La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- L* MSTOTOTI
- CINQUANTE-CINQUIÈME ANNÉE 1927 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C‘, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS» J 20» BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- N° 2764,
- LA NATURE
- J" Juillet 1927
- LE GRAND TREMBLEMENT DE TERRE DE L'ARMÉNIE
- Une catastrophe sans précédent a ravagé, en 1926, la province de Léninagan, provoquant dans toute l’Arménie une stupeur qui n’est pas encore dissipée.
- Cette destruction, achevée en quelques minutes, d’une région en voie de relèvement, où plus de quatre-vingt
- mille personnes se trouvèrent sans abris, ne constitue pas seulement un des plus terribles désastres que les annales du séisme aient enregistrés. Par la façon instantanée dont elle s’est accomplie, elle mérite de passer pour le plus extraordinaire des cataclysmes dus
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- Fig. 2. — Carte tectonique et volcanique de l'Arménie.
- Le grand cercle noir est le volcan éteint l’Alagloz (4500 m.) auquel fait précisément suite la dépression de Chirale.
- à l’activité des forces souterraines de notre planète.
- D’après les constatations déjà faites, on peut entreprendre de reconstituer, avec quelque vraisemblance, la série des épisodes qui ont abouti au désastre final. Tandis que de toute part avec un élan, qui fait honneur au gouvernement Arnjénien, les sympathies éclatent, et que les secours s’organisent aussi efficaces que rapides, ce ne sera pas, pensons-nous, oublier le respect dû à une semblable infortune, que d’essayer de soumettre à une analyse scientifique l’ensemble des renseignements, naturellement assez confus, assez imprécis que nous avons pu recueillir sur, le lieu où s’est manifesté le déchaînement des puissances aveugles de la nature.
- DESCRIPTION DU CATACLYSME
- Le 22 octobre 1926, la ville de Léninagan, l’ancienne bourgade d’Alexandropole, devenue en moins de dix ans une cité de 60 000 habitants, éprouvait une légère secousse vers 18 heures ; insoucieuse elle chantait l’hymne du travail en toute confiance lorsque vers 19 h. 40 des grondements sinistres se font entendre. Les habitants affolés cherchent à fuir. La nuit, vers 20 h. 50, des secousses encore plus violentes, précédées de grondements terrifiants, se déchaînent en quelques secondes, les maisons furieusement secouées s’écroulent et les habitants, à peine vêtus, cherchent à fuir sans direction et sans but. Il y eut comme un mutisme collectif, beaucoup furent frappés de stupeur. Ce qui fut remarquable alors, ce fut l’insensibilité complète de beaucoup de blessés, la douleur physique était'comme abolie. On cite le cas de malades et de personnes portant des blessures ouvertes qui coururent pendant des heures sans s’en apercevoir. Une mère, son enfant dans ses bras, se jeta par la fenêtre. Une jeune fille dont le bras était cassé déclare n’avoir rien senti.
- Ainsi la soudaineté du désastre, les émotions violentes, l’instinct de conservation se manifestèrent sous des formes variées non seulement chez les hommes, mais encore parmi les animaux. On raconte, que dans les villages, une vingtaine de minutes avant la secousse, tout le bétail
- des écuries cherchait à s’enfuir en poussant des mugissements d’angoisse. Dès le premier frisson, les chiens poussaient de longs et plaintifs hurlements. Dans leurs boxes les chevaux s’agitaient avec inquiétude. Il est à remarquer qu’en général les dépositions des villageois sont à peu près uniformes. Ils disent avoir entendu d’abord des bruits souterrains, semblables à ceux des chariots roulants sur des cailloux, des beuglements inusités de bœufs ou de chameaux comme à l’approche d’un danger, etc.... Ces bruits et ces cris étaient immédiatement suivis de secousses, de chocs dirigés du Nord-Ouest au Sud-Est qui les projetaient par terre. Ensuite se produisirent des ébranlements ondulatoires, « comme la barque sur l’eau ». Les témoins rapportent qu’ils étaient soulevés, puis projetés par terre, que « les maisons dansaient » que .« tout se confondait », etc....
- Il est évident qu’à ce moment d’effarement, le caractère des secousses destructrices est resté peu net dans la mémoire des malheureux habitants; mais néanmoins, il n’est pas impossible que les premiers chocs aient été suivis d’une série de mouvements obliques se transformant en mouvements ondulatoires.
- , LES EFFETS DU CATACLYSME ET LEUR RÉPARTITION
- C'est ainsi que s’expliquent les effets particulièrement désastreux éprouvés par les villages Dharli, Payantour, Kélali, Tavchanguechla, Kazarabad et Svanverdi. On trouve dans ces villages plusieurs objets qui pivotèrent sur eux-mêmes. A Dharli et à Kazarabad les pyramides funéraires pivotèrent autour de leur piédestal de 43°. Au premier abord, on est porté à croire que ces faits sont le résultat de mouvements rotatoires. Mais il n’en est rien. En réalité, les ébranlements produits par les tremblements de terre affectent des directions très complexes ; il existe seulement une élongation maximum des multiples oscillations causées par l’ébranlement. On comprend dès lors pourquoi dans les villages dévastés, et particulièrement dans Léninagan, les façades orientées suivant une direction déterminée ont été épargnées à l’exclusion des autres. Ici cette direction était du N.-W. vers le S.-E. ; elle sera très probablement la même au cours de plusieurs tremblements de terre survenant au même endroit. Et c’est à coup sûr le principal enseignement qu’on en doive tirer pour l’avenir.
- Les secousses sismiques n’ont pas seulement eu comme effet de renverser les édifices et de causer la mort d’un grand nombre de personnes, mais encore elles ont eu des conséquences géologiquesimpor tantes.
- Ainsi aux environs des villages Kéali, Dharli,
- Payantour et Kazarabad le sol s’est crevassé en plusieurs endroits.
- Dans le village d’A-
- Fig. 3.— Le territoire de VArménie à l’époque sarmatique était occupé var une vaste dépression.
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- lexandrovka les deux bords d’une crevasse, qui traverse le village non loin de l’église russe, ont subi, l’un par rapport à l’autre, un changement de niveau d’une quinzaine de millimètres. Du côté d’Alaghôz, le bord de la crevasse s’est relevé, tandis que du côté d’Ar-patchaï il s’est affaissé.
- D’importants glissements de terrain se sont produits _ sur la rive gauche d’Arpatchaï. Des sources d’eau, dégageant de l’acide carbonique, se sont formées aux environs du village Tavchan-Guéchla (fig. 10).
- Il y a eu également des épanchements boueux sur différents points des deux rives d’Arpatchaï. Ces épanchements boueux proviennent sans doute du pétrissage des couches inférieures dans l’eau.
- La région qui a le plus souffert se trouve circonscrite par l’ellipse de la première courbe isoséiste, sur le prolongement du grand axe de l’ellipse. Dans cette région les traces de chocs verticaux sont bien manifestes. Leurs effets ressemblent à ceux que produit une explosion de mine.
- Vu le manque de stations séismiques et d’observateurs intelligents qui auraient pu se rendre compte des phénomènes, l’auteur n’a pu se guider que par les traces dans les édifices et cimetières. Il faut ajouter que les traces de destructions des bâtisses ne dépendent pas tant delà direction d’une secousse que de la solidité des différentes parties de l’édifice ébranlé. 11 a fallu en conséquence examiner, autant que possible, tous les endroits endommagés. Les observations ont été faites sur les maisons d’habitations, lés bâtisses, dans les cours, sur les églises et surtout dans les cimetières.
- Des secousses verticales suivies d’oscillations hori-
- Fig. 5. — Carte isoséiste des secousses de Chirak.
- ARMENIE
- TURQUIE
- Atageoz
- L.Tcha/den
- Une coupe de la dépression de Chirak par Leninagan.
- Fig. 4.
- zontales, sont nettement apparentes dans la région circonscrite par la première ligne isoséiste. Dans cette région on ne trouve point de bâtisses restées intactes. Il n’y subsiste que des amas de décombres. D’après l’auteur, l’epicentre serait compris dans cette zone.
- L’isoséiste suivant renferme des maisons restées debout, mais sérieusement endommagées. Les constructions qui sont détruites de fond en comble sont nombreuses.
- Dans le troisième isoséiste, des constructions solides sont restées debout, mais présentent des crevasses dans le plâtrage, à travers les murs de séparation. Les constructions peu solides sont tombées en ruines. Un bon nombre de murailles sont renversées.
- Le quatrième isoséiste présente çà et là des dégâts partiels dans les bâtisses peu solides restées debout. Au delà de cet isoséiste, les désastres sont rares et sans importance.
- Il est à noter que des dommages éprouvés par les constructions, l’ébranlement sismique n’est directement responsable que pour une petite part. Sans doute, on avait commis la faute de construire des villages sur des terrains meubles et de ne pas assurer une certaine élasticité aux fondations. Mais, presque partout, le mal est venu de la méconnaissance presque absolue de l’art de construire et aussi de la mauvaise qualité des matériaux de construction.
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- D’après notre étude il ressort nettement que les maisons construites entièrement en bois se sont montrées les plus résistantes ; viennent ensuite celles ayant une carcasse en bois remplie d’argile; puis, celles bâties en briques crues, toujours plus fermes, plus stables que les bâtiments en pierre où le frottement des pierres irrégulières était moins fort que celui des briques à faces régulières. Parmi les constructions en pierres, les plus résistantes, les plus solides étaient celles en pierres de taille, les moins résistantes, les moins stables celles en galets.
- En général, les indigènes, surtout dans les villages, construisent leurs maisons sans chaux. Ils emploient comme mortier de l’argile plus ou moins sableuse. Les murailles de leurs bâtisses se composent d’un revêtement extérieur et d’un mur intérieur enduit d’argile. Ce mur consiste en pierres taillées ou non taillées, souvent en galets fluviaux disposés en entiers. L’intervalle de ce mur est rempli de pierrailles, ce qui fait que le mur extérieur est pour ainsi dire détaché du mur intérieur. Un heureux avantage de ce défaut de construction est que le revêtement est tombé toujours en dehors et non à l’intérieur de la maison et qu’un bon toit peut rester debout siir les coins du mur.
- Il est à remarquer que la maison d’école du village Payantour (fig. 12) est restée debout à côté de maisons complètement écoulées qui n’avaient cependant qu’un étage. Cette anomalie s’explique par le fait que le bâtiment en question, mieux construit, possède un toit saillant bien consolidé, et que le mur avant de crouler est obligé de lutter contre le frottement du toit. Un autre fait remarquable, c’est que dans Léninagan, les mai-
- sons situées sur les versants de Kédak-tchaï se sont démolies essentiellement dans la direction de l’escarpement. De même la rivière d’Arpatchaï se fait remarquer comme barrière à l’extension des secousses. Le rôle qu’a joué cette grande vallée fluviale apparaît avec une évidence frappante surtout en des points situés en face l’un de l’autre sur les deux rives, tels que les villages Payantour et Aralyk. Dans la première tout n’est qu’un amas de décombres. Dans la seconde on constate çà et là des murs restés debout, mais sérieusement endommagés.
- Il n’a pas été possible d’arriver à discerner où se trouve exactement le foyer d’ébranlement. La disposition des isoséistes obtenus restreint en tout cas le cercle des hypothèses admissibles tant en ce qui concerne le point d’issue du tremblement que sa cause probable.
- L’hypothèse la plus vraisemblable est celle que l’épicentre se trouve sur le grand axe de la première ligne isoséiste et qu’il n’a pas été fixe. Il s’est déplacé le long de cet axe. Cette hypothèse est fondée d’un côté sur la position centrale de la région des plus fortes secousses et de l’autre sur la circonstance que les villages fortement éprouvés se trouvent alignés le long du même axe.
- LA STRUCTURE GÉOLOGIQUE DE LA RÉGION ÉPROUVÉE.
- Voyons maintenant comment un tel désastre a pu se produire et prendre une telle proportion.
- La configuration actuelle de la vallée du Chirak est de très fraîche date, et son établissement a précédé de bien peu le moment où les hommes se sont établis en Arménie. Vers la fin de ce que les géologues appellent les temps tertiaires (fig. 3), alors que l’Arménie tout entière avait rejeté
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- la mer hors de son territoire, la dépression de Chirak était occupée par la mer sarmatique, dont l’eau se dessale peu à peu et contient de nombreux Mollusques d’eau saumâtre : en particulier des Congèries, sortes de Moules qu’on trouve aujourd’hui dans presque toutes les eaux douces d’Europe. Les restes de ces animaux ont été trouvés aux environs des villages Kélali, Svanverdi et Kazarabad. Ce qui prouve que le rivage méridional s’écartait peu de la ligne marquée par ces villages. La mer s’étendait librement sur toute la surface qui correspond aujourd’hui à la plaine de Chirak.
- Cette mer, par un soulèvement lent, se dessèche peu à peu et laisse des lagunes qui vont déposer du gypse et du sel. L’un des gisements de sel les plus importants est celui de Koulpé dont la formation remonte à cette époque. La mer sarmatique se morcèle avec le temps et finit par se réduire à la mer Caspienne et au lac d’Aral.
- C’est à l’aurore des temps appelés quaternaires, au cours desquels devait se produire l’apparition de l’homme sur le globe, que les forces volcaniques entrent de nouveau en jeu et modifient l’état des choses existantes. En même temps, de grands cours d’eaux torrentiels charrient des ossements d’Hipparions, de Mastodontes qui ont été trouvés dans les gisements de Ivazadjipost à Leninagan, qui, à ce moment, n’était plus qu’un vaste lac. Les bouleversements auxquels les couches
- Fig. 9. — Crevasse du village Payaniour.
- sarmatiques.furent soumises au Caucase, et la hauteur à laquelle elles furent portées en quelques points, montrent que les dernières dislocations delà dépression de Chirak sont postérieures à ces formations, et c’est à la faveur de ces dislocations que l’activité volcanique a repris dans cette région.
- Une épaisse formation de tufs noirs, composés de matières terreuses, produit de l’altération de ponces et de scories, a recouvert les formations lacustres. Ces matériaux ont été vomis par des bouches primitivement immergées auxquelles ont succédé plus tard des cratères émergés. Les débris retombaient en pluie sur le fond du lac qu’ils ont fini par comblër.
- Toute la région présente donc une conquête opérée sur la mer, à la faveur des mouvements orogéniques et épiro-géniques, qui provoquèrent de nombreuses dislocations par où des éruptions, d’abord sous-marines, puis aériennes, ont accumulé sur place de grandes épaisseurs de débris projetés.
- Ainsi la structure du pays, dont la ville de Léninagan était la métropole, est d’une simplicité remarquable, mais justement faite pour inquiéter ceux qui savent dans quelle mesure la stabilité d’une contrée peut être liée aux circonstances de son relief.
- Si d’une façon générale l’écorce terrestre a pu être comparée à une vaste pièce de marqueterie, dont les divers compartiments, limités par des cassures, sont exposés à jouer, les uns par rapport aux autres, il est peu de régions où ce jeu soit plus à redouter a priori, qu’à Chirak. En effet, comme le montre la carte (fig, 2), une séide de grandes lignes de fractures, toutes jalonnées par des volcans imposants, traversent en plusieurs points cette région. Un d’entre eux, l’Alaghôz, situé précisément sur la grande fracture Sipan-Elbrouze, s’élève à plus de 4500 mètres de hauteur. A cette imposante masse volcanique fait suite précisément la dépression de Chirak où le désastre s’est manifesté.
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- Fig. 10. — Apparition d’une source au village Tavchan-Guéchla.
- Si d’autre part, on tient compte de la loi formulée par Montessus de Ballore, que l’activité sismique est proportionnelle à la jeunesse géologique des territoires disloqués, de ce côté encore, la destinée de la plaine de Chirak apparaît pleine de menaces; car, comme nous venons de le voir, les terrains qu’on y observe appartiennent aux formations les plus récentes et les dislocations dont ils sont affectés sont de date si peu ancienne, que plusieurs d’entre elles se sont produites sous les yeux de l’homme.
- Les recherches géologiques ont montré ce fait très important qu’à la phase marine et saumâtre de la plaine de Chirak, a succédé une phase lacustre par suite des mouvements orogéniques intenses de la fin de l’époque tertiaire, auxquels ont succédé de nombreuses oscillations verticales. Au pliocène supérieur, ce n’est pas seulement la plaine de Chirak qui existe, comme dépression lacustre, c’est une grande partie du plateau arménien qui se couvre de lacs, dont la plupart communiquent entre eux. Cette dépression lacustre, toujours peu profonde et occupée par une faible épaisseur d’eau, finit par se combler.
- LA CAUSE DES SÉISMES
- INFLUENCE DE LA NATURE GÉOLOGIQUE DU SOL
- Il est indubitable que cette dépression limitée accuse un effondrement de l’écorce terrestre. Il doit donc y avoir, du côté méridional, une cassure de premier ordre, mettant en contact deux compartiments bien différents de l’écorce terrestre, et qui ne cessent de jouer l’un par rapport à l’autre ; le premier pour se relever, ce serait l’Alaghôz; l’autre pour s’enfoncer, ce serait la dépression de Chirak. Le tassement général de cette fosse suffirait pour donner naissance à un glissement relatif des deux compartiments le long de la cassure; et chaque reprise du mouvement engendrerait un tremblement de terre. Comme, d’ailleurs, il est vraisemblable que la cassure n’est pas unique et doit être accompagnée de diverses fractures secondaires, on comprend sans peine que le jeu de ces dislocations compliquées puisse amener des se-ousses plus ou moins violentes.
- Si l’on désigne par sismicité le degré de fréquence et d’intensité des secousses, on peut dire qu’en chaque point du globe, cet élément est en rapport immédiat avec la raideur du relief terrestre. Partout où le terrain s’abaisse brusquement d’une grande quantité, il y a chance pour que les tremblements de terre soient fréquents. Au contraire, on n’en rencontrera que peu ou point sous les grands plateaux, les plaines basses très étendues, terrestres ou sous-marines, et les régions des collines doucement ondulées.
- Il est clair que les principales d’entre ces dislocations doivent s’accuser au dehors par les dénivellations les plus importantes entre les compartiments en contact. Ainsi quand une très haute chaîne de montagnes fera directement face à de grandes profondeurs maritimes, comme c’est le cas, par exemple, pour les Andes du Chili, du Pérou, et de la Bolivie, on devra s’attendre à de fréquentes secousses sismiques, dues au glissement qui se produit le long de la cassure principale, et qui tend à approfondir l’abîme, tandis que la saillie continentale tendrait au contraire à s’exagérer. C’est ce que l’expérience vérifie pleinement.
- De même les pays où des plaines fortement déprimées viennent buter contre des chaînes d’altitude considérable sont exposées aux secousses sismiques, telles que l’Alaï et le Fien Chan. La plaine de Chirak qui vient buter contre le massif volcanique de l’Alaghôz entre également dans cette catégorie.
- Il n’y a donc pas à en douter : la liaison entre les tremblements de terre et les dislocations de l’écorce terrestre ne saurait être contestée. Elle éclate partout avec évidence.
- Mais, objectera-t-on, c’est aussi le long des dislocations principales de l’écorce que s’alignent les volcans actifs.
- C’est incontestable. De même qu’il faut des cassures pour faciliter et traduire le jeu relatif des compartiments terrestres, de même il faut des fractures d’une certaine importance pour que l’expansion des matières ignées internes puisse se faire au dehors.
- Les deux phénomènes , sismicité et volcanisme,
- Fig. 11. — Un exemple de glissement de terrain à Kara-Kilissè.
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- auraient ainsi le même principe initial. Les volcans se formeraient quand les gaz acquièrent assez de tension pour soulever avec eux la lave dans les cheminées qu’elle a coutume d’utiliser. Les ébranlements sismiques se produiraient quand pour diverses causes, l’équilibre relatif de deux compartiments, séparés par une fracture viendrait à être troublé.
- Il est à noter que le désastre de Chirak a été particulièrement grave dans les villages situés au pied de l’Alaghôz, c’est-à-dire à la jonction de deux couches de nature distincte. En effet, les villages situés en ce point s’élèvent sur des terrains tendres qui reposent en discordance sur les formations volcaniques de l’Alaghôz.
- Des faits analogues ont été constatés lors du tremblement de terre de Messine : les parties basses de la ville, bâties sur une alluvion marine, furent beaucoup plus maltraitées que les parties hautes reposant sur un sol granitique. De même, en Calabre, les localités situées sur la chaîne d’Aspromonte souffrirent peu, tandis que la plaine de grès grossier et de cailloux eut à subir de grands ravages, surtout à la jonction de cette plaine avec le granité. En 1887, le tremblement de terre de Ligurie qui se propagea jusqu’à Nice fit surtout des dégâts au contact des formations meubles des rivages avec les massifs compacts et anciennement consolidés de la Corniche. Il faut donc en pays instable s’éloigner des failles et des sols meubles et récents.
- LES ENSEIGNEMENTS DE LA CATASTROPHE.
- En nous appuyant sur les observations scientifiques faites jusqu’à ce jour, ainsi que sur les études géologiques et sismologiques de l’auteur concernant la vallée de Chirak, il nous paraît indispensable d’insister sur deux questions intéressantes : le choix du site, et le choix de l’architecture.
- De cette étude il ressort nettement que la nature géologique du sol a eu une influence manifeste. En
- Fig. 13. — Les Congeries de la mer Sarmatique.
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- Fig. 12. — La maison d'école du village Payautour.
- général les bâtiments élevés sur terrain d’alluvion ont particulièrement souffert; ceux qui étaient édifiés sur des formations sédimentaires peu épaisses ont été aussi très maltraités. Au contraire, ceux qui se trouvaient sur des formations volcaniques solides ont été beaucoup plus épargnés. Les villages situés dans le voisinage immédiat de deux sols de nature différente ont beaucoup souffert. La logique exige donc de reconstruire Léninagan et les villages en dehors de cette zone dangereuse et sur des formations présentant le maximum de stabilité.
- Quant au choix de l’architecture, l’observation seule devrait nous guider; malheureusement jusqu’ici les architectes arméniens ont peu étudié la question de résistance des habitations.
- Au Japon, dont la terre tremble presque continuellement, les maisons sont établies ' suivant des règles déterminées. Autrefois elles étaient faites de bois et de papier, par suite plus légères et plus élastiques, donc plus résistantes et moins dangereuses; mais on a renoncé à ce système pour préconiser celui du ciment armé.
- A San-Francisco, dès le lendemain du désastre, des savants et des ingénieurs en éludiaient les effets, et les conclusions qu’ils publièrent ont été utilisées par les architectes qui ont reconstruit la ville.
- On pense que la véritable maison capable de supporter une secousse violente, c’est la maison « monolithe », c’est-à-dire faite d’une seule pièce par l’emploi du ciment armé. De plus, pour mieux résister aux secousses, une telle maison devrait être solidement ancrée dans le sol, et les meubles fixes (buffets, armoires) pourraient être faits de la même matière.
- Devant l’immensité d’une catastrophe aussi subite, l’esprit reste confondu ; on ne peut, sans une profonde émotion, évoquer l’aspect de cette contrée pittoresque et industrieuse, hier prospère, aujourd’hui couverte de ruines, et où l’œuvre admirable de relèvement, à peine commencée, est détruite en quelques instants.
- Le monde entier sympathisera avec ce vaillant peuple si durement frappé et voudra l’aider à effacer les tiùices de ce désastre. Car malgré la gravité de la situation et les perturbations qu’elle entraîne, l’Arménie voudra se relever rapidement de. ses ruines et elle y réussira.
- S. Abdalian.
- Professeur à l’Université d’Erivan.
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- Fig. Ht. — Un exemple de mur écroulé, mais de toiture
- restée debout. Fig. 15. — Les effets désastreux des mouvements longitudinaux.
- Fig. 16. — Les habitants affolés passaient les nuits en plein air.
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- LES CONCEPTIONS LINGUISTIQUES
- DE M. ANTOINE THOMAS
- M. Antoine Thomas, dont on a fêlé récemment le jubilé à l’occasion de ses vingt-cinq ans d’institut, est une des personnalités les plus représentatives de la linguistique contemporaine. Romaniste, son originalité est nettement marquée : il est, avant tout, le maître incontesté de l’étymologie française et provençale.
- Cette simple indication fait pressentir son orientation scientifique, sa tournure d’esprit. M. Antoine Thomas est essentiellement un analyste. L’opposition, les polémiques entre analystes et synthétistes sont vieilles comme la science : à ceux-ci, déclarant avec les philosophes qu’il n’y a science que du général, ceux-là ripostent, à l’école des historiens, qu’il n’y a connaissance que du particulier. Ils ont raison les uns et les autres : les deux points de vue, loin d’être exclusifs, doivent se combiner.
- Mais on ne se fait pas, on naît analyste ou synlhétiste. C’est une question de tempérament. Les uns sont entraînés vers la généralisation, irrésistiblement attirés par les belles constructions, souvent fragiles. D’autres apportent des pierres à l’édifice : quand ce sont des matériaux éprouvés, d’une solidité à toute épreuve, comme ceux qu’a fournis M. A. Thomas, par un labeur infatigable au cours d’une carrière déjà longue, on peut se demander si, somme toute, cette contribution, d’apparence plus modeste, n’est pas la plus utile à la science et, en tout cas, la plus durable.
- Le seul regret que nous inspirent les analystes, pour la commodité des recherches, c’est que leur production soit aussi fragmentée. La bibliographie des travaux de M. A. Thomas, rédigée par son fils et qui précède le volume de Mélanges publié à l’occasion de son jubilé, renferme 821 notices relatives à des travaux épars dans des publications très diverses ; un index donne la liste des quelque douze cents mots sur lesquels s’est exercée sa sagacité d’étymologiste. Il a réuni jadis un certain nombre de ses études dans ses Essais de philosophie française (1897), ses Nouveaux Essais (1904), ses Mélanges d’étymologie française. (1902), dont la deuxième édition, remise à jour, vient de paraître dans la collection de la Société de Linguistique, et dans quelques tirages à part de la Romania et des Annales du Midi. Mais le maître nous doit, et nous espérons bien qu’il nous donnera un nouveau recueil de ses travaux les plus remarquables (il sera peut-être difficile de choisir) qu’il a publiés depuis une vingtaine d’années, comme aussi une deuxième édition du Dictionnaire général de la langue française, pour lequel il a utilisé des notes de Hatzfeld et de A. Darmesteter, mais qui est bien son œuvre propre, tant il l’a refondue à son creuset, et qui reste encore, à vingt-cinq ans de distance, notre meilleur dictionnaire, surtout étymologique.
- Le savant professeur a entendu limiter à la France romane, en principe, le champ de ses investigations. Mais dans ce domaine, encore si vaste, sa curiosité a abordé les sujets les plus divers. Tout d’abord il a toujours associé étroitement au français le provençal, qui n’a pas de secrets pour lui et qui lui doit (ainsi qu’à Paul Meyer) sa réhabilitation scientifique : s’il y a bien eu, pendant plusieurs siècles, deux Frances linguistiques s’opposant l’une à l’autre, leurs rapports, leurs réactions réciproques ont été trop étroits, trop constants pour qu’on puisse étudier avec fruit la langue, l’histoire ou les usages du Nord en faisant abstraction du Midi. Je pourrais citer tel linguiste français de haute valeur que l’ignorance (pourtant relative) du provençal a maintes fois gêné.
- M. A. Thomas compte aussi parmi les premiers romanistes français qui ont étudié les patois. Bien avant que Y Atlas linguistique de la Fvünce n’en donnât des tableaux synoptiques, il avait dépisté tous les glossaires régionaux et locaux pour asseoir sur des bases solides l’histoire comparative des mots. Car tous les mots l’intéressent, les plus communs comme les plus rares, ceux qui volent aux champs sur les lèvres des paysans comme ceux qui sont enfouis dans les archives poudreuses ou qu’ont fixés les lettres gothiques des manuscrits médiévaux. Les noms des lieux ne l’attirent
- pas moins, et la rigueur de sa méthode lui a permis de relever parfois des erreurs du fondateur de la toponymie, Auguste Longnon, plus historien que linguiste.
- Ce qui caractérise surtout M. À. Thomas, c’est une probité scientifique poussée à l’extrême, un besoin d’exactitude parfaite, qui ne se contente pas de'conjectures et qui a horreur de l’à peu près. Il a fait sienne la célèbre maxime de Descartes, en l’adaptant à ses recherches : il n’admet aucun fait sans en avoir vérifié, lui-même et directement, la source.
- Sa méthode rigoureuse d’investigation, il l’a exposée jadis dans un des chapitres les plus suggestifs de ses Nouveaux Essais, « la science étymologique », qu’il avait écrit d’abord pour la Revue des Deux Mondes (déc. 1902), à la demandede Brunetière. Ces pages charmantes et profondes où l’anecdote vient appuyer la thèse (et qui montrent que l’auteur, s’il l’avait voulu, eût été un vulgarisateur hors de pair) insistent d’abord sur les rapports entre les mots et l’histoire, la vie sociale.
- Deux écoles de linguistes s’affrontent, qu’on pourrait assez justement baptiser phénoménistes et vitalistes. Les premiers, dont les néo-grammairiens allemands offrent le type le plus parfait, ont été portés à trop considérer le langage, abstraction faite de l’homme, comme un ensemble de phénomènes indépendants, mécaniquement régis par des lois. Contre cette tendance, qui prévalut à la fin du siècle dernier,, la réaction a été générale, on peut même dire violente; la géographie linguistique en France et en Allemagne, comme la néo-linguistique en Italie, ont réintroduit la vie dans la science, en donnant le pas au mot, réalité concrète, sur le phénomène, phonétique ouautre, qui n’est qu’abstraclion. Mais, comme dans toute réaction, on a exagéré, en niant les lois.
- M. A. Thomas, qui n’est pas un esprit absolu, n’a jamais donné dans l’un ou l’autre excès. Avec Gaston Paris il admit, dès ses débuts, la constance des lois phonétiques, et ce principe, il l’illustra brillamment dans une de ses premières étymologies (sur le nom du pays de Comminges, ou mieux Comenge). Il a répété plus tard qu’il attachait un prix particulier au concours de la phonétique, aux « chaînes de sûreté » que sont ses lois, tandis que la sémantique, à cause de « l’extrême fluidité de ses éléments », doit intervenir seulement « quand la phonétique a conquis les positions importantes du champ de bataille et qu’on voit déjà la victoire se dessiner ». Aux contempteurs actuels des lois phonétiques, il a répondu par avance : « Les lois ne trompent pas, mais nous pouvons nous tromper sur leur compte». Et j-’imagine qu’il contemple avec l’indulgence du philosophe « ces enfants drus et forts du bon lait qu’ils ont sucé et qui battent leur nourrice ». Ne doit-il pas sourire aussi de ceux qui découvrent l’Amérique, en croyant associer pour la première fois —- ce qu’il a fait toujours — l’histoire des choses à l’histoire des mots?
- Linguiste d’abord, M. A. Thomas est aussi un historien ; nombre de ses travaux portent sur l’histoire littéraire et sur l’histoire tout court. Il est aussi paléographe. Brillant élève de l’École des Chartes, il reçut là une formation qui manque à beaucoup de linguis’tes plus jeunes, et qui lui a été précieuse dans ses recherches, lorsqu’il s’agit de retrouver les formes les plus anciennes d’un mot, indispensables pour étayer toute étymologie. Enfin le savant ne doit pas faire oublier le professeur. Gilliéron, qui était un initiateur, mais qui ignorait l’art d’exposer, suggérait; M. A. Thomas enseigne, et avec une netteté, une clarté, qui ne laissent rien à désirer et qui ont attiré depuis longtemps autour de sa chaire des auditeurs de toutes les parties du monde. L’homme est simple, modeste, accueillant surtout, se donnant à tous avec une inlassable bonne grâce, prêt à faire profiter de sa science les jeunes débutants comme les anciens déjà « grisons », qui trouvent toujours profit à le consulter. A tous il communique son enthousiasme, sa flamme, ce flambeau delà science qu’il a transmis, en le multipliant aux mains de tant de disciples et qu’il continue à tenir d’une main toujours jeune et sans défaillance. Albert Dauzat.
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- EEEE ILLUSIONS D'OPTIQUE
- LE “ MOUVEMENT COMPLÉMENTAIRE ”
- Beaucoup de personnes, assurément, ont entrevu le phénomène que nous allons décrire, mais très peu, nous en sommes tout à fait certain, en connaissent la véritable nature.
- Il ne saurait mieux s’exposer que par la description de quelques cas ou il s’observe le plus communément.
- Passant un pont jeté sur un torrent, un promeneur s’arrête un moment pour contempler les flots. Penché sur le parapet il Aroit passer à ses pieds le ruban sans fin de remous et d’écume, et finit par se perdre dans une douce rêverie. Quand il lève les yeux pour reprendre sa promenade, il est effaré de voir que la partie du paysage où se pose son regard est animée tf’un mouvement apparent très prononcé, en sens inverse du courant qu’il contemplait tout à l’heure.
- Personnellement nous avons vu la même chose un jour que nous regardions passer du haut d’un viaduc peu élevé un train de marchandises, un de ces trains de quarante à cinquante voitures, à l’allure lente et régulière. Aussitôt le dernier fourgon disparu la voie nous parut fuir, en sens inverse, au fond de sa tranchée.
- Même observation encore après avoir contemplé pendant un certain temps une chute d’eau, comme la cascade du Bois de Boulogne qui fait fort bien l’affaire. Toujours, lorsque le regard se pose sur des objets immobiles, ceux-ci semblent, animés d’un mouvement de sens contraire.
- D’ou vient ce curieux phénomène?
- Avant de dire ce qu’il est, disons d’abord ce qu’il n’est pas, car longtemps on s’est contenté d’une explication erronée, basée sur l’observation qui suit. Lorsqu’une personne, en chemin de fer, regarde le paysage par la portière, ses yeux sont extrêmement curieux avoir: la tête restant immobile, le regard se porte vers l’avant du train, se fixe sur un objet, l’accompagne un moment dans sa fuite vers l’arrière, puis le quitte pour se reporter brusquement en avant et se poser sur un nouvel objet. C’est une condition sine qua non pour voir quelque chose, car si les yeux restaient immobiles, le panorama passerait trop vite pour que la perception puisse se faire.
- Les yeux, donc, sont animés d’un mouvement latéral relativement lent dans le sens de la fuite du paysage, et d’un mouvement très rapide, saccadé, dans le sens de la marche du train. C’est là, proprement, ce que les oculistes appellent un Nystagmus, et, on a pensé que, s’étant répété pendant un temps plus ou moins long, ce Nystagmus se prolongeait encore quelques instants quand la cause qui le provoquait avait cessé d’agir. Le regard balayant alors un paysage immobile, l’impression devait être celle d’un mouvement en sens inverse.
- Il y aurait bien eu à dire sur cette explication si on y y avait réfléchi, mais elle passa longtemps, et elle passe encore, sans doute, chez beaucoup de gens, pour la bonne. Or, si elle fut acceptée si légèrement, c’est que
- trop légèrement aussi on avait étudié le phénomène. Empressons-nous, d’ailleurs, de reconnaître qu’il y a dans la science des problèmes d’un intérêt plus vital.
- Pour bien faire, ici comme partout, il convieift de varier les conditions de l’expérience, et alors on voit les choses se compliquer. Voici encore quelques exemples frappants.
- Si nous descendons la Seine en bateau-mouche, en laissant le regard suivre la berge, le paysage [fuira en sens inverse de notre propre marche : les parties les plus rapprochées paraissent animées du mouvement le plus rapide, la berge passe beaucoup plus lentement, et si nous traversons des parages quelque peu découverts, certains arbres éloignés ou certaines constructions sembleront même nous accompagner. Or si, après quelques minutes de contemplation, nous fixons le pont même du bateau, nous verrons, et cela de façon saisissante, les planches se déplacer en sens contraire, bien entendu, mais à des vitesses inégales : elles semblent glisser les unes par rapport aux autres entre leurs joints de goudron. Les plus éloignées vont dans un sens, celles qui sont à nos pieds vont en sens contraire. Aucun mouvement des yeux ne peut rendre compte de cela.
- Autre exemple, fourni par un correspondant de hasard : au moment des semailles, en faisant trier du grain, M. S. observait le blé qui devait se déverser par une trémie vers l’étage inférieur du batiment où il se trouvait. « Il se formait donc dans le tas de grain, nous écrit-il, un vide en forme de cône renversé qui s’agrandissait petit à petit. Toute la masse du grain limitant la surface de ce cône était en mouvement lent, mouvement qui s’accélérait lorsque le grain arrivait au sommet du cône pour s’engouffrer dans le tuyau. Par hasard je fixai pendant dix ou quinze secondes le sommet de ce cône renversé où le blé filait vite, puis je jetai les yeux à côté, sur un endroit immobile du tas de blé : le blé paraissait se soulever. »
- Pour nous, lorsque nous voulons faire la démonstration de ce phénomène, nous avons recours à un disque blanc de 25 cm. de diamètre environ, portant une spirale noire que nous faisons tourner devant les yeux des observateurs, ainsi que nous l’enseigna le grand physiologiste Hering, voilà déjà de bien longues années.
- Selon le sens de la rotation, la ligne noire semble renaître sans cesse du centre de la figure et s’épanouir en ondes concentriques vers la périphérie, ou, au contraire, se resserrer indéfiniment et disparaître au centre du disque. Pour donner à l’expérience son caractère le plus saisissant, le démonstrateur qui fait tourner l’appareil se place à côté du disque, face aux élèves ; ceux-ci, après avoir fixé la spirale pendant quelques secondes, devront porter le regard sur la figure du maître... et ils ne pourront retenir une exclamation d’étonnement. Ilering, jadis, montrait sa spirale à tous les visiteurs de son laboratoire ; je ne l’ai jamais vu
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- faire cette démonstration, et je ne l’ai jamais faite moi-même depuis, sans obtenir le même succès. L’expérience est, d’ailleurs, extrêmement peu connue.
- Si le disque tourne dans le sens de l’épanouissement de la spirale, la face de l’opérateur a l’air de se renfrogner, de se réduire, de reculer ; dans le cas contraire elle s’épanouit et semble s’avancer vers le spectateur.
- Il s’agit là, évidemment, de tout autre chose que d’un mouvement oculaire, et on se rend compte d’emblée que le phénomène a son siège dans la rétine même. Son mécanisme est facile à comprendre.
- Lorsque notre rétine reçoit une impression lumineuse, tout se passe comme s’il y avait, dans nos cellules visuelles, destruction d’une certaine substance photolabile. Quand l’impression lumineuse cesse, la substance se reconstitue. Il existe donc une phase positive, que nous appellerons « de destruction » (dissimilation, pour Ilering), suivie d’une phase « de réparation » (assimilation, selon Hering).
- Cette phase de réparation est perceptible si l’on se met dans les conditions voulues, elle donne la sensation du contraire, du contraste, de la phase positive initiale.
- On peut, par exemple, après s’êtrc tenu quelques minutes les yeux fermés, le dos à la fenêtre, fixer pendant une seconde ou deux une carte de visite bien éclairée. Quand on referme les yeux on ne tarde pas à voir, sur un vague fond gris, un rectangle du noir le plus profond, correspondant à la plage impressionnée précédemment. Si l’action de la lumière a été assez vive, et si on a la patience d’attendre, on remarquera que le rectangle deviendra soudain plus clair que le fond: c’est une nouvelle phase positive, très affaiblie; puis une nouvelle phase négative apparaît, et ainsi de suite jusqu’à équilibre. La durée et l’intensité de ces périodes successives dépendent de l’impression première. Quand celle-ci est très courte et très vive, les alternances, de durée croissante et d’intensité décroissante, sont plus faciles à suivre. ,
- A mesure qu’une image lumineuse se déplace sur notre rétine, les points’ qu’elle quitte, à chaque instant, de proche en proche, sont le siège de ces phénomènes successifs, et si l’impression se renouvelle sans cesse, comme peuvent le produire les gouttelettes d’une cascade, il se produira dans la rétine même une onde, une vague, assez intense pour être encore perceptible pendant quel-
- ques secondes quand le regard se pose sur des objets immobiles.
- Pareille chose se produit pour les couleurs On sait que lorsqu’après avoir contemplé plus ou moins longtemps une surface teintée d’une certaine façon, on porte les yeux sur un fond blanc modérément éclairé, comme le plafond d’une pièce, on voit apparaître une plage de la couleur exactement complémentaire. Mais on ne sait peut-être pas que là encore il se produit des alternances positives et négatives, de plus en plus longues et de moins en moins intenses, qui passent ordinairement inaperçues.
- Hering expliquait encore le phénomène par l’existence de deux substances particulières, dont la destruction entraînerait une sensation de couleur, alors que leur
- reconstitution donnerait la sensation complémentaire. Elles seraient respectivement préposées l’une au vert et au rouge, l’autre au jaune et au bleu ; les nuances seraient réalisées par la proportion de l’une et de l’autre.
- Contrairement au pourpre des bâtonnets rétiniens, qui est détruit par la lumière blanche, et dont l’existence et la* fonction semblent toujours admis, ces substances, spéciales aux cônes, n’ont jamais été décelées. Elles ont constitué du moins, et constituent encore, une excellente hypothèse de travail, dont nous pouvons nous contenter ici. Disputer, non pas seulement les couleurs, mais de la genèse de la sensation colorée, nous entraînerait bien trop loin, d’autantplus qu’aucune théorie, à ce jour, n’a pu satisfaire tout le monde.
- Par analogie avec l’apparition de la couleur complémentaire, on pourrait être en droit de donner le nom de « mouvement complémentaire « au phénomène dont nous venons de parler, car il est de fait que le cône qui apparaissait à notre correspondant sur le tas de blé immobile s’emboîtait exactement dans le cratère par où s’écoulait le grain, comme les couleurs complémentaires s’additionnent pour donner la lumière blanche. Démontrée à l’aide de la spirale l’expérience surprend toujours, et même elle provoque le rire. Aussi serions-nous tenté de la donner ici comme un chapitre additionnel aux « Récréations scientifiques », en hommage au souvenir de Gaston Tissânclier, dont les articles faisaient dans notre enfance le principal attrait du journal La Nature. D1' Makc Landolt.
- Oculiste de l’Institution Nationale des Jeunes Aveugles.
- Fig. 1. — Le disque de Hering permet de mettre en évidence le mouvement complémentaire.
- Il porte une spirale noire sur fond blanc. Si on le fait tourner, la ligne noire semble s’épanouir ou se resserrer suivant le sens de rotation.
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- LA FABRICATION DE LA GLACE
- Fig. 1. ~ L’installation frigorifique des Glacières de l’alimentation à Pantin. Au centre : moteur Diesel de 475 ch.. A gauche : alternateur, puis compresseur frigorifique Sulzer à ammoniac de 1 million de frigories-lieure.
- Les industries frigorifiques ont pris un développement considérable en ces dernières années. L’une des applications les plus anciennes est certainement celle qui concerne la fabrication de la glace, permettant de transporter le froid d'une manière relativement facile et de l’utiliser ensuite dans de petites armoires frigorifiques individuelles.
- Mais cette fabrication qui était autrefois primitive s’est egalement modernisée, notamment au point de vue du
- mécanisme des diverses opérations, qui sont facilitées aujourd’hui par l’intervention des appareils de manutention et par une sorte d’automaticité partielle dans les.diverses opérations.
- La glace peut être opaque ou transparente : dans le premier cas, on l’obtient avec de l’eau qui n’est pas débarrassée au préalable des gaz qu’elle contient en dissolution. Ceux-ci restent ainsi emprisonnés pendant la congélation et donnent à la glace sa couleur blanche caractéristique. Les petits cristaux enchevêtrés qui se forment, grâce à la présence des gaz, créent l’opacité.
- La glace transparente est obtenue avec de l’eau dégazée.
- Quel que soit le mode de fabrication, il est nécessaire d’utiliser une .machine frigorifique. Les installations les plus modernes sont agencées avec des compresseurs à ammoniac.
- LES MACHINES FRIGORIFIQUES
- Aux Glacières de l’Alimentation, à Pantin, le groupe frigorifique est composé d’un compresseur Sulzer à ammoniac de 1000000 de frigories-heures, accouplé directement à un moteur Diesel-Sulzer de 475 ch. Le volant du moteur entraîne, en outre, par courroie, un alternateur destiné à fournir la puissance à tous les auxiliaires de l’usine.
- En marche continue, le groupe produit 200 tonnes de glace par 24 heures et assure en même temps le refroidissement d’une glacière qui sert de réserve de glace.
- Le compresseur, à lui seul, demande 315 ch. La puissance restante du moteur est fournie à l’alternateur pour les besoins des pompes, des agitateurs, du pont roulant. Le moteur Diesel consomme 185 gr. de mazout à pleine charge par cheval-heure. L’entraînement des compresseurs se fait ainsi directement sans courroie. Il en résulte une économie d’emplacement et de force motrice.
- LES BACS A GLACE
- Le réfrigérant, qui est alimenté par la machine frigorifique, est construit d’une façon différente suivant qu’on veut des pains de glace ou des plaques. En Amérique, on fabrique surtout ces dernières, dont certaines pèsent 3 tonnes 1/2, sont à peu près transparentes, et demandent 10 à 12 jours de réfrigération.
- En France, la fabrication la plus courante est celle des pains de glace. Le générateur de glace utilise alors des mouleaux. Un grand bac en tôle galvanisée comporte un isolement en liège maintenu par des cloisons de bois. Le bac est fermé par un couvercle et il contient une saumure in-congelable, qui est refroidie par les tuyaux réfri-
- Fig. 2. — Un. compresseur frigorifique.
- Le compresseur à ammoniac Sulzer des Glacières de la Seine à Boulogne. Sa puissance est de 616000 frigoiûes-heure. Il est commandé par une machine
- à vapeur de 234 ch.
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- gérants placés sur les côtés ou dans le fond (fig. 3).
- Les mouleaux qui contiennent l’eau destinée à fabriquer la glace sont plongés dans la saumure refroidie. La température, de la saumure se relève progressivement, depuis le fond jusqu’à la surface et il est nécessaire, afin d’assurer Légalité de température en tous les points, de prévoir des agitateurs constitués par des hélices qui sont actionnées par un moteur électrique; sans quoi les pains seraient congelés inégalement dans leur hauteur.
- Les pains fabriqués ont des poids variables, pouvant aller de 12 à 135 kg.
- Si le bac à glace est utilisé pour refroidir des chambres disposées à la partie inférieure, le fond du bac n’est pas isolé.
- Les moules sont, la plupart du temps, des récipients en tôle soudée à l’autogène. Ils sont plombés ou galvanisés afin d’éviter les corrosions par le bain salé. Ils ont la forme d’un tronc de pyramide pour que le démoulage soit plus facile. Leur longueur varie de 80 cm à 1 m. 50, cette dernière dimension correspondant aux pains les plus courants de 40 kg.
- Ils sont enchâssés dans des châssis en fer plat qui
- Eau Mouleaux" ",
- Cloison perforée
- Saumure
- refroidie
- Hélice
- agitatrice '"'-0:
- Faux-fond
- Tuyaux, de
- réfrigération
- „ Bac isolé au liège
- Fig. 3. — Schéma de la fabrication de la glace. Bac à glace muni cl’un réfrigérant.
- reposent par leurs extrémités, lorsqu’ils sont dans le bac, sur des fers à U boulonnés sur les parois du bac. A chaque bout, un crochet permet de soulever le châssis par un pont roulant afin de tirer'le tout hors du bac. Lorsque ce dernier est très large, il est divisé en deux compartiments, chacun comportant son châssis.
- Fig. k. — Fabrique de glace de la Société des Chalutiers de La Rochelle.
- En ayant : bac à glace. Contre le mur du fond : séparateur de liquide où se rendent les vapeurs d’ammoniac venant des évaporaterrs. Au-dessus : remplisseurs automatiques! Celui de droite a une rangée de mouleaux en position de remplissage.
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- Quand on emploie des moules de petites dimensions, la congélation est plus rapide, la température du bac s’abaisse peu et la production est plus économique. Avec de gros moules, la production est plus coûteuse, mais par contre le consommateur trouve un avantage à acheter de gros blocs qui fondent plus difficilement. Une bonne méthode consiste à adopter ün rapport entre la surface extérieure du pain et son volume, qui varie de 30 à 35.
- LE DÉMOULAGE
- Le démoulage dans les petites installations se fait en enlevant les mouleaux un par un, grâce à deux poignées fixées à la partie supérieure. On les transporte dans un bac de démoulage en tôle, rempli d’eau tiède, entre 25° et 30°; l’eau est chauffée par un serpentin ou un barbo-teur de vapeur placé dans le fond. La glace en contact avec les parois fond légèrement, le pain de glace se décolle et surnage dans l’eau de fusion. On voit que le résultat est obtenu quand le pain monte dans le moule; on sort alors ce dernier du bac démouleur et on l’amène au basculéur.
- Dans les usines importantes, la sortie des moules du bac à glace se fait par un pont roulant électrique qui sort ies rangées de moules et les conduit aux bacs de démoulage, puis au basculéur (fig. 5).
- Cet appareil est un cadre en fer monté sur deux tourillons et équilibré par un contrepoids. Dès que les moules sont posés sur ce cadre et qu’on descend le palon-nier du pont roulant, le basculéur tourne et les pains glissent hors du moule pour arriver sur la table de démoulage.
- L’eau du bac de démoulage doit être à une températui’e inférieure à 30°, sinon il se produirait des dilatations inégales dans l’épaisseur des pains et ceux-ci se briseraient en fragments. Lorsque les pains de glace ne glissent pas seuls sur le basculéur, on aide leur mouvement avec un crochet de fer.
- Le démoulage terminé, on soulève les moules et on opère le remplissage par un appareil plus ou moins perfectionné. Dans les grandes usines, le modèle généralement utilisé est divisé en augets, chacun contenant la quantité d’eau nécessaire pour remplir un moule. Au fond de chaque auget est fixé un tuyau de fer recourbé qui amène l’eau de l’auget dans le moule correspondant.
- Les tuyaux de fer tournent autour d’un axe qu’on manœuvre par un levier, on les abaisse au moment de remplir les moules et on les relève quand le remplissage est terminé. Ils sont maintenus dans la position de repos par un contrepoids (fig. 4).
- Lorsque les augets sont pleins, un robinet automatique ferme l’arrivée d’eau et un trop-plein de sécurité empêche que le remplisseur ne déborde et que l’eau tombe dans le générateur à glace placé immédiatement en dessous.
- Dès que les mouleaux sont pleins, on les descend dans le générateur au’moyen du pont roulant, qui est erfsuite utilisé pour sortir la rangée suivante de moules.
- Lorsque les moules n’ont pas d’agitateur à l’intérieur, comme dans la fabrication de la glace opaque, le géné-
- rateur à glace est muni d’un système de poussoirs, de manière à pousser les rangées de mouleaux qui roulent sur des treuils, afin de les faire avancer. Ainsi la sortie des moules, une fois la congélation faite, se fait toujours au même endroit. Le travail est alors continu et le bac n’est ouvert qu'à ses deux extrémités.
- Les pains obtenus sont mis dans des réserves ou glacières, généralement placées sous terre dans des caves spéciales. Ils sont descendus au moyen de monte-charge. Ces glacières doivent être ventilées pour éviter que des moisissures ne se déposent sur la glace.
- Elles sont refroidies par des tuyaux de circulation de saumure ou de détente du fluide frigorifique. On évite ainsi que la glace ne se pique, c’est-à-dire que des petits trous n’apparaissent à sa surface. Ceux-ci proviennent en effet du dégagement des bulles d’air emprisonnées pendant la congélation, et ce phénomène se produit si la cave n’est pas suffisamment froide. La glace devient alors poreuse et absorbe plus facilement les microbes de l’atmosphère.
- Dans la fabrication de la glace en plaques, le générateur est divisé en compartiments. Les cloisons sont conductrices du froid et sont formées par les différentes parties du serpentin où se détend le fluide frigorigène.
- Le démoulage est obtenu en faisant circuler dans ces mêmes cloisons de l’eau chaude venant du condenseur.
- LA GLACE TRANSPARENTE
- Disons maintenant un mot de la fabrication de la glace transparente. Elle ne diffère de celle de la glace opaque que par des précautions particulières au cours de la congélation et par la nature de l’eau à employer.
- La première méthode est celle de la congélation lente, qui exige un générateur plus important que ceux habituellement utilisés. En effet, alors que la température de congélation pour la glace opaque varie entre —A0 et —10°, celle choisie pour la glace transparente est de — 2° ou —3°. Les bulles de gaz qui se forment pendant l’opération, au lieu de se dégager d’une façon tumultueuse et de rester enfermées à l’intérieur de la glace, peuvent alors sortir lentement.
- Ce mode de fabrication est lent, mais utilise bien les frigories.
- Dans la méthode par agitation de l’eau, les générateurs à glace sont divisés en compartiments au moyen de cloisons creuses où circule la saumure incongelable refroidie. Si la plaque repose sur le faux-fond de la cuve, chaque compartiment communique avec elle grâce à des trous. On agite au moyen de palettes de bois disposées latéralement dans un.espace séparé des compartiments par une cloison étanche mais communiquant avec le faux-fond. On produit alors des plaques de glace transparente d’au moins 300 kg.
- Pour obtenir des pains transparents, les agitateurs sont placés dans les mouleaux et actionnés par un excentrique. L’évacuation des gaz est ainsi facilitée pendant la congélation, mais il faut enlever ces agitateurs pour éviter qu’ils ne soient emprisonnés par la glace et l’agitation cesse donc avant la fin de l’opération. Ainsi la
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- périphérie des pains est bien transparente, mais le centre est constitué par un noyau opaque.
- Pour obtenir un pain absolument transparent, il faut aspirer le noyau central et le remplacer par de l’eau distillée privée de la totalité des gaz qu’elle renfermait, ce qui permet d’obtenir de la glace transparente dans toute son épaisseur.
- Ce procédé exige une installation distillatoire coûteuse; il est plus économique de recourir à la vapeur d’échappement condensée d’un moteur à vapeur. C’est
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- d’échappement. Il est indispensable d’avoir des réserves d’eau distillée qui séjournent plus ou moins longtemps dans un bac. Elle ne doit avoir aucun contact avec l’air, car il se produirait une nouvelle dissolution de gaz. On l’évite soit en répandant de l’huile sur la surface de beau ou mieux encore au moyen d’un flotteur en bois. Le bac est galvanisé pour éviter la teinte rouge sale que produirait la rouille.
- Au moment du remplissage des moules, il y a contact de l’eau et de l’air. On le réduit au minimum en rem-
- Fig. 5. — Démoulage de la glace. (Glacières de l'alimentation à Pantin.)
- Photographie prise au moment où les mouleaux basculent. Les pains glissent sur la table. Au-dessus : appareil de remplissage automatique. Entre les 2 tables : la glissière qui conduit les pains à la glacière.
- ainsi qu’on procède en Amérique. Or, la vapeur entraîne toujours une petite quantité d’huile de graissage. On s’en débarrasse au moyen d’un séparateur d’huile, puis d’un écumeur où l’eau bout et forme à la surface un bouillon qui entraîne l’huile. L’eau passe ensuite dans un autre bouilleur où l’ébullition est énergique, puis elle est filtrée avant d’aller dans les moules.
- Toutes ces précautions n’empêchent pas que la glace a souvent un goût d’huile.
- Dans le procédé Linde, on distille de l’eau dans une chaudière à faible pression chauffée par les vapeurs
- plissant les moules par le bas au moyen d’une lance qu’on plonge successivement dans chaque moule. A son extrémité la lance porte un clapet qui laisse passer l’eau quand il appuie sur le fond du moule.
- L’eau n’a donc de contact avec l’air que par sa partie supérieure. Malgré tout, il reste une petite quantité de gaz provenant de l’air dissous au cours du remplissage et la glace transparente se présente, lorsqu’elle est fabriquée de cette façon, avec de longues bulles gazeuses qui se trouvent disséminées dans toute la masse du pain.
- E.-H. Weiss.
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- LES TEXTILES COLONIAUX
- Fig. 1. — Kapokicrs.
- Dans une précédente étude [La Nature du 7 février 1927) sur le « coton et sa culture dans les Colonies françaises », il a été montré, qu’aux prix d’efforts continus, les exportations sur la France de coton colonial devraient aller en augmentant d’année en année, jusqu’à donner presque entièrement satisfaction, au bout d’une certaine période, aux exigences de l’industrie textile métropolitaine.
- Ce qui est vrai pour le coton ne manque pas de 1 être également pour les nombreuses plantes qui poussent partout dans nos. possessions et dont on peut retirer des libres utilisables. Il faut distinguer parmi ces plantes celles dont on recherche les poils tégumentàires (coton, kapok) et celles dont on utilise les fibres contenues dans les tissus où elles jouent le rôle d’armature (agaves). Réservant pour plus tard les textiles d’origine animale (laine et soie), nous ne nous occuperons ici que des textiles végétaux suivants : le Kapok, le Jute, le Paka, la Ramie, l'Alfa, le Dâh et les agaves (sisal, sansevière).
- Le Kapok. — Le Kapok est une fibre végétale soyeuse, contenue dans le fruit fusiforme d’un arbre de la famille des Malvacées (Eriodendron unfractuosum), cet arbre d’origine vraisemblablement américaine est actuellement répandu dans toutes les régions tropicales ; le plus apprécié est le Ivapokier de Java qui fournit des
- exportatations très abondantes (80 pour 100 de la consommation mondiale). Mais les possessions françaises et notamment l’Afrique Occidentale arrivent à fournir à la France 92 pour 100 de ses besoins.
- En A. O. F., on appelle fromagers les arbres à Kapok et on distingue :
- 1° Les fromagers à fleurs blanches et à fruits déhiscents qui s’ouvrent à maturité pour laisser échapper leur contenu.
- 2° Les fromagers à fleurs blanches et à fruits indéhiscents qui se rencontrent surtout dans la partie du Dahomey voisine du Soudan.
- 3° Les bornbax, espèce dérivée du véritable Kapokier, dont les fleurs rouges à fruits déhiscents produisent des fibres longues et soyeuses d’une teinte blanche ou légèrement jaunâtre et d’un éclat brillant et soyeux. C’est de beaucoup la plus demandée pour le commerce.
- La cueillette du Kapok offre certaines difficultés par suite de la hauteur de l’arbre, aussi se contente-t-on généralement de recueillir sur le sol les fruits tombés, après maturité. Ce procédé présente le gros inconvénient de souiller la fibre et de lui faire perdre une grande partie de sa pureté et de sa blancheur. Pour les arbres à fruits indéhiscents, on procède par gaulage et l’enveloppe est ouverte ensuite à la main.
- D’après les observations faites à la station agricole de Koulikoro (Soudan), un arbre adulte a donné 1500 fruits contenant 9 kg, 500 de fibres.
- Une fois recueilli, et tout comme le coton, le Kapok est défibré et pressé. Cette première opération est loin d’offrir les mêmes difficultés que l’égrenage du coton, il n’y a aucune adhérence et il suffit simplement d’opérer un tri qui consiste à retirer la graine enfouie dans la masse
- Fig. 2. — Branche de Kapokier.
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- fibreuse, ce qui peut se faire à la main ou en se servant des défibreuses d’origine principalement anglaises (types Larmuth ou Lehmann).
- Ensuite, vient la question du pressage destiné à diminuer le volume de la fibre et à faciliter sa mise en balle en vue de l’expédition : il convient là également de faire quelques remarques sur la façon d’opérer. Bien que plus volumineux et plus élastique que le coton, il est nécessaire pour ne pas nuire à cette élasticité de comprimer le Kapok moins que le coton, ce qui n’empêche pas cependant d’utiliser les mêmes presses que pour ce dernier textile.
- Les utilisations du Kapok sont nombreuses : on apprécie sa légèreté et son élasticité dans le bourrage des coussins, des matelas, des oreillers, usage pour lequel il présente encore le gros avantage de résister à. la vermine; il est égalementutilisé dans le garnissage des appareils de sauvetage, il semble à cet égard supérieur à tous autres produits puisque après 8 jours d’immersion il conserve un coefficient de flottabilité de 10 fois son poids, alors que celui du liège n’est plus que de 7,5 et celui du poil de renne de 4 (').
- On peut également le tisser pour en faire soit des sous-vêtements chauds et légers, soit des tentures d’ameublement. Mélangé au coton, il donne des tissus
- 1, La France textile, n° de mars 1927.
- Fig. 4. — Ramie blanche : rameau.
- Fig. 3. — Le jute, Corchorus olitorius : rameau.
- plus légers, mais moins résistants que ceux obtenus avec du coton pur.
- La France textile, dans son numéro de mars dernier, citait l’appréciation de MM. Derudder, Lacroux et Gie, de Roubaix, inventeurs de machines pour le peignage et la mise en nappe du Kapok. Les résultats qu’ont obtenus ces industriels avec la bourre du Bombax du Soudan sont tout aussi satisfaisants,, sinon meilleurs, que ceux qu’ils obtiennent avec le Kapok de Java réputé le meilleur, et avec ceux des provenances les plus recherchées. Ils la jugent particulièrement soyeuse et bonne pour la filature, qualité de nature à en étendre considérablement le débouché.
- Nouveau point commun avec le coton : la graine produit environ 18 pour 100 de son poids d’une huile utilisable dans l’industrie savonnière. Le tourteau, en outre, peut servir à l’alimentation du bétail.
- Il est à souhaiter que toute l’impulsion nécessaire soit donnée en Afrique occidentale au commerce du Kapok; il faut arriver pour ce produit non seulement à en approvisionner complètement la métropole, ce qui est déjà presque chose faite, mais à en vendre sur les marchés extérieurs, car le Kapok d’A. O. F., égal en valeur à celui de Java, reviendrait à coup sûr moins cher.
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- La quantité de fibre exportée du Soudan a atteint 57 tonnes en 1923.
- Le Jute. — Il faut presque toujours utiliser le jute lorsque l’on désire transporter un produit industriel quelconque. II sert indifféremment à la confection d’enveloppes, de sacs, de ficelles, ou de bâches; durant la guerre les grandes toiles de camouflage qui sur les routes essayaient de dérober aux yeux ennemis les mouvements de nos convois étaient en jute, de même que les sacs à terre de si primordiale nécessité pour les soldats qui se trouvaient dans les tranchées. Il est également utilisé
- pendant quelque temps sécher sur place, puis on procède ensuite au rouissage, qui consiste en une immersion pendant un laps de temps déterminé dans un marais ou une étendue d’eau stagnante. Cette opération dure de quelques jours à quelques semaines, elle est jugée suffisante quand l’écorce se détache facilement du bois; l’écorce est alors lavée à l’eau courante, puis séchée au soleil.
- L’Inde, a presque entièrement monopolisé le commerce et la culture dans le voisinage du delta du Gange. Calcutta en est le grand port exportateur, soit sous la forme de balles pressées, soit en fils, soit enfin dans la forme définitive de toiles, de sacs, etc... plus spécialement
- Fig. 5. — Coupe du Sisal.
- dans l’ameublement, la décoration; nombre de tentures, dans les expositions, sont faites en Jute. En un mot, il est moins cher que le chanvre ou le lin et les remplace fort avantageusement.
- Les jutes sont des plantes annuelles, à tige simple à la base et pouvant atteindre 4 mètres de hauteur. Ils sont originaires de l’Inde et exigent pour se développer dans de bonnes conditions des terrains humides et argilo-sablonneux; 3 ou 4 mois après le semis, le jute est bon à cueillir, il est préférable en effet de ne pas attendre la floraison, car après celle-ci la tige devient plus forte et plus grossière. On coupe la plante à la main ou à la machine, on réduit les branches en botte, on les laisse
- désignés sous le nom de gunnies. Plus de 60 000 métiers à tisser traitent le jute par le monde. L’industrie de ce textile a pris en France notamment un très grand développement, le produit manufacturé français est remarquable par sa finesse et sa qualité. Cette industrie n’a pas cependant atteint tout le développement dont elle serait susceptible, la faute en est aux acheteurs qui considérant le jute comme produit secondaire s’attachent plus au nombre qu’à la qualité, aux industriels qui pour arriver à faire moins cher n’ont pas su réduire suffisamment les frais généraux, à l’Etat enfin qui n’a pas encore instauré une politique du jute dont bénéficieraient à la fois producteurs et acheteurs, et surtout qui n’a rien fait jusqu’à
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- présent pour augmenter la culture dans notre Indochine et pour encourager les sociétés qui se sont occupées de cette plante. Au Tonkin des essais ont été faits avant guerre et ont donné toute satisfaction aux planteurs. Il n’y aurait donc aucune impossibilité à envisager dans cette colonie un plus grand développement de la culture du jute que les indigènes pratiquent depuis longtemps d’ailleurs pour leurs besoins personnels. Le rendement est évalué à près d’une tonne 1/2 à l’hectare et les exportations annuelles se chiffrent par une centaine de tonnes.
- Mais on fait au Jute le grief d’exiger une main-d’œuvre très nombreuse pour la manutention sur place (cueillette et rouissage) et des engrais abondants grevant assez sérieusement les prolits de l’exploitant qui hésite par conséquent à étendre son entreprise.
- Le Paka ( Urena lobata). — Le Paka peut être employé
- Le Dâ — Parfois désigné sous le nom de « chanvre de Guinée », l’Hibiscus cannabinus ou Dâ existe en abondance en Afrique Occidentale, particulièrement dans la vallée du Niger où il est cultivé par les autochtones. Le Dâ s’accommode des terrains inondés et riches; la presque totalité des travaux de culture peut être faite mécaniquement et on doit arriver sans difficultés à une production de 1700 kg de fibres par hectare en culture sèche, ce qui représente un rapport possible de 110 francs par tonne de fibre.
- Le Dâ est à proprement parler la réplique africaine du jute indien; une étude technologique approfondie de cette filasse en montre les qualités. Plus fort et aussi fin que le jute, il est cependant un peu moins souple, mais sa résistance est très grande et le désigne tout spécialement pour servir à la confection des sacs d’emballage. La fibre prend en outre fort bien les teintures et peut
- . — Un champ de sansevicre.
- Fig. 6
- aux mêmes fins que le jute. Madagascar convient parfaitement à la culture du Paka qui y pousse spontanément; moins exigeante que le jute au point de vue des soins, cette plante est susceptible, après que son mode de culture rationnel aura été divulgué par les services de culture administratifs, de donner des résultats pleinement satisfaisants et même supérieurs à ceux qui peuvent être escomptés en Indochine pour la culture du jute. Les utilisations sont de tous ordres et principalement les tissus d’emballage peuvent être confectionnés en fibres de paka. Ce serait un moyen de rendre moins chères les viandes frigorifiées qui nous viennent de la Grande Ile, que de les emballer dans des sacs faits en fibre, au lieu de payer très cher les « stokinettes » qui y sont actuellement utilisées et qui nous viennent de pays à change élevé.
- L’Amérique du Sud exploite activement ce textile, désigné là-bas sous le nom d’ « Aramina ».
- être utilisée dans l’ameublement tout comme le jute.
- Cette plante a été de tout temps cultivée par les indigènes, elle est encore chaque année l’objet d’un commerce qui manque évidemment de publicité pour devenir aussi lucratif qu’il le mériterait ; et pourtant, comme nous l’avons vu, le rendement est égal à celui d’une bonne culture de coton. Le Dâ coupé est réuni en botte et envoyé au rouissage qui se fait indifféremment en eau stagnante ou en eau courante ; les bottes assemblées les unes auprès des autres sont maintenues immergées pendant 5 ou 6 jours, puis, lorsque sous la simple action du doigt les lanières de fibre se détachent facilement, on retire les bottes. Ensuite les indigènes arrachent les lanières, les raclent pour les débarrasser de toutes les impuretés qui peuvent adhérer, puis les mettent à sécher au soleil.
- Après rouissage et séchage, le Dâ peut être traité comme le lin et le chanvre. On le broie d’abord entre
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- des cylindres, on le bat et on le racle enfin une dernière fois pour obtenir une fibre parfaite.
- Le Gouvernement général de l’Afrique Occidentale française s’est intéressé à cette plante textile et a fait étudier par ses services techniques les conditions qui semblent les meilleures pour obtenir un produit répondant à toutes les conditions requises, dispositions essentielles pour en faciliter l’utilisation et par conséquent l’exportation.
- A l’heure actuelle, il semble d’ores et déjà que la première des choses à faire soit l’étude des différentes variétés, celle des terrains et des régions qui se prêtent
- et une étude des meilleures conditions de rouissage et de défibrage permettra de procéder dans les meilleures conditions et avec la main-d’œuvre la plus réduite possible.
- L’importance du Dâ est accrue de ce fait qu’il pousse dans un pays où son utilisation peut devenir extrêmement importante, il ne faut pas perdre de vue en effet que le Dâ a son berceau dans une région qui produit également le coton et que cette dernière fibre nécessite, lors de son expédition en France, un emballage très résistant et extrêmement coûteux. Or le Dâ sert à confectionner, comme nous l’avons vu plus haut, delà ficelle et de la toile, toile beaucoup plus solide et beaucoup moins onéreuse que celle actuellement employée dans les usines d’égrenage; il n’est pas utile de préciser les avantages de tous ordres qui seraient retirés de son utilisation, qu’il suffise simplement de dire qu’une diminution très sensible du prix d’emballage du coton arriverait ipso facto à réduire le prix de revient en France du coton colonial.
- Ainsi, -la mise dans le commerce d’un produit que nous avons la chance d’avoir à portée de la main et dont la culture ne demanderait pas de grosses dépenses contribuerait, dans une modeste part, à rendre la vie moins chère. Rappelons à ce sujet que le Dâ est un textile qui fournit un poids considérable de matière sèche : à l’hectare de 3 à 16 tonnes. L’extraction de l’huile des graines de Dâ faite à la presse hydraulique donne 13 pour 100 d’huile : cette extraction, faite à l’éther de pétrole, en donne 20 pour 100. Après purification, l’huile pourrait être très facilement utilisée dans l’alimentation; quant au tourteau, à l’état sec il contient 2.76 pour 100 de son poids de saccharose.
- le mieux à la culture. Ensuite la constitution de stations
- expérimentales donnera des précisions d’ordre pratique, La Ramie. — Proche parente de l’ortie, la Ramie
- appartient à la famille des Urticacées. On en Fig. 8. — Paysage lagunaire au Dahomey. distingue deux espèces principales, le Bœhmeria
- nivea Hooker et Arnold et le Bœhmeria tena-cissima Gaudichaud; la première, d’origine chinoise, peut être cultivée dans les régions subtropicales et est désignée en français sous le nom d’ortie-blanche (en anglais on l’appelle communément a china-grass »). La deuxième espèce, originaire de Malaisie, est cultivée seulement sous les tropiques et appelée « ramie verte »,
- Cette plante vivace dont la hauteur peut atteindre de 1 à 3 mètres exige un sol meuble et riche, copieusement fumé ; elle est plantée par semis ou de préférence par éclats de rhizomes (procédé employé en France pour les plantations de pommes de terre).
- Un buttage devient nécessaire lorsque la plante atteint une trentaine de centimètres.
- Trois mois environ après la plantation, on peut faire la première coupe qui de mauvaise qualité est généralement abandonnée. On arrive
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- à effectuer en moyenne 3 coupes annuelles, mais le plein rendement ne se produit en général qu’au bout de* la 3e année.
- Après avoir été coupée, effeuillée et séchée, la ramie est décortiquée, on sépare l’écorce de la branche, et après avoir raclé les parties externes pour les débarrasser des impuretés, et internes pour la dégommer (opérations qui se font en général surplace), on envoie les fibres brutes en Europe où elles sont traitées et où les mèches obtenues par peignage sont transformées en ruban dans les usines.
- La Ramie devient alors un textile supérieur au chanvre et au lin par sa force, son aspect brillant et soyeux, son imputrescibilité. On en fait du fil pour la couture, des filets de pêche, de la broderie, on en fait également des étoffes à l’aspect soyeux, cache-cols, chaussettes, articles de bonneterie.
- Les étoupes sont mélangées aux laines dans les filatures et utilisées également dans la confection du papier pour billets de banque.
- Malheureusement la plus grande partie de !ce "précieux produit nous arrive des pays à changes élevés (Chine et Iles-de la Sonde) bien que nous possédions des régions tout à fait propices à cette culture. Ce sont d’abord les provinces indochinoises capables de fournir soit la ramie verte, soit la ramie blanche. Presque exclusivement indigène, la culture dans cette région n’est pas suffisamment ordonnée et modernisée pour donner lieu à des exportations notables; plus près de nous l’Algérie, la Tunisie, le Maroc pourraient produire une plante capable de donner 4 à 5 coupes annuelles ; ne dit-on pas aussi que le bassin du Rhône pourrait donner de bonnes cultures de ramie ? Plus près encore de Paris le climat et le sol s’y prêteraient, affirme-t-on. Mais sans envisager l’intensification sur notre sol de cette culture, car il en est certainement de plus rémunératrices et de plus utiles, on ne devrait pas oublier que la ramie coloniale pourrait nous aider à suppléer au lin, au chanvre, et peut-être même au coton, dont la production ne sera pas, de longtemps, suffisante aux besoins métropolitains.
- Alfa. — Ce nom Alfa au milieu de plantes textiles pourra peut-être surprendre le lecteur qui est plutôt habitué à le considérer comme uniquement utilisable pour la pâte à papier; c’est évidemment là sa plus importante utilisation, mais l’Alfa est recherché en outre pour la confection d’objets de vannerie et de sparterie ; si on lui fait subir certain traitement (rouissage en eau douce et battage au maillet), la feuille entre dans la confection des cordages, des tapis, nattes, tentures, etc.... En effet, après peignage (opération textile), les résidus peuveùt très bien servir à la confection de la pâte à papier.
- C’est un arbuste qui croît facilement dans toute l’Afrique du Nord, sa récolte seule exige une certaine main-d’œuvre. Fait curieux, la France qui devrait être la principale bénéficiaire des importations d’alfa, puisque les pays producteurs se trouvent à sa porte, vient bien loin après l’Angleterre. On a donné à cela l’explication
- - 2\
- Fig. 9. — Plantations de sisal de Koulikoro.
- suivante : les cargos charbonniers anglais à leur voyage de retour chargeraient comme fret de grandes quantités de balles d’Alfa, utilisé dans les papeteries et usines textiles d’outre-Manche.
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- Cet exposé succinct serait incomplet si l’on ne citait un certain nombre de plantes d’une importance moindre que les précédentes, mais néanmoins employées pour la confection de différents objets.
- L’Ananas a une fibre fine et soyeuse fort appréciée ; la noix de Coco est entourée de fibres brunes dont ôn se sert également pour faire des tapis-brosses; le Raphia, originaire de Madagascar, est un grand palmier dont les feuilles fournissent les lanières souples et résistantes qui servent à la confection de chapeaux à moins qu’elles ne soient exportées pour la fabrication de liens utilisés principalement dans l’horticulture. Le Crin végétal, enfin, provenant d’un palmier nain, croît en grandes quantités dans l’Afrique du Nord.
- Fig. 10.. — Cocotiers.
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- Les Agaves. — Un groupeimportant de textiles coloniaux d’origine végétale est constitué par une plante d’origine américaine appartenant à la famille des Ama-ryllidées et connue généralement sous le nom d’Agave. Les agaves sont de gros bouquets de feuilles rigides terminées par une forte épine noir-pourpre et armées sur les bords de piquants très acérés ; la fibre utilisée dans les agaves est contenue dans la feuille au milieu d’un tissu très aqueux. La longueur moyenne des fibres est de lm. 10 à 1 m. 20.
- Elles sont classées généralement par longueur et par teinte. On distingue : les fibres blanches longues ; les fibres blanches courtes; les fibres tachées; les déchets de brossage I1).
- Le véritable lieu d’origine des agaves est le Mexique ; la culture y est entreprise dans des conditions parfaites et les exportations se chiffrent par dizaines de milliers de tonnes, mais il convient également de mentionner comme pays producteurs les Indes anglaises, le Kenia, le Tanganyka, Bornéo. La production mondiale dépasse 250 000 tonnes.
- Du Mexique cette plante s’est répandue dans les régions intertropicales, elle s’accommode des terrains alluvionnaires et sablonneux, et l’on en trouve de nombreuses espèces en Algérie, en Afrique occidentale française et en Indochine; les principales sont le « Sisal » et la « Sansevière ».
- Le Sisal. — La station agronomique de Koulikoro (Soudan Français) possède deux types : VAgave rigida sisalana » et Y Agave rigida elongata, cette dernière, plus armée de piquants, exige pour sa préparation une main-d’œuvre beaucoup plus importante.
- Les feuilles peuvent atteindre 2 mètres de long, et au bout d’un certain temps le sisal émet une hampe florale portant fleurs et bulbilles, c’est le signe de la mort prochaine de la plante.
- La culture du Sisal est abondante dans la région de Kayes, où elle occupe plus de 3000 hectares, les exportations ont atteint, en 1923, 215 tonnes de fibres; dans les autres colonies du groupe de l’Afrique occidentale française, notamment en Mauritanie, le sisal est abondant, mais ne fait l’objet ni d’une industrie, ni d’une culture rationnelle qui serait cependant très rémunératrice pour le colon, car les essais de défibrage ont donné les rendements en fibre pour le Sisal inerme par rapport au poids total de la feuille, de 3,3 °/0, à la fin dé l’hivernage et de 3,9 °/0, après la saison sèche. Cette différence provient de ce que les feuilles sont plus aqueuses en saison des pluies.
- Au Togo, dans la région côtière principalement et près d’Agou dans le cercle de Ivlouto, la culture a été entreprise avec succès, l’exportation des fibres a atteint 440 tonnes à l’époque de plein rendement de ces plantations.
- Il faut noter les appréciations élogieuses portées sur le Sisal d’Indochine dont la fibre, bien que moins forte, est cependant plus souple que celle des sisals mexicains et dont l’emploi en sparterie est particulièrement indiqué,
- 1. La France textile, n° de mars 1927.
- et le Sisal de Madagascar qui égale les meilleures variétés mexicaines.
- L’Algérie également se livre à la culture des agaves sur une grande échelle, dans deux centres situés l’un aux environs de Mostaganem, l’autre près de la Calle, dans le département de Constantine. Une mission envoyée par l'Office National des Combustibles liquides a permis dévaluer techniquement le rendement industriel et commercial de ce produit. Le peuplement à l’hectare est d’environ 2000 plants qui durent de 10 à 20 ans et qui donnent environ 30 tonnes à l’hectare. On peut retirer 900 kgde fibres à l’hectare, soit 3 pour 100, et 86 pour 100 de jus, 8,4 pour cent de sucre et d’alcool, soit 1200 litres.
- La Sansevière. —- Proche parente du sisal, la Sansevière croît dans les régions également tropicales; de vastes étendues couvertes de ces plantes ont été découvertes au Togo, où il fut question il y a quelques années de les traiter industriellement; dans l’Oubangui-Chari également l’administration s’est attachée à faire reconnaître quel était le meilleur mode de culture des sanse-vières, on est arrivé à se rendre compte que la filasse provenant des régions forestières s’est montrée extrêmement forte, mais un peu grossière, celle au contraire provenant des savanes, bien que moins forte, est d’une finesse plus grande et d’une souplesse tout à fait satisfaisante. Il semble également que le procédé d’extraction à sec donne une fibre bien préférable à celle obtenue par rouissage.
- D’une façon générale la récolte commence à la quatrième année et porte sur les feuilles extérieures qui sont ensuite broyées. La fibre ne doit pas avoir moins de
- 99 centimètres.
- Les machines modernes permettent de travailler
- 100 tonnes de feuilles par jour qui produisent environ 3 tonnes de fibre, le reste, soit 97 tonnes environ, donne par pression 90 pour 100 de jus à environ 3 pour 100 d’alcool, d’où rendement de 18 hectolitres d’alcool à 100 degrés par hectare et par an. La matière restante constituée presque exclusivement par de la cellulose peut être brûlée dans des générateurs. Ainsi un produit poussant presque spontanément dans nos possessions tropicales, en Algérie et en Afrique occidentale française, serait capable de donner à notre industrie un textile justement apprécié, un carburant et une matière combustible. Ce qui manque là encore, c’est une méthode et une organisation qui permettent de réaliser et de rendre utile un produit du sol qui est jusqu’ici à peu près abandonné.
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- On ne peut évidemment mettre en valeur d’un seul coup les colonies françaises, il faut procéder par étapes et avec prudence ; mais en signalant, comme nous nous sommes efforcés de le faire ci-dessus, quelques-unes des richesses qui ne sont là-bas l’objet que de très peu d’attention, nous avons eu le dessein d’ouvrir des horizons plus vastes et de dévoiler quelques possibilités à ceux qui peuvent être appelés à fonder là-bas des entreprises agricoles ou industrielles
- j/.-v
- R. L.
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- Poste B
- Station de Loin me
- Plan de la qare de triage de Lille-Délivrance.
- LA PLUS GRANDE GARE DE TRIAGE DE FRANCE
- LILLE-DÉLIVRANCE
- Fit
- La Nature a publié, en son temps, une description de la plus belle gare à voyageurs du territoire, celle de La Rochelle, où la largeur des quais s’allie à l’architecture d’un bâtiment qui s’harmonise merveilleusement avec la grâce particulière de la vieille cité huguenote.
- Mais, dans la vie des chemins de fer modernes, le trafic des voyageurs, tout amplifié qu’il soit, ne représente qu’un facteur relativement secondaire. Le rail alimente essentiellement son activité du transport des marchandises, auxquelles il doit ses recettes les plus substantielles, les plus vitales. Les congrès internationaux de la voie ferrée ont donc tout naturellement placé au premier rang de leurs préoccupations l’aménagement de leurs stations de triage, et nous avons ici, à plusieurs reprises, examiné leurs conclusions à ce sujet.
- Depuis la guerre, le développement de la production nationale, et la nécessité de mettre les installations au niveau des nécessités commerciales ont déterminé nos Compagnies ferroviaires à entreprendre d’importants travaux dans cette direction. Il apparaît, toutefois, que les équipements accomplis n’ont présenté , nulle part, une étendue comparable à celle que les Chemins de fer du Nord ont réalisée dans les Marais de Lomme, près de Lille.
- La gare de Lille-Délivrance résume tous les perfectionnements enregistrés dans la technique des chemins de fer, et passe, à juste titre, comme la plus remar-
- quable de tions de 1’
- — La s;are de Lille-Délivrance
- Le mirador de 27 mètres de haut où siège le “ Dispa-tcheur ” quia vue sur toute la gare et règle tout le trafic.
- f».
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- notre sol. Il est vrai qu’après les destruc-occupation, la Compagnie du Nord pouvait, et devait tailler en plein drap. Avec sa clairvoyance des besoins de l’avenir, elle a conçu un établissement qui pût répondre à des exigences exacerbées.
- Le 'programme immédiat qui s’imposait à elle était, cependant, déjà fort ardu. Avant la guerre, le trafic de marchandises lillois voisinait 5 millions et demi de tonnes d’arrivages et plus de 2 700 000 à la sortie, soit près de 8 millions de tonnes au total. L’ancien triage avait été reconnu à la limite de saturation. Or, on prévoyait, très légitimement, une augmentation notable du tonnage, consécutive à l’expansion induslrielle d’après guerre. Prévision qui devait être rapidement dépassée, puisque, dès 1926, Lille-Délivrance accusait un mouvement déplus de 11 millions de tonnes, soit celui du plus grand port maritime français. Il y a dix ou quinze ans, tout accroissement du trafic aurait eu pour conséquence l’adjonction de moyens complémentaires à ceux que le temps avait créés. On procédait partout à des rapiéçages qui compliquaient l’exploitation. La même formule était appliquée dans les usines, retardant sensiblement toutes les opérations.
- Qu’on veuille bien imaginer la complexité d’un organisme qui, pour le seul arrondissement de Lille,comprenait, d’après une étude récente d’un ingénieur prin-
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- comme le modèle du genre. 11 est vraisemblablement arrivé à nos lecteurs de voir s’effectuer des manœuvres dans les stations de trafic commercial : d’un côté une série de voies, par lesquelles accèdent les convois ; au centre, un dos d âne vers lequel on refoule les véhicules qui s’égaillent, après l’avoir franchi, dans des directions variées ; plus loin, un nouveau faisceau où l’on forme définitivement les rames, en plaçant les wagons dans leur ordre normal d’arrivée définitive, et, quelquefois, des voies d’attente pour les trains constitués.
- Le plan adopté pour Lille-Déiivrance ne pouvait régulièrement s’éloigner de ces directives dictées par l’expérience. On y voit, effectivement : 1° un faisceau d’arrivée ; 2° un second faisceau de « débranchement », succédant au premier par un goulet; 3° un faisceau de classement et de départ.
- Fig. 3. — Une cabine.
- La cabine 4 et sa passerelle.
- cipal de la Compagnie, 55 .gares, 324 embranchements et 72 haltes. Cette dispersion était d’autant plus embarrassante qu’il n’existait, en fait, aucun instrument de coordination et de régulation. On pouvait assister à ce douloureux spectacle de la gare de Saint-Sauveur, à Lille, contrainte de n’accepter que 225 wagons par iour sur plus de 1200 qui lui parvenaient.
- La gare régulatrice de Lille-Délivrance a mis fin à cet état de choses, aussi préjudiciable à la Compagnie du Nord qu’aux intéressés. En un an, octobre 1920 — novembre 1921, le nouvel établissement fut réalisé. On avait fixé comme principe qu’il devrait accueillir le double des wagons ayant journellement accès à Fives et aux environs. L’outil répondit, et au delà, aux desiderata de ses créateurs.
- La gare de triage de Lille-Délivrance peut être regardée
- Fig. 4. — Le départ des machines. Le toboggan,
- Mais, ne nous y trompons pas, ce dispositif, en apparence similaire à ceux d’autrefois, en diffère presque totalement. Tout d’abord,les trois faisceaux ne se font pas suite. Contrairement à ce qu’on serait porté à croire, il n’y a pas avantage à employer ce qu’on qualifierait volontiers d’ordre normal On étend ainsi indéfiniment le triage, on complique les manœuvres et on rend la surveillance presque illusoire. Le jumelage donne de bien meilleurs résultats. C’est pourquoi on l’a admis à Lille.
- En second lieu, le fameux dos d’âne, sans lequel il semblerait impossible d’exploiter un grand triage, a été supprimé. On s’est borné à prévoir une pente suffisante sur les voies de réception, pour que le véhicule débranché se dirige dans une certaine direction. Il en résulte une simplification très grande des manœuvres, une restriction sensible du personnel, et la disparition de la machine de recul qu’on voit anhéler dans d’autres circonstances.
- En troisième lieu, il est vrai que la place ne faisait pas défaut, on a complètement prohibé le cisaillement des voies et la circulation dans les deux sens. Tous les trains entrent du même côté, c’est-à-dire par la cabine n° 1, et les machines vont au dépôt, et le quittent, sans traverser les chantiers. A leur sortie, elles vont s’accrocher au train qu’elles doivent convoyer (vers le pont-levis et à la cabine n° 6) en utilisant une voie circulaire.
- Les wagons, également, amenés à hauteur de la cabine n° 4 (goulet) , vont s’insérer dans les voies mêmes où ils seront repris par la locomotive de départ.
- Encore une fois, ni les machines, ni les véhicules ne font de mouvement en arrière. Ce progrès considérable non seulement limite les accidents possibles, mais il assure une continuité absolue des opérations qui peuvent se poursuivre durant 24 heures sans une minute d’interruption.
- Le mouvement de pendule vraiment synchronique a permis, simultanément, une compression
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- du personnel qu’on ne saurait imaginer. La gare de Lille-Délivrance n’absorbe, en effet, pour l’exploitation proprement dite, que 61 agents de façon continue, soit 183 par jour, plus 33 préposés par poste, à la lampisterie, à la visite du matériel et aux dépôt et magasins.
- Il faut d’ailleurs considérer que la gare a été complètement électrifiée. C’est la fée bienfaisante qui actionne les manutentions de combustibles; c’est elle qui meut l’appareillage miraculeux de cet ensemble sans comparaison. On lui a même demandé de jouer les « Postillon de Longjumeau » et de transporter les bordereaux de transport de l’arrivée au départ.
- Mais, un organisme d’une telle complexité exige, néanmoins, ce qu’on peut appeler l’œil du maître. Cet œil doit dominer l’horizon, car il ne saurait le parcourir matériellement. Il fallait ériger un observatoire. Celui de Délivrance mesure 27 m. de hauteur. Il embrasse toute l’étendue du triage et rien ne peut lui échapper. Tous les moyens d’action et de commande sont à la disposition de l’observateur, du « dispatcher ».
- La Compagnie du Nord ne s’est pas contentée de pourvoir son mirador de tous les perfectionnements de la science, elle a tenu à l’habiller; dans cette plaine nue de Lomme elle a dressé un bâtiment sobre et élégant qui s’apparente heureusement aux beffrois des Flandres, en empruntant quelques souvenirs aux mosquées plus ensoleillées. Le chargeur de locomotives, en ciment armé, présente aussi un faciès guilleret, qu’on n’est point
- accoutumé à voir dans les établissements analogues.
- D’ailleurs, s’il vous était donné de visiter ce triage, vous pourriez admirer son charme, quoique le mot semble ici en contradiction avec le caractère d’une gare de ce genre.
- Le sol, fangeux naturellement, s’éclaire de graviers blancs et l’herbe étend des pelouses vertes dans la partie inoccupée de la station.
- La gare de Lille-Délivrance a été tracée pour un trafic de 3000 wagons par jour. Elle en digère aisément 3500, et en a parfois absorbé 4000 à l’entrée. Dunkerque ne saurait en accepter plus de 3000. Si l’on veut bien considérer que les convois comportent en moyenne 40 à 50 wagons, cela représente journellement un mouvement de 100 trains. En fait, on table à Lille-Délivrance sur un convoi par 20 minutes et un glissement de wagons sur les rampes toutes les 20 secondes.
- Lille-Délivrance accapare, enfin, le septième du trafic quotidien du réseau, évalué aux environs de 28 000 wagons.
- Aux congrès d’avant-guerre des chemins de fer mondiaux, la Compagnie du Nord passait toujours comme un modèle, et ses leaders faisaient autorité. Ses installations d’après-guerre, celle en particulier de Lille-Délivrance, témoignent que les traditions de la maison sont respectées scrupuleusement et que, sur le terrain du rail, nous n’avons rien à envier à qui que ce soit.
- Auguste Pawlowski.
- UN APPAREIL POUR VOIR LES SONS : L’OSISO
- M. Legg, ingénieur du laboratoire des recherches de la Société Westinghouse Co de Pittsburgh (E. U.), vient d’inventer un appareil électrique permettant aux sourds-muets de « voir les sons » et pouvant servir à leur apprendre à parler.
- Cet appareil dénommé Osiso n’est pas nouveau par son principe, car ce n’est pas autre chose qu’un oscillographe électrique ; les ondes sonores sont d’abord traduites en oscillations électriques et celles-ci sont rendues visibles par l’oscillographe. Mais M. Legg a su apporter à ce dernier appareil, considéré en général comme un instrument inutilisable en dehors du laboratoire, des perfectionnements qui en ont fait un objet de petites dimensions, maniable et portatif.
- La partie essentielle de l’oscillographe est un minuscule miroir oscillant, monté sur deux fils et suspendu entre les pôles d’un aimant.
- Le principe est le suivant : si l’on fait passer un courant’ à travers des fils placés dans un puissant champ magnétique, ces fils tendent à se déplacer; le sens et l’amplitude de leur mouvement dépendent du sens et de l’intensité du courant qui les traverse.
- Lorsque des courants variables, comme ceux que fournit un téléphone traduisant électriquement des vibrations sonores, traversentlesfils qui supportent le miroir de Y Osiso, celui-ci oscille, obéissant aux variations d’intensité du courant qui traverse les fils. Il suffit de projeter un rayon lumineux sur le miroir pour rendre visibles ses
- mouvements et donner le moyen de les enregistrer sur un film photographique.
- C’est grâce à l’invention, par les ingénieurs de la Westinghouse, d’un aimant permanent extrêmement puissant, qu’il a été possible de construii’e un oscillographe compact,- portatif, relativement bon marché et d’un usage pratique.
- Le miroir de l’Osiso est tout à fait minuscule; c’est sans doute le plus petit miroir du monde : il a une épaisseur de huit dix-millièmes de millimètre ; on pourrait en placer plusieurs centaines sur un ongle. Son inertie mécanique est donc extrêmement faible et par suite il obéit presque instantanément aux plus faibles variations de courant.
- Lorsqu’on parle dans un téléphone relié à un Osiso, l’instrument trace sur un film une courbe compliquée qui représente les ondes sonores engendrées par la voix. En étudiant cette courbe, on constate qu’à chaque son correspond une forme de courbe très définie et caractéristique. Si l’on a étudié et classé ces formes, on peut arriver à lire une courbe tracée par l’instrument, comme on lirait un panneau de publicité lumineuse. Une fois que l’on a appris à interpréter la courbe sonore de l’Osiso, il est, paraît-il, aussi aisé d’en faire la lecture que si l’on suivait à la vue l’écriture courante d’une personne quelconque. Ainsi la vue peut suppléer l’ouïe.
- M. Legg se propose de construire son appareil sous un modèle assez réduit pour être mis dans la poche et au
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- prix de 200 dollars, prix relativement bon marché, lorsqu’on songe qu’avec cet instrument, les sourds-muets seront à même de prendre part aux conversations et de voir « la parole ».
- On sait que la plupart des sourds-muets ont des organes parfaitement conformés pour la parole, mais ils sont incapables d’en faire un usage convenable parce que, étant complètement sourds, ils ne savent pas vocaliser d’une façon correcte. Il existe cependant plusieurs méthodes pour leur apprendre à s’exprimer d’une manière
- .... - ....= == 27 =
- bateaux, étude des battements du cœur, des mouvements respiratoires, recherche des gisements de pétrole.
- Cette dernière application, particulièrement intéressante, s’effectue de la manière suivante :
- On place trois Osisos à des points distants entre eux de plusieurs kilomètres dans un terrain où l’on soupçonne une poche de pétrole. On fait exploser une charge de dynamite au centre du triangle formé par les trois instruments. L’ébranlement produit par cette explosion est transmis aux trois appareils à travers la terre et il est
- L’enregistrement des sons par Z’Osiso.
- Fig. 1. —
- compréhensible. En entraînant les muets à parler dans VOsiso et à reproduire correctement les différentes courbes sonores, on parviendra peut-être à simplifier et à perfectionner encore cet enseignement qui a rendu déjà de si précieux services à tous ces malheureux infirmes.
- Du reste, l’utilisation du nouvel appareil ne se borne pas là. A titre d’oscillographe portatif et enregistreur, il se prête à un grand nombre d’usages tels que : mesure de la vitesse des projectiles, détermination du recul des canons, repérage de l’artillerie, des aéroplanes, des
- enregistré par chacun d’eux au moyen d’un mécanisme approprié.
- Si la terre est homogène dans toutes les directions, les indications des trois instruments sont identiques; mais si, à un point compris dans le triangle, il y a une nappe de pétrole, il se produit un changement de vitesse de propagation des ondes au moment où elles heurtent cette formation et ce fait est signalé par l’enregistreur.
- L. Kuentz.
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- L'ENTOMOLOGIE DES MOUCHES A TRUITES
- IL LES ÉPHÉMÈRES
- Le groupe des Éphémériens est, nous l’avons dit (1), celui dans lequel les pêcheurs de truites à la mouche sèche puisent le plus de modèles de mouches artificielles. C’est que ces insectes, nés dans l’eau, y ont vécu de une à trois années à l’état de larves, et les truites ne manquent pas de les dévorer quand elles peuvent s’en saisir ; à l’état parfait, les papillons ne quittent guère le voisinage de la rivière qui fut leur berceau, au-dessus de laquelle ils se marient et pondent, et qui sera leur cimetière. Les truites sont d’autant plus friandes d’éphémères
- rines offre deux particularités caractéristiques : il ne subit pas de période de repos entre l’état de larve et celui de papillon ; et il change de peau pendant sa courte existence aérienne.
- La larve mue plusieurs fois pendant sa vie aquatique. Quand elle atteint son complet développement elle se transforme en nymphe sans rien changer à ses habitudes. Il n’y a pas de différence appréciable entre la larve et la nymphe : le seul caractère nettement visible est l’apparition d’un embryon d’ailes. Un beau jour, quand le
- Fig. 1. — Ecdyrus.
- Fig. 2. — Cloé.
- Fig. 3. — Cœnis.
- que ces insectes — ailés — ont les téguments de l’abdomen très tendres et éclosent en essaims abondants presque quotidiens pendant les trois quarts de l’année.
- Tout le monde sait que les éphémères ont une vie très courte à l’état ailé. On sait moins qu’il ne pourrait en être^autrement, car les insectes parfaits de cet ordre ont bouche, estomac et intestin atrophiés : ce sont simplement les instruments de reproduction destinés à perpétuer la race, uniquement. Cela fait, ils n’auront plus qu’àipondre et à mourir. Ce n’est qu’à l’état de larve que ces insectes grandissent et mangent.
- Au point de vue scientifique, le groupe des Ephémé-
- 1. La Nature, n* 2761, 15 mai 1927.
- temps s’y prête (car ces animaux paraissent très sensibles à l’état atmosphérique pendant la saison où ils veulent se transformer), la nymphe nage vers la surface delà rivière, y flotte un instant; la peau de son dos se fend, et il en sort le papillon, l’insecte parfait.
- Cramponnée à sa dépouille larvaire, la jeune éphémère se laisse un instant dériver au courant; elle secoue ses ailes pour achever la dessiccation et les affermir. Mais qu’est ceci? un « plouf » dans l’eau, et des vagues concentriques la ballottent.... D’un coup d’aile, elle bondit et retombe, se pose à nouveau, légère, sur le courant, suivant une de ses sœurs qui dérive, insouciante. Nouveau plouf..., cette fois elle a bien vu la vaste gueulé d’une truite carnassière qui est venue gober à la surface l’éphé-
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- mère qui la précède... et notre éphémère craintive s’élève, hésitante, par cette claire journée de printemps ou d’été.
- Son vol est un peu lourd; dame, elle n’a pas l’habitude de jouer à l’oiseau. Mais elle voit d’autres éphémères autour d’elle qui montent vers le bleu du ciel. Elle monte aussi, ivre d’air pur et de lumière. Puis elle étend ses ailes, fait diverger ses trois longues soies caudales, et, parachute improvisé, se laisse descendre verticalement. Mais elle sait ce qui l’attend si elle s’attarde sur la surface de l’eau : elle l’a vu tout à l’heure. Vite, elle remonte, puis se laisse doucement retomber. Et, en route, elle croise d’autres éphémères de sexe différent. Ce sont fiancés et fiancées. Dans l’ardeur de leur resplendissante ieunesse, ils ont hâte de s’aimer. Ils se le prouvent avec une déconcertante rapidité... et le mari épuisé par cette seconde de bonheur suprême retombe sur l’eau quasi mort.
- Une truite lui fait vite un sort, et l’estomac de la vorace est son linceul.
- La jeune mariée, toute à sa joie nouvelle, volette encore; un peu fatiguée elle, se pose sur les graminées de la berge. À peine a-t-elle pris le temps de réfléchir aux douces péripéties de cette heureuse journée, qu’elle sent qu’un fait nouveau' lui impose le devoir d’une nouvelle activité : ses œufs se sont formés et gonflent au bout de son abdomen. Alors l’instinct maternel passe avant la peur des truites voraces : elle redescend à la rivière, se pose sur l’eau et y lâche un paquet d’œufs ; elle remonte de quelques centimètres exposer au soleil ceux qui ne sont peut-être pas encore assez mûrs; elle redescend encore les poser sur le ruisseau ou le torrent, où la truite la guette peut-être. Mais si elle n’a pas succombé à son premier enfantement, elle succombera au dernier, et, épuisée, très vieille de deux heures d’existence, se posera sur l’eau, pantelante, morte plus qu’à moitié, les ailes écartées à plat sur l’onde... et elle y restera jusqu’à ce qu’une truite abrège, d’un coup de dent rapide, sa courte agonie.
- Il serait aisé de jouer au poète ou au philosophe sur une vie aussi étrange et une mort aussi tragique... mais ce n’est point la place ici.
- Je disais tout à l’heure que les éphémères, devenues papillons, ne songeaient plus qu’à l’amour : c’est sans doute pour mieux plaire qu’elles se préoccupent de leur toilette.
- Quand elles sortent de l’eau, elles ont les ailes et l’abdomen de teintes mates. Cela tient à ce qu’elles ont une double peau, celle extérieure couverte de poils que Pictetnous précise être de l’ordre du 140e de millimètre : c’est l’état de subimago.
- Quand elles font leur danse aérienne, les fiancés et fiancées songent à se montrer en beauté : alors les éphémères laissent tomber leur manteau de fourrure et se montrent — si j’ose dire — dans la splendeur de leur nudité.
- Les ailes sont alors transparentes, le derme est glabre et lisse : c’est l’état d’imago.
- Il est curieux de remarquer que, si le subimago est mat et l’imago luisant, à cela ne se borne pas le change-
- ment de toilette. Parfois les soies caudales s’allongent subitement, souvent le corps change complètement de couleur. C’est ainsi que vous voyez des subimagos grisâtres [blue dun), jaune pâle (pale watery dun), olivâtres avec ailes noires bleutées (iron blue dun), grisâtres avec ailes brunâtres (marck brown) devenir respectivement des imagos roux [red spinner), partie feuille morte et partie blanc translucide [pale watery spinner), partie brun Van Dyck, partie blanc franc et ailes transparentes (iron blue spinner), corps rouge et ailes transparentes [great red spinner). Il ne faut pas s’étonner après cela que les grands amateurs anglais, comme Fred. M. Halford, aient conçu jusqu’à six modèles d’imitation pour la même espèce : le mâle et la femelle imago, le mâle et la femelle subimago, le mâle et la femelle à l’état épuisé, mort.
- Et ceci indique assez aux profanes que, pour certains chercheurs, la pêche de la truite à la mouche artificielle est une véritable science.
- Mais ne faut-il pas mettre les jeunes pêcheurs un peu à même de se reconnaître entre les familles d’éphémères? Je vais tâcher de le faire en n’utilisant que des caractères simples et visibles à l’œil nu.
- Ephé-
- mérines
- Î4 soies caudales
- 3 soies caudales
- 2 ailes ^ deux s°ies caudales { trois soies caudales
- Bœtis Ecdyurus Ephemera Palingenia Potamanthus Oligoneuria et Ephemerella Cloë Caenis
- Les Bœtis ont les ailes postérieures très petites, allongées et pourvues de deux ou trois nervures seulement.
- La grande aile antérieure ne renferme presque pas de nervures transversales, mais ses nervures longitudinales sont nettes.
- Les Ecdyurus ont les ailes postérieures de grandeur moyenne, en triangle aux coins très arrondis, s’éloignant nettement du thorax et ont de nombreuses transversales dans l’aile antérieure.
- Les différences entre les 4 ou 5 familles d’Ephémères à 4 ailes et à 3 soies caudales sont moins immédiatement visibles, encore que les familles intermédiaires fassent une transition régulière entre les Ephémères, grands insectes à ailes très réticulées et marquées de taches, et les Oligoneuria, insectes minuscules à ailes n’ayant ni taches ni rainures transversales entre les nervures longitudinales.
- Pictet divise les Ephémères en 7 grandes familles, R. Périër en 11 genres. Peu importe : c’est le travail de savants officiels, alors que nous ne sommes que des pêcheurs, des modestes petits pêcheurs qui nous intéressons aux gracieuses éphémères moins pour leur joliesse et pour leurs originalités, que pour le goût vif — et dont nous abusons — que les truites ont pour elles.
- Ryveiç.
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- = UN DRAME AU MUSÉUM =
- LA MANGOUSTE “ RIKKI ” ET LES VIPÈRES
- « Rikki » est une jolie Mangouste de l’Inde, dont nous parla Mme le Docteur Phisalix, au cours d’une très intéressante communication sur les ennemis des Serpents, faite un soir de mai dernier à la Société d’Acclimatation. Et comme les auditeurs déploraient l’absence de « Rikki », l’éminente conférencière les invita à venir dans son laboratoire, au Muséum d’His-toire naturelle, pour voir la Mangouste et juger de ses talents de destructeur de Serpents, exercés contre une Vipère.
- Quatre jours après, à 9 heures et demie du matin, une quinzaine de personnes se retrouvèrent dans le laboratoire d’Herpétologie, un peu émues de pénétrer dans cet étroit sanctuaire de science et de labeur, paré de quelques objets d’art, inspirés des R.eptiles, disposés avec ce goût qui révèle une présence féminine.
- Nous attendions des retardataires, et avant de nous présenter « Rikki », Mme Phisalix raconta combien la Mangouste est de' caractère irascible. La veille, en voulant procéder à une « répétition » de la scène qui devait avoir lieu en public, Mme Phisalix s’était heurtée à l’humeur belliqueuse de la jeune personne qui, voyant des Moineaux à travers les vitres, demanda aussi clairement que possible la permission de sortir pour aller s’en empârer.... Furieuse d’être maintenue captive dans le laboratoire, elle se dressa, prête à sauter au visage de Mme Phisalix, qui dut lui faire réintégrer de force sa cage, où l’animal gronda longuement.
- Dans une petite pièce, très chauffée, nous vîmes la cage de « Rikki », mais non son habitant, caché dans une touffe de foin.
- *
- * *
- Au-dessus, une autre cage, celle d’une splendide Vipère du Gabon, soufflant tant qu’elle pouvait à la vue de tant de monde.... Mme Phisalix nous fit admirer cette bête ; elle rabattit l’un des côtés mobiles de la cage treil-lagée, et, avec son habituel courage, elle demeura en face de la Vipère irritée, soufflant de plus belle, tandis que les spectateurs placés obliquement, à distance convenable, regardaient le Serpent, à la fois magnifique et horrifiant, en son attitude menaçante.
- La Vipère du Gabon ou Vipère Rhinocéros, Bitis gabo-nica ou Echidna Gabonica Dum. et Bib., est un des plus
- Fig. 1. — Vipère du Gabon. Plaques céphaliques
- beaux Ophidiens de l’Afrique tropicale. Sa robe, brun rougeâtre et hoir, a un éclat velouté, le dessin en est très élégant. Cette richesse de coloris et de décoration contraste avec la forme lourde de l’animal, au tronc énorme, à la tête volumineuse, triangulaire, déprimée et très élargie à la partie supérieure. Les narines, rapprochées l’une de l’autre, sont surmontées d’une paire de cornes érectiles. Ce sont ces grandes écailles, dressées entre les sus-nasales, qui valent à ce Serpent le nom de Vipère Rhinocéros.
- La Vipère du Gabon peut atteindre lnl,75 de longueur et 10 centimètres de diamètre. Il y eut pendant longtemps au Muséum un sujet de cette espèce, long de lm,75 et pesant 6 kilos 500.
- La Vipère du Gabon est nocturne, elle est de caractère farouche, elle habite les forêts vierges. M. le Dr A. Cal-mette l’a rencontrée dans les plantations de Manioc, à la lisière des bois; pendant le jour, elle est nonchalante, elle n’attaque pas l’homme et ne mord que par surprise. Le soir venu, elle se montre vive, et agile pour capturer ses proies. Les glandes à venin de cette Vipère ont le volume de grosses amandes, les crochets venimeux sont très longs, — nul doute que la morsure ne soit donc fort à redouter.
- La Vipère du Gabon, qu’il nous était donné d’examiner, venait d’avaler un Rat pour son déjeuner et Mme Phisalix allait mettre une baignoire dans la cage, car les Serpents sont très propres et aiment beaucoup à se baigner.
- « Rikki » aurait été très capable d’accepter le combat avec la Vipère du Gabon et d’en sortir triomphante ; mais il eût été vraiment dommage de sacrifier un si beau Serpent qui pourra vivre de longues années au Muséum. L’après-midi même, ce nouveau pensionnaire allait être descendu et installé avec les autres Reptiles de la Ménagerie.
- *
- * *
- Cependant « Rikki », intimidée par cette 'irruption de visiteurs, ne voulait point sortir de sa cachette. En vain, Mme Phisalix lui fit-elle sentir une Vipère Bérus, qu’elle tenait au 'moyen d’une pince spéciale. On retira, avec précaution, le foin qui la dissimulait et nous pûmes entrevoir le fin museau de Mademoiselle Rikki. Après s’être fait prier quelque temps, elle se décida à sortir de sa cage.'
- Elle apparut, menue, longue, svelte, levant vers nous sa tête au museau pointu. Les yeux, très brillants, ont l’iris jaune. La fourrure, abondante, est pointillée de noir et de blanc, elle paraît d’un joli gris à reflets mauve.
- La Vipère 'est 'posée sur le plancher. Inquiète, elle cherche d’abord à fuir, elle se déplace lourdement, lentement.
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- Elle est ramenée au milieu de la pièce. Elle sait bien que son salut n’est pas dans la course ; confiante dans
- Fig. 2. — Vipère Bérus. Plaques céphaliques.
- l’arme que la Nature lui a donnée, elle se met sur la défensive, et attend.
- Pour assister au duel, nous sommes assis à une certaine hauteur, les uns sur une table, les autres sur le bord d’une fenêtre, sauf la maîtresse de céans, demeurée dans l’arène improvisée.
- Rikki n’est point pressée d’engager la lutte, elle ne songe qu’à sortir de la chambre dont elle fait le tour en trottinant, comme pour étudier la topographie des lieux. Elle dédaigne absolument la Vipère, — se moque-t-on d’elle de lui offrir un tel adversaire? Alors qu’on vient à bout d’un Cobra ou d’un Trigonocéphale, serait-ce digne de soi d’attaquer un si petit Serpent !
- Après avoir minutieusement flairé le bas de la porte close, et avoir constaté qu’elle ne pourrait pas s’évader, Rikki, enhardie par notre immobilité silencieuse, se décida à s’approcher de la Vipère. Elle s’en approcha tellement, que soudain détendue, la Vipère la mordit au museau. La Mangouste se retira vers sa cage, lécha sa blessure et revint à la charge, mordilla la queue du Serpent, puis, brusquement, lui sauta à la tête, et, d’un seul coup de mâchoires, la lui broya. On entendit les os du crâne se briser sous ses dents acérées. — La Vipère était morte.
- Mme Phisalix posa sur le sol une autre Vipère Eérus, plus grosse que la première, robuste et vive. Elle aussi veut fuir et rampe aussi vite qu’elle peut. Rikki vient la flairer, la mordiller, et promptement lui saisit la tête. De nouveau le craquement des os broyés nous apprend que la Vipère est tuée.
- — Pauvre bête !... murmure une jeune femme, près de moi. Et la pitié ainsi exprimée, nous la partageons. La Vipère, dangereuse certes, n’est point aussi cruelle que le petit Carnassier aux yeux étincelants. Du moins faut-il reconnaître qu’il ne fait pas souffrir longtemps ses victimes, lesquelles succombent à une transfixion du crâne et de l’encéphale, ainsi que nous l’explique Mme le Docteur Phisalix.
- La Mangouste ne manifesta aucun désir de manger les Vipères ; peut-être les aurait-elle mangées un peu plus tard. On eût dit qu’elle ne les avait tuées que pour nous complaire. Nullement incommodée par les morsures venimeuses, elle ne pensait qu’à s’échapper. Elle refusa de rentrer dans sa cage et quand Mme Phisalix tenta de la prendre par la queue pour l’y mettre, elle se retourna, agressive, menaçante, et gronda Enfin elle regagna son domicile.
- La scène dura une demi-heure environ.
- *
- * *
- « Rikki » est une Mangouste de l’Inde, c’est une femelle adulte. Je pense que c’est la Mangouste grise, Heipestes griseus. Sa taille est intermédiaire entre celle d’un grand. Ecureuil et d’un Chat.
- Mme Phisalix lui a donné le nom de la fameuse Mangouste du Livre de la Jungle, de Kipling.
- La Mangouste appartient à la famille des Vivemdés, qui fait le passage entre les Canidés et les Mustélidés. Les Viverriclés ont beaucoup d’analogie avec les Martes et les représentent dans les régions chaudes de l'Ancien Continent.
- Les Mangoustes, Herpestes, doivent leur nom scienti-tifique à leur démarche : elles ont le corps tellement allongé elles pattes si courtes qu’elles paraissent ramper. Elles ont, d’ailleurs, l’allure des Civettes ; mais elles n’en ont pas la sécrétion parfumée. Les patles antérieures ont cinq doigts, les pattes postérieures n’en ont que quatre. Les ongles ne sont pas rétractiles. Le cou est mince, le crâne arrondi, le museau très effilé, la langue couverte de papilles cornées ; les incisives sont petites, les canines fortes et tranchantes, les molaires hérissées de pointes. Chez les Mangoustes, la 3e molaire de la mâchoire supérieure a une conformation particulière : elle présente une pointe intérieure.
- Les Mangoustes, plutôt nocturnes, sont des animaux curieux, fureteurs, prudents et sanguinaires. Ils vivent de rapines et toutes proies leur sont bonnes : petits Mammifères, Oiseaux, Reptiles, voire Poissons et Crustacés. Ils ont une prédilection pour les œufs.
- Du reste, adroits et braves, ils se rendent encore sympathiques par leur attachement à leurs petits. Quand les jeunes sont en âge d’apprendre à chasser, la famille Mangouste chemine de concert, à la file indienne et en se suivant de si près, parents et enfants, qu’ils paraissent ne former qu’un seul long individu, serpentiforme.
- Les Mangoustes peuvent courir, grimper et nager avec une égale agilité.
- Pour se reposer, les Mangoustes se roulent en boule, dans une retraite peu profonde,
- On connaît plusieurs espèces de Mangoustes. La plus célèbre est, sans doute, VHerpestes Ichneumon, surnommé Rat des Pharaons. Cet animal sacré des anciens Egyptiens, pieusement embaumé, reçut les honneurs de la sépulture.
- On croyait alors que les Mangoustes se groupaient
- Fig. 3. — Mangouste Mungo.
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- ' pour attaquer et tuer les grands Serpents : c’est pourquoi l’image hiéroglyphique de l’Ichneumon signifie :
- « homme faible qui a besoin de l’assistance d’autrui ». D’autres s’imaginaient que le quadrupède attaquait isolément le Serpent, mais après s’être cuirassé d’une couche de vase séchée au Soleil.... Enfin, Pline a rapporté que la Mangouste se faufilait dans la gueule des Crocodiles endormis et pénétrait dans leur corps pour leur dévorer les entrailles : cette légende a dû naître de la passion de la Mangouste pour les œufs de Crocodile. Le nom de l’Ichneumon voudrait dire : « découvreur de gibier », et ferait allusion à ses instincts de chasseur. La Mangouste Ichneumon a 65 centimètres de longueur de corps, 50 centimètres de queue, mais atteint rarement plus de 15 centimètres de hauteur. Elle habite le nord de l’Afrique.
- Commune en Egypte, elle fréquente le bord des eaux. Elle chasse avec une patience, une circonspection remarquables. Le Rat des Pharaons s’apprivoise et peut rendre le même service que le Chat ; mais les Egyptiens ne le vénèrent plus comme le firent leurs ancêtres et lui reprochent, non sans raison, son goût trop jpro-noncé pour les animaux de basse-cour, surtout pour la volaille.
- La Mangouste Mungo, Herpestes javanicus, habite l’Asie ; elle est de moitié plus petite que l’Ichneumon. Elle est parée d’une belle fourrure à reflets dorés. Cette Mangouste s’est distinguée par ses combats victorieux contre le Cobra. Son nom de Mungo vient de la fable qui montre la Mangouste, mordue par -le Serpent, allant déterrer la racine du Mungo ( ’) pour la manger, afin de neutraliser le venin et de pouvoir reparaître sur le terrain du duel !
- Cette Mangouste, susceptible de se familiariser, se , rend utile en détruisant Rats et Souris, Serpents et Scorpions.
- La Mangouste rayée ou zébrée, Herpestes fasciatus ou zébra, très petite, à pelage gris fauve, habite l’Afrique méridionale.
- ' La Mangouste Melon ou Meloncillo, Herpestes Wido-ringtonii, se rencontre dans le Sud de l’Espagne et pro1 bablement en Afrique du Nord. Elle vit au bord de l’eau.
- On emploie les poils de sa queue pour conféctionner des pinceaux recherchés. Elle est de grande taille.
- Enfin, la Mangouste des crabes, Herpestes cancrivorus, par ses mœurs aquatiques, fait la transition entre les Mangoustes proprement dites et les Gloutons.
- *
- * *
- Ce qui nous occupe principalement, c’est la guerre que les Mangoustes font aux Serpents, venimeux ou non. Elles triomphent des uns et des autres et semblent jouir d’une immunité naturelle, du moins possèdent-elles une grande résistance au venin des plus redoutables Serpents, ce qui ne veut pas dire que cette résistance soit sans limite.
- 1. Le Mungo est une Ombellifère de l’Inde qui jouirait d’un prétendu pouvoir contre la morsure des Serpents venimeux.
- De cette plante vient le nom de la Mangouste.
- D’après les expériences d’inoculation du Dr A. Cal-mette (*), la résistance de la Mangouste au venin de Cobra est huit fois supérieure à celle du Lapin. Mais si la Mangouste combat victorieusement les Serpents venimeux, c’est surtout parce qu’elle parvient, à force d’agilité, à éviter les morsures.
- Tout le monde a lu, dans Le Livre de la Jungle (2), la page où Rudyard Kipling a conté la lutte de Rikki-tikki-tavi, la'Mangouste, contre Nag, le Cobra. On a vu comment le petit Carnassier sauta sur le terrible Serpent pour le mordre au-dessus du capuchon.
- Pour se rendre compte de l’immunité de la Mangouste, le Dr A. Calmette étudia le comportement de six Mangoustes provenant de la Guadeloupe, — île où n’existe aucun Serpent venimeux; —l’immunité de ces Yiverridés ne pouvant résulter de l’accoutumance aux morsures venimeuses. Une de ces Mangoustes fut mise en nrése nce d’un Naja bungarus [Ophiophagus], espèce des plus dangereuses.
- « Le Naja se dressa aussitôt en dilatant son cou. et « se jeta avec fureur sur le petit Carnassier qui, se déro-« bant avec agilité, put éviter d’être saisi et se réfugia, « un instant effaré, dans un coin de la cage. Mais très « vite revenu de sa stupeur, au moment même où le « Naja s’apprêtait à fondre de nouveau sur lui, la Mance gouste se précipita, la gueule ouverte et grimaçante « sur la tête du Reptile, lui mordit vigoureusement la cc mâchoire supérieure et lui brisa le Crâne en quelques « secondes. » (3).
- Quand elle dispose d’un peu d’espace, la Mangouste qui attaque un grand Serpent, —ennemi digne d’elle ! — décrit des cercles en courant autour de sa future victime, les yeux brillants de haine; elle déploie toutes les ressources de son adresse pour parer les coups du Reptile et pour choisir la minute favorable à la blessure mortelle qu’elle va lui infliger.
- Mais si précieuse que soit la Mangouste destructrice de Serpents venimeux, elle se rend insupportable en faisant des hécatombes d’Oiseaux, de gibier et d’animaux domestiques. A tel point que l’on a regretté son introduction dans des îles infestées de Serpents venimeux. Nous ne savons trop ce qu’il faut penser de cela. L’utilisation rationnelle de la Mangouste n’est peut-être pas un mythe.
- En tout cas, les combats dont nous avons été témoin prouvent, une fois de plus, que la Mangouste attaque et tue les Serpents venimeux sans paraître souffrir de leurs morsures (*).
- Et nous ne saurions trop remercier Madame le Docteur Phisalix de nous avoir permis d’observer, en plein Paris, une scène de la vie animale telle qu’on en voit dans la forêt indienne.
- Alex. Feuillée-Rillot.
- 1. A. Calmette. Expériences sur l’immunité de la Mangouste. Annales Institut Pasteur, avril 1895.
- 2. Rudyard Kipling. Le livre de la Jungle. Traduction de Louis Fabulet et Robert d’Humières. Paris, Mercure de France.
- 3. A. Calmette. Les Venins. Paris, Masson et Cie, 1907.
- 4. Aux dernières nouvelles, prises vingt jours après ses exploits, Rikki-se portait à merveille.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- Autour d’un centenaire
- NEWTON DANS L’INTIMITÉ « LE DÉSHABILLAGE » DES SAVANTS EST-IL PROFITABLE ?
- Encore un centenaire, un bi-centenaire serait-il plus exact de dire, qui a passé inaperçu, en France du moins.
- Il y eut, en effet, deux cents ans, le 20 mars dernier, que disparaissait de la scène du monde, où il avait tenu une si glorieuse place, l’un des plus illustres savants dont s’honore l’empire britannique, l’auteur des Principes mathématiques, de la Philosophie naturelle, de l’Optique; celui à qui on doit la découverte des lois de la gravitation universelle, du mouvement des planètes autour du soleil, de la lune autour de la terre, du cours des comètes, du flux et du reflux de la mer, etc. Newton, car c’est de lui qu’il s’agit, succombait âgé de 85 ans, après une existence laborieusement remplie.
- Les biographes anglais se sont plu à nous montrer leur grand homme dans l’intimité, à nous dévoiler ses petites misères, ses faiblesses d’esprit, ses mémorables distractions. Ces révélations sont-elles dommageables à sa mémoire, c’est ce que nous dirons en manière de conclusion à cette causerie ; mais, en attendant, sacrifions à la mode, sans verser toutefois dans une exagération regrettable ; peut-être devrons-nous à cette confession publique d’avoir quelques « ouvertures » sur la psychologie de notre personnage.
- A en croire Sir David Brewster(1), aux occasions rares où il lui arrivait d’assister à des banquets publics, dans la salle commune du collège, si l’on n’avait la précaution de l’y faire penser, Newton arrivait sa toilette en désordre, les souliers abattus sur les talons, les bas non attachés, les cheveux non peignés, et un surplis sur le tout. D’autre fois, il sortait dans la rue sans prendre garde qu’il n’était pas convenablement vêtu; et, s’en apercevait-il, il regagnait, tout honteux, son logis.
- On ne le voyait jamais prendre le moindre exercice ; il s’interdisait toutes distractions, tout divertissement, ne se mêlant à aucun jeu, se délassant d’une étude par une autre; sans cesse songeant, sans cesse méditant.
- On s’étonne qu’il ait vécu aussi vieux, avec le régime déplorable qu’il a suivi sa vie durant. Il était exceptionnel qu’il se couchât avant 2 heures du matin, pour se lever vers 5 ou 6. Quatre ou cinq heures de sommeil au maximum lui suffisaient.
- Il était partisan du régime fruitarien : il aimait beaucoup à manger des pommes en hiver et, quelquefois le soir, un coing cuit.
- Il nous importe moins de savoir qu’il avait tenu compte des moindres sommes qu’il prêtait à ses amis; qu’il a perdu deux fois de l’argent aux cartes ; qu’il se permettait parfois quelques friandises, qu’il énumère sous le titre de : Otiosa et frustra expensa. Ce que nous relevons, comme présentant plus d’intérêt, c’est qu’il se livra, un certain temps, avec passion, à des travaux de chimie expérimentale, dans un laboratoire qu’il avait établi près de son logement, muni de tous les appareils nécessaires. Le feu y était entretenu jour et nuit, pendant plusieurs semaines, sans discontinuité. Un contemporain de Newton assure qu’il écrivit sur la chimie un mémoire dans lequel il établissait le principe de cet art sur des preuves mathématiques et expérimentales, mais que ce mémoire, auquel Newton attachait une grande valeur, fut
- 1. Memoirs of the life, writings and discoreries of Sir Isaac Newton, Edimburg, 1855, 2 vol. in-8.
- complètement détruit par un incendie, et qu’il ne voulut jamais consentir à le recommencer. Un accident du même genre aurait détruit les derniers feuillets de son manuscrit de VOptique.
- On a pu, toutefois, retrouver, mais cela n’atténue pas nos regrets de la perte que nous venons de mentionner, une recette détaillée, écrite en entier de la main du savant, d’un certain baume dit de Leucatello, que Newton recommandait comme préservatif infaillible contre « la rougeole, la peste, la petite vérole, le poison et la morsure d’un chien enragé » ; et il le dit encore bon contre « les vents, la colique, les faiblesses d’estomac et les contusions ». Une véritable panacée à tous les maux, comme l’on voit!
- Sacrifiant aux préjugés de son époque, Newton chercha, lui aussi, à découvrir le secret de la transmutation des métaux. On trouve la trace de ses préoccupations à ce sujet, dans une letti'e qu’il adressait, le 18 mai 1669, de Cambridge, à un de ses amis, nommé Aston, au moment où celui-çi allait entreprendre un lointain voyage.
- Newton, alors âgé de 27 ans, s’était déjà fait connaître par de remarquables découvertes, mais il n’avait jamais vu le monde hors de l’enceinte de son collège, ou du cercle étroit de sa famille, qui bornaient son horizon.
- Entre autres objets de recherches qu’il indiquait à son correspondant :
- « Tâchez, lui disait-il, de savoir si à Scliernwitz, en Hongrie, ils changent le fer en cuivre, en le dissolvant dans une eau vitriolée que l’on recueille dans les cavités du rocher, au fond de la mine ; puis, chauffant la dissolution à l’état de pâte dans un feu violent; après quoi, lorsqu’elle est refroidie, elle se trouve être du cuivre... On dit que ceci se pratique encore en Italie. Il y a vingt ou trente ans que l’on tirait de ce pays-là un certain vitriol que l’on appelait romain. Mais on ne peut plus en avoir, parce que, apparemment, ils trouvent plus de profit à l’employer pour changer le fer en cuivre qu’à le vendre directement.... Il y a, en Hollande, un nommé Borry, que le pape avait fait mettre en prison, il y a quelques années, pour, à ce que l’on m’a dit, extorquer de lui des secrets de médecine et de finance (of medicine and profit) d’une grande valeur. Mais il s’est enfui en Hollande, où on lui a donné une garde. Je crois qu’il s’habille ordinairement en vert. Tâchez, je vous prie, d’en tirer ce que vous pourrez, et de savoir si les Hollandais profitent de son habileté. »
- Fontenelle, avec la délicatesse qui lui est propre, a dit de Newton : « il ne s’est jamais marié, et peut-être n’a-t-il pas eu le loisir d’y penser jamais. » On sait que Newton a passé pour vierge : les preuves en seront toujours bien difficiles à administrer. A l’encontre de cette hypothèse, on a fait valoir que Newton aurait eu, un moment, une inclination marquée pour une miss Vincent, de Grantham, qu’il visitait régulièrement lorsqu’il venait à Woolsthorpe, et à laquelle, il offrit même quelques cadeaux. Mais il y a mieux : on a découvert une lettre écrite par Newton, à l’âge de 60 ans, à. une lady Norris, qu’il avait jadis connue, et qui venait de perdre son troisième mari. Voici cette curieuse épître :
- « Madame, le grand chagrin que vous a causé la perte de Sir William, montre que s'il fut revenu près de vous sain et sauf, vous aimiez été bien aise de vivre encore avec un mari ; et, conséquemment, la répugnance que vous éprouvez aujourd’hui à vous remarier ne peut provenir de rien autre chose que du souvenir de celui que vous avez perdu. Penser toujours à un mort, c’est mener une vie mélancolique parmi les tombeaux; et combien le chagrin est ennemi de votre santé, cela est très manifeste par la maladie qu’il'vous a causée quand vous avez reçu les premières annonces de votre veuvage. Est-ce que vous pouvez vous résoudre
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- à passer 'le reste de votre vie dans le chagrin et la tristesse P Pouvez-vous vous résoudre à porter perpétuellement un habit de veuve, un habit qui est peu agréable dans la société, un habit qui rappellera toujours à votre esprit votre mari défunt, et qui, par conséquent, prolongera votre chagrin et votre indisposition, jusqu’à ce que vous l’ayez quitté?
- Le remède propre contre tous ces inconvénients, c’est un nouveau mari ; et de savoir si vous devez admettre ce spécifique contre de tels maux, c’est une question dont l’examen ne demande pas beaucoup de temps. Savoir si vous devez porter constamment le mélancolique vêtement de veuve, ou briller de nouveau parmi les femmes; si vous voudrez passer le reste de vos jours gaiement ou en tristesse, en santé ou en maladie, ce sont des questions faciles à décider. En outre, vous serez plus en état de vivre conformément à votre rang, avec l’assistance d’un mari que sur votre seul revenu. C’est pourquoi, supj>osé que lu personne proposée vous plaise, je ne doute pas que, d’ici à peu de temps, vous en fassiez connaître votre disposition à vous remarier; ou que, du moins, vous accorderez à cette personne la permission d’en causer avec vous.
- Je suis, Madame, votre très humble et obéissant serviteur. »
- Le grave de cette affaire, c’est que la lettre qu’on vient de
- lire aurait été faussement attribuée à Newton ; elle n’est pas de sa main et elle ne porte pas sa signature !
- On peut se demander si ce n’est pas trahir la mémoire de cet incontestable homme de génie, d’aller fouiller ses papiers pour en exhumer un document sans authenticité, le rendre public et le livrer à la malignité du public.
- Il n’est au profit ni de la science, ni de la gloire des savants, de descendre aux menus détails de leur vie. « Dans les sciences positives, a dit excellemment le mathématicien Biot, les découvertes ne s’aident en rien de l’autorité d’un nom.... Alors, il n’y a d’intérêt réel et philosophique à connailre les circonstances de leur vie, que pour voir en quoi le développement de leur génie naturel a pu en être contrarié ou favorisé, et tirer de là d’utiles renseignements. Vouloir pénétrer plus avant dans leur intimité est au moins inutile, souvent dommageable. »
- Tout cela est aussi bien dit que pensé, et cependant, que de réserves pourraient être formulées ! Mais cela nous entraînerait au delà du terme de cette chronique, et qui sait si nos lecteurs ne nous en tiendraient pas rigueur?
- D‘ Cabanes.
- LES ACCIDENTS D’AVIATION AU COURS DES GRANDS RAIDS
- ET LE MOYEN DE LES ÉVITER
- JVous recevons de M. L. Constantin, l’ingénieur et inventeur bien connu, l'intéressante lettre qui suit :
- Dans le numéro du 1er juin de La Nature, M. Jean-Abel Lefranc a montré avec éloquence et raison la vanité des raids transatlantiques tels qu’ils sont conçus aujourd’hui. Voulez-vous me permettre d’ajouter quelques considérations :
- 1° L’accident dit « de perte de vitesse ». — Cet
- accident, suivant les statistiques officielles, cause plus de la moitié des morts de l’aviation. Les avions transatlantiques, on le verra ci-après, y sont très exposés. Or, quoique ignoré encore de bien des techniciens, le mécanisme en est facile à suivre :
- a) Certains profils d’ailes, très nombreux, présentent celte particularité que leur centre de poussée s’avance progressivement vers le bord d’attaque, lorsque l’incidence]augmente par exemple, de 0 à 15°, puis rétrograde très rapidement lorsque cette incidence de 15° est dépassée. Supposons alors qu’un avion, volant à une très grande incidence parce qu’il est lourdement chargé, reçoive soudain un coup de tabac, donnant au vent une importante composante ascendante. Le pilote se sent brusquement piquer. Il tire sur le manche ainsi que le lui commande son instinct. L’avion pique encore, pique davantage, pique dangereusement. Le pilote, toujours obéissant à son réflexe, tire éperdument. Et c’est la chute, soudaine et irrémédiable.
- Qu’est-il donc arrivé? Tout simplement que l’incidence a dépassé 15°, que le centre de poussée a rétrogradé très vite et que le pilote, par sa manœuvre instinctive et fausse, a accentué le déséquilibre et précipité la catastrophe.
- b) Tous les profils, heureusement, ne présentent pas cette brusque rétrogradation du centre.de poussée. De nombreux avions ne sont donc pas exposés à piquer soudainement du
- nez quand l’incidence dépasse une certaine valeur. Mais ils ne sont cependant pas entièrement à l’abri. Pour eux, la «perte de vitesse» sait prendre une autre forme, hélas! tout aussi dangereuse.
- Lorsqu’un aileron est abaissé au-dessous de sa position moyenne, il produit deux actions distinctes et d’effets opposés : une augmentation de la sustentation et une augmentation du freinage. Aux faibles incidences, la première action est prépondérante, mais cette prépondérance diminue à mesure que l’incidence augmente. A partir d’un certain nombre de degrés, il y a inversion complète. Si, à ce moment-là, il se produit pour une raison quelconque, une perturbation de l’équilibre latéral, le pilote, corrigeant aux ailerons suivant ses réflexes habituels, accentuera le déséquilibre, D’où la glissade sur l’aile, rapide et brutale, et bien des fois, consécutivement, la vrille.
- Il résulte de cette analyse succincte, que l’accident dit «de perte de vitesse » se produit toujours à la suite du dépassement d'un certain angle d’attaque. Et cela, quelle 'que soit la vitesse relative, quelles que soient Valtitude et la charge de l’avion, quel que soit le régime du groupe moto-propulseur.
- Il y a lieu maintenant de signaler les faits suivants :
- Premièrement, il n’y a jamais, jamais, intérêt à voler à un angle supérieur à l’angle pratique de vol au plafond.
- Deuxièmement, entre cet angle et l’angle dangereux, il y a toujours un intervalle de 5 à 6 degrés.
- Que faudra-t-il donc, pour diminuer le nombre des accidents dits « de perle de vitesse » ? Il faudra tout, simplement que le pilote sache toujours à quel angle il vole. Il faudra par suite que, de même que le chauffeur de chaudière a un manomètre pour lui indiquer la pression de vapeur, le pilote ait un indicateur d’incidence pour lui indiquer l’angle d’attaque. Au besoin on ajoutera à cet indicateur d’incidence un dispositif qui, analogue au sifflet et à la soupape de sûreté des chaudières, préviendra impérieusement le pilote qu’il
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- entre dans une zone de fonctionnement dangereux ou même donnera automatiquement le coup de manche à balai sauveur.
- Il semble donc que, pour l’aviation en général et pour les raids transatlantiques en particulier, car les avions de raids partant toujours tangents sont très exposés aux « pertes de vitesse », si l'indicateur d’incidence n’existait pas, il faudrait l’inventer, ou tout au moins faire tous les efforts possibles pour pousser à son invention. Mais cet appareil existe et il a été longuement décrit dans La Nature du 10 juin 1923. Il esi bien fâcheux qu’il ne soit pas encore entré dans la pratique courante de l’aviation.
- 2° La consommation de combustible. — La question de la consommation de combustible est une des plus importantes de celles qui se posent à l’ingénieur, quand il s’agit d’étudier scientifiquement un raid transatlantique. En effet, 50 kg d’essence brûlés en trop peuvent empêcher la réussite du raid et causer la mort de l’équipage et la destruction du matériel. (Nous lisons par exemple, dans les journaux de ces jours derniers, que de Pinedo a pu déclarer par radio qu’il avait dû amérir, faute d’essence, à 250 kilomètres environ des Açores.) Il semble cependant que, dans la préparation des raids, l’étude de cette question soit bien loin d’être poussée à fond.
- Une grande maison d’aviation a, il est vrai, fourni à ses pilotes de grands raids des diagrammes de route indiquant la vitesse à imposer aux moteurs en fonction du délestage et de l’altitude de vol. Mais il s’est ordinairement trouvé que, par suitê de circonstances imposant des altitudes non prévues ou par suite de ruptures de compte-tours, ces diagrammes n'ont pu être utilisés.
- Or, si les hélices sont convenablement adaptées et si les moteurs sont munis de correcteurs altimétriques automatiques ou à main, la consommation de combustible dépend uniquement de l’angle d’attaque de l’avion. En réalité, par grand vent debout, il y a encore une légère correction à faire, mais elle n’est pas très importante et c’est dans tous les cas la valeur de l’angle d’attaque qui doit servir de base aux instructions à donner aux pilotes de grands raids. L’angle d'attaque de consommation minima est, en effet, indépendant de l’altitude, du délestage de l’avion et du régime de fonctionnement des gioupes moto-propulseurs.
- Voilà, semble-t-il, un nouvel argument de poids en faveur de l’emploi d’un indicateur d’incidence. Et nos successeurs admireront sans doute que, ayant un tel instrument à notre
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- disposition, nous soyons restés si longtemps sans l’utiliser.
- 3° L'endurance des pilotes. — L’endurance des pilotes est sans contredit l’un des facteurs les plus importants de la sécurité dans les voyages aériens et en particulier dans les raids de longue durée.
- Tout le monde a vu dans nos cirques, des hommes chevauchant des monocycles et astreints par suite à maintenir à la fois leur stabilité latérale comme les cycles ordinaires et en même temps leur stabilité longitudinale. Les pilotes d’avions sont un peu comme ces hommes et, de plus, les jours de mauvais temps, sur les gros avions, le maintien de l’équilibre latéral et de l’équilibre longitudinal exige d’eux des dépenses considérables de force nerveuse et d’énergie physique. Aussi, après les voyages mouvementés, comment obtenir du pilote que ses atterrissages soient aussi impeccables que d’habitude? Et que de trains cassés, que d’accidents dus uniquement à l’épuisement de ses forces physiques!
- Déplus tout le monde sait, que quand un pilote entre dans un nuage.il perd ordinairement jusqu’au sens de la verticale et peut alors laisser prendre à son avion les positions les plus invraisemblables.
- Peut-on espérer enfin, que l’aviation deviendra un mode de transport populaire tant qu’il suffira d’un moment de défaillance de la part du pilote, pour que la chute se produise, soudaine et irrémédiable ?
- Et pourtant il existe un dispositif simple, bon marché, sans ratés, d’une sûreté parfaite, qui permet à l’avion de se comporter en l’air exactement comme un bateau sur la mer. C est-à-dire que l’avion se maintient en équilibre sur sa trajectoire par le jeu même des forces agissantes, qu’il peut voler longuement et sans danger sans pilote, celui-ci pouvant alors se consacrer entièrement à sa besogne de navigateur. Inutile d’ajouter que cette possibilité laisserait au reste de l’équipage, tout le temps d’intervenir en cas de circonstances imprévues.
- Ce dispositif a été également décrit dans le numéro de La Nature du 10 juin 1923. Il a été depuis lors, de plus, longuement expérimenté et son fonctionnement a toujours donné entière satisfaction. Il n’est pourtant pas encore entré dans la pratique courante de l’aviation, et cela pour des raisons que la technique ne connaît point.... Mais il m’a semblé qu’à la suite du bel article de M. Jean-Abel Lefranc, il pouvait être intéressant, pour les lecteurs _de La Nature de relire les quelques données ci-dessus.
- L. Constantin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR FABRIQUER DES CUVETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Il est possible de fabriquer des cuvettes photographiques aussi pratiques que les cuvettes noires que l’on trouve dans le commerce. La chose est intéressante lorsqu’on a besoin d’une dimension un peu spéciale; le prix de ces accessoires est d’ailleurs assez élevé pour qu’on essaie la préparation que nous allons indiquer.
- Supposons que nous ayons à préparer une cuvette de dimensions 40 X 30 cm. Dans du carton fort, par exemple dans un grand calendrier, on découpe une feuille ayant comme dimensions 54x44. On dessine au centre un rectangle ayant 41x31, c’est-à-dire qu’on laisse une bande tout autour de 6 cm 1/2 de large. On aura alors au fond un jeu de 1 cm par rapport à la dimension que l’on veut réaliser.
- A chaque coin on incise, avec la pointe d’un canif, peu profon-
- dément, la feuille de carton de manière à faciliter le pliage et les incisions formant un angle tel que la cuvette ait la forme ordinaire évasée que l’on connaît. Les coins sont donc relevés et collés au moyen de gomme bichromatée.
- Au fond de la cuvette on colle également deux petites bandes de carton de 3 mm de large qui forment relief et qui empêchent les plaques de coller au fond de la cuvette.
- Pour donner de la solidité, on colle à l’envers sur le fond un morceau de toile ou de calicot.
- Il ne reste plus qu’à enduire l’ensemble d’une solution imperméable constituée par 1 partie de caoutchouc et 2 d’huile de goudron, qu’on laisse macérer pendant 4 jours. On ajoute au liquide décanté 3 parties de gomme laque.
- On obtient alors une sorte de glu, dont on passe deux couches successives, après séchage dans l’intervalle bien entendu. S’il sc produit des boursouflures, elles sont égalisées au moyen d’un fer chaud.
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- ; la radiophonie pratique ......r::::::
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- L'INFLUENCE DES CAPACITÉS PARASITES SUR LE BON RENDEMENT D’UN APPAREIL DE RÉCEPTION
- Bien que les appareils employés, le plus souvent, pour la réception des émissions de radiodiffusion ne reçoivent généralement que les ondes de 200 à 3000 mètres de longueur, il ne faudrait pas méconnaître l’influence d’un grand nombre d’effets ca-pacitaires sur le résultat final d’audition.
- Il est évident, tout d’abord, qu’à l’intérieur de l’appareil, le montage doit être réalisé de telle sorte que les effets de capacité soient réduits au minimum, c’est ainsi que les éléments seront, autant que possible, éloignés les uns des autres et éloignés des lampes de réception, que les fils de connexion seront très courts et bien dégagés, etc...
- Dans ces éléments de montage eux-mêmës, il faut éviter, autant que possible, les effets de capacité. Par exemple, il est très mauvais évidemment que des courants haute fréquence puissent passer par capacité entre les enroulements d’un transformateur, ou d’un Tesla de liaison moyenne fréquence ; on connaît, de même, la nécessité d’employer des transformateurs basse fréquence dans lesquels la capacité entre enroulements soit minima si l’on veut réaliser un bon poste réflexe.
- En général, toute capacité parasite dans un accessoire de montage favorise le passage direct des courants à haute fréquence, et empêche les lampes de jouer leur rôle amplificateur normal.
- On connaît également les inconvénients des supports de lampes dont la capacité est trop grande, surtout pourv la
- réception des ondes courtes. On n’emploie plus aujourd’hui de supports à douilles métalliques épaisses et rapprochées qui servent uniquement, à la rigueur, pour la "réception des ondes moyennes. La plupart des supports modernes sont légers, et les lames métalliques qui viennent en contact avec
- Fig. 3. — Pour éviter les effets de capacité, on relié les plaques mobiles d’un condensateur d’accord à la terre (1) et les plaques mobiles d’un condensateur de résonance à -j- 80 volts (II).
- ____+4v.
- + 4 volts
- Fig. 1. — Dans les supports de lampes modernes, on évite l’emploi de douilles métalliques de gros diamètre qui peuvent être cause de capacités parasites importantes.
- les douilles des lampes sont réduites au minimum (fig. 1).
- Eviter des capacités parasites à l’intérieur du poste ne suffit pas, il faut également les éviter dans les connexions qui relient le poste au collecteur d’ondes et aux batteries d’alimentation.
- Si l’on emploie un cadre, il faut éviter de relier les extrémités de l’enroulement de ce cadre aux bornes de l’appareil au moyen d’un cordon torsadé, ce qui introduirait également un effet de self-induction nuisible.
- Il faut utiliser deux conducteurs séparés et c’est exprimer ainsi que l’emploi d’un seul jack à deux lames avec fiche pour la connexion d’un cadre n’est-pas recommandable.
- A propos de l’effet de capacité pour la réception sur cadre, on peut noter encore une fois l’avantage fréquent de l’emploi d’un petit compensateur à trois armatures pour augmenter la facilité de réglage et la sélectivité (fig. 2).
- L’armature mobile du compensateur est reliée à la terre, et chacune des armatures fixes à l’extrémité de l’enroulement.
- Pour augmenter la stabilité de l’appareil en évitant les réactions mutuelles des éléments, etpour atténuer l’effet des parasites industriels on a quelquefois l’habitude de blinder les éléments du poste, et même le poste lui-même; cette opération consiste à entourer les éléments du poste, ou le poste même, de feuilles métalliques, généralement en laiton ou aluminium, mais elle doit être exécutée avec beaucoup de précautions, car si l’on rapproche trop l'armature métallique de l’organe à protéger, il en résulte un effet de capacité
- souvent tellement accentué que le blindage est plus nuisible qu’utile.
- Enfin, un effet de capacité essentiel, et qui serait très gênant sans les précautions de construction actuellement observées dans les appareils modernes, est souvent produit par l’opérateur lui-même.
- Lorsque ce dernier, qui est évidemment au potentiel de la terre, approche sa main d’un condensateur ou d’un bobinage non relié à la terre, il en résulte un effet de capacité qui peut troubler le réglage et le rendre difficile.
- Un premier moyen pour atténuer cet inconvénient consiste à relier toujours à la terre les lames mobiles des condensateurs variables d’accord, lorsqu’on reçoit sur antenne, et au pôle + 80 volts les lames mobiles d’un condensateur de résonance (fig. 3).
- D’autre part, l’emploi de manches de commande assez longs
- Fig. 2. — L’emploi d’un condensateur Cp à 3 armatures facilite le réglaqe pour la récevtion sur cadre et augmente la sélectivité.
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- a été souvent recommandé (I, lîg. 4), mais il est préférable, en tout cas, d’obtenir le même effet en plaçant les éléments à régler en arrière et à une certaine distance du panneau antérieur (fig. 4).
- Il est enfin un dispositif très simple, de plus en plus employé et consistant à utiliser un panneau frontal de poste en aluminium, souvent relié à la terre, ou à doubler le panneau d’ébonite d’une feuille métallique en « papier » d’étain ou d’aluminium.
- Il est bon de noter, d’ailleurs, pour terminer et pour bien préciser la question, que les effets de capacité sont d’autant plus sensibles que la longueur d’onde est plus petite, et que l’emploi de supports anti-capacité perfectionnés et de manche de commande pour chaque condensateur est parfaitement inutile s’il s’agit simplement de la réception des émissions de la Tour Eiffel !
- Par contre, les précautions pour les montages des condensateurs d’accord et l’emploi des panneaux métalliques de montage sont toujours à recommander dans tous les cas.
- UN NOUVEAU POSTE A RÉSONANCE
- Le poste de réception à quatre lampes constitue toujours le modèle le plus employé pour la réception des émissions de radiodiffusion sur antenne extérieure.
- Les différents modèles de ces postes diffèrent, en général,
- Fig. 5. — Poste à quatre lampes à résonance a liaison à auto-transformateur accordé.
- uniquement par le mode de construction du premier étage à haute fréquence à résonance,
- Un des systèmes de liaison qui donne les meilleurs résultats au point de vue de la sélectivité est le système auto-transformateur accordé capacité (fig. 5).
- Ce procédé permet d’établir un appareil très moderne et très compact avec tous les organes enfermés dans une ébé-nisterie de petites dimensions avec panneau avant en ébonite (fig. 6).
- Les condensateurs d’accord et de résonance C1 et C2 sont commandés par des cadrans de grand diamètre à démultiplication ; l’accord est réalisé au moyen d’un variocoupleur dont le stator fractionné Ll sert d’inductance d’accord avec des prises que l’on peut mettre en circuit à l’aide d’un bouton de commutation M2 et la réaction électro-magnétique est obtenue au moyen d’une bobine Réintercalée dans le circuit plaque de la deuxième lampe et qui est formée par le rotor du variocoupleur.
- Le fonctionnement de la rétroaction est facilité au moyen d’un potentiomètre d’entrée P.
- Le condensateur d’accord peut être mis en série ou en parallèle au moyen d’un inverseur M1, et enfin un inverseur M3 permet la mise en circuit d’un auto-transformateur correspondant à la réception des ondes moyennes, ou des ondes courtes, suivant le schéma de la figure 7.
- Manche de commande
- Panneau frontal du poste
- Panneau frontal du poste
- q Cadran de q commande
- Fig. 4. — T) Emploi d'un manche de commande a distance extérieur. (II) Emploi d’une commande à distance intérieure au poste.
- Ces deux auto-transformateurs A1 et A2 sont d’ailleurs, formés simplement par des bobinages en nids d’abeilles à prise médiane.
- lout en étant établi suivant un principe assez classique, on voit, en somme, que cet appareil d’un type courant est réalisé d’une façon originale, moderne et très pratique, et a 1 avantage, qui n est pas négligeable, d’être présenté sous un aspect très esthétique,
- . CONDENSATEUR A VARIATION LINÉAIRE DE FRÉQUENCE A CADRAN INTÉRIEUR
- Ainsi que nous l’avons déjà noté dans une chronique de La Nature, on utilise, le plus souvent, maintenant, comme condensateur variable, des condensateurs à variation linéaire de longueur d’onde (square law) ou des condensateurs à variation linéaire de fréquence (straight line frequency).
- Ces derniers sont d’un usage très pratique, surtout comme condensateurs de résonance ou de modulation, puisque, dans ce cas, il s’agit surtout de considérer les variations de fréquences des oscillations mises en jeu dans les circuits.
- D’un autre côté, la nécessité d’obtenir des réglages très minutieux exige l’emploi de boutons de commande à démultiplication ou de systèmes à verniers, et, enfin, on sait qu’on a l’habitude, dans les postes modernes, d’employer des cadrans de repère d’aspect très esthétique et de grande précision.
- On vient d’établir sur ces principes un nouveau condensateur assez original qui présente des particularités électriques et mécaniques curieuses.
- Cet accessoire est du type à variation linéaire de fréquence, ainsi que l’indique la forme caractéristique des lames (fig.8).
- L’absence de flasques épaisses au stator, et la connexion soignée du rotor permettent d’obtenir le minimum de pertes en haute fréquence.
- Au point de vue mécanique, la rotation du rotor est
- Fig. G. — Ce poste, réalisé suivant le schéma de la figure 5, est présenté sous une forme compacte et moderne.
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- commandée par un bouton isolant M dont l’axe porte un engrenage commandant la rotation d’un secteur denté du cadran C, lui-même solidaire de l’axe du rotor.
- Ce cadran C est, d’ailleurs, placé en arrière du panneau antérieur du poste, et les graduations sont visibles sur le 111 de repère d’une fenêtre F encastrée dans le panneau antérieur du poste.
- LES NOUVELLES SOUPAPES ÉLECTROLYTIQUES
- Nous avons déjà indiqué dans une chronique l’emploi récent de petites soupapes électrolytiques d’un modèle spécial permettant la recharge continue des accumulateurs de chauffage sous une très faible intensité.
- Ces soupapes ne présentent pas les inconvénients des soupapes électrolytiques ordinaires à électrolyte alcalin et à électrodes fer-aluminium, exigeant généralement des soins d’entretien continuels.
- Dans ces nouvelles soupapes, l’électrolyte est simplement formée d’eau acidulée à l’acide sulfurique additionnée de quelques grammes de sulfate ferreux, (eau acidulée à 22° Baumé avec 2 pour 100 de sulfate ferreux).
- On remplit avec cet électrolyte un récipient en verre de quelque 250 cm3, dans lequel plonge une électrode en plomb et une autre électrode formée d’un alliage au titane ou au tantale. Cette électrode a d’ailleurs la forme d’un bâtonnet entièrement en alliage (b, fig. 9), ou est constituée par une pointe en alliage, soudée à l’extrémité d’une tige en métal quelconque protégée par un tube de verre (a, fig. 9).
- Le montage de ces soupapes est très simple, il suffit de les placer dans le secondaire d’un transformateur dont le primaire est relié au secteur alternatif (fig. 9, c).
- L’intensité du courant redressé fourni est d’environ
- Fig. 9. — Nouveaux modèles de soupapes électrolytiques pour la recharge des accumulateurs. a) Au titane ; b) Au tantale ; c) Montage d’une soupape pour la charge d’une batterie de chauffage.
- 100 milliampères, et ce courant sert à recharger continuellement une petite batterie d’accumulateurs qui peut être quelconque, mais qu*on peut choisir de petite capacité, par exemple 10 ampères-heure, et d’un type au plomb dit insulfatable ou au ferro-nickel.
- L’appareil n’a pas besoin d’être mis hors circuit pendant le fonctionnement du poste, car l’audition n’est nullement troublée.
- UNE LAMPE A DOUBLES ÉLÉMENTS
- Il existait déjà des modèles de lampes à double filament qui pouvaient théoriquement fournir un double usage en connectant le deuxième filament lorsque le premier était brûlé.
- Mais ces lampes avaient de multiples inconvénients, car il était quelquefois difficile de mettre en service le deuxième filament souvent détérioré par les débris du premier.
- Ln nouveau modèle que l’on vient de construire semble d’un usage plus pratique, parce qu’il comporte deux groupes d’électrodes séparées, contenues dans la même ampoule (fig. 10).
- Les caractéristiques de cette lampe se rapprochent de
- Fig. 8. — Ce condensateur à variation linéaire de fréquence et à faibles pertes possède un système de commande à démultiplication et le cadran de repère est placé derrière le panneau antérieur du poste de réception.
- celle d’une lampe ordinaire, le courant de chauffage a une intensité de 0,06 ampère sous une tension de 3,5 à 3,8 volts.
- La tension de plaque normale est de 40 à 80 volts, la résistance intérieure de 25000 ohms, le courant de saturation de 10 milliampères et le coefficient d’amplification de 10 environ (fig. 10 b.).
- Ceci jjosé., on peut utiliser la lampe de deux façons différentes, soit comme une lampe de réception ordinaire avec celte différence que l’on peut mettre en circuit le deuxième groupe d’électrodes, lorsque le premier a été brûlé.
- 11 faut prendre la précaution, bien entendu, de brûler complètement les fragments du filament hors d’usage en faisant passer le courant de la batterie de plaque entre la broche de la grille et chacune des broches du filament, pour supprimer les débris qui pourraient toucher la grille et rendre la lampe « sourde ».
- On peut également utiliser cette lampe comme une lampe de puissance en connectant le deuxième filament dès la mise en service de la lampe, en en roulant simplement la connexion correspondante placée sur le culot autour de la broche du filament la plus voisine.
- Montage d’un inverseur M -pour
- la mise en circuit d’un auto-transformateur de liaison Aj pour ondes moyennes ; et A4 pour ondes courtes.
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- CONDENSATEUR A FAIBLES PERTES ET A DÉMULTIPLICATION
- Nous avons décrit plus haut un condensateur à variation linéaire de fréquence, c'est-à-dire permettant d’obtenir une variation de fréquence proportionnelle à la variation du cadran.
- Un modèle simple, mais de haute précision, qui vient d’être construit sous une autre forme que le modèle précédent, présente également des caractéristiques intéressantes (fig. 11).
- Tout d’abord, la démulplication peut varier suivant les modèles. Dans un modèle, la rotation totale du cadran triple la fréquence initiale du circuit, et dans un autre la fréquence initiale est seulement doublée.
- Des cadrans en bakélite de graduation spéciale sont prévus pour chacun des types de ce condensateur.
- La construction mécanique de ce dernier est très soignée, les flasques sont en laiton nickelé, les armatures en cuivre soudé, la butée réglable du rotor est à bille et la fixation centrale s’effectue par un seul écrou rendu indéréglable par un dispositif spécial.
- L’extrémité de l’arbre du rotor est assez longue, de manière
- Fig. 11. — Condensateur h variation linéaire de fréquence et à faibles pertes.
- à permettre, à l’aide d’un manchon, l’accouplement en bout de plusieurs condensateurs de valeurs différentes pouvant être commandéssimultanément àl’aide d’un seul bouton decontrôle.
- CONSTRUCTION D'UN CIRCUIT FILTRE SIMPLE
- L’emploi d’un circuit filtre est très souvent utile lorsqu’on veut éliminer les émissions des stations locales, et qu’on ne dispose pas d’un poste de réception à plusieurs étages à résonance ou à changement de fréquence.
- Un circuit-filtre très simple peut être formé à l’aide d’une bobine L à prise médiane en nid d’abeilles par exemple et d’un condensateur C variable de 0,5/1000 de microfarad.
- L’antenne est réunie à la prise médiane du bobinage, et une extrémité de ce bobinage est connectée au poste de réception.
- Ce montage en auto-transformateur (fig. 12) a l’avantage de modifier beaucoup moins le réglage primitif de l’appareil que le dispositif classique.
- Il sera bon, d’autre part, d’utiliser un commutateur M, permettant de relier directement l’antenne au poste, et de mettre ainsi hors circuit le circuit-filtre.
- Il suffit de monter les éléments dans une petite boîte en
- Fig. 10.— a) Lampes à doubles éléments pouvant être utilisées simultanément ou successivement; b) Courbes caractéristiques du courant-plaque de la lampe en fonction de la tension-grille (chauffage constant de 3,$ volts).
- ébénisterie avec panneau antérieur en ébonite, le condensateur est monté sur le panneau frontal qui supporte également l'interrupteur et les bornes de connexion, la bobine est généralement fixée sur un support porté par la planchette horizontale en bois.
- On utilise généralement deux bobines interchangeables comportant l’une 30 à 50 spires, et l’autre 150 à 200 spires.
- Le réglage se fait de la manière bien connue. On règle d’abord l’appareil sur le poste à éliminer en mettant le circuit filtre hors circuit à l’aide de l’interrupteur M, puis on met le filtre en circuit et l’on actionne le bouton de commande du condensateur, jusqu’à l’extinction de l’émission perturbatrice.
- On se sert ensuite de l’appareil de réception, comme si le filtre n’existait pas, et sans modifier le réglage de son condensateur. P, Hémardinquer.
- *Adresses relatives aux appareils décrits :
- Nouveau poste à résonance, Bernstein, 14, boulevard Anatole-France, Aubervillicrs (Seine).
- Condensateur à variation linéaire de fréquence, Isodio, 3, rue Martre, à Clichy (Seine).
- Nouvelles soupapes électrolytiques, Maison Ferrix, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris. Ateliers A.C.E, 128, rue Jean-4aurès, Leval-lois-Perret.
- Double-lampe, Microlux, 1, rue de Metz, Paris (10e).
- Condensateur à faibles pertes, Brunet, 5, rue Sextius-Michel, Paris
- Fig. 12. — a) Schéma de montage d’utl circuit-filtre en avant d’un poste de réception ; b et e) Réalisation du montage vu de face et
- d'arrière.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cle Mai et Juin 1927.
- BOTANIQUE
- Nouvelles observations biologiques sur Fega-tella conica (L. Corda (M. G. Nicolas). — Quelques auteurs ont signalé la présence à peu près constante d’un mycélium mycorhizique dans le thalle de Fegatella et certains d’entre eux en ont déduit une relation avec la sexualité assez fréquente de cette hépatique, quand on la compare aux deux espèces Marchantia et Luceularia et même la difficulté de faire germer les spores en milieu stérile.
- En examinant les spores au moment de l’ouverture du sporogone, M. Nicolas a constaté qu’un champignon siphoné contamine souvent, et sans y causer de dégâts, le thalle de Fegatella : il stérilise plus ou moins les spores de ce sporogone et pénètre dans les très jeunes thalles par des rhizoïdes lisses, ce qui semble expliquer qu'il ait été si souvent signalé par de nombreux botanistes.
- CHIMIE MINÉRALE
- L’inaltérabilité du fer, du cuivre et du zinc à l’hydrogène sulfuré liquide [M. J.-B. Fournier et Fritscii-Lang). — Bien qu’à l’état gazeux il attaque rapidement tous les métaux, le chlore liquéfié est sans action sur l’acier, ce qui permet de le transporter dans des bonbonnes métalliques, ainsi que l’oxygène ou l’hydrogène comprimé, et l’ammoniac ou l’anhydride carbonique liquide.
- Comme le gaz H2S présente avec lui quelques analogies et transforme rapidement les métaux en sulfures, lorsqu’il agit sur eux à l’état normal, il était intéressant de voir s’il présentait les mêmes caractères une fois liquéfié.
- Les auteurs ont donc successivement enfermé dans des tubes de verre, contenant quelques centim. cubes d’hydrogène sulfuré liquide, des échantillons de fer, de cuivre et d’aluminium parfaitement décapés, dont le poids variait de 1 à 5 gr. et qui, dans une seconde série d’essais, avaient été au préalable passés à la filière pour présenter, à poids égal, une plus grande surface d’attaque. En aucun cas, il n’a été constaté de traces de corrosion ou d’altération, et un fait analogue a été fourni par de petits récipients métalliques qui ont contenu le composé sulfuré liquide pendant une douzaine d’années.
- CHIMIE BIOLOGIQUE
- La coloration de la cire d’abeilles et la composition de la propolis. (M. George F. Jaubert). — Lorsqu’on fond doucement un morceau de cire d’opercules, d’un blanc à peine jaunâtre, on s’aperçoit que le vernis, qui fait un léger relief sur le bord des hexagones, se dissout en libérant un colorant jaune vif qui donne à la masse la teinte que l’on a coutume de lui voir. D’où l’on peut conclure que la cire est naturellement blanche et qu’elle doit sa couleur à un produit constituant de la propolis avec laquelle elle est toujours mélangée dans la ruche.
- M. Jaubert a pu isoler ce composé sous la forme de laque et reconnu en lui la chrysine ou 1-3 dioxyflavone de formule C*°H3 (OFI)2 O.CO.C6FI3. Or, dans nos régions, la propolis est constituée presque uniquement par l’exsudât des bourgeons, des feuilles et des parties vertes du Populus nigra, var. pyramidalis, exsudât dont on connaît depuis longtemps la solubilité dans les corps gras.
- Sur la digestion pancréatique de la laine.' (MM. L. Meunier, P. Ciiambard et H. Comte). — On sait que le brin de laine non jarreux comprend un assemblage
- de cellules allongées, parallèles entre elles et soudées les unes aux autres par un ciment protéique— l’ensemble étant entouré d’une tunique écailleuse faite d^l^ients très aplatis — et Nathusius a montré, voilà trente ans, qu’une immersion dans l’ammoniaque libère les cellules internes sous la forme de fuseaux allongés.
- Les auteurs ont tenté d’obtenir un résultat analogue, en soumettant de la laine blanchie au soufre, lavée, puis gonflée, àl’action d’une liqueur à 2/1000e de pancréatine (marque Byla-Codex). Ils ont vu ainsi : 1° que la digestion du ciment assemblant les cellules fusiformes est d’autant plus rapide que la laine a été soumise à un gonflement alcalin plus accentué; 2° que les laines gonflées au point iso-électrique sont inattaquées par la pancréatine; 3° que l’ensemble du phénomène est conforme aux observations de Stiasny, de Wilson et de Merill sur la digestion pancréatique du collagène ou de la kératose.
- PALÉONTOLOGIE HUMAINE Une grotte avec dessins pariétaux de l’âge du Renne (MM. J. Bayol, P. Marcelin et L. Mayet). — Le massif calcaire qui borde au sud la vallée du Gardon, dans la plaine de Remoulins, est entaillé par une série de ravins dont l’un, la Combe de l’Ermitage de Laval, présente en haut d’une paroi rocheuse, à l’Est, une grotte d’accès difficile, la Baoumo-d’en-aut, qui s’enfonce dans le calcaire sur une longueur explorable de 160 m., l’ouverture et le cul-de-sac terminal présentant une différence de niveau de 55 m.
- Là, M. J. Bayol remarqua des rétrécissements stalagma-tiques, formant séparation en trois salles dont la seconde présenta, sous un plancher de calcaire intercalé dans l’argile sableuse, des restes humains (métacarpiens et phalanges de deux mains) et des ossements de reüne, de cheval et d’un bovidé de petite taille. Sur la paroi, il remarqua des mains imprimées en positif, comme à Altamira, ainsi que de nombreuses silhouettes d’animaux.
- Il semble que ces dessins remontent à l’âge aurignacien et, si l’on excepte la grotte Chabot qui, dans la basse vallée de l’Ardèche, présente quelques gravures pariétales, la Baoumo-d’en-aut serait la première grotte offrant des dessins peints que l’on ait découverte jusqu’ici dans la vallée du Rhône.
- GÉOLOGIE
- La nature du sud de l’Indochine (M. Blondel). —: L’auteur soumet à l’Académie les premiers résultats d’une exploration qui a duré un an, au travers de la région située sensiblement au sud-est d'une ligne allant de Pnom-Penh à Tourane.
- „ Ces terrains comprennent, de haut en bas, d’abord des alluvions modernes et anciennes couvrant de larges étendues, de part et d’autre du Mékong et de ses vallées affluentes, comme sur le pourtour des lacs du Cambodge, puis des basaltes et des schistes ou des grès. Viennent ensuite des rhyolites affleurant sur une surface de 20 000 km2 entre Nha Trang et Phan-Tiet, des schistes ou quarlzites, enfin du granité, fort abondant notamment sur l’arète qui va du Nord-Est au Sud-Ouest, depuis le cap Yarella jusqu’au cap Saint-Jacques.
- M. Blondel insiste sur la rareté du calcaire dans cette région et semble disposé à voir là un massif émergé depuis le carbonifère et baigné sur son bord Nord-Ouest par la mer qui l’aurait séparé, de Tourane à Saigon et jusqu’à l’âge du Lias inférieur, de l’autre partie de la presqu’île indochinoise.
- Paul Baud.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1927 (‘)
- U
- L’observation des étoiles filantes est une des plus faciles et des plus agréables à entreprendre. Les amateurs, les observateurs bénévoles peuvent rendre de réels services à l’Astronomie en se livrant à l’étude des rapides météores qui, notamment au mois d’août, rayent le ciel étoilé de leur sillon de feu.
- Pour observer utilement les étoiles filantes, il faut tout d’abord se proposer un plan de travail. On peut, par exemple, relever la fréquence des météores selon l’heure ou les saisons, déterminer les radiants des essaims visibles aux différentes époques, étudier le déplacement d’un même radiant avec le temps, déterminer la hauteur des météores par des observations conjuguées; on peut encore photographier les étoiles filantes, étudier le spectre de leurs traînées et le photographier, déterminer leur vitesse, etc., etc. Les observations faites en plusieurs stations éloignées de plusieurs kilomètres sont recommandées.
- Les instruments à utiliser sont simples : 1° Une lanterne éclai-rantpeu, n’éblouissantpasla vue, permettant d’écrire et de tracer les trajectoires sur une carte.
- 2° Une table ou un cadre sur lequel on place les cartes célestes. Un perfectionnement consiste à munir table ou cadre d’uneglace, etàéclairerlescartes en dessous, par transparence.
- 3° Une carte céleste très claire, dans laquelle les étoiles et constellations sont immédiatement reconnaissables (4).
- 4° Une jumelle pour l’observation des traînées persistantes.
- 5° Une bonne montre donnant l’heure exacte et, autant que possible, permettant d’avoir la seconde. Un chronographe à aiguille dédoublante et rattrapante est recommandé. La correction sera déterminée par T. S. F.
- Les observations consistent à reporter, aussi exactement que possible, sur la carte, les trajectoires observées. On s’aide pour cela des étoiles comme repères.
- On note tous les autres caractères
- apparente, particularités, traînée s’il y en a et sa durée, etc.
- Lorsqu’un météore est vu en deux stations éloignées, il ne se projette pas sur le ciel devant les mêmes étoiles. Le déplacement de la trajectoire sur le ciel d’une station à l’autre permet de calculer la hauteur des météores, la longueur des
- trajectoires et, parfois, la vitesse réelle en kilomètres quand on a pu estimer la durée du parcours visible.
- Le mois d’août, si riche en météores, notamment avec l’essaim des Perséides, dont l’activité se manifeste du 20 juillet au 20 août, est particulièrement propice à l’étude des étoiles filantes. Tous les observateurs de bonne volonté sont invités à entreprendre l’observation de l’essaim des Perséides.
- I. Soleil. — Le Soleil descend et les jours raccourcissent, Le 1er août, la déclinaison est de +18° 13'. Elle n’est plus que de 4 8° 55' le 31. La durée du jour, de 15115m le 1er, tombe à 13h 30m le 30.
- Voici le tableau du temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours :
- Fig. 1. — Météores de l’essaim des Perséides au mois d’août.
- (Composition de M. L. Rudaux.)
- Au centre de la figure, la constellation de Persée. L’étoile assez brillante, à droite de la trajectoire la plus lumineuse, est l’étoile variable Algol ((3 Persée). Les deux étoiles brillantes à droite, sont y et |3 Andromède. En bas, à gauche, le Cocher se lève. Au-dessus de l’arbre, Capella (a Cocher). A droite, dans l’échancrure des arbres, les Pléiades. Sur ce dessin, on a figuré cinq trajectoires. Elles montrent bien, en les prolongeant, la position du radiant, près de l’étoile y; Persée. On ne voit que rarement, dans les grandes chutes météoriques, cinq étoiles filantes à la fois. Cependant, pour les Perséides notamment, il n’est pas rare d’en voir deux. Les bolides brillants sont fréquents. Il arrive souvent aussi que les petits météores (trajectoires du haut) se produisent par paires, l’orbite d’un de ces météores étant parcourue fréquemment, presque aussitôt, par un autre météore semblable, sorte de répétition du premier.
- Dates. Heures du passage.
- Août lor 11“ 56ra 53"
- — 3 llh 56m 45*
- — 5 11» 56“ 35"
- — 7 llh 56“ 23"
- — 9 llh 56“ 9"
- — 11 llh 55™ 52"
- — 13 llh 55™ 32"
- — 15 Uk55mll“
- — 17 llh 54™ 47"
- — 19 11*1 254“ 21*
- — 21 llh 53“ 53“
- — 23 llh 53m 24"
- — 25 llh 52™ 53"
- — 27 llh 52m 20“
- — 29 llh 51™ 46*
- — 31 llh 51™ 10"
- Observations physiques.
- éclat, couleur, vitesse
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps Universel (T. U.), compté de 0h à 24k à partir de minuit. Pendant la période d’application de l’heure dlété. ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- 2. Les cartes de la Commission des Étoiles filantes de la Société astronomique de France, de MM. Em. Touche! et L. Rudaux, ont été tracées à l’usage des observateurs d’étoiles filantes. On les trouve au siège de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris.
- Le tableau ci-après, reproduit d’après l’Annuaire du Bureau des Longitudes, contient les données pour orienter les dessins ou photographies du Soleil :
- Dates. t> B0 4
- Août 4 4 11°, 69 -f 6°,00 248°,72
- — 9 4 13°,60 4 6°,32 1820,60
- — 14 4-15°, 41 4 6°,59 116°, 50
- - 19 4 17°,11 4 6°,82 50°, 41
- — 24 + 18°,68 4 7o, 00 3440,34
- — 29 4 200,13 4 70,14 278°,28
- Lumière zodiacale. — On pourra la rechercher le matin
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- ASTRE Dates : AOUT Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- \ 5 4h 29™ llh 56n ™358 19h 23m 8h 58“ + 170 11' 31' 34"8 Cancer )
- Soleil . . . . 15 4 43 11 55 11 19 7 9 36 4* 14 18 31 38.4 Cancer f *
- 25 4 57 11 52 53 18 48 10 13 4- 11 1 31 43,2 Lion \
- 5 3 3 10 39 18 15 7 39 + 19 4 8,2 ô Gémeaux Le matin, ! au début du mois.
- Mercure . . . 15 25 3 10 4 6 10 48 11 24 18 18 25 41 8 26 9 40 + + 19 15 23 39 6,2 5,2 y Cancer y) Lion
- Vénus . . . . 5 15 25 8 15 7 59 7 25 14 21 13 51 13 8 20 19 18 27 43 52 11 22 11 32 11 29 + 0 2 4 50 18 10 37.8 44,4 51.8 v Vierge v Vierge 1 tp Vierge Dans le crépuscule, dès le coucher du Soleil.
- 5 6 46 lo 3u -20 24 10 35 + 10 1 3,8 p Lion
- Mars. ... ! 15 6 42 13 19 19 56 10 59 + 7 34 3,6 x Lion Inobservable.
- ( 25 6 37 13 3 19 28 11 22 + 5 2 3,6 a Lion
- Jupiter. . . . 15 20 32 2 33 8 34 0 13 — 0 17 44,2 12 Poissons Presque toute la nuit.
- Saturne . . . 15 13 43 18 15 22 48 15 57 — 18 35 15,2 p Scorpion Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . . 15 20 28 2 32 8 37 0 12 _L l 0 27 3 6 44 Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune. . . 15 5 10 12 15 19 19 9 56 + 13 7 2,4 v Lion Inobservable.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- avant l’aube, notamment à la fin du mois, du 25 au 31, période pendant laquelle la Lune n’éclairera pas la fin de la nuit.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en août, seront les suivantes :
- P. Q, le 5, à 18h 5” I D. Q. le 19, à 19"54”
- P. L. le 13, à 4h 37” | N. L. le 27, à 6" 46”
- Age de la Lune, le 1er août, à 0" = 3i,3; le 28, à 0h = 0^7. On obtiendra l’àge de la Lune à une autre date du mois en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 28. Pour une heure donnée, ajouter, en outre, 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en août : le 10 =—24° 14'; le 23 = -j— 24° 18'. Ces époques sont celles de la plus faible élévation ou de la plus grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon lorsqu’elle passe au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 3 août, à 18h. Parallaxe =54'11". Distance =404 700 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 15 août, à 16h. Parallaxe = 60' 16". Distance = 363 850 km.
- Apogée de la Lune, le 31 août, à l lh. Parallaxe = 54'4". Distance =405 570 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 4 août, occultation de 95 Yierge (gr. 5,4), de 20h41ra à 21"51”.
- Le 9, occultation de 70B Sagittaire (gr. 6,4), de 21h 6” à 22h26,u.
- Le 11, occultation de y Sagittaire (gr. 4,9), de 0h 8™ à 0h 27”.
- Le 15, occultation de 24 B Baleine (gr. 6,0). Émersion seule visible à 21" 37”.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 13 août. Voici les heures, pour Brest, de quelques-unes de ces plus grandes
- marées, avec leur coefficient : Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Co. flîcient
- Août 13 311 57m 0,87 16hT8” 0,92
- — 14 4h 39 m 0,96 17" 1“ 0,99
- — 15 ' 5h22m 1,01 17"44ra 1,02
- — 16 6h 5“ 1,01 18"26” 1,00
- — 17 6" 48” 0,97 19" 9” 0,92
- — 18 7h 32m 0,86 19"57“ 0,80
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour août, en raison de l’amplitude assez faible des marées.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, dont les données sont empruntées, à l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’août 1927.
- Mercure est visible le malin. Sa plus grande élongation se produira le 8 août, à 17h, à 19° 2' à l’Ouest du Soleil. Voici la phase et l’éclat stellaire de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Éclat stellaire.
- Août 4 0,25 + 0,9
- — 9 0,42 + 0,2
- 14 0,61 -0,4
- 19 0,79 — 0,9
- — 24 0,92 — 1,3
- 29 0,98 —1,5
- Vénus arrive à la période de son plus grand éclat. Ce plus
- grand éclat se produira le 10 août. La planète se rapproche
- — en perspective — • du Soleil et va devenir difficilement
- observable. Voici le laire : tableau de la phase et de l’éclat stel-
- Dates. Disque illuminé. Grandeur.
- Août 4 0,27 -4,2
- — 9 0,23 -4,2'
- — 14 0,19 — 4,2
- — 19 0,14 — 4,1
- — 24 0,10 -4,0
- — 29 0,06 — 0,8
- Mars est inobservable.
- 11 est de l’autre côté du Soleil, à son maximum de distance et son diamètre apparent est réduit à son minimum : 3",6.
- Jupiter s’offre à nos observations. Il est visible presque toute la nuit, dans d’excellentes conditions. Nous avons décrit en détail, le mois dernier, les phénomènes que pré-
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- sentent les principaux satellites dans leur mouvement autour de la planète.
- Voici ceux qui seront visibles ce mois-ci :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Août Heure. Satel- lite. Phéno - mène. DATE Août Heure. Satel- lite. Phéno - mène.
- 1 2h 24” I O.c. 17 1» 33” I P.c.
- 1 2 54 II E. c. 17 2 52 II O.c.
- 1 3 32 I P. c. 17 2 54 I O.f.
- 1 23 38 I E. c. 17 3 44 I P. f.
- 2 3 1 I Em. 17 21 55 I E. c.
- 2 23 6 I O.f. 18 1 1 I Em.
- 2 23 57 II P. c. 18 21 21 11 E. c.
- 3 0 11 1 P. f. 18 21 22 I O.f.
- 3 0 18 II O.f. 18 22 11 I P f.
- 3 2 29 11 P. f. 19 1 35 II Em.
- 4 22 56 III Im. 19 2 21 III E. c.
- 4 23 11 IV O f. . 24 2 34 I O.c.
- 5 1 31 III Em. 24 3 18 I P.c.
- 8 4 18 I O.c. 24 23 50 1 E. c.
- 9 1 32 I E. c. 25 2 47 I Em.
- 9 22 46 I O. c. 25 21 2 I O. c.
- 9 23 46 I P. c. 25 21 44 I P. c.
- 10 0 14 II O.c. 25 23 16 I O.f.
- 10 1 0 I O.f. 25 23 56 II E. c.
- 10 1 58 I P. f. 25 23 56 I P. f.
- 10 2 21 II P. c. 26 3 52 II Em.
- 10 2 55 II O.f. 26 21 14 I Em.
- 10 23 15 I Em. 27 21 28 II O.f.
- 11 22 20 III E. c. 27 22 43 II P. f.
- 11 23 17 II Em. 29 22 13 IV E. c.
- 12 1 21 III E. f. 29 22 56 III P.c.
- 12 2 29 III Im. 29 23 15 III O.f.
- 13 3 55 IV E. c. 30 0 51 IV E. f.
- 16 3 27 I E. c. 30 1 27 III P. f.
- 17 0 40 I O.c. 31 4 28 I O.c.
- Saturne en quadrature orientale le 25 août, peut être observé dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau à la date du 10 août :
- Grand axe extérieur.............................. 38",74
- Petit axe extérieur.............................. 16",28
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau ......................................... + 24° 51'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 25° 39'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites, à l’époque de ses élongations, dont voici la liste :
- Dates. Élongation. Heure.
- Août 7 Orientale. 12h,8
- — 15 Occidentale. 16\1
- — 23 Orientale. U\8
- — 31 Occidentale. 15\4
- Uranus sera en opposition le mois prochain. On le recherchera dans les Poissons, à l’aide de ses positions que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison, Diamètre.
- Août 5 0h 13m -f 00 33' 3",6
- — 15 0h 12” + 0° 27' 3.", 6
- — 25 0h 11” + 0° 20' 3", 6
- Une jumelle est suffisante pour suivre Uranus dans sa marche parmi les étoiles.
- Neptune est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil, le 20 août, à 18u.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 0h, Vénus en conj. avec la Lune, à 7o 51' s.
- Le 7, à 7h, Saturne — _ la Lune, à 0° 24' s.
- Le 16, à lh, Jupiter — — la Lune, à 3«53' N.
- Le 16, à lh, Uranus — — la Lune, à 40 41' N.
- Le 19, à 5U, Jupiter —' — Uranus, à O O CJJ 0 S.
- Le 26, à 14h, Mercure — . — la Lune, à 20 46' S.
- Le 26, à 16h, Neptune — — la Lune, à 4° 09' s.
- Le -27, à lh, Vénus — — Mars, à O IC © 00 s.
- Le 27, à 5h, Mercure — — Neptune, à 0 © N.
- Le 28, à 13h, Vénus — — la Lune, à 13035' S.
- Le 28, à 16h, Mars — — la Lune, à 4n3i' s.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol
- (p Persée) : le 16, à 2h 44” ; le 18, à 23h 33m ; le 21, à 20h21m.
- Etoiles filantes. — Comme nous l’avons dit plus haut, le mois d’août est par excellence le mois des étoiles filantes. Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, la liste des radiants actifs en août :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août lor au 4 290 -|- 36° p Triangle.
- — 7 au 11 295° H- 54o X Cygne.
- — 7 au 12 292» + 700 ô Dragon.
- — 8 et 9 5° + 55o a Cassiopée.
- — 9 au 11 440 + 56o rj Persée.
- — 9 au 14 9° — 19° § Baleine.
- — 12 et 13 345° + 50° 3084 Bradley.
- — 12 au 16 61° + 48° p. Persée.
- — 20 et 25 6° +11° y Pégase.
- — 21 au 23 291» + 60° 0 Dragon.
- — 23 au 31 282» + 41o a Lyre.
- — 25 au 30 2370 + 65o 7] Dragon.
- Étoile polaire. — Heures du passage de l’Etoile Polaire
- u méridien de Paris :
- Temps sidéral à midi
- Date. Passage. Temps Universel. moyen de Paris.
- Août 9 Supérieur 4h 19” 44“ 9h 7” 54», 5
- — 19 — 3h 40” 35» 91. 47m 20», 1
- — 29 — 3b 1” 25» 10h 26” 45»,6
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le lor août, à 21h est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre ; Hercule.
- Au Nord.-La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher.
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l'Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Grande Ourse.
- Par une belle soirée sans clair de Lune, dirigez une bonne jumelle ou une lunette munie d’un faible grossissement dans les régions de la Voie Lactée de l’Aigle, de l’Ecu de Sobieski, du Sagittaire. Vous serez récompensé de votre geste par les magnifiques spectacles qui s’offriront à vos yeux, véritable fourmillement de soleils sur un fond de velours noir.
- Em. Touchet.
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- NOTES ET INFORMATIONS
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- Le Centenaire de la turbine hydraulique.
- Il y a exactement 100 ans, un jeune inventeur Benoit Fourneyron réalisait la construction de la première turbine hydraulique à réaction et à grand rendement.
- La Société des Ingénieurs Civils, sous la présidence du Président de la République, vient de commémorer dignement ce grand événement et cette grande invention d’un Français. M. Kœnigs, membre de l’Institut, y a rappelé les grandes lignes de la vie de Fourneyron; M. Rateau, membre de l’Institut, spécialiste éminent des turbo-machines, a analysé l’invention de Fourneyron et montré l’étendue de ses répercussions industrielles.
- Notons tout d’abord, avec M. Rateau et avec M. Tardieu, ministre des Travaux Publics, que la multiplicité de ces commémorations centenaires, au cours desquelles les générations présentes font revivre le passé et rendent hommage aux grandes gloires de notre pays, ne doit rien à l’arbitraire. La France, d’il y a cent ans, était non seulement le théâtre de l’éclosion du romantisme : elle possédait alors une pléiade de savants et de penseurs d’un éclat exceptionnel, et qui faisaient d’elle le véritable centre intellectuel du monde; faut-il rappeler les noms des mathématiciens Laplace, Cauchy, Poisson, Poinsot, des physiciens Fresnel, Fourier, Gay-Lussac, Dulong, Arago, Biot, de Sadi Carnot, l’immortel créateur de la thermodynamique, des chimistes Dumas, Boussingault, des naturalistes Cuvier, et Geoffroy Saint-Hilaire? L’industrie moderne naissait et se développait en réclamant le concours de la science pure que celle-ci ne lui marchandait pas; Seguin créait la chaudière multitubulaire dont on fête également le centenaire.
- La carrière de Benoit Fourneyron fut celle d’un inventeur heureux; il lui fallut cependant des efforts tenaces et obstinés pour faire aboutir l’idée qui devait le conduire à la gloire ; puis son nom tomba dans une sorte d’oubli fort injuste. Cette ingratitude vient enfin d’être réparée.
- Benoît Fourneyron naquit à Saint-Etienne en 1802. Fils d’un arpenteur, il reçut de son père les premières notions pratiques des mathématiques, et il manifesta de très bonne heure des dispositions exceptionnelles pour ces sciences.
- En 1817, malgré son jeune âge, il entrait à l’Ecole de mineurs, qui venait d’être fondée à Saint-Etienne et il en sortait premier en 1819. Il y avait reçu les leçons d’un ingénieur, Burdin, qui se préoccupait de réaliser des moteurs hydrauliques, supérieurs à ceux que l’on utilisait jusqu’alors.
- Il collabora même avec Burdin ; mais les idées purement théoriques de celui-ci, et insuffisamment appuyées sur l’expérience ne pouvaient conduire à aucune réalisation pratique. L’élève s’en aperçut bien vite et la collaboration cessa.
- Après quelques missions d’études minières et métallurgiques où le jeune ingénieur se distingua, il fut appelé en 1921 à installer aux forges de Pont-sur-l’Ognon (Doubs) la fabrication du fer-blanc qui n’existait alors qu’en Angleterre. Il s’en acquitta avec plein succès. Ces forges avaient un laminoir mû par une roue hydraulique d’un rendement médiocre et dont le fonctionnement était souvent paralysé par les crues. Fourneyron, frappé de ces imperfections, se proposa de réaliser le moteur hydraulique idéal.
- C’est ainsi qu’après quatre ans d’études et d’expériences, il réussit à faire marcher une turbine d’essai de la force de 6 ch sous une chute de 1 m. 40. Ce problème qui avait provoqué les efforts de mathématiciens et de mécaniciens illustres, comme Euler et Belidor, était résolu par un ingénieur de 25 ans. La réalisation était si parfaite que les rendements atteints d’emblée par les premières machines de
- Fourneyron, n’ont été légèrement dépassés que dans ces toutes dernières années. Ils étaient en effet de l’ordre de 87 pour 100.
- L’objectif que s’était proposé Fourneyron dans sa roue à pression universelle et continue était le suivant : réaliser une roue à arbre vertical, pouvant fonctionner noyée ou à l’air libre, et « dans laquelle seraient supprimés tout espace, toute capacité inutiles ou dans lesquels l’eau n’exercerait pas une action concourant à la réalisation de l’effet à produire ; il fallait en outre réduire au maximum possible le temps de séjour de l’eau dans la roue ».
- Les organes imaginés pour atteindre ce but ont tous subsisté intégralement dans les turbines modernes à réaction : elles comportent toutes, comme la turbine de Fourneyron, un distributeur dans lequel l’eau est divisée par des canaux en un grand nombre de veines, puis dirigée sur les aubes d’une roue mobile, dont elle sort avec une faible vitesse. Bien mieux, le dessin et le dimensionnement de ces canaux et de ces aubes n’ont été que peu modifiés.
- Fourneyron fit breveter sa turbine en 1832; en 1835, il reçut le grand prix de 6000 francs fondé en 1823 par la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, en faveur de celui qui a parviendrait à appliquer en grand dans les usines et manufactures les turbines hydrauliques ou roues à palettes courbes de Belidor ». Les premières applications industrielles se firent attendre assez longtemps; mais en 1835, Fourneyron, qui avait embrassé la carrière d’ingénieur-conseil et y réussissait brillamment, entreprit pour les filatures de Saint-Biaise (Forêt Noire), l’équipement de deux chutes, l’une de 108 m., l’autre de 116 m. de hauteur. A cette occasion, il conçut et réalisa les premières conduites forcées, problème déclaré inabordable par les autorités de l’époque. En 1838, les deux turbines donnant chacune environ 60 ch, au moyen de roues de 31 cm de diamètre tournant à grande vitesse, fonctionnaient à la perfection. Autre innovation destinée à une belle carrière : elles transmettaient leur puissance à l’arbre moteur de F usine par un engrenage réducteur à grande vitesse. La mise au point de ces admirables et nouvelles machines justifie le titre de « Watt de la turbine » que Poncelet en 1837 accordait à Fourneyron.
- Ce succès attira à Fourneyron des contrefacteurs, et par suite des procès qui ne durèrent pas moins de 11 ans, mais qui établirent ses droits, dont il usa du reste avec modération.
- Fourneyron inventa encore en 1855 les tubes de succion, pour utiliser la vitesse restante de l’eau- sortant des turbines. Ces tubes sont aujourd’hui très employés, sous des noms étrangers, dans l’équipement des chutes.
- Fourneyron fut, pendant toute sa vie, dans toute la force de ces termes, un grand inventeur et un grand ingénieur. Signalons encore, ses expériences trop peu connues pour déterminer la pression exercée par les fluides en mouvement sur des surfaces, elles font de lui un précurseur de l’aérodynamique moderne.
- Signalons aussi, un grand projet, étudié à fond, en collaboration avec Kœchlin, pour la création en Alsace d’un canal dérivé du Rhin, avec équipement des chutes pour utiliser la force motrice, et transmission de celle-ci à distance par câbles télédynamiques. Rien ne montre mieux la puissante imagination créatrice de Fourneyron, servie par une technique savante et un sens extrêmement fin des réalisations pratiques. Fourneyron mourut en 1867. Un quart de siècle plus tard, la machine électrique et les transports d’énergie à distance ouvraient à la turbine hydraulique un champ d’applications immense.
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- PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES Cacheteur électrique.
- Lorsqu’on a un grand nombre de cachets de cire à appliquer, la manipulation est longue et peu pratique.
- On -vient d’imaginer un petit appareil électrique qui pose et grave automatiquement les cachets sans aucun apprentissage.
- Tout danger d’incendie est supprimé ; on économise 50 pour 100 de cire; on travaille 10 fois plus rapidement et les cachets sont obtenus d’une façon parfaite.
- L’appareil est* composé d’un réservoir en cuivre qui contient plusieurs bâtons de cire.
- A la base inférieure, un orifice est fermé par une sou-
- Fig. 1. — Cacheteur électrique.
- pape. Une résistance électrique permet de chauffer le récipient en branchant l’appareil sur le courant.
- Dès que la cire est suffisamment chaude, au moyen d’un levier sur lequel on fait pression, On lève la soupape, ce qui permet l’écoulement de la cire par le petit ajustage inférieur.
- La cire se pose automatiquement en rond.
- En lâchant le levier, la soupape se ferme et l’écoulement de la cire s’arrête.
- On marque alors la gravure avec le même appareil, en appuyant sur la cire la tige qui porte le cachet, après l’avoir bien humecté au préalable.
- On peut changer le cachet à volonté en disposant de toute une série de cachets interchangeables, ce qui permet, avec le même appareil, de graver des figures différentes.
- Manufacture française d’appareils de cerclage et de serrage, 2, rue Bartholdi, Boulogne-sur-Seine.
- Accroche-bretelles « Serposs ».
- Qui n’a pas tempêté un jour contre un bouton qui se découd et se perd ? Surtout, si avec malice, ledit bouton s’en va au milieu de la journée ou au cours d’une soirée, d’une fête où, bien entendu, il est impossible de réparer.
- Aussi, a-t-on imaginé, pour les bretelles, nombre de systèmes de pinces qui évitent boutons et boutonnières et serrent simplement l’étoffe, autant qu’on veut ou qu’il faut.
- En voici un nouveau modèle que nous avons remarqué à la
- dernière Foire de Paris. C’est le « Serposs » dont le dessin (fig. 2) suffit pour faire comprendre la manière de s’en servir.
- Pour le fixer, il suffit de pincer la ceinture du pantalon et du caleçon dans l’appareil, la partie la plus grande à l’intérieur, en appuyant à fond.
- Pour le retirer, on appuie avec le pouce sur le centre en maintenant le grand crochet immobile; d’ailleurs beaucoup de personnes préfèrent détacher alors la patte de la bretelle d’un seul coup.
- Le « Serposs » tient bien et permet de garder au pantalon son pli.
- Fabricant : Maison Philippe, passage du Grand-Cerf, 145, rue Saint-Denis, Paris.
- Fig. 2. — Le “ Serposs “.
- Fixe-serviette à billes.
- Il existe une grande quantité de fixe-serviette qui ont tous, plus ou moins, la prétention de ne pas détériorer le linge. Voici un nouveau modèle original.
- Il est constitué par un socle sur lequel est fixé une sorte
- de bec de perroquet dont 1 ment à une bille.
- Celle-ci fait contact sur le lorsqu’elle est passée sous la bille, pour venir reposer dans un petit évidement du bec.
- Ainsi la serviette est suspendue à l’un quelconque des quatre coins; on évite l’inconvénient de l’attache qui ne permet la suspension que par un coin seulement et qui souvent ne résiste pas à l’usage.
- Pour enlever la serviette de son support, il suffit de tirer le linge de côté en le prenant par le haut.
- L’appareil se fait en émail bleu ou marron clair ou bien en cuivre nickelé.
- E. Colas, 30, rue de Marseille, Lyon (Rhône).
- a partie extrême sert de loge-socle et maintient la serviette,
- Fig. 3. — Fixe-serviette à billes.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Optique atmosphérique.
- M. Langei», de PentarlLer, nous écrit: «A propos de l’intéressant article de M. J. Devaux sur les colonnes lumineuses, je signale qu’à plusieurs reprises on a pu, en été, constater ici, à Pontarlier, après le coucher du soleil, par temps clair avec atmosphère cependant légèrement laiteuse, une colonne lumineuse correspondant bien à celles décrites par M. Devaux. Son aspect peut se comparer aussi au pinceau lumineux qu’aurait produit (toutes proportions gardées), un projecteur placé sous l’horizon et pointant verticalement.
- M. Devaux décrit, dans le courant de son article, la formation d’une « gloire » par les rayons du soleil tamisés plus ou moins régulièrement par les nuages, rayons qui, par un phénomène de perspectivè ne paraissent pas de même largeur sur tout leur parcours.
- Permettez-moi, à ce sujet, de signaler un très remarquable phénomène dont j’ai été deux fois déjà le témoin, toujours ici, à Pontarlier, et que nous appellerons, si vous le voulez bien, « Faux lever de Soleil ».
- Si, au moment où une « Gloire » se produit (au coucher du Soleil) l’état de l’atmosphère est tel que les pinceaux de lumière ne soient pas arrêtés et puissent se propager à travers tout le ciel, ils « montent » en divergeant (par effet de perspective, car ils sont en réalité pratiquement parallèles) jusque dans un plan vertical contenant l’observateur; continuant leur trajet jusqu’au bout de l’horizon, ils « descendent », se rapprochent (toujours par
- perspective) et finissent par se rejoindre (au Levant, formant une deuxième « Gloire », réplique de la première, en donnant l’illusion qu’un astre se lève et rayonne là.
- Ce phénomène, très net, a duré plusieurs minutes les deux fois que j’ai eu le privilège de l’observer ».
- A propos du stabilisateur d'aérostat (Voir n° 4761 p. 434).
- M. L. Dodin architecte, 24 boulevard de Sébastopol, à Nantes, inventeur du stabilisateur d’aérostat, nous écrit pour nous signaler que son nom a été déformé par une erreur d’imprimerie dans l’article “consacré à ce dispositif.
- Il ajoute quelques détails sur l’aérostat qu’il se propose d’étudier : « Ce serait une gigantesque cellule de baromètre dont la membrane, un diaphragme d’étoffe, ferait varier le volume d’un ballonnet placé dans la capacité même de l’enveloppe. Ce ballonnet rempli d’air chaud maintenu à une température déterminée, stabiliserait automatiquement le ballon qui voyagerait ainsi en équilibre sur les isobares. La- traversée de l’Atlantique serait un petit voyage pour notre machine qui trouverait un chemin tout tracé dans les alizés du Nord-Est qu’employait déjà Jules Verne pour la traversée de l’Afrique dans « Cinq semaines en ballon ».
- M. Dodin estime à 200 000 fr la construction d’un tel ballon et se déclare prêt à en entreprendre l’étude, puis à tenter la traversée s’il trouve les concours nécessaires.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Commutateur de bobinage.
- Etant donnés quatre bobinages Lt, L2, L3, L4 quelconques, on peut réaliser un commutateur à plots avec 6 manettes qui viennent s’appuyer sur les plots pour obtenir un groupement en série, en série parallèle ou en parallèle.
- Le schéma du montage est d’ailleurs indiqué par la figure ci-dessous. Si l’on veut obtenir un groupement ecn série, les manettes A, C, E, seront placées sur les plots 1 et les manettes B, D, F, sur les plots O.
- Le groupement en parallèle s’obtient en plaçant toutes les manettes sur les plots 2.
- Enfin, le groupement série-parallèle est obtenu en plaçant la
- B C,
- 3
- manette A sur le plot 1, la manette B sur le plot O, la manette C sur le plot 3, la manette D sur le plot 2, la manette E sur le plot 1 et la manette F sur le plot O.
- On pourrait également utiliser un combinateur formé de disques d’ébonite portant des plots à ressort, qui viennent en contact les uns en face des autres dans les trois positions nécessaires.
- M. Sacher, a Ghalcw-sur-Saone (Saone-et-Loire).
- Poste à changement de fréquence.
- Les appareils à changement de fréquence, si souvent employés à l’heure actuelle, se divisent en deux groupes principaux :
- Les postes dans lesquels les battements obtenus par le moyen d’une hétérodyne sont détectés de la manière ordinaire, et les postes de modulation dans lesquels le changement de fréquence est obtenu au moyen d’un montage spécial de lampes triodes (ultradyne), soit au moyen d’une lampe bigrille (radiomodulateur).
- Ces deux types de procédés aboutissent au même résultat : transformer les oscillations incidentes de courtes longueurs d’onde, donc de grandes fréquences en des oscillations dites à moyenne fréquence dont la longueur d’onde varie aux environs de 5000 m. généralement.
- Il semble, jusqu’à présent, que les différences qui existent entre ces modèles soient surtout des différences de construction et que les résultats donnés par des appareils de systèmes différents bien établis soient à peu près les mêmes.
- Les appareils de ce genre comportant généralement 6 à 8 lampes , permettent la réception sur cadre des émissions radiophoniques des grands postes européens.
- S’il s’agit de postes d’émission de puissance assez faible, les résultats de réception dépendent de la longueur d’onde du poste, des conditions locales de réception et d’un grand nombre de facteurs complexes de la propagation des ondes hertziennes, encore mal connus.
- Il semble, cependant, qu’un poste de radiodiffusion de 1 hw émettant sur une longueur d’onde supérieure à 300 m. puisse être reçu régulièrement de nuit sur cadre avec un des appareils indiqués ci-dessus dans un rayon d’environ 100 km.
- S'il s’agit de x-éception d’ondes courtes entre 300 et 600 m., les effets du fading, c’est-à-dire d’affaiblissements momentanés de l’audition et plus ou moins réguliers sont à peu près inévitables. M. Métrod, a Champagneules (Jura).
- Utilisations industrielles de la poudre de liège.
- Les déchets de liège, réduits en poudre par leur passage dans des moulins à meules, peuvent trouver des débouchés notamment dans deu xindustries importantes : les linoléums et les agglomérés.
- Les fragments de liège sont criblés par ordre de grosseur et on
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- donne à chaque poudre un numéro d’autant plus élevé qu’elle est plus fine.
- Une préparation consiste à additionner la poudre de liège d’un peu de sciure de bois très fine conglomérée avec de l’oxychlorure de magnésium, d’une dissolution de caoutchouc dans le pétrole, ou de la colle forte bichromatée.
- Les poudres de liège de grosseur moyenne peuvent être agglomérées avec de l’amidon et employées comme calorifuge ; elles peuvent servir aussi comme enveloppe protectrice du froid dans les appareils à fabriquer la glace et pour garnir l’intérieur des glacières.
- On peut obtenir des agglomérés de liège avec toutes les grosseurs de poudre, suivant que l’on veut avoir un tissu plus ou moins fin ou plus ou moins serré. On agglomère les poudres subéreuses en les mélangeant de lait de chaux, d’amidon ou de gomme, et en les soumettant à la pression d’une presse hydraulique qui chasse l’excès de liquide. Ces mélanges, placés et comprimés dans un moule chauffé, donnent des agglomérés déformés très diverses : briques, tuiles, plaques, cylindres, etc., utilisables comme calorifuge.
- La pâte de briques pour matériaux de constructions est composée de poudre de liège grossière, agglomérée suivant les moyens indiqués ci-dessus. On l’emploie aussi pour les hourdis de planchers, dont elle empêche la sonorité.
- Pour la fabrication du linoléum, on mélange la poudre de liège avec de l’huile de lin oxydée et rendue siccative avec un peu de litharge, puis on étend sur une étoffe la pâte obtenue, si l’on veut faire des tapis, sur du papier, si l’on veut faire des tentures.
- Lorsque cette pâte commence à sécher, on passe l’étoffe qui la supporte entre deux cylindres chauffés à la vapeur. La composition de liège dui’cit, devient homogène et adhère fortement à son support.
- On trouvera dans le Bollin, des adresses de firmes fabriquant le linoléum et les agglomérés de liège.
- M. Laurent Martinez, a Affreville (Algérie).
- Documentation sur rélevage des lapins, des poulets et dés escargots.
- 1° Dans l’Encyclopédie intitulée : Toute la Basse-Cour : fascicule n° 5 : L’Elevage lucratif du lapin ; Le clapier de rapport ; fascicule n° 8 : Elevage du lapin en vue de la production de la peau. Comment prévenir et guérir les maladies du lapin ; Le lapin angora et la production familiale du poil de lapin (Mendel, éditeur, Paris, 58, rue Claude-Bernard, 5e).— Lapins, lapereaux et Cie, 1 vol., par Ad.-J. Charon. — La Basse-Cour : Poules et lapins, 1 volume, par C. Arnould. — L’Elevage du Lapin, 1 volume, par Chenevard. — basse-cour : Lapins et pigeons, 1 volume, par Mme Millet-Robinet. Lapins, lièvres et léporides, 1 volume, par .Gayot. — Le lapin et ses races, 1 volume, par P. Mégnin. — L’Elevage des lapins et le lapin angora, 1 volume, par C. de Lamarche. — L’Eleveur de lapins, 1 volume, par P. Devaux(Librairie agricole, Paris, 26. rue Jacob, 6e). — Manuel de l’éleveur de lapins, 1 volume, par Yillemin (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e).
- 2° Poules qui pondent, poules qui paient, l volume, par Ad.-J. Charon. — Le Guide de la basse-cour : Elevage des poussins, 1 volume, par R. Rémy. — La Basse-Cour, 1 volume, par A. Du-cloux. — Aviculture, 1 volume, par Ch. Voitellier. — Manuel de l’éleveur de poules, 1 volume par H.-Alph. Blanchon. — Aviculture industrielle, 1 volume, par Devaux. — Instructions pratiques sur /’incubation et l’élevage artificiel des volailles, 1 volume par Roul-lier-Arnoult (Librairie agricole, précitée.) — Elevage des poussins et incubation naturelle ; Production économique du poulet de grain (2 fascicules de l’Encyclopédie Toute la Basse-cour.) (Mendel, éditeur.)
- 3° L’Escargot, élevage et parcage, préparation et vente, 1 volume, par Boisseau et Lanorville (Mendel, éditeur), — L’Escargot et la grenouille, 1 volume, par Arsène Thévenot et Félicien Lesourd. L’Escargot et son élevage en parc, 1 volume, par Raphaël de Noter (Librairie agricole, précitée).
- Utilisation d’une farine de bois.
- Nous n’avons pas, jusqu’à présent, d’exemple d’utilisation de la farine de bois résultant du travail des ponceuses dans les ateliers de menuiserie.
- Si on ne peut en tirer parti pour le chauffage des chaudières, à cause de l’inflammabilité trop rapide qui provoque des retours de flamme et même des explosions dans les foyers, il faut remarquer aussi que la farine de bois dont il s’agit se présente dans des conditions très particulières, tant donné qu’elle contient, inévitablement, des grains de verre provenant du papier employé sur les machines à poncer, d’où impossibilité d’en faire usage dans la plupart des industries qui peuvent utiliser la farine de bois exempte de tout corps étranger et provenant des scieries.
- L’utilisation dans la fabrication des explosifs serait probablement à envisager, en s’adressant aux maisons qui produisent la dynamite (consulter, pour adresses, le Bottin).
- S’il y a des cours établis sur les sciures, par contre nous n’en connaissons pas sur la farine de bois. Celle dont il s’agit n’étant pas de composition normale, il faudrait en faire estimer, par expertise, la valeur intrinsèque et la valeur industrielle.
- On obtiendrait, probablement des indications en s’adressant à M. André Bodin, directeur du journal Bois et Résineux, 26, Cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux.
- MM. B. P. et F., a Arques-la-Bataille (Seine-Inférieure).
- Graines décortiquées de betterave à sucre.
- Votre désir de réduire le plus possible la main-d’œuvre, dans la culture de la betterave à sucre, et notamment de supprimer l’opération du démariage (éclaircissage ou essimplage), se conçoit fort bien. Mais le projet de recourir à l’emploi de semences (graines de betterave) préalablement décortiquées n’est pas, pratiquement réalisable, en admettant que, théoriquement, il puisse être admis.
- En effet, il convient d’observer que la plupart des praticiens, des spécialistes, producteurs de graines de betterave, cultivateurs et sélectionneurs qui font la graine de betterave riche, à sucre, ont renoncé à cette préparation.
- Depuis très longtemps, les Allemands ont essayé de décortiquer des graines de betterave, ceci par raison d’économie de transport et de droits d’entrée à l’étranger. Théoriquement, l’opération peut paraître très avantageuse ; mais en pratique, elle se traduit souvent par des mécomptes, parce que les graines de betterave, dépourvues de l’enveloppe protectrice que leur a donnée la nature, sont beaucoup plus sensibles aux accidents provoqués par les intempéries et les insectes et la levée en est très sérieusement contrariée.
- Les spécialistes estiment, pour ces raisons, que la décortication des graines de betterave est une méthode qu’il y a lieu d’abandonner. C’est vous dire qu’il n’existe pas de maisons faisant cette préparation et qu’à notre connaissance, il n’existe pas d’ouvrage traitant cette question.
- En l’espèce, vous pourriez, croyons-nous, vous initier aux essais qui auraient pu être faits, en France, en vous adressant à M. Emile Saillard, directeur du Laboratoire du Syndicat des Fabricants de sucre, à Paris.
- M. Georges Bataille, a Plesst-Belleville (Oise).
- Ouvrages sur les champignons.
- Rolland, Atlas des champignons; Dumée, Petit atlas de poche des champignons ; Klincksieck, éditeur, 3, rue Corneille, Paris ; Maublanc, Les champignons de France ; Lechevalier, éditeur, 12, rue de Tournon, Paris.
- Un Abonné, Saint-Maurice,
- Où se renseigner sur le matériel de confiserie.
- Vous aurez tous renseignements sur les appareils utilisés en confiserie à la chambre syncficale des Confiseurs français, 32, rue du Renard, IVe.
- . À. B. C. A Clamart.
- M. S. J. a New-York.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- 1 Le plus beau paquebot du monde « L’Ile-de-France » de la ligne Paris-New Yorh, 43 548 tonneaux, 52 000 ch,
- a été inauguré ie 23 juin au Havre.
- 2. Une des chaufferies de « L’Ile-de-France ».
- 3. L'arrivée à Berlin de l'avion Eellanca, moteur Wright, qui a franchi l’Atlantique et accompli en une seule escale le trajet New York-Eisleben (Allemagne). — Photographie Forbin.
- 4. A gauche : Chamberlin, pilote du Bellanca. A droite : Levine, passager du Bellanca.
- 5. Un canon à projections lumineuses.
- Cet appareil expérimenté par la General Electric Co de Schenectady (Etats-Unis).
- est un phare électrique ultra-puissant. Grâce à un jeu de lentilles, il projette -de la publicité lumineuse sur les nuages distants de 8 kilomètres,
- 6. Une éclipse de soleil a eu lieu le 29 juin. Elle a été totale en Angleterre et en Scandinavie. — Ces jeunes filles anglaises, munies de lunettes spéciales, s’exercent à l’observation du Soleil en prévision de l’éclipse (Photographie Forbin).
- 94.788. — Paris, lmp. I.ahure. 1-7-27.
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- N• 2765 - 15 Juillet 1927.
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- LA NATURE
- MASSON et Ci8, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, Y!s (T{. C. Seine : jsS.234)
- PFS3X DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n8i), 70 fr. ; — 6 mois (12 n”), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France ; 3 fr. 50
- Tarif spéciai pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*8), 85 fr. ; — 6 mois (12 n08), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 j AN' ' " *
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour fOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. R. S. S.}, San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union. d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N” 2765.
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- DE LA COLOMBIE BRITANNIQUE
- Ethnographes et sociologues discutent encore sur la formule de définition qu’il conviendrait de rédiger à l’égard du totem, terme emprunté à une langue indienne
- Le totémisme, tel qu’il est pratiqué par de nombreuses tribus de l’Amérique du Nord, et plus particulièrement chez celles qui habitent le littoral du Pacifique depuis
- Fig. 1. — Vieux mâts totémiques sur la côte Pacifique du Canada. Photo Canadian National Raii-way.
- de l’Amérique du Nord. Contentons-nous de dire, en nous plaçant sous l’angle d’une application générale, qu’il sert à désigner toute image de créature ou de chose à laquelle certaines races primitives attachent à la fois une vénération quasi religieuse et un culte des traditions ancestrales.
- les parages de l’île Vancouver jusqu’en Alaska, n’est pas une religion, et ce fut bien à tort que certains explorateurs et missionnaires prirent pour des idoles ces mâts sculptés de formes humaines ou animales dont nos photographies présentent l’étrange aspect; ce ne sont, en somme, que des armoiries rappelant les origines d’un
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- individu, d’une famille, d’une tribu, ou illustrant l’exploit accompli par quelque lointain ancêtre.
- Mais, chez les primitifs, les choses spirituelles et les choses sociales sont inextricablement mélangées. Ne soyons donc pas surpris que, pour ces Indiens, une vénération religieuse s’attache à ces images qui matérialisent à leurs yeux tant de traditions familiales ou nationales.
- Simon Frazer, qui fut le premier blanc à visiter et à étudier ces tribus de la côte du Pacifique (en 1808), classa les totems en trois catégories : celui du clan, commun à tous ses membres des deux sexes, et héréditaire ; celui du sexe : un totem commun à tous les mâles du clan, un autre à toutes les femmes et filles; celui de
- Fig. 2. — Les totems du village indien d’Albert Bay (Colombie britannique). Plioto Canadian Railway.
- l’individu, chaque personne du clan se choisissant un totem qui ne se transmet pas de père en fils.
- Frazer précisa que le totémisme de ces tribus était un système à la fois religieux et social dont il énumérait comme suit les caractéristiques et symptômes :
- 1° L’exogamie du clan;
- 2° Le nom du clan dérivé du totem ;
- 3° L’attitude religieuse observée à l’égard du totem, qui est considéré comme un « ami », ou comme un « frère », ou comme un « protecteur »;
- 4° Les tabous, restrictions défendant de tuer ou de manger le totem (l’animal qu’il représente), ou même, dans certains cas, de le toucher ou de le regarder;
- 5° La croyance des membres du clan qu’ils ont leur totem pour ancêtre.
- Mais beaucoup d’ethnographes rejettent tout ou partie de cette énumération, car il est rare que les cinq conditions exposées par Frazer soient observées dans la même tribu. Nous ne pouvons entrer ici dans les détails de la discussion soulevée par le sujet, et nous devrons nous contenter d’aperçus généraux.
- Chez ces Indiens, nous trouvons des tribus qui pratiquent l’exogamie, alors que d’autres l’ignorent. Les Tlingits, divisés géographiquement en quatorze groupes, se partagent, au point de vue totémique, en trois clans. Les membres des deux premiers ne peuvent pas se marier entre eux, tandis que ceux du troisième ont le droit de prendre un conjoint dans l’un ou l’autre des deux premiers. Chez les Haïdas (maintenant presque éteints), le mariage entre deux personnes faisant partie du même clan totémique est considéré comme un inceste. Par contre, chez les Kwakiutls, les femmes préfèrent choisir un époux parmi les hommes de leur clan.
- Nous ne trouvons pas plus d’unanimité sur le deuxième point énoncé par Frazer et d’autres ethnographes. Il se peut que, à l’origine, tous les clans totémiques aient adopté comme nom, celui de leur totem, mais que plusieurs l’aient ensuite abandonné. Ainsi, certains clans qui honorent le Corbeau, l’Aigle ou le Loup, et qui en sculptent les images sur les mâts symboliques, se désignent eux-mêmes comme « les gens du Corbeau » ou comme « les gens de l’Aigle », tandis que d’autres clans qui honorent l’un ou l’autre de ces mêmes totems portent des noms d’objets inanimés : par exemple, « les gens de l’île Teqo », ou encore « ceux de la maison dans le milieu de la vallée ».
- Sur les troisième et quatrième points, soit sur l’attitude religieuse envers le totem et sur les tabous, nous rencontrons la même diversité. Sans vouloir nous étendre outre mesure sur ce chapitre, nous citerons quelques cas qui nous paraissent les plus caractéristiques.
- Chez les Lillouets, les membres d’un clan « Ours » ne manquaient jamais de chanter l’incantation suivante, quand ils avaient abattu à la chasse un plantigrade. Précisons qu’ils la chantaient en chœur autour de la carcasse :
- « Tu es le premier à mourir, ô toi, le plus grand des animaux! Nous te respectons et nous te traiterons en conséquence. Aucune femme ne mangera de ta chair ; aucun chien n’insultera tes dépouilles. Que tous les animaux qui te sont inférieurs te suivent! Qu’ils trouvent la mort dans nos pièges ou sous nos flèches ! »
- La tête de l’ours était ensuite posée au sommet d’un mât ou accrochée à la branche d’un arbre, hors de l’atteinte des chiens. Ces égards donnaient satisfaction à la « nation » des ours qui pardonneraient aux- chasseurs, renonceraient à leurs désirs de vengeance et n’enverraient pas au clan de mauvais sorts.
- L’arrivée des saumons est fêtée par toutes les tribus; mais celles qui ont ce poisson comme totem la célèbrent en des cérémonies fort compliquées. Chez un clan des Lillouets, à l’époque où les saumons sortent de la mer pour remonter les rivières par bandes énormes, on poste des sentinelles à toutes les embouchures pour signaler
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- l’apparition du premier poisson. Aussitôt, le chef délègue un jeune garçon pour réciter des prières ou incantations non seulement au Saumon (au génie de l’espèce), mais encore aux rivières et aux lieux de pêcherie.
- Les pêcheurs ornent de plumes de hibou, de faucon et d’aigle le sommet des mâts qui soutiennent les grands filets carrés, en signe de bienvenue. Dès que le premier saumon est capturé, on ne le relire de l’eau qu’après l’avoir enveloppé dans un sac ou dans une natte de roseaux, car, s’il apercevait le sol, « il en serait vexé, et les autres saumons renonceraient à sortir de la mer ».
- Ce premier saumon ne doit pas être nettoyé avec un couteau, mais avec une pierre tranchante (en souvenir du temps où les ancêtres de ces Indiens ne possédaient pas d’outils de métal). Tous les objets qui servent à le préparer et à le cuire doivent être neufs, n’avoir jamais été employés, non plus que touchés par des mains sales. Sa chair ne peut être mangée que par les hommes; elle est tabou pour les femmes.
- Chez une tribu de Saliches, le premier saumon pêché est apporté au chef, qui rassemble aussitôt son peuple pour prier et danser. Mais il est le seul à réciter les incantations; il le fait à voix basse, et tous les assis-
- Fig. 3.
- - Tombe d’un chef indien entourée de totems. Photo Canadian National Railway
- tants sont tenus de garder leurs yeux fermés. Après la cérémonie, le saumon est cuit, et un petit morceau est donné à chaque personne présente, sans égard au sexe et à l’âge.
- Quant à la relation entre le totem et la généalogie du clan ou de la famille qui l’a adopté, elle est loin d’être générale. Mais il est certain qu’elle est admise comme article de foi par de nombreuses communautés qui croient descendre des an imaux qu’elles vénèrent. Nous en aurons un exemple typique en résumant les traditions qui s’attachent au totem de Waoum Gana'o (la Grosse Grenouille), dont l’image se retrouve sur une des photographies que nous reproduisons ici : celle des mâts héraldiques du vieux village indien de Kitwanga, que visitent)chaque année des milliers de touristes amenés par les trains du Canadian National Railway.
- Le mât de Kitwanga qui porte l’image de la Grosse Grenouille, et qui est haut de 5 m. au-dessus du sol, fut sculpté, dit-on, il y a plusieurs siècles, par un chef indien, nommé Douwallis, anxieux d’honorer ainsi son batracien ancestral. Il s’inspira de la curieuse légende que nous allons exposer, et que racontent les vieillards, chez les Saliches :
- Cela se passait avant le Déluge (événement dont on retrouve la tradition chez les races les plus diverses). Nigams, la jolie lille du chef Na Goua Oun (Bras Long), était recherchée en mariage par tous les jeunes guerriers du pays, mais ne se décidait pas à arrêter son choix.
- Elle aimait à se promener sur le lac voisin en poussant sa pirogue d’écorce, qui, certain jour fatal, chavira, précipitant la malheureuse princesse au fond de l’eau où une gigantesque grenouille la contraignit à l’épouser.
- Fig. 4. — A. gauche : Totem de la grosse grenouille près de Kitwanga.
- A droite : Mât totémique de la Colombie britannique, représentant, de bas en haut, l’esprit qui emplissait le monde avant la création, le petit corbeau, la déesse, femme de l’esprit et le grand corbeau. Photos Canadian National Railway.
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- Le père mit tout en œuvre pour retrouver sa fille chérie, et il la chercha pendant deux années. Puis, il se résigna aux arrêts du destin. Pour prouver que son chagrin était enfin dissipé, il convia son peuple à un potlach, grande fête au cours de laquelle l’hôte, distribue des présents à ses invités.
- La distribution se poursuivait, quand on vit entrer dans la maison du potlach deux petites grenouilles qui demandèrent qu’on voulût bien leur donner une de ces alênes d’os qu’employaient les femmes indiennes pour coudre les peaux de bêtes sauvages. Le chef donna ordre de les satisfaire.
- Mais leur attitude intriguait les anciens de la tribu, qui voulurent leur faire subir un interrogatoire, ce qui ne fut pas de leurs goûts. Celle qui tenait l’alène s’enfuit si rapidement qu’elle futbien tôt hors d’atteinte. Mais sa sœur, qui ne sautait pas aussi lestement, fut suivie par Na Goua Oun et ses guerriers qui la virent gagner un petit lac. Toute la tribu fut convoquée pour le vider. Et l’on trouva au fond de son lit la princesse Nigams, son gros époux Waoum Gana’o, et toute la nichée de leurs enfants-grenouilles! Le chefreprit sa fille chérie, et son époux, le gigantesque batracien, devint plus tard le totem du clan.
- Les images d’ours, de baleines, de phoques, celles d’un oiseau fabuleux appelé Oiseau-Tonnerre, matérialisent d’autres légendes du même ordre ; un ancêtre humain contractant mariage avec un animal, ou encore une créature lasse d’appartenir au monde tdes bêtes qui vient solliciter, si l’on peut dire, sa « naturalisation s dans le monde des hommes.
- Les mâts totémiques que ces Indiens dressaient devant leurs maisons comme aux abords de leurs villages (coutume qui a presque disparu depuis l’établissement des blancs sur lacôteduPacifique)avaient une utilité pratique. Un Indien en voyage pouvait reconnaître d’un coup d’œil à quel clan appartenait la famille logée dans une maison. Nous aurions dû préciser que ces poteaux sculptés portent toujours plusieurs images : le totem du clan, celui de la famille, celui du mari, celui de la femme, etc.
- Admettons que notre voyageur ait pour totem familial un ours. En arrivant dans un village, il passera en
- revue les différents mâts et s’arrêtera devant la maison dont le poteau montre un ours dans son échafaudage de sculptures. Il saura que les propriétaires sont de son clan de l’Ours, directement ou par alliance, et qu’il sera accueilli comme un parent.
- Ces mâts ne montrent pas que des figures d’animaux; on y voit généralement des représentations d’objets qui renseignent sur la profession du chef de famille, sur sa caste. La foudre et les armes indiquent un guerrier (ou noble), et les animaux féroces entrent aussi dans la composition de son blason. Les chasseurs montrent les
- animaux qui se mangent, les pièges qui servent à les capturer, les pirogues qui permettent de les poursuivie. Sur les mâts des pêcheurs, on voit le plus souvent des harpons, des filets, des poissons, des oiseaux aquatiques, etc.
- D’après les traditions recueillies sur place par des ethnographes canadiens et américains, les Indiens de la Colombie Britannique eurent jadis l’horrible coutume d’égor-( ger un esclave pour l’enterrer dans le trou destiné à un nouveau mât totémique. Puis, ils renoncèrent à ces sacrifices humains et se contentèrent de donner en présent les victimes à des chamans (prêtres-sorciers), mais ils gardèrent le souvenir de ces sacrifices en sculptant sur le mât la statue renversée d’un homme ou une tête humaine également tour-, née vers le sol.
- Nous avons noté que cet art totémique est en voie de disparition. Les tribus de la côte de la Colombie Britannique et de l’Alaska méridional ont été effroyablement décimées par les maladies d’importation européenne. Avec l’établissement de pêcheries industrielles, les mœurs des survivants ont subi une transformation radicale, et l’on ne rencontre plus parmi eux de sculpteurs d’images. Les mâts totémiques auraient disparu à leur tour sous l’action des intempéries si le gouvernement canadien n’avait pris à temps des mesures de protection. Us sont désormais bien entretenus et repeints chaque année. En outre, ils sont devenus comme des monuments historiques, en ce sens qu’il n’est plus permis aux riches collectionneurs américains de les acheter aux indigènes, comme le fait se produisit plusieurs fois vers la fin du siècle dernier. Victor Forbin.
- Fig. 5. — Les totems du village indien de Kitwanga. Photo Ganadian National Railway.
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- = U AMÉNAGEMENT DE LA HAUTE-DORDOGNE
- PAR LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Tandis que la compagnie du Midi poursuit l’aménagement hydro-électrique des vallées pyrénéennes, en vue de la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur une partie de ses voies, l’Orléans réalise, parallèlement, d’importants travaux, conformément au grand programfne qu’il a élaboré avant 1920.
- Ce programme comportait essentiellement l’équipement d’une usine à Eguzon, sur la Creuse et la mise en valeur des forces de la Haute-Dordogne. La première étape de ce plan a été récemment réalisée par l’inauguration delà station d’Eguzon, à laquelle La Nature a consacré un article documenté.
- Cette centrale a, d’ailleurs, été construite par une société spéciale, l’Union Hydro-Electrique, constituée conjointement par la Compagnie d’Orléans et le groupe financier qui exploite la puissante usine thermique de Gennevilliers, aux portes de Paris.
- Au contraire, l’asservissement de la Haute-Dordogne devait être, dès le principe, l’œuvre de la Compagnie d’Orléans elle-même.
- Fig. 2. — Barrage compensateur.
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- 'Barrage
- Gare Condat
- Fig. 1. — Plan d’ensemble des installations de l’usine de Coindre.
- Le projet d’aménagement
- de la Haute-Dordogne
- Le 11 mars 1921 intervenait un décret octroyant à l’Orléans la concession de trois chutes : Coindre, sur les Rhue conjuguées, la Cellette sur le Chavanon, et Yernejoux sur la Dordogne supérieure. En fait, il mettait à la disposition du réseau le haut bassin de la rivière périgourdine jusqu’à Vernéjoux.
- Avant d’arriver à une solution définitive on avait, d’ailleurs, maintes fois remis le projet sur le métier, pour concevoir, finalement, un schéma qu’on peut esquisser comme suit.
- Le bassin versant de la Dordogne, à l’amont du tribut du Chavanon, ne s’étend que sur moins de 200 km2 (198 exactement), tandis que celui du Chavanon dépasse 462 km2. Il était donc judicieux de déverser la Dordogne dans le Chavanon.
- La vallée de ce dernier se resserre avant de recevoir l’appoint de la Clidane, et ne mesure pas plus de 30 m. de largeur. Cet emplacement paraissait donc tout indiqué pour édifier un ouvrage de prise, d’autant plus qu’en arrière on pouvait installer facilement, en raison de la configuration du terrain, un magnifique réservoir de près de 200 millions de mètres cubes.
- La station de la Cellette devait bénéficier de tous ces avantages.
- A 1700 rn. à l’aval de la Clidane, un aménagement rationnel des ressources impliquait la création d’un second barrage. On envisageait de reprendre les eaux du Chavanon et de les conduire à l’aide d’un souterrain de 10 km, à Singles, qui marque le confluent du Chavanon dans la Dordogne. Une chute nette de 85 m. eût permis d’obtenir de 4300 à 10000 k-vv, et en moyenne 7000.
- Au delà, un nouveau canal de 15 km 500 devait drainer simultanément les eaux de la Dordogne et de ruisseaux adjuvants, le Rigaud, la Panouille, Trialle jusqu’aux approches de Bort, et les eaux, précipitées sous 42 m.
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- de dénivellation nette, eussent pu fournil’ de 8200 12 500 kw, avec une moyenne de 0350.
- A l’aval de Bort, la Dordogne se grossit Rhue, dont le bassin versant s’éploie' sur 900 km*. La Rhue est une belle rivière, vers laquelle convergent les eaux abondantes de l’Auvergne, la Rhue d’Egliseneuve, la Santoire, le Gabacut, etc., et elle offre le grand avantage de comprendre des lacs aux sources de ses affluents.
- Ces réserves naturelles pouvant être judicieusement réglées, on avait établi la possibilité çle retenir 10 millions de mètres cubes au lac Chauvet,
- 2 millions à celui de la Landie, tandis qu’on admettait le principe d’emmagasiner près de 12 rnil-
- de la Couze d’Issoire, tributaire de 1 Allier, de la Taren-
- lions.de mètres cubes relie, sur la Rhue d’Egliseneuve et 27-millions à Font-salé sur la Rhue.
- Une première station, à Em-bort, sur la Rhue, devait utiliser simultanément les eaux du Ta-raffet, affluent de la Tarentaine, du ruisseau de - Neuffonds, de la Clarnouze, de la Santoire, de la Rhue d’Egliseneuve, des lacs Chauvié et de la Landie, la seconde le flot de la petite Rhue, de. la Grolle et de la Véronne. Les barrages devaient être institués à Chanterelle et Font-Salé. Une denh7ellation de 134 m. devait assurer de 8900 4 20 000 kw, et en moyenne 12 000.
- à l’aval, après le tribut du Grégut,
- laine, de la Sumène, le déversement du lac de l’amenée à Condat des eaux du lac
- Chauvet.
- Beaucoup plus loin, à Yernejoux, l’Orléans comptait bénéficier des 2550 km* du bassin de la Dordogne pour édifier un ouvrage de 92 m. de hauteur, devant emmagasiner 90 millions de mètres cubes, et livrer de 25000 à 50 000 kw moyenne 27000) sous 84 m. de dénivellation nette.
- Les réalisations ont été singulièrement plus modestes.
- Fig. 3 à 6.
- A droite, en haut : Barrage delà Grande Rhue. Vue prise coté aval.
- A g-auclie : Barrage de la Grande Rhue. Mise en place des vannes.
- Au milieu : Jonction du tunnel dCamenèe de la Petite Rhue avec celui de la Grande Rhue.
- A droite, en bas : Siphon de Saint-Amandin.
- comme devant livrer, à Sarran, sous 42 m. 50 de différence
- de
- de
- Un barrage plus avait été considéré 4900 à 15 000 kw niveaux.
- Enfin, à Rochemont, un ouvrage voisin du ruisseau d’Auzanges, devait retenir 29 millions de mètres cubes, et créer une chute de 58 m. 50, susceptible de donner de 4900 à 15 000 kw, soit 6800 de rno)renne.
- Ces projets de 1920 apportaient de profondes modifications au plan antérieur, qui avait prévu le détournement
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- L’usine de Coindre.
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- L’usine de Coindre à Embort fut entreprise presque en même temps que celle de la Cellette. Elle capte les eaux d’un bassin versant dont l’étendue doit être évaluée à 540 km* 1 2 3 4, dont 360 pour la grande Rhue.
- Les études pluviométriques poursuivies de 1912 à 1921 par là compagnie d’Orléans ont démontré qu’en année moyenne on peut tabler sur un débit normal de 14 m3 48, lequel fléchit en année sèche à 9 m3 47, et exceptionnellement à 5 m3 48.
- On a édifié deux barrages; le premier sur là grande
- Fig. 7.
- Départ des conduites forcées.
- Rhue, à 3 km environ à l’aval de Condat-en-Féniers, comporte 14 000 m3 de béton et de rochers ; le second, dans une étroite gorge de la petite Rhue, n’a nécessité que moins de 7000 m3.
- Le déversoir du premier sera pourvu de deux pertuis de 16 m. de largeur obturés par des vannes automatiques, et capables d’évacuer en période de crues plus de 460 m3 par seconde. Deux conduites métalliques, de
- 1 m. de diamètre, permettront la vidange du réservoir.
- d’acier, de 150 m. de longueur et 1 m. 55 de diamètre intérieur, destinées à précipiter les eaux sur les groupés générateurs. LT '
- La chute oscilleentre 115 et 125 m, avec une moyenne de 120, la puissance brute variant de 4510 kw à 25 000. L’équipement a été prévu pour 25 000kw.
- L’usine, qui s’allonge sur 42 m. 70 de longueur avec 11,20 de largeur, à triple étage, contiendra trois turbines Francis pouvant fonctionner sous une dénivellation de 117-124 m. 50, et actionnant trois alternateurs de 9500 kw chacun.
- A 100 m. de l’usine, à flâne de coteau, sera installé le poste de transformation extérieur, dont les appareils élèveront à 90 000 Arolts la tension initiale de 5500 volts. Ce poste recevra, à cet effet, trois unités de 9300 kw.
- Les travaux sont assez avancés pour qu’on puisse envisager la fin des travaux pour l’année 1927.
- L’usine de la Cellette.
- La station de la Cellette est sise au lieu dit le Rocher des Anglais, sur le Chavanon. Le barrage doit avoir
- Le déversoir de la petite Rhue, de 35 m, de longueur, doit pouvoir débiter au besoin 270 rn3 par seconde.
- L’eau emmagasinée par les deux prises excédera
- 2 millions de mètres cubes.
- Le flot sera acheminé par deux galeries, l’une de 4089 ni, de long et 7 m. 79 de section, l’autre de 3020 m. et
- 4 m. 15 de section, qui se rejoignent a 715 m. de l’usine, en un canal de 9 m. 62 de section.
- Il convient de remarquer que la galerie de la grande Rhue franchit en siphon le ruisseau de Saint Amandin, de même que le tunnel de la petite Rhue pour le ruisseau de Jointy.
- Des vannes automatiques et â main commandent, à l’issue de la galerie, l’accès des trois conduites forcées
- Fig. 8. — Vue générale de l’usine de Coindre.
- 80 rn. de hauteur, de façon à créer entre les cotes 680 et 718 une nappe de 185 millions de mètres cubes. La galerie d’amenée n’aura que 200 m. de longueur, mais son débit pourra atteindre 60 m3 à la seconde.
- Elle alimentera cinq conduites forcées lorsque la dernière étape sera • réalisée, mais trois seulement à l’origine, lesquelles mettront en marche cinq groupes générateurs de 11000 kw chacun, sous 5500 volts.
- La hauteur de chute variera de 42 à 80 m.
- La compagnie d’Orléans avait poussé la construction de cette usine en même temps que celle de Coindre,
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- Fig. 9 et 10.Usine de Goindre. — A gauche : Conduites forcées. Vue prise du départ.
- A droite : Conduites forcées.
- mais elle a cru devoir récemment en suspendre les chantiers.
- Quant à l’usine de Vernéjoux, qui figurait au programme des équipements prochains, son exécution paraît différée jusqu’à ce que les conditions financières soient plus favorables.
- Il est un fait certain que les travaux de la Haute-Dordogne sont coûteux.
- Le rapport du Comité institué par le Ministère des Travaux Publics en 1918, évaluait à 160 millions la dépense relative à l’aménagement des eaux et des stations, dont 63 millions pour les barrages.
- Mais la compagnie d’Orléans doit très justement se préoccuper des frais que lui occasionne la traction actuelle sur ses voies du Massif central, et les difficultés qui résultent pour elle de la densité du trafic sur ces lignes.
- En 1913, la ligne de Brive à Clermont exigeait la consommation de 62 000 tonnes de charbon, celle de Brive-Toulouse de 54 000 ; soit la valeur de 48 millions de kilowatts-heures.
- Les ingénieurs du P.-O. évaluaient, en 1913, que l’électrification assurerait au réseau une économie en argent de 940000 francs par an pour Brive-Clermont et 620000 pour Brive-Toulouse seulement.
- Aujourd’hui le gain total dépasserait 8 millions par an.
- Mais il y faudrait ajouter 505 000 francs
- (chiffres de 1913) pour l’économie d’entretien des locomotives sur les deux trajets précités, plus de 1400000 francs pour le personnel des trains; au total 3 580 000 francs, c’est-à-dire plus de 15 millions de notre monnaie actuelle.
- Ces considérations expliquent que la Compagnie d’Orléans ait entrepris ces travaux même à un moment de vie particulièrement chère.
- Elles ne manqueront pas de concourir également à une reprise de l’équipement de la Cellette et entreront en ligne de compte pour l’aménagement de Vernéjoux dès que les conditions du crédit se seront améliorées.
- Il importe d’observer que la région de la Haute-Dordogne a conservé une physionomie fruste et grandiose, et que, malheu-i*eusement, le tourisme ne s’y est guère intéressé dans le passé, malgré sa situation à mi-chemin du massif du Mont-Dore et de celui du Cantal, près du Cézallier, c’est-à-dire au centre des régions volcaniques les plus curieuses de l’Auvergne, à quelques kilomètres seulement de Bort, célèbre par ses orgues basaltiques.
- Il est à présumer que les travaux en cours attireront vers les sites de la Rhue les amis d’une nature jusqu’ici indomptée.
- Auguste Pawlowski.
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- LES ANGUILLES DE TAHITI
- Ayant achevé l’étude des anguilles atlantiques et de leurs migrations (*), j’ai abordé celle des anguilles du domaine indo-pacifique. Mettre de l’ordre dans la classification de ces poissons, telle était la première tâche qui s’imposait. Comment, en effet, pouvoir élucider la distribution géographique et la biologie des espèces tant que l’on ne connaîtrait pas des caractères certains permettant de les délimiter ?
- L’emploi de caractères numériques, tels que le nombre des vertèbres, celui des rayons des nageoires, m’ayant donné des résultats féconds pour la détermination des espèces européenne, américaine et japonaise, j’ai appliqué cette méthode aux anguilles indo-pacifiques.
- Pour commencer, j’étudiai la plus grande partie des collections de ces poissons possédées par les. divers musées du monde, lesquelles furent mises à la disposition du Laboratoire Carlsberg avec la plus grande complaisance. J’obtins ainsi un premier résultat très important en ce que je pus appliquer la méthode numérique aux
- j’ai effectuées au cours de cette exploration. J’ajouterai que pour la systématique, M. Yilh. Ege, M. Sc. et Mlle E. Hansen, du Laboratoire Carlsberg, m’ont prêté une précieuse collaboration.
- CLASSIFICATION
- J’ai constaté qu’il existe à Tahiti pas moins de trois espèces d’anguilles : Y Anguilla obscura Gthr ; VA. megas-toma Kaup, et 1UI. mauritiana Bennett (fig. 1).
- Une série de caractères externes et internes, tels que la coloration, la disposition des dents, la distance entre l’anus et le commencement de la nageoire dorsale (a-cl), le nombre des vertèbres, permettent de les discerner aisément les unes des autres. Le lecteur n’a qu’à se référer aux figures 1 à 4 j il se rendra compte en même temps de la méthode nouvelle mise en œuvre dans ces recherches et du nombre considérable d’exemplaires qu’elle exige.
- L'Anguilla megastoma et VA: obscura sont étiquetées dans les musées sous un grand nombre d’autres noms.
- Fig 1. — Les trois espèces d’Anguilles de Tahiti.
- En haut : Anguilla obscura Gthr. Au milieu : À. megastoma Kaup. En bas : À. mauritiana Bennett.
- (Cliché de M. A.-V. Tâning.)
- exemplaires-types, presque tous incomplètement caractérisés. Les collections des musées n’étant pas suffisamment abondantes pour arriver à une solution complète du problème, j’entrepris l’an dernier un voyage en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Tahiti, pour me procurer les centaines d’anguilles dont j’avais besoin et pouvoir étudier ces poissons à l’état frais. Cette dernière circonstance offrait d’autant plus d’intérêt que plusieurs des questions controversées relatives aux anguilles indo-pacifiques ne sont susceptibles d’être résolues que par leur examen à la sortie de l’eau et que jusqu’ici aucun spécialiste n’avait travaillé dans ces conditions. Ce voyage me fournirait, en outre, l’occasion de recueillir des informations sur la biologie des espèces tropicales que nous ignorons complètement. La présente note résume les recherches que
- 1. Johs. Schmidt. The Breeding Places of the Eel. Smithsonian Reports for 1924. Publication 2806 (Washington 1925), et Johs. Schmidt, On the Distribution of the Fresh-Water Eels (Anguilla) throughout the World. II. (Mémoires de l’Académie Royale des Sciences et des Lettres de Danemark. — Section des Sciences. 8e série, T. X, n° 4. Copenhague, 1925.) Ces deux travaux ont été résumés par M. Charles Rabot dans La Nature, n' 2207, 1926.
- Que mes dénominations soient exactes, l’examen et les radiogrammes des exemplaires-types des collections de Londres, de Paris et d’Hambourg le prouvent. Je ne saurais entrer ici dans de grands détails à ce sujet, et me bornerai à signaler que VA. obscura Gthr. (type à Londres) qui, d’après mes recherches, se rencontre seulement dans le Pacifique austral, est une espèce très différente de 1U1. australis d’Australie et de Nouvelle-Zélande, comme des autres formes à cour té nageoire dorsale, vivant au nord de l’Equateur. L’A. megastoma Kaup, dont le type se trouve au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, comprend VA. otaheitensis Kaup et VA. aneitensis Gthr. — Le nom d’A. megastoma doit être conservé comme le plus ancien.] D’ailleurs, l’étude d’exemplaires frais à Tahiti m’a conduit à constater qu’il existe tous les passages possibles entre VA. aneitensis (type d’Aneitum à Londres) dépourvue de taches et VA. otaheitensis tachetée (type de Tahiti à Hambourg), si bien qu’elles ne peuvent être distinguées (*).
- 1. L’A. celebesensis Kaup (type au Muséum national d’Histoire naturelle, Paris) est une espèce différente de VA. megastoma (y
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- o'°
- o O or o t
- Fig. 2. — Disposition des dents à la mâchoire supérieure chez les anguilles de Tahiti. I. Anguilla obscura. II. A. megastoma. III. A. maui-itiana.
- (Dessin de M. Yilli. Ege.)
- Les trois espèces de Tahiti sont distribuées dans le Pacifique tropical au sud de l’Equateur, entre la Nouvelle-Calédonie et les îles delà Société. L’A. obscura va dans l’ouest même jusqu’au Queensland, etl’A. megastoma dans l’est, jusqu’à l’île Mangareva, et probablement aussi iusqu’à Pitcairn.
- BIOLOGIE
- A Tahiti les anguilles sont extrêmement abondantes; elles grouillent dans les nombreux cours d’eau de l’île, comme dans ses nappes d’eau stagnante, et y acquièrent des dimensions considérables, contrairement à ce que
- compi’is VA. aneitensis et l'A. otakeitensis ; elle s’en distingue notamment par un plus petit nombre de vertèbres, environ 104,4 en moyenne. Les Indes oi’ientales néerlandaises et les Philippines représentent l’habitat de l’^4. celebesensis.
- l’on observe chez les autres espèces de poissons d’eau douce. Les deux espèces tachetées atteignent une longueur de 2 m. et même davantage, ainsi qu’une énorme épaisseur ; des exemplaires de l’A. mauritiana mesurent parfois environ 0 m. 50 de tour. Aucun animal sauvage” de grande taille n’existant à Tahiti, il n’est pas étonnant que ces poissons véritablement gigantesques que l’on voit s’ébattre dans les rivières peu profondes de l’île tiennent une place importante dans le folklore indigène. C’est ainsi que certaines familles affirment descendre de l’anguille.
- Les Tahitiens pêchent l’anguille pour deux l’aisons : d’abord, parce qu’ils en sont très friands, surtout de Y A. megastoma (« puhi rnaud » en tahitienj, et en second lieu pour protéger leurs jeunes canards domestiques que ces poissons, notamment VA. mauritiana (« paa » en
- Fig. 3. — Graphique représentant le nombre des vertèbres chez les anguilles de Tahiti, d’après l’examen de 115 A. megastoma;
- 155 A. mauritiana; 152 A. obscura.
- Nombre moyen des vertèbres : 113,02 chez TA. megastoma; 106,43 chez TA. mauritiana; 103,88 chez TA. obscura.
- 116 115 114 113 112 11 1 110 109 108 107 106 1 n c 2 M 1 1 6 115 1 1 4 113 1 1 2 111
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- A. mauritiana a J6e -16.26 A. megastoma a wo = 10.98 A. obscüra a !7^ =3.91
- Fig. 4. — Graphique représentant la distance entre l'anus et te commencement de la nageoire dorsale exprimée en pourcentage de la longueur totale ^—— X.lOo'j, d’après les mensurations de 166 A. mauritiana; 160 A. megastoma ; llh A. obscura. A. mauritiana : 16,26;
- A. megastoma : 10,98; A. obscura : 3,91.
- tahitien),ne se font pas faute de happer lorsqu’ils en ont l’occasion. Ajoutons que, comme engin, les insulaires se servent d’un harpon (fîg. 5).
- Dans cette île du Pacifique austral, comme en Europe, un voile de mystère et de légendes enveloppe l’existence de l’anguille. Ainsi les indigènes vous entretiennent souvent de celles qui peuplent le lac Yaihiria, situé aù milieu des montagnes : elles appartiendraient, affirment-ils, à une espèce particulière ; ils vous racontent confidentiellement et en prenant une mine grave qu’elles atteignent une taille énorme, qu’elles possèdent des oreilles, et que pour cette raison on doit parler bas afin qu’elles n’entendent pas ce que Ton dit. Il y a bien des années déjà, une conversation avec le regretté océanographe anglais, Sir John Murray , qui avait visité Tahiti il y a un demi-siècle avec la célèbre expédition du Challenger, avait appelé mon attention sur les anguilles du lac Yaihiria. Les naturalistes embarqués sur ce navire s’étaient occupés de ces poissons, et Sir John
- Fig. 5. — Tahitien armé d’un harpon servant à capturer les anguilles. Clicbé de Mme Johs Schmidt.
- Murray]] n’en revenait pas que des anguilles gigantesques pussent se trouver dans ce lac de montagnes de Tahiti.
- Dans l’intérêt de la vérité, je dois détruire la légende qui entoure ces mystérieux habitants du lac Vaihiria. Le Challenger en a rapporté deux échantillons, actuellement au British Muséum. Grâce à l’obligeance du directeur de ce grand établissement scientifique, M. G. Tate Regan, F. R. S., mon assistant au Laboratoire Garlsberg, M. Vilh. Ege, a pu les étudier à Londres ; ils ont été ensuite radiographiés à l’Institut du profes-seurG. ElliotSmith,F. R.S., que je remercie de son concours dans cette circonstance. Ces recherches ont démontré que les deux anguilles en question n’appartiennent pas à une espèce particulière au lac Vaihiria, mais qu’elles sont purement et simplement des exemplaires de grande taille du « puhi mauâ » [Anguilla megastoma) et du a paa » [A. mauritiana). Elles n’oL frent donc rien d’extraordinaire. Reste maintenant à élucider la question des
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- Fig. 6. — Tahiti. Etang à Papeari. Cliché de Mme Johs Schmidt.
- oreilles, qui, selon les Tahitiens, constitueraient le caractère spécifique des anguilles du Vaihiria. Disons tout de suite que ce que les insulaires appellent les oreilles de ces poissons n’offrent pas le moindre rapport avec l’appareil auditif. Ce sont deux nageoires pectorales placées l’une et l’autre de chaque côté et en arrière de la tête; chez les jeunes exemplaires, elles sont relativement petites et peu apparentes, mais lorsque l’anguille approche de l’âge adulte, c’est-à-dire lorsqu’elle arrive à l’état « argenté », ces pectorales grandissent et prennent une couleur plus foncée, par suite deviennent plus apparentes. La seule chose exacte dans l’assertion que les anguilles du lac Vaihiria possèdent des oreilles, c’est que les exemplaires âgés et de grande taille ont des nageoires plus développées et plus apparentes que les jeunes, mais elles ne leur servent pas d’appareil auditif, coiflme la tradition tahi-tienne le prétend. Lorsque l’on me demandait si je ne trouvais pas remarquable que les anguilles du lac Vaihiria aient des oreilles, je répondais qu’il l’eût été beaucoup plus, si elles n’en avaient pas eu.
- Ce fut notamment la lecture du célèbre livre de Darwin sur le voyage autour du monde à bord du Beagle qui me détermina à choisir Tahiti comme centre pour l’étude des anguilles en Océanie. En 1835, l’illustre naturaliste anglais visita cette île ; en termes vivants, il a décrit ses excursions dans les montagnes de la partie nord de cette
- terre; il parle aussi de la capture d’anguilles et de crevettes à laquelle les indigènes se livraient pour lui dans les cours d’eau de cette région.
- Dès mon arrivée à Tahiti, j’avais le plus grand désir de connaître les circonstances intéressant la distribution des anguilles. N’est-ce pas un fait remarquable que, tandis que le continent européen tout entier ne possède qu’une espèce de ce poisson, cette petite île en contient trois, les unes tachetées, les autres unicolores ? Constatons d’abord que ces trois espèces ne se rencontrent pas ensemble et en quantités à peu égales dans toutes les eaux douces de Tahiti. Les marais, les étangs, bref les eaux stagnantes, renferment uniquement ou tout au moins en nombre prédominant VA. obscura-, au contraire, dans les rivières et les ruisseaux si abondants, rayonnant du massif montagneux central et qui se déversent dans le lagon entourantl’île, j’ai recueilli exclusivement les deux espèces tachetées, VA. mauritiana et VA. megastoma. L’exploration des lieux de capture des anguilles me révéla que VA. obscura préfère les fonds de vase, VA. mauritiana et VA. megastoma les fonds de cailloux et de graviers. Dans les deux cas, la couleur de ces poissons s’harmonise si complètement avec celle du lit des eaux, qu’il est fort malaisé de les apercevoir.
- Foncée et unicolore, VA. obscura ne se détache pas sur les fonds vaseux ; notons que son nom en langue tahitienne
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- ta-a-repo signifie : qui repose les mâchoires sur la vase. Il est très difficile de distinguer les deux espèces tachetées dans le lit des cours d’eau, au milieu des petites pierres entre lesquelles elles se cachent, tant elles se confondent avec le milieu environnant. Quelle utilité cette similitude de teintes entre les poissons et les fonds sur lesquels ils vivent présente pour l’espèce, on le comprend, sans qu’il soit besoin d’entrer dans des explications.
- landis que Y A.- obscurci se rencontre surtout dans les marais et les étangs des terres basses de la côte, l’d. mauritiana et Y A. megastoma remontent les cours d’eau et pénètrent jusque dans la zone montagneuse. La première de ces deux dernières espèces, le « paa », domine dans les parties des rivières proches de la mer, la seconde plus haut ; cette dernière espèce est l’anguille des montagnes, comme l’indique son nom indigène puhi-maud. Au dire des indigènes, Y A. megastoma, la plus svelte des anguilles de Tahiti, franchit les cascades, en gravissant les rochers escarpés qui engendrent ces chutes d’eau. Egalement, d’après le témoignage des naturels, elle abandonne les cours d’eau et se glisse à travers la forêt vierge saturée d’eau; le nom tahitien de cette espèce, rere ie ie, fait allusion à cette particularité ; il signifie, en effet : qui
- -----:........"" 6t =
- saute entre les « ie-ie », une plante du genre Fréycinetia.
- J’ignore jusqu’à quelle altitude les anguilles montent à Tahiti; à titre d’exemple, je signalerai qu’aux Philippines, l’d. mauritiana a été rencontrée à plus de 1530 m. au-dessus du niveau de la mer(M.
- L’A. megastoma vit dans les torrents de la montagne aux eaux fraîches et riches en oxygène, tandis que Y A. obscura demeure confinée dans les marais des terres basses, dontles eaux, chaufféespar un soleil de feu, brûlent pour ainsi dire lorsqu’on v plonge la main. Evidemment cette différence de milieu doit se refléter dans la physiologie de ces deux espèces.
- Les cours d’eau abondent en grandes crevettes du genre Pcilæmon qui tiennent une large place dans la nourriture des indigènes (2) et en poissons de petite taille appartenant aux genres Sicyopterus, Chonophorus et Eleotj'is (3). Ces crustacés, ces poissons et bien d’autres animaux encore sont pourchassés vers le haut des vallées par
- 1. Observation de Herre en 1923.
- 2. Des chevrettes suivant la dénomination locale.
- 3. Jolis. Schmidt. Les Poissons d'eau douce de Papeari. (Bulletin de la Société des Etudes océaniennes, n° 17, Papeete, février 1927, p. 176.)
- Fig. 7. — Tahiti. Le lac Vaikiria. Cliché de M. L. Gauthier.
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- le « puhi maud » [A. megastoma), dont la voracité est remarquable.
- L’estomac des nombreux exemplaires de cette espèce que j’ai explorés contenait à peu près en égale abondance des crustacés et des poissons, parfois même des rats. Ces rongeurs grouillent littéralement dans les vallées de Tahiti, dont la rapide diminution de la population a, depuis longtemps, amené la désertion, mais qui gardent encore, malgré cet abandon, des arbres fruitiers tels que des orangers, des papayers, etc.
- Chez l’anguille d’Europe, le mâle se montre toujours plus petit que la femelle ; alors que le premier dépasse rarement 0 m. 45, la seconde acquiert parfois une longueur de plus d’un mètre. Il en est de même à Tahiti. Au point de vue de la taille, VA. obscura paraît ressembler à celle d’Europe ; elle peut toutefois être un peu plus grande ; j’ai vu des femelles à l’état argenté d’une longueur de 0 m. 57. Par contre, l’A. mauritiana et VA. megastoma, surtout le premier, sont beaucoup plus longs que l’espèce européenne. Sur des exemplaires d'A. megastoma ayant moins de 0 m. 45, on ne pouvait reconnaître avec certitude le sexe femelle, tandis que chez l’espèce européenne, des femelles de cette taille peuvent déjà avoir acquis l’état argenté. Fait encore plus remarquable peut-être, deux mâles appartenant àl’A. mauritiana possédaient respectivement une longueur de 0 m. 83 et de 0 m. 71 et un poids de 1,9 et de 1,2 kg.; à titre de comparaison signa-lonsqueles mâles del’espèce européenne ne dépassent ordinairement pas une taille de 0 m. 45 et un poids de 300 gr.
- Lorsque l’A. obscura revêt sa robe argentée, elle ressemble à l’espèce d’Europe par ses nageoires pectorales foncées et ses grands yeux ; il semble en être de même pour les espèces tachetées. Je n’ai vu à Tahiti qu’un petit nombre de ces dernières anguilles à l’état adulte ; en revanche, dans l’Australie orientale, j’ai examiné de nombreux exemplaires d’une espèce tachetée à l’état argenté {VA. reinhardti) ; leur étude m’a permis de constater que les taches disparaissent plus ou moins complètement, à mesure que les exemplaires approchent de l’âge adulte. Il est intéressant d’observer que les taches n’existent que pendant le séjour de l’anguille dans l’eau douce et qu’elles s’effacent lorsque l’époque où elle se rend dans les profondeurs de la mer n’est plus éloignée.
- Où se reproduisent les anguilles du Pacifique ? Comme leurs soeurs d’Europe, ne pondent-elles que dans une seule région, très loin au large de l’Océan? Ces deux questions m’ont été souvent posées en Océanie, comme en Amérique et en Europe. N’ayant pas encore eu les moyens d’explorer le Pacifique avec un navire équipé pour les recherches à la mer comme le Dana, le vapeur sur lequel je travaille dans l’Atlantique, je n’ai pu déterminer la situation des zones de reproduction des différentes espèces d’anguilles de l’Océanie et de l’Australasie. Quoi qu’il en soit, tout au moins pour l’une d’elles, VA. mauritiana, j’ai réussi à recueillir des observations prouvant qu’elle se comporte d’une manière très différente de l’anguille d’Europe.
- Ainsi que la figure 3 le montre, le nombre moyen des vertèbres chez les exemplaires étudiés à Tahiti est de 106,43. Personne n’ignore que toutes les A. vulgaris
- d’Europe et de l’Afrique au nord du Tropique du Cancer naissent dans une zone relativement peu étendue de la mer des Sargasses, que j’ai délimitée au cours de mes croisières à bord du Dana de 1920 à 1922. Si pareillement, toutes les A. mauritiana d’Océanie se reproduisaient dans une même région, toutes posséderaient un nombre moyen de vertèbres se rapprochant de celui trouvé sur les exemplaires de Tahiti. Chez les anguilles d’Europe, quelle que soit leur provenance, qu elles viennent d’Islande, de la Baltique, des Açores ou de la Méditerranée, toutes comptent, en moyenne, 114,7 vertèbres environ. Or, un échantillon d'A. mauritiana provenant de Samoa avait un nombre moyen de vertèbres sensiblement inférieur à celui observé à Tahiti, 105,35 contre 106,43. De ce fait il est permis de conclure que les A. mauritiana de Tahiti et de Samoa forment deux races différentes et qu’il n’existe pas un centre de reproduction commun pour cette espèce. En Océanie, la question se présente donc sous un jour tout différent que dans l’Atlantique.
- Il serait prématuré de dire que toutes les espèces d’anguilles du Pacifique se comportent comme VA. mauritiana, c’est-à-dire qu’elles se divisent en races locales et que, selon toutes probabilités, elles n’effectuent pas de longs déplacements. Suivant toute vraisemblance, au contraire, le Pacifique renferme plusieurs types biologiques intermédiaires entre les deux extrêmes, représentés l’un par l’A. mauritiana, en réalité un poisson « ordinaire », comptant de nombreuses races locales et n’accomplissant que de courtes migrations, l’autre par VA. vulgaris, une espèce tout à fait différenciée, dont l’innombrable population reste homogène et qui, à l’état larvaire, accomplit des voyages d’une étendue extraordinaire pour un poisson. Actuellement, je ne puis m’étendre sur ce sujet. Pour sortir du domaine des hypothèses, il serait nécessaire d’étudier à la mer les migrations des larves des anguilles pacifiques, comme je l’ai fait pour celles de l’anguille d’Europe.
- En terminant, j’attirerai l’attention sur un phénomène auquel les Tahitiens donnent le nom de hina. Sous ce vocable, ils désignent à la fois la montée par bancs dans les cours d’eau, de tout petits poissons transparents venant de la mer, en même temps que les poissons eux-mêmes. La montée qui se produit en une saison déterminée apporte aux indigènes un aliment apprécié, que l’on peut comparer au white-bait des Londoniens. Un petit échantillon que j’ai examiné montre que le hina se compose d’alevins de ces petits poissons, apparentés aux Gobies dont j’ai parlé plus haut, et qui avec les anguilles peuplent les cours d’eau de Tahiti, h'hina est donc un phénomène semblable à celui de la montée des civelles. Tous les deux présentent la migration en masse dans les rivières d’alevins transparents de poissons qui se reproduisent en mer, mais qui se développent et vivent dans l’eau douce.
- A dessein, j’ai introduit ce passage relatif au hina dans cet article relatiLà T anguille. Nombreux sont_encore ceux qui se refusent à croire que l’anguille, cet hôte habituel des mares et des étangs d’eau douce, ne puisse se reproduire qu’én mer. A ces sceptiques, il me paraît bon de
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- montrer que les petites îles rocheuses de l’Océanie sont le siège du même phénomène biologique. Tous ces poissons qui, en compagnie de l’anguille, peuplent les rivières de ces îlots, abandonnent, comme elle, les eaux douces, pour aller se reproduire en mer et y passer la première phase de leur existence ; après quoi, tous à l’état de frêles alevins, regagnent en masses les eaux douces que leurs parents ont quittées naguère, les anguilles représentées par les civelles, les autres espèces par le hina.
- Après cela, aux yeux des plus incrédules, la migration des anguilles vers la mer afin de s’y reproduire ne paraîtra plus, croyons-nous, aussi extraordinaire ni aussi étrange.
- Pour terminer, je dois exprimer mes remerciements aux autorités et aux personnalités qui, tant en France
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- qu’à Tahiti, se sont employées à faciliter mes recherches ; en premier lieu à M. le Ministre des Colonies et à M. le Ministre de la Marine ainsi qu’au gouvernement des Etablissements français en Océanie. Je dois, en outre, une reconnaissance particulière à M. Théodore Tissier, président de section au Conseil d’Etat, vice-président du Conseil international pour l’exploration de la mer, à MM. les professeurs Louis Roule et Louis Joubin, du Muséum national d’Histoire naturelle, au Dr Léon Sas-portas, médecin-chef du service de l’hygiène à Papeete, à M. Lucien Sigogne, consul de Suède, à Papeete, enfin à mon hôte à Papeari, M. J. Keane.
- Dr Johs Schmidt, Correspodant de l’Institut de France, Professeur au Laboratoire Garlsberg-(Copenhague).
- UN GAZOGÈNE A RÉCUPÉRATION
- DES GAZ D’ÉCHAPPEMENT
- Un exposé de la question des gazogènes à charbon de bois servant à l’alimentation des moteurs de camions a été donné par La Nature (n° 2635).Depuis lors, les types décrits n’ont pas fait l’objet de modifications techniques importantes.
- Ce n’est que tout récemment qu’est apparu un nouveau gazogène à récupération des gaz d’échappement, solution élégante du problème des gazogènes à combustion renversée : c’est le gazogène Schulz et Loriot.
- Les principaux avantages de la combustion renversée sont : une pureté et une constance parfaites du gaz produit (pas de distillation du combustible non encore en combustion) et la possibilité d’utiliser les charbons de bois de qualités très diverses.
- La grande difficulté, défaut classique des appareils à tirage renversé, vient du contact de la grille et de la zone de combustion : la grille métallique doit être refroidie, système peu praticable sur les gazogènes légers.
- La grille réfractaire est trop fragile jusqu’à présent pour trouver place sur un véhicule.
- Cette difficulté a été levée dans le nouveau gazogène par l’alimentation non en air pur, mais en air mélangé d’une certaine proportion des gaz d’échappement contenant par suite du gaz carbonique.
- Celui-ci se recarbure au contact de la zone de combustion, en produisant de l’oxyde) de carbone combustible; la réaction, étant fortement en-dothermique, refroidit la zone de combustion, empêche la détérioration de la grille et la formation de mâchefer.
- De plus, une partie du carbone des gaz d’échappement se trouve récupérée, d’où abaissement sensible de la consommation.
- L’épurateur est composé de deux dé-poussiéreurs à chicanes, dans lesquels les gaz viennent lécher une couche d’huile, et d’une chambre de détente à deux compartiments; le premier contient une chaîne à mailles fines imbibée d’huile, le second, vide, recueille les dernières condensations.
- Une autre particularité de l’appareil réside dans le mélangeur : sorte de robinet à boisseau coulissant, le boisseau, cloisonné, reçoit d’un côté le gaz, de l’autre l’air. La rotation du boisseau règle la quantité du mélange, sa translation règle la qualité; Un dispositif de démarrage permet l’allumage du gazogène par aspiration du moteur mis en marche à l’essence : dispositif rapide (100 secondes) rendant inutile le ventilateur d’allumage habituel.
- Epurateurs à chaînes
- Moteur
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- Epurateur à chicanes
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- Mélangeur
- Chambre de détente et de décantation
- Fig. 1. — Vue d’ensemble schématique du gazogène Schulz-Loriot.
- F. Gruson,
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- Fig. 1. — Séance de travaux pratiques à l’Institut de Phonétique.
- M. Shramek exerce des élèves à se servir d’un enregistreur phonétique.
- L'INSTITUT DE PHONÉTIQUE DE PARIS
- Installé depuis quelques années à la Sorbonne, l’/ns-titut de phonétique est un établissement commun aux Facultés dé Médecine, des Sciences et des Lettres de l’Université de Paris. Dans des cours qu’y suivent une centaine d’étudiants ou d’étudiantes, son directeur actuel, M. Hubert Pernot, étudie les sons du langage humain et s’efforce de déterminer les lois de leur évolution. Son assistant, M. Shramek, complète cet enseignement par des travaux pratiques ayant pour but d’exercer les élèves français ou étrangers au maniement des appareils et.auxrecherches de phonétique expérimentale.
- Cette dernière science, créée par l’abbé Rousselot (1846-1924), emploie en effet des instruments de précision pour définir les phonèmes ou éléments sonores articulés qui comportent des données acoustiques, physiologiques et physiques. De la sorte, on peut recueillir sur les organes parlants et extraire de la colonne d’air expirée pendant l’émission des caractéristiques presque inaccessibles â la seule audition.
- M. Shramek apprend à ses auditeurs à se servir des appareils récepteurs du
- souffle buccal ou nasal, à manier les explorateurs ou les enregistreurs des mouvements du larynx, des poumons, du palais mou, de la langue ou des mâchoires, à lire et à expliquer les tracés graphiques livrés parles instruments et à tirer de ceux-ci des conclusions physiologiques ou linguistiques.
- LES APPAREILS ET MÉTHODES D'ENREGISTREMENT
- On obtient ces tracés, dans la plupart des cas, au moyen de tambours inscrip-teurs en communication avec les appareils explorateurs (embouchures, olives nasales, capsules de larynx et ampoules en caoutchouc) ayant pour rôle de recueillir les mouvements des organes ar-ticulatoires. La plume pointue du tambour inscripteur écrit chaque tracé sous forme de courbe sur du papier glacé, noirci et enroulé autour d’un cylindre enregistreur. On désigne sous le nom d'enregistreurs phonétiques ces divers dispositifs dont la valeur dépend de la régularité de leurs mouvements, car, en l’espèce, il s’agit de mesurer la durée d’articulations rapides et de vibrations sonores de la voix parlée , ce qui néces-
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- site une précision du 1/100* de seconde. Un diapason donne la mesure chronographique des phénomènes.
- Pour les cours, les travaux pratiques et les recherches, on emploie naturellement, à l’Institut de phonétique, la méthode graphique afin d’étudier successivement ou simultanément les divers mouvements des organes phonateurs (larynx, voile du palais, langue, lèvres, etc.). D’autre part, avec les différents modèles d'enregistreurs, on obtient tous les tracés linguistiques ou musicaux sur les papiers noircis à la fumée d’un rat de cave. En outre, pour mieux explorer les sillons phonographiques creusés dans la cire, on les amplifie parfois au moyen du Lioret-graphe. Cet appareil, inventé par Lioret et perfectionné par son constructeur sur les indications de l’abbé Rous-selot, comporte d’abord un mécanisme donnant le mouvement de rotation et de translation au cylindre ainsi qu’au levier amplificateur, puis un cadre muni de deux rouleaux sur lequel glisse le papier d’enregistrement.
- Une fois l’inscription d’un son, d’un mot, d’une phrase ou d’une mélodie populaire achevée, pour transformer un phonogramme au moyen du Lioretgraphe, l’opérateur soulève le recorder qu’il remplace par un mécanisme transcripteur formé d’un simple levier vertical reposant sur un support fixé à l’appareil. La petite branche de ce levier porte un saphir mousse, destiné à fouiller tous les
- Fig. 4. — Enregistreur de voyage, employé pour aller étudier sur place les langues ou certains patois.
- Fig. 3. — M. Pernot et un de ses collaborateurs recueillant, pour les Archives de la Parole, une phrase au moyen de Venregistreur Pathé.
- replis du sillon creux pendant que la pointe de la grande branche inscrit sur le papier noirci les tracés correspondants. Durant la transformation en courbes, le phonéticien tourne très lentement le rouleau de cire au moyen d’une manivelle ou d’un moteur électrique et peut, en modifiant les rapport des branches du levier transcripteur, changerl’amplification. Onagranditgénéralementl50fois. M. Shramek a d’ailleurs simplifié récemment le Lioretgraphe. Il en a remplacé les organes explorateurs par un tambour qui, portant le papier noirci et se déplaçant suivant son axe, fournit un tracé hélicoïdal amplifié.
- LES PALAIS ARTIFICIELS
- A l’Institut de phonétique, on utilise également des palais artificiels pour déterminer les surfaces des contacts opérés par la langue sur la voûte palatine au cours de l’articulation d’un phonème. Le sujet prend les empreintes en appliquant sur son palais une feuille de celluloïd, puis il l’enlève de sa bouche, l’y remet ensuite après l’avoir saupoudrée extérieurement de talc, articule le phonème à étudier et retire à nouveau le moulage en celluloïd pour examiner les traces qu’y a laissées sa langue. Il porte alors sur du papier les courbes ainsi réalisées. Grâce à ces dessins, il peut donc mesurer, pour chaque point d’articulation, sa distance aux dents, au palais, son degéé de force articulatoire, la surface du contact lingual et autres caractéristiques, qui fournissent de très utiles indications soit pour les études linguistiques, soit pour rectifier des prononciations défectueuses.
- De son côté, le laboratoire de M. Marichelle, professeur à l’Institut National des sourds-muets, a été rattaché à l’Institut de phonétique afin que la science et la pratique puissent ainsi associer leurs efforts.
- LE MUSÉE DE LA PAROLE
- Mais voyons maintenant M. Pernot et ses collaborateurs remplir leurs rôles d’archivistes, car la ville de Paris hébergera prochainement l’Institut de phonétique dans l’immeuble de la rue des Bernardins où il deviendra un véritable Musée de la Parole, vers la fin de l’année 1927. Du reste, les mêmes locaux abritent déjà les
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- Archives cle la Parole fondées en 1912 à l’Université de Paris par la maison Pathé et M. le Doyen de la Faculté des lettres, F. Brunot. Cette organisation, à peu près unique au monde, a pour but d’enregistrer et de conserver pour les générations futures les voix des personnalités éminentes, des mélodies populaires ainsi que des spécimens de tous les parlers du monde : langues, dialectes et patois.
- Les savants phonéticiens inscrivent discours, musique ou chansons, phrases, mots ou simples sons humains au moyen d’unenregistreurPathé-Edison. Le sujet parle devant
- un original phonographe à film destiné à enregistrer la parole sur des pellicules cinématographiques usagées. Dans celte nouvelle méthode, l’enregistrement des sons s’effectue par l’intermédiaire d’une pointe liée à un diaphragme vibrant et maintenue appuyée sur une bande de celluloïd animée d’un mouvement continu. Afin d’obtenir une matière convenable pour la gravure du sillon onduleux, les inventeurs appliquent sur la surface enregistrante une étroite couche de liquides solvants en deux points très voisins, sis en avant et en arrière du stylet
- Fig. 5. — En haut : Le Lioretgraphe, employé pour amplifier les tracés en creux des cylindres phonographiques.
- Fig. 6. — Eli bas : Enregistreur à poids,
- employé pour l’étude des sons, du souffle buccal ou nasal, etc.
- le cornet de cet appareil sur le cylindre duquel s’inscrit le tracé correspondant aux sons émis. Le professeur surveille l’inscription tandis que son préparateur actionne une soufflerie à pédale dont le tuyau va déboucher près de la pointe du saphir et dont le courant d’air chasse les copeaux de cire produits parle creusage du sillon onduleux.
- Une fois le tracé enregistré, on envoie le cylindre à la maison Pathé qui, par les procédés industriels ordinaires, le convertit en disque phonographique moins encombrant et qu’il retourne ensuite aux « Archives de' la Parole » chargées de sa conservation. Les séances d'enregistrement ont lieu à la Sorbonne chaque mardi matin. Mais M. Pernot, ses collaborateurs ou ses émules se déplacent parfois, pour aller étudier sur place quelques langues ou certains patois. Ils se servent, en ce cas, d’un petit enregistreur de voyage, qui repose sur le même principe. Dans cet instrument phonographique, l’inscription se fait directement sur un disque entraîné par un moteur à poids.
- Les collections des « Archives de la Parole » comptent aujourd’hui près de 5000 disques tant de célébrités que de morceaux de musique ou de documents linguistiques.
- LE PHONOGRAPHE A FILM
- Enfin, tout récemment, un Américain, M. Morton-Johnson, peintre de talent, et sa femme, une Française née Faucon, ont mis au point à l’Institut de phonétique
- inscripteur. Ils chauffent, en outre, cette aiguille pour ramollir davantage la substance que la dissolution vient de recouvrir. En un mot, dans le procédé Morton-Johnson, un film en celluloïd se déroule d’une bobine pour s’enrouler sur une autre après être passé sous la pointe de l’aiguille inscripbrice. En avant et en arrière de celle-ci, se trouvent les organes mouilleurs munis chacun d’une mèche, qui amène goutte à goutte sur la pellicule les liquides contenus dans deux petits réservoirs. Quand le film touche la première mèche, il commence à se ramollir en s’humectant, puis son contact avec
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- Fig. 7. — Le phonographe à film.
- A gauche : Mme Johnson procède au réglage. A droite : Petit modèle récent du phonographe à film de M. et Mme Morton Johnson.
