les phénomènes de dissociation de la vapeur d’eau et de l’anhydride carbonique, produits de la combustion, prenaient d’importance.
- Or, il suffit d’examiner les ' équations chimiques de combustion et de dissociation des gaz, pour s’apercevoir qu’il y a un intérêt très grand, au point de vue thermodynamique, à éviter aussi complètement que possible les phénomènes de dissociation.
- Ces études sont de nature à renverser les idées qu’on s’était faites jusqu’alors sur le fonctionnement des moteurs à combustion interne.
- Les chambres de combustion hémisphériques, conséquence directe de la recherche des très hautes températures dans les cylindres après combustion des gaz, se trouveraient donc condamnées si,précisément, cette forme hémisphérique n’était pas celle qui convient le mieux
- triques) le cognement se produisait très rapidement, dès qu’on augmentait la compression.
- D’autre part, les théories alors couramment admises sur la supériorité des culasses à faible surface de parois firent pencher les constructeurs vers la culasse dite en L; les deux soupapes étaient disposées dans une même chapelle, d’un seul côté du cylindre.
- Elles pouvaient ainsi être commandées par un seul arbre à cames, ce qui simplifiait quelque peu la construction.
- Mais dans toutes les formes anciennes de culasses en L, la hauteur libre au-dessus des soupapes et au-dessus du piston, lorsqu’il était à l’extrémité supérieure de sa course, se trouvait être sensiblement la même. Nous insistons sur ce point, car nous verrons tout à l’heure que la culasse en L revient à la mode, mais avec une forme nettement différente.
- Fig. 3. — Anciennes formes de culasse. Culasse en L, soupapes par côté ; à droite : moteur Cadillac à culasse amovible; à gauche :
- moteur Ford.
- pour permettrè à la combustion de se faire dans les meilleures conditions possibles et d’éviter autant qu’on le peut le phénomène fâcheux de détonation.
- LES ANCIENNES FORMES DE CULASSES
- Dans les moteurs d’automobiles d’autrefois, on avait coutume de disposer uniquement, à cause de la plus grande facilité de construction, les soupapes de part et d’autre des cylindres ; des théories fort ingénieuses sur l’écoulement des gaz avaient même été mises en avant pour justifier cette façon de faire. Presque toujours la bougie d’allumage était placée au-dessus de l’une des soupapes, sauf cependant sur certains moteurs où on la disposait exactement dans l’axe du cylindre (Mercédès).
- L’expérience prouva que dans les moteurs à culasse en T (ainsi nomme-t-on les culasses à soupapes symé-
- LES MOTEURS A SOUPAPES EN DESSUS
- Etant admis ce principe de donner à la culasse une forme à peu près hémisphérique, on est obligé tout naturellement de disposer les soupapes au fond de la culasse et de les commander par en dessus. Les premiers moteurs construits dans cet ordre d’idées furent en général des moteurs de course ; les deux soupapes de chaque cylindre étaient disposées à 45°, la queue tournée vers le haut, et chaque série de soupapes était commandée par un arbre à cames particulier.
- La bougie était placée en général latéralement, car ainsi qu’il est facile de le voir d’après la figure 2, il ne reste pas de place pour mettre la bougie au fond du cylindre lorsque celui-ci ne comporte que deux soupapes disposées à 45°.
- Parfois, on disposait deux séries de bougies placées
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- en deux points diamétralement opposés du cylindre.
- Avec les moteurs sans soupapes, la question de la forme de culasse devenait tout de suite très simple : tout naturellement, la bougie est placée au centre et la chambre de combustion a la forme d’une demi-sphère aplatie, soit plus généralement d’un cylindre droit à base circulaire.
- On ne fut pas longtemps à s’apercevoir des avantages que présentaient, au point de vue puissance et consommation, les moteurs à culasse hémisphérique. Par une aberration assez curieuse, on fut amené à attribuer cette supériorité simplement à la position des soupapes, et on confondit très rapidement moteur à culasse hémisphérique avec moteur à soupapes en fond de culasse. Les soupapes disposées comme nous l’avons dit tout à l’heure, c’est-à-dire inclinées à 45°, nécessitent à peu près obligatoirement la présence de deux arbres à cames pour leur commande. Pour simplifier la construction générale du moteur, et aussi pour en faciliter l’usinage, on pensa à placer les soupapes verticalement exactement au-dessus du piston; il suffisait alors de les aligner pour qu’elles pussent être commandées directement par un seul arbre à cames.
- Malheureusement, en redressant ainsi les soupapes, on perdait de la place pour disposer leurs sièges. Si, en effet, on peut inscrire les deux cercles représentant schématiquement les sièges des soupapes à l’intérieur du cercle représentant l’alésage du cylindre, on constate qu’on ne peut disposer pour le diamètre de chacun des deux petits cercles, que de moins de la moitié du diamètre du grand cercle. Pour gagner de la place pour les soupapes, c’est-à-dire permettre une alimentation meilleure du moteur, puisque cette alimentation est fonction du diamètre des soupapes et de leur levée, on fit empiéter les soupapes au delà de l’alésage du siège et on arriva ainsi à avoir une forme de chambre de combustion tout aussi peu favorable que l’ancienne forme en L avec soupapes en chapelle.
- Cette nouvelle forme présentait, il est vrai, un petit avantage au point de vue sécurité : la soupape d’échappement qu’on disposait en général en dehors de l’alésage du cylindre ne pouvait plus, si elle se cassait, venir tomber dans celui-ci et y causer des désordres graves. Mais c’était là plutôt un argument d’ordre commercial que véritablement sérieux.
- Quelle que soit d’ailleurs la position des soupapes, la bougie occupe toujours une situation excentrique par rapport aux cylindres; on ne peut, en effet la placer que par côté, avec, il est vrai, la possibilité de disposer deux bougies diamétralement opposées pour chaque cylindre, avec, bien entendu, deux systèmes d’allumage.
- FORMES DE CULASSES DÉTONATION ET TURBULENCE
- A la suite des études de l’ingénieur anglais Ricardo
- ...—......... 11 1 : :............50? '=
- sur les phénomènes de détonation, on s’est aperçu que la meilleure forme de culasse, pour éviter que la détonation se produise, est la forme aussi ramassée que possible avec la bougie d’allumage disposée au centre.
- Pour les mêmes raisons que nous avons exposées au début de cet article, c’est donc la culasse hémisphérique qui va se présenter comme la plus favorable au point de vue détonation.
- Indiquons tout de suite que la forme cylindrique de la culasse des moteurs sans soupapes avec bougie au centre paraît tout aussi favorable.
- Au cours de ses expériences, Ricardo fut amené à constater que la détonation se produisait plus facilement dans
- un cylindre si les gaz étaient en repos relatif dans la culasse, au moment de l’allumage. Il fallait, selon lui, créer, au sein de la masse gazeuse, des tourbillonnements violents pour favoriser la combustion rapide et complète et éviter les détonations.
- Ce régime de tourbillonnement violant fut appelé par lui turbulence,
- La disposition des soupapes par rapport à la culasse joue un rôle important au point de vue de l’intensité de la turbulence. Guidé par cette considération théorique appuyée sur une pratique solide, Ricardo arriva à une forme de culasse à laquelle il donna son nom.
- On voit que dans cette forme de culasse, les soupapes sont placées latéralement, la queue tournée vers le bas, tout comme dans les anciennes culasses en L. Mais, ce
- Fig. 4. — Diverses formes de culasses.
- a) Culasse Motobloc, soupape d’admission dans l’axe cylindre, soupape d’échappement en chapelle latérale, b) Culasse avec soupapes en chapelle, l’une au-dessus de l’autre^c) Culasse hémisphérique avec soupapes en dessus et inclinées. d) Culasse cylindrique avec soupapes verticales, e) Culasse déportée avec soupapes verticales, f) Culasse cylindrique de moteur sans soupape.
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- Fig 5. — Un type de moteur à soupapes en chaoelle l’une au-dessus de Vautre.
- L’ancien moteur d’avion 80 ch Renault) à refroidissement par air. (Modèle coupé.)
- qui différencie essentiellement la culasse Ricardo des anciennes culasses en L, c’est que la chambre de combustion a une forme très sensiblement hémisphérique, et qu’elle intéresse toute la partie supérieure des soupapes et une partie seulement du dessus du piston. D’aulre part, la bougie d’allumage se trouve placée au centre de la culasse donnant par suite un allumage symétrique, source d’une combustion convenable.
- Naturellement il faut, pour des raisons de sécurité, conserver un petit jeu entre le piston et le fond de la culasse. Dans cet espace, il y a des gaz qu’on considère pratiquement comme sacrifiés; il est vrai qu’il n’y en a qu’une petite quantité.
- Ricardo estime, et celte estimation est basée sur des expériences sérieuses, qu’avec cette forme de culasse, on peut arriver à un rendement thermique qui est seulement de 5 à 10 pour 100 inférieur au meilleur rendement thermique qu’on peut obtenir avec une culasse hémisphérique comportant des soupapes en dessus.
- Ces culasses ont par contre le gros avantage de conduire à un moteur beaucoup plus facile à construire, moins coûteux et moins encombrant. On a pu s’étonner, lorsqu’on ne regarde que superficiellement, que la culasse Ricardo qui jouit en ce moment d’une vogue d’ailleurs parfaitement justifiée, paraisse un retour aux anciennes formes, abandonnées. Il n’est pas besoin, entend-on dire couramment, des moteurs compliqués avec culasses en dessus puisqu’avec la culasse Ricardo avec soupapes en dessous on arrive à des résultats aussi bons, parfois meilleurs.
- Ainsi que nous le faisions remarquer plus haut, on reste hypnotisé par la position des soupapes, qui n’a vraiment pas grand’chose à voir dans les phénomènes de
- Fig. 6. — Un dispositif classique de culasse cylindrique, h soupapes verticales, en dessus et culbuteurs. Coupe latérale et transversale d’un moteur de Dion.
- A.
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- combustion, et on se refuse à apercevoir la différence entre une culasse à soupapes en dessus de mauvaise forme, ce qui est le cas général, et la culasse Ricardo, différence tout à l’avantage de cette dernière.
- TURBULENCE OU STRATIFICATION
- 11 est assez curieux de se rappeler, aujourd’hui que les culasses à grande tui'bulence sont à l’ordre du jour, qu’on avait cherché autrefois à améliorer le rendement thermique des moteurs par des moyens diamétralement opposés, à savoir par ce qu’on appelait la stratification des gaz dans le cylindre.
- La question de stratification est déjà pas mal vieille ; il n’est peut-être pas inutile d’en rappeler le principe.
- Imaginons que dans un cylindre, nous puissions placer des gaz formés d’air et de vapeur d’essence en couches parallèles comportant des proportions variables de combustible et d’air à notre volonté. En bas, c’est-à-dire au contact du piston, nous mettrons de l’air à peu près pur. Par-dessus, nous disposerons des couches de plus en plus riches en essence pour arriver au voisinage de la partie supérieure où se trouve la bougie à un mélange plutôt riche, par rapport au mélange théorique.
- Au moment de l’allumage, la flamme va se pi’opager avec une grande facilité dans le mélange riche, et celui-ci, bien allumé, arrivera à allumer à son tour les mélanges pauvres disposés en dessous, mélanges qui n’auraient pu s’enflammer au contact direct de l’étincelle électrique.
- Grâce à la stratification, nous pourrons donc allumer et faire brûler complètement un mélange d’air et d’essence qui, s’il était homogène, aurait pu ne pas s’allumer du tout.
- Or, on sait qu’il y a un gros intérêt au point de vue rendement, à utiliser des mélanges aussi pauvres que possible en essence, précisément à cause des phénomènes de dissociation auxquels nous avons fait allusion. Un mélange pauvre donne une température de combustion moins élevée, et par conséquent n’entraîne pas ou entraîne moins de dissociation.
- Nous ne dirons rien des dispositifs mécaniques qui ont été imaginés autrefois pour réaliser des moteurs à mélange stratifié; il était bien difficile d’ailleurs d’admettre que cette stratification théorique fut réellement réalisée. Si nous en avons parlé, c’est simplement parce que nous avons vu tout récemment dans une publication américaine que la stratification paraissait revenir à l’ordre du jour. Il nous a paru piquant de rapprocher cette théorie de la stratification de la théorie de la turbulence de Ricardo montrant ainsi que, souvent, les deux extrêmes sont tout à fait voisins.
- CHAMBRE DE COMBUSTION SPÉCIALE CONTRE LA DÉTONATION
- Nous avons exposé dans notre article précédent [le processus de la détonation. L’examen attentif de ce processus a conduit l’ingénieur de la Marine Dumanois à une conception particulière de la forme de la chambre de
- Fig. 7. — Un moteur à soupapes en dessus et inclinées. Moteur Nagant.
- combustion des moteurs qui permettraient d’éviter la détonation.
- Sa première idée a été de modifier non pas la forme de la culasse proprement dite, niais plutôt du fond du piston. Le piston à gradins qu’il a imaginé a son fond qui comporte
- comme une série Fig. 8. - Chambre de combustion
- de marches d’es- Ricardo.
- calier, la marche la egt ^ forme générale à peu près
- plus élevee étant hémisphérique avec soupapes par côté, voisine de la bou- La bougie est au centre.
- gie. Suivons, dans une chambre de combustion ainsi constituée, la marche de l’onde d’inflammation qui parcourt la masse a-près allumage.
- Cette onde se déplace en partant de la bougie, et conserve ùne surface sensiblement constante pendant tout le temps où elle reste en dessus de la première marche d’escalier. Au bout d’un instant, elle a pu comprimer suffisamment devant elle les gaz non brûlés pour que le phénomène de détonation soit à craindre, mais à ce moment, elle
- Soupape
- Soupape
- \ Bougie
- Chambre de combustion
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- arrive précisément au bord de l’escalier et descend brusquement une marche, c’est-à-dire qu’elle subit une détente brusque et assez considérable qui établit au-deArant d’elle un nouveau régime. Ce nouveau régime se continue pendant que l’onde parcourt la deuxième marche d’escalier. Quand elle arrive à l’extrémité, deuxième discontinuité, si bien que la combustion a pu se propager jusqu’à l’extrémité de la chambre sans que la détonation ait eu lieu, alors qu’avec un piston à fond plat, la détonation se serait produite dans les mêmes conditions de compression.
- ; Les pistons à gradins Dumanois s’appliquent d’une façon particulièrement heureuse aux moteurs sans soupapes; ils se complètent dans ce cas d’une forme correspondante pour la culasse de chacun des cylindres.
- Remarquons à ce propos que la forme normale de la chambre de combustion du moteur sans soupapes (cylin-' dre à base plate avec bougies au centre) permet, elle aussi, à l’onde de combustion de subir, à partir du moment où elle se forme, une détente continue jusqu’au moment où elle arrive à fin de course.
- C’est très probablement la raison pour laquelle on peut employer avec les moteurs sans soupapes une compression nettement supérieure à celle à laquelle on est arrivé avec des moteurs à soupapes.
- LES ANTI-DÉTONANTS
- Pour éviter la détonation, on a pensé à mélanger au combustible employé dans les moteurs à explosions des produits spéciaux dont le rôle est d’ailleurs actuellement encore très mal connu, et dont la présence, même en petite quantité, retarderait l'apparition de la détonation. Ces corps sont connus sous le nom d’anti-détonants.
- Le taux de compression où la détonation se produit dans un moteur déterminé dépend essentiellement en effet du combustible que l’on emploie. C’est avec les alcools que la détonation est le moins à craindre.
- Viennent ensuite les produits de la distillation des goudrons de houille dans l’ordre : le toluène, le xylène et le benzène.
- Avec l’essence, la détonation se produit plus tôt, et plus tôt encore avec le pétrole. Pour les dérivés du pétrole, il semble que la détonation soit d’autant plus à craindre qu’on a affaire à un produit plus lourd et moins volatil.
- On peut, en mélangeant à l’essence un combustible moins détonant, comme le toluène par exemple, retarder le point de détonation. Mais, il faut pour cela, employer une proportion assez considérable de ce combustible.
- Certains corps au contraire peuvent, utilisés en très petite quantité, modifier profondément le régime de combustion de l’essence. Le plus actif et le plus connu dans cet ordre d’idées est le plomb tétra-éthyle ; ce produit a été pendant plusieurs années d’un usage courant aux Etats-Unis.
- On l’a ensuite interdit pour des raisons d’hygiène (c’est
- en effet un corps extrêmement toxique). Mais son emploi vient de nouveau d’être autorisé.
- Le plomb tétra-éthyle n’est d’ailleurs pas un produit commercial en Europe et il est assez difficile de s’en procurer autrement que pour des expériences.
- Au point de vue des anti-détonants, tout ce qu’on peut dire, c’est que nous sommes tout à fait à l’aube de l’étude de la question.
- Des progrès importants certes ont été faits, mais de plus importants encore restent à faire.
- Il est inutile de souligner l’importance qu’aurait, pour l’économie nationale, l’emploi d’anti-détonants; ces corps permettant à l’essence de brûler convenablement dans des moteurs à très forte compression donneraient la possibilité de réaliser sur la consommation générale de pétrole des économies appréciables. C’est donc là un problème national au premier chef.
- Lorsqu’on examine à ce point de vue la question en ce qui concerne certains combustibles nouveaux, on est conduit à des conséquences qui semblent pleines d’avenir.
- Aucun de nos lecteurs n’ignore qu’actuellement, la recherche du combustible national fait l’objet de la préoccupation de la plupart des laboratoires qui s’occupent de combustibles. Bien des espérances ont été données, que l’expérience ne paraît -pas avoir justifiées; d’autres paraissent au contraire immédiatement réalisables, à condition de leur donner un emploi spécial.
- Je veux parler en ce moment d’un produit nouveau dénommé kétol, produit de la fermentation butyrique de la cellulose, qu’une usine que je pourrais qualifier plutôt de laboratoire industriel produit à raison d’environ 1 tonne par jour.
- Le kétol se révèle comme un excellent combustible pour les moteurs à explosion.
- Comme combustible il ne présente d’ailleurs, en raison de sa rareté, tout au moins pour le moment, qu’un intérêt de curiosité. Toute autre est la question, si on l’envisage comme un antidétonant.
- Il se trouve, en effet, que le kétol a de très remarquables propriétés au point de vue anti-détonant; comme il est miscible à l’essence en toutes proportions, on pourrait, en mélangeant celle-ci d’une certaine proportion de kétol (proportion encore à déterminer), utiliser des taux de compression plus élevés que les taux actuels, et arriver par conséquent à une économie de consommation. «
- Cette économie pourrait être largement suffisante pour justifier la légère augmentation du prix de l’essence mélangée de kétol.
- Si nous avons cité ce cas particulier, c’est simplement pour bien faire ressortir combien la question du combustible peut prendre un aspect inattendu grâce aux études actuelles sur les phénomènes de détonation
- Henki Petit.
- Fig. 9. — À gauche : le piston à gradins Dumanois. — A droite : le piston et la culasse à gradins, système Dumanois appliqués au sans-soupape.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- TURGOT ET LES ETUDES SCIENTIFIQUES
- Turgot est né à Paris le 10 mai 1727. Le bicentenaire de cette date est une occasion toute naturelle de rappeler l’attention publique sur ce grand homme, dont la vie peut offrir d’utiles leçons à tout le monde, aux hommes politiques en particulier (1). Ici, nous ne verrons en lui que l’ami des sciences, car il les avait cultivées toutes, bien qu’il soit principalement connu en qualité d’économiste.
- Dans les anciens collèges l’étude, par excellence, était celle du grec et surtout du latin. Turgot apprit ces langues avec le plus grand succès, mais il déplorait les lacunes de son éducation et, plus lard, il écrivait :
- « On nous apprend tout à rebours de la nature. Voyez le rudiment : on commence par vouloir fourrer dans la tête des enfants une [foulé d’idées abstraites. Eux, que la nature toute entière appelle à elle par tous les objets, on les enchaîne dans une place ; on les occupe de mots qui ne peuvent leur offrir aucun sens, puisque le sens des mots ne peut se présenter qu’avec les idées, et puisque ces idées ne sont venues que par degrés, en partant des objets sensibles. Mais encore on veut qu’ils les acquièrent sans avoir les secours que nous avons eus, nous que l’âge et les expériences ont formés. On tient leur imagination captive; on leur dérobe la vue des objets par laquelle la nature donne aux sauvages les premières notions de toutes les choses, de toutes les sciences même, de l’astronomie, de la géométrie, des commencements de l’histoire naturelle. »
- « Un homme, après une très longue éducation, ignore le cours des saisons, ne sait pas s’orienter, ne connaît ni les animaux, ni les plantes les plus communes. Nous n’avons point le coup d’œil de la nature. »
- Aussi, quand il fut ministre, un de ses projets — qu’il ne put réaliser r— fut la création d’un Conseil de Véducation nationale « composé d’un petit nombre de citoyens les plus recommandables par leur naissance, leurs lumières et leurs vertus choisis parmi les plus grands Seigneurs, dans le Conseil du Roi, dans le Parlement; et ce Conseil qui ne devait influer en rien sur l’instruction religieuse, .toujours sacrée et qui n’est pas du ressort de l’autorité civile, devait avoir la direction générale des Académies, des Universités, des Collèges, des petites Écoles, faire faire au concours des livres classiques, établir des Maîtres d’École dans les Paroisses, avoir soin que le Peuple même (2)
- 1. On parle d’une cérémonie à la Sorbonne, célébrée sous la présidence de M. Poincaré. Espérons qu’elle aura lieu.
- . 2. « L’instruction de l’arithmétique, du toisé, des principes de l’agriculture et de la comptabilité du commerce ; mais surtout celle de la morale, et d’une moi’ale vraiment civique aurait été répandue jusque sur le Peuple des campagnes. » (Dupont de Nemours.)
- pût être instruit de l’intérêt, du lien social, des droits, des devoirs qui l’attachent à la Pairie et acquérir les connaissances nécessaires pour vivre en bon fils, en bon mari, en bon père, en bon administrateur dans sa famille, en bon voisin et en bon citoyen dans sa Paroisse, en bon sujet et en bon Français dans l’Etat ».
- Dans la pensée de Turgot, la présidence de ce Conseil devait être confiée au plus illustre de ses amis, à Malesherbes.
- Dès sa sortie du collège, il sut réparer les lacunes de sa première éducation. Il apprit, ce qui était alors très rare,
- l’italien, l’anglais, l’allemand et — mais plus superficiellement, — l’espagnol. Il y joignit la connaissance de l’hébreu. Aussi, lui doit-on de nombreuses traductions. A cet te époque, il adressait encore à Buffon une lettre où il faisait diverses objections aux idées cosmogoniques de celui-ci.
- S’il n’entra point dans les ordres, il n'en passa pas moins par le séminaire, et là, tout en étudiant la théologie avec assiduité, il sut réserver une partie de son temps pour des travaux d’un tout autre genre. Au château de Lantheuil (près de Caen) ses arrière-neveux (J) conservent, entre autres documents précieux, l’autographe d’une liste des œuvres auxquelles ce séminariste de vingt ans voulait consacrer sa vie. Nous ne la reproduirons pas ici, ce serait beaucoup trop long et nous nous bornerons à dire qu’à côté de projets de tragédies, de poèmes, de travaux philosophiques et économiques, d’une « Histoire universelle » et d’une « Géographie politique », ouvrages qui devaient « être liés ensemble et se prêter un mutuel secours (2) », d’une traduction de Tacite, on lit sur cette liste les lignes suivantes •.
- Géométrie des situations par les triangles.
- La nature des sels et leurs phénomènes ramenés géométriquement aux lois de l’attraction. Traité du feu.
- Traité de l’atmosphère céleste. Digression sur l’aimant.
- De l’électricité.
- Du mélange des terres pour l’agriculture.
- Des voûtes de pierres engrenées.
- Sur la composition et la décomposition des corps.
- Traité des probabilités.
- Traité des taches de Jupiter par l’action de ses satellites.
- 1. Au moment où nous écrivons ceci, nous venons d’apprendre par les feuilles publiques, la mort d’un membre de cette noble famille, M. Louis Dubois de l’Etang, maire de Lantheuil.
- 2. On possède le plan de ces deux traités, et chacun forme un important ouvrage dont la lecture fait regretter que Turgot n’ait pu mener son entreprise à bonne fin.
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- Turgot aurait eu de la peine à traiter quelques-uns de ces sujets, car il semble bien, d'après ses lettres à Condorcet, qu’il n’avait pas une aptitude bien marquée pour la géomé -trie, qu’il avait d’ailleurs étudiée consciencieusement sous l’abbé Sigorgne, mathématicien distingué. IL ne faut pas oublier qu’il ne pouvait prévoir, à vingt ans, les difficultés de sa carrière administrative, et qu’il ne pourrait consacrer à l’étude autant d’heures qu’il l’aurait voulu. Il n’en a pas moins composé ou. commencé quinze grands ouvrages.
- Le 8 janvier 1760, il découvrit une comète qu’il s’empressa de signaler à l’abbé de La Caille, aussi remarquable par ses talents deprofesseur et d’astronome que par sa rigidité morale. Le 6 juin 1761, Turgot se joignit à La Caille et à Bailly pour observer à Carrières, près de Charenton, le phénomène sensationnel du passage de Vénus sur le disque du Soleil.
- Plus tard on le voit, devenu intendant d^ Limoges, faire son possible pour fournir à un certain Laibats, dit Montaigne, épicier et herboriste de son état, mais amateur distingué d’astronomie, les moyens de travail qui lui étaien t nécessaires (*). On doit à Montaigne la découverte de plusieurs comètes,
- Pour se préparer à ses fonctions d’intendant, Turgot avait visité une grande partie du royaume, notamment les provinces de l’Est et, dans ce voyage, nous dit Dupont de Nemours, il rédigea « des observations sur la forme et la nature des montagnes et des vallons qn’il a parcourus et sur la qualité des terres et des pierres qu’on y trouve. Il en a laissé d’autres très curieuses sur l’agriculture et d’autres plus étendues et non moins intéressantes sur le commerce et les fabriques des lieux où il a séjourné ».
- Tout cela se trouve dans la belle édition des œuvres de Turgot que l’on doit à M. Schelle.
- Devenu administrateur, les curiosités naturelles ne cessèrent pas de l’intéresser. Quand il parcourait sa généralité, il ne manquait pas de s'arrêter dans les localités où il y a des dépôts de fossiles, notamment aux environs de Barbezieux ; il prenait plaisir à les examiner et les signalait à l’attention de ses compagnons de route.
- C’est pendant qu’il résidait à Limoges que Turgot se lia avec Condorcet. Ils échangèrent de nombreuses lettres, qui nous ont été conservées en partie, et dont la lecture est pleine d’intérêt. Il y est question de tous les sujets imaginables : politique, administration, littérature et beaux-arts, sciences physiques, etc... par exemple, dans cette correspondance, il est fait mention des aurores boréales, des bolides, des calculs logarithmiques, de la distillation de l’eau de mer, de la jauge des tonneaux, de la cristallisation des sels, etc.... Il va sans dire que Condorcet tient son ami au courant de toutes les nouvelles académiques de Paris.
- Le Limousiù était une des plus misérables provinces du royaume. Turgot y fit beaucoup de bien et s’attacha tellement à ce pauvre pays que ce fut en vain qu’on lut offrit les intendances de Rouen, de Bordeaux et de Lyon; il préférait rester là où il se sentait le plus utile. Se figure-t-on le préfet de la Haute-Vienne refusant, pour ce motif, les préfectures de la Seine-Inférieure, de la Gironde ou du Rhône? Ce serait bien invraisemblable et, pourtant, il ne ferait que suivre l’exemple de Turgot.
- Ses grandes occupations de cette époque ne l’empêchaient pas de travailler lui-même et d’exciter les autres au travail. En même temps qu’il composait ses Lettres sur le commerce des grains (1764), il rédigeait un questionnaire à l’usage de
- 1. Il lui avait fourni un très bon quart de cercle, une lunette achromatique de force médiocre, et une pendule à secondes ; son regret était de n’avoir pu lui confier une lunette munie d’un micromètre.
- deux jeunes Chinois, amenés en France par les Jésuites, où il leur demande une foule de renseignements sur toutes les parties du gouvernement et des arts de la Chine (1 ), il adressait une circulaire aux curés du pays qu’il avait à administrer pour les inviter à lui transmettre tous les renseignements qu’ils croiraient devoir lui faciliter l’amélioration du sort du peuple, et parla même occasion, il leur rappelait « qu’ils pourraient rendre de grands services aux sciences, aux arts, au commerce et surtout à l’agriculture, puisqu’ils sont seuls à portée de faire une foule d’observations qui échappent nécessairement aux habitants des villes ».
- On lui doit la création, à Limoges, d’un cours destiné à former des sages-femmes habiles, ainsi que celle d’une école de vétérinaires.
- 11 chargea les commissaires aux tailles de lui signaler les hommes de mérite qu’ils pourraient avoir occasion de rencontrer, se proposant de ne pas laisser leurs talents inutiles. .
- Notons encore qu’il s’occupa de la carte du Limousin, des erreurs s’étant glissées dans les levés faits par les ingénieurs placés sous la direction de Cassini.
- Appelé au Ministère de la Marine peu après la mort de Louis XV, Turgot n’occupa ce poste que pendant quelques semaines et ne put faire que peu de choses. Disons toutefois qu’il fit traduire en français et envoyer dans les ports deux ouvrages d’Euler, l’un sur la construction et la manoeuvre des vaisseaux et l’autre sur l’artillerie. L’auteur fut rémunéré, ce qui n’était pas toujours l’usage à cette époque ; Turgot lui fit parvenir une lettre de change de mille roubles.
- S’il fût resté plus longtemps dans cette place, il aurait envoyé dans les régions encore mal connues de notre globe des bâtiments légers et tirant très peu d’eau qui auraient eu, en plus de leur état-major régulier, un autre état-major formé de savants pour étudier, à tous les points de vue, les pays lointains. C’eut été une sorte d’Académie ambulante qui aurait rendu les plus grands services à la géographie, à la physique du globe, à l’histoire naturelle (9).
- Au contrôle général des finances, où il s’est immortalisé et eut à lutter contre des difficultés effroyables, qui n’étaient pas inférieures à celles qui écrasent nos ministres d’aujourd’hui, ces difficultés ne lui tirent pas perdre de vue le progrès des sciences, qu’il regardait comme le moyen le plus assuré d’améliorer le sort des hommes ; on le voit former une commission composée de trois académiciens : d’Alembert, Bossut et Condorcet et chargée d’examiner tous les projets concernant la navigation intérieure dont le ministère pouvait avoir à s’occuper.
- Mais, pour creuser des canaux, pour améliorer la navigation des rivières, il fallait former des ingénieurs au courant des théories de l’hydrodynamique ; une chaire spéciale fut créée pour l’euseignement de cette science, et elle fut confiée à l’abbé Bossut, à qui on donna, de plus, le moyen de faire de grandioses expériences.
- 1. Pour les mettre à portée de répondre facilement à ces questions, il composa l’ouvrage intitulé Réflexions sur la formation et la distribution des richesses.
- 2. Quand il fut ministre des finances, il envoya aux Indes et au Pérou deux savants, Saint-Emond et Dombey. Le premier devait faire des recherches sur la production du salpêtre, et faire passer en Europe des graines de plantes utiles, et notamment du riz sec qui pousse sur les montagnes et n’a besoin que d’une chaleur modérée. Le vaisseau qui le portail, fit malheureusement naufrage. Dombey fut plus heureux et sa mission fut couronnée de succès.
- D’autre part, un illustre agronome, l’abbé Rozier, fut envoyé en Corse, où il créa une école. d’agricultui’e destinée à enseigner aux habitants^de ce beau pays le moyen de perfectionner leurs vins et leurs huiles.
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- Il y avait longtemps que les gens éclairés protestaient contre l’incohérence des poids et mesures, qui variaient, pour ainsi dire, d’un village au village voisin. Turgot voulut y porter remède et, à son avis, l’unité de longueur devait être celle du pendule battant la seconde sous le 45e degré de latitude. L’astronome Messier devait être chargé de déterminer cette longueur. Pour cela, il se serait établi dans le Médoc, contrée peu élevée au-dessus de la mer, éloignée de toute montagne et traversée par le 45° parallèle. On aurait eu un « mètre » peu différent du nôtre (996 mm au lieu de 1000), et dont la détermination n’aurait exigé qu’une faible dépense.
- Malheureusement, on n’avait point d’horloge d’une précision suffisante, et le ministère de Turgot ne fut pas assez long pour qu’on eût le temps d’en fabriquer une.
- Un des plus grands obstacles que le ministre eut à combattre fut une épizootie qui ravageait les provinces méridionales, y détruisait la race bovine et menaçait de s’étendre dans tout le royaume.
- Turgot commença par envoyer sur les lieux le célèbre médecin Yicq d’Azyr, pour étudier la maladie et en chercher le remède. Plus tard, il créa une Commission chargée de l’examen et du soin des maladies contagieuses attaquant les hommes et les animaux. Celte Commission est le germe d’où est née notre Académie de Médecine. — En outre. Louis XYI, à l’instigation de son ministre, fonda une chaire de « chimie chirurgicale » (?). — C’est également à Turgot que le Collège de France est redevable de deux de ses chaires, celle de littérature française et celle de droit des gens.
- Enfin, toujours grâce à Turgot, l’introduction des nitrières artificielles pour la production du salpêtre assura la défense du pays en cas de guerre, tout en délivrant de vexations odieuses les habitants des campagnes.
- Quand les courtisans, par leurs clameurs, furent arrivés, sans se douter qu’ils tuaient la monarchie et la noblesse, à renverser le grand homme d’État, celui-ci, simple et fier, revint à'ses études.
- Dans sa jeunesse, il avait collaboré à Y Encyclopédie, et écrit pour elle, entre autres f1), l’article Expansibilité, c’est-à-dire l’étude, qui à tant d’importance, des phénomènes de la dilatation des corps solides, liquides ou gazeux. Avec
- 1. Dans le même ouvrage, il a encore inséré les articles Existence, Etymologie, Foires et Fondation. Il devait y ajouter les articles Mendicité, Inspecteurs, Hôpital, Immatérialité, Humide et Humidité. L’autorisation de publier ce grand recueil ayant été retirée, Turgot, en sa qualité de fonctionnaire, crut devoir cesser d’y collaborer.
- un de ses amis, l’abbé Rochon, physicien et astronome des plus distingués, il fit un travail sur la distillation; un autre, très important, sur les thermomètres, ne put être achevé.
- L’invention de diverses machines ingénieuses, dont l’une était destinée à simplifier la fabrication des cordages, contribua à lui faire oublier sa disgrâce. En même temps, il s’était remis à l’étude de la géométrie transcendante et traduisait Horace.
- Nous croyons avoir déjà dit qu’il faisait aussi des observations météorologiques.
- Pendant la guerre de l’indépendance américaine, le gouvernement français déclara que le vaisseau du capitaine Cook serait « traité à tous égards comme il est d’usage de traiter
- les officiers et les navires des nations neutres et amies, en lui faisant connaître l’estime du Roi pour sa personne et en le prévenant que le Roi attend de lui qu’il s’abstiendra de son côté de tout acte hostile ».
- Ce sont les termes d’un petit mémoire qui fut remis, par une main tierce au Ministre de la Marine, M. de Sartines, qui n’en connut jamais l’auteur; cet auteur était Turgot (*).
- Enfin, le projet d’un vaste ouvrage, où il aurait examiné les principales questions de la philosophie, de la morale, de la législation et recherché les moyens de perfectionner l’espèce humaine, occupait les loisirs que lui laissait la goutte, dont il avait souffert toute sa vie.
- Il ne devait pas mettre la main à la plume pour écrire ce grand livre, dont Condorcet a essayé de reconstituer le plan. Il mourut le 18 mars 1781, à l’âge de 54 ans.
- Une tradition erronée voulait que son corps eût été enterré dans le cimetière voisin du château de sa famille.
- En réalité, son cercueil fut déposé dans les caveaux de l’église de l’Hospice des Incurables, dont ses aïeux avaient été les bienfaiteurs.
- Ce cercueil a été retrouvé il y a quelques années.
- Il avait été question de le transporter au Panthéon et, certes, personne n’était plus digne de cet honneur, mais on a respecté les vœux de la famille de Turgot, et son dernier sommeil n’a pas été troublé (2).
- E. Doublet.
- 1. De là l’origine d’une tradition qui a été respectée jusqu’à la dernière guerre, quand les Allemands ont empêché le Carnegie de poursuivre ses études sur le magnétisme terrestre.
- 2. On connaît le mot de Louis XVI : «Je vois bien qu’il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple ». Lors de son départ du ministère, en 1776, Voltaire adressa à Turgot YÉpître à un homme et André Chénier célébra ses mérites dans l’Hymne à la France.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- LA LUNE ET LA SANTE — QUELQUES PRÉJUGÉS RELATIFS A LA LUNE LA SCIENCE ,DE L'AVENIR
- C’est une croyance, assez généralement répandue, que la lune exerce une influence sur la santé des grandes personnes, et plus particulièrement sur celle des femmes; et, aussi, sur le sexe des enfants à venir.
- Cette croyance fait partie, peut-on dire, du fonds commun religieux de presque toutes les peuplades primitives ; et, dans un travail relativement récent (1923), un auteur anglais a pu montrer à quel point les phases de la lune, qui croît, devient pleine, puis décroît, ont de tout temps^frappé l’imagination des hommes et engendré les superstitions les plus étranges.
- On sait, d’ailleurs, que le peuple a donné le nom de lunatiques à ceux ou celles dont le cerveau n’est pas très solide. Les lunatiques ont représenté longtemps les épileptiques; d’autres fois, les fous. Ne dit-on pas, dans le langage courant, de quelqu’un qui a des lubies : il est luné, il a ses-, lunes? Il est bien connu que, dans certains pays situés aux bords de la mer, on est convaincu que les malades meurent en plus grand nombre aux heures du reflux qu’à celles du flux. Mais il convient d’ajouter que ces croyances n’ont aucunement l’observation pour base ; on a, en effet, à Brest, à Rochefort, à Saint-Malo, tenu une comptabilité du nombre des morts et de d’heure des décès, et on a dû reconnaître que ce nombre était moins considérable aux heures que le peuple juge les plus homicides.
- Parmi les faits observés, il en est, cependant, quelques-uns qui sont assez troublants. Si nous remontons aux origines de notre art, nous verrons le Père de la Médecine accorder une importance considérable à l’état du ciel dans la genèse des maladies. Hippocrate reconnaissait à celles-ci trois causes principales : les troubles des humeurs, les traumatismes et l’influence des astres. Galien professait, de son côté, que les lunaisons règlent les périodes chez la femme; et aussi, les accidents périodiques de l’épilepsie. Il prétend avoir vu, chez certains sujets, les crises apparaître à toutes les nouvelles et pleines lunes.
- Le Moyen Age verra fleurir la thérapeutique astrologique dans tout son épanouissement.
- Parmi les médecins les plus célèbres du xvi° siècle, il en est un, originaire de Montluçon, Antonin Mizauld, qui conquit une véritable célébrité pour ses connaissances en astrologie, grâce auxquelles il réussit à gagner la faveur de la première épouse de Henri IV, la frivole reine Margot. Un de ses ouvrages, le plus curieux peut-être de ceux qu’il composa, était intitulé : Secrets de la Lune. « La Lune, y déclare l'auteur, n’est autre que l’épouse du Soleil : donc, elle doit influencer d’une façon très active tous les êtres, étant la poule argentée du coq doré. » Et l’original praticien s’applique à démontrer que l’influence lunaire s’exerce non seulement sur l’atmosphère, mais encore sur la végétation, sur la vie animale, et sur les destinées humaines. Il conclut par cette apostrophe à l’adresse de ses contemporains, peu enclins à l’écouter : « Vous êtes malheureux sur la terre, parce que vous ne croyez pas en la Lune !»
- L’auteur des Secrets de la Lune ne doute pas que celle-ci agisse sur la conception de tous les êtres; « comme il appert, dit-il, par ce qui se passe chez les souris, puces, punaises, poux, araignées et toute vermine semblable ». Il fulmine
- contre « les cheveux coupez ou tondus aux termes que lune descroitz » ; car, ajoute-t-il, « ils croissent tardivement et rendent testes chauves. » Le lundi étant le jour de la lune, c’est ce jour-là qu’il faut se couper les ongles ; c’est la meilleure garantie contre les maux de tête.
- A l’aurore du xvue siècle, on croit plus ferme que jamais à 1 astrologie. Lors de la naissance du Dauphin, qui sera le roi Louis XIII, Roch le Baillif, sieur de la Rivière, tire l’horoscope du nouveau-né princier. Durant toute sa grossesse, la reine (Marie de Médicis) n’a cessé de demander combien on tenait de la lune, « sur l’opinion vulgaire que les femelles naissent sur le décours, et les mâles sur la nouvelle lune ». Le médecin et précepteur du jeune prince, qui tient registre des moindres faits et gestes de l’enfant royal, ne manque pas de consigner sur ses feuillets que celui-ci est né « quatorze heures dans la lune nouvelle, à dix heures et demie et demi-quart ».
- Dans une lettre à sa fille, Mme de Sévigné lui annonçait qu’elle ne se purgerait qu’après la pleine lune : on se conformait, en effet, pour la purgation comme pour la saignée, aux mouvements de l’astre des nuits, avant de prendre cette grave détermination.
- Dans un ouvrage paru en 1632, le Lunaire présent et perpétuel de Hierosme Cortez, nous relevons des phrases comme les suivantes :
- « Aux colériques, la saignée sera de grand profit, lorsque la lune est en signes humides, comme sont Cancer, Piscis et Escorpion; aux phlématiques, la lune estant en signes chauds, comme sont Ariès et le Sagittaire. Aux mélancoliques, il convient de seigner au temps où la lune sera en signes venteux : la Balance et le Vaisseau. »
- John Ammann (Schaffouse, 1677) attribue la peste à l’influence de la lune. Roger Bacon croyait que l’on perdait la voix, quand on s’exposait la nuit aux rayons de la lune; et son homonyme, le célèbre chancelier Bacon (lord Verulam), présentait une susceptibilité particulière, celle de s’évanouir à chaque éclipse de lune et de revenir à lui lorsque le disque de l’astre réapparaissait (Dr Hector Grasset).
- Ramazzini relate qu’une quantité de malades moururent à l’instant même où se produisit l’éclipse de lune du 21 janvier 1603. Bartholin, dans son Anatomie, rapporte qu’un épileptique avait le visage parsemé de taches, dont la couleur et la grandeur variaient sensiblement selon le cours de la lune. Guillaume Baillou, dans ses Ephémérides, qui pourraient, encore aujourd’hui, être consultées avec profit, consigne cette remarque : « La terminaison des maladies chroniques tient au cours du soleil ; celle des maladies aiguës, aux révolutions de la lune ».
- Plusieurs observations médicales tendraient à prouver que la lune agit même sur les ulcères. Baglivi parle d’un jeune savant de Rome, atteint d’une fistule abdominale, qui Huait si abondamment dans le croissant de la lune, et si peu au décours de l'astre, que c’était pour lui un indice infaillible qui l’instruisait des périodes et quadratures de cette planète.
- Les accès de colique néphrétique, les crises d’asthme seraient sous la dépendance de la lune. Les migraines, les congestions cérébrales, les apoplexies subiraient l’influence lunaire. Il en serait de même des hémorragies (hémoptysies, épistaxis, etc.).
- La lune aurait une action indiscutable sur les accès fébriles. Le regretté Dr Emile Legrain, de Bougie, qui étudia l’action des phases lunaires sur l’éclosion des fièvres intermittentes, a fait cette constatation que, huit fois sur dix, les fièvres de nouvelle invasion débutent dans les quelques jours
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- qui précèdent ou qui suivent la nouvelle lune ; il est rare de voir une lièvre de nouvelle invasion débuter en pleine lune. Les conséquences pratiques de ces constatations, c’est qu’on doit éviter de mettre en marche les colonnes au moment où peut s’exercer l’influence lunaire : mieux vaut prévenir que guérir. Les lièvres biliaires présenteraient, elles aussi, des exacerbations et des rechutes à la nouvelle lune.
- Les varices sont également influencées dans un sens défavorable par la nouvelle lune : ou il se produit une rupture des veines variqueuses ; ou il se manifeste des douleurs plus violentes au niveau du membre atteint.
- Les anciens médecins étaient persuadés qu’il n’était pas indifférent de donner un médicament à tel moment plutôt qu’à tel autre : ainsi, pour chasser le ver solitaire, ils administraient au patient le remède pendant la lune décroissante, parce que le parasite est alors moins vorace et oppose, par suite, moins de résistance.
- Devons-nous conclure que tout soit à rejeter de ce legs du passé, notamment en ce qui se rapporte à l’influence de la lune sur l’organisme humain ? S’il est indifférent de se faire tailler les cheveux ou couper les ongles à l’une ou l’autre phase lunaire, il est hors de conteste que l’action planétaire n’est pas négligeable au point de vue pathologique. Et notre distingué confrère, le Dr Hector Grasset, demande très justement que chaque médecin établisse, en face de ses observations médicales, « une table des perturbations météoriques (vents, pluies, gelées, orages), celle des variations barométriques et thermiques, et suive les modifications magnétiques et électrique^, en regard de l’année astronomique, sans oublier les variations chimiques dans la composition de l’atmosphère ».
- Au même praticien nous devons les réflexions ci-dessous énoncées, que nous soumettons à la sagacité de nos lecteurs :
- « En passant en revue, écrit H. Grasset, mon exercice médical en 1896, 1897 et 1898, j’ai fait les remarques sui-
- vantes : j’ai été dérangé la nuit beaucoup plus souvent aux environs de la nouvelle lune... A ces époques, les crises d’asthme, les coliques intestinales ou hépatiques sont assez fréquentes ; les vieux cardiaques sont pris souvent d’étouffements ; les phtisiques et les bronchitiques ont des exacerbations. Les hémoplysies et les métrorragies coïncident assez bien avec ces époques... J’ai trouvé plusieurs fois les cas de rougeole ou de scarlatine de l’année en rapport avec la nouvelle lune. Les exacerbations des maladies aiguës, pneumonies, pleurésies, congestions pleuro-pulmonaires, subissent ces influences chez les névropathes. Enfin, le plus grand, nombre des morts de maladies chroniques s’est présenté en coïncidence avec cette phase de la planète. Ce n’est pas seulement le phénomène qu’il faut considérer, mais un ou deux jours avant et après, période de 4 à 5 jours qui se trouve démonstrative. Il y a là plus qu’une simple coïncidence. La morbidité est surtout accrue quand la période lunaire est proche, ou en rapport avec les équinoxes. »
- Et notre savant confrère de conclure :
- « L’action planétaire est à considérer au point de vue médical et se fait sentir probablement par des modifications atmosphériques, que nous n’avons pas encore découvertes* notre attention n’étant pas encore attirée de ce côté : influence peut-être en dehors des météores et due à des oscillations, magnétiques ou cosmiques, inconnues. »
- Si les phénomènes de l’atmosphère, et cela ne semble plus devoir être remis en question, ont une action sur notre tempérament, notre caractère, notre existence entière, il y a là pour le physiologiste, comme pour le thérapeute et l’hygiéniste, un vaste champ à explorer; une science nouvelle peut s’édifier sur ces données, et nul ne saurait prévoir quels horizons nous seront découverts, quelles perspectives s’ouvriront devant les expérimentateurs de demain, qui sont appelés à voir de bien belles choses !...
- Dr Cabanes.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PROCÉDÉ DE DESTRUCTION DES NIDS DE GUÊPES
- Dès qu’apparaissent les premiers fruits, notamment les raisins de treille, les pèches en espalier, il arrive souvent que les jardins fruitiers et les vergers sont envahis par des essaims nombreux de guêpes.