- la pointe chauffée et vibrante achève de le rendre pâteux avant le tracé ondulant. La portion ainsi gravée arrive ensuite sous la deuxième mèche qui nettoie le sillon et ses bords, en sorte que l’enregistrement est fort net. Aussi le phonofilm Morton-Johnson réalise-t-il un progrès technique important. Grâce à cet appareil, qu’une société va construire industriellement, on se propose de remplacer des disques rigides et fragiles par une bande de celluloïd robuste et peu coûteuse. Sur un film usagé et par conséquent de coût minime, on gravera bientôt des paroles qu’on reproduira avec netteté quelques secondes plus tard. Sur un rouleau ayant 40 m. de longueur, 0 m. 035 de largeur et 7 à 8 cm de diamètre, on pourra alors enregistrer la valeur d’environ 40 disques phono-graphiques ordinaires et les emporter... dans sa poche. On fera résonner à volonté, avec le phonofilm, la voix
- Fig. 8.' —• Schéma du phonographe à film.
- Les traits pointillés représentent les réservoirs renfermant les solvants. On les utilise seulement pour l’enregistrement ; on les enlève quand l’appareil sert d’émetteur.
- Pa villon
- Liquides solvants
- Diaphragme Aiguille -Mèche
- Mèche
- 777777^7777777777777^7,
- '^77777^7^777777^7^7^77777^7?
- d’un être aimé ou un air de musique aussi facilement qu’on prend un instantané avec un Kodak ! Cette invention contient sans doute en germe la solution du film parlant puisqu’il existe à droite et à gauche d’une bande cinématographique un espace suffisant pour enregistrer d’un côté les paroles et de l’autre des sons musicaux ou des bruits à la cadence désirée.
- SCIENCE DU LANGAGE
- Grâce à ce matériel technique perfectionné, au clair enseignement de son directeur actuel et au zèle de ses disciples, l’Institut de phonétique tend à ressusciter en France la science du langage. Autour de la chaire de M. Pernot se presse, en effet, aujourd'hui un public d’élite : Français ou étrangers, étudiants ou étudiantes qui désirent passer le certificat de phonétique équivalant à un certificat de licence; auditeurs ou auditrices béné-' voles qui veulent obtenir le diplôme de phonétique délivré au nom de l’Université de Paris. De son côté, M. Shra-mek, comme nous le notions au début de cet article, exerce les élèves au maniement des appareils et aux recherches de phonétique expérimentale. Enfin, dans des cours de vacances très suivis, on y apprend la phonétique de notre langue à des professeurs étrangers ou même à nos nationaux qui enseignent hors de France tandis que les Archives de la parole continuent à s’enrichir de nouveaux disques phonographiques ou de films cinématographiques. Ainsi, cet original Musée conserve pour l’éternité le « verbe » des grands orateurs ou des hommes politiques, des littérateurs ou des poètes, les notes des mélodies musicales ou des rondes enfantines, les sons d’idiomes africains, asiatiques ou océaniens, de patois béarnais ou bretons et jusqu’aux cris de la rue! C’est véritablement le « Temple de la résurrection » delà Voix humaine! . Jacques Boyer.
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- LE MOTEUR D'AUTOMOBILE MODERNE
- LE MOTEUR RAPIDE
- La caractéristique dominante du moteur automobile moderne, c’est d’être un moteur rapide. Remarquons tout d’abord que cette épithète rapide ne signifie rien au sens absolu du mot, elle ne vaut que relativement. Un moteur rapide, c’est en effet un moteur qui tourne plus vite que les autres, simplement. Tel moteur rapide de 1910 est considéré actuellement, etl à juste titre, comme un moteur lent et nos moteurs rapides de 1927 seront très vraisemblablement rangés dans la classe des moteurs lents, quand nous examinerons dans La Nature de 1940, l’évolution de la construction des moteurs.
- Ce qui frappe en effet, quand on suit l’histoire du moteur d’automobile depuis sa création, c’est que sa vitesse de rotation n’a cessé d’augmenter d’année en année, et c’est là, chose parfaitement logique.
- La puissance du moteur, qui le caractérise au point de vue de son utilisation, dépend en effet du travail développé par chacune des explosions, et du nombre de ces explosions dans l’unité de temps, c’est-à-dire de la vitesse de rotation. Plus un moteur tournera vite, mieux sera utilisé le métal qui le constitue.
- A puissance égale, par conséquent, un moteur rapide sera plus léger qu’un~moteur lent, et donnera finalement une voiture plus économique parce que plus légère.
- Faut-il rappeler que les premiers moteurs rapides qui frappèrent vraiment le public par leur vitesse de rotation furent les moteurs des célèbres tricycles de Dion, qui tournaient, il y a plus de 25 ans de cela, à 15 et même 1800 tours à la minute. On n’hésitait pas à proclamer à l’époque qu’ils ne tiendraient pas et que c’était
- folie de faire tour-
- Fig. 1. — Bielle munie de son piston.
- Fig. 3. — Coupe longitudinale et transversale d’un piston.
- ner aussi vite des mécaniques à mouvement alternatif.
- L’expérience a prouvé que ces moteurs ont tenu et que ceux qu’on a construits, en utilisant l’expérience acquise dans les premiers,ont mieux tenu encore quoique tournant plus vite.
- Encore faut-il, pour qu’un moteur rapide puisse durer pour une utilisation normale, qu’il soit construit convenablement. Et c’est là le point délicat de la construction du moteur : étudier ses différents organes et les agencer de façon telle qu’ils puissent, sans dommage pour l’ensemble ni pour chacun d’eux se déplacer avec une grande rapidité.
- Deuxième point : il faut aussi qu’aucune des fonctions du moteur ne souffre de la brièveté du temps qui lui est imparti pour s’effectuer, et qu’en particulier, l’alimentation des cylindres se fasse sans trop de perte aux régimes élevés. Pratiquement, la construction du moteur rapide va donc se heurter à deux grandes difficultés : Tune provenant de l’importance des forces d’inertie mises en jeu, l’autre de la difficulté de l’alimentation des cylindres.
- Nous allons voir, au cours du présent article, com-
- Fig. 2. — Les deux principales formes de segments.
- ment ces difficultés ont été combattues et plus ou moins complètement vaincues.
- LES FORCES D'INERTIE
- Lorsqu’une masse pesante reliée à des pièces fixes est en mouvement et que ce mouvement,.par rapport à ces dernières, est différent du mouvement rectiligne et uniforme, elle engendre des forces d’inertie qui s’exercent sur ses points d’appui.
- Dans un moteur d’automobile, les masses en mouvement peuvent être rangées en deux grandes catégories au point de vue de la nature de leurs déplacements : les unes sont animées d’un mouvement de rotation qu’on peut considérer pratiquement comme uniforme, et les autres d’un mouvement rectiligne et alternatif.
- Les premières masses à mouvement circulaire sont soumises à la force d’inertie centrifugé. Pour vaincre cette force ou plutôt pour compenser ses effets, il suffira de centrer les masses à mouvement circulaire. Autrement dit, toute masse tournante devra avoir son centre de gravité sur son axe de rotation. C’est ce qui est pratiquement réalisé pour les masses tournantes du moteur
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- d’automobile; le vilebrequin dans son ensemble, le volant, les pignons, les arbres de distribution, etc.... Dans ces conditions, la force centrifuge n’a d’autre effet que de soumettre la matière des organes à des tensions moléculaires internes.
- Pour les masses à mouvement alternatif, le problème est beaucoup plus complexe et la compensation des effets des forces d’inertie auxquelles elles sont soumises, constitue l’important chapitre de l’équilibrage du moteur. Nous serons amenés à le traiter spécialement, et nous nous contenterons par suite d’en signaler aujourd’hui les difficultés sans insister.
- Pour équilibrer les masses à mouvement alternatif, on s’arrange, dans un moteur d’automobile, à opposer leur mouvement : c’est ainsi, par exemple, que dans un moteur à quatre cylindres, deux pistons montent pendant que les deux autres descendent. Indiquons tout de suite que les lois de mouvement des pistons qui montent ne sont d’ailleurs pas tout à fait les mêmes que celles des pistons qui descendent. Mais, laissons ces détails pour l’étude plus complète de l’équilibrage.
- Il est absolument évident que les forces d’inertie
- ' Fig. 5. — Pistons à fond bombé, à paroi latérale sectionnée et évidée.
- engendrées par les masses à mouvement alternatif seront, à vitesse et surtout à accélération égale, d’autant plus petites que ces masses seront elles-mêmes plus faibles. Dans un moteur d’automobile, les principales masses animées d’un mouvement alternatif sont les pistons et les bielles. Les pistons ont un mouvement exactement rectiligne et alternatif, tandis que les bielles sont animées d’un mouvement complexe, exactement rectiligne et alternatif pour le pied de bielle relié au piston et exactement circulaire et continu, pour la tête de bielle reliée au vilebrequin; il présente des caractères intermédiaires, pour tous les points intermédiaires.
- Dans la pratique, on admet, pour simplifier l’étude, une partie du poids de la bielle situé du côté du pied, comme ajoutée au poids du piston, tandis que l’autre partie située du côté de la -tête peut être considérée comme invariablement liée au vilebrequin.
- Les autres masses, animées d’un mouvement alternatif dans un moteur d’automobile, ont une importance trop faible pour intervenir d’une façon efficace dans l’équilibrage : ce sont, par exemple, les soupapes, leurs poussoirs, les culbuteurs, etc....
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- Fig. 4. — Piston cylindrique, sectionné suivant une génératrice.
- On ne se préoccupe pas, en général, de leur inertie, tout au moins pour l’étude de l’équilibrage, cette inertie intervient simplement pour la possibilité de leur mouvement propre.
- ALLÈGEMENT DES PISTONS ET DES BIELLES
- Dans un moteur d’automobile, on va donc, pour diminuer, dans la mesure du possible, l’importance des forces d’inertie, chercher à alléger autant qu’il est possible, en raison de la sécurité, les pistons et la partie des bielles qui voisine les pistons.
- L’allègement du piston a été réalisé à peu près uniquement par le changement de la matière qui le constitue.
- Au début, tous les moteurs d’automobiles avaient des pistons en fonte. On a cherché d’abord à les alléger en supprimant du métal, ce qui a conduit à remplacer la fonte, métal fragile, par l’acier, qu’il était plus facile de faire travailler avec sécurité sous des épaisseurs moindres. Les pistons en acier n’ont pas vécu longtemps, présentant des défauts qui compensaient et au delà leurs qualités. Ils étaient d’ailleurs d’un usinage très difficile, et’ par conséquent d’un prix élevé. Pour alléger les pistons, on a alors remplacé la fonte par des alliages d’aluminium, et, plus récemment, par des alliages de magnésium.
- L’aluminium, dont la densité est à peu près le tiers de celle de la fonte, permet de faire des pistons dont le poids atteint à peu près la moitié de celui des pistons en fonte : il faut, en effet, donner aux pistons en aluminium des épaisseurs un peu plus grandes qu’aux pistons enfonte.
- Avec le magnésium on peut obtenir des pistons moins
- Fig. 6. — Piston à fond nervuré pour Vévacuation de la chaleur.
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- Fig. 7. — Pistons légers. .
- rI Piston-à fond rapporté; II Piston en une seule pièce.
- Le fond est réuni aux bossages de l’axe par déux colonnettes.
- lourds; d’importantes recherches ont été faites et sont encore en cours sur cette question.
- Les alliages d’aluminium pour pistons sont assez nombreux. Le plus courant est formé d’aluminium et’ de cuivre rouge. Les proportions en moyenne sont de 12 à 20 pour 100 de cuivre, 88 à 80 pour 100 d’aluminium.
- Depuis quelques années, on emploie fréquemment un alliage d’aluminium et de silicium, l’Alpax, qui présente d’assez précieuses propriétés au point de vue de la facilité de moulage, du coefficient de dilatation, etc....
- Nous reviendrons tout à l’heure sur cette importante question du piston léger.
- Quant à la bielle, sa forme primitive était celle d’une tige à section transversale en double T. Parfois brute d’estampage, elle était aussi et est encore fréquemment usinée sur toute sa longueur. Toutefois, les procédés modernes d’estampage, de plus en plus perfectionnés, permettent pour les voitures, de série tout au moins, d’éviter l’usinage.
- Les bielles tubulaires permirent d’aller un peu plus loin dans la voie de l’allègement. D’une fabrication plus difficile que celle des bielles estampées et comportant un usinage plus long et plus coûteux, elles sont généralement réservées aux moteurs de prix.
- Que leur section soit en double T ou en forme de tube, ces bielles sont toutes en acier. On choisit toujours des aciers présentant des caractéristiques mécaniques très élevées et en particulier une grande résilience.
- Depuis quelques années, on tend à remplacer, pour les bielles, l’acier par un alliage d’aluminium. On arrive ainsi à un poids un peu plus réduit qu’avec l’acier, mais pas aussi faible que pourrait a priori le faire espérer la différence entre le poids spécifique de l’aluminium et le poids de l’acier. On doit en effet donner, à la section des bielles en aluminium, des dimensions beaucoup plus
- Fig. 9. — Vilebrequin équilibré Delage.
- importantes qu’aux bielles en acier, en raison de la résistance mécanique beaucoup moindre du métal.
- Mais, grâce à cette section plus grande, la bielle en aluminium présente une rigidité plus considérable que la bielle en acier. Aussi, est-elle préférée par certains constructeurs : Renault, par exemple, ne monte plus depuis deux ans que des moteurs à bielles en aluminium, et l’expérience montre qu’il a vu juste.
- LE PROBLÈME DU PISTON
- La substitution de l’aluminium à la fonte pour les pistons a créé un problème extrêmement ardu et qui est loin
- 2 Cylindres
- 4 Cylindres, 2Paliers
- 4 Cylindres, 3 Paliers
- 4 Cylindres, 5 Paliers
- 6 Cylindres, 4 Paliers
- 6 Cylindres ,7paliers
- Fig. 8. — Différentes formes de vilebrequins.
- encore d’être complètement résolu : le problème du piston.
- Le piston, en effet, assure des rôles multiples : il doit donner une fermeture étanche du cylindre, servir de guide aux pieds de bielles et transmettre aux cylindres la pression latérale que lui impose l’obliquité des bielles.
- L’étanchéité est obtenue au moyen des segments généralement en fonte et très exceptionnellement en acier.
- On emploie d’ordinaire 3 ou 4 segments par piston, le segment inférieur ayant souvent un profil spécial pour racler l’huile qui séjourne sur les parois du cylindre et la
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- Fig. 10. — Vilebrequin Cottin-Desgoutte, six cylindres.
- renvoyer dans le carter, soit directement, soit plus souvent au travers de trous percés dans la paroi même du piston. L’étanchéité des segments est en général très bien
- assurée, même si on laisse entre le piston et le cylindre » un jeu assez considérable. Ce jeu est nécessaire parce que piston et cylindres ne se dilatent pas de la même façon.
- Tout d’abord, le piston est soumis à des températures plus élevées que le cylindre, puisqu’il reçoit directement l’action des gaz chauds et qu’il ne se refroidit que parle contact de ses parois latérales avec le cylindre lui-même. D’autre part, lorsque le piston est en aluminium, son coefficient de dilatation est nettement plus élevé que celui de la matière du cylindre qui est à peu près toujours de la fonte. La dilatation de l’aluminium est en effet à peu près le double de celle de la fonte, et c’est là que gît toute la difficulté.
- Pour qu’un piston coulisse librement dans le cylindre lorsque le moteur est chaud, il faut, en effet, que le jeu soit assez important lorsqu’on le mesure moteur froid. Pour un moteur de 100 mm d’alésage par exemple, le jeu du piston est voisin de 1 mm, mesuré sur le diamètre.
- Il en résulte non pas un manque d’étanchéité (nous avons vu, en effet, que les segments fonctionnaient convenablement même avec du jeu), mais un fonctionnement très bruyant du moteur lorsqu’il n’a pas atteint sa température maximum.
- Les pistons claquent : c’est le terme consacré. Si ce claquement n’est pas foncièrement nuisible au fonctionnement du moteur, il n’est néanmoins pas admissible, en raison des exigences de la clientèle. De plus en plus, on veut qu’un moteur d’automobile soit silencieux. Or, le silence avec des pistons en aluminium, ne peut être obtenu à froid.
- Le bruit des pistons sera, d’autant plus grand que le jeu sera plus considérable. Or, le jeu est directement proportionnel à l’alésage. La difficulté de Taire fonctionner silencieusement un moteur va donc
- être beaucoup Fig 12, _ L’amortisseur de plus grande pour vibrations Lanchester.
- les gros moteurs que pour les petits : et, c’est là ce qui rend le problème si aigu. Les gros moteurs, en effet, sont des moteurs de luxe, et c’est d’eux qu’on exige le fonctionnement le plus silencieux.
- De très nombreux systèmes ont été proposés pour atténuer ou supprimer le bruit des pistons en aluminium; nous nous contentons d’indiquer les principaux.
- Pour les très petits moteurs (moins de 60 ou 65 d’alésage), on peut em-
- Fig. 11. — Vilebrequin Cottin-Desgoutte, quatre cylindres, « contrepoids.
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- ployer un piston dont la forme générale rappelle celle du piston en fonte; l’importance du jeu reste assez faible pour que le fonctionnement ne soit pas trop bruyant, et, répétons-le, on n’est en général pas très difficile à ce point de vue pour les petits moteurs.
- Pour les très gros moteurs, certains constructeurs ont complètement renoncé, momentanément tout au moins, aux pistons en aluminium, et se contentent des pistons en fonte, en attendant qu’une meilleure solution ait vu le jour.
- Pour les moteurs moyens, on utilise les pistons en aluminium en leur donnant une forme spéciale. Une des solutions les plus séduisantes consiste à fendre les pistons suivant une génératrice, ou suivant une hélice peu inclinée sur une génératrice, de telle façon qu’on donne à leurs parois latérales une certaine élasticité.
- On peut ainsi ajuster les pistons presque sans jeu dans le cylindre : lorsqu’ils s’échauffent, les lèvres de la fente se rapprochent sans jamais arriver à se toucher, l’élasticité du métal du piston étant suffisante pour maintenir le contact entre le piston et le cylindre, même après refroidissement.
- Malheureusement, ces pistons fendus présentent dans certains cas une certaine fragilité. Leur forme doit être très minutieusement étudiée, sous peine de surprises désagréables : on a pu constater en effet sur certains moteurs, qu’après quelques milliers de kilomètres de fonctionnement de la voiture, certains pistons présentaient des traces de criques précurseurs d’une rupture prochaine.
- D’autres fois, on a pris un moyen terme, et on a chemisé les pistons en aluminium avec une large bague de fonte qui prend son contact avec le cylindre : excellente au point de vue silence, cette solution qui d’abord est coûteuse conduit malheureusement à un piston assez lourd.
- On a cherché aussi à éviter à la paroi latérale du piston le contact immédiat avec les parties chaudes que lèchent les gaz d’explosion, le piston est alors à proprement parler en deux parties. Le fond dont le diamètre est nettement plus petit que l’alésage du cylindre qui porte les segments et repose par deux bossages sur l’axe du pied de bielle; ce fond peut se dilater librement, puisqu’il n’est pratiquement pas ent contact immédiat avec le cylindre. La paroi latérale appuyée également par des bossages sur le pied de bielle est aussi séparée que possible du fond, et reste par suite à une température voisine de celle de la paroi interne des cylindres. Sa dilatation n’atteignant jamais une grande valeur, on peut diminuer fortement le jeu initial (fîg. 7).
- Enfin, bien d’autres dispositifs ont été successivement essayés sans succès bien net, il faut le dire.
- Les essais de pistons se poursuivent depuis qu’on emploie des pistons en aluminium, et personne encore ne possède la solution vraiment définitive.
- LE VILEBREQUIN
- Si on cherche à alléger autant que possible les organes à mouvement alternatif, on tend au contraire à alourdir les pièces qui tournent d’un mouvement circulaire.
- Cet alourdissement est la conséquence du renforcement de ces pièces. Le vilebrequin, en particulier, est soumis à des efforts violents et répétés de flexion ; il y a donc intérêt à lui donner une section assez grande pour que les déformations restent très faibles, et surtout pour que sa période de vibration propre soit extrêmement courte et ne puisse jamais entrer en résonance avec la période des impulsions motrices.
- Quand cette résonance se produit, en effet, une vibration extrêmement intense prend naissance, vibration connue sous le nom de trash. Le trash est un mal à peu près inévitable des moteurs rapides. On a cherché, au début, simplement à l’éviter en augmentant la dimension du vilebrequin, et par conséquent en diminuant sa période propre de vibration, de façon à rejeter le régime critique au delà des régimes pratiquement utilisables.
- Mais, bientôt, l’accroissement des vitesses de rotation a rendu celte solution insuffisante.. Ne pouvant éviter le trash, on a cherché à l’étouffer. Lanchester, avec son amortisseur de vibrations dit Damper, a apporté la première solution logique et rationnelle. Le Damper, qui n’est autre chose en somme qu’un embrayage dont la série interne de disques est calée sur le vilebrequin et la série externe sur un petit volant auxiliaire placé en général à l’avant du moteur, tourne d’un seul bloc tant que le vilebrequin n’est pas entré en vibration. Dès que la vibration de torsion qui constitue le trash commence à se produire, les deux séries de disques du Damper-embrayage se mettent à glisser les unes sur les autres, absorbant une quantité importante d’énergie* La vibration à peine amorcée est éteinte, ou tout au moins ne peut pas s’amplifier. On peut ainsi franchir le régime critique sans que l’intensité du trash devienne dangereuse (fig. 12).
- C’est pour obtenir un résultat analogue que les sociétés américaines, contrôlées par la Général Motors Corporation, utilisent leur éteigneur de vibrations basé d’ailleurs sur un tout autre principe.
- Cet organe est constitué par une masse articulée sur un bras du vilebrequin au moyen d’un axe parallèle à l’axe général de l’arbre. Un ressort la maintient dans sa position moyenne. Lorsque le vilebrequin vibre, la masse oscille autour de son axe, produisant une vibration constamment opposée à celle du vilebrequin et compense au moins partiellement ses effets.
- Le renforcement du vilebrequin, ou plutôt sa résistance aux déformations, a été recherché également par la multiplication du nombre des paliers qui le soutiennent. On peut admettre qu’aujourd’hui, la règle pour les moteurs à quatre cylindres pourra être la suivante :
- Pour les moteurs jusqu’à 1100 cm3 de cylindrée, le vilebrequin n’est porté que par deux-paliers. *
- Jusqu’à 2 litres 1/2 à 3 litres, le vilebrequin est supporté par trois paliers. Au delà, il repose sur cinq paliers, un entre chaque coude.
- Cette règle comporte évidemment des exceptions : quelques voitures de 1500 cm" n’ont que deux paliers; par contre, certaines voitures de moins de trois litres ont cinq paliers ; ce sont des voitures particulièrement soignées. Henri Petit.
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- LA BAKELITE _..............
- SES EMPLOIS COMME MATIÈRE PLASTIQUE ET COMME VERNIS
- CE QU'EST LA BAKELITE
- La bakélite est une résine artificielle que l’on obtient en mettant en présence du phénol et du formol. La réaction est incomplète, mais on l’active en introduisant un catalyseur dans le mélange et en opérant à chaud.
- Ce produit fut découvert dans le laboratoire de Bayer en 1872. L’invention était alors sans intérêt. Il restait à
- résine qui, par chauffage, devient infusible et insoluble. De plus le catalyseur alcalin empêche les dégagements gazeux qui rendent le produit spongieux quand on le chauffe. Baekeland compléta l’action du catalyseur par l’intervention, pendant le chauffage, d’une contre-pression qui s’oppose aux dégagements de bulles gazeuses.
- Actuellement, la préparation se fait de la façon suivante :
- Les matières : formol, phénol et agent catalyseur sont
- Fig. 1. — Appareil pour la fabrication de la bakélite avec poste de manœuvre central par le vide.
- découvrir les traitements à faire subir à cette résine, pour la rendre apte aux usages multiples dont elle bénéficie aujourd’hui.
- Trillat, en 1896, entreprit la fabrication de résine artificielle au moyen de l’aldéhyde formique et du phénol, des spécimens figurèrent même à l’Exposition de 1900; mais c’est surtout le docteur belge Baekeland qui industrialisa le procédé et réalisa la fabrication de la résine artificielle en Amérique, en 1909.
- i Les résines artificielles obtenues, avant lui, étaient spongieuses.. Baekeland découvrit qu’en employant un. catalyseur alcalin, soude ou ammoniaque, on obtient une
- mélangées et le liquide obtenu est dirigé dans un appareil à réaction avec agitateur mécanique et chauffage par la vapeur. Des hublots d’observation et un éclairage électrique dans l’intérieur de l’appareil permettent le contrôle de la réaction. C’est qu’en effet il y a plusieurs sortes de bakélites suivant le moment où l’on arrête la fabrication.
- Le mélange entre en ébullition, se vaporise et il commence à se former une gomme qui est l’embryon de la bakélite.
- Séparée de l’eau de réaction et des dernières traces du catalyseur, on obtient une résine solide (ou liquéfiée)
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- Fig. 2. — Atelier de moulage de la bakélite.
- que l’on appelle bakélite A. C’est un corps jaunâtre, assez friable, qui fond à la chaleur.
- Si on prolonge le chauffage on amène la bakélite à l’état B. Ce produit est moins cassant que le précédent, il est infusible et insoluble, il gonfle seulement sous l’action de l’acétone. La chaleur le ramollit et lui donne
- une consistance élastique disparaissant au refroidissement.
- En prolongeant encore le chauffage on obtient la bakélite à l’état C. Ces divers états proviennent de la polymérisation de la bakélite A avec élimination d’eau, la pression accélère toutes ces réactions.
- Généralement la ' bakélite est vendue à l’état A, solide ou liquide, sous forme de résine.
- On la vend également en dissolutions, ce qui constitue lèverais; enfin on la mélange à l’état pulvérulent avec des corps divers pour constituer des poudres à mouler.
- LES APPLICATIONS DE LA BAKELITE
- Les qualités particulières de la bakélite, la facilité qu’on a de l’employer sous des états divers font que les applications de ce produit sont multiples, la matière acquérant en définitive des propriétés mécaniques, physiques et chimiques remarquables.
- On peut classer les industries d’utilisation de la bakélite en trois groupes suivant qu’on emploie la bakélite pure à l’état C, les vernis ou les poudres à mouler. Toutes ces industries, en définitive, polymé-risent la matière, pour l’amener à son état final, dans des appareils spéciaux, chauffés par la vapeur, par l’électricité ou circulation d’huile.
- Fig. 3. — Atelier de fabrication des vernis spéciaux à la bakélite.{Usine de Montreuil.)
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- Fig. 4. — Machine à fabriquer le papier enduit de bakélite. (Etablissements Fibre et Mica, Lyon.)
- OBJETS DE LUXE MONTÉS
- La première utilisation de la bakélite a été l’obtention d’objets de luxe : colliers, bracelets, manches de parapluie, billes de billard. La transparence et la translucidité donnent aux objets un aspect plaisant, qu’on modifie en introduisant des matières colorantes.
- La résine liquide ou résinite sert aux revêtements décoratifs, pour des statuettes et des bas-reliefs, qu’on peut exécuter en plâtre ou en produits similaires. Une fois recouverts de résinite, ils prennent l’aspect du marbre, de la céramique ou des grès flammés.
- VERNIS
- C’est l’une des applications les plus récentes de la bakélite. Tout d’abord on peut préparer des papiers, des cartons ou des toiles; on recouvre les feuilles de vernis et sous l’action combinée de la chaleur et de la pression, on obtient des matériaux de toutes formes.
- C’est surtout l’industrie électrique qui offre des débouchés pour les papiers et les cartons bakelisés. On fabrique ainsi des tubes isolants, des plaques pour toutes tensions qui se substituent dans de nombreuses applications à la porcelaine. Le produit est plus léger, moins coûteux, moins cassant et a une rigidité électrique élevée, les pièces séjournant sans déformation ni altération dans l’huile chaude.
- Pour bakeliser le papier, on l’imprègne entre deux cylindres et on le sèche en le faisant passer dans un tunnel chauffé. Souvent on récupère l’alcool évaporé, qui sert à la régénération du vernis. Il faut que la teneur en eau de cet alcool récupéré soit très faible.
- Le papier bien imprégné est brillant et lisse sur la surface préparée. En enroulant ce papier ainsi obtenu à chaud, on en confectionne des tubes isolants.
- Quant aux cartons, on les obtient par empilage et pressage du papier entre les plateaux d’une presse chauffée.
- Les tissus bakelisés, agglomérés également à la presse chauffante, donnent des objets de toutes formes que l’on peut façonner comme du bronze, car la matière en a les caractéristiques mécaniques. C’est ainsi qu’on obtient des engrenages, que l’on peut tailler avec précision. Ils sont insensibles à l’eau et à l’huile et réalisent des couples silencieux.
- Avec des bois en plaques minces, on obtient des résultats analogues. On fabrique ainsi des contreplaqués solides, imputrescibles et imperméables.
- Le vernis bakelisé, appliqué au pinceau, à l’aérographe ou au trempé, sert pour le laquage et les revêtements. Une fois séché, il est poly-mérisé. La couche a des qualités de résistance remarquables, elle est brillante et protège la surface recouverte.
- Ces vernis qui se polymérisent de 100° à 110° ont une adhérence équivalant à celles des meilleurs émaux.
- Les vernis qui se polymérisent rapidement à de basses températures et durcissent dans des temps équivalents à ceux que mettent les bonnes peintures, sont utilisés pour les revêtements des surfaces qu’on ne peut chauffer.
- Parfois, on applique un composé d’amiante et de bakélite liquide, soit à la main, soit par moulage. La cuisson provoque une adhérence parfaite.
- En polymérisant la bakélite, on peut préparer des appareils complets par moulage à froid de la pâte et l’on obtient ainsi des récipients, des fûts pour acides, etc.
- Lorsqu’on injecte le vernis dans la structure de certaines substances, on obtient, après polymérisation, des produits de qualités correspondantes à celles de la bakélite. Pour cela le corps à traiter est séché dans le
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- vide et imprégné sous vide et pression. Le dissolvant Sest évaporé et on passe à la polymérisation.
- Ces procédés sont utilisés dans l’industrie électrique pour imprégner les bobinages à haut isolement. Séchés dans une étuve au voisinage de 100°, ils sont portés chauds dans une deuxième étuve d’imprégnation où on fait le vide. On met en communication avec le réservoir à bakélite et le vernis immerge les enroulements.
- On maintient le vide le temps convenable et l’on établit ensuite une pression dans l’étuve pour faire pénétrer intimement le vernis. L’opération terminée, le vernis est évacué. On évapore le dissolvant au voisinage de 70° à 80°. A la fin de l’opération on relie l’étuve à un condenseur pour recueillir l’alcool évaporé.
- Une fois les bobines sèches, on les envoie au polymé-riseur où la température est élevée suivant un processus bien établi, d’après la nature et le poids des pièces.
- imprégnés deviennent insensibles aux variations hygrométriques et leurs coefficients de rupture et de limite élastique sont augmentés.
- POUDRES A MOULER
- On utilise les poudres à mouler pour la fabrication de l’appareillage électrique, du matériel téléphonique et télégraphique, de nombreux articles industriels.
- Pour cela on se sert de moules métalliques parfaitement précis et polis, qu’on garnit de poudre et qu’on passe d’abord sous des presses chauffantes donnant sur les plateaux 180° à 190° environ. Pour le démoulage des pièces, on utilise des presses refroidissantes.
- Au préalable, on a réchauffé les moules avant l’introduction de la poudre, sur des tables chaudes qui, ainsi que les presses, peuvent être chauffées au gaz, à la vapeur ou électriquement.
- Atelier d}imprégnation à la bakélite des moteurs de traction. (Chemins de fer de l’Est.)
- tFig. 6. -
- Finalement les bobines sont laquées avec un vernis plus léger et l’enroulement constitue un bloc imperméable aux gaz et aux liquides, à isolement permanent.
- En raison de la cohésion des spires, la plaque ne peut se désagréger, ni par suite d’efforts ni par pression. La bakélite se durcit aussi bien à la périphérie qu’au sein du bobinage et l’on n’a pas besoin d’agent extérieur, comme pour les vernis gras, afin d’obtenir le durcissement.
- Les objfets en papier et en bois imprégnés possèdent des caractéristiques mécaniques qui rappellent celles des métaux. Les tubes servant à la filature du coton-et de la laine bénéficient de ce traitement.
- On a réalisé même une bouteille en pâte de bois de 1 mm d’épaisseur. Cette bouteille bakelisée était rendue parfaitement étanche et l’on a pu faire bouillir, sur le bain-marie, l’eau qu’elle contenait.
- La bakélite imperméabilise complètement et rend parfaitement étanches les pièces métalliques. Enfin, les bois
- L'AVENIR DE LA BAKELITE
- Voilà, résumées, les principales applications de la bakélite; le champ d’utilisation s’étendra encore davantage, au fur et à mesure que les propriétés de cette résine artificielle seront mieux connues et que la diffusion même de ses emplois abaissera le prix de revient.
- Ainsi dans la fabrication des avions, elle donne aux bois ordinaires, tendres et légers, les principales qualités des bois durs et rares tels que l’acajou, l’ébène et le citronnier. On peut confectionner des hélices d’avions dont le bois ne joue plus, ne se décolle plus et prend un poli incomparable. On n’a plus à craindre le développement des moisissures ; l’imperméabilité qui se rapproche de celle de la laque du Tonkin fait rechercher le bois bakelisé pour la construction des hydravions.
- La production française de la bakélite au lendemain de la guerre était sensiblement nulle, mais actuellementelle prend une importance chaque jour croissante. E.-H. Weiss.
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- LA PROPAGATION DES ONDES HERTZIENNES
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- Effet de diffraction. — On sait que les ondes hertziennes utilisées en T. S. F. se propagent à des distances considérables et atteignent très couramment l’antipode du poste d’émission.
- Dès la découverte des ondes hertziennes, on a attribué cette propriété à la grande longueur de ces ondes. On les comparaît aux ondes sonores qui contournent les obstacles de grandes dimensions, alors que les ondes lumineuses très courtes sont arrêtées par les moindres écrans. Pour expliquer la facilité que possèdent les ondes hertziennes à contourner les plus grandes montagnes, on faisait intervenir des effets de diffraction comparables, toute proportion gardée, à ce que Fresnel a constaté avec de tout petits écrans sur la lumière. Et on voyait là un nouveau rapprochement entre les ondes hertziennes et les ondes lumineuses. « Pour des géants, écrivait H. Poincaré, qui compteraient habituellement les longueurs par milliers de kilomètres, c’est-à-dire par millions de longueurs d’onde des excitateurs hertziens, qui compteraient les durées par millions de vibrations hertziennes, les rayons hertziens seraient tout à fait ce qu’est pour nous la lumière. »
- La couche ionisante. — Cependant on a dû reconnaître bientôt qu’il était impossible d’expliquer par la diffraction seule les grandes portées de la propagation des ondes hertziennes. On a fait intervenir les propriétés spéciales d’une couche d’air fortement ionisée située dans la haute atmosphère, dite couche d’Heaviside.
- Sous un certain nombre d’influences, notamment celle de la lumière ultra-violette, sous celle de corpuscules négatifs ou électrons émis en abondance par les corps incandescents et en particulier par le soleil, on admet que les molécules très raréfiées de la haute atmosphère peuvent s’ioniser. Certaines d’entre elles perdent un corpuscule négatif ou électron, et, primitivement à l’état neutre, acquièrent ainsi une charge positive. L’électron libéré se fixe sur une molécule neutre en lui cédant sa charge négative. Le gaz très raréfié renferme ainsi des ions positifs, des ions négatifs et des électrons.
- On est amené à concevoir qu’un gaz ionisé, par suite conducteur de l’électricité, joue le rôle d’un écran pour les ondes électriques. La région de l’atmosphère dans laquelle ces ondes peuvent se propager est donc confinée, en grande partie, dans une sorte de coquille d’air médiocrement conducteur, où les ondes sont guidées
- Fig. 2.
- par la couche ionisée de la haute atmosphère et la terre conductrice, de manière à voyager sans grande perte d’énergie. La réflexion par la couche ionisée de la haute atmosphère. est, dans ses traits généraux, analogue à celle du son parles nuages, les fourrés, les rideaux, etc. Les ondes hertziennes émises par unposte puissant sont donc, en partie, réfléchies sur les couches élevées de l’atmosphère, renvoyées vers le sol qui les réfléchit à nouveau vers l’atmosphère, et ainsi de suite. Grâce à ces réflexions successives, on s’explique que les ondes puissent suivre un '•trajet brisé, tel que ABCDEF (fig. 1) et atteindre, par exemple, le point A' antipode du point A d’où elles sont parties, ainsi qu’on l’a observé dans des expériences récentes.
- Nous avons mentionné que l’ionisation de ]a haute atmosphère était provoquée : 1° par le choc des électrons venus du Soleil; 2° par l’action des rayons ultra-violets du Soleil. La deuxième de ces causes disparaissant la nuit, on conçoit que la couche ionisée soit beaucoup plus épaisse et descende beaucoup plus bas le jour que la nuit. Pendant le jour, les ondes hertziennes ne peuvent atteindre une station éloignée qu’après avoir subi entre le sol et la couche ionisée un grand nombre de réflexions qui les affaiblissent. La nuit, par suite de la plus grande altitude de la couche réfléchissante, le nombre des réflexions est bien moindre; il se produit moins de pertes dans la propagation d’une station à une autre et la transmission des signaux est meilleure, ainsi qu’on l’a constaté dès l’utilisation pratique par la T. S. F. des ondes hertziennes de grande longueur.
- Propagation des ondes courtes. — Depuis peu, on utilise, pour les communications radiotélégraphiques, des ondes courtes, c’est-à-dire des ondes comprises entre 50 et 20 mètres. Cet emploi a conduit à des résultats très surprenants qu’on n’a pas encore tous expliqués.
- Tout d’abord ces ondes permettent, avec une puissance de l’ordre du kilowatt, des portées qui avec les ondes longues ne pourraient être réalisées qu’avec des puissances d’une centaine de kilowatts.
- Il semble même quepour une puissance rayonnée par l’antenne, la portée diminue d’abord avec la longueur d’onde, passe par un minimum dans la région 200-400 m., puis croisse considérablement à partir de 50 mètres. Les diverses expériences entreprises semblent, en effet, mettre en évidence une différence profonde dans le mode de
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- propagation des ondes supérieures et inférieures à 50 m.
- C’est encore par la couche d’Heaviside qu’on essaie d’interpréter l’existence des zones de silence constatées dans la propagation des ondes courtes. Si l’on considère un poste émettant en O près du sol (fig. 2), il en part des rayons rasants et d’autres qui s’élèvent dans l’atmosphère. Il doit donc se produire un phénomène de réflexion totale lorsque le rayon qui atteint la surface inférieure de la couche d’Heaviside fait un angle convenable avec la normale à cette surface.
- Lorsque les rayons émis vers le haut par le poste situé en O font avec la normale à la couche réfléchissante un angle inférieur à l’angle de réflexion totale, une certaine énergie est renvoyée vers le sol. D’autre part, on a établi que cet angle de réflexion totale est d’autant plus grand que l’onde est plus courte. Le rayon réfléchi ne revient donc au sol qu’à partir d’un certain point C, tel que l’angle GAO soit au moins égal au double de la valeur de l’angle correspondant à la réflexion totale, et ce point C est d’autant plus éloigné de O que l’onde est plus courte. Si N est le point où l’onde directe, absorbée par sa propagation, cesse d’actionner un récepteur, la région NC, d’autant plus grande que l’onde est plus courte, constitue une zone de silence. Les interférences entre l’onde directe et l’onde réfléchie ou entre plusieurs ondes réfléchies ayant suivi des chemins différents expliquent certains phénomènes d’évanouissement.
- Pour des ondes de longueur inférieure à 10 m., le rayon qui donnerait la réflexion totale est tellement près du sol, à cause de la grande valeur de l’angle a pour de telles ondes, que ce rayon est absorbé avant d’atteindre la couche supérieure. On n’a pas, en effet, d’exemple à l’heure actuelle de portées importantes réalisées par des ondes de longueur inférieure à 10 mètres. Les ondes les plus courtes employées à des trafics à grande distance ont 13 m. environ.
- On arrive ainsi à déterminer les dimensions des zones de silence et à expliquer leur augmentation nocturne par une élévation de nuit de la couche d’Heaviside. Mais bien des points restent encore inexpliqués.
- Pourra-t-on communiquer avec Mars? — Aussitôt que l’on eut réussi à envoyer et à recevoir des messages par T. S. F., l’idée vint de savoir s’il serait possible d’utiliser cette invention pour communiquer avec d’autres planètes. La question d’existence d’êtres humains dans ces dernières et la possibilité de réception mises à part, il semblait que le problème se bornât à la réalisation d’un émetteur excessivement puissant.
- L’existence de la couche d’Heaviside par laquelle les ondes dirigées vers le haut sont réfléchies et renvoyées vers le bas, a peu à peu détruit l’optimisme du début. Cependant, tout récemment le professeur Appleton, reprenant l’étude du phénomène, a montré que des ondes très courtes émises avec une intensité suffisante normalement au globe pourraient peut-être franchir la couche conductrice qui l’entoure.
- Sans insister sur les considérations théoriques qui servent de base à cette conclusion, indiquons simplement que le professeur Appleton signale que quelque part entre 1 et 10 m. on doit trouver l’onde susceptible
- d’atteindre les espaces interplanétaires. Aussi réclame-t-il la création d’un poste puissant émettant des ondes de 1 m. pour communiquer avec Mars.
- Influence des phénomènes météorologiques. — Les expériences faites sur la propagation des ondes courtes ont montré qu’elle est soumise à des influences météorologiques, certains phénomènes d’évanouissement semblant se propager à la vitesse de 60 km à l’heure, qui est celle des phénomènes météorologiques.
- Mais nos connaissances sur les liens possibles entre la propagation des ondes et les phénomènes météorologiques sont encore bien vagues. Ainsi on n’a jusqu’ici constaté aucune relation entre la propagation des ondes hertziennes et les propriétés électriques de l’atmosphère. M. Maurain, le savant directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris, ayant comparé les perturbations constatées à Meudon dans les réceptions des ondes hertziennes avec les variations du champ électrique et celles du champ magnétique à l’observatoire du Val Joyeux, n’a pu mettre en évidence aucune relation.
- Le fait remarquable sur lequel a insisté M. Maurain est la différence très grande existant entre les transmissions radioélectriques de jour et de nuit. Aucun des phénomènes étudiés en Physique du globe ne présente une différence d’allure aussi marquée entre le jour et la nuit; ces derniers phénomènes étant étudiés presque exclusivement au voisinage du sol, le contraste précédent semble indiquer que la partie prépondérante des influences qui agissent sur les transmissions radioélectriques a son siège dans la haute atmosphère.
- Il semble que, comme cela a lieu pour la transmission à grande distance des ondes sonores dans l’atmosphère, les phénomènes fondamentaux des transmissions radioélectriques lointaines se passent dans la haute atmosphère, et que les couches basses de l’atmosphère interviennent surtout pour produire des dyssymétries et des irrégularités dans la transmission. Des études statistiques et prolongées sont nécessaires pour préciser les relations.
- Influence possible de la couche d’ozone dans la haute atmosphère. — M. Charles Fabry, professeur à la Sorbonne, dont on connaît les belles recherches dans tout le domaine des radiations, a attiré l’attention sur l’intérêt qu’il y aurait à chercher s’il existé une relation entre les mystérieux phénomènes révélés par la propagation des ondes et quelque autre phénomène mesurable dans la haute atmosphère.
- Malheureusement nos connaissances sur la haute atmosphère sont bien vagues et ne se traduisent que par très peu de données numériques dont il soit possible de suivre les variations.
- L’une des rares quantités, quotidiennement mesurables, relative à la haute atmosphère, est la quantité d’ozone, dont la présence est révélée par l’absorption que subissent les radiations venant du Soleil. Les mesures de MM. Buisson et Fabry ont montré que la quantité d’ozone dans l’atmosphère subit des variations irrégulières atteignant environ 15 pour 100 de la valeur moyenne. D’autres recherches ont établi que la couche d’ozone se trouve à une cinquantaine de kilomètres d’altitude. Tout récemment, une étude systématique de
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- la question a été entreprise par un groupe d’observateurs britanniques ; cinq stations ont été établies où l’on suit régulièrement les variations de la couche d’ozone.
- La présence de ce gaz dans la haute atmosphère est un fait remarquable dont les conséquences météorologiques peuvent être importantes. Ses variations peuvent être l’indice de variations dans la haute atmosphère, soit de changements de température, soit de variations dans l'ionisation si, comme cela est probable, l’ionisation et la présence de l’ozone sont deux phénomènes produits par le rayonnement solaire de l’extrême ultraviolet. À ce point de vue, il serait intéressant de chercher, par des comparaisons statistiques, s’il existe une relation entre l’épaisseur de la couche d’ozone et quelque particularité des transmissions électriques. Des mesures analogues à celles des observateurs britanniques, dont
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- malheureusement aucune n’est organisée en France, pourraient servir de base à de telles statistiques.
- Conclusion. — On voit par ce rapide exposé combien sont complexes les problèmes que soulève la propagation des ondes hertziennes à travers l’atmosphère. Certes quelques faits précis sont actuellement établis. Mais ils sont encore trop peu nombreux pour étayer suffisamment une théorie cohérente qui les interpréterait. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine, tant du point de vue théorique que du point de vue expérimental. Et les nombreux amateurs, qui ont déjà tant contribué aux progrès de la T. S. F., notamment dans le domaine des ondes courtes, peuvent ici, par des observations précises, apporter un précieux concours à la Science.
- A. Boutaric.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- BOUCHAGE SOUS LE VIDE
- Il est intéressant d’employer le vide industriel à la conservation des produits alimentaires organiques ou chimiques; cependant cette manière de faire est encore peu répandue en raison de la difficulté que l’on éprouve à boucher les récipients ordinaires une fois que le vide y a été fait.
- Divers procédés ont été essayés, notamment l’élimination à chaud de l’air du récipient, l’emploi d’une pompe pneumatique qui fait le vide sous cloche. Certains fabricants de conserves opèrent ainsi à froid en ménageant un petit trou dans le couvercle, qu’ils referment ensuite par une goutte de soudure appliquée sous la cloche. Ce système n’est guère applicable qu’aux boîtes en fer-blanc; il est lent et onéreux et on éprouve des difficultés à faire prendre la soudure.
- Un nouveau procédé résout le problème, qui paraissait jusqu’alors insoluble, de faire un vide poussé à froid dans un récipient quelconque, qu’on peut ensuite boucher hermétiquement en sertissant un couvercle ou une capsule.
- Voici le principe de l’appareil.
- À la partie supérieure, se trouve une boîte à vide qui comporte un joint coulissant et une série de ressorts de compensation. On pose sur un plateau, sous cette boîte à vide, le récipient à boucher, le joint étant assuré par une rondelle de caoutchouc, qui agit sur l’épaulement du récipient ou pour les flacons droits, sur le plateau élévateur. La commande du vide dans la boîte se fait au moyen d’une soupape qui est reliée par un tube de caoutchouc à une machine pneumatique. La soupape est commandée par un levier supérieur qu’on actionne au
- Fig. 1. — Actionnement de la pédale pour élever le plateau qui porte le récipient à boucher.
- moyen d’une pédale. Une autre soupape se ferme automatiquement au début de l’opération de bouchage; à la fin de l’opération elle est rouverte et met en communication la boîte à vide avec l’air libre, ce qui libère le récipient bouché.
- Le dispositif de sertissage est placé à l’intérieur de la boîte à vide. Il est commandé par une tige extérieure sur laquelle s’applique aussi le levier qui agit sur la soupape de vide.
- Ainsi l’opération se fait en deux temps. Tout d’abord, on aspire l’air contenu dans le récipient à boucher qui, coiffé de sa capsule, est placé sur le plateau de la machine. En agissant sur la pédale, le plateau s’élève, soulevé par une came, le récipient prend contact avec la boîte à vide, dans l’intérieur de laquelle le goulot pénètre. Le mouvement de pédale abaisse le levier supérieur qui fait communiquer la boîte à vide avec la pompe. La capsule, qui est libre sur le goulot, se soulève légèrement, elle est maintenue par un poids convenablement calculé afin d’éviter son déplacement latéral.
- En continuant d’actionner la pédale, on provoque une nouvelle élévation du récipient, qui entraîne la partie inférieure coulissante de la boîte avide, mouvement contrarié par les ressorts. Le récipient appuie fortement par son goulot sur un mandrin intérieur qui épouse la forme de la capsule ; celle-ci est énergiquement comprimée par le mandrin qui fait joint sur le goulot et assure pendant le sertissage une adhérence étroite.
- La tige de sertissage supérieure est abaissée par le levier,actionné par la pédale; elle comprime une bague de caoutchouc, qui emboutit étroitement la capsule sur
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- le goulot. Dans ce dernier mouvement de la pédale, le levier de sertissage seul est actionné. La forme de la came qui agit sur le plateau est telle qu’elle maintient seulement le récipient en place; un ressort compense d’ailleurs les hauteurs variables qui sont inévitables dans la fabrication en série des récipients.
- L’opération est terminée; on lâche la pédale qui est
- vue de la conservation. Il ne supprime évidemment pas la stérilisation, mais il la rend plus facile, plus rapide et plus efficace. Au point de vue chimique, il supprime complètement l’action de l’oxygène, qui se fait sentir sur nombre de corps dont il modifie la structure, l’apparence, le goût ou la saveur.
- On ne peut encore prévoir toutes les applications du
- Fig. 2. — Ensemble de la machine à boucher et sertir sous vide
- rappelée par un ressort, la soupape de rentrée d’air s’ouvre et le récipient redescend avec le plateau.
- Un manomètre permet de contrôler le degré de vide obtenu. Cette machine bouche jusqu’à 10 récipients par minute sous un vide poussé à quelques millimètres de pression absolue.
- L’emploi du vide a de grands avantages au point de
- détails de la'tête de la machine avec ses organes de travail.
- système de bouchage sous le vide, obtenu d’une manière aussi simple avec une machine pratique, capable d’assurer une grande production. Ce n’est qu’au fur et à mesure que les différents problèmes se présenteront qu’on pourra les étudier et les résoudre de la manière la plus avantageuse, grâce à l’emploi du vide industriel.
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- LE RAT NOIR
- L’Institut des Recherches Agronomiques demande des Rats noirs, morts ou vivants, mais de préférence vivants.
- En effet, la question des Rats est loin d’être résolue; elle continue de préoccuper les chercheurs, tant aux points de vue de l’agriculture et de l’hygiène qu’à ceux du commerce et de la [marine.
- Rappelons les caractères distinctifs du Rat noir et du Rat brun, car les deux espèces sont assez souvent confondues.
- Le Rat noir, Mus rattus L., a le pelage d’un gris foncé en dessus, parfois d’un noir bleuâtre. La queue est mince, plus longue que le corps. En moyenne, la queue a 21 cm, le corps 18 cm. L’oreille, rabattue en avant, atteint les yeux.
- Le Rat noir d’Alexandrie, Mus Alexandvinus, à dos fauve ou brun, blanchâtre en dessous, taché de jaune sous la gorge, n’est qu’une variété du Rat noir type.
- Le Rat brun, Mus decumanus Pall., communément appelé « Surmulot », est brun-roux en dessus, le pelage est parsemé de poils noirs. Le dessous est plus clair. La queue est plus courte que'le corps, elle mesure 19 cm de longueur, le corps 31 cm. La queue est presque totalement dépourvue de poils. L’oreille, rabattue en avant, n’atteint pas les yeux.
- Il existe une variété noire de Surmulot, assez commune, notamment au Muséum d’histoire naturelle ou elle a été étudiée par Milne-Edwards (1872), Mailles (1885), Lapic jue et Legendre (1911), Xavier Raspail (1912).
- Le Rat noir aime à s’établir dans les endroits secs, tels que les greniers. Le Surmulot s’installe partout, et même au bord de l’eau, ce qui lui a valu le surnom de « Rat d’égout ».
- Le Rat noir circule le soir et la nuit. Il s’éloigne peu de l’habitation de l’homme, c’est pourquoi on l’appelle « Rat domestique ». Il est extrêmement vif et agile. Au mois de mai 1926, par un beau clair de lune, nous avons vu, dans notre jardin de Blois, des Rats noirs grimpés sur des arbres pour en manger les fruits. Ils s’attaquaient à un Mûrier blanc et à des Sorbiers des Oiseaux. Avec une dextérité sans pareille, ils couraient le long des branches et se suspendaient aux ramilles les plus fines, Occupés à grignoter, ils se laissaient examiner. Nous frappâmes dans nos mains, nous jetâmes des cailloux : les Rats se laissèrent couler à terre, se cachèrent quelques minutes, mais pour reparaître bientôt et reprendre leur repas nocturne. Il faut dire qu’à cette époque la maison était inhabitée; depuis lors, les Rats y ont perdu la belle assurance qui fit notre étonnement.
- Le Surmulot, plus lourd, n’est heureusement pas capable de telles prouesses, car, tel qu’il est, c’est un animal des plus nuisibles. Il mange de tout, sort le jour comme la nuit, vit de rapines, poussé par une faim insatiable, et fait preuve d’une véritable bravoure. Il se défend très bien contre les Chiens, les Chats, les Belettes.
- Le Rat brun pullulé d’une façon effrayante : la femelle a plusieurs portées par an, de quatre à douze petits. M. Mailles dit que la femelle porte vingt jours et demi. Les jeunes sont mis en naissant, ils n’ouvrent les yeux que le quinzième jour; mais ils sont adultes à trois mois.
- Le Rat noir a beaucoup d’ennemis, il est la proie des Chats, des Fouines, des Belettes.
- La femelle fait aussi plusieurs portées par an, de cinq à neuf petits, qui naissent nus, mais, d’après M. Rollinat, ils se couvrent bientôt de poils noirâtres, auxquels se mêlent parfois quelques poils blancs sur le sommet de la tête.
- Les cas d’albinisme partiel ne sont pas très rares chez le Rat noir.
- Le Rat noir se nourrit principalement de végétaux; il mange les grains, les provisions de ménage, et, s’il se rend
- désagréable en rongeant le bois, le linge, le papier, il n'est pas aussi redoutable que le Rat brun, pour lequel tout est bon à dévorer, les proies fraîches ou mortes, le poisson et le gibier, les animaux de basse-cour et les hôtes des volières.
- Il déclare la guerre aux autres Rongeurs, notamment au Campagnol d’eau, Arvicola amphibius Pallas. Et sutrout, il poursuit le Rat noir jusque dans les greniers.
- On a prétendu que les deux espèces ne peuvent pas se rencontrer dans un même lieu. Cela semble exagéré. Et déjà Cuvier assurait que le Rat noir et le Rat brun peuvent coexister quand ils trouvent des aliments en abondance. Mais la chose est encore discutée. Et pour jeter de la lumière sur le comportement des Rats, les observations personnelles de nos lecteurs seraient précieuses; aussi, nous les prions de bien vouloir nous les communiquer.
- L’invasion des Rats en Europe est relativement récente. Tandis que la Souris, Mus musculus L., est commune partout depuis l’antiquité, le Rat noir n’est venu en Europe qu’^iu xme siècle. Il serait originaire de l’Asie Mineure. Au Moyen Age, l’évêque d’Autun le frappa d’anathème, en même temps que la Souris et les autres bestioles nuisibles.
- Le Rat brun, que l’on a pu appeler « Rat migratoire », viendrait des Indes et de la Perse. D’après M. Emil Zuschlag, le Rat brun, baptisé du nom de Rat indien, Mus aquaticus, est décrit par Conrad Gesner en 1620. Mais ce n’est qu’en 1727 que le Rat brun, chassé de l’Inde par la famine, et de la Perse par de violents séismes, s’enfuit vers l’Europe. L’armée innombrable des Surmulots franchit la Yolga près d’Astrakan. En 1750, ils apparurent dans le sud de la Russie, puis dans la Prusse orientale. En 1753, le Rat brun fit son entrée à Paris : il s’y multiplia tellement qu’on dut organiser sa destruction; le résultat d’une chasse se monta à 16 000 Rats occis.
- Le Surmulot se répandit en Allemagne dans les premières années du xixe siècle; un peu plus tard, il s’introduisit en Suisse. Yers 1790, on vit le Rat brun en Danemark, en Suède, en Norvège. Ce Rat, qui nage aisément, n’hésite pas à franchir des bras de mer, en bandes nombreuses. M. Emil Zuschlag rapporte qu’aux Iles Féroë, où le Surmulot abonde, « on le voit souvent traverser à la nage les petits détroits qui séparent les îlots de l’archipel ».
- Comme bien on le pense, l’Angleterre n’a pas échappé à l’invasion. Dès 1731, des navires venant des Indes avaient apporté dans l’Ile Britannique l’indésirable étranger. Là comme ailleurs il chassa le Rat noir, à tel point que l’on put croire à l’anéantissement de celui-ci.
- Toujours par la voie de la navigation, le Surmulot pénétra dans l’Amérique du Nord, en 1755, pour s’infiltrer peu à peu dans toutes les contrées et ne s’arrêter qu’à la limite des froids extrêmes. Ce sont donc principalement les navires qui ont porté le Rat brun dans toutes les parties de la Terre. Et l’on sait que l’on a reproché à ce Rongeur d’être un agent propagateur d’épidémies transmissibles à l’Homme et aux animaux. -
- Pour revenir au Rat noir, très rare en certaines régions, d’où il a été chassé par le Surmulot, nous avons dit, en commençant, que l’Institut des Recherches agronomiques a entrepris des études à son sujet. M, A. Chappellier, directeur de la Station des Vertébrés (Etoile de Choisy, route de Saint-Cyr, à Versailles, Seine-et-Oise), serait reconnaissant à tous ceux qui voudront bien lui envoyer des Rats sauvages noirs, Mus-rattus. Une indemnité de un franc par animal mort ou vivant sera versée à l’envoyeur.
- Alex. Feuillée-Billot.
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- UN VIEIL ENNEMI DE L'HOMME
- LE RAT : SA DESTRUCTION
- Le Rat est, sans nul doute, l’un des plus anciens et des plus tenaces adversaires de la race humaine qu’il a précédée sur notre globe.
- A l’éocène, c’est-à-dire au début de l’ère tertiaire, on découvre, en effet, les traces primitives du genre rat. Les véritables rats (jMus), tels que nous les connaissons aujourd’hui, apparaissent un peu plus tard ; à la fin des temps tertiaires, et dès leur apparition, les ancêtres des rats actuels présentent le même caractère de férocité que leurs descendants, au point que certains paléontologistes ne sont pas éloignés d’attribuer la disparition de certains géants antédiluviens à la destruction de leurs œufs par les rats.
- On distingue à l’heure actuelle plus de 80 genres et de 900 espèces de rats, répartis dans toutes les régions zoologiques. Cette extrême diffusion est due en partie aux progrès de la navigation qui ont permis aux espèces les plus nuisibles de se répandre dans le monde. C’est ainsi que le surmulot ou rat gris commun était parfaitement inconnu des auteurs grecs et latins. Gesner est le premier naturaliste qui, en 1551, le décrit de façon précise.
- Ce redoutable animal, le plus fort, le plus brave et le plus rusé de tous les rats, est vraisemblablement originaire de l’Asie Centrale. Il se montra pour la première fois en Russie, près d’Astrakhan, en 1727, et fut introduit vers 1730 en Angleterre par des navires de commerce. On le signalait à Paris en 1753 et il n’apparut en Suisse qu’en 1809. De nos jours, il n’est pas, à l’exception des régions polaires, de point du globe où on ne le rencontre.
- Le surmulot est brun, roussâtre ou noirâtre avec des poils longs, raides et cannelés sur le dos. Les pieds, presque nus, sont rosés. Le ventre est gris ou blanchâtre. La queue, plus courte que le corps, est revêtue d’anneaux écailleux, les oreilles n’ont que le tiers de la longueur de la tête. L’animal peut atteindre la taille d’un lapin (corps 30 cm, queue 20 cm).
- Ses mœurs sont féroces. Il a presque complètement détruit, dans nos régions, le rat noir, qui en fut l’hôte pendant toute la période du moyen âge. Ses instincts ne s’adoucissent point en captivité; tout individu malade ou affaibli est immédiatement tué et mangé par les sujets les plus forts. Il arrive fréquemment que les femelles qui, en cage, ne peuvent s’isoler dans leur trou, comme elles le font à l’état libre, laissent dévorer leurs petits par les autres membres de la colonie, même lorsque celle-ci est abondamment pourvue de vivres.
- Si l’on songe que la femelle a deux ou trois portées de 4 à 8 petits par an, que ceux-ci sont en état de se reproduire à 3 mois, que le surmulot est omnivore et qu’enfin sa férocité n’a d’égale que son intelligence, on se rend compte des dégâts terribles que peuvent causer les millions d’individus qui peuplent le globe. Cela, d’autant plus qu’il s’agit d’un animal, qui, loin de fuir devant la civilisation, s’est, au contraire, adapté aux conditions de la vie moderne, et qui a appris à connaître et, partant, à éviter, la plupart des moyens que nous mettons en œuvre pour sa destruction.
- Il faut observer, par contre, que le rat est extrêmement sensible au manque de nourriture au point qu’il ne peut pas supporter plus de quelques jours de jeûne. C’est ce qui explique que les rats qui foisonnaient sur le front pendant la guerre aient disparu très rapidement lorsque les péripéties de la lutte amenaient l’abandon des tranchées et, par voie de conséquence, la disparition des détritus résultant de l’occupation par les troupes.
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- Devant les dégâts causés principalement par le surmulot dont la pullulation peut, dans certains cas. prendre l’aspect d’un véritable fléau et qui joint à son rôle de grand destructeur celui d’agent actif de la propagation de la plus redoutable des maladies épidémiques, la peste, on s’est préoccupé de tous temps de détruire les rats par les moyens les plus divers.
- Les pièges, de modèles variés, sont d’un emploi commode, mais n’ont qu’une efficacité très réduite, ainsi qu’on a pu le constater par exemple pendant la guerre.
- Les chiens ratiers donnent un rendement appréciable, mais leur emploi ne peut pas être généralisé, leur existence même comportant des sujétions.
- On emploie couramment des appâts empoisonnés par le phosphore, l’arsenic ou la strychnine. Mais ce moyen présente le grave inconvénient d’être dangereux pour les chiens, les chats, les animaux domestiques en général et même les enfants.
- Il restait, jusqu’à ces dernières années, à découvrir des produits de nature chimique ou bactérienne agissant spécifiquement sur le genre rat et capables de détruire celui-ci à l’exclusion de tout autre. Pratiquement, la question paraissait à peu près insoluble, étant donné la proche parenté qui unit les rats aux autres rongeurs, dont certains représentants, comme les lapins, sont à préserver soigneusement des effets des produits employés.
- Deux solutions y ont cependant été apportées, il y a quelques années par M. Danysz, chef du Service de microbiologie agricole à l’Institut Pasteur de Paris, qui s’est consacré depuis plus de 30 ans à la destruction des rongeurs de tous ordres et dont les beaux travaux, aujourd’hui universellement connus, font autorité en la matière.
- La première en date repose sur les données les plus modernes de la bactériologie. M. Danysz est parvenu à isoler dans le groupe des paratyphiques un microbe qui possède la propriété d’être d’une virulence extrême pour tous les animaux du genre rat, tandis qu’il ne peut se développer chez aucun des autres genres zoologiques.
- La question particulièrement délicate de la conservation d’une culture vivante et virulente de cette bactérie fut résolue par M. Danysz d’une façon aussi heureuse que sa'découverte même et c’est par milliers d’hectolitres que sont distribués chaque année, dans le monde entier, les bouillons ensemencés pour la destruction des rats ou des campagnols. On arrive à créer ainsi artificiellement de véritables épidémies qui déciment ces animaux dans toute une région, dès que quelques représentants de leur espèce ont absorbé les appâts préparés à leur intention.
- La seconde solution, plus récente et peut-être plus inattendue, consiste dans l’emploi d’un principe toxique extrait d’oignons appartenant à certaines plantes de la famille des Liliacées.
- Ce principe présente une toxicité extrême pour tous les représentants du genre rat, tandis qu’il est nécessaire d’en faire absorber des quantités considérables aux différents autres animaux pour qu’ils en ressentent les effets.
- Une propriété, non moins intéressante, de l’extrait végétal obtenu par M. Danysz, réside dans le goût prononcé qu’ont les rats pour ce produit, alors qu’ils se défient ordinairement
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- des différents toxiques employés pour leur destruction.
- Il s’est révélé, à l’usage, extrêmement efficace : c’est ainsi que des essais faits pendant la guerre sur le front, dans une portion de terrain de 3 hectares environ, pendant une durée de 4 mois, ont amené la destruction quotidienne de 370 rats en moyenne (A. Cayrel et Lesbre. « Résultats d’une campagne de destruction des rats dans un secteur de Corps d’Armée sur le front », Bulletin de la Société de Biologie, séance du 6 mai 1916, p. 370). Et pendant ce temps, l’emploi du toxique n’a provoqué aucun malaise ni aux hommes qui en étaient chargés, ni aux chiens qui attrapèrent les rats malades.
- L’usage de l’un ou l’autre des deux procédés dépend des circonstances. L’extrait toxique ne détruit que les animaux qui l’ont absorbé; son rendement est donc inférieur à celui du virus. Par contre, étant fabriqué sous la forme d’une pâte livrée en boites métalliques, il se prête
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- mieux aux transports à longue distance. Il conserve, en outre’ son efficacité plus longtemps que le virus.
- Nous disposons donc actuellement, grâce à M. Danysz, de deux moyens extrêmement efficaces pour lutter contre nos redoutables petits ennemis, et cela sans danger, puisque ces procédés sont sans action, tant sur nous que sur les espèces domestiques.
- Il est ainsi permis d’espérer que, de même que la lutte conduite dans les pays chauds contre les anophèles a amené une réduction considérable de la fréquence des cas de fièvre jaune, une campagne systématique conduite contre les rats à l’aide des moyens que nous venons d’indiquer pourra entraîner la disparition progressive des épidémies de peste. Ce sera un nouveau titre de l’Institut Pasteur et de sa pléiade de savants à la reconnaissance des hommes.
- Claude Bussard.
- NOS LÉGUMES
- Dans cette étude sommaire de nos principaux légumes, je n’ai pas pour but d’indiquer aux lecteurs de La Nature la pratique de leur culture, de nombreux traités et publications horticoles l’ont fait ou le font tous les jours avec la plus grande compétence. Je me propose tout simplement d’esquisser rapidement un certain nombre de faits intéressants qu’ignorent souvent ceux qui ne sont pas initiés, professionnellement ou théoriquement, à l’étude des plantes potagères.
- Ces faits, qui peuvent se scinder en trois parties : thisto-rique, économique, utilitaire, consisteront, pour la première, en quelques documents particulièrement évocateurs de certaines étapes ou phases de l’existence dé ces végétaux à travers les âges, et, pour les deux autres parties, en différentes modalités comprenant leurs production et rendement, leurs emplois et valeur alimentaires ainsi que leurs propriétés médicinales, quand il y aura lieu.
- Autant que possible, je suivrai l’ordre de leur production naturelle.
- Enfin, aveu qui m’est agréable à faire, je dirai que la plus grande partie de mes renseignements étymologiques, historiques, littéraires, archéologiques, etc., si succincts qu’ils soient, présenteront toujours un réel intérêt, parce qu’ils seront tirés de Y Histoire des Légumes (l), de mon érudit ami, M. Georges Gibault, bibliothécaire de la Société nationale d’Horticulture de France. Je ne saurais trop recommander cet ouvrage aussi apprécié à l’étranger qu’en France, car, tout en étant d’une lecture attrayante, il est bourré de documents de toute nature pris aux meilleures sources et englobe tout ce qui, de loin ou de près, se rattache aux légumes, ce que l’on ne saurait, actuellement, trouver réuni ailleurs.
- ASPERGE
- Histoire. — Le délicat légume que l’on nomme asperge n’est, botaniquement parlant, qu’un « turion », c’est-à-dire une jeune pousse souterraine non ramifiée de ce végétal, blanchie par un buttage et cueillie au moment où elle commence à sortir de terre.
- L’ensemble de cette partie souterraine constitue une griffe.
- L’asperge de nos jardins descend d’une espèce indigène, l’asperge officinale (Asparagus officinalis L.) Asparaginées, qui se plaît particulièrement dans les terrains sablonneux et incultes*
- Son nom vient du grec; Théophraste parle d’une plante nommée « Asparagos » d’où est venu le latin Asparagus et le français asperge, dont la forme primitive la plus répandue dans la littérature française des xv° et xvie siècles est « Esperge » ou « Esparge ». Rabelais et Mathiole faisaient ce nom du genre masculin comme Y Asparagus latin.
- La culture de l’asperge date de plus de 2000_ans; elle a peut-être existé en Egypte. En tout cas les égyptologues ont cru reconnaître la plante dans plusieurs représentations, bas-reliefs ou peintures. Chez les Romains, Caton, dans son ouvrage sur l’Economie rurale, enseigne très clairement la
- manière de cultiver l’asperge. Au début de l’Empire romain, Pline disait déjà que « de toutes les herbes potagères, c’est la plus délicate à manger et celle que l’on cultive avec le plus de soins ».
- En Europe, sa culture a dû commencer assez tard dans les vallées du Rhin et de l’Escaut comme le témoignent le nom des vieilles races perfectionnées : Asperge de Hollande, A. d’Allemagne, A. d’Ulm, etc., qui ont été probablement importées en France par la Flandre française. Elles ont pu pénétrer dans les potagers du Nord de la France au xve siècle et au xvie siècle dans ceux du Midi.
- La description qu’ont faite de sa culture Olivier de Serres et Ch. Estienne montre qu’elle était très défectueuse de leur temps.
- La grosse asperge, dont il n’existe que deux races principales : l’Asperge violette de Hollande et l’asperge d’Argen-teuil hâtive ou tardive, n’a été introduite chez nous qu’au commencement.du jcvjne siècle et. elle ne s’est vulgarisée que plus tard.
- 1. Georges Gibault. Histoire des Légumes. Librairie agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, Paris, 1912.
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- C’est aussi, vers 1800, que cette culture, très ancienne dans les localités d’Epinay, Bezons, Argenteuil, a pris une grande extension. Argenteuil jouit depuis nombre d’années d’une réputation mondiale.
- Le premier qui força l’asperge paraît être La Quintinie. Il pratiquait cette opération sur couche et sous châssis et servait ce légume sur la table de Louis XIY dès le mois de décembre.
- Ce n’est guère qu’à l’époque de la Révolution que la culture maraîchère a commencé à chauffer l’asperge blanche.
- C’est à Saint-Ouen que l’asperge verte, très recherchée par l’art culinaire sous le nom d’asperge aux petits pois, a été cultivée primitivement vers 1800.
- Production♦ — Principales régions. — La culture de l’asperge, si répandue dans nos jardins, occupe, au point de vue commercial dans toutes les régions de la France, une surface assez étendue que l’on évaluait avant la guerre à plus de 7000 hectares. D’après la dernière Statistique agricole annuelle publiée par le Ministère de l’Agriculture, les 10 départements que l’on peut compter parmi les plus grands producteurs, tant par le nombre que par l’importance des aspergeries, sont, par ordre alphabétique : Bouches-du-Rhône, Charente-Inférieure, Côte-d’Or, Drôme, Indre-et-Loire, Loiret, Loir-et-Cher, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Vaucluse.
- Entre ceux-ci, il faut en distinguer trois qui sont vraiment hors de pair par la production et la valeur de leurs produits :
- Loir-et-Cher . 42 560 quintaux valant 12 768 000 fr., Vaucluse. . . 31 810 — — 9543000 fr.,
- Seine-et-Oise. 9 368 — — 1 405 200 fr.
- Les prix moyens du quintal étaient respectivement 300, 200, 150 francs.
- D’après la dernière Statistique agricole, j’ai constaté que la production totale s’était élevée à 119 430 qx qui, au prix moyen de 292 fr. le quintal, avait atteint la somme globale de 34 873 560 fr. On voit par là que l’asparagiculture a une réelle importance pour certaines régions de notre pays et qu’elle y constitue une culture rémunératrice.
- Rendement et prix de vente. — Dans un jardin, avec un espacement de 1 m. de tous côtés, on peut récolter jusqu’à 600 gr, et plus par pied, avec un écartement moindre ce chiffre retombe entre 450 et 550 gr. En grande culture, un hectare produit de 4500 à 6500 kg de turions de toutes grosseurs qu’il convient de classer en trois catégories : belles, moyennes, petites. (J. Vercier.)
- Les prix de vente varient excessivement avec la précocité, la beauté et l’abondance des arrivages des produits. Les asperges de primeurs ont atteint des prix fabuleux. On les a cotées aux Halles, au début de janvier, 110 à 320 fr. la botte! Mais elles sont tombées vers la fin du mois entre 100 et 300 francs. Les pointes d’asperge se sont maintenues entre 6 fr. et 7 fr. 50. En vrac, les 100 kg ont valu en avril 1000 à 1800 fr. ; au début de mai 450 à 800 (600) ; puis 250 à 550 (400).
- Variétés. — Elles sont assez nombreuses, car il n’est guère d’années qui n’en voie naître de nouvelles, mais il en est cinq bien connues depuis longtemps ; ce sont :
- L'Asperge d’Argenteuil hâtive qui a été obtenue par sélection de semis de l’asperge de Hollande. C’est la plus cultivée et la plus estimée et c’est celle que l’on doit préférer.
- L'Asperge d’Argenteuil tardive qui donne également de
- belles et grosses pousses. Elle est appelée tardive parce qu’elle continue de fournir de remarquables pousses alors que l’asperge d’Argenteuil hâtive n’en donne plus que de médiocres.
- L'Asperge commune (A. verte, A. d’Aubervilliers) a des pousses minces et pointues, se colorant rapidement en vert.
- A eiter encore l’asperge de Hollande et l’asperge blanche d’Allemagne cultivées et estimées surtout dans leurs pays respectifs. Mais les asperges de France, quelles que soient leur couleur et leur grosseur, sont universellement appréciées des connaisseurs.
- Utilisation. — L’asperge a toujours été considérée comme le premier des légumes de luxe par son parfum très fin et sa chair tendre et savoureuse. Les Romains estimaient surtout les asperges de Ravenne qui pesaient jusqu’à un tiers de livre. Les gourmets les mangeaient alors très peu cuites, au moyen d’une ébullition si rapide qu’elle était passée en proverbe.
- Rabelais aimait beaucoup les « esperges ». Au temps de la Ligue, on reprocha à Henri III, parmi d’autres griefs mieux fondés, de faire servir des asperges et des artichauts dans les somptueux banquets qu’il offrait à ses mignons.
- De nos jours, l’asperge a conservé la même faveur, et les gourmets, s’ils pouvaient établir une comparaison entre les légumes et les fleurs, ce serait, bien probablement, pour dire que l’asperge est aux premiers ce qu’est la rose aux secondes, c’est-à-dire leur reine incontestée. Malheureusement, elle n’est guère recommandable aux petites bourses à cause de son prix généralement élevé et de sa faible valeur nutritive.
- Usages. — En France, les asperges blanches à tête rose ou violette sont habituellement préférées. On les accommode, après cuisson, de différentes façons : sauce blanche, sauce mousseline, sauce tomate, à la vinaigrette, en omelette, au jus de viande, aux petits pois, mais dans ce dernier cas il faut disposer d’asperges vertes.
- D’aucuns prisent la soupe préparée avec le bouillon résultant de la cuisson des turions.
- Enfin, l’industrie transforme les asperges en branches en conserves ou les soumet au séchage.
- Composition et propriétés. — L’asperge renferme des nucléines, de la mannite, de l’asparagine, de l’acide aspartique et une substance volatile qui communique une odeur très désagréable aux urines. (Qu’il me soit permis à ce sujet de rappeler qu’il est possible de transformer cette odeur en une sorte de parfum assez semblable à celui de la violette, en ajoutant, au moment opportun, dans le vase récepteur, un peu d’essence de térébenthine.)
- L’asparagine est tenue par certains auteurs comme le principe actif des rhizomes et des turions, à côté de substances amères et apéritives.
- D’aucuns ont considéré l’asperge comme un diurétique ayant une action favorable sur les reins et le cœur, mais certaines expériences ont montré que ses composants peuvent irriter les artères et les reins, aussi la prudence doit-elle interdire ce légume aux vieillards, aux goutteux et surtout aux albuminuriques.
- La racine d’asperge a été employée comme diurétique, soit en décoction à la dose de 60 gr. par litre, soit en extrait aqueux 1 à 5 gr. par jour; quant aux turions, ils servent encore à préparer, au titre de sédatif du cœur, comme l’a préconisé Broussais, un sirop dont on peut prendre 30 à 50 gr. par 24 heures. A. Truelle,
- Membre de l’Académie d’Agriculture.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- Les modifications du Code de la route.
- On connaît les principales règles concernant la circulation automobile indiquées par le Code de la route du 31 décembre 1922.
- Trois importantes modifications viennent d’être apportées à cette réglementation.
- La première se rapporte aux bifurcations et croisées de chemins ; toutes les priorités indiquées antérieurement sont annulées et la règle est devenue fort simple : le conducteur d’une voiture est tenu de céder le passage au conducteur venant sur la voie située à sa droite. D’ailleurs, cette règle est depuis longtemps appliquée dans les grandes villes, et particulièrement à Paris.
- La deuxième modification du Code de la route concerne l’éclairage par les feux de position.
- Antérieurement, tout véhicule automobile, autre qu'une motocyclette, devait être muni dès la chute du jour, et même à l’arrêt, de deux lanternes à feu blanc à l’avant, et d’une lanterne à feu rouge placée à gauche à l’arrière.
- Cette règle était assez gênante pour les propriétaires d’automobiles dont les véhicules avaient à effectuer un long stationnement, par suite de l’usage des lanternes électriques et de la décharge des accumulateurs correspondant à l’allumage des ampoules des lanternes pendant un arrêt prolongé.
- C’est pourquoi nous avons déjà indiqué récemment que l’on avait maintenant l’habitude d’employer des petites lanternes de feux de position donnant à l’avant un feu blanc et vers l’arrière un feu rouge, et placées sur le côté ou sur un pare-boue de la voiture.
- Ces petites lanternes sont munies d’ampoules à incandescence à très faible consommation, ne causant donc qu’une décharge infime des batteries. Mais l’usage de ces feux de position,. bien que toléré, n’était pas réglementaire et le décret du 12 avril dernier vient seulement de lui donner la consécration légale.
- Enfin, la troisième modification détermine les conditions de délivrance et de retrait du permis de conduire, qui constitue le certificat de capacité du conducteur.
- Ces conditions sont déterminées plus exactement de façon à pouvoir faire jouer plus souvent une sanction utile et quelquefois indispensable.
- Nous avons indiqué, d’ailleurs, dans une chronique récente, tout l’intérêt de cette mesure à propos de la vitesse limite en automobile.
- La réfection des routes françaises.
- On connaît le déplorable état actuel de notre réseau routier, et le Parlement a voté en 1927 un crédit de 30 millions pour la réfection de ce réseau.
- Cette somme est relativement très faible étant donnée l'importance du travail à accomplir et l’on propose, d’ailleurs, deux méthodes bien distinctes pour employer au mieux ces crédits.
- Une partie des usagers de la route et, en particulier, les membres de l’actif Automobile Club de l'Ouest, désireraient, avec raison semble-t-il, que la plus grande longueur possible de routes soit mise rapidement en état, mais d’une manière plus ou moins superficielle, à l’aide de goudronnage, bitume ou silicate de soude.
- Mais l’Administration des Travaux Publics semble préférer la méthode anglaise, c’est-à-dire qu’au lieu d’effectuer des rechargements plus ou moins renforcés, elle désire
- transformer complètement les routes au môyjpn de revêtements asphaltiques et de chaussées en béton de ciment.
- Malheureusement, l’établissement d’une rouie moderne de ce genre est extrêmement onéreuse, et les crédits actuels sont insuffisants pour établir un grand nombre de chaussées de ce type.
- D’autre part, s’il semble bien indispensable d’avoir recours à ce genre de procédés pour les routes à gros trafic, des environs de Paris par exemple, qui exigent vite une réfection dispendieuse à la suite d’un simple rechargement, il est indéniable que, dans une grande partie de la France, des moyens beaucoup plus économiques pourraient être appliqués à l’heure actuelle ; ils permettraient d’obtenir un réseau routier généralement très amélioré et, en somme, très -suffisant, étant donné l’état financier actuel, au lieu
- Fig. 1. — Cet amortisseur tubulaire en caoutchouc armé (a) comporte un ressort métallique à spires aplaties (b) « noyées » dans la masse élastique, comme le montre la coupe c.
- d’avoir seulement quelques kilomètres de route « en or » comme les appellent les techniciens de l’automobile.
- Un nouvel amortisseur en caoutchouc.
- L’usage des amortisseurs en caoutchouc est très souvent utile sur un véhicule automobile, par exemple pour empêcher les essieux de venir frapper le châssis au moment des chocs, pour isoler le bloc moteur, etc....
- Les amortisseurs en caoutchouc ordinaires sont assez peu durables, et leur élasticité n’est même pas très grande, lorsqu’on est obligé de les choisir d’un diamètre assez important.
- On vient d’établir un nouveau modèle d’amortisseur en caoutchouc présentant la particularité de posséder à la fois
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- les propriétés d’un amortisseur en caoutchouc et celle d’un ressort métallique.
- Cet amortisseur a la forme d’un cylindre creux avec une armature en forme de ressort à boudin constitué par une lame de métal dont le rapport entre la largeur et l’épaisseur est très grand (fig. 1).
- L’adhérence de la partie élastique sur le métal est assurée par le traitement dé l’armature et une vulcanisation appropriée.
- Un servo-débrayage à pose rapide.
- Dans certaines voitures lourdes, et même dans quelques véhicules de petite puissance, la manœuvre de la pédale d’embrayage-débrayage est souvent très fatigante, surtout pour les conducteurs féminins si nombreux aujourd’hui.
- On peut diminuer l’effort nécessaire pour la manœuvre d’embrayage et de débrayage au moyen d’un petit accessoire qui se fixe d’une part sur la pédale de débrayage, d’autre part sur le tablier de la voiture (fig. 2).
- Au moyen d’un système de leviers et d’un ressort compen-
- Fig. 2. — Un petit accessoire simple fixé à la pédale d!embrayage et au tablier d’une automobile permet d'augmenter la progressivité de la manœuvre d’embrayage et de diminuer l'effort nécessaire vour effectuer cette manœuvre.
- sateur, cet appareil permet d’augmenter la 'progressivité de la manœuvre en supprimant presque complètement l’effort nécessaire et la fatigue qui en résulte, surtout pour la conduite prolongée dans les villes.
- Épuration d'air et filtre à huile.
- Nous avons plusieurs fois indiqué les avantages de l’épuration d’huile de circulation d’un moteur, et aussi de l’air arrivant au carburateur de ce moteur pour augmenter la durée de bon fonctionnement d’une automobile.
- L’huile qui circule dans le moteur se charge en effet très vite d’impuretés de toutes sortes et de particules de carbone plus ou moins divisées, et, en partie, tellement fines qu’on peut les considérer à l’état colloïdal.
- Pour effectuer, dans ces conditions, une épuration complète de l’huile de graissage, il faudrait employer un épurateur centrifuge et l’épuration ne serait même pas complète.
- On peut cependant, au moyen d’un appareil beaucoup plus simple, effectuer une opération peut-être moins complète mais cependant utile, et permettant d’augmenter la durée
- Fig. 3. — Un épurateur d'huile très simple permet d'augmenter la durée d’utilisation de l’huile d’un moteur et de diminuer l’usure des pièces en mouvement.
- d’utilisation de l’huile du carter tout en assurant un graissage excellent de toutes les pièces en mouvement du moteur
- Ce filtre se compose d’un récipient métallique contenant un sac en tissu spécial à trame très serrée renfermé lui-même dans une toile métallique de protection.
- L’appareil est alimenté par une conduite branchée en dérivation sur la canalisation principale traversée par l’huile débitée par la pompe.
- L’huile provenant du carter arrive sous pression au filtre (1, fig. 3), puis elle entre dans les canaux du sac, les dilate
- Fig. 4. — L'épurateur d’air se place en avant du carburateur et filtre les poussières qui vourraient amener une usure des pièces.
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- et se filtre à travers toute la surface du tissu, les impuretés se déposent sur la face intérieure du sac (2, fig. B).
- Après épuration, l’huile passe à travers le treillis cylindrique protégeant le sac contre une tension excessive (3, fig. 3), elle entre dans le réservoir (4, fig. 3) et retourne au carter par la tuyauterie indiquée en 5 sur la figure 3. Un robinet 6 permet de régler l’écoulement de l’huile à travers le filtre, afin d’éviter de troubler le fonctionnement de la circulation d’huile.
- Le principe d’un épurateur d’air efficace peut être également très simple, il est basé sur l’action de la force centrifuge sur des corps de densité différente, à savoir l’air et la poussière qu’il contient.
- L’aspirateur a la forme d’un cylindre adapté au tuyau d’arrivée d’air du carburateur, et il est muni d’un côté d'au-bages fixes inclinés,
- L’air aspiré par le moteur traverse les aubages et acquiert un mouvement tourbillonnaire (1, fig. 4).
- - La force centrifuge rejette alors les poussières plus lourdes que l’air contre les parois latérales du cylindre et le tourbillon hélicoïdal chasse la poussière contre le fond de l’épurateur (2 et 3, fig. 4).
- La poussière en tourbillonnant est alors projetée dans la fente ménagée à cet effet dans la paroi (4, fig. 4).
- L’air ainsi purifié et aspiré par le moteur regagne la partie centrale de l’appareil, où un déflecteur redresse le tourbillon et il s’achemine alors normalement vers le carburateur (5 et 6, fig. 4).
- Jauge à distance très simple.
- On a l'habitude, le plus souvent, d’utiliser maintenant des jauges d’essence à distance placées sur le tablier de contrôle de l’automobile, et d’un usage très pratique ; ces appareils plus ou moins complexes sont basés sur des principes très différents dont nous avons déjà indiqué quelques-uns dans notre chronique.
- Yoici encore un. modèle très simple dont la pose est facile et dont les indications sont précises.
- Le système se compose d’un flotteur F relié par un tuyau souple à un raccord A fixé sur le réservoir d’essence (fig. 5).
- Le tuyau souple S met en communication deux petits réservoirs B et C.
- Le premier B est fixe, et il est relié à la canalisation A allant au manomètre.
- Fis;. 6. — Ce strapontin démontable présente la particularité d’avoir un siège monté sur ressorts ; les pieds sont mobiles et coulissent dans des glissières métalliques (a); on voit en (b) le détail des ressorts
- amortisseurs.
- Fig. 5. — Le fonctionnement de cette jauge d’essence à distance est basée sur un principe de mesure d’une pression d’un gaz dans un récipient de volume variable suivant le niveau de l'essence.
- Le deuxième réservoir C est mobile ; il est solidaire du flotteur, et il suit donc les variations du niveau de l’essence, il est ouvert à sa partie supérieure et recouvert d’une peau de chamois, qui laisse passer l’air et l’essence, mais arrête le mercure.
- La partie agissante de l’appareil est constituée par du mercure emplissant les deux réservoirs et la canalisation S, et la forme des réservoirs est étudiée de façon que la surface libre du mercure soit sensiblement constante, quelle* que soit la position du réservoir.
- D’autre part, le mercure est maintenu en équilibre par la dépression qui règne dans la canalisation allant au manomètre et la dénivellation est indiquée par la hauteur H. La dépression nécessaire pour équilibrer le poids du mercure à la hauteur H est, d’ailleurs-, de l’ordre de 200 grammes, et cette dépression est mesurée par l’indicateur qui n’est, en somme, qu’un manomètre peu. fragile.
- Lorsque le niveau de l’essence varie dans le réservoir, le flotteur se déplace et fait varier la hauteur H du mercure, d’où un déplacement de l’aiguille de l’indicateur, déplacement qui permet de graduer l’appareil expérimentalement suivant la forme du réservoir.
- Strapontin à ressorts.
- Nous avons décrit récemment un modèle de strapontin amovible pratique et de forme spécialement étudiée et ces accessoires sont très souvent employés, surtout par les familles nombreuses.
- Ces strapontins sont pourtant très inconfortables, quelquefois, parce qu’ils ne sont pas munis de ressorts, et ne protègent pas les occupants contre les cahots de la route.
- Un nouveau modèle de ces appareils vient d’être établi et possède cependant un dispositif amortisseur très simple qui sera sans doute apprécié des voyageurs épris de confortable (fig. 6).
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Amortisseurs en caoutchouc armé. Etablissements H. Weydert, 21, rue du Président-Wilson, Levallois-Perret (Seine).
- Servo-débrayage. Sedbi, 4, rue Barbés, Courbevoie (Seine).
- Epurateurs d’huile et d’air. Société des bougies À. C. Titon, 129, boulevard de Lorraine, Clichy (Seine).
- Jauge O. S. Etablissements Seignol, 17, rue Duret, Paris.
- Strapontin perfectionné. Etablissements Marvel, 42, rue des Petites-Ecui'ies, Paris.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Cuirassé et avion.
- Les principales marines de guerres actuelles se posent depuis quelques années le problème suivant : l’avion est-il ou non dangereux pour le navire de guerre, en tant que porteur de bombes ou de torpilles ?
- De nombreux essais furent tentés ; seuls les résultats de ceux effectués aux Etats-Unis sont publiés. Ces [essais portaient sur la possibilité d’atteindre le but et de le détruire ; ils étaient faits sur des navires américains désaffectés, et sur des navires livrés par l’Allemagne.
- Sur Vlndiana, 100 bombes inertes furent lancées de 1200 m. ; 11 allèrent au but, 4 à moins de 15 m. ; des charges placées aux points d’impact coulèrent le navire.
- Sur l’Oest-Friedland, 52 bombes furent lancées (de 113 à 272 kg) : 13 au but, 4 seulement explosent sans causer d’avarie majeure. Puis sur 7 bombes de 907 kg, 2 tombent au voisinage du navire et le coulent.
- Sur Ylowa, dirigé par T. S, F. et marchant à une vitesse de 9 nœuds 75 bombes inertes sont lancées d’une hauteur de 1200 m. 2 vont au but, et 15 à moins de 20 m. du but.
- Les conclusions sont les suivantes : les bombes légères et moyennes sont inefficaces ; les bombes lourdes lancées de plus de 3000 m. et tombant au voisinage du but (moins de 20 m.) sont les plus efficaces. Il faut de plus remarquer que les conditions météorologiques étaient bonnes, que la défense antiaérienne 'des navires était nulle, que les navires [étaient anciens, donc de défense sous-marine faible, qu’ils étaient arrêtés (sauf Ylowa), enfin que les appareils de visée des avions ont fait depuis de sérieux progrès.
- En septembre 1921, de nouvelles expériences sont effectuées sur YAlliabama, cuirassé en ordre de combat, avec des explosifs et (des animaux à bord. Les résultats sont les suivants :
- Les bombes fumigènes fonctionnent’mal, les bombes incendiaires au phosphore et les bombes lacrymogènes donnent de très bons résultats, les bombes éclairantes gênent les aviateurs, les bombes de démolition légères sont dangereuses pour les superstructures, deux bombes de démolition de 450 kg enlèvent la cheminée, la passerelle et le mât avant, enfin une bombe de démolition de 907 kg lancée de 450 m, tombant par le travers du navire le coule en 35 secondes.
- En 1923, de nouvelles expériences effectuées sur le Virginia et le New-Jersey donnent .les résultats suivants :
- Sur 251 bombes lancées de 1800 m., 55 sont au but, et 50 dans la zone d’efficacité. Les appareils sont des bombardiers Martin à deux moteurs Liberty de 400 ch;leur rayon d’action est de 400 km. à 130 km.-h. Leur charge utile de 2200 kg ; ils sont armés de 5 mitrailleuses Lewis.
- Ces résultats tendent à montrer que l’avion est loin d’être un ennemi négligeable pour le cuirassé : celui-ci devra donc utiliser tous les moyens de défense : avions de chasse, artillerie anti-aérienne, évolutions rapides, variations de vitesse, rideaux de fumée, etc., il deviendra une proie facile pour l’avion torpilleur de demain, venant poser sa torpille au ras de l’eau, à bonne distance de l’ennemi, puis remontant à haute altitude, pour amener au but par T. S. F. le projectile ainsi mis à l’eau.
- La 3e traversée de VAtlantique en avion
- Après Lindbergh, après Chamberlin et Levine, l’Atlantique vient d’être traversé une 3e fois par un avion américain.
- h’America qui vient de réussir ce bel exploit était monté parle commandant Byrd, chef tde l’expédition, déjà célèbre
- par son voyage au pôle Nord en avion, et par 3 pilotes : Noville, Bert Acosta et Balchen. La traversée s’est faite par un temps très mauvais; l’avion, parti de New York le 29 juin à 10 h. 24 (heure de Paris), s’est trouvé, à partir de Terre-Neuve, plongé presque constamment dans la brume et dans les embruns, et pendant 19 heures les pilotes n’aperçurent ni terre, ni eau. Néanmoins, le 30 juin vers 20 h. 30, ils arrivaient au-dessus de Brest, ayant suivi rigoureusement l’itinéraire fixé. Un poste de T. S. F. leur avait permis de se maintenir en communication avec les postes de terre ou de navires. Arrivés à proximité de Paris, vers minuit, ils s’égarèrent dans la brume, et finalement vinrent amérir brutalement, en pleine obscurité, à 2 h. 30, près de Yer-sur-Mer (Calvados). Grâce à leur sang-froid, les 4 aviateurs purent se tirer de ce pas difficile, mettre à l’eau un petit canot en caoutchouc, sauver le courrier, les notes de voyage, et un drapeau américain offert au Président de la République, puis gagner la côte, après avoir accompli le plus héroïque, le plus dramatique et le plus savant des grands voyages aériens jusqu’ici réalisés.
- L'America est un Fokker à 3 moteurs Wright de 220 ch, à refroidissement par air. Son envergure est de 21 m. 60. Il pèse 2550 kg à vide et 6240 kg en charge. Les ailes sont en bois contreplaqué.
- L’avion est à double commande. Les moteurs sont visita-bles en vol. Le poste des pilotes est aménagé pour permettre non seulement le pilotage, mais l’émission et la réception des signaux de T. S. F., l’étude des cartes, etc. Des vivres pour 3 semaines et une pharmacie avaient été embarqués.
- Conclusion des traversées transatlantiques.
- Les traversées de Lindbergh et de Chamberlin ont été pour l’Europe la révélation des conceptions américaines de l’aviation commerciale, au triple point de vue de la forme générale, de l’aménagement et de la puissance.
- La forme générale des deux appareils (Ryan et Bellanca) est bien connue : monoplan à aile raccordée à la partie supérieure du fuselage, et soutenue par des mâts inclinés (mâts formant surface portante dans le Bellanca). Cette disposition de la voilure donne à l’ensemble des qualités aérodynamiques supérieures (essais du Laboratoire de Gôttingen) ; elle permet une construction simple réduisant au minimum les résistances à l’avancement dues aux haubans et cordes à piano ; enfin elle apporte une augmentation de visibilité considérable.
- La construction du fuselage en tubes d’acier soudés à l’autogène, classique à l’étranger, mais interdite en France, donne une grande robustesse et un entretien nul : deux qualités intéressant l’aviation commerciale.
- L’aménagement du poste de pilotage en conduite intérieure, diminue dans de grandes proportions la fatigue du pilote, donc augmente le rendement du personnel ; il améliore sensiblement la finesse de l’apparsil, en rendant possible un capotage parfait.
- La puissance utilisée, 200 ch. pour le transport de quatre passagers, donne une consommation d’environ 10 litres d’essence par passager pour 100 km. De tels chiffres sont considérés jusqu’ici en France comme une impossibilité commerciale.
- La création d’un matériel économique est le facteur principal dans l’organisation d’un réseau aérien ; les réseaux étrangers (allemands et américains) et les raids transatlantiques nous montrent les possibilités d’un tel matériel ; souhaitons que leur exemple ne soit pas perdu.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- T. S. F.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La T. S. F. en Argentine.
- La République Argentine n’est plus le pays des « pampas » où des « gauchos », montés sur des chevaux ardents, capturent au « lasso » des chevaux sauvages, ou galopent derrière leurs immenses troupeaux.
- Pays essentiellement agricole, l’Argentine est devenue pourtant aussi une nation industrielle moderne. Buenos-Ayres possède un métro et d’immenses « gratte-ciel » ; les chevaux sont remplacés par des tracteurs et des automobiles, et les services aériens utilisent plus de 25 aérodromes.
- Un de nos fidèles lecteurs de Buenos-Ayres, M. Napoléon Duclout, nous a adressé une intéressante communication sur le développement industriel de ce pays, et sur l’organisation de la radio-diffusion, qui prend une importance de plus en plus grande.
- Il existe actuellement une douzaine de stations de « broad-
- Fig. 1. — Le Speaker du poste de Radio-diffusion du journal La Nation à Buenos-Ayres.
- casting » qui sont entendues également au Pérou, en Bolivie, au Chili et même au Canada.
- De grands journaux, comme La Nation possèdent des postes émetteurs, et notre photographie représente le speaker de la station T. O. Z. de ce dernier journal envoyant par ce moyen des informations sur l’arrivée du célèbre commandant aviateur de Pinedo à Buenos-Ayres; le speaker parle d’ailleurs au dix-huitième étage de l’immeuble !
- Ces informations radiophonées sont extrêmement appréciées des provinciaux qui souvent reçoivent les journaux avec plus de huit jours de retard étant donnée la difficulté des communications !
- Cette station T. O. Z., qui transmet le compte rendu de touslesévénementssportifs, matches defoot-ball, de boxe, etc., peut d’ailleurs être reliée par câble sous-marin à Montevideo, et cette opération a été effectuée, par exemple, lors du raid aérien New-York-Buenos-Ayres.
- Lf Almelec
- Nouvel alliage léger, à base d’aluminium, pour fils et câbles conducteurs.
- L’aluminium est aujourd’hui très employé par l’industrie électrique pour constituer les conducteurs des lignes de transport de force. Seul le prix, variable suivant les moments, dicte aujourd’hui aux constructeurs leur préférence pour le cuivre ou l’aluminium.
- Cependant bien des chercheurs s’efforcent depuis longtemps d’améliorer encore les propriétés de l’aluminium comme conducteur électrique, en fabriquant des alliages offrant une résistance plus grande à la rupture. Ces efforts ont été, pour la plupart, malheureux, parce que le plus souvent les alliages offrant une résistance plus grande à la rupture se trouvent avoir en même temps une conductibilité électrique plus faible.
- Ce difficile problème vient d’être résolu d’une façon très heureuse par la Société des Produits Chimiques d’Alais, Froges et Camargue, qui met actuellement sur le marché un nouvel alliage, YAlmelec, convenant spécialement aux lignes électriques.
- L’almelec est un alliage d’aluminium, de magnésium et de silicium ; il contient 98,5 pour 100 d’aluminium pur et environ 1,2 pour 100 de magnésium et de silicium. Cet alliage offre la propriété de prendre la trempe, à la manière de l’acier. Les qualités mécaniques des fils d’almelec sont obtenues par l’action combinée d’un écrouissage à la filière et d’un traitement thermique.
- Les fils ainsi obtenus offrent une dureté sensiblement égale à celle du cuivre écroui et leur charge de rupture par mm2 est de 35 kg, alors que celle des fils de cuivre est de 42 kg et celle des fils d’aluminium est de 20 kg. Leur conductivité électrique reste très élevée, égale à 92 pour 100 de
- celle des fils d’aluminium. Elle est les
- 55
- 100
- de
- celle du cuivre.
- La densité de l’almelec est 2,7, comme celle de l’aluminium, tandis que celle du cuivre écroui est de 8,95.
- Yoici comment un spécialiste des lignes en aluminium, M. Dusaugey, apprécie le nouvel alliage dans une étude que publie la Revue générale d’électricité.
- « De tous les métaux conducteurs actuellement connus, l’almelec est celui qui, pour une conductance et une longueur donnée, présente à la fois la plus grande résistance mécanique et le plus faible poids. Il doit donc s’imposer dans la construction de toutes les lignes aériennes, qu’il s’agisse de grand çéseaux d’interconnexion à très haute tension, de réseaux ruraux, ou de simples lignes télégraphiques et téléphoniques, et il doit par conséquent définitivement supplanter le cuivre dans l’exécution des grands projets d’électrification que l’on semble en ce moment vouloir enfin réaliser. »
- Ajoutons encore que, seul ou associé à l’acier, il permet de réaliser des portées plus grandes que le cuivre, donc de diminuer le nombre des supports, et d’employer des flèches de pose plus réduites, donc de réduire la hauteur des supports ; c’est là une nouvelle source d’économies dans la construction des lignes.
- La première ligne importante en almelec est actuellement en construction dans la Corrèze sur une longueur de 6 km entre la station de Corrèze et l’usine de Bar. Elle comporte 3 câbles de 150 mm2 de section.
- D’autre part, un essai portant sur 400 km de fil va être entrepris par l’administration des Postes et Télégraphes dans le Midi de la France.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Verges et plaques. Cloches et carillons, par H.
- Bouasse. 1 vol. 480 p., 211 fig, Delagrave, éditeur, Paris, 1927. Prix broché : 50 francs.
- Voici le 3e volume que le savant professeur de Toulouse consacre à l'acoustique. La série s’achèvera par un 4e volume annoncé et traitant des tuyaux sonores et instruments à vent. Dans le présent volume, l’auteur étudie d’abord les vibrations longitudinales et transversales des cylindres, ou verges. Puis il traite un certain nombre de problèmes d’oscillations intéressants en pratique, comme celui des arbres tournants et .de leurs vitesses critiques. 11 cherche ensuite comment se déplacent des corps légers ou de petites dimensions sous l’action des mouvements d’une surface vibrante qui les supporte. Cette- analyse permettra d’interpréter les résultats expérimentaux obtenus avec les plaques vibrantes. Il donne la théorie des diapasons, puis d’une façon plus générale celle des verges planes courbes; question fort complexe qui donne à l’auteur l’occasion de critiquer assez sévèrement les divers travaux dont elle a fait l’objet. Quelques mots sur les instruments de musique utilisant des verges : violon de fer, timbres d’orchestre, xylophone, appareils à bouteilles, boîtes à musique, harmonium, etc. Deux chapitres sont consacrés à l’étude des vibrations des plaques, l’auteur résume les travaux essentiels sur cette difficile question, et il s’applique à mettre Un peu d’ordre et à jeter un peu de lumière parmi les résultats assez confus des calculateurs et des expérimentateurs. Le volume se termine par l’étude des cloches et des carillons.
- Les lampes à plusieurs électrodes et leurs applications en radiotechnique, par J. Groszkowski; traduit et adapté du polonais par G. Teyssier. 1 vol. de 350 p., 250 fig. Etienne Chiron, éditeur, Paris, 6e, 1927. Prix : 40 francs. Les lampes électroniques jouent un rôle chaque jour plus grand en radiotechnique et même dans l’électroteclinique ordinaire. Elles ont fait et font chaque jour l’objet de nombreux et importants travaux.
- L’auteur a réuni une vaste documentation sur ce sujet et présente un ouvrage d’ensemble très clair et très complet sur le fonctionnement et les propriétés de ces lampes.
- Cet important travail rendra service aux techniciens tout d’abord, mais aussi aux étudiants et aux amateurs.
- Treatise on Sédimentation, par William H. Twenhofel et divers collaborateurs. 1 vol. in-8, 661 p., 61 fig. Williams and Wilkins Cy, Baltimore, 1926. Prix : relié 7,50 dollars.
- Le comité de sédimentation de la division de géologie et géographie du National Research Gouncil des Etats-Unis avait décidé en 1920 d’entreprendre la réunion de tous les documents publiés sur la question et de s’en servir pour écrire un traité. L'auteur, professeur à l’Université de Wisconsin, en fut chargé, avec la collaboration de MM. Fenneman, Lawson, White, Yaughan, du comité de sédimentation. L’œuvre accomplie est remarquable et comble une large lacune dans nos connaissances. En effet, les modes de formation et de transformation des sédiments, des roches, intéressent non seulement l’ingénieur des mines, mais aussi le géologue, le géographe, le physicien, le biologiste, toutes les sciences, sans compter les curieux de la constitution et de l’histoire du globe. Cependant, aucun traité général ne leur était consacré et l’on ne disposait que de travaux partiels et d’études particulières dont beaucoup datent seulement de ces dernières années. Tout ce qu’on sait de ces vastes problèmes est soigneusement groupé dans l’ouvrage que nous analysons, selon un plan très méthodique qui comprend les sources et la production des sédiments, leur transport, leur dépôt, leurs modifications sous l’influence de la géographie, du climat, des organismes ; les propriétés mécaniques et chimiques des sédiments, leurs structures, textures et couleurs ; les modes de sédimentation sur terre, dans les fleuves, les lacs, les estuaires, les mers; enfin les techniques d’étude et d’analyse sur le terrain et au laboratoire. La richesse de documentation, la clarté, la sagesse des exposés font de ce livre un traité classique, et qui manquait.
- Les Iles Britanniques, par A. Demangeon, professeur à l’Université de Paris. 1 vol. gr. in-8, 320 p., avec 80 cartes et 113 photographies hors texte, Paris, Armand Colin. Prix : broché 80 francs.
- Ce beau volume est le premier de la Géographie Universelle, collection préparée par Yidal de la Blache, publiée sous la direction de L. Gallois, et qui a pour but d’offrir au public cultivé la synthèse vivante de nos connaissances géographiques.
- Après une introduction historique qui nous rappelle comment un petit archipel est devenu le centre d’un grand empire embrassant le quart de l’humanité, M. Demangeon passe en revue les facteurs physiques et sociaux, décrit ensuite les Iles Britanniques, région par région en faisant ressortir la formidable concentra-
- tion urbaine et industrielle, et montre enfin comment l’esprit commercial domine toute l’économie anglaise.
- Ouvrage remarquable, d’une riche documentation au courant des derniers faits, et qui dégage avec clarté les grandes lignes d’un sujet complexe.
- Histoire des bois et forêts de Belgique, par le comte
- Goblet d’Alviella. 3 vol. in-8, 491 + 351+140 p., 36 pl.
- Lechevalier, Paris, 1927. Prix : D’O francs.
- Voici la première monographie sur ce sujet qui est étroitement lié à l’histoire nationale de la Belgique, puisque la forêt a conditionné les débuts de la civilisation comme aujourd’hui l’évolution sociale détruit ou protège les bois.
- Le tome I commence aux origines préhistoriques; le deuxième s’arrête à la fin du xvme siècle, au moment où disparaît le régime autrichien ; le troisième contient une série d’annexes, qui sont la reproduction de documents inédits reposant aux Archives du Royaume et qui présentent, au point de vue de l’administration et de l’aménagement forestiers, un réel intérêt. L’auteur y a ajouté une bibliographie très complète de l’histoire des bois et forêts de la Belgique. De nombreuses gravures inédites : cartes, plans, dessins, photographies, illustrent d’une manière très agréable le texte. On sent partout une solide documentation puisée aux meilleures sources.
- Par la multiplicité des questions économiques, sociales, politiques, géographiques, juridiques, etc., dont il traite, cet ouvrage est de nature à intéresser tous les intellectuels, depuis les savants et les érudits jusqu’aux simples lettrés curieux du passé de la Belgique.
- Pêche et pêcheries en Turquie, par Karckin Devedjian.
- 1 vol. in-4, 484 + 169 p., 208 fig., 1 carte. Imprimerie de l’Administration de la Dette publique ottomane, Constantinople,
- 1926. Prix : 4 livres turques.
- Voici un ouvrage remarquablement documenté, le premier qui fasse connaître la faune marine et les procédés de pêche de la Turquie. L’auteur, contrôleur en chef des pêcheries, ancien directeur de la poissonnerie de Constantinople, a recueilli pendant de longues années toutes les données nécessaires. Dans une première partie, il décrit et figure toutes les espèces de poissons, de crustacés et de mollusques ayant un intérêt commercial ; dans une deuxième, il énumère les engins de pêche les plus variés et explique leur mode d’emploi, cite les lois et règlements, les usages des pêcheurs. Une longue série de tableaux statistiques rassemble les renseignements les plus précis et les plus complets sur les productions de la mer dans les eaux de l’ancienne Turquie. C’est une œuvre considérable qui révèle une nouvelle richesse et montre ce qu’on en pourrait tirer par une exploitation plus intensive et industrialisée, en même temps qu’un précieux document de faunistique.
- Comparative Physiology ofthe Heart, par A.-J. Clark.
- 1 vol. in-8, 157 p., 15 fig. Collection <c Cambridge comparative
- Physiology ». Cambridge University Press, 1927. Prix :
- relié 8 sh. 6 d.
- L’Université de Cambridge vient d’entreprendre la publication d’une nouvelle série de monographies consacrées à la physiologie comparée. En voici le premier volume, qui traite de la fonction du cœur dans la série animale. On y trouve nombre de données précieuses et d’aperçus nouveaux et intéressants, notamment sur la physiologie du cœur, l’influence de la température sur sa contraction, les rapports entre le poids total de l’animal et la taille de son cœur, le volume du sang circulant, le travail du cœur, la fréquence des battements, etc. Le rapprochement de tous ces faits ouvre de nouveaux champs aux recherches, en montrant les relations étroites de nombres d’observations éparses, disséminées dans toute l’étendue du règne animal.
- La vaccination préventive contre la tuberculose,
- ar le « BCG », par A. Calmette. 1 vol. in-8, 250 p. asson et C1*, Paris, 1927. Prix : 22 francs.
- La Nature a signalé à plusieurs reprises les admirables résultats obtenus par le Dr Calmette, sous-directeur de l’Institut Pasteur et ses collaborateurs, MM. Guérin, Boquet et Nègre, grâce à la vaccination préventive contre la tuberculose des nouveau-nés par l’injection de bacilles privés de virulence qui constituent le « BCG ». Ce livre est le bilan à l’heure actuelle des essais antérieurs, des recherches expérimentales qui ont conduit au vaccin actuel, de son mode de préparation et des effets observés tant en France qu’aux colonies et à l’étranger. Le « BCG » prémunit le jeune enfant contre les infections virulentes et ce nouveau mode d’emploi des vaccins paraît avoir une efficacité parfaite pour éviter la contagion ultérieure.
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- PETITES IN VENTIONS
- Fig. 1. — Aspects du bateau pliant de petit modèle.
- SPORT
- Bateau pliant en acajou.
- Le bateau pliant est un excellent engin pratique de sauvetage à condition qu’il soit léger et peu encombrant. On peut alors le placer facilement à bord des hydravions, mais il est également applicable aux yachts, aux paquebots, aux sous-marins.
- En dehors de ses services de sécurité, le bateau pliant s’utilise en rivière et sur les étangs pour la pêche et pour la chasse. Il est pratique pour les coloniaux qui veulent transporter les marchandises sur les rivières et passer les barres; enfin, à la plage, il«sert comme embarcation de plaisance.
- A la Foire de Paris se trouvait exposé un nouveau modèle de bateau pliant, construit entièrement en bois d’acajou contreplaqué, de la qualité utilisée dans l’aviation pour les coques d’avions, avec interposition d’un ciment hydraulique à très haute pression. Plusieurs modèles ont été établis par les constructeurs.
- Les appareils les plus petits sont à pliage simple, c’est-à-dire que les côtés se rabattent simplement sur le fond. Un autre modèle est à pliage double de façon qu’une fois les côtés repliés, le bateau peut lui-même se plier en deux, dans le sens longitudinal.
- Les bateaux de petit modèle ont 2 m. 50 de longueur, les autres ont 3 m. Un bateau du type à pliage simple a une longueur de 3 m. 70. Il est établi en contreplaqué de bouleau du Canada qui est une essence extrêmement résistante et le contreplaqué a une épaisseur de 8 millimètres.
- Ce bateau se construit avec ou sans flotteurs en liège qui, le cas échéant, sont disposés de chaque côté de ce bateau.
- Pour assembler les différentes feuilles de contreplaqué consti -tuant les bateaux, on se sert d’un collage de bandes de toile moitié
- sur une feuille, moitié sur la feuille voisine. Ces bandes de toile sont posées à double épaisseur, l’une à l’intérieur du bateau et l’autre à l’extérieur; elles sont collées sur le bois et de là agrafées sur lui au moyen d’agrafes de cuivre de 2 mm. de largeur, puis couvertes d’un enduit imperméable.
- Les bateaux du premier type sont assemb.lés avec une toile de coton très résistante, imputrescible ; celles du dernier type de 3 m. 70 ont de la toile enduite de balata et également imputrescible.
- Pour renforcer les coques, on dispose des listons en frêne à tribord et à bâbord au long du plat-bord, puis des lattes longitudinales en frêne sous le fond du bateau, enfin les feuilles de contreplaqué sont renforcées par des agrafes de cuivre suivant des lignes parallèles à l’axe du bateau. Les pièces qui maintiennent les bateaux ouverts forment également renforcement ; ce sont des barres d’entretoisement en frêne maintenues dans la coque par des vis à filet contraire.
- Dans le dernier type, les deux barres de frêne sont encastrées dans les listons. Sur les modèles légers de bateaux, une feuille de laiton est rivée par-dessus le contreplaqué aux deux extrémités, afin d’assurer une protection contre les chocs.
- Les forces portantes des divers types sont dans l’ordre : 100 kg, 140 et 160. Le dernier type, beaucoup plus résistant,
- a une force portante de
- Fig. 2. — Le bateau de grand modèle, muni de flotteurs
- 500 kg, qui peut être portée à 800 lorsque le bateau est muni de flotteurs en liège,'
- Les constructeurs ont à l’étude de grands bateaux pliants revêtus de tôle, sur lesquels il serait prématuré de donner des renseignements, car ils manqueraient de la précision nécessaire.
- Ces embarcations importantes, bien que facilement transportables et peu encom -brantes une fois repliées , pourront être agencées de façon à recevoir un petit moteur amovible.
- Ateliers et Chantiers de la Loire, 4, rue de Téhéran, Paris (8e).
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juin 1927.
- MÉTÉORITES
- Le bloc de fer de l’oasis de Tamentit dans le Touat (M. A. Lacroix).— II s’agit d’un bloc, enfoncé dans le sol, au croisement de deux rues, dans le Ksar de Tamentit, où il dut tomber aux dernières années du xvie siècle, bien avant les échantillons de même origine, comme ceux de Caille (Var) ou de Hraschina en Croatie. Il était considéré comme un porte-chance par les indigènes et ce n’est qu’après deux années de pourparlers, longs et compliqués, qu’ils ont consenti à le céder au Gouvernement de l’Algérie qui vient d’en faire don au Muséum d’Histoire Naturelle.
- Pesant 510 kg, il présente la forme d’un bouclier bosselé, limité par une surface bombée que recouvrent de nombreux piézoglyptes et une surface légèrement concave, creusée elle aussi de piézoglyptes, mais plus profonds. Sa plus grande épaisseur est de 44 cm. et la diagonale de sa section à peu près carrée atteint 77 cm.
- Au dire de M. Lacroix, il s’agit là d’un fer pauvre en nickel, appartenant sans doute au groupe des ataxites, mais seule l’étude d’une section profonde permettra de voir si cette structure est ou non la conséquence de la transformation d’une structure octaédrique primitive, sous l’action du réchauffement subi au cours de la chute.
- BOTANIQUE
- Importance économique et agricole des cultures montagnardes tropicales (M. J. Costantin). — Dans une série d’études publiées au cours de ces cinq dernières années, le savant professeur du Muséum d’Histoire naturelle a préconisé contre la dégénérescence de la pomme de terre, la cure d’altitude et la dernière note qu’il soumet à l’Académie résume les résultats obtenus par un traitement analogue, employé à Java, depuis 1889, contre le Sereh, maladie de la canne à sucre.
- Sur les conseils de Soltwedel, on imagina d’abord de faire une culture entre 300 et 600 m., puis, vers 1902, on atteignit 1200; à l’heure actuelle enfin, la cure comprend trois étapes. De juillet à janvier, on élève les boutures entre 1500 et 1800 m. et on les récolte à une demi-maturité, pour les transporter dans de nouvelles pépinières entre 600 et 750 m., puis à 300 m. C’est après ce traitement que la culture se fait en plaine et la plante ainsi revivifiée peut rester cinq ou six ans sans courir de nouveaux risques du fait de la « maladie du liber ».
- Après trente-huit ans d’expérimentation agricole, l’efficacité pratique de la cure d’altitude est démontrée amplement, et Java, dont les planteurs se considéraient comme à la veille d’une ruine totale en 1883, avait, dès 1900, pris le premier rang sur la liste des pays tropicaux producteurs de sucre.
- CHIMIE AGRICOLE
- Sur la teneur en soufre total de la terre arable
- (MM. G. Bertrand et L. Silberstein). — Jusqu’ici l’agriculture n’emploie pas, intentionnellement, d’engrais renfermant l’élément S et les auteurs estiment que l’origine de cette négligence se trouve sans doute dans ce fait que les laboratoires ne disposent jusqu’ici que de méthodes imparfaites ou d’application trop délicate pour le dosage du soufre dans les végétaux, les sols et les engrais organiques.
- La méthode de recherche qu’ils indiquent a déjà donné
- d’excellents résultats dans l’étude du caoutchouc brut et de ses produits de manufacture. Elle consiste en une oxydation d’un poids connu de terre fine, par chauffage au bain-marie en vase ouvert, avec un peu d’acide nitrique fumant, puis en une fusion dans un creuset de nickel, après addition d’un mélange de carbonates alcalins. Le soufre, transformé en sels (S04K2, S04Na2), est ensuite précipité à l’état S04Ba par les méthodes usuelles.
- Les analyses des deux savants ont porté sur des échantillons de terre arable envoyés par les stations agronomiques de Rouen, de Quimper, de Caen, d’Auxerre et de Nîmes, et recueillis dans les régions correspondantes sur une profondeur de 30 cm. Les proportions relevées pour le soufre oscillent entre d’assez larges limites : de 0,202 gr. à 3,005 gr. par kg de terre fine supposée sèche, mais elles varient, par régions, en indiquant que les plus fertiles de celles-ci sont aussi parmi les plus riches. On en peut déduire, avec MM. G. Bertrand et Silberstein, que l’apport d’engrais sulfatés (S04Ca, S04(AzH4)2 aux terres dépourvues de soufre, aurait une influence heureuse sur le rendement des récoltes.
- CHIMIE GÉNÉRALE
- Sur les composés magnésiens phosphinés
- (MM. A. Job et G. Dusollier). — L’un des auteurs, en collaboration avec M. Reich, Rivait déjà indiqué l’existence des dérivés arsinés, par application de la réaction de
- L. Meunier qui permettait en présence d’amines des combinaisons organo-magnésiennes.
- En faisant réagir la mono, puis la diphénylphosphine sur le bromure d’éthylmagnésium, les auteurs ont d’abord obtenu le composé C6H5P(MgBr2j, puis le composé (C6H5)2PMgBr, avec dégagement d’éthane. Sur ces dérivés, ils ont ensuite étudié l’action du chloroformiate d’éthyle qui a abouti à la formation de mono ou de diphénylphosphinodécarbonylate d’éthyle, dans ce second cas, huile incolore distillant entre 185 et 188°, sous une pression de 5 à 6 mm.
- Ces diverses études indiquent un parallélisme complet entre les phosphinés et les arsines.
- OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE
- L’étude océanographique des courants de profondeur (M. P. Idrac). — Le dispositif imaginé par
- M. Idrac a déjà été expérimenté sur les côtes du Cotentin et il doit servir cet été à l’étude des fluctuations des courants sous-marins dans la Manche et sur les bancs de Rockall et de Porcupine.
- Il comprend une boîte cylindrique en laiton, à parois très épaisses, fermée par un couvercle autoclave et contenant un appareil enregistreur photographique, un tambour mû d’un mouvement uniforme entraînant une pellicule sur laquelle s’inscrivent, en fonction du temps, la direction et la vitesse du courant. Pour la première, la courbe est dédoublée, triplée ou quadruplée suivant que ledit courant est compris entre le S.-E. et le S.-W.. entre le S.-W. et le
- N. -W. ou entre le N.-W. et le N.-E.; pour la seconde, on obtient une série de traits, fournie par une suite de contacts qu’établit, à chaque intervalle de 60 tours, un moulinet.
- On peut joindre à l’appareil, dont l’orientation est assurée par un gouvernail souple, un enregistreur de température, l’équilibre s’établissant, dans un courant de 1 nœud, en moins de 2 minutes à deux dixièmes de degrés près.
- Paul Baud.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l'effort en natation.
- M. J.-P. Faure nous écrit : « Votre article, paru dans le n° du 15 mai, touchant l’effort en natation, appelle les réflexions suivantes de la part d’un esprit scientifique dont l’enveloppe temporelle possède une longue pratique de tous les styles de nage.
- L’assimilation de la forme de l’homme à celle des poissons est un peu hasardeuse, et, dans la pratique, amène à une erreur de style. M. Villepion ni moi-même, n’avons jamais pu et ne pourrons jamais nager le crawl au sein même de l’eau. C’est essentiellement une nage de surface, et le corps humain cherche alors à se rapprocher de la forme bateau propulsé simultanément par deux pagaies et une hélice. On obtient une forme carénée du corps en sortant le plus possible la tête et les épaules comme d’ailleurs le montrent bien les illustrations de M. Villepion. Or, sortir entièrement la lête de l’eau n’est possible qu’aux personnes douées d’un coefficient de flottabilité suffisant. Voilà l’explication de la plus grande facilité à nager qu’ont les femmes. L’homme qui flotte mal est en effet obligé de tourner la tète pour respirer, et cela lui interdit à tout jamais de devenir un champion de vitesse, à moins qu’il ne nage en force en faisant, en plus de l’effort de propulsion, un effort de sustentation avec ses bras, mais c’est autant d’énergie perdue.
- En fait, les derniers champions et recordmen que nous a envoyés l’Amérique ou Honolulu, nageaient tous le front levé et la bouche à fleur d’eau. »
- QUESTIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Société Bouchage Hermético’s, 14-16, boulevard Barbés, Paris.
- Avec un peu de soin vous pouvez faire vous-même l’analyse physico-chimique de vos terres.
- Un amateur peut parfaitement exécuter une analyse physicochimique de terre, s’il dispose d’un laboratoire sommaire, en opérant ainsi :
- On commence par dessécher complètement à l’étuve environ 200 gr. de terre, on pulvérise et rend homogène.
- 1° Dosage du calcaire. — On pèse exactement 20 gr. de l’échantillon préparé que l’on délaye dans de l’eau ordinaire, puis on ajoute de l’acide chlorhydrique qui dissout le calcaire, on filtre et l’eprécipite, dans le liquide filtré, le calcaire par du carbonate de soude, puis on reçoit le carbonate de chaux (mélangé d’un peu d’oxyde de fer) sur un filtre taré par un filtre-témoin, on sèche et pèse.
- Exemple : 0 gr. 472 X 5 — 2,36 carbonate de chaux pour 100 gr. de terre.
- 2° Dosage du sable. — La partie restée sur le filtre (sable et argile) est délayée dans de l’eau, on additionne de quelques gouttes d’ammoniaqueMe manière à rendre alcalin, on laisse reposer et décante l’eau argileuse dans un grand verre, puis on repasse de l’eau sur le sable, jusqu’à ce que cette eau reste claire et on réunit ensemble toutes les eaux argileuses.
- Le sable resté au fond du verre est reçu sur un filtre que l’on calcine dans une capsule tarée.
- Ex. : Capsule -j- sable = 37 gr. 248 Capsule = 24 gr. 166
- 13 gr. 082 pour 20 gr. de terre.
- Sable pour 100 gr. de terre = 13 gr. 082 X 5 = 65 gr. 41 pour 100.
- 3° Dosage de l’argile. — Le mélange des eaux argileuses est additionné d’acide chlorhydrique ordinaire jusqu’à réaction acide-, l’argile se précipite d’une manière très nette, on la reçoit sur un filtre, lave et calcine.
- Ex. : Capsule -f- argile = 30 gr. 246 Capsule = 24 gr. 166
- 6 gr. 080 pour 20 gr. de terre.
- Irisations du verre.
- M. Leclerc nous écrit : « Dans le n° 2763 du 15 juin 1927, page 575 : Irisation du verre, vous offrez des procédés.
- Les irisations naturelles viennent de la dissolution par le temps d’une certaine quantité d’alcali, libérant de la silice en lames minces.
- Tous les vieux verres de Pompéi sont irisés.
- Les verres égyptiens également, malgré l’absence d’humidité générale, habituelle à nos climats. À Nantes où il pleut beaucoup, toutes les maisons du quai Turenne ont des vitres irisées de la façon la plus naturelle, »
- La traversée de l’Atlantique en avion.
- „ Un de nos lecteurs d’Espagne, M. le professeur Gonzalès, de Comillas, nous fait observer foi’t justement que notre carte des traversées de l’Atlantique (n° 2763) a omis la belle traversée
- effectuée par le commandant espagnol Franco. Celle-ci, il est vrai, a été réalisée en plusieurs étapes du 22 au 31 janvier 1926 suivant l’itinéraire ci-dessus ; 22 janvier, Palos de Moguer (Espagne), Canaries; 26 janvier, Canaries. Iles du Cap Vert; 30 janvier, Cap Vert. Ile Fernando de Noronha (Brésil); 31 janvier, arrivée à Pernambouc. Dans ce raid, effectué à bord d’un hydravion Dornier-Wal, bimoteur (2 moteurs Napier Lion de 450 ch), le commandant Franco était accompagné de trois autres passagers.
- : RÉPONSES
- Argile pour 100 gr. de terre = 6 gr. 080 X ô'= 30 gr. 40 pour 100
- L’humus se calcule par différence entre 100 et la somme du calcaire de l’argile et du sable.
- Humus pour 100 gr. de terre = 100 — (2,36 -f 65,41 -j- 30,40) ~ 1,83 pour 100.
- Résumé de l’analyse physico-chimique :
- Calcaire = 2,36
- Argile = 30,40
- Sable = 65,41
- Humus = 1,83
- ïoo,oo
- Une terre normale, c’est-à-dire une terre franche doit avoir une composition physique voisine de :
- Calcaire = 5 à 10 pour 100 Argile = 20 à 30 — »
- Sable = 50 à 60 —
- Humus = 2 à 3 —
- En conséquence, la terre considérée ci-dessus serait normale, mais un peu faible en calcaire ; il serait bon de l’amender par des marnages de façon à faciliter la nitrification des matières organiques.
- Vous trouverez tout le petit matériel nécessaire, trébuchet, verres à expériences, coupelles de porcelaine, etc., chez Bourret, 119, boulevard Saint-Germain.
- A. D. a Cormatin (S.-et-L.)
- Ce qui produit le salpêtrage des murs.
- La formation du salpêtre sur les murs est due pour une part à la porosité des matériaux qui facilite l’ascension des matières solubles contenues dans le sol ainsi que leur nitrification, en augmentant les surfaces de contact avec l’air, d’autre part à l’apport abondant de substances nitrifiables, en l’espèce les sels ammoniacaux qui ont pour origine l’urine animale ou humaine.
- Le seul remède au salpêtrage des murs, est la suppression de la cause, c’est-à-dire qu’il faut rechercher dans le voisinage, la présence d’écuries, étables ou fosses d’aisances, puis faire le nécessaire pour que les déjections ne viennent plus souiller le sol et soient évacuées au dehors.
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- Alors seulement on pourra chercher à éviter l’ascension des sels ammoniacaux ou déjà nitrifiés restés à proximité, en supprimant, le veiucule c’est-à-dire l’eau contenue dans l’épaisseur des murs. Pour cela un excellent moyen est d’y loger de petits tubes de drainage en terre cuite poreuse, ainsi que l’a imaginé depuis fort longtemps la Maison Albert Colombo de la Tour de Peilz à Yaud (Suisse), qui s’est spécialisée dans l'assèchement des murs, ce dont nous avons par nous-même constaté les heureux résultats dans un vieux château, à Faverges, près d’Annecy.
- Société des Ciments de L.
- Une bonne peinture de cave.
- 1° Le blanchiment des murs et du plafond de votre cave pourra s’effectuer facilement en opérant ainsi :
- a) Donner une première couche de silicate de potasse simple à 22° B.
- b) Pour la seconde couche prendre :
- Silicate de potasse à 40° B................45 kg
- Eau ordinaire..............................55 —
- Colophane..................................10 —
- Porter le mélange d’eau et silicate à l’ébullition, y ajouter peu à peu la colophane en poudre, laisser bouillir jusqu’à dissolution, ce qui donne la solution mère.
- La peinture proprement dite s’obtient avec :
- Solution mère ci-dessus................. 35 kg
- Blanc de zinc .......................... 20 —
- Craie pulvérisée........................ 15 —
- Amiante en poudre.............. ... 30 —
- Huile de lin cuite.......................100 —
- c) Passer enfin une dernière couche au silicate simple préparée comme la première, mais à 26° B. M. Blum, a Strasbourg.
- Pour préserver le fer de la rouille.
- 2° La préparation suivante met le fer à l’abri de la rouille :
- Cire de Carnauba................20 grammes.
- Paraffine.......................10 —
- Vaseline........................10 —
- Essence de térébenthine.........15 —
- Benzine.........................20 —
- Pétrole.........................20 —
- Faire fondre au bain-marie, la cire, la paraffine et la vaseline, retirer du feu et ajouter les produits liquides, puis en dernier lieu, de la plombagine (mine de plomb) en quantité suffisante pour donner la couleur du fer. M. Blum, a Strasbourg.
- Intéressons-nous à la chimie.
- 3° Les ouvrages suivants vous permettront de vous initier à la chimie et aux manipulations : Leçons de chimie, par Bazin. Manipulations élémentaires de chimie, par Jeanson. Manipulations de chimie générale, par Noble, éditeur Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain. Cent vingt exercices pratiques de chimie, par A. Gautier et Albahary, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Travaux pratiques de chimie analytique appliquée, par François, chez Lefrançois, éditeur, 91, boulevard Saint-Germain.
- Consolidation des pierres schisteuses.
- 4° Pour la consolidation des pierres schisteuses, le mieux est une imprégnation au fluosilicate de magnésie, tel que celui préparé par la Maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand.
- M. Blum, a Strasbourg.
- D’où provient Vambre et quels sont ses emplois,
- L’ambre jaune que l’on ne doit pas confondre avec l’ambre gris, est une résine provenant d’arbres fossiles, elle porte dans les pays d’origine le nom de Karabé et se récolte sur les côtes de la Baltique soit par pêchage à la surface de la mer, soit par fouilles dans le sol.
- Voici quelles sont les caractéristiques de ce produit : il est dur, cassant, jaune d’or transparent ou blanchâtre, quelquefois opaque, parfois aussi jaune roux ou brun rougeâtre. Sa cassure est plus ou moins brillante, il est inodore, insipide ; cependant, si on le frotte, il répand une légère odeur aromatique. Par frottement sur de la laine, la soie ou un corps mauvais conducteur, l’ambre
- acquiert des propriétés électriques et attire les corps légers, cela est dû à ce que l’ambre conserve la. charge électrique développée par transformation de l’énergie mécanique ; la déperdition étant presque nulle à cause de la faible hygroscopicité de cette résine.
- La densité de l’ambre est de 1,08, il fond à 280° C, exposé à la flamme, il se boursouffle, mais ne coule pas comme le copal, puis il bi’ùle avec une flamme fuligineuse.
- L’ambre est complètement insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, l’éther, les essences et les huiles, mais il le devient après pyrogénation, les alcalis le dissolvent et il acquiert la propriété de devenir malléable par ébullition avec l’huile de lin.
- Les principales variétés d’ambre sont le Kumst, qui est luisant, jaune pâle ou verdâtre, parfois veiné de blanc, employé pour la fabrication des fume-cigarettes et bouts de pipes ; l’ambre Baterst jaune citrin, non transparent qui sert à faire des colliers, l’ambre couleur d’os, blanc mat ou présentant un aspect mixte, certaines parties étant mates, d’autres transparentes, il est fort apprécié en Russie, enfin l’ambre Schlaubig, très impur, contenant de nombreux débris organiques, végétaux et insectes fossiles, que l’on aperçoit par transparence.
- Le travail de l’ambre se fait à la râpe fine et à la lime pour dégager de la masse l’objet à obtehir, on polit ensuite au tour avec des abrasifs de plus en plus fihs-:4 terre d’infusoires, potée d’étain, etc., jusqu’à brillant parfait. * U' . ^
- M. Bourlier, a Tonnerre.
- Utilisation des alliages commerciaux.
- La séparation de trois métaux tels que le zinc, l’étain et l’antimoine, dans un alliage par des procédés physiques, n’est pas possible, d’une façon suffisamment complète pour obtenir des métaux de pureté convenable.
- Il faut avoir recours à des méthodes chimiques qui, eu égard aux prix élevés actuels des produits chimiques, seraient forcément coûteuses.
- A noire avis, le plus pratique serait d’envisager une utilisation directe de l’alliage dont vous disposez suivant sa composition centésimale en zinc, étain, antimoine, soit pour caractères d’imprimerie, soit pour poterie d’étain ; au besoin une légère addition de l’un ou de deux de ces métaux amènerait l’alliage à la composition normale. M. Vignon, a Ciiateau-Renard.
- Luttons aveç succès contre les fourmis.
- Un excellent procédé pour se débarrasser des fourmis consiste à opérer ainsi :
- On place un morceau de sucre sur une assiette, puis on l’arrose goutte à goutte de Liqueur de Fowler, de manière à transformer sur place le sucre en sirop, sans excès de liquide.
- Mettre l’assiette sur le trajet des fourmis à Vobscurité (si le lieu n’est pas naturellement obscur, recouvrir partiellement l’assiette avec une autre ou avec une planchette de façon à réaliser au mieux cette condition). Les fourmis très friandes du sirop ainsi préparé, l’absorbent très vite, au bout de peu de temps, il ne reste ni sucre, ni fourmis, celles-ci étant allées mourir dans leur demeure.
- S’il reste encore quelques fourmis, c’est que la portion de sucre ainsi préparée était insuffisante et il n’y a qu’à renouveler cette provision. »
- La liqueur de Fowler est une préparation pharmaceutique courante composée de :
- Acide arsénieux...........................1 gramme
- Carbonate de potasse.......................1 »
- Eau distillée.............................95 »
- Alcoolat de mélisse, composé...............3 »
- C’est en réalité une solution d’arsénite de potasse aromatisée.
- RLR, a Paris.
- Préparation de la farine de bois.
- 1° L’étude de M. flarry Steddle, concernant la préparation et les utilisations de la farine de bois, a été analysée dans la Revue des Produits Chimiques. Vous pourrez vous procurer l’exemplaire du numéro contenant cette étude, en le demandant aux bureaux delà susdite Revue, à Paris, 54, rue de Turbigo (3e).
- Vous pourriez sans doute trouver en Belgique le matériel
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- nécessaire à cette préparation, étant donné que l’on utilise à cette fin des moulins à meules employés en meunerie, pour traiter les grains de céréales et, par mouture, obtenir une farine plus ou moins fine.
- En France, on peut s’adresser aux maisons construisant les appareils de meunerie (moulins à farine), dont voici quelques adresses : Établissements Teisset Rose Brault, Paris, 17, rue Bachaumont (2e) ; Établissements Cusson, à Cbateauroux (Indre); Établissements de Constructions mécaniques, à Lomme-lez-Lille (Nord); Fonderies et Ateliers de l’Ouest, à Vitré (Ille-et-Vilaine); Fauvelet Prieur, à Flers-de-l’Orne (Orne); Garnier, à Redon (Ille-et-Vilaine); Simon, à Cherbourg (Manche).
- 3° Nous n’avons pas d’adresse d’acheteur pour la farine de bois en France. Vous trouveriez probablement en vous adressant à M. Ledésert, à Beaufort-sur-Doron (Savoie), et à des fabricants d’explosifs qui, en Belgique, utilisent la farine de bois et doivent être en relation avec une ou plusieurs maisons qui la leur fournissent.
- M. Georges Vandenbroucke, a Wacken (Belgique).
- La danse des astres-
- C’est un phénomène bien connu que la « danse des astres ». Il a fait, il y a une vingtaine d’années, l’objet d’un certain nombre de communications adressées à la Société astronomique de France. Par une belle soirée, accoudez-vous sur une balustrade et regardez fixement un astre brillant près de l’horizon. (La planète Vénus, si éclatante en ce moment, le soir, à l’Ouest, se prête admirablement à cette constatation).
- Au bout de quelques instants, la vue commence à se fatiguer, le ciel, tout autour du point brillant, s’assombrit et l’astre semble tout à coup animé de mouvements bizarres, dans tous les sens comme pourrait le faire une étoile vue dans une lunette fixée au pont d’un bateau soumis au roulis et au tangage. Pour bien constater ces apparences de mouvements, il faut absolument ne pas quitter l’astre des yeux, sinon, l’enchantement disparait.
- Et maintenant, la raison, car on pense bien que les étoiles ni les planètes n’ont, dans leur cours, pareilles fantaisies — dans une lunette fixe on sait que l’on ne voit rien de semblable. On a attribué ces pseudo-déplacements à la circulation du sang produisant des mouvements très légers du corps, de la tète, des yeux. Comme il n’y a pas de repère, lorsque le regard est « concentré » sur un point brillant unique au loin, les déplacements angulaires très petits de l’observateur prennent une importance, très relative, mais certaine, qui rend compte des faits observés. Il s’agit là d’un phénomène psychologique dans lequel les astres n’ont rien à faire. Il est vraisemblable qu’une forte lumière terrestre, isolée et éloignée, donnerait lieu aux mêmes apparences.
- (M. Badie-Levet a Tunis.)
- Construction d’un redresseur pour la charge de batteries de 80 volts.
- Les seules soupapes que peut construire l’amateur sont les soupapes électrolytiques ou à lames vibrantes.
- Les soupapes électrolytiques sont les plus simples à réaliser et les plus économiques ; elles sont composées, en effet, d’éléments fort courants et peu complexes.
- Les soupapes électrolytiques ordinaires comportent une lame de plomb et une lame d’aluminium plongeant.dans une solution neutre de phosphate d’ammonium POMI (AzH4)2 concenti’ée (1/4 du poids d’eau).
- On utilise généralement un montage à 8 soupapes pour la recharge d’une batterie de 80 volts, avec transformateur élevant la tension à 200 volts si l’on dispose seulement d’un courant du secteur d’une tension de 110 volts,
- Vous pouvez trouver de nombreux schémas et détails de construction de montages de ce genre dans le n° 6 des Annales de la T. S. F, (Eyrolles, éditeur, 3, rue Thénard, Paris).
- Bien que très simples, ces soupapes électrolytiques pi'ésentent l’inconvénient fréquent d’exiger des soins d’entretien assez minutieux et, d’autre part, il est nécessaire, pour obtenir un bon fonctionnement, d’employer des lames d’aluminium très pur, pe qui est parfois difficile à réaliser.
- =... .. ......................... = 95 =
- On utilise depuis peu, ainsi qu’il a été indiqué dans la chronique de Radiophonie Pratique de La Nature, des soupapes du même genre mais comportant une lame de plomb et une électrode d’un alliage de titane ou de tantale plongeant dans une solution d’acide sulfurique additionnée d’un sel ferreux.
- Ces soupapes, faciles à réaliser, n’exigent presque aucun entretien. Vous pouvez obtenir des renseignements sur les électrodes nécessaires chez les constructeurs suivants :
- Établissements Ferrix, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Ateliers A. C. E., 128, rue Jean-Jaurès, Levallois-Perret (Seine).
- M. Carpeza, a Rinxent (Pas-ue-Calais).
- Réception sur cadre.
- Pour recevoir sur cadre tous les radio-concerts dans un rayon de 1000 à 1200 km, il est à peu près nécessaire d’utiliser un poste récepteur à changement de fréquence.
- Cet appareil peut également être utilisé avec une antenne intérieure, mais nous ne vous conseillons pas d’employer comme collecteur d’ondes un fil du secteur électrique; les résultats obtenus ainsi étant fort irréguliers, surtout dans les villes.
- Vous pouvez trouver tous les détails nécessaires sur les principes, les accessoires, et la construction des appareils à changement de fréquence dans La Superkétérodyne et la Superréaction (Ghiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Vous pouvez trouver plus spécialement un schéma de poste à modulation par bigrille, facile à construire, dans le numéro de janvier 1927 de La T. S. F. pour tous, revue publiée par l’éditeur cité plus haut. M. Argellier, a Lyon Saint-Just.
- Fonctionnement anormal d’un poste de réception.
- 1° Les bruits parasites ressemblant à des ronflements ou hurlements que vous entendez dans votre haut-parleur proviennent, sans doute, de ce que le haut-parleur est trop rapproché du poste de réception et, d’autre part, du modèle de lampe employé dont les filaments très fins entrent facilement en vibrations mécaniques.
- Il faudrait donc changer votre modèle de lampes, surtout celui de la lampe détectrice ou utiliser des supports de lampes anti-vibratoires montés sur ressorts ou sur caoutchouc.
- 2° Les irrégularités de réception que vous avez constatées proviennent probablement de mauvais contacts des connexions intérieures du poste, des broches de lampes ou de bobinages, ou encore des batteries d’alimentation.
- Ces affaiblissements de réception peuvent également provenir de l’usure de la batterie de plaque, ou de la charge insuffisante de la batterie de chauffage. M. Cuos, A Vitry-le-Frangois.
- r-
- Choix d’un poste de réception.
- Étant donné que vous pouvez utiliser une antenne bien dégagée, un poste à quatre lampes vous permettra facilement d’entendre les radio-concerts européens émis par les stations les plus puissantes.
- Pour les détails d’installation, le choix des accessoires, le système de poste le plus simple à régler, vous pouvez consulter La T. S. F. des Usagers, (Masson, éditeur).
- M. L.-C, a Paris.
- Cadre à enroulements protecteurs.
- Nous avons cité le nom de M. Blondel comme inventeur du cadre à deux enroulements décrit dans notre article, mais jusqu’à présent, M. Blondel n’a pas, croyons-nous, fait réaliser pratiquement ce dispositif par un constructeur.
- Nous indiquerons; la réalisation pratique du système à nos lecteurs dès qu’elle sera en vente dans le commerce.
- M. Prins, a Paris.
- Ouvrage élémentaire sur l’automobile.
- Manuel d’automobile, par E.-H. Weiss. Garnier frères, éditeurs, rue des Saints-Pères, Paris.
- - . A.-M., Passenans.
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- LES FAITS DE LA QUINZAINE
- 1. il/. Ch. Fabry,physicien, élu membre de VAcadémie des Sciences. (Ph. Boyer).
- 2 et 3. L’avion America qui vient de traverser V Atlantique et son chef, le commandant Byrd. (Ph. Roi.) h. Tube à néon à lumière rouge employé aux Etats-Unis pour l'éclairage des terrains d'atterrissage
- d’avion, par temps de brume.
- 5. L’éclipse totale de soleil du 29 juin, observée à Giggleswick (Angleterre). (Ph. Meurisse.)
- G. Instruments montés à l’Observatoire de Greenwich pour observer l’éclipse. (Ph. Forbin.)
- A
- 7. Sir Frank Dyson, directeur de l'Observatoire de Greenwich, observant l’éclipse (Ph. Forbin.)
- 8. La foule, à Giggleswick, pendant
- l’éclipse. (Ph. Meurisse.)
- 94.832. — Paris. Imp. Lahure. 15*7-27.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C‘% Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI’ (T{. C. Seine : i5.234)
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- j3iri£exteriTOr^nM. valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Etniopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie. Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Lioumanie, Russie ( U..R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
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- J“ Août J 927
- LA NATURE
- LA FOUDRE ET LES FIGURES DE LICHTENBERG
- LE KLYDONOGRAPHE
- En 1777, le savant allemand Lichtenberg décrivait les curieux dessins provoqués par le passage de l’étincelle électrique dans la poussière de soufre. Cette curieuse et jolie expérience a longtemps figuré dans les traités d’électricité. Elle a fini par être reléguée au rang d’amusette scientifique. Toutefois en 1888, le Français Trouvelot, puis l’Anglais Brown montraient que des figures Fig. 1. — Principe du Khdono- analogues pouvaient être graphe. obtenues et enregistrées
- par passage de décharges .électriques sur des plaques photographiques. Au voisinage de l’électrode positive ces figures ont la forme d’une longue chevelure plus ou moins ramifiée et irradiée autour d’un noyau central. A l’électrode négative, elles prennent une forme étoilée plus petite et assez régulière.
- Ce curieux phénomène â trouvé récemment une application importante.
- Un ingénieur américain, J. P. Peters, en 1924, a suggéré l’emploi des figures de Lichtenberg produites sur plaques photographiques, pour mesurer le voltage des surtensions très élevées qui peuvent naître momentanément sur les lignes de distribution à haute tension, notamment du fait de la foudre.
- Aucun appareil de mesure n’était alors capable d’enregistrer et d’évaluer ces surtensions qui ne durent qu’un temps très court, de l’ordre de quelques millionièmes de seconde, mais qui peuvent atteindre
- plusieurs millions de volts. ...
- M. Peters a imaginé un appareil auquel il a donné le nom de klydo-nographe qui permet d’enregistrer automatiquement les figures photographiques de Lichtenberg, produites par ces surtensions. Les dimensions de ces figures donnentuneidée approximative du voltage atteint, mais à l’origine, elles ne donnaient aucune indication sur un autre élément fort important Fig. 2. — Principe du Klydono-de la décharge, à savoir graphe double.
- la nature et la forme de
- celle-ci. Depuis lors est entré en service un merveilleux appareil, l’oscillographe cathodique de Dufour qui permet d’étudier et d’enregistrer la forme des décharges électriques les plus rapides. L’oscillographe Dufour a permis de calibrer le klydonographe, et ce dernier est ainsi devenu un appareil très pratique pour déceler les surtensions les plus brèves et en indiquer, avec une précision suffisante, l’ordre de grandeur et la nature.
- Ceci prouve qu’un esprit ingénieux peut souvent glaner avec profit dans la masse des vieilles expériences reléguées aux oubliettes de la science.
- PRINCIPE DU KLYDONOGRAPHE
- Le principe en est indiqué sur lafigure l. Une électrode en laiton, connectée par une extrémité à la ligne à étudier .et arrondie à son autre extrémité prend appui sur une pellicule photographique du côté de l’émulsion. Cette pellicule repose sur une
- Electrode
- Métal
- Plaque isolan te
- Fig. 3. — Figures positives et négatives enregistrées par un Klydonographe pour différents voltages avec une onde à front raide atteignant son maximum en 2 microsecondes. (D’après General Electric Revievv.)
- 5 kv.
- 10 ky.
- Figures positives
- 5kv.
- #
- 10 kv.
- Figures négatives
- 15 kv.
- 20 kv.
- directement
- -==- Terre
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- plaque polie et isolante, reliée à la terre par une plaque métallique.
- Si une surtension positive se produit entre la ligne et la terre on trouvera, sur la pellicule, après développement, une figure de Lichtenberg positive, de forme'bien caractéristique.
- Si la surtension est négative, on voit apparaître une figure négative.
- Ces figures prennent naissance même si la durée de la surtension n’est qu’une fraction de microseconde.
- On a constaté que tant que les surtensions ne dépassent pas environ 25 000 volts, ces figures, positives ou négatWes,
- Les figures positives, ainsi qu’on le voit sur la figure 3, ont un diamètre beaucoup plus grand que les figures négatives. Elles se prêtent donc beaucoup mieux aux observations et aux mesures. Au surplus, quand la ligne étudiée est sous tension et que celle-ci est suffisamment forte, elle inscrit sur la bande sensible une ligne continue et épaisse qui peut masquer certaines surtensions négatives.
- Pour remédier à cet inconvénient, il est préférable d’utiliser simultanément deux klydonographes, montés en opposition comme l’indique la figure 2. Quand le premier enregistre, par exemple, une décharge positive, le
- Fig. 4. — Figures obtenues a:i laboratoire avec deux Klydonographes montés suivant le dispositif de la figure 2.
- A, décharge positive de 20 000 volts de maximum ; B, décharge négative de 20 000 volts de maximum ; G, décharge oscillante de 20 000 volts fortement amortie; D, décharge oscillante de 20 000 volts légèrement amortie. (D’après General Electric Review.)
- ont des diamètres bien réguliers qu’il suffit de mesurer pour connaître avec une approximation de 20 pour 100 la valeur de la surtension. Nous verrons plus loin comment on procède pour mesurer les surtensions plus élevées.
- Ceci posé, la construction du klydonographe se comprend cl’elle-même. C’est un appareil dans lequel se déroule d’un mouvement continu, par l’action d’un mouvement d’horlogerie, un film cinématographique, au contact d’une électrode montée comme il vient d’être indiqué. Le film se meut à la vitesse de 1,25 cm à l’heure. Et l’appareil est armé pour fournir des enregistrements continus pendant 8 jours.
- second enregistre une décharge négative et inversement. Ce double enregistrement donne donc toute sécurité.
- L'EMPLOI DU KLYDONOGRAPHE
- Les figures enregistrées par le klydonographe ne donnent par elles-mêmes aucune indication autre que celle de la polarité de la décharge. Il faut pouvoir les interpréter. De minutieuses études faites dans les laboratoires à haute tension des grandes sociétés électriques des Etats-Unis, Westinghouse et General Electric C°, ont permis d’y parvenir.
- On a déterminé, au laboratoire, le diamètre des figures
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- de Lichtenberg, correspondant à différentes valeurs de la surtension et dressé les tables correspondantes. On a étudié les aspects des taches produites par des décharges à haute tension, de forme connue, grâce à l’oscillographe Dufour. La comparaison des figures enregistrées par l’appareil sur une ligne de service avec les figures obtenues au laboratoire dans des conditions connues peut alors fournir des indications relativement très précises, non seulement sur l’ordre de grandeur des surtensions, mais sur la nature et la durée de la décharge qui leur a donné naissance.
- La figure 4, empruntée à la General Electric Review, donne quelques aspects de figures obtenues au laboratoire au moyen d’un klydonographe double avec des surtensions connues et enregistrées.
- Les figures de Lichtenberg gardent un aspect bien régulier et symétrique, se prêtant aux mesures, tant que les surtensions ne dépassent pas 25 000 volts. Au delà les images positives prennent un aspect arborescent qui rend toute évaluation impossible. Quant à l’image négative, quoique plus régulière en apparence, elle devient, alors, elle aussi, inutilisable pour les mesures à cause des grandes variations de dimensions qu elle subit suivant la forme de l’onde de décharge. Au delà d’une certaine limite, qui est de 35 000 volts pour les klydono-graphes actuels, il se produit une décharge par arc à travers l’appareil. C’est la limite extrême d’enregistrement.
- Or c’est sur les lignes à haute tension qu’il est le plus utile d’étudier et de noter les surtensions momentanées provoquées par les orages. Dans les lignes triphasées à 220 000 volts, aujourd’hui en usage aux Etats-Unis, la tension maxima par rapport au sol est 180000 volts, et les surtensions peuvent atteindre des valeurs 10 fois plus fortes. Un montage très simple permet d’adapter l’appareil à la mesure de ces surtensions (fig. 6). L’appareil au lieu d’être réuni directement à la ligne, lui est connecté par l’intermédiaire d’une résistance, formée par une chaîne d’isolateurs en nombre convenable et constituant un potentiomètre. Le potentiel appliqué à l’appareil peut être ainsi réduit dans tel rapport que l’on désire; on choisit bien entendu ce rapport suivant le voltage normal de la ligne en service.
- Les expériences faites en laboratoire ont montré que la réduction de voltage résultant de l’emploi d’un tel potentiomètre varie avec la valeur de la surtension; la réduction est d’autant plus forte que la surtension est plus élevée. Mais, en même temps, on a pu établir des courbes qui indiquent le facteur de multiplication à appliquer suivant l’ordre de grandeur de la surtension.
- Au moyen d’un potentiomètre de rapport 60, on peut ainsi, sur une ligne à 220000 volts, obtenir avec le klydonographe des figures calibrées jusqu’à 1500000 volts. Lorsque l’on voit apparaître les arborescences, c’est que la surtension dépasse ce chiffre en restant inférieure à 2100000 volts. Lorsque le film a été traversé par un arc, c’est que la surtension a dépassé ce dernier chiffre.
- Nous empruntons encore à la General Electric Review un fragment de l’onde enregistrée de celte façon sur une ligne à haute tension (iig. 7) au moyen de deux klydo-
- 22 mm. 14 kv.
- Enregistreur en opposition
- Enregistreur à connexion directe
- Fig. 5. — Images obtenues avec un Klydonographe double sur une ligne à 28bO volls-60 périodes.
- A, surtension positive de 13 000 volts; B, surtension négative de 14000 volts; C, surtension positive de 17 000 volts.
- nographes, montés suivant la disposition de la figure 2. La bande s’est déroulée pendant 25 heures.
- Le trait central est l’enregistrement du courant normal qui circule dans la ligne. Quand ce trait manque, c’est
- Fig. 6. — Montage du Klydonographe avec potcnüomèlre.
- Isolateurs IeFeliane
- Isolateurs formant .potentiomètre
- Appareil
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-
-
-
- == too
- Fig. 7. — Bande enregistrée arec un Klydonographe double sur une ligne triphasée haute tension 220 000 volts, un jour d'orage.
- que le courant a été interrompu. Quand son épaisseur diminue, c’est que l’énergie du courant diminue.:
- La pi’emière ligure à partir de la gauche apparaît à 4 h. 20. L’image fournie par le klydonographe en oppo-
- Fig. 8. — Le Klydonographe.
- sition~ est [négative et fortement arborescente; il s’est donc produit une surtension négative comprise entre 1500000 et 2100000 volts. Les rapports météorologiques signalent à ce moment un violent coup de foudre au voisinage de l’installation.
- L’image négative fournie par le klydonographe directement connecté est assez confuse, elle offre quelques caractéristiques très nettes d’image positive. Nous pouvons en conclure que la décharge a été oscillante et très fortement amortie, avec une première demi-période négative et la seconde positive et de voltage beaucoup plus faible. A 10 h. 30 du soir, nouvelle surtension due à un orage. Elle donne deux images toutes deux positives; elles indiquent une première demi-onde négative, 1780 000 volts, suivie d’une demi-onde positive de 270000 volts. Le lendemain à 8 h. 11, une autre décharge très violente apparaît. Celle-ci est positive et supérieure à 1500 000 volts. Presque aussitôt après, à 8 h. 18, il s’en produit une autre, négative, de 1 290 000 volts.
- Les deux images sont enchevêtrées et difficilement lisibles sur la reproduction. Mais elles se distinguent très bien sur le film original.
- On voit çn tout cas les précieuses indications que l’on peut obtenir du klydonographe.
- L’emploi de cet appareil se développe très rapidement aux États-Unis. Il est probable que son usage ne tardera pas à se répandre également en France et en Europe. R. Yillers.
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- LES ETAPES DE LA MISE AU POINT D’UN = «(
- PHARE NON ÉBLOUISSANT POUR AUTOMOBILES
- L'ÉCLAIRAGE DE NUIT ET LE CODE DE LA ROUTE
- Depuis qu’a élc publié le décret du 31 décembre 1922 (Gode de la Roule), quantité d’inventeurs se sont préoccupés de réaliser des phares pour véhicules automobiles capables de bien éclairer la route sans éblouir un piéton, par exemple leur faisant face à une distance quelconque. Aucun n’y est encore réellement parvenu; c’est pourquoi il a été impossible jusqu’à ce jour de faire entrer en vigueur l’article 24 du décret précité, lequel prescrit pour tous les véhicules marchant à plus de 20 km à l’heure l’usage d’un appareil d’éclairage ayant une puissance suffisante pour éclairer la route à 100 m. au moins en avant et dont le faisceau lumineux doit être réglé de manière à n’êlrc pas aveuglant pour les autres usagers de la route.
- Le schéma 1 montre comment, par suite des dimensions appréciables des sources lumineuses seules réali-
- Fig. 2. — MM', réflecteur ; XY, son axe optique principal ; F, son foyer principal; L, source lumineuse punctiforme ; LM, LM', rayons incidents; ML, M'L,, rayons réfléchis.
- sables à ce jour, un réflecteur parabolique émet un faisceau de lumière divergent et par suite éblouissant.
- Pour arriver à obtenir qu’un tel réflecteur'ne soit point éblouissant, il faudrait réaliser une source lumineuse qui soit un point géométrique, problème technique non encore résolu. Si toutefois cela était réalisable, il suffirait, comme le montre le schéma 2, de placer ce point un peu au-dessus du foyer du réflecteur pour obtenir un faisceau réfléchi dont tous les rayons se réuniraient au-dessous de l’axe optique du dispositif.
- Il est possible d’envisager une autre solution consistant à utiliser deux demi-réflecteurs paraboliques de même foyer dont les sommets sont décalés d’une longueur un peu supérieure à celle d’une source de lumière constituée par un segment de droite géométrique (source non encore réalisable). Gomme le montre le schéma 3, un tel dispositif fournit un faisceau analogue à celui obtenu' avec le dispositif faisant l’objet du schéma 2.
- Seules, les solutions de ce genre, ayant pour but dé
- Fig. 1. — MM', réflecteur;. S.Y, son axe optique principal; F, son foyer vrincipal; LL', source lumineuse (filament); LM, L'M', etc., rayons incidents ; ML.,, M'L',, etc., rayons réfléchis.
- fournir directement par réflexion un faisceau lumineux n’occupant qu’une portion limitée de l’espace, peuvent permettre de réaliser des phares éclairants et non éblouissants. Toutes les solutions ayant pour but de modifier la marche des rayons fournis par un réflecteur éblouissant, proposées jusqu’à ce jour, sont inefficaces parce que chaque point de la surface d’un tel réflecteur émet à lui seul un faisceau éblouissant, c’est-à-dire un cône de rayons divergents. Il semble donc rationnel de chercher à résoudre le problème posé par l’article 24 du Code de la Route, en réalisant un réflecteur qui. fournisse directement un faisceau de rayons réfléchis limité par un plan passant par l’axe optique du dispositif. Etant donnés les moyens:*de réalisation dont nous disposons actuellement, est-il possible de construire un tel réflecteur?
- En consultant la liste des brevets demandés et obtenus depuis qüelques années pour des .réflecteurs de types divers, nous voyons que quelques inventeurs ont songé à réaliser des' dispositifs de ce genre/ Les brevets français n° 559 765~ (Workman, 13 - décembre - 1922), n° 586 650 (Grebel, 8 janvier 1925). n° 599 030,
- Fig. 3. — MM', réflecteur composé de deux demi-réflecteurs semblables décalés le long de leur axe optique principal YY ; F, foyer du miroir M; Y', foyer du miroir M'; LL', source lumineuse linéaire; LM, L'M', etc., rayons incidents; ML,, M' L\, etc., rayons réfléchis.
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- n° Cil 876, n" 614 706 (Garnier, 30 mai 1925, 13 juin 1925, 31 août 1925) le démontrent.
- Une enquête technique sérieuse nous a montré que ces inventeurs ne sont pas arrivés à leurs fins. Les appareils réalisés présentent toujours sur leur surface des points éblouissants.
- C’est pourquoi les dispositifs visés par ces brevets ne sont point entrés dans la pratique.
- Est-il donc impossible de réaliser un réflecteur capable de fournir directement un faisceau de rayons réfléchis limité par un plan passant par l’axe optique de l’appareil? Nous ne le
- Fig. 0. — MNMt, demi-réflecteur parabolique en N’Mt et de foyer F; sphérique en NM et de centre G; M'N'M', demi-réflecteur parabolique en N' M', et de foyer F'; sphérique en N'M' et de centre C'; XY, axe optique principal des deux demi-réflecteurs ; LL', filament lumineux; LM, L'M', etc., rayons incidents; M1L'1, M'Lj, etc., rayons réfléchis.
- croyons pas, et c’est ce que confirment les expériences faites par un constructeur lyonnais, M. J.
- Gallois.
- LA SOLUTION DU PHARE NON ÉBLOUISSANT
- Si l’on fait un examen minutieux des brevets Workman, Grebel et Garnier, on s’aperçoit que les dispositifs qu’ils décrivent sont utopiques, c’est-à-dire irréalisables, bien que théoriquement exacts. Ils nécessitent, en effet, ou bien la réalisation de surfaces du second degré géométriquement parfaites et pratiquement irréalisables, ou bien l’emploi de sources lumineuses sans dimensions suivant une direction donnée qu’il est impossible de construire.
- M. Gallois se propose, au contraire, de réaliser un dispositif dans lequel il n’utilise que des surfaces du second degré réalisables par nos procédés actuels de construction, et des sources lumineuses de dimensions appréciables telles que les filaments des lampes actuellement construites pour l’éclairage des automobiles.
- La mise au point de ce dispositif a exigé de multiples expériences que nous allons exposer et qui ont nécessité durant trois ans la collaboration étroite de l’industrie et du laboratoire.
- 11 a fallu déterminer tout d’abord expérimentalement avec quelle approximation est réalisable, par des ouvriers divers, suivant la même technique, une surface du second degré.
- Les expériences ont porté sur la réalisation par repoussage d’une feuille de laiton sur mandrin en bois d’un sommet de paraboloïde de révolution et d’une calotte sphérique.
- La pièce repoussée était polie au tour, puis nickelée et sa surface concave vérifiée par l’étude photographique de son foyer. Pour cela un papier photographique était placé à l’intérieur du réflecteur obtenu, de telle façon qu’il coïncide avec son axe de révolution. On faisait tomber sur le réflecteur un faisceau de rayons lumineux parallèles audit axe de révolution. On obtient ainsi la position des foyers du réflecteur. De l’écart qui existe entre les foyers théoriques de la surface étudiée et ceux déterminés expérimentalement, on déduit le degré de précision obtenue dans la réalisation de la surface réfléchissante.
- Les résultats obtenus ont été les suivants :
- 1° La moyenne des ouvriers repousseurs réalise une calotte sphérique avec une précision très acceptable (moins d’un millimètre d’écart entre les foyers théoriques et expérimentaux).
- 2° Les meilleurs ouvriers repousseurs sont incapables de réaliser un sommet de paraboloïde de révolution avec une précision acceptable (on constate toujours qu’au lieu d’un foyer réduit à un point, on obtient une surface
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- Fig. k. — Image focale de la surface d’un demi-réflecteur en laiton nickelé repoussé sur mandrin parabolique de 33 mm 5 de foyer.
- Théoriquement l’image devrait être un point.
- Fig. 5. — Image focale de la surface d’un demi-réflecteur sphéro-para-bolique en laiton nickelé repoussé sur un mandrin dont la partie parabolique a une distance focale de 33 mm ô.
- Théoriquement l’image devrait être une ligne de 4 mm de longueur.
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- Fig. 7. — 1. Images focales des surfaces de deux demi-réflecteurs en laiton nickelé, repoussés sur mandrins paraboliques et disposés de façon à laisser entre foyers un espace de 10 mm de longueur. Pratiquement les images focales ne laissent entre elles aucun espace.
- 2. Images focales des surfaces de deux demi-réflecteurs en laiton nickelé, repoussés sur mandrins sphéro-paraboliques et devant laisser entre foyers un espace de 12 mm de longueur.
- Pratiquement l’effet visé est obtenu.
- focale ayant, suivant certaines dimensions, plusieurs centimètres) (fig. 4).
- D’autres expériences ont pu montrer qu’il était aussi impossible de réaliser des ellipsoïdes ou hyperboloïdes de révolution optiquement acceptables, que des para-boloïdes.
- Une nouvelle série d’expériences optiques a montré qu’un paraboloïde de révolution obtenu par repoussage du laiton, est d’autant moins imparfait qu’on s’éloigne davantage du sommet et qu’au delà d’une ouverture variant de 15° à 40° suivant la distance focale du réflecteur, on obtient des surfaces réfléchissantes optiquement très satisfaisantes.
- Une troisième série d’expériences put prouver qu’un paraboloïde de révolution est d’autant plus précis que la teneur en cuivre de l’alliage est plus élevée. En effet, au repoussage, le métal s’écrouit et dès qu’on retire la pièce du mandrin sur lequel elle a été repoussée., elle revient sur elle-même et se déforme. Ce phénomène ne se produit point lorsque la pièce repoussée est une calotte sphérique.
- Ces diverses expériences entraînèrent tout naturellement leurs auteurs à réaliser des surfaces de révolution complexes, constituées au sommet par une calotte sphérique continuée par un paraboloïde se raccordant géométriquement avec elle. De telles surfaces peuvent être réalisées par la moyenne des ouvriers repousseurs avec une précision très suffisante au point de vue optique (fig. 5). C’est alors que M. J. Gallois a pu réaliser un réflecteur composé de deux demi-réflecteurs de révolutions constitués, l’un par une surface parabolique se raccordant à une demi-calotte sphérique dont les foyers sont par rapport au sommet de la calotte en deçà des foyers de la portion parabolique; l’autre, par une surface parabolique, se raccordant également à une demi-calotte sphérique dont les foyers sont, par rapport au sommet de la calotte, en deçà des foyers de la portion parabolique.
- Il suffit de disposer ces deux demi-réflecteurs de manière telle qü’un filament de lampe électrique à incandescence puisse prendre la position indiquée par le schéma 6 pour obtenir la marche des rayons réfléchis qu’indique ce schéma.
- Tandis,.comme le montre la figure 7 (1 et 2)T que deux
- Fig. 8. — Phare Anexliip éclairant deux écrans : l’un parallèle, l’autre perpendiculaire à son axe optique principal.
- On voit que le faisceau lumineux émis par le phare est rigoureusement demi-conique,
- Fig. 9. — Automobile et piéton tenant une bicyclette éclairés par une automobile munie d’un phare Anexhip.
- Les sujets éclairés sont à 50 mètres du projecteur. Les arceaux en maçonnerie bordant la roule et dont les axes de piliers sont distants de 10 mètres sont éclairés dans les premiers plans par la lumière diffusée par le sol.
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- Fig. 10. — Route éclairée par une automobile munie d’un phare Anexhip.
- Les arbres bordant la route sont tous éclairés sur la même hauteur ainsi que le mur risible entre les ai’bres et situé à 160 mètres du pliare muni d’une lampe de 35 watts.
- demi-réflecteurs repoussés sur mandrins paraboliques devant présenter entre eux une distance entre foyers de 10 mm présentent, en réalité, une surface focale continue, les deux demi-réflectèurs dont il vient d’être question, laissent entre foyers un espace dans lequel peut aisément se loger un filament de lampe électrique poür phare d’automobile.
- EXPÉRIENCES DÉMONSTRATIVES
- Avec un phare d’automobile muni d’un réflecteur du type sphéro-parabolique réalisé par M. Gallois (phare Anexhip), il a été procédé à un certain nombre d’expériences sous le contrôle de l’Office National des Inventions en présence de M. le professeur Gotton.
- Il a été possible de^vérifier ;
- 1° Que le faisceau émis par le phare est un faisceau demi-conique (fig. 8).
- 2° Que le phare monté sur une automobile ne peut éblouir ni un automobiliste, ni un cycliste, ni un piéton, lui faisant face (fig. 9).
- 3° Que le phare éclaire à grande distance sur une hauteur variable (fig. 10).
- 4° Qu’à côté d’un phare ordinaire éblouissant, le phare étudié ne l’est pas (fig. 11).
- Il restait à voir si, du point vue pratique, un tel faisceau lumineux prévu par l’article 24 du Gode de la Route et non encore expérimenté, puisque irréalisé jusqu’à ce jour, permet à un automobiliste de se diriger.
- Des expériences faites sur route tant à Montpellier u’à Paris, au Bois de Boulogne, ont montré que, si ce phare n’est point éblouissant pour les usagers de la route qui lui font face, son éclairage est insuffisant pour permettre à un automobiliste de dépasser, la nuit, une vitesse de 50 à 60 km à l’heure. En effet, pour des
- vitesses supérieures, il est indispensable d’identifier rapidement les obstacles à grande dislance; or un obstacle éclairé sur une hauteur de 1 m. 50 seulement au grand maximum (les cahots de très mauvaises routes amenant une légère oscillation du faisceau lumineux, il faut limiter à 1 m. 30 environ la limite supérieure du faisceau lumineux pour éviter des éblouissements intermittents) n’est identifiable complètement qu’à 60 m. environ.
- Au delà, on ne sait si l’on va sc trouver par exemple en présence d’un groupe de cyclistes ou de piétons ou d’un véhicule. On voit l’obstacle, on ne l’identifie pas.
- De toutes façons, si l’éclairage réalisé par M. Gallois est strictement conforme à l’article 24 du Code de la Route, il ne permet point d’atteindre les grandes vitesses qu’un sportman faisant de l’automobile est en droit de vouloir réaliser, il permet d’éclairer largement la route sur une distance au moins égale à celle actuellement éclairée avec les phares éblouissants et sur une hauteur suffisante pour permettre de voir un obstacle, de le doubler sans danger à une vitesse raisonnable, et cela sans éblouir aucunement un autre usager de la route faisant face à ce dispositif.
- Ce progrès optique, suite d’une longue collaboration entre un industriel et un laboratoire de physique, doit, croyons-nous, permettre à ceux qui, la nuit, sont obligés de circuler sur route d’une façon quelconque, de le faire avec moins de risques qu’à l’heure actuelle où les accidents mortels, dus aux éclairages éblouissants, sont malheureusement trop fréquents.
- D1 J.-L. Pjgcii,
- Professeur à l’Université de Montpellier.
- Fig. 11. — Automobile munie de deux phares allumés.
- À droite ’. phare ordinaire; a gauche : phare Anexhip.
- Les deux phares sont munis de lampes de 35 watts. Au-dessous de chaque phare est placé un petit feu de position : lampe à enveloppe dépolie de 20 watts. Seul le phare ordinaire est éblouissant. Distance entre l’objectif et les phares, 5 mètres ; hauteur de l’objectif au-dessus de l’axe optique principal des phares, 30 cm.
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- LA FABRICATION DU THÉ
- Les innombrables personnes qui, de nos jours, sacrifient à la^mode*du 'five o dock tea, les uns par goût, les autres, plus nombreux, par snobisme, seraient bien embarrassées si on leur « poussait des colles » sur la manière dont est obtenue l’herbe que l’on appelait naguère la « feuille chinoise » et qui sert à confectionner leur boisson favorite. Et, à la vérité, ils seraient bien excusables de leur ignorance, car les pratiques que cet ingrédient exigent avant de devenir commercial sont mal connues, pour la plupart empiriques, et varient, sans
- parmi lequel je citerai le Dr Ch. Bernard, directeur botaniste; le Dr Deuss, chimiste, chargé de la fabrication et des recherches chimiques; le Dr Cohen Stuart, botaniste chargé de la sélection des meilleures races; 4 agronomes (MM. Garretsen, Prillwitz, lvenchenius, Vageler) ; M. Steinmann, mycologue, et M. Vageler, entomologiste. Grâce à l’amabilité de M. Deuss, qui a bien voulu me documenter sur la question et m’envoyer les photographies qui accompagnent cet article, grâce aussi au remarquable ouvrage ('*) de M. Neuville, je vais pouvoir
- Fig. 1. — Plantations de Java. A gauche et h droite, théiers.
- que l’on sache bien pourquoi, d’un centre de production à un autre. Vu l’importance du thé on a dû chercher à se rendre, scientifiquement, compte de la nature exacte des procédés employés et, à cet effet, on a créé, çà et là, des laboratoires destinés à étudier de près lesdites pratiques pour savoir en quoi elles consistent exactement et, à l’occasion, pour les perfectionner. Parmi ces centres d’études, le plus important de beaucoup, et le mieux compris, est celui qui fonctionne à Java, où, la « Sta-ion d e Thé » de Buitenzorg, qui, pour cela, dépense environ 300 000 florins par an, a un important personnel
- donner une idée de la question, qui, je le répète, est encore à l’étude, mais suffira, peut-être, à « entretenir la conversation » des buveurs de thé, disciples de Vaf-ternoon tea.
- Le Théier, nul ne l’ignore, est un petit arbrisseau qui porte de petites feuilles, lesquelles, traitées de certaines façons, nous permettent d’offrir une tasse de thé (accompagnée de copieux petits fours, naturellement) à cette « chère Mj^ame X » ou à notre vieil ami Y ». On
- î. H. Neuville. Technologie du Thé, ancienne maison Challa-mel, éditeur, Paris, 1926.
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- croyait, autrefois, qu’il y en avait deux espèces, l’une donnant le thé vert et, l’autre, le thé noir, mais on a reconnu, depuis, qu’il n’y en a qu’une seule, que les botanistes ont baptisée Thea sinensis. On sait, de plus, aujourd’hui, que, dans celte espèce unique, on peut reconnaître plusieurs « races », « variétés » ou « formes » — parfois des « hybrides » — où les plus malins ont toutes les peines du monde à se débrouiller. Cependant on admet, en général, que les Théiers de Chine sont beaucoup plus résistants aux conditions défavorables du climat — par exemple la gelée — que les Théiers d’Assam, qui n’en sont, cependant, qu’une variété indienne, laquelle, d’autre part, est plus vigoureuse quand ses feuilles sont d’un vert foncé que lorsqu’elles sont de teinte claire (ce qui donne un thé de qualité moindre). Comme chez beaucoup d’autres végétaux, les hybrides sont particulièrement recherchés parce qu’ils sont d’un
- visible (on lui donne le nom de pekoe) dans certaines races.
- Au point de vue chimique, les feuilles de thé contiennent, entre autres substances, du tanin (qui fait que l’infusion « râpe » à la bouche), delà Même (alcaloïde identique à la caféine et cause d’insomnies), une huile essentielle (à laquelle est due une partie de l’arome du thé), une diastase oxydante, la théase.
- Le tanin est en quantité très variable dans les diverses sortes de thés et la chose est bonne à connaître pour ceux qui ne tiennent pas à avoir une infusion trop astringente. On en compte environ (> à 20 pour 100 dans les thés de Java, 4 à 12 dans les thés verts du Japon, 5 à 10 dans les thés noirs de Chine, 5 à 8 dans les thés de l’Indo-Chine, 12 à 23 dans les thés Oolong de Formose, 9 dans le thé de Birmanie, 5 dans le thé du Guatémala.
- Malgré son apparence innocente, le thé contient beau-
- Fig. 2. — La cueillette du thé dans la plantation “ Goa/para ” à Java. Au fond le volcan “ Gedeh
- développement plus rapide, plus puissant, avec une qualité nettement supérieure. Dans les plantations européennes, on préfère cultiver le Théier d’Assam, à saveur plus accentuée que le Théier de Chine, à arôme tout particulier, parce que les buissons sont moins élevés et leurs pousses plus fortes, ce qui facilite la cueillette. On arrivera certainement, à la longue, à sélectionner les races les plus favorables — et c’est à cela que Ton s’attache à la Station expérimentale de Java — mais ce sera long.
- La feuille du Théier est ovalaire, avec le pourtour dentelé à partir d’une certaine distance du pétiole (queue de la feuille), lequel est très court et demi-cylindrique. Les dents présentent une petite saillie épaisse au milieu de laquelle est implantée une toute petite pointe foncée recourbée en dedans et comparable à une griffe de chat. La feuille, glabre sur sa face supérieure, est couverte de poils sur la face inférieure; ce duvet est particulièrement
- coup plus de caféine que le café et, par suite, excite encore plus que lui le système nerveux. Sa forte proportion n’augmente pas la valeur gustative et commerciale du thé —- à moins qu’on ne la recherche spécialement comme excitant — et il y a quelques excellents thés, au goût, qui en renferment assez peu. La caféine se trouve à la dose de 2 à 4 pour 100 dans la plupart des thés ordinaires; on a dit qü’elle s’élève à 5,04 pour 100 dans ceux de l’Annam, mais Deuss n’a pas confirmé le fait. A titre d’exemples, indiquons les chiffres suivants (pour 100) : 2,7 à 4,4 (thés de Java), 2 à 3,3 (thés verts du Japon), 2 à 3,7 (thés noirs de Chine), 3,1 (thé du Tonkin), 3,2 à 4,1 (thés d’Indo-Chine), 3,1 à 3,7 (thé Oolong de Formose), 3,5 (thé du Guatémala).
- L’huile essentielle, qui peut être extraite en distillant les feuilles en présence de l’eau, est jaune citron; son odeur rappelle celle du thé, mais elle est si forte qu’elle en est désagréable et, même, étourdissante; elle subsiste
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- dans le thé obtenu par infusion et contribue, certainement, à lui donner un arôme sui generis. L’huile n’existerait pas dans le thé vert, mais seulement dans le thé noir (obtenu par fermentation de celui-ci), mais la chose n’est pas bien certaine ; on lui attribue — sans grandes preuves — un effet excitant analogue à celui delà caféine, mais le fait me paraît douteux.
- La cueillette des feuilles ne se fait pas au hasard, mais doit être méthodique. Dans la première récolte qui suit la taille des arbustes, par une pratique qui participe, à la fois, de la taille et de la récolte, on enlève un nombre variable de feuilles sur chaque rameau dans le but de faciliter les récoltes ultérieures. De chaque rameau enlevé, on ne conserve guère que le bourgeon terminal et les deux premières feuilles qui le suivent et qui sont jeunes et tendres, tandis que l’on rejette le reste, dont les feuilles, vieilles et coriaces, ne donneraient qu’un produit très inférieur. Les deux cueillettes suivantes sont analogues, après quoi le pied est considéré comme
- s’arrange pour que le courant d’air qui passe sur elles pour les flétrir en partie et les empêcher de fermenter soit peu humide et ait une température d’environ 30°; on n’arrête l’opération que lorsque les feuilles ont perdu, environ, de 50 à 60 pour 100 de leur poids. Les flétris-soirs doivent être toujours largement aérés, avec des sortes de hamacs superposés en jute grossier (ou sur des claies en bambou) sur lesquels on épand les feuilles (1 mètre carré environ pour 500 gr, de feuilles vertes) ; on n’a pas besoin de remuer les feuilles, lesquelles restent, en grande partie, vertes et peuvent être pliées sans que leurs nervures se brisent. Dans certaines usines, à ce flétrissage « naturel » on préfère un flétrissage « artificiel » qui consiste en ce qu’il est accéléré par un courant d’air provoqué par des ventilateurs qui y amènent soit l’air extérieur, soit de l’air chaud, cette dernière pratique étant, d’ailleurs, peu recommandée; on fait agir le courant d’air, non d’une manière continue, mais par intermittences. Au cours de leur flétrissage, les feuilles
- Fig. 3. — Bâtiments servant à flétrir la feuille de thé à la plantation “ Balimbingan ”, à Sumatra.
- complètement « formé ». Dès lors, on cueille, de chaque rameau, le bourgeon et trois — parfois quatre — feuilles en ayant soin d’en laisser sur le buisson, qui donnera, plus tard, de nouveaux rameaux. Les feuilles récoltées sont portées à l’usine par les cueilleuses dans des paniers ou des toiles ad hoc, en ayant soin de ne pas trop les empiler,,car elles risqueraient d’arriver altérées.
- Arrivées à l’usine, les feuilles sont traitées de deux façons différentes, suivant que l’on veut obtenir des thés noirs ou des thés verts.
- Les thés noirs — qui ne sont que des thés verts fermentés — doivent subir, successivement, les manipulations suivantes : flétrissage, roulage, criblage, dessiccation, triage.
- Le flétrissage a pour but de priver les feuilles d’une partie de leur eau, ce qui les fait flétrir et les rend aptes à subir, sans en être .brisées, l’opération suivante. A cet effet, les feuilles sont répandues en couches minces et abandonnées à elles-mêmes, le plus souvent dans des flétrissoirs spéciaux, largement aérés et peu éclairés. On
- subissent quelques modifications chimiques peu importantes et, semble-t-il, mal connues (légère diminution du tanin et faible dégagement d’arome).
- Après le flétrissage, vient l’opération du roulage qui est considérée comme très importante, mais dont la raison n’a guère, jusqu’ici, été bien expliquée. Elle consiste à obtenir, à l’aide d’appareils spéciaux (autrefois, on la pratiquait à la main), des feuilles enroulées sur elles-mêmes, ce qui a pour conséquence de briser, en partie, leur substance et de mélanger les diastases avec les matières fermentescibles d’où apparition de nouveaux corps chimiques. Si ces feuilles ne sont que légèrement roulées, elles ne donnent qu’un thé faible tandis que si elles le sont fortement, le thé est fort, en partie décoloré. On comprend que, pour être facilement roulées, les feuilles ne doivent qu’être modérément flétries, sans quoi, trop sèches, elles risquent de se briser et de se fendiller. Autrefois, on soumettait les feuilles à plusieurs roulages successifs, quatre environ; mais, aujourd’hui, on ne roule plus guère que deux fois, souvent
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- même une seule fois. Lorsqu’on roule plusieurs fois on fait passer, entre chaque roulage, les feuilles au travers d’un tamis. Celles qui passent sont mises à plat, tandis que celles qui restent sur le tamis sont à nouveau roulées ; on passe ensuite par un nouveau tamis (après le deuxième roulage), puis, parfois'par un troisième. Après le premier roulage, les feuilles sont encore verdâtres, mais sont devenues visqueuses et s’agglomèrent en masses plus ou moins grosses (que l’on brise pendant l’opération). Après le second roulage, les feuilles sont, généralement, comprimées puis décomprimées; elles commencent à devenir brunes et donnent un produit de haute qualité, inférieur, cependant, à celui qui, ayant passé au travers du premier tamis, n’est plus roulé, ce qui est le cas de Y Orange Pekoe, thé particulièrement estimé.
- Pour rouler les feuilles on se sert de machines spéciales, des « rouleurs » qui se composent essentiellement d’une boîte dans. laquelle sont déversées les feuilles et
- tique, on reconnaît que la fei’mentation a atteint son état optimum (on est guidé surtout par la teinte du produit) et on l’arrête par leur transport dans un dessiccateur à haute température qui dessèche les feuilles et arrête net leur fermentation. Celle-ci est, en somme, très mal connue, mais paraît avoir pour effet — outre de changer la couleur du produit, fait sa,ns intérêt — de développer et de maintenir son arôme. La fermentation réussit mal avec les feuilles les plus vieilles et les plus grossières, mais produit tout son effet avec les feuilles jeunes et fines, bien brisées ou, tout au moins, meurtries par l’opération du roulage-, elle se pratique dans des salles spéciales, à fraîcheur constante (devant les fenêtres on tend des toiles constamment mouillées), à libre accès de l’air, et où on dépose les feuilles en couches de 4 ou 5 cm environ (plus épaisses, elles s’échaufferaient au delà de 29°, ce qui serait nuisible). Une fermentation trop courte donne des feuilles trop vertes et communique à l’infusion
- Fig. 4. — Le triage des feuilles a la fabrique de la plantation “ Goa/para ", à Java.
- d’un plateau qui tourne sur lui-même avec une vitesse variable.
- Après le roulage vient la manipulation du criblage-, grâce à des machines particulières, on parvient à désa-grégerles boules formées par l’agglomération des feuilles et à empêcher leur échàüffement, tout en séparant — point capital — les feuilles fines ou brisées des feuilles trop grosses.
- C’est après cette opération que l’on procède à la fermentation, laquelle s’effectue, d’elle-même, dans les feuilles, sans apport d’éléments extérieurs; ni levures, ni bactéries (à moins qu’elles ne viennent du dehors sans qu’on s’en aperçoive) ne semblent intervenir. Le fabricant n’a donc d’autre rôle que de mettre les feuilles dans les conditions les plus favorables pour que cette fermentation se produise. A cet effet, après le criblage, il les étend en couches minces sur une aire ou dans des sortes de bacs, én les recouvrant, parfois, d’une toile mouillée qui en atténue leur échàüffement spontané. Par la pra-
- un goût de fruit insuffisamment mûr, tandis qu’une fermentation trop prolongée communique aux feuilles une couleur « morte » et une saveur fade, avec diminution de l’arome.
- La dessiccation qui suit la fermentation a surtout pour but de l’arrêter net, probablement en décomposant la diastasë ^laquelle paraît être un oxydase) ; elle s’opère avec des machines spéciales, où lés feuilles sont desséchées par un courant d’air très chaud, aux environs de 100° et doit être conduite avec le plus grand soin. Les feuilles desséchées contiennent encore de 7 à 14 pour 100 d’eau, ce qui est plutôt favorable pour les empêcher de tomber en poussière à la moindre manipulation.
- Il est rare qu’on livre au commerce un mélange des thés obtenus dans la même usine ; plus souvent on en sépare les principales catégories, tout au moins, celles formées de grosses feuilles'(thé grossier) et celles formées de petites (thé fin), puis ori les emballe aussi hermétiquement que possible pour, éviter que l’arome s’en dégage.
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- Fig. 5. — Batterie de routeurs. Chariots de paniers contenant les feuilles flétries. Plantation “ Goalpara ”, à Java.
- La fabrication du thé vert est identique à celle du thé noir sauf qu’on ne lui fait pas subir l’opération de la fermentation.
- En Europe, on n’utilise guère que des thés noirs, tandis que, dans l’Amérique du Nord, on ne vend guère que des thés verts, presque tous d’origine asiatique.
- Chez l’oncle Sam, on apprécie surtout les thés verts pour leurs caractères extérieurs et, notamment, ceux qui ont subi une sorte de polissage (glazing), ce qu’on obtient en brassant les feuilles dans un tambour rotatif, où elles sont, en même temps, soumises à l’action de l’air chaud. La fabrication étant bien conduite, on obtient un rendement en thé vert égal à 25 pour 100 des feuilles employées, proportion identique à cëlle que fournissent les thés noirs de l’Inde.
- Les thés se vendent, généralement, tels qu’ils sortent
- de la fabrique, mais ceux de Chine subissent une opération supplémentaire : on leur communique un parfum artificiel — très apprécié — en les plaçant dans des récipients où on les dispose en lits superposés séparés par des lits de fleurs odorantes et où on les laisse ainsi pendant une journée.
- A cet usage, on emploie surtout l'Olivier odorant, le Camellia sesanqua, la fleur d’oranger, le jasmin d’Arabie, etc.
- L’appréciation des très nombreuses sortes de thés est extrêmement délicate; nous n’avons que de vagues idées par la couleur de l’infusion, sa saveur et son arôme, mais des dégustateurs spéciaux savent distinguer des thés différents les uns des autres par une valeur, en plus ou en moins, de quelques sous par demi-kilogramme.
- Henri Coürrn.
- Fig. 6. — Salle des machines à dessécher, système Empire, à Balimbingan.
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- LA CHALEUR SOLAIRE SOURCE D'ELECTRICITE
- J’ai fait construire à l’Institut Marey un petit appareil cl’une simplicité enfantine, qui n’ëst que la démonstration naïve d’un phénomène de physique bien connu (depuis près d’un siècle) : la thermo-électricité (pile de Melloni, aiguilles de Becquerel-Breschet).
- Soient deux métaux soudés l’un à l’autre, par une soudure A d’abord, et par une soudure B ensuite. Si on les unit par un fil métallique aux deux bornes d’un galvanomètre, il ne se produira aucun courant électrique appréciable au galvanomètre, tant que les deux soudures seront à la même température. Mais, si la soudure A prend une température différente de celle de la soudure B, aussitôt apparaît un courant que décèle la déviation de l’aiguille galvanométrique.
- Supposons qu’une des soudures (A) soit à une température constante, il suffira, après un étalonnage facile, pour connaître la température de la soudure B, de mesurer la déviation galva-nométrique, qui sera d’un sens différent, suivant que la soudure A sera plus chaude ou plus froide que la soudure B.
- De très nombreuses expériences on été faites, avec mensurations précises, pour savoir quelles sont les soudures les plus convenables. On est d’accord pour reconnaître que la soudure bismuth-antimoine est celle qui dégage le plus fort courant électrique.
- Dans l’industrie on a utilisé maintes fois cette thermo-électricité. La pile Clamond donne un assez fort courant, quand toute une série de soudures A est chauffée par la combustion du gaz d’éclairage.
- Récemment M. Magunna, de la Société Hervoer, a construit un petit appareil très ingénieux fondé sur le même principe. Les soudures A sont échauffées par une tige métallique que traverse un courant électrique. Au bout de quelques minutes elles sont à une température constante, qui diffère de la température des soudures B, dont elles sont (relativement) isolées au point de vue thermique. Le courant thermo-électrique qui se produit alors est d’une remarquable constance, assez pour être employé avec grand profit dans la télégraphie sans fils.
- Dans tous les cas, le rendement énergétique de ces piles thermo-électriques est très médiocre.
- Fig. 1. — Pile thermoélectrique pour montrer que la chaleur est source d’électricité.
- que le soleil a frappé les soudures superficielles, aussitôt l’aiguille galvanométrique est déviée. Les soudures fer et nickel-cuivre sont placées dans une boîte munie d’un couvercle. Si la boîte est exposée au soleil, selon qu’on lève ou qu’on abaisse le couvercle, on voit des oscillations de l’aiguille galvanométrique, synchrones de l’élévation ou de l’abaissement du couvercle, lequel peut intercepter les rayons solaires.
- Faisons des calculs assez fantastiques. La surface du faisceau lumineux que le soleil projette sur la terre est approximativement de 40 millions de kilomètres carrés.
- Or la force.électro-motrice de nos 200 petits éléments (soudures A) échauffés par le soleil est, pour une radiation solaire moyenne, d’environ 0,1 volt, la résistance étant de 6,6 ohms; l’intensité du courant est voisine de 15 milliampères. La puissance que cette pile peut fournir est donc très faible, n’étant en millièmes de watts que de 1,5, c’est-à-dire 1/500 000e de cheval-vapeur. La surface de cette pile est de 200 cm2. Par conséquent, dans un mètre carré on pourrait loger 50 appareils semblables, ce qui donnerait alors 1/10 000e de cheval-vapeur. Donc il faudrait 10 000 m2 pour donner un cheval-vapeur, ce qui fait 100 chevaux-vapeur pour 1 kilomètre carré, soit pour les 40 millions de kilomètres carrés de la surface terrestre éclairée, 4 milliards de chevaux-vapeur. Ce chiffre, qui paraît énorme, est très faible, comparé à l’énergie thermique déversée par le soleil à la surface terrestre. Chaque mètre carré reçoit en effet 25 calories par minute, c’est-à-dire 2,3 ch. Par conséquent, l’énergie thermique est 20000 fois plus grande que l’énergie thermo-électrique.
- Il est vrai que l’énergie thermique ne peut être utilisée totalement. Admettons qu’un dixième seulement puisse être transformé en travail mécanique ou en force électrique, il n’en restera pas moins un rapport de 1 à 2000 entre l’énergie mécanique (utilisable) de la chaleur, et celle de la thermo-électricité.
- Ainsi on produirait 2000 fois plus de travail à transformer la chaleur solaire en mouvement, qu’à dégager de l’électricité par la pile thermo-électrique.
- J’ai pensé qu’il serait intéressant de montrer aux enfants que le rayonnement solaire sïir la terre, rayonnement qui est une prodigieuse source d’énergie, pouvait dégager de l’électricité. C’était d'ailleurs évidente priori, sans aucune démonstration nécessaire.
- La caractéristique de cet appareil — un jouet, plutôt qu’uh appareil de physique — c’est que l’indication est instantanée. Autrement dit, une ou deux secondes après
- Je crois pourtant (qu’il ne sera pas inutile de donner aux enfants cette démonstration : la chaleur solaire transformée immédiatement en force électrique. Ce serait graver dans leur esprit ces deux grands faits dominateurs : d’abord la puissance énorme de l’énergie solaire, ensuite la transformation du rayonnement solaire en force électrique, Charles Richet,
- Membre de l’Institut.
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- LES TRANSMISSIONS RADIOÉLECTRIQUES PAR ONDES DIRIGÉES
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- LE “ BEAM-SYSTEM ” MARCONI
- LES SYSTEMES MODERNES DE TRANSMISSION PAR ONDES DIRIGÉES
- Nous avons étudié dans le n° 2760 de La Nature les essais tentés de 1890 à 1920 pour réaliser des systèmes radiotélégraphiques de communication par ondes dirigées.
- On peut affirmer qu’actuellement la période des essais est terminée ; il existe déjà en Angleterre et en France des postes d’émission et de réception qui permettent d’assurer des communications bilatérales absolument régulières pendant la plus grande partie de la journée avec les parties du monde les plus éloignées.
- Nous allons donc décrire les dispositifs modernes anglais et français de transmission par ondes dirigées, d’une manière très objective, en nous réservant d’étudier ensuite d’unè façon plus détaillée l’efficacité, les
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- Eo 9 \d 7 ' 3 JP ’ O
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- Fig. 1.— Les antennes verticales en rideau.
- Deux rideaux d’antennes verticales E, R (vus en plan) distants de d, peuvent diriger les ondes dans la direction horizontale OM, faisant un angle a avec la normale ON. On peut également produire un effet directif dans le plan vertical.
- Fig. 2. — Réception des ondes dirigées.
- Il y a grand intérêt théorique à munir la station réceptrice B d’une antenne spéciale à réflecteur (II) au lieu d’une antenne ordinaire (I).
- avantages et les caractéristiques de ces systèmes.
- Ceci posé, dans les appareils employés aujourd’hui on utilise uniquement des ondes courtes de 14 à 50 m de longueur environ pour le trafic à grande distance, et, pour diriger ces ondes, on a remplacé les miroirs paraboliques beaucoup trop com- On a plexes par des rideaux flous d’antennes convenablement disposées, ainsi que nous l’avons déjà indiqué dans notre précédent article.
- LE PRINCIPE DU « BEAM-SYSTEM »
- MARCONI
- On a donné le nom de « Beam-System », ce qui signifie en anglais « Système du rayon » ou du faisceau, au procédé de transmission par ondes courtes dirigées utilisé depuis peu de temps en Angleterre par la Compagnie Marconi pour établir un service bilatéral régulier entre l’Angleterre et le Canada d’une part, et entre l’Angleterre et l’Australie d’autre part.
- Remarquons d’ailleurs, dès à présent, que les stations commerciales utilisant ce procédé ont été établies essentiellement pour effectuer des
- communications radio - télégraphi -ques, mais qu’un procédé analogue pourrait être employé pour des communications radiophoniques; des essais ont même été déjà tentés avec succès dans ce but.
- Ceci' posé, le principe essentiel du système Marconi consiste à employer deux rideaux d’antennes verticales parallèles et isolées. Les antennes de premier rideau sont alimentées par le poste émetteur en oscillations à haute fréquence suivant un dispositif que nous étudierons plus loin et le deuxième rideau sert uniquement de réflecteur pour les ondes transmises par les premières antennes.
- Un principe analogue sert pour la réception.
- Nous avons noté, dans notre dernier article, qu’en 1902, M. Blondel avait déjà fait connaître le principe général permettant d’établir des systèmes analogues; mais à ce moment, d’une part, on ne croyait pas qu’il fût possible d’employer les ondes courtes pour les radiocommunications à grandes distances, et, d’autre part, on ne savait pas construire des générateurs de courants de très haute fréquence permettant d’obtenir des oscillations entretenues de fréquence à la fois très élevée et absolument régulière ; seule l’apparition des postes à
- Fig. 2. — Un radiopharc anglais. perçoit les rideaux d’antennes, verticaux et plans, qui constituent l’émetteur d’ondes dirigées.
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- trois électrodes devait apporter une solution pratique et économique du problème.
- Tous les dispositifs préconisés pour la réalisation de systèmes émetteurs à ondes dirigées reviennent, en somme, à utiliser un nombre d’oscillateurs plus ou moins grand, et à faire en sorte que, suivant une direction privilégiée, toutes les émissions provenant des différentes antennes émettrices se composent en phase au poste récepteur.
- Un deuxième oscillateur en arrière du premier devra, dans ces conditions, être excité par du courant déphasé en avant, du temps nécessaire à l’oscillation pour franchir le supplément de distance qui est donné par l'intervalle de position des deux antennes. Certains éléments peuvent, dans ces conditions, recevoir de l’énergie radiée par d’autres éléments et servir ainsi de sorte de réflecteurs (fig. 1).
- De tels systèmes d’antennes verticales possèdent, d’ailleurs, en théorie, non seulement une directivité dans le plan horizontal, mais aussi une directivité dans le plan zénithal. Nous aurons l’occasion de préciser cette propriété dans un prochain article à propos de la propagation des ondes courtes.
- Il serait également fort intéressant d’exposer une étude mathématique un peu complète de ces systèmes, mais elle ne peut trouver place dans cette revue, et dans un article aussi général; aussi conseillons-nous à nos lecteurs que ces questions pourraient intéresser particulièrement, de se reporter au livre très documenté du commandant Mesny, Les Ondes électriques courtes ou aux études de M. Chireen, spécialiste en cette matière, parues dans la revue Radio-électricité en 1924.
- Les ondes émises par un tel système d’antennes peuvent être reçues par un poste récepteur placé dans la pirection privilégiée et muni d’un collecteur d’ondes
- Fig. 6. — Schéma de la disposition de antennes réceptrices des postes de Beam-System de Bodmin et des Bridgwater.
- Direction
- du poste récepteur
- quelconque (I, fig. 2), mais il y a un grand intérêt théoriquement à munir également le poste récepteur d’un collecteur d’ondes analogue à l’émetteur, pour concentrer l’énergie reçue et obtenir ainsi une intensité d’audition plus grande avec une puissance dépensée moindre (II, fig. 2).
- LES PREMIÈRES ANTENNES ÉN RIDEAUX MARCONI
- Vers 1921, à l’occasion de l’installation de phares hertziens le long des côtes anglaises, M. Franklin, collaborateur de M. Marconi, et dont nous avons déjà cité le nom, avait utilisé à Southfareland un émetteur d’ondes dirigées constitué par deux rideaux plans d’antennes verticales, établis exactement sur le même principe que le Beam-System actuel.
- Le système primitif comprenait deux rideaux de huit antennes, et la hauteur de chacune des antennes était
- Haubans de suspension
- Fig. 5. — La constitution d’une nappe d’antennes verticales.
- Les antennes A sont suspendues par des haubans. Chaque fil vertical est coupé par un condensateur central. La source S et les transformateurs F alimentent les fils en courant haute fréquence. Les résistances R maintiennent les courants en phase dans chaque fil.
- égale à une demi-longueur d’onde, tandis que l’espace séparant les rideaux étaitde 2 m. 70. La longueur d’onde utilisée était seulement de 6 m. 09 (fig. 1 et 3).
- Un rideau d’antennes verticales alimenté par des courants en phase permettrait seul d’envoyer un faisceau d’ondes plus ou moins resserré, suivant la dimension du rideau par rapport à la longueur d’onde, mais dans deux directions opposées [a, fig. 4) ; l’emploi d’un autre rideau réflecteur situé approximativement à un quart de longueur d’onde permet de transmettre les ondes dans une seule direction [b, fig. 4).
- En réalité, chaque nappe de fils verticaux est suspendue à un câble supporté par un nombre de mâts plus ou moins élevé, et ces fils verticaux sont connectés l’un à l’autre aux deux extrémités par des conducteurs horizontaux comme le montre la figure 5.
- Chaque fil vertical est coupé par un condensateur
- lig. 4. — L’effet des antennes verticales.
- a) Une antenne verticale simple rayonne les ondes dans deux directions opposées.
- b) L’antenne verticale, munie d’un réflec-
- teur, n’émet que d’un seul côté.
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- U3
- central et forme ainsi, en somme, deux oscillateurs séparés, couplés par capacité.
- Le système émetteur reçoit les courants à haute fréquence d’une source S au moyen de systèmes d’alimentation F.
- Enfin, des résistances R sont placées latéralement entre les fils pour éviter toute tendance du système à osciller dans la direction horizontale.
- LE SYSTÈME ÉMETTEUR DU BEAM-SYSTEM ACTUEL
- L’émetteur d’oncles dirigées que nous venons de décrire était utilisé uniquement pour la transmission de signaux de repérage de radio-phares à très faible distance, et la longueur d’onde très courte choisie permettait de réaliser un dispositif de dimensions relativement faibles.
- Si le principe des antennes du Beam-System utilisées actuellement pour réaliser des communications régulières entre l’Angleterre et le Canada, par exemple, est en somme, identique, la réalisation pratique en a été beaucoup plus
- Courbe caractéristique de Vaction à distance du poste émetteur de Bodmin. Longueur d’onde : 20 086 mètres.
- difficile, étant données la plus grande longueur d’onde choisie et la distance à laquelle devaient être transmis les signaux émis par le réseau.
- L’établissement pratique des stations Marconi a d’ailleurs exigé de longs essais et leur fonctionnement régulier est très récent.
- C’est en 1923 que le gouvernement anglais prit la décision de faire établir des stations radiotélégraphiques permettant de réaliser des communications directes avec chaque Dominion. La construction de ces stations commença en avril 1925 après entente avec la Compagnie Marconi.
- Le premier service officiel Angleterre-Canada n’a été inauguré que le 24 octobre 1926 et le service Angleterre-Australie en 1927, il y a quelques mois.
- Quel que soit le correspondant éventuel de chaque station, le système Marconi consiste,'comme dans le système français d’ailleurs, à séparer nettement la station d’émission de la station de réception; de plus, chaque station est double, c’est-à-dire correspondra avec deux stations étrangères distinctes.
- Les antennes du poste émetteur de Bodmin assurant les relations Angleterre-Canada en Beam-System.
- A droite : la nappe émettrice ; à gauche : le système réflecteur.
- On voit à droite les boîtes de couplage placées entre les antennes et le système d’alimentation. (Une boite de couplage pour chaque paire d’antennes.) — A l’extrémité inférieure de chaque fil vertical émetteur ou réflecteur, est fixé un système de tension à balancier qui permet d’assurer une tension constante quelle que soit la vitesse du vent.
- C’est ainsi que le poste transmetteur Angleterre-Canada est situé à Bodmin et correspond avec la station réceptrice canadienne de Yamachiché. Mais un deuxième poste émetteur placé à Bodmin permettra les communications avec l’Afrique du Sud.
- De même, la station réceptrice de Bridgwater reçoit les radiogrammes du poste émetteur canadien-de Drum-mondville et recevra également les radiogrammes de l’Afrique du Sud.
- Quant aux relations entre l’Angleterre et l’Australie, elles sont assurées actuellement par les stations anglaises
- A A*
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- Fig. 10. — Le collecteur d’ondes de la station réceptrice de Bridgwater (Beam-System).
- A gauche : les 5 mâts de l’antenne de réception des radiogrammes du Canada. — A droite : l’antenne de réception
- des radiogrammes de l’Afrique du Sud.
- de Tetney près Grimsby (émission) et de Wenthorpe près de Skegness (réception) en relation avec les stations australiennes de Ballan et de Rockbank. Ces mêmes stations doubles anglaises serviront par la suite aux communications avec l'Inde.
- A titre d’exemple, nous allons décrire les systèmes émetteurs et collecteurs d’ondes des stations de Bodminet de Bridgwater, qui sont établies suivant le principe classique du « Beam-System » avec une nappe émettrice et une nappe réflectrice (fig. 6).
- Le système est soutenu par cinq mâts en treillage d’acier de 277 pieds de haut (81 m. environ) portant en leur sommet des matériaux transversaux d’une’ largeur totale de 90 pieds (27 m. environ), ces matériaux reposent par leur partie médiane sur les mâts verticaux et supportent à chaque extrémité les nappes émettrices et réflectrices (fig. 7). La hauteur de ces matériaux est d’ailleurs de 10 pieds, soit environ 3 mètres.
- La longueur totale de chaque rangée de cinq mâts est de 3150 pieds, soit environ 1000 m., et la ligne droite que forment les mâts est
- Fig. 11. — Le poste émetteur Angleterre-Canada de Bodmin.
- On voit de droite à gauche : les batteries d’alimentation et les commandes par relais, l’oscillateur et l’amplificateur pour la longueur d’onde n° 1, l’oscillateur et l’amplificateur pour la longueur d’onde n° 2, l’émetteur commun aux
- deux circuits.
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- Fig. 12. — La salle des machines a la station émettrice de Bodmin.
- Dans le fond : 3 moteurs de 165 ch. couplés à des dynamos. En avant, à gauche : les alternateurs à haute tension ; en avant, a droite. un groupe servant au chaull'age des filaments des lampes de redressement, et, en arrière : deux auti’es groupes pour le chauffage des filaments des lampes émettrices. Tout à fait à droite : le tableau de contrôle des appareils d’alimentation.
- Fig. 13. —Le poste récepteur double de Bridgwater.
- A gauche : le poste récepteur des signaux du Canada; à droite : celui destiné à la réception des communications de l’Afrique du Sud.
- orientée de façon que le grand cercle vertical de la sphère terrestre qui passe par la station correspondante (ici la station canadienne) lui soit perpendiculaire.
- D’après ce que nous venons d’indiquer, la disposition et les dimensions des nappes d’antenne sont en relation précise avec la longueur d’onde employée pour la transmission. Dans le cas présent, on a prévu l’emploi de deux longueurs d’ondes différentes; la première, utilisée actuellement, correspond à une fréquence de 11 500 kilocycles, soit approximativement 26 m. ; la deuxième n’est pas encore fixée. L’antenne employée pour la longueur d’onde de 26 m. est divisée en deux parties ; elle comporte 32 fils verticaux émetteurs et 64 fils réflecteurs.
- Chaque fil émetteur comporte trois sections unies par des inductances, et l’ensemble est maintenu en bas et en haut au moyen d’isolateurs fixés aux câbles de suspension.
- D’autre part, chaque fil réflecteur est divisé en cinq sections séparées par des isolateurs.
- Les fils d’antenne sont reliés aux boîtes
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- d’alimentation par un fil horizontal supporté par un isolateur en porcelaine monté à l’extrémité d’un tube en fer galvanisé scellé dans un bloc de béton (fig. 7).
- Le système de connexions qui’ transmet les courants à haute fréquence aux fils d’antenne est spécialement étudié.
- Les conducteurs sont formés de deux tubes de cuivre concentriques [a, fig. 8). Le tube extérieur est mis à la terre, le tube intérieur est isolé au moyen d’isolateurs en porcelaine.
- De plus, la longueur du tube d’alimentation depuis le poste émetteur jusqu’à chaque fil d’antenne de chaque système émetteur est exactement la même.
- Les tubes d’alimentation qui courent ainsi le long des rideaux d’antennes sont reliés aux boîtes d’alimentation dont on voit le détail en é sur la figure 8.
- La disposition spéciale de ces accessoires sur laquelle nous ne pouvons nous étendre ici permet d’alimenter tous les fils avec des courants exactement de même phase, et, clc plus, des appareils de mesures sensibles permettent de déceler toute oscillation nuisible qui pourrait se produire dans le système d’alimentation en un point quelconque.
- Le système de mise à la terre, enfin, est tout à fait particulier. Chaque pile de couplage est mise à la terre à l’aide de 12 plaques métalliques disposées dans un rayon de 7 m. 50 à 15 m. et chaque émetteur à une terre indépendante composée de plaques de fer galvanisé disposées à l'intérieur du bâtiment et reliées d’autre part par des caniveaux en cuivre aux masses de cuivre des postes.
- Enfin les mâts d’antenne sont eux-mêmes mis à la terre au moyen de plaques de fer galvanisé.
- Grâce à ces précautions, la courbe caractéristique de l’action à distance montre bien les qualités directives accentuées du système, et bien qu’il soit encore trop tôt pour se prononcer sur les résultats réguliers à grande distance, il semble, comme nous l’indiquerons plus tard, que les premières observations faites soient fort encourageantes (fig. 9).
- Le système collecteur d’ondes d'une station réceptrice du Beam-System, de la station de Bridgwater, par exemple, est d’ailleurs analogue au dispositif émetteur (fig. 10).
- LïïS STATIONS ÉMETTRICES
- Il est intéressant de donner quelques détails sur les dispositifs émetteur et récepteur du Beam-System utilisés dans les stations de Bodmin et de Bridgwater.
- A Bodmin, la source cl'énergie générale est formée par trois moteurs à huile lourde à cylindres verticaux de 165 ch chacun, et des précautions spéciales sont prises pour que les vibrations de ces moteurs ne puissent se transmettre aux appareils de T. S. F. (fig. 11).
- Chacun des moteurs est couplé directement à une dynamo de 92 kw produisant du courant continu à 440 volts.
- Ce courant permet d’actionner des moteurs électriques qui commandent à leur tour tous les appareils d’alimentation des‘différents circuits et ceux-ci sont indiqués dans la liste suivante :
- Trois alternateurs fournissant du courant monophasé de 1000 volts à 300 périodes. Ces machines permettent d’obtenir le courant de haute tension de 8000 à 10 000 volts pour l’alimentation des plaques des lampes d’émission après transformation et redressement par des valves.
- Trois autres alternateurs monophasés de 220 volts, 500 périodes destinés à fournir le courant de haute tension de 2000 volts pour les lampes oscillalrices après transformation et rectification également.
- Deux alternateurs monophasés de 500 volts 300 périodes pour le chauffage des filaments des lampes, courant de 11 à 12 volts obtenu aussi par transformation et redressement.
- Deux dynamos à courant continu de 24 volts 18 kw servant à chauffer les filaments des lampes et aussi à charger des batteries d’accumulateurs de chauffage.
- Enfin deux dynamos à courant continu de 8 kw à 110-165 volts sont employées pour l’éclairage des bâtiments, la charge des batteries, les relais de contrôle et tous les services auxiliaires.
- Le nombre de ces machines qui remplissent une vaste salle représentée par la photographie de la figure 11 peut paraître assez élevé, mais il faut considérer, d’une part, que la puissance initiale exigée est extrêmement faible, si on la compare à celle d’une station à ondes longues, et que, d’autre part, toutes ces machines ne sont pas nécessaires pour le service normal de la station, la moitié environ des machines restant en réserve et servant uniquement en cas d’accident.
- Des batteries d’accumulateurs sont en outre employées comme sources d’alimentation, une batterie de 110 volts 330 AH, une de 16 volts 420 AH, deux de 400 volts 5 AH, et enfin deux batteries portatives de 200 volts et deux de 6 volts pour les expériences de contrôle avec une hétérodyne locale.
- Ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, les courants d’alimentation sont fournis par des lampes de redressement qui agissent sur les courants transformés provenant des alternateurs.
- Deux appareils de redressement à valves sont employés pour fournir le courant haute tension des lampes de transmission.
- L’un de ces appareils fournit du courant à 10 000 volts et l’autre à 3000 volts, un système de bobines de choc et de condensateurs et de résistances servent de circuit-filtres.
- Il est évidemment absolument essentiel que la longueur d’onde demeure invariable étant donné la relation étroite qui existe entre les conduites du système émetteur et collecteur d’ondes et la fréquence des oscillations.
- Ce problème a été résolu par le grand soin apporté dans la construction du poste d’émission.
- Le système du master-osciUator, sur lequel nous ne pouvons nous étendre ici, permet de contrôler la fréquence des ondes émises au moyen de lampes oscilla-trices qui servent en quelque sorte de chef d'orchestre. Le circuit oscillant de cette lampe est couplé à des circuits d’amplification qui, à leur tour, commandent des
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- lampes de transmission à grande puissance à refroidissement par circulation d’huile (fig. 12 et 13).
- Les différentes parties du poste et surtout le mcistcr-oscillator sont soigneusement blindés pour éviter les réactions mutuelles des éléments.
- Les lampes d’émissions sont chauffées à l’aide d’un courant de 24 volts, la tension-plaque est de 8000 à 10 000 volts avec un potentiel négatif de grille d’environ 400 volts.
- On a choisi un système de refroidissement par circulation d'huile, parce qu’il diminuait les pertes et les effets de capacité; l’huile employée est, en principe, de la kérosène, qui possède des propriétés physiques et électriques •très heureuses.
- Les appareils sont disposés de façon à pouvoir employer à volonté une des deux longueurs d’onde et la puissance de l’émetteur est d’environ 20 kw.
- Comme dans tous les postes modernes, la transmission se fait par relais commandé par des lignes reliées à un bureau central radio-télégraphique du General Post-Office de Londres.
- Un système d’ondemètre très précis permet de vérifier à chaque instant la longueur des ondes émises.
- Malgré la puissance relativement faible de l’émetteur, indiquons dès à présent que les résultats obtenus sont fort satisfaisants. Durant les essais officiels de réception d’octobre 1920, des communications régulières ont pu être assurées durant 18 heures par jour avec une vitesse d’une centaine de mots de cinq lettres par minute.
- LA STATION RÉCEPTRICE DE BRIDGWATER
- La station réceptrice de Bridgwater, ainsi que nous l’avons indiqué, est destinée à recevoir les signaux du Beam-System provenant du Canada et de l’Afrique du Sud; de même que la station émeltrice de Bodmin, elle est directement reliée au Central Radio Office de Londres où se fait la lecture et l’expédition des messages.
- Nous avons déjà indiqué également que le système collecteur d’ondes dirigées de cette station est analogue
- Fig. 15. — Disposition du poste de réception double de Bridgwater.
- 1 et 1 a, appareils d’accord et de filtrage; 2, lampes modulatrices ; 3, circuit de la première hétcrodynation ; 4, premier Tesla de liaison ; 5, première détection et circuit de la deuxième hétérodynalion ; 6, second Tesla de liaison sur grandes ondes; 7, 8 et 9, filtre, détecteur et système compensé permettant d’actionner un relais; 10, tableau de contrôle.
- Tableau de contrôle
- -Q\Systéme.
- vjcômpense _Stfonnant un reTat
- (^Détection
- principale
- Second
- filtre
- supplément
- Poste N?1
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- (2) Lampes modulatrices
- (S)Circuits ^de la hétérodyne
- ®!erfiltre
- amplification
- fèV^etection
- 2*netérodyne
- /^TSecond
- filtre et amplificateur
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- Appareils d accord et
- filtrage
- Rechange
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- Poste N°2
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- Feeder
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- blindé
- Antenne
- oscillatrices
- blindé
- Lampes
- d'absorption
- Pelais
- grande
- vitesse
- Fig. 14. — Principe du poste émetteur de Bodmin.
- A, émetteur à lampes puissantes à refroidissement par huile, commun pour les deux longueurs d’ondes; B, amplificateur et oscillateur pour la longueur d’onde n° 1 ; C, amplificateur et oscillateur pour la longueur d’onde n" 2 ; D, lampe d’absorption.
- au système émetteur de Bodmin, et quels avantages résultent de cette disposition (fig. 2 et 10).
- Les appareils de réception de Bridgwater sont évidemment beaucoup moins complexes que les postes d’émission de Bodmin et nécessitent moins d’accessoires.
- Toute l’énergie nécessaire pour la recharge des batteries de chauffage et de tension des lampes de réception, pour l’éclairage des bâtiments, etc., est fournie par deux moteurs Aster de 18 ch qui actionnent deux dynamos de 10 kilowatts.
- Le poste de réception double n’occupe qu’un espace restreint (fig. 14) et le pinncipe utilisé pour la réception d’ondes aussi courtes est la méthode de la triple hétéro-dynation-changement de fréquence.
- Les ondes incidentes de 26 m. sont transformées d’abord en battements de longueurs d’onde de 1600 m. environ au moyen d’une pi'emière hétérodyne, puis après filtrage et amplifications haute fréquence en oscillation de 10 000 m. de longueur d’onde; après nouveau filtrage et amplification, les signaux délectés agissent sur un système compound qui met en action un relais à grande vitesse (fig. 15).
- On peut d’ailleurs contrôler la réception à la station elle-même au moyen d’un ondulateur ou simplement en écoutant les signaux audibles au moyen d’un dispositif fort simple.
- Pour éviter les troubles possibles causés par la proximité des deux appareils de réception, les fréquences intermédiaires des postes récepteurs du Canada et de l’Afrique du Sud sont différentes.
- CONCLUSION
- Le Beam-System Marconi que nous venons d’étudier sommairement est fort intéressant et semble avoir déjà donné d’excellents résultats sur lesquels nous reviendrons. La puissance des postes émetteurs est très faible si on la compare aux millions de kilowatts des postes à ondes longues pour grandes distances!
- Cependant, l’ensemble des installations furent encore relativement complexes et nous indiquerons dans un prochain article que la solution proposée en France, solution d’ailleurs qui n’a rien de définitif, semble déjà pourtant beaucoup plus simple. P. Hémardinquer.
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- LE BEC DANS LA SÉRIE ANIMALE
- On entend par bec une formation cornée, composée de deux parties qui s’opposent, placée à la partie antérieure de la bouche de certains Vertébrés.
- Par extension, on a appelé bec des formations qui en sont tout à fait différentes tant par leur structure, leur origine que leurs rapports; pour que ce nom leur soit appliqué il a cependant suffi qu’elles accusent une certaine ressemblance avec le bec d’un Oiseau. C’est ainsi, par exemple, qu’on nomme bec les deux mâchoires des Seiches parce que celles-ci, par leur ensemble, rappellent sensiblement un bec de Perroquet renversé ; or il n’y a rien de commun entre ces deux organes, puisque, entre autres caractères différentiels, le bec du Perroquet est corné, tandis que les mâchoires de la Seiche sont c/iiti-neuses.
- Faussement encore, on a appelé bec le suçoir de certaines Punaises, la trompe de quelques Charançons, etc.
- Si le bec est caractéristique des Oiseaux, autrement dit s’il n’est pas un Oiseau qui en soit dépourvu, c’est une erreur de croire, comme on le fait généralement dans le grand public, qu’il est spécial à ces êtres. On le rencontre, en effet, dans toutes les classes des Vertébrés; les Poissons, les Batraciens, les Reptiles, les Oiseaux, les Mammifères.
- Un bec comprend toujours deux parties, l’une dorsale en rapport avec les maxillaires ou la lèvre supérieure, l’autre ventrale en relation avec la mandibule ou la lèvre inférieure.
- Lorsque la bouche est close, ces deux parties s’affrontent naturellement.
- La substance qui forme le bec est l’analogue de celle qui constitue les ongles et les plaques qui recouvrent le corps de certains Vertébrés (écailles des Reptiles, écailles des pattes des Oiseaux, ergots, etc.). Elle n’est, en somme, qu’une exagération locale de la couche cornée de l’épiderme, qui, en plus, prend dans cette région des caractères particuliers.
- Comme toute formation cornée, le bec est nourri par des papilles vasculaires de la peau, en nombre plus ou moins considérable suivant les dimensions qu’il présente.
- Le bec est ordinairement un organe dur, résistant, permettant à l’être qui le possède non seulement de saisir la proie dont il doit se nourrir, mais aussi de déchirer celle-ci ou de la concasser.
- Il est à remarquer que lorsqu’un bec existe, les dents font défaut. Il y a là comme une sorte de balancement entre ces deux sortes d’organes ; mais toutefois il est à noter que le remplacement des dents par un bec est un phénomène d’adaptation secondaire, les Oiseaux dérivant d’animaux pourvus de dents.
- Déjà, Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire, cet illustre anatomiste aux vues vraiment géniales, avait prévu le fait. Il avait cru découvrir dans les mâchoires des embryons de Perroquets des germes dentaires en voie de développement, et il en avait conclu à l’existence possible d’Oiseaux à dents.
- Ainsi exposées, les choses ne sont pas tout à fait exactes.
- Dans les mâchoires des Perroquets, en effet, ce ne sont pas de véritables dents qui existent, mais de simples productions épidermiques de nature, analogue à celle du bec; c’est ce qu’on appelle des odontoïdes, qui sont comparables aux lamelles cornées des bords du bec des Canards.
- Mais si le savant professeur du Muséum avait confondu les odontoïdes avec des dents, sa prévision quant à l’origine des Oiseaux ne tarda pas à se réaliser. Soixante ans plus tard, en effet, dans les couches crétacées des Montagnes Rocheuses, Marsh découvrait des restes de véritables Oiseaux munis de dents. Il s’agissait de l’Hesperornis, aujourd’hui disparu. Cet être fossile, antédiluvien comme on dit quelquefois, possédait un bec et des dents; le bec recouvrait l’extrémité des mâchoires supérieure et inférieure, tandis que les dents étaient situées à la partie postérieure de celles-ci, le long d’un sillon.
- Bien mieux, antérieurement à Y Hesperornis a existé un être intermédiaire aux Oiseaux et aux Reptiles, Y Archæo-pteryx, qui ne possédait pas de bec et avait seulement des dents tout le long de ses mâchoires. Cet être, pourtant, était bien Oiseau en partie, car il était entièrement recouvert de plumes, organes qui n’ont jamais été rencontrés que dans cette classe.
- Ces quelques considérations générales étant données, examinons le bec successivement dans chacune des classes de l’embranchement des Vertébrés.
- POISSONS
- Un revêtement corné de la partie antérieure de la bouche est rare chez les Poissons.
- On en a cependant un exemple bien net chez deux espèces de notre pays, appartenant toutes deux au genre C/iondrosioina.
- Les Chondrostomes sont des Cyprinidés, c’est-à-dire de proches parents des Carpes, Vandoises, Chevaines, etc.
- Ils se distinguent de tous les représentants de cette grande famille par le fait que chaque lèvre de leur bouche est revêtue d'un étui corné.
- Cet étui n’est autre chose qu’un épaississement de la couche cornée de l’épiderme de la région ; il est donc bien de même nature que le bec proprement dit des autres classes de Vertébrés, bien que d’une façon générale on n’a pas l’habitude de le ranger parmi les becs, peut être, tout simplement, parce que c’est là une formation exceptionnelle chez les Poissons.
- Chaque étui est allongé transversalement, comme la bouche elle-même (1) ; il n’est pas saillant en avant, car il recouvre tout juste les lèvres ; son bord libre forme une arête nette et coupante; il est d’une coloration brune.
- Çe bec n’adhère que sur le Poisson vivant; peu après la mort il se détache facilement.
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- Le nom des Poissons pourvus d’un tel étui labial, Chondrostomc, est formé par l’accouplement de deux mots grecs qui veulent dire bouche cartilagineuse (chon-dros : cartilage et stoma : bouche). II y a là une grave erreur d’étymologie, puisque la bouche n’est pas cartilagineuse, mais bien cornée-, cette erreur a des conséquences sérieuses, par le fait que se basant sur le nom de ces
- Il est à noter que la présence d’un bec chez ces Pois» sons ne supprime pas les dents pharyngiennes.
- BATRACIENS
- Les têtards (larves de Grenouilles, Crapauds) ont les mâchoires revêtues d’un étui corné constituant une sorte
- Fis. 1 à tjô. — Becs divers.
- 1. Chondrostomc; 1 bis. Aigle ;
- 2. Faucon;
- 3. Pie grièche ;
- 4. Putfin ;
- 5. Perroquet;
- 6. Héron ;
- 7. Cormoran ;
- 8. Goéland;
- 9. Pic;
- 10. Corbeau;
- 10 bis. Etourneau;
- 11. Bruant;
- 12. Gros-bec;
- 13. Alouette ;
- 14. Mésange;
- 15. Coq;
- 16. RAle;
- 17. Foulque;
- 18. Pluvier;
- 19. Pigeon ;
- 20. Oiseau-mouche;
- 21. Huppe ;
- 22. Oiseau-mouche à bec
- courbé ;
- 23. Grimpereau ;
- 24. Bécasse;
- 25. Barge;
- 26. Courlis ;
- 27. Falcinelle;
- 28. Canard;
- 29. Cinq becs de lamel-
- lirostres vus dor-salement;
- 30. Harle ;
- 31. Engoulevent;
- 32. Flamand;
- 33. Pingouin ;
- 34. Macareux ;
- 35. Pélican;
- 36. Avocette;
- 37. Spatule;
- 38. Balaniceps;
- 39. Toucan ;
- {10 et 41. Buceros ;
- 42. Bec en ciseau;
- 43. Anastome;
- 44. Bec-croisé;
- 45. Ornithorhynque ;
- 46. Echidné.
- poissons, bien des auteurs les décrivent en leur accordant des lèvres cartilagineuses, ce qui est faux comme nous venons de le dire.
- Les deux espèces de Chondrostomes vivant dans les eaux françaises sont le Ghondrostoma nasus L. vulgairement appelé Aloge ou Ilotu et le Chondrostoma toxostoma Voll, communément dénommé Seuffe ou Souffle.
- de bec qui leur sert à ronger les substances végétales ou animales dont ils se nourrissent. Chaque partie du bec a la forme d’un petit arc épousant la forme de la bouche et ne formant aucune saillie antérieure, disposition donc assez semblable à celle qui existe chez les Chondrostomes. Lors de la métamorphose (transformation du têtard en adulte) le bec tombe.
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- Un seul adulte de Batracien possède un bec; c’est la Siren lacertine [Siren lacertina L.). Ge bec est assez semblable à celui des têtards.
- La présence de cetlê formation entraîne la disparition des dents sur les maxillaires, mais il en existe sur quelques os de la bouche (vomer, etc.).
- REPTILES
- Parmi les Pœptiles, on ne trouve de bec que chez les Tortues; mais toutes les Tortues, sans exception, en possèdent.
- Le bec des Tortues, par sa manière d’être générale, et non par sa forme, est analogue à celui des Oiseaux. Chacune de ses parties emboîte très exactement la mâchoire correspondante et a la forme d’un demi-anneau; suivant ainsi le profil de la tête, elles ne font donc pas saillie en avant. Le bord de chaque partie est tranchant ou dentelé ; avec un tel bec, certaines espèces peuvent mordre très énergiquement et même causer de sérieuses blessures.
- Toutes les Tortue^ sont dépourvues de dents,
- OISEAUX
- C’est dans cette classe que le bec prend sa plus grande extension ; toutes les espèces en sont pourvues et aucune d’elles ne possède de dents.
- Le bec, bien que parfois très dur et très résistant, n’est jamais un organe de mastication ; c’est là le rôle d’un organe profond, le gésier; il permet, tout au plus, de déchirer les proies molles ou de concasser certaines graines, mais jamais de les écraser. Pour beaucoup d’Oiseaux aussi, les grimpeurs par exemple, il sert dans la locomotion en permettant à ces êtres de mieux s’agripper aux branches.
- Le bec est encore, pour bien des espèces, un puissant moyen d’attaque ou de défense; il est également le principal instrument dont se servent les Oiseaux pour la construction de leur nid. C’est avec le bec, en effet, qu’ils portent plumes, pailles et brindilles, ainsi que la boue qui, dans bien des cas, sert à lier les parties; c’est aussi avec le bec qu’ils maçonnent comme l’ouvrier le fait aArec sa truelle.
- Le bec des Oiseaux, contrairement à celui des classes précédentes, fait toujours en avant une saillie plus ou moins prononcée, parfois même très longue. Les bords sont tranchants et son extrémité est terminée en pointe droite ou plus ou moins recourbée. Quant à sa forme elle varie à l’infini suivant les mœurs des espèces, aussi est-elle un des caractères essentiels de toute classification ornithologique.
- Certaines particularités qu’on observe dans le bec des Oiseaux ont donné naissance aux dénominations vulgaires de quelques espèces; citons, par exemple, le Bec-croisé, le Gros-bec, le Becfigue, le Bec en ciseau, le Bec d’Argent, le Bec de corail, le Bec ouvert, etc.
- D’ordinaire, les deux parties du bec, dorsale et ventrale, ont la même longueur; mais il n’est pas rare que la mandibule supérieure dépasse l’inférieure par sa pointe
- recourbée (Rapaces, Perroquets, etc.), ou, au contraire, que la mandibule soit de beaucoup la plus longue (Bec en ciseau, etc.).
- Au bec peuvent s’adjoindre quelques parties annexes; c’est ainsi que chez les Oiseaux de proie, la base de la portion dorsale est entourée d’une membrane colorée appelée cire, dans laquelle sont creusées les narines. Enfin, bien souvent, dans le voisinage du bec, existent des plumes spéciales, réduites seulement à leur axe, les u ib risses.
- Le bec des Oiseaux étant très variable, pour avoir une idée des formes qu’il peut offrir il est nécessaire de l’observer successivement dans les différents ordres et même chez quelques espèces particulières.
- Chez les Rapaces qui vivent de chair, vivante ou corrompue, le bec est un instrument particulièrement apte à déchirer en lambeaux les proies dont ils font leur nourriture.
- Il est puissant, très dur; la portion supérieure, terminée en pointe acérée, est fortement crochue à son extrémité, de sorte qu’elle recouvre complètement la pointe de la mandibule; ses bords sont très tranchants. Souvent, chaque bord de la partie supérieure porte, en un point qui correspond assez exactement à l’extrémité de la mandibule, une échancrure ou une dent aiguë, qui par sa forme et son développement variables joue un rôle important dans la détermination des espèces. Chez les Rapaces diurnes, la base du bec est entourée d’une cire (1 bis, 2).
- Les Pies-grièches, qui sont des Passereaux, ont un bec (3) qui n’est pas sans’analogie avec celui des Rapaces. Il est puissant, recourbé en crochet et fortement denté; la dent dans certaines espèces est même très développée.
- Il en résulte pour ces Oiseaux une arme redoutable dont ils usent fort bien dans leur chasses d’insectes.
- Chez les Puffins le bec (4) est long, puissant, la partie supérieure est faiblement recourbée en crochet cachant complètement la pointe de la mandibule.
- Dans quelques cas, le bec est long à face latérale plus ou moins plane ou sillonnée, la portion dorsale peut être un peu recourbée à l’extrémité et recouvrir alors la pointe de la mandibule (Cormorans (7), Goélands (8), etc.).
- Le bec des Perroquets (5), Ara, Perruches, présente un énorme développement.
- Sa partie dorsale, grosse, puissante, fortement inclinée dès la base, très recourbée en crochet aigu, est beaucoup plus grande que l’inférieure qu’elle recouvre complètement; cette dernière, courte, à angle ventral émoussé, souvent même remplacé par un méplat, est plus ou moins échancrée en avant. Le bec des Ara est une arme vraiment redoutable.
- Chez les Oiseaux qui se nourrissent de Poissons vivants, et par suite doivent les pêcher, le bec est construit sur un modèle à peu près constant bien qu’ils appartiennent à des ordres très différents. Il est puissant, long, droit, très pointu, a base élargie, ce qui lui donne un aspect de cône ou de pyramide allongée ; ses bords sont ordinairement durs et tranchants (Hérons (6), Martins-pêcheurs, Fous, Sternes, Plongeons, etc.).
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- On trouve un bec analogue de forme et de puissance à celui des Oiseaux piscivores, c’est-à-dire robuste, droit, long, conique (9), chez les Picidés (Pics, etc.), qui creusent le tronc des arbres pour y chercher les Insectes dont ils se nourrissent.
- Un bec à peu pi*ès semblable, bien que parfois légèrement recourbé à l’extrémité, se rencontre chez les Corvidés (Corbeaux (10), Pies, Casse-noix, etc.).
- Un peu de même forme, mais moins puissant, est le bec des Loriots, Etourneaux (10 bis), etc.
- Parmi les Passereaux, des Conirostres ont un bec du même ordre, fort et puissant pour les dimensions de ces êtres, en même temps que conique (Bruant (11), Bouvreuil, Moineau, Proyer, Pinson, etc.).
- Il est énorme chez les Gros-becs (12). Parfois les bords du bec sont droits, ils peuvent aussi présenter un bourrelet à leur base; enfin, dans certains cas, la mandibule offre une échancrure, ou même une dent (Tangara, etc.).
- Des Ténuiroslres ont un bec également conique comme le précédent, mais mince, plus long, plus élégant dans
- d’eau, Râle des Genets, Poule d’eau, etc.). Dans quelques cas, ce bec porte une callosité frontale (Porphyrio, Foulque (17), etc.).
- D’autres Echassiers (Court-Yites, Pluviers (18), Vanneaux, etc., ont un bec de moyenne longueur à bords très durs, droit ou légèrement recourbé à la pointe, assez voisin de ceux de certains Gallinacés.
- Le bec des Pigeons (19), plus long que celui des Gallinacés, est peu corné et par conséquent assez faible ; il est plus haut que large et légèrement bombé à l’extrémité qui est la partie vraiment résistante. A la base, une membrane nue, renflée, généralement de couleur différente de celle du bec, recouvre les narines. Le bec est terminé en pointe, ou est légèrement recourbé ; ses bords sont lisses, jamais dentés.
- Un bec très long et très grêle, en forme d’alène parfois, à peu près de même diamètre sur toute sa longueur, sauf qu’il peut être plus ou moins élargi à la base, se trouve chez toutes les espèces qui cherchent leur nourriture au fond de cavités profondes comme fentes, trous, corolles de certaines fleurs, etc. Ces becs sont droits, recourbés
- Fig. 47 à 40. — Malformations de becs d’oiseaux.
- De gauche à droite : pic vert, alouette, mouette rieuse, conservés au Muséum d’histoire naturelle de Bordeaux.
- son ensemble, en même temps que plus effilé. Il est droit (Alouette (13), Pipi, Bergeronnette, Fauvette, etc.), ou un peu recourbé à la pointe (Troglodytes, Cisticoles, etc.).
- D’une façon générale, les Gallinacés ont un bec (15) relativement court, ou tout au plus moyen, large et assez élevé.
- La partie supérieure, voûtée, est recourbée vers le bas à son extrémité, formant parfois même crochet (Hocco), de façon qu’elle englobe plus ou moins la pointe de la mandibule; les bords en sont tranchants et dépassent ceux de la portion inférieure, particulièrement chez les Faisans.
- La base du bec, membraneuse, est garnie de plumes entre lesquelles sont les narines, quelquefois même il y a une cire (Uraxj. C’est le bec des Poules, Dindons, Pintades, Paons, etc.).
- Les Rallidés ont un bec (16) qui, par sa forme, se rapproche assez de celui des Gallinacés: il est fort, élevé et comprimé latéralement. Il est plus ou moins long suivant les espèces considérées, parfois aussi long et même plus que la tête, tantôt droit, tantôt plus ou moins recourbé à la pointe. Il est traversé par des narines en fente. (Râle
- en faux ou simplement infléchis à leur pointe (22) ; ils sont ordinairement plus longs que la tête, quelquefois même plus que le corps (Oiseaux-mouches (20), Huppes (21), Grimpereau (23), Thichodromes, etc;).
- Les Oiseaux cherchant leur nourriture dans la vase ou la terre humide ont un bec long mais relativement faible et plus ou moins flexible; revêtu d’une peau molle il est peu corné et son extrémité est pourvue de nombreuses terminaisons nerveuses qui lui permettent de reconnaître la présence d’une proie sous terre sans l’avoir vue. Ces becs peuvent atteindre une très grande longueur comme ceux de la Bécasse (24) et de la Bécassine. Toutefois, dans tout un groupe, celui des Chevaliers, le bec est mou seulement dans sa première moitié, l’extrémité est cornée et dure, et ne présente par suite pas l’appareil de tact ci-dessus indiqué; ce bec est droit ou légèrement recourbé vers le haut (Barge (25).
- Le bec des Courlis (26) est de même ordre, mais il est recourbé vers le bas. Il en est de même de ceux des Ibis et Falcinelle (27) qui sont très longs, arrondis, graduellement amincis de la base à la pointe et recourbés en faux.
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- Le bec des Lamellirostres (28, 29), droit, assez long et plat, est, suivant les cas, d’égale largeur sur toute son étendue, aminci vers la pointe ou, au contraire, élargi; il est revêtu d’une peau molle riche en terminaisons nerveuses, ses bords sont garnis de petites lamelles transversales, et son extrémité porte une lame cornée, dure et légèrement courbée vers le bas (onglet). Les lamelles constituent par leur ensemble une sorte de crible qui retient les Vers et Mollusques pêchés dans la vase et laisse écouler l’eau.
- Chez les Harles (30) le bec n’est pas droit mais un peu infléchi vers la pointe.
- Chez les Fissirostres (Hirondelle, Martinet, Engoulevent (31), où la bouche est fendue jusqu’au niveau des yeux, le bec est très court, fort petit, triangulaire, fort comprimé et joue un rôle très effacé dans la vie de ces Oiseaux.
- Enfin, il est des becs qui ont une forme tout à fait particulière n’entrant dans aucun des cas ci-dessus signalés. En voici quelques exemples.
- Les Pingouins (33) ont un bec assez long, comprimé latéralement et assez haut; sa partie supérieure est légèrement infléchie vers l’extrémité. Celui des Macareux (34) est d’une forme assez curieuse ; très court, aplati .latéràlement, il est plus haut que large ; son bord dorsal est fortement incurvé et ses faces sont creusées de forts sillons.
- Le Flamand a un bec très gros (32) et de forme assez curieuse.
- En son milieu il est brusquement courbé, sa première partie étant à peu près horizontale tandis que la deuxième est presque verticale. La partie dorsale est mince et plate; la ventrale, au contraire, est bombée et creuse. Les bords sont munis de lamelles aplaties, très pressées les unes contre les autres.
- Le bec du Pélican (35) est énorme, plat, un peu recourbé à la pointe; mais ce qui le caractérise surtout c’est que la mandibule est pourvue, entre ses deux branches, d’une vaste poche dans laquelle l’Oiseau engouffré les poissons qu’il pêche, sorte de magasin.
- L’Avocette a un bec (36) qui rappelle celui des Barges, mais plus long et surtout beaucoup plus délié, de sorte qu’il se termine par une pointe très aiguë ; il est assez fortement recourbé vers le haut, dans sa partie terminale.
- Le bec de la Spatule (37) est très long, très aplati, sans aucune saillie, très élargi en avant en même temps qu’arrondi; il a ainsi la forme d’une spatule, d’où le nom donné à l’oiseau. L’extrémité de la partie dorsale est munie d’un petit onglet recourbé vers le bas.
- Le Balaniceps a un bec (38) très large, puissant, caréné, à pointe forte et crochue.
- Les Toucans ont un bec colossal (39) pour les dimensions de leur corps, très long, très large, très haut, droit à bords dentés.
- Un bec plus colossal encore se rencontre chez les Bucéros (40, 41).
- Gomme chez les Toucans ce bec est très long, très haut, dentelé sur les bords ; mais en plus il est recourbé vers le bas et porte au-dessus de la base de sa
- partie dorsale une proéminence cornée énorme variant de forme avec les espèces et donnant à l’être un aspect fort bizarre.
- Dans le Bec-en-ciseau (Bhyncops (42), la partie dorsale du bec est plus courte que la ventrale, assez élevée, diminuant progressivement de hauteur depuis sa base ; les deux portions du bec sont très comprimées et disposées comme les lames d’une paire de ciseaux.
- Le bec de 1’Anastom.e (43) n’est jamais complètement fermé, même quand ses deux parties sont rapprochées par la raison que leurs bords sont courbes; lorsque la bouche est close, en effet, seules la pointe et la base sont en contact, entre elles est un vide. Les bords sont rentrants, le bec est comprimé.
- Le Bec-croisé (44) possède un bec dont la disposition est bien curieuse Les deux parties, au lieu de s’opposer nettement comme chez les autres Oiseaux, s’entrecroisent, de sorte que les deux extrémités sont libres.
- MAMMIFÈRES
- Parmi les Mammifères, on ne trouve de bec que dans l’ordre inférieur des Monotrèmes, qui a conservé des caractères reptiliens très nets ; mais il s’y présente, avec des caractères différents suivant le genre considéré.
- L’Ornithorhynque (45) a un bec large et aplati comme celui d’un Canard ; il possède en outre deux dents cornées de chaque côté sur chaque mâchoire.
- Chez l’Echidné (46), le bec est allongé, mince et à peu près cylindrique ; il n’y a pas de dents ornées.
- MALFORMATIONS
- Les becs des Oiseaux sont sujets à diverses malformations ; nous en donnons ici trois curieux cas inédits appartenant au Muséum d’histoire naturelle de Bordeaux. Il est à noter que ces trois oiseaux ont atteint l’âge adulte et ont été capturés au fusil au cours de chasses.
- Le premier est un Pic vert (47). La partie dorsale de son bec est normale, tandis que la partie ventrale est beaucoup plus courte qu’à l’ordinaire. D’après un examen attentif de la pièce il semble que cet état est acquis; il pourrait être dû, par exemple, à un accident dont nous ignorerons toujours la cause.
- Le second est une Alouette (48). Il s’agit ici d’une malformation congénitale. La partie dorsale du bec, plus longue qu’à l’ordinaire, est fortement recourbée vers le bas, contrairement à la disposition normale. La portion ventrale est très courte, à peine iucurvée et terminée en pointe.
- Le troisième est une Mouette rieuse (49). La malformation présentée par cet Oiseau estplus curieuse encore que les précédentes; elle porte uniquement sur la partie dorsale qui, fortement courbée vers le bas à partir de son milieu, croise la partie ventrale à la manière d’un Bec-croisé ; la seule différence qui existe avec le bec de ce dernier oiseau est que la mandibule est droite.
- J. Chaîne,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux.
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- UNE APPLICATION DU GAZ PAUVRE
- A LA NAVIGATION MARITIME
- Au mois de septembre dernier avait lieu à La Rochelle un concours de bateaux à moteur organisé par la Marine Marchande
- Cette très intéressante compétition, qui permettait d’apprécier le développement considérable pris par l’emploi des moteurs sur les bateaux, comprenait une série d’essais contrôlés, destinés à mettre en lumière les dispositifs nouveaux, parmi lesquels venait en premier lieu l’application du gaz pauvre à la navigation maritime.
- L’épreuve de cette application dans le domaine maritime complétait très opportunément les nombreux concours et démonstrations organisés précédemment pour les véhiculés automobiles terrestres, par le Ministère de la Guerre, l’Office National des Recherches et Inventions et l’Automobile Club de France.
- Il est à peine utile d’insister sur l’intérêt vital de la question d’alimentation des moteurs au moyen de combustibles d’origine nationale, si l'on envisage la situation défavorisée de la France et de ses colonies au point de vue de la production et du contrôle des produits pétrolifères. Mais, même en dehors de la considération de sécurité nationale, l’emploi des combustibles de remplacement, tels que le bois et ses sous-produits, mérite de retenir l’attention au seul point de vue des conditions d’exploitation. Les résultats des essais de La Rochelle indiqués plus loin confirment pleinement, à cet égard, ceux obtenus depuis quelques années en matière de transports terrestres.
- Mais, si la France se trouve dépendre de la production étrangère pour les produits pétrolifères, elle a par contre été depuis de longues années, et demeure encore à la tête des pays industriels pour la construction des moteurs à explosion à essence. Dans la réalisation des moteurs marins de cette catégorie, certaines maisons françaises ont une expérience qui remonte à 25 années.
- L’utilisation des combustibles gazeux et notamment du gaz pauvre produit par gazogènes à bois et à charbon de bois pouvant se faire dans d’excellentes conditions, suivant le cycle de fonctionnement des moteurs à explosion à essence, on a tout naturellement pensé à substituer ces combustibles à l’essence dans les moteurs.
- LES PROBLÈMES POSÉS PAR L'EMPLOI DU GAZ PAUVRE DANS LES MOTEURS
- En pratique, lorsque le gaz d’alimentation est de qualité convenable, le moteur à explosion conserve d’une manière remarquable ses qualités de souplesse et de commodité d’emploi.
- Toutefois, la différence entre le pouvoir calorifique du mélange « essence-air » et du mélange « gaz pauvre-air » entraîne avec ce dernier une notable diminution de puissance; cette diminution de puissance est de
- l’ordre de 30 pour 100 pour un moteur à essence de type usuel, sans addition d’organes supplémentaires, ni modification.
- Pour racheter cette perte de puissance, on recourt alors aux différents moyens suivants :
- A) Le premier consiste à prévoir un moteur de cylindrée augmentée, ou, autrement dit, à prévoir un moteur qui donnerait à l’essence une puissance surabondante pour l’application envisagée.
- Si ce moyen a pour lui l’avantage de la simplicité, il présente par contre l’inconvénient d’accroître le" prix de revient de l’installation et son encombrement, ce qui est un inconvénient sérieux pour les installations faites à bord de bateaux où la place est en général très limitée.
- B) Un deuxième procédé consiste à modifier le moteur à essence pour accroître son taux de compression, c’est-à-dire le rapport entre le volume des gaz contenus dans les cylindres à fin d’aspiration et à fin de compression.
- Le mode d’action de cette modification relativement aisée réside dans une amélioration du rendement thermique du moteur, mais il ne procure toutefois qu’un gain de puissance assez faible. La puissance du moteur ainsi modifié, fonctionnant au gaz, reste encore sensiblement inférieure (de l’ordre de 25 à 20 pour 100) à la puissance que le même moteur était susceptible auparavant de produire à l’essence.
- D’autre part, on se trouve rapidement limité dans l’élévation du taux de compression si le moteur doit pouvoir continuer éventuellement à être employé à l’essence.
- Fig. 1.
- Le yacht Rcmi, actionné par' un moteur à gazogène.
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- = J24 :..............................
- L’auto-allumage du mélange « air-essence » se manifeste rapidement, et accessoirement, la mise en marche à la manivelle, l’une des grandes commodités du moteur à essence, devient difficile, sinon impossible, sans dispositions spéciales.
- G) Un troisième moyen de rachat de la puissance perdue consiste dans l’adjonction au moteur d’un compresseur de gaz. Dans ce cas, le moteur n’aspire plus directement le mélange explosif qu’il utilise; mais il reçoit ce mélange légèrement comprimé au préalable par le compresseur qui est généralement de modèle rotatif, à palettes.
- Il est aisé de comprendre que la puissance du moteur se trouve ainsi accrue par l’admission d’un poids plus élevé de mélange explosif, à chaque cylindrée.
- En pratique, comme le montrent les résultats mentionnés plus loin, il est possible, par ce procédé, de racheter totalement la perte de puissance afférente à l’emploi du gaz pauvre.
- Il est toutefois utile que le moteur employé ait déjà des caractéristiques de compression et de régime se prêtant favorablement à l’emploi du gaz pauvre.
- L’INSTALLATION D’UN MOTEUR A GAZ PAUVRE A BORD D’UN YACHT
- Le yacht Rend, présenté au concours de La Rochelle, était pourvu d’un moteur de propulsion dont l’adaptation au gaz pauvre avait été faite suivant ce troisième procédé d’adaptation.
- Ce bateau était un voilier de 20 m. appartenant à M. de Perrinelle. L’installation à moteurs comprenait en outre du moteur de propulsion : un groupe de service également actionné par moteur à gaz pauvre, destiné à assurer les services d’éclairage et de distribution d’eau.
- ^L’alimentation au gaz de ce deuxième moteur était faite sans compresseur.
- L’installation de l’ensemble, réalisée par la Société des Moteurs Thermiques après une étude approfondie des conditions d’emploi du gaz pauvre à bord des bateaux, tenait compte des considérations suivantes :
- Réduction au minimum de l’encombrement occupé par le compartiment des moteurs et gazogènes.
- Maintien de l’esthétique du bateau.
- Sécurité et commodité d’exploitation au gaz pauvre.
- Obtention d’une puissance massique élevée pour le moteur de propulsion sans nuire à la sécurité de son fonctionnement.
- Possibilité d’exploitation économique pendant les périodes prolongées de navigation au moteur correspondant aux déplacements sur canaux et rivières.
- Alimentation des services auxiliaires du bateau dans les mêmes conditions d’économie d’exploitation, donnant la faculté d’installation d’appareils électriques domestiques (cuisine, chauffe-bains, radiateurs, etc...) dont l’emploi aurait été prohibitif avec un groupe à essence.
- DESCRIPTION DU MATÉRIEL
- La propulsion du bateau est assurée par un moteur marin Baudouin à 4 cylindres de 30 ch.
- Le compresseur est un compresseur rotatif Malbay qui peut être aisément mis en circuit ou hors circuit, suivant que les conditions de navigation exigent ou non le déxœ-loppement total de la puissance réalisable.
- Les diverses commandes de manœuvre du moteur de propulsion se trouvent amenées sur le pont à portée du pilote de sorte que celui-ci peut exécuter toutes les manœuvres nécessaires, sans la présence d’un mécanicien dans la chambre des machines.
- Ces commandes comprennent :
- Un levier de changement de marche, donnant la mai’che avant, le stop et la marche arrière; un levier inverseur servant à passer de la marche au gaz à la marche à l’essence et réciproquement; une manette de gaz agissant sur le papillon du carburateur pour la marche à l’essence; deux manettes de réglage pour la marche au gaz.
- L’hélice est montée à l’extrémité d’une courte ligne d’arbre ; sa poussée est absorbée par une butée double à billes contenue dans le carier du groupe moteur.
- Le renversement de marche est assuré par une boîte à engrenages faisant corps avec le bloc des cylindres.
- L’installation génératrice de gaz pauvre comprend :
- Un gazogène Malbay à charbon de bois, type 30 ch servant à l’alimentation du moteur de propulsion.
- Un gazogène Malbay à charbon de bois, type 5 ch servant à l’alimentation du groupe auxiliaire.
- Trois épurateurs en série, communs aux deux moteurs, placés entre les gazogènes et les moteurs.
- Deux de ces épurateurs sont pourvus d’un système de circulation d’eau de mer, desservi par une pompe centrifuge faisant partie du groupe de service.
- Les services auxiliaires comprennent :
- 1° Un moteur industriel Baudouin à 1 cylindre, de 4 ch susceptible de fonctionner à l’essence ou au gaz, actionnant par courroie, avec galet tendeur ; une génératrice à tension variable 24/48 volts, pouvant également fonctionner comme moteur et une pompe centrifuge directement accouplée à cette génératrice.
- 2° Un groupe moto-ventilateur électrique à grand débit assurant par aspiration la ventilation du compartiment des machines et des accumulateurs. Un dispositif très simple avec bouchons obturateurs permet d’activer, suivant les cas, la ventilation, soit dans le compartiment des machines, soit dans les armoires de batterie, au moment de la charge.
- 3° Une batterie d’accumulateurs comprenant 20 éléments fer-nickel S. A. F. T. d’une capacité de 132 ampère-heures en 10 heures alimentant en dehors des périodes de charge par le groupe : le service d’éclairage électrique général; un avertisseur; un chauffe-bains, à chauffage par accumulation; la génératrice du groupe de service, lorsque cette génératrice fonctionne comme moteur pour entraîner électriquement la pompe centrifuge; le groupe de ventilation du compartiment des machines.
- La batterie est prévue en outre pour pouvoir alimenter accessoirement une série d’appareils de chauffage électrique et une cuisinière électrique.
- 4U Un tableau de distribution permettant toutes les
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- manœuvres utiles de charge et de décharge de la batterie, l’alimentation directe du réseau de distribution par la génératrice ou la marche en tampon (génératrice batterie), dans les cas où le maximum de puissance est nécessaire.
- Un réservoir à essence de 40 litres est placé sur le pont pour éviter tout risque d’incendie.
- L’utilisation de l'essence n’est, du reste, prévue que très momentanément, pendant la période d’allumage des gazogènes.
- FONCTIONNEMENT DE L'INSTALLATION
- Moteur de propulsion. — Le gazogène ayant été préalablement rempli de combustible, l’allumage est effectué par la partie inférieure.
- Le feu est ensuite activé au moyen d’un ventilateur à main porté par le corps du gazogène; Le moteur est alors mis en marche à l’essence.
- La forte aspiration produite par le compresseur, entraîné par le moteur, accélère l’allumage dans toute la masse du foyer du gazogène, et du gaz de qualité convenable parvient rapidement au moteur. Il suffit à ce moment de manœuvrer le levier inverseur pour passer de l’alimentation temporaire à l’essence à l’alimentation normale au gaz.
- Le réglage de l’allure du moteur se fait alors avec la plus grande facilité au moyen d’une manette agissant sur la quantité de mélange « air-gaz », aspiré par le compresseur.
- La seule manœuvre de cette manette permettait sur le Rend de faire varier l’allure du moteur depuis l’extrême
- ralenti, jusqu’à 1000 tours par minute correspondant à l’allure de pleine puissance.
- Lorsque les conditions de navigation n’exigent pas le maximum de puissance on supprime l’action du compresseur.
- A bord du Remi des précautions spéciales ont été prises pour éviter totalement la présence d’essence à l’état libre dans le compartiment des machines.
- D’autre part, pendant le fonctionnement au gaz du moteur de propulsion, et notamment, lorsque le surpresseur est utilisé, le ventilateur assure une puissante aération du compartiment des machines. Les gaz aspirés sont envoyés à l’arrière du bateau, à travers la coque.
- Groupe de service. — Le groupe de service est normalement alimenté par son gazogène particulier. Ce mode d’alimentation est celui prévu lorsque le bateau est en escale.
- Lorsque le moteur de propulsion fonctionne sans surpresseur, il est également possible d’alimenter le moteur du groupe de service par le gazogène principal.
- Au moyen de connexions électriques et de tuyautages convenables, le groupe permet d’assurer les services suivants :
- 1° Au moteur ; La charge de la batterie d’accumulateurs; l’alimentation directe normale du réseau électrique; l’alimentation du même réseau avec batterie en tampon.
- 2° Au moteur ou électriquement : La réfrigération des épurateurs des gazogènes ; l’alimentation d’une canalisation d’eau pour le
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- = né .. .......:
- lavage du pont à l’eau de mer et le service d’incendie; l’évacuation des eaux sales accumulées dans une caisse formant collecteur de vidange.
- Le moteur du groupe est habituellement mis en marche à l’essence, comme le moteur de propulsion, et un robinet inverseur permet de passer du fonctionnement momentané à l’essence au fonctionnement normal au gaz.
- Pendant la charge de la batterie d’accumulateurs, le groupe moto-ventilateur aspire dans les armoires de batterie, ce qui évite toute accumulation possible d’hydrogène.
- ESSAIS ET RÉSULTATS OBTENUS
- Avant installation à bord du yacht Remi, le moteur de propulsion, avec son gazogène et ses appareils auxi-
- .'ours par minute. Chevaux.
- 2° Essai au gaz oauvre avec surpresseur.
- 960 34,2
- 1.220 36,5
- 1.385 38,2
- 1.480 39,0
- Après installation à bord, de nouveaux essais de fonctionnement ont eu lieu à l’occasion du premier déplacement du bateau à la mer, lorsqu’il est parti de Nantes pour aller participer au Concours de La Rochelle.
- Avant le départ, le groupe auxiliaire a été utilisé pour la charge de la batterie d’accumulateurs.
- Pendant le voyage, le moteur de propulsion a fonctionné pendant^! heures par périodes de 2, 4, 7 et 8 heures,
- Trémie
- de
- chargement
- * Gaz épuré
- Epurateur
- tapeur d'eau
- Ma itères
- filtrantes
- Ventilateur i 'allumage
- Fig. li. — La production de gaz pauvre à bord du yacht Remi au moyen du gazogène Malbay,
- liaires, a été éprouvé par des essais exécutés au Laboratoire de l’Automobile Club de France.
- Dans l’un des essais, le moteur était muni d’un compresseur Malbay. Les résultats obtenus ont été les suivants :
- Tours par minufe. Chevaux.
- 1° Essai au gaz pauvre sans surpresseur.
- 940 22,1
- 1.100 24,0
- 1.130 24,4
- 1.145 24,6
- 1.160 24,8
- 1.210 24,9
- 1.260 25,0
- tantôt avec compresseur, tantôt sans compresseur. Le lendemain de son arrivée, le bâteau subissait les épreuves du concours qui comportaienCdes parcours sur base à l’essence et au gaz pauvre, avec mesure de consommation.
- Pendant l’essai au gaz, la consommation mesurée atteignait 13 kg 700 de charbon de bois par tour de base de 6,8 milles accomplis à la vitesse moyenne d’environ 5 nœuds 5 correspondant à une dépense horaire de 8 kg 650«de charbon de bois.
- D’après les cours du charbon de bois, pratiqués à l’époque du concours, la dépense horaire de combustible ressortait à 5 fr. 20 ; avec l’essence elle aurait été 35 francs. P- Bochet.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- ....... LES ÉCHÉA 7~~~
- OU L’ANCÊTRE DU HAUT-PARLEUR
- Ni/iil novi.... Aussi étrange que la chose puisse paraître le haut-parleur, non pas le vulgaire tube acoustique destiné à renforcer le son, mais le haut-parleur qui permet de se faire entendre aux foules immenses du haut de la tribune ou de la chaire, ce haut-parleur a eu un ancêtre aux âges lointains de l’ancienne Grèce.
- Cet ancêtre est l’échéa, mot grec dérivé d’écho, qui signifie son. Il était en usage dans les théâtres antiques pour renforcer la voix des acteurs. Certes, nos appareils modernes ne rappellent guère ceux d’alors, mais il est singulièrement remarquable qu’ils soient basés sur les mêmes principes.
- On sait que les théâtres grecs étaient à ciel ouvert avec velarium. Encore que l’acoustique en eut été particulièrement étudiée et réalisée d’une façon qui nous émerveille, il est certain que la voix des acteurs devait être trop faible dans les théâtres de grandes dimensions.
- D’où la nécessité de chercher le moyen de la renforcer.
- On a supposé longtemps que les masques dont se servaient les acteurs antiques contribuaient à ce résultat. II est certain cependant que leur principale fonction était de conserver aux personnages le même type classique pendant toute la représentation. Ils remplacèrent la couche de lie dont se barbouillaient les compagnons de Thespis. Les masques aux traits fortement accentués représentaient les personnages traditionnels de la tragédie et de la comédie, comme nos Polichinelle, Arlequin, Paillasse, Pierrot, Guignol, dont les ancêtres populaires étaient à Rome, Mime, Sannion, Mandurus.
- Ces masques de métal étaient les uns à bouche largement béante pour les acteurs parlant ou chantant, les autres à bouche seulement entr’ouverte, servant aux pantomimes ou bien aux rôles de femmes tenus par des hommes (car les femmes ne montaient pas sur la scène), ce moyen pouvant adoucir la voix.
- Mais on peut se demander si ces masques renforçaient la voix. Certains auteurs sont allés jusqu’à supposer que l’évasement de la bouche renfermait des lames d’airain (des tiges vibrantes, peut-on dire). Il est incontestable en tout cas que ces masques servaient à diriger le son, en facilitant l'émission, plus qu’à l’amplifier.
- Ottfried Muller croit que dans les théâtres antiques les personnages gardaient non seulement la même physionomie, mais encore conservaient d’un bout à l’autre de la représentation un même ton fondamental.
- Fig. 1. — Un échéa.
- Quoi qu’il en soit de cette opinion, nous allons voir comment s’y étaient pris les Grecs pour amplifier la voix des acteurs pour qu’ils puissent être parfaitement entendus par les auditoires les plus considérables.
- Les échéa étaient des vases de métal, des vaisseaux de forme conique, placés dans des niches au-dessus des gradins de l’hémicycle et tournés vers la scène. Il y en avait 1,2 ou 3 rangées, suivant les dimensions du théâtre. Dans la niche du milieu, on plaçait le vase qui donnait le son fondamental et de chaque côté ceux qui donnaient les accords.
- Ces échéa devaient avoir la forme suivante, d’après Vitruve (qui vivait sous Auguste) :
- « Les difféi-ents sons qu’ils rendent, réglés d’après les proportions mathématiques, selon les lois de la symphonie ou accord musical, répondent, dans leurs dimensions exactes, à la quarte, à la quinte et à l’octave, afin que la voix de l’acteur, concordant avec la disposition de ces vases et graduellement augmentée, en venant les frapper, arrive plus claire et plus douce à l’oreille des spectateurs.
- « Si le théâtre n’est pas très grand, on tracera une ligne qui en coupera horizontalement la hauteur en deux parties égales et on y pratiquera, pour y placer ces vases, treize niches séparées par douze intervalles égaux. Si, au contraire le théâtre est d’une vaste "étendue, la hauteur sera alors divisée en quatre parties
- pour y construire trois rangs de niches comme celles dont nous venons de parler. »
- Un physicien du xviiic siècle, Perrault, frère de l’écrivain célèbre, qui fut membre de l’Académie des Sciences, a donné de cette théorie une ingénieuse, sinon exacte, explication par comparaison avec les vibrations de plusieurs cordes ensemble.
- « Quand on sonne plusieurs coi'des ensemble, elles ne laissent pas de résonner toutes, aussi bien que quand il n’y en a qu’une, parce que chaque corde trouve dans les différentes vibrations particulières des parties de la table, qui ne font pas consonnance avec une corde, la font avec une autre, et que toutes le* vibrations qui sont perdues quand il n’y a qu’une corde qui sonne, parce que leur dis-sonnance les rend inutiles, sont employées à fortifier le son des autres cordes qui sont pincées avec elles.
- « C’est sur ce fondement que les anciens ont inventé les vaisseaux. Ceux-ci étaient accordez chacun à l’un des tons où la voix de l’homme peut s’étendre: afin que la voix se réfléchissant dans tous ces vases, ceux qui se rencontraient à l’unisson de la voix ou qui étaient accordez
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- pour y faire quelque consonance, puissent, par leur ressemblance ou par leur proportion convenable, en augmenter la force. »
- Ajoutons qu’on ne peut mettre en doute l’existence des échéa, les niches ou cavités qui les recevaient ayant été trouvées dans les ruines des théâtres de Grèce, cle Crête et d’Asie-Mineure. Suivant Vitruve, il n’y en avait pas dans les théâtres de Rome qui étaient construits en bois, mais il en existait dans certaines petites villes d’Italie, où l’on se servait de vases de terre (fictilibus cLolii) pour augmenter l’acoustique de la salle. Le dolium était une outre en terre cuite qui contenait le vin ou l’huile, d’où on tirait le liquide pour la mise dans les amphores. Il y avait des outres de toutes dimensions, quelques-unes d’une très grande capacité et c’est dans un dolium et non dans un tonneau que Diogène avait pris domicile.
- Quelques auteurs prétendent que de semblables vases acoustiques étaient placés dans beaucoup d’églises des xne et xniu siècles, placés isolément soit à la naissance de la voûte, soit aux angles des piliers, la poterie , ./étant engagée dans la maçonnerie et l’orifice seul apparaissant.
- Deux de ces vases ont été découverts en 1844, en réparant l’antique basilique d’Ainay, à Lyon. Ils figurent au Musée des antiques de cette ville. Ce sont deux vases en argile rouge, de forme cylindrique, au goulot court et étroit, sans anse et la base arrondie, ce qui semble indiquer qu’ils ne pouvaient servir à un usage domestique.
- On signale d’autres vases, dits accoustiques, dans cer-
- ----------- UN MORSE DANS
- Pendant l’automne et l’hiver derniers, un morse, échappé des régions polaires, a parcouru la mer du Nord. Au début d’octobre, il est observé aux Shetlands; le journal d’Oslo, Aftenposten, le signale ensuite, le 20 de ce mois, dans l’archipel de la côte ouest de Norvège, aux environs de Ilaugesund, et sept jours après, un peu plus au nord de cette ville. Puis, le 11 novembre, cet amphibie apparaît au llelder où il est photographié, tandis qu’il nage le long du rivage. Après cela, entraîné par le mouvement cyclonique des eaux superficielles qui se manifeste dans la mer du Nord en sens inverse des aiguilles d’une montre, il arrive sur la côte ouest du Jutland; le 25 novembre il se montre aux environs de Hanstholm; dans cette région des pêcheurs lui donnent la chasse, à deux reprises, mais sans résultats. Le 5 janvier 1927, l’animal est observé à la pointe nord de la presqu’île jutlandaise, près du feu de Skagen, et là essuie de nouveau des coups de fusil. 11 traverse ensuite le Caltegat et gagne la côte suédoise où le 9 il est aperçu couché sur un « caillou », à l’embouchure du Gôtaelf, près de Gothembourg. La pauvre bête avait mal choisi son lieu de repos. Près de là habitait le. plus adroit chasseur de la région et d’un coup de feu il l’abattit, un mâle adulte mesurant 3 m. 30 de long.
- Que ce soit le même morse qui ait été observé dans ces différentes localités, des zoologistes suédois qui ont examiné sa dépouille en sont persuadés,
- taines régions de France et notamment en Normandie, en Saône-et-Loire, dans la Dordogne, la Touraine, le Midi delà France, dans la Loire (à la Bénissons-Dieu, Saint-Thomas-la-Garde et à Pommiers, où ils sont très apparents), etc. On en aurait découvert en Russie.
- Il en existait à Nîmes et un ancien évêque de cette ville, Mgr Besson, a traité jadis la question dans un opuscule sur « l’Acoustique dans les monuments religieux ».
- On a beaucoup discuté entre archéologues, les uns soutenant que ces poteries étaient destinées à alléger les voûtes, d’autres (et c’est l’avis de Léon Palustre) pensant que ces vases avaient pour but de combattre l’humidité.
- A quoi on répond que ces vases sont placés isolément et qu’ils ne font pas le corps de la voûte comme à Ravenne où ils sont emboîtés les uns dans les autres. D’autre part ces vases n’ont généralement pas d’anse ; quelquefois ils ont la base arrondie, les rendant impropres à un usage domestique, d’autres fois ils affectent des formes singulières et inexplicables.
- Alors à quel usage étaient-ils destinés, sinon à améliorer l’acoustique ? Les tenants de cette hypothèse invoquent un passage de la Chronique clés Célestins de Metz (1434), indiquant nettement que ces vases étaient placés pour renforcer le ton.
- C’était donc une manière d’échéa, mais dont les résultats devaient être bien pauvres sans doute, car ils n’étaient pas placés en direction horizontale de la chaire. La question reste donc toujours controversée. C. Pjenel.
- LA MER DU NORD ZZI,,....................................
- après avoir étudié la photographie prise au llelder.
- A la suite de la chasse acharnée que les Norvégiens lui ont faite depuis le début du xixe siècle, ce mammifère marin est devenu plutôt rare dans les régions polaires au nord de l’Europe. Actuellement, il ne se rencontre guère qu’autour de l’île septentrionale de la Nouvelle Zemble et dans l’archipel François-Joseph, ainsi que sur la côte est du Groenland.
- De laquelle de ces régions le morse en question est-il venu ? Dans l’excellent périodique publié à Copenhague, Naturens Verden (n° de juin et juillet 1927), le professeur Ad. S. Jensen consacre à ce problème une notice fort intéressante, quoique incomplète, en ce qu’elle ne mentionne pas l’arrivée de l’animal sur la côte ouest de Norvège. D’après lui l’amphibie tué à l’embouchure du Gôtaelf serait venu du Groenland oriental et aurait gagné les Shetlands, porté par la branche du courant polaire qui passe au nord-est de l’Islande et s’infléchit ensuite vers le sud-est. Cette hypothèse trouve un commencement de preuve dans les apparitions relativement fréquentes du morse dans les archipels écossais. Durant ces 127 dernières années, on en a enregistré neuf aux Shetlands et dix aux Orcades.
- Par contre, ainsique le fait remarquer le distingué naturaliste danois, jamais depuis la fin de la période glaciaire, c’est-à-dire depuis 20000 ans environ, le morse n’avaitparu sur les rivages du Danemark. Chaules Rabot.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- UNE MODE QUI TEND A RENAITRE*
- LES MOUCHES VONT-ELLES REVENIR EN HONNEUR ?
- Montaigne a écrit quelque part : « Je plains un peuple de se laisser lui-même piper et aveugler à l’autorité de l’usage présent; qu’il soit capable de changer d’opinion et d’avis tous les mois, s’il plaît à la coutume. » Et le chevalier de Jaucourt, en reproduisant ce passage, l’orne de ce commentaire : « Une chose folle, c’est l’assujétissement aux: modes, quand on l’étend à ce qui concerne le goût, le vivre, la santé, la conscience ».
- La mode a résisté à bien d’autres assauts, et le bon sens n’a pas toujours triomphé des habitudes, si absurdes soient-elles. L’hygiène et la mode vivent rarement en accord, et les médecins ont multiplié vainement leurs sages avertissements. Ils ont, le plus souvent, prêché dans le désert. Leurs objurgations, si désintéressées soient-elles, n’ont pas empêché, par exemple, la mode des nudités gazées, qui sévit surtout à l’époque du Directoire, et que nous voyons actuellement reparaître.
- Avant les hygiénistes, les sermonnaires avaient en vain tonné contre les costumes plus ou moins découverts, source de tant de maladies mortelles. La mode des mouches, qui tend à renaître, présente de moindres inconvénients.
- D’où vint l’idée aux femmes d’appliquer sur leur visage ces découpures de taffetas noir, qui, au début, simulaient les ramifications des veines des tempes ? Quelle fut, en un mot, l’origine des mouches? Vous pensez bien que les érudits ne sont pas tombés d’accord sur ce point fertile en controverses.
- Si nous devons nous en rapporter à l’auteur de la monographie la plus récente sur les « Mouches », celles-ci auraient été importées dans l’Europe du Levant par les Croisés, « sans qu’il soit possible d’en donner les preuves certaines (*) ». Mais voici une autre version, qui n’est ni plus ni moins vraisemblable que la précédente : les Romaines de l’antiquité auraient eu déjà recours à cet artifice de toilette. Comme elles étaient très sujettes aux éruptions de la peau, elles songèrent, pour dissimuler de disgracieux boutons, à se servir de petits emplâtres, découpés en croissants.
- Est-ce à l’imitation des élégantes de Rome que les jeunes seigneurs du temps de Louis XIII s’avisèrent tout à coup de s’orner de mouches? Le fait est là, il est incontestable. « Il sera permis à nos galands de la meilleure mine, édictent les Loix de la galanterie française, de porter des mouches rondes et longues, ou bien l’emplastre noire, assez grande sur la temple, ce que l’on appelle Venseigne du mal de dents. » Dès la fin du xvie siècle, on soignait, en effet, les maux de dents en appliquant sur les tempes de mignons emplâtres, étendus sur du taffetas ou du velours. Il ne fallut pas longtemps à une coquette pour s’apercevoir que ces taches noires faisaient ressortir la blancheur de la peau, et pour observer que si le remède était efficace contre l’odon-talgie, il jouissait d’une vertu autrement précieuse, celle de donner de l’éclat au visage le plus fané :
- La mouche, à la tempe appliquée,
- L’ombrageant d’un peu de noirceur,
- Donnait du lustre à sa blancheur.
- Il est à remarquer, à ce propos, et nous en avons depuis longtemps fait l’observation, que souvent une mode naît d’une infirmité. Un contemporain de Charles II ne rapporte-t-il pas que la duchesse de Newcastle portait des mouches pour dissimuler les boutons qu’elle avait autour de la bouche ?
- 1. La Parure du visage : les Mouches, par Arne Kismeyer, Paris, Àmédée Legrand.
- Quoi qu’il en soit, c’est au siècle de Louis XIV, le grand siècle pour certains, que sévit le plus furieusement la mode nouvelle ; mais, comme nous l’avons énoncé plus haut, elle avait fait son apparition sous le règne précédent.
- Dans le Songe arrivé à un homme d’importance sur les affaires de ce temps, publié en 1634, on a relevé : « On ne parle en ce pays (aux Champs-Elysées) ny de la réformation des passements, ny si dorénavant les dames porteront plus de trois mouches sur le visage, aux dépens des vieux hault de chausse de velours et de satin de leurs maris. » Il résulte donc de ce texte que, à la date précitée, les mouches se portèrent non pas seulement en taffetas, mais en velours et en satin. A quelques années de là, Scarron le burlesque nous en instruit, les dames allèrent jusqu’à remplacer l’étoffe par du clinquant :
- Mais ce n’est pas à tous les jours
- Qu’au lieu de mouches, les coquettes Couvrent leur museau de paillettes.
- La dévotion faisait alors bon ménage avec la coquetterie ; on portait des mouches jusque dans les couvents ! Madame de Mazarin, au cours d’un différend conjugal, s’était réfugiée chez les religieuses de Sainte-Marie, dans la rue Saint-Antoin e; son mari étant venu lui rendre visite, elle le reçut avec le visage couvert de mouches.
- La place que celles-ci devaient occuper était variable ; il y avait, cependant, des lieux d’élection. Il existait des traités où était indiquée la situation des mouches sur le visage des dames, avec des observations exactes de leur grandeur et de leur figure, selon les endroits où on les posait. On en comptait sept principaux : au coin de l’œil, se plaçait la passionnée; la galante, au milieu de la joue; la haiseuse, au coin de la bouche; la recèle use, sur un bouton ; V effrontée, sur le nez ; la coquette, sur les lèvres.
- Le chiffre trois fut longtemps adopté ; il existe un portrait de la fiancée du Grand Dauphin, Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, qui représente cette princesse avec trois mouches : l’une sur le front, l’autre au milieu de la joue, la troisième près du nez. Mais d’autres se montraient plus prodigues; l’abbé de Choisy fait dire à un personnage d’un de ses romans : « je mis à ma petite femme douze ou quinze mouches; on n’en saurait trop mettre, pourvu qu’elles soient petites ».
- Ce n’était pas une mince affaire que de bien choisir la place des mouches : tantôt, c’était une élevure ou une petite tumeur de la peau, qu’il fallait adroitement dissimuler ; tantôt « un signal », qu’on plaçait tout près de ces petits trous qui, au dire du Cardinal de Bernis, donnaient tant de grâce à la favorite de Louis XV :
- La jeune Pompadour A deux jolis trous sur la joue Où le plaisir se joue.
- Sous le Bien-Aimé, il fut de bon ton de posséder sa boîte à mouches, plus ou moins élégantfe, plus ou moins richement ornée. C'était généralement un bijou plat, parfois ovale, le plus souvent rectangulaire; en or ciselé, en argent ou en écaille, en ivoire sculpté, en émail de Saxe, ou en laque noire.
- . Dans la plupart des boudoirs, on vit se reproduire à peu près uniformément cette scène : la marquise s’applique trois mouches : deux au-dessus de l’œil gauche ; la troisième, sur la joue droite. L’abbé et le chevalier, présents à la toilette de la belle, louent la grâce piquante que ces trois points noirs ajoutent à sa beauté ; le chevalier, à bout de flatteries, parcourt distraitement, en bâillant à la fenêtre, la dernière
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- gazette de Grimm, ou le dernier potin de Bachaumont, pendant que le coiffeur, armé d’un petit couteau à lame, sans pointe ni tranchant, achève d’enlever, en passant délicatement l’instrument sur le front et sur les tempes de sa jolie cliente, les molécules de poudre échappées à la vigilance de son cornet.
- La fantaisie découpa de bonne heure les mouches en dessins plus ou moins extravagants. Certaines s’allongèrent en pointes, d’autres se recourbèrent en croissants, jaillirent en étoiles, et figurèrent jusqu’à des scènes en ombres chinoises : telle, cette voiture à chevaux qui galope sur le front d’une noble dame anglaise du xvn° siècle.
- Au temps où triomphent les mouches, la poésie se met de la partie pour les célébrer. Le bon fabuliste, mettant aux prises la Mouche et la Fourmi, ne manque pas de placer dans la bouche de son personnage ailé ces vers, bien appropriés aux circonstances :
- Je rehausse d’un teint la blancheur naturelle;
- Et la dernière main que met à sa beauté Une femme allant en conquête,
- C’est un ajustement des mouches emprunté.
- Un poète de la même époque, resté anonyme, chante à son tour le pouvoir des mouches, et ma foi! ce versificateur ne manque pas d’esprit :
- Pour adoucir les yeux, pour parer le visage,
- Pour mettre sur le front, pour placer sur le sein,
- Et pourvu qu’une adroite main Les sache bien mettre en usage,
- On ne les met jamais en vain.
- Si ma mouche est mise en pratique,
- Tel galant qui vous fait la nique,
- S’il n’est aujourd’huy pris, il le sera demain ;
- Qu’il soit indifférent, ou qu’il fasse le vain,
- A la fin la mouche le pique.
- Une chanson populaire, que Tallemant des Réaux nous a conservée, dit quel était déjà le pouvoir de cet artifice de toilette ; retenons-en seulement quelques vers ;
- Si vous n’avez mouche sur nez,
- Adieu galants, adieu fleurettes :
- Si vous n’avez mouche sur nez,
- Adieu, galants enfarinez.
- Vous auriez beau être frisée Par anneaux tombant sur le sein,
- Sans un amoureux assassin,
- Vous ne seriez guère prisée.
- Portez-en à l’œil, à la tempe,
- Ayez-en le front chamarré ;
- Et sans craindre votre curé,
- Portez-en jusque dans le temple.
- Mais, surtout, soyez curieuse Et difficile au dernier point;
- Et gardez de n’en porter point Que de chez la bonne faiseuse.
- L’auteur des Historiettes a négligé de nous donner l’adresse de cette « bonne faiseuse », mais il suffit d’ouvrir le Bottin de cette époque, le Livre commode des Adresses du sieur Abraham du Pradel, pour obvier à cette lacune.
- La « Bonne faiseuse de mouches » habitait rue Saint-Denis, à l’enseigne : A la perle des mouches.
- Il y eut un temps où les femmes affichaient le parti dont elles se réclamaient, par le côté du visage où elles plaçaient leur mouche (•).
- La boîte à mouches fit longtemps partie de la corbeille de noces : sous Louis XIV, les artistes y représentaient des scènes mythologiques; sous le règne suivant, on y substitua des sujets plus modernes ; sous Louis XVI, apparurent Vénus et les Amours, pourvus de leurs attributs.
- Les femmes à la mode se servaient de boîtes à double compartiment : l’un, destiné à recevoir les mouches; l’autre, le fard. Elles pouvaient ainsi, étant en visite, remettre du rouge, ou remplacer une mouche mal placée, sans avoir recours à un coiffeur ou à leur soubrette.
- Sous la Révolution, mais principalement sous le Directoire, on faisait encore usage des mouches. Depuis, cet usage semble s'être perdu ; voici que, bien timidement encore, il est vrai, tend à ressusciter cette mode futile, mais charmante, dont nos Parisiennes, si leur caprice le décrète, n’auront pas de peine à imposer le retour. Dr Cabanes.
- 1. Les Nuits anglaises ; Paris, 1770, t. I, p. (i.
- NOS LÉGUMES ...:.==
- HISTOIRE, PRODUCTION, UTILISATION
- POIS (Pisum sativum LJ Légumineuses.
- Histoire. — Le mot Pois vient du latin Pisum, lequel se rattache à une racine sanscrite « pic, pis » être divisé, être décomposé. Le sanscrit « pêçi » désigne le pois séparé de sa gousse. Avant d’arriver à sa formation moderne, le mot pois a passé par plusieurs formes dont l’une, « Peis », est restée dans la région normano-picarde, mais dans le dialecte bourguignon et dans celui de l’Ile-de-France elle s’est élargie pour devenir « pois ».
- Il se peut que le Pois des jardins soit une forme dérivée du Pois des champs, Pisum arvense, mais le fait qu’il n’est pas complètement rustique sous nos climats indique qu’il procède d’une forme méridionale.
- Le pois des jardins, dont le grain alimentaire est consommé depuis la plus haute antiquité et qu’on ne trouve pas à l’état sauvage, a, comme plusieurs espèces végétales très anciennement cultivées, une origine incertaine. Il est probable qu’il a existé dans l’Inde, chez les Hébreux et en Egypte. Il a été introduit en Chine de l’Asie occidentale. Alfred de
- Candolle, au cours de ses études sur Y Origine des Plantes cultivées, a été amené à dire que « l’espèce paraît avoir existé dans l’Asie occidentale, peut-être du midi du Caucase à la Perse, avant d’être cultivée. »
- La culture du Pois pùtager est préhistorique en Europe. Le petit pois rond a été trouvé dans les restes des cités lacustres de la Suisse et dans les palafittes du lac du Bourget dans des stations datant de l’âge de la pierre ou seulement de l’âge du bronze.
- Les agronomes latins Columelle et Palladius connaissaient le pois des jardins, mais leurs sèches descriptions témoignent qu’ils le tenaient en médiocre estime.
- Un article des lois saliques protégeait les nombreux champs de pois de l’époque franque contre les déprédations; il est vrai que les grains étaient consommés à l’état sec ainsi que les fèves et les lentilles que, à cette époque, l’on cultivait presque autant que le blé comme ressources contre les fréquentes famines.
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- Le , pois figurait dans les Cris de Paris. Gomme de nos jours, le cri de « Pois vert! » retentissait dans les rues, mais on vendait aussi ce légume sous forme de purée chaude (pois pilés). Le goût des petits pois verts semble assez moderne, car il ne prit naissance qu’au xvii° siècle. A cette époque, le pois hâtif favori était le Michaux. Le village de Clamart fournissait aux marchés parisiens une variété locale estimée. L’amélioration des pois potagers a été considérable depuis 75 ans.
- Production. — Variétés. —- Elles sont très nombreuses; on les divise en deux sections principales : 1° Les pois à écosser dont on ne consomme que les grains seuls, soit verts, soit secs; 2° les pois sans parchemin ou « mange-tout », dont on mange la cosse et le graiq. Dans ces deux sections, on trouve les pois à rames, les pois demi-nains et les pois nains. Dans les pois à écosser, on distingue les races à grain rond les plus nombreuses et celles à grain ridé, que l’on subdivise encore d’après leur couleur blanche ou verte. Parmi ces variétés, voici les plus recommandables :
- Pois à écosser à rames. — Pois rapide, Prince Albert, Pois express, Pois Caractacus, Pois Michaux de Hollande, etc.
- Pois à écosser nains. — Pois nain très hâtif à châssis, Pois de Clamart nain hâtif, Pois merveille d’Angleterre, Pois serpette nain vert, etc.
- Pois sans parchemin ou Mange-tout à rames. — Pois sans parchemin de 40 jours, pois sans parchemin beurre, etc.
- Nains. — Pois sans parchemin nain hâtif, Pois sans parchemin nain breton, etc.
- Superficie des régions de production. Valeur totale de la production. — La Statistique agricole annuelle de 1924, la dernière qu’ait publiée, à ce jour, le Ministère de l’Agriculture, accuse, pour la culture des petits pois en cosses, une superficie totale de 41 180 hectares ayant produit 1 237 020 quintaux qui, au prix moyen de 136 fr. 68 le quintal, ont atteint la somme de 169 075 894 francs.
- Principaux départements producteurs. — Les départements qui ont produit plus de 10 000 quintaux sont par ordre alphabétique, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Charente, Corrèze, Côtes-du-Nord, Dordogne, Finistère, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loir-et-Cher, Loire-Inférieure, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Morbihan, Nièvre, Nord, Seine-et-Oise, Var.
- Il en est sept qui se distinguent par leur production et le chiffre qu’elle atteint ; ce sont par ordre ascendant : Gironde 48 000 quintaux, valeur 5 280 000 francs ; Lot-et-Garonne 54 390 qx, valeur 3 807 000 fr. ; Bouches-du-Rhône 61 250 qx, valeur 11 637 500 fr. ; Loire-Inférieure 80 000 qx, valeur 6 400 000 fr. ; Finistère 113 300 qx, valeur 8 497 500 fr. ; Seine-et-Oise 142 200 qx, valeur 12 798 000 fr. ; Corrèze, 297 000 qx, valeur 53 286 000 francs.
- Comme on le voit, la valeur ne répond pas toujours au nombre de quintaux, la raison en est à ce que le prix moyen du quintal varie très souvent avec le département. Cette variation doit dépendre de plusieurs facteurs dont les trois plus importants sont, à mon sens, l’abondance de la production, la qualité du produit et l’époque à laquelle il est mis en vente.
- Rendement. — D’après M. J. Vercier, on peut récolter par. are 90 à 100 litres de pois en cosses capables de donner 13 à 15 litres de pois verts écossés ou bien 25 litres de pois secs à purée ou de pois de semence. Les pois verts sont vendus, fins, moyens ou gros.
- Arrivée et prix des primeurs aux Halles de Paris. — Les primeurs arrivent d’abord de l’Espagne et de l’Algérie dès le début de janvier et se continuent jusqu’en mai pour cette dernière. Le Midi et plus spécialement le Var (sa production totale s’est élevée en 1924 à 33 210 qx récoltés surtout dans
- les environs d’Hyères et de Toulon) commencent leurs envois à la fin de février ou au début de mars et les poursuivent jusqu’à la mi-juin, puis viennent les expéditions de différents départements du Sud-Ouest et du Centre. Les petits pois des environs de Paris ne sont amenés sur le carreau des Halles que vers la fin de mai.
- Pour donner une idée du prix des primeurs, je n’indiquerai que ceux qui ont été pratiqués pendant les trois premiers mois de cette année. Les pois verts des trois provenances : Espagne, Algérie, Midi, ont oscillé entre 1800, 1700, 1500, 1100, 600, 450, 250 francs les 100 kg. Ce sont les petits pois verts du Midi dont les prix ont été les plus élevés. Les pois mange-tout d’Espagne et d’Algérie sont apparus au commencement de mars et ont été cotés 750, 650, 550, 500 et 400 fr. les 100 kg. Les envois du Midi à destination de Paris se font dans des sacs en toile.
- Les pois verts de serre ont atteint 55 à 60 fr. le kilogramme, en avril (d’après la Vie agricole et rurale),
- Utilisation. — Alimentation. — Les pois remplissent à cet égard un rôle important. On les consomme sous deux états : 1° à l’étal vert en grain frais ou conservé, et cuit avec sa gousse entière quand elle est à moitié formée dans le cas du pois mange-tout. On les prépare au naturel, au beurre, à la laitue, à l’anglaise, au roux, au sucre, gratinés, au lard ou au jambon, en garniture, etc. Qui ne s’est délecté en mangeant un canard ou un pigeon aux petits pois!
- Cette estime justifiée pour ce légume était déjà bien prononcée au xvn° siècle Manger des petits pois de primeur était une mode de bon ton à la cour de Louis XIV. On lit dans une lettre de Mme de Maintenon datée du 16 mai 1696 : « Le chapitre des Pois dure toujours. L’impatience d’en manger, le plaisir d’en avoir mangé et la joie d’en manger encore, sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours. Il y a des dames qui, après avoir soupé avec le roi et bien soupé, trouvent des Pois chez elles avant de se coucher, au risque d’une indigestion. C’est une mode, une fureur et l’une suit l’autre. »
- Le grand roi donnait l’exemple et son amour immodéré des petits pois lui valut de nombreuses indispositions relatées par son médecin Fagon. Cet engouement général a même laissé des traces dans la littérature du temps. Dans une comédie due à Villiers, intitulée : « Les Costaux ou les friands Marquis », on voit un certain marquis qui ne veut manger des pois que dans leur nouveauté, lorsqu’ils valent 100 francs le litron. (Cette mesure correspondait à 0 litre 82 !)
- A l'état sec, sous le nom de pois cassé, on le cuit et le réduit en purée après l’avoir débarrassé de sa pellicule.
- Dans la cuisine ancienne, le pois au lard était fort goûté : le pois sec, dit pois blanc cuit avec du porc salé, a été jusqu’au xvie siècle le mets de prédilection pour toutes les classes de la société. On le servait comme entrée, témoin les descriptions des repas de maints romans de chevalerie ou poésies : « Au premier mets eurent pois au lard ».
- Les petits pois verts sont très recherchés dans l’alimentation à cause de leur finesse, de leur goût légèrement sucré ef de leur facile digestibilité quand ils sont tendres. Ils forment comme les pois mange-tout, des aliments riches en sucre, en celluloses assimilables, en inosite et en nucléines. Les pois secs sont plus nourrissants, parce qu’ils renferment moins d’eau, plus de matières azotées et grasses et surtout davantage de matières féculentes.
- Les emplois industriels des petits pois consistent en leur transformation : a) en conserves après triage en extra-fins, fins, mi-fins, moyens et gros. On utilise de préférence les variétés hâtives Express et Caractacus ; h) en pois desséchés ; la dessiccation demande 3 heures à la température de 50 à 60°. Le rendement est en moyenne de 20 pour 100. A. Truelle.
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- 132 . , .....:...= LA CURE
- Bains de mer! Mots prestigieux qui hantent chacun de nous au moment des vacances. Aller à la mer, y prendre des bains, pêcher, courir sur la plage, faire des pâtés de sable, n’est-ce pas le rêve des petits comme des grands.
- Cependant en faisant ce rêve, on ne se demande pas si les bons effets qu’on en attend se produiront, si l’organisme au lieu d’être revivifié ne sera pas davantage affaibli. Nombreuses sont les personnes qui oublient, en effet, que bien des facteurs sont en jeu sur la côte, et qu’il importe de tenir compte non seulement des conditions du lieu où l’on va villégiaturer, mais encore des circonstances dans lesquelles on doit prendre un bain, des précautions dont il faut user avant d’entrer dans l’eau, de la durée de cette balnéation, enfin des conséquences que celle-ci entraîne par la suite.
- La cure marine convient en premier lieu aux enfants faibles et débilités. Se trouveront également bien d’un pareil séjour les lymphatiques, les scrofuleux, les rachitiques, les neurasthéniques à combustion ralentie chez lesquels il est nécessaire de développer, d’augmenter les échanges nutritifs. Les formes variées de l’anémie et de chlorose, la difficulté d’assimilation, la convalescence à la suite de lésions graves trouveront là les éléments de leur reconstitution.
- Il en est tout autrement pour les personnes excitables, les enfants issus de parents atteints d’affections nerveuses, qui dorment mal dans les grandes villes et plus du tout au bord de la mer, les personnes qui ont eu récemment des crises nerveuses ou simplement la coqueluche, les apoplectiques chez lesquels la circulation est déjà exagérée, et par conséquent, tous ceux qui souffrent d’une maladie de cœur, les rhumatisants (sauf ceux à forme a tonique, ^ avec empâtement articulaire, mais sans douleur vive et sans fièvre,), enfin les individus sujets aux maux d’yeux ou d’oreilles et à certaines éruptions de la peau (Dr Galtier-Boissière).
- Le climat marin n’est pas non plus curatif de la phtisie pulmonaire; cependant il existe des plages ou stations favorables aux tuberculeux à la condition que ceux-ci prennent les précautions voulues. Mais alors il faut que des pesées et des examens fréquents contrôlent l’action du traitement.
- En résumé, on peut dire que les seuls prédisposés à la nutrition abaissée sont justifiables du climat marin.
- D’une façon générale, le bain de mer ne doit pas être donné aux enfants avant l’àge de 5 ou 6 ans, du moins sous la forme d’un traitement méthodique, sauf s’il s’agit d’une maladie dans laquelle on doit intervenir puissamment comme certaines formes de paralysie. Les parents des enfants auxquels le médecin aura conseillé les bains de mer, veilleront avec le plus grand soin sur l’appétit et le sommeil ; si ces fonctions sont troublées, la cure devra être cessée immédiatement. La chose est encore plus nécessaire lorsqu’en même temps, il survient de l’amaigrissement. En tout cas, il est prudent, dans le jeune âge, de ne laisser prendre des bains que par beau temps et par mer ensoleillée et non agitée.
- Les vieillards doivent s’abstenir parce que leurs vaisseaux ont perdu leur élasticité et se prêtent facilement aux ruptures. On arrive ainsi à des apoplexies du cerveau, du cœur, du poumon, etc. Comme il est quasiment impossible d’indiquer l’àge où commence la vieillesse, le mieux qu’on puisse dire, c’est qu’à partir de 50 ans, on ne doit prendre des bains de mer qu’après s’être assuré auprès de son médecin de l’intégrité du système vasculaire.
- Yoici quelques règles bonnes à suivre : choisir de préférence un costume en laine, assez large pour permettre l’arrivée de l’eau sur la peau, ne pas gêner les mouvements de nage et être facilement enlevé au sortir de l’eau. Les dames et fillettes recouvriront leur tête d’un bonnet imperméable (caoutchouc,
- MARINE " ' =
- toile cirée, etc.) afin que les cheveux ne soient pas mouillés; c’est aussi contre les ardeurs du soleil une bonne précaution dont les hommes tireront profit.
- Les meilleures heures du bain sont de 10 heures à midi et de 15 à 17 heures, avant les repas. Ne pas craindre d’entrer dans l’eau ayant chaud, la réaction n’en sera que plus faible. Le bain durera 2, puis 3, puis 5 et enfin 10 minutes comme fortifiant, plus longtemps si l’effet calmant est recherché. Mais ne pas s’attarder dans l’eau, si l’on ressent un frisson. Enfin si c’est la première fois que l’on vient à la mer, il faut s’acclimater pendant 2 ou 3 jours avant de prendre le premier bain et choisir un temps favorable.
- Quand on entre dans l’eau, se hâter de s’y plonger tout entier et rester immergé durant tout le bain; faire des mouvements (nage, alternatives d’accroupissement et de station droite). Les enfants devront peu à peu être habitués à la mer par un séjour très court, avec jeu dont on fera une récompense et non une punition surexcitante en contraignant brutalement l’enfant à s’immerger entièrement tête comprise.
- Au sortir de l’eau, on s’enveloppera d’un peignoir de laine; puis, entré dans la cabine, on enlèvera rapidement le costume de bain, et après s’être vigoureusement essuyé, on se hâtera de se vêtir, puis de faire une petite promenade. Le bain de pieds chaud est recommandé; outre que c’est un excellent réactif, il a cet avantage de débarrasser les pieds du sable fin interposé notamment entre les orteils.
- Relativement au climat, les côtes de France peuvent être divisées en trois zones :
- , 1° De Dunkerque à la Loire (mer du Nord, Manche et Océan), L’exposition générale est le N.-O., la latitude est assez élevée ; la moyenne de température est de 17° 6 en été et de 4e* en hiver'avec prédominance des vents du S.-O., puis du N.-O., venant de la mer et dont les premiers surtout provoquent assez souvent des pluies. Le climat est vif et saturé d’air marin; l’été n’y est jamais très chaud.
- Selon l’inclinaison de la plage et l’existence ou non de falaises, le vent est plus ou moins atténué ; c’est ainsi que certaines plages de la Seine-Inférieure et du Sud de la Bretagne ont un climat plus doux que les plages du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme. D’autre part, le courant du Gulf-Stream réchauffe les côtes de Bretagne.
- 2° De la Loire à l’Espagne (Océan). L’exposition générale est O. ; la latitude étant moins élevée, la température moyenne estivale est de 20°5 et celle hivernale de 5°, avec prédominance du vent du S.-O. Le climat est moins vif, moins saturé d’air marin également que dans la première zone; la chaleur augmente naturellement à mesure que l’on se rapproche de la frontière espagnole. L’existence de forêts de pins au bord de la mer rend plus agréable le séjour, particulièrement dans les Landes.
- 3° De la frontière espagnole à la frontière italienne (Méditerranée). L’exposition générale est au S., mais la partie du Languedoc est plate et voisine de marais alors que la partie provençale, bordée de falaises, présente à petite distance une ligne de montagnes; température moyenne estivale de 22° 6 et température moyenne hivernale de 7° 5, prédominance du vent du N-.-O. (mistral), vent terrien désagréable, sec, violent. Le climat est chaud, sec, inégal, bien moins saturé d’air marin que dans les deux autres zones, très pluvieux en automne. Ici encore, la situation varie selon les localités, le voisinage des montagnes ayant sur certaines plages une très grande influence.
- La température de l’eau de mer est variable suivant les zones et les saisons : lre zone, en été 15 à 20°; 2e zone, 18 à 25° et 3e zone, 18à28°. Bien entendu le vent, la pluie diminuent temporairement cette température qui est égale le matin, supérieure la nuit, inférieure à midi à celle de l’air. M. Bousquet.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN SEPTEMBRE 1927 (')
- L’énumération simple des principales observations à faire ce mois-ci montrera le labeur qui attend l’amateur avisé désirant faire œuvre utile : il aura son temps bien employé. Nombreuses conjonctions et occultations. Très nombreux phénomènes du système de Jupiter. Maximum de la variable Mira Ceti. Lumière zodiacale, le matin. Opposition de Jupiter le 22. Opposition d’Uranus le 26. Lueur anti-solaire. Minima d’Algol, etc.
- I. Soleil. — En septembre, la déclinaison du Soleil diminue rapidement. De + 8° 33' le 1er, elle atteint -f- 0°13' le 23, — 0°10 le 24 et — 2° 31' le 30. L’équinoxe d’automne se produira le 24 septembre, à lh. Les jours diminuent très vite de durée : celle-ci, de 13"27” tombe à llh 45m le 30. La diminution a lieu surtout le soir. Cela tient à ce que le milieu du jour, le midi vrai, se produit avant midi de nos horloges. Le 30, par exemple, le Soleil passe au méridien à 11" 40“ 56». Comme ce jour-là il se lèvera à 5" 48”, on voit qu’il passe au méridien environ 5h 53m après son lever. Il se couche 5h52m plus tard, à 17h 33”. Mais la matinée finit à midi. Or, de 5h 48m à midi, il s’écoule 6h 12“ et de midi à 17" 33”, il y a 5h 33“. L’après-midi dure donc 39 minutes de moins que la matinée. La différence ira en s’accentuant le mois prochain. Yoici le tableau du temps moyen à midi vrai de deux en deux jours:
- Dates. Heures du passage.
- Sept. 1er
- — 3
- — 5
- — 7
- — 9
- — 11
- — 13 15
- — 17
- — 19
- — 21
- — 23
- — 25
- — 27
- — 29
- Observations physiques. — Comme chaque mois, nous donnons ici le tableau des principaux renseignements pour orienter les dessins et photographies du Soleil, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes :
- du 1°' au 8 septembre et du 25 au 30. La Lune, à ces dates, ne gênera pas les observations.
- Rechercher la lueur anti-solaire vers minuit, le 20, au Sud de w Poissons; le 29, vers ô Poissons.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de septembre, seront les suivantes :
- P. Q. le 4, à 10" 45“ I D. Q. le 18, à 3h 30“
- P. L. le 11, à 12" 54” | N. L. le 25, à 22"11“
- Age de la Lune, le 1er septembre, à 0" = 4j,7; le 26 septembre, à 0" = 0J,1. Nous avons expliqué dans les Bulletins précédents comment on calcule l’âge de la Lune pour une autre époque du mois.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en septembre : le 6 =:— 24° 25' ; le 19 = + 24° 31'. On sait qu’à ces dates, la Lune sera à sa plus faible élévation ou à sa plus grande hauteur au-dessus de l’horizon, à son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 12 septembre, à 18h. Parallaxe — 61'2". Distance — 359280 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 27, à 23". Parallaxe = 53'57". Distance = 406 450 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 5 septembre, occultation de 63 Ophiuchus (gr. 6,il, de 19”32“ à 19" 48”.
- Le 6, occultation de 162 B. Sagittaire (gr. 6,4), de 22h 59“ à 23h16“.
- Le 9, occultation de 154 B. Capricorne (gr. 6,1), del9"44” à 20h52“.
- Le 10, occultation de 69 Verseau (gr. 5,6), de 18h 48“ à 19h38m.— Occultation de t Verseau (gr.4,2),de 19"52,“à20"55”.
- Le 16, occultation de 33 B. Taureau (gr. 6,3), de 01' 57“ à lh58“.— Occultation de 282 B. Taureau (gr. 6,4), de 23"55“ à O'1 41“ du 17.
- Marées, Mascaret. — Les marées d’équinoxe sont connues par leur importance. Ce mois-ci elles seront assez fortes à l’époque de la Pleine Lune du 11, comme on peut le voir dans le tableau suivant :
- U11 50” 52» 111* 50“ 149 llh 49“ 358 Uh 48” 55s llh 48“ 14» llh 47” 32» llh 46™ 50‘ llh 46“ 8* 11" 45“ 25e llh 44” 43s llh 44” 0S llh 42” 34“ llh 42“ 34s Uh 41“ 56“ 11" 41“ 15»
- l'ig. 1. — Marche de la planète Uranus sur le ciel pendant Vannée 1021.
- Les chiffres romains I, II,... XII, indiquent la position de la planète le 1er de chaque mois.
- Dates. P B0 L0
- Septembre 3 + 210,45 + 70,22 2120,23
- — 8 + 22°,62 + 70,25 1460,19
- — 13 + 23o,64 + 7°,23 800,17
- — 18 + 24°, 52 + 70,15 140,16
- — 23 + 250,24 + 7o,03 3080,16
- — 28 + 250,79 + 6°, 85 2420,17
- Lumière zodiacale. — En septembre, la lumière zodiacale est de mieux en mieux visible le matin. On remarquera que son apparence diffère de celle du soir. Le fuseau paraît plus effilé. Noter les limites de la lueur par rapport aux étoiles. La meilleure période de visibilité est le matin, avant l’aube,
- 1. Nous rappelons que toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0h à 24h à partir de minuit. Pendant la période d’application de Y heure d’été, ajouter 1 heure à. toutes les heures indiquées ici.
- Marées du matin.
- Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Joel'licient
- Sept. 11 3" 37” 0,96 15"59“ 1,02
- — 12 4" 19” 1,07 16"41® 1,11
- — 13 5h 2” 1+3 17"23“ 1,14
- — 14 511 43” 1,12 18" 3” 1,08
- — 15 6h 23” 1,03 18"45“ 0,97
- — 16 7" 6” 0,89 19" 29” 0,80
- Le phénomène du mascaret est annoncé aux dates Coefficient ci-après
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Sept. 12 1,11 20h11” 20"48“ 20"57”
- — 13 1,13 8h 34” 9" 11” 9" 20”
- — 13 1,14 20h55” 21" 32” 21" 41”
- — 14 1,12 9h 16” 9" 53” 10" 2”
- — 14 1,08 2Tl 38” 22"15“ 22"24“
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- ASTRE Dates : BEPTEMtîUE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 5» 14“ llh 49ra15s 18» 24” 10h 57m + 6° 43' 31' 48"0 Lion
- Soleil .... 16 5 28 11 45 46 18 2 11 33 + 2 56 31 52,8 Lion r »
- 26 5 43 11 42 16 17 41 12 9 — 0 57 31 58,8 Vierge
- 6 5 30 12 5 18 40 11 9 + 78 4,8 g Lion )
- Mercure . . . < 16 6 30 12 29 18 28 12 13 — 0 42 4,8 Y Vierge Inobservable.
- 26 7 21 12 47 18 12 13 10 — 82 5,2 a Vierge
- 6 6 16 12 1 17 45 11 9 — 3 51 58,4 cp Lion
- Vénus. . . . < 16 5 4 11 0 16 55 10 47 — 1 30 58,6 <p Lion >Le matin, à la fin du mois.
- 26 3 59 10 7 16 16 10 34 + 1 22 53,6 Lion
- 6 6 33 12 44 18 55 11 50 + 1 55 3,6 fs Lion
- Mars < 16 6 29 12 28 18 27 12 14 — 0 44 3,6 y Vierge Inobservable.
- 26 6 26 12 13 17 59 12 38 — 3 23 3,6 Y Vierge
- Jupiter. . . . 16 18 21 0 15 6 10 0 0 — 1 43 46,4 33 Poissons Toute la nuit. Opp. le 22.
- Saturne . . . 16 il 44 16 15 20 46 16 3 — 18 57 14,6 p Scorpion Très peu visible le soir.
- Uranus. . , . 16 18 20 0 23 6 25 0 8 + 01 3 6 Poissons. Toute la nuit. Opp. le 25
- Neptune. . . 16 3 11 10 13 17 16 10 0 + 12 46 2,4 v Lion Un peu visible le matin.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus contient, d’après Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de septembre 1927.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 2 septembre, à 151'. Il est inobservable pendant tout le mois.
- Vénus sera invisible au début du mois, se trouvant en conjonction inférieure avec le Soleil le 10 septembre, à 181'. On pourra l’observer- le matin, dans l’aurore, à la lin du mois.
- Mars est inobservable, très près du Soleil, avec lequel il sera en conjonction le mois prochain.
- Jupiter sera en opposition avec le Soleil le 22 septembre, à 13\ Il sera donc visible toute la nuit. On suivra, avec le plus grand intérêt, les curieux phénomènes auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites dans leur mouvement autour de Jupiter. Nous avons récemment (n° 2763) donné l’explication des phénomènes que présentent ces satellites.
- Saturne est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 11 septembre :
- Grand axe extérieur.............................. 36",75
- Petit axe extérieur.............................. 15",61
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau.............................................+ 25° 8'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -f- 25° 47'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses plus grandes élongations :
- Dates. Élongation. Heure.
- Septembre 8 Orientale. 11\3
- — 16 Occidentale. 15\1
- — 24 Orientale. 11\1
- Uranus sera en opposition avec le Soleil le 25 septembre, à 12h. Il sera donc visible toute la nuit. On le trouvera à l’aide de la petite carte de la figure 1, qui représente son mouvement sur le ciel pendant toute l’année 1927. Une jumelle permet de voir et de suivre Uranus.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Septembre Heure. Satel- lite. Phéno - mène. DATE Septembre Heure. Satel- lite. Pliéno - mène.
- 1 lh 45m I E. c. 16 5h 8m I p. f.
- 1 4 32 I Em. 16 21 49 III Em.
- 1 22 56 I O. c. 17 0 3 I E. c.
- 1 23 28 I P.c. 17 2 26 I Em.
- 2 1 10 I O.f. 17 21 13 I O. c.
- 2 1 40 I P. f. 17 21 21 I P. c.
- 2 2 31 II E. c. 17 23 27 I O. f.
- 9 22 58 I Em. 17 23 34 I P. f.
- 3 21 26 II O. c. 18 2 42 II O. c.
- 3 22 28 II P. c. 18 2 59 II P. c.
- 4 0 6 II O.f. 18 20 52 I Em.
- 4 1 0 II P f. 19 20 59 II E. c.
- 6 0 19 III O. c. 19 23 42 II Em.
- 6 2 14 III P. c. 23 4 39 I O. c.
- 6 3 14 III O.f 23 4 39 I P. c.
- 6 4 46 III P. f. 23 22 29 III Im.
- 8 3 40 I E. c. 24 1 24 III E. f.
- 9 0 50 I O. c. 24 1 56 I Im.
- 9 1 12 I P. c. 24 3 23 IV O. c.
- 9 3 4 I O.f. 24 4 13 I E. f.
- 9 3 24 I P. f. 24 23 4 I P. c.
- 9 22 8 I E. c. 24 23 8 I O. c.
- 10 0 42 I Em. 25 1 17 I P. f.
- 10 21 33 I O.f. 25 1 22 I O.f.
- 10 21 50 I P. f. 25 20 22 I Im.
- 11 0 4 II O. c. 25 22 42 I E. f.
- 11 0 44 II P. c. 26 19 43 I P. f.
- 11 2 43 II O.f. 26 19 51 I O. f.
- 11 3 16 II P. f. 26 23 23 II Im.
- 12 21 29 II Em. 27 2 12 II E. f.
- 13 4 20 III O. c. 28 18 38 II O. c.
- 16 2 45 I O. c. 28 20 54 II P. f.
- 16 2 55 I P. c. 28 21 16 11 O.f.
- 16 4 59 I O.f. *
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- Neptune est un peu visible le matin, se levant vers 3h. Voici quelques positions où le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison,
- Septembre 6 — 16 — 26
- 9h 59m 10h 0m 101* lm
- Diamètre.
- 2", 4
- + 120 51'
- + 12° 46'
- + 12° 37'
- Neptune brille comme un astre de 8° grandeur, il faut une petite lunette pour le voir.
- Z ,
- 2",4
- IV. Phénomènes divers.
- Le 3, à 16h, Saturne en conj. Le 4, à 12h, Mars
- Le 6, à lh, Mercure Le 12, à 6h, Jupiter Le 12, à 8h, Uranus Le 16, à 6h, Mercure Le 23, à 0h, Neptune Le 23, à 17h, Vénus Le 26, à 12h, Mars Le 27, à 9h, Mercure
- Conjonctions :
- avec la Lune, à 0° 12' S.
- — p Vierge (gr- 3,7), à 0° 7'N.
- — Vénus, à lQo58'N
- — la Lune, à 3° 42'N
- — la Lune, à 4° 35' N
- — Mars, à 0° 6' S
- — la Lune, à 40 16' S
- — la Lune, à 13o 14' g
- — la Lune, à 4° 32'-'S
- — la Lune, à 5o 34' S
- Etoiles variables. — Pendant tout le mois, observer fréquemment Mira Ceti (o Baleine), variable de 3,3 à 8,8 dont le maximum doit se produire entre le 1er et le 20.
- Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 5, à 4h 24m ; le 8, à lh 12m ; le 10, à 22hl“; le 28, à 2h 53"> ; le 30, à 23" 41"\
- Etoiles filantes. — Voici, d’après l’Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des essaims d’étoiles filantes que l’on peut observer en septembre.
- I 35
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Septembre 1er 282° +"41° a Lyre.
- — 3 354° + 38° 14 Andromède.
- — 3 au 14 346o + 30 p-y Poissons.
- — 6 au 8 62° + 370 . e Persée.
- — 8 au 10 78° + 230 Ç Taureau.
- — 13 68° + 50 Piazzi. IV. 236
- — 15 au 20 10° + 35° P Andromède.
- — 15 et 22 6° 4- n° y Pégase.
- — 20 et 21 103° + 680 42 Girafe.
- — 21 et 22 74° + 44° a Cocher.
- — 21 et 25 30° + 36° P Triangle.
- 21 31o 4-180 a Bélier.
- — 29 et 30 24° + 17o y Bélier.
- Etoile polaire. — Voici les heures du passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Passage.
- Temps sidéral à midi Temps Universel. moyen de Paris.
- Septembre 8 Supérieur — 18 —
- — 28 —
- 2h 22“ 14“ llh 6“ 118, 2
- lh 43a 2* 111' 45m 36",7
- lk 3m 485 12h 25m 2",2
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le lor septembre, à 21h, ou le 15, à 20h est le suivant :
- Au Zénith : La Lyre ; Hercule ; le Cygne,
- A l’Est : Le Verseau; Pégase; Andromède.
- Au Sud : Ophiuchus ; le Sagittaire ; le Scorpion ; la Balance ; le Capricorne.
- A l’Ouest : Le Bouvier; la Vierge.
- Au Nord : La Grande Ourse ; le Cocher (Capella à l’horizon) ; Cassiopée. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR NE PAS PERDRE LES PETITES VIS
- Lorsqu’on démonte un mécanisme délicat, il est bien difficile de ne pas égarer, au cours du travail, quelques vis, quelques rondelles ou des goupilles.
- 11 est possible d’agencer sur la table ou sur l’établi une plaque d’acier carrée, de 15 cm. de côté environ, après l’avoir aimantée. On peut d’ailleurs monter à demeure sous la plaque un aimant de magnéto d’automobile ou un électro-aimant de sonnerie alimenté par des piles.
- Les petites pièces d’acier, rondelles ou goupilles, sont placées sur la plaque au fur et à mesure du démontage. Elles s’y trouvent retenues et même si l’aimantation de la plaque est faible, son action est suffisante pour éviter que les petites pièces puissent rouler à terre et faire perdre un temps considérable pour leur recherche.
- LES DÉRIVÉS DES ALGUES, AGGLOMÉRANTS DU CHARBON
- D’après le Colliery Guardian, de nombreux inconvénients sont signalés de jour en jour, relatifs à l’emploi du goudron et du brai de gaz comme agglomérant des « fines » de charbon. Le goudron s’en va, avant que la combustion soit nettement établie, et les produits de condensation encrassent les carneaux. En outre les vapeurs de la pyrogénation du goudron sont plus ou moins toxiques pour les ouvriers. Voici, d’après Thornley, dans le Chemical Trade, les conditions optima que doit réunir une bonne matière d’agglomération des fines de charbon.
- 1° La briquette qui en est constituée doit être hydrofuge.
- 2° Elle doit donner le minimum de fumée et brûler uniformément.
- 3° Elle ne doit qpe peu s’émietter, du fait des nombreuses manipulations qu’on lui fait subir. Une usine produisant par semaine de 1500 à 2000 tonnes d’un agglomérant à base d’algine extraite des algues a été édifiée, dit-on, au prix de 75 000 livres, par
- Thornley, à Stromness, dans les lies Orkney. Les algues, une fois moissonnées, sont déposées dans un compartiment de marais salant, dont les bords forment des quais, pour la facilité de l’embarquement.
- Des transporteurs amènent les algues à des réservoirs delavage ; les sels solubles sont ainsi éliminés. On convertit ensuite les algues dessalées en une fine pulpe. Cette pulpe, mélangée à 50 pour 100 de son poids de bitume, est cuite dans d’immenses autoclaves. Il se forme ainsi une émulsion qui se prend en masse par le refroidissement, et que l’on concasse. Ce produit sert alors comme agglomérant mixte, de même qu’auparavant le brai seul servait. Thornley prétend que son procédé prend moins de force pour le broyage que l’ancien procédé, et moins de force également pour le moulage. Il dit que ses briquettes ont 20/25 pour 100 de cohésion en plus que les briquettes ordinaires. Elles sont hydrofuges et s’améliorent en vieillissant. Elles brûlent sur grilles dans des foyers domestiques, sans fumée et sans tirage forcé. Il n’y a pas d’ennui dû aux mâchefers.
- PROCÉDÉ POUR DÉBOUCHER LES ÉVIERS
- Mettre dans la canalisation d’évacuation des eaux un morceau de carbure de calcium; boucher l’orifice. Il se produit de l’acétylène bientôt comprimé qui finit par expulser les corps étrangers. Ce procédé ne réussit que s’il y a de beau dans la canalisation.
- POUR GARDER FRAICHES DES AQUARELLES
- On sait que la lumière du jour altère les teintes tendres des aquarelles et' les rend incolores au bout de quelques années.
- Pour éviter cet inconvénient, on peut badigeonner la vitre du tableau avec une solution de sulfate de quinine. Apparemment, rien ne sera modifié attendu que la solution est incolore et ne teinte pas la vitre. Cependant, èlle prive les rayons de lumière qui la traversent de leur propriété décolorante.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cle Juin et Juillet 1927.
- ÉLECTIONS
- Le mois de juin a été marqué par de nombreuses élections.
- M. Henry F. Osborn devient Correspondant pour la section de Minéralogie et le Dr Alexis Carrel Correspondant pour la section de Médecine et de Chirurgie. M. Paul Helbronner a été élu membre de la division des Académiciens libres, en remplacement de M. Haton de la Goupillère et le professeur Charles Fabry occupera, dans la section de Physique |géné-rale, le fauteuil rendu vacant par le décès de Daniel Berthelot.
- GÉOLOGIE
- L’histoire pliocène du bassin de la Seine (M. Ch.
- Deperet). — La découverte d’une faune pliocène supérieure (Equus stenonis, Bos etruscus, Hippopotamus major) faite par M. Bruet, dans une terrasse qui surplombe la vallée d’un affluent de l’Aube, l’Anjou, permet au savant Doyen de la Faculté des Sciences de Lyon de fixer certains points de l’histoire géologique, aux temps pliocènes, du bassin Parisien.
- L’absence du creusement de vallées prépliocènes n’a pas permis la pénétration de la mer, à l’àge plaisancien ouastien, et le bassin de la Seine formait alors un large socle continental s’étendant du Pas de Calais au Cotentin, pour s’unir à l’Angleterre à travers la Manche, ce qui explique l’existence des faunes terrestres du Crag corallien, du Crag rouge et du Crag fluvio-marin sur le territoire britannique. A l’époque villafranchienne, la vallée de la Seine s’ébauche, comme celles de l’Ailette et de' l’Aujon, mais le réseau se trace profondément à l’àge saint-preslien, sans doute à la suite d’un abaissement important des lignes de rivage de la Manche. Une période de remblaiement suit ce creusement et son palier supérieur doit dépasser d’une centaine de mètres la vallée actuelle de l’Eure.
- Enfin, après le pliocène, M. Depéret estime que de nouveaux abaissements des lignes de rivage déterminent la formation de terrasses quaternaires, dont l’altitude peut varier entre 20 et 100 m. et qui sont d’une grande généralité dans les bassins de la Somme, de la Seine et de la Loire.
- CHIMIE ORGANIQUE
- Synthèse du maltose (MM. Amé Pictet et II. Vogel). — Par chauffage à 160° dans le vide, le glucose a se convertit en glucosane, par perte d’une molécule d’eau, alors que son isomère p fond, sans subir de modifications. Mais si l’on opère sur un mélange équimoléculaire des deux sucres, on voit que la fusion est suivie d’une solidification brusque, la température de 160° restant invariable.
- Le produit est soluble dans l’eau chaude et les auteurs ont constaté, dans la solution, à côté de glucose non transformé et de dextrines, une quantité assez importante d’un disacçharide, dont la présence est mise en évidence par la formation sous, l’action de la phénylhydrazinc d’une osazone, soluble dans l’eau chaude.
- Ils ont remarqué encore que l’acétate de ce1 sucre forme de longues aiguilles incolores et que son poids moléculaire est 683, alors que son nitrate se présente sous l’aspect de petites aiguilles, de saveur très amère, facilement solubles dans l’alcool méthylique, l’acétone et l’acide acétique glacial. Enfin, la mesure des points de fusion de ces dérivés et de
- ceux du mallose fournit des chiffres si peu différents qu’il faut admettre que le produit de condensation du glucose a et du glucose p est bien le maltose.
- MM. Amé Pictet et H. Vogel se réservent de voir si la condensation comporte ou non la formation intermédiaire d’une maltosane et d’établir pourquoi la présence du glucose p est nécessaire alors que le maltose est un disaccharide a.
- FLORE COLONIALE
- La découverte d’un Pin Laricio dans l'Afrique du Nord (MM. René Maire et P. de Peyerimhoef). — Jusqu’ici les pins spontanés connus dans l’Afrique du Nord étaient le Pin d’Alep (P. Ilalepensis L.) et le Pin maritime (P. pinaster Soland) ; mais, à la suite de la découverte faite par un brigadier forestier, les auteurs ont pu étudier en mai dernier un peuplement de quelques centaines de Pins Laricio, sur le versant de la montagne dite Tigounatine, à très peu de distance de la station estivale de Tikjda.
- Ces arbres forment, sur les calcaires dolomitiques du Lias inférieur et vers 1500 m. d’altitude, une forêt claire dont le sous-bois présente une flore nettement thermophile, alors que dans le haut du peuplement, on rencontre une flore plus montagnarde, avec des gazons de Festuca atlantica Duv. Jouve et de Cynosurus Balansae Coss. On en peut ainsi conclure que le pin Laricio croît à la base de l’étage subalpin et l’un des individus abattus a montré, par un comptage rapide de ses couches annuelles, qu’il était âgé de plus de 200 ans. Il convient donc, comme l’indiquent MM. Maire et de Peyerimhofî, de rejeter l’hypothèse d’un peuplement régulier fait par notre administration des Forêts.
- Le Laricio du Djurdjura constitue une relique comparable à celle que fournit, dans les Babors, l’Abies numidica de Lannoy et, sans doute, il a dû fournir une ceinture à la base de l’étage subalpin, puis disparaître peu à peu, à la suite d’incendies, lors du peuplement de la région. Mais très supérieur au pin d’Alep, il pourrait être avantageusement utilisé dans les reboisements de l’Afrique du Nord.
- ZOOLOGIE
- Les barbeaux du Maroc (M. Jacques Pellegrin). — De tels Cyprinidés abondent dans les principaux cours d’eau de cette partie de l’Afrique du Nord, où l’on en compte aujourd'hui 17 espèces, plus deux variétés.
- Dix d’entre elles rentrent dans la catégorie des Barbeaux proprement dits, à écailles à stries divergentes, avec dernier rayon simple de la nageoire dorsale plus ou moins ossifié et denticulé en arrière — formes à affinités européennes marquées ; — les autres se rattachent au sous-genre des Labeo-barbus, avec écailles à stries parallèles — formes d’origine éthiopienne et même sud-asiatique.
- Ces poissons sont en général peu recherchés des colons et des indigènes car, dans les eaux polluées, leur chair contracte un goût de vase assez prononcé; mais dans les eaux claires et limpides, elle vaut celle de la plupart des Poissons blancs de nos rivières.
- Il y a là, d’après M. Pellegrin, une ressource alimentaire qui ne saurait être négligée, et de tels Poissons constituent, en quelque sorte, le principal fond de la faune ichtyologique des eaux douces de l’Afrique du Nord.
- Paul Baud.
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- PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES
- Bouteilles isolantes en pyrex épais.
- Tout le monde connaît aujourd’hui, sous le nom de bouteilles Magic ou Thermos, le vase isolant de d’Arsonval et Dewar. Imaginé pour les recherches de laboratoire, il a reçu dans la vie pratique une application imprévue peut-être de ses inventeurs, mais fort appréciée du public, puisqu’il permet de conserver à volonté pendant un temps considérable des boissons froides ou chaudes. 11 se compose essentiellement d’un récipient en verre, à doubles parois argentées. A l’intérieur de cette double paroi règne le vide qui constitue un isolant parfait. L’argenture réduit les échanges calorifiques par rayonnement. La bouteille est enfermée dans une enveloppe en cuir ou carton.
- La nouvelle bouteille Pyrex, dont l’aspect extérieur rappelle les formes des bouteilles existantes, mais avec une silhouette plus moderne, est caractérisée par deux points nouveaux essentiels : la construction de l'ampoule isolante intérieure et le montage de celte ampoule dans la carcasse métallique.
- I. — L’ampoule est faite avec le verre Pyrex, bien connu, dont le faible coefficient de dilatation permet de donner aux récipients soumis à de brusques variations de température, une épaisseur supérieure à celle du verre ordinaire. La fragilité des ampoules se trouve, de ce fait, considérablement diminuée.
- On peut donc verser brusquement de l’eau bouillante ou glacée dans la bouteille, sans aucune précaution, et sans danger de rupture. Tous ceux qui ont employé le verre ordinaire
- savent quelles précautions il faut prendre, la nouvelle bouteille supprime ces inconvénients.
- De plus, les ampoules en verre Pyrex, sont stérilisables par l’ébullition. Cette propriété que, seules, les ampoules en Pyrex possèdent, est de la plus haute importance, surtout pour le biberon.
- Le montage de l’ampoule dans sa carcasse est entièrement nouveau.
- La pointe de fermeture de l’ampoule est au centre de la partie inférieure de la bouteille, qui repose sur un siège souple en caoutchouc ; une plaque de caoutchouc protège l’épau-lement, et la rondelle supérieure maintient le col dans l’axe delà monture. On assure ainsi une souplesse parfaite qui permel un démontage et un montage rapides et faciles, parla personne la moins expérimentée.
- Ce genre de montage supprime le carton ondulé employé habituellement, qui, par suite des infiltrations de liquide au moment du remplissage, est une source de moisissures et de mauvaises odeurs, et rend le nettoyage difficile.
- Un grand progrès a donc été réalisé dans l’industrie de la bouteille isolante.
- La bouteille Pyrex se fait en 1/i de litre (biberon), 1/2 litre et 1 litre.
- Constructeur : le Pyrex, 8. Rue Fabre-d’Eglantiue. Paris.
- Chauffe-eau Gamo.
- Fis'. 1. — Bouteille
- O
- isolante Pyrex.
- Le chauffe-eau Gamo est un appareil constitué par un tube dans lequel circule l’eau qu’on veut chauffer. Ce tube forme des circonvolutions étudiées de sorte que l’appareil, posé sur un foyer quelconque, a un rendement comparable à celui des chauffe-bains les mieux conditionnés.
- On le relie d’une part à un robinet d’eau sous pression; l’eau circule dans l’appareil et elle sort courante et chaude à l’autre extrémité, applicable à tous usages. Le degré de l’eau est réglable à volonté.
- Un raccord de sécurité breveté, muni de trois vis se fixe à tous les robinets de cuisines et de lavabos, quelles qu’en soient la forme et la dimension. Suivant le' cas, il est possible de placer dans ces raccords un diaphragme interchangeable afin de maîtriser la pression de l’eau qui est variable suivant les distributions et en même temps suivant les étages. Il n’y a donc plus à craindre d’embouts qui éclatent ou qui quittent le robinet dont ils épousent mal les formes et les dimensions.
- On monte sur cet appareil une série d’accessoires correspondants aux divers usages qu’on veut faire de l’eau chaude; par exemple, on peut installer un collier douche.
- Un accessoire particulier est le doseur additionnel. Il permet, à dose réglable, le mélange automatique à l’eau chaude qui sort de l’appareil de certains produits à volonté.
- S’agit-il, par exemple, d’utiliser le chauffe-eau pour le lavage de la vaisselle? L’eau sera chargée à la sortie automatiquement de lessive ou de cristaux.
- S’agit-il de soins où l’on désire avoir une. eau chaude parfumée? On fait intervenir les parfums choisis. Est-il nécessaire de traiter une maladie de peau? Il est simple de réaliser la douche de Barèges sulfureuse et la douche amidonnée.
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- L’appareil chauffe-eau ainsi complété est d’un grand intérêt pour tout ce qui concerne l’hydrothérapie.
- Constructeur : Simon, 6, impasse Ile-de-France, Paris.
- Appareils électriques domestiques de coiffure.
- Un inventeur de Lyon, M. Colas, a imaginé une série d’appareils, extrêmement intéressants pour les soins de la
- Fig. 3, — I. Eleciroséchcur; II. Ondulaicur; III. Réchaud électrique pour chauffer Vondulaicur.
- chevelure, appareils qui, à notre époque, sont d’une actualité indiscutable.
- Tout d’abord, i’électro-sécheur permet d’utiliser le courant électrique pour remplacer l’outillage formidable, dont les coiffeurs professionnels tirent un profit certainement fort intéressant.
- L’appareil est constitué par une sorte de peigne dont le dos contient une résistance de chauffage dissimulée. Le cordon souple, qui sort par l’extrémité du manche, se termine par une prise qu’on met à la place d’une lampe électrique. La consommation est à peina de 40 watts, ce qui représente une dépense faible. Le poids du peigne est de 175 gr. seulement.
- Pour l’utiliser on laisse chauffer l'appareil pendant 2 ou 3 minutes. On s’en sert absolument comme d’un peigne démêloir, en le passant très lentement dans les cheveux. On prend soin de laisser glisser ceux-ci le plus possible sur le dos du peigne jusqu’à ce qu’ils soient complètement secs. La chaleur électrique que dégage l’appareil est très agréable et procure un véritable bien-être. Le fonctionnement se fait indifféremment sur continu ou alternatif.
- C’est donc le moyen de sécher rapidement les cheveux, notamment après un lavage de tête.
- Pour obtenir les ondulations, bien connues des dames sous le nom d’ondulation Marcel, le même inventeur a consacré son étude à la conception d’un ondulateur qui comporte deux branches mobiles, comme un fer à friser ordinaire, mais de formes spéciales. La branche inférieure est formée de deux
- parties lisses et la branche supérieure de deux parties avec des dents, qui maintiennent les mèches de cheveux.
- Entre ces deux parties est un coulisseau mobile de forme cannelée; commandé par un jeu de leviers, il peut coulisser et, lorsqu’il est chaud, donner aux cheveux la vraie vague creuse Marcel. On déplace ensuite l’appareil parallèlement et on produit d’autres vagues à côté.
- Cet appareil doit être naturellement chauffé avant l’emploi et M. Colas a réalisé un réchaud électrique dans lequel s’adapte l’ondulateur.
- Ce dernier appareil est d’ailleurs possible à réaliser avec le chauffage électrique propre. Ainsi on peut constituer, au moyen de ces petits outils dont nous venons de parler, un appareillage complet pour les soins et l’entretien de la chevelure.
- E. Colas, 30, rue de Marseille, Lyon (Rhône).
- Porte manteau de voyage.
- Ce porte-manteau ingénieux est simple, il est basé sur le fonctionnement bien
- connu des losanges extensibles qui servaient autrefois à monter les soldats de bois.
- Ici des barrettes métalliques forment les côtés des losanges; elles sont articulées entre elles de façon que l’appareil replié, peu encombrant, est facilement transportable dans un coin du sac de voyage.
- Dès qu’on a besoin du porte-manteau, il suffit de tirera chaque extrémilépour donner l’extension complète aux losanges articulés
- et réaliser la longueur du porte-manteau habituel. Deux chaînes et uài crochet permettent de suspendre l’appareil garni de vêtements.
- fîivnnH F» r.ît.f» Mill.on. Paris.
- Nouvelle épingle à cheveux, le « Kirbigrip ».
- Il semble difficile d’inventer en ce qui concerne l’épingle à cheveux, et cependant... voici du nouveau. Le « Kirbigrip» est une petite barrette invisible dont la figure 5 donne l’aspect. Elle est extrêmement pratique, car elle tient bien, est invisible et permet de maintenir les ondulations , qu’il s’agisse de cheveux longs ou courts, plats, ondulés ou frisés. Elle se fait en métal noir, brun, doré, gris, blanc, pour s’harmoniser à la couleur des cheveux. Pour la placer, on écarte les branches, on la glisse dans la chevelure et on laisse l’élas -ticité du métal la resserrer, la
- fermer; elle tient alors mieux qu’une épingle ordinaire, ne risque pas de tomber et est parfaitement invisible.
- Kirby Beard et Gie, 5, rue Auber, Paris.
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- CHRONIQUE AÉRONAUTIQUE
- Le Mititary Zenith 1927.
- Le Military Zenith des avions de bombardement de nuit, qui s’est terminé le 15 juin dernier, a été enlevé par le sergent Etienne pilotant un Goliath Farman à deux moteurs Salmson de 260 ch à refroidissement par l’air. Le parcours, très dur, mesure 2810 km et comporte 14 atterrissages; il a été parcouru en 23 h. 59 m. 44 s., soit à la vitesse commerciale de 117, 104 km-heure.
- Le tour de l’Atlantique de De Pinedo.
- Parti le 13 février, le colonel de De Pinedo a terminé le 16 juin son circuit de l’Atlantique, soit à peu près 40 000 km.
- Ce voyagé, passé au second plan, depuis les derniers raids transatlantiques, est remarquable; il comporte, en particulier, les deux traversées de l’Atlantique pouvant intéresser dès maintenant l’aviation commerciale : la traversée par les îles du Cap Vert et Fernando de Noronha, et celle par Terre-Neuve et les Açores. La traversée de l’Amérique du Sud est la partie la plus audacieuse de ce raid qui met en lumière la valeur de l’hydravion Savoia utilisé, et la science du pilote. Le Savoia « S 55 » a déjà été décrit sommairement dans La Nature. Rappelons qu’il a enlevé le record de vitesse sur 1000 km avec 2000 kg de charge, et qu’il est en service sur les lignes commerciales italiennes.
- Emploi du duralumin en aéronautique.
- L’apparition des alliages légers à haute résistance a causé une véritable révolution dans la construction aéronautique, à la fois par leur légèreté (moins de 3,5 de densité), la finesse de formes qu’ils permettent, l’économie de construction et la sécurité. C’est sur l’accroissement de sécurité apporté par l’emploi des alliages légers que M. l’ingénieur Lecœuvre, S. T. I. Vé, a fait, le 9 mars, une communication à la S. F. N. Aé.
- . 1° Facteurs de sécurité apportés par les alliages légers.
- Ces facteurs sont :
- L’homogénéité du métal; qualité qui rend les contrées faciles et efficaces. Les bois sont au contraire hétérogènes par nature; ils exigent des colles et vernis parfaits : leur contrôle est donc incertain et laborieux.
- Les essais du métal donnant des renseignements précis sur les meilleures conditions d’emploi permettent son utilisation judicieuse dans des systèmes d’égale résistance, donc de poids minimum à sécurité égale.
- La grande valeur du module élastique des métaux (rapport de la charge à la déformation, en période de déformation élastique) donne des déformations moins importantes, qualité intéressante pour tous les systèmes articulés des poutres d’ailes et de fuselage.
- Ces modules élastiques ont les valeurs suivantes :
- Bois. , . . Acier . . . Duralumin . Magnésium. Glucinium .
- E 1.000 \ déterminés E = 22.000 (
- E= 7.800 l Par E— 4.500 ) essais E = 32.000 (calculé)
- Le glucinium, métal léger, serait donc particulièrement intéressant.
- Faute d’éprouvettes suffisantes, son module élastique a été calculé par la formule :
- 8.10
- ’(
- d étant le poids spécifique et M la masse moléculaire (formule applicable également aux alliages).
- Résistance aux intempéries et à l’incendie.
- Le Duralumin présente en outre cet avantage sur l’acier, de donner, pour une même résistance, un moment d’inertie plus grand, donc d’être plus difficilement en résonance avec les oscillations des moteurs (résonance dangereuse sur certains appareils étrangers à structure en acier).
- Les alliages légers de moulage (Alpax) augmentent également la sécurité^ dans la fabrication des pistons de moteurs par exemple, leur grande conductibilité calorifique empêche la décomposition des huiles de graissage, donc diminue les accidents par encrassement et grippage du piston.
- 2° Dangers possibles des alliages légers.
- Des corrosions, désagrégations locales du duralumin, ont été souvent constatées dans les parcs et dans les emplois à la mer.
- L’étude de ces corrosions, et des moyens de protection, menée actuellement par la « Commission des alliages légers », promet l’élimination prochaine de ce danger.
- Confusions possibles entre aluminium et alliages légers.
- Cette collusion a déjà amené certains accidents (rupture du manche à balai). Pour les alliages contenant du cuivre, l’essai est très simple : une goutte d’acide chlorhydrique donne une attaque rapide et une tache gris foncé ; tandis que sur l’aluminium, l’attaque est lente, et la tache gris blanchâtre.
- Les essais d’évasement sur tubes, d’emboutissage sur tôle permettent également de distinguer l’aluminium du duralumin, à condition de noter à la fois la charge et les déformations.
- Le billage permet la sélection des pièces trempées et recuites, des pièces de duralumin et d’aluminium, mais est insuffisant pour le contrôle des traitements. En effet, le tableau suivant montre que le coefficient de proportionnalité de la résistance à la dureté à la bille présente des écarts de 20 pour 100 :
- R D K r
- Barreaux . 40 112 0,355 2,8
- Témoins . 40 115 0,346
- Barreaux 41,2 135 0,300 1,15
- Ecrouis 25 pour 100 .... 41,2 150 0,316
- Barreaux recuits 350°. . . . 20 55 0,365 3,5
- Barreaux trempés 500° , . . 39,5 115 0,340 1,4
- et écrouis aussitôt .... 39 108 0,356
- Barreaux trempés 500° . . . 42,7 133 0,323
- revenus, puis écrouis après 8 jours 42,5 123 0,345 1,3
- R, résistance à la rupture ; D, dureté (Brinnel) ; r, résilience ;
- Les transformations thermiques aboutissant à une précipitation très divisée des composés SiMg2 et Al® Cu, la structure et la disposition des grains échappent jusqu’ici au microscope ; la micrographie ne permet donc pas le contrôle des traitements thermiques. Enfin on a accusé le duralumin de mal résister aux efforts vibratoires. Un longeron, soumis dans les laboratoires du S. T. Aé. à des efforts répétés produits par des cames, et brisé ensuite par flexion au bout de plusieurs centaines d’heures, n’a montré aucune diminution de résistance.
- Si on ajoute à ceci que par vieillissement les qualités du duralumin sont toujours très sensiblement améliorées, ainsi qu’en font foi les essais du Service technique, il est aisé de comprendre la vogue actuelle de la construction entièrement métallique, et de l’apprécier comme un progrès.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Cordes et Membranes, par II. Douasse. 1 vol. 506 p.,
- 216 fig. Delagrave, éditeur. Paris, 1917.
- M. Douasse poursuit la publication de son immense traité de physique appliquée. Ce nouveau volume est le deuxieme d’une série consacrée à l’acoustique. Il traite des vibrations des cordes et de celles des membranes, deux sujets très distincts mais qu’il était naturel de rapprocher, puisque la forme de l’équation différentielle qui régit les petits mouvements est la même dans les deux cas. M. Douasse commence par expliquer ce qu’est une corde, et comment on la fabrique ; il nous donne là un joli modèle de vulgarisation technique. « C’est pitié, dit-il, que nos professeurs de lycées pérorent sur l’atome de Bohr et ignorent ce qu’est une ficelle. » Après avoir exposé les lois fondamentales des vibrations des cordes et les expériences qui permettent de les mettre en évidence, il étudie les conditions d’entretien d’un mouvement vibratoire, puis l’expérience deMelde sur la vibration d’un fil entretenue par un mouvement imposé à l’un de ses bouts. Il étudie ensuite divers problèmes relatifs à la propagation des ondes le long des cordes et aborde l’étude physique des instruments à cordes : mouvement des cordes sous l’archet, construction des instruments à archet, rôle des divers organes du violon, étude sommaire des divers instruments à archet, anciens, modernes et exotiques ; instruments à cordes pincées ; luth, théorbe, mandoline, guitare, banjo, clavecin, etc. ; théorie de la corde frappée, description du piano et des instruments dérivés, pianos, pneumatiques, électriques.
- Tout ce chapitre, traité du reste avec la verve qui caractérise M. Bouasse, doit intéresser au même titre les physiciens, les amateurs de musique et les facteurs d’instruments. L’ouvrage se termine par l’étude expérimentale et théorique des vibrations des membranes, avec application aux instruments de percussion à peaux tendues : timbales, tambours, grosse caisse, mirliton. Dans la préface habituelle, M. Bouasse fait mine de renoncer à ses habituelles polémiques. Il traite à sa manière, qui est excellente, un important chapitre d’histoire de la science, celui du thermomètre. Indifférent aux questions de propriété, d’invention, de priorité intellectuelle, l’auteur se propose simplement de déterminer, d’après un mémoire de Réaumur, où en est la thermométrie en France vers 1730.
- Voitures et wagons, par J. Netter. 1 vol. 602 p., 4 8 4 fig.
- J.-B. Baillière et fils. Paris, 1927.
- On trouvera dans ce volume encyclopédique la description des différents types de véhicules aujourd’hui en usage sur les voies ferrées et dans les divers pays et l’étude détaillée de leurs organes essentiels. La documentation étendue et précise qu’il renferme permettra de faire des comparaisons utiles entre les divers systèmes décrits et offre aux techniciens une véritable mine de renseignements et de suggestions fécondes. On lira avec le plus vif intérêt l’exposé aussi clair qu’impartial d’un certain nombre de questions^d’une brûlante actualité, comme les attelages automatiques et les freins. Signalons également les intéressants chapitres relatifs à l’éclairage et au chauffage des wagons.
- Distribution et utilisation du gaz, par MM. Biard et
- Grangettei ^2 vol. illustrés. L. Eyrolles, éditeur. Paris, 1927.
- Prix : 30 francs le volume.
- L’industrie et l’utilisation du gaz d’éclairage n’ont pas diminué d’importance, malgré le développement de l’électricité. Nous possédons déjà sur ces sujets deux ouvrages importants, le magistral traité de M. Masse et l’ouvrage de MM. Masse et Baril. Le livre de MM. Biard et Grangette ne fait nullement double emploi avec ceux-ci. Les questions de fabrication du gaz n’y sont exposées que sommairement, quoique fort clairement. Dans le premier volume les auteurs s’attachent aux questions de distribution, de canalisations, d’installations intérieures, questions qui intéressent non seulement les industriels gaziers, mais au même degré les municipalités et la clientèle. Un excellent chapitre théorique est consacré à l’étude de la combustion, des brûleurs et du chauffage. Le second volume intéressera plus encore les usagers du gaz; il est consacré entièrement à l’éclairage par le gaz et aux applications domestiques. On y trouvera d’abord l’exposé des principes de photométrie qui permettent de déterminer la valeur d’une source lumineuse, puis la description des différents appareils d’éclairage par le gaz. Nous passons à l’étude des appareils de cuisine : réchauds, cuisinières ; des appareils de chauffage divers : chauffe-bains, chauffe-eau, radiateurs, chauffage central; des appareils de chauffage industriels : fours de boulangerie, de pâtisserie et de biscuiterie, appareils de confiserie et de chocolaterie, autoclaves, torréfacteurs, fours pour traitements métallurgiques, fours céramiques, appareils de laboratoire. Enfin un dernier chapitre est consacré au moteur à gaz,
- A Treatise on the british freshwater Algae in which are included ail the pigmented Protophyta hitherto found in british freshwaters, par G.-S.
- West. Nouvelle édition revue par F.-E. Fritscli. 1 vol. in-8, 534 p., 207 fig. Cambridge University Press. Prix : relié, 21 sh. Le traité de West sur les algues d’eau douce, paru il y a 25 ans dans les Cambridge Biological Séries est resté l’ouvrage classique sur ce sujet. En voici une nouvelle édition, revisée, réécrite en grande partie par le professeur de botanique de l’Université de Londres. C’est dire qu’elle est tenue à jour, admirablement conçue et présentée. Après un bref historique, les conditions de vie, la distribution géographique, les méthodes de collection et de culture sont décrites, puis vient l’étude de la structure cellulaire et des phénomènes de reproduction. C’est ensuite la classification de toutes les espèces connues dans les Iles Britanniques, groupées par séries, familles et genres. Chaque genre est représenté au moins par une figure. Une bibliographie très abondante permet d’aborder les travaux originaux. Le livre de West et Fritsch est le guide indispensable à tous les algologues et à tous les biologistes s’occupant de l’eau douce; on ne peut qu’admirer sa documentation, sa clarté, sa concision.
- Recherches sur la tératologie des insectes, par
- P. Cappe de Bâillon. 1 vol. in-8, 291 p., 85 fig., 9 pl. Encyclopédie entomologique. vm. Lechsvalier. Paris, 1927. Prix : broché, 85 fr. ; cartonné, 95 francs.
- Nombre d’anomalies ont été signalées chez des insectes : œufs doubles ; larves asymétriques, irrégulières, à deux tètes, etc. ; insectes parfaits à 3 ou 4 yeux, 3 ou 4 antennes, tète difforme, ajapendices bi- et trifurqués, ailes ou pattes surnuméraires, etc. L’auteur les passe en revue et y ajoute de nombreuses observations personnelles, faites notamment sur le Carausius inorosus. 11 les classe, en cherche l’origine dans les facteurs externes qui semblent peu efficaces, attire l’attention sur l’àge de l’insecte qui joue un rôle important, rapproche ces faits de ceux tératologiques connus surtout chez l’homme et les vertébrés supérieurs. Il met en évidence le rôle de la duplicité de l’œuf et de la formation des monstres doubles dans ces cas et ouvre ainsi de nouveaux horizons à l’étude des anomalies des Arthropodes.
- The quantitative Method in Biology, par Julius Mac Leod. 2e édition. 1 vol. in-8, 228 p., 27 fig., 1 portrait. Publications de l’université de Manchester. Longmans, Green and Co, London, 1926. Prix : relié, 15 sh.
- Deuxième édition de l’ouvrage du professeur de botanique de Gand, mort en, 1919, après avoir dû s’enfuir en Angleterre pendant la guerre. Appliquant les idées et les méthodes quantitatives de la chimie à la biologie, l’auteur expose l’histoire des essais déjà entrepris, définit les vues théoriques et les techniques utilisables, montre comment on arrive à isoler des constantes spécifiques, traite des variations de fréquence (probabilités), des modifications graduelles et termine par des exemples d’applications de ces méthodes dont la plus connue est le bertillonage. Cette utilisation des mathématiques peut évidemment rendre service notamment pour l’identification des espèces et l’étude de leurs variations.
- Les races humaines et leur répartition géographique, par A.-C. IIaddon. Traduit par A. van Gennep. 1 vol. in-8, 327 p., 12 pl. Félix Alcan. Paris, 1927. Prix : 30 francs. L’édition française du traité classique du professeur à l’Université de Cambridge diffère sur un grand nombre de points essentiels ou secondaires de l’édition anglaise, grâce aux rectifications et aux compléments que l’auteur a communiqués au traducteur. Les illustrations de l’édition française sont aussi plus nombreuses et d'un aspect qui permet l’étude précise des types ethniques représentés.
- Le caractère commun des nombreuses publications de M. Had-don est l’application, à l'élude des races et des peuples, de la méthode d’investigation, de classement et d’interprétation de la zoologie et de la biologie. Ce livre est un complément précieux aux autres traités d’anthropologie et d’ethnographie : il ne simplifie pas arbitrairement les grands problèmes de la parenté des races et de la diffusion à la surface du globe des nombreuses et diverses civilisations, mais essaie de construire une synthèse où il soit également tenu compte de tous les facteurs du problème : anatomique, physiologique, géographique, climatique, culturel au sens large, depuis l’époque préhistorique jusqu’à nos jours.
- A ce titre, le traité de M. IIaddon est nécessaire, non pas seulement aux spécialistes qui ont besoin d'un cadre où situer les découvertes nouvelles, mais aussi au public général quç la forme même des événements oblige à s’intéresser activement à la polir tique internationale.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- r
- L'industrie du bittanol aux Etats-Unis et la fabrication des peintures nitrocellulosiques.
- On sait le développement extraordinaire pris en ces dernières années par les peintures ou plutôt les laques à la nilrocellulose. C’est aujourd’hui le procédé de choix pour peindre les carrosseries automobiles métalliques. Il donne un revêtement d’un très bel aspect, à la fois élastique, poli et extrêmement résistant. Créé aux Etats-Unis sous divers noms, notamment sous celui de Duco, il s’est rapidement répandu en tous pays.
- L’histoire de ce procédé est extrêmement intéressante, elle se rattache à des recherches approfondies, faites dans un tout autre but et poursuivies depuis de longues années.
- Quelques années avant la guerre, la question de caoutchouc artificiel était à l’ordre du jour. Le problème chimique de la synthèse du caoutchouc était résolu au laboratoire, en faisant appel comme matières premières à l’isoprène et au bu'adiène.
- Ces deux substances, elles-mêmes, pouvaient être obtenues sans difficultés à partir du butanol, un alcool proche parent de l’alcool de grain.
- Pour résoudre industriellement le problème du caoutchouc synthétique, il fallait donc pouvoir se procurer en quantités suffisantes et à bon marché, le butanol.
- Un comité de savants français et anglais avait été institué pour résoudre les diverses questions posées par la synthèse du caoutchouc. La recherche d’une préparation industrielle du butanol incomba à M. Fernbach, le savant chimiste de l’Institut Pasteur à Paris. Celui-ci, assisté de notre compatriote M. Schon, et de M. Weizmann, un chimiste anglais, étudia à fond la fermentation bactériologique de l’amidon; et finalement on réussit à isoler et à cultiver une bactérie : Clostridum acetobutglicum (Weizmann) qui. se nourrit d’amidon et le transforme en acétone, en butanol et en aleool éthylique, dans la proportion suivante : 6 de butanol, 3 «d’acétone et 1 d’alcool éthylique. Au moment où ces recherches aboutissaient, deux grands événements étaient survenus : les plantations d’IIevea avaient pris en Extrême-Orient un tel développement, que le caoutchouc de plantation disponible dépassait de beaucoup les besoins de la consommation ; d’où une baisse de prix qui enlevait tout intérêt pratique au caoutchouc de synthèse. D’autre part, la guerre mondiale était survenue, accentuant.encore la surproduction caoutchoutière, mais créant d’impérieux besoins d’acétone pour la fabrication des poudres sans fumée. La distillation du bois, jusque-là source exclusive de l’acétone, ne pouvait suffire à la consommation des puissances alliées. Ün mit en oeuvre les procédés Fernbach-Weizmann.
- Lorsqu’ils entrèrent en guerre, les Etats-Unis se trouvèrent en présence du problème de l’acétone, et à leur tour firent appel au procédé de fermentation. Ils y trouvèrent du reste un emploi pour les distilleries d’alcool de grain, que la prohibition des boissons alcooliques condamnait à l’inactivité, au grand dam de la prospérité agricole privée de débouchés pour ses grains avariés.
- On monta donc au lieu et place des anciennes distilleries, de grandes fabrications d’acétone. Mais si l’acétone était alors très demandé, le butanol n’avait aucun emploi. Or, la fermentation de l’amidon fournit 2 kg de butanol par kilogramme d’acétone. On se trouva donc fort embarrassé du butanol, dont on ne savait que faire; il brûle mal et ne pouvait servir de combustible; on ne pouvait le déverser dans les rivières qu’il aurait empoisonnées Le « Commercial
- Solvente Corporation » qui avait entrepris, sur une très grande échelle, à Peoria (Illinois), la fabrication de l’acétone, se décida à emmagasiner ce sous-produit gênant, espérant qu’un jour on lui trouverait quelque application. Elle n’hésita pas à construire à cet effet d’immenses réservoirs métalliques.
- Cette confiance, peut-être audacieuse, devait bientôt recevoir sa récompense.
- On découvrit, en effet, que le butanol constituait un solvant de la nitrocellulose, la solution ainsi obtenue est assez fluide pour en permettre l’application par pulvérisation; elle est assez épaisse pour donner un enduit homogène, d’un pouvoir couvrant comparable à celui des vernis employés en carrosserie.
- Ces laques nitrocellulosiques ont pris rapidement un énorme développement. Grâce à l’abondante production de butanol, elles sont bon marché et ont permis, aux Etats-Unis tout au moins, un abaissement très notable du prix des carrosseries automobiles.
- Curieux retour des choses : c’est aujourd’hui l’acétone qui est en excès et qui devient un sous-produit d’écoulement difficile. Et cette surproduction menace gravement l’industrie de la distillation du bois, dont l’acétone est l’une des ressources principales, tandis que l’alcool méthylique, son autre ressource, voit poindre à l’horizon la concurrence non moins redoutable du mélhanol de synthèse, obtenu en partie de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène des gaz de fours à coke.
- BIOLOGIE
- Le lapin Castorrex êjarré.
- Etant donné l’utilisation qu’on fait des peaux de lapins pour imiter de très nombreuses fourrures de prix, toute variation obtenue dans l’aspect des poils présente un intérêt commercial considérable. Or, voici que M. R. Lienhart vient de signaler, dans les Comptes rendus de la Société de Biologie, une nouvelle race de lapin à peau naturellement éjarrée, le lapin Castorrex. C’est un lapin de poids moyen, de couleur brune, dont la fourrure est uniquement formée de bourre, ce qui permet d’en faire des imitations très réussies de castor.
- La nouvelle race est apparue en 1919, dans un clapier d’une ferme de la Sarthe, parmi un élevage de lapins gris du type normand. Brusquement, dans une portée, on reconnut un individu étrange, presque sans poils, alors que ses frères présentaient une fourrure.»normale. Dans la portée suivante, la même mère donna un nouveau lapereau également glabre. Il n’y en eut plus dans les autres portées. Les deux lapereaux anormaux étant mâle et femelle, furent acquis par M. l’abbé A. Gillet qui les croisa. Ils donnèrent des petits semblables à eux, mais si débiles qu’une forte mortalité frappa le nouvel élevage. M. l’abbé Gillet croisa alors les lapins éjarrés avec des lapins normaux, et c’est ainsi qu’il multiplia la nouvelle race dénommée Castorrex.
- Exposés à Paris pour la première fois en 1924, quelques éleveurs en acquirent; certains réussirent même, par croisement et sélection, ù créer des variétés de diverses couleurs. Cependant, la nouvelle race est toujours fragile; les lapins éjarrés se reproduisent mal, les jeunes meurent fréquemment ou présentent des.troubles cutanés : alopécie, kératite, cataracte ou même atrophie d’un ou deux yeux. M. Lienhart a trouvé la cause principale de celle débilité : les Castorrex sont atteints de spirochétose acquise ou héréditaire due au Treponema cuniculi. On peut donc espérer, tout en conservant. la mutation du poil, très intéressante, réussir à guérilla nouvelle race par un traitement approprié.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Qu*appelle-t-on mastic dur?
- Le produit désigné en menuiserie sous le nom de mastic dur et qui sert à reboucheries fissures du bois se trouve tout préparé chez les marchands de couleurs, mais il est beaucoup plus économique de le préparer soi-même en fondant ensemble à feu doux
- Cire jaune.................. 350 grammes
- Résine en poudre............ 200 —
- Suif.........................50 —
- Incorporer ensuite dans le mélange fondu :
- Blanc d’Espagne pulvérisé. . 400 grammes
- Ce mastic s’applique au couteau après ramollissement par malaxage entre les mains.
- N. B. On peut approprier la teinte du mastic à celle du bois en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre jaune ou rouge et en y ajoutant une pointe de noir de fumée.
- Imprimerie de Rodez.
- L'air que nous respirons.
- La purification de l’air ne s’impose que dans les milieux confinés où se trouvent réunies de nombreuses personnes et où cet air se trouve souillé d’abord par les microbes plus ou moins pathogènes apportés par chacun, ensuite par des produits vitaux encore mal définis qui ont une action indéniable. Cette purification de l’air a particulièrement été étudiée pour assurer pendant le temps le plus prolongé possible, l’habitabilité des sous-marins, filtration et rétention des microbes par toiles humides, absoi'ption de l’acide carbonique et des produits toxiques par barbotage, enrichissement en oxygène, etc. Tous ces palliatifs ne peuvent empêcher qu’à un moment donné il ne soit nécessaire de recourir à l’air neuf amené par le vent du large. Nous ne vous conseillons donc pas d’installex; des appareils coûteux et partiellement efficaces en vue d’une purification ; le point capital est d’assu-i'er par de bonnes dispositions de ventilation, l’évacuation de l’air usé et son remplacement par de l’air frais puisé dans un milieu exempt de contamination.
- M. Pancol, Largues (Gironde).
- Imperméabilisez à peu de frais vos vêtements.
- L’imperméabilisation des étoffes à l’acétate d’alumine est un procédé à la portée de tous qu’il convient de vulgariser.
- Voici comment on opère :
- Prendre : Alun concassé........ 500 grammes
- Eau chaude. ..... 6 litres
- Faire dissoudre en se servant d’un récipient en bois, seau ou baquet.
- Dissoudre d’autre part dans un vase qui peut être métallique. Cristaux de soude. . . 25 grammes
- Eau chaude.......... 1 litre
- Verser cette solution dans la première, il se produit une effervescence, quand le liquide n’est plus très chaud, ajouter une troisième solution composée de :
- Acétate de plomb. . . 500 grammes
- Eau tiède....... 4 litres
- Agiter quelques minutes, il se forme un abondant précipité blanc, on laisse s’éclaircir par repos 24 heures.
- Ensuite on décante le liquide clair qui constitue le bain prêt à employer.
- Plonger dans le bain froid les draps, lainages, toiles coutils à imperméabiliser de façon qu’ils soient bien imprégnés, essorer modérément et mettre à sécher dans un séchoir à 50°-60° C. Cette dernière opération est essentielle pour bien fixer l’alumine, au besoin on se servira d’un fer à repasser.
- Ecole forestière, Nancy.
- Pour donner aux statuettes de plâtre l'aspect du bronze vert.
- On commence par préparer un savon mixte de cuivi'e et de fer en pi’écipitant une solution composée de
- Sulfate de cuivre ... 80 grammes
- Sulfate de fer.......... 20 —
- Eau tiède............. 1000 —
- par une solution de savon de Marseille dans l’eau également tiède. Le savon métallique ainsi formé est lavé à plusieurs î-eprises par décantation, puis essoré sur une toile fine et séché pour éliminer l’eau qu’il contient. Finalement on fait dissoudre ce savon, au bain-maiûe dans un mélange de cire et d’huile de lin, en obsei'vant les proportions suivantes :
- Huile de lin lithargée cuite . 300 gr.
- Savon de cuivre et de fer . . 160 —
- Cire blanche ...............100 —
- Une fois le bain préparé, on chauffe, d’autre part, légèrement l’objet en plâti’e vers 80°-90° C. et pendant qu’il est encore chaud, on applique à la surface avec un pinceau le mélange fondu procèdent.
- Lorsque le plâtre est assez i-efimidi pour que le mélange ne soit plus absox-bé, on reporte l’objet à l’étuve vers 80° G., puis on applique une nouvelle couche et repasse à l’étuve; quand on constate que le plâtre est bien chargé de mixture, on laisse refroidir doucement, il ne reste plus qu’à frotter la statuette avec une flanelle douce pour la brillanter.
- MM. Guillemyn, Roubaix et Guichard, Amiens.
- Contre les piqûres de moustiques.
- Le pi’océdé de prései’vation auquel vous faites allusion est celui du Dr Blanchod qui consiste à frotter énergiquement la peau avec un tampon d’ouate imbibé de teinture d’aloës.
- La méthode peut également être employée aussitôt après la piqùi’e, il ne se produit alors aucune l’éaction locale ou généi’ale, il n’y a ni rougeur, ni œdème, ni douleur.
- La teintare d’aloës est ainsi composée :
- Alocs du Cap pulv. . 20 grammes
- Alco.ol à 60° G. L. . . 100 cent, cubés
- Laisser macérer cinq jours en agitant de temps à autre, filtrer. N. B. Au cours du jour 20 gr. d’aloës valent environ 0 fr. 50.
- M. de Beaumont, Albi/
- Comment placer sur les clichés de projection les repères blancs dits « Points du Congrès? »
- Pour que l’opérateur dans la demi-obscuiûté où il se trouve, place convenablement le cliché dans le châssis va-et-vient, on fixe sur chaque cliché, dans un angle de l’encadrement noir, un l’ondde papier blanc de telle manière que si le cliché est bien oi’ienté (la tête en bas), on satisfait à la convention suivante :
- L’opérateur étant tourné vers l’écran de projection voit sur le cliché qu’il va glisser dans le passe-vues le point blanc en haut et à gauche.
- Laboratoii-e des Ciments de Lafarge et du Teil.
- Altération des tuyaux de caoutchouc.
- Tous les caoutchoucs commerciaux sont aujourd’hui constitués par des mélanges de gomme pure et de charge minérale, sans compter le factice que l’on y introduit trop souvent. Il en résulte que malgré des prix élevés les tuyaux de caoutchouc actuels n’ont plus la tenue des anciennes fabrications, au bout de quelque temps d’usage ils perdent de leur élasticité et se cassent au lieu de se courber. Malheureusement aucun remède ne peut être appox-té à cet état de chose, sauf d’exiger du vendeur uno garantie d’usage, sur facture, pour un temps détérminé, avec remplacement en cas de non-satisfaction.
- M. Dubourget, Saint-Cloud d’Algérie
- Qu'appelle-t-on levure instantanée ?
- Les levures instantanées appelées ainsi levure alsacienne, Baking Powder, etc., sont des mélanges de bicarbonates alcalins et de s elfe à fonction acide ou d’acides organiques, qui au contact de l’eau donnent lieu à une réaction avec dégagement d’acide carbonique, suivant la formule type :
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- C03NaH + SONall = SCPN a 2 + COa + Ha0
- Bicarbonate Bisulfate de SulEate neutre de sodium sodium de sodium
- Dans notre n° 2753 page 95, nous ayons donné une formule de Baking Powder à l'acide ta rt ri que, en yoici deux autres du type indiqué ci-dessus :
- A Farine de blé...................... 200 grammes
- Bicarbonate de sodium............
- Bisulfate de sodium..............
- B. Farine de blé.................
- Acide tartriquc.................. .
- Alun.............................
- Bicarbonate de sodium............
- Bicarbonate d’ammonium...........
- N. B. Le rôle de l’alun dans celte dernière formule est de donner de la blancheur à la pâte.
- M. Ch. Rolland à Rosières.
- 200 grammes
- 100
- 100 —
- 400 —
- 200 —
- 200 —
- 300 —
- 50 —
- Argenture des miroirs.
- Dans un précédent numéro (Réponse à M. Bourg de Bordeaux), nous avons indiqué comment s’argentent les miroirs par le procédé Martin modifié par Mailliat, yoici en quoi consiste la méthode Lumière un peu plus délicate à appliquer et dans laquelle on utilise les propriétés réductrices du formol.
- Une dissolution de 10 grammes de nitrate d’argent dans 200 cm cubes d’eau est exactement saturée avec de l’ammoniaque, c’est-à-dire que l’on verse l’ammoniaque goutte à goutte jusqu’au moment où le précipité qui s’était d’abord formé se dissout brusquement.
- On prépare ensuite une dissolution de formol à 1 pour 100 d’aldéhyde formique: comme le formol commercial est à 40 p. 100 on prendra 2 cc, 5 de formol du commerce dans 100 cc. d’eau pour avoir la dissolution au titre voulu.
- Au moment d’argenter la lame de verre bien nettoyée on mélange les deux solutions préparées précédemment et on verse le tout sur la lame placée par exemple au fond d’une cuvette photographique.
- Il est essentiel que le liquide recouvre d’un seul coup la surface à argenter.
- Le dépôt d’argent se fait alors dans l’espacé de 5 à 6 minutes, on lave ensuite à grande eau, fait sécher verticalement, puis on applique au dos du miroir un vernis de protection.
- #• S.B.I, à Fontaine (Isère). .
- Peut-on utiliser la sciure de bois comme engrais ?
- La sciure de bois n’apporte au sol que peu d’éléments fertilisants, il ne faut donc pas compter sur elle comme engrais ; .par contre, elle constitue un excellent amendement ayant seulement le défaut de présenter une légère acidité, or l’expérience a montré que les terrains de défrichement qui ont. une réaction acide ne peuvent être immédiatement mis en état profitable de culture. Il n’en est plus de même si on prend soin d’incorporer au sol, soit de la chaux éteinte en poudre (forme la plus efficace), soit de la marne ou des défécations dé sucrerie ; on voit alors la fermentation ammoniacale se développer et ultérieurement l’ammoniaque formée se nitrifier.
- Lorsque l’on utilise la sciure, on se trouve dans les mêmes conditions d’acidité, souvent exagérées, s’il s’agit de bois résineux contenant l’acide abiétique qui jouit, en outre, de propriétés antiseptiques très nettes ; l’intervention d’alcalis fait alors merveille, surtout si la chaux est mise sous la forme pulvérulente de chaux éteinte. Dans ces conditions, la chaux joue un double rôle, d’abord un rôle physique en ameublissant le sol, ensuite un rôle chimique en permettant le développement des microbes nitrifiants. Quant à la dose convenable, la seule condition à réaliser est d’obtenir un milieu légèrement alcalin sans excès, car on risquerait alors de détruire par causticité les microbes utiles.
- M. Galvin, Chedde (Haute-Savoie).
- Huile de vaseline et huile de paraffine.
- 1° Les termes d’huile de vaseline et huile de paraffine sont équivalents et correspondent aux huiles lourdes que l’on sépare de la paraffine après extraction des derniers produits de distillation des pétroles.
- La composition de ces huiles est assez variable, puisqu’elles représentent en réalité une solution d’hydrocarbures solides à la température ordinaire dans des hydrocarbures liquides ; pratiquement on s’en tient dans l’industrie à l’obtention d’un produit ayant un point de congélation voisin de 1° C et un point d’inflammation de 160° G, ce produit n’est pas volatil à la température ordinaire.
- 2° Pour pouvoir répondre utilement à votre question concernant les produits liquides pouvant remplacer le mercure ou la glycérine, il faudrait connaître la réalisation que vous avez en vue.
- M. Guichard. Paris.
- Réparation du tain des glaces.
- On commence par nettoyer soigneusement l’endroit où le tain est endommagé en frottant doucement avec un tampon de coton, de manière qu’il ne reste aucune trace de poussière ni de matière grasse, cela afin d’éviter qu’il ne se forme ultérieurement des cernes autour de la partie réparée. On découpe alors avec la pointe d’un canif sur le tain d’une autre glace une surface de même forme, mais un peu plus grande, que l’on recouvre d’une gouttelette de mercure de la grosseur d’une tête d’épingle pour une surface de la grandeur de l’ongle. Le mercure s’étend, pénètre la couche jusqu’à la limite tracée au couteau, de sorte que le tain peut être aisément détaché, puis porté sur l’endroit à réparer où on l’applique avec beaucoup de soins à l’aide d’un tampon de colon. Le tain durcit bientôt et la glace présente le même aspect que si elle était neuve. MM., à Bécon-les-Bruyères.
- Protection des réservoirs à eau en zinc.
- La meilleure protection de votre bâche à eau en zinc qui se trouve attaquée par les vapeurs acides des usines environnantes est une peinture au caoutchouc que vous pouvez préparer facilement ainsi.
- Faire une dissolution de :
- Caoutchouc pur Para...............90 grammes
- Nilrobenzine.................... 1000 cent, cubes
- Ajouter 20 grammes du liquide visqueux obtenu à un kg de peinture ordinaire au litliopone surtout bien exempte de céruse pouvant apporter des sels de plomb. Employer comme d’habitude à deux couches, en laissant bien sécher dans l’intervalle.
- R. G. Douai.
- La papaïne ou pepsine végétale.
- La papaïne qui est utilisée dans la préparation de certaines spécialités pharmaceutiques destinées à faciliter la digestion des jeunes enfants, se tire habituellement du papayer ou carica Papaya, arbre de l’Amérique du Sud à tronc droit cylindrique ne portant de feuilles qu’au sommet. Au moment de la montée de la sève toutes les parties de la plante, particulièrement les fruits sont gorgés d’un liquide blanc, épais, amer, mais non âcre, contenant une diastase très active transformant facilement en peptones solubles les albumines et la fibrine; celte diastase a reçu le nom papaïne ou de papayotine. ^
- Pour extraire la papaïne, Âl. suffit d’ajouter de l’alcool aux solutions aqueuses de suc ou macérations de fruits ; on redissout dans l’eau et reprécipite par l’alcool, un certain nombre de fois, ce qui finalement donne un produit susceptible de solubuliser environ 2000 fois son poids de fibrine humide à la température normale de 37° G.
- On peut également retirer la papaïne, ou tout au moins une diastase analogue des plantes carnivores bien connues, Nepentlies, Drosera, Darlingtonia, ainsi que du Ficus doliaria, la dose médicale est de 0 gr 10 à 0 gr 20 par jour en cachets, élixirs, sirops, vins, etc. D. Alvaradq, à Veracruz, Mexique.
- Comment on protège de bois de la perforation par les tarets.
- Un excellent moyen de protection, est l’imbibition du bois par une solution de zincate de soude que l’on pi’épare sans difficulté en prenant :
- Chlorure de zinc à 21° B......1100 cent, cubes.
- Lessive de soude à 13° B . . . . 4450 —
- Verser la première solution dans la seconde, passer sur une toile pour retenir les grumeaux, pulvériser ensuite la solution sur le bois à protéger.
- F, de F. Argenton-sur-Greuse (Indre).
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- CURIOSITES DE LA NATURE
- A droite, une flaque d’eau au bord de la mer, telle qu’on en voit sur toutes nos côtes.
- Actinies ou anémones de mer épanouies parmi des algues calcaires.
- (Photo de M. Yérax, prise sous l’eau.)
- Au-dessous, un énorme poisson-scie, péché en Australie, en cours de montage au musée de Sydney.
- 94.C63. — Paris, lmp. Laiiurk. 1-8-27
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- LA NATURE
- N 2767. - 15 Août 1927.
- hraît le itT et le i5 de chaque mois
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T\. C. Seine : )
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n08), 70 fr. ; — 6 mois (12 n08), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n8”), 85 fr. ; — 6 mois (12 n08), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif 1? 1 | Un an. . . „
- ..... ........ ' ( Six mois. . .
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an.................
- Six mois..............
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. - —
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cio, sur une banque de Paris.
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- N* 2767
- 15 Août 1927
- LA NATURE
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- E LA STRUCTURE DE L'UNIVERS &.—J
- SON ÉVOLUTION — SA FORMATION
- Notre connaissance de l’Univers a été considérablement élargie, au cours de ces 25 dernières années, grâce surtout aux appareils géants des grands observatoires a-méricains, qui permettent de plonger notre regard beaucoup plus loin dans la profondeur des cieux.
- Le grand télescope de Meu-don, du calibre de 83 cm, a une portée beaucoup moindre que ceux de
- 1 m. 50 et
- 2 m. 50 du Mont-Wilson, qui ont permis de mesurer le diamètre des étoiles et de résoudre les nébuleuses spirales en amas de milliers d’étoiles.
- Nos connaissances théoriques se sont enrichies également d’une façon merveilleuse grâce aux lois physiques sur les gaz réels, le rayonnement, la pression de radiation, qui, ajoutées à la vieille loi de l’attraction de Newton, ont permis de soumettre au calcul la constitution physique des astres, leur évolution et même leur formation. Elles
- nous permettent de suivre les transformations des astres très loin dans le passé ou dans l’avenir, tout comme la
- loi d’attraction nous permettait déjà de suivre la marche d’une comète devenue invisible, et de prédire son retour.
- Henri Poincaré, dans ses Leçons sur les hypothèses cosmogoniques à la Sorbonne,avait fait passer même les questions d’origine dans le domaine scientifique et déblayé le terrain des hypothèses inutiles. Je n’ai eu qu’à suivre une voie si bien tracée, en étudiant toutes les questions fondamentales qui se posent ainsi en astronomie. J’ai exposé tous ces travaux et ces solutions dans mon ouvrage sur la Constitution et Vévolut ion de V Univers (*). Je voudrais en donner ici une idée d’ensemble qui puisse intéresser tousceux qui désirent être au courant des dernières découvertes dans tous les domaines de la pensée. 1. Gaston Doin, éditeur, Paris.
- Fig. 1. — À nias globulaire Messier 13. Herculis.
- (Photo de MM. G.-W. Ritchey et Henri Chrétien à l’Observatoire du Mont-Wilson).
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- I. - LA STRUCTURE DE NOTRE UNIVERS
- Les dimensions de notre Univers nous sont données par la mesure des distances des astres. La mesure directe des distances des étoiles au moyen de leur parallaxe n’est possible que si elles sont à moins de 200 années de lumière. Nous connaissons ainsi les distances de quelques centaines d’étoiles. W. Adams a trouvé une relation entre l’éclat intrinsèque d’une étoile et l’intensité de certaines raies du spectre. On a pu déterminer par cette méthode spectroscopique la distance de 3000 étoiles. Miss Leawitt a trouvé de même une relation entre la période de variation de certaines étoiles variables et leur grandeur absolue. On peut en déduire leur distance et celle des amas d’étoiles, dont elles peuvent faire
- Fig. 2. — Nébuleuse spirale M. 81. Ursae Majoris. Exposition 4h 15m.
- (Photo G.-W. Ritchey à l’Observatoire du Mont-Wilson.)
- partie. Le déplacement du soleil dans le ciel, avec une vitesse de 20 km environ, dans la direction de la constellation d’Hercule, fait dilater à nos yeux la partie du ciel vers laquelle nous nous dirigeons. Le mouvement paral-lactique des étoiles, qui en résulte, permet de calculer leur distance, au moins comme moyenne, pour un ensemble. Ce sont ces différentes méthodes qui ont permis aux astronomes de pénétrer un peu la structure de notre Univers.
- Toutes les étoiles visibles à l’œil nu, ou dans les plus grands instruments, au nombre de un milliard ou deux, forment un seul ensemble, un seul groupe très aplati, qui se projette sur le ciel suivant une traînée blanchâtre, irrégulière, qu’on appelle la Voie Lactée. Si la répartition des étoiles était homogène, l’éclat du ciel serait le
- même dans toutes les directions, et de plus le nombre des étoiles d’une grandeur à la suivante serait près de quatre fois plus grand. Il n’en est pas ainsi et le dénombrement moyen indique que la densité des étoiles diminue très rapidement avec la distance. Elle serait sensiblement nulle, dans le plan de la Voie Lactée, à environ 100 000 années de lumière. Normalement à ce plan, la densité décroîtrait six fois plus vite. Telles seraient les dimensions et la forme de notre système stellaire d’après Kapteyn. Le Soleil serait presque au centre de ce système, mais à 200 années de lumière au nord du plan médian, ce qui rejette un peu la Voie Lactée vers le sud. Il est vrai que les apparences et les faits observés s’expliquent aussi bien en admettant que ce n’est pas la densité des étoiles, mais leur grandeur moyenne, qui varie suivant les rapports énoncés ci-dessus. C’est la théorie optique de Halm.
- Les étoiles de la Voie Lactée se groupent en nuages stellaires^ ou en amas d’étoiles, irréguliers et peu condensés, appelés amas ouverts. Leur distance moyenne est évaluée en moyenne à 5000 années de lumière. Ils laissent entre eux des trous absolument vides d’étoiles et appelés sacs à charbon, qu’on a pu attribuer aussi à des amas de matière opaque.
- IL - LA CLASSIFICATION DES ÉTOILES
- En dehors des étoiles qui composent le système de la Voie Lactée, à gauche et à droite de son plan, se groupent d’autres amas d’étoiles beaucoup plus condensés, les amas globulaires. On en connaît environ 80. On a pu compter 60000 étoiles distinctes dans l’un d’eux. D’ailleurs, comme pour la Voie Lactée, leur condensation est beaucoup plus prononcée vers le centre, où la séparation des étoiles devient impossible. Ils sont beaucoup plus petits, et de forme beaucoup plus régulière, que les amas ouverts peu condensés. On retrouve dans ces amas tous les genres d’étoiles contenus dans notre Voie Lactée. Leur distance évaluée varie entre 20 000 et 200000 années de lumière.
- En dehors de la Voie Lactée et de sa bordure d’amas globulaires, se trouvent d’autres astres qui paraissent très différents d'aspect, les nébuleuses spirales, dont on a dénombré environ un million. La nébuleuse d’Andromède, visible à l’œil nu, donc assez rapprochée, serait à 600000 années de lumière et son diamèti’e atteindrait le dixième de celui de la Voie Lactée. Elles apparaissent sous la forme d’une nébulosité constituée par un noyau d’où partent deux spires symétriques. Leur spectre est celui des amas d’étoiles. Hubble, avec le grand télescope du Mont-Wilson, vient précisément de montrer que deux de ces spiralçs sont composées d’un grand nombre d’étoiles faibles, analogues à celles des confins de la Voie Lactée. J’avais déjà indiqué qu’elles devaient résulter de la rotation de deux amas d’étoiles, formant un système double. Tout récemment la région des nébuleuses spirales s’est enrichie d’un grand nombre de nébuleuses tout à fait analogues, mais de forme elliptique. Ce seraient des amas simples, mais plus condensés que les globulaires.
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- Dès le début de l’application du spectroscope, on avait distingué les étoiles blanches ou bleues, les plus brillantes, comme Sirius; les étoiles jaunes, comme notre Soleil, avec des raies nombreuses dues aux métaux et les étoiles rouges, où apparaissent des bandes sombres. Les progrès de la spectroscopie ont amené les astronomes à créer des classes plus nombreuses et ont permis de faire rentrer toutes les étoiles dans une classification homogène et continue, analogue à celle des règnes animal ou végétal. Une bonne classification est déjà une excellente base pour l’étude de l’évolution possible.
- La loi du rayonnement de Planck permettait de déterminer l’intensité relative dans différentes régions du spectre, en fonction de la température. Il suffit de mesurer cette intensité en trois points du spectre d’une étoile pour mesurer sa température (Nordman, Vilsing et Scheiner). Les étoiles de même classe spectrale, ou ayant le même spectre, ont sensiblement la même température. Les étoiles blanches, à raies de l’hydrogène et de l’hélium, ont été divisées en trois classes B, A, F, de température moyenne de 12 000, 10 000 et 8000°. Les étoiles jaunes ont été divisées en deux groupes : les étoiles G, à 6000°, comme le Soleil et les étoiles K à 4000°. Ces dernières sont les plus nombreuses de toutes les étoiles. Enfin, les étoiles rouges, les M, sont à 3000°. Ces six classes fondamentales contiennent 93 pour 100 des étoiles.
- L'évolution normale semblait indiquer que les étoiles,
- Fig, 4. — Grande nébuleuse amorphe avec parties obscures près de p Ophiuchi. Exposition 7h 30m. (Cliché E.-E. Barnard.)
- Fig. 3. — Nébuleuse amorphe N. G. C. 6992. Cygni, (Photo de G.-W. Ritchey à l’Observatoire du Mont-Wilson.)
- plus chaudes au début de leur formation, devaient se ^refroidir en passant successivement par les classes B, A, F, G, K, M.
- Lockyer éleva le premier des doutes sur l’homogénéité des dernières classes K et M. Il y distingua des raies spectrales differentes, qu’il attribua à un état atomique différent. Nous distinguons en effet maintenant le spectre d’arc, le moins chaud, dû à l’atome neutre et le spectre d’étincelle dû à l’atome ionisé, qui suppose une température plus élevée, ou une pression plus faible.
- Plus tard, pour les étoiles dont la distance était connue, on put évaluer leur éclat intrinsèque, ou leur grandeur absolue. Cet éclat allait régulièrement en décroissant, suivant le cycle d’évolution normale, des étoiles B aux étoiles M. Toutefois, pour les étoiles K et M, dans le spectre desquelles Lockyer avait trouvé des raies spéciales, raies d’étincelle, on trouve un éclat intrinsèque beaucoup plus grand, du même ordre que celui des étoiles B, les plus brillantes. C’étaient des géantes du monde stellaire.
- Russell, par l’étude des étoiles variables à éclipse, et de l’éclat en fonction de la température et du rayon, montra que ces étoiles devaient avoir des diamètres énormes. Ces diamètres ont été mesurés directement par Michelson et Pease, et ont vérifié les déductions précédentes. Le diamètre de Bételgeuse dépasse 300 fois celui du Soleil. Ce sont bien des géantes. Elles sont beaucoup moins nombreuses, dans l’ensemble, que les étoiles normales.
- Lockyer et Russell ont admis que les étoiles se formaient d’abord à l’état de nébuleuses diffuses et froides,
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- se séparant du milieu environnant, puis se condensant et s’échauffant pour devenir étoiles géantes, d’abord rouges, puis jaunes, puis blanches, pour se refroidir ensuite suivant l’évolution normale. C’est le cycle de Lockyer et Russell.
- En dehors des six classes normales, il faut distinguer le groupe des étoiles nouvelles. Certaines étoiles faibles ou invisibles augmentent brusquement d’éclat, pour décroître ensuite très rapidement. Elles s’entourent alors
- analogue à celle des nébuleuses planétaires, mais assez épaisse pour cacher complètement le noyau et en faire une étoile géante.
- Cette géante suivrait ensuite le cycle de Lockyer et Russell. On verra que certaines étoiles de forte masse ont pu atteindre la phase géante dès le début de leur formation.
- Il faut rattacher aux étoiles géantes les variables du genre céphéide (o Céphée) qui seraient des ultra-géantes
- Fig. 5. — La nébuleuse America dans le Cygne. Nuages gazeux et stellaires associés. (Phot. E.-E. Barnard à l’Observatoire Yerkes.)
- de nébulosités sphériques, qui les transforment en nébuleuses planétaires. Le noyau reste à haute température avec un spectre de raies brillantes, analogue à celui des étoiles O ou de Wolf-Rayet, plus chaudes encore que les B, auxquelles elles doivent se raccorder ensuite. Cette évolution, constatée sur les dernières étoiles nouvelles, est très rapide et complète en 10 ou 20 ans.
- Nous voyons apparaître ici un nouveau cycle d’évolution possible. Certaines étoiles nouvelles, ou rajeunies, pourraient s’entourer d’une enveloppe de particules,
- et dont les variations d’éclat seraient dues à des pulsations de la masse ou de l’enveloppe.
- Les étoiles doubles ont permis de déterminer les masses de 300 étoiles environ. Celles de plus grosse masse sont les plus chaudes; les étoiles B de masse moyenne égale à 10 fois celle du Soleil;' les étoiles M ont une masse moyenne égale seulement à la moitié de celle du Soleil.
- La vitesse du Soleil, par rapport aux étoiles voisines, est d’environ 20 km par seconde. Celle des autres étoiles de la Y oie Lactée, évaluée d’après les mouvements propres
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- mesurables et le déplacement des raies de leur spectre (principe de Doppler-Fizeau), est du même ordre. La vitesse radiale des amas globulaires est plus grande et atteint 100 km. Ils se dirigent, pour la plupai’t, vers la Voie Lactée. Ils font donc partie de notre système stellaire. La vitesse des nébuleuses spirales est plus grande encore. Elle a été déterminée pour un très petit nombre,
- 1 pour 100. La plupart s’éloignent de nous avec des vitesses qui varient de 300 à 600 km. Elles ne feraient donc pas partie de notre système stellaire. Enfin, d’après des déterminations récentes, la Terre, le Soleil et la Voie Lactée se déplacent, par rapport à l’éther, avec une vitesse de 700 km, dans la même direction que le groupe des spirales (Courvoi-sier, Esclangon).
- Dans la Voie Lactée, les vitesses des étoiles ne sont pas réparties au hasard, comme cela serait dans un ensemble arrivé à un état d’équilibre permanent. Ces vitesses sont plus grandes dans deux directions opposées et parallèles au plan de la Voie Lactée. Kap-teyn en a déduit que la Voie Lactée est formée de deux courants d’étoiles, qui se sont compénétrés.
- Les étoiles B formeraient un 3e groupe à part, sensiblement sphérique et immobile, au centre de la Voie Lactée. Les étoiles d’un amas ouvert ont toutes sensiblement la même vitesse, qui est en général parallèle au plan de la Voie Lactée. L’observation ne décèle aucune vitesse propre des étoiles, même dans les amas condensés, et rien n’indique qu’ils soient dans un état plus ou moins stationnaire, se rapprochant de l’état final. Nous verrons que tout semble indiquer qu’ils sont plutôt voisins de l’état initial, c’est-à-dire de leur période de concentration et de formation. Le Soleil se dirige sensiblement vers le centre de la Voie Lactée.
- Il faut signaler encore dans la Voie Lactée les nébuleuses amorphes, comme celle d’Orion, qui paraissent se rattacher aux nébulosités émises par les étoiles nouvelles. Elles ont le même spectre de raies brillantes que le noyau de celles-ci sur la fin. Les nébulosités dues à deux ou trois étoiles nouvelles voisine# peuvent se mélanger et prendre les formes irrégulières que l’observation nous révèle.
- III. — CONSTITUTION INTERNE DU SOLEIL ET DES ÉTOILES
- On a vu que toutes les étoiles se rangent en différentes classes où la température varie d’une façon continue. Cette température est assez élevée pour être au-dessus de la température critique. Le Soleil et les étoiles sont donc des astres gazeux.
- Pour étudier leur équilibre interne, la variation de la pression, de la température et de la densité avec la profondeur, on leur a appliqué d’abord la loi des gaz parfaits, la vieille loi de Mariotte-Gay-Lussac. Elle est plus simple que la loi des gaz réels, mais elle a le tort d’être
- complètement fausse pour des pressions de quelques milliers d’atmosphères, alors qu’au centre du Soleil la pression atteint le milliard d’atmosphères. Pour pouvoir mettre le problème en équation, les auteurs ont supposé en outre que l’équilibre était adiabatique (Lane, lord Kelvin, Emden) ou purement radiatif, sans courants de convection (Jeans, Eddington).
- Les calculs montrent alors que, pour réaliser l’équilibre, la température interne doit s’élever rapidement, à partir de la surface, àdes millions, puis des centaines de millions de degrés, qui n’ont plus aucun sens physique.
- Au lieu de faire une hypothèseparticulière arbitraire, j’ai considéré deux hypothèses limites, entre lesquelles l’équilibre réel est certainement compris : l’équilibre isothermique (température uniforme) et l’équilibre homogène (densité uniforme). J’ai pris aussi la loi des gaz réels, qui contient un terme de plus, la densité limite que le gaz atteindrait sans la dépasser, aux fortes pressions. Il se trouve précisément que ce terme simplifie les résultats au lieu de les compliquer.
- On trouve en effet que, dans tous les cas, au voisinage de quelque 1500 atmosphères, la densité varie brusquement et atteint presque instantanément sa limite, qu’elle conserve jusqu’au centre. Il se forme donc un véritable noyau sensiblement homogène et isotlierme, recouvert d’une atmosphère où la densité varie alors très vite avec la hauteur,«comme dans notre atmosphère. La densité et
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- la température ne peuvent pas varier de plus de trois fois leur valeur, de la surface du noyau au centre.
- Si on suppose un mélange quelconque d’atomes, le noyau reste toujours sensiblement homogène, mais les atomes légers s’élèvent plus haut dans l’atmosphère. La photosphère s’élèvera également plus haut pour une température plus élevée, ce qui expliquera les diverses apparences offertes par les différentes classes spectrales.
- Le calcul montre également que, pour des températures encore plus hautes, les nuages de la photosphère brillante seraient chassés par la pression de radiation, comme on le voit dans les étoiles nouvelles, et pourraient constituer une enveloppe très étendue autour de l’étoile centrale et constituant une étoile géante ou une nébuleuse planétaire.
- IV, — ÉVOLUTION DES ÉTOILES* ENTRETIEN DE LA CHALEUR DU SOLEIL*
- AGE DE LA TERRE
- De toutes les causes mises en avant pour expliquer le rayonnement du Soleil, sans diminution appréciable, les unes donnent trop peu d’énergie, ou trop lentement, comme les causes radioactives, ou trop tôt, avant la formation des étoiles, comme les énergies intraatomiques. Il semble que l’énergie due à la contraction (hypothèse d’Helmholtz) est la seule qui remplisse les conditions scientifiques exigées. Cette contraction du Soleil a pu lui fournir 15 millions d’années de chaleur, au taux actuel.
- Certains trouvent que c’est trop peu. Or les calculs basés sur la formation des sédiments de la croûte terrestre, la vitesse de refroidissement, certains dépôts dus à la radioactivité, etc., assignent à l’âge de la Terre des nombres compris entre 300 000 ans et 100 milliards d’années. Ils sont assez disparates et tous basés sur cette hypothèse, certainement fausse, que lès causes étudiées avaient la même intensité qu’actuellement.
- Or, le Soleil était autrefois plus chaud et plus gros. La quantité de chaleur qu’il envoyait sur la Terre était plus grande et la température terrestre plus élevée. Le calcul montre qu’il y a seulement 130 000 ans la température moyenne devait être de 10° plus haute et nous avions le climat des tropiques jusque dans nos régions. De plus, la loi de Van’t Iloff nous indique que l’intensité des phénomènes physiques et chimiques devient double pour une élévation de 10°. En tenant compte de cette intensification des phénomènes, en seconde approximation, on arrive à faire converger tous les nombres donnés pour l’âge de la Terre et du Soleil autour de quelques millions d’années, et c’est déjà énorme. On comprend très bien que les 15 millions d’années de chaleur du Soleil, condensés en un million, ont pu produire un travail de sédimentation aussi considérable que les causes actuelles en 500 millions. Joly a montré que tous les fleuves se déversant dans la mer depuis 100 millions d’années lui auraient apporté tous les sels qui y sont dissous. C’est un phénomène général très régulier. S’il durait depuis 500 millions d’années la mer serait 5 fois plus salée.
- Il suffit que la contraction du Soleil soit de 47 m. seulement par an, pour régénérer toute la chaleur qu’il perd.
- C’est tout à fait insensible pour nous. Si on tient compte en plus de la loi de Stefan d’après laquelle le rayonnement est proportionnel à la 4e puissance de la température on peut déterminer complètement la variation du rayon et de la température du Soleil et d’une étoile.
- Le Soleil n’aurait passé que 65 000 ans avec une température plus grande que le double de sa température actuelle et un rayon plus grand de 2 dixièmes seulement que son rayon actuel. Pratiquement notre Soleil n’a jamais pu être très différent de ce qu’il est actuellement, ni comme rayon, ni comme température, et les calculs indiqués s’y appliquent intégralement, sans extrapolation excessive.
- La valeur du refroidissement actuel serait de 0,02 en 100 000 ans, ce qui entraînerait un refroidissement proportionnel de la Terre de 6° dans le même temps. Les variations des périodes glaciaires sont du même ordre. Elles s’expliquent par les phénomènes astronomiques du déplacement du périhélie. La dernière date de 10000 ans. Nous pouvons attendre la prochaine dans le même temps.
- V. — ORGANISATION DE L’UNIVERS. FORMATION DES ÉTOILES ET DES AMAS
- Grâce aux dernières découvertes de la physique, nous savons maintenant que les atomes matériels sont formés de corpuscules électriques. La constitution d’un atome est aussi complexe que celle du système solaire avec son cortège de planètes.. En tout cas, avant que les corpuscules électriques ne se soient neutralisés, en s’organisant en atomes, la matière n’existait pas, la gravitation n’existait pas, ou du moins ne pouvait exercer aucune action appréciable.
- La période de formation des atomes a donc dû précéder celle de la formation des étoiles. Elles ont pu chevaucher. L’astronome doit supposer la matière formée, et dispersée d’une façon quelconquë dans l’espace. Nous n’avons pas le droit de faire aucune hypothèse particulière sur la répartition de la matière dans l’espace ni sur ses mouvements, mais les expliquer tous. Les auteurs de cosmogonies, depuis Laplace, avaient supposé lanébu-leuse primitive déjà fractionnée en lambeaux, animés de mouvements de rotation. C’était supposer le problème à moitié résolu.
- En ne faisant aucune hypothèse particulière, on voit, en tout cas, que la matière ne pouvait rester en équilibre, dans le même état, que si sa répartition était rigoureusement homogène, ce qui est impossible. Tout point, où la densité était plus forte, est devenu un centre d’attraction, qui a condensé progressivement toute la matière environnante, pour former une étoile. L’ensemble de la matière qui a formé une étoile ne s’est donc pas isolée, et séparée en bloc, du reste de la masse. L’organisation en astre distinct s’est faite par le centre et non par la surface et l’extérieur.
- Le calcul montre qu’il aurait suffi d’un atome en plus, dans notre matière dispersée, pour concentrer la masse du Soleil en 300 millions d’années. Chose remarquable, l’amorçage du début seul est long. La formation des 999 millièmes de la masse n’aurait demandé que 20 millions d’années et ne dépend pas du tout des condi-
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- tions initiales, mais seulement de la densité du milieu.
- On peut alors déterminer d’une, façon très nette la température de formation qui en résulte et qui serait voisine de 10 000° pour le Soleil. D’ailleurs, si on modifie les conditions, de façon à allonger le temps dè formation, on diminue la température et réciproquement. Le temps et la température de formation se limitent étroitement.
- Le calcul montre encore que la température de formation serait proportionnelle à la racine cinquième de la masse. L’évolution conserverait d’ailleurs ce rapport, de sorte que, encore actuellement, la masse moyenne des étoiles chaudes doit être plus grande que les autres et l’accord observé est excellent en première approximation. Il indique qu’il n’y a pas d’autre hypothèse à faire. Si les étoiles se rajeunissaient, ou se reformaient indéfiniment, il n’y aurait aucune relation entre la masse et la température.L’attraction qui a concentré les atomes en étoiles continue son œuvre en condensant les étoiles en amas et ceux-ci en Voies Lactées. Les calculs et les formules sont les mêmes. Ils expliquent les vitesses des étoiles et des amas et les courants d’étoiles, aux vitesses parallèles. Ces derniers montrent nettement que les étoiles ne sont pas encore mélangées, qu’elles sont plutôt voisines de leur état initial, et pour ainsi dire à la place où elles se sont formées.
- VI. - FORMATION DU SYSTÈME SOLAIRE ET DES PLANÈTES
- Toutes les cosmogonies, depuis Laplace, ne se sont guère occupées que de la formation de notre système. Ce système est caractérisé, avant tout, au point de vue mécanique, par son moment de rotation. C’est un invariant caractéristique, qui est resté sensiblement constant depuis l’origine, depuis l’isolement du système, puisqu’un système isolé ne peut pas modifier son moment de rotation. Il fallait nécessairement recourir à l’action
- et aux perturbations des systèmes voisins pour expliquer la rotation de notre système.
- Les cosmogonistes, au contraire, ont considéré le système solaire comme isolé dès le début du reste du monde et formant un lambeau séparé. Ils lui donnaient également la rotation voulue. C’était nécessaire, mais c’était escamoter le problème.
- Il se trouve que la solution est extrêmement simple. Le calcul rend compte parfaitement de la rotation totale du système planétaire, par l’action de déviation des étoiles
- voisines. Il montre en outre que les conditions de la résistance du milieu ont régularisé très vite les orbites des éléments, qui ont formé les planètes, pour les rendre sensiblement circulaires. Il montre encore que cette action de déviation a empêché les 9 dixièmes de la matière primitive de se condenser dans le Soleil et les étoiles, ce qui a dû former des systèmes nombreux de planètes et de comètes autour de chaque Soleil, mais trop éloignés pour être visibles.
- Les étoiles se refroidissent en rayonnant. Le Soleilun jour s’éteindra-t-il? La Terre sera-t-elle glacée et sans vie? Est-ce la mort de l’Univers qui nous attend? La physique et le principe de la dégradation de l’énergie disaient : oui. Ce serait vrai dans un Univers fini. Les calculs indiqués ici nous répondent : non. C’est la vie éternelle de l’Univers et son évolution sans fin, avec celle de la vie et de la pensée, qui ne font que commencer. La concentration indéfinie des étoiles en amas, de plus en plus condensés, et de ceux-ci en Voies Lactées, produira toujours plus de chaleur, plus de lumière, pour toutes les humanités présentes et futures, qui disposeront de l’indéfini du temps pour poursuivre leur évolution vers le progrès matériel, intellectuel, moral et social indéfini.
- Alex Véronnet,
- Astronome à l’Observatoire de Strasbourg.
- Fig. 7. — Télescope équatorial de 1 m. 83 de diamètre de VObservatoire de Victoria (Canada). Type Gassegrain à miroir percé.
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- A QUI APPARTIENDRA LE LABRADOR?
- L’attention publique a été ramenée pendant quelques jours sur le Labrador, où l’on pouvait espérer que nos intrépides aviateurs, Nungesser et Coli, auraient trouvé refuge. L’hypothèse n’était pas. absurde. Cette région désolée est si peu peuplée (quatre milliers d’habitants pour un territoire beaucoup plus vaste que la France), qu’il était permis de croire que les naufragés de l’air resteraient plusieurs semaines avant de pouvoir donner de leurs nouvelles.
- Mais un autre intérêt, à la fois politique et économique, s’attache à cette péninsule, dont la possession est disputée entre la Province de Québec, membre du
- leurs qui n’avaient aucune idée de la distance qui pouvait séparer du rivage cette ligne de partage des eaux.
- Après de laborieuses délibérations, le Conseil Privé de la Couronne Anglaise a tranché le différend en fixant de telle façon cette frontière du Labrador que la Province de Québec perdrait 80 000 milles carrés d’un territoire qu’elle considérait à bon droit comme son bien, soit une superficie plus étendue que celle de la Grande-Bretagne. Comme le font remarquer les journaux canadiens, il faudra refaire la carte du Dominion si cette décision est maintenue. On peut s’étonner de l’émotion que soulève cette rectification de frontière au Canada, dont le territoire,
- Okak et sa baie.
- Fig. 1. -
- Dominion canadien et la Colonie de Terre-Neuve. En réalité, le nom de Labrador est àonné par les géographes non à l’ensemble de la péninsule, mais à sa côte atlantique limitée par le détroit d’Hudson au Nord et par celui de Belle-Isle au Sud.
- Jusqu’en ces derniers jours, la profondeur de cette bande restait dans le vague, tant au point de vue géographique qu’au point de vue politique. D’une part, l’exploration de l’arrière-pays était à peine ébauchée (et elle est loin d’être complète, actuellement); de l’autre, les lettres patentes établissant la souveraineté de Terre-Neuve sur cette côte (lettres rédigées en 1763) lui fixaient comme frontière intérieure « le versant des terres dont descendent les rivières », définition établie par des rédac-
- presque aussi étendu que l’Europe, n’est ainsi diminué que d’une parcelle impropre à l’agriculture et pratiquement inhabitable. Cette rectification aurait été proposée ü y a une vingtaine d’années qu’elle n’eût pas soulevé d'aussi ardentes protestations.
- Mais, dans l’intervalle, l’industrie de la pâte à papier a fait des progrès considérables dans le Canada oriental, et la prospection des terrains en litige a prouvé qu’ils sont partiellement recouverts de forêts propres à cette industrie, dont la valeur serait de 250 millions de dollars.
- En outre, les Canadiens français ont entrepris avec une admirable énergie la colonisation de vastes régions (celles de l’Abitibi et du Mistassini) qui, placées dans la partie méridionale de la péninsule du Labrador (en son
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- point de soudure avec le continent), constituent l’arrière-pays du territoire réclamé par Terre-Neuve.
- Enfin, dans ce même territoire, sont situées les Grandes Chutes (Grand-Falls) dont le débit est très supérieur à celui du Niagara, et qui pourraient produire en énergie électrique plusieurs millions de chevaux-vapeur.
- Or, le Canada regrette la perte de cette source de richesse qui, certes, ne sera pas exploitée avant longtemps, mais qui aurait servi à ses générations futures.
- Cette question de la propriété des Grandes Chutes n’est pas encore résolue ; et voici qui montre que l’intérieur du Labrador est loin d’être complètement exploré. Parmi les points de repère fixés à la nouvelle frontière par le*Conseil Privé, figurent « les sources de la rivière Romaine ». Mais personne ne sait où se trouvent ces sources, et, selon l’emplacement que leur fixeront les explorateurs, les cataractes resteront la propriété de Québec ou seront adjugées à Terre-Neuve.
- Rappelons brièvement que le différend date de 1763, quand la côte du Labrador fut confiée à l’ad-
- Les Canadian National Railways ont commencé la construction d’un réseau qui facilitera l’accès du Labrador. Un embranchement permet déjà d’aller de la ville de Québec au lac Saint-Jean, où l’on va mettre en service une des plus puissantes usines hydro-électriques du monde ; un deuxième embranchement se raccorde à Chambord sur le premier pour descendre à la rivière Saguenay ; un troisième longe la l’ive gauche du Saint-Laurent jusqu’à la Baie de Murray. Enfin, pour donner
- l'ig. 2 à h. — En liaut : Nain, un des cinq villages de la côte du Labrador, au printemps.
- A gauche : Esquimaux du Labrador et leurs huttes.
- En bas : Esquimaux du L,abrador construisant un kayak.
- ministration de Terre-Neuve, dont les pêcheurs y jouissaient de droits de pêche. Le Québec en reprit possession en 1774. Mais, en 1809, Terre-Neuve reçut de nouveau une bande de territoire le long de cette côte « pour faciliter l’industrie de ses pêcheurs ». Le différend s’envenima en 1890, quand le gouvernement terreneuvien délivra à des compagnies forestières le droit d’abattre des arbres dans l’intérieur du pays. Des négociations s’ouvrirent entre les deux gouvernements : Terre-Neuve ___ demandait 6 millions de dollars pour céder le territoire en réservant ses droits de pêche. Les pourparlers échouèrent finalement, et ce fut alors que les parties décidèrent de soumettre le litige au Conseil Privé.
- Nous avons cité, au début de cet article, un chiffre qui demande une explication : le recensement de 1917 accorde 4031 âmes à la partie du Labrador qui appartient à Terre-Neuve. Mais le reste de la péninsule renferme une population qui doit être actuellement de plus de 20 000 habitants, la plupart de race française.
- une dernière preuve de la magnifique énergie et de l’esprit de suite avec lesquels le Canada poursuit la mise en exploitation de son immense empire, nous noterons que cette même Compagnie des Chemins de Fer nationaux aura probablement achevé dans quatre ou cinq ans sa ligne dè la Baie de Hudson qui facilitera prodigieusement l’exportation en Europe du blé du Far-West canadien — désert devenu en moins d’un quart de siècle un des greniers du monde. Victor Forbin.
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- E LA LUMIÈRE DE WOOD =
- HISTORIQUE DES APPLICATIONS
- Fig. l.— Cliché obtenu d’après une préparation de sang d’araignée éclairée par la lumière de Wood sur fond noir..
- Les leucocytes granuleux de Tegenaria domesiica dont la fluorescence est semblable à celle de la soie (Turchini et Millot) sont visibles. Les leucocytes byalins ne sont presque pas fluorescents.
- Bien que les physiciens ignorent encore les lois strictes de la fluorescence, tout le monde aujourd’hui sait ce que l’on entend par ce mot. Nous avons appris expérimentalement qu’un corps recevant un faisceau de radiations déterminées est capable non seulement d’absorber, réfléchir, réfracter, polariser ou diffuser ces radiations, mais encore d’en transformer et renvoyer une partie sous forme de radiations n’existant pas dans le faisceau reçu et
- Fig. 2. — Photographie d’un visage humain éclairé par la lumière de Wood.
- Un écran sélectionne les rayons lumineux émis par fluorescence du bleu au rouge.
- Comme on le voit : les dents, les cristallins et les sclérotiques sont beaucoup plus brillants que la peau du visage qui elle-même l’est plus que les lèvres ou les sourcils. (D’après Wood.)
- dont l’émission constitue le rayonnement secondaire du corps. Lorsque l’émission du rayonnement secondaire cesse moins d’une seconde après que les radiations lui donnant naissance ont cessé d’agir et qu’il appartient au spectre visible, le corps est dit fluorescent. C’est ainsi que le platino-cyanure de baryum est fluorescent pour les rayons X tandis que le papier blanc est fluorescent pour certain ultra-violet (radiations comprises entre le dernier violet perceptible du spectre visible et les premiers rayons X.)
- A la fin du siècle dernier, Stokes et Ed. Becquerel se sont consacrés, ainsi que beaucoup de chercheurs qu’il serait trop long d’énumérer, à l’étude de la fluorescence grâce à laquelle on a pu objectiver pour l’œil humain quantité de radiations allant du dernier violet visible aux derniers rayons émis par le radium.
- Il est fort probable que l’étude de la fluorescence ne serait jamais sortie du domaine de la physique pour passer dans celui des applications pratiques, sans les recherches d’un physicien américain : R.-AV. NVood, professeur à la John Hopkins University à Baltimore (U. S. A.)
- Wood s’est durant de longues années attaché à l’étude suivante : trouver des écrans monochromatiques, c’est-à-dire ne laissant passer qu’une zone aussi limitée que possible du spectre électromagnétique. Parmi les divers écrans qu’il a réalisés, il en est un particulièrement intéressant, c’est celui que l’on obtient en chargeant en oxyde de nickel un verre spécial. Placé devant un arc électrique, éclatant entre électrodes de mercure dans de la vapeur de mercure surpressée à l’intérieur d’un tube en quartz, un écran de ce genre convenablement réalisé ne laisse passer strictement que les raies ultra-violettes désignées par les physiciens sous les noms de bande 3663 à 3650 A0 et raie 3341 A0. L’ensemble de ces raies constitue ce que l’on appelle aujourd’hui avec juste raison la lumière de Wood. Comme je l’ai exposé dans un mémoire publié en janvier 1926 par la Revue cl'Actinologie, c’est durant la guerre 1914-1918, lors de ma collaboration dans les laboratoires des Invalides avec Cornu, Henri George, Hébert-Stevens et Larigaldi que je connus pratiquement la lumière de AA^ood. Les armées alliées cherchaient alors, sous la direction même du savant physicien américain, à utiliser cette lumière pour les communications secrètes. Ce n’est qu’en 1923, alors que déjà Henri George, Edmond Bayle et René Fabre avaient, en France, largement utilisé la lumière de Wood dans les laboratoires de la Sûreté générale, que j’eus le loisir et la possibilité de commencer à vulgariser l’utilisation en médecine et en biologie de cette lumière si spéciale. Je fus aidé en cela par deux collaborateurs précieux : MM. Appert frères, maîtres verriers à Clichy et M. Gallois, constructeur à Lyon qui mirent au point les uns la préparation de verres à l’oxyde de nickel d’un prix abordable, l’autre la réalisation d’une bonne lanterne utilisant lesdits écrans.
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- Fig. 3 et 4. — A gauche : Objets photographiés à la lumière solaire à travers un écran sélecteur ne laissant passer les radiations que du vert au rouge.
- Seuls les fragments de paraffine (2), de colle de poisson (3) et le cocon de ver à soie (5)"sont visibles. L’escargot enduit de son mucus (1), le fragment de colle d’os (4) et le fil noir vaseline suspendant les objets sont indécelables.
- A droite : Objets photographiés grâce a leur émission de fluorescence du rouge au vert (Photographie à travers un écran sélecteur) sous l’action de la lumière
- de Wood.
- F. Escargot enduit de son mucus; 2. Fragment de paraffine; 3. Fragment de colle de poisson; 4. Fragment de colle d’os; 5. Cocon de verre à soie. Ces objets sont suspendus au moyen d’un fil noir vaseliné qui est également fluorescent.
- Ces petits points historiques fixés, voyons quelles sont les propriétés de la lumière de Wood.
- Outre qu’elle peut être à peu près réfléchie et réfractée dans les mêmes conditions que la lumière ordinaire, cette lumière est l’énergie de choix permettant de rendre fluorescentes beaucoup de substances organiques difficiles à déceler par tout autre procédé que la fluoroscopie. Grâce à un appareillage pouvant être manipulé sans apprentissage et d’un prix relativement abordable, il est possible de découvrir dans des produits divers des traces infinitésimales de substances organiques jusqu’ici méconnues par les chimistes ou les physiciens.
- La première idée qui se présente à l’esprit de quiconque fait connaissance avec la lumière de Wood, est qu’elle va devenir une méthode d’analyse aussi précise que sensible. En réalité la fluorescence est une propriété de la matière, tellement superficielle et par suite tellement fragile qu’une trace infinitésimale apportée par un contact, les poussières de l’air, une altération physico-chimique encore mal connue ou ignorée, suffisent à faire apparaître ou disparaître une fluorescence, à en changer la couleur.
- Il est encore utopique de vouloir doser un corps quelconque par sa fluorescence, en raison de l’existence d’impuretés indécelables et d’un optimum dé concentration très variable pour chaque substance. Mais en revanche, quels problèmes passionnants nous pose l’étude des variations de fluorescence chez les êtres vivants !
- Jusqu’à ce jour la lumière de Wood n’a rendu à mon avis qu’une faible partie des services que l’on doit en attendre, comme je vais le montrer en exposant ses applications pratiques.
- Je n’insiste pas sur les essais de la Société Radiana (1018-1919) ayant pour but d’utiliser la lumière de Wood combinée avec des produits fluorescents (étoffes, teintures, fards, enduits) pour obtenir des effets scéniques au théâtre ou au music-hall.
- En matière d’expertises médico-légales : Henri George, Edmond Bayle et René Eabre ont pu mettre au point la reconnaissance rapide par fluoroscopie : 1° de certaines drogues; 2° de viols de cachets en ciré ; 3° de faux en écriture (lavages, grattages, surcharges) ; 4° de traces de liquides organiques sur des vêtements ou objets divers.
- En biologie générale, Derrien, à partir de la simple constatation qu’une coquille d’œuf de poule parait rouge écarlate sous la lumière de Wood, a mis au point toute une méthode de recherche des porphyrines chez les êtres vivants et peut aujourd’hui grâce à cela mieux nous faire connaître la physiologie des oiseaux de nuit et le rôle des porphyrines en physio-pathologie.
- Grynfeltt en anatomie pathologique, Turchini en histologie ont pu, grâce à la lumière de Wood, jeter les bases de la méthode cl’étude des tissus que Policard devait reprendre plus tard sous le nom d’histo-fluoro-scopie.
- En bactériologie etparasitologie, les premières recher-
- ches de Lisbonne, Carrère, Devèze et Margarot devaient conduire Paul Vigne à utiliser la lumière de Wood pour l’examen et le dépistage des sujets atteints de teignes tondantes et de favus.
- En thérapeutique Turchini et Joseph essaient de mettre au point une technique permettant de reconnaître dans les organismes supérieurs les tissus dans lesquels se fixent certains médicaments.
- En zoologie, Duboscq et Turchini, ont par fluoroscopie découvert et étudié certaines ulcérations téguinen-taires de S quitta mantis.
- En botanique, Turchini et Chemin ont, grâce à la
- Fig. 5. — Svectrogrammes obtenus avec un spectrographe en quartz.
- 1. Spectre émis par un arc entre électrodes de mercure et éclatant dans la vapeur de mercure surpressée dans un tube en quartz. (Lampe Gallois, 220 v.).— 2. Spectre émis par la source ci-dessus mais filtré à travers un écran en verre chargé en oxyde de nickel (Ecran Appert). Seules les radiations constituant la lumière de Wood ti’aversent l’écran.
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- lumière de Wood fixé quelques points intéressants de la cytologie de certaines algues.
- Tel est, au bout de cinq ans de recherches, le vrai bilan des applications pratiques delà lumière de Wood, réalisé sous l’impulsion des chercheurs du laboratoire de la Sûreté générale de Paris et de l’Ecole de Montpellier.
- Cependant, comme on ne prête qu’à ceux qu’on croit riches, il est courant de lire dans des publications de vulgarisation ou autres que la lumière de Wood rend des services réels pour les expertises en joaillerie, la recherche des fraudes dans les denrées alimentaires, le triage des cocons de vers à soie, etc., etc... Rien n’est moins exact car, à l’heure actuelle, encore aucune méthode précise d’expertise basée sur l’emploi de la lumière de Wood n’a été mise au point, en dehors des techniques de recherche qualitative que nous venons d’énumérer. Cependant, il est des faits observés aujourd’hui qui dans l’avenir, peut-être, nous donneront la clef d’énigmes que seuls ils nous ont permis de soupçonner.
- En examinant un grand nombre de diamants et de pierres précieuses on a pu voir qu’entre divers échantillons de même provenance il existe des différences de fluorescence très marquées paraissant dues à la présence d’impuretés organiques indécelables autrement.
- L’examen systématique des laits, des beurres, des huiles, des farines, des vins, des soies nous montre des variations de fluorescence, pour des produits considérés jusqu’à maintenant comme semblables, dont la cause nous est
- inconnue mais qui interdisent l’emploi de la lumière de Wood comme moyen d’expertise. C’est là une petite désillusion, mais en revanche nous avons appris que la présence de certains parasites dans un fruit se traduit par une modification de la fluorescence des produits préparés à partir de ce fruit. J’ai tout lieu de croire, après les recherches, de Derrien, Duboscq, Joseph, Turchini, etc..-, qu’un jour les variations de fluorescence encore inexplicables de quantité de produits extraits d’animaux ou de végétaux nous mettront sur la voie qui nous amènera à connaître des troubles de nutrition ou des cas de parasitismes encore méconnus. Les recherches sont longues, il faut de la patience et des collaborations multiples. Si
- l’on veut faire rendre par la lumière de Wood aux scien-cesd’application les services qu’elles sont en droit d’en attendre, il faut étudier par lafluoroscopie parallèlement avec toutes les autres méthodes connues, non seulement des corps déterminés, mais encore les récipients qui les ont contenus, les corps qui ont pu être en contact avec eux, le milieu d’où on les a extraits et cela en remontant aussi loin que possible, sans négliger le fait en apparence le plus insignifiant. Ce n’est qu’à ce prix que la lumière de Wood nous permettra d’allonger la liste des quelques résultats pratiques que nous avons déjà portés à son actif et de résoudre quelques-uns des innombrables problèmes dont elle nous incite à pousser l’étude plus avant.
- J.-L. Pech,
- Professeur à l’Université de Montpellier.
- Fig. 6. — Microphotographies ducs au Dr P. Vigne et obtenues grâce à Véclairage par la lumière de Wood sur fond noir.
- 1, Cheveu normal peu visible, cheveu teigneux très fluorescent ; 2. Cheveux fluorescents (Microsporie) ; 3. Petits cheveux fluorescents accompagnés de squames fluorescentes (Tricliophytie).
- LE BENZOL, CARBURANT NATIONAL
- A la séance inaugurale du Congrès des carburants qui s’est ouvert le 17 juin à Montpellier, une conférence sur une politique nationale des carburants a été faite par M. Georges Kimpflin.
- Après avoir situé la position de la France au regard de son approvisionnement en carburants et discuté-les projets qui visent le régime futur de l’importation du pétrole, M. Kimpflin a montré l’importance prise depuis peu par la production nationale du benzol. Celle-ci est passée de 10 000 tonnes en 1921 à 60 000 en 1926, et l’on estime, généralement, que les effets de la loi sur le débenzolage obligatoire porteront incessamment cette production aux environs de 100 000 tonnes par an. Or, ce tonnage est approximativement celui que réclamerait la fabrication des explosifs dans l’éventualité d’une guerre qui isolerait notre pays. Il y a donc là un résultat rassurant pour notre sécurité nationale. La France ne doit plus connaître les angoisses qu’elle a éprouvées en 1914.
- Mais si l’on veut à toute échéance trouver un outillage
- prêt, il faut assurer à la production de cet outillage, en temps de paix, un écoulement régulier.
- Développant l’aspect technique de la question, M. Kimpflin a expliqué comment le benzol est de tous les carburants celui qui donne le plus de calories utiles au litre et celui dont le rendement d’utilisation des calories est le meilleur.
- Précieux par son homogénéité et ses propriétés antidétonantes, il a aussi le caractère de tiers solvant vis-à-vis des mélanges alcool-essence qu’il rend utilisables dans les moteurs, sans que l’alcool ait été complètement déshydraté. D’où son emploi dans le carburant national.
- Abordant la question de l’utilisation des goudrons, le conférencier a dénoncé l’abus qui consiste à l’utiliser brut pour le goudronnage des routes. On perd ainsi —sans profit pour les routes, au contraire — une proportion non négligeable de benzol, de naphtaline, de phénol et de crésols dont l'économie nationale devrait faire un meilleur usage, d’autant que l’expérience de l’étranger prouve que le goudronnage au goudron épuré donne de bien meilleurs résultats sur les routes.
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- OÙ EN EST LA QUESTION DU TRANSSAHARIEN?
- Depuis la guerre, et plus particulièrement cette année, la construction du Transsaharien est devenue une question d’actualité.
- Sans en refaire l’historique, rappelons que le projet en est déjà ancien. Il a pris corps avant même que soit terminée la conquête de notre domaine du N.-O. de l’Afrique. Plusieurs missions, la mission Flatters l’une des pi’emières, eurent pour objet d’étudier les possibilités d’établissement d’un chemin de fer à travers le désert. Lorsque tout le pays, de l’Atlas au Niger, fut occupé et soumis, Futilité du Transsaharien devint plus évidente encore. Et la mission Nieger (1912) fut chargée d’étudier un tracé sur le terrain; elle rapporta les éléments d’un avant-projet complet.
- nement; enfin, elle n’apporte pas l’impression de sécurité, de pacification qu’impose le chemin de fer par sa permanence. « Là où règne le rail, règne la paix. Là où l’automobile circule, l’embuscade, le coup de main restent toujours possibles ».
- LE TRANSSAHARIEN ET LA DÉFENSE NATIONALE
- Voyons quelles raisons motivent le Transsaharien.
- La première est d’ordre stratégique : elle est presque évidente. En cas de guerre, nous aurions besoin, pour nous aider à soutenir la lutte, des contingents considérables de troupes ou de travailleurs que pourrait nous fournir notre Afrique Noire. L’Afrique Occidentale et
- Fig. 1. — Terrain de nebka et bras d’erg, entre Ouargla et Touggourt.
- La guerre de 1914-1918 a obligé la France à un gros effort pour exploiter et mettre en valeur ses colonies.
- Aussi, de plus en plus, s’est imposée l’idée que le Sahara, loin de séparer, doit unir les deux parties de notre domaine africain. Cette union est la base de sa prospérité future; mais, pour qu’elle soit efficace, pour que l’Afrique du Nord et l’Afrique Occidentale Française, soudées par leur hinterland saharien, ne forment réellement qu’un bloc, autrement dit pour supprimer l’obstacle que constitue le désert, un chemin de fer est nécessaire. Lui seul peut remplir ce rôle, et l’automobile ne saurait le remplacer. Celle-ci, ne transportant qu’uq tonnage très limité, ne permet pas d’assurer un trafic considérable et régulier; son rayon d’action est limité par sa provision d’essence ; elle ne peut se passer de centres de ravitaillement. Elle n’a pas la même sûreté dé fonction-
- l’Afrique Equatoriale Françaises, qui comptent respectivement 12 et 10 millions d’habitants, constituent pour la France un précieux réservoir d’excellents soldats. Un recrutement de militaires comme de main-d’œuvre indigène, proportionné aux possibilités de nos colonies, n’avait pas été prévu et organisé avant la guerre. Pendant les hostilités on y a recouru, et nos différentes possessions ont pu nous envoyer 550 000 combattants, dont 20 pour 100 provenant de l’A. O. F., et 300000 travailleurs. Les troupes noires se sont illustrées sur nos champs de bataille. Il est certain que nos colonies auraient pu nous fournir encore un bien plus grand nombre d’hommes. Le général Mangin estimait que ce chiffre de 550 000 soldats aurait pu être quadruplé pendant la guerre. Ce recrutement est maintenant organisé. Il nous permettra de parer à la crise prochaine des effectifs de
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- nos contingents métropolitains et d’envisager sans effroi notre infériorité, sans cesse croissante, de population vis-à-vis de l’Allemagne. La question est donc du plus haut intérêt.
- Mais à quoi bon ces renforts coloniaux, s’il nous est impossible de les amener àur le théâtre des opérations? Pour cela la maîtrise de la mer est indispensable. Nous est-elle dans tous les cas assurée? Ce n’est pas certain, car nous ne bénéficierons peut-être pas toujours de l’aide puissante de la flotte anglaise. Il faut donc prévoir le cas où la libre communication de nos transports par l’Atlantique, entre Dakar ou Cotonou et la France, nous échapperait. Notre marine serait à même, beaucoup plus facilement, d’assurer la maîtrise de la Méditerranée, ou, tout au moins, nos communications entre l’Algérie et la France. Il faudrait, dans ce cas, amener nos troupes noires en Algérie par le Transsaharien.
- M ais la question de la défense nationale présente une autre face. La force militaire d’un pays ne dépend pas seulement du nombre de combattants mis en ligne, mais, tout autant, de sa puissance économique. Les productions de TA. O. F. et de TA. E. F. constitueraient une part importante de ces ressources au cas possible où nos relations seraient coupées avec nos autres possessions.
- A défaut de la sécurité des mers, il est indispensable qu’elles puissent nous parvenir par le Transsaharien.
- Ces raisons de défense nationale suffiraient à elles seules à justifier la construction de ce chemin de fer, même en l’absence de tout profit matériel. Mais, des raisons d’ordre économique, de grande valeur, s’y ajoutent.
- LA MISE EN VALEUR DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE PAR LE TRANSSAHARIEN
- Un chemin de fer, lorsqu’il assure un débouché à une région encore à peine mise en valeur, est à la base du développement et de la prospérité de celle-ci.
- M. Rober-Raynaud(’) nous en fournit des exemples :
- « Le Texas mis en valeur a produit en abondance bétail, riz, maïs, coton, et à vu sa population tripler en 10 ans; TOklahoma est passé pour les mêmes raisons de 62 000 habitants en 1890 à 1 557 000 en 1910, l’exploitation intensive du pays ayant eu à sa base la construction d’un vaste réseau ferré de 22 000 km.
- « Faut-il rappeler l’exemple de la voie ferrée de Saint-Louis à Dakar traversant en 1872 une région presque déserte, et qui aujourd’hui transporte par centaines de mille tonnes les précieux produits du sol. »
- Or, il est une région d’A. O. F. susceptible d’un très grand avenir, la boucle du Niger, qui ne possède actuellement aucun débouché. Grâce au Niger, second fleuve d’Afrique par son débit, dont les inondations la fertilisent tous les ans, la superficiç irriguée pourra atteindre 6 millions d’hectares, soit près du double de l’étendue cultivée en Egypte. L’aménagement de cette région permettra d’y développer la culture du coton, du riz, du blé, du maïs.
- Les travaux sont commencés en certains endroits.
- 1. M. Robhr-Raynaud « Faisons le Transsaharien », Bulletin du Comité de l’Afrique Française, février 1927.
- Ceux en cours à Bamako permettront, d’ici 2 à 3 ans, d’irriguer et d’exploiter des espaces immenses. On prévoit l’irrigation de 1 850 000 hectares sur la rive droite du Niger, dont 75 000 seraient réservés à la culture du coton. A Diré, à Sama, des exploitations cotonnières sont déjà en rapport. Le commerce de Mopti se chiffre, dès maintenant, par dizaines de millions annuellement.
- « De Mopti à la frontière anglaise, il y a 1500 km de fleuve qui attendent le réveil », ditM. Gautier (J), qui a suivi le voyage transsaharien des membres des Chambres de Commerce algériennes, effectué l’hiver dernier.
- Il ne faut pourtant pas se dissimuler que Ton rencontrera, pour mener à bien cet aménagement, de graves difficultés. Malgré que cette région soit assez peuplée. (2 500 000 habitants pour le Soudan Français, 2 900 000, pour la Haute-Volta), il est à craindre, si Ton ne trouve-pas une solution au problème, que le personnel nécessaire à la mise en valeur ne fasse défaut. « Ce serait suffisant, dit M. Gautier, si ces noirs consentaient à être une main-d’œuvre. Le malheur est qu’ils ne veulent absolument pas travailler, ils n’ont pas le sens du salaire. » L’Administration espère résoudre le problème en concédant des terrains à des colons indigènes, qui prendraient ainsi, espère-t-elle, goût à la richesse et au labeur. M. Gautier suggère une autre solution. Trois cent mille noirs du Mossi émigrent tous les ans en Gold Coast Anglaise pour travailler dans les plantations, dans le but de rapporter des chargements de noix de kola, très prisées des nègres et qui manquent au Soudan.
- Il serait possible de dériver une partie, sinon la totalité, de ce courant d’émigration en constituant des approvisionnements de kola sur le Niger, et en rendant plus rapides et plus économiques les relations entre le Mossi et le Niger, qu’entre le Mossi et la Gold Coast. Dé plus, le Transsaharien permettrait l’immigration de Berbères travailleurs que leurs goûts ou la nécessité poussent à s’expatrier comme les Kabyles ou les Mozabites. Enfin, les machines agricoles, sous la direction d’Européens, permettront de tirer le meilleur parti de la main-d'œuvre existante. Ce problème recevra donc, à coup sûr, une solution satisfaisante, et, s’il rend la tâche plus difficile, il n’y a pas lieu de craindre qu’il entrave le développement de la prospérité de cette région.
- Mais, celui-ci ne prendra toute l’ampleur escomptée que s’il existe une voie de communication facile par où s’écoulerait la production. A l’heure actuelle, la boucle du Niger ne possède comme débouché que le fleuve, navigable, dans sa partie supérieure, seulement en amont d’Ansongo, où circulent un petit vapeur et quelques chalands incapables d’assurer un trafic sérieux, puis, de Bamako à Dakar, une voie ferrée, terminée depuis deux ans, mais déjà insuffisante.
- Le Transsaharien mettrait le Soudan à 6 jours de Paris. Le voyage d’Ouagadougou à Paris est de 18 jours environ par mer. Le Transsaharien réaliserait un gain de 12 jours et constituerait donc le débouché optimum de cette région. L’aménagement de celle-ci est inséparable
- 1. E.-F. Gautier. « Considérations sur le voyage transsaharien des Chambres de Comment algériennes. » Bulletin du Comité de l’Afrique Française, février 1927.
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- de la construction de celui-là. Lorsqu’une voie ferrée sûre et rapide aboutira au Soudan, bien des Français, des colons d’Algérie, du Maroc, attirés par les richesses inexploitées du pays, n’hésiteront pas à s’y rendre, à y acquérir des terres, et à commencer une mise en valeur, pleine de bénéfice, puisqu’ils sauront par quelle route écouler leur production.
- Bien entendu, le Transsaharien ne sera pas seulement la ligne joignant le Soudan à l’Afrique du Nord, mais le tronc auquel se soudera le réseau d’A. O. F. Il desservira, outre la boucle du Niger, tout l’hinterland de la colonie.
- On projette de prolonger et de réunir nos chemins de fer de pénétration du Sénégal, de la Guinée, de
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- LE TRANSSAHARIEN, VOIE D’ACCÈS DE L’AFRIQUE CENTRALE LES NOUVEAUX CHEMINS DE FER AFRICAINS
- Semblables perspectives suffiraient à légitimer l’entreprise du Transsaharien. Mais il y a un côté plus grandiose, quoique moins connu, de la question : considérer le Transsaharien comme l’amorce de la plus magnifique voie d’accès vers l’Afrique centrale. On a songé à le prolonger vers l’Est jusqu’au lac Tchad, et de là jusqu’à l’Oubangui, c’est-à-dire jusqu’au bassin du Congo. Or, celui-ci, le plus étendu d’Afrique, forme un réseau de voies navigables de plus de 20 000 km de longueur, qui arrose des régions de grand avenir dont il constitue, pour l’instant, les seules communications et le seul
- la Côte d’ivoire, du Dahomey. Tous ces chemins de fer convergent vers la Haute-Volta, où Ouagadougou serait leur point de jonction. Ainsi on réalisera la fusion en un seul bloc de différentes parties, jusqu’ici isolées, de l’Afrique Occidentale Française, cette colonie étant elle-même effectivement unie à l’Afrique du Nord. M. Mahieu, président du Conseil supérieur des chemins de fer, affirme que le Transsaharien permettra de faire venir du Soudan tous les produits présentement importés d’Argentine, soit 275 000 tonnes de viande congelée, 200 000 tonnes de laine et 7000 tonnes de beurre, ou d’Australie, soit 280 000 tonnes de laine, c’est-à-dire qu’il permettrait de réduire nos achats à l’extérieur de un milliard de francs au moins.
- débouché. Tous les chemins de fer de pénétration partis des côtes des diverses colonies d’Afrique Centrale, sur l’Atlantique, ou sur l’Océan Indien, convergent vers lui.
- Les Allemands au Cameroun avaient commencé la construction d’un chemin de fer de Douala à l’Oubangui, pendant qu’en Afrique Orientale ils construisaient un chemin de fer allant de Dar-es-Salam au lac Tanganika. Ces deux lignes n’étaient d’ailleurs que l’amorce d’un projet de chemin de fer Transafricain de Douala à Dar-es-Salam, qui faisait partie de leur conception d’une Mittel-Afrika. Assurant depuis la guerre le mandat sur le Cameroun, nous venons d’y achever la ligne de Douala à Yaoundé.
- Au Congo Français, nous entreprenons un chemin de
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- fer de Brazzaville à l’Océan, dont 180 km de plateforme sont actuellement achevés sur les 500 km de la ligne.
- Les Anglais, dans leur Afrique Orientale, ont relié Port Florence sur le lac Victoria à Mombassa. Ils projettent le prolongement de leur ligne jusqu’au lac Albert, sur la frontière du Congo Belge.
- Les Belges ont construit à voie étroite (0 m. 76) le chemin de fer de Matadi à Léopoldville Ils vont élargir cette ligne à fécartement de 1 m. 065 (écartement des voies anglaises du Cap), qui sera celui de toutes les lignes nouvelles entreprises par eux. Ils ont commencé la construction d’un chemin de fer joignant Léopoldville à ïllibo sur la rivière Kassai, et de ïllibo à Kanima. Les travaux dureront 3 ans. Kanima est d’autre part relié au Cap par fer, par Elisabethville et Buluwayo. Le directeur général du chemin de fer du Congo belge, a déclaré récemment à Johannesburg, d’après The Engineer ('), que : « Un voyage ininterrompu dans le même compartiment, du Cap à la Bhodesia et à Matadi, sera possible d’ici 3 ou 4 ans. »
- Les Portugais poursuivent activement la construction du chemin de fer de Benguela au Katanga, dans le Congo Belge, connu aussi sous le nom de ligne de Lobito au Katanga. Ce chemin de fer desservira l’Angola, le Congo et même la Rhodésia du Nord. Il donnera un débouché sur l’Atlantique aux riches réglons du haut bassin du Congo. Les importants gisements de minerai du Katanga seront grâce à lui d’accès beaucoup plus rapide ; il faut actuellement en chemin de fer 7 à 8 jours du Congo au Cap et 17 jours en moyenne du Cap à Londres, au total 24 à 25 jours; la ligne Lobito-Eatanga raccourcira cette 1. « Railway projects in Africa. » The Engineer, 22 avril 1927.
- durée de 8 jours. Des travaux sont entrepris, en raison de l’importance du trafic escompté, pour permettre à de grands vapeurs l’accès du port de la baie Lobito.
- L’Afrique du Sud anglaise possède un réseau de chemins de fer considérable. En plus des lignes de l’Orange, du Transvaal et du Natal, qui desservent la colonie proprement dite, sans pénétrer vers le centre du continent, une ligne passant par Buluwayo relie le Cap à Elisabethville et au Katanga. C’est à elle que doit se joindre la ligne belge en construction. De Buluwayo s’en détache une ligne, qui gagne l’Océan Indien à Beira; Katanga et Pihodesia ont ainsi deux débouchés maritimes. Pour en ouvrir un autre à la Rhodésia par la baie Delagoa, les Anglais vont prolonger le chemin de fer existant de cet endroit àMessinaparLeydshorp, en construisant, à cet effet, un pont sur le Limpopo, près de Messina. Ce prolongement ne pénétrera, pour le moment, que de quelques kilomètres à l’intérieur de la Rhodésia, dont le Limpopo forme la frontière méridionale ; mais, plus tard, il sera prolongé jusqu’à West Nicholson. Le but de ce projet est, plutôt que d’ouvrir aux minerais de la Rhodésia une voie plus courte que celle de Beira, de soulager celte dernière ligne; son trafic a atteint, en effet, tout ce qu’elle peut débiter, d’autant plus qu’elle est souvent coupée par des crues pendant la saison des pluies.
- Au prix de 10000000 de livres, les Anglais vont construire un pont sur le Zambèze, à Sena (il sera « l’un des plus importants de l’Empire »), pour achever leur ligne de Beira à Blantyre, et prolonger celle-ci jusqu’au lac Tanganyka. Quand ceci sera terminé, la production de tout le Nyassaland, dont le sol est d’une merveilleuse fertilité, s’écoulera facilement par vapeurs sur le lac, puis par rail jusqu’à la mer.
- Enfin, les chemins de fer du Sud-Ouest Africain, qui ont comme point d’aboutissement sur la côte Swakop-mund et la baie de Lüderitz, sont reliés à de Aar au réseau du Cap.
- Ainsi, dans les colonies étrangères, on poursuit avec ardeur la construction de voies ferrées de pénétration, qui précède la mise en valeur. Tous ces chemins de fer visent la région minière du Katanga. « Au cours des 20 années qui viennent, ce sera le Katanga, qui déterminera la politique des voies de communication de l’Afrique, car cette province possède tout le trafic qui vaut la peine d’être conquis. D’ici 5 ans, tout un système de voies de transport s’irradiera à partir d’Elisabethville, se dirigeant vers le Sud-Est, l’Ouest, le Nord-Ouest et le Nord-Est, et le trafic katangais sera suffisant pour payer
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- la mise en valeur des régions traversées par ces diverses lignes », écrivait récemment un délégué du Gouvernement canadien, après avoir visité ce pays.
- Lorsque la ligne belge de Matadi au Katanga sera terminée, un trafic considérable aboutira au port de Matadi, et il y a tout lieu de croire que, malgré les aménagements en cours, celui-ci deviendra vite insuffisant. C’est pourquoi i>l serait nécessaire que soit terminé, à ce moment, notre ligne de Brazzaville à l’Océan, qui drainerait une partie du trafic Katangais.
- Tous ces chemins de fer n’ont d’autre but que d’ouvrir des débouchés faciles aux produits du Congo, mais les ports où ils aboutissent sont à 25 ou 30 jours d’Europe par mer; les plus rapprochés, Benguela, Matadi, en sont encore à plus de 15 jours. Or, le Transsaharien, prolongé parle Tchad jusqu’à l’Oubangui, mettrait le Congo à 5 ou 6 jours d’Alger. Ce Transafricain attirerait un trafic considérable entre l’Europe et le centre africain et à son terminus français de Bangui viendraient se souder les lignes belges et anglaises. Le Transsaharien deviendrait ainsi une branche du Transafricain d’Alger au Cap. Rival occidental du chemin de fer du Cap au Caire, il serait même plus avantageux que celui-ci, dont l’origine sur la Méditerranée est un peu excentrique. Son exécution présenterait peut-être moins de difficultés que le « Cap au Caire », qui doit traverser la région montagneuse des Grands Lacs.
- Ce projet est de grande envergure, comme celui de la-ligne du Cap au Caire. Pas plus que ce dernier, il ne doit être regardé comme utopique.
- Une fois la voie Alger-Bangui terminée, l’Angleterre aurait évidemment intérêt à prolonger son chemin de fer de Nigéria, qui s’arrête actuellement à lvano, et la ligne de Khar-toum à El Obeid (qui sera bientôt poussée jusqu’à el Fâcher) jusqu’à leur jonction avec cette grande artère. L’Afrique Occidentale Française et la Nigéria seraient ainsi reliées par fer avec l’Egypte.
- Enfin, dernier point qui n’est pas à dédaigner : la route la plus courte d’Europe en Amérique du Sud passe parle Sahara. Les communications rapides futures, en ce qui concerne les voyageurs, entre ces deux continents doivent emprunter le Transsaharien.
- LE TRAFIC PROBABLE
- DU TRANSSAHARIEN
- L’utilité, pour ne pas dire la nécessité, du Transsaharien paraît donc bien établie. Examinons scs possibilités.
- D’abord quel trafic peut-on attendre? Comme nous l’avons vu, les marchandises à transporter ne manqueront pas dans les ré-
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- gions de l’A. O. F. que le Transsaharien desservira. Sans aucun doute, les marchandises provenant du littoral s’embarqueront directement. Mais, pour l’intérieur, il en va autrement. Le transport au bateau des produits de la boucle du Niger exigerait un trajet préalable en chemin de fer sensiblement égal en longueur au Transsaharien.
- Celui-ci aurait donc non seulement l’avantage de la rapidité, mais encore celui du parcours. D’après M. Rober-Raynaud, le prix de transport d’une tonne partant de Tosaye, par la voie saharienne, donnerait une économie de 150 francs sur la voie maritime. Ainsi tombe l’objection de la concurrence maritime, qui, au premier abord, semble irréfutable. De plus, comme le fait remarquer M. Rober-Raynaud, le prix de revient de la marchandise en France se compose de deux éléments, d’une part le prix d’achat sur place, d’autre part le prix du transport par eau et par voie ferrée, et l’extrême modicité du premier compense largement la surcharge imposée au second. Enfin, le Transsaharien supprimerait le’stationnement prolongé, qui dépasse souvent un mois, dans les ports africains.
- Quelle part des produits de l’Afrique Occidentale Française estime-t-on devoir emprunter le Transsaharien? Les exportations de l’A. O. F. ont atteint 693 000 tonnes en 1925; en 1927 le commerce entre l’A. O. F. et la France s’est élevé à 2 milliards 57 millions de francs, dont 1 milliard 67 millions d’exportations d’A. O. F. et 990 millions d’importations de France. « On calcule, dit M. Rober-Raynaud, que le trafic entre la Métropole et la boucle du Niger atteindra 60 000 t., et que, si les mesures de mise en valeur sont prises en
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- temps opportun, ce chiffre serait porté à 300 000 tonnes lors de l’ouverture du chemin de fer. » Ce tonnage serait susceptible de s’accroître encore par la suite. On évalue à 80000 par an environ le-nombre des V03rageurs que la rapidité du parcours attirera sur cette route. De plus, le prolongement du Transsaharien jusqu’à Bangui détournera à son profit une partie du trafic du Congo et même de l’Afrique du Sud. Bien entendu, seuls, les marchandises de valeur et les voyageurs pressés utiliseront cette voie; les chargements pondéreux préférant la route maritime moins coûteuse. Il est bien certain qu’un chemin de fer mettant Bangui à 8 jours de Londres ou d’Anvers a un trafic assuré, qui sera un surcroît de bénéfice, non seulement pour le Transsaharien, mais aussi pour nos lignes de navigation entre la France et l’Algérie, comme pour les chemins de fer de la Métropole.
- OU ET COMMENT CONSTRUIRE LE TRANSSAHARIEN
- «
- La construction du Transsaharien sera-t-elle possible? Si une seule mission, la mission Nieger, a fait des travaux d’étude complets sur le terrain, beaucoup d’autres ont examiné là possibilité d’établir un chemin de fer à travers le désert, Toutes furent affirmatives. La mission Nieger déclarait : « Des oasis au Tchad et au Niger, la ligne ferrée ne se heurterait à aucun obstacle sérieux et dans la plus grande partie du tracé reconnu, il serait possible de poser la voie en nivelant simplement la plateforme (*). » Depuis cette époque (1912), notre connaissance du Sahara s’est approfondie, des milliers de kilomètres d’itinéraires nouveaux ont été parcourus, et il est devenu de plus en plus évident que peu de pays au monde se prêtent aussi facilement à l’établissement d’une voie ferrée. Les récentes traversées du désert en automobiles (2) en ont donné une démonstration frappante pour l’opinion publique.
- C’est que le sol du désert est, pour la majeure partie, formé d’immenses plaines de terrain ferme et uni, caillouteux ou rocheux, plaines de reg, parfois d’une horî-jzontalité presque absolue ou hammadas, dont nous 'donnons ci-contre quelques aspects. Elles ne sont coupées de loin en loin, que par les lits très peu marqués d’oueds desséchés. Il existe bien au Sahara des régions d'un relief plus marqué ou plus difficile, comme la cahotique chebka(3) du Mzab, les massifs montagneux du Sahara -Touareg, ou comme les zones d’ergs. Ceux-ci, amas de dunes sur des longueurs atteignant plusieurs centaines de kilomètres, sont infranchissables à une voie ferrée, sauf le cas où elle utiliserait une des coupures, gassi, de sol ferme qui les traversent parfois. Mais le Transsaharien peut facilement les éviter. On peut tracer de nombreuses lignes comportant un minimum d’ouvrages d’art, contournant les régions difficiles et passant en plaine sur presque tout leur parcours. Cela explique le grand
- 1. À titre de comparaison, sur la ligne de Benguela au Katanga, dans les 160 premiers kilomètres, on a dû construire 38 ponts.
- ' 2. Voir « L’automobile au Sahara », La Nature, 13 novembre 1926.
- 3. Ghebka — filet, lacis — nom donné à une forme de relief coupée d’un lacis d’oueds enchevêtrés.
- nombre de projets de tracés de Transsaharien qui ont été établis, en partant de .considérations de diverses natures.
- On a craint parfois que l’ensablement de la voie, consécutif aux tempêtes de sable, ne provoque de graves mécomptes. Mais ces tempêtes ne sont violentes que dans les ergs ; il n’y en a que dans les zones sablonneuses ou à proximité des grandes masses de dunes: dans d’autres régions, telles que le Hoggar, elles sont inconnues. De plus, l’ensablement constaté dans certaines oasis, par exemple, est dû bien plus au sable accumulé constamment par des vents réguliers, qu’arrête l’obstacle des palmeraies, qu’occasionnellement par des tempêtes. Le simoun classique, qui ensevelit des caravanes, est une légende. Du reste, cela n’a jamais gêné l’exploitation du chemin de fer de Biskra à Touggourt, qui traverse une plaine sablonneuse.
- Parmi tous les tracés projetés de Transsaharien, celui qui réunit actuellement le plus de partisans est le tracé Sabattier (c’est aussi le plus récent) parce qu’il est le plus direct et le plus court. Le Transsaharien, en effet, n’a pas pour but de desservir le Sahara, mais de le traverser. La voie la moins longue est la moins coûteuse à établir, la plus rapide, la jdus économique. Le projet Sabattier joint Colomb-Béchar à Tosaye par une ligne peu sinueuse de Béchar à Adrar, et droite d’Adrar à Tosaye. Le tracé n’utiliserait pas la ligne construite d’Oran à Béchar, qui est à voie étroite, présente des courbes de faible rayon, et ne pourrait être facilement transformée en ligne à voie normale. Il se souderait au réseau algérien à B.as el Ma, et gagnerait Béchar via Forthassa et Aïn Chaïr, puis passerait par Ivenadsa; après avoir franchi l’Oued Guir sur un viaduc, il suivrait la rive droite de l’Oued Saoura (les dunes de l’Erg Occidental bordant la rive gauche) et passerait à Adrar. D’Adrar à Tosaye c’est la ligne droite à travers le Tancz-rouft et le Timetrin. Tosaye serait le point d’arrivée du “Transsaharien au sud du Sahara, mais non pas son terminus. C’est en effet le point le plus favorable au franchissement du Niger, qui, resserré dans un défilé rocheux, n’a, en cet endroit, que 200 m. de largeur. Au Soudan, au delà de Tosaye, la ligne doit atteindre Ouagadougou, point de convergence du réseau projeté en A. O. F. « centre de gravité des richesses et des populations de la colonie ». Un raccord partant de Tosaye et longeant le Niger par Gao et Ansongo, gagnerait Zinder, le Tchad, et de là pourrait être prolongé jusqu’à Bangui. Cet itinéraire ne présente aucune difficulté matérielle. Il offre, en outre, l’avantage que sa position centrale, éloignée des zones frontières ou insoumises, Tripolitaine ou Rio de Oro, augmente sa sécurité. De plus, il aurait comme tête de ligne algérienne Oran, ce qui permettrait de réduix’e au minimum la traversée par mer; car, on pourrait au besoiir adopter le trajet Oran-Carthagène en utilisant le réseau espagnol. Enfin, il passe à proximité des mines de charbon de Kenadsa.
- LE MODE DE TRACTION SUR LE TRANSSAHARIEN
- La plus grosse difficulté à résoudre dans l’exécution du Transsaharien est celle du mode de traction. La loco-
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- motive à vapeur présente ici l’inconvénient d’ètre une grosse consommatrice d’eau. Pour un chemin de fer à voie normale, il faut compter, au minimum, 100 litres d’eau par kilomètre environ. C’est dire l’impossibilité d’employer des locomotives, si elles ne peuvent prendre de l’eau, et de l’eau non salée, ou non magnésienne, sur
- tout au moins, on pourrait y créer un réservoir alimenté par wagons-citerne. Mais, en tout cas, il faut compter entre Adrar et le Timetrin, sur un parcours sans eau d’environ 1000 kilomètres. La machine, sur ce trajet, devrait remorquer un volume d’eau d’alimentation d’au moins 100 000 litres. Une telle surcharge diminuerait si
- TRI POLITAIINE
- KhargehcfT^
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- WestNichoJ
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- LEGENDE
- Trànssaharien. Prn/ongemldu transsaharien. Chemins de fer construits. Chemins de fer projetés ou en construction. '
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- bOû iooo 1500 Km
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- Fig. 5. — Le Transsaharien et les chemins de fer de l’Afrique.
- le parcours. Dans la première partie du trajet, de Béchar à Adrar, ce n’est peut-être pas une difficulté insurmontable. Il est possible que la vallée de la Saoura et les Oasis du Touat puissent fournir l’eau nécessaire; mais ce n’est pas une certitude. Avant d’arriver au Niger, dans le Timetrin, on en trouverait peut-être aussi, ou
- considérablement le poids remorqué qu’elle rend cette solution pratiquement inabordable.
- Alimenter des réservoirs, placés sur le parcours, par des trains de wagons-citerne alourdirait trop considérablement le service. De même, la création d’une pipe-line parallèle à la voie et alimentée à chaque extrémité par
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- l’eau du Guir et celle du Niger, comme l’envisage le projet Sabattier, serait également très coûteuse.
- Il paraît donc préférable d’avoir recours à des procédés de traction qui n’absorbent pas ou peu d’eau. Le moteur à explosion serait avantageux à ce point de vue. Mais, les quelques locomotives de manœuvre, qui en sont munies, développent une puissance ne dépassant pas, actuellement, au grand maximum, 200 ch. De plus, ce moteur est délicat; il s’use vite, il est très onéreux; en un mot, il n’est pas industriel. On songe plutôt à employer des moteurs à combustion interne, genre Diesel ou semi-Diesel. Ces moteurs, économiques et robustes, ont fait leurs preuves dans la marine, à bord des sous-marins comme machines de surface ou à bord de beaucoup de cargo-boats ou encore comme machines auxiliaires sur les voiliers. Ils assureraient au Transsaharien des tracteurs d’une puissance analogue à celle des locomotives. Ils se passeraient presque complètement d’eau et ils exigent un poids de combustible bien moindre qu’une machine à vapeur. Ils consomment, en effet, 200 gr. d’huile lourde par cheval-heure de marche, contre 1 kg 500 de charbon pour la locomotive. Leurs inconvénients sont d’une part leur poids considérable, mais celui-ci est compensé par le gain sur le chargement de combustible, d’autre part la nécessité de commander les essieux moteurs par l’intermédiaire de dynamos, le Diesel ne pouvant tourner qu’entre des limites de vitesse assez rapprochées. Mais, dans le cas particulier, ils sont peu graves, vis-à-vis des avantages. Il est probable que le moteur à combustion interne fournira la solution optima de la traction du Transsaharien. Peut-être même parviendra-t-on à en mettre au point qui seraient capables de brûler l’huile d’arachide, que la vallée du Niger produit en abondance. Ce serait du même coup la solution du problème du ravitaillement en combustible.
- L’emploi de la traction électrique permettrait également de se passer d’eau. Mais ce procédé ne semble pas applicable ici. L’électrification n’est avantageuse que lorsque l’on possède des sources naturelles d’énergie, des chutes cl’eau. En Algérie, il n’y en a pas; le Niger permettrait d’en créer, mais en construisant des barrages très importants, donc très coûteux. Mais surtout, le transport de l’énergie électrique sur d’aussi longues distances est encore sans exemple et. serait extrêmement difficile à réaliser, sinon impossible. Une ligne électrifiée serait, de plus, très vulnérable en temps de guerre ou de dissidence; en tout temps qu’adviendrait-il des trains immobilisés loin des puits par une panne ?
- Combien de temps demandera la construction du Transsaharien? Des études anciennes estimaient à sept ou huit ans le délai nécessaire. Mais, les perfectionnements mécaniques actuels permettraient, sans doute, de le réduire d’une manière appréciable. On considère maintenant que quatre ou cinq ans seraient suffisants. Ce n’est pas excessif pour une œuvre d’intérêt si général.
- LE PRIX ET L'EXÉCUTION DU TRANSSAHARIEN
- D’après les calculs très serrés, faits lors des études de 1923, le Transsaharien coûtera 1 milliard 1/2 à 2 mil-
- liards de francs. Comme on l’a fait remarquer, c’est moins que le coût de la première année de notre installation en Syrie, c’est l’équivalent de 3 à 4 cuirassés. Ce n’est donc pas un effort financier excessif, eu égard aux résultats escomptés. Comme le suggère le commandant François('), si les 60 millions d’hectares du Soudan actuellement invendables valent dans 15 ou 20 ans 500 francs l’hectare, comme les terres du Maroc, grâce au Transsaharien, l’augmentation de la fortune publique sera de 30 milliards, soit 15 fois le prix de la construction. L’entreprise vaut donc à coup sûr la dépense.
- La méthode financière que l’on emploiera consiste à créer une Compagnie concessionnaire dont les capitaux seraient fournis par l’épargne française. L’État assurerait la garantie des intérêts; cette charge pourrait être répartie proportionnellement à leurs budgets, entre la France, l’Algérie et l’A. O. F. Dans le cas présent, la concession (construction et exploitation) serait accordée à la Compagnie de P.-L.-M. Les fonds nécessaires à la construction du Transsibérien ont été recueillis par souscription publique. Le même procédé doit réussir pour le Transsaharien. On a du reste songé à diminuer l’effort financier à supporter par la France, en comprenant cette entreprise dans les grands travaux pour lesquels le Gouvernement peut demander la participation allemande au titre des réparations, conformément au Traité de Versailles.
- Où en sont les réalisations? Le maréchal Lyautey, ayant demandé l’étude d’un projet de voie ferrée reliant le Maroc à l’Afrique Occidentale Française, par Agadir et le Rio de Oro, le Ministère de la Guerre saisit de la question le Sous-Secrétariat de la Présidence du Conseil.
- L’étude de M. Fontaneilles, vice-président du Conseil Supérieur des Chemins de fer, et le rapport de M. Ma-hieu, rapporteur de la Commission d’Etudes du Conseil Supérieur de la Défense Nationale, exposaient et résolvaient toutes les questions techniques.
- Le Conseil Supérieur de la Défense Nationale, auquel était soumis le projet en 1923, s’était alors prononcé pour l’exécution immédiate du Transsaharien. En novembre 1923 le Ministre des Travaux Publics faisait préparer le projet de convention et de cahier des charges pour la concession du Transsaharien à la Compagnie P.-L.-M. La Chambre allait avoir à se prononcer, quand la crise financière fit ajourner le projet.
- L’idée n’était pas abandonnée; mais, ce n’est qu’en 1927 qu’elle est officiellement reprise, et qu’on vise à sa réalisation dans le plus bref délai. En effet, de nombreuses organisations, le Comité de l’Afrique Française, le Comité Algérie-Tunisie-Maroc, la Section Coloniale du Redressement Français par exemple, émettent le vœu que le Transsaharien soit entrepris au plus tôt. M. de Warren vient de présenter à la Chambre une proposition de loi ouvrant un crédit de 18 millions de francs à la disposition du Gouvernement pour l’étude technique définitive du tracé.
- Si, comme il est probable, cette loi est adoptée
- 1. Commandant Fiïançoi.s. (( Le Transsaliarien. » Bulletin de VArmée d’Afrique, décembre 1924.
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- sous peu, le Transsaharien entrera effectivement dans la période des réalisations. Ét l’on pourra espérer qu’il sera achevé avant peu d’années. Souhaitons que rien ne vienne entraver cette œuvre éminemment nationale.
- Notons, enfin, qu’à la Conférence Nord-Africaine, qui s’est tenue à Alger, en mai 1927, entre le Gouverneur général de l’Algérie, les Résidents du Maroc et de Tunisie, et un délégué du Gouvernement Général de l’Afrique Occidentale Française, la question du Transsaharien a été examinée. La Conférence a considéré
- mique, et qui ouvre de brillantes perspectives, en tant cpie voie d’acccès vers l'Afrique Centrale. Mais cette œuvre française n’aurait pas qu’un intérêt national ; elle aurait des conséquences mondiales importantes. M. Henry Bérenger l’écrivait récemment : « Le prodigieux effort français en Afrique a eu et aura de plus en plus pour conséquence, de rendre à la Méditerranée la place qu’elle aurait sans cela perdue dans le mouvement général de la planète. Quand le Transsaharien aura complété l’œuvre commencée par nos avant-gardes d’automobiles et d’avia-
- Fig. 0. — Tracé du Transsaharicn ; projet de 1Ù'23.
- qu’il était nécessaire de procéder dès que possible à sa construction et de constituer, à cet effet, une mission d’études chargée de la reconnaissance du tracé définitif.
- En Amérique, on a construit plusieurs lignes transcontinentales. La Russie a établi le Transsibérien de 9000 km de longueur. L’Angleterre poursuit les travaux du chemin de fer du Cap au Caire. Toutes ces œuvres sont plus coûteuses et plus difficiles que le Transsaharien. La France, qui a percé le canal de Suez, se doit la réalisation de la ligne qui assurera l’union de nos colonies africaines, qui est la condition de leur essor écono-
- lion, quand, d’autre part, le canal du Rhône au Rhin aura complété l’œuvre réalisée hier à Marseille, et que d’Anvers à Dakar, de Calais au Tchad, toute la civilisation pourra s’échanger par la grande mer intérieure, ce jour-là, le problème de la Méditerranée aura été enrichi de données qui modifieront les solutions planétaires actuelles et il n’apparaît nullement certain que le plateau de la balance mondiale, comme le supposait Roosevelt, aura penché tout entier du côté du Pacifique. »
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- INITIATION BIOLOGIQUE =
- LA SPÉCIFICITÉ DES CELLULES(1)
- Le titre clu présent article se réfère à un problème étroitement associé à celui qui fit l’objet de ma dernière causerie. Il s’agissait alors, on s’en souvient, de rechercher comment les cellules, au cours de l’ontogenèse, arrivent à assumer une spécialisation de forme et de fonction, comment, en d’autres termes, elles se différencient. Nous voici en présence d’organismes complexes, où cet état se trouve acquis. Et notre curiosité insatisfaite nous pousse à nous demander si la différenciation, une fois réalisée, demeure invariable, définitive, et si elle met une empreinte telle, dans la constitution même des cellules, que celles-ci restent vouées irréversiblement à leur destin. Cette question, c’est celle de la spécificité cellulaire.
- Il est curieux de noter dès l’abord que les premiers biologistes, soucieux d’interpréter la spécificité des cel-dules, se sont placés à des points de vue aussi extrêmes que ceux qui se proposaient d’expliquer la différenciation. Les uns, comme Remak, assignaient à chacun des feuillets embryonnaires (l’épiblaste, le mésoblaste, l’hy-poblaste, qui marquent la première étape de la spécialisation cellulaire chez l’embryon), une destination bien définie. Ou bien d’autres, comme Bard, se représentaient l’organisme comme composé de lignées cellulaires si distinctes, qu’il ne subsistât aucune chance, pour un élément de l’une d’elles, d’engendrer une cellule d’autre espèce que la sienne propre : « Oninis cellula, écrivait Bard, e cellula ejusclem generis ».
- A ces doctrines s’opposaient, avec O. Hertwig, Driesch, des conceptions qui péchaient par une réaction trop exclusive contre les précédentes, et faisaient, de la différenciation, un état labile de la cellule, subordonné le plus souvent au maintien d’influences extérieures.
- De même qu’entre les théories de la préformation et de l’épigenèse a pris place, comme j’ai eu la récente occasion de le montrer, une manière de voir éclectique, de même notre idée de la spécificité cellulaire a dû se plier à des constatations souvent contradictoires en apparence.
- Le biologiste allemand Driesch avait reconnu, parmi les premiers, qu’une cellule est parfois capable de faire plus que ne le comporte sa différenciation actuelle, au sein d’un organisme normal. Aussi avait-il eu recours, pour caractériser le degré de spécificité cellulaii*e, à deux expressions, depuis lors classiques, que je vais définir sur la base de la traduction qu’en a donnée Brachet. Selon ces auteurs, la « potentialité réelle » d’une cellule, c’est ce qu’elle est réellement; c’est sa spécialisation présente, à un stade donné, dans les conditions typiques du développement. Or, à cette « potentialité réelle », il s’ajoute parfois une « potentialité totale » : par là, on entend la propriété, pour une cellule différenciée, d’acquérir des différenciations supplémentaires ou nouvelles,
- 1. Voir La Nature, n°3 2703, 2713, 2715, 2731, 2735, 2738, 2749, 2756, 2762.
- de faire plus, en somme, que ne le paraît comporter sa place, sa structure, son rôle, à un moment déterminé.
- Il me faut ajouter aussitôt que j’attribue, à ces locutions, un sens qui déborde quelque peu leur acception originelle. Driesch les réservait aux premiers blasto-mères. Je les étendrai, en vertu de leur suggestif emploi, aux éléments de l’organisme adulte.
- Or l’expérimentation, entreprise à ti’avers les groupes zoologiques les plus divers, va nous enseigner que la spécificité est chose fort variable selon les cas..
- Les . Hydraires nous apparaîtront comme un type extrême. Chez ces Invertébrés inférieurs — l’Hydre d’eau douce, par exemple — un bourgeon né en un point quelconque de l’organisme est capable d’engendrer un être nouveau et complet. C’est là un phénomène assez comparable à celui du bouturage chez les végétaux. Ainsi, les cellules de l’IIydre détiennent une « potentialité totale » infiniment supérieure à leur « potentialité réelle ». Elles sont même « totipotentes », puisqu’elles conservent toutes les conditions requises pour la réalisation d’un individu complet (fig. 1).
- Une expérience de Loeb comporte un enseignement analogue. Quand, chez une anémone de mer, on pratique une petite fente dans la paroi du corps, au-dessous de la bouche, le pourtour de cette fente se garnit de tentacules, et ainsi se constitue de toutes pièces une bouche supplémentaire (fig. 2).
- Il faut évidemment se garder de généraliser de telles observations. La totipotentialité est seulement, chez les animaux plus élevés sur l’échelle zoologique, l’apanage de certains éléments, les cellules germinatives. Et si, accomplissant un large saut à travers la série animale, nous considérons le cas des Vertébrés, nous nous trouvons en présence d’une spécificité plus stricte des cellules, encore que de notables différences les séparent à cet égard. C’est, encore une fois, à la méthode expérimentale que nous allons demander d’illustrer ces affirmations.
- On connaît de longue date un fait des plus intéressants. Quand on extirpe le . cristallin de l’œil d’une larve de triton ou de salamandre, alors que cet organe naît habituellement de l’épiblaste (le futur épiderme), on assiste à sa régénération aux dépens de l’iris, plus exactement de la couche épithéliale qui prolonge la rétine à la face postérieure de l’iris (fig. 3 et 4). Ainsi, les éléments en cause ont fait montre d’une potentialité totale supérieure à leur potentialité réelle; ils ont subi une évolution différente de celle qui eût été normalement la leur.
- Dernièrement une bien curieuse observation a été réalisée en Italie par Mlle Locatelli. Chez des Tritons adultes (fig. 5), cet auteur a sectionné le nerf sciatique, après l’avoir dégagé sur une certaine longueur, puis fait subir au bout central un trajet récurrent, de manière que son extrémité s’insérât sous la peau du dos. En ce point, une patte surnuméraire se met à pousser. Là
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- encore des cellules se révèlent aptes à développer une capacité d’évolution fort supérieure à leur destinée habituelle. Leur spécificité apparaît relativement fragile.
- Une conclusion identique s’applique aux résultats de cette expérience, que j’ai rapportée dans mon dernier article, et qui consiste à transplanter le. cristallin d’une larve de Batracien sous la peau d'une région quelconque. On se rappelle qu’en ce point la peau acquiert certains caractères d’une cornée transparente.
- De semblables constatations rentrent dans le cadre de ce qu’on a appelé, suivant les cas, des métaplasies ou des hcléromorphoses.
- On serait tenté, à leur accorder une attention trop
- exclusive, d’imaginer qu’en définitive la spécificité cellulaire n’est jamais absolue et qu’elle peut tenir à des influences instables propres à être modifiées. Ce serait là une généralisation bien trop hâtive. S’il apparaît comme réalisable de transformer localement la peau, voire d’y faire naître une patte supplémentaire, on chercherait vainement à multiplier ce genre de métamorphoses. Les éléments de la peau ne sont pas indéfiniment plastiques.
- L’on aurait beau, d’autre part — il est à peine besoin de l’écrire — greffer des cristallins dans le foie, dans la rate, ou insérer dans ces organes l’extrémité du nerf sciatique, il n’en résulterait pas le moindre changement de structure. Nous touchons ici à une catégorie de cellules qui, chez l’adulte, se montre réfractaire à toute déviation de forme et de fonction. Une cellule nerveuse, une cellule hépatique, ne sauraient subir aucune « métaplasie » sous des influences extrinsèques. Leur spécificité est rigoureuse.
- On conçoit, au total, que dans les organismes adultes, la spécificité puisse varier, dans quelque mesure, d’une catégorie de cellules à une autre. Tandis que, chez certaines, la « potentialité totale « ne dépasse pas la « potentialité réelle », il en est d’autres qui détiennent, latentes, des capacités d’évolution assez larges. Encore n’a-t-on pas le droit d’exagérer le nombre de ces derniers éléments, ni l’étendue de leurs ressources. Il existe un seul tissu dont la fonction, comme je l’ai déjà énoncé plus haut, est de conserver intact et complet le patrimoine des potentialités
- de l’organisme : je veux parler des cellules germinatives.
- J’ai laissé de côté jusqu’ici, à cause de ses particularités, un moyen d’investigation capable de jeter une vive clarté sur le problème qui nous occupe. Comme on va en juger, il mérite, par son importance, d’être envisagé séparément.
- La spécificité cellulaire et la culture des tissus.—Depuis un certain nombre d’années, les biologistes savent entretenir en vie des cellules séparées de l’organisme. Cette méthode expérimentale, qui a suscité un nombre déjà considérable de travaux, et qui a été exploitée avec un éclat particulier par notre compatriote Carrel, à l’Institut Rockefeller de New York, est fertile en précieux enseignements. Mais je n’en retiendrai que ce qui regarde le problème traité dans ces colonnes, après quelques indications sommaires sur la technique qu’elle utilise.
- Deux procédés s’offrent en vue de la conservation in vitro de tissus ou d’organes isolés. L’un est Y explantation qui consiste à suivre, dans un milieu nutritif convenable, artificiel ou naturel, l’évolution de petits fragments d’organes, et permet de leur assurer parfois plusieurs semaines d’existence indépendante. L’autre est la culture proprement dite, grâce à laquelle la survie de tissus peut-être maintenue beaucoup plus longtemps. Cette dernière méthode a pour base le prélèvement de cellules qui ont proliféré à la périphérie d’un expiant, et leur « repiquage » dans un milieu neuf où elles conti-
- Fig. 3 et k. — À gauche : Coupe méridienne a travers l’œil d’une larve de triton 13 jours après l’extirpation du cristallin.
- r, rétine, avec ses différentes couches ; ch., choroïde; c. v., corps vitré; ù\,iris; cr.r., cristallin en voie de régénération aux dépens de l’iris; s. c. t., trace de la section faite dans la cornée transparente pour enlever le cristallin. (D’après Erik Millier, schématisé et un peu modifié.)
- A droite : Coupe méridienne à travers l’œil normal d’une larve de triton, au même stade que fig. 3 et pour servir d’élément de comparaison.
- Mêmes abréviations, cr., cristallin normal; c. t , cornée transparente normale.
- Fig. 2. — Cerianthus membrana-
- ceus, anémone de mer sur laquelle on a provoqué expérimentalement une nouvelle bouche.
- a, tentacules entourant la bouche normale; b, tentacules développés autour de la bouche artificielle. (D’après Loeb.)
- Fig. 1. ment de l’hydre d’eau douce (d’après Korsche/t et IJeider).
- b, b, hydres filles, nées par bourgeonnement sur l’hydre mère.
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- nuent à se multiplier. Après un court délai, on opère un nouveau prélèvement et un nouveau repiquage, et ainsi de suite. C’est grâce à cette façon dè faire que Carrel a réussi à entretenir, avec Ebèling, des cellules conjonctives, issues du cœur d’un embryon de poulet, dans de telles conditions que les descendantes de la culture originelle, remontant à plus de dix ans, continuent à vivre, à se diviser, sans que se manifeste la moindre altération de leur aspect, la moindre diminution de leur vitalité. Aussi semble-t-il que l’immortalité puisse être conférée à des éléments isolés de l’organisme. On se représente sans peine les difficultés matérielles auxquelles se heurtent de pareilles recherches. Je ne puis insister sur les minutieuses précautions d’asepsie qu’elles exigent, sur la composition des milieux où on les mène à bien, sur la nécessité, presque générale, d’adjoindre à ces milieux de l’extrait d’embryons ou d’organes embryonnaires, vecteur de principes mystérieux, les tréphones de Carrel, qui suscitent ou activent la prolifération cellulaire. Il ne m’est permis ici que de dégager, des cultures de tissus, les indications qu’elles comportent au point de vue de la spécificité cellulaire.
- Les efforts qu’ont fournis les biologistes dans ce nouveau et large domaine sont, en général, trop récents encore pour avoir pu aboutir à une conception uniforme.
- Parmi les chercheurs, les uns assurent que la spécificité des cellules en culture s’atténue ou disparaît. C’est ainsi que des fibres musculaires lisses, des cellules du rein, du corps thyroïde, pour ne citer que quelques exemples, perdraient leurs caractères morphologiques propres, et retourneraient à un type « dédifférencié » que d’aucuns vont jusqu’à assimiler au type embryonnaire pur.
- D’autres, en revanche, opposent à une telle manière de voir une idée opposée, et, mises à part quelques concessions à la doctrine précédente, admettent volontiers que les éléments cultivés conservent leur différenciation ou n’en perdent que de superficiels attributs.
- Quand on s’efforce de considérer, avec objectivité, tous les faits, tous les arguments mis en avant de part et d’autre et d’en réaliser la synthèse, on se persuade qu’une part de vérité échoit en partage à chacune de ces opinions si diverses.
- Il n’est guère douteux que les cellules de certains tissus ou organes, une fois isolées, ne soient privées de leurs caractères spécifiques de forme et de structure. Les éléments d’épithéliums comme celui du revêtement cutané, eeux de glandes comme la glande mammaire, peuvent certes acquérir un aspect qui rende leur identification impossible. Des fibres musculaires striées perdent sans doute leur striation, critère de leur différenciation. Une culture de cartilage n’aboutit qu’à un massif de bellules indifférentes. Mais est-ce bien là une abolition totale de leur spécificité? N’est-ce pas simplement la disparition de signes assez contingents, et ce que la
- constitution même du protoplasme a de particulier ne persiste-t-il pas? On tend à le supposer, lorsqu’à la suite de récents travaux l’on apprend qu’il suffit parfois de peu de chose — l’abondante présence dans la culture de ce « tissu conjonctif » qui fait partie intégrante de tous les organes — pour que des cellules gardent leur ordonnance, leur aspect normal, et les récupèrent même s’ils avaient disparu.
- Un collaborateur de Carrel, Ebeling, a été jusqu’à entretenir, pendant plusieurs mois, une culture de glande thyroïde, sans que les cellules, toute influence du tissu conjonctif mise hors de cause, perdissent leur arrangement ni leurs propriétés glandulaires (fig. 6).
- On sait, par ailleurs, que les éléments d’organes, tels que le foie, les centres nerveux, conservent en culture leur spécialisation morphologique.
- Encore faut-il, dans tous les cas, tenir compte de l’âge de l’animal auquel sont empruntés les tissus cultivés. Même des partisans de la « dédifférencialion », comme Champy, admettent que celle-ci est d’autant plus lente et plus incomplète dans les expiants que le donneur est plus vieux.
- Ainsi, les cultures de tissus tendent à nous enseigner que la spécificité cellulaire, chez les Vertébrés, se montre,
- dans l’ensemble des cas, une propriété stricte et irréversible, encore que les divers éléments de l’organisme la détiennent à un degré inégal et se rangent, de ce point de vue, suivant une véritable hiérarchie.
- La spécificité cellulaire et le cancer. — C’est une conclusion analogue que va nous dicter un rapide regard jeté sur le problème du cancer.
- Il ne peut évidemment être question de traiter ici, en général, ce vaste sujet qui touche à toutes les branches de la biologie et qui est bien digne de solliciter les constantes préoccupations des chercheurs. Mais le cancer, qui réalise la prolifération rapide de cellules soustraites à l’emprise, au contrôle du reste de l’organisme, représente en somme une sorte de culture in vivo, à pouvoir indéfini de multiplication. Il ne peut manquer d’intérêt de nous demander ce que, dans ces conditions, devient la spécificité cellulaire.
- En bien des cas, elle paraît abolie. Il est courant d’entendre mentionner la a dédifférenciation » des cellules de tumeurs malignes. Or, là encore, le terme semble impropre à rendre compte du fait. Si, dans de nombreuses formes de cancers, les cellules sont effectivement dépossédées de leurs caractères originels, deviennent méconnaissables, ce n’est pas dire qu’elles sont nécessairement « dédifférenciées ». Il serait plus exact dénoter, avec le cancérologue strasbourgeois P. Masson, qu’elles acquièrent fréquemment des sortes de «. caricatures » de différenciations. Remarquons d’ailleurs que ce sont souvent les tissus, les organes les plus propres à perdre en culture leur type spécifique (épithélium cutané,
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- glandes dérivées de la peau, etc.) qui engendrent ces formes de tumeurs.
- En revanche, beaucoup de cancers reproduisent l’image fidèle des tissus aux dépens desquels ils ont pris naissance. Les éléments d’un cancer de la thyroïde, pour ne choisir qu’un exemple, peuvent garder l’identité de cellules thyroïdiennes normales, avec leur disposition caractéristique, et quand une telle tumeur essaime en un point éloigné de l’organisme, y créant ce que les spécialistes nomment une métastase, l’histo-pathologiste qui examine cette sorte de colonie n’hésite pas à la rapporter à son origine parfois méconnue.
- De ces trop brèves considérations, je veux dégager l'impression que la spécificité des cellules, très fréquemment, résiste au trouble anarchique que le cancer apporte à leur destinée.
- Les facteurs de la spécificité cellulaire. — L’ensemble de faits disparates auxquels je viens de consacrer une incomplète revue concorde à nous apprendre que la
- Fig. 7. — Microphotographie d’une coupe de langue de lapin, au niveau de V « organe folié » qui est formé d’une série de papilles.
- p., papille linguale, tapissée par l’épithélium; b. g., bourgeons du goût, logés dans l’épithélium sur la face latérale des papilles ; gl., glandes de la langue; m., muscles de la langue.
- différenciation cellulaire — du moins chez les vertébrés — n’est pas seulement une acquisition provisoire, un état réversible. Elle paraît le plus souvent inscrite de telle manière dans la constitution même du protoplasme ou du noyau qu’aucun changement de milieu, de rapports avec le reste de l’organisme, n’a de prise sur elle. Au cours de l’ontogenèse, tandis que le partage des spécialisations s’opère entre les cellules, nombre d’entre elles subissent des modifications physico-chimiques si profondes qu’elles deviennent leur apanage définitif, et associent sans retour la fonction et la forme. C’est à ces conditions internes qu’il faut assigner une place prépondérante dans le maintien de la spécificité cellulaire au cours de la vie des organismes.
- On aurait tort toutefois de les considérer comme exclusives. Au début de cet article, j’ai signalé des exemples d’évolutions adaptatives, de « métaplasies », qui attestent, de la part de certains éléments, une remarquable plasticité. Qu’il me soit permis d’y ajouter une observation suggestive. Notre perception des saveurs
- est due à des organites minuscules , les « bourgeons du goût », logés dans l’épithélium qui recouvre certaines papilles de la langue.
- Ces bourgeons renferment, entre autres,descellules de forme particulière, les cellules gustatives, et des fdets nerveux viennent
- à leur contact recueillir les excitations qu’elles subissent électivement (fig. 7, 8). Sectionne-t-on ces filets nerveux, ou plutôt le nerf qu’ils contribuent à former, les cellules gustatives, privées de leurs caractères morphologiques, retournent à l’état de simples cellules épithéliales, comme celles de leur entourage. Leur relation avec les nerfs était donc le facteur, externe cette fois, qui maintenait leur différenciation. Qu’il s’agisse d’influences nerveuses, comme celle dont il vient de s’agir, ou chimiques, comme on en connaît des manifestations, il n’est pas contestable qu’il faut leur faire une place, même discrète, et que la spécificité cellulaire peut dépendre'd’elles en certains cas.
- Ainsi, il nous apparaît, une fois de plus, que lesgrands processus biologiques sont rarement gouvernés par des lois rigides et absolues. Les savants ont justement pour rôle de découvrir le fil conducteur qui lie entre eux des éléments d’une variabilité parfois infinie. Ainsi des termes extrêmes, sans homologie apparente, arrivent à se rejoindre à travers toute une série d’intermédi aires. La biologie est, par essence, la science du continu, et la méthode qui s’imposeaubio-logiste ne saurait consister qu’à dérouler, m ai 11 o n par maillon, la chaîne des phénomènes.
- D1 Man Ait on,
- Chargé de Cours à la Faculté de Médecine de
- Strasbourg.
- Fig. G. — Microphotographie d'une coupe de glande thyroïde normale.
- L’organe est tonné de vésicules de tailles diverses, limitées par une seule couche de cellules, et renfermant le produit de sécrétion (colloïde).
- Fig. S. — Microphotographie, a un très fort grossissement, d’une partie de la coupe précédente, pour montrer un bourgeon du goût,b. g., logé dans Vépaisseur de l’épithélium, ep.
- La section du nerf qui se ramifie au niveau des cellules sensorielles des bourgeons du goût détermine la dédilférenciation de ces cellules et la disparition des bourgeons du goût.
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- LA SURFACE DE MERCURE ET SA ROTATION LENTE
- Dans une étude publiée dans La Nature du 15 mars dernier par M. Lucien Putdaux, celui-ci a bien voulu rappeler que je lui avais confié, pour les comparer avec les siens, un certain nombre de croquis que j’avais pris au cours de mes observations de Mercure pendant ces 12 dernières années.
- L’auteur, qui avait examiné les dessins de plusieurs autres astronomes, tels que MM. Desning, Danjon, Qué-nisset et Fournier, avait pu ainsi émettre l’affirmation de l’objectivité des taches permanentes appartenant certainement à la configuration du sol de la planète. Il en a très légitimement déduit la confirmation de l’hypothèse de l’astronome italien Schiaparelli, touchant la rotation lente de l’astre, qui est également admise par M. Danjon, et dont je me suis moi-même convaincu au cours de mes observations. M. Rudaux a donné, parmi les photographies qui illustrent son article de La Nature, une esquisse cartographique en projection orthographique de la face visible de la planète, d’après ses observations. L’examen de cette esquisse m’a donné l’idée de tirer, de l’ensemble de mes propres dessins de Mercure, une carte synthétique, établie sous une présentation similaire, pour permettre, une meilleure comparaison. Afin de réaliser cette carte, j’ai du relever à l’aide d’un quadrillage approprié, et pour chaque dessin préalablement ramené à une échelle identique, toutes les plages sombres ou claires, ainsi que tous les accidents retrouvés au moins sur trois de mes croquis.
- M. Rudaux avait travaillé avec un objectif de 95 mm; mes observations ont été faites avec un réfracteur Mailhat de 110 mm. et avec le réflecteur Zeiss de 300 mm. de la Guette, sous des grossissements variant entre 150 et 350 fois. Il donc, pour nos observations respectives, d’appareils rela tivement modestes. Beaucoup d’entre mes observations ont été faites en plein jour, et c’est même celles qui ont donné, en général, les images les plus utiles. La vision a été, dans bien des cas, très améliorée par l’emploi des écrans Wratten étalonnés et choisis d’après les circonstances d’heure et de visibilité, dans les gammes des rouges et orangés, qui m’ont permis de discerner nettement les teintes sombres, et même les demi-teintes, dans certains cas les plus favorables.
- J’ai apporté, bien entendu, dans la traduction de l’intensité et de la délimitation des plages sombres ou claires, le plus de soin et de précision possible, malgré les difficultés que j’ai rencontrées souvent à fixer sur le papier les emplacements réels des détails entrevus, et préoccupé surtout d’éviter les erreurs d’interprétation
- l'i
- s agit
- dues à l’équation personnelle ou aux elfets d’une suggestion quelconque. Ayant ainsi éliminé un certain nombre de détails qui me semblaient insuffisamment confirmés, j’ai reporté dans leur ensemble les diverses configurations révélées dans 34 croquis choisis parmi les plus nets, et j’ai réalisé la synthèse ci-dessous, comparable, quant à la présentation, à l’esquisse de M. Lucien Rudaux.
- On est immédiatement frappé de la similitude de ces deux esquisses. En effet, on retrouve, à peu près aux mêmes endroits, la tache' noire équatoriale qui, partant de l’Est de la planète, s’écarte dans la direction des deux pôles, puis la tache très sombre qui, dans le dessin de mon collègue, est traversée par le méridien central et s’étend entre 15" et 30° Sud. Dans la partie occidentale, on voit également à l’équateur une partie sombre, qui est bifurquée dans le dessin Rudaux puis, en dessous de celte nouvelle ligne, une plage claire divisée en deux
- dans mon dessin. Sur chacun d’entre eux, les pôles sont complètement dégagés de toute ombre. Les esquisses sont d’accord également pour les deux grands clairs qui se retrouvent bien à l’Est dans l’hémisphère Sud et vers l’équateur, et ils se ressemblent aussi dans l’absence presque totale chez l’un, ettotale chez l’autre, de teinte sombre vers la partie Nord-Est du disque. La partie Nord-Ouest porte, sur le dessin Rudaux, une plage claire étendue, qui est moins étendue sur mon dessin mais qui a cependant été notée.
- Il ne saurait y avoir, dans la synthèse faite de mes observations, autre chose qu’un essai de même nature que celui présenté par mon collègue aux lecteurs de La Nature, mais il est fort curieux de constater qu’il lui est comparable.
- Il est intéressant de noter aussi qu’avec des instruments modestes (car on ne peut pas comparer même un 300 mm. avec les appareils dont jouissent les grands observatoires officiels), on puisse obtenir, en ce qui concerne l’étude des surfaces planétaires et pour les configurations générales de ces surfaces, des résultats tort encourageants.
- J’ajoute qu’il m’est apparu du reste que, la plupart du temps, les meilleures images m’ont été fournies avec des oculaires intermédiaires et en diaphragmant l’ouverture de mon télescope. Très rarement, j’ai pu laisser la pleine ouverture.
- Parfois même j’ai remarqué que j’observais mieux les détails avec le plus petit grossissement alors qu’un agrandissement plus fort ne m’en révélait aucun.
- G. Bidault de l’Isle.
- 1. — Mercure : dessin synthétisant les croquis de la planète exécutes depuis 11)lit par G. Bidault de l’Isle. Observatoire de la Guette.
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- L'IDENTIFICATION DES AVIONS EN VOL
- COMMENT L’ASSURER?
- Il ne peut être mis en cloute que l’aviation sous toutes ses formes, militaire, commerciale, touristique, est appelée à prendre, dans un avenir plus ou moins lointain, un énorme développement.
- Pour une époque rapprochée, on estime que le chiffre de 20 000 unités sera atteint facilement. Ces avions ne se contenteront pas, on le pense bien, de circuler dans leur pays cl’origine, aux frontières si rapprochées. Leur essor s’étendra sur les continents, et, on peut l’assurer après les événements aériens auxquels il vient de nous être donné d’assister, sur le monde entier.
- Et tout de suite on est conduit à penser qu’il sera absolument impossible de laisser s’établir dans les airs, au-dessus des mers et des terres, une pareille circulation, sans assurer en même temps la possibilité de distinguer les avions les uns des autres' et de les identifier.
- au cours d’une randonnée à travers le monde, des déprédations, ou même seulement des dégâts dans un pays où il ne pourrait être identifié par la population et qui resteront impunis, si celle-ci est incapable de lire les signes permettant de recourir au propriétaire de l’appareil.
- Ou encore un avion de grand tourisme appartenant à un particulier pourra impunément se livrer à la contrebande dans des contrées où il saura que son genre de signalisation le met à l’abri du contrôle des autorités.
- Il est ylonc absolument indispensable qu’un système international de signalisation des avions en vol permette de les identifier en tous lieux.
- Par conséquent, c’est au point de vue international que cette importante question doit être étudiée et résolue. Or, où en est-on en cette matière?
- Fig. 1 et 2. — Les défauts de la signalisation actuelle : Avion civil français signalé par des lettres latines.
- 1. L’avion venant au-devant de l’observateui' lui présente, par son avant, ses plans portant la signalisation. Ces plans sont toujours dans l’ombre. Les lettres sont difficilement lisibles. L’observateur attendra, pour identifier l’avion, que celui-ci l’ait dépassé, car les plans seront mieux éclairés.
- 2. L’avion a dépassé l’observateur. Les plans horizontaux sont plus éclairés, mais les inscriptions apparaissent alors renversées : le haut est devenu le bas, la droite est devenue la gauche. La lecture est difficile et prête à erreur.
- Tout y oblige. Aussi bien la nécessité de pouvoir surveiller et réprimer les méfaits des indésirables, prévenir l’espionnage et la contrebande, que de suivre les évolutions et la route des autres pour connaître leur situation et donner de leurs nouvelles à leurs commettants.
- Gomme il existe partout une police terrestre, de même devra être instituée une police de l’air. La sécurité publique dépendra de la seconde comme de la première ; et elle sera nécessaire aussi bien des points de vue politique et militaire, qu’économique et fiscal.
- Si un avion tente d’échapper au contrôle et de se soustraire aux obligations qui lui seront imposées, il devient une sorte de pirate, au même titre qu’un navire qui ne peut arborer aucun pavillon.
- Il est bien évident qu’en voyant passer un avion, on devrait pouvoir, d’un seul coup d’œil, établir son identité par les signes qu’il p'orte.
- On peut imaginer, en effet, qu’un avion civil commette,
- LES MOYENS ACTUELS D'IDENTIFICATION — LEURS INCONVÉNIENTS
- Nous ne parlerons ici que des avions civils, les divers gouvernements ayant gardé toute leur liberté en ce qui concerne les appareils militaires ou administratifs et leur appliquant les marques distinctives qu’il leur a plu d’adopter.
- Pour les aéronefs civils, il existe aujourd’hui deux systèmes d’immatriculation.
- 1° Celui de la Convention aérienne du 13 octobre 1919 actuellement adopté par 56 Etats et qui comporte uniquement l’emploi des lettres de l’alphabet latin groupées diversement et signalant l’immatriculation. Exemple : F-A B GP.
- 2° Le système adopté par l’Allemagne et la Norvège, comportant une lettre pour la nationalité et un groupe de chiffres pour l’immatriculation. Exemple : D lkl-N26.
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- Cocarde tricolore
- anges rouges
- 2 Losanges rouges
- Cocarde tricolore
- Fig. 3 et k. — Avion civil signalé par le système F. Bianconi.
- 1. L’avion vient au-devant de l'observateur. Celui-ci, malgré les défauts d’éclairement, perçoit aisément à l’extrémité de l’aile droite, la cocarde tricolore signe de la nationalité française, puis à l’extrémité gauche le pavillon de la Compagnie, à droite et à gauche du fuselage le numéro d’ordre de l’avion 28 en chiffres conventionnels indéformables. (Les chiffres se lisent toujours en partant du signe de la nationalité.)
- 2. L’avion a dépassé l’observateur et est aperçu par son arrière. Tout est renversé, mais les signes restent immuablement les mêmes.
- En fait, jusqu’à ces dernières années, l’aéroplane, considéré surtout comme machine de guerre, ne semblait pas devoir prendre une place importante au point de vue commercial. D’autre part, l’avion civil ne paraissait pas appelé à sortir de son territoire propre.
- Dans ces conditions, on estima qu’il suffirait, pour leur immatriculation, d’appliquer aux appareils volants les règles adoptées pour les véhicules terrestres.
- On ne s’arrêta pas non plus à cette particularité que les conditions étaient toutes différentes pour les deux genres de véhicules.
- Alors qu’une voiture automobile roule sur un même plan horizontal et présente toujours de la même façon aux regards la plaque qui porte ses marques d’identité, l’aéroplane, lui* évolue dans l’espace où il prend les positions les plus variées, et se présente enfin à l’observateur placé à terre sous un aspect absolument différent suivant qu’il se dirige vers lui, ou qu’il l’a dépassé.
- Tenons-nous en à l’état actuel des choses, et, aux 5G nations qui emploient uniquement les lettres latines.
- Ces lettres, groupées suivant un ordre réglementé, sont peintes en noir sur la face inférieure de l’aile de l’avion, celle qui regarde le sol.
- L’observateur qui voit l’avion arriver sur lui doit lire et noter ce groupement de lettres rapidement (fig. 1 et 2). Si l’éclairage est mauvais, ou si la vitesse de l’avion est grande, il n’en aura souvent pas le temps et devra continuer sa recherche après le passage de l’appareil à son zénith. Mais, à ce moment, les lettres se présenteront à lui inversées et déformées, un P majuscule lui apparaîtra comme un d minuscule, le A ressemblera à un Y, la lettre R devient une figure informe, et avant qu’il ait pu y comprendre quelque chose, l’aéro aura disparu et son passage restera incontrôlé.
- L’organisation actuelle est donc entachée d’un vice qui la rend à peu près inopérante, même dans les limites nationales, c’est-à-dire singulièrement restreintes.
- Et à plus forte raison on ne peut songer à lui donner une application internationale pour la raison suivante :
- Les lettres latines jusqu’ici seules employées sont inconnues chez un cèrtain nombre de nations du monde, voire même d’Europe.
- Il importe donc essentiellement de trouver et d’appliquer un système de notation, lequel, pour pouvoir être appliqué universellement, devra comporter, non plus des lettres latines, mais des signes susceptibles d’être reconnus chez toutes les nations du monde.
- Ces signes devront en outre se présenter sous un aspect tel que leur identification pourra se faire avec une égale facilité quelle que soit, dans le ciel, la situation de l’avion par rapport à l’observateur placé sur le sol.
- LA MÉTHODE DE M. BIANCONI
- Or, un ingénieur français, M. Bianconi, bien connu par ses recherches et ses travaux sur la visibilité des couleurs à grande distance, et à qui on doit déjà la méthode de signalisation des avions et des terrains d’atterrissage adoptée pendant la guerre par l’aviation militaire française et par tous les alliés, a imaginé un système nouveau qui résoudrait le problème qui nous occupe de la façon la plus complète et la plus ingénieuse.
- Ce système a fait l’objet d’une communication à la Commission internationale de navigation aérienne, réunie à Paris, au Ministère des Affaires étrangères, sous la présidence de M. P.-E. Flandin, ex-sous-secrétaire d’Etat à l’Aéronautique.
- Sur la proposition du délégué du gouvernement grec, la commission a pris en considération la méthode de M. Bianconi, sur laquelle nous allons revenir, et a confié à une sous-commission, le soin d’établir un rapport à son sujet.
- Voici quelles sont les dispositions préconisées par M. Bianconi, pour parer aux inconvénients des pratiques actuelles, et donner à la signalisation aérienne le caractère d’internationalité qu’elle doit nécessairement posséder.
- La notation employée permettrait de fournir trois ordres de renseignements :
- 1° La nationalité de l’avion;
- 2° Le nom de la Compagnie propriétaire;
- 3° Le numéro d’ordre de l’avion dans la flottille de la Compagnie propriétaire.
- M. Bianconi signale la nationalité au moyen du pavillon national ou, tout au moins, des couleurs nationales
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- m
- disposées en figures indéformables (*), peintes à l’extrémité du plan externe de l’aile inférieure droite (fig. 3 et 4).
- Le signe distinctif de la Compagnie est peint à l’extrémité du plan externe de l’aile inférieure gauche. Il est formé de cercles, barres, étoiles, bandes, carrés, losanges, peints de couleurs variées et choisies, qui se prêtent à des combinaisons en nombre indéfini.
- Ces signes sont bien universellement compréhensibles et constituent une sorte d’écriture internationale. Ils sont reproduits dans un répertoire dont notre figure 5 donne quelques extraits.
- Ces deux genres de signaux sont donc colorés, et il n’y a aucune raison de croire que leur rendement, sous cette forme, sera inférieur à celui des caractères latins peints en noir, actuellement employés. Les pavillons des navires en mer, les signaux en couleur des réseaux de chemin de fer sont en effet visibles à grande distance, et les couleurs employées par M. Bianconi sont choisies parmi celles qui le sont le plus : le rouge clair orangé sur fond blanc, le blanc sur un fond brun ou rouge; le noir sur un fond jaunâtre; le jaune or et le bleu clair viennent ensuite.
- Il reste à déterminer le numéro propre à chaque avion dans la flottille de sa Compagnie par des signes qui remplaceront les lettres latines actuellement employées.
- La condition capitale qu’ils doivent remplir est de présenter un caractère indéformable, au sens que nous donnons à ce mot. Egalement, ils devront être choisis en dehors de tout alphabet, de façon à rester lisibles pour tout ressortissant d’une nation quelconque, instruit ou non. Voici ceux auxquels M. Bianconi s’est arrêté. Ils donnent, comme il est nécessaire, la possibilité de former un nombre indéfini de nombres, et ils sont parfaitement indéformables, comme il ressort d’un simple examen de leur configuration (fig. 6).
- Comme les lettres latines qu’ils sont destinés à remplacer, ces chiffres conventionnels seront peints en gros caractères noirs, sous chacune des ailes de l’avion. Ils se lisent toujours en partant du signe de la nationalité.
- En résumé, l’aéro, portant la signalisation de M. Bianconi serait identifié : i° par le pavillon national ou les couleurs nationales disposées dans une figure appropriée,
- I. Par ce mot indéformable, nous voulons dire que les signes ou figures en question, colorés ou non, gardent toujours la même forme, quel que soit l’angle sous lequel ils sont vus. Leur lecture, sous toutes les allures de l’avion, ne présente donc aucune difficulté.
- Une BARRE horizontale blanche sur fond bleu.
- Quatre DISQUES noirs sur fond blanc
- Quatre DISQUES blancs sur fwd rouge.
- Une BARRE verticale noire sur fond blanc.
- Fig. 5. - Quelques-uns des signes indiquant la Compagnie propriétaire de Vavion.
- ce pavillon ou cette figure peinte sont à l’extrémité de l’aile droite ;
- 2° Par une figure peinte sous l’extrémité de l’aile gauche, indiquant la Compagnie propriétaire ;
- 3° Par une combinaison de signes simples peints en noir sous chacune des deux ailes, formant le numéro d’ordre de l’avion dans la flottille de sa Compagnie.
- Ces trois genres de signes ou figures jouissent de la propriété de se présenter toujours sous la même forme ou apparence, à l’œil de la personne chargée de reconnaître l’avion, et possèdent en raison de leurs formes un caractère absolument international.
- Comparé au système actuellement employé, le mode d’identification de M. Bianconi offre des avantages indéniables. Il est simple, non sujet à erreurs, d’une lecture aisée, par toutes personnes, même celles qui ne connaissent pas les lettres de l’alphabet.
- Commandant Sauvaire-Jou^dan.
- Fig. G. — Les chiffres indéformables de M. Bianconi.
- 1 Z Y + CHIFFRES USUELS -18 CORRESPONDANTS § o
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- t7i= L'HISTOIRE ET LES FACTEURS COSMIQUES
- Serait-ce un retour vers les hypothèses anciennes de l’action des astres sur les êtres vivants:’ De toutes parts, depuis quelque temps, des recherches se poursuivent qui signalent des synchronismes entre divers phénomènes biologiques et les variations du soleil au cours des saisons, la périodicité de ses taches, le cours de la lune, etc.
- Et voici un nouvel essai, dû à M. À. Tchijevsky, de Moscou, qui abordant un problème beaucoup plus complexe encore : l’histoire et la sociologie, cherche à en dégager un rythme régulier d’oscillations. Nous croyons intéressant de résumer ici les grandes lignes de son mémoire. M. Tchijevsky a dressé des statistiques de tous les événements historiques et des destinées des masses humaines civilisées depuis le ve siècle avant Jésus-Christ jusqu’à nos jours et il les a comparées aux variations périodiques des taches solaires. Pour cela, il a traduit les faits en graphiques dont nous reproduisons un à titre d’exemple (fig. 1). Celui-ci figure de 1840 à 1922, les
- Périodes de minimum, 5p.100 ; décroissance,20 p. 100 ; de maximum, 00 p. 100; de diminution, 15 p. 100.
- 4° Le cours et le développement de chaque événement historique d’une certaine durée subissent des fluctuations en relations directes avec l’activité du soleil. La tendance à l’action des collectivités est fonction de la périodicité des taches solaires.
- 5° Les modifications épisodiques de l’activité solaire réveillent ou calment l’activité des peuples.
- 6° L’histoire universelle est composée d’une série interrompue de cycles de 11 ans. Chaque période de maximum correspond à une excitation des activités militaires, politiques, économiques, à une tension accrue se manifestant par des révolutions, insurrections, expéditions, migrations, etc., la création de nouvelles formes dans les Etats et de nouvelles époques dans la vie de l’humanité. Chaque période de minimum est au contraire un mouvement de ralentissement de l’enthousiasme mili-
- variations de l’activité militaire et politique du monde estimées par l’auteur et au-dessous les variations de l’activité des taches solaires. Nos lecteurs pourront y situer les grands événements de l’histoire qu’ils connaissent.
- M. Tchijevsky dégage de l’ensemble de ses constatations les conclusions suivantes :
- 1° Quand l’activité des taches solaires approche de son maximum, le nombre des événements historiques importants augmente ; il approche de son maximum durant le maximum des taches solaires; il diminue ensuite et atteint son minimum aux époques où les taches solaires sont en moins grand nombre.
- 2° Dans chaque siècle, l’augmentation de l’activité politique et militaire, synchrone dans tous les états de la terre, se répète exactement 9 fois. Le cycle de l’activité humaine universelle est donc en moyenne de 11 ans.
- 3° Chaque cycle peut se diviser en 4 parties : une période de minimum d’excitabilité durant 3 ans; une période de croissance de 2 ans; une de maximum, 3 ans; une de déclin, 3 ans. Le nombre des événements historiques, dans chaque cycle, se répartit à peu près ainsi, quand on étudie une durée de 500 ans, du xvB au XXe siècle :
- taire et politique, et, par contre, de travail pacifique, créateur d’organisation, de relations internationales, de développement des sciences et des arts. Les masses oscillent de l’intégration et du gouvernement majoritaire pendant les maxima à la désintégration et au pouvoir absolu pendant les minima.
- 7° Les périodes de maxima des taches solaires coïncident avec la dissémination des doctrines politiques et religieuses, les hérésies, les bagarres, les pèlerinages; l’apparition de réformateurs et de chefs ; la formation de corporations, associations, unions, ligues, sectes, compagnies, etc., tant politiques que militaires, religieuses et commerciales.
- 8° Les épidémies coïncident aussi fréquemment avec les périodes de maximum d’activité solaire.
- Les faits, rassemblés par M. Tchijevsky sont fort curieux. Certes, leur interprétation et leur classement comportent une certaine part d’estimation personnelle. Mais si nous ne donnons pas ici leur rapport comme une vérité démontrée sur laquelle on pourrait baser les prévisions de l’avenir, nous croyons qu’il importe de les considérer avec attention, ne serait-ce que pour s’assurer de leur valeur réelle. R. M.
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- DIVERTISSEMENTS D'ARTISTE
- Il nous paraît plaisant de révéler aux lecteurs de La Nature un nouveau procédé de dessin lancé à llio-de-Janeiro par un artiste brésilien qui jouit d’une brillante réputation dans son pays, où, sous le pseudonyme de Raül, il collabore comme écrivain et comme caricaturiste, depuis plus de vingt-cinq ans, à la grande presse brésilienne. Nous aurons complété sa présentation en notant que, dès 1909, Raül, que l’auteur de ces lignes s’honore de compter parmi ses amis, fut acclamé par ses compatriotes comme le Caran cl'Ache Brasileiro, et qu’il est un fervent de la culture et de la littérature françaises.
- Au début de l’année dernière, ce maître du crayon eut la fantaisie de donner au Jornai do Brasil, le plus important des quotidiens de Rio-de-Janeiro, une vingtaine de dessins qui, figurant des silhouettes de personnes ou d’animaux, épelaient en même temps des prénoms par la disposition des lettres de l’alphabet qu’il employait comme matériaux.
- Il n’avait voulu que se délasser entre deux dessins humoristiques. Mal lui en prit ! Lectrices et lecteurs réclamèrent avec insistance de nouvelles séries qui interpréteraient leurs noms. Les figures onomasticjues (selon le terme employé par Raül) entraînent de plain-pied dans la petite histoire de l’Art !
- L’excellent artiste a réuni sur les quinze pages d'un grand album, édité par une maison de Rio-de-Janeiro, un millier de ces curieux dessins. Nous ne pouvons en reproduire qu’une quarantaine. Ils donneront une idée de l’imagination, de la fantaisie et de la technique de l’auteur.
- Les animaux les plus variés figurent dans la collection : mammifères, reptiles, oiseaux, insectes, mollusques, poissons, font d’amusants emprunts au calendrier portugais, en donnant la préférence aux noms de saintes.
- Voici (1) SYLVIA, dans l’attitude d’un chat s’ébattant joyeusement; (2) ALMERINDA, en renard; (3) MATHILDE-NO-RONHA, en nandou, l’autruche sud-américaine. Un prénom masculin (4) WALDEMAR emprunte la silhouette d’un mouton courant; (5) RODOLPHO, qui traîne un rouleau sur un court de tennis'; (6) RICARDINA, une voyageuse lassée sur une rossinante ; (7) LENORA, petit chien qui demande à jouer, et (8) ESCOLASTICA, un chien de chasse qui suit une piste; (9) BASTOSTIGRE, un tigre rampant; (10) ZULIMA, un poisson ; (11) MARIA-LUIZA, où une grande sœur court en entraînant sa cadette, la moitié du nom tirant l’autre; (12), ALICIA, élégante silhouette d’une cigogne en plein vol; (13) un crocodile à la gueule menaçante, sous le nom de ELZA-PEREIRA , (14) ALINA en papillon; (15) SARAH en escargot; (16) VAIÆNTINA, fort aimable danseuse.
- Voici successivement : (17) OCTAVIO en bicyclette; (18) IRMA, en oiseau échassier; (19) MERCEDES en lapin savant, et (20) MARION, qui nous présente un chat assis et vu de dos; (21) FÉLIX, un chat vu de côté; (22) EMILIA, un équidé qui rue furieusement; (23) (SYLVIA, où nous croyons identifier un héron; (24) YOLANDA, une girafe. La mécanique intervient avec (25) OTTO en bicyclette, et (26) RODRIGO en automobile, tandis que ALFREDO (27) nous conduit à la basse-cour avec cette poule qui vient de pondre un œuf !
- Ce rouleau compresseur ingénieusement stylisé est (28) ELBE, et ce... porteur de soies (29) épelle outrageusement MARIA-GARLOTA, tandis que (30) le délicieux croquis d’un chien savant, juché sur un globe qu’il fait avancer, dessine le nom de FREDERICO, et (31) un massif éléphant, ADELINA.
- Si '(32) SALOME est une chatte furibonde, AL CI-
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- BIADES (33) traîne son chien rétif. Regardez la figure suivante (34) en clignant des paupières, et vous verrez que CLOVIS est un athlète soulevant de son bras droit de pesantes haltères. Je me demande, ce que pensa la Seno -rita GE RTRUDE S (35) en constatant que son prénom avait inspiré au malicieux dessinateur la silhouette d’une puce; ROSA (36) donne naissance à une souris, et VIRGINIA (37) à une horrible araignée. Mieux traitée, COR-' DELIA (38) devient une romantique guitare.
- Raül, qui s’énerve visiblement devant les exigences toujours croissantes de ses lectrices, devient de plus en plus agressif. S’il se montre aimable avec LEDA (39) en lui offrant un cygne, il n’accorde à GRACINIIA (40) qu’une guenon à moitié relevée sur ses pattes postérieures, et donne à URSULINA (41) le... pavé de l’ours !
- Sur la dernière page, où Raül a doublé sa signature en inscrivant son propre portrait en état d’épuisement, et en annonçant qu’il va se reposer pendant quelques mois, nous relevons avec EUPHROSÏNA (42) une crevette, avec ALEXANDRINA (43) une mosquée, avec CONSTANTIN!) (44) un Arabe sur le dos d’un chameau. Et nous terminons nos emprunts en reproduisant ARCIIIMEDES (45), un amusant chien basset. De nouveau, conseillons à nos lecteurs de regarder ces dessins à une certaine distance en clignotant; ils identifieront plus aisément les sujets et trouveront plus de charme à ces figuracoes ononiasticas du spirituel dessinateur brésilien. V. Foruin
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- HISTOIRE, PRODUCTION, ^UTILISATION
- HARICOT COMMUN W* seolus vulgaris L.j. Légumineuses.
- Histoire — Le mot haricot, d’après M. Hamy, professeur d’anthropologie au Muséum, dériverait â'Ayacotl, nom • du haricot dans la langue nahualt parlée par les anciens Mexicains.
- Haricot se rattache au vieux français iialigote, morceau, pièce : haligoter, harigoter, mettre en pièces. On sait que le ragoût connu sous le nom de « haricot de mouton » se compose de morceaux de viande coupés assez menus. Âyacotl se transforma par analogie de consonance en haricot, d’autant mieux que le nouveau légume fut bientôt substitué avec avantage aux fèves et aux navets dans la préparation dudit mets.
- Le haricot a été tenu pendant longtemps par les botanistes et les auteurs horticoles pour une plante indienne parfaitement connue des Grecs et des Romains et du moyen âge, sous les noms de phaseolus, fasiolos, faselus, faséole, etc,, mais son origine américaine est admise aujourd’hui, depuis qu’elle a été démontrée par les travaux de MM. Ara Gray et Trum-bull, Kdrnicke, Wittmack et autres.
- Lorsque les Européens débarquèrent en Amérique, le haricot était cultivé d’un bout à l'autre du Nouveau Monde par les indigènes. Les trouvailles archéologiques établissent aussi que la culture du haricot était générale en Amérique avant l’arrivée des Européens.
- Haricot paraît pour la première fois avec le sens de légume dans le Lexique de Oudin (1640). Le premier ouvrage horticole qui le signale est le Jardinier français de Bonnefons (1651). Sa vulgarisation remonte au xviic siècle, mais il n’est devenu véritablement populaire qu’au xvme siècle.
- Parmi les variétés qui datent de cette époque, il en est deux dont les noms ont, plus que d’autres, fixé l’attention historique : le haricot de Soissons et le haricot nain natif de Laon, connu sous le nom de Flageolet. Le premier est d’une localité des plus estimées pour la consommation du grain à l’état sec. De Combles a cité pour la première fois en 1749, le nom de cette variété cultivée en grand depuis environ 200 ans dans les communes voisines de Soissons. A l’époque de la Révolution la culture du haricot de Soissons donnait déjà lieu à un grand commerce d’exportation menacé, depuis quelques années, de disparition, par suite de la concurrence d’autres régions.
- Le haricot nain natif de Laon s’appelle Flageolet depuis une centaine d’années. Le mot flageolet est une dernière corruption de faziol, faséole, fageolet, qui est un dérivatif de fagéol.
- Production. — Variétés. — La variabilité du Phaseolus vulgaris est très grande. Une monographie récente énumère 47? races ou variétés cultivées de haricots dues, pour la plupart, à la variation naturelle ou à la sélection. On les classe en deux grands groupes :
- 1° Haricots à écosser ou à parchemin, à cause delà cosse qui devient parcheminée et coriace à la maturité.
- 2° Haricots mangetout ou sans parchemin, dont la cosse ne prend pas, même en séchant, cette contexture membraneuse,
- Il existe dans chacun de ces groupes des variétés à rames et d’autres naines. Dans leur choix pour la culture, il importe
- de savoir si l’on veut produire des haricots verts ou aiguilles ou des haricots mangetout, ou bien des haricots à consommer en grains. Voici quelques bonnes variétés appartenant à ces trois catégories.
- Haricots verts. — II. de Bagnolet ou suisse gris, très cultivé aux environs de Paris; H. noir hâtif de Belgique, variété préférée à Hyères pour la culture des primeurs, elle fournit le haricot fin vert d’expédition et le haricot de conserve ; II. Flageolet nain; Triomphe des châssis; II. l’inépuisable; H. shah de Perse, etc.
- Haricots mangetout. — H. de Saint-Fiacre à rames ; H. Beurre d’Alger nain noir; H. nain Roi des beurres, etc.
- Haricots à consommer en grains. — II. de Soissons blanc à rames; H. Sabre; H. de Soissons nain blanc; H. Flageolet blanc et Roi des Verts ; H. Coco blanc, etc.
- Surface des régions de production. — Production et valeur totales. — J’ai établi une distinction entre la culture des haricots verts et celle des haricots secs, en me basant sur la Statistique agricole annuelle de 1925, la dernière publiée par le Ministère de l’Agriculture. Je n’ai retenu ici que les termes minima et maxima des variations de la surface, de la production et de la valeur totales constatées dans la période de 1920-1925.
- Haricots v.erts. — Surface occupée : 25 610 à 31510 hectares; production totale 512 810 à 929 016 quintaux; prix moyen du quintal 139 fr, 70 à 205 francs; valeur totale 89 125 160 à 142 202 200 francs.
- Les principaux départements producteurs peuvent se diviser comme suit : de 10 000 à 15 000 quintaux : Alpes-Maritimes, Ardèche, Cher, Ille-et-Vilaine, Loiret, Manche, Morbihan, Orne, Vienne (Haute-). De 15 001 à 20 000 qx : Gironde, Indre-et-Loire, Loire-Inférieure, Lot-et-Garonne, Deux-Sèvres, Var, Vaucluse. Quatre départements se distinguent, en 1925, pour leurs production et valeur lotales; ce sont, par ordre ascendant : Nord, 28 000 qx valant 6 160 000 francs; Corse, 45 780 qx valant 11 902 800 fr. ; Seine-et-Oise, 65 520 qx valant 8190 000 fr, ; Bouches-du-Rliône, 84 800 qx valant 19 080 000 fr.
- Haricots secs. — Surface occupée : 145 480 à 196 090 hectares; production totale : 625 350 à 1558 510 quintaux; prix moyen du quintal : 108 à 232 francs ; valeur totale : 145 085 830 à 33-4 782 080 francs.
- Etant donnée la plus grande importance de cette culture, je classe les principaux départements comme suit : de 20 000 à 30 000 quintaux : Allier, Ariège, Dordogne, Gers, Loiret, Seine-et-Marne, Vienne; de 30 001 à 50 000 qx : Gironde, Maine-et-Loire, Pas-de-Calais, Vienne (Haute-); de 50 001 à 100 000 qx : Aisne, Garonne (Haute-), Landes, Nord, Vaucluse, Trois départements se distinguent par leurs production et valeur totales, ce sont : Hautes-Pyrénées, 118 560 qx valant 26 083 200 fr. ; Seine-et-Oise, 152 750 qx valant 30250000 fr. ; Basses-Pyrénées, 180 720 qx valant 41 565 600 fr.
- Les chiffres qui précèdent montrent clairement que la
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- culture des haricots secs pour la consommation en grains est beaucoup plus importante que celle des haricots verts, mais bien que la moyenne décennale des premiers s’élève à 1 068 690 quintaux, cette production ne suffit pas à la consommation nationale, car nous en importons d’assez grosses quantités de la Hongrie, de la Roumanie et des autres contrées orientales, pour la plus grande partie des haricots nains.
- Rendement. - Sauf en cas de sécheresse, on peut compter
- récolter dans un are 50 kg de haricots verts, plus 8 à 10 litres de haricots en grains verts, ou bien en sec : 25 litres de grains (J-, Yercier). En grande culture, le rendement, très variable selon les sols est, en moyenne, par hectare : en haricots verts, de 27 qx57, et en haricots secs de 10 qx 15.
- Arrivée et prix des primeurs aux Halles de Paris. — Comme la plupart des légumes, les premiers haricots verts arrivent d’Espagne, d’Algérie et du Midi (Ilyères et Toulon) de fin novembre en janvier. Les 100 kg ont été cotés, selon qualité et finesse, entre 500 et 1100 fr. (Espagne); 300 à 850 fr. (Algérie); 250 à 1100 fr. (Midi). Les haricots verts de serre ont valu 10 à 48 fr. le kg. Ces prix diminuent fortement 'avec les arrivages qui s’échelonnent jusqu’à la pleine saison, De nombreuses expéditions sont faites des Bouches-du-Rhône où se trouve le grand marché de Chàteaurenard, de l’Orléanais, de la Touraine, de la Sologne, etc. Une quantité notable provient d’Angers et de Saumur. Le haricot de saison est cultivé en grand dans la banlieue sud de Paris, principalement à Arpajon qui a institué « la fête des haricots ».
- Utilisation. — Les haricots occupent dans notre alimentation une place importante, dont la plus grande revient aux haricots secs. Désignés aussi sous les noms d’aiguilles et de filets, les haricots verts se consomment après cuisson de
- plusieurs façons : au jus de viande, sautés au beurre, en salade, etc.
- Leur valeur alimentaire est faible : ils renferment, selon la phase de leur développement, des sucs amylacés et albumineux destinés à nourrir les grains, des sucres, des celluloses assimilables, de l’inosile, mais quand ils sont tout au début, ils contiennent une grande quantité d’acide oxalique et de nucléines. Ces deux dernières substances, particulièrement l’acide oxalique, sont contraires à la goutte et à la gra-velle, de sorte que les arthritiques, les uraliques qui ne travaillent pas au'grand air, feront bien de s’en abstenir.
- Après les pommes de terre, les haricots secs constituent le légume le plus important pour l’alimentation. Ils sont riches en albumine, en hydrates de carbone et en sels, il ne leur manque qu’un peu de graisse pour être un aliment complet pouvant satisfaire la ration alimentaire. Leur pouvoir énergétique élevé est de 3 568 calories par kilogramme. On les consomme de la même façon cjue les haricots verts; mais, en outre, en ragoût et en purée, etc.
- Ce légume est devenu populaire depuis longtemps sous le nom de fayot ou « l'ayol », qui, comme l’indique Littré, désignait les haricots secs distribués à bord des navires où l’expression : « Quand donc doublerons-nous le cap fayot 7», était la plaisanterie courante des marins pour dire : Quand cesserons-nous d’en être réduits aux haricots pour tout légume !
- L’industrie transforme en conserves les haricots verts et les flageolets ; les premiers sont auparavant classés en extrafins, fins et moyens ; quant aux seconds, ils sont triés en fins et moyens. Ils sont également soumis au séchage : les haricots subissent durant 3 à 6 heures, suivant la grosseur, une température de 60° au maximum. Le rendement, en moyenne, est de 12 p. 100. Pour les flageolets, la dessiccation dure environ 2 heures à 70°. Le rendement varie de 40 à 50 p. 100.
- A. Truelle,
- Membre de l’Académie d’Àgriculture.
- E HYGIÈNE ET SANTÉ I_...........S
- PHÉNOMÈNES PÉRIODIQUES EN PHYSIOLOGIE HUMAINE
- Le nombre des phénomènes physiologiques qui sont soumis à une oscillation périodique est grand, chez les animaux comme chez l’homme. Ces phénomènes sont généralement très mystérieux bien qu’ils aient fait l’objet d’études souvent approfondies. Tel est le cas du plus banal d’entre eux : les variations nychlhéméraleS de la température du corps et quelques autres données corollaires, facilement mesurables.
- On sait, depuis que le thermomètre est utilisé en clinique, que la température atteint son maximum vers la fin de l’après-midi (17 heures) pour décroître ensuite vers 4 ou 6 heures du matin. Pour la pression artérielle, le pouls, l’élimination d’acide carbonique, la fixation d’oxygène et la proportion d'azote dans l’urine on observe des maximas et des minimas aux mêmes heures.
- Ces oscillations ont une fixité remarquable. Comme le remarque, à ce sujet, le professeur Gigon, dans la Schwei-zerische medizinische Wochenschrift, les veilleurs de nuit, les boulangers, les sœurs de charité habitués, les uns et les autres, à dormir le jour et à veiller la nuit, présentent des maximas et des minimas de température aux mêmes heures
- que le commun des mortels. Plus les observations sont faites avec soin, moins on trouve d’écart pour les cas de ce genre avec la moyenne des individus.
- Cependant, on a constaté que le fait de se rendre dans l'autre moitié du globe, en Indo-Chine par exemple, c’est-à-dire de se mettre à dormir pendant les heures au cours desquelles on veillait jusqu’alors, amène un décalage dans ces oscillations périodiques de telle sorte que les maximas et les minimas se retrouvent aux mêmes moments qu’autrefois par rapport au soleil.
- Qu’est-ce qui agit pour amener cette modification? On a admis pour l’expliquer l’influence du milieu : l’absence de lumière et de bruit suffisant à augmenter le tonus du parasympathique au moment du coucher, ce qui fait dormir puisque, comme on le sait, le sommeil est caractérisé par la prépondérance du système parasympathique (contraction des pupilles, abaissement de la pression du sang, etc.). Il y aurait là, en somme, un phénomène de suggestion véritable.
- S’il en était ainsi, dans les pays où s’observe le soleil de minuit, ces variations seraient troublées. C’est ce que
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- H. Volckcr, dans les PfUigers Archiv, vient d’étudier à Akureyri, au nord de l’Islande, avec les méthodes modernes d’étude du métabolisme. Il a pu constater, notamment par des mesures prises à jeun, que, même si le soleil ne descend pas au-dessous de l’horizon, les mêmes oscillations nychthé-mérales s’observent. Ces variations seraient donc liées à la localité et non au soleil. On est par suite tenté d’invoquer
- non pas des phénomènes de suggestion par le milieu, mais des influences cosmiques telles que celles qui, par exemple, font varier la conductibilité électrique de l’air.
- Bref, le champ des hypothèses est largement ouvert et ce phénomène si banal de périodicité ne semble pas encore prêt à nous livrer son secret.
- D1 P.-E. Morhardt.
- LE BACILLE TÉTANIQUE
- SA DIFFUSION DANS LA NATURE
- D’une excellente étude de MM. Weinberg et Ginsbourg sur le bacille tétanique, on peut extraire les indications qui suivent sur la diffusion de ce microbe dans la nature (Bull. Inst. Pasteur 1926 et 1927, 15 janv. 1927).
- Le bacille tétanique est comme on sait très souvent véhiculé par les excréments des chevaux. Mais de nombreuses études plus ou moins récentes ont permis de constater sa présence en beaucoup d’endroits et notamment chez l’homme, en dehors des cas d’infection tétanique.
- Ainsi Hall et Peterson (1924) ont trouvé ce microbe dans 20 pour 100 de leurs cultures toxiques obtenues par ensemencement de terre arable de Californie. On a observé une fois sa présence dans les excréments de bovidés, mais il ne semble pas qu’on ait fait encore assez d’observations à ce sujet.
- Par contre on l’a très bien trouvé dans les excréments du cobaye et aussi du lapin, des souris et des rats. Il y a plus : la présence du bacille tétanique dans l’intestin de l’homme a été constatée aussi dans des cas assez nombreux, notamment aux environs de Pékin (34 pour 100 des sujets examinés et en Californie (25 pour 100 environ). On n’a par contre trouvé, en Angleterre que 2 porteurs de germes sur 200 malades d’hôpital examinés (Fildes, 1925).
- Enfin Hall (1925) a isolé le B. tétanique de la salive d’un enfant de 10 ans, en bonne santé. Ce bacille isolé a donné une souche très toxique dont la virulence a été prouvée par inoculation sur le cobaye. Le même enfant examiné trois mois après n’avait plus ce bacille dans sa salive.
- Un fait digne d’être relaté est le suivant. On a constaté que, si le B. de Nicolaïer (—B. tetani) est cultivé en présence de certains microbes de la flore intestinale, il perd beaucoup de sa virulence. Ainsi la toxicité du filtrat de la culture est affaiblie, en 5 jours, de 100 fois, en présence de J?, bulgaricus, de 50 fois, en présence de B. acidi lactici, de B. coli, de B. mucosus capsulatus, de B. jantinus, de 10 fois en présence du Streptocoque, et de 5 fois en présence du Staphylococcus aureus..
- On a cité un certain nombre de cas de tétanos, après opérations par exemple, qui ne pouvaient pas être attribués à l’infection pendant l’intervention chirurgicale, mais qui s’expliquaient par la voie intestinale : paroi intestinale congestionnée au cours de l’opération (notamment réduction de hernie, cas communiqué par Tulloch, 1919).
- Enfin la présence de certains microbes dans les plaies, comme B. perf'ringens qui s’y trouve fréquemment, favorise le développement du B. tétanique. L. R.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- ENLÈVEMENT DE LA COUCHE DORSALE DE GELATINE DES PELLICULES PHOTOGRAPHIQUES
- Il arrive fréquemment, au cours des manipulations faites dans la saison chaude, que la gélatine des clichés pelliculaires soit rayée ou même enlevée par le contact fortuit de l’ongle ou d’un corps dur quelconque. Si cette, rayure se produit sur la couche sensible jiortont l’image, l’accident est à peu près irrémédiable. D’autre part, l’arrachement d’une partie de la gélatine constituant le dos de la pellicule, tout en ne présentant pas les mêmes inconvénients, produit une trace indélébile sur tous les tirages positifs.
- Dans ce dernier cas, il existe un procédé héroïque pour faire disparaître totalement toute imperfection ; ce moyen consiste à enlever complètement la couche dorsale de gélatine de la pellicule.
- MM. Crabtree et Ross, des Laboratoires Kodak, indiquent dans la Rerue Française de Photographie, la marche à suivre pour arriver à ce résultat.
- Diluer de la dissolution à pneumatiques avec de la benzine jusqu’à consistance de sirop et y ajouter 5 pour 100 d’acétate d’amyle ; enduire une plaque de verre de 2 couches de cette solution, à ongle droit et à 5 minutes d’intervalle. Après séchage de 30 minutes, appliquer soigneusement la surface impressionnée de la pellicule à traiter sur la plaque caoutchoutée. Assurer, par pression, une adhérence parfaite, surtout sur les bords.
- Immerger le tout dans une solution d’acide sulfurique à 5 pour 100 à 40° centigrades, frotter légèrement le dos gélatine qui disparait. Laver quelques instants à l’eau courante. Après séchage, la pellicule se détache par traction.
- Il est à remarquer que la pellicule ainsi traitée a une tendance à se rouler sur elle-même, la gélatine en dedans. 11 est donc nécessaire, pour les conserver, de les maintenir planes, soit entre les feuillets d’un livre, soit dons une boîte bien pleine et fermée.
- VERNIS TRANSPARENT POUR NÉGATIFS
- Dans El Progreso Fotografico, le professeur Namias fait observer que la simple dissolution de gomme-laque dans l’alcool à 90° donne un vernis qui ne présente pas toujours la transparence requise. L’emploi de l’alcool à 95° donnant de meilleurs résultats, il semble que la présence' de l’eau, même en faible quantité, soit nuisible à l’obtention d’un résultat parfait.
- Une communication de la Rerue de Chimie et de Minéralogie, de Turin, met en évidence la propriété que possède le tétrachlorure de carbone d’accroître la transparence des vernis à l’alcool à base de sandaraque ou de gomme-laque.
- On mettra donc à digérer à froid 20 gr. de gomme-laque blonde dans 1 litre d’alcool dénaturé ; la présence de verre pilé facilitera la dissolution, puis on ajoutera 10 gr. de tétrachlorure de carbone. On obtient ainsi un vernis limpide, facile à filtrer et s’étendant en couches très transparentes.
- La plupart des colorants employés dans les virages par mordançage peuvent être utilisés pour obtenir éventuellement un vernis coloré. Citons particulièrement la rhodamine ou la fuchsine pour le rouge, la clirysoïdine pour le jaune orangé, l’auramine pour le jaune citron, le vert malachite, le bleu et le violet de méthyle.
- Ajoutons enfin que ce vernis s’emploie avec un égal succès sur le verre et le métal.
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- A propos de la vitesse limite des automobiles.
- Nous avons reçu un grand nombre de remarques de nos lecteurs à propos de notre article paru dans le n° 2752
- de J.a Nature du 1er janvier 1927, sur la vitesse normale des automobiles.
- Plusieurs de nos cor r espon d an t s font remarquer, et avec raison, la difficulté pratique d’établir un examen médical régulier pour les conducteurs, mais déplorent cette difficulté et regrettent que des retraits plus fréquents de permis de conduire ne soient pas infligés aux conducteurs imprudents ou maladroits qui ont commis plusieurs accidents.
- D’autres lecteurs, et en particulier M. Charpentier de Lyon, expriment l’opinion de la majorité des usagers français en déclarant que la masse du public désire, en général, des voitures confortables et économiques, mais relativement peu rapides ; ils souhaitent donc que les constructeurs portent leurs efforts sur ces points et n’établissent que rarement des véhicules de sport pouvant dépasser une vitesse moyenne d’une soixantaine de kilomètres à l’heure.
- La diminution du nombre des véhicules rapides entraînerait très vite, à leur avis, une diminution du nombre des accidents, bien qu’il faille remarquer évidemment que la vitesse limite dangereuse dépend de facteurs très complexes.
- Retenons, en tout cas, de ces suggestions, que le public s’intéresse à la question, et que les pouvoirs publics et les constructeurs devront quelque jour étudier ce problème.
- Les appareils de signalisation automatique.
- Nous avons indiqué récemment les règlements récents relatifs à la signalisation dans Paris.
- Nous avons également décrit différents modèles d’appareils lumineux qui permettent très simplement d’effectuer les manœuvres de signalisation au moyen de contacts électriques à boutons ou à pédales.
- On pourrait souhaiter <c a priori » la construction d’appareils de signalisation automatique, qui enlèveraient au conducteur tout souci de la manœuvre à effectuer.
- La pédale de frein commanderait, par exemple, l’allumage d’un certain signal lumineux constituant ainsi un signal d’arrêt ou de ralentissement.
- En tournant le volant de direction à droite ou à gauche, le conducteur commanderait de même automatiquement l’allumage d’un signal de virage à droite ou à gauche.
- Mais, si l’on réfléchit quelque peu, on s’aperçoit bien vite que la construction de ces appareils n’offre aucun intérêt, et que même leur emploi serait fort dangereux.
- En effet, comme le fait remarquer fort justement M. Bau-dry de Saunier dans la revue Omiiia, il ne faut pas effectuer la signalisation au moment même ou on exécute la manœuvre signalée, mais avant d’exécuter cette manœuvre.
- Le temps qui sépare le signal d’une manœuvre et le commencement de son exécution n’est d’ailleurs pas une constante, et varie évidemment suivant la vitesse du véhicule lui-même, suivant la vitesse des véhicules qui suivent, et suivant l’état de la chaussée.
- C’est au conducteur prudent à apprécier la durée optimum
- Fig. 1. — Réparation d’une chambre à air au moyen de pâte bouche-trous.
- I) . Réparation d’un trou de clou.
- II) . Obturation d’une petite coupure.
- de ce temps, et aucun appareil automatique ne peut donc être pratiquement utilisé.
- Ceci ne veut évidemment pas signifier que la manœuvre de signalisation ne puisse pas être facilitée par un système de commande pratique, à portée de la main ou du pied du conducteur.
- Nous avons ainsi décrit des signaux lumineux actionnés par des conducteurs électriques fixés sur le volant ou sur le tablier de contrôle de la voiture, ou des pédales à double contact qui semblent pouvoir être employées avec avantages.
- Pour réparer les petits trous des chambres à air.
- Lorsqu’une chambre à air se dégonfle lentement, cet accident provient généralement d’un petit trou produit par un clou, ou d’une petite coupure, lorsque la valve ne fuit pas évidemment.
- Pour trouver l’emplacement du trou, on sait qu’il suffit de plonger la chambre gonflée dans l’eau, et le dégagement des bulles d’air donne immédiatement le renseignement désiré.
- Mais, pour réparer ces petits accidents, il n’est pas toujours besoin de coller une pièce à l’endroit où la chambre est percée, on peut également se servir plus rapidement de pâte bouche-trous (Michelin, par exemple).
- On gratte avec un canif ou au papier de verre la surface à réparer, on nettoie à l’essence, et l’on enduit d’une légère couche de dissolution.
- Puis pour un trou de clou (I, fig. 1), on pétrit une boule de pâte de la grosseur d’une noisette avec des doigts bien propres, et l’on applique la pâte comme il est indiqué sur la figure.
- Pour une coupure (II, fig. 1) on pétrit la pâte en* forme d’olive, et on fait pénétrer dans la fente une partie de la pâte. On aplatit ensuite comme il est indiqué également sur le schéma. On laisse
- enfin sécher complètement avant remontage. Il faut,d’ailleurs, comme à l’habitude, enduire fortement la chambre de poudre de talc au mo ment de ce remontage.
- Lampe chauffante de sûreté.
- Il est souvent utile en hiver de réchauffer le moteur d’une automobile avant le départ journalier. Cette opération facilite la mise en marche, et, en augmentant la fluidité de l’huile de graissage, évite les détériorations qui peuvent se produire si cette huile est trop froide et lubrifie mal, sans compter les risques de surpression possible dans les moteurs à graissage sous pression.
- On peut effectuer très simplement cette opé-
- Fig. 2. — Lampe de sûreté pour réchauffer le moteur au départ en hiver.
- Elle peut servir aussi de lampe de secours pour éclairer le garage.
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- ration de réchauffement au moyen d’une lampe chauffante de sûreté, à essence qui se place sous le capot de la voiture.
- Le réservoir de cette lampe contient de l’étoupe qui est imprégnée d’essence, donc aucun danger d’explosion n’est à craindre. D’autre part, la flamme est entourée d’un cylindre métallique perforé avec toile métallique, comme une lampe de mine, ce qui rend la sécurité absolue.
- Pour allumer la mèche il est, d’ailleurs, inutile d’ouvrir le cylindre protecteur. Cet allumage s’effectue de l’extérieur au moyen d’un bouton qui commande simplement le fonctionnement d’un briquet au ferro-cérium dont les étincelles déterminent l’inflammation de la mèche.
- La lampe peut évidemment servir, en outre, de lampe de sûreté pour l’éclairage d’un garage, ou comme lanterne de secours durant les voyages de nuit.
- Chauffe-mains pour volant de direction.
- La conduite d’une automobile, surtout munie d’une carrosserie torpédo, est souvent pénible en hiver, car beaucoup de conducteurs ne veulent pas employer de gants très épais qui gênent les mouvements des mains.
- Une résistance chauffante placée autour du volant de direction et parcourue par le courant de la batterie d’accumulateurs de la voiture constitue un accessoire souvent fort utile et très pratique (lig. 3). Pour mettre le chauffe-mains en fonctionnement, il suffit de placer la fiche de prise de courant sur les douilles correspondantes du tableau de distribution électrique de l’automobile.
- Le conducteur conserve ainsi toujours ses mains chaudes sans être gêné par des gants épais. Le prix d’achat de l’installation est modique, et la consommation de courant est insignifiante, d’autant plus que l’appareil n'est utilisé que lorsque la voiture est en marche, c’est-à-dire lorsque la dynamo tourne et recharge la batterie constamment.
- Système de freinage électromagnétique.
- L’adoption des freins sur les quatre roues a constitué un immense progrès et les constructeurs s’efforcent chaque jour encore pourtant d’améliorer les systèmes de freins en
- perfectionnant sur-
- Fig. 4.
- Coupe du frein électromagnétique.
- tout la progressivité du freinage, et en diminuant l’importance de l’effort fourni par le conducteur pour le commander. De ces efforts, sont nés les différents systèmes de servofreins à dépression, à huile, etc., dont nous avons déjà décrit quelques modèles.
- Un dispositif assez original pour freins avant vient encore d’être mis au point, et ce dispositif a le mérite de la simplicité, tout au moins théorique.
- Le principe du procédé n'est plus mécanique, mais
- électro-magnétique. Un disque en acier doux tourne devant les faces polaires d’un électro-aimant que l’on peut faire parcourir par un courant d’intensité variable. Le disque vient alors frotter contre le noyau de l’électro-aimant et le frottement est d’autant plus intense que l’intensité du courant qui parcourt le bobinage est plus grande.
- On obtient donc un freinage progressif en lançant un courant électrique dans le bobinage et en faisant varier l’intensité du courant.
- Le système donne ainsi la possibilité d’obtenir très simplement un freinage progressif et de commander ce freinage sans effort en reliant le frein à la pédale de commande au moyen d’un câble conducteur.
- En pratique, un frein de ce type est construit comme le montre la figure 4. L’électro-aimant de commande est constitué par une double couronne en acier doux, et les bobines annulaires servant à produire l’aimantation sont montées dans
- Fig. 3. — Volant à résistance électrique chauffante.
- Celle-ci est placée dans une gaine isolante et chauffée par le courant de la batterie.
- les rainures de ces couronnes.
- Les couronnes sont maintenues dans une cuvette en tôle emboutie qui forme carter, et cette cuvette est elle-même boulonnée à une embase solidaire de la fusée.
- Les extrémités des bobinages aboutissent d’ailleurs aux deux bornes, dont, l’une est isolée et l’autre est à la masse.
- Le moyeu de la roue comporte une embase qui sert de support au disque en tôle emboutie.
- Un anneau en fonte réuni à ce disque par une série de goujons, munis de ressorts de rappel, forme l’armature de l’électro-aimant suivant le principe que nous avons expliqué plus haut. Cette armature tourne, en même temps que la roue, devant la face de l’électro-aimant à une distance d’une fraction de millimètre.
- Lorsqu’on envoie un courant dans les bobinages, l’anneau en fonte est attiré et le frottement résultant produit le freinage.
- Il est évidemment nécessaire pour que le freinage soit progressif que le courant lui-même soit envoyé progressivement dans le bobinage. La pédale ordinaire de commande agit donc au moyen d’une petite tige sur le rhéostat qui actionne progressivement le frein électrique.
- Le câble qui relie le rhéostat à l’électro-aimant est un câble souple en acier enfermé dans une gaine protectrice.
- De plus, les bobines de l’électro-aimant sont noyées dans un ciment spécial très dur qui les met à l’abri des influences extérieures.
- Le freinage ne se faisant évidemment qu’en marche (les freins arrière étant à commande ordinaire), il ne peut résulter de décharge des accumulateurs, le courant de la dynamo seule étant plus que suffisant pour ce service.
- En dehors de sa facilité de commande, on conçoit bien que l’adaptation d’un tel frein sur une voiture d’un type quelconque soit très facile, puisqu’il ne nécessite généralement aucun changement de l’essieu avant.
- Un embrayage automatique curieux.
- Quelques journaux techniques ont donné récemment la description d’un embrayage automatique , dont le
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- principe assez curieux intéressera sans doute nos lecteurs.
- On sait que les embrayages de modèles divers généralement utilisés sont commandés par une pédale que l’on manoeuvre lorsqu’on veut isoler le moteur delà transmission, au contraire, l’en rendre solidaire.
- Dans le système que nous allons décrire, au contraire, on s’est efforcé de rendre automatique et indépendante de la volonté du conducteur cette manœuvre d’embrayage ou de débrayage.
- A cet effet, sur le volant du moteur est monté un bloc cylindrique de matière spéciale élastique (I, fig. 5). Ce bloc est muni à sa périphérie de plaquettes de ferodo et contient noyées dans sa masse des masselottes en plomb.
- Une cuvette en acier en forme de tambour de frein (II, fig. 5), solidaire de l’arbre primaire du changement de vitesse, entoure le bloc avecunjeu soigneusement déterminé.
- Dans ces conditions, il n’y a évidemment au repos aucune liaison entre le moteur et la transmission. Mais, aussitôt que le moteur est mis en route, les masselottes sont soumises à la force centrifuge, et d’autant plus énergiquement que le moteur tourne plus vite, la masse élastique se déforme et les plaquettes frottantes viennent s’appliquer à l’extérieur de la cuvette en acier. L’embrayage se fait ainsi progressivement.
- Pour débrayer, au contraire, il suffit de lâcher la pédale d’accélérateur, le moteur ralentit et il n’y a plus liaison entre le bloc et la cuvette.
- La pédale de débrayage est ainsi supprimée et toute la manœuvre se fait automatiquement, en théorie, par la pédale d’accélérateur normale. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- JLamue chauffante. A. P. P. A,, 17, rue Brunei, Paris.
- Chauffe-mains. Etablissements Rollet, 64, rue Folie-Méricourl, Paris.
- Frein électromagnétique. Forges de la Fournaise, 120, rue de la Gare, St-Denis.
- Masselottes _ BjPc étique en.
- Garniture
- Trous de Emmanchement
- passage des/ à clavettes
- colonnettes du plateau
- Tambour solidaire de l'arbre primaire.
- Plateau fixe volant
- Trous d'air
- Colonnettes pour la fixation du bloc élastique.
- Arbre primaire „
- du changement de vitesse Clavette
- Arbre primaire du changement de vitesse
- Trous d'air
- Plateau fixé au volant.
- Fig. 5. — Embrayage automatique type « Centrifugia »,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PROCÉDÉ DE RÉFECTION DES MEUBLES VERMOULUS
- Les bois d’ébénisterie, les boîtiers d’horloges, de pendules, les coffrets et les meubles en bois secs sont souvent attaqués par les vrillettes ou vers du bois.
- Pour détruire ces parasites et remédier à leurs dégâts, on procède de la manière suivante :
- On injecte dans les trous du bois, particulièrement dans ceux desquels sort une fine poussière décelant la présence des larves et des insectes adultes, une dissolution au 1/1000° de chlorure de mercure dans l’alcool (liqueur de Van Svveeten des pharmaciens).
- Cette injection se fait commodément à l’aide d’une seringue à injections hypodermiques, à aiguille fine. La solution coule dans les.trous et tue les vrillettes. On peut alors boucher les trous du bois en employant un mélange composé de 1 partie de résine et 3 parties de cire d’abeille. Ce mélange est coloré d’après la teinte du meuble a réparer. A cet effet, on utilise des couleurs sèches : terre de Sienne brûlée ou naturelle, ou du noir de fumée.
- Lorsque le bois est plus ou moins vermoulu, affaibli par les trou des vrillettes, on peut le renforcer, le durcir en appliquant plusieurs couches d’une solution préparée en faisant bouillir doucement, pendant plusieurs heures, des morceaux de parchemin dans de l’eau chaude. On obtient ainsi une sorte de colle qui pénètre à l’intérieur du bois, et qui maintient solidement les parties vermoulues. S’il reste un peu de colle à la surface, on l’enlève facilement au moyen d’un tampon imbibé d’eau chaude, procédé très simple, indiqué pur la Revue de F Ameublement, et qui assure une complète réfection des bois détériorés.
- UNE COLLE POUR MENUISERIE
- Bien que la formaldéhyde iusolubilise parfaitement les colles et gélatines, on ne peut pas pratiquement se servir de cette intéressante et bien connue réaction, dans les colles de menuiserie, car la réaction se produit si rapidement, que le mélange forme un gel inutilisable, avant que les surfaces à coller puissent être mises en contact, et pressées, ce qui est le cas des colles employées en menuiserie.
- Brown et H. Hrubesky indiquent, dans le Chemical Trade, un tour de main intéressant permettant d’insolubiliser lentement la colle. Au lieu de formol, ils emploient les corps de cette série, qui, par hydrolyse lente, forment du formol libre, par exemple la paraformaldéhyde ou l’hexaméthylènetétramine.
- Les colles ainsi constituées restent assez longtemps fluides, avant de produire un composé insoluble. Elles permettent le travail aisé, sans presses. Voici une formule, qui, d’après les auteurs précités, donne une colle comparable, comme résistance, aux meilleures colles à la caséine. On fond une bonne colle pour bois, comme à l’habitude, au bain-marie. On ajoute de la paraformaldéhyde finement pulvérisée (passage au tamis 2 gr. 50) (10 pour 100 de la colle sèche) et ensuite 5 pour 100 d’acide oxalique. Une telle colle peut rester liquide durant 7 à il heures à une température inférieure à 45°.
- BAINS POUR DÉTRUIRE LA VERMINE DES MOUTONS
- Pour détruire les innombrables parasites qui se donnent rendez-vous sur les toisons des ovidés, et pour lutter contre les multiples bactéries qui font de la toison moutonnière le plus beau des champs de culture microbienne, les poudres seules sont totalement insuffisantes. Elles ne pénètrent pas assez à l’intérieur des toisons.
- Des bains sont nécessaires. Ces bains sont généralement à base de goudron de houille ou d’acides du goudron, convenablement émulsionnés. On exige, d’après le Chemical Trade, des bains contenant 0,36 pour 100 d’acides du goudron de houille et 0,76 pour 100 du même goudron au total (y compris les acides).
- On a fait aussi des bains contenant de la poudre d’hellébore, de la nicotine, des composés arsenicaux. Parmi les poudres qui onl la faveur du public (elles sont à base de talc ou de Kieselgubr) il faut citer la « poudre carbolique rouge » et la « préparation blanc grisâtre ». Ce sont des pkénolates et des crésylates de chaux, avec des supports minéraux. Mais, nous l’avons dit, rien ne vaut le bain.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AGRICULTURE
- Production mondiale d’huile d’olive.
- La Revue Internationale d’Agriculture publie pour l’huile d’olive un graphique et des données comparables à ceux qui ont déjà été donnés pour le vin (La Nature, n° 2763).
- Les nombres relatifs à la production mondiale ne comprennent pas les productions de la Turquie, la Lybie, l’Albanie, assez faibles d’ailleurs.
- L’Espagne, qui est le plus grand producteur d’huile d’olive,
- a enregistré en 1926 une
- production nettement déficitaire en diminution de 20 à 30 pour 100 par rapport à celles des cinq années précédentes. Comparée à la moyenne d’avant-guerre la production de 1926 est légèrement supérieure, mais il faut relever qu’elle a été obtenue sur une superficie cultivée en oliviers de 1 700 000 hectares, c’est-à-dire de 250 000 hectares plus grande que la moyenne de la période 1909-1913. Les pluies torrentielles d’octobre et de novembre qui ont provoqué la chute des fruits, les gelées de décembre et les dégâts considérables de la mouche de l’olivier ont déterminé le mauvais rendement des oliveraies espagnoles.
- En Italie, on a obtenu, malgré les conditions météorologiques défavorables et les fréquentes attaques des insectes, une bonne récolte moyenne d’olives, mais le rendement en huile a été plutôt faible, spécialement par suite des dégâts causés par la mouche de l’olivier en quelques régions.
- La production a été inférieure de presque 17 pour 100 à la moyenne 1921-1925 et de 7 pour 100 à celle d’avant-guerre. En Grèce, le chiffre définitif de la production n’esf pas encore établi, mais en se basant sur une estimation préliminaire elle semble excellenté. Dans l’Afrique du Nord, le sirocco a causé d’importants dégâts en Algérie et au Maroc; les conditions météorologiques ont été plus, favorables en Tunisie où la production a été abondante.
- La production mondiale de 1926 est inférieure de 15,7 pour 100 à la moycnné de 1921 à 1925, mais supérieure de 0,4 pour 100 à celle d’avant-guerre.
- ORNITHOLOGIE A propos des Freux.
- Dans l’article intitulé « Qui nous envoie les Corbeaux d’automne? », paru dans le numéro 2744 de La Nature (6 novembre 1926), nous avons brièvement signalé le
- Pi g. i, — Production de Vhuile d’olive en milliers de quintaux.