- Plusieurs procédés sont préconisés pour détruire les guêpes (emploi des vapeurs asphyxiantes : sulfure de carbone, vapeurs sulfureuses, formol, etc.) mais un procédé nouvellement employé en France, et qui donne les plus complets résultats, est celui qui est indiqué après des expériences soigneusement faites, par M. R. Régnier, directeui de la Station entomologique de Rouen.
- Ce procédé consiste ei, l’emploi du cyanure de calcium, produit d’origine américaine, obtenu en parlant de la cyanamide. On l’emploie en poudre fine ou en granules. Au contact de l’humidité atmosphérique, il y a dégagement d’acide cyanhydrique, dont on connaît, depuis longtemps, la très énergique propriété insecticide.
- Ce dégagement qui est lent et uniforme, rend facile la manipulation de ce produit chimique, tandis que l’utilisation de l’acide cyanhydrique résultant du contact du cyanure de potassium avec l’acide sulfurique n’est pas sans danger pour l’opérateur et nécessite un dispositif spécial.
- Pour détruire un nid de guêpes, on dépose 15 grammes environ de cyanure de calcium dans le trou de ce nid où loge la colonie, on bouche ce trou avec un chiffon humide et on le recouvre ensuite d’une pelletée de terre. En quelques heures, toutes les guêpes sont détruites.
- Henri Blin.
- POUR SORTIR UNE BAGUE FACILEMENT
- Lorsqu’on a des difficultés pour sortir une bague d’un doigt trop gros, on peut appliquer le procédé suivant qui rendra certainement service à plus d’un lecteur :
- On utilise de la tresse plate appelée bolduc, que l’on emploie
- comme lien, pour l’emballage des boites de confiserie par exemple. Il faut naturellement que cette tresse soit aussi peu épaisse que possible. On eu prend une longueur de 80 centimètres, que l’on enduit de savon sec, de préférence de poudre de savon ou mieux encore de poudre de talc.
- On enroule le bolduc en hélice, dont les spires se recouvrent
- Bolduc
- légèrement et l’on commence par l’extrémité du doigt. On forme ainsi sur le doigt une véritable gaine que l’on serre assez fortement.
- Lorsqu’on arrive près de la bogue qu’il s’agit de retirer,1 on passe l’extrémité du bolduc dans la bague même et on ramène cette extrémité par dessus. On saupoudre abondamment de talc la gaine de bolduc et en tirant très doucement sur l’extrémité libre et progressivement, le bolduc se déroule au fur et à mesure.
- Il force la bague à remonter sur la gaine et l’on arrive ainsi à dégager complètement l’anneau sans aucun dommage pour le doigt trop gros.
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- .8 ..-= LA radiophonie pratique
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LES MONTAGES RÉCEPTEURS MODERNES
- Si la radiotechnique a fait de grands progrès depuis 1922, on peut remarquer que ces progrès n’ont pas été acquis, en
- somme, aux dépens d’une simplicité des principes employés pour la construction des postes de réception.
- En réalité, presque tous les montages récepteurs d’apparences plus ou moins diverses utilisés couramment aujourd’hui peuvent se ramener seulement à trois types principaux : la lampe détectrice à réaction généralement suivie d’étages à basse fréquence, le poste à amplification directe à haute fréquence à résonance, qui peut également comporter des étages semi-apériodiques, et enfin les appareils à changement de fréquence.
- Ces prototypes sont donc simples et peu nombreux, et si l’usager ou l’amateur débutant pouvait discerner rapidement cette simplicité et les analogies qui existent entre des montages d’apparences très diverses, ses progrès en radiotechnique seraient très rapides.
- Malheureusement, en radioélectricité, comme dans beaucoup d’autres sciences, il semble que des connaissances multiples soient nécessaires avant de pouvoir dégager les principes essentiels, et l’on arrive toujours à la simplicité par une complexité initiale et indispensable.
- Le choix de ces montages dépend évidemment de l’usage que l’on veut en faire, et des conditions locales.
- Le poste à une lampe détectrice à réaction est essentiellement un poste simple dessiné à être employé sur antenne. Il permet de recevoir les ondes les plus courtes avec un montage approprié, mais il ne saurait être recommandé dans les villes à cause de son manque de sélectivité, qui ne permet pas parfois d’éliminer les émissions locales, et aussi par suite de son manque relatif de sensibilité; qui interdit la réception des émissions* lointaines de radiodiffusion sans l’aide d’une bonne antenne extérieure.
- Le poste à résonance de quatre à six lampes constitue l’appareil classique pour la réception sur antenne, il permet l’écoute des émissions lointaines et possède une bonne sélectivité, s’il est bien construit.
- Enfin, les postes à changement de fréquence très employés aujsurd’hui et sur lesquels nous avons déjà donné de nombreux détails dans La Nature sont, par excellence, des postes sensibles et sélectifs, permëttant la réception sur cadre aux plus grandes distances.
- Mais il est essentiel de remarquer que, pour obtenir la sensibilité dans un poste à changement de fréquence, il est actuellement nécessaire que cet appareil comporte un nombre minimum d’étages d’amplification; ce nombre semble être de 6 à 7 dans les systèmes les plus perfectionnés.
- D’autre part, malgré le principe même du changement de fréquence, qui confère au système une excellente sélectivité,
- grâce à la présence du tesla de liaison sur grandes ondes entre le changeur de fréquence et les étages moyenne fréquence, tout poste à changement de fréquence n’est pas nécessairement sélectif ou du moins très sélectif.
- Celte sélectivité n’est obtenue que si l’appareil est bien construit en général, c’est-à-dire avec des éléments bien écartés les uns des autres, soigneusement connectés, et si les systèmes de liaison des différents étages sont établis en conséquence.
- Sans nous étendre sur cette question que nous avons d’ailleurs étudiée dans des articles plus spéciaux, indiquons seulement que, si l’on veut éliminer des émissions puissantes et provenant de postes rapprochés, il semble presque toujours nécessaire d’utiliser un étage à résonance avant le changement de fréquence, ou des étages d’amplification à moyenne fréquence accordés sur celte fréquence.
- LES NOUVEAUX REDRESSEURS DE COURANT
- On sait que, pour obtenir la tension plaque nécessaire à l’alimentation des amplificateurs à l’aide du courant alternatif d’un secteur ou pour recharger des accumulateurs à Laide également du courant alternatif, on abaisse ou on élève d’abord à la valeur convenable la tension du courant au moyen d’un transformateur; puis on redresse ce courant au moyen d’une soupape, c’est-à-dire d’un appareil qui ne laisse passer le courant que dans un sens.
- Nos lecteurs connaissent sans doute les différents modèles de soupapes que l’on a proposés jusqu’ici, et que l’on emploie, d’ailleurs, couramment : soupapes électrolytiques, valves thermoioniques, valves électrochimiques, valves colloïdales.
- Il nous paraît intéressant de signaler, en dehors des modèles quenous avons déjà cités dans une chronique récente, l’emploi de deux nouveaux procédés fort intéressants.
- Le premier est surtout- destiné à l’alimentation plaque des
- Fig. 2. —* (I) Schéma d’une valve sans filament constituée par deux bâtonnets A formant anode et par une cathode double G faite de deux demi-cylindres accolés. (II) Montage de cette valve pour redresser les deux alternances du courant, au moyen d’un transformateur E avec vrise de courant au milieu du secondaire.
- Gourant
- redressé
- Courant alternatif d'un secteur
- Disposition I i des broches de /ampoule*® A
- Fig. 1, — Une ampoule remplie d’un gaz à faible pression et contenant deux électrodes dissymétriques, permet le redressement d’un courant alternatif. Le courant passe seulement du bâtonnet A à la plaque C et pas dans le sens inverse.
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- amplificateurs et il est constitué, en principe, par une ampoule en verre remplie de gaz rare à très faible pression (généralement de l’héliumi et dans laquelle sont placées deux électrodes de formes différentes, par exemple une plaque et un bâtonnet.
- Dans ces conditions, on constate que si l’on applique un courant alternatif aux électrodes le courant ne peut passer que dans un sens, du bâtonnet vers la plaque, et le système peut servir au redressement d’un courant alternatif de tension relativement faible de l’ordre de 200 volts.
- Si l’on constitue une anode à l’aide de deux demi-cylindres accolés par une génératrice, et si l’on place dans la concavité de ces deux demi-cylindres, deux cathodes en bâtonnets on obtient une valve sans filament qui peut redresser les deux alternances du courant alternatif du secteur en utilisant un transformateur à prise médiane au secondaire comme le montre la figure 2.
- Ces valves fort intéressantes permettent de construire des boîtes d’alimentation qui donnent, un courant redressé de 80 à 100 volts de tension et une trentaine de milliampères d’intensité (fig. 3).
- Elles permettent donc d’alimenter directement un poste à multiples étages, à changement de fréquence par exemple, comprenant même des lampes de puissance sur les étages de basse fréquence.
- La deuxième catégorie de soupapes indiquée plus haut est, en quelque sorte, une modification des soupapes électrolytiques. Ces soupapes se composent d’un bac rempli d’eau distillée, additionnée d’acide sulfurique, et contenant ou non une petite proportion de sels ferreux, dans la-Fig. 4. — Montage d'une soupape électro- quelle plongent une
- lytique à électrode au titane. lame de plomb et
- une autre électrode formée d’une tige
- de petite surface en alliage de titane ou de tantale.
- Grâce à ce que ces métaux possèdent généralement à peu près le même coefficient de dilatation que le verre, on peut les souder à l’extrémité d’une autre tige métallique enfermée dans un petit tube de verre (fig. 4).
- Dans ces conditions, le courant ne passe que dans un sens, de l’électrode en plomb vers l’électrode au titane, et l’on peut obtenir un courant redressé d’une tension de 6 volts et d’une intensité d’une centaine de milliampères.
- Ce courant permet de charger continuellement Un accumulateur de 20 à 40 ampères-heures, qui est destiné à l’alimentation d’un poste de 4 à 8 lampes à faible consommation.
- Étant donnée la faible intensité du courant du secteur nécessaire, on peut laisser le redresseur en fonctionnement sans crainte d’une dépense exagérée, et, d’autre part, l’entretien de la soupape se réduit à maintenir constant le niveau de l’électrolyte en versant de temps en temps de l’eau distillée dans le bac.
- UN NOUVEAU MODÈLE DE HAUT-PARLEUR A DIFFUSEUR
- Le principe de construction des récepteurs et haut-parleurs Brown est sans doute bien connu de nos lecteurs.
- On sait que, dans ces appareils, ce n’est pas le diaphragme vibrant lui-même qui est actionné par l’électro-aimant, mais qu’une anche assez épaisse actionnée par cet électro-aimant
- Fig. 3. — Montage d’une valve sans filament avec filtre pour la tension plaque.
- agit sur un diaphragme conique en aluminium, d’assez grand diamètre dans les haut-parleurs (fig. 5).
- Les haut-parleurs de ce modèle étaient généralement montés jusqu’à présent avec des pavillons diffuseurs de sons de formes variées. La forme la plus récente employée est celle indiquée par la figure 5.
- Mais il est évident qu’à l’aide de ce même principe on peut réaliser des haut-parleurs à diaphragmes diffuseurs de sons, remplaçant le pavillon. Ces modèles présentent l’avantage d’être de dimensions plus restreintes, d’être plus esthétiques aussi suivant certaines préférences, et de présenter quelquefois une résonance propre plus atténuée évitant la distorsion.
- Un haut-parleur de ce genre est représenté sur la figure 6, et il offre également la particularité d’être très sensible comme les autres modèles du même principe, ce qui rend son emploi commode lorsque l’on ne dispose pas d’un poste récepteur très puissant.
- UN NOUVEAU TRANSFORMATEUR HAUTE FRÉQUENCE
- L’amplification haute fréquence à transformateur semi-apériodique présente beaucoup d’avantages parce qu’elle est facile à réaliser, et que l'amortissement des enroulements évite les accrochages paçasites qui sont à craindre lorsqu'on emploie de multiples étages accordés (fig. 7), mais encore faut-il que l’on puisse employer des transformateurs bien construits, faciles à monter sur le poste et amplifiant d’une façon à peu près équivalente une gamme assez étendue de fréquences, afin que l’on puisse obtenir un bon rendement sur les longueurs d’onde de la radiodiffusion entre 250 et 3 000 mètres.
- Remarquons, d’ail-leurs, qu’actuelle-ment, étant donnée la nécessité d’établir des postes sélectifs, on n’emploie jamais de tels trans-
- lecteur
- Transformateur 12 v.
- Electrode au Titane
- Soupape
- Electrode de plomb
- Accumulateur
- k volts
- Fig. 5. — Principe du récepteur Brown.
- L’armature vibrante entraîne un diaphragme unique en aluminium.
- Parchemin
- Cône aluminium
- Armature
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- Fig. G. — Deux nouveaux modèles de haut-parleurs Brown, l’un à pavillon, Vautre type Disc à diffuseur de son.
- formateurs qu’associés à un ou plusieurs étages à résonance.
- Un constructeur français vient d’établir un modèle de transformateur semblant présenter des avantages assez nombreux, qui le feront sans doute apprécier des amateurs.
- Le système se lîxe sur le panneau d’un poste par son centre, il n’y a donc qu’un seul trou à percer pour le montage.
- Le fractionnement des enroulements suivant les longueurs d’onde se fait au moyen d’un bouton central extérieur au poste.
- La construction de cet accessoire au point de vue isolement et contacts permet un usage sûr avec le minimum de mise au point.
- En raison de la faible capacité qui existe entre les enroulements, ce système de liaison s’applique heureusement aux appareils comportant des étages réflexes, il s’applique aussi au système bien connu à couplage mixte, comprenant un étage à résonance encadré par deux étages apériodiques.
- exemple pour accorder les systèmes de liaison moyenne fréquence dans un poste à changement de fréquence.
- 11 est assez facile de construire soi-mème un dispositif de ce genre. On prend deux disques d’ébonite de 55 m/m de diamètre et 5 m/m d’épaisseur, percés en leur centre d’une ouverture circulaire de 5 m/m de diamètre (fig. 8) pour le passage d’un axe fileté.
- Sur une face de chacun des disques, on colle un demi-disque en laiton très mince avec ouverture circulaire concentrique à l’ouverture du disque et distante de 8 m/m.
- Il serait, d’ailleurs, préférable de souder les demi-disques en laiton à l’extrémité de deux tiges filetées qui traversent les disques en ébonite, et servent à la fois à maintenir les lamelles de laiton et à assurer leur connexion.
- On découpe enfin un disque très mince en mica de quelques centièmes.de m/m d’épaisseur suivant la capacité désirée et de même ouverture centrale que les disques en ébonite.
- Ce disque en mica est placé entre les deux disques en
- S >l\ 3 1 | /
- -y cio ' +Ï-80V.
- 180v.
- Fig. 7.
- Principe de la liaison haute fréquence à transformateur semi-avériodique.
- CONSTRUCTION D’UN CONDENSATEUR VARIABLE A DIÉLECTRIQUE MICA
- On a souvent besoin d’utiliser un condensateur variable de petite capacité dans les montages récepteurs de T. S* F., par
- ébonite portant les lamelles de laiton 'et forme ainsi le diélectrique d’un condensateur dont les demi-disques en laiton constituent les armatures métalliques.
- En faisant^tourner un des disques, on modifie la surface des armatures en regard, et, par conséquent, la capacité du condensateur.
- P. Hémardinquek.
- Adresses des constructeurs des appareils décrits: Valve sans filaments Hélior. — Établissements Ariane, 6, rue Fabre d’Èglantine, Paris.
- Soupape au titane. — Maison Ferrix, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris (6e).
- Haut-Parleurs Brown. — S. E. R. 12, rue Lincoln, Paris.
- Transformateur haute fréquence. — Établissements Gamma, 16, rue Jacquemont, Paris.
- Fig. 8.
- ' Petit condensateur variable représenté démonté en I, vu par derrière en II, de profil en III.
- CONSEILS ET RÉFLEXIONS
- — Il y a peu d’idées nouvelles, mais la forme sous laquelle ces idées sont présentées et les réalisations qu’elles permettent d’effectuer varient constamment.
- — Les lampes à deux grilles sont des lampes très intéressantes qui permettent de réaliser des montages spéciaux très efficaces, mais il ne faudrait pas croire qu’elles peuvent toujours être employées avec plus d’efficacité que des triodes oi’dinaires de réception.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- FONDATION*
- Institut de biologie physico-chimique fondation Edmond de Rothschild.
- M. Appell a annoncé à l’Académie des Sciences le don de 30 millions fait par M. Edmond de Rothschild pour la création d’un Institut de Biologie physico-chimique. Cet Institut s’édifiera sur le terrain que possède l’Université, rue Pierre Curie, où sont déjà groupés l’Institut de chimie appliquée, l’Institut du Radium et l’Institut de Chimie physique. A côté du futur Institut de Biologie physicochimique sera également construit grâce aux libéralités conjointes de M. Edmond de Rothschild et de M. Rockefeller un Institut de Physique mathématique.
- La France possédera là un ensemble de laboratoires de recherches vraiment digne de sa réputation scientifique.
- Ce qui fera l’originalité du nouvel Institut de Biologie, c’est qu’il groupera, en vue de l’étude des mécanismes physico-chimiques de la vie, des physiciens, des chimistes et des biologistes qui travailleront en étroite collaboration. Pas plus au « Kaiser Wilhelm » qu’à l’Institut Rockefeller, qui sont dans le domaine de la Biologie des centres de production scientifique extrêmement puissants, une telle association n’a pu être réalisée.
- Pour la première fois dans notre pays, des laboratoires de science pure disposeront de ressources financières comparables à celles des gi’ands laboratoires étrangers. Aussi faut-il être profondément x-econnaissant à M. Edmond de Piothschild de l’occasion qu’il offre à la Biologie française de reprendre dans le monde le rang que la dureté des temps ne lui permettait plus de tenir.
- La direction scientifique du futur Institut sera assurée par un comité de direction composé de M. Jean Perrin, l’éminent physicien, prix Nobel de physique pour 1926, M. O Job, professeur à la Sorbonne, André Mayer, professeur au Collège de France et Pierre Girard, directeur à l’Ecole des Hautes Etudes. Celui-ci assurera, en outre, les fonctions de directeur de l’Institut.
- ASTRONOMIE
- Un avis aux observateurs d’étoiles filantes.
- La Comète (Pons-Winnecke, découverte par Pons, à Marseille, en 1819, a une période voisine de six ans, elle a été observée à plusieurs de ses retours en vue de la Terre, et a été retrouvée cette année, le 3 mars, à l’Observatoire Yerkes par M. G. Yan Biesbrœck. Elle passera au. périhélie le 21 juin prochain et, le 27 juin, se trouvera à sa plus courte distance de la Terre, 6 millions de kilomètres environ. La comète ayant comme distance périhélie 1,03954 (la distance moyenne de la Terre au Soleil étant un), au moment du plus grand rapprochement, elle sera donc au delà de la Terre, et, par conséquent, cette dernière ne pourra traverser la queue, toujours opposée au Soleil. Voilà qui est fait pour l'assurer les esprits timorés, des journaux, évidemment bien informés (?), ayant déjà expliqué la nocivité terrible de la queue formée de cyanogène, d’oxyde de carbone, etc.
- Il ne faut guère songer à observer cette petite comète qui restera, probablement invisible à l’œil nu. Mais, ce qui est intéressant, c’est que la dissémination possible d’une partie de sa matière autour de son oi-bite pourra donner lieu à une chute d’étoiles filantes. M. Giacobini, astronome à l’Observatoire de Paris, vient de communiquer à l’Académie des Sciences (séance du 2 mai 1927) l’observation qu’il a faite
- le 22 àvril, à l’Observatoire de Paris, à l’équatorial de la tour de l’Est.
- La Comète était juste à la limite de visibilité dans cet équatorial, de 0 m. 40 d’ouverture. Elle apparaissait comme une nébulosité elliptique de 10” à 12” de grand axe, avec une condensation marquée vers l’un de ses foyers. Grandeur de la comète 12,5 à 13,0.
- M. Giacobini rappelle que cette comète, passant très près de la Terre (le 26 juin, distance 0,04) il est désirable que les observateurs d’étoiles filantes inspectent minutieusement le ciel aux dates avoisinant l’époque du périgée.
- Rappelons aux observateurs que pour effectuer des observations profitables d’étoiles filantes, il faut reporter aussitôt sur une carte céleste les trajectoires des météores, noter les particularités de cette trajectoire, notamment sa situation par rapport aux étoiles voisines et naturellement l’heure exacte.
- Nous prions les lecteurs de cette notice qui auront la chance d’observer des météores du 20 au 30 juin, de faii’e parvenir leurs observations à la Rédaction de La. Nature, qui les transmettra, à toutes fins utiles, à la Société astronomique de France. Em. T.
- INDUSTRIE
- Le charbon, combustible pour moteurs.
- Le problème des carburants retient aujourd’hui l’attention passionnée du monde savant et du monde industriel. Les recherches qu’il a provoquées sont en voie de révolutionner la chimie industrielle.
- On sait comment il se pose ; l’immense majorité des moteurs à explosion actuellement en service : moteurs d’automobiles ou d’avions, exigent un carburant liquide qui est presque toujours l’essence, dérivée du pétrole. Les moteurs à combustion, Diesel ou semi-Diesel, sont alimentés en huiles plus ou moins lourdes, la plupart, elles aussi, dérivées du pétrole. Enfin un grand nombre de navires, mus par machines à vapeur, sont également chauffés aux combustibles liquides.
- La consommation du pétrole et de ses dérivés s’accroît donc avec une rapidité inquiétante, étant donnée la rareté relative de ce combustible et la répartition de ces gisements dans un petit nombre de zones privilégiées.
- Comment parer au déficit menaçant? Et, pour les pays privés de gisements pétrolifères, comment s’affranchir des fournisseurs étrangers?
- En France, on a mis aü point les moteurs à gazogènes brûlant du gaz de charbon de bois; on a créé le carburànt national, mélange d’alcool et d’essence, excellent au point de vue technique, mais qui a l’inconvénient de remplacer l’essence par un combustible en réalité plus rare et plus cher, et qui le restera sans doute tant qu’on en demandera la production à des substances agricoles.
- La solution vers laquelle se sont orientés les efforts les plus puissants, est actuellement celle qui consiste à transformer le charbon en combustibles liquides : distillation du charbon ou du lignite à basse température donnant comme sous-produits toute une gamme d’huiles combustibles ; hydrogénation du charbon sous pression par le procédé Bergius, hydrogénation du gaz à l’eau parle procédé Fischer pour donner des huiles analogues aux pétroles, ou par le procédé Patart, pour donner de l’alcool méthylique.
- Toutes ces méthodes donnent actuellement les plus grands espoirs et il se forme dans tous les pays, en France notamment,
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- de puissants groupements pour les étudier, les mettre au point et les exploiter. /'
- Cependant, elles ont toutes un grave défaut qui satite vite aux yeux. Elles sont nécessairement coûteuses et gaspillent un grand nombre de calories, pour produire les transformations du combustible solide en combustible liquide. Aiusi, dans le procédé Bergius, il faut 3 kg de charbon pour produire 1 kg d’huile; s’il s’agit dé charbon à 6000 calories par kg et que l’huile produite dégage 12 000 calories, on voit qu’on a dépensé 6000 calories pour effectuer la transformation, et il s’agit là d’un rendement évalué d’une façon optimiste. Dans tous les cas, le bilan de l’opération est très onéreux en calories. Et dès maintenant l’on peut dire que les pétroles artificiels ne pourront jamais supplanter le charbon pour la chauffe des chaudières.
- Mais il reste l’immense domaine des moteurs à explosion ou à combustion. Le raisonnement que nous venons de faire s’appliquerait également à cette classe de machines si l’on pouvait dans leurs cylindres brûler directement un combustible solide. L’avantage est si manifeste qu’il a suscité bien des recherches, et souvent on a annoncé la réalisation du moteur à poussière de charbon, par exemple. Le problème ne présente pas de difficultés théoriques : le premier moteur à explosion qui ait été construit, celui deNiepce, fonctionnait à la poudre de lycopode. Les premiers essais de Diesel avaient pour but de réaliser un moteur brûlant du charbon pulvérisé. L’obstacle sur lequel se sont brisés, jusqu’ici, les efforts, ce sont les cendres. Les charbons les plus purs en contiennent une proportion assez grande pour qu’au bout de peu de temps la chambre d’explosion et de détente soit obstruée, et de graves avaries en résultent.
- La question changerait entièrement d’aspect si l’on pouvait avoir du charbon pulvérulent rigoureusement pur.
- Un chimiste hollandais, M. Aarts, annonce qu’il y est parvenu par un procédé économique, qui permettrait la transformation intégrale de tout le charbon traité en charbon pulvérulent.
- Actuellement on fabrique déjà du noir de fumée qui n’est pas autre chose que du charbon pulvérulent très pur. Mais pour l’obtenir, on procède par combustion partielle d’hydrocarbures liquides.
- Le procédé Aarts est tout différent. En voici le principe d’après la Revue Industrielle.
- On procède par gazéification totale du charbon. Un courant d’air est introduit sur du charbon en ignition, il se forme de l’acide carbonique (GO2) que l’on réduit en le faisant passer sur une nouvelle couche de charbon en ignition : il se produit alors de l’oxyde de carbone (CO). On opère ensuite la dissociation de cet oxyde de carbone dans des chambres spéciales, en présente d’un catalyseur. Il se décompose suivant la formule 2 CO — CO2 + C. Le carbone produit au cours de cette réaction se dépose et l’acide carbonique formé en même temps est envoyé à nouveau sur la couche de charbon en ignition où il se retransforme en oxyde de carbone qui sera catalysé à nouveau, et ainsi de suite.
- Tout le carbone du combustible naturel est ainsi transformé en carbone pur pulvérulent et les pertes peuvent être insignifiantes quand on opère dans des conditions convenables.
- La chaleur dégagée, au cours de la réaction de dissociation de l’oxyde de carbone en acide carbonique et carbone, est élevée ; aussi faut-il prendre des précautions pour éviter que la température dépasse 400°. Le carbone produit à haute température est, en effet, du graphite très dur, très dense, qui ne s’enflamme qu’à température élevée.
- Par contre si la température a été bien réglée, et maintenue au-dessous de 400°, le carbone produit est amorphe, d’une finesse de grain microscopique, et d’une densité de 0,2.
- Il se prête très bien à la combustion directe dans les moteurs; sa légèreté lui permet de se maintenir aisément en suspension dans l’air. De plus son pouvoir lubrifiant, grâce à son état floconneux, parmet un graissage automatique parfait.
- . Ce combustible semble donc appelé à prendre une place de premier ordre parmi les carburants. Il est à noter qu’il peut être préparé à partir d’un charbon quelconque, même des déchets de très bas prix. En outre, comme il possède des propriétés adsorbantes et absorbantes très marquées, il remplacerait tout naturellement le noir de fumée dans ses diverses applications.
- ÉLECTRICITÉ
- Là plus puissante usine hydroélectrique du monde.
- Ce record semble devoir appartenir à l’usine dont on vient de commencer la construction aux Etats-Unis, à Connowing, (Maryland) sur la rivière Susquehanna. La plus puissante usine de ce genre aux Etats-Unis était jusqu’ici celle du Niagara qui représente une puissance de 452000 ch. Celle de Connowing atteindra 550000 ch.
- La digue de retenue mesurera 1350 m. de long et 31 m. de hauteur. L’usine possédera 11 générateurs turbo-élec-triques de 50 000 ch.
- La plus puissante lampe électrique du monde.
- Elle a été construite parla General Electric C° d’Amérique et vient d’être mise en service dans une station d’émission radioélectrique. Sa puissance est de 100 kw ; elle mesure 2 m de haut et pèse moins de 50 kg. Ce chiffre étonnant montre bien ce que la technique électrique peut attendre dans l’avenir de ce genre d’appareils, qui ne sont en définitive que des transformateurs statiques de courant. Ce tube de 100 kw remplace, dans la station où il a été mis en service 5 lampes de 20 kw. On espère prochainement mettre en service toute une batterie qui permettra d’expérimenter des émissions avec 500 kw dans l’antenne. Jusqu’ici les stations les plus puissantes n’ont pu dépasser 50 kw dans l’antenne.
- BOTANIQUE La chute des fleurs.
- L'Année Biologique vient de rendre compte d’un travail de M. Ad. Davy de Virville, paru dans la Revue générale de Botanique, sur les causes et les conséquences de la chute des fleurs, qui n’avait guère attiré l’attention jusqu’ici. M, Davy de Yirville a compté, pendant toute la période de floraison, les fleurs tombées sous divers arbres, sur une surface toujours identique, en notant simultanément la température, l’état hygométrique, la vitesse du vent et la quantité de pluie tombée. Il a ainsi pu reconnaître que la chute des fleurs est déterminée principalement par le vent et plus encore par la pluie, La durée de la fleur est relativement constante pour chaque espèce : cerisier, pommier, faux-acacia, etc. Cette chute est souvent très importante; ainsi, sous un faux-acacia haut de 20 mètres, il est tombé, pendant une floraison, plus de 700000 fleurs, représentant pour l’arbre une perte de 100 kg de substance fraîche ou de 15 kg de substance sèche.
- Ce sont là des observations faciles à faire à la campagne et qu’il serait intéressant d’étendre à de nombreuses plantes.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d1 Avril et cle Mai 1927.
- THERMOCHIMIE
- Recherche sur les carbonates thalleux. (M. R. de
- Forcrand). -— A la façon d’une lessive de soude ou de potasse, les solutions aqueuses de la base HOT1 absorbent rapidement le gaz carbonique pour fournir, après évaporation, les longues aiguilles incolores du sel anhydre C05T12.
- La mesure de la chaleur de neutralisation a permis à l’auteur de montrer que l’hydroxyde HOT1 se comporte comme une base alcaline, mais en saturant, vers 0°, une solution concentrée de carbonate ifeutre par un courant de gaz CO2 et en ajoutant un volume double d’alcool absolu, il se précipite un corps pulvérulent en cristaux durs et brillants, stable à froid et considéré comme un bicarbonate. Or, en calculant les chaleurs de formation des deux carbonates, M . de Forcrand a constaté que le thallium intervient de façon différente suivant qu’il agit à l’état de base ou de métal, et dans ce dernier cas, il se rapproche du plomb.
- Tous ces résultats contribuent à fixer le rôle chimique du thallium et à marquer sa place entre les métaux alcalino-terreux qui donnent peut-être des carbonates basiques très peu stables et les métaux lourds qui ne fournissent pas de carbonates acides.
- GÉOLOGIE
- Un dôme de sel dans le bassin potassique oligocène du Haut-Rhin (M. G. Friedel). — Les couches de sels potassiques se trouvent là intercalées dans une formation de sel gemme, dont la puissance dépasse parfois 500 m., mais qui fournit au moins 50 pour 100 de marnes. La zone des exploitations ne présente aucun dôme et le toit du sel, très'bosselé, oscille entre 200 et 800 m. de profondeur, pour se tenir en moyenne à 300 ou 400 m, du sol. Mais dans la zone du bas-fond, très effondrée par rapport à la précédente, la combinaison des résultats de sondages avec ceux d’une exploration électrique effectuée par MM. Schlumberger a permis de reconnaître l’existence du dôme de sel de Meienheim, qui s’allonge Nord-18°-Est, parallèlement au bord de l’effondrement rhénan, sur une longueur de 8000 m. pour une largeur maxima de 1200.
- A la surface, rien n’indique la présence de cette énorme surrection de sel, et M. Friedel signale que l’on peut constater, dans ce cas, l’existence simultanée d’un dôme et de la formation horizontale, sédimentaire, d'àge bien défini qui lui donne naissance. Il est à n®ter encore qu’un second dôme a été découvert par l’exploration électrique, au nord du premier et sur le même alignement.
- PHYSIQUE
- Sur deux qualités de verre de silice (M. H. George).
- __ A 1800°, en présence d’électrodes de carbone, la fusion
- d’un sable riche a 90,8 pour 100, SiO2 donne le verre de silice, avec production de gaz CO et mise en liberté de silicium. Dès que la température atteint 1600°, cet élément vient brûler au-dessus des fours en produisant d’abondantes fumées blanches, mais la ‘charge n’ayant pas encore commencé à s’agglomérer autour des électrodes, les vapeurs peuvent s’y répandre pour donner souvent des produits d’aspect et de qualité très inférieurs.
- M. George rappelle qu’on peut remédier à cet inconvénient, soit en entourant l’électrode d’un tube de silice fondue, soit en employant des électrodes tubulaires percées de trous, pour l’évacuation des gaz, soit en oxydant les vapeurs, pour les condenser sous la forme de silice, en incorporant à la matière première un peu d’eau (2 pour 100). Dans le premier cas, on obtient des produits plus résistants, mais, dans le second, on arrive à des masses plus compactes, présentant une meilleure résistance électrique, se travaillant mieux et prenant un meilleur poli.
- BIOLOGIE VÉGÉTALE
- Sur deux greffes nouvelles (M. Lucien Daniel). — On avait insisté jusqu’ici sur la similitude de structure et des rythmes de végétation chez les plantes qu’on cherche à unir entre elles, quel que soit le mode de greffage auquel on a recours, et l’auteur avait cependant réussi, par une éducation progressive du Myosotis palustris et du cresson de fontaine, cultivés en milieux de plus en plus secs, à greffer le premier sur l’Héliotrope et le second sur le Chou.
- En poursuivant ce genre de recherches M. Daniel a fixé d’abord le Crambe maritima sur le chou fourrager, c’est-à-dire provoqué l’union d’une crucifère à silicule indéhiscente et d’une crucifère à silique, les deux espèces étant assez éloignées dans la classification et possédant une structure et des modes de développement différents. Puis vint la greffe d’une plante grasse, le Kleinia articulata, sur la Cinéraire hybride.
- M. Daniel donne quelques précisions sur le procédé de greffage à mettre en œuvre et termine en signalant que la manière dont on conduit la répartition des produits nutritifs fournis par l’hypobiote a plus d’importance que les différences existant entre les associés, quant à la nature des tissus, des contenus cellulaires, des adaptations et des rythmes de végétation.
- PHYSIOLOGIE COMPARÉE
- Les conditions de la mort par le tétanos électrique (M. Charles Richet). — Il faut croire qu’il y a là un problème à résoudre de la plus haute importance, car l’illustre professeur s’est préoccupé de savoir comment se comporte un poisson retiré de l’eau, lorsqu’il reçoit un courant d’induction, de fréquence 70, un des pôles étant à la bouche, l’autre à l’anus.
- Un Serran de 35 g. meurt après 30 secondes d’électrisation, alors que la mort est presque instantanée chez les poissons qui pèsent moins de 20 gr. Parfois, après la longue pause respiratoire qui succède à la décharge, on voit la vie reprendre par quelques frémissements musculaires dans les opercules qui finissent, au bout de 5 à 10 minutes, et l’animal reprend bientôt ses fonctions, l’intégrité de l’équilibre reparaissant en dernier lieu.
- Au total, le Professeur Richet estime que la mort n’est pas due à un arrêt du cœur, mais à une paralysie du système nerveux central et notamment du.centre respiratoire, l’action du courant étant plutôt d’ordre chimique que physique, car l’animal étudié résiste d’autant moins que la température de son milieu est plus élevée.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité de balistique extérieure, par P. Charbonnier. Tome II, 1 vol. de 797 p., 420 fig., Gauthier-Villars et Cie et G. Doin, éditeurs, Paris, 1927. Prix : 150 francs.
- L’ingénieur général Charbonnier poursuit la publication de son magistral traité de balistique extérieure qui constitue l’exposé d’ensemble de tous les travaux consacrés jusque maintenant à cette science difficile. Grâce aux travaux d’un grand nombre de savants, au premier rang desquels il faut placer l’auteur lui-même, la balistique théorique sous la poussée des événements a fait en ces dernières années de rapides progrès, dont la connaissance est indisjiensable à tous les ingénieurs d’artillerie, qui ont à faire des projets d’armes à feu ou à mettre au point des tables de tir Le tome II de ce grand traité est consacré aux théories balistiques. On sait que le problème de la balistique extérieure est de calculer les éléments de la trajectoire d’un projectile. Il est aisé d’écrire les équations différentielles du mouvement de ce projectile; mais lorsqu’il s’effectue dans l’air, la résistance de l’air intervient ; c’est une fonction de la vitesse, fonction encore mal connue pour les vitesses élevées; c’est également une fonction de la forme du projectile. Cette complexité hérisse de difficultés le problème de l’intégration des équations du mouvement; les plus grands mathématiciens s’y sont attaqués; on n’arrive à des solutions approchées que par des hypothèses simplificatrices sur la fonction qui exprime la résistance de l’air. . Ce sont ces hypothèses, qui constituent les théories balistiques. La première partie du présent volume est consacrée à l’exposé de ces théories et des calculs auxquels elles conduisent, puis il traite en détail un cas particulier d’unè très grande importance, celui du tir de plein fouet. Il expose ensuite le calcul d’un arc de trajectoire, et les divers modes de calcul par arcs successifs.
- The National Physical Laboratory. Report for the year1926. 1 vol. 260 p., 69 fig. His Majesty's Stationery Office, London, 1927. Prix : 7 s. 6 d.
- Chaque année, le rapport du National Physical Laboratory d'Angleterre apporte de précieux renseignements sur l’activité croissante de ce puissant organisme, sans équivalent en France. A côté d’essais industriels, comme notre Laboratoire d’Essais des Arts et Métiers, à côté de travaux de pure métrologie, et outre la mission de conserver, vérifier et entretenir, et reproduire les étalons de mesure, ce Laboratoire se consacre à des recherches scientifiques d’ôrdre général, dictées le plus souvent par les besoins techniques des services de l’Etat ou de l’industrie et qui s’étendent sur tous les domaines de la physique et de la mécanique. Il occupe un personnel de près de 550 personnes, parmi lesquelles un grand nombre de savants fort distingués ; certains d’entre eux ont acquis une réputation qui a franchi les frontières de leur pays, comme sir J. S. Petavel, Dr Kayes, Griffiths, Stanton, Rosenhain, etc. Parmi les très nombreuses recherches dont le rapport donne un compte rendu succinct, il convient de constater l’importance accordée à celles qui concernent la radiologie, l’acoustique et notamment l’acoustique architecturale, la photo-métrie et la colorimétrie, la T. S. F., l’aérodynamique et l’écoulement des fluides, et toutes questions relatives à l'aviation, les problèmes de transmission de la chaleur, la lubrification, les anti-détonants, la protection contre la rouille, l’étude des alliages métalliques, etc. Ces travaux apportent manifestement une aide précieuse à l’industrie; en particulier les industries aériennes et celles des instruments d’optique leur sont hautement redevables.
- En 1927-1928, ces diverses recherches seront continuées et développées ; signalons qu’il sera entrepris pour le Ministère de la guerre un programme très étendu de recherches balistiques.
- Mémento du chimiste, tome I. Partie scientifique, rédigé sous la direction de M. BoLLetP. BAUD,par A. Belot, A. Bruillet, A. Cramois, R. Darbord, R. Dechêne, A. Fery, A. Kirmann, J Le Corre, R.- Massin, M. Mathieu, J. Orcel, J. Rocard. 1 vol. 13 X 21, VIII, 676 p., 19 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1927. Prix broché : 105 francs.
- Ce volume comporte les grandes divisions suivantes : Renseignements mathématiques (logarithmes, tables numériques). Mesures (unités) erreurs, constantes fondamentales, densimétrie, barométrie, thermométrie). Propriétés des éléments. Constantes des corps purs et minéraux. Propriétés moléculaires. Affinités et chaleurs de réaction. Equilibres chimiques. Vitesses de réactions. Données optiques. Données électriques et magnétiques. Alliages. Solutions. Colloïdes. Chimie analytique. Recettes diverses. Chacune des questions a été traitée par un spécialiste. L’ensemble constitue un recueil précieux, facile à manier et à consulter, d’une documentation sûre et complète.
- Text-Book of Paleontology, par Karl A. von Zittel. Vol. III. Mammalia, revu par Max Schlosser. Traduit sous la la direction de C. R. Eastman, par L. P. Bush et M. L. Engler, et revu par A. S. Voodward. 1 vol. in-8, 316 p. 374 fig. Mac Millanaud C°. London. Prix : relié, 25 sh.
- Le troisième volume du Text-Book de Paléontologie de Zittel constitue la plus récente mise au point de l’histoire des Mammifères fossiles. 11 est donc indispensable à tous ceux qui s’occupent de reconstituer les dernières phases de l’évolution de la vie sur le globe. Le lecteur trouve dans cet ouvrage, à côté d’une bibliographie très complète, l’énumération de tous les genres de Mammifères éteints, avec l’indication de leurs principaux caractères anatomiques, qu’accompagnent des indications précises sur leur répartition statigraphique et géographique. L’heureuse collaboration de M. Schlosser et de A. Smith V'odward a conduit ces auteurs à un examen critique minutieux de la classification et de la position taxonomique ^des genres de Mammifères, dont ce nouveau livre présente ainsi un tableau complet ordonné suivant une hiérarchie, qui est l’expression la plus au point de la science moderne.
- La physiologie de la photosynthèse, par Sir Jagadis ChunderBose. Traduction de J. et M.-L. Dufresnoy, 1 vol. in-8, 302p., 60 fig. Gauthier-Villars et O, Paris, 1927. Prix: 40 fr. 4-40 °(0.
- Voici la traduction française, très bien faite, du livre anglais paru en 1922, dont La Nature rendit compte en son temps. Le professeur de Calcutta a inauguré un dispositif, le « bubbler », pour calibrer, compter, enregistrer le nombre des bulles d’oxygène dégagées par un rameau de plante aquatique exjiosé à la lumière. Ceci lui a permis de déterminer les conditions de la photosynthèse liées à la température, à l’éclairement, à la concentration en acide carbonique, etc. Les résultats obtenus, fort intéressants, sont présentés avec une grande simplicité, sans presque aucun rappel des nombreux travaux antérieurs.
- L’orientation lointaine et la reconnaissance des lieux, par Etienne Rabaud, 1 vol. |in-8, 112 p., F’élix (Élcan, Paris, 1927, Prix : 16 francs.
- Les lecteurs de La Nature ont déjà pu examiner comment est posé le problème à propos du pigeon voyageur (études de MM. Rabaud, Maurain, Rochon-Duvigeaud, Casamajor). Il est traité ici d’une façon plus générale Les animaux qui s’orientent obéissent-ils à un sens interne mystérieux ou à des repères sensoriels connaissables '! Le professeur de biologie expérimentale de la Sorbonne passe en revue les données acquises en ce qui concerne les abeilles et les insectes volants, les fourmis et les insectes marcheurs, les termites, les patelles et autres mollusques, les pigeons voyageurs, les chiens et les chats. Il aboutit à cette conclusion que toutes les observations et les expériences conduisent à considérer l’existence de repères sensoriels, mais sans résoudre totalement le problème qui reste ouvert à de nouvelles recherches.
- Le Football-Association. Etude technique et physiologique. Entraînement. Hygiène, par E. Bard et le Dr Henri Diffre. 1 vol. in-'16, 214 p., 47 fig. Collection médico-sportive. Gaston Doin et Cie. Paris, 1927. Prix : 21 francs.
- Le Football-Association est le sport national par excellence. La collaboration du fameux avant-centre de l’équipe de France Henri Bard, remarquable exécutant, ancien capitaine olympique en 1920, et du Dr Henri Diffr.e, très compétent en éducation physique, a produit un ouvrage fort intéressant comprenant une partie sportive dans laquelle sont étudiées toutes les questions de tactique et d’exécution des coups classiques, et une partie physiologique où les méthodes et nécessités de l’entraînement sont brillamment mises en lumière.
- La destruction des mauvaises herbes, par E. Rabaté.
- 2e édition. 1 vol. in-12, 170 p., 16 fig. Librairie agricole de la
- Maison rustique, Paris, 1927. Prix : 7 francs.
- Voici, mise à jour, l’œuvre du promoteur de cette lutte capitale pour l’agriculture. L’auteur énumère, décrit, évalue les moyens préventifs, les mesures administratives, les produits de destruction solides, liquides, gazeux, les appareils de distribution, puis examine les principales espèces euvahissantes des prairies et des champs de céréales, particulièrement la folle-avoine.
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- PETITES INVENTIONS
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- CUISINE
- Appareil “ Dilyor ”.
- Cet appareil est utile pour la préparalion des sauces, des crèmes, des mayonnaises et des aliments à base de farine lactée.
- Il est composé d’un récipient en aluminium, comportant
- un support coudé qui permet de fixer l’appareil sur une casserole, de manière que l’ajutage inférieur laisse tomber à volonté le contenu du réservoir dans l’intérieur de la casserole.
- L’obturation de l’ajutage inférieur est obtenue au Fig. 1. — Appareil “ Dilyor ”. moyen d’une sorte
- de pointeau fixé à l’extrémité d’un levier sur lequel on agit avec le doigt de la main qui tient la casserole, grâce à un anneau fixé à l’extrémité de la chaîne. On actionne ainsi à volonté le levier de l’appareil, tout en se servant de la même main pour immobiliser la casserole pendant qu’on remue le contenu avec une cuillère.
- Le réservoir laisse couler à volonté, goutte à goutte ou sous forme d’un mince filet, son contenu ; on peut alors assurer un parfait dosage, un débit régulier et proportionné, sans saccades, de sorte que, pour les sauces à base de farine, on évite la formation de grumeaux de farine non cuite.
- Ce même appareil permet l’addition automatique et dosée de liquides dans toutes préparations culinaires qu’on doit diluer : sauces, crèmes, flans, crêpes, mayonnaises, etc.
- Pour les enfants qui consomment des aliments à base de farine lactée, on réalise une économie de denrées et on évite la perte de temps.
- A. Pondichy, 27, avenue Georges Clemenceau, Nice (A.-M.).
- Le parafeu V. M>, poêle à frire inadhérente.
- Un inventeur a imaginé une poêle qui est à double paroi. Entre les deux parois métalliques de la poêle se trouve une plaque d’amiante qui est recouverte d’une toile métallique, puis d’une autre plaque d’amiante plus mince.
- La toile supérieure est en aluminium, elle est sertie à sa périphérie sur la toile inférieure de la poêle. Dans ces conditions, le matelas d’amiante interposé modère la cuisson et la régularise, la chaleur se trouve répartie sur tout le fond de la poêle et également transmise par les côtés.
- On n’a donc plus à craindre de coup de feu et les aliments
- Fig. 2. — Le parafeu V. M.
- cuisent d’une façon régulière, sans qu’ils puissent s’attacher au fond. On peut ainsi faire une omelette, par exemple, sans qu’on ait à la surveiller constamment et sans craindre de la brûler.
- Victor Mendel, 29, rue Vineuse, Paris (XVIe).
- OBJETS UTILES Appui-bras♦
- Cet appareil, qui était exposé au Concours Lépine, consiste en une armature que l’on peut poser sur la barre d’un
- Fig. 3. — L’Appui-bras.
- balcon, de manière à permettre de s’accouder commodément, sans crainte.
- Le système est formé d’une armature métallique double, qui comporte les renflements nécessaires pour s’arc-bouter sur la barre d’appui de la fenêtre ou du balcon. L’appareil s’emboîte à cheval sur la barre en soulevant des guides mobiles ;-les deux parties sont assemblées par des boulons avec écrous à oreilles qu’on fait glisser pour les mettre à la place la plus convenable, afin d’assurer une fixation correspondant à la forme de la grille de la fenêtre ou du balcon.
- A la partie supérieure est une tablette qui par-dessous est fixée à l’armature et qui, à la partie supérieure, porte un
- Fig. 4. — Le dispositif de fixation.
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- capiton conforlable. Pour protéger l’appareil par mauvais temps, il est prévu une housse en toile cirée que l’on fixe sous la tablette.
- Constructeur : Pierrez, 72, rue du Ruisseau, Paris.