- 1. Total général ; 2. Espagne; 3. Italie ; 4. Grèce; 5. Autres pays d’Europe et Asie; 6. Afrique.
- baguage des Freux, entrepris par l’Institut des Recherches Agronomiques, dans le but de savoir d’où nous viennent les Corbeaux d’automne et que deviennent les Freux de corbeau-tières après la période de nidification.
- La Station de zoologie des Vertébrés utiles et nuisibles pratique le baguage des jeunes pris au nid et des migrateurs capturés à leur entrée en France. C’est, principalement d’octobre à la fin de mars qu’a lieu le baguage des Freux.
- Les bagues d'aluminium que la Station des Vertébrés met à la patte des Oiseaux portent l’inscription suivante :
- I. R. A. Veksailles-France.
- ainsi qu’une lettre de série et un numéro d’ordre.
- /. R. A. est l’abréviation de : Institut des Recherches Agronomiques. — /. R. A. Versailles forme une adresse télégraphique, régulièrement déposée. L’adresse postale complète de la Station est :
- Etoile de Choisy, Route de Saint-Cyr
- Versailles (Seine-et-Oise)
- Si l’on reprend un Oiseau portant une bague de la Station des Vertébrés, le signaler immédiatement à l’adresse ci-dessus, en indiquant la localité et le lieu-dit de la reprise (Oiseau capturé vivant, tué, trouvé mort...), et aussi le nom et l’adresse de la personne ayant effectué la reprise.
- Les personnes qui voudraient prendre part au baguage sont priées d’entrer en relation avec la Station des Vertébrés.
- Vous avons dit qu’en 1925, 431 Freux ont été bagués, soit :
- 338 poussins et jeunes, bagués dans les corbeautières,
- 93 adultes et jeunes, à l’automne.
- Il y eut quelques reprises de bagues; nous en avons cité deux. (A. 456 et A. 595).
- En 1926, le baguage des Freux a été continué et, au total, plus de 800 oiseaux ont été marqués.
- Parmi les reprises de bagues, nous citerons :
- Bague A. 329. Un vieux Freux de migration, pris au filet, le 4novembre 1926, à Rang (Doubs), a été tué le 24 décembre suivant, à Rouziers (Indre-et-Loire), 48 jours après et à une distance de 450 km environ, en direction ouest.
- Bague A. 338. Un jeune Freux de migration pris au filet, le 10 novembre 1926, à Rang (Doubs), a été tué le 23 novembre à Clerval (Doubs), lieu-dit « En Hiégon », 14 jours après, à une distance de 6 kilomètres environ, en direction sud.
- Bague À. 339. Un jeune Freux de migration, pris au filet, le 11 novembre 1926, à Rang (Doubs) a été tué quelques heures après, à 3 km 500 environ, en direction ouest.
- La bague A. 339 a été mise quelques jours plus tard à un autre Freux.
- Bague A. 3h2. Un vieux Freux de migration pris au filet, le 11 novembre 1926, à Rang (Doubs), a été tué à Brévans (Jura), à une date inconnue, à 90 kilomètres environ, en direction ouest-sud-ouest (vallée du Doubs).
- Bague A. 7IA. Un poussin de Freux, bagué au nid, le 3 mai 1926, à Bussy-les-Daours (Somme), — dans la cor-bcautière n° 206 (château de Bussy), — a été tué dans les premiers jours de juin, sur le domaine d’Ellonville (Somme) un mois après, à une distance de 3 km environ, en direction nord-ouest.
- Bague A. 930. Un jeune Freux de migration, pris au filet, le 20 octobre 1926, à Rang (Doubs), a été tué le 1er décembre, à Buellas (Ain), 43 jours plus tard, à 180 km de là, en direction entre sud-ouest et sud-sud-ouest.
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- Bague A. 1031, Un poussin de Freux, bagué au nid, le 28 avril 1926, à Germignonville (Eure-et-Loir), dans la corbeautière n° 108 (château de Cambray), a été tué le 28 décembre à Thénezay (Deux-Sèvres), 245 jours après,'à une distance de 210 km environ, en direction sud-ouest.
- Par ailleurs, citons une reprise de bague de Héron :
- Bague O. 14. Un Héron cendré (Ardea cinerea L.) a été bagué au nid, le 28 avril 1926, dans la héronnière de la forêt de Rioult-Clairmarais (Pas-de-Calais), par M. Adrien Legros, secrétaire aux Réserves et Refuges de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux.
- Ce héron a été tué, le 10 novembre 1926, à Laverstoke Withchurch (Hampshire, Angleterre), sur la rivière Test, après 196 jours, et à une distance de 345 km, en direction ouest.
- Comme on le voit, le baguage conduit à des observations intéressantes, quant à l’étude des déplacements et des migrations des Oiseaux. Alex. Feuillée-Billot.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Les bleus de cobalt.
- Le Dr Fox, dans une conférence qui a été résumée par tlie Chemical Age du 20 novembre 1926, nous rappelle quelques faits fort intéressants sur les bleus de cobalt du temps passé. Aujourd’hui ils ne sont plus guère employés que pour les couleurs à l’eau et les couleurs pour peintures artistiques, à cause de leurs prix élevés et du brillant des outremers bon marché. D’après le Dr Fox, cette assertion que l’outremer est plus brillant que les bleus de cobalt n’est pas absolument exacte.
- Actuellement l’industrie des couleurs pour artistes conserve toujours aux bleus de cobalt la place qu’ils méritent. Les peintres en aquarelle les emploient également beaucoup. Ces bleus sont permanents, résistent à l’action des impuretés atmosphériques, restent brillants et se mélangent bien aux autres pigments. Aussi semblent-ils devoir retrouver à nouveau quelque faveur dans l’industrie. Comme ils résistent en général aux acides et aux alcalis, ils se recommandent d’eux-mêmes dans les nouveaux vernis à la nitro-cellulose ou dans' les vernis émails à l’huile et aux gommes résines. L’industrie de l’émaillage des carrosseries d’automobiles emploiera de plus en plus les bleus, verts et violets de cobalt à cause de leur stabilité à la lumière et aux constituants acides de ce genre de vernis, soit qu’ils soient présents dans le vernis ou qu’ils se soient développés par le vieillissement.
- Le plus anciennement employé des bleus de cobalt est le smalt qui est un silicate double de cobalt et de potassium ; on l’obtient aussi par la fusion du vert potassique et du « salîre ». Rappelons que le salïre est le produit de l’oxydation des sulfures naturels de cobalt et autres métaux ou arsénio-sulfures ou speiss quand ils sont grillés dans des fours convenables. La fabrication du smalt est restée ce qu’elle était il y a de nombreux siècles.
- Il faut admettre néanmoins que la chimie des silicates de cobalt n’a pas dit son dernier mot et que bien d’autres qualités de nuances de silicate de cobalt pourraient être obtenues en variant les conditions de l’expérience. Si par exemple, une solution concentrée et bouillante d’un sel de cobalt est ajoutée à une solution concentrée et bouillante de silicate de sodium, on obtient à la calcination un smalt parfaitement bleu. Si, au contraire, on ajoute la solution chaude de silicate de sodium à la solution chaude de cobalt, il se forme un précipité violet qui, par un séchage modéré, devient rose. Finalement ce corps rose devient bleu par une calcination éner-
- gique, mais ce bleu a une teinte rougeâtre. Tous ces corps ont leur importance dans la coloration des émaux soit sur métaux, soit en céramique, mais leur utilisation immédiate est dans l'industrie des peintures et des vernis.
- Le plus important des bleus de cobalt est le bleu Thénard qui est un aluminate de cobalt. Rappelons également les bleus et les violets de Rinmann.
- La lutte contre le vieillissement des articles en caoutchouc manufacturé.
- La Nature a déjà attiré à diverses reprises l’attention sur l’importance croissante du problème de l’altération du caoutchouc par vieillissement et de la difficulté qu’on éprouve à conserver des objets manufacturés.
- De nombreuses recettes empiriques ont été essayées : conservation dans le talc, les vapeurs de pétrole, traitement par les alcalins, etc. ; la plupart ne sont que temporairement efficaces et ne prolongent que de peu la durée des objets de caoutchouc.
- Par exemple, on a beaucoup préconisé jadis, l’immersion prolongée des articles dans des solutions ammoniacales très étendues d’eau.
- Ce remède n’est que momentané.
- On préfère aujourd’hui l’adjonction aux mélanges non vulcanisés, de matières dites « antioxydes », que les études magistrales du professeur Moureu et Dufraisse et de Bernstein, en France, de L.-E. Weber aux Etats-Unis ont mises en lumière.
- Le sujet est encore nouveau, mais nul doute qu’avec le temps, les « antioxydes » entrent dans la technique caout-choutière, de même que les accélérateurs y ont conquis leur droit de cité depuis 15 ans qu’ils ont été découverts.
- Qu’est-ce d’abord qu’un caoutchouc oxydé ?
- Au point de vue physique, une couche dure se produit, couche qui se craquèle ; le produit « allongement X force de rupture », caractéristique d’un caoutchouc, diminue de plus en plus.
- On a dit que celte oxydation était une addition de l’oxygène de l’air aux doubles liaisons du carbure caoutchouc. Or, d’après L. E. Weber, Ind. Eng. Chem. I. XVIII, p. 963-964 (n° 9 de septembre 1926) et Res’ue des Ponts et Chaussées, 3 mars 1927, p. 220, il n’en serait pas ainsi : des réactions plus compliquées semblent avoir lieu, car le caoutchouc vulcanisé, ou trop ou trop peu se dégrade plus vite que les « crêpes » seules.
- Les corps dits « antioxydes » empêchent, ou tout au moins, retardent sensiblement l’oxydation du caoutchouc. Les tanins, les diphénols (hydroquinone, pyrocaléchine, etc.) sont .des « antioxydes ».
- Actuellement, le commerce des produits chimiques vend :
- P Un produit sans autre dénomination que celle d’antioxyde :
- 2° Un produit combinaison d’alcool et d’alphanaphtyla-mine ;
- 3° Un produit combinaison d’aniline et d’acétaldéhyde. Ces produits sont additionnés au mélange caoutchouc, dans des proportions de 1 à 3 pour 100 et parfois 5 pour 100 du poids du mélange.
- En général, c’est vers 50u que le caoutchouc commence à s’oxyder.
- Les « antioxydes » s’oxydant eux-mêmes à la longue, perdent de leur vertu avec le temps. Néanmoins il y a lieu de penser, que, comme les accélérateurs organiques, un rôle important leur est réservé dans l’avenir du caoutchouc manufacturé.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Emploi de l’avion aux colonies.
- L’aviation privée est encore à peu près inexistante aux colonies. L’avion, intéressant pour le colonial, parce qu’il obvie au manque de routes, est considéré par beaucoup comme dangereux dans un pays où les terrains d’atterrissage sont rares et les conditions atmosphériques mauvaises, tant pour le pilotage que pour la conservation du matériel.
- Un pilote de guerre, M. Landiech, a utilisé en Afrique équatoriale française, de 1924 à 1926, un avion Caudron 60 (moteur Clerget) dans son travail pour la Compagnie minière du Congo français.
- Durant ces deux années, 8 à 10 000 km ont été parcourus dans un but utilitaire sans nécessiter la moindre réparation à la cellule.
- La seule précaution avait été de peindre tout l’appareil au ripolin blanc (deux moteurs ont été usés dans cette période).
- L’avion a rendu des services particulièrement intéressants pour des reconnaissances géologiques, l’aspect aérien du paysage (surtout dans le vol en « rase motte ») montrant très clairement les bouleversements du terrain (lignes de faille par exemple) et aussi pour les reconnaissances forestières.
- La région survolée (Brazzaville-Pointe-Noire), accidentée et couverte de forêts, se prête mal à l’atterrissage ; la grande chaleur rend l’avion lourd au décollage.; enfin la saison des tornades y est particulièrement mauvaise. Cependant les départs ont eu lieu à n’importe quelle heure, et n’ont jamais été retardés.
- M. Landiech a, sur le même appareil, tenté le raid Brazzaville-France. Après 4000 km de vol en pleine saison des tornades, l’avion s’est brisé au cours d’un atterrissage provoqué par la déchirure d’un réservoir.
- Aviation et radiotélégraphie.
- Le 14 décembre dernier, M. Guibert du service des Voies et Communications aériennes, a fait à la Société française de Navigation aérienne un exposé sur les transmissions radiotélégraphiques au service de la navigation aérienne commerciale.
- Depuis 1919, tous les avions transportant plus de dix personnes doivent être munis d’appareils de T. S. F.; l’intérêt de la T. S. F. en matière aéronautique est cependant encore bien discuté.
- La météorologie exige :
- 1° Un réseau téléphonique ou télégraphique spécial pour la centralisation des renseignements.
- 2“ Un réseau radio-météorologique pour la diffusion des renseignements.
- Le service particulier des lignes : avis aux navigateurs pour travaux, accidents sur les aérodromes ; annonce des départs et des arrivées; messages particuliers comme annonce de la perte d’une roue au décollage, etc., nécessite un réseau radio-aérien.
- Enfin la possibilité de trafic entre aéronefs permettrait les voyages de conserve, même dans la brume, l’échange de communications météorologiques, et éviterait les collisions.
- Les postes à ondes amorties étant éliminés (portée moindre, brouillages) il reste à choisir pour ces différents services entre les ondes entretenues pures ou modulées et la téléphonie; les portées de ces systèmes de transmission sont respectivement proportionnelles à 3, 2, 1.
- Le réseau radiométéorologique utilisera des ondes pures manipulées et reçues par des spécialistes. Pour le réseau radio-aérien, la téléphonie semble à première vue préférable,
- mais elle exigerait l’emploi d’une langue internationale pour éliminer toute possibilité d’erreur. On utilisera donc la télégraphie, manipulée par un spécialiste si l’avion emporte plus de 10 passagers, par le pilote ou par un appareil automatique dans les autres cas (dans les moments difficiles où le pilote travaille avant tout à la conduite de l’avion, l’appareil automatique est préférable) ; l’emploi de 12 à 15 signaux conventionnels semble en tout cas suffisant.
- Pour les lignes aériennes actuelles ou en installation, les portées doivent être de 100 à 800 km pour les postes à terre, 100 à 500 km pour les postes de bord.
- En dehors de ce travail, la T. S. F. servira à :
- Déterminer la position de l’avion;
- Déterminer la position d’avions voisins ;
- Guider l’atterrissage.
- La goniométrie par poste à terre n’exige pas de spécialiste à bord, et les appareils à terre peuvent être plus parfaits, mais elle exige les mesures de trois postes au moins, elle suppose la confiance absolue en observateurs inconnus, et fonctionne difficilement si plusieurs avions demandent simultanément, leur point.
- Les mesures goniométriques par postes de bord sont faites aussi souvent qu’il est nécessaire, l’erreur personnelle du manipulateur est connue, enfin elles permettent d’éviter les collisions; mais elles exigent à bord un spécialiste et des appareils d’installation délicate (bruit des moteurs, magnétos).
- Une combinaison des deux systèmes serait d’une sûreté absolue.
- Les goniomètres sont de deux modèles :
- 1° Deux cadres fixes perpendiculaires agissant sur une bobine exploratrice (goniomètre à terre de l’aviation anglaise).
- 2e Un cadre tournant (goniomètre à terre de l’aviation française).
- Les erreurs accidentelles sont maximum au lever et au coucher du soleil ; elles atteignent 10 à 15 degrés pour les distances inférieures à 50 km, si le déplacement de l’avion est perpendiculaire à la direction du goniomètre. Dans les conditions normales, l’erreur est de 1 à 2 degrés, avec des goniomètres bien installés.
- Une autre méthode consisterait en radiophares à’ ondes dirigées et à faisceau tournant ; un chronomètre placé à bord donnerait l’angle des directions : phare-avion et phare-nord ; les progrès récents des ondes dirigées font prévoir l’utilisation prochaine de cette méthode.
- L’avion peut être amené à l’aérodrome par les signaux d’un câble parcouru par un courant à haute fréquence ou à moyenne fréquence: trois cadres sont alors disposés à bord, le voisinage de l’aérodrome est annoncé par les signaux d’un deuxième câble.
- Dans un projet étranger, l’appareil est guidé sur le terrain même par un câble en forme de boucle parcouru par un courant modulé ; deux cadres sont placés sur l’avion, l’un à bâbord l’autre à tribord, et actionnent chacun un galvanomètre. Une même élongation des deux appareils indique que l’appareil est au-dessus du câble, la valeur de cette élongation donne la hauteur.
- Enfin un projet de signalisation par rayons infra-rouges est actuellement à l’étude en France, semblant donner des résultats intéressants.
- Malgré tous ces essais, le grave problème de l’atterrissage par temps de brume attend encore une solution définitive, et la question pratique des installations à bord demande une mise au point.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Index generalis, annuaire général des Universités, publié sous la direction de H. de Montessus de Ballore. 1 vol. in-16, 230 p. Editions Spes, 17, rue Soufïlot, Paris, 1026-1927. Relié toile.
- Voici la 7e édition de YIndex generalis, bien entendu, mise à jour. On y trouve, méthodiquement classés, tous les renseignements sur les Universités et grandes écoles, observatoires, bibliothèques, archives, instituts scientifiques, jardins zoologiques et botaniques, musées, sociétés savantes, académies du monde entier, leur personnel, leur fonctionnement, leurs publications. C’est un répertoire absolument complet de toutes les ressources intellectuelles, indispensable à avoir et à consulter.
- El Firmamento, par L. Rodés, S. J. 1 vol. 585 p., 348 fig. P. Salvat, éditeur, Barcelone, 1927.
- Voici une nouvelle description du ciel, due au savant directeur du célèbre Observatoire espagnol de l’Ebre. C’est un ouvrage de haute vulgarisation, clairement et logiquement ordonné, d’une documentation sûre et tenue au courant des plus récents progrès de l’astronomie, d’une lecture aisée, aussi attrayante qu’instructive. L’illustration est d’une richesse et d’une valeur documentaire qui, à notre connaissance, n’ont jamais été atteintes dans un ouvrage de ce genre ; l’auteur a su réunir un choix admirable et unique de photographies, soit météorologiques, soit astronomiques, qui complètent remarquablement le texte. Ajoutons, enfin, que l’éditeur a su donner à cet ouvrage une présentation de tous points excellente et qui fait honneur à l’édition espagnole.
- Le livre débute par une étude rapide des propriétés essentielles de la lumière, grâce auxquelles nous pouvons explorer et mesurer le monde céleste. Quelques notions sur le télescope, puis sur le calcul de la distance des astres; nous arrivons à l’observation et à l’étude du soleil, sa température, l’origine de son énergie, sa constitution. Puis l’auteur aborde les planètes, d’abord la Terre : son aspect physique, ses climats, sa forme et sa constitution, son satellite, et l'histoire du système Terre-Lune. Vient ensuite l’étude physique des comètes, des étoiles filantes et des bolides, puis l’exposé de la grande loi de la gravitation universelle.
- Nous arrivons au monde stellaire, l’auteur montre comment on classe les étoiles par magnitude et comment on évalue leurs distances ; comment on détermine leurs mouvements, comment la spectroscopie nous renseigne sur leur constitution et leur évolution. Puis, il résume nos connaissances sur les étoiles doubles et multiples, sur les nuées cosmiques, les étoiles variables, les amas stellaires, les nébuleuses spirales.
- Leçons de chimie physique, par P. Maurice Vèzes. 1 vol. in-8, 545 p., 293 fig. Vuibert, Paris, 1927. Prix : 50 francs. Bien souvent, on a regretté l’absence d’un traité français de chimie physique. En voici un, écrit de main de maître, fruit de 30 années d’enseignement. Ce n’est pas, comme celui de Nernst, un livre surtout physique et préoccupé de thermodynamique; ce n’est pas non plus, comme celui de Mc Lewis, un amoncellement de données prises dans de nombreux mémoires, c’est une oeuvre de chimiste, digérée, réfléchie, clarifiée, où les multiples aspects sont bien mis à leur place, clairement exposés, illustrés d’exemples choisis.
- Après l’étude des atomes et des molécules, leurs définitions, leurs déterminations, l’auteur passe à l’électrochimie : électrolytes, transport des ions, forces électromotrices, électrolyse; il aborde ensuite l’étude des vitesses de réactions; enfin une grande place est réservée aux équilibres chimiques, étudiés dans les systèmes de plus en plus complexes.
- Nous ne saurions trop recommander à tous ceux qui veulent s’initier aux manièi’es actuelles de penser la physique et la chimie la lecture de cet ouvrage. Il comble une lacune de notre enseignement; il guidera sûrement, aisément, ses très nombreux lecteurs.
- Traité de géographie physique, par Emmanuel de Mar-tonne. 4° édition entièrement refondue et considérablement augmentée.
- T. III. Biogéographie (en collaboration avec A. Chevalier •et L. Guénot). 1 vol. in-8, 464 p., 94 fig. dans le texte, 24 photographies hors texte. Armand Colin, Paris. Pi'ix : broché, 60 francs; relié, 95 francs.
- Le tome III, consacré à la Biogéographie,- qui complète cette 4e édition du Traité, constitue à lui seul un ouvrage nouveau. La complexité croissante des questions et l’abondance des études techniques sont telles que l’auteur s’est associé deux spécialistes réputés, MM. ^Chevalier, directeur du Laboratoire d’Agronomie coloniale de l’Ecole des Hautes Etudes, et Cuénot, professeur de zoologie à l’Université de Nancy. Il en" est résulté un traité com-
- plet de biogéographie, au courant des dernières recherches et découvertes, qui comprend notamment un chapitre important et original sur les principes généraux communs aux deux sciences de la Géographie botanique et de la Géographie zoologique.
- A la Géographie botanique sont consacrés cinq chapitres, dont l’un, considérable, sur la science des sols ; un autre, sur la « sociologie végétale », où sont exposés les progrès de la systématique des associations et les résultats des études les plus récentes sur leur évolution; un autre enfin, dont l’originalité sera particulièrement appréciée, traite de l’influence de l'homme sur la végétation et contient un essai de classification des systèmes de culture. A la Géographie zoologique sont consacrés trois chapitres, nourris de faits et d’idées du plus haut intérêt, sur l’évolution des espèces et de leur répartition, sur les rapports avec les divers milieux; ces chapitres fourmillent d’exemples curieux de corrélations biologiques.
- Pour tous les géographes, cet ouvrage est une véritable mine . de renseignements précieux. Agriculteurs, économistes, coloniaux y trouveront aussi une foule de détails intéressants sur les procédés de culture, les plantes et les animaux domestiques, les pêcheries, etc.
- Le Traité de Géographie physique, aujourd’hui terminé, est l’ouvrage fondamental sur cette science, le livre de chevet.
- La vie de la cellule végétale, par Raoul Combes. 1 vol. in-16, 213 p., 16 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1927. Prix : 9 francs, broché, et 10 fr. 25 relié.
- Cet ouvrage concentre, en quelque sorte, ce que nous savons ou croyons savoir de la vie de la cellule végétale et, notamment, de sa constitution chimique et des échanges chimiques dont elle est le siège et qui en font de merveilleux laboratoires. Très au courant des recherches les plus récentes, l’auteur s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à la physiologie et leur indique ce qui est encore mal connu et la fragilité des hypothèses émises provisoirement pour s’efforcer de satisfaire les esprits, d’où résulte un livre très suggestif.
- La mort et le sentiment, par Henry de Varigny. 1 vol. in-12, 349 p. Félix Alcan, Paris, 1927. Prix : 20 francs.
- Après avoir traité, dans un précédent ouvrage, de la mort et la biologie, voici un autre aspect du problème : la mort et le sentiment. L’auteur a recueilli nombre d’observations, de récits qui lui permettent de parler avec détails et précisions de la peur de la mort, de rechercher si la mort est douloureuse, d’examiner la grâce de mort et l’euthanasie. Sur ces sujets, tristes peut-être, mais si intéressants pour des mortels, il groupe un très grand nombre d’impressions et apprend à sortir de la vie ainsi que d’un banquet.
- Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, 1925. Rapport général présenté au nom de M. Fernand David, commissaire général, par M. Paul Léon, directeur des Beaux-Arts. Section artistique et technique. Vol. V. Accessoires du mobilier. 1 vol. in-4, 108 p., 96 planches. Larousse, Paris, 1927. Prix : 80 francs.
- L’Exposition des Arts décoratifs et industriels modernes a laissé dans les esprits le plus vivant souvenir. Elle a été pour le public une véritable révélation. IL a subi le vif attrait de ces formes et de ces couleurs imaginées pour répondre à son désir de confort et à l’harmonie de son luxe. Les artistes y ont puisé un fécond enseignement : ils ont senti la nécessité d’appliquer de nouvelles formules à des aspirations nouvelles issues d’une vie intense, pénétrée par le machinisme et dominée par le souci du bien-être matériel. Cette irruption de l’industrie dans notre existence quotidienne a créé un mouvement plein de beauté et de grandeur.
- M. Fernand David a conçu l’idée d’un Rapport général qui constitue la synthèse de toutes les créations réalisées en 1925. Il en a confié la rédaction à M. Paul Léon, membre de l’Institut, Directeur des Beaux-Arts, assisté de M. Louis Nicolle, Directeur de la Section administrative de l’Exposition, et de M. H.-M. Magne, Directeur de la Section artistique et technique. Ce rapport paraîtra en 18 volumes mis en vente séparément. Il constituera une précieuse documentation tant par l’analyse et la comparaison des œuvres exposées que par l’illustration luxueuse des planches tirées en une ou plusieurs couleurs.
- Le tome V, le premier prêt, vient de pai-aître. Il est consacré aux accessoires du mobilier et comprend : la tabletterie et la maroquinerie, l’art et l’industrie du métal, la céramique, la verrerie. Imprimé élégamment sur papier d’Arches, admirablement illustré, il forme un magnifique livre d’art où la technique, les renseignements de toutes sortes sont heureusement exposés et groupés.
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- PETITES INVENTIONS
- TOURISME Le “ Mirovelo
- Pour diminuer le nombre des accidents de la route, le besoin s’est fait sentir de munir les automobiles d’un miroir rétroviseur permettant de voir les voitures qui suivent la
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- Fig. 1. — Comment le « Mirovelo » signale une automobile doublant à gauche du cycliste.
- même route derrière celle qu’on conduit. Voici la même idée appliquée à la bicyclette.
- Le « Mirovelo » est un miroir rétroviseur qui se fixe sur le guidon au moyen d’un collier de serrage. Il comprend une tige horizontale articulée portant le miroir au moyen d’une autre tige coudée réglable. Le viseur peut donc être correctement placé et orienté. A l’arrêt, le miroir peut être rabattu vers le guidon pour éviter l’encombrement et les heurts.
- Ce petit accessoire agréera certainement aux cyclistes auxquels il apporte un surcroît de sécurité et évite la nécessité de se retourner sur la selle pour savoir quel danger peut surgir de l’arrière quand ils changent de route.
- MM. Belverge et Wetzel, 24, rue Montrosier, Neuilly-sur-Seine.
- SPORTS
- Un nouveau jeu : le Tenikoit.
- Né sur les transatlantiques, entre l’Europe et l’Amérique, le « Tenikoit » fait actuellement son entrée en France. C’est un jeu charmant, sans bruit, élégant, nécessitant peu de place.
- Le matériel comprend un court semblable à un court de tennis, séparé en deux par un filet. Le projectile est un anneau de caoutchouc qui se lance et se reçoit à la main.
- Des règles précises ont été établies, que nous ne pouvons qu’indiquer ici.
- L’anneau ne doit pas toucher le sol pendant le jeu. Le joueur doit l’attraper et le renvoyer immédiatement, sans le retenir, par-dessus le filet. On compte point par point jusqu’à 15. On joue à 2 ou à 4, en changeant de camp après chaque partie.
- Le « Tenikoit » donne un excellent exercice, très sain, sur un terrain plus petit qu’un tennis.
- Le matériel et les règles du jeu se trouvent chez MM. Williams et Gie, 1 et 3, rue Caumartin, Paris.
- OBJETS UTILES La toise Féraud.
- La toise Féraud permet de mesurer les enfants, adolescents et adultes avec la plus grande simplicité et une précision absolue. Composé d’un ruban gradué en acier, enroulé
- dans un curseur-équerre, cet appareil est simple, pratique et léger. Il mesure au millimètre jusqu’à 2 mètres.
- Il n’est pas encombrant, tient dans une boîte de 20 cm, et peut demeurer fixé ou être remis dans sa boîte après chaque opération.
- Voici comment on pose l’appareil : on le prend d’une main et on appuie sur le bouton plat placé à gauche de l’appareil pour dégager la flèche qui serre le ruban ; de l’autre main on déroule le ruban à fond, on place la pointe de la flèche sur le trait qui se trouve au-dessus de 0 et on lâche ensuite le bouton ; la flèche maintient le ruban sur le trait indiqué.
- On pose ensuite l’appareil à terre contre le mur où on veut le placer et on cloue l’extrémité du ruban à sa hauteur entière, en ayant soin de bien tendre le ruban.
- On reprend ensuite l’appareil; on appuie sur le bouton et on le remonte à sa place.
- Pour mesurer une personne, il'faut l’adosser au mur sous l’appareil en ayant soin de faire toucher les talons joints et la tête contre le mur ; puis on descend l’appareil sur la tête, la pointe de la flèche indique la taille au millimètre.
- L’opération de la pose de l’appareil ne se fait qu’une fois et n’a pas besoin d’être recommencée. Lorsqu’on s’est servi de l’appareil, on n’a qu’à le remonter à sa place et à le laisser accroché, mais si on ne veut pas le fixer à demeure, on n’a qu’à le décrocher et à le remettre dans sa boîte.
- Quand on veut de nouveau se servir de l’appareil, on n’a qu’à le raccrocher sans avoir à recommencer l’opération de la pose.
- Normand, 32, passage du Havre.
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- 4. — La toise déroulée.
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- Appareil à mayonnaise.
- Cet appareil est constitué par un cylindre métallique dont le fond est bombé.
- Il porte en son centre une petite vis formant obturateur.
- Le batteur est un disque perforé, bombé, qui a sensiblement le même diamètre que l’intérieur du cylindre.
- Au moyen d’un manche, on peut communiquer au batteur un mouvement de va-et-vient et exécuter rapidement la mayonnaise, les crèmes Chantilly, les œufs à la neige.
- Pour ces derniers il faut utiliser, lorsque le travail est terminé, l’obturateur inférieur.
- Quand on estime que le blanc d’œuf est suffisamment battu, le batteur est repoussé dans le fond du cylindre.
- On dévisse l’obturateur pour permettre l’arrivée d’air et en retournant le batteur, tout le contenu du cylindre est ainsi extrait.
- Cet appareil n’est pas construit en aluminium, car avec ce métal on risquerait d’avoir une coloration de la crème et des œufs à la neige.
- Enlin le fond de l’appareil est fixe, afin d’éviter les fuites qui ne manqueraient pas de se produire à l’usage s’il en était autrement.
- Rodrey, 16, rue du Marclié-Popincourt, Paris (XIe).
- Un cendrier qui ne peut se renverser
- Les cendriers sont constitués la plupart du temps par de petites coupelles, très décoratives, mais dont les bords sont souvent peu accentués.
- Ces appareils pratiques évitent la chute des cendres sur les tapis, mais néanmoins ces sortes de cendriers remplissent imparfaitement leur rôle, car sous l’effet du moindre courant d’air les cendres se trouvent projetées hors du récipient. .
- Voici un nouveau modèle de cendrier destiné à remédier à ces inconvénients.
- Il est constitué par une coupelle profonde, au milieu de
- Fig. G.
- Elévation et détails du « Cendrier inrenversable ».
- laquelle se trouve fixé un godet.Un couvercle s’ajuste sur la grande coupelle et porte à la partie supérieure quatre gorges destinées à recevoir les cigarettes.
- Le centre est percé d’une ouverture sous laquelle vient se placer le godet mentionné ci-dessus.
- Il en résulte que lorsque la cendre de la cigarette tombe, elle se rassemble dans le godet central et n’est plus soumise aux courants d’air.
- En basculant le cendrier, les cendres et les bouts de cigarettes tombent dans la grande coupelle et l’on n’a plus à craindre de mauvaises odeurs.
- Quelle que soit la position du cendrier, la cendre ne peut se renverser; on peut donc le laisser tomber sans rien salir.
- Pour le vider on enlève le couvercle qui est maintenu par deux ergots s’engageant dans deux rainures et on renverse le tout dans un récipient quelconque.
- Etablissements Invidex, 2, rue Brongniart.
- Passoire L. R. à filtres interchangeables avec trépied amovible.
- Cette nouvelle passoire est à usages multiples du fait de ses filtres multiples et amovibles.
- Ces filtres amovibles, étudiés pour toutes les applications
- Fig- 7.
- La passoire L. R. et ses filtres interchangeables.
- Batteuse
- soupape
- Fig. 5. — Appareil à mayonnaise.
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- Pénétration des cendres
- Bague de_ fermeture
- Compartiment I Compartiment récepteur accumulateur
- R/ids
- stabilisateur
- Quand le cendrier se retourne
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- Fbssage des cendres du récipient récepteur au récipient accumulateur
- culinaires, depuis le filtre servant à l’écrasement des légumes jusqu’au filtre-tamis le plus fin, sont au nombre de quatre ; ils se montent avec la plus grande facilité et sans effort sur une cuvette de plus d’un demi-litre par une simple pression de la main, l’emboîtement ayant une forme tronco-nique, exactement calibrée. Le démontage s’opère en sens inverse, le remplacement d’un filtre par un autre est très simple.
- Le nettoyage est facilité, notamment dans les angles plus difficilement accessibles que dans les modèles ordinaires.
- Un trépied amovible complète cet article ménager; il permet de le placer sur un plat, une assiette, dans une casserole, pour le pilonnage des purées aussi bien que pour la filtration du thé, des tisanes, du café, etc.
- M. L. René, 32, rue Singer, Paris (16e).
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juillet 1927
- MINÉRALOGIE
- L’alumine hydratée des bauxites (M. Jacques de Lapparent). — Dans le minerai si abondant dans le Midi méditerranéen — où il fut signalé dès 1823, par Berthier, au village des Baux — l’alumine se présente à l’état d’hydrate ou d’alumino-silicale hydraté, et l’auteur a déjà montré que des combinaisons de ces deux corps donnent, au cœur de certains échantillons, des cristaux d’hydrargillite, de kaolinite et d’halloysite.
- D’autre part, quelques bauxites fournissent, comme l’a indiqué Boehm, des cristaux d’oxyde monohydraté Al2 O3EDO, cristaux orthorhombiques dont la biréfringence maxima, ainsi qu’on peut la déduire des teintes observées entre niçois croisés et de l’épaisseur mesurée, est de l’ordre de 0,020. Entre ce composé et le diaspore, il y a de telles différences que M. de Lapparent croit à l’existence d’une espèce nouvelle d’alumine à une seule molécule d’eau.
- Il la dénomme behmite et signale son abondance dans les gisements de l’Ariège (Péreille, Cadarcet) et du Yar (Le Recoux).
- CHIMIE PHYSIQUE
- Alliages pour moules de verrerie fine (P. Bauret, A. Portevin et P. Ciievenard). — L’alliage destiné à la confection de [moules pour la fabrication d’objets en série, que l’on parte de Ia®matière à l’état fondu (fonderie) ou à l’état pâteux (verrerie), doit présenter les qualités suivantes : 1° résistance à la fissuration réticulaire sur la face de travail, par suite de l’inégale dilatation du métal, de sa capacité de déformation, de sa conductibilité et de sa diffusibilité thermiques ; 2° dureté suffisante et faible viscosité aux températures de travail; 3’ faible oxydabilité ; 4° aptitude au forgeage, à l’usinage et au polissage; 5° prix de revient, en rapport avec la valeur des objets fabriqués et la durée de service du moule.
- Une série d’études conduites par les auteurs aux aciéries d’Imphy et aux verreries de Montenon ont attiré leur attention sur les ferronickels additionnés de chrome et de tungstène, analogues à ceux qu’on destine aux tubes de catalyse, ^dans la synthèse de l’ammoniac, mais d’une moindre dilatabilité et d’une plus grande facilité de forgeage. A 20°, ils ont pour dilatabilité 8 X 10~° et pour coefficient de conductibilité thermique 0,02 C. G. S. ; à l’état forgé et recuit, ils ont une ténacité d’environ 65 kg. par mm2 et un allongement de rupture de 30 pour 100.
- Alors que les meilleurs moules en fonte sont mis hors d'emploi après 50 000 opérations, les appareils en ferro-nickel, à l'état forgé, permettent d’en conduire plus de 2 millions en donnant des flacons dont l’aspect est comparable à celui des flacons taillés.
- CATALYSE
- L’inversion du rôle des catalyseurs (M. Paul Sabatier). — On peut admettre, lors d’un phénomène de catalyse, la formation, à partir de l’élément actif et de l’un des constituants du système transformable, d’un composé temporaire produit rapidement et qui réagit tout de suite sur les autres facteurs de l’ensemble, en régénérant le catalyseur dont le cycle se reproduit sans cesse. D’autres admettent, au lieu d’une véritable combinaison, un support
- d’activation des molécules. Quoi qu’il en soit, l’opération temporaire à laquelle se prête le catalyseur sera le plus souvent identique pour les deux réactions inverses que peut donner le système chimique ; si bien que le même élément se montrera capable d’agir dans deux sens opposés selon les conditions de l’expérience.
- M. Paul Sabatier cite, à ce sujet : le nickel divisé en présence de gaz H3, agent d’hydrogénation du carbure CGH6, jusqu’à 180°, et agent de déshydrogénation aux environs de 300°; puis les oxydes métalliques, qui peuvent tendre parfois à éliminer l’oxygène, enfin les acides sulfurique et chlorhydrique servant aussi à la saponification des éthers-sels ou à la transformation en alcools des carbures éthylé-niques, et, dans certains cas, à des réactions de déshydratation, comme la crotonisation des aldéhydes ou la polymérisation de l’acétone.
- OPTIQUE
- La transparence de la silice fondue (M. Tsuka-moto). — On utilise de plus en plus cet élément pour l’étude des radiations de courte longueur d’onde, et les indications données par les observateurs sur ses propriétés absorbantes marquent de notables différences. Shenstone ne fixe aucune valeur numérique, en estimant que la transparence est comparable à celle du quartz cristallisé, alors que Pfluger signale que, pour une épaisseur de 2 mm., la silice fondue absorbe 52 pour 100 de la radiation 2400 et ne laisse pratiquement rien passer au-dessous dé 2200.
- L’auteur a opéré sur des lames à faces parallèles, d’une épaisseur de 10 mm. et faites d’une matière très homogène obtenue au départ du quartz cristallisé parfaitement limpide. Il indique que la transparence diminue rapidement pour les longueurs d’onde inférieures à 2100 : au-dessous de 1930 notamment, la courbe devient moins inclinée et présente une sorte de palier.
- Il semble que l’absorption des radiations ultraviolettes de très courte longueur d’onde varie notablement d’un échantillon de silice à un autre ; mais, avec la matière la plus pure qu’il ait obtenue, M. Tsukamoto a constaté que l’absorption est plus forte que celle du quartz cristallisé.
- PALÉOBOTANIQUE
- La flore houillère du bassin d’Albi (M. A. Lou-bière). — Indépendant du bassin de Carmaux, dont le sépare une dorsale amphibolitique, le bassin d’Albi occupe, au milieu de roches cristallophylliennes, un étroit synclinal que recouvrent les marnes panachées de l’éocène supérieur. Cette formation carbonifère comprend, de la base au sommet, les veines Marguerite, Grande Couche, Marmottan et Henriette, et la flore fossile présente une association de formes qui caractérisent le Stéphanien et le Westphalien, en marquant nettement le passage de l’un à l’autre de ces deux étages, par l’abondance des Scolecopteris polymorpha, Asterotheca oreopteridia et Ànnularia sphenophylloïdes.
- Cette flore de passage, comme le note M. Loubière, représente un niveau qui jusqu’ici semblait faire défaut en France ; car l’examen de fossiles végétaux,- où dominent les Marat-tiacées (Asterotheca arborescens, Ast. crenulata, etc.), conduit à classer, dans la série anthracolithique, les assises d’Albi sur le même plan que certaines formations carbonifères, comme les couches de Rodstock en Angleterre ou de l’Alemtejo en Portugal. Paul Baud.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Ce qui produit le salpêtraqe des murs fn» 2765,
- . P- 93).
- C’est par suite d’une erreur que nous avons indiqué la maison Albert Colombo comme inventeur d’un procédé d’asséchement des murs par petits tubes de drainage en terre cuite poreuse. M. Colombo n’est que le concessionnaire pour la Suisse des procédés Knapen, universellement connus.
- M. Knapen, 57, rue Pigalle, Paris, a fait appliquer son invention avec succès au château de Faverger, près d’Annecy, par la maison Colombo. Les siphons atmosphériques monobranches Knapen sont des tubes en terre cuite, de porosité et de forme déterminée, maçonnés avec un mortier spécial et une pente spécifiée; ils sont placés à une distance variable l'un de l'autre et pénètrent jusqu’à la moitié de l’épaisseur des murs. Ils sont fermés à leur extrémité supérieure contrairement aux drains (terme impropre en l’espèce), qui ne peuvent fonctionner qu’avec leurs deux orifices ouverts.
- Dans le siphon Knapen, l’air sec pénètre par l’unique orifice inférieur et sort par le même orifice saturé de l’humidité des murs, après avoir décrit une boucle en appelant une nouvelle quantité d’air sec, indéfiniment jusqu’à égalité hygrométrique de l’air de l’intérieur du mur et celui de l’extérieur. C’est donc bien un siphon qui s’amorce par différence de densité entre l’air de deux milieux et non un drain servant uniquement à l’écoulement d’un liquide, que la Maison Colombo applique en Savoie, en sa qualité de licencié de la Compagnie générale d’Asséchement et d’Aération (procédés brevetés Knapen).
- A propos de la mangouste (n° 2784).
- M. E. Ducoix nous écrit : « La Martinique était, comme vous le savez, infestée par deux serpents très venimeux : l’un de grande taille, le Trigonocéphale, l’autre plus petit mais aussi redouté, la Vipère jaune. A tel point qu’autrefois tous les ans de nombreux accidents étaient à déplorer, soit sur les hommes, soit sur les bestiaux, et qu’au moment de la récolte des cannes à sucre, on laissait dans chaque champ une touffe en finissant la récolte, touffe sacrifiée, où l’on mettait le feu, car les serpents, reculant devant les coupeurs, s’y étaient retirés en nombre.
- La Guadeloupe était infestée de rats, tout serpent venimeux étant totalement absent.
- On introduisit à la Guadeloupe et à la Martinique la Mangouste (H. griseus) de l’Inde.
- Elle s’est fort bien multipliée. Mais ses ongles n’étant pas rétractiles, elle ne pourrait que très exceptionnellement grimper
- QUESTIONS
- Alimentation d’un poste par le courant du secteur.
- 1* Nous ne pensons pas qu’il y ait une raison quelconque pour que l’intensité de réception soit diminuée par l’emploi du courant continu, filtré d’un secteur d’éclairage par la tension-plaque.
- La tension du courant étant seulement, en général, plus élevée qu’avec des piles, il est nécessaire, le plus souvent, de régler la tension de chauffage des filaments en conséquence au moyen du rhéostat ordinaire, le chauffage devant être quelquefois un peu plus intense.
- 2° Lorsqu’on utilise le courant d’un secteur pour l’alimentation d’un poste de T. S. F., on a l’habitude de placer un condensateur entre la borne terre du poste et la prise de terre. Ce condensateur, dit de sécurité, a pour but d’éviter tout court-circuit fâcheux
- dans les arbres ou buissons, et encore ne l’ai-je jamais vue.
- Les rats de la Guadeloupe, pour fuir l’ennemi, sont devenus arboricoles et j’ai vu dans mon jardin de nombreux nids de rats se balançant dans la tête de grands bambous. Le résultat de l’introduction de la mangouste pour détruire les rats guadeloupéens fut donc un fiasco à la Martinique, il n’en fut pas de même contre les serpents. ' *
- Là, les mangoustes avaient affaire à un ennemi redoutable et de taille, mais qui ne pouvait se soustraire à l’attaque de braves petites bêtes; si bien que quelques années après, pendant mon séjour dans l’ile, de 1906 à 1910, n’ai-je entendu parler que d’un seul accident de personne et n’ai-je vu qu’un seul serpent mort, qui me fut envoyé du nord de l’ile, dans un bocal d’alcool. Serpent énorme, femelle avec un grand nombre de petits sur le point de naître, ce serpent avait été tué en liberté, par des mangoustes, qui avaient ouvert le ventre, dévoré déjà deux petits avant d’être chassées. Je n’ai pu envoyer à l’Institut de Lille ni un serpent, ni venin, malgré la demande de mon chef Calmette.
- Le succès des mangoustes était complet contre les serpents infestant la Martinique.
- Mais, hélas, soit que les mangoustes aient dégénéré comme vigueur, soit qu’elles aient perdu leur courage, elles ne vont plus au combat. Les serpents se sont multipliés de nouveau, à tel point que dans l’année 1926 il a été payé plusieurs centaines dé primes pour destruction de serpents, tandis que dans les années 1905 à 1910 on n’en payait plus.
- Dans des journaux du pays, on demandait des couples de mangoustes combatives, et on offrait un prix fortement rémunérateur. Celles qui restent dans le pays dédaignafftt le serpent, paraît-il, s’en prennent maintenant aux fruits, auxpetits animaux, insectes, mollusques et même aux volailles.
- J’ai pensé que le fait d’un succès si efficace contre les serpents, suivi d’un effet si opposé, le tout dans l’espace de 30 ans environ, méritait d’être signalé. »
- Les villes précipitent-elles la pluie?
- La Géographie pose la question suivante, à laquelle il serait intéressant d’avoir des réponses précises.
- Il a été observé que, depuis 1899, date de la construction de Djibouti, la hauteur des pluies tombées dans la région a considérablement augmenté (Géographie Bong, t. IY, p. 215).
- Le fait s’est-il produit pour d’autres cités de construction récente, principalement aux villes bâties sur des presqu’îles s’avançant au milieu des mers chaudes et d’océans à marées?
- ET RÉPONSES
- qui risquerait de fondre les fusibles du compteur électrique et aussi de détériorer les lampes du pôle de réception.
- En choisissant un condensateur de deux microfarads, genre type P. T. T. pour cet usage, on est assuré contre tout accident, et le réglage du poste de réception est très peu modifié.
- M. le Dr Badin, Toulouse.
- Troubles produits parle courant d’un secteur.
- Vous n’indiquez pas quel est le genre de collecteur d’ondes utilisé par vous, mais nous pensons cependant que vous employez un cadre ou une antenne intérieure et non évidemment un fil du secteur comme antenne. Dans ce dernier cas, en effet, le premier remède à employer pour atténuer les parasites industriels dont vous vous plaignez serait de changer de collecteur d’ondes.
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- Si vous employez déjà, au contraire? un cadre ou une antenne intérieure, il faut utiliser un dispositif anti-parasites placé à la sortie de votre compteur électrique et destiné à empêcher la propagation le long des fils du réseau des courants parasites à haute fréquence. Vous pouri'ez trouver la description de dispositifs de ce genre dans la Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Epanier, Saint-Yictor-sur-Loire (Loire).
- Bureau pour l’étude des parasites.
- L'Office International de Radiophonie de Genève a constitué, en effet, une commission qui doit étudier la question des parasites industriels.
- De même, le syndicat professionnel français des industries radioélectriques a également constitué, en principe, une commission chargée de la même mission.
- Un vieux Radio, Valenciennes.
- Choix d’un poste récepteur.
- Lorsqu’on dispose d’une bonne antenne bien dégagée, il est inutile d’employer un poste récepteur complexe à lampes multiples, surtout si l’on ne craint pas les interférences par les émissions provenant de postes locaux.
- Il suffit donc de choisir un poste de réception à quatre lampes d’un modèle très simple à un étage haute fréquence à résonance. Pour le choix du type d’appareil et les détails des accessoires, vous pouvez consulter La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur).
- M. P. S. Versailles.
- Perturbations causées par une ligne de courant.
- Les perturbations causées dans les réceptions par les lignes aériennes de courant à haute tension sont fort variables suivant les conditions locales.
- En général, on constate quelques bruits parasites plus ou moins accentués et un affaiblissement plus ou moins notable de l’audition, surtout pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- Nous ne pensons pas que la compagnie à laquelle appartient le secteur électrique prenne en considération votre réclamation et, d’ailleurs, nous ne comprenons pas fort bien quel remède elle pourrait apporter à cette situation fâcheuse évidemment pour vous, mais dont elle ne saurait être itenue pour responsable.
- •Le seul remède consiste à modifier la disposition de votre antenne, si possible, en plaçant les fils perpendiculairement à la ligne de courant, ou en essayant un dispositif anti-parasites dont vous trouverez des exemples dans La Pratique Radioélectrique.
- L’emploi d’un cadre ou d’une antenne intérieure simplifie évidemment aussi le problème le plus souvent, mais exige l’emploi d’un récepteur plus sensible.
- Abonné 55-3, Lillebonne (Seine-Inférieure).
- Poste neutrodyne.
- Le système neutrodyne n’est pas, en réalité, un système spécial de réception, c’est plutôt un procédé qui permet de stabiliser un appareil à résonance comportant plusieurs étages d’amplification haute fréquence et de rendre son réglage plus facile.
- L’instabilité des postes à résonance étant surtout marquée pour la réception des ondes courtes, on peut en déduire que le système neutrodyne est aussi plus intéressant pour la réception des émissions des ondes courtes que pour l’audition des radio-cojacerts sur ondes moyennes.
- En fait, la gamme des ondes de radiodiffusion s’étendant en France entre 250 et 2650 m. environ, le problème du neutrodyne est beaucoup plus difïïciPe qu’aux Etats-Unis et le procédé demeure encore trop rarement appliqué.
- M. J. A., Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Constructeur d’un haut-parleur puissant.
- La réalisation d’un haut-parleur puissant pour audition en public n’est pas une tâche facile pour un amateur. Vous pourrez
- trouver dans la T. S. F. des Amateurs de Duroquier (Masson, éditeur) des indications assez détaillées pour la construction d’un haut-parleur à bobine vibrante parcourue par les courants de T. S. F. ou téléphoniques et placée dans le champ d’un électroaimant alimenté par une batterie d’accumulateurs.
- M. Lacour, Yeyres (Gironde).
- Résistance auto-régulatrice.
- Nous pensons que vous pourrez trouver des résistances autorégulatrices, dites Ampérites, d’origine américaine, à la maison Aboussleman, 25, rue du Renard, Paris (4e), qui les importe en France.
- M. Drappier, Liège (Belgique).
- Détails pour la construction d’un cadre.
- 1° La réception est évidemment aussi bonne en employant du fil de 9/10 mm de diamètre. Au contraire, la résistance sera plus faible.
- Nous avons indiqué l’emploi du fil 6/10 mm. parce qu’il est moins coûteux, moins lourd, et plus facile à tendre, mais il n’a aucun avantage radioélectrique.
- 2° Avec les données exactes indiquées dans le n° 2755 de La Nature, on peut entendre les émissions de la Tour Eiffel avec accord réalisé à l’aide d’un condensateur variable de 1/1000 microfarad en dérivation. Les émissions de longueurs d’onde inférieures à 2000 m. sont évidemment très bien reçues.
- 3° Les sept spires du cadre sont suffisantes pour la réception des ondes courtes jusqu’à 450 m. de longueur d’onde au moins ; pour la réception des ondes moyennes, vous pouvez utiliser 12 spires.
- M. Prodhon, Nice (Alpes-Maritimes).
- Livres à consulter pour l’étude des phénomènes radio-électriques.
- Nous avons déjà indiqué dans La Nature les différents livres modernes que l’on pouvait étudier pour connaître d’une façon élémentaire, mais précise, les notions suffisantes sur les phénomènes radio-électriques.
- Pour l’explication des différents schémas de montage, la signification des signes conventionnels de T. S. F., l’étude des différents systèmes récepteurs, la manière de recevoir les émissions sur ondes courtes, moyennes et longues, en téléphonie ou en télégraphie sans fil, sur cadre ou sur antenne, au casque ou en haut-parleur, vous pouvez consulter Le Poste de l’Amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- D’autre part, pour connaître la manière de construire soi-même un poste récepteur doté de tous les perfectionnements actuels, vous pouvez lire Les Montages Modernes en Radiophonie (Chiron, éditeur), et La T. S. F. des Amateurs (Masson, éditeur).
- Enfin, pour choisir rationnellement les différents montages et les pièces détachées, pour utiliser au mieux un poste récepteur avec le minimum d’entretien et le maximum de rendement, pour transformer un appareil petit à petit, mesurer ses constantes, déceler et atténuer les différentes causes de troubles ou de « pannes » qui peuvent survenir, vous pouvez lire la Pratique Radio-électrique, et Cent Problèmes pratiques de T. S. F. (Masson, éditeur). M. Zadock, a Salonique (Grège).
- Alimentation d’un poste de T. S. F. au moyen de piles.
- On peut maintenir en charge une petite batterie d’accumulateurs de 4 volts au moyen de six éléments de piles Féry en série, ce qui permet d’obtenir une intensité de chauffage plus constante qu’avec les piles sèches.
- L’intensité en régime continu de ces éléments excède rarement 150 milliampères.
- Elles ne pourraient donc convenir que pour le chauffage d’un poste comprenant deux ou trois lampes, mais vous auriez dû obtenir la recharge de la batterie en plaçant six piles en série.
- Vous pouvez également placer 8 piles en série, il vous suffirait
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- d’intercaler un petit rhéostat de réglage en série pour éviter que l’intensité du courant de recharge soit trop grande au début de la décharge des piles.
- M. Simon, Vers (Saône-et-Loire).
- Charge d’accumulateurs.
- 1° Il est préférable de charger fréquemment les batteries d’accumulateurs et de ne pas attendre pour effectuer cette opération que la décharge soit complète.
- Un accumulateur déchargé se sulfate en effet très rapidement.
- 2° La disposition d’un contre-poids électrique employé avec une antenne varie avec la disposition elle-même de l’antenne, disposition que vous ne nous indiquez pas. Si votre antenne est placée sur le toit de votre immeuble, vous pouvez utiliser comme contrepoids électrique remplaçant votre prise de terre une antenne à plusieurs fils isolés, en éventail, par exemple, et disposée en dessous de l’antenne extérieure.
- M. Manchon, Rouen (Seine-Inférieure).
- Charge d’une batterie de plaque sur le courant alternatif sans transformateur.
- Si l’on utilise des soupapes électrolytiques, on ne peut charger une batterie de 80 volts sans l’aide d’un transformateur élévateur
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- de tension (avec le courant 110 volts d’un secteur) à cause de la chute de tension importante produite par les soupapes.
- Nous avons d’ailleurs indiqué dans la réponse à M. Corpeza à Rinxent des notions sur la façon de réaliser de cette façon la charge d’une batterie de 80 volts.
- Si l’on veut éviter l’emploi d’un transformateur élévateur de tension, il faut charger séparément en parallèle les deux batteries de 40 volts qui constituent la batterie totale de plaque.
- En série dans le circuit on place une lampe de 5 bougies à filament de carbone, ou de 16 bougies à filament métallique, et le dispositif comprend quatre soupapes de redressèment que Ton peut constituer avec des boîtes en fer-blanc d’une capacité de 1 litre environ.
- Les bacs eux-mêmes constituent alors une des armatures de la soupape, et l’autre est formée par une lame d’aluminium de 3 à 4 cm de largeur, évidemment isolée des bacs (fig. 1).
- M. R. a Fontainebleau.
- Questions• diverses sur les antennes et les cadres.
- 1° Lorsqu’on peut disposer dans un endroit dégagé une bonne antenne extérieure, il est possible d’obtenir avec cette antenne d’excellents résultats de réception avec un poste moins sensible que si l’on utilisait un cadre.
- Vous pouvez, d’ailleurs, trouver tous les renseignements sur les avantages respectifs de l’antenne et du cadre dans la Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- 2° Une hétérodyne est, en somme, un petit poste émetteur d’ondés entretenues qui sert pour la réception des émissions radiotélé graphique s sur ondes entretenues ou dans les montages spéciaux à changement de fréquence.
- 3° Les heures d’émissions des différents postes sont indiquées dans toutes les revues hebdomadaires de T. S. F., l’Antenne, Radio-Magazine, le Haut-Parleur et dans la plupart des journaux quotidiens, plus spécialement dans Excelsior et l’Intransigeant.
- 4° La réception sur cadre est en général plus onéreuse que la réception sur antenne, parce qu’elle rend nécessaire l’emploi d’un appareil sensible comportant un grand nombre de lampes et, par conséquent, d’un prix d’achat élevé et exigeant des frais d’entretien plus importants : remplacement des lampes, usure des batteries de chauffage et des batteries de tension-plaque, etc.
- 5° Vous pouvez consulter par exemple les livres suivants ;
- La T. S. F. des Amateurs, La T. S. F. des Usagers, La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Jacquemond, Moulin-Le Ghambon-Feugerolles (Loire).
- Bruits produits par un chargeur d’accumulateurs.
- Nous comprenons fort bien qu’un chargeur d’accumulateurs installé dans un garage voisin de votre immeuble puisse troubler vos réceptions, mais il faudrait que vous nous indiquiez exactement quel type de redresseur votre voisin emploie.
- Il est probable qu’il s’agit d’un redresseur vibrant ou d’un convertisseur moteur-dynamo, car il est rare qu’une valve thermo-ionique produise des troubles de ce genre.
- L’emploi d’un contre-poids, au lieu de prise de terre, améliorerait peut-être vos réceptions, mais il vaut beaucoup mieux supprimer la cause du mal.
- Ce remède direct ne peut être déterminé qu’en connaissant le type de redresseur employé; s’il est possible de l’entourer d’une cage de Faraday mise à la terre, le résultat sera sans doute suffisant. S’il s’agit d’un redresseur vibrant, on peut atténuer les étincelles nuisibles au moyen d’un condensateur de valeur assez forte mise en dérivation suivies contacts.
- M. Perrier, Maîche, Doubs.
- Peut-on préparer soi-même les vêtements huilés,
- Suivant la fatigue que le tissu aura à supporter, c’est-à-dire s’il s’agit de vêtements de pêche ou simplement d’imperméables légers, on prend une étoffe solide ou un calicot fin que l’on étend sur une planche bien à plat; sur ce tissu, au moyen d’un tampon de flanelle, on étend de la très bonne huile de lin brute c’est-à-dire non siccativée pour la peinture, le tampon doit être très peu imprégné et passé régulièrement sur toute la surface de manière que la pénétration soit bien assurée.
- Le vêtement est ensuite étendu dans un endroit frais où circule un léger courant d’air. Cette dernière condition est essentielle pour que l’oxydation de l’huile, c’est-à-dire la transformation de l’acide linoléique en acide linolénique, se fasse le plus rapidement possible, ce qui cependant demande deux à trois semaines.
- Quand le tissu paraît sec, ne graisse et ne poisse plus, on recommence deux ou trois fois le traitement en opérant de la même façon et le vêtement peut alors être mis en service.
- N. B. L’huile de lin cuite donnerait un résultat plus rapide, mais l’article aurait une tendance à poisser.
- M. Ricardo-Tuyel, Barcelona.
- Ramollissement de la corne.
- En vous signalant l’action solubilisante de la potasse caustique sur la corne, nous n’avions nullement en vue une dissolution complète, mais seulement un ramollissement permettant la soudure et le façonnage sous pression et à chaud ; une immersion en bain légèrement acidulé par l’acide chlorhydrique ou sulfurique, voire par un acide organique, permettrait ensuite de remettre à très peu près la corne dans son état initial.
- Dans le même ordre d’idée le gonflement de la corne par l’acide acétique pourrait être envisagé avec neutralisation finale par un alcali après soudure et moulage.
- A notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre une mise au point industrielle de celte question.
- M. P. Astier, Thiers.
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- N 2768. J -r Septembre 1927. Prix du Numéro : 3 francs 50
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- PRIX DE L’ABONNEMENT
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- N° 2768»
- LA NATURE
- 1er Septembre J 927.
- LE ZÈBRE : UN CHEVAL DANS LA
- DU TIGRE
- Si fantaisiste qüe puisse paraître notre titre, il n’est vages qui ensanglantaient périodiquement le Colisée, que la traduction du terme scientifique dont on désigne Pour les profanes, tous les zèbres se ressemblent : ce
- Fig, 1. — En haut à gauche : Le zèbre des montagnes, Equus zébra. A droite : Le zèbre de Grant, Equus Burchelli Granti. Eri bas à gauche : Le zèbre de Chapman, Equus Burchelli Chapmani. A droite : Le zèbre de Grèvy, Equus Grevyi.
- le zèbre : Hippotigris. Et ce mot a des antécédents vénérables, puisque les Romains, dit-on, le forgèrent à l’intention du premier zèbre qui figura, au me siècle de notre ère, dans les combats et massacres de bêtes sau-
- sont des équidés dont la robe est ornée de raies. Mais les zoologistes ne l’entendent pas ainsi. On ne saurait leur donner tort, car ces propres cousins du cheval présentent un grand nombre de variétés plus ou moins
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- Fig. 2. — Le Couagga, Equus couagga espèce éteinte. Photographie prise en 1872 par Frederick York du dernier spécimen ayant vécu au « Zoo » de Londres.
- locales qu’il est possible de ramener , à trois espèces, selon les uns, et à quatre, selon les autres. En acceptant ce dernier chiffre, nous nommerons : 1° le couagga-, 2° le zèbre commun; 3° le daw, ou zèbre de Burchell; 4° le zèbre de Grévy.
- Nous rappellerons d’abord que les zèbres (mot emprunté, paraît-il, à un dialecte congolais) sont exclusivement africains. Leur aire de distribution est énorme, bien qu’elle ne présente pas, à proprement parler, dé solutions de continuité : elle s’étend du Nord de l’Abyssinie au Gap de Bonne-Espérance, sur une bande parallèle au rivage de l’Océan Indien et large de 1500 à 2000 km, couvre entièrement l’Afrique Australe, entre le 15ft et le 35° dé latitude Sud, et pénètre vers l’Ouest jusqu’à la région où le Zambèze prend ses sources.
- Fig. 3. — Les bandes de la tête (adroite) d’Equus zébra et d'Equus Grevyi.
- Cette aire fut plus considérable encore avant l’introduction des armes à feu dans le continent noir. Un auteur du xvie siècle, Philippe Pigafetta, qui décrivit (en 1597) la faune qu’il avait rencontrée sur la côte du Congo et de l’Angola, parle d’un cheval rayé. La description qu’il en donne fait supposer que le daw vivait alors dans ces régions, d’où il a complètement disparu.
- Nous puiserons de très utiles renseignements dans la monographie publiée récemment par M. William Iv. Gre-gory, l’un des directeurs de Y American Muséum of Natu-ral History, de New-York, dans le Bulletin, organe de la Société zoologique de la même ville. Le New York. Zoological Park possède des représentants des principales espèces et variétés de zèbres, et c’est grâce à l’obligeance de mon ami, M. Elwin R. Sanborn, photographe du fameux établissement et rédacteur en chef du Bulletin, que nous pouvons offrir à nos lecteurs la belle collection d’instantanés reproduits sur ces pages.
- Honneur aux vaincus! Nous nous occuperons (d’abord des couaggas, espèce qui fut jadis répandue dans toutes les montagnes de la Colonie du Cap par troupeaux de milliers de têtes, et qui est complètement éteinte. Son dernier représentant fut le pensionnaire du Jardin Zoologique de Londres où il vécut de 1858 à 1872. Par bonheur, on prit de lui d’assez bonnes, photographies quelque temps avant sa mort, précieux documents pour l’histoire de la grande faune africaine (fig. 2).
- Le couagga (corruption d’un mot hottentot imitant le cri de l’animal) différait considérablement du zèbre commun, son voisin, comme des autres espèces. Le cou et la tête étaient plus lourds; les oreilles, moins longues. Les bandes,,souvent presque effacées, ne figuraient que sur 1 avant-train (tête, cou, épaules); elles manquaient sur le reste du corps. La couleur générale était alezan ; le ventre et les jambes tournaient presque au blanc.
- Des voyageurs qui visitèrent la région au début du xixe siècle furent émerveillés du nombre de ces équidés, qui refusaient de fréquenter leurs voisins et congénères, les zèbres communs, mais recherchaient la compagnie des gnous, et surtout celle des autruches. Sir W. C. Harris, explorant l’intérieur de la colonie, leur consacra des notes très curieuses :
- « Par files interminables, ils s’en allaient lentement en découpant sur l’horizon des visions de caravanes gigantesques.... Le fracas de leurs sabots produisait un effet absolument étonnant; je ne puis le comparer qu’au vacarme d’une immense charge de cavalerie ou aux grondements d’un ouragan qui s’approche.... Sur un plateau formant comme un parc naturel, j’en vis un si grand nombre que je calculai que leur masse devait compter 15000 individus.... » Les paysans hollandais émigrés au Cap se chargérenf! dè faire place nette en peivde temps. Un voyageur qui visita la colonie vers 1850 raconte que « c’était une fusillade quasi ininterrompue. » Les roers (ou fusils à éléphant) tonnaient du matin au soir, et tout le gros gibier du Cap disparut, comme devait disparaître plus
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- tard celui du Transvaal et de l’Orange. Les colons, qui dédaignaient la chair du couagga, le massacraient autant pour le plaisir de tuer que pour nourrir leurs domestiques hottentots. En 1870, des naturalistes jetèrent un cri d’alarme en signalant que l’espèce était menacée d’extinction à bref délai. L’avertissement arrivait trop tard..Plusieurs muséums d’Europe et d’Amérique expédièrent au Gap des missions chargées de leur procurer des peaux et des squelettes de couaggas; elles revinrent bredouille! De ces énormes bandes qui se comptaient par milliers de têtes, il ne restait plus que le pensionnaire du Jardin de Regent’s Park!
- Le zèbre proprement dit ou zèbre commun (Equus zébra) auraitdû, logiquement, disparaître avant le couagga, car son habitat est beaucoup plus restreint, et l’espèce
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- rassemblement » ; durant quelques secondes, ils tiennent leurs regards fixés dans la direction des chasseurs, puis s'élancent à une allure folle dans le labyrinthe de crêtes et de précipices où aucun être (hommes, chevaux ou chiens) ne pourrait les suivre. De l’avis de tous les observateurs, leur agilité et leur rapidité sont comparables à celles du chamois.
- Ces beaux animaux sont maintenant protégés par Jgs autorités. Il est interdit de les chasser, et nous avons lieu de croire que l’espèce est définitivement sauvée. De temps en temps, l’autorisation est accordée d’en capturer un spécimen pour quelque jardin zoologique. L’opération est très coûteuse, et non moins dangereuse. Des cavaliers manœuvrent pour cerner une bande et en détacher un mâle ; mais la nature du terrain entraîne
- Fig. 4. — Les bandes du train postérieur de gauche à droite : «i’Equus zébra, Equus Burchelli Crawshayi,. et' Equus Grevyi.
- fut toujours moins nombreuse que la précédente; son domaine se limite au massif montagneux, qui couvre l’extrême Sud de l’Afriquel du Cap jusqu’à la Gafrerie. Elle doit son salut autant à la difficulté d’accès de cette région qu’à ses qualités physiques, et « morales ».
- - Ces équidés, de taille relativement petite, remarquables, par la beauté de leur robe, ne s’aventurent jamais dans les plaines. Us recherchent les pâturages des plateaux élevés et des régions abruptes,' et, non contents d!être défendus par ces obstacles naturels, ils montrent une extrême vigilance à déjouer les entreprises des chasseurs.
- Chaque bande est protégée par une sentinelle qui se poste sur une pointe de rocher d’où elle peut surveiller toutes les voies d’accès. Dès qu’elle lance, en un cri perçant, le signal d’alarme, les zèbres accourent « au
- régulièrement des accidents, souvent mortels pour les hommes comme pour leurs montures.
- Une variété de cette race [Equus zébra hartmanni) vit dans les montagnes du Sud de l’ancienne colonie alle-mandé du Sud-Ouest Africain. Elle n’a pas encore été au^si bien étudiée que l’espèce-type.
- .Le daw [Equus burchelli)diffère des autres espèces par sa coloration, comme par la forme,, le nombre et l’orientation des bandes. Les larges bandes blanches qui forment des lignes obliques entre la croupe et le ventre sont traversées par des bandes d’ombre. Les jambes ne sont pas aussi nettement annelées, avec une tendance à se rapprocher des jambes unicolores du couagga. Ontpeut noter aussi que les oreilles sont plus petites. ” :
- Ce groupe, qui comprend un grand nombre de sous-
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- espèces et variétés, a un habitat immense qui s’étend depuis le Sud de l’Abyssinie jusqu’au fleuve Orange; il rayonne vers l’Ouest jusqu’aux sources du Zambèze et dans le Damaraland, près du rivage de l’Atlantique.
- Ce sont des animaux de plaine qui vivent par troupeaux de 100 à 200 têtes sous le commandement d’un étalon. Ils aiment à fréquenter les antilopes et les au-tiÿches, comme en font foi les relations des voyageurs et les photographies.
- Théodore Roosevelt, qui fut un grand naturaliste avant d’être un grand homme d’Etat, et qui revint avec enthousiasme à la zoologie après son départ de la Maison-Blanche, dit de ces zèbres, qu’il étudia sur le vif en Afrique Orientale, qu’ils sont remarquablement familiers (tame) et que leur curiosité exerce une manifeste influence sur leur conduite :
- « Très fréquemment, leurs bandes nous entouraient, pendant que nous campions à l’ombre d’un arbre. Ils paraissaient suivre nos mouvements avec une attention constante.... »
- Certains voyageurs affirment que ces zèbres sont, cependant, les plus braves de tous les équidés. Leurs étalons n’attendent pas l’attaque des hyènes et des chiens sauvages ; ils se précipitent à leur rencontre, les frappent de leurs sabots antérieurs et les piétinent férocement jusqu’à ce qu’ils soient morts. Un écrivain (M. A. Blayney Percival) nous apprend que tout étalon devenu vieux et malade est frappé et mordu avec « la dernière sauvagerie » par les autres membres de la bande. Et le même auteur ajoute :
- « Si les sabots du zèbre sont des armes formidables, les dents sont encore plus redoutables, car les morsures qu’elles infligent déchirent profondément les chairs. »
- Jusqu’en 1882, nous rappelle M. William K. Gregory, la science ne connaissait que les trois espèces que nous venons de décrire. Mais, à cette date, le Négus d’Abyssinie 'envoya en présent au Président Jules Grévy plusieurs zèbres qu’un naturaliste français, M. Oustalet, n’hésita pas à identifier comme les représentants d’une quatrième espèce, qu’il décrivit et nomma Equus Grevyi.
- Cet équidé, qui vit dans les régions désertiques ou semi-arides de l’Abyssinie ou l’Afrique Orientale Bri-
- tannique, diffère essentiellement des trois autres espèces. Il leur est supérieur par la taille, qui est celle d’un cheval; l’arrière-train est plus étroit; la tête et les oreilles sont plus longues. Il est très nettement caractérisé par sa coloration, comme le montrent les belles photographies de M. Elwin R. Sanborn.
- Très fines et très nombreuses, les bandes sont verticales sur le cou comme sur le corps; les grandes et larges bandes obliques qui, chez les autres espèces, descendent de la Croupe vers le ventre, n’existent pas chez le zèbre de Grcvy; enfin, il porte sur les hanches, comme autour
- de la naissance de la queue, un motif dit de gril ou gridi-ron (une raie avec branches formant une sorte de fourchette à deux dents) qui ne se rencontre que chez le zèbre commun (E. zébra)-.
- En dépit de ses grandes et larges oreilles d’une, ce bel- animal se rapproche beaucoup plus du cheval par ses allures que les autres zèbres. Il porte la tête haut, trotte et galope avec élégance. Roosevelt note qu’il vit par petites bandes de 10 à 40 individus, bandes qui se rassemblent parfois dans une plaine pour y former une véritable armée. L’illustre et tant regretté voyageur nous apprend encore que ces équidés fréquentent les antilopes oryx et voisinent avec les bandes de petits zèbres (variétés de la race Burchell), mais sans jamais s’accoupler avec eux.v Les étalons qui commandent les bandes de zèbres Grévy se battent fréquemment entre eux avec un acharnement féroce.
- Enfin, on peut remarquer que le cri des zèbres de Burchell est une succession d’abois mélodieux exécutés sur deux ou trois notes, tandis que celui du Grévy se compose d’une succession de grognements rauques entrecoupés de sons aigus presque des coups de sifflet.
- A quoi servent les bandes des zèbres? Sont-elles une sorte de « camouflage » protecteur ou un moyen d’identification entre individus et entre espèces? Quels sont les arrangements structuraux ou les processus physiologiques qui déterminent la présence ou l’absence débandés? En admettant qu’un motif donné (leur nombre, leur orientation) soit imposé par l’hérédité, comment le motif ancestral a-t-il pu se modifier, au cours de l’évolution,
- Fig. 5. — Poulain d’Equus zébra et sa mère.
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- pour arriver à produire les différences caractéristiques que 1 on enregistre pour chaque espèce et sous-espèce?
- La première de ces questions nous apparaît si simple que nous sommes tout surpris de la controverse qu’elle engendre.
- Résumant les témoignages de nombreux observateurs, Pocock affirme dans une étude publiée en 1923 par Nature :
- « Il est établi que la coloration de sa robe rend un zèbre invisible dans ces trois circonstances : en plein midi, lorsqu’il se tient à distance, sur une plaine dénudée; très rapproché, à l’heure du crépuscule ou au clair de lune; enfin, à n’importe quelle distance, lorsqu’il se trouve sur un terrain buissonneux. »
- Mais le célèbre chasseur et écrivain Selous proteste contre cette affirmation :
- « Je n’ai jamais vu dans ma vie le soleil briller de telle façon sur des zèbres qu’ils soient devenus invisibles ou même indistincts sur une plaine ouverte, et, cependant,
- le squelette, soit avec le système nerveux ou la distribution des vaisseaux sanguins.
- Certaines observations (la présence occasionnelle de bandes sur les jambes de poulains ou de chevaux domestiques) font croire que tous les équidés descendent d’ancêtres zébrés. Des expériences de croisement entre un étalon de l’espèce Burchell et des juments et ânesses, poursuivies pendant plusieurs années en Écosse par le professeur Ewart, ont donné de très curieux résultats. Les hybrides ne ressemblent ni au père ni à la mère; en général, ils sont couverts de raies, plus ou moins accentuées, qui rappellent beaucoup plus la décoration du grévy que celle des autres espèces. Mais le résultat le plus remarquable, c’est qu’ils portent sur les hanches ce signe du gril qui, nous l’avons vu, est comme la te marque de famille » des zèbres de Grévy, motif moins accentué chez les zèbres communs, et totalement absent chez les membres du groupe de Burchell.
- En terminant, nous dirons un mot de la domestication
- Fig. G. — L'habitat du zèbre : Equus Burchelli Granti et son petit.
- j’ai vu des zèbres de Burchell par dizaine de milliers. » Il déclare encore que si les bandes noires et blanches, si tranchées chez les burchells, n’attirent pas l’attention même à courte distance sous la lumière de la lune, leurs mouvements incessants, et surtout la violente agitation de leur queue, trahissent infailliblement leur présence. D'ailleurs, le lion, l’unique ennemi du zèbre, le chasse au flair, et généralement la nuit, ou lui dresse une embûche près des trous d’eau. En résumé, Selous, et, avec lui, Roosevelt, affirment que les bandes de ces équidés ne leur sont d’aucun service comme moyen de protection.
- Mais il semble établi que les -zèbres, dont la vue est perçante, s’identifient entre membres de la.même espèce ou sous-espèce par les motifs que tracent ces bandes. 1 On sait que les bandes noires sont produites par l’oxydation d’un certain pigment (mélanine) et que les bandes blanches doivent leur couleur à l’absence de tout pigment. Mais on ignore pourquoi ces raies adoptent les orientations et dessins qui se répètent immuablement dans chaque espèce, car elles n’ont aucune relation soit avec
- de ces équidés qui, dans certaines régions de l’Afrique, se sont multipliés d’une façon prodigieuse avec la destruction des lions, leurs ennemis héréditaires, au point qu’ils sont devenus une constante menace pour les colons dont ils ravagent les champs après avoir brisé les clôtures.
- De nombreux essais ont été tentés pour apprivoiser les zèbres et s’en servir comme de bêtes de transport. Les résultats obtenus sont peu encourageants. Ces animaux sont excessivement nerveux et délicats; bon nombre ne survivent pas à l’émotion que leur cause leur capture. Sous le harnais, ils témoignent de leur mauvaise humeur en donnant des coups de dents et de sabots. On en a vu qui, à l’écurie, s’accrochaient par les mâchoires à la traverse du râtelier afin de pouvoir se servir de leurs quatre pieds pour frapper leur dompteur!
- D’autre part, les espoirs que l’on fondait sur les zébroïdes (hybrides de zèbres et de chevaux ou d’ânes) ne se sont pas réalisés; comme bêtes de trait, ils n’ont pas la vigueur et l’endurance que l’on attendait d’eux.
- Victor Fohbin.
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- LE GRAPHITE
- 198
- Fig. 1. — Chantier d’un, gisement de graphite eh exploitation [à Madagascar.
- Le graphite est une variété de carbone que l’on trouve à l’état naturel. Le nom de graphite a été donné par Ver-naire en 1789, à cause des traces noires que la matière
- Fig. 2. — Evacuation du minerai extrait du gisement.
- laisse sur le papier; elle est connue également sous diverses dénominations : plombagine, mine de plomb, charbon minéral.
- Son usage est fort ancien, car on trouve, dans les tombes préhistoriques, de nombreuses urnes en terre cuite qui sont coloriées au graphite, et dès le xve siècle on se servait de creusets de cette matière.
- Le minerai sous divers aspects se différencie en graphite laminaire, inclus dans des roches sédimentaires métamorphosées; en graphite cristallin, lamelleux ou fibreux, et en graphite amorphe en poudre fine, qui ne laisse découvrir qu’au microscope sa structure cristalline.
- LES GISEMENTS DE GRAPHITE DANS LE MONDE
- On trouve du graphite à peu près dans toutes les parties du monde. Aux Etats-Unis, la production la plus importante provient de l’Àlabama, où les gisements contiennent toutes les variétés. De vastes dépôts existent au Mexique, où la qualité du graphite est recherchée pour les crayons et les lubrifiants.
- En Asie, Geylan est le plus gros producteur. Cette île a tenu longtemps le monopole de l’approvisionnement du monde en graphite cristallin, celui que l’on préfère pour la confection des creusets.
- Le graphite se présente à Ceylan en filons, dont l’épaisseur est parfois réduite à quelques centimètres et comme le produit se trouve dans du quartz dur, en profondeur, on l’extrait le plus souvent par les procédés ordinaires appliqués dans les mines.
- Le graphite de Corée est exploité par les Japonais depuis 1903. Il existe également du graphite en Indo-Chiné et on espère, paraît-il, un certain développement de ces carrières relativement récentes.
- LES GISEMENTS DE GRAPHITE DE MADAGASCAR
- La richesse coloniale en graphite la plus intéressante est certainement, pour nous, celle de Madagascar. De tous temps, les indigènes utilisèrent le produit naturel pour colorer leurs poteries ; ce n’est qu’à partir de 1905 qu’on commença à prospecter les gisements et à organiser des exploitations.
- La production malgache s’est accrue d’une manière considérable au cours de la guerre, étant donnée l’importance des demandes. Il y eut un ralentissement en 1920. Mais depuis, la production de Madagascar en graphite s’accroît sans cesse et conquiert tous les marchés. Elle sort victorieuse de la lutte sévère qu’elle a dû subir pendant longtemps pour faire admettre au commerce l’équivalence et même la supériorité du graphite français sur celui de Ceylan.
- Les gisements sont orientés dans la direction Nord-Sud. On distingue ceux qui se trouvent sur les Hauts-Plateaux, ceux de la zone moyenne, plus à l’Est et enfin ceux qu’on rencontre sur la côte Est.
- Les couches ont une épaisseur très variable, mais elles sont toujours importantes. Les paillettes sont dis-
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- séminées dans une gangue complexe, formée de kaolins, de feldspath plus ou moins altéré, de grains de quartz, de limonite jaune ou rouge, d’argile, etc.
- Le graphite se présente à Madagascar en lamelles qui atteignent souvent plusieurs millimètres de diamètre.
- Des latérites très friables, constituant les gisements, permettent une exploitation facile à ciel ouvert, une fois qu’on a enlevé la couche stérile.
- LES EXPLOITATIONS PRIMITIVES ET SEMI-INDUSTRIELLES
- Il y a à Madagascar, comme d’ailleurs à Ceylan, un grand nombre de petites exploitations qui fournissent péniblement, mais cependant avec profit, quelques tonnes par mois; les procédés d’extraction et d’enrichissement du minerai sont dans ce cas des plus primitifs.
- Le minerai extrait est débourbé et les tâcherons indigènes, qui exploitent eux-mêmes pour le compte de commerçants, appliquent des procédés barbares qui laissent perdre une quantité considérable de graphite. C’est un véritable gaspillage, car le produit se trouve en grande partie perdu sous les stériles ou dans les résidus du lavage. Le débourbage du minerai extrait est pratiqué à coups de bâton et de massue ou dans des caisses malgaches, simples cavités creusées en terre ou agencées avec quatre planches. On y triture le minerai sous un courant d'eau qui entraîne l’argile et le graphite. Les tâcherons dédaignent les parties dures ou rognons, qui cependant sont généralement les plus riches en graphite.
- Il est évident que ce mode d’exploitation n’a été possible jusqu’à présent qu’en employant beaucoup de main-d’œuvre avec des salaires modiques. L’indigène d’ailleurs se contente d’une rémunération déterminée et il est porté à arrêter sa tâche, lorsqu’il estime avoir un gain suffisant.
- On a néanmoins déjà organisé, en certains points, des exploitations semi-industrielles, de manière à retenir la plus grande quantité possible de graphite, à enrichir le minerai jusqu’à une teneur régulière, demandée par le commerce.
- La crise de main-d’œuvre se fait sentir là, comme partout ailleurs et les salaires tendent à renchérir; il est donc fatal que, dans un avenir très prochain, les organisations soient tenues de se perfectionner.
- Actuellement, les morts-terrains friables sont lavés par un courant d’eau, que l’on amène au sommet de la mine par des canaux, dont la longueur atteint parfois plusieurs kilomètres.
- Fig. 3. — Sluices d’évacuation du minerai.
- . Ces rigoles sont parfois creusées à même le sol, sans grands frais, et conservent malgré tout une étanchéité suffisante.
- On commence par pratiquer des saignées préliminaires dans les stériles, au moyen de la bêche malgache
- Débourbage du minerai de graphite dans une exploitation malgache.
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- ou engady, outil exclusif des indigènes, qui peut jouer le rôle de pioche ou de barre à mine.
- Les saignées sont faites sur une grande surface et l’on prépare un chantier pour l’exploitation d’une année entière.
- Dès la saison des pluies, on dispose alors d’une, grande niasse d’eau et on procède au décapage du terrain. Le gisement se trouve dès lors à nu et les fronts de taille présentent souvent, en un seul étage, jusqu’à 20 m. de minerai. L’abatage se fait avec la pelle malgache et comme il est difficile de faire comprendre aux indigènes la nécessité des gradins intermédiaires, il se produit des décollements fréquents.
- Les parties agglomérées ne sont plus rejetées dans une organisation bien conduite. Elles sont broyées par des moyens plus ou moins rudimentaires de manière à
- Fig. 5. — Laverie primitive* à Madagascar.
- transformer les rognons durs en produits grenus ou pulvérulents.
- Le minerai s’accumule donc au chantier. Il est évacué par des sluices, canaux à forte pente, où un courant d’eau entraîne le produit qu’on pousse à la pelle.
- Il se produit une désagrégation et après délayage, les parties dures sont rejetées en un point du canal par une grille.
- Il faut ensuite débourber le minerai et les moyens indigènes, un peu trop rudimentaires, ont fait place aux caisses étagées de l’appareil Valet.
- Dans chaque caisse, la lavée descend jusqu’au fond. Le remous dégage les parties les plus légères qui remontent d’abord et sont reçues sur un tamis qui arrête les paillettes.
- Les sables s’échappent par les trous du fond et sont
- soumis à un traitement analogue aux procédés à lavage intérieur.
- Les paillettes des tamis sont envoyées dans un trommel avec un jet d’eau claire, de manière à enlever le reste de l’argile qui adhère encore. Ce trommel est actionné par une roue à augets, qui est mise- en marche par l’eau sortant de la dernière caisse.
- L’appareil a donc un fonctionnement automatique. Il est très rustique, facile à construire et à réparer, mais il a l’inconvénient d’exiger jusqu’à quatre étages de caisses ce qui nécessite une hauteur suffisante pour l’installation.
- Une modification récente supprime ces étages au moyen d’une caisse double. On n’a plus besoin, par conséquent, d’une dénivellation aussi considérable et l’on réduit la consommation importante d’eau, difficile à assurer dans certains cas.
- LES EXPLOITATIONS INDUSTRIELLES
- La véritable méthode industrielle consistera à broyer le minerai, non pour le pulvériser, mais pour le désagréger et l’emploi de cylindres lisses ou cannelés est la véritable solution.
- Le produit venant du débourbage est rincé, puis séché. Les indigènes au début se contentaient d’assurer ce séchage à l’air. Par la suite on utilisa un foyer creusé en terre et deux caniveaux parallèles recouverts de plaques de fonte sur lesquelles on place le produit.
- Le combustible choisi est le bois; or de jour en jour il est plus difficile de se procurer le bois de chauffage nécessaire, en raison de l’importance des déboisements et de la difficulté de trouver des bûcherons. Il faut donc envisager des appareils plus industriels de séchage : fours-tunnels, fours verticaux à raclette ou même fours tournants d’assez grande longueur.
- Le produit une fois sec doit être raffiné, afin 'de le^faire arriver à la teneur voulue en graphite.
- Pour cette opération, qui sc fait toujours en usine, on emploie des broyeurs lisses, parfois même on procède encore à tine séparation au moyen d’un ventilateur. On obtient alors un produit marchand que l’on ensache et que l’on envoie au port de chargement, par des moyens differents suivant la position du gisement.
- C’est ainsi que, dans certains cas, on se sert de pirogues; dans d’autres, au contraire, de charrettes ou de camionnettes, jusqu’à la gare la plus proche où le chargement se fait sur wagons.
- Malgré l’imperfection des méthodes actuelles d’exploitation, on arrive à des prix intéressants par rapport au prix de vente, mais il est évident que si le déséquilibre des changes s’améliore, il deviendra impossible de continuer ainsi, sans perfectionner les méthodes.
- Les petites exploitations devront disparaître ou se grouper.
- Celles qui sont déjà agencées perfectionneront leur
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- outillage et l’avenir est aux usines qui sauront être les premières dans cette voie du progrès.
- Il est évident que les conditions ne sont pas toutes semblables pour les divers gisements. Les avantages seront l’apanage de ceux qui pourront disposer sans grands frais de force hydraulique, à moins que l’on ne découvre quelque jour dans la région des mines de charbon facilement exploitables.
- Au point de vue hydraulique, il existe des chutes, non pas d’une puissance extraordinaire, mais facilement aménageables, suffisantes pour assurer la force motrice à une exploitation de graphite même parfaitement organisée.
- Cette solution permettra d’augmenter la production et de se passer davantage d’une main-d’œuvre qui se fait chaque jour plus rare.
- LES EMPLOIS DU GRAPHITE
- C’est là un problème très important à résoudre, étant donné que le graphite naturel voit ses débouchés s’étendre. La fabrication des creusets réfractaires en consomme une très grande quantité. Ces creusets sont utilisés pour la préparation des aciers- fins et des alliages.
- Comme les fours électriques qui ont déjà un long passé en sidérurgie commencent à s’implanter dans les laiton-neries, on pourrait craindre que ces fours, qui n’ont pas besoin de creusets en plombagine, portassent un coup mortel au graphite naturel.
- Or, il n’y a, pour le moment encore, que les grosses sociétés qui emploient des fours électriques, le petit fondeur reste fidèle au four à creusets.
- De plus, le graphite a des avantages sur le carbone amorphe et avec le développement des hautes températures, le graphite interviendra de plus en plus comme élément constituant des matériaux réfractaires.
- Les fours à induction à haute fréquence emploient, dans de nombreux cas, le creuset de graphite ou de plombagine et ces fours tendent à se vulgariser.
- Enfin, dans les fours électriques eux-mêmes, les électrodes sont constituées par du carbone amorphe.
- Le graphite intervient encore victorieusement, car pour un ampérage déterminé d’un four, des électrodes en graphite permettent d’avoir une section quatre fois moindre.
- Actuellement on utilise le graphite artificiel, mais ce genre d’électrode est cher.
- Si l’on arrive à enrichir le graphite naturel jusqu’à 99 pour 100, chose possible, si l’on trouve le moyen de l’agglomérer, il y aura un débouché intéressant pour cette industrie.
- On consomme actuellement dans le monde 30 000 t. d’électrodes de fours, sur lesquelles il faut estimer à 10 000 t. celles en graphite artificiel.
- Fig. G. — Transport des sacs de graphite par pirogues sur une rivière malgache.
- On voit donc le débouché qui se présente pour le graphite naturel convenablement aggloméré.
- Celui de Madagascar a une situation excellente et qui s’améliore journellement.
- C’est donc là une source de richesse pour notre belle possession africaine et nous devons en tirer tout le parti possible.
- E.-H. Weiss,
- Fig. 7. — Barrage créé pour produire de la force motrice dans une exploitation malgache.
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- LE FROMAGE DE GRUYÈRE ET SON ÉVOLUTION.
- L'HISTOIRE DU GRUYÈRE
- Tout le monde connaît le gruyère, qui sert en particulier à faire la fameuse « soupe au fromage » délicieusement chantée par Max Buchon, le poete comtois, dans d’agréables strophes dont voici la dernière :
- Maintenant, le verre en main!
- Certes on peut bien boire Sans crainte du lendemain,
- Quand de tout déboire On est sûr d’être vainqueur,
- En s’appliquant sur le cœur La soupe au fromage !
- Au gué !
- La soupe au fromage.
- Qui fabriqua le premier le gruyère? On l’ignore naturellement, comme on ignore le nom de la plupart des inventeurs de bonnes choses.
- Le nom semblerait indiquer que cette pâte de lait savoureuse nous vient du canton suisse de Fribourg, dont un district porte le nom de Gruyère, et une des plus importantes localités celui de Gruyères. La Gruyère est riche en pâturages succulents et nourrit une race de bêtes à cornes particulièrement appréciée.
- Quant à Gruyères, il porte dans ses armes une superbe grue, à l’allure belliqueuse, et la devise : transvolat nubilci virtus, à laquelle ses habitants furent fidèles dès le plus lointain passé. Au temps des Croisades, les Gruyériens partirent d’enthousiasme en criant : « Pars Gruyère, en avant la grue ! Reviendra qui pourra ! »
- C’est vraisemblablement dans cette terre idyllique et virgilienne que fut coulé le premier pain du fromage qui nous occupe ici. Les Romains en eurent-ils connaissance? Tout ce que nous savons c’est que les fromages d’Helvétie et de Séquanie étaient appréciés sur les tables impériales.
- Quoiqu’il en soit, il était tout naturel que, du canton de Fribourg, la fabrication du gruyère passât en Franche-Comté. Les relations étaient fréquentes entre les habitants des deux versants du Jura, et il convient de ne pas oublier que, longtemps, la célèbre abbaye valaisane d’Agaune eut sous sa domination Salins et tout le haut plateau de l’arrondissement de Poligny.
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- Ce qui distingue la fabrication du gruyère c’est que, de tout temps, elle s’est effectuée « en société collective », et par l’intermédiaire d’un artiste connu sous le nom de
- gruyrin^ puis de fruitier ou fromager. Les maisons consacrées à la production du fromage en question s’appellent chalets, fruitières ou fromageries.
- . Les fruitiers fribourgeois passaient pour être « sorciers ». Les fromagers comtois furent aussi longtemps considérés comme tels. Le Dr Munier, dans une élude publiée en 1853, dit, non sans raison, que cette qualité de sorcier fut une garantie contre les tricheries des associés de la fromagerie, qui n’osaient mettre de l’eau dans leur lait cle crainte d’être découverts par le fruitier.
- Le gruyère est aujourd’hui aussi connu sous le nom de comté. C’est que, dans les deux départements du Jura et du Doubs, sa fabrication a pris un développement considérable.
- En 1900, le département du Jura, avec ses 480 fruitières fournissait annuellement G millions de kg et le
- Doubs 5 millions. Il fallait, pour avoir le chiffre total de laproduction française, ajouter à ces deux nombres les 3 millions de kg de la Haute-Savoie, les 2 millions de l’Ain et le million et demi de la Savoie. On arrivait à un total de 17 millions de kg. En Suisse, la Gruyère .proprement dite n’atteignait guère que 4 millions de kg.
- Depuis lors, ^fabrication de l'Emmenthal, qui se produit en pièces beaucoup plus grosses (80 kg et plus), et emploie du lait beaucoup moins écrémé, très répandue dans la vallée de l’Emmen, au pays bernois, a pris racine de ce côté-ci de la frontière. De plus, divers autres départements ont, depuis la guerre, introduit dans leurs pâturages la préparation de l’un ou l’autre de ces types de fromage. Ce sont la Haute-Saône, les Vosges, la Meuse, la Côte-d’Or, l’Yonne et la Haute-Marne. De sorte qu’on peut estimer la production française en 1924 à 30 millions de kg, contre 25 à 26 millions en 1913. La Suisse qui, avant la guerre, produisait 38 millions de kg, en fabrique un peu moins aujourd’hui.
- On peut prévoir qu’en France l’exemple de la Franche-Comté sera prochainement suivi sur le Plateau central, dans les pâturages alpins et peut-être jusqu’en Normandie... La France alors se suffira à elle-même, et n’aura plus besoin de recourir à l’importation du fromage suisse.
- Notons en passant qu’en fait de gruyère, le département du Jura tient toujours la tête pour l’importance de la fabrication, des prix de vente au commerce et du nombre des chalets modèles.
- LE LAIT ET LE FROMAGE
- Le fromage de gruyère est constitué par la caséine et une partie plus ou moins importante des matières grasses
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- du lait, le restant desdites matières étant transformé en beurre et petit-lait.
- 100 litres de lait donnant 12 à 15 litres de crème, le gruyère conserve de la moitiéaux 3/4 de cette quantité. Il est donc constitué par du lait écrémé d’environ 0 à 10 centièmes. La crème enlevée produit du beurre à raison de 1> kg pour 3 litres.
- Le gruyère est donc un fromage mi-gras, comparé à l’Emmenthal qui conserve la plus grosse partie de ses matières grasses, L’Emmenthal, qui se fabrique par pièces de 80 kg, alors que les pièces de gruyère marquent entre 35 et 60 kg au maximum, est naturellement un peu plus cher- Il est plus ouvert et moins serré, mais aussi moins savoureux. On en consomme à peu près autant que de gruyère proprement dit. Il vient surtout de Suisse et de la/.Savoie.
- : La composition moyenne du gruyère est : eau, 35 pour 100; caséine, 34 pour 10.0.; beurre, 28 pour 100.
- d’étables n’étant pas encore d’une propreté méticuleuse.
- Le lait recueilli dans des seaux très propres est transporté à la fruitière ou au chalet, pesé et versé à la masse. Bien entendu, une surveillance très active est exercée en vue d’éviter les fraudes. Les fruitiers ne sont plus sor-y ciers, aussi les tricheurs qui mouillent le lait pour en livrer davantage ne manquent pas. Les amendes et l’affichage sont parfois insuffisants à les remettre dans le droit chemin. Le contrôle se fait sans crier gare. Un beau matin, en arrivant au chalet, les ménagères trouvent le contrôleur installé et bon gré mal gré il faut passer à l’analyse.
- Les sociétés de fabrication du gruyère groupent dans la même commune tous ceux qui désirent transformèr leur lait en fromage cuit. Ce sont des sortes de sociétés à personnel variable. Autrefois le fromager fabriquait chaque fromage pour un membre déterminé de la Société, celui qui se trouvait le l’our de cette fabrica-
- Fk
- a, Un “ fruitier
- du Jura en tenue de service, le “ tranche-caillé ” à la main, b, Le meme en train de Autour de lui, dans ces deux figures, ses instruments de travail.
- brasser
- chaud.
- ‘ La valeur nutritive de cet aliment est 10 fois celle du lait et 3 1/2 fois celle de la viande.
- LA FABRICATION DU GRUYÈRE
- La fabrication du fromage de gruyère est une des curiosités de la Franche-Comté.'Elle se fait depuis fort longtemps « en société ». Cette province étant de petite culture, un certain nombre de cultivateurs s’associent et mettent en commun le lait de leurs vaches pour pouvoir faire un fromage entier. Il existe naturellement des fromageries ou fruitières beaucoup plus importantes qui produisent plusieurs pièces par jour. La fabrication d’éte est supérieure à celle d’hiver, aussi bien comme qualité que comme quantité. Le gruyère est meilleur quand les herbages sont plus fins, plus savoureux dans la montagne.
- La traite du lait se fait à la main, à l’écurie. Dans les alpages suisses, elle se pratique souvent sur le terrain où les vaches paissent (fîg. 1). La traite dans la montagne du Jura est beaucoup moins pittoresque, beaucoup
- tion avoir à son crédit le plus gros chiffre de lait. A la cave chaque fromage avait un propriétaire déterminé. On a reconnu les inconvénients de ce système. Tel associé pouvait avoir un ou plusieurs fromages de qualité inférieure difficiles à liquider, tandis que tel autre en pouvait avoir de supérieurs, se Tendant à meilleur prix et plus facilement. Le fromager, d’autre part, pouvait avoir de fâcheuses préférences.
- Aujourd’hui, on fabrique pour le compte delà Société, chacun participant au produit des ventes suivant la quantité de lait fournie par lui. Celui dont c’est le tour d’avoir le fromage aide seulement aux manipulations de la fruitière et fait du beurre avec la pai*tie de la crème qui a été enlevée.
- * %
- Les deux photographies (fig. 2) prises dans une fruitière de la montagne jurassienne, par M. Paul Regad, qui fut de longues années l’animateur du syndicat d’ini-
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- tiative de St-Claude, représentent un intérieur de fromagerie. Le « fruitier » y apparaît en costume et entouré de tous les instruments de sa fonction.
- Des potences supportent les deux grandes chaudières de cuivre de 600 litres environ, destinées à recevoir le lait qui va être transformé en fromage. Dans l’une des gravures, les chaudières sont éloignées du fourneau ; dans l’autre l’une d’elles est en place. On l’y amène en faisant tourner la potence autour de son axe, après avoir fait évoluer sur ses gonds l’avant du fourneau. La vis au-dessus de la suspension de la chaudière assure le contact parfait entre le col de la chaudière et la couronne de tôle qui borde l’enveloppe du fourneau. 11 est, en effet, important d’éviter que la fumée se répande dans la salle de fabrication (1).
- L’armoire ouverte derrière le fromager renferme trois prèsitriers. Ce sont des vases de grès à large goulot couvert qui renferment la présure. La présure est Y Ame du gruyère. C’est elle qui lui donne les ferments auxquels il doit sa saveur et son ouverture. Elle s’obtient en faisant macérer des caillettes de veau avec le liquide restant dans la chaudière après l’enlèvement du fromage.
- L’instrument que le fruitier tient à la main est le tranche-caillé. Près de lui, on voit une sorte de table munie d’un levier ressemblant à un levier d’aiguillage de gare. Sur cette table est installé un fromage fait, dans son moule, et le levier sert à assurer la pression du couvercle de ce moule afin de donner à la pièce les exactes dimensions qu’elle doit avoir.
- Bien entendu, nous ne pouvons décrire ici minutieusement les opérations de la fabrication de cette pièce. On les trouvera dans un intéressant volume publié en 1899, par M. Friant, directeur de l’École de laiterie de Poligny, sous le titre Le Gruyère. Nous nous bornerons à en indiquer les grandes lignes.
- La chaudière amenée, pleine de lait écrémé au degré voulu, sur le foyer, est chauffée jusqu’aux environs de 30/35°. Le fruitier y verse la présure pour cailler le liquide. Il agite la masse au moyen d’une poche. Cette agitation facilite l’agglomération cle la pâte dans le liquide restant.
- La chaudière est alors retirée du foyer et fermée par un couvercle en bois. On la laisse au repos quelquë temps. Il faut ensuite débarrasser la masse coagulée
- 1. A Emmenthal, dans les fruitières dont les chaudières contiennent parfois 1500 litres, c’est le foyer qui se déplace sur des rails.
- d’une partie des ferments dont l’excès déterminerait l’altération rapide des pièces.
- Le moment est venu du décaillage, qui s’effectue en tranchant la masse en un grand nombre de morceaux au moyen du tranche-caillé. Le fruitier agite les grumeaux ou grains avec un brassoir ('). Il continue ce brassage après avoir replacé la chaudière sur le feu, qui porte la température à 50/62°. Arrivé à la température limite, déterminée par la pratique, il retire à nouveau la chaudière du feu et continue à brasser jusqu’à ce que le grain soit normal. C’est dans cette opération que se manifeste essentiellement l'habileté du fromager. Il y a des tours de main fort intéressants dont dépend le sort de la pièce qui va être retirée et moulée.
- Le retrait est une des plus curieuses opérations de la fabrication. Le fromager s’attache autour du cou une
- longue toile dont il enroule l’autre extrémité autour d’une baguette solide et flexible en acier. Il glisse la baguette sous la masse en lui faisant suivre les contours de la chaudière. Il emprisonne ainsi la pâte dans une sorte de sac formé par les quatre coins pliés de la toile. Le tout est ensuite porté dans le moule. Le ramassage (fig. 3) s’opère en deux fois. Le pain de fromage est soumis à une pression qui peut atteindre 1200 kg.
- Les fromages sortis du moule sont fades. Il faut les sécher, les saler, les mûrir. Ces opérations s’effectuent dans des caves ah hoc (fig. 9).
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- Voici comment M. Friant définit le bon gruyère : « Il a le talon et les deux planches légèrement bombées , une croûte jaune rougeâtre, finement granulée dans toute son étendue, une pâte à saveur fine, s’écrasant facilement, et ouverte au point de montrer 4 ou 5 yeux ronds, de la grosseur d’une noisette, bien dépouillée et à paroi brillante, à la sonde prise à 5 cm du bord du talon. »
- A la percussion, il développe un son clair sur tous ses points.
- Le gruyère bien fait se conserve assez longtemps. Les vrais amateurs le trouvent exquis "quand il a plusieurs mois de cave.
- Malheureusement il arrive fréquemment que des pains soient défectueux. Il y a les mille trous produits par des laits trop acides ou malpropres; les multipliés et
- 1. La maison Laurioz, d’Arbois, spécialisée dans la construction de l’outillage des fruitières, établit depuis quelque temps des « brassoirs électriques »,
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- les gonflés, trop fermentés ; les cuiteux renfermant de gros caillots peu appétissants; les éraillés dont les yeux sont agglomérés et comme chassieux; les gercés à fissures plus ou moins allongées; les chancreux atteints de moisissure ; les laines enfin dont la pâte est fendillée à l’intérieur.
- Ces derniers sont tout à fait supérieurs comme goût, bien qu’un peu défectueux d’allure et de mine. Je dis cela pour les amateurs de bonne pâte.
- Les fromages de 2e et 3e choix se vendent naturellement moins cher que les autres. Les bons fromagers en ont toujours fort peu.
- —-............................. - 205 =
- portions, est agréablement présenté , hermétiquement enveloppé de papier d’étain.
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- # îjî
- Une importante maison de Genève, Ivustner frères et Cie, s’est spécialisée dans -la construction des nombreuses machines à la main, semi-automatiques ou automatiques qu’exige cette fabrication. Les gravures qui représentent ces machines nous ont été obligeamment communiquées par cette maison.
- Un matériel complet comporte des machines à râper,
- Fig. 4. — Préparation du gruyère pour la fabrication de la pâte de gruyère. Au fond une râpeuse.
- LA PÂTE DE GRUYÈRE
- Le défaut capital du gruyère est d’être, par son poids, d’une manipulation difficile. Son débit demande un certain temps. La croûte se durcit, et la pâte, mise à nu, se hâle dans les maisons où la vente n’est.pas importante. On a remédié depuis quelques années à ces défauts en transformant les pièces en pâte de gruyère vendue sous des appellations fantaisistes : crème de gruyère, gruyèro, petit gerber, La Vache qui rit, etc., etc. La pâte de gruyère a donné naissance à une industrie nouvelle, aujourd’hui florissante. Elle se livre en petites boîtes rondes, dans lesquelles le fromage entier, ou préparé en
- des cuiseuses, des broyeuses, des pétrins mélangeurs, des couleuses, des machines à emballer les portions à la main, des appareils à presser, des machines semi-automatiques ou automatiques pour fromages entiers ou fromages en portions, des chambres froides, des machines à faire les boîtes, à étiqueter et à coller les banderoles. La maison Kustner construit aussi une machine synthétisant automatiquement toutes les opérations nécessaires à la fabrication de petits fromages de toutes formes et de tous poids emballés dans du papier d’étain.
- Imaginons le fromage de gruyère râpé mécaniquement. Nous allons l’introduire dans la bassine a de la figure 5, maintenue contre son couvercle par le moyen du vide
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- Fig. 5. — Machines à main pour la fabrication de la pâte de gruyère : a, Petite cuiseuse du fromage râpé par la râpeuse delà figure 4. b, Couleuse pour portions, c, Machine à faire les coquilles à la main, d, Machine «^emballer et formel’ les portions.
- que produit l’aspiration d’une pompe dont la conduite aboutit au tuyau de gauche. Par celui de droite arrive la vapeur qui, avec l’aide du brasseur rotatif, va donner 1 kg à 1 kg 1/2 de pâte.
- Cette pâte est transportée à la couleuse b, qui la débitera par portions de 18 à 55 grammes avec garantie d’exactitude de 1/2 gramme à 1 gramme. Cette pâte est naturellement additionnée des sels de conserve nécessaires.
- Elle est ensuite empaquetée dans des coquilles de papier d’étain. La matériel utilisé comprend la machine
- à faire ces coquilles c, et celle à les remplir de fromage pâteux, la machine à emballer et former les portions d.
- Les feuilles de papier d’étain, découpées de dimension, sont placées à la main avec les moules sous les poinçons. Quatre coquilles sont formées à la fois et restent dans leurs moules respectifs pour être remplies. Les quatre moules placés sur un chargeur après leur remplissage par la machine à couler, sont recouverts du papier qui les fermera, et glissés entre les poinçons de la machine. Un jeu de leviers à main termine l’emballage. Une légère pression assure l’étanchéité.
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- Un groupe composé de deux machines à former les coquilles, d’une couleuse et de deux machines à emballer et à former permet de produire à l’heure 200 à 250 boîtes de six portions, suivant l’habileté des ouvrières. Avec une seule machine à coquilles et une seule à emballer et former, le rendement est de 100 à 130 boîtes de six portions.
- La fabrication des fromages entier s de 100 à 300 grammes s’effectue suivant un processus analogue, quoique avec des machines un peu différentes, et permet à chaque groupe de produire 500 à 600 pains à l’heure.
- Les diverses opérations dont il vient d’être parlé peuvent s’effectuer automatiquement au moyen de la machine représentée figure 6.
- Le pliage des papiers des portions est hermétique. Il se fait par rabattage ou par sertissage.
- Les portions reçoivent une étiquette fixée directement au moyen de quelques points de colle déposés par de petites touches sur le couvercle de papier d’étain. Les portions arrivent rangées dans leurs boîtes et défilent en ligne droite sur le plateau de la machine (fig. 7). Toutes les portions d’une même boîte sont étiquetées en même temps après avoir reçu simultanément leurs points de colle. 25 à 30 boîtes peuvent être étiquetées à la minute.
- Enfin les boîtes garnies sont entourées d’une banderole de fermeture (fig. 8). La bande de papier se garnit de colle sur des disques encolleurs. L’application parfaite
- Fig. 0. — Une cave a gruyère.
- Fig. 8. — Etiqueteuse automatique.
- de la bande est assurée par un mouvement rotatif de la boite, des ciseaux qui coupent la banderole et un système de brosses rotatives. Le chargeur de la machine est alimenté par les soins de l’ouvrière surveillante.
- Parmi les maisons qui achètent le gruyère aux sociétés locales pour le revendre, après lui avoir donné en cave les
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- soins voulus, ou pour le transformer en pâte, figurent au premier plan les maisons Graff, de Dole, et Bel, de Lons-le-Saunier. Les produits de cette dernière ont été popularisés par la fameuse gravure de Benjamin Rabier, représentant la Vache qui rit\ En 1924, cette maison n’a pas acheté moins de 64408 pièces de gruyère représentant un tonnage de 3 242895 kg. Dans ses diverses installations de Lons-le-Saunier, Bréry, Métabief, Yillards d’Héria, Annecy, Annemasse, Beaufort, Albertville et Moutiers, elle peut traiter simultanément 22 000 pièces.
- Une cave à fromages est presque aussi curieuse à visiter
- dont le but est de former des « fromagers », des « contremaîtres » et des directeurs entrepreneurs de laiteries.
- Cette école, longtemps dirigée par M. Friant — qui a pris sa retraite l’automne dernier —, est aujourd’hui flanquée d’un Laboratoire de recherches. Il prépare des cultures de ferments sélectionnés, susceptibles de donner à la pâte de gruyère un goût plus fin, une ouverture plus régulière. Il fonctionne sous les auspices de l’Institut de recherches agronomiques organisé par le D1' Eugène R.oux, et sous la direction de M. Guitonneau, chargé à Paris du fonctionnement du Laboratoire national de fermentation.
- Fig. 10. — Un coin d’atelier des Etablissements Bel, de Lons-le-Saunier, où l’on fabrique la pâte de gruyère “ La Vache qui rit
- qu’une cave à champagne. Quant aux ateliers où sont employées les nombreuses machines dont nous avons parlé, ils ressemblent absolument à des ateliers de mécanique.
- En 1923, il y eut à Lons-le-Saunier une exposition industrielle et agricole, dont la presse n’a que très peu parlé. Le président de la République, M. Millerand, y fit une visite officielle. Il y vit notamment la fabrication d’un gruyère dans un chalet improvisé.
- Le ministère de l’Agriculture s’intéresse depuis longtemps à laproduction du gruyère. La petite ville dePoligny, récemment découronnée de sa sous-préfecture, possède une Ecole nationale d’industrie laitière fondée en 1888 et
- Sans tenir compte dés produits accessoires dont le principal est le beurre, l’importance de la fabrication du gruyère en France est d’environ 300 millions de francs, celui de la Suisse étant de 350 à 400 millions.
- C’est un aliment de premier ordre dont la qualité est fonction des herbages qui nourrissent les vaches laitières. Il figure sur toutes les tables avec honneur, et ce n’est sûrement pas lui qui a donné naissance au vieux dicton :
- Fromage, poire et pain,
- Repas de vilain !
- Léopold Revebc-hon.
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- LA PLUS VIEILLE USINE MÉTALLURGIQUE DE FRANCE
- LE DERNIER HAUT FOURNEAU AU BOIS
- Progressivement, depuis la guerre de 1870, la fabrication du fer au charbon de bois a presque complètement disparu en France.
- La grande usine avec ses batteries de hauts fourneaux produisant leur 150 à 300 tonnes de fonte par jour chacun, de convertisseurs, de fours Martin, tout son outillage moderne, a remplacé la pittoresque forge blottie au fond d’un ravin, sur le bord d’un cours d’eau et souvent au milieu des bois.
- En 1875 on comptait en France 115 hauts fourneaux au charbon de bois; il n’y en avait plus que 10 en 1889 et 5^ en 1906. En 1919 trois usines seulement travaillaient encore au combustible végétal : celle de Labouheyre dans les Landes, celle de Ria dans les Pyrénées-Orientales et enfin celle de Savignac-Ledrier dans la Dordogne. Actuellement, à la suite d’un incendie, le haut fourneau de Labouheyre a fait place à une fonderie de deuxième fusion, celui de Ria est momentanément éteint ; seule l’usine de Savignac travaille encore, perdue au fond d’un ravin boisé qu’arrose l’Auvézère, affluent de l’Isle.
- Il nous a paru intéressant de décrire cette petite forge, vestige à peu près unique cle la vieille sidérurgie française.
- Dans la vue ci-jointe, à gauche, au.pied du ravissant château occupé par le propriétaire-directeur, M. L. Combes-cot, on peut voir assez en détail le haut fourneau.
- Dans son ensemble, l’usine de Savignac est construite sur le modèle des très nombreuses forges que l’on rencontrait un peu partout dans le nord du département de la Dordogne et dont on trouve encore de nombreux vestiges, notamment aux environs de Jumilhac-le-Grancl. En contre-bas du chemin qui monte au château, l’usine occupe un espace assez restreint entre la rivière et [la pente du ravin. Des camions automobiles viennent décharger le charbon de bois directement dans les halles dont le toit est juste au niveau du chemin. Un sait en effet que, contrairement au coke, le charbon de bois brûle mal quand il est mouillé ; on doit donc l’entasser à l’abri de la pluie. Jadis, le charbon était amené aux forges à dos de mules dont on rencontrait les convois tintinnabulant parmi les chemins rocailleux.
- Non loin des halles à charbon se trouvent les tas de minerai. Leur teinte rougeâtre tranche sur les bâtiments et le sol noirs de l’usine. Deux minerais sont utilisés à
- Savignac : un minerai pur originaire du pays même où on le rencontre sous forme de concrétions dans certains amas de kaolin assez fréquents dans la région. Il est exempt de phosphore et sa teneur peut atteindre 40 pour 100. Un autre minerai vient du Gard ; sa teneur est à peu près la meme, mais il est légèrement phosphoreux; déplus il contient, probablement sous forme de carbonate, du zinc qui dans le fourneau donne des oxydes infusibles provoquant parfois des accrochages gênants. Selon la qualité de fonte que l'on veut obtenir, on emploie soit exclusivement l’un ou l’autre minerai, soit un mélange déterminé des deux. Ces minerais sont siliceux et nécessitent l’addition de eastine comme fondant.
- Les bâtiments de l’usine proprement dite sont dominés par le haut fourneau dont la figure 2 donne une coupe
- schématique. C’est un massif de maçonnerie à section carrée, analogue à ceux que l’on rencontre encore plus ou moins ruinés dans les anciennes forges de la contrée. Il est absolument comparable à ces vieux fourneaux dont on trouve des figures et des descriptions dans les ouvrages de métallurgie ou de chimie minérale datant d’une cinquantaine d’années. Les murs extérieurs s’agrémentent de quelques figures sculptées attestant une construction très ancienne. L’inférieur est constitué par un revêtement en briques réfractaires, mais autrefois on se contentait de petits galets quartzeux cimentés par un mortier réfractaire. Le creuset présente le type très courant jadis, dit « à poitrine ouverte », avec tympe et dame, par-dessüs laquelle les laitiers s’écoulent librement lorsque le creuset est plein de matières fond ues.
- Le vent est souillé par deux tuyères, mais une seule est normalement en service, l’autre servant de tuyère de secours. Contrairement à ce qui est figuré sur le schéma pour la commodité du dessin, l’axe de la tuyère est perpendiculaire au plan de la figure et par conséquent à l’axe du trou de coulée. Le gueulard est fermé par une trémie de chargement à coupe et cône analogue, aux dimensions près, à celles des fourneaux modernes: elle permet de recueillir les gaz dont nous verrons bientôt l’utilisation. La plateforme de chargement est enfin recouverte d’un abri en bois. 11 n’y a en effet jamais de flammes au gueulard, l’allure étant lente; lorsqu’on arrête la campagne, pour éviter la production de flammes que provoquerait l’abaissement du niveau des matières dans
- Fig. 1. — Château et forges de Savignac-Ledrier.
- A gauche : le haut fourneau avec le monte-cliarge à balance d’eau. Au milieu : le bâtiment des fours à puddler.
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- l’intérieur clu^, fourneau, on charge du calcaire jusqu’à ce que la depnièré charge soit venue couler du creuset. -
- Le chargement se fait à l’aide de petites mannes en osier dont la capacité exactement calculée et les faibles dimensions permettent d’apporter une grande rigueur dans la composition des lits de fusion. Combustible, minerai et castine sont amenés au gueulard à l’aide de l’antique dispositif à balance d’eau. Les charges sont toutes montées pendant la journée, ce qui permet de n’employer que 4 hommes au gueulard par 24 heures, deux de jour et deux de nuit.
- Le vent, soufflé comme nous l’avons dit par une seule uyère, est produit par une petite machine soufflante à cylindre vertical mue par une roue à aubes; cette machine est d’un type qui était très courant il y a cinquante ou soixante ans dans les forges ou les établissements métallurgiques de faible importance. L’air se rend dans un réservoir cylindrique servant de volant et de là dans un récupérateur, simple appareil à tubulure en fonte, où il est chauffé à 200° avant d’arriver à la tuyère. Le récupérateur est chauffé par une partie des gaz du fourneau.
- Deux coulées toutes les 24 heures donnent ensemble 3 tonnes de fonte pour 6 à 7 tonnes de lit de fusion.
- Tout à côté du haut fourneau se trouve la forge qui produisait autrefois du fer à l’aide d’un feu d’afïinerie que l’on peut voir encore aujourd’hui envahi par les broussailles. On lui a avantageusement substitué deux petits fours à puddler. Ceux-ci sont munis chacun de deux paires de récupérateurs Siemens et fonctionnent absolument à la façon des fours Martin. Les gaz du haut fourneau trouvent là un emploi intéressant après une épuration sommaire dans un appareil à pluie d’eau. La récupération permet d’atteindre la température nécessaire au puddlage; de plus, en renversant comme il convient le jeu des récupérateurs, en modérant ou augmentant l’arrivée d’air et de gaz, on règle l’action delà flamme beaucoup plus facilement que dans les fours à la houille, ce qui permet d’obtenir beaucoup plus sûrement les différentes qualités de fer.
- Les récupérateurs construits au-dessus du sol forment une terrasse supportant les fours. Devant la porte de chargement, se trouve une rigole inclinée en tôle dans
- laquelle on jette les massiaux. Ceux-ci arrivent presque directement sous un antique et gros manteau de forge soulevé par des cames qu’entraîne une roue à aubes. Le cingleur n’a qu’à saisir les massiaux avec ses pinces, à les diriger et les retourner sous le martinet. La forge contient également un four à cémenter alimenté par un gazogène et un petit four à réchauffer à la houille.
- Les forges de Savignac-Ledrier permettent donc de fabriquer un fer de très bonne qualité et d’une grande pureté. Grâce en effet au mode de chauffage des fours à puddler on peut y réaliser la fabrication du fer entièrement au bois et exempt ainsi de toutes les impuretés que
- pourraient y apporter les poussières et les gaz de houille. Actuellement cependant on préfère séparer les deux fabrications de la fonte et du fer. Le haut fourneau produit des fontes de moulage très pures, de la qualité dite « à vent froid » (l’air n’étant chauffé qu’à 200°) et présentant des avantages tout à fait remarquables pour la résistance, le retrait et la possibilité de prendre la trempe. Mélangées à d’autres fontes, les fontes de Sa-vignac donnent en deuxième fusion des alliages très appréciés pour certaines pièces de faible épaisseur, pour les cylindres de laminoirs, etc.; la production de l’usine est retenue plusieurs années d’avance par les fondeurs.
- Les fontes traitées dans les fours à puddler, affinées au gaz de bois, donnent des fers très appréciés.
- Obligée de s’approvisionner en été à cause du mauvais état des chemins en hiver, cette usine marche par campagne d’octobre à elle est à 15 km environ de la plus proche station de la ligne de Thiviers à Brive et à 5 km d’une petite halte du tramway de Péri-gueux à Saint-Yrieix; néanmoins, grâce au faible amortissement qui résulte de son ancienneté même, grâce à la qualité de ses produits justifiant un prix de vmnte élevé, grâce enfin à son mode de fonctionnement économique n’exigeant'que quelques spécialistes, elle peut vivre, subsister et rendre des services. D’après cet exemple on pourrait conclure, que les fontes et les fers au bois qu’exigent certaines fabrications d’outils spéciaux, (coutellerie, instruments de chirurgie, fers pour dynamos, etc.), et que l’on fait venir à grands frais de Suède, pourraient être avantageusement produits en France. Ch. Finaton.
- luyere
- Dame
- Trou de coulée
- Fig. 2. — Coupe du haut fourneau de Savignac.
- Hauteur totale 11 m. ; diamètre au gueulard 1 m.; diamètre de la
- cuve 2 m. ; capacité-18 m3 environ.
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- = COULEURS SAILLANTES = ET COULEURS EN RETRAIT
- 2 iï
- L'EXPÉRIENCE
- Le Parisien du quartier du Louvre que ses affaires appellent à La Villette ou au Pré-Saint-Gcrvais, dispose d’une ligne de Métro particulièrement précieuse, car outre le transport direct, et, à certaines heures, confortable, elle lui donne l’occasion d’observer un phénomène d’optique physiologique curieux et qu’il n’est pas sans intérêt de signaler.
- Lorsqu’on arrive sur le quai, à la tête de ligne du Palais-Royal, on a devant les yeux, à quelques mètres au-dessus du sol, une lanterne, perpendiculaire au trot-.
- Des verres de couleur peuvent parfaitement suffire; cependant il est plus scientifique d’employer, si l’on peut, des filtres donnant des couleurs aussi pures que possible, tels que les gélatines colorées Wratten, par exemple, plus maniables que des solutions.
- Au-devant on appliquera un diaphragme de carton bien opaque dans lequel on aura découpé une figure de forme simple, un X ou un V, de 2 à 3 cm de haut.
- Les deux boîtes sont placées côte à côte sur une table, leurs faces antérieures bien à l’alignement, puis la pièce est plongée dans l’obscurité, de telle sorte que les deux images lumineuses et colorées restent seules visibles, comme suspendues dans l’espace. Il est important de se
- Fig. 1.
- L’axe visuel ne coïncide pas avec l’axe optique, le faisceau YG'c est intercepté et les cercles de diffusion ne sont pas concentriques, ni centrés sur l’axe. La même disposition se reproduit, symétriquement, dans l'autre œil.
- 00', Axe optique du système; YY', Axe Osuel (joignant le point fixé à la fovea de la rétine); 1, 2, 3, 4, Images rétiniennes de l’hypermétropie à la myopie; II, Foyer des radiations bleues; R, Foyer des radiations rouges ; pp’, Orifice pupillaire.
- toir, dont la moitié supérieure, formée d’un verre rouge, porte en lettres noires les mots « Opéra-Gare de l’Est », tandis que la moitié inférieure montre alternativement les indications « Villette » ou « Saint-Gervais », mais dans ce dernier cas détachées sur un verre bleu.
- Pour nous, et sans doute pour la plupart des observateurs qui rechercheront le phénomène, l’inscription bleue semble être sensiblement plus éloignée que la rouge.
- Cette impression persiste, pour nous du moins, jusqu’à proximité même de la lanterne, et il faut que nous arrivions dessous pour nous assurer que les deux inscriptions sont bien sur un même plan vertical.
- Il est facile de reproduire cette exj érience. Pour cela on construira, en bois ou en carton, deux boîtes allongées, noires extérieurement, dans lesquelles on logera une lampe électrique. Dans l’un des petits côtés on découpera une fenêtre que l’on munira d’un verre dépoli et d’un filtre coloré, bleu pour l’une, rouge pour l’autre.
- conformer aux conditions de l’expérience si l’on veut bien étudier le phénomène; un simple barbouillage au crayon rouge et bleu sur une feuille de papier observée en plein jour ne peut suffire.
- Si l’on se poste à une distance convenable, à environ 4 mètres en avant des lanternes, on se rendra compte que, pour la grande majorité des observateurs, la figure rouge paixiît plus rapprochée que la bleue. Il est possible alors de faire déplacer la boîte rouge en arrière, progressivement, jusqu’à ce qu’on ait l’impression que les deux images se trouvent à la même distance. C’est un moyen de mesurer et de comparer les erreurs.
- SON EXPLICATION
- Deux explications, certainement exactes l’une et l’autre, peuvent rendre compte de cette illusion.
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- La première s’applique à tous les cas ; la seconde, plus curieuse, ne vaut que si l’observateur a les deux yeux ouverts. Il est probable que les deux facteurs que nous allons exposer interviennent à la fois la plupart du temps.
- Tout le monde sait que la lumière blanche émanée d’un point ne forme pas, après passage à travers une lentille convergente, un foyer unique. Les diverses radiations qui la composent se réunissent à des distances croissantes, suivant qu’elles appartiennent à des régions du spectre plus éloignées du violet. S’il s’agit d’un appareil photographique, la plaque ne pourra donc jamais recevoir u»>e image parfaitement au point. De. là, la construction d’objectifs achromatiques destinés à réunir toutes les couleurs, ou tout au moins le plus grand nombre ppssible, de façon à obtenir des images plus nettes et plus lumineuses.
- Tout le monde, peut-être, ne sait pas que l’objectif de l’œil huipain est très défectueux en ce qui concerne l’achromatisme. Une observation très facile à faire permettra de s’en rendre compte. Beaucoup de théâtres et de cinémas, pendant l’obscurité nécessitée par le spectacle, laissent brûler quelques lampes bleuâtres pour éclairer les dégagements de la salle. Ces verres bleus ne sont pas des filtres colorés parfaits, car ils laissent passer également une forte proportion de rayons rouges.
- Le filament incandescent donne donc dans l’œil deux foyers, l’un rouge, l’autre bleu. Si la rétine, de par la réfraction de l’observateur, se trouve, par exemple, au foyer bleu, elle reçoit une image bleue bien définie et une image rouge encore floue : l’impression est celle d’un lil bleu entouré de rouge. Si la rétine se trouve au foyer rouge, les rayons bleus devenus divergents donnent une image floue, et l’on voit un fil rouge entouré de bleu.
- L’expérience est très facile à réaliser avec un morceau de verre de cobalt placé devant une lampe à incandescence.
- D’une personne à l’autre, l’objeclif de l’œil humain ne diffère pas notablement. S’il y a des myopes et des hypermétropes, cela tient à ce que la distance qui sépare la l’éline de l’appareil optique n’est pas la meme pour tous.
- Quand cet écran sensible se trouve au delà du foyer formé par les rayons venus de l’inlini, quand l’œil est trop long, nous avons un myope. Si l’œil est trop court, si la rétine se trouve entre ce foyer et la lentille, nous avons un hypermétrope. Comme l’œil ne saurait changer de longueur à l’instar de la chambre à soufflet du photographe, la mise au point à l’infini ne peut s’obtenir qu’en changeant la force de l’objectif.
- Contre la myopie, pas d’autre remède que l’adjonction d’un verre concave.
- Contre l’hypermétropie, au contraire, à coté de la correction par un verre convexe, l’homme dispose de la fonction accommodative qui, en augmentant la courbure du cristallin, raccourcit la distance focale. C’est cette accommodation qui permet la mise au point sur tous les objets situés en deçà de l’infini, et les myopes eux-mêmes y ont recours pour voir à une distance moindre que celle
- à laquelle ils sont adaptés du fait de la structure de leur œil.
- Lorsque notre regard se porte de l’objet que nous fixons sur un autre objet plus éloigné, l’effort d’accommodation diminue, ainsi que l’acte de convergence de nos axes visuels. Le contraire a lieu quand nous voulons fixer un objet plus rapproché. La sensation inconsciente de ces efforts nous renseigne certainement, quoique de façon imprécise, sur la distance relative des objets. Dans l’expérience présente la convergence n’est pas en jeu. Il en est autrement de l’accommodation : nous avons dit que l’image de la lettre découpée devant la lanterne rouge se forme plus loin en arrière de l’objectif de notre œil que l’image de la lettre bleue. Elles ne seront donc jamais au point en même temps, quelque soit d’ailleurs notre état de réfraction, et tout effort pour obtenir une vision nette, c’est-à-dire toute mise en jeu ou tout relâchement de l’accommodation, ne pourra que mettre ce désaccord en évidence.
- L’impression sera toujours que le foyer bleu correspond à un objet plus éloigné que l’autre.
- Cette explication, cependant, se trouve en défaut dans un certain nombre de cas. Il est des observateurs, en minorité d’ailleurs, qui voient au contraire la lanterne bleue plus rapprochée que la rouge.
- C’est le moment de parler de la seconde explication. Là il faut faire intervenir une autre fonction, la vision binoculaire, et, aussi, un autre défaut de construction de l’œil humain.
- Entre autres imperfections, nous constatons dans cet organe que l’axe visuel, qui réunit le point fixé au point le plus sensible de la rétine, ne coïncide pas avec l’axe optique du système. Dans la majorité des cas, quand le regard fixe un point, l’axe optique prolongé en avant passe en dehors, c’est-à-dire à droite pour l’œil droit, à gauche pour l’œil gauche. Les faisceaux lumineux émanant des objets que nous fixons traversent la pupille excentriquement, et leur partie nasale est partiellement cachée.
- Quand l’objet fixé est au point, le foyer conjugué se trouve bien — évidemment — là où l’axe visuel rencontre la rétine, c’est-à-dire, dans la j'ovea ; mais, quand la mise au point est défectueuse, les cercles de diffusion 11e sont pas centrés sur l'a fovea.
- La construction montre que, par rapport à celle-ci, les cercles de diffusion des radiations rouges sont décalés vers la tempe, relativement aux bleus, chez les hypermétropes, et que, chez les emmétropes et les myopes, les bleus sont relativement décalés vers le nez — ce qui revient exactement au même, en pratique.
- En tout état de cause, ce décalage symétrique se traduit, par suite de la fusion binoculaire, par une sensation de profondeur : les rouges paraissent plus rapprochés (1).
- Qu’il se trouve maintenant des personnes chez qui le désaccord entre les axes soit l’inverse de l’exemple pris
- 1. Une curieuse expérience relative à^la vision binoculaire (La Nalure, n° 2747).
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- plus haut, et la sensation se trouvera inversée également : les rouges paraîtront plus éloignés. Ceci est beaucoup moins fréquent.
- Il est des circonstances, tout à fait exceptionnelles, où l’explication du phénomène doit être cherchée ailleurs encore, mais l’intérêt deviendrait trop spécial, et nous ne pouvons nous laisser aller à envisager ici tous les cas qui peuvent se présenter.
- Quoi qu’il en soit, la démonstration est faite : l’objectif de noti’e appareil visuel est très loin d’être achromatique, et un célèbre physiologiste a pu dire, jadis, que, si un instrument aussi défectueux lui avait été livré par un fabricant d’optique, il l’aurait laissé pour compte.
- Nous pourrions en rester là; mais il n’est que juste de faire entendre aussi un autre son de cloche. Donnons la parole au fabricant d’optique, ou, plutôt, à son avocat, car il en a trouvé un.
- Kn premier lieu il faut se rappeler que la rétine, sur une petite étendue autour du pôle postérieur, est teintée de jaune. C’est ce qu’on appelle la macula lutca, au centre de laquelle se trouve la fovea ou fossette centrale, le point de vision optima: celui qui fixe. Ceci constitue, dans celte région circonscrite, un iiltrc contre les radiations gênantes de l’extrémité bleue du spectre, comme la bonnette que l’on emploie pour les plaques autochromes.
- LA THÉORIE DU D' POLACK
- Mais il y a mieux. Un très intéressant travail a été publié récemment sur ce sujet par le Dr Polack, physicien, physiologiste, et, ce qui était précieux pour ses éludes, artiste peintre de talent.
- Ayant renouvelé et multiplié les expériences qui établissent et mesurent le chromatisme de l’œil, il s’est demandé.si ce défaut optique était vraiment préjudiciable à la vision. Or ses conclusions furent que, bien au contraire, nous en tirons d’incontestables avantages.
- Nous serions entraînés trop loin si nous voulions exposer ici cette importante étude, et ce ne serait pas tout à fait le lieu de le faire. Il nous en coûterait trop, cependant, de ne pas donner au moins un aperçu de quelques-unes de ces idées très neuves.
- D’abord la succession des foyers sur l’axe optique de l’œil augmente dans une certaine mesure la profondeur du champ, c’est-à-dire qu’elle permet de voir avec une netteté à peu près égale deux objets dont l’éloignement n’est pas strictement le même.
- Ensuite, il doit se produire autour d’un objet que nous voulons fixer un halo coloré, et selon que, à ce moment donné, nous sommes au point en deçà ou au delà de cet objet, le halo appartiendra à l’extrémité bleu-violet ou à l’extrémité orangé-rouge du spectre. Cette différence serait susceptible de déterminer le sens du réflexe de l’accommodation, laquelle se relâcherait ou se contracterait sans tâtonnements.
- Le chromatisme paraît participer à la formation de la notion de la substance ou de la matière dont est constituée la surface des objets. Il agit en quelque sorte
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- comme un analyseur spectral, en décomposant, au niveau des contours et au bord des ombres, la lumière complexe qui est réfléchie par la surface de ces objets, et dont la composition dépend plus ou moins de la matière réfléchissante.
- Pour étayer celle hypothèse, M. Polack a fait établir par AI. Florian, un objectif, non plus achromatique, mais hyperchromatique, et s’en est servi pour prendre des clichés autochromes. Il est incontestable que les photographies prises de cette façon donnent une impression infiniment mieux interprétée, plus naturelle, plus vivante dirions-nous presque, du métal, du velours, du plumage d’un oiseau, etc.
- La connaissance du chromatisme de l’œil peut trouver des applications pratiques diverses, dont la plus intéressante pour le public est, à coup sûr, le rôle qu’il joue dans la peinture, en particulier pour la localisation des objets représentés à des profondeurs différentes de l’espace.
- Un tableau ne saurait solliciter aucun des moyens qui nous rendent sensibles les reliefs. Il ne reste au peintre, outre la perspective linéaire du dessin et la distribution des ombres, que la perspective dite aérienne. Or, Al. Polack fait ici une distinction : la réflexion de la lumière sur les particules atmosphériques modifie l’apparence des objets éloignés, d’une façon purement physique et proportionnelle à l’épaisseur des couches d’air, lesquelles doivent être relativement considérables pour que le phénomène soit très sensible. A cette perspective, la. seule connue jusqu’ici, en somme, AI. Polack donne le nom de perspective atmosphérique. La perspective à laquelle il réserve le nom d'aérienne, est au contraire un phénomène physiologique. Elle est due au fait, signalé plus haut, que si notre œil est accommodé pour une distance donnée, les objets placés à d’autres distances lui apparaissent modifiés non seulement par la diffusion due au défaut de la mise au point, mais aussi par la dispersion de la lumière. Les peintres envelopperont donc leurs contours dans ce sens.
- M. Polack, qui est du métier, nous apprend qu’il faut que l’œil du peintre soit accommodé au moins pour la distance dû premier plan de son sujet, ou, mieux encore, pour une distance plus courte.
- Il importe beaucoup que celle accommodation ne se relâche pas au moment où l’attention de l’artiste se porte sur les plans plus éloignés. Faute de cela il peut se produire des erreurs de coloris qui ruinent les effets de la perspective aérienne.
- Ce que l’on a appelé la « manière sénile » de certains peintres, n’aurait pas d’autre cause que l’affaiblissement de l’accommodation. 11 sera donc expédient pour les peintres hypermétropes de porter des verres correcteurs parfaits, ou, même, un peu trop forts.
- La question a trouvé sous la plume de l’auteur un développement fort intéressant. Nous nous bornerons à ce qui précède, heureux que notre lanterne du Métro nous ait fourni l’occasion de signaler des recherches réellement très originales.
- Dr AIahc Laxdoi.t,
- Oculiste de l’Institution nationale des Jeunes Aveugles.
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- LAVAGE AUTOMATIQUE DES WAGONS
- Les wagons qui viennent d’effectuer "un assez long parcours sont couverts cle poussière ou de boue, noircis par la fumée et le charbon ; il est donc nécessaire de les nettoyer.
- Pour cela, on les dirige vers une zone de garage. Les moyens primitifs consistent à exécuter ce travail manuellement au moyen de linges humides et de balais. Les employés lavent les portières, les parois et les vitres.
- Le nettoyage ainsi pratiqué est des plus précaires; il
- L’appareil est constitué par une série de 8 brosses disposées par quatre de chaque côté d’un tronçon de voie.
- Ces brosses sont faites de lanières de drap qui, au repos, pendent le long de leur armature, mais qui sont projetées par la force centrifuge lorsque l’axe se met à tourner. Par conséquent, ces lanières viennent frotter sur la caisse des voitures, l’eau d’arrosage nécessaire étant fournie par des tuyaux verticaux perforés qui sont
- l'ig. 1. — La machine à laver les wagons, au repos.
- En marche, les lanières de drap sont projetées par la force centrifuge. Un des tuyaux perforés est visible à gauche au premier plan.
- en résulte un aspect peu agréable du véhicule et, ce qui est plus grave, une odeur particulière que l’on ne peut chasser en dépit d’une ATentilation énergique.
- Le nettoyage extérieur des wagons a été étudié afin d’être réellement mécanique dans presque toutes les grandes gares. Le procédé le plus récent, qui vient d’être mis en service, et aussi le plus perfectionné, est au terminus de la Compagnie P.-L.-M. Nous avons pu nous documenter sur cette installation ingénieuse grâce à M. Valentin, ingénieur en chef de la voie et de la traction.
- disposés entre chaque couple de brosses. Ces tuyaux laissent échapper de violents jets d’eau, grâce à une pompe hydraulique qui alimente les orifices des tuyaux perforés.
- Les brosses sont actionnées par des moteurs électriques disposés dans dès abris à toiture inclinée, qui se trouvent sur la plate-forme supérieure de la laveuse automatique.
- La cabine de commande, édifiée sur le côté, comporte les volants de manœuvre qui actionnent la série de contrôleurs des moteurs destinés à faire tourner les
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- Fig. 2.
- La machine à laver en action
- On voit les jets produits par l’arrosage à haute pression.
- tambours laveurs et le groupe motopompes, qui alimente les lances d’arrosage en eau sous pression.
- Ces groupes motopompes sont placés également dans la cabine et un appareil de réserve est prévu, dans le cas où l’un d’entre eux viendrait à faiblir.
- L’opération du lavage automatique se comprend d’elle-même.
- Il suffît que les wagons défilent, les portières fermées, entre la haie de lanières de drap et de iets liquides qui arrosent les surfaces.
- Le wagon peut ainsi se déplacer dans l’appareil à une vitesse de 6 km à l’heure et les moindres recoins sont nettoyés.
- Ce procédé, non seule-
- ment, supprime une main-d’œuvre coûteuse, mais a surtout l’avantage d’être éminemment hygiénique, car rien ne peut résister aux jets d’eau multiples et au frottement rapide des lanières de drap qui agissent avec force.
- C’est donc une disposition ingénieuse, d’une grande utilité, susceptible d’assurer aux voyageurs plus de confort et plus d’hygiène au cours de leurs voyages.
- P. Mareschal.
- Hg. 3. — Cabine de commande de la machine à laver.
- A gauche au premier plan :
- Le volant de manœuvre commandant la série de contrôleurs.
- A droite :
- Les groupes moto-pompes.
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- 216 = L’ENTOMOLOGIE DES MOUCHES A TRUITES
- LES ÉPHÉMÈRES (*»•«)
- Si les Ephémères ('), à l'état d’insectes ailés, se peuvent distinguer entre elles par le nombre de leurs cerques (ou filaments de queue), leurs ailes et les différences dans la réticulation des nervures de ces dernières, les larves qui leur ont donné naissance se peuvent reconnaître par leur système respiratoire (branchies) et leur forme générale : cette forme générale du corps est fonction de leur genre d’existence, et celle-ci nous fournit une base de classement assez originale.
- Certaines larves ont des pattes fouisseuses robustes.
- Comme la nature ne fait rien d’inutile, ou plus exactement que la plupart des êtres s’adaptent à leur milieu et à leurs besoins, ces larves seront celles qui ont coutume de se creuser des terriers dans le lit de la rivière.
- Sont des larves fouisseuses celles des familles Ephe-mera, Pohy milords, Palingcnia.
- : Ces larves sont en outre carnivores si on en juge par la force et la longueur des mandibules qu’elles portent •en avant de la tête.
- Les larves des autres familles ont des pattes grêles non fouisseuses.
- •Il en est au corps cylindrique qui ne font que nager, ce sont les Cloë, dont la queue de trois cerques est ciliée de longs poils. (Remarquons en passant que les éphémères adultes n’ont parfois que deux cerques, mais les larves toujours trois.)
- Les Boëlis, tantôt grimpeuses (le long des herbes), tantôt nageuses, ont les cerques moins fortement ciliés.
- Les Poiamanlhus sont uniquement marcheuses, grimpeuses, à cerques simples. D’autres sont lentes et sans défenses, elles se traînent péniblement sur les fonds à courant amorti ou nul, se dissimulant le mieux qu’elles peuvent; les Ephcnierella semblent être dans ce cas, et certainement les Cœnis au corps velu sont des larves rampantes.
- Enfin, il est des larves craintives, qui se cachent sous les pierres, ce qui se traduit par un aplatissement de leur corps : ce sont des larves plates, celles des Ecdy unis.
- Les auteurs halieutiques ont coutume de n’employer guère le terme de larves et de les baptiser nymphes. A la vérité, dans l’ordre des Ephémères où n’existe pas l’état de chrysalide, il n’y a pas de période d’immobilité avant le passage à l’état de papillon; le terme de nymphe ne devrait, en principe, être employé que lorsque est apparu un embryon d’ailes. Mais les unes et les autres -ont le même habitat, la même vie, les mêmes habitudes.
- Contons rapidement ce qu’est l’existence d’une de ces bestioles :
- La mouche de mai (grande Ephémère : E. danica,
- 1. Voy. La Nature noa 2761, 2764.
- E. l’ulgaiaj , pond, paraît-il, environ 4000 œufs qui tombent en se séparant au fond de la rivière où ils mettent de trois à six semaines à éclore en minuscules larvules.
- Chaque larve vivra trois ans sur le fond du ruisseau, muant, c’est-à-dire changeant de peau, au fur et à mesure qu’elle se développe, qu’elle grandit.
- Presque toujours enfouie dans les vases sablonneuses d’où elle ne laisse émerger que sa tête, armée de solides mandibules, elle dévore tous, les petits animalcules, vivants ou morts, qui passent à sa portée. Elle atteint une assez belle taille, puisque son corps a environ 2 cm de long; la tête est relativement courte, le corselet surmonté de branchies continuellement en mouvement, l’abdomen long et annelé; une queue formée' de trois longs filaments charnus termine ce corps plutôt inélégant. ^ ]
- Cette larve est. la’petite bêle (fig. 1) si recheixhée en automne et en hiver par les pêcheurs de Perches ; elle constitue de même un appât de premier ordre pour pêcher la Truite entre deux eaux et près du fond.
- Un beau jour de printemps, lasse de cette existence monotone et désireuse de se transformer, la larve de la grande Ephémère lâche le fond du ruisseau et nage vers la surface.
- Là, aussitôt qu’elle flotte, le papillon déjà formé à l’intérieur brise la mkice pellicule qui l’emprisonne. Cramponné à sa dépouille larvaire, il s’ébroue au soleil.
- Rapidement, ses ailes’ sèchent et s’étendent, il les essaye en quittant le radeau minuscule qui fut l’enveloppe de son corps. j
- Posé sur l’eau, où ses six pattes n’enfoncent point, son abdomen et sa queue recourbés obliquement en l’air, ses ailes pointées vers le ciel, il semble un élégant, mais minuscule bateau à voile.
- Etrange existence que celle de cet insecte qui a vécu des années, traînant dans les vases sa vie misérable d’affreux gnome carnassier, pour se réveiller un jour bel insecte, tout pai’é d’or et ne pensant plus qu’à l’amour.
- Et pour combien de temps se faire si belles après une si longue et si misérable attente?
- On ne croit pas, qu’en sa plus longue existence, la grande Ephémère ait vécu plus de deux jours. Mais de combien d’ennemis n’a-t-elle pas été entourée pendant ces heures de vie intense?
- Hirondelles et Bergeronnettes en sont friandes.
- Les Libellules elles-mêmes, dont les évolutions gracieuses et les couleurs vives apparaissent comme des fleurs volantes, s’en repaissent sans vergogne.
- Mais moins encore que les Truites.
- Celles-ci sortent toutes de leurs retraites lorsque, aux environs du 20 au 25 mai, les grandes Ephémères jaunes commencent à apparaître; elles s’en gorgent sans
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- mesure jusqu’à la fin de la saison, c’est-à-dire jusqu’aux environs du 15 juin.
- Les grands pêcheurs de Truites, on le .sait, « chassent » ce poisson à la mouche artificielle, et celle-ci représente presque toujours un insecte parfait, ailé. Or, il est indubitable que la Truite trouve dans son élément aquatique encore plus de larves qu’elle ne peut saisir de papillons à la surface.
- Il suffit, d’ailleurs, d’ouvrir l’estomac d’une Truite récemment capturée, pour s’assurer que la plupart du temps son menu a été surtout composé de nymphes... ou de vers, surtout le matin, le long des prairies.
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- noyée, c’est-à-dire évoluant un peu en dessous de la surface.
- Il faut reconnaître que ce mode de pêche est presque obligatoire dans les eaux très rapides et agitées comme celles des tumultueux torrents de nos .montagnes; les mouches naturelles elles-mêmes peuvent occasionnellement être noyées par la violence des cascadettes, et dans l’eau fourmillent les nymphes, proies habituelles du poisson.
- Ces nymphes artificielles sont formées . d’un corps fabriqué avec une''matière ayant l’apparence et la couleur de la larve imitée (laine, rafla, crin, quill, etc.), orné de trois cerques en fines barbes de plumes de coq du côté de la courbure de l’hameçon, et du côté de son œillet
- Fig. 1.
- Trois stades de l’Ephémèrc : 1. Mouche de mai (larve); 2. Mouche de mai (nymphe); 3. Nymphe plate.
- Ceux-là le savent bien qui pêchent avec des appâts naturels, vers ou larves, les paysans qui cherchent un poisson vite pris pour le manger au repas suivant, et n’ont point — comme nos amateurs — le souci de ne pêcher que d’une façon sportive le plus joli des poissons de sport.
- Mais un sportsman anglais se croirait déshonoré s’il pêchait" autrement qu’à la mouche flottante. Et je me garderai de me moquer de son purisme, car il n’est pas de plaisir plus élégant, plus passionnant, plus sportif que le dry fly fishing.
- Cependant, les fly makers n’ont pas craint de faire des nymphes artificielles pour les pêcheurs qui, à l’occasion, délaissent la mouche sèche pour pêcher à la mouche
- terminé par deux ou trois tours de hackle fin, court et raide.
- Le hackle, terme anglais qui n’a pas d’équivalent dans notre langue, est fait de ces plumes minces, effilées, luisantes qui donnent un aspect si chatoyant à la tête, au cou et au camail des coqs; quand on l’enroule sur la hampe de l’hameçon, ses barbes divergent dès la nervure et forment une collerette légère, vibrante, qui imite parfaitement les pattes de ces insectes et même suffit parfois à copier à s’y méprendre la délicate transparence de leurs ailes. Ryvez,
- Erratum. — Dans notre article Les Ephémères du 1er juillet; rectifions une coquille d’imprimei’ie •: Les Ephémerines du genre Boè'tis n’ont pas 4 cerques (soies caudales) mais deux. Aucune variété d’éphémères n’a plus de 3 cerques.
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- NOS VIEILLES INDUSTRIES RÉGIONALES
- LES SANTONS DE PROVENCE
- Le Santon est de Provence. Alors que la crèche de Noël reste une tradition de presque tous pays, avec ses personnages bibliques sans originalité particulière et de fabrication souvent grossière, celle de notre province du Sud-Est se distingue par la qualité artistique et traditionnelle de ses figurines, naïvement, mais si joliment inspirées des vieux costumes et des vieilles mœurs provençales.
- Le santon est d’origine italienne, mais les imagiers de Provence en ont fait quelque chose de tout spécial à leur pays. On voit au musée de Marseille des santons qui datent du xvne siècle et, depuis cette époque, cet art charmant reproduit avec une fidélité touchante, à quelques rares innovations près, les types et les costumes des paysans et des humbles artisans de ces époques lointaines, venant apporter au nouveau-né divin, vers lequel les guide l’étoile sacrée, les produits de leurs champs ou de leurs travaux.
- On y voit, descendant de la colline en carton, par la route bordée de brins d’oliviers et de mousse, la vieille paysanne apportant à l’enfant Dieu un berceau. Le berger y amène ses moutons, un autre un fagot de bois, le meunier sa plus belle farine, le riche fermier sa volaille choisie, le pêcheur le meilleur de son butin. Un tambourinaire, qu’on retrouve tout vif dans toute fête provençale qui se respecte, guide le cortège, le galoubet aux lèvres, pendant que le rêmoulaïre, au bord de la route, repasse ses couteaux. Toutes ces figurines sont le produit d’une industrie purement locale, qui se transmet de génération à génération, dans un petit nombre de familles qu’elle occupe pendant une partie de l’année seulement.
- Le santon est fait d’argile. Les familles qui les confectionnent possèdent, des collections de moules et de modèles qui se transmettent par héritage ; et on est santonnier de père en fils. « C’est le soir à la veillée, écrit Horace Bertin, que l’on travaille aux santons. Toute la famille prend part à la besogne. Rien de plus curieux que de voir le grand-père ainsi que les enfants les plus jeunes, pétrir chacun sa bande d’argile. Devant eux est posé le moule séparé par moitié. Avec le pouce et
- l’index-ils emplissent de terre le creux de chaque partie qu’ils rapprochent et joignent ensuite à l’aide de bàrbotine. Une fois secs, les sujets sont coloriés à la gomme. «
- Les santons sont généralement en argile crue. «On ne vernit pas les couleurs dont on les enduit, nous dit Jean-Louis Vaudoyer. Ces couleurs mates sont distribuées par les santoniers avec beaucoup de goût et de liberté. Teintes douees, mais nullement fades; vert de l’amande et de l’olive, roses dorés de l’abricot, mauve et
- bleu de la fleur de lavande, du romarin. Une extrême variété de nuances sobres. Jamais de bariolages agressifs, cruels. Les santons sont vêtus comme l’est la terre provençale, comme l’est la maison provençale, dont les murs portent toujours des crépis aux teintes délicates et choisies. »
- Il se tient chaque année à Marseille, aux approches de Noël, sous les beaux platanes des allées de Meilhan, une foire aux santons.
- Les figurines y sont présentées bien alignées sur les étagères des boutiques volantes, et il s’en fait un grand commerce, car, par essence, les santons sont fragiles et il faut les renouveler souvent.
- De Nice à'Nîmes, on compte une vingtaine de familles qui fabriquent le santon.
- La confection de chaque pièce comprend le moulage, l’ébarbage, le lavage, le séchage et enfin la peinture, pour laquelle seule on compte près de douze façons, sans parler des accessoires.
- On fait aussi des santons en terre cuite. C’est la spécialité de la ville d’Aubagne où quatre familles se sont consacrées à ce travail.
- La famille Neveu y lient une place prépondérante, en sauvegardant précieusement les traits des types provençaux. La production de M. et Mme Neveu et leurs enfants se distingue par la finesse de la décoration, par la vérité des attitudes et des expressions de leurs bonshommes de terre.
- Il y a 30 ans que Mme Neveu a commencé la fabrication des santons en créant elle-même tous les modèles d’après des typés qu’elle a pu connaître, portant encore
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- Fig. 2. — Quelques santons : l une ; le berqer ; le bœuf.
- les vieux costumes de Provence, et en s’inspirant des personnages traditionnels de la si curieuse et si populaire manifestation d’art dramatique, que connaît tout le Midi, et qui a nom la Pastorale.
- Le procédé de la cuisson, employé par la famille Neveu, fait de leurs figurines quelque chose comme une résurrection de celles de Tanagra, dont elles ont le charme naïf et élégant.
- 11 m’a paru bon de signaler cette modeste, mais curieuse industrie des santons, spéciale à la terre de Provence. Il ne faut rien laisser perdre du trésor que constituent ces vieilles coutumes de nos provinces. Et nous nous réjouissons du mouvement bien prononcé qui tend à leur sauvegarde et à leur rajeunissement.
- Parmi les promoteurs et les mainteneurs de ce mouvement, en ce qui concerne la Provence, j’ai plaisir à redire le nom de Jean-Louis Vaudoyer et à placer celui de Marcel Provence qui, cette année, a eu la bonne idée de montrer aux Parisiens les santons provençaux dans une petite boutique du jour de l’an sur les grands boulevards.
- Et pour terminer voici quelques vers de Jean Aicard, dédiés à la famille Neveu, d’Aubagne :
- En allant vers l’étable Sainte Passez, Santons, par ma maison Où la lampe n’est pas éteinte.
- J’entretiens la lampe et le feu
- Pour vous donner, gens du Bon Dieu,
- Quelques instants, la retirée.
- Venez : pour vous je garde en moi Un peu de mon ancienne foi,
- Dont la cendre même est sacrée.
- Venez ; et, dans la grande nuit,
- Ayant vous et moi la même âme,
- Nous arroserons de vin cuit,
- Dans le foyer, la bûche en flamme Et lorsque vous repartirez Vers l’étable, ô premiers apôtres,
- Ma pauvre âme suivra les vôtres,
- Naïfs acteurs des temps sacrés ;
- Et, dans l’auberge d’espérance Où l'Enfant tend ses bras vers vous Nous prierons ensemble, à genoux,
- O petits paysans de France !
- Jeax Ajcard
- : Cl Sauvaire-Jourdax.
- Fig. S. — Quelques santons : la bûcheronne : la mère et V enfant: le rémouleur ; la marchande de poisson; le pécheur.
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- Fig. 1 — Falaises couronnées de glaciers de Vile Pierre F'. Fig-. 2- — Le Cap Ingred Christensen, à la pointe nord de Pile.
- Photos communiquées par le journal Aflenposien, d’Oslo.
- = UNE RECONNAISSANCE DANS VANTARCTIQUE =
- L’ILE PIERRE 1“
- Après une période particulièrement brillante au début du xxe siècle, l’exploration de l’immense continent qui enveloppe le Pôle sud se trouve aujourd’hui complètement arrêtée. Déjà très coûteuses avant 1914, les expéditions antarctiques entraînent maintenant des dépenses tellement élevées que l’on a dû renoncer à en organiser. Dans ces conditions il importe de signaler un raid accompli, tout récemment, par un baleinier norvégien dans la partie est du Pacifique austral ; il est intéressant par les renseignements qu’il a rapportés, comme par l’élégante simplicité avec laquelle il a été exécuté.
- Ainsi que le montre la carte (fig. 3), le secteur antarctique à l’ouest du méridien du cap Horn est resté presque entièrement inconnu. Entre la terre Charcot découverte en 1910 par le Pourquoi Pas ? et la terre Edouard VII un blanc de 3000 kilomètres! La seule indication que l’on possède concernant ce vaste espace, c’est qu’il renferme une petite île isolée, l’île Pierre Ier.
- Le navigateur russe Bellinghausen qui la découvrit en 1821 ne put en approcher, tant les glaces étaient abon-
- dantes, et, depuis elle n’a été entrevue qu’une seule fois, par Charcot en 1910. L’intrépide explorateur français ne fut pas plus heureux que son devancier. Le mauvais temps et un « chaos inexprimable » d’icebergs le tinrent éloigné de l’île. Les récits des rares expéditions qui se sont aventurées dans ces parages les dépeignent comme encombrés de formidables banquises et presque constamment balayés par de terribles coups de vent. Un Norvégien, M. Eivind Tofte n’en résolut pas moins d’essayer d’atteindre l’île Pierre Ie1'.
- Rappelons que les îles situées au sud-est et au sud du cap Horn, la Géorgie, les Shetlands, les Orcades australes sont aujourd’hui le centre le plus actif de la chasse à la baleine, et, que, dans cette région comme dans les autres parties du monde, les Norvégiens possèdent en quelque sorte le monopole de cette industrie maritime. Chaque été une cinquantaine de vapeurs leur appartenant opèrent autour de ces îles. De même qu’au Spitzberg, à la Nouvelle-Zemble, à la côte orientale du Grônland, les chasseurs de phoques des ports du nord de la Norvège, les baleiniers norvégiens de l’Antarctique saisissent avec empressement toutes les occasions d’étendre nos connaissances géographiques.
- Pour la réalisation de son projet, M. Eivind Tofte trouva le concours le plus actif chez un de ses compatriotes possédant de gros intérêts dans l’industrie baleinière à la Géorgie du Sud, M. Lars Christensen. Il obtint ainsi la libre disposition du vapeur, Y OrcL f, petit chasseur de cétacés de seulement 30 mètres de long, construit en fer, par conséquent incapable de résister à un choc contre un gros glaçon. Qu’avec un bateau d’aussi faible échantillon l’on ait osé s’aventurer sur un des océans les plus redoutables par ses banquises et ses tempêtes, n’étonnera que ceux qui ignorent l’audace des descendants des anciens Normands.
- Le 4 janvier dernier, au début de l’été austral, monté sur YOrdI, ]YL Eivind Tofte quitta la Géorgie du Sud, se dirigeant d’abord vers l’île Déception. Dans ce trajet il rencontra de nombreux icebergs de grande taille, un notam ment de dimensions véritablement extraordi-
- Fig. 3. — L’Antarctide.
- Z O N
- A N TA R CT/
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- naires : d’est en ouest il atteignait 100 milles marins, 185 kilomètres ! la distance de Paris à Yvetot; marchant à sa vitesse normale,. Y Ord 1 n’employa pas moins de huit heures et demie pour le doubler. Cette île de glace en dérive représentait, de toute évidence, un fragment détaché de ces puissants glaciers antarctiques, dont la partie inférieure flotte à la surface de la mer et que pour cette raison on nomme des « pied-mont glaciers » flottants. Après quatre jours de navigation on arriva à Déception, un vaste cratère immergé formant un mouillage fermé de tous côtés, où les baleiniers ont installé une de leurs bases d’opérations. Là on fit le plein de charbon. Bien que de gros temps fussent probables, le capitaine n’hésita pas à charger sur le pont des sacs de briquettes, afin d’augmenter le rayon d’action de son vapeur, et, le 12 janvier, il appareillait pour l’île Pierre Ier. Faisant route au sud-ouest, l’expédition essaya d’abord d’avancer à travers l’archipel côtier bordant la terre de Graham et pour cela s’engagea dans le détroit de Gerlache, mais elle fut bientôt arrêtée par une banquise. On vira alors de bord et par la passe de Schollaert, ouverte entre les îles Brabant et Anvers, on sortit en pleine mer. Là changement complet de décor. Pas une seule glace en vue ! Avec cela presque toujours beau temps; à peine pendant un jour la mer mousse-t-elle. De plus, le 13, une température extraordinairement élevée : le thermomètre monte à + 8°, une chaleur tropicale pour l’Antarctique, fait observer le professeur Iloltedahl, de T université d’Oslo qui vient de publier le récit de cette remarquable reconnaissance dans Y Aftenposten, un des principaux quotidiens de Norvège. Bref une navigation aussi facile que la traversée de l’Atlantique entre l’entrée de la Manche et New York ! Trois jours après être sorti de l’archipel, pour la première fois on aperçut un iceberg; quelques heures plus tard, le 17 janvier de grand matin l’île Pierre Ier était en vue. Quelle différence avec la situation que précisément à la même époque, en janvier 1910, Charcot rencontra autour de cette terre. Au lieu d’un entassement d’icebergs, simplement quelques menus blocs qui ne peuvent gêner la navigation, et c’est à travers des eaux complètement libres que l’expédition norvégienne fait le tour de l’île à petite distance. Malheureusement impossible de débarquer; nulle part un mouillage, ni même une plage; partout de hautes falaises à pic. En longeant en canot ces escarpements, M. Tofte découvrit, près de la pointe nord de l’île, une grotte si spacieuse que son embarcation put y entrer. Reflétant la couleur de la roche danslaquelle la grotte est creusée, l’eau remplissant cette galerie présentait une teinte pourpre extraordinaire : en rouge, un pendant à la Grotte d’Azur de Capri!
- L’île Pierre 1er ne possède qu’une très modique étendue ; sa longueur ne dépasse pas 17 kilomètres et sa largeur 7,5. Très haute dans sa partie ouest avec un dôme atteignant l’altitude de 1 200 mètres, elle reste, au contraire, basse sur son versant est; presque partout elle est recouverte d’une nappe de glace, ne laissant apparaître le sous-sol rocheux que sur les escarpements
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- Fig. 4. —~mLa cote occidentale de l’île.
- Photo communiquée par le journal Aftenposten, d’Oslo.
- trop abrupts pour qu’elle puisse y adhérer comme le montrent les belles photographies que Y Aftenposten a eu l’amabilité de nous communiquer. Grâce à cette circonstance topographique l’explorateur norvégien a pu reconnaître que cet îlot est constitué uniquement par ifh massif de laves. Ce rocher isolé est le dernier vestige d’un entassement de puissants épanchements laviques horizontaux que l’érosion marine a fait disparaître.
- Toute la journée du 17 janvier, l’expédition croisa autour de l’île Pierre Ier, occupée à draguer et à recueil- lir des échantillons géologiques, bref à former des collections d’histoire naturelle aussi complètes que possible.
- ïV Après quoi elle fit route au Sud, mais fut bientôt arrêtée dans cette direction par la grande banquise qui paraît exister à demeure dans cette région. La faible provision de combustible qu’un chasseur de baleine peut embarquer se trouvant déjà fortement entamée, le retour s’imposait. Il s’accomplit sans incidents à travers une mer toujours libre et, le 22 janvier, les Norvégiens ralliaient l’île Déception, ayant ajouté un nouveau numéro à la liste déjà si longue de leurs exploits dans le monde polaire. Chaules Rabot.
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- POSE SIMULTANÉE DE 12 CÂBLES SOUS-FLUVIAUX
- Depuis la pose du premier câble sous-marin, de grands progrès ont été réalisés, non pas tant dans les opérations de pose elle-mêmes, que dans la fabrication des câbles.
- On envisage aujourd’hui couramment la traversée
- La Sprée, à l’endroit de la traversée, a 210 m. de largeur, la profondeur maximum étant 3 m. 50.
- En raison de cette faible profondeur et pour éviter que les câbles ne puissent être accrochés par les ancres des bateaux ou détériorés trop facilement, on prépara,
- Chaland de 200 tonnes muni de 12 lourets servant au deroulement des 12 câbles immergés simultanément.
- des rivières, des fleuves, même des bras de mer par des câbles immergés destinés à un transport de force.
- Une entreprise récente et' très originale est celle de la traversée de la Sprée par 12 câbles triphasés à 30 000 volts faite par Siemens-Schuckert. Les câbles sont protégés par une armature de fils d’acier, dont la section est dite en Z, les fils venant s’imbriquer les uns sur les autres. Chacun des 12 câbles a une longueur de 280 m., un diamètre de 104 mm ; il pèse 37 kg 1/2 au mètre.
- au moyen d’une drague, dans le lit de la rivière, une sorte de rigole de 3 m. de largeur et de 1 m. 50 de profondeur.
- Le sol étant assez consistant, les bords restaient pour ainsi dire à pic, ce que l’on put constater immédiatement avant la pose, au moyen d’un plongeur.
- Identiques, les 12 câbles devaient être placés les uns à côté des autres, parallèlement, dans le fond de la rigole.
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- On décida donc de poser les 12 câbles en même temps.
- Chacun d’eux fui enroulé sur une bobine de 3 m. de diamètre et de 1 m. 1/2 de large. Il y avait ainsi 12 bobines dont les axes étaient supportés par un bâti, fixé lui-même sur un chaland d’acier capable de porter 200 tonnes.
- Des freins réglaient le déroulage des bobines et, à
- , ,......................; -...:........ = 223 =
- Sur chaque rive, un mât planté indiquait la direction à suivre au cours de la pose.
- Pour commencer l’opération, on tira à terre 40 m. de chacun des câbles, puis le chaland fut halé dans la direction de la rive opposée.
- La déviation au cours de la pose n’a pas excédé 50 cm en direction.
- Arrivés à l’autre rive, les câbles furent déroulés des
- Fig. 2.
- L’immersion simultanée des 12 câbles.
- {Deux péniches de ballast assurent l'équilibrage du chaland.)
- l’arrière du bateau, une sorte de râteau-guide maintenait les câbles parallèles les uns aux autres, au fur et à mesure de leur immersion. Pour arriver à un bon résultat, il était nécessaire que le chaland fût parfaitement équilibré.
- Pour cela, de chaque côté, se trouvaient deux péniches avec un lest de ballast agissant comme contrepoids du câble que l’on immergeait et qui allégeait la charge du chaland principal.
- bobines et ce qui restait de leur longueur fut amené à terre. Au moyen de plongeurs, on vérifia la bonne disposition des câbles sur le fond, puis un essai à 75 000 volts courant continu permit de s’assurer qu’au cours de la manoeuvre les câbles n’avaient pas subi d'avaries. .
- Finalement la rigole fut comblée avec des pierrailles, de sorte que les câbles se trouvent ainsi complètement à l’abri de toute déprédation.
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- UN NOUVEAU SPORT : LE « BALLON SAUTANT "
- Les innombrables spectateurs qui en juin dernier se pressaient au meeting d’aviation de Vincennes ont pu assister à la démonstration d’un sport nouveau en France, celui du ballon sautant, ou « Jumping-Ballon » comme on le nomme aux Etats-Unis où il a pris naissance.
- Pour le pratiquer, le sauteur s’attache au corps par une ceinture, munie de cordes de suspension, un petit ballon, d’environ 95 mètres cubes; ce qui représente un pouvoir ascensionnel un peu supérieur au poids normal d’un homme.
- L’homme règle sa flottabilité au moyen de petits sacs de lest également accrochés à la ceinture. Ainsi
- équipé, il se trouve presque complètement soustrait à la pesanteur, et le moindre coup de jarret lui permet de faire des bonds formidables.
- Le ballon est muni d’une soupape grâce à laquelle le sauteur peut réduire le pouvoir ascensionnel, si celui-ci l’entraînait à des altitudes dangereuses.
- On commence par faire un apprentissage surplace, en faisant maintenir le ballon par une corde; après quoi, lorsqu’on se sent bien maître de l’appareil, on peut se lancer à travers la campagne, franchir les obstacles par des bonds de 12 m. de haut et se donner l’illusion d’être muni des bottes de 7 lieues de l’Ogre du « Petit Poucet ».
- ^7". 2. — A. gauche : Un sauteur au ballon en plein vol. — A droite : Un sauteur au ballon s’exerce à faire des bonds.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- LES ORIGINES DU FARD
- LE FARD A TRAVERS L'HISTOIRE
- LE PRÉJUGÉ DU FARD ().
- II n’est pas téméraire de conjecturer que la coquetterie est contemporaine de la création du monde, et que le désir de plaire a fait imaginer de très bonne heure des artifices, destinés à suppléer aux charmes dont la nature s’est montrée avare, ou pour en perpétuer la durée quand ils se sont prématurément dissipés.
- Les peuplades de l’àge de pierre se paraient d’ornements guerriers^ et même peignaient leur visage et leur corps de couleurs crues, soit pour s’embellir, soit pour se rendre plus effrayants à leurs ennemis. On a trouvé dans une caverne un fragment de corne d’un pelit daim, contenant une notable quantité d’une matière d’un rouge vif, que l’analyse chimique a reconnu être de l’oxyde de cuivre très pur et très divisé. Près de cette curieuse épave, gisait un os de lièvre, garni d’une pointe de silex extrêmement fine, et qui servait sans doute à appliquer le vermillon : d’où celui qui nous relate ces faits (‘) conclut que les hommes de l’àge de pierre se bariolaient en rouge, en noir et en blanc, car la craie ne leur manquait pas.
- Cette instinctive coquetterie, ce besoin de se parer n’ont pas cessé de sévir dans tous les pays et sous tous les climats. Les élégantes de Thèbes, de Memphis, se teignaient les cheveux, les sourcils, les cils et les ongles (-) ; les sauvages se contentaient de se tatouer.
- L’arsenal d’une dame romaine, sous l’Empire, contenait quantité d’objets consacrés à la parure, des vases de toutes formes et de tous métaux, contenant, soit des parfums, soit des compositions pour donner à leur cheveux, qui étaient généralement noirs, la teinte blonde, ou rendre à leurs visages les couleurs, fraîches et pures, de la jeunesse (3). On découvrait, il y a quelques années, à Pompéi, une fiole en cristal qui gardait encore, à l’intérieur, des restes de pâte rougeâtre : c’était un cosmétique destiné à la toilette. On avait, en effet, coutume dès cette époque, d’enfermer le fard et les pommades dans des petites boîtes d’ivoire, ou dans des vases de cristal. r
- C’eût été peine perdue de vouloir réformer les mœurs sur ce point.
- Ovide, Horace et les autres poètes y avaient perdu leur latin.
- Relevons, toutefois, dans les Odes de l’insigne ami d’Auguste, que ses contemporains utilisaient le [minium et une substance extraite de certain... résidu du crocodile.
- Quant au satirique Martial, il lance, à son ordinaire, quelques traits acérés :
- « La craie dont se sert Fabulla craint la pluie ; la céruse dont use Sabella redoute le soleil. »
- Juvénal agite les lanières de son fouet contre les perverses qui se livrent à ces pratiques : « Cette face empâtée, que recouvrent tant de drogues, et où s’agglutinent les lèvres des infortunés maris, est-ce un visage ou une plaie ? »
- On trouve de curieux détails, à ce sujet, au commencement de la 3e satire de Perse. La vieille Scapha, qui sait comment flatter sa maîtresse, lui répond, lorsque celle-ci lui demande du rouge : « A ton âge, on n’a besoin d’aucune peinture, ni de céruse, ni de blanc de Melos, ni de couleur d’emprunt (4). «
- (a) Toutes les notes sont renvoyées à la fin de l’article afin de ne pas en inteiTompre à tout instant la lecture.
- Aristophane ne nous révèle-t-il pas, dans les Nuées, que les moricaudes s’enduisaient de céruse et que les blafardes usaientde ce qu’onnommait alors « la poudre aux amours (3) ? »
- Les Gauloises n’avaient pas laissé perdre la tradition. Elles possédaient une multitude de secrets pour retrouver l’éclat de leur teint, et elles ne se faisaient pas faute d’en user.
- Quelques-unes de ces recettes nous ont été conservées : les coquettes se lavaient le visage avec de la craie dissoute dans du vinaigre ; elles se teignaient les sourcils avec de la suie; et, pour faire disparaître les boutons ou les taches de rousseur, elles achetaient à des marchands orientaux un bizarre amalgame d huile de Chypre, de suc de poireaux et de fiente de crocodile !
- Au moyen âge, se rètouvent les mêmes pratiques. « Les dames, dit un troubadour du xm' siècle, se mettent tant de blanc et de rouge que jamais on n’en vit plus aux ex-voto dont les offrandes sont accompagnées (6j. «
- Chaque mercier possédait, dans sa boutique, toutes les fournitures dont les femmes pouvaient avoir besoin : forces (gros ciseaux), guignoeres (petits miroirs), écurettes, fur-goeres (instruments pour furger ou nettoyer les ongles), bandeaux, crépissoirs, traineax (chausse-pieds), peignes, miroirs, eau-rose... coton peint pour se rougir, blanc pour se blanchir (7).
- En vain, les prédicateurs tonnaient en chaire contre l’abus des fards, en vain menaçaient-ils les femmes qui se maquillaient des supplices éternels : si la crainte de l’enfer était grande, plus grande encore était la passion de se farder.
- Et ce n’était pas seulement l’occupation de quelques oisives ne sachant à quoi passer leur temps ; celles qu’on aurait supposées les plus éloignées de ces puérilités employaient de longues heures à se maquiller. On a cité, à ce propos, la célèbre Catherine Sforza, qui, tout absorbée qu’elle fût à cerner des forteresses, amasser des munitions, veiller à l’entretien de son armée, s’appliquait, avec une diligence étonnante, à transcrire des formules de pâte, à en inventer, à en essayer.
- Les Florentines avaient, sur ce point, une réputation établie. Dans un écrit composé vers 1360, un Italien dit que les démons de l’enfer ne sont pas aussi noirs que les couleurs dont les dames de Florence usent pour se farder.
- Car on noircissait les yeux et, chose plus étrange, les dents ! Si Bernardin de Sienne conseillait aux femmes de son temps de ne pas faire usage du fard, c’est surtout parce qu’il ruine les délits (s).
- Un ouvrage de Pierre de Padoue, professeur à Bologne, De Ornâtu mulierum, a été classique durant tout le xive siècle.
- L’auteur y traitait, entre aülres chapitres, de l’embellissement du visage; de la manière de rendre l’haleine suave; de la clarification du teint, etc.
- Au siècle suivant, une femme de bon ton n’aurait osé se montrer en public sans fard. Un poète qui vivait au xve siècle plaçait dans la bouche d'une mère les conseils suivants à l’adresse de sa fille :
- Ne sors jamais sans fard, fillette,
- Car lu es quelque peu noiraude...
- Les Vénitiennes, surtout, savaient, avec un art consommé, réparer les brèches de leurs dents et cacher sous le fard et les rubans, les rides de leur visage et de leur cou. Mais le fard qu’elles employaient était-il de mauvaise qualité ; en tout cas,
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- il passait vite, en sorte que, le soir, elles devenaient « livides, affreuses à voir ». Le poète I’Arétin n’a pas assez de sarcasmes contre les coquettes de son temps : « pour te figurer leur visage au matin, quand elles se lèvent, fait-il dire à un de ses personnages, sache que les poules qui mangent toutes les ordures du monde sont moins dégoûtantes; les médecins n’ont pas autant déboîtés à drogues, qu’elles de coffrets «à couleurs; elles passent leur temps à se couvrir d’emplâtres, à s’enfariner, à s’encrasser... et je tais bien des opérations. Elles lèvent la peau à force de l’enduire de soude ; elles cherchent en vain à effacer leurs rides; elles se mettent sur la figure tant de fard en plaques, qu’elles semblent de vrais masques ». Arioste raille le galant qui croit baiser les lèvres de sa mie et n’embrasse qu’une couche de peinture,
- « si puante que c’est bien vainement qu’on la parfume avec du musc ».
- La manie du fard ne sévissait pas qu’en Italie : un étudiant bàlois, voyageant en Catalogne au cours de l’hiver de la dernière année du xvi° siècle, relate que la mode en Espagne, pour les femmes, est de « se mettre outrageusement du blanc et du fard sur la figure, la gorge et les mains (»). Ce fard se conservait dans des petits pots. Si les Espagnoles aimaient à se maquiller et à se parer, par contre elles étaient sobres : ceci leur fera pardonner cela.
- En débarquant en France, son nouveau pays d’adoption, Catherine de Médicis avait amené ses parfumeurs florentins; un de ces parfumeurs, qui portait le nom de Judicelli, ne tarda point à conquérir un certain renom par un rouge naturel et végétal, qu’il vendait au poids de l’or. Ce rouge passait pour rendre aux joues pâles et fatiguées une fraîcheur, un éclat du teint, qui laissait loin derrière lui les fards minéraux employés jusqu’alors (l0). Les apothicaires tenaient commerce des cosmétiques, des fards et des eaux parfumées, et la clientèle ne leur faisait jamais défaut.
- Le fameux pamphlet dirigé contre Henri III et ses mignons, VIsle des Hermaphrodites, contient un curieux passage sur la garde-robe de l’un de ces tristes personnages :
- « En un lieu (se trouvaient) la toilette et des peignes, et dans de certains petits boettes que je n’avois point encore veues, cela me fit demander de quoy cela pouvoit servir ; on me dit que quelquefois le Seigneui'-Dame en mettait dans sa poche pour s’en servir en temps et lieu; cela me fit en prendre une pour voir ce qui estoit dedans et j’y trouvay du vermillon tout préparé, qu’il s’appliquoit sur les jolies, quand celuy qu’on luy avoit mis le matin estoit effacé. »
- Et plus loin :
- « Il y avoit aussi force boettes et petites bouteilles... dans les-
- quelles il y avoit plusieurs sortes d’eaux, tant de senteurs que pour les fards, avec tout plein de boettelettes et de joetites escuelles peintes de rouge (11). »
- L’historien l’Estoile nous montre Marguerite de Valois (la reine Margot), diaprée et fardée comme de coutume, ce qu’on appelait à la cour « accoutrée à son avantage ». près du lit où se mourait la princesse de la Roche-sur-Yon (12j.
- On a souvent décrit cette autre scène historique d’un effet dramatique si puissant. Lorsque le conseiller Tubeuf, que son Eminence avait souvent triché au jeu, se présenta chez Mazarin mourant, il le trouva la figure couverte de fard, son bonnet de nuit sur la tête et le corps enveloppé d’une robe de camelot, fourrée de petit-gris, entrain d’inventorier lui-même ses bijoux et ses pierreries. A la vue du conseiller, le glorieux moribond tira d’un coffret un magnifique collier de perles fines ; et, le roulant et le déroulant sans cesse aux regards du solliciteur, il dit avec une lenteur étudiée : « Je donne à madame Tubeuf... » et il continuait à rouler et à dérouler sous les yeux avides de son conseiller le magnifique joyau.
- Le leit-motiv revenait sans cesse : « Je donne à Madame Tubeuf. » Son visiteur n’y tenant plus, s’approche davantage, pour saisir le bijou; le cardinal astucieux reprend : « Je donne à Madame Tubeuf... le bonjour! » Et le magistrat dépité, se retira tout penaud.
- [A suivre.) Dr Cabanes.
- 1. S.-H. Bertiioud. Les Petites chroniques de la Science, 1865.
- 2. Henry IIavard. L’art et le confort dans la vie moderne; le bon vieux temps.
- 3. Magasin pittoresque, 1835 ; extrait du Palais de Scaurus.
- 4. P. Menière. Etudes médicales sur les poètes latins. Paris, 1858.
- 5. Journal des Débats, oct. 1912.
- 6. Annales poétiques ; Paris, 1778, t. I, p. XLVII (cf. Mœurs et vie privée des Français, par Emile de la Bédollière, t. III, 191-2.
- 7. Poème du xui° siècle (Proverbes de Crapelet, p. 149.
- 8. Casanova. La Donna senese (cité par E. Rodocanaciii. Le fard et la teinture des cheveux, in Nouvelle Revue, 1er janvier 1905).
- 9. Félix et Thomas Flatter à Montpellier (1552-1559; 1595-1599); notes de voyage de deux étudiants bâlois; Montpellier, 1892, 460.
- 10. S.-H. Bertiioud. Les Petites Chroniques de la Science, 1862, 131, 246.
- 11. Henry Havard. Dict. de l’Ameublement et de la Décoration, art. Bocle.
- 12. Charles Merki. La reine Margot; Paris, Plon éditeur.
- HYGIÈNE ET SANTÉ :......:: ':"~=
- MALADIES NOUVELLES ET REMÈDES NOUVEAUX
- TROUBLES CIRCULATOIRES ET INSULINE
- Depuis quelques années les journaux médicaux reviennent plus souvent qu’autrefois sur certaines maladies essentiellement caractérisées par des troubles circulatoires siégeant plus particulièrement aux extrémités. Il s’agit par conséquent de rougeur plus ou moins violacée de la peau des mains et
- des pieds, parfois aussi du nez et des joues, accompagnée de transpiration abondante, de petites vésicules transparentes, de desquamation, de démangeaisons, de sensation douloureuse et de divers autres symptômes d’importance moindre. L’une de ces affections atteint les enfants très jeunes et les
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- nourrissons et s’observe actuellement dans tous les pays civilisés avec une fréquence complètement inconnue de la génération précédente. Il’est d'ailleurs rare que cette affection ne guérisse complètement en quelques mois, bien qu’elle détermine exceptionnellement la perte de doigts ou d’orteils par gangrène. Deux médecins : un américain, Swift et un zurichois, Feer, ont attaché leur nom à cette maladie en lui consacrant des travaux importants à une heure où l’on ne s’était pas encore rendu généralement compte qu’un phénomène nouveau était apparu.
- On donne donc à cette maladie le nom de ces deux médecins ou encore celui d'acrodynie (de deux mots grecs signifiant extrémité et douleur).
- Il est extrêmement intéressant de la rapprocher, comme le font Debré et Petot (Presse médicale, 15 juin 1927) d’une épidémie véritable qui survint il y a juste un siècle, au cours des années 1828 et suivantes et qui en 5 mois frappa 40000 Parisiens et Parisiennes qui présentèrent des symptômes d’acrodynie. L’épidémie d’alors n’atteignait pas exclusivement les enfants comme la maladie d’aujourd’hui qui, par ailleurs, frappe beaucoup moins de monde dans une même ville.
- Mais ce qu’il y a de plus important à noter c’est que, dans un cas comme dans l’autre, les extrémités sont mal irriguées par le sang circulant. A ce titre, ces affections doivent être rapprochées d’une maladie dont il a été beaucoup question dans ces derniers temps : la maladie de Buerger dans laquelle les troubles circulatoires atteignent rapidement une intensité assez grande pour provoquer presque toujours de la gangrène. Comme l’a montré À.-C. Guillaume (Bulletin médical, 11 mai et 6 juin 1927), il s’agit là d’une forme aiguë d’ar-térite oblitérante telle qu’on l’observe chez les jeunes gens, chez les diabétiques et chez les artério-scléreux et qui provoque également des gangrènes plus ou moins étendues mais moins rapidement.
- Cette maladie de Buerger, chose digne d’intérêt, a une prédilection évidente pour les Israélites de l’Europe centrale qui, comme on le sait, semblent présenter plus fréquemment que d’autres races certaines affections nerveuses.
- Ces artérites sont dues à une inflammation de la paroi des artères qui, en épaississant, oblitère leur lumière. Mais le spasme joue aussi un rôle.
- Les cellules contractiles de la paroi artérielle contribuent, elles aussi, à entraver le cours du sang, parce qu’elles rétrécissent le diamètre du vaisseau.
- Les phénomènes produits par les artérites sont atténués, tout au moins d’une façon passagère si, par une opération
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- peu grave qu’on appelle opération de Leriche, du nom du chirurgien qui la tenta le premier, on supprime, sur une certaine longueur, les filets, dits sympathiques dont le réseau serré entoure l’artère.
- Ces phénomènes sont donc attribuables soit à un excès de tonus du sympatique, soit à un défaut de tonus de l’antagoniste, c’est-à-dire du parasympathique ; car une irrigation normale des tissus paraît dépendre de l’équilibre entre les tonus du sympathique et du parasympathique bien qu’on ne connaisse pas encore les filets nerveux envoyés aux artères par ce dernier appareil.
- Ces explications permettent de comprendre que le professeur Vaquez, dans une communication remarquée à l’Académie de médecine (Presse médicale, 18 mai 1927), ait pu montrer, par une série d’observations démonstratives, que l’une des plus puissantes drogues susceptibles d’augmenter le tonus du parasympathique, l’insuline, améliore ou guérit quelques-unes de ces artérites. Effectivement, l’insuline, comme j’ai eu l’occasion de le montrer ici même (La Nature, 6 décembre 1924) fait partie du système chargé d’accumuler les réserves, d’améliorer la nutrition générale comme celle des tissus et d’accélérer la guérison des plaies, des ulcérations, des gangrènes et autres phénomènes pathologiques du même genre.
- Notons encore, puisque nous sommes sur ce sujet, que le tabac est de plus en plus sérieusement accusé de jouer un rôle actif comme cause de certains troubles circulatoires de ce groupe.
- Si on peut prétendre qu’il ne peut, à lui seul, les créer, on ne saurait, par contre, contester qu’il ne les aggrave. Dans une statistique récente, Schlesinger (Deutsche Medizi-nische Wochenschrift, 18 février 1927) compte, sur 174 malades atteints d’affections de ce genre, 155 fumeurs dont 85 fort fumeurs et 32 très fort fumeurs (plus de 5 ou 6 cigares par jour).
- Les interdictions qui résultent de ces constatations s’appliquent vraisemblablement à des troubles circulatoires tels que la tendance aux engelures ou tels encore que cette curieuse maladie décrite par les médecins français, anglais et hollandais, l’œdème asphyxique des jambes, qui s’observe surtout chez les jeunes filles et qui rend les chevilles grosses et disgracieuses.
- Voici donc un chapitre de pathologie que son intérêt théorique élève au rang de chapitre de biologie générale et dont les conséquences d’hygiène pratique méritent d’être connues de tous.
- Dr P.-E. Morhardt.
- LA CICATRISATION DES PLAIES CUTANÉES
- PAR LES EXTRAITS D’EMBRYONS OU DE PEAU RÉGÉNÉRÉE
- On peut stimuler la prolifération des tissus dans les plaies cutanées en utilisant dans le pansement des extraits d’embryons ou de peau régénérée (P. Carnot et E. Terris, Société de Biologie).
- Pour les extraits embryonnaires on utilise des poudres d’embryons jeunes, instantanément desséchés par broyage avec du phosphate ou du sulfate de soude anhydre. On peut aussi employer d’autres modes de préparation ( extrait glycériné ou extraits de peau embryonnaire de fœtus plus âgés).
- Pour les extraits de peau en prolifération active, on les
- prépare en faisant des plaies cutanées sur le dos de lapins rasés : la peau nouvelle est ensuite prélevée, divisée finement ou utilisée sous forme d’extraits, gelées à l'agir, graisses, etc.
- L’emploi de ces diverses poudres ou extraits est indiqué dans les plaies étendues (brûlures par exemple). Dans de nombreux cas où tous les pansements classiques n’avaient pas donné de résultat appréciable, l’emploi de ces extraits produisit rapidement la prolifération des bords de la plaie ainsi que du fond. Des exemples de cicatrisation d’ulcères variqueux sont cités.
- L. R.
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- L'évaluation fiscale de la puissance des moteurs d'automobile.
- On sait que l’impôt de circulation sur les voitures automobiles est déterminé, non pas par la valeur réelle ou d’achat de ces voitures, mais par la puissance de leurs moteurs.
- Le fisc évaluait jusqu’à présent la puissance des moteurs à quatre temps d’après la formule :
- P = KnD-L:o
- dans laquelle :
- P désigne la puissance en chevaux-vapeur, n le nombre de
- Fig. 1. — Avertisseur automatique des températures dangereuses de Veau des radiateurs.
- cylindres, D l’alésage en centimètres, L la course des pistons en centimètres, co la vitesse maximum de rotation en tours par seconde du moteur lorsque la voilure est essayée sur route. K, enfin est un coefficient numérique, variable avec le nombre de cylindres, et égal à 0,00015 pour les moteurs à quatre cylindres.
- Cette formule date de 1912, et, depuis cette époque, la construction des moteurs d’automobile a été évidemment complètement transformée. L’emploi très fréquent de moteurs de petite cylindrée, mais tournant à très grande vitesse, soit
- normalement, soit lorsqu’on demande au moteur un effort de courte durée, rend difficile une évaluation exacte du facteur w indiqué précédemment, et qui indique, d’après le fisc, la vitesse minima de rotation.
- * Pour éviter des contestations fâcheuses et inutiles, M. André Tardieu, Ministre des Travaux publics, a envoyé récemment une circulaire aux préfets afin de déterminer ce facteur d’une manière forfaitaire, arbitraire évidemment, mais assez équitable et pratique.
- Or, le service des Mines a constaté qu’un grand nombre de moteurs à quatre cylindres sont reçus pour une vitesse de rotation de 1800 tours à la minute. (w = 30). Ce chiffre a donc été choisi comme chiffre amiable et forfaitaire pour les voitures de tourisme et les camionnettes.
- Pour les camions, au contraire, le chiffre forfaitaire est abaissé à 1200 tours par minute ((0 = 20^.
- La distinction entre les châssis destinés aux véhicules de tourisme et aux’camionnettes, ou aux camions, se fera d’après le poids du châssis, suivant que ce poids sera supérieur ou inférieur à 2500 kilogrammes.
- On avait, d’autre part, l’habitude pour évaluer la puissance des moteurs à plus de quatre cylindres, d’affecter la formule précédente d'un coefficient K plus faible que pour les moteurs à quatre cylindres.
- Mais, actuellement, les moteurs de six ou huit cylindres sont beaucoup plus « poussés », il semble donc équitable d’évaluer leur puissance en conservant au coefficient K la même valeur que pour les moteurs à quatre cylindres.
- Quant aux motocycles et motocyclettes, il a été reconnu que l’on peut déterminer leur puissance fiscale d’après la cylindrée totale du moteur.
- La puissance sera donc évaluée à 1, 2, 3, 4 ou 5 chevaux suivant que la cylindrée sera :
- inférieure ou égale à 125 cm3 ; supérieure à 125 cm3 sans excéder 175 cm3
- — 175 cm3 — 250 cm3
- 250 cm3 — 350 cm3
- 350 cm3 — 500 cm3
- Au delà de 500 cm3, on ajoutera un cheval par 125 cm3 ou fraction de 125 cm3 supplémentaire.
- Enfin, la circulaire indique comment peuvent être étudiés d’une façon amiable et forfaitaire les cas particuliers qui pourraient se présenter pour les véhicules à gazogène, électriques, pour les voitures de course à moteurs suralimentés, etc...
- Ces instructions ne sont, d’ailleurs, pas rétroactives, et ne s’appliquent qu’aux réceptions de types nouveaux de véhicules par le service des Mines.
- Le rendement des impôts en 1927.
- Durant le premier trimestre de 1927, la taxe sur les automobiles s’est élevée à 157 658 000 francs, soit 57 046 000 de plus que pendant la période correspondante de 1926. Il semble que l’on approche d’une limite dangereuse à dépasser!
- L’entretien d'une installation électrique d'une voiture.
- Les organes électriques d’une automobile, magnéto, dynamo, démarreur -ou dynastart, disjoncteur-conjoncteur, réseau d’éclairage et d’avertisseurs, constituentla partie du véhicule la plus délicate, peut-être, de la voiture.
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- D’autre part, s’il y a beaucoup de bons mécaniciens parmi les conducteurs professionnels ou amateurs, il faut avouer qu’il y a peu de bons électriciens !
- C’est pourquoi les constructeurs d’appareils électriques pour automobiles se sont efforcés de réduire au strict minimum les soins d’entretien de ces organes et, dans celle matière, on ne peut que conseiller aux conducteurs d’appliquer le proverbe populaire « Le mieux est souvent l’ennemi du bien ».
- Malgré tout, il ne faut rien exagérer, et il y a tout de même des vérifications et des soins périodiques absolument nécessaires, et d’ailleurs très faciles.
- Outre le nettoyage bien connu des bougies d’allumage et la vérification de l’écartement de leurs pointes, il est bon de graisser très rarement la magnéto à l’aide d’une huile fluide. Les vis platinées seront maintenues très propres à l’aide d’une petite lime extra-douce, et leur écartement à la rupture de 4/10 de millimètre sera vérifié.
- De temps en temps, on démontera le distributeur et on nettoiera le chemin de frottement du charbon avec un chiffon propre et très sec.
- Quelques constructeurs ont pris maintenant l’habitude, d’autre part, de munir leurs dynamos, démarreurs et dynas-tarts de roulements à graisse graphitée qui ne demandent aucun entretien durant un temps très long.
- Des appareils d’autres marques, au contraire, doivent être graissés de temps en temps avec une huile fluide.
- On peut constater, d’ailleurs, que les collecteurs de certaines dynamos au dynastarts s’encrassent souvent, ce qui trouble le fonctionnement régulier de l’appareil. Dans ce cas, on fera tourner lentement l’induit (moteur au ralenti) en appuyant un morceau de chiffon propre et sec sur le collecteur, s’il est besoin, à la rigueur, on emploiera un morceau de papier de verre très fin.
- Enfin, la batterie d’accumulateurs de 6 ou de 12 volts servant à l’éclairage et au démarrage doit être fréquemment vérifiée.
- On s’assurera que le niveau de l’électrolyte dans les bacs dépasse les plaques d’environ un centimètre en dévissant les bouchons de remplissage, et on rétablira le niveau, s’il est besoin, avec de l’eau distillée.
- D’autre part, à l’aide d’un voltmètre, on vérifiera la tension de chaque élément qui doit être d’environ 2 volts ; toute anomalie indiquant une détérioration des plaques ou un court-circuit accidentel sera ainsi décelée.
- Il est d’ailleurs recommandé, lorsqu’une voiture effectue pendant longtemps un service « de ville » pendant lequel les accumulateurs se déchargent beaucoup plus vite, de recharger quelquefois la batterie à fond à l’aide du courant d’un secteur électrique.
- Avertisseur automatique des températures dangereuses de Veau d’un radiateur.
- On sait que lorsqu’un moteur d’automobile fonctionne normalement, l’eau du radiateur, même lorsque le moteur est « poussé », ne doit jamais entrer en ébullition.
- Un échauffement anormal de l’eau du radiateur indique donc, comme nous l’avons expliqué dans une récente chronique, un fonctionnement anormal du moteur, qui doit être décelé de suite, car il peut être la cause d’une détérioration très grave, quelquefois même irréparable sans le changement d’un grand nombre de pièces coûteuses.
- Par contre, la température trop basse de l’eau d’un radiateur en hiver nuit au rendement thermique du moteur, et augmente ainsi inutilement la consommation d’essence.
- Fig. 2. — Boîte à graisse à remplissage automatique.
- Enfin, lorsque l’automobile est au repos l’hiver dans sou garage, il importe de veiller évidemment à ce que la température de l’eau dans le radiateur et la culasse du moteur ne se rapproche pas de la température de congélation.
- Un conducteur prudent doit donc surveiller souvent lai température de l’eau du radiateur, et c’est pourquoi on utilise fréquemment aujourd’hui de petits thermomètres à lecture facile, placés sur le bouchon du radiateur.
- Mais l’inconvénient de ces appareils est évidemment d’exiger une surveillance particulière du conducteur, surveillance parfois fort ennuyeuse surtout lors de la conduite dans les villes où tant d’attention est nécessaire pour éviter les. accidents.
- Un inventeur belge vient de construire un petit accessoire qui se place sous le capot du moteur et avertit automatiquement en mettant en marche le klaxon électrique que l’eau du radiateur n’est pas à une température normale.
- Tout radiateur d’automobile comporte, on le sait, un tuyau de trop-plein par où s’échappe la vapeur d’eau lors d’un échauffement anormal de l’eau.
- Ce tube d’écoulement est relié au serpentin B de l’avertisseur automatique au moyen d’un raccord métallique A (fig. 1).
- A l’intérieur du serpentin est disposé un tube capillaire L en forme d’U, contenant du mercure pur. Le niveau du. mercure changera évidemment lorsque la température dut serpentin variera.
- Le contact avertisseur fermant le circuit du klaxon ou d’uMa autre appareil électrique pour la température dangereuse maxima, se produit entre le mercure et une tige filetée qu i plonge dans le tube capillaire.
- Fig. 3. — Nouvelle pompe à surpression, sans flexible, à agrafe articulée.
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- Fig. 4. — Phare de secours à cinq usages. I. Vu de face. — II. Vu de côté.
- Après que l’appareil a été étalonné et mis au point, celte tige est scellée.
- De cette façon, l’avertisseur automatique conserve son étalonnage par une température déterminée et admissible pour la bonne conservation des organes du moteur à explosion. : ; ,
- ; L’établissement du contact pour la température dangereuse minima est basé sur un principe analogue, notamment sur la variation de longueur'de tiges métalliques suivant la température.
- En effet, l’appareil comprend un ensemble de lamelles métalliques Ej E2, dont le coefficient de dilatation est encore multiplié par les leviers Ft et F2.
- Pour une température très voisine de zéro, dernière limite admissible avant la congélation de l’eau dans le radiateur, les vis de contact 6 se touchent et ferment le circuit électrique de l’avertisseur ; le ressort antagoniste H maintient le système normalement à sa position de repos.
- Boîtes de graisse à remplissage automatique.
- Les anciens graisseurs si incommodes et inefficaces qui garnissaient toutes les articulations des premières automobiles ont fait place maintenant presque toujours à des graisseurs plus modernes à remplissage sous pression au moyen de pompes spéciales d’un maniement pratique.
- Le seul inconvénient du système pour un conducteur-amateur réside encore parfois dans le remplissage du cylindre de la pompe avec de la graisse consistante ou de la valvoline ; ce travail exécuté sans précaution, peut, en effet, tout au moins tacher les vêtements du mécanicien occasionnel.
- Cet inconvénient peut être évité très simplement par l’emploi d’une boîte spéciale de graisse (fig. 2). Cette boîte comporte un disque en tôle mince percé d’une ouverture circulaire en son centre et qui surmonte la graisse en coulissant à l’intérieur de la boîte.
- Pour remplir une pompe, il suffit d’appuyer, comme le montre la figure 2, le corps de pompe retourné sur le disque, concentriquement au trou, et d’appuyer de haut en bas.
- La graisse monte dans la pompe qui est remplie très rapidement ; un mouvement latéral suffit alors pour couper le « boudin » de graisse lorsque le remplissage est terminé.
- Signalons dans le même ordre d’idées une nouvelle pompe portative à surpression très pratique (fig. 3). Cette pompe peut produire une pression de 500 kg sans effort, pression
- près de cinq fois supérieure à celle des pompes ordinaires ii vis.
- Cet accessoire du genre pistolet se manœuvre d’une seule main par un seul mouvement de poussée sur la poignée. De plus, la suppression du flexible toujours fragile et son remplacement par une agrafe articulée dans tous les sens et sous tous les angles de 0° à 90° rend le système beaucoup plus robuste et plus portatif encore.
- Phare de secours à usages multiples.
- Presque toutes les voitures modernes sont munies maintenant d’un phare de secours de côté placé généralement à droite ou à gauche du pare-brise, et orientable facilement, d’un miroir rétroviseur, d’un feu de position auxiliaire, et enfin d’un signal lumineux de manœuvre d’arrêt et de virage.
- Un constructeur ingénieux a eu l’idée de grouper tous ces accessoires en un ensemble unique et peu encombrant (fig. 4).
- Le phare auxiliaire porte à l’arrière un miroir rétroviseur et à la partie supérieure le signalisateur lumineux. La lanterne est même facilement détachable et peut servir de « baladeuse ».
- Nouvel écran anti-éblouissant.
- L’emploi d’un écran anti-éblouissant sur une voiture, écran placé généralement en avant du pare-brise, est indispensable pour tout conducteur prudent qui veut éviter les accidents si nombreux causés par l’éblouissement provenant des rayons du soleil ou des phares.
- Certains automobilistes reprochent seulement à quelques-uns des modèles de ces écrans d’être assez lourds et fragiles et de ne pouvoir être facilement démonté pour le service dans les villes pendant lequel il devient inutile.
- Un petit appareil pliant disposé comme un éventail avec des lamelles de couleur verte coulissant les unes sur les autres et protégées par une gaine après usage, plaira sans doute mieux à ces automobilistes, tout en leur rendant d’utiles services (fig. 5).
- Le dispositif se fixe facilement sur le pare-brise, il est orientable en tous sens et la seule manœuvre d’un petit levier suffit pour rabattre les lamelles à l’intérieur de leur gaine.
- L. Picard.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Avertisseur automatique de température, Julien Roelants, ingénieur-constructeur, 43, rue Neuve-Lubbeek (Belgique).
- Boite à graisse et pompe, Técalémit, 18, rue Brunei, Paris (17e).
- Nouveau phare de secours, Signal-Phare, 110, avenue Yictor-Hugo, Yanves.
- Ecran Ecransolaire, R. Gonstans, 5, rue Octavien Mey à Lyon.
- Fig. 5. — Ecran anti-éblouissant, orientable en tous sens et repliable instantanément.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 23*
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE *927 (4
- Le mois d’octobre est peut-être encore plus riche que le précédent au point de vue astronomique. A signaler en particulier, ce mois-ci : un très grand^ nombre d’occultations d’étoiles dont, le 3 octobre, celle de X Sagittaire ; de nombreux essaims d’étoiles filantes, dont celui des Orionides; le très grand nombre de phénomènes du système des satellites de Jupiter (le tableau en est publié plus loin) ; de multiples conjonctions de planètes avec la Lune; le plus grand éclat de Vénus le 15; de nombreux minima de l’étoile variable Algol; la visibilité de Vénus, de Jupiter et d’Uranus; enfin le curieux rapprochement de Neptune et de Régulus.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en octobre, diminue rapidement. De —2° 54' le 1er, elle n’est plus que de — 13° 53' le 31. La durée du jour décroît rapidement. De llll41m le 1er, elle tombe à 9h 57“ le 31. Comme nous l’avons fait remarquer le mois dernier, le Soleil passant au méridien avant midi (vers llh 34m à la fin du mois), il s’écoule beaucoup moins de temps de midi au coucher du Soleil que de son lever à midi. La matinée est plus longue que la soirée. Au milieu du mois, il fait jour à 6h du matin, nuit complète à 18*.
- Nous donnons ci-dessous le tableau du temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours.
- Lumière zodiacale. —- La lumière zodiacale est bien visible le matin, avant l’arrivée de l’aurore. On la recherchera dans les constellations du Zodiaque. Son apparence est différente de celle qu’elle présente le soir, elle est plus effilée à son extrémité. On notera avec soin ses limites sur le ciel, repérées par rapport aux étoiles.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire, du 20 au 24 octobre, au Sud du Bélier.
- Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois d’octobre :
- P. Q. le 4, à 2* 2ra P. L. le 10, à 21* 15“
- D. Q. le 17, à 14h 32" N. L. le 25, à 15h 37“
- Dates. Heures du passage.
- Oct. 1er 11* 40“ 36‘
- — 3 llh 39“ 583
- — 5 111’ 39“ 21“
- — 7 11* 38™ 45s
- — 9 U*38“US
- — 11 11*137m 38s
- — 13 111,37m 8„
- -- 15 11*36“ 39’
- — 17 11* 36“ 13’
- — 19 llh 35” 49’
- — 21 llh 35m 28s
- — 23 11»35“ 9’
- — 25 Uh 34“ 53s
- — 27 llh 34“ 40’
- — 29 11* 34“ 30’
- — 31 11*34“ 22’
- Observations physiques. — visibles parfois sur le Soleil.
- Age de la Lune, le 1er octobre, à 0* = 5J,1 ; le 26, à 0* = 0j,3. Pour obtenir l’àge de la Lune à une autre époque du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 26. Et pour une heure déterminée, ajouter 01,0417 par heure écoulée
- depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons octobre octobre octobre
- de
- Fig;. 1. — Occultation de l'étoile X Sagittaire, de grandeur 2,9, par la Lune, le 3 octobre 1921, de 16h 4G“ à 18h9’a.
- De grands groupes sont encore Souvent, nous avons insisté ici sur l’intérêt de l’observation continue du Soleil. Pour orienter les dessins ou photographies, on s’aidera des éléments du tableau ci-après; les définitions des termes P, B0, L0 ont été précédemment données :
- Dates.
- Octobre
- P B0 L0
- 3 + 260,17 -f 6°,62 176°,20
- 8 4- 26°,38 4-60,34 1100,23
- 13 + 260,40 + 60,01 440,27
- 18 + 26°, 24 + 50,64 338°,31
- 23 4-250,89 -+5°, 22 272°,36
- 28 + 250,34 + 4o,77 206°,43
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0* à 24h à partir de minuit. Pendant les quelques jours d’application de Y heure d'été en octobre, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- la Lune, le 4 = — 24<>41'; le 16 = + 24° 46'; le 31 = — 24° 54'.
- On sait que ces époques sont celles de la plus faible élévation ou de la plus grande hauteur de la Lune au-dessus de notre horizon, lorsqu’elle passe au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 11 octobre, à 3h. Parallaxe = 61'27". Dist. =356 850 1cm.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 25 octobre, à 2h. Parallaxe = 53' 56". Dist. = 406 570 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3,.occultation de X Sagittaire (gr.'2,9), del6* 46“ à 18h 9 °. La Lune sera à la veille du premier quartier. L’immersion se fera au bord obscur, la sortie au bord éclairé. L’occultation, pour Paris, sera presque centrale (fig. 1).
- Le 9, occultation de 24 B. Baleine (gr. 6,0). Emersion seule visible à 18’’ 2 m.
- Le 11, occultation de 39 B. Bélier (gr. 6,5), de 18*37“ à
- 19*14“. — Occultation de 64 Baleine (gr. 5,8), de 21h 41“ à
- 22*31“. — Occultation de I1 Baleine (gr. 4,5), de 22* 40“ à
- 23* 27m.
- Le 14, occultation de 33 B. Taureau (gr. 6,3), de 19h 47m à 19*57“. — Occultation de 105 Taureau (gr. 6,0) de 20h53m à 21* 45m.
- Le 15, occultation de 108 Taureau (gr. 6,2), de 0* 7“ à
- q b q £ m
- Le 16, occultation de 8 Gémeaux (gr. 6,1), de 0* 8“ à lhUm. — Occultation de 9 Gémeaux (gr. 6,2), de 0* 30“ à 1* 15m. — Occultation de 48 Gémeaux (gr. 5,8). Immersion seule visible à 22* 53m.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois seront celles de l’époque de la pleine Lune, du 10 au 14. Voici les heures, pour Brest, de quelques-unes de ces plus
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- ASTRE Dates : OCTOBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- r 6 5h 57™ llh 39m 3‘ 17h 20m 12“ 45m — 4° 50’ 32' 3" 6 Vierge
- Soleil . . . . ] 16 6 12 11 36 26 17 0 13 22 — 8 37 32 9,6 Vierge > )>
- ( 26 6 28 11 34 46 16 41 14 0 — 12 12 32 14,4 Balance
- f 6 8 5 13 0 17 54 14 3 — 14 22 5,6 X Vierge Le soir, au milieu du mois.
- Mercure . . . ) 16 8 38 13 8 17 37 14 51 — 19 14 6,4 i Balance Plus grande élongation
- J 26 8 47 13 1 17 15 15 25 — 21 51 7,6 t Balance ) le 15.
- 1 l 6 3 12 9 30 15 48 10 35 + 3 22 46,6 x Lion
- Vénus . . . .„ 16 2 45 9 6 15 27 10 50 + 41 40,0 x Lion Le matin.
- 26 2 33 8 51 15 9 11 14 + 3 20 36,0 o Lion Plus grand éclat le 15.
- 6 6 23 11 57 17 32 13 2 — 61 3,6 0 Vierge
- Mars 16 6 20 11 43 17 5 13 27 — 8 36 3,6 a Vierge Inobservable.
- 26 6 18 11 29 16 39 13 52 — 11 6 3,6 X Vierge
- Jupiter. . . . 16 16 11 21 59 3 46 23 46 — 3 13 45,4 30 Poissons Presque toute la nuit.
- Saturne . . . 16 9 59 14 27 18 55 16 13 — 19 30 14,0 v-+ Scorpion Presque inobservable.
- Uranus. . . . 16 16 16 22 16 4 17 0 4 — 0 27 3 6 Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . . 16 1 18 8 19 15 20 10 4 + 12 26 2,4 a Lion Le matin, avant le jour.
- i. Cette colonne donne l'heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- grandes marées avec leur coefficient. On voit, par celui-ci, qu’elles seront très fortes.
- Dates. Marées Heures. du matin. Coefficient Marées du soir. Heures. Coefficient
- Oct. 10 15h14m 1,03 15h 35™ 1,09
- — 11 15“55m 1,14 16h16™ 1,17
- — 12 16“ 36ra 1,18 16h 57“ 1,17
- — 13 .. 17“ 18“ 1,14 17h 39™ 1,09
- — 14 18“ 0m 1,03 18h 21™ 0,95
- — 15 18h 43“ 0,86 19h 7“ 0,76
- Le mascaret, par suite de l’importance de ces marées, s
- produira fréquemment. On le constatera aux dates ci-après
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Oct. 10 1,09 19h 13- 19h50“ 19b 59“
- — 11 1,14 7h 31” 8h 8“ 8h 17“
- — 11 1,17 19h50“ 20“27™ 20“36“
- — 12 1,18 8h 9“ 8U 46” 8“ 55“
- — 12 1,17 20h29“ 21h 6° 21“ 15“
- — 13 1,14 8“ 50“ 9“ 27“ 9“ 36“
- — 13 1,09 21h12“ 21“ 49“ 21“ 58“
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’octobre 1927.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir le 18 octobre, à 13h, à 24° 32' à l’Est du Soleil. Mais, comme on le voit au tableau des planètes, nous devrons renoncer à l’observer, en France, à cette élongation, car il se couche presque en même temps que le Soleil. Sa visibilité, par contre, sera remarquable dans les régions équatoriales.
- Vénus devient de mieux en mieux visible le matin. Elle attendra son plus grand éclat le 15 octobre. Voici le tableau de ses phases et de son éclat stellaire.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur
- Octobre 3 0,14 — 4,2
- — 8 0,19 — 4,2
- — 13 0,23 — 4,3
- — 18 0,27 -4,3
- — 23 0,31 — 4,3
- — 28 0,35 -4,3
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno - mène.
- 1 1“ 44“ III Im.
- 1 3 40 I Im.
- 2 0 48 I P. c.
- 2 1 3 I O. c.
- 2 3 1 I P. f.
- 2 3 17 I O.f.
- 2 22 6 I Im.
- 3 19 14 I P. c.
- 3 19 31 I O.c.
- 3 21 27 I P f.
- 3 21 45 I O.f.
- 4 1 37 11 Im.
- 4 19 6 I E. f.
- 4 19 17 III O.f.
- 5 20 35 II P.c.
- 5 .21 16 11 O.c.
- 5 23 9 II P. f.
- 5 23 54 II O.f.
- 7 18 6 II E. f.
- 9 2 32 I P.c.
- 9 2 57 I O.c.
- 9 23 51 I Im.
- 10 2 32 I E. f.
- 10 20 58 I P. c.
- 10 21 26 I O.c.
- 10 21 48 IV O.c.
- 10 23 11 I P. f.
- 10 23 36 IV O.f.
- 10 23 40 I O.f.
- 11 18 17 I Im.
- 11 18 32 III P.c.
- 11 20 28 III O.c.
- 11 21 1 1 E. f.
- 11 21 12 III P. f
- 11 23 18 III. O.f.
- 12 17 37 I P. f.
- 12 81 9 I O. f.
- 12 22 51 II P. c.
- 12 23 54 II O.c.
- DATE Octobre Heure. Satel- lite. Phéno mène.
- 14 20b 42™ 11 E. f.
- 17 1 36 I Im.
- 17 22 43 I P.c.
- 17 23 21 I O.c.
- 18 0 56 I P. f.
- 18 1 35 I O.f.
- 18 20 2 I Im.
- 18 21 51 III P. c.
- 18 22 56 I E. f.
- 18 23 22 IV Im.
- 19 0 30 III O.c.
- 19 0 32 IV Em.
- 19 0 34 III P. f.
- 19 17 10 I P.c.
- 19 17 50 I O.c.
- 19 19 23 I P. f.
- 19 20 4 I O.f.
- 20 17 25 I E. f.
- 21 19 16 II Im.
- 21 23 19 II E. f.
- 22 17 28 III E. f.
- 23 18 27 II O.f.
- 25 21 48 I Im.
- 26 0 52 I E. f.
- 26 1 14 III P.c.
- 26 18 56 I P. c.
- 26 19 45 I O. c.
- 26 21 9 I P. f.
- 26 21 59 I O.f.
- 27 17 42 IV O.f.
- 27 19 21 I E. f.
- 28 21 35 II Im.
- 29 1 55 II E. f.
- 29 17 54 III Em.
- 29 18 42 III E. c.
- 29 21 30 III E. f.
- 30 18 29 II O.c.
- 30 19 15 II P. f.
- 30 21 4 II O.f.
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- Mars est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil, le 21 octobre, à 2h.
- Jupiter est toujours admirablement placé pour les observations, son opposition ayant eu lieu le 25 du mois dernier. Une petite lunette suffit pour constater l’aspect aplati du globe de la planète, pour reconnaître les bandes et pour suivre les curieuses évolutions des satellites. Nous avons expliqué récemment (n° 2763) l’ensemble des phénomènes auxquels ces satellites donnent lieu dans leur mouvement. Ces phénomènes sont extrêmement intéressants à suivre. Nous en donnons la liste pour le mois d’octobre à la page précédente.
- Saturne devient inobservable, se couchant dans le crépuscule. Yoici les éléments de l’anneau, à la date du 13 octobre :
- Grand axe extérieur............................. 35",17
- Petit axe extérieur............................. 15",18
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................—j— 25° 34'
- Hauteur'du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 25° 54'
- Uranus a été en opposition le 25 du mois dernier. Il est donc encore visible presque toute la nuit. On le recherchera à l’aide de la carte de son mouvement, publiée au précédent Bulletin fn0 2766).
- Neptune devient visible le matin. Il y a lieu de le suivre ce mois-ci avec attention, car il se rapproche beaucoup de a Lion (Regulus), de grandeur 1,4, avec lequel il se trouvera en conjonction le 26 octobre, à 15h, à 0° 2' Sud. Une bonne petite lunette est nécessaire pour suivre ce rapprochement de la lointaine planète avec Régulus.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1°', à 3", Saturne Le 9, à llh, Jupiter Le 9, à 18", Uranus Le 21, à 13\ Yénus, Le 26, à 15h, Neplune
- Le 27, à 13h, Mercure Le 28, à 14h, Saturne
- en conj. avec la Lune, à 0° 6'N.
- — — à 3« 44'N.
- — — — à 4o 37'N.
- — — — à 7° 49'S.
- — • — avec a Lion.
- (gr. 1,4) à 0° 2' S.
- — — la Lune, à 5° 23' S.
- — — — à 0° 25' N.
- Etoiles variables. — Minima
- de l’étoile variable Algol
- 233
- (p Persée) : le 3 octobre, à 20" 30™ ; le 18, à 4" 33"' ; le 21, à
- lh 22”'; le 23, à 22" 11 ; le 26, à 19"0m.
- Etoiles filantes. — - Voici, d’après Y Annuaire dit Bureau
- des Longitudes, la liste des 1 •adianls actifs en octobre.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Octobre 1er au 9 241 + 17° y Bélier.
- — 7 31° + 18° a Bélier.
- — 8 43» 56° r\ Persée.
- — 15 et 29 108° -j-230 B Gémeaux.
- — 16 au 22 90° + 15o v Orion.
- — 13 au 27 IO80 + 123 p Petit Chien.
- 20 au 27 328° + 62° a Céphée.
- — 21 au 25 1120 + 300 P Gémeaux.
- — 31 43° + 22o s Bélier.
- - (E“) 29o + 8° K Baleine.
- Du 16 au 22, on observera l’essaim des Orionides. Etoiles
- filantes rapides, avec traînées.
- Étoileo Plaire. — Voici le s heures de passage de l’Etoile
- Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à midi
- Dates. Passage. Heure. moyen de Paris.
- Oclobre 8 Sup é rieur 0" 24“ 33» 13h 4'" 27», 8
- — 14 0" 0“ 59» —
- - Il 23' 57'" 6» —
- — 1 < 23!l 11™ 218 ! 3'1 43" 53»,3
- — 28 23'’ 2” 2» 14" 23™ 18»,8
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le
- 1er octobre, à 23h, ou le 15, à 22h est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée (r;, t, + cr) ; Andromède (y, M. 31); Pcrsée ({1, r,, s, Ç, amas).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire) ; Céphée (6, |jl, x, ji) ; le Dragon p/, 0, ep, 40, s, p.) ; La Grande Ourse.
- A l'Est : Les Gémeaux (a, {J, Z, 0, x, 38 e) ; le Cocher (14,4 w) ; le Taureau (Pléiades, p, x, y, ç) ; Orion.
- Au Sud : Pégase (1, 3, 85, -a); le Bélier (y, 30, 33, 14); le Verseau (Z, 1+ 94, 41, 12); les Poissons; la Baleine; le Poisson Austral,
- A l’Ouest : Le Cygne (rf, o3, di, p, 61°); l’Aigle (a, 15 4, 11); la Lyre (a, e, Z, rt, M. 57); le Capricorne.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- MATURATION DES FRUITS PAR L'ÉTHYLÈNE
- Pour le transport des fruits exotiques aussi bien que pour le stockage des fruits indigènes, il est intéressant de pouvoir les conserver non complètement mûrs et de les faire mûrir à volonté, selon les besoins du marché.
- Le Scientific American rend compte d’une étude sur ce sujet, publiée par M. R. B. Harvey, professeur au Collège d’Agriculture de Minnesota dans le Chemical Bulletin, à la suite de longues expériences relatives à l’action de l’éthylène et du propylène sur les fruits et les végétaux.
- Déjà, l’éthylène avait été pratiquement employé pour colorer en jaune les citrons verts.
- M. Harvey, en exposant des fruits à une atmosphère d’éthylène a constaté qu’ils subissent des changements tout à fait analogues à ceux de la maturation naturelle sur la plante. Ceci est vrai des fruits de nos pays tels que pommes, prunes, tomates, melons, etc., aussi bien que des fruits tropicaux tels que bananes, mangues, poires d’avocat, etc. L’acétylène est inutilisable parce que toxique pour les produits et d’odeur désagréable quand on le prépare à partir du carbure ; le propylène est le plus actif et , donne la meilleure saveur, mais le gaz le plus pratique parce qu’on peut en avoir de grandes quantités est l’éthylène.
- Dans une chambre de stockage, où la température est de 18 à 20°, l’introduction d’éthylène à la dose de un pour mille suffit pour mûrir complètement en 48 heures des bananes vertes. Au-dessous de 18°, la maturation est pliis lente ; au-dessus de 21°,. on risque des fermentations et des moisissures. L’éthylène est
- introduit dans la chambre par un injecteur et comme il a la même densité que l’air, il diffuse rapidement.
- L’éthylène diminue l’acidité des fruits verts, il blanchit le céleri, il augmente la teneur en sucre des végétaux. Les tomates vertes mûrissent en 1 à 8 jours. Les dattes perdent leur tanin.
- Les résultats obtenus ayant tous été des plus satisfaisants, nul doute que le traitement par l’éthylène, fort simple à pratiquer, entre bientôt dans la pratique industrielle. Ce sera là un nouveau débouché pour un gaz dont on dispose en abondance.
- L'HYGIÈNE DES POULAILLERS
- On rencontre encore trop de poulaillers non seulement mal éclairés et bas de plafond, mais encore d’une grandeur insuffisante en égard au nombre de pensionnaires qui vont devoir y passer la nuit.
- La température du corps de l’oiseau étant sensiblement plus élevée que celle du corps du mammifère, il s’ensuit que la respiration est également plus active chez le premier que chez le second. Par conséquent les volailles vicient rapidement le peu d’air mis parcimonieusement à leur disposition, et vers la fin de la nuit, cet air impur est surchauffé. C’est à ce moment, où leur corps est dans un état de.moindre résistance, qu’on les lâche au travers de l’herbage encore tout givré de la gelée nocturne. Refroidissements brusques, éternuements, pleurs, coryza. Au dire de M. Ed. Langevin, beaucoup de diphtéries n’ont pas commencé autrement.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- TRAVAUX PUBLICS L'aménagement de l'Isère.
- De nombreux projets ont' été faits pour l’aménagement de celte rivière qui est des plus intéressantes par la force motrice qu’elle est capable de donner, comme par la navigation qui peut y être développée au service du grand bassin industriel Delphino-savoisien qu’elle traverse.
- Le point de vue de la navigation est très important; il est désirable qu’il ne soit pas sacrifié malgré les difficultés qu’il peut évoquer dans nos esprits. Nous devons prévoir que dans quelques années ce que nous considérons comme des quasi-impossibilités sera au contraire jugé simple et facile.
- Telle est par exemple la jonction du Rhône à l’Isère par le lac du Bourget en franchissant entre Chambéry et Montmé-lian un seuil que la technique moderne permet d’aménager facilement.
- Quant aux usines hydroélectriques, projetées ou exécutées, en voici la liste, en remontant le cours de l’Isère depuis le Rhône jusqu’à la haute vallée, c’est-à-dire à Montmélian. (Cette liste a paru dans la Vie technique et industrielle, février 1927.)
- sion d’où part une ligne de transport d’énergie qui dessert les centres industriels de la région orientale du Massif Central.
- La réduction des minerais de fer par l'hydrogène.
- M. G. Gallo dans les Annali di chimica applicata (janvier 1927) a décrit les phénomènes de réduction du fer par l’hydrogène. Ilremarque fort justementque sil’on n’a pas songé jusqu’à présent à rendre industrielle la réduction du fer par l’hydrogène, parce que le carbone jouait économiquement le rôle de source de chaleur et celui de réducteur, on peut, aujourd’hui, avec le chauffage électrique d’une part, et les moyens puissants de préparer l’hydrogène, de l’autre, envisager de façon sérieuse le traitement des minerais de fer par l’hydrogène.
- Il a traité un minerai de fer (magnétite) de Cogne, dans la
- vallée d’Aoste, ce minerai dose :
- Fe,0* . . . 86,53 °/0 S.. 0,008 %
- Si02. . . . 4,12 » CoO . . . 0,10 «
- MgO. . . . 7,20 » CaO . . . 0,86 »
- MnO. . . . 0,32 » P.. 0,002 »
- AL03 . . . 0,71 »
- La réduction a été effectuée d’une part en présence d’hydro-
- SECTIONS USINES CHUTES EN MÈTRES DÉBITS EN M3/SEC. PUISSANCE, Cil.- ÉNERGIE ANNUELLE
- Beaumont-Monteux , au Rhône. Pont de l’Isère. de : 4,00 à : 6,30 Eaux moyennes. 5,50 Etiage. 130 Maximum dérivé. 300 Minimum. 8.000 Maximum. 16.500 Moyenne. 13.000 Millions de kwh. 65
- Basse-Isère. Beaumont- Monteux. 7.50 11,50 10,50 130 300 15.000 32.000 24.000 120
- Pizançon à Romans. Romans. 4,00 8,25 7,00 130 350 . 11.000 22.000 16,000 85
- Rochebrune à Pizançon. Pizançon. 4,25 12,00 11,25 125 350 ' 15.000 38.000 27.000 140
- Saint-Gervais à Rochebrune. i i Rochebrune. 1 La Sône. 15,00 ! îojoo 19,50 14,00 19,00 13,50 60 45 60 250 9.000 6.500 12.000 34.000 11.000 24.000 55 125
- Grenoble à Saint-Gervais. Saint-Egrève. | Yoreppe. \ Moirans. ’ Saint-Quentin. Saint-Gervais. > 25,00 29,00 28,50 SO 100 23.000 28.500 27.000 135
- G1 projet : Y ersoud-Mey lan. 1 8,50 15,20 10,70 65 150 8.n00 16.000 13 500 70
- Bernin à Grenoble. , 2e projet : t Saint-Nazaire. \ Monthonnot. J La Tronche. > 13,50 15,60 14,30 65 150 10.000 21.000 17.000 90
- 3° projet : Lancey- ( Grenoble. , 10,00 13, «0 12,00 60 120 8.000 15.000 11.000 60
- Pontcharra à Bernin. La Buissière. ) Saint-Yinccnt. ) La Terrasse. , Grolles. ! 20,50 24,75 23,00 60 150 15.000 37.000 30.000 150
- De l’Arc au Bréda. 1 Coise. G Les Molettes. | 26,00 1 29,00 28.00 50 100 14.500 28.000 25.000 130
- C’est au total une puissance moyenne déplus de 200000 ch et une quantité d’énergie de plus de 1100 millions de kwh. par année qui seront fournis par ces travaux.
- L’usine de Beaumont-Monteux, d’une puissance moyenne de 24000 ch, est en fonctionnement depuis plusieurs années; elle est dotée d’un poste de transformation à très haute ten-
- gène pur, de l’autre en présence d’hydrogène et de vapeur d’eau. La réduction en présence d’hydrogène pur a été complète à 600° en 90 minutes, et à 700° en peu de minutes. En présence de la vapeur d’eau, la réduction est retardée. Le procédé pourrait être intéressant industriellement et les expériences de laboratoire entreprises méritent d’être suivies.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juillet 1927
- ÉLECTROCHIMIE
- Un nouveau procédé de préparation du bore
- (L. Andrieux). •— Les divers essais tentés par Hampe, Moissan, Stahler, Zschille et Kahlénberg, sur l’électrolyse des borates alcalins ou de l’anhydride rendu conducteur par addition d’un sel alcalin, n’ont abouti qu’à de faibles rendements et, même dans les essais de Eschille, le produit obtenu ne contenait, après dessiccation à l’air à 110°, que 61 p, 100 de l’élément Bo.
- M. Andrieux a imaginé de faire porter l’action chimique du courant sur un mélange d’anhydride B2 O3, d’un oxyde métallique MO et du fluorure MF2, de ce même métal. M. L’opération se réalise entre 1000 et 1200°, pour fournir à la cathode soit le métal M, soit un borure chargé d’une quantité plus ou moins grande de bore. Dans le premier cas, la décomposition porte sur le seul oxyde MO; dans le second, il y a réduction, par l’élément M libéré, de l’anhydride B203 et formation d’un borure retenant du bore. Avec les sels de magnésium les résultats ont été particulièrement intéressants et, en électrolysant, à 1100°, le mélange 2B203 + MgO
- Mg F2, dans un creuset de charbon de cornue servant d’anode, la cathode de fer, placée suivant l’axe du creuset, se recouvre d’un dépôt de bore aggloméré par une partie solidifiée de l’électrolyte. En reprenant par l’acide chlorhydrique le produit pulvérisé, on obtient un résidu amorphe qui, lavé et séché dans le vide à 110°, titre 92 peur 100 Bo, le rendement du courant restant très voisin du chiffre théorique.
- L’avantage du procédé Andrieux, sur la méthode de Moissan, est d’éviter l’emploi du magnésium métallique et de permettre un mode de préparation continue.
- CHIMIE PHYSIQUE
- La vitesse de dissolution des alliages ultra-légers du magnésium (MM. Albert Portevin et Et. Bretet). — Pour évaluer la vitesse de corrosion, dans diverses liqueurs, acides ou salines, on a recours à trois méthodes.
- On peut déterminer la perte de poids, mais la formation de dépôts à la surface des échantillons est une'fréquente source d’erreurs, et le procédé ne se prête qu’à des mesures discontinues. Certains opérateurs, comme Ostwald, Chaudron et Waché préfèrent évaluer des dégagements gazeux et déterminer le coefficient de Boguski ou constante de dissolution K, en fonction de la surface de l’échantillon, de la durée de l’opération, du volume gazeux, de la concentration de la liqueur d’attaque, enfin de son volume. Dans le procédé thermique de Mylius, on mesure l’élévation de température qui résulte de l’attaque d’un échantillon de dimensions déterminées, dans 20 eme de réactif à 20° et contenus dans un tube en verre de forme spéciale; puis on calcule l’indice de réaction, quotient du maximum de température par le temps t mis à’ l’atteindre.
- Les auteurs ont appliqué les deux dernières méthodes à différents alliages de magnésium : 4,2 pour 100 Al; 4,1 Cd ; 4,6 Cu ; 4,1 Ni; 4,8 Pb ; 4,5 Zn, et ils déduisent des résultats obtenus que dans tous les cas, pour les réactifs utilisés (ac. chlorhydrique et ac. acétique décinormal), le magnésium
- pur est moins attaquable que les alliages ultra-légers et que la présence de traces de silicium dans le métal Mg influe sur la corrodabilité.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- L’hydrolyse diastasique du turanose (MM. Bridel et Tu. Aagaard). — Il s’agit là d’un hexobiose isomère du saccharose, isolé en 1889 par Alexhine dans l’hydrolyse faible du mélézitose et étudié, quelques années plus tard, par Tanret.
- On l’obtient, sous la forme d’une poudre blanche, en concentrant sa solution alcoolique et le produit, qui retient, pour une molécule de turanose, une demi-molécule d’alcool est très hygroscopique et de saveur fortement sucrée; son hydrolyse sous l’action, à 100°, d’acide sulfurique à 3pourl00 donne un mélange équimoléculaire et, pour l’hydrolyse diastasique, les auteurs ont successivement fait agir l’émul-sine des amandes, la rhamnodiaslase, une solution de levure haute autolysée, une macération de levure basse séchée à l’air, enfin le produit obtenu par précipitation alcoolique de ce dernier macéré.
- Dans les trois premiers cas, aucun dédoublement n’a été constaté, alors que l’action du macéré de levure s’est montrée totale en deux heures. Elle est due à la glucosidase a, dont on sait que sa facile destruction par l’alcool est une propriété caractéristique et l’on doit considérer dorénavant le turanose comme un glucoside a du fructose, de même qu’on reconnaît que le maltose est un glucoside a du glucose. Mais, comme le maltose et le turanose ne fournissent pas la même osazone, si l’on en croit Fischer, Kuhn et van Grund-herr, MM. Bridel et Aagaard estiment que l’on doit reviser la constitution admise jusqu’ici pour les deux sucres, puisqu’elle ne répond pas aux faits expérimentaux.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Fixation de la radioactivité de l’air par le champ magnétique terrestre (M. Edouard Salles). — Dans ses recherches, Mlle Maracineanu fait agir à la fois, sur une lamelle de plomb, le polonium et son rayonnement, puis le rayonnement du soleil, ainsi qu’une forte tension électrique, positive ou négative. De ces diverses actions, comme l’a précisé M. Deslandres, celle du polonium est permanente et continue, les deux antres n’intervenant qu’au début seulement et pendant quelques minutes ou secondes.
- Dans l’interprétation des faits, on devra, semble-t-il, tenir compte des expériences de M. Salles, lorsqu’il se proposait de constater la fixation du dépôt actif de l’air, sous l’influence du champ électrique terrestre. Elles reposaient sur la mesure de la « fuite » pour la chambre d’ionisation d’un électroscope, dans laquelle on maintenait, rapidement enroulé sur un cadre, un fil de laiton ou de fer, long de 10 à 15 m. après l’avoir exposé durant trois heures sur le toit de l’ancien Bureau Central Météorologique. Toute activité ayant disparu au bout de trois heures, M. Salles concluait aux radiums A, B et C.
- Ses expériences ont été faites, en hiver, au printemps et en été, mais l’exposition du fil était trop courte pour qu’il fût possible d’envisager l’action du thorium. Paul Baud.
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- CHRONIQUE AÉRONAUTIQUE
- L’aménagement des aérodromes
- Dans une communication de la Société Française de Navigation Aérienne, M. Duval, du serviçe des Voies et Communications aériennes a étudié l’aménagement des aérodromes.
- Une route aérienne bien équipée doit comprendre une chaîne d’aérodromes et de terrains de secours.
- Aménagement des terrains. — La densité moyenne des terrains d’atterrissage doit être de 1 terrain tous les 75 kms pour une bonne région, tous les 50 kms pour une région
- Fig. 1.
- médiocre ou pour les vols de nuit. (Sur Paris-Londres : 45 kms en France et 30 kms en Angleterre.)
- Le choix du terrain est réglé par des conditions géographiques et lînancières. Les dimensions doivent être de 600 m X 600 m, soit 40 hectares pour un aérodrome ordinaire, 100 hectares ou plus pour un aérodrome fréquenté. Les terrains choisis sont plats donc généralement alluvionnaires, c’est-à-dire fertiles et chers.
- En France l’Etat s’est chargé de l’équipement des routes internationales, une campagne étant faite d’autre part pour pousser les municipalités à créer des terrains. (Impossible pour les terrains de secours de rapport nul.)
- Les terrains peuvent être laissés au propriétaire sous condition de n’y entretenir que des cultures basses (méthode pratique pour les terrains peu fertiles.) Ils peuvent encore être achetés et soua-loués en pâturages.
- Choix des aérodromes. — Le terrain doit être horizontal (pente inférieure à 2 pour 100) uni et résistant (drainé et à l’abri des inondations). Il doit être dégagé (éloigné des arbres, maisons, lignes électriques aériennes, etc.).
- Entretien. — La question du fauchage se pose au bout de trois ou quatre ans, le mauvais foin étant alors difficilement vendu.
- La protection contre les obstacles n’est assurée que pour les lignes électriques et les antennes de T. S. F. (loi de 1924 ; aucune loi n’existe pour les bâtiments (loi italienne n’autorisant que les bâtiments de hauteur inférieure à la moitié de la distance àl’aérodrome). Les hangars, pilônes de T. S. F., etc., constituent d’ailleurs des obstacles diminuant la valeur aéronautique du champ; M. Duval propose à ce sujet un type d’aérodrome (fig. 1) dégagé dans toutes les directions : ce type permet un éclairage facile de l’aire de départ, et autorise les agrandissements.
- Balisage. — Le balisage est assuré par des balises en orme de pupitre et des balises triangulaires. La direction du vent est donnée par un T orienté, éclairé la nuit, enfin l’aire est éclairée sur les grands aérodromes.
- Sur les aérodromes de secours, la direction du vent est donnée par une manche à vent; la nuit, trois lampes blanches (acétylène) indiquent la direction du vent et la zone d’atterrissage, enfin des pots fumigènes et des fusées à parachute sont allumés au moment de l’atterrissage, renseignant le pilote sur la direction exacte et la force du vent, et éclairant le terrain.
- Les grands raids américains.
- A quelques jours d’intervalle, le raid San-Francisco Hono-lulu vient d’être accompli par deux équipages américains, le premier sur un trimoteur Fokker analogue à celui de >Byjd, le second (Smith et Bronte) sur un monoplan commercial de 200 chevaux. Ce raid comprend une traversée maritime de près de 4000 km. sans aucune possibilité d’escale : c’est donc le raid le plus long effectué sur un parcours entièrement maritime.
- Ces deux exploits venant s’ajouter aux traversées de l’Atlantique ne peuvent que confirmer les récents progrès de l’aéronautique américaine, tant au point de vue du matériel lui-même, qu’au point de vue des appareils de navigation.
- Nouveau record du monde.
- Le monde aéronautique allemand s’est attaqué depuis quelques mois aux records intéressant les avions gros porteurs, en particulier les records avec 2000 kg de charge utile.
- Deux appareils se sont particulièrement distingués : le Rohrbach « Roland », et le Junkers G. 24, tous deux trimoteurs, le premier de 690 cv., le second de 750 cv.
- Les résultats obtenus sont formidables : le record de vitesse sur’î'lOOO km., avec 2000 kg. de charge utile, passe successivement : le lor avril au G. 24 avec 138 km-h. ; le 3 juin, au « Roland », avec 196 km-h. 700 de moyenne; enfin au G. 24 avec une moyenne de 209 km-h. Depuis un nouvel avion a réalisé la vitesse formidable de 214 km-h. Ajoutons pour fixer les idées, que nos avions de chasse donnaient une vitesse maxima du même ordre de grandeur il y a 3 ou 4 ans seulement (monoplace Dewoiline 300 cv. 212 km-h,).
- Concours d’avions légers.
- Le VIe Concours International d’avions légers et de tourisme de l'Aéro-Club de Belgique vient d’avoir lieu à Bruxelles.
- Quatre appareils étaient présentés : la limousine Demonty-Poncelet (moteur Anzani 60 cv.), le biplan Cambgul (Anzani 60 cv.), le monoplan de course Poncelet (moteur Salmson 40 cv.), le monoplan Ivlemm-Daimler (moteur Mercédès 19 cv.) Le monop'an Poncelet comporte une aile épaisse reliée à la partie supérieure du fuselage, et supportée en vol par deux paires de mâts articulés à la base du fuselage. Ses caractéristiques sont les suivantes :
- Envergure 6 m, surface 6 mâ, longueur 3 m. 50, hauteur 1 m. 5, poids 267 kg (avec pilote et deux heures de vol).
- Les performances réalisées donnent les chiffres suivants : vitesse 186 km-h. (sur 7 km.), vitesse minima 50 km-h. (sur 500 m.). La longueur d’atterrissage est de l’ordre de 30 à 40 mètres. Cet avion remarquable fut malheureusement éliminé du concours, à cause d’un défaut de mise au point du groupe moto-propulseur (les vols du concours n’avaient été précédés que de deux essais de l’appareil).
- Le monoplan Klemm-Daimler comporte une aile épaisse surbaissée en porte à faux. Muni d’un moteur à deux cylindres opposés de 19 chevaux, et équipé en biplace, il constitue l’un des appareils à faible puissance les plus économiques. Les performances sont en dépit de la faible puissance, très remarquables : vitesse sur 50 km. 97 km.-h., vitesse minima 40 km-h., décollage en 30 mètres, par vent de 4 m. 50.
- Cet avion a déjà fait, en biplace un voyage de plus de 1900 km. dansles Alpes Bavaroises, il s’estmontré, au concours de Bruxelles, d’une maniabilité acrobatique extraordinaire ; il constitue donc un exemple des possibilités de l’avion à faible puissance, en tant qu’appareil de tourisme et de sport.
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- PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES Egouttoir centrifuge.
- On connaît déjà les égouttoirs centrifuges, marchant par manivelle, mais qui sont d’une certaine complication.
- Yoici un nouvel appareil particulièrement simple. Il est formé par un mousqueton destiné à suspendre le panier à salade, par son anse. Ce mousqueton est mobile autour d’une tige qui le traverse dans toute sa longueur et qui se termine à l’autre extrémité par une poignée, permettant de tenir l’appareil.
- Un retour d’équerre faisam partie de la tige porte un œil dans lequel on passe une ficelle ; celle-ci est fixée d’une part au mousqueton, de l’autre elle porte une petite barrette permettant. détenir la licelle à la main et d’exercer des tractions alternatives.
- Pour la manœuvre, l’appareil est tenu verticalement de la rnaiu gauche, le panier à salade étant naturellement accroché au mousqueton et la ficelle enroulée de deux ou trois tours. On tire doucement, la ficelle en exécutant un mouvement de
- va-et-vient et en quelques secondes on sèche parfaitement la salade.
- Il est bon de se placer au-dessus d’une petite bassine, de préférence au-dessus d’un évier : l’eau par le mouvement régulier de centrifugation s’écoule dans la bassine et ne sp trouve pas projetée, comme on pourrait le craindre, latéralement à de grandes distances.
- En vente chez Auger, 11, rue de Levis, Paris.
- Chausse-pied à coulisse.
- Les cornes à chaussure ont parfois l’inconvénient de frotter sur le talon, lequel risque parfois de se retrousser, si les chaussures sont assez étroites. Il en résulte des plis gênants pour la marche, parfois même des déchirures si l’on à affaire à des tissus fragiles comme ceux que constituent les bas de soie.
- Un chausse-pied à coulisse évite ces inconvénients : Il est constitué par une corne métallique qui se termine à la partie supérieure par un retour d’équerre, sur lequel on peut appuyer avec le pouce pendant que la main tient l’autre partie du chausse-pied.
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- |l_y J-k Pièce I Cuillère 1 inclinante
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- AppurWT sùn ta chaussure
- Fig. 2. — Le chausse-pied à coulisse et son utilisation.
- Celle-ci sert de coulisse à la corne et elle appuie, au moyen de deux petites équerres, sur le bord arrière de la chaussure. Ainsi la corne qui coulisse accompagne le talon pendant sa descente dans la chaussure, sans aucun frottement. Le glissement se ‘produit simplement entre les deux pièces métalliques.
- En même temps qu’on descend le talon du pied dans la chaussure, on appuie avec le pouce sur la tête de l’appareil qui est maintenu d’autre part par l’index de la main passé dans l’anneau de la partie fixe.
- Fabricant : Etablissements Gonforoto, 23, rue Parmentier, Alfortville.
- Porte-cravate “ Roura “.
- Le chic est de faire soi-même son nœud de cravate et non de porter une cravate toute faite. Mais à force de plisser, de serrer, de faire glisser l’étoffe, celle-ci se froisse et le nœud perd son bouffant, se ratatine.
- Yoici une monture légère, véritable squelette de cravate, qui la maintient en forme et par conséquent prolonge son aspect de neuf. Elle s’adapte à tous les cols rabattus et à toutes les coupes de tissus, particulièrement aux cravates spécialement faites pour le porte-cravate.
- Une traverse s’engage dans le nœud et le maintient ; la monture se fixe au bouton du col par deux boucles.
- Fabricant : M. Jean Roura, Néraç (Lot-et-Garonne).
- Fig. 3. — Le po> tc-cravatc “ Roura
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l’Institut de Phonétique. (n° 2765). — M. Schramek nous fait remarquer qu’il n’a pas simplifié le Lioretgraphe, comme M. Jacques Boyer l’avait avancé dans son étude sur VInstitut phonétique de Paris. Le remplacement de la bande par un tambour fut effectué antérieurement par M. Gutzmann, de Berlin et M. Lioret lui-même avait adopté ce perfectionnement. Par suite, les quatre lignes, terminant le premier alinéa de l’article (f. 65, colonne 2), sont à supprimer.
- Enquête sur la longévité des espèces domestiques. — La Reçue de Zootechnie demande des données pour un travail sur la longévité des animaux domestiques, spécialement du cheval, et sur l’influence de la castration par rapport à l’énergie des animaux, à leur résistance, etc. Les personnes qui
- seraient disposées à collaborer à l’enquête sont priées d’envoyer leurs renseignements à la Revue de Zootechnie, 41, Rue Lafayette. Paris IXe. Il faudrait plus particulièrement répondre aux demandes suivantes :
- lu Observations anciennes et récentes sur des chevaux devenus très vieux (plus de 25 ans).
- 2° Leur race, poids, taille (tout au moins des données approximatives).
- 3° S’agit-il de chevaux entiers ou châtrés, ou de juments ?
- 4° La castration diminue-t-elle l’énergie de l’animal ou son rendement comme moteur? Dans l’affirmative, indiquer, si possible, le pourcentage approximatif de cette diminution.
- 5° Observations intéressantes de longévité chez d’autres espèces domestiques.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment se recolle l’ambre.
- 1° L’ambre étant une résine et comme telle ayant une fonction acide peut être solubilisés par les alcalis en donnant un liquide visqueux. On utilise cette propriété pour souder directement l’ambre à lieu même ; pour cela on enduit les parties des fragments à joindre d’une solution concentrée de potasse caustique et on laisse agir un temps suffisant pour que l’ambre se ramollisse, on rapproche alors les morceaux, serre fortement avec une ficelle et laisse quelques jours ainsi avant de démonter. N. B. Employer la lessive chaude, si l’on veut un ramollissement plus rapide.
- 2U Nous avons répondu à votre seconde question dans le n° 2757, page 286.
- G. D., à St-Raphaël.
- Alliage pour reproducteur.
- Nous pensons que vous pourriez effectivement remplacer votre reproducteur en fonte sur lequel roule le galet guidant la fraise, par un gabarit en alliage dur, lequel aurait l’avantage de pouvoir être refondu après usage.
- Comme base de départ, prenez par exemple :
- Antimoine........................ 300 gramm.es
- Plomb............................ 500 —
- Cuivre...........*............... 200 —
- Il vous suffira ensuite de modifier légèrement l’apport de chaque constituant suivant que vous voudrez donner de la rigidité (antimoine), de la douceur (plomb) ou diminuer la fusibilité (cuivre). Quelques essais sont naturellement nécessaires pour une mise au point de ce genre.
- P. P. a Boom.
- Faisons nous-mêmes les pastilles du Sérail.
- Prendx*e : Benjoin................... 80 grammes
- Baume de tolu ............. 20 , —
- Santal citrin.............. 20 —
- Charbon léger............. 500 —
- Nitrate de potasse......... 40 —
- Mucilage de gomme adragante, quantité suffisante. Faire une masse homogène que l’on divise en petits cônes de 3 centimètres de hauteur, en donnant à leur base la forme d’un trépied, bien laisser sécher à l’air et allumer par la pointe.
- Le mucilage adragant se prépare ainsi :
- Gomme adragante.......................10 grammes
- Eau froide............................00 — ,
- Mettre à digérer vingt-quatre heures, passer dans une mousse-
- line par expression, puis battre le mucilage pour le rendre homogène.
- E. S., à Nice.
- Les robinets qui gouttent.
- "Lorsque l’eau est calcaire et ferrugineuse, les égouttages de robinets produisent dans les récipients qui les reçoivent, par exemple les baignoires, des dépôts ocreux de désagréable effet.
- Dans ce cas, le mieux est évidemment de remplacer la rondelle de caoutchouc du robinet pour supprimer la fuite de l’eau. Quant au dépôt, il est facile de le faire disparaître en l’imbibant d’eau vinaigrée, ou si le dépôt est ancien et dur, d’eau légèrement acidulée par l’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique). Aussitôt que le dépôt a disparu, rincer à l’eau pure pour enlever toute trace d’acide.
- Bibliothèque Meudon.
- Emploi des soies de porcs pour la confection des brosses.
- Les soies sont des poils demi-rigides, luisants provenant du porc ou mieux encore du sanglier, qui donne des soies plus longues et plus rigides.
- Cet article est surtout expédié de Russie ou d’Allemagne dans des tonneaux ; des transactions importantes s’en font chaque année à la foire de Leipzig.
- Pour l’emploi on se contente généralement d’un traitement à l’acide sulfureux gazeux qui agit comme désinfectant et décolorant; autant que possible, on évite l’emploi de bains qui auraient pour effet de ramollir les soies.
- Bibliothèque de Meudon.
- Taches d’encre à marquer le linge.
- La composition des encres à marquer le linge est assez variable, car on utilise dans ce but les sels d’argent, de cuivre, de manganèse, parfois aussi la paraphénylène diamine. Il est donc impossible d’indiquer avec certitude le moyen qui permettrait d’enlever les taches faites accidentellement avec l’une quelconque de ces encres.
- Comme cependant les sels d’argent sont les plus employés, on peut, avec les plus grandes probabilités de réussite, opérer ainsi- :
- Imprégner les parties tachées de teinture d’iode. Quand l’argent donnant la coloration noire à la tache se trouve transformé en iodure d’argent incolore ou tout au moins crème, on fait agir une solution à 10 pour 100 d’hyposulfite de soude qui dissout l’iodure d’argent formé, on rince ensuite à grande eau pour éliminer l’hyposulfite et l’argent.
- • Voir page L des annonces, le “ Courrier de T. S. F.
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- N. B. — On peut substituer à la teinture d’iode de l’eau iodée composée de
- Iode en paillettes...................... 3 grammes
- Iodure de potassium..................... 25 —
- Eau ordinaire...........................100 —
- M. Semanate, à Paris.
- Dans quelle mesure résistent les vases émaillés.
- 1° Les revêtements émaillés des récipients en tôle sont habi- . tuellement constitués par des borosilicates ou des stannates de plomb, ils sont par conséquent légèrement attaqués par les acides et plus particulièremént par les alcalis, surtout à chaud ; on ne peut donc se servir des ustensiles courants pour les fabrications de produits chimiques. Dans ce cas on doit avoir recours à des fabrications spécialement étudiées, par exemple aux revêtements de Dietrich à Niederbronn, Bas-Rhin, bureaux, 37, boulevard Magenta, qui présentent une résistance extrême.
- 2“ La réparation des objets émaillés est toujours très délicate eu égard à la difficulté de préparer un émail ayant même coefficient de dilatation que celui déjà employé.
- Cependant on peut essayer du mélange suivant :
- Débris de cristal pulvérisés ..... 125 grammes
- Carbonate de soude sec................ 20 —
- Acide borique........................ 12 —
- Bioxyde d’étain....................... 12 —
- Après fusion on pulvérise et rend bien homogène.
- Pour émailler, délayer la poudre dans un peu de silicate de soude, appliquer à l’endroit voulu, laisser sécher, puis amener à fusion au moyen d’une lampe à souder genre Paquelin. Eviter de chauffer trop brusquement, afin de ne pas faire craquer l’émail avoisinant.
- N. B. — Il est bon de se faire la main par quelques essais préalables sur une vieille casserole émaillée hors d’usage.
- Le Matériel téléphonique.
- Un passe-temps agréable. Le papier et la peau marbrés.
- 1° On commence par préparer un mucilage de graine de lin ou de gomme adragante, de préférence avec cette dernière, en faisant macérer celle-ci dans de l’eau froide pendant deux ou trois jours, en remuant fréquemment, puis passer à la mousseline ou au tamis de crin fin ; mettre dans une cuvette peu profonde et écumer. soigneusement.
- 2” Préparer une dissolution aqueuse de la couleur choisie, l’additionner d’un peu de fiel de bœuf ou de cheval et la verser à lu surface du bain précédent sur lequel elle s’étendra.
- Dans le cas de plusieurs couleurs par exemple du rouge, du noir, de l’orangé, du bleu, du chamois on ne mettra que peu de fiel dans le rouge, plus dans le noir, davantage dans l’orangé et ainsi de suite pour les autres couleurs, chacune étant plus chargée que la précédente.
- 3° Asperger le bain avec une brosse trempée dans de l’eau aussi fiélée. A ce moment si l’on a mis plusieurs couleurs celles-ci se séparent en veines inégales.
- Au moyen d’une aiguille à tiûcoter l’opérateur peut à volonté produire des effets de marbrures nombreux et variés en dessinant sur le bain des zigzags, des tourbillons que sa fantaisie lui suggérera ; les couleui’s demeurent dans la position où cette opération les a placées,
- 4° Appliquer alors à la surface, la feuille de papier ou la peau, celle-ci étant relevée présentera les marbrures parfaitement transportées.
- N. B. — Les couleurs employées sont les couleurs dites d’aniline.
- M. Balsan, à Millau, Aveyron.
- Comment on réaimante un aimant de magnéto.
- Si vous disposez du courant continu, démonter les aimants, fermer le circuit magnétique au moyen d’une pièce 'de fer doux,
- puis enrouler d’une façon convenable, c’est-à-dire en suivant la règle classique du « tire-bouchon » environ 600 spires de fil de 4 mm. (barre) dans lequel vous ferez passer un courant de 45 ampères sous 110 volts, c’est-à-dire de manière à créer une induction de 20 000 gauss.
- Pratiquement vous aurez probablement avantage à faire exécuter ce travail de réaimantation par le constructeur ou tout au moins par une maison spécialisée.
- M. Nielsex, à Malines.
- Les “ Ferriers „ de l’Yonne.
- Pour répondre à votre question, il serait nécessaire de connaître quel a été le degré d’extraction du fer dans les minerais auxquels vous faites allusion.
- Il est probable que les méthodes de traitement primitivement appliquées, ont laissé des résidus encore très riches, que les méthodes modernes peuvent exploiter d’une façon encore rémunératrice, ce dont se sont rendu compte les acquéreurs actuels.
- 11 se peut également que dans ces résidus se soient accumulés d’autres éléments n’ayant autrefois aucune valeur et qui aujourd’hui ont une grande importance, manganèse, chrome, etc.
- Bien entendu les exploitants se gardent de faire connaître l’intérêt financier de leur entreprise et seule une analyse des produits en cause pourrait vous fixer d’une façon certaine.
- M. P. Nocquot, à Paris.
- Le chant des poteaux télégraphiques.
- La question du chant des poteaux télégraphiques est aujourd’hui parfaitement élucidée. Il a été clairement démontré que ce chant est dû principalement aux tourbillons périodiques qui se forment dans l’air sous l’action du vent, à l’arrière de l’obstacle constitué par le fil. D’autre part le vent peut aussi jouer le rôle d’un archet, et son frottement sur le fil peut faire vibrer celui-ci comme une corde harmonique. Voir sur ce sujet l’article « Les Phénomènes sonores dans La Nature — n“ 2471 — 13 août 1921, où est rappelée la formule donnée par Strouhal en 1878, et qui depuis a été vérifiée. La fréquence du son produit dans le pre-
- V
- mier cas est proprotionnelle au quotient — V =: vitesse du vent,
- d
- d = diamètre du fil.
- Voir aussi l’article « Chant des Fils télégraphiques » dans La Nature n° 2527.
- Aux Ecoutes, Constantinople.
- Épuration du talc brut.
- 1° La préparation du talc pour les usages courants est des plus simples et consiste en un broyage avec de l’eau, puis dans une lévigation de là pâte obtenue de manière à entraîner sous forme de lait les particules très fines du talc, alors que le sable beaucoup plus lourd reste sur place.
- Le lait de talc est ensuite déversé dans un caniveau, soit en bois, soit en ciment, la vitesse de l’eau diminuant un talc grossier se dépose d’abord encore souillé par des grains siliceux, puis à mesure que l’on s’éloigne de l’arrivée, la sédimentation fournit des produits de plus en plus purs, il en résulte un classement de diverses qualités que l’on recueille séparément et vend suivant la blancheur.
- 2° Si nos souvenirs sont exacts, vous trouverez une brochure sur le talc et son exploitation dans l’ensemble des Topographies souterraines (Etude des Cites minéraux de France) publiées par le Ministère des Travaux Publics, éditeur, Béranger, 15, rue des Saints-Pères. Chez le même éditeur « Le Manuel du Mineur » par Chalon vous fixera sur les procédés d’exploitation applicables, suivant les circonstances locales. M. J. Bkach. Paris.
- Publications relatives aux bois :
- Revue industrielle du bois et de Vameublement, 2, rue Crillon, Paris : Bois et Résineux, 26, cours du Chapeau-Rouge, Bordeaux.
- M. R. L., Paris.
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- ACTUALITES ILLUSTREES
- 'V
- M. Francesco Anderheggen, ingénieur à Turin, nous donne les indications suivantes :.
- « Cet hiver, des pécheurs de Blankenherghe (Belgique) ont pris dans leur filet, se trouvant environ à 50° 30' lat. nord et 2° 25' long, est de Greenwich, au N.-O. du banc West Hinder; c’est-à-dire quasi à 40 km au nord de Dunkerque, le moule intérieur d’un gastropode fossile (fig. 1).
- Ce moule pèse 1600 kg, a 1 m 27 de longueur et 0 m 94 de diamètre. Ce fossile se trouvé actuellement chez M. Ferdinand Anderheggen. 50, rue Breidel, à Bruxelles.
- Comme le volume de ce gastropode doit avoir été environ 1000 fois plus grand que tout ce qu’on connaissait, il me paraît qu’il serait intéressant pour La Nature d’en avoir la primeur. »
- Dans la figure 2, le moule est représenté, à gau elle, à coté d’un enfant; à droite, on a figuré ce que serait un gastropode ayant une capacité correspondante.
- 181
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- A droite : le nouveau réservoir de Montmartre qu’on vient d’inaugurer.
- La cuve, en béton armé, s’élève à 42 m au-dessus du sol.
- Elle a un diamètre de 12 m et est divisée en deux compartiments concentriques contenant l’un, Veau de source; l’autre, l’eau de nviere.
- Au fond, la basilique du Sacré-Cœur.
- Au-dessous, l’océano-glisseur Remy’ qui devait partir le 15 août de Cherbourg, avec 12passagers pour New-York, qu’il espérait atteindre en 84 heures.
- Le modèle en essai sur la Seine..
- SÜ
- 94.915. — Paris. lmp.LAHtRï- 19-27
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- LA NATURE
- N 2769. 15 Septembre /927 Prix du Numéro : 3 francs 30 /
- Paraît le ier et le i5 de chaque mois pour la vente en France. /
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- LA NATURE
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- Tari! intérieur, France ei Colonies : 12 mois (24 n**), 70 fr. ; — 6 mois (12 n**), 35 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et te Luxembourg : 12 mois (24 n**), 85 fr. ; — 6 mois (12 n®’), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarifa*! i Uk an. . . »
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour iOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. H. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. ----
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris,
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l“r de chaque mois.
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- N" 2769.
- LA NATURE
- 15 Septembre 1927*
- N- )
- ^8r«xl
- A PROPOS DU CENTENAIRE DE D'ALUMINIUM =
- L’OUTILLAGE CHIMIQUE
- EN MÉTAL LÉGER ET LES LAQUES PROTECTRICES
- La commémoration centennale de la découverte de l’aluminium par le chimiste allemand Wœhler, sur indications de Berzélius et d’Œrstedt, ramène l’attention du grand public à l’une des plus florissantes parmi nos industries nationales.
- LA DÉCOUVERTE
- DE L'ALUMINIUM
- (c Déjà cent ans! » s’étonneront les quadragénaires et leurs aînés, en songeant combien timidement encore le mfetal léger se manifestait, vers 1890, sous les espèces bimbelotières du coulant de serviette enjolivé ou de la simili-plume d’oie. Que diraient-ils si quelque pédant, s’appuyant sur l’Histoire romaine de Dion Cassius, l'Histoire naturelle de Pline et le Saty-ricon de l’Arbitre des Elégances, leur rappelait qu’aux premiers siècles de l’empire romain, un obscur artisan fabriqua une patène d’un métal léger et inoxydable, peut-être en fondant au creuset quelque alunite avec du charbon et du borax?
- Mal en prit à l’inventeur prématuré : Tibère, ayant acquis de sa bouche la certitude qu’il n’avait
- initié personne à son tour de main, s’empressa de lui faire trancher le col, « pour la raison que (explique Pétrone) la divulgation d’un tel mystère eût rendu l’or aussi méprisable que la boue ».
- En fait, la découverte scientifique de l'aluminium semble bien centenaire, et réalisée d’ailleurs par procédé électrochimique. En 1854, grâee aux travaux mémorables de Sainte-Glaire Deville, qui faute d’énergie électrique suffisante adopta la préparation par voie chimique, le métal léger s’industrialisait dans les ateliers de la Société Péchiney et Cie, à Salindres, près Alès : mais il coûtait alors 300 francs au kg! Ce fut seulement en 1886 qu’un ingénieur français âgé de vingt-trois ans, Paul-Louis-Toussaint Héroult, en brevetant l’application du four électrique à la fabrication de l’aluminium, lança
- Fig. 1-
- définitivement cette industrie nouvelle, tout en créant l’électrométallurgie générale. On sait combien cette technique, épargnant nos ressources houillères trop limitées, triompha vite dans les Alpes, aussi bien que dans toute région de 1 univers bien dotée en houille blanche. Tiré de la bauxite provençale, et bientôt livré en abondance par de grandes entreprises en partie concentrées dans la Cie Alàis-Froges et Camargue qui garde le premier rang en importance comme en date, l’aluminium français a connu depuis lors une brillante destinée ; à bien des titres, malgré l’active concurrence suisse, norvégienne, allemande et américaine surtout, il reste par excellence le métal français, en même temps qu’une des plus précieuses commodités de la vie moderne. 5
- LES ALTÉRATIONS : \ ;
- ' DE L'ALUMINIUM
- Il a, certes, des qualités exceptionnelles. Outre ses avantageuses propriétés physiques, l’aluminium possède une indifférence aux effets chimiques assez prononcée pour que volontiers otfTncline-à lui attribuer résistance égale à celle des métaux précieux. A dire vrai, c’est lui faire un peu trop confiance.
- Sans doute, le préjugé de l’aluminium inattaquable s’est vulgarisé aussi bien par révélation de techniques industrielles récentes, qu’à la suite des banales observations de l’économie domestique. Pendant et depuis la guerre, on a métallisé les ailes d’avions au moyen de poudre d’aluminium enrobée dans des vernis ; cette poudre sert aussi à accentuer la luminosité des écrans cinématographiques ou à « caloriser » les pièces de fer exposées à de très hautes températures : le profane n’est-il pas excusé de supposer le métal léger inaltérable ?
- Pourtant, quand la queue d’une casserole d’aluminium se détache prématurément, la cuisinière a peut-être tort d’incriminer les malfaçons de l’ouvrier riveteur; et, si
- Appareil en alumin ium pour la distillation des essences. (Etabl. Odam.)
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- le fond d’un faitout noircit dès la première ébullition de légumes, ou bien encore, à la longue, s’entartre d’efflorescences blanchâtres, ce sont là des- indications très significatives et suffisantes pour ruiner, comme trop absolue, la croyance populaire en l’aluminium chimiquement imperturbable.
- En fait, le métal léger peut s’altérer même au simple contact de l’air ; c’est une vérité reconnue d’assez longue date par les spécialistes : en 1910, les services français de l’Armée, notant l’altération spontanée des objets d’aluminium en magasin, provoquèrent l’institution d’une Commission d’études au Ministère de la Guerre. De cette enquête officielle, des recherches de Ditte, de Moissan, de MM. Ilan-riot, H. Le Chatelier et Trillat, ainsi que des expériences du Dr Kohn-Abrest visant spécialement les récipients pour produits alimentaires, il résulte que l’aluminium en stocks ouvrés prend souvent, après un temps plus ou moins long, une texture quasi cellulaire et s’écaille en microscopiques plaquettes de forme polygonale jusqu’à perforation complète.
- L’hypothèse d’une véritable maladie du métal, qui s’est vérifiée pour les altérations spontanées de l’étain, n’est guère soutenable ici, des essais d’ensemencement sur milieu de culture n’ayant rien donné. Comme l’altération se manifeste surtout quand les impuretés cupriques abondent dans l’aluminium, on a pu supposer une migration moléculaire créant des alliages locaux et troublant ainsi l’homogénéité de l’ensemble. Ce qui est moins douteux encore, c’est que le degré hydrotimétrique de l’eau atmosphérique, autrement dit sa teneur en sels calciques et magnésiens carbonatés, influence directement la corrosion. Ajoutons qu’à notre avis il est possible que l’ozone, ce triple oxydant si facilement développé dans l’air par temps d’orage sous l’action des effluves électriques, joue là un rôle : car l’attaque de ce gaz sur l’aluminium est d’une remarquable vivacité.
- Dans la pratique industrielle, cette altération à l’air, lente et d’ailleurs évitable par le moyen des revêtements adhérents, a beaucoup moins d’importance que les attaques chimiques plus accentuées, tout d’abord celle des eaux de lavage ou de fabrication, si souvent chargées et dont l’épuration exige des installations assez coûteuses. Au total, l’effet des eaux trop riches en sels minéraux se ramène ici à la morsure plus ou moins violente que la plupart des alcalins infligent à l’aluminium. La corrosion la plus énergique provient naturellement des alcalis caus-
- tiques ; mais les carbonates et bicarbonates, en solutions aqueuses même très étendues, rongent assez rapidement le métal léger ; 1 attaque est beaucoup plus faible avec les chlorures, les sulfates et les nitrates. Seule l’eau distillée n’exerce aucune action sur l’aluminium ; mais encore faut-il qu’elle soit « désaérée » : car toujours la présence d’air active considérablement la corrosion, et il semble que cette aggravation soit due à l’acide carbonique. Pour chaque solution saline, il existe un certain degré de concentration, parfois élevé, mais souvent assez faible, auquel l’attaque de l’aluminium atteint le maximum d’intensité. Et, particularité plus singulière encore, l’ammoniaque aqueuse épargne le métal léger, tandis que les autres alcalins le respectent seulement quand ils sont à l’état anhydre : aussi l’aluminium a-t-il fort bien réussi dans l’équipement des nouvelles fabriques d’ammoniaque.
- D’ailleurs le tableau d’ensemble des réactions chimiques de l’aluminium métal, tableau dressé expérimentalement par nos savants et techniciens et contrôlé encore dans ces dernières années par des laboratoires allemands ou américains, révèle chez ce corps simple un tempérament à peine moins bizarre et capricieux que celui du sodium, son cousin germain. Que l’acide sulfurique, entre 5 et 50 pour 100 de concentration, n’en ronge qu’environ 1 mm d’épaisseur par mois, tandis que, plus concentré, il l’attaque violemment en subissant une forte réduction en anhydride sulfureux, rien là qui ne s’explique aisément pour le chimiste. De même l’attaque vigoureuse par l’acide chlorhydrique, parallèlement à celle qu’exercent les halogènes en donnant chlorure, bromure ou iodure d’aluminium ou bien encore l’action énergique de l’acide phospho-rique affirmée par certains expérimentateurs, discutée par d’autres, n’offrent rien de très surprenant.
- Mais pourquoi l’aluminium est-il indifférent au sulfure de carbone ou au soufre à température normale, et même à l’anhydride sulfureux ou à l’hydrogène sulfuré? Et pourquoi, même quand il est concentré, l’acide nitrique, cet irrésistible constituant de l’eau régale, n’attaque-t-il guère le métal léger qu’à des températures excédant 25°C ? Quant aux réactifs organiques, ils agissent aussi diversement à l’égard de l’aluminium : les acides acétique, butyrique et lactique semblent plus rongeurs à 1 pour 100 de concentration qu’au degré cristal-lisable (100 pour 100), tandis que l’acide propionique, comme aussi phénols et crésols, n’agit qu’au delà de
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- 99 pour 100, et encore faiblement. Acide formique, aniline, naphtaline sont très corrosifs, et l’acide oxalique est franchement dissolvant, surtout à haute température; mais l’anhydride acétique ou le formol sont inolfensifs.
- Toujours est-il que l’aluminium, après avoir triomphé dans l’outillage culinaire, où il l’emportait en légèreté et solidité sur les céramiques ou la fonte, en salubrité sur le cuivre, en bon marché sur le nickel, envahit de plus en plus les techniques industrielles de l’alimentation. Certes, au début, vers 1895, les désillusions furent fréquentes, car on prétendait soumettre à toutes besognes un métal souvent mal purifié ; aussi les casseroles se perforaient-elles plus vite que celles de fer-blanc, les
- aussi, obtient des alcools « bon goût » dans les alambics et serpentins en aluminium, de même qu’elle emmagasine ses produits et les expédie avantageusement dans des fûts en métal léger. La laiterie, enfin, s’accoutumera également à tirer bon parti de l’aluminium, sous les espèces d’appareils d’écrémage, d’emprésurage des fromages, et même sous forme de bidons, puisque l'acide lactique n’attaque le métal qu’à chaud et après plusieurs jours de contact : mais il faut évidemment réclamer quelques précautions des garçons laitiers ou des employés de chemins de fer à l’égard de ce matériel moins dur que le fer et plus coûteux, cette objection du prix d’achat étant d’ailleurs réfutée par un double avantage : la réduction
- Fig. 3. — Cuves en aluminium dans une cave de brasserie. (Établ. Odam.)
- poches ou fourchettes s’effritaient bientôt; dans les cuves en métal léger, la bière fermentait mal et prenait un goût indésirable; et par suite, jusqu’à la veille de la guerre mondiale, on soupçonnait l’aluminium de quelque maléfice à l’égard des aliments et boissons à lui confiés.
- Nées d’une utilisation trop hardie ou maladroite, ces préventions n’ont disparu qu’à l’heure où se généralisa l’emploi de l’aluminium dans les articles de tourisme ou d’équipement militaire. Maintenant la brasserie l’adopte volontiers et s’en trouve satisfaite, à condition de lui épargner le contact des alcalins énergiques ou les lentes évaporations d’eaux incrustantes, et de prévenir par le choix de tôles bien polies toute contamination, toute éclosion de germes perturbateurs. La distillerie, elle
- des frais de transport, qui se tarifient au poids, et la valeur marchande des bidons hors d’usage pour la refonte. Aussi bien la légende de l’aluminium toxique s’est-elle définitivement évaporée, depuis que les chimistes ont décelé des proportions appréciables d’alumine dans les cendres de la bière ou du vin normaux et de tissus végétaux parfaitement comestibles. N’était-ce pas un filon d’argile, un dérivé alumineux par conséquent, que dévorèrent jadis sans grand inconvénient des affamés sibériens, ce qui fit croire à de naïfs géologues qu’ils découvraient là un mammouth frigorifié?
- Cependant une difficulté assez sérieuse pouvait s’opposer à la généralisation de l’emploi du matériel en aluminium, et même dans l’économie domestique ou dans les
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- industries de l’alimentation : c’est que le façonnage manuel ou mécanique des récipients et appareils n’est pas sans développer fâcheusement l’aptitude du métal à la corrosion. L’aluminium laminé* montre souvent des taches ou dépôts en lignes parallèles, qu’on peut attribuer à des traces de fer laissées par la machine et créant un couple voltaïque, mais qui s’expliquent aussi bien par la formation d’un couple thermo-électrique en suite des modifications moléculaires qu’entraîne la compression. Emboutissage ou matriçage, et repoussage pareillement, laissent craindre sans doute les mêmes conséquences. Puisse manifeste une autre particularité, qui apparaît fort gênante pour tout appareillage industriel en métal léger : les tôles dures sont plus rapidement attaquées que les plaques douces ; si bien qu’il faut opter entre la solidité et l’inaltérabilité, entre la résistance physique et la résistance chimique, dilemme que l’ingénieur sera toujours tenté d’éviter en « prenant la tangente », c’est-à-dire en recourant à des matériaux plus complaisants.-
- LES EMPLOIS DE L'ALUMINIUM DANS L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- N’empêche que l’aluminium, dont l’indifférence aux agents chimiques s’améliore déjà par un recuit bien étudié, a trouvé dès maintenant des emplois très variés jusque dans les ateliers de la chimie industrielle proprement dite, et non pas seulement dans l’outillage des laboratoires, où il remplace avec élégance le cuivre, la tôle ou la fonte, si promptement hors d’usage à défaut d’entretien minutieux.
- Tout d’abord, pour l’emmagasinage, la manutention et le transport des liquides neutres, tels que les huiles, pétroles, essences, alcools, l’éther, l’acétone, la benzine et autres solvants carburés, le métal léger permet une économie d’efforts ou de frais qui a bientôt contrebalancé le coût assez élevé d’un tel matériel. Dans l’industrie textile, alors que l’oléine, si usuelle pour l’ensimage, tend à fuir à travers les douves des futailles pendant les mois d’été, ou bien encore se teinte de gris dans les tanks de plomb, de rouge brun dans ceux de fer, on la peut conserver sans perte ni coloration fâcheuse dans l’aluminium. Même pour les caissons de séchage, comme aussi pour le revêtement des tambours d’essoreuses centrifuges à vitesse modérée, le métal léger a donné toute satisfaction, pourvu qu’il ne fut pas trop impur, défaut dont les usines allemandes se plaignirent souvent à propos des fournitures hâtives du temps de guerre.
- Souvent aussi l’outillage de fabrication chimique s’accommode fort bien de la construction en aluminium. La chimie industrielle d’outre-Rhin fut encore des premières à s’engager hardiment dans cette voie : et, comme une expérience se prolongeant depuis une quinzaine d’années sur un champ très étendu et très varié promettait enfin des révélations plus décisives que les essais de laboratoire, le Bureau technique du Syndicat des métaux y organisa une enquête dont nous pourrons utiliser ici les données, en les contrôlant sur les conclusions fragmentaires de la pratique française, anglaise ou américaine.
- La branche organique des corps gras est tout particu-
- lièrement accueillante à ces ustensiles bien maniables, si plaisants au regard et d’une résistance suffisante. Conduits avec ménagement au double point de vue de la chauffe et des éventuelles réactions acides ou alcalines, les appareils distillatoires, vases collecteurs et récipients de manutention, enfin même les cristallisoirs ont donné satisfaction dans le traitement des huiles. En stéarinerie, les très faibles acides gras de la stéarine, de la cire, de la paraffine ont respecté le métal léger jusqu’au delà de dix années de service. Pour les bassines de coulage, soumises à une manipulation peu précautionneuse, le « magnalium », alliage alumineux bien connu, a manifesté une parfaite résistance mécanique et chimique qui lui vaudra de supplanter le matériel en métaux précieux. Mais dans la parfumerie actuelle, où les méthodes avantageuses de . synthèse font intervenir tant de bases organiques ou de réactifs chimiques, l’aluminium semble rester exposé à des attaques sournoises.
- Cette insécurité relative est également constatée, surtout pour l’aluminium tant soit peu chargé en impuretés siliceuses ou ferreuses, dans presque tous les autres compartiments de la chimie de synthèse organique. Déjà les cornues en aluminium pour traitement des huiles de goudron résistent mal aux vapeurs émises par le phénol bouillant : elles perdraient en une dizaine d’heures le quart de leur poids de métal, au dire de certains industriels ; et de même l’aluminium serait fortement corrodé dans la fabrication de l’acide phénique. Peut-être n’y a-t-il là cependant qu’un effet des impuretés du métal léger (teneur en sodium résiduaire, fer incrusté au laminage, etc.). Des recherches récentes du laboratoire ont démontré- qu’un aluminium pur résistait indéfiniment aux matières organiques phénolées. Aussi bien résiste-t-il au trichloréthylène, malgré l’élément halogéné et des traces d’acides ; tandis que dans la préparation de l’acide picrique des plaques d’aluminium employées au séchage furent promptement attaquées, sans doute sous l’effet conjugué des alcalins ou acides présents et de l’humidité. Au contraire, dans les convertisseurs-oxydeurs en tôle d’acier où s’opère par catalyse la transformation de l’acétaldéhyde en acide acétique, le revêtement intérieur et les serpentins refroidisseurs en aluminium sont irréprochables. Quant aux nitrocelluloses, comment auraient-elles pu ne pas. s’accommoder à merveille d’appareils et récipients en un tel métal, éliminant pratiquement le risque grave des étincelles et manifestant d’ailleurs une particulière résistance au réactif nitrique ?
- Car ce sont encore les agents chimiques minéraux qui menaçaient surtout de leur veto l’aluminium réclamant large accès dans l’outillage des usines chimiques. A leur égard, les privilèges du métal léger n’étaient plus sans contre-partie : dans cette grosse industrie, travaillant sur matériaux plus pesants ou sur plus fortes charges en volume, on eût d’emblée été tenté de recourir-aux alliages robustes, si ce n’était d’ailleurs multiplier le danger des attaques chimiques. Et en effet, dans divers essais, le « duralumin » s’est montré au moins aussi sensible que l’aluminium pur à la morsure des acides, et bien plus encore la « silumine ».
- Sans doute, la belle tenue de l’aluminium, 98-99 pour 100
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- à l’égard des gaz nitreux, de l’acide nitrique et des nitrates usuels, lui assure un large débouché dans l’industrie multiforme et primordiale de l’azote. On emploie avec un succès complet les réservoirs de garde ou de transport, les conduites, les soupapes et autres pièces ou appareils en aluminium dans les nouvelles fabriques d’ammoniaque synthétique, de même que les pots de nitration se font en métal léger et furent, ainsi construits, déjà utilisés par le Service des poudres pendant la guerre. Pour les opérations catalytiques, ce métal est bien moins perturbateur que le fer, et (sauf parfois aux soudures composites) il résiste fort bien, pourvu que la
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- chimie industrielle, la substitution d’un matériel léger, incassable, d’un prix admissible, au pesant outillage de plomb ou de fonte émaillée, au fragile matériel de verre, de porcelaine ou de grès, aux coûteux accessoires en métaux rares. Ya-t-il falloir y renoncer pour les réserves plus haut énumérées ?
- LES REVÊTEMENTS PROTECTEURS DE U ALUMINIUM
- C’est en définitive l’industrie chimique, première intéressée, qui a résolu au mieux, par ses propres moyens,
- Fig. 4. — Un gigantesque appareil industriel en aluminium. (Etabl. Odam.)
- concentration en azote soit assez forte et qu’il n’y ait pas d’acide chlorhydrique présent.
- Mais celui-ci, même froid, est funeste au métal léger; de même les autres halogènes, l’acide sulfurique concentré (tel qu’on l’emploie par exemple pour les superphosphates), le sulfate d’alumine lui-même, la soude au-dessus de 10 pour 100 de concentration, l’acide phosphorique, ou bien encore le mercure et ses sels, qui dissolvent l’aluminium par amalgamation. Toutefois, dans le nitrate de potasse, l’élément nitré neutralise tout à fait l’alcalin par rapport au métal léger, et le sulfure d’ammonium respecte également celui-ci.
- Il serait pourtant bien tentant de généraliser, dans la
- le problème assez délicat d’une protection supplémentaire pour l’aluminium.
- Autant la solution métallurgique, c’est-à-dire le recours aux alliages, se recommandait pour améliorer les propriétés mécaniques de l’aluminium, autant elle se défendait mal quand il s’agissait de lui conférer une meilleure résistance chimique. Moins le métal léger est pur, plus il risque d’être attaqué en raison soit des réactions chimiques propres aux autres constituants (fer, cuivre, magnésium, silice, etc.), soit de la constitution fortuite de polarités électrolytiques. La galvanoplastie au nickel, praticable de préférence sur 1 mm de cuivre, pour éviter îa couche trop épaisse et peu solide qu’exigerait ce dépôt
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- assez poreux, semble constituer un préservatif efficace, mais entraîne une dépense excessive pour l’outillage industriel. Quant à la métallisation parle procédé Schoop, qui pulvérise au « pistolet » un fil de métal fondu, elle soulève la même objection que l’emploi des alliages, sauf avec le plomb qui n’est pas sans avantages exceptionnels pour assurer parfaite résistance à l’acide sulfurique : mais que devient alors la commodité de manutention d’un métal léger ainsi plombé ?
- Un revêtement non métallique apparaît donc plus souhaitable. Comme on tient pour protectrice la très légère couche d’alumine qui recouvre normalement le métal exposé à l’air, on imagina d’en accroître l’adhérence par l’application d’acides gras formant des sels organiques alumineux. Puis on compliqua la méthode en carbonisant sur le métal une huile ou une graisse, si bien qu’au sel organo-alumineux ainsi produit s’incorporent des particules charbonneuses accroissant l’épaisseur, sinon l’inertie, du revêtement. Enfin, par un détour plus ingénieux, on peut faire bouillir dans le récipient une faible lessive alcaline, qui oxyde toutes les impuretés ferreuses et donne une couche bien adhérente d’oxyde ferroso-fer-rique. Récemment encore, dans une communication à la Bristish Association, MM. Bengough et Sutton proposaient, pour préserver l’aluminium des corrosions par épaississement de la couche d’hydroxyde alumineux le revêtant, de plonger le métal comme anode dans un bain électrolytique de phosphate acide de soude ou d’acide chromique. Mais ces divers procédés d’attaque chimique limitée, qui ont donné des produits intéressants pour les emplois du métal léger en électricité, ne suffisent guère qu’à lui assurer une super-protection contre les effets des agents atmosphériques.
- La « bonne céruse », dont les badigeonneurs d’antan parlaient comme d’une friandise, ou même les blancs de zinc, lithopone et oxydes de titane qui la remplacent fort heureusement pour l’hygiène professionnelle, ne pouvaient aussi viser qu’à ce but limité, et de même les vernis ordinaires à la gomme laque ou au copal. Aussi est-ce plutôt sur les vernis et laques récemment lancés par la chimie dans la pratique et résistant même à l’eau de mer et à la plupart des solutions acides ou alcalines que s’est enfin portée l’attention des techniciens, soucieux d’assurer l’aluminium contre toute atteinte, même légère.
- Toutefois le succès des laques naturelles indo-chinoises dans la construction aéronautique pendant la guerre suggérait l’idée d’appliquer au métal léger ces enduits d’une résistance physique et chimique vraiment remarquable. Ce latex de Rhus succedanea, qui se récolte en maintes régions d’Extrême-Orient, et surtout au Tonkin, donne en effet, après séchage en atmosphère humide et assez fortement chauffée, un revêtement très adhérent, dur et élastique à la fois, résistant à l’égard des acides et des alcalins faibles. L’outillage chimique en aluminium se prête bien à ce genre de laquage. Mais deux objections subsistent pourtant : si abondant soit-il, le latex de l’arbre à laque reste assez coûteux, et le deviendrait d’autant plus que son emploi se généraliserait dans l’industrie; d’autre part, à manipuler cette gomme exotique, les ouvriers sont souvent atteints d’une assez grave der-
- mite avec bouffissure des téguments, qui est aussi pénible que disgracieuse.
- Il importait donc, et en particulier pour la protection de l’aluminium, qu’on trouvât à cette laque naturelle un substitut tel que des usines chimiques fussent en mesure de le produire par quantités massives et à des conditions avantageuses. La jeune et infatigable chimie de synthèse, qui se plaît à résoudre les problèmes techniques avant même qu’ils ne se posent, avait sur ce point encore devancé le desideratum de l’industrie contemporaine en inventant cette formolisation des phénols, qui a donné, dans l’ordre des matières plastiques, l’intéressante « bakélite ». A partir de ces intermédiaires de synthèse, substances à fonction phénolique et substances à fonction aldéhydique, dont nos grands centres de chimie organique appliquée ont enfin développé la production quand la défense nationale réclama du pays ce que lui fournissait naguère l’usine allemande, on prépare maintenant des résines synthétiques, offrant des avantages au moins équivalents à ceux des laques orientales, et en éliminant les inconvénients.
- Très nombreux sont les phénols se prêtant à la polymérisation, depuis le phénol ordinaire, ses sels, ses éthers ou l’acide phénosulfonique, jusqu’aux diphénols et à leurs dérivés (résorcine, hydroquinone, etc.), aux triphénols tirés des tanins, ou aux crésols et naphtols. De même, si la formaldéhyde est surtout usuelle, dans cette synthèse des résines, on y peut aussi mettre en œuvre ses dérivés comme l’hexaméthylène tétramine, ou d’autres aldéhydes, furfurol, aldéhyde éthylique, acroléine, aldéhyde benzoïque ; enfin l’opération peut varier non seulement par les proportions des éléments mis en présence, mais aussi par la durée ou la température de réaction, et par l’intervention ou non d’un catalyseur qui peut être acide ou basique. Ainsi s’explique la multiplicité des procédés brevetés, en France aussi bien qu’à l’étranger, depuis une quinzaine d’années, relativement aux résines synthétiques. Tous ces facteurs variables semblent d’ailleurs conditionner la valeur du produit final : et, si les plus anciens, brevets, les plus tapageurs lancements, furent américains ou germaniques, la production française dans ce domaine de la synthèse chimique s’est bientôt révélée nettement supérieure à ses devancières. Elle est apparue tout à fait satisfaisante en particulier pour ce qui concerne la protection de l’aluminium employé soit dans l’appareillage électrique, soit dans le matériel d’industrie chimique.
- Un des types les plus largement expérimentés de ces laques de synthèse, 1’ « isolémail », s’applique aussi bien à l’aluminium qu’à la fonte, au fer, au bois ou au carton même. La qualité d’isolémail qu’on utilise avec les métaux est une solution de gomme synthétique dans l’alcool methylique, et elle se caractérise par une fluidité très marquée. Sur le métal soigneusement décapé, puis dégraissé, au moyen d’un chiffon saturé de benzol ou de solvant naphta, on obtient une couche mince par application au pinceau à poils doux et par trempage : la seule précaution nécessaire est d’opérer dans un local tempéré et exempt d’humidité. Après quelques heures de séchage à l’air, on étuve pendant deux heures à la température
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- de 50 à 60° C, pour achever d’éliminer le solvant sans qu’il forme des huiles par surchauffe ; enfin la température de l’étuve est portée à 120-140° pendant six à huit heures. Si l’on désire un revêtement d’un poli supérieur ou d’une résistance très marquée à l’égard des agents chimiques, on peut renouveler l’opération, mais en évitant toute macule graisseuse qui nuirait à l’adhérence mutuelle des enduits.
- La perfection de l’étuvage se reconnaît à la teinte acajou de la laque dure et transparente ainsi obtenue. Cette
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- quand besoin est, l’émaillage d’un appareil sans long arrêt ni coûteuse expédition. Elles donnent sur métal, et spécialement sur l’aluminium, un revêtement aussi élastique qu’adhérent, poli comme un véritable émail, mais résistant aux choses et aux frottements, infusible jusqu’à 350°C, isolant à l’égard de l’électricité, résistant enfin parfaitement aux' agents atmosphériques, à l’eau de mer, aux acides même concentrés et aux alcalins jusqu’à des concentrations dépassant nettement 10 pour 100.
- Voilà comment, grâce à ses inépuisables ressources
- Fig. 5.
- Émaillage de T aluminium au moyen de laques synthétiques.
- Nous devons cette photo à M. Filhol, administrateur-délégué de la Société des Laques et Isolants, à Lyon.
- nuance est d’autant plus foncée que la cuisson s’effectue à plus haute température ou se prolonge davantage. Il existe d’ailleurs toute une gamme colorée d’isolémail, allant du crème clair au plus beau noir, et dont la teinte peut aussi se diversifier selon le degré de cuisson. Un lcilog. de ces produits phénoliques, soit un litre environ, couvre à peu près 6 m3 par couche. Ces laques sont d’usage fort pratique pour les ateliers industriels, qui par leurs propres moyens (quelle usine moderne ne dispose pas d’une étuve ?) peuvent renouveler ou retoucher,
- dans l’ordre de la synthèse organique, la chimie industrielle a su balayer toute objection à l’emploi de l’aluminium dans la plupart de ses ateliers. Ainsi revêtu, le métal léger ne connaît plus de rival dans l’outillage chimique au double point de vue économie relative et facilité de manutention. Sous cet émaillage hygiénique, voire coquet, le précieux centenaire restera longtemps jeune parmi les plus inquiétantes fréquentations.
- Am. Matagrin.
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- 248 = LES TRANSMISSIONS RADIOÉLECTRIQUES
- PAR ONDES COURTES DIRIGÉES
- LE SYSTÈME FRANÇAIS SAINTE-ASSISE-VILLECRESNES
- GÉNÉRALITÉS
- Nous avons décrit, dans un récent numéro de La Nature le J3eam-System Marconi qui permet actuellement
- d’assurer des communications bilatérales régulières sur ondes courtes, et avec une puissance de l’ordre de 20 kilowatts seulement, entre l’Angleterre et le Canada, et entre l’Angleterre et l’Australie, d’autre part.
- Tout en faisant remarquer les particularités extrêmement intéressantes de ce dispositif, nous avons noté aussi la complexité assez grande des émetteurs et collecteurs d’ondes dirigées, ainsi que des appareils émetteurs et récepteurs eux-mêmes.
- Les essais de réalisation de radio-communications régulières exécutés déjà en France depuis 1923 environ ont permis d’établir actuellement un service industriel bilatéral France-Amérique du Sud.
- Les installations radiotélégraphiques utilisées actuellement n’ont pas l’étendue et l’importance des stations anglaises, et, d’ailleurs, les conditions du trafic éventuel de ces stations sont tout à fait différentes; mais le système français semble présenter l’avantage très grand de la simplicité, et partant, d’une grande économie d’établissement et d’entretien. Malgré la faible puissance employée (6 kw antenne) et la très grande distance qui sépare les correspondants (10 500 km), les premiers résultats obtenus sont fort encourageants et peuvent être comparés à ceux du B eam-System Marconi.
- La vitesse moyenne de transmission en France est actuellement de 15 mots taxés par minute, ce qui corres-
- Fig. 2. — Caractéristique de l’action à distance obtenue en 192k arec un système de 15 antennes.
- pond à une vitesse technique d’environ 40 mots de 5 lettres, par suite du nombre variable de lettres dans chaque mot, des mots de préambule et de service (non taxés) et des répétitions obligatoires de certains textes.
- Or, nous avons indiqué que la vitesse technique de transmission dans le B eam-System Angleterre-Canada était d’une centaine de mots de cinq lettres par minute.
- Ce dernier résultat est certes remarquable, mais il faut tenir compte de la différence des distances (4000 km seulement entre Londres et Montréal), de la différence des latitudes, de la différence des puissances mises en jeu et de l’importance inégale des stations.
- Dans le système anglais, on a réalisé d’excellents postes soigneusement construits, à l’aide d’une technique très moderne, mais un peu complexe, et d’un prix de revient assez élevé. Ces postes semblent donner, jusqu’à présent, de très bons résultats réguliers de communications à grande vitesse, mais ils sont disposés pour correspondre avec un seul poste bien déterminé et sur une ou deux longueurs d’onde également fixées une fois pour toutes.
- Les postes français actuels de puissance inférieure et peut-être de vitesse un peu moindre sont, répétons-le, beaucoup plus simples, ainsi que nous allons l’indiquer; de plus, ils peuvent changer facilement de correspondant et de longueur d’onde de travail suivant les besoins du service, avantage indispensable pour assurer un service régulier dans les conditions de la propagation des ondes courtes dans les régions envisagées, et suivant les particularités du trafic des radiogrammes français.
- LES ÉMETTEURS ET COLLECTEURS D'ONDES EMPLOYÉS EN FRANCE
- C’est vers 1923, avons-nous indiqué, que commencèrent en France des essais de radiocommunications commerciales par ondes courtes dirigées à grande distance; ces essais étaient entrepris par M. Chireix, ingénieur de la Société Française Radioélectrique (*), dont nous avons déjà indiqué le nom dans notre dernier article.
- Depuis cette date jusqu’en 1926, année de la mise en service de la station actuelle de Sainte-Assise, plusieurs systèmes d’émetteurs et de collecteurs d’ondes ont été essayés ; parmi les procédés modernes, en dehors du Beam-System Marconi déjà décrit, on peut, en effet, utiliser des dispositifs assez divers, mais de principes analogues sur lesquels nous allons donner quelques indications.
- 1. Précisons bien qu’il s’agit ici uniquement de radiocommunications commerciales, et non d’essais scientifiques de techniciens ou d’amateurs sur lesquels nous reviendrons,
- Fig. 1. — Réseau d’antennes verticales identiques en trois rangées ABC. Vues en projection horizontale.
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- Fig. 3. — Les antennes du poste d'essai à ondes courtes de Sainte-Assise. Elles forment un ensemble d’une extrême simplicité.
- En 1923 et 1924, M. Chireix utilisa des rangées d’antennes verticales identiques situées à une distance égale d l’une de l’autre, et les rangées elles-mêmes étant séparées par une distance égale d'; ces antennes sont alimentées de telle sorte qu’il existe entre les courants à haute fréquence qui les parcourent une différence de phase constante (fig. 1).
- On reconnaît là l’idée initiale des réseaux hertziens due à M. Blondel et aussi on peut trouver quelque analogie avec le Beatn-System, bien que, dans ce dernier dispositif, une partie du réseau soit seulement réflecteur et non émetteur direct.
- Avec des puissances dans l’antenne de 10 à 20 kw et des longueurs d’onde de 70 à 40 m, des essais furent effectués en 1924, en particulier avec un système de 15 antennes verticales. Les résultats obtenus furent très bons, et la caractéristique de l’action à distance montre bien les qualités de directivité du procédé (fig. 2). Une liaison régulière avec Buenos-Àyres fut meme obtenue à ce moment.
- Nous avons déjà expliqué, d’autre part, le principe
- Fig. k. — Antennes verticales montées" en grecques.
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- B I I I
- initial de l’antenne Blondel proposée dès] 1898. Celte antenne se composait de deux antennes verticales placées à une distance l’une de l’autre égale à une demi-longueur d’onde, la longueur des antennes elles-mêmes étant égale à un quart de longueur d’onde. Ce système envoyait des ondes dans une direction privilégiée perpendiculaire au plan des antennes et la caractéristique de l’action à distance pouvait être représentée par une courbe double (Voir n° 2760).
- Ce système un peu modifié et appliqué aux ondes courtes entretenues que l’on peut produire actuellement cl’une façon régulière à l’aide d’cmetteurs à lampes devait donner de très bons résultats.
- L’aérien employé à Sainte-Assise comprend deux brins horizontaux disposés en prolongement l’un de l’autre et munis à leurs'extrémités de descentes verticales. L’alimentation du système s’effectue par son
- Fig. 5. — Antenne en dents de scie suspendue à deux câbles MN et OP, par des isolateurs.
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- Traverser en câble acier galvanisé
- Tendeur
- Poteau en bois support ! les fils daliment"
- Fig. G. — L’antenne en dents de scie modifiée du poste émetteur de Sainte-Assise pour émission sur 15 m. de longueur d’onde.
- milieu à l’aide de deux fils jumelés connectés en deux points du circuit oscillant, présentant à chaque instant des potentiels en opposition de phase par rapport au sol, et alaoutissant respectivement aux extrémités voisines des parties horizontales.
- Cette antenne, dont les brins horizontaux possèdent une longueur égale à une demi-longueur d’onde, et sont tendus à 20 m. de hauteur, est réalisée facilement sur de simples poteaux (fig. 3).
- On pourrait également utiliser, comme l’a signalé M. Mesny, des antennes multiples verticales montées en grecques, le même fil constituant un ou deux rideaux A et B (fig. 4). Les parties verticales et horizontales doivent avoir la longueur convenable pour que tous les courants verticaux de A soient en phase, de même que ceux de B, et que chacun des groupes soit en opposition avec l’autre; l’excitation du système se fait par exemple par la partie C D pour deux rideaux ou au
- milieu du rideau lorsqu’il n’y en a qu’un.
- Enfin une antenne dite en dents de scie donne également des clfets très nets de directivité. Celte antenne est constituée à Sainte-Assise par un fil coudé d’une longueur totale égale à G longueurs d’onde et affectant l’aspect de dents de scie dont les crêtes sont parallèles- au sol. La largeur de chaque partie rectiligne est égale à une demi-longueur d’onde et le plan de l’ensemble est incliné de 45° par rapport au sol. Le système est connecté en son milieu à un point du circuit oscillant (fig. 5).
- On peut remarquer que théoriquement le résultat du dimen-
- + HT
- Fig. 7. — Schéma de principe du circuit émetteur employé à Sainte-Assise pour la transmission des ondes courtes.
- sionnement est de réaliser très simplement l’alimentation en phase de deux parties rectilignes parallèles consécutives de l’antenne. On peut ainsi considérer que l’ensemble se comporte comme deux rideaux d’antennes alimentées en phase; le premier étant constitué parles parties rectilignes paires, le deuxième par les parties impaires. Les rayonnements individuels de ces rideaux d’antennes sont polarisés obliquement et leur résultante polarisée verticalement présente un maximum dans la direction perpendiculaire au plan du système.
- L’ensemble est d’ailleurs très facile à réaliser comme le montre la photographie de la figure 3 et son principe est analogue à celui des antennes en grecques indiquées précédemment.
- En fait, le trafic Paris-Buenos-Ayrcs est aujourd’hui assuré sur deuxlongueurs d’onde, 14,50 m. et 25 m. ; pour la longueur d’onde 'de 25 m. une antenne Blondel estemployée et l’antenne en dents de scie est réservée à l’émission sur 15 m.
- Depuis 1927, cette
- Fig. 8. — Modèle de lampe émeltricc de 20 li/oivaits à ref raidissement par circulation d'eau.
- J
- Fig." 0. — Principe des montages employés oour émettre sur deux gammes de longueurs d onde différentes, j
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- Chauffage \ r
- Montage C pour SSgamme suprt de
- Longueurs
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- Chauffage
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- I ig. 10. — Un oscillateur d'émission.
- On voit au centre le bobinage triple d'entretien et d'accord
- à droite : la lampe avec son circuit de circulation d’eau.
- antenne a d’ailleurs été modifiée suivant le schéma de la figure 6 avec contrepoids inférieur également en dents de scie.
- LE POSTÉ ÉMETTEUR DE SAINTE-ASSISE
- Le poste émetteur actuel de Sainte-Assise est également fort simple et son entretien est extrêmement économique, sa puissance antenne n’est d’ailleurs que de 6 kw, mais elle peut être portée à 9 ou même à 15 kvv. Sa construction lui assure un fonctionnement très régulier sur des longueurs d’onde comprises entre 15 et 50 rn. et le changement de cette longueur d’onde de trafic est très rapide.
- Le s)rstème du poste d’émission est à aulo-généralion
- Fig. 11. — Couplage de deux oscillateurs régies sur la même longueur d'onde pour rémission à grande puissance.
- Chaulfage filament
- des oscillations avec régulateur de fréquence adjoint à l’oscillateur et permettant de maintenir constante la fréquence du poste à moins de 1/100.000 près.
- Le circuit générateur d’oscillations comporte des dispositions spéciales ayant pour but de réduire au minimum les capacités que présentent les différents organes, soit entre eux, soit par rapport au sol, et de permettre Luti-lisation de l’ensemble dans les meilleures conditions de rendement.
- Le système oscillant est composé de deux parties comprenant chacune :
- 1° Une lampe triode d’émission à anode refroidie par circulation d’eau (fig. 7 et 8).
- 2° Un ensemble de trois inductances enroulées sur les mêmes supports, comme une vis à trois filets. L’un de ces bobinages L constitue avec la capacité grille-plaque de la triode le circuit d’entretien proprement dit.
- Il est connecté d’une part directement à la grille, et, d’autre part, à l’anode de la lampe à travers la capacité de blocage b et le condensateur shunté g abaissant le potentiel moyen de grille. La prise de masse ni détermine le potentiel de ce bobinage par rapport au sol.
- Fig. 12. — P/incipc du régulateur de fréquence duposte émetteur.
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- 252
- Détection
- Amplification haute fréquence
- Amplification basse fréquence
- Collecteur d'ondes accordé
- Fig. 13. — Schéma d'un poste récepteur à amplification directe.
- Les deux autres inductances Z, Z ont pour but de permettre l’alimentation du filament de la lampe. Leur couplage très serré avec le bobinage d’entretien permet, au moyen de la pince double f, de régler la tension haute fréquence entre grille et filament à la valeur nécessaire pour l’entretien des oscillations.
- Le réglage de la longueur d’onde s’obtient en déplaçant simultanément sur les bobinages les prises de grille et de blâment.
- 3° Une capacité G et une inductance S qui sont utilisées individuellement pour fournir deux nouvelles gammes de longueurs d’onde.
- 4° Un circuit d’absorption comprenant un condensateur d’accord et un bobinage à fer F, alimenté par un transformateur haute fréquence. Ce bobinage est destiné, ainsi que nous l’indiquerons plus loin, à la régulation de la fréquence.
- L’excitation de l’antenne s’effectue en la connectant en dérivation sur l'inductance d’entretien. Les deux parties du circuit oscillant peuvent être réglées sur une longueur d’onde distincte et permettre l’émission sur l’une ou l’autre des deux longueurs d’onde choisies (lig. 9 et 10).
- 11 est, d’ailleursr, à remarquer que les bobinages auxiliaires d’accord sont formés de fil divisé enroulé sur des supports de faible volume, alin de réduire les pertes au minimum.
- L’émission à grande puissance, peut, d’autre part, être obtenue en utilisant simultanément les deux parties du poste émetteur réglées sur la même longueur d’onde et en les couplant entre elles par réaction du circuit d’antenne, et éventuellement par les capacités à air du circuit d’entretien (Jîg. 11).
- Nous avons fait déjà remarquer combien il était essentiel, dans un poste transmettant des oscillations de fréquence aussi élevée et à l’aide d’un système aussi étroi-tementaccordé, d’obtenir une fréquence absolument stable.
- Dans le Beam-System, on emploie, avons-nous indiqué, le système du master oscillator qui consiste à disposer
- Fig 15. — Schéma du poste récepteur à double changement de fréquence.
- Collecteur d'ondes accordé Amplification Détection et Amplification sur ondes longues changement Ier Testa moyenne fréquence 2? Tesla détection ; t de fréquence de et détection de auditnou enregistr. liaison. liaison
- lG.r Hétérodyne 2e Hétérodyne
- d’un système oscillant de faible puissance et à amplifier les ondes émises avant de les transmettre à l’antenne.
- La Société Française Radioélectrique a adopté un dispositif beaucoup plus simple. Le régulateur de fréquence comprend un émetteur auxiliaire étalon xà dont les oscillations interfèrent avec celles de l’oscillateur principal et produisent des battements de fréquence acoustique qui sont convenablement amplifiés au moyen de l’ensemble détecteur amplificateur B (lig. 12 et 7).
- Cqs battements développent par résonance dans un circuit sélectif G un courant d’autant plus élevé que la fréquence des battements est plus voisine de la fréquence propre de ce circuit.
- Ce courant est de nouveau détecté () de façon à fournir du courant continu qui, en saturant le bobinage à fer F, modifie sa valeur et, par suite, les caractéristiques de l’émetteur principal.
- Le fonctionnement du système est alors facile à comprendre. Si, pour une raison quelconque, la fréquence du poste tend, par exemple, à augmenter, la fréquence des battements tend elle-même à varier. Il en résulte une modification du courant traversant le circuit sélectif et, par suite, du courant continu de saturation du bobinage
- Fig. 44. — Principe d'un dispositif de superréaction à 2 lampes par variation de la résistance positive.
- à fer; ce dernier agit sur l’émetteur principal de façon à abaisser la fréquence propre de son circuit d’entretien. Enfin, la manipulation s’opère très simplement au moyen d’un relais, genre Baudot, qui modifie la fréquence
- de l’émetteur auxiliaire de quelques milliers de périodes en agissant sur la capacité de son circuit d’entretien.
- Comme à l’habitude, la manipulation n’est d’ailleurs pas commandée du poste de Sainte-Assise, mais*'de la station radiotélégraphique centrale de Paris Radio-France reliée par lignes à Sainte-Assise.
- Remarquons, d’ailleurs, que les appareils de régulation de fréquence sont groupés sur un même châssis disposé dans une petite salle distincte de la salle de l’oscillateur. Le régulateur est alimenté par une source à courant continu de 160 volts fournissant la tension-plaque des triodes et deux sources à 4 volts et 6 volts assurent le chauffage du filament.
- LA STATION RÉCEPTRICE DE YILLECRESNES
- La réception des signaux sur ondes courtes transmis par les postes de Buenos-Ayres, de Rio-de-Janeiro, etc., se fait à la station réceptrice française de Villecresnes également située près de Melun.
- Cette station est munie d’antennes de réception ana-
- 1. Cette deuxième détection est obtenue à l’aide d’une valve dont la plaque est portée à une tension continue positive par rapport au filament qui est alimenté lui-même par le courant traversant le circuit sélectif. Le courant anodique variant ainsi rapidement avec le chauffage du filament augmente la sélectivité de l’ensemble.
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- logues aux antennes d’émission et le système de réception proprement dit est fort simple. ‘
- On sait qu’un poste de réception ordinaire pour la réception des émissions de radiodiffusion, par exemple pour la gamme 250-3000 m., comprend généralement trois parties distinctes : les étages d’amplilication haute fréquence qui amplifient les oscillations reçues par le collecteur d’ondes, la lampe détectrice qui redresse ces oscillations de manière à rendre les signaux audibles et enfinles étages à basse fréquence qui amplifient les courants audibles venant du détecteur (fig. 13).
- Il est impossible d’employer ce procédé pour la réception des signaux sur la gamme 14,50 m. parce qu’il est impossible, dans l’état actuel de la radioélectricité, de réaliser des étages d’amplification haute fréquence qui amplifient efficacement des oscillations de fréquence aussi élevées.
- On pourrait utiliser un appareil superrégénérateur, dont le principe est bien connu de nos lecteurs sans filistes (fig. 14), et qui, employant au maximum l’effet d’amplilication due à la rétroaction, permet la réception des ondes les plus courtes avec une amplification justement d’autant plus considérable que la fréquence est plus grande.
- Nous avons indiqué, d’autre part, dans notre dernier article, que le système récepteur du « Beam-System » Marconi était basé sur le principe du double changement de fréquence (fig. 15).
- On transforme les oscillations de très haute fréquence reçues par le collecteur d’ondes, en battements de fréquence plus basse, à l’aide d’une première hétérodyne et l’on traite les oscillations ainsi obtenues et recueillies dans un Tesla de liaison comme des oscillations hertziennes de longueur d’onde moyenne, que l’on peut amplifier facilement en haute fréquence; on répète une deuxième fois le changement de fréquence et l’on obtient finalement des battements de grande longueur d’onde très faciles à amplifier et à détacher.
- Ce système donnera, nous l’avons indiqué, de bons résultats, mais il est fort complexe. L’expérience a, d’ailleurs, montré à Yillecresnes que ces moyens étaient inutiles en pratique dans les cas considérés. Le poste récepteur se compose donc simplement, en principe, d’une lampedétec-trice à réaction suivie d’étages d’amplification basse fréquence sans amplification haute fréquence directe ou indirecte.
- Beam System, ce qui permet de régler l’émission avec une efficacité suffisante sur une petite gamme d’ondes de part et d’autre de l’onde nominale du collecteur d’ondes.
- Enfin, l’effet directif, tout en étant suffisant, est beaucoup moins accentué que dans le Beam-System, Le correspondant situé dans une direction perpendiculaire au plan de l’aérien est faA'orisé par une concentration partielle de [l’énergie, mais la propagation s’effectue aussi
- CONCLUSION
- Fig. 10 — L’oscillateur à ondes courtes réglé sur la gamme la plus élevée de longueurs d’onde (40 m. environ).
- La description sommaire que nous venons de donner du système français de transmission par ondes courtes dirigées montre bien ses deux caractéristiques essentielles : simplicité et souplesse.
- Nous avons remarqué, en effet, que le poste émetteur était disposé pour émettre facilement sur une gamine de longueurs d’onde assez diverses, et, d’autre part, bien qu’il existe des relations exactes^entre les dimensions des antennes et la longueur d’onde employée, ces relations ne sont pas absolument strictes comme dans le
- dans les autres azimuts, et l’énergie rayonnée dans ces directions est encore suffisante pour assurer des liaisons éventuelles avec d’autres correspondants moins éloignés ou à trafic plus restreint.
- Les dispositifs français que nous venons de décrire ne sont, d’ailleurs, pas définitifs, et nous aurons sans doute prochainement à indiquer à nos lecteurs les nouveaux et intéressants perfectionnements qu’ils auront reçus.
- P. HÉMAllDIÎiQTJEK.
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- LA SÉLECTION SCIENTIFIQUE DU BLÉ
- Grâce à sa rusticité et aux qualités nutritives de ses grains', le froment constitue, depuis les âges préhistoriques, la céréale alimentaire idéale des pays tempérés. Selon les légendes mythologiques, la déesse Cérès ou le dieu Osiris aurait enseigné sa culture aux hommes primitifs. Toutefois les auteurs ne s’accordent pas sur la patrie d’origine de la Graminée (Triticum dicoccum) d’où proviennent les variétés du blé actuel. Son berceau est-il situé dans la Mésopotamie comme l’avance le plus ancien de tous les historiens, Bérose, prêtre de Chaldée, dont Hérodote nous a conservé quelques fragments? Se trouve-t-il en Palestine près du lac de Tibériade et sur les pentes de l’Hermon, endroits où le botaniste Aaron-sohn a retrouvé de nos jours, croissant à l’état sauvage, un des ancêtres de nos épis dorés ? Mystère ! Quel qu’ait
- dans les régions froides de la Norvège. Si bien qu’un spécialiste autorisé, M. A. Meunissier, a pu écrire « il n’est pas un mois dans l’année où l’on ne fasse la moisson du blé en un point quelconque du globe! » Toutefois les résultats obtenus sont surtout favorables dans l’Europe moyenne et dans l’Amérique du Nord.
- En particulier, le climat de la France convient très bien à cette céréale et sa culture y occupe maintenant 12 pour 100 de l’étendue totale de notre territoire et 17 pour 100 de la superficie des terres labourables. Cependant le rendement moyen atteint seulement une quinzaine de quintaux à l’hectare sur la terre française, car les emblavures y sont de valeurs très diverses. Ainsi, d’après une enquête faite parM. II. Devaux en 1917, les fertiles plaines du nord donnent juscpi’à 40 cpiintaux à
- * Fi°\ 1. — La région d'origine du blé ?
- Un lac-cratère, au pied de l Hèrnion, en Palestine, où le botaniste Aaronsohn a trouvé en 190(5, croissant à l’état sauvage,
- le Triticum dicoccum, un des ancêtres du blé actuel.
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- été, d’ailleurs, son indigénat initial, les Ksy ptiens et les Hébreux, les Chinois aussi bien que les Grecs ou les peuplades lacustres de la Suisse, cultivèrent le blé dès l’antiquité la plus reculée. Alors « du sillon où un sagace initiateur confia quelques grains à la terre sortirent avec le temps d’inépuisables moissons de,progrès », comme l’écrit dans sa Conquête du monde végétal le philosophe Louis Bourdeau.
- Mais que de chemin parcouru depuis cette lointaine époque! Que de pénibles tâtonnements, que de savantes et longues expériences n’exigea pas la création de ces innombrables variétés particulièrement adaptées aux conditions climatériques des pays et à la nature des sols si divers où l’on récolte aujourd’hui la précieuse céréale. L’aire de dispersion du blé est effectivement plus grande que celle de n’importe quelle plante cultivée. On en sème actuellement sous les tropiques et près du pôle, aux Indes ou en Argentine, en Algérie comme au Canada et jusque
- l’hectare tandis que, dans certaines régions peu productives du sud-ouest et du midi, des champs de même étendue en fournissent 4 fois moins. Au Danemark, par contre, le rendement à l’hectare atteint 29 quintaux et en Belgique il s’élève encoi’e à 24 quintaux, car dans ces pays on réserve les meilleures terres au blé.
- La France, grande consommatrice de pain, a donc tout intérêt à perfectionner ses procédés culturaux afin de produire elle-même les quantités de céréales nécessaires à la nourriture de sa population sans avoir besoin d’en importer de l’étranger. Or, pour accroître le rendement d’une plante cultivée, il faut la placer dans une ambiance favorable à son développement et en amélioi'er les types par de judicieuses sélections.
- On bonifie les terrains par l’emploi rationnel d’engrais et de fumier, ainsi que par la mise en œuvre de certaines façons culturales. Demtschinsky, par exemple, a indiqué la voie à suivre pour provoquer un tallage abondant du
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- blé, autrement dit une augmentation des racines qui facilite une meilleure assimilation par le végétal des matières nutritives contenues dans le sol. Malheureusement cette méthode provoque une inégalité de maturation des tiges, défaut auquel on remédie en accélérant le tallage, grâce au buttage et au repiquage des pieds.
- De son côté, le Dr Rey préconise les sarclages et les binages répétés dont l’action lui semble plus sûre que celle des engrais, car selon le vieil adage agronomique « biner c’est arroser sans eau et fumer sans fumier ».
- Le professeur H. Devaux recommande le semis très précoce (fin août, commencement de septembre) en lignes espacées deux à deux de 20 cm et séparées par bandes de 50 cm afin de pouvoir faire passer successivement la houe à cheval, des rouleaux spéciaux suivis de sarclages et de binages, au cours de la végétation.
- A ces nouveaux procédés, du reste, M. Schribaux trouve
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- LES DIVERSES VARIÉTÉS DE BLÉS
- Un agronome averti peut à la rigueur satisfaire à toutes ces exigences nécessaires, mais il ne saurait modifier le climat, autre facteur non moins essentiel de l'ambiance où ses céréales doivent pousser. Force lui est donc, pour tirer de ses champs un produit plus rémunérateur, de rechercher les cariâtes spécialement adaptées à la situation de ses propriétés. Le marchand grainier chargé de lui fournir sa semence doit alors choisir les types les plus résistants ou créer, par une sélection scientifique, de nouveaux hybrides répondant aux desiderata de sa clientèle.
- D’ailleurs ce dernier n’aura, à vrai dire, que l’embarras du choix puisqu’il existe aujourd’hui près de 2 000 variétés de blés et que les sélectionneurs en créent, .chaque année, de nouvelles. Comme l’Humanité, en effet, la famille du Triticum a d’innombrables rejetons et pour se reconnaître
- Fig. 2. — Le binage des blés de vriniemps, selon ta méthode du Dr Rey.
- plusieurs inconvénients dont voici les principaux.
- Dans le nord les champs ne sont pas libres pour les semis précoces après les betteraves ou les pommes de terre ; en outre, les blés semés avant le 15 septembre souffrent des froids tandis que les plantes trop tallées se montrent plus vulnérables aux maladies, le piétin, entre autres.
- Toutefois, comme le notent MM. J. de Vilmorin et A. Meunissier dans un savant mémoire sur le blé et sa culture en France (1918), ces objections, valables pour le nord et le bassin de Paris, cessent de l’être dans les régions méridionales.
- Dans le sud-ouest de la France les nouvelles méthodes, notamment le semis en lignes très espacées qui facilite le nettoyage des champs et permet une économie de la semence, ont donné des rendements supérieurs.
- En résumé, le blé exige des terres saines, fertiles, bien préparées, entretenues par de nombreuses façons culturales et des fumures appropriées.
- au milieu de toutes ces races végétales, Henry de Vilrno rin proposa jadis une classification agricole ayant une bas botanique et que complétèrent successivement Louis Philippe et Jacques de Vilmorin. Adoptée par le « Comit français de contrôle des Semences », cette nomenclatur est officielle en France depuis le 30 avril 1925; ell diffère peu, d’aillejurs, des listes similaires de Seringe, d Kôrnieke, de Pereival et elle range les principale variétés de blés connues en 50 sections réparties elles mêmes entre les 7 groupes suivants :
- I. Les Blés tendres (Triticum sativum L. ou Triticiu vulgare Ilost ) forment la cl asse la plus nombreuse et la plu appréciée par suite des qualités physiques de leur gluten On les distingue par l’aspect de leurs balles ainsi que pa la consistance farineuse et non cornée de leur grain, pa leur paille creuse ou demi-creuse. Leurs épis d’appt rences très diverses, lisses ou velus, rosés ou rouges, pei mettent de les partager en deux sous-groupes : les ble tendres sans barbes formant les sections 1 à 25 et con
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- prenant entre autres le Kolostrama, la Zélande, l’Hybride des Alliés, la Bladette de Besplas, le Ilàtif inver-sable, la Merveille blanc de Mars, le Manitoba, la Wil-lemine, la Gironde ou blanc de la Réole, le Vilmorin 23, le Hérisson et les blés tendres barbas (sections 26 à 34) dans lesquelles on range le Turkestan, le blé de Sibérie, le Rieti, l’Hybride poilu du Tarn, le Rouge prolifique, etc.
- A ce groupe appartiennent les variétés de blé à grand rendement obtenues au cours des dernières années et qui réussissent très bien dans les régions tempérées ou froides. D’une façon générale, les cultivateurs préfèrent es types sans barbes plus productifs quoique plus délicats, mais clont on peut donner les balles sans inconvénient aux bestiaux. Cependant les variétés barbues très rustiques sont souvent cultivées dans les pays montagneux et dans les ; steppes où régnent de grands vents aux époques de moisson, car elles s’égrènent moins facilement que les autres. Par contre, leurs balles ne peuvent pas servir plus là qu’ail-leurs à la nourriture des animaux.
- II. Les Foulards (Triticum turgi-dum L.) englobant les sections 35 à 40 sont rustiques, productifs et généralement plus tardifs que les blés tendres. Ils se sèment en automne et se différencient des précédents par leurs épis barbus, gros et carrés, leurs glumes à carène prononcée sur toute la hauteur ; leur grain renflé ou bossu ; leur paille forte noueuse et pleine sous l’épi. Parmi les Poulards, dont certaines variétés perdent leurs barbes à maturité, nous citerons les Pétanielles blanches, le Touraine carré, la nonnette de Lausanne ou blé de Sainte-Hélène, la pétanielle nome de Nice, les Miracles à épis ramifiés, lisses ou velus. Ils se cultivent surtout dans les départements français du centre.
- III. Les blés durs (Triticum durum Desf.), embrassant les sections 41 à 46 de la classification officielle, se plaisent dans les climats chauds et secs, en Tunisie, en Algérie et au Maroc par exemple. On les reconnaît à la forme allongée et pointue de leurs grains presque transparents, à contexture cornée qui donne une cassure vitreuse et non farineuse comme celle des blés tendres. Ils se caractérisent, en outre, par leurs glumes longues, aiguës avec une carène très saillante, tranchante et très prononcée sur toute la hauteur; leur paille fine d’ordinaire est pleine ou demi-pleine au voisinage des épis presque toujours barbus, sauf quelques variétés d’obtention récente. Les types de blés durs les plus appréciés dans l’Afrique du nord sont le Biskri, le Séville à barbes noires, le Belotourka à barbes rouges, et le Mecleah.
- IV. Les. Blés de Pologne polonicum L.) à longues glumes foliacées, au grain allongé et très pointu, se rattachent au groupe des blés durs. Ils forment une seule section (47) bien que Hornicke en compte 23 variétés botaniques.
- V. Les Epeautres (7’. spelta L.) constituent la section (48) bien distincte des précédentes catégories de blés par la fragilité de l’axe de leur épi et par la forte adhérence des balles aux grains, nécessitant pour leur séparation des machines spéciales. Ces blés velus, barbus ou imberbes, supportent les climats rigoureux et on peut les semer à la même altitude que le seigle. Mais on ne les cultive plus guère que dans certaines régions froides et montagneuses de la Suisse ou de l’Allemagne, car, malgré leur fort tallage, leurs minces épis aux épillets
- très espacés ne donnent qu’une maigre récolte.
- VI. Les Amidonnicrs (7’. dicoc-vum Schibler) dont il existe des races d’hiver et de printemps voisinent par certains côtés avec les Epeautres, mais s’en éloignent par la forme de leurs épis aplatis toujours barbus et plus compacts, leur grain comprimé et ressemblant à une navette. Aux divers types d’Amidonniers qui composent la 49e section de la nomenclature française et qu’on voit encore dans certaines régions montagneuses de l’Europe centrale, se rattachent les blés d’Abyssinie à axe plus ou moins fragile et à grain violet chez certaines variétés.
- VIL Enfin les Engrains [T. Mono-coccum L.) qui forment la 50e et dernière section de la liste officielle ne comprennent que 3 ou 4 types. On les reconnaît aisément à leurs chaumes raides, minces, très dressés, à nœuds velus, à leurs épis extrêmement plats composés d’étroits épillets de deux fleurs dont l’une avorte presque toujours, à leurs barbes faibles et courtes. Bien qu’ils tallent très abondamment et qu’ils résistent victorieusement à toutes les maladies des blés, on ne cultive plus maintenant les Engrains que dans certaines provinces de l’Allemagne, de la Hongrie et du sud de la Russie, vu leur rendement assez médiocre.
- Heureusement pour les sélectionneurs, les nombreuses variétés de blés se maintiennent remarquablement fixes. Cela tient au fait que chaque épillet se féconde le plus souvent par son propre pollen avant son ouverture en sorte que les croisements accidentels se produisent rarement. Ainsi cette autofécondation crée de véritables « lignées pures » ne subissant pas plus les influences du climat que celles du voisinage d’autres plantes. Philippe de Vilmorin apu, par exemple, semeret récolter alternativement àVer-rières, durant plus d’un demi-siècle, des épis d’une variété
- Fig. 3. — Les effets du tallage.
- Un pied de blé à racines très développées, portant 7 ou 8 tiges issues d’un seul grain.
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- qui, après ces 50 cultures annuelles, ne présentèrent aucune différence avec leurs ancêtres. De même, des blés identiques, cultivés pendant une trentaine d’années, soit en France, soit aux Etats-Unis ne se modifièrent nullement.
- COMMENT S'EFFECTUE L'HYBRIDATION
- S’autorisant de ces constatations et s’appuyant sur les découvertes mendéliennes, les sélectionneurs s’efforcent maintenant, grâce à des croisements artificiels, d’obtenir
- toutes de même constitution et leur descendance demeure uniforme. » D’autre part, selon les récentes expériences génétiques du D1' Yavilov, les caractères héréditaires des blés dépendraient du nombre de leurs chromosomes ou petits éléments observés au microscope dans leurs noyaux cellulaires et dont le nombre paraît constant pour chaque espèce. Lors de la formation des cellules sexuelles (grains de pollen et ovules), ce chiffre se trouve réduit de moitié, de façon à pouvoir après la fécondation ( interpénétration de la cellule
- A. Blés tendres barbus : 1, liûtif barbu; 2, rouge prolifique; 3, gros grain barbu. — B. Blés tendres sans barbes : 4, blavette de Besplas ; 5, hAtif inver-sable; 6, Wilhelmine; 7, hérisson.— C. Blés poulards : 8, pétaucelle blanche; U, pétaucelle noire de Nice; 10, nonnette de Lausanne; 11, miracle. — D. Blés durs et blés de Pologne : 12, Médéah; 13, Pologne; 14, Belotourka. --E. Epeauires, amidonniers et engrains : 15, épeautre; 16, amidonnier blanc bai’bu; 17, engrain barbu.
- de nouvelles races de blé possédant telle ou telle qualité dominante : robustesse, précocité ou tardivité, paille forte, épis denses, résistance aux maladies, etc. La loi de Mendel, qui permet cette sélection scientifique, peut s’énoncer de la manière suivante : « Quand les deux parents ne possèdent pas une constitution héréditaire identique, l’individu, né de leur union, comporte à son tour des cellules sexuelles de différentes sortes et en des proportions mathématiquement définies. Si, au contraire, les deux parents sont héréditairement semblables, les cellules sexuelles de l’individu auquel ils donnent nais-
- mâle et de la cellule femelle) reconstituer le nombre primitif.
- Selon cette théorie, toutes les races de blé pourraient se répartir en trois séries physiologiquement et génétiquement distinctes. Un groupe à 14 chromosomes comprendrait les plus primitives d’entre elles : les Engrains ; un second à 28 chromosomes renfermerait les blés durs et les poulards tandis que dans le troisième à 42 chromosomes, on rangerait les Epeautres et les blés tendres moins résistants aux maladies, mais les plus intéressants au point de vue économique.
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- Fig. 5.
- Une botte de blé Vilmorin 1923 à maturité.
- Ces diverses expériences montrent qu’un végétal se compose grosso modo, d’unités diverses qu’une hybridation rationnelle permet d’assembler presque à volonté. Le sélectionneur peut donc, en quelque sorte, avec des matériaux cellulaires empruntés aux deux parents d’une même souche végétale, construire une nouvelle plante dans laquelle'se trouvera accentué un caractère utile ou éliminé un défaut de son ascendance.
- Toutefois, en l’occurrence, l’hybridation comporte un certain nombre de manipulations délicates, car l’inflorescence du blé est un épi composé, qui se trouve situé au sommet de la tige. Vu la petitesse des pédoncules floraux, les fleurs de cette variété de grappe semblent immédiatement appliquées contre l’axe aux aisselles de leurs bractées mères et forment des groupes floraux disposés eux-mêmes en un épi secondaire dit épillet. En isolant celui-ci on voit que son axe porte à droite et à gauche, au voisinage, de sa base deux bractées que l’on appelle les glumes et dont chacune a l’aspect d’üne lame foliacée verte. Au-dessus de ces dernières, s’étagent quelques bractées fertiles ressemblant aux précédentes; on les nomme glumelles et à l’aisselle de chacune d’elles se développe le pédoncule d’une des fleurs composant l’épil-let. Plus haut encore que la glumelle supérieure se trouvent deux petites écailles insérées symétriquement de part et d’autre du pédoncule floral et qui ont reçu le nom de glumellules. Quant aux parties essentielles de
- l’inflorescence, elles se composent de trois étamines égales disposées sur un verticille ; l’une d’entre elles occupe la partie inférieure de la fleur, entre les deux glumellules ; leurs filets fléchissent sous le poids des anthères ou sacs renfermant le pollen et dont les deux loges figurent à leur maturité une sorte d’x à branches allongées. De son côté, l’ovaire, arrondi et surmonté de deux stigmates hérissés de poils, comprend un seul carpelle suturé du côté de l’axe de l’épillet et renfermant un ovule unique. Après la fécondation, les étamines se flétrissent et disparaissent, tandis que les glumes et les glumelles se dessèchent en jaunissant. L’ovaire se transforme alors en un fruit qui constitue le grain. Ce caryopse renferme un albumen volumineux et de nature amylacée qui, au broyage, donne la farine et les débris du péricarpe ou enveloppe de la graine fournissent le son.
- Ceci posé, suivons l’hybrideur au cours des opérations successives qu’il va effectuer. Au moment propice, il commence par préparer l’épi mère en supprimant quelques-unes des fleurs au centre de chaque épillet. Après quoi, il castre les fleurs restantes en leur enlevant toutes les étamines (organes mâles), puis à chacune d’elles il apporte une étamine de l’épi choisi comme père. Le pollen se répand alors et féconde l’ovaire. En outre, une fois la fécondation opérée, on doit préserver les épis-mères de tout apport In§' 6'
- fâcheux de pollens étran- Un épi de blé en fleurs, montrant gers soit en les ligaturant la disP°siti™ dcs *PMets,
- avec de la laine, soit en entourant chaque épi d’un sachet en papier.
- Au cours de la végétation, ces blés hybridés réclament d’ailleursdes soins constants : on les bine, on les sarcle, on les abrite sous des filets de façon à les préserver des déprédations des oiseaux. Puis à l’époque voulue, on récolte les grains résultant de ces croisements et on les sème l’année suivante.
- En général, les plantes offrent un aspect très homogène, mais à la seconde génération et surtout par la suite, les qualités ou les défauts caractéristiques des parents se révèlent parmi les sujets issus d’un même lot.
- Dès ce moment, la besogne du sélectionneur devient très ardue.
- Il lui faut maintenant choisir, puis fixer les formes intéressantes en les étudiant pendant cinq ou
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- six ans soit sur pied, soit au laboratoire. Après sélections individuelles et généalogiques, il examine scientifiquement tous les sujets en expériences jusqu’à ce qu’il obtienne des types de blés homogènes au point de vue des caractères héréditaires. Cette fixation est relativement aisée s’il s’agit de la taille, de la précocité, de la résistance à la verse ou aux maladies, du rendement et autres qualités extérieures, mais elle devient plus difficile quand elle intéresse la structure intime du grain telle que, par exemple, la sélection d’un blé en vue d’augmenter sa richesse en gluten. Enfin après avoir
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- On se rend compte par ce court résumé combien de telles étapes sont longues et coûteuses. Aussi depuis le croisement initial jusqu’à sa mise au commerce, l’obtention d’un nouveau type de blé exige dix à quinze ans de patient labeur et parfois plus. Il faut, pour mener à bien de telles tâches, des sélectionneurs non seulement savants, mais ayant (c’est le cas de le dire puisque nous parlons d’agriculteurs) « du foin dans leurs bottes ».
- La France heureusement ne manque pas de tels spécialistes ! En» particulier, dans leur station de Verrières, Henry, puis Philippe de Vilmorin ont créé des variétés
- Fig. 7.
- Comment on hybride les blés.
- a) Préparation de l’épi-mère : enlèvement des fleurs du centi’e de chaque épillet, pour réduire le nombre des fleurs ùhybrider; b) castration de l’épi-mère : enlèvement des trois étamines de chaque fleur à hybrider; c) Apport dans chaque fleur castrée d’une étamine étrangère; d) Ligature de l’épi avec des fils de laine, pour empêcher les apports fortuits des pollens étrangers; e) L’épi ensaché.
- obtenu une nouvelle variété paraissant bien fixée, on la compare avec les meilleures de ses aînées de la même catégorie pour se rendre compte si elle présente une amélioration réelle, si elle offre un rendement meilleur, si elle réussit mieux que ses devancières dans certains sols, si elle résiste bien aux maladies et aux intempéries climatériques, si sa valeur meunière et boulangère se trouve accrue. Enfin lorsque les mérites de la variété nouvelle se confirment au bout de plusieurs années de sélection généalogique et de culture dans un champ de comparaison, un sélectionneur consciencieux peut la vendre.
- de blés à grand rendement les plus cultivés aujourd’hui tels que Y Hybride du bon fermier au grain jaune, gros, obtus et très lourd, le blé Vilmorin 23 qui peut se semer iusqu’à la mi-février et a donné dans certains terrains propices jusqu’à une quarantaine de quintaux à l’hectare, Y Hybride des Alliés qui réunit aux mérites d’une variété d’automne très productive ceux d’une excellente céréale de printemps et le Blé Vilmorin 21 à l’épi blanc laiteux, de longueur moyenne et sans barbes, issu de multiples croisements, très résistant aux hivers, à la verse, aux maladies, et dont la valeur boulangère semble supérieure à celle de ses ascendants.
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- l'ig. 8. — Un champ d'essais de blés, seigles et avoines sélectionnes. Les filets protègent ces céréales contre les oiseaux.
- De leur côté, Biffen en Angleterre, Saunders au Canada ont fait singulièrement progresser la question tandis que diverses autres sélectionneurs cherchent à créer de nouvelles variétés spécialement adaptées aux conditions particulières du sud-ouest de la France. Le problème de l’amélioration du blé est donc scientifiquement résolu. Que les agriculteurs emploient les hybrides possédant les aptitudes requises pour leurs régions et leurs terres; ils obtiendront des rendements inespérés. Les fermiers français s’orientent, du reste, dans cette voie et à un récent concours, un cultivateur des environs de Mirande (Gers),
- M. Abadie, présenta un pied, qui, bien qu’ensemencé tardivement en décembre, portait le chiffre record de 130 épis tandis que T. Ismael Picherot d’Ouzilly (Vienne) se voyait attribuer une médaille offerte par la meu-
- PARTICULARITE CURIEUSE
- Ou nous a appris en Chimie Minérale à considérer les propriétés réductrices de l’acide sulfureux, mais il est des Cas, où l’acide sulfureux agit comme oxydant.
- Au point de vue industriel, SO2 agit comme oxydant dans la fabrication des hydrosulfites décolorants et des formal-déhyde-sulfosylates tant employés aujourd’hui.
- M. Wardlaw et S. R. Carter dans une conférence à la Société de Chimie Industrielle à Birmingham, publiée dans Je (Chemical Trade), ont insisté sur certains faits analytiques qui mettent en évidence le rôle parfois oxydant de SO2.
- nerie française pour son remarquable blé boréal-aurore.
- Enfin au dernier concours national du « Plus bel Epi », qui se tint à Tours (Août 1927) sous le patronage du Ministère de l’Agriculture, on put admirer de nombreux échantillons provenant de toutes les régions
- de France.
- Le Jury apprécia les blés exposés au quadruple point de vue de leur valeur culturale, marchande, meunière et boulangère.
- 11 décerna le premier prix à M. Esnault, cultivateur à Sainl-Epain (Indre-et-Loire).
- Chaque épi du blé récolté par cet agronome expert contenait en moyenne 70gros grains, d’un poids spécifique de 77 kg 500 à l’hectolitre, supérieur de 4 pour 100 à la moyenne française de cette année. Des résultats aussi magnifiques sont des plus encourageants.
- Jacques Boyer.
- DE L'ACIDE SULFUREUX
- C’est ainsi que SO2 oxyde le chlorure ferreux :
- 4 Fe CZ2 -{- SO2 4- 4 HCl = 4 Fc CP + 21120 + S.
- Ceci a lieu en solution très chlorhydrique.
- Wardlaw et Pinchard ont fait la même réaction sur le chlorure cuivreux :
- 2Ca2CZ2 + SO2 + 41ICZ = 4CaCZ2 + 2II20 + S.
- Dans cette dernière réaction, il se produit aussi parfois un précipité de sulfure cuivreux.
- Fig. 9. — Blé Vilmorin 1927.
- Une des plus récentes variétés obtenue par de multiples croisements et dont la valeur boulangère semble supérieure à celle de ses asoendants.
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- LA CARBONISATION DES BOIS
- La carbonisation des bois est une industrie d’origine française. C’est un Français, Philippe Lebon qui, en 1789, découvrait le « Thermolampe » et c’est dans notre pays qu’ont commencé à se développer les différents traitements des produits dérivés de la distillation en vase clos. Cependant, peu à peu, l’Allemagne avait réussi à s’infiltrer sur notre marché, et à s’imposer même de telle sorte, qu’avant la guerre nos usines étaient en grande partie tributaires de ses fabriques pour l’acquisition de leur matériel.
- Le conflit européen de 1914 mit en évidence toute l’importance de cette industrie. Privés de leurs moyens habituels de ravitaillement, et pressés parles grands services de l’Etat qui leur réclamaient les produits de toute nature indispensables à des fabrications multiples intéressant la défense nationale, nos industriels ont accompli un magnifique effort. De gros progrès réalisés dans la fabrication de l’appareillage, par des maisons spécialistes, la création d’usines nouvelles ont assuré à la consommation toujours croissante, un large approvisionnement.
- La guerre terminée, les industries chimiques ont continué à absorber la production de ces usines ; mais l’apparition de procédés synthétiques, permettant l’obtention d’alcool méthylique, d’acide acétique, de formol, etc., avec un prix de revient qui semble déjà devoir être notablement inférieur à celui des mêmes produits, obtenus par la carbonisation des bois, constitue pour cette dernière industrie une concurrence redoutable.
- Ce n’est qu’en choisissant judicieusement les produits qu’elle mettra sur le marché, en cherchant d’autres débouchés (alimentation des camions à gazogène avec du charbon de bois aggloméré), enfin, surtout, en améliorant son prix de revient grâce à de nouveaux perfectionnements techniques, que la distillation du bois en vase clos pourra subsister en face de cette concurrence.
- Les bois susceptibles d’être carbonisés se classent en trois grandes catégories :
- 1° Bois durs, employés pour la caibonisation proprement dite; particulièrement. le chêne, le hêtre, l’érable,
- Fig. 2. — Carbonisation des bois.
- Cornues horizontales à deux portes, chauffées au gaz de gazogène,
- le bouleau et le charme;
- 2° Bois résineux, dont la distillation a pour but essentiel la récupération des essences dites de pin (pin, sapin, épicéa) ;
- 3° Déchets, de toutes sortes (sciures, copeaux, souches, grignons d’olives), etc.
- Etudiant ici la carbonisation proprement dite, nous ne dirons qu’un mot du traitement des bois résineux qui s’apparente étroitement à l’industrie des résines.
- PRINCIPE DE LA
- CARBONISATION
- Fig. 1. — Cornue verticale pour la distillation du bois.
- Ce type de cornue n’est jdus en usage que dans les petites installations.
- Lorsqu’on chauffe progressivement, en vase clos, un certain tonnage de bois, on observe la série de phénomènes suivants :
- A partir de 100° jusqu’à 200°, le bois se dessèche. L’eau qu’il contenait s’é.vapore et n’entraîne que peu de produits volatils.
- Vers 150°, il prend une coloration brune, et l’eau que l’on condense dans un réfrigérant fonce et montre une réaction acide.
- De 200° à 250°/275°, la distillation commence, pour les parties les plus volatiles. Mais ce n’est que vers 260° que la réaction, jusqu’alors endothermique, devient brusquement exothermique. Le bois subit la décomposition proprement dite. On condense un liquide qui se sépare au repos en deux couches bien distinctes : la partie inférieure est formée de goudrons noirs, la partie supérieure de « jus pyroligneux », aqueux, d’une coloration rouge foncé, à réaction nettement acide.
- Il est nécessaire à ce moment de modérer considérablement le chauffage sans quoi l’opération s’emballerait.
- Peu à peu la distillation se calme. On continue à chauffer jusque vers 350°/4000, pour éliminer du charbon de bois, résidu de l’opération, les dernières portions de matières goudronneuses. Pendant la phase exothermique, il se dégage de grosses quantités d’un gaz dont la composition qui varie relativement peu au cours de l’opération, est en moyenne de :
- CO260°/0 — CO30,5°/0—GH4 5%— G2H40,5°/0
- H*3 °/o—N IDO-
- LES PRODUITS OBTENUS.
- LEURS EMPLOIS
- En résumé, la carbonisation des bois conduit, à quatre produits bruts : le gaz, le charbon de bois, le jus pyroligneux et les goudrons. Le gaz une fois épuré de toutes les parties
- et étouffoir.
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- condensables qu’il entraîne, concourt au chauffage des cornues.
- Le charbon de bois, en dehors de son utilisation comme combustible, est d’un emploi courant dans les diverses métallurgies, comme réducteur et dans les poudreries.
- Pendant la guerre, activé, il a servi dans les masques de protection contre les ga/. Aggloméréen boulets résistants, il peut être utilisé dans des gazogènes spéciaux destinés à l’alimentation de moteurs d’automobiles.
- Le jus pyroligneux est constitué d’une solution aqueuse d’acide acétique (environ 6 à 8%), d’alcool méthylique (2%) et d’acétone (0,1 °/0), avec un grand nombre d’autres composés organiques, en plus faible proportion. L’ensemble des produits acides est dénommé : acide pyroligneux, et l’alcool méthylique ainsi que les produits volatils sont englobés sous le nom de : méthylène brut.
- : Toutefois, dans l’opération de carbonisation industrielle, on ne condense pas directement le jus pyroligneux. On obtient, grâce aux traitements que nous allons étudier, de l’acétate de chaux 85°/0, ou de l’acétate de soude cristallisé, et du méthylène ordinaire. Ces composés,
- créosote (antiseptique, imprégnation des bois), du gaïacol (production de la vanilline) et des carburants. Le brai est Un agglomérant de premier ordre.
- Enfin, si on traite des bois résineux, on recueille des huiles clc pin, dont l’essence de térébenthine, solvant bien connu.
- Les proportions relatives des divers corps obtenus varient avec un grand nombre de facteurs : essence de bois, température et durée de distillation, pression maintenue dans la cornue, humidité dont le bois est imprégné. Et il faut tenir compte, non seulement de ces facteurs principaux, mais de bien d’autres encore. C’est ainsi que, pour la même espèce, les rendements sont différents suivant la partie du bois traitée (bois de cœur ou bois de périphérie) et suivant la contrée où les arbres ont été abattus.
- En moyenne, pour des bois durs : chêne, hêtre, charme on peut compter par tonne de bois carbonisée sur :
- Méthylène et acétone.....................15 kg
- Acétate de chaux .............70 —
- eux-mêmes, convenablement traités, donnent naissance aux :
- 1° Méthylène pur, ou alcool méthylique à 99°,5 et 0,1 °/o d’acétone;
- 2° Formol commercial à 40 °/0 de formaldéhyde ;
- 3° Acétone pure à 99° ;
- 4° Acide acétique et acétates divers.
- Le méthylène est un dénaturant de l’alcool. C’est un dissolvant utilisé dans la fabrication de nombreux vernis. On connaît son emploi comme carburant. Par une oxydation ménagée, il se transforme en formol — antiseptique courant — qui trouve en outre un gros débouché dans l’industrie des matières plastiques et des résines synthétiques (bakélite, galalithe, etc.).
- Les acétates de chaux et de soude servent à la préparation des acétates métalliques et organiques — en particulier, des acétates [de méthyle et d’amyle — et de l’acétate de cellulose (emploi des enduits transparents à l’acétate de cellulose pour toiles de dirigeables et d’aviôns, fabrication des films ininflammables, de la soie artificielle, etc.). Certains acétates organiques sont la base de la préparation de nombreux produits pharmaceutiques (antipyrine, aspirine, antifébrine, véronal, etc.).
- L’acétate de chaux est la matière première pour l’obtention de l’acétone (poudres anglaises, vernis, préparation du chloroforme et de l’iodoforme), et de l’acide acétique (alimentation, tannerie, teinturerie, industrie des couleurs d’indigo et d’aniline, fabrication des éthers acétiques).
- Les goudrons de bois résineux sont utilisés par la marine pour enduire les cordages et calfater les navires. Les goudrons de bois durs, distillés, fournissent de la
- Ou acétate de soude
- cristallisé. . . . 100 —
- Goudrons........ 45 —
- Charbon de bois . 225 —
- ABATAGE, STOCKAGE,
- SECHAGE DES BOIS
- L’abatage et le tronçonnage des arbres se font de plus en plus par des moyens mécaniques : brûlage au moyen d’un fil porté au rouge: scies de toutes espèces , chaînes fraiseuses, mèches, etc.
- Les rondins sont amenés à l’usine par camionnage, par fer, ou par eau. Ils sont mis en pile dans un parc assez vaste pour contenir une forte réserve (12 à 15 mois de coupe).
- Cette réserve permet un premier séchage, naturel, à l’air. Cependant, comme après quelque temps d’exposition à l’air, la teneur en eau du bois décroît à 20 °/0 et s’y maintient d’une façon à peu près invariable, il est intéressant d’effectuer un second séchage complémentaire, artificiel, qui économise et du temps et du combustible, lors de la carbonisation.
- Il s’opère en général au moyen de fumées perdues des fours de distillation aspirées par un ventilateur dans un four-tunnel horizontal : c’est une longue galerie en maçonnerie, fermée à ses deux extrémités par des portes à battants. Les wagonnets qui ont été chargés de bois circulent sur une voie Decauville en sens inverse des gaz chauds. Un réglage spécial d’entrée d’air permet d’admettre dans le séchoir les fumées à une température bien déterminée, afin d’éviter l’inflammation du bois.
- Au lieu d’utiliser les gaz brûlés, on peut aussi envoyer dans le four-tunnel de l’air réchauffé par léchage des élouffoirs.
- fbnt transbordeur
- Etouffoir
- Cornue
- iwwnnm/mmm.
- Fig. 3. — Carbonisation des bois. Schéma de la disposition à une porte.
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- Fig. 4. — Fours de carbonisation des bois. Chauffage au gaz de gazogène.
- CORNUES ET FOURS DE CARBONISATION
- A leur sortie du séchoir, les wagonnets sont attelés par rames de 3, 4 et même 5, et sont poussés dans des cornues de carbonisation, cylindriques ou rectangulaires, à axe horizontal.
- On tend en effet à abandonner le système des cornues verticales, ou du moins à ne l’appliquer que dans de petites installations.
- Ces dernières cornues (fîg. 1), récipients cylindriques en tôle de 10 à 12 mm. d’épaisseur ont une contenance de 4 à 6 stères. Elles sont recouvertes d’un couvercle amovible, luté à l’argile après chargement. Le serrage du couvercle est obtenu, pour en rendre la manœuvre plus facile, par de simples pinces en fer
- Ces cornues sont logées dans des alvéoles ménagées dans les fours, par groupes de 3 à 4 par four, et elles y sont soutenues, non par leur fond, mais par des cornières, ou des oreilles fixées à leur partie supérieure qui viennent prendre appui sur la maçonnerie.
- Un pont roulant qui dessert plusieurs fours, les saisit au moyen de crochets et les transporte à l’endroit où, placées horizontalement, elles sont chargées, à la main, de plusieurs couches horizontales (en général 3), de rondins. Une fois chargées, elles sont reprises par le pont et introduites dans un four à une place laissée libre par une autre cornue dont la carbonisation était achevée. La distillation terminée, elles sont retirées et mises à refroidir, de nouveau, horizontalement. On se garde alors d’ouvrir le couvercle, tant que le refroidissement n’est pas complet pour éviter l’inflammation du charbon de bois.
- Au total, il faut compter sur trois heures pour le remplissage, vingt à vingt-quatre pour la carbonisation, sept à huit heures pour le refroidissement. Une cornue est donc indisponible pendant trente-trois heures environ dont vingt-deux heures utiles. Il en résulte que pour
- assurer une marche continue il faut disposer d’un grand nombre de cornues (souvent triple du nombre des alvéoles des fours). Les manutentions sont lentes et difficiles; en outre la cornue devant être refroidie après chaque opération, il faut, pour réchauffer le métal, dépenser inutilement une quantité importante de calories.
- Ces motifs expliquent la faveur dont jouissent les cornues horizontales, dont le chargement est facile et rapide, le déchargement aussi prompt, sans nécessiter une force motrice considérable.
- Les cornues horizontales (fig. 2), sont construites en tôle d’acier de 10 à 15 mm. d’épaisseur. Elles sont cylindriques et ont alors un diamètre de 2 m. à 2 m. 80, ou rectangulaires avec une section de 4 m2. Dans les deux cas, la longueur est d’environ 12 m. à 15 m. Elles ont une capacité d’une vingtaine de stères.
- Pour augmenter le rendement de chaque cornue, on a tenté en Amérique de porter leur capacité à 50 stères, mais les résultats n’ont pas été encourageants. La difficulté du système réside dans l’irrégularité du chauffage de cette masse trop importante, d’où mauvais rendements en produits condensables,
- Une autre grave objection est que, lorsqu’une cornue de cette importance est arrêtée, pour réparations ou pour toute autre cause, la répercussion s’en fait sentir par une diminution de production beaucoup plus sensible que lorsqu’on dispose d’un plus grand nombre de cornues de moindres dimensions.
- Les portes, calorifugées, peuvent être simples ou doubles. Dans ce dernier cas, on fait circuler entre les deux des gaz chauds : on évite ainsi les condensations qui sont susceptibles d’attaquer les tôles. Les joints se font au moyen de cordes d’amiante. Pour
- Fig. 5. — Schéma de la récupération du goudron, des pyroligneux et du méthylène brut, par le procédé de saturation continu.
- 1. Cornue de distillation; 2. Dégoudronneur ; 3. Réservoir à goudron; 4. Saturateur; 5. Arrivée du lait de chaux; 6. Réservoirà acétate de chaux brut; 7. Réfrigérant; 8. Scrubber; 9. Réservoir à méthylène brut; 10. Arrivée d’eau ou de crésol de lavage; 11. Extracteur; 12. Gaz pour chauffage des cornues.
- Gaz pour chauffage
- Réfrigérant
- Dègoudronneur
- Cornue
- Acétate de chaux
- Goudron
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- être d’une manœuvre plus aisée, le serrage contre le cadre est réalisé à l’aide d’écrous à oreilles.
- Lorsque la carbonisation d’un convoi contenu dans une cornue est terminée, on ouvre là porte de sortie et tire vivement le train à l’extérieur, pour le pousser le plus rapidement possible dans un étouffoir dont on referme les issues immédiatement. En effet, dès que le charbon de bois est exposé à l’air, il s’enflamme, et la distance entre cornue et étouffoir doit être des plus réduites pour limiter au minimum la perte qui en résulte.
- Les cornues peuvent être munies d’une ou de deux portes. Lorsqu’elles n’ont qu’une issue, les étouffoirs sont disposés en face de la rangée des cornues, dont ils ne sont séparés que par la longueur d’un pont transbordeur (fig. 3). Les étouffoirs eux-mêmes n’ont alors qu’une porte.
- La tendance actuelle est de munir toutes les cornues de deux portes (fig. 2). La circulation se fait constamment dans le même sens, une légère pente dans le sens de la marche rend la manœuvre des wagonnets particulièrement facile. L’étouffoir peut être très rapproché de la cornue. Enfin, on évite la dépense d’un pont transbordeur, dont la manœuvre est souvent délicate.
- Les étouffoirs (fig. 2), également en tôle d’acier de dimensions sensiblement égales à celles des cornues, sont aussi munis de deux portes, de façon que le défour-nement du charbon de bois s’effectue du côté opposé à son enfournement.
- Les cornues sont placées dans des fours en maçonnerie, soit suspendues à la voûte à l’aide de ceintures, soit posées sur des murettes permettant la libre dilatation. Elles sont en général jumelées et leur chauffage s’effectue au moyen d’une rangée longitudinale de brûleurs. On réalise ainsi un réglage facile et une économie très importante dans la consommation du combustible.
- Les anciens procédés à feu direct, avec un foyer pour chaque cornue, présentaient de sérieux et multiples inconvénients. Ils sont abandonnés dans les installations récentes.
- Le jumelage des cornues de distillation permet, en décalant convenablement les moments de chargement des deux cornues, d’avoir l’une d’elles dans la phase exothermique pendant que l’autre est encore en cours de séchage. Les cornues s’influençant mutuellement, les calories dégagées par la première passent à la seconde. Les courbes de distillation ainsi obtenues sont nettement plus régulières que celles observées dans le cas de cornues uniques.
- Le gaz consommé pour le chauffage provient de deux sources conjuguées : d’une part, les gaz incondensables de distillation, dont la quantité est assez importante (pour une carbonisation de 80 stères par 24 heures, environ 150 m3 par heure disponibles).
- D’autre part, les gaz fournis par une batterie de gazogènes spéciaux alimentés avec des déchets de bois et du poussier de charbon de bois.
- Les produits de la distillation sont recueillis à l’aide de pipes en cuivre branchées sur un collecteur général (barillet des cokeries et usines à gaz), en cuivre également. Chaque cornue est séparée du collecteur par une
- vanne d’isolement à clapet, que l’on ferme au moment du défournement. Les tuyauteries de départ doivent être d’assez gros diamètre pour éviter les obstructions par dépôt de coke, provenant de la décomposition des goudrons sous l’action de la chaleur.
- Pour pouvoir suivre l’opération et régler les brûleurs suivant la température, il est nécessaire d’avoir par cornue au moins deux cannes pyrométriques.
- Les wagonnets sur lesquels on charge le bois épousent la forme des cornues. Ils sont comme elles cylindriques ou rectangulaires. Construits en profilés, ils sont munis d’un grillage à mailles assez fines pour maintenir le charbon de bois. Certains constructeurs préconisent des wagonnets avec plateaux étagés, pour permettre un dégagement plus facile des produits volatils.
- L’opération terminée et le refroidissement achevé, les trains de wagonnets, tirés par une petite locomotive, sont amenés à l’atelier de triage et .de criblage, où le poussier est séparé des morceaux. En Amérique, un pont basculeur est fréquemment employé pour déverser le charbon directement dans les wagons.
- Nous n’avons décrit en détail que les fours à cornues verticales et horizontales. Ce sont les plus généralement utilisés. Cependant, un grand nombre de brevets a été pris pour protéger les types de fours les plus divers. La plupart prévoient la marche continue des matières, dans des fours genre tunnel, ou dans des fours verticaux, avec évacuation automatique du charbon. Le chauffage est* assuré ordinairement par circulation de gaz chauds autour des cornues. Nous pouvons toutefois citer le four Tissier, qui a fait ses preuves en Algérie, dans lequel ce sont des gaz d’échappement de moteurs à gaz pauvre, à 450°, qui traversent la masse de bas en haut.
- La maison Barbet, spécialiste bien connue de ces questions de carbonisation, étudie des cornues rotatives à chargement et déchargement mécaniques.
- Il est certain que dans cet ordre d’idées, il y a place pour de sérieux perfectionnements.
- RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS
- Dégoudronnage. — On condensait autrefois immédiatement les vapeurs pyroligneuses sortant des cornues. Pour séparer les divers constituants, il fallait ensuite distiller le liquide condensé, d’où dépense de calories en pure perte.
- On pratique maintenant à chaud, vers 110°, la séparation des goudrons. Les dégoudronneurs à chocs, et les. dégoudronneurs Pelouze en usage dans les cokeries, qui filtrent les gaz à travers un tamis vertical fixe ou horizontal mobile autour de son axe, n’ont pas donné d’heureux résultats. Les goudrons sont, en effet, à cette température, contenus dans les vapeurs sous forme de vésicules très fines constituant une émulsion.
- Par contre le barbotage des vapeurs dans une couche de goudrons d’une certaine épaisseur est très efficace. Pour améliorer la séparation, en multipliant le nombre de surfaces de contact, la maison Barbet construit un dégoudronneur classique continu, composé de deux parties : un soubassement surmonté d’une colonne à pla-
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- Condenseurs
- Séchage
- Evaporateun a acétate
- Désalcoolisation
- Filtre Qt
- Filtre presse
- Arrivée F~gaz chauds
- 15^1 Fnsachagi
- Acétate brut .
- Acétate
- filtré
- Acétate
- désalcoo/isé
- Fig-, 6. — Traitement de l’acétate de chaux. (Procédé semi-continu.)
- 1. Réservoir à acétate brut; 2. Pompes; 3. Filtres-pompes; 4. Acétate filtré; 5. Bac en charge; 6. Désalcoolisation de l’acétate; 7. Condenseurs; 8. Eprouvettes de classement; 9. Acétate désalcoolisé; 10. Evaporateür à acétate (système Barbet); 11. Hélice sécheuse; 12. Trémie de réserve; 13. Vis d’Archimède; 14. Séchoir Buillard; 15. Ensachage de l’acétate.
- teaux. Les vapeurs sont introduites dans la partie supérieure du soubassement, où elles barbotent dans un bain de goudrons, puis elles s’élèvent dans la colonne, de plateau en plateau, obligées, grâce à des calottes circulaires et axiales, de barboter dans le goudron condensé
- qui rétrograde jusqu’au soubassement. Le goudron est soumis, à la partie inférieure de l’appareil, à un chauffage par serpentin de vapeur, véritable distillation qui en élimine les dernières traces d’acide acétique. Il s’écoule d’une façon continue et il est si bien épuisé qu’il n’est pas nécessaire de le distiller ; c’est un véritable brai après refroidissement.
- On peut aussi utiliser du crésol ou des huiles anthracéniques comme liqueurs de lavage. Elles sont récupérées par distillation.
- On a essayé en Amérique d’appliquer au dégoudronnage le principe de l’épuration électrique Cottrell. Il consiste à faire passer les vapeurs goudronneuses dans un tube en acier, dans l’axe duquel est tendu un fil d’acier vertical. Tube et fil sont reliés, aux deux bornes d’un transformateur à 10/15 000 volts; les particules de goudron sont précipitées par action électrostatique, sur les parois verticales du tube, et on recueille le liquide à la partie inférieure. Ce procédé est d’un emploi encore très rare.
- Saturation. — Le dégoudronnage effectué, les vapeurs pyroligneuses sont saturées à l’aide d’un alcali. Cette saturation peut s’opérer suivant deux procédés, semi-continu ou continu.
- Dans le premier, les vapeurs passent dans des condenseurs tubulaires. Le liquide obtenu est introduit, froid, dans une cuve munie d’un agitateur, où on le sature au moyen d’un lait de chaux titrant de 12 à 15° Baumé, ou d’une lessive de soude. L’acide acétique est transformé en acétate de soude ou de chaux. La solution saturée est filtrée (fig. 6), de façon à
- Fig. 7. — Schéma de la fabrication du méthylène régie.
- 1. Bac à méthylène brut; 2. Pompe; 3. Bac en charge; 4. Bac à flotteur; 5. Récupérateur; 6. Colonne d’épuisement; 7. Colonne de lavage à l’acide; 8. Colonne rectificatrice; 9. Condenseurs; 10. Bac à méthylène régie.
- Condenseurs
- Méfhylèi
- régie
- . Colonne .d'épuisement
- Colonne
- rectificatrice
- ftecuperateui
- Huiles
- Méthylène Fbmpe brut *
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- séparer les incuits de la chaux et les résines phéno-aldé-hydiques qui se sont formées pendant la saturation ; un filtre spécial à crésol enlève les dernières traces de matières goudronneuses, et le liquide filtré est désalcoo-lisé à continu dans une colonne à plateaux qui effectue également la concentration des petites eaux.
- Dans la seconde méthode (fig. 5), les vapeurs entrent directement dans un saturateur à plateaux, de nettoyage facile, avec circulation rationnelle des gaz et du liquide saturant. L’opération s’effectue à chaud, au-dessus de 100° par suite la désalcoolisation est automatique; puis les vapeurs sont condensées pour en retirer le méthylène brut.
- La solution d’acétate est filtrée comme dans le premier cas.
- Les acétates obtenus par ce second procédé sont de moins bonne qualité que ceux provenant du premier.
- Le système semi-continu fournit en effet un acétate de chaux d’une qualité exceptionnelle, presque blanc, sans odeur empyreumatique, et d’un titre élevé (85-86°). Ce fait est intéressant, car on a tendance à primer l’acétate de chaux dont le titre est supérieur au titre commercial (82°)- Employé dans la fabrication d’acide acétique, l’acétate à haut titre exige une quantité notablement moindre d’acide sulfurique.
- Lavage des gaz. — Les gaz sortant des condenseurs, après y avoir abandonné la majeure partie du méthylène et de l’acétone, en entraînent encore quelque peu. On arrête ces dernières portions dans des « sçrubbers », ou laveurs à plateaux avec barbotage dans de l’eau froide ou du crésol. On obtient, à la base* de petites eaux titrant environ 2,5 g. par 1., qui sont rectifiées par la suite.
- Les gaz incondensables, aspirés par un ventilateur type Roots, sont refoulés vers les fours où ils sont employés au chauffage des cornues.
- TRAITEMENT DES SOUS-PRODUITS
- Acétate de chaux (fig. 6). — La solution diluée d’acétate de chaux, désalcoolisée et filtrée, est évaporée dans un appareil à multiple effet, sous vide. Cet appareil est constitué par des cylindres verticaux, chauffés par des faisceaux tubulaires, dans lesquels la solution est soumise à une circulation rapide, sans quoi il se formerait sur les parois des croûtes d’acétate qui s’opposeraient à la bonne transmission de la chaleur.
- La maison Barbet a porté tous ses efforts du côté de l’utilisation rationnelle de la vapeur résultant de l’évaporation des solutions d’acétate (ces vapeurs étaient perdues dans la plupart des anciennes usines). Elle les emploie, grâce à des dispositifs particuliers, à assurer le chauffage des appareils de distillation et des appareils d’évaporation complémentaires.
- La concentration terminée, l’acétate se trouve à l’état de boue. Il circule dans des hélices sécheuses à double fond de vapeurs, d’où il sort sous forme de pâte consistante. Il est déversé dans des trémies de réserve, puis est soumis à un séchage final qui donne l’acétate de chaux gris commercial.
- Le séchoir le plus communément employé est le séchoir Huillard : une toile métallique sans fin, à mailles spéciales, prend l’acétate dans une trémie d’alimentation. Elle passe en zigzag sur des rouleaux horizontaux, dans une chambre en maçonnerie munie de cloisonnements verticaux, où circulent à contre-courant des gaz chauds provenant des fours. L’acétate est détaché à la sortie de la chambre complètement sec, il est ensaché et pesé.
- Un gros avantage de ce type de séchoir est qu’il permet, d’une part, la régularité de dessication, obtenue eu faisant varier suivant besoin la vitesse de la toile sans fin, et d’autre part, un réglage facile de la température, qui évite toute décomposition de l’acétate (cette décomposition est très facile vers 250° et donne de l’acétone).
- Acétate de soude. — La solution diluée d’acétate de soude est évaporée dans un appareil à multiple effet, puis la solution concentrée est soumise à la cristallisation. Les cristaux, très blancs, sont essorés dans une turbine. Les eaux-mères sont remises en circuit.
- Rectification des méthylènes. — La rectification du méthylène brut, obtenu à la base des condenseurs, après saturation, était autrefois discontinue. Elle s’opère maintenant, de plus en plus, cl’une façon continue. Les rendements sont notablement plus élevés, la conduite est facile, et les économies de vapeur et de main-d’œuvre sont importantes.
- L’appareil rectificateur Barbet comporte trois colonnes (fig. 7):
- Une colonne d’épuisement.
- Une colonne de lavage des vapeurs.
- Une colonne de rectification.
- Le méthylène brut, additionné d’une certaine quantité de soude, est refoulé dans un bac en charge, à la partie supérieure de l’atelier; l’alimentation, réglable, se fait par l’intermédiaire d’un bac à flotteur qui maintient une charge constante, et d’un robinet avec cadran gradué, régulateur de débit.
- Le liquide passe d’abord dans un échangeur de chaleur, dit « récupérateur » à faisceau tubulaire, où il est réchauffé par les vinasses épuisées sortant à la base delà première colonne. Puis il s’épuise en descendant les plateaux de cette colonne, pendant que les vapeurs dégagées se rendent dans une seconde colonne, où elles subissent un lavage à l’acide sulfurique dilué. Ce lavage a pour but de détruire les ammoniaques, amines et bases pyri-diques mises en liberté, dans la colonne d’épuisement, par le contact de l’addition de soude.
- Les vapeurs épurées arrivent à la base de la rectifica-trice et se classent peu à peu dans les différents plateaux. Un condenseur réfrigérant spécial a pour effet d’empêcher les produits de queue (huiles de méthylène, d’acétone, etc.), de monter vers les parties supérieures de l’appareil. Ces impuretés se concentrent dans les plateaux inférieurs et sont entraînées à continu à l’éprouvette du décanteur. Un lavage à l’eau de ces produits, sépare l’alcool méthylique qu’ils entraînent, qui est renvoyé à la colonne. Le méthylène obtenu est dit « méthylène-régie ». Il titre 96° et contient 15 à 25 pour 100 d’acétone. La freinte (ou perte) est garantie par le constructeur inférieure à 1 pour 100.
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- Le même constructeur a mis au point la fabrication du méthylène pur. Elle s’effectue ainsi :
- On commence par diluer les flegmes méthyléniques à traiter jusqu’à 10 gr. par litre environ.
- Ils sont ensuite saturés à la soude ou à la chaux.
- L’appareil rectificateur comporte 4 colonnes.
- La première constitue un épurateur à acétone. Le reflux qui s’écoule à sa base et va à la. seconde colonne est déjà privé de la majeure partie. Cette épuration s’achève dans la deuxième colonne, où arrive de l’eau distillée qui provoque la dilution du reflux.
- Cependant, le produit obtenu à la base de la colonne n° 2 contient encore des huiles. Elles sont en grande partie éliminées dans la colonne n° 3, qui opère ainsi une première concentration du méthylène. Les échantillons pris au condenseur indiquent en effet 99° et moins de 1 pour 100 d’acétone.
- L’alimentation de la colonne n° 4 se fait avec de l’alcool à haut degré. On le dilue cependant sur le plateau d’alimentation, de manière à favoriser la séparation complète des huiles restantes. La colonne rectificatrice possède du reste un réfrigérant spécial, dont le but est de favoriser la séparation des huiles et d’empêcher leur entraînement vers les plateaux supérieurs (comme dans la fabrication du méthylène régie).
- De la sorte les plateaux supérieurs de la colonne sont uniquement chargés d’alcool méthylique pur et l’extraction de celui-ci se fait au pasteurisé.
- Au total, trois extractions :
- Méthylène suracétoné, à la colonne n° 1 ;
- Méthylène à repasser, à la colonne n° 2 (proportion faible, 15 à 20 ü/0);
- Méthylène pur à la colonne n° 4 ;
- plus les extractions 'd’huiles.
- Différentes arrivées de réactifs sont prévues pour compléter l’épuration.
- La dépense de vapeur est d’environ 800 à 850 kg par hectolitre de méthylène 100 °/0 passé à l’appareil.
- Goudrons. — Les goudrons obtenus à la base du dégoudronneur Barbet n’ont pas besoimd’être distillés.
- Fis
- 9. — Fabrication du formol.
- Les formolateurs Barbet dans lesquels le méthylène pur est oxyde catalytiquement et toansformé en formol.
- Fig. 8. — Rectificateur de méthylène. Système continu Barbet.
- Les goudrons ordinaires, provenant de décantation, distillés dans une chaudière, donnent de l’alcool et des acides gras, des huiles légères (employées comme combustibles) et lourdes (créosotes).
- Fabrication de Vacide acétique. — On obtient l’acide acétique par action de l’acide sulfurique sur l’acétate de chaux, suivant là formule :
- - CLE G O O ^ p S0 H h-CH’COO>C“
- = S04Ca-|-2CH3—COO H-f-Q calories.
- La réaction s’opère dans des « convertisseurs » en fonte spéciale, à double fond de vapeur. Chaque convertisseur est susceptible de traiter de 1200 à 1500 kg d’acétate par 24 heures. L’opération dure environ 10 heures. 11 est nécessaire de brasser constamment le mélange (fig. 10).
- Dès le chargement de l’acide, à froid, il commence à se dégager des vapeurs d’acide acétique, qui sont condensées dans des réfrigérants. Le mélange terminé, on fait le vide dans le convertisseur et on admet la vapeur dans le double fond. La réaction est exother-“i:; • mique; suivant la progression de l’opération,
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- = 268 ................ ..............-........-....-
- la force motrice nécessaire à l’agitation et la consommation de vapeur sont variables.
- L’acide acétique condensé est rectifié dans un appareil qui fournit, en tète, 35 à 40 pour 100 d’un liquide acétique 45/50 qui renferme la majeure partie des acides homologues contenus dans l’acide brut, et au soubassement par une prise de vapeur, l’acide à 98/99, dans la proportion de 60 pour 100.
- Les goudrons et matières empyreumatiques, qui s’accumulent dans le soubassement, sont vidangés de temps à autre.
- L’acide destiné à l’alimentation doit subir un traitement spécial, en présence de permanganate de potasse, dans un alambic muni d’un réfrigérant avec serpentin en argent.
- Fabrication des acétates. — La fabrication des acétates métalliques se fait, soit en attaquant le métal par l’acide acétique en présence de l’air, soit en traitant l’acétate de Boude par un sel du métal.
- L’acétate de méthyle peut être obtenu directement à partir du jus pyroligneux : après un dégoudronnage rapide et avant saturation, ce jus est introduit dans des chaudières en cuivre, avec de l’alcool méthylique, en présence d’un catalyseur. L’acétate de méthyle distillé est rectifié. (Système Barbet.)
- L’acétate d’amyle est préparé en faisant réagir, à froid, un mélange d’alcool amylique et d’acide sulfurique sur de l’acétate de soude.
- Fabrication de l'acétone. — La décomposition de l’acétate de chaux par la chaleur donne de l’acétone : (GH3GOO)2Ca=:GH3 — GO — GH3-f-G03Ca.
- Cette calcination s’effectue dans des cornues analogues, quoique moins importantes, à celles employées pour la carbonisation des bois. Leur forme est rectangulaire, leur section est d’environ 1 m2, leur longueur de 4 à 5 m. L’acétate est étalé en couche mince (4 cm) sur des plateaux étagés portés par des chariots en profilés qui sont introduits dans la cornue. Le chauffage de chacun des fours est réalisé séparément, par un foyer du type semi-gazogène. L’acétone distillée est condensée dans des réfrigérants èt recueillie dans des bacs en tôle d’acier. On obtient ainsi une solution à 30-40 pour 100 d’eau. Elle est traitée dans un malaxeur horizontal en présence de chaux vive qui neutralise les acides libres. Elle y est diluée pour provoquer une séparation énergique des huiles d’acétone, ce qui augmente ultérieurement le rendement en acétone.
- La décantation de ces huiles se fait dans des réservoirs tronconiques. Les flegmes acétonés passent dans une colonne rectificatrice continue, pendant que les huiles sont traitées dans un rectificateur spécial discontinu. A la rectification continue on obtient de l’acétone très pure à 99°, et, d’autre part, 10 pour 100 d’huiles et 15 pour 100 de produits de tête (acétone commerciale à 97-98°).
- La rectification discontinue des huiles fournit une nouvelle quantité d’acétone impure qui est repassée à la colonne continue.
- Le rendement total en acétone pure est d’environ 20 kg par 100 kg d’acétate à 82 pour 100.
- Fabrication du formol. — Le formol est obtenu
- par oxydation ménagée du méthylène pur, en présence d’un catalyseur, suivant la réaction :
- H. CH2OH + 0 = H. CHO-f-H20
- De nombreux essais ont porté sur le choix des catalyseurs : ont été employés l’argent, le platine, l’amiante platinée, le cuivre, le thorium et le vanadium. Le catalyseur industriel est le cuivre sous forme de toile métallique à fines mailles. La température à maintenir est aussi d’une grosse importance : la réaction alieu à chaud, mais il faut éviter de brûler l’alcool méthylique. La température optima est d’environ 350°.
- La réaction étant exothermique, il n’est pas besoin de chauffage. A la mise en route le catalyseur est chauffé par la combustion des premières vapeurs d’alcool en présence d’un excès d’air. Dès que la température de 400° est atteinte, on réduit et règle la quantité d’air de façon à réaliser l’oxydation ménagée.
- Les appareils dans lesquels se produit cette réaction sont les formolateurs (flg. 10). Ils sont munis d’un système spécial de refroidissement des gaz après réaction, pour éviter après le passage sur le catalyseur, la réaction inverse.
- Avant l’entrée dans les formolateurs, l’alcool passe à travers des fdtres à ouate, un compteur de débit et une rampe de distribution à comptes-gouttes. Il est vaporisé au moyen de vapeur d’eau produite par un générateur à basse pression. Un groupe de. tuyères permet d’obtenir un dosage régulier des vapeurs dans l’air, de manière à maintenir une température constante de la ruasse catalysante.
- A la sortie des batteries de formolateurs, on recueille un mélange gazeux composé de vapeur d’eau, de formaldéhyde jet de méthylène pur non transformé (35 à 40%). Ce mélange est rectifié dans une colonne à plateaux, grâce à sa propre chaleur et les produits sont condensés.
- Les gaz inertes (CO et CO2), entraînant quelques traces d’alcool sont lavés dans des scrubbers par aspersion d’eau froide.
- Le formol brut condensé contient 28 à 30 pour 100 d’aldéhyde formique, 35 à 40 pour 100 d’alcool méthylique et 30 à 35 d’eau. Il est introduit dans des bacs mesureurs où on le mélange à une proportion d’eau telle qu’après rectification finale il fournisse directement le formol commercial à 40 pour 100 de formaldéhyde en volume.
- Cette rectification finale est opérée dans une colonne qui permet en outre de revivifier à haut degré l’excès d’alcool, renvoyé aux formolateurs.
- 100 kg d’alcool méthylique donnent ainsi naissance à 150 kg de formol commercial.
- DISTILLATION DES BOIS RÉSINEUX
- La distillation des bois résineux peut s’effectuer par extraction à la vapeur et aux solvants volatils. Mais la carbonisation proprement dite a lieu également dans des cornues. La différence avec la carbonisation des bois durs consiste dans l’installation de deux barillets distincts. En effet, dès 100°, l’eau évaporée entraîne les térébenthines. Ces essences sont recueillies dans un collecteur spécial et soumises à des traitements particu-
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- liers. Dès que cette première distillation est terminée et que la décomposition commence, on dirige les vapeurs sur le second barillet et les produits récoltés sont traités comme ceux provenant des bois durs. A noter la forte proportion de goudrons qui nécessite des installations de dégoudronnage importantes.
- CARBONISATION DES DÉCHETS
- Enfin la carbonisation des déchets s’opère, soit dans des cornues fixes, avec chauffage extérieur, soit dans des fours où la matière suit une marche continue.
- Dans le Sud-Ouest de la France, on dispose de res-
- ——....... ..... = 269 =
- centrale de Bayonne. Le goudron est transformé en b rai par oxydation, suivant le procédé Hennebutte, et le charbon de bois, finement moulu, est mélangé avec ce brai et comprimé. On obtient des boulets ovoïdes de petite taille très résistants, denses, n’absorbant pas l’eau et cependant poreux. Leur densité est voisine de 1, et le pouvoir calorifique est d’environ 8100 cal. au kg. Ils alimentent des gazogènes spéciaux, de petites dimensions, utilisés sur de nombreux camions. Un kilog de boulets remplace un litre d’essence.
- Devant la concurrence des procédés synthétiques et pour supprimer la grosse charge que constitue le trans-
- sources importâmes en souches de pin. Les troncs sont exportés sous forme de poteaux dé minés, et les souches laissées en terre. Or elles représentent environ 50% du produit marchand; si donc, on compte que l’exportation annuelle de poteaux est de l’ordre de 2 millions de tonnes, on voit que c’est un million de tonnes de bois qui, non seulement sont inutilisés, mais sont même gênants.
- La société « la Carbonite » a commencé à traiter ces résidus. Arrachés à l’aide d’un tracteur à chenilles, ils sont assemblés par masses de 400 à 500 t. et des fours mobiles viennent les carboniser sur place. On récolte charbons de bois et goudrons qui sont dirigés sur l’usine
- port du bois de la forêt à l’usine, on tend de plus en plus à employer des fours transportables. Leur étude nous entraînerait trop loin et dépasserait les limites de cet article. Ils ne permettent de récolter que le charbon de bois et les goudrons, les vapeurs étant utilisées au chauffage, mais avec un prix de revient faible ce qui assure à la solution élégante trouvée par M. Hennebutte de sérieuses chances de succès. A l’heure actuelle, où la question du manque de carburants est à l’ordre du jour, il est rassurant de penser à cette ressource nouvelle, et si importante pour la France, étant donné la richesse forestière de notre pays.
- J. O.
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- =:: LE CHARBON DE TOURBE -EE
- COMBUSTIBLE POUR MOTEUR D'AUTOMOBILE
- Au dernier rallye des carburants, organisé par l’Automobile-Club de France, liguraienl un certain nombre de voitures ou camions automobiles à gazogènes. Ces véhicules ont définitivement fait leurs preuves. L’Armée les a adoptés et des primes importantes sont accordées aux acheteurs de camions ayant satisfait aux conditions du Concours militaire. Les uns utilisent comme combustible le bois ordinaire, d’autres le charbon de bois, d’autres la carbonitc, aggloméré obtenu en portant du charbon de bois provenant du traitement des déchets forestiers. Ces divers combustibles sont aujourd’hui bien connus et la pratique a sanctionné leur emploi, fort économique en comparaison de l’essence.
- Le Rallye des Carburants a révélé un nouveau combustible, le Granol, comprimés de charbon de tourbe fabriqués suivant les procédés de M. Charles Roux, à l’usine de Liesse, au milieu des marais de la Souche. Ces comprimés étaient utilisés dans un gazogène C. G. B. équipant une voilure
- Ford-Monlier. Le pouvoir calorifique du Granol est d’environ 6000 calories par kg. La consommation moyenne au cours de l’épreuve a été de 15 à 16 kg par 100 km.
- Ces granulés sont obtenus comme il suit : la tourbe extraite à 90 pour 100 d’eau1 est ramenée à 80 pour 100 par simple égouttage. Après quoi elle est malaxée, ce qui lui fait perdre encore 10 pour 100 de son humidité; puis on la passe dans des appareils à granulation d’où elle sort sous forme de petites boules, dont la grosseur peut aller de celle d’un petit pois à celle d’une prune, suivant l’usage auquel elles sont destinées.
- Ces grains sont séchés, ce qui les ramène à 25 pour 100 d’humidité, puis carbonisés à basse température. On obtient ainsi des granules de charbon de tourbe. Celle distillation fournit en même temps les gaz combustibles et des huiles, d’où l’on tire par raffinage des essences, des gazoïls et des huiles lubrifiantes.
- ROSE BLANCHE ET ROSE ROUGE
- LEUR EMPLQI EN THÉRAPEUTIQUE
- J’ai entendu jadis narrer l’histoire d’un droguiste qui, fourvoyé, à la campagne, dans une société d’artistes et de littérateurs et sollicité par eux de donner son avis sur un paysage dont de magnifiques peupliers faisaient l’ornement, s’écria : « Que de pots on pourrait remplir d’onguent populeum en utilisant les bourgeons de ces arbres! -» Cette phrase impliquait un crime de lèse-poésie dans le genre de celui dont je crains de me rendre coupable en soumettant aux prosaïques investigations de la pharmacologie une fleur que la nature semble avoir découpée dans les tissus les plus précieux, revêtue des teintes les plus brillantes, imprégnée des senteurs les plus exejuises pour en faire l’objet le plus propre à servir de thème aux hymnes qui magnifient le Créateur dans les splendeurs de la création. On a rempli, en effet, et l’on remplirait encore des volumes en citant les vers que la rose a inspirés aux poètes de tous les temps et de tous les pays, depuis les aèdes de l’Hellade et les chantres du symbolisme médiéval jusqu’aux rimeurs de madrigaux et aux spécialistes en « bouquets à Ghloris » ; tous ont rivalisé d’ardeur pour célébrer la fleur qui, suivant l’expression de Walafrid Strabus, l’emporte, par sa beauté et par son parfum sur toutes les plantes et mérite d’être appelée la fleur des fleurs, ut merito florum fïos esse feratur, la reine des jardins devant qui Rapin invitait à s’effacer toutes les fleurs plébéiennes :
- .................. plebeii cedite flores
- Ilortorum regina suos ostendit honores!
- S’ils ont parfois un peu abusé de son existence éphémère, emblème de la fragilité humaine, on lit toujours avec émotion les jolies stances de Ronsard, les conso-
- lations qu’adressait Malherbe à du Périer sur la mort de sa fille et: la gracieuse cl; mélancolique poésie citée par J.-C. Rosenberg dans son érudite élude sur la rose :
- « Eçce Rosis similes homines quos tempère verno Una dies nasci vidit et una mori.
- Aurora rosa florescens heu! vespere sero,
- Non rosa quærenti sed asper rubus erit.
- ^ Ut rosa ma ne viget, tamen et mox vespere languet Sic modo qui fui mus, cras levis timbra sumus :
- « Les hommes sont semblables aux roses qu’au printemps un même jour voit naître et mourir : la rose en fleurs à l’aurore n’offre plus, hélas! lorsque vient le soir, à celui qui la cherche qu’une âpre ronce. De même que la rose, pleine de vie le matin, languit bientôt le soir, ainsi nous qui n’avons fait que passer, nous serons demain une ombre légère (1). »
- Les thérapeutes et les pharmacologisles se montreront, toutefois, plus sensibles aux accents d’Anacréon lorsqu’il vante les vertus médicinales de la rose
- Riant dictame de nos maux Offert par le dieu d’Epidaure
- et dont l’œuvre du temps ne peut altérer la fragrance :
- Du temps rapide qui nous presse Elle brave même le cours Et conserve dans la vieillesse Le parfum de ses premiers jours (2).
- 1. J.-C. Rosenberg, llhodologia seu philosophico-medica gene-rosæ rosæ descrîptio, 1631.
- 2. Odes d’Anacréon traduites en vers français par Veïssier des Combes.
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- Ils apprendront également avec intérêt qu’autrefois toutes les roses étaient blanches, jusqu’au jour où, au banquet des dieux, Cupidon, s’amusant à taquiner les convives, renversa de ses ailes une amphore de vin qui teignit la fleur de la pourpre dont nous la voyons parée ; suivant d’autres, elle aurait été ensanglantée par les pieds de Vénus, lorsque cette déesse courait dans les sentiers semés d’épines au secours d’Adonis expirant; et c’est ainsi qu’il y eut, depuis, des roses blanches et des roses rouges dont une expérience séculaire devait apprendre aux médecins à différencier les vertus.
- La rose blanche qu’emploie la matière médicale sous le nom de rose pâle est la fleur du rosier de Damas ou de Puteaux (liosa Dainascena, Mill.), le Nisrin dont nous savons par Razès que les habitants du Khorassan se servaient pour se purger et auquel d’autres médecins arabes tels que El-Teminy et lbn Es-Saïgh attribuaient la propriété de chasser la bile.
- Ses vertus laxatives ont été, dans la suite des siècles, confirmées par de nombreux auteurs : Antoine Constantin, à qui l’on doit un traité sur les plantes purgatives de la Provence (*), dit que, de son temps, la plupart de ceux qui ont accoutumé de se purger au printemps faisaient une décoction de 50 à 100 roses avec un poids égal de sucre et qu’ils en usaient « avec contentement et bon succès » ; il a reconnu lui-même « une faculté laxative assez gaillarde » à cette préparation qui différait peu du Syrupus rosarurn pallidarum ou syrupus rosatus solutions des apothicaires dont voici la formule, d’après G. de Renou :
- « Prenez roses pâles récentes 6 livres, faites-les infuser
- 8 heures dans un vase de verre à col étroit avec 15 livres d’eau 'tiède puis faites une colature. Faites alors macérer à parties égales des roses pâles dans le liquide chaud; faites-en une nouvelle colature; répétez cette opération
- 9 fois; à la neuvième et dernière infusion ajoutez un poids égal de sucre et préparez un sirop selon l’art (2). » Ce sirop eut l’honneur de figurer, avec le son, le séné et la saignée, parmi les remèdes qui constituaient l’arsenal thérapeutique de Guy Patin; plusieurs de ses lettres nous montrent le cas qu’il en faisait. C’est ainsi qu’en 1647 il écrit à M. Belin : « Dieu veuille bien délivrer Mme Belin de sa jaunisse à laquelle je ne sçay point de meilleur remède que le séné et le syrop de roses pâlies. »
- 1. A. Constantin. Brief traictè de la pharmacie provençale et familière, 1597.
- 2. G. de Renou. Boutique pharmaceutique ou antidotaire, 1624.
- Deux ans plus tard il souhaite au fils du précédent que son père « soit bientôt quitte d’une paralysie pour laquelle il faut le saigner hardiment du bras malade puis le purger plusieurs fois de séné, de syrop de roses pâlies, de fleurs de peschier ». A M. Falconet, au sujet d’une religieuse atteinte d’hydropisie, il conseille, en 1657,
- « de fréquentes purgations avec le séné, la rhubarbe, le syrop de roses pâlies. » A quelque cent ans de là, Venel racontait qu’ayant eu à soigner une pauvre paysanne qui n’était pas en état d’acheter une médecine, il lui fit prendre 15 pétales de roses infusés dans l’eau et qu’elle en obtint de remarquables effets purgatifs (*). Ces éloges n’avaient rien de surfait ainsi que j’ai pu m’en rendre compte par ma propre expérience : j’ai vu souvent,- à la campagne, des malades venir à bout de leur constipation en absorbant chaque jour, pendant l’été, une sorte d’élec-tuaire composé de 5 à 6 gr. de pétales frais de rose de Damas triturés avec du sucre qu’ils remplaçaient l’hiver par une infusion de 10 gr. *de pétales desséchés pour une tasse d’eau bouillante.
- Aux citadins qui éprouveraient quelque difficulté à réaliser ces préparations, je conseille, avec non moins de succès, le sirop suivant :
- Extrait fluide de
- roses pâles . , 6 gr.
- Sirop de miel . . 94 —
- Médicament très agréable dont 1 ou 2 cuillerées à soupe le sûir au coucher, produisent une action laxative aussi appréciable par sa constance que par sa douceur.
- Malgré ces mérites, la rose pâle ne figure pas au Codex tandis qu’on y trouve encore l’hydrolat et le mellite de rose rouge ou miel rosat employés journellement lepremier comme collyre, le second comme collutoire. La fleur qui entre dans leur composition est la rose de Provins (Rosa gal-lica L.) originaire de la Syrie et importée à Provins, au temps des croisades, par un comte de Champagne et dont les pétales fournissent à l’analyse de la quercitine, du tanin, une substance colorante identique à la cyanine et une essence qui doit la suavité de son parfum au géraniol, au citronellol, à l’alcool phényléthylique, à l’aldéhyde nonylique et au farnésol. Couramment utilisée comme tonique par les Grecs et par les Romains, la rose rouge servait de base à de nombreux remèdes dont Nicolas Myrepsus nous a laissé la liste et le mode de préparation; c’est surtout auprès des médecins arabes
- 1, Venel. Précis de matière médicale, 1787.
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- qu’elle était en faveur ainsi qu’en témoigne l’éloge que fait Avicenne du djelendjoubin (conserve ou zuccar de roses) dans le traitement de la phtisie ulcéreuse ; il raconte qu’une femme dont on avait déjà préparé les funérailles revint à la santé grâce à un copieux usage de ce médicament; on l’obtenait en broyant ensemble, suivant le conseil de Mésué, une partie de roses desséchées et pulvérisées ou fraîches et réduites en pulpe et trois parties de sucre puis en exposant le tout au soleil pendant trois mois; c’était la conserva rosarum mollis.
- D’autres pharrnaeologistes, comme J. de Ilenou, lui préféraient la conserva rosarum solida composée de quatre onces de poudre de pétales de roses sèches qu’on additionnait de jus de citron et qu’on faisait cuire avec deux livres de sucre « jus-ques à consistance de conserve forte. »
- Quel qu’en fût le mode de* préparation, la conserve de roses fut longtemps considérée comme le spécifique de la phtisie :
- Zacutus Lusitanus cite le cas de la femme d’un vice-roi de Portugal qui était atteinte d’un ulcère du poumon avec hémoptysie : « Elle ne prenait aucun aliment qui ne contînt de la rose, à tel point que je craindrais d’être traité de menteur si je disais toute.la quantité de sucre de roses qu’elle absorba. Toujours est-il que, grâce à son usage, elle fut guérie au bout de sept mois : elle avait recouvré une beauté nouvelle et l’on voyait se refléter sur son visage le vif éclat des roses. » Lazare Rivière rapporte également l’observation d’un pharmacien qui fut guéri par l’usage seul de ce médicament (‘J.
- C’était encore, au début du siècle dernier, un remède très accrédité de la tuberculose; j’ai souvent entendu ma grand’mère parler d’une de ses parentes atteintes de consomption à qui Corvisart rendit la santé en la soumettant à l’usage exclusif du lait caillé, du pain bis et de la confiture dé roses ; je peux rapprocher de cette cure le cas que' j’ai cité d’une malade porteuse de lésions étendues du sommet du poumon gauche qui, condamnée par un état dyspeptique très pro-
- 1. Sur rbistorique de la conserve de roses consulter Henri Leclerc, En marge du Codex, notes d’histoire thérapeutique, p. 27. Masson et Cie, 1924.
- noncé, aune abstention médicamenteuse presque absolue, se guérit après avoir fait pendant un an de véritables orgies de conserve de roses à laquelle elle ajoutait seulement, deux fois par jour, une forte pincée de poudre de prêle.
- Il n’est pas hors de propos de donner la formule d’un médicament qui, s’il ne possède pas les propriétés héroïques que lui attribuaient nos pères, ne laisse pas d’être, en fournissant à l’organisme de fortes rations de sucre associées à du tanin, un adjuvant utile dans une maladie où le rôle de la diététique l’emporte sur celui de la thérapeutique.
- Voici celle formule telle qu’on la trouvait dans le
- Codex de 1884 :
- Roses rouges pulvérisées.
- Hydrolat de roses. . .
- Sucre pulvérisé. . . .
- Glycérine officinale. . .
- 10 s:r.
- 20
- 60
- Fis
- Délayez la poudre de roses dans l’hydrolat, laissez en contact pendant 2 heures, ajoutez alors le sucre et la glycérine et faites un mélange homogène.
- Il n’y a pas lieu de regretter outre mesure l’ostracisme auquel notre pharmacopée officielle a condamné ce produit, épais cambouis à consistance de mastic dont la couleur d’un brun maussade, l’odeur écœurante, la saveur à la fois acerbe et douceâtre ne rappelaient que de très loin l’éclat et le parfum des roses et justifiaient peu les louanges qu’on lui décernait jadis. On obtient, au contraire, un mélange qui séduit également les sens de la vue, de l’odorat et du goût en triturant dans un mortier de marbre, comme le pratiquaient les anciens, une partie de pétales frais avec 4 parties de sucre qu’on mouille d’une quantité suffisante d’hydrolat de roses pour donner au tout la consistance du miel. Je fais habituellement préparer cet électuaire par les malades eux-mêmes, car je considère comme d’excellents moyens pour eux de préluder aux effets salutaires du médicament l’exercice qu’ils prennent en le malaxant vigoureusement et les idées riantes qui se présentent à leur esprit tandis que l’incarnat des roses, la neige du sucre, le cristal de l’hydrolat se fondent en une tonalité d’aurore naissante.
- Dv Henri Leclerc.
- Guy Patin.
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- : LA SCIENCE EN FAMILLE = 273
- NEWTON ET LAPLACE
- Le 5 mars 1827, Laplace mourut dans la maison de la rue du Bac qui porte le n° 108, c’est ce que nous apprend une inscription qu’on lit sur la façade de cet édifice (1 )-
- L’impression fut profonde, car ce décès était inattendu. Laplace, en effet, avait conservé, à soixante-dix-huit ans, non seulement la plénitude de ses facultés intellectuelles, mais toute sa vigueur physique. Quelques jours avant celui où la science devait lè perdre, pour assister à une séance de l’Académie des Sciences, il était venu à Paris de sa maison de campagne d’Arcueil, et il avait fait le trajet à pied.
- En lui disparaissait le dernier représentant de cette grande pléiade de géomètres qui avait illustré le xviiT siècle. Ses émules s’étaient appelés Bernoulli, Euler, Clairault, d’Alembert, Lagrange.
- Tous, ils pouvaient être considérés comme les fils spirituels de Newton, et Newton était mort le 20 mars 1727, presque exactement un siècle, jour pour jour, avant celui qu’on a nommé le Newton français.
- Nos lecteurs jugeront sans doute, comme nous, que le moment est favorable pour rappeler le souvenir de ces deux grands génies.
- lsaac Newton était né à Woolslhorp, dans le Lincolnslnre, le 25 décembre 1642 (2) (vieux style). Il appartenait à une famille de propriétaires ruraux, dont plusieurs membres avaient fait partie du clergé anglican,. Sa mère, notamment, était la sœur d’un pasteur, et, le jeune lsaac ayant perdu son père de très bonne heure, elle se remaria avec un autre clergyman. Le futur auteur des Principes fut donc, dès sa première jeunesse, élevé dans un milieu clérical, comme nous dirions en français, et, non seulement il devait conserver les opinions de ceux qui avaient été ses éducateurs (s), mais porter, même dans son âge mûr un vif intérêt aux études théologiques, qui nous semblent si distinctes des sciences mathématiques et physiques. On sait qu’il a composé des ouvrages théologiques et notamment une explication de Y Apocalypse où il trouve que l’Eglise romaine est clairei ment représentée par la onzième corne de l’animal fantastique de Daniel. Nous laisserons cela de côté ainsi que sa Chronologie, que Fréret a réfutée.
- En faisant ses éludes secondaires, il avait appris le latin, et il le savait d’une façon supérieure. C’était un genre de mérite moins rare alors qu’aujourd’hui, mais aussi, à cette époque, c’était une chose nécessaire pour qui voulait pousser loin ses éludes scientifiques, car le latin était à cette époque une véritable langue internationale, dont tous les savants européens faisaient un usage à peu près exclusif. On ne peut que s’associer au regret que d’Alembert a exprimé dans la préface de Y Encyclopédie, et déplorer l’abandon de l’emploi du latin dans des publications qui s’adressent à un public disséminé sur toute la surface du globe.
- 1. Dans une maison voisine (n° 120), sont morts deux autres hommes illustres, Chateaubriand, en 1848, et le géographe Antoine d’Abbadie en 1897.
- 2. Cela correspond au 5 janvier 1643, selon notre manière d’évaluer les dates. A compter de la même façon Galilée est mort le 8 janvier 1642. Il n’est donc pas exact de dire, comme on le fait souvent, que Newton est né l’année même où moui’ut Galilée, comme si la nature avait voulu consoler le genre humain de la perte du premier en lui donnant le second.
- 3. Cela ne l’empêcha pas d’avoir pour intime ami le grand astronome Halley, dont le septicisme ne connaissait aucune limite et qui ne le cachait pas, chose rare chez un Anglais.
- A l’Université de Cambridge, Newton, tout en suivant avec assiduité les leçons de ses professeurs, lut des ouvrages que, sans doute, ils ne commentaient pas, car ils représentaient alors le point culminant de la science, la Géométrie, de Descartes; Y Optique, de Ivépler; Y Arithmétique des infinis, de Wallis.
- En 1669, à l’âge de vingt-sept ans, on le voit succéder, comme professeur de Mathématiques à son maître Barrow. Cette nomination était parfaitement justifiée, car il y avait déjà trois ans qu’il était en possession, au moins à peu près, des trois grandes découvertes qui ont fait vivre son nom : le calcul infinitésimal, la décomposition de la lumière, la loi de la gravitation universelle.
- Cependant, qu4nd il voulut en 1672 faire partie de la Société Royale de Londres, il lui soumit, pour justifier sa candidature, un de ses moindres travaux, un télescope qu’il avait construit de ses propres mains. Le télescope de Newton est encore employé aujourd’hui, et, pour ne pas se donner le chagrin de mutiler, en y faisant un trou, les miroirs qui lui avaient donné tant de peine à tailler, Foucault a adopté le système newtonien quand il a construit ses puissants télescopes.
- Newton estimait sans doute que ses grandes découvertes n’étaient pas parfaitement mures, et, d’autre part, peut-être croyait-il que ses futurs confrères de la Société n’étaient pas capables de les comprendre et de les apprécier.
- Commençons par donner une idée de la partie la plus importante de son œuvre, de sa théorie de la gravitation universelle.
- La chute d’une pomme, dit-on, aurait attiré son attention sur les phénomènes de la pesanteur, et il se demanda jusqu'où se fait sentir celle force, qui ne diminue pas sensiblement quand on s’élève sur les plus hautes montagnes, puisque la durée de l’oscillation d’un pendule est la même, qu’on l’observe en haut ou en bas. Pourquoi n’agirait-elle pas encore sur la Lune, et, combinée avec son mouvement antérieurement acquis, ne l’obligerait-elle pas à parcourir son orbite?
- En supposant qu’il en fût ainsi, le Soleil devait agir de la même façon sur les planètes et diriger leurs courses dans l’espace. Par la considération de la loi de Ivépler qui donne une relation entre les temps de leurs révolutions et les longueurs des grands axes de leurs orbites, Newton parvint à découvrir que, dans cette hypothèse, la force suivant laquelle le Soleil agit sur les planètes varie en raison inverse du carré des distances, grande loi que Borelli, Boulliaud, Wien, Halley, Hooke avaient entrevue, mais dont ils n’avaient pu donner une démonstration rigoureuse.
- Newton se trouvait donc tout naturellement amené à comparer la chute de la Lune vers la Terre en un temps déterminé, une minute par exemple, avec la chute des corps telle que nous pouvons l’observer. On connaissait alors approximativement, en rayons terrestres, la distance de la Lune à la Terre; si on suppose que cette distance soit mesurée exactement par le nombre 60, et si la loi hypothétique est exacte, en une minute la chute de la Lune devra être la 3600° partie du chemin parcouru en une minute par un corps tombant à la surface de la Terre.
- Il fallait donc commencer par évaluer le rayon de la Terre en mesures usuelles, en pieds puisque nous sommes au xvue siècle. Or, cette détermination, faite au point de vue de
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- la navigation, était fort inexacte. La minute d’un arc de grand cercle de la circonférence terrestre, exprimée en mesures modernes, vaut 1852 m.; pour Newton elle en valait 1609 !
- Il en résulta que pour la chute de la Lune en un temps donné, il trouva une valeur qui différait de 1/6° de celle qu’il aurait dû trouver, si la loi supposée avait été exacte. Il abandonna donc son travail, et se consacra surtout à l’étude de la physique.
- Mais, un assez grand nombre d’années plus tard, en 1682, il eut connaissance de la nouvelle mesure de degré qui venait d’ètre faite en France par l’abbé Picard. La modestie de celui-ci n’empêchait pas son mérite d’ètre connu en dehors de son pays, et en particulier Newton l’appréciait beaucoup. Il se hâta donc d’introduire dans ses formules la nouvelle valeur du rayon terrestre, et fut assez heureux pour trouver une coïncidence parfaite entre le résultat de son calcul et le nombre attendu. Il éprouva une telle émotion, en entrevoyant cet accord, qu’il ne put aller jusqu’au bout et chargea un de ses amis’ de terminer cette vérification. À la lin de 1688, il lit connaître cette découverte sensationnelle à la Société Royale,- sans en donner la démonstration. En 1686, seulement, il lui soumit ses Philosophiae naturalis principia mathematica, et elle les lit imprimer à ses frais en 1687. En 1713 et 1726, ce grand ouvrage, où sont expliqués les principaux phénomènes du système du monde, fut réimprimé. 11 l’a été encore depuis, notamment en 1760 par les soins des P. P. Le Seur et Jacquier, Minimes français, hommes très respectables, qui, vivant à Rome, durent imprimer en tète de ce livre qu’ils ne croyaient pas au mouvement de la Terre. Leur sincérité souffrit assurément beaucoup de cette déclaration forcée.
- Newton est donc le créateur de l’Astronomie dynamique, qu'il a exposée dans ses Principia. Les découvertes de Huyghens sur la force centrifuge l’avaient d’ailleurs grandement aidé, et le géomètre hollandais avait en main tout ce qu’il fallait pour découvrir la plus importante des lois de la nature. S’il ne l’a pas fait, c’est peut-être parce qu’il ne connaissait pas le calcul des infiniment petits, qu’il n’étudia que dans sa vieillesse. Ce calcul est dû à Newton, qui l’appelait calcul des fluxions.
- Il semble bien que c’est par l’emploi de ce calcul que Newton obtint son grand résultat, et une foule d’autres, qui se trouvent dans son grand livre. Seulement, là, c’est sous une autre forme qu’il les a exposés, en faisant usage de la synthèse géométrique des anciens. Ses démonstrations, d’une rigueur absolue, n’en sont pas moins ardues, et c’est tout au plus si, en Europe, il y avait trois ou quatre hommes en état de lire vraiment son ouvrage. Voici ce qu’écrivait Euler, un demi-siècle plus tard, dans la préface de sa Mécanique : « Lorsque j’avais réussi à comprendre et à me démontrer les solutions qu’il donne d’une série de problèmes, cet effort ne me mettait nullement en état de résoudre, par moi-même, des problèmes à peine différents. »
- Si d’ailleurs il avait fait usage du calcul infinitésimal, encore peu connu et dont les principes étaient contestés, les Principia eussent, été encore moins accesssibles au public scientifique.
- On sait à quel degré peuvent s’élever les querelles entre savants, surtout quand il s’agit de la priorité d’une découverte. Leibnitz prétendait, avec raison, avoir de son côté fait la découverte du calcul de l’infini, et sa notation, pour le dire en passant, est universellement adoptée aujourd’hui, tandis que celle de Newton est tombée dans l’oubli, même en Angleterre. Par un patriotisme .mal entendu, les savants anglais se sont efforcés de la conserver, mais, il y a environ un siècle, ils se sont décidés à y renoncer.
- La Société Royale de Londres, faite juge des réclamations de Leibnitz, décida en faveur de Newton, mais l’impartialité de ce jugement a été contestée/1).
- En matière d’optique, Newton fut l’adversaire de Descartes, avec qui il partagea l’admiration du monde savant au xvn° siècle. De nos jours encore, le philosophe français, à certains points de vue est considéré comme l’emportant sur son illustre rival. L’hypothèse de l’émission, par laquelle Newton croyait expliquer la nature de la lumière, est tout à fait abandonnée au profit de celle des ondulations, soutenue par Descaries.
- Newton, rappelons-le, s’est beaucoup occupé des couleurs des lames minces, ce qui lui permit de mesurer l’épaisseur des bulles de savon. Le nom consacré par l’usage, des anneaux de Newton, rappelle ses efforts dans cette branche de la science.
- Il condensa plus tard les résultats de ses études dans son Optique (1704), ouvrage qui fit loi pendant plus d’un siècle, et qui, publié d’abord en anglais, fut bientôt traduit en latin par le Dr Clarke, puis en français. Les éditions en ces diverses langues furent nombreuses, et ce livre eut un véritable succès. La théorie que Newton y donne de l’arc-en-ciel, extension de celle qu’on doit à Descartes, a été longtemps regardée comme intangible.
- S’ils ne le comprirent qu’imparfaitement, ses contemporains sentirent néanmoins sa grandeur et lui rendirent les hommages qu’il méritait. En 1703, la Société Royale le choisit comme président, et, jusqu’à sa mort, il resta à la 1 etc de cette grande Académie. En France, dès que l’Académie des Sciences eut des associés étrangers, elle s’empressa d’inscrire son grand nom sur sa liste. Ajoutons un fait peu connu, c’est que, lorsque l’Académie fut créée, Louis XIV, ou plutôt Colbert, avait déjà songé à l’illustre Anglais, et, s’il ne vint pas résider en France, comme Huyghens, Roemer et Cassini, ce ne fut pas la faute du roi ou d_e son grand ministre.
- Newton servit son pays autrement que par ses découvertes éclatantes. Le gouvernement le consulta ;.ur les questions monétaires et sur la création de la Banque d’Angleterre. Grâce à lui et au philosophe Locke, la situation financière de la Grande-Bretagne s’améliora considérablement. Pendant ce temps en France, on dédaignait les conseils de Vauban.
- Pour le récompenser on le nomma d’abord inspecteur, puis directeur de la Monnaie; c’était un emploi lucratif, rapportant de 1200 à 1500 livres sterling de revenu. Newton le remplit très consciencieusement mais ne fit plus de nouvelles découvertes'. A l’âge de quarante-cinq ans, il avait donné tous ses fruits, et l’effort qu’il avait fait avait lassé son intelligence, si puissante fût-elle. Il se borna à donner de nouvelles éditions, revues et complétées, de ses grands ouvrages.
- 11 ne s’était pas borné aux Mathématiques, à l’Astronomie et à la Physique. La Physique du globe l’a intéressé, et ou lui doit une édition de la Geographia generalis de Varenius, ouvrage qui eut une certaine célébrité au xvii° et au xviii° siècle.
- Il avait même beaucoup étudié la chimie et ses papiers renfermaient des études importantes s’y rapportant. Par malheur, un incendie les détruisit, ainsi qu’une partie de ses travaux sur l’Optique. Cette perte accabla Newton, si bien qu’il fut atteint d’une maladie mentale qui dura dix-huit mois, au bout desquels, grâce aux soins que lui donnèrent ses
- 1. Voir à ce sujet, dans les Mélanges scientifiques et littéraires, de Biot, la biographie de Newton. On y trouvera tout au long, et exposés avec une clarté parfaite tous les détails historiques que l’on peut désirer sur cette question et sur beaucoup d’autres.
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- amis, il recouvra ses facultés et put, dans une certaine mesure, reprendre ses travaux.
- Il garda sa santé jusqu’à la lin de sa vie et ne souffrit vraiment que pendant ses vingt derniers jours. Il fut enseveli à l’abbaye de. Westminster, à côté des souverains de la Grande-Bretagne. Ses funérailles furent célébrées avec une solennité imposante. Un jeune Français y assistait et en fut vivement impressionné. Voltaire, c’était lui, n’était guère mathématicien, mais plus que personne, il contribua à populariser, en France et dans toute l’Europe, les doctrines newtoniennes (').
- Venons-en au glorieux successeur de Newton, à Pierre Simon Laplace, né à Beautnont-en-Auge, petite ville d’environ 550 habitants, qui se trouve dans le département du Calvados, arrondissement de Pont-l’Evêque, le 21 mars 1749.
- Il lit ses études au collège de Caen, où il eut pour condisciple un autre Normand célèbre, le physiologiste Vicq-d’Àzyr. On rapporte que le professeur qui leur avait enseigné la philosophie, M. Adam, s’attribuait le mérite d’avoir formé deux pareils élèves sans se douter que ceux-ci s’étaient donné beaucoup de mal pour se débarrasser des doctrines qu’il s’était efforcé de leur inculquer.
- Laplace est lé premier qui ait démontré la stabilité de notre système du monde. On n’imagine pas un plus beau problème à résoudre; aussi, marchant sur ses traces, Lagrange, Poisson et Le Verrier(1 2), ont-ils composé des mémoires sur la môme question.
- Il a aussi démontré que le changement de forme de l’orbite terrestre influe sur la vitesse moyenne de circulation de la Lune autour de notre globe. De môme, c’est lui qui a fait connaître l’origine des inégalités de vitesse de Jupiter et de Saturne. Cinq fois la vitesse de Saturne fait à peu près deux fois la vitesse de Jupiter. De là des perturbations dont le développement complet exige plus de 900 ans, et qui expliquent toutes les anomalies observées.
- L’étude du mouvement de la Lune lui a fait découvrir l’influence de l’aplatissement de la Terre sur ce mouvement. Renversant le problème, il en a déduit une valeur de cet aplatissement qui se trouve être une moyenne entre les valeurs résultant des observations géodésiques.
- Tout en perfectionnant, au grand bénéfice des navigateurs, les Tables de la Lune, il s’occupa beaucoup aussi des satellites de Jupiter, dont les éclipses fournissent un autre moyen que les distances lunaires pour déterminer la longitude en mer. Les lois de Laplace sont des rapports simples et très remarquables qui existent entre les positions relatives de ces satellites.
- Les mouvements de rotation de Panneau de Saturne autour de cette planète, la théorie des marées, la stabilité de l’équilibre des mers furent tour à tour l’objet de son activité. Toutes ces questions, et bien d’autres, furent l’objet d’une multitude de mémoires publiés dans les divers recueils académiques de l’Europe, notamment dans ceux de l’ancienne Académie des Sciences, puis de la première classe de l’Institut. Il les reprit, leur donna une nouvelle forme, et il en résulta le plus important de ses ouvrages, sa Mécanique céleste, qui forme cinq gros volumes in-4°. La première édition parut en 1799.
- C’est un livre qui ne peut avoir qu’un bien petit nombre de lecteurs. Désirant que les résultats de ses travaux fussent
- 1. Cf. son Épître à Mme du Châtelet, et ses Eléments de la Philosophie de Newton, publiés en Hollande en 1738. — Mme du Châtelet, avec l’aide de Clairault, a donné une édition française, très recherchée, des Principes mathématiques de la philosophie naturelle, Paris, 1759, 2 vol. in-4“.
- 2. Remarquons que Le Verrier, né à Saint-Lô en 1811, avait pour ainsi dire la même petite patrie que Laplace.
- dans la mesure du possible, connus du grand public, Laplace fit paraître une autre œuvre, VExposition du Système du monde, qui ne forme qu’un volume du format de la Mécanique céleste. Là, remontant aux premiers éléments, il met à la portée de tout homme quelque peu instruit et attentif les vérités qu’il a exposées ailleurs avec force formules analytiques qui dépassent la portée de ceux qui n’ont pas fait d’études spéciales.
- C’est dans une note de la sixième édition de ce livre que Laplace a exposé ses idées sur la formation du monde solaire. On sait combien de commentaires a engendrés cette théorie cosmogonique.
- La première édition, publiée en 1796, était dédiée au Conseil des Cinq-Cents. Elle se terminait par les lignes suivantes : « Le plus grand bienfait des sciences astronomiques est d’avoir dissipé les erreurs nées de l’ignorance de nos rapports avec la nature, erreurs d’autant plus funestes que l’ordre social doit reposer uniquement sur ses rapports. Vérité, Justice, voilà ses bases immuables. Loin de nous la dangereuse maxime qu’il peut être, quelquefois, utile de tromper ou d’asservir les hommes pour assurer leur bonheur ! De fatales expériences ont prouvé, dans tous les temps, que ces lois sacrées ne sont jamais impunément enfreintes. »
- On a remarqué, avec malice, que ces lignes ont été supprimées dans les éditions publiées sous la Restauration.
- Enfin, citons encore son Traité du calcul des probabilités, et nous aurons énuméré les principaux ouvrages de Laplace.
- Ajoutons que, comme Newton, il s’intéressait vivement aux branches de la science les plus éloignées de ses études de prédilection. Quelques années avant sa mort, il soumit à l’Académie un vaste plan d’études de physique du globe, dont Arago a donné une analyse dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes. Mieux encore, la physiologie ne le 'laissait pas indifférent, et quand, à l’Académie, les naturalistes, ses confrères, discutaient une question relative aux phénomènes de la vie, il les écoutait attentivement, et: au besoin, leur demandait des explications.
- Il obtint tous les honneurs qu’il méritait, et non pas seulement des honneurs académiques. Bonaparte, sous le Consulat, lui confia le Ministère de l’Intérieur, mais au bout de quelques semaines, il reconnut que le géomètre ne convenait point à ce poste, et lui demanda sa démission. Laplace n’en fut pas moins nommé sénateur et décoré du titre de comte. C’est lui qui présidait le Sénat quand ce corps politique prononça la déchéance de Napoléon.
- Sous la Restauration, il fut pair de France et devint le marquis de Laplace. On regrette de trouver son nom parmi ceux des pairs qui. condamnèrent à mort le maréchal Ney. Il semble n’avoir pris la parole qu’une fois dans les assemblées politiques, et ce fut à propos d’une question financière.
- En somme, il a été surtout un savant, et une des plus grandes gloires scientifiques de la F’rance. Jusque sur son lit de mort, il songeait aux belles questions à l’étude desquelles il avait consacré sa vie, et la tradition veut qu’une de ses dernières paroles ait été :
- « Ce que nous savons est peu de chose, ce que nous ignorons est immense. »
- Cela sera éternellement vrai.
- La famille de Laplace fonda un prix devant être décerné chaque année à l’élève sorti de l’Ecole Polytechnique avec le numéro 1. Ce prix consistait en une collection complète des œuvres du grand géomètre. Aujourd’hui, cette collection étant trop coûteuse, le‘lauréat reçoit une médaille qui en tient lieu. Le premier titulaire du prix Laplace fut Delaunay, qui s’illustra par ses travaux sur la théorie de la Lune et devint directeur de l’Observatoire.
- Peu d’années après la mort de l’auteur de la Mécanique
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- céleste, ses ouvrages étaient devenus introuvables : les principaux furent réimprimés, de 1843 à 1847, aux frais de l’Etat, et Arago lit observer, à ce propos, que la Franco ne faisait qu’acquitter une dette matérielle contractée envers l’illustre astronome, qui, quelques années avant sa mort, avait donné à l’Observatoire de Paris un magnilique cercle répétiteur, dont le prix était à peu près la somme qu’exigeait la réimpression de ses œuvres.
- Le fils de Laplace, devenu général, fut pair de France sous le gouvernement de Juillet, et sénateur sous le Second Empire. Quand il sentit sa lin approcher, il ordonna, par son testament, qu’une somme de 70 000 francs fût prise sur les plus clairs deniers de sa succession et employée à la
- réimpression de toutes les œuvres de son illustre père. Cette réimpression, confiée à divers géomètres, MM. Puiseux, Houël, Souillart, Callandreau, a duré de 1878 à 1898. Les astronomes, grâce à la piété filiale du général de Laplace, ont à leur disposition 14 magnifiques volumes où ils peuvent étudier toutes les théories du grand géomètre sur les principaux phénomènes du système du monde (').
- E. Doublet.
- 1. Laplace avait été enseveli au cimetière du Père-Lachaise, où sa pierre tombale attirait l’attention par les figures astronomiques qui y étaient gravées. Il y a une vingtaine d’années, scs restes ont été transportés dans son pays natal, par les soins de ses descendants.
- --...—, HYGIÈNE ET SANTÉ El-
- LA CONSTITUTION CHIMIQUE DES VITAMINES
- La constitution chimique des vitamines, est, à l’heure présente, un des problèmes les plus passionnants de la chimie biologique. Tout donne à penser, en effet, que de la découverte de cette constitution il sortira des conséquences théoriques et pratiques de la plus haute importance. Elle donnera surtout à la théorie des vitamines la précision qui lui manque encore. Or il semble qu’enfin on louche au but.
- Rappelons tout d’abord qu’aux trois vitamines primitives sont venues depuis peu s’en ajouter deux autres, admises par la majorité des auteurs. Nous avons donc une vitamine A qui protège contre la xérophtalmie (dessèchement de l’œil), une vitamine B qui protège contre l’atonie intestinale, cause de phénomènes paralytiques (béri-béri), la vitamine C, la seule qui ne résiste guère à la cuisson et qui protège contre la tendance aux hémorragies (scorbut des navigateurs et la maladie de Barlow), la vitamine D qui protège contre le rachitisme et la vitamine E qui est apparentée à la vitamine B. Laissons de côté les vitamines-Z dont l’existence est encore par trop contestée.
- C'est la vitamine E qui semble avoir fait l’objet du plus grand nombre de recherches. C. Funk, des chercheurs japonais : Odake, Sahaski, d’autres encore comme Hofmeister, Bertrand, Abderhalden se sont attelés à celte recherche. Dans le résidu actif qu’ils ont extrait de la levure de bière ou de l’infusion du son de riz où la vitamine B est très abondante, ils ont trouvé un grand nombre de corps chimiques, plus ou moins actifs, contre le béri-béri. Mais d’aucun d’entre eux, il ne semble possible d’affirmer qu’il s’agisse de la vitamine B. Tels sont l’allanloïne, la choline, l’oryzamine, l’histamine, l’aschamine de Abderhalden et Schaumann et l’acide nicotinique. Toutes ces substances sont azotées et contiennent par conséquent les 4 corps : N. O, C. et II. Ajoutons que l’acide nicotinique est une des substances dont on a le plus souvent parlé, notamment sous forme de produits de condensation (Williams) et qu’il se pourrait que les recherches viennent à s’orienter définitivement de ce côté.
- La vitamine C n’a pas été davantage identifiée avec certitude. Mais elle donne avec le réactif de Bezsonoff une réaction colorée caractéristique qui permet de croire qu’on arrivera avant peu à connaître sa constitution.
- Quant aux vitamines A et D, longtemps confondues, elles se retrouvent toutes deux dans la partie non saponifiable de
- l’huile de foie de morue. On est donc arrivé à extraire de cette huile quelques millièmes de résidus qui se sont montrés très actifs, très colorés par une substance apparentée à la carottine et riches en cholestérine, corps qui fait partie des lipoïdes, voisin des cires et des acides biliaires, jouant un grand rôle dans la constitution des calculs du foie et enfin dépourvu d’azote. Cependant, la cholestérine pure est inefficace pour remplacer la vitamine A comme la vitamine D. En revanche on sait que la cholestérine, qui sous une forme peu différente se retrouve dans lous les tissus animaux ou végétaux (phytostérine), se transforme, sous l’influence des rayons ultra-violets, en une substance active, tout au moins pour remplacer la vilamine D. On pourrait donc considérer la cholestérine comme une provitamine ou comme une très proche parente de la véritable provitamine dont les procédés usuels de dissolution et de cristallisation ne la différencient guère. C’est dans ces conditions qu’il fut isolé par Wind-haus C) d’un champignon, une Ergostérine (du nom de l'ergot de seigle) qui possède toutes les propriétés nécessaires et notamment celle d’avoir trois doubles liaisons comme l’exigeaient les propriétés optiques de la cholestérine active, celle de protéger contre le rachitisme, à un centième et même à un millième de milligramme administré pendant quelques jours (9 jours), les rats auxquels on a administré un régime rachi-tigène, comme par exemple le régime 3143 de Mc Collum (Iloltz). Il suffit pour activer cette ergostérine de l’exposer à la lumière ultra-violette.
- Il reste d’ailleurs à savoir quelles transformations cette ergostérine subit, du fait de la lumière, comment elle agit.et quels rapports elle présente avec la vitamine A. On voit néanmoins deux groupes de vitamines s’opposer : celles qui contiennent et celles qui ne contiennent pas d’azote. Cette différence de constitution empêchera peut-être de continuer à employer l’expression, pourtant si commode, de vitamine, puisque un seul mot ne s’applique que rarement à des corps chimiques aussi différents.
- Pratiquement, on peut espérer que celte découverte fournira un moyen commode et économique de lutter contre le rachitisme, ce redoutable fléau des régions industrielles.
- Dr P.-E. Morhardt.
- 1. Friedrich Holtz. Das antiracliilisclie Yitamin. (Khnische Wochenschrift, n° 12, 19 mars 1927).
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- .------.. LA RADIOPHONIE PRATIQUE ......2
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- LES NOUVEAUX TYPES DE LAMPES A DEUX GRILLES
- Nous avons maintes fois indiqué à nos lecteurs les propriétés si intéressantes des lampes à deux grilles, et les montages qu’elles permettaient de réaliser.
- Ces montages sont extrêmement nombreux et, pour en décrire seulement une partie, il faudrait leur consacrer un petit livre tout, entier, comme plusieurs auteurs, et nous-même d’ailleurs, l’avons fait.
- Cependant, sans mentionner des dispositifs spéciaux, tels que les montages réflexes ou superrégénérateurs, on peut dire qu’actuellement, les principales applications pratiques de ce tétraode sont au nombre de quatre et la lampe à grille est surtout employée comme déteclriceà réaction, amplificatrice haute fréquence à montage compensé, changeuse de fréquence et amplificatrice basse fréquence (fig. 1).
- Il faut bien avouer cependant que la régularité des constantes des lampes à deux grilles françaises était très imparfaite il y a quelque temps, et surtout que les amateurs français regrettaient fort de ne pouvoir se procurer qu’un seul modèle de lampe, modèle qui convenait évidemment fort mal pour des usages aussi variés.
- Il résultait de celte situation que les essais tentés pour utiliser cette lampe dans les différents montages avaient souvent fort mal réussi et que son usage était encore relativement peu répandu malgré ses grands avantages théoriques.
- Depuis peu de temps heureusement, il semble que les constructeurs ont fait un effort pour améliorer leur fabrication, les lampes fournies sont plus constantes et, de plus, elles sont réalisées sous trois formes différentes, d’ailleurs toutes trois munies de filaments thoriés à faible consommation chauffés par un courant de 3,5 volts à 3,8 volts avec une intensité de 0,07 ampère à 0,12 ampère.
- Le premier de ces modèles est destiné aux appareils à changement de fréquence, sa tension-plaque normale est de 40 volts et son courant de saturation de 8 à 12 milliampères.
- Il est même question d’une autre lampe du même type, à courant de plaque d’une tension de 80 volts, ce qui simplifierait le montage des postes à changement de fréquence par bigrille.
- Un deuxième modèle de lampe est destiné à l’amplification haute fréquence, à la détection, etc. La tension de plaque
- nécessaire n’est plus que de 5 à 25 volts, et le courant de saturation peut atteindre 11 milliampères (d’après le constructeur).
- Enfin, on signale l’apparition d’une lampe à deux grilles de puissance qui ne permettra plus d’accuser les tétraodes de ne pouvoir être employés avec succès pour l’amplification basse fréquence.
- Cette lampe de faible résistance intérieure (10 000 ohms) possède, en effet, d’après son constructeur, un courant de saturation de 30 milliampères avec une tension-plaque réduite de 10 à 20 volts.
- On ne saurait douter que l’apparition de ces nouveaux
- modèles de lampes bien étudiés, va contribuer beaucoup à répandre parmi les amateurs français l’usage des montages à lampes bigrille déjà connus, et . les incitera à tenter l’essai de dispositifs nouveaux.
- LA RÉCEPTION DES RADIO-CONCERTS SUR ONDES TRES COURTES
- Jusqu’à présent, les amateurs français se sont relativement peu intéressés à la réception des émissions sur ondes très courtes et cela tient sans doute à ce que cette réception présentait uniquement. un intérêt scientifique ou « sportif ».
- Presque toutes les émissions de ce genre étaient, d’ailleurs, radiotélégra-phiques et rares sont les amateurs qui savent «lire au son » ; seuls quelques amateurs - émetteurs faisaient des essais en radiotéléphonie, essais évidemment peu intéressants comme programmes.
- Mais nous avons signalé à nos lecteurs l’établissement tout récent en Hollande d’une puissante station radiophonique sur ondes très courtes, le poste d’Eindhoven de la Société Philips.
- Cette station, qui émet régulièrement sur 30, 2 m. de longueur a d’onde, obtenu des résultats extraordinaires, puisque ses radio-concerts ont été entendus facilement aux Indes Néerlandaises.
- On peut assez facilement, semble-t-il, entendre ses émissions dans tous les pays d’Europe, ce qui constitue un fait essentiel et nouveau qui incitera sans doule les amateurs européens à tenter dès maintenant la réception des ondes très courtes en attendant l’établissement d’autres postes émetteurs sur ondes courtes du même genre.
- La construction d’un poste destiné à la réception de ces émissions est, d’ailleurs, fort simple.
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- Fig. 1. — Les quatre principaux montages des lampes à deux grilles.
- I. Détectrice à réaction; II. Changeuse de fréquence; III. Amplificatrice haute fréquence, montage isodyne; IV. Amplificatrice basse fréquence.
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- Fig. ?. — Poste simple destiné à la réception des émissions sur ondes très courtes.
- On ne saurait songer à utiliser des étages classiques d’ampli ücation haute fréquence pour l’amplification de courants de T. S. F. dont la fréquence atteint environ 10 millions de périodes par seconde :
- On pourrait employer un système à changement de fré-
- Fig. 3. — Cadre h enroulements utilisés en totalité quelle que soit la longueur d’onde des émissions à recevoir.
- quence, mais il serait un peu complexe; un poste superrégénérateur serait excellent une fois mis au point.
- Mais le dispositif le plus simple, et qui donne presque toujours des résultats satisfaisants, est la lampe délectrice à réaction suivie d’étages d’amplification basse fréquence.
- Le système d’accord est en Tesla ou en Baune, généralement sous condensateur dans le circuit d’antenne (fig. 2). Les bobinages de primaire, de secondaire et de réaction P, .S et Re, sont composés de quelques spires en fil de cuivre de gros diamètre nu ou isolé avec un support de 10 cm de diamètre environ réduit au minimum.
- La bobine primaire comprend de une à trois spires suivant la longueur de l’antenne, et les bobines secondaire et de réaction environ trois spires. Les trois bobines seront fortement couplées.
- Le support de la lampe délectrice sera évidemment anticapacité, les connexions seront réduites au minimum, cl un condensateur C variable de 0,25/1.000 de microfarad au maximum, à faibles pertes, sera suffisant pour réaliser l’accord du secondaire.
- k UN NOUVEAU CADRE DE RÉCEPTION
- POUR TOUTES LONGUEURS D'ONDE
- On sait, qu’en général, les meilleurs résultats sont obtenus dans la réception sur cadre en utilisant deux enroulements séparés, l’un destiné à la réception des ondes courtes, l’autre pour les ondes moyennes.
- Cependant, avec des appareils très sensibles, comme les postes à changement de fréquence, on peut employer sans trop d’inconvénients un seul cadre pour toutes longueurs d’onde ; ce cadre est construit de façon à ce qu’on puisse mettre en circuit l’enroulement correspondant à la longueur d’onde de l’émission que l’on veut entendre.
- Nous avons ainsi décrit, dans une récente chronique, un cadre à enroulements fractionnés, mais à coupures entières.
- Mais il existe également une autre solution du problème permettant d’utiliser toujours la totalité de l’enroulement quelle que soit la longueur d’onde.
- Cette solution consiste à connecter en série, en série parallèle, ou en parallèle les fractions de l’enroulement total dont le sens est convenablement déterminé suivant qu’on veut recevoir les gammes, 1600 m., 3000 m., 350 m., 1000 m., ou 200 m., 500 m. ; gammes ordinaires de la radiodiffusion actuelle en Europe.
- Le nouveau cadre représenté par la photographie de la figure 3 est établi suivant ce principe, et les deux manettes que l’on aperçoit sur la plaquette centrale suffisent pour effectuer immédiatement les connexions indiquées. Son emploi est donc fort pratique et son rendement semble satisfaisant.
- UNE NOUVELLE LAMPE DE PUISSANCE
- Les amateurs français ont pris maintenant l’habitude d’utiliser des lampes de puissance à faible résistance intérieure et à coefficient d’amplification relativement peu élevé, mais à courant de saturation intense, pour les étages basse fréquence et, en tout cas, pour le dernier étage basse fréquence lorsqu’il y en a plusieurs.
- Ces lampes permettent d’obtenir une intensité d audition considérable sans aucune modification du montage et une excellente pureté d’audition en prenant la précaution de donner à la grille une légère tension négative, variable suivant la tension de plaque.
- Un récent modèle de lampe de puissance établi par un
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- constructeur français semble présenter sur les modèles similaires de grands avantages.
- Comme le montre la ligure 4, la lampe comporte deux groupes d’électrodes verticales montées en parallèle. Les filaments sont du type à faible consommation, et ne sont chauffés qu’au rouge sombre, de telle sorte que ces lilaments sont pour ainsi dire inusables durant le fonctionnement.
- L’inclinaison de la caractéristique très élevée (1,5 milliampère par volt-grille) permet d’obtenir une puissance de son très grande (lig. 5).
- La tension négative de polarisation de la grille est de 4 à 5 volts pour une tension-plaque de 8 volts et de 7 à 8 volts pour une tension-plaque de 120 volts.
- QUELQUES ACCESSOIRES DE MONTAGE
- En même temps qu’évoluait la technique de la construction des postes récepteurs, depuis l’emploi des lampes à faible consommation, la réception des émissions sur ondes courtes, la recherche des montages semi-automatiques à réglage simplifié, il devenait nécessaire également d’adopter des accessoires de montage nouveaux.
- Tout d’abord, les supports de lampes anti-vibratoires sont de plus en plus utiles pour éviter les vibrations du filament d’origine mécanique qui sont cause de bruits si désagréables dans les écouteurs et haut-parleurs; un support de ce genre est presque indispensable pour la lampe déLectrice dans les
- Fig. 4 et 5. — La lampe de paissance R. T. 50 et ses courbes caractéristiques du conrant-plaquc en fonction de la tension-grille à
- chauffage constant.
- Tension de chauffage, 3,4 à 3,8 volts ; courant de chauffage, 0,1 ampère; tension plaque, 20 à 120 volts; coefficient d’amplification, 9; résistance interne, G000 ohms; pente de la caractéristique, 1,5 mA. par volt-grille.
- Fig. 0. — I) Nouveau support de lampe antivibratoire.
- 11) Support à capacité réduite.
- appareils à multiples étages et évidemment dans les postes portatifs.
- On voit sur la figure 6 un excellent modèle de support de ce type.
- Cet accessoire en bakélite est formé de deux pièces indépendantes, suspendues par l’intermédiaire de' quatre minces lamelles de ressort qui absorbent les vibrations.
- Ces lamelles sont reliées directement, d’une part aux douilles des lampes, d’autre part aux écrans et barrettes de connexion, ce qui diminue les pertes au minimum.
- Un support à capacité réduite est non moins utile pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- Un nouveau modèle présenté récemment en France (II, lig. 6) est très robuste et très simple; il se fixe simplement sur tout poste à l’aide de deux vis.
- Quatre barrettes sont prévues pour permettre la soudure des connexions et, comme on le voit, l'armature est réduite au minimum pour éviter les capacités nuisibles.
- On a pris de même l’habitude, dans les postes modernes, ainsi que nous l’avons indiqué déjà, d’utiliser un interrupteur général de chauffage permettant la mise en marche immédiate du poste après réglage des rhéostats particuliers; des coupe-circuits et des inverseurs multiples permettent également dans des postes semi-automatiques la réalisation de connexions de différents circuits au moyen d’un seul bouton de commande apparent.
- On voit sur la figure 7 un modèle de coupe-circuit inver-
- seur à poussoirs très pratique et deux modèles de coupe-circuits et de combinaleurs à couteaux.
- Ces accessoires sont très robustes, leur manœuvre s’effectue facilement au moyen d’un seul bouton de commande fixé sur un petit levier extérieur, et leur fixation sur le panneau frontal du poste se fait simplement au moyen d’un écrou central.
- A l’aide de ces appareils, on peut d’ailleurs contrôler de un à cinq circuits différents : enroulements de cadre , de bobinages d’accord ou de résonance, de bobinages de modulation dans un changeur de fréquence, etc.
- P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS I
- Cadre pour toutes longueurs d'onie, Cintrai, 5, ru.3 Garreau , Paris (18e).
- Nouvelle lampe de vuissanc.e, La Radio technique, 12, rue La Boétie, Paris.
- Accessoires de montage, Marc Wilkié, 24, boulevard de Strasbourg, Paris (10e).
- Fig. 7. — Trois accessoires très employés dans les vostes modernes
- semi-automatiques.
- I. Coupe-circuit à poussoirs; II. Inverseurs à couteaux ;
- III. Gombinateur à couteaux.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Mouvement du port aérien du Bourget.
- Les chiffres concernant le mouvement du port aérien du Bourget ont progressé très sensiblement depuis deux ans :
- 1924 1926
- Passagers .... 14.715 22.910
- Postes............... 2,617 kgs 10.400 kgs
- Marchandises. . . 971.894 kgs 1.212.743 kgs
- Pour le mois de décembre 1926, ces chiffres sont les suivants :
- Avions, 172.
- Passagers, 507.
- Marchandises, 38 950 kgs.
- Postes, 291 kgs.
- Les améliorations des groupes moto-propulseurs pour avions
- Un exposé sur « les améliorations à apporter aux groupes moto-propulseurs » a été fait le 12 janvier dernier à la Société française de Navigation aérienne, par M. l’Ingénieur en chef Martinot-Lagarde, de l’Inspection technique de l’Aéronautique.
- Le problème du groupe moto-propulseur présente à l’heure actuelle beaucoup de bonnes solutions ayant chacune leurs partisans ; il est bon de remarquer qu’il n’aboutira pas à une solution unique, mais à plusieurs types ayant des limites d’applications bien déterminées. La tendance actuelle est l’augmentation du rendement volumétrique par amélioration des vitesses de rotation, les avantages sont nombreux ; réduction du poids spécifique, diminution du danger de résonance, danger particulièrement sensible sur les appareils modernes à ailes en porte-à-faux.
- Les soupapes, en aciers spéciaux à points de transformation supérieurs aux températures de fonctionnement (aciers de M. l’Inspecteur général Grard), aujourd’hui généralisées, évitent les ruptures autrefois fréquentes ; les forces d’inertie sont diminuées par l’allégement des bielles (évolution probable vers les bielles de duralumin) et des pistons ; la pression sur les paliers est diminuée par augmentation de leur longueur ou de préférence de leur diamètre. Il semble que nous nous dirigeons vers le moteur rapide (2 600 t/m) et à faible alésage (110 à 120); moteur léger et poussé dont on n'utilisera qu’une partie de la puissance en régime normal. Le réducteur nécessité par ce moteur est actuellement encore un appareil délicat (dangers de résonance, nécessité d’arbres courts à grand moment d’inertie); différents types sont néanmoins utilisés, soit à pignons parallèles, soit à satellites.
- Le moteur à refroidissement par l’air donne maintenant un rendement comparable au moteur à refroidissemenl par l’eau, même pour les grands alésages (145); il présente de sérieux avantages : allégement, grandes facilités d’installation, bon équilibrage.
- Les matériaux utilisés sont en majorité des aciers spéciaux, surtout des aciers au creuset, à cause de leur homogénéité. Les défauts de forgeage, matriçage, traitements thermiques, semblent nécessiter : une augmentation du contrôle de fabrication, et le polissage de toutes les pièces; ces pièces doivent, de plus, être calculées aux vibrations, pour écarter complètement le danger de rupture.
- Pour l’année 1926, les pannes de l’aviation militaire se répartissent suivant les tableaux suivants :
- .32 pannes ayant entraîné des accidents de personnel.
- 23 alimentation dont 9 au départ.
- 2 allumage.
- 2 refroidissement.
- 5 cause indéterminée.
- 1 170 pannes ayant interrompu des missions, dont 1 012 causées par le moteur.
- 258 alimentation dont 65 pour le carburateur.
- 174 allumage.
- 164 attelage moteur.
- 140 refroidissement.
- 133 distribution.
- 119 graissage.
- 24 indéterminées.
- Des détails de construction élimineraient la majorité de ces pannes.
- Circulation des liquides. — Jusqu’ici les installations de tuyauteries sont empiriques; des essais d’écoulement s’imposent : ils permettront de calculer les pertes de charge dues aux coudes, étranglements, filtres, etc..., aux différents régimes. L’étude des canalisations sera poussée, et conditionnera la construction de l’avion. Enfin les pompes à eau et à huile seront avantageusement doublées.
- Allumage. — Les bougies seront étudiées pour éviter l'encrassement (autoallumages, grillage d’induits, etc ), et augmenter leur longévité (40 à 100 heures pour les bougies actuelles). Un dispositif sera prévu pour empêcher la chute de l’électrode dans le cylindre en cas de rupture.
- Organes mobiles, — L’axe du piston libre à la fois dans le piston et dans le pied de bielle, le piston elliptique devenant circulaire par dilatation à la température de fonctionnement, sont les plus avantageux. Un palier, intermédiaire au vilbre-quin, diminue les possibilités de rupture : il est donc indispensable. Les soupapes seront de faible diamètre, pour augmenter l’étanchéité (4 par cylindi’e); le ressort de soupape sera double ou triple.
- Enfin on diminuera le danger d’incendie, par l’éloignement des carburateurs et l’étanchéité des tuyauteries. Des essais effectués en Amérique semblent indiquer que l’incendie est dû dans la majorité des cas au pot d’échappement (toujours au rouge sombre en régime normal) ; ces essais, effectués en pleine vitesse, seraient également intéressants à vitesse réduite et moteur arrêté; ils montreraient peut-être la nécessité de proscrire ou en tous cas de refroidir le pot d’échappement.
- Ces quelques précautions de fabrication, ajoutées à des essais au banc plus sévères, semblent devoir diminuer le nombre de pannes dans la proportion de 10 à 1.
- Moteur sans soupape en étoile.
- Un nouveau moteur d’aviation en étoile vient d’être créé par la Continental Motor Corporation (Etats-Unis).
- C’est un neuf cylindres à refroidissement par l’air, .sans soupapes. La distribution est assurée par fourreau unique, et les caractéristiques sont, les suivantes :
- Puissance 220 cv., alésage 114 mm., course 140 ram., poids par cheval 0 kg. 980.
- Les avantages du sans-soupapes, en aéronautique, sont intéressants (plus grande sécurité de fonctionnement, remplissage plus régulier, bruit moindre), mais les difficultés de refroidissement par l’air semblent assez grandes; les résultats des essais du moteur américain- ne sont d’ailleurs pas connus.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Le compas électromagnétique pour avions, système Dunoyer.
- A propos de traversées de l’Atlantique par les avions américains de Lyndbergh, de Chamberlin, et de Byrd, nous avons signalé les services rendus par le compas électromagnétique système Pioneer, employé à bord de ces aéroplanes. On a pu attribuer à cet appareil une part du succès dans la magnifique navigation effectuée par les pilotes américains. Mais le public français ignore que ce compas a été inventé et réalisé, il y a plus de 20 ans, par un-de nos compatriotes, M. Louis Dunoyer, aujourd’hui professeur à l’Institut d’Op-tique, alors préparateur au Collège de France, et qu’il a même fait l’objet de sa thèse de Doctorat en 1909. La Revue d’optique donne sur ce sujet d’intéressants détails.
- Lorsqu’il fut conçu, le compas d’induction était, dans la pensée de l’inventeur, destiné à la Marine. Mais les services techniques de la Marine Française étaient effrayés des changements d’habitude que comportaient des lectures à faire sur galvanomètre, par"rapport à la vision directe d’une direction d’orientation à laquelle tous les navigateurs étaient habitués. Ils imposèrent à M. Dunoyer des complications instrumentales ayant pour but de restituer aux lectures leur forme traditionnelle ; mais ces complications introduisaient des inconvénients et des risques de déréglage qui ne permirent pas à l’appareil d’entrer en usage pratique. Puis les compas gyroscopiques apparurent, et les progrès qu’ils réalisèrent firent perdre beaucoup d’importance à la question des compas électromagnétiques dans la Marine.
- Il n’en était pas de même en aéronautique où le compas gyroscopique est inutilisable, par suite de son poids et de son encombrement. C’est ce qu’a parfaitement compris M. Colvin, Directeur de la Société Pioneer Instrument C°. En 1924, il s’adressa à M. Dunoyer pour réaliser avec lui une entente au sujet de l’exploitation de son brevet américain. Et l’instrument monté à bord des avions américains portait le nom de son inventeur français. Mais ce détail rfvail échappé à l’attention des premiers informateurs.
- Comme on le sait, le compas électromagnétique repose sur l’emploi de l’induction du champ magnétique terrestre. Bien des dispositifs ont été proposés, dans ce sens, par divers savants et inventeurs avant M. Dunoyer. Mais celui-ci a eu le mérite de réaliser une solution du problème, originale et pratique. Elle fait appel aux variations d’intensité en fonction de la direction de marche, variations faciles à transmettre et à lire. L’appareil est conçu de manière que le courant soit nul lorsque le navire ou l’avion est orienté dans la direction faisant avec le nord magnétique tel angle que l’on a arbitrairement choisi. C’est une méthode .de zéro très sensible.
- La Revue d’optique donne une excellente description simplifiée de l’appareil. Nous la lui empruntons. « Pour recueillir le courant, on enroule un fil conducteur autour d’un cadre vertical et l’on dispose ce cadre de façon qu’il puisse être mis en rotation rapide autour de son axe vertical. En outre, un disque horizontal en matière isolante est rendu solidaire de ce cadre, de manière à tourner avec lui. La circonférence de ce disque est recouverte d’une bande métallique, coupée aux deux extrémités du diamètre perpendiculaire au plan du cadre. Chacune des deux demi-circonférences ou deux demi-bagues conductrices qui sont ainsi définies et qui tournent avec le cadre est reliée à une extrémité du fil enroulé sur ce cadre. D’autre part, des balais immobiles, fixés au bâti, sont
- disposés en deux paires, une des paires recueillant le courant aux extrémités d’un diamètre, qui peut être, par exemple, parallèle à l’axe longitudinal du navire, l’autre paire le recueillant aux extrémités du diamètre perpendiculaire au premier. On obtient ainsi un courant alternatif qu’il est possible de transformer en courant continu, en faisant en sorte que, à chaque demi-tour, les demi-bagues s’échangent ».
- Supposons la première ligne des contacts parallèle à l’axe du navire ou de l’avion. Si l’on pilote de manière que le courant soit nul, on est assuré que l’axe du vaisseau est parallèle au champ magnétique.
- Si, au contraire, on a décalé la ligne des contacts d’un certain angle par rapport à l’axe, et que l’on manœuvre encore de manière à annuler le courant, induit, on est certain que l’axe de navigation fait avec le Nord magnétique l’angle dont on a décalé les contacts. Ce décalage des balais est effectué par le pilote au moyen d’une transmission à la Cardan.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Les dérivés du furfural.
- Le furfural est actuellement fabriqué en France en assez grandes quantités, tant pour l’industrie des vernis cellulosiques que pour la fabrication de la furfuramide, accélérateur de la Vulcanisation vulgarisé par A. Dubosc et vendu par la Société des Deux-Sèvres.
- Rappelons que la base de la fabrication du furfural consiste en : balle d’avoine, algues, sciures de bois, rafles de maïs. Les Etats-Unis en produisent de grandes quantités.
- Dubosc a vulcanisé en 10 à 20 minutes, à 136°, des mélanges de caoutchouc chargés à l’oxyde de zinc et additionnés de 5 pour 100 de soufre.
- Dans ces conditions de vulcanisation, la charge de rupture était de 2,1 kg par mmq. Twiss a obtenu une charge de rupture de 1,51 kg par mmq avec un mélange contenant de 1 à 5 pour 100 d’oxyde de zinc, 10 pour 100 de soufre et 1 pour 100 de furfuramide avec une vulcanisation de 45 secondes à 138°.
- La furfurine et le thiofurfural sont aussi des accélérateurs semblant présenter des possibilités d’avenir. Du moins, c’est l’opinion de Cadwell. Bruni et Romani ont employé, disent-ils, comme accélérateur, l’acide dithiofurfuroïque, et en disent du bien.
- Si nous passons maintenant aux agents contre le vieillissement du caoutchouc, très à l’ordre du jour actuellement, les Professeurs Moureu et Dufraisse ont signalé le rôle des antioxygènes; la série furfuralique en recèle quelques-uns.
- Trnmbull et Winkelmann ont combiné la guanidine, dérivé de la cyanamide, avec le furfural et ont obtenu un antioxygène intéressant.
- Winkelmann et Gray ont copulé le furfural avec l’alphana-phtylamine et ont obtenu un autre antioxygène.
- Le furfural et l’orthotaluidine donnent un produit de copulation qui a de l’avenir dans l’industrie des régénérés du caoutchouc.
- On a voulu se rendre compte de l’action accélératrice comparée, entre les dérivés du furfural, la diphénylguanidine et l’hexaméthylènetétramine.
- On part d’un mélange de 100 p. de feuilles fumées, 10 p. d’oxyde de zinc et 5 p. de soufre.
- On a trouvé que l’hydrofurfuramide ne possède que le 1/3 de l’activité accélératrice de l’hexaméthylènetétramine et de la diphénylguanidine.
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- Mais, d’autre part, les dérivés du furfural évitent le « repoussage au soufre », autrement dit, tout le soufre est combiné au caoutchouc.
- Il est également à noter que les dérivés du furfural sont bons surtout pour les articles sombres et non pour les couleurs vives, surtout au point de vue du vieillissement.
- On a aussi, dans le même but, condensé le furfural, avec l’aniline et ses dérivés alcoylès.
- La protection de l’Aluminium et du Duralumin contre les attaques de l’eau de mer.
- On sait que l’aluminium et le duralumin, alliage d’aluminium et de cuivre à haute teneur en aluminium, sont rapidement attaqués par l’eau de mer et les vapeurs salines. La protection de ces métaux pose donc un grave problème pour la construction des navires qui les emploient et surtout - des avions où leur emploi est indispensable.
- Il semble bien que la cause profonde de ces attaques rapides tienne à la présence de métaux étrangers : impuretés ou constituants obligés des alliages employés ; ils forment avec l’aluminium en présence de l’eau de mer un couple électrolytique qui donne naissance à un courant électrique, par lequel s’opèrent les transports et combinaisons chimiques, destructeurs du métal.
- On prépare aujourd’hui aux Etats-Unis un aluminium à haut degré de pureté qui offre une très grande résistance aux corrosions.
- Il n’en reste pas moins important de trouver un moyen de protection efficace de l’aluminium commercial et de ses alliages, ces derniers étant par leur nature même particulièrement sensibles aux attaques de l’eau de mer.
- D’expériences faites par la Marine Nationale et par les Services de l’Aéronautique,-et dont rend compte M. Dagory dans le Génie Civil, il résulte que la métallisation des pièces à protéger, au moyen d’une couche de zinc projetée suivant le procédé de pulvérisation bien connu de Schoop, donne une solution à ce difficile problème.
- On recouvre les pièces à protéger de 3 couches superposées de zinc, épaisses chacune de 0,005 mm. Au contact de l’eau de mer il se forme sur cette pellicule un oxychlorure de zinc insoluble, dont la production est d’ailleurs facilitée par la porosité de la couche de zinc On obtient ainsi un véritable ciment colmatant les particules de zinc et préservant la pièce de toute attaque ultérieure.
- SYLVICULTURE
- Les incendies des forêts dans le Var.
- De graves incendies ont, dans le courant du mois d’août, éclaté dans les forêts du Var, ravagé la région du massif du Tanneron et se sont étendus jusqu’au voisinage de Toulon, de Cannes et de Grasse. On sait combien ce genre de catastrophe est malheureusement fréquent dans cette contrée. Chaque année, à la belle saison, s’y produisent des feux de forêts, plus ou moins graves, plus ou moins aisément enrayés. C’est une menace perpétuellement suspendue sur la magnifique parure sylvestre de cette belle région; parure qui est en même temps une richesse. Les forêts occupent en effet dans le Var 297 000 hectares, soit près de la moitié du département, dont 12000 de forêts nationales et 44000 de forêts communales. Sur cette superficie, 257 134 hectares sont officiellement classés comme forêts combustibles, particulièrement exposées aux risques d’incendies.
- Il ne faudrait pas croire, devant la répétition des sinistres,
- que les pouvoirs publics soient restés indifférents aux dangers qui menacent ces étendues boisées. Une loi, celle du 26 mars 1924, récemment entrée en vigueur, trop récemment hélas, pour prévenir toutes les catastrophes, a prévu et rendu obligatoires un certain nombre de mesures què l’expérience a immédiatement révélées efficaces et qu’il ne s’agit plus que de développer et d’étendre rapidement à toute la superficie dangereuse.
- La Revue des Eaux et Forêts en expose, fort à propos, les dispositions essentielles. Cette loi prescrit, tout d’abord, le classement par décrets des forêts exposées aux risques d’incendies. Le décret du 9 décembre 1925 a classé dans cette catégorie les 257 134 hectares dont nous parlons plud haut.
- Dans cette zone, il est interdit en juin, juillet, août et septembre, même aux propriétaires des bois ou à leurs ayants droit, de porter et d’allumer du feu dans l’intérieur ou à la distance de 200 m. des forêts. Pendant la même période, l’incinération des végétaux est interdite à partir de midi et pendant la nuit à moins de 400 m. des forêts.
- La loi rend obligatoire le débroussaillement des terrains boisés situés à moins de 20 m. des bords de l’emprise des voies ferrées.
- Enfin, et c’est là le plus important, elle prévoit entre les propriétaires la constitution d’associations syndicales chargées d’assurer la protection des forêts. Leur mission consiste à mettre le terrain en état de défense en ouvrant dans le massif forestier des solutions de continuité ou parafeux, à organiser des équipes de sauveteurs, à créer des dépôts d’outils et à diriger la lutte contre le feu.
- Dès la promulgation du décret, on s'est mis à l’œuvre dans le Var.
- Il existe aujourd’hui 17 associations syndicales, dont les ressources sont assurées par les cotisations des adhérents et les subventions de l’Etat. Mais elles n’assurent encore que la protection de 56 000 hectares de forêts. Elles ont exécuté jusqu’ici des débroussaillements le long des routes et dans les parties les plus inextricables des forêts, elles ont créé plus de 30 km de parafeux sur 25 m. de largeur de chaque côté des chemins, ou d’une bande axiale nue. L’Etat, de son côté, a ouvert des parafeux dans les forêts nationales. Mais le développement total de ces ouvrages protecteurs doit atteindre plusieurs centaines de kilomètres; la tâche est donc loin d’être achevée.
- Un renforcement du service de guet et d’avertissement a été organisé pour les mois dangereux avec la collaboration des gardiens des forts de Toulon, des guetteurs des sémaphores de la côte, et de guetteurs civils convenablement placés. Il existe ainsi 21 postes de vigie, muni$‘ de vues panoramiques et disposant du télégraphe et du téléphone, renforcés en outre par des surveillants temporaires détachés sur les crêtes aux jours de chaleurs et de grands vents. Enfin les aviateurs militaires des camps du littoral, au cours de leurs vols réglementaires, doivent repérer et signaler les feux de forêts.
- En cas de sinistre déclaré, on est en droit de réclamer leur concours pour recueillir les renseignements urgents.
- Cette organisation a fait ses preuves dès ses débuts, en 1925 et 1926. Les statistiques accusent en effet une réduction notable dans le nombre et la durée des sinistres ainsi que dans le chiffre des dégâts* Il faut donc espérer qu’elle s’étendra rapidement à toute la superficie exposée au fléau. En bénéficieront non seulement les propriétaires du bois, mais les visiteurs qu’attirent en été comme en hiver les beautés de cette partie de la côte d’Azur.
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- PETITES INVENTIONS
- CHAUFFAGE
- Chauffage central au gaz à circulation forcée par aspiration d'eau refroidie,
- Nous avons décrit, l’année dernière dans La Nature les divers appareils utilisés pour le chauffage central au gaz des habitations, en vue d’activer la circulation de l’eau,
- afin de diminuer le volume de la chaudière.
- On emploie des procédés très divers pour activer la circulation de l’eau dans les conduites et les radiateurs et nous avons donné, dans l’article cité ci-dessus, la description des principaux systèmes.
- Une nouvelle chaudière qui vient d’être brevetée est soumise aux essais, assure la circulation forcée par un moyen différent de ceux connus jusqu’à présent.
- La chaudière imaginée par M. Savary se compose de trois
- éléments qui débouchent à leur partie supérieure ouverte dans un bassin collecteur. Ces éléments verticaux sont reliés entre eux par des éléments horizontaux. Un tube relié au bassin collecteur sert de départ à l’eau chaude ; un autre, muni d’un raccord, communique par le bas avec un élément et sert de retour à l’eau refroidie.
- Une série de plans, disposés entre les éléments, cloisonne
- la circulation des gaz de la combustion. La chaudière est chauffée au moyen de brûleurs à gaz, une rampe spéciale sert à vaporiser l’eau contenue dans un tube de vaporisation. Le fonctionnement est le suivant :
- La chaudière étant remplie d’eau, puis reliée aux tubes de circulation dans les différentes pièces, montées suivant la technique ordinaire, on allume les rampes du brûleur. L eau s’échauffe, monte par densité dans le collecteur d’où elle part par le tuyau, chassée par le pulseur, dont nous allons
- Départ d'eau chaude
- doint amiante
- Plaque acier
- Manchon troué Pulseur
- Bouchon
- Bouchon de remplissage
- Tube du manchon
- Bassin collecteur
- Vase d'expansion
- / Départ d’eau chaudeaux ! radiateurs.
- Elément horizontal
- Elément horizontal
- Soupape à
- Gaz chauds ---El émeut - hanzontaf
- Tube de retour des radiateurs
- Arrivée a eau chaude de ta chaudière
- Cloche à double parrois
- ~Tube de vaporisation J Gaz chauds
- Pulseur
- Tube du pulseur à la chaudière
- Retour d'eau froide
- d'expansion 4j
- Tube de J, ^ retour a fi —P J \ la chaudière/ i \ Soupape
- Soupape Tube allant à la chaudière
- Chaudière avec pulseur
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- parler plus loin. Elle parvient finalement aux radiateurs où elle se refroidit.
- Les gaz circulent entre les chicanes avant de se rendre à la cheminée d’évacuation. L’appareil est isolé complètement par une cloche en tôle, formant chemise d’eau, qui isole l’appareil de l’air de la pièce. Il en résulte un bon rendement et un volume réduit de chaudière pour assurer le chauffage de plusieurs pièces.
- Sur le côté droit de la chaudière est fixé le pulseur qui accélère la circulation de l’eau. Cet appareil en tôle ou en fonte a la forme d’un demi-cylindre. Il est rempli d’eau, communique avec la chaudière par un tube coudé à sa partie inférieure, puis avec le tube de vaporisation de capacité calculée pour fournir la vapeur nécessaire au fonctionnement.
- Le tube se divise en deux branches dont l une se termine au sommet du pulseur. Des dispositifs de soupapes, généralement à billes, sont prévus pour assurer le fonctionnement qui est le suivant :
- Le tube de vaporisation contient de l’eau qui est rapidement portée à l’ébullition. La vapeur se dégage et arrive au sommet du pulseur; elle presse sur l’eau contenue dans deux petits évidements supérieurs et les vide de leur liquide. Cette eau sous pression soulève une soupape et est refoulée dans la chaudière au bas d’un élément, mais comme la chaudière est pleine d’eau, une quantité correspondante d’eau chaude est envoyée par le tube de départ jusqu’aux radiateurs.
- La vapeur dégagée par le tube de vaporisation continue à arriver dans le pulseur et fait baisser le niveau de l’eau qu’il contient, en refoulant cette eau dans la chaudière où elle se chauffe et rentre dans le circuit. L’eau des radiateurs est refoulée par le tube de retour dans le vase d’expansion et le tube placé à la partie inférieure se remplit d’eau jusqu’à la soupape.
- Ainsi le vase d’expansion reçoit une quantité d’eau égale à celle contenue dans le pulseur, au fur et à mesure que l’eau se trouve chassée.
- Dans le premier système imaginé par l’inventeur, lorsque l’ouverture du tube est découverte, la vapeur s’y engouffre, soulève la soupape et pénètre dans la chaudière. A ce moment, il y a dans le pulseur une rupture brusque d’équilibre, en raison de la détente de la vapeur. L’autre soupape, qui communique avec le tube de retour, est soulevée.
- L’eau remplit un évidement percé de trous. Elle jaillit en pluie fine qui condense la vapeur contenue dans le pulseur. Il se produit alors un vide relatif qui aspire violemment l’eau contenue dans le vase d’expansion, aussi bien par les ouvertures de l’évidement que par une saignée pratiqûée dans un tube. Un nouveau cycle d’opérations recommence, l’eau froide qui provient des radiateurs se trouve rapidement échauffée; elle est renouvelée par l’eau chaude de la chaudière envoyée par le pulseur.
- Dans un perfectionnement récent apporté à cet appareil, l’inventeur a adjoint un tube qui plonge dans le pulseur jusqu’à quelques millimètres du fond de ce dernier. A son extrémité supérieure, il porte tin tube plus petit qui débouche à la partie inférieure du vase d’expansion auquel il est relié par une soupape.
- Ainsi, dans la première disposition, la vapeur s’engouffrait dans la chaudière en soulevant la soupape. Avec cette adjonction, dès que l’eau du pulseur a découvert l’extrémité du tube arrivant près du fond, la vapeur ne peut pénétrer dans la chaudière puisqu’il y a encore une petite couche d’eau dans le pulseur.
- Elle s’engouffre dans le tube vertical, se condense ensuite dans la couche d'eau du vase d’expansion entièrement fermé. La soupape a pour but d’empêcher le retour au pulseur de
- l’eau contenue dans le vase d’expansion, au moment où la vapeur étant détendue l’aspiration se produit.
- De cette manière, l’eau chaude arrive de la chaudière directement dans le vase d’exjîansion au moyen d’un tube, de sorte que le vase d’expansion se remplit d’une quantité d’eau égale à celle chassée du pulseur au moyen de la vapeur, lorsque fa détente de vapeur et l’aspiration du pulseur se produisent.
- L’eau refroidie des radiateurs est aspirée par le tube de retour et en même temps l’eau chaude du vase d’expansion est aspirée par le tube de départ qui relie tous les radiateurs entre eux; on a alors une circulation accélérée et pour ainsi dire continue.
- Les essais auxquels a été soumise une installation faite suivant ce système ont montré son parfait fonctionnement avec un rendement des plus intéressants.
- E.-H. Weiss.
- OBJETS UTILES
- Ramasgoutte pour robinet de cuisinière.
- Malgré un ajustage soigné, il est rare qu’un robinet de cuisinière ou de percolateur soit complètement étanche. La
- Fig. 2. — Le “ Ramasgoutte ”.
- a) Position do l’appareil, lorsque le robinet est fermé.
- b) Position de l’appareil, lorsque le robinet est ouvert.
- plupart du temps, des gouttes se forment et tombent sur le sol ou sur la table.
- On est obligé alors de prévoir une petite cuvette pour recueillir le liquide brûlant.
- Un inventeur a imaginé de fixer ce petit récipient indispensable au robinet lui-même. Un étrier est monté sous le robinet par l’écrou de ce dernier.
- Il est placé ainsi immédiatement sous le robinet et reçoit les gouttes de liquide. Un plat sur la tige filetée et un autre dans la rondelle font que l’étrier tourne en même temps que le robinet lui-même.
- Lorsqu’on veut se servir du robinet pour faire couler le liquide normalement, il suffit de le tourner d’un quart de tour, l’étrier et le récipient sont automatiquement entraînés et dégagent l’ouverture du robinet.
- Quand le récipient est plein de liquide, il suffit de le prendre avec précaution s’il s’agit d’eau chaude. On le fait glisser sur ses coulisses et on le vide avant de le remettre en position de fonctionnement. Deux ergots le maintiennent fixe dans sa position de travail.
- G. Morel, 8, cité Popincourt, Paris.
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- ACADÉMÎE DES SCIENCES
- Séances de Juillet et Août 1927
- CHIMIE BIOLOGIQUE
- Remarques sur l’huile de pépins de raisins
- (M. L. Margailun). — C’est là un produit qui a donné lieu, ces dernières années, à un nombre important de publications et dont la fabrication est devenue industrielle. A l’usine de Perpignan, en effet, on peut traiter, par 24 heures, 5000 kg de pépins représentant sensiblement 25 tonnes de marc à 70 pour 100 d’eau et le produit fourni au commerce offre, comme composition moyenne : oléine, 35 à 37 pour 100; linoléine, 50 à 55; palmitine, 4 à 7; stéarine, 2 à 3. Mais pour la mesure des indices d’acétyle ou d’iode et pour la valeur du poids moléculaire, les différents auteurs ne réussissent pas à s’entendre.
- Pour M. Margaillan, l’huile extraite avec soin de pépins frais ne ressemble en rien à l’huile de ricin; insoluble dans l’alcool, elle présente un faible indice d’acétyle (parfois 4) et sa viscosité esLdes plus courantes. S’il s’agit de pépins ayant souffert, ou d’huile préparée sans soin, les pépins étant restés longtemps broyés avant d’être traités par le solvant, l’indice d’acétyle est assez élevé, mais reste toujours inférieur à 50 ; on doit alors tenir compte d’une phase d’oxydation particulièrement active où les diastases semblent jouer un rôle important. Il est enfin inexact de dire que l’huile de pépins frais ressemble à l’huile de ricin, et surtout que l’huile venue de pépins altérés rappelle celle de la graine de lin. La proposition inverse serait moins inexacte.
- M. Margaillan, aidé de MM. Martin et Rosello, a procédé au soufflage, en prenant l’huile de colza comme terme de comparaison; on obtient par cette méthode un bon lubrifiant, mais le processus de l’oxydation est bien différent.
- CHIMIE MINÉRALE
- Le carbonate basique de glucinium (M. Félix Ta-bourt). — Par ébullition de glucine, dans une liqueur de carbonate d’ammonium, Debray a obtenu un sel répondant à la formule C02,3G10, 5H20, alors que les produits livrés par le commerce retiennent toujours 2 ou 3 pour 100 AzH3.
- En partant du sulfate pur, S03G10,4H20, l’auteur prépare l’hydroxyde par précipitation (AzH4011) et le lave avec soin avant de le mettre en suspension dans une solution ammoniacale traversée par un courant de gaz CO2 pur. La dissolution faite, il porte le tout à 100° pour recueillir, après refroidissement, le carbonate sous la forme d’un précipité blanc cristallin. Desséché rapidement à la presse, sur papier filtré et abandonné quelques heures à l’air, ce sel répond à la composition
- CO2 3.65 G1O 0,3 [CO4 ( Az H4)4 O] 5.54 H* O.
- Desséché à 100°, puis sur l’acide sulfurique, il donne à l’analyse CO2, 3.34G100.29[CO2(AzII4)2O| 4H* O, et la dessiccation, poursuivie pendant quatre ans, n’aboutit qu’à la perte d’un peu d’eau.
- L’étude de ce sel comparé au produit commercial conservé au laboratoire de M. Taboury depuis 20 ans l’amène à conclure que : 1° la décomposition à 100° du carbonate double de glucinium et d’ammonium en solution dans le carbonate CO3Am2 ne conduit pas au sel indiqué par Debray, mais à un sel plus basique; 2J de nombreux lavages à l’eau chargée de gaz GO2 n’enlèvent pas à ce composé toute l’ammoniaque; 3U qu’il faut une assez longue période (20 ans) pour voir baisser la teneur en eau et en ammoniaque.
- AGRONOMIE
- Châtaigniers, fougères et genêts calcicoles
- (M. Th. Biéler-Ciiatelan) . — L’opinion s’est répandue que le châtaignier commun (Castanea sativa Mill) et la fougère (Eupteris aquilina (L ) Newman) sont des espèces caractéristiques des terrains sans calcaires. L’auteur cite, à l’encontre de cette thèse, les cas extrêmement nombreux où il lui a été possible de signaler la présence de ces végétaux dans des terrains plus ou moins riches en carbonate de chaux.
- C’est ainsi qu’en Italie il a relevé les stations de châtaigniers nettement calcicoles, où le sol est décalcifié sans doute, mais repose vraisemblablement sur des couches calcaires : Apennin de Modène, San Polo dei Cavalieri (prov. de Rome), Vivaro, Gappadocia (Aquila), Piendinara, etc. A Segni, enfin, de nombreux ârbres croissent sur un calcaire crétacique, blanc et presque pur, que leurs racines ont lentement désagrégé et des exemples de même nature se présentent en Haute-Savoie, entre Tronc et Meillerie, comme l’a indiqué Fernand Chodat. Pour la fougère, encore considérée comme éminemment calcifuge, ce dernier botaniste a montré qu’elle supporte des terrains même très alcalins, et M. Bieler-Chatelan en a trouvé de nombreux plants sur le sable calcaire jaune phocène de Monte Mario (Rome), comme dans certains éboulis au-dessus d’Arsoli. Le genêt à balai (Saro-thamnus scoparius) enfin semble toujours préférer les terrains acides {p\\ —6), mais le genêt d’Espagne (spartium junceum) croît parfaitement sur terrain calcaire : sable jaune pliocène de Monte Mario; travertin quaternaire des Parioli (Rome); Eboulis et moraines de l’Apennin.
- HYGIÈNE
- Stérilisation des eaux potables par électrolyse
- (MM. Daniel Chevrier et Max Salles) — Les procédés entrés dans la pratique courante comprennent, soit une action oxydante, due au permanganate Mn04K, aux hypochlorites, ou à l’ozone, soit une élévation de température, soit enfin le passage des rayons ultra-violets. Les auteurs préconisent une électrolyse de l’eau sous une densité anodique suffisante.
- Constituée d’un fil de platine à très faible section, l’anode laisse passer le courant sans échauffement appréciable ; elle est disposée suivant l’axe de la cathode, cylindre de grande surface, de bronze, d’acier chromé ou d’argent. La distance qui sépare les deux électrodes est juste suffisante pour permettre l’écoulement de l’eau et le dégagement des gaz, et l’ensemble — anode et cathode — forme la chambre de stérilisation. Le passage du courant donne naissance, comme on le conçoit, à du chlore provenant des chlorures alcalino-terreux (CaCl2), à des hypochlorites dus aux sels alcalins (NaCl), enfin à de l’ozone fourni par la condensation de l’oxygène sur l’anode. A ne considérer que l’action antiseptique du chlore, elle suffit, dans tous les cas, non seulement à détruire la matière organique, bactéries comprises, mais encore à doter l’eau devenue stérile d’un léger pouvoir bactéricide. Tandis que l’action de l’ozone est puissante, mais fugace, celle du chlore, en effet, se prolonge grâce à la grande solubilité du gaz ; sur l’eau soumise à l’influence du champ électrique, elle est immédiate, mais elle se continue, au cours du transport, dans les canalisations et les réservoirs, du moins dans la limite où les réactions de réduction qui peuvent s’exercer permettent l’existence dè l’élément Cl à l’état libre. Paul Baud.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Enduit plastique à la sciure de bois.
- Sous le iiolu de bois plastique, on trouve dans le commerce un produit pâteux, servant à obturer les cavités du bois ou à constituer un enduit qui, une fois sec, se travaille et se polit également comme le bois.
- Ce produit est simplement constitué par :
- Acétone commerciale....................55 pour 100
- Celluloïd..............................15 —
- Sciure de bois.........................30 —
- Ï1 suffit pour le préparer de faire dissoudre préalablement par macération prolongée le celluloïd dans l’acétone (employer un récipient fermant hermétiquement à cause de la volatilité de l’acétone dont le point d’ébullition est de 5(3°C), puis ajouter en brassant la quantité de sciure de bois indiquée. Bien fermer également la boîte contenant la mixture; si on s’aperçoit que celle-ci durcit et n’est plus maniable, rajouter un peu d’acétone.
- Okaw Elva, Estlionie.
- Teinture des peaux de lapins en noir.
- On commence par dégraisser la peau déjà tannée dans un bain tiède de carbonate de soude à 2 pour 100 et de savon, même concentration, dont la température ne dépasse pas 25 à 30°C, sous peine de gélatiniser la peau, puis on rince.
- Pendant ce temps, on prépare les deux solutions suivantes :
- A. Paraphénylène diamine............ 100 grammes
- Alcool dénaturé................... 500 —
- Eau ordinaire..................... 500 —
- Dissoudre d’abord la paraphénylène dans l’alcool et ajouter l’eau ensuite.
- B. Bichromate de potasse............ 50 grammes
- Eau tiède........................ 1000 cent, cubes
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales juste au moment de l’emploi et on applique au moyen d’une brosse douce, sur le poil ; la peau étant étendue sur une table, poil en dessus.
- La teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ, il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge.
- Après séchage on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d’huile. M. Charpentier, à Auxerre.
- Qu’est-ce que la Lanoline?
- La lanoline se retire du suint des moutons, elle se présente sous l’aspect d’une masse jaunâtre visqueuse, à odeur plus ou moins prononcée rappelant son origine.
- Pour préparer la lanoline, on traite la laine de mouton par une solution alcaline, les eaux de lavage sont réunies, puis additionnées de sulfate de magnésie; au bout de peu de temps, il sc sépare un savon magnésien qu’on lave à l’eau, puis dessèche;
- Ce savon est enfin décomposé par de l’acide chlorhydrique dilué, on chauffe, les acides gras et de la cholestérine viennent à la surface, on les enlève et les dissout dans de l’éther de pétrole. Après filtration, l’éther de pétrole est récupéré par distillation, la masse résiduelle est neutralisée par le carbonate de magnésie et lavée jusqu’à ce que l’eau ne soit plus laiteuse.
- En dernier lieu, on fond le produit pour chasser l’humidité, ce qui donne la lanoline anhydre.
- On trouve également ce produit sous la forme hydratée ou lanoléine qui est en réalité un mélange obtenu par battage d’un quart d’eau et trois quarts de lanoline anhydre fondue.
- D’après Darmstaedter et Lifschütz, la lanoline serait essentiellement constituée par une association des acides myrislicique, carnaulisque, lanocérinique, lanopalmifique, des alcools carnau-bylique, cérylique, de cholestérine, isocholestérine, oxycholesté-rine, qui par réactions réciproques ont donné naissance à des éthers complexes.
- La lanoléine a pour principal débouché la préparation des pommades, dans lesquelles on peut introduire des solutions pharmaceutiques aqueuses, sans rompre l’homogénéité, ce qui ne serait pas possible dans la plupart des cas avec l’axonge ou la vaseline. La lanoline est également utilisée, ainsi que nous
- l’avons signalé plusieurs fois, pour imperméabiliser les vêtements tout en permettant le passage de l’air au travers du tissu.
- N. B. — Vous pourrez vous procurer de la Lanoline par quantités importantes à la Société des Produits chimiques de France, 10, avenue St-Rémy, à St-Denis, Seine.
- Cabinet d’histoire naturelle. Lycée Henri-IV.
- Comment on obtient les émulsions en parfumerie et en pharmacie.
- Dans son excellent ouvrage, « Formulaire des Spécialités de Parfumerie et de Pharmacie », Cerbelaud a résumé de la façon suivante la nomenclature des produits employés pour préparer les émulsions :
- 1° Le savon, la cire, le blanc de baleine mélangés pour émulsionner les huiles, les graisses et les pommades.
- 2” La teinture de bois de Panama pour le goudron de houille, le crésyl, le goudron végétal, les baumes (Tolu), les résines (Benjoin, Myrrhe), les gommes, le camphre, etc.
- Pour les émulsions destinées à l’usage interne, remplacer la teinture de Panama par celle de salsepareille.
- 3° La caséine préparée d'après le procédé Léger, tel qu’il est mentionné dans l’Officine de Dorvault; pour les huiles, les résines, les gommes-résines.
- 4° La gomme arabique et la gomme adraganLe pour les huiles et les essences.
- 5" Le sulforicinate d’ammoniaque pour les essences.
- 6° Le jaune d’oeuf et le blanc d’œuf presque uniquement employés pour la confection des embrocations.
- 7° Les macérations de Fucus crispus, d’Agar-agar additionnées de glycérine ou de savon, pour émulsionner les huiles.
- 8° Les hydrocarbures traités par l’oxygène permettant d’émulsionner un grand nombre de produits, et que l’on rencontre dans le commerce sous les noms de Vasogènes, Paraffines oxydées, Vasénol, etc.
- D’après le même auteur, les conditions à observer pour bien réussir les émulsions sont :
- lu Dissoudre la saponine (principe actif du Panama) dans l’eau et non dans l'alcool ;
- 2° Faire réagir à chaud les teintures de Panama ou de Salsepareille sur les goudrons ou les baumes ;
- 3° Verser goutte à goutte les teintures ci-dessus coaltarces, benzoïnées ou toluisées dans l’eau distillée en agitant sans cesse et ne jamais faire l'inverse c’est-à-dire verser l’eau dans la teinture ;
- 4° Il ne faut ajouter qu’en dernier lieu les solutions parfumées ou salicylées.
- Pour plus de détails consulter l’ouvrage édité par l’auteur, 89, avenue Wagram.
- Cabinet d’histoire naturelle, Lycée Henri-IV.
- Réparation de la faïence et de la porcelaine.
- Le silicate de potasse, additionné de carbonate de chaux pour éviter le retrait, permet de recoller les fragments de faïence ou de porcelaine avec une grande solidité, sans cependant prétendre réaliser celle de l’objet neuf.
- Il suffit pour cela de broyer très fin du blanc d’Espagne, ce qui est facile, puis d’y ajouter goutte à goutte la solution sirupeuse de silicate de potasse du commerce à 31-33" Baumé, de manière à obtenir par malaxage une pâte demi-fluide dont on enduit les parois à joindre, en opérant assez rapidement pour que la pâle n’ait pas le temps de sécher. Les morceaux sont ensuite mis en bonne place et le tout est ligaturé avec une ficelle pour assurer le serrage. Laisser sécher au moins 24 heures avant de démonter l’assemblage.
- Dans le cas de votre lavabo déjà réparé d’une façon malhabile par le raccommodeur, il conviendrait de débarrasser préalablement la tranche des fragments de l’enduit qui doit les recouvrir, très probablement blanc de céruse c’est-à-dire céruse broyée à l’huile qui empêcherait toute réunion.
- M. S. Dukin, à Paris.
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- D'une manièi'e générale, à cause de la différence de coefficients de dilatation entre l’enduit et le support, faïence ou porcelaine, il ne faut pas compter pouvoir chauffer sans décollement les objets réparés et la formule précédente doit être réservée en particulier aux pièces restant à la température ordinaire. Si on avait en vue une mise dans l’eau bouillante, par exemple, on devrait préférer le recollage au blanc d’œuf en opérant ainsi :
- Chauffer fortement un morceau de verre en le tenant avec des pinces, puis le plonger dans l’eau froide (opération qui porte le nom d’étonnement et qui a pour but de rendre le verre friable). Piler alors le verre, le passer au tamis très fin pour obtenir une poudre impalpable.
- Au moment de l’emploi, délayer un peu de cette poudre avec du blanc d’œuf, broyer le mélange sur un marbre au couteau pour en constituer une sorte de mastic. Joindre au moyen de ce ciment les fragments, comme il est dit précédemment, puis laisser bien sécher.
- N. B. — Ne jamais chauffer à scc l’objet ainsi réparé.
- B. B., à Angers.
- La teinture aux couleurs diamines est des plus faciles
- Les couleurs diamines appelées aussi couleurs substantives ont l’avantage de se fixer directement sur toutes les fibres textiles, colon, laine ou soie, sans intervention de mordant, d’où une grande simplicité cdinine mode d’emploi ; elles sont bon marché, de bonne pénétration, conservent au tissu le toucher, le brillant et la souplesse, leyir seul défaut est d’être peu solides à la lumière.
- Les proportions pour une robe, soit 1 kilogr. défibré à teindre,
- sont les suivantes :
- a) Teintes claires :
- Eau non calcaire........................ 20 litres
- Savon.................................. >20 grammes
- Sel ordinaire........................... 20 —
- Colorant...........................0.5 à 1 —
- b) Teintes moyennes :
- Eau non calcaire........................ 20 litres
- Carbonate de soude Solvay ... 10 grammes
- Sel ordinaire........................... 50 —
- Colorant............................ 5 à 10 —
- c) Teintes foncées :
- Eau non calcaire........................ 20 litres
- Carbonate de soude Solvay . . . 25 grammes
- Sulfate de soude....................... 100 —
- Colorant........................... 15 à 20
- Le savon empêche la couleur de « monter » trop rapidement au début de l’opération, le sel ou le sulfate de soude font au contraire « tirer » par la fibre pour épuiser le bain.
- On commence par monter le bain avec la moitié du colorant, on porte à la température de 40°-50°C, pour amener la dissolution en agitant, puis on introduit le tissu à teindre. On élève progressivement la température jusqu’à l’ébullition; à ce moment on retire l’étoffe, on ajoute le reste du colorant et introduit à nouveau le tissu, reporte à l’ébullition que l’on maintient à peu près une heure. Terminer par un bon rinçage.
- N. B. — Tenir compte que la teinte baisse en séchant, par suite la tenir au-dessus de l’effet désiré pendant l’opération de teinture.
- Le carbonate Solvay, le sulfate de soude et le sel de cuisine sont des produits courants; quant aux matières colorantes, en particulier les noirs diamines, vous les trouverez par toutes quantités chez Chenal et.Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, ou Neveu, Hi, rue Monsieur-Le-Priuce.
- B. B., à Angers.
- Faites vous-même Vencre pour machine à écrire.
- A peu de frais, on peut préparer une bonne encre pour machine a écrire en prenant :
- Violet de Paris..................... 5 grammes
- Savon mou........................... 5 —
- Glycérine ". .......................20 cent, cubes
- Alcool dénaturé .......... ..... 15 —
- Eau distillée...................... . 55 —
- Laisser digérer pendant quelque temps dans un flacon bien bouché, en agitant fréquemment, jxasser au travers d’une toile fine pour séparer les impuretés.
- M. B., à Fontenay-le-Comte.
- Peut-on conserver longtemps la souplesse aux vêtements de caoutchouc ?
- Les essences d’origine végétale et particulièrement l’essence de girofle ont la propriété remarquable de conserver au caoutchouc sa souplesse, ce que l’on peut mettre à profit pour éviter le durcissement des vêtements imperméabilisés parle caoutchouc, soit qu’une feuille mince de celui-ci soit interposée entre deux tissus, soit que l’enduit caoutchouté ait éLé appliqué extérieurement, On opère de la façon suivante :
- Dans le fond d’un flacon à large col, on place un tampon de coton hydrophile et on verse sur le coton quelques centimètres cubes d’essence de girofle, puis le tout est mis, flacon ouvert bien entendu, dans le placard où est suspendu le vêtement que l’on ferme ensuite le mieux possible.
- Grâce à ce moyen qui nous a été indiqué, les imperméables sont, parait-il, même après plusieurs années, aussi souples que le premier jour.
- M. Ledesert, à Beau fort.
- Fusibilité du carbure de calcium.
- La température de fusion du carbure de calcium n’est pas exactement connue, car elle n’est pas brusque et se présente dans les conditions dites de fusion pâteuse, on peut cependant la situer aux environs de 3000°C.
- En effet, lorsque l’on chauffe des produits de ce genre, on peut distinguer deux temps :
- 1° Le passage de l’état cristallin à l’état amorphe isotrope; pendant cette transformation, la fluidité ne varie pas ;
- 2° Le passage à l’état nettement fluide qui se produit à une température plus élevée et dont la fixation demeure soumise au jugement de l’observateur.
- Comme la capacité calorifique du carbure de calcium est faible, sa surface se refroidit rapidement par contact avec l’air froid, lorsqu’on cherche à couler la masse fondue; il en résulte que cette coulée présente quelque difficulté. Si d’autre part on élève trop la température vers 3500° C, il se produit une dissociation partielle du carbure en carbone et calcium ; il faut donc, dans la pratique, employer des fours de grande capacité pour obvier à ces inconvénients.
- Mêmes observations peuvent être faites sur les carbures de baryum et de lithium.
- M. A. Moreau, à Paris.
- A quelles températures fondent les produits dits réfractaires?
- On considère que les argiles sont réfractaires lorsqu’elles ne se ramollissent pas avant 1650°G.
- Le plus réfractaire des produits employés pour la confection des fours est la silice à l’état de quartz, c’est-à-dire de Tridymite ou de Cristobalite, son point de fusion se trouve vers 1700°, mais lorsque l'on veut obtenir un verre de quartz parfaitement limpide et sans bulles, il faut élever la température jusqu’à 2000°C.
- N. B. — Il résulte des recherches effectuées que la présence de 2 à 3 pour 100 d’impuretés, dans le quartz, est plutôt favorable pour la préparation des briques ou revêtements réfractaires, la silice pure ne donne en effet que des résultats imparfaits. ’
- M. A. Moreau, à Paris.
- Durcissement des objets en plâtre.
- Pour donner aux objets en plâtre une très grande solidité et permettre par exemple aux statues, statuettes, vases ou moulages divers, d’affronter les intempéries, il suffit suivant leur dimensions d’une imprégnation soit par immersion, soit à la lance ou au pinceau, avec les fluosilicates, lluate de magnésie, fluate de zinc, etc.
- Après dessiccation ils deviennent aussi durs que la pierre et peuvent être lavés à l’éponge lorsqu’ils sont sales.
- Yous trouverez les fluates tout préparés, en vue de cet emploi, aj chez Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand.
- M. A. Bouton, au Mans.
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- CURIOSITES DE LA NATURE
- Fig. 1 à 5.
- U
- Ce qu’on voit en ce moment au bord de, la mer.
- Quelques photographies prises sous l’eau, à Quibcron, par M. Charles Yérax.
- 1. La grande Astérie, Marthasterias glacialis, qui peut atteindre 40 cm de diamètre, circulant sur un fond de
- Moules, de Patelles et de Balanes.
- 2. Un autre individu de la même espèce, avec les col-
- lerettes épanouies à la base des piquants.
- 3. L’Astérie commune, Asterias rubens, campant sur
- un fond de Balanes.
- 4. Anémones de mer, Anemonia sulcata, dans une flaque.
- 5. Un groupe d’une autre espèce d'Actinie, Heliactis bellis, épanouies sur des algues calcaires.
- 9.I.947. — Paris. lmp.LAHÙRE. 159-27
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- LA NATURE
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- N‘2770. — /*v Octobre 1927
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- Prix du Numéro : 3 francs 50
- tour la vente en T?rrt.vtr*
- Paraît le Ier et le iS^dtè chaque mois
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- Paraît 8e 1er et 8© 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ci#. Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VJ* C. Seine : jS.234)
- PRIX DE L’ABONNEMENT Tarif intérieur, France et. Colonies : 12 mois (24 n"), 70 £r. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
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- ...................... ( Six mois.
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n* 2
- Un an. Six mois
- 410 fr.
- 55 fr.
- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n® 2 valable pour les autres pays.
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- N° 2770.
- LA NATURE
- 1er Octobre J 927
- . LE » GAZ A L'EAU ”
- LES GAZ D’ÉCLAIRAGE ET DE CHAUFFAGE
- Tout le monde connaît aujourd’hui, tout au moins dans ses grandes lignes, le processus de la fabrication du gaz connu sous le vocable général de « gaz d’éclairage », d’un usage domestique courant, et sait que ce
- dans lesquelles le gaz est l’élément principal que l’on cherche à obtenir, et l’autre celles dont l’obtention du coke est l’objet essentiel.
- Bien d’autres corps que la houille, tels que la tourbe,
- Fig:i. — Vue d’une installation moderne de « gaz à l’eau », montée entièrement en plein air.
- dernier est un des résultats de la distillation de la houille en vase clos. Cette opération fournit d’autres produits importants : coke, goudron, eaux ammoniacales, dont certains, traités à leur tour dans des distilleries ad hoc, donnent naissance à une foule de sous-produits de valeur sur lesquels nous n’insisterons pas.
- Ce « gaz d’éclairage » est obtenu soit dans les « Usines à gaz », soit dans les « Cokeries », appellations qui visent plus particulièrement l’une, des installations
- les graisses, les huiles, les bois, etc., distillés en vase clos, donnent naissance à un gaz combustible et plus ou moins en faveur suivant les circonstances. Il n’y a d’ailleurs pas si longtemps que les wagons à voyageurs étaient éclairés par du gaz provenant de la distillation d’huiles dans des cornues en fonte, gaz que Ton emmagasinait sous pression dans des réservoirs portés par les wagons eux-mêmes.
- La distillation en vase clos de certains corps n’est pas
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- le seul mode utilisé pour obtenir du gaz propre à assurer les besoins courants de l’éclairage et du chauffage.
- Il existe d’autres procédés de grand intérêt et nous allons ci-dessous parler de celui connu sous le nom de « gaz à l’eau ». Ce procédé prend.une importance chaque jour croissante, tout d’abord dans les usines à gaz proprement dites qui ont trouvé en lui un précieux succédané au gaz d’éclairage, puis dans l’industrie chimique qui de plus en plus fait appel pour les grandes synthèses industrielles aux constituants du gaz à l’eau : oxyde de carbone et hydrogène.
- PRINCIPES DE LA FABRICATION DU « GAZ A L'EAU »
- Cette appellation assez impropre de « gaz à l’eau » a pu laisser croire parfois aux profanes, et il nous a été donné de l’entendre, que l’on incorporait de l’eau dans le « Gaz d’éclairage » et que, partant, on diminuait les qualités éclairantes et chauffantes de ce dernier.
- La fabrication du « gaz à l’eau » repose sur la décomposition d’un courant de vapeur d’eau, traversant une masse de combustible (en général du coke), portée au préalable à une température de 1000!'C environ, par de l’air en pression refoulé par un ventilateur.
- La réaction donnant naissance au a gaz à l’eau » suivant la formule connue
- C + H20 = IP -+- CO
- permettrait donc de définir ce gaz comme un mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone, dans des proportions égales en volume.
- Cette définition est théorique, car en pratique « le gaz à l’eau » contient non seulement les deux gaz ci-dessus, mais encore de l’azote, de l’acide carbonique, un peu d’oxygène provenant de l’air de soufflage et un peu d’acide sulfhydrique dù au soufre incorporé dans le coke utilisé.
- Si l’on néglige ces deux derniers composants, très peu importants en vérité, et bien que les autres soient assez variables suivant le type des générateurs, la qualité et les dimensions du coke employé, l’allure des différentes opérations engendrant le « gaz à l’eau », la composition de ce dernier peut être donnée comme suit :
- Hydrogène....................50 pour 100
- Oxyde de carbone .... 40 —
- Acide carbonique ... 5 —
- Azote..........• . . . . 5 —
- 100 —
- La réaction dont est issu le « gaz à l’eau » est endo-thermique, c’est-à-dire qu’elle absorbe une certaine quantité de chaleur (29 calories environ) au détriment de la masse du coke.
- On comprend donc très aisément que la fabrication d’un tel gaz ne peut être continue- au sens absolu du mot, puisqu'il faut au bout d’un certain temps arrêter l’injec-
- tion de vapeur pour réchauffer la masse de combustible
- En pratique, il ne faut pas que la chaleur de cette masse descende au-dessous de 600°G environ, car la vapeur ne serait plus dissociée et on refroidirait le coke sans aucun profit. Aux températures voisines par excès de 600nC, la quantité d’acide carbonique (CO2) augmente et la somme des deux gaz utiles I~I -f- CO diminue, c’est donc la qualité du gaz produit qui est atteinte.
- La fabrication du « gaz à l’eau » est par conséquent assurée par une série de cycles, chacun d’eux comprenant :
- 1° Une période de soufflage (ou période de réchauffage) ;
- 2° Une période d’injection de vapeur (ou période de gazéification).
- La durée de chacune de ces périodes, bien que n’excédant pas quelques minutes, est assez variable; elle est fonction de la vitesse et par suite de la pression du courant d’air refoulé sous la grille du générateur par le ventilateur, de la hauteur du combustible, de la pression de la vapeur d’injection, etc. On peut dire que la première période est de 2 à 3' et la seconde de 5 à 6', mais, pour un générateur et un combustible donnés, l’aspect des gaz produits pendant le soufflage et celui de la flamme d’un bec témoin branché sur la conduite de sortie du « gaz à l’eau » fournissent des renseignements précieux pour la détermination de la durée de ces périodes.
- Au bout d’un certain nombre de cycles, on alimente le générateur en coke et après un certain temps de marche on est tenu d’arrêter le service pour procéder au décrassage du générateur.
- CARACTÉRISTIQUES DU « GAZ A L'EAU »
- Nous avons déjà indiqué sa composition, laquelle, nous le répétons, peut varier dans certaines limites.
- Son pouvoir calorifique supérieur peut vaiûer entre 2500 et 2700 calories. Il brûle en donnant une flamme bleue qui a fait donner au « gaz à l’eau » pur le nom de « gaz à l’eau bleu » par opposition au « gaz à l’eau carburé » d’un pouvoir calorifique supérieur au précédent et qui brûle avec une flamme jaunâtre analogue à celle du « gaz .d’éclairage » provenant de la distillation de la houille.
- Sa toxicité, par suite de sa teneur élevée en oxyde de carbone par rapport au « gaz d’éclairage », a porté préjudice pendant un certain temps à son développement, du moins en Europe. Mais il y a longtemps, déjà , les circonstances aidant, que cette toxicité n’est plus un épouvantail et que l’on considère l’emploi du gaz à l’eau sous un jour très favorable.
- Les dangers d’explosion sont moindres avec le « gaz à l’eau » qu’avec le « gaz d’éclairage ». En effet, un mélange d’air et de « gaz à l’eau » détone pour un pourcentage limite inférieur de 12,5 pour 100 de gaz à l’eau, alors qu’un mélange d’air et de gaz d’éclairage détonerait avec 8 pour 100 de ce dernier gaz. Avec des générateurs modernes, la fabrication d’un mètre cube de gaz à l’eau n’exige que 510 gr. de cai’bone pur et 700 gr. de vapeur d’eau.
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- DESCRIPTION D'UNE INSTALLATION SIMPLE DE « GAZ A L'EAU »
- Les types d’appareils destinés à la fabrication du « gaz à l’eau » sont très nombreux, et il n’enlre pas dans nos intentions de décrire les divers systèmes.
- Nous nous contenterons de résumer succinctement les différentes parties indispensables entrant dans l’installation le plus simplement comprise, nous réservant d’examiner à la fin du présent article les différents perfectionnements qui ont été apportés jusqu’à nos jours.
- Toute installation de ce genre comporte :
- 1° Un gazogène ou générateur, composé essentiellement d’un cylindre en tôle d’une hauteur et d’un dia-
- 2° Un groupe moteur ventilateur assurant la fourniture d’air sous pression destiné au réchauffage du combustible.
- 3° Un laveur-scrubber pour le lavage du « gaz à l’eau » et la précipitation des poussières entraînées par ce dernier.
- 4° Un jeu de vannes ou robinets et de tuyauteries permettant d’injecter alternativement de l’air ou de la vapeur dans la masse, cl’évacuer les gaz de soufllage dans l’atmosphère et le « gaz à l’eau » produit vers le laveur-scrubber.
- La manœuvre de ces vannes ou robinets est faite du plancher de service, situé au niveau supérieur du générateur pour la commodité des rechargements. Tous
- Obturateur
- Laveur barillet- pour gaz de soufflage
- Gazjfe soufflage fers le gazomètre \ Gaz à!eau df
- Boite de chargement
- Air secondaire
- Chambre de combustion , du gaz desoufhage
- Générateur de gaz à^ l’eau
- Siphon de sécurité
- Collecteur d'air
- Fig. 2. — Schéma d'une installation de « gaz à Veau » arec dispositions pour récupérer la chaleur des gaz de soufflage.
- Le gaz de soufflage peut être envoyé dans une chambre de combustion, puis sous une chaudière, ou renvoyé directement à l’atmosphère
- aju'ès dépoussiérage dans un barillet.
- mètre variables suivant la puissance de production à réaliser. Ce cylindre, fermé en bouts, est maçonné à l’intérieur avec clés briques réfractaires; entre ce revêtement et la tôle on pratique un bourrage en matière isolante, destiné à éviter autant que possible la déperdition de chaleur par radiation externe.
- La base du générateur est munie d’une grille pour recevoir le combustible et de toutes portes nécessaires pour les décrassages.
- Sur le plateau supérieur fermant le générateur vient se fixer la boîte de chargement. L’écpiipement est complété par les tubulures d’arrivée d’air et de vapeur et celles de départ des gaz de soufflage et du « gaz à l’eau ».
- organes de sécurité sont en général prévus pour rendre les fausses manoeuvres impossibles et éviter ainsi tout danger d’explosion que pourrait courir un mélange d’air et de gaz.
- 5° Un gazomètre pour emmagasiner le « gaz à l’eau ». S’il s’agit d’une installation faisant partie d’une usine à « gaz d’éclairage », la nécessité d’un gazomètre spécial ne se fait pas sentir puisque, dans bien des cas, on mélange le « gaz à l’eau » au « gaz d’éclairage » immédiatement après la sortie du barillet, c’est-à-dire dans le collecteur.
- Dans ce cas, un compteur spécial pour le « gaz à l’eau » devient cependant indispensable, si l’on veut se rendre compte des quantités de « gaz à l’eau » introduites.
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- 6° L’installation est complétée par un jeu cle manomètres à eau permettant de suivre l’allure des différentes phases de la fabrication.
- PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS
- DANS LES INSTALLATIONS POUR LA FABRICATION DU « GAZ A L'EAU «
- Un des premiers perfectionnements a consisté à injecter alternativement la vapeur à dissocier tantôt par le bas, tantôt par le haut du gazogène, de manière à mieux utiliser la masse de coke incandescent sur sa hauteur. De ce fait, la puissance de production du générateur se trouve augmentée, puisque pour un cycle on a deux périodes de gazéification et une seule période de soufflage, dont la durée est seulement un peu plus longue que dans le cas où l’admission de la vapeur se fait uniquement par le bas de l’appareil.
- La grille fixe nécessitant des décrassages faits à la main est très souvent remplacée par une grille tournante composée d’éléments dont l’ensemble forme un cône excentré par rapport à l’axe vertical du générateur. Le mouvement de rotation, très lent, dont cette grille est animée, grâce à un jeu d’organes mécaniques commandés par un moteur, empêche l’agrégation compacte des mâchefers susceptibles de se former à l’intérieur du gazogène, et facilite l’extraction de ceux-ci qui sont alors évacués automatiquement.
- Un autre progrès important porte sur la récupération de la chaleur contenue dans le gaz de soufflage.
- Initialement, le gaz d’air, ou gaz de soufflage, produit pendant la période de réchauffage du coke était purement et simplement évacué dans l’atmosphère, sans même aucun dépoussiérage préalable.
- C’était là une véritable hérésie, puisqu’on négligeait la source de calories importante que peuvent donner la chaleur sensible et celle latente de ces gaz de soufflage.
- On est revenu aujourd’hui d’un tel gaspillage, et ces gaz sont dans la majeure partie des cas utilisés pour la production de vapeur ou la carburation du « gaz à l’eau». .
- A cet effet, dans le premier cas, les gaz de soufflage sont d’abord envoyés dans une chambre de combustion (grand cylindre ou parallèlipipède contenant des empilages réfractaires) où on brûle l’oxyde de carbone qu’ils renferment, en envoyant dans cette chambre un appoint d’air, dit air secondaire, fourni par la soufflerie. Les gaz chauds ou fumées résultant de cette combustion sont ensuite dirigés vers une chaudière tubulaire horizontale ou verticale, où ils cèdent la plus grande partie de leur chaleur sensible pour la production de vapeur.
- Dans le second cas, c’est-à-dire celui où le gaz à l’eau est carburé pour augmenter son pouvoir calorifique, les gaz de soufflage sont envoyés dans un surchauffeur qui joue le rôle de carburateur et leur oxyde de carbone est brûlé comme ci-dessus. Ce carburateur, comme la chambre de combustion, comprend des empilages réfractaires internes. Pendant la période de gazéification, il reçoit à la fois le « gaz 'à l’eau » à carburer et un jet d’huile finement pulvérisée au préalable, laquelle se vola-
- tilise, se décompose en contact avec les empilages chauds et s’incorpore au « gaz à l’eau » pour donner du « gaz à l’eau carburé ». f
- On s’est appliqué aussi à utiliser la chaleur rayonnante du générateur, on a doté celui-ci d’une enveloppe d’eau que l’on désigne sous le nom de water-jacket, et qui permet d’obtenir de la vapeur à basse pression pour l’injection. En refroidissant légèrement le combustible de la périphérie, le water-jacket empêche le collage des mâchefers contre les parois du gazogène.
- D’autres améliorations, enfin, répondent aux exigences chaque jour plus pressantes de l’économie de main-d’œuvre. Ce souci a conduit les constructeurs à abandonner la manœuvre manuelle des différents clapets ou vannes et à la remplacer par une commande automatique par la seule mise en marche d’un moteur.
- Ce perfectionnement est des plus importants, car, indépendamment de la réduction de main-d’œuvre qui en résulte, il permet une grande régularité dans la qualité du gaz obtenu, puisque les périodes de soufflage et de gazéification sont rigoureusement les mêmes pour chaque cycle.
- De plus, en réduisant les temps perdus, il assure une plus grande puissance de production.
- Toujours dans un but d’économie de main-d’œuvre, l’alimentation en combustible des générateurs a été également rendue automatique, ajoutant encore ainsi un facteur de régularité dans la qualité du gaz.
- EMPLOIS INDUSTRIELS DU « GAZ A L'EAU »
- Les avantages d’une installation de « gaz à l’eau » sont aujourd’hui bien reconnus et peuvent être ainsi résumés :
- 1° Frais de premier établissement réduits;
- 2° Faible emplacement exigé ;
- 3° Mise en train rapide et possibilité d’arrêts fréquents sans inconvénient ;
- 4° Prix de revient réduit du mètre cube de gaz ;
- 5° Utilisation possible des stocks de coke non absorbés par la clientèle et diminution des achats de charbon (ceci pour une usine à gaz d’éclairage).
- On peut s’étonner qu’avec de tels avantages, la fabrication du « gaz à l’eau » n’ait pas pris plus tôt l’ampleur à laquelle elle avait droit, en songeant que la découverte du « gaz à l’eau » remonte à peu près à la même époque que celle du « gaz d’éclairage ».
- Nous devons à la vérité d’ajouter que c’est surtout l’Europe, et en particulier la France, qui a été réfractaire à la vulgarisation de son emploi, car l’Amérique utilisait le « gaz à l’eau » en grand, alors que de timides essais avaient été faits en Europe.
- Le gros reproche que l’on faisait au « gaz à l’eau » visait sa teneur élevée en oxyde de carbone et l’on craignait qu’elle fût une cause d’intoxications fréquentes. Ces craintes se sont apaisées. L’Angleterre, que l’on ne peut accuser de négliger les conditions d’hygiène, distribue du gaz de distillation mélangé à du « gaz à l’eau » dans la proportion de 50 pour 100. Certaines villes d’Amérique sont même éclairées au gaz à l’eau seul, mais carburé.
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- En France, depuis la guerre, les Compagnies concessionnaires de l’éclairage sont autorisées à livrer un gaz mélangé pouvant contenir jusqu’à 15 pour 100 d’oxyde de carbone. Aussi la plupart des usines à gaz d’éclairage ont-elles adjoint à leurs batteries de fours des installations pour la fabrication du « .gaz à l’eau ».
- Des industries diverses s’occupant du recuit, du for-geage des métaux, de leur soudure, celles relatives à la céramique, à la verrerie, aux textiles ont un intérêt direct à l’utilisation du gaz à l’eau.
- La soudure des métaux est particulièrement intéres-
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- de plus en plus à obtenir de nos jours par voie de synthèse.
- En effet, en raison de sa haute teneur en hydrogène libre et en oxyde de carbone, ce dernier pouvant donner naissance à une nouvelle quantité d’hydrogène par fixation de l’oxygène de l’eau sur l’oxyde de carbone, suivant la formule :
- CO -)- H20 = CO2 -f- IP
- on peut obtenir une quantité totale d’hydrogène très importante d’une façon économique.
- La production de l’ammoniaque synthétique par le
- Fig. 3. — Une grande usine de « gaz à l’eau ».
- Le plancher supérieur sur lecpiel sont montées les commandes des vannes, ainsi que les réservoirs de chargement des gazogènes.
- Ceux-ci sont au rez-de-cliaussée, au-dessous du plancher.
- santé quand on la pratique au « gaz à l’eau », car, dans ce cas, il n’est pas besoin de métal d’apport. Chaque feu à souder au « gaz à l’eau » comprend deux brûleurs, l’un chauffant dessus et l’autre dessous; après quoi on exerce un martelage rapide des parties à souder ainsi chauffées. La soudure au « gaz à l’eau » peut donc être assimilée à une soudure au feu de forge et, de ce chef, a une tenue et un aspect bien supérieurs à ceux des soudures oxy-acéty-léniques avec apport de métal.
- Le « gaz à l’eau » va devenir d’un emploi d’autant plus courant qu’il est un auxiliaire précieux pour la préparation des produits à base d’hydrogène que. l’on cherche
- procédé Haber a été le point de départ de la construction de gigantesques batteries de générateurs de « gaz à l’eau ».
- Dans ce but, plusieurs millions de mètres cubes sont traités par la firme allemande bien connue la Badische Anilin und Sodafabrik.
- En France, dans ce même ordre d’idées, nous voyons actuellement l’Office National Industriel de l’Azote construire à Toulouse une usine moderne avec des générateurs de « gaz à l’eau » dont l’ensemble pourra assurer une production de 400000 m5 de ce gaz par 24 heures.
- M. Guérin.
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- E LA CONSERVATION A SEC E DES ORGANISMES VIVANTS
- Il y a des milliers d’années, les Egyptiens savaient pratiquer l’embaumement du corps humain avec un succès que les modernes n’ont jamais pu égaler. Leurs procédés n’ônt pas encore été retrouvés. L’exposition à l’air sec et chaud, pratiqué par certains peuples, ne conduit jamais qu’à des résultats primitifs ou médiocres.
- D’autre part, on conserve, comme l’on sait, dans
- On traite d’abord les ob jets en question par un liquide de fixage pénétrant aussi vite et d’un effet aussi rapide que possible ; c’est ainsi qu’on l’empêche de se déformer au cours du traitement ultérieur. Ce n’est qu’ensuite qu’on procède au traitement proprement dit, en se servant, à cet effet, de matières indifférentes (paraffine), fournissant des produits indéfiniment durables.
- l’alcool, les organismes, organes ou parties d’organes, tandis que, pour les plantes, on recourt, en général, au séchage.
- Le professeur Hochstetter, directeur de l’Institut anatomique de Vienne (Autriche), en collaboration avec son assistant, le Dr G. Schmeidel, vient de mettre au point une nouvelle méthode employée déjà dans l’enseignement, mais qui promet des applications assez variées. Elle permet, en effet, de conserver tout corps animal ou végétal, à l’état sec e't avec ses formes caractéristiques parfaitement intactes; pendant un temps pratiquement illimité.
- Plus l’objet s’est conservé frais, c’est-à-dire plus on s’empresse de commencer le traitement immédiatement après la mort d’un corps animal, et plus on aura de chances de réussite parfaite. Les liquides de fixage sont identiques à ceux dont on se sert, par exemple, dans la technique microscopique; leur choix sera subordonné à la coloration de l’échantillon, dont la conservation dépend de la disposition des matières colorantes dans les cellules des tissus. La plupart des couleurs se conservent intactes; les autres demandent une retouche artificielle.
- Les échantillons animaux ou végétaux traités par le
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- fixage sont complètement rigides et conservent parfaitement les formes et l’attitude primitives. On leur soustrait l’eau qu’ils renferment, après quoi on les introduit dans un dissolvant de paraffine, d’où ils finissent par passer dans la paraffine liquéfiée qu’ils absorbent dans leur masse tout entière.
- Le traitement à la paraffine une fois terminé, on retire les produits du bain et l’on débarrasse la surface de la paraffine qui y adhère,
- La paraffine se fige immédiatement, en donnant au produit une dureté surprenante. Etant à l’abri des influences atmosphériques, celui-ci se conserve pendant un temps illimité.
- Il est encore impossible de déterminer exactement les
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- applications possibles de ce nouveau procédé. Il convient toutefois, de penser en première ligne à la conservation à sec des animaux les plus divers et des organes animaux ou humains.
- La plupart des conserves dans l’alcool seront remplacées par ces produits paraffinés. Mais les animaux que, jusqu’ici, on avait l’habitude d’empailler seront également conservés par la nouvelle méthode, qui protège leur fourrure contre l'invasion des teignes. En botanique, la méthode Hochstetter, des expériences fort étendues en font foi, donne le moyen de conserver, avec tous les détails de leur structure, les fleurs, les champignons, etc.
- I)1' A. Gradenavitz.
- = L'EMPLOI DES GAZ COMPRIMÉS =
- POUR L’ALIMENTATION DES AUTOMOBILES
- Pendant, la guerre, en raison de la disette d’essence, on vit circuler quelques voitures automobiles alimentées au gaz d’éclairage.
- Cette solution qui semblait abandonnée réapparaît aujourd’hui et, grâce à de nouveaux éléments, notamment grâce à un nouveau type de récipients à gaz à haute pression, elle semble avoir de sérieuses chances de succès.
- Pour employer des gaz comme combustibles de moteurs et disposer pour la voiture d’un rayon d’action suffisant, deux moyens se présentent à l’esprit : le premier consiste à produire directement ces gaz à bord de la voiture, c’est la solution par les gazogènes. Elle a fait ses preuves, puisque l’armée prévoit maintenant l’emploi de camions à gazogènes et accorde des primes élevées à ceux qui satisfont à certaines conditions.
- L’autre moyen consiste à emmagasiner les gaz sous pression dans des récipients suffisamment résistants.
- A première vue, cette seconde solution semble imposer au véhicule un poids mort prohibitif, en raison du poids élevé des récipients en acier nécessaires. Toutefois, on peut remarquer que le poids mort d’une installation de gazogène au charbon de bois pour un camion de 16 chevaux est d’environ 20 kg par cheval-heure; pour du gaz d’éclairage contenu dans des tubes en acier à haute pression du type ordinaire, ce poids mort serait inférieur à 10 kg. C’est dire que l'emploi des gaz comprimés n’est pas à rejeter a priori ; avec des récipients plus, légers, et par suite moins coûteux, il peut même devenir intéressant.
- C’est précisément ce qui se produit aujourd’hui grâce à l’apparition des tubes électro-frettés. Le Génie civil donne de ces tubes une description détaillée à laquelle nous empruntons les détails qui suivent.
- Le récipient éleclro-fretté comporte une bouteille mince en métal ductile, tel que du fer électrolytique ; un double système de frettes d’acier en corde à piano, l’un longitudinal, l’autre transversal, arme la bouteille. La bouteille intérieure assure l’étanchéité et de plus, grâce à la pureté du fer électrolytique, elle est à l’abri des corrosions. L’armature extérieure, au contraire, constituée en acier à caractéristiques mécaniques élevées, assure presque à elle seule, et sous un poids réduit, la résistance du récipient aux efforts intérieurs
- pour la pression de 180 kg par mètre carré prévue comme pression de régime.
- En outre, pour parer aux inconvénients qui résulteraient, sous ces fortes pressions, de la différence considérable existant entre les limites élastiques du fer électrolytique et des frettes en corde à piano, la paroi du corps creux porte un double système d’ondulations : une première série est formée de plis longitudinaux régulièrement espacés sur le pourtour du corps ; elle permet à la paroi de se développer sous l’influence de la pression intérieure et de venir s’appliquer exactement sur les fils, sans imposer au métal des tensions excessives.
- La deuxième série d’ondulations est constituée par des gorges annulaires sur le corps du cylindre ; elle permet, de la même façon, d’assurer le fonctionnement correct du frettage longitudinal.
- Un récipient de 50 litres ainsi construit pèse de 33 à 34 kg. Sous une pression de 180 kg/cm2, il peut enfermer une masse de gaz correspondant à un volume de 9 m3 à la pression atmosphérique. Si ce gaz est du gaz de ville, le poids mort du récipient est de 2,3 kg par cheval-heure.
- Mais il est un gaz beaucoup plus avantageux, à ce point de vue, que le gaz de ville.
- C’est le méthane. Son pouvoir calorifique est de 9400 calories par mètre cube, soit plus du double de celui du gaz de ville.
- L’énergie libérée par la combustion d’un litre de mélange tonnant, à base d’air et de méthane, est de 470 kilogram-mèlres, tandis qu’elle n’est que de 410 dans le cas de l’essence, 300 dans le cas de gaz de ville et 231 dans le cas du gaz de gazogène.
- Le poids mort d’un tube éleclro-fretté rempli de méthane descend à 1,3 kg par cheval-heure.
- Le méthane existe en abondance dans le gaz de four à coke; dans les cokeries qui emploient une partie de leurs gaz à la préparation de l’hydrogène pour la fabrication de l’ammoniac synthétique, le méthane est aujourd’hui un résidu pour lequel on cherche des débouchés. On voit qu’il offrirait de sérieux avantages pour l’alimentation des moteurs d’automobiles.
- A. T.
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- LE GUAYULE
- HISTORIQUE
- Lorsque l’Angleterre décréta le Blocus contre la France de Napoléon Ier, de nombreux problèmes touchant le
- ravitaillement de la population en produits exotiques se posèrent, il fallut envisager le remplacement de ces produits par d’autres s’en rapprochant le plus possible; à ce point de vue l’un des plus beaux résultats obtenus fut la mise au point de la culture de la betterave à sucre, connue évidem-Fig. 1. — Plant de Guayule adulte (Par- ment avant cette thenium argentum), âgé de 4 ans, haut époque, mais dont de 60 cm. , , . •
- le rendement insignifiant en sucre
- (2 pour 100 du poids total) n’avait jamais suggéré un emploi industriel pour l’extraction du sucre fourni alors entièrement sous forme de sucre de canne.
- Sous l’empire de la nécessité du moment et sous l’impulsion de Napoléon, des recherches furent entreprises qui aboutirent à la création d’une espèce de betterave sucrière contenant 15 à 20 pour 100 de sucre et qui donna lieu à la création d’une industrie nationale des plus florissantes.
- La mise en vigueur du plan Stephenson en 1920 restreignant la production du caoutchouc sur les plantations d’Extrême-Orient, alors que la consommation mondiale de cette matière première augmente constamment, ne constitue-t-elle pas à nouveau un blocus économique des principales nations consommatrices (France-Allemagne-Etats-Unis-Canada-Japon) par les nations détenant actuellement les plantations, puisque le plan Stephenson est adopté par les deux tiers de la production mondiale?
- Les plus touchés par cette restriction sont les Américains, dont l’industrie caoutchoutière fait vivre plus de 1 million des leurs, et dont le développement automobile, pour ne pas dire leur développement tout court, est rivé à la question du caoutchouc; on se souvient de la campagne menée par M. Hoover à ce sujet; elle a abouti à la création de plantations américaines au Libéria, dans la vallée de l’Amazone, à la tentative avortée de plantations aux Philippines, à la politique Pan-Américaine vis-à-vis des républiques de l’Amérique Centrale.
- Malheureusement l’arbre (Hevea) qui donne
- le caoutchouc demande actuellement au moins 10 années pour arriver à maturité et commencer à produire le latex d’où sortira le caoutchouc. Il est donc naturel que les Etats-Unis cherchent par leurs propres ressources à se procurer le caoutchouc à bref délai. Ce moyen, ils l’ont trouvé par le même procédé que les agronomes du Premier Empire avaient trouvé la betterave à sucre.
- Depuis une quinzaine d’années, en effet, une Société américaine cultivait dans le sud des Etats-Unis une plante importée du Mexique où elle pousse à l’état sauvage: « le Guayule » et avait réussi au bout de quelques années à obtenir un caoutchouc de qualité moyenne qui avait commencé à être apprécié sur le marché américain. Mais le caoutchouc d’Extrême-Orient, baissant ses prix et s’améliorant par des méthodes de cultures appropriées, avait peu à peu réduit presque à néant la consommation du caoutchouc de guayule qui, après être monté de 350 tonnes en 1905 à 10 000 tonnes en 1910, était redescendu en 1915 autour de 1000 tonnes et s’y est maintenu depuis ce temps, malgré la consommation croissante du caoutchouc.
- C’est sur cette plante que les Américains mettent leur espoir pour sortir de la crise.
- Sous la poussée du besoin ils se sont mis à cultiver le guayule et à le consommer (la consommation est montée de 1000 tonnes en 1923 à 8000 tonnes en 1926), Us envisagent, sous quelques années, une production de 100000 tonnes qui ne constituera néanmoins que la moitié de leur consommation totale.
- En plus de ces avantages, offerts par la culture du guayule pour les Américains, il en est d’autres qui ne sont pas pour peu les intéresser : ce sont le rendement élevé du personnel employé sur les cultures et la rapidité relative avec laquelle le guayule arrive à maturité, puisqu’on peut récolter le guayule 4 ans après qu’il a été planté et qu’il faut 1 homme pour récolter 10 tonnes de caoutchouc
- Fig. 2. — Les régions de production du- Guayule aux Etats-Unis et au Mexique.
- A R!ZONA
- NOhy. FSEXIQUt
- ETAT 5-UNIS
- TEXAS
- El RA
- ; CH! H U A
- Parra/
- o. Lui s Pôtosi'
- Région ou pousse le Guayule à l'état Sauvage
- Plantation cte
- Guayule
- MEXIQUE
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- de guayule, alors qu’il en faut 10 pour récolter la même quantité de caoutchouc sur les Heveas.
- ÉTAT SAUVAGE
- Le guayule pousse du reste à l’état sauvage au Mexique sur une région de 1000 km sur 400 (fig. 2). Cette zone n’est pas toute la région où l’on trouve la plante, mais seulement celle où elle est la plus dense.
- Les villes indiquées situent les principaux centres d’extraction du guayule. Le principal centre d’extraction américaine est Marathon qui constitue avec Torreon-Cedros et Catorce le groupe des usines de.l’International Rubber C1*; les autres usines d’extraction appartiennent à l’une des 3 Compagnies suivantes : Mexican Crude Rubber C°, Compagnie Explotadora Coahuilense, Compagnie Explotadora de Cauchou Mexicana.
- ..... •== 297 =
- cause de la couleur gris argenté de son feuillage; son poids ne dépasse jamais 1 kg 500 et sa hauteur 0 m. 00; il vit de 40 à 50 ans et donne des fleurs composées ne produisant pas de semences à l’état sauvage; mais par un traitement approprié on peut obtenir des semences fertiles.
- À l’état sauvage sa croissance est lente (à 5 ans il pèse à peine 0 kg 500) par suite des conditions dans lesquelles il se trouve placé : altitude assez élevée 1200 à 2000 m. ; région semi-désertique, sol crayeux, recevant 150 à 300 mm de pluie par an, température relativement élevée comparable à celle de notre Sahara.
- PRODUCTION ET ROLE DU CAOUTCHOUC :
- DANS LE GUAYULE •, î
- Ainsi que nous l’avons dit, la teneur en caoutchouc de
- Fig. 3. — Culture du guayule.
- En haut, à gauche : Couches spéciales pour lc développement des plantules. Les plants ont un an et vont être repiqués. Les murettes latérales sont destinées à la circulation du personnel et de la machine à semer.
- A droite : Repiquage des plants d’un an dans les trous que fait la machine.
- En bas, à gauche : Sarclage mécanique, six mois après le repiquage.
- ce buisson est relativement élevée, sa composition se C’est en 1907 que les premiers essais furent faits pour répartit comme suit :
- Feuilles et fleurs (sans caoutchouc). 10 pour 100 en poids.
- Tissus ligneux (sans caoutchouc) .45 — —
- Tissu Laticifère ...............45 — —
- Or, ce tissu laticifère en période de maturité contient 50 pour 100 de caoutchouc, ce qui équivaut pour un arbuste de 1 kg 500 à 350 gr. de caoutchouc, soit 22,5 pour 100, alors que dans un Ilevea de 9000 kg on ne trouve que 45 kg de caoutchouc, soit 1/2 pour 100.
- Le caoutchouc se trouve localisé dans un tissu placé entre l’écorce et l’aubier dont les cellules sont placées parallèlement à l’axe du tronc ; le caoutchouc s’y trouve sous une certaine pression hydrostatique, qui le fait suiùter lorsque l’on sectionne une branche.
- Toutefois on ne peut pas dire qu’il y ait un système glandulaire bien défini ; le caoutchouc enrobe les cellules
- introduire la culture du guayule en Arizona, à San Diego et en Californie à Salinas, dont la mise au point ne demanda pas moins de 15 ans.
- BOTANIQUE DU GUAYULE
- Parmi les 100 espèces d’arbres à caoutchouc actuellement existantes, il n’y en a pas dont la teneur en caoutchouc soit aussi élevée que le guayule ; chez l’Hevea en particulier le caoutchouc ne représente qu’une fraction de l/100e du poids total de la plante alors que dans le guayule il représente 20 pour 100 du poids total.
- Le guayule se présente sous forme de buissons, de la taille et de l’aspect d’un petit groseillier lorsqu’il est en pleine maturité. Il appartient à la famille des Solanées et au genre Parthénium [P. argentum) ainsi nommé à
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- et se trouve à l’état solide, alors que le latex de l’Hevea se trouve sous forme liquide.
- Le caoutchouc ne semble pas être ici un produit d’accumulation comme l’amidon, dans la plupart des plantes. Il représente plutôt une défense de la plante contre les conditions extérieures, et en particulier contre la sécheresse ; le caoutchouc enrobant les cellules constitue une membrane étanche empêchant toute évaporation, la plante pouvant ainsi résister longtemps à la sécheresse tout en gardant sa provision d’eau.
- Cette faculté de produire le caoutchouc, bien que de nature différente de la production de l’amidon dans les plantes, est susceptible cependant de s’améliorer et d’atteindre rapidement sa va-
- leur normale ; que l’on a pu période de 7 ans à 4 ans
- c est ainsi réduire la maturation de de plus on
- arrive par greffage à obtenir des plants bien plus généreux.
- Une période de froid correspondant à un certain engourdissementde la plante est nécessaire chaque saison, elle stimule la production de caoutchouc l’année suivante. On a expérimenté avec des plants jusqu’à —12° C. et ils ne s’en sont pas plus mal portés, ce qui montre bien que cette plante ne craint pas le froid comme l’Hevea.
- ACCLIMATATION DU GUAYULE EN CULTURE INTENSIVE
- Toutes ces conditions a priori contradictoires ont été cause de nombreux insuccès au début de l’acclimatation de cette plante sous un régime de culture intensive. De plus on augmenta le nombre de ces insuccès par le fait que l’on employa des graines stériles et que les plants obtenus furent élevés dans des endroits trop irrigués qui facilitaient la croissance de la plante, mais détruisaient sa faculté de produire du caoutchouc.
- Le premier point important dans l’acclimatation du guayule est l’obtention de graines fertiles, pour obtenir des plants à repiquer ensuite, car les essais de bouturage ont donné des résultats négatifs. Or, pour avoir des graines, il faut placer la plante, qui n’en donne pas naturellement, dans des conditions spéciales par une irrigation savamment dosée.
- Une fois les graines obtenues, il faut les faire germer et là encore on doit employer des moyens artificiels pour
- produire cette germination; à cet effet, les graines sont placées dans de vastes étuves chauffées vers 35° C. afin d’activer les ferments de germination.
- Puis les graines germées sont placées en couches qui diffèrent des couches ordinaires en ce que le sol y est aussi léger que possible, crayeux de préférence, sans humus et presque sans humidité, de telle sorte que la jeune plante n’ait pas à réagir contre les malaises provenant des fermentations de l’humus, sa constitution n’étant pas propice pour un tel combat. Toute humidité ou humus excessif est une cause de destruction.
- La croissance des plants est très lente et il faut compter un an avant de pouvoir les repiquer.
- Ce repiquage doit se faire avant la saison des pluies et à une racine suffisamment forte. En effet,,dans la première période de sa croissance,1 la plante a une racine pivotante qui va chercher l’humidité dans la profondeur du sol.Lorsque laplante se développe elle tend ensuite autour d’elle et presque à fleur de sol un réseau de racines radiales destiné à absorber l’eau des pluies dès qu’elle touche terre.
- La période critique de la plante est celle où elle passe du système pivotant au système radial et il faut attendre pour le repiquage que le'système soit en bonne voie de développement.
- FORÇAGE DE LA
- PLANTE ACCLIMATÉE
- Une fois la plante repiquée et en plein développement,il s’agit d’obtenir d’elle le maximum de caoutchouc pendant les.2 ou 3 ans qui lui restent à vivre. Or, on a remarqué que le caoutchouc se forme pendant les périodes de sécheresse alors que la plante a besoin de toute son eau pour ne pas périr; cependant ces périodes de sécheresse ne sont pas disposées d’une manière quelconque dans la vie de la plante, il y a un véritable rythme qui comprend trois périodes de durée bien déterminée :
- 1° Période de croissance;
- 2° Période d’engourdissement;
- 3° Période de production du caoutchouc.
- Ces 3 périodes ne sont pas seulement immuables dans le rythme de la vie de la plante, mais elles dépendent rigoureusement les unes des autres.
- C’est ainsi qu’une période de croissance trop rapide ou trop prolongée détruit sans retour la faculté de la
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- plante de produire du caoutchouc; ce fait s’explique par le fait que le tissu qui contient le caoutchouc se développe à chaque saison après que la plante a formé sa couche de bois annuel; si la formation de cette couche n’est pas arrêtée à temps elle continue jusqu’au moment où la période d’engourdissement arrive, auquel moment tout développement est arrêté.
- De même si la période de croissance est suffisamment lente, la période d’engourdissement disparaît d’elle-même et la plante sécrète du caoutchouc immédiatement après la période de croissance. Aussi la méthode actuellement employée consiste à laisser croître lentement la plante avec une irrigation modérée pendant deux ans sans créer de périodes sèches, alin de supprimer chez la plante les velléités d’engourdissement. La plante est soumise ensuite à une alternance de périodes sèches et de périodes humides qui se succèdent pendant des intervalles de temps parfaitement délimités, qui peuvent être créés par irrigation ou simplement par les saisons de pluie dans les régions où elles sont assez fréquentes.
- SÉLECTION ET AMÉLIORATION DE L'ESPÈCE
- Il y a un grand nombre de variétés de guayule dont les caractéristiques déjà bien précises ne
- des précautions sont à prendre tant au point de vue de son transport que de sa conservation sur le lieu d’extraction en attendant le traitement, car c’est là que sa teneur en caoutchouc peut varier par suite d’un commencement d’oxydation du caoutchouc qui exsude par toutes les cassures du bois s’il est manipulé trop brutalement.
- L’opération de la coupe peut être répétée 2 ou 3 fois sur le même pied à 3 ans d’intervalles, à condition de maintenir le terrain dans de bonnes conditions.
- CULTURE MÉCANIQUE
- Il est à noter ici que, contrairement à toutes les autres plantations du caoutchouc, la culture est entièrement mécanique et les exploitations américaines ont appliqué là le dernier mot de l’outillage agricole.
- a) Germination des graines (sur tapis mobile passant en étuve).
- b) Semaille des graines par semoir spécial roulant
- font que s’accentuer si on vient à les croiser entre elles par greffage ou par hybridation. Ces variétés diffèrent non seulement au point de vue poids (de 0 kg 5 à 10 kg) mais aussi au point de vue de la teneur en caoutchouc (de 4 à 25 pour 100).
- 11 n’existe pas d’échantillon naturel présentant à la fois la plus forte teneur en caoutchouc et le plus fort poids; c’est donc par croisement artificiel de tous les caractères que présentent les sujets avant croisement afin de ne pas multiplier les essais à l’infini, car il ne faut pas oublier que les résultats ne sont connus qu’après la période de maturité, c’est-à-dire 4 ans après, et que les sujets les plus vigoureux ne donnent pas obligatoirement des plants riches et vigoureux comme eux.
- RÉCOLTE DU CAOUTCHOUC
- A la fin de sa quatrième année la plante est coupée au ras de terre pour être envoyée à l’usine d’extraction et
- Fig. 5. — Culture du guayule.
- A droite : Cliamp de guayule à maturité. Les plants de 4 ans sont prêts à être récoltés.
- A gauche : Un champ d’expérience pour la sélection des plants. Chaque piquet sépare une variété.
- sur les deux murettes latérales de la couche.
- c) Repiquage mécanique des plants sur 4 lignes à la fois.
- dj Façons culturales : sarclage mécanique, travail à la herse ou au cultivateur, pour créer les périodes de sécheresse et d’humidité suivant la méthode du Dry Farming.
- e) Coupes des récoltes.
- Autant de points qui assurent un travail régulier bien fait et bien rémunéré.
- STOCKAGE DU CAOUTCHOUC SUR PIED
- Mais un autre avantage du guayule, et qui le fera apprécier par les industriels qui désirent un cours stable de La matière première, est la facilité de pouvoir stocker le caoutchouc sur pied.
- En effet, on peut très bien se dispenser de couper les pieds de guayule après la quatrième année, pour se réserver de le faire à une date ultérieure.
- Il est en effet démontré que non seulement la teneur en caoutchouc ne diminue pas, mais qu’elle croît très lentement.
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- II sera donc loisible au fermier de ne récolter son caoutchouc qu’au moment où le cours sera satisfaisant, et le consommateur ne verra plus des « Booms » fantastiques où le cours de la matière première fait des sauts formidables, parce que la récolte a été trop abondante ou trop maigre dans l’année.
- POSSIBILITÉ DE LA CULTURE DU GUAYULE AU MAROC
- Nous sommes en droit de nous demander si l’exemple américain ne pourrait pas être utilement imité par la France.
- Il semble bien, en effet, que la partie sud du Maroc se prête admirablement à la culture du guayule.
- En particulier le Sous Marocain se présente dans les mêmes conditions que la Californie où a été introduite cette plante : même latitude, même climat océanique, même régime de pluies (200 mm par an), mêmes pluies hivernales, même terrain sablonneux et crayeux protégé des vents du nord et du sud par les deux bras de l’atlas qui l’entoure. D’ailleurs, ce fut là que l’on cultiva la canne à sucre et le coton au temps de la splendeur du Maroc.
- Il y a là certainement l’occasion d’empêcher l’exode d’un demi-milliard de francs chaque année vers l’Extrême-Orient ou les docks de Londres.
- M. P. L.
- = LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN FRANCE =
- EN J 926
- M. Rothé, directeur de l’Institut de Physique du globe de Strasbourg, et ses collaborateurs : M. J. Lacoste et Mlle Y. Damtnann ont présenté récemment à l’Académie des Sciences le tableau des séismes ressentis en France en 1926. Nous le reproduisons ci-dessous :
- « Quinze tremblements de terre bien caractérisés ont été ressentis en France au cours de l’année 1926. D’autres secousses faibles, mais fréquentes dans certaines régions, sont indiquées à la fin de cette Note. Les régions des Pyrénées et du Plateau Central se sont montrées plus stables que les années précédentes tandis que les phénomènes les plus importants ont affecté l’Alsace et les côtes de la Manche.
- Région Sud-Est. — iüpes-Maritimes : 23 avril, 23ll25'", Sospel, IY-Y, 5 décembre, 3h25m, secousse ressentie dans les cantons de Sospel III-IY, de Breil, de l’Escarène, de Menton et de YilIefranche-sur-Mer, II-III.
- Haute-Savoie : 5 mai, 21h45,n, un séisme ayant son origine en Suisse (llatit-Yalais) a été ressenti dans le canton de Dou-vaine, III-IY.
- Région du Sud-Ouest. — Hautes-Pyrénées : 10 janvier, 4h57m, très légère secousse à Argelès-Gazost et Cauterets ; 15 avril, 20h30m, Argelès-Gazost et Aucun (III). De faibles secousses ont été ressenties à Bagnères-de-Bigorre le 10 mars, à 22h49m, le 21 mai, à 9h08"’59s, le 18 juin, à 13h 10m (heure légale), le 6 août, à 6h12"’49 et le 10 septembre, à 5h.
- Région du Centre. — Le 18 octobre, vers 21h, un séisme dont l’intensité ne dépasse pas le degré Y s’est produit sur la rive droite de la Loire, dans la région de Bourgueil (Indre-et-Loire). Il s’est propagé principalement le long de la vallée de la Loire, de Chouzé (V) à Langeais (IV) et suivant une direction (sensiblement perpendiculaire, de Chouzé à Yernantes.
- Ce tremblement de terre paraît être une extension vers le Nord dès mouvements plus importants qui, en septembre et en décembre 1925, ont affecté toute la région du Centre et ont été ressentis jusque sur les rives de la Loire (Chinon et Tours, III).
- Région Est. — Le 5 janvier, 23h37n’12s, un séisme dont
- l’épicentre est situé dans la région de Créfeld (pays rhénans) a été ressenti dans le département de la Moselle à Manom (arrondissement de Thionville), IV-Y. Le 2 mai, lh43"'53B, une secousse de degré Y a ébranlé, en même temps que la région de Kehl, l’arrondissement de Strasbourg (Y).
- Le 28 juin, 22ll00m39s,8, un tremblement (de terre assez important s’est produit dans le Kaiserstuhl (Bade), îlot montagneux isolé dans la plaine du Rhin et traversé par deux failles de direction N.-S. Les inscriptions obtenues dans différents observatoires en France, en Suisse et en Allemagne, ont permis de déterminer l’épicentre (<p = 48°10' Nord, Xr= 7°38’Est) , situé à l’extrémité nord de la faille occidentale, dans une région qui a été le centre de nombreux séismes.
- L’aire macroséismique comprend, en Allemagne et en Suisse, les villes de Fribourg, Bade, Wildbad, Schaffhouse, Berne et Lausanne et s’étend en France sur plusieurs départements. L’intensité paraît avoir atteint le degré YII dans la région épicentrale, tandis qu’elle ne dépasse guère en France le degré VI (Colmar YI, Sélestat Y, Strasbourg, Epinal, Besançon, Poligny, IY). Elle s’arrête, au Nord-Ouest, contre le Plateau lorrain qui se comporte comme une aire aséis-mique.
- Le 3 décembre, 6ll50m29*,5, secousse de degré IY ressentie le long de la vallée de la Moselle, de Bussang à Epinal.
- Région Ouest. — Le 30 juillet, 13h22m, un tremblement de terre dont l’épicentre se trouve probablement dans la Manche, entre les côtes françaises et les îles anglo-normandes, a été ressenti sur toute la côte normande et légèrement dans le bassin parisien (*).
- Des secousses faibles ont, en outre, été signalées dans le Cher, à Chàteaumeillant (7 secousses du 13 au 26 janvier) et à Culan (22 avril), et des secousses douteuses à Paris (26 juin), à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées, 11 avril), à Nîmes (5 décembre) et, dans les Alpes-Maritîmes, àPeil (5 décembre) et à Contes (13 décembre) ; certains observateurs admettent également que le 24 novembre, les éboulements de la Roque-billière ont été précédés et accompagnés de secousses séismiques ».
- 1. L’étude détaillée de ce séisme a été faite par M. Kerforne.
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- = LE MOULAGE EN COQUILLE SOUS PRESSION 301
- Le procédé le plus ancien et le plus courant pour fabriquer en fonderie des pièces de forme aussi voisine que possible de leur forme définitive est la coulée du métal dans un moule en sable. On confectionne un modèle, des boîtes à noyaux, qui servent à fabriquer à la main ou à la machine le moule en sable ; on verse dans celui-ci le métal fondu, en observant les précautions dictées par
- Une seconde étape dans la voie du progrès fut l’adoption du moule permanent ou coquille. Ce procédé est dû au Français Cothias. Il consiste à verser dans des moules métalliques un métal fondu, la pesanteur intervenant seule pour obliger le métal à épouser les formes intérieures du moule.
- Les surfaces de la pièce sont alors plus nettes qu’avec
- Fig. 1. — La machine à mouler en coquille sous pression.
- l’expérience, on laisse refroidir, on démoule et on ébarbe. Le prix de revient est relativement élevé pour des pièces qui demandent fréquemment un complément d’usinage, si l’on veut avoir la précision voulue. En outre, le moule est perdu après chaque opération. Il en faut un pour chaque pièce.
- Pour obtenir de grandes séries, les machines à mouler abaissent d’une façon notable le prix de revient des moules, mais n’améliorent pas sensiblement le prix des autres opérations.
- le moule en sable, mais si la précision est augmentée, elle n’est pas encore suffisante pour supprimer totalement l’usinage, et il est impossible, avec de tels moules, d’obtenir tous les trous transversaux et les parois minces.
- Afin de nourrir les pièces, on prévoit une masselotte importante. Pour démouler sans difficulté, les coquilles ont une forte dépouille et les noyaux une conicité appréciable, ce qui exige presque toujours des usinages et des alésages ultérieurs.
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- = 302 -v- 1 =
- En Amérique, où la main-d’œuvre est chère, on a cherché à obtenir des pièces fondues aux dimensions exactes avec tous les trous venant de coulée. C’est le procédé du moulage sous pression qui n’est d’ailleurs pas nouveau, car on l’utilisa il y a plus de 75 ans pour fabriquer des caractères d’imprimerie.
- PRINCIPE DU MOULAGE SOUS PRESSION
- Le principe est d’envoyer, sous une certaine pression, du métal fondu dans un moule métallique maintenu à une température relativement basse, afin d’avoir un refroidissement rapide.
- Les opérations se succèdent ainsi : on ferme le moule formé de deux coquilles et on l’applique contre l’organe d’injection, le moule étant refroidi par une circulation d’eau. On envoie sous pression, dans le moule, le métal fondu.
- La fermeture empêche l’écartement des coquilles sous la pression du métal. On ouvre le moule et on éjecte les pièces obtenues.
- Les organes essentiels dans cette opération sont les suivants :
- 1° La machine à mouler qui comporte un pot de fusion, un organe d’injection et le mécanisme de manœuvre des coquilles ;
- 2° Les moules.
- Enfin nous examinerons les corps ou alliages qui peuvent se prêter à ce nouveau mode de fonderie.
- Disons immédiatement que ce sont des alliages à point de fusion bas et des alliages d’aluminium.
- MACHINE A MOULER SOUS PRESSION
- Le pot de fusion n’offre rien de particulier. C’est une cuve de fonte contenant le métal, chauffée par des brûleurs à gaz, à huile lourde, etc.
- L’organe d’injection est un corps de pompe, où se meut un piston qui chasse le métal dans le moule et l’y comprime avec la force voulue. Ce système est le plus ancien, il fut employé dès le début pour la confection des caractères d’imprimerie.
- C’est encore le plus pratique pour les alliages à base de plomb, de zinc et d’étain, qui fondent à une température relativement basse et qui n’ont pas d’action corrosive appréciable sur les parois du cjdindre et du piston
- Avec les alliages à base d’aluminium, qui fondent à une plus haute température, les dilatations respectives du cylindre et du piston tendent à devenir inégales. Il en résulte des grippements, d’autant plus que l’aluminium ronge très rapidement le cylindre et le piston. Le fonc-
- tionnement devient défectueux et la machine est rapidement hors d’usage.
- Pour l’aluminium, il a donc fallu adopter l’injection par air cornprimé, de la manière suivante : on remplit de métal une cornue en la faisant pivoter autour de deux tourillons, afin que la buse plonge dans le métal fondu; eh la relevant, on amène ensuite la buse en face du trou pratiqué dans le moule pour l’arrivée du métal. Alors que l'injection par piston n’assure généralement que des pressions assez limitées, l’injection par air comprimé permet d’envoyer le métal sous des pressions de 35 à 40 kgs.
- Dans tous les cas, la fermeture du moule doit être suffisamment énergique pour que les deux coquilles ne s’écartent pas sous l’action des hautes pressions.
- L’injection par air conduit à des installations plus compliquées et plus coûteuses; la tendance du métal à l’oxydation est évidemment plus sérieuse, inconvénient assez faible pour le métal des pièces elles-mêmes, mais
- plus grave pour le métal du jet.
- Ce dernier, en effet, est réutilisé de sorte qu’à la longue l’alliage se dénature et devient médiocre.
- L’ouverture et la fermeture des coquilles, leur application contre la buse d ’ i nj e c t i o n se font au moyen de leviers ou de cames.
- On les manœuvre à la main dans les petites machines.
- Pour celles plus importantes, il faut des moyens puissants : pression hydraulique, air comprimé, etc.
- Suivant le degré de l’intervention de l’ouvrier pour réaliser les divers mouvements, les machines sont dites à main, semi-automatiques ou automatiques.
- A l’ouverture, les pièces restent dans la coquille. Une plaque d’éjection vient alors au contact d’une butée; les broches d’éjection, qui affleuraient l’intérieur du moule, font saillie dans l’intérieur et décollent les pièces, qui tombent d’elles-mêmes. Quand on referme le moule, la plaque d’éjection s’écarte de la coquille, les broches s’effacent et affleurent à nouveau le fond du moule.
- Dès que l’injection du métal est terminée, le jet étant solidifié ne peut retomber dans le corps de pompe ou dans la cornue, au moment où le moule se sépare de la buse d’éjection.
- L’injection se fait soit par le plan du joint des deux coquilles, soit à travers l’une d’elles. La rupture du jet, dans le premier cas, est obtenue en faisant pivoter l’ensemble de la machine pour séparer, par soulèvement, le moule de la buse d’injection. Dans le deuxième cas, le moule coulisse le long des tiges qui le supportent.
- Cornue d'injection
- Arrivée d'air comprimé
- Moule
- Fi%. 2. — Cornue d’injection par air comprimé.
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- L’injection a lieu soit par le côté, soit par le dessous, soit par le dessus du moule; chacun de ces systèmes a ses avantages et ses inconvénients.
- CARACTÉRISTIQUES DES MOULES
- Les moules sont usinés tantôt dans des aciers nuance mi-dur traités, tantôt dans des aciers spéciaux à haute limite élastique qui permettent de retarder l’apparition des craquelures, dont nous parlerons plus loin. Le moule est formé de deux coquilles où sont faites les gravures nécessaires : simples ou multiples s’il s’agit de très petites pièces, jumelées si l’on a affaire à des pièces diffé-
- ............ = 303 =
- Les broches d’éjection, dont nous avons déjà parlé, sont réparties de façon que l’extraction de la pièce se fasse sans rupture ni déformation. Il ne faut pas que l’air reste dans le moule au moment de l’injection, il produirait des soufflures à l’intérieur des pièces et empêcherait le métal de remplir toute la gravure.
- Pour évacuer cet air, des rainures assez larges, mais de très faible profondeur (l/10e mm), sont faites en certains endroits sur la tranche d’une des coquilles formant plan de joint. L’air s’échappe par ces orifices et le métal, qui entre à sa suite, se solidifie immédiatement au contact des parois froides; il forme une bavure peu épaisse, qui s’enlève facilement sans trace bien apparente.
- Trou de remplissage
- Coquilles du moule
- Commande des mouvements du moule
- Piston
- Buse d'injection
- W/mm////////f////m
- Broches d'éjection
- Brûleurs du foyer
- Fig. 3. — Schéma d’une machine à mouler sous pression.
- rentes entrant dans un ensemble unique; leur nombre doit, par conséquent, être toujours identique.
- Dans certains cas, des parties amovibles donnent la possibilité d’obtenir des pièces diverses avec des parties essentielles identiques; par exemple, des tambours chiffrés pour compteurs de même diamètre, mais dont certains ont une denture et d’autres un rochet.
- Les dimensions de la gravure sont calculées pour tenir compte du retrait ou contraction du métal lorsqu’il se solidifie et se refroidit.
- En plus du vide correspondant à la pièce, on prévoit dans le moule un canal de coulée, dans le plan de joint des coquilles ou à travers l’une d’elles. On perce, dans la paroi, des canaux de circulation d’eau en vue du refroidissement.
- Si les pièces présentent, dans un sens autre que celui du démoulage, des trous ou des rentrants, le noyau correspondant, c’est-à-dire la partie pleine du moule faisant saillie à l’intérieur, doit s’effacer quand on extrait la pièce. Ces noyaux ou saillies de l’intérieur de la gravure coulissent dans des glissières avant l’ouverture du moule et s’effacent.
- Parfois dans une jîièce, une partie est soumise à des efforts spéciaux. Pour cette cause ou pour toute autre, elle est en matière différente de celle de l’ensemble. On usine alors, dans la matière voulue, les parties à rapporter et on ménage leur logement dans le moule. Ces pièces sont prolongées vers l’intérieur de la gravure par une sorte de queue, pour les réunir par enrobage au corps de la pièce. Cette partie enrobée n’est pas complè-
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- = 304 """ .—-...........'' -
- tement lisse; elle a des encoches, un molletage, on lui donne un coup de marteau ou de lime afin que l’adhérence soit meilleure.
- La pièce sort terminée du moule sans qu’il soit nécessaire d’avoir un usinage complémentaire, les inscriptions peuvent être obtenues avec une finesse et une netteté que le moulage en coquille ordinaire serait incapable de donner. Souvent les caractères sont en relief sur une partie en retrait, de façon à ne pas faire saillie sur la surface générale.
- Cependant le jet et les évents, quand ils existent, sont séparés au découpoir. Les traces sont pour le moins enlevées à la lime, si les surfaces correspondantes doivent être nettes.
- ALLIAGES EMPLOYÉS
- La gamme des alliages susceptibles d’être employés dans des conditions convenables de durée des moules est limitée surtout par la température de fusion.
- Des injections successives produisent, en effet, un échauffement brusque et répété de la surface de la gravure, alors que les régions voisines, refroidies par un courant d’eau, restent à une température plus constante.
- Les dilatations et contractions de ces surfaces tendent à produire, au bout de quelque temps, des craquelures.
- Le métal injecté pénètre ensuite dans ces fentes, les agrandit progressivement; la surface des pièces moulées est moins nette et l’adhérence qui en résulte rend leur extraction plus difficile.
- D’autre part, les organes d’injection se fatiguent d’autant plus vite que la température du métal injecté est plus élevée.
- Les alliages à point de fusion bas sont donc particulièrement indiqués. C’est pourquoi les premières applications du procédé ont été faites avec le plomb. Les alliages de ce métal, d’abord réservés aux caractères d’imprimerie, ont été employés pour des pièces en métal très tendre, résistant aux acides ou aux influences atmosphériques.
- Comme le plomb est un métal mou, on lui ajoute de l’antimoine qui lui donne la dureté voulue; quelquefois de l’étain, qui le rend plus fluide, s’il s’agit de mouler des pièces relativement délicates.
- Les alliages à base d’étain ont un point de fusion comparable à celui du plomb. Ils servent à des pièces très fines et de très bel aspect.
- L’étain est aussi un métal relativement mou ; on lui adjoint donc d’autres métaux, du cuivre et de l’anti-
- moine; souvent on incorpore aussi une certaine quantité de plomb pour diminuer le prix de la matière. Ces alliages sont couramment employés pour les disques chiffrés de compteurs.
- Les alliages à base de zinc ont un point de fusion un peu plus élevé. Ils ont donné tout d’abord des déboires en raison de leur instabilité. Les alliages utilisés au début par Cothias, grâce aux progrès réalisés dans leur composition, sont employés aujourd’hui dans de nombreux cas, pour des pièces relativement résistantes, d’un prix de revient accessible : carters divers, accessoires d’automobiles, etc.
- Dans ces alliages c’est généralement le zinc qui domine, accompagné d’un peu de cuivre et d’aluminium.
- Plus récemment la'coulée de l’aluminium a pu se développer.