- Support portatif de lanterne d’écurie.
- Lorsqu’on ne dispose pas d’installation électrique dans une exploitation agricole, chose de plus en plus rare d’ailleurs, on est obligé de se servir de lanternes de forme bien connue, pratiques pour être transportées à la main, mais peu commodes lorsqu’on est obligé de les suspendre à un mur, comme le cas se présente lorsqu’on se rend dans des bâtiments non pourvus de l’éclairage électrique.
- Il est commode de disposer très économiquement un support portatif de lanterne, qui permette de porter la lumière à une distance assez grande. Ce support est formé d’un tube de fer de 2 centimètres de diamètre, qui est fixé, au moyen d’une rondelle et d’un écrou, dans le fond d’une grande cuvette hors d’usage.
- A la partie supérieure, une lige de fer de 15 millimètres de large et de 4 à 5 d’épaisseur est cambrée, de manière à former une sorte d’encadrement suffisamment haut pour que la lanterne puisse s’y loger. Cet encadrement est monté dans la partie supérieure du tube et simplement enfoncé dans l’intérieur.
- Dans le haut du cadre on assujettit un crochet à queue taraudée maintenu par un écrou, il servira à suspendre la lanterne.
- On obtient un ensemble facilement transportable, car il est très léger et si la cuvette a un diamètre suffisant, ce support a en même temps une très grande stabilité.
- Fig. 5. — Support portatif de lanterne d’écurie.
- Un nouveau cendrier.
- Beaucoup de tabacs sont additionnés de nitrate pour augmenter leur 'combustibilité, si bien que les cigarettes qu’on fait continuent de brûler spontanément une fois allumées, jusqu’à ce qu’elles soient totalement réduites en cendres. Quand on les dépose sur un cendrier ordinaire, elles y restent en combustion, fumant et créant un danger d’incendie.
- Les écraser pour les
- Fig. 6. - Nouveau cendrier. éteindre est un geste
- inélégant et la cendre tache les doigts.
- Mieux vaut disposer d’un cendrier dont la forme étudiée étouffe le foyer incandescent.
- C’est ce qui est réalisé dans le modèle représenté figure 6,
- dont le centre porte trois trous où l’on engage les cigarettes.
- En vente chez MM. 5, rue Auber, Paris.
- Kirby Beard,
- Fit
- Brosse à barbe en caoutchouc.
- Cette nouvelle brosse à barbe est formée de petites tiges de caoutchouc, qui émergent d’un bloc également en caoutchouc et qui ont une souplesse et une douceur produisant non seulement le savonnage, mais également un massage de l’épiderme.
- On manœuvre cette brosse en lui donnant un mouvement de rotation, et son action sur la peau est efficace au point que le rasoir agit
- d’une façon plus parfaite. Etant donnée sa nature même, cette brosse est naturellement exempte de poils; par conséquent, on ne risque pas d’en trouver trace sur le visage en se rasant.
- Il est, de plus, très facile de maintenir la brosse en caoutchouc en état de propreté permanente, ce qui exclut le développement de tous germes et évite toute maladie de peau.
- Pour le voyage, la brosse est toujours propre et sèche.
- Hecker et Bouté, 35, rue Etienne-Marcel (Ier).
- 7. — Brosse à barbe' en caoutchouc.
- ÉCLAIRAGE
- Lampe d’extérieur étanche.
- On peut agencer une protection de lampe électrique d’extérieur, en utilisant un bocal à fruits fermé par un couvercle à vis, sur lequel on fixe, au moyen de rivure ou par soudure, un anneau taraudé qui permet de visser un tube métallique fileté, comme ceux qu’on utilise pour les raccords de canalisation de chauffage.
- On peut trouver des pièces de ce genre toutes préparées que l’on fixe ainsi sur le couvercle métallique.
- Celui-ci est naturellement percé pour laisser passage à la partie taraudée et au tube.
- Le tube servira au passage du câble raccordé à la douille, qui avec sa lampe est abrité dans le bocal.
- Il suffit de confectionner le joint du câble et du tube.
- Pour cela, on utilise de l’étoupe que l’on enfonce entre le câble et le tube et la partie extérieure est garnie de ruban enroulé, imprégné de mastic au minium ou à la céruse, ou bien de ruban chattertonné.
- On interpose entre le couvercle et la pièce métallique un joint de caoutchouc ou de carton paraffiné, pour avoir une étanchéité absolument complète.
- Fig. 8. — Lampe d’extérieur étanche.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos d’une erreur de calcul.
- M. J.-G. Lalïont, directeur d’école nous écrit :
- « Votre « Boite aux Lettres » du n“ 2760 signale une erreur de calcul mental commise par les élèves dans l’addition suivante : 1040 -(- 1040 = 2080 -j- 10 = 2090 + 10 = 3000 ! !
- J’ai fait l’expérience avec 8 élèves de 11 à 13 ans bien entraînés au calcul mental. Sept ont commis l’erreur prévue par M. Max Laurent. Un seul, excellent sujet d’ailleurs, posé et réfléchi, a donné le résultat exact : 2100. Il est à remarquer que sa réponse a été moins spontanée que celle de ses camarades.
- L’explication de l’erreur est, à mon avis, relativement simple : lorsque la 1" somme est trouvée : 2080, le chiffre des centaines — absent — n’attire pas l’attention du calculateur, il n’apparaît pas dans 2090. L’esprit veille donc à se souvenir du nombre exact de mille tout en comptant les unités; ajoutant 10 à 90, il sait qu’il doit trouver un nombre « rond ». C’est un nombre exact de mille puisque les centaines n’ont pas apparu ! D’où... 30001
- La preuve que l’erreur a bien cette origine est facile à faire. Un élève moyen ne se trompe pas dans l’addition suivante qui ne diffère que par la présence du chiffre des centaines dans la lra somme : 1090 + 1090 = 2180.... -f 10 = 2190 -f .... 10 = 2200. »
- Nous avons également reçu une observation confirmative de M. P. Grésillon.
- Fabrication des agglomérés de mâchefer.
- — A propos de la réponse que nous avons publiée sur ce sujet dans notre n° 2760, nous recevons d’un spécialiste, M. A. Demou-lin, secrétaire général du syndicat des fabricants d’agglomérés de France, une intéressante lettre que nous résumons ci-dessous et qui donne des détails sur des procédés plus modernes que ceux que nous avons indiqués.
- « Les moulins à meules tournantes, types Bulher ou Jeannot, sont différents l’un de l’autre. Le moulin du type « Bulher » est plus spécialement établi pour le travail demandé, mais son emploi ne s’accorde pas du tout, étant donné son importance, au travail réellement effectué par l’emploi des moules tel que les préconise votre rédacteur.
- Quant à la façon de fabriquer les agglomérés, connaissant pour ma part un grand nombre d’installations, je n’ai guère vu fabriquer d’agglomérés de la manière indiquée. Le procédé le plus élémentaire consiste évidemment à remplir des moules rectangulaires, mais le mortier n’y est pas employé à l’état coulant comme dans le béton armé, au contraire presque à sec. Employé comme l’indique votre note, ceci nécessite une grande quantité de moules et une fabrication peu pratique. L’installation la plus simple consiste dans l’emploi d’un cadre rectangulaire en tôle, on le pose par terre et on démoule immédiatement. Enfin en augmentant progressivement la production, on passe aux machines à bras et enfin aux machines au moteur.
- En cas de production importante, votre collaborateur donne des adresses qui, sauf une, s’appliquent non à des fabricants de matériel pour agglomérés, mais à des fabricants de matériel pour briques d’argile, ce qui n’a aucun rapport avec la fabrication des aggloméx'és. »
- Comme constructeurs de machines à agglomérer, on peut citer :
- Bonnet aîné et ses fils, à Villefranche-sur-Saône (Rhône).
- Brandt, à Bèze (Côte-d’Or).
- Südry, à Nantes (Loire-Inférieure).
- — M. Demoulin nous a donné en outre les renseignements pratiques suivants :
- La fabrication des agglomérés de mâchefer ne présente aucune difficullé. 11 est préférable d’employer des mâchefers très scori-fiés et contenant le minimum de charbon.
- La préparation du mortier se fait avantageusement avec un broyeur à meules tournantes dans lequel se fait le mélange chaux,
- mâchefer et eau. Les débris de briques ou de poteries cuites peuvent être ajoutés à ce mélange, mais sans l’améliorer.
- La proportion de chaux hydraulique, suivant broyage et qualité du mâchefer, doit être d’environ 150 kg au mètre cube de mâchefer à broyer,
- Le mortier doit être fait de telle façon que, le prenant dans la main et le serrant fortement, il conserve la forme qui lui est donnée par ce serrage.
- La fabrication peut se faire pour des petites quantités dans des moules en bois, mais de préférence dans des cadres en fer ou mieux dans des machines à agglomérer dont il existe un certain nombre dans le commerce.
- Au sortir de la machine, les agglomérés doivent être mis à sécher à l’ombre. Si le temps est sec ils doivent être arrosés.
- — Comme suite à notre réponse àM. Galinier sur ce sujet (n° du 11 mai), M. Ch. Braillion, constructeur, 4, rue de Buenos-Ayres, Paris, nous informe qu’il est spécialisé dans la construction du matériel pour la fabrication des briques silico-calcaires et en particulier des briques de mâchefer. Il a équipé notamment les 4 usines de la Ville de Paris à Romainville, Saint-Ouen, lssy et Ivry, pour l’utilisation des mâchefers provenant de l’incinération des ordures ménagères (au total 100 millions de briques par an).
- Anomalies florales.
- M. Lecathelinais, instituteur à Pont-Hébert (Manche), nous écrit :
- « Au cours d’une leçon sur la fleur dans laquelle nous avions observé plus spécialement la fleur de primevère [Primula grandi• flora), je fis remarquer aux élèves que les fleurs présentaient très souvent des anomalies, en particulier dans le nombre des pétales.
- Le lendemain et les jours suivants, les élèves que cette remarque avait fort intrigués, se livrèrent à la recherche de ces primevères à 6... 7... 8... pétales. Parmi les échantillons les plus curieux, ainsi recueillis, il convient de signaler :
- 1° Une primevère à 2 pistils, entièrement séparés, d’inégales longueurs, mais parfaitement constitués, les étamines étaient au nombre de 10, la corolle possédant 12 pétales et le calice 10 sépales. Le pédoncule était lui-même formé de 2 pédoncules entièrement soudés.
- 2° Une autre présentant les mêmes particulaiûtés, mais dont les deux pistils étaient soudés.
- 3° Un autre échantillon manquait absolument de pistil.
- Les autres fleurs ne différaient de la fleur régulièrement constituée que par le nombre des étamines ou des pétales. »
- On se trouve donc en présence d’une station où les Primevères présentent d’assez fréquentes anomalies florales.
- A propos de serpents.
- M. Trannov nous écrit :
- « Un rédacteur d’un journal du soir racontait, il y a quelques semaines, sa visite au gros python de 9 m. du Jardin des Plantes, et le décrivait comme « n’ayant pas bougé, depuis son arrivée, de sa baignoire, où il dort le nez en l’air et les yeux fermés ». Les commentaires sont inutiles.
- Plus récemment, plusieurs journaux ont raconté qu’un lapin ayant été mis dans la cage de ce python pour lui servir de proie, le python effrayé avait battu en retraite et que le lapin avait eu la vie sauve. A propos des couleuvres à collier, Brehm donne cette citation de Effeldt. « Les couleuvres à collier ne mangent que des poissons et des grenouilles, et parmi les grenouilles, et exclusivement la grenouille rousse; elles reculent d’effroi (! !) quand on leur donne la grenouille d’eau verte.... »
- J’ai toujours nourri mes couleuvres à collier indifféremment avec des poissons, des crapauds, des grenouilles vertes ou rousses sans constater, naturellement, qu’elles soient le moins du monde
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- effrayées à la vue d’une grenouille verte. Ce qui, je pense, a donné naissance à cette fable, c’est que, si l’on met une grenouille verte ou rousse dans la cage d’une couleuvre quand elle n’a pas faim, la grenouille, pour se sauver, saute partout et tombe souvent sur la tête de la couleuvre qui se recule alors très vivement. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait comme les serpents aiment peu qu’on leur touche la tête. Mais quand elles ont faim, les cou-
- leuvres se précipitent sur la grenouille sans- s’occuper de la livrée.
- 11 y a en ce moment des couleuvres à collier au Jardin des Plantes, l’expérience peut être tentée facilement.
- De même, un python qui n’a pas envie de manger cherche à se dérober au trottinement et aux ûairements d’un lapin ignorant du danger. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Quel fil emploie-t-on pour les résistances chauffantes?
- Le meilleur fil pour les résistances chauffantes est le « Ni-chrome ». Pour l’emploi que vous avez en vue, nous pensons que la « Toilectro » de Clin, rue Corbeau, serait ce qui vous conviendrait le mieux, ce fabricant vous donnera les caractéristiques électriques qui correspondent à la composition de l’alliage qu’il a adopté.
- MGMG.
- Bibliographie sur le Di amant.
- Les Pierres précieuses, par. Seau Escard. Editeur Dunod, :92, rue Bonaparte. —Le Diamant, par Boutan, même éditeur. —Le carbone et son industrie, par Escard, même éditeur. — Les Diamants du Cap, par de Launay.. Editeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.— LeDiamant, par JacobesetChatrian. Editeur Masson, 120, Boulevard St-Germain. . Brochures et articles de journaux chez Dunod : Géologie et Mines de l’Afrique du Sud, par Moullé. Exploitation des mines de Kimberly, par Bordeaux. Exploitation de Diamantina Brésil, par de Bovet. Les gisements de l'Ile de Bornéo, par Gas-gnel. Au point de vue technique consulter : Bijouterie, joaillerie, orfèvrei’ié de la Bibliothèque professionnelle Dhommée Editeur Baillière 19 rue Hautefeuille.
- 1 CSC.
- Recollons les films rompus.
- . Colle pour films cinématographiques
- Celluloïd non chargé.......
- ; Acétone . .............
- Acide oxalique...........
- 30 grammes 100 »
- . 1,5 »
- CSC.
- L’Indigo indicateur chlorométrique.
- La solution de sulfate d’indigo employée en chlorométrie pour indiquer le moment où la solution arsénieuse a été totalement oxydée, s’obtient en prenant :
- Indigo pulvérisé. . ... . • . 1 gramme
- Acide sulfurique de Nordhausen .. . . . . 15 »
- On laisse èn contact 6 à 8 heures en agitant fréquemment, on étend à un litre avec de l’eau et filtre après mélange.
- CSG.
- peintures claires constituer un « fond » blanc et le teinter par de 1 outremer, du noir de fumée, etc., également infusés.
- Consulat de Cardiff.
- Une bonne formule de pâte à modeler.
- Prendre : Cire d’abeilles................. 540 grammes
- Poix de Bourgogne........................70 »
- Térébenthine de Venise . . . . . ... . . 100 »
- Huile d’olives......................... 50 »
- Beurre de vache.........................130 »
- Faire fondre à feu doux, puis après liquéfaction, incorporer :
- Fécule de pomme de terre............ . . 1080 »
- Ocre rouge ............................ 30 »
- Malaxer, jusqu’à refroidissement pour éviter la séparation de
- l’ocre et de la fécule. .......
- Chateau a Strasbourg.
- Ce que Von appelle Carton-pierre.
- Très probablement les pierres artificielles contenues dans les boîtes de constructions dont vous parlez sont' constituées jpar ce que l’on appelle carton-pierre. Vous obtiendrez un produit analogue en pi'enant : ;
- Vieux papiers de journaux ,. . . . . . ;. . 100; grammes
- Blanc d’Espagne . .......... . 700 , » .
- Plâtre................... 200 . »
- Colle, forte ........... . . .. . 10 . »
- Couvrir la colle forte avec un peu d’eau froide, laisser gonfler pendant la nuit, liquéfier le lendemain au bain-piarie. Faire tremper de même les vieux papiers dans une quantité d’eau suffisante pour imbibition complète, délayer afin d’obtenir une pâte homogène, chauffer celle-ci et y incorporer la colle chaude. Enfin en dernier lieu introduire le blanc d’Espagne et le plâtre, préalablement mélangés. Opérer assez rapidement pour pouvoir couler la masse dans des moules graissés, avant que le plâtre ait fait prise.
- N. B'.— Nous ne connaissons pas la marque de fabriquedont vous
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- Devons-nous^ employer les peintures bon marché ?
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- Rien d’étonnant à ce que dans ces conditions, les peintures jaunissent et fournissent des résultats déplorables. ‘
- Une bonne peinture doit être uniquement à base d’huile de lin et d’essence de térébenthine vraie. Bien que les proportions dès constituants soient un peu variables suivant que la peinture doit être appliquée, à l’intérieur ou à l’extérieur, on peut prendre comme .type de .préparation :
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- Bibliographie sur la soie naturelle et la soie artificielle.
- 1° Ouvrages concernant la soie naturelle ou soie du mûrier : Histoire économique de la soie, par Charles Beaugnois. Éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. — Manuel pratique de la soie, par, yillon (Éducation des. vers, filage de la soie, moulinage, teinture). Éditeur Gauthièr-VillarS, 53, bis, Quai des Grands-Augustins. — La Soie au point de. vue scientifique et industriel, par Vignon, Éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. — Essai sur le conditionnement et le titrage de la soie, pai* Perspz, Éditeur Masson, 120, boulevard St-Germain. •
- 2° Ouvrages sur la soie artificielle : Les matières cellulosiques, par Beltzer et Persoz. Editeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.—La soie artificielle et sa fabrication, par J. Foltzer. Editeur Desforges, .29, quai des Grands-Augustins.—La Soie artificielle, par Williams. Editeur Gauthiers-Villars.— Les Soies artificielles, par A.Chaplet et Rousset. Editeur Masson.—Le Celluloïd et la soie artificielle, par Bôckman et Klôtz. Editeur Dunod.
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- LES
- Fig. 1. — Fondation de F Observatoire de Paris (1667).
- Colbert présentant au roi les membres de l’Académie des Sciences (tableau; de Ch.
- OBSERVATOIRES DE PARIS ET DE
- Lebrun).
- MEUDON
- Ces deux grands foyers d’activité scientifique, jusqu’ici indépendants l’un de l’autre, seront désormais, d’après un décret récent, placés sous l'autorité d’un même directeur, M. Deslandes.
- Le momentest donc favorable pour retracer, en une brève esquisse, l’histoire de ces deux établissements.
- L’OBSERVATOIRE DE PARIS
- Sans remonter à l’origine de l’Observatoire de Paris construit aux belles années de Louis XIV et de Colbert, nous di-ronsqu’auxvn siècle, comme auxvme, on y a beaucoup travaillé, mais que la mauvaise
- organisation primitive de cet institut, qui tout d’abord n’avait pas de directeur et où les astronomes de l’Académie travaillai ent selon leurs goûts et leurs aptitudes personnels et en toute liberté, fit que leurs travaux ne donnèrent pas tous les fruits qu’on aurait pu en attendre. Rappelons toutefois que si le problème de la figure de la Terre a été résolu, c’est aux labeurs des astronomes français qu’en revient le mérite, et il est grand.
- En 1771, ces inconvénients étant enfin reconnus, Louis XV créa une place de directeur général de l’Observatoire de Paris et cette place fut donnée à Cassini de
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- Thury ou Cassini III. Celui-ci était déjà atteint d’infirmités graves qui ne lui permettaient plus de déployer une grande activité; mais son fils, Jean-Dominique, alors en pleine jeunesse, avait été chargé de lui servir d’auxiliaire, avec survivance assurée. — En fait, Cassini IV fut le véritable directeur de l’Observatoire jusqu’au 6 septembre 1793, jour où il remit sa démission à Grégoire, évêque constitutionnel de Blois, et membre du Comité d’instruction publique.
- Malgré sa jeunesse, Cassini IV avait fait ses preuves, on lui devait un intéressant mémoire sur la belle comète de 1769, qui annonça, comme on s’en aperçut beaucoup plus tard, la nais-
- Entrée de l’Observatoire de Paris (façade Nord).
- La statue de Leverrier et les bâtiments du service méridien.
- sance de Napoléon, et, dès 1768, il avait fait un voyage jusqu’aux îles Saint-Pierre et Miquelon, dont il détermina la position géographique et pendant lequel il se consacra surtout à l’étude des montres marines. Il fut nommé membre de l’Académie des Sciences le 23 juillet 1770, à l’âge de vingt-deux ans.
- Il y avait beaucoup à faire à l’Observatoire. Il fallait, tout en préparant l’avenir, tirer parti des travaux anciens accumulés, depuis un siècle, dans les archives de l’établissement.
- C’était un labeur immense, mais J.~D. Cassini ne recula pas devant la besogne, et le 14 mai 1774, il lisait devant l’Académie un Projet d'histoire céleste de V Observatoire royal de Paris comprenant les observations faites dans ce lieu pendant un siècle, et lès résultats qu'on en peut tirer.
- Et après avoir développé le plan qu’il comptait suivre, il présentait une série de douze années de cette histoire céleste, qu’il annonçait devoir être incessamment suivie de dix autres années. En fait, dans les Archives de l’Observatoire, on trouve, réduites et prêtes à être publiées, les observations de 21 années, qui, d’ailleurs, ne sont pas consécutives. Ce travail ne sera jamais repris, et on doit regretter que Cassini n’ait pu venir à bout de sa courageuse entreprise.
- Mais, tout en mettant à la disposition des astronomes les travaux anciens, il fallait se mettre en mesure d’en exécuter de nouveaux; pour cela, Cassini avait besoin d’auxiliaires, et, d’autre part, il lui fallait remettre en état convenable les bâtiments, qui s’écroulaient à la
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- Fig. 5. — Vue générale de VObservatoire de Paris 'façade sud). Photo Boyer
- lettre, ainsi que pourvoir l’Observatoire d’instruments Gassini obtint la création de trois places d’élèves-
- modernes, aussi parfaits que possible. astronomes, qui travaillèrent sous sa direction immédiate.
- Fig. 6. — Observatoire de Paris : grand télescope de Foucault Fig. 7. — Observatoire de Paris : grand équatorial
- à miroir de 1 m. 20 d’ouverture. Photo Boyer. de la tour de l’Est. Photo Boyer.
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- Fig 8.
- Observatoire de Paris : grand équatorial coudé. Photo Boyer.
- Ileut à se plaindre d’eux au moment le plus terrible de la Révolution; mais, pendant plusieurs années, ils furent de laborieux observateurs, et chaque année, jusqu’en 1792, il put présenter à l’Académie des Sciences le résumé des travaux faits pendant l’année précédente.
- On sait quelle était la pénurie des finances sous L#uis XV et Louis XVI ; Cassini eut grand’peine à obtenir les fonds nécessaires pour la restauration des bâtiments. Les observations se faisaient, pour la plupart, non pas dans le majestueux édifice de Perrault, mais dans de petits cabinets, situés sur l’emplacement de la salle méridienne d’aujourd’hui. Dès 1777, grâce à la bienveillance de d’An-givilliers, directeur des bâtiments du roi, ces cabinets furent reconstruits.
- Mais, en ce qui concerné le grand édifice, il s’agissait de bien autre chose ; les voûtes qui surmontent la grande salle qu’on appelle la méridienne, pârçe qu’une lame de cuivre insérée dans le carrelage sur lequel on marche indique le méridien de Paris, ces voûtes, disons-nous, étaient fendues en plusieurs endroits; c’était une conséquence du mouvement qu’avaient éprouvé les murs depuis un siècle. Les eaux de pluie s’infiltraient par ces fentes et augmentaient le mal» Par les temps de gelée, des pierres se détachaiént de la voûte, et il était alors imprudent de s’aventurer dans la salle.
- Après bien des discussions entre le ministre et le directeur de l’Observatoire auxquelles prirent part aussi deux architectes, MM. Brebion et Renard, il fut décidé que la forme générale du bâtiment serait conservée, et un système de doubles-voûtes fut construit avec assez de solidité pour défier l’effort des siècles, si bien que la magnifique salle méridienne demeura intacte. Cassini voulait faire de cette salle une sorte de Musée astronomique.
- Ce Musée astronomique n’a été créé que par l’amiral Mouchez, il y a une quarantaine d’années.
- Quant aux instruments, Cassini profita d’un voyage en Angleterre pour s’aboucher avec Ramsden auquel il commanda une lunette des passages de sept pieds de longueur focale et un quart de cercle mural de huit pieds de rayon. Quand ces instruments arrivèrent à l’Observatoire, il y avait longtemps que Cassini n’y était plus.
- Cela ne l’empêcha pas de créer, à l’Observatoire même, une fonderie où, sous ses yeux, on fondit un quart de cercle de 22 pouces dè rayon, modèle d’un appareil de plus grandes dimensions (sept pieds et demi), qui devait rester à l’état de projet. Une grande roue de cuivre, de cinq pieds de diamètre, fut également fondue avec succès. Elle devait faire partie de la monture du grand quart de cercle mural, mais, finalement, elle a été employée dans la construction du cercle de Fortin, dont on s’est servi jusqu’en 1840.
- La Révolution vint anéantir tous les projets de Cassini; trahi par ses élèves, emprisonné, échappé à l’échafaud presque par miracle, il ne se sentit pas en état, à sa libération, de reprendre ses travaux. Il se , retira à la campagne, où il vécut jusqu’au 18 octobre 1845 (*).
- Le décret du 7 messidor an III (25 juin 1795) créa le Bureau des Longitudes, auquel fut confiée la surveillance des études astronomiques en France. A l’origine, ce Bureau se composait de quatre astronomes : Cassini, Méchain, Delambre et Lalande; deux géomètres, Lagrange et Laplace ; deux navigateurs, Borda et Bougainville; un géographe, Buache; enfin, un artiste, Caroché.
- Dès le 14 novembre 1794, Lakanal, qui se sentait des torts envers Cassini, annonçait à Lalande son intention de le rétablir à l’Observatoire, d’où seraient exclus « les intrigants et les usurpateurs ». Mais Cassini se sentait brisé; il n’eut pas le courage de reprendre ses fonctions, et, à son défaut, Lalande fut nommé directeur de l’Observatoire. Il s’occupa de solliciter des instruments, des réparations, une bibliothèque, et ses demandes furent accueillies. Plus tard, on le voit prier le général Bonaparte de procurer un bon quart de cercle à l’Observatoire et un crédit de 10000 francs permit l’acquisition de l’instrument dont Lemonnier avait fait un si bon usage. On le voit, sous la première République, l’Astronomie était en faveur»
- 2. Il donna toutefois, en 1810, des Mémoires pour servir à l'histoire des Sciences, où il raconta tous ses efforts pour relever l’Observatoire et les difficultés qu’il avait éprouvées pour mener à bonne fin la construction de la cartè de France, qui fut confisquée quand elle fut terminée. A cette époque de sa vie remonte également la composition d’un ouvrage considérable, les Fastes de VAstronomie, qui n’a pas été imprimé, mais dont le manuscrit se trouve à l’Observatoire.
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- Après Lalande, Bouvard fut le chef théorique de l’Observatoire ! Le chef réel, ce fut Arago, à qui, avant qu'il eût terminé le cours de ses études à l’Ecole polytechnique, on avait confié le travail de la prolongation de la méridienne de France jusqu’aux Baléares.
- De 1793 à 1830, l’édifice ne fut aucunement transformé.
- En 1831, on demanda un crédit nécessaire pour la reconstruction des cabinets d’observation attenant à la tour de l’Est. La Chambre accorda le double de ce que demandait le ministère. /
- La salle méridienne qui existe encore aujourd’hui est ' celle qui fut construite alors. Le Verrier ne lui faisait > qu’un reproche : il la trouvait trop belle; construits en.'j- > matériaux de choix, les murs, trop épais, rendent difficile l’obtention de l’égalité de tempérgture à l’intérieur et à l’extérieur.
- On y voyait, côte à côte, une lunette méridienne et un cercle mural, œuvre de Gambey. La division de ce cercle est remarquablement précise; la lunette méridienne, par contre, eut besoin, plus tard, de certaines modifications qu’y fit apporter Le Verrier. A côté de ces deux instruments se trouvait le cercle de Fortin. Dans ces dernières années, tous ces appareils ont été démontés.
- Vers la même époque, on construisit sur la tour de l’Est une grande coupole destinée à abriter une lunette ayant 38 centimètres d’ouverture, égale, par conséquent, à la grande lunette de Poulkova ; cet instrument ne rendit pas, malheureusement, les services qu’on en attendait; le verre de l’objectif cristallisa et devint inutilisable. D’un autre côté, la partie mécanique présentait de graves défauts et ce n’est que plus tard, sous la direction de l’amiral Mouchez, qu’on parvint à travailler utilement avec cette lunette. Si on ajoute un grand cercle répétiteur,
- don de Laplace, on aura la liste complète des principaux instruments de l’Observatoire.
- Après la mort d’Arago, arrivée le 20 octobre 1853, on lui donna Le Verrier comme successeur, mais les conditions étaient changées ; le nouveau directeur était investi d’une autorité à peu près absolue et n’avait plus de comptes à rendre soit à l’Académie des Sciences, soit au Bureau des Longitudes. Il usa despotiquement de ses -pouvoirs et ne tarda pas à se voir abandonné de tout
- Fig. 0 et 10. .— Observatoire de Paris. En haut : grand cadre de T.S.F. pour les signaux horaires. En bas : service international de l'heure.
- son personnel. Seul, Yvon-Viliarceau ne lui refusa pas ses services. Ce ne fut d’ailleurs pas sans tristesse que les astronomes quittèrent l’Observatoire et les instruments qu’il mettait à leur disposition. Un d’entre eux, Victor Mauvais, mit fin à ses jours le 23 mars 1854. De pareils faits expliquent la haine dont Le Verrier fut l’objet, la guerre sans merci qu’on lui déclara, et qui fut
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- conduite, avec un acharnement tout féminin, par Mme Laugier, la nièce d’Arago, en qui le grand astronome avait trouvé la plus dévouée des filles adoptives et le plus compétent des secrétaires.
- Le Verrier s’occupa à la fois de faire réduire et publier les observations faites depuis 1800, restées inédites, et de transformer les instruments que possédait l’Observatoire :
- 1° Un cercle méridien, le plus grand qui existe, et qui ne peut se retourner. L’objectif a 23,4 centimètres d’ouverture et la distance focale est 3 m. 852. Cet instrument, qui a surtout servi à l’origine à l’observation des petites planètes, est dû à Secrétan pour la partie optique, à Eichens pour la partie mécanique.
- 2° Un équatorial de 31 centimètres d’ouverture, placé sur la tour de l’Ouest.
- 3° Deux petits équatoriaux, installés dans le jardin.
- Enfin, Le Verrier rêvait de doter l’astronomie française d’une lunette exceptionnellement puissante, mais il ne put y réussir. Par contre, il parvint à faire construire le grand télescope de Foucault qui n’a d’ailleurs pas donné tous les résultats qu’on en attendait, parce que le miroir se déforme sous l’influence de la pesanteur.
- Pendant sa seconde direction, il obtint de la libéralité de M. Bischoffsheim un cercle méridien un peu moins grand que le cercle de Secrétan-Eichens, mais qui ale grand avantage de pouvoir se retourner.
- Le Verrier avait de plus donné un grand développement aux études météorologiques et qu’il fonda, dans le but d’intéresser le public à la science du ciel, l’Association scientifique de France. La création de l’Observatoire de Marseille, d’abord simple succursale de celui de Paris, rendit possible l’observation d’astres trop méridionaux pour être nettement visibles sur les bords de la Seine.
- Mais les membres de l’ancienne administration, dont la forteresse était le Bureau des Longitudes, harcelaient continuellement le directeur de l’Observatoire. A l’Académie, dans la presse quotidienne, Le Verrier était continuellement attaqué. Cela ne l’empêchait pas de travailler plus que personne, mais cette lutte sans fin contribuait à altérer sa santé et à le rendre encore plus irritable qu’il ne l’était naturellement.
- Une des principales manœuvres qu’on dirigea contre lui fut l’agitation pour le transfert de l’Observatoire à la campagne. Le Verrier en avait jadis été partisan, mais il avait changé d’avis, et Delaunay, Laugier, Villarceau, avaient beau jeu pour le mettre en contradiction avec lui-même.
- Sous le successeur de Le Verrier ('), le contre-amiral Mouchez, deux astronomes de l’Observatoire, les frères Henry, très habiles opticiens, parvinrent à construire de grands objectifs photographiques au moyen desquels on put espérer obtenir une carte du ciel irréprochable; en certaines régions, en effet, les étoiles sont si nombreuses, si serrées,' que les meilleurs observateurs, Chacornac, Henry, avaient dû renoncer à les relever une par une.
- 1. Nous ne parlerons pas delà direction de Delaunay (8 février 1870 — 5 août 1872). Elle fut trop courte et trop troublée par la guerre pour qu’il ait pu faire autre chose que des projets.
- Grâce à une entente internationale, les astronomes eurent à leur disposition une carte et un catalogue dépassant de beaucoup tout ce qu’avaient pu rêver leurs prédécesseurs, et de l’étude de ces documents il sortira de nombreuses découvertes.
- La direction de Tisserand ne dura que quatre années, et ce fut un grand malheur, car, s’il avait vécu, il aurait placé l’astronomie française au premier rang. A une capacité comparable à celle de Le Verrier, il joignait des qualités qui faisaient complètement défaut à celui-ci.
- Lœwy, le successeur de Tisserand, inventa ces équatoriaux coudés qui diminuent grandement la fatigue des observateurs. Il y a deux de ces instruments à Paris, un à Nice et un à Lyon. Nous ne croyons pas qu’il en existe à l’étranger. C’est avec le plus grand des deux équatoriaux coudés de Paris que MM. Lœwy et Puiseux ont construit le merveilleux atlas de la lune, qui suffirait pour illustrer leurs noms.
- La direction de M. Baillaud, commencée en 1908, a été profondément troublée par la guerre. C’est sous cette direction qu’a été créé le Service international de l’heure qui rend tant de services aussi bien à la science qu’à la navigation. Disons en outre que, dans la pensée de M. Baillaud, l’Observatoire ne peut plus être maintenu à Paris et que, tout en conservant l’édifice de Perrault auquel il serait facile de trouver une destination scientifique digne de son passé, on devrait construire à la campagne, sur un emplacement de 30 à 40 hectares au moins, un observatoire tout à fait moderne. La plupart de ses prédécesseurs, notamment l’amiral Mouchez, avaient émis des vœux semblables, mais la fatalité les a toujours empêchés d’aboutir.
- L'OBSERVATOIRE DE MEUDON
- Le château de Meudon construit par Mansart, vers 1080, et dont les jardins avaient été dessinés par Le Nôtre, fut la résidence de plusieurs princes de l’ancienne famille royale, et, plus récemment, du prince Jérôme-Napoléon. Il fut incendié en 1870, non sans avoir été mis au pillage (*).
- Il était à craindre, vu la pénurie dans laquelle les événements de 1870 avaient mis les finances françaises, que les restes du chef-d’œuvre de Mansard fussent démolis et le domaine morcelé. C’eût été grand dommage pour les Parisiens, qui eussent perdu la jouissance d’une des plus belles promenades des environs de leur ville, et il n’eût pas été moins regrettable de voir disparaître complètement l’œuvre d’un de nos plus grands ^architectes.
- M. Duruy, qui a tant fait pour l’enseignement à tous les degrés, et pour l’avancement des sciences — de toutes les sciences, avait songé à créer un observatoire consacré surtout à l’étude physique du Soleil. Les
- 1. Quelques années après, des libraires allemands mettaient en vente des livres ayant appartenu à la bibliothèque du château, et ils n’avaient pas honte d’en indiquer la provenance sur leurs catalogues.
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- . Fig u-
- La grande coupole de VObservatoire de Meudon, édifiée sur l’ancien château.
- découvertes faites sur la constitution de cet astre, notamment par deux Français, MM. Janssen et Rayet, avaient montré qu’il y avait là une mine inépuisable, à peine effleurée par les ouvriers, et il importait que les astronomes de notre pays ne fussent pas, à ce point de vue, moins bien armés que leurs rivaux d’Amérique, d’Italie, d’Angleterre et d’Allemagne. Dans cette dernière contrée, on a créé, grâce à des subventions fournies par nos milliards, un des plus beaux observatoires du monde, celui de Potsdam, où une grande place est faite aux études d’astronomie physique (*).
- Malgré le malheur des temps, le gouvernement français, présidé par M. Thiers, tenait essentiellement à ce que le prestige scientifique de la France ne fût pas amoindri. D’ailleurs, le rare phénomène des passages de Vénus sur le Soleil avait attiré l’attention publique sur les phénomènes astronomiques et l’importance de ces phénomènes était généralement sentie. D’autre part, M. Janssen, par le courage avec lequel il était sorti de
- 1. L'Observatoire de Potsdam est formé en réalité de trois établissements distiucts, mais juxtaposés; dans l’un, on s’occupe d’astrophysique; les deux autres sont consacrés à la Physique du globe et à la Géodésie. Cet institut se trouve au sud de Potsdam, sur une colline dite du Télégraphe, dont l’altitude est 97 mètres. La superficie du terrain qu’il occupe dépasse 16 hectares.
- Paris pendant le siège, par la voie aérienne, pour aller observer une éclipse de Soleil en Algérie, s’était acquis une légitime popularité. Tout cela suffit pour expliquer que M. Cézanne, ingénieur illustre qui a fait beaucoup pour la restauration des montagnes par le reboisement, ayant, en qualité de député des Hautes-Alpes, posé une question au ministre de l’Instruction publique (22 juillet 1874) sur l’intérêt que présenterait la création d’un observatoire d’astronomie physique situé aux environs de Paris, il lui ait été fait une réponse favorable, sous réserve de l’approbation de l’Académie des Sciences. Celle-ci donna son acquiescement, par l’organe de M. Faye, le 2 novembre de la même année.
- Bref, une loi du 15 avril 1879 créa l’Observatoire en question, et les ruines du château de Meudon, dont il fut reconnu que les murailles présentaient encore une solidité suffisante pour qu’on pût en tirer parti, durent être transformées pour servir au nouvel établissement scientifique, en conservant intactes, autant que possible, toutes les parties de ces ruines qui offraient de l’intérêt au point de vue de l’art.
- C’est ainsi que la grande coupole, dont le diamètre est de 18 m. 50 à l’intérieur, est assise sur un mur circulaire neuf qui relie deux façades conservées, et qui sont surmontées de frontons sculptés très remarquables.
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- Celte coupole abrite une gigantesque lunette, qui est double, étant formée par la réunion d’une lunette astronomique et d’une lunette photographique. La première a une distance focale de 16 m. 16, et l’ouverture de son objectif est 0 m. 83. La seconde est un peu plus courte, 15 m. 90 de distance focale. — Nous ne pouvons donner une description détaillée de cet instrument, ce serait beaucoup trop long. Nous dirons seulement que la coupole se meut par l’électricité, qui est fournie par une machine à gaz de huit chevaux de force. De même, c’est encore l’électricité qui sert «à élever ou abaisser, de même qu’à déplacer latéralement, la plate-forme qui porte l’observateur.
- Avec cette lunette,
- MM. Millochau, Anton! adi, Baldet ont fait de nombreuses observations de Mars.
- A côté de cette grande lunette, il y a un laboratoire pour l’étude spectrale des gaz. Il a été installé dans les anciennes écuries du château. Les boxes en chêne qui régnent presque sur une longueur de cent mètres ont fourni de précieux soutiens pour des tubes de 60 m. de long qui reçoivent les gaz comprimés.
- Ces tubes, en acier doublé de cuivre rouge, ont été éprouvés à une pression de plus de 200 atmosphères ; on y introduit les gaz, qu’on fait traverser par des rayons lumineux fournis soit par la lumière de Drum-
- mond, soit par la lumière électrique, soit par le Soleil, et on étudie le spectre fourni par ces rayons qui ont traversé sous une grande épaisseur tel ou tel gaz soumis à une pression que l’on mesure avec soin, de même que la température du gaz ou de la vapeur dont on s’occupe.
- Sous des coupoles de moins grandes dimensions se trouvent : 1° une lunette photographique destinée spécialement à l’étude du Soleil; 2° un télescope dont le miroir a 1 mètre de diamètre et 3 mètres de distance focale, ce télescope est du système de Newton.
- Il y a beaucoup d’appareils d’une importance secondaire, notamment un cercle méridien portatif. Nous les laisserons de côté.
- L’Observatoire de Meudon est surtout consacré, nous l’avons dit, à l’étude des phénomènes solaires. En 1903, il avait déjà recueilli 6000 clichés photographiques représentant la surface de l’astre du jour, et il publia un Atlas contenant un choix fait parmi ces clichés. M. Janssen souhaitait de pouvoir en donner une édition populaire, mais cela ne lui a pas été possible.
- Il travaillait à Meudon, mais cela ne l’empêchait pas
- de se déplacer volontiers. Il allait souvent au Mont-Blanc, où il fit construire, à l’extrême sommet, un observatoire que les intempéries ont fini par détruire. En 1905, plus qu’octogénaire, il allait encore à Alcosèbre, en Espagne, observer une éclipse totale du Soleil, et il avait un plein succès! Il mourut le 24 décembre 1907.
- Son successeurfut M. Deslandres, ancien officier d’État-Major, qui a quitté l’armée pour se consacrer entièrement à l’étude de la physique, et auquel l’Académie en 1896 a accordé le prix Janssen (*), pour récompenser, en plus de ses importantes recherches sur le Soleil par le moyen de la photographie,, l’application d’une méthode due à Fi-zeau, qui lui a permis de reconnaître que l’étoile Altaïr l’anneau de Saturne est formé d’innombrables corpuscules distincts et solides.
- Telle est l’histoire des deux établissements qu’on vient de réunir en un seul institut.
- E. Doublet.
- 1. Ce prix consiste en une médaille d’or. La fille unique de Janssen, morte le 27 février 1924 à l’âge de 62 ans, a légué à l’Académie des Sciences une somme de 100 000 francs, dont les intérêts devront servir aux progrès de l’Astronomie physique. Elle a pris en outre des dispositions pour assurer la publication des œuvres de son illustre père.
- Fig. 12.
- Observatoire de Meudon : le grand spevtrohéliographe quadruple.
- est au moins double, et que
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- : L'ÉLECTRICITÉ DANS L'AIGUILLAGE ET LA SIGNALISATION 11
- in. - LES POSTES D’AIGUILLAGE ÉLECTROMÉCANIQUES
- Il n’est pas, croyons-nous, de grand réseau français qui ne possède quelques postes électromécaniques d’aiguillage, mais c’est incontestablement sur les lignes de la Compagnie du Nord que l’on trouve actuellement la plupart des postes de ce genre. Le fait s’explique aisément : une notable partie du réseau du Nord a été détruite pendant la guerre et, lors de la reconstitution, on a tenu compte des progrès les plus récents accomplis en la matière.
- On rencontre, sur le réseau du Nord, trois types de postes électromécaniques, caractérisés chacun par le rôle du levier; celui-ci peut en effet commander, soit un seul appareil, soit l’ensemble des aiguilles et signaux d’un itinéraire donné, soit enfin tous les appareils placés sur les divers itinéraires partant d’un même point ; ces deux dernières formes dérivent d’ailleurs de la même conception, ainsi que nous le verrons plus loin.
- Le premier type est très avantageux toutes les fois qu’il s’agit d’effectuer des manœuvres rapides et fréquentes, non protégées par des signaux, sur des itinéraires nombreux n’intéressant à la fois qu’un nombre d’aiguilles relativement restreint.
- Le deuxième et le troisième type sont préférables là où signaux et appareils de voie sont nombreux et doivent être manœuvrés rapidement et sans effort; ils se prêtent particulièrement bien à la concentration en un poste unique des principales commandes d’aiguilles et de signaux d’une gare importante.
- Nous n’examinerons aujourd’hui que les deux premiers types.
- LE POSTE “ ASTER " A LEVIERS INDIVIDUELS
- Le poste électromécanique à leviers individuels a été spécialement établi pour répondre aux besoins des gares de triage. Dans ces gares où les wagons sont triés par destinations, les véhicules, refoulés sur un dos d’âne, descendent rapidement une pente assez forte sous l’action de la gravité et s’égrènent les uns derrière les autres.
- !.. Voir La Nature, n*s 2739 et 2748.
- On conçoit l’intérêt qu’il y a, ici, à disposer de mécanismes permettant de manœuvrer les aiguilles avec une célérité suffisante pour réduire au minimum l’intervalle de temps à maintenir entre les wagons descendant du dos d’âne.
- Avec un poste électromécanique à leviers individuels commandant les aiguilles à l’aide de moteurs à mouvement extra-rapide, l’aiguillage n’est jamais une cause de retard dans la manœuvre. Le fait est établi par l’expérience de chaque jour, dans l’un des plus récents parmi les postes de ce genre : celui que la Société Aster a construit pour la grande gare de triage de Lille-la-Dé-livrance.
- Il y a en cette gare un faisceau de réception et de « débranchement » de 12 voies parallèles, suivi d’un « gril » de triage et de formation de 30 voies; la liaison entre les deux groupes est assurée par un système de voies comportant 56 aiguilles et aménagé de façon telle qu’en cas d’incident à une aiguille d’un groupe de réception il soit possible de substituer immédiatement un autre groupe au groupe momentanément inaccessible.
- La commande des aiguilles pouvait êthe obtenue de deux manières, soit par leviers d’itinéraire, soit par leviers individuels. ~
- Un simple examen du Schéma de cette partie de la gare (fig. 1) montre que le nombre des itinéraires possibles atteint 528, certaines relations pouvant être établies par plusieurs chemins. On a estimé, dans ces conditions, que le bénéfice que l’on aurait pu tirer de l’emploi du système à levier d’itinéraire aurait été complètement annihilé, en raison du temps que l’aiguilleur aurait” nécessairement perdu en se déplaçant le long d’un appareil central de dimensions très grandes et l’on a accordé la préférence au poste électromécanique à leviers individuels extra-rapides, plus souple et mieux adapté aux besoins d’une gare de triage.
- L’appareil central (fig. 2) comporte autant d’éléments individuels de manœuvre qu’il y a d’aiguilles — ou de groupes d’aiguilles conjuguées; — il présente en outre un certain nombre de panneaux vides en prévision d’une extension future.
- 36 35 34-33 32 31 30 Z9 Z827 26 25 24 23 22 21 20 19 18 1716 15 14 13 12 11 10 9
- 7654321
- GARE DE LILLE LA DÉLIVRANCE
- CABINE N°4.
- 12 11 10 3 8 7
- 3 2 I
- Fig. 1. — Poste d’aiguillage électromécanique à levier individuel.
- Tableau schématique de la zone de la gare de Lille-la-Délivrance commandée par le poste n° 4.
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- = 538 ..............--....... :: =
- La source d’énergie est constituée par une batterie d’accumulateurs constamment maintenue en charge par un groupe convertisseur. La tension, qui est de 110 volts dans les circuits de puissance, est abaissée, par un réducteur de tension, à une dizaine de volts dans les circuits de contrôle.
- Chaque élément se compose essentiellement : d’une manette agissant sur un commutateur bipolaire à rupture brusque relié, d’une part au pôle positif de la batterie, d’autre part au moteur de l’aiguille ; d’un disjoncteur automatique et d’un voyant. Le commutateur B (fig. 3)
- doit en effet pouvoir franchir successivement le commutateur B, solidaire de la manette et le commutateur K, commandé par le moteur. Le courant de contrôle alimente un électro-aimant F, commandant un voyant G et une palette P ; lorsque le courant passe, le voyant est au blanc et la palette est soulevée ; dès que le courant de contrôle vient à manquer, le voyant se met au rouge et la palette tombe et ferme un circuit comprenant le ronfleur H ; l’attention de l’aiguilleur est ainsi appelée toutes les fois que la position de l’aiguille ne correspond pas à celle de la manette.
- Fig. 2. — Appareil central de commande'd’aiguilles à leviers individuels. Poste 4 de la gare de Lille-la-Délivrance, système Aster.
- est manœuvré au moyen de la manette de commande A, qui peut occuper deux positions distinctes : droite ou renversée; au-dessus du commutateur se trouve le disjoncteur automatique constitué par un électro-aimant E et une armature mobile D munie de trois paillettes de contact.
- Tant que l’élément est au repos, l’armature assure, par la paillette médiane, la mise à la terre du fil de commande connecté au moteur, et, par la paillette inférieure, le passage d’un courant de contrôle venant du moteur. Ce dernier courant atteint la paillette seulement si la position de la manette correspond à celle de l’aiguille; il
- Lorsque l’on fait tourner la manette, l’armature D est soulevée mécaniquement par une came C (fig. 3) munie de taquets à effacement, après que le commutateur B a établi les liaisons nécessaires entre le moteur et l’élément de commande. Le courant de 110 volts franchit ainsi un circuit comprenant l’électro-aimant E, la paillette supérieure du disjoncteur, le commutateur B, le commutateur K et le moteur lui-même.
- En fin de course, le taquet s’efface et abandonne l’armature, mais celle-ci reste soulevée, l’électro-aimant étant alors excité par le passage du courant.
- Aussitôt que le déplacement de l’aiguille est achevé, ce
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- qui se fait en 2/3 de seconde, le commutateur K coupe le courant, l’armature retombe et rétablit les contacts de repos; le fil de commande relié au moteur est mis à la terre, le ronfleur s’arrête et le voyant revient au blanc.
- Les aiguilles sont équipées avec le moteur à mouvement rapide que nous avons précédemment décrit; elles sont talonnables. Quand un wagon prend en talon une aiguille disposée pour une autre direction, il la renverse el le ressort du verrou d’aiguille la fixe dans la nouvelle position. L’aiguilleur est averti par le ronfleur et le voyant, que l’aiguille n’est pas disposée comme le levier semble l’indiquer; il lui suffit de confirmer le déplacement en tournant la manette, pour arrêter le ronfleur et
- .:.................. -........= 539 ==
- sième conducteur du câble est réservé au retour du courant de contrôle.
- En principe, le poste électromécanique à leviers individuels ne comporte pas d’enclenchements ; c’est seulement dans le cas où deux éléments voisins commandent une aiguille à quatre lames, réunissant trois voies en un tronc .commun, qu’il existe entre eux un enclenchement binaire de la seconde forme, imposant un ordre de manœuvre.
- LE POSTE ÉLECTROMÉCANIQUE « ASTER ”
- A LEVIERS D'ITINÉRAIRE
- L’appareil central ou combinateur des postes électro-
- + 1110 volts
- S- 2700
- 2700:
- ohms
- Schéma de fonctionnement de la commande et du contrôle des aiguilles libres. Poste électromécanique à leviers individuels, système Aster.
- ramener le voyant au blanc. Ces avertisseurs appelleraient également l’attention de l’aiguilleur si l’aiguille restait entre-bâilïée. Dans ce dernier cas il suffit, si l’obstacle est destructible, de quelques manœuvres successives pour contraindre l’aiguille à se placer correctement.
- La liaison entre l’élément de commande et le moteur est obtenue au moyen d’un câble à trois conducteurs dont la gaine de plomb, en contact avec la terre, sert de retour au courant de 110 volts. L’inducteur du moteur comporte deux enroulements de sens contraire ; selon que- la manette de commande est droite ou renversée, le courant passe dans l’un ou dans l’autre enroulement, ce qui détermine le sens de rotation du moteur. Le troi-
- mécaniques à leviers d’itinéraire est plus complexe ; il comporte en effet, outre les organes de commande et de contrôle, des enclenchements mécaniques et des enclenchements électriques.
- Dans les postes hydropneumatiques Aster, la façade du combinateur présente l’aspect d’une table de Pytha-gore ; si la rangée supérieure représente les voies d’entrée A, B, C, et la colonne de gauche, les voies de sortie 1,2,3, 4, la clé à manœuvrerpour disposer aiguilles et signaux de façon à pouvoir aller de B à 3, par exemple, sera à l’intersection de la verticale de B et de l’horizontale de 3.
- Dans les récents modèles de combinateurs électro-
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- Fig. 4. — Combinateur Aster M. D. M. (panneaux enlevés).
- A, extrémités antérieures d’arbres d’itinéraires; B, plans d’aiguilles; C, leviers d’itinéraires; D, verrou électrique ; E, voyant de contrôle.
- mécaniques, on trouve deux dispositions différentes, mais qui dérivent nettement de la disposition en table de Pythagore. La Société Aster a fait glisser les rangées superposées les unes à côté des autres et a pu ainsi éliminer les cases vides qui correspondaient à des itinéraires inutilisables. Partant de ce principe que d’un point d’entrée donné on ne peut sortir de la zone d’action du poste que par un seul itinéraire à la fois, la Société Mors a créé un combinateur dans lequel chacune des colonnes de la table de Pythagore primitive est représentée par un gril vertical entre les dents duquel on peut déplacer un
- Fig. 5. — Arbre d’itinéraire A et plan d’aiguilles B. Cj came normale; C2 came à rappel d’aiguilles.
- unique levier-curseur. Placé en regard de l’encoche voulue, tiré, puis renversé à droite ou à gauche, ce levier ouvre un itinéraire identique à celui que l’on aurait pu obtenir en tournant dans le sens convenable la clé correspondante d’un combinateur du modèle primitif.
- Dans le combinateur Aster (fig. 4), chaque aiguille, chaque groupe d’aiguilles conjuguées, est représenté par un plan vertical (fig. 5) présentant des ouvertures rectangulaires disposées suivant deux rangées superposées et dont les côtés verticaux sont pourvus de taquets. Les plans figurant les aiguilles sont parallèles et peuvent se
- Fig. 6. — Enclenchement mécanique des aiguilles commandées par un poste à leviers d’itinéraires {système Aster M. D. M.).
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- déplacer sur la tranche vers la droite ou vers la gauche, sous la poussée d’une came d’arbre d’itinéraire; des roulements à billes facilitent le déplacement. Dès qu’elles arrivent à bout de course, soit à droite, soit à gauche, elles établissent des contacts électriques qui provoquent le déplacement, dans le même sens, des aiguilles correspondantes.
- Chaque itinéraire est représenté par un arbiœ horizontal muni de cames et commandé par un levier de manœuvre au moyen d’un pignon et d’une crémaillère.
- .......: . .......... .............= 54* =
- Si nous avons en A (fig. 6) un arbre matérialisant un itinéraire qui peut être ouvert seulement si l’aiguille commandée par le plan‘considéré est à la position gauche, cet arbre, lorsqu’on le fera tourner — dans l’un ou dans l’autre sens — déplacera le plan vers la gauche, s’il n’y est déjà, et le calera dans la position voulue. Un arbre B, qui, en cette même position du plan peut tourner librement, correspond à un itinéraire qui implique la même position de l’aiguille considérée, donc compatible avec A du fait de cette aiguille. Un arbre C enfin, dont la came
- Rai! isolé
- T
- T
- Fig. 7. — Schéma du mécanisme commandant un itinéraire A 1.
- A, levier de manœuvre; B, verrou du levier de manœuvre ; G, arbre d’itinéraire ; D, plan d’aiguille; E, verrou de plan d’aiguille; E, relai de voie; G, ronfleur; H, contrôle d’aiguille; M, moteur d’aiguille (Imposition gauche; 2, position droite); N, moteur de signal (1, signal
- ouvei’t; 2, signal fermé); P, relai de fermeture automatique du signal.
- Le levier, vertical lorsqu’il est au repos, peut être renversé, soit en avant, soit en arrière, et « ouvrir » l’itinéraire par l’une ou l’autre extrémité.
- Chaque arbre d’itinéraire est relié, par des pignons, à un arbre de commutation dont le rôle est de donner tous les contacts électriques que comporte l’itinéraire, notamment ceux de commande des signaux.
- L’enclenchement mécanique des aiguilles entre elles est réalisé par l’ensemble des plans d’aiguilles et des arbres d’itinéraire.
- est immobilisée par le taquet, correspond à un itinéraire qui exige le déplacement vers la droite, du plan et par conséquent de l’aiguille. Les itinéraires A et B d’une part, et C d’autre part, sont incompatibles du fait de l’aiguille : l’enclenchement mécanique empêche leur coexistence. Parfois, il est des itinéraires qui se coupent sans qu’il y ait entre eux aucune liaison; l’incompatibilité nécessaire a été obtenue en introduisant dans le combinateur un plan correspondant à l’aiguille que l’on aurait pu placer au point de traversée.
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- = 542 ........:.—..........
- Le fait qu’un même levier d’itinéraire ne peut [être renversé simultanément en avant et en arrière suffit à lui seul à réaliser un enclenchement' entre les deux sens de circulation.
- Lorsque l’on redresse le levier, le plus souvent les aiguilles restent dans la position qu’elles occupent; on évite ainsi toute dépense inutile de courant; lorsque l’aiguille doit être ramenée à une position déterminée, la came de l’arbre d’itinéraire présente un profil spécial c2 (fig. 5) et agit dans le sens convenable sur un taquet du plan d’aiguille dès qu’on met le levier au repos.
- La manoeuvre du levier d’itinéraire se fait en un seul mouvement, mais l’aiguilleur peut fractionner ce mouvement en trois temps, grâce à la présence de crans d’arrêt.
- En amenant au premier cran un levier au repos, l’aiguilleur provoque d’abord la mise en position convenable de toutes les aiguilles de l’itinéraire qui n’y seraient pas déjà. Des voyants répétiteurs, commandés par les courants provenant des contrôleurs d’aiguilles, indiquent la direction — vers la droite ou vers la gauche — donnée par les aiguilles. Au cas où une aiguille resterait entrebâillée ou occuperait une position en discordance avec celle du levier, le répétiteur montrerait la partie rouge du voyant etun ronfleur appellerait l’attention de l’aiguilleur; il en serait de même si l’aiguille cessait d’être commandée. Le levier d’itinéraire continuant son mouvement du
- Fig. 9. — Intérieur du poste n° 1 de Saint-Denis.
- Fig. 8. — La cabine «° 2 de Saint-Denis.
- 1er au 2e cran, les cames de l’arbre de commutation établissent les contacts de manœuvre des signaux; cette disposition, qui n’autorise l’ouverture des signaux qu’a-près la préparation des aiguilles, constitue un enclenchement d'ordre de manœuvre. Les signaux sont d’ailleurs soumis à un enclenchement électrique; le courant de commande ne peut les atteindre qu’après avoir franchi un circuit d’itinéraire (fig. 7) passant par la série des relais de contrôle des aiguilles et verrous d’aiguilles. On arrive ainsi à subordonner l’ouverture du signal à la réalisation correcte de l’itinéraire. Au cas où, pour une raison quelconque, une aiguille se trouverait ensuite entrebâillée, la rupture du courant de contrôle entraînerait automatiquement la fermeture du signal.
- En achevant sa course, le levier d’itinéraire' provoque, si tous les appareils précédents ont bien fonctionné, l’effacement du signal de ralentissement placé en avant du signal d’arrêt.
- Les courants de contrôle issus des signaux commandent des voyants répétiteurs ; l’aiguilleur peut [ ainsi avoir l’assurance que tous les signaux occupent effectivement la position qui leur a été assignée.
- Les voyants de contrôle sont ordinairement ' alignés au-dessus du combinateur ; toutefois, dans certains postes très importants récemment installés, on a préféré les disposer sur un tableau topographique représentant les
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- voies comprises dans la zone d’action du poste d’aiguillage (fig. 8__et 9).
- Outre ces organes, le combinateur comporte des verrous électriques dont la fonction est de rendre impossible la manœuvre d’un levier ou d’un plan d’aiguille, lorsqu’un train est engagé sur l’itinéraire en cause ; on obtient ainsi un enclenchement électrique de transit. L’alimen-tatiofi de chacun de ces verrous est sous la dépendance d’un jeu de deux relais et de deux rails isolés, l’un à l’entrée, l’autre à la sortie de l’itinéraire; elle est coupée entre le moment où le premier essieu atteint le premier rail et celui où le dernier essieu abandonne le second rail.
- Il est:possible de manœuvrer les aiguilles en agissant à la main sur les plans d’aiguilles, après avoir retiré les panneaux fermant les extrémités du combinateur; cette façon de procéder est d’ailleurs tout à fait exceptionnelle.
- Il existe actuellement 87 postes Aster, commandant près de 3000 aiguilles et de 2000 signaux.
- Parmi les postes les plus récemment construits, on peut citer notamment les nouvelles cabines de Saint-Denis. L’une des plus intéressantes, la cabine N° 1, est placée en un point où les lignes de Pontoise et de Mont-
- soult-Maffliers se réunissent pour former un tronc commun; elle commande en outre la grande ligne de Chantilly, la ligne de petite banlieue de Paris à Saint-Denis et diverses voies de service utilisées pour la desserte de la gare des marchandises et des embranchements particuliers et pour les garages. Ces voies sont reliées entre elles par des « traversées » permettant de réaliser toutes les combinaisons utiles.
- La zone d’action de ce poste s’étend sur une longueur de 620 m. ; elle comprend 39 aiguilles et 53 signaux; 47 leviers d’itinéraire suffisent pour en assurer la manœuvre. Il a été prévu une notable extension de ces installations; le combinateur comporte une réserve de 43 leviers d’itinéraire.
- L’emploi du système électromécanique à leviers d’itinéraires a permis d’assurer, avec deux agents seulement, le service d’un poste qui contrôle plus de 600 mouvements par 24 heures; la consommation d’énergie électrique, 1 kwh par heure, est très faible pour un poste faisant face à une telle intensité de circulation.
- André Bourgain.
- FARINES MALTÉES OU DIASTASÉES ET FARINES LACTÉES
- Fis. 1.
- J. von Liebig imagina, en 1866, une préparation qui connut bientôt, en Allemagne et en Angleterre, une vogue considérable. Cet auteur espérait créer en associant : farine de blé, lait et malt, une sorte de lait artificiel ayant les mêmes propriétés et la même valeur nutritive que le lait de femme (1).
- Cette préparation, désignée le plus souvent sous le nom de soupe de Liebig, s’obtenait en délayant des parties égales de farines de blé et de malt dans un mélange d’eau et de lait, alcalinisé faiblement au moyen de quelques gouttes d’une solution de carbonate de potasse. On chauffait ensuite progressivement, en agitant, mais en interrompant de temps à autre la cuisson pour favoriser l’action de la diastase du malt. Une liquéfaction parfaite de la bouillie, s’accompagnant d’une saveur sucrée caractéristique, indiquait le moment où la préparation devait être portée à l’ébullition et passée sur un tamis lin.
- La soupe de Liebig fut très diversement appréciée. Elle eut à la fois ses chauds partisans et ses détracteurs acharnés. Son plus gros inconvénient était sans doute sa préparation difficile
- 1. J. von Liebig. Suppefiir Saüçlince, 18G(>,
- 2e édition.
- qui entraînait des écarts considérables de composition — et d’effets —d’un opérateur à l’autre. La prétention qu’elle avait de remplacer le lait comme aliment exclusif dès la naissance était également quelque peu exagérée.
- Cette invention n’en fut pas moins particulièrement féconde puisquè c’est de sa formule initiale que dérivent les farines maltées (ou diastasées), les farines lactées et
- Pâturages de Vernon (Normandie) dont les vaches fournissent le lait frais destiné à la fabrication de la farine lactée.
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- Fig. 2. — Malaxage et maltage de la pâle lactée.
- et les farines lactées et diastasées, si nombreuses aujourd’hui et dont l’utilité n’apparaît plus contestable.
- Les farines maltées. — L’emploi du malt en thérapeutique n’était pas nouveau. Dès 1764, un chirurgien de Dublin, David Macbride, s’était déjà fait son actif propagandiste (*). Vers la même époque, un de nos compatriotes, de Ghamousset, ayant réussi à concentrer les principes solubles du malt, avait dépensé la plus grande partie de sa fortune pour faire connaître, sous le nom de rob d'orge, le premier extrait dé malt (2).
- Le malt est, comme on sait, de l’orge de brasserie, dont la germination a été brusquement arrêtée par dessiccation et dont on a enlevé la radicule. Pour digérer les réserves d'amidon du grain, le germe, en se développant, produit une abondante sécrétion de diastase dont l’action se trouve momentanément suspendue par séchage ou touraillage.
- Malter un aliment, ce sera lui ajouter cette « diastase »,
- 1. D. Macbride. Experimental essays on medical and physiologi-cal subjects, Londres, 1764.
- 2. De Chamousset. Œuvres complètes, t. II, Paris, 1763.
- Fig. 3. — Laminage et préparation des biscuits lactés.
- sous la forme de malt, d’extrait de malt, ou même de précipité purifié, afin d’en prédigérer les amidons, les transformant ainsi en principes plus assimilables : dex-trines et maltose.
- La pratique du maltage entraînant une augmentation de la valeur digestive des aliments amylacés est un précieux auxiliaire, utilisé de plus en plus dans l’alimentation du premier âge, dans le régime des enfants dyspeptiques et des .adultes entéritiques. On a successivement préconisé de très nombreuses méthodes, en particulier, celles de Keller, de Démarqué, de Terrien, de Schreiber, de Doléris et Lecoq (‘). Les indications diététiques et thérapeutiques de ces soupes et bouillies maltées ont été bien définies ; malheureusement leur préparation exige au moins un minimum de soins et de compréhension qui pratiquement ne se rencontre pas toujours, C’est pour être sûr de répondre aux besoins de tous qu’ont été créées les farines maltées ou diastasées.
- On doit reconnaître cependant qu’aujourd’hui la plus grande confusion règne dans ces sortes de produits. Logiquement, on ne devrait désigner sous le nom de farines maltées ou diastasées que des farines ayant subi profondément l’action de la diastase du malt et dont les amidons seraient, de ce fait, transformés en grande partie en maltose et en dextrines. A côté des préparations de ce genre, il existe, ainsi que nous l’avons signalé avec le Prof. Perrot (2), des farines qui sont fort peu maltées ; nous en avons même rencontré qui n’étaient pas maltées du tout !
- Toutefois, hâtons-nous de dire qu’il existe d’excellentes farines ou bouillies maltées ayant véritablement subi l’action d’une diastase active ; mais à côté de ces farines, il existe aussi des farines lactées et surtout des farines à la fois diastasées et lactées qui correspondent ainsi plus complètement à la soupe de Liebig initiale.
- Les farines lactées. — Bien entendu, nous ne voulons parler ici ni des mélanges lactés, à base de poudre de lâit (5), ni des farines composées alimentaires qui occasionnellement peuvent renfermer une proportion plus ou moins forte de lait (J) et dont nous avons signalé antérieurement les inconvénients, mais uniquement des véritables farines lactées. On ne devrait en effet ne désigner sous ce nom que des composés homogènes où le lait se trouve intimement associé aux farines par imprégnation profonde et dont les amidons sont rendus plus assimilables par maltage et par grillage (5).
- Les meilleures farines lactées se préparent dans les régions de production laitière, avec du lait de vache frais. Les farines suisses ont joui pendant longtemps du plus légitime succès ; elles sont aujourd’hui fortement concur-
- 1. R. Lecoq. Quand, pourquoi et comment malter les aliments, Paris, 1925. Vigot, éditeur.
- 2. E. Perrot et R. Lecoq. Les farines maltées du commerce et la farine de malt. Bulletin Soc. Thérap., 1924, 4e série, 26, p. 316.
- 3. R. Lecoq. La carence dans l’alimentation des nourrissons. XVI* Congj-ès français de Médecine. Paris, 1922, t. Il, p. 151.
- 4. E. Perrot et R. Lecoq. Sur la valeur alimentaire de quelques farines composées du commerce au point de vue de leur constitution chimique et de leur teneur en vitamines. C. B. Soc. Biol., 1921, 84, p. 529.
- 5. R. Lecoq. Farines lactées et farines pour bouillies. Bull. Soc. Hyg. Alim., 1922, 10, p. 552.
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- rencées parles farines françaises. Nos pâturages cle Normandie ou du Nivernais n’ont, en effet, rien à envier aux pâturages étrangers et le lait de nos vaches est au moins égal à celui des vaches hollandaises ou suisses. La fabrication des farines lactées comporte l’emploi de quatre éléments principaux : farine de blé, lait, malt et sucre ; mais leur association peut se faire de façons très diverses.
- La farine de blé, additionnée de malt et de tout ou partie de sucre, est malaxée au pétrin dans les conditions déterminées de quantité et de température (destinées à favoriser l’action de la diastase du malt). La pâte ainsi obtenue est roulée en couches minces d’un demi-centimètre d’épaisseur et découpée en biscuits de 5 à 10 cm. de côté ; elle est ensuite passée au four entre 180 et 200° pour que sa cuisson s’opère, en même temps que l’opération se complète. Le lait peut être incorporé dans la pâte elle-même, la chaleur du four suffisant à l’évaporer, ou concentré à part dans un vacum, dans lequel on ajoute, en fin d’opération, le sucre et la poudre de biscuits. On obtient dans ce dernier cas une bouillie épaisse qui est soumise ensuite à la dessiccation dans une étuve à vide.
- Quoi qu’il en soit, la farine obtenue est additionnée, s’il y a lieu, des éléments qui lui manquent, et passée dans des bluteries de soies fines qui éliminent toutes les impuretés. Finalement, les farines lactées sont étuvées et mises en boîtes de fer-blanc, hermétiquement fermées, où elles peuvent ainsi se conserver plusieurs années.
- L’essai biologique nous a montré que ces farines, cuites à Veau et données comme régime exclusif au rat blanc, permettent des croissances peu accentuées peut-être, mais continues. De tels régimes ont pu être maintenus pendant plus de neuf mois, sans que les animaux en expérience présentent de xérophtalmie ou de rachitisme ('). La grande digestibilité des éléments du lait et des amidons qui entrent dans la composition des farines lactées et diastasées, expliquent l’utilité de leur emploi dans de nombreuses affections infantiles. Elles donnent en particulier de bons résultats chez les nourrissons atteints de troubles digestifs avec vomissements ou diarrhées, chez les athrepsiques et chez les sujets inanitiés (profondément amaigris) ou ne pouvant pas supporter le lait. En cas d’usage exclusif prolongé, il est recommandé (pour éviter le scorbut) d’y adjoindre par précaution un peu de jus de fruits frais : orange, citron ou raisin suivant la saison.
- Les farines lactées, cuites au lait, constituent un excellent aliment, parfaitement digestible et très recherché des nourrissons, dont il facilite le sevrage, tout spécialement à son début. Par la suite, employées dans les mêmes conditions mais en plus fortes quantités que dans les farines ordinaires, les farines lactées permettent de faire de la suralimentation sans surcharge digestive.
- Si l’on ne tient pas compte des mélanges lactés que les caractères extérieurs (manque absolu d’homogénéité) permettent de distinguer aisément, les farines lactées sont peu fraudées. Leur analyse chimique bien conduite permet de reconnaître si elles sont véritablement maltées ou diastasées (ce qui est un avantage) et, s’il y a lieu, de
- 1. R. Lecoq. Farines lactées et rachitisme. Journ. P lutrin, et Chirn., 1925, 8e série, 1, p. 49.
- Fig. 4. — Cuisson de la pâte lactée.
- déceler l’addition d’antiseptiques; elle doit en outre pouvoir caractériser les éléments constitutifs du lait dans leurs proportions naturelles.
- Nous avons personnellement rencontré parfois des farines enrichies en lactose ou en matières grasses étrangères ; Mme Gobert prétend même avoir trouvé des farines lactées qui ne renfermaient aucun des principes du lait (*). Ajoutons, pour rassurer les consommateurs, que c’est l’exception. Raoul Lecoq,
- Docteur en Pharmacie,
- Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
- 1. Mme Gobert. Les farines lactées. Ann. Falsif. et Fraudes, 1915, 8, p. 165.
- Fig. 5. — Broyage des biscuits et tamisage de la farine lactée.
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- = LE NAVIRE VOLANT ^
- DES CHANTIERS DE SAINT-NAZAIRE
- ' Devant l’avenir immense de la grande navigation aérienne qui, aux yeux des techniciens, doit remplacer inéluctablement les pénibles cheminements des hommes à la surface de la terre, on ne peut que se féliciter de voir les grandes sociétés de constructions maritimes se lancer dans les créations aéronautiques etc’est peut-être ce caractère nouveau qui sortira l’aviation de l’ornière où elle paraît s’enliser depuis quelques années.
- Les Chantiers de la Loire construisent des avions de chasse remarquables; les Chantiers de Provence construisent des trimoteurs destinés à franchir régulièrement
- C’est donc avec un véritable plaisir que nous avons vu apparaître l’hydravion Richard-Penhoët, véritable navire Arolant composé de deux ailes immenses et très épaisses placées de part et d’autre d’une robuste coque marine.
- Il s’agit d’un monoplan sans mâts ni haubans, relevant directement de la formule si moderne des « cantilever».
- Ailes. — L’envergure totale atteint 40 mètres environ, les ailes sont profondes au centre de 9 mètres et
- Fig. 1.
- L'hydravion Richard-Penhoët au moment de sa sortie du hangar et de sa mise sur slip.
- la Méditerranée, enfin les chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët, non satisfaits d’avoir déjà créé le plus puissant paquebot français, « L’Ile de France », ont voulu également construire le plus grand navire aérien.
- L’hydravion « Richard-Penhoët » n’est pas seulement impressionnant par son tonnage qui atteint 18 tonnes, mais aussi parla hardiesse exceptionnelle de sa formule.
- Tous les gros avions français réalisés jusqu’alors ne dérivaient que de formules vraiment trop primitives et désuètes; aucun d’eux d’ailleurs n’avait été susceptible de la moindre utilisation pratique.
- Au contraire, les Allemands avaient réussi non seulement à créer, mais aussi à utiliser de très puissantes machines volantes à 3, 5 et 6 moteurs, dont le tonnage atteignait déjà, en 1917, les 16 tonnes et dont les formules hardies indiquaient les voies de l’avenir.
- leur épaisseur atteint lm.80. C’est la première fois dans le monde entier qu’une voilure de dimensions si extraordinaires est construite.
- La charpente de ces ailes est assez complexe : aux essais statiques elle a pu résister à une charge de plus de cent tonnes ! Les longerons longitudinaux sont construits en bois, ils sont maintenus par de nombreux couples et soutiennent les nervures sur lesquelles la toile du recouvrement est tendue.
- Le bois et l’acier sont alliés pour assurer la plus grande légèreté et la plus grande résistance.
- Sous les ailes sont placés deux ballonnets qui servent d’appui équilibreur en cas de mer houleuse.
- Les ailes sont parcourues par un couloir dans lequel peut facilement circuler debout un homme de haute taille; ce couloir donne accès aux 4 moteurs des ailes,
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- Gouvernail de diretion
- Fbste de pilotage Etage supérieur
- Gouvernail de profondeur
- JPTC—
- Etage média,
- Etage inférieur
- Ballon stabilisateur
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de face du navire volant.
- aux réservoirs et permet tout aussi bien de surveiller les commandes, même en plein vol, que d’effectuer de l’intérieur toutes les réparations aux ailes.
- La surface portante atteint 310 mètres carrés ; celle du Linke-Hoffmann allemand était de 445 mètres carrés et celle d’un Goliath Farman est de 165 mètres.
- Coque. — En fait de coque, le Richard-Penhoët possède un véritable bateau étudié pour résister aux mauvaises mers et aux chocs très violents qui peuvent survenir aux amérissages et aux décollages d’une pareille masse.
- Cette coque, aménagée pour la navigation au long cours, comporte 3 étages et pèse à elle seule plus de 4000 kg; elle représente le 1/3 du poids total à vide, ce qui évidemment est une bien lourde proportion.
- Bien qu’elle soit construite en bois spéciaux, il a fallu prévoir des dispositifs complexes pour en assurer l’étanchéité parfaite, le compartimentage en cas de voie d’eau locale, la résistance à l'imbibition, etc...
- Les aménagements comportent plusieurs compartiments et plusieurs étages.
- Sous le niveau des ailes, l’étage inférieur comprend à l’avant un magasin, un poste d’opérateur de T. S. F., un poste de T. S. F. avec servo-moteur, puis une vaste cabine contenant 18 places et éclairée par de nombreux hublots, puis derrière l’escalier d’accès se trouvent l’office, les lavabos, les soutes à bagages et le compartiment réservé à la poste.
- A l’étage intermédiaire, situé au niveau des ailes, nous trouvons à l’avant le poste de l’équipage, la salle d’accès aux couloirs des ailes et une vaste pièce sans affectation spéciale qui pourrait contenir les marchandises et enfin le vestibule d’accès.
- A l’étage supérieur, au-dessus des ailes, se trouve le poste de l’équipage comportant un habitacle pour 2 pilotes placés côte à côte et un deuxième habitacle pourj le navigateur et le commandant du bord.
- Cette coque est longue d’environ 30 mètres et porte à sa partie avant supérieure un moteur et à l’arrière les gouvernes. Celles-ci sont, on peut l’imaginer, d’une puissance considérable, puisqu’elles doivent remuer dans l’air, et à la vitesse de 150 kilomètres à l’heure, une masse de 18 tonnes.
- La formule la plus pure a également prévalu pour l’établissement des gouvernails tant de direction que de profondeur, puisque tous sont monoplans. La seule surface des plans horizontaux de queue atteint 40 mètres carrés, c’est-à-dire l’importance d’un avion de transport public pour 4 ou 5 passagers.
- On peut maintenant dire que l’un des plus graves problèmes devant lesquels se sont trouvés les constructeurs fut celui du maniement des gouvernes. Quoique toutes dispositions utiles aient été prises pour démultiplier les efforts et supprimer les pertes d’énergie dans les paliers, on dut avoir recours, comme sur les grands navires, à un servo-moteur.
- C’est plus de 100 kg que pèsent les commandes de l’avion auxquels il faut ajouter les 150 kg d’un servomoteur.
- Groupe motopropulseur. — Cinq moteurs Gnome et Rhône de 420 ch, chacun à refroidisssement par air, ont procuré à l’hydravion les 2100 ch., qui lui sont nécessaires pour voler.
- Un moteur est placé au centre, à la partie avant de la coque; les 4 autres moteurs sont placés devant les ailes.
- N ormalement l’arrêt d’un moteur ne doit pas empêcher l’hydravion de voler, même s’il est à pleine charge et avec demi-charge, c’est-à-dire après 3 ou 4 heures de vol, l’arrêt d’un deuxième moteur nè doit pas perturber
- la marche de cette énorme machine.
- En régime normal, les cinq moteurs consomment à l’heure 500 kg de combustible et les réservoirs sont prévus pour contenir plus de trois tonnes d’essence et d’huile, soit pour 6 heures de
- Fig. 3. — Vue longitudinale du Rirfiai'd-Penhoët.
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- vol. Ce qu’il y a de plus intéressant dans la disposition des groupes motopropulseurs, c’est que les moteurs sont accessibles en plein vol par la coque et les couloirs des ailes.
- En cas d’avarie, un mécanicien agenouillé, car au bord d’attaque l’aile n’est plus très haute, peut effectuer des réparations, même délicates, dans toute la partie arrière des moteurs (magnétos, pompe à huile, carburateurs, etc.)
- La sécurité des voyages aériens est ainsi très sérieusement accrue ; nous estimons que la moitié au moins des pannes peut être ainsi supprimée. Cette faculté est
- enfin les passagers : 1020 kg, soit 10 passagers avec leurs bagages. Le poids total en ordre de marche est donc de 18 000 kg.
- D’après les renseignements que nous avons eus, la vitesse maxima doit être d’environ 155 km à l’heure; le rayon d’action du Richard-Penhoët serait alors d’environ 900 kilomètres.
- OBSERVATIONS
- Contrairement à bien des prévisions, cet hydravion a volé dans de très satisfaisantes conditions et ce succès
- Fig. 4. — Vue en plan du Richard-Penlioët.
- indispensable, en particulier à bord des gros multi-moteurs.
- Dans la partie avant des ailes, nous trouvons les quatre réservoirs d’essence qui sont aménagés de telle manière que chacun d’eux peut alimenter les cinq moteurs,
- Devis des poids. — Le planeur, se composant des ailes, delà coque et des gouvernes, pèse 10 045 kg.
- Le groupe motopropulseur, y compris les réservoirs vides, les extincteurs, etc., pèse 2715 kg.
- Le poids total à vide ressort donc à 12 760 kg. A ce poids doivent être ajoutés les aménagements, soit 980 kg (éclairage, chauffage, T. S. F. servo-moteur), le combustible pour 6 heures, soit 3000 kg, l’équipage : 240 kg,
- technique a fait le plus grand honneur à son créateur, l’ingénieur Richard.
- Les difficultés avaient été accumulées : ailes très épaisses, coque de grandes dimensions, multiplicité des moteurs, etc., la plupart d’entre elles sont résolues, nous n’en sommes que plus à l’aise pour indiquer, sincèrement, les défauts que nous aurions voulu voir éviter.
- Nous ne concevons pas un hydravion de ce tonnage avec des ailes recouvertes de toile; nous sommes persuadés qu’en raison de la lourde charge par mètre carré que doivent supporter ces toiles d’ailes, de même qu’en raison des embruns, du vent salin, de la réverbération
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- Porte d'accès aux ailes
- Pos/e de repos ^de lequipage
- Vestibule
- d'embarquement
- W.C Lavabo
- Magasin
- Postes de pilotage
- \Cabine
- Réservoirs à essence
- Fig. 5. — Les aménagements : 1 et 2, coupe longitudinale et vue en plan; 3, coupe transversale.
- solaire de la mer, ces ailes ne sauraient durer en service un temps raisonnable. Un recouvrement de bois ou de métal s’impose pour les hydravions étudiés en vue d’un usage pratique ; or le remplacement de la toile par une surface dure modifie complètement la formule de construction des ailes, ce qui implique une nouvelle étude très importante.
- Nos observations sont les mêmes en ce qui concerne la coque actuellement en bois et qui non plus ne saurait assurer un usage intensif.
- Un pareil hydravion doit flotter en permanence et n’être garé dans
- son hangar qu’exceptionnellement en vue de graves travaux de réparation, et malheureusement l’expérience
- Fig. 6. — Devis comparé des poids du Richard-Penhoët [18 tonnes) et de l’hydravion Savoia [6,6 tonnes) avec lequel Pinedo a accompli la traversée de l’Atlantique.
- La charge utile de Savoia représente les 4/10 du poidstotal. Celle dix Richard-Penhoët ne représente que les 2/10 du poids total.
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- Fig. 7. — Mise à Veau du Richard-Penhoët.
- prouve que les hydravions à coque de bois souffrent beaucoup du séjour à l’eau de mer. Les plaques de bois s’imbibent d’eau, se décollent, perdent toute constance de rigidité et mettent la coque dans un état très fâcheux.
- L’imprégnation de l’eau alourdit l’hydravion rapidement. Pour un hydravion de dimensions analogues à celles du Richard-Penhoët, il paraîtrait que cet alourdissement pourrait atteindre 1 tonne ! c’est-à-dire sa charge marchande actuelle. Les Allemands nous ont prouvé que les coques métalliques résistent parfaitement à l’eau de mer, même lorsqu’elles sont construites en un certain duralumin d’outre-Rhin.
- Enfin notre principale critique vise les groupes moto-propulseurs, nous l’avons formulée bien avant les essais et malheureusement ceux-ci se sont révélés tels que nous les avions prévus. Deux erreurs ont été, à notre avis, commises; l’une a consisté à placer les hélices beaucoup trop près des ailes et l’autre à utiliser des moteurs à prise directe n’ayant, en conséquence, que de petites hélices (diamètre 3 m.) tournant trop vite (1720 tours).
- R est certain qu’une hélice de 3 mètres placée devant une aile de 2 mètres d’épaisseur ne peut avoir qu’un rendement d’autant plus déplorable qu’elle sera plus près de cette aile.
- Nous estimons infiniment préférables les solutions allemandes qui placent les moteurs sur de petits pylônes au-dessus de l’aile. Au moins, une amélioration aurait été assurée par l’emploi de moteurs démultipliés, munis d’hélices d'au moins 4 m., tournant à 1000 ou 1200 tours.
- En outre, nous craignons que la multiplicité des moteurs soit un obstacle au bon fonctionnement et à l’utilisation intensive de cet hydravion et nous pensons qu’il eût été préférable de l’équiper avec moins de moteurs, chacun d’eux étant plus puissant. „
- Les 2100 ch. se
- sont montrés un peu insuffisants, il semble qu’il en faille au moins 2400 ou 2500 pour tirer le meilleur rendement de la cellule. Dans ces conditions, nous croyons qu’il vaudrait mieux supprimer purement et simplement le moteur central qui travaille déplorablement et équiper l’hydravion avec 4 moteurs de 600 ch, chacun, avec grandes hélices démultipliées, les moteurs étant placés au-dessus du plan, en tandem deux par deux, comme ils le sont sur les hydravions monoplans Dornier-Wal ou Superwal et Rohrbach.
- Le centrage de l’appareil n’en serait que meilleur, les hélices travailleraient admirablement et seraient mises totalement à l’abri des embruns, l’accessibilité aux moteurs serait facilitée, les dangers d’incendie seraient moindres; enfin, et ce serait l’avantage le plus important, les points de traction et de poussée des 4 hélices étant plus proches du plan axial de l’hydravion, celui-ci volerait mieux avec une partie de sa force motrice arrêtée.
- Nous n’ignorons pas que des transformations de ce genre soulèvent en pratique des difficultés considérables.
- L’Etat a dépensé au moins 6 à 7 millions pour faire construire cet appareil qui, tout en étant un succès technique dont la France peut se réjouir, ne semble pas pouvoir être susceptible d’une utilisation quelconque sans de graves modifications.
- Peut-être aurait-il été prudent d’entreprendre en premier lieu un hydravion de cette formule, mais plus modeste dans ses dimensions et qui aurait pu servir de base de départ, après mise au point, pour un futur
- agrandissement homothétique.
- Le Richard-Penhoët, après quelques essais qui lui ont permis d’être accepté par l’Etat, est rentré dans l’ombre ; espérons qu’il ne subira pas le sort de tous les gros avions que les services d’Etat ont commandés jusqu’ici. Jean-Abel Lefranc.
- Fig. 8. — L’hydravion Richard-Penhoët vu de face.
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- AMÉNAGEMENT DE L'AVEN ARMAND (LOZERE) 551
- Le 27 novembre 1897, « La Nature » signalait n° 1278), la découverte faite les 19-21 septembre par moi-même, Louis Armand et A. Viré, — d’un aven, ou gouffre, extraordinaire sur le Causse Méjean (Lozère). Comme il m’avait été signalé par L. Armand (du Rozier, Lozère), qui fut, pendant vingt ans, le dévoué chef d’équipe de mes recherches souterraines, j’ai donné le nom de mon regretté collaborateur (f le 22 janvier 1921), à cet abîme, qui était anonyme.
- Sommairement je rappelle^1) que c’est un puits naturel vertical, ouvert à 970 mètres d’altitude, au sud de la Parade et à l’Ouest de Meyrueis (vallée de la Jonte) et profond de 210 mètres (sauf prolongation quant à présent inconnue). Sa partie médiane est renflée en une vaste caverne, longue de cent mètres, large de cinquante et haute de quarante : là s’est édifiée une assemblée prodigieuse des stalagmites les plus belles et hautes que l’on
- 1. Voir Causses et gorges du Tarn, chap. IX, Millau,
- Artières et Maury, 1926.
- connaisse. Quatre cents colonnes, dont la plus élevée atteint trente mètres et une vingtaine de vingt à vingt-cinq mètres, s’y pressent l’une contre l’autre dans toute la moitié inférieure de l’immense salle. Leurs formes
- Fig. 2.
- L’Aven Armand : La Forêt Vierge. Cliché de E.-A. Martel.
- Fit
- !• — L’Aven Armand ; Le Casque. Cliché de E.-A. Martel.
- surtout sont d’un aspect insolite., véritables « arbres de pierre » à feuilles de scintillante calcite, rappelant, quelque peu, la disposition des branches de cyprès ou de palmier. [Elles rentrent, en somme, dans cette catégorie de concrétions souterraines bizarres qu’on a nommées stalagmites (ou stalactites) excentriques ou déviées ; elles se trouvent, en effet, tout à fait désaxées, par rapport à la verticale. Le phénomène, encore inexpliqué, résulte peut-être de caprices de cristallisation; et il est, dans les grottes, bien plus fréquent qu’on ne l’a cru jusqu’à présent. Nulle part, en tout cas, il n’est aussi surprenant qu’à l’Aven Armand. Pareil spectacle ne peut se décrire : les deux photographies ci-jointes n’en donnent qu’une faible idée. (Voir aussi celle de la « grande.
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- stalagmite », au n° 1895 de La Nature, 18 sept. 1909).
- Or, il aura fallu attendre trente années pour que cette autre splendeur de la belle « région des Gausses » (n° 1752, 1er janvier 1927) soit rendue accessible à la curiosité publique. Mille circonstances défavorables s’étaient liguées contre cette réalisation. C’est le voyage d’études du Tou-ring Club et de l’Office National du Tourisme, conduit à travers les Causses, en mai 1926, par MM. L. Auscher et E. Chaix qui a déclenché cet aménagement si désirable. Pendant cette excursion, une occasion inopinée se présenta de faire descendre dans l’abîme (au moyen d’un treuil et d’une benne) les Directeurs des trois compagnies de chemins de fer du Midi, du P.-O., et du P.-L.-M. Leur enthousiaste surprise devant ce qu’ils contemplèrent décida ce qu’on attendait depuis 1897 : la constitution immédiate d’une société anonyme pour la mise en valeur de la curiosité. Les travaux commencèrent le 1er juin 1926. Ils comprennent une route d’accès large de 10 mètres, longue de 1800 mètres raccordée à la principale voie du Causse Méjean (de Meyrueis à Sainte-Enimie); un tunnel en pente douce, de 208 mètres de longueur, pour accéder directement
- à la caverne et à sa « Forêt-Vierge » de cristal, en évitant la descente verticale du premier puits de 75 mètres; les bâtiments extérieurs (garage, usine, buvette, etc.) ; enfin un éclairage électrique intense et polychrome réalisé par M. Jacopozzi, l’illuminateur de la Tour Eiffel et autres étincellements fantastiques.
- Tous ces travaux, terminés au 31 mai, n’ont pas demandé moins d’un an ; — l’inauguration vient d’avoir lieu le 11 juin, sous les auspices de M. Queuille, ministre de l’agriculture ; — les dépenses d’aménagement se sont élevées à un million (au lieu de 100 000 prévus avant la guerre) ; — et elles dotent les Causses et la France d’une nouvelle curiosité, à la fois scientifique et pittoresque, de premier rang (*), au cœur de cette magnifique contrée où l’on accède par Millau, Mende, Florac, Alès, Nîmes, Mpontellier, Béziers. Mais le pauvre Armand n’était plus là, pour assister à l’ouverture officielle, mise à exécution par le T. C. F., l’O. N. T., le Syndicat d’initiative de Millau et les trois Compagnies de chemins de fer, si efficacement intervenues enfin ! E.-A. Martel.
- 1. Pour détails, voir E.-A. Martel, L’Aven Armand, in-8°, 48 p. et 25 fig., Millau, Artières et Mau-ry, 1927.
- LA TRAVERSÉE DE L’ATLANTIQUE
- La journée du 21 mai dernier est désormais une date historique. Grâce à Lindbergh, la traversée aérienne de l’Atlantique est un fait accompli. Parti le 20 mai à 12 h. 52 (heure française) de New-York, il longe la côte américaine jusqu’au Nouveau-Brunswick, passe à Saint-Jean de Terre-Neuve vers une heure, aborde l’Irlande vers 17 heures, Cherbourg à 21 h. 25, et se pose au Bourget à 22 h. 22 : le vol a duré 33 h. 30, la distance parcourue approche 6000 km.
- .L’avion Spirit of Saint-Louis est un monoplan Byan, dérivé d’un appareil commercial très employé sur les lignes américaines. (Cet appareil emporte 4 passagers, plus le pilote, à une vitesse commerciale de 177 km-heure, la vitesse maxima étant 217 km-heure, avec un moteur de 200 ch).
- Cellule. — L’appareil commercial est porté par un plan de 11 m. d’envergure, raccordé directement à la partie supérieure du fuselage, soutenu par deux paires de mâts venant s’attacher à la base du fuselage. La cabine fermée abrite passagers et pilote, celui-ci placé au droit du bord d’attaque de l’aile.
- En vue du raid transatlantique, l’envergure a été portée à 15 m., la largeur du plan restant de 2 m. 10. Le poste de pilotage a été reculé jusqu’à l’arrière de la cabine, derrière des réservoirs supplémentaires; enfin le train d'atterrissage a été changé : le nouveau train, sans essieu, est formé de deux rnâts en V articulés à la partie inférieure du fuselage, et d’un mât télescopique prenant appui sur le mât avant de la voilure; la charge est reportée à la partie supérieure du fuselage par l’intermédiaire d’une contre-fiche. Ce montage permet d’augmenter à volonté la voie du train (voir p. 576 les photographies de l’appareil).
- Moteur. — Le moteur est un Wright-Wirlwind donnant 200 ch à 1800 tours, 230 ch à pleine puissance,
- pour un poids de 232 kg et une consommation de 272 gr. d’essence et 16 gr. d’huile par cheval-heure. Il comprend une étoile fixe de 9 cylindres (en acier forgé, culasses en aluminium vissé, sièges de soupapes en bronze d’aluminium), à refroidissement par l’air.
- Les soupapes, en tulipes, sont en acier au tungstène; la tige creuse contient un mélange d’azotates de potassium et de sodium, dont la fusion facilite et régularise le refroidissement de la soupape
- L’hélice métallique à deux pales est calée directement sur l’arbre du moteur; le capotage, particulièrement réussi, ne laisse dépasser que les têtes des cylindres.
- Appareils de navigation. — Le contrôle de la navigation a été confié à un compas magnétique Pioneer, appareil remarquable, puisque la route tracée fut suivie sans déviation.
- Le compas Pioneer se compose essentiellement d’un enroulement tournant analogue à l’induit d’une dynamo (commandé par un moulinet) et par son collecteur. La ligne des balais étant placée parallèlement aux lignes du ~ champ terrestre, aucun courant ne passe, dès que ce parallélisme cesse, un courant faible se produit, agissant sur un voltmètre placé devant le pilote.
- La position de l’appareil, par rapport à l’avion, peut être réglée de la place même du pilote, de façon à changer ou garder un cap, en maintenant simplement le voltmètre au zéro. L’effet gyroscopique maintient l’appareil vertical, quelle que soit l’inclinaison de l’avion.
- L’Atlantique a été traversé une deuxième fois du 4 au 6 juin, entre New-York et Eisleben, près de Halle (Allemagne), par l’avion Miss-Columbia, monté par Chamber-lin et Levine qui parcoururent 6430 km en 46 heures.
- Nous reviendrons plus en détail sur ces deux sensationnels voyages. E. Gruson.
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- LE CENTENAIRE DU CHEMIN DE FER
- DE SAINT-ÉTIENNE A LYON
- Au mois d’octobre 1825, Marc Seguin, qui venait d’achever le premier pont suspendu en fil de fer construit sur le Rhône entre Tain et Tournon, partait d’Annonay, sa ville natale, dans l’intention de visiter l’Angleterre, afin d’étudier les perfectionnements apportés à la navigation à vapeur, perfectionnements qu’il désirait appliquer à la batellerie fluviale.
- Mais, d’après les notes inédites qu’a bien voulu nous communiquer son petit-fils, le grand ingénieur s’arrêta d’abord à Vienne (Isère).
- Là, un entretien avec un nommé Bonnard, dont le père exploitait une mine de houille à Rive-de-Gier, va élargir le but de son voyage.