- Les alliages de ce métal ont un point de fusion élevé, ce qui rend le problème difficile. L’affinité de l’aluminium pour le fer tend à détériorer rapidement les moules, à mettre hors d’usage les organes d’injection.
- La solution a été trouvée quand on a pu avoir, pour les moules, de l’acier suffisamment résistant à l’action destructrice de l’aluminium.
- Malgré tout, le nombre de pièces obtenues avant la mise hors d’usage d’un moule est toujours moins élevé qu’avec les autres alliages.
- L’aluminium est employé additionné de divers corps, tels que le cuivre et le silicium.
- Ses alliages légers et peu fragiles servent pour les pièces les plus variées, principalement dans les automobiles et les avions.
- GALVANISATION DES PIÈCES MOULÉES
- Les alliages couramment employés dans le moulage sous pression ont un aspect blanc gris, toujours terne et qui pour certains d’entre eux devient à la longue peu engageant, en raison de la mince pellicule d’oxyde qui se forme peu à peu. Dans bien des cas on recouvre les pièces par galvanisation. Les opérations (nickelage, argenture, dorure, etc.) n’ont rien de particulier et les métaux ainsi rapportés adhèrent bien.
- CONDITIONS D'APPLICATION DU PROCÉDÉ*
- Le prix d’un moule est assez élevé. IL ne faut donc envisager le moulage sous pression que s’il s’agit de pièces à produire en nombre suffisant pour amortir l’outillage dans des conditions admissibles. Le minimum est de quelques milliers de pièces en général.
- En France, ce procédé est appliqué par la fonderie de
- Fig. 4. — Coquille d'un moule. Au centre, la pièce obtenue.
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- précision Zénith, de Besançon, qui nous a aimablement documenté sur le moulage sous pression tel qu’il est appliqué actuellement. Les photographies que nous publions proviennent d’ailleurs de ces ateliers.
- D’après les indications données, il est facile de se rendre compte que le procédé a des avantages chaque fois qu’il s’agit de pièces comportant un certain usinage, qu’on économise. Le prix de revient de la pièce moulée est toujours intéressant, la précision est très grande et atteint le 1/100° de millimètre. L’interchangeabilité est parfaite, à condition que les moules soient exécutés avec tout le soin désirable, que les alliages soient fabriqués et coulés dans de bonnes conditions.
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- le meilleur alliage était composé, pour la plus grande partie, de plomb, comme d’ailleurs encore actuellement; mais, lorsqu’il s’est agi d’étendre le procédé à des pièces de tout genre, ce même alliage de peu de dureté et de faible résistance en limita l’emploi.
- On l’améliora légèrement par une addition d’étain, puis ce furent les alliages de zinc qui donnèrent les premières pièces ayant une résistance suffisante pour concurrencer la fonte. Depuis, l’aluminium résistant et léger a acquis une grande faveur, surtout dans l’industrie automobile.
- A l'origine, les industriels qui s’occupaient du moulage en coquilles n’avaient que de faibles connaissances métallurgiques; ils se heurtèrent à de sérieuses diffi-
- Fig. 5. — Quelques pièces obtenues par moulage en coquille sous pression.
- Pour toutes les pièces, la conception et la fabrication des moules jouent en l’occurrence un rôle de toute première importance. Ce n’est que par une longue expérience, appuyée sur des connaissances techniques sérieuses et précises, que l’on arrive à bénéficier de tous les avantages du moulage sous pression.
- Aussi de nombreuses industries utilisent-elles le moulage sous pression; l’horlogerie pour les platines, les ponts; l’électricité pour les platines de petits moteurs, les porte-balais; les carters, platines, disques chiffrés de compteurs; les accessoires d’automobiles, pour les jauges d’essence, thermomètres, manomètres, etc.
- Lorsque, au début, les caractères d’imprimerie constituaient le seul produit obtenu par le moulage en coquille,
- cultés, mais une étude approfondie a permis d’expliquer tous les phénomènes, notamment ceux de l’altération des alliages.
- On est aujourd’hui arrivé à réaliser des compositions bien déterminées, suivant toutes les caractéristiques auxquelles les pièces doivent répondre et l’on a pu voir, à la récente Exposition de Fonderie, des pièces sorties brutes des moules, obtenues par les procédés sous pression, présentant l’aspect et le fini des pièces travaillées autrefois soit à l’étau, soit à la machine. Les pièces moulées, par conséquent, sont d’un prix de revient très inférieur à celui des pièces obtenues par les anciens procédés.
- E.-H. Weiss.
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- RAYONS COSMIQUES
- Les ions dans l’atmosphère. — Les gaz sont, dans les conditions ordinaires, d’excellents isolants. Ils perdent cette propriété sous un grand nombre d’influences, notamment quand on les soumet à l’action de la lumière, des rayons X, des rayons ultra-violets, des corps radio-actifs, des réactions chimiques.
- On interprète aisément, dans la théorie actuellement admise, de la matière, ce changement de propriétés. Chacun sait qu’on considère aujourd’hui les atomes comme des systèmes complexes, véritables petits soleils en'miniature, constitués par un noyau chargé d’électricité positive autour duquel circulent, à la manière des planètes autour du soleil, des corpuscules négatifs ou électrons, en nombre suflisànt pour neutraliser la charge positive du noyau.
- Soumis aux influences que nous avons énumérées, un certain nombre d’atomes perdent un ou plusieurs électrons. Le résidu de ces atomes se comporte comme un corps neutre qui aurait perdu de l’électricité négative; il a les propriétés d’un corps chargé positivement : c’est un ion positif. Les électrons libérés, après une courte vie propre, finissent par se fixer sur des atomes neutres qui acquièrent ainsi une charge négative et forment les ions négatifs.
- La présence d’ions dans les gaz fait disparaître leurs propriétés isolantes. En présence d’un corps électrisé, par exemple d’un électroscope chargé positivement, les ions négatifs sont attirés et l’électricité qu’ils transportent se fixant sur la boule de l’électroscope en neutralise la charge positive; au bout d’un certain temps, l’électroscope est déchargé.
- Si l’électroscope était électrisé négativement, il serait déchargé par les ions positifs.
- L’ionisation en vase clos. —En effectuant des mesures précises, on a reconnu qu’une masse d’air ou d’un gaz quelconque, enfermée dans un récipient hermétiquement clos, conserve indéfiniment une conductibilité faible, mais très appréciable.
- Cette ionisation peut tenir à de nombreuses causes.
- D’abord, toute masse de gaz renferme des traces d’émanations radio-actives (émanations du radium, du thorium, de l’actinium, etc.); en introduisant le gaz dans un récipient, on y introduit en même temps ces émanations qui sont une cause très active d’ionisation.
- De même, les parois du récipient, qui ont été exposées à l’air libre avant la mise en expérience, se sont recouvertes-d’un dépôt de substances radio-actives qui, en disparaissant, rend le gaz conducteur. Les parois peuvent aussi exercer une action propre qui dépend de leur nature et des impuretés des substances dont elles sont formées; on a reconnu, par exemple, que cette action est maximapour le plomb et l’étain, avec des variations assez fortes suivant les échantillons; elle est minima pour le zinc et l’aluminium, faible pour le fer.
- Enfin l’ionisation, dans un récipient clos, est influencée par le milieu extérieur. Un peu partout circulent des rayons « gamma » produits par les substances radio-actives, analogues aux rayons X, qui peuvent traverser les parois du récipient et produire l’ionisation du gaz qu’il contient. Ces rayons sont très pénétrants et peu d’obstacles les arrêtent; on peut cependant les intercepter par des écrans de plomb. Si l’on entoure le récipient clos d’écrans de plomb, d’épaisseurs croissantes, on voit, en effet, l’ionisation diminuer progressivement jusqu’à une valeur que ne modifie plus une augmentation d’épaisseur des écrans.
- M ème en éliminant toutes ces causes certaines ou possibles d’ionisation, un effet résiduel subsiste. Dans un récipient de laiton, entouré d’une enveloppe protectrice de plomb destinée à arrêter les rayons « gamma « extérieurs, on trouve qu’il se fo rme environ 11 ions par centimètre cube de gaz, dans chaque seconde.
- Causes de l’ionisation dans un récipient clos. —
- Diverses hypothèses ont été émises pour interpréter le résultat précédent. On a essayé d’expliquer l’ionisation résiduelle par des chocs exceptionnels des molécules gazeuses ; mais s’il en était ainsi, l’ionisation devrait croître rapidement avec la température, ce qui n’est pas. On a également invoqué l’action d’un rayonnement très pénétrant du radium terrestre et le physicien canadien A.-S. Eve avait établi sur cette hypothèse une loi de décroissance en altitude d’où résultait qu’à partir de 1000 m. au-dessus du sol, l’ionisation résiduelle devait être insignifiante. Mais cette conclusion ne s’est pas trouvée confirmée ; déjà les expériences de YVulf, au sommet et à la base de la tour Eiffel, avaient fait apparaître une loi de décroissance beaucoup plus faible que ne l’indiquait la théorie d’Eve.
- Des expériences faites en ballon ont établi que l’ionisation résiduelle, après avoir diminué, croît ensuite avec l'altitude, comme le montrent les résultats suivants obtenus en Autriche par Hess.
- Nombre d’ions par cru5
- Altitude et par seconde
- 0 m................................ 11,8
- 200 m................................ 11,1
- 500 m................................ 10,4
- 1000 m................................. 10,3
- 2000 m................................. 12,1
- 3000 m................................. 13,3
- 4000 m. • 16,5
- 5000 m............................... 27,2
- Aussi a-t-on été conduit à admettre l’existence d’une cause d’ionisation extra-terrestre.
- Les recherches de Millikan. — Pour résoudre le problème, il fallait pouvoir explorer la haute atmosphère. C’est ce que firent Millikan et Bowcn par l’emploi de ballons sondes qui emportèrent les électroscopes jusqu'à des altitudes dépassant 15 000 m. Si le rayonnement pénétrant qui, à travers le plomb, décharge l’électroscope, est bien d’origine cosmique, on devait observer une déperdition de plus en plus rapide.
- En fait, la déperdition était plus rapide qu’au niveau du sol, mais pas aussi forte que celle qu’on attendait d'après les expériences allemandes où, cela a été reconnu depuis, on avait exagéré les valeurs. Toutefois, ces expériences établissaient que le rayonnement pénétrant est plus considérable dans les hauteurs et doit avoir une origine cosmique.
- Restait à mesurer le pouvoir pénétrant de ces rayons. Il s’agissait pour cela de protéger les électroscopes par des écrans d’épaisseur de plus en plus grande et de voir comment diminuait le nombre des ions produits.
- On ne pouvait songer à placer l’électroscope dans des puits de mine ou l’enterrer dans le sol, car les résultats obtenus eussent pu être faussés par les rayons « gamma » provenant des substances radio-actives que renferme le sol.
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- La mer elle-même constitue un milieu peu favorable, parce que sa radioactivité n’est pas tout à fait négligeable.
- Millikan résolut donc d’opérer dans un lac dont les eaux, alimentées par la fonte des neiges, fussent particulièrement pures.
- Les conditions requises se trouvèrent exactement remplies au lac Muir, situé à 3 540 m. d’altitude, sur les pentes du mont Whitney. Les expériences effectuées en août 1925, consistèrent à immerger l’appareil à des profondeurs variables jusqu’à 18 m. à différentes heures du jour et de la nuit; les résultats furent contrôlés et entièrement confirmés par une deuxième série d’opérations, effectuées dans le lac Arrowhead, situé à 2100 m, d’altitude, à 500 km du lac Muir.
- Les mesures faites ont montré que l’ionisation résiduelle diminue rapidement à mesure que croît la profondeur à laquelle est immergé l’électroscope. Elle devient insignifiante à partir de 13 m. Comme l’atmosphère est équivalente, en ce qui conceime l’absorption, à 7 m. d’eau, on peut conclure de ces .mesures que les rayons cosmiques sont complètement arrêtés par une épaisseur d’eau égale à 20 m., équivalente à 1 m. 80 de plomb. Les rayons X les plus durs, produits dans les ampoules coodlidge, étant totalement arrêtés par un centimètre de plomb et les rayons gamma du radium les plus pénétrants par 2 cm. de plomb, on voit combien les radiations cosmiques diffèrent des radiations jusqu’alors connues.
- Nature des radiations cosmiques. — Les mesures du pouvoir pénétrant permettent de situer le rayonnement cosmique dans l’échelle des radiations connues. On sait que les diverses radiations électro-magnétiques se propagent toutes, comme la lumière, à la vitesse de 300 000 km par seconde et ne diffèrent les unes des autres que par la fréquence du phénomène vibratoire qui les engendre et, par suite, par la longueur d’onde.
- Cette longueur d’onde, qui atteint 20 à 30 km dans les ondes hertziennes les plus longues, est de l’ordre de quelques microns pour les rayons infra-rouges ; elle est bien plus petite encore pour les rayons lumineux et les rayons ultra-violets et continue à décroître lorsqu’on passe aux rayons X et aux rayons gamma du radium. Pour mesurer la longueur d’onde de ces dernières radiations, on a adopté une unité de longueur extrêmement courte, qui vaut le dix-millionième de millimètre et à laquelle on a donné le nom d’angstrôrn en l’honneur du physicien suédois Angstrom, auteur de très belles mesures de longueur d’onde sur les raies du spectre solaire.
- Du rouge au violet, la longueur d’onde diminue de 8000 à 4000 angstroms ; elle tombe au voisinage de 1000 angstroms dans les rayons ultra-violets, devient de l’ordre de l’angstrüm pour les rayons X et du dixième d’angstrom pour les rayons « gamma n.
- On sait que le pouvoir pénétrant des radiations augmente à mesure que diminue leur longueur d’onde. Alors qu’une feuille métallique de quelques centièmes de millimètre arrête la lumière visible, il faut, pour intercepter les rayons X, une épaisseur de métal comprise entre 1 mm. et 1 cm, tandis que 2 cm de plomb, métal très lourd et très absorbant, sont nécessaires pour arrêter totalement les rayons « gamma ».
- On conçoit que les rayons cosmiques doivent avoir des longueurs d’onde extrêmement courtes, même comparées à celles des rayons « gamma ».
- Les expériences d’absorption ont amené Millikan à conclure que le rayonnement cosmique devait comprendre des radia-
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- tions de longueurs d’onde variables, formant une sorte de spectre comparable à - celui que fournissent les rayons de diverses couleurs dans la lumière visible.
- En déduisant la longueur d’onde du coefficient d’absorption, Millikan a trouvé, pour les rayons les plus durs qu’il ait observés, une longueur d’onde de 0,004 angstrom et, pour les plus mous, une longueur d’onde presque double de la précédente.
- Le spectre s’étend sur une largexrr d’environ une octave dans la région des fréquences environ 2000 fois plus élevées que celles des rayons X moyens fl angstrom), c’est-à-dire aussi loin des rayons X que les rayons X le sont de la lumière visible.
- Origine des rayons cosmiques. — Les observations poursuivies jour et nuit, pendant quatre jours consécutifs au pic Pike, à une altitude de 1230 m., et pendant deux jours consécutifs au mont Whitney, à une altitude de 4050 m, n’ont pas indiqué que les rayons cosmiques proviennent d’une région privilégiée du ciel. Dans les limites des erreurs d’expériences, on peut conclure que ces rayons sont émis par l’espace uniformément dans toutes les directions.
- Quelle est leur origine ? Nous en sommes réduits à des hypothèses plus ou moins vraisemblables. Indiquons brièvement celles qui ont particulièremeut attiré l’attention de Millikan.
- Les rayons les plus pénétrants jusqu’ici connus, les rayons K gamma » des substances radio-actives, sont corrélatifs des transmutations dont ces substances sont perpétuellement le siège, transmutations qui dégagent une énorme quantité d’énergie.
- Les théories les plus modernes de la lumière, et notamment la célèbre hypothèse des quanta, indique qu’un rayonnement doit être de fréquence d’autant plus grande et, par suite, de longueur d’onde d’autant plus courte, qu’il est produit par une transformation dégageant plus d’énergie. 11 semble légitime d’en conclure que les rayons cosmiques peuvent être provoqués par des transmutations atomiques s’accomplissant dans les étoiles ou les nébuleuses où, comme on sait, la matière s’organise à partir des éléments les plus simples et peut-être à partir de l’éther lui-même. Un calcul approximatif indique que la formation d’hélium à partir d’hydrogène doit dégager une énergie suffisante pour expliquer la production des rayons cosmiques.
- Une autre hypothèse, envisagée par Millikan, est que les rayons qu’il a découverts seraient engendrés dans les couches supérieures de l’atmosphère, par des électrons traversant l’espace dans toutes les directions avec des vitesses px'atique-ment égales à celle de la lumière. Cette hypothèse permettrait également d’interpréter le fait mystérieux que la terre conserve une charge négative, mais elle se heurte à de grandes difficultés.
- 11 n'est guère possible de choisir, à l’heure actuelle, parmi ces hypothèses. Peut-être même aucune d’elles n’est-elle celle qui'sera conservée. Tout ce qu’on peut conclure de certain, c’est que les espaces cosmiques nous envoient continuellement des rayons de très grande fréquence, extrêmement pénétrants, qui rappellent les rayons ultra-X que M. Jean Perrin a envisagés autrefois, pour interpréter la radio-activité.
- Quant à l’origine de ces rayons et à l’iulluence qu’ils peuvent exercer sur les phénomènes terrestres, ce sont des questions qui se posent à la science de demain.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences. Dijon.
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- LES FOURRAGES VERTS
- NOUVELLES MÉTHODES D’ENSILAGE
- Voilà plus cl’un demi-siècle, certains fermiers français eurent l’idée de conserver leurs fourrages verts soit dans des fosses, soit en meules comme ils le faisaient déjà depuis longtemps pour leurs betteraves, leurs pommes de terre ou leurs céréales. Ces primitifs procédés à’ensilage avaient pour but de soustraire les produits emmagasinés aux influences atmosphériques susceptibles de les altérer et permettaient d’assurer une excellente alimentation des bestiaux durant l’hiver. Par la suite, on tenta d’employer comme silos de vieux pigeonniers ou d’anciennes tours de moulin et la méthode ne se généralisa guère dans les fermes de notre pays, tandis qu’aux Etats Unis et au Canada on ne tarda pas à en comprendre l’importance économique qu’un agronome américain exprima jadis par cet aphorisme lapidaire : un fermier doit plutôt vivre sans maison que sans silo!
- LES AVANTAGES DE L'ENSILAGE
- L’ensilage des fourrages verts présente, en effet, d’indiscutables avantages, maintenant que des expériences méthodiques en ont fixé, au moins dans leurs grandes lignes, les règles pratiques. D’abord, on évite, de la sorte, la fenaison avec sa main-d’œuvre coûteuse, ses pertes élevées et ses ennuis par temps pluvieux. En second lieu, le silo renferme, à volume égal, 7 à 8 fois
- plus de matières alimentaires qu’une grange à foin et écarte les dangers d’incendie. D’autre part, cette méthode tend à développer l’emploi des Légumineuses, tandis que les Graminées, qui étouffent les mauvaises herbes et qui enrichissent le sol en azote, préparent très bien les champs pour la culture du blé. Enfin— et ceci est fort important pour l’économie nationale — un hectare de prairie permet de nourrir deux fois plus d'animaux si on ensile immédiatement les coupes que si on engrange les foins après séchage. Cette augmentation du cheptel entraîne aussi un accroissement de fumier, d’où réduction de la quantité des engraisartificielsàemployer. Enfinles silos sontincombus-tibles et coûtent moins chers à installer que les hangars.
- Grâce à tous ces avantages, l’ensilage a de chauds partisans dans tous les pays agricoles. Aux Etats-Unis, en particulier, on compte actuellement plus de 1 500 000 silos en service et leur nombre s’accroît d’une quarantaine de mille par an. Au début, on y construisit d’abord les premières tours d’ensilage en bois et on compte encore maintenant beaucoup d’installations de ce genre dans les fermes d’Amérique, vu leur coût d’établissement minime en ce pays, mais on y a presque renoncé en France.
- Les silos en maçonnerie sont plus répandus à l’étranger que chez nous. D’après les chiffres fournis au Congrès national de l'ensilage des fourrages, tenu à Toulouse le
- Fig. 1. — Ensilage de fourrages verts en fosse, procédé primitif presque totalement abandonné.
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- Fig. 2. — L’installation d’ensilage de /'École nationale d'Agriculture de Grignon.
- À gauclie, petit silo expérimental der8 tonnes; à droite, deux silos métalliques verticaux de 105 et 120 tonnes.
- 2/ mars 1927, sur 1250 000 silos à maïs existant aux Etats-Unis, les deux liers sont en ciment armé-, en Italie, la proportion atteint les quatre cinquièmes (1000 sur un total de 2000 environ). On voit dans le sud-ouest de la France une dizaine d’installations de ce type qui, malgré le peu d’élévation de la tour, fonctionneraient dans d’assez lionnes conditions, bien qu’on les charge à la main sans hachage préalable et avec du fourrage à moitié séché.On ne saurait, d’ailleurs, prévoir l’extension de ce système dans notre pays, car il paraît surtout indiqué pour des régions à climat sec, régulier et à main-d’œuvre très abondante.
- LES SILOS MÉTALLIQUES
- Enflait, les silos métalliques sont actuellement les plus employés en France, en Belgique, en Angleterre et ils commencent à se répandre en Allemagne, Car ils paraissent se prêter le mieux aux conditions théoriques de l’ensilage. On les construit maintenant en tôle cl'acier galvanisée ou métallisée avec des alliages inoxydables et inattaquables aux acides et revêtue intérieurement d’une couche d’enduit qu’on renouvelle après chaque campagne d’ensilage.
- A la Un de 1926, on comptait en France 400 silos verticaux dont environ 380 métalliques. Parmi ces derniers, montés presque tous depuis la guerre, le plus grand nombre appartient au système Gautier également en faveur aujourd’hui en Algérie, au Maroc ainsi que dans plusieurs pays d’Europe et en particulier dé l’autre côté du Pihin. Ce type de silos se compose d’un assemblage d’éléments en tôles interchangeables formant un corps cylindrique vertical et reposant sur de très simples fondations en maçonnerie. Un toit, supporté par une charpente métallique, surmonte cette sorte de cheminée, qui mesure de 2 m. 50 à 6 m. de diamètre et de 6 à 15 m. de hauteur. En outre, une tourelle de déchargement complète l’ensemble de l’installation dont la capacité varie de 8 à 350 tonnes.
- Depuis le modèle 1923 jusqu’au modèle 1927, chaque
- élément d’un silo Gautier a une hauteur de 0 m. 90, une longueur de 1 m. 90 et doit être très exactement cintré afin d’éviter des déformations au cours du montage. On assemble au moyen de. boulons ces tôles rabattues sur les bords et métallisées à chaud avec un alliage inoxydable recouvert d’un enduit résistant à l’attaque des acides. Afin d’assurer une étanchéité parfaite du silo malgré la pression que le fourrage exerce sur les parois, on augmente la résistance des éléments de base par des couvre-joints spéciaux appliqués aux joints verticaux et constituant une quadruple nervure supplémentaire. Ce dispositif permet une surélévation ultérieure des appareils et accroît la sécurité de l’ensemble en constituant une armature extérieure. En outre, 10 à 12 portes de vidange à fermeture autoclave et ne nécessitant aucune charnière complètent l’appareil. On évite ainsi dans l’intérieur du silo toute saillie susceptible d’occasionner un accrochage du fourrage pendant le remplissage. D’autre part, des échelles à montants très renforcés et à barreaux mobiles facilitent l'accès aux portes serrées contre les parois. Afin d’empêcher les fuites le long des joints correspondants, un système rigide en fers profilés forme une section longitudinale sur la hauteur entière de la tour. Contre cette armature se serrent d’un côté les portes tandis que le bord de chaque élément de tôle s’assemble de l’autre. De plus, un joint réalisé avec un mastic au manganèse pas trop fluide, parachève l’étanchéité, qu’assure le serrage à bloc des boulons de tous les joints. D’ailleurs, la charpente triangulée et munie d’entretoises indéformables raidit la partie supérieure du silo dont l’intérieur se trouve ainsi parfaitement dégagé. Comme accessoires fixés à demeure au silo, remarquons encore la corne d'ensilage et le tuyau de refoulement avec trappes de visite que dessert une échelle spéciale entourée d’un garde-fou continu. Enfin la tourelle de déchargement se prolonge jusqu’au niveau supérieur du toit., ce qui permet d’utiliser la capacité entière de l’appareil.
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- Fig'. 3. — A gauche, chargement du foin, à la main, dans un silo métallique vertical; à dx-oite, chargement du foin par une machine à ensiler, mue par un petit moteur à essence, dans un silo métallique vertical système Gautier, modèle 1921.
- QUELS SONT LES FOURRAGES A ENSILER?
- Après avoir édifié les silos verticaux, examinons quelles sont les plantes fourragères à ensiler, comment il faut procéder au remplissage des silos, quelles fermentations se produisent dans les fourrages conservés de la sorte et la valeur alimentaire de cette nourriture pour le bétail.
- Bien que toutes les plantes fourragères servant à l’alimentation des bestiaux puissent être ensilées, cette méthode de conservation offre surtout de l’intérêt pour les Graminées (Maïs, Avoines et Seigles), pour les Légumineuses (Vesces, Pois, Féveroles et Fèves, Trèfles rouge et incarnat, Luzerne, Sainfoin et Lotier). Les pi’éférences des ensileurs américains vont au maïs, les agriculteurs anglais ensilent presque exclusivement des mélanges d’avoine, de vesces, de pois ou de féveroles. Rn France, ces deux cultures d’ensilage se pratiquent. Dans les régions du midi et du sud-ouest, l’ensilage du maïs, du trèfle et de la luzerne remplace avantageusement le fanage, car ces plantes s’y récoltant en mai — période souvent orageuse — le fanage n’y fournit qu’un médiocre produit. Dans les départements français du centre et du nord, cette méthode réussit également bien pour les vesces, les avoines ainsi que pour l’herbe de prairie, mélange très complexe de végétaux où dominent les Graminées et les Légumineuses.
- De toute façon, l’expérience a montré qu’on peut conserver les plantes par ïensilage doux ou par Vensilage acide. Dans le premier cas, on supprime les ferments acétifîcateurs (tués à 52°). Il suffit pour cela de n’apporter de nouvelles couches fourragères que quand la masse ensilée atteint une température de 55 à 60°. Dans la seconde méthode, on remplit quotidiennement le silo.au
- fur et à mesure de la coupe sans s’inquiéter du degre d’humidité des produits. D’une manière générale, on doit n’ensiler que des fourrages bien mûrs et pas trop aqueux, si l’on désire des silages doux ou lactiques appréciés du bétail. Sans quoi ils ne fermentent pas normalement et on n’emmagasine pas le maximum de matières alimentaires que peut donner la récolte de l’exploitation. En particulier, l’ensilage des trèfles, luzernes, sainfoins et autres herbes de prairie doit se faire à l’époque de la floraison complète; plus tard, ces plantes ne contiennent plus assez d’humidité. D’après Gain et Brocq-Rousseau, le fanage fait perdre à la luzerne 25 pour 100 de substances azotées, 47 pour 100 de matières grasses et 16pour 100 d’hydrates de carbone, tandis qu’en ensilant les plantes vertes presque aussitôt après la coupe ces pertes se trouvent considérablement réduites.
- Pour le maïs, il faut le couper lorsqu’il a atteint sa pleine croissance. Quand on le récolte avant la maturité des épis, il ne renferme pas le maximum de principes nutritifs et donne un silage acide. Dans les pa3rs septentrionaux trop froids pour que ses grains mûrissent, on ensile donc le maïs le plus tard possible, c’est-à-dire au moment où les feuilles du bas des tiges commencent à se faner. On obtient ainsi du « blé de Turquie » la quintessence de sa valeur nutritive pour le bétail.
- LES MACHINES A ENSILER
- Quant au chargement des silos verticaux, il se fait au moyen de machines à ensiler élevant le fourrage après, l’avoir haché. Dans leurs formes actuelles, tous ces appareils dérivent de l’ensileuse, inventée par Albarret. dès 1880, mais dont cet ingénieur cessa, par la suite, la construction. Comme beaucoup d’autres, l’invention
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- nous revient aujourd’hui de l’étranger plus ou moins modifiée et perfectionnée.
- Toutes les machines à ensiler comprennent en principe deux genres d’organes : les uns servent au tranchage, les autres au chargement. Une chaîne mobile amène le fourrage au dispositif de coupe. Tantôt celui-ci se compose d’une contre-lame fixe sur laquelle un ensemble de rouleaux engrcneurs pousse la masse végétale et devant laquelle se déplacent des couteaux. Selon les types d’ensileuses, ceux-ci se trouvent d’ordinaire calés sur un plateau tournant dont l’axe est perpendiculaire au plan de la contre-lame comme dans les hache-paille ordinaires ou plus rarement disposés autour d’un axe parallèle au plan de la table de coupe comme dans les tondeuses à gazon. Pour le chargement du fourrage haché, on utilise ensuite un ventilateur ou un élévateur séparé soit à chaînes à godets, soit à palettes mobiles sur chemin de roulement fixe.
- Aujourd’hui les spécialistes américains construisent presque tous des machines à ensiler, munies d’un plateau mobile portantla fois les couteaux et les éléments du ventilateur. Généralement un carter uuique réunit ensemble les organes de coupe et la soufflerie. Les constructeurs allemands adoptèrent, les premiers, des élévateurs à palettes comme moyen de chargement et plusieurs centaines d’ensileuses de cette catégorie sont actuellement en service de l’autre côté du Rhin, mais
- sans doute ces appareils ne donnent pas toute satisfaction aux intéressés puisque, depuis deux ans, ils paraissent remplacer ces derniers dispositifs d’élévateurs par des ventilateurs séparés qu’ils adaptent à des hache-fourrages; ils construisent également des modèles d’ensileuses avec soufflerie incorporée au dispositif de coupe.
- En France, les constructeurs d’ensileuses s’inspirent du type Albarret puisque sur 400 installations d’ensilage vertical il n’en existe pas une dizaine qui emploient la chaîne à godets comme élévateur. La plupart des machines à ensiler que nous avons pu voir fonctionner sont robustes, facilement réglables et des carters étanches protègent leurs organes en mouvement. Elles sont constituées par un plateau volant muni, d’un côté, de couteaux qui découpent le fourrage amené sur une table de coupe par un ensemble de rouleaux et, d’autre part, de palettes qui formant ventilateur projettent, dans le silo, les brindilles hachées. Un moteur électrique ou à essence commande ces ensileuses par poulie et courroie. Leur plateau volant tourne à une vitesse de 600 à 1200 tours dans un carter fixé à leur bâti. Enfin, un tablier sans fin assure l’approvisionnement automatique de la machine ou bien un ouvrier pousse le fourrage vers les rouleaux et le plateau découpeur.
- Gomme, d’autre part, les déboires occasionnés dans certains cas par les ensileuses construites jusqu’à ces derniers temps provenaient des vibrations exagérées
- Fig. 4. — Machine à ensiler le fourrage, en action. Le ventilateur élève le foin haché et le verse dans le silo.
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- = 3X2 .' ' ' ' =
- dues au dispositif de coupe et au ventilateur, le carter et le bâti de certains modèles récents forment un lourd bloc unique d’une rigidité à toute épreuve. Le plateau volant en acier est également d’un poids respectable tandis que la chaîne d’approvisionnement munie de lattes métalliques assure un entraînement très régulier du fourrage. Enfin, les trois rouleaux solidaires d’amenée de ce dernier à la table de coupe portent un dispositif spécial qui permet le ralentissement automatique en cas de bourrage et tout l’ensemble mécanique repose sur un chariot à roues très solides.
- LE REMPLISSAGE DES SILOS
- En règle générale, le remplissage cl'un silo vertical s’opère de la manière suivante. On coupe le matin, à la première heure, la quantité de fourrage qu’on doit ensiler pendant la journée. Après le repos de midi, on met le moteur en marche, puis le travail s’organise ainsi : D.ans le champ, deux hommes chargent les voitures et celles-ci vont ensuite déverser le fourrage vert à la base du silo. Là, se tient un homme qui, au moyen d’une fourche, alimente le tapis roulant de la machine, tandis qu’un jeune ouvrier surveille le fonctionnement des couteaux et du ventilateur dont le courant d’air élève les brins hachés dans la cheminée de chargement jusqu’à la partie supérieure du silo. Dans ce dernier, reste en permanence un autre compagnon, qui au début forme le « pied d’ensilage », c’est-à-dire recouvre la base d’une couche de fagots destinés à permettre l’évacuation de l’eau en excès par un siphon ménagé dans l’aire inférieure de la maçonnerie. Ensuite, au fur et à mesure du remplissage, il piétine les brins menus le long des parois afin de les étaler uniformément, car le tassement se fait moins bien à la périphérie qu’au centre.
- Le remplissage d’un silo vertical de 120 tonnes dure de 4 à 8 jours en y travaillant quotidiennement de 3 à G heures. Ce dernier délai offre l’avantage de laisser au fourrage le temps de se tasser et permet une utilisation plus complète du silo que si le travail d’ensilage se poursuivait à l’allure accélérée de 8 à 10 tonnes à l’heure pendant un jour entier sans débrider. D’ailleurs, quelle que soit la façon d’opéi’er, un peu avantl’achèvernent du remplissage, on fait passer dans la machine à ensiler quelques voitures de mauvaises pailles, de vieux foins ou d’herbes sans valeur qu’on arrose abondamment. Ce « couvercle » forme un tout homogène de 15 à 20 cm d’épaisseur, imperméable à l’air et absorbe, en outre, les vapeurs nocives qui, en se dégageant au cours de la fermentation, viendraient gâter la couche supérieure de la masse ensilée.
- Pour vider ultérieurement, ori enlève le « couvercle », puis à partir de ce- moment il faut, selon les saisons, faire consommer quotidiennement une tranche de silage de 3 à 5 cm d’épaisseur afin d’éviter que le fourragé exposé à l’air ne fermente de nouveau. Au fur et à mesure du dégarnissage, on ouvre successivement toutes les portes situées à différentes hauteurs et verticalement les unes sous les autres. En outre, au cours du vidage, on badigeonne l’intérieur, virole par virole, avec une peinture spéciale qui a surtout pour but d’aseptiser le silo sur toute sa hauteur avant de le remplir de nouveau.
- POUR RÉUSSIR L'ENSILAGE
- Examinons, à présent, pour terminer, les conditions générales de la réussite d'un ensilage lactique dont l’odeur rappelle celle du miel. D’après les expériences poursuivies par divers spécialistes, il faut d’abord posséder un silo parfaitement étanche afin d’éviter les rentrées d’air ainsi que les pertes d’acide carbonique. La présence de ce dernier gaz assure, en effet, la conservation du fourrage ensilé. En second lieu — et ceci explique la faveur de plus en plus grande dont jouissent les appareils métalliques — les parois doivent être bonnes conductrices de la chaleur pour pouvoir rayonner à l’extérieur les excédents de température qui se produisent fréquemment au cours des opérations d’ensilage doux quand la masse atteint les températures de 50n à 65° propres à engendrer la multiplication considérable des ferments lactiques et à assurer ainsi leur prédominance sur les agents microbiens de la putréfaction.
- En outre, comme nous le notions , plus haut, l’ensileur s’assure que le fourrage est suffisamment mûr et possède un degré d’humidité convenable. Il faut alors le charger dans son appareil de façon que toutes les parties du silage atteignent très vite 45° à 50° peu après leur apport en silo, ce qui nécessite la marche parfaite de la machine à ensiler. Un arrêt du chargement prolongé 3 à 4 jours amène à la surface de l’appareil un « couvercle » de fourrage gâté et moisi.
- Certains auteurs ont préconisé d’autres éléments de succès, tels l’ensemencement en cultures sélectionnées de ferments lactiques, le salage, le sulfatage, le chauffage électrique de la masse ensilée. Mais à part le salage et l’ensemencement lactique, il s’agit là de procédés trop nouveaux pour les recommander à bon escient.
- Quant à Vensilage acide, qui se produit aux basses températures entre 20°-35° et possède, avec une couleur verdâtre, une odeur acétique, il s’accommode très bien des silos en maçonnerie. On l’obtient par un remplissage rapide et continu, sans arrêt après l’apport de la première couche. Cette expulsion de l’air renfermé dans la masse étouffe les fermentations lactiques. Certains fermiers, du reste, réalisent indifféremment, selon les circonstances, les deux sortes d’ensilage et ne s’attachent guère à déterminer la différence pouvant exister entre leur valeur alimentaire respective. Du moment que le fourrage n’est ni moisi, ni charbonné, les animaux l’accueillent avec faveur. Toutefois les praticiens des différents pays utilisant l’ensilage, et M. Gautier, en France, recommandent formellement l’ensilage lactique qui, d’après leurs constatations, aurait une valeur d’assimilation supérieure de 30 à 40 pour 100 à l’ensilage acide.
- En définitive, les nouvelles méthodes de conservation des fourrages offrent un grand intérêt pour les agriculteurs. Entre autres avantages, en effet, l’ensilage permet d’éviter la fenaison pendant les années trop humides et d’accumuler, soit pour l’hiver, soit pour les étés secs, une abondante réserve de nourriture verte immédiatement utilisable sans aucune manipulation préalable.
- . Jacques Boyer.
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- UNE MACHINE A ARROSER GIGANTESQUE = 3)3
- L’eau est l’élément indispensable de toute culture. Elle l’est particulièrement pour les cultures maraîchères, dont la prospérité est intimement liée à celle de toutes les grandes agglomérations. Ces cultures ne peuvent se développer que là où l’eau est suffisamment abondante. Mais cette condition nécessaire n’est pas suffisante; il faut encore que cette eau puisse être distribuée régulièrement et, au moment voulu, sur toute la surface cultivée. Il faut aussi, et c’est une condition de plus en plus impérieuse, que cet arrosage puisse s’effectuer avec le minimum de main-d’œuvre. C’est là un problème dont dépend, en grande partie, l’alimentation à bon marché des grands centres urbains.
- Ici, comme dans l’industrie, on a donc dû se préoccuper de réaliser, le mieux possible, l’automatisme, de façon non seulement à diminuer le prix de revient, mais aussi à rendre l’exécution de cette délicate et indispen-
- est transmis par un câble sans fin au chariot arroseur qui se déplace ainsi d’un mouvement uniforme le long de la poutre-support.
- L’eau sortant des aubages de la roue s’écoule dans une gouttière, montée également à la partie supérieure de cette poutre et sur toute sa longueur. A l’instant où le chariot commence à se déplacer, un clapet s’ouvre automatiquement sur chaque bras d'arrosage et laisse libre passage à l’eau que des siphons puisent dans la gouttière; l’eau gagne ainsi les pommes d’arrosage disposées le long des bras, s’en échappe en se pulvérisant et retombe en pluie fine et régulière sur le sol.
- L’arrosage commence donc dès que la roue s’est mise en mouvement, c’est-à-dire aussitôt qu’on a ouvert le robinet d’amenée d’eau.
- Un robinet à flotteur déposé sur l’arrivée d’eau maintient le niveau constant dans la gouttière.
- Fig. 1.
- La Pluviôse Rolland en action.
- La machine représentée ci-dessus couvre une largeur de 62 mètres.
- sable opération, indépendante de l’habileté et de la conscience des ouvriers employés.
- Ce problème important de l’arrosage rapide et automatique a été résolu d’une façon aussi ingénieuse que pratique par M. Rolland, avec son appareil le Pluviôse, type E. Notre figure représente en action une gigantesque machine de ce type; elle arrose en une heure un demi-hectare, avec une régularité et une uniformité absolues; elle ne laisse aucun endroit sec, et cependant ne dépense que la quantité d’eau strictement nécessaire, elle n’en déverse pas sur les endroits inutiles. Enfin elle n’exige l’intervention d’aucun ouvrier.
- En quoi consiste cette machine? Notre figure le montre clairement. Une poutre métallique à treillis est disposée suivant l’axe longitudinal du terrain à arroser. La partie supérieure sert de chemin de roulement à un chariot mobile porteur de deux longs bras arroseurs, de 31 mètres chacun, qui couvrent la largeur du terrain.
- L’eau se déverse sur une roue hydraulique à laquelle elle imprime un mouvement de rotation continue; celui-ci
- Le chainot parcourt 6 mètres à la minute.
- Lorsqu’il arrive au bout de sa course, son mouvement se renverse automatiquement, et il revient dans l’autre sens.
- Veut-on n’arroser qu’une partie du terrain? Il suffit de placer deux perches sur la poutre porteuse aux endroits choisis.
- Le chariot, en butant contre elles, renverse son mouvement et revient en arrière.
- Pour arrêter l’arrosage, il suffit de fermer le robinet.
- La machine fonctionne donc absolument sans main-d’œuvre et sans surveillance. Son emploi assure à la fois la bonne exécution du travail et une importante économie.
- Il va sans dire que le constructeur peut en adapter les dimensions à celles d’un terrain rectangulaire de n’importe quelle étendue. Notre photographie représente le plus grand modèle construit jusqu’aujourd’hui.
- R. VlLLEHS.
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- LE MOTEUR RAPIDE
- L'ALIMENTATION
- Deux problèmes principaux se posent lors de l’établissement du moteur à grande puissance spécifique, et par conséquent, du moteur à régime élevé de rotation : lui permettre de tourner vite en supprimant ou au moins en atténuant les inconvénients provenant de l’importance des forces d’inertie et alimenter convenablement les cylindres.
- Nous avons vu dans notre dernier article comment on agençait les moteurs pour leur permettre d’atteindre sans vibrations ni efforts excessifs des régimes de rotation élevés.
- Nous allons examiner comment on assure l’alimentation convenable des cylindres à grand régime de rotation.
- Dans tous les moteurs normaux, c’est-à-dire non pourvus d’un surcompresseur, l’alimentation du cylindre se fait de la façon suivante :
- Après l’expulsion complète des gaz de l’échappement, le piston se trouve à son point mort haut, et va commencer à descendre. A ce moment, s’ouvre l’orilice d’admission, lequel est fermé soit par une soupape, soit, dans
- Fig. 1. — Diverses formes de soupapes, a) Soupape à siège plat; b) Soupape à 45°; c) Soupape à G0°v
- les sans-soupapes du type Knight, par des fourreaux qui forment tiroir.
- Le piston, en descendant, crée derrière lui une certaine dépression sous l’influence de laquelle l’air atmosphérique pénètre dans le carburateur, le traverse, chemine dans la tuyauterie d’aspiration, franchit l’orifice d’admission, et pénètre enfin dans le cylindre.
- • Ce mouvement de l’extérieur vers l’intérieur se continue tant que la pression à l’intérieur du cylindre est inférieure à la pression atmosphérique d’une quantité suffisante pour vaincre la résistance opposée à l’air par les différents conduits dans lesquels il est obligé de passer.
- Lorsque le piston a franchi son point mort bas, il commence à remonter, l’orifice d’admission se ferme. A ce moment, le cylindre contient évidemment une masse d’air dont le volume est égal au volume même déplacé par le piston dans son mouvement. Mais, le poids de cet air dépend essentiellement de la pression à laquelle il se trouve.
- Sans qu’il soit nécessaire de faire des calculs, on conçoit que la pression de l’air, au moment où l’admission se termine, sera d’autant plus élevée que cet air aura cheminé plus aisément depuis l’atmosphère jusqu’à l’intérieur du cylindre.
- Il est donc nécessaire de donner à toute la canalisation suivie par l’air pour pénétrer dans le cylindre une section aussi grande que possible, et une forme qui s’oppose dans la moindre mesure au libre mouvement du gaz.
- Il est très facile de faire de larges tuyauteries d’aspiration. Il est non moins facile de donner à la chambre de carburation du carburateur des dimensions transversales assez élevées. On est limité néanmoins sur ce point par la nécessité d’assurer une carburation convenable à tous les régimes et aussi d’éviter des condensations excessives dans la canalisation d’aspiration. Nous avons examiné ce dernier point dans un article précédent.
- Nous verrons par la suite, plus en détail, comment les conditions de bonne carburation modifient la solution théoriquement la meilleure d’une large section de passage dans le carburateur.
- Le point où la section de passage de l’air présente l’éti’anglement maximum est incontestablement l’orifice d’aspiration lui-même, soit, dans les moteurs à soupapes : l’espace libre en dessous de la soupape au moment où celle-ci est levée.
- Le rapport de la pression dans le cylindre à la pression atmosphérique au moment où le piston arrive exactement à son point mort bas constitue ce qu’on est .convenu d’appeler le rendement volumétrique. C’est, si l’on veut, le rapport de la masse d’air réellement aspirée à chaque coup de piston à la masse occupant le même volume à la pression atmosphérique.
- Pour se faire une représentation concrète du rendement volumétrique, on peut imaginer qu’on fasse tourner un moteur en l’entraînant au moyen d’un moteur électrique ou d’une courroie, sans allumage, et en recueillant à l’échappement les gaz frais qui ont été introduits dans le cylindre, lors de la course d’aspiration.
- Si on envoie ces gaz dans un gazomètre, et que là on les ramène à la pression atmosphérique, on pourra aisément mesurer le volume qu’ils occupent dans ces conditions.
- En calculant le volume engendré par le déplacement du piston pendant un nombre de courses correspondant à celui qui a été effectué pour remplir le gazomètre, on a le volume théorique qu’aurait dû absorber le moteur.
- Le rapport de ces deux volumes est le rendement volumétrique.
- L’expérience prouve que, dans un moteur convenablement établi, le rendement volumétrique, qui atteint aux faibles vitesses 90, voire 95 pour 100, diminue assez rapidement quand la vitesse augmente, pour arriver dans certains cas jusqu’à 70 pour 100, et même un peu moins.
- On conçoit que, dans ces conditions, la puissance obtenue aux grandes vitesses soit moindre que celle qu’on pouvait théoriquement espérer si le cylindre avait continué à se remplir toujours dans les mêmes conditions.
- Un autre facteur entre en ligne de compte en ce qui concerne la grandeur du rendement volumétrique : c’est le taux de compression.
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- Au moment en effet où, après la course d’échappement, le piston arrive au point mort haut, et où l’orifice d’échappement se ferme, il y a, enfermés au-dessus du piston, un certain volume de gaz inertes, portés en général à une température assez grande, volume qui occupe toute la chambre de compression. Le moteur va donc se comporter, somme toute, au point de vue aspiration, comme une pompe aspirante, avec un espace nuisible correspondant à la chambre de compression.
- Plus cette chambre de compression sera grande, plus est grand l’espace nuisible, et moins bon par conséquent sera le rendement volumétrique de la pompe.
- C’est une des principales raisons pour lesquelles les moteurs à rapport de compression élevé (ou à chambre de compression de volume réduit) ont une puissance plus grande que les moteurs à faible rapport de compression : les premiers se remplissent mieux, absorbent une masse plus considérable de gaz frais dont on peut par suite tirer un plus grand nombre de kilogrammètres.
- LE PROBLÈME DES SOUPAPES
- Pour donner à l’orifice d’aspiration une surface libre de passage aussi grande que possible, il convient naturellement d’avoir des soupapes très grandes et de les faire lever beaucoup. 11 faut aussi donner à leur siège une forme convenable.
- La question de la forme des soupapes ou de l’inclinaison de'la surface portante du clapet est actuellement résolue d’une façon à peu près uniforme par tous les constructeurs. La forme de soupape qui, pour un diamètre et une levée donnés, donne la section de passage maximum, c’est la forme plate : la section minimum de passage est représentée en effet dans ce cas par un cylindre droit à base circulaire ayant pour base la surface, libre du siège.
- lMalheu reusement, l’expérience a prouvé qu’il était très difficile d’obtenir une fermeture étanche avec une soupape plate. Aussi a-t-on été amené à donner aux sièges des soupapes une forme tronconique qui a le grand avantage de permettre à la soupape de se centrer exactement au moment où elle retombe sur son siège. Dans ce cas, la section de passage pour les gaz est un tronc de cône dont la petite base est la plus petite section de la soupape et la grande base, la plus grande section du siège (Üg. 1).
- 11 est facile de voir que la surface latérale de ce tronc de cône (section de passage des gaz) sera d’autant plus grande que l’angle d’ouverture du siège de la soupape sera lui-même plus grand et plus voisin de 180°.
- On a fait autrefois beaucoup de soupapes dont la base était inclinée à 45° sur la verticale (angle d’ouverture 90°). Par la suite, on a adopté très généralement pour le siège de soupape un angle de 60° (angle d’ouverture 120°) et cette forme est presque standard aujourd’hui.
- On ne peut donc gagner au point de vue section de passage des gaz qu’en augmentant le diamètre de la soupape et sa levée.
- On est vite limité lorsqu’on cherche à augmenter le diamètre de la soupape, par les considérations d’encombrement de la soupape et de résistance mécanique.
- Fig. 2. — Disposition schématique des soupapes dans le fond de la culasse d’un cylindre de diamètre donné, d.
- a) Cas de 2 soupapes. La circonférence de chaque soupape est au
- maximum égale à 0,5 n d.
- b) Cas de 4 soupapes. La circonférence totale des deux soupapes est au maximum égale à 0,82 n d, soit un gain de 60 pour 100
- par rapport au cas de 2 soupapes*,......
- Il faut naturellement que les deux soupapes du cylindre puissent se loger sans empiéter l’une sur l’autre, soit dans le fond de la culasse, soit dans les chapelles.
- Pour les moteurs à grande vitesse, on préfère d’ordinaire, pour des raisons que nous avons expliquées précédemment, les soupapes en fond de culasse.
- C’est donc la dimension de la culasse qui va limiter la dimension des soupapes.
- Lorsqu’on adopte la solution des soupapes verticales qui doivent s’inscrire dans le fond du cylindre, on ne peut dépasser, pour le diamètre de chaque soupape, un peu moins de la moitié de l’alésage du cylindre. Si on veut dépasser ces dimensions, on est conduit à déborder la chambre de combustion du côté du cylindre, ce qui, ainsi que nous l’avons vu, présente des inconvénients certains.
- D’autre part, les soupapes très grandes présentent une résistance mécanique faible en raison des pressions élevées qu’elles ont à supporter au moment de l’explosion. Sans doute, la résistance du métal des soupapes est-elle toujours très surabondante lorsque le clapet est froid. Mais, quand un moteur fonctionne, les têtes de soupapes sont portées à très haute température : les soupapes d’échappement fonctionnent normalement à la température du rouge. Dans ces conditions, elles risquent de se ramollir ou tout au moins de se déformer et de ne plus fermer conv enablement l’orifice qu’elles sont chargées d’obturer.
- Enfin, une autre considération intervient et non des moindres, c’est le poids de la soupape.
- Le mouvement
- Fig. 3. — Mauvaise forme de culasse. Les soupapes sont trop rapprochées delà paroi et près d’un tiers du passage des gaz se trouve masqué.
- -c Secteur masqué
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- = 3Ï6 ....r-.......................—....
- d’ouverture d’une soupape de moteur est commandé, on le sait, directement et positivement par la rotation d’une came.
- Mais la fermeture de la soupape ne se fait que par suite de l’action du ressort de rappel.
- Lorsqu’on calcule la force du ressort nécessaire pour ramener la soupape sur son siège pendant le temps très court qui sépare le maximum de la levée du moment où la came s’efface sous le poussoir, on s’aperçoit qu’on arrive à des chiffres très considérables. La force du ressort est naturellement proportionnelle à la masse de la soupape.
- Or, la masse d’une soupape varie plus vite que le carré de son diamètre, et un peu moins vite que le cube du même diamètre.
- Avec de grandes soupapes par conséquent, on peut être amené à employer des ressorts tellement, forts qu’ils produisent sur le métal des soupapes un martèlement intense, qui produit rapidement leur déformation.
- C’est pour cette raison que la plupart des moteurs rapides sont munis de deux soupapes de chaque espèce.
- Pour certains moteurs cependant, on a préféré, pour des raisons d’encombrement et de simplification, utiliser seulement trois soupapes par cylindre.
- On prendra alors, bien évidemment, deux soupapes d’aspiration et une soupape d’échappement : la raison en est que pour les soupapes d’aspiration la force motrice qui provoque le mouvement des gaz (différence entre la pression atmosphérique et la pression dans le cylindre) est beaucoup moindre que la force motrice qui provoque le mouvement des gaz d’échappement. La première est en effet de l’ordre d’une centaine de grammes par centimètre carré, tandis que la seconde est de l’ordre de plusieurs kilos.
- LEVÉE DES SOUPAPES
- Il semble que, si l'on ne peut augmenter à volonté le dia-
- Fig. 4 et 5. — Deux dispositions différentes de soupapes.
- À. Soupapes d'échappement en dehors du cylindre dans des chapelles latérales formant amorce de tuyauteries d’échappement.
- (Moteur Austro-Daimler.)
- B. Soupapes d’admission en fond de culasse. Soupapes d’échappement en chapelle. (Moteur Motobioc.)
- D’autre part, un ressort très raide possède lui-même une inertie assez importante dont il faut tenir compte dans le calcul des accélérations de la retombée de la soupape. Si l’on ne veut pas donner à ce ressort des dimensions très importantes, on est amené à faire travailler le métal à un taux de fatigue très élevé et on arrive finalement à des ressorts fragiles.
- Pour ces raisons, on a intérêt, lorsqu’on cherche à obtenir une grande puissance du moteur très rapide, à multiplier le nombre des soupapes (fig. 2).
- La section de passage ouverte sous une soupape levée est proportionnelle en effet au diamètre de la soupape ; tandis que le poids de la soupape est proportionnel à la puissance 2 1/2 environ de ce diamètre.
- Si donc, au lieu d’une soupape de diamètre déterminé, on prend deux soupapes de diamètre moitié, on a la même section de passage de gaz et on gagne plus de moitié dans le poids total.
- mètre des soupapes, on puisse plus aisément augmenter leur levée. Là aussi, on est rapidement arrêté.
- La* raison qui limite la levée de la soupape est la même que celle qui inteixlit à cet organe un poids très grand : c’est que la retombée de la soupape s’effectue uniquement sous l’action du ressort. Or, pour que cette retombée ait lieu pendant le très court délai dont on dispose, il faudra lui imprimer une accélération d’autant plus grande que le chemin à parcourir, c’est-à-dire la levée, est lui-même plus grand, d’où nécessité d’augmenter la force du ressort lorsqu’on augmente la levée.
- Le taux de fatigue du ressort va donc se trouver augmenté, et augmenté pour une autre raison encore : c’est que la déformation du ressort qui est égale ou tout au moins proportionnelle à la levée de la soupape sera d’autant plus grande que celle-ci est elle-même plus considérable.
- Enfin, le bruit produit par le fonctionnement des sou-
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- papes augmente très fortement quand la levée des soupapes augmente; sans doute, dans les moteurs de course, le bruit n’est qu’une question tout à fait négligeable, mais il n’en est pas de même pour les moteurs de voi tures de tourisme ou même de sport.
- DÉGAGEMENT DES SOUPAPES
- 11 est essentiel que les soupapes se trouvent parfaitement dégagées de toute paroi environnante pour que toute la section utile de l’espace, qu’elles créent entre le siège et elles-mêmes, puisse être utilisée par les gaz. Si, en effet, comme dans la ligure 3 la soupape se trouve placée dans une chapelle dont les parois verticales l’enserrent étroitement sur la moitié de sa circonférence, le gaz ne passera que difficilement entre ses parois et la soupape elle-même et on n’utilisera guère que la moitié de sa périphérie.
- C’est là une des grandes raisons qui permettent au moteur à soupapes, placées dans le fond de la culasse, un rendement volumétrique plus élevé que celui des moteurs dont les soupapes sont en chapelle. J’en excepte bien entendu les culasses à soupapes latérales, convenablement dessinées, comme par exemple la culasse Ricardo où les soupapes se trouvent bien dégagées et où les sièges sont pratiquement en pleine paroi plane.
- LA SOLUTION POUR LES VOITURES DE TOURISME
- Si on examine là grosse majorité des voitures de tourisme des derniers modèles, nous constatons qu’elles ne possèdent en général que deux soupapes par cylindre. C’est que, ainsi que nous avons eu l’occasion de le faire remarquer déjà, le moteur de tourisme ne suit que de loin la marche en avant du moteur de course. Des questions, considérées comme secondaires pour celui-ci passent au contraire au premier plan pour les voitures de tourisme. Par exemple : le silence de fonctionnement, la sécurité de marche, la simplicité d’exécution, le prix de revient modéré.
- 11 paraît y avoir, pour les moteurs de modèles nouveaux, une tendance très caractérisée vers le retour aux soupapes latérales, mais avec culasses à peu près hémisphériques comme la culasse qu’a établie Ricardo.
- Pour les moteurs où les soupapes se trouvent en fond de culasse, on a toujours, pour des raisons de simplification et d’abaissement de prix, disposé les clapets verit-caux exactement dans le fond du cylindre; il est alors facile de les commander, soit par un arbre à cames placé directement en dessus du cylindre, soit au moyen de tringles et de culbuteurs, par un arbre à cames dans le carter.
- La position rationnelle de l’arbre à cames paraît se trouver au-dessus des cylindres, de telle sorte que les cames puissent attaquer aussi directement que possible les soupapes qu’elles sont chargées de manœuvrer.
- C’est en effet la solution généralement adoptée sur les moteurs d’aviation, sur les moteurs de course et sur un certain nombre de voitures de tourisme.
- Mais la commande d’un arbre à cames placé aussi loin du vilebrequin, d’où lui vient son mouvement n’est pas sans présenter de sérieuses difficultés. On est obligé en effet de prévoir un arbre vertical qui vient engrener sur
- Fig. G. — Un exemple de commande des soupapes par arbre à cames placé au-dessus des soupapes. (Moteur Holchhiss.)
- le vilebrequin par un couple de pignons coniques et qui attaque à son tour l’arbre à cames par un deuxième couple de pignons coniques.
- Les pignons coniques, on le sait, sont assez difficiles à établir avec assez de précision pour que leur fonctionnement soit absolument silencieux. Aussi, dans les voitures où on a conservé cette solution, est-on en général obligé de tailler les pignons avec une denture courbe.
- On a réalisé autrefois des commandes d’arbres à cames en dessus avec des chaînes qui les reliaient directement au vilebrequin : ces chaînes très longues fonctionnaient souvent avec beaucoup de bruit, et avaient le grave défaut de prendre un allongement assez considérable-Cette solution a été à peu près abandonnée. On a également réalisé la commande de l’arbre à cames par des trains de pignons droits partant du vilebrequin, et arrivant à l’arbre à cames; solution coûteuse et surtout bruyante.
- Nous ne saurions, à propos de la commande de l’arbre
- lig. 7. — Le père des moteurs de course actuels.
- Moteur 3 litres Peugeot 1913, à soupapes symétriques, soupapes par cylindres et 2 arbres à cames.
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- à carnes placé en dedans, passer sous silence une solution particulièrement ingénieuse exposée l’année dernière sur le moteur Lanchester : il s’agit d’une commande par bielles.
- Le vilebrequin commande par pignon droit un arbre parallèle placé immédiatement au-dessus de lui, et à proximité, arbre qui tourne à moitié de sa vitesse. Cet arbre porte trois excentriques calés à 120wrun de l’autre. De même, l’arbre à cames est pourvu, lui aussi, de trois excentriques correspondants. Des bielles montées respectivement sur chaque paire d’excentriques obligent les deux arbres à tourner exactement à la même vitesse; c’est, somme toute, à peu de chose près, la solution adoptée pour transmettre le mouvement entre les divers essieux d’une locomotive.
- La solution, pour être élégante, apparaît néanmoins comme assez compliquée et certainement coûteuse.
- D’autre part, il est permis de se demander si la dila-
- Constatons simplement que les carburateurs à grande diffusion que Zenith a mis le premier sur le marché français jouissent d’une faveur méritée sur les moteurs modernes.
- Tous les carburateurs modernes sont, bien entendu, automatiques. C’est-à-dire qu’ils assurent, dans des limites assez étroites, une constance suffisante de la composition en air et en essence du mélange carburé. Néanmoins, ils sont-souvent munis d’un correcteur de carburation qui permet au conducteur de faire varier à son gré, et dans de certaines limites, la richesse du réglage, suivant la température, suivant aussi la puissance qu’il songe à demander à son moteur.
- On peut rapprocher du grand problème de la carburation les petits problèmes d’ordre pratique suscités par l’alimentation en essence du carburateur : c’est ainsi que les élévateurs d’essence sont devenus actuellement de règle sur toutes les voitures d’une certaine importance,
- Fig. 8 et 9. — L'aspect extérieur du moteur classique d’autrefois et celui d'aujourd’hui.
- À. Moteur F. N. de 8/10 ch avec soupapes en chapelle. — B. Un moteur actuel: Moteur Cottin-Dcsgouttes, 12 ch. (finit. Roi.)
- tation des bielles n'amènera pas quelque perturbation dans le fonctionnement de ce système. II n’a d’ailleurs pas été, je crois, encore appliqué commercialement.
- LES FONCTIONS ACCESSOIRES
- Nous consacrerons des articles spéciaux à l’étude des principales fonctions accessoires des moteurs modernes. Nous nous contenterons donc ici d’en donner un aperçu général.
- La carburation. — La carburation fait l’objet, depuis que le moteur à explosions existe, d’un très grand nombre d’études suivies.
- Les constructeurs de carburateurs ont été amenés, par la force même des choses, à avoir chez eux des laboratoires et des salles d’essais de moteurs souvent plus importants et mieux montés que les constructeurs d’automobiles eux-mêmes. Nous étudierons dans un article séparé les principaux systèmes de carburateurs actuellement en usage.
- qui ont toujours le réservoir d’essence placé à l’arrière, en dessous par conséquent du niveau du carburateur.
- Le filtrage de l’essence a fait, lui aussi, l’objet d’études assez approfondies ; les filtres à essence sont absolument indispensables pour éviter l’obstruction des gicleurs des carburateurs, toujours à craindre en raison de leur très faibles dimensions.
- Non seulement, on filtre l'essence, mais on commence aussi chez nous à filtrer l’air qui pénètre dans les carburateurs : on n’a pas été sans remarquer en effet que cet air entraîne avec lui un grand nombre de poussières qui s’introduisent dans le moteur, viennent se mélanger à l’huile de graissage et amènent une usure prématurée des surfaces frottantes.
- La question des filtres à air, nouvelle pour nous, est déjà ancienne aux Etats-Unis. Nous y reviendrons plus en détail quand nous nous occuperons de la carburation.
- L’allumage. — L’allumage, lui aussi, fera l’objet d’une étude particulière. Il la mérite, car la difficulté du
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- problème de l’allumage des moteurs rapides se fait plus grande de jour en jour.
- La lutte entre l’allumage par batterie d’accumulateurs et transformateur et l’allumage par magnéto, lutte qui paraissait devoir être fort vive il y a quelques années, a subi un léger temps d’arrêt : la magnéto a conservé l'avantage jusqu’à l’année dernière.
- Avec l’apparition de moteurs à nombreux cylindres, l’allumage par bobine semble reprendre une certaine faveur.
- La magnéto, il est vrai, se défeffd, et se défend même fort bien ! Nous avons vu cette année apparaître trois nouveaux modèles de magnétos dans lesquels les seules parties tournantes sont constituées par des organes métalliques simples (magnéto à aimant tournant de S. E. Y., magnéto à volet de Ducellier et Voltex de R. B.). Dans ces ma&hines, tous les bobinages sont fixes et on obtient par conséquent une sécurité de fonctionnement beaucoup plus grande. En même temps, leur puissance a été accrue : on a donc résolu, du même coup, la question du démarrage à froid des gros moteurs et celle de l’allumage régulier des moteurs à régime rapide.
- Graissage, x— Le graissage des moteurs modernes paraît devoir s’unifier sous la forme du graissage sous pression. Peu de moteurs utilisent encore le graissage unique par simple barbotage. Acceptable sans doute sur des moteurs très largement calculés, ce graissage peut être sujet à caution dans les moteurs très rapides où les pressions unitaires et surtout les vitesses tangentielles de déplacement des manetons dans les coussinets deviennent considérables.
- Dans le graissage sous pression, nous trouvons plusieurs variantes.
- Le graissage sous pression intégrale comporte une pompe qui puise l’huile généralement dans le carter, et l’envoie, sous pression, sur les coussinets du vilebrequin et les coussinets de l’arbre à cames Le vilebrequin est percé de canaux qui amènent l’huile depuis le coussinet jusqu’aux manetons de tête de bielle. Le corps de la bielle lui-même est foré d’une canalisation qui conduit l’huile jusqu’aux pieds de bielles. Le cylindre est toujours graissé par les projections d’huile qui s’échappent des têtes de bielles.
- Dans une grande quantité de moteurs, on se contente d’amener l’huile sous pression jusqu’aux têtes de bielles, les pieds de bielles étant alors graissés par projection.
- Une variété du graissage sous pression, c’est le graissage dit centrifuge : la pompe à huile amène l’huile aux paliers du moteur. Le vilebrequin est plein et l’huile n’y circule par conséquent pas. Mais ses bras portent des gouttières dans lesquelles l’huile, chassée des joues des coussinets, vient se rassembler, poussée par la force centrifuge. Du fond de ces gouttières, par une canalisation forée dans les manetons de bielles, l’huile va graisser ces articulations. Ce système de graissage est en particulier utilisé dans la plupart des moteurs Renault, et comme graissage additionnel sur les moteurs Panhard.
- L’huile des moteurs sert non seulement au graissage, mais encore au refroidissement des articulations. Il est donc nécessaire de refroidir à son tour l’huile de grais-
- Fig. 10. — Voilure Mercedes munie d’un épurateur d’air AC. Phot. Meurisse.
- sage, après qu’elle s’est échauffée au contact des masses métalliques.
- Jusqu’à maintenant, on comptait sur les parois extérieures du carter pour assurer son ref roidissement. Mais, dans des moteurs à haute puissance spécifique, ce refroidissement devient insuffisant et on a été amené à prévoir un radiateur spécial pour l’huile.
- Dans ce cas, le carter du moteur contient deux pompes : l’une dite pompe de pression, joue le rôle de la pompe ordinaire ; mais, au lieu de puiser l’huile dans le carter même, elle va la chercher dans un réservoir séparé. L’huile qui a graissé les articulations retombe dans le carter au fond duquel elle se rassemble. Là, elle est reprise par la deuxième pompe dite pompe de circulation qui refoule l’huile dans le radiateur et, de là, dans le réservoir où elle est prête de nouveau pour recommencer son circuit.
- Grâce au refroidissement de l’huile, on a une sécurité beaucoup plus grande dans le fonctionnement des moteurs
- Fig. 11. —Moteur Oakland, 0 cylindres, muni d’un filtre d'huile.
- Phot. Rot.
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- Fig. 12. — Voiture S. A. R. A., à refroidissement par air. (Pliot. Roi.)
- et on réalise aussi une économie sensible de lubrifiant.
- Les épurateurs d'huile. — L’huile, qui circule ainsi continuellement dans un moteur, se charge d’une quantité assez importante d’impuretés solides : poussières, particules charbonneuses provenant de la combustion incomplète de l’huile; fines particules métalliques provenant de l’usure des coussinets, etc. Toutes ces matières solides usent assez rapidement les articulations dans lesquelles elles circulent avec l’huile, ce qui abrège d’autant l’existence utile du moteur.
- Pour séparer ces particules solides de l’huile qui les entraîne, on a créé des épurateurs d’huile. Le premier qui ait été monté sur des véhicules de série a été créé par Louis Renault, et est du type centrifuge; il fonctionne comme une essoreuse : l’huile traverse une capacité cylindrique dans laquelle tourne, à très grande vitesse, un rotor muni de palettes. Les particules solides, plus denses, sont rejetées à la périphérie où elles viennent se rassembler dans une gouttière. L’huile épurée est ramenée dans la circulation générale.
- Técalernit fabrique également un épurateur-filtre qui se monte en dérivation sur les canalisations de graissage.
- Grâce à ces épurateurs, l’huile reste propre et il est inutile de la changer aussi souvent.
- L’usure du moteur se trouve également très diminuée.
- Refroidissement. — Au point de vue refroidissement, le problème technique a été grandement facilité par des questions qui semblent relever uniquement de la mode; le fait est assez particulier pour qu’on le signale.
- La mode, établie par les carrossiers, veut que nos voitures aient un radiateur très haut et, par conséquent, offrant une grande surface.
- L’eau de circulation se trouve donc mieux
- refroidie dans ces grands radiateurs qu’elle ne l’était autrefois quand le radiateur était très bas. Aussi, le moteur qui chauffe est-il devenu maintenant tout à fait l’exception, à tel point que les perfectionnements qu’on a cru devoir apporter au système de refroidissement tendent à peu près tous à restreindre son énergie.
- Le plus important est le thermostat; cet appareil "monté sur la canalisation de la pompe, ferme presque complètement le passage à l’eau lorsque sa température est basse, oblige par conséquent ce liquide à rester plus longtemps en contact avec les parois des cylindres. Quand la température s’élève, le passage ouvert à l’eau s’élargit, et la cirulation normale reprend quand la température normale est atteinte aux cylindres. Bien entendu, les thermoslats ne s’appliquent qu’aux voilures où la circulation se fait par pompe. Elles sont d’ailleurs maintenant la majorité.
- La circulation par thermo-siphon est réscr vée surtout aux moteurs clc petite cylindrée, moins hauts que les gros moteurs et où la grande altitude de la partie supérieure des radiateurs donne une charge suffisante pour que la circulation se fasse convenablement.
- Très généralement, un ventilateur est placé derrière le radiateur et, règle presque sans exception, est mis en mouvement par une courroie. Très fréquemment, on peut enlever sans inconvénient la courroie pour circuler en hiver ou même avec certaines voitures, en toute saison en dehors des villes ou de la montagne. Mais, dans d’autres voitures, la dynamo est montée sur le même axe fixe que le ventilateur, et il faut alors maintenir la courroie à poste fixe, quelle que soit la température.
- Henri Petit.
- Fig. 13. — Le nouveau moteur Citroen 10. ch (B-lh) l'hot. Roi.
- La dynamo et le ventilateur sont commandés par la môme courroie.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- LES ORIGINES DU FARD
- LE FARD A TRAVERS L'HISTOIRE
- LE PRÉJUGÉ DU FARD (Suite et fin) (*)
- Le Recueil général des questions traitées es conférences du Bureau d’Adresses, paru en 1660, contient tout un chapitre sur les fards usités au xvu° siècle, et ils sont nombreux !
- Sous Louis XIV, les femmes allaient au sermon le visage coloré de rouge, les cheveux frisés et poudrés, ce qui leur attira parfois de cinglantes apostrophes de la part des prédicateurs. La belle-fille du grand Roi se fardait avec excès (13). Quant à la duchesse d’Orléans, elle était si parfumée de senteurs qu’elle incommodait la Dauphine, qui venait d’accoucher du duc de Berry (l4).
- Monsieur, frère du Roi, allait, tout fardé et indolent, au feu, et s’exposait aux endroits les plus périlleux. Nous n’avons pas à insister ici sur ses goûts féminins, ils sont connus. Il aimait se parer de rubans et de bijoux, et ne portait jamais de chapeaux, afin de ne pas abîmer sa perruque (,B).
- À l’imitation de Gaston d’Orléans, le duc de Gesvres n’ayant pu être mari voulut être femme : il portait du rouge et jouait de l’éventail avec les minauderies d’une coquette de profession. Il se plaisait à recevoir, à son château de Saint-Ouen, la fine fleur du royaume, couché sur un lit garni de rubans et de dentelles, les rideaux relevés et des fleurs répandues sur la couverture (l0).
- On a souvent décrit les réceptions de Mme de Pompadour, dans son boudoir.
- « La marquise vient de quitter son lit, pour achever une frisure commencée de la veille; à moitié renversée dans son fauteuil, devant la nappe de l’autel et le miroir en escaille du tabernacle, une jambe croisée sur l’autre et la pantoufle flottante au bout du pied, elle livre majestueusement sa tête à deux femmes de chambre : l’une approche le fer de la tempe de la déesse; l’autre répand sur sa chevelure, avec un tuyau de soufflet, une poudre qui nage dans l’atmosphère et retombe en neige parfumée ; une troisième prépare le rouge sur une soucoupe du Japon; une quatrième découpe artiste-ment une mouche dans une banderole de taffetas (17). »
- Tant qu’on put croire à la Cour que Mme de Pompadour avait des couleurs naturelles, elle n’a pas pris du rouge d’une façon trop criarde, elle se contentait d’une nuance. Alors, elle ne se faisait point faute de dire beaucoup de mal des fards et des dames de la cour qui s’enluminaient la mine. Vint un temps où elle n’eut plus rien à leur envier.
- Au xvin9 siècle, qu’on n’a pas sans motif qualifié le siècle de la galanterie, le rouge était le complément indispensable de la toilette d’une femme de bon ton. Il comprenait une grande variété de nuances et de qualités ; il devait être très vif a la Cour et rigoureusement exigé les jours de présentation. La vertueuse Marie Leczinska eut beaucoup de mal à s’y accoutumer. Marie-Antoinette avait fini par y renoncer, et cependant, autour d’elle, on le mettait ouvertement, ce que ne manqua pas de consigner avec étonnement le comte de Fersen, lorsqu’il vint en France.
- « Je trouvai, dit-il, la comtesse de Brionne très bien, quoique d’un certain âge... j’assistai à une partie de sa toilette... après s’être poudrée, elle prit un petit couteau d’argent, de la longueur d’un doigt, et ôta soigneusement la poudre à plusieurs reprises. Ensuite, une de ses femmes, car elle en avait trois, apporta une grande boîte, qu’elle ouvrit : elle contenait six pots de rouge, une autre petite boîte était remplie d’une pommade qui me parut noire. La comtesse en prit sur le doigt et s’en barbouilla les
- (*) Voir n° 2768.
- joues : c’était le plus beau rouge qu’on pût voir. Elle eut soin de l’augmenter en prenant de tous les six pots, deux à deux (’8). »
- Le rouge était si bien considéré comme prescrit par l’étiquette sous l’ancienne monarchie, que les cadavres même étaient fardés !
- Quand mourut Mlle de Sens, princesse du sang, quelqu’un qui n’avait cependant jamais vécu dans sa familiarité eut la curiosité d’aller la voir sur son lit de parade. Il s’y rendit un soir, en compagnie du chevalier de Chastellux, « Ils y arrivèrent tard, y trouvèrent une grande foule et ne purent approcher du lit; mais ils virent parfaitement, à la lueur d'une multitude de cierges, la princesse morte, assise dans son lit, appuyée sur des oreillers, Elle avait du rouge et des gants blancs et elle était très parée (19). )> '
- Le chroniqueur Barbier, parlant de la mort de Mme Henriette de France, une des filles de Louis XV, nous informe très minutieusement qu’à une heure après minuit (le jeudi 10 février 1752), « on songea, à Versailles, à transporter la princesse à Paris, aux Tuileries. Elle fut mise sur un matelas dans des draps; elle était en manteau de lit, coiffée en négligé, avec du rouge. » Pareille coutume était pratiquée en Pvussie. Quand le czar Paul I" fut assassiné, son corps fut embaumé, et on l’exposa pendant six semaines sur un lit de parade, le visage découvert et aussi peu décomposé que possible, du moins en apparence, car on l’avait barbouillé de rouge (20).
- N’est-ce pas Chateaubriand (?1) qui a conté que le cadavre de l’abbé Delille fut fardé avant d’être exposé publiquement? Mais on a relaté une anecdote plus macabre encore, s’il est possible : quand le fameux bandit Cartouche eut expié ses nombreux crimes sur la roue, un chirurgien acheta son corps, l’habilla, lui mit une perruque et du rouge, et le montra pour de l’argent. Cette exhibition scandaleuse lui fît gagner près de 800 livres en 24 heures (22).
- Une coutume était encore observée à l’avant-dernier siècle qui, sans doute, ne l’est plus aujourd’hui : comme le corps du pape devait rester longtemps exposé, on lui rasait le visage et on lui mettait « un peu de rouge aux joues, pour adoucir celte grande pâleur delà mort(iS) ». Rappelons, à ce propos, que Mazarin, lui, avait pris ses précautions avant sa mort : quatre ou cinq jours avant le fatal dénouement, il se fît faire la barbe et relever la moustache au fer; on lui mit du rouge aux joues et sur les lèvres, et on le farda si bien avec de la céreuse et du blanc d’Espagne, qu’il n’avait peut-être été, de sa vie, ni si blanc, ni si vermeil.
- « Montant alors dans sa chaise à porteurs, qui étoit ouverte par devant, il alla faire, en ce bel équipage, un tour de jardin pour enterrer, comme il le disoit lui-même, la synagogue avec honneur (î4) ». En dépit de tout son courage, il ne put soutenir longtemps le personnage, on dut l’emporter à demi-pâmé sur son lit. Cette suprême manifestation d’or|pieil fut prise pour une forfanterie efcjfit dire aux courtisans, toujours impitoyables : Fourbe il a vécu, fourbe il a voulu mourir. Il y avait, certes, moins de fourberie que d’attitude stoïque, chez cet homme qui avait voulu attendre la mort debout et paré, à la française.
- Ce même stoïcisme se retrouvera, plus tard, chez certaines victimes de la Terreur, do,nt le rouge fut la parure suprême.
- La princesse de Monaco, née Choiseul-Stainville, avait été condamnée à mort le 8 thermidor, veille de la chute de Robespierre. On lui conseilla de se déclarer enceinte; c’était le moyen d’échapper au couperet. Mme de Stainville, séparée depuis un an de son mari, ne voulut pas consentir à ce pieux mensonge, qui lui aurait sauvé la vie, mais répugnait à sa droiture. On conte qu’au moment de monter à l’échafaud,
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- elle réclama du rouge : « Sila nature veut que j’aie un moment de faiblesse, aurait-elle dit, employons l’art pour la dissimuler ».
- On sait la répugnance qu’avait Napoléon pour les fards, de toute espèce; tout au plus, les tolérait-il chez les femmes au teint exsangue. Un jour Bonaparte, regardant fixement Mme de Rémusat, dame d'honneur du palais, l’interpellait en ces termes : « Pourquoi n’avez-vous pas mis de rouge ? Vous êtes trop pâle !" »
- La malheureuse, aussi brusquement interpellée, lui répondit qu’elle avait oublié d’en mettre.
- « Comment, reprit le 1C1 Consul, une femme qui oublie son rouge! » Et en éclatant de rire : « Ce n’est pas à toi, Joséphine, s’exclama-t-il en se tournant vers son épouse, ce n’est pas à toi que pareille chose arriverait ? »
- Joséphine était, en effet, horriblement coquette. Elle passait des heures à faire sa tête; c’était tout un travail déboucher les rides, lisser la peau, effacer la patte d’oie, aviver les couleurs. Joséphine en avait abusé au point que, dès 1804, « le blanc qu’elle met sous son menton ne tient plus. Il s’écaille, la couvrant d’une sorte de poudre blanchâtre; comme de juste, elle ne convient point de la cause que, d’ailleurs vraisemblablement, elle ignore ; elle dit que l’état de son menton indique celui de sa santé, et lorsqu’on lui demande comme elle se trouve : « mais bien, répond-elle; voyez, j’ai mes farines (25). » Quant au rouge, les factures des parfumeurs disent assez quelle consommation elle en faisait)26).
- Elle avait fini non seulement par habituer Napoléon à ne plus s’offusquer du fard, mais à en essayer lui-même : voulant plaire à sa seconde épouse, Marie-Louise, l’Empereur s’attardait devant les glaces, se fardait : ses généraux ne reconnaissaient plus l’homme d’Iéna et d’Austerlitz. L’Impératrice prétendait se farder à sa convenance, Napoléon n’y prenait plus garde. Jusqu’à Mme Mère qui suivait l’exemple, mais son âge rendait cette pratique quelque peu ridicule.
- La princesse Pauline ne se farda que lorsque les rides firent leur apparition ; mais, longtemps, son joli teint avait défié tous les artifices.
- Cette rapide incursion dans le passé suffit à attester l’antiquité d’une coutume qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Au demeurant, faut-il s’en plaindre? Les fards abiment-ils, autant que d’aucuns l’ont prétendu, le visage de celles qui en font un usage raisonnable? Comme nous posions la question à un de nos spécialistes les plus réputés, il nous fit
- cette réponse, qui ne fut pas sans nous déconcerter un peu par son tour paradoxal :
- « Il est un préjugé, nous dit-il, commun, et que même beaucoup de médecins partagent : c’est que les fards abîment le visage. Rien de plus inexact. Cela pouvait être vrai au temps où les préparations qu’on employait était à base de sels de plomb ; niais, aujourd’hui, on leur a très heureusement substitué des produits inolïensifs. Je me demande, poursuivit notre interlocuteur, comment le préjugé, que je combats par tous les moyens dont je dispose, a pu tenir si longtemps contre l’expérience de chaque jour : comparez, d’une part, le teint d’une femme de trente ans à la campagne et à la ville, le teint d’une femme qui ne se farde pas au teint de celle qui se farde, au même âge, vous observerez la même progression de l’une à l’autre, et pour cette raison invariable : que le plus beau teint appartient à celle qui l’a le mieux protégé contre les injures physiques du vent, du froid et du soleil.
- « Voyez, du reste, les actrices : si elles ont un visage plus jeune que la majorité des femmes de leur âge, c’est à l’usage du fard qu’elles le doivent. Ce qui fait la mauvaise réputation des fards, c’est leur nom, qui est synonyme de mœurs dépravées. »
- Évidemment, sous cet apparent paradoxe, se cachent quelques vérités; n’oubliez pas, néanmoins, cette boutade d’un humoriste, que ce sont les femmes qui auraient le plus à rougir, qui mettent le plus de rouge; usez-en donc, mesdames, avec modération, si vous ne voulez courir le risque qu’on découvre un jour le « pot au rose ». Dr Cabanes.
- 13. Emile Collas, La belle-fille de Louis XIV, 22-23.
- 14. Idem, Ibid., 142, 290.
- 15. Mémoires sur la Cour de Louis XIV, par Primi Visconti, 190.
- 16. Eug. Pelletan, Décadence de la Monarchie française.
- 17. Idem, Ibid.
- 18. Lettres publiées par le baron de Ki.inkowstroem. Introduction, p. 15, cité par le Vicomte de Broc, La France sous l’ancien régime, 2° partie, Paris, 1889.
- 19. Henry Havard. Dict. de l’ameublement, art. Lit.
- 20. Souvenirs de madame Vigée-Lcbrun. t. II, Paris, 1869.
- 21. Mémoires d’outre-tombe, t. II (édition Ed. Biré), note de la p. 159.
- 22. Dom H. Leclercq. Hist. de la Régence pendant la minorité de Louis XV, t. III, 328.
- 23. Le Président de Brosses en Italie, t. II, 405. Paris, 1858.
- 24. Mémoires de Brienne (cf. Chronique médicale, 1er décembre 1925).
- 25. Sur cette expression, v. une anecdote rapportée par Constant, Mémoires, t. III, 144-5.
- 26. Frédéric Masson. Joséphine, impératrice et reine : la toilette.
- = NOS LÉGUMES =
- ARTICHAUT [Cynara Scolymus. L.) Synanthérées.
- Histoire. — L’étymologie du mot est incertaine. Les anciens botanistes le donnent comme dérivé de Cocatum, cône ou strobile de pin, par allusif aux écailles imbriquées du capitule, Littré dit qu’il provient de l’arabe Ardischolci (de ardhi, terre, et schoki, épine). Il a été également question du mot arabe Harschaf ou Kharchioff. Toutefois, on peut admettre deux mots types pour les différents noms de l’artichaut dans les langues européennes : le français, artichaut, et l’italien Carciofo, mais le premier, seul, nous intéresse ici. Artichaut dérive d’un mot bas latin créé par les herboristes du xve siècle pour désigner le nouveau légume dont on mangeait les capitules. Ce mot a revêtu diverses formes : Articoctus, Artirac-tus et autres. Comme le montre le T final, artichaut est sorti de la forme correcte Articoctus.
- En France, ce cousin germain du cardon n’a jamais été trouvé en dehors des jardins. Selon la remarque de A. de
- Candolle, comme la région de la Méditerranée, patrie de tous les Cynara, a été explorée à fond par tous les botanistes, on peut affirmer qu’il n’existe pas à l’état spontané. Il retourne d’ailleurs facilement au type commun de cardon sauvage. En somme, il résulte probablement d’une modification survenue à certains sujets dans les cultures de cardons, et cette amélioration serait due aux talents de jardiniers italiens du xvD siècle. Un nommé Filippo Strozzi aurait apporté de Naples à Florence quelques pieds d’artichauts en l’année 1466.
- Chez nous, l’artichaut était en grande vogue dès la première moitié du xvic siècle. Son orthographe a subi plusieurs variantes. Les botanistes Ruel, Lonicer, l’appellent Articol. Rabelais fait figurer les artichaulx parmi les mets recherchés par les Gastrolâtres. Ronsard l’écrivait artichô et Olivier de Serres artichau. Ce n’est que vers le xvma siècle que l’orthographe comportant le T final paraît s’être fixée.
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- Le Jardinier françois (1651) ne connaissait que deux sortes d’artichauts, le vert et le violet ; La Quintinie cultivait en plus le rouge. IJ Ecole du Potager, par de Combles (1749), admet cinq variétés : le blanc, le vert, le violet, le rouge et le Sucré de Gênes.
- Production. Variétés. — Il en existe un grand nombre, voici celles qui semblent les plus recommandables.
- Régions du Centre et du Nord. — L’artichaut gros vert de Laon, appelé aussi artichaut de Paris parce qu’il est très répandu dans la grande banlieue parisienne. Aucune variété n’a le fond aussi large, aussi épais ni aussi charnu. C’est l’artichaut français par excellence, sa culture remonte vers la fin du xvm° siècle.
- Régions de V Ouest et du Nord-Ouest. — L’artichaut camus de Bretagne. Ses grosses têtes arrondies sont plus particulièrement recherchées pour la cuisson. Dès le mois de mai, il approvisionne en grand les Halles de Paris. Il a été introduit dans les jardins des environs de Paris vers 1810.
- Régions du Sud et du Sud-Est. — L’artichaut gros vert de Provence, l’artichaut violet hâtif, l’artichaut perpétuel, etc., sont cultivés spécialement sur le littoral méditerranéen où leur récolte peut commencer dès le mois de janvier dans les endroits bien exposés au soleil.
- Production totale,. — Pour les cultures spéciales de nature maraîchère auxquelles appartiennent les artichauts, les Statistiques agricoles annuelles du Ministère de l’Agriculture ne donnent que la production en quintaux de chaque département et le prix moyen du quintal; la surface cultivée en arti-cliautières et la valeur totale ne sont donc pas connues. L’examen que j’ai fait de la statistique publiée récemment (1925) m’a appris que la production totale s’était élevée à 220 830 quintaux. Quant à la valeur totale, étant donné : a) l’extrême diversité des prix moyens du quintal qui varie de 22 fr. (Gironde) à 745 fr. (Aude) ; b) le remplacement de certains prix du quintal par ceux de la pièce, de la douzaine ou du cent, il est impossible de la déterminer exactement. Cependant, si l’on admet, comme valeur moyenne approximative du quintal, 175 fr., la valeur totale atteindrait 38 645 250 fr.
- Principaux départements producteurs. — Relativement à la production de 1925, on peut les diviser en trois groupes, comme suit : 1° 5000 à 10 000 qx : Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Charente-Inférieure, Finistère, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Somme; 2° 10 001 à 15000 qx : Seine-et-Oise, Vendée ; 3° Trois départements se distinguent par leur quantité, ce sont : la Corse, 20 000 qx ; le Yar, 25 000 qx et la Gironde, 56000 qx. J’ai tenu à savoir si la supériorité de ce dernier n’était qu’accidentelle, et j’ai constaté qu’elle remontait à deux années antérieures, 1924 et 1923. Toutefois, les chiffres les plus élevés ont appartenu en 1920 au Vaucluse avec 71 340 qx au prix moyen de 300 fr. le quintal, soit 22 402 000 fr. et au Var avec 67 000 qx à 125 fr., soit 8 375 000 fr.
- Rendement. — Un pied d’artichaut bien cultivé et en bon sol produit généralement 4 et 5 capitules lors de la première récolte : les pieds de 2 à 3 ans montent à fleur deux fois par an. Dans le Midi, où l’artichaut fait partie d’un assolement particulier, on estime qu’un hectare peut laisser un bénéfice de 3800 fr. Dans les autres régions, la valeur de la récolte pourrait s’élever entre 6000 et 7000 fr. (J.-V.).
- Prix des artichauts primeurs et de pleine saison aux Halles de Paris. — Les primeurs arrivent surtout d’Algérie au commencement de décembre ; ils ont valu au début le cent : 90 à 120 fr. Oran ; 175 à 250 fr. Alger; 150 à 200, Midi; 80 à 90 fr. Espagne; 60 à 220 fr. Bretagne. Puis arrivent en quantité, au printemps, les artichauts de Provence et du Roussillon; en été et à l’automne, ceux de Bretagne,
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- d’Anjou et des départements indiqués plus haut, ainsi que de la grande banlieue parisienne. Les prix varient, en pleine saison, suivant grosseur et provenance, le cent, entre 30, 60, 110 fr. pour l’artichaut de Paris ; 20 à 105 fr. pour celui de Bretagne ; 10 à 20 fr. pour l’artichaud poivrade.
- Utilisation. — L’artichaut a été pendant longtemps un légume rare et cher qui ne figurait pas sur la table du pauvre. Au xvi° siècle, on ne le trouvait que dans les jardins de bonnes maisons. D’après Dalechamp « il ne se fait pas de banquets somptueux où l’on ne serve de cette « viande » pourvu que c’en soit la saison ». Mais ceux qui mangeaient des artichauts et des asperges étaient sujets à nombre d’invectives. Les préjugés contre les légumes de luxe étaient très tenaces dans certains milieux bourgeois au xvne siècle, ce qu’a dépeint Furetière dans son Roman bourgeois, quand il fait dire à une grand’mère : « Si, quand nous estions filles, quelqu’une de nous eust mangé des asperges ou des artichauts, on l’aurait monstrée au doigt, mais aujourd’hui les jeunes filles sont plus effrontées que des pages de cour ». Malgré tout, le grand monde mangeait beaucoup d’artichauts et d’autant plus que la médecine du temps attribuait à ce légume des propriétés « réchauffantes », selon l’expression de Brantôme qui devait s’y connaître. L’artichaut était considéré comme un succédané des truffes, des morilles et autres mets stimulants.
- La reine Catherine de Médicis adorait les fonds d’artichauts : Le chroniqueur l’Estoile raconte que la reine-mère, se trouvant au repas de noces de Mlle d’Artigues, mangea tant de fonds d’artichauts qu’elle « cuida crever », dit-il peu respectueusement.
- L’artichaut n’est plus apprécié depuis plusieurs années comme un légume de luxe, car il en est consommé une grande quantité soit cru, soit cuit. Ses parties charnues et comestibles sont la base des bractées, nommées feuilles, et le fond de l’artichaut qui forme le réceptacle de l’inflorescence. A l’état cru il se digère difficilement et ne peut être supporté que par des estomacs robustes.
- Il est alors riche en tannin et possède ainsi une action antidiarrhéique ; il est aussi diurétique et l’union de ces deux propriétés en fait un aliment favorable aux albuminuriques. Les petits artichauts se mangent crus à la croque-au-sel, à la poivrade ou à l’huile et au vinaigre.
- La cuisson ramollit très bien la chair et la rend beaucoup plus digestible, de sorte qu’elle est supportée facilement par les estomacs délicats. Les matières azotées albumineuses très nutritives et l’inuline, qui y sont assez abondantes, deviennent davantage assimilables et l’indiquent comme un bon légume pour les diabétiques.
- L’artichaut cuit se consomme à la vinaigrette, à la sauce blanche, au jus, au roux, à la barigoule, à la lyonnaise, farci, frit, en ragoût, etc. 11 n’est pas, cependant, à recommander pour la nourriture rationnelle du pauvre, à cause du grand déchet causé parla partie importante qui revient à ses feuilles inutilisables pour l’alimentation. Il en serait tout autrement si, comme le conseil en a été donné, il y a environ 25 ans, en vue de rendre les têtes d’artichauts plus tendres et d’en augmenter la partie comestible, on les étiolait plus ou moins complètement en les entourant, jeunes, d’un capuchon de laine, ou d’un linge épais et noir, ou même d’un sac en papier sulfurisé, afin d’intercepter la lumière.
- L’industrie fait des conserves avec les. artichauts ou les dessèche. Les conserves de fonds d’artichauts ne se préparent qu’avec les petits et les moyens. On emploie, à cet effet, pour les faire et les bien tourner, une machine fonctionnant au pied ou au moteur, laquelle peut en travailler une grande quantité par jour. A. Truelle.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- La suppression du changement de vitesse.
- On a proposé de nombreux dispositifs pour remplacer le changement de vitesse à engrenages à 3 où à 4 vitesses employé universellement aujourd’hui sur les automobiles.
- Les constructeurs de procédés électro-magnétiques, à transmission électrique, à disques, ont successivement échoué lorsqu’il s’est agi de mettre en pratique leurs inventions. Faut-il donc abandonner l’idée de voir réaliser un jour un procédé automatique assurant, sans l’intervention du conducteur, le maintien du régime normal de rotation du moteur en toutes circonstances ? Il est évident qu’un tel système permettrait d’obtenir le meilleur rendement d’un moteur en changeant à volonté la multiplication de la transmission, alors qu’actuellement le nombre des combinaisons est limité à 3 ou 4.
- Deux solutions nouvelles ont été récemment proposées par M. Constantinesco et M. de Lavaud ; ces solutions offrent l’originalité d’être exclusivement mécaniques et entièrement automatiques.
- Une application pratique de ces procédés a d’ailleurs été faite sur des voitures en circulation et il est possible d’espérer, en tout cas, que de telles recherches nous rapprochent du but à atteindre, but d’autant plus intéressant qu’en outre de la facilité de conduite, il peut résulter de cette innovation une augmentation importante du rendement, donc une économie notable d’essence.
- Les tendances de la carrosserie aux Etats-Unis.
- On croit généralement "en France que les constructeurs d’automobiles américaines ne tentent en aucune façon d’exécuter des carrosseries originales ou simplement luxueuses.
- Certes, le système « standard » adopté avec tant de succès pour la construction des châssis a été appliqué avec non moins de succès à la construction des carrosseries. Presque toutes celles-ci sont, d’ailleurs, du système « tout acier » et l’on a pu constater, même en France, que tous les torpédos Ford sont rigoureusement identiques!
- Mais, si l’on ne peut songer à tenter des innovations originales dans la construction des carrosseries de voitures utilitaires, dont le prix de revient si bas ne peut être établi qu’en se basant sur une construction rigoureusement de série, le problème “est quelque peu modifié lorsqu’il s’agit de fortes voitures de luxe.
- En effet, depuis quelque temps, d’une part pour satisfaire les goûts de la riche clientèle américaine, d’autre part pour essayer de conquérir les marchés européens, les constructeurs de voitures de luxe, tels que Lincoln, Studebacker, Overland, Cadillac, etc... ont essayé d’apporter à leurs productions l’originalité et l’élégance de la carrosserie qui leur faisaient encore défaut.
- Sans abandonner la construction métallique pour le système entoilé souple, et tout en conservant la peinture sur tôles, heureusemenUmodifiée grâce aux vernisà_la cellulose, ils ont surtout porté leurs efforts, semble-t-il, sur l’originalité des couleurs et sur la garniture intérieure de la carrosserie : ébénisterie, portières, sièges et dossiers, etc... plutôt que sur la modification de la ligne extérieure ; tâche, d’ailleurs, évidemment plus difficile.
- Les résultats les plus heureux semblent avoir été obtenus dans les assemblages de couleurs, très soigneusement étudiés, plutôt que dans les garnitures, qui demeurent parfois d’un goût discutable.
- Bien que l’on ait pu constater un progrès sensible dans l’aménagement intérieur des voitures, et que l’intérêt de ces recherches soit évident, étant donnée l’importance des moyens matériels mis en œuvre par les constructeurs américains, il ne semble pas cependant qu’au point de vue carrosserie les fabricants français puissent craindre avant longtemps la concurrence américaine.
- Un nouvel essuie-glace très simple.
- Un appareil essuie-glace est devenu l’accessoire presque indispensable pour toute automobile et surtout pour les conduites intérieures.
- Mais certains automobilistes trouvent trop élevés les frais d’achat et de pose d’un modèle pneumatique ou électrique et doivent se contenter d’un type actionné à la main.
- L’inconvénient évident de ces modèles est de forcer le conducteur à une manœuvre presque continuelle et très gênante, surtout pour la conduite dans les villes.
- Un modèle très simple, mais perfectionné, qui vient d’être réalisé (fig. 1) atténue cet incon vénient grâce à l’emploi d’une raclette en feutre enduite d’une composition chimique (peu complexe) qui a la propriété de faire s’étaler les gouttes d’eau en une nappe uniforme.
- Ce feutre est maintenu dans une glissière métallique au moyen de vis V et Y1. L’armature métallique est en forme de V et les feutres agissent sur les deux faces du pare-brise.
- En outre, des feuilles de caoutchouc font office de nettoyeurs de la glace, avant le passage du feutre, pour éviter que ce dernier n’entre en contact avec la poussière ou la boue qui peut s’être déposée sur le pare-brise. L’appareil agit donc à la fois par son caoutchouc comme un essuie-glace ordinaire et par la composition qui imbibe le feutre.
- Un bouchon de radiateur anti-vol.
- La mode actuelle veut que chaque voiture porte un sujet artistique quelconque ; statuette métallique, thermo- 2. - Bouchon de radiateur antivol.
- mètre décoré, hélice, avion en réduction etc., — sur son bouchon de radiateur.
- Certains de ces sujets artistiques sont de grande valeur et la facilité de leur vol lorsque la voiture est à l’arrêt, surtout la nuit, préoccupe à juste titre beaucoup de
- Fig. 1. — Essuie-glace à raquette en feutre enduite d’une composition chimique.
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- propriétaires d’automobiles. Il est, en effet, si facile, en général, de dévisser le bouchon d’un radiateur et de l’enlever en même temps que la figurine artistique, que la vue de ces petits objets de valeur tente le voleur le plus inexpérimenté.
- Un constructeur de ces figurines artistiques a eu l’idée d’établir un bouchon de radiateur antivol, composé de deux parties. Une partie fixe A est vissée sur le radiateur et une partie mobile C est à charnière et porte la figurine F (fig. 2).
- Le couvercle C se soulève pour la vérification ou le remplissage du radiateur, et il est maintenu, en service normal, au moyen d’un écrou B.
- Une vis pointeau oblique bloque le collier À sur le radiateur et cette vis est disposée de telle sorte qu’elle ne peut être dévissée que lorsque le capot du moteur est soulevé, au moyen d’un tournevis très long'.
- Le vol du bouchon de radiateur, et donc de la figurine, est ainsi rendu sinon impossible, du moins très difficile à moins d’un travail assez long. \
- (D
- Fig. 3. — Épurateur d’essence perfectionné.
- * , Epurateur d’essence perfectionne.
- L’adoption d’un filtre à essence avant l'arrivée au carburateur s’impose sur un grand nombre de voitures, et surtout dans les automobiles munies d’un réservoir à l’avant et non d’un exhausteur.
- La plupart de ces filtres comportent un tamis ou une peau de chamois, mais, dans un modèle plus original, dont la coupe est indiquée par la figure 3, la matière filtrante est composée, d’anneaux métalliques très petits, rejetant les impuretés étrangères mélangées à l’essence.
- Cette matière filtrante spéciale n’oppose aucune gène au passage de l’essence et permet d’obtenir un débit considérable pour les automobiles de toutes forces ou même les moteurs d’avions.
- De plus, il suffit de dévisser le bouchon pointeau de vidange A, puis le bouton B, et de tirer vers le haut ce bouton B pour nettoyer le filtre au moyen de l’essence filtrée, sans procéder à aucun démontage (fig. 3. III).
- Fig. 5. — L’amortisseur à friction Stabyl.
- La courroie et le ressort à lames en spirale sont fixés en un point intermédiaire de leur longueur.
- I. Vue extérieure; II. Coupe montrant le trajet de l’essence allant au carburateur et traversant la matière filtrante contenue dans le piston ; III. En dévissant le bouton B et en le tirant vers le haut, on fait passer violemment l’essence à travers le filtre. Celui-ci est alors nettoyé et les impuretés tombent vers le bouchon pointeau À qui a été dévissé.
- — Une corde résistante enroulée autour d'une borne solide permet d’amarrer fortement un navire.
- Amortisseur à freinage par courroie.
- Il existe, on lésait, de nombreux systèmes d’amortisseurs, accessoires de plus en plus utiles depuis l’adoption des pneus à basse tension, et à forte section genre confort.
- Lorsque l’enroulement se tend et se détend dans les cahots de la route, la surface de friction reste constante. L’extrémité de la courroie et celle du ressort se déplacent en sens inverse de la spire sur laquelle ils s’appuient.
- Fig. 6. — Fonctionnement de l’amortisseur Stabyl.
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- Parmi les amortisseurs, une catégorie simple et eflicaee est basée sur le freinage obtenu par le frottement des spires d’une courroie, enroulées les unes sur les autres, principe appliqué pour l’amarrage des navires ou dans les anciens freins de voitures hippomobiles (fig. 4). *
- Dans un nouveau modèle perfectionné de ce genre, la courroie et le ressort en spirale sur lequel elle s’enroule sotit simplement fixés en un point intermédiaire de leur longueur (fig. 5).
- Grâce à ce dispositif, lors d’une traction exercée sur la courroie, au centre du système, l’extrémité intérieure de la courroie et du ressort se déplace en sens inverse de la spire sur laquelle ils s’appuient, provoquant un freinage
- meilleur et plus constant (fig. 6). La pose du système est d’ailleurs facile.
- L. Picard.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS -.
- Essuie-glace très simple, Lumen-Etablissements, Concordon, 22, rue des Apennins, Paris, (17e).
- Bouchon de radiateur, Etablissements Marvel, 42. rue des Petites-Écuries, Paris.
- Filtre à essence, S. A. P. I. A. N, 58, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris.
- Amortisseur, Stabyl, 28, rue Jean-Jaurès, Levallois-Perret (Seine).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LE POINT DE COTÉ DES ADOLESCENTS
- Qui ne se souvient d’avoir éprouvé dans son jeune temps, après une course ou une marche rapide, cette douleur paralysante qui oblige, longtemps avant la fatigue, à cesser tout effort ?
- Qu’est-ce donc que ce « point de côté « auquel nous ne gardons pas trop rancune malgré sa vivacité, car il est toujours associé dans notre mémoire aux plus grands plaisirs de l’enfance ?
- À vrai dire, nous le savons fort mal. Il semble même que la banalité de « ce point de côté » ait empêché les auteurs de s’en occuper systématiquement et même d’y faire de simples allusions.
- Peut-être aussi, les hypothèses émises au sujet du mécanisme de cette douleur sont-elles assez peu séduisantes pour qu’on en parle le moins possible.
- Tel est le cas pour la conception qui remonte jusqu’à Pline et selon laquelle la cause de cette douleur doit être cherchée dans la rate. Il s’est d’ailleurs trouvé des auteurs récents pour reprendre ce point de vue assez répandu dans le grand public. C’est le cas notamment de R. Schmidt qui voit, dans un accroissement de volume de la rate et dans une dilatation de la membrane qui enveloppe cet organe, l’origine du point de côté.
- Mais, à cette conception théoriquement séduisante, s’opposent les recherches de Barcroft qui ont montré la rate diminuant de volume au cours de l’effort. Il est vrai cependant qu’une douleur peut aussi bien être provoquée par une contraction ou un spasme que par une dilatation ou une distension.
- En fait, on doit, d’après H. Ilerxheimer, repousser ces deux théories opposées.
- La douleur survient plus souvent à droite, côté du foie, qu’à gauche, côté de la rate. Elle survient même parfois dans la partie inférieure du ventre.
- En outre, il y a lieu de noter que la compression de l’abdomen réalisée soit avec la main, soit en s’accroupissant, atténue rapidement la douleur et parfois même l’empêche de paraître.
- L’usage de larges ceintures prévient souvent, en effet, l’apparition du point de côté. Un pareil fait ne s’expliquerait guère si un gonflement ou. une contraction de la rate était en jeu.
- Les autres organes du thorax ou de l’abdomen : cœur,
- estomac, gros intestin ne sont pas non plus en jeu comme les recherches de tous genres et notamment radiologiques de H. Ilerxheimer viennent de le montrer.
- Un fait particulièrement important, également mis en évidence par II. Herxheimer, c’est que seuls les sports qui comportent des secousses rythmées, comme la marche et la course, donnent des points de côté. Les autres : la natation, le canotage, la bicyclette n’en donnent pas. Ces secousses rythmiques doivent donc provoquer des tiraillements que la compression de l’abdomen empêcherait. Il n’y a guère qu’un organe auquel on puisse songer dans ces conditions, c’est à cette membrane, le mésentère, qui soutient l’intestin.
- Cette hypothèse est confirmée par le fait que les points de côté surviennent surtout après les repas qui alourdissent nécessairement l’intestin, et surtout l’intestin grêle, dans les premières heures qui suivent l’ingestion des aliments.
- Ces considérations paraissent très raisonnables. Elles s’accordent bien avec nos connaissances générales. Elles ont l’avantage de nous donner de bons moyens thérapeutiques et prophylactiques.
- Comme on l’a pu voir, la compression manuelle ou celle qui résulte de la position accroupie donnent des résultats tout au moins momentanés.
- Pour prévenir l’apparition de la douleur, on aura recours à une large ceinture ou mieux encore à une gymnastique d’entrainement, qui habituera le mésentère à la distension que lui imposent les secousses rythmiques de la course.
- Il en a été proposé au moins une par Kost. Elle consiste à faire des mouvements rythmés et alternatifs des hanches et des bras, sans cependant mouvoir les jambes.
- Le meilleur système consiste évidemment à faire beaucoup d’exercices au grand air, de manière à stimuler et tonifier l’enfant aussi bien au point de vue général qu’au point de vue spécial de ses tissus, car du travail si intéressant d’Herxheimer (*) ressort que les enfants sujets aux points de côté ont un thorax long, signe d’une résistance physique réduite.
- Dr P.-E. Morhardt.
- 1. Herbert Herxeimer. Ueber das « Seitenstechen », Deutsche Medizinische Wochenschrift, 1er juillet 1927.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 327
- Le phénomène astronomique qui, ce mois-ci, va retenir l’attention des observateurs est, sans contredit, le passage de Mercure sur le Soleil du 10 novembre, dont on trouvera, plus loin, les éléments principaux. Malheureusement, en France, au lever du Soleil, la planète aura parcouru plus de la moitié de sa trajectoire et seuls les deux derniers contacts seront visibles.
- Une petite lunette est nécessaire pour observer ce rare phénomène.
- I. Soleil. — Le^Soleil, en novembre, descendre plus en plus dans l’hémisphère austral —• pour nous, habitants des latitudes boréales. Sa déclinaison, de —14° 12' le 1er novembre, n’est plus que de — 21° 32' le 30.
- La durée du jour tend vers son minimum et, de 9h 54” le lor, elle n’est plus que de 8h 34“ à la Un du mois.
- Yoici le tableau, donné de deux en deux jours, du temps moyen à midi vrai.
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1927(4
- Les phases de la Lune, en novembre, seront
- II. Lune.
- les suivantes :
- P. Q. le P. L. le
- 2, à 15" 9, à 6"
- 16"
- 36”
- D. Q. le 16, à 5h 28ra N. L. le 24, à 10h 9”
- Dates. Heures du passage.
- Nov. 1er 11" 34“ 20'
- — 3 11" 34“ 17*
- — 5 H* CO B H* 00
- — 7 11" 34” 21*
- — 9 11" 34“ 29*
- — 11 11" 34“ 39*
- — 13 11" 34“ 53*
- -- 15 11" 35“ 10*
- — 17 11" 35“ 31*
- — 19 11" 35“ 55“
- — 21 11" 36“ 23*
- — 23 11" 36“ 54*
- — 25 11" 37“ 28*
- — 27 11" 38“ 5*
- — 29 11" 38” 45*
- Observations physiques. — Yoici les éléments permettant d’orienter les dessins et photographies du Soleil (extraits de Y Annuaire du Bureau des Longitudes) :
- Fig. 1. — Passade
- Dates. P B„ L„
- Novembre 2 + 24°,60 + 4°,.27 140°, 50
- — 7 + 23°,66 -f3o,74 740,57
- — 12 -j-220,52 + 3°,19 8°,65
- — 17 + 210,19 + 2°,61 302°,73
- — 22 +19°,67 -+ 2°,00 236°,82
- — 27 + 170,98 + 1<>,38 1700,92
- Age de la Lune, le 1er novembre, à 0h—6j,3; le 25, à 0h=0i,6. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 25. Et pour une heure déterminée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en novembre : le 13 = — 240 57' ; le 27 = + 25° 25'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 8 novembre, à 15". Parallaxe —61'20”. Dist. =357 520 km,-Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 21”novembre, à 7h. Parallaxe = 54'0". Distance =406 07 0 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 2, occultation de ^Capricorne (gr. 5,3). Immersion seule visible à 21"54”.
- Le 3, occultation de 161 B. Capricorne (gr. 6,4), de 20h 16“ à 21" 28”.
- Le 7, occultation de v Poissons (gr. 4,7), de 21" 4m à 21"12m.
- Le 10, occultation de 129 IL Taureau (gr. 5,8), de 19" 52“ à 20"35”.
- Le 11, occultation de 394 B. Taureau (gr. 6,0), de 20" 38“ à 21"33m.
- Le 14, occultation de y Cancer (gr. 4,7). Emersion seule visible à 21" 48”.
- Le 16, occultation de 46 Lion (gr.5,8J, de23"52mà0"50”du 17.
- Le 30, occultation de 143 B. Capricorne (gr. 6,1), de 18" 9“ à 19" 4“.
- Marées, Mascaret. — Des marées importantes se produiront en novembre, à l’époque de la Pleine Lune, du 9. Yoici les heures et l’importance de quelques-unes de ces marées pouf Brest :
- de la planète Mercure devant le 10 novembre 1921.
- le Soleil,
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est encore bien visible en novembre. On la recherchera le matin, avant l’arrivée du jour, de préférence au début du mois, la Lune ne gênant pas pour l’observer.
- La lueur anti-solaire s’élève de plus en plus haut, au fur et à mesure de la diminution de la déclinaison du Soleil. On pourra la rechercher, vers minuit, du 19 au 24, au Sud des Pléiades.
- 1. Toutes les heures mentionnées astronomique sont données en tempi de 0" à 24" à partir de minuit.
- dans le présent Bulletin universel (T. U.) compté
- Dates. Marées Heures. du matin. Coefficient Marées du soir. Heures. Coefficient
- Nov. 7 2" 2“ 0,87 14"24” 0,95
- — 8 2" 46” 1,01 15" 7” 1,07
- — 9 3" 29“ 1,10 15"50” 1,13
- — 10 4" 12” 1,13 16"34” 1,11
- — il 4" 56” 1,08 17"18” 1,03
- — 12 5" 40” 0,97 18" 2“ 0,90
- Le phénomène du mascaret se produira aux dates ci-après
- Date*. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Nov. 9 1,10 7" 8” 7" 45” 7" 54”
- — 9 1,13 19"27” 20" 4” 20"13”
- — 10 1,13 7" 46” 8" 23“ 8" 32“
- — 10 1,11 20" 7“ 20"44” 20"53”
- — 11 1,08 8" 28“ 9" 5” , 9" 14“
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- ASTRE Dates : NOVEMBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- [ 5 6h 44“ llh34“18’ 16h 24™ 14h 39“ — 15° 28' 32' 21"2 Balance
- Soleil .... 15 7 0 11 35 10 16 10 15 19 — 18 18 32 29,0 Balance S »
- ! 25 7 15 11 37 28 16 0 16 1 — 20 37 32 27,6 Scorpion
- ' 5 7 51 12 15 16 38 15 21 — 20 11 9,6 i Balance | A la lin du mois.
- Mercure . . . 15 5 56 10 53 15 50 14 38 — 13 52 9,2 a Balance Plus grande élongation
- [ 25 5 19 10 20 15 21 14 41 — 13 6 7,0 a Balance le 27.
- 5 2 33 8 43 14 52 11 45 -f- 1 33 30,0 fi Vierge
- Vénus .... 15 2 41 8 38 14 36 12 20 — 15 26,4 Y Vierge Admirable le matin.
- 25 2 54 8 37 14 20 12 58 — 4 17 23,6 0 Vierge
- 5 6 16 11 15 16 14 14 18 - 13 30 3,6 X Vierge
- Mars 15 6 15 11 3 15 50 14 45 — 15 44 3,6 a Balance | Inobservable.
- 25 6 14 10 51 15 28 15 13 — 17 48 3,8 i Balance
- Jupiter. , . . 15 14 9 19 54 1 39 23 39 — 3 53 42,2 10 Poissons Première partie de la nuit.
- Saturne . . . 15 8 18 12 43 17 7 16 26 — 20 7 13,6 co Scorpion Inobservable.
- Uranus. . . . 15 15 16 20 15 2 14 0 0 — 0 48 3 6 29 Poissons Première partie delà nuit.
- Neptune . . . 15 23 23 6 23 13 23 10 6 + 12 15 2,4 a Lion Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus contient, d’après Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, les renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de novembre.
- Mercure sera inobservable au début du mois, se trouvant en conjonction inférieure le 10 novembre, à 6h, avec le Soleil devant lequel il passera. Il se dégagera assez vite des rayons solaires et sera visible le matin, à la lin du mois. Sa plus grande élongation aura lieu le 27 novembre, à 2h, à 19° 53' Ouest du Soleil.
- Voici les données concernant le passage de Mercure sur le Soleil du 10 novembre (d’après la Connaissance des Temps),
- pour le centre de la Terre :
- Premier contact extérieur.............................3h 2m 238
- Premier contact intérieur.............................3h 4® 5“
- Plus courte distance des centres = 2' 8",9. . . . 5h 45m 57"
- Dernier contact intérieur. ...........................8h 28“ 4S
- Dernier contact extérieur. ...........................8h 30“ ls
- A Paris, Mercure sera déjà entré sur le Soleil au moment de son lever, qui aura lieu à 6h52“. On ne pourra donc observer que la sortie de Mercure, soit :
- Dernier contact intérieur..........................8h 28“ 23s
- Dernier contact extérieur..........................8h 30“ 58
- Le jour du passage, le diamètre du Soleil sera de 32' 18",4 et celui de Mercure 9",9.
- La ligure 1 donne la trajectoire apparente suivie par Mercure devant le Soleil, de son entrée à sa sortie, ainsi que la position de la planète à sa distance minimum du centre solaire. Sur le dessin, on a dû exagérer, pour le rendre visible, le diamètre de Mercure.
- Nous avons rendu compte ici même, à l’occasion d’un autre passage de Mercure (n° 1798, du 9 novembre 1907), de toutes les particularités à observer au cours d’un passage de Mercure. Nous prions le lecteur de se reporter à cet article.
- Pour, le présent passage, on s’attachera à observer, avec la plus grande précision possible, les moments des deux derniers contacts, les seuls visibles en France. Régler les chronomètres à l’aide des signaux de F. L.
- Vénus se lève plus de 4 heures avant le Soleil, elle sera
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATE Novembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Nuvemb c Heure. Satel- lite. Phéno - mène.
- 1 23h 36“ I Im. 14 0” 3“ II p. f.
- 2 20 43 I P. c. 15 20 28 II E. f.
- 2 21 41 I O.c. 16 16 41 III O.c.
- 2 22 57 I P. f." 16 19 23 III O.f.
- 2 23 54 I O.f. 17 0 22 I P. c.
- 3 18 3 I Im. 17 21 42 I Im.
- 3 21 16 I E. f. 18 18 50 I P.c.
- 4 17 24 I P. f. 18 20 1 I O.c.
- 4 18 23 I O.f. 18 21 3 I P. f.
- 4 23 46 IV E. c. 18 22 13 I O.f.
- 4 23 56 II Im. 19 19 36 I E. f.
- 5 1 10 IV E, f. 20 16 42 I O.f.
- 5 18 36 III Im. 20 23 54 II P.c.
- 5 21 26 III Em. 21 18 19 IV E. c.
- 5 22 44 III E. c. 21 19 9 IV E. f.
- 6 1 31 III E. f. 22 18 0 II Im.
- 6 19 2 II P. c. 22 23 5 II E. f.
- 6 21 7 II O.c. 23 18 29 III P. f.
- 6 21 38 - II P. f. 23 20 44 III O.c.
- 6 23 41 II O.f. 23 23 25 III O.f.
- 8 17 51 II E. f. 24 18 13 II O.f.
- 9 1 24 I Im. 24 23 33 I Im.
- 9 22 32 I P. c. 25 20 41 I P. c.
- 9 23 36 I O. c. 25 21 57 I O.c.
- 10 0 45 I P. f. 25 22 55 I P. f.
- 10 19 52 I Im. 26 0 9 I O.f.
- 10 23 11 I E. f. 26 18 1 I Im.
- 11 16 59 I P. c. 26 21 31 I E. f.
- 11 18 5 I O.c. 27 16 26 I O.c.
- 11 19 13 I P. f. 27 17 23 I P. f.
- 11 20 18 I O. f. 27 18 38 I O.f.
- 12 17 40 I E. f. 29 18 23 IV P. f.
- 12 22 11 III Im. 29 20 30 II Im.
- 12 23 33 IV P.c. 29 23 9 II E. c.
- 13 1 3 III Im. 29 23 9 II Em.
- 13 21 27 II P.c. 30 19 25 III P.c.
- 13 23 44 II O.c. 30 22 18 III P.f.
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- admirable le matin. Elle arrivera à sa plus longue élongation le 20 novembre, à 17\ à 46° 41' à l’Ouest du Soleil. Elle présentera une phase analogue à celle de la Lune au dernier quartier et on pourra la voir par ciel pur, à l’coil nu, même en plein midi. Les meilleurs instruments ne montrent à peu près rien sur Vénus.
- Mars est inobservable ce mois-ci.
- Jupiter est encore bien visible depuis l’arrivée de la nuit jusqu’après lh du matin. Les plus petites lunettes permettent de voir les bandes de la planète et de suivre les évolutions des satellites. Nous renvoyons au n° 2763 pour l’explication des phénomènes présentés par les satellites de Jupiter dans leur mouvement autour de la planète.
- Saturne est maintenant inobservable, se couchant environ une demi-heure après le Soleil. Pour ne pas interrompre la série, voici les éléments de l’anneau à la date du 14 novembre :
- Grand axe extérieur.............................. 34", 28
- Petit axe extérieur.............................. 15",04
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau.............................................+ 26° 1'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 1' \
- Uranus est encore bien visible jusque passé minuit. Une jumelle suflit pour le trouver. La petite carte reproduite page 133 du n° 2766 du Ie1' août dernier permettra de le reconnaître et de le suivre au ciel. Avec une bonne lunette, on verra Uranus sous l’aspect d’un petit disque bleuâtre d’environ 4" de diamètre.
- Neptune, le 1er novembre, est très près de Régulus (x Lion), dont il s’écartera très peu pendant tout le mois. Voici quelques positions où le trouver :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Novembre 5
- — 15
- — 25
- 10h 5” +120 18'
- 10" 6m +12° 15'
- 10h 6“ +12«14'
- 2",4 2' ,4 2' ,4
- Neptune sera en quadrature occidentale le 22 novembre à 11».
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à 17h, Jupiter en conj. avec la Lune, à 4° 0' N.
- Le 6, à 3h, Uranus — — la Lune, à 4° 46' N.
- Le 15, à 17h, Mars — — a Balance (gr. 2,9),
- à O» 9' S.
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- Le 16, à 14h, Neptune en conj. avec la Lune, à 4° 50' S.
- Le 20, à 0h, Vénus — — la Lune, à 3° 48' S.
- Le 22, à 16", Mercure — — la Lune, à 0° 52' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 10, à 3" 4”; le 12, à 23h53,n; le 15, à 20l,41m; le 18, à 1711 30™ ; le 30, à 4" 46“.
- Etoiles filantes. — De nombreux essaims sont actifs en novembre, notamment celui des Léonides, du 13 au 18, radiant Ç Lion, météores rapides, laissant des traînées, et celui des Andromédides, du 17 au 23, radiant y Andromède, météores lents, avec traînées.
- Voici, d’après Y Annuaire du. Bureau des Longitudes, les essaims que l’on peut suivre en novembre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Novembre 1er au 4 431 + 22° s Bélier.
- — lor au 8 58° + 20° A Taureau.
- — 13-14 53° . + 32° o Persée.
- — 13-14 149° + 23° ç Lion.
- — 13-14 279° + 56» 2348 Bradly.
- — 16 154° + 40° ut Grande Ourse.
- —. 20 et 27 62° + 22° w2 Taureau.
- — 25 au 28 154° + 40° p. Grande Ourse.
- — 27 25° + 43° y Andromède.
- — 28 328° + 62« a Céphée.
- Etoile Polaire. — Le tableau suivant donne les heures de
- passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Dates.
- Passage.
- Novembre 7 Supérieur
- — 17 —
- — 27 —
- Heine.
- 22“ 22“ 41“ 21" 43“ 19“ 21“ 3“ 55“
- Temps sidéral à mid moyen de Paris.
- 15h 2m 44“, 4 15h 42“ 9“,9 16" 21“ 35“,5
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le l6r novembre, à 21", ou le 15, à 20", est le suivant :
- Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord : La Petite Ourse ; Céphée; le Dragon ; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine; le Poisson Austral.
- A l’Ouest : Le Cygne; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Ouest : Le Capricorne.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- AFFAIBLISSEUR A L'IODURE DE POTASSIUM
- Le Bulletin de la Société Française de Photographie publie la recette d’un affaiblisseur à action lente et très progressive et n’ayant aucune action nuisible sur la gélatine, cette propriété permettant de l’utiliser pour les documents précieux ou rares, aussi bien pour les négatifs sur verre que pour les épreuves au bromure.
- De plus, le lavage complet après fixage est inutile et l’épreuve peut môme êti'e affaiblie au sortir direct de la solution d’hypo-sulfite.
- La composition de cet affaiblisseur est la suivante :
- Solution d’hyposulfite de soude à 25 pour 100. 1000 cc.
- Iodure de potassium........................ 10 gr.
- Le cliché plongé dans cette solution s’affaiblit lentement et il suffit de l’examiner toutes les demi-heures. Pour un voile marqué il peut être nécessaire de laisser l’action se prolonger pendant 6 heures.
- POUR DÉBOUCHER LES ÉVIERS
- Dans notre n° du lor août, nous avons indiqué une méthode pour déboucheries éviers. Le dégagement d’acétylène qu’elle comporte peut, en certains cas, offrir quelque danger. Un de nos lecteurs, M. le capitaine de frégate Chrétien, nous signale un autre moyen qu’il a imaginé.
- Monter au centre d’un bouchon en caoutchouc conique, de grosseur appropriée au diamètre du trou de l’évier, une valve de chambre à air de bicyclette, et conserver ce bouchon ainsi équipé à portée.
- En cas d’engorgement, remplir le tuyau d’eau, boucher hermétiquement avec le bouchon ci-dessus, y adapter une pompe à bicyclette et pomper énergiquement. L’air comprimé au-dessus de l’eau fait une chasse énergique et dégage le tuyau. Aussitôt le débouchage opéré, il est bon de faire passer librement une bonne quantité d’eau pour entraîner les derniers détritus.
- Notre correspondant emploie ce procédé depuis 13 ans sans jamais avoir eu un « raté », même dans des cas d’obturation complète.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE M. Émile Haug.
- La géologie française a perdu, le 28 août dernier, un de ses maîtres éminents ; M. Émile Haug, né le 19 juin 1861 à Drusenheim, en Alsace, professeur à la Sorbonne et membre de l'Académie des sciences.
- Nous extrayons les lignes suivantes de l’éloge funèbre prononcé devant l’Académie par M. Ch. Barrois :
- « Ce qu’avait été pour lui sa jeunesse et quelle influence elle eut sur sa vie, il prit soin de nous l’apprendre lui-même dans sa notice de titres. Dès mon enfance, déclare-t-il, « j’ai recueilli des fossiles en Alsace, aux environs de Niederbronn, où je passais mes vacances ; je puis même dire que ce sont ces courses qui me donnèrent le goût des études géologiques ». Ainsi son premier amour avait été pour le sol^ nalal, pour les pierres du pays. Dans cette noble passion, qui alla grandissant avec les années, Emile Haug devait trouver à la fois la joie et le tourment de sa vie entière ; sa joie, parce qu’il lui était réservé de suivre les terrains aimés de Niederbronn, Trias et Jura, dans tous les pays du monde; son tourment, parce qu’il allait, grâce à elle, souffrir les déchirements imposés à ceux qui, pour toujours, étaient nés alsaciens et français.
- La pente des terrains de Niederbronn l’avait amené à l’Université de Strasbourg, le penchant de son cœur le dirigea vers l’Université de Paris ; assistant du professeur Benecke à Strasbourg, il devint assistant du professeur Hébert à Paris. De celte évolution douloureuse, de ce passage dans deux écoles, il sut faire bénéficier la science. Accueillante à toutes les écoles, ouverte à toutes les inspirations, la science géologique allait recueillir de ce jeune savant, si solidement équipé, une somme de travail personnelle impressionnante.
- On chercherait en vain, dans le domaine de la géologie, quel champ lui resta étranger ? On n’y trouve qu’observa-tions nouvelles, que contributions originales, dues à son activité concernant tous les étages stratifiés, empilés dans la série des temps passés. Il fait connaître avec une précision accrue leur composition en divers pays, leur ordre de succession, leurs relations réciproques, les caractères de leurs faunes. Il dessine des cartes et des coupes, détermine des animaux fossiles de toutes classes, réalise des progrès en tous sens jusqu’au jour où, fort de son expérience, il s’élève à la considération des problèmes géologiques les plus hauts, les plus beaux à ses yeux par leur portée philosophique.
- L’origine du développement du monde organique le sollicite, comme le tente l’étude du mécanisme qui préside à l’évolution des chaînes de montagnes et des continents : entre ces deux grands sujets, il ne fait pas de choix, il embrasse les deux ; l’un et l’autre l’attiraient également. La Sorbonne était en possession d’un maître qui marchait dignement dans le sillage d’Hébert, de Constant Prévost, de Brongniart.
- Haug y cherchait la solution des problèmes les plus ardus de l’histoire de la Terre, en partant de l’observation pure. Observateur infatigable il trouve, dans les collections de la Sorbonne et de l’École des Mines, à se reposer de ses escalades dans les Alpes de France et d’Autriche; observateur insatiable, il allait de musée en musée, d’Alpe en Alpe, avec la volonté inflexible de réaliser son idéal.
- C’est dans ce laboratoire, qui n’avait de bornes que dans sa fantaisie, que Haug pensa trouver parmi les Ammonites un groupe de fossiles à l’abri de la critique courante faite à
- la Paléontologie d’avoir des archives incomplètes, où manquent à la fois des individus et des époques entières. L’abondance des représentants de ce groupe est telle, la solidité de leurs coquilles si grande, leür ornementation si variée, leur conservation à tous les âges, de l’embryon à l’adulte, si parfaite, qu’il se crut fondé dans l’espérance d’en réunir une série complète, et comme, d’autre part, il plaçait leur habitat dans des eaux profondes, il n’avait pas à redouter de lacunes entre les terrains qui les renferment. Les longues années que notre confrère passa dans le commerce de ces êtres, sa pénétration dans la foule immense de leurs formes spécifiques, dans l’infinie variété de leurs manifestations, dans le détail de leur anatomie, la précision enfin de ses données sur leur ordre de succession, lui ont permis d’avancer plus qu’aucun autre dans la connaissance exacte de leurs relations et d’entrevoir leur filiation dans la série des temps. Il nous a appris l’existence de cinq phylums d’Ammonoïdés, évoluant parallèlement dès les époques les plus reculées et présentant dans leur longévité de grandes inégalités.
- C’est dans l’élude des montagnes cependant que Haug devait donner sa mesure. De tous temps, l’étude des systèmes de montagnes a été la préoccupation ultime des meilleurs géologues, les accents d’Ulie de Beaumont et de Marcel Bertrand vibrent encore dans celte enceinte.
- Les idées sur les chaînes de montagnes ont fait beaucoup de chemin depuis le jour où ce dernier, étendant aux Alpes les résultats acquis par Gosselet dans l’Ardenne, montrait le rôle fondamental dans leur formation des refoulements latéraux, des nappes de charriage. L’étude de détail s’est substituée pour les montagnes à l’étude d’ensemble. Les données nouvelles se sont accumulées, la part de Haug dans les nouveaux résultats acquis est considérable ; il n’est pas de progrès auquel son nom ne se trouve mêlé et quelques-uns des résultats les plus importants, comme l’application de la notion de faciès, lui appartiennent complètement. La distinction qu’il en a faite dans les diverses parties de la chaîne lui a permis de rattacher des nappes à leurs racines et de fixer les positions originelles, si lointaines parfois, de certaines d’entre elles, superposées, rapprochées par les charriages.
- Pour llaug, les mouvements de plissement, ou mouvements orogéniques, qui ont produit les synclinaux et les nappes horizontales, ne sont pas les seuls qui aient affecté l’écorce terrestre ; il en est d’autres dits par lui épirogéniques dont il a pu montrer l’importance et qui se traduisent par des oscillations verticales de la surface; ils affectent les zones plissées, mais surtout les aires continentales qui les enserrent et ils produisent les transgressions et les régressions des terrains sédimentaires.
- Pour pouvoir décomposer, en pensée, les mouvements qui élèvent les chaînes de montagnes sur l’emplacement des plis géo-synclinaux (mouvements orogéniques) et ceux qui déterminent les oscillations verticales des aires continentales (;mouvements épirogéniques), une condition préliminaire s’imposait de déterminer avec précision l’âge et la succession des mouvements subis. Sa solution a permis à Haug d’éclairer d’un jour nouveau l’histoire des montagnes et des continents.
- Après les Alpes, les montagnes de la Provence réclamèrent l'attention de notre confrère. Le doux ciel de Provence ne brille pour le géologue que sur des ruines, débris de nappes rocheuses entassées, écroulées, déformées. Haug sut y voir une faveur particulière de la Fortune. Il les aborda avec la volonté de les relever dans une synthèse nouvelle. Il en entreprend le lever au 1/10000, ce qui n’avait point
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- encore été fait en France, en dresse des cartes au 1/50000 et dans le monument qu’est sa Monographie des nappes de recouvrement de la Basse-Provence, si malencontreusement arrêtée par sa mort, la Provence apporte sa contribution aux théories de l’auteur.
- La vaste scène de ses succès, poursuivis de Salzbourg aux rives de la Durance, n’avait pas suffi à son activité. Ses recherches géologiques et paléontologiques sur l’Afrique du Nord, et notamment le Sahara, à la suite des missions Fou-reau-Lamy, Ficheur, Chudeau, Gauthier, furent assez importantes pour le faire choisir comme Président, quand l’Association française pour l’avancement des Sciences se réunit à Tunis.
- Les monts et les cimes ne devaient pas être seuls à témoigner en faveur des idées de llaug sur les déformations de l’écorce terrestre, il en a lui-même poursuivi l’application à toute la surface du globe et à toutes les époques géologiques en un Traité didactique de géologie qui constitue un de ses meilleurs titres scientifiques. Combien remarquable, en effet, s’affirmait ce livre, pour avoir été remarqué et loué par les lecteurs mêmes du célèbre Traité de Lapparent, qui venait de paraître, le seul du genre arrivé à sa 5° édition ; il le fut assez pour qu’un ^spécialiste éminent ait pu dire qu’il était de ceux qui assurent l’avenir d’une science. Du jour de son apparition, llaug trouva dans les encouragements de l’amitié, dans l’accueil fait à son livre de Londres à Munich, la satisfaction suprême du travailleur assuré que son effort n’a pas été stérile ».
- FROID INDUSTRIEL
- La conservation et le transport du lait. Emploi du lait congelé.
- Pour obtenir un lait hygiénique et de bonne conservation, dit la Revue générale du Froid, il faut : des bêtes saines, une propreté méticuleuse principalement en ce qui touche la traite, enfin, aussitôt après la traite, refroidir le lait à basse température et à l’abri des germes et odeurs nuisibles.
- Aujourd’hui le lait destiné aux grandes agglomérations subit, avant d’arriver au consommateur, de nombreuses manutentions et de longs voyages. Il est donc indispensable que les conditions ci-dessus soient rigoureusement observées.
- Celles qui concernent le refroidissement immédiat du lait peuvent sembler difficiles à réaliser, surtout chez les petits exploitants qui sont la majorité dans notre pays.
- M. Henri Corblin, déjà connu par son invention des compresseurs frigorifiques à diaphragme, vient d’imaginer de fort ingénieux procédés grâce-auxquels le refroidissement immédiat du lait, condition indispensable de sa conservation, peut être assuré partout et fort simplement.
- Pour refroidir aussi complètement que possible le lait à sa sortie du trayon, soit qu’on pratique la traite à la main dans un seau, soit qu’on emploie les appareils de traite mécanique et qu’on reçoive le lait dans un bidon, il suffit de mettre au préalable dans le seau ou dans le bidon une certaine quantité de lait congelé sous forme de fragments de composition homogène. "
- Le lait qui s’échappe de la mamelle coule ainsi directement sur ce l'ait congelé et est refroidi, dès sa sortie du pis, à une température voisine de 0°.
- C’est là une opération plus coûteuse peut-être théoriquement, mais pratiquement beaucoup plus simple que celle qui consiste à refroidir le lait, après la traite, dans des appareils réfrigérants, alimentés par l’eau de source ou de puits et
- complétés par des réfrigérants à saumure refroidie, artificiellement.
- Cette dernière méthode, en effet, exige une installation complexe, encombrante et coûteuse et, par suite, interdite au petit exploitant ; elle comporte de nombreuses manipulations du lait après la traite, surtout si celle-ci s’effectue au pré ou loin de la machine frigorifique. Enfin le lait ainsi traité n’est guère refroidi qu’aux environs de 16 ou 18° et au cours des transports il reprend vite, dans les jours chauds, une température dangereuse.
- La méthode préconisée par M. IL Corblin apparaît donc fort séduisante. Mais il faut disposer, avant tout, de lait congelé.
- Les appareils connus, employés jusqu’ici pour congeler le lait, donnaient un produit qui ne conserve pas, en redevenant liquide, l’apparence et la composition chimique du lait primitif. M. Corblin a imaginé des procédés de congélation qui font disparaître cet inconvénient. Ils consistent à effectuer la congélation du lait, en lames minces, dans une saumure très froide, à — 15°, agitée vivement.
- Le prix de revient de la congélation de 1 kg de lait est voisin de celui de la congélation de 1 kg de glace. Il n’est donc pas très élevé ; et au surplus, il y a une économie évidente pendant les transports à maintenir la basse température nécessaire, en emmagasinant le froid dans le lait lui-même, plutôt que dans de la glace qui ne constitue, en somme, qu'un intermédiaire pesant et encombrant.
- 11 faut, pour appliquer les méthodes de M. Corblin, disposer d’une machine frigorifique produisant le lait congelé ; mais celle-ci, ne traitant qu’une partie du lait sera de dimensions réduites. De plus les producteurs peuvent se grouper, pour n’avoir qu’une seule machine installée chez l’un d’eux et former des centres de ramassage.
- D’une traite à l’autre, on conservera dans un bac de réserve, plongé dans la saumure de la machine à congeler, le lait congelé nécessaire à la traite suivante. Au moyen d’une poche ou écuelle, on l’extraira de ce bac pour en placer la quantité nécessaire dans chaque seau à traire ou dans chaque bidon. Les récipients ainsi chargés, et protégés contre une fusion trop rapide par des couvertures, ou même par des housses spéciales faciles à confectionner, seront ensuite diiûgés sur le lieu de la traite, seront remplis de lait frais, puis expédiés tels quels.
- La quantité de lait congelé placée dans le récipient sera proportionnée à la durée du transport prévu.
- Un autre procédé imaginé par M. Corblin consiste à plonger, pendant une dizaine de minutes, les récipients contenant le lait dans un liquide incongelable maintenu à —15° et vivement agité, le lait étant tout d’abord ramené, si possible, à une température voisine de zéro, puis laissé immobile. On forme ainsi sur la paroi du récipient une croûte de lait congelé de composition homogène et d’un centimètre d’épaisseur environ, qui protège le contenu contre toute élévation de température.
- Ce procédé peut évidemment être combiné avec le premier, c’est-à-dire que la traite peut s’effectuer directement dans des seaux ou bidons ainsi revêtus d’une paroi de lait congelé.
- Les méthodes ingénieuses imaginées par M. Corblin ont été expérimentées avec succès par plusieurs importantes Sociétés Laitières. Elles semblent devoir apporter des solutions fort intéressantes au problème si important et si difficile du transport du lait.
- Elles permettront, sans doute, d’augmenter le périmètre à l’intérieur duquel les grands centres urbains peuvent pratiquer leur ravitaillement en lait et cela* pour le bien commun des citadins et des ruraux producteurs de lait.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Houles et microséismes sur la côte de Chine, par le
- R. P. Gherzi. S. J. (Notes de séismologie n° 8 de l’Observatoire de Zi-Ka-Weï) 1 brochure, 12 pages. Imprimerie de la Mission Catholique. Zi-Ka-Weï-Chang-Haï, 1927.
- Dans une précédente publication que nous avons signalée en son temps, le R. P. Gherzi avait fourni une intéressante explication d’une classe nombreuse de microséismes, à courtes périodes comprises entre 4 et 8 secondes, enregistrées à l’Observatoire de Zi-Ka-Weï. Il les attribuait aux palpitations des pressions exercées sur le fond de la mer par les typhons naissant au voisinage des lieux d’enregistrement, et transmises aux appareils par le fond de la mer. L’étude des houles, dans les mêmes régions, et les périodicités qu’elle révèle, comparées à celles qui s’inscrivent sur les microséismogrammes en question, a conduit le distingué savant à attribuer à la même cause, c’est-à-dire aux typhons, l’origine des houles de période assez irrégulière, comprise entre 4 et 8 secondes, qui sont fréquentes dans la région. Telle est la thèse exposée dans la présente brochure, et appuyée sur de nombreuses observations.
- Contribuçâo do Estudo do Clima do Brésil, pelo Dr PI. Morise, l brocli. 116 p. Observatorio National do Rio de Janeiro, 1927.
- Le Brésil est une immense contrée offrant des climats très divers. Le Dr Morise, en en présentant une excellente description d’ensemble, rend grand service non seulement à la météorologie et à la géographie, mais aussi à tous les hommes d’action qui se consacrent à la mise en valeur industrielle et agricole de ce beau pays.
- £ours de Météorologie. Transmissions, par le G"0 Bureau, 1 vol. 84 p. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris 1927. Prix 15 fr.
- Le service météorologique de la prévision du temps exige la transmission rapide de renseignements nombreux, pour concentrer près des centres de prévision les observations recueillies par les différents postes d’observation, pour diffuser les prévisions élaborées par ces centres, ainsi que les renseignements sur les modifications du temps au fur et à mesure qu’elles se produisent. D’où la nécessité d’une méthode et d’une discipline pour la rédaction et la transmission de ces renseignements. L’auteur expose d’une façon très conrplète les règles en vigueur en France et il montre comment fonctionnent à cet égard les divers services d’avertissement qui incombent à notre Office National Météorologique. Ce cours rédigé à l’intention des observateurs de l’Office National rendra service également à tous ceux qui en utilisent les messages, en leur montrant comment ils sont établis et quel en est le sens exact.
- Discours et conférences sur la science et ses applications, par Ch. Moureu, 1 vol. 369 p., 22 fig. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1927. Prix : 25 francs.
- Dans ce volume, M. le professeur Moureu a réuni un certain nombre de discours et conférences prononcés par lui en ces dernières années. Ces œuvres de circonstances sont restées d’une lecture extrêmement attrayante et instructive. Signalons le bel éloge de Ramsay, vune conférence sur Lavoisier et ses continuateurs, qui est un véritable précis de l’histoire de la chimie, une conférence sur les gaz de combat, un récit de voyage et de mission à Madagascar où le savant sut à la fois faire œuvre utile au pays, enfin de brillants exposés à la portée de tous de certaines grandes questions scientifiques : stéréochimie, corps gras, catalyse anti-oxygène, les gaz rares, les gaz naturels, etc.
- Dans ses discours, M. Moureu expose à diverses reprises et sous diverses formes ses préoccupations dominantes de l’heure présente : organiser la recherche scientifique et la formation des savants de façon à permettre à ceux-ci de jouer, dans l’intérêt du pays, le rôle de jour en jour plus important qui leur incombe aussi bien dans l’industrie que dans la défense nationale.
- Les parfums, par Paul Jeanaud, 1 vol. grand in-8, 387 p., 39 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1927. Prix : 80 fr.
- L’auteur, ingénieur spécialisé dans la fabrication des parfums, nous donne sous une forme condensée un savant traité de fabrication. Il décrit d’abord les méthodes d’obtention des parfums naturels, puis la méthode d’analyse et le dosage des essences et des constituants des parfums. Puis il énumère, en les groupant d’après leur fonction chimique, les constituants qui entrent dans la composition des essences ; il indique pour chacun d’eux sa formule chimique, ses principales caractéristiques, son état naturel, son mode de préparation, ses emplois. Il passe de même en revue, par ordre alphabétique, les diverses essences réguliè-
- rement employées en parfumerie. Grâce à l’ordre et à la méthode avec lesquels les renseignements utiles y sont condensés et groupés, cet ouvrage constitue un excellent instrument de travail pour le chimiste parfumeur.
- La T. S. F. des usagers, par P. Hé.mardinquer, 1 vol. 136 p., 80 fig. Masson et Cic, éditeurs, Paris, 1927.
- Les usagers de la T. S. F., ce sont, d’après la définition de notre collaborateur, les auditeurs de jour en jour plus nombreux, qui n orit pas les connaissances nécessaires pour étudier la radio-technique, mais qui néanmoins désirent bénéficier de toutes les ressources de la radiodiffusion. L’auteur a écrit à leur intention un guide aussi clair que pratique, grâce auquel ils pourront choisir leur appareil en connaissance de cause et l’utiliser judicieusement.
- La technique photographique, tome II, par P.-L. Clerc. 1 vol. xn-390 p., 40 fig. Paul Montel, éditeur, Paris, 1927.
- Le second volume du magistral traité de M. P.-L. Clerc traite les sujets suivants : le tirage des copies, les reproductions, les agrandissements, les projections, la stéréoscopis, la photographie des couleurs. Pour chacune de ces parties, il constitue une véritable encyclopédie résumant les différentes techniques en usage, et en outre indiquant pour chacune d’elles les conditions pratiques de leur emploi. L’ouvrage se termine par des notions sommaires de cinématogrnplaie, de photomécanique et de radiographie. Le traité de M. Clerc est, sans aucun doute, le meilleur ouvrage d’ensemble que nous possédions actuellement sur la photographie.
- Les Echinodermes des mers d’Europe, par René Koehler. T. II. 1 vol. in-16, 339 p., 9 pl. doubles. Encyclopédie scientifique. Gaston Doin et C10, Paris, 1927. Prix : 35 fr. L’ouvrage de M. Koehler est un livre de faunistique essentiellement descriptif. Il comprend l’étude détaillée de toutes les espèces, au nombre de 250 environ, qui vivent sur les côtes d’Europe et qui s’étendent jusqu’à la limite du plateau continental, plus les espèces abyssales les plus caractéristiques.
- Le tome II est consacré aux Echinides, Holothuries et Crinoïdes. Chaque espèce est soigneusement décrite, sa distribution géographique indiquée. D’excellentes figures facilitent les déterminations. Un dernier chapitre est consacré à la répartition des Echinodermes dans les mers d’Europe.
- Les patois. Evolution. Classification. Etude, par
- Albert Dauzat. 1 vol. in-16, 207 p. Delagrave, Paris, 1927. Prix : 10 francs.
- On s’intéresse beaucoup aux patois, depuis que les régiona-listes ont appelé l’attention sur tous les aspects de nos petites patries. Mais le grand public ignore les travaux des savants, les Atlas linguistiques et la Géographie linguistique ; les chercheurs de bonne volonté, isolés en province, faute de connaître les bons guides, prennent souvent de mauvais modèles et gaspillent un effort mal dirigé. Aux simples curieux comme aux travailleurs, le présent ouvrage, rédigé par un spécialiste, apportera des notions claires et exactes, au courant des dernières découvertes, en leur donnant les moyens, par de nombreuses indications bibliographiques, d’aller plus loin. Il sera pour les étudiants et les érudits, français et étrangers, le manuel de dialectologie française si souvent réclamé. Après une brève histoire de la dialectologie, l’auteur analyse l’origine de l’évolution sociale des patois et leur pénétration par le français, puis leur développement linguistique (prononciation, grammaire, vocabulaire; question des dialectes; théorie des innëYations du langage). Il expose ensuite l’état actuel des patois, dont il donne la classification. L’ouvrage se termine par des conseils pour l’étude des patois, sur la manière de conduire des enquêtes et de mettre en œuvre les matériaux recueillis. C’est le premier livre de ce genre et il est excellent.
- L’organisation ménagère moderne, par Christine Frederick, 2° édition du Taylorisme chez soi, 1 vol. in-8, 228 p., 5 pl. Dunod, Paris, 1927.
- On connaît les idées de la disciple de Taylor sur l’organisation du ménage et de la maison. Les voici exposées à nouveau dans un ordre parfait. Mme Frederick, mère de famille, maîtresse de maison, s’inquiétait du labeur quotidien qu’elle devait fournir et du peu de loisirs qu’il lui laissait ; elle eut alors l’idée d’organiser sa vie, son travail, et elle y réussit si bien que son œuvre est devenue une doctrine. Elle expose ici comment « normaliser » la cuisine, les achats, les comptes, les soins du ménage, tout ce qui fait partie de la tenue delà maison, du rôle de la femme au foyer, et quelles économies de temps et d’argent on obtient d’une organisation rationnelle de son activité. C’est un livre qui doit être lu par toutes les femmes et qui les intéressera plus qu’un roman.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE Le câble-pompe.
- Les systèmes élévatoires de liquides au moyen d’organes qui entraînent l’eau sont remarquables par leur robustesse et la faculté qu’ils ont de s’amorcer immédiatement.
- On connaît la pompe à chapelet qui exige un tube dans
- Rondelle j| de moulée %caoutchouc
- Cable
- torsadé
- Fig:. 1. — a) Pompe munie du “ Câble-pompe ”. b) Détail du “ Câble-pompe ”.
- main et la vitesse faible a l’avantage de ne pas brasser ni de troubler l’eau. Celle-ci se déverse naturellement sous l’action de la pesanteur.
- Lorsqu’on actionne au moteur la vitesse est grande, le càble-pompe déverse son eau par action centrifuge. Ceci est rendu possible par l’absence des parois ou de cloisons autour des intervalles formés par les rondelles ; tout le liquide s’y trouvant contenu est projeté sans résistance dans l’auget du bâti, de sorte qu’on arrive à un débit important.
- Ces appareils peuvent se prêter à toutes les combinaisons possibles suivant les nécessités de l’installation. Ils se montent sur tous les puits ou citernes dont le diamètre intérieur est au moins 50 cm et dont la hauteur d’eau minimum est de 30 cm. Quelle que soit la profondeur, le bon fonctionnement n’est pas gêné; le liquide est maintenu sans aucune déperdition, même à l’arrêt, dans les intervalles formés par les rondelles ; un frein silencieux empêche le côté du câble chargé d’eau de redescendre lorsqu’on arrête le mouvement.
- Le débit varie naturellement avec le diamètre du câble employé et la vitesse, mais avec un seul câble on peut atteindre des débits pouvant aller de 1 200 à 200000 litres à l’heure. L’installation se fait en quelques minutes sans descendre dans le puits et elle peut être conduite sans aucune difficulté.
- Notons, comme autres avantages, que l’entretien est nul, que la gelée n’est pas à craindre et que de grandes variations de niveau sont permises.
- E. Detaint et A. Sourbé, 17 et 19, passage du Monténégro, Paris, XIXe.
- lequel se déplace une chaîne garnie d’obturateurs de formes diverses. Des essais nombreux ont été faits afin de supprimer le tube ; un appareil récent est le càble-pompe qui vient d’être mis au point d’une façon définitive, avec des perfectionnements rendant l’appareil inaltérable et inoxydable.
- Le principe du système est d’utiliser une série de rondelles rigides, séparées par une autre' série de rondelles plus petites, en caoutchouc, formant entretoise ; tous ces éléments sont enfilés sur un câble métallique. Les rondelles ménagent ainsi, sur toute la longueur du câble, des intervalles cylindriques réguliers où le liquide est maintenu par adhérence moléculaire.
- Le câble est constitué par des fils métalliques torsadés inoxydables. Les grandes rondelles sont faites d’une matière spéciale moulée, d’une très grande dureté, de sorte qu’elles sont indéformables et ont l’avantage de rester neutres, même dans les acides. L’oxydation et la rouille n’ont aucune prise sur elles, chose importante puisqu’un grand nombre d’élévateurs d’eau périssent de ce fait.
- Le câble se trouve complètement enfermé dans une sorte de gaine constituée par les rondelles superposées. L’ensemble passe sur une poulie à la partie inférieure et sur une autre à la partie supérieure. Les deux poulies sont reliées comme par une sorte de courroie.
- Comme le câble n’a aucun contact avec les poulies, il ne subit aucune usure. Les extrémités du câble sont réunies par une pièce de jonction spéciale qui empêche le vrillage du câble. La manivelle qui actionne l’appareil est placée directement sur l’abre.
- En effet, contrairement à ce qui se passe dans d’autres systèmes, la vitesse n’est pas ici nécessaire au bon fonctionnement ; par conséquent on a pu supprimer les engrenages et les multiplications de vitesse qui absorbent une puissance dépensée inutilement. On peut donc manœuvrer le câble à la
- OBJETS UTILES “ Fichier de poche ” R. S.
- Les systèmes plus ou moins compliqués, plus ou. moins chers de carnets de poche ont un gros inconvénient, celui de grouper des renseignements utiles et inutiles. Le Fichier de poche « P».. S. » met au contraire sous la main du papier blanc et ce qu’on désire conserver, qui se met simplement à la fin du fichier.
- Le fichier de poche « R.
- S. » donne au représentant de commerce la possibilité d’emporter les fiches même de ses clients, d’y noter les réflexions recueillies sur place, il lui donne la certitude de se rappeler à la prochaine visite telle particularité, telle observation, telle critique, tel renseignement familial qui donne l’impression au client qu’on pense à lui, qui permet d’enlever une affaire.
- En rentrant, les fiches <
- sont rangées dans le fichier de bureau et sont prêtes pour la prochaine visite.
- « R. S, », 1, rue Bourbon-lc-Cl>âl:enu, Paris,
- Fig. 2.
- Le fichier de poche "R. S.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les phares et le code de la route.
- Un de nos abonnés nous écrit :
- « L’automobile est entrée dans nos mœurs, sa vitesse est devenue une nécessité du temps et pour aller vite il faut voix-clair devant soi; car il faut distinguer à temps les obstacles qui peuvent sui-gir, reconnaître sur les bords de la route les signaux indicateurs, savoir où l’on est : de là vient la puissance des pbares des autos. Des accidents ayant été mis au compte de l’éblouissement produit par ces phares, le code de la route a émis à leur sujet des presci-iptions sévères qui n’ont pas été appliquées, faute de moyens satisfaisants.
- Pour ne pas être aveuglé par un phare si puissant qu’il soit, il suffit de mettre la main en visière devant les yeux de façon à masquer le phare sans masquer la route. Pour ceux dont les deux mains sont occupées, une visière opaque portée au-dessus des yeux permet d’ari-iver au résultat par un petit mouvement de tête.
- C’est simple, à la portée du piéton comme du chauffeur, cela ne nuit pas au développement de l’industrie automobile et cela permet de supprimer un article du code qui en comporte assez d’autres. »
- Simplification numérique.
- Nous recevons de M. L. Perbal la communication qui suit :
- « La Caisse des Dépôts et Consignations publiait au Journal Officiel la statistique périodique suivante :
- 03.041.062,00 277.800,00 1.846.587,00 19.500,00 32.912.747,25 525.686,07 ' 98.683.372,32
- Or, le deuxième et le quatrième nombre se rapportent à des évaluations faites à 100 francs pi’ès.. Dans ces conditions comment peuvent-ils être comparés avec le sixième nombre dont la précision est poussée à un centime près ?
- Le public que l’on veut renseigner doit être beaucoup plus intéressé par la valeur du chiffre de gauche, qui représente 00 millions, que par le chiffre placé au rang des centimes, et qui ne représente quel/4.500.000,000 du pi-écédent. ‘
- On peut à notre avis limiter l’énumération des chiffres différenciés 'd’un nombre aux trois premiers en commençant par la gauche, ce qui est largement suffisant pour tous les calculs ayant un but pratique.
- (Cependant, en vue de réduire l’importance du ressaut qui existe entre un nombre commençant par xin 9 et un autre plus élevé commençant par un 1, lorsque c’est le chiffi-e «1 » qui est placé à gauche, le « 5 » peut être utilisé pour le quatrième chiffre, si c’est lui, de préférence à «0 » qui apjxroche le plus du nombre réel. Exemple, écx-ire « 1.685 » pour « 1.683 » ou pour « 1.687 ».)
- Il est î-ecommandable également de séparer par un point les nombres en tranches de trois chiffres.
- QUESTIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Machine à
- arroser. Consti-ucteur ; Etablissements Ed, Rolland, 11, rue Lazare-Hoche, Boulogne-sur-Seine.
- Comment on peut donner aux chaussures claires la couleur tabac ou acajou.
- Pour teindre les cuirs à sec, on applique sur ceux-ci une solution dans le benzol, la benzine, le chloroforme, le tétrachlorure de carbone, le toluène, d’un colox-ant amené sous la forme de stéarate ou d’oléate, c’est-à-dire q»e la leucobase, partie essen-
- Dans ces conditions la statistique de la Caisse des Dépôts et Consignations serait présentée de la façon suivante
- 63.000.000 »
- 278.000 »
- 1.845.000 »
- 19.500 »
- 32.900.000 »
- 526.000 »
- 1)8.600.000 »
- Ce qui certainement donnerait au public une satisfaction suffisante.
- L’approximation qu’offre celte méthode est sensiblement comparable à celle que donne couramment une bonne règle à calcul logarithmique.
- Avec un peu d’habitude, habitude que l’on acquiert rapidement et sans peine, on rectifie les nombres au fur et à mesure que l’on effectue les opérations. Par exemple, dans le cas d’une addition de plusieurs nombres, tant qu’on n’approche pas des chiffres de gauche que l’on veut retenir pour déterminer la valeur du résultat, on fait abstraction dans l’addition élémentaire par colonne du chiffre des unités si celui-ci est inféi-ieur (ou au besoin égal) à « 5 », et on force le î-eport d’une unité si ledit chiffre est supérieur (ou au besoin égal) à « 5 ».
- Pour le cas de l’addition donnée comme exemple il est suffisant de commencer l’opération à partir du cinquième rang en partant de la gauche, je dirai donc :
- 8 et 5 et 9 et 6 : 28, je pose 0 et je reporte 3,
- 3 et 7 et 4 et 1 et 2 : 17, je pose 0 et je reporte 2,
- 2 et 2 et 8 et 9 et 5 : 26, je pose 6 (puisque j’en suis au
- premier chiffre, le troisième en commençant par la gauche, que
- je veux retenir au total) et je retiens 2, et ainsi de suite.
- Dans le service intérieur des Administrations elles-mêmes il peut être intéressant que l’employé placé au bas de l’échelle hiérarchique pousse la pi’écision à l’extrême, mais les résultats des états qui découlent de ces opérations doivent être « dia-phragmés » si je puis ainsi pai-ler, de telle sorte que l’objectif visuel des chefs ne soit pas inutilement accaparé au détriment de l’utilisation beaucoup plus intéressante qu’ils doivent faire de leurs facultés intellectuelles en appliquant celles-ci à des vues d’ensemble : « Les arbres ne doivent pas empêcher de voir la forêt ».
- A propos des vipères.
- M. le Dr Ch. Week nous écrit :
- « Dans l’article « A propos des vipères », n° 2761, page 466, votre correspondant de Yesoul fait remarquer qu’il n’a jamais rencontré de sei-pents dans les Ilautes-Yosges, et il attribue cette pai-ticula-i-ité à la pi-ésence des cigognes d’Alsace. — Or cette explication ne me paraît pas être exacte, étant donné que les cigognes n’habitent pas les montagnes mais seulement la plaine ou tout au plus les bouches des vallées. Les vipères n’existent pas dans les Vosges parce qu’une ennemie acharnée, une couleuvre « Caronella larvis » ,s’y trouve. Par contre elles se sont établies en Bade (Forêt Noire), ces montagnes n’étant pas habitées par la couleuvre mentionnée. »
- ET RÉPONSES
- tielle du colorant, se trouve engagée pour donner un sel, non plus avec les acides chlox-lxydi-ique ou ' sulfurique, union la plus habituelle, mais avec les acides gras stéarique, oléique palmitique, etc. Ces coloi-ants se trouvent dans le commerce d’une façon coui-ante sous le nom de couleurs céi-asines, il est donc plus simple de les acheter telles quelles et d’en faire dissoudre dans un peu de benzine la quantité suffisante pour obtenir par application de la mixture sur le cuir, l’intensité voulue — Si cependant cette préparation vous intéx-essait, voici comment il faudrait opérer ;
- Prendre la couleur basique de la teinte choisie, par exemple la
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- vésuvine, et la dissoudre dans l’eau savonneuse suivant les proportions de :
- Yésuvine. .......... 25 grammes.
- Savon blanc de Marseille. . . 100 —
- Eau chaude............ 2000 cent, cubes.
- Cette dissolution étant complète et légèrement refroidie y ajouter peu à peu en agitant :
- Acide chlorhydrique............50 grammes.
- L’acide stéarique mis en liberté monte alors à la surface, entraînant toute la matière colorante, on laisse refroidir complètement et on enlève le gâteau de stéarate de brun que l’on essore sur du papier à filtrer et fait sécher à l’air pour qu’il perde son humidité. C’est ce produit que l’on dissout finalement dans la benzine. Quand on désire un ton acajou, il suffit d’ajouter au stéarate de brun un stéarate de rouge; des tons intermédiaires peuvent également être obtenus par addition de stéarate de jaune.
- Vous trouverez des couleurs aux stéarates par petites quantités chez Pointet et Girard, 30, rue des Francs-Bourgeois.
- M. Izard, a Paris.
- Ne laissons pas s’élever la poussière.
- Le meilleur moyen de se débarrasser de la poussière et de tous les germes plus ou moins pathogènes qui s’y trouvent mêlés est évidemment de se servir de l’un des aspirateurs dont la fabrication est aujourd’hui courante. Malheureusement ces appareils sont coûteux et en attendant que leur fabrication en grande série les rendent plus abordables, on peut dans une certaine mesure se contenter d’un balayage, celui-ci étant effectué de manière que la poussière reste au niveau du sol sans pouvoir s’élever.
- Ce résultat peut être obtenu en faisant une application sur le plancher, carrelage ou cimentage, d’une solution de chlorure de magnésium à 30° Baumé, opération que l’on répète une seconde fois après un intervalle de deux ou trois jours.
- La poussière qui se dépose pendant la journée sur le sol prend ainsi, au contact du sel de magnésium, un état hygroscopique qui ne lui ne permet plus de s’envoler et elle se balaye facilement; l'actiolr de la préparation persiste pendant six mois au moins.
- La solution à 30° B vaut environ 0 fr. 40 le litre et un litre permet d’imprégner environ six mètres carrés.
- M. Beauvisage, a Moxtluçox.
- Peut-on récupérer le sel ammoniac contenu dans le liquide dépolarisant des piles Geiger?
- On sait que ce liquide est obtenu en faisant dissoudre dans un litre d’acide nitrique 150 gr. environ de sel ammoniac ; on pourrait supposer que l’acide ayant terminé son action oxydante le sel ammoniac peut être récupéré : il n’en est rien, car, lorsque les produits constituants ont été mis en contact, l’acide nitrique a déplacé le chlore du sel ammoniac ; une fois la réaction terminée, comme il y a un excès d’acide, on se trouve en présence d’un mélange de nitrate d’ammoniaque et d’eau régale.
- Il ne peut donc être question de retirer le sel ammoniac puisqu’il a été transformé en nitrate ; tout ce que l’on peut faire est de distiller le mélange dans une cornue en verre, en chauffant au bain de sable; l’eau régale distillera et il restera dans la cornue du nitrate d’ammoniaque que l’on pourra utiliser comme sel réfrigérant, sa dissolution dans l’eau produisant un abaissement sensible de. température. Quant à l’eau régale elle peut servir pour le dérochagedes métaux avant galvanoplastie.
- N. B. — A la fin de la distillation éviter d’aller à sec, sans quoi il y aurait volatilisation du nitrate d’ammoniaque.
- M. SCHEEER, A ÜINARD.
- Ce qu’est le linge dit “ Américain ”.
- Le linge dit américain est constitué par une toile placée entre deux feuilles de celluloïd blanc et assoupli à l’huile de x-icin. L’adhérence est obtenue en mouillant à l’alcool le celluloïd, puis en repassant le tout; on polit ensuite à la meule de drap et on donne au celluloïd le grain de la toile par un gaufrage approprié.
- Cette fabrication est, bien entendu, du domaine industriel, mais on peut dans la pratique se contenter de badigeonner le linge, faux-col ou manchette, à trois ou quatre reprises avèc une solution d’acétate de cellulose dans le tétrachlorélhane additionné pour
- =====s^'^.”................... 1 1 1 ~ 335 =
- l’assouplir de triacétine. On peut par exemple prendi’c comme base la formule suivante :
- Acétate de cellulose............ 12 grammes.
- Tétrachloréthanc................360
- Alcool éthylique à 95°.......... 40 •—
- Triacétine....................... 3
- Le linge ainsi préparé se nettoie parfaitement à l’eau de savon et reste toujours blanc, sans avoir le défaut de jaunir comme les articles préparés avec la nitro-cellulosc.
- V. R., a St-Lunatre.
- Préparation du citrate de chaux.
- La prépai-ation du citi-ate de chaux ne présente aucune difficulté, elle-même est à la base de la fabrication de l’acide citrique.
- Pour cela on comprime les citrons h la pi’esse après avoir enlevé les graines et l’écorce. Le jus est abandonné au repos et subit un commencement de fermentation pendant laquelle le mucilage se dépose, on décante et on filtre, puis le jus est porté à l’ébullition et saturé en partie par de la craie (carbonate de chaux), la saturation s’effectuant en dernier lieu avec un lait de chaux caustique. Le citrate de chaux formé se précipite sous forme de citrate ti’ical-cique (Cü H5 O7) Ca3 pi’esque insoluble dans l’eau bouillante, mais assez soluble dans l’eau froide. On le lave à l’eau chaude à plusieurs reprises, pour éliminer les impuretés et sèche à l’air ou à l’étuve. ,
- N.-B. — La plus grande solubilité à froid peut être utilisée comme moyen de purification, les solutions saturées à froid portées à l’ébullition donnant un précipité de citrate de chaux presque pur que l’on sépare aussitôt.
- F. C., a Marseille.
- Il y a benzol et benzine.
- Le benzol est l’essence de pétrole distillant de 70° à 120° c. Sa densité est de 0.700 à 740, il est inflammable au-dessous de 35° G, On l’emploie surtout pour l’éclairage et la combustion dans les moteurs à explosions.
- Le benzol ne doit pas être confondu avec la benzine que l’on retire des goudrons de houille par distillation fractionnée ; elle bout à 80° C, sa densité est de 0.899.
- On distingue ces deux produits l’un de l’autre par les essais suivants :
- 1“ Un cristal d’iodure de potassium plongé dans le benzol s e colore en rouge et dans la benzine en violet;
- 2° Par addition de quelques gouttes d’alcool, api’ès agitation, la solution reste limpide avec la benzine et se trouble avec le benzol.
- Quant à la composition du benzol, elle est des plus complexes, puisque l’on y rencontre toute la série des hexaliydrures aromatiques que l’on désigne paidois sous le nom de naphtènes ; à côté de ceux-ci on trouve également des tei’pènes, mais en quantité moins importante.
- M. Aufkère, a Guateaukoux.
- Pour utiliser les poussières d’anthracite.
- 1° Les formules que nous avons indiquées dans le n° 2756, page 239, réponse à M. Semillon et à M. Thomas, sont parfaitement applicables pour la confection des briquettes d’anthracite, veuillez vous y reporter;
- 2° Appareil très simple pour moulage système llarmand, maison Arthur, 232, rue de Rivoli, à Pai-is.
- Adresses demandées.
- 1e Vous pourrez vous procurer toutes les couleurs diamines chez Pointel et Girard, 30, rue des Francs-Bourgeois, à Paris;
- 2° L’enti’epositaire principal des Images d’Epinal est Capendu, 5, rue des Haudriettes, à Paris; la maison Boulery, 21, rue des Archives, en tient également un grand nombre d’exemplaires;
- 3° Nous ne connaissons pas l’imprimerie dont vous parlez, le nom que l’on vous a indiqué doit être mal orthographié.
- A. A. A Lisboa.
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- ===== 336 .............. =
- Amélioration de la flottabilité du Kapok.
- 1° Le Kapok doit sa grande flottabilité à sa structure spéciale, la fibre étant creuse, de faible épaisseur de parois et remplie d’air. Cependant si on examine ces fibres au microscope on voit qu’elles sont toutes de très petites longueurs, coudées et brisées, ce qui permet au bout d’un certain temps l'échappement de l’air.
- Dans le cas où le Kapok est utilisé à garnir des ceintures de sauvetage, il y a tout intérêt à prolonger la flottabilité des sacs garnis de fibres, il suffit pour cela de répandre sur ces fibres par pulvérisation un enduit léger empêchant le mouillage, par exemple le mélange suivant :
- Lanoline....................... 20 grammes.
- Vaseline . ................... 20 —
- Essence pour automobiles . . . 1000 cent, cubes.
- Faire cette opération en plein jour et loin de tout foyer de façon à éviter une inflammation intempestive et aérer la pièce pour permettre l’évacuation facile des vapeurs du solvant.
- 2° Les maisons suivantes sont susceptibles de vous fournir du Kapok par toutes quantités : Buuvc, 0, rue du Sentier, 2e; Bou-chart-Chevalier, 5, rue Beudant, 17e; Content, Eugène, 120, rue Réaumur, 2e; Levy-Debrée, 33, rue de la Tombe-Issoire, 14e; Van denÀergh’s, 39, rue Doudeauville; Paulard, 57, rue delà Grange-aux-Belles; Roide, 12, rue des Cordelières, 13e; Roulleau, 49, faubourg St-Antoine ; Société du Kapok, 95, boulevard de Port-Royal; Tassel et Racine, 46, rue Montorgueil.
- M. du Jaegni;he, a Paris.
- Qu’est-ce que l’Aigue-marine?
- L’Aigue-marine, qui porte aussi les noms de Béryl ou de David-sonite, est une émeraude très claire vert bleuâtre, la faisant ressembler à l’eau de mer, d’où le nom qui lui a été donné. C’est un silicate d’alumine et de glucine contenant un peu de fer ou de chrome; sa formule est
- Al2Gl3S(ii0ls = Al2 O5, 3 GiO, GSiO2.
- L’Aigue-marine se présente en prismes hexagonaux ou en masses cristallines transparentes, parfois de très grand volume; on la trouve dans les granités, les schistes et dans un calcaire néoco-mien bitumineux, à Muso Nouvelle Grenade (Colombie).
- Les principaux gisements sont en Sibérie, dans les Monts Adun-Tscliilou, à Madagascar, aux environs d’Antsirabé et de Betafo; les plus beaux cristaux d’Aigue-marine viennent d’Ava en Birmanie.
- Comme pour toutes les pierres précieuses, la valeur est fonction de la pureté, on ne saurait donc fixer une valeur moyenne, chaque échantillon ayant la sienne propre, valeur qui peut êtie augmentée ou diminuée suivant les circonstances par le désir plus ou moins grand de l’amateur.
- M. D., A 1)01 KG (Ain).
- Comment on décaféinise le Café.
- La Caféine, qui a pour formule chimique CsIIt0Az4O2, 112O, existe dans le cale vert à l’état de combinaison soluble dans l’eau, en association avec les acides cafétannique et caféiquc.
- La décaféinisation peut donc s’effectuer très simplement sur le café vert qu’il suffit de laver à l’eau bouillante. Après .cette opération, le café est séché rapidement par un courant d’air chaud, puis il est torréfié comme d’habitude avant d’ètre livré aux consommateurs qui désirent continuer à absorber leur boisson favorite, sans en ressentir l’action excitante.
- Quant au liquide résultant de l’extraction, il contient, en même temps que la caféine, un peu d’acide malique ; on élimine celui-ci par addition en quantité suffisan te d’acétate de plomb ; on filtre, précipite l’excès de plomb qui peut exister par l’hydrogène sulfuré, filtre à nouveau et concentre sous pression réduite; il-ne reste plus qu’à rendre ammoniacale et à laisser cristalliser la caféine, que l’on peut purifier par redissolution dans l’alcool ou l’éther et cristallisation nouvelle.
- T. V. D. V., a Bruxelles.
- Pour rendre lavables I&s papiers de tenture.
- Les papiers de tenture peuvent être rendus lavables en appliquant à la surface Une solution de gomme loque dans le borax; on prend par exemple :
- Borax pulvérisé..................20 grammes
- Gomme laque blanche..............80 »
- Eau non calcaire...............'750 cent, cubes.
- On commence d’abord par dissoudre le borax dans l’eau tiède, puis on porte à l’ébullition et ajoute par petites portions la gomme laque pulvérisée.
- Quand la dissolution est terminée, on laisse refroidir, on ajoute 5 grammes de glycérine et passe au travers d’une toile très fine.
- L’application se fait au pulvérisateur en évitant un excès de liquide qui produirait des coulées, entraînant les matières colorantes du dessin; éviter par conséquent de se servir d’un pinceau.
- Une fois l’enduit bien sec, le polir au moyen d’une brosse douce.
- S., a Reims.
- Augmentons nos récoltes.
- Les mauvaises herbes qui se développent en même temps que les plantes utiles sont toujours défavorables à ces dernières, soit qu’elles les privent d’une partie des éléments nourriciers, soit que par leur développement plus rapide elles les étouffent plus ou moins. Le procédé Rabaté, auquel nous avons fait allusion dans le n° 2719 du 15 mai 1926, permet heureusement, surtout dans la culture des céréales, de lutter avec succès contre les plantes envahissantes.
- Ce procédé consiste à employer une solution à 10 pour 100 en volume d’acide sulfurique à 54° Baume,-soit à 13 ou 14 pour 100 en poids, appliquée en arrosages sur le champ infesté.
- La consommation est d’environ un mètre cube à l’hectare et comporte une dépense d’environ 70 francs.
- Il faut opérer entre le moment où la jeune céréale a développé ses premières feuilles et celui de la montée; en opérant tardivement, la céréale pourrait être trop attaquée.
- Pour plus de détails, consulter l’ouvrage très complet que vient de publier M. Rabaté sur les différents procédés applicables à la destruction des mauvaises herbes. — Edition de la Librairie agricole de la Maison rustique, rue Jacob, Paris, 1927.
- R., a Paris.
- Où se procurer les métaux rares.
- Les métaux rares, tels que ceux dont vous parlez, tantale, titane, etc., ne sont habituellement préparés par les fabricants de produits chimiques que.sur demande; cependant nous croyons que, si la quantité qui vous est nécessaire n’est pas tropimpor-tante, la Maison Guichard, Chatenay et Cie, 5, square Arago, Paris, 13% sera en mesure de vous faire une livraison presque immédiate.
- C. O. a Bordeaux.
- Raccommodage des pièces céramiques.
- Bien que les colles glues, genre seccotine en tubes, soient d’un emploi facile, il faut se garder de s’en servir pour recoller les pièces céramiques, car ces colles sont très hygrométriques et, aussitôt que l’air est un peu humide, les morceaux se détachent par leur propre poids.
- Le meilleur procédé consiste à délayer un peu de carbonate de baryte dans une quantité de silicate de potasse du commerce, suffisante pour former une pâte semi-fluide dont on enduit les parties à joindre, on serre fortement au moyen d’une ficelle, on enlève les bavures et laisse sécher un jour ou deux avant d’enlever les ligatures.
- Musée industriel de Lille.
- Un truc d’antiquaire.
- Pour donner aux objets dorés l’aspect « vieux » il existe un truc très simple, basé sur la formation d’un sulfure d’or ou de cuivre, analogue à celui qui prend naissance, avec les années, au contact de l’air plus ou moins sulfuré par la décomposition des matières organiques animales.
- On commence par faire une dissolution très faible (un gramme par litre au maximum) de sulfure de potassium ou sel de Barèges dans l’eau chaude, puis, avec un pinceau sans garniture métallique, on passe une légère couche de la solution et laisse s’évaporer.
- Si le noircissement n’est pas assez accentué, on repasse une deuxième et troisième couche, mais, ainsi qu’il est dit plus haut, il est préférable d’employer des solutions faibles qui donnent des résultats moins « crus » se rapprochant mieux de la patine naturelle.
- AL Laillault, a Paris.
- 9-I.QS5.
- Paris, lmp. Laiiure. i- 10-27
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- LA NATURE
- K 2771.— 15.Octobre 1927.
- Paraît le i*r eTle id de chaque mois
- Prix du Numéro : 3 francs 30
- pour la vente en France.
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- Parait le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1®» Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI® (TJ. C. Seine :
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- N’ 2771
- LA NATURE
- 15 Octobre 1927
- LE MIMOSA, MATIÈRE TANNANTE D'AVENIR
- Pour toute industrie et en tout pays, la question des matières premières est à l’ordre du jour. En France, il y a lieu, en outre, d’éviter sur ce point la tutelle des
- taies : écorces, bois, fruits, feuilles, qui servent encore le plus souvent à les tanner.
- Or, la tannerie va être de plus en plus obligée de
- Fig. t. — Vue d’ensemble d’une plantation pendant l’écorçage. (Cl. Forestul.)
- pays à change élevé et de chercher à tirer le plus grand parti possible de nos ressources coloniales.
- La tannerie française, notre troisième industrie nationale, n’échappe pas à ces préoccupations. Nous ne voulons pas parler ici des peaux, mais de ces matières végé-
- faire appel à de nouveaux tanins végétaux. Les matières indigènes, comme l’écorce de chêne et le bois de châtaignier, ne suffisent plus; on a même des craintes sérieuses sur l’avenir de la seconde. Parmi les matières exotiques, celle qui est la plus employée, le bois de québracho, ori-
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- ginaire d’Argentine, est en voie de décroissance, sinon de disparition.
- Parmi les nouvelles sources de tanin à envisager, il en est une particulièrement intéressante, aussi bien par ses conditions de culture et ses qualités de tannage que par ses possibilités d’exploitation dans nos colonies : c’est le mimosa, connu surtout par sa fleur au parfum si agréable et dont l’évocation, à propos de tannerie, peut, de ce chef, paraître bizarre.
- Mais pour le sujet qui nous occupe, seule l’écorce est à retenir. En outre, le lecteur sait que le mimosa a pour nom acacia, en botanique, et que de ses nombreuses espèces, seules quelques-unes possèdent des écorces tan-nifères suffisamment riches. C’est en Australie qu’on a d abord songé à utiliser l’écorce de mimosa; on trouve dans cette contrée à peu près toutes les espèces tanni-fères, donnant d’ailleurs des écorces de qualités très diverses. Aucune sélection n’ayant été pratiquée, les
- Fig. 2. — Écorçage du mimosa. (Cl. Monnet.)
- écorces australiennes n’ont pu s’implanter dans la tannerie européenne. v
- Diverses espèces d’acacias ayant été introduites au Natal, comme arbre d’ornement et de protection pour les animaux, on s’aperçut que leur principal intérêt résidait dans l’écorce. En outre, on reconnut qu’il était nécessaire de sélectionner l’espèce la plus avantageuse, à l’exclusion des autres, les acacias s’hybridant très facilement. C’est Acacia decurr.ens Willd, var. mollisima Lindl. qui fait l’objet des exploitations actuelles.
- La culture du mimosa s’est développée très rapidement, non seulement au Natal, mais dans toute l’Afrique anglaise du Sud. En 1922, on estimait à 80000 hectares la surface plantée. De 9400 tonnes d’écorces, en 1898, l'exportation s’est élevée en 1924 à 90 915 tonnes (anglaises). En outre, une industrie pour la fabrication d’extraits secs a pris naissance au pays d’origine même, et l’exportation est passée de 400 tonnes en 1916 à 15220 tonnes en 1924. Pour cette dernière année, la
- valeur des exportations d’écorces et d’extrait de mimosa représente une somme de 840 772 £ (soit plus de 100 millions de francs au change actuel).
- Les principaux acheteurs sont l’Allemagne et l’Angleterre. La France occupe un rang plus restreint, mais qui devient chaque année plus important. Ce que nous avons dit au début de cet article fait prévoir que le mimosa sera de plus en plus utilisé par notre industrie du cuir.
- Déjà, d’ailleurs, devant le succès remporté en Afrique anglaise du Sud, on a commencé, surtout depuis la fin de la guerre, des exploitations de mimosas dans certaines de nos possessions. A Madagascar, c’est le service forestier qui, dès 1904, a introduit le mimosa dans le but de reboiser certaines régions. Puis des sociétés ont créé des plantations en vue de l’utilisation de l’écorce en tannerie. Au Maroc, des concessions ont été accordées, dans le même but dans la région du Gharb. On a signalé que la Nouvelle-Calédonie, Tahiti et certaines parties de l’Indo-Chine seraient éminemment favorables à la culture de l’acacia tannifère. On a également proposé de reboiser avec cette essence, le massif de l’Estérel, en France, et de l’implanter également dans les Landes.
- Les pays étrangers n’ont pas manqué de s’intéresser à la question. Les Allemands, juste avant la guerre, avaient entrepris des plantations dans leurs possessions de l’Est Africain. C’est d’ailleurs eux qui, à cette époque, absorbaient la plus grosse partie de la production de l’Afrique anglaise du Sud.
- On s’accorde pour penser que l’acacia est capable de réussir dans toutes les régions de la zone de l’olivier sur les terrains silico-argileux. Les gelées lui sont en général funestes; le sol n’a pas besoin d’être très riche, mais ne doit pas être calcaire. Une certaine quantité d’eau est requise.
- Ce qui fait le principal intérêt du mimosa, c’est sa croissance rapide, la richesse tannique et les qualités tannantes de son écorce. L’arbre achève son complet développement enhuit ansenviron (hauteur 13à20 mètres, diamètre du tronc 20 à 25 cm.). La teneur maximum en tanin est atteinte entre 7 et 10 ans, âge auquel on écorce d’habitude; elle est pour l’écorce du Natal de 35 pour 100 environ; ce chiffre peut varier avec les espèces et les régions. Il est bon de rappeler, à ce sujet, que le chêne s’écorce entre 15 et 20 ans, la teneur tannique étant alors de 10 pour 100 environ, que le bois de châtaignier s’exploite à cinquante ans et ne contient que 8 pour 100 de tanin en moyenne. La rapide croissance du mimosa permet une exploitation économique et la richesse de son écorce autorise soit l’exportation de l’écorce telle quelle, soit une fabrication rémunératrice d'extrait sec au pays d’origine.
- L’écorce et l’extrait de mimosa sont très appréciés des tanneurs pour les gros cuirs et même les cuirs légers. Le mimosa est le tanin exotique qui est le plus à même de suppléer le chêne et le châtaignier, de par l’ensemble de ses qualités de tannage.
- Son seul inconvénient est la couleur un peu rosée qu’il communique au cuir.
- Grâce à l’obligeance de deux des principaux importateurs d’écorces et d’extrait de mimosa, en France, nous
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- Les écorces destinées à la fabrication de l’extrait sec sont épuisées axrec de l’eau; le jus est concentré dans le vide et quand il est suffisamment pâteux, on le coule dans des sacs où il se solidifie par refroidissement (fig. 6). Ainsi préparé l’extrait contient de 60 à 65 pour 100 de tanin.
- L’écorce de mimosa apparaît, de l’avis des gens du métier, comme une matière d’avenir en tannerie. Son exploitation est possible dans plusieurs de nos possessions d’outre-mer.
- En raison de ces deux faits, nous avons cru utile d’en parler, avec quelque détail, aux lecteurs de La Nature.
- A. Dekorge,
- Fig. 5. — Hachage des ccorces. (Cl. Forestal.') Ingénieur chimiste I. C. P.
- pouvons mettre sous les yeux de nos lecteurs des clichés relatifs à l’exploitation du mimosa au Natal.
- La figure 1 représente l’ensemble dune plantation au cours de l’écorçage. Les branches et brindilles sont alignées pour être plus tard brûlées; la chaleur dégagée fera éclater les graines tombées dans le sol et la plantation se reconstituera d’elle-même.
- Les écorces sont rassemblées, liées (fig. 2 et 3) et pesées. Elles sont ensuite amenées au séchoir constitué par un hangar ouvert à l’air libre, puis au magasin à écorces et enfin hachées (fig. 5) et mises en sacs ou en balles.
- Les troncs sont transportés sur des chariots traînés par des bœufs (fig. 4) ; ils sont utilisés comme combustible, poteaux de mine, pieux, piquets et parfois en menuiserie.
- On a proposé d’en elfectuer la distillation ou de les employer dans la préparation de la pâte à papier. pfg, G. — Atelier de fabrication de l'extrait sec. (Cl. Forestal.)
- . , i--:.:...........E LE BÉTON CELLULAIRE : ==
- Ce nouveau matériau, inventé par l’ingénieur danois E.-C, Bayer, est du béton rempli de nombreuses petites bulles d’air. Il est obtenu par un mélange approprié de ciment ou de mortier de ciment avec une mousse persistante qui conserve pendant le mélange de nombreuses cellules remplies d’air. Elle permet au ciment de faire sa prise normale sans s’affaisser, cette mousse spéciale est obtenue avec une substance qui n’a aucune action chimique ou autre sur le béton. Elle s’évapore par la suite et il n’en reste après un certain temps que des traces insignifiantes.
- M. Mesnager consacre à ce nouveau béton dans Science et Industrie une étude documentée.
- Signalons tout d’abord qu’en variant la proportion de mousse employée on peut obtenir toute une série de produits dont le poids varie de 100 kg à 2200 kg au m5. Pratiquement on n’utilise que les bétons cellulaires de poids compris entre 200 et 1200 kg au m3.
- Le béton cellulaire est un isolant léger, incombustible, imputrescible. Son pouvoir isolant varie en sens inverse de sa densité.
- À densité égale, il est aussi isolant que le liège. Mais,
- naturellement, sa résistance mécanique est d’autant plus faible que la densité est plus faible.
- Il n’absorbe que peu d’eau, et seulement superficiellement. Il n’est pas gélif et peut supporter, sans se dégrader, les plus fortes variations de température.
- C’est également un matériau qui transmet mal le son.
- Ces propriétés jointes à sa facilité de mise en œuvre lui confèrent de nombreux avantages comme matériau de construction et lui réservent de nombreuses applications.
- Tout d’abord il est employé comme matériau calorifuge : enveloppes de chaudières, de chambres froides, de tuyaux ou canalisations de vapeur ou eau chaude. Ses propriétés antisonores le font employer pour la confection des planchers, des cloisons. Il peut aussi remplacer avantageusement les matériaux ordinaires de construction : moellons, briques, briques creuses, briques spéciales, etc.
- Armé comme le béton armé ordinaire, il remplace ce dernier dans certains cas, surtout pour les toitures. Il rend habitables les pièces sous toiture, et permet d’obtenir en général des habitations chaudes l’hiver et fraîches l’été. Il économise l’espace et sert de pare-feu.
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- LE « SENTIMENT ” MATERNEL CHEZ UNE ARAIGNÉE
- (PARDOSA SACCATA. Lycosides.)
- Les expériences que je rapporte ici m’ont été inspirées par celles de J.-H. Fabre sur la « Tarentule ou Lycose cle Narbonne(') et par celles de sir John Lubbock sur Lycosa saccatai1 2 3 *).
- Elles m’ont donné, à part quelques variantes ici ou là, des résultats identiques en trois régions différentes de la France (Semur-en-Auxois, 1915; Beaune. Côte-d’Or 1917 et Fontainebleau, 1926 et 1927). Elles complètent, en les élargissant, certains aperçus trop sommaires de ces deux auteurs.
- La Pardose est une petite araignée des champs qu’on rencontre dans les endroits secs dès les premiers jours de soleil. —De quoi se nourrit-elle? — Mystère. — Depuis dix ans que je l’observe, je n’ai jamais pu la surprendre en chasse, ni de jour ni de nuit. — Mes essais d’élevage en lieu clos ont toujours échoué. Pucerons, mouches, fourmis, èlle a tout refusé. A l’ombre elle subsiste, sans rien accepter de 4 à 12 jours. Au soleil, sous verre, elle peut vivre plusieurs semaines, sans manger. Serait-elle capable d’absorber directement les calories solaires comme le prétendait J.-H. Fabre? Je le croirais tant la lumière et la chaleur solaire lui semblent indispensables (5).
- Comme toutes les Lycosides, la Pardose confectionne une sacoche de soie dans laquelle elle pond ses œufs et dans laquelle ses petits naîtront.
- Dès les premiers jours de mai et souvent jusqu’à la fin d’août, on rencontre par les champs la Pardose traînant derrière elle, pendu à ses filières, ce petit sac ovigère de couleur gris verdâtre et de la grosseur d’une baie de sureau. Ne quittant jamais son fardeau ni de jour, ni de nuit, elle défend ses œufs contre toutes les attaques. Essayons de la saâsir : elle fait des bonds de quatre à cinq centimètres, des crochets, et c’est toujours avec peine que je parviens à la faire pénétrer dans le tube à essais dont je me sers pour la captui’e. Si je saisis le sac ovigère avec mes pinces elle proteste, furieuse, et, pour que je ne puisse pas le lui arracher, elle l’enlace avec ses huit pattes, préférant la mort à l’abandon de sa ponte.
- J’ai l’intention, après Fabre et Lubbock, de sonder ce a sentiment » maternel de la bête.
- lve Expérience-type. — Je me sers comme terrain d’opération d’une cuvette d’émail dont les'bords glissants s’opposent à la fuite de la bête.
- 1. Souvenirs entomologiques, tome 8, p. 372. Paris, Delagrave,
- 2. Les Sens et l’Instinct chez les animaux, p. 168, Paris, Alcan.
- 3. Voir R. Pillault, « Les araignées peuvent-elles être nuisibles
- aux cultures? » (Feuille des naturalistes, sept. 1926.) — M. Pillault prétend avoir pu nourrir Pardosa kortensis avec des mouches
- privées d’ailes. Il en a vu vivre un mois sans manger.
- Une Pardose, prise en tube, est lâchée dans la cuvette. Je saisis son sac avec mes pinces et, d’un coup sec, je m’en empare. L’araignée, affolée, parcourt la cuvette en tous sens et tâte le sol avec ses palpes. Elle a des gestes saccadés et, tourne sur elle-même.
- Quand: elle s’est calmée, et lentement, je dépose le sac à une dizaine de centimètres devant elle, puis, à petits coup?, au moyen d’une longue aiguille je le fais rouler iusqu’à elle. La bête ne l’aperçoit pas. 11 faut que je pousse le sac jusqu’à ses pattes pour qu’elle l’aperçoive et s’en empare. (Dix fois, sans variante, j’ai revu le même geste.)
- Par contre, lorsqu’on a vu avec quelle agilité l’araignée sait s’éclipser quand on veut la saisir et avec quelle précision elle se dirige en courant à travers les brins d’herbes et les rocailles, on ne peut admettre qu'elle soit aussi myope que l’affirme Lubbock.
- Si elle ne reconnaît pas son sac, ce n’est pas parce qu’elle ne le voit pas; mais parce quelle rien a gardé aucun souvenir visuel.
- Elle ne le reconnaît que lorsqu'il est sous ses palpes, par l'odorat.
- 2° Expérience. — Une Pardose ayant été privée de son sac je lui lance aussitôt le sac d’une sœur que j’ai dépouillé dans un tube à part.
- Elle s’empare aussitôt de ce sac étranger et, en quelques secondes, se l’append aux filières (5 fois).
- Peu lui importe l’origine. Elle n’hésite pas.
- 3e Expérience. — J’offre à mes Pardoses, en guise de sac, des petits graviers de toutes formes, morceaux de brique, graines de Nielle (Agros-temma githago), etc..., tous objets qui représentent parfois 4 fois le volume du sac.
- J’observe alors des gestes qui sont loin d’être aussi rigoureux que ceux observés par Fabre sur la Lycose de Narbonne. Tantôt l’araignée saisit la chose, la palpe et la fixe aussitôt (3 fois), tantôt elle la palpe, la roule entre ses pattes et puis l’abandonne (environ 8 fois). Tantôt même, et c’est le plus souvent, elle n’y prête que peu d’attention, malgré mon obstination à la lui mettre entre les pattes.
- De quoi peuvent provenir ces méprises fortuites de l’insecte? D’un peu d’affolement, de différence de tempérament, de caractère?- Certainement et Ton peut s’en rendre compte ; mais surtout d’une erreur de l'odorat.
- 4e Expérience. — Pour en avoir la preuve, il me suffit simplement de présenter le petit caillou ou la bille de liège avec la pince qui m'a servi pour ravir le sac à V araignée.
- Fig. 1. — Pardose portant son sac.
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- Dédaignée tout d’abord, la chose est acceptée ou tout au moins palpée avec attention.
- Si je frotte n’importe quoi : liège, gravier, billes de cire ou de bois avec le jus d’un sac ovigère écrasé, toutes sans exception s'accrochent la chose aux filières.
- Si je passe le sac à la teinture d’iode et que je l’offre alors qu’il est sec, il n’est accepté qu’au bout de dix minutes, quand l’odeur sui generis a dû réapparaître.
- Contrairement à ce qu’a vu Fabre chez la Lycose, si je place la Pardose en face de plusieurs objets : cube de liège, graviers qui n’ont pas été frottés ou barbouillés avec l’odeur du sac et parmi lesquels j’ai placé son sac personnel, elle n’hésite pas. Elle palpe chaque chose et ne s’empare que de son sac (2 fois).
- 5e Expérience. — Ainsi prévenu je prends toutes les précautions nécessaires. Je nettoie mes tubes à essais après chaque opération. — J’emploie deux pinces : une pour le rapt des sacs, l’autre pour la présentation des objets d’épreuve. — Pour ne pas répandre d’odeur sur le sable de la cuvette j’opère la capture des sacs dans un petit tube étroit réservé à cet effet.
- Il ni est alors presque impossible d'obtenir une méprise de la bête. Elle refuse, en général, obstinément tout ce qui n’est pas sac ovigère. Je n’ai trace, parmi mes notes, que de deux méprises sur une vingtaine d’expériences environ.
- La Pardose diffère donc en cela de la Tarentule de Fabre; mais il serait intéressant de savoir si le vieux Maître prenait toutes les précautions que je viens de décrire.
- 6e Expérience. — Par contre, la Pardose, comme la Tarentule, n’attache aucune importance ni à la forme, ni à la couleur, ni au poids de l’objet. Des petits bouts de brique rouge, des cônes de pierre blanche, des graines noires de la nielle, des billes de cire jaune, elle accepte tout et fait l’échange pourvu que le volume de l’objet ne dépasse pas 4 à 5 fois celui de son sac et qu’elle puisse le faire rouler entre ses pattes pour l’enrober de soie.
- Nous avons vu qu’elle n’a conservé de son sac aucun souvenir visuel : la couleur lui en est donc inconnue.
- Tl lui est bien difficile de conserver un souvenir tactile de ce même sac, car elle est mal outillée pour cela : 8 pattes ne touchant que par la pointe ne peuvent fournir au cerveau qu’une image indécise : huit points de l’espace sans relations entre eux.
- La notion de poids est d’un genre trop élevé pour ce petit cerveau.
- La méprise sur ces 3 points est excusable.
- Mai s ce qui surprend, c’est de voir que l’Araignée n’attache aucune importance à la consistance de l’objet. Je la vois souvent, quand elle se défend ou quand elle veut fuir, saisir son sac entre ses mandibules, le pétrir. Je vois la peau du sac fléchir sous cette pression. Comment donc ne s’aperçoit-elle pas de la supercherie lorsque je lui offre un objet dur, une pierre par exemple sur laquelle elle essaie de mordre en vain; mais qu’elle colle tout de même à ses filières?
- Il y a là, semble-t-il, autre chose qu'une simple erreur des sens.
- 7e Expérience. — Une Pardose vient d’accepter un gravier barbouillé avec le jus de son sac. Elle le tient entre ses pattes. Pendant qu elle fait fonctionner ses filières et avant qu elle n ait eu le temps de Vaccrocher, je lui offre son sac ou celui d’une soeur.
- Aussitôt que celui-ci arrive à portée de scs palpes, elle lâche le caillou et se rue sur le sac.
- J’ai voulu voir combien de fois l’araignée ferait ainsi l’échange. Sa ténacité a lassé la mienne. A Fontainebleau, l’une d’elles a échangé 7 fois consécutives un petit caillou contre son propre sac. Sa ténacité a lassé la mienne.
- J’ai pu noter alors un geste qu’on peut expliquer de deûx façons : à partir du 3e échange l’araignée fixe le sac avec lenteur et le garde longtemps entre ses pattes. Veut-elle ainsi le défendre plus facilement ou bien n’a-t-elle plus assez de soie en réserve pour l’appendre? Je laisse à ceux qui veulent appuyer quelque thèse le soin d’interpréter ce geste à leur façon.
- 82 Expérience. — Je refais la même expérience; mais cette fois je laisse la Pardose envelopper le caillou et se le coller aux fdières. Je dépose alors son sac devant elle. C'est fini, elle n’y prête même plus attention. Elle passe à côté indifférente. J’en ai vu vivre 8 jours, un caillou au derrière, à côté de leur sac. Bien mieux, mise en contact étroit avec lui, dans le fond d’un tube, la Pardose le saisit, le palpe, puis le quitte emportant son caillou.
- Elle est pourtant parfaitement capable de se délivrer elle-même de ce qui pend à ses filières; mes notes en témoignent à deux reprises. Elle ramène l’objet sous elle et, en pivotant sur lui, rompt les amarres avec ses mandibules (lorsque l’objet est trop lourd sans doute).
- 9e Expérience. — Si je laisse une Pardose 24 heures privée de son sac, je m’aperçois quelle n’accepte plus rien, ni son sac ni celui d'une sœur.
- L’impulsion s’est éteinte. — Le besoin physiologique a disparu — diront d’aucuns.
- A noter que les araignées privées de leur sac meurent au bout de 3 à 4 jours, tandis que celles qui portent un caillou, un pseudo-sac quelconque, vivent facilement 10 à 15 jours, c’est-à-dire autant que les araignées, munies de sacs ovigères, sur lesquelles j’ai expérimenté et que j’ai conservées dans mes tubes.
- /0e Expérience. — En manipulant une araignée j’ai écrasé son sac entre mes pinces. — L’araignée reprend sans hésiter ce sac sans avenir et je la trouve morte sur lui, 8 jours plus tard.
- Je n’ai pas l’intention de bâtir sur des données aussi précaires une nouvelle explication des phénomènes d’instinct. —Puissent-elles, au contraire, décourager les théories hâtives et les hypothèses gratuites.
- Il ne s’agit, en effet, que d’un tout petit geste d’une toute petite araignée, J.-G. Millet.
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- L'ANALYSE DES LAITS
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- AU LABORATOIRE MUNICIPAL DE PARIS
- LE PROBLÈME DU LAIT
- Le lait, aliment indispensable des petits enfants et des grands malades, pose aux énormes agglomérations urbaines de nombreux et difficiles problèmes.
- Paris demande un million à 1 200 000 litres de lait par jour. Pour y satisfaire, il a fallu organiser le ramassage du précieux liquide sur un vaste territoire s’étendant jusqu’à 150 km de la Capitale.
- Le lait étant particulièrement altérable, on ne peut, quelles que soient les précautions de propreté exigées pour la traite, lui faire parcourir de telles distances sans précautions-, il a donc fallu créer des centres de ramassage, des usines de pasteurisation, des transports automobiles rapides et môme des trains spéciaux sur certaines lignes. De vce fait, Paris reçoit toujours des mélanges de laits très nombreux et dont l’origine est devenue rapidement anonyme.
- Le lait, si fragile, si altérable à l’état pur, se prête à de multiples transformations alimentaires ou même industrielles, beaucoup plus stables, dont la vente peut être échelonnée sur plusieurs jours ou même plus longtemps sans risques de pertes. Un peu partout, mais surtout aux limites et en dehors de la zone de ramassage, dans les régions her-bagères où les transports vers la capitale seraient trop lents ou trop complexes, de
- puissantes industries se créèrent, beurrerie, fromagerie, qui utilisent tous les constituants du lait à des fins multiples : crème pour le beurre et les fromages gras, lait écrémé pour la fabrication des fromages maigres, caséine pour la préparation de matières plastiques (galalithe), petit-lait pour l’élevage des porcs, lactose pour la transformation en acide lactique et en lactates, etc. Naturellement, les prix du lait subissent les effets de ces multiples concurrences qu’on ne peut guère, en temps normal, songer à contingenter.
- Quand, par hasard, une sécheresse estivale compromet la récolte des fourrages, la production laitière s’en ressent. Pour maintenir les arrivages des quantités indispensables à l’agglomération parisienne, il faut étendre le rayon de ramassage, ce qui augmente les frais de transport, exige des pasteurisations plus nombreuses, mais surtout vient troubler les industries laitières situées en bordure de la zone normale d’approvisionnement.
- La hausse des cours en résulte. Mais le lait étant
- Fig. 1. — Classement préalable des échantillons de lait, en vue du dosage de la matière grasse, au Laboratoire municipal de Paris.
- irremplaçable pour les enfants et les malades,«.on ne saurait lui laisser atteindre des prix qui en interdiraient la consommation dans les milieux peu fortunés. A Paris, la Préfecture de Police intervient alors pour taxer les prix. Problème difficile entre tous, puisque si la taxe est trop faible, le lait n’arrive plus, et si elle est trop élevée, les pauvres ne peuvent plus s’en procurer.
- On s’explique ainsi les conflits incessants qui s’élèvent entre la Préfecture de Police et les producteurs ou plus exactement les ravitailleurs, les doléances fréquentes de ceux-ci, les problèmes complexes, difficiles qu’il faut résoudre pour concilier les intérêts contraires des commerçants et des consommateurs.
- LE CONTROLE DU LAIT
- Outre cette question économique sur laquelle nous ne
- voulons pas insister, il en est une autre, technique, le contrôle du lait, que nous allons examiner.
- Le lait est un liquide complexe, colloïdal, comprenant de la matière grasse (crème), des albumines (caséine, etc.), du sucre (lactose), des sels. C’est donc un aliment complet et de ce fait il est un excellent bouillon de culture pour de très nombreux microbes.
- Outre qu’il peut provenir de vaches tuberculeuses et contenir de leurs bacilles, toutes sortes de bactéries pathogènes pour l'homme l’altèrent et force est de surveiller sa propreté ou sa stérilisation.
- De plus, on le falsifie de multiples façons : écrémage, dilution par l’eau, addition d’antiseptiques, etc. Il a donc fallu imaginer des méthodes d’analyse précises et charger des laboratoires spéciaux de les appliquer.
- Sait-on que les laits couramment vendus à Paris contiennent toujours le minimum strict de matières grasses exigé par le Service des Fraudes et jamais plus!
- A Paris, deux services surveillent la probité des laitiers et défendent la population contre les fraudes ou les négligences coupables.
- Voyons leur manière d’opérer.
- LE LABORATOIRE MUNICIPAL
- Sous la savante direction de M. Ivling (fig. 5), le Laboratoire municipal procède à, l’analyse des échantillons que lui adressent soit le public ou les œuvres du premier âge (renseignements gratuits), soit le Service de la répression des fraudes. Ces derniers arrivent por-
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- Fig. 2. — Mesure de ht teneur en beurre d’échantillons de lait, par la méthode de Gerber.
- teurs d’un simple numéro d’ordre, de sorte que les chimistes ignorent le nom de la personne chez laquelle les agents ont prélevé le liquide suspect. Pour éviter les altérations ultérieures, les laits destinés à l’analyse sont presque toujours bichromatés ; autrement dit, on ajoute dans la bouteille d’un volume de 250 cm3 une pastille de bichromate destinée à assurer la conservation du lait.
- Analyse chimique. — Une analyse complète comprend les déterminations suivantes :
- Dosage de l'acidité.
- Dosage de Y extrait sec.
- Dosage de la matière grasse [beurre).
- Dosage du lactose [sucre cle lait).
- Dosage des matières azotées [caséine).
- Dosage des cendres [sels minéraux).
- Voici, en peu de mots, les méthodes employées par le laboratoire municipal pour effectuer chacun de ces dosages.
- Comme on le sait, les laits de vache possèdent une acidité variant, à l’état normal, de 1 gr. à 1 gr. 5 d’acide
- Fig. 3. — Extraction des matières grasses du résidu sec du lait par l’appareil de Soxhlel.
- lactique par litre. Les chiffres extrêmes sont exceptionnels et on trouve le plus habituellement 1 gr. 3. En outre, l\. Storch a montré que la réaction acide du lait reste indépendante de la nourriture des animaux. On mesure donc 10 cm3 de l’échantillon qu’on additionne de quelques gouttes d’un indicateur (phénolphtaléine en solution alcoolique à 2 pour 100). Puis on y ajoute des solutions alcalines (potasse ou soude) titrées contenues dans une burette graduée jusqu’à ce que le lait présente une coloration rosée. Si, par exemple, on a opéré le titrage sur 10 cm3 de lait et qu’il faille 1 cm3 8 de solution de soude pour produire le virage de la phtaléine ; sachant d’autre part que 1 cm3 de cette liqueur correspond à 0,009 d’acide lactique, l’acidité du lait rapportée au litre sera 0,009 xl,8x 100 — 1 gr. 62.
- Pour mesurer Y extrait sec, on effectue l’incinération dans une capsule de platine tarée. Le résidu est traité par une petite quantité d’eau que l’on sépare du charbon par décantation ou mieux filtration. On dessèche ensuite lentement, puis on calcine plus fortement que la première fois. Après refroidissement, on ajoute à nouveau un peu d’eau, puis finalement on calcine encore jusqu’à l’obtention de cendres très blanches dont on effectue parfois l’analyse complète (chlore, acide phosphorique total et chaux) par les procédés classiques.
- Mais comme le beurre est parmi tous les éléments du lait celui qui possède la plus grande valeur, le dosage de la matière grasse offre beaucoup plus d’importance que les autres analyses et au laboratoire municipal on y procède de diverses manières.
- On commence d’abord par opérer un dosage préalable, rapide et très approximatif donnant seulement le nombre de grammes de beurre par litre, mais sans évaluation de décimales (fig. lj.Pour cela, on dispose les prises d’essai dans de petits tubes gradués contenant les dissolvants nécessaires à la séparation de la matière grasse. On les soumet après un mélange préalable à l’action d’une turbine spéciale comme dans les laboratoires sous le nom de son inventeur Gerber (fig. 2). Cet appareil est muni d’un compteur de vitesse et actionné électriquement. On lui fait faire 10000 tours à raison de 3500 tours par minute. Après arrêt de la machine on enlève les tubes dans lesquels on trouve la matière grasse nettement séparée du reste du lait et on détermine son poids de la façon suivante. On traite 10 cm3 de lait par une solution aqueuse très étendue d’acide lactique ou par une solution alcoolique d’acide acétique. La caséine et le beurre se précipitent, le lactose reste dissous, puis on filtre. On sèche ensuite le précipité qu’on dispose avec son filtre dans l'appareil Soxhlet (fig. 3) où l’épuisement s’opère automatiquement par l’éther. On pèse le résidu avec une balance de précision. La détermination du lactose [sucre de lait) s’opère au moyen du polarimètre ou par réduction à l’aide de la liqueur cupro-potassique. Quant aux dosages de la caséine et autres matières azotées, ils sont assez délicats et nous ne saurions entrer ici dans les détails opératoires qu’ils comportent. Souvent, du reste, on évalue la caséine par différence entre le poids de l’extrait sec et la somme des poids de matière grasse, du lactose et des cendres.
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- Nous signalerons encore pour mémoire et très rapidement les examens bactériologiques (lig. 4). Le lait commercial renferme, en effet, des microbes, des levures, et des moisissures d’origines variées. Parmi ces microorganismes les uns sont pathogènes pour l’homme, les autres moins dangereux pour les consommateurs modifient simplement les caractères de l’aliment. Le plus fréquemment les bactériologues cherchent d’abord à déterminer le nombre des germes nocifs contenus dans un centimètre cube de lait, puis à les identifier par les procédés ordinaires (isolement, culture pure, inoculation à des cobayes, etc.). Ces travaux de spécification sont toujours longs et difficiles.
- Enfin dans le cas où l’on apporte au laboratoire municipal des échantillons non bichromatés, les chimistes déterminent leurs points cryoscopiques. J. Winter a montré, en effet, que le point de congélation des laits naturels de vache oscille entre —0°54 et —- 0°56. L’adjonction d’eau diminue la valeur de cette constante, c’est-à-dire rapproche le point de congélation de 0° (point de congélation de l’eau pure).
- Le dépistage des fraudes. — Mais arrêtons là ce court aperçu des méthodes d’analyse du lait actuellement employées. Montrons, pour terminer, l’utilité de la besogne journalière de M. Kling et de ses savants collaborateurs, qui s’efforcent de poursuivre avec une inlassable persévérance leur lutte contre les falsificateurs de la « viande liquide vivante », selon l’expressive définition de M. Roe-land.
- Les fraudes les plus communes sont Vécrémage et le mouillage, effectués soit par les producteurs, soit par les garçons laitiers. Or les chimistes du Laboratoire savent, par leurs expériences quotidiennes, que les laits de la région parisienne possèdent, sauf très rares exceptions, une teneur en beurre égale ou supérieure à 35 gr. par litre et un résidu sec égal ou supérieur à 125 gr. Leur extrait dégraissé (obtenu par différence de ces deux derniers chiffres) est donc égal ou supérieur à 90 gr. par lilrc. Quand la proportion du beurre s’abaisse d’une façon anormale, sans que l’extrait dégraissé varie sensiblement, on peut déduire qu’il y a écrémage. Au contraire, si les analyses de l’extrait et du beurre révèlent des valeurs trop faibles, on conclut au mouillage qui, à doses massives, atteint parfois 25 à 20 pour 100. Le plus souvent les fraudeurs se contentent d’ajouter dans leurs bidons une plus minime quantité d’eau. 11 faut alors procéder par comparaison, en analysant des échantillons prélevés à la production, autrement dit avant leur entrée chez le fournisseur incriminé.
- En définitive, toutes ces mesures de contrôle tendent à procurer aux nourrissons un lait cru, pur et sain, possédant toutes ses qualités naturelles. Malheureusement en France, on n’a envisagé qu’une partie du problème : la répression des fraudes. La législation a laissé de côté tout ce qui touche à la valeur nutritive du lait frais ni pasteurisé, ni stérilisé, comme aliment du premier âge. Dans divers pays cependant la catégorisation des laits existe. Ainsi par exemple, on nomme en Angleterre Cer-tified Milks, aux Etats-Unis Grade A Certifiecl, des laits de première catégorie qui répondent à des conditions
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- Fig. 4. — Examen bactériologique du lait.
- hygiéniques rigoureuses (état de santé excellent des vaches, propreté de la traite, mise en flacons bouchés aseptiquement et réfrigérés immédiatement après la traite, transport par wagons frigorifiques, minimum de micro-organismes au centimètre cube, livraison dans un délai très court, etc.). Aucun détaillant ne peut vendre ces laits sans certificat officiel de garantie. En outre, on livre également au public en Angleterre et aux Etats-Unis, des laits de seconde catégorie pasteurisés, pour adultes [Gracie A, Inspectecl, Grade A et B pasteurisecl^. Ces produits soumis à un contrôle simplifié ne peuvent contenir qu’un certain nombre de germes. Enfin les laits de la troisième catégorie de qualité moindre, mais encore sains,, sont réservés, dans les mêmes pays, à certains usages culinaires ou industriels et se paient moins cher. La France aurait intérêt à adopter une législation similaire. Cette réglementation laitière abaisserait sans nul doute la mortalité infantile (si élevée encoi’e à Paris), assurerait à la production des prix proportionnels à la valeur de la marchandise livrée et par suite faciliterait peut-être le ravitaillement des grands centres urbains tout en garantissant aux consommateurs la valeur exacte de leurs achats. Jacques Boyeii.
- Fig. 5. — M. Kling, directeur du Laboratoire municipal de Paris,
- irk
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- == LES PHARES HERTZIENS =
- ET LEURS RÉCENTS PERFECTIONNEMENTS
- HISTORIQUE
- Les phares lumineux employés depuis si longtemps,
- et qui ont atteint actuellement un très haut degré de perfectionnement, ne sont plus suffisants par temps de brume, en cas de mauvaise visibilité quelconque, ou, évidemment, pendant le jour.
- On a tenté de-puis longtemps aussi de les compléter par des signaux sonores de
- Fig. 1. — Cadran de boussole avec indi- Systèmes divers , cation des signaux émis par les radio- . mais la portée de phares à tournants aériens et permettant ces signaux est de faire des relèvements précis. demeurée res-
- treinte et ils ne
- permettent pas facilement aux navigateurs de déterminer leur position exacte, connaissance nécessaire pour éviter les parages dangereux ou entrer sans encombre dans les ports.
- L’emploi des signaux hertziens émis par des appareils spéciaux, les phares hertziens ou radiophares, devait constituer un excellent moyen pour guider facilement les navires, parle temps le plus « bouché » comme disent les marins.
- Grâce à l’initiative de M. Blondel, le savant bien connu, premier inventeur de la radiogoniométrie des rideaux d’antennes et des radiophares automatiques en 1901-1902, et de M. l’Inspecteur général des Ponts et Chaussées Rabin, réminent directeur actuel du Service
- Fig. 2. — Radiophares fixes.
- Pour que l’opérateur radiogoniométreur du navire Y puisse déterminer la position exacte de ce dernier, il faut qu’il détermine la position du navire par rapport à deux radiophares fixes, A et B,
- au moins.
- des Phares, des radiophares modernes ont été établis en France dès 1921, et perfectionnés sans cesse, depuis cette époque, comme nous l’indiquerons plus loin.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler à ce propos que le Service français des Phares tentait, dès 1902, des essais d’émission par étincelles avec la collaboration de la Télégraphie militaire-, après l’invention du cadre radio-goniométrique Blondel, le procédé fut appliqué en 1907 sur le baliseur de La Rochelle avec le concours de MM. Ferrie et Brenot, et enfin en 1912 furent établis par AI. Blondel avec le concours de M. Marconi les premiers radiophares automatiques de brume à Ouèssant, Sein et Le Havre, avec antenne unifilaire et matériel S. F. R. utilisant une longueur d’onde de 125 mètres.
- Les radiophares ont également été étudiés à l'étranger et surtout en Angleterre par les ingénieurs de la Société Marconi.
- Il existe, d’ailleurs, deux catégories générales de ces phares hertziens : d’une part, les radiophares à tournant aérien qui produisent des ondes dirigées, concentrées dans un faisceau aussi étroit qu’on peut le réaliser, et auquel on donne une vitesse de rotation régulière; d’autre part, les radiophares fixes qui sont, en réalité, des postes émetteurs automatiques de signaux indicatifs.
- Jusqu’à présent, les radiophares tournants ont surtout été étudiés en ^Angleterre et les radiophares fixes en France.
- PRINCIPES DE L’USAGE DES RADIOPHARES
- Le transmetteur et le réflecteur tournant dans un phare a tournant aérien se comportent comme un véritable phare lumineux. Les navires approchant des cotes peuvent, en effet, grâce au faisceau tournant de rayons électriques, faire le point du phare hertzien.
- Dans les essais entrepris en Angleterre dès 1920, le réflecteur faisait un tour complet en deux minutes, et un signal distinctif était émis à chaque demi-point de la boussole.
- L’expérience montra, dans ces conditions, que le navire pouvait situer le phare à 1/4 de point près, c’est-à-dire à 2,8 degrés près.
- Fm réalité, avec un faisceau d’ondes tournant, il n’est pas facile de reconnaître à l’oreille à quel moment les signaux sontmaxima; il est plus facile de déterminer le moment où ils commencent et celui où ils finissent, _ étant donnée la rapidité d’émission.
- L’instant moyen situé à égale distance de ces deux moments ainsi déterminés indique avec une grande précision à quel moment le faisceau est dirigé directement vers le navire (fig. 1).
- Au moyen d’un système d’horlogerie, une lettre spéciale est émise tous les deux points de la boussole, tandis que les points intermédiaires sont marqués par deux points (. .) et les demi-points par un trait bref (—).
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- De cette façon, un signal précis et distinct est émis sur chaque demi-point ou quart de point de la boussole.
- A petite distance, et sur mer, l’affaiblissement des ondes courtes paraît être assez régulier, on peut donc espérer, en outre, pouvoir juger approximativement de la distance du phare d’après l’intensité mesurable des signaux reçus.
- Quant aux phares fixes, ils sont, comme nous l’avons indiqué plus haut, de simples postes émetteurs automatiques de signaux indicatifs, et les marins déterminent la position de leurs navires par rapport à ces phares au moyen de procédés radiogoniométriques dont nous avons déjà exposé les principes dans La Nature, à propos de La direction des avions par T. S. F.
- Il est donc nécessaire que les navigateurs puissent distinguer les radiophares voisins, pour pouvoirconstam-ment fixer leur position au moyen de deux relèvements (fig.2).
- Il résulte de cette condition que les portées des radio-phares doivent êtte suffisantes pour que les navires à guider en entendent toujours au moins deux voisins. D’autre part, les signaux émis par les radiophares voisins doivent différer par les signes indicatifs et aussi par les sons musicaux caractéristiques de leur émission modulée, différence qui sera nettement perçue dans les écouteurs du poste de réception radiogoniométrique.
- Les signaux des radiophares français, composés d’après les suggestions de la Commission Internationale de 1921, sont établis de la façon suivante : émission de la lettre indicative (spéciale pour chaque radiophare) pendant trente secondes; cette émission est précédée et suivie d’une émission de ti'aits longs durant quinze secondes, chaque groupe étant séparé du suivant par un silence maximum de soixante secondes; la périodicité totale des signaux est ainsi de cent vingt secondes au maximum, des silences de plusieurs minutes étant intercalés comme on le verra plus loin.
- L’émission des traits longs a surtout pour but de faciliter l’exécution des relèvements par l'opérateur de radiogoniométrie.
- LES RADIOPHARES TOURNANTS
- Le fonctionnement des radiophares tournants ou plus exactement des aériens tournants est basé sur le principe de la transmission par ondes courtes dirigées, sujet auquel nous avons consacré plusieurs articles dans La Nature.
- A propos du Beam-System Marconi nous avons même publié quelques indications sur un phare à émetteur tournant, composé de deux nappes d’antennes verticales, et établi par la Compagnie Marconi à Southforeland.
- Ainsi que nous l’avons indiqué, le premier phare de ce genre fut construit en 1920 à Inchkeit (fig. 3), et, en employant une longueur d’onde de 4 mètres seulement et un récepteur de sensibilité restreinte, une portée de 12 km 500 fut déjà obtenue.
- L’effet directif des émetteurs d’ondes employés était d’ailleurs très net si l'on en juge par les courbes polaires tracées d’après le résultat des mesures faites à une distance de 6km. 500 (fig. 4).
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- Fi&. 3. — Le radiophare aérien tournant et ondes courtes de Inchkeit.
- Ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, les radiophares tournants ne sont pas encore employés en France, et nous ne donnerons donc pas de plus amples détails sur celte question.
- Remarquons seulement que ces dispositifs ne peuvent fonctionner qu’en émettant des signaux sur ondes très courtes, fait résultant de la nécessité de réaliser un faisceau étroit d’ondes dirigées au moyen d’un émetteur d’ondes tournant de dimensions restreintes.
- Cette particularité semble présenter à l’heure actuelle deux inconvénients graves. D’une part, les opérateurs des navires n’ont pas encore une pratique suffisante de la réception des ondes courtes; d’autre part, nous ne connaissons pas encore toutes les particularités de -la propagation des ondes très courtes même à distance moyenne, et le service des radiophares doit évidemment demeurer absolument régulier.
- LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES DE RADIOPHARES FRANÇAIS
- Les premiers radiophares français à étincelles musicales établis en 1912-1913 au port du Havre et aux îles de Sein et d’Ouessant émettaient automatiquement des signaux sur une longueur d’onde de 125 mètres, mais la longueur d’onde actuelle de tous les radiophares, déterminée après ^expérience par la Commission Internationale, est
- Fig. 4. — Courbes caractéristiques du radiophare d'Inckkeit.
- I) Onde de 4,28 m., ouverture : 2 ondes 57 ;
- II) Onde de5,54 m., ouverture: 1 onde99;
- III) Onde de 6,14 m., ouverture : 1 onde 63.
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- cle 1000 mètres. On peut d’ailleurs distinguer trois catégories de radiophares français : les radiophares cl’entrées de ports, les radiophares de-brume proprement dits, et les radiophares de grand atterrissage.
- Les radiophares d’entrées de ports sont destinés à émettre en temps de brume des signaux indicatifs d’une portée de 15 à 20 milles au maximum (28 à 37 kilomètres) .
- Ces radiophares émettent presque continuellement le
- groupe de signaux caractéristiques pendant cinq ou six minutes seulement au début de chaque quart d’heure.
- D’après le programme indiqué plus haut le nombre des radiophares français de brume est fixé à vingt-cinq qui sont les suivants : Gris-Xez, Ailly, Ver, Barllcur-Gatteville, bateau-feu Sandettié, La Hague, parages de l’île de Brehat, Ouessant, Sein, Penmarch, Eckmühl, Belle-Ile, Yeu, les Baleines, La Coubre, Arcachon (cap Ferret), cap Béar, Planier, Porquerolles, cap d’Antibes ou cap Ferret), cap Corse, Calvi, Sénésore, Porto-Vecchio.
- Parmi ces radiophares, les postes de Gris-Xez, de l’Ile de Sein, de la Coubre, de l’île d’Ycu, du cap Ferret et de Barflleur sont déjà en service ou vont l'être incessamment.
- Eufin les radiophares de grand atterrissage ont une portée allant jusqu’à 200 milles (370 kilomètres). Ils sont destinés à permettre aux navigateurs de faire des relèvements à grande distance et fonctionnent donc, quel que soit l'état
- Fig. 5. — L’antenne et le contrepoids du radiophare de Creach d’Ouessant.
- A., B, C, D, E, F, suj>ports isolés des six brins constituants les deux nappes de l’antenne; L, M, N, I, K, P, Q, R, S, supports isolés du contrepoids de gauche et de droite. La direction du large correspond à peu près à l’axe du bâtiment de gauche.
- groupe de signaux caractéristiques, dont nous avons indiqué plus haut le détail.
- D’après le projet adopté par la Commission des Phares en juin 1925, le nombre des radiophares français d’entrées de ports doit être au total de neuf : bateaux-feu de Dunkerque, de Boulogne, Ruytingen, du Havre, digue de Cherbourg, Groix, La Banche, Le Pilier, Cette.
- A la fin de 1926, les trois radiophares du Havre, de Cherbourg et de Boulogne étaient déjà mis en service, et la construction des autres postes se poursuivait activement.
- Les radiophares de brume maintenant ont une portée de l’ordre de 50 milles (92 kilomètres) et ils émettent un
- de l'atmosphère, pendant cinq minutes au début de chaque heure ou même de chaque demi-heure
- 11 a été prévu la construction de quatre radiophares de ce type : Ouessant, Belle-Ile, La Coubre et Planier (en Méditerranée). On voit d’ailleurs que ces radiophares occupent les mêmes emplacements que certains radiophares de brume indiqués plus haut; une partie du matériel étant même généralement commune.
- Actuellement les radiophares de grand atterrissage du Creach d’Ouessant et de la Coubre sont en fonctionnement.
- Il a paru, d’ailleurs, intéressant dans ces phares de décaler les émissions d’une façon fixe, de manière que celles qui sont reçues par un même observateur de radio-
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- goniométrie aient lieu successivement avec ou sans recoupement, le relèvement simultané de deux radio-phares voisins étant plus difficile.
- Par exemple, si une émission d’un de ces radiophares a lieu au commencement de chaque heure pendant cinq minutes, l’émission du radiophare le plusAroisin aura lieu à l’heure -f- cinq minutes. L’expérience détermine évidemment les durées de recoupement les plus favorables
- CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DU MATÉRIEL DES RADIOPHARES
- La construction des radiophares fixes peut paraître, a priori, très facile, étant donnés les progrès de la radio-teclmique, cependant le problème de la réalisation des différents modèles de ces postes, entrepris par le Service central des Phares et Balises, aArec la collaboration de
- En temps de brume la durée de marche continue peut être fort longue et peut atteindre plus de dix-huit heures ; le fonctionnement doit être évidemment extrêmement régulier et n’exiger que des soins d’entretien peu fréquents alors que la durée effective de ^fonctionnement pendant l’année peut atteindre plus de mille heures.
- On a ainsi été amené à prévoir l’installation d’un matériel de secours completpermettant d’effectuer des changements de matériel au cours d’une émission, et à faire varier l’intensité de l’émission pour .obtenir une portée à peu près constante le jour et la nuit.
- Le matériel doit, d’ailleurs, être simplifié au maximum, des raisons budgétaires empêchant d’avoir recours à un personnel spécialisé pour sa manœuvre et son entretien. Il faut donc utiliser uniquement des appareils aussi robustes et aussi automatiques que possible, car les con-
- Fig. 6. — L’antenne du radiophare du Cap Gris-Nez.
- Aj, À0, A3, supports 'd’antenne; B, B', isolateurs de la nappe d’antenne.
- ditions d’emploi sont fort différentes de celles des postes d’émission ordinaires, militaires, maritimes ou même commerciaux.
- Enfin, l'emplacement restreint dont on dispose généralement pour placer les appareils d’émission qui devront être constamment sous les yeux des gardiens de phare, et les conditions particulières d’établissement des antennes et des contrepoids sont encore autant de difficultés qui exigent une étude spéciale et quelquefois longue dans chaque cas particulier.
- Nous allons maintenant donner quelques détails sur les différentes parties composant les radiophares actuels et décrire, à litre d’exemples, quelques-uns de ces radiophares.
- LES ÉMETTEURS D'ONDES DES RADIOPHARES, ANTENNES ET CONTREPOIDS.
- Dans un but d’économie et de simplification, on s’est efforcé, pour l’établissement des antennes des radiophares situés à terre, d’éviter la construction de pylônes
- l’industrie privée, a demandé une longue mise au point, Il y avait à vaincre des difficultés très nombreuses soulevées par la mise en pratique, dans ce cas particulier, des principes généraux de la construction des postes émetteurs.
- Il est d’abord nécessaire, tout en utilisant des ondes modulées entretenues, en remplacement des ondes amorties, et à défaut d’ondes entretenues pures qui ne sont pas encore adoptées en général dans la marine, d’éviter de « brouiller » les signaux émis par les postes de T.S.F. voisins, stations côtières ou d’aviation, navires divers.
- Il est donc indispensable d’avoir une émission absolument stable et pure, exempte de fâcheux «harmoniques » et permettant une syntonisation parfaite des récepteurs. On obtient ce résultat, comme nous l’indiquerons plus loin, à l’aide d’un couplage indirect bien étudié entre le poste émetteur et l’antenne.
- Une autre difficulté encore plus importante provient des conditions d’emploi extrêmement dures auxquelles est soumis le matériel des radiophares.
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- en utilisant au mieux l’entablement de la tour du phare lumineux existant pour soutenir la nappe des fds de l’émetteur d’ondes.
- Presque partout le système rayonnant l’énergie des ondes est donc constitué par une antenne en forme de nappe descendant de la base du phare et se développant en forme de V avec un angle d’ouverture de 60° à 90° suivant les conditions locales; l’autre extrémité de l’antenne est fixée à un ou plusieurs poteaux d’aussi grande hauteur que possible ; la descente d’antenne est généralement faite au moyen d’une antenne de petite section sortant du poste placé dans le phare.
- Presque partout on a dû remplacer les prises de terre directes,que l’expérience a révélées très insuffisantes,par suite de la nature du sol aux alentours des phares, par des contrepoids en fils isolés formant une nappe rayonnante, disposée à trois mètres environ au-dessus du sol, sous la nappe principale de l’antenne.
- On se rapproche ainsi du type d’antenne en parapluie dont on connaît les propriétés utiles ici de non-directivité, mais les conditions locales peuvent modifier plus ou moins profondément les caractéristiques générales.
- C’est ainsi qu’au radio-phare de grand atterrissage et de brume de Creach d’Ouessant, l’antenne est formée de deux nappes symétriques en V, tendues à droite et à gauche des bâtiments au-dessus des habitations des gardiens (fig. 5).
- Le contrepoids est formé par des fils métalliques disposés d’une façon assez compliquée au moyen de poteaux et de potelets au-dessus des toits des logements.
- L’antenne du radiophare de 'brume du cap Gris-Nez ne comporte, au contraire, qu’une seule nappe descendante en forme de V, formée de cinq câbles de 60 mètres de long (fig. 6).
- On avait essayé dans ce phare d’établir une [prise de terre dans le sol crayeux au moyen d’un treillis métallique enterré de grande surface, mais ce dispositif a dû être remplacé par un contrepoids.
- Dans le radiophare de brume de l’île de Sein, d’autre part, on a dû adopter une antenne prismatique par suite du peu de place disponible pour l’établissement d’une nappe d’antenne.
- Enfin, sur les bateaux-feux de faibles dimensions, l’adoption d’une antenne en parapluie est impossible.
- Les antennes en nappe verticale utilisées à l’étranger ne sont pas recommandables, en raison de leurs propriétés directrices, et il vaut mieux utiliser des antennes en prisme.
- C’est ainsi que le radiophare d’entrée de port du Havre, établi sur le bateau-feu, comporte une antenne formée de deux nappes prismatiques hexagonales de 14 mètres de long et de 3 mètres de diamètre (fig. 8); la descente d’antenne est presque verticale et placée très près de la lanterne.
- Sur ces bateaux-phares sont, d’ailleurs, souvent placés des postes de radiogoniométrie qui permettent de déterminer la position des navires en mer, et de leur transmettre par T. S. F. des indications sur cette position (fig. 9).
- APPAREILS
- D'ALIMENTATION DES R ADIOPHARES
- Pour réduire au minimum l’entretien du matériel des radiophares, on s’est efforcé de proscrire le plus possible l’emploi des accumulateurs pour le chauffage des filaments ou l’alimentation plaque des triodes des postes d’émission, les phares français étant exclusivement munis, contrairement à ce qui a encore lieu à l’étran-d’appareils à lampes. Les lampes utilisées sont d'ailleurs très robustes et des dispositifs de sécurité nombreux sont prévus.
- Pour augmenter la durée des lampes et diminuer les risques d’accident, on a réduit, autant que possible, la tension plaque. Cette tension est de 1200 à 1500 volts pour les radiophares de brume et de 1250 à 2500 volts pour les radiophares de grand atterrissage.
- Dans chaque radiophare, en général, se trouvent deux groupes électrogènes, dont un de rechange, formés chacun d’un alternateur et d’une dynamo de chauffage dont les arbres sont accouplés et qui sont entraînés par un moteur à essence à vitesse parfaitement constante.
- Une batterie d’accumulateurs est cependant montée « en tampon » afin d’éviter toute variation de voltage et des dispositifs de sécurité assurent la rupture de tous les courants d’alimentation dans les trois cas suivants : 1° ouverture des portes de l’armoire renfermant les appareils à haute tension; 2° production accidentelle d’une surtension dans le circuit de plaque; 3° production accidentelle d’une surtension dans le circuit de chauffage.
- Fig. 7. — Groupe électrogène avec alternateur kOO périodes commandé directement par un moteur à essence.
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- C’est ainsi que le groupe électrogène destiné au radio-phare du cap Ferret est à vitesse lente et formé d’un alternateur à 400 périodes par seconde auto-excitateur, tournant à 800 tours seulement et d’une dynamo de chauffage de 350 watts, 7 volts. Le groupe est entraîné directement par un moteur à essence Renée de 3 ch., très robuste et muni d’un régulateur sensible et très stable (fig. 7).
- Remarquons d’ailleurs, à ce propos, que pour la première fois on a pu ainsi alimenter directement par un groupe à essence un poste à lampes.triodes sans que la durée des lampes soit diminuée.
- Le groupe électrogène du radiophare de Rarfleur est à grande vitesse (2850 tours) et formé d’un alternateur à 800 périodes et d’une dynamo servant à l’excitation et au chauffage, le /tout étant entraîné par un moteur élec-
- Dans ces radiophares mixtes, l’alimentation des plaques n’est plus faite directement en courant alternatif à la fréquence de modulation, mais par du courant continu à la tension de 1250 à 2500 volts.
- Il est alors nécessaire, pour obtenir les émissions en ondes entretenues modulées des signaux de brume d’utiliser un système de modulation sur les grilles au moyen d’un courant de fréquence musicale produit par un petit alternateur et élevé à la tension suffisante par un transformateur à rapport de transformation variable.
- Cet alternateur est entraîné par renvoi du groupe électrogène ou par un petit moteur électrique séparé (fig. 10) -On prévoit d’ailleurs également l’emploi d’ondes entretenues pures pour les signaux de grand atterrissage.
- Le groupe des machines d’alimentation dans un radiophare de ce type comprend donc : une dynamo
- Fig. 8 et !). — A gauche : Vue de face du bateau-feu du Havre muni d’une antenne prismatique en T. A droite : Poste de radiogoniométrie installé à bord du bateau-feu du Havre.
- trique à courant continu alimenté par une batterie (remplaçant ici dans ce cas particulier le moteur à essence Renée des radiophares normaux).
- Le matériel employé s’unifie, d’ailleurs, peu à peu, et l’on continue seulement à utiliser au mieux les appareils plus anciens existant déjà, comme il arrive à Gris-Nez.
- Dans les radiophares de grand atterrissage qui émettent à la fois des signaux de brume, comme nous l’avons déjà indiqué, les émissions de grande puissance sont faites au moyen de deux autres groupes de lampes, ajoutées en plus de celles employées pour les signaux de brume; leur puissance de plaque est d’environ 500 watts et le débit dans l’antenne de 250 watts environ.
- Les deux systèmes de lampes d’émission de brume et de grand atterrissage sont mis en service alternativement au moment opportun par des dispositifs automatiques.
- à courant continu haute tension à 2 collecteurs (1250 + 1250 volts), une dynamo de chauffage (7 + 7 volts), une dynamo excitatrice pour l’ensemble des machines, un alternateur de modulation. Tout cet ensemble est entraîné par un moteur compound à courant continu.
- De plus, une batterie d’accumulateurs de 110 volts 300 ampères-heure est toujours adjointe à ce radio-phare. «
- Elle est nécessaire pour les émissions horaires de grand atterrissage qui doivent être provoquées automatiquement par une horloge électrique sans aucune intervention des gardiens du phare.
- Pour faciliter la commande et la surveillance des groupes d’alimentation par le personnel non spécialisé des radiophares, on s’est efforcé de grouper tous les organes de commande, de contrôle, de mesure, et de
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- sécurité des appareils d’alimentation sur des tableaux pratiques et de faible encombrement.
- Ces tableaux portent donc les appareils de mesure, les inverseurs permettant la charge des batteries de chauffage et le remplacement d’un groupe électrogène par l’autre, les conjoncteurs-disjoncteurs, les commutateurs de la dynamo haute tension, etc. ('fig. 11).
- LES APPAREILS D'ÉMISSION DES R ADIOP H ARES
- Les appareils d’émission à lampes des radiophares actuels furent mis en essai, dès 1923, à Gris-Nez, puis
- et par le choix de la longueur d’onde de 1000 mètres.
- Des ondes de cette longueur doivent, en effet, être purifiées avec beaucoup plus de soin que les ondes usuelles de 300 à 600 mètres employées dans la marine.
- Les harmoniques supérieures de ces dernières ondes ne peuvent gêner, en effet, que des émissions de 200 mètres de longueur d’onde ou au-dessous, qui ne sont pas encore adoptées couramment dans les postes commerciaux; au contraire, les harmoniques de 333 mètres et de 500 mètres de l’onde de 1000 mètres produisent des brouillages intenses comme l’ont montré des expériences entreprises au phare de Gris-Nez en 1923.
- Fig. 10. — Le groupe d’alimentation du radiophare de Créach d’Ouessant.
- plus tard à Ouessant dès qu’on se fut rendu compte que le système d’émission à ondes amorties ne pouvait être erhployé pratiquement par suite des « brouillages » causés au trafic des stations voisines. Les systèmes employés furent d’ailleurs perfectionnés peu à peu, comme nous l’avons indiqué.
- La puissance antenne des radiophares de brume est seulement, on le sait, de 120 à 150 watts et celle des radiophares de grand atterrissage de 250 watts environ.
- La construction des appareils d’émission proprement dits a été rendue assez délicate par la modulation des ondes entretenues sur lesquelles les signaux sont émis,
- La modulation est malheureusement une cause de pro-ductiond’harmoniques, parce qu’elle produit et interrompt brusquement la conductibilité des triodes au moment où varie la tension, et parce que l’emploi d’ondes modulées par l’alimentation directe en alternatif fait varier trop brusquement le potentiel des plaques.
- On a donc étudié des dispositifs spéciaux pour remédier à cet inconvénient.
- En général, le système d’excitation de l’antenne est une excitation indirecte par circuit oscillant accordé dont le but est de réduire au minimum les harmoniques de la fréquence principale. L’expérience montre, qu’en fait, ces
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- harmoniques ne se font pas sentir dans l’antenne.
- Le dispositif adopté peut varier, d’ailleurs, suivant les" conditionslocales. Ainsi, dans le bateau-phare du Havre, on a essayé le système dit du « master oscillator ». Une lampe intermédiaire, dite excitatrice, agit sur le circuit de plaque et sert à l’entretien des oscillations de grille des lampes émetlrices, celles-ci peuvent ainsi fonctionner seulement dans les parties rectilignes de leurs caractéristiques, ce qui rend l’émission plus pure (lig. 13). Par la suite on a adopté, conservé un autre système de modulation par alternateur spécial.
- En général, dans les radiophares de brume les plus récents, les lampes d’émission forment deux groupes semblables qui peuvent être substitués l’un à l’autre par le jeu d’un simple inverseur, en cas d’accident à un des groupes, comme nous l’avons déjà noté.
- L’armoire à haute tension est en panneaux de bois noircis supportés par une armature métallique; elle comprend deux portes dont l’ouverture coupe automatiquement tout courqnt.
- Le courant alternatif musical alimente les plaques de quatre lampes de 50 watts en parallèle. Cette excitation par alternatif n’est pas la plus favorable au point de vue de la pureté des ondes émises; les signaux sont cependant faciles à distinguer grâce au ton élevé adopté.
- L’armoire à haute tension du poste comprend encore, outre le transformateur de 300 watts qui élève la tension des plaques, le circuit oscillant à 300000 périodes excité en hétérodyne, un variomètre de couplage et le bobinage d’antenne ; un variomètre placé dans le circuit de grille
- Fig 12. — Schéma du principe du radiopkare d’Ouessant.
- A, lampe à 3 électrodes ; B, batterie d’accus pour le chauffage du filament; C, dynamo haute tension donnant la tension-plaque; D, E, alternateur et transformateur à rapport variable agissant sur la grille pour moduler les ondes entretenues ; F, variomètre intei'calé sur le courant-grille ; G, condensateur formant avec les bobinages Lt L3 un circuit oscillant attaqué par les courants haute fi'équence de la plaque ; L3, bobine d’antenne couplée à la bobine L2.
- Filament,
- Antenne
- A-
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- permet d’obtenir la phase optima du courant de grille.
- Bien que le principe du montage demeure le même, la disposition des éléments d’un radiophare mixte de grand atterrissage et de brume est plus complexe, surtout à cause des dispositifs de commande automatique que nous décrivons plus loin.
- Quel que soit le type de poste émetteur adopté, on a réduit sans exagérer les dimensions des appareils, d’abord dans un but de simplification et surtout parce qu’il faut tenir compte de l’exiguïté déjà signalée des emplacements où il faut monter les postes (fig. 14).
- LES DISPOSITIFS AUTOMATIQUES DE COMMANDE DANS LES RADIOPHARES
- Fig. il. — Tableau d’alimentation de radiophare du type normal de brume.
- En haut, les appareils de mesure, les inverseurs de charge de la batterie de chauffage, les fusibles et les conjoncteurs disjoncteurs. En bas, les inverseurs de haute et de basse tension pour le remplacement d’un groupe électrogène ; le commutateur de la dynamo haute tension.
- Une des parties les plus intéressantes du matériel des radiophares est peut-être constituée par les appareils automatiques qui contrôlent sans aucune surveillance la production
- des signaux caractéristiques et même quelquefois la mise en marche ou l’arrêt des machines d’alimentation.
- Les radiophares d’entrées de port doivent permettre aux navigateurs de repérer sans cesse leur position, aussi émettent-ils constamment leur signal caractéristique, comme nous l’avons indiqué.
- Le modèle de manipulateur automatique utilisé depuis 1912 dans ces radiophares (bateau-feu du Havre) est un appareil à quatre cames entraîné par un moteur rotatif toui’nant constamment.
- Les émissions des radiophares de brume ne sont pas continues, on le sait, et elles sont effectuées seulement au commencement de chaque quart d’heure ou toutes les dix minutes actuellement dans la plupart des radiophares.
- Une fois le démarrage du moteur d’alimentation effectué, la mise en marche se fait simplement en appuyant sur un premier bouton et l’arrêt en appuyant sur un deuxième bouton.
- Dans les premiers essais effectués dans les radiophares de Gris-Nez et de Sein, on avait, d’autre part, utilisé pour la manipulation automatique un appareil analogue au dispositif utilisé par les radiophares d’entrées de ports.
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- Fig. 13. — Le poste d’émission du radiophare du Havre.
- (Type Radio L.-L.)
- On voit à droite le poste d’émission proprement dit avec ses lampes pi’otégées par un grillage, et à gauche le tableau de réglage et de contrôle des appareils.
- Cet appareil était entraîné par un moteur dont la mise en jmarche ;était provoquée par une horloge et comportait cinq cames. La révolution de la cinquième came avait une durée de six minutes et provoquait l’arrêt du manipulateur lorsque l’émission, dont la durée était également de six minutes, était terminée.
- Mais ce manipulateur entraîné par un moteur électrique avait l’inconvénient d’avoir une vitesse de manipulation assez peu constante.
- On a pu récemment mettre en service un appareil plus perfectionné dont la came est directement entraînée par une horloge électrique avec une vitesse rigoureusement constante.
- Le mécanisme contacteur commandé par l’horloge électrique Brillié est formé de deux roues réceptrices actionnées par électro-aimant et échappement à ancre et tournant à des vitesses différentes. Ces roues sont munies de cames qui agissent différentiellement sur un levier de contact produisant l’émission de cinq minutes et demie (série de lettres précédée et suivie de traits longs) et le silence de cinq ou dix minutes suivant les postes; une des cames provoque aussi l’extinction des filaments des lampes d’émission pendant les silences (fîg. 15).
- Ce dispositif perfectionné facilite aussi les décalages "des émissions des différents radiophares les unes par rapport aux autres; ce décalage devient de plus en plus nécessaire au fur et à mesure de l’augmentation du nombre des radiophares en service.
- Les appareils de commande automatiques dans les radiophares mixtes de grand atterrissage sont évidemment plus complexes, puisque, outre les émissions de brume émises généralement au début de chaque quart d’heure, le phare doit envoyer par temps clair des signaux à grande puissance au commencement de chaque heure pendant cinq minutes.
- Il existe donc dans ces postes un dispositif de démarrage automatique commandé par l’horloge pour le fonctionnement horaire du poste de grand atterrissage et un dispositif qui, en temps de brume, change automatiquement les connexions pourproduire soit l’émission grande puissance, soit l’émission petite puissance en ondes modulées au moyen de l’alternateur spécial indiqué.
- Des contacteurs spéciaux effectuent ces changements
- Fig. 1k. — Poste d’émission haute tension d’un radiophare normal
- de brume.
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- sans surveillance, à l’aitle de mouvements d’horlogerie assez complexes, mais robustes.
- C’est l’horloge principale qui détermine la mise en route automatique du groupe électrogène au début de chaque heure, l’émission du signal horaire, sur ondes entretenues modulées (à Ouessant), entretenues pures (à la Coubre), et l’arrêt du système. Un deuxième circuit analogue à celui des radiophares ordinaires de brume
- .......... ........................ ..... — 355 —..... •
- Le programme de construction est réalisé le plus rapidement possible dans la limite des crédits alloués par le Parlement, et, en 1927, le radiophare de grand atterrissage et de brume du Planier (près de Marseille), les radiophares de brume de Porquerolles, de Ver, et des Baleines (île cfé Ré) seront sans doute mis en service.
- Le réseau des radiophares français est donc déjà très complet et l’expérience montre chaque jour qu’il peut
- ,Came d’émission Came de manipulation
- 2 groupes de 4 lampes
- Antenne
- Para-foudre
- Régulateur BriHie
- Variomètre d'antenne ,
- Variomètre de grilles
- Couplage antenne
- Circuit oscillant
- Contrepoids
- Groupe II
- Inverseur
- Groupe I
- Inducteurs dynamo R
- Dynamo de chauffage
- Alternateur à 1000 A
- Fig. 15.
- Schéma général des connexions du radiophare de brume de Vile d’Yeu.
- provoque l’émission de l’indicatif par ondes modulées à petite puissance et les durées de silence intermédiaires.
- USAGES ET PERFECTIONNEMENTS DES RADIOPHARES
- Les indications contenues dans cet article suffisent pour bien montrer l’importance des travaux entrepris en France depuis longtemps déjà pour l’étude et l’établissement d’un réseau de radiophares fixes. *
- rendre les plus grands services en permettant aux navigateurs de déterminer leur position exacte par tous les temps.
- Si les émissions des radiophares tournants peuvent être utilisées par tout navire pourvu d’un poste récepteur de T. S. F. à ondes courtes, il est cependant évident que les émissions des radiophares fixes ne sont utiles que pour les navires munis d’un radiogoniomètre.
- Pour que l’action des radiophares fixes soit vraiment efficace, et que tant d’efforts scientifiques et pratiques
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- Fig. 16. — Intérieur de la cabine du radiophare du Havre Radio L.-L.
- Cette photographie montre bien le peu d’emplacement disponible pour le montage du matériel des radiophares.
- aussi remarquables puissent servir à tous, il faut que presque tous les navires de quelque importance soient munis de radiogoniomètres que l’on saura simplifier au maximum.
- On doit donc espérer que des règlements maritimes nouveaux et l’esprit d’initiative des armateurs réussiront sans cesse à développer l’emploi de ce nouvel instrument de bord, qui, outre cet usage particulier si important, accroît, d’ailleurs, en général, dans tous les cas la sécurité de la navigation.
- P. HÉMARDIA'QUEK .
- Fig. 11. — Combinateur automatique de signaux pour radiophare de brume.
- On voit en haut l’horloge électrique et en bas les deux roues à cames agissant sur les leviers de contact.
- = UN LABORATOIRE DE RECHERCHES =
- SUR LA CHALEUR VITALE, LA MACHINE ANIMALE ET LE MOTEUR HUMAIN
- A notre époque d’intense « machinisme », où le moteur domine la civilisation, tout le monde doit connaître le grand laboratoire de recherche installé rue de l’Estrapade pour étudier la plus admirable de toutes les machines : la machine humaine elle-même. —Nous donnons ici la raison d’être, le principe [et la description de ce beau laboratoire.
- LA SCIENCE DE LA MACHINE ANIMALE
- La science de la machine animale est née en France. C’est en 1775 que Lavoisier — après avoir découvert la vraie nature de l’oxygène — montra que ce gaz active la calcination des corps et entretient la respiration des êtres vivants.
- Quelques années plus tard, l’illustre savant prouvait successivement que la chaleur animale résulte bien d’une combustion, que cette combustion grandit avec l’exercice musculaire, que notre corps est une véritable machine qui transforme l’énergie de ses aliments en chaleur et travail.
- Lavoisier posait ainsi les premiers fondements de
- l’énergétique biologique. Mais que de chemin parcouru depuis 150 ans! Il suffira pour s’en rendre compte de mettre en parallèle le modeste calorimètre à glace (fig. 1) avec la grande installation de la rue de l’Estrapade (fig. 3)._
- La science créée par Lavoisier s’est d’abord lentement développée, puis de plus en plus rapidement, grâce aux belles recherches de Dulong et Despretz, de Régnault et Reiset, de Marcelin Berthelot, de Chauveau, Rubner.... Aujourd’hui l’étude de la machine animale a trouvé son plein épanouissement. Le gros traité de J. Lefèvre(’), paru chez Masson en 1911, codifie la Bioénergétique. L’article du même auteur dans le Traité de Physiologie normale et pathologique — actuellement sous presse (2) — en résume critiquement et didactiquement toute la substance.
- Dans ces deux ouvrages on apprendra à connaître la quantité minima d’énergie réclamée par le service fondamental de l’organisme (métabolisme de base) ; les
- 1. Lefèvre : Chaleur animale et Bioénergétique; Paris, Masson, 1911. *
- 2. Chez Masson également.
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- ressources dont notre corps dispose pour déployer toute sa puissance thermo-génétique ; les tactiques extraordinaires qu’il met en œuvre pour maintenir sa température et pour résister à l’invasion du froid; le rendement mécanique de son système musculaire; les'rations et les combustibles alimentaires appropriés à ses divers besoins d’énergie ; les conditions optima du travail, de l’entraînement, de la puissance calorifique, de l’entretien et de la réparation du transformateur vivant.
- On peut vraiment dire avec Dastre que « l’étude de la machine animale nous ouvre l’intimité la plus reculée du processus vital et que sa mise au point représente le seul très grand progrès de la Physiologie contemporaine ».
- Il faut ajouter que cette science, si pleine de connaissances théoriques, n’est pas moins riche d’enseignements pratiques.
- Au surplus, c’est la description même du laboratoire — unique en son genre — que J. Lefèvre vient de construire avec A. Auguet, rue de l’Estrapade, en utilisant toutes les ressoürces de la technique moderne, qui nous révélera, au mieux, l’importance de la Bioénergétique et le développement que doit avoir aujourd’hui une installation calorimétrique pour continuer l’exploration de ce beau domaine scientifique.
- A vrai dire, pendant que J. Lefèvre développait, en France, son œuvre de bioénergéticien, l’Ecole américaine d’Atwater et Benedict, créait, il y a quelque vingt-cinq ans, la première Chambre calorimétrique destinée aux études énergétiques complètes sur l’homme. Les travaux d’Atwater ont eu alors un grand retentissement dans le monde des biologistes. Il n’y a pas lieu de les présenter ni de les discuter ici. On remarquera seulement que la France, berceau de la Bioénergétique, ne pouvait laisser à la seule Amérique l’honneur de posséder un tel laboratoire et qu’il fallait qu’elle en eût un à son tour.
- Celui que Lefèvre et Auguet achèvent a, sur tous les autres, le grand avantage des progrès acquis pendant un quart de siècle, et des clartés propres à la méthode scientifique française. Placé sous l’autorité du Ministère de l’Agriculture, ce laboratoire est installé, 16, rue de l’Estrapade, au Centre des recherches de la Société -d’Hygiène alimentaire, où il développe son activité à travers les grosses difficultés matérielles de l’heure présente. Les figures ci-jointes :(fig. 2 et 3) qui montrent l’ensemble et les principaux détails de cette installation en faciliteront grandement la description.
- LE LABORATOIRE D'ÉNERGÉTIQUE BIOLOGIQUE
- L’appareil est fait pour l’homme. Le sujet habite une chambre métallique en forme de parallélépipède (longueur 2m. 30; hauteur 2 m.; largeur 1 m. 30), convena--blement meublée (lit, table et chaises pliantes), afin que l’on y puisse vivre, s’il est nécessaire, pendant plusieurs
- FU
- — Calorimètre a de Lavoisier.
- A, enceinte où vit l’animal ; B, enveloppe à glace du calorimètre ; G, enveloppe isolante à glace; F, II, couvercles; G, eau mesurant la chaleur dégagée par l’animal.
- jours. Munie d’une porte-fenêtre à triple glace épaisse, cette chambre est tout entière plongée, comme-une. marmite norvégienne, dans une grande caisse en bois intérieurement doublée d’un épais matelas de kapoc. Le laboratoire, où elle se trouve déjà si bien isolée, est lui-même calorifugé sur ses 6 faces par un revêtement intérieur dé liège aggloméré. La température de cette grande salle est d’ailleurs automatiquement réglée à un demi-degré près. Grâce à ces précautions, la chambre est à l’abri de toute perte calorique; on peut affirmer qu’elle est strictement adiabatique.
- Il s’agit de mesurer la chaleur et le travail produits par le sujet qui l’habite.
- La production calorique de notre corps dépend de la température de son milieu; elle est d’autant plus grande que ce milieu est plus froid. La température d’une épreuve ayant été préalablement choisie, il faudra donc que, pendant toute la durée de l’expérience, la Chambre garde cette même température — connue par des thermomètres à cadran spéciaux (thermomètres Fournier)quelle que soit la cha-leurdébitée parla source qui s’y trouve.
- Dans ce but, on fait passer à travers la Chambre — au moyen d’une quarantaine d’injecteurs disposés à différents niveaux et parfaitement appropriés au brassage de son atmosphère — un courant d’air froid qui emporte la chaleur du sujet, au fur et à mesure qu’il la produit.
- Cette circulation d’air est fermée. C’est toujours le même air qui, sorti chaud de la chambre, y rentre après avoir été refroidi en traversant un faisceau de tubes plongés dans un bac réfrigérant.
- Un surpresscur, de vitesse réglée, entretient cette circulation ; circulation toujours assez rapide (25, 30, 40 m3 à l’heure), à cause de la faible capacité calorique de l’air (0 c.,306 par mètre cube).— La masse de cet air, lue sur un grand compteur étalonné, réduite en eau et multipliée par réchauffement qu’elle subit en traversant la chambre, donne la chaleur sensible dégagée parle sujet. Mais cette chaleur n’est pas la seule à connaître ; on va voir comment se mesure la chaleur latente (toujours importante, parfois considérable dansTexercice) que le corps dépense pour évaporer l’eau par ses surfaces pulmonaire et cutanée.
- Il est évident que cette masse limitée d’air, toujours' en mouvement, mais déplus en plus souillée parle sujet, ne tarderait pas à se confiner et à devenir irrespirable. Il faut donc la purifier dans la canalisation extérieure à la chambre. Mais elle circule en quantité trop grande pour être purifiée totalement; aussi n’en purifie-t-on qu’une partie, en utilisant lé jeu de deux compteurs associés. Le grand compteur, animé par la force du courant d’air, entraîne à son tour par une chaîne le tambour du petit compteur qui fait passer en dérivation la fraction voulue d’air (environ 1/5) à travers des batte-
- rlace
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- ===== 358 —....... —.. .. -........... -
- ries absorbantes distribuées sur 3 ou 4 longues tables.
- Chaque batterie comprend 2 barboteurs Williams à acide sulfurique pour fixer- la vapeur d’eau, 2 flacons à soude granulée pour fixer l’acide carbonique, un four électrique à 850° pour brûler les gaz intestinaux et de nouveaux absorbeurs pour retenir, les produits de cette combustion. Grâce à la totale purification d’une fraction déterminée de l’air en circulation, l’atmosphère de la chambre prend un taux limite très faible d’impuretés, que des études méthodiques ont parfaitement déterminé et que l’on sera libre d’installer d’avance, dans chaque expérience, pour rendre l’appareil immédiatement utilisable. En effet, dès que cet équilibre existe, les impuretés recueillies sur les batteries absorbantes mesurent exactement les produits gazeux éliminés par le sujet dans le même temps.
- Mais la résistance opposée au courant d’air dérivé, beaucoup plus grande que celle qu’il éprouve dans la canalisation principale (où il n’y a aucun obstacle à franchir), engendrerait inévitablement des refoulements et des tourbillons qui bloqueraient instantanémentla circulation, si l’on n’avait eu le soin d’employer un équilibreur différentiel de pression qui assure à tout instant l’égalité de charge dans la canalisation et dans sa dérivation. Le jeu de cet équilibreur reste impeccable sous tous les régimes de ventilation et quelles que soient les variations de la vitesse ou des résistances imposées au courant d’air.
- La détermination de la vapeur d’eau, support de la vapeur d’eau, support de la chaleur latente fournie par le sujet, a une importance calorimétrique de premier ordre : dans le grand exercice cette vapeur d’eau emporte la moitié de la chaleur produite par le sujet; au repos, elle en emporte encore le quart. On la mesure avec une grande rigueur. Elle est tout entière recueillie en dehors de la chambre où nulle condensation ne peut apparaître.
- En effet, par réglage automatique, on est libre de fixer l’humidité de celle-ci à un taux invariable et fort éloigné de la saturation (50 °/0, par exemple) en dépit de la masse et des variations de la vapeur d’eau produite par le sujet. Celle-ci se fixe en majeure partie dans les barboteurs de la dérivation, et pour le reste (quand il y en a) par givrage dans les faisceaux tubulaires du bac réfrigérant. Ainsi donc — contrairement à tous les appareils qui l’ont précédé — celui-ci [possède deux services calorimétriques absolument distincts, à savoir : la chambre elle-même pour la chaleur sensible ; les batteries absorbantes pour la chaleur latente. On calcule d’ailleurs très simplement cette dernière en multipliant par 0 c.,585 le poids de l’eau recueillie sur la canalisation.
- Pour se dessécher et pour garder l’humidité de la chambre à un taux invariable, l’air a été souvent refroidi à l’excès dans le bac réfrigérant. Avant de rentrer dans la chambre, il est ramené à la température voulue en traversant des toiles électriques chauffantes automatiquement réglées.
- Ainsi, après avoir été convenablement purifié, refroidi et réglé, l’air peut rentrer dans la chambre. Il s’y réchauffe de nouveau au contact de la source, en ressort, et recommence indéfiniment le même cycle fermé d’opérations. Un dispositif a d’ailleurs été prévu pour fournir au sujet une quantité d’oxygène égale à celle qu’il consomme. On peüt, en outre, analyser périodiquement et très rapidement un échantillon d’air de la chambre dont l’atmosphère, parfaitement brassée par les tubes injec-teurs, a été reconnue strictement homogène. Cet appareil est donc bien à la fois calorimétrique et respiratoire ; mais cela ne suffit pas encore. Essentiellement destinée aux recherches do thermodynamique animale, la Chambre est encore équipée ergométriquement. Le sujet peut y travailler soit sur pédales, soit sur manivelle à bras. Des
- pignons d’angle multiplicateurs transmettent le mouvement à un arbre vertical, qui traverse le plafond, par joint à mercure étanche, et fait tourner une dynamo extérieure. Un compteur d’énergie électrique étalonné totalise ainsi le travail ; un enregistreur détaille les puissances et trace la courbe de fatigue.
- Au lieu d’être placés dans la chambre elle-même et de mélanger leur chaleur artificielle' avec la chaleur vitale du sujet (comme dans les appareils américains), les rhéostats d’absorption du travail sont placés au loin, en dehors même du laboratoire. — Il y a 4 rhéostats d’inégale résistance, créant 4 types de travail : faible, moyen, fort, très fort.
- Remarquons encore que l’installation du laboratoire est prévue pour qu’il soit possible d’opérer en toutes saisons à des températures comprises entre 10° et 25°. L’appareil permet donc d’étudier la machine animale, la thermodynamique humaine, le rendement du moteur vivant, l’économie énergétique de notre organisme, l’épanouissement plus ou moins parfait de sa forme physiologique, de sa force et de sa santé sous toutes conditions variées d’alimentation, d’exercice et de température (climats et saisons).
- Quelles perspectives ouvertes à la connaissance parfaite de la précieuse machine qui compose notre corps lui-même !
- Il faut enfin rappeler que la Chambre peut être habitée pendant plusieurs jours. Les aliments d’une part, les excréments et les produits urinaires d’autre part, seront périodiquement passés à travers la muraille de l’enceinte
- Compteur. Ventilateur Ventilateur de dérivation
- 77////////////////MW//V
- Fig. 2. — Schéma du Laboratoire d‘Energétique.
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- munie d’un double hublot étanche : cela permettra de faire, si on le désire, la balance exacte des entrées et des sorties de la matière et de l’énergie chez le sujet étudié, c’est-à-dire la mesure de son métabolisme (puissance vitale) en toutes circonstances.
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- * *
- L’interprétation des figures est aisée. La figure 2,
- Cette installation, qui a les dimensions de l’usine, atteint la précision des appareils de laboratoire. Ses caractéristiques de fonctionnement, ses conditions d’équilibre et ses taux limites ont été étudiés avec une telle méthode que les mesures de CO2 et H20 peuvent ctre obtenues à quelques millièmes près. C’est ce que montrent clairement les étalonnages suivants réalisés par Lefèvre et Auguet.
- Fig. 3. — Vue générale du Laboratoire de Colorimétrie.
- schéma général de l’installation, indique la chambre, la canalisation principale, la dérivation portant les absor-beurs et les fours, le bac réfrigérant....
- Sur la figure 3, qui donne l’ensemble du laboratoire, on voit la chambre ouverte portant les cadrans de 3 thermomètres Fournier pour les températures de ses 2 parois et de son atmosphère. A gauche de ces cadrans se trouve le tableau des mesures ergométriques.
- Au premier plan sont les tables avec les batteries absorbantes et les fours à combustion.
- Au fond et à gauche apparaît l’extrémité du bac réfrigérant.
- Le long du mur on remarque les canalisations d’air à l’aller et au retour, ainsi que les caisses à toiles chauffantes, et le tableau des relais électriques avec les petits moteurs qui assurent les réglages automatiques.
- a d’eau
- Théorique,. Mesiir \ jCUl'I.. TliOoriqu.'. Mesuré. Ecart
- 112,3 il 2,6 + 0,26% gr. 55,0 gr. 55,0 0
- 47,0 46,9 0,21 » 119,5 119,4 — 0,08
- 97,3 97,3 0 431,8 433,0 + 0,27
- 15,7 15,9 + 1,27% 608,3 606,2 -r— 0,34
- 213,3 213,0 0,14 » 251,3 251,6 + 0,1
- Total . 485,6 485,7 + 0,02 % 1465,9 1465,2 — 0,047 °/0
- Cette installation, vraiment unique, a entraîné des frais considérables; elle en exigera beaucoup d’autres pour son plein rendement scientifique. La crise financière réduit malheureusement au minimum les ressources du laboratoire. C’est un péril que l’initiative privée pourrait sans doute conjurer. Il ne s’agit pas seulement de l’intérêt scientifique et pratique d’une belle œuvre; l’honneur national lui aussi est en jeu.
- Professeur J. Lefèvre,
- Directeur’ du Laboratoire de Colorimétrie animale
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- L'OZONE DANS L’ATMOSPHÈRE
- 1, Quelques données chimiques sur l’ozone. —
- L’ozone est un état polymérisé, ou, comme on dit, un état allotropique, de l’oxygène. Sa production, à partir de l’oxygène, s’accompagne d’une diminution de volume d’un tiers, c’est-à-dire que trois volumes d’oxygène se condensent pour donner deux volumes d’ozone. Avec la notation atomique, la molécule d’oxygène étant représentée par O2, celle de l’ozone est O3.
- La formation d’ozone, à partir de l’oxygène, absorbe une quantité de chaleur égale à 30 700 petites calories par molécule-gramme (48 grammes d’ozone). Aussi l’oxygène ne se transforme-t-il en ozone que sous l’influence d’une énergie étrangère.
- Le plus souvent, pour produire l’ozone en quantité importante, on s’adresse à l’effluve électrique. On fait passer un courant d’oxygène sec dans une sorte de condensateur formé de deux tubes de. verre concentriques dont les faces externes sont reliées à une source d’électricité à haute tension. La proportion d’ozone obtenue est d’autant plus élevée que la température est plus basse. L’étincelle électrique éclatant dans l’oxygène produit également de l’ozone, mais en quantité plus faible.
- Les réactions chimiques qui produisent de l’oxygène à froid le donnent généralement ozonisé, l’énergie nécessaire à la transformation de l’oxygène en ozone étant fournie par la réaction. Ainsi observe-t-on la production d’ozone dans l’action du fluor sur l’eau, de l’acide sulfurique sur le bioxyde de baryum, dans l’électrolyse de l’eau acidulée, dans certaines oxydations lentes, comme celle du phosphore.
- Enfin les radiations ultra-violettes de courtes longueurs d’onde, qui sont absorbées par l’oxygène, le transforment en ozone. Au voisinage d’une lampe à vapeur de mercure à enveloppe de quartz en activité, on perçoit très nettement l’odeur d’ozone. Les radiations les plus effîcacés sont situées dans la région dite de Schumann, comprise entre des longueurs voisines de 0,18 ij. et 0,12 p.
- Même à très petites doses, on reconnaît l’ozone à son odeur caractéristique qui rappelle celle du homard. 11 met l’iode en liberté dans les solutions d’iodure de potassium, et cette propriété est mise à profit pour le doser (1). L’ozone produit dans la fluorescéine une transformation qui a pour effet d’en supprimer la fluorescence, propriété également utilisée pour le dosage de l’ozone.
- Le spectre d’absorption de l’ozone est nettement différent de celui de l’oxygène II comprend : 1° une large bande située dans l’iillra-violet entre 0,2 p et 0,3 p; 2° une série de bandes sombres plus étroites et non résolubles en raies fines, qu’on appelle bandes de Huggins, dans la région ultra-violette qui s’étend entre 0,30 p et 0,35 p ; 3° une série de bandes plus ou moins sombres dans la région visible s’étendant du vert au rouge, qui donne à l’oxygène ozonisé, examiné sous une grande épaisseur, une teinte bleue; 4° des bandes dans l’infra-rouge dont les plus intenses ont pour longueur d’onde 4,8 p et 9,1-10 p.
- 2. L’ozone dans l’atmosphère. — On peut déceler l’ozone dans l’atmosphère et le doser en utilisant soit une méthode chimique, soit une méthode spectroscopique. Les deux techniques ont été utilisées.
- Les méthodes de dosage chimique, très simples en principe, sont assez incertaines et ne fournissent en général que des résultats approximatifs. Ces résultats sont cependant
- 1. On fait passer le gaz ozonisé dans une solution neutre d’iodure de potassium, on acidulé ensuite, et l’on mesure, par l’hypo-sulfite de soude, l’iode libéré.
- suffisants pour indiquer l’ordre de grandeur de la proportion d’ozone dans l’atmosphère. A l’observatoire de Montsouris, où l’on a fait pendant plusieurs années des dosages d’ozone, la moyenne des déterminations conduit à une proportion d’un
- cent-millionième ( .___^_____) en volume. Aux Grands
- 100 000 000,
- Mulets, situé dans le massif du Mont-Blanc a plus de 3000 m d’altitude, cette proportion a été trouvée un peu plus forte
- et voisine de quatre cent millionièmes ( „„ „ V M. Les-
- v100 000 000,
- piau, en des mesures très soignées, a trouvé jusqu’au sommet du Mont-Blanc la même valeur voisine de deux cent millio-
- ”ièmcs (i-ooHmToo)
- A partir de ce dernier résultat et en admettant, comme l’a constaté M. Lespiau jusqu’au sommet du Mont-Blanc, que la proportion soit la même à toutes les altitudes, on peut calculer quelle serait l’épaisseur d’ozone de l’atmosphère prise sous la pression atmosphérique. Si l’atmosphère avait partout la même pression, onsait que son épaisseur serait voisine de 8 km. (8 000 000 de mm). En supposant l’ozone prise sous la pression atmosphérique, celle que renferme l’atmosphère formerait donc une couche dont l’épaisseur serait environ les 2 cent-millionièmes du nombre précédent, soit en millimètres :
- ----------X 8 000 000 = 0, 16.
- 100 000 000
- On peut déceler l’ozone dans l’atmosphère, giàce à son spectre d’absorption. A la vérité les bandes du spectre'visible sont très difficiles à observer, parce qu’elles sont faibles et masquées partiellement par les fortes bandes de la vapeur d’eau. Mais l’absorption de l’ozone dans la région ultraviolette est extrêmement nette. Elle arrête brusquement et complètement les radiations de longueur d’onde inférieure à 0,3 p.
- Depuis longtemps, cette limitation avait été attribuée à l’absorption atmosphérique, et l’hypothèse avait été émise que l’ozone est le corps qui produit cette absorption. Mais avant les belles recherches de MM. Charles Fabry et Henri Buisson, aucune preuve numérique n’avait été donnée de celte hypothèse, et en la supposant exacte, il était impossible d’évaluer la quantité d’ozone nécessaire pour expliquer les phénomènes observés.
- En utilisant pour la mesure des intensités une méthode photographique qu’ils avaient mise au point, MM. Fabry et Buisson ont étudié l’absorption de l’ultra-violet par l’ozone et tracé la courbe d’absorption de ce gaz. Pour certaines radiations, l’opacité de l’ozone est, à masse égale, comparable à celle d’un métal.
- 11 s’agissait ensuite de comparer cette absorption avec celle qu’exerce l’atmosphère terrestre. A cet effet, ils ont mesuré pour une série de radiations simples le coefficient d’absorption de l’atmosphère en étudiant la décroissance d’intensité lorsque, le soleil s’éloignant du zénith, l’épaisseur d’air traversée va en croissant. Ils ont trouvé une concordance parfaite entre la courbe d’absorption de l’atmosphère et celle de l’ozone, ce qui prouve la présence de ce gaz dans l’atmosphère, et permet d’en calculer la teneur. Ramenée à l’état pur et à la pression atmosphérique, la couche d’ozone aurait une épaisseur légèrement variable d’un jour à l’autre, oscillant autour de 3 millimètres.
- « L’absorption qu’exerce cette faible quantité d’ozone, écrit M. Charles Fabry, est vraiment extraordinaire ; vers l’extrémité de la région observable du spectre, notre atmosphère ne laisse pas passer la millionième partie du rayonnement
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- qu’elle reçoit. Une fois cette absorption bien connue, il devient possible d’en débarrasser le rayonnement que nous observons, et de tracer la vraie courbe d’énergie du rayonnement, tel qu’il est émis par le soleil. On trouve ainsi que le rayonnement ultra-violet du soleil possède, aussi loin qu’il est possible de l’observer, une intensité considérable ; il n’a, pour les êtres vivants, aucun effet nuisible, parce que l’absorption atmosphérique les protège, mais son rôle dans les phénomènes naturels peut être d’une grande importance. » Répartition de l'ozone dans l'atmosphère. — Comment l’ozone est-il réparti dans l’atmosphère? Si l’atmosphère en contenait à toute altitude la même proportion que près du sol, la couche d’ozone n’aurait pas 3 mm d’épaisseur, mais seulement, comme nous l’avons indiqué plus haut, 0,15 mm; elle serait donc 20 fois moindre. Cette simple constatation indique que l’hypothèse faite est inexacte, et conduit à admettre qu’il existe dans la haute atmosphère une région où l’ozone est beaucoup plus abondant qu’aux basses altitudes (’).