- Cet ami l’entretient des tracasseries que le canal de Givors occasionne aux marchands de charbon et l’engage à « s’initier au fonctionnement des nouveaux « railways » britanniques en même temps qu’il lui parle des travaux en cours d’exécution sous la direction de l’ingénieur Beaunier, pour le compte de la Compagnie du chemin de fer à plans inclinés de Saint-Etienne à la Loire. Il lui représenta les avantages qu’offrirait la réalisation d’une entreprise similaire pour concurrencer le canal et les bénéfices qu’elle serait susceptible de donner. Lors de son arrivée à Paris, il fut mis par hasard en relations avec l’astronome Jean-Baptiste Biot qui désirait placer son fils « de manière à lui faire parcourir une carrière honorable et lucrative dans le monde ». « Comme à cette époque les entreprises industrielles étaient en grande faveur, il me revint à l’esprit (écrit Seguin sur ses tablettes),.le chemin de fer de Rives-de-Gier à Givors. M. Brisson (*) saisit cette idée avec avidité et en parla à M. Biot qu’il engagea à faire parcourir cette carrière à son fils, mais l’un et l’autre exigèrent que notre maison prît un intérêt dans cette entreprise, chose à laquelle je ne consentis qu’autant qu’elle porterait notre nom. »
- Les frères Seguin (2) ainsi que leurs associés Ed. Biot
- 1. Professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées et beau-frère du physicien astronome J.-B. Biot.
- 2. La famille Seguin vint se fixer en Dauphiné vers la fin du
- et Cie demandèrent aussitôt l’autorisation de construire le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon (1826) et en furent déclarés adjudicataires le 7 juin 1826, puis l’année suivante Me Beaudesson, notaire à Paris, recevait les statuts de la nouvelle compagnie (6 mars 1827).
- Entre temps, Marc Seguin avait effectué son voyage en Angleterre pendant lequel il se lia avec les savants les plus illustres de ce pays : l’astronome Herschell, le chimiste Humphrey Davy et le physicien Faraday entre
- autres. Il visita aussi d’importantes usines métallurgiques ou ateliers de constructions mécaniques, s’initiant aux méthodes de l’industrie anglaise. Mais il étudia plus particulièrement les travaux et le matériel du chemin de fer de Darling-ton à Stockton, où il connut Georges Stephenson. Il vit fonctionner les locomotives alors en service et se rendit compte que leur principal défaut résidait dans leur système de chaudière.
- DÉBUTS DIFFICILES
- De retour en F rance, Marc Seguin, comprenant l’avenir réservé au rail se mit immédiatement à l’œuvre avec ses frères et ses autres associés. La compagnie dut acheter plus de 900 parcelles de terrain nécessaires pour l’établissement de la ligne et ces acquisitions ne se firent pas sans de coûteuses tractations, car il fallut y procéder de gré à gré, les lois d’expropriation pour cause d’utilité publique n’existant pas encore. J.-B. Biot et son fils Edouard se chargèrent d’exécuter les opérations de nivellement ; Camille, Paul et Charles Seguin administraient les finances, organisaient les chantiers et rédigeaient les contrats, tandis que Marc Seguin s’appliquait, après avoir déterminé le tracé, à résoudre les questions de matériel et de traction. Avec une remarquable saga-
- xvp siècle. Un de ses membres, Marc, surnommé « l’ancêtre », s’établit par la suite drapier à Annonay. Son fils, Marc François, eut de son mariage avec Marie-Thérèse Augustine de Montgolfier une fille et cinq garçons : Marc dit Seguin aîné, Camille, Jules Paul et Charles, inventeurs des ponts suspendus et constructeurs du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon.
- Fig. 1. — Marc Seguin (1786-1875).
- D’après un daguerréotype que nous a communiqué son petit-fils.
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- cité, l’illustre ingénieur se rendit compte de la nécessité d’aplanir la voie, soit en perçant des tunnels dans les montagnes, soit en franchissant les précipices au moyen de viaducs et d’ouvrages d’art, afin d’offrir aux trains des alignements droits raccordés par des courbes d’assez grands rayons.
- D’ailleurs cette petite ligne de 45 kilomètres, suivant la vallée accidentée du Gier, comportait : un pont sur la Saône, au confluent du Rhône, un viaduc, deux souterrains l’un de 1 kilomètre, l’autre de 1500 mètres, ainsi que des déblais et remblais importants. Elle présentait donc toutes les difficultés qu’un chemin de fer peut rencontrer. En conséquence, les ingénieurs des Ponts et Chaussées critiquèrent vivement le projet, estimant que les dépenses de tels travaux n’étaient pas en rapport avec les recettes à prévoir. Ils se trompaient heureusement !
- Confiant dans la justesse de ses vues, et soutenu par le président du Conseil des Ministres de Yillèle, Marc Seguin triompha des prétendues objections techniques comme des obstacles naturels. Le succès couronna les efforts du persévérant constructeur et un tronçon de la ligne put être livré au public en 1828.
- Une estampe du temps, nous montre les types des voitures et wagons employés sur ce premier chemin de fer français. Des chevaux ou un «. remorqueur à vapeur » traînaient les convois de marchandises ou de voyageurs. Toutefois, vu les événements politiques, l’insuffisance du capital engagé par rapport aux dépenses d’établissement et aux frais d’exploitation ainsi que l’hostilité des gens contre le nouveau mode de locomotion, les résultats financiers du début ne furent guère encourageants.
- Mais, à force de persévérance, Marc Seguin surmonta toutes les difficultés et l’invention de la chaudière tubulaire, pour résoudre une des plus essentielles, donne la mesure de sa sagacité.
- LA CHAUDIÈRE TUBULAIRE
- Il avait acheté deux locomotives anglaises construites par Georges Stephenson et semblables à celles qui
- circulaient sur le railway de Darlington à Stock-ton.
- Cependant ces pesantes machines ne produisant pas plus de 300 kg de vapeur à l’heure, remorquaient péniblement un très petit nombre de wagons sur les fortes pentes de la ligne de Saint-Etienne à Lyon. Aussi l’habile ingénieur, qui s’était rendu compte de leurs inconvénients dès son premier voyage en Angleterre, poursuivit, depuis 1827, des expériences relatives à la vaporisation de l’eau avec une chaudière tubulaire munie de divers foyers, comme en témoignent ses
- registres autographes conservés dans sa famille.
- Il déposa, le 22 décembre 1827, une demande de brevet, qui lui fut accordé le 22 février 1828, « pour un nouveau système de chaudières basé sur le système de l’air chaud circulant dans . des tuyaux isolés de petites dimen-
- sions ».
- Comme il l’écrit, dans le plus connu de ses ouvrages De Vinfluence des chemins de fer et de Vart de les tracer et de les construire [1839), il avait reconnu la nécessité de multiplier les surfaces chauffantes en faisant passer
- l’air chaud provenant de la combustion, à travers une série de tubes plongés dans l’eau de la chaudière.
- Il construisit donc sur ce principe une locomotive dont « le feu, au lieu d’être alimenté par l’air attiré par une cheminée qui s’élève à 15 pieds comme dans les machines anglaises, l’était au contraire par l’airpoussé dans le foyer par un ventilateur mis en mouvement par la machine elle-même, ce qui donnait le moyen de substituer à une haute et lourde cheminée, une cheminée basse et légère ».
- La première locomotive à chaudière tubulaire construite par Seguin, et dont le modèle original reproduit ci-contre existe au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, fit ses débuts au cours de l’année 1829, sur une voie d’essais établie dans le chantier de Perrache. Dans un essai officiel (7 novembre 1829), elle « remorquait, dit le procès-verbal de ces expériences, 4 wagons chargés de 15 tonnes de fonte de fer; ainsi, en ajoutant au poids remorqué celui des wagons, elle a remorqué, en montant,
- Fig. 2. — Page du registre d’expériences relatives a la chaudière tubulaire faites en 1827 par Marc Seguin.
- Manuscrit autographe en possession de la famille.
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- 19 tonnes. Elle a exécuté cette manœuvre avec la plus grande facilité. On l’a fait arrêter au milieu de la pente la plus forte afin de surmonter cet obstacle sans être aidé par le mouvement précédemment acquis. Après quelques instants de repos, elle est repartie sans la moindre difficulté ; la manœuvre s’est continuée pendant près d’une heure avec le même succès. Le mouvement était à la montée de 2 mètres par seconde; il y avait deux hommes sur le chariot de suite; ils suffisaient parfaitement au service et cependant ils avaient à changer de direction à
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- Grâce aux deux importants perfectionnements (chaudière tubulaire et ventilateur), puis à celui de l’injection de vapeur dans la cheminée du à Stephenson, le rail allait conquérir les continents tandis que la puissance des machines marines et industrielles allait s’accroître singulièrement.
- Cependant, sur la section de Rive-de-Gier à Givors, on employait encore en 1830 la traction animale concurremment avec des locomotives, le Conseil d’Adminis-tration n’ayant pas pu décider « si les machines seraient
- Fig. 3. — Estampe montrant les types de voitures et de wagons e nployés à l’origine sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon en 1828..
- Collection de la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée
- chaque instant, étant obligés d’aller et de venir sans cesse ».
- De son côte, Stephenson en vue de prendre part au concours de locomotives organisé à Rainhill, le 6 octobre 1829, par le chemin de fer de Liverpool à Manchester, munit sa « Rocket » d’une chaudière tubulaire et elle battit haut la main toutes ses concurrentes. Mais il paraît historiquement indiscutable que Marc Séguin breveta 2 ans auparavant et mit en construction, antérieurement à l’annonce du concours de Rainhill, sa première locomotive à chaudière tubulaire.
- commercialement plus avantageuses ou moins avantageuses que les chevaux ». Et même lorsque les frères Séguin et Biot annonçaient à leurs actionnaires l’achèvement complet des travaux (15 décembre 1832), les deux modes de traction (chevaux et locomotives) étaient employés sur la ligne de Saint-Etienne à Lyon et sur les pentes rapides les voitures dévalaient par leur propre poids. Les trains s’arrêtaient à volonté pour laisser monter et descendre les voyageurs. On réglait la marche des convois au maximun à 4 lieues à l'heure, bien qu’on eût remplacé les rails en fonte usités de l’autre côté de
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- la Manche par des rails en fer et substitué des traverses en bois aux dés rigides en pierre sur lequel reposaient primitivement les voies.
- LE SUCCÈS
- Le progrès triompha toutefois peu à peu de la routine. En 1834, la Compagnie possédait dix locomotives toutes occupées au transport de la houille; quatre ans plus tard, des machines assuraient le service des voyageurs entre Rive-de-Gier et Lyon, c’est-à-dire sur les deux tiers du parcours. Enfin, le 1er août 1844, les chevaux étaient définitivement supprimés. Le parcours de Lyon à Saint-Etienne s’effectuait alors, y compris les arrêts dans les
- poids médiocre, et qui cependant fournit largement à la consommation de la locomotive, c’est notre compatriote, M. Marc Seguin. Si les admirables locomotives anglaises se meuvent avec une vitesse qui effraye l’imagination, elles le doivent à la belle et ingénieuse découverte de M. Seguin. »
- L’œuvre du savant ingénieur était définitivement sortie de la période des tâtonnements. Au lieu de « remplacer simplement les coucous dans la banlieue », selon la malencontreuse prophétie de Thiers, les chemins de fer ne tardèrent pas à relier entre elles les principales villes de France. Puis, au cours du dernier siècle, les Talabot, les Polonceau, les Cail, les Péreire, les Eiffel et les Noblemaire, pour ne citer que les morts, se chargèrent de couvrir notre pays de plus de 41000 km
- Fig. 4. — Modèle de la première locomotive à chaudière tubulaire construite par Marc Seguin en 1827.
- Collection du Conservatoire des Arts et Métiers.
- stations intermédiaires, en 2 heures 35 minutes. Aussi quelques années plus tard, dans un discours prononcé à la Chambre des Députés le 24 juin 1847, François Arago pouvait, en montrant les avantages des voies ferrées, rendre un éclatant hommage à Marc Seguin :
- « Or, s’écriait le savant astronome, pour que ces machines marchent avec de si grandes vitesses, il faut que la chaudière fournisse sans cesse et sans retard à la consommation du corps de pompe.
- « Une immense chaudière résoudrait le problème, ^ mais elle pèserait immensément et la machine, loin de faire un travail utile, loin d’entraîner avec une incroyable rapidité des files de wagons, se déplacerait à peine elle-même.
- « Eh bien, Messieurs, la personne qui est parvenue à imaginer une chaudière de petites diniensions, d’un
- de voies ferrées sur lesquelles circulent actuellement 19000 locomotives et 518000 voitures ou wagons.
- Que nous réserve demain? La nouvelle machine du type « Mountain » de la compagnie P.-L.-M., par exemple, a une chaudière à grille de 5 mq. de surface et pèse 118 tonnes; aussi peut-elle remorquer des trains rapides très lourds.
- A leur tour, les « Superpacifiques » céderont sans doute la place aux locomotives électriques, auxquelles leur AÛtesse et leur puissance permettront de grimper des rampes encore plus fortes avec d’énormes tonnages. Cependant lorsque l’édifice s’achève et s’embellit, on ne saurait oublier le remarquable technicien qui, en construisant le premier tronçon de Saint-Etienne à Lyon, en posa solidement les assises !
- Jacques Boyer.
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- LA MESURE DES COULEURS DANS L’INDUSTRIE 557
- UN PHOTOCOLORIMÈTRE A MESURES INDÉPENDANTES DE L’ŒIL
- d’imagi-
- La couleur est un des phénomènes physiques que l’on connaît le mieux et que l’on mesure le plus mal.
- Il en est ainsi parce que jamais on ne s’est préoccupé de la définir correctement et parce que jamais on n’a fait l’effort de chercher autre chose que l’œil pour l’apprécier.
- Les définitions courantes sont pour la plupart extravagantes.
- Quelle richesse nation et quelle pauvreté de précision peuvent évoquer la gorge du pigeon, le bois de rose, la tête de nègre, la chair blonde ou la chair tout court?
- Que ces appellations fantaisistes plaisent aux commerçants et à leur clientèle, soit; mais qu’elles deviennent et restent l’unique langage des industriels, des teinturiers et des coloristes, non. Il faut se décider à sortir de l’ornière et trouver autre chose.
- Les notes et les accords de musique sont-ils définis par le cri du coucou, celui du paon, le bruit du vent ou celui de la mer ?
- Qu’est-ce exactement qu’une couleur?
- DÉFINITION
- DE LA COULEUR
- C’est la résultante -d’un nombre indéfini de radiations ou colorations ayant chacune une intensité déterminée. L’intensité ou ton d’une coloration indique la place occupée dans l’échelle allant du noir au blanc (gammes de Chevreul) ; la coloration ou radiation, la place occupée dans la série chromatique allant du violet au rouge.
- Une couleur quelconque peut donc être représentée par une courbe ayant pour abscisses les colorations (cotées en longueurs d’onde) et pour ordonnées les intensités lumineuses cotées par exemple en pour 100 de l’intensité du blanc.
- Pour construire de telles courbes, il suffit en pratique de déterminer l’intensité de la radiation moyenne de 4 des 6 zones types du spectre solaire (rouge, orangé,
- jaune, vert, bleu, violet). Les 4 zones caractéristiques choisies correspondront à la dominante de la couleur étudiée, à sa complémentaire puis, aux deux radiations qui encadrent la dominante.
- Chaque couleur a sa courbe déterminée ainsi par 4 points. C’est sa définition graphique. Sa définition verbale s’en déduit. Il suffit d’énoncer la dominante, puis
- les cotes des 4 points dans l’ordre ci-dessus — et dans l’ordre des longueurs d’ondes croissantes pour les 2 derniers.
- Exemple : un bleu. 48.15-44.25 (c’est-à-dire intensité du bleu 48, de l’orangé: 15, du violet : 44 et du vert 25) ; un rouge 4.25-5.15. ....
- MESURE
- DE LA COULEUR
- Mesure. — Le problème consiste à apprécier lün-tensité des différentes radiations par rapport au blanc s’il s’agit de construire une courbe de couleur, ou par rapport à une autre couleur prise pour étalon s’il s’agit d’échantillonnage.
- Jusqu’à présent on a toujours confié ces mesures à l’œil; or, celui-ci est incapable de les faire correctement, en raison du trop grand nombre de radiations à séparer, de la variation du spectre de la source éclairante, des faiblesses naturelles et des illusions d’optique.
- Les spectro-photomètres construits jusqu’à ce jour évitent bien les premiers inconvénients, mais ils n’éliminent pas les derniers; l’œil est incapable d’égaliser d’une façon rigoureuse leurs 2 plages éclairées malgré les artifices de juxtaposition ou de pénétration les plus perfectionnés.
- Heureusement, dans ces dernières années, la cellule photo-électrique impartiale et précise est venue remplacer l’œil humain inconstant et peu sûr.
- La cellule photo-électrique, réalisée par « la Société de Recherches et de Perfectionnements industriels », est trop connue des lecteurs de La Nature pour que nous
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- donnions à nouveau sa description. Rappelons seulement que le potassium [dont l’ampoule de la cellule est recouverte émet des électrons sous l’action de la lumière — d’où variations de courant dans un circuit — mesuré au galvanomètre.
- Les variations de courant étant proportionnelles à l’énergie lumineuse incidente, le galvanomètre devient photomètre.
- Le photo-colorimètre T. C. B., dont la photographie est reproduite figure 2, fonctionne avec une cellule photo-électrique.
- Conçu et réalisé en 1925 par M. Toussaint, dans les laboratoires des Etablissements Cartier-Bresson, il permet la présentation successive, à des intervalles de temps très faibles, de 2 échantillons à comparer. Le rapport des deux lectures sur la règle du galvanomètre à miroir donne la valeur relative des 2 échantillons.
- La comparaison peut être faite à l’état solide, par réflexion ou diffusion de la lumière de la source sur l’échantillon, ou à l’état liquide, par transparence.
- Dans ce dernier cas on utilise des cuves d’un modèle spécial avec lesquelles on peut faire varier millimètre par millimètre l’épaisseur de la lame liquide à étudier.
- APPLICATIONS
- vu que la courbe de chaque couleur était déterminée par des points donnant la valeur ou intensité du violet — du bleu — du vert — etc... entrant dans sa composition.
- Pour déterminer ces points, il suffit de se placer successivement en lumière violette, bleue, etc., à l’aide de filtres monochromatiques, de faire chaque fois deux mesures, l’une sur l’étalon, l’autre sur l’échantillon et d’en calculer le rapport. Chacun d’eux donne un point de la courbe.
- L’étalon blanc peut naturellement être remplacé par un étalon coloré, c’est alors le problème pratique de l’échantillonnage des couleurs.
- L’appareil peut encore recevoir bien d’autres usages, par exemple :
- l’étude de la concentration des solutions, précipités
- et flocculations (applications nombreuses en médecine — étude des sérums) ;
- la définition et la comparaison des couleurs, l’étude des colorants (solidité —concentration — affinité, etc.) ; la préparation théorique # des bains de teinture ;
- la mesure de la solidité à la lumière — à la chaleur, à n’importe quel agent physique ou chimique de toute matière colorante susceptible de s’altérer;
- le contrôle des réactions chimiques par virage de témoins colorés.
- Mesure du brillant. —
- Le brillant d’un corps n’est autre que son pouvoir réflecteur. On le mesure à l’appareil en dirigeant sur la cellule le faisceau des rayons réfléchis par l’échantillon à étudier. Si l’étalon et l’échantillon sont de couleur différente (cas général), il faut éliminer à l’aide d’une seconde mesure en rayons diffusés les différences de luminosité dues — en rayons réfléchis — aux écarts de ton et de coloration.
- Fis;. 2. — Le vhotocolorimètre T C B.
- Échantillonnage des couleurs.
- Nous avons
- Le photo-colorimètre T. C. B. est un appareil conçu pour l’industrie beaucoup plus que pour les recherches scientifiques.
- Robuste et d’un emploi facile, il peut être mis entre toutes les mains tout comme un dynamomètre ou un voltmètre.
- Déjà en service dans l’industrie textile et celle des matières colorantes, il vient d’être récemment adopté par un des plus importants des laboratoires officiels du Nord et par le Conservatoire national des Arts et Métiers. R- Villers.
- LA VITESSE DE LA LUMIÈRE
- On sait l’importance fondamentale que présente dans la physique moderne la valeur de la vitesse de la lumière.
- Nos lecteurs savent également que le célèbre physicien américain Michelson a entrepris, depuis 1924, la mesure de cette constante, par une méthode dérivée de celle du miroir tournant de Foucault, mais dans des conditions offrant une précision plus grande.
- On fait subir à la lumière un trajet aller et retour de 70 km (du mont Wilson au mont Antonio) dont on calcule
- la durée, en mesurant la vitesse de rotation du miroir qui ramène l’image réfléchie d’une source lumineuse en coïncidence avec celle de la source. Des mesures poursuivies jusque maintenant, M. Michelson a déduit la valeur suivante pour la vitesse de la lumière dans le vide : 299 796 km-sec.
- Il compte obtenir des résultats plus précis encore en prenant comme station de réflexion le mont San Jacinto, distant de 131 km du mont Wilson. La mesure s’effectuerait alors sur un parcours de 262 kilomètres.
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- LA SOURIS DES SAPINS
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- Le Canada et quelques régions des Etats-Unis situées entre les Montagnes Rocheuses et le rivage du Pacifique possèdent de petits rongeurs qui doivent à leur apparence d’avoir été longtemps pris pour des souris communes, alors que leur denture^en fait un genre spé-
- cial : celui des Phenacomys.
- D’après deux excellentes monographies consacrées à ces minuscules mammifères par M. E. W. Nelson, directeur du Biological Survey du Département de l’Agriculture, à Washington, et par M. A. Brasier Howell, son collaborateur, études où nous puiserons notre documentation, on a trouvé en Angleterre et en Hongrie des représentants fossiles de ce genre, et l’on en déduit qu'il fut jadis distribué dans toute la région circumpolaire. Il paraît n’avoir survécu que dans l’Amérique du Nord.
- Son domaine est très vaste : il couvre presque en entier le Labrador, tout le Canada Oriental, remonte au delà du Cercle polaire dans le Mackenzie, frôle la frontière de l’Alaska, et redescend jusqu’en Californie et dans le Nouveau-Mexique, en constituant plusieurs espèces qui ne varient guère que par la couleur du pelage et la longueur de la queue. Une seule fait bande à part au point de vue des habitudes, et c’est d’elle que nous allons nous occuper.
- Alors que les autres espèces sont strictement terricolcs, qu’elles se creusent des demeures souterraines, qu’elles se nourrissent d’herbes, la souris des arbres (Phenacomys lon-gicaudus) est essentiellement arboricole, construit ses nids dans les pins, et se nourrit exclusivement des aiguilles de ces conifères. Elle se distingue encore des autres membres du groupe par la longueur de sa queue et par sa belle coloration rougeâtre, d’où l’épithète de son nom vulgaire : rufous tree
- mouse. Cette espèce, numériquement très rare, paraît être confinée dans les régions humides et boisées qui traversent l’ouest de l’Orégon et le nord-ouest de la Californie. Sa distribution n’y est pas continue; mais elle y est représentée par des colonies dans toutes les forêts où abondent les grands sapins. Malgré les patients efforts des savants américains qui s’en sont occupés, l’étude de ses mœurs présente encore quelques lacunes, car elle ne sort de ses nids qu’après la chute du jour pour renouveler ses approvisionnements. Il convient d’ajouter quelle édifie ses demeures à de telles hauteurs dans les grands pins qu’elles sont généralement inaccessibles pour l’observateur.
- Une première remarque s’impose : on peut s’étonner que l’anatomie de cette espèce ne se soit pas plus profondément modifiée pour une meilleure adaptation à la vie arboricole. A part l’allongement de la queue, servant de balancier, on ne constate dans ce sens d’autres acquisitions que des pieds plus forts
- et des griffes plus longues que chez les espèces parentes restées terricoles. M. A. Brazier Howell émet l’opinion que « l’insignifiance de cette modification structurale ne signifie pas que cette existence arboricole serait de date récente (géologiquement parlant) , mais bien que l’espèce, grâce à son genre de vie, n’eut jamais à se défendre contre des ennemis ou compétiteurs re-
- Fig. 1 à 3. — En haut : La souris des sapins Phenacomys longicauda.
- Instantané vris au magnésium près de Carlotta (Californie). Au milieu : Une femelle photographiée sur le toit de son énorme nid.
- En bas : Une femelle surprise en plein jour sur un rameau de pin Douglas.
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- doutables «.Les nids mériteraient une longue description. Ils sont généralement placés entre 10 et 30 ou 35 mètres au-dessus du sol, On peut les partager en deux catégories : celui que se construit le mâle est une boule de la grosseur du poing, et il est accroché soit au sommet de l’arbre, soit sur une fourehè éloignée du tronc, tandis que celui de la femelle, d’une grandeur quasi illimitée, est toujours bâti contre le tronc, qu’il finit par encercler,
- Ces grands nids débutent probablement comme les autres par une seule cellule. Choisissant comme .fondations les points de soudure de deux rameaux, la souris y dispose un plancher de petites branches mortes qu’elle emprunte parfois à une demeure abandonnée, mais sans prendre la peine de les entrelacer, comme le fout les oiseaux. Elle accumule sur cette plate-forme des débris végétaux, surtout les aiguilles de pin, dont elle a.dévoré les parties nutritives. En se glissant et en se retournant dans cette masse, elle arrive à creuser une chambre qui sera son véritable logis.
- Comme elle continuera à accumuler sur le toit et sur le pourtour les reliefs de ses repas, le nid s’agrandira sans cesse. Elle y creusera bientôt une seconde chambre pour l’évacuation de ses excréments, ou peut-être réservera-t-elle cet emploi hygiénique à la première en transportant ses quartiers dans la nouvelle.
- Successivement, d’autres pièces, situées soit à différents étages, soit sur le même plan} s’ajouteront à la construction, ei seront reliées par des couloirs.
- On voit de ces nids qui finissent par entourer complètement le tronc en s’étendant sur les branches environnantes, et, en ce cas, on trouve toujours un tunnel quasi circulaire desservant les couloirs. Les dimensions de ces grands nids peuvent atteindre 1 mètre de largeur et une hauteur à peu près égale. Ils comportent deux ouvertures, l’une est pratiquée sur le toit, où le rongeur place les provisions d’aiguilles de pin récoltées durant la nuit, l’autre est dissimulée sous la saillie d’une branche.
- A l’encontre de la plupart des petits rongeurs, cette souris ne met bas qu’une moyenne de deux souriceaux. Il est probable qu’elle a plusieurs portées dans l’année. Les petits se développent très lentement et restent plus longtemps aveugles que chez les.autres espèces de rongeurs. Ceux qu’éleva M. Howell dans son laboratoire n’ouvrirent complètement leurs yeux qu’à leur dix-neuvième jour et ne s’aventurèrent hors du nid qu’à leur vingt-neuvième, alors que trois semaines suffisent au maximum chez les souris communes pour que les petits soient en état de se passer de la mère.
- Il convient de voir là une logique adaptation à la vie arboricole. Si les jeunes Phenacomys ouvraient plutôt leurs paupières à la lumière du jour, s’ils se montraient aussi actifs et turbulents que ceux des espèces terricoles, ils risqueraient de tomber du nid et de s’écraser sur le sol.
- Notre petit rongeur aérien est étroitement spécialisé
- sur le chapitre de l’alimentation : il paraît se nourrir exclusivement aux dépens de deux espèces de sapins, le Douglas fîr (Pseudotsuga taxifolia) et le Grand fir [Abies grandis). En captivité, il ne se laissera pas tenter par un abondant menu comprenant céréales, fruits, légumes, herbes, et supportera les tourments de la faim jusqu’à ce qu’on lui présente sa nourriture coutumière. Il refusera même de toucher aux tendres bourgeons de conifères n’appartenant pas aux deux espèces que nous venons de mentionner.
- Sa façon d’expédier le repas est très curieuse. Il coupe le bout d’une branche sur une longueur de 8 à 10 centimètres, et n’abandonne la ramille qu’après avoir dépouillé chaque aiguille de son enveloppe nutritive. Il la tranche à la base, et, la saisissant soit d’une des pattes antérieures, soit des deux, la grignote jusqu’à ce qu’il n’en reste que le cœur, réduit à la proportion d’un fil verdâtre, et c’est de ces débris qu’il construit ou agrandit son nid, car il a soin d’apporter plusieurs fragments de rameau sur le toit de sa demeure pour ses repas diurnes, dont les reliefs lui serviront de matériaux.
- Pressé par la faim, il saisira une aiguille par le bout et la passera entre ses lèvres d’un mouvement si rapide que l’observateur ne saurait en analyser les détails. En d’autres moments, il tiendra d’une patte l’aiguille, et, de l’autre, en arrachera une parcelle pour la porter à sa gueule.
- Cette nourriture n’étant pas très riche d’éléments nutritifs, il compense la faible qualité par la quantité.
- Des expériences poursuivies par M. Howell avec une femelle arrivée presque à l’âge adulte et qui 'pesait 20 grammes ont déterminé qu’elle avait mangé en 24 heures 2476 aiguilles de pin pesant 19’grammes. Le poids des résidus était compensé largement par l’écorce rongée sur les ramilles qui portaient ces aiguilles. On voit donc que ces petits rongeurs mangent par jour à peu près l’équivalent de leur propre poids. Leur digestion est très rapide, ce qui explique qu’ils aient toujours faim ; privés de nourriture pendant une heure ou deux, ils donnent des signes manifestes de détresse.
- On a cru longtemps qu’ils n’avaient pas d’ennemis redoutables, les oiseaux rapaces ne pouvant ni les distinguer ni les poursuivre dans l’épaisse ramure des grands sapins qu’ils habitent. Mais un observateur a révélé ce fait curieux, qui montre combien l’esprit d’association est développé chez certaines espèces d’oiseaux.
- Les. geais à crête (Cyanocitta) visitent les arbres où ils espèrent découvrir leur proie. L’un d’eux s’occupe à démolir le nid, tandis que son compagnon, resté sur le sol, cherche dans les débris qui tombent de haut les souriceaux qu’ils peuvent cacher. Aussi, M. Howell n’hésite-t-il pas à attribuer aux geais l’extermination de cette intéressante espèce dans des régions forestières où elle devrait abonder.
- Victor Forbin.
- Fig. 4. — Coupe à travers une aiguille de sapin de Douglas :
- a, conduits latéraux à résine; b, le faisceau vasculaire. La souris mange le tour de l’aiguille et laisse le faisceau central b.
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- V « OPTICAL CONVENTION”
- DE LONDRES
- Deux beaux volumes viennent de paraître (') qui résument les travaux du Congrès d’Optique tenu au Collège Impérial de Science et de Technologie, à South Kensington près de Londres, du 12 au 17 avril 1926. Il y avait déjà eu deux Congrès de ce genre en Angleterre, en 1905 et 1912 : celui de 1926 a été particulièrement brillant. Comme le remarquait dans son discours d’ouverture le Président du Congrès, l’astronome royal, Sir Frank Dyson, l’optique appliquée à la construction des instruments a fait, en Angleterre, des progrès considérables depuis le Congrès de 1912. Pendant la guerre en effet on avait dû, chez nos voisins comme ehez nous, s’organiser rapidement pour se passer des fournisseurs allemands : ceux-ci avaient peu à peu conquis une place prépondérante sur le marché, grâce à leur forte organisation scientifique, à l’habileté de leur direction commerciale et à l’appui qu’ils recevaient de leur gouvernement. En 1912 60 pour 100 des instruments d’optique employés en Angleterre venaient d’Allemagne ; 30 pour 100, de France ; la production locale n’était que de 10 pour 100. L’effort pendant la guerre a été tel, qu’en 1918, il n’y avait plus que 5 pour 100 d'instruments importés venant de France, et à cette époque d’activité exceptionnelle on fabriquait dans le Royaume-Uni 9 tonnes de verre d’optique par mois !
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- Les sujets traités lors de ce Congrès sont très variés et très nombreux : il n’y a pas moins d’une centaine de rapports qui avaient été lus et discutés, avant d’être publiés dans les procès-verbaux par les soins de T. Smith, président de la Société l’Optical Society qui organisait le Congrès. Bornons-nous à citer quelques-uns des plus caractéristiques parmi ces mémoires.
- Ils ont surtout un caractère pratique et les applications de l’optique y sont envisagées en elles-mêmes : cependant , le premier volume contient au début un travail théorique de Lindemann qui indique avec netteté les points où un désaccord existe entre la théorie électromagnétique de la lumière et la théorie des quanta. C’est M. W. H. S. Chance, et un de ses collaborateurs de la fabrique bien connue de Glascow, qui ont traité de la fabrication des verres d’optique, en signalant notamment les progrès accomplis dans la fabrication des verres de couleur, des verres absorbant les rayons infra-rouges ou les rayons ultra-violets, ou bien laissant passer, au contraire, le début de l’ultra-violet, celui qui existe dans la lumière solaire : c’est le cas de ce « vitaglass » dont on a vanté les qualités hygiéniques, et dont on a garni la maison des singes, au Jardin zoologique de Londres. — Lord Rayleigh a résumé ses travaux récents sur le verre de quartz fondu, matière vitreuse d’un grand avenir, mais qui se montre encore le plus souvent bien peu homogène et douée d’une biréfringence gênante. De nombreux mémoires sont consacrés aux couleurs, à la théorie et à la pratique de la colorimétrie, à ses applications à des industries comme celles où on utilise la laine.
- En Photométrie les progrès signalés tiennent surtout à l’introduction dans les mesures des cellules photoélec-ti'iques, à l’extension des mesures photométriques, à la
- 1. Proceedings of tke Optical Convention, 1926. 2 vol. in-4°, published by the Optical Convention 1 Lowther Gardens. Exhibition Road, London S.W. 7.
- mesure de la transparence des verres pour les diverses radiations, à l’étude des appareils de projection, des phares, des lanternes de marine, etc. A signaler enfin plusieurs mémoires sur l'œil humain, ses défauts, leurs causes et leurs remèdes. Le mécanisme de l’accommodation, du point de vue anatomique et physiologique, fait l’objet d’une étude de E. F. Fincham, accompagnée de micrographies. Les changements du cristallin ne sont pas identiques chez tous les sujets, mais ces nouvelles recherches confirment cependant la théorie donnée par Helmholtz ; elles expliquent en outre pourquoi la face postérieure du cristallin garde à peu près une forme invariable, tandis que la face antérieure change.
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- Le deuxième volume est consacré plus particulièrement aux instruments proprement dits. Il débute par la description d’instruments anciens, rares et curieux, tels que ceux qui formaient la collection de la reine Charlotte et du roi George III. Il ne faut pas être surpris de la place qu’y occupent les microscopes. En Angleterre on a toujours eu le goût des beaux instruments de ce genre : si on pénètre dans une famille aisée, on trouve toujours dans la plus belle pièce, sur un guéridon spécial, un microscope et les membres de la Société de Microscopie rivalisent à qui résoudra les plus fines diatomées. On trouvera dans ce volume la description d’instruments fort variés : non seulement les instruments courants servant à la géodésie, la navigation, la photographie, la téléphotographie ou le cinématographe, mais des instruments accessoires comme les niveaux à bulle et les horizons artificiels, et ceux qui ne servent que dans les laboratoires comme les réseaux concaves, les spectroscopes à échelons (par transparence ou par réflexion). On peut citer spécialement le grand appareil, construit par Hilger, pour le National Physical Laboratory, qui permet l’étude par l’interféro-mètre de Michelson de lentilles quelconques, même de longs foyers ; puis les appareils de contrôle donnant sur un écran, d’objets qu’il s’agit de vérifier (des vis par exemple) ou de mesurer (fils fins), des images très agrandies et cependant non déformées. Un rapport de Rankine est consacré aux films parlants, un autre de Fournier d’Albe et Symonds aux applications du sélénium. La résistance sensible à la lumière constituée par le sélénium est bien inférieure à la cellule photoélectx-ique quand on veut un instrument obéissant très vite, elle présente en effet toujours quelque inertie ; en revanche, entre les mains de Fournier d’Albe, qui l’associe à l’électromètre à corde, elle est devenue un instrument extrêmement sensible qui permet des mesures délicates dans le spectre visible et ultra-violet.
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- Ces volumes du Congrès montrent, on le voit, que l’optique appliquée est en Angleterre singulièrement vivante et active : il faut se réjouir que chez nous aussi, la création de l’Institut d’Optique vienne favoriser ses progrès en établissant entre les constructeurs et les physiciens des relations de plus en " plus étroites.
- A. Cotton,
- Membre de l’Institut, Professeur à la Sorbonne.
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- FOUDROIEMENT DES ARBRES
- En parcourant les campagnes et les forêts, nous remarquons que la foudre laisse plus fréquemment des traces de passage sur les chênes, peupliers et résineux que sur les hêtres. Aussi plusieurs personnes en ont conclu, comme leurs ancêtres, que la foudre avait une prédilection pour certains arbres et une répulsion pour d’autres. D’où un nombre considérable de théories diverses, qu’un volume d’une centaine de pages ne suffirait pas à résumer. Ces théories sont généralement basées sur la nature du bois, la dimension des racines et la profondeur à laquelle elles pénètrent dans le sol, sur la teneur en graisse ou amidon dubois, sur la conformation extérieure de l’écorce, ou encore sur leur résistance au passage d’une décharge électrique.
- Faisons abstraction de ces diverses théories, et essayons d’expliquer pourquoi la foudre laisse des traces de passage sur certains arbres, alors que sur d’autres elles ne sont pas immédiatement apparentes.
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- Dès 1874, des enquêtes furent ordonnées dans divers Etats de l’Europe centrale dont ci-après les principales. Principauté de Lippe-Detmold, de 1874 à 1890; Bavière, de 1887 à 1890; Saxe, en 1897; Schleswig-Holstein, de 1894 à 1899; Prusse orientale et occidentale, de 1871 à 1885 ; Alpes de Styrie et de Carniole, de 1886 à 1903 ; Belgique, de 1884 à 1906 ; Hollande, de 1882 à 1906. En Suisse, il n’y a pas eu d’enquête spéciale, mais seulement indication d’arbres foudroyés à proximité des stations pluviométriques, de 1889 à 1913.
- Ces statistiques nous ont permis d’établir le tableau suivant donnant le pourcentage imputé aux différentes espèces d’arbres croissant dans l’Europe centrale.
- P. P.
- Rang. Essences. Cas. 100 Rang. Essences. Cas. 100
- 1 Peupliers. . . 1235 28,4 18 Aulnes. . . . 18 0,4
- 2 Chênes. . . . 976 22,4 19 Marronnier. . 16 0,4
- 3 Epicéa, . . . 418 9,6 20 Robinier. . . 12 0,3
- 4 Pin sylvestre. 348 8,0 21 Pruniers. . . 10 0,2
- 5 Ormes. . . . 169 3,9 i 22 Sorbiers. . . 7 0,2
- 6 Mélèze. . . . 161 3,7 23 Vigne .... 5 0,1
- 7 Saules. . . . 155 3,6 24 Erables . . . 5 0,1
- 8 Poiriers . . . 155 3,6 25 Pinnoird’Aut. 2 0,1
- 9 Sapin blanc . 143 3,3 26 Arolle. . . . 2 0,1
- 10 Hêtre .... 101 2,3 27 Tremble. . . 2 0,0
- 11 Tilleuls . . . 99 2,3 28 Sureaux. . . 2 0,0
- 12 Frêne .... 95 2,2 29 Weymouth. . 1 0,0
- 13 Cerisiers. . . 65 1,5 30 Aubépine. . . 1 0,0
- 14 Noyer.... 44 1,0 31 Platane. . . . 1 0,0
- 15 Pommiers . . 40 0,9 32 Pêcher. . . . 1 0,0
- 16 Bouleaux. . . 34 0,8 33 Lilas 1 0,0
- 17 Châtaignier. . 27 0,6 34 Cèdre .... 1 0,0
- Total. . . . 4352 100
- Ainsi, parmi les essences forestières les plus répandues, ce sont celles à écorce rugueuse qui, le plus souvent, montrent des traces du passage de la foudre, alors que celles à écorce lisse sont plus rarement endommagées.
- En prenant le hêtre comme unité (1,0), la vulnérabilité des principales essences forestières est la suivante.
- Peupliers. 12,2 Pin sylvestre. 3,4 Saules .... 1,5
- Chênes. . 9,7 Ormes. . . . 1,6 Poirier .... 1,5
- Epicéa . . 4,1 Mélèze. . . . 1,6 Sapin argenté. 1,4
- Ce classement n’est pas absolu, ces nombres pouvant être modifiés au fur et à mesure de nouvelles enquêtes. Ceux-ci seraient autres si nous tenions compte 'de l’importance des essences forestières dans les forêts proprement dites, ce qui pourrait faire l’objet de recherches subséquentes portant sur un territoire limité.
- La foudre frappant tous les objets situés sur le sol, arbres compris, essayons, comme déjà dit, de démontrer pourquoi ses effets sont remarqués sur une partie d’entre eux seulement.
- La foudre qui frappe un paratonnerre ne laisse sur celui-ci aucune trace tant qu’il est bien conditionné, c’est-à-dire que le câble est formé d’un métal bon conducteur de la décharge électrique (pouvant atteindre de 10000 à 20 000 ampères) et suffisamment gros : en cas contraire le câble est fondu. Cette conductibilité est encore augmentée lorsque le câble est mouillé.
- Il doit en être de même avec les écorces lisses, qui sont presque toujours recouvertes d’une certaine quantité d’eau provenant de la pluie qui accompagne l’orage. Le bois étant un mauvais conducteur du courant électrique, la foudre suivra naturellement le filet d’eau qui recouvre l’écorce comme ci-dessus indiqué.
- Nous avons confirmation de ce fait en examinant la statistique des arbres foudroyés dans la principauté de Lippe-Detmold. Ainsi 11 0/0 des arbres l’ont été lors d’un orage sans pluie, 48 0/0 avec un peu de pluie, 33 0/0 avec une forte pluie, 4 0/0 avec tempête, 3 0/0 avec grêle et 1 0/0 avec neige.
- D’après les recherches du Dr Hoppe (Regenmessungen unter Baumkronen, Wien, 1896), la quantité d’eau qui s’écoule le long du fût de certaines essences forestières, est la suivante.
- Quantité de pluie Pour cent de la quantité de pluie tombée hors bois s’écoulant'le long dufûtpour
- en millimètres. Pin sylvestre. Epicéa. Hêtre.
- Jusqu’à 5 0,0 0,0 8,0
- De 5 à 10 • . 0,0 0,1 14,2
- De 10 à 15 0,1 0,7 14,7
- De 15 à 20 . 0,7 2,1 18,6
- De 20 à plus 1,8 4,8 20,7
- Moyennes. 0,7' 2,3 15,5
- Rapports . 1 3 20
- C’est une nouvelle preuve à l’appui de notre théorie à savoir que les arbres à tronc lisse sont beaucoup mieux humectés que ceux à écorce rugueuse.
- M. Vanderlinden (La foudre et les arbres, Bruxelles, 1907), insiste déjà sur 1’ « influence que la conformation extérieure du tronc semble exercer sur la gravité des lésions provoquées par la foudre ». Il a constaté parmi les arbres foudroyés une prédominance d’essences forestières dont les individus portent une écorce, ou pour mieux dire, un rhyti-dome fort épais et profondément fendillé. Par contre, les espèces à tronc lisse fournissent peu de victimes. Le rhyti-dome est un tissu mort et par conséquent conduisant mal l’électricité. Or, sur un mauvais conducteur, les effets d’une décharge seront nécessairement plus graves et plus nuisibles. Cet auteur a confirmé sa théorie dans une note à l’Académie des sciences de Paris en juin 1925.
- C’est donc quand le tronc des arbres est peu mouillé qu’il y a le plus d’accidents.
- Il en est de même pour les bâtiments. Les coups de foudre qui frappent ces derniers sans paratonnerres et sans ché-
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- neaux métalliques conduisant l’eau du toit directement dans le sol (ces derniers étant les meilleurs conducteurs), sont généralement la cause d’incendie, même lorsque la foudre tombe au cours d’un orage avec pluie,
- Nous pourrions encore citer un certain nombre d’observations personnelles concernant des cas de foudroiement de personnes, d’arbres et d’immeubles démontrant que la foudre ira directement au sol, non pas en suivant le chemin géométriquement le plus court, mais bien celui qui présente la meilleure conductibilité de l’électricité. Nous ne le ferons pas afin de ne pas allonger cet article.
- Au moment de la forte végétation printannière, alors que la sève est abondante, les arbres à écorce rugueuse, qui sont des diélectriques, seront facilement décortiqués. En été, par contre, un sillon sera marqué dans l’écorce et le bois, tandis qu’à la fin de cette saison, alors que la sève ne circule presque plus, les arbres seront généralement brisés, par éclatement, la foudre pénétrant dans le bois.
- Cet éclatement est très probablement dû à la force d’expansion de la vapeur d’eau produite par le passage de la foudre. La chaleur dégagée lors de son passage peut faire fondre de petites balles de plomb et projeter le métal fondu entre bois et écorce avant son éclatement, ainsi que nous avons eu l’occasion de le constater à Zurich sur un chêne décortiqué en juillet 1893.Ceci confirmerait l’idée de M. Vanderlinden : « la réalité de l’action mécanique de la vapeur fournie par les liquides pourrait être soupçonnée avec plus de raison si des observations venaient montrer que les lésions sont plus graves aux époques où l’arbre contient le plus d’eau et peut produire le plus de vapeur (printemps et début de l’été) ».
- Cette théorie de la vaporisation a été rejetée par M. Paul Drumaux. (Bul. de la Soc. centrale forestière de Belgique, 1908, p. 170) qui admet que le tissu ligneux, l’aubier et l’écorce sont des diélectriques... qui se brisent en livrant un passage large à l’électricité. C’est ainsi que les isolateurs électriques sont fréquemment brisés sans qu’on puisse invoquer aucune vaporisation. » *
- ....... — 563 =
- En résumé, disons que sur les arbres à écorce lisse, l’eau, ruisselant le long des branches, descend sur la tige en suivant une ou plusieurs lignes, d’autant moins nombreuses que 1 arbre est incliné et à branches horizontales ; si l’écorce est gerçurée ou recouverte d’un rhytidome crevassé, le filet d eau a des solutions de continuité. Dans le premier cas, la foudre va directement de la cime au sol sans laisser de traces apparentes : dans le second, le fluide pénétrera entre le bois et l’écorce ou dans le bois lui-même, en produisant un éclatement de l’écorce et du bois ou pour sauter sur un corps meilleur conducteur situé à proximité immédiate (homme, animal ou métal).
- Nous serions heureux si la lecture de ces lignes pouvait amener une nouvelle confirmation de cette explication des traces du passage de la foudre sur les arbres, comme l’ont déjà fait après nous, le Dr Stahl (Allemagne) en 1912, Qué-ritet (Belgique) en 1913 et Dr Transat (France) en 1925.
- M. Moreillon, Inspecteur forestier.
- N. B. — Les arbres plantés à proximité immédiate des maisons peuvent être un danger pour elles, car la foudre frappant des arbres à écorce rugueuse insuffisamment humectée par la pluie, peut les quitter brusquement pour allèr au sol en suivant un chemin de mo.indre résistance qu’elle trouvera parfois à l’intérieur d’une habitation. Dans ce. cas, l’arbre joue le rôle d’un paratonnerre défectueux. A une centaine de mètres de distance des habitations, l’arbre sera un protecteur. « Cette protection est faible, et même un beau parc entourant une habitation ne doit pas être prétexte pour ne pas établir un paratonnerre », comme l’a écrit M. Paul Drumaux dans le bulletin belge précité.
- A notre avis, le meilleur paratonnerre est constitué par des chéneaux métalliques conduisant l’eau du toit directement au sol, ainsi que nops avons eu l’occasion de le constater à plusieurs reprises pour notre propre maison d’habitation, laquelle possède un paratonnerre.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PROCEDE POUR FAIRE MORDRE UNE VIS DANS DU BOIS TRÈS DUR
- On rencontre parfois une réelle difficulté pour faire pénétrer à fond une vis un peu longue dans des bois d’essence très dures : le tournevis échappe et mutile la tête de vis.
- On surmonte cette difficulté en opérant de la manière suivante :
- Prendre une vis identique à celle que l'on veut poser, et en meuler la moitié sur presque toute sa longueur pour en faire une sorte de mèche demi-ronde.
- Percer dans le bois des avant-trous au diamètre du noyau de la vis aux fonds des filets et tarauder littéralement atrec la vis coupée transformée en outil de taraudage.
- On a ainsi un filet creux dans lequel la vis « mordra », c’est-à-dire s’enfoncera sans difficulté et pourra être amenée à fond sans effort, surtout si l’on a pris la précaution de bien suifer préalablement la vis.'
- POUR UTILISER UNE MÈCHE TROP COURTE DANS UNE LAMPE
- Lorsque la mèche d’une lampe à pétrole ou à essence devient trop courte, elle ne plonge naturellement plus assez dans l’intérieur du récipient et l’on est obligé d’avoir le vase de la lampe
- resque entièrement plein, si l’on veut un bon fonctionnement.
- n est donc tenu de remettre fréquemment du pétrole ou de l’essence, ou bien de changer la mèche.
- Il y a moyen d’éviter tous ces inconvénients en allongeant la mèche avec un morceau de tissu, calicot, toile ou toute autre étoffe, de façon que l’extrémité plonge jusqu’au fond de la lampe.
- On peut ainsi utiliser jusqu’au bout la mèche de la lampe et il
- en résulte une petite économie qu’il est intéressant de ne pas négliger.
- REVÊTEMENT CALORIFUGE D'UNE BOUTEILLE
- On peut réaliser facilement un garnissage calorifuge pour une bouteille, de manière à conserver un liquide chaud ; la même disposition est, bien entendu, applicable pendant l’été pour conserver un liquide glacé.
- On utilise une grande boîte ou un bidon dont le couvercle ferme hermétiquement et l’on choisit une bouteille de verre épais, de hauteur moins grande que celle de la boîte et d’un diamètre plus petit de 5 cm environ.
- Le garnissage calorifuge est préparé avec du' carton ondulé. On découpe cinq disques tels qu’ils s’adaptent exactement dans le fond de la boîte, on superpose ces disques. On enroule ensuite une bande autour de la bouteille de manière à constituer cinq tours de carton ou même plus, si la place le permet, entre la bouteille et la boîte.
- On introduit l’ensemble dans la boîte; on recouvre ensuite les feuilles de carton ondulé enroulées et disposées verticalement, d’un disque de carton ordinaire dans lequel on perce un trou pour permettre au goulot de la bouteille de passer.
- Sur la surface, on coule de la cire à cacheter ou bien on met une épaisseur de poudre de liège mélangée de colle. Après séchage pendant un temps suffisant le dispositif est prêt à servir. L’isolement est parfait et l’appareil, s’il ne peut être transporté à la main, sera applicable à des déplacements en voiture. La bouteille peut avoir une capacité aussi grande qu’on le désire, le dispositif de fabrication restant le même.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1927 (*)
- Au moment du retour de la .planète Jupiter dans le champ de nos télescopes, l’intérêt se trouve de nouveau retenu par le curieux spectacle offert par les quatre principiaux satellites dans leur changement de position les uns par rapport aux autres. On sait qu’une petite lunette, même de faible grossissement, ou une bonne longue-vue suffisent pour observer ces quatre satellites. Il est bien évident que plus l’instrument sera puissant, plus le spectacle sera curieux à observer. En dehors des détails visibles sur le disque de Jupiter, une forte lunette montrera le diamètre des satellites, la forme et l’opacité de leurs ombres, etc.
- Les phénomènes présentés par les lunes de Jupiter sont
- Fig. 2. — Aspects télescopiques, tels qu’on les voit dans une lunette renversant les objets, des phénomènes du système des satellites de Jupiter. (Dessin de L. Rudaux.)
- 1. — a, Un satellite entre sur la planète. C’est le commencement d’un passage (P. c.). — b, Le satellite est entré entièrement et son ombre commence à entamer le bord de Jupiter (O. c.), — c, Le passage du satellite se termine, il va quitter le bord (P. f.). — d, L’ombre, a son tour, quitte le globe (O. f.).
- 2. — a. Un satellite passe derrière la planète, il va disparaître (Im.). — b, Le même satellite, après avoir effectué la traversée derrière Jupiter, réapparaît (Em.),
- 3. — a, Un satellite, au moment où il va entrer dans l’ombre que Jupiter projette derrière lui, à l’opposé du Soleil. Cette ombre est invisible et rien ne la distingue du fond du ciel. — b, Le même satellite presque entièrement plongé dans l’ombre, un instant avant sa disparition( E. c.).
- F E Ü_C b a
- T h ii
- Fig. 1. — Orbites des quatre principaux satellites de Jupiter.
- assez complexes : ils dépendent de la position de la Terre par rapport à Jupiter, de la vitesse relative des satellites autour de la planète centrale, de la distance des satellites et de l’inclinaison de leurs orbites.
- La figure 1 fera mieux comprendre le mécanisme de ces phénomènes. Les quatre principaux satellites décrivent les orbites marquées I, II, III, IY, dans le sens indiqué par les flèches, pour un observateur placé dans l’hémisphère nord. Ces orbites ont des inclinaisons assez faibles — et variables — les unes sur les autres.
- La planète Jupiter se déplace autour du Soleil en suivant une orbite qui passe par les chiffres 1Y, III, II, I, le centre de Jupiter et les flèches.
- Vue de Jupiter, la Terre peut s’écarter du Soleil au maximum de 11° environ. Les positions extrêmes qu’elle peut occuper sont les directions T4 ou T2. Il en résulte que tous les phénomènes possibles des satellites par rapport au globe de Jupiter se passent à l’intérieur de l’angle T2 T2 (le signe ^ représentant Jupiter).
- Considérons un satellite quelconque, mettons le III6, partant par exemple de la pointe de la flèche. Pour la Terre Tt, il est à une certaine distance à gauche de Jupiter. Par son mouvement de révolution, il se rapproche peu à peu du globe, et il arrive un moment où il sera vu dans la direction de B. C’est le commencement de son passage devant le disque (qu’on désigne par P. c.). Il traverse le globe de gauche à droite et sort dans la direction de A. C’est la fin du passage (P. f.).
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel, compté de O11 à 24k à partir de minuit. Le temps universel est l’heure légale en France. Toutefois, pendant la période d’application de Vheure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
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- Le satellite projette derrière lui, par rapport à Jupiter, un cône d’ombre. Quand ce satellite arrive vers p, le cône d'ombre touche Jupiter par la gauche, C’est le commencement du passage de Y ombre (O. c.) sur Jupiter; un observateur, placé dans cette tache, assisterait à une éclipse de Soleil par le satellite III. Ce satellite continuant son mouvement, l’ombre traverse le disque et finit par sortir par la droite. C’est la fin du passage de l’ombre (O. f.).
- Maintenant, si nous suivons le mouvement de ce satellite, il va peu à peu gagner la partie de son orbite située derrière Jupiter. Dans la direction A, il pénétrera derrière Jupiter, il y aura Immersion (Im.j. Au bout d’un certain temps, on verra le satellite réapparaître à gauche de Jupiter (après le parcours en,pointillé), il y aura Emersion (Em.). Puis, peu après, le satellite pénétrera dans le cône d’ombre O. Il sera éclipsé, cette position marquera le commencement de l’éclipse (E. c.). Quand il quittera l’ombre O, il réapparaîtra, ce sera la fin de l’éclipse (E. f.).
- Yoici donc, très succinctement décrits, les quatre genres de phénomènes que l’on peut observer. On remarquera que si la Terre, au lieu d’être en Tlf est plus près de la direction du Soleil, le point B s’est rapproché de C et le satellite, disparu en A derrière Jupiter, ne deviendra visible qu’après son éclipse. L’immersion (Im.) sera suivie de la fin d’une éclipse (E. f.). Quand la Terre est dans la partie de son orbite située entre la direction du Soleil et la direction Ta, c’est-à-dire entre la conjonction de Jupiter et l’opposition, les éclipses précèdent les immersions. Au contraire, quand la Terre est dans la partie de son orbite située entre la direction du Soleil et la direction Tî( c’est-à-dire entre l’opposition de Jupiter et la conjonction, les immersions précèdent les éclipses.
- La figure 2 donne les diverses apparences, vues dans une lunette, qui renverse les objets, des phénomènes du système de Jupiter. Il convient donc, si l’on veut mettre les dessins de cette figure d’accord avec ce qui vient d’être dit, de tourner cette figure de 180° dans son plan, c’est-à-dire de mettre le haut en bas.
- On trouvera plus loin la liste des phénomènes de Jupiter visibles ce mois-ci.
- I. Soleil. — ;Le Soleil, en juillet, s’élève de moins en moins haut sur l’horizon. Sa déclinaison, de +23° 10' le 1er juillet, n’est plus que de -f-18°28' le 31. La durée du jour, de 16“ 4“ le 1er, n’est plus que de 15h 8m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, en juillet :
- Dates. Heures du passage. Dates Heures du passage
- Juillet 1er llh 54“ 8» Juillet 17 11“ 56“ 32*
- — 3 llh 54“ 31“ — 19 11“ 56“ 42’
- — 5 llh54m 538 -— 21 llh 56“50*
- — 7 llh 55“ 14s — 23 llh56“ 55’
- — 9 11“ 55“ 33» — 25 llh 56“ 59*
- — 11 llh 55“ 50s — 27 11“57“ 0’
- — 13 llh56m 6" — 29 11» 56” 59’
- — 15 llh 56“ 20* —. 31 11“ 56” 55*
- Observations physiques. — Le tableau ci-après, extrait de VAnnuaire du Bureau des Longitudes, fait suite à celui publié le mois dernier. Il permet d’orienter correctement les dessins ou photographies du Soleil :
- Dates. V B0 K
- Juillet 5 —1<\30 -f 30,31 ‘ 285°,64
- — 10 — 0°,97 4-30,83 2190,46
- — 15 — 3o,22 4- 40,33 1530,29
- - 20 — 5°, 44 4- 4o,80 870,13
- 25 — 7»,59 4-50,24 20°, 98
- — 30 — 90,68 4- 50,64 314°,84
- Lumière zodiacale. — La grande durée des jours, en juillet, met un obstacle presque complet à l’observation de la lumière zodiacale. On pourra, cependant, essayer de l’observer, le matin, avant l’arrivée de l’aurore.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en juillet, seront les suivantes :
- P. Q, le 7, à 0h52m D. Q. le 21, à 14h 43ra
- P. L. le 14, à 19" 22“ • N. L. le 28, à 17h 36”
- Age de la Lune, le 1er juillet, à 0“=1J,7; le 29, à 0h — 0J,3. Pour une autre date du mois, consulter les précédents « Bulletins astronomiques ».
- ASTRE Dates : JUILLET Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (4) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 3h 55” 11“ 55” 4“ 19“54” 6“ 58“ + 22° 46' 31' 31"2 Gémeaux
- Soleil . . . . 16 4 5 11 56 26 19 48 7 39 + 21 30 31 31,2 Gémeaux > »
- 26 4 16 11 57 0 19 37 8 19 + 19 37 31 33,6 Cancer
- 6 5 46 13 12 20 38 8 16 + 17 16 10,4 Ç Cancer
- Mercure . . .< 16 4 58 12 16 19 35 8 0 + 15 52 11,6 ç Cancer | Inobservable.
- 26 3 48 21 12 18 37 7 35 + 16 59 10,6 X Gémeaux
- 6 7 59 15 2 22 5 10 3 + 12 55 34,8 a Lion , Le soir.
- Vénus . . . . 16 8 11 14 54 21 37 10 36 + 8 48 28,2 *p Lion 1 Plus grande élongation
- 26 8 17 14 41 21 5 11 2 + 4 40 32,4 x Lion ' le 2.
- \ 6 6 59 14 21 21 43 9 23 + 16 35 4,0 Lion
- Mars 16 6 55 14 6 21 18 9 48 -1- 14 33 3,6 a Lion Devient pratiquement
- 26 6 50 13 51 20 51 10 12 + 12 21 3,8 a Lion ! inobservable.
- Jupiter. . . . 16 22 30 4 33 10 36 0 15 — 06 40,4 12 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . . 16 15 41 20 14 0 47 15 59 — 18 32 16,0 u Scorpion Première partie de la nuit.
- Uranus. . . . 16 22 27 4 32 10 38 0 14 + 0 40 3 6 44 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune . . . 16 7 2 14 9 21 15 9 52 + 13 29 2,4 v Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- = 566 1......:: ..—
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juillet : le 14 = — 24°11'; le 27 = + 24® 12'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 7 juillet, à 0\ Parallaxe = 54' 15". Distance = 404 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 juillet, à 12h. Parallaxe =59' 29". Distance =368 640 km.
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 13 juillet, occultation de 126 B Sagittaire (gr. 5,7), de 20h 40m à 21h54 .
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 14 et de la Nouvelle Lune du 28. Elles seront, d’ailleurs, d’amplitude assez faible, ne dépassant pas la valeur 0,89.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide de données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les principales données pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juillet.
- Mercure, en juillet, est inobservable. Il sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 19, à 12h. Voici le tableau de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,17 + 1,5
- 10 0,09 + 2,0
- 15 0,03 + 2,6
- 20 0,01 + 3,0
- 25 0,04 + 2,4
- 30 0,12 + 1,7
- Vénus atteindra sa plus grande élongation du soir, le 2 juillet, à 15\ à 45° 26' à l’Est du Soleil. La planète brille d’un magnifique éclat dans le crépuscule. Son diamètre augmente rapidement, car elle se rapproche de la Terre. Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. * Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,48 -4,0
- 10 0,45 — 4,0
- 15 0,42 — 4,1
- 20 0,39 — 4,1
- 25 0,35 -4,1
- — 30 0,31 — 4,2
- M. E.-M. Antoniadi, le célèbre observateur de planètes, recommande d’observer Vénus aussi fréquemment que possible. On n’y voit pour ainsi dire pas de détails,, mais s’fi se produit une éclaircie dans son atmosphère, il est bon d’être à l’affût pour l’enregistrer.
- Mars, extrêmement rapetissé par son éloignement, est pratiquement inobservable, se couchant de plus en plus tôt dans le crépuscule.
- Jupiter est de mieux en mieux placé pour être observé, d’autant plus qu’une petite lunette suffit pour reconnaître son disque aplati, traversé de bandes nuageuses, et pour suivre les évolutions de ses quatre principaux satellites, comme on Ta vu plus haut. Voici la liste des phénomènes visibles en juillet. (Voir ci-après.)
- Saturne est encore visible le soir, au-dessus des étoiles du Scorpion. L’anneau se referme légèrement ce mois-ci. Voici les éléments de l’anneau à la date du 17 juillet :
- Grand axe extérieur. . ..........................
- Petit axe extérieur..............................
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau ............................................
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau.
- 40",20 16",87
- + 24° 49' 4- 25° 33'
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno mène.
- 1 3 3” I E. c.
- 2 0 31 II O.f.
- 2 0 40 II P.c.
- 2 1 43 I P. c.
- 2 2 35 I O.f.
- 2 3 15 II P. f.
- 3 1 11 I Em.
- 7 2 14 III E. c.
- 9 0 26 II O. c.
- 9 2 15 I O. c.
- 9 3 3 II O f.
- 9 3 15 II P. c.
- 9 3 35 I P. c.
- 10 3 3 I Em.
- 11 0 15 I P. f.
- 11 0 28 II Em.
- 11 0 31 III P. f.
- 16 3 3 II O. c.
- DATE Juillet Heure. Satel- lite. Phéno mène.
- 17 lh 20m I E. c.
- 17 23 54 I P.c.
- 18 0 50 I O.f.
- 18 0 50 I P.c.
- 18 1 39 III P. c.
- 18 2 6 I P. f.
- 19 2 1 IV O. c.
- 24 3 15 I E. c
- 25 0 13 III O. c.
- 25 0 20 II E. c.
- 25 0 31 I O.c.
- 25 1 44 I P. c.
- 25 2 44 I O.f.
- 25 3 14 III O.f.
- 25 3 55 I P. f.
- 26 1 12 I Em.
- 27 0 3 II P f.
- Titan, le plus brillant des satellites, est surtout visible lors de ses élongations, que voici :
- Dates. Élongation. Heure.
- Juillet 6 Orientale. 16\2
- — 14 Occidentale. 19\1
- — 22 Orientale. 14\3
- — 30 Occidentale. 17\3
- Uranus, dans les Poissons, sera presque immobile pendant tout le mois. On peut le suivre avec une petite jumelle. On le trouvera à l’aide d’une bonne carte et de sa position sur le ciel, donnée ci-après :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Juillet 6 0h 14» + 0» 40' 3",6
- — 16 9h 47m + 0° 40' 3",6
- — 26 9h 47m + 0° 37' 3". 6
- Neptune est inobservable. Il sera en conjonction] avec le Soleil le mois prochain.
- IV. Phênatnènes divers. — Conjonctions :
- Le lor, à lh, Mercure en ean+ arec la Lune, à 4° 8' S.
- Le 2, à 4h, Mars — — la Lune, à 2° 45' S.
- Le 2, à 5h, Vénus — — Neptune, à Q»49-' N.
- Le 2, à 21h, Neptune — — la Lune, à 4« 9' S.
- Le 2, à 22h, Vénus — — la Lune, à 3°24' S.
- Le 9, à 16h, Jupiter — — Uranus, à 0° 38' S.
- Le 10, à 23h, Saturne — — la Lune, à 0»22' S.
- Le 13, à 20h, Vénus — — P 240
- fgr. 4,0) à O» r N.
- Le 17, à 17h, Mars — — Neptune, à 00 43' N.
- Le 18, à 17h, Mercure — — 1 Ecrevisse, à 0° 4' S.
- Le 19, à 18\ Uranus — — la Lune, à 4n 51' N.
- Le 19, à 19\ Jupiter — - la Lune, à 4h 10' N.
- Le 27, à 17h, Mercure — la Lune, à 6’1 30' S.
- Le 30, à 7k, Neptune, — — la Lune, à 4h 7' S.
- Le 30, à 22h, Mars, — — la Lune, à 3°52' S.
- Étoiles filantes. — En juillet commence, vers le 8,la chute
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-
- des Perséides. Le radiant initial se trouve vers l’étoile o Cassiopée.
- Yoici la liste des essaims actifs en juillet (d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes et les observations de M. W.-F. Denning) :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Juillet 23 au 25 48° -F 43° p Persée.
- — 25 au 28 335° + 26° t Pégase.
- — 26 au 29 342» — 34° ô Poisson austral.
- — 27 7° + 32° 8 Andromède.
- — 27 au 29 341° — 13o 8 Yerseau.
- — 27 au 31 29° -F 36° P Triangle,
- — 31 310° + 44° a Cygne.
- Etoile polaire. —- Yoici les époques, de 10 en 10 jours,
- de passage de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
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- Dates.
- Heures du passage supérieur.
- Temps sidéral à midi moyen de Paris.
- Juillet 10 — 20 — 30
- 6h 17® 8' 5h 38m 0‘ 4h 58m 52!
- 7h 9m37s,8 7h 49m 3S,4 8h 28m 29’,0
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ((3 Persée) : le 4, à 2" 35“ ; le 6, à 23h 24“ ; le 27, à lh 4“ ; le 29, à 21h 53“.
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le l°r juillet, à 23h est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- AuNord:La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher. A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase, le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Grande Ourse.
- . Em. Touchet.
- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Gustave André.
- M. Charles Barrois vient d’annoncer à l’Académie des Sciences la mort de l’ancien préparateur de Berthelot, devenu membre de l’Institut, dans les termes suivants :
- « M. Gustave André était entré dans la carrière scientifique dans le laboratoire de Frémy,plus curieux des manifestations de la vie que de chimie pure. La nature n’avait pas perdu ses droits. Devenu préparateur d’Histoire naturelle à la Faculté de Médecine, il présenta à cette Faculté, à l’âge de 24 ans, une Thèse inaugurale de Doctorat Sur la respiration végétale dans ses rapports avec l'hygiène. Dès ses débuts, et d’inspiration, il avait trouvé la voie, où il allait marcher sa vie durant, parmi les fleurs, et travaillant pour elle. Il était fils de l’architecte Louis-Jules André, membre de l’Académie des Beaux-Arts. Il fut attiré par le laboratoire de Marcelin Berthelot. Préparateur du Maître, il entreprend l’étude des oxychlorures et des oxybromures, imagine des procédés nouveaux de préparation et mesure la chaleur de formation de ces sels basiques. Son diplôme de Docteur ès sciences fut le fruit de ses recherches de chimie minérale.
- Grâce à la création en 1883 de la Station de Chimie végétale de Meudon, annexée à la chaire de Chimie organique du Collège de France dont le titulaire était Berthelot, Gustave André put reprendre bientôt ses recherches premières de physiologie et de chimie des végétaux. Elles parurent assez méritantes à Berthelot pour qu’il associât son Chef de travaux à ses recherches personnelles. Pendant 15 ans, le nom de Gustave André, indissolublement allié à celui de Marcelin Berthelot, se retrouve au front de 47 Mémoires publiés par eux en collaboration, au plus grand profit de la science et à l’honneur des sentiments respectifs du maître et du disciple. La fécondité de cette union est connue de tous ceux qu’intéressent les grands problèmes scientifiques et sociaux posés pas l’étude de la nutrition des végétaux.
- Les résultats acquis sont devenus classiques. La plupart des grandes questions de la chimie végétale ont été fouillées ; les composés amidés complexes de la terre végétale et de l’humus, l’émission du bicarbonate d’ammoniaque, la chaleur de formation et de combustion des principaux amidés dérivés des matières albuminoïdes, les matières organiques de la
- terre végétale et de l’humus, la respiration végétale, l’état des matières minérales dansla plante et dans le sol, la décomposition des matières sucrées et la formation d’humus, etc.
- Dans l’examen des phénomènes de la vie des plantes, ce qui dominait pour Berthelot, c’était leur explication par les lois ordinaires de la Physique et de la Chimie; ce qu’y cherchait de préférence G. André, c’était la connaissance exacte et précise de ces phénomènes en eux-mêmes et des conditions de leur fonctionnement, dans des conditions variées. Son activité restait fidèlement attachée au service de l’agriculture.
- Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, André fit siennes les préoccupations essentielles des physiologistes et des agriculteurs. Dans la chaire magistrale de chimie agricole de l’Institut national agronomique, qui lui fut confiée, il exposa les conditions dans lesquelles s’effectue l’évolution de la plante, les ressources que celle-ci offre à l’alimentation, les lois qui régissent la production végétale, tout ce que le chimisme des plantes et celui de leur support naturel, le sol, peuvent apprendre à l’agronome et au savant.
- La nutrition des végétaux verts étant exclusivement minérale, il appartenait, d’après lui, à l’activité du monde végétal de tirer de leur inertie les éléments tombés dans l’indifférence chimique. Pour saisir ses procédés sur le vif, André comprit dans son analyse la série complète des transformations chimiques et biologiques qui se succèdent au cours de l’évolution de la plante.
- Les corps ternaires, sucre, amidon, cellulose se forment sous l’influence de la lumière solaire dans les plantes vertes aux dépens du gaz carbonique de l’atmosphère ; la matière vivante toutefois ne comporte pas seulement ces corps, et l’entrée en jeu de l’azote est indispensable à la formation du protoplasme, d’où l’importance du cycle de l’azote. G. André précisa son rôle à l’état gazeux, les conditions de son absorption par les plantes, celles de la nutrition azotée aux dépens des nitrates, des sels ammoniacaux et des matières complexes qu’on rencontre dans l’humus; grâce à lui, le mécanisme de la transformation de l’azote minéral en azote organique, nitrique, soluble et diffusible est mieux connu, comme aussi la nature des principaux corps azotés qu’on rencontre chez le végétal. Les transformations de la matière minérale et de la matière organique au cours de la germination, de l’accroissement, de la maturation ont été élucidées ; et les migrations
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- des matières hydrocarbonées, des matières azotées, des substances minérales à travers les organes ont pu être suivies chez les végétaux annuels et chez les plantes vivaces, ainsi que le transport des principes immédiats vers.les organes de réserve.
- Les études de G. André sur la constitution du sol ne le cèdent pas en importance aux précédentes. C’est sur le sol que l’homme a les moyens les plus puissants, par son action mécanique; par l’emploi'dé Substances susceptibles de le modifier ou de concourir à la nutrition de la plante. C’est dans le sol en effet que la plante puise sa nourriture, parmi les substances minérales ou parmi les matières humiques issues des végétations antérieures. André mesura l’influence de l’humidité et celle des saisons sur la nitrification, par l’analyse comparée de sols acides et alcalins prélevés à des profondeurs variées. Il sut aussi mesurer le déplacement de la potasse et de l’acide phosphorique, des silicates et des phosphates, par des engrais comme le sulfate d’ammoniaque. On sait combien l’emploi des engrais azotés, nitrates et sels ammoniacaux, a amené de profondes transformations dans l’agriculture et augmenté les rendements des récoltes. Une part de ce progrès revient à André.
- Analyste habile autant qu’expérimentateur zélé, son nom vivra avec ceux des maîtres de la chimie agricole qui ont montré l’importance relative des divers éléments du sol pour le développement des plantes ; la façon dont ils se fixent dans les tissus, les procédés 'par lesquels la plante réalise les synthèses indispensables à son évolution. Son œuvre, si documentée, est une réserve de richesse végétale où toute une génération d’agriculteurs a puisé largement, un fonds, où il y a tout à prendre, et rien à résumer pour qui veut en profiter pleinement. Elle demeurera comme l’épanouissement des travaux de chimie végétale de Marcelin Berthelot*
- Les jours de Gustave André se sont écoulés, dans les laboratoires de Frémy, de Berthelot et de l’Institut agronomique, à chercher comment se nourrissaient les plantes. Sa vie a valu aux savants, ses collègues, de connaître les conditions qui présidaient à leur croissance et quels moyens étaient à la disposition de l’homme pour y satisfaire. Et en ce moment même, où nous déplorons sa perte, c’est sa voix qui dit aux épis de nos champs « croissez et multipliez-vous », c’est sa main qui distribue la manne autour de nous, car quel autre a reversé plus que lui dans le cycle de la vie l’azote, le phosphore, la chaux, éléments qui dormaient stabilisés dans les profondeurs du sol depuis les périodes géologiques, et qui à chaque saison vont se concentrer, rançon des gloires françaises, dans les caisses nationales, après avoir été rendus assimilables par les plantes. »
- INDUSTRIE
- Les déchets d’amiante. — Leur utilisation comme amendement des terres acides.
- L’amiante du Canada, l’amiante bleue surtout, est particulièrement estimée dans le monde entier et ses importations mondiales atteignent des chiffres considérables.
- Leur exploitation donne lieu à un déchet qui a été inutilisable jusqu’ici, et qui s’élève à un tonnage dix fois plus grand que le produit commercial vendu. Ce déchet, dont la composition est identique à l’amiante elle-même, contient 93 0/0 de silicate de magnésie hydraté, c’est-à-dire 40 0/0 de silice et autant de magnésie.
- M. Amstrong (Canadian Chemistry and Metallurgy), a longuement étudié l’emploi de ces déchets comme amendement destiné à neutraliser l’acidité des prairies naturelles et même des terres à luzerne.
- Ces déchets donneraient, dit-on, de meilleurs résultats que les marnes comme amendements des terres acides. On admet
- que la silice mise en solution est un élément nutritif important de la plante et des légumineuses en particulier.
- A. Hutin.
- VITICULTURE
- Production mondiale du vin.
- La hausse actuelle des prix du vin peut-être expliquée par les renseignements que donne la Revue internationale d’agriculture sur les récoltes de ces dernières années et notamment celle de 1926 (fig. 1).
- Les résultats de la dernière campagne viticole ont été très défavorables dans presque tous les pays producteurs, mais surtout en France et en Espagne, où depuis longtemps on n’avait pas vu de récolte aussi faible. En premier lieu, l’humidité excessive favorisa le développement des maladies
- Fig. 1. — Production du vin en millions d’hectolitres.
- 1. Production totale; 2. France ;-3. Italie; 4. Espagne; 5. Autres pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Grèce, Hongrie, Luxembourg, Malte, Portugal, Roumanie, Royaume des Serbes, Croates et Stovènes, Suisse et Tchécoslovaquie) ; 6. Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie).
- cryptogamiques, surtout de l’oidïum et, ensuite, la sécheresse prolongée, causa de fortes pertes dans la production, si bien que la production mondiale a été inférieure de 30 pour 100 à celle de 1925, de 24 pour 100 à la moyenne des cinq années 1921 à 1925, et de 7 pour 100 à la moyenne des cinq années 1909 à 1913.
- La récolte dans l’hémisphère austral vient seulement d’être terminée. On ne possède d’informations que sur la récolte de l’Argentine qui représente, en moyenne, près des deux tiers de la production totale de l’hémisphère méridional. Dans ce pays la saison a été défavorable à la culture de la vigne qui a beaucoup souffert de la très forte gelée du 7 novembre. L’enquête poursuivie par le Ministère de l’Agriculture de l’Argentine, a relevé des dégâts extrêmement graves, surtout dans la province de Mendoza qui est là principale région viticole, et. où l’on estime que plus de la moitié de la récolte est perdue. Il faudra donc attendre l’automne prochain, à supposer que les conditions clématériques de cet été soient favorables, pour reconstituer les stocks de vin et assister à une baisse de prix.
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- LIVRES NOUVEAUX
- The National Physical Laboratory. Collected Researches. Vol. XIX, 1926. 1 Toi., 443 p. His Majesty’s Stationery Office. London, 1926. Prix : 18 sh. 6 d.
- Le « National Physical Laboratory », institution officielle anglaise, poursuit dans un vaste domaine un très grand nombre de recherches et de mesures, dont l’objet est de fournir aux sciences appliquées les précisions techniques et théoriques indispensables à leurs progrès. Des sommes considérables, se chiffrant par plusieurs dizaines de millions, sont consacrées à ces recherches qui emploient un nombreux effectif de savants fort distingués. Le présent volume qui donne les résultats de quelques-uns de ces travaux ne contient pas moins de 31 mémoires, tous d’un grand intérêt. Signalons tout particulièrement une série de mémoires à la fois théoriques et expérimentaux de M. Davis sur l’importante question de la convection de la chaleur, celui de M. Griffiths sur l’étude et la comparaison des hygromètres, la description par MM. Backhurst et Kaye de nouvelles pompes, entièrement métalliques, perfectionnements des trompes Langmuir pour la production des vides élevés, les études de MM. Griffiths Kaye, etAuberg, sur la thermométrie pratique, sur les mesures de conductibilité thermique et sur certains matériaux mauvais conducteurs. Plusieurs mémoires de MM. Kaye, Chven, Bowes, Preston sont consacrés aux rayons X : composition des rayons X émis par divers métaux, étude des matériaux protecteurs, dosage des l’ayons X, analyse cristalline par les rayons X.
- La Physique moderne de l’Electron, par A. Boutaric. 1 vol. 266 p. Félix Alcan, Paris, 1927. Prix : 15 francs.
- L’étude des propriétés électriques des solutions et surtout celle du passage de l’électricité à travers les gaz, après avoir introduit en physique la notion précise des ions, a également amené à concevoir l’ion négatif élémentaire, au électron, comme un constituant fondamental de la matière. Les rayons cathodiques nous montrent des électrons en liberté, et toute une branche de la physique dont l’importance théorique et pratique s’accroît tous les jours, est aujourd’hui consacrée à l’électron. M. Boutaric, dans un nouveau livre, en donne un résumé très clair qui permettra à ses lecteurs de s’initier aisément à cette physique aussi attachante que nouvelle. 11 montre comment on a mis en évidence les propriétés fondamentales de l’électron ; il énumère les phénomènes qui donnent lieu à un dégagement de ces corpuscules ; il résume les théories modernes sur la structure de l’atome et ses rappoi’ts avec la lumière émise par les coi'ps ; il donne un aperçu de la théorie électronique des métaux, signale les liens entre le magnétisme et l’électron, le rôle de celui-ci dans la théorie de la relativité et termine par des notions sur les rayons X, les lampes électroniques et les piles photoélectriques.
- Les Sucres et leurs dérivés, par Marc Cramer. 1 vol. in-16, 353 p., 6 fig. Encyclopédie scientifique. Gaston Doin etCio, Paris, 1927. Prix : 28 francs.
- Au cours de ces dernières années, la chimie des sucres s’est transformée et compliquée. Des faits que l’on croyait acquis, des formules que l’on croyait établies ont dû êti’e révisés et soumis à une critique sévère. Ainsi en a-t-il été de la formule du glucose, le mieux Connu cependant des sucres, et de la présence du glucose ordinaire dans l’organisme vivant. Il est. donc très difficile de se reconnaître, dans l’amas des données contradictoires qui ont été publiées sur la chimie des sucres. L’auteur indique non seulement l’état actuel de nos connaissances, mais aussi l’importance des nombreux points obscurs qui subsistent et la direction dans laquelle il semble que les travaux futurs devront s’orienter. Le volume se.termine par un index bibliographique abondant poussé jusqu’au milieu de 1926 et que l’auteur s’est attaché à rendre aussi complet que possible, surtout en ce qui concerne les publications récentes.
- Physiologie de l’ascension de la sève, par sir Jagadis Chunder Bose. Traduit par Nicolas Deniker. 1 vol. in-8, 286 p., 93 fig. Gauthier-Yillars, Paris, 1927.
- On sait que le professeur Bose poursuit dans son Institut de Calcutta, au moyen de méthodes très sensibles qu’il a créées, des études particulièrement remarquables sur la physiologie des
- fdantes. Voici un nouveau résultat de ses expériences, concernant 'ascension de la sève. Laissant de côté les théories classiques qui font intervenir l’osmose et la transpiration, l’auteur enregistre l’ascension, la transpiration, l’exsudation; il trouve tout le long de la plante des cellules douées de pulsations, véritables pompes qui lancent la sève dans les canaux; le mouvement de la sève est antagoniste des impulsions nerveuses que Bose a déjà
- signalées chez les végétaux. Il arrive ainsi à des points de vue tout nouveaux sur les échanges et la physiologie des plantes.
- Handbook of the Echinoderms of the British Isles,
- par Th. Mortexsex. 1 vol. in-8, 471 p., 269 fig. Humphrey Milford, Oxford University Press, London. Prix : relié, 38 sh.
- Les zoologistes français ont depuis quelques années un livre pour les guider dans la détermination des oursins, étoiles de mer, ophiures et holothuries qu’ils rencontrent : celui de Kœhler pu-. blié dans la Faune de France. Les Danois ont depuis 1924 l’ouvrage de Mortensen dans la Danmark’s Fauna. Le directeur du Muséum de Copenhague vient d’écrire un nouvel ouvrage plus étendu dans lequel il a fait entrer non seulement les formes côtières, mais aussi toutes les espèces de grands fonds trouvées dans l’Atlantique oriental et qu’on peut rencontrer un jour ou l’autre sur nos côtes. Pour chaque espèce, il donne les renseignements connus sur sa biologie, sa nourriture, son développement, ses formes larvaires planctoniques, sa distribution géographique. Ces indications faunistiques et biologiques sont particulièrement précieuses pour orienter de nouvelles recherches. Inutile d’ajouter que l’ouvrage est remarquablement sûr comme documentation et fort bien illustré, ce qui facilite sa consultation.
- Les radiations lumineuses en physiologie et en thérapeutique. De l’infra-rouge a l’ultra-violet,
- par le Dr A.-C. Guillaume. 1 vol. in-8, 515 p., 19 fig. Masson et Gi0, Paris, 1927. Prix : 40 francs.
- On parle beaucoup de rayons ultra-violets, de cures de soleil artificiel, d’actinothérapie ; c’est un mode de traitement très à la mode. Mais que faut-il en penser ? Notre collaborateur, le D1 A.-C. Guillaume, met les choses au point dans ce livre fort sage et solidement documenté. Après avoir rappelé ce que sont, en physique, la lumière et les radiations, après avoir indiqué ce que sont les diverses sources de lumière dont nous disposons, leur intensité, la composition de leur rayonnement, il décrit les divers modes d’action des radiations et les altérations de la peau qu’elles peuvent produire : érythème, phlyctènes et escarres, pigmentation. Puis il énumère les moyens de défense de l’organisme, naturels : opacité de l’épiderme, vasodilatation, sueur ; artificiels : verre, vêtements, voiles, poudres, crèmes, etc. Il discute ensuite de l’antagonisme entre l’infra-rouge et l’ultra-violet, énumère les effets locaux éloignés, les effets profonds et les effets généraux des radiations lumineuses. Un chapitre est consacré aux phénomènes de fluorescence et à la lumière para-ultra-violette de Wood.
- Tout ceci le conduit à l’étude de l’utilisation thérapeutique des radiations. Après avoir énuméré tous les effets attribués à l’acti-nothérapie et tous les cas dans lesquels on a proposé de l’employer, il aboutit à la conclusion que la thérapeutique actinique n’est pas une panacée, mais un agent très actif qu’il faut employer avec circonspection, parce qu’il n’est pas sans danger. Sous cette réservé, il peut être, non pas un traitement prépondérant, mais un adjuvant intéressant pour certains cas qu’il serait nécessaire de mieux connaître.
- Un appendice décrit les techniques et l’appareillage utilisables. Il est suivi d’une longue bibliographie.
- L’Année psychologique. 26e année, 1925, publiée par H.
- . Piéron. 1 vol. in-8, 755-)-XX p., fig. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1926. Prix : 70 francs. Voici le 26e volume de la précieuse publication commencée par Beaunis et Binet et que Piéron continue en l’amplifiant. C’est l’encyclopédie française, année par année, des progrès de la psychologie et de toutes les sciences qui s’y rattachent : anatomie, physiologie et pathologie nerveuses, psychologie générale, physiologique et comparée, pédagogie, psychotechnique, métapsy-chique, etc.
- Chaque volume comprend trois parties : des mémoires originaux, des notes et revues, de très nombreuses analyses bibliographiques. Celui-ci débute par trois études originales sur la vision, une sur l’audition, deux sur la psychologie de l’enfant, un mémoire traite de la sensation, l’image et l’hallucination chez Taine. Puis viennent des notes techniques sur l’action analgésiante de l’effort musculaire, la psychogenèse de l’attention, la mesure des temps de réaction. La plus grande partie du volume est consacrée à l’analyse de plus de 1000 travaux parus dans l’année, en toutes langues ; c’est le bilan complet de l’activité de cette science, un répertoire admirablement classé.
- Mémoires et analyses forment un tout indispensable à celui qui veut à sa portée un instrument de travail commode et précis, le tenant au courant de tout l’ensemble du mouvement psychologique contemporain.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Appareil enregistreur d’oxygène dissous dans l’eau.
- La corrosion des chaudières est attribuée à la présence d’oxygène qui se trouve dissous dans l’eau d’alimentation ;
- Batterie
- 2 volts
- de charge
- Electrolyseur
- Pont de /î\.Wheas tone
- ITchambre
- réglage
- Catharomètre (Vj
- Arrivée
- d'eau
- Résistance réglable
- Trop plein
- Galvanomètre
- Tube central à hydrogène
- Corps ovoïdes
- Colonne d'épuration
- Fig. 1. — Les organes de l’appareil enregistreur d’oxygène.
- aussi a-t-on muni la plupart des stations centrales à vapeur d’appareils destinés à désàérer l’eau.
- Leur rôle consiste à maintenir la teneur en oxygène dissous à une valeur très réduite. 11 est, en effet, extrêmement difficile d’éliminer complètement l’oxygène de l’eau, mais cela n’est vpas absolument indispensable, car on a reconnu qu’il n’y a aucune crainte d’effet néfaste sur les tôles des chaudières si la quantité d’oxygène dissous ne dépasse pas 1/10 de centimètre cube par litre d’eau, ce qui représente une teneur de 1/10.000.
- Il est possible, avec un appareil désaérateur bien installé, d’arriver à ce résultat ; cependant l’eau ainsi préparée est capable de se charger, dans le parcours de l’appareil à la chaudière, d’une certaine quantité d’oxygène ; celui-ci provenant des rentrées d’air, même très petites, se produisant par les soupapes ou par les joints des pompes.
- Il est donc utile d’avoir un appareil qui indique et qui enregistre la quantité d’oxygène contenu dans l’eau d’alimentation à l’entrée de la chaudière. Un appareil basé sur le principe dû catharomètre, que nous décrirons plus loin, a été réalisé par la Cambridge Instrument C°. Cet enregistreur d’oxygène dissous, d’un fonctionnement extrêmement précis,
- est construit cependant d’une manière robuste de façon à permettre son installation dans une chaufferie. Il enregistre d’une manière continue la quantité d’oxygène qui se trouve en suspension dans l’eau d’alimentation des chaudières.
- Le graphique est gradué en dixièmes de centimètres cubes d’oxygène dissous dans un litre d’eau. Le déplacement maximum du style traceur correspond à toute la hauteur du graphique, soit à 1 cm cube d’oxygène.
- En fonctionnement normal, le déplacement du style ne doit pas être supérieur à 1/10 de cette valeur. L’examen de la courbe tracée permet de déceler instantanément les défauts du système d’alimentation et d’y remédier, alors que sans cette indication le fonctionnement pourrait rester défectueux pendant une longue période, au détriment des tôles des chaudières.
- L’appareil enregistreur est d’ailleurs facile à combiner avec un circuit électrique qui actionne une sonnerie, une
- Fig. 2. — Vue de l’appareil enregistreur.
- lampe, un klaxon, un appareil avertisseur optique ou sonore qui peut signaler la présence d’oxygène.
- Le principe de l’appareil est le suivant : .
- Dans une tour d’épuration, remplie de petits corps ovoïdes destinés à augmenter la surface de contact, on fait circuler, à une vitesse constante, une petite quantité d’eau prélevée sur la canalisation d’alimentation. Cette eau est épurée au moyen d’un courant constant d’hydrogène obtenu par élec-trolyse.
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- L’hydrogène déplace l’oxygène de l’éau d’alimentation et on règle les vitesses d’écoulement de l’hydrogène et de l’eau, de manière que la quantité d’oxygène ainsi déplacée représente un pourcentage suffisant par rapport à la quantité totale des gaz qui se dégagent à la partie haute de la tour d’épuration.
- Il suffit maintenant de mesurer ce pourcentage. Ici intervient l’appareil dit catharomètre, qui fonctionne de la manière suivante :
- Une pièce métallique en forme de boîte comporte deux chambres séparées. Dans chacune d’elles se trouve une spirale en fil de platine; les deux spirales sont identiques et sont montées électriquement comme les branches d’un pont de Wheatstone.
- Fait-on circuler un courant électrique dans le circuit ? les spirales s’échauffent et transmettent la chaleur aux parois de la boîte. La température et par conséquent la résistance électrique de chaque spirale de platine dépendent de la conductibilité thermique du gaz dans lequel chaque spirale est plongée.
- Dans l’une des chambres on fait passer l’hydrogène pur venant J\ie l’appareil à électrolyse ; dans l’autre, les gaz dégagés à la partie supérieure de la tour d’épuration. A cause de la présence d’oxygène dans l’eau d’alimentation, la composition de ce dernier gaz est différente de l’hydrogène pur. Par conséquent, les conductibilités thermiques dans les deux chambres sont aussi différentes. Il en résulte des variations dans la température et dans la résistance électrique des spirales.
- Cette différence provoque une rupture d’équilibre du pont de Wheatstone et, par suite, une déviation de l’aiguille du galvanomètre, réglé de façon que l’amplitude indique la quantité d’oxygène existant dans la deuxième chambre.
- Voici maintenant comment l’appareil est installé :
- L’eau d’alimentation, sous forte pression, franchit une soupape à pointeau, passe par un robinet d’admission et arrive dans une cuve de charge constante. Celle-ci comporte un tuyau de trop-plein ; l’eau est donc ainsi sous une charge invariable et n’a aucun contact avec l’air. L’écoulement dans la tour d’épuration est réglé par un robinet à l’allure de 500 cm cubes par minute.
- L’hydrogène nécessaire est engendré d’ans un bac par un courant de 1,4 ampère fourni par une distribution à courant continu avec rhéostat de réglage constitué par des lampes à incandescence, montées en série,, bu bien par une distribution à courant alternatif qui alimente un redresseur.
- L’hydrogène ainsi obtenu par électrolyse passe dans la première chambre du catharomètre, puis par un tube central au bas de la colonne d’épuration. A la partie supérieure de cette colonne, les gaz recueillis sont envoyés dans la deuxième chambre du catharomètre, puis évacués à l’air libre.
- L’enregistreur employé est du type à fil, entraîné par un mécanisme d’horlogerie et comprenant un galvanomètre à cadre mobile. L’aiguille porte automatiquement toutes les minutes sur un fil ruban encré, qu’elle amène au contact de la feuille en mouvement. Le frottement du style est entièrement évité et le graphique se présente sous forme de points très rapprochés.
- Au-dessus de l’aiguille, une échelle graduée permet de lire instantanément la proportion d’oxygène à un moment quelconque. Le tracé relatif aux heures est toujours visible. La feuille d’enregistrement est réglée pour 25 heures.
- Tout l’ensemble du mécanisme est enfermé dans une boîte métallique, de manière à être à l’abri de l’humidité et des vapeurs. Il se fixe au mur ou sur une console quelconque.
- Cette boîte contient à la partie inférieure un rhéostat, de façon à maintenir constant le courant qui circule dans le
- pont, compensant ainsi toutè fluctuation de voltage de la batterie 2 volts. Celle-ci est logée dans un compartiment ménagé à la partie arrière de la boîte même de l’enregistreur.
- En principe, l’installation est destinée à enregistrer la proportion d’oxygène en un seul point de la tuyauterie, mais on peut utiliser des enregistreurs multiples, capables de relever des graphiques en d’autres points.
- Le même appareil peut d’ailleurs servir en cas de besoin à^enregistrer des températures, des quantités d’acide carbonique ou d’oxyde de carbone sur le même graphique. Au lieu d’avoir un appareil enregistreur on peut aussi se contenter d’un indicateur simple ou multiple, ou bien d’une combinaison de deux sortes d’appareils.
- L’installation d’un indicateur de teneur en oxygène dissous est, comme on le voit, facile à réaliser et elle présente pour une chaufferie un grand intérêt pratique.^
- En vente chez F. G. Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- OBJETS UTILES
- Appareil pour nettoyer les tuyaux d’écoulement.
- Un appareil nouveau, ingénieusement conçu, permet de nettoyer les conduites de décharge des eaux d’évier, de lavabo, uniquement par l’action de l’eau sous pression.
- Il est constitué par un tuyau flexible terminé à chacune de
- Fig. 3. — Extrémité du tuyau Fig. 4. — Montage et joint de raccôjd au, robinet. du tuyau.
- ses extrémités par deux joints. L’un de ces joints s’adapte à une source quelconque d’eau sous pression, l’autre est placé de façon étanche sur l’ouverture d’évacuation de la conduite obstruée.
- Le joint fixé au robinet d’arrivée d’eau est constitué par un godet métallique qui contient un tampon de caoutchouc. Ce godet est muni d’une chaîne qui fixe le raccord à T embouchure de la conduite d’eau sous pression. Ainsi le tampon est comprimé latéralement, l’étranglement du canal
- Fig. 5 et 6.
- A gauche : Coupe du godet monté sur l’éponge:.