- C’est ce qu’ont confirmé récemment MM. Cabannes et Dufay, en étudiant avec un spectrographe, la lumière du ciel au zénith. La diffusion de la lumière par les molécules d’air qui, comme on le sait depuis Lord Rayleigh, produit le bleu du ciel, s’effectue principalement dans les c.ouches basses de l’atmosphère. Elle porte sur la lumière du soleil préalablement filtrée par l’ozone des hautes couches. On conçoit que l’étude de cette lumière, pour différentes distances zéni-tales du soleil, puisse renseigner sur l’altitude de la couche d’ozone. Sans entrer dans le détail des expériences, indiquons simplement que par cettè méthode MM. Cabannes et Dufay ont trouvé, à Montpellier, pour l’altitude de la couche d’ozone, des nombres voisins de 50 km. Exemples :
- 48 km le 10 mars 1925 53 — le 4 juin —
- 48 — le 8 juin —
- Variations de la quantité d'ozone d'un jour à l'autre. — Nous avons indiqué que l’ozone contenu dans l’atmosphère est équivalent à une couche de ce gaz, qui pris sous la pression atmosphérique aurait une épaisseur voisine de 3 mm. Mais cette quantité varie d’un jour à l’autre. Dès le début de leurs recherches, MM. Fabry et Buisson avaient signalé dans cette épaisseur des variations voisines 1
- de 0,5 mm, soit -- de l’épaisseur totale. Ces variations sont-
- elles liées à d’autres phénomènes de physique terrestre et notamment aux conditions météorologiques ? C’est ce qu’a recherché en Angleterre, dès 1924, M. Dobson avec la collaboration de M. Harrisson, puis de MM. Harrisson et Lawrence. Ces auteurs ont constaté des variations surprenantes atteignant jusqu’à la moitié de l’épaisseur totale. Les mesures faites en 1925, à Oxford, au cours de 200 journées, ont révélé l’existence d’une corrélation très nette entre la quantité d’ozone et l’état barométrique. La quantité d’ozone est plus grande lors du passage des dépressions et plus petite lors des anticyclones.
- Des mesures ultérieures ont été organisées en diverses stations par le soin de M. Dobson (1 2). Elles ont confirmé le
- 1. Par des mesures optiques, Strutt (Lord Rayleigh) a confirmé que l’absorption exercée dans la région ultra-violette par une épaisseur d’air de 8 km parallèlement au niveau du sol est très inférieure à celle qu’exerce, suivant la direction zénitale, l’atmosphère tout entière, équivalente, comme on sait, à une épaisseur d’air de 8 km sous la pression atmosphérique.
- 2. Voici la liste de ces stations : Oxford (Angleterre), Valencia (Irlande), Lei'wiclc (Ile Shetland), Abisko (Norvège), Lindenberg (Berlin), Arosa (Suisse).
- lien constaté à Oxford entre la quantité d’ozone et l’état barométrique. Elles ont suggéré également une relation possible de la quantité d’ozone avec le magnétisme terrestre et peut-être aussi avec l’activité solaire révélée par l’abondance des taches.
- L’élude des variations de la quantité d’ozone dans l’atmosphère se rattache donc à une foule de problèmes intéressants de physique terrestre ou solaire. Il est, en effet, naturel de supposer, comme l’ont suggéré MM. Fabry et Buisson, que l’ozone prend naissance dans la haute atmosphère sous l’influence des radiations ultra-violettes de très courtes longueurs d’onde (inférieures à 0,2 jjl) (*), et que d’autre part l'ozone est détruit par les rayons ultra-violets de longueurs d’ondes plus grandes (0,22 p. à 0,3 p). Entre ces deux actions inverses, il s’établit un équilibre et la quantité d’ozone qui subsiste dépend du rapport des intensités que possèdent les rayons ultra-violets dans les deux régions spectrales indiquées. On conçoit que ce rapport puisse être en relation avec l’activité solaire. Il restera à voir si les mesures précises de l’épaisseur d’ozone, qu’on sait aujourd’hui effectuer, suivent la variation undécennale de cette activité. Les mesures sont encore trop récentes et trop peu nombreuses pour nous fixer à ce sujet.
- Le rayonnement solaire absorbé par l’ozone est transformé en chaleur. La couche d’ozone doit, par suite, être une couche chaude. Peut-être convient-il de rapprocher ce fait des résultats par lesquels Lindeman et Dobson, à la suite de recherches théoriques et d’observations, ont été conduits à attribuer à l’atmosphère au-dessus de 50 km une température nettement supérieure à celle de la couche isotherme de — 55°.
- Peut-être aussi faut-il rapprocher la hauteur de 50 km à laquelle se trouve la couche d’ozone, de l’altitude, indiquée par MM. Bauer, Danjon et Jean Langevin comme siège de phénomènes crépusculaires qu’ils ont observés au Mont-Blanc et des altitudes d’un ordre de grandeur comparable auxquelles se produiraient, d’après les observateurs norvégiens, les aurores polaires. Il y a là divers groupes de faits entre lesquels des observations suivies feront peut-être apparaître des rapprochements intéressants.
- L'ozone et le bleu du ciel» — Nous avons indiqué plus haut que le spectre d’absorption de l’ozone présente des bandes sombres dans la région visible du spectre, d’où résulte que l’ozone vu par transparence sous une grande épaisseur donne à la lumière transmise une teinte bleue.
- On a voulu expliquer autrefois par cette propriété le bleu du ciel et on trouve encore cette explication mentionnée dans quelques cours de chimie, bien qu’elle ne puisse plus être soutenue avec quelque vraisemblance. On pensait que les rayons solaires, diffusés par les poussières de l’atmosphère inférieure, avaient été dépouillés partiellement de leurs radiations jaunes et orangées par leur passage à travers l’ozone atmosphérique. Mais s’il en était ainsi, la lumière directe du soleil devrait apparaître comme fortement teintée de bleu, lorsque, le soleil étant près de l’horizon, l’épaisseur d’ozone traversée est très grande. Or chacun sait, au contraire, que le soleil couchant apparaît comme un superbe disque rouge. Ce fait, connu de tout temps, eût dû faire rejeter dès l’abord l’interprétation du bleu du ciel par l’ozone. J’ai tenu à insister sur ce point, car, en science, la destruction des idées fausses qui sont singulièrement tenaces me paraît aussi importante que la diffusion des théories nouvelles.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté de Dijon.
- 1. Ces rayons étant très absorbables ne peuvent faire sentir leur action que dans les régions les plus élevées de l’atmosphère.
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- L'AMIANTE INDUSTRIEL
- D'OÙ VIENT L'AMIANTE
- L’amiante est une substance minérale de texture fibreuse, résistant aux acides et à la chaleur. D’une variété à l’autre, la composition chimique et les propriétés en sont très différentes.
- Le produit le plus anciennement connu dérive d’une combinaison de la silice et de la magnésie ; on le trouve en fibres déliées, flexibles ou en amas ayant l’aspect du feutre. Cette qualité, inattaquable aux acides, résiste à la chaleur et les échantillons les plus complets consti-
- fournir l’Europe que la Rhodésie et la Russie. Malheureusement, les mines de la Rhodésie sont à près de 100 km de la gare la plus proche, et les transports par chariots à buffles sont impossibles pendant la mauvaise saison. Une fois le rail atteint, il y a encore à parcourir 750 km jusqu’au port de Beïra, puis environ 15 000 km par mer jusqu’à Londres ou Hambourg.
- Avant la guerre, la Russie avait des exploitations importantes et fournissait une forte proportion de l’amiante utilisé dans le monde. Pour suppléer au déficit de sa production, on s’est efforcé d’exploiter des gisements
- j.'ig i. — Échantillon d'amiante, qualité asbesle, à longues fibres, propre au tissage.
- tuent « l’asbeste » à grosses fibres soudées entre elles.
- L’amiante proprement dit a des fibres plus déliées ; on le trouve en Italie, en Russie, en Finlande et en Corse; il est rare et d’un prix élevé.
- La chrysolite, ou « amiante blanc du Canada » fait l’objet dans ce pays d’une exploitation intense ; inattaquable aux acides, elle résiste à la chaleur même à 2000°, et sert à confectionner des tissus.
- L’ « amiante bleu du Gap » est une troisième variété qui résiste mal à la chaleur. Il est fusible à cause de sa teneur en fer, mais, par contre, il résiste bien à l’acide sulfurique, mieux que l’amiante blanc du Canada.
- Les Etats-Unis absorbent 80 pour 100 environ de la production canadienne ; il ne reste donc guère pour
- découverts aux Etats-Unis, aux Iles Philippines, en Chine, où l’on a trouvé de l’amphibole fournissant de l’amiante beaucoup plus cassant et plus menu que les gisements du lac Baïkal et de la Mongolie.
- Les plus importants gisements russes sont dans les monts Oural. Le plus riche est celui de Baskenovo, dans la province de Perm, au nord-est de Sverdlovsk, près des lacs de Tshutshie et d’Okunev. Il s’étend sur une longueur de 18 km et une largeur de 200 à 1200 m. L’amiante extrait est de qualité excellente, les réserves de ce gisement sont estimées à 1 million de tonnes.
- L'EXTRACTION DE L'AMIANTE L’arniante s’extrait généralement à ciel ouvert. On
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- enlève au début tous les stériles qui recouvrent la roche. Dès que l’amiante est mis à nu, on procède à l’abatage par gradins ou par terrasses et l’on utilise les explosifs avec des perforateurs mécaniques.
- L’exploitation se fait par galeries dans les pays où le climat est rigoureux.
- Avant le chargement des bennes, on fait le premier tri après débitage des gros blocs; ceux de grandes dimensions sont envoyés aux ateliers de préparation et donnent des fibres longues d’amiante. Quant aux morceaux qui contiennent des fibres courtes, ils passent au traitement mécanique.
- Les parties les plus fibreuses sont réservées à la fabrication des tissus; le reste constituait autrefois des produits de rebut qu’on exploite aujourd’hui ; l’amiante qu’on en retire est à fibres courtes, mais elle a des applications industrielles intéressantes. Les refus traversent un long cylindre chauffé cjui tourne sur lui-même, de manière à dessécher la matière au fur et à mesure qu’elle chemine, puis un concasseur produit des morceaux de la grosseur
- Fig. 3. —Atelier de filature de Vamiante. (Société Italo-Russc).
- de fils métalliques; on agit de même pour les cordons que l’on emploie en électricité et qui ont une âme métallique entourée d’une gaine du tissu d’amiante.
- LES EMPLOIS DE L'AMIANTE
- Avec les tissus, on fabrique des vêtements pour les pompiers, les ouvriers du verre ou des produits chimiques, pour des décors incombustibles, etc.
- Sous forme de feutre, on prépare des matelas isolants contre la chaleur, des amortisseurs de chocs et de trépidations. On utilise la bourre d’amiante comme substance de pansements, car elle peut se stériliser très rapidement à la flamme. Sous forme de poudre, l’amiante s’incorpore à beaucoup de produits, depuis la pâte à papier jusqu’aux
- d’une noix. On procède alors à un nouveau triage, puis les poudres sont tamisées sur des appareils à secousses. Un violent courant d’air enlève les parties fibreuses légères.
- LE TISSAGE DE L'AMIANTE
- Les fibres d’amiante de 10 à 15 cm. peuvent être tordues et filées comme les fibres animales ou végétales. Les machines sont les mêmes que celles utilisées pour le coton, mais plus résistantes, car les fibres travaillées sont plus dures.
- • Pour réaliser de véritables tissus, la nappe cardée est divisée en rubans qui sont tordus et étirés pour donner des fils et des cordes. Avec ces produits on tisse des étoffes en amiante pure ou mélangée de coton, de chanvre ou
- Fig. 2. — Atelier de cardage et de fabrication de matelas. (Société ltalo-Russe.)
- matériaux de construction. Le carton d’amiante s’obtient en délayant des fibres, de la corde et des déchets avec de l’eau et des agglutinants, des colorants, des poudres minérales, etc. La pâte est versée sur le feutre d’une machine à carton ; elle est finalement pressée pour éliminer l’excès d’eau et elle est desséchée à l’étuve.
- Le carton d’amiante sert à préparer des écrans contre la chaleur, des chauffe-plats, des ioints, etc. Pour cette dernière utilisation, on incorpore souvent du talc, du’graphite, du caoutchouc ou des corps gras. Pour obtenir des isolants électriques, on fait souvent des mélanges avec de la silice poreuse ou de la magnésie agglomérés par des ^gommes ou de l’asphalte.
- Dans la construction on se sert d’amiante sous forme de fibro-ciment et de briques. Le fibro-ciment est formé d’amiante et de ciment mélangés et gâchés qu’on applique à la truelle. Généralement les panneaux sont préparés à l’avance par moulage. Les briques d’amiante sont fabriquées avec un mélange d’amiante, de sable et de chaux. Elles sont moulées sous forte pression, puis cuites à la vapeur. Elles sont très résistantes à l’eau, aux gelées et aux acides. E.-Ii. Weiss.
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- UTILISATION DE L'EAU AU SAHARA : LES FOGGARAS
- Fig. 1. — Tar'it. Travaux de revivification de foggara. Cliché Lachaux.
- On sait que l’eau est rare dans leVirand Désert et aussi dans les régions semi-arides, à la limite du Massif de l’Atlas (Maroc, Algérie, Tunisie) et du Sahara proprement dit. Du reste, les indigènes appellent Sahara — mot qui signifie : vaste plaine déserte — la majeure partie des régions que nous appelons Hauts-Plateaux et Atlas Saharien. Les premiers officiers de l’armée d’Afrique, comme le général Daumas, appelaient Petit Désert ces deux dernières zones que nous considérons aujourd’hui comme en dehors du Sahara, et qui sont, le plus souvent, des steppes. Dans toutes ces régions, il y a seulement des différences de degré, dans la richesse en eau, depuis le sud du Tell jusque dans les Tanezroufts ou Tiniri, qui montrent le manque absolu d’humidité sur des centaines de kilomètres.
- On peut rencontrer de rares sources à ciel ouvert, des trous où l’eau se conserve à la suite de pluies, des ruis-
- Fig. 2. — Tar’it. Ksouriens exécutant des travaux de foggara.
- Cliché Lachaux.
- seaux et des rivières clairsemés qui coulent un moment.
- L’eau provient de précipitations atmosphériques peu communes et aussi des montagnes de l’Atlas bordant le Sahara, ainsi que des montagnes du centre du Désert (Ahaggar, etc.).
- Dans le Haut Atlas marocain et daus l’Atlas saharien d’Algérie, il y a des cours d’eau, pérennes dans la montagne, qui n’arrivent pas, le plus souvent, à couler, jusque dans les parties absolument arides ; ils sont évaporés, ou absorbés en route par les calcaires des Ham-mada, ou par les sables d’un ravin peu encaissé. Mais à la suite de chutes d’eau considérables sur les points élevés, les rivières éprouvent des crues qui vont au loin, suivant de larges dépressions du sol. On peut citer, parmi d’autres, l’Oued Pthir (Guir) marocain et l’Oued Zousfana oranais, qui se réunissent et envoient de l’eau dans l’Oued Saoura et ensuite dans ce que les indigènes appellent Oued Messaoud; cet ensemble forme la « rue des Palmiers » qui a été une excellente voie de pénétration vers le Sahara central.
- Les eaux de crue s’enfouissent dans les sables, où elles constituent des réserves; il est possible que les énormes masses d’alluvions sableuses, apportées par ces rivières, aient contribué à arrêter leur cours, en facilitant l’absorption des eaux; cela se produirait depuis l’époque quaternaire.
- On peut citer ainsi la grande zone d’épandage des eaux de crue de l’Atlas oranais, vers le Grand Erg occidental et les chotts du Gourara, etc. (*).
- L’eau que l’on peut obtenir sert à l’homme, à abreuver les animaux, moutons et chameaux et à arroser les oasis ou quelques maigres cultures.
- Il y a toute une série de procédés employés dans ce but, depuis les puits non maçonnés, mais souvent boisés (hassi), les puits maçonnés [bir), jusqu’aux foggaras(2) ou puits à galerie, qui sont des sortes de drains, sans oublier les puits artésiens et les petits barrages. Quelquefois, les puits sont de simples trous de 1 à 2 m. dans les sables. Pour monter l’eau, on se sert beaucoup des Khettara (retara) ou puits à bascules, que l’on rencontre dans toutes les oasis sahariennes.
- Toute la vie gravite autour des points d’eau; ce sont des gîtes d'étapes.
- Les oasis sont les points où l’abondance relative de l’eau permet la culture des palmiers, qui ont besoin d’avoir le pied dans l’eau et la tête au soleil. A l’abri des palmiers, on peut faire plusieurs récoltes en hauteur : des arbres comme les figuiers, amandiers, pêchers, grenadiers, avec de la vigne grimpante, un peu d’orge et de bechna ou sorgho à grains, etc., puis des Cucurbi-tacés, melons, pastèques, citrouilles, dont les indigènes se gorgent, etc. _ L’arrosage des oasis est quelquefois obtenu au moyen de petits barrages, simples levées de terre”, qui arrêtent les eaux descendues de l’Atlas pour la
- 1. Utilisation agricole de l’eau en Algérie : La Nature du 12 juin 1926.
- Un grand fleuve saharien, la Saoura : La Nature, du 2 mai 1925.
- 2. Foggara au singulier, Feguaguir au pluriel.
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- diriger dans les rigoles (saguia), chargées de la répartir, comme à Thyout. Quelquefois, ce sont des bancs de roches qui arrêtent l’eau souterraine coulant dans le sable et la font revenir au jour.
- Dans les plateaux de roches dures, on se sert de puits et de foggaras.
- Les puits du Mzab sont célèbres; au sud de la province d’Alger, dans la hammada calcaire, au milieu de roches calcinées ou noircies par le vernis du désert, il y a des siècles que s’est installée une population musulmane, de croyances spéciales, qui n’appartient pas aux quatre rites orthodoxes. Ces schismatiques [Khamsin, cinquièmes) ont été poursuivis autrefois pour leurs idées
- Fig. 4.— Tarit. Une hhettara (puits a bascule) dans la Palmeraie.
- Cliclié Lachaux.
- religieuses et se sont réfugiés dans cette région absolument aride. Les Mzabites ne pourraient vivre dans leur pays, s’ils ne venaient exercer toutes sortes de commerce dans les régions algériennes du littoral, et amasser des économies qui leur permettent le développement de travaux considérables chez eux. Ils ont créé ainsi des puits profonds de 80 à 100 m., dans les vallées creusées au milieu des bancs de calcaire du crétacé supérieur.
- Les foggaras sont des canaux souterrains amenant à fleur du sol l’eau d’une série de puits creusés en contre-haut. On fouille jusqu’à une certaine profondeur au milieu des bancs de roches, le plus souvent des calcaires, dont l’âge est variable avec les régions : crétacé supérieur, dévonien, carbonifère, etc. On le fait de préférence
- Fig. 3. — Tapit. Travaux de revivification de foggara. Cliché Lachaux.
- dans les ravins (fig. 1) pour arriver plus rapidement à l’eau. Les collecteurs sont réunis et aboutissent ensemble au Ksar, village de sédentaires, la plupart des Haratines (*). Le Ksar est le plus souvent fortifié, ce qui n’est plus nécessaire aujourd’hui ; on dit Ksour au pluriel, et les habitants sont fréquemment désignés par nous, sous le nom de Ksouriens. Ces travaux de foggaras sont souvent énormes, longs de plusieurs kilomètres, quelquefois dix et peut-être trente, avec des cheminées d’aération ; ils résultent du travail de nombreuses générations durant plusieurs siècles. Ce sont d’admirables travaux qui font honneur aux vieux Sahariens de jadis. Les puits d’aération servent aux voyageurs à s’alimenter, eux et leurs animaux. Ces puits sont en forme de gargoulettes, à ouverture étroite et fermée par un couvercle en bois de palmier pour éviter l’envahissement des sables. Lorsque la sécheresse a été plus grande qu’à l’ordinaire, le niveau
- 1. La Nature, 1er janvier 1927.
- Fig. 5. — Tarit. Femmes du ksar revenant de puiser a la foggara de l’eau qu’elles rapportent dans des guelbas. Cliché Garaud.
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- Fig. G. — Tar'it. Vue du ksar et des dunes ('). Cliché Garaud.
- d’eau s’abaisse et on est obligé de procéder à la revivification. Souvent nos officiers des Territoires du Sud dirigent ces travaux, lorsque les ouvrages ont été abandonnés par suite de l’insécurité qui régnait partout dans ces régions, avant notre arrivée (fig. 2 et fig. 3). Exemples : Tarhit, Adrar ou Timmi, Timmimoun. etc.
- Les femmes vont chercher l’eau dans les foggaras, au moyen d’une guelba, cruche ou amphore grossière, ou d’une peau de bouc (fig. 4).
- Répartition. — Il y a des travaux analogues dans tout le Sahara, surtout septentrional.
- Chez les Touaregs, dans l’Ahaggar (Hoggar en arabe),
- 1 y a quelques villages (arr’ems) de 100 à200 sédentaires/ par exemple In Amdjel; Tit, où a eu lieu le premier combat qui a brisé la puissance de ces nomades (lieutenant Cottenest, 1902), et où les autos passent aujourd’hui ; Tamanrasset, avec les tombes du Père de Foucauld et
- du général Laperrine; Idelès où Flatters et son état-major ont été massacrés en 1881, etc. On trouve un peu d’eau dans les ravins, avec des foggaras sur les pentes, pour arroser quelques petites cultures, sans palmiers, le plus souvent.
- Il en est de même au Tibesti (Sahara oriental), et jusqu’en Syrie, à Damas, Palmyre, Alep, etc.
- Dans le Sahara occidental, c’est le même régime; on peut citer Tendouf, sur la route du Maroc à Tombouctou, où.la Compagnie saharienne du Touat-Gourara a pénétré pour la première fois en 1925 ; une foggara suffit pour arroser cette oasis de 2000 à 3000 palmiers.
- Jules Welsch,
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- 1. Le ksar est bâti sur les calcaires primaires; dans le fond est l’Oued Zousfana; la grande dune a 100 mètres de hauteur environ. La partie blanche du village représente les bâtiments de l’administration militaire.
- LA MAISON DE LA CHIMIE
- Le 23 octobre commenceront les cérémonies organisées en l’honneur du centenaire de la naissance de l’illustre chimiste Marcelin Berthelot. Des savants de tous les pays du monde y, seront réunis, des discours éloquents seront prononcés qui évoqueront la brillante carrière du grand savant; peut-être contribueront-ils à faire éclore des vocations scientifiques qui s’ignorent. Car c’est là, en général, la véritable utilité de ces commémorations de grands hommes disparus.
- Mais celle de Berthelot se distinguera par une création remarquable. Le comité qui les organise a eu, en effet, l’heureuse pensée de vouer à la mémoire du grand chimiste un monument plus durable que les discours, plus utile que les statues que l’on coudoie sans les regarder.
- Il a décidé d’édifier à Paris un foyer de la science chimique qui sera la « Maison de la chimie ».
- Une souscription internationale, ouverte il y a peu de temps,
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- a déjà recueilli à cet effet plus de 10 millions de francs, versés par des particuliers, par des sociétés industrielles, et même par de nombreux gouvernements qui ont ainsi marqué leur volonté de coopérer à une oeuvre, dont tous les pays doivent tirer bénéfice. L’État Français a fait don des terrains nécessaires; ils seront prélevés sur l’espace actuellement occupé, près du Trocadéro, par le service des Phares et Balises.
- M. Painlevé a résumé en termes excellents le but de la Maison de la Chimie : « ouverte à tous les chercheurs de tous pays et de toutes les origines; elle doit leur fournir une bibliothèque et toute la documentation nécessaire à leurs travaux, en même temps que des occasions de rencontres et de relations directes, si favorables à la production scientifique ». ;;
- La Maison de la chimie se propose, en effet, d’établir un lieu permanent entre tous les éléments constitutifs de la chimie mondiale. Elle servira de siège à l’Union Internationale de la chimie pure et appliquée, ainsi qu’à l’Office International de chimie.
- Elle commencera aussi par grouper toutes les sociétés savantes françaises appartenant au domaine de la chimie.
- Celles-ci lui feront apport de leurs bibliothèques, actuellement dispersées.
- A côté de la bibliothèque chimique aussi complète que possible qui sera ainsi organisée, la Maison de la chimie fera fonctionner son service de documentation appelé à rendre à tous les chercheurs, dans tous les domaines, d’inappréciables services, en abrégeant leurs recherches bibliographiques, et en mettant à leur disposition sous une forme pratique les ressources documentaires les plus vastes.
- En outre, le comité d’initiative étudie les moyens de créer à côté de ce centre de travail, un foyer d’accueil où pourront trouver une hospitalité digne de leur personnalité les savants ou industriels de l’extérieur séjournant à Paris.
- Un tel organisme exige des ressources importantes et permanentes. Mais les sommes qui y seront consacrées seront très peu de chose, eu égard aux services rendus à la collectivité. Le Comité d’organisation continue à faire appel aux souscriptions de tous ceux qui veulent aider à faire vivre et à développer une institution qui fera le plus grand honneur à notre pays. Le généreux élan qui s’est manifesté dès la première heure ne se ralentira pas.
- LES FOSSILES VUS A LA LUMIÈRE ULTRA-VIOLETTE
- De récentes recherches ont montré que la lumière ultra-violette, invisible par elle-même, peut cependant révéler bien des détails qui autrement resteraient cachés à notre œil. Il est vrai qu’il faut, à cet effet, un dispositif spécial ; il faut utiliser la lampe en quartz à vapeur de mercure construite pour les besoins de l’analyse chimique et qui, tout en absorbant la lumière directement visible, fournit, par des fluorescences multicolores, des renseignements précieux sur la structure intime de beaucoup de substances, l’authenticité des pierres précieuses et des perles,* etc.
- Le professeur Adolphe Miethe, dont on se rappelle les expériences sur la transmutation du mercure en or, vient d’ouvrir à ces rayons mystérieux, — peu de temps
- avant sa mort récente, — un nouveau champ d’applications. Ayant noté par hasard que les fossiles de tous genres (en vertu, semble-t-il, de traces de matière organique) émettent, sous leur action, une lumière éclatante, il s’en est servi pour des recherches paléontologiques. L’empreinte se détache avec une netteté surprenante, en belles couleurs fluorescentes, sur un fond qui reste sombre. Comme les imitations ne sont guère affectées par les rayons ultra-violets, c’est là un excellent moyen pour établir l’authenticité d’un échantillon soi-disant pétrifié. Ce ne sont que les minéraux absolument opaques, les minerais par exemple, qui ne réagissent pas à ces rayons.
- En tâchant de fixer ce phénomène sur la plaque pho-
- Fig. 1 et 2. — Poisson pétrifié (Caturus macfinus Ag.).
- A gauche, vu à lu lumière du jour; à droite, vu à la lumière ultra-violette.
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- Fig. 3 et ii. — Crabe fossile (Eryma fuciformis Schlotli).
- A gauche, vu à la. lumière ordinaire; à droite, vu à la lumière ultra-violette.
- tographique, on se heurte à de sérieuses difficultés, la luminescence étant masquée par les rayons ultra-violets qui, on le sait, sont très actiniques. Les filtres optiques employés en général ne permettent pas d’arrêter l’ultraviolet. Aussi, M. Miethe a-t-il dû recourir à l’emploi d’une nouvelle substance filtrante, l’azotate de céri-ammonium, qui, sans être elle-même fluorescente, absorbe les rayons ultra-violets. Un vase de verre, aux parois parallèles, distantes de 1 cm, en contient une solution aqueuse à 1 pour 100; on l’insère devant ou derrière l’objectif. La roche est alors transparente comme le verre aux rayons frappant la plaque photographique, tandis que l’empreinte pétrifiée se reproduit avec ses détails les plus délicats. Cette méthode est assez sensible pour faire ressortir sur la plaque la couche de poussière la plus mince, voire une empreinte de doigts invisible à l’œil nu; aussi faut-il, en maniant les fossiles, éviter les moindres traces d’impuretés.
- En comparant des vues prises à la lumière du jour, à celles qu’on prend à la lumière ultra-violette, on est
- frappé par les avantages du procédé Miethe. Le surcroît de netteté des vues ultra-violettes est d’autant plus remarquable que les premières ont été faites dans les conditions les plus avantageuses, avec plaques chromatiques et en se servant d’un filtre jaune très puissant et d’un éclairage 'latéral. Ces vues permettent au paléontologue de reconnaître bien des détails autrement cachés, d’autant plus que rien ne s’oppose à l’emploi de verres grossissants et même de microscopes. Cette méthode fait ressortir des détails anatomiques insoupçonnés ; les traces de couleur se détachent avec une netteté particulière, en plusieurs couleurs.
- Bien que la technique du procédé « fluorographique », — c’est ainsi que M. Miethe l’appelle — ait besoin de certains perfectionnements, on peut, dès à présent, en apprécier la grande importance. Le savant y trouvera un excellent instrument de travail; les musées, professeurs et conférenciers se serviront des échantillons ainsi traités comme objets de démonstration.
- D1 Alfred Gradenwitz.
- Fig. 5 et 6. — Langouste fossile (Palinurina tenera Opp).
- A gauche, vue à la lumière ordinaire; à droite, vue à la lumière ultra-violette.
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- L'ENTOMOLOGIE DES MOUCHES A TRUITES = 369
- LES ÉPHÉMÈRES /»•
- Force m’est, puisque je fais ici de la pêche et non point un cours d’histoire naturelle, d’indiquer à l’imitation de quels insectes parfaitement définis correspondent les mouches artificielles les plus connues et qui portent toutes des noms anglais... car les Anglais ont été les premiers à fabriquer des mouches artificielles à truites.
- Le sous-ordre des Ephémères a été divisé, suivant les auteurs, en 8 à 12 familles différenciées surtout par la grandeur et la forme de leurs ailes postérieures (petites ailes) et par la réticulation des deux ailes. Ne parlons que des familles très prisées des truites et imitées par le pêcheur.
- La famille des Ephémères proprement dites comprend deux espèces très connues : YEphemera vulgata et VE. clanica. Les entomologistes officiels paraissent souvent confondre ces deux espèces en décrivant l’une pour l’autre, et réciproquement. Pour le pêcheur, qui ne différencie pas, c’est tout simplement la mouche de mai. Il y a des mouches de mai brunes et des mouches de mai jaunes; la première ne se rencontre presque jamais dans le bassin de la Seine et celui de la Manche; par contre, la seconde y est très abondante du 25 mai au 15 juin et son apparition amène à la surface des rivières les truites les plus méfiantes et les plus grosses. La mouche de mai que nous avons coutume de rencontrer en France a la tête brune, un abdomen, long d’un bon centimètre et demi, de la couleur du rafia, une queue de trois longs filaments brun chocolat, des pattes tachetées en avant, jaunâtres en arrière. Les ailes du subimago sont assez opaques et d’une teinte grise légèrement verdâtre; à l’état d’imago ces ailes deviennent transparentes, à nervures plus nettes, et le corps atteint la translucidité de l’ivoire poli.
- Il en est fait de multiples imitations, et moi-même, pour mon usage personnel j’en fais trois modèles, dont
- un, à corps détaché en liège, offre cette originalité que l’œillet de l’hameçon est à la naissance de la queue, ce qui reporte l’ardillon et la courbure dans le braclde (moins de visibilité et meilleure sustentation), la partie détachée de liège étant la tête portant le Whip finish f (ligature du nœud d’arrêt de l’artifi-
- / cielle).
- Il y a de nombreux bons modèles
- dans le commerce, et, s’il en faut citer un, j’indiquerai les green may /lies de Halford, représentation très soignée des subimagos mâle et femelle... mais est-il démontré que la truite affamée s’occupe du sexe de ses proies? Les subimagos de mouches de mai restent longtemps sur l’eau avant de s’envoler et s’y viennent reposer souvent, aussi l’imitation du subimago est-elle plus utile que celle de l’éphémère imago épuisée, ou spent gnat.
- La famille des Boetis, remarquable par la petite aile postérieure n’ayant que peu de nervures (souvent deux seulement) et un embryon d’éperon en haut près de sa base, est celle qui fournit le plus de modèles de mouches artificielles.
- Dans ces éphémérides à 2 cerques et 4 ailes (dont 2 rudimentaires) les Boetis Rhoclani et B. vernus sont imitées par Y olive dun à l’état de subimago et par Yolive spinner à l’état d’imago. La Rhodani est très répandue en France dès le début de la saison (février-mars).
- Tout un groupe, les Boetis scambus, binoculatus, venustulus, et les Cenlroptilum pennulcitiun, luteolum, tenellum, obtusum, est imité par le pâle Watery dun à l’état de subimago et par le pâle Watery spinner à l’état d’imago : ces mouches sont utilisables de mai à septembre.
- Les Boetis niger et pumilus sont représentées par Yiron blue dun comme subimago et Viron blue spinner comme imago. A remarquer que Perruche, qui appelle Jenny spinner l’image du blue dun, dit que ce dernier
- 1. Aroir n° 2768.
- Fig. 2. — Diverses formes d’ailes.
- De gaioche à droite ; aile antérieure de Boetis ; • aile postérieure de Boetis; aile postérieure d'Oligoneuria:
- ailes postérieures de Potamanthus et de Cléo; aile postérieure A’Ecdyurus; ailes d'Ephemera danica
- Boetis et son œil en turban.
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- imite la Cloë cliptera. La Jenny spinner avec son abdomen brun rougeâtre au bout, et blanc au milieu, est pour Halford l’iron blue spinner mâle, l’imago de la femelle ayant l’abdomen entièrement brun.
- Une éclosion d’Jron blue est toujours remarquée par un pêcheur et celui-ci n’a pas de doutes sur l’artificielle à choisir, puisqu’il est aisé de distinguer cette éphémé-rine dont les ailes gris bleu Foncé, presque noires, se voient de loin sur l’eau malgré la petitesse de l’insecte. Il en éclôt assez souvent de mai à septembre, et chaque fois la truite se met à monter. Perruche parle d’une imitation de subimago avec un corps en poils de taupe annelé de soie jaune sale; j’aime mieux la formule de Halford au corps de quill olive foncée ou bronze de médaille.
- D’après A. de Gros, la Boetis tenax pourrait être représentée par le Sarte olive dun de Halford. Plusieurs Boetis communes en France, comme les melanonyx, alpinus, gemellus, venustulus, n’ont pas été imitées par les « fly makers » anglais. Cependant la B. flunoinum, si commune autour de notre Plateau Central, paraît avoir une bonne copie en Y August dun.
- Les Ephemerilla — 3 cerques, 4 ailes, ailes postérieures triangulaires faisant environ le tiers des antérieures — sont les petites sœurs de nos mouches de mai. La plus connue de la famille est Y Ephemerilla ignata que copie le blue winged olive dun (subimago) et le Sherry spinner (imago). Espèce très répandue de juin à août, et très recherchée par les truites.
- Passons sur les Leptopldibia submaginata (turkey brown), L. vespertina, (claret dun); sur la volumineuse Palingenia longicauda qui rappelle un peu la grande mouche de mai brune; on ne peut citer tous les insectes que.prétendent imiter les 1500 à 2000 modèles d’artificielles britanniques.
- Les Ecdywins, que R. Perrier rattache aux Hepta-genia, ont 2 cerques (très divergents) et 4 ailes et c’est
- peut-être pourquoi Pictet les a incorporés dans le genre Boetis, attribuant alors à ces dernières une larve plate, ce qui n’est vrai que pour nos Ecdyurus. Ces derniers ont les ailes postérieures grandes de plus d’un tiers des postérieures, ce qui les sépare immédiatement des boetis aux ailes postérieures petites et étroites.
- Les Ecdyurus sont des éphémères d’eaux rapides où leurs larves se faufilent sous les pierres plates. Elles sont généralement de petites tailles : E. forcipula, E. insignis, E. fluminum, E. volitans, E. lateralis. La plus grande, atteignant la taille de la mouche de mai, est YHeptagenia venosa ou Ecdyurus venosus, imité par la mardi brown (imago) et la great réel spinner subimago. L’Heptagenia sulphurea est imitée parle yellow may dun. Les Rytrogena minuscules sont les benjamins de la famille.
- La famille Oligoneuria fournit surtout des éphémères crépusculaires comme l’O. Rhenana, 3 cerques, 4 ailes presque sans nervures (caractéristique de la famille), corps jaune orange. La femelle, qui atteint 13 à 15 mm, peut être imitée en hoclcle fly (heckle gris).
- La Polymitarcis virgo n’est autre que la « manne » blanche nocturne, bien connue dans notre bassin de la Seine. La Potamanthos lut eus est une manne jaune très commune aussi,
- Les familles d’éphérnères où, à l’œil nu, on ne voit que deux ailes sont les Cloë et les Coënis; les premières n’ont que deux cerques.
- Les Cloë ressemblent assez aux Boetis pour que les olive dun (pâle, medium, etc.) en soient des imitations suffisantes; mais les Cloë ne sont pas communes sur nos ruisseaux à truites. Par contre, les Cœnis sont plus répandues; ce sont les plus petites des éphémères, la taille moyenne est de 3 mm; elles s’imitent en minuscules hackles Aies et servent surtout à pêcher l’ombre commun.
- Ryvez.
- LA LEVURE DE BIÈRE DANS LA PHARMACOLOGIE MODERNE
- LES NUCLÉINATES
- La levure de bière, rappelons-le brièvement, provient de l’industrie de la brasserie ou de celle de la distillerie. Longtemps elle en fut un sous-pi-oduit sans grande valeur. Vers la fin du siècle dernier, en Angleterre, pour fixer les idées, on la vendait une demi-couronne (3 fr.) la tonne. En 1916 on la vendait 125 fr. la tonne. Au fond ce que recherche par dessus tout, voire uniquement le brasseur, c’est la bonne qualité de sa bière, sans s’occuper de la qualité de la levure sous-produit. Au contraire, le distillateur tient à la qualité impeccable de ses levures, de façon à utiliser la teneur en carbohydrates de ses grains, avec un rendement maximum. *
- La fabrication de la bière et celle de l’alcool ont été de ces choses les plus étudiées qui aient pu l’être, aussi passons aux applications jxharmacologiques des levui’es.
- Ici, sans remonter aux temps de la préhistoire, il nous faut une fois encore aller jusque chez les Grecs trouver les premières applications de la levure à la santé humaine.
- Hippocrate, au 3° siècle avant notre ère, et Dioscoride, au 1er de notre ère, employaient la levure dans le traitement de. la leucorrhée, mais ces levures étant d’origine plus ou moins douteuse, et ayant causé de la contamination, il s’ensuivit que pendant tout le moyen âge, ce remède tomba en désuétude. Néanmoins, suivant A. Linton Davidson auquel nous empruntons beaucoup de ce qui va suivre (Canada Chem, and Met., p. 90, année 1927), dans le nouveau monde, à Mexico par exemple, on tx’aitait de très bonne heure la petite vérole par absorption de levure de bière. Plus tai’d en France, dui’ant des siècles, c’est par la levure qu’on atténuait et guéiûssait souvent la furonculose.
- L’étude des levures perfectionnées, par les moyens de la biologie moderne, a d’ailleurs popularisé ce remède.
- Vers 1830, en Allemagne, on guérissait ou atténuait au moins le scorbut, grâce à la levure de bière.
- En 1890, aux Etats-LTnis, on estimait la consommation de levure et dérivés pour des buts pharmacologiques à 35 livres
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- par an et par individu, chiffre qui s’éleva à 100 livres en 1910.
- La levure a été recommandée ces temps derniers comme un remède sérieux contre la constipation.
- Mais ce n’est guère que dans ces dernières années que l’on a isolé delà levure de bière, l’acide nucléique, ses sels, et l’un des dérivés de cet acide, l’acide thyminique.
- L’acide nucléique existe dans les cellules soit végétales, soit animales, en même temps que des matières protéiques que l’on range sous le nom de nucléoprotéines.
- Ces nucléoprotéines diffèrent des protéines ordinaires en ce qu’elles contiennent une certaine quantité de phosphore organique, et qu’elles présentent une certaine résistance à l’action du suc gastrique.
- C’est l’Allemand Friederich Misclier, qui en 1868 arriva à extraire-du pus, une poudre grisâtre insoluble dans le suc gastrique; cette poudre était soluble dans les alcalis et l’addition d’un acide au filtrat précipitait un corps qui n’était autre que l’acide nucléique. Plus tard, le même chimiste découvrit le curieux fait suivant :
- Les saumons retournent toujours au lieu de leur naissance, pour frayer, et ne jarennent aucune nourriture depuis le moment où ils quittent la mer, pour aller à ce lieu. La laitance de ces poissorts est particulièrement riche en nu-cléine, combinaison d’acide nucléique et deprotamine.
- Ce fut le même Mischer qui établit qu’il existe deux classes nettement distinctes, quant à leurs effets pharmacologiques sur l’organisme, d’acides nucléiniques.
- La première est l’acide nucléique du thymus d’origine purement animale, et la seconde l’acide nucléique extrait des végétaux.
- C’est de la préparation industrielle de ce dernier que nous allons dire quelques mots.
- On hydrolyse la levure étendue de beaucoup d’eau dans un réservoir de grandes dimensions (10 000 litres) chauffé par serpentins et aussi par de la vapeur vive, susceptible aussi de refroidissement. Dans certaines conditions soigneusement contrôlées, la nucléine de la levure de bière ajoutée, forme du nucléinate de soude qui entre en solution. On décante pour enlever l’insoluble, et on précipite l’acide nucléique, qu’on filtre et lave avec le plus grand soin.
- 100 kg de levure fraîche ne donnent pas plus de 400 à 600 grammes d’acide nucléique.
- Le commerce vend comme nucléates celui de soude obtenu par combinaison de calcium par double décomposition. On a aussi vendu ceux de cuivre et de bismuth. Celui d’argent se présente sous la forme d’aiguilles sombres et brillantes excessivement solubles dans l’eau, contenant 20 pour 100 d’argent. Ce sel est employé eli ophtalmologie. On le préfère à l’albuminate d’argent, ou protéinatc, à la vitelline et autres.
- On dit que l’acide nucléique a pour effet principal de produire une exacerbation de la leucocytose ou production des globules blancs dans l’organisme. Cette production est faible dans les 4 premières heures du traitement, puis elle augmente ensuite rapidement, et atteint un chiffre supérieur ou voisin de 75 pour 100. Chacun sait, par les travaux de la pléiade pastorienne, qu’un sang riche en globules blancs développe rapidement des antitoxines qui luttent contre la contagion pathologique. L’acide nucléique possède cette précieuse propriété de précipiter les toxines de la diphtérie et du tétanos.
- Des cas de perforation intestinale et d’abcès tuberculeux ont été traités par des injections hypodermiques de nucléate de sodium; les effets en ont été, dit-on, merveilleux et rapides. Lors de graves opérations chirurgicales, on a injecté du nucléate de sodium, pour augmenter la résistance du malade à l'opération.
- , On a aussi remplacé, dans certains cas, le traitement mercuriel classique de la syphilis, par celui au nucléate de sodium. De même dans la paralysie progressive, la démence paralytique, la scarlatine, l’érysipèle, le nucléate de sodium, en injections hypodermiques a donné de bons résultats.
- Pour la chlorose et l’anémie, dans certains cas d’affaiblissement du malade, les ferrugineux ne sont pas tolérés par l’estomac; on s’est bien trouvé de l’emploi d’un nucléate de fer impur connu sous le nom de a Fer ascali ».
- Une substance connue commercialement sous le nom de « Salurol », est de l’acide thyminique impur qui est un acide nucléique, d’origine animale, ainsi que nous l avons dit plus haut. C’est plutôt, à vrai dire, une combinaison d’acide phosphorique avec la thyminique d’hydrolyse sous l’action d’acide sulfurique extrêmement dilué. Des recherches récentes ont prouvé que l’acide thyminique est un constituant normal du sérum du sang des sujets en bonne santé.
- C'est le roi des dissolvants de l'acide urique, puisqu’il est capable d’en dissoudre son propre poids à la température du corps. C'est dire qu’il dépasse de cent coudées les sels de lithium, la pipérazine, et tous les remèdes si chers, dits a héroïques » pour la dissolution de l’acide urique.
- Parlons maintenant des extraits de levure de bière, considérés dans la diététique courante. Pour donner une idée de l’importance de ces produits, disons qu’une des plus importantes brasseries d’Angleterre, qui produit par semaine 150 tonnes de levure, jette sur le marché 13 tonnes d’extrait de malt. Or chacun sait que la production d’une tonne de levure exige 600 à 800 barils de bière. Ce chiffre se passe de commentaires.
- Durant la guerre, la restriction de matières azotées et amylacées fut la cause de fabrication de bière excessivement faibles en degré alcoolique. Depuis ce temps, la normale a reparu.
- Nous allons dire quelques mots sur la préparation des extraits de malt.
- La levure pressée est diluée de beaucoup d’eau, suffisamment pour être pompée. On enlève ainsi l’amertume du houblon et le malt excédent. On ajoute alors du sel marin, tant pour la consommation que pour la facilité de l’extraction.
- On fait alors bouillir pour hydrolyser les nucléo-protéines de la levure. Il y a formation d’acides aminés^ de dérivés de la purine et de phosphate de potassium. On filtre pour clarifier, on concentre avec soin, sous pression réduite, jusqu’à consistance d’extrait pâteux. Ces extraits sont parfumés avec des extraits de légumes frais. La levure résiduaire, séchée, sert de nourriture au bétail. Elle contient 45 pour 100 de matières albuminoïdes et 36 pour 100 de carbohydrates de digestion possible et se vend 35 à 45 dollars la tonne
- En somme l’utilisation judicieuse des levures est un problème de la plus haute importance, au point de vue de l’économie sociale.
- Grâce à un aliment sous-produit, sans grande valeur commerciale, la mélasse de betterave par exemple, un peu de sels ammoniacaux et d'acide phosphorique, un peu d’eau, de vapeur, fort peu de main-d’œuvre, on obtient un rendement de 7400 pour 100 en levure nourriture en 13 heures, à partir des matières premières, à défaut de sucre. On peut faire fermenter le bois, les feuilles d’automne et s’en servir pour nourrir la levure.
- Ainsi, par exemple, une usiné à laquelle nous avons fait allusion ci-dessus produit 15 000 tonnes de levure par an, avec 25 ouvriers.
- Elle produit plus de nourriture que 35 000 hectares n’en produiraient avec 1000 ouvriers. Ceci dit pour illustrer cela. Albert Hutin.
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- 2 . LA RADIOPHONIE PRATIQUE 1 :
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- LES POSTES DE RÉCEPTION MODERNES ET LEUR ALIMENTATION
- Au début de la radiodiffusion, vers 1922, les postes récepteurs de T. S. F. étaient tous munis de lampes à trois électrodes du type ordinaire « T. M. », dont le filament était en tungstène, et qui exigeaient pour leur chauffage un courant d’une tension de 4 volts environ et d’une intensité de 0;7 ampère par lampe.
- Il fallait donc utiliser à ce moment, comme batterie de chauffage, un accumulateur d’une capacité assez forte pouvant débiter un courant de plusieurs ampères, même pour un poste de sensibilité moyenne à 4 ou 5 lampes.
- Par contre, les postes à lampes multiples étaient rares à cette époque, et les lampes employées pour l’amplification basse fréquence avaient une intensité du courant de saturation- relativement faible.
- Pour ces deux raisons, l’intensité du courant-plaque nécessaire était relativement faible, et des batteries de piles du type lampe de poche, peu coûteuses, suffisaient très aisément à fournir ce courant.
- Actuellement, la situation est complètement modifiée, comme nos lecteurs le savent déjtà sans doute. Les postes employés, qui comportent très souvent un nombre de lampes important (8 ou 10 pour les récepteurs à changement de fréquence quelquefois) sont tous munis de lampes à filament thorié dont le filament est alimenté par un courant de 3,5 volts environ et d’une intensité de 0,06 ampère seulement.
- Ces appareils comportent très souvent des étages d’amplification basse fréquence montés avec des lampes de puissance, dont le filament est le plus souvent à faible consommation, mais dont l’intensité du courant-plaque de saturation est très élevée.
- La faible intensité du courant de chauffage nécessaire pour l’alimentation des postes modernes rend possible l’emploi d’accumulateurs de très faible capacité, très robustes et très peu encombrants du type dit « irisulfatable » ou du modèle fer-nickel à éjectrolyte alcalin; cette faible intensité permet aussi d’utiliser le courant d’un secteur électrique au moyen de dispositifs qui n’avaient auparavant aucun succès pratique, les piles thermoélectriques, par exemple, dont nous avons déjà indiqué les principes et les applications dans nos chroniques.
- Mais, d’autre part, la multiplication du nombre des lampes et l’emploi de lampes de puissance augmentent dans de grandes proportions l’intensité du courant d’alimentation plaque nécessaire ; au lieu d’une intensité moyenne-de 10 à 15 milliampères, il faut souvent disposer d’une intensité de 20 à 35 milliampères.
- Les piles dites « sèches » du type « lampe de poche » ne conviennent plus alors dans ce cas, car elles seraient rapidement hors d’usage, et il faut utiliser soit des batteries de piles à grande capacité assez coûteuses, soit des batteries d’accumulateurs d’un entretien plus ou moins délicat.
- On voit donc que, pour la plupart des postes de réception modernes, le problème de l’alimentation des filaments a été fort simplifié, alors, qu’au contraire, le problème de l’alimentation en courant-plaque est beaucoup moins aisé que dans les appareils des temps « préhistoriques » de la radiodiffusion.
- L’intérêt des dispositifs récents permettant d’utiliser le courant d’un secteur continu ou alternatif pour l’alimenta-
- tion plaque des postes de réception est donc de plus en plus grand; nous avons, d’ailleurs, décrit dans des chroniques récentes de La Nature quelques-uns de ces dispositifs, et nous aurons l’occasion sans doute de donner à nouveau prochainement des détails plus complets sur les plus originaux de ces appareils « up lo date ».
- LE CHOIX DES LAMPES DE T. S, F*
- Au début de la radiodiffusion, l’amateur ne pouvait, on général, acheter dans le commerce qu’un seul type de lampe de réception, quel que fût le but auquel cette lampe était destinée : amplification haute fréquence, amplification basse fréquence, détection, oscillation, etc. Les fabricants n’exécutaient, en général, en effet, que le modèle genre T. M. à filament de tungstène et à forte consommation.
- Depuis, les lampes à filament thorié à faible consommation ont fait leur apparition, et si l’on peut trouver encore des lampes triodes d’un type « omnibus » convenant à la rigueur pour tous les usages courants, il est évidemment préférable d’employer pour chaque usage des lampes bien adaptées en vue de cet usage même, puisque les constructeurs établissent maintenant de très nombreux modèles différents.
- On peut trouver, en effet, des lampes pour amplification haute fréquence, des lampes détectrices, des lampes spéciales pour montages à résistance ou à impédance, des lampes de puissance pour étage basse fréquence, etc.
- A côté de ces triodes classiques, il faut mentionner les diodes de redressement et surtout les lampes à deux grilles dont il existe aussi maintenant différents modèles : amplificatrice, oscillatrice haute fréquence, amplificatrice basse fréquence.
- Sans mentionner les lampes à trois grilles, les lampes multiples, etc.,..
- L’amateur peut donc aujourd’hui obtenir facilement le type de lampe possédant exactement les constantes les plus favorables pour le bon fonctionnement de son appareil, et il a le plus grand intérêt à choisir un type de lampe bien déterminé pour les différents étages de ses postes.
- Rappelons encore, à ce propos, qu’il existe maintenant en France des lampes dont le filament peut être chauffé à l’aide d’un courant de 1,5 volt envirdn seulement; ces lampes., trop peu connues, sont cependant précieuses dans les appareils portatifs et peuvent être utilisées avec des piles thermoélec-tri^ues.
- ’ LE CHOIX DES PILES DE TENSION-PLAQUE
- Nous avons expliqué plus haut comment l’intensité du courant d’alimentation plaque des postes était généralement très grande dans les postes modernes, par suite de l’emploi de multiples étages d’amplification, et surtout à cause de l’utilisation de lampes de puissance sur les étages basse fréquence.
- On ne saurait donc s’étonner, dans ces conditions, que des piles dites « sèches » du modèle ordinaire à faible capacité soient mises rapidement hors d’usage avec des appareils de ce genre, et les amateurs qui se plaignent de cet accident fréquent ne devraient nullement le trouver anormal.
- Si l’on veut qu’une pile de tension-plaque puisse durer un temps fort long pour un service journalier de plusieurs
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- heures avec un appareil puissant, il est absolument nécessaire de choisir une pile à grande capacité, d’un prix d’achat plus élevé, mais d’une durée beaucoup plus longue.
- Les amateurs qui utilisent des batteries de piles pour la tension-plaque ont donc le plus grand intérêt à choisir exactement le type de batterie qui convient à l’alimentation de leur poste.
- HAUT-PARLEUR TRÈS PUISSANT A GAMME DE FRÉQUENCE TRÈS ÉTENDUE
- Malgré les très grands progrès accomplis dans la construction des hauts-parleurs, et spécialement des haut-parleurs à diffuseurs de sons, il est encore très rai*e, en dehors des modèles courants « de salon » convenant, d’ailleurs, à la majorité des amateurs, de pouvoir se procurer des haut-parleurs à la fois puissants et lidèles, sonores et harmonieux, pouvant donner l’illusion d’un véritable orchestre entier.
- Un haut-parleur parfait devrait pouvoir transmettre uniformément les sons de 16 jusqu’à 16 000 périodes par seconde environ. En fait, la plupart des haut-parleurs à pavillon sont incapables de transmettre les fréquences basses au-dessous
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- L’avantage de ce système bicône sur un diaphragme conique ordinaire maintenu par sa périphérie serait, d’après le constructeur, le même que celui d’un tuyau fermé sur un tuyau ouvert; le bicône pouvant transmettre des sons de fréquences sensiblement inférieures à celles des sons susceptibles d’être bien transmis par le cône simple.
- La puissance des sons que peut transmettre ainsi sans déformation appréciable le bicône est considérable, et très suffisante pour remplir une grande salle.
- Cependant, pour obtenir de bons résultats avec cet appareil, il est nécessaire d’employer un poste de réception ne produisant évidemment pas de déformation des émissions reçues, et muni d’étages d’amplification basse fréquence à grande puissance.
- Si l’on emploie un poste comportant un ou deux étages basse fréquence à transformateurs ordinaires, il sera bon de faire suivre ce poste d’un étage d’amplification basse fréquence muni d’une forte lampe de puissance à tension-plaque élevée.
- Un tel amplificateur peut d’ailleurs être alimenté à l’aide du courant alternatif d’un secteur redressé et filtré (fig. 1).
- de 400 périodes environ, d’où les « nasillements » si désagréables ; l’inertie des pièces mobiles empêche souvent, d’autre part, la reproduction des sons aigus.
- Un haut-parleur puissant de construction assez récente, perfectionné peu à peu, et d’origine américaine, que l’on peut maintenant se procurer en France, semble présenter des avantages tout à fait remarquables qui peuvent le faire apprécier sans doute de beaucoup d’amateurs désirant obtenir une audition en public ou dans un appartement, audition non seulement intense, mais artistique, ce qui n’est pas, certes, un résultat facile!
- Ce haut-parleur de 45 cm ou de 90 cm de diamètre (fig. 1) peut amplifier d’une façon presque uniforme la gamme acoustique de fréquences 100-4000 périodes par seconde et même 50-4000 pour le grand modèle.
- Le mécanisme moteur est du type équilibré, c’est-à-dire que la position normale de l’armature est à égale distance des pièces polaires; le mécanisme est indéréglable et transmet les fréquences les plus élevées de la musique.
- Le diffuseur de sons est constitué par deux cônes à bords libres en papier spécial, accolés par leurs bases et ayant chacun un angle au sommet très ouvert.
- INSTALLATION D'UN POSTE RÉCEPTEUR SUR UNE AUTOMOBILE
- Nos lecteurs se souviennent sans doute des articles que nous avons consacrés dans La Nature à la question de la réception des émissions radiophoniques en automobile.
- Les essais tentés pour résoudre ce problème se multiplient, d’ailleurs, chaque jour, des radio-rallyes automobiles ont lieu dans toutes les parties de la France, et de nombreux constructeurs français établissent des postes portatifs pouvant servir à cet usage.
- Aux Etats-Unis on a réalisé non seulement de simples postes portatifs, mais des appareils destinés uniquement à la réception en automobile et qui se placent sur la batterie de contrôle de la voiture.
- Le montage général le plus employé est indiqué schématiquement sur le schéma de la figure 2, d’après notre confrère américain Popular Radio, et il est intéressant de le signaler à nos lecteurs qui pourront l’appliquer dans leurs automobiles.
- Le collecteur d’ondes À est formé d’un treillis en fil de cuivre placé entre la partie supérieure du toit de la voiture
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- et lu doublure intérieure, le contrepoids électrique G est simplement constitué par le châssis métallique de l’automobile.
- Le poste récepteur- lui-même F et le haut-parleur sont montés à l'avant de la voiture.
- Les batteries de plaque et de grille B et C sont placées sous une banquette, alors que la batterie de chauffage est constituée simplement par la batterie d’accumulateurs D d’éclairage et de démarrage de la voiture, un câble II à plusieurs conducteurs réunit les diverses batteries au poste lui-même.
- On dispose très facilement les batteries d’alimentation sous la banquette de l’automobile, et l’on entoure le dispositif d’allumage par un blindage, formé d’une feuille de laiton, alin d’éviter les bruits parasites lorsqu’on veut entendre une émission durant la marche de la voiture.
- nant fort bien. Dans les conditions de la réception des émissions de radiodiffusion en France, les qualités de sensibilité, de sélectivité, et de facilité de réglage de ces appareils sont encore demeurées inégalées.
- Par contre, quel que soit le système de changement de fréquence adopté, et qu’il siagisse d’une superhétérodyne d’un type quelconque ou d’un radiomodulateur bigrille, un poste à changement de fréquence très sensible comporte toujours un nombre assez grand d’étages d’amplification et sa construction relativement complexe doit être exécutée soigneusement.
- On conçoit donc qu’un appareil de ce genre soit généralement d’un prix relativement élevé et c’est cette considération pécuniaire qui empêchait jusqu’à présent beaucoup d’amateurs d’adopter, malgré scs avantages, un poste de celte catégorie.
- Un constructeur français, spécialiste de la question, puisque
- support Jeseïi_ d antenne ~
- UN NOUVEL APPAREIL A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Nous avons expliqué maintes fois les avantages des postes récepteurs à changement de fréquence et nos lecteurs les connaissent sans doute mainte-
- Fig. 3.— Le poste Snpor-Baby eu de face.
- Cet appareil est un poste à changement de fréquence simplifié, mais à haut rendement.
- condensât-^* dâcœrd l-
- ^ 2e détectrice
- ibndemat vshmit , piles
- lampe B. E
- tramfo SJ
- Fit
- 4. — Vue d’arrière montrant les détails du poste Super-Baby.
- Les condensateurs variables sont protégés par des boîtiers. Remarquer la simplicité des connexions et le jack téléphonique pour le casque ou le haut-parleur.
- c’est lui qui a établi les premières superhétérodynes employées en France, a eu l’ingénieuse idée de réaliser un nouveau poste à changement de fréquence à modulation par lampe bigrille, très simplifié mais d’excellent rendement, et dont la construction en série permet la vente à un prix très modique relativement (fig. 3 et 4).
- Cet appareil comprend une lampe bigrille chan-geuse de fréquence, trois étages d’amplification moyenne fréquence avec transformateurs accordés, la détection, et un étage d’amplification basse fréquence (fig. 4).
- Cet étage basse fréquence est muni d’une lampe de puissance, ce qui permet d’obtenir une très forte amplification.
- Les bobinages d’accord et de modulation sont interchangeables, et leur mise en place au moyen
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- Fig. >. — Poste Loewe à lampe triple.
- I. Vue du poste. — II. Schéma du poste.
- de broches sur les douilles correspondantes du panneau avant est presque immédiat (fig.. 3).
- Ce panneau frontal du poste ne comporte, d’ailleurs, que les deux cadrans à démultiplication des condensateurs d’accord et de modulation, un rhéostat général de chauffage et un bouton de potentiomètre pour faire varier l’intensité de l’audition.
- Les connexions sont réduites au minimum et soudées avec, un grand soin, une couche de vernis évite le desserrage de tous les écrous.
- La boîte qui contient l’appareil est recouverte d'un gainage en « zapon » qui donne à l’ensemble un aspect élégant et, d’autre part, semble plus durable qu’un vernis fragile.
- A peine plus coûteux qu’un poste quelconque à quatre lampes, ce nouveau type de superhétéro-dyne paraît appelé à un grand succès.
- LES LAMPES MULTIPLES
- 1
- Dans le n° 2750 de La Nature, nous avons indiqué l’invention en Allemagne de lampes multiples, à la fois lampes de réception et systèmes de liaison, permettant de simplifier dans de grandes proportions la construction de certains postes récepteurs.
- Ces lampes sont, en effet, des ampoules en verre dans lesquelles on a fait soigneusement le vide, et qui contiennent plusieurs groupes d’électrodes constituant chacun un triode ou un tétraode de réception, et, de plus, des condensateurs et des résistances enfermées dans des tubes de verre, et constituant des systèmes de liaison presque complets. Les lampes sont, d’ailleurs, munies d’un culot à broches et s’adaptent sur un support spécial très simple.
- Depuis le moment où a paru l’article indiqué, ces dispositifs ont été mis au point en Allemagne par leur constructeur, et l’on peut maintenant les trouver en France dans le commerce pour un prix relativement modéré. Ils semblent donc fort intéressants et paraissent donner de très bons résultats, surtout pour la réception des émissions provenant de stations locales ou puissantes.
- Il existe, en effet, actuellement deux modèles de ces lampes.
- Le premier est une lampe triple dont le schéma est indiqué sur la figure 5, en IL
- Cette lampe constitue, en réalité, une lampe détectrice (avec détection par courbure delà caractéristique de plaque, sans condensateur shunté), une lampe amplificatrice basse fréquence à résistance et une deuxième lampe de puissance également à résistance, amplificatrice à basse fréquence.
- Comme les condensateurs et résistances sont montés dans l’ampoule, il suffit de placer la lampe sur son support et de lui adjoindre deux bobines d’accord en Tesla et un petit condensateur variable pour constituer un excellent poste de réception d’un volume très réduit, équivalant à un poste à trois lampes ordinaires (I, fig. 5).
- Grâce au système de liaison basse fréquence résistance-capacité, l’audition obtenue est excellente comme pureté, et l’intensité est également satisfaisante, grâce à la disposition des électrodes de la deuxième lampe basse fréquence, surtout si l’on prend la précaution d’utiliser une pile de tension-plaque de 90 à 100 volts.
- La grille de cette lampe de puissance doit d’ailleurs être mise à un potentiel d’environ 6 volts par rapport au filament et la grille de la lampe détectrice à un potentiel d’environ
- 7,5 volts; ce dernier potentiel peut d’ailleurs être réglé au mieux de l’audition.
- Les filaments des deux premières lampes sont montés en série, comme on peut le voir sur le schéma, et l’intensité du courant total de chauffage ne dépasse pas 0,3 ampère.
- Il existe également une lampe double destinée à l’amplification haute fréquence, dont nous avions déjà donné le schéma dans notre article précédent (n° 2750 du 25 décembre 1926).
- Celle lampe constitue, en réalité, deux tétraodes avec leurs organes de liaison haute fréquence à résistance.
- Mais, bien que cette lampe soit aussi fort intéressante, elle paraît moins emjfioyée en France que la première.
- A l’aide de ces deux lampes, il est évident que l’on peut constituer des montages très variés et très originaux , par exemple des superhétérodynes à trois lampes ! ( Une lampe bigrille changeuse de fréquence, une lampe double haute fréquence, une lampe triple, détectrice et basse fréquence).
- Un des plus simples de ces montages est constitué par une lampe double haute fréquence suivie d’une lampe triple avec liaison par transformateur haute fréquence à résonance entre les deux éléments (fig. 6).
- P. Hkmardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Haut-parleur puissant, Le Matériel téléphonique, 46, avenue de Breteuil, Paris (7e).
- Poste Super-Baby. Etablissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris.
- Lampes multiples. Etablissements Bonnefont, 9. rue Gassendi; Paris (14°).
- Fig. G. — Poste Loewe à deux lampes multiples.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- A la vitesse de 453 kilomètres à l’heure en hydravion.
- La coupe Jacques Schneider des hydravions qui s’est disputée à Venise le 25 septembre a été un triomphe pour l’aviation anglaise en même temps qu'une révélation.
- L’épreuve comporte un parcours de 350 km, en 7 circuits de 50 km. chacun.
- Six appareils étaient engagés : 3 italiens, 3 anglais, dont
- Fig\ 1. — L’hydravion Supermarine, moteur Napier 1000 ch, gagnant de la Coupe Schneider. (Ph. Roi.)
- deux du même modèle Supermarine, avec moteur Napier de 1000 ch. Ces deux derniers seuls ont terminé le parcours. Le gagnant, monté par le lieutenant Webster, l’a ell'ectué en
- 46 min. 20 sec 28/000, soit à la vitesse horaire de 453,237 km. Il n’est pas douteux que la vitesse de l’appareil sur un parcours en ligne droite atteigne 500 km. Le second appareil, monté par le lieutenant Worsby, a effectué le parcours en
- 47 min. 46 sec.
- Les services de l’Aviation maritime anglaise travaillaient depuis plus d’un an, dans le plus grand secret, à la mise au point du nouveau lype d’hydravion remarquable par la finesse de ses lignes. Six appareils semblables avaient été mis en chantier et étaient prêts dès juillet dernier.
- Meeting de Zurich.
- Le monoplan léger Caudron C 109 (moteur Salmson 40 ch), piloté par Finat, a remporté le 17 août au Meeting International de Zurich un beau succès, devant deux avionnettes allemandes Klemm (moteur Daimler 20 ch), et l’avionnette anglaise Avro-Avian (moteur Cirrus 60 ch).
- Le concours se disputait sur un parcours de 370 km; la formule de classement faisant intervenir la charge utile et la consommation, l’appareil français s’est révélé l’un des avions de tourisme les plus économiques.
- Nouveaux records.
- Les pilotes allemands Risticz et Edzard se sont attribué du 3 au 5 août dernier le record du monde de dui’ée, avec 52 h. 20 (ancien record : Chamberlin et Acosta : 51 h. 11 m. 25) et le record du monde de distance, avec retour au point de
- départ, avec 4627 km (ancien record, Drouhin et Landry, 4400 km). L’avion utilisé, avion Junkers de 310 ch, est un appareil commercial de série.
- Le 12 août, le pilote Steindorf a battu le record du monde d’altitude avec charge de 1000 kg par 6850 m. sur avion Rohrbach-Roland (Ancien record : Coupet, 6540 m., sur Breguet 19). Deux records importants sont ainsi enlevés à la France.
- Patin anticapoiant Fritsch
- Le capotage de l’avion à l’atterrissage, s’il n’est pas aussi grave pour l’équipage que la perte de vitesse, n’en cause pas moins la destruction d’un nombre considérable d’appareils. Le patin d’atterrissage Fritsch est l’un des dispositifs les plus simples permettant d’éviter dans la plupart des cas le capotage, il peut de plus s’adapter sans difficultés à la majorité des appareils.
- Les causes de capotage sont : l’arrivée au contact du sol de l’avion sous un trop grand angle, par inexpérience du pilote ou mauvaise appréciation delà hauteur, le plus souvent accident de terrain rendant le basculement de l’appareil inévitable (dans les atterrissages en campagne particulièrement).
- Le dispositif Fritsch consiste à adapter au train une paire de roues supplémentaires placées en avant des roues fixes, à quelques centimètres du sol quand l’appareil est en ligne de vol. Ces roues sont fixées à un système de leviers, et rappelées vers le bas par des sandows (avec un câble limi-teur de course). L’une des causes de capotage intervenant, les roues auxiliaires entrent en contact avec le sol, et agissent de deux manières : elles reportent en avant le point d’appui de l’avion sur le sol, augmentant le moment de renversement minimum nécessaire au capotage; elles redressent l’appareil par l’action des sandows. Par construction, les roues auxiliaires agissent progressivement, les charges principales restant absorbées'par les roues du train.
- Les essais effectués confirment ces avantages prévus : possibilité d’atterrir très piqué, ou vent arrière la queue haute,
- Train d'atterrissage
- Roue auxiliaire
- Sandow-
- Patin oscillant
- Fig. 2. — Patin anticapoiant Fritsch.
- en mauvais terrain : possibilité de reculer les roues du train pour faciliter le décollage. Il semble également possible avec ce patin, d’effectuer sur les roues un freinage maximum diminuant la longueur d’atterrissage, etc.
- Déjà utilisé sur les appareils d’école et sur les appareils sanitaires, il paraît probable que ce dispositif sera indispensable aux avions privés, appelés à atterrir en terrains quelconques, avec des pilotes peu entraînés.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- GÉOGRAPHIE PHYSIQUE Le lac Tchad en péril de dessèchement.
- Le colonel Jean Tilho, dans la Revue Scientifique, jette un cri d’alarme pour signaler un péril, peut-être imminent, qui menace le lac Tchad.
- C’est celui de voir la majeure partie des eaux qui l’alimentent se détourner vers la vallée du Niger en se déversant dans la Benoué. De vastes régions, admirablement fertiles, auxquelles la paix française promet un avenir magnifique, seraient condamnées à devenir un prolongement du Sahara.
- Il est encore temps de conjurer ce péril, mais à condition d’agir sans tarder.
- Le lac Tchad, dernier vestige d’une vaste mer intérieure africaine est, plutôt qu’un vrai lac, l’épanouissement d’une grande nappe fluviale, dont le cours inférieur protégé contre l’évaporation par un vaste manteau de sable se prolonge vers le nord-ouest surplus de 600 km, tandis que son cours supérieur est formé par 4 branches, dont les principales sont les grands fleuves Chari et Logone.
- Ce dernier prend naissance dans le grand massif montagneux du Cameroun, il rejoint le Chari à Fort-Lamy et les deux fleuves débouchent dans le Tchad par un véritable delta qui forme ce que le colonel Tilho appelle la Mésopotamie tchadienne ; c’est une région de 20 millions d’hectares, dont les limons, accumulés au cours des âges et régulièrement inondés 4 mois par an, constituent des terres de premier ordre pour les cultures tropicales. D’autres régions riveraines du Tchad, notamment le lvanem au nord-est, le Bor-nou au sud-ouest, quoique moins copieusement irriguées, sont, elles aussi, très fertiles.
- Aux unes comme aux autres il ne manque qu’une population assez nombreuse pour les mettre en valeur. Mais l’ère des guerres d’exterminations et des razzias d’esclaves qui ont dépeuplé ces contrées est aujourd’hui heureusement close et avec le temps les habitants s’y multiplieront*
- Cette prospérité en puissance est malheureusement menacée par le redoutable voisinage du Logone avec une petite rivière, le Toubouri, qui creuse son lit dans le seuil étroit séparant la vallée du Logone de la vallée parallèle, mais de niveau plus bas de la Kabia. Cette rivière tributaire du bassin du Niger, après avoir recule Toubouri, forme le Mayo-Kebi qui, lui-même, se jette dans la Benoué, affluent du Niger.
- Nous nous trouvons ici en présence du phénomène de capture d’un cours d’eau par un cours d’eau voisin coulant à un niveau plus bas : phénomène bien connu des géographes ; on en trouve en France même un certain nombre d’exemples classiques : c’est ainsi que le cours supérieur de la Moselle était autrefois un affluent de la Meuse qu’elle rejoignait par la trouée de Foug.
- La capture du Logone par la Benoué serait un phénomène d’une toute autre envergure ; mais le mécanisme en reste le * même.
- Il est d’un fonctionnement impitoyable : dès aujourd’hui, du fait de l’érosion régressive par laquelle le cours d’eau à plus forte pente, en l'espèce le Toubouri, creuse continuellement son lit vers l’amont, la communication est établie aux époques de hautes eaux du Logone, entre la vallée de Logone et la vallée voisine, et plus basse de 100 m. environ où coule le Kabia ; des volumes d’eau importants sont ainsi détournés vers la Benoué et contribuent chaque année à agrandir et à approfondir la brèche qui menace de vider le Logone inférieur. Il suffit, au stade où en est aujourd’hui la capture, d’un
- événement fortuit, d’une crue violente, par exèmple, pour que croule une portion des rives du côté menacé et que « par cette brèche, cédant à l’appel vigoureux de pentes plus accentuées, le fleuve entier, de toute sa masse, se précipite vers la rivière basse ».
- Ce serait une terrible catastrophe pour les régions riveraines de la vallée aujourd’hui peuplée et prospère où ferait, irruption ce flot formidable. Ce serait, pour le bassin du Tchad, une catastrophe moins brutale, mais plus grave encore.
- Les eaux du Chari, fatalement, rejoindraient un jour ou l’autre celles du Logone ; le Tchad ainsi privé des deux tiers de son alimentation disparaîtrait et toutes les régions aujourd’hui si riches d’espérances qui l’environnent seraient condamnées à une stérilité sans remède.
- Le colonel Tilho ne se contente pas de donner l’alarme ; il indique les moyens propres à parer, à ce grave danger. Tout d’abord des mesures de première urgence s’imposent. Elles sont heureusement d’une application relativement facile et peu coûteuse. Mais pour écarter définitivement le péril, il faudra créer un vaste barrage renvoyant au Logone, par la dépression du Toubouri, toutes les eaux de la dangereuse Kabia. Ce travail comportera des études difficiles et des dépenses élevées.
- Le colonel Tilho rappelle que l’Angleterre nous a montré l’exemple au Soudan. En 1919, elle y a entrepris près de Sennac le barrage de Makwar sur le Nil Bleu ; ce barrage, aujourd’hui terminé, a coûté 2 milliards. Il assure l’irrigation de 2 millions d’hectares de terrains autrefois stériles et déserts, maintenant recouverts de magnifiques plantations de coton.
- 11 importe donc de se mettre à l’œuvre sans tarder, si l’on ne veut pas voir irrémédiablement compromis l’avenir de nos possessions de l’Afrique centrale.
- CHIMIE INDUSTRIELLE L’huile de graines de soleil.
- The Chemical Age signale le développement, en Russie, d’une industrie qui donne les plus belles espérances. Il s’agit de l’extraction de l’huile des graines de soleil et nous croyons intéressant de reproduire les données qui nous sont ainsi fournies.
- Une des graines oléagineuses de grande valeur dans l’Est de l’Europe, et particulièrement en Russie, est la graine de soleil. En Bessarabie s’est créée une industrie importante d’extraction d’huile, de cette graine, qui fournit déjà 15 000 tonnes d’huile par an. En Bulgarie, la production d’huile de graines de soleil a presque doublé dans ces deux dernières années ; c’est l’huile comestible la plus importante de ce pays. On peut en dire autant de la Hongrie où la graine de soleil constitue une des cultures les plus importantes. On a même suggéré, dans certains cas, de planter en soleil certaines superficies de vignobles moins productives pécuniairement.
- On estime qu’en Hongrie une récolte annuelle de 500 000 t. de graines de soleil pourrait être obtenue.
- Mais c’est en Russie que l’extension de cette culture a été la plus grande. Bien avant la guerre elle était déjà florissante dans le Sud de la Russie.
- En 1913, en plus des 7 millions d’hectares occupés par des cultures de graines oléagineuses, il y avait 1 800 000 hectares consacrés aux cultures de soleil. Les Soviets ont encouragé cette culture qui occupa, en 1925, 2 501 000 déciatines (1 dé-
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- ciatine = 1,2. hectare). Les rendements sont très variables. En 1913 il était de 55 pouds par déciatine (1 poud = 16,3 kg). En 1924, ce rendement s’abaissa à 42 pouds par déciatine. Ensuite, il diminua encore. On dit que dans le district de Ivuba on cultive une espèce particulière de soleil dont la graine produit 50 pour 100 d’huile, ce qui est considérable par rapport au rendement normal.
- Comme dans toute culture de graines ou de fruits oléagineux, le rendement en huile varie beaucoup avec les conditions du terrain et du climat.
- La production totale de graines oléagineuses en Russie pour 1925 est approximativement de 2 750 000 tonnes dont 1 400 000 tonnes de soleil, soit la moitié.
- Quand elle est bien préparée, l’huile de soleil est une huile comestible de valeur. Néanmoins on s’en sert aussi en savonnerie. Il s’en exporte peu, sauf en Allemagne.
- En Russie, la production est actuellement limitée aux besoins du pays, et beaucoup d’usines ont meme dû fermer faute de matière première. Les récoltes de graines oléagineuses, bien qu’étant considérables, ne peuvent cependant concurrencer les récoltes énormes des régions tropicales, telles que celles de coco, palme, sésame, arachide et soja.
- Les conditions chaotiques de l'agriculture russe, durant ces dernières années, ont considérablement diminué l’abondance ancienne des matières premières destinées à la nourriture. Il y a eu d’un côté pénurie de graisses animales et, d’un autre côté, un marché plus faible pour la vente des tourteaux. Les tourteaux sont pourtant trop abondants par rapport à l’huile. On s’en sert pour la nourriture du bétail, comme engrais et même comme combustible.
- On a même été amené à en faire une farine qu’on mélange avec le seigle pour préparer du pain grossier dont les paysans, peu difficiles, et pour cause, se contentent.
- Une source économique de caféine.
- Les suies de café.
- Qui des plus âgés d’entre nous, passant devant l’épicerie classique d’autrefois, ne s’est arrêté peur voir un jeune garçon tourner consciencieusement sa boule à torréfier le café et n’a humé la délicieuse odeur qui s’en échappait ?
- Actuellement le progrès a fait évoluer ce matériel. Plus de boule, plus de manivelle; un petit moteur silencieux, une rampe à gaz brûlant dans un tambour en tôle perforée, mais la bonne odeur subsiste.
- Et la brûlerie centrale qui traite des tonnes de cafés par jour a fait disparaître la plupart de ces petits appareils à torréfier.
- Les « suies de café » sont soigneusement recueillies et vendues à des manufactures d’alcaloïdes.
- Car la caféine, alcaloïde de plus en plus employé en thérapeutique, comme sa congénère la théobromine, vaut cher.
- La caféine vaut 130 fr. le kg et la théobromine 90 fr.
- Une importante firme de produits chimiques décaféine le café pour en extraire son alcaloïde, et vend, d’autre part, du café devenu inoffensif pour les cardiaques.
- Ce café, comme goût, rappelle le gland torréfié,la chicorée, le malt. A notre humble avis, si votre tension artérielle vous interdit le café, il. vaut mieux recourir au tilleul, à la camomille, à la peau d’orange et à d’autres mixtures calmantes.
- Mais une autre importante source de caféine est constituée par les suies de café.
- Si l’on examine celles-ci à la loupe, on y voit des agrégats cristallins plus ou moins abondants, suivant le processus de la torréfaction.
- Parfois, la caféine est totalement pyrogénée, car les réactions du feu ne se règlent pas comme on le voudrait; d’autres fois elle se sublime dans les suies sans se décomposer.
- Quiconque écrase sous ses dents un grain de café vert, ressent une forte amertume, c’est la caféine qui ne donne aucun goût agréable et c’est le caféol qui communique en partie au café son arôme. D’ailleurs cette discrimination est complexe et a été peu étudiée.
- Yoici comment on traite les suies de café pour en extraire la caféine.
- Les suies sont traitées par un peu de chaux afin de former des caféinates de chaux, et elles sont alors épuisées par le chloroforme ou produits chlorés de sa famille dans lesquels la caféine est soluble. L’extrait distillé dans le vide donne de la caféine brute. Cette opération est des plus rémunératrices.
- TRAVAUX PUBLICS
- Les travaux contre les inondations de la Seine.
- Un réservoir, dont la contenance pourra atteindre 92 millions de mètres cubes d’eau, va être construit par la ville de Paris, à Pammecière, sur le territoire de la commune de Chaumard (Nièvre).
- Ce réservoir est installé à proximité des rivières Cure, Sein et Chalaux. Il contribuera à régulariser les cours de l’Yonne et à prévenir les grandes crues dans la région parisienne.
- Désherbage mécanique des voies de chemins de fer.
- Une machine spéciale a été construite en Suisse par l’ingénieur Scheuchzer pour effectuer le désherbage du ballast.
- L’inventeur, encouragé par les chemins de fer fédéraux suisses, construisit dès 1912 une petite machine d’essai. En 1921, une puissante machine mise au point était essayée en présence de représentants de nombreux réseaux de chemins de fer, elle fut jugée de fonctionnement parfait et depuis on la fait circuler sur des milliers de km de voies chaque année.
- La machine comprend en principe des couteaux qui s’enfoncent dans le ballast entre les traverses. Leur enfoncement est commandé par un galet qui roule sur les traverses et ne les met en fonction qu’au moment précis oû ils ne sont pas au-dessus des traverses.
- Pour désherber les à-côtés de la voie ce sont des charrues spéciales qui agissent remuant le ballast. Ces charrues peuvent être remontées lorsqu’on arrive à un obstacle : passage à niveau, croisement, etc. L’une d’elles est chargée de l’entrevoie.
- Enfin un râteau rotatif à longues dents trie l’herbe et égalise la surface du ballast.
- La machine pour l’entretien des voies ferrées est poussée par une locomotive qüi fournit la vapeur et l’air comprimé nécessaire à son fonctionnement.
- La vitesse est de 4 à 5 km à l’heure. Le prix du travail ressort à 0 fr. 09 le m. de voie simple, 0 fr. 15 le m. de voie double. Le travail, à la main, coûtait avant la guerre 0,30 et 0,50 le m.
- En 1925, la désherbeuse Scheuchzer a fait 2400 km en Suisse, 9000 en France et 560 en Allemagne.
- Enfin il est utile d’ajouter que dans le parcours des stations où la disposition des voies ne permet pas l’emploi de cette machine, on fait le désherbage chimique avec divers produits. Le meilleur résultat a été obtenu avec le chlorate de soude à la dose de 1,250 à 1,500 kg par 100 litres d’eau, employé en pulvérisation. Toutefois ce procédé est assez long et coûteux, 0 fr. 12 le m. de voie; il présente quelques inconvénients et l’on s’attache à perfectionner son application.
- Des renseignements détaillés sont donnés sur le désherbage mécanique des voies par M. P. Schenk dans le Bulletin du Congrès des chemins de fer, janvier 1927. L. R.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances dû Août 1927
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- L'utilisation des huiles d'animaux marins et de poissons dans les moteurs (MM. S. Lumet et Marcelet).
- — Avec deux moteurs, du type Diesel-Hindi, sans réglage préalable du fait du changement dans la nature du combustible, les essais ont porté sur six huiles d’animaux marins.
- (Cethorinus max, Centrophorus granulosus, Hexanchus gri-seus, Dorosoma nasus), quatre graisses de poissons des grands lacs du Cambodge [Trey-Pra, Trey-Reach, Trey-Lenh) et sur un échantillon de squalène, carbure extrait des huiles de Centrophore, lès points de comparaison (ratés au départ, clapets colles, échappement visible) étant fournis par un gasoil, donnant 11 000 calories.
- La seule difficulté rencontrée dans ces expériences provient de la viscosité des nouveaux produits aux températures relativement basses. Mais on en peut cependant conclure que les huiles d’une telle origine sont parfaitement utilisables dans les moteurs à combustion interne, à la seule condition que, dans les cycles Diesel ou semi-Diesel, le taux de compression soit tel qu’il apporte une chaleur plus élevée que la chaleur de combustion du carburant employé.
- Il est désirable que MM. Lumet et Mai'celet disposent bientôt de quantités importantes de ces nouveaux corps gras pour procéder à une longue série d’essais méthodiques, d’un grand enseignement.
- GÉOLOGIE
- Le montien du Port-Marly (MM. Abrard, Jolf.aud et P. Lemoine). — Les travaux d’établissement d’un chemin dans le lotissement du Parc des Lions, non loin de la route de Paris à Saint-Germain-en-Laye, ont mis à jour un gisement, sur le flanc droit du petit vallon où se trouve l’église de Port-Marly. En profondeur, on rencontre d’abord une marne englobant du calcaire sous-jacent, puis un banc de calcaire compact de Foraminifères, ensuite un calcaire esquilleux, d’aspect noduleux, enlin de la craie blanche.
- Un tel gisement est nettement localisé ; les sédiments, qu’on trouve adossés à la craie, se sont déposés dans une dépression préexistante. Il rappelle ainsi les strates de même nature, * rencontrés à Vigny, Montainville, Laversines, Ambleville, Gaillonet Vertus. Enlin, il corrobore certaines opinions, émises déjà par les auteurs de celte note, sur l’allure de la mer montienne qui aurait, de cette façon, envahi non seulement les principaux thalwegs, mais encore les thalwegs secondaires d’un réseau hydrographique, dont le tracé rappelle de très près le réseau actuel.
- LITHOLOGIE
- Un nouveau gisement de roches intrusives au Portugal (M. Pereira de Sousa). — Non loin de la frontière du Portugal on rencontre différentes roches éruptives dans la région de Vila Boim, Elvas, Campo Maior : quelques-unes sont calco-alcalines (diorites quartzifères, odinites etc.), alors qu’à Cevadâes se trouve, en plus, le gneiss alcalin à riebeckite-osannite, signalé par Rosenbusch.
- Les roches sodiques, découvertes parM. de Sousa, rappellent celles d’Alter Pedroso, dont elles présentent la structure jcataclastique, due à des actions alcalines. Ce sont : 1° des
- granités, comme l’orthose sodique, la microcime et l’albite, alors que la magnétite a pris la place d’un métasilicate disparu; 2° des syénites quartzifères renfermant une amphibole vert-bleuâtre pâle, paraissant secondaire, et, dans les intervalles des feldspalhs, se rencontrent des pseudomorphoses en magnétite et sphène d’un minéral disparu ; ces syénites d’ailleurs sont à riebeckite ou à ægyrine* On ne rencontre pas, comme à Alter Pedroso, de lusitanite ou de pédrosite associées à des types nettement leucocrates, et les syénites, beaucoup plus quartzifères que celles de ce gisement, aboutissent à un granité alcalin.
- GÉOGRAPHIE
- Un tunnel intercontinental (M. Ibanf.z de Ibero). — L’auteur soumet à l’Académie les grandes lignes d’un projet qui permettrait d’ouvrir la voie la plus rapide entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud.
- Il s’agit d’un tunnel s’amorçant dans la baie de Vaqueros, à l’ouest de Tarifa, et aboutissant à Tanger même. Sa longueur serait de 48,2 km (32 sous-marins et 16,2 en travaux d’approche). La voie électrique qui pourrait faire passer par jour 120 trains serait double et à l’écartement normal de 1,44 m. Le tracé Vaqueros-Tanger s’effectuerait en une demi-heure, alors qu’il faudrait trois quarts d’heure pour Trafalgar-Malabata. En évaluant la durée des travaux à 5 ou 6 ans, la dépense pour le projep Vaqueros-Tanger ne dépasserait pas 300 millions de pesetas et, rattaché aux voies projetées du Cap au Caire et du Transsaharien, le tunnel ouvrirait une nouvelle voie commerciale entre l’Extrême-Orient, l’Europe occidentale et le Sud Africain. Il offrirait enfin d’importants avantages pour la France et l’Espagne, pour la mise en valeur du Maroc.
- MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
- La transmission du spirochète de la musaraigne (MM. Ch. Nicolle et Cu. Anderson). — On sait que la fièvre des tiques, celte maladie humaine de l’Afrique Occidentale, est due au spirochète de Dutton, transmis par Orn. Moubata et, par l’étude des injections expérimentales de ce spirochète ou de celui que décelèrent A. Léger et C. Mathis, les auteurs ont déjà montré qu’il s’agit de deux spirilles d’espèces très voisines.
- Les nouvelles expériences qu’ils ont conduites sur des cobayes ou des rats précisent le mécanisme de la transmission en indiquant que l'Orn. Moubata péut se charger du spirochète de la musaraigne, isolé et étudié à Dakar, — les nymphes le transmettant par leurs piqûres, qu’elles soient nées d’adultes infectés, incapables par eux-mêmes d’agir par piqûres, ou nées d’adultes sains, et infectées par la suite. — Ces expériences indiquent que le rôle important, dans la transmission des récurrentes par les tiques, appartient ainsi à ces nymphes et que c’est du côté des rongeurs, sur lesquels elles se tiennent le plus souvent, qu’il faut chercher les réservoirs de ces virus, dans l’entretien desquels les gros mammifères, comme l’homme, et les tiques adultes n’ont qu’une action secondaire.
- Les ornithodores étudiés provenaient du laboratoire du professeur Bi'umpt. »
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Sound, by E. G. Ricuardon.1 vol. 286 p., 98 fig. Edward Arnold, Editeur, 41, Maddox Street'-Londbn. Prix : 15 sli.
- Nous avons à maintes reprises signalé le renouveau d’activité, expérimentale et théorique de la science acoustique. Mouvement provoqué d’un côté par le développement du téléphone avec et sans fil, et des phonographes, de l’autre par les besoins de la guerre (repérage au son des avions, sous-marins, et canons). Aussi le besoin se fait-il sentir, dans tous les pays, d’ouvrages d’ensemble exposant dans ses grandes lignes l’état actuel de celte science. C’est ce qu’ont fait en France M. Bouasse et M. Becquerel dans leurs traités de physique. C’est ce que vient de faire, en langue anglaise, M. Richardson dans un excellent travail, très logiquement composé et tenu au courant des plus récents travaux anglais, allemands, américains et français. 11 expose tout d’abord très clairement les fondements théoriques classiques de l’acoustique : étude de la propagation du son, élude des systèmes vibratoires; vibrations des solides : cordes, verges, membranes et plaques. Chemin faisant, il décrit les dispositifs expérimentaux les plus modernes et donne quelques notions sur le mécanisme des instruments de musique. Un chapitre fort intéressant est consacré aux sons éoliens causés par les tourbillons qui se forment dans le vent derrière un obstacle. Vient ensuite l’étude des tuyaux sonores et des instruments à vent, celle des flammes chantantes, celle des ' différentes méthodes d’analyse du son. L’ouvrage se termine par des notions d’acoustique physiologique et par un exposé succinct de l’acoustique architecturale ainsi que des procédés de repérage au son.
- L'infection microbienne et l'immunité chez la mite des abeilles, Galleria mellonella, par S. Metal-nisicov. 1 vol. in-8, 140 p., 22 fig. Masson et Cie, Paris, 1927. Prix : 18 fr.
- La mite des abeilles est un insecte dont la chenille vit dans les ruches, se nourrissant de cire. Elle est facile à élever, fort résistante, et l’auteur en a fait un « animal de laboratoire » qui lui a permis d’étendre aux invertébrés les recherches sur l’infection et l’immunité. Notamment il s’est servi de cette chenille qui digère aisément la cire protectrice des bacilles tuberculeux pour étudier les moyens de destruction de ce microbe si résistant. Ce livre est un excellent travail de physiologie comparée que Metalniskov termine par des vues nouvelles sur l’immunité et l’anaphylaxie. Médecins et biologistes y trouveront amplement à glaner.
- Traité théorique et pratique des distributions et canalisations d'électricité, d'eau, de vapeur et
- de gaz, par Et. Paoret, 2 vol., en tout 764 p., 231 fig., H. Vial, Editeur Dourdan 1927. Prix : 80 fr.
- Le premier volume de cet ouvrage est consacré à l’électricité ; l’auteur y rappelle les principes du fonctionnement des machines électriques, et il résume dans ses grandes lignes le mode de production industrielle du courant électrique, ainsi que ses principaux usages. Mais la partie qui d’après le titre de l’ouvrage devrait être la partie essentielle, à savoir le calcul des lignes, l’organisation et l’équipement des réseaux d’électricité, l’appareillage des lignes n’est également traitée que d’une façon résumée et qui ne tient pas toujours compte des plus récents progrès de la technique. La partie consacrée à l’eau donne un résumé de l’hydraulique, des notions sur le calcul, l’installation et la posé des conduites, sur l’organisation des usines élévatoires, sur l’épuration des eaux, les égouts et l’appareillage des conduites, ainsi que quelques indications sur le chauffage et la ventilation. La partie consacrée à la vapeur est également un résumé de tout ce qui concerne la production de la force motrice par la vapeur. Enfin pour le gaz, l’auteur étudie le mode de calcul et l’installation des conduites, ainsi que les installations intérieures.
- Si l’auteur n’a pu être complet, dans le cadre qu’il s’est tracé, il a du moins le mérite d’être fort clair, et son ouvrage constitue un bon résumé qui sera utile à tous ceux qui, à un titre quelconque, ont à s’occuper de ce genre de travaux.
- La question du lait. Etude médicale, biologique et sociale, par J. Rennes, 1 vol. in-8, 222 p., Masson et Ci<!, Paris. Prix : 18 francs.
- Tel qu’il est, le lait est ti’op souvent malpropre, parfois fraudé, microbien ou toxique. Les traitements qu’il subit avant consommation ne remédient pas à ces défauts d’origine même s’ils sont convenablement appliqués. Le mauvais lait nuit au laitier, mais surtout aux familles, aux malades, aux enfants, et par là il compromet l’avenir de la nation.
- C’est un sujet de discussions continuelles, voire de politique, mais, hélas, qui portent plus souvent sur les prix que sur la qualité. '
- Le problème du bon lait peut être résolu par l’éducation du laitier et l’action des pouvoirs publics.
- C’est l’ensemble complexe de toutes ces questions qu’examine avec clarté, avec vigueur, l’auteur de ce livre.
- Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges, par D. Bois. 1 vol. in-8, 593 p,, 255 fig. Encyclopédie biologique, Lechevalier, Paris, 1927, Prix : broché 75 fr. ; cartonné) 85 fr,
- Le professeur de culture du Muséum avait déjà publié avec succès Le potager d’un curieux, dans lequel il avait conté ses essais de culture des plantes alimentaires des diverses parties du monde. Il a depuis étendu beaucoup ses recherches et sa documentation et voici, de chacune des 1500 plantes légumières, l’histoire, la culture, les utilisations.
- En passant en revue toutes les Phanérogames légumières en usage dans le monde, M. Bois donne sur chacune d’elles des renseignements qui permettent d’établir leur valeur respective.
- Après avoir indiqué leurs noms scientifiques et vernaculaires, les noms des variétés lorsqu’il en existe, les principaux synonymes, il en donne la description, chaque fois qu’il s’agit d'une plante ayant une certaine importance, de manière à la distinguer de celles avec lesquelles elle pourrait être confondue. Quand il s’agit de plantes cultivées, il s’étend sur leur histoire en décrivant les variétés anciennes les plus caractéristiques et celles qui sont le plus recherchées de nos jours. Il fait connaître leur valeur nutritive d’après les analyses chimiques qui ont été données. Enfin une bibliographie importante permet de se reporter aux ouvrages qui ont traité aux points de vue de leur biologie, de leur culture, de leur utilisation.
- C’est une œuvre considérable, remarquablement documentée, qui sera lue avec intérêt par tous.
- Mémoires divers sur les. moyens d'accroître la consommation du poisson, présentés par J. Noirot. 1 vol. in-4, 107 p., mémoire n“ 6 de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes. Blondel la Rougery, Paris, 1927. Prix : 20 fr.
- L’Institut Océanographique a eu la bonne idée d’ouvrir un concours pour favoriser la consommation du poisson de mer en France. 11 a reçu un grand nombre de mémoires, riches d’idées, sur les diverses questions à résoudre : conservations à bord, transports, préparation, propagande, etc. On les trouvera analysés ici par M. Noirot qui fut le secrétaire de la commission et en partie reproduits. Il y a beaucoup à glaner dans cet ensemble de travaux de bonne volonté.
- La France d'aujourd'hui (agriculture, industrie, commerce), par G. Wei.ter, 1 vol. 346 p., 6 cartes, 21 graphiques. Payot, éditeur. Paris, 1927. Prix : 25 francs.
- . L’auteur s’est attaché à présenter un bilan économique de la France, bilan exact, complet, mis à jour pour l’année 1926 et présenté sous une forme qui en perlnet à tout lecteur la facile compréhension. Sont passés en revue successivement : l’agricul-*, ture et l’élevage, puis les diverses industries qui concourent à l’activité du pays ; l’auteur indique les régions où elles se sont développées, le caractère particulier qu’ont pris aux divers lieux ces manifestations de la production fi’ançaise ; des statistiques claii'es et bien choisies mettent en relief leur importance. L’ouvrage étudie ensuite sommairement le commerce intéi'ieur, puis le commerce extérieur à pi’opos duquel il donne des indications utiles sur les tai'ifs douaniers, traités de commerce et taxes d’exportation ou importation en vigueur.
- Ce livre utile se termine par un apei-çu sur le système de transports dont dispose notre organisme économique et par un coup d’œil sur les colonies.
- L’évolution actuelle du monde. Illusions et réalités, par le D1' Gustave Le Bon. 1 vol. in-12, 306 p., Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Pai-is, 1927. Prix ; 13 fr.
- L’âge actuel représente une période de progrès et de bouleversements qui différencient profondément la civilisation moderne de toutes celles que l’humanité à vues naître, grandir et disparaître au cours de sa longue histoire. Les peuples se trouvent entre un monde qui finit et un monde qui commence. La structure du monde nouveau dépendra de l’issue du conflit entre les forces créatrices, les foi'ces conservati'ices et les forces destructives qui agitent la vie des peuples.
- C’est à l’étude de ces éléments de la vie moderne que le nouveau livx-e de Gustave Le Bon est consacré. 11 aura sûrement le même succès que les publications antérieures de l’auteur.
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTION
- Moellons en béton armé.
- Les prix des matériaux de construction et de la main-d’œuvre ont subi depuis quelque temps une ascension telle que l’essor de la construction se trouve compromis au
- Les différents éléments en coupe.
- Fig. 1.
- 1, 2, moellons normaux; 1 bis,‘2 bis, moellons normaux avec feuil-lux-e ; 3, 4, 5, (5, 8, moellons d’angle; 8 bis, moellon d’angle avec feuillure; U, 10, moellons de remplissage; 7, moellon spécial pour jambage; 7 bis, moellon spécial pour jambage avec feuillure.
- moment même où la crise de l’habitation nécessiterait un prodigieux effort.
- Cet état de choses a favorisé l’éclosion de multiples idées tendant à perfectionner les procédés de construction, dont les principes essentiels, encore en usage de nos jours, remontent à la plus haute antiquité.
- Malheureusement, si la plupart de ces procédés offrent des avantages économiques certains, la solidité, et par conséquent la durée de la construction, est bien souvent contestable.
- C’est pourquoi nous tenons à signaler, à ce sujet, une innovation, due à un architecte français, et qui semble appelée à de nombreuses applications.
- Il s’agit d’un moellon en béton aggloméré, ce matériau qui, sous différentes formes, a depuis longtemps fait ses preuves, et qui, à juste titre, est considéré comme le matériau de l’avenir.
- L’originalité de l’invention réside dans la forme du moellon qui se compose essentiellement de deux éléments, dont la réunion forme un mur de 30 ctù d’épaisseur :
- 1° Un moellon mâle comportant sur l’une de ses faces latérales un élément mâle d’assemblage, à queue d’aronde, et qui est allégé par des trous disposés symétriquement, les uns destinés à assurer l’aération du mur, les autres devant être remplis de béton ;
- 2° Un moellon femelle comportant sur l’une de ses faces latérales un élément femelle d’assemblage, à queue d’aronde, et qui est également allégé par des trous disposés symétriquement.
- Des modèles spéciaux permettent les retours d’angle et toutes les combinaisons nécessaires. (Le dessin que nous reproduisons ci-dessus représente les différents éléments en coupe, fig. 1.)
- Les dimensions des moellons mâles et femelles, et la disposition symétrique des trous d’allégement, sont- combinées de façon qu’un moellon mâle étant placé à cheval sur deux moellons femelles, ou vice-versa, les éléments d’assemblage
- et trous verticaux coïncident exactement, ce qui permet d'enchevêtrer les moellons.
- Cette mise en œuvre spéciale (fig. 2) permet de couper par le milieu les joints et les lits et d’obtenir ainsi, sans mortier, un assemblage rigide et stable, lequel est consolidé par des piles en béton obtenues en coulant du bâton liquide dans les trous ronds prévus symétriquement dans les moellons. Ces piles peuvent d’ailleurs, dans les constructions importantes, être renforcées en introduisant dans les trous, avant la coulée de béton, des tringles de fer appropriées, ce qui donne des piles de béton armé.
- Les trous de forme ovale, formant deux matelas d’air successifs dans l’épaisseur du mur, assurent à celui-ci une aération parfaite.
- On remarque que les lits formés de moellons s’emboîtant les uns dans les autres à mi-hauteur ne laissent pas passer l’air.
- Les différents éléments ainsi décrits se préparent à l’avance, en série, sur le lerrain même où doit s’élever la construction, au moyen d’une presse de fabrication simple et robuste manœuvrant à bras. Toutes matières propres à l’agglomérat peuvent être employées (sable, scories, déchets de pierre, etc.).
- Ajoutons que des procédés analogues sont employés pour les fondations et les planchers.
- On conçoit sans peine la rapidité d’exécution que l’on peut atteindre et l’économie de main-d’œuvre qui en résulte. Ce procédé a, en outre, sur les autres constructions en béton, l’avantage d’éviter le coffrage dont le prix de revient est si coûteux actuellement.
- La solidité des constructions que l’on pouvait prévoir,
- assise
- Fig. 2. — La mise en œuvre.
- étant donné cet assemblage, formant un monolithe parfait, vient d’être pratiquement démontrée au cours d’essais récents qui ont été en tous points concluants.
- Constructeurs
- Paris.
- MM. Picot et Cahorn, 54, avenue Marceau,
- CYCLISME
- :î
- La duocyclette.
- f Deux inventeurs,HlM. Boniol et Pujol, ont imaginé une bicyclette à deux places côte à côte ; de chaque côté du cadre se trouve un guidon, un pédalier et une selle.
- Les deux guidons sont placés sur un tube horizontal qui fait partie de la bicyclette; ce tube est prolongé par deux tiges au bout desquelles sont fixés les deux guidons. L’un des guidons est fixe, l’autre est monté sur billes pour assurer la direction au moyen d’une petite bielle soutenue par deux potences. Bien entendu, le guidon directeur peut être placé à droite ou à gauche.
- Les deux selles sont supportées par deux tronçons de tube
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- Fig. 3. — La Duocydette.
- recourbés, ajustés dans un gros tube horizontal faisant également partie du cadre. Les selles s’élèvent ou s’abaissent à la volonté du cycliste.
- L’axe des pédaliers est légèrement plus important que celui d’un pédalier ordinaire. Chacune des deux pédales a une manivelle plus courte et plus renforcée que dans la bicyclette ordinaire. On a adapté une pédale supplémentaire de portée de manivelle double et on obtient ainsi une transmission en vilebrequin.
- Fig. 4. — Détail du mécanisme.
- Tube de support des guidons
- /ilebrequii
- Tête de support des selles
- On peut avancer ou reculer les guidons ou les selles sur les tubes qui les supportent de manière à réaliser très exactement l’équilibre, dans le cas où les cyclistes ont une certaine différence de poids.
- La direction est aussi facile que celle d’une bicyclette à une seule selle; la vitesse réalisée sans fatigue peutatteindre 35 à 40 km à l’heure,, car les deux cyclistes agissent sur le même pédalier. On a donc tous les avantages du tandem sans ses inconvénients, le poids maximum de la machine étant de 20 à 21 kg et la disposition des deux cyclistes côte à côte étant favorable à la promenade. Cette machine peut enfin se transformer en quelques minutes en bicyclette ordinaire à une place.
- On pourrait reprocher à cet appareil que les pédales extérieures sont en porte-à-faux; au point de vue mécanique cela est parfaitement exact, mais en pratique et pour un appareil de promenade ce défaut est négligeable.
- S’il s’agit de machines de course, on a intérêt à réaliser l’axe imaginaire autour duquel tournent les deux pédales extrêmes. Pour cela, les inventeurs ont résolu le problème au moyen de tubes qui s’adaptent à l’extrémité et viennent se fixer à des tiges qui supportent le guidon et la selle. Dans l’angle de ces deux tubes est monté un palier ou un roulement à billes dans lequel les pédales extérieures viennent prendre leur appui.
- Cette modification est très intéressante lorsqu'il s’agit d’une machine destinée à faire de la vitesse, mais elle n’est pas du tout nécessaire lorsque la bicyclette à deux places ne doit servir que dans un but de promenade.
- MM. Boniol et Pujol, 4, boulevard Gambetta. Narbonne (Aude).
- OBJETS UTILES Tire-valise.
- Voici un appareil qui permet de transporter facilement les valises en supprimant la fatigue. Il a l’avantage d’économiser les frais de portage dans les garés.
- Cetappareilse compose d’un rouleau qui est maintenu dans une armature métallique. Le support en forme de cornière est lixé sur la valise dans un petit côté au moyen de rivets à tête nickelée et de rondelles. Pour mettre en place ces rivets, on perce au poinçon des trous correspondant à ceux du support, on glisse les rondelles sur chaque rivet qui dépasse à l’intérieur de la valise et on rabat à fond, sur les rondelles, les deux branches de chaque rivet. Sur les rivets rabattus, on colle le papier gommé spécial, de façon à éviter le contact des branches des rivets avec le contenu de la valise.
- La poignée est placée sur le milieu de l’autre petit côté de la valise et sa pose est faite de la même manière que pour le rouleau. En tenant la valise par la poignée, le rouleau est appliqué sur le sol et l’on peut alors tirer la valise d’une main ; elle roule ainsi facilement et l’on peut véhiculer le colis bien qu’il soit lourd, sans aucune fatigue.
- P. Collard, 54, rue Chaptal, Levai lois-Perret.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Fromage de Gruyère et de Cantal.
- M. Is. Maranne nous écrit : « Gomme suite à l’article de M. Reverchon sur le fromage de Gruyère (Nature du Ie' sept. n° 2768) je vous signalerai qu’il existe depuis plus de 15 ans, à Àllanche (Gantai), une fabrique de fromage de Gruyère qui était déjà très prospère lorsque j’ai quitté cette région, il y a quelques années, puisqu’elle expédiait en moyenne un wagon de fromages par mois. Je crois savoir que, depuis, cette fabrique qui avait été fondée par un industriel suisse, par conséquent très au courant de celte fabrication, avait considérablement progressé. '
- Votre collaborateur ignorait cette fabrique puisqu’il dit page 202 : « On peut prévoir qu’en France l’exemple de la Franche-Comté sera prochainement suivi sur le Plateau Central. » Il est vrai que la maison dont je parle est la seule qui existe en Auvergne. Le succès qu’elle a obtenu engagera probablement d’autres industriels à l’imiter. Il ne faudrait toutefois pas désirer que ces fabriques se multiplient trop, car alors que deviendrait la fabri-(
- QUESTIONS
- Adresse relative à Vappareil décrit dans l’article intitulé « Les fossiles vus à la lumière ultra-violette » : Quarzlampen-Gesellschaft, à Hanau (Allemagne).
- Recherche de la présence du fer dans les sels de zinc.
- 1° Pour rechercher la présence du fer dans les sels de zinc on commence par amener au maximum d’oxydation le fer éventuel, pour cela on acidulé par l’acide azotique et porte à l’ébullition quelques minutes. — Ensuite on laisse un peu refroidir et ajoute un excès d’ammoniaque, dans ces conditions l’hydrate de zinc se redissout et s’il y a du fer sa présence est manifestée par un dépôt plus ou moins abondant d’hydrate ferrique brun, que l’on peut en outre recueillir sur un filtre, calciner et peser à l’état de peroxyde Fc- O3.
- Les sulfocyanures soit d’ammonium, soit de potassium, peuvent également révéler la présence du fer dans la solution peroxydée qui prend une coloration rouge sang, mais la réaction est uniquement qualitative.
- 2° Les postes à huit lampes sont plus difficiles à régler parce qu’il y a en même temps amplication des parasites; si vous vous contentez des concerts locaux, un poste à trois lampes vous suffira largement. M. Chardin, a Pantin.
- Protection des fosses en ciment.
- Les liquides que l’on met en contact avec le ciment ont parfois sur lui une action funeste par réaction chimique sur la chaux et l’alumine qui en sont les éléments constituants et cette action se poursuivant de proche en proche vers l’intérieur compromet bientôt la solidité de l’ensemble.
- Il est facile d’éviter ce cheminement en supprimant la porosité
- du ciment de la manière suivante :
- Prendre : Chaux vive. . ........... 7 kilogs.
- Eau ordinaire ...... 2,5 —
- Eteindre la chaux avec l’eau, puis lorsque l’extinction est terminée et la chaux délitée, on tamise la poudre pour la séparer des incuits, alors on y ajoute peu à peu sous forme de filet et malaxant soigneusement :
- Oléine du Commerce.............. 1 kilogr.
- La poudre ainsi obtenue est finalement broyée pour la rendre bien homogène et on la met de côté jusqu’au moment du besoin. . Pour l’emploi, on ajoute la poudre ci-dessus au ciment et au sable en observant les proportions qui suivent ;
- Poudre préparée..................... 5 kilogs
- Ciment.............................100 —
- Sable......................... 200 —
- cation du fromage dit « Cantal » et du fromage « bleu d’Auvergne » ? Avant l’installation de la fabrique de Gruyère d’Allanche, les propriétaires faisaient du « Cantal ». Dès que la fabrique a été installée, ils ont préféré cesser cette préparation et vendre tout leur lait au fabricant de Gruyère, bien qu’ils aient beaucoup plus de bénéfices en fabricant eux-mêmes leur fromage. Malheureusement, la théorie du moindre effort et la paresse de beaucoup de nos paysans ont eu raison de leur hésitation, le bénéfice étant immédiat et ne nécessitant plus aucune peine. La Haute-Auvergne doit rester le vrai pays du « Cantal » et non devenir celui du Gruyère. Que penserait-on d’un fromage dit « Cantal » ou « Fourmi », comme on l’appelle dans le pays, qui serait fabriqué en Normandie ou en Suisse? Le cachet d’origine y perdrait sa valeur, et il en serait de même pour tous les autres fromages qui se fabriqueraient un peu partout. Il en est de cet article comme du Champagne. Du Champagne fabriqué à Bordeaux ne serait guère du Champagne, malgré peut-être son imitation parfaite.
- Si l’on ne veut pas dénaturer les marques, laissons chacune d’elles à leur pays respectif. »
- ET RÉPONSES
- On gâche comme d’habitude avec de l’eau et termine les opérations sans avoir à observer de conditions spéciales.
- L. H., a Vervieks.
- (ju’est-ce que le Chatterton ?
- Le Chatterton que l’on emploie si souvent dans l’appareillage électrique comme protecteur des jonctions métalliques est composé
- de :
- Goudron de Norvège..............100 grammes
- Colophane.......................100 —
- Gutta-percha................... 300 —
- F’aire fondre doucement en évitant l'inflammation, couler en bâtonnets ou appliquer sur toile. M. Couperot, a Rouen.
- Destruction des cloportes.
- Le seul moyen réellement efficace pour détruire les cloportes est d’utiliser comme pièges les écorces de vieux bois, des feuilles de salades ou de choux, ou encore de petits balais de bouleau rendus humides.
- De temps â autre, on secoue ces pièges au-dessus d’un seau d’eau additionnée d’un peu d’eau de Javel, puis ori remet les piégés en place. M. Couperot, a Rouen.
- Peut-on patiner le granit?
- Bien que pratiquement le granit puisse être considéré comme imperméable à l’eau, il présente cependant une porosité suffisante pour se laisser pénétrer tout au moins superficiellement, par certains liquides tels que la benzine, l’huile de vaseline, etc.
- On peut utiliser cette propriété pour donner au granit fraîchement taillé un aspect plus ancien en appliquant à la surface une solution plus ou moins concentrée de noir ou de brun de stéarate dans la benzine; après évaporation de cette dernière, le stéarate sera fixé et ne pourra plus être entraîné par les pluies.
- Po, a Mons*. Belgique.
- Adresses demandées.
- 1° Vous trouverez des vernis ù l’acétate de cellulose chez Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin.
- 2° Le Consortium des soies artificielles, 16, rue du Louvre, vous fournira, par toutes quantités, les Soies viscose, au cuivre, au collodion, à l’acétate, etc.
- 3° L’acétate de cellulose se dissout très facilement dans l’acétone.
- . M. E. Muren, a Alger.
- Patine en vieil ivoire des objets déplâtré.
- Faire fondre en chauffant doucement un mélange de :
- Cire blanche . . . ,(...................100 gr.
- Huile de lin cuite a la lilharge. .... 300 cc.
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- Chauffer d’autre part légèrement, dans un four ou une étuve, l’objet à patiner de manière à le porter aux environs de 80-90°C, appliquer alors la mixture précédente maintenue chaude ; repasser l’objet à l’étuve, ce qui permet une meilleure pénétration, puis redonner une seconde couche, répéter l’opération jusqu’au moment où le plâtre n’absorbe plus que difficilement, laisser alors refroidir et passer au chiffon de laine bien propre.
- N. B. — Généralement la coloration de l’huile de lin cuite suffit pour donner le ton vieil ivoire; si la teinte n’était pas assez accentuée ajouter à la mixture chaude, avant d’appliquer, une pointe de jaune au stéarate et au besoin une autre pointe de brun également au stéarate. Seule une appréciation de l’œil peut intervenir dans la mise au point. M. Guichard, a Amiens.
- Bibliographie.
- Vous trouverez les renseignements les plus complets sur la question qui vous intéresse dans l’ouvrage : Précis de Métallo-graphie et Macrographie par Léon Guillet et Albert Portevin. Éditeur : Dunod, 92, rue Bonaparte.
- Peut-on rendre visibles les écritures effacées ?
- Lorsque l’encre employée était une encre au sulfate de fer, on peut faire réapparaître très nettement les caractères en opérant ainsi :
- Dans une boîte en carton ayant environ dix centimètres de hauteur, et dont les autres dimensions sont réglées par celles de la feuille portant l’écriture, on place à moitié de sa hauteur un cadre sur lequel est tendue une étoffe à mailles larges, gaze ou toile de bluterie, puis on assure la fermeture supérieure de la boîte au moyen d’une vitre, ce qui permet de suivre la réapparition des caractères sans avoir à toucher au couvercle.
- Dans le fond de la boîte on place une soucoupe et verse dans celle-ci quelques centimètres cubes de sulfure d’ammonium jaune tel qu’il est employé comme réactif dans les laboratoires ; au-dessus on dispose le cadre et le filet portant la feuille avec l’écriture plus ou moins effacée, feuille que l’on a imbibée d’eau avec une éponge de façon à la rendre humide simplement; enfin on ferme au moyen de la vitre.
- Lorsque les caractères sont bien apparus en noir, il faut prendre note- des inscriptions, car., ultérieurement, au contact de l’air, le sulfure de fer formé, qui est noir, s’oxyde et se transforme en sulfate de fer incolore ; il ne faut donc pas compter sur la conservation prolongée des inscriptions ainsi revivifiées.
- Dans le cas où la copie du texte ne serait pas suffisante et où on voudrait une reproduction exacte, il suffirait de mettre aussitôt la feuille de papier entre deux lames de verre, puis d’en prendre une photographie dans les conditions habituelles.
- La Tierra de Galdos, a Las Palmas.
- Conservons aux cuirs leur souplesse.
- Le procédé type pour donner au cuir de la souplesse est évidemment de le charger de matières grasses ainsi que cela se pratique dans le chamoisage, mais le cuir ainsi traité présente l’inconvénient de graisser les objets mis à son contact.
- On peut dans le cas des cuirs tannés normalement aux tanins, qui ont une tendance à durcir, leur redonner de la souplesse en frottant de préférence le côté chair avec un tampon imprégné d’un mélange à parties égales de glycérine et d’eau; on laisse bien pénétrer dans le cuir pendant vingt-quatre heures au moins de façon qu’il n’y ait plus de glycérine en surface, et on remet en service comme d’habitude. • M. Censier, a Nîmes.
- Pourquoi les coupes d’éclairage en albâtre deviennent opaques.
- L’albâtre étant constitué par du sulfate de calcium cristallisé Ga SO4, 2H,0, lorsqu’il est porté à une température un peu élevée par le voisinage des lampes à incandescence, se déshydrate comme le plâtre (Voir La Nature ne 2755 du 19 février 1927) et perd ainsi son aspect translucide. *
- Par analogie, on peut donc essayer de produire à nouveau l’hydratation en imbibant largement la coupe, de façon qu’il se reproduise une cristallisation dans les parties devenues opaques, mais bien entendu si la température à laquelle a été porté
- l’albâtre a excédé 160"C il ne faut plus compter- sur la réussite par ce moyen et on doit se contenter, après séchage complet, de frotter légèrement les parties en cause avec un tampon de coton imbibé de vaseline pour redonner une translucidité suffisante, M. Défais a Paris.
- Préparons nous-mêmes les crèmes à chaussures.
- On peut très facilement préparer une crème de cirage noire
- pour chaussures en prenant :
- Cire de Carnanba.................. 85 grammes
- Cérésine........................ 100 —
- Noir de fumée..................... 10 —•
- Stéarate de nigrosine.............. 5
- Essence de térébenthine........... 800 —
- Pour obtenir une crème jaune, supprimer le noir de fumée et remplacer le stéarate de noir par du stéarate de jaune.
- M. L., A Lu.LE.
- Est-il permis d’ajouter un conservateur au lait?
- La loi interdit toute addition de conservateur au lait destiné à la vente, le seul procédé admis étant la stérilisation par la chaleur (Procédé Appert).
- En effet, par la circulaire du 15 décembre 1908, le Ministre de l’Agriculture a estimé que toute matière alimentaire dans laquelle l’analyse révèle la présence d’un produit antiseptique, quel qu'il soit et quelle qu'en soit la dose, est dangereuse pour la santé publique, c’est-à-dire toxique au sens de la loi du 1"' août 1905.
- M. Bourchet, a Rochefort.
- Questions d’œnologie.
- 1° Vous trouverez tous renseignements utiles sur le travail des Vins dans le Manuel général des Vins, de Robinet d’Epernay, qui comporte trois volumes : I. Vins rouges, vins blancs, vins artificiels. II. Vins mousseux, Champagne, Saumur. III. Analyse des vins, falsifications. Editeur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- Comme ouvrage moins important, nous pouvons vous signaler: Les Vins, traitement de la vendange et vinification, par Billon. Editeur, Albin Michel, rue Huyghens. 2" La maison Salleron-Dujardin, 24, rue Pavée-au-Maruis, vous fournira mustimètre, burette et tous appareils de contrôle œnologique.
- D' S. Tara, Penestin.
- Qu’entend-on par électrodes inattaquables ?
- Des électrodes ne sont inattaquables que par rapport à un milieu déterminé; pour répondre utilement à votre demande il faudrait connaître la nature de l’électrolyte pour se rendre compte des produits libérés par l’électrolyse et en déduire quels seraient les électrodes inattaquables dans ces conditions.
- D’une manière générale, ce sont les électrodes en charbon qui sont les plus économiques et les plus stables pour les fabrications industrielles; quant au platine il ne faut pas y songer, non seulement à cause de son prix, mais encore parce qu’il est fortement attaqué par le chlore et ses dérivés.
- M. E. Delafond, Mexico.
- Différentes variétés de vrillettes rongeuses de bois.
- Chaque espèce de bois a pour ainsi dire sa variété de vrillette destructrice :
- 1° Le Chêne et le Châtaignier sont surtout attaqués par YAno-bium tesselatum dit communément vrillette marquetée ou vrillette damier qui a 6 à 7 mm de long, une teinte brun-marron avec des poils dorés formant à la partie supérieure du corps une sorte de mosaïque ou damier, d’où le nom donné à l’insecte.
- 2° Les bois blancs, Peuplier, Sapin, etc., sont particulièrement choisis parla vrillette des tables ou vrillette opiniâtre (Anobium pertinax ou striatum) qui n’a que 4 mm de long, un corps brun fpncé avec duvet de couleur fauve; les élytres sont striées; lorsqu’on touche l’animal il simule lh mort et reste immobile jusqu’à ce qu’il soit complètement rassuré.
- R. Gruzelle, a Paris.
- 95.026.
- Paris, lmp. Lahure. 15-10-27
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- LA NATURE
- ' N° 2772 \j
- y Ier'Novembre 19271
- ... " ti i « 1*1 11 <r t.-- -mm
- .r.. ' Paràît lei°retle 15 de chaque mois.
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- pour la vente en France.
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- LA NATURE
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- Tarif extérieur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques . Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et Cu, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du l*r de chaque mois.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée àux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à M.\I. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI". Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI‘
- La reproduction des illustrations de « La Nature 1 est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à 1 obligation de l’indication d’origine.
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- Fig. 1. — Des mouflons que l’auto n’effraie pas.
- Bandes d’ours bruns visitant un camp abandonné par des touristes.
- Fig. 3. — Un orignal dans le parc national de Jasper (Montagnes Rocheuses).
- = LE CANADA
- PARADIS DES NATURALISTES ET DES CHASSEURS
- Certaines régions de l’Afrique sont demeurées de nos jours d’immenses et abondantes réserves de vie animale, et peut-être le resteront-elles encore pendant une ou deux générations, malgré les rapides progrès que fait la colonisation dans la partie orientale du continent noir. Mais il faut être en possession d’une jolie fortune pour aller brûler des cartouches dans ces pays !
- Un chasseur qui s’écarte du littoral africain avec le désir de collectionner des peaux de lions ou de zèbres et des cornes d’antilopes apprend bientôt ce qu’il en coûte d’organiser un safari., nom d’origine indienne que l’on applique à toute entreprise cynégétique dans cette partie du monde. L’absence de voies ferrées et de chemins carrossables, l’impossibilité d’employer des chevaux, qui ne supportent pas le climat, imposent à tous les voyageurs européens, qu’ils soient explorateurs ou chasseurs,
- l’obligation de former une caravane de porteurs qu’il leur faut nourrir en route.
- Ces observations sont applicables au continent asiatique où les amateurs de gros gibier ne peuvent satisfaire leurs goûts qu’au prix de dépenses et de fatigues considérables, soit qu’ils opèrent dans les jungles de l’Hindoustan et de l’Indo-Chine, qui abritent encore une faune abondante, soit qu’ils veuillent poursuivre les hordes d’hémiones et d’antilopes sur les steppes de Mongolie.
- Avec ses inoffensifs marsupiaux et ses émus qui composent sa grande faune, l’Australie n’attire guère le chasseur; et, là encore, il se heurte à la difficulté du transport. Quant à l’Amérique du Sud, ce n’est vraiment pas un pays qui puisse séduire nos nemrods modernes avec ses épaisses forêts vierges qui se prêtent mal aux
- Fig. 4. — Bisons canadiens dans la prairie.
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- beaux coups de fusil. Et, d’ailleurs, sa grande faune est relativement insignifiante tant au point de vue des dimensions que de l’abondance : des tapirs, de menus cervidés, de minuscules sangliers (pécaris), de faux tigres (jaguars), de faux lions (cougouars). Il ne reste guère à citer que l’immonde caïman', qui ne mérite point une cartouche, et les bandes de singes qu’un homme sensible hésite à décimer, car rien ne ressemble autant à l’agonie d’un être humain que les plaintes et contorsions d’un quadrumane sud-américain qu’une balle fait choir aux pieds du chasseur.
- Comme terrain de grandes chasses, il ne nous reste plus qu’à étudier l’Amérique du Nord. Avec ses hordes de bisons, de wapitis (Cervus canadensis), de caribous (.Rangifer caribou, renne sauvage), agglomérées par millions de têtes, ses énormes bandes d’élans (Alces ameri-canûs), d’antilopes (Antilocupra americana), de daims de
- que, si les sportsmen américains peuvent encore rencontrer dans les Montagnes Rocheuses quelques ours, quelques mouflons, quelques chèvres-chamois, il leur est matériellement impossible d’ajouter à leurs trophées une de ces magnifiques têtes de bison, de wapiti ou d’élan dont se glorifiaient leurs aînés, il y a moins d’un demi-siècle.
- Cet exemple d’imprévoyance et de prodigalité aura tout au moins servi de leçon de choses aux voisins des Américains. Le Canada possède une grande faune presque identique à celle des États-Unis, et qu’il a entrepris de protéger alors qu’il en était encore temps. Il nous appartient maintenant de justifier le titre de cette étude en démontrant que le Dominion Canadien est et reste dans le monde le seul pays digne d’être appelé « le paradis du naturaliste et du chasseur ».
- Nous noterons d’abord l’existence de»treize « parcs »
- Fig. 5. — Troupeau de caribous dans le nord canadien.
- plusieurs espèces, de mouflons (Ovis canadensis), de chèvres-chamois (Oreamnos montanus), ses immenses colonies de castors, ses légions d’ours, de loups et de coyotes, le vaste territoire des Etats-Unis fut longtemps pour le chasseur une véritable terre promise.
- Mais ce paradis n’est plus qu’un désert, si nous le considérons sous l’angle de la zoologie. La plupart des espèces que nous venons de mentionner se sont littéralement évanouies en moins d’une génération. Livrées, à une orgie de meurtres, elles ont fondu comme gelée blanche au soleil. Quand, sous la pression d’associations scientifiques, lés pouvoirs prirent des mesures de protection pour sauver du massacre les survivants de la grande faune indigène, il était trop tard.
- De ces millions d’animaux, il ne reste plus guère que de petites bandes recueillies ou protégées sur des espaces réduits, comme le Parc de Yellowstone. Et c’est dire
- nationaux, immenses domaines dispersés du Saint-Laurent au l’ivage du Pacifique, et qui constituent autant d’inviolables refuges pour les mammifères comme pour les oiseaux. A ces réserves nationales viennent s’ajouter de nombreux et vastes parcs provinciaux qui sont, eux aussi, fermés aux chasseurs. Selon l’expression que nous, emprunterons à M. Claude Melançon, l’écrivain canadien bien connu, « ces refuges où s’accumule le gibier sont pour le chasseur ce qu’est le barrage pour l’industriel qui emploie la force hydraulique ».
- Dans ces asiles, ou, comme disent pittoresquement les Américains, dans ces sanctuaires, mammifères et oiseaux sauvages se multiplient rapidement, et ce sont autant de réservoirs qui alimentent de vie animale les régions avoisinantes. Il est à peine besoin de faire observer que la plupart de ces parcs nationaux ou provinciaux, dont plusieurs ont la superficie d’un de nos départements, ne
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- Fig 6. — Troupeaux de wapitis dans la Colombie britannique.
- sont pas clôturés, et que leurs hôtes peuvent librement essaimer en dehors des limites. Les exceptions sont constituées par le Wain wright Parle (Province d’Alberta), où prospère un troupeau de 8000 bisons, et la Nemiskan Reserve, où l’on tente avec succès de former un troupeau d’antilopes, espèce ménacée d’extinction.
- L’ensemble de ces réserves nationales ou provinciales que des lois ont rendues inaccessibles non seulement pour le chasseur, mais aussi pour le colon, forme un imposant total de plus de 19 millions d’acres (l’acre valant 40 ares).
- Ce chiffre nous est une garantie que le gibier de poil et de plume du Canada pourra se perpétuer, même lorsque cet immense pays sera surpeuplé, hypothèse qui n’est pas près de devenir un fait.
- Presque aussi étendu que l’Europe avec ses 3 700 000 milles carrés, le Dominion n’en a livré à la culture qu’une faible portion : moins de 100 000 milles carrés.
- En dehors des villes et villages, la densité de la population n’est que d’un habitant par mille carré.
- Même dans les vieilles provinces du Québec et de l’Ontario, il reste encore
- de l’ouvrage pour l’explorateur, et l’on peut encore parcourir des centaines de kilomètres dans les parties septentrionales de ces provinces sans sortir de la forêt vierge, sans y rencontrer d’autres signes d’habitation humaine qu’une cabine de trappeur ou qu’une tente de Peau-Rouge.
- Le sportsmen pourrait s’effrayer de l’immensité même des territoires de chasse qu’offre le Canada en imaginant que ce que nous avons dit du safari africain trouve ici
- sa dispendieuse répétition. Rassurons-le en observant que le Dominion est parcouru désormais par des réseaux de voies ferrées qui facilitent admirablement l’accès de ces territoires.
- En quelques heures, les trains du Canadian National le transporteront de Montréal ou de Toronto dans des districts giboyeux où il n’aura que l’embarras du choix parmi les cibles qui tenteront son fusil, mais à condition qu’il observe lois et règlements.
- Chaque province possède son code de chasse.
- Il n’est pas inutile de faire remarquer ici qu’une province canadienne a les dimensions d’un royaume. L’Ontario est deux fois plus
- Fig. 7. — Un wapiti attendant le photographe.
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- étendu que la France; le Québec est cinq fois plus vaste que les Iles Britanniques.
- Pour donner une idée de ces codes, étudions celui de cette dernière province. Le permis de chasse pour les chasseurs qui n’habitent pas le Québec est de 25 dollars; il leur donne le droit d’abattre pendant la saison 1 élan, 2 daims et 2 caribous, des ours [ad libitum en tant que quantité), et des oiseaux, soit par chasseur et par jour, 25 canards, 15 oies, 25 râles, 15 pluviers dorés, 15 pluviers à ventre noir, 25 bécassines, et autres espèces.
- Il est formellement interdit de tuer ou même de poursuivre les jeunes élans, daims et caribous âgés de moins d’un an, interdiction qui s’étend aux élans femelles.
- Les saisons de chasse varient de longueur selon les espèces. L’élan peut être chassé du 10 septembre au 31 décembre; les daims de différentes espèces, du 1er septembre au 30 novembre; le caribou, du 20 septembre au 31 décembre; les oiseaux, du 1er septembre au 15 décembre. La chasse à l’ours n’est interdite que du 21 août au 30 juin.
- On voit que les différentes « saisons » de chasse coïncident pour plusieurs mois. Ajoutons que la chasse aux bêtes féroces (catégorie où l’on ne saurait placer Tours brun aux mœurs débonnaires) est complètement libre.
- Bien mieux,un chasseur qui abat lynx, loups, coyotes, peut réclamer des primes.
- A moins de 100 km au Nord-Est de la ville de Québec, à Baie-Saint-Paul, localité desservie par le Canadian National et qui n’est pas très éloignée du Parc National des Laurentides, un chasseur peut inscrire à son « tableau » élan, daim, ours, sans parler du menu gibier de poil et de plume.
- Nous pourrions multiplier de tels exemples, mentionner de nombreux points qui ne sont éloignés de Montréal ou de Québec que de 50 à 100 km par voie ferrée, et d’où les sportsmen ne reviennent jamais bredouille. Seuls (toujours en ce qui concerne la province de Québec), les rennes sauvages (caribous) exigent un plus long déplacement.
- En consultant un guide du chasseur (Hunting in Canada) récemment édité par le Canadian National Railway, nous découvrons que les amateurs de bois de renne doivent faire 440 km de chemin de fer pour atteindre Saint-Félicien, terminus d’un embranchement de cette Compagnie, où abondent les caribous, les élans, les daims et les ours.
- Le plus beau des territoires de chasse canadiens accessibles par voie ferrée est incontestablement la Colombie Britannique, province dont la superficie est égale ou même supérieure à celles de la France, de l’Italie et de la Suisse réunies.
- Traversée par les Montagnes Rocheuses et parla chaîne côtière des Cascades, relativement peu peuplée (moins de 600000 âmes), couverte en grande partie de magnifiques forêts, renfermant de vastes régions encore inexplorées, elle possède une faune d’une abondance et d’une variété incomparables.
- C’est le seul pays dans l’Amérique du Nord où l’on puisse encore chasser le wapiti, le plus grand et le plus beau des cerfs en existence; partout ailleurs, au Canada comme aux Etats-Unis, l’espèce est strictement protégée. Elans, caribous, ours bruns, ours grizzlis (le plus féroce des plantigrades), daims (de trois espèces), mouflons, chèvres-chamois, y abondent à ce point que l’amateur de gros gibier trouve de riches terrains de chasse à proximité de la voie du Canadian National !
- Là comme dans les autres provinces, le chasseur doit tenir compte de certaines restrictions promulguées pour assurer la conservation de la grande faune. Les antilopes et les bisons (quelques bandes de ces gigantesques bovidés errent encore dans le Nord de la province) sont strictement protégés d’un bout de l’année à l’autre. Les femelles d’élans, de caribous, de daims et de mouflons jouissent du même privilège. Les wapitis (les mâles adultes seulement) ne peuvent être chassés que durant la première quinzaine d’octobre. Les ours sont protégés pendant plusieurs mois.
- Pour compléter ces mesures, et d’autres que nous renonçons à énumérer, les lois de la province prévoient la perception de certaines taxes qui s’ajoutent aux 25 dollars que coûte le permis de chasse. Une somme égale est payée par le chasseur pour chaque ours grizzly, élan, wapiti, caribou et mouflon abattu. Un daim de la grande espèce [mule deer), un ours brun ou noir, une chèvre-chamois, coûtent 15 dollars par tête.
- La taxe perçue pour les autres espèces de daims est de 5 dollars.
- Nous n’avons mentionné dans cette rapide étude cynégétique que le gros gibier. Une nomenclature des animaux de petite taille qui pullulent un peu partout dans le Canada comprendrait le lapin, le lièvre, le porc-épic (.Erethizon dorsatum), le chien de prairie, la marmotte, le lemming, plusieurs espèces d’écureuils et autres petits mammifères.
- Nous nous sommes strictement limité à l’étude des terrains de chasse aisément accessibles par voie ferrée; c’eût été sortir de notre sujet que de parler du Yukon, dont la grande faune est exceptionnellement abondante et variée, car une expédition cynégétique dans ce lointain territoire entraîne des dépenses de temps et d’argent relativement considérables.
- Désireux d’attirer touristes et sportsmen, le Canada a pris en leur faveur des mesures très libérales. Tout leur matériel de chasse et de campement (y compris kodaks et phonographes) est exonéré des droits de douane, à la seule condition que les objets importés soient exportés dans un délai de six mois.
- Et c’est là un temps largement suffisant pour un chasseur ambitieux de conquérir de glorieux trophées ! (*)
- Y. FokbinQ).
- 1. Photographies du Canadian National Railway.
- 2. Notre collaborateur, M. Forbin. vient de rentrer d’une longue randonnée à travers le Canada qu’il a traversé de part en part. Il en a rapporté nombre d’observations, de documents et de photographies dont il se propose de faire profiter les lecteurs de La Nature.
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- -rr == GLOZEL -...........
- CONSTATATIONS, RÉFLEXIONS 'ET HYPOTHÈSES
- APRÈS AVOIR VU ET FOUILLÉ
- Dès le débat des fouilles de Glozel, La Nature a publié une étude de M. le DT Morlet sur ces intéressantes découvertes [n° 2121, 24 juillet 1926). Peu après, M. Butavand a donné .(n° 21 k6, 20 novembre 1926) un premier essai d'interprétation des inscriptions recueillies. Depuis...., des flots cl'encre ont coulé, des discussions passionnées se sont élevées, à V Académie des Inscriptions et B elles-Lettres, dans les sociétés savantes et récemment dans la grande presse. Une commission internationale vient cValler visiter le gisement ; le Ministre cle VInstruction Publique vient d'en demander le classement. Sans vouloir prendre parti, nous sommes heureux de publier l'étude suivante du Dr Stephen Chauvet, qui
- lui aussi, revient de Glozel.
- Après avoir lu les documents qui ont paru sur les les objets trouvés, et le terrain de fouille, afin de mieux
- fouilles de Glozel, j’ai désiré aller étudier, sur place, et connaître encore une civilisation insoupçonnée avant
- Fig. 1 à 10. — Ilarvons. (Dessins du Dr Stephen Chauvet.)
- 1. Harpon magdalénien. 7. Poinçon de Glozel. Morlet, t. IV, fig. 10. (Pointe complémen-
- 2. Harpon du Mas d’Azil. taire d’après le Dr S. C.)
- 3. Harpon de Glozel. 8. Montage du harpon de la fig. 3, vu de profil.
- 3 bis. Le même, vu de profil. 9. Montage du harpon de la fig. 3, vue de dos; autrement dit
- 4. Un autre harpon de Glozel Morlet, t. IV, fig. 20. fig. 3 bis complétée comme sur la fig. 8. L’ensemble perforant
- 5. Utilisation probable de ce 3e type de harpon de Glozel. est retenu à la hampe du javelot par le fil flotteur.
- 6. Harpon de Glozel (4e type).Morlet, t. IV, fig. 18. 10. Reconstitution du montage probable du harpon du Mas d’Azil.
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- ces fouilles et, qui non seulement comblait le fameux hiatus prénéolithique, mais encore nous révélait une écriture plus ancienne que toutes celles que nous connaissions jusqu’à présent.
- Mais je ne pouvais m’empêcher de penser que, si le soc de charrue de M. Fradin avait ressuscité trois ans plus tôt cette captivante civilisation, j’aurais eu le plaisir et l’intérêt de faire l’étude que je projetais, en compagnie de mon vieil ami Jacques de Morgan, et, me rappelant nos derniers échanges de vues, il m’était facile de deviner la joie qu’il aurait eue a voir résolu le problème de l’hiatus, qu’il avait eu le rare mérite de combler en partie avec sa théorie mésolithique, mais qui continuait à le préoccuper.
- Me rendant donc à Vichy, je lisais les derniers documents parus sur la question de Glozel, et c’est ainsi que je pris connaissance d’un article de M. Camille Jullian [Revue des études anciennes, juillet-septembre 1927) dans lequel je lus, entre autres choses, ce qui suit :
- « 1° Des fragments de cornes et d’os de cervidés ou k autres gros animaux, taillés en forme de branches « d’arbres, flanquées d’amorces de rameaux, ce qui les a « fait dénommer des harpons. Si cette dénomination est « exacte, ce ne peut (sic) être que des instruments fictifs,
- « votifs si l’on veut. Mais je ne suis pas sûr qu’il ne « faille pas voir là autre chose que des harpons ou leurs « simulacres, et que ce ne soit pas la représentation de « quelque « surculus » ou rameau magique. Je ne dissi-« mule pas, d’ailleurs, que de tout le mobilier de Glozel,
- « c'est ce genre de pièce qui m’embarrasse le plus. De <c toute manière, c’est dans Vinstrumentum magicum qu’il « faudra en chercher l’explication ».
- Et, en notules, en bas de page :
- « Ils (les harpons) sont absolument différents de ceux « des palafittes et de tous les niveaux magdaléniens et « aziléens (Breuil, p. 548) ».
- « Il est facile de constater, même d’après les dessins,
- « qu’ils furent, pour la plupart « inutilisables et mutiliez sés ». Dans le même sens, Breuil (l'Anthropologie, 1926,
- « p. 546 et suivantes) ».
- Enfin, après s’être appuyé sur Apulée, M. C. Jullian ajoute :
- « La seule figuration que j’ai pu trouver, se rapprochant, d’ailleurs, de tous ces harpons, est une figuration foliacée qui accompagne une fleur d’ellébore dans une bague magique (Dictionnaire des Antiquités, I, fig. 307) ; mais je croirais plutôt, si mon hypothèse est acceptable, qu’il s’agit d’une schématisation grossière de branches de lauriers, l’arbre capital en matière de sorcellerie » (Abb., fig. 71 et 72).
- Et, dans le cours du même article, tous les autres objets : galets roulés, dents de sanglier, os travaillés en poinçons ou en aiguilles... etc., etc., tout est interprété dans le sens de l’utilisation magique !
- N’ayant pas encore vu les pièces en question, il m’était impossible d’avoir une opinion précise sur leur destination.
- Néanmoins, l’interprétation magique me paraissait infiniment discutable et parce qu’elle s’appliquait indistinctement à tous les objets, et parce qu’elle visait, entre
- autres, certains objets qui, d’après dessins et photos, avaient pu être parfaitement utilisables (et par conséquent ne réclamaient pas une explication exceptionnelle) ; et, enfin, parce que l’étude de tous les peuples primitifs actuels démontre que la magie occupe, chez eux, une place fort restreinte (').
- Quoi qu’il en soit, seul l’examen minutieux des pièces, et, en particulier des harpons, pouvait permettre de trancher la question.
- Or, j’ai pu à la fois et fouiller à Glozel, le dimanche 10 juillet, et étudier soigneusement toutes les pièces qui avaient été antérieurement extraites.
- A) FOUILLES
- Point n’est besoin de m’étendre sur les preuves d’authenticité du gisement, ni sur celles qui le datent. D’autres, plus qualifiés que moi, ont établi ces deux points. Je me contente donc de dire, tout simplement, que, dans un lit argileux paraissant parfaitement en place, M. le Dr Morlet a trouvé, sous mes yeux, deux pièces : un bol enterre cuite orné de profondes cannelures; et à côté de ce dernier, un caillou roulé, plat, de petites dimensions, adorné d’une charmante tête de cheval; les traits qui la dessinaient ont été tracés de main de maître,
- « sans repentirs » et sont encrassés d’une patine ayant l’aspect authentique (2).
- B) EXAMEN DES PIÈCES ANTÉRIEUREMENT TROUVÉES
- Je n’ai pas l’intention de les étudier toutes, mais seulement de signaler quelques faits sur certaines d’entre elles.
- Les poteries. — Elles ont été longuement décrites. Elles me suggèrent deux remarques :
- œ) Par certains points, elles rappellent le vase de Reckheim (Baron de Loe), localité de la province de Limbourg. Ce vase avait été considéré, jusqu’à présent, comme appartenant à l’époque du fer.
- Peut-être les fouilles de Glozel feront-elles modifier cette attribution.
- p) Faciès néolithique. — De très nombreux vases de Glozel sont ornés de ce faciès, rencontré aussi bien sur les poteries d’Hissarlick que sur un cylindre de Folkton-
- 1. C’est donc une erreur grave que : 1° de faire intervenir la magie chaque fois qu’on ne connaît pas la destination d’un objet ; 2° a fortiori de l’invoquer systématiquement, quand il s’agit de pièces dont on devine facilement l’usage.
- Dans les deux derniers numéros de la Rerue Méiapsychique, une excellente revue générale de M. de Yesme expose, parfaitement, le rôle de la magie chez les peuples primitifs.
- 2. Au reste, le but de cet article n’est pas de discuter de l’authenticité des pièces, mais bien : 1° de présenter certaines remarques sur quelques pièces ; 2° et, surtout, de démontrer que les harpons, meme s’ils n’étaient pas préhistoriques (ce qui est le contraire de ce que je pense), sont, en tout cas, certainement utilisables, — alors qu’on a prétendu le contraire, — contre toute évidence ethnographique d’ailleurs.
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- Wold (Comté d’York) et qui, on le sait, ne comporte pas de mâchoire inférieure.
- Le Dr Morlet a émis l’hypothèse que les néolithiques ont intentionnellement supprimé la mâchoire inférieure parce que la perte du langage est ce qui caractérise la mort.
- Cette hypothèse est plausible.
- Mais, peut-être, les choses ont-elles une explication plus simple encore.
- En effet, ce qui caractérise non pas une tète de mort mais un crâne de mort [et c’est un crâne et non une tête que les préhistoriques ont toujours voulu représenter] c’est l’absence de maxillaire inférieur (celui-ci n’étant plus retenu par ses ligaments, pourris, s’est détaché du crâne).
- Les peuplades sauvages, quelles qu’elles soient, qui pratiquent le culte des crânes, entassent, dans des huttes spéciales, les crânes de leurs chefs, de leurs parents et ceux des ennemis qu’ils ont tués. Or ces crânes sont, dans l’immense majorité des cas, privés de leurs maxillaires inférieurs.
- Il en est ainsi en Nouvelle-Guinée, aux îles Salomon, etc..., où la chasse aux crânes a été, de tous temps, fort pratiquée.
- Seules quelques tribus de la Nouvelle-Guinée Anglaise ou du « fleuve Augusta » gardent les maxillaires inférieurs, et, pour cela, les rattachent soigneusement, par des liens, au maxillaire supérieur.
- Or, même dans ces cas, à côté de ces crânes se trouvent des idoles en forme de bouclier (Gohà) (*) sur lesquelles sont sculptées et peintes des têtes humaines, qui, en général, sont privées de bouche et de maxillaire inférieur.
- Aux îles Andaman, les crânes des proches sont gardés, ceux des ennemis servent de coupes à boire; or dans les deux cas le maxillaire est absent.
- Il est bien probable qu’à l’instar de certaines peuplades sauvages actuelles, les néolithiques buvaient non seulement dans des cornes de ruminants, mais encore dans les crânes des ennemis qu’ils avaient tués ; or ces crânes ne serait-ce que par commodité] ne pouvaient pas comporter le maxillaire inférieur.
- Enfin les néolithiques savaient que, quand on déterre un squelette, le maxillaire inférieur manque souvent, et, en tout cas, ne fait plus corps avec la tête.
- Pour toutes ces raisons, sans même avoir à considérer la fonction du langage, un crâne de mort était pour eux un crâne sans bouche ni maxillaire inférieur et avec un tout petit nez.
- Anneaux de schiste. — Ils présentent de nombreuses ressemblances avec ceux qui se trouvent dans le Musée de Moulins (sur lesquels, malheureusement, le visiteur ne peut obtenir de renseignements).
- Harpons. — Deux remarques, tout d’abord :
- 1° Tous les os retirés du sol et qui ont qra avoir un rôle utilitaire sont bien conservés, alors que les quelques
- 1. Dr Stephen-Chauvet. L’art de la Nouvelle-Guinée, sous presse très prochainement.
- très rares morceaux de squelette humain qu’on a trouvés sont abîmés et très fragiles;
- 2° Ces objets en os n’ont pas la même couleur, la même patine que les os humains qui se sont, eux, si mal conservés.
- Dans d’autres stations il en est également ainsi.
- Voici à mon avis quelles sont les raisons de ces phénomènes qui n’ont pas été expliqués et surprennent certains auteurs.
- 1° Les néolithiques savaient qu’un os, pour être résistant, ne doit pas avoir cuit avec la viande qui l’entoure ; aussi débarrassaient-ils, certainement avant toute cuisson, les os qu’ils voulaient emplo}rer ;
- 2 Ceci fait, pour les rendre encore plus résistants, il les suspendaient au-dessus de la fumée d’un feu; de ce fait, les os devenaient imputrescibles et beaucoup plus durs, et prenaient une couleur plus jaune ;
- 3° Enfin, ils étaient polis soit avec un grès fin, soit avec un morceau de cuir rugueux, tendu sur une planchette de bois.
- C’est pourquoi, j’en suis convaincu, les objets préhistoriques en os nous parviennent, en général, en bien meilleur état, et avec une autre couleur que les os humains.
- Ceux-ci, au contraire, non seulement ne subissaient pas l’espèce de tannage que provoque l’enfumage, ni le polissage, mais par contre étaient peut-être (comme le suggère le D1' Morlet) attaqués par les toxines et les microbes de la putréfaction des chairs qui les entouraient. Aussi se sont-ils altérés encore davantage par la suite sous l’influence de l’humidité.
- Ceci dit, les harpons en os de Glozel sont bel et bien des harpons et non des représentations de feuilles ou de branches de lauriers, et ne sont pas non plus des harpons votifs (*).
- Tout d’abord, comme formé, on a dit qu’ils ne ressemblaient pas du tout aux harpons magdaléniens (fig. 1) ni aux harpons du Mas d’Azil (fig. 2).
- Le fait est évident quand il s’agit de harpons comme ceux des figures 3, 4, 5; mais il est déjà un peu moins net quand la forme est celle de la figure 6 et surtout celle d’autres harpons, récemment trouvés et encore inédits.
- Mais, de ce fait qu’ils ont des formes spéciales (fig. 3, 4, 5, 6), on en a déduit que ces harpons étaient inutilisables, donc avaient été inutilisés.
- Dès lors, il n’y avait plus qu’un petit pas à faire pour
- 1. Certains, qui avancent que tout est frauduleux à Glozel, donnent comme une des preuves de truquage que les harpons sont d’une forme inutilisable. Or deux objections surgissent de suite : 1° Outre que ces harpons, nous le démontrons en nous basantnon sur des hypothèses mais sur des faits, sont utilisables, il est évident que ceux du Mas d’Azil, si on ne leur suppose pas le montage que nous décrivons, ne sont pas plus utilisables ? Et, cependant, le Mas d’Azil est légitimé ; 2° Si tout était faux, on se demanderait pourquoi les faussaires, au lieu de tailler des harpons de forme banale et admise, auraient commis la bêtise de faire des harpons destinés à attirer l’attention sur eux et à soulever des objections ? D’autant plus que lesdits faussaires supposés ignoraient, comme leurs adversaires, le montage utilisateur que je rappelle, et, par conséquent, se vouaient à des objections qu’ils ne pouvaient réfuter.
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- Fig. 11 et 12.
- Objets de terre cuite trouvés à Glozel.
- ne leur attribuer qu’une fonction symbolique, puis en faire des instruments de magie, ou pour les prétendre faux.
- Or, s’il est possible que certains harpons en schiste n’aient été que symboliques, il est certainement erroné de prétendre que ces harpons en os aient été inutilisés. Il suffit de réfléchir et de savoir ce qui s’est passé et se passe encore chez de très nombreuses peuplades sauvages, de tous les pays, pour comprendre l’usage de ces harpons.
- Mais tout d’abord une distinction s’impose : à mon sens, les harpons de Glozel me paraissent devoir être répartis en deux groupes : 1° celui qui comprend les formes 3, 4, 6 et 2° le groupe des harpons du type 5.
- Premier groupe ('). — Examinons, tout d’abord, les harpons du type^ 3. On a décrit leur forme générale et les incisions qu’ils portent, et qui assurément étaient destinées à retenir une quantité plus grande des alcaloïdes végétaux toxiques, que les néolithiques employaient pour paralyser les animaux dans lesquels ils avaient réussi à planter une de leurs sagaies barbelées (lancées avec le propulseur). Mais deux faits méritent de retenir tout particulièrement l’attention. Tout d’abord, aux deux extrémités des harpons se trouvent des encoches, comme on en fait quand on veut lier une ficelle autour d’un os. C'est donc (piaux deux extrémités il y avait quelque chose à fixer.
- Or, de plus (autre fait jusqu’à présent méconnu) en regardant ce harpon de dos (fig. 3 bis), on aperçoit nettement, que l’os a été diminué d’épaisseur sur tout le tiers supérieur. Dès lors l’usage de ce harpon peut être reconstitué très facilement et très certainement, comme on peut retrouver l’enchaînement des idées qui, du type magdalénien, a amené nos ancêtres à créer le type glozélien.
- Quand les magdaléniens passèrent de la sagaie à
- 1. Les harpons de Glozel qui entrent dans mes figures ont déjà été représentés (non montés) dans les livraisons que M. le Dr Mor-let a publiées sur Glozel (4° fascicule). Mais j’ai redessiné ces harpons pour les représenter exactement, et indiquer des détails qui ont, pour le montage, une importance capitale ; or ces détails avaient passé, forcément, inaperçus (fig. 3, 3 bis, 7, 8, 9).
- Pour la même raison, j’ai cru devoir représenter le harpon de la figure 3, de profil (nu et monté), afin de montrer la forme spéciale et voulue de la taille de l’os, forme jusqu’à présent incomprise.
- pointe de silex éclaté à celle à pointe d’os, plus régulière, plus facile à travailler et plus pointue, ils fabriquèrent le type 1 (et, plus tard, le type 2) dans lesquels la pointe et les barbelures formaient une seule pièce, et, très artistes, ils apportèrent un soin extrême à ce travail. Mais, ultérieurement, on ne tarda pas à s’apercevoir des inconvénients de ce système.
- Quand la sagaie frappait un animal, la pointe se rompait en général, soit parce qu’elle rencontrait un os, soit parce que la hampe de bois, faisant levier, la brisait dans les chairs. Plus souvent, encore, si elle manquait son but, la pointe se cassait sur le sol. Enfin, même quand ces accidents n’arrivaient pas, la pointe s’usait rapidement. Or elle ne pouvait pas être retaillée souvent, cair il lui fallait garder une certaine longueur avant la première barbelure. De plus, faire tout un harpon demandait beaucoup de temps et de peine, et la partie qui exigeait le plus de labeur était précisément celle qui, en général, demeurait intacte, mais inutilisable parce que la pointe était cassée. Aussi nos ancêtres furent-ils amenés à chercher un dispositif qui permît de garder le plus longtemps possible l’usage de la partie barbelée (qui représentait le plus de travail). C’est ainsi que fut cherché et trouvé le dispositif en deux morceaux, à pointe amovible, qui représente, donc, en se plaçant au point de vue utilitaire, non pas une dégénérescence de la technique magdalénienne, mais bien, au contraire, un perfectionnement. Mais comme l’ensemble représenté par les deux pièces ne pouvait plus avoir le galbe d’une pièce unique, et comme, d’autre part, il s’agissait d’un engin périssable, les néolithiques estimèrent inutile de ciseler ces deux pièces avec tout le raffinement des magdaléniens, malgré qu’ils eussent été encore capables de le faire; les pierres gravées de Glozel en font foi.
- Quoi qu’il en soit, donc, ils montaient le dispositif de la façon suivante : à la base du harpon, dans la gorge était attachée une ficelle qui s’enroulait, d’autre part, à l’extrémité antérieure de la hampe de la sagaie (extrémité qui, pai’ce qu’elle devait recevoir le harpon, était entourée elle-même de quelques tours de ficelle, le tout englué de résine) afin d’éviter l’éclatement.
- Au moment du jet, le dispositif perforant était maintenu par de la résine dans l’extrémité de la hampe ; dès qu’il y avait eu pénétration dans les chairs, la hampe se séparait du harpon auquel elle restait attachée par la ficelle déroulée (fig. 9) et, ou bien flottait à la surface de l’eau, ou traînait dans le sous-bois et gênait la fuite de l’animal blessé.
- Pour ce qui est de l’extrémité antérieure du harpon, nos néolithiques y fixaient une pointe en os qui se trouvait maintenue par des spires de ficelle dont certaines encerclaient, précisément, la gorge de l’extrémité supérieure du harpon. Bien entendu la pointe en os avait une forme plate qui s’adaptait à l’évidement signalé sur la face interne du harpon; elle pouvait être unie oubi-poin-tue; dans ce dernier cas, la moitié- inférieure qui restait attachée au -•harpon (après fracture de la moitié supérieure) pouvait être retournée et prendre la place de celle-ci ; un peu de résine contribuait à fixer le fil qui garnissait la pointe et l’extrémité supérieure du harpon
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- et préservait ce fil de l’humidité. Les figures 8 et 9 que j’ai exécutées en me servant du calque exact du harpon n° 3, montrent comment les choses étaient disposées de profil et de dos. Quant à la figure 7, elle représente une pointe, trouvée à Glozel et décrite comme poinçon (fascicule 4, fig. 5), qui, peut-être, pouvait servir aussi de pointe amovible. J’ajoute, pour terminer ces considéra-tiuns sur les harpons vrais, que les harpons du Mas d’Àzil devaient, à mon avis, avoir un montage analogue, car, eux aussi, ont une pointe trop courte pour pouvoir pénétrer la peau des animaux. La seule différence est qu’au lieu d’une encoche circulaire, ils ont un trou à la base, pour attacher le fil flotteur. Ce trou, quand par hasard, le chasseur voulait avoir une sagaie fixe, pouvait permettre un montage fixe très solide, car il suffisait qu’il cortesponde avec des orifices « en regard » de la hampe, pour permettre le passage d’un fil en huit de chiffre. J’ai essayé (fig. 10) de reconstituer cet ensemble.
- Il est à noter que ces dispositifs de montage ne sont pas des vues de l’esprit.
- De très nombreuses peuplades sauvages utilisent de pareils dispositifs; les Papous (*), en particulier, ont des sagaies composées de trois parties : la hampe, un harpon de bois, et une pointe soit en bois très dur, soit en os de casoar (ou humain) ; et ces trois parties sont reliées entre elles, comme il a été dit ci-dessus.
- Quoi qu’il en soit il est facile de comprendre que les harpons de Glozel du premier groupe, ont été utilisables et utilisés, et même, au point de vue pratique, constituent un progrès sur les harpons magdaléniens.
- Deuxième groupe. — Les harpons du type de la figure 5, méritent, à mon sens, d’être séparés des autres. Ils présentent trois caractéristiques essentielles : 1° ils sont coudés sur eux-mêmes de telle sorte que l’emmanchement devient très difficile, sinon impossible; 2° à la base se trouve un gros renflement qui d’une part est destiné, évidemment, à attacher non un fil mais une ficelle assez grosse, et qui, d’autre part, s’oppose à l’emmanchement; 3° enfin ils sont très courts et n’ont que deux barbelures dont la première est beaucoup plus longue que la seconde. Pour toutes ces raisons, je pense que ces harpons n’étaient pas des harpons véritables, mais... des crochets à viande. Il ne faut pas oublier, en effet, que les peuplades sauvages, nomades ou demi-sédentaires (et c’était le cas des tout premiers néolithiques surtout pêcheurs et chasseurs) habitaient des huttes dans lesquelles, pour être mises à l’abri des animaux et insectes de toutes espèces, les quartiers de viande étaient suspendus à des ficelles. (Pour la même raison les premières poteries, au lieu de fonds plats, avaient des fonds ronds et des bords évasés, ou des tétons percés, afin de pouvoir être suspendues, ce qui impliquait, pour le moment où on les dépendait et où on avait à les poser près de soi, pour la cuisine, la nécessité d’un support spécial en bois ou en terre cuite)(1 2). Quoi qu’il en soit, les harpons du type 5
- 1. De Nouvelle-Guinée, ou des îles Salomon ou des Nouvelles-Hébrides, etc....
- 2. Ce dispositif .se retrouve dans toute la céramique antique (Egypte ancienne, Chaldée, etc...),
- pouvaient parfaitement jouer le rôle des crochets de fer qu’emploient les bouchers de nos jours. Dans ce cas, la forme coudée permettait une suspension plus verticale.
- Instruments destinés au tatouage. — Certaines spatules d’os ont été trouvées à Glozel. Etant donnée leur forme, il est permis de penser qu’elles pouvaient servir non seulement à brasser les couleurs, mais surtout à appliquer, sur la peau, les colorants avec lesquels les néolithiques se peignaient les jours de cérémonie (initiation, fêtes, funérailles, etc.), ou de combat. Or, à côté des larges surfaces colorées, ils avaient, certainement, comme tous les primitifs, l’habitude de se peindre des zébrures ou des ornements linéaires, et, pour cela, ils devaient utiliser les petites spatules d’os,
- De même, il a été trouvé un objet en terre cuite, encore recouvert d’ocre (fig. 11; in Morlet, tome 1, fig. 39). Cet objet présente des facettes séparées par des crêtes. Cet instrument devait servir non pas à étendre les couleurs sur le corps, mais à mélanger, dans un mortier de bois ou de corne, la graisse et les oxydes terreux colorés. Les arêtes, qui n’auraient pas raison d’être pour un simple tampon, ont, au contraire, leur utilité pour opérer un bon mélange contre les parois du mortier.
- Par contre l’objet, en terre cuite, représenté figure 12, servait, lui, certainement, à étaler les couleurs sur de larges étendues du corps ou sur les vêtements de peaux ou d’écorce d’arbre battue (tapa « des Océaniens et des dongolais).
- Sifflets. — Une dernière remarque à propos des os courts (phalanges de renne, os du tarse...) qui ont été trouvés à Glozel et qui sont perforés d’un seul trou ou de deux trous (.l’un sur la face supérieure et l’autre sur la face latérale). Etant donné la disposition des trous, de nombreux auteurs se demandent tout en appelant ces objets : des sifflets, comment ils pouvaient être employés à cet usage.
- Là encore l’ethnographie donne la clef du problème. En effet, certaines peuplades et, entre autres, les peuplades pastorales du moyen Niger (bergers) emploient des sifflets semblables qu’ils utilisent comme le montre la figure 13. Certains enfants sifflent, chez nous, de pareille façon, dans une douille métallique de balle Lebel,par exemple.
- Quant aux sifflets munis d’un trou (les Nigériens en ont à 1, ou 2 ou 3 trous) ils servent non seulement de sifflets mais encore d’appeaux.
- Dr Stéphen Chauvet,
- Membre correspondant de la Commission préhistorique du
- Ministère des Beaux-Arts.
- Fig. 13. — Façon de siffler des primitifs dans un os percé,
- (o« du tarse, phalange).
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- UNE NOUVELLE CONCEPTION DE LA VOITURE AUTOMOBILE
- LA VOITURE SENSAUD DE LAVAUD
- La curiosité clu 21e Salon de l’Automobile a été sans conteste la voiture de M. Sensaud de Lavaud; véritable régal de mécanique, d’aspect révolutionnaire sans doute mais d’une logique mathématique pour ainsi dire indiscutable. Ce n’est pas là un assemblage de conceptions plus ou moins barbares, mais le résultat d’études scientifiques longues et difficiles, la conclusion d’un théorème habilement conduit. .
- En présentant sa voiture à la Presse, quelques jours
- combustible et d’huile ainsi qu’un confort toujours accru. Depuis quelque temps déjà la plupart des organes des châssis sont restés stationnaires ou n’ont reçu que de trompeurs perfectionnements. L’étude de la transmission automatique, que M. de Lavaud a poursuivie depuis 1921, l’a amené à étudier les problèmes complexes, insuffisamment l’ésolus qui se présentent en chaque point de l’automobile, pour arriver à cette conclusion : que les organes divers, stabilisés dans leur principe parce qu’on
- Fig. 1. — Le châssis de la voiture de Lavaud.
- C’est un plateau d’une seule pièce en alpax suspendu sur les essieux par des empilages en caoutchouc contenus dans des colonnes.
- avant le Salon, le savant ingénieur s’exprimait en ces termes :
- « Je peux, par expérience, vous assurer que, trop souvent, les liens du passé paralysent le progrès et qu’il faut, à bon escient, pouvoir s’en dégager à temps.
- « Les idées admises et consacrées par l’usage reposent parfois sur des bases très fragiles ; être sceptique toujours, ne rien admettre sans un sévère contrôle, voilà mon seul secret.
- « Il est, à cet égard, un argument banal, mais d’une dangereuse vitalité. C’est celui qui prétend sans réserve que le respect du temps suffit à confirmer le principe d’une réalisation mécanique. »
- Il faut bien convenir que le véhicule automobile conçu comme une antique calèche, améliorée successivement et péniblement, reste insuffisant devant le trafic actuel qui exige de la. vitesse, de la résistance, de l’économie de
- les voit parfaits, sont tout simplement tels parce qu’imperfectibles.
- Il a été amené ainsi, en voulant modifier un élément : la transmission, à étudier l’ensemble sur des bases nouvelles, à abandonner tout ce "qu’on croyait non susceptible de progrès et à concevoir une voiture d’après des conditions de fonctionnement rigoureusement établies, sans tenir compte des anciennes routines, ne conservant, pour ainsi dire, que le principe d’un moteur à explosion monté sur roues.
- Disparition complète des ressorts, suppression de la manœuvre du changement de vitesse, telles sont les caractéristiques 'qui frappent l’œil au premier examen de la voiture. Mais celle-ci offre bien d’autres particularités aussi neuves que logiques.
- Il nous faut donc examiner successivement toutes les parties du véhicule.
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- LE CHASSIS
- î'.=a \. »
- Le système usuel des longerons et des traverses, \f. qu’on assemble d’une manière quelconque, n’est pas suffisamment rigide et tous les assemblages constituent des points faibles. Il faut, de plus, un faux châssis pour le carrossage. Tous ces inconvénients sont évités par une plate-forme monobloc qui, pour le moment, est fondue en alpax (alliage d’aluminium) et, plus tard, pourra être emboutie en acier par parties, réunies ensuite par soudure autogène. Cette sorte de plateau est rigide, de poids réduit, de ligne impeccable. Le volume habitable est augmenté et le centre de gravité abaissé.
- La carrosserie s’y adapte parfaitement, sans rompre la ligne, les formes sont nettes et sobres, les marchepieds supprimés contribuent à l’élégance de la voiture.
- A l’arrière, la plate-forme joue le rôle de coffre, où se logent le réservoir et les accumulateurs, ce qui donne une sécurité absolue.
- L'AUVENT
- Au lieu d’avoir un simple tableau support des instruments de bord, on dispose d’un bloc en alliage léger qui, non seulement groupe les instruments, l’appareillage électrique, mais aussi les commandes vitales de la voiture : direction, freins, embrayage. On peut ainsi les régler et les examiner facilement, mettant à portée de la main, comme dans une station centrale de contrôle de commande, tout ce qui donne les ordres d’agir aux différents organes. Sur le côté de cet auvent, un exhausteur de grande capacité sert, quand il le faut, de réservoir de secours.
- ESSIEUX, ROUES ET SUSPENSION
- Le châssis est suspendu en trois points avec un stabilisateur du compensateur à l’arrière, qui évite les dépla-cemehts latéraux. L’essieu avant, banjo, est un balancier oscillant au milieu de l’avant du châssis ; il est en acier en deux parties embouties et soudées. La suspension ne comporte à l’avant ni à l’arrière aucun ressort métallique. C’est une des dispositions les plus originales, dans cette voiture où tout est original. L’essieu avant est relié aux roues par l’intermédiaire de rondelles de caoutchouc empilées. Ces rondelles agissant dans les deux sens sont placées dans les tubes pivots de direction, de sorte que le poids non suspendu se réduit à celui d’une roue. L’essieu arrière porte des organes de suspension du même système.
- Cette conception permet de réaliser d’une manière simple l’indépendance des roues d’avant. Lorsqu’elles sont solidaires d’un même essieu, les réactions gyrosco-piques, le shimmy, le dandinement et les vibrations sont les conséquences de la liaison entre les roues. Il se produit aussi des réactions violentes, d’origine gyroscopique sur le volant ou sur le mécanisme, dès que le sol est inégal.
- L’indépendance des roues avant, montées élastique-ment aux extrémités d’un essieu qui constitue un balan-
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- \
- Fig. 2. — L'auvent de la voiture de Lavaud.
- On aperçoit une partie du cliâssis en alpax, d'une seule pièce.
- cier, ainsi que leur légèreté assurée comme nous dirons plus loin, suppriment tous ces inconvénients. C’est ce que M. de Lavaud avait établi par le calcul, et l’expérience
- b'ig. 3. — La suspension avant de la voiture de Lavaud.
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- Fig. k.— Vue d’une roue avant.
- a prouvé la justesse de ses théories. Sur les mauvaises routes, l’absence de réaction permet d’avoir une direction complètement réversible. Enfin, il n’y a aucune articulation qui soit susceptible de prendre du jeu.
- Le caoutchouc de première qualité, vulcanisé au point voulu, garde sa valeur de fonctionnement pendant huit ans. Il se bonifie pendant les six premiers mois de son existence, puis ces qualités restent constantes rigoureusement pendant huit années. Les six derniers mois d’usage, elles tombent brusquement, de sorte qu’on est immédiatement prévenu que le caoutchouc a besoin d’être remplacé. Encore faut-il noter qu’il ne s’agit là d’un remplacement obligatoire que tous les huit ans, ce qui
- est amplementTsuffisant pour la durée d’une suspension d’ailleurs peu onéreuse à changer. «
- Le caoutchouc a l’avantage de ne jamais être médiocre : ou [il est parfait, ou bien il est détestable ; par conséquent on sait, à coup sûr, quand il faut le remplacer : dès que la nécessité s’en fait sentir.
- Ce système non fragile rend la suspension automatique en fonction de la vitesse. Le châssis est dès lors soumis à des oscillations apériodiques, et le caoutchouc étouffe tous les mouvements oscillatoires amplifiés, le roulis, les vibrations, mieux que ne peuvent le faire les amortisseurs.
- Les roues sont fondues d’un bloc, en alpax et viennent de fonte avec le logement interne du frein. Elles sont donc rigides, légères, indéformables au freinage, rapidement ajustées. La visite du frein n’exige qu’un démontage instantané. De plus, la chaleur de freinage est immédiatement dissipée par suite de la haute conductibilité du métal des roues. C’est là un avantage considérable.
- Les ailes des roues, au lieu d’être en tôle, sont aussi en alliage léger fondu; elles sont disposées de manière qu’elles puissent suivre, avec les phares, l’orientation des roues. Par suite, le démontage et le remplacement sont instantanés, la présentation est plus esthétique et, pendant la marche, il n’y a aucun bruit, ni résonance, d’autant plus que les ailes ne subissent pas les chocs reçus par les roues. L’orientation simultanée des phares et des ailes est obtenue dans ces conditions sans dispositif spécial compliqué.
- DIRECTION
- Sur toutes les voitures, jusqu’à présent, la commande d’orientation des roues avant est irréversible ; elle s’obtient le plus souvent par vis et secteur formant commande unique, les roues avant étant réunies au moyen d’une barre d’accouplement. On sait que, dans ce mécanisme, les articulations prennent rapidement du jeu. L’irréversibilité de la direction en est la cause ; elle n’est obligatoire qu’en raison des inconvénients des trains d’avant ordinaires. On sait aussi que l’épure de Janteau n’est qu’approchée, elle n’est correcte que pour un braquage faible. De plus avec ce dispositif de roues liées, le braquage est forcément limité.
- Dans la voiture de Lavaud, la direction est double, chacune des roues étant commandée par un grand pignon conique qui agit par l’intermédiaire d’une bielle et de leviers. Entre les deux pignons, placés en regard l’un de l’autre, un petit pignon conique de commande générale, formant clavette souple, est actionné par le volant sur lequel agit le conducteur. Il y a donc une grande souplesse et en même temps une réversibilité qui peut d’ailleurs se régler au moyen d’un amortisseur à huile, sorte de frein que le conducteur actionne de sa place, en agis-
- Fig. 5. — L’essieu avant.
- Coupe par l’organe de suspension montrant le fonctionnement des empilages de rondelles en caoutchouc.
- ftondelle caoutchouc
- .Sens du travail de la suspension
- Banjo j j avant. I
- Commande de direction
- Commande de frein a main.
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- sant sur un pointeau. Ce mécanisme donne un braquage absolument correct jusqu’à 30°, il peut aller d’ailleurs jusqu’à 45°. Par suite du montage à roues indépendantes et de l’amortisseur de direction, qui règle la réversibilité, il n’y a aucune réaction au volant ; la manœuvre a une douceur et une précision incomparables. Enfin si l’une des commandes casse, il y a toute sécurité, car la voiture peut se conduire avec une seule roue.
- Cette combinaison de commande permet le réglage en hauteur du volant qui pivote autour de l’axe des deux couronnes dentées. Ce réglage du volant par rapport à l’auvent se fait par une coulisse; un verrou maintient la position choisie par le conducteur.
- GROUPE MOTEUR
- Le moteur, également dessiné et étudié par M. Sensaud de Lavaud est un six cylindres répondant aux conceptions les plus modernes. Bloc-moteur en alliage léger avec chemisage en acier, la chambre d’explosion étant à nu dans le bloc-moteur, culasse à turbulence, vilebrequin soigneusement équilibré. Le refroidissement se fait sans pompe de circulation par condensation. Le radiateur n’est qu’un simple condenseur. Il ne renferme jamais d’eau dans son faisceau radiant. Le refroidissement s’opère ainsi avec une parfaite régularité et les qualités du moteur sont accrues. Il donne plus de puissance, sa souplesse est meilleure et ses reprises plus énergiques.
- TRANSMISSION AUTOMATIQUE
- C’est là le point capital de la voiture de Sensaud de Lavaud. Cet organe a obligé l’inventeur à aborder tous les autres problèmes. Il est inutile de rappeler que le moteur à explosion n’a un bon rendement que pour une vitesse de régime bien déterminée et que la nécessité de prévoir pour la voiture des allures très différentes, suivant les exigences de la circulation ou les déclivités de la route, demande une démultiplication variable de l’arbre du moteur à l’arbre de commande des roues arrière.
- La boîte de vitesse du modèle à engrenages est universellement adoptée ; le nombre des vitesses différentes qu’elle donne est limité et, par conséquent, la démultiplication est rarement à la valeur rigoureuse qu’elle devrait avoir, pour permettre au moteur de conserver sa vitesse de régime. En outre, la commande du levier de vitesse est, sinon délicate, du moins fastidieuse, notamment lorsque le changement d’allure est fréquent.
- La première idée de l’appareil automatique, que nous trouvons aujourd’hui sur la nouvelle voiture, date de mai 1921 et, au mois de septembre de la même année, le modèle d’essai justifia la conception technique nouvelle. Six mois plus tard, une première voiture, munie de ce dispositif, roulait dans Paris. Bien entendu, le modèle du début est aujourd’hui amélioré, il a fallu éliminer successivement les diverses imperfections, après des
- essais et des mises au point sur route. Aujourd’hui la transmission automatique fonctionne dans des conditions parfaites de régularité, de souplesse, de silence et d’endurance.
- Pour donner une idée du principe appliqué, on peut comparer l’appareil à une balance. Sur l’un des plateaux agit l’effort du moteur, absolument constant, si nous supposons que ce moteur tourne toujours à la même vitesse. Sur l’autre plateau agit l’effort résistant, fonction des déclivités de la route, de l’état du sol et de divers autres facteurs. Si nous voulons que l’équilibre subsiste constamment, malgré que d’un côté l’effort soit toujours variable, il faut déplacer le point d’articulation du fléau, de façon que les bras de levier soient en rapport inverse de celui qui existe entre l’effort moteur constant et l’effort résistant variable. Réalisation difficile quand il faut la faire avec des organes mécaniques de façon que la réalisation de l’équilibre soit progressive, et malgré
- Fig. 7. — Les roues de la voiture sont monobloc, en alpax fondu, et à freinage interne.
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- Fig. 8.
- Les organes de commande de la voiture, tous groupés en avant de Vauvent.
- tout rapide, sans que le conducteur de la voiture ait à intervenir en aucune façon.
- Pour obtenir cette automaticité continue, on fait appel à des forces élastiques et à des forces d’inertie : cette transmission est donc d’un type mixte, semi-statique et semi-dynamique. Cette double utilisation permet seule en toute rigueur la marche automatique pour la gamme entière des couples moteurs et des forces
- Fis. 9. — Le mécanisme de la direction.
- d’inertie. Si nous déplaçons une masse quelconque, sa réaction d’inertie proportionnelle à sa masse s’oppose à ce mouvement. La transmission de Lavaud est composée d’éléments agencés de façon que les réactions d’inertie individuelles se superposent et ont une résultante qui agit, sur des rondelles élastiques empilées, dans le meme sens que la poussée de ces rondelles. Cette résultante d’inertie est proportionnelle au carré de la vitesse de rotation du moteur.
- Les rondelles, en plus de la poussée provenant du couple résistant aux roues, subissent en outre cette résultante d’inertie, fonction de la vitesse et qui est soustractive. Par conséquent, si l’effort moteur baisse, la vitesse du moteur décroît, mais l’effort d’inertie qui diminue en même temps assure la compensation, et, dès lors, tout se passe comme si l’on avait un système élastique de puissance moindre.
- Voici comment est réalisé mécaniquement l’appareil : l’arbre moteur entraîne un moyeu, qui peut coulisser sur l'arbre grâce à un carré et peut aussi prendre une inclinaison variable. Ainsi lorsqu’il tourne avec l’arbre, il enveloppe une surface conique, dont l’angle au sommet est plus ou moins grand. Ce moyeu porte un plateau oscillant qui a son centre sur l’arbre moteur, mais qui ne peut pas tourner, car il est lié par un axe placé à la partie inférieure du plateau et guidé dans une glissière du carter, parallèle à l’arbre moteur. Par conséquent, lorsque le moyeu tourne, le plateau, qui ne peut pas tourner, mais seulement coulisser, prend un mouvement d’oscillation, dont l’amplitude dépend de l’angle au sommet du cône du moyeu.
- Sur son pourtour, le plateau oscillant porte six rotules où viennent s’articuler des bielles, trois à la partie supérieure et trois à la partie inférieure. Ces bielles commandent des mécanismes de roues libres ou sélecteurs, qui sont montés sur l’essieu arrière. Les bielles entraînent donc cet essieu, lorsqu’elles agissent dans le sens voulu, de sorte que, pour chaque tour de l’arbre moteur, il y a six impulsions successives, chacune donnée par une bielle agissant sur sa roue.
- L’arbre moteur qui commande le moyeu a deux articulations, assujetties à se déplacer dans deux glissières inclinées l’une par rapport à l’autre, ce qui provoque l’inclinaison variable du moyeu pendant le fonctionnement automatique de la transmission. Le moyeu s’appuie, par l’une des deux articulations, sur un empilage de rondelles élastiques placées dans l’arbre creux et sur un ressort ordinaire.
- Les rondelles servent à la compensation des résistances; leur loi de poussée en fonc-
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- tion des déformations n’est pas linéaire. Le ressort, travaillant en traction, sert à équilibrer les efforts d’inertie.
- Les têtes de bielles ont donc un mouvement alternatif dont l’importance et la rapidité sont proportionnelles à l’inclinaison du plateau; le maximum de vitesse de la bielle, pour une inclinaison donnée, détermine la vitesse d’entraînement de l’essieu arrière, qui est ainsi proportionnelle à l’inclinaison du plateau.
- C’est donc l’inclinaison du plateau qui fait l’office du bras de levier variable. Au moment où la bielle fournit son impulsion motrice, elle tend à coucher sur l’arbre le plateau et son moyeu, [mais la rigidité de l’arbre et le .carré d’emmanchement dans le moyeu s’y opposent. La bielle qui exerce sa poussée sur le plateau agit comme si elle poussait au centre, c’est-à-dire sur les rondelles élastiques de compensation.
- Prenons le bas où la résistance augmente, par exemple en abordant une côte. La poussée des bielles sur les rondelles devient * alors progressivement plus [ grande que l’action élastique de ces dernières; celles-ci sont comprimées et s’affaissent jusqu’à arriver à un état nouveau d’équilibre. Du fait de la poussée sur les rondelles et de leur affaissement, les articulations du moyeu se sont déplacées et cet organe s’est redressé, d’autant plus que la résistance est plus forte. Par conséquent le mouvement d’oscillation du plateau a moins d’amplitude et il est, de plus, proportionné au rapport existant entre l’effort moteur et l’effort résistant.
- Pour une vitesse et une inclinaison données du plateau, les mouvements alternatifs des roues libres et des bielles, le mouvement continu du moyeu et du plateau fournissent une force résultante bien déterminée, car les mécanismes sont établis de façon que les forces d’inertie périodiques, susceptibles d’engendrer des vibrations, s’équilibrent entre elles. On n’a donc plus en jeu que cet effort constant d’inertie, qui cherche toujours à augmenter l’inclinaison du plateau et qui exerce sur le système élastique une force dans le même sens que sa poussée, Cet effort permet l’automaticité quel que soit le degré d’admission des gaz au moteur. Il agit comme le ferait un régulateur centrifuge complétant l’action des rondelles.
- Contrairement à ce que nous avons vu tout à l’heure, si l’effort résistant
- Fig. 10. — Le pont arrière.
- devient trop faible pour l’effort moteur, par exemple si la voiture descend une pente, le plateau s’incline davantage par suite de la prédominance des efforts élastiques des rondelles. *
- Si maintenant nous supposons que l’effort moteur varie, par exemple en modifiant l’admission des gaz, l’effort d’inertie compense, par une petite diminution de la vitesse, la réduction de l’effort moteur. Il stabilise donc le régime du moteur qui, dans aucun cas, ne peut dépasser la limite fixée dans les calculs de la transmission. Si la vitesse du moteur diminue, l’effort d’inertie fait de même et le plateau se redresse; on demande alors au moteur une force moins importante, il peut dont reprendre sa vitesse de régime. L’inverse se produit dam le cas d’une accélération du moteur, car l’effort d’inertk augmente, le plateau s’incline et le moteur devant fournir un effort plus grand, sa vitesse diminue pour revenir à celle du régime.
- Fig. 11. — La transmission « changement de vitesse automatique de Lavaud. Coupe transversale.
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- Fig. 12.
- La transmission. Coupe longitudinale.
- Les actions des têtes de bielles sur les roues libres constituent une série d’impulsions, toutes de même sens, impulsions qui agissent sans choc, par rattrapage de vitesse et qui passent chacune par un maximum, pour décroître jusqu’au moment où l’impulsion suivante commence. On a un mouvement extrêmement doux.
- La transmission comporte un organe différentiel sans engrenages avec rouleaux, un pignon de marche arrière avec clabot. Le différentiel sans engrenages n’agit pas à la façon d’une balance, pour équilibrer les couples aux roues ainsi que le fait le différentiel ordinaire à satellites. Il libère en virage la roue extérieure. Il améliore la tenue de route et la stabilité dans des proportions très importantes et réduit l’usure des pneumatiques. Il permet le démarrage sur tbut terrain et rend les dérapages à peu près impossibles. Enfin, il confère à la direction une stabilité statique permanente très douce et des plus agréables qui n’est aucunement sous la dépendance de la vitesse.
- ADAPTATION DE LA TRANSMISSION
- Il est possible de régler les rondelles de compensation, pour obtenir une automaticité rigoureuse avec une valeur
- choisie à volonté pour le couple du moteur et pour sa vitesse.
- Le réglage du ressort d’inertie permet ainsi cette adaptation dans de certaines limites et la transmission am tomatique peut alors fonctionner dans des conditions diverses, suivant le couple et la vitesse de tarage pour lesquels l’appareil est réglé. Pour bien comprendre cela, il faut nous aider d’un graphique et choisir des exemples.
- Prenons un châssis du type 10 ch, pesant 1500 kg en ordre de marche. Le moteur en réalité développe environ 30 ch à 2500 tours. A celte vitesse, son couple moteur est 9 kgm, un peu moindre que le couple maximum. Réglons les rondelles pour 9 kgm et 2500 tours. La courbe d’automaticité rigoureuse est une droite parallèle à l’axe des vitesses de la voiture et ayant 2500 tours pour ordonnée. Traçons maintenant les courbes caractéristiques de la transmission pour 9,5 kgm; 8, 9; 8 et la marche à vide (couple moteur égal à 0). Elles ont pour asymptote la ligne précédente.
- Indiquons maintenant les lignes d’égale rampe (ou d’égale accélération) 20 pour 100,10 pour 100, palier et 3 pour 100 négatifs; puis les droites d’égale réduction de vitesse du moteur aux roues 3/100e, 10/100®, 18/100e; cette dernière valeur correspondant à la prise directe, dans une boîte de vitesse.
- La courbe de marche à vide est la loi d’équilibre des efforts d’inertie sur les rondelles; elle donne la correspondance des vitesses de l’arbre moteur et de l’arbre récepteur assurant cet équilibre, sans action motrice, ni résistante.
- Pour les courbes des couples moteurs inférieurs à 9 (à gaz réduits), les vitesses du moteur et de la voiture diminuent simultanément. Au démarrage, de lui-même le moteur accélère, en même temps que la voiture, mais ne dépasse jamais le régime d’automaticité. Ainsi, même à gaz très réduits, on a une auto-accélération rapide.
- Pour les couples moteurs supérieurs à 9, à condition que le moteur les fournisse, il s’emballe alors que la voiture va de moins en moins vite.
- Les courbes d’égale rampe sont indépendantes du couple moteur; elles sont caractéristiques de la voiture; elles sont en effet la représentation graphique de l’équation résultant de l’élimination du couple moteur entre l’équation de la propulsion du véhicule et celle du fonctionnement de la transmission. Elles donnent donc la loi qui lie les vitesses du moteur et de la voiture quand le couple
- Fig. 13. — Graphique du fonctionnement de la transmission de Lavaud
- sur voiture 10 ch.
- Coefficient d^réduction de vitesse
- T---
- Couple t e tarage
- Courbes caractéristiques de , transmission D.S. de Lavaud _ Courbes d'égale rampe ou d'égale accélérât? pour une voiture de 1500^ + + Droites d "égale réduction de vîtes-se du moteur aux roues
- Vitesse de ia voiture
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- moteur varie. Leur point de rencontre avec les courbes caractéristiques delà transmission donne, pour chaque vitesse de la voiture la valeur du couple moteur nécessaire.
- Voyons les conclusions que nous pouvons tirer de l’examen du graphique :
- Avec la boîte de vitesse ordinaire on cherche à réaliser la courbe d’égale rampe par une série de tronçons de droite, donnés par le^*-combinaisons successives d’engrenages.
- La transmission de Lavaud réalise en palier, avec la voiture choisie comme exemple, 90 km à l’heure, à 2500 tours du moteur.
- La boîte de vitesse en prise directe (réduction du moteur aux roues 18/100e) exige un régime du moteur plus élevé de 1000 tours au moins; en fait, ce sera 3600 avec une puissance un çeu plus grande ; régime désastreux pour l’usure, réchauffement, le graissage, la consommation; pratiquement on réduira l’admission et la voiture ira moins vite.
- Une déclivité de 3 pour 100 est abordée avec la transmission sans débrayer, ni modifier l’admission, en marchant comme dans le cas usuel aux trois quarts de la puissance; la’voiture avance à 113 à l’heure et le moteur tourne seulement à 2600, tandis qu’avec la boîte de vitesse on marche à 96 environ avec un moteur qui tourne à 4000 au moins. Il faudrait alors dans ce dernier cas réduire les gaz; si l’on ne veut pas trop diminuer la vitesse, on gaspille l’essence et l’huile.
- Ainsi, jamais de régime anormal élevé pour le moteur avec la transmission de Lavaud. Au ralenti extrême, elle consei’ve ses qualités; la voiture marche silencieuse et souple à la vitesse d’un homme au pas. C’est l’idéal pour la conduite en ville, car on n’a jamais à effectuer de reprises, on ne risque pas de caler le moteur.
- En changeant le tarage, couple et vitesse, on a diverses combinaisons. Choisissons le couple de tarage égal au couple maximum du moteur à pleine admission et la vitesse de tarage égale à celle du moteur donnant le couple maximum. Le moteur tend vers les valeurs de l’automaticité rigoureuse comme régime limite, au fur et à mesure que les résistances diminuent; il fonctionne donc au voisinage du minimum de consommation spécifique.
- Prenons maintenant un couple de tarage un peu inférieur et une vitesse de tarage plus grande que celle correspondant au couple moteur maximum. On'obtient l’automaticité rigoureuse, le moteur ne peut dépasser les caractéristiques : couple et vitesse de tarage. Quel que soit le couple résistant, un seul régime est possible à pleine admission. C’est celui du maximum
- Fis'. Ik. — Vue arrière de la voiture.
- O
- de' puissance du moteur, de la plus grande vitesse de la voiture.
- Enfin choisissons un couple de tarage comme le précédent, mais avec une vitesse inférieure à celle du moteur fournissant ce couple. Le moteur à pleins gaz a une vitesse intermédiaire entre celle du tarage et celle que devrait avoir le moteur développant le couple de tarage. Ce sont là les finesses du fonctionnement de la transmission de Lavaud qui, ainsi qu’on en peut juger, n’est pasuniquement la suppression de la boîte de vitesse et son remplacement par un organe automatique. E.-II. Weiss.
- Fig. 15. — Vue avant de la voilure.
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- LES COKERIES MODERNES
- Le retour à la France de la Lorraine, avec ses nombreux et importants centres sidérurgiques, a eu comme effet d’accroître dans de notables proportions notre production de fonte : d’environ 5 200 000 tonnes en 1913, elle s’est élevée en 1926 à 9 300 000 tonnes.
- Par contre, et malgré les avertissements du Comité des Forges, le Traité de Paix n’a rien prévu pour parer au déficit considérable en houille et en coke, qui met notre industrie dans la dépendance d’autres pays, dépendance d’autant plus redoutable que ces pays sont en même temps des concurrents sur le marché métallurgique.
- titre indemnitaire et leur a substitué les fournitures par marchés commerciaux.
- La propriété des mines de la Sarre nous est acquise, mais il ne faut pas oublier que, 15 ans après la mise en vigueur du Traité, soit dans un avenir très proche, un plébiscite décidera du rattachement, ou non, de la Sarre à l'Allem^ne. Et, dans le premier cas, l’Allemagne aura la faculté de racheter en bloc nos droits de propriété sur ces mines, le prix et la quantité de charbon dont nous pourrons demander la fourniture étant déterminés, à ce moment, par une décision de la Société des Nations.
- Fig. 1. — Vue d'ensemble d’une cokerie moderne (prise du haut de la tour d’extinction).
- Au milieu, la batterie de fours; au fond, la tour à charbon, à gauche de la batterie la machine défourneuse ; sur le toit de la batterie, l’enfourneuse; à droite, guide-coke et coke-car. — Sur la droite, coke-wharf, transporteur et criblage (caché derrière la cheminée); sur la gauche, scrubbers, gazomètre, château d’eau, réfrigérants-condenseurs, usines à benzol et à goudron.
- Ce n’est que grâce à des livraisons de coke indemnitaire que nos hauts fourneaux ont pu continuer leurs marches, et les quantités livrées ont été si inférieures à ce qu’elles auraient dû être qu’au début de l’année 1923 le gouvernement s’est vu dans l’obligation d’opérer l’occupation du bassin de la Ruhr; la mission interalliée de contrôle des usines et des mines (Micum) fut créée pour exploiter directement 6 charbonnages et 6 cokeries.
- Une partie seulement de nos besoins a été ainsi assu- " rée, et nous avons dû importer le complément, grevant lourdement les pi’ix de revient de l’industrie sidérurgique.
- L’accord de Cologne, appliqué depuis le 1er janvier 1927, a du reste totalement supprimé les livraisons à
- Il faut enfin remarquer que, si les fines de la Ruhr donnent naissance à un coke d’excellente qualité, les houilles grasses de la Sarre n’ont pu être jusqu’ici transformées industriellement en coke métallurgique dense, se comportant bien au hautfourneau. Ce grave déficit en houille et en coke constitue pour la France un problème vital. Poursuivis par cette préoccupation, les Pouvoirs Publics encouragent les efforts de toute nature effectués dans le but de procurer des combustibles de remplacement (recherches de pétrole et de gaz naturels, carbonisation des bois, travaux sur la synthèse de l’alcool) et de réaliser la distillation à basse température des charbons gras, lignites, schistes bitumineux et tourbe.
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- Gaz brutes
- Régénérateurs
- Air
- Carneau de combustion
- Gaz frais
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- 'Rêgénàrateu
- Gaz
- Coupe pan le pied ro i t
- Gaz
- Gaz
- Fig. 2.
- Four à coke moderne.
- ( Système Evence Coppée,)
- En haut, à gauche :
- Coupe longitudinale d’une cellule du four (par l’axe du four).
- En haut, à droite :
- Coupe transversale d’une cellule du four, montrant le régénérateur, le piédroit où circulent les gaz de chauffage et 1 le four léché rationnellement par les gaz chauds.
- En bas :
- Coupe longitudinalepar le piédroit, montrant comment les gaz circulent le long de la cellule à chauffer.
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- Nécessaires pour l’obtention du coke métallurgique, les cokeries sont également des plus intéressantes par la récupération des sous-produits. Elles fournissent de grosses quantités d’un gaz riche, d’un pouvoir calorifique supérieur de 4600 calories, utilisé autrefois uniquement au chauffage des batteries de fours, et qu’on tend actuellement, au contraire, à réserver en totalité pour d’autres emplois plus convenables. Les benzols, goudrons et ammoniaque, extraits des gaz ou condensés, sont d’un placement rémunérateur. Aussi les mines et usines dévastées du Nord et de l’Est ont-elles prévu, dans leurs programmes de reconstitution, l’aménagement de cokeries modernes. Les constructeurs ont réalisé.dans cette branche, en quelques années, des perfectionnements considérables, nécessités par l’obligation impérieuse de réduire au minimum les prix de revient.
- Pour parvenir à ce résultat, ils ont porté leurs efforts sur trois points :
- 1° Réduction des frais de premier établissement;
- 2° Réduction des frais d’exploitation;
- 3° Augmentation de la quantité et amélioration de la qualité des produits obtenus.
- Avant d’étudier ces trois points, nous prierons le lecteur de se reporter à l’article très documenté sur « la fabrication du coke métallurgique », de M. P. Lemoine, paru dans cette Revue il y a quelques années (3 décembre 1921). Depuis lors, des progrès d’une importance capitale ont été réalisés. Nous rappellerons qu’un four à coke est constitué par une longue, haute et étroite chambre en maçonnerie réfractaire, fermée à ses extrémités par deux portes calorifugées, dans laquelle la charge de charbon, introduite par des orifices d’enfournement situés à la partie supérieure, subit une distillation en'vase clos.
- La paroi séparant deux fours est creuse, divisée en un certain nombre de conduits verticaux ou « carneaux », dans lesquels brûle le gaz de chauffage. Les parois des fours sont ainsi portées à une température d’environ 1000 a 1200°.
- La circulation des gaz est inversée périodiquement. Pendant une demi-heure, ils réchauffent à 1000° des empilages de briques réfractaires, logés dans l’un des deux « régénérateurs », tandis que l’air destiné à la combustion est porté vers 900/1000° en traversant les empilages parcourus par les gaz la demi-heure précédente.
- La distillation terminée, il reste dans le four un gâteau ou « saumon » de coke. On le défourne, après avoir ôté les deux portes, en le refoulant sur une aire, horizontale ou inclinée, à l’aide d’un bouclier à crémaillère porté par la machine défourneuse. Le coke incandescent est éteint par aspersion d’eau et chargé, soit en wagonnets pour alimenter les hauts fourneaux, soit sur wagons pour expéditions à l’extérieur.
- 1° RÉDUCTION DES FRAIS DE PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Les fours à cuisson rapide. — Les
- frais, ont été diminués en augmentant considérablement le rendement unitaire des fours. C’est ainsi qu’en 1914 la capacité de production d’un four variait de 4 à 5 tonnes par 24 heures, alors qu’actuellement on table couramment sur 15 à 18 tonnes. La durée de cuisson correspondante est passée de 35 à 18 et même 12 heures, d’où diminution de la superficie occupée et du poids de briques nécessaires à la construction d’une batterie.
- Les causes en sont, d’une part, les modifications apportées aux dimensions des fours et, d’autre part, l’emploi de briques de silice.
- Les fours hauts et étroits. — La longueur était avant la guerre de 10 m. au plus. Elle atteint maintenant 12 m. 50 à 13 m. 50. Elle est limitée par les possibilités de détournement. Si elle était trop forte, la résistance du coke serait telle que la tranche arrière du saumon serait écrasée, risquant en outre de crever les parois du four.
- La hauteur est passée de 2 m. 50 à 3 m. 90 (Cokerie Alcock, à Strasbourg, fours Lecocq) et la maison Coppée envisage la construction de fours de 5 m. de haut. La grosse objection qui arrêtait l’accroissement de cette dimension, la difficulté d’obtenir un chauffage uniforme sur toute la hauteur de la paroi, a été vaincue par l’emploi de dispositifs spéciaux que nous étudierons plus loin.
- Jusqu’en 1921, la largeur moyenne du four (pour la facilité de détournement, les chambres ont une conicité d’environ 5 cm) a été maintenue aux environs de 50 cm. Les études et les essais effectués ayant permis de constater que la durée de cuisson décroît très rapidement avec la diminution de la largeur, celle-ci a été réduite à 40, puis à 35 cm. Là encore on est limité par une condition : pour pouvoir effectuer des réparations à l’intérieur du four,
- Fig. 3. — Four à coke à régénération de chaleur chauffé au gaz riche ou au gaz pauvre. (Type Smet-Solvay-Piette.)
- A, chambre de carbonisation; B, carneaux du piédroit; C, carneau de sous-sole; D, arrivée du gaz riche; Dj, arrivée du gaz pauvre; E, régénérateurs; F, collecteur; G, portes; H, montants d’ancrage; I, trous d’enfournement; J, cheminée.
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- il est nécessaire qu’un homme puisse y rentrer. Unelargeur de 35 cm est donc une dimension minima. Elle a du reste permis d’accroître d’environ 20 pour 100 la puissance de carbonisation par rapport à un four de 50 cm de large.
- On a objecté que les fours étroits donneraient un coke très fragmenté, peu propre à l’alimentation des hauts fourneaux. Or, la pratique a prouvé que, du moins dans un four bien conduit, la proportion de petit coke (30/50) ne dépasse pas 10 pour 100.
- Les briques de silice. — D’autre part, la durée de cuisson diminue très sensiblement lorsqu’on augmente la température des piédroits. C’est ainsi que, toutes choses égales d’ailleurs, cette durée est de 25 heures pour une température de l’ordre de 1100° dans les carneaux verticaux, et de 16 heures seulement si cette température est portée à 1400°. On a donc été amené à envisager des températures élevées. Les briques silico-alumi-neuses dont on se servait jusqu’alors ne présentant pas une résistance suffisante, on se tourna vers les briques de silice. Ces briques ont une teneur en silice variant de 94 à 97,5 pour 1001 Elles offrent une meilleure conductibilité de la chaleur, croissant plus rapidement avec la température, une plus grande résistance à l’action corrosive du sel dans les charbons, enfin une haute résistance pyrométrique autorisant les allures très chaudes.
- Leurs caractéristiques, comparées à celles des briques silico-alumineuses, sont les suivantes :
- Température de ramollissement Température sous charge
- de lusion. de 2 kg/cm2. Dilatation.
- Briques SiG* . 1710/1730° 1610/1630°
- Briques silico-
- alumineuses. 1630/1650° 1325/1350°
- 1,2 à 1,6% à 1500° 1 % à 1200°
- Ce tableau met en évidence la grande différence (300°) entre la température de fusion et la température de ramollissement des briques silico-alumineuses, cette dernière étant la plus importante à considérer dans la conduite du chauffage des fours. Les briques de silice, au contraire, ont un point de ramollissement très élevé, et peu différent de leur point de fusibilité (100°). Leur dilatabilité, de 50 pour 100 supérieure à celle des briques silico-alumineuses, adonné lieu à des craintes. Mais leur dilatation n’est pas proportionnelle à l’élévation de température. Elle atteint vers 650° un maximüm, où elle se maintient sensiblement. Or,latempératuredespiédroitsdescend rarement, -même en marche ralentie, en dessous de 900°.
- Par suite, les changements d’allure ne peuvent affecter la solidité de la construction. Il convient seulement d’observer une certaine prudence lors de la mise en marche ou de l’arrêt d’une batterie en briques de silice. Bien entendu, les parties du four qui doivent être portées à une très haute température sont seules construites en matériaux siliceux.
- Fig. 5. — Partie supérieure d’une batterie de fours à coke système E. Coppée.
- On aperçoit distinctement les tampons d’enfournement et les tampons commandant les busettes calibrées. Au milieu, la machine enfourneuse; à droite, les colonnes montantes par où se dégagent les gaz de distillation, leurs clapets et le barillet; au fond, à gauche, la tour d’extinction.
- Cdpai supf "faisant communiquer les rameaux
- chamîtres
- carbonisation
- ___
- du four carneau tic combustion
- sole du Jour
- ms
- -, sous-soles de répartition tehwoiidesMZ braies.
- Fig. 4.
- La maçonnerie de la chambre de carbonisation d’un four à coke.
- (Four Smet-Solvay-Piette.)
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- Fig. G. — Batterie de fours à coke Smet-Solvay-Piette.
- Machine défourneuse, postes et montants d’ancrage, colonnes montantes et barillets.
- 2° RÉDUCTION DES FRAIS D'EXPLOITATION
- Les frais d’exploitation ont été réduits par une moindre consommation de calories pour le chauffage des fours, par la suppression rigoureuse des causes de pertes de temps, enfin par le remplacement d’une grande partie de la main-d’œuvre par des moyens mécaniques puissants.
- La conduite rationnelle et scientifique du chauffage. — La consommation de calories par tonne de houille sèche carbonisée, qui était d’environ 800000 calories en 1914, est tombée à 550 000 calories (cokerie de Moll, fours Solvay-Piette) et à 460000 calories (installation Coppée de Thy-le-Château). Aussi, le pourcentage de gaz disponible, qui était de 45 pour 100 du total du gaz épuré, s’est élevé à 55 et 60 pour 100. Une tonne de houille donnant naissance à 300 m3 de gaz, le gain, pour une installation carbonisant 600 tonnes par 24 heures, est de 24 000 m3., représentant 110 millions de calories.
- Les causes en sont les suivantes : répartition plus uniforme de la chaleur dans les piédroits, meilleure transmission dans les carneaux par augmentation de la vitesse de circulation des gaz, construction de régénérateurs puis-I sants, enfin réduction des pertes de chaleur de toute nature, f La cokéfaction s’effectue en progressant des deux parois {vers le centre du saumon; l’idéal du chauffage est donc 'd’amener tous les points de l’axe longitudinal du gâteau !de charbon à la même température, au même moment. Si bien que la distillation est achevée sans consommation
- de calories supplémentaires. Si, au contraire, le chauffage est irrégulier, il faudra surchauffer certaines parties pour permettre aux points froids d’atteindre la température requise. En outre d’un gaspillage de calories, la proportion de coke menu sera augmentée.
- Le chauffage doit donc être uniforme, dans le sens longitudinal et dans le sens vertical.
- Dans le sens longitudinal, on arrive à ce résultat par un réglage suivi des arrivées de gaz et d’air. Suivant les divers systèmes de fours, les gaz sont admis à la partie supérieure des carneaux (four Simplex), et le réglage est alors effectué facilement sur le toit de la batterie à l’aide de robinets alimentant les différents carneaux, ou bien à la partie inférieure du piédroit. Dans ce dernier cas, on distribue le gaz par des busettes calibrées amovibles. En enlevant des tampons placés au-dessus des fours, visibles sur la figure 2, on peut, à l’aide d’un long crochet, remplacer les busettes en service par d’autres, d’un diamètre plus ou moins grand suivant que le carneau correspondant exige plus ou moins de chaleur. Les sections de ces busettes vont en croissant depuis le côté de la machine défourneuse jusqu’au côté opposé. Par suite de la conicité du four, la largeur du saumon est en effet de plus en plus forte au fur et à mesure qu’on s’approche du côté détournement.
- Enfin, dans le four Hinselmann, le dessous des fours est dégagé. Les tuyauteries de gaz de chauffage courent sous la batterie, et des branchements verticaux munis de
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- robinets de réglage, traversent les régénérateurs de bas en haut, et amènent le gaz à la base des carneaux.
- Une autre cause d’irrégularité dans le chauffage réside dans la formation, parfois des plus gênantes, de dépôts de graphite qui s’accumulent dans les conduits de distribution du gaz et finissent même par les obstruer. Ce graphite provient de la décomposition, à haute température, de certains éléments du gaz, le méthane en particulier. Il y a, à cette formation, deux causes : ou bien la température qui règne dans les conduits est trop forte ; ou bien leur étanchéité, ou celle des robinets de distribution, est mauvaise : du gaz frais filtre par les joints, y séjourne, et y subit la décomposition. Le dépôt formé, il n’y a que deux moyens : percer la croûte si elle n’est pas trop dure, ou la brûler. On emploie des procédés automatiques de dégraphitage (robinets à clef creuse). Certaines cokeries insufflent de l’air sous pression.
- Pour éviter ce désagrément, les constructeurs ont placé les conduits le plus loin possible de la zone de combustion. La vitessë du gaz a été augmentée pour n’avoir plus à< redouter la surchauffe. Enfin la pose des
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- conduits et le montage des robinets sont entourés des plus grands soins.
- Le réglage de l’air est réalisé différemment suivant les types de fours. Dans les uns, des registres permettent de faire varier les conditions d’admission, dans les autres il n’y a pas de registres, mais les sections sont calculées et réglées une fois pour toutes. Il faut marcher avec un excès d’air, pour obtenir la combustion complète, et cependant avec le moins possible, pour réduire au minimum les pertes à la cheminée.
- Les gaz de distillation des parties inférieures du saumon apportent des calories à la partie supérieure. Aussi dans les anciens fours à faible hauteur, devait-on prendre des précautions pour éviter la surchauffe des voûtes, qui entraîne d’importantes décompositions et pertes en sous-produits. Le problème est renversé dans le cas actuel de fours à grande hauteur. Pour obtenir une répartition uniforme de la chaleur dans le sens vertical, il faut recourir à divers moyens. C’est ainsi que la maison Still allonge les flammes en diminuant la quantité d’air de combustion introduite initialement et en prévoyant des
- Fig. 7. — Une batterie de , ours à coke aux usines Cockerill (Système Smet-Solvay-Piette). Vue d’ensemble.
- Au fond, la tour à cliarbon; machines défourneuses roulant sur un quai surélevé au niveau de la sole des fours.
- (Les fours sont chauffés au gaz de haut fourneau.)
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- admissions d’air étagées. Les cokeries américaines diluent cet air dans des fumées pour réduire sa teneur en oxygène à 12 pour 100. On peut encore agir sur l’angle de rencontre, à la base des carneaux, du gaz et de l’air; en amenant les deux arrivées à être presque parallèles, on retarde d’autant le mélange complet des deux fluides. Les maisons Coppée et Solvay-Piette admettent à la partie supérieure des piédroits des proportions variables de gaz frais, comme complément. Dans le four Simplex, comme nous l’avons vu, c’est la totalité du gaz qui est introduite au sommet du piédroit. Enfin le four Becker comporte la circulation des gaz dans plusieurs carneaux horizontaux au-dessus de la voûte du four.
- Le coefficient de transmission de la chaleur entre un fluide et les surfaces en contact croissant proportionnellement à la racine carrée de la vitesse dont ce fluide est animé, il y a intérêt à réaliser une vitesse de circulation assez grande dans les piédroits. La maison Coppée, dans son plus récent type de four, a parfaitement répondu à cette condition.
- Les régénérateurs étaient autrefois uniquement du type longitudinal, avec collecteurs. Dans une batterie, on comptait deux couples de collecteurs et régénérateurs, disposés parallèlement au grand axe de la batterie, les uns recevant le volume total d’air de combustion, les autres évacuant la totalité des gaz brûlés.
- Ce système présente l’avantage d’une surveillance commode, l’examen des collecteurs par des lunettes placées aux deux extrémités renseignant à tout moment sur la régularité de marche des fours ; l’allure générale est théoriquement plus régulière. Par contre, les pertes de chaleur par rayonnement sont importantes, et l’arrêt d’un four pour réparations, qui entraîne automatiquement la marche au ralenti ou même l’arrêt des deux fours voisins, provoque un refroidissement notable de la partie correspondante des collecteurs et régénérateurs. Ces motifs expliquent la faveur dont jouissent maintenant les régénérateurs individuels transversaux. Chaque four est doté d’un régénérateur qui lui est propre, constitué d’une ou de plusieurs cellules, dans lesquelles les gaz circulent en parallèle ou en série. La circulation des gaz en série (Coppée, Lecocq) a l’avantage d’accroître la vitesse du courant gazeux et d’assurer par suite une meilleure transmission de la chaleur. Cependant, la Société Solvay-Piette continue à construire des régénérateurs placés dans des galeries longitudinales. Régénérateurs primaire et secondaire sont reliés entre eux par des ouvertures transversales. A la partie supérieure des régénérateurs primaires un espace libre continu concourt à l’égalisation du régime des températures tout le long de la batterie. La maison Hinselmann construit des régénérateurs longitudinaux, et cependant individuels. Chacun d’eux s’étend sur une longueur d’environ 5 fours, et sa largeur est égale au dixième de la largeur de la batterie. Enfin la Société de Fours à coke et d’Entreprises industrielles a breveté le dispositif qu’elle dénomme « en parallèle ». Le régénérateur qui s’étend sous le four est divisé en quatre compartiments,-séparés complètement les uns des autres par des cloisons transversales. Cette disposition offre l’avantage d’éviter dans les empilages la formation de
- courts-circuits. D’autre part, l’écoulement des fluides ne subit qu’une perte de charge très faible; par suite, la différence de pression entre les chambres de chauffage et les chambres de carbonisation, qui sont la cause de repassages, ou échanges directs entre ces deux chambres, est réduite au minimum.
- L’augmentation du poids d’empilages contenu dans les régénérateurs a été encore un facteur pour l’amélioration de leur puissance.
- On lutte contre les pertes par rayonnement par l’interposition de matériaux isolants entre le four et l’extérieur. L’épaisseur de la maçonnerie au-dessus de la voûte des fours a été portée à 80 cm. Les extrémités ou « têtes » des piédroits, qui sont maintenues à l’aide de montants d’ancrage verticaux en profilés ou en rails assemblés, sont munies de plaques d’amiante calées entre maçonnerie et montants. Les portes sont constituées d’un cadre en fonte et d’une plaque en tôle. L’intérieur du cadre est garni de briques réfractaires. Mais on prend la précaution de glisser entre la tôle et les briques un joint en poudre d’amiante. Enfin, les faces des régénérateurs, sous le niveau de la sole des fours sont, elles aussi, protégées par des matières isolantes. Sous le massif des fours, un réseau de carneaux récupérateurs est parcouru par l’air destiné à la combustion, qui a subi un premier réchauffage avant d’entrer dans les régénérateurs.
- Les pertes à la cheminée, provenant de ce que lés gaz brûlés sont évacués à une température d’environ. 300°, sont d’autant plus faibles que le dosage de l’air est plus précis et que les régénérateurs sont plus puissants.
- Enfin les pertes de calories par les gaz de distillation et le coke incandescent dépendent de la régularité du chauffage des piédroits. Elles sont accrues par la surchauffe. En outre, certains procédés d’extinction du coke à sec permettent de récupérer d’importantes quantités de calories.
- Les manutentions mécaniques du charbon. —
- Les opérations de manutention sont effectuées actuellement en presque totalité par des moyens mécaniques.
- Les diverses qualités de charbon employées sont amenées par fer ou par eau. Des grues, ponts roulants, dragues, transporteurs et norias les reprennent et les répartissent dans des parcs, de grande capacité, pour parer aux à-coups de réception. Au fur et à mesure des besoins, le combustible est déversé sur un crible, qui le classe; les morceaux trop gros sont concassés, puis on l’emmagasine dans des silos à reprise par le bas. Des transporteurs et norias alimentent des tours, où l’on effectue dans des trémies le mélange de charbons convenable pour l’obtention d’un coke de bonne qualité. Des soles doseuses placées sous les trémies déversent le mélange dans des convoyeurs à vis ou transporteurs qui desservent F atelier de broyage. Là le charbon est réduit en poussière par des broyeurs « Carr », sortes de cages d’écureuil à barreaux, tournant à grande vitesse en sens inverse. Enfin des norias l’amènent au sommet de la tour à charbon, d’une capacité correspondant à une journée de marche.
- Les enfournements et défournements s’opèrent à heures fixes dans le minimum de temps. On peut même les diriger
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- à distance à l’aicle d’un système de signalisation optique et acoustique.
- L’enfournement et le défournement. — Les
- opérations d’enfournement et de défournement s’effectuaient, dans les anciennes cokeries, de la façon suivante : les deux portes, lutées à l’argile, devaient d’abord être délutées. La machine défourneuse d’un côté, un treuil roulant sur le toit de la batterie et manœuvré à la main, de l’autre, les soulevaient. Le bouclier refoulait le saumon de coke sur l’aire et revenait en posi-
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- rapide (15 à 18 heures), il était essentiel de réduire au minimum cette perte de temps.
- La puissance des machines défourneuses a été augmentée. Leur vitesse de translation, ainsi que celle du bouclier, sont beaucoup plus élevées que dans les anciennes défourneuses. Elles portent un mécanisme de repalage rapide, qu’on actionne dès la fin de l’enfournement. Certains constructeurs suppriment le massif de maçonnerie formant quai au niveau des soles des fours, et font rouler les défourneuses montées sur
- Fig. 8. — Extrémité d’une batterie de fours à coke (Système Smet-Solvay-Pielte). Guides-coke, coke-car, coke-wharf, reprise du coke par distributeur et transporteur à bande, criblage.
- tion normale. L’ouvrier appelé « luteur-calcineur », du côté de l’aire, dégageait à la fourche, aprèsunléger arrosage, le coke accumulé devant le four, qui empêchait la remise en place de la porte. La descente des portes et leur lutage, puis l’enfournement et le repalage (ou égalisation de la hauteur de la charge de charbon) complétaient la série interminable des opérations : au total 35 à 40 minutes. Ce laps de temps pendant lequel le four restait improductif était peu sensible eu égard à la durée de cuisson (35 à 40 heures). Mais, avec les fours à cuisson
- chariot métallique sur des voies posées à même le sol.
- Les portes ordinaires, avec lutage, sont, de plus en plus, remplacées par des portes « encastrées », types Coppée et Lecocq. Au moment du défournement, la porte n’est plus levée, mais arrachée d’un cadre métallique lui servant de siège, et maintenue de côté, d’une part grâce à un mécanisme spécial porté par la défourneuse, d’autre part, à l’aide d’un autre mécanisme dont est muni le « guide-coke » (ce dernier appareil évite l’écroulement du saumon sitôt sa sortie du four et permet
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- Fig. 9. — Crible de coke à rouleaux.
- ainsi de laisser dégagés les environs immédiats de la porte). Dès que le coke est détourné, on peut donc rappliquer la porte sur son cadre, ce qui élimine une des causes de refroidissement du four. La porte côté défour-neuse est remise en place dès la sortie du bouclier et l’on procède sans plus tarder à l’enfournement. Il existe d’autres types de portes sans lutage, dans lesquelles l’étanchéité est assurée par un gros cordon d’amiante (Coppée).
- La porte est maintenue pressée contre le cadre, grâce à un système de coins qui produit une composante horizontale déterminée par le poids propre de la porte.
- En outre de l’étanchéité de la porte sur le cadre, on assure l’étanchéité du cadre avec la paroi du four à l’aide d’un joint de composition spéciale; la porte est munie d’un bouclier en tôle qui pénètre dans le four jusqu’au droit du premier carneau (Lecocq). Protégée par ce bouclier, la porte se conserve mieux.
- Les machines enfourneuses, de grande capacité, correspondant à celle des fours, roulent, en général 'sur des voies posées sur le toit de la batterie. Elles portent un certain nombre de bennes munies d’appareils de vidange automatique. Comme elles impriment des trépidations néfastes à la solidité du massif des fours, elles sont montées sur ressorts, ou encore suspendues aux montants d’ancrage prolongés (Roberts). Elles sont remplies sous la tour à charbon, et se rendent sur l’emplacement du four à charger. Sitôt le défournement terminé, les tampons obstruant normalement les orifices d’enfournement ayant été levés par l’enfourneuse elle-même, on laisse couler la charge dans le four. Pour canaliser les fumées gênantes qui se dégagent à ce moment, quelques machines sont pourvues de viroles télescopiques.
- Toutes ces opérations se sont déroulées pendant un minimum de temps, et avec un personnel très réduit; le four, chargé, repart après un arrêt de 10 minutes.
- L’arrêt d’un four pour réparations est évidemment des plus nuisibles à la bonne marche de l’ensemble. Or, si la batterie n’a pas été suffisamment butée, à la mise en marche, et si elle n’est pas maintenue, en marche normale, par des ancrages résistants, on observera des fis-
- sures qui entraîneront de sérieuses réparations. Aussi les fours sont-ils établis sur une forte semelle en béton dans laquelle sont encastrés les pieds des montants d’ancrage longitudinaux et transversaux. Les parties supérieures de ces montants sont elles-mêmes reliées deux à deux par des ronds en acier de forte section. On réalise ainsi un réseau rigide que maintient la maçonnerie. La dilatation de la batterie est toutefois prévue lors de la mise en marche.
- Les manutentions. — Dans une batterie construite en 1914, un homme correspond à une production inférieure à 1600 tonnes de coke par an. Avec les progrès accomplis dans l’appareillage, on compte maintenant un ouvrier pour 6000 tonnes par an. En plus des divers perfectionnements que nous avons déjà examinés, il en est d’autres, taus récents, qui agissent pour expliquer cette diminution énorme de main-d’œuvre.
- L’inversion de la circulation des gaz, toutes les demi-heures, était assurée autrefois par la manœuvre à main de divers volants. Elle est actuellement automatique, réglée par mouvement d’horlogerie. Elle s’effectue en quatre temps pour éviter toute perte de combustible ou tout accident dû à des mélanges détonants.
- C’est surtout sur la question des manutentions du coke, depuis sa sortie du four, qu’ont porté les efforts. Dans les anciennes cokeries, le saumon incandescent s’écroulait sur une aire horizontale, recouverte de plaques de fonte, où il était copieusement arrosé par des hommes armés de lances. Une fois éteint, on le chargeait à la fourche dans des brouettes qu’on allait déverser dans les bennes des hauts fourneaux ou les xvagons.
- Pour réduire le personnel nécessaire à cette reprise, tout en conservant les aires horizontales, on a imaginé des engins mécaniques, tels que raclettes et pelles.
- La raclette Still est un râteau de grande largeur, qui attire le coke jusque dans les wagons, après passage sur un crible qui élimine les petits morceaux.
- Les pelles mécaniques, de différents modèles, sont constituées par un pont roulant le long de la batterie, analogue aux chargeuses de fours Martin.
- Les aires inclinées sont d’un emploi beaucoup plus courant. A la sortie du four, le saumon glisse sur une banquette horizontale de 2 m. de largeur environ, qui sert de point d’appui pour le bouclier et de chemin de roulement pour le guide-coke. Puis il s’écroule sur l’aire, dont l’inclinaison est d’en général 24° à 28°. Elle est terminée par une plateforme horizontale, munie d’un caniveau recouvert de plaques en fonte perforées pour l’évacuation des eaux d’extinction. Les chargeurs de coke se tiennent sur cette plateforme et déversent à la fourche le coke dans des wagons roulant sur des voies placées en contre-bas du quai. L’inclinaison de l’aire est telle qu’au fur et à mesure de son enlèvement le coke descend par son propre poids.
- Dans des installations plus récentes, la rampe est terminée par une série de vannes manœuvrables à la main. Un transporteur métallique ou en caoutchouc court sous Ces vannes et conduit le coke éteint au criblage.
- L’extinction du coke. — Lorsque l’importance de la cokerie 1e. justifie (production d’au moins 300 t. par
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- 24 heures), on peut employer des moyens tout différents : la banquette horizontale existe encore à la sortie des fours, îhaisle coke, au lieu de s’écrouler sur une aire lui faisant suite, tombe directement, incandescent, dans un wagon spécial, dit « coke-car », où il s’étale en couche mince inclinée. Le four vidé, le coke-car est immédiatement amené, soit par treuil, soit par locomotive électrique, sous une tour d’extinction où il subit un arrosage rationnel ; les immenses colonnes de vapeur, si gênantes pour le travail du personnel, sont évacuées par une large cheminée en béton armé, de 15 à 20 m. de hauteur, surmontée d’un château d’eau. Une pompe centrifuge, commandée par flotteur, y maintient automatiquement un niveau fixe. L’extinction terminée, le coke-car est laissé quelques instants en place, pour permettre l’évaporation complété de l’eau absorbée. L’eau qui ruisselle est rassemblée dans des bassins de décantation. Les poussiers déposés sont déversés sur des tables d’égouttage. Le coke-car est ensuite amené devant une aire inclinée de dimensions réduites (coke-wharf) où il répand son contenu éteint. Le coke est arrêté à la partie inférieure du coke-wharf, par des registres à commande mécanique. Les registres levés, il tombe dans des tambours tournants qui le distribuent en couche régulière sur un transporteur à bande de caoutchouc. Il est amené à l’atelier de criblage où il est classé au moyen d’un crible à rouleaux. Les catégories de petites dimensions sont emmagasinées dans une trémie spéciale. Le gros coke est chargé directement sur wagons (installation Coppée).
- Le procédé d’extinction humide est un procédé barbare, qui gaspille une somme importante de calories ; depuis peu de temps, la maison Sulzer a breveté un dispositif spécial d’extinction à sec qui permet de les récupérer. Ce système a été décrit en détails dans un récent numéro de cette Revue (1er janvier 1927). Il nous suffira de dire que son principe est d’éteindre le coke incandescent contenu dans une trémie par la circulation en circuit fermé de gaz inertes. Ces gaz, réchauffés, passent sous une chaudière où ils cèdent leurs calories, et reviennent ensuite à la trémie. La Société Smet-Solvay et Piette a acquis la licence du procédé et l’a appliqué à la cokerie d’Homécourt. On obtient 380 kg de vapeur à 10 kg de pression par tonne de coke, et le prix de revient de la vapeur ainsi produite n’excède guère 8 francs la tonne, amortissement compris.
- Une cokerie peut obtenir ainsi assez de vapeur pour suffire'à ses propres besoins. C’est dire si cette récupération est intéressante.
- 3° AUGMENTATION DE LA QUANTITÉ ET AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DU PRODUIT OBTENU
- Par suite de l’emploi de portes étanches,
- les pertes de gaz de distillation à l’extérieur, si la pression dans le four vient à dépasser notablement la pression atmosphérique, sont totalement supprimées. De même la construction très étudiée des piédroits permet d’éviter les repassages directs dans les carneaux. Inversement, en cas de dépression dans le four, on n’a pas à redouter des rentrées d’air, dont l’influence se fait sentir d’une manière désastreuse sur la qualité du gaz : sa teneur en azote croît sensiblemeïit, et diminue d’autant son pouvoir calorifique. Avec des portes futées à l’argile, la teneur en azote varie de 8 à 15 pour 100. Avec des portes étanches, elle est de 5 pour 100 au plus.
- Les appareils de contrôle et de réglage automatiques, maintenant une dépression constante au barillet (collecteur de gaz pour toute la batterie), sont actuellement d’un usage courant, et ne contribuent pas peu à la régularité de la qualité du gaz, nécessaire tout particulièrement s’il doit être vendu comme gaz de ville.
- La perte de gaz de distillation étant réduite au mini-
- Fig. 10. — Vue d’ensemble d’une batterie de fours à coke.
- [Système Smet-Solvay et Piette.)
- Au milieu, tour à charbon et tour d’extinction. On distingue à la partie supérieure de la tour d’extinction le dégagement de la vapeur d’eau ; en bas de la tour, à gauche, le coke-car; à droite, la batterie, machine enfourneuse, guides-coke, coke-wharf, transporteur de coke éteint et criblage.
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- raum, les rendements en sous-produits sont de ce fait plus élevés que dans les anciens fours. Un chauffage régulier des piédroits et la suppression de toute surchauffe évitent la dissociation des hydrocarbures.
- Le coke obtenu par extinction à sec sort des trémies à 200°. Il est exempt d’eau, au lieu d’en contenir 8 à 10 pour 100. Ce fait est des plus intéressants. Il correspond à une grosse économie dans le Haut Fourneau, et, si ce coke doit être expédié à une certaine distance, à une réduction notable des frais de transport.
- L’emploi du gaz de fours à coke pour l’éclairage. — Le gaz de fours à coke est un gaz riche, à 4600 calories par m3. Il peut servir, dans une usine métallurgique, à de multiples emplois pour lesquels les gaz pauvres de Hauts Fourneaux ou de gazogènes ne sauraient convenir. De plus, son prix de revient est très inférieur à celui des usines à gaz. Aussi son utilisation pour l’éclairage des villes se répand-elle de plus en plus. En France, Arras, Douai, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulouse, et la banlieue de Paris, pour ne citer que les principaux consommateurs — en Angleterre, Sheffield, Glasgow, Leeds — en Belgique, Bruxelles, Liège, Gand — en Allemagne des quantités de villes, et surtout les villes rhénanes, sont alimentés par des colceries. On peut raisonnablement penser que, dans un avenir plus ou moins proche, toutes les petites usines à gaz aux prix de revient désastreux auront fait place à de grandes cokeries gazières, qui présentent en outre l’avantage de fournir du coke métallurgique et non un coke spécial d’un placement difficile.
- L’emploi du gaz pauvre pour chauffer les batteries de fours h coke. — Or, en bonne marche, les fours consomment 45 pour 100 du gaz qu’ils produisent. Pour rendre tout le gaz riche disponible, les constructeurs ont prévu des batteries avec du gaz pauvre (gaz de Hauts Fourneaux dans une usine sidérurgique, ou gaz de gazogènes, de 950 à 1300 calories par m3). La température théorique de combustion de ces gaz froids n’étant pas suffisante, il faut les faire passer dans des régénérateurs complètement distincts des régénérateurs à air. La construction est évidemment compliquée de ce fait.
- D’autre part, les conditions de marche pouvant être modifiées suivant divers éléments, on établit d’une façon générale des fours « compound », pouvant être chauffés indifféremment soit au gaz riche, soit au gaz pauvre.
- Les gazogènes utilisés sont alimentés avec le petit coke et le fraisil provenant des batteries. On est ainsi débarrassé de produits de moindre valeur marchande. Il est indispensable que le gaz de Hauts Fourneaux ait été parfaitement dépoussiéré dans des épurateurs humides ou à sec. Le gaz de gazogènes passe avant utilisation dans des réfrigérants laveurs. Si l’on désire libérer une quantité importante de gaz riche, sans avoir l’ennui des doubles régénérateurs, on peut adopter une solution intermédiaire et mélanger gaz pauvre et gaz riche, de manière à réaliser un gaz mixte à 2500 calories environ. Il suffira de prévoir des conduites plus fortes et d’augmenter légèrement la puissance des régénérateurs.
- Pour clore cet exposé, il nous paraît intéressant d’examiner rapidement comme exemple le mode de chauffage et
- la circulation des gaz et de l’air dans l’un des nombreux types de fours qui existent actuellement, et qui donnent, du reste, entière satisfaction, chacun dans son genre. Nous choisirons le four à gaz riche type Evence Goppée, qui nous semble être le dernier en date, et qui a fait ses preuves de solidité et de puissance dans une marche continue de déjà plusieurs mois (fig. 2).
- Les carneaux du piédroit sont répartis en six groupes, reliés de l’un à l’autre alternativement par le haut et par le bas. Les régénérateurs sont placés dans les fondations et constitués chacun de deux compartiments en série, parcourus, dans le sens ascendant par l’air, dans le sens descendant par les gaz brûlés. L’air destiné à la combustion, amené par le collecteur A, et déjà réchauffé vers 100° par passageAans ce collecteur, traverse Ct et Cr II est ensuite admis dans les carneaux du groupement extrême du piédroit, où il s’unit avec une première quantité de gaz en formant un courant d’un volume important qui parcourt en série les six groupes de carneaux. Il réchauffe les cellules C3 et Cj. et est évacué à la cheminée par le collecteur B.
- Des introductions de gaz frais complémentaires, à l’entrée de chaque groupement de carneaux, restituent au courant la chaleur qu’il a transmise dans le groupement précédent. On règle la répartition du courant dans les différents carneaux en agissant sur des registres placés à la partie supérieure de ces carneaux.
- Les admissions de gaz faites en 1 ou 1/ sont seules inversées toutes les demi-heures. Les autres admissions 2, 3, 4, 5 et 6 sont permanentes.
- Les avantages de ce type de four sont les suivants :
- a) Augmentation de la surface chauffante active, tous les carneaux étant rendus actifs, grâce aux appoints de gaz frais. Dans la plupart des autres systèmes, la moitié des carneaux sert au chauffage proprement dit, et le reste à l’évacuation des gaz brûlés.
- b) Amélioration de la transmission de chaleur, la vitesse du courant dans le piédroit étant poussée au maximum compatible avec la résistance du circuit.
- c) Uniformisation du chauffage le long du piédroit, par l’allongement de la flamme qui résulte de la dilution du gaz frais dans une grande quantité d’air ou de gaz. brûlés. Cet allongement augmente en effet d’autant plus que la combustion est moins rapide.. Or la présence d’un excès d’air contrarie la propagation de l’inflammation parmi les molécules gazeüses. D’autre part, étant donné l’importance du courant gazeux, son refroidissement est beaucoup moins rapide, et les différences de température entre les extrémités des carneaux sont peu sensibles. Enfin, il ne peut se localiser de chaleur aux différents points d’admission du gaz, et par suite on n’a pas à craindre la décomposition des sous-produits.
- d) La température de combustion est notablement abaissée. Elle ne peut théoriquement dépasser 1300°.
- « e) La suppression des carneaux d’évacuation des gaz brûlés permet d’augmenter la hauteur des chambres, dans leur capacité.
- f) Le four est d’une construction simple, d’une conduite aisée et d’un réglage facile. La formation de gx^a-phite est évitée puisque les conduits distributeurs de gaz au niveau de la sole sont très coui’ts. J. O.
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- UN AVION TRANSPORTEUR DE JOURNAUX
- En Allemagne, l’aviation fait l’objet d’applications toujours plus nombreuses. Elles ne sont pas sans effet quant à l’orientation de l’industrie aéronautique nationale. En fait, depuis que les compagnies d’aéronavigation ne constituent plus l’unique débouché des constructeurs, mais que l’initiative privée commence à recourir à l’emploi de l’avion, on enregistre la réalisation d’appareils spécialement étudiés pour répondre aux exigences d’une clientèle particulière, se recrutant en dehors des entreprises de transports aériens et des associations sportives. C’est ainsi que la firme bien connue Ernest Heinkel', de Warnemunde, sur les bords de la Baltique, a établi, il y a un certain temps déjà, pour le compte de la maison d’éditions berlinoise Ullstein, le premier avion spécialement conçu et aménagé pour le transport et la distribution en vol des journaux. Cette réalisation d’un genre nouveau a d’ailleurs fait ses preuves en couvrant, en 11 mois de service quotidien, du début de mai 1926 à fin mars 1927,
- 100000 km, transportant de la sorte 85 400 kg de journaux et totalisant 500 heures de vol.
- En présence d’un tel résultat, il est compréhensible que la maison Ullstein ait été amenée à 'commander à l’ingénieur Ernest Ileinkel un second avion transporteur de journaux, du même type que le premier modèle, mais dont la capacité de transport soit plus grande. Cette commande s’est traduite par la réalisation du type II. D. 40, qui vient de sortir des usines de Warnemunde, et auquel est consacrée la brève description ci-dessous.
- v Voilure. — Comme on le voit sur les photographies, la voilure de l’avion Heinkel, type II. D. 40, est constituée par une cellule biplane à plans inégaux et décalés. L’aile supérieure est tout à fait horizontale ; elle est formée de deux parties se raccordant au fuselage par une cabane en tubes d’acier. Les exti’émités sont arrondies et ont une épaisseur et une largeur décroissantes. Les ailes inférieures présentent un léger dièdre latéral ; elles sont encastrées dans le fuselage. Seul le plan supérieur comporte des ailerons. Ils sont compensés. L’épaisseur des plans a permis de réduire la mâture à deux groupes
- de montants en N renversé et à un croisillonnage simple par demi-cellule.
- Fuselage. — Le fuselage est constitué par des tubes d’acier soudés à l’autogène. Le revêtement est en toile ; il peut être rapidement enlevé, de manière à faciliter le contrôle à l’intérieur. Le poste de pilotage est installé à l’avant, entre les montants de la cabine. Bien qu’il soit très spacieux et à double commande, il n’occupe que la partie supérieure du fuselage. La place disponible au-dessous est aménagée pour le logement des paquets de
- journaux qui peuvent être largués à volonté par le pilote, ou, le cas échéant, pour le transport de colis divers. Cette soute a 1 m. de long sur 1 m. 40 de large et 1 m. de haut; on y accède par une porte indépendante. Le fuselage comporte encore, plus à barrière, une vaste cabine. Elle mesure 3 m. x 1 m. 20 X I m. 80 et peut être utilisée soit pour le transport des bagages, soit pour celui de 6 à 8 passagers.
- L’empennage horizontal se compose d’un plan fixe réglable et de deux volets de profondeur compensés.
- L’empennage vertical comprend une surface de dérive et un gouvernail de direction avec compensation.
- Groupe moto-propulseur. — L’avion Ileinkel, type H. D. 40, est équipé d’un moteur B. M. W. VI (Bayerische Motoren Wer-ke), d’une puissance de 465-600 ch, actionnant en prise directe une hélice tractive, en bois, à deux pales. Ce moteur est fixé sur un bâti en tubes d’acier boulonné à bavant du fuselage. Le refroidissement est confié à un radiateur du type nid d’abeille, disposé au-dessous du berceau moteur. L’alimentation se fait par gravité, les réservoirs étant logés dans la partie centrale de l’aile supérieure.
- Train d'atterrissage.— L’atterrisseur,à large voie, ne comporte pas d’essieu. Chaque roue est raccordée au fuselage par des jambes articulées en V, renforcées par quatre barres doubles. La béquille, de forme'pyramidale, est montée à l’aplomb du plan fixe.
- Voici maintenant les principales caractéristiques et performances de l’avion Heinkel, type H. D. 40 :
- HOM.
- Fig. 1. — L’avion porteur de journaux Heinkel.
- Type HD-40. Il porte une charge utile de 1000 kg de journaux et donne 180 lcm/heure (vues de profil, de face et en plan).
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- Envergure du plan supérieur . . . . 17 m. 60
- Envergure du plan inférieur........15 m. 15
- Longueur totale ...................11 m. 90
- Hauteur totale..................... 4 m. 27
- Surface portante................ 75 m2 40
- Puissance.. Moteur B. M. W. VI de 465-600 ch.
- Poids à vide.......................2 110 kg.
- Charge utile totale................1160 kg.
- Poids total en ordre de vol........3 710 kg.
- Charge au mètre carré................... 49 kg. 500 >
- Vitesse maximum........................ 180 km-h.
- Vitesse d’atterrissage.................. 75 km-h.
- Montée à 1000 m . . ............... 8 min.
- Rayon d’action.......................... 4 h.
- L’avion Ileinkel, type H. D. 40, est en somme l’extrapolation du type H. D. 39, dont il présente les caractéristiques essentielles. Cependant, alors que ce dernier était destiné exclusivement au transport des journaux, le type H. D. 40 est aménagé pour recevoir également des passagers.
- Quoi qu’il en soit, l’avion Heinkel, type IL D. 40, présente un réel intérêt, non seulement par sa valeur tech nique, mais aussi par les conséquences pouvant résulter de sa mise en service. Car il suffirait que l’exemple de la maison Ullsteinsoit suivi parles grands éditeurs d’outre-Rhin pour qu’un débouché nouveau s’ouvrît immédiatement à l’industrie aéronautique allemande.
- Claude Schubicer.
- Fig. 2 et 3. — Photographies de l’avion IID-40.
- LES NOUVEAUX CUIRASSÉS ANGLAIS
- Les accords établis à Washington, entre les principales puissances possédant une flotte de guerre, ont permis à l’Angleterre de mettre en chantiers, depuis les hostilités, deux navires de premier rang.
- Ces deux bâtiments, baptisés Nelson eX Rodney, accomplissent actuellement leurs essais officiels et leur entrée dans la flotte de Grande-Bretagne sera chose faite vraisemblablement cet automne.
- Malgré la limitation imposée par le traité de Washington aux navires de cette catégorie, en ce qui concerne le tonnage et l’armement (35 000 tonnes et calibre maximum de 406 mm), le Nelson et le Roclney possèdent une puissance telle qu’ils surclassent, et de loin, tout ce qui a été fait jusqu’à nos jours en navires de combat.
- Il est donc intéressant de les étudier et de connaître les éléments de cette incontestable supériorité.
- De plus, en raison du prix énorme auquel atteint aujourd’hui le type d’unité (900 millions de notre monnaie pour chacun de ces cuirassés), en raison aussi d’une certaine tendance générale à douter de son utilité dans les conflits futurs éventuels, il est bien possible que le Nelson et le Rodney soient les derniers spécimens du cuirassé de combat proprement dit.
- Et, à ce titre encore, il paraît justifié d’étudier leur structure et de voir jusqu’où, en leur personne, a été poussé l’art de la construction navale appliqué au problème de réunir les moyens d’attaque et de protection les plus puissants sur une coque de dimension donnée.
- Jusqu’au moment de leur mise à l’eau, dans les premiers jours de 1926, l’Amirauté a su faire régner sur les caractéristiques de ses deux nouveaux cuirassés un mystère presque impénétrable. On savait seulement, parce que Washington obligeait à le publier, qu’ils atteindraient le maximum de tonnage et d’avancement permis, soit 35 000 t. pour le déplacement et le calibre de 406 mm pour la grosse artillerie. En réalité, ils déplaceront 37 000 t. lorsqu’ils auront embarqué leur provision d’eau et de combustible au complet.
- - Leurs autres caractéristiques sont 216 m. pour la longueur, 32 m. 30 pour la largeur, et 10 m. pour le tirant d’eau. Pour le reste, le secret a été bien gardé et c’est une vraie surprise, on peut même dire une certaine stupéfaction qu’a causée dans le monde maritime l’aspect inusité de ces mastodontes au moment où ils ont paru sur les flots.
- Leur silhouette n’a, en effet, rien de commun avec celle des navires de combat vus jusqu’ici. Elle rappelle un peu toutes proportions gardées, celle des navires spécialement affectés au transport du pétrole, chez lesquels toutes les superstructures, passerelles, cheminées, embarcations occupent la partie arrière du pont, laissant tout le reste dégagé.
- Chez le Nelson et le Rodney, un tiers environ, à partir de l’étrave, de la longueur du pont (216 m.) ne porte rien que les chaînes et les ancres et constitue un énorme flotteur, support de la grosse artillerie et de ses accès-
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- soires. Celle-oi est contenue en 3 puissantes tourelles, d’un médiocre relief, qui se succèdent dans la ligne axiale sans presque laisser d’espace entre elles, et occupent le deuxième tiers du pont.
- Le troisième tiers porte d’abord une haute tour qua-drangulaire où s’étagent les passerelles de navigation, les blockhauss, les postes de projecteur et enfin le spotting top, réduit de la conduite du tir, avec ses télémètres et autres installations de première mportance. Une seule cheminée, un mât tripode léger, 6 tourelles de l’artillerie légère, l’artillerie contre avion, peut-être une seconde tour de commandement de proportions réduites, les postes des embarcations, occupent ce qui reste du tiers arrière du pont.
- Un expert anglais en architecture navale, Maurice Prendengast, définit comme il suit et avec « humour ». les' nouveaux venus de la flotte anglaise :
- « Le cuirassé d’après Jutland apparaît comme la création de quelque artiste post-futuriste.
- Finies la vieille symétrie du profil, et l’équitable distribution des canons aux deux extrémités du navire.
- Sur la classe Nelson, la moitié du pont continu, très élevé au-dessus de l’eau, est uniquement consacrée à supporter
- 3 tourelles triples.
- Au milieu du navire jaillit dans l’air un énorme campanile qui remplace le vieux mât tripode de l’avant.
- Le service de la direction du tir est devenu un’organisme si important qu’il exige maintenant un logement dans une sorte de building avec ascenseurs électriques, chauffage et eau chaude à tous les étages ».
- L’artillerie principale est donc toute groupée étroitement et ce fait constitue la principale singularité de ces bâtiments.
- Elle se compose de 9 pièces de 406 mm réparties 3 par 3 dans les 3 tourelles.
- C’est la première fois qu’on voit apparaître la tourelle triple dans la marine anglaise, alors qu’on la trouve depuis plus de 10 ans à bord de quelques navires américains, italiens et autrichiens.
- Et nous rappellerons à ce sujet que, dès 1913, la Marine française avait envisagé l’emploi de tourelles contenant chacune 4 canons de 340 mm, à bord des cuirassés de la classe Béarn, de 25 000 t., dont la construction a été arrêtée au cours de la guerre.
- Les bâtiments de la classe suivante, type Ducpœsne, de 29 000 t., dont les plans étaient prêts, devaient porter, en
- 4 tourelles quadruples, 16 pièces de 340 mm, pouvant toutes tirer du même bord, sans compter 24 canons de
- 164 mm.-Cette conception montre la valeur de nos services techniques de construction navale qui avaient su placer un aussi formidable armement sur une coque d’un tonnage en somme assez faible.
- Sur le Nelson et le Rodney, la tourelle milieu surmonte les 2 autres, ce qui permet de gagner de la place et de concentrer le feu de 6 pièces de 340 mm en chasse extrême, et de 9 pièces pour le travers des deux bords.
- En revanche, et c’est une critique que l’on a faite de cette répartition de l’artillerie, on ne disposera d’aucune grosse pièce pour protéger la retraite.
- Mais c’est- une éventualité à laquelle l’énorme puissance de ces navires permet de ne pas s’arrêter, en présence des avantages de tous ordres que présente cette concentration de l’artillerie principale.
- Tout d’abord on peut grouper les soutes à munitions à portée de l’artillerie qui doit les employer, d’où plus grande facilité dans l’approvisionnement des pièces, plus grande rapidité de tir, et simplification dans l’aménagement général de ce service si important.
- Ces soutes ainsi rassemblées sous les tourelles bénéficieront en plus de la protection particulière et massive instituée dans la partie du navire la plus importante.
- Tout l’armement principal, avec ses tourelles, ses canons, ses munitions, ses appareils de tous ordres , est ainsi groupé, avec le poids énorme qu’il représente, dans la partie centrale du navire, et se trouve avoir comme support la moitié environ de la longueur du navire, disposition particulièrement heureuse pour la teneur de ces mastodontes à la mer.
- Le canon de 406 mm adopté par l’Amirauté a 50 calibres de longueur, soit 20 m., et 2 m. 08 de plus que les pièces de même calibre qui arment les navires similaires, également post-Jutland, des marines japonaise, au nombre de 2, et américaine, au nombre de 3.
- La vitesse initiale du projectile est de 800 m. par seconde et la portée maxima 32 000 m.
- Chaque canon peut tirer 2 coups par minute, et il est facile de juger de l’effet foudroyant que produisent des salves de 9 obus de 1230 kg arrivant au but à raison de 2 par minute.
- Le canon anglais présente donc indéniablement la puissance et la portée les plus considérables.
- De plus, les Nelson possèdent une pièce de plus que leurs rivaux étrangers, ce qui, lorsqu’il s’agit de pareils calibres, constitue un appoint considérable.
- L’avantage est encore au canon anglais en ce qui concerne le poids du projectile, qui est de 1220 kg, alors
- =Q 00=^
- Fig. 1. — Schéma de la disposition de l’artillerie à bord des cuirassés Nelson et Rodney.
- D’après Le Yacht.
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- que l’obus américain ne dépasse pas 1050 kg e’t le japonais 1100 kg.
- L’artillerie secondaire .comprend 12 canons de 152 mm répartis en 6 tourelles placées aux deux bords et toutes dans la partie arrière du navire qu’ils couvrent ainsi de toutes parts contre les attaques des torpilleurs et sous-marins. On trouve encore 6 canons anti-aériens de 127 mm et 20 autres petites pièces.
- La protection a été particulièrement étudiée. Elle est assurée contre les coups des projectiles par une cuirasse de 355 mm d’épaisseur couvrant les flancs à la flottaison sur les 3/4 de la longueur du navire. Cette cuirasse
- 152 à 76 mm et par conséquent une protection jugée suffisante.
- Les machines comprennent 4 turbines à engrenages d’une puissance totale de 45 000 chev. Le mazout est seul employé comme combustible. La vitesse est de 23 nœuds seulement, donc inférieure de 2 nœuds à celle des cuirassés de la classe Queen-Elisabeth de dix ans plus anciens.
- Il y a là, évidemment, un trou dans la puissance de ces navires, auquel l’Amirauté n’a dû se résoudre qu’à grand regret. Mais, étant données la limitation du tonnage, et la nécessité de réaliser un navire formidable
- Fig. 2. — Le nouveau cuirassé anglais Rodney.
- monte jusqu’au pont supérieur dans toute la région des tourelles et du blockhauss qui forme ainsi une citadelle centrale pratiquement à l’abri des atteintes graves ; sur le reste des flancs, au-dessus de la cuirasse de flottaison, s’étend un blindage de 177 mm.
- Contre les effets des torpilles et mines, le Nelson et le Rodney sont protégés par une triple coque dans la partie centrale du navire et par des bulges, pareils à ceux qu’a adoptés l’Amirauté pour tous ses navires.
- Contre les coups venant de l’air, obus à tir plongeant, bombes d’avions, 3 ponts cuirassés s’étendant de l’avant à l’arrière présentent des épaisseurs d’acier variant de
- en défensive comme en offensive, ce sacrifice sur la vitesse était inévitable.
- Tels sont les éléments principaux de ces deux navires. S’ils répondent à ce que l’Amirauté et les ingénieurs qui en ont dressé les plans ont voulu réaliser, ils constitueront deux citadelles flottantes à peu près inexpugnables, dont l’apparition sur tout champ de bataille navale rangera sans doute possible la victoire du côté du pavillon britannique. Aussi longtemps, du moins, que la science n’aura pas produit d’autres armes que celles qui dominent actuellement les mers.
- Cl Sauvaire-Jourdan.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- L'AGE du papier — SES utilisations diverses
- I
- Le papier! Qui peut prévoir le rôle qu’il jouera dans l’avenir, quand on connaît celui qu’il joue dans le présent? Est-il un produit qui se prête à plus de transformations ? Il fut un temps où le papier servait presque exclusivement de véhicule à la pensée humaine, ou d’enveloppe plus ou moins fragile aux objets destinés à être transportés. L’industrie moderne s’est ingéniée à utiliser cette matière pour des applications aussi variées qu’inattendues. Il s’agit, à véritablement parler, plutôt que de papier proprement dit, de pâtes à papier, additionnées de substances diverses, pour constituer des objets où celte pâte peut être considérée comme une sorte de ciment, très solide en même temps que très souple.
- Enumérons, sans prétendre à une classification raisonnée, les nombreux emplois du papier, en tirant parti des documents recueillis, sur ce sujet, durant plusieurs années, en puisant à toutes les sources où nous pensions découvrir quelque utile renseignement. On constatera que le papier se soumet docilement à toutes les incarnations que lui impose l’industrie.
- Parlons, d’abord, des constructions.
- Une maison, entièrement construite en papier-journal. Cette demeure originale existe ; elle est située en Amérique, dans le Massachusetts ; une de nos revues illustrées {Le Plaisir de vivre, n° du 2 octobre 1926), en a donné une très curieuse reproduction.
- En Mandchourie, on fait avec le papier des matériaux de construction, qui remplacent les briques et le plâtre. Un châssis de tiges de millet, sur lequel on étend de vieux journaux et, par-dessus le tout, une couche de papier blanc, tel est le mode d’établissement des cloisons et des plafonds dans les habitations de cette contrée de la Chine ; aussi ce pays constitue-t-il un large débouché pour ce qu’en argot de journalisme on appelle les bouillons.
- Un ingénieur américain a inventé le toit en papier; celui-ci est fait de pâte de bois comprimée, et la substance ainsi obtenue est enduite extérieurement d’un vernis, qui la rend tout à fait étanche et indifférente à l’action des agents atmosphériques. Le toit en papier, a, du moins, cet avantage que, s’il survient un ouragan, on n’est pas exposé à recevoir des tuiles meurtrières sur la tête.
- Les Japonais ont réussi à faire des vitres et des cloisons en papier.
- Il y a déjà un demi-siècle, eut lieu à Berlin, une exhibition, dont la principale attraction était une maison, dite la maison du papier (Papierhaus).'Yoici la description qu’en donnaient les journaux de cette époque :
- « C’est une habitation ne se composant que d’un rez-de-chaussée. Le corps du bâtiment est en bas, à l’américaine; mais à l’extérieur, on peut voir un revêtement de carton-pierre, pour garantir contre la chaleur, le froid et les insectes; tandis qu’à l’intérieur, là même matière est directement clouée contre les murs et sert à remplacer le bois. Le toit est couvert d’une couche de ce carton qui sert pour les toitures.
- « L’aménagement intérieur nous offre des portes en carton, des tapisseries, un plafond, des lustres, des tapis, des stores et des rideaux en papier; jusqu’à un poêle en papier, dans lequel on peut, à ce qu’il paraît, faire du feu.
- « Les tables, appuis, etc., sont en papier mâché. Plus loin, on aperçoit d’autres objets fabriqués avec la même matière, notamment un tonneau, qui ne ressemble pas à celui des Danaïdes, car vous pouvez le remplir de liquide; des seaux, des chaises, des
- écrans, des cannes, des ronds de serviette, et les serviettes elles-mêmes, sans compter des jupons en papier, jupons à la dernière mode (celle de 1878), façonnés avec plissés et garnitures. »
- Rien qu’avec des boulettes en papier mâché, on a réussi, en Russie, à Savinoroska, à édifier une maison qui, au dire de son architecte, résistera mieux aux injures du temps, que les constructions en pierres ou en briques. Ses fondations, ses murs, le toit et les cloisons sont en papier comprimé. Les cheminees sont elles-memes en papier mélangé d’amiante, de telle sorte que les feux de cheminée deviennent presque impossibles.
- Cette maison est loin de détenir le record de la grandeur des édifices construits avec la même substance. En Norvège, par exemple, on a élevé un temple pouvant contenir un millier de personnes; toutes les parties de l’édifice sont en papier, sauf les cloches. A Paris même, nous n’avons pu vérifier le fait, certifié par un de nos confrères de la presse quotidienne (J), on peut voir, dans le quartier delà Roquette, une église entièrement faite de papier, rendu imperméable au moyen d’une couche de chaux vive, mélangée de lait caillé et de blanc d’œuf.
- Un théâtre, construit aux environs de New-York, présenterait la même originalité de construction. D’après la revue américaine Engineering, les blocs du papier comprimé constitueraient des matériaux bien supérieurs à la pierre employée communément dans les constructions. On a fait la remarque, en effet, que le papier étant bien plus mauvais conducteur de la chaleur que la pierre meulière ou la brique, les constructions faites avec cette matière sont plus fraîches en été, plus chaudes en hiver que n’importe quelles autres. On enduit les blocs de papier d’une substance grasse, qui s’oppose à la pénétration de toute humidité, de sorte que les maisons en papier ne sont jamais humides. Ce même papier, avant sa mise en blocs comprimés, est imprégné de sels qui le rendent entièrement ignifuge, et de produits antiseptiques qui en éloignent les micro-organismes (*).
- Récemment, on a élevé aux Iles Fidji, une pyramide de papier décoré qui, selon la coutume, a été brûlée après la cérémonie qui avait servi de prétexte à sa construction (s).
- Dans une usine de Breslau, on a construit une cheminée haute de 18 m., à l’aide de blocs de papier comprimé, assemblés au moyen d’un ciment siliceux. Des expériences faites, on a pu conclure que les résultats, au point de vue de la solidité, de l’élasticité et de l’immobilité des matériaux, sont des plus satisfaisants. Quant au prix de revient, il serait inférieur à celui des cheminées en briques.
- Mais le papier se prête à bien d’autres utilisations. Un établissement de Chicago confectionne des vêtements en papier, si légers, si souples et si commodes, que l’usage s’en serait généralisé, même dans les hôpitaux. Le papier qui sert à la fabrication de ces vêtements, pantalons et chemises, est fait à la cuve, finement froncé, superposé pâr feuilles et cousu. Il est ourlé légèrement avec de la laine, et on le munit de boutons et d'attaches. La matière offre une grande solidité, beaucoup de souplesse, et ne gêne en rien les mouvements. Le papier n’étant pas collé, les fonctions de la peau s’effectuent normalement (4)
- Il y a quelques années, s’ouvrait, à Leipzig, une exposition, dont une des plus importantes sections était celle où se trouvaient réunis les tissus pour vêtements.
- 1. Cf. L’Éclair, du 18 janvier 1908.
- 2. Revue encyclopédique, 4 juin 1898.
- 3. Yoy. le Dimanche illustré, dri 8 mai 1927.
- 4. Revue encyclopédique, 25 juillet 1896.
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- L’étoffe de papier coûtait alors de 1 à 4 marks le mètre ; un. vêtement de travail complet, fabriqué avec la même substance, se payait 20 marks. On apprécia surtout, comme particulièrement pratiques, les vêtements d’enfants et les blouses et jupons, pour femmes. Les tabliers en papier faisaient beaucoup d’usage, bien que ne coûtant que 15 marks la douzaine.
- Les fabricants de papier, au Japon, fabriquent depuis longtemps du papier indéchirable, qui sert à confectionner des vêtements. Ils confectionnent, notamment, des coussins, en collant plusieurs couches de papier l’une sur l’autre, sans que l’épaisseur totale dépasse 2 mm; une fois remplis d’air, ces coussins résistent au poids de l’homme le plus lourd, même au piétinement des bottes ferrées.
- Des Américains ont « lancé » la chemise en papier, pour homme. Elle se compose de 7 feuilles de papier superposées; on enlève chaque matin une feuille, et l’on arrive ainsi, a la fin de la semaine, avec un plastron, des manchettes et un col d’une blancheur irréprochable.
- On a été jusqu’à fabriquer des costumes de bain en papier, et, qui plus est, en papier buvard, que certains tailleurs utiliseraient comme doublures de vêtements. Qui sait? Le papier buvard sera peut-être la grande mode de la prochaine saison balnéaire.
- Un fabricant de papiers peints avait inventé jadis un papier imperméable, pouvant servir A’étoffe pour robes. L’emploi en était aussi simple qu’ingénieux : il consistait à remplacer par de minces châssis les cerceaux sur lesquels s’arrondissaient les jupes de ces dames. Ces engins d’une nouvelle espèce étaient recouverts d’une toile d’emballage, sur laquelle on n’avait plus qu’à coller, comme sur un simple paravent, le papier nouvellement inventé.'
- Il y a 5 ou 6 ans environ, des élégantes londoniennes imaginèrent de porter des robes en papier. C’était, dit-on, tout à fait seyant, et moins chaud même que la mousseline. Dans les étés très chauds, il y a là une ressource dont on pourrait tirer parti.
- A Etretat, dans un bal, toutes les danseuses étaient costumées en papier et le spectacle n était pas dépourvu d’agrément.
- Au cours de la dernière, ou plus exactement, de la plus meurtrière des guerres, la pénurie de vêlements s’étant fait ressentir en Allemagne, surtout dans la population nécessiteuse, les costumes nationaux furent fabriqués en papier; mais si les femmes se déclarèrent, en général, satisfaites de leurs vetements, les hommes s en montrèrent moins enthousiastes. Dans le même temps, en France, le curé de Saint Honoré d Eylau, à Paris, demandait aux fabricants de papier de faire tous leurs efforts pour fournir du papier imperméable, nécessaire à la confection de gilets et chaussures pour nos soldats.
- A titre de singularités, mentionnons un travesti... en marks-papier. Au cours d’un récent bal, en Angleterre, une des danseuses a exhibé ce travesti, qui n’a pas manqué d’obtenir un vif succès. Elle portait sur elle plusieurs milliards de cette monnaie... de singe.
- Un habit de papier est resté célèbre dans l’histoire : c’est celui que porta un jour, à la cour de Charles-Quint, le peintre Mabuse, autrement dit, Jean Gossaert. L’empereur, qui le savait souvent à court d’argent, lui fit don d’un superbe vêtement de cour, en damas de soie, aux couleurs éclatantes; mais, en un jour de détresse, le pauvre artiste se vit contraint de vendre ce fastueux costume. Pour paraître au lever de l’empereur, il n’avait aucun habit convenable . à revêtir. Qu’imagina-t-il? Il se fabriqua un costume tout en papier, qu’il orna de dessins, et parut au milieu des seigneurs dans cet accoutrement, qui fit l’admiration de toute la Cour. Charles-Quint lui-même en fut ébloui; quand il apprit, de la bouche du peintre, à quel subterfuge celui-ci avait eu recours, le monarque éclata d’un franc rire, mais il ne put s’empêcher de reconnaître l’ingéniosité de son fidèle sujet. L’imprévoyant artiste put continuer à se livrer à ses folles prodigalités; il était plus que jamais le favori du souverain, qui lui passa désormais toutes ses fantaisies.
- (A suivre.) Dr Cabanes.
- PRODUCTION EN CAVE
- DE LA CHICORÉE « BARBE-DE-CAPUCIN ”
- La Chicorée sauvage, appelée communément « Barbe-de-Capucin », est essentiellement une.salade d’hiver.
- On peut produire cet excellent légume en culture bourgeoise, et c’est une précieuse ressource, surtout lorsqu’on considère qu’en hiver les produits de la culture maraîchère de pleine terre se raréfient, souvent même font complètement défaut et que, comme les autres denrées alimentaires, ils subissent l’augmentation de prix par suite de l’élévation des frais de production.
- La « Barbe-de-Capucin » est un étiolât et, par là même, elle est obtenue par le « forçage » ou culture forcée, d’ailleurs très simple, pratiquée en un lieu favorable, c’est-à-dire une cave basse, sans air ni lumière.
- I. Eléments de la culture. — On emploie des racines longues et minces, provenant d’un semis effectué dans un terrain parfaitement défoncé.
- Ce semis a lieu depuis la fin du printemps jusqu’à l’automne. Mais on peut aussi, comme en culture maraîchère, semer en février-mars.
- A cet effet, on prépare une couche de 35 à 40 cm d’épaisseur, que l’on charge de 15 cm de terreau, puis on sème la chicorée par rayons ou à la volée, mais plus dru qu en pleine
- terre; ensuite, on recouvre fortement le semis, puis on étend des paillassons sur les châssis, afin de favoriser la germination des graines. Plus tard, les paillassons peuvent être enlevés, mais il faut avoir soin d’ombrer à propos, car pour obtenir de la chicorée tendre, il faut la priver d’air et ne lui donner que peu de lumière.
- La chicorée ainsi traitée peut être coupée 10 ou 12 jours après le semis. La couche est alors chargée de nouveau terreau et on y fait un second semis.
- A la façon dont on cultive la chicorée pour produire la « Barbe-de-Capucin », dans la région de Paris, il faut, par are, 200 gr. de graines semées en rayons espacés de 20 cm.
- A l’approche des gelées, on arrache les racines, en les soulevant à la fourche, pour éviter qu’elles se rompent, puis on les met en jauge de manière à les avoir sous la main pour le moment où l’on procédera au forçage.
- IL Forçage ou étiolement. — Dans la cave, on prépare une couche de fumier neuf de 40 à 50 cm d’épaisseur, encaissée par les murailles. Cette couche doit avoir une température de 15 à 20°.
- Lorsqu’elle a jeté son preniier feu, on supprime toutes les feuilles des chicorées que l’on veut forcer, puis on les réunit
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- par boites d’environ 1 ni. de circonférence, que l’on place debout sur la couche, en ayant soin seulement de ménager un chemin au milieu de celle-ci, pour arroser au besoin et surveiller le développement des feuilles.
- Ces dispositions étant terminées, on ferme hermétiquement la porte de la cave, atin de concentrer la chaleur sur les chicorées soumises au forçage, précaution à observer chaque fois que l’on entre dans la cave.
- La saison propice pour l’étiolement des racines est le déclin de l’automne, c’est-à-dire dès la fin de novembre. On déterre la quantité de racines nécessaire, que l’on place soit sur couche en cave, soit sur couche à l’air libre dans des coffres tenus en complète obscurité.
- La couche de forçage doit être bien tassée et chargée de terreau sur 10 cm d’épaisseur. Les racines y sont rangées verticalement en laissant 10 cm d’espacement, entre les grosses, 5 cm entre les petites, pour permettre l’écartement des feuill es.
- Bien qu’il ne soit pas possible de déterminer rigoureusement la quantité d’eau que doivent recevoir les chicorées soumises à l’étiolement, il faut proportionner les arrosages à la chaleur de la couche, ce dont on se rend compte en introduisant la rhain au centre des bottes de chicorées, car si vigoureuses que soient les plantes, elles seraient exposées à pourrir si elles recevaient une trop forte quantité d’eau. Ce détail de la culture a une telle importance que l’on doit visiter celle-ci chaque jour.
- Pour réussir, il suffit donc de mettre les racines de chicorée sauvage en végétation et de les priver d’air et de lumière.
- On peut même, tout simplement, placer les racines à plat sous un châssis et recouvrir celui-ci d’un paillasson.
- Le forçage peut aussi se pratiquer comme le font les spécialistes, c’est-à-dire au thermosiphon.
- III. Etiolement ou blanchiment au thermosiphon. — Les avantages de l’étiolement par ce procédé sont considérables : réglage de la chaleur à volonté, travail facile et expéditif, production très prompte; grâce à une température moyenne de 25°, toutes les plantes susceptibles d’étiolement sont amenées à leur complet développement.
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- Un emplacement obscur, une cave, de préférence à tout autre, doit être choisi et garni de tuyaux de fonte le long des murs. Une chaudière thermosiphon, établie à proximité, donne à ces tuyaux une température de 25°, suffisante pour produire les meilleurs résultats. On peut même utiliser le dessous des bâches de serres, pourvu qu’elles soient bien fermées et obscures.
- Le sol de la forcerie devra toujours être parfaitement nettoyé, et à chaque nouvelle opération de forçage, il faut enlever le terreau qui a déjà servi.
- Ces précautions prises, on arrose le sol, et lorsque la terre est bien imbibée, on ramène du nouveau terreau ou de la terre fine, qui doit être employée au jaugeage des racines.
- Les plus grosses racines sont disposées par rayons, les plus petites sont mises en bottes. Après le jaugeage, on arrose de nouveau copieusement afin de détremper complètement la terre déjà utilisée à la mise en jauge. Les racines, étant au repos, ne craignent pas cet excès d’humidité.
- Quand ces opérations sont achevées, on ferme toutes les issues et l’on fait monter la température de 20° à 25n.
- Pendant cette période de la végétation, il faut éviter avec soin toute espèce d’arrosage.
- IV. Récolte. — Dans 1 es circonstances ordinaires, il faut une quinzaine de jours pour obtenir de la « Barbe-de-Capucin », lorsqu’on opère simplement sur couche de fumier, à la température de 15° à 20°, tandis que par l’étiolement au thermosiphon, il suffit de 8 à 10 jours de chauffage, à la température de 25°, pour avoir des produits prêts à livrer à la consommation.
- On peut obtenir cette salade d’hiver en faisant le forçage des racines de chicorée sauvage depuis fin novembre jusqu’en mars, et sans refaire la couche. Mais, après chaque récolte, il faut rapporter un peu de fumier neuf sur la couche, afin d’entretenir la chaleur nécessaire à cette opération.
- Lorsque les feuilles de la chicorée ont 30 cm de longueur environ, on divise les grosses bottes par fortes poignées; chaque botte peut en fournir 15 ou 16. Chaque poignée est liée, par l’extrémité des racines, avec de l’osier.
- Henri Blin.
- A PROPOS DES PHARES HERTZIENS
- Les nécessités de la mise en pages effectuée au moment de la parution ne nous ont pas permis d’indiquer dans notre dernier article du n" 2771 quelques détails relatifs aux phares hertziens, et il nous semble utile de les noter dans cet addendum.
- Il est bon, tout d’abord, d’associer au nom de M. Blondel qui a dirigé l’exécution des travaux de construction des radiophares, ceux de M. de Rouville, ingénieur en chef, et des ingénieurs du Sersnce des Phares, en particulier ceux de M. Baujoin, qui a remarquablement mis au point la partie mécanique des installations, et de MM. Besson et Pachkovsky.
- D’autre part, une coquille typographique a donné comme collaborateur à M. Blondel, M. Marconi. Il fallait lire M. Marcotte
- Notons aussi que des radiogoniomètres ne sont plus montés maintenant sur les bateaux-feux, mais constituent des stations spéciales.
- La radiogoniométrie ne permet pas seulement, d’ailleurs, à un navire de .prendre son relèvement par rapport à des radiophares, elle peut rendre aux marins des services multiples et accroître, dans nombre d’autres circonstances, la sécurité de la navigation.
- Le radiogoniomètre de bord permet, en effet, au navire sur lequel il est installé de faire des mesures d’angles en se servant des radiophares et des postes émetteurs côtiers, mais aussi des navires munis d’un poste émetteur ordinaire.
- On peut ainsi retrouver un navire en détresse par temps de brume ou rejoindre facilement d’autres navires sur des lieux favorables de pêche. Quant aux applications du procédé en temps de guerre, elles sont évidentes, et l’on n’a pas oublié le rôle important joué par la radiogoniométrie dans la chasse aux sous-marins allemands et la protection des navires de commerce. On ne saurait donc trop insister sur les avantages de ce nouvel instrument de bord grandement perfectionné par le commandant Mesny.
- Les phares hertziens et la radiogoniométrie ne sont, d’ailleurs, pas seulement utilisables pour la navigation maritime. De même que les aéroports du monde entier sont presque tous munis de phares lumineux puissants et que la direction des avions peut être effectuée grâce à des radio-compas comme nous l’avons montré dans un article récent, on commence dès maintenant à étudier l’établissement de phares hertziens spécialement destinés à la navigation aérienne.
- P. Hémardinquer.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1927
- L’événement astronomique le plus important de ce mois de décembre est certainement l’éclipse totale de Lune du 8, presque entièrement visible à Paris.
- A signaler en outre une belle occultation de l’étoile 33 Poissons par la Lune le 30 décembre.
- I. Soleil. — L’hiver commencera le 22 décembre, à 20\ Ce mois-ci, le Soleil atteindra sa déclinaison la plus australe de l’année —23° 27' le 22, contre —21° 42' le 1er et—23° 9' le 31.
- La durée du jour atteindra son minimum 8h llra du 21 au 25, contre 8h 32m le 1er et 8h15mle 31.
- Voici le tableau
- du temps moyen à
- midi vrai, de deux
- en deux jours :
- Heures
- Dates. du passage.
- Déc. 1er 11" 39” 28"
- — 3 11" 40” 13s
- — 5 11" 41” 1"
- — 7 11" 41” 50s
- — 9 11" 42” 42s
- — 11 11" 43” 36s
- — 13 11" 44” 32*
- — 15 11" 45“ 28*
- — 17 11" 46” 27*
- - 19 11" 47” 26’
- — 21 11" 48” 25*
- — 23 11" 49” 25"
- — 25 11" 50” 25“
- — 27 11" 51” 25*
- — 29 11" 52” 24»
- — 31 11" 53” 23“
- Observations phy-
- siques. — Voici,
- d’après l’Annuaire
- du Bureau des Lon-
- gitudes, le tableau
- des principaux ren-
- seignements pour
- orienter les dessins
- et photographies du
- Soleil :
- Fig. 1. — L’éclipse totale de Lune du 8 décembre 1927.
- Sur ce schéma, on a représenté en 1 et 5 les positions de la Lune immédiatement avant son entrée dans la pénombre et au sortir de celle-ci. La Lune brille de tout son éclat; en 2 et 4 on voit la Lune entièrement plongée dans la pénombre, au moment de son premier et de son dernier contact avec l’ombre pure de la Terre, donc très assombrie; en 3, la Lune, totalement immergée dans l’ombre, au milieu de l’éclipse, est très sombi’e, un peu plus éclairée du côté de la pénombre.
- Dates. P K
- Décembre 2 4-16°,12 — 0°,75 105°,03
- — 7 4-140,11 — 00.11 390,14
- — . 12 4-11°,98 — 0°,53 3330,26
- — 17 + 9°,73 - 1°,-17 2670,38
- — 22 -f 70,40 —1°,80 201°, 51
- — 27 4- 50,01 — 2°, 41 135°,65
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est difficilement visible, ce mois-ci, en nos régions. Elle est, en effet, très inclinée sur l’horizon. Par contre, dans les régions voisines de l’équateur et du tropique du Capricorne, elle est visible en d’excellentes conditions.
- Eclipse partielle de Soleil. — Une éclipse partielle de Soleil se produira le 24 décembre, de 2h 10“ à 5"49”. La plus
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin sont exprimées en temvs universel (T. U.) compté de 0h à 24h à partir de 0" (minuit).
- grande phase aura lieu à 3" 59m, avec la grandeur maxima : 0,549, le diamètre du Soleil étant égal à un. Cette éclipse, invisible à Paris, ne sera visible que de l’Océan antarctique.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de décembre, seront les suivantes :
- P. Q. le 2, à 2h 15m N. L. le 24, à 4" 13”
- P. L. le 8, à 17h 32m P. Q. le 31, à 11“ 22“
- D. Q. le 16, à 0h 4m
- Age de la Lune, le 1er décembre, à 0"=6J,6; le 25 = 0J,8. Voir dans les Bulletins précédents comment on peut calculer l’âge de la Lune pour une date du mois autre que
- le 1er et le 25.
- Plus grandes déclinaisons delà Lune, en décembre : le 10 = + 250 0'; le 24 = — 24o 59'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 7 décembre, à lh. Parallaxe = 60 43 '. Dist. = 361150 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 18 décembre, à 22h. Parallaxe = 54'7". Distance = 405200 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 5, occultation de 39 B. Bélier (gr. 6,5), de 16h 11“ à 16h 51™. — Occultation de 64 Baleine (gr.5,8), del9h 31“ à 20" 36'”. - Occultation deUBaleine(gr.4,5); de 20h 33m à 21" 38”.
- Le 7, occultation de 163 B. Taureau (gr. 5,8), de 16h 19” à 17h 3”.
- Le 8 (pendant l’éclipse de Lune) : occultation de t Taureau (gr. 4,7), de 16h 26m à 17"14”. — Occultation de 105 Taureau (gr. 6,0), de 18"29” à 18h 39”.