- À droite : L’appareil en fonctionnement.
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- central est impossible et le joint se place sur toutes sortes de robinets de forme ronde et ovale ou plate.
- L’autre partie de l’appareil, qui se fixe sur la conduite à déboucher, est formée d’un corps élastique poreux. Au centre vient s’insérer, parle haut, une sorte de pavillon tronconique sur lequel est raccordé le tuyau souple d’arrivée d’eau sous pression. Ce pavillon s’appuie sur la masse spongieuse par une embase et il s’emboîte sur un godet tronconique, qui est inséré par en bas dans la masse spongieuse.
- On a ainsi un joint parfaitement souple, qui s’applique sur les surfaces de forme quelconque et qui évite le giclement de l’eau sur l’opérateur. Le joint est maintenu en contact sur les surfaces par une pression exercée à la main.
- Pour se servir de l’appareil, on fixe, comme nous l’avons dit, le joint supérieur au tuyau d’arrivée d’eau ; on le maintient avec la main gauche (fig. 3 et 4). L’éponge de caoutchouc est placée sur l’ouverture d’évacuation, de manière que le cône métallique se place exactement sur cette ouverture (fig. 5). On ouvre rapidement le robinet d’arrivée d’eau avec la main droite et, avec la même main, on produit ensuite une forte pression sur la poignée de métal située à la partie supérieure de l’éponge (fig. 6).
- Cette pression a pour effet d’assurer un joint étanche entre les deux pièces tronconiques, de faire intervenir l’air qui se trouve emmagasiné dans l’éponge, afin d’augmenter la pression de l’eau.
- Ainsi, si lors d’un premier essai, l’eau venait à couler par-dessous l’éponge, il faudrait fermer rapidement le robinet pour éviter que l’éponge ne soit submergée, ce qui la rendrait en partie sans effet.
- On maintient la pression sur la poignée jusqu’à complète désobstruction de la canalisation.
- Les expériences faites au Conservatoire des Arts et Métiers ont permis de se rendre compte de l’efficacité de l’appareil. Successivement, une conduite d’évacuation a été bouchée par un tampon de papier, de la sciure de bois, du sable ; le débouchage s’est effectué à la pression de 11 à 12 mètres d’eau. On a remarqué que la conduite s’est d’ailleurs trouvée nettoyée complètement des matières collées aux parois.
- Cet appareil s’applique aux lavabos, aux baignoires, aux éviers, aux postes d’eau. Il évite des réparations coûteuses, surtout si le tuyau obstrué est noyé dans la maçonnerie.
- En se servant de l’appareil une fois par semaine, on empêche les dépôts, la formation de matières en décomposition; on prévient toutes les obstructions de la tuyauterie et on la rend absolument inodore.
- Constructeur : Capron, 81, boulevard Beaumarchais, Paris.
- Accroche-balai le “ Ba&culo
- Ce petit appareil breveté est remarquable d’ingéniosité et de’simplicité ; c’est une sorte de pince automatique à levier et sans ressort, véritable ficelle métallique articulée qui tient au mur par une plaquette découpée et qui permet l’accrochage et le décrochage instantané des balais.
- Le balai peut être fixé à une hauteur variable, de sorte qu’on fait chevaucher les balais à des niveaux différents. On range ainsi le plus grand nombre de balais possible sur le minimum de largeur, ce qui est appréciable en raison de l’exiguïté des appartements des villes.
- La pince est formée de deux parties articulées qui constituent deux becs de serrage puissants, bien qu’ils soient établis en métal poli et nickelé et que le manche sur lequel ils s’agrippent soit lisse. Ces pinces s’adaptent d’elles-mêmes à différents diamètres de manches, qu’ils maintiennent accro-
- chés avec l’élasticité la plus parfaite. Cette élasticité est importante, car elle permet de rejeter de côté un balai encombrant pour en accrocher un autre avec facilité, sans qu’on ait à craindre de fausser l’appareil.
- La manœuvre est simple : l’accrochage se fait d’une main, sans toucher à l’appareil ; le décrochage s’obtient en faisant basculer tout le système par une simple pression de la main contre le manche à balai.
- Cet appareil -, d’aspect plaisant, supprime l’emploi des ficelles, qui s’usent et qui sont toujours malpropres. Il évite également de placer après le manche du balai tout dispositif fixe et gênant, qui exige pi g _ Vaccroche.balaL
- d ailleurs que la suspension se fasse toujours à la même hauteur. Notons, enfin, que cet appareil peut au besoin se transformer en porte-torchon.
- Les modèles sont établis pourl, 2 ou 3 balais.
- Constructeur : Marcel Achart, 21, rue Victor-Masse, Paris.
- Beurrier-Glacière.
- Il est intéressant de maintenir au frais, pendant l’été, lë beurre, les crèmes, le fromage.
- Un nouvel appareil, fondé sur l’application des lois -naturelles de l’évaporation, permet de maintenir* les aliments dans un état de fraîcheur remarquable.
- Il est constitué par une cloche à double paroi, constituant une sorte de chemise qu’on remplit d’eau. Cette cloche est poreuse, de sorte que l’eau filtre et se porte à la surface extérieure de la cloche comme dans les récipients bien connus sous le nom d’alcarazas. A la partie supérieure, le bouton qui permet de manipuler facilement la cloche est percé d’un trou pour l’aération des aliments contenus dans une cuvette recouverte complètement par la cloche réfrigérante.
- L’appareil doit être maintenu de préférence dans un endroit aéré et il suffit de le laisser fonctionner de lui-même sans aucune autre manipulation. Au début, lorsqu’on s’en sert
- Fig. 10. — Le beurrier-glacière, sa cuvette et sa cloche.
- pour la première fois, il ne faut pas mettre de beurre immédiatement, mais attendre le deuxième jour.
- Le nettoyage se fait très facilement de temps à autre avec de l’eau de soude.
- Constructeur : G. Seigle, 11, rue des Perchamps, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A’propos de l’Anthropoflux.
- Le Dr Alfred A. Haigton nous écrit la lettre qui suit :
- « Je viens de lire dans votre numéro de mai l’intéressant article de M. le Professeur Boutaric sur « l’Anthropoflux R », cette découverte qui, à mon idée, évoque tout le « magnétisme animal » et bien d’autres choses encore. Je ne puis m’empêcher de vous communiquer mes réflexions relatives à l’article en question.
- Il y a à peu près deux ans et demi que, sur l’invitation d’un cercle occultiste à la Haye, Hollande, j’ai fait une expérience presque identique à la deuxième qui est décrite dans cet article. Il s’agissait d’un « magnétiseur» qui prétendait pouvoir décharger un électroscope par la seule approche de sa main. J’apportai un électroscope à moi (du modèle ordinaire : deux feuilles d’aluminium dans un vase de verre, reliés électriquement à une petite boule à l’extérieur, le tout isolé du verre par un anneau d’ambre jaune), je le chargeai au moyen d’un bâton d’ébonite frotté et, en effet, quand le magnétiseur approchait une de ses mains d’une distance inférieure à quelques millimètres, les feuilles convergeaient aussitôt, d’abord instantanément, puis plus lentement jusqu’à décharge à peu près totale après une ou deux minutes. Le premier résultat était sans doute dû à l’abaissement du potentiel de la charge parla proximité d’un corps conducteur — la main dans ce cas —; mais le deuxième ne pouvait pas s’expliquer de la même façon. Et ce deuxième résultat était précisément celui qui était attribué à la force, prétendue exceptionnelle, du « magnétiseur. »
- Alors j’ai rechargé l’électroscope et approché ma propre main. Exactement le même résultat s’est produit. Puis tous les membres présents du cercle — cinq ou six personnes, outre ^es magnétiseurs et moi ;— ont répété l’expérience avec leurs mains, et toujours avec le même résultat. Ensuite j’ai pris un cylindre creux en grès — une sorte de petit pot à fleurs sans fond — d’un diamètre d’environ huit centimètres, je l’ai chauffé jusqu’à une température d’environ 40 degrés centigrades et je l’ai mis, comme une cloche, autour de la jpetite boule de l’électroscope.
- Cette fois celui-ci se déchargeait encore et même plus vite qu’avec les mains. Aucun contact direct, bien entendu; les quelques fois que, par malheur, une main ou bien le cylindre en grès, touchait la boule de l’électroscope, celui-ci se déchargeait instantanément, comme d’ailleurs cela devait se produire.
- J’ai |eu l’impression que ces résultats étaient uniquement dus à l’influence de la chaleur : cette influence sur la vitesse de décharge se comprend d’ailleurs facilement parce que la plus petite différence de température cause un courant d’air qui met, dans l’unité de temps, un plus grand nombre d’ions en contact avec le conducteur chargé.
- Je n’ai nullement la prétention d’affirmer que dans les expériences de M. Muller la chaleur seule aurait agi, mais puisque dans l’article susdit la chaleur n’est pas mentionnée du tout, je ne voudrais pas m’abstenir de signaler la chaleur comme une cause possible de ces phénomènes et une source certaine de trouble dans les expériences de ce genre. »
- Les sources d’Hammam-Meskoutine. — Nous avons signalé dans le n° 2760 la variation de débit constatée à ces sources et la légende qui en était née aussitôt parmi la population indigène. M. Rivoire, qui nous avait communiqué ces renseignements, nous donne aujourd’hui l’explication, plus plausible, du concessionnaire des sources, M. Rouyer :
- « Le débit des sources d’Hammam-Meskoutine, comme celui de toutes les sources pétrifiantes, est variable; il baisse lorsque les griffons ont besoin d’être débarrassés des dépôts qui les obstruent. Cette opération, une fois accomplie, le débit augmente. Et comme il s’agit là d’un travail assez délicat, on n’y procède qu’avec prudence et lorsque la nécessité s’en fait-impérieusement sentir. La diminution constatée ces temps derniers dans le ruissellement de la « Grande Cascade » n’avait pas d’autre cause ; c’est un événement qui n’a absolument rien d’extraordinaire et d’où le merveilleux est complètement exclu. »
- Si le fait que nous avons rapporté n’intéresse plus les hydrologues, il amusera certainement les ethnographes.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Ne laissons pas perdre les huiles de graissage usagées.
- Les huiles de graissage, lorsque les dispositions permettent de les recueillir après usage, peuvent fort bien être réutilisées, à la condition de les filtrer pour enlever les particules solides qui rayeraient d’une manière dangereuse les surfaces de roulement.
- Ce filtrage peut être réalisé économiquement en partageant un récipient cylindrique vertical en deux parties au moyen d’un faux-fond constitué par deux toiles métalliques entre lesquelles on place deux ou trois épaisseurs de feutre de laine.
- Le feutre étant bien sec on l’imbibe copieusement d’huile neuve, avant de le mettre en place, puis, dans la cavité inférieure du cylindre, on introduit de l’eau pure. Avec un entonnoir, à longue douille, on fait alors couler de l’huile usagée jusqu’au fond du récipient, cette huile se lave dans l’eau, gagne la surface en traversant le feutre où elle se débarrasse des impuretés solides.
- Il suffit, par un robinet convenablement placé, de décanter l’huile ainsi épurée dont on apprécie la situation par un tube de niveau en verre, latéral a 1 appareil.
- Dans l’ordre d’idées que nous venons d’exposer, nous pouvons vous signaler un appareil très bien conçu qui a été mis au point récemment par M, Jannin et qui a reçu le 2« prix de l’Office national des recherches et inventions. Tous renseignements vous seront fournis à ce sujet au siège de l’Office, 1, Avenue Gallieni à B elle vue, Seine-et-Oise.
- M. Bernard, à Oran.
- Pourquoi il faut mettre de l’alun dans les badigeons.
- Ainsi que nous l’avons exposé, l’alun ajouté au badigeon joue un rôle important, d’abord en précipitant de l’alumine, ensuite en donnant lieu à une formation de plâtre; nous ne pouvons donc que vous conseiller de faire entrer l’alun dans la composition du badigeon pour les arbres, conjointement au sulfate de cuivre (vitriol bleu). La dose d’alun à employer ést de 20 litres de-solution saturée remplaçant la même quantité d’eau dans la formule habituelle. Pour plus de détails, veuillez vous reporter à. la réponse faite précédemment à M. Calton de Pervenchères..
- N.B. La solution saturée d’alun à 20° G contenant environ 13 pour 100 de ce sel, cela revient à ajouter environ 2 kg 50(h d’alun par hectolitre de badigeon, mais il ne faudrait pas mettre ensemble les constituants sous la forme solide, car les réactions précipitantes signalées donneraient naissance à des blocs qu’iL serait impossible de diviser par la suite.
- M. Antoine, à Vecoux, Vosges.
- Prolongeons le service de nos Unies.
- La concentration delà dissolution de soude caustique nécessaire pour le dégraissage des limes n’a qu'une importance secondaire, une faible alcalinité étant suffisante pour saponifier à chaud les-matières grasses, qui autrement empêcheraient l’acide de pénétrer dans les entailles pour les approfondir et effectuer ainsi le
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- retaillage chimique. Avec 15 grammes de soude caustique dans 10 litres d’eau, on obtient lé résultat cherché. Quant à la suite de la formule à laquelle vous faites allusion, elle contient évidemment une erreur typographique s’il y est dit : quantité suffisante pour 200 litres, c’est quantité suffisante pour 200 limes qu’il faut lire.
- Voici du reste comment il faut opérer : on frotte d’abord les limes avec une brosse dure, on les dégraisse ensuite avec la solution chaude de soude caustique indiquée ci-dessus, puis on les met dans un plat rempli d’eau en les faisant reposer par leurs extrémités sur des fils de fer, afin que tous les points de leur surface soient en contact*avec le liquide.
- On ajoute à cette eau environ 15 pour 100 d’acide nitrique concentré, on remue le mélange et on le laisse agir pendant 25' minutes.
- Les limes sont alors lavées à l’eau pure, brossées à nouveau et plongées dans un second bain contenant environ 5 pour 100 d’acide sulfurique concentré; au bout d’une demi-heure on rince et passe à l’eau de chaux pour saturer les dernières traces d’acide qui pourraient provoquer la rouille.
- Les limes ainsi traitées auront l’aspect et les qualités des limes neuves.
- Ancien abonné belge.
- I
- Papier-bois pour tentures.
- La note à laquelle il est fait allusion se réfère à une simple information, publiée en octobre 1926, par le journal Bois et Résineuse (Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge).
- La publication dont il s’agit ne donnait pas d’autres détails que ceux qui ont été publiées dans le n° du 5 février de la Nature. Il s’agit d’ailleurs d’observations relevées aux Etats-Unis et nous n’avons pas d’indication de brevet pris dans ce pays, notre information n’étant que l’interprétation des quelques lignes sommaires publiées par le journal de Bordeaux précité.
- . , M. R. D. la. Rivière-St-Sauveur (Calvados).
- Farine de bois.
- L’article publié dans le n° 2757 du 15 mars 1927 de La Nature n’étant que le compte rendu analytique d’une étude de M. Harry H. Steidle, assistant au Comité national américain pour l’utilisation du bois, nous ne possédons pas d’adresse de producteur de farine de bois.
- Notre article avait pour objet d’instruire les propriétaires forestiers et lés industriels de la scierie des observations contenues dans l’étude dont il s’agit, afin de susciter des initiatives en vue de développer l’industrie de la farine de bois, notamment pour l’exportation aux Etats-Unis.
- On pourrait, croyons-nous, s’adresser à M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux (Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge), à l’effet de rechercher des adresses d’industriels pouvant fournir ce produit en France. Nous ne savons rien de plus.
- M. A. M. A Lausanne (Suisse).
- Documentation sur la culture et l’industrie de l’abaca.
- L’abaca (Musa textilis), qui fournit la fibre désignée sous le nom de Chanvre de Manille, a fait l’objet de diverses études, mais nous ne connaissons pas d’ouvrage spécialement consacré à cette plante. On trouve des renseignements sur la culture et l’industrialisation de P&baca dans diverses publications coloniales.
- Nous signalons notamment dans la revue L’agriculture pratique des pays chauds les fascicules contenant les études dont voici la nomenclature : Culture de Pabaett aux Philippines, par de Bé-rard (n° 1) ; Note sur l’abaca, par Rollet (n“ 43) ; Le chanvre de Manille (abaca), par Labrouche (n° 41) ; L’abaca aux Philippines, par Desiez (n° 45); Commerce du chanvre a Manille (n® 61); L’abaca au Tonkin (n° 77). Les numéros sont ceux des fascicules de bi susdite revue. Les grandes cultures dans Vîle de Java, par H. Fok-kens, 1 volume (Société d’Editions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 17, rue Jacob, VI). Voir aussi les publications coloniales dé M. A. Fàucbère. Inspecteur général d’Agriculture Coloniale, à cette même adresse.)
- M. Spinnael Tjiamis (java).
- Traitement industriel de la Ramie.
- Vous trouverez les indications d’ordre technique relatives au traitement industriel de la ramie, et notamment au procédé de dégommage, dans l’ouvrage de M. Félicien Michotte : la Ramie. Dégommage et travail industriel, 1 volume.
- (Société d’Editions géographiques maritimes et coloniales, Paris, 17, rue Jacob, VIe).
- M. Elie Delafond, Mexico.
- Economisons les huiles de graissage.
- A plusieurs reprises nous avons signalé qu’il était possible de réutiliser les huiles de graissage ayant déjà servi si on prend la précaution de les laver et de les filtrer. Vous trouverez dans le présent numéro réponse à M. Bernard, d’Oran, description d’un filtre à huile, facile à construire en vue de cette épuration.
- Abonné 117.
- Petits soins à donner aux piles de sonneries.
- 1° Le moyen le plus pratique, pour protéger la borne positive dans la pile Leclanché de l’attaque par la solution de sel ammoniac, consiste à tremper tête de charbon et borne dans du brai sec de houille amené à fusion. Après refroidissement, on dénude, soit à la toile émeri, soit à la benzine, les parties de la borne qui ultérieurement seront en contact avec le fil conducteur.
- 2° La concentration de 50 grammes par litre est la concentration normale de la solution de sel d’ammoniac.
- 3° Pour enlever la couche de pétrole que vous avez mise en surface, sans que ce pétrole vienne au contact du sac contenant l’aggloméré, il vous suffira d’adapter à un robinet fournissant de l’eau un tube de caoutchouc dont l’autre extrémité plongera jusqu’au fond de la pile, le pétrole sortira ainsi par débordement et lorsqu’il sera évacué vous pourrez démonter toutes les pièces de la pile sans inconvénient.
- J-M., à Zahlé.
- Dans quelle mesure faut-il craindre la toxicité de l’acétone ?
- 1° L’acétone a été employée comme médicament à la dose de 10 à 20 gouttes, trois à quatre fois par jour comme anthelminthique ainsi que pour le traitement de la goutte, des rhumatismes aigus et chroniques; on peut donc dire qu’à dose modérée l’acétone n’est pas dangereuse; cependant nous considérons que le fait de respirer d’une façon continue des vapeurs d’acétone, par exemple en manipulant industriellement des vernis à l’acétate de cellulose, pourrait ne pas être sans danger pour l’organisme.
- 2° Nous ne pouvons entreprendre de recherches historiques sur des questions qui ne présentent pas manifestement un intérêt général. Veuillez vous adresser à l’Office de documentation, 82, rue Taitbout.
- M. Dussieux, à Paris.
- Pierre à décalquer des camelots
- Le produit vendu parles camelots pour décalquer les caractères ou les dessins imprimés est tout simplement de la paraffine, avec laquelle on frictionne la feuille de papier blanc ; celle-ci étant appliquée côté enduit, sur la gravure, on frotte au dos énergiquement, soit avec l’ongle, soit avec le plat d’un coupe-papier. Après séparation des deux feuilles, on constate que la plus grande partie de l’inscription s’est transportée sur la feuille blanche. N. B. La même opération peut être pratiquée avec les papiers couchés, c’est-à-dire à surface glacée.
- M. Sibert, à Paris.
- Comment se préparent les peintures lumineuses.
- Les peintures lumineuses actuelles sont presque toujours constituées par du sulfure de zinc obtenu en précipitant une solution ammoniacale de chlorure de zinc par l’hydrogène sulfuré. Le précipité est après séchage finement pulvérisé; on y ajoute une trace d’un sel de cuivre «wt de manganèse comme « phosphoro-gène », puis on calcine au rouge.
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- Pour l’application, le sulfure de zinc est additionné d’environ un dix-millième d’un sel de radium, puis délayé dans un vernis à la nitro-cellulose.
- Les objets ainsi enduits sont lumineux dans l’obscurité lorsque préalablement on les a exposés à la lumière du soleil, mais cette luminosité diminue assez vite, car en cinq années l’éclat baisse d’environ 75 pour 100.
- La préparation de produits de ce genre par un amateur est toujours quelque peu incertaine, quant aux résultats. C’est pourquoi nous vous conseillons plutôt d’employer les produits du commerce, par exemple 1’ « Irradiante » des Etablissements
- Cohendy, 26 bis, rue Charles Baudelaire, ou Radiana de la Maison Sauvage, 23 boulevard des Italiens, Paris, 12°.
- M. Thomas, à Paris.
- Peut-on facilement modifier la forme des objets en celluloïd?
- Le Celluloïd porté à 80°-90° C, par exemple en l’immergeant dans l’eau chaude, se ramollit et peut se courber très facilement, ce qui permet le façonnage et même le soufflage si le celluloïd n’est pas chargé. N. B. Se rappeler que porté à 195° C le celluloïd se décompose brusquement avec explosion; il convient donc de surveiller la température de l’eau de ramollissement avec un thermomètre.
- Quant à la galalithe, elle se ramollit également à chaud, mais faiblement, on peut à ce moment par pression en modifier la forme, mais il n’existe pas de procédé permettant de ramener la galalithe à l’état de pâte sans en modifier la composition.
- M. Schmitt, à Lens.
- Sur le moulage de la corne.
- On ne peut fondre la corne, dans le sens exact du mot, sans qu’il y ait altération profonde, mais elle peut être gonflée à chaud et même à froid dans une lessive de potasse caustique plus ou moins concentrée, ce qui en permet le moulage sous pression.
- Dans le cas d’une application industrielle, il faudrait opérer en autoclaves et réduire la quantité de potasse caustique au minimum, que l’on déterminera par essais préalables, cette quantité étant très variable, suivant la nature des matières premières: sabots, onglons, cornes, leur origine, boeuf, cheval, l’âge de l’animal, etc.
- P.A.
- Rappel de réponses M. P. D.
- Nous avons répondu aux questions que vous nous avez posées dans les numéros suivants : n° 2748, page 182, et n° 2753, page 95.
- Quelles peintures résistent à la chaleur ?
- Nous pensons qu’une peinture au silicate, pour recouvrir vos tuyaux exposés à température élevée, vous donnera satisfaction.
- Prendre : .
- Lithopone............................. 500 grammes
- Silicate de soude à 40° B ....... . 200 »
- Eau ordinaire...................... . . 200 »
- Pour l’emploi opéter ainsi :
- 1° Donner une première couche au silicate simple, non teinté, amené par dilution à 22° B.
- 2° Appliquer une seconde couche avec la peinture proprement dite indiquée ci-dessus, teintée si besoin est par de l’outremer ou du noir de fumée.
- 3° Terminer par une couche de silicate simple, mais [à 26° B. Bien entendu chaque couche, doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- V.R., à St-Lunaire,
- Les savons liquides pour le lavage des mains sont économiques.
- Le savon que vous avez employé devait très probablement être constitué par du palmitate de soude, ce qui a été cause de la prise en gelée ; vous éviterez cet inconvénient en ayant recours à l’oléate de soude que vous serez certain d’avoir, en partant de l’huile comestible, olives ou arachides.
- Introduire dans un ballon :
- Huile comestible......................30 cent, cubes
- Lessive de soude à 36° B................10 »
- Alcool à 90° GL.........................10 »
- Chauffer au bainP-marie bouillant pendant un quart d’heure pour former le savon, puis ajouter :
- Eau de pluie......................... 800 cent, cubes
- Laisser digérer 24 heures en agitant fréquemment et additionner de :
- Glycérine............................. 200 cent, cubes
- Alcali volatil...........................5 »
- Bien mélanger, abandonner au repos, décanter le liquide clair e mettre en flacons. R.B., à Paris.
- La viscose est employée pour capsuler les flacons.
- L’échantillon que vous nous avez soumis doit être un débris de cape viscose sei’vant au capsulage des flacons. Vous trouverez cet article 16 rue du Louvre, ainsi que tous renseignements sur son mode d’emploi. J. R., à Clermont-Ferrand.
- A quoi sont dues les irisations du verre.
- Les irisations du verre sont obtenues par la méthode générale des couches très minces superposées, qui donnent lieu à des phénomènes d’interférences. Le procédé type consiste à recouvrir la surface du verre d’une solution de nitrate d’argent plus ou moins concentrée, puis à passer au four, chauffé par une flamme réductrice, et on recommence l’opération un certain nombre de fois, en se guidant sur des essais préalables.
- D’autres métaux, plomb, cuivre, etc., peuvent également être employés et souvent il suffit de mettre dans ces conditions de milieu réducteur le cristal (verre au plomb) pour obtenir des effets de ce genre ; tout dépend de l’habileté de l’opérateur et souvent aussi de « l'heureux hasard ». R.H.S., à Ermont.
- Traitement des arbres par les insecticides.
- On demande s’il existe un procédé pour faire absorber aux arbres sur pied, par leur sève ascendante, un liquide ayant un pouvoir insecticide.
- La question est, évidemment, délicate, car il faudrait envisager l’absorption d’un liquide qui, tout en étant insecticide, ne puisse présenter aucun danger d’empoisonner les arbres.
- Jusqu’à présent, il n’est pas à notre connaissance qu’un tel procédé de lutte contre les insectes s’attaquant aux arbres ait été employé dans la pratique de l’application des insecticides et fongicides.
- Nous savons seulement que, ces derniers temps, des essais très intéressants ont été faits parM. le Professeur Raphaël Dubois, de Tamaris-sur-Mer (Var), avec des insecticides et des parasiticides pour végétaux cryptogamîques absorbés par la plante parasitée, sans que cela lui nuise, en aucune façon, paraît-il. Le parasite est atteint par l’intermédiaire du végétal contaminé.
- Vous obtiendriez sans doute des renseignements circonstanciés sur ces essais et les indications pratiques que l’on pourrait tirer de leurs résultats en écrivant à M, le Professeur Raphaël Dubois à l’adresse précitée.
- Nous ajoutons qu’en tout cas l’absorption d’un liquide par un procédé artificiel est un fait réalisé depuis longtemps, notamment par le procédé Simon, appliqué à la régénération des pommiers' et autres arbres fruitiers. Ceux-ci absorbent un engrais sous forme de liquide nutritif.
- A cet effet, on procède de la manière suivante :
- Au pied de l’arbre, on perce un trou de tarière, jusqu’aux canaux séveux ; le diamètre de ce trou doit être tel qu’on y puisse introduire une canule en verre, a l’extrémité libre de laquelle on adapte un tuyau de caoutchouc.
- A une hauteur suffisante pour avoir la pression nécessaire, on installe, sur une planchette fixée sur un poteau ou support, un récipient destiné à recevoir le liquide à faire absorber par l’arbre, au moyen du tuyau de caoutchouc, dont l’autre extrémité s’adapte à la base du récipient, par une douille, ou y plonge.
- L’efficacité de ce traitement se manifeste, au bout d’un laps de temps plus ou moins long, par une vigoureuse reprise de végétation et une fructification plus abondante.
- M. Paul Noverrat, à Lausanne. yüuiss*).
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- LA TRAVERSÉE DE L'ATLANTIQUE EN AVION
- L’aviateur américain Lindbergh qui a réussi sans escale le raid New-York-Paris en avion.
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- j fît fO-DE-JANEIRO
- Carte montrant les trajets des diverses traversées de VAtlantique en avion. Seul, le vol de Lindbergh fut effectué sans escale.
- (4) L’avant du Spirit-of-Saint-Louis, l'avion de Lindbergh (monoplan Ryan). (5) Le monoplan de Lindbergh à l’aéroport du Bourget.
- 94703. — Paris. lmp. Lahure. 1-5-27.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-CINQUIÈME ANNEE - 1927
- PREMIER SEMESTRE
- -U •
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- À. 0. F. : oléagineux, 187.
- Abaca, 574.
- Abcès de fixation : formation, 91. Absorption des gaz par les liquides : appareil de mesure, 236.
- Académie des Sciences, 40, 91, 136, 236, 282, 379, 428, 471, 523.
- Accumulateurs, 46.
- — : réparation, 382.
- Acétate de cellulose, 431.
- Acétone : toxicité, 574.
- Acide sulfurique : fabrication, 95.
- Aciers : brunissage et bronzage, 473.
- — au chrome et au cobalt, 40.
- — • doux : cémentation par le cyanogène, 136.
- — rapides : utilisation des déchets, 475.
- Acoustique architecturale, 210, 377. Aéronautique : alliages légers, 17-
- — : chronique, 416.
- Agadir : territoire, 475.
- Agglomérés de sciure de bois, 94. Aiguillage : électricité, 537.
- Air comprimé : respirera-t-on l’hélium? 248.
- Air des couveuses artificielles, 133.
- Alger : port, 289.
- Algérie : industrie, 132.
- Algues perforantes, 471.
- — — de la mer Noire, 428.
- Alliages légers et construction aéronautique, 17.
- Allume-feu : fabrication, 287.
- Aluminium : ornementation, 236.
- Amiante : utilisation des déchets, 568. Amidon : digestion dans les cellules végétales, 379.
- André : nécrologie, 567.
- Anhydride carbonique, succédané de la glace, 458.
- Animaux de ferme en France, 90.
- Antenne pour ondes courtes, 143.
- — verticale, 374.
- Anthropoflux, 414, 573.
- Antivol de précision, 139.
- Appareil « Dilyor », 525.
- Appui-bras, 525.
- Arbres : variations du diamètre, 499.
- — : traitement par les insecticides, 575. Arbre à pain, 94.
- Argenture des miroirs, 430.
- Artillerie navale : réglage et conduite du tir, 12.
- Aspirateur de poussières, 184.
- Astronomie : bulletin, 87, 233,327, 423, 564. Atlantique : traversées, 416, 486, 552. Australie : traces glaciaires crétacées, 316. Automobile : commerce extérieur, 422.
- — : consommation, 95, 479.
- — : détaxe, 420.
- — : droits de circulation, 138.
- — : moderne, 25.
- — : moteur, 171, 507.
- — : à plus de 327 km à l’heure, 425.
- — : poste récepteur-émetteur de T. S. F.,
- 125.
- — : pratique, 43, 138, 278, 420.
- Aven Armand : aménagement, 551. Automobiles : refroidissement en hiver,
- 139.
- — : technique : 420.
- Aviation : lutte contre les incendies, 218.
- — : moyens de sauvetage, 89.
- Aviation : raids transatlantiques, 486. Avions : direction par T. S. F., 270. Avion : indicateur d’altitude, 131.
- — insecticide, 77.
- Avion : maniabilité et sécurité, 131. Avions : risques d’incendie, 473.
- — : stabilisateur Bramson, 119.
- B
- Badigeons : alun, 573.
- — pour murs et plafonds^ 430.
- Balai : accrocheur « Basculo », 572,
- Ballon sphérique : perfectionnement, 454. Bambou : teinture, 239.
- Bateau démontable, 432.
- Batterie d’accus : recharge, 478.
- Berthelot (Daniel), 376.
- — (Marcelin), 337.
- Betterave : 3 générations en une année, 230.
- — séchée : sucre, 475.
- Beurre : pour enlever le goût de rance, 287.
- Beurrier-glacière, 572.
- Bicyclette suspendue, 476.
- Bigoudens : sont-ils des Mongols ? 97. Biologie physico-chimique : fondation Edmond de Rothschild, 521.
- Blé, il y a 55 siècles, 346.
- Bobinages interchangeables et fractionnés, 231.
- Bois : appareil électrique à marquer, 284.
- — : déchets du travail, 191.
- — : durcissement par le soufre fondu,
- 280.
- — : farine, 256, 574.
- Supplément au n° 2765 de La Nature du 15 juin 1927.
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- Boîte aux Lettres, 4G, 94, 142, 190, 238, 280, 334, 382, 429, 478, 527.
- Bouc : jpour faire disparaître l’odeur, 429. Boulangerie de l’Assistance Publique, 481. Bouteille : revêtement calorifuge, 563.
- Brai de naphtol, 330. •*
- Brésil : Nordeste, 439.
- Brevets d’invention : projet de loi, 377. Brique armée, 92.
- — de mâchefer, 431.
- Briquet à boules, 477.
- Briquettes de sciure de bois, 239.
- Brosse à bax-be en caoutchouc, 526.
- — à dents : protection des soies, 94. Bruges : Château d’eau, 170.
- Brûleur de laboratoire, 183.
- Brunissage de l’acier, 473.
- Bulletin astronomique, 87,233, 3'27, 423, 564.
- c
- Cadrans solaires sur un polyèdre, 204. Cadre antiparasites, 382.
- — de T. S. F. : utilisations, 231.
- — pour toutes longueurs d’ondes, 182. Calcul : erreur, 429, 527.
- Caloi’ifuge pour bouteilles, 563.
- Canada : Indiens, 145.
- Canon de 75 : histoire, 41, 329.
- Caoutchouc, 153, 206, 297.
- — : le coller sur le cuir, 286.
- — : communications au Congrès, 187.
- — : dissolution, 46.
- — : fabrication d’objets, 46.
- — ; vulcanisation, 46.
- Carburants, 335.
- Carbures : synthèse, 40.
- Carrosserie à toit mobile, 279.
- Cartes : collage, 28G.
- Cartographie du Kutânga, 199, Carton-pierre, 528.
- Causses majeurs et Cévennes, 20.
- Cellules : division, 200.
- Celluloïd : moulage, 575.
- Cémentation par le cyanogène, 136. Cendrier nouveau, 526.
- Ceramium à bromuques, 282.
- Cératioidés, 214.
- Cévennes et Causses majèurs, 20.
- Chaleur du globe : utilisation, 46, 142, 286.
- — solaire : influence sur les glaciers, 81.
- Changeur de fréquence, 383.
- Charbon, combustible pour moteurs, 521.
- — de bois : fabrication, 287,
- Château d’eau de Bruges, 170.
- Chauffage à la sciure, 140.
- Chauffe-mains pour volant d’automobile,
- 380.
- Chemin de fer de Paris à Saint-Germain, 309.
- — de Saint-Etienne à Lyôii : cèntéhai're, 553.
- Chimie : évolution nouvelle de l’industrie, 127.
- — pharmaceutiquè, 430.
- Chlorométrie : indigo, indicateur, 528.
- Choc' radiant, 428.
- Ciments dentaires, 95.
- — : durcissement, 286.
- Cinématographie d’amatènr, 369.
- Cire : fabrication des têtes, 287.
- Citrons : conservation, 431. .
- Clous : rétention dans le bois, 281.
- Coke : nouveau procédé d’extinction, 1. Collage du caoutchouc sur le cuir, 286.
- — des cartes, 286.
- — des touches de piano, 286. Collecteurs d’onde, 324.
- Collections de poissons et mollusques, 287. Collégiale de Saint-Quentin, 257.
- Colloïdes métalliques : procédé général de préparation, 282.
- Colombie : vie dans les eaux douces, 342. Colonies françaises : culture du coton, 101. Colonnes lumineuses, 500.
- Combinateur automatique pour poste de T. S. F., 230.
- Combustions : chaleurs, 379.
- Comètes, 62.
- Condensateur variable à diélectrique mica, 520.
- Condensateurs variables d’un poste moderne, 180.
- Conductibilité électrique et corps humain, 414,
- Confitures : documentation, 287.
- — : pour empêcher la cristallisation du
- sucre, 239.
- Congo belge : élevage, 189.
- — : quinquina, 189.
- Connexion pour batteries d’accumulateurs, 92.
- Contrastes des épreuves : diminution, 371. Corné : moulage, 275.
- Coton : culture dans les colonies françaises,
- 101.
- Couleurs : mesure dans l’industrie, 557. Couveuses artificielles : air, 133.
- Crétacé au sud de Pau, 40.
- Crucifères, 273.
- Cuillère pour bébé, 45.
- Cuirs : appareil Wilson pour mesurer la résilience, 429.
- — à chaussures : qualités, 252.
- — moisis, 47.
- Cuivre : feuilles d’aspect argenté et doré, 46.
- Curiosités de la nature,. 39, 137, 240, 368, 464.
- Cuve en bois : bouchage dés fissures, 335.
- — inaltérable aux acides, 238.
- Cuvettes : dépôts calcaires, 190.
- Cuviers : taches, 47.
- Cyanamide : cémentation de l’acièr doux, 136.
- Cyanogène : cémentation de l’acièr doui, 136. Cycle marin, 432.
- Cyclone de ïamatave, 426-
- D
- Décalque : pierre, 574.
- Décuscutage du trèfle, 366.
- Dents : ciments, 95.
- — d’engrenage : dessin facile, 279. Dépression atmosphérique, 73. Déshydratation des liquides volatiles, 183. Diamant : bibliographie, 528.
- Diatomées : mosaïques, 74.
- Différenciation ceHtilâirè, 395.
- « Discovery » : expédition, 9.
- Dissolution de caoutchouc, 46.
- — et dilution, 239.
- Division des cellules, 2Ô0.
- E
- Eau de mer : transparence pour l’ultraviolet, 282.
- Eâu-de-vie : mauvais goût, 287.
- Eau distillée sans distillation, 462.
- Eaux minérales, 47.
- Eau oxygénée : nettoyage des gravures, 335. Éboriite : gravure, 479.
- — : mastic, 47.
- Echelle : pour l’empêcher de glisser, 333. Ecran anti-éblouissant pour phares, 279. Ecrou usé : pour le visser, 279. Electrisation des essences, 131.
- Électrocutés : secours, 276.
- Électrocution : conditions, 523.
- Électrolyse, 238.
- — : rôle de lu gélatine, 431.
- Élevage au Congo belge, 189.
- Émanations radioactives : introduction dans
- l’organisme, 471.
- Emballage : papier Kraft, 479. Emboutissage, 191.
- Encres d’imprimerie : comjxosition, 239. Enduit sur mur à la chaux, 191.
- — souple, 287.
- Énergie d’un liquide chaud dans une turbine, 91.
- Enfance : indice de valeur cérébrale, 379. Engelures et crevasses : remèdes, 217. Engrais chimiques : bataille en Allemagne, 228.
- Engrais des fosses septiques, 287. Engrenages : dessin facile des dents, 279. Ergotamine : action sur la respiration, 40. Essences : électrisation, 131.
- Essence : indicateur simple, Î38. Essuie-glace Dux, 380.
- Étoiles filantes : avis aux observateurs, 521. Expédition de la « Discovery », 9. Extincteurs d’incendie, 474.
- Extinction du coke : nouveau procédé, 1.
- F
- Faits de la quinzaine, 48, 96, 144, 192, 288, 336, 384, 480, 576.
- Farines de bois, 256, 574.
- — maltées, diastasëes, lactées, 543. Fasciation : curieux cas, 61.
- Fidonies : invasion dans les pineraiés de Haguenau, 77.
- Fièvre jaune : moustique, 236.
- Film en couleurs, 100.
- — : rècollage, 528.
- Filtration d’un grand yoluine, 34. Fire-Director, 12.
- Fissures des marmites, 46.
- Fleurs : anomalies, 527.
- — : chute, 522.
- Fluor : préparation industrielle, 505. Forage le plus profond, 280.
- Force motrice animale : conquête, 49, 165, 301.
- Formol : réactions côiorces, 431.
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-
- Fosses septiques et engrais, 287. Foudroiement des arbres, 562.
- Fourmis dans une poutre : destruction, 431. France : population, 86.
- — : récoltes, 132.
- Frottement, graissage, onctuosité, 160, 193-Fuchsine : origine du mot, 94, 190, 334, 382.
- Fumée de bois : taehes, 47.
- G
- Galalithe : peinture, 479.
- Gélatine : conservation, 95.
- — : préparation des feuilles, 430.
- — : récupération, 479.
- Genêts : destruction par le chlorate de soude, 470.
- Géographie humaine, 354.
- Galets coloriés du Mas d’Azil, 385.
- Germon : comportement, 471.
- Glaciaire crétacé : traces en Australie, 316. Glaciers : influence de la chaleur solaire, 81.
- Glacière souterraine du Marboré, 108. Glucinium : alliages pour la construction en mécanique, 422.
- — : métal léger, 251.
- Graissage : onctuosité, frottement, 160, 193. Granulation des scories, 136.
- Gravure sur cuivre, 191.
- Gravures : nettoyage à l’eau oxygénée, 335, Greffes nouvelles, 523.
- Grotte de Ganties, Montespan, 306.
- H
- Hainmam-Meskoutine : sources, 429, 573. Hauts fourneaux : épuration du gaz, 347. Haut-parleur antidéformant, 374.
- — à diffuseur, 519.
- — : modèles récents, 181.
- — : réglage, 373.
- Hélium pour les travaux dans l’air comprimé, 248. *
- Herbes : destruction dans les allées du jardin, 429.
- Hirondelle : nids, 281.
- Hôpital : salle modèle, 488.
- Huile d’un moteur : quand la changer? 139.
- — de palme en Afrique, 188.
- — : dégraissage usager : récupération, 573.
- Humidité des murs : sujjpression, 47.
- — Hydravion des chantiers de Saint-Nazaire, 546.
- Hydroélectricité : usine la plus puissante, 522.
- Hydrogénation du naphtalène, 428.
- Hygiène et santé, 38, 86, 276.
- I
- Illusion d’optique, 140.
- Imperméabilisation des manteaux, 286. Incendies de l’air : lutte, 218.
- — d’avions : risques, 473.
- Indicateur d’altitude pour avion, 131.
- — d’essence, 138.
- Indiens du Canada, 145.
- — : musique en Amérique, 244.
- Indigo, indicateur chlorométrique, 528. Industrie en Algérie, 132.
- — chimique : évolution nouvelle, 127. Inondations de Paris, 22,6.
- Insectes : destruction, 479.
- Insecticides nouveaux, 429.
- Inventions : 44, 92, 140, 183, 284, 332, 380, 432, 476, 525, 570.
- Irisations, 479, 575.
- J
- Jardinage : révision des outils, 477. Journaux lumineux de Paris, 268.
- K
- Katanga : cartographie, 199.
- L
- Labourage électi'ique, 357.
- Lait de monotrème, 330.
- Laiton : aspect de fer forgé, 431.
- Lampe électrique la plus puissante, 522.
- — — pour laboratoire de photogra-
- phie, 285.
- Lampe d’extérieur étanche, 526.
- Lampes à 2 grilles, 334-
- Lampe à 2 grilles : montage simple, 375.
- — mire-œufs, 45.
- Lanterne d’écuiâe : support, 526.
- — photographique à veilleuse, 285. Légendes, mots et curiosités de lu science,
- 177, 321, 417, 516.
- Lépidoptères : charge des ailes, 91. Levures de panification, 95.
- Libye : du Nil au Tibesti, 91.
- Limagne : recherches de pétrole, 4.
- Limes : pour les prolonger, 573.
- Linge : taches, 47.
- Liqueurs : fabrication, 46.
- Livres nouveaux, 141, 237, 283, 331, 378, 427, 472, 524, 569.
- Longueur : conservation des unités, 58. Lumière : nouvelle mesure de la vitesse, 76, 558.
- M
- Mâchefer : agglomérés, 527.
- Machine à coudre : silencieux, 476. Machines qui pensent, 455.
- Magnétisme : mesure des champs, 379. Manteaux : imperméabilisation, 286. Marboré : glacière souterraine perforée, 108. Marbre : nettoyage, 191.
- — de Sarrancolin et de Saint-Béat, 40. Mars : étude de la planète, 91.
- Marteau : pour le fixer à la ceinture, 333. Mas d’Azil : galets coloriés, 385.
- Masques protecteurs contre les gaz, 163. Mastic pour ébonite, 47-
- — pour fentes de parquet, 9b.
- Matières grasses coloniales, 187.
- Mèche de lampe trop courte, 563.
- Mercure, planète peu connue, 264. Météorologie et T. S. F., 334.
- Métronome à ruban, 381.
- Miel artificiel, 335.
- Minerais oxydés : réduction, 471.
- Miroir : argenture, 430.
- — rétroviseur et feu de position, 138. Mites : lutte, 82.
- Monotrème : lait, 330.
- Montre originale, 57.
- Mort par tétanos électrique, 523. Mosaïques de diatomées, 74.
- Moteur d’automobile moderne, 171, 507.
- — — : pourquoi chauffe-t-il? 278.
- Moteurs d’avions surcomprimés : réglage
- automatique, 280
- — à pistons opposés, 416.
- Mouches à truites, 460.
- Moustique de la fièvre jaune, 236.
- Mur : nettoyage, 335.
- — : sxippression de l’humidité, 47. Musique indienne en Amérique, 244.
- N
- Nacre : irisation, 479.
- Naphtal : hrai, 330.
- Natation : comment réduire l’effort, 449. Nids d’hirondelle, 281.
- Noircissement des papillons, 229, 478. Nombres jjremiers : tables, 142.
- Nordeste brésilien, 439.
- Notes et informations, 42, 89, 131, 186, 228, 280. 329, 376, 425, 473, 521, 585.
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-
-
-
- 580
- O
- Observatoires de Paris et de Meudon, 529. Oléagineux en A. O. F., 187.
- Onctuosité, graissage, frottement, 160, 193. Ondes courtes : antenne pour réception, 143
- — — : ouvrages, 96, 383.
- — dirigées, 407.
- « Optical Convention » de Londres, 561. Optique : illusion, 140.
- Or : dérivé organo-métallique, 382.
- Outils en tube d’acier, 284.
- Oxygène dissous : enregistreur, 570.
- P
- Paille : action nuisible sur la croissance, 133.
- Pain : usine, 481.
- Panification économique par sous-produits de laiterie, 90.
- Papier-bois pour tentures, 133, 573.
- Papier au bromure altéré : utilisation, 371.
- — au gélatino-bromure : diminution des contrastes, 371.
- — Kraft pour emballage, 479.
- Papillons : noircissement, 229, 478. Parapluie démontable, 45.
- Parasites industriels, 383.
- — — : élimination, 181.
- Pare-boue de talon, 44.
- Pare-chocs inaccrochable, 420,
- Paresseux, 112.
- Parfumerie : ouvrages, 179.
- Paris : inondations, 226.
- Parquet : mastic pour fentes, 95.
- Pâte à modeler, 528.
- Pau : crétacé, 40.
- Pavage en mosaïque : réparation de fentes, 95.
- Pédale de commande à usages multiples, 278.
- Peinture, 238.
- — bon marché, 528.
- — pour flotteur d’auto, 287.
- — résistant à la chaleur, 575.
- — lumineuse, 287., 574.
- Pendule de précision, 451 -Pentatron, 142.
- Perce-oreilles : destruction, 335.
- Péricarpes charnus, 40-Perles : irisation, 479.
- Pétrole : recherches récentes en Limagne, 4. Peyotl, 403.
- Phares : écran anti-éblouissant, 279. Phonographe : progrès, 113.
- Photographie : épreuves minuscules, 142.
- — pratique, 466.
- Phylloxéra : biologie, 282.
- Physiologie comparée : quelques problèmes,
- 33.
- Piano : recollage des touches, 286.
- Pierre à décalquer, 574.
- Pierres-figures des côtes de Vendée, 225. Piereons voyageurs : sens de l’espace, 94. Piles : sel, 46.
- — de sonnerie : soins, 574.
- Piles thermoélectriques, 478.
- Plantes médicinales : jardin familial, 178, 322, 418.
- Plantes : stérilisation, 82.
- Plaques photographiques, 67 Plâtre, 149.
- Plomb : ouvrages, 287.
- Pluie de sang du 30 octobre 1926, 190, 235-Pneumatiques : remise à neuf, 367.
- Poêle à frire V. M., 525.
- Poissons extraordinaires : les Ceratioidés, 214.
- Pôle Sud : expédition argentine aérienne, 281.
- Population de la France, 86.
- Port d’Alger, 289.
- — de Strasbourg, 55.
- Porte-habits extensible, 44.
- Poste émetteui’-récepteur, 230.
- — récepteur, 478.
- Potasse : dôme de sel dans le Haut-Rhin, 523.
- Prospection électrique du sous-sol, 119, 238. Pylône électxûque oi-iginal et économique, 18. Pyromèti’e de surface à indications rapides, 332.
- Q
- Quinquina au Congo belge, 189.
- R
- Races du Sahara, 10.
- Radiateurs d’auto : conti’è le. gel, 47. Radiations : actions chimiques, 379. Radioélecti’icité : transmissions par ondes dirigées, 407.
- Radiomodulateur bigrille, 382.
- Radiophonie : collecteurs d’ondes, 324.
- — : élimination de Daventry à Paris, 334.
- — : nouveau statut, 134-
- — pratique, 35, 180, 23'0, 372, 518.
- Rage : virulence de la bave, 136.
- Ramie : traitement industriel, 574. Raquettes de tennis en acier, 120.
- Rate : à quoi sei't-elle ? 38.
- Rayons cathodiques : nouveau tube, 122. Recettes et procédés utiles, 34, 82, 217, 278,371,470,517,563.
- Récoltes en Fi-ance, 132.
- Redresseurs de courant, 518.
- Résines artificielles, 89.
- Résistances chauffantes, 528.
- Respiration : action de l’ergotamine, 40. Révélateur pour régions tropicales, 371. Rhéostats de chauffage, 372.
- Romanichels, 361.
- Rothschild (Edmond de) : fondation d’un Institut de Biologie, 521.
- Rouille : enlèvement sur les pierres, 95.
- — : protection de la tôle, 239.
- — des récipients, 143.
- Rouissage : culture du bacille, 40.
- S
- Sahara : blancs et noirs, 10.
- Saint-Quentin : collégiale, 257.
- Saponaire officinale, 178.
- Sauvetage en aviation, 89.
- Savon à détacher, 335.
- — liquide pour les mains, 575.
- — de résine, 335.
- Sciure de bois : agglomérés, 94.
- — — : bi'iquettes, 239.
- — : chauffage, 140.
- Scories : granulation, 136.
- Secours aux électrocutés, 276.
- Sécuiùté de l’avion, 131.
- Sel : procédés Prache et Bouillon, 399. Sélectivité d’un poste à changement de fréquence, 383.
- Serpents, 527.
- Signalisateur électi’ique, 421.
- Signalisation : électi’icité, *537.
- Silencieux pour machine à coudi’e, 476. Silices : verres, 523.
- Singe paresseux, 182.
- Skis : fabrication, 332.
- Sodium chez les plantes, 428.
- Soies : bibliographie, 528.
- Sol : prospection électrique, 119.
- Solutions supei’ficielles, 443.
- Son : accroissement d’intensité et de durée, 91.
- Soufre fondu : durcissement du bois, 280.
- — : oxydation microbienne, 136.
- — : solubilisation en terre, 471.
- Souris des sapins, 559.
- Sous-mai’in améiùcain : relevage, 437. Stabilisateur Bramson pour avions, 119. Stéi-ilisation des plantes, 82, 431. Strapontin amovible, 420-Strasboui’g : port, 55.
- Sucre de betteraves séchées, 475.
- Sumérien : art, 433.
- Surfaces planes les plus parfaites, 318. Synthèse des cai’bures, 40.
- T
- Tabac dans les colonies fi’ançaises, 188.
- — : origines, 216.
- — : production, 382.
- Tableau de charge pour batterie, 374. Taches d’encre : enlèvement sur les tissus,
- 94, 190.
- — de fumée de bois, 47.
- — sur le linge, 47.
- — noires sur cuviers, 47.
- — de sucs de plantes, 94.
- — de vert-de-gris sur un tapis, 239. Tumutave : cyclone, 426.
- Tanaisie vulgaix'e, 179.
- Tectonique de la Vanoise, 428.
- Teintui’e du bambou, 239-T. S. F., 47.
- — : alimentation sur coui*ant alternatif,
- 95, 383.
- — : auditeuxvs dans le monde, 383.
- — : direction des avions, 270.
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-
-
-
- T. S. F, : livres, 478.
- — : montages récepteurs modernes, 518. —- : nouveautés, 83.
- — : poste automobile récepteur-émet-
- teur, 125.
- — : réception, 382.
- — : réglage d’un poste, 143.
- — : revues, 383.
- — : schémas de montage, 383. Téléphone automatique à Paris, 401. Température : particularités remarquables
- à Paris, 370.
- Temps de pose : détermination, 466. Tension anodique : appareil, 83.
- Tentures : papiei’-bois, 133.
- Têtes de cire, 287.
- Thallium : carbonates, 523.
- Thé : culture, 188.
- Thomson, 241.
- Tir de l’artillerie navale : réglage et conduite, 12.
- Tissus : enlèvement des taches d’encre, 94, 190.
- Tissus métallisés, 430.
- — en soie artificielle, 191.
- Toile cirée : pour l’empêcher de se couper, 279.
- Transatlantiques (Raids), 486. Transformateur haute fréquence, 519. Transmutations : rôle en géologie, 236. Trèfle : décuscutage, 366.
- Treponema crocidurae : transmission, 136.
- Treuil d’applique, 381.
- Tronçonneuse centrifuge, 476.
- Truites : mouches, 460.
- Tube nouveau à rayons cathodiques, 122 Turgot et les études scientifiques, 513. Turpin, inventeur de la mélinite, 186. Tussilage, 322.
- Tuyau d’eau crevé : réparation, 371.
- — d’écoulement : nettoyage, 571.
- U
- Ultracinéma Noguès, 452.
- Unités de longueur : conservation, 58. Urémie : pathogénie, 379.
- V
- Valets de laboratoire, 183. Vanoise : tectonique, 428. Vélar, 323.
- ......... 58J =
- »
- Vernis : composition, 191.
- — cristal, 239.
- Verres de silice, 523.
- Verveine officinale, 418.
- Vin : production mondiale, 568.
- Vipères, 465.
- Vis dans le bois dur, 563.
- Viscose pour capsulage, 575.
- Volloutil, 284.
- Vrillettes : destruction, 191.
- — : protection des statuettes en bois, 239.
- Vulcanisation du caoutchouc, 46.
- — à froid, 431.
- w
- White spirit pour aAÛons, 131.
- Y
- Yang-tsé-Kiang, 391.
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-
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-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Aron (Dr Max). — La division dos cellules, 200. — La différenciation cellulaire, 395.
- B. (A.). — Masques protecteurs contre les gaz, 163.
- B. (H.). — Durcissement du bois par le soufre fondu, 280. Aptitude des bois à la rétention des clous, 281.
- Baud (Paul). — Académie des Sciences, 40, 91, 136, 236, 282, 379, 428, 471, 523.
- Baudouin (Dr Marcel). — Pierres-figures des côtes de Vendée, 225.
- Blin (Henri). — La farine de bois, 256. — Les nids d’hirondelles dans l’alimentation humaine, 281. — Sucre de betteraves séchées, 475.
- Bongrand (J.-Ch.). — Le caoutchouc, 153, 506, 297.
- Bossière (Claude-Georges). — Le téléphone automatique à Paris, 491.
- Bourgain (André). — Les plaques photographiques, 67. — Le chemin de fer de Paris à Saint-Germain, 309.— L’électricité dans l’aiguillage et la signalisation, 537.
- Bourgoin. — Intérêt des alliages de glucinium, 422.
- Boussac (P.-Hippoltte). — Les galets coloriés du Mas d’Azil, 385.
- Boutaric (A.). — La présence du corps humain influence-t-elle la conductibilité électrique? 414. — Préparation industrielle du fluor, 505.
- Boyer (Jacques). — Turpin, inventeur de la mélinite, 186. — Nouveaux journaux lumineux de Paris, 268. — Remise à neuf des pneumatiques, 364. — Le peyotl, 403. — L’ultracinéma No-guès, 452. — Une usine à pain, 481. — Centenaire du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, 553.
- Breuil (Abbé). — Commentaire scientifique d’une scène de chasse inédite de la grotte de Gantiès, 306.
- Brunet (Emile). — La collégiale de Saint-Quentin, 257.
- Cabanes (Dr). — Légendes, mots et curiosités de la science, 177, 321, 417, 516.
- Carle (G.). — Cyclone de Tamatave, 426.
- Casteret (Norbert). — La glaciaire souterraine perforée du Mar-boré, 108.
- Chaîne (J.). — Curieux cas de fasciation, 61.
- Charcot (J.-B.) et Idrac (P-). — Phénomène de dépression atmosphérique, 73.
- Claude (Daniel). — Les origines du tabac, 216. — Variations du diamètre des arbres, 499.
- Cotton (A.). — L’ « Optical Convention » de Londres, 561.
- Dauzat (Albert). — La géographie humaine, 354.
- Deforge (A.). — Les qualités des cuirs à chaussures, 252.
- Devaux (J.). — Les colonnes lumineuses, 500.
- Doublet (E.). — Les comètes, 62. — Turgot et les études scientifiques, 513. — Observatoires de Paris et de Meudon, 529.
- Dusolier (Dr Maurice). — Quelques problèmes de physiologie comparée, 33.
- Feuillée-Bii.lot (A.). — A propos de vipères, 465.
- Forbin (V.). — Souvenirs sur le singe paresseux, 112. — Les Indiens du Canada, 145. — D’où viennent les Romanichels ? 361.
- — L’Art sumérien, 433. — La souris des sapins, 559.
- Gruson (F.). -— Alliages légers et construction aéronautique, 17.
- — Stabilisateur Bramson pour avions, 119. — Traversée de l’Atlantique. 552.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — La conservation des unités de longueur, 58.
- 'Hamon (A.). — Entretiens de photographie pratique, 466.
- HÉ.viardinquer (P.). — Radiophonie pratique, 35, 180, 230,
- . — Poste automobile récepteur-émetteur de T. S. F., 125. — Direction des avions par T. S. F., 270. — Collecteurs d’ondes en radiophonie, 324. — Transmissions radioélectriques par ondes dirigées, 407.
- Hubault (E.). — Invasion des Fidonies dons les pineraies d’Ha-guenau, 77.
- Hutin (Albert). — Extincteurs d’incendie, 474. —< Utilisation des déchets d’aciers rapides, 475.
- Idrac (P.). — Voir J.-B. Charcot.
- Joleand (L.). — La vie dans les eaux douces de la Colombie, 342.
- L. (R.). — Le coton : sa culture dans les colonies françaises, 101.
- Lacoste (Jean). — Le globe se refroidit-il ? 316.
- Leclerc (Dr Henri). — La famille des Crucifères, 273.
- Lecoq (Raoul). — Farines maltées ou diastasée.s et lactées, 543.
- Lefebvre des Noëttes (commandant). — La conquête de la force motrice animale, 49, 165, 301.
- Lefranc (Jean-Abel). — La lutte contre les incendies de l’air 218. — Sur les raids transatlantiques, 486. — Le navire volant? des chantiers de Saint-Nazaire, 546.
- Legendre (Dr A.). — Les Bigoudens sont-ils des Mongols? 97.
- Lemaire (E.). — Brunissage et broyage de l’acier, 473.
- Lodge (Sir Oliver). — Un maître de la science : sir J. J. Thomson, 241.
- M. (Dr P.-E.). — Rendements de la machine humaine, 86.
- M. (R.). — A quoi sert la rate? 38. — Secours aux électrocutés, 276.
- Marcût (J.). — L’appareil de tension anodique, 83.
- Mareschal (G.). — Le film en couleurs, 100.
- . Martel (E.-A.) — Causses majeurs et Cévennes, 20. — Commentaire géologique sur la glacière souterraine perforée de Mar-bori, 110. — Aménagement de l’Aven Armand, 551.
- Martin (Léonard). — Le Nordeste brésilien, 439.
- Mascard (Jean). — Influence de la chaleur solaire sur les glaciers, 81.
- Merle (René). — L’expédition de la Discovtry, 9. — Mosaïques
- Moreillon (M.). — Foudroiement des arbres, 562.
- de diatomées microscopiques, 74. — Des poissons extraordinaires : les Cératioidés, 214.
- O. (J.). — Epuration du gaz de hauts fourneaux, 347.
- Peuii (L.). — Les inondations de Paris, 226.
- Petit (Henri). — La voiture automobile moderne, 25. — Le moteur d’automobile moderne, 171, 507.
- Picard (L.). L’automobile pratique, 43, 138, 278.
- R. (L.). — Une montre originale, 57. — Le territoire d’Agadir, 474.
- Ranc (Albert). — Marcelin Berthelot, 337.
- Reverchon (Léopold). — Vingt-cinq cadrans solaires sur un polyèdre, 204.
- Richet (Charles). — Sir J. J. Thomson, par sir Oliver Lodge, 241.
- Rivet (P.). — La musique indienne en Amérique, 244.
- Roger (E.). —Particularités remarquables de la température, 370.
- Rousseau (R.-J.) — Les machines qui pensent, 455.
- JIudeaux (Lucien). — Une planète peu connue, Mercure, 264.
- Ryvez. — Entomologie des mouches à truites, 460.
- Sarrot du Bellay (IL). — Eau distillée sans distillation, 462.
- Sauvaire-Jouhdan (Commandant). — Comment on règle et on dii’igc le tir de l’artillerie navale, 12. — Le grand fleuve de là Chine, 391. — Relevagc d’un sous-marin américain, 437.
- Sounbs (Henri). — Le port d’Alger, 289.
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-
-
- 583
- T. (À). — Nouvelle mesure de la vitesse de la lumière, 76. — Évolution nouvelle de l’industrie chimique, 127.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 87, 233, 327, 423, 564.
- ïroller (A.). — Pylône électrique original et économique, 18. — Les progrès du phonographe, 113. — Le plâtre, 149. — L’acoustique architecturale, 210. — Solutions superficielles, 443- —• Salle d’hôpital modèle, 488.
- Trombe (Féi.ix). — Scène de chasse inédite de lu grotte de Gan-tiès, 306.
- Truelle (à.). — Le jardin familial des plantes médicinales, 178, 322, 412.
- Vii.lepion (G.-T.) — Comment réduire l’effort en natation, 449.
- Vjllers (R.). — Les recherches récentes du pétrole dans la
- Limagne, 4. — Nouveau tube à rayons cathodiques, 122. — Un appareil qui décuscute le trèfle, 366. — L’anhydride carbonique, succédané de la glace, 458. — Mesure des couleurs dans l’industrie, 557.
- Weiss (E.-H.). — Nouveau procédé d’extinction du coke, 1. — Les raquettes de tennis en acier, 120. — Château d’eau de Bruges, 170. — Respirera-t-on l’hélium? 248. —Surfaces planes les plus parfaites, 318. — Le labourage électrique, 357. — Extraction du sel, 399.
- Welsch (Jules). — Blancs et noirs dans le Sahara, 11.
- Winkler (Pierre). — Le port de Strasbourg, 55.
- Woog (Paul). — Frottement, graissage, onctuosité, 160, 193.
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Montre originale (L. R.)................................. 57
- Conservation des unités do longueur (C.-E. Guillaume) ... 58
- Les comètes (E. Doublet).................................... 62
- Etude de la planète Mars................................. 91
- Vingt-cinq cadrans solaires sur un polyèdre (L. Reverchon). 204
- Mercure, planète peu connue (L. Rudaux)....................264
- Pendule de précision........................................451
- Avis aux observateurs d’étoiles filantes.................. . 521
- Observatoires de Paris et de Meudon (E. Doublet). . . . . 529 Bulletin astronomique (E. Touohet) ... 87, 233, 327, 423, 564
- II. — SCIENCES PHYSIQUES I. Physique.
- Pour filtrer un grand volume.................................. 34
- Nouvelle mesure de la vitesse de la lumière (A. T.)... 76, 558
- Accroissement du son.....................................; . 91
- Prospection électrique du sous-sol....................... 119, 238
- Électrisation des essences....................................131
- Frottement, graissage, onctuosité (P. Woog)..............160, 193
- Acoustique architecturale (A. Troller)...................210, 377
- Appareil pour mesurer les vitesses d’absorption des gaz par
- les liquides...............................................236
- Un maître de la science : Sir J.-J. Thomson (sir Oliver
- Lodge)....................^................................241
- Procédé général de préparation des colloïdes métalliques . . 282
- Transparence de l’eau de mer pour l’ultra-violet..............282
- Surfaces planes les plus parfaites (E.-IT. Weiss). .... 3, ]g
- Daniel Berthelot................................................ 3715
- Mesure des champs magnétiques.................................379
- Solutions superficielles (A. Troller)............................443
- Eau distillée sans distillation (Sarrot du Bei.lat).........462
- Verres de silice.............................................. 523
- Mesures des couleurs dans l’industrie (R. Vii.i.ers)... . . , . 557 « Optical Convention » de Londi-es (A'. Cotton)..................561
- 2. Chimie.
- Nouveau procédé d’extinction du coke (E. Weiss)............ 1
- Aciers au chrome et au cobalt................................ 40
- Synthèse des carburants naphtaléniques....................... 40
- Nouvelles résines artificielles............................. 89
- Évolution nouvelle de l’industrie chimique (A. T.).........127
- Cémentation de l’acier doux par le cyanogène ou la cyana-
- mide......................................................136
- Le plâtre (A. Troller).......................................149
- Turpin, inventeur de la mélinite (J. Boyer)..................186
- Bataille des engrais chimiques en Allemagne..................228
- Nouveau procédé d’ornementation de l’aluminium...............236
- Le glucinium, métal léger....................................251
- Nouveau dérivé organo-métallique de l’or................... 282
- Brai de naphtal..............................................330
- Marcelin Berthelot (A. Rang).................................337
- Actions chimiques des radiations........................... 379
- Chaleurs de combustion................................... 379
- Alliages de glucinium (Bourgoin).............................422
- Hydrogénation du naphtalène..................................428
- Réduction des minerais oxydés...............................471
- Préparation industrielle du fluor (A. Boutaric).............505
- Carbonates thalleux.........................................533
- III* — SCIENCES NATURELLES
- I. Géologie. — Physique du globe.
- Les recherches récentes de pétrole dans la Limagne (R. Vil-
- lers)................................................... 4
- Terrain crétacé au sud de Pau........................... 40
- Marbres de Sarrancolin et de Saint-Béat................. 40
- Influence de la chaleur solaire sur les glaciers (J. Masgart). 81
- Rôle possible des transmutations en géologie............236
- Le globe se refroidit-il? (J. Lacoste)....................316
- Tectonique de la Vanoise .................................428
- Dôme de sel dans le bassin potassique du Haut-Rhin .... 523
- 2. Météorologie.
- Phénomène de dépression atmosphérique (J.-B. Charcot et
- P. Idrac)................................................ 73
- Pluie de sang du 30 octobre 1926.................... 190, 335
- Particularités remarquables de la température (E. Roger). . 370
- Cyclone de Tamatave (G. Carle). ............................426
- Colonnes lumineuses (J. Devaux)............................ 500
- Foudroiement des arbres (M. Moreili.on).....................562
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Quelques problèmes de physiologie comparée (D1' M. Duso-
- lier)...................................................... 33
- A quoi sert la rate? (R. M.) .............................. 3g
- Animaux de ferme en France................................... 90
- Charge des ailes des Lépidoptères............................. 91
- Souvenirs sur le singe paresseux (V. Forbin)...............112
- Air des couveuses artificielles...............................133
- Transmission du Treponema crocidurae..........................136
- Élevage au Congo belge........................................189
- Division des cellules (Dr M. Aron) . ......................200
- Des poissons extraordinaires : les Cératioidés (R. Merle) . . 214
- Noircissement des papillons........................... 229, 478
- Nids d’hirondelles dans l’alimentation humaine (H. Blin) . . 281
- Biologie du phylloxéra....................................... 282
- Lait de inonoti'ème...........................................330
- Vie dans les eaux douces de Colombie (L. Joleaud)..........347
- Indice de valeur cérébrale de l’enfance.......................329
- Différenciation cellulaire (Dr M. Aron)...................... 395
- La présence du corps humain influence-t-elle la conductibilité
- électrique? (A. Boutaric)..................................414
- Machines qui pensent (R.-J. Rousseau).........................455
- Entomologie des mouches à truites (Ryvez)................... 460
- A propos de vipères (A. Feuillée-Billot)......................465
- Comportement du germon........................................471
- Émanations radioactives dans l’organisme.................... 471
- Institut de biologie physico-chimique (fondation Edmond de
- Rothschild)................................................521
- .Souris des sapins JW. Fokbin)................................559
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- 585
- 4. Botanique. — Agriculture
- Rôle des péricarpes charnus................................. 40
- Culture du bacille du rouissage............................. 40
- Chênes-lièges remarquables...................................... 42
- Curieux cas.de fasciation (J. Chaîne)....................... 01
- Mosaïques de diatomées (R. Merle)........................... 74
- Le coton : culture dans les colonies françaises (R. L.). . . . 101
- Récoltes en France en 1926..................................... 132
- Action nuisible de la paille sur la croissance. . ;.........133
- Oxydation microbienne du soufre.................................136
- Le caoutchouc (C. Bongrand)....................... 153, 206, 297
- Communications du Congrès du caoutchouc.........................187
- Matières grasses coloniales..............................187
- Oléagineux en A. O. F................................... 187
- Huile de palmé en Afrique................................188
- Culture du thé. .........................................188
- Tabac dans les colonies françaises.......................188
- Quinquina au Congo belge................................ 189
- Origines du tabac (D. Claude)................................. 216
- Trois générations de betterave en une année.................236
- La famille des Crucifères (Dr H. Leclerc)...................273
- Ceramium à bromuques........................................... 282
- Jardin familial des plantes médicinales (A. Truelle) :
- Saponaire officinale....................................178
- Tanaisie vulgaire....................................... 179
- Tussilage............................................. 322
- Yélar................................................... 323
- Verveine officinale. . . ................................418
- Le blé, il y a 55 siècles...................................... 346
- Appareil qui décuscute le trèfle (R. Villers) ..................366
- Digestion des grains d'amidon par les cellules végétales . . 379
- Le peyotl (J. Boyer).......................................... 403
- Sodium chez les plantes.........................................428
- Algues perforantes de la mer'Noire..............................428
- Solubilisation du soufre en terre...............................471
- Algues perforantes..............................................471
- Sucre de betteraves séchées (H. Blin)....................... . 475
- Variations du diamètre des arbres (D. Claude)...................499
- Chute des fleurs............................................... 522
- Greffes nouvelles............................................. 523
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Blancs et noirs dans le Sahara (J. Welscii).............. 10
- Causses majeurs et Cévennes (E.-A. Martel)............... 20
- Du Nil au Tibesti......................................... . 91
- Les Bigoudens sont-ils des Mongols? (Dr A. Legendre) ... 97
- La glacière souterraine perforée du Marboré (N. Casteret
- et E.-A. Martel) .........................................108
- L’industrie en Algérie......................................132
- Indiens au Canada (V. Forbin)...............:............145
- Cartographie du Katanga ....................................199
- Pierres-figures des côtes de Vendée (D1' M. Baudouin). . . . 225
- La musique indienne en Amérique (P. Rivet)...............244
- Scène de chasse inédite de la grotte de Ganties (F. Trombe
- et abbé Breuil)...........................................306
- Géographie humaine (A. Dauzat)..............................354
- D’où viennent les Romanichels ? (V. Forbin)................ 361
- Galets coloriés du Mas d’Azil (H. Bouss.vc)..............385
- Le grand fleuve de la Chine (Cl Sauvairè-Joürdan)........391
- Art sumérien (V. Forbin) ... J..............................433
- Le Nordeste brésilien (L. Martin)...........................439
- Territoire d’Agadir (L. R.). ...............................474
- Aménagement de l’Aven Armand (E.-A. Martel).................551
- V* - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- A quoi sert la rate? (R. M.)............................. . 38
- Action de l’ergotamine sur la respiration . . ".......... 40 •
- Rendements de la machine humaine (D1 P.-E.-M.)........... 86
- Population de la France en 1926 ....................... 86
- Formation des abcès de fixation............................. 91
- Virulence de la bave des animaux rabiques...................136
- Masques protecteurs contre les gaz (A. B.)..................163
- Moustique de la fièvre jaune................................236
- Respirera-t-on l’hélium? (E.-H. Weiss)........................ 248
- Secours aux électrocutés (R. M.)............................. 276
- Pathogénie de l’urémie...................................... . 379
- Choc radiant.................................................. 428
- Comment réduire l’effort en natation (G. T. Ville pion) . . . 449.
- Salle d’hôpital modèle (A. Troller) .......................... 488
- Mort par tétanos électrique....................................523
- VI. — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Histoire du canon de 75............................... 41, 329
- Panification économique par sous-produits de laiterie . ... 90
- Utilisation de l’énergie d’un liquide chaud dans une turbine. 91
- Progrès du phonographe (A. Troller).......................113
- Les raquettes de tennis en acier (E.-H. Weiss)............120
- Papier-bois pour tentures....................................133
- Granulation des scories .....................................136
- Qualités des cuirs à chaussures (A. Deforge)..............252
- Farine de bois (H. Blin). 256
- Nouveaux journaux lumineux de Paris (J. Boyer)............268
- Durcissement du bois par le soufre fondu (H. B.)..........280
- Aptitude des bois à la rétention des clous (H. B.)........281
- Epuration du gaz de hauts fourneaux (J. O.)...............347
- Remise à neuf des pneumatiques (J. Boyer).................364
- Projet de loi sur les brevets d’invention . ..............376
- Extraction du sel (E.-H. Weiss)............................ 399
- Anhydride carbonique, succédané de la glace (R. Villers) . 458
- Brunissage et bronzage de l’acier (E. Lemaire)............473
- Extincteurs d’incendie (A. Hutin) ........................ 474 "
- Utilisation des déchets d’aciers rapides (A. Hutin) ..... 475
- Usine à pain (J. Boyer)......................................481
- Farines maltées ou diastasées et lactées (R. Lecoq)... . . . 543
- 2. Photographie.
- Les plaques photographiques (A. Bourgain)............. 67
- Film en couleurs (G. MarescHal) ... ...............1U0
- Cinématographie d’amateur.............................. 369
- Ultracinéma Noguès (J. Boyer)............................452
- Entretiens de photographie pratique (A. Hamon)...........466
- 3. Électricité.
- Pylône électrique original et économique (A. Troller) ... 18
- Nouveau tube à rayons cathodiques (R. Villers) . ..... 122
- Poste automobile récepteur-émetteur de T. S. F. (P. Hemar-
- dinquer)................................................ 125
- Nouveau statut de la radiophonie..........................134
- Collecteurs d’ondes pour radiophonie (P. Hémardinquer) . . 324
- Labourage électrique (E.-H. Weiss)..........................357
- Transmissions radioélectriques par ondes dirigées (P. Hémardinquer) ................................................. . 407
- Téléphone automatique à Paris (C.-G. Bossière)............491
- Usine hydroélectrique la plus puissante......................522
- Lampe électrique la plus puissante. .........................522
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Systèmes de liaison à basse fréquence............... . 35
- Emploi des lampes de puissance..................... 35
- Nouvelles boites d’alimentation....................... 36
- Poste-meuble facile à construire . .................. 36
- Condensateurs variables...............................180
- Bruits parasites industriels . . . ...................181
- Modèles récents de haut-parleurs. .......... 181
- Cadre pour toutes longueurs d’ondes...................182
- Combinateur automatique 230
- Poste émetteur-récepteur combiné......................230
- Manières d’utiliser un cadre. . ......................231
- Bobinages interchangeables et fractionnés.............231
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- 586
- Rhéostats cle chauffage .... ;.....................372
- Haut-parleur : réglage............................ 373
- Haut-parleur antidéformant . . . ................374
- Tableau de charge pour batterie....................374
- Antennes verticales ...............................374
- Montage simple de lampe à 2 grilles » ...........375
- Montages récepteurs modernes.............. ... 518
- Redresseurs de courant............................ 518
- Haut-parleur à diffuseur ... 519
- Transformateur haute fréquence.....................519
- Condensateur variable à diélectrique mica..........520
- Nouveautés en T. S. F. (J. Marcot) :
- Appareil de tension anodique....................... 83
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Château d’eau de Bruges (E.-H. Weiss)...................170
- Les inondations de Paris (L. Pech)....................... 226
- Collégiale de Saint-Quentin (E. Brunet)...................257
- Forage le plus profond du monde ........................280
- 5. Transports.
- Voiture automobile moderne (H. Petit).................... 25
- La conquête de la force motrice animale (G1 Lefebvre des
- Noëttes). ...................... . ........ 49, 165, 301
- Le moteur d’automobile moderne (II. Petit).......171, 507
- Chemin de fer de Paris à Saint-Germain (A. Bourgain) . . , 309
- Motexirs à pistons opposés. . ..........................416
- À plus de 327 km à l’heure en automobile........... 425
- Charbon, combustible pour moteurs....................... 521
- Electricité dans l’aiguillage et la signalisation (A. Bourgain). 537 Centenaire du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon (J. Boyer).
- .................»........................................553
- L’automobile pratique (L. Picard) :
- Accidents ......................................... . 43
- Garniture pour volant de direction................ . . 44
- Appareil lumineux de signalisation. ......... 44
- Tableau de bord moderne................................. 44
- Heureuse nouvelle.......................................138
- Droits de circulation. . ...............................138
- Miroir rétroviseur et feu de position...................138
- Indicateur d’essence simple.............................138
- Anti-vol de précision.................................. 139
- Quand l’huile doit être changée.........................139
- » Refroidissement des moteurs en hiver.....................139
- Pourquoi un moteur chauffe-t-il?. ......................278
- Pédale de commande à usages multiples...................278
- Ecran anti-éblouissant. ................................279
- Carrosserie à toit mobile...............................279
- Détaxe pour les vieilles voitures..................... 420
- Technique automobile ...................................420
- Pare-choc inacerocliable ...............................420
- Strapontin amovible.....................................420
- Signalisateur électrique................................421
- Commerce extérieur des automobiles......................422
- 6. Aviation et aéronautique.
- Alliages légers et construction aéronautique (F. Gruson) . . 17
- Invasion de Fidonies dans les pineraies d’Haguenau (E. Hu-
- bault).................................................... . 77
- Moyens de sauvetage en aviation................................ 89
- Stabilisateur Bramson pour avions (F. Gruson)..................119
- Indicateur d’altitude pour avion...............................131
- Maniabilité et sécurité de l’avion........................... 131
- White-spirit, combustible de sécurité pour avion ...... 131
- La lutte contre les incendies de l’air (J.-A. Lefkano) .... 218
- Direction des avions par T. S. F............. . .............. 270
- Réglage automatique des moteurs d’avion sürcomprimés . . 280
- Expédition argentine au Pôle Sud............................. 281
- Traversées de l’Atlantique................................... 416
- Chronique aéronautique ...................................... 416 *
- Perfectionnement au ballon sphérique......................... 4.54
- ?Risques d'incendie d’avions ..................................473
- Raids transatlantiques (J.-A. Lefranc).................... 486
- Navire volant des chantiers de Saint-Nazaire (J.-A. Lefranc). 546 Traversée de l’Atlantique (R. Gruson)........................552
- 7. Marine,
- L’expédition de la Discovery (R. Merle)................. 9
- Comment on règle et on conduit le tir de l’artillerie navale
- (Cl Sauvaire-Jourdan)..................................... 12
- Le port de Strasbourg (P. Winkler).......................... 55
- Port d’Alger (H. Sounes).................................... 289
- Relevage d’un sous-marin américain (Cl Sauvaire-Jourdan). 37
- VIL — HISTOIRE DES SCIENCES
- Légendes, mots et curiosités de la science (Dr Cabanes), 177,
- .................................... 321, 417, 516
- Turgot et les études scientifiques (E. Doublet)......513
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul Baud) :
- Synthèse des carbures naphtaléniques................ 40
- Action de l’ergotamine sur la respiration........... 40
- Terrain crétacé au sud de Pau. 40
- Marbres de Sarraucolin et de Suint-Béat............. 40
- Aciers au chrome et au cobalt....................... 40
- Rôle des péricarpes charnus........................... 40
- Culture du bacille du rouissage..................... 40
- Etude de la planète Mars............................ 91
- Accroissement du son ............................... 91 *
- Utilisation de l’énergie d’un liquide chaud dans uns
- turbine ........................................... 91
- Du Nil au Tibesli..................................... 91
- Formation des abcès de formation.................... 91
- Charge des ailes des Lépidoptères 9l
- Cémentation de l’acier doux par le cyanogène. ... 136
- Granulation des scories........................... 136
- Transmission du Treponema croddurae ....... 136
- Oxydation microbienne du soufre........................136
- Virulence de la bave des animaux; rabiques. ..... 136
- Rôle possible des transmutations en géologie...........236
- Nouveau procédé d’ornementation de l’aluminium. . . 236
- Appareil pour mesurer les vitesses d’absorption des
- gaz par les liquides.............................. . 236
- Trois générations de betterave en une année ........ 236
- Moustique de la fièvre jaune..........................236
- Nouveau dérivé organo-métallique de l’or. ...... 282
- Procédé général de préparation des colloïdes métalliques. 282
- Biologie du phylloxéra. 282
- Ceramium à bromuques..................................282
- Transparence de l’eau de mer pour l’ulli'a-violet . . . 282
- Mesure des champs magnétiques. . .............379
- Actions chimiques des radiations......................379
- Chaleurs de combustion ...............................379
- Digestion des grains d’amidon par les cellules végétales ................................................379
- Pathogénie de l’ui’émie........................ , . 379
- Indice de valeur cérébrale de l'enfance...............379
- Hydrogénation du naphtalène...........................428
- Sodium chez les plantes............................. 428
- Choc radiant ....................................... 428
- Tectonique de la Yanoise..............................428
- Algues perforantes de la mer Noire. ..................428
- Réduction des minerais oxydés.........................471
- Solubilisation du soufre en terre . ... .......... 471
- Comportement du germon . . . .........................471
- Introduction des émanations radioactives dans l’organisme. ...............471
- Algues perforantes................................. 471
- Carbonates thalleux................................. 523
- Dôme de sel potassique..............................523
- Verres de silice...............................- - - 523
- Greffes nouvelles................................... 523
- Mort par tétanos électrique...........................523
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- IX. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- I. Notes et informations.
- Chênes-lièges remarquables.................................. 42
- Nouvelles résines artificielles.......................... 89
- Moyens de sauvetage eu aviation.......................... 89
- Animaux de ferme en France............................... 90
- Panification économique par sous-prodüits de laiterie ... 90
- Electrisation des essences..................................131
- Indicateur d’altitudes pour avion. ... . ................131
- Maniabilité et sécurité de l’avion. . ...................131
- White-spirit, combustible dé sécurité pour avion.........131
- Récoltes én France en 1926 .............................. 132
- L’industrie en Algérie................................... 132
- Papier-bois pour tentures................................133
- Action nuisible de la paille sur la croissance...........133
- Air des couveuses artificielles.............................133
- ÏUrpin, inventeur de la mélinite. . ....................186
- Communications du Congrès dü Caoutchouc.....................187
- Bataille des engrais chimiques en Allemagne.................228
- Noircissement des papillons............................... 229
- Reglage automatique pour les moteurs d’avion surcomprimés .................................................280
- Eorage le plus profond du monde..........................280
- Burcissément du bois par le soufré fondu.................280
- Rétention dés clous dans le bois............................281
- Nids d’hirondèlle...........................................281
- Expédition argentine aérienne du Pôle Sud................281
- Paternité du canon de 75 .................................. 329
- B rai de naphtal............................................330
- Lait de monotrème...................... . . .............330
- Daniel Berthelot............................................376
- Projet de loi sur les brevets d’invention...................377
- Acoustique architecturale ..................................377
- A plus de 327 km à l’heure en automobile.................425
- Cyclone de Tamatave . . . ..................................426
- Risques d’incendie d’avions..............................473
- ' Brunissage et bronzage de l’acier.........................473
- Extincteurs d’incendie...................................474
- Territoire d’Agadir......................................474
- Utilisation des déchets d’aciers rapides....................475
- Sucre de betteraves séchées ................................475
- Institut de Biologie, fondation Edmond de Rotschild . . . 521
- Avis aux observateurs d’étoiles filantes. . . . ........521
- Charbon, combustible pour moteurs...........................521
- Usine hydroélectrique la plus puissante : . . . '........522
- Lampe électrique la plus puissante..........................522
- Chute des fleurs........................................ 522
- GùstaA'e André..............................................567
- Déchets d’amiante................ . .....................568
- Production mondiale du vin................................. 568
- 2. Petites inventions.
- Porte-habits extensible..................................... 44
- Pare-boue de talon........................................ 44
- Cuillère pour bébé.......................................... 45
- Parapluie démontable . . . ................................. 45
- Lampe mire-œufs............................................. 45
- Nouveau matériau : la brique armée.......................... 92
- Connexion pour batteries d’accumulateurs.................... 93
- Utilisation de la sciure pour le chauffage..................140
- Illusion d’optique . ................................... 140
- Brûleur de laboratoire.................................... 183
- Volets de laboratoire..................................... 183
- Appareil de déshydradation dés liquides volatils............183
- Aspirateur de poussières passant sous les meubles .... 184
- Outils en tube d’acier.................................... 284
- Voltoutil...................................................284
- Appareil électrique à marquer le bois . ................. 284
- Lanterné photographique à veilleuse.........................285
- Lampe électrique pour laboratoire de photographie. . . . 285
- Pyromètre de surface à indications rapides..................285
- Fabrication des skis........................................332
- Pour empêcher l’échelle de glisser..........................333
- Pour fixer le marteau à la ceinture. ....................333
- Essuie-glace Dux.........................................380
- Chauffe-mains pour volant................................. 380
- Treuil d’applique .........................................381
- Métronome à ruban........................................ 381
- Gycle marin.............................................. 432
- Bateau démontable ....................................... 432
- Bicyclette suspendue, .....................................476
- Tronçonneuse centrifuge. ..................................476
- Silencieux pour machine à coudre.......................... 476
- Outils de jardinage ..................................... 477
- Briquet à boules ...................^ . . ............... 477
- Appareil « Dylior »...................................... 525
- Poêle à frire V. M.......................................525
- Appuie-bras.............................................. 525
- Support portatif de lanterne d’écurie. ....................526
- Cendrier nouveau....................................... 526
- Brosse à barbe en caoutchouc ... 526
- Lampe d’extérieur étanche................................ 526
- Enregistreur d’oxygène dissous ............................570
- Nettoyage des tuyaux d’écoulement..........................571
- Accrocbe-balai « Basculo »............................... 572
- Beurrière-Glacière..................................... 572
- 3. Recettes et procédés utiles.
- Pour filtrer un grand volume. . . 1 . . . . ............34
- Lutte contre les mites................................... 82
- Stérilisation des plantes. .............................. , 82
- Contre les engelures et les crevasses......................217
- Pour visser un écrou usé. .................................279
- Pour dessiner facilement des roues d’engrenage. ..... 279
- Pour empêcher la toile cirée de se couper................279
- Réparation d’un tuyau d’eau crevé . .......................371
- Utilisation du papier au bromure altéré....................371
- Révélateur pour régions tropicales.........................371
- Diminution des contrastes des épreuves.....................371
- Destruction des genêts ........................ 470, 517
- Pour sortir une bague du doigt.............................517
- Pour faire mordre une vis dans du bois dur...............563
- Mèche trop courte dans une lampe...........................563
- Revêtement calorifuge d’une bouteille......................563
- 4. Boîte aux Lettres.
- Pour utiliser la chaleur du globe............... 46, 142, 280
- Dissolution de caoutchouc.................................. 46
- Fabrication des objets en caoutchouc....................... 46
- Fabrication des liqueurs. 46
- * Feuilles de cuivre d’aspect doré ou argenté.................. 46
- Pour boucher les fissures des marmites................... 46
- Vulcanisation du caoutchouc................................ 46
- Accumulateurs.............................................. 46
- Sel pour piles....................... . . ............... 46
- Contre le gel des radiateurs d’automobiles............... 47
- T. S. F.................................................. 47
- Suppression de l’humidité des murs ...................... 47
- Taches de goudrons de fumée de bois...................... 47
- Taches noires de cuviers................................. 47
- Taches sur le linge....................................... 47
- Eaux minérales 47
- Màstic pour ébonite ..................................... . 47
- Cuirs moisis........................................... 47
- Ai’bre à pain............................................ 94
- Sens de l’espace chez les pigeons voyageurs. . .......... 94
- Fuchsine : origine du mot.............. 94, 190, 334, 382
- Protection des soies de brosses à dents. ................ 94
- Agglomérés de sciure de bois........................... 94
- Taches d’encre à stylo Sur les tissus.................... 94
- Taches de sucs de plantes .......................... 94
- Fentes dans un pavage en mosaïque........................ 95
- Enlèvement de la rouille sur les pierres................... 95
- Mastic pour fentes de parquet . . ....................... 95
- Levures de panification.................................. 95
- Conservation des solutions de gélatine..................... 95
- Fabrication de l’acide sulfurique.......................... 95
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- Ciments dentaires......................................... 95
- Consommation d’une automobile............................. 95
- Ouvrages sur les ondes courtes............................ 95
- Alimentation d’un poste de T. S. F. sur alternatif........ 95
- A propos du pentatron.......................................142
- Table des nombres premiers. ................................142
- Epreuves photographiques minuscules........................ 142
- Réglage d’un poste de T. S. F............................. 143
- Antenne pour réception des ondes courtes.................. 143
- Pour empêcher les récipients de se rouiller...............143
- Pluie de sang du 30 octobre 1926........................... 190
- Dépôts calcaires sur Ies^cuvettes......................... 190
- Taches d’encre sur les tissus...............................190
- Déchets du travail du bois................................. 191
- Enduit et décoration sur mur à la chaux . ..................191
- Destruction des vrillettes................................. 191
- Emboutissage................................................191
- Nettoyag^é d’un marbre..................................... 191
- Tissus eh.soie artificielle. . .............................191
- Gravure Sur cuivre..........................................191
- Composition des vernis......................................191
- Peinture. ..................................................238
- Cuves inaltérables aux acides...............................238
- Electrb.lyse................................................238
- Taches de vert-de-gris sur un tapis.........................239
- Dissolution et dilution.....................................239
- Protection de la tôle contre la rouille.....................239
- Protection des statuettes en bois contre les vrillettes . . . 239
- Cristallisation du sucre dans les confitures................239
- Briquettes à la sciure de bois..............................239
- Composition des encres d’imprimerie.......................239
- Pour teindre le bambou....................................233
- Vernis cristal .............................................239
- Pour recoller les touches de piano........................286
- Durcissement du ciment......................................286
- Collage des cartes géographiques............................286
- Imperméabilisation des manteaux de laine....................286
- Collage du caoutchouc sur le cuir...........................286
- Enduit souple.............................................287
- Pour enlever au beurre le goût de rance...................287
- Ouvrage sur le plomb........................................287
- Mauvais goût d’une eau-de-vie...............................287
- Liquide des fosses septiques comme engrais..................287
- Fabrication des têtes de cire...............................287
- Fabrication du charbon de bois..............................287
- Pour conserver les collections de poissons et de •mollusques. 287
- Peinture pour flotteur d’automobile.........................287
- Comment fabriquer les allume-feu............................287
- Peintures lumineuses................................ 287, 574
- Documentation sur les confitures............................287
- Renseignements météorologiques et T. S. F...................334
- Elimination de l’émission de Daventry, à Paris..............334
- Lampe à 2 grilles...........................................334
- Savon à détacher............................................335
- Miel artificiel.............................................335
- Savon de résine.............................................335
- Carburants..................................................335
- Nettoyage d’un mur..........................................335
- Eau oxygénée pour le nettoyage des vieilles gravures. . . 335
- Destruction des perce-oreilles .............................335
- Bouchage des fissures d’une cuve en bois....................335
- Production du tabac.........................................382
- Cadre antiparasite..........................................382
- Réparation d’un accumulateur................................382
- Radiomodulateur bigrille.................................. 382
- Réception en T. S. F...................................... 382
- Ouvrages sur les ondes courtes............................ 383
- Alimentation d’un poste en courant alternatif...............383
- Sélectivité. ...............................................383
- Liaison pour changeur de fréquence........................ 383
- Parasites industriels...................................... 383
- Auditeurs de T. S. F. dans le monde
- Revues de T. S. F...................................
- Montages de T. S. F.................................
- Sources d’Haminam-Meskoutiue . . . ............ 429,
- Erreur de calcul............................... 429,
- Destruction des herbes dans les allées..................
- Ajjpareil Wilson pour la résilience des cuirs...........
- Insecticides nouveaux...................................
- Odeur de bouc ..........................................
- Badigeons pour murs et plafonds.........................
- Tissus métallisés.......................................
- Chimie pharmaceutique...................................
- Argenture des miroirs...................................
- Feuilles de gélatine......................................
- Fourmis dans une poutre. ...............................
- Briques en mâchefer................................431,
- Réactions colorés du formol.............................
- Vulcanisation à froid...................................
- Acétate de cellulose pour agglomérés....................
- Stérilisation des plantes...............................
- Conservation des citrons................................
- Gélatine en électrolyse.................................
- Laiton à aspect de fer forgé............................
- Noircissement des papillons.............................
- Recharge d’une batterie d’accus.........................
- Piles thermoélcctriques . ..............................
- Poste récepteur.........................................
- Livres de T. S. F....................................... •
- Irisations de la nacre et des perles....................
- Consommation d’une automobile...........................
- Papier Kraft pour emballage.............................
- Peinture de la galalithc...........................
- Destruction des insectes................................
- Ouvrages sur la parfumerie..............................
- Gravure de l’ébonite....................................
- Récupération de la gélatine des polycopies..............
- Anomalies florales......................................
- A propos de serpents ...................................
- Résistances chauffantes ................................
- Bibliographie du diamant................................
- Colle pour films........................................ .
- Indigo, indicateur chlorométriquc.......................
- Peintures bon marché...............................
- Pâte à modeler..........................................
- Carton-pierre...........................................
- Bibliographie des soies.................................
- Anthropoflux............................................
- Récupération des huiles de graissage usagées............
- Alun dans les badigeons.................................
- Prolongeons le service des limes.. . . •................
- Papier-bois pour tentures...............................
- Farine de bois..........................................
- Abaca...................................................
- Utilisations industrielles de la ramie..................
- Economie d’huiles de graissage..........................
- Soins aux piles de sonnerie.............................
- Toxicité de l’acétone...................................
- Pierre à décalquer des camelots.........................
- Moulage du celluloïd ...................................
- Moulage de la corne.....................................
- Peintures résistant à la chaleur................
- Savons liquides économiques........................... . .
- Viscose pour capsulage................................. . .
- Irisations du verre..................................... .
- Insecticides pour arbres. ..............................
- 5. Livres nouveaux. . 141, 237, 283, 331, 378, 427, 472,
- X* — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Curiosités de la nature................ 39, 137, 240, 368,
- Les faits de la quinzaine. 48, 96, 144, 192, 288, 336, 384, 480,
- 383
- 383
- 383
- 573
- 527
- 429
- 429
- 429
- 429
- 430 430 430 430
- 430
- 431 527 431 431 431 431 431 431 431 478 478 478 478
- 478
- 479 479 479 479 479 479 479 479 527
- 527 528.
- 528 528 528 528 528 528 528 573 573 573 573
- 573 . 574
- 574 574 574 574 574 574
- 574
- 575 575 575 575 575 575
- 524
- 464
- 576
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Massox.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- 1927.
- p.588 - vue 612/612
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