- Le 8 (après l’éclipse) occultation de 108 Taureau (gr. 6,2), de 21" 43” à 22h 18”.
- Le 9, occultation de 8 Gémeaux (gr. 6,1), de 20h 14” à 21" 10”.
- Le 10, occultation de 48 Gémeaux (gr. 5,8), de 17"46” à 18"33”.
- Le 27, occultation de 33 Capricorne (gr. 5,3). Emersion seule visible à 16" 1”,
- Le 30, occultation de 33 Poissons (gr. 4,7), de 16" 51“ à 17" 53”.
- Ce phénomène aura lieu à la veille du Premier Quartier.
- L’étoile sera occultée par le bord obscur de la Lune et réapparaîtra au bord éclairé.
- Le 31, occultation de 26 Baleine (gr. 6,0), de 21" 31” à 22"22”. 1
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- ASTRE Dates : DÉCEMBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 7h 29ra llh 41“ 1' 15h 54m 16h 44“ — 22« 17' 32' 31" 2 Scorpion
- Soleil .... 15 7 39 11 45 28 15 52 17 27 — 23 14 32 31,6 Scorpion f »
- 25 7 45 11 50 25 15 56 18 12 — 23 25 32 34,8 Sagittaire
- 5 5 47 10 27 15 8 15 27 — 17 6 5,6 y Balance (
- Mercure . . . 15 6 30 10 48 15 5 16 27 — 21 16 5,0 a Scorpion Le matin, au début du mois.
- 25 7 13 11 14 15 15 17 32 — 24 0 4,8 0 Scorpion
- 5 3 12 8 38 14 5 13 39 — 7 48 21,4 a Vierge
- Vénus .... 15 3 32 8 42 13 51 14 21 — 11 23 19,6 X Vierge { Admirable le matin.
- 25 3 54 8 47 13 40 15 6 — 14 48 18,0 \ Balance
- 5 6 13 10 40 15 7 15 41 - 19 37 3,8 0 Balance
- Mars. ... 15 6 12 10 30 14 48 16 11 — 21 10 3,8 fs Scorpion Inobservable.
- ( 25 6 11 10 21 14 32 16 41 — 22 44 3,8 0 Ophiuchus
- Jupiter. . . . 15 12 13 18 0 23 47 23 43 — 3 21 38,2 30 Poissons Première partie de la nuit.
- Saturne . . . 15 6 38 10 59 15 21 16 41 — 20 39 13,6 w Scorpion Inobservable.
- Uranus. . . . <15 12 18 18 16 0 15 23 59 — 0 52 3 4 29 Poissons Première partie delà nuit.
- Neptune. . . 15 21 25 4 25 11 25 10 6 + 12 15 2,4 a Lion Seconde partie de la nuit.
- x. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Eclipse totale de Lune. — Une belle éclipse de Lune, en grande partie visible à Paris, se produira le 8 décembre.
- Voici les éléments de cette éclipse :
- Entrée de la Lune dans la pénombre............14h52m,3
- Entrée dans l’ombre. . . ......................15h51m,6
- Commencement de l’éclipse totale. ....... 16h54“,4
- Milieu de l’éclipse. .......................... 17h34m,7
- Fin de l’éclipse totale . . ..................18h 14œ,9
- Sortie de l’ombre...............................19h17m,7
- Sortie de la pénombre ....................... . 20h17m,l
- A Paris, la Lune se lèvera à 15'“ 50“, un peu avant l’entrée dans l’ombre. Si donc le temps est très pur, on pourra pour ainsi dire voir toute l’éclipse, puisque le passage dans la pénombre est peu visible.
- Il est un autre phénomène que l’on pourra observer si l’on peut réunir les conditions suivantes : 1° Jouir d’un panorama absolument découvert au Sud-Ouest et au Nord-Est; jouir aussi d’un ciel très pur.
- Le 8 décembre, le Soleil se couchera à 15h 53m et la Lune se lèvera à 15h50m; donc, on pourra voir en même temps le Soleil et la Lune éclipsée, bien que ces deux astres et la Terre soient alors en ligne droite. Mais on sait que la réfraction relève les astres à l’horizon et qu’ils sont encore visibles alors que, réellement, ils sont au-dessous du plan de l’horizon.
- La grandeur de cette éclipse sera de 1,357, le diamètre de la Lune étant pris pour unité.
- La figure 1, tracée par M. Lucien Rudaux à l’aide des données de la Connaissance des Temps, donne une idée exacte du phénomène. Il est bien évident que l’on ne voit pas sur le ciel — qui est noir — ni l’ombre, ni la pénombre de la Terre. Ici, on a dû, pour les rendre visibles, éclaircir un peu le fond du ciel. On a figuré les positions de la Lune, avec son éclat relatif, aü moment de ses contacts avec la pénombre puis lorsqu’elle touche l’ombre. Elle est aloi’s assombrie et dégradée. Enfin, on l’a représentée au milieu de l’éclipse, très peu visible dans le cône d’ombre de la la Terre.
- Noter les colorations de la Lune dans son passage dans l’ombre.
- Au cours de l’éclipse, on pourra observer les occultations des étoiles i et 105 Taureau. (Voir aux Occultations.)
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 8 ; elles seront d’une amplitude assez faible (1,01), et ce mois-ci, le mascaret n’est pas annoncé.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, dressé à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1927, contient les renseignements permettant d’observer et de rechercher les planètes pendant le mois de décembre.
- • Mercure sera un peu visible le matin au début du mois (sa plus grande élongation s’étant produite le 27 novembre). Il sera bas sur l’horizon et difficile à voir.
- Voici le tableau de la phase et de la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Décembre 2 0,75 -0,4
- — 7 0,84 — 0,5
- — 12 0,90 — 0,5
- — 17 0,94 — 0,5
- — 22 0,96 — 0,5
- — 27 0,98 — 0,6
- Vénus brille d’un très vif éclat dans le ciel du matin, se
- levant plus de 4 heures avant le Soleil, disque illuminé et la grandeur stellaire. Voici également le
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Décembre 2 0,56 -4,0
- — 7 0,58 -3,9
- — 12 0,60 — 3,9
- — 17 0,62 — 3,8
- .— 22 0,64 — 3,8
- — 27 0,66 — 3,7
- Mars est inobservable ce mois-ci, encore plongé dans le rayonnement solaire.
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- Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil le 17 décembre. Il est encore visible dès l'arrivée de la nuit jusque près de minuit. Yoici la liste des phénomènes produits par les satellites de Jupiter. (Yoir au n° 2763 l’explication de ces phénomènes).
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Décembre Heure. Satel- lite. Phéno - mène. DATES Décembre Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 18h 17m II p. f. 15 20h49“ II P. c.
- 2 22 34 I P. c. 17 17 37 II Em.
- 3 19 54 I Im. 17 17 45 II E. c.
- 3 23 2=7 I E. f. 17 20 18 II E. f.
- 4 17 3 I P. c. 18 17 24 III Im.
- 4 17 37 III E. f. 18 20 22 III Em.
- 4 19 16 I P. f. 18 20 52 I P. c.
- 5 17 55 I E*. f. 19 18 12 I Im.
- 6 23 3 II Im. 19 21 47 I E. f.
- 7 23 12 IY Im. 20 17 35 I P. f.
- 7 23 18 III P.c. 21 16 16 I E. f.
- 8 18 13 II P.c. 24 17 21 IY Im.
- 8 20 50 II P. f. 24 17 37 II Im.
- 10 17 40 II E. f. 24 19 57 IY Em.
- 10 21 48 I Im. 24 20 17 II Em.
- 11 16 21 III Em. 24 20 24 II E. c.
- 11 18 57 I P.c. 25 21 29 III Im.
- 11 18 58 III E. c. 26 20 9 I Im.
- 11 21 10 I P. f. 27 17 18 I P. c.
- 11 21 38 III E. f. 27 19 32 I P. f.
- 12 16 17 I Im. 28 18 11 I E. c.
- 12 19 51 I E. f. 31 20 17 II Im.
- Saturne est inobservable, en conjonction avec le Soleil le 3 décembre, à 8h. L’anneau se présente de la manière suivante, à la date du 16 décembre :
- Grand axe extérieur.............................. 34", 21
- Petit axe extérieur........................... 15",18
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau....................................... -f- 26° 20'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 7'
- Uranus se couche vers minuit. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 22 décembre, à 10h, Pour le trouver, voir la petite carte de son mouvement publiée au n° 2766.
- Neptune devient de mieux en mieux visible. Pendant tout ce mois,, il se rapproche de Régulus. Ce rapprochement est très intéressant à suivre. Rappelons que Neptune brille comme une faible étoile de 8e grandeur et qu’il faut une bonne petite lunette pour le voir.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à lh, Jupiter en conj. avec la Lune, à 40 14' N.
- Le 3, à 10h, Uranus — — la Lune, à 4o 53' N.
- Le 3, à 20h, Mars — — •/. Balance (g r. 5,0),
- à O» 2' N.
- Le y, à 17h, Mars — — X Balance, à o O S.
- Le 9, à 23h, Mercure — — Mars, à 1° 8' N.
- Le 10, à 21h, Mercure — Scorpion, à 0° 6' N.
- Le 13, à 23h, Neptune — — la Lune, à 40 43' S.
- Le 17, à 10h, Mercure — Saturne, à 1° 24' S.
- Le 20, à 4h, Yénus, — — la Lune, à 0° 34' S.
- Le 22, à 10h, Mars, — — la Lune, à lo 0' s.
- Le 22, à 16h, Saturne, — — la Lune, à 0° 58' N.
- Le 23, à 8h, Mercure, — — la Lune, à 0° 19' S.
- Le 26, à 22h, Mars, — — Saturne, à lo 46’ s.
- Le 30, à llh, Jupiter, — — la Lune, à 4o 19' N.
- Le 30, à 16h, Uranus, — — la Lune, à 4° 43' N
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 3, à lh35m; le 8, à 19h13m; le 23, à 3h19m; le 26, à 0h8“; le 28, à 20h57”; le 31, à 17h 46.
- Etoiles filantes. — Quelques radiants sont actifs en décembre. En voici la liste, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Décembre 1er 430 -f 56° r; Persée.
- — lor au 10 H70 H- 32° a-!3 Gémeaux.
- — 6 8O0 + 23° Z, Taureau.
- — 6 au 13 149° + 410 Piazzi IX\ 254.
- — 9 au 12 107° + 330 a Gémeaux.
- — 10 au 12 130° -j- 46° t Grande Ourse.
- Etoile Polaire. , — Heures de passage de l’Etoile Polaire
- au méridien de Paris
- Temps sidéral à midi
- Dates. Passage. Heure. moyen de Paris.
- Décembre 7 Supérieur 20h 24m 28’ 17h 1” l’,l
- — 17 19h 45“ 1’ 17h 40m 26’,7
- — 27 19k 5m 32s 18h 19“ 52’,3
- — 31 — 18b 35” 38’,5
- Janvier 1er 18h 45m 47‘ }
- V. Constellations. — L’aspect du ciel le 1er décembre à 21h, ou le 15 décembre à 20h, est le suivant :
- Au Zénith : Persée (Algol, amas); Andromède (y, M. 31); le Bélier; Cassiopée (y), i, ip> ff)-
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, tï, y) ; Céphée (8, g, ?, (3) ; le Dragon (o, <Jq 40, e, jj.) ; la Grande Ourse (?,[?, v, 23 h, a).
- A l’Est : Le Cocher (a, 14, 4 o>) ; le Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, (3, 8, x, M. 35); le Petit Chien (Procyon); le Taureau (a, x, Pléiades); Orion (6, M. 42, 5, Ç, p, t, cr).
- Au Sud : Les Poissons (a, Ç, iQ, 35); la Baleine (Mira, y, 66, 37); l’Eridan; le Yerseau au Sud-Ouest.
- A l’Ouest : Pégase (85, 3, %) ; le Cygne (o, 61, 8); la Lyre, au Nord-Ouest. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PRESSE A FEUILLES D'ALUMINIUM ONDULÉ POUR LE SÉCHAGE DES PLANTES D'HERBIER
- Un dispositif intéressant est décrit par The Botanical Gazette (sept. 1926) pour sécher rapidement les plantes d’herbier avec l’aide de la chaleur artificielle.
- Entre les coussins de papier qui servent à sécher les plantes,
- on intercale de distance en distance des feuilles d’aluminium fine-, ment ondulé. La presse à courroies est alors serrée comme d’habitude et on met le bloc ainsi obtenu au-dessus d’une source de chaleur, en le plaçant sur champ pour que l’air chaud et humide puisse circuler dans les rainures des feuilles d’aluminium. Un cadre léger porté par quatre pieds métalliques tient le bloc à distance du foyer à pétrole ou du réchaud électrique adopté pour le chauffage.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Les traversées de l'Atlantique.
- La période des grands raids transatlantiques dont cette année a été si fertile n’est pas close, malgré l’issue tragique de trop nombreuses tentatives. Un magnifique exploit vient d’être accompli par les aviateurs français Costes et Le Brix à bord du Nungesser-Coli. Partis de Paris le 11 octobre, ils ont, en une seule étape de 4600 km, gagné Saint-Louis du Sénégal, après un vol de 25 h. 30. Arrêtés quelques jours par le mauvais temps, les pilotes reprirent leur vol le 14 octobre, pour atterrir le même jour au Brésil, à Natal; couvrant 3200 km en 18 heures de vol, et traversant d’une seule traite l’Atlantique Sud. C’est la première fois que celui-ci est ainsi survolé d’une seule traite. L’itinéraire de Costes et Le Brix a déjà été suivi par les portugais Cabrai et Coutinho (avec escale au Gap Vert), par l’espagnol Franco, par l’italien de Pinedo (escale à San Fernando de Noronha). Cette année les pilotes français Mounayres et Petit ont trouvé la mort dans une tentative sur le même parcours. Le Nun-gesser-Coli est un ^reguet muni d’un moteur Hispano développant 500 ch. Il pèse 5000 kg en ordre de marche.
- Une tentative qui a failli se terminer tragiquement a été faite, par un avion américain, piloté par Haldeman accompagné d’une jeune femme, miss Ruth Elder. Parti de New York à destination de Paris le 11 octobre, l’appareil qui avait suivi la route des navires, piquant dès New York droit vers l’Océan, dut amerrir, à la. suite d’une avarie, après 4300 km de route en plein Océan, à 800 km au N.-E. des Açores. Heureusement les aviateurs purent être aperçus et recueillis aussitôt à bord d’un navire pétrolier.
- Tour du monde en avion.
- Le début de septembre a été témoin d’un exploit très remarquable, le voyage autour du monde de l’équipage américain Brock-Schlee,
- Partis le 22 août de Detroit, leurs escales furent les suivantes : New-York (22 août), Portland (Maine) (23 août), Harbour-Grace (26 août), Londres (28 août), Munich (29 août), Belgrade (30 août), Constantinople (31 août). Bagdad (2 septembre), Bender-Abbas (3 septembre), Karachi (4 septembre), Nagasaki (11 septembre), Tokio (14 septembre). Soit plus de 17 000 km en 17 jours.
- Les aviateurs comptaient traverser le Pacifique, de Tokio à San-Francisco, en trois étapes de 4000, 2300 et 3850 km pour terminer leur tour du monde ; mais le ravitaillement prévu aux îles Midway n’étant pas prêt, ils renoncèrent à la fin de leur randonnée.
- Ce voyage n’en est pas moins l’un des plus audacieux et des plus heureux exécutés cette année.
- Brock et Schlee étaient montés sur un monoplan Stinson entièrement métallique, muni d’un moteur Wright-Whirlwind de 200 ch. Leur exploit est donc encore une preuve en faveur de l’avion de transport à faible puissance, déjà fort en faveur à l’étranger.
- Hélices en tandem.
- Récemment vient d’être essayé aux Etats-Unis un nouveau type de propulseur, formé de deux hélices à deux pales fixées parallèlement sur le même arbre,
- Les hélices utilisées étaient des hélices métalliques Reed de 2 m. 46 de diamètre, l’écartement des pales étant voisin de 10 cm.
- Les essais en vol ont montré la supériorité des hélices en tandem sur l’hélice ordinaire ; les résultats approchent de ceux donnés par l’hélice classique à quatre pales.
- La coupe Schneider.
- Le 26 septembre ont eu lieu à Venise, nous l’avons dit, les épreuves de la coupe Schneider, course de vitesse pour hydravions. Voici quelques détails complémentaires sur les appareils engagés dans cette épreuve remarquable.
- Seules l’Angleterre et l’Italie étaient représentées, la première par deux hydravions Supermarine S. 5. à moteur Napier de 1000 ch et un Gloster 4 moteurs Napier, la seconde par trois hydravions Macchi à moteurs Fiat de 1000 ch.
- C’est le pilote anglais Webster qui fit le meilleur temps, avec une moyenne horaire de 453 km, dépassant donc largement le record mondial de vitesse pour avions (448 kms/h.).
- L’appareil vainqueur est un monoplan à aile surbaissée monté sur deux flotteurs de duralumin.
- Chaque flotteur est fixé au fuselage par une paire de mâts ; le flotteur gauche porte dans sa partie centrale le réservoir d’essence, équilibrant ainsi, sans augmentation de la traînée, le couple de réaction du moteur.
- L’aile très mince est construite entièrement en bois avec recouvrement en contreplaqué.
- Le fuselage, et l’empennage en porte à faux, sont entièrement métalliques.
- Le moteur Napier, en W, est abrité par trois bossages, le bossage central se prolongeant par une nervure sur toute la partie supérieure du fuselage. Le refroidissement est assuré par radiateur d’aile, de manière à réduire les résistances parasites.
- Le poids à vide est de 1160 kg, et la charge au mètre carré de 95 kg..
- Le meilleur tour du circuit fut réalisé par l’hydravion Gloster à 463 kms/h. (poids à vide 1090 kg, charge par m2 100 km).
- Les appareils italiens étaient équipés d’un moteur remarquable, le Fiat AS 3, développant 1100 ch pour un poids de 412 kg, soit 375 gr, par cheval, moteur cependant trop fragile pour une épreuvre aussi dure. (Une rupture d’embiellage, et une rupture de piston avec retour de flamme pendant la course.)
- Enfin il y a lieu de regretter l’accident survenu au cours des essais du Short-Bristol Crusader qui empêcha cet appareil de prendre part aux épreuves. Il était équipé d’un moteur Bristol Mercury, à 9 cylindres en étoile à refroidissement par l’air, moteur dont le capotage, d’un type nouveau, avait nécessité une longue mise au point.
- Il semble que, de l’ensemble des appareils présentés, se dégage une formule assez nette de l’appareil de vitesse, ayant pour caractéristiques : la réduction au minimum du maître-couple du fuselage, l’étude très poussée du carénage, et en particulier des raccordements, la diminution de toutes les résistances parasites (emploi de radiateurs d’ailes), l’adoption de profils d’aile minces. Pour les moteurs : augmentation de la compression à la limite, augmentation de la vitesse de rotation et emploi d’un réducteur, assurant à l’hélice son meilleur rendement.
- De faible envergure, et ne présentant pas de grand porte à faux, ces appareils de vitesse doivent être facilement transformables en avions de chasse et d’acrobatie ; l’effort anglais et italien, dans le domaine de la vitesse pure contribue donc directement aux progrès de l’aviation de guerre ; il n’est ainsi pas entièrement désintéressé.
- F. Gruson.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Coup d’œil sur la théorie des déterminants supérieurs, par Maurice. Lecat, 1 roi., 200 p. Editeur : Maurice Lamertin, 60, rue Coudenberg, Bruxelles, 1917.
- Le sujet traité dans ce volume relève de la haute algèbre, la plus abstraite. Qu’il nous suffise de dire qu’il s’agit d’un domaine mathématique révélé par Cayley et Sylvester, resté longtemps peu exploré, et à la connaissance duquel l’auteur a apporté une contribution extrêmement importante. IL résume ici l’essentiel de cette théorie, dans son état actuel.
- Conductibilité électrique des métaux et problèmes connexes. Rapports et discussions du 4e Conseil de Physique tenu en 1924 sous les auspices de l’Institut International de Physique Solvay, publiés par la Commission administrative de l’Institut. 1 vol. de 368 pages. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1927. Prix : 50 francs.
- Ce volume contient des exposés théoriques du plus haut intérêt sur cette difficile question ; ils résument d’une façon aussi complète que possible l’état de nos connaissances sur ce sujet en 1924. Les discussions entre savants éminents qui ont suivi la lecture de ces exposés montrent les points faibles ou obscurs qui subsistent.
- Les principaux rapports sont les suivants : H.-A. Lorentz, théorie électronique de la conductibilité métallique; d’autres théories sont exposées par Bridgman et O.-IF. Richardson. W. Rosenhain : structure interne des alliages. Broniewski : résistance électrique et dilatation des métaux. Kamerling Onnes : expériences sur les supraconducteurs. Joffé : conductibilité électrique des cristaux. E.-II. Hall : la conduction métallique et les effets transversaux du champ magnétique.
- Cours de météorologie. Tables de dépouillement des sondages aérologiques avec tables météorologiques annexes. 1 br. 98 p. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1927.
- Ce fascicule fait partie du cours de météorologie à l’usage des observateurs de l’Office national météorologique. Il contient des tables numériques destinées à faciliter les calculs afférents aux observations de ballons-sondes : tables de la projection horizontale du ballon en fonction de son altitude et de l’angle sous lequel il est vu au-dessus de l’horizon; tables de calcul du vent balistique ; tables de réduction du baromètre ; poids du mètre cube d’air scc.
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- Les côtes et les récifs coralliens de la Nouvelle-Calédonie, par William M. Davis. 1 vol. in-8, 120 p., 67 fig. et cartes. Armaud Colin, Paris, 1926. Prix : 18 francs.
- Au cours d’un voyage d’études dans le Pacifique, le professeur d’Harvard a minutieusement visité les côtes de la Nouvelle-Calédonie. Son récit, accompagné de nombreux croquis, en même temps qu’il fait connaître l’une des moins visitées de nos colonies, apporte une contribution nouvelle à la solution d un problème qui, depuis près d’un siècle, passionne les naturalistes : l’origine des récifs de coraux.
- Die heimische Pflanzenwelt in ihren Beziehungen zu Landschaft, Klima und Boden, par Félix Rawits-ciien. 1 vol. in-8, 238 p., 64 fig. Herden et Cie, Fribourg-en-Brisgau, 1927. Prix relié : 5,30 marks.
- Précis de géographie botanique étudiant les habitats du monde végétal en Allemagne. L’auteur, professeur à l’université de Fribourg, décrit les conditions du sol, du climat, les associations végétales, en général, puis la forêt, l’eau, esquisse l’histoire géologique des espèces actuelles; il termine par des listes d’espèces caractéristiques. C’est un bon petit manuel pour les débutants en phytosociologie : les indications bibliographiques, placées à la fin de chaque chapitre, permettent d’aller plus loin en consultant d’autres livres.
- Contribution à l’étude des invertébrés torrenti-COles, par Etienne Hubault. 1 vol. in-8, 389 p., 62 fig., 10 pl. Supplément au Bulletin biologique de France et de Belgique, 105, boulevard Raspail, Paris, 1927, Prix : 85 francs.
- Excellente monographie basée sur l’observation des Yosges, de la Lorraine et des Alpes de Savoie. L’auteur, après avoir rappelé les conditions de la vie dans les eaux, notamment leur température, leur dureté et leur teneur en oxygène, énumère et décrit les hôtes des eaux rapides, étudie leurs modes de vie, leurs adaptations, puis discute Porigine de la faune ^ torrenticole. L’ouvrage, très complet, apporte une contribution importante et
- de nombreuses données nouvelles à cette question biologique du peuplement des cours d’eau torrentiels des régions montagneuses.
- Vie et mort; hérédité et évolution chez les organismes unicellulaires, par H.-S. Jennings. Traduit de l’anglais par M. François Pérey, 1 vol. in-16, 276 p., 53 fig. Nouvelle collection scientifique, Alcan, Paris. 1927. Prix : 15 francs.
- Les protozoaires présentent un cycle vital qui pose d’une manière particulière les grands problèmes de la vie, de la mort, de l’hérédité et de l’évolution. A chaque multiplication, la cellule qui les compose se divise en deux, sans aucun résidu périssable si bien qu’on a pu dire qu’ils sont immortels. On a discuté beaucoup s’ils peuvent se diviser ainsi indéfiniment ou si la fusion de deux cellules, l’accouplement, est nécessaire pour rajeunir la souche, éviter son épuisement inéluctable. Enfin, cette reproduction augmente-t-elle les variations, introduit-elle dans la souche les caractères des deux cellules qui fusionnent, conserve-t-elle'les caractères de races ? Ce sont tous ces problèmes de grande envergure que l’auteur, professeur à l’Université John Hopkins, de Baltimore, bien connu par ses travaux sur les réactions des protozoaires au milieu extérieur, pose et discute en se basant sur de nombreuses observations récentes dont beaucoup lui sont dues.
- Le dessin enfantin, par G. H. Luquet, 1 vol. in-16, 260 p., 146 fig. Bibliothèque de psychologie de l’enfant et de pédagogie. Félix Alcan, Paris, 1927. Prix : 20 fr.
- Ce petit livre, abondamment illustré, présente, d’une façon accessible à tous, les traits généraux du dessin enfantin, d’après les plus récents travaux. La première partie examine les différents éléments du dessin ; l’intention, l’interprétation qui diffère souvent de l’intention initiale, le type ou la façon graduellement variable de rendre un même sujet, lé modèle interne ou image mentale que le dessin reproduit au lieu de l’objet lui-même, enfin le coloris. La seconde partie étudie l’évolution du dessin enfantin depuis son début jusqu’au moment où il devient semblable à celui de l’adulte. L’intention réaliste qui le caractérise d’un bout à l’autre se manifeste successivement de trois façons différentes, correspondant à trois stades : ceux du réalisme fortuit, du réalisme manqué, enfin du réalisme intellectuel, qui s’oppose au réalisme visuel de l’adulte. Une évolution analogue se retrouve dans la présentation d’histoire ou narration graphique. Les conclusions qui terminent l’ouvrage exposent les renseignements que le dessin fournit sur la psychologie de l’enfant considéré en lui-même et dans sa comparaison avec l’adulte, et les conséquences qui en résultent pour l'enseignement du dessin.
- Le film de ma vie, par R. Grimoin Sanson. 1 vol. illustré, 175 p., Editions Henry Parville, 35, rue des Acacias, Paris 1926. C’est l’autobiographie d’un inventeur, forcé pour vivre et réaliser ses inventions de pratiquer tout d’abord bien des métiers souvent pittoresques. On doit à M. Grimoin Sanson des perfectionnements importants aux premiers appareils cinématographiques, et c’est lui qui créa le reportage cinématographique. Son rôle dans le développement de l’industrie et de l’art cinématographiques à leurs débuts fut très important. Mais inventeur et précurseur, il n’y recueillit finalement que déboires et pauvretés. La fortune devait lui venir d’une invention toute différente, l’imperméabilisation des tissus au moyen du liège. La morale de ce récit, vivant et attrayant, c’est qu’il faut à l’inventeur, outre le don inventif, des qualités d’énergie et de cœur exceptionnelles, soutenues par une foi en son oeuvre à toute épreuve.
- L’Amérique économique, par le Dr Karl Kœttgen. 1 vol. 192 pages, 40 fig. Payot, éditeur, Paris, 1927. Prix : 25 francs.
- Le Dr Kœttgen est un haut personnage allemand; directeur général des usines Siemens Schuckert, vice-président de l’Office allemand des Recherches économiques, il a été chargé d’une mission d’études aux Etats-Unis. Après beaucoup d’autres, il a découvert l’Amérique, et ses aperçus, quoique exprimés sur un ton doctoral, n’ont rien de particulièrement nouveau ni profond, mais ils sont fort judicieux et s’appuient sur d’intéressantes statistiques. L’auteur met en évidence l’activité productrice de tous les éléments laborieux, les efforts pour porter au maximum le rendement de l’ouvrier tout en améliorant sa condition matérielle, et en général le rendement de tout l’organisme industriel.
- Mais l’auteur met surtout en relief l’importance de l’agriculture dont la grande production, assurée avec le minimum d’œuvre, est la condition même de la prospérité industrielle actuelle des Etats-Unis.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cle Septembre 1927
- BIOLOGIE
- Etude génotypique et phénotypique des Tricho-grammes (M. Paul Marchal). — Il s’agit là de minuscules hyménoptères Chalcidiens qui, pondant leurs œufs dans ceux des autres insectes, en limitent singulièrement la multiplication.
- Durant trois années consécutives, le Professeur Marchal a pu étudier, dans son jardin d’Antony, deux types dont les ressemblances morphologiques sont des plus étroites, mais qui diffèrent par leur habitat. L’un (Trichogramma evanes-cens), de coloration foncée, avec des ailes irisées, à teinte bleue, se rencontre dans les carrés de choux, où il parasite les oeufs' de divers papillons nuisibles aux cultures (Mamestra brassicae, Pieris rapae, Piànea forficalis) et les œufs de Syrphes. L’autre (Trichogramma cacœciae) est de coloration rose et se plaît sur les vieux cognassiers et les pommiers où il s’attaque aux œufs d’une Tortricide commun et polyphage, la Cacœcia rosana.
- Pour le premier, les générations à développement rapide s’élèvent à une huitaine, du printemps à l’automne ; le second n’a, par contre, que deux générations par an : elles sont dissemblables et constituées par deux formes régulièrement alternantes. Le Trichogramma cacœciae se signale encore par l’ajustement de son développement à celui de son hôte : il arrive ainsi à boucler le cycle de ses deux générations dans une même ponte de la Tordeuse qui, elle, ne compte qu’une seule génération au cours de l’année.
- GÉOLOGIE
- La tectonique des environs de Sarrancolin
- (M. Pierre Viennot). — Les récentes découvertes de MM. Jacob et Astre ont amené l’auteur à examiner l’extrémité NW de la feuille de Bagnères-de-Luchon, de la carte géologique au 1/80.000, et à revoir les contours de la vallée de la Neste.
- Le strate calcaire du Jurassique se montre nettement jusque dans la voûte anticlinale qui se ferme dans les pentes dominant à l’est le Haut-Nistos et se poursuit à l’ouest du col de Stivère. 11 avait été attribué au calcaire aptien laminé du lambeau de la Barousse, alors qu’il n’existe aucun contact anormal sur le bord septentrional de ce massif, qui se présente comme un grand anticlinal à noyau primaire. Tout l’anticlinal de la Barousse répond aux conclusions de MM. Jacob et Astre et le marbre de Sarrancolin apparaît comme une formation localisée au voisinage immédiat de la vallée de la Neste. Sans doute, peut-on le considérer comme un témoin de Cénomanien sur le bord septentrional de la zone axiale primaire ; il est en tout cas, du point de vue tectonique, indépendant de la Barousse.
- LITHOLOGIE
- Les basaltes du Portugal (M. Pereira de Sotjsa). — Post-turoniens et antemiocéniques, les basaltes se présentent en coulées dans les environs de Lisbonne, alors que, helvétiens ou posthelvétiens, ils forment surtout des filons et des necks sur le littoral de l’Algarve.
- La présence de l’olivine, quelquefois transformée en bow-lingite, alors que l’échantillon donné au Muséum par Dolo-mieu contient de l’analcime, semble montrer qu’il y a eu, dans le premier cas, deux séries d’éruptions volcaniques présentant entre elles des différences de composition chimique. Dans l’Algarve occidental, les éruptions récentes ont donné des basanites micacés qui traversent et métamorphosent l’Helvétien, dans la ville de Portimâo, et présentent
- une grande extension entre Lagos et la Chapelle de San-Pedro. Au centre de l’Algarve, on signale un basalte basani-toïde dans le Lias.
- M. de Sousa accompagne sa note d’un assez grand nombre d’analyses et des paramètres magnétiques qui permettent de les interpréter.
- MÉDECINE EXPÉRIMENTALE Une maladie infectieuse du chimpanzé, transmissible à l’homme (M. R. Wilbert). — En janvier dernier, l’Institut Pasteur de Kindia recevait six chimpanzés venant de la Côte d’ivoire et faisant partie d’un lot de sujets ayant séjourné dans la région du Grand Bassam ; leur aspect était triste et inquiet, leur appétit capricieux. Le 3 mars, une épizootie s’abaltit sur tous les singes de l’établissement, qui en comptait dix-sept autres d’origine guinéenne et, du 17 mars jusqu’au 16 juin, vingt-deux d’entre eux succombaient. Le mal se traduisait par la prostration et l’anorexie, la congestion, de la conjonctivite oculaire, le ballonnement de l’abdomen, des vomissements sanguinolents et la constipation faisant suite à la diarrhée.
- Du point de vue anatomique, l’auteur, aidé de M. Delorme, a constaté les modifications suivantes : subictère, suffusions sanguines, infarctus pulmonaires, péritonites, dégénérescence du foie, reins altérés et polynucléose hématique ; enfin, le sang, la rate, le rein et le système nerveux renfermaient un spirochète, qui se dispose en C et en S avec 2-5 spires et mesure 6,7 p. x 0,2 p.
- Ce virus est transmissible au chimpanzé, au cobaye et même à l’homme. M. R. Wilbert a eu, en effet, le grand courage d’en essayer, sur sa propre personne, l’inoculation et de suivre tous les progrès du mal : fièvre, vomissements, délire, cauchemars, asthénie, crises de cystite hémorragique, au point de n’avoir pu encore pousser son étude « autant qu’il l’eût désiré ».
- De tels faits honorent grandement le corps scientifique français.
- MINÉRALOGIE
- Les gnes uranifères de Kasolo (M. René van Aubel). — Jusqu’ici la présence de cristaux d’uraninite n’avait pas été signalée encore, même dans les gîtes du Katanga, et l’auteur a pu en rencontrer, dans deux échantillons de minerai, ramassés à Kasolo, dont l’un est formé d’une roche calcaro-dolomitique bréchoïde.
- La brèche renferme surtout des cubes dont l’arête peut atteindre 4 mm, dimensions mêmes des pseudomorphes de curite décrites par O. Yernadsky. Quelques octaèdres et rhombododécaèdres apparaissent et, au microscope, tous les fragments de roche étudiés montrent de la dolomite, où s’intercalent des agrégats fibreux depréhnite. De minces veinules forméês de muscovite ou de phlogopite, la sillonnent.
- Le second échantillon montre des cubes d’uraninite, noyés dans la masse, verte ou orange, des produits d’altération de la pechblende.
- Il semble aussi que l’uraninite cubique est le minéral hypogène de Kasolo, et postérieurement à sa cristallisation, des veines siliceuses ascendantes ont remanié le gisement. Dissoute, elle a alors donné naissance au minéral habituel, la pechblende compacte, qui a pu, éventuellement, se déposer à l’état amorphe et cristalliser ensuite, à la façon des colloïdes. Il est à remarquer enfin que le gîte, encaissé dans des roches calcaro-dolomitiques, n’a fourni ni rutherfordite, ni uranothallite. Paul Baud.
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- PETITES INVENTIONS
- ELECTRICITE Lampe balladeuse.
- On peut agencer simplement une lampe balladeuse en utilisant comme grille protec-
- de la partie supérieure ; le fil
- trice un ressort de sommier ou à la rigueur une sorte de boudin fabriqué en fil de fer.
- On prépare autour un bouchon en bois ayant la forme approximative du croquis. Ce bouchon est percé d’un trou qui le traverse dans l’axe de part en part de manière à permettre le passage du fil. Le chapeau de la douille de la lampe est fixé à la partie inférieure du bouchon au moyen de 3 petites vis à bois.
- Le boudin d’acier ou le ressort de sommier, coupé en son milieu, est assujetti sur le bouchon après qu’on a resserré les petites spires métallique est fixé sur le bouchon au moyen de cavaliers, et pour éviter que le bois ne se fende, on prend la précaution de préparer des a van t-1 r ou s dans le bouchon, à l’emplacement des
- cavaliers. Le câble d’alimentation de la lampe est
- ensuite raccordé aux bornes fixées dans la pièce porcelaine et il ne reste plus qu’à visser la partie métallique de la douille à baïonnette.
- On a ainsi une lampe balladeuse qui se prête bien à tous les travaux d’atelier et de garage. Il est facile de la poser à terre, elle peut être également accrochée dans n’importe quelle position mieux qu’une lampe balladeuse ordinaire, tout en maintenant l’ampoule à l’abri des chocs.
- CHAUFFAGE
- Foyer à chargement intermittent pour chauffage domestique.
- L’utilisation des combustibles dans les foyers industriels a fait l’objet de nombreuses recherches, notamment pour assu-rer l’alimentation automatique en combustible qui, en dehors de l’économie de main-d’œuvre qu’elle procure, présente de grands avantages.
- Un ingénieur, M. André, a cherché un dispositif pour réaliser ce chargement automatique sur les foyers servant au chauffage domestique et même aux fourneaux de cuisine à bouilleurs, afin de réaliser ainsi la combustion vive continue.
- Egaliseur
- Retour
- d'eau
- Fig. 4. — Schéma du foyer automatique André.
- Le principe de son appareil est d’utiliser la diminution de poids du charbon qui brûle, le foyer étant fixé sur deux couteaux et équilibré par un ressort taré. Un mécanisme moteur à poids suspendu à un câble produit la montée lente d’un magasin à combustible, par l’intermédiaire d’une roue dentée formant réducteur de vitesse. Un petit pignon avec une tige crémaillère supporte le magasin à combustible.
- La roue fait tourner par multiplicateur de vitesse un disque qui est freiné lorsque le poids de charbon dans le foyer est suffisant. Au fur et à mesure que le charbon brûle, le poids diminue, le ressort devient prépondérant et libère le disque du contact du levier frein. Le mouvement, entraîné par le poids moteur, fait monter le magasin à combustible.
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- Le charbon se déverse dans une trémie centrale qui communique dans sa partie inférieure avec le foyer où le combustible est lancé et réparti. Dès que le charbon frais introduit a un poids suffisant, la manœuvre inverse se produit; le disque est freiné, il s'arrête sous une très faible pression. Le chargement est donc ainsi obtenu par petites quantités et suivant les besoins de la combustion.
- Ce dispositif est complété par un couvercle rotatif à nervures inclinées, qui pousse le charbon vers le centre de la trémie et assure sa chute morceau par morceau, p?.Le charbon du magasin ne peut subir aucun échauffement de la part du foyer; par conséquent sa combustion se fait d’une façon parfaite, il n’a pas pu s’échauffer au préalable et distiller.
- L’emploi d’un système de chargement de ce genre est d’une
- Fig. 5. — Foyer automatique André.
- grande commodité, car il supprime les chargements fréquents à la main; le magasin assure le chauffage pendant 24 heures, sans surveillance. Il suffit d’un coup de tisonnier toutes les
- 4 à 6 heures pour activer le feu ; d’ailleurs M. André a mis au point un décrasseur automatique qui laisse le foyer livré à lui-même pendant 24 heures de suite.
- Le chauffage continu ainsi agencé permet d’utiliser les charbons ordinaires puisque la combustion se fait toujours en couche mince et convenable. La consommation de charbon est diminuée, et on évite aussi les rentrées d’air froid lors d’une charge manuelle. D’après des essais faits avec ce système, on peut économiser annuellement 1900 francs de charbon pour une installation de 8000 calories destinée à chauffer
- 5 pièces d’un pavillon. Il faut compter, en effet, qu’on n’utilise plus de l’anthracite, mais du charbon ordinaire.
- Au point de vue de la cuisine, la marche continue de la combustion évite toute variation de température, de sorte que la cuisson dans un four est parfaite. Il faut ajouter que le mécanisme n’est pas encombrant, qu’il peut être mis hors service à tous moments pour faire marcher le foyer dans les conditions habituelles.
- Au point de vue hygiénique la combustion vive supprime tous risques de production d’oxyde de carbone et assure une bonne fumivorité ; les gaz de la combustion sont pour ainsi dire incolores et dépourvus de suie.
- R. André, 26, rue de No-gent, Fontenay-sous-Bois.
- OBJETS UTILES
- Pince à serviette à initiales.
- Depuis qu’on roule sa serviette et qu’on la passe dans un rond, il était temps de trouver du nouveau. En voici, sous forme d’une pince entre les deux bras de laquelle on passe sa serviette pliée et non roulée. La serviette en sort moins chiffonnée ; les diverses FiS- 6-~ pince à serviette à initiale. serviettes d’une famille
- peuvent s’empiler les unes sur les autres dans un tiroir; chacune d’elles se reconnaît aisément, grâce àl’initiale en métal, soudée sur l’une des faces, qui se détache en un chiffre élégamment dessiné sur le blanc du linge qu’elle sert à maintenir.
- MM. Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Séparateur d’œufs.
- Ce petit appareil est constitué par un fil métallique enroulé en hélice et ayant une forme générale conique. Il est muni d’une poignée.
- Lorsqu’on casse un œuf et qu’on désire séparer le blanc et le jaune, il suffit de placer le contenu entier de l’œuf dans la cuvette en fil métallique. Le jaune reste au fond, tandis que le blanc s’échappe et tombe dans le récipient placé à la
- Fig. 7. — Séparateur d’œufs.
- partie inférieure. On ne risque plus donc de mélanger le jaune et le blanc, ni d’avoir des débris de coquille, désagréables et dangereux dans les gâteaux et les entremets.
- Aux Petites Inventions, 21, rue Bergère, Paris, IXe.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Svante Arrhenius
- Le célèbre savant suédois, président de l’Institut Nobel des Sciences, correspondant de l'Académie des Siences, vient de mourir. Sa carrière a été résumée en termes excellents par M. Ch. Barrois, président de l’Académie des Sciences dans une allocution que nous reproduisons ci-dessous.
- « Né au château de Wijk, près Upsal, le 10 février 1859, Arrhenius a illustré son nom au service de la Science — on pourrait dire de toutes les sciences — en appliquant à leur progrès commun sa maîtrise dans la Chimie physique.
- Inspiré par quelques idées fondamentales, claires, tirées pour la plupart de son propre fonds, il employa son énergie, d'imperturbable façon, à remonter aux causes des phénomènes naturels les plus mystérieux, comme à des conséquences nécessaires de ses principes physiques.
- Il avait, il est vrai, puissamment contribué au développement de cette science par ses travaux relatifs à l’étude des électrolytes et du mécanisme de leur conductibilité. L’idée reçue que dans une solution saline l’électricité était transportée par des ions préexistants fut ici son point de départ; mais au lieu de supposer, avec Clausius, que le nombre des molécules ionisées était infime et inaccessible à l’analyse, il émit l’hypothèse plus hardie d’une dissociation notable du sel dissous, dissociation croissant avec la dilution, au point de devenir totale pour une dilution infinie.
- L’idée que dans une dissolution normale de sel marin les trois quarts du sodium et du chlore pouvaient être à l’état de liberté n’était pas de celles que les chimistes pouvaient accepter sans preuves. Arrhenius sut la fournir en deux séries d’expériences.
- Pour les électrolytes, en effet, l’expérience indiquant que 1’abaissement moléculaire du point de congélation était beaucoup plus grand qu’on ne devait s’y attendre, il fit voir que cette anomalie était explicable si l’on admettait que 75 pour 100 des molécules étaient dédoublées en ions chlore et sodium, dont chacun est, au point de vue de la pression osmotique, l’équivalent d’une molécule.
- La justesse de cette interprétation se trouva vérifiée parla mesure de la conductibilité électrique, qui fournit ainsi un deuxième moyen de déterminer le degré de dissociation du sel. Or le nombre fourni par la méthode électrique est presque identique à celui qu’on déduit de l’abaissement du point de congélation.
- Cette concordance remarquable, entre les résultats d’expériences faites dans des domaines aussi différents que ceux de la chaleur et de l’électricité, a dissipé tous les doutes que l’on pouvait conserver, et l’hypothèse de la dissociation électrolytique est aujourd’hui universellement acceptée. Les ions, seuls, déterminent les réactions.
- Depuis lors, cette théorie a permis de résoudre un grand nombre de questions chimiques importantes et fait disparaître des anomalies jusque-là inexpliquées. Une représentation mécanique a même pu être donnée de la manière dont se produisent les forces éleotromotrices qui depuis Yolta et Galvani faisaient l’objet de perpétuelles discussions.
- Mais la destinée de l’hypothèse de la dissociation ionique n’était pas de rester limitée, dans son application, aux électrolytes. Dès 1887 Arrhenius expliquait, par l’ionisation, la conductibilité que les gaz acquièrent quand ils sont parcourus par une décharge électrique ou éclairés par la lumière ultra-violette. On sait quel développement a pris celte idée depuis la découverte des rayons X.
- A mesure que s’étendait la portée de ses conceptions, et que se précisaient les relations existantes entre l’affinité, la
- conductibilité et le degré de dissociatien des corps, le génie d’Arrhenius pénétrait plus profondément dans les secrets de la matière et la connaissance de ses propriétés. Il éclairait le chemin qui mène à la grande énigme, posée au terme de toutes les préoccupations intellectuelles qui n’ont pas une portée pratique immédiate, àl’explicationde la constitution de l’univers. Les solutions qui de loin en loin ont été proposées par les philosophes, par les naturalistes, ont toujours reflété l’état de la science de leur époque. Il sembla à Arrhenius que l’épanouissement moderne des sciences physiques et chimiques justifiait l’introduction de quelques parties nouvelles dans l’exposé du développement du système de l’univers. L’accueil fait à ses idées par le monde savant apprit à quel point il y réussit.
- Il eut l’intuition que la pression de radiation, calculée par Maxwell, valeur longtemps ignorée ou négligée, pouvait fort utilement conduire à Incompréhension et à l’explication de beaucoup de phénomènes cosmogoniques, jusqu’alors mystérieux.
- Avant qu’il fût question de l’indestructibilité de l’énergie, les études cosmogoniques ne s’occupaient que d’une seule question, à savoir comment la matière s’était groupée de façon que les corps célestes aujourd’hui connus aient pu en procéder? La découverte de l’indestructibilité de l’énergie allait rendre plus ardus encore les problèmes cosmogoniques. Arrhenius contribua à les élucider en montrant comment les nébuleuses peuvent être le produit de soleils, et inversement comment des soleils peuvent se former à l’aide de nébuleuses. Il fit voir que dans les corps qui se trouvent à l’état de soleils, l’énergie est dissipée ou détériorée, et qu’elle est au contraire améliorée dans ceux qui sont à l’état de nébuleuses.
- De tout temps cette évolution alternante a pu se produire, comme elle se produit actuellement. Depuis les temps reculés, les plus lointains, la matière et l’énergie n’ont fait que changer de forme et de lieu dans l’espace.
- Ce qui domine toute l’œuvre d’Arrhenius, c’est le plan harmonieux qui y préside; c’est la volonté arrêtée d’expliquer les grands phénomènes de la nature par le jeu des lois physiques connues; c’est le talent admirable qu’il déploie, pour arriver au but.
- Que l’on rappelle ses idées sur l’origine des rayons cathodiques, qui, par leur enroulement dans le champ magnétique terrestre, produisent les aurores boréale-s et expliquent les chevelures cométaires ainsi que leur courbure, ou que l’on rappelle ses conclusions sur l’âge de la Terre, sur la composition de l’atmosphère, sur celle des mers disparues, sur les variations des températures et des climats terrestres au cours des temps géologiques, on se plaît à reconnaître que son Précis de Physique cosmique, que sa Physique du volcanisme marquent parmi les plus solides et originales contributions de notre temps à la Cosmogonie et aux problèmes fondamentaux de la Géologie.
- Mais ce qu’il nous importe surtout de rappeler en ce moment, c’est qu’Arrhenius, professeur à l’Université de Stockholm, premier lauréat du prix Nobel, Président de l’Institut Nobel des Sciences, Yice-Président de la Fondation Nobel et Grand Officier de notre Légion d’honneur, a acquis des titres spéciaux à la reconnaissante admiration des savants français par les conférences de Chimie physique qu’il voulut bien leur faire il y a quelques années à la Sorbonne et à la Société française de Physique. Ils me permettent de joindra dans ce dernier hommage l’écho des applaudissements d’alors, aux regrets de ce jour de deuil, en témoignage de nos sentiments unanimes envers celui qui occupa une si grande place dans la science contemporaine, où il maintint si brillamment les plus belles traditions des grands noms, des noms immortels de la Suède savante ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l’artichaut (n° 2770).
- M. Georges Edgard-Rosa, interne des hôpitaux de Paris, nous écrit :
- « A côté de sa valeur alimentaire, l’Artichaut cultivé (Cynara scolymus, Composées) jouit de propriétés pharmacodynamiques. Celles-ci ne résident pas dans l'inflorescence dont les propriétés sont uniquement comestibles, mais dans les feuilles. On a employé et l’on emploie encore celles-ci en thérapeutique. En effet, il est incontestable que l’on attribue avec raison certaines propriétés curatives à la feuille d’Artichaut.
- Quelques auteurs la donnent comme amer, tonique, fébrifuge, et diurétique. D’autres pharmacopées lui reconnaissent des propriétés cholagogues et anti-rhumatismales, en Allemagne et en Italie, par exemple.
- En France d’ailleurs, certains médecins, et non des moindres, prescrivent encore ce remède populaire contre l’hydropisie, l’ictère chronique, les insuffisances hépatiques et leurs conséquences.
- L’infusion de feuilles, si désagréable à prendre, est avantageusement remplacée par l’extrait que l’on peut facilement absorber sans nausées, sous forme de pilules par exemple. Il est parfaitement toléré et ne comporte aucune contre-indication.
- Le principe actif de cet extrait est la « cynarine » qui a été incomplètement étudiée jusqu’ici. Ce serait un principe amer
- QUESTIONS
- Bibliographie sur les mastics.
- Vous trouverez tous renseignements sur la préparation des mastics dans les ouvrages suivants:
- 1° Colles et mastics par Fritsch. Editeur Girardot, Librairie Centrale des Sciences, 27, quai des Grands-Àugustins, Paris.
- 2° Peintures, enduits et mastics, par Goffignier. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille, Paris. Heule-lez-Courtrai.
- Comment marquer les œufs d’une manière indélébile.
- La fraîcheur de l’œuf ayant pour le consommateur une importance capitale, il y a grand intérêt pour lui à connaître la date de ponte ou tout au moins la date de sortie des chambres frigorifiques si cet œuf a été conservé normalement.
- Dans ce but, les fournisseurs consciencieux impriment sur les coquilles au moyen d’un tampon les indications nécessaires en se servant presque toujours d’encres dites d’aniline, de couleur rouge, violette ou bleue, mais ces encres sont fugaces et malheureusement il se rencontre parfois des commerçants peu scrupuleux qui au moyen de quelques gouttes d’eau acidulée font disparaître ces traces révélatrices d’une ancienneté compromettante.
- Pour éviter la fraude il suffit de se servir comme encre d’une mixture obtenue en délayant un peu de noir d’ivoire ou de noir de fumée dans une solution légère de colle forte additionnée de 1 pour 100 de bichromate de potasse. Les œufs ayant été ensuite exposés à la lumière pendant le séchage de l’encre, la marque apposée résistera par la suite énergiquement et avec succès à toute tentative d’enlèvement.
- Ecole normale des Baléares.
- Apprenons à nous servir adroitement du charbon de Berzelius.
- Le charbon de Berzelius employé pour couper le verre, en suivant une amorce faite préalablement à la lime, est composé de :
- Noir de fumée.................... 180 gr.
- Gomme arabique. . ............... 50 —
- Benjoin en poudre.............. 25 —
- Gomme adragante ................ 25 —
- analogue à « l’aloétine » de l’Àloès. Nous nous proposons d’ailleurs d’en approfondir la nature et les propriétés d’une façon plus définie.
- La plus vieille usine métallurgique de France.
- A propos de l’article publié sous ce titre dans notre numéro du 1er septembre 1927, les Etablissements Jacob Holtzer, spécialistes des aciers fins, nous écrivent :
- « Nous avons lu, avec un certain étonnement, l’article que vous avez fait paraître dans votre n° 2768 du 1er septembre 1927 intitulé « La plus vieille usine métallurgique de France » dans lequel il est dit à l’alinéa 3 :
- « En 1919, 3 usines seulement travaillaient encore au combustible végétal, celle de Labouheyre, de Ria et celle de Savignac-Lédrier » et plus loin :
- « Actuellement... celui de Ria est momentanément éteint, seule l’usine de Savignac travaille encore.
- Nous nous permettons de vous signaler que depuis 1914 les hauts fourneaux à bois que nous possédons à Ria n’ont jamais été éteints en totalité, sauf pendant les périodes normales de l’épara-tions. Sur les trois hauts fourneaux que nous possédons, un au moins est toujours en marche et produit la fonte fine que nous employons dans nos aciéries d’Unieux (Loire). Il était à feu lorsque a paru votre article ».
- ET RÉPONSES
- Laisser gonfler pendant vingt-quatre heures dans un peu d’eau pour faire une pâte assez ferme, façonner ensuite à la main sous forme de crayons de 1 cm de diamètre, laisser sécher à l’ombre.
- Une fois allumé, il suffit de souffler sur le charbon taillé en pointe pour entretenir celle-ci en combustion; on place cette pointe à un demi-centimètre environ en arrière du trait de lime, un petit claquement annonce que la rupture a gagné le point du verre chauffé. En opérant ainsi de proche en proche on peut faire monter ou descendre la coupure, ce qui ne demande qu’un peu d’habitude et d’habileté. M. Robin, a Orléans.
- Récupération des huiles de graissage usagées.
- Veuillez bien vous reporter à la réponse que nous avons faite à M. Bernard, d’Oran dans le n° 2763, p. 573 du 15 juin 1927.
- M. Jacquinet, a Avesnelles, Nord.
- Imperméabilisation des murs exposés à la pluie.
- La formule que nous avons donnée dans le présent numéro pour imperméabiliser le ciment, réponse à L. H., à Verviers, convient parfaitement pour empêcher la pénétration de l’eau dans les murs exposés à la pluie. Veuillez bien vous y reporter.
- Victor, a Cannes.
- Pour protéger la toile des sacs à engrais.
- 1° La plupart des engrais actuels contenant des superphosphates qui ont pour caractéristique de renfermer un excès d’acide par rapport à la base, il en résulte que cette acidité produit sur la fibre végétale, en l’espèce le jute, une action destructrice bien connue qui est le phénomène de l’épaillage.
- Pour remédier à cet inconvénient, il suffit de donner au fil de la toile une gaine protectrice que l’on peut constituer facilement en enduisant celle-ci au pinceau et à l’envers d’une sorte de lait obtenu en délayant environ 10 pour 100 de blanc d’Espagne dans de l’eau gélatinée (solution de colle forte à 1 pour 100 dans de l’eau chaude). Appliquer le mélange maintenu chaud, de façon qu’il y ait meilleure imprégnation.
- N.-B. — Si on se trouve à proximité d’une suci’erie on peut économiquement remplacer le blanc d’Espagne .par les écumes de carbonatation.
- 2° Si l’eau de votre puits, pour une raison dont nous ignorons
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- la cause, attaque less eaux métalliques, le mieux est de vous servir de seaux en bois comme cela est du reste de pratique courante dans ce cas. M. Bouteloup, a. Paris.
- Protégeons nos yeux contre la lumière trop vive.
- Dans les constructions industrielles actuelles, on adopte généralement la disposition en ateliers ou magasins séparés (cela pour isolement facile en cas d’incendie), ces locaux étant éclairés largement par en haut au moyen de 'vitrages.
- Pendant la période estivale, la quantité de rayons lumineux et calorifiques qui pénètre ainsi est beaucoup trop grande et il est presque toujours nécessaire de la modérer, ce que l’on réalise par l’application sur le vitrage d’une sorte de peinture bleue dont il peut être intéressant pour nos lecteurs de connaître la composition qui est voisine de la suivante :
- On commence par mélanger intimement :
- Blanc d’Espagne pulvérisé........... 1000 gr.
- Bleu d’outremer..................... 200 —
- On verse alors peu à peu sur la poudre, sous forme de filet, une quantité de silicate de soude sirupeux du commerce à 36°B, suffisante pour former après imbibition complète une pâte semi-fluide.
- On laisse l’imprégnation se terminer par un petit repos, puis on délaye la pâle progressivement en ajoutant 20 litres d’eau. On obtient ainsi une peinture claire, que l’on tamise pour enlever les débris divers et parties grossières, finalement on incorpore en remuant :
- Huile de lin cuite.................. 250 cc.
- L’application se fait sur la vitre au pinceau, par temps sec, de manière que la pluie survenant avant séchage ne provoque pas un entraînement prématuré.
- N.-B. —Nepas forcer la dose de silicate de soude, car la peinture serait trop adhérente et ne pourrait plus être enlevée facilement à l’éponge, quand la ^protection n’aurait plus sa raison d’être aux approches de l’hiver.
- Maredsous-Maredret, Belgique.
- Teinture des jetons en os, en différentes couleurs.
- La teinture des jetons en os ne présente aucune difficulté si on a soin de les dégraisser préalablement en les faisant bouillir dans de l’eau contenant 2 à 3 pour 100 de carbonate de soude Solvay, soit 5 pour 100 de « cristaux » du commerce.
- Procéder ensuite comme nous l’avons indiqué dans un précédent numéro (réponse à M. B. B. à Angers) pour la teinture aux diamines qui représente pratiquement la méthode de choix.
- M. Chauvet, a Saint-Germain au Mont-Riione.
- Composition des alliages sonores.
- Les alliages destinés à la confection des objets sonores, tels que cloches, clochettes, timbres, tubes, etc., sont des bronzes durs à prédominance de cuivre ; chaque fabricant possède « sa formule » qu’il garde secrète, en réalité elle est toujours voisine des suivantes :
- Cuivre Etain
- Bronze pour cloches................ 80-77 20 à 23
- Bronze pour clochettes, timbres, tubes. 70-75 30 à 26
- L. L., a Ninii-Binh, Tonkin.
- Peut-on désodoriser chimiquement les alcools bruts?
- Le problème de la désodorisation chimique des alcools s’est posé dès le début de la fabrication des alcools industriels qui doivent être le plus neutres possible au goût et à l’odorat; malheureusement les actions chimiques ne peuvent porter que sur une catégorie de corps ayant une fonction déterminée, fonction aldéhydique par exemple, de sorte que les corps ayant des fonctions différentes ne sont pas touchés et, si on veut à leur tour les soumettre à une autre action chimique, on détruit ce qui a été fait précédemment.
- Jusqu’ici le seul moyen vraiment pratique et efficace d’épurer les alcools bruts a été la rectification dans laquelle on utilise la différence assez grande qui existe entre lè point d’ébullition de
- l’alcool éthylique 78°C et celui des impuretés qui se trouve soit en dessous (aldéhydes), soit en dessus (alcools supérieurs : amy-lique, butylique, propylique, etc.), de sorte qu’en distillant doucement, on obtient à la suite : produits de tête, alcool moyen goût de tête, alcool bon goût, alcool moyen goût de queue, produits de queue. Seul l’alcool bon goût est livré à la consommation, pour la bouche, la parfumerie, la pharmacie ; les moyen goût repassent dans la rectification suivante, quant aux produits de tête et queue ils servent à faire les vernis.
- L. L., a Ninii-Binh, Tonkin.
- Bibliographie des couleurs.
- Vous pourrez vous tenir au courant des nouveautés concernant lés couleurs, les vernis et les matières tinctoriales au moyen des publications suivantes : Journal La Couleur, rédacteur en chef J. Segaux, 10, rue de Lancry. Revue générale des Matières colorantes, 123, rue de Rennes. Revue de Chimie industrielle, 55, quai des Grands-Augustins.
- J. Gallie, a La Charité, Nièvre.
- Pourquoi il faut mouiller remplacement avant de faire un scellement au plâtre.
- Ainsi que nous l’avons exposé dans ce journal (Voir La Nature, n° 2755 du 19 février 1927) le durcissement du plûti'e se fait par cristallisation et fixation de deux molécules d’eau de façon à reconstituer le gypse primitif Ca S0i 2 H20. Il ne faut donc pas enlever au plâtre gâché encore liquide l’eau de délayage, ce qui aurait lieu si on mettait la pâte en présence d’un corps poreux, sec, avide d’eau comme la cavité d’attente; il faut donc mouiller celle-ci. par aspersion pour qu’il n’y ait pas succion.
- Cependant il convient de ne rien exagérer et nous trouvons que votre maçon abuse un peu en prétendant que pour resceller des carreaux sur le sol il faut mettre tellement d’eau que l’humidité introduite provoque le descellement des carreaux voisins; cela prouve tout simplement qu’il veut donner à ce travail une extension qu’il ne comporte pas.
- M. Mallecourt, a Lyon.
- Dégraissage des pièces avant dépôts électrolytiques. — 1° On sait quelle est l’importance capitale de la préparation des pièces avant mise au bain de galvanoplastie, c’est pourquoi on commence toujours par les dégraisser à fond ; ce bain employé chaud est composé de :
- Soude caustique en plaques............ 8 ldlog.
- Eau non calcaire......................100 litres
- Plus économiquement on peut prendre la lessive du soude du commerce qui est à 36°B et l’étendre d’eau jusqu’à ce qu’elle marque 10 à 11° B.
- 2° Voici une formule de vernis à l’acétate de cellulose, qui vous donnera certainement satisfaction :
- Acétate de cellulose...................... 30 gr.
- Tétrachloréthane......................... 360 —
- Triacétine................................. 3 —
- Alcool â 95° q. 1....................... 40 —
- M. Lapointe, a Arcubil, Seine.
- Comment se fabriquent les marbres artificiels.
- Les simili-marbres se préparent de deux façons différentes, soit en faisant intervenir le plâtre et un fluosilicate, soit en se servant de produits magnésiens.
- Les marbres artificiels à base de chaux s’obtiennent ainsi : On gâche avec une solution de fluosilicate d’alumine un mélange de 22 kg plâtre recuit pendant 3 heures à 230°G, 8 kg de chaux éteinte et 8 kg de pouzzolane finement pulvérisée de façon à obtenir une bouillie claire. Cette bouillie est versée sur une surface plane recouverte d’une feuille de papier, sous une épaisseur de 2 à 3 cm. A ce moment, à l’aide de spatules diverses, en se guidant sur des échantillons de beaux marbres naturels, on dépose à la surface des traces d’ocre, de bleu d’outremer, etc., préalablement infusés dans l’eau à l’état de bouillies claires, on imite ainsi les veines du marbre naturel ; pour réaliser la texture cristalline on saupoudre de mica, puis on lisse au polissoir et laisse durcir à l’air pendant une journée.
- Les pseudo-marbres magnésiens se fabriquent en gâchant de
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- la dolomie calcinée en poudre avec un volume égal d’une solution aqueuse de sulfate de magnésium ayant une densité de 1,9. On colore comme précédemment la masse au moyen de pigments appropriés (bleu de Prusse, vermillon, ocre jaune ou rouge, etc.); on coule sur plaque de verre talquée et laisse durcir plusieurs jours. Généralement on termine par un maquillage destiné à accentuer les veinures et qui consiste à passer successivement au pinceau des solutions susceptibles de donner naissance à des précipités colorés à l’intérieur-de la masse, par exemple bicliro-mate de potasse, puis acétate de plomb (précipité jaune). Nitrate d’argent, puis chromate de potasse (précipité rouge). Finalement on badigeonne avec une solution de fluosilicate de zinc ou d’alumine, laisse sécher, polit comme s’il s’agissait de marbre naturel.
- M. Van Staey, a Gand Saint-Pierre.
- Difficultés éprouvées dans les filtrations.
- Le colmatage des filtres ne tient en aucune façon au solvant jouant le .rôle de véhicule, mais bien soit aux substances insolubles en suspension susceptibles de se feutrer ou de boucher les pores du filtré, soit aux matières en dissolution qui par évaporation du solvant viennent en coller le papier.
- Le renseignement que vous nous donnez uniquement sur le solvant, en l’espèce le pétrole, ne nous permet donc pas de pouvoir solutionner la question; ce qu’il nous faudrait connaître, ce sont les substances dissoutes ou insolubles, de leur nature dépend l’amélioration à apporter.
- Réunion des Officiers Marrakech.
- Collage des semelles en caoutchouc.
- 1» Le collage des semelles dites « crêpes » s’effectue avec des colles à base de celluloïd; mais, comme l’a fait très judicieusement observer M. de Kegbel, ces colles sont insuffisantes parce que le celluloïd qui en est la base ne peut y être introduit en quantité assez grande sans les rendre trop visqueuses.
- Heureusement on a constaté que l’addition, en proportions minimes, d’un acide organique, l'cide tartrique, citrique et surtout oxalique permet d’obtenir des solutions très concentrées et cependant encore fluides ; en conséquence il préconise la formule
- suivante :
- Celluloïd non chargé.................... 30 gr.
- Acétone..................................100 cc.
- Acide oxalique . 1,5 gr.
- 2° L’installation d’un laboratoire photographique est subordonnée à des conditions locales qu’il est indispensable de connaître pour prendre les dispositions utiles.
- MM. Phorin a Cherbourg, et Bouvier a Casablanca.
- Préparons économiquement de Vencre pour machines à écrire.
- Les encres pour machines à écrire parfois vendues très cher peuvent se préparer facilement avec les matières premières sui-
- vantes peu coûteuses :
- Violet de Paris........................... 5 gr.
- Savon mou.................................. 5 —
- Glycérine............................. . 20 —
- Alcool à 95° Q. L..........................15 cc.
- Eau distillée,.............................55 —
- Laisser digérer pendant quelque temps dans un flacon bien bouché, passer au travers d’une toile fine pour retenir les impuretés, conserver en bouteilles pour l’usage.
- M. Flayelle, a Valenciennes.
- Quelle est la cause du rancissement des corps gras?
- Cette question, fort intéressante au point de vue de la conservation des huiles et des graisses, n’a pas à l’heure actuelle reçu de solution définitive, cependant on suppose que le rancissement est dû à l’intervention de ferments analogues aux lipases,qui, alimentés par les matières albuminoïdes provenant de la graine et enlevées en même temps que la matière grasse, au moment de l’extraction donnent lieu à une fermentation dédoublant ces matières grasses.
- Bien que l’expérience ait montré que des huiles pouvaient être rances sans être acides, les deux phénomènes vont généralement de pair, c’est pourquoi dans la pratique on évalue la rancidité d’après les acides libres. Les hygiénistes admettent qu’exprimée
- —...............= ........ —= 431 =
- en acide oléique, l’acidité ne doit pas dépasser 6 pour 100 sous peine d’agir d’une façon funeste sur l’estomac.
- M. Wels, a Chahal, Tunisie.
- Composition de quelques lessives du commerce.
- Les lessives du commerce ont toujours pour base le carbonate de soude destiné à l’enlèvement des matières grasses conjointement au silicate de soude qui en favorise l’émulsion, en outre les fabricants y ajoutent parfois des per sels devant jouer un rôle oxydant analogue à celui du chlore, mais moins brutal, sur les matières colorées. Voici à titre d’indication la composition de quelques-unes de ces lessives d’après les indications que nous possédons :
- Carbonate Soude Silicate Perborate
- de soude caustique de soude de sonde Savon Eau
- Lessive Phénix . . 40 10 25 » » 25
- — Génie. . . 50 7 18 )) 5 20
- — Salsonate 50 12 20 )> ï) 18
- Persil 40 » 10 10 20 20
- Dixins 40 » 5 5 M. F. D., 35 A Paris 15
- Pourquoi les fumeuses. . mèches de bougies ne sont pas
- Pour éviter que les mèches de bougies ne fument ainsi que
- cela arrivait avec les antiques chandelles, on a soin de tremper le coton tressé, pendant quelques heures, dans une solution aqueuse contenant 1,5 pour 100 d’acide borique et 1,2 pour 100 de sulfate d’ammoniaque, on essore et sèche à l’étuve.
- Les mèches ainsi préparées au lieu de rester droites se recourbent dans la flamme et leur extrémité vient se placer dans la partie la plus oxydante où s’effectue une combustion complète ; pour cette, raison, la flamme n’est jamais fuligineuse. C’est à M. de Milly que l’on doit cette ingénieuse application qui date de 1836. P. E. T , Alep, Syrie.
- Questions diverses.
- 1° La densité du tétrachlorure de carbone est de 1,6798 à la température de 0° G.
- 2° Les trous souvent très petits qui se rencontrent parfois dans les récipients en aluminium ont pour origine la présence de métaux étrangers qui déterminent en présence des liquides qu’on loge dans ces vases des phénomènes électrolytiques avec solubilisation à l’anode.
- 11 est difficile de remédier à cet état de chose, qui est propre au métal, tout ce que l’on peut faire est de reboucher les trous avec une soudure par exemple du type suivant :
- Etain................ 550 grammes.
- Zinc . . . •......... 380 —
- Aluminium............. 80 —
- 3° Les taches brunes occasionnées par la partie en cuir des bretelles ou les ceintures, sur le linge, lorsqu’il y a transpiration, sont dues'aux tanins que les cuirs renferment toujours en excès.
- Pour les faire disparaître, il suffit de laver à l’eau tiède alcali-nisée par 2 à 3 pour 100 de soude caustique.
- Ce traitement doit être réservé aux tissus de coton ou de toile (lin ou chanvre), car, dans le cas de tissus de laine qui seraient solubilisés par la soude, il faudrait se contenter de laver la partie tachée û l’alcool (alcool dénaturé ou alcool à brûler).
- M. Duval, Yesoul.
- Nettoyages des intérieurs dorés d’étuis à cigarettes.
- L’intérieur doré des étuis, à cigarettes métalliques est parfois noirci au voisinage du ruban caoutchouté, le soufre introduit pour la vulcanisation formant avec l’or de la dorure du sulfure d’or noir.
- Pour remédier à cet inconvénient, préparer une solution de
- soude alcoolique en prenant :
- Soude caustique en plaquettes. 15 gr. Alcool à brûler.................100 —
- Au moment de l’emploi délayer un peu de blanc d’Espagne avec cette solution, enduire de la mixture, en se servant d’un chiffon, la partie à nettoyer, laisser sécher, puis frotter à sec à la peau de chamois.
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- CURIOSITÉS DE LA NATURE
- M. Trannoy nous écrit : « Un gros lézard ocellé mâle reçoit mon hospitalité depuis un an et demi. Il la partage avec une couleuvre à collier et un lézard vert. Tout ce petit monde s’entend a merveille. Le lézard ocellé dort souvent dans les replis de la couleuvre, et il arrive même qu'il la mordille sans méchanceté.
- En vacances à Grenoble au mois d’août de cette année, j’ai attrapé un très gros Zaménis, long d’environ 1 m. 50 et gros comme la moitié de mon poignet. Cet .animal se sentait assez sûr de sa masse pour avoir cru pouvoir me menacer impunément, au heu de s’enfuir comme ses congénères le font d’habitude, quand on se trouve nez à nez avec eux.
- Quelques jours âprès, le Zaménis a dérangé le lézard ocellé qui dormait sous un journal. Le lézard, devenu aussitôt comme fou, a sauté droit devant lui et s’est caché sous un bureau, mordant, griffant, donnant tous les signes d’une terreur intense. Quand il a été calmé, la couleuvre à collier a passé à côté de lui sans qu’il ait l’air ému le moins du monde.
- À gauche, le Zaménis.
- À droite, la Couleuvre à collier.
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- Le 15 janvier 1921, dans son n° 2753, La Nature a fait connaître les chefsr d’œuvre de patience et d’ingéniosité que sont les mosaïques de diatomées microscopiques obtenues par M. Ernesto Cabal-lero y Bellido.
- Nous prions nos lecteurs de s’y reporter pour apprendre les techniques employées et voir les reproductions de quelques-uns de ces magnifiques arrangements.
- M. Caballbro y Bellido vient d’avoir l’amabilité de faire à l’intention de La Nature une nouvelle préparation contenant le nom de notre Be-vue « écrit en diatomées ». La préparation mesure seulement t,I millimètre.
- Nous en donnons ici la photographie, agrandie ko fois, laissant à nos lecteurs le soin de compter le nombre des cellules qui
- la composent.
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- A gauche : un hêtre soudé au milieu du tronc à un autre hêtre, observé par M. Devaux, ingénieur civil des Mines, aux environs de Grenoble, à la sortie du Bois du Curé, coupure de la falaise qui borde le plateau de Saint-Nizier, du côté des gorges du Fùron.
- À droite : pomme de terre monstrueuse, pesant 1110 gr., récoltée au domaine de la Treille, par. Saint- Agulin (Charente-Inférieure. 1
- 95.084. — Paris lmp. Lahurf. 1-11-37
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI0 (T{. C. Seine : 1S.234}
- PRIX DE L/ABONNEMENT
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- c Fl§- 1 et 2. — Aspects de Jupiter en 1927.
- A gauche, le 22 septembre à 22 li ; à droite, le 29 septembre à 20 Ix 30 ; sur cette dernjj^-figure on voit la Tache Rouge. (Dessins de l’auteur, avec une lunette Secrétan de 95 mrrr'cf’ohj
- JUPITER
- Jupiter, la plus importante des planètes clu système solaire, trône cet automne dans le ciel dès la tombée de la nuit. La puissance de sa lumière est telle que bien souvent elle perce les nuages, ou qu’elle les éclaire à la manière d’une petite lune ; il n’était que trop facile de le constater pendant le maussade mois de septembre, qui a été l’époque (le 22) de son opposition avec le soleil, c’est-à-dire celle de son maximum d’éclat.
- Il faut déplorer les fâcheuses circonstances atmosphériques qui ont si fréquemment dérobé à nos investigations cet astre tout particulièrement intéressant en ce moment. On sait que son observation générale est accessible aux modestes instruments : une forte jumelle permet de décou-
- Jupiter a présenté depuis l’an passé des perturbations et des transformations marquées. A la vérité, ces modifications sont continuelles, car ce monde nous offre l’image d’une complète instabilité ; mais elles s’effectuent avec une fréquence et une ampleur variables. Actuellement, ces vicissitudes sont frappantes, capables d’être remarquées par l’œil le moins exercé.
- On connaît l’aspect classique de Jupiter. D’une manière générale, les bandes sombres et les zones claires s’y distribuent de part et d’autre de l’équateur (fig. 3).
- Depuis nombre d’années, avec quelques variations dans la largeur et le degré de visibilité, l’aspect d’ensemble restait sensiblement le même. En 1926, une profonde transformation fut
- vrir ses principaux satellites, une longue-vue les montre mieux et révèle surtout le disque planétaire, sur lequel, à l’aide d’une lunette astronomique du modèle le plus élémentaire, on distingue déjà la présence des bandes qui caractérisent l’aspect de ce monde géant. L’observation de ces configurations et de leurs détails devient relativement aisée dans les instruments astronomiques de dimension courante, de 75 à 110 mm. d’objectif, par exemple.
- Fig. 3. — Schéma de la distribution et de la désignation des bandes et zones de Jupiter.
- Sud
- Bande tempérée c5*--. Zone tempérée S.---, Bande tropica/e J.---|E1
- Zone équatoria/e— Bande tropicale N.--Zone tempérée, Air Bande tempérée A/-
- constatée. La bande tropicale australe, jusqu’en 1925, toujours si importante et la plus apparente de toutes, semblait au premier abord avoir disparu, réduite à l’état d’une mince ligne ; tandis que la tropicale boréale prenait, au contraire, plus d’importance, montrant une structure complexe. En 1927, ces conditions semblent s’être encore exagérées ; et, par des modifications dans la tonalité des diverses régions claires ou sombres, l’ensemble de la planète
- N° 2773. — 15 novembre 1927.
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- possède maintenant un aspect franchement different de celui de 1925. Aussi bien, et mieux que toute description, l’examen de la ligure 4 fait ressortir^l’importance des variations. Il faudrait consacrer de nombreuses pages à l’exposé succinct de ces étranges transformations. Notons toutefois que de part et d’autre de l’équateur, c’est-à-dire d'ans chaque hémisphère, se manifestent des phénomènes qui sont loin d’être identiques. Notons encore que le rapide mouvement de rotation de Jupiter ne s’effectue pas d’une manière uniforme. De 9 h. 50 m. à l’équateur, il se ralentit à 9 h. 55 m. dans les zones tempérées, comme si nous avions sous les yeux des courants glissant avec des vitesses inégales les uns par rapport aux autres, et l’on y voit des taches se rattraper et se dépasser.
- Le cas est particulièrement frappant pour une tache peut-être plus énigmatique encore que les autres que l’on a appelée la tache rouge.
- A l’encontre des autres formations, elle possède un caractère persistant, au moins dans sa visibilité, car elle semble se « promener » à la surface de Jupiter. Le flottement en longitude de cette formation ne s’effectue pas avec une vitesse uniforme; tantôt très lent, pour ainsi dire nul, il s’est élevé à près de 70 000 kilomètres de 1913 à 191a ! La tache rouge est visible, dans la zone tempérée australe, depuis sa première observation par Cassini en 1605 ; mais c’est en 1878 seulement que l’on s’est aperçu de son caractère persistant. Son aspect a maintes fois changé ; parfois très apparente, parfois à peine perceptible, elle a présenté des teintes allant du rouge brique vif au rose pâle, même au blanchâtre cerné de rose. Peu apparente il y a quelques années, les observateurs la revoyaient avec évidence en même temps qu’ils constataient les modifications de 1926. Récemment, le 29 septembre, sa teinte carac-
- téristique était remarquablement visible dans un instrument de moyenne puissance. Alors que iadis elle" se logeait dans une vaste échancrure de la large bande tropicale australe, la transformation de cette dernière la laisse plus isolée sur la zone tempérée élargie. Enfin, remarquons qu’elle a toujours semblé exercer un effet de répulsion sur les autres taches que la mobilité de l’ensemble amenait dans son voisinage.
- Sans doute, ce que nous appelons la surface de Jupiter ne possède aucun caractère que l’on puisse assimiler à un sol quelconque. Les phénomènes visibles offrent, tout au contraire, l’apparence de formidables perturbations au sein d’une atmosphère dont l'importance est indéterminée. Et cela n’est nullement pour amoindrir l’intérêt de la question. Ces vicissitudes ont-elles pour agent provocateur l’activité même du Soleil, qui est le grand dispensateur de la vie planétaire ? Certains astronomes le pensent. On peut remarquer, en elfet, que les perturbations qui se notent dans l’hémisphère boréal, rappellent dans leurs détails celles que l’on pouvait dessiner en 1893-1894. A cette époque comme actuellement, le Soleil était vers son maximum d’activité. Et présentement notre propre monde subit lui aussi des troubles généraux très notoires. 11 semble qu’il y ait là plus qu’une pure coïncidence. Tout cela montre l’intérêt de l’étude de Jupiter. Ilestaussipossible, àl’aide d’instruments moyens, de reconnaître quelques particularités physiques de ses « lunes » dont la plupart sont plus grosses que la nôtre (fig. 5j : leurs différences d’éclat intrinsèque, lorsqu’elles passent devant Jupiter, les aspects de leurs ombres (fig. 6), leurs éclipses. De telles observations sont d’un charme incontestable, elles constituent aussi d’agréables et utiles leçons d’astronomie. Lucien' Rudaux.
- Fig. 6. — Passages de satellites et de leurs ombres sur Jupiter.
- 1 et 2 : le III à l’entrée et au milieu du disque ; 3 : passage simultané des I et II et différence d’aspect de leurs ombres.
- Fig. ô. — Les satellites de Jupiter.
- 1. Le système de Jupiter vu dans une petite lunette; 2. Dimensions comparées des satellites de Jupiter et de la Lune avec leurs albedos
- respectifs.
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- ....zzi: LES VINS D'ALGÉRIE . _____:
- PROGRÈS RÉALISÉS DANS LEUR PRÉPARATION
- Fig 1. — Machinerie de la cuve rie, du domaine ci’El Taous [département d’Alger) (Cliché J. Henri Fabre.)
- Depuis les temps les plus reculés, on a su préparer et conserver des vins excellents dans diverses régions de la France. Plusieurs d’entre elles ont ainsi toujours possédé la réputation de produire une grande diversité de crus rouges et blancs, présentant des qualités exceptionnelles.
- En réalité, dans les pays à climat tempéré, la transformation des moûts sucrés en vins se trouve rendue facile :
- 1° Par le fait que les raisins à maturité y possèdent naturellement une constitution chimique convenable;
- 2° Parce que la température des caves au moment des vendanges convient bien au développement des ferments' alcooliques.
- Dans ces pays favorisés il suffit presque toujours de cueillir les raisins mûrs, de les fouler sans précautions spéciales, d’y ajouter tout au plus quelques grammes d’anhydride sulfureux par hectolitre, et enfin (après avoir placé le mélange dans des récipients quelconques), d’attendre que les levures alcooliques apportées par les fruits mûrs aient achevé de donner naissance à des vins bien constitués. Par un simple vieillissement, ces vins acquièrent peu à peu d’admirables qualités gustatives faisant le régal des gourmets.
- Dans tous les pays chauds, et en Algérie en particulier, bien que la vigne produise généralement de très beaux raisins, l’obtention de vins réussis est presque toujours malaisée.
- Pendant longtemps, on a ignoré les causes des insuccès qui se produisaient autrefois, et beaucoup de nos compatriotes croient encore en France que les vins d’Algérie sont caractérisés d’ordinaire par une couleur bleuâtre, par une saveur à la fois fade et alcoolique, avec une acidité volatile élevée.
- De nos jours les commerçants en vins du monde entier, savent que cette réputation est fort injuste, mais il n’est pas inutile de faire connaître à un grand nombre
- de consommateurs que les 10 à 12 millions d’hectolitres de vin que produit aujourd’hui l’Algérie présentent, en réalité, des mérites assez remarquables pour permettre de les comparer avec ceux des régions viticoles métropolitaines de grande réputation.
- En réalité, c’est grâce aux rapides progrès faits par l’œnologie en général, et par la science de la vinilication en particulier, que l’on réussit à vaincre de nos jours les difficultés naturelles qui s’opposent à l’obtention régulière de bons vins dans les pays chauds. Ces sciences, éminemment françaises, sont basées sur les découvertes géniales de Pasteur. Elles ont été développées dans la suite par une pléiade de savants métropolitains qu’il ne m’est pas possible d’énumérer, mais auxquels il est pourtant de mon devoir de rendre un juste hommage.
- HISTORIQUE DU VIGNOBLE ALGÉRIEN
- La vigne a existé depuis fort longtemps en Algérie, mais sa culture, peu étendue au moment de la conquête française, n’a varié que de 2000 à 23000 hectares environ de 1830 à 1880.
- C’est de 1880 à 1900 que le vignoble algérien a pris un essor considérable, passant de “23 000 à 154 000 hectares. Il a alors permis de suppléer à l’insuffisance du vignoble mé-timpolitain dévasté à cette époque par le phylloxéra..
- De 1900 à 1927, le vignoble algérien a subi des fluctuations diverses : il couvre actuellement 200000 hectares environ.
- Il n’est pas sans intérêt de constater que le phylloxéra qui a seulement apparu en Algérie vers 1885, dans la région de Tlemcen (département d’Oran), s’y est développé beaucoup moins vite qu’en France. C’est ainsi que l’on trouve encore aujourd’hui des vignobles francs-de-pied dans les départements d’Alger et de Constantine : 1° dans la région de
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- C/ierc/iell (à 100-150 km à l’ouest d’Alger) en bordure de la mer; 2° dans les régions montagneuses de Mécléa et de Miliana; 3° dans les plaines avoisinant Bougie et Djijelli.
- Ces débris de vignobles non greffés sont d’ailleurs actuellement en voie de disparition, mais grâce au régime de la libre culture qui a été généralisée récemment, ils seront entièrement remplacés dans un petit nombre d’années.
- A cause des difficultés particulières inhérentes au climat ou aux sols, la reconstitution du vignoble n’a pas toujours pu profiter des éludes faites en France.
- Elle a aussi subi inévitablement des irrégularités et parfois même des échecs locaux qui ont nécessité des réfections importantes. (C’est ainsi que durant ces dernières années il a fallu reconstituer tous les vignobles du département d’Alger établis sur porte-greffes franco-américain, notamment sur 1202.)
- Après avoir atteint 12 millions d’hectolitres en 1925, la production de l’année 1926 n’a été que de 8 millions d’hectolitres, et il est assez peu probable que celle de la présente année 1927 soit plus abondante.
- Il est aujourd’hui hors de doute que de nombreux terrains suffisamment frais d’Algérie constituent une terre d'élection pour la culture de la vigne : celle-ci y mûrit admirablement ses fruits, mais comme nous l’avons déjà indiqué, c’est la transformation régulière des moûts obtenus en vins qui présente de réelles difficultés.
- MATÉRIEL VIN AIRE
- La plupart des caves d’Algérie sont d’ordinaire fort bien aménagées et outillées, parce que leur création, relativement récente, n’a pas été gênée parla nécessité d’utiliser des locaux anciens, dont il fallait tirer parti. On y a, en outre, compris plus vite que la fabrication du vin constitue une véritable industrie qui doit économiser le personnel ainsi que le travail que celui-ci doit fournir.
- On a donc complètement abandonné l’idée ancienne, que les caves peuvent être des endroits obscurs, d’accès difficile, servant non seulement à préparer et à loger des vins, mais aussi à entreposer du bois ou divers matériaux. On a admis tout au contraire que ces locaux doivent être spécialement affectés à leur destination définitive, et qu’ils doivent en particulier être spacieux et faciles à laver pour être maintenus en parfait état de propreté.
- Le régime des grands domaines, ainsi que celui du groupement des récoltes des petits domaines par des associations coopératives, a d’ailleurs permis de réaliser depuis peu d’années des installations remarquables au point de vue technique.
- CONDITIONS PHYSIQUES ET CHIMIQUES
- Alors qu’en France, et en général dans tous les pays à climat tempéré, les levures alcooliques se trouvent rencontrer presque toujours des conditions de développement très satisfaisantes, en pays chaud comme l’Algérie il en est autrement.
- Dans ces pays, il est indispensable :
- 1° d’intervenir pour empêcher les moûts en fermentation de s’échauffer à des températures dangereuses (atteignant 40° à 42° C.) ;
- 2° de surveiller la constitution chimique des moûts, parce que celle-ci est souvent insuffisamment acide ;
- 3° d’utiliser des cuves appropriées;
- 4° de prendre des précautions particulières pour éviter le risque de voir se développer dans les vins, faits divers micro-orgarnismes parasites, et en particulier des germes de Mycoderma aceti et aussi de la maladie appelée « tourne ».
- I. Influence de la température. — Il est fort rare en France, de voir les moûts en fermentation s’échauffer jusque vers 35° C. Au contraire, en Algérie, où la température des caves atteint couramment 22° à 24° C. et où, durant les jours de sirocco, elle dépasse 30° à 32° C., il est fort malaisé d’empêcher les moûts en fermentation de s’échauffer vers 40° à 42° C. et l’on sait qu’à cette température la vitalité du protoplasme cellulaire (végétal ou animal) se trouve toujours gravement compromise. Si cet échauffement n’est que temporaire, les levures alcooliques sont seulement affaiblies pendant quelques heures comme le serait un organisme animal par un court accès de fièvre. Par contre, si cet échauffement persiste assez longtemps, les levures alcooliques sont tuées, et les sucres du moût ne pouvant plùs être intégralement transformés en alcool, le vin reste ensuite doux.
- En pays chaud, on peut poser en axiome que :
- « Tout vin resté doux, c’est-à-dire non complètement fermenté, est voué à devenir plus ou moins vite la proie de bactéries diverses capables de le transformer ultérieurement en vin aigre doux tout à fait inconsommable. »
- A l’aide d'anhydride sulfureux employé à des doses massives inconnues en France (jusqu’à 100 gr. par hectolitre) et surtout à l’aide d'appareils réfrigérants, on réussit, en Algérie, à maîtriser les fermentations tumultueuses, et à empêcher réchauffement intempestif des moûts aux températures dangereuses précitées (40° à 42° G.).
- II. Surveillance de la constitution des moûts, et en particulier de leur acidité. — C’est parce qu’en pays chaud la vigne mûrit souvent trop bien ses fruits, qu’il importe de vérifier avec grand soin Y acidité des moûts à vinifier. Alors qu’en France celle-ci varie d’ordinaire de 5 à 8 gr. par litre (exprimée en grammes d’acide sulfurique par litre), il est fréquent de constater en Algérie des moûts ne titrant que 2 gr. 5 à 3 gr., ce qui est tout à fait insuffisant pour obtenir des vins possédant une bonne constitution chimique. Il faut, en conséquence, ' ajouter à ces moûts des doses convenables d’acide tartrique cristallisé, pour en remonter l’acidité sulfurique au minimum de 4 gr. par litre. Gomme cette acidification est toujours onéreuse, on se rend compte qu’il faut la mesurer tout d’abord de façon exacte, pour la relever ensuite à bon escient.
- III. Cuves à fermentation <t à lessivage automatique n. — Alors qu’en France on considère que la
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- forme et la dimension des récipients utilisés pour le cuvage des moûts ne présente qu’une importance accessoire, en pays chauds il en est tout autrement; c’est ainsi, par exemple, que pour éviter les inconvénients d’une trop grande accumulation de chaleur dégagée par la fermentation, on a intérêt à y utiliser des cuveries spacieuses et aérées, comportant des récipients de cuvage dont la contenance n’excède pas 150 à 200 hectolitres.
- On a beaucoup discuté sur les avantages respectifs des cuves ouvertes et des cuves fermées : les premières exigent beaucoup de main-d'œuvre pour assurer l’immersion du « chapeau de marc » pendant toute la durée de la fermentation, dans le but d’éviter l’acétification de celui-ci, et aussi pour permettre une bonne dissolution des matières colorantes localisées dans les pellicules des grains.
- Les marcs s’acétifient moins aisément dans les cuves fermées, parce qu’ils y sont protégés par la couche de gaz carbonique qui les surmonte, mais l’immersion de leur chapeau devient alors très malaisée, et cette particularité est défavorableau point de vue de la coloration des vins produits.
- Nous considérons comme un réel progrès en vinification, l’emploi du dispositif dénommé « cuve amphore à lessivage automatique » que nous avons longuement décrit dans une de nos publications (1).
- Ce dispositif fort analogue à celui utilisé dans l’appareil ménager dit « lessiveuse américaine », comporte une amphore ordinaire surmontée par un petit cuveau à fond incliné vers 1’oriftce de liaison, et ayant une capacité égale à environ l/6e de celle de l’amphore.
- Au moment des vendanges, on remplit entièrement l’amphore inférieure avec des vendanges foulées : la fermentation n’ayant pas encore commencé, il n’y a pas alors de chapeau de marc. On peut introduire à ce moment, par l’ouverture supérieure, un tube en cuivre, ouvert à ses deux-extrémités, devant demeurer vertical. On dispose en outre autour de celui-ci, sous le plafond de l’amphore, une petite claie en bois mesurant 1 m. de côté.
- Dès que la fermentation s’établit, le chapeau de marc qui tend à se former se trouve arrêté par la claie, mais à cause de son augmentation de volume, une certaine quantité de moût monte dans le cuveau supérieur en passant par l’espace annulaire demeuré autour du tube vertical.
- 1. J.-H. Fabre. Procédés modernes de vinification, 3° édition. (En vente à Maison (Carrée, Alger et dans toutes les librairies agricoles).
- A partir de ce moment, la cuve-amphore à lessivage automatique fonclionne par un mécanisme identique à celui de la lessiveuse américaine de ménage, grâce au gaz carbonique dégagé par la fermentation.
- Le chapeau de marc (correspondant au linge à lessiver) se trouve dès lors parcouru par des courants de moût ascendants ou descendants pendant toute la durée de la fermentation.
- Ce dispositif peut être construit soit en sidéro-ciment, soit en fer (à la condition que ce dernier soit protégé par un enduit inaltérable).
- Il permet de réaliser les avantages suivants :
- 1° Il assure une dissolution parfaite des matières colorantes ;
- 2° Il supprime tous les risques d’acétification du chapeau puisque celui-ci se trouve constamment immergé ;
- 3° 11 permet une aération modérée et automatique des moûts en fermentation (lorsque ceux-ci passent dans son cuveau supérieur) ;
- 4° Son entretien est nul ;
- 5° Par l’adjonction d’une porte de fermeture sur son
- orifice supérieur, il peut servir comme les amphores ordinaires au logement et à la conservation des vins faits.
- IV. Précautions particulières devant être prises pour éviter le risque de voir se développer dans les vins faits des microorganismes parasites. — Le Mycoderma aceti ou germe du vinaigre est certes bien connu en France, où il provoque trop souvent un accroissement désastreux de l’acidité volatile de quelques vins. En Algérie, les conditions de température lui étant très favorables, ce parasite est susceptible de se développer avec une rapidité extraordinaire dans trois cas précis :
- 1° si l’on n’immerge pas constamment les chapeaux de marc dans les cuves ouvertes servant à la fermentation ;
- 2° si l’on ne pressure pas en un très petit nombre d’heures les marcs sortant desdites cuves ;
- 3° si enfin on conserve les vins faits dans des récipients incomplets.
- Il suffit, en effet, de quelques heures, en temps de vendanges, pour voir les marcs exposés à l’air se recouvrir de filaments blanchâtres constitués par une énorme accumulation de germes de Mycoderma aceti. Les vins faits peuvent à leur tour se recouvrir en quelques jours d’une pellicule blanche ou rosée identique. Dans les deux cas, il y a une transformation de l’alcool en acide acétique et une quantité, minime de ce dernier com-
- Fig. 3. — Hall d’expédition de la cave de la Société immobilière et agricole de l’Horrach, à Maison-Carrée, Alger. (Cliché J. Henri Fabre.)
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- posé a pour résultat de déprécier les vins les meilleurs.
- Les bactéries de la maladie de la tourne ont la propriété de se nourrir des composés tartriques que contiennent tous les vins.
- Elles excrètent à leur tour divers acides organiques complexes (propionique, acétique, butyrique, etc.), de goût détestable. On ne les rencontre qu’exceptionnelle-ment en France.
- En Algérie, on peut dire que ces germes existent au contraire à l’état endémique, et il est essentiel en conséquence de surveiller constamment les vins que l’on conserve, d’abord pour dépister l’apparition de cette maladie, puis pour l’enrayer, le cas échéant, avant de lui laisser produire des détériorations qui seraient un véritable désastre. . .
- V. Soins h donner aux vins faits. —Il est exceptionnel, de nos jours, que l’on puisse préparer des vins' parfaitement constitués, sans avoir besoin de faire intervenir diverses pratiques œnologiques d’ailleurs prévues et autorisées (sinon préconisées) par la Loi.
- Le Décret du 10 août 1921 portant Règlement cl’Acl-ministration publique pour l’application de la Loi du 1er août 1905 sur la répression des fraudes prévoit limitativement la série des manipulations ou des interventions ci-après :
- 1° Les coupages des vins entre eux ;
- 2° h'édulcoration des AÛns blancs ;
- 3° La congélation-,
- 4° La pasteurisation, les filtrages, les soutirages ;
- 5° Le collage ;
- 6° Le salage ;
- 7° Le tannisage ; ï.
- 8° La décoloration des oins tachés, le citriquagc, Y ox y- ' génation, etc.
- Bien que plusieurs de ces manipulations soient assez délicates, la plupart sont couramment utilisées aujourd’hui non seulement chez les commerçants en vins, mais chez les producteurs algériens eux-mêmes.
- On ne saurait trop applaudir à ce développement de la technicité en général, parce qu’il en résulte une production à la fois plus abondante, et plus facile à écouler, de vins de très bonne qualité.
- A n’en pas douter, les progrès que l’on constate ainsi, constituent la meilleure des preuves de l’utilité des établissements d’enseignement et de recherches .que l’Etat s’est efforcé de développer depuis quelques années.
- Il nous est particulièrement agréable de signaler qu’en Algérie, il existe des relations constantes et très étroites d’une part entre les viticulteurs ou les commerçants en vins et, d’autre part, avec l’important établissement auquel nous avons l’honneur d’appartenir : ces relations nous servent à connaître les difficultés sans cesse renouvelées qui se présentent dans la pratique des chais, et nous pouvons parfois contribuer à en résoudre quelques-unes.
- Pensant enfin que l’indication pourra intéresser quelques viticulteurs ou quelques commerçants en vins de France, je me permets de signaler ici que chaque année, peu de temps avant la période des vendanges, nous organisons à l’Institut Agricole d’Algérie, à Maison-Carrée (près d’Alger), des Cours temporaires d’fEnolo-gie durant une semaine • entière. Ces Cours (qui sont absolument gratuits) comportent des visites de caves particulièrement typiques de la région, et ils ont pour but de permettre à des personnes d’un âge quelconque, de venir étudier, dans un temps très restreint (avec des facilités exceptionnelles), les progrès techniques remarquables qui ont été réalisés dans plusieurs installations viticoles avoisinantes.
- Ils permettent en outre, à ces auditeurs, d’avoir une vision quelque peu précise de l’admirable développement agricole et commercial dont notre splendide colonie a quelque peu le droit de s’enorgueillir.
- J. Hemu Fabre,
- - ' Professeur de Chimie et d’Œnologie
- à l’Institut agricole d’Algérie, et à l’Ecole supérieure de Commerce d’Alger.
- LA CANNELLE ROYALE DE THANH HOA
- D’après les renseignements donnés par M. L. Frier dans VAgronomie coloniale, la cannelle royale de Thanh Hoa est une des épices les plus rares et les plus précieuses qui soient.
- L’arbre vit à l’état de sauvage sur les pics arides d’une seule région, vers 1300 m. d’altitude. Il y est assez rare pour qu’on n’en découvre au plus que deux ou trois pieds par an.
- On l’exploite quand, vers 30 à 35 ans, il atteint une dizaine de mètres de hauteur; il commence alors à fleurir et à porter des fruits. La floraison, qui a lieu en décembre, se répète seulement tous les deux ou trois ans.
- Aussi, tout nouvel arbre découvert doit-il être déclaré et son exploitation est régie par un décret. De l’écorce, il est fait trois catégories : un tiers des deux premières est réservé
- au service médical du roi d’Annam, le reste est vendu aux enchères au profit du chef indigène, des habitants du village et du trouveur.
- Pour donner une idée des prix, M. Frier cite qu’un morceau d’écorce de première qualité de 3 cm sur 40, atteint et dépasse même 100 piastres.
- Cette cannelle est recommandée par la pharmacopée chinoise et annamite comme une panacée, ce qui explique sa valeur marchande.
- Le service forestier d’Indochine a créé une garderie indigène aux pieds des montagnes où il a déjà réuni 11 canneliers royaux dont certains ont déjà 8 ans de transplantation. Ils vivent bien et croissent plus vile qu’en montagne et l’on pourrait développer cette plantation si l’on trouvait plus de jeunes plants et qu’on ne redoute plus les vols.
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- LA TÉLÉVISION :
- Pendant ces dernières années la transmission à distance des images par fil ou sans fil a fait de grands progrès, en raison de l’intervention des lampes à trois électrodes comme amplificateurs. Un peu dans tous les pays : France, Amérique, Allemagne, Angleterre et Japon, on a mis en service des? systèmes qui assurent un service régulier et transmettent rapidement : photographies, manuscrits, cartes météorologiques, voire empreintes digitales.
- LE PRINCIPE DE LA TRANSMISSION DES IMAGES.
- Presque tous ces systèmes sont basés sur le principe de la décomposition de l’image à transmettre ; elle est divisée en un grand nombre d’éléments, qui sont explorés successivement au moyen d’un dispositif photo-électrique; celui-ci traduitle faisceau lumineux plus ou moins intense, obtenu par transparence ou par réflexion, en courant électrique d’intensité proportionnelle à l’éclat. Le système Belin, bien connu de nos lecteurs, utilise un autre principe de balayage, grâce à un relief de l’image qui agit sur un levier produisant mécaniquement les variations d’intensité du courant électrique d’émission.
- Quels que soient les courants variables, transmis soit par fil conducteur, soitpar des ondes porteuses si l’on fait intervenir la T. S. F-, ces courants arrivent au poste de réception pour agir sur un appareil qui laisse passer un rayon lumineux dont l’intensité est fonction de celle du courant électrique reçu. En projetant ce rayon sur un écran ou sur une plaque photographique, on reproduit l’image transmise, à condition que les mouvements d’exploration au poste transmetteur et de reconstitution au poste récepteur soient rigoureusement synchrones.
- On conçoit que si l’exploration devient suffisamment rapide et si sa traduction est fidèle, on parvienne à trans-
- mettre "non plus des images inanimées, mais la reproduction de sujets en mouvement.
- C’est là un problème qui depuis plus de 40 ans a tenté une foule de chercheurs et auquel les progrès de la technique électrique, notamment dans le domaine des tubes à gaz raréfié, semblent faciliter aujourd’hui des solutions.
- Pour opérer rapidement, il faut que toutes les opérations que nous venons d’énumérer se fassent dans un temps très court : que les appareils chargés de transformer la lumière en courant électrique, puis de reconstituer la lumière à partir de courants reçus, opèrent sans inertie appréciable. Les éléments au sélénium que tout d’abord l’on employa, au poste émetteur, étaient justement affligés de cette inertie incompatible avec une vitesse élevée de transmission.
- Ivorn, en 1904, était arrivé à réduire cette inertie par un montage différentiel de deux éléments au sélénium et ce système permet de transmettre actuellement une image de 25 cm2 en trois minutes. L’organe récepteur était au début un galvanomètre. Rosing, en 1907, et Swinton, en 1908, le remplacèrent par un oscillographe cathodique.
- L’appareil deRosing, qui fut construit avant la guerre, comportait pour l’émission des cellules photoélectriques. Dans une ampoule de verre contenant une atmosphère raréfiée d’un gaz neutre, on dispose une anode, anneau métallique relié au pôle positif d’une pile et une cathode, constituée par un dépôt d’une mince couche de potassium métallique sur une partie de la surface intérieure de l’ampoule. La cathode est reliée au négatif de la pile. Lorsqu’elle est frappée par un rayon lumineux, même faible, il y a émission d’électrons et le courant de la pile peut alors passer en utilisant un chemin d’une électrode à l’autre.
- Plus la lumière est puissante, plus l’émission d’électrons est abondante et moins le courant éprouve de difficultés à circuler. Il en résulte la production de courants dont l’intensité est fonction de l’éclairement de la cathode. Le gros avantage de la cellule photo-électrique est que son inertie est, pour ainsi dire, négligeable, ce qui permet d’arriver à une grande rapidité de transmission.
- Fig. 2. — Disvosition schématique du système de télévision Bell.
- Ligne conductrice ou
- émetteur radio
- Elément photo électrique
- Amplificateur à lampes
- Moteur correcteur synchrone
- Tache
- lumineuse
- S> tours
- Moteur principal synchrone
- 50 trous en spirale~
- Ecran récepteur
- Lampe au ——! I néon
- .Moteur correcteur synchrone
- 0 1080
- ® trous
- 50 trous en spirale
- Moteur principal synchrone
- Anode
- tungstène
- Anneau de ^garde
- Cathode
- potassium
- Fig. î. — Disposition schématique d’une cellule photoélectrique.
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- Fig. 3. — Le système de télévision Bell. — L'appareil transmetteur nu.
- On voit le disque percé de trous et son moteur, ainsi que les 3 grands éléments photoélectriques.
- L’appareil de Rosing, rudimentaire, non envisagé pour la télévision, permettait cependant devoir à distance, d’une façon très imparfaite, des objets en mouvement, car la durée de la transmission était inférieure à 1/10 de seconde.
- De nombreuses inventions sont intervenues pour réduire la durée des opérations, dans le but d’arriver à la solution du problème de la transmission d’images animées. Beaucoup de chercheurs se sont attaqués à ce problème ; des résultats ont déjà été obtenus, notamment en France par M. Belin qui, utilisantl’oscillographecathodiqueHolweck, a pu projeter l’image d’objets visibles sur un écran de réception placé à distance. Il envisageait ensuite la transmission de films cinématographiques et c’était là une étape importante pour la solution du problème de la télévision.
- D’autres ingénieurs français, notamment MM. Dau-villiers et Valensi, ont conçu également des dispositifs qui présentent un grand intérêt, mais qui, jusqu’à présent du moins, n’ont pas encore donné des résultats complètement pratiques.
- La Bell Téléphoné and Telegraph G0, au mois d’avril dernier, tout en utilisant des principes déjà connus, mais considérablement perfectionnés, a réussi à faire une démonstration pratique et officielle de télévision, à la fois par fil et sans fil. Dans le premier cas, la transmission eut lieu entre Washington et l’auditorium du laboratoire de la Bell Téléphoné, à New-York, c’est-à-dire sur une
- distance d’environ 250 milles. Dans la transmission sans fil, qui se fit du laboratoire de la Bell Téléphoné, à Wheppany, jusqu’à New-York, la distance fut de 22' milles. La réception eut lieu sur deux appareils différents. Dans le premier cas, une petite image de 5 mm X 7 1/2, obtenue dans un cadre, était visible pour la personne qui en même temps causait par téléphone avec celle dont l’image était reconstituée dans l’encadrement. Ainsi à New-York, celui qui téléphonait avait en même temps la vue de son correspondant causant à Washington.
- La deuxième méthode de réception se fit sur une sorte d’écran observable par toute une assistance, de sorte que l’on put voir gesticuler sur l’écran un orateur causant à 250 milles de distance, en même temps que le haut-parleur reproduisait son discours. Dans l’expérience sans fil, l’écran reproduisit les chanteurs, les conférenciers qui se trouvaient à Wheppany, simultanément avec la reproduction de leur voix par un haut-parleur.
- Avant d’examiner les appareils, il est bon de rappeler les caractéristiques du problème de la télévision.
- CE QU'EXIGE LA TRANSMISSION D'IMAGES ANIMÉES*
- Comme pour la transmission de photographies ou de dessins, le principe fondamental est de convertir des signaux lumineux en signaux électriques. Au poste récep-
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- teur, ces signaux électriques sont à leur tour transformés en signaux lumineux. Toute la difficulté consiste à opérer ces transmissions successives avec la sensibilité, la vitesse, l’efficacité et la sécurité voulues, afin de recréer à distance la scène à transmettre; tout cela dans un temps assez bref pour donner satisfaction à l’œil.
- Il est évident que le point de départ de la discussion est l’œil humain, dont la rétine, écran sensible, comporte une multitude d’éléments qui travaillent individuellement, chacun d’entre eux étant relié à l’extrémité d’un conducteur qui le fait communiquer avec le cerveau. Le groupe de ces fibres nerveuses au nombre de plusieurs millions constitue le nerf optique.
- Théoriquement, il serait possible, en copiant l’œil, de réaliser un système de télévision, mais en pratique on ne peut songer à mettre en service un nombre aussi grand d’éléments photo-électriques sensibles reliés chacun à un conducteur individuel. Grâce à l’inertie de l’œil, cet organe peut éprouver une impression de vision continue en observant des signaux lumineux discontinus produits à une vitesse suffisante. Cet écart entre les images succes-
- ...........| '=== 441 =
- sives doit être'moindre que 4/16 de seconde pour éviter l’impression du clignotement.
- Pour arriver à transmettre une image animée, il faut, comme pour la transmission des images fixes, décomposer le sujet en éléments qui, successivement, seront transmis sous forme de signaux électriques élémentaires. Cette décomposition peut se faire de différentes manières, soit au moyen de prismes tournants, de miroirs ou de disques ajourés.
- L’emploi de la cellule photo-électrique permet de très grandes vitesses de transmission, en raison de son inertie faible, cependant chaque point de l’image doit être reproduit successivement à des intervalles de 1/16 de seconde. Il faut que le courant électrique obtenu ait une intensité suffisante pour être susceptible d’êtfre transmis, chose difficile à réaliser en utilisant le système de transmission des images fixes.
- Pour ces dernières, on les éclaire par une lumière intense qui est projetée par transparence sur un élément photo-électrique. Dans le système de télévision pratique, c’est la lumière réfléchie qui agit sur l’élément et avec le
- Fig. h. — Vue d’ensemble de Vappareil transmetteur. '
- Le pinceau lumineux explorateur passe à travers une ouverture. En 1/16 de seconde, le sujet est décomposé en 2500 taches lumineuses qui agissent par réflexion sur de grandes cellules photoélectriques placées dans un coffre. Le sujet téléphone en
- même temps.
- * ♦
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- Fig. 5. — Lampe réceptrice au néon.
- La cathode rectangulaire a une surface brillante uniforme plus grande que celle qui est nécessaire pour le champ de vision du disque récepteur,
- dimensions 13x18, par exemple, on la divise, à l’American Téléphoné, en 350 000 éléments qu’on transmet approximativement. en 7 minutes : soit 800 transmissions par seconde. Pour la télévision, si l’on veut transmettre l’image avec la même finesse de grain, on ne dispose plus de 7 minutes, mais seulement de 1/16 de seconde, de sorte qu’il faudra une fréquence environ 7000 fois plus grande que la précédente, approximativement 6 millions de transmissions par seconde. Or les fils conducteurs généralement utilisés ne peuvent pas assurer des transmissions à une fréquence qui dépasse 10 000 cycles par seconde.
- De même, avec la transmission sans fil, on éprouverait de grandes difficultés, Heureusement on a constaté qu’il n’était pas nécessaire d’avoir un nombre d’éléments aussi grands pour obtenir une
- même principe, il faudrait alors illuminer le sujet avec une intensité trop forte et gênante. Aussi on a tourné la difficulté en projetant simplement sur le sujet une tache lumineuse au moyen d’un jeu de lentilles; cette tache se déplaçant sur toute la surface du sujet, pour constituer ainsi une série de points lumineux élémentaires, chacun très intense et agissant par réflexion sur la cellule photoélectrique. Le courant fourni par cette cellule est amplifié au moyen de lampes à trois électrodes, mais dans des conditions telles qu’il n’y ait ni parasites, ni interférences.
- Supposons donc que nous ayons obtenu un signal électrique proportionnel à l’intensité lumineuse, il faut maintenant déterminer la rapidité avec laquelle le sujet doit être décomposé en points é-lémentai-res. Pour une image fixe de
- reproduction acceptable sur un écran; on obtient seulement moins de détails.
- D’autre part, il faut considérer que les signaux utilisés pour la télévision peuvent s’échelonner sur toutes les fréquences depuis zéro jusqu’à la fréquence maximum, car il y a certaines parties du sujet, celles qui sont immobiles, qui ne sont pas sujettes à des variations. Le problème consiste alors à transmettre aussi bien les basses fréquences que les fréquences élevées avec le même système de transmission. Il faut que les signaux soient soumis aux mêmes diminutions quelle que soit leur fréquence et que les interférences ou les bruits agissent de la même manière sur tous.
- Une fois résolu le problème de la transmission correcte de ces signaux, il faut résoudre celui de la reconstitution de l’image par traduction du courant ^électrique en intensité lumineuse. Si l’on veut avoir une visibilité suffisante, il faut considérer que le fait de projeter une petite tache donne une réduction considérable de l’intensité obtenue sur l’écran, en raison même du rapport des surfaces. Cette réduction dépend du nombre des éléments de la décomposition.
- On pourrait projeter une lumière intense en utilisant des arcs électriques successivement démasqués et projetés sur l’écran, mais il en résulterait une complication impraticable de mouvements mécaniques. Il faut donc se contenter de reconstruire l’image avec une source lumineuse dont l’intensité puisse être contrôlée rapidement, cette source étant visible directement. On emploie en
- Fig. G. — L’appareil récepiei
- Une lampe au néon s’illumine et reproduit les diverses taches lumineuses du sujet placé au poste transmetteur. Le disque ajouré tourne en synchronisme avec celui du poste transmetteur. L’image apparaît dans le petit cadre.
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- outre des amplificateurs à lampes au poste de réception.
- Un élément important est la synchronisation des mécanismes transmetteur et récepteur; la reconstruction de l’image n’est possible que sous cette condition rigoureuse.
- Il faut que les vitesses de rotation des disques soient identiques si l’on veut obtenir une finesse d’image acceptable. Voyons comment ces divers points ont été abordés dans les appareils de la Bell Téléphoné Company, dont la mise au point est due à M. Herbert E. Ives et à ses collaborateurs.
- LES APPAREILS DE LA BELL TELEPHONE COMPÀNY
- Nous venons d’indiquer que le nombre d’éléments de l’image à transmettre peut être relativement réduit, tout en permettant une finesse suffi santé.
- Dans les appareils qui ont servi à la séance officielle de démonstration, cette décomposition a été faite de la façon suivante, de manière à permettre la transmission soit par fil, soit sans fil, avec la rapidité voulue, et en adjoignant un système téléphonique capable d’assurer en même temps la conversation.
- On a reconnu qu’on avait une reproduction acceptable, en décomposant le visage humain eh 2500 petits carrés élémentaires à transmettre en 1/10 de seconde. On arrive ainsi à 50 000 éléments par seconde. On peut alors déterminer la fréquence porteuse nécessaire pour transmettre d’une façon satisfaisante ce nombre d’éléments dans le temps voulu, en se basant sur les résultats obtenus dans la transmission des images fixes. On a trouvé que pour obtenir la reproduction dans un cadre de 13 cm sur 18, il suffisait d’une fréquence de 20 000 cycles pour la transmission en 1/16 de seconde, tout en gardant une bonne marge de sécurité.
- La méthode mécanique de décomposition la plus simple est celle qui a été proposée par Plotnow en 1884 : un disque rotatif percé d’orifices répartis sur une spirale. Etant donné le nombre d’éléments choisis, ce disque portait 50 orifices carrés. Pour la deuxième partie du problème,
- à savoir l’éclairement du sujet et la traduction électrique, on choisit la cellule photo-électrique et les courants furent soumis à l’amplification par des lampes à trois électrodes. Pour avoir un signal lumineux suffisant sans gêner le sujet, les premières expériences furent faites en concentrant la lumière sur un écran transparent. Dans le dispositif final choisi, on utilise le principe inverse, qui consiste à projeter un faisceau lumineux à travers les
- ouvertures du disque, de sorte que la tache lumineuse explore entièrement le sujet en 1/16 de seconde. Cela permet de réduire con/ sidérablement l’intensité d’illumination tout en ayant un signal électrique suffisant, en utilisant trois cellules photo-électriques de grande surface.
- Le disque de 37 cm de diamètre tourne à une vitesse de 80 tours, les rayons lumineux concentrés par une lentille proviennent d’un arc de 40 ampères. Ils passent, à travers chaque ouverture au fur et à mesure de la rotation du disque. Lesujetse trouve donc balayé dans toute son étendue, à intervalles de temps successifs, par une petite tache lumineuse. Cette lumière est renvoyée par réflexion sur les cellules photo-électriques. Celles-ci émettent un courant électrique variable suivant l’intensité de lalumière reçue. On obtient ainsi une sorte de courant ondulé dont l’intensité varie de part et d’autre d’une valeur fixe, qui ne dépend que de la source d’alimentation des cellules.
- Le courant obtenu est amplifié de manière à traiter seulement la composante variable du courant alternatif du signal, laissant de côté la composante produite par la source d’alimentation des cellules qui détermine la valeur du ton général de l’image. On reconstitue cette dernière à la réception en faisant intervenir un courant de valeur empirique. De cette manière, on réalise une amplification stable.
- L’appareil de transmission comporte en enfilade des chambres successives contenant successivement les
- Fig. 7. — Poste récepteur à grand disque.
- Le disque ajouré a 1 m. de diamètre et l’image est contenue dans un cadre rectangulaire de 5 cm sur 7 cm 5. L’opérateur cause à son correspondant lointain dont il voit l’image sur l’écran placé devant lui.
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- cellules photo-électriques, le disque en mouvement avec son moteur et l’arc électrique, ainsi que les étages d’amplification.
- A la réception, on emploie une lampe au néon de grande surface et de forme particulière, la cathode étant une plaque de métal de dimensions telles qu’elle puisse couvrir entièrement la surface de l’encadrement où l’on observe l’image. Cette lampe a des variations d’éclat qui correspondent aux variations d’intensité des courants électriques reçus et on l’ofiserve à travers les ouvertures d’un disque rotatif qui tourne en synchronisme avec le disque de l'appareil transmetteur. On recompose ainsi pour l’observateur, l’imagetransmise, grâce à une série de fentes lumineuses à raison de 2500 éléments;:par seizième de seconde. Chaque appareil récepteur de télévision donne ainsi une image de 5 centimètres sur 7 1/2 et il est équipé avec un appareil téléphonique, ce qui permet à l’observateur de converser avec la personne visible sur l’écran.
- Malgré le nombre limité d’éléments, on a eu la surprise de constater que les détails sont transmis d’une façon parfaite avec ce système; non seulement il est possible de reconnaître une personne, mais on peut voir ses mouvements.
- Un organe auxiliaire du poste transmetteur assure la reconstitution d’une image pilote, formée par le disque transmetteur lui-même, dont une partie comporte une série d’ouvertures se déplaçant devant une petite lampe au néon. Celle-ci reconstitue une petite image qui, renvoyée par des miroirs, est visible par la personne soumise à kvtransmission et qui peut ainsi se rendre compte comment elle est vue au poste récepteur.
- Pour permettre à toute une assistance d’observer l’image reconstituée, il faut la projeter sur un écran de certaines dimensions. On ne peut utiliser une lanterne de projection cinématographique par exemple. Voici comment les organes sont disposés : les courants électriques variables arrivant à al station réceptrice sont distribués, par un commutateur rotatif à frotteur, à une lampe au néon de grande dimension. Cette dernière est formée d’un tube en forme de grille, comportant 50 rangées parallèles et ayant en tout 2500 électrodes extérieures fixées à l’arrière de la paroi. Un voltage de haute fréquence, appliqué à l'électrode .intérieure, permet aux 2500 électrodes de s’illuminer successivement, au fur et à mesure que le frotteur du commutateur passe sur l’un des 2500 plots de l’anneau distributeur. Le frotteur tourne en synchronisme avec le disque du poste * transmetteur;
- le courant électrique variable, fourni par une tache lumineuse à une position déterminée, passe par le plot correspondant en contact avec le balai et va illuminer l’électrode élémentaire»correspondante du tube.
- Ainsi, successivement, chacune des 2500 électrodes est illuminée à l’intensité correspondant à celle de la tache lumineuse sur le sujet. Cette illumination successive des 2500 électrodes se produit en 1/16 de seconde. On reconstitue donc l’image avec une rapidité suffisante pour que l’œil ait l’impression de la continuité lumineuse.
- Un haut-parleur, monté à côté de cet écran, permet à l’assistance d’entendre causer ou chanter la personne dont l’image mobile est ainsi reconstituée.
- APPLICATIONS POSSIBLES DU SYSTÈME
- Il n’est guère facile, dans l’état actuel du système, de prédire quel sera son succès pratique. Il offre une première solution, encore rudimentaire, du problème de la télévision. Le premier pas, le plus difficile, a été franchi. Mais les appareils sont coûteux et nécessitent des dépenses plus grandes que celles d’une exploitation téléphonique ; celles-ci croîtront d’ailleurs avec les dimensions et la qualité de l’image transmise. Il est possible maintenant d’assurer des conversations téléphoniques dans lesquelles les correspondants se voient et s’entendent. On peut également montrer à une assistance le conférencier, le chanteur ou l’acteur dont la voix est reproduite par le haut-parleur. Par contre, si l’on désire transmettre des scènes entières : représentations théâtrales, manifestations sportives, la solution n’est pas encore complètement trouvée en raison de la difficulté d’illuminer la scène complète et d’avoir une finesse de reproduction suffisante pour satisfaire l’œil. Il faut encore chercher des dispositifs plus sensibles, des appareils plus efficaces. Cependant on est déjà fixé sur la possibilité de transmettre soit par fil, soit sans fil les sujets en mouvement sans distorsion dans la transmission. On obtiendrait certainementplus de finesse encore en décomposant l’image en secteurs, chacun comportant son organe, fil ou onde porteuse, particulier. On pourrait alors augmenter le nombre de surfaces élémentaires pourla décomposition de l’image, mais il reste toujours à craindre que, dans la transmission sans fil, les phénomènes de fading n’interviennent pour gêner la reproduction des sujets. Le téléphone, à ses débuts, quoique bien imparfait, a émerveillé le monde avant de le conquérir. L’instrument qui vient de naître mérite la même admiration. E.-H. Weiss.
- Fig. 8. — Ecran pour réception dans une salle.
- Une lampe au néon en forme de grille a 2500 électrodes qui s’illuminent successivement en 1/16 de seconde en concordance avec les 2500 taches lumineuses du sujet.
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- initiation biologique;11 .'.tite:-.
- LES RÉSULTATS DE LA DIFFÉRENCIATION CELLULAIRE :
- LES TISSUS
- Fig. I. — Endothélium péritonéal, vu à plat, après une imprégnation au nitrate d’argent qui dessine en noir les limites intercellulaires sous forme d’une mosaïque irrégulière. Les noyaux des cellules ne sont pas visibles.
- Les articles que les lecteurs de cette « initiation » ont eus jusqu’ici sous les yeux les ont familiarisés avec la structure et le fonctionnement des cellules qui, isolées ou associées, composent les organismes. On les a d’abord, du point de vue le plus général, considérées en elles-mêmes, en tant qu’unités morphologiques et physiologiques. On a ensuite assisté à leur multiplication et l’on a 'appris comment, chez les métazoaires, elles arrivent à se « différencier », c’est-à-dire à se distinguer les unes des autres par la forme et la fonction. Le moment est venu de considé-
- rer les résultats de cette différenciation.
- Chez les individus haut placés dans la série zoologique règne une spécialisation poussée à l’extrême. Au cours du développement s’est accompli, comme nous l’avons déjà montré, le partage de multiples rôles, et la division du travail instituée. Aussi voit-on progressivement apparaître autant de grandes catégories de cellules qu’il y a, chez un métazoaire supérieur, de fonctions
- Fig. 3. — Muqueuse des voies respiratoires supérieures.
- En haut : épithélium du type cylindrique stratifié, avec des cellules superficielles cylindriques, ti’ès étroites, munies de cils vibratiles et reposant sur deux ou trois couches d’autres cellules ; en bas • chorion.
- primordiales à assurer. On donne précisément le nom de tissus à ces catégories cellulaires. Comme la spécialisation, qui implique par définition l’exercice d’un travail physiologique déterminé, ne va pas sans une différenciation de structure, et généralement d’aspect, tout tissu se définit à la fois par les caractères morphologiques et fonctionnels de ses éléments.
- Quels sont les principaux de ces caractères ? C’est ce que je m’efforcerai tout à l’heure de montrer brièvement, à propos des différents tissus.
- Mais il importe auparavant, jbour que ressorte en pleine clarté la définition qui vient d’être donnée, de
- 1. Voir La Nature, nos 2703, 27 1 3 , 274 5 , 2 7 31, 2 7 35 , 27 38, 2749, 2756, 2762 et 2767.
- Fis. 2. — Peau du museau d'un chien.
- L’épithélium qui la tapisse (ep) est pavimenteux stratifié, c’est-à-dire composé de cellules en strates superposées, ici très nombreuses, avec des couches superficielles formées d’éléments aplatis.) ch : chorion ou derme.
- la comparer à une autre notion, celle d’organe, avec laquelle une observation superficielle pourrait risquer de la confondre.
- Ce qui distingue fondamentalement l’organe du tissu, c’est que le premier n’a pas d’unité fonctionnelle. Il ne lui appartient que l’unité anatomique. Sa forme extérieure, son volume, ses rapports suffisent à le caractériser. Mais, dans sa constitution, peuvent entrer des tissus fort divers. Aussi peut-il être le siège de manifestations physiologiques variées et complexes. Si une glande, comme le foie, renferme essentiellement des cellules glandulaires, toutes semblables les unes aux autres, elle contient aussi un tissu de soutien, le tissu conjonctif, interposé entre ses éléments ; elle est parcourue par des vaisseaux dans les parois desquels prennent place des fibres musculaires, des fibres élastiques ; il y pénètre aussi des nerfs. Bref, des tissus multiples, partant de multiples fonctions, y sont représentés.
- Au total, ce n’est pas l’organe, mais le tissu, qui marque l’aboutissement de la différenciation cellulaire. Les organismes ne sont autre chose que des complexes tissulaires dont les composants se répartissent entre les organes suivant les lois fixées par l’embryogenèse.
- On conçoit sans peine que les membres d’une semblable société soient strictement soli-
- ,Fig. 4. — Différenciations de la surface des cellules épithéliales.
- ) cellule à cils vibratiles;
- ) cellule munie de poils (iciagglomérésenfaisceau) ; c) cellule à plateau strié ;
- d) cellules à bordure en brosse.
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- claires les uns des autres. Une cellule ou un groupe de cellules, une fois spécialisé, perd par là même, en acquérant la faculté de se vouer à une tâche donnée, celle d’en accomplir d’autres et de se suffire à lui-même. Il devient tributaire des éléments de l’édifice organique entier. Nos prochains articles auront justement pour objet l’étude des relations qui assurent cette solidarité.
- Auparavant il m’a semblé opportun de fixer, en quelques traits, la physionomie des principaux tissus. Je les envisagerai selon un plan qui ne correspond à aucun dessein logique, car il n’existe pas de base solide pour leur systématisation. Tout au plus a-t-on le droit de recourir à l’ordre de leur développement au cours de l’embryogenèse, encore que beaucoup d’entre eux naissent d’une manière à peu près simultanée.
- Les tissus épithéliaux. — Lorsque des cellules se rangent régulièrement les ;unes à côté des autres, de façon à tapisser, dans l’organisme, une surface quelconque, externe ou cavitaire, elles présentent le double critère — morphologique, par leur disposition, et physiologique, par leur fonction de revêtement — qui permet de caractériser un tissu. C’est ainsi que l’épiderme qui recouvre en tous points notre corps est un épithélium. De même les viscères creux, comme l’estomac,
- l’intestin, les
- Fig. 5. — Partie d’une coupe de glande sous-maxillaire [glande salivaire).
- e) canaux excréteurs ; m) cellules élaborant un produit de sécrétion muqueux; s) cellules d’aspect plus sombre, élaborant un produit de sécrétion séreux, et, probablement les ferments de la salive.
- Fig. 7.
- Coupe du canal épididymaire d’un lézard.
- c) cellules épididymaires, rangées les unes à côté des autres en un épithélium glandulaire simple (on ne distingue ici, ni leurs limites latérales, ni leurs noyaux); g) grains de sécrétion remplissant toute la zone interne des cellules ; s) produit de sécrétion, formé de grains agglomérés, rejeté dans la lumière l.
- conduits excréteurs des glandes, sont bordés par des épithéliums.
- On donne le nom de muqueuse à une tunique formée par un épithélium et par une couche de tissu conjonctif dense, ou chorion, sur laquelle l’épithélium repose : la mu-
- queuse buccale, la muqueuse gastrique, la muqueuse intestinale, en offrent des exemples.
- Les épithéliums peuvent être constitués par une seule rangée de cellules — il s’agit alors de ce qu’on appelle les épithéliums simples — ou de plusieurs rangées superposées — on les désigne dans ce cas
- Partie d’une coupe de para-glande à sécrétion interne,
- Fig. G. thyroïde
- voisine de la glande thyroïde) t) travées de cellules glandulaires, disposées irrégulièrement; c) petits vaisseaux ou capillaires sanguins ou lymphatiques, dans lesquels se déverse le produit de sécrétion des cellules.
- sous le terme àéépithéliums stratifiés.
- Les épithéliums’sim-ples se distinguent eux-mêmes par l’épaisseur de leurs cellules.
- Celles-ci sont-elles aplaties, on a affaire
- aux épithéliumspavimenteux ou endothéliums, comme ceux qui recouvrent les séreuses (péritoine, plèvre, etc...) ou qui limitent la cavité des vaisseaux : leurs limites sont marquées par des lignes qu’une imprégnation au nitrate d’argent permet de colorer vivement en noir (fig. 1).
- Sont-elles au contraire cubiques, ou encore prismatiques, cylindriques, ces épithètes servent à dénommer l’épithélium en cause.
- Quant aux épithéliums stratifiés, suivant que leurs éléments les plus superficiels sont, ou bien aplatis, ou bien cylindriques ou prismatiques, ils se divisent en deux catégories : celle des épithéliums pavimenteux stratifiés, comme l’épiderme, l’épithélium de la muqueuse buccale et linguale (fig. 2) et celle des épithéliums cylindriques et prismatiques stratifiés, dont celui de la muqueuse nasale (fig. 3) est le type.
- Les cellules épithéliales sont susceptibles de présenter des attributs variés de différen- Fig. 8. — Partie d’une coupe de moelle épi-
- ciation Structu- nière, traitée par la méthode de Golgi, qui
- raie, qui sont liés col°re en nojf’ au moyen d’un précipité de n , c 1 . , . ckromate d argent, les cléments nerveux.
- à la fonction epi- cellules nerveuses; n. ) cellules de
- theliale, comme ja névroglie.
- d’autres différenciations s’associent à des spécialisations différentes. Ces attributs consistent surtout en des expansions que les cellules émettent vers la cavité ou le milieu qu’elles bordent.
- Tel est le cas des cils v ibrailles,
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- pi o
- 1 S
- corps c
- 3. — Cellule multipolaire de la moelle épinière, arec son ytoplasmique garni de nombreuses expansions dendritiques, dont on ne voit ici que le début.
- L’axone n’est pas visible. (Méthode de Golgi.)
- dont j’ai déjà parlé (1). D’autres cellules épithéliales portent des poils non vibratiles. D’autres encore sont munies d’une garniture de petits cils immobiles, réguliers, serrés, composant ce qu’on ' appelle une bordure en brosse. Enfin, il existe parfois au même niveau une sorte de cuticule, le plateau strié (fig. 4).
- Toutes ces différenciations résultent sans doute de l’adaptation des épithéliums à un rôle spécial. C’est ainsi que les bordures en brosse, apanage de certaines cellules rénales, paraissent en rapport avec les processus d’excrétion. Les plateaux striés caractérisent les cellules intestinales qui absorbent les aliments et sont vraisemblablement liés à cette fonction.
- C’est qu’en effet les épithéliums ne sont pas obligatoirement voués à l’unique rôle de revêtement. Ils sont capables d’exercer, en cumul, la fonction glandulaire, la fonction musculaire, la fonction nerveuse même, et deviennent alors des épithéliums glandulaires, des myo-
- épithéliums, des neuro-épithéliums. Ces fonctions diverses vont être étudiées plus loin.
- Les tissus glandulaires. — La vaste classe des tissus glandulaires englobe un nombre considérable de groupes, unis par des traits communs, distincts par des particularités souvent accentuées. Bien plus que la morphologie, c’est leur fonctionnement qui les rapproche et les caractérise, à quelque variété qu’ils appartiennent. '
- La plus brève définition que l’on puisse donner de la fonction glandulaire consiste à la qualifier de « sécrétion spécialisée et altruiste ». Nous avons eu déjà l’occasion (2) d’expliquer ce qu’il faut entendre par la sécrétion, cette propriété que possèdent les cellules vivantes
- 1. Voir La Nature, n° 2749, p. 241.
- 2. Voir La Nature, n° 1715, p. 241.
- d’élaborer les substances qui leur sont .nécessaires, aux dé-ü®Bï^iî^i^|pens de matières pre-mières puisées en de-'5a' hors d’elles. Or, outre cette capacité d’ordre général, certains éléments ont celle de « sécréter » des produits indispensables aux autres cellules de l’organisme, mais que ces dernières se montrent constitutionnellement inaptes à former.
- Ces matériaux spécifiques, les cellules glandulaires les rejettent ensuite en dehors
- Fig. il. — Fibres musculaires d’insecte.
- On distingue une striation longitudinale ( verticale dans la figure), due aux myofibrilles, et une striation transversale (horizontale dans la figure), due aux disques alternativement clairs et sombres des myofibrilles.
- Fig. 10. — Cellule nerveuse du cervelet (cellule dite de Purkinje).
- On voit son petit coi-ps cytoplas-inique c, d’où part, dans une seule direction, une ramure de dendrites extrêmement touffue, d. On distingue, dans la direction opposée aux dendrites, l’origine de l’axone, ax.
- d’elles, en vue de leur
- utilisation par tout ou partie du reste de l’organisme.
- On comprend qu’en vertu de cette définition le caractère morphologique essentiel d’une cellule glandulaire réside en ses rapports avec des voies d’excrétion où passent les produits de son activité. Tantôt ces voies consistent en des canaux excréteurs, qui s’ouvrent au dehors ou dans une cavité naturelle : tel est le propre des cellules dites « à sécrétion externe » ou cellules exocrines que l’on trouve constamment groupées en glandes, les glandes exocrines, de structure et d’aspect variables suivant la spécialisation de leurs éléments (fig. 5). Tantôt les voies d’excrétion sont représentées par ce qu’on nomme le « milieu intérieur », c’est-à-dire le sang, la lymphe ou les espaces lacunaires du tissu conjonctif : c’est le cas des cellules dites « à sécrétion interne » ou cellules endocrines, qui peuvent rester isolées (comme les globules blancs du sang, les cellules adipeuses, etc...), ou bien s’associer en glandes, les glandes endocrines (comme la thyroïde, l’hypophyse, la surrénale, etc...),
- Fig. 12. — Coupe transversale de la paroi de Vartère carotide.
- Le tissu élastique, coloré électivement, apparaît] sous forme de lames épaisses et superposées, vues ici par leur tranche, et séparées par du tissu conjonctif. En raison de la rétraction du vaisseau, les lames apparaissent ondulées.
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- privées, par définition, de canaux excréteurs (fig. G).
- Les cellules glandulaires se reconnaissent aussi, accessoirement, aux produits de sécrétion qu’elles renferment : ils sont le plus fréquemment figurés par des « grains » de sécrétion, encore qu’ils puissent parfois échapper à l’investigation histologique (fig. 7).
- A ces données d’ordre morphologique, il serait assurément du plus haut intérêt d’ajouter des considérations d’ordre physico-chimique. Malheureusement, ce serait dépasser le cadre qui nous est assigné. Disons seulement que la fonction glandulaire implique, avant tout, une « perméabilité élective » de la cellule à certaines matières premières ou, en tout cas, une aptitude élective à les remanier. Une telle spécialisation a pour base une constitution physico-chimique particulière du protoplasme. Mais cette propriété interne n’échappe pas à Certains facteurs externes susceptibles, soit de la stimuler, soit de l’inhiber. Tantôt, en ce sens, s’exercent des influences nerveuses, tantôt interviennent certaines substances qui circulent dans le milieu intérieur, et que nous retrouverons quand nous ferons l’étude des sécrétions internes. Ces agents ne se font pas seulement sentir sur la capacité d’élaborer des produits de sécrétion; parfois aussi ils conditionnent leur rejet hors de la cellule glandulaire, c’est-à-dire leur excrétion.
- Le tissu nerveux. —
- Avec le tissu nerveux, nous allons nous trouver en présence d’éléments dont la différenciation apparaît particulièrement accusée, et dont les caractères de forme, de structure, sont marqués d’une profonde empreinte. L’adaptation physiologique du tissu marche ici de pair avec une étroite spécialisation morphologique. Dès les premiers stades de leur développement, les cellules nerveuses prennent place parmi les éléments de l’organisme que Bizzozero a qualifiés de « permanents », c’est-à-dire qui se montrent incapables de se diviser, de se dédifférencier, bref, de subir la moindre adaptation à des conditions nouvelles. Il n’est pas besoin de recourir à une interprétation finaliste, ni d’empiéter sur le terrain philosophique pour concevoir les rapports nécessaires qui lient cette pérennité au rôlè de la cellule nerveuse dans la stabilité de la vie de relation et de la vie psychique.
- Ce n’est pas ici le lieu de s’étendre sur la fonction nerveuse, dont bien des pages ne sauraient suffire à épuiser l’étude. Transformation en réactions motrices, ou conservation à l’état de mémoire des excitations per-
- çues par la sensibilité générale ou spéciale, telle est, sous la forme la plus générale, la définition qu’il est permis d’en donner.
- Les éléments qui lui sont voués présentent, avec des caractères physico-chimiques tout particuliers, une grande diversité d’aspect extérieur. La différenciation du protoplasme nerveux est telle qu’il faut, pour le colorer électivement, utiliser certaines méthodes, impropres à permettre l’étude des autres tissus (fig. 8). Le recours à ces techniques spéciales enseigne que les cellules nerveuses présentent toujours un prolongement au moins, qu’on nomme Y axone ou cylinclre-axe. Cet étroit appendice peut atteindre une longueur relativement énorme. Entouré de gaines spéciales, de manière à constituer une fibre nerveuse, il s’unit, pour composer un nerf, à un nombre plus ou moins grand de fibres semblables. L’axone, émanant d’une cellule nerveuse, va, ou bien se mettre en rapport avec une ou plusieurs autres cellules, participant ainsi au réseau complexe des voies d’association, ou bien se terminer soit dans un muscle, où il porte des ordres de contraction, soit au niveau de cellules glandulaires auxquelles il transmet une stimulation fonctionnelle.
- Outre l’axone, qui caractérise la cellule dite unipolaire, la cellule nerveuse peut présenter d’autres prolongements, plus courts, plus irréguliers, ramifiés comme des branches d’arbre et qu’on appelle les dendrites (fig. 9). Un seul tronc dendritique part-il de la cellule, elle est dite bipolaire. Présente-t-elle plusieurs dendrites, elle se range parmi les éléments multipolaires, dont parfois la ramure dendritique est d’une richesse, d’une complexité inouïes (fig. 10). Gomme les dendrites multiplient, pour une cellule, ses possibilités de connexions avec d’autres cellules, on comprend que cette complexité s’associe à celle des voies nerveuses, c’est-à-dire, en dernière analyse, au perfectionnement du système nerveux.
- Certains histologistes ont cru, il est vrai, que les prolongements d’une cellule sont en continuité avec ceux d’une autre : ainsi, les éléments du tissu nerveux ne détiendraient aucune autonomie ; ils composeraient une sorte de vaste syncytium. La complexité de forme des cellules perdrait alors, du point de vue physiologique, une grande part de sa signification. Mais, depuis les travaux de l’illustre savant espagnol Ramon y Gajal, la plupart des biologistes considèrent la cellule nerveuse et ses prolongements comme une unité morphologique, le neurone,.dont les relations avec les autres neurones sont de pure contiguïté. Aux points de contact entre deux cellules existent certains dispositifs, les synapses, que l’on connaît par leurs propriétés plus qu’on ne les a réellement observés. On leur attribue une grande importance au point de vue de la fonction nerveuse, et l’on tend à voir en eux des sortes d’écluses spécifiques à l’égard de l’influx nerveux.
- Terminons ces brèves remarques en mentionnant l’existence, parmi les éléments nobles du tissu nerveux, de cellules d’aspect divers, qui jouent vraisemblablement, à l’égard des premiers, le rôle d’auxiliaires pour leur nutrition, je veux parler des cellules nêvrogliques (fig. 8).
- Fig. 13. — Tissu conjonctif lâche du mésentère.
- On distingue les faisceaux collagènes ondulés et entre-croisés. Les noyaux qu'on aperçoit de place en place' appartiennent soit aux cellules conjonctives, soit aux cellules de l'endothélium du revêtement mésentérique.
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- Le tissu musculaire — La différenciation des cellules musculaires a pour témoin morphologique l’apparition, dans le cytoplasme, d’étroites fibrilles, les myofibrilles, parallèles au grand axe des cellules qu’on appelle des fibres musculaires. Il est superflu d’ajouter que, physiologiquement, ces éléments se caractérisent par leur aptitude à se contracter, sous l'influence d’une excitation normalement d’ordre nerveux, et, ainsi, à déterminer des mouvements de parties de l’organisme ou de l’organisme entier.
- Les myofibrilles appartiennent à deux catégories. Il en est d’homogènes. Les cellules qui les renferment portent le nom de fibres musculaires lisses : ce sont celles de la musculature des viscères, de la peau, plus généralement des muscles de la vie végétative, qui se contractent, indépendamment de la volonté, sous l’action des nerfs du système sympathique. D’autres cellules musculaires possèdent au contraire des myofibrilles qui offrent une succession régulière de disques clairs et sombres, disposés transversalement en regard les uns des autres pour toutes‘les myofibrilles d’une cellule : celle-ci est une fibre musculaire striée (fig. 11). De tels éléments sont beaucoup plus volumineux que les fibres lisses : ils sont susceptibles de mesurer plusieurs centimètres de longueur, sur quelques centièmes de millimètre, au plus, de largeur. Ce sont eux qui président aux mouvements de la vie de la relation et qui constituent, en se groupant, les muscles striés ; leur innervation, volontaire, dépend du système cérébro-spinal.
- Comment une excitation nerveuse aboutit au raccourcissement d’une fibre musculaire, c’est ce que je ne saurais discuter à cette place dans le détail. Les théories modernes conçoivent, entre le phénomène nerveux et son effet mécanique, un processus intermédiaire d’ordre chimique : ce dernier aurait pour siège le protoplasme qui s’interpose entre les myofibrilles, ou sarcoplasme, et, provoquant une modification de la tension superficielle au niveau de ces dernières, déterminerait secondairement leur raccourcissement. Il y a certes encore beaucoup à apprendre et à reprendre sur ce sujet.
- Les tissus de soutien. — Dans la famille des tissus de soutien prennent place des membres souvent très éloignés en apparence les uns des autres. Ce qui permet de les homologuer, outre leur commune fonction « de soutien » pour les autres parties de l’organisme, c’est un trait morphologique capital : en dehors des cellules qui entrent en leur constitution et qui, toutes dérivées du « mésenchyme » embryonnaire, ne se distinguent nullement par des particularités profondes, ces tissus possèdent toujours une substance fondamentale. On entend par là une substance de composition chimique généralement bien définie qui, sous la forme de fibres, de lames ou de masse homogène, s’intercale entre les cellules. C’est par la nature chimique et, accessoirement, par la texture de leur substance fondamentale que les tissus de soutien se différencient surtout les uns par rapport aux autres.
- S’agit-il de la réticuline qui, en un fin réseau, compose la trame de soutien des organes où naissent les globules sanguins (ganglions lymphatiques, rate, moelle osseuse, etc...), on a affaire au tissu réticulé.
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- FU
- Tissu cartilagineux
- lk.
- [cartilage thyroïde)
- On distingue les cellules cartilagineuses groupées en petits amas, et noyées •
- dons la substance fondamentale.
- La substance fondamentale est-elle représentée par Vélastine, qui revêt la forme de fibres régulières, ou de lames aplaties, le tissu de soutien en cause est le tissu élastique, que l’on trouve abondant, mêlé à du tissu conjonctif, dans la paroi des artères, par exemple (fig. 12).
- Le collagène est la substance fondamentale des différentes variétés de tissus conjonctifs. C’est une matière albuminoïde que l’eau bouillante transforme en gélatine, ce qui lui confère quelque valeur alimentaire. Ce collagène est figuré par des fibres, ou des faisceaux de fibres, qui, suivant que leur ordonnance est irrégulière ou bien régulière, caractérisent dans le premier cas le tissu conjonctif lâche (comme celui de l’hypoderme, ou tissu conjonctif sous-cutané) (fig. 13), ou encore les diorions) dans le second cas, les tendons, les ligaments, les aponévroses qui enveloppent les muscles.
- Le tissu cartilagineux a pour substance fondamentale une matière homogène, amorphe, où les cellules prennent place en de petites cavités (fig. 14) et que l’on considère comme formée d’un mélange de corps chimiques complexes, parmi lesquels on retrouve le collagène.
- Le tissu osseux enfin possède une substance fondamentale également massive, emprisonnant, comme le cartilage, les cellu-
- jFig. 15. — Tissu osseux (os compact de la diaphyse du tibia, coupe transversale). La substance fondamentale osseuse est formée de lamelles qui s’ordonnent en strates concentriques autour de canaux assez réguliers (systèmes de Havers) ou bien s’insinuent irrégulièrement entre les précédentes (systèmes intermédiaires). Dans l’épaisseur des lamelles, on distingue des points noirs nombreux , ce sont les cellules osseuses.
- les osseuses en de petites lo-gettes. Cette substance dure est composée d’un collagène amorphe, l’os-séine, auquel s’adjoignentdes sels minéraux, principalement du phosphate de chaux (fig. 15).
- L’origine de toutes ces substances fondamentales reste, à l’heure actuelle, encore assez mystérieuse. Les uns
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- admettent qu’elles résultent d’une transformation du cytoplasme des cellules de soutien, les autres d’une véritable sécrétion opérée par celles-ci ; plus récemment, on a avancé que leurs matériaux étaient fournis par le milieu intérieur et que les cellules ne faisaient qu’aider, au moyen de ferments, à leur édification. Toujours est-il que si les substances fondamentales dépendent de la vie et lui sont dues, elles-mêmes, à proprement parler, ne vivent pas. Vient-on, comme l’ont fait Sencert et Na-geotte, à conserver un morceau de tendon dans l’alcool, puis à le greffer à un animal au lieu et place d’un autre fragment, le premier se réincorpore à l’organisme sans que bientôt rien ne distingue plus le mort du vif.
- J’ajouterai qu’il ne faudrait pas, de cette brève revue, déduire que les tissus de soutien sont voués, dans l’organisme, à une fonction purement mécanique. Si cette notion est vraie pour la plupart d’entre eux, elle ne vaut pas pour le tissu conjonctif lâche, par exemple, qui, s’insinuant dans tous les organes, abondant sous tout le territoire cutané, joue un rôle considérable dans la nutrition, et dont les interstices — les espaces lacunaires — sont la source de la lymphe et interviennent au plus haut chef dans les échanges entre le sang et les autres tissus.
- Le tissu germinatif. — A-t-on le droit d’attribuer
- la dénomination de « tissu » à un ensemble d’éléments qui, loin de présenter une différenciation accusée, une fonction spéciale, se caractérisent au contraire par leur absence de différenciation et par leur faculté de conserver intact, en puissance, le patrimoine des différenciations propres à tout l’organisme ? Tel est justement le cas des cellules germinatives. Elles composent pourtant un tissu, au moins dans l’acception purement morphologique du mot. Qu’il me soit permis de les signaler au terme de cette étude, sans entrer, à leur sujet, en des développements qui nous entraîneraient hors du cadre de cet article. Nous aurons, plus tard, à revenir sur leur compte, spécialement à propos du grand problème de l’hérédité.
- Le but que je me proposais était de mettre, une à une, sous les yeux du lecteur, les principales pièces de cette machine hautement compliquée qu’est l’organisme. Il s’agira, dans nos prochains articles, d’envisager comment, au cours de son fonctionnement global, s’établissent entre ces pièces les actions réciproques qui assurent la parfaite harmonie de leur jeu.
- Dr Max Ah on,
- Chargé de Cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- CHRONIQUE
- Démarreur Herzmark pour avions. — Un démarreur pratique, pour moteurs d’aviation, doit donner un démarrage facile, quelle que soit la température du moteur, permettre de nombreux départs, donc utiliser le combustible du moteur, être de manipulation simple et de faible poids.
- Un procédé assez général consiste à envoyer un mélange tonnant dans la chambre d’un cylindre en période de détente, et à allumer ce mélange à l aide d’une magnéto de départ.
- Il est donc nécessaire de placer l’hélice dans une position déterminée, ce qui exige généralement un aide. Ledémarreur Herzmark accomplit lui-même cette manœuvre.
- Il se compose de deux réservoirs d’air comprimé à la même pression (réservoirs remplis à l’aide d’une pompe à main) d’un système de pulvérisation d’essence assurant un même dosage pour l’air des deux réservoirs, d’un distributeur et de la magnéto de départ.
- Le distributeur tournant à demi-vitesse du moteur, met en communication avec le premier réservoir un cylindre en compression, avec le second un cylindre en détente. L’équilibre de pression entre réservoirs et cylindres s’établissant, les pistons sont amenés à la même hauteur.
- L’étincelle de la magnéto de départ éclate dans ce cylindre en période de détente, puis à fin de compression, dans le second cylindre.
- Les manœuvres se réduisent donc à deux, non compris le remplissage des réservoirs ; le départ peut être effectué
- rapidement par le pilote seul, le nombre de départs est illimité.
- La dilatation du glucinium et des alliages aluminium-glucinium. — Le glucinium, nos lecteurs le savent, est un métal dont la densité est de 30 pour 100 plus faible que celle de l’aluminium. Aussi, bien qu’il soit encore rare, a-t-il éveillé l’attention des constructeurs et il se pourrait qu’un jour il remplaçât l’aluminium pour la fabrication de certaines pièces mécaniques exigeant le maximum de légèreté. Il est donc indispensable que ses diverses propriétés physiques soient bien connues. Le Bureau of Standards des Etats-Unis a commencé cette étude en entreprenant la mesure du coefficient de dilatation du glucinium, dans un long domaine de tem-*pératures (entre —120° et -f-700°C). On a ainsi constaté que ce coefficient est notablement inférieur à celui de l’aluminium, et approximativement égal à celui du fer ou de l’acier ordinaires ; cette propriété pourra être fort intéressante dans l’avenir, notamment dans le cas où le glucinium conviendrait à la construction de pistons pour les moteurs.
- Le Bureau of Standards a également déterminé entre la température ambiante et -f- 500° C le coefficient de dilatation de plusieurs alliages aluminium-glucinium. Ceux-ci aussi se dilatent moins que l’aluminium.
- L’alliage à 30 pour 100 de glucicium a un coefficient de dilatation d’environ 20 pour 100 plus faible que celui de l’aluminium.
- Clapet de
- 'remplissage
- Vaporisation
- d’essence
- Distribution
- Réservoirs à air
- comprimé
- Période de compression
- Période de détente ,
- Fig. 1. — Schéma de principe.
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- U AUTOXYDATION CATALYTIQUE
- L’oxygène, au milieu duquel nous vivons et qui constitue environ un cinquième de l’atmosphère terrestre, est l’élément le plus répandu et le plus abondant de l’écorce terrestre. Il en constitue, en effet, près de la moitié de la masse, soit à l’état gazeux, soit à l’état de combinaisons. Nul n’ignore son rôle fondamental dans la vie humaine et dans cellë des êtres vivants qui l’entourent, animaux et végétaux. Aussi de nombreux chercheurs se sont-ils attachés à son étude, dès la naissance de la chimie moderne : il est presque superflu de rappeler que Lavoisier fut le premier à découvrir son rôle fondamental dans les combustions et à étudier le phénomène de l’oxydation.
- Ce phénomène est absolument général : l’oxygène a en elîet une tendance naturelle à attaquer les corps qui viennent à son contact. Toutes les combustions sont des oxydations rapides, la respiration animale en est une, plus ralentie, et il n’est guère de parties de la chimie où l’on ne puisse rencontrer des réactions qui relèvent de ce phénomène.
- Nous n’avons pas l’intention de traiter ici en détail toute l’étendue de cette question : nous voulons au contraire étudier un cas particulier, l’autoxydation et les applications de la catalyse à ce phénomène.
- Parmi les nombreux savants qui s’attachèrent à cette étude, à son origine, Schœnbein et Marcelin Berthelot furent frappés de voir que de l'essence de térébenthine exposée au contact de l’air acquérait la curieuse propriété d’oxyder des composés qui paraissaient à peu près inaltérables à l’oxygène libre. On constate ainsi que la liqueur bleue d’indigo se décolore complètement après agitation avec de l’essence de térébenthine ayant été exposée à l’air. Celle-ci agit dans ce cas comme un véritable oxydant, de même que dans plusieurs autres cas; c’est donc que ce corps est. susceptible de capter de l’oxygène pour le restituer ensuite sous une forme plus active. Des faits analogues ont été observés pour un grand nombre d’autres composés et c’est à l’ensemble de ces phénomènes que l’on a donné le nom d’autoxydation, et on appelle autoxydeur le corps qui est susceptible de s’unir à l’oxygène pour le céder ensuite à un deuxième composé que l’on a dénommé accepteur. L’expression « d’autoxydation » est d’ailleurs quelque peu impropre, car l’étymologie de ce terme semblerait indiquer que la substance étudiée s’oxyde elle-même ou qu’une partie de la molécule s’oxyde aux dépens de l’autre, ce qui n’est pas exact. Nous conserverons néanmoins cette expression parce qu’elle est couramment employée et que les indications ci-dessus suffiront pour nous permettre d’aborder cette étude en évitant toute confusion.
- Ceci étant posé, il nous a paru utile de rappeler pour mémoire la définition des catalyseurs qui jouent un rôle important dans l’autoxydation et dont nous reparlerons plus loin. Un catalyseur est un corps qui, ajouté aux termes d’une réaction, modifie la vitesse de cette réaction, dans un sens ou dans l’autre, et se retrouve lui-même inaltéré en fin de réaction.
- Nous pouvons maintenant aborder en détail l’étude de ce phénomène.
- L'A U T OXYDATION ET SES CO NDITION GÉNÉRALES
- Avant toute autre chose, il importe de rendre hommage ici à MM. Ch. Moureu et Ch. Dufraisse qui ont consacré au laboratoire de Chimie organique du Collège de France une grande partie de leurs efforts et de leur activité féconde, pendant ces dernières années, à l’étude de ces questions et
- qui ont permis ainsi de connaître ces phénomènes jusqu’alors inconnus ou mal interprétés.
- Ils ont dirigé ces intéressantes recherchés, pour lesquelles ils ont mis au point un appareillage tout à fait spécial qui fonctionne encore, car ces recherches sont en plein développement. Toute la documentation de celte étude est d’ailleurs extraite des rapports, notes, ou communications publiés par eux.
- Précisons d’abord un peu ce dont il s’agit dans l’autoxydation : dans les oxydations par l’oxygène libre, on’ ren-i contre des peroxydes, composés où l’oxygène semble se trouver sous une forme particulière, dite activée, qui se manifeste par des réactions comme la décoloration de la liqueur bleue d’indigo dont nous avons parlé. C’est la formation de ces peroxydes qui paraît constituer l’élément fondamental du phénomène de l’autoxydation. Nous admettrons donc comme définition provisoire que l’autoxydation est une oxydation par l’oxygène libre, où entrent en jeu des peroxydes.
- Le premier stade de l’autoxydation consiste ainsi en l’union d’une molécule d’oxygène avec une molécule du corps autoxydable pour donner le « peroxyde primaire ». Ce peroxyde n’est que le premier terme des formes successives résultant de son évolution ultérieure.
- La formation du peroxyde ne peut se produire qu’après le passage préalable du corps autoxydable et de l’oxygène sous une forme active, plus apte à réagir.
- L’activation des molécules. — Il faut donc se faire une idée de l’activation des molécules, telle que nous l’envisageons ici : la notion de molécules actives découle en tout premier lieu de l’hétérogénéité constatée entre les molécules d’une même espèce chimique'.
- En effet, alors que l’analyse chimique laisse supposer l’existence de milieux parfaitement homogènes, liquides ou gazeux, l’expérience montre que deux corps que l’on fait réagir dans les meilleures conditions possibles n’entrent en réaction qu’avec une vitesse limitée. Je m’explique : prenons de l’acide acétique et de l’alcool ordinaire et mettons-les en présence, en proportions équimoléculaires, pour réaliser l’éthérification, réaction bien connue; on constate un amorçage immédiat du phénomène, mais ce n’est qu’une faible partie des réactifs en présence qui entre en jeu dans cette première phase. Il est logique de supposer cependant que les molécules qui ne réagissent pas dès le début se sont trouvées en contact aussi fréquemment que celles qui ont réagi ; malgré cela, elles n’ont pas réagi toutes en même temps et ce n’est qu’après un temps relativement long que toutes les molécules d’acide ont éthérifié toutes les molécules d’alcool.
- Ceci explique qu’il faut que ces molécules se trouvent dans un état spécial, un état activé pour être susceptibles de réagir. A un instant donné, il n’y a qu’un nombre restreint de molécules qui se trouvent prêtes à se combiner : ce sont les molécules actives.
- Sans entrer dans les détails, il est aisé de concevoir qu’il y a des degrés dans l’activation d’une molécule donnée : c’est pour cette raison qu’un même corps réagit de différentes façons, dans des conditions de milieu identiques, suivant les composés qu’on lui oppose. Quand une réaction est rapide, c’est que la proportion des molécules actives nécessaires à la réaction considérée est grande, tandis que, lorsqu’une réaction s’effectue lentement, les molécules actives nécessaires à cette nouvelle réaction sont en proportion faible.
- Ces considérations donnent une idée grossière de l’acti-
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- vation, qui est indispensable à la formation du peroxyde primaire dans l’autoxydation. Quelle est en réalité la nature de ces « molécules actives »? Certains savants y ont vu des molécules douées de mouvements plus rapides que les autres ; d’autres attribuent leur état a des différences de niveaux d’énergie ; la question n’est pas tranchée à l’heure actuelle d’une façon définitive.
- Nous admettons avec un grand nombre d’auteurs que les molécules chimiquement actives sont celles dont l’énergie est supérieure à l’énergie moyenne des autres molécules en présence, c’est-à-dire que leur niveau d’énergie est supérieur au niveau moyen des autres. Ainsi ces molécules qui entrent en réaction à un moment donné de la formation du peroxyde ont emmagasiné un supplément d’énergie : ce supplément, qui élève leur niveau d’énergie, a été prélevé sur l’énergie de la masse ambiante, sans intervention d’énergie extérieure.
- En conclusion, le peroxyde primaire se forme avec absorbtion d’énergie aux dépens de la masse des molécules ambiantes. Telles sont les conditions énergétiques de sa formation.
- Passons maintenant aux conditions chimiques.
- Il ne faudrait pas croire, en effet, que l’activation des molécules, fait commun à toutes les réactions chimiques, suffit à déterminer l’autoxydation ; il y faut, au contraire, bien d’autres conditions d’ordre purement chimique que nous allons énumérer.
- Le rôle de la fonction chimique. — En premier lieu, la fonction chimique joue un rôle primordial. Un exemple fera facilement comprendre ce fait : l’aldéhyde propylique de formule CH5 CH2 CIIO et l’acétone CH3 GO CH3 ont même composition élémentaire et même poids moléculaire, puisqu’elles ont toutes deux comme formule brute C3II60 : on dit que ce sont des corps isomères. Leurs propriétés physiques et chimiques sont très voismes : leurs points d’ébullition ne diffèrent que de 6°, leurs densités sont voisines et il n’y a qu’un écart de 8 petites calories entre leurs chaleurs de combustion. De plus ces deux composés réagissent de façon analogue sur le bisulfite de soude, l’hydroxylamine et les liydrazines en donnant des dérivés du même genre.
- Malgré ces analogies fondamentales, on constate expérimentalement que l’aldéhyde propylique s’autoxyde et l’acétone ne s’autoxyde pas. On ne peut attribuer cette différence qu’à la fonction chimique, car il est [peu vraisemblable de supposer que les degrés d’activation de leurs molécules soient très différents, vu les grandes analogies que nous venons de citer.
- Le rôle de l'affinité. — En deuxième lieu, l’affinité joue un rôle qui n’est pas négligeable dans l’autoxydation, nous voulons dire l’affinité du corps autoxydable pour l’oxygène. Nous trouvons une vérification immédiate de cette condition dans le 'cas que nous venons précisément de signaler : l’aldéhyde propylique et l’acétone ont en effet une affinité différente pour l’oxygène : la différence, quoique faible, est néanmoins nettement en faveur de l'aldéhyde propylique. Bien d’autres exemples permettent de vérifier cette assertion qui, à première vue, paraît évidente : l’affinité est certainement une condition essentielle du phénomène, mais il ne faut pas en conclure qu’elle en est l’unique cause : tous les corps qui brûlent avec un gros dégagement de chaleur, c’est-à-dire qui ont beaucoup d’affinité pour l’oxygène, semblent, en général, très peu autoxydables à la tempéi’alure ordinaire : tels sont le charbon, l’hydrogène, le soufre, le phosphore. C’est donc que d’autres causes, en général mal connues, sont capables de s’opposer à l’influence de l’affinité.
- Remarquons en passant qu’il est fort heureux que ces
- composés et les corps organiques qui existent sur la terre ne s’oxydent pas spontanément en obéissant à leurs affinités ; en effet, ils n’existeraient pas, parce que détruits dès leur formation et la vie des animaux comme des végétaux serait impossible.
- Ainsi, l’affinité du corps autoxydable pour l’oxygène ne suffit pas dans tous les cas à déterminer le phénomène. Citons encore un exemple qui illustrera cette conclusion. L’éthylène, ce gaz éminemment combustible, qui entre dans la composition du gaz d’éclairage, aune grosse affinité pour l’oxygène et cependant il n’est pas autoxydable. Si nous introduisons dans la molécule de ce gaz un atome de brome et un ou plusieurs atomes de fluor, nous obtenons alors des composés nettement autoxydables : le dérivé qui renferme trois atomes de fluor et un atome de brome s’enflamme même spontanément à l’air avec explosion ; et cependant par cette substitution de brome et de fluor à de l’hydrogène, nous avons notablement diminué l’affinité du corps pour l’oxygène.
- De même, si on examine une série décomposés ne différant entre eux que par leurs degrés d’oxydation, comme les dérivés oxygénés du soufre, on constate souvent que plus on s’approche de la saturation en oxygène et plus l’affinité de cet élément devient faible, par conséquent plus aussi l’aptitude à l’oxydabilité semble croître. Cette constatation est particulièrement nette dans le cas de I’hyposulfite de soude S2 O3 Na2 et de l’hydrosulfite S2 O4 Na2 : une_solulion d’hyposulfite n’est pas autoxydable tandis que l’hydrosulfite qui contient cependant un atome d’oxygène de plus s’autoxyde spontanément à l’air.
- Le rôle de la structure du composé. — Une dernière condition d’autoxydabilité réside dans la structure des composés; on serait tenté de croire, à cause de l’importance de la fonction chimique dans l’autoxydation, que tous les composés qui contiennent une même fonction chimique, adjointe à d’autres différentes, sont autoxydables lorsque l’un d’eux possède cette propriété. Or, on constate que les uns le sont et que les autres ne réagissent pas au contraire avec l’oxygène de cette façon : la première des conditions énoncées se revèle là encore comme insuffisante.
- En fait, il faut que les éléments qui composent la molécule soient assemblés d’une façon bien déterminée et, sur ce point, on ne possède que des données vagues et insuffisantes. Il n’en reste pas moins vrai qu’il faut une distribution particulière des éléments pour rendre la molécule apte à réagir.
- Les véritables raisons et les conditions simultanées qui sont exigées pour obtenir l’autoxydation d’une espèce chimique déterminée n’en restent pas moins incomplètement connues. Beaucoup de choses nous échappent encore à l’heure actuelle sur ce point, mais les renseignements que nous possédons, quelque incomplets qu’ils soient, sont cependant d’un grand secours dans les expériences effectuées.
- L'évolution du peroxyde. — Reprenons maintenant le peroxyde primaire immédiatement après sa formation et examinons son évolution. Il va passer par des stades divers pour en arriver en fin de compte à un état stable où il ne contient plus d’oxygène actif. Mais son évolution peut se produire dans plusieurs sens différents : nous allons successivement les examiner.
- Il est des cas où le peroxyde est si peu stable qu’il se dissocie très rapidement et tout se passe alors comme si le corps étudié ne se combinait pas du tout avec l’oxygène et ne subissait pas l’autoxydation, bien que cela ne soit pas rigoureusement exact. En tout cas, puisque le peroxyde considéré n’a pas le temps d’évoluer vers des produits stables et est
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- immédiatement détruit, l’effet total du contact avec l’oxygène est nul.
- Dans d’autres cas, et c’est ce qui nous intéresse ici, le peroxyde se transforme et tend vers des formes stables. La première des transformations possibles est la suivante : le peroxyde évolue spontanément vers une forme nouvelle, où l’oxygène combiné est dans un état inactif. C’est un cas dont nous avons quelques exemples.
- Le plus souvent, par contre, il se produit une réaction du peroxyde sur les molécules environnantes. Pour représenter l’ensemble des transformations susceptibles de se produire, nous emploierons ici des schémas de réactions, et, pour simplifier, nous appellerons d’une façon générale A le corps autoxydable et B une molécule d’une autre espèce chimique se trouvant dans le milieu considéré. Nous représentons bien entendu l'atome.-et la molécule d’oxygène par leurs symboles O et O2 et nous signalerons que telle ou telle de ces molécules est dans un état activé en la mettant entre crochets, comme par exemple [O2]. Ceci posé, nous avons deux cas à envisager.
- Le peroxyde A [O2] peut réagir sur la partie non attaquée du corps A et partager son oxygène actif avec A pour donner 2 A [OJ qui évoluent ensuite vers une forme stable à oxygène inactif 2 AO. C’est le cas de l’aldéhyde benzoïque, par exemple, et cela peut se représenter schématiquement de la façon suivante :
- AJ [O2) -I- A—y 2 A [0]->2 AO.
- Le peroxyde peut aussi réagir sur la deuxième espèce chimique, en présence B, et alors la moitié de l’oxygène actif de A [O2] passe à B pour donner finalement A [O] -f B [O], qui évoluent vers les formes stables AO et BO.
- Nous avons, en ce cas, une réaction dite « couplée » où A est appelé 1’ « autoxydateur » et B 1’ « accepteur ». Le schéma ci-dessous en rend compte :
- A [02J + B-v A [O] -f B [O] AO + BO.
- Enfin, dans un troisième cas, il y a réduction complète du peroxyde A [O2], c’est-à-dire régénération du corps A dans son état primitif. On a dans ce cas le schéma suivant :
- A [O2] + B -> A + B [O2] -» A + BOj (stable) ou bien :
- A [O2] + 2B-yA-j-2B[0]->A + 2B0 (stable)
- Il se produit dans ce dernier cas une véritable catalyse de l’oxydation de B, le catalyseur A étant d’abord autoxydé pour permettre ensuite l’oxydation de B, et se trouvant finalement régénéré, c’est-à-dire capable de catalyser de nouveau l’oxydation de nouvelles molécules de B. C’est une oxydation catalytique par autoxydation préalable, qu’il ne faut pas confondre avec la catalyse d’autoxydation proprement dite, qui fera l’objet de la seconde partie de cette étude.
- Nous n’avons pas donné d’exemples de chacun des cas envisagés pour simplifier l’exposé, nous tenant aux désignations schématiques employées ci-dessus, sans nous embarrasser de formules qui compliqueraient l’exposé.
- Néanmoins, le dernier cas étant particulièrement intéressant, nous jugeons utile d’en donner brièvement deux exemples. Le schéma indiqué s’applique très exactement à la catalyse de l’oxydation du glucose, ou sucre de raisin, par les sels de cérium, indiquée par Job : le glucose joue le rôle
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- d’accepteur et le sel de cérium ajouté en très petites quantités d’autoxydateur.
- Il est très probable aussi que c’est à ce genre de mécanisme que se rattache l’oxydation de l’hydroquinone et du pyrogallol, catalysée par des quantités infimes de sels man-ganeux ou de laccase, ferment contenant du manganèse. Néanmoins, les auteurs ne sont pas tous d’accord sur cette conclusion, mais elle est hautement vraisemblable.
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- Avant de clore cette longue théorie sur l’autoxydation et ses conditions générales, une question s’impose et vient naturellement à l’esprit. Tout le raisonnement qui précède et les exemples qui en découlent sont basés sur la formation préalable du peroxyde primaire. A-t-on pu déceler ces peroxydes et les isoler?
- A la vérité, ce que nous savons de la courte existence du peroxyde primaire nous laissait bien supposer des difficultés extrêmes pour l’isoler et l’obtenir en concentration notable. En fait, toutes les recherches entreprises, notamment par Job dans le cas du peroxyde de cérium et par Manolesca dans un autre cas, n’ont abouti, semble-t-il, qu’à l’obtention de formes déjà évoluées et modifiées de ces composés; ainsi, on n’en a pu retirer qu’une idée assez vague de ce qu’était le peroxyde inaltéré, d’autant que l’évolution en question est souvent accompagnée de changements fondamentaux dans la structure chimique de la molécule.
- Néanmoins, si on ne peut caractériser directement un peroxyde d’autoxydation, du moins peut-on révéler sa formation en évaluant le reste d’activation que possèdent les produits évolués que l’on peut isoler. Nous admettrons donc, comme un critère d’autoxydation, la présence d’oxygène actif, décelé par ses réactifs habituels : nous avons déjà vu au début de cet article comment on décelait l’oxygène actif contenu dans l’essence de térébenthine exposée à l’air, même longtemps après avoir été redistillée : on réalise avec la liqueur d’indigo une réaction caractéristique des oxydants. Une expérience identique est tout aussi concluante avec l’aldéhyde acétique.
- Cependant, il arrive fréquemment que l’on ne puisse réaliser cette identification dans les produits d’évolution du peroxyde primaire : c’est le cas de l’aldéhyde benzoïque, par exemple : l’évolution est probablement trop rapide, pour que, à un moment donné, il y ait une concentration suffisante d’oxygène actif pour être décelé : on admet néanmoins que là aussi, par analogie, il y a eu formation d’un peroxyde primaire.
- Par extension, un assez grand nombre d’auteurs pensent que l’autoxydation est un phénomène général et que même les combustions vives débutent par une autoxydation, mais l’évolution presque instantanée empêche toute observation sur la présence d’oxygène actif.
- Cependant, une confirmation intéressante de cette idée résulte de l’identification, dans la combustion de l’hydrogène, de quantités non négligeables d’eau oxygénée, H2 O2, qui est bien un peroxyde.
- Il nous reste encore à envisager 1\ ction des catalyseurs dans les différentes phases de l’autoxydation ; cette question fera l’objet d’un prochain article.
- IL D. S.
- Ingénieur-chimiste I. C. S.
- (A suivre.)
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- .ez LE NOYER ezezz
- SON HISTOIRE - SA DÉFENSE
- Le Noyer a été, en ces dernières années, l’objet de nombreuses recherches très variées qui méritent d’être groupées, en raison de l’intérêt tant biologique qu’économique présenté par cet arbre.
- Origine — Les géologues ont reconnu, dans le tertiaire ancien de la région arctique, en abondance, les vestiges qu’ont laissés les Juglandites, ou Noyers prototypes. Ces ancêtres du Noyer actuel, et leurs descendants directs, se retrouvent aussi en Europe, dans le miocène et la molasse, où ils tiennent, en beaucoup de localités, une place des plus importantes.
- Distribution géographique. — Le Noyer a été
- trouvé à l’état sauvage, dit M. de Candolle, en Arménie, dans la région du Midi du Caucase et de la mer Caspienne, dans le Nord de la Perse, dans les montagnes du Nord et du Nord-Est de l’Inde et dans le pays des Birmans.
- D’après Heldreich, il abonderait à l’état sauvage dans les montagnes de la Grèce et son existence spontanée a été aussi constatée au Japon, ce qui rend assez probable sa présence dans le Nord de la Chine, de sorte que l’aire actuelle de cet arbre, hors de la culture, s’étend de l’Europe tempérée orientale jusqu’au Japon. Mais cette aire a dû s’étendre autrefois davantage vers l’Europe occidentale, car on a trouvé des feuilles de l’espèce dans les tufs quaternaires de Provence.
- Quant à son extension culturale, elle a pu se faire de bonne heure, soit par l’homme, soit même avant lui par les animaux qui vivent aussi de son fruit. Les Grecs, qui avaient l’Olivier, paraissent avoir négligé la culture du Noyer jusqu’à ce qu’ils eussent reçu de Perse une meilleure variété. Les Romains ont cultivé cet arbre dès l’époque de leurs rois et le regardaient comme d’origine persane.
- Les débris les plus anciens de noix qui ont été trouvés dans les habitations lacustres de Fontinellatofos près Parme (Italie), et qu’il ne faut pas confondre avec ceux dé l’époque quaternaire, ne remontent pas au delà du •v* ou vie siècle avant Jésus-Christ.
- Biologie. — D’ailleurs, le Noyer n’est pas un arbre qui se naturalise facilement. Ses fleurs sont exposées aux gelées printanières, de nombreux animaux détruisent ses fruits, qui conservent aussi difficilement leur faculté germinative. Au nord, il ne dépasse guère la limite de la culture de la Vigne, et atteint à peine le Midi de l’Europe. Seuls les climats tempérés lui conviennent.
- La croissance du Noyer est rapide et dépasse souvent une centaine d’années. Sur le territoire de Selongey (Côte-d’Or), au lieu dit « Le Châtelet », près de l’abbaye de Barmes, fondée en l’an 900, et non loin du camp retranché des Romains, s’élevait, il y a quelque temps encore, un majestueux et fier Noyer, âgé, d’après le naturaliste Riston, de 900 ans. Ce vétéran, dont la circonférence atteignait au pied 5 m 20, a été vendu à une grande maison d’ameublement de Paris.
- Culture. — La culture du Noyer est devenue, aujourd’hui, l’objet d’une attention toute particulière, parce que cet utile et bel arbre semble destiné à disparaître. Son bois précieux étant très recherché, l’abatage du Noyer s’effectue sans trêve ni répit, pour les besoins de l’ébénisteric et de la fabrication des fusils. Encore conviendrait-il que le remplacement de cet arbre marchât de pair avec son extermination.
- Ainsi s’explique que des mesures tendant à la conservation du Noyer aient été prises, au cours de ces dernières années, en différents pays. En France, dès l’époque de l’après-guerre, l’exportation des troncs de Noyer fut prohibée (décret du 27 mai 1920). Des initiatives, d’ordre plus local, furent prises en différents départements, par l’intermédiaire des Sociétés d’Agriculture.
- En Allemagne, il y a 50 ans, chaque cultivateur entretenait quelques Noyers dans son jardin; même dans les villes, on en rencontrait fréquemment. Un décret du Ministre de l’Agriculture prussien a d’ailleurs insisté sur la nécessité de replanter des No)rers, moyennant une subvention de l’État.
- En Suisse, où les coteaux des montagnes se prêtent avantageusement à sa culture, le Noyer fut, de tout temps, l’objet des sollicitudes particulières.
- Dans les pays d’outre-mer enfin, tels que le Canada, la Californie, etc..., la culture du Noyer rencontre les plus largés encouragements.
- La culture du Noyer, en tant qu’espèce fruitière, prend aujourd’hui, de plus en plus, une grande importance dans les vallées de l’Isère, de la Drôme, dans le Lot, le Poitou, le Maine et l’Anjou.
- Le « Pourridié ». — Malheureusement, une grave maladie dévaste actuellement nos plantations de Noyers dans le Centre et les Pyrénées. Il s’agit d’une pourriture des racines, qui a valu à la maladie le nom de « Pourridié », et qui amène un dépérissement plus ou moins
- Fig. 1. — L’ennemi du Noyer : /’Àrmillaria mellea fructifiant sur le tronc d’un noyer dépérissant.
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- rapide de l’arbre infecté. Car l’origine de celte maladie est d’ordre parasitaire, et le parasite responsable est YArmillaria mellea, ou Armillaire de miel, champignon qui vient constituer par temps humide, au collet des arbres dépérissants, des touffes de chapeaux couleur de miel.
- L’évolution souterraine de Y Armillaria mellea, et aussi son cosmopolitisme — ce champignon étant susceptible de s’attaquer aux végétaux les plus divers —, en font un parasite très malaisé à combattre, et contre lequel on ne connaît guère, aujourd’hui, d’autre méthode de lutte que le recours aux espèces ou aux variétés résistantes.
- Or, si le Noyer de nos pays, qui est botaniquement le Juglans regia, est très sensible au Pourridié, certains Noyers exotiques, comme le Juglans nigra ou le Juglans californien, se comportent beaucoup mieux et, comme le Pourridié est une maladie des racines, sont susceptibles ainsi de servir de porte-greffes dans les régions où l’on craint les dégâts de Y Armillaria mellea.
- Ce champignon ubiquiste acquiert en effet, dans certaines régions, un caractère épidémique interdisant, par exemple, aux Etats-Unis, la plantation de souches de notre Juglans regia-, pour récolter des noix équivalentes aux nôtres, les Américains greffent maintenant nos variétés sur des Noyers américains, tels que le/«gùzns nigra ou le Juglans californica.
- Le Noyer noir. — Le Juglans nigra, en effet, ou Noyer noir d’Amérique, croît dans les Monts Alleghanys. Son bois est très recherché en ébénisterie et s’exporte en Europe en grande quantité. Aux Etats-Unis, il passe pour résister longtemps à l’humidité et aux intempéries, ce qui le fait employer dans les constructions navales ; il n’est pas exposé à la vermoulure. Il supporte parfaitement l’état de massif, et ses jeunes pousses sont peu gélives ; il fructifie de bonne heure, dès l’âge de 15 à 20 ans, et sa fructification est continue. C’est aussi un des meilleurs arbres d’avenue que l'on puisse souhaiter; sa croissance est rapide, et, de plus, il n’est pas attaqué par les insectes. De tous les arbres actuellement employés à cet usage, aucun ne réunit un ensemble de qualités aussi recherchées, et on peut s’étonner qu’introduit en Europe, depuis 1629, il ne soit pas actuellement plus répandu.
- C’est aussi une excellente espèce à introduire dans nos forêts, où il pourrait être exploité soit comme réserve de taillis, soit comme arbre de futaie vers 100 à 120 ans.
- Signalons, enfin, que le Professeur Howard, de l’Université de Californie, a indiqué le Juglans hinclsii Jensen comme résistant mieux
- O
- encore que les Juglans nigra et Juglans californica, aux attaques de Y Armillaria mellea. Ce Juglans hindsii, malgré sa dénomination indigène de Noyer noir de la Californie du Nord, ne doit pas être, en effet, confondu avec le Juglans nigra, ou Noyer noir d’Amérique, dont les noix furent importées en quantité, il y a quelques années, par l’intermédiaire de l’Ambassade de France à Washington, dans le but de four-
- Fig. 3.
- Fig. 2. — Le Noyer noir, Juglans nigra, des Etats-Unis, à Grignon. Arbres de 18 mètres de haut et de 1 m 40 de tour, parfaitement venus en France.
- nir aux planteurs français des porte-greffes pour leurs Noyers. L. Guyot.
- Chef de travaux à l’Institut, des Recherches Agronomiques.
- Le Noyer de Californie, Juglans californica, dans son pays d’origine. Arbres de 20 ans dans un verger.
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- COMMENT ON DÉFINIT L’ACIDITÉ D’UN LIQUIDE
- LA CONCENTRATION EN IONS HYDROGÈNE
- ET L’INDICE PH
- Il n’y a pas encore très longtemps qu’on trouvait dans tous les traités de chimie la définition suivante de l’acidité, de la basicité et de la neutralité : « une solution acide est celle qui rougit la teinture de tournesol ; une solution basique est celle qui bleuit la teinture de tournesol ; une solution neutre est celle qui laisse au tournesol sa teinte lie de vin. »
- Une solution était considérée comme très acide lorsqu’elle donnait au tournesol une belle teinte pelure d’oignon ; elle l’était très peu lorsque cette teinte était d’un rouge vineux. De même, on reconnaissait la basicité plus ou moins forte d’une solution à la nuance de la teinte bleue qu’elle communiquait au tournesol.
- Ces définitions sont loin d’être périmées. Elles ont rendu bien des services aux' chimistes et, sans nul doute, elles leur en rendront encore. Mais qui ne sent combien elles sont déplorablement vagues. Surtout, elles ne permettent aucunement de traduire par un nombre les grandeurs qu’elles définissent. Et qu’on se rappelle le mot souvent cité de lord Kelvin : « Je dis souvent que si vous pouvez mesurer ce dont vous parlez et l’exprimer par un nombre, vous savez quelque chose de votre sujet, mais si vous ne pouvez pas le mesurer, si vous ne pouvez pas l’exprimer par un nombre, vos connaissances sont d’une bien pauvre espèce et bien peu satisfaisantes; ce peut être le commencement de la connaissance, mais vous êtes à peine, dans vos pensées, avancés vers la science, quel qu’en puisse être l’objet. » On comprendra alors tout l’intérêt que présente une définition précise susceptible de se traduire par une valeur numérique. C’est ce que permet la définition de l’acidité d’après la concentration en ions hydrogène que renferme la liqueur considérée. On la représente par un symbole qu’on rencontre aujourd’hui un peu partout, dans les écrits des chimistes aussi bien que dans ceux des médecins, des physiologistes, des microbiologistes, des botanistes et des agronomes.
- À la vérité, cette définition, pour être parfaitement comprise, suppose la connaissance des lois essentielles de la physico-chimie. Elle est habituellement considérée comme difficile à saisir. Il m’a paru cependant qu’elle pouvait être rendue accessible aux lecteurs qui voudront bien lire avec quelque attention les lignes suivantes.
- RÉACTIONS TOTALES ET RÉACTIONS LIMITÉES
- Les réactions qu’étudie le chimiste peuvent être totales ou au contraire limitées par la réaction inverse.
- Dans le premier cas, la réaction se produit tant qu’il reste en présence une partie, si faible soit-elle, de chacun des corps susceptibles de réagir. Ainsi l’action de l’acide chlorhydrique sur le zinc se poursuit tant qu’il reste de l’acide chlorhydrique et du zinc.
- Mais il n’en est pas toujours ainsi. C’est ce que Berthelot et Péan de Saint-Gilles ont constaté, les premiers, sur les phénomènes d’éthérification. Mettons en présence une molécule-gramme d’acétate d’éthyle et une molécule-gramme d’eau; il se forme par saponification de l’acide acétique et de l’alcool éthylique. Mais la réaction ne se poursuit pas jusqu’à disparition totale d’acétate d’éthyle et de l’eau. Lorsqu’elle s’arrête, il reste encore 0,66 molécule-gramme d’éther et 0,66 molécule-gramme d’eau.
- Inversement, si l’on mélange de l’acide acétique et de
- l’alcool éthylique, il se forme, par éthérification, de l’acétate d’éthyle et de l’eau. Mais, là non plus, la réaction n’est pas totale. Lorsqu’elle s’arrête, il reste encore 0,34 molécule-gramme d’acide et 0,34 molécule-gramme d’alcool non combinés et il s’est formé 0,66 molécule-gramme d’acétate d’éthyle et 0,66 molécule-gramme d’eau.
- Ainsi les deux réactions inverses l’une de l’autre, saponification et éthérification, se limitent mutuellement et finissent par fournir un système en équilibre où il y a en présence de l’éther, de l’eau, de l’acide, de l’alcool. C’est ce qu’on traduit par l’équation :
- CH3 CO* C2H3 + HaO J CH3C02H + CMU OH (1)
- acétate d’clhyle eau acide acétique alcool Les flèches indiquent que, suivant les conditions, la réaction peut se produire dans uti sens ou dans l’autre.
- De même, à température élevée, la vapeur d’eau se dissocie partiellement en hydrogène et oxygène; l’hydrogène et l’oxygène se combinent partiellement pour donner de la vapeur d’eau. Ces deux réactions se limitent mutuellement. Un système renfermant de la vapeur d’eau, de l’hydrogène et de l’oxygène, finit par atteindre un état d’équilibre, ce qu’on représente par l’équation :
- 2H*0 ^ 2Ha + O* (2)
- eau hydrogène oxygène
- En réalité, dans chacun des exemples précédents, l’équilibre que l’on constate ne signifie pas que le système n’est le siège d’aucune transformation. C’est un équilibre mobile ou statistique. En un temps donné, il se forme autant de molécules d’acide et d’alcool par réaction de l’éther et de l’eau, qu’il s’en détruit pour donner de l’éther et de l’eau : le nombre des molécules de divers constituants ne varie pas. De même] il se forme autant de molécules d’eau par combinaison d’hydrogène et. d’oxygène qu’il s’en détruit pour donner ces éléments.
- LOI D'ACTION DES MASSES
- La loi d’action des masses s’applique aux équilibres chimiques entre corps dissous ou gazeux, lorsque ces équilibres se présentent comme la limite commune de deux réactions inverses l’une de l’autre. Elle devrait plutôt s’appeler loi d’action des concentrations, car elle fait intervenir les concentrations des*corps dissous ou gazeux, exprimés en nombre de molécules-grammes par litre.
- Considérons par exemple un système contenant de l’acétate d’éthyle, de l’eau, de l’acide acétique, de l’alcool éthylique. Ce système parvient à un état d’équilibre que traduit l’équation (1). Dans ce système en équilibre les divers corps possèdent des concentrations que nous désignerons par : c, pour l’acétate d’éthyle c2 — l’eau c\ — l’acide a’cétique c'2 — l’alcool éthylique.
- Entre ces concentrations existe la relation simple suivante :
- La constante K caractérise la relation considérée et ne dépend que de la température. Ainsi, la température étant fixée et invariable, si on met en présence des quantités quel-
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-
- m:
- %
- v' ^.
- conques d’acétate d’étliyle, d’eau, d’acide acétique, d’alcool éthylique, une réaction se produit entre toutes ces substances. Lorsqu’elle est terminée,Tes concentrations c,, c2, c\, c'a que possèdent alors les divers constituants sont liées par la relation (3). Si, à ce moment, on ajoute au mélange une nouvelle quantité de l’un des constituants, par exemple de l’acide acétique, une réaction se produit qui modilie les diverses concentrations. Quand elle est terminée, les nouvelles concentrations xlt xs, x1i, x'a, obéissent encore à la relac.tion :
- Xy- = K (4)
- x, X Xo
- La relation (3) traduit ce qu’on appelle la loi d’action des masses. Etablie par Guldberg et Waage, elle montre que les concentrations des divers constituants du mélange, exprimées en molécules-grammes par litre, jouent le rôle de masses actives dans l’établissement de l’équilibre. Si l’on augmente l’une d’elles, l’équilibre est détruit jusqu’à ce que les diverses concentrations aient pris des valeurs satisfaisant à la condition qui traduit la loi d’action des masses.
- Considérons de même un système renfermant de la vapeur d’eau, de l’hydrogène, de l’qxygène, dont l’équilibre est symbolisé par l’équation (2). Désignons par c, la concentration de la vapeur d’eau, par c\ celle de l’hydrogène et c'2 celle l’oxygène. (Dans la réaction qui peut se produire entre les divers constituants interviennent deux molécules d’eau, deux molécules d’hydrogène et une molécule d’oxygène. Dans la relation qui traduit la loi d’action des masses, les concentrations de l’eau et de l’hydrogène interviendront par leur carré, celle de l’oxygène par sa première puissance.
- Cette relation est :
- Ci2
- la constante K ne dépendant que de la température.
- APPLICATION DE LA LOI D'ACTION DES MASSES A LA DISSOCIATION ELECJTROLYTIQUE
- On sait que les solutions électrolytiques, qui conduisent le courant électrique, sont des solutions d’acide, de base et de sel dans l’eau ou dans quelque solvant approprié. Pour interpréter l’ensemble des propriétés de ces solutions, Arrhénius a admis qu’une partie des molécules dissoutes étaient dissociées en leurs atomes ou radicaux constituants électrisés qu’on appelle des ions : l’ion fourni par le radical est négatif et porte le nom d’ion négatif ou anion ; l’ion fourni par le métal est positif et s’appelle ion positif ou cation.
- Dans une solution électrolytique, il s’établit entre les molécules non dissociées et les ions un équilibre auquel s’applique la loi d’action des masses.
- Considérons par exemple une solution de sel marin. La dissociation des molécules NaCl donne des ions Na^ et CD. L’équilibre entre les molécules neutres et les ions que renferme la solution peut être représenté par l’équation :
- Na Cl NaT + CD (6)
- Désignons par c, la concentration de NaCl (nombre de molécules-grammes de chlorure de sodium par litre), pa c"j etc'2, les concentrations de Na~ et de CD (nombre d’ions-grammes de Na^ et de CD par litre). Quand l’équilibre est réalisé, entre ces diverses concentrations existe la relation :
- X c ,
- K,
- (?)
- K ne dépendant que de la température. Pour simplifier les notations, on désigne souvent les concentrations par [ ] comprenant la formule de la molécule ou le symbole de l’ion considéré. On désigne ainsi par [Na C1J la concentration de
- 457
- Na Cl, par [Na ] celle de l’ion Na , par [Cl ] celle de l’ion
- CD. L’équation Q
- se traduira ainsi
- [Na+1 [CI-]=K
- [Na Cl] “ “ ^ blsï
- Toutes les fois que dans une solution se trouveront en présence des molécules Na Cl, des ions Na4- et des ions CD, quelle que soit l’origine de ces molécules et de ces ions, leurs concentrations obéiront à la relation (7 bis).
- Dissociation de l’eau pure. — L’eau est un très mauvais conducteur, mais non pas un isolant parfait. Les valeurs que fournit la mesure de sa conductibilité électrique sont de plus en plus faibles à mesure que l’eau est plus pure, mais elles tendent vers une limite. C’est ce que montrent les nombres suivants exprimés dans l’unité habituelle des conductibilités (1 ).
- Eau d’alimentation................150
- 10 à
- 4 à
- T à
- 0,2 à
- 250.
- 15.
- 6.
- 2.
- 0,5.
- 10-6
- 0,05 à 0,08.
- Eau distillée sans précautions. .
- — dans le vide (verre).
- — — (étain).
- — — (quartz)
- Eau “ ultra pure ” de Washburn.
- L’eau pure, très peu conductrice, est très peu dissociée en ions. Cette dissociation donnant lieu aux ions 1D et OH~ se traduit par l’équation d’équilibre :
- 1DO QQ H- + OH- (8)
- Entre les concentrations de H20, H+ et OH -, doit exister la relation :
- [I-D] [OH-]
- [H*0]
- (9)
- la constante C ne dépendant que de la température. Le nombre des ions ID et OH~ étant toujours extrêmement petit vis-à-vis du nombre des molécules H20, la concentration de ces molécules peut être considérée comme pratiquement constante (dans un litre le nombre de molécules-grammes
- d’eau est toujours pratiquement égal à = 55,55).
- L’équation (9) peut s’écrire :
- [HQ [OH-] = C [H20]
- Le terme [H20] étant constant, le produit C. [H*0] constitue une nouvelle constante que nous désignerons par Ke. D’où l’équation très importante :
- [HQ [OHQ = Ke, (10)
- Ke ne dépendant que la température.
- Toutes les fois qu’au sein de l’eau les ions 1D et OH~ sont en présence, quelle que soit leur origine, le produit de leur concentration satisfait à l’équation (10).
- À la température 23° C, la constante Ke a pour valeur le
- nombre très faible rooTÔÔÔ 000 000 000 qu'on peut écrire 1
- — ou encore, pour simplifier, 10-14.
- Dans l’eau pure les concentrations des ions H~ et OH~ sont
- 1
- égales entre elles et ont chacune pour valeur (soit
- 6 r 10.000.000 v
- io-7).*
- Si l’on se rappelle que les concentrations représentent les nombres d’ions ou de molécules par litre d’eau, on voit qu’il y a un ion-gramme d’ions H^ et un ion-gramme d’ions OH- pour
- 10 millions de litres d’eau. Sur ces 10 millions de litres d’eau,
- 11 y en a seulement 18 grammes qui sont dissociés et donnent par suite 1 gramme d’ions H+ et 17 grammes d’ions OH~.
- 1. On sait que la résistivité est la résistance exprimée en ohms d’une tranche de liquide de un centimètre carré de section et de un centimètre de longueur; la conductibilité est l’inverse du nombre précédent. On dit quelquefois qu’elle est exprimée en mho (qui est le mot ohm retourné).
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-
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- SOLUTIONS NEUTRES* SOLUTIONS ACIDES. SOLUTIONS BASIQUES*
- 1. Dans l’eau parfaitement.pure, qui se dissocie suivant l’équation (8), chaque molécule d’eau donnant naissance à un ion H4- et un ion OH~, les concentrations de ces ions sont égales ; chacune d’elles vaut donc, ainsi qu’on vient de le
- dire,
- 1
- 10.000.000
- 10-7 :
- [H+] = [OH-] = 10-7
- 2. La dissociation d’un acide donne toujours des ions II-. Exemple :
- II Cl = II- + Cl-
- acide chlorhydrique ion hydrogène ion chlore
- La présence d’un acide dans une solution aqueuse a pour effet d’introduire des ions H4" qui s’ajoutent à ceux que fournit la dissociation de l'eau. Dans une solution acide la concentration des ions H4- est donc supérieure à 10-7. Corrélativement, comme en présence d’eau le produit des concentrations des ions H4" et des ions OU- est toujours égal à 10-14, il en résulte que la concentration des ions OEI- est inférieure à 10~7.
- 3. La dissociation d’une base donne toujours des ions OH". Exemple :
- Na OH jT Na+ + OEU
- soude ion sodium ion oxliydrile
- La présence d’une base dans une solution aqueuse a pour effet d’introduire des ions OEI- qui s’ajoutent à ceux que fournit la dissociation de l’eau. Dans une solution basique, la concentration des ions OH- est donc supérieure à 10-7. Corrélativement, comme en présence d’eau le produit des concentrations des ions H- et des ions OH- est toujours égal à 10-14, il en résulte que la concentration des ions II4' est inférieure à 10"7.
- Le tableau suivant résume la discussion précédente :
- Concentration des ions 11 r Concentration des ions OH-
- Solution neutre : égale à 10 7 égale à IO"7
- — acide : supérieure à 10-7 inférieure à 10 7
- — basique : inférieure à 10-7 supérieure à 10 7
- DÉFINITION DU COEFFICIENT pH
- 1. La concentration des ions El4" dans les solutions peut varier dans de très grandes limites. Ainsi, dans une solution décinormale d’acide chlorhydrique, où l’on peut supposer l’acide totalement dissocié, le nombre d’ions-gramme d’hy-
- . 1
- drogène par litre est environ ^ ;
- [H+] = 10-*
- Prenons une solution décinormale de soude qu’on peut aussi considérer comme complètement dissociée, la concen-
- 1
- tration des ions OH- est — • Comme le produit du nombre
- des ions H : etdu nombre des ions OEI est
- 100.000.000.000.000 1
- on voit que le nombre des ions H+ doit être qq qqq qqq qqq qqq
- soit 10-15. Ainsi quand on passe d’une solution décinormale de soude à une solution décinormale d’acide chlorhydrique, la concentration des ions H4- varie de
- 1 à I.
- 10.000.000.000,000 10
- Quand on neutralise la même solution décinormale de soude par line solution décinormale d’acide chlorhydrique, la solution neutre ainsi obtenue possède une concentration en ions
- 1
- M égale à celle de l’eau pure, soit : - 000 6Ô0‘ ™ar ^ nGU"
- tralisation, la concentration en ions H de la solution basique
- A J l 1
- 8. crû de -----------—---- à ----------- (if pp]]p i«i cnln
- 10.000.000.000.000 10.000.000 01u
- 1 1
- tion acide a décru • de —- à------------
- 10 10.000.000
- La concentration des ions H+ peut donc, au cours d’un même phénomène, varier dans des limites excessivement écartées, qu’il est impossible de représenter à la même échelle sur un graphique.
- Afin de permettre la construction de tels graphiques, Sôrensen a proposé un autre mode de notation qui est aujourd’hui généralement adopté. Ce mode de notation consiste à exprimer l’acidité des solutions non par la concentration même des ions El7- mais par la valeur changée de signe de la puissance de 10 qui représente cette concentration. Ainsi :
- 1
- une concentration H+ = — = 10-i sera représentée par pH = 1
- H+ = ÏTn==10-a - PH = 2
- EU =
- 1
- fo. 000.000
- = 10 "7
- pH = 7
- EU:
- 10.000.000.000.000
- 10—13
- pH = 13
- On donne souvent au coefficient pH ainsi choisi pour représenter l’acidité le nom d'exposant des ions hydrogène. Les exemples précédents font comprendre mieux qu’aucun discours l’origine de cette dénomination.
- On voit que l’exposant pH représente la valeur, changée de signe, du logarithme vulgaire de la concentration en ions H4-.
- Ainsi, par exemple, le logarithme de
- 10'
- est ~1
- et ce dernier
- nombre changé de signe fournit la valeur du coefficient pEI :
- • PH = 7
- D’une façon générale on pourra donc poser :
- pH == log [H+] (')
- Le tableau suivant indique la relation entre la concentration [1U] des ions hydrogène et l’exposant pH :
- [H+] pH .
- Solution basique inférieure à 10-7 supérieur à 7
- — neutre égale à 10-7 égal à 7
- — acide supérieure à 10-7 inférieur à 7
- Ainsi, et c’est là un point qu’il est important de retenir, on
- voit que l’exposant pH par lequel on représente l’acidité d’un liquide va en diminuant à mesure que cette acidité augmente et qu’il croît lorsque cette acidité diminue. C’est là, à la vérité, un inconvénient de ce mode de notation, parce que nous avons coutume, pour représenter l’intensité d’un phénomène, d’adopter un nombre qui croisse avec cette intensité. Il suffit d’ailleurs, pour éviter toute erreur, d’avoir présente à l’esprit la définition de l’exposant pH.
- Dans un prochain article nous indiquerons les méthodes utilisées pour mesurer cet exposant (2).
- A. Boutaric.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- 1. Les lecteurs qui ont quelque pratique des logarithmes se rendent compte aussitôt que l’on a également :
- pH = log = colog. [H+]
- 2. Les lecteurs qui désireraient des compléments sur les questions exposées dans cet article, les trouveront dans le livre excellent de M. R. Legendre, La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Le pH. Presses universitaires de France, Paris, 1925:
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- ..... L'ARCITE —...... EEF=
- UN NOUVEAU MATÉRIAU POUR LA CONSTRUCTION ET L’ENTRETIEN DES CHAUSSÉES
- L’apparition et le développement de la circulation automobile ont considérablement modifié les données du problème de la route. 11 ne s’agit plus seulement d’obtenir une chaussée dont les éléments ne se disloquent et ne s’écrasent pas sous le poids des véhicules : il faut encore que la surface résiste aux efforts tangentiels,, particulièrement intenses dans les rampes et lors des coups de frein et des changements de vitesse.
- Chose assez curieuse, au début de la circulation automobile, on s’est plus préoccupé de lutter contre le soulèvement de la poussière lors du passage des voitures que contre la production de cette poussière, c’est-à-dire contre la désagrégation de la route.
- On sait que le premier remède contre la poussière a été l’emploi du goudronnage superficiel dont les premières applications entreprises sous les auspices du Touring-Club ne remontent guère qu’à une trentaine d’années.
- Ce n’est qu’ultérieurement que l’on a envisagé le goudronnage superficiel comme un moyen d’éviter fou de ralentir l’usure de la route.
- Les résultats obtenus ont été en général satisfaisants, mais
- l’emploi du goudron offre un certain nombre d’inconvénients dont les plus sensibles pour les usagers de la route sont la nécessité de n’effectuer le travail qu’en période de beau temps, la lenteur du séchage et l’adhérence aux jantes qui a
- comme corollaire la projection de parcelles de goudron sur les carrosseries.
- Le goudron contient en outre des produits utilisables dans diverses industries (phé. nols, créosote, etc...) et une utilisation bien comprise des ressources nationales commanderait de distiller tout le goudron de la production française, sauf celui qui provient d’usines à gaz peu importantes et trop éloignées d’une usine de distillation. (C’est d’ailleurs la solution qui est appliquée en Italie.)
- On a également obtenu de bons résultats avec le bitume qui a l’inconvénient de nécessiter un chauffage préalable à haute température (d’où coût élevé de mise en œuvre) et de provenir en quasi-tolalité de l’étranger.
- Une autre solution, très intéressante, consiste à employer un liant hydrocarboné (en général le bitume plus ou moins additionné de brai et de goudron) en émulsion dans l’eau. Les applications ne remontent guère en France qu’à quelques
- Fig. 2. —Application d’Arcite sur pavés, place du Carrousel.
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- = 460 v.'""" ::: . - .
- années. Ces émulsions présentent l’avantage de pouvoir s’employer même sur des chaussées humides, c’est-à-dire pendant la mauvaise saison, et de sécher très rapidement. A ce titre elles donnent toute satisfaction aux usagers. Elles ont l’inconvénient de contenir en général une forte proportion d’eau (jusqu’à 50 pour 100), ce quiaugmente inutilementles frais de transport. En outre, c’est le bitume, produit d’importation, qui constitue en général la majeure partie du liant.
- Bien que les diverses solutions énumérées ci-dessus soient maintenant d’un usage courant, ce qui suffit à montrer qu’en général elles donnent, à des degrés divers, satisfaction aux techniciens de la route, on s’est proposé de réaliser un liant ne contenant ni eau, ni éléments volatils et dont la base pût être trouvée en France. On s’est tourné du côté du brai de houille. Mais l’expérience a démontré que si l’on se borne à mettre sur une chaussée un mélange de brai et d’huile lourde préalablement fondu, on n’obtient que des résultats médiocres. Le produit se fige immédiatement au contact de la chaussée sans pénétrer dans les interstices de celle-ci. En outre, cette solidification immédiate empêche l'emploi en couches minces.
- C’est sous la forme d’une émulsion qu’une solution satisfaisante a pu être trouvée dans le courant de 1925 par MM. Georges Baume, Pierre Chambige et Denis Boutier.
- L’Arcite, à laquelle ont abouti leurs études, est un produit concentré contenant :
- a) La matière fixe choisie et qui est, en France, le brai de houille (on peut fabriquer l’arcite avec des brais de pétrole, des bitumes naturels, etc...).
- b) Des éléments de cohésion, donnant au produit des qualités de durée.
- c) Des éléments plastifiants enlevant aux brais les propriétés cassantes qu’ils possèdent en général, surtout aux températures basses.
- d) Des éléments émulsionnants, dont la présence permet de diluer à pied d’œuvre et avec des moyens mécaniques très réduits le produit concentré expédié de l’usine.
- La mise en œuvre est simple : sur le lieu d’emploi, l’Ar-cite extraite des fûts sous forme pâteuse est introduite, selon l’importance du chantier, soit dans de petites chaudières à mains, soit dans des chaudières à traction hippomobile ou automobile ; après l’avoir portée à une température de 60 à 80° (à peu près la même que la température d’emploi du goudron), on l’additionne d’eau en quantité convenable (en moyenne 50 à 75 pour 100) selon la quantité à appliquer par mètre carré. Après quelques minutes d’agitation lente,, obtenue par un arbre à palettes (voire, dans des fourneaux de bitumiers, avec une simple tige de fer) on obtient une émulsion épaisse d’eau dans le brai. On peut alors procéder à l’épandage, qui est suivi d’un gravillonnage après lequel la route peut être livrée à la circulation. (Un cylindrage est utile, mais non indispensable.) — On constate d’ailleurs que, moins d’une minute après l’épandage, et avant tout gravillonnage, l’Arcite n’adhère plus aux semelles de chaussures ni aux bandages des voitures.
- *
- * *
- Les premiers essais ont été effectués sur la Route Nationale n° 89 de Clermont-Ferrand à Lyon qui supporte à la fois :
- a) Une très grande circulation automobile légère en raison de la proximité des villes d’eaux (Vichy, Royat, le Mont-Dore, la Bourboule, etc...).
- b) Une circulation automobile lourde à grande vitesse (autocars, autobus, notamment ceux de la maison Michelin
- qui vont chaque jour chercher aux environs une partie des ouvriers de l’usine de Clermont-Ferrand).
- c) Une circulation agricole intense (près de 100 000 tonnes de betteraves ont passé sur cette route pendant l’automne 1925), qui amène sur la chaussée, par les chemins de terre, l’argile dont l’action néfaste sur les revêtements goudronneux est bien connue.
- d) Une circulation lourde de camions et de tombereaux desservant les carrières de sable de l’Ailier.
- Malgré les conditions sévères de cette épreuve, les résultats obtenus ont été satisfaisants.
- De nouvelles applications ont été faites sur des revêtements de nature différente. (La Ville de Paris a notamment procédé à des emplois très variés). On peut citer des épandages d’Arcite :
- a) Sur macadam neuf (route de l’Hippodrome au Bois de Boulogne, route de la Dame Blanche au Bois de Vin-cennes, etc...).
- b) Sur macadam ancien (plus de 10 km. de la route de Deauville près de 20 km. dans le Cher, etc...).
- c) Sur asphalte (Avenue Pierre-Pr-de-Serbie).
- d) Sur pavés de pierre (bouchage de joints, avenue de la Motte-Piquet; tapis continu, rueHermel, place du Carrousel).
- e) Sur pavés de bois (place Denfert-Rochereau, rue de Luynes).
- f) Sur béton (rue Descaries).
- L’Arcite se prêle à l’emploi de la méthode de pénétration qui permet de réaliser une chaussée dont les éléments sont non seulement revêtus superficiellement, mais encore liés entre eux jusqu’à une certaine profondeur. Le processus est le suivant : on cylindre du macadam propre. On épand ensuite l’Arcite, on l’égalise à la brosse, on gravillonne et on procède finalement à un dernier cylindrage.
- Cette méthode a été particulièrement employée sur une grande échelle par le Département des Travaux Publics du canton de Genève. Des applications récentes de cette méthode ont été faites avenue Victor-Hugo au Raincy et sur la Route Nationale 71, dans l’Aube.
- En dehors de l’exécution des chaussées proprement dites, l’Arcite peut être employée pour la construction de trottoirs, quais de gares, cours, esplanades, etc.
- Enfin les propriétés de l’Arcite, notamment au point de vue de l’adhérence sur la généralité des matériaux, ont permis d’en faire des applications très diverses : toitures-terrasses en ciment, qu’une seule couche d’arcite suffit à rendre étanches, imperméabilisation du bois, revêtement intérieur des réservoirs en béton, etc.... Un réservoir d’acide sulfurique, en béton, revêtu intérieurement d’Arcite est actuellement en service depuis deux ans.
- Bref, à la liste des solutions généralement connues du problème de la route, on peut ajouter celle de l’Arcite qui est depuis deux ans sortie de la période des essais. Outre ses qualités intrinsèques, l’intérêt particulier qu’elle offre est de n’utiliser, en majeure partie, que le dernier des sous-produits de la distillation de la houille. Cet avantage prendrait une valeur toute particulière si une extension de l’usage des huilles lourdes (par exemple, leur utilisation pour l’automobile de tourisme) conduisait à pousser jusqu’au brai la distillation de la majeure partie des goudrons produits en France.
- René: Gières.
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- UN NOUVEAU DIFFUSEUR : LE PHRAGMOPHONE
- Ce diffuseur, dont le principe est nouveau, doit ses intéressantes propriétés acoustiques à la juxtaposition d’une corde de piano et d’une toile, fortement tendues et appuyées l’une sur l’autre. Il est dû à M. F. Charron, professeur de physique à l’Université d’Angers.
- Puisque cet appareil utilise essentiellement les propriétés des cordes vibrantes, il est bon de rappeler au lecteur que si l’on donne une impulsion en un point d’une corde tendue, cette impulsion chemine tout le long de la corde avec une vitesse d’autant plus grande que le fil est plus léger et que sa tension est plus forte. Avec une corde d’acier, on peut atteindre des vitesses de propagation de plusieurs centaines de mètres par seconde et dépassant même la vitesse du son dans l’air.
- Ceci rappelé, imaginons (fig. 1) une corde de piano ab tendue entre les deux côtés d’un cadre rectangulaire ; une toile vernie, légère et résistante, est tendue entre les deux autres côtés, en s’appuyant sur le fil. Entre la corde et la toile est insérée une pastille magnétique p, dont s’approche l’électro-aimant moteur, — et c’est tout.
- Il n’y a aucune liaison matérielle entre le diffuseur et l’aimant moteur. C’est la rigidité propre de ce diffuseur qui contrôle ses vibrations, disposition non employée dans les appareils similaires, toujours munis d’une anche rattachée au diffuseur proprement dit par une tige.
- L’électro-aimant n’est pas indiqué sur la figure, pour plus de clarté. Il est fixé sur un levier qu’un bouton de réglage permet d’approcher ou d’éloigner de la toile pour modifier la puissance.
- On peut se représenter ainsi la manière dont la vibration initiale communiquée à la palette atteint toute la surface de la toile.
- Cette vibration se propage tout le long de la corde tendue avec une très grande vitesse. Chaque élément de la toile, en contact avec le fil, la transmet à son tour dans la direction perpendiculaire, de telle sorte qu’en un temps très court tous les points de la toile sont atteints.
- Ce diffuseur possède donc, à un haut degré, les caractéristiques suivantes :
- 1° Grande rigidité, qui lui permet de résister, sans anche auxiliaire, à l’attraction d’un puissant aimant;
- Fig. 1. — Le principe du phragmophone.
- Fig. 2. — Aspect extérieur du phragmophone.
- 2° Grande légèreté, puisqu’il est débarrassé de tout poids mort accessoire (anche, tige, boulons, vis de réglage);
- 3° Fort amortissement dû, en partie, à l’énergie rayonnée dans l’air sous la forme d’ondes sonores.
- Ce sont précisément les conditions requises pour que la reproduction des sons soit fidèle. La parole est transmise avec netteté et le timbre en est respecté. La musique est harmonieusement rendue, les sons du piano, si difficiles à reproduire, sortent purs et cristallins..
- Cette pureté n’est pas acquise au détriment du rendement, puisque ce diffuseur, dont la membrane mesure 0 m. 16 cm.xOm. 10 cm., donne des auditions aussi intenses que la plupart des haut-parleurs avec pavillon.
- Bien entendu, ceci suppose que le poste auquel il est adapté est lui-même bien construit, car ce diffuseur est fidèle et donne de médiocre musique si la réception est mauvaise, tout comme le meilleur objectif d’appareil à projection se montre incapable de donner une vue nette avec un cliché flou.
- Il est précieux, à certains égards, de posséder un appareil permettant de reconnaître, parmi les innombrables modèles de lampes, de transformateurs, qui sont loin d’être équivalents, ceux qui déforment le moins les réceptions.
- La description qui précède est schématique; pratiquement, la réalisation définitive s’écarte quelque peu de ces données : ainsi, au lieu d’un fil d’acier, il y en a deux parallèles; pour des raisons d’acoustique, trop longues à développer, la pastille n’est pas au milieu ; des amortisseurs empêchent les vibrations de se réfléchir aux bords et de créer des ondes stationnaires, etc.
- La figure 2 montre l’aspect de la réalisation commerciale.
- L’appareil est petit, très plat et de forme élégante.
- R. Villers.
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- LA CONSERVATION DES GRAINS
- ET ISSUES
- A la séance du 7 novembre dernier, M. J.-L. Breton, directeur de V Office national des Recherches et Inventions, a présenté à l’Académie des Sciences une note de M. René Legendre, dont l’intérêt ééonomique n’échappera pas à nos lecteurs.
- La découverte de M. Legendre est susceptible d’augmenter, dans une sensible proportion, la quantité de nourriture dont le monde dispose, tant pour les hommes que pour les animaux de ferme, d’assurer aux cultivateurs la conservation de leurs récoltes, de faciliter les échanges et les transports de céréales.
- Son importance est telle que nous la reproduisons ici intégralement.
- « J’ai déjà eu l’occasion de montrer quelques applications pratiques, soit au contrôle d’unë matière première, le bois, soit à la conduite d’une fabrication, celle des conserves de crustacés, des données physico-chimiques sur l’acidité et l’alcalinité, conçues comme des variations de la concentration en ions hydrogène des solutions, dont l’expression logarithmique est le pli (•).
- En prenant comme exemple de solution l’eau de mer, j’ai aussi exposé l’intérêt de ces notions pour de multiples problèmes océanographiques, géologiques, biologiques (1 2).
- « Je voudrais aujourd’hui signaler une nouvelle application à la conservation des issues et des grains, qui apparaît d’une importance économique considérable.
- « La meunerie traite d’une manière continue, toute l’année, des céréales, surtout du froment, pour en extraire la farine. Il lui reste comme sous-produit des issues : remoulages, sons, qui font environ le quart de la masse des grains traités.
- « Les éleveurs demandent ces sous-produits pour l’alimentation du bétail, l’hiver seulement, quand les animaux sont à la ferme; cette utilisation est très réduite l’été, quand les bêtes sont aux champs.
- « Or, les issues fermentent rapidement et ne peuvent être actuellement conservées plusieurs mois. Les sous-produits de la meunerie pendant l’été sont donc perdus pour l’alimentation du bétail.
- Les grains mis en tas s’allèrent facilement : lorsqu’ils sont humides et chauds, ils germent et plus souvent fermentent et moisissent.
- « De ce fait, les transports par mer des grains coloniaux tels que le riz, ou étrangers tels que le blé, l’orge, le maïs, provoquent fréquemment des pertes importantes. Il en est parfois de même en France, au cours des transports par péniches ou même par wagons et parmi les stocks emmagasinés dans les greniers et les silos. Les intéressés n’appli-
- 1. Peut-être serait-il préférable de réserver les expressions pïl et concentration en ions hydrogène au cas des solutions vraies, cpiand ces termes ont un sens physico-chimique pi’écis, et se contenter de parler de degrés d’acidité apparente pour les colloïdes, les liquides intracellulaires et d’imbibition.
- 2. R. Legendre. La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Paris, 1925. — Utilisation des réactifs colorimétriques de pH pour la reconnaissance des bois verts ou secs. Comptes rendus, CLXXXIV, 1927, p. 949. — Le noircissement des conserves de crustacés. Recherches et Inventions, 15 juillet 1926, p. 509-520.
- quent d’autre remède que le brassage : pelletage à la main dans les petites fermes, agitation mécanique dans les installations plus importantes; c’est une dépense considérable de main-d’œuvre ou de force. Les essais chimique sont toujours été très timides, par crainte d’altérer les qualités boulangères de la farine ; seule, la chaux a été proposée comme déshydratant.
- « Partant d’essais faits jmndant la guerre, y ajoutant de nouvelles expériences guidées par la notion de pH, j’arrive aujourd’hui à la conception schématique suivante des processus d’altération si complexes et si variés des grains et des issues.
- « Le grain germe quand, intact, il se trouve à des degrés de température et d’humidité favorables.
- « L’humidité d’une masse de grains dépend des conditions atmosphériques au moment de la récolte et des soins ultérieurs (aération, séchage) donnés à celle-ci ; une teneur en eau supérieure à 14 pour 100 environ permet une germination rapide.
- « La température d’une masse de grains dépend du milieu extérieur et beaucoup plus des transformations qu’elle subit : respiration, fermentations, et surtout développement de bactéries et de moisissures ; la température optima de la germination, voisine de 28npour la plupart des céréales, est souvent atteinte et dépassée.
- « Tous les grains sont saupoudrés d’une énorme quantité de bactéries et de spores, provenant du sol, qui pullulent dès qu’elles trouvent un milieu humide et nutritif. L’aliment principal, les sucres, est fourni par les grains fendus ou brisés dans lesquels les diaslases des cellules ouvertes de la couche à aleurone et du germe agissent sur les grains d’amidon humides épars.
- « Si bien qu’un tas de grains humides s’altère en s’échauffant : les grains intacts, à l’air, germent; ceux privés d’oxygène fermentent; les grains brisés ou seulement fêlés, et plus encore les issues fragmentées, se putréfient de manières diverses selon la nature des microorganismes qui se développent le plus activement.
- a Or, on sait que le pouvoir amylolytique des diastases du grain est maximum au pli 5 et décroît rapidement dès que ce pH varie. J’ai donc pensé qu’en portant les cellules à diastases, ouvertes par brisure ou fêlure, d’un las de grains ou d’issues, à un degré d’acidité très différent du pH 5, on supprimerait la production de sucre et par suite la pullulation des microorganismes et réchauffement qui s’en suit.
- « Les expériences faites au laboratoire, puis chez des fermiers et à la minoterie, grâce à la collaboi-ation des Grands Moulins de Paris, ont montré l’efficacité du procédé.
- « En choisissant parmi les nombreux composés alcalins ceux qui sont sans toxicité, sans propriétés spécifiques défavorables, de l’emploi le plus pratique, sans action ni sur le pouvoir germinatif du grain, ni sur les quantités panifiables delà farine, nous avons pu, avec des quantités infimes, stabiliser pratiquement des masses importantes de grains et d’issues de céréales très variées.
- « Il y a là, croyons-nous, non seulement pour la dernière récolte faite sous la pluie, mais d’une façon très générale, un moyen d’augmenter les ressources alimentaires disponibles pour l’homme et les animaux de ferme. »
- R. Legendre.
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- LES COURSES DE LÉVRIERS EN ANGLETERRE
- Après avoir obtenu un succès remarquable à Manchester, les courses de lévriers avec lièvre électrique, importées d’Amérique l’année dernière, ont pris à Londres une extension et une popularité surprenantes.
- Ces courses d’un nouveau genre, qui ont lieu à la « White City », dans le quartier de « Shepherd’s Bush » par où l’on sort de la capitale anglaise en allant à Oxford, ont révélé les plus élégants et les plus rapides, non seulement de tous les chiens, mais aussi de tous les quadrupèdes. En cette circonstance, le lévrier fait, en effet, de 18 à 20 mètres à la seconde, soit 70 kilomètres environ à l’heure, alors que le cheval de course le plus rapide ne dépasse pas 65 kilomètres à l’heure.
- Jadis, ces épreuves mettaient en lice des lièvres qui servaient de buts vivants aux « greyhounds « et le sort voulait qu’ils aient souvent les reins brisés par les poursuivants.
- La Société protectrice des Animaux s’étant insurgée contre ce genre de sport, des ingénieurs eurent l’idée de remplacer le lièvre vivant par un lièvre empaillé, mécaniquement entraîné, afin de donner aux chiens l’illusion qu’ils s’élancent à la poursuite d’un véritable gibier.
- Du reste, comme a bien voulu nous le direM. Carlos, spécialiste du Coursing et entraîneur expérimenté, les choses se passent de la manièi-e suivante.
- Conduits par leurs lads, les chiens munis de petits paletots de soie multicolores diversement bariolés et permettant de les distinguer aisément les uns des autres, font le tour de la piste, puis on les enferme dans un box, d’où ils peuvent voir à l’avance la proie décevante qu’on offre à leur instinct chasseur. ;;
- Celle-ci est montée sur une roue reliée par une tringle à une sorte de petit chariot roulant sur rails, soit dans un tunnel sous la piste, soit sur le côté, derrière une
- palissade. Ce chariot est mû électriquement par un opérateur placé au sommet d’une tourelle d’observation d’où il domine la piste tout entière.
- Aussitôt que les chiens sont entrés dans le box, le starter agite son drapeau, une lumière rouge apparaît sur le sommet de la tourelle et le lièvre factice est mis en mouvement. Pour prendre de la vitesse, il fait son tour de piste, sous les regards impatients des chiens et des spectateurs, dont les bruyants transports ne se peuvent décrire.
- A l’instant où l’animal empaillé franchit, en pleine vitesse, la ligne de départ, le box s’ouvre en glissant verticalement et les chiens s’élancent dans l’arène éclairée comme en plein jour et longue d’environ 500 mètres.
- Le lièvre roule à toute vitesse suivi de la meute. Lorsqu’un des museaux effdés se rapproche trop, l’opérateur donne un peu plus de courant et les chiens sont distancés.
- Aux obstacles, le lièvre électrique triche sans vergogne, car au pied de chaque haie s’ouvre une trappe par laquelle il disparaît, taudis que les chiens sautent.
- A l’arrivée, la bête poursuivie va se mettre gentiment à l’abri dans une cage dont la porte claque aussitôt au nez des chiens essoufflés. N’ayant plus de gibier en vue, ceux-ci s’arrêtent après avoir passé le poteau où ils sont jugés et classés. Les spectateurs fêtent alors l’heureux gagnant, sauf naturellement ceux qui ont parié contre lui.
- Actuellement, un chien bien racé, inscrit sur le « Greyhound Stud Book », vaut dans les 15 à 30 livres.
- L’année dernière, lorsque les courses de lévriers sur piste furent introduites d’Amé-
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- rique à Manchester, les organisateurs n’ayant pu trouver des propriétaires assez nombreux formèrent une société, la « Greyhound Racing Association », qui fit l’acquisition d’un lot important de bons chiens en Irlande où l’on élève les lévriers sur une grande échelle pour les exporter en Amérique.
- Entraînés par leur propriétaire ou par des entraîneurs, les chiens passent dans les chenils officiels de la « White City, » au moins la semaine qui précède la course à laquelle ils vont prendre part : ceci pour permettre les essais de handicap et éliminer les chiens méchants ou batailleurs.
- Le canidrome qu’on- a construit est une piste, plus courte que celle des hippodromes, entourée de tribunes couvertes sur les trois quarts du pourtour. Les séances
- avec un empressement tel que les organisateurs de ces épreuves réalisent des affaires formidables. Aussi les pistes poussent-elles comme des champignons : à l’heure actuelle il existe une quarantaine de sociétés pour le développement de ce jeu qui se révèle une mine d’or pour les spéculateurs. Des actions de la première société qui valaient 4 ou 5 shillings, à l’émission se vendent maintenant pour autant de livres. Cette vogue de courses de lévriers est également une source de revenus pour le trésor britannique. Elle lui rapporte près de 10 000 livres sterling par semaine (1 240 000 francs). La moyenne hebdomadaire des entrées sur les canidromes est d’environ 410 000 personnes, payant la taxe sur les réunions publiques et une taxe de 2 pour 100 sur les paris
- Fig. 3. — La piste et les tribunes de White City, telles qu’elles apparaissent le soir.
- ont lieu le soir, à la lumière électrique. Leur succès est tel que des compagnies cinématographiques envoient à toutes les épreuves des opérateurs qui prennent les vues d’une façon tout à fait originale. Ils installent un appareil spécial de prises sur le dos d’un chien suivant les autres. La pellicule, se déroulant automatiquement, enregistre la course vue par derrière; ou bien encore, c’est le lièvre électrique qui transporte l’appareil et filme les chiens qui le poursuivent. Ces films obtiennent un succès tel que l’on songe à tourner de la même manière les courses de chevaux.
- Les courses ont lieu le soir, trois fois par semaine, le départ de la première étant donné à 19 heures. De cette façon, sans négliger leurs occupations quotidiennes, bourgeois et ouvriers peuvent y assister et ils le font
- Tel est le passe-temps dont le succès va sans cesse croissant chez les Anglais; nous le connaîtrons, nous aussi, très prochainement chez nous.
- En effet, plusieurs groupements manifestent le désir d’y intéresser le public.
- Déjà l’un d’eux, la Société « Lys Chantilly » a fait, le mois dernier, aux environs de Chantilly, un essai. C’étaient des courses dites « à l’appel du maître », une sorte de concours d’obéissance et non de vitesse, n’ayant rien de commun avec les courses à l’américaine derrière un lièvre électrique, telles qu’on les verra aux environs de Paris et à Paris si le vote du Sénat autorisant le pari mutuel permet de faire à coup sûr les coûteuses installations nécessaires.
- L. Kuentz.
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- AUGUSTIN FRESNEL
- Deux grands centenaires scientifiques ont été célébrés à Paris simultanément dans les derniers jours d’octobre : l’un commémorait la mort du physicien Augustin Fres-nel, l’autre la naissance du chimiste Marcelin Berthelot. Les cérémonies consacrées à Berthelot ont eu l’éclat d’une véritable fête nationale et la presse quotidienne leur a consacré d’abondants comptes rendus ; celles de Fresnel ont eu le caractère discret d’une fête de famille entre savants et étudiants de France, rehaussée il est vrai par la présence de grands savants étrangers : Einstein, Lorentz, Zeemann, lord Rayleigh, Mourelo, Majorana. On s’explique mal cette différence de traitement : Fresnel ne le cède à Berthelot ni par le génie, ni par le désintéressement, ni par le dévouement à la chose publique. Ses travaux comme ceux de Berthelot ont jeté, dans le monde, un éclat incomparable sur la science française. Tous deux ont été des observateurs et des expérimentateurs hors de pair. Mais s’il fallait établir un parallèle entre ces deux savants justement illustres, dans la mesure où la différence des domaines qu’ils ont explorés permet une comparaison, c’est sans doute Fresnel qui l’emporlerait. Car l’œuvre théorique qu’il a édifiée a résisté, dans ses grandes lignes, à l’épreuve du temps; du premier coup d’œil, il a su discerner et mettre en évidence, dans la complexité en apparence contradictoire des phénomènes, les vérités simples et profondes qui les régissent. Sa théorie ondulatoire de la lumière reste debout aujourd’hui encore, et constitue un magnifique monument auquel il a suffi d’ajouter de nouvelles pierres, pour en faire jusqu’à ces dernières années le modèle achevé des théories physiques.
- Des faits nouveaux révélés depuis peu n’y trouvent plus place, il est vrai.
- Mais elle reste la seule explication satisfaisante de l’immense majorité des phénomènes optiques. Une partie de l’œuvre théorique de Berthelot, ébauche puissante mais imparfaite, n’offre plus qu’un intérêt historique.
- Une singulière fatalité semble ainsi s’acharner à soustraire la belle figure de Fresnel aux hommages publics qu’il a si bien mérités. Sa carrière de savant1 et d’inventeur, éblouissante mais brève comme l’éclair, a été trop courte pour lui permettre d’accéder à la popularité. Lorsque, 3 ans après sa mort, son ami et collaborateur Arago lut son éloge funèbre en séance publique de l’Aca-dérnie, c’était le 26 juillet 1830, au début des troubles révolutionnaires. Fresnel n’a d’autres effigies publiques qu’un modeste buste, à Broglie, son pays natal et un autre buste au Conservatoire des Arts et Métiers. Le plus beau monument qui puisse consacrer le souvenir d’un savant, c’est la publication de ses œuvres. Celles de Fresnel, dispersées dans des publications peu répandues, n’ont pu, par suite d’une série de hasards malheureux, être réunies en volumes et publiées par Verdet qu’en 1866.
- Fi-esnel est né en 1788, à Broglie, près de Bernay en Normandie. Il était issu d’une vieille famille normande. Son père, architecte, était un homme fort distingué. Son métier l’avait appelé au château de Broglie, pour y diriger des travaux de réfection. Là, il se lia avec le régisseur du château, M. Mérimée et il épousa sa fille. Le beau-frère de M. Fresnel devint professeur de dessin à l’Ecole Polytechnique et son fils Prosper Mérimée devint l’écrivain bien connu. Par une curieuse coïncidence, le propriétaire actuel du château de Broglie, M. le duc Maurice de Broglie est lui-même un physicien éminent.
- Fresnel eut trois frères ; deux d’entre eux furent comme lui admis à l’Ecole Polytechnique, le troisième devint un orientaliste distingué.
- La santé d’Augustin Fresnel fut toujours délicate; aussi dit-on qu’il fut tout d’abord un élève arriéré ; il ne sut lire qu’à 8 ans; et il fut au début assez rebelle aux études littéraires. Mais dès l’enfance, il se révéla observateur et inventif. Arago raconte qu’il avait acquis parmi ses petits camarades du petit village de Mathieu où son père s’était retiré pendant la Révolution, une véritable célébrité pour les perfectionnements qu’il avait apportés aux sarbacanes.
- En 1801, à l’âge de 13 ans, son père l’envoya à l’Ecole Centrale de Caen où il fit de sérieuses études; ses progrès en mathématiques furent très rapides. En 1804, à 16 ans et demi, il entrait à l’Ecole Polytechnique où son frère l’avait précédé d’un an. Il s’y distingua surtout par son habileté dans les travaux graphiques. Sorti dans un bon rang, il put choisir le corps des Ponts et chaussées et débuta en 1809 comme ingénieur ordinaire en Vendée.
- Il se consacra scrupuleusement à ses fonctions administratives, mais elles correspondaient mal à ses goûts.
- Envoyé ensuite à Nyons, il n’y trouva pas davantage l’emploi de ses facultés exceptionnelles; c’est là que, pour occuper son esprit, il commença à se consacrer, à l’étude de questions scientifiques, et qu’il entreprit ses premières recherches expérimentales. Après quelques tentatives chimiques, son choix se porta sur l’optique. Ses biographes rapportent qu’il était alors d’une singulière ignorance en cette matière. Ayant lu au Moniteur que -Biot avait lu à l’Académie un mémoire sur la polarisation de la lumière, il écrit à son oncle Mérimée, pour lui demander de lui envoyer des documents sur cette question : il ignore ce que peut signifier ce mot.
- A ce moment, Napoléon succombe et Louis XVIII remonte sur le trône. Fresnel, d’esprit libéral, accueillit avec joie la Restauration. Au moment du retour de l’île d’Elbe il estima de son devoir de s’engager dans un détachement de l’armée royale, malgré sa santé précaire. Le détachement fut bientôt dissous. Fresnel rentra,
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- Fig. 2. — Le village de Broglie où naquit Auguste Fresnel.
- A gauche de l’Eglise, la maison d’angle est la maison natale de Fresnel.
- presque mourant, à Nyons, et fut révoqué par le gouvernement impérial, mis sous la surveillance de la haute police et relégué dans son petit village de Mathieu. Il s’y rendit après un court séjour à Paris, qui lui servit à renouer d’utiles relations dans le monde scientifique, notamment avec Arago.
- La carrière de Fresnel allait se décider. C’est pendant son exil à Mathieu, en effet, que dénué de tout matériel scientifique, mais poussé par une vocation impérieuse, il devait exécuter les premières recherches qui allaient le rendre célèbre.
- D’emblée il s’attaque à un problème difficile, celui de la diffraction, phénomène quasi inexplicable avec la théorie de l’émission, la seule alors admise dans le monde scientifique. Tous les savants de l’époque, à l’exception de Thomas Young alors inconnu de Fresnel, étaient délibérément newtoniens. Pour eux, la lumière était une émission de particules matérielles projetées par le corps lumineux. Fresnel aperçoit immédiatement les contradictions que la diffraction oppose à cette théorie et, allant droit au cœur du problème, il se demande ce qu’est la lumière et jusqu’à quel point est exacte la loi de propagation rectiligne de la lumière. Il crée, de fortune, avec l’aide du serrurier du village, un matériel de mesure, notamment un micromètre, rudimentaire mais précis, qui lui permet de mesurer les franges. Une goutte de miel déposée sur un trou dans une feuille de cuivre lui sert de lentille.
- Les résultats de ces premières investigations sont, résumées dans deux importants mémoires du 15 octobre et du 10 novembre 1815. Déjà Fresnel y prend parti, contre toutes les autorités de son temps, pour la théorie ondulatoire : la lumière est due à des vibrations propagées par un milieu élastique : l’éther. Il ajoute aux aperçus de Thomas Young une notion fondamentale, celle du mouvement périodique et retr ouve le principe des interférences d’après lequel deux mouvements vibratoires peuvent se détruire. « De la lumière ajoutée à de la lumière,
- dira-t-il plus tard, peut produire de l’obscurité ».
- Les mémoires de Fresnel attirèrent l’attention du monde savant mais ne le convainquirent point. Sur ces entrefaites, Fresnel, après les Cent jours, avait repris ses fonctions d’ingénieur en province, après un court séjour à Paris en 1816. L’Académie des Sciences avait en 1817 mis au concours l’étude des phénomènes de diffraction. Fresnel y prit part et rédigea à cette occasion un mémoire fondamental et admirable. Il montre que les franges produites par un corps opaque ne dépendent que de la forme de cet obstacle, non de la nature de la substance qui le constitue. Il étudie l’ombre d’un fil ténu, celle d’une étroite ouverture, d’un écran à bord rectiligne et donne les formules auxquelles sont soumis ces phénomènes. Il montre l’accord parfait de la théorie ondulatoire avec tous ces phénomènes que la théorie de l’émission est impuissante à expliquer.
- Le savant mathématicien Poisson, newtonien convaincu et juge du concours, lisant le mémoire de Fresnel, aperçut immédiatement une conséquence, pour lui paradoxale, des formules de Fresnel. En éclairant un petit disque opaque par un point lumineux, on doit trouver au centre de l’ombre un point lumineux. Fresnel, prévenu par Arago, fit l’expérience et constata l’existence de cette tache lumineuse prévue par la théjarie.
- Dès lors, la partie est gagnée, la théorie ondulatoire va triompher.
- Fresnel, nommé à Paris en 1818, peut se consacrer plus entièrement à la science et ses découvertes se succèdent avec une rapidité extraordinaire.
- Seul ou en collaboration avec Arago, il étudie les
- Fig. 3. — Le pavillon de Mérimée au château de Broglie. C’est là qu’habitait le grand-père de Fresnel.
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- interférences des rayons polarisés et arrive à cette conclusion fondamentale, et révolutionnaire : les vibrations lumineuses sont transversales au rayon lumineux. Il fournit l’explication du phénomène des couleurs des corps cristallisés en lumière polarisée. Il découvre la polarisation circulaire. Puis il s’attaque au phénomène de la double réfraction et donne les lois exactes de la propagation de la lumière dans les milieux cristallins. Enfin il donne les formules de la réflexion et de la réfraction de la lumière polarisée. Tous ces travaux dont un seul eût suffi à immortaliser son auteur se succèdent de 1818 à 1824. A ce moment, la santé toujours fragile de Fresnel, membre de l’Académie des Sciences depuis 1823, interrompit le cours de ces découvertes sensationnelles.
- Mais ces six années ont suffi à constituer, sur des bases aujourd’hui encore inébranlées, le corps de doctrine de l’optique ph}’sique moderne. L’immense domaine des radiations nous est révélé et ses contours sont nettement dessinés.
- L’œuvre scientifique pure de Fresnel, si formidable soit-elle, n’est qu’une partie de son œuvre. Fresnel fut aussi un inventeur de qualité exceptionnelle. Il révolutionna en effet la technique des phares. C’est en 1819 qu’il s’attaque à ce problème et immédiatement il y introduit des progrès révolutionnaires. Au système de projection par miroir, il substitue celui des lentilles. Pour réaliser un ensemble suffisamment léger et transparent, il fait appel aux lentilles à échelons, déjà proposées par Buffon dans un autre but, mais que personne encore n’a-
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- vait construites. Il en donne les formules et met au point les moyens pratiques de les construire avec exactitude et économie. Il augmente la puissance de la source éclairante en créant, en collaboration avec Arago, la lampe à plusieurs mèches concentriques et double courant d’air. Après des essais satisfaisants exécutés sur l’Arc de Triomphe, un premier phare Fresnel était installé en 1823 sur la tour de Cordouan, à l’embouchure de la Gironde. Sa portée dépassait 60 km, tandis qu’avec les systèmes à projecteurs paraboliques on n’atteignait péniblement qu’une vingtaine de kilomètres. On doit encore à Fresnel dans ce domaine une foule de perfectionnements, grâce auxquels la technique française des phares servit pendant tout le xixe siècle de modèle aux autres nations. Et, à ce titre, Fresnel doit être justement classé parmi les bienfaiteurs de l’humanité.
- En 1826, la carrière de Fresnel, si courte mais si étonnamment remplie, est terminée. Sa santé décline chaque jour; il se retire à Ville-d’Avray, laissant à son frère sa succession au Service des Phares et il s’éteint à 39 ans, en juin 1827.
- Dans sa vie privée, ce grand homme fut le plus modeste et le plus désintéressé des hommes. A l’exemple d’Ampère, il consacrait à ses travaux les maigres ressources qu’il tirait exclusivement de ses traitements d’ingénieur et d’académicien. Il mourut pauvre, après avoir enrichi la science et la technique de véritables trésors.
- A. T.
- LA CONSERVATION A SEC
- DES ORGANISMES VIVANTS
- La Nature a publié {n° 2770, 1er octobre 1927, p. 29k) une étude de M. Gradenwitz signalant que le directeur de VInstitut anatomique de Vienne, le professeur Hochstetter et son assistant, le DT Schmeidel, venaient de mettre au point une nouvelle méthode de conservation à sec par la paraffine des organismes vivants.
- Rien n’est nouveau sous le soleil.
- On nous signale qu’un des plus anciens abonnés de La Nature, M. A. Pannetier, pharmacien à Montluçon, exinterne des hôpitaux de Paris, avait déjà proposé le même moyen au Congrès des Sociétés Savantes tenu à Paris, en 1888. En 1895, dans une brochure, parue à Montluçon, intitulée : « Notes et observations de laboratoire », il décrivait longuement et clairement la technique à suivre.
- Nous tenons à reproduire textuellement cette publication qui montre sans conteste Vantériorité due à notre compatriote.
- NOTE SUR UN PROCÉDÉ DE CONSERVATION DES CADAVRES ET DES MATIERES ANIMALES DESTINEES AUX RECHERCHES TOXICOLOGIQUES
- En 1885, frappé de la facilité avec laquelle l’essence de térébenthine se résinifie en présence des oxydants, j’eus
- l'idée d’utiliser cette propriété pour la conservation des cadavres.
- Jusqu’ici, les procédés employés consistaient, la plupart du temps, soit à modifier la substance animale par des agents chimiques (alun, tanin), soit à la rendre imputrescible par l’addition d’antiseptiques tels que le bichlorure de mercure, soit à faire intervenir les deux procédés, ainsi que le pratiquaient d’ailleurs les Egyptiens. Leurs momies saturées de natron, bourrées d’aromates, ont bravé les siècles sous leurs bandelettes imprégnées de naphte et d’huile de cèdre qui •les garantissaient contre les agents extérieurs de destruction.
- Je me demandais si on ne pourrait pas, à l’instar des Égyptiens, enduire de résine non pas la surface du corps mais chaque cellule, chaque fibre animale, si je puis ainsi parler, en substituant à l’eau qui les pénètre l’essence de térébenthine, résinifiée ensuite par l’oxygène.
- Je fis mon expérience sur un petit moineau tombé du nid que je trouvai mort sous les arbres du Luxembourg. Je commençai par retirer l’eau du corps de l’oiseau en le maintenant pendant trois semaines en présence de l’acide sulfurique; je le plongeai ensuite dans l’essence de térébenthine pendant deux mois, au bout de ce temps je le mis sous une
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- cloche où, à divers intervalles, pendant plusieurs jours, je fis passer un courant d’oxygène naissant. Quand je retirai mon oiseau, il était complètement desséché, l’essence s’était résinifiée, et j’eus quelque espérance de voir mes prévisions réalisées.
- Je dois dire cependant que ma confiance n’était pas absolue, et j’enduisis le petit moineau avec une solution de gomme laque.
- Plus tard, je regrettai d’avoir passé cette sorte de vernis, et je voulus tenter de nouveaux essais plus concluants ; c’est alors que j’eus l’occasion d’observer un fait qui m’a paru devoir rendre quelques services dans les expertises médico-légales.
- Le 14 du mois de mai 1886, je me procurai deux oiseaux morts, un serin et une linotte; comme la première fois, je les mis sous une cloche en présence d’acide sulfurique et de potasse caustique.
- Mais mes occupations me firent abandonner complètement mes petits oiseaux.
- Ils passèrent tout l’été dans leur tombeau de verre, au milieu d’un petit cabinet mal aéré où la température était parfois très élevée.
- Le 12 septembre suivant, quatre mois après, j’enlevai enfin la cloche, m’attendant à trouver mon serin et ma linotte en décomposition. Je fus agréablement surpris de constater qu’ils étaient aussi frais que le premier jour, mais complètement desséchés et ne répandant pas d’autre parfum que celui de poudre de viande. Je coupai en deux la linotte et j’en conserve une moitié dans une boîte découverte, exposée à la chaleur, à l’humidité, aux ferments, aux germes de l’atmosphère.
- Cette sorte de momification est analogue au moyen employé dans les pays chauds pour conserver les viandes en les séchant au soleil.
- Si le temps vient confirmer mon expérience, cette dessication pourrait avoir d’utiles applications. Je ne parlerai pas des conserves alimentaires, des momifications qui primeraient la crémation ; mais j’attirerai l’attention sur les avantages de ce procédé au point de vue médico-légal pour la conservation des pièces à conviction dans les cas d’empoisonnement.
- Souvent les toxicologistes sont arrêtés dans leurs recherches par la présence de certaines substances étrangères introduites comme antiseptiques, qui arrêtent leurs expertises, en les paralysant, comme l’essence de térébenthine dans l'empoisonnement par le phosphore, ou en les déroutant comme le font certains poisons antiputrides (choral, bichlorure). J’avoue que ces substances sont rarement employées, mais leurs inconvénients ne se présenteraient plus avec ce mode de conservation facile à généraliser parce qu’il est très simple, et qu’il ne demande aucun élément étranger. J’ajouterai que certaines études parfois peu agréables seront entreprises sans répugnance, et par conséquent conduites avec plus de persévérance et de courage.
- Poursuivant mes essais, j’ai eu la satisfaction d’obtenir des résultats qui m’ont permis d’étendre les principes et le mode opératoire de ce procédé de momification à la conser-
- vation des cadavres et à celle des pièces anatomiques.
- C’est par dessiccation des^tissus et leur pénétration d’essence de térébenthine, résinifiée ensuite, qu’avaient été conservées les pièces que j’ai présentées au Congrès des Sociétés Savantes en 1888 b Devant les inconvénients que peut présenter l’essence de térébenthine dans l’empoisonnement par le phosphore, j’ai cherché une autre substance inerte pour imprégner les tissus.
- Deux cobayes morts par étouffement, intacts, l’estomac encore bourré d’aliments, les intestins remplis d’excréments et, naturellement aussi de germes de putréfaction multiples, ont été conservés par dessiccation préalable, suivie d’un bain prolongé dans une solution alcoolique de baume de Tolu.
- Mais à la rigueur, dans ce cas-là, la réussite pouvait être attribuée à l’action antiseptique de l’acide cinnamique et de l’acide benzoïque du baume de Tolu.
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- Depuis j’ai pu obtenir des résultats très concluants avec une autre substance absolument neutre, la paraffine.
- Voici sommairement la marche que j’ai suivie en employant cette substance.
- La consistance solide de la paraffine et le désir de conduire plus rapidement l’expérience, m’ont fait apporter quelques petites modifications au procédé.
- Dans un récipient de forme cylindrique, en tôle d’acier, à fermeture bien étanche, diverses pièces anatomiques ont été placées (un cœur et quelques morceaux de chair de brebis). Un vase de forme haute, à large ouverture, à demi rempli d’acide sulfurique, a été déposé au milieu de ces objets. Par la tubulure du couvercle le récipient métallique a été mis en communication avec une trompe à faire le vide (trompe de Kunkel) ; un petit fourneau à gaz placé sous le récipient entretenait la température entre 60 et 65°.
- Cette intervention combinée de la raréfaction d’air, de l’élévation de température et de l’action hygroscopique de l’acide sulfurique a amené, en moins de 2 jours, une dessiccation complète des objets enfermés dans le récipient.
- A ce moment, le vase d’acide sulfurique a été retiré et, sur les pièces desséchées, de la paraffine fondue a été versée en quantité suffisante pour les recouvrir d’une couche de 3 ou 4 cm. d’épaisseur. Le récipient a de nouveau été fermé hermétiquement. La tubulure du couvercle fut mise en communication avec une pompe de compression. L’air et les vapeurs que peut dégager la paraffine furent refoulés de façon à porter à 3 atmosphères la pression intérieure du récipient.
- Enfin au bout de deux jours les objets furent retirés et égouttés à température de 70° pour les débarrasser de l’excédent de paraffine.
- Les pièces qui ont été ainsi traitées, il y a deux ans, sont admirablement conservées.
- Je n’ai gardé en ma possession que le cœur de brebis qui a toujours fort bel aspect; fi ne dégage aucune odeur, sa couleur acajou foncé et le ton mat qu’il rend à la percussion le feraient presque prendre pour un morceau de bois.
- A. Pannetier.
- 1. Journal Officiel, 26 mai 1888, page 210.
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- QUELQUES CAS ÉVITABLES DE NOYADE = 469
- Il est fréquent d’entendre conter la triste histoire d’un nageur, jeune et habile, qui, à peine dans l’eau, disparaît pour ne plus revenir si de prompts secours n’ont pu lui être apportés à temps. Autrefois on accusait des ondines mystérieuses et ensorcelantes d’avoir attiré au fond de l’eau l’athlète vigoureux mais imprudent. Plus tard on a invoqué — et on le fait encore quelquefois — des algues traîtresses qui, en s’attachant aux membres,'paralysent les mouvements.
- On accuse aussi bien souvent d'es crampes musculaires qui empêcheraient un ou plusieurs segments des membres de se mouvoir ou même qui, par la douleur intense qu’elles provoquent, rendent impossible tout effort sérieux.
- Des remarques d’ordre déjà plus scientifique ont été faites lorsqu’on a constaté que ces accidents subits survenaient souvent après les repas. C’est ainsi que l’ingestion d’aliments met l’organisme dans un état de moindre résistance. Les vaisseaux qui irriguent les viscères abdominaux sont alors gorgés de sang de telle sorte qu’il en reste tout juste assez pour le reste de l’organisme. Si à ce moment une nouvelle cause de déséquilibre telle que le froid de l’eau vient s’ajouter au déséquilibre créé par le repas, un état de malaises, voire une syncope catastrophique, peut se déclancher dans l’eau. Il est de fait que beaucoup d’observateurs ont constaté, à l’autopsie de ces nageurs malheureux qui s’étaient baignés après le repas, que les aliments avaient pénétré jusqu’au fond des bronches, vraisemblablement au cours d’efforts violents d’inspiration survenant en même temps que des vomissements.
- Il est vraisemblable, par ailleurs, que des bains très froids peuvent, chez certains prédisposés, déterminer, alors même qu’un repas n’a pas été pris, un état de malaises dangereux. Il existe, en effet, une catégorie d’organismes à constitution sensible qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de thymico-.lymphatiques et qui fournissent le plus grand nombre de ces morts subites observées par exemple au cours de la narcose chloroformique et, peut-être aussi, au cours d’une baignade en rivière.
- Mais il est une toute autre catégorie de cas dans lesquels la pleine eau peut occasionner des désastres et sur lesquels l’attention a été, non sans raison, appelée récemment et avec insistance. Ce sont là effectivement des notions qui doivent être répandues plus qu’elles ne le sont dans le public aujourd’hui où on fait des efforts si sérieux et d’ailleurs si méritoires pour que la natation se répande de plus en plus, la natation qui doit éviter tant de morts dues, chaque année, à ce que les imprudents vont se promener en barque sans être capables de faire les quelques brasses nécessaires pour gagner'la rive prochaine, en cas d’accident.
- Les faits sur lesquels l’attention a été ainsi appelée sont relatifs à l’oreille. Pour comprendre le mécanisme des phénomènes dont il va être question, il faut se rappeler que l’oreille, à côté de dispositifs si délicats destinés à faire entendre les sons, possède tout un appareil d’équilibration: les trois canaux semi-circulaires en forme d’anses, placés chacun dans un plan perpendiculaire au plan du précédent comme le sont deux parois contiguës et le plafond d’une chambre rectangulaire. Cet appareil est relié principalement au cervelet, partie du cerveau qui, elle aussi, est plus spécialement que les autres chargée de coordonner et de régler l’intensité des mouvements en vue de maintenir l’équilibre. Sans entrer dans les détails de l’anatomie et de la physiologie de ces appareils au sujet dequels nous ignorons beaucoup plus de choses que nous n’en connaissons, disons simplement qu’on a découvert il y a peu d’années que le froid et le chaud
- avaient une très grande influence sur ces canaux semi-circulaires qui président à l’équilibre. Si on fait passer dans un des conduits auditifs un courant d’eau chaude ou d’eau froide on peut ainsi déterminer des vertiges assez violents pour faire tomber brusquement sur le sol. La découverte de ces faits donne à penser qu’il peut être dangereux que de l’eau froide arrive brusquement au contact du tympan, au cours d’une baignade. En fait, des nageurs ont éprouvé des crises de vertiges survenus dans ces conditions et en ont entretenu les médecins spécialistes de l’oreille qu’ils ont été amenés à consulter.
- Cependant ce phénomène n’est peut-être pas très fréquent quand les oreilles sont parfaitement saines. Il s’observe, en revanche, beaucoup plus souvent lorsque le tympan est perforé d’une manière chronique et lorsque, par suite, l’eau froide peut arriver beaucoup plus près de l’oreille interne et des canaux semi-circulaires, au cours du bain.
- A ces considérations il faut ajouter encore que l’oreille peut être lésée au cours d’un plongeon ou lorsqu’une lame violente vient frapper la joue. Il se produit alors ce qui s’observe lorsqu’un coup violent donné avec la main plate, un soufflet, par exemple, ou avec une boule de neige, frappe en plein sur le pavillon : la pression de l’air augmente alors assez dans le conduit auditif pour crever le tympan.
- Dans ces conditions, des troubles vertigineux peuvent se produire et devenir graves si, à ce moment-là, on se trouve dans l’eau.
- Ces divers mécanismes où l’oreille interne intervient en provoquant une crise de vertige néfaste même pour le meilleur nageur sont aujourd’hui considérées, par les médecins oto-rhino-laryngologistes qui ont publié des recherches sur ce sujet, comme la cause de beaucoup la plus fréquente de ces accidents mortels survenus au cours de baignades.
- Les mesures de précaution qu’imposent ces acquisitions nouvelles sont aisément déduites de ce qu’on vient de voir. D’abord, conformément à la règle habituelle et fondée sur l’expérience, on ne doit pas se baigner en pleine digestion d’un gros repas. Ensuite, les personnes qui ont le tympan perforé par suite d’une otite suppurée doivent s’abstenir de bains pris ailleurs que dans une baignoire. Il en est de même aussi de celles qui ont une tendance spontanée aux vertiges par suite de lésions de l’oreille interne parce que, dans tels cas, l’appareil d’équilibration peut avoir des « ratés » extrêmement dangereux. Ceux qui, sans avoir le tympan perforé, ont une affection de l’oreille susceptible de diminuer la résistance normale du tympan feront également bien de prendre des précautions afin de ne pas s’exposer à une déchirure de cette membrane, accident dont on sait les graves conséquences.
- Actuellement d’ailleurs les nageurs ont une tendance à protéger leurs oreilles par des bonnets qui comportent une allonge recouvrant le pavillon. Il n’est pas certain que cette méthode soit la meilleure, car la lame de caoutchouc qui constitue cette allonge ne peut que transmettre presque sans perte la pression de l’eau à l’air contenu dans le conduit auditif et au tympan. Une lame, rigide semblerait plus logique. *
- Mais ce que recommande la généralité des médecins en pareil cas, c’est un petit tampon de ouate imbibé d’un corps gras comme par exemple de la vaseline et introduit à l’entrée de l’oreille. Sans avoir les mêmes prétentions que le bonnet de caoutchouc, ce dispositif a certainement une grande utilité.
- Dr P.-E Morhardt.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE L’essence synthétique en Allemagne.
- Nos lecteurs connaissent les travaux poursuivis en Allemagne dans diverses voies, pour transformer le charbon en huiles ou en carburants pour automobiles.
- Les brevets du procédé Bergius qui consiste à hydrogénée par contact avec l’hydrogène sous pression, ont été acquis, il y a quelque temps déjà, par le puissant groupement connu sous les initiales I. G. (Farben Industrie Interessen Gemein-schaft). On ne possède pas de renseignement précis sur le parti que ce groupement a tiré des brevets Bergius, mais on sait qu’il s’est mis activement à la besogne, en vue de passer à l’exploitation industrielle. Il y a tout lieu de croire que le procédé original de Bergius a été amélioré par l’emploi de catalyseurs.
- En outre un nouveau procédé de raffinage du produit brut, aurait' été découvert.
- Quoi qu’il en soit de la question technique pure et malgré le secret qui l’entoure encore, oq sait aujourd’hui que des résultats remarquables ont été obtenus. Il y a quelques semaines, la nouvelle se répandait qu’un accord était conclu, au sujet du pétrole synthétique et de son raffinage entre l’I. G. et le groupement pétrolier américain, non moins puissant : la Standard Oil.
- Et en effet, l’I. G. est parvenu actuellement au stade industriel de la fabrication du pétrole synthétique et dès maintenant l’on envisage une production et une vente par très grosses quantités.
- La matière première employée est le lignite dont l’Allemagne possède d’immenses gisements, d’exploitation très facile et économique. Le prix de revient de l’essence synthétique serait, grâce à l’abondance du lignite, très bas.
- La « Deutsche Gasolin Gesel », qui sera chargée de la vente du nouveau carburant, annonce dans son rapport que celle-ci commencera avant la lin de l’année.
- D’autre part, on apprend que l’I. G. a demandé aux compagnies de chemins de fer des tarifs réduits spéciaux pour le transport de ce liquide et qu’il a été fait droit à cette requête. Les stations d’embarquement désignées se trouvent à Leuna, à Ludwigshafen et à Kœtzchen. Rappelons que les deux premiers centres achètent également d’immenses usines, appartenant à l’I. G. et consacrées à la fabrication de l’ammoniaque synthétique par le procédé Haber.
- Ainsi l’Allemagne semble avoir donné une première solution efficace au problème du combustible liquide national.
- Où en sommes-nous en France à cet égard? Une récente conférence de M. Dumanois à la Société industrielle de Mulhouse, va nous l’apprendre.
- En 1926, la France a consommé plus de 1 million de tonnes d’essence.
- Le bassin de Pechelbronn lui en a fourni 6000 tonnes. Le reste a dû être importé.
- D’autre part, l’alcool éthylique, aux termes de la loi, devrait être mélangé à l’essence pour constituer le fameux carburant dit « national ». Or, il n’a pu être livré à la carburation en 1926 que 270 000 hectolitres d’alcool, soit l’équivalent de 16000 tonnes d’essence. Enfin la distillation du charbon et le débenzolage du gaz fournissent actuellement un contingent annuel d’environ 45 000 tonnes de carburant liquide. Ce chiffre est du reste appelé à croître, mais il est peu probable qu’il s’élève dans un avenir immédiat, sensiblement au-dessus de 60 à 70 000 tonnes. La généralisation du gaz pauvre sur les camions permet d’envisager, d’ici à quelques années, une économie de 200 à 300 000 tonnes d’essence par an.
- On voit combien notre déficit reste élevé. Il faut donc espérer que les recherches et mises au point, actuellement poursuivies par nos savants et industriels dans diverses voies, aboutiront, elles aussi, à bref délai, à des réalisations industrielles.
- MINÉRALOGIE
- Nouveaux gisements de cuivre et de nickel au Canada.
- D’immenses réserves de minerai de nickel ont été récemment découvertes dans le bassin de Sudbury, dans l’Ontario. Ces gisements, au dire de M. Mac Creo, ministre des mines pour l’Ontario, compteront parmi les plus riches du monde. Celui de la mine Frood, en particulier, d’après les prospections actuellement en cours, contient, outre du cuivre et du nickel, un fort pourcentage des métaux de la famille du platine, ainsi que de l’or et de l’argent.
- Cette même région est riche en minerai plombo-cupro-zinci-fère. On y érige actuellement une usine hydroélectrique de 50 000 ch qui alimentera une fonderie et une usine d’aflinage. Et ce n’est là qu’un chapitre dans l’histoire du développement industriel du Canada, dont l’accélération depuis la guerre est prodigieuse et constitue un des événements les plus importants de notre époque, mais presque ignoré en F rance.
- BOTANIQUE
- Un futur centre mondial de botanique.
- La Revue internationale de renseignements agricoles signale, d’après le Bulletin of the Pan-American Union, un nouveau projet grandiose de jardin botanique.
- Les Etats-Unis sont en train de créer en Californie un jardin botanique de proportions extrêmement vastes où les' buts scientifiques ne seront pas séparés des effets panoramiques. L’endroit choisi, après environ 40 années passées à recueillir les fonds nécessaires, est situé dans le Man-deville Canyon et s’étend sur une longueur de quatre milles et demi sur la côte, entre Los Angeles et le Pacifique; 800 acres seront cultivés dans des buts scientifiques et les 2700 acres restant formeront une aire richement cultivée en jardins et en bosquets. La zone est protégée aussi bien contre les vents froids des montagnes de l’intérieur que contre l’influence de l’air salin provenant de l’Océan, et comme elle reçoit en abondance les rayons [solaires, elle se montre parfaitement appropriée au développement d’une végétation subtropicale considérée jusqu’ici comme impossible dans le territoire de l’Union.
- Un noyau du nouveau jardin a été constitué dans une région inculte et rocheuse cédée par M. H. C. Oakley et qui, en l’espace de 8 ans, a été transformée par ce dernier en une oasis subtropicale avec des plantes extrêmement rares. On constituera des jardins comprenant, chacun en particulier, la flore d’un grand nombre de contrées du monde. On y installera des laboratoires, des musées, des herbiers, une riche bibliothèque, une station de génétique et de biologie, d’autres stations expérimentales, une station de quarantaine, un arboretum pour la conservation de plusieurs centaines d’espèces végétales, qui sera un incomparable refuge pour les oiseaux de toutes sortes.
- Plusieurs institutions bolaniques renommées coopéreront avec le Gouvernement fédéral de l’Union [au développement de cet immense jardin botanique, qui constituera' un véritable centre mondial de recherches et qui, de l’avis du Dr Georges
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- P. Cléments de Los Angeles, nommé curateur de la nouvelle institution, ne pourra être en complète efficacité que dans 500 ans. Ce chiffre ne peut pas étonner lorsque l’on pense que, pour le développement et la conservation du célèbre « Arnold Arboretum », un contrat d’une durée de mille ans a été passé entre la Harvard University et la ville de Boston. En attendant, on parle également de la fondation d'une grande université mondiale pour les études botaniques, dans le voisinage de la nouvelle institution.
- AGRICULTURE
- La récolte des céréales en France en 1927
- Le Journal Officiel vient de publier l’estimation de la récolte de celte année, faite comme d’habitude par le Ministère de l’Agriculture. Elle est plus satisfaisante que l’an dernier, comme le montre le tableau suivant :
- Production en milliers de quintaux 1927 1926 1925 1913
- Froment .... 77.389 63.077 89.904 86.919
- Méteil 1.053 925 1.239 1.203
- Seigle 9.347 7.639 11.090 12.714
- Orge 12.099 9.933 10.267 10.437
- Avoine 54.074 52.852 47.558 51.826
- Ainsi qu’on le voit, le s récolte s d’orge et d’avoine dépassent
- celles d’avant-guerre.
- Le froment fut ensemencé sur 5 345 270 hectares et donna à l’hectare un rendement moyen de 14,47 quintaux (12,01 l’année dernière, 13,28 en 1913). On constate donc une augmentation du rendement due sans aucun doute à l’amélioration progressive de la culture et à l’emploi plus généralisé des engrais.
- Malheureusement, la récolte a été faite dans des conditions si défavorables, par suite des pluies persistantes l’été dernier, qu’on peut se demander quelle sera la possibilité de conserver les grains sans qu’ils s’altèrent. A cette question répond, croyons-nous, la note intéressante de M. Legendre qu’on a pu lire dans ce numéro de La Nature (p. 462).
- ZOOLOGIE
- Une filaire remarquable.
- M. J. Maranne nous communique l’intéressante note qui suit :
- « Un enfant ayant attrapé une grande sauterelle verte (I,ocusta viridissima L.) et s’amusant avec, vit sortir à l’extrémité de l’abdomen une pointe brunâtre qu’il prit tout d’abord pour un dard. Au bout d’un moment cette pointe s’allongea de plus en plus et, en tirant par son extrémité, l’enfant en sortit un ver que sa mère m’apporta par curiosité. C’était une Filaire remarquable par ses dimensions, car elle ne mesurait pas moins de 30 cm de longueur sur 1 mm à 1 mm 1/2 de diamètre,‘et d’une teinte jaune rougeâtre. Ces parasites ne sont pas rares dans le corps des insectes, et on sait que certains de ces derniers en hébergent quelques espèces particulières. Mais il est curieux de constater qu’un ver de la dimension de celui qui fait l’objet de cette observation ait pu vivre un certain temps dans le corps de la Locuste sans que celle-ci en soit incommodée.
- Le ver fut placé dans un flacon rempli d’eau fraîche. Par moment, il prenait une position absolument immobile, rigide, replié sur lui-même, se déplaçant tout d’une seule pièce lorsqu’on remuait le flacon, comme s’il était mort. Puis, au bout de quelques instants, il se déroulait et se mettait en mouvement dans le liquide. 11 vécut ainsi huit jours dans l’eau. »
- COLONISATION
- La rénovation des Arts marocains,
- Lorsque le Protectorat de la République française fut institué au Maroc, on se trouvait en face d’un art indigène réduit, si j’ose dire, à sa plus simple expression. Des riches productions d’autrefois en orfèvrerie, en cuir, en bois, en céramique, en architecture, il restait d’innombrables témoins; mais seulement dans l’époque contemporaine pour beaucoup des productions artisanales, des réminiscences simplifiées, étiolées, de cet art brillant et par certains côtés somptueux.
- Ce que fit l’administration française est très simple. Elle s’appliqua |au catalogue des arts indigènes. Des spécialistes ou simplement des fonctionnaires à l’esprit curieux furent chargés de favoriser les productions d’art soit par des subventions, soit par des commandes, plus tard par la création d’ateliers-écoles. Ainsi furent encouragés des ouvriers d’art, qui, toujours, furent conseillés dans le sens de l’imitation des anciennes productions artistiques dont les modèles ne manquent pas.
- Le tourisme aidant, un renouveau d’art s’est manifesté qui a produit ces sacs de cuir, dont la mode même, a pris un instant en France, ces portefeuilles, ces babouches, ces plateaux de cuivre et ces récipients divers en cuivre martelé, ces poteries, en un mot ces objets de style « vieux Fez » qui ont eu un moment d’éclipse dans la production locale, se sont mis à arriver sur le marché et ils ont porté au loin la renommée de l’artiste marocain.
- On doit signaler parmi les encouragements à l’art marocain, l’orientation donnée au tissage .des tapis, par le directeur actuel du Service des arts indigènes. Un atelier officiel ouvert à Rabat forme de bonnes tisseuses et on y tente des expériences nouvelles. La texture des tapis devient chaque jour plus compacte, la composition plus ordonnée, les coloris plus harmonieux. L’on n’utilise maintenant que des couleurs végétales; cela est nécessaire car les tapis d’il y a 10 ans étaient le plus souvent, quoique fort beaux, de teinte très peu solide. La marqueterie est en progrès. Qui n’a pas admiré dans les voyages à Fez ou à Marrakech, ces coffrets de marqueterie ou de bois sculpté finement?
- La broderie a un succès de plus en plus grand. Les broderies locales « aleuj » de Fez, anciennes et très décoratives sont remises en honneur.
- Un nombre cité par la Journée industrielle (10 sept. 1927) est suggestif : plus de 30 000 mètres carrés de tapis ont été exportés chaque année pendant ces trois dernières années.
- TRANSPORTS
- Le nettoyage magnétique des routes.
- Les routes sont parsemées d’objets ou débris de fer ou d’acier, fort dangereux pour les pneumatiques des bicyclettes et des automobiles. Une société américaine a songé à faire réaliser aux propriétaires de ces engins de locomotion des économies sérieuses, sur leurs pneus et bandages, en opérant un balayage magnétique des routes.
- Suivant Electric Raihvay Journal que cite la Revue universelle des mines, cette société a construit à cet effet un puissant électro-aimant suspendu dans un camion, très près du niveau du sol.
- Cet aimant est de forme circulaire, d’un diamètre de 0,55 m. environ; il est excité au moyen de courant fourni soit par une batterie d’accumulateurs, soit par une petite génératrice mue par moteur à essence. Voici les résultats de deux essais : sur une route, 75 kg. de métal ont été recueillis sur 8 km. de distance; dans une ville, après 2 jours, le même aimant avait recueilli 2500 kg. de métal.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La lumière principe du monde (A propos de Jean Perrin, prix Nobel de Physique), par Marcel Courtines. 1 brochure, (34 p. Cahiers de la quinzaine.- 2, rue de Fleurus, Paris.
- En quelques pages d’un relief saisissant, l’auteur résume l’œuvre du physicien français Jean Perrin ; il en fait apparaître le caractère logique et harmonieux, et il montre quelle place elle tient dans le grand mouvement qui révolutionne la physique contemporaine. Il trace de celle-ci un tableau à grands traits qui est particulièrement réussi. La lumière principe du monde, origine même de la matière, telle est la conclusion vers laquelle semblent tendre les théories les plus récentes, édifiées par de Broglie et Schrodinger, pour se substituer aux théories acceptées jusqu’alors, mais viciées par d’insolubles contradictions.
- Une illusion. La Conquête de l’air, par Néon, traduit de l’anglais par le commandant À. Thomazi. 1 vol., 304 pages. Payot, éditeur, Paris, 1927. Prix : 25 francs.
- C’est un véritable réquisitoire contre la navigation aérienne dont le commandant Thomazi nous offre la traduction, réquisitoire passionné, habile, d’une lecture instructive. Mais comme toutes les thèses absolues, celle-ci ne fait que côtoyer la vérité et n’en montrer qu’un aspect. L’auteur a beau jeu à montrer les difficultés, les dangers, les aléas, et l’irrégularité des transports aériens, aussi bien par avions que par dirigeables. Il lui est facile de mettre en évidence le prix élevé des parcours, la complexité des installations de ports, et de prouver par là que la navigation aérienne ne saurait se substituer aux autres modes de transport. C’est l’évidence même et les plus fervents partisans de l’aviation n’ont jamais prétendu le contraire. Tout le monde sait aussi que les compagnies de navigation aériennes ne vivent que par les subventions des gouvernements. Et celles-ci se justifient par,l’intérêt militaire que chaque pays attache à posséder une flotte aérienne et des équipages entraînés. Et c’est là surtout pour Néon que réside la grande illusion; pour lui la conquête de l’air ne présente aucun intérêt militaire. Il prétend, avec quelque raison peut-être, que les bombardements par avion n’ont aucune efficacité; mais il aurait pu en dire autant des bombardements de localités par l’artillerie terrestre et surtout marine. Il dénie toute efficacité aux reconnaissances aériennes, sous prétexte qu’elles ne remplacent pas celles de cavalerie. Une étude plus approfondie de la guerre maritime et continentale lui aurait montré la nécessité de multiplier les moyens de reconnaissance et d’éclairage ; aucun n’étant suffisant par lui-même. Elle lui aurait montré aussi, point de vue qu’il a totalement omis, l’importance capitale de l’aviation pour la reconnaissance des positions fortifiées, pour le réglage de l’artillerie, pour l’accompagnement de l’infanterie. Ces services sont d’une telle importance qu’une armée sans aviation se mettrait d’elle-même en état d’infériorité.
- De même Néon trouve trop coûteux les services scientifiques de recherches organisés par le gouvernement anglais. Il n’en aperçoit pas l’utilité. Il en est resté à la conception .romantique de l'invention. Cependant personne ne conteste plus aujourd’hui les immenses services rendus à l’Allemagne et aux Etats-Unis dans tous les domaines par ces organisations méthodiques de recherches; elles leur ont permis de supplanter l’Angleterre dans la plupart des domaines industriels.
- La thèse paradoxale de Néon manque donc de solidité. Par un côté cependant, elle mérite d’être retenue à titre de réaction contre l’exagération inverse, tout aussi dangereuse, celle qui tend à montrer l'arme aérienne comme l’arme prépondérante sinon exclusive de l’avenir. Pendant fort longtemps encore, l’infanterie restera la reine des combats et les autres armes ne seront que ses auxiliaires.
- L’ensilage des fourrages verts, par L. Bretignière et J. Godfernaux. 1 vol. in-'12, 256 p., 79 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 1927. Prix : 14 francs.
- La Nature a récemment exposé les avantages de l’ensilage. Après de nombreux voyages en France et à l’étranger, après avoir pratiqué et étudié l’ensilage, les auteurs donnent ici un manuel complet. Les fermentations qui ont lieu dans les silos sont étudiées d’abord, puis les différentes méthodes d’ensilage, les plantes à ensiler, les différents silos dont les types sont nombreux et les dimensions variées, les prix de revient de l’ensilage et tout ce que comporte cette question, tant au point de vue théorique que pratique.
- Faune de France. 15. Diptères (Nématocères), Ghironomidae, Tanypodinae, par M. Goetghebuer. 1 vol. in-8, 84 p., 105 fig. Lechevalier, Paris, 1927. Prix : 18 francs.
- Les Chironomides et les Tanypodines, peu étudiés en France, ont été l’objet à l’étranger de récents travaux qui permettent
- maintenant de les classer avec certitude. Dans le cadre et la forme de la Faune de France, voici leur monographie permettant d identifier, de connaître ces nombreux et intéressants Diptères, à l’état d’insectes parfaits, de larves et de nymphes, et d’aborder leur biologie.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler, Akademische Verlagsgesellschaft, Leipzig. Lieferung 1 : Echiuridae, Sipunculidae, Priapulidae, par \V. Fischer; Enteropneusta, par van der Horst ; Pantopoda, par J. Mei-senheimer, 1 vol. in-8, 79 p., 32 fig. Prix : 4,80 marks. — Lieferung 2 : Noctiluca, par A. Pratje ; Teleostei Physoclisti,-Heterosomata, par W. Schnakenbeck, 1 vol., 72 p., 41 fig. Prix : 4,50 m. — Lieferung 3 : Opisthobranchia, Pteropoda, par H. Hoffmann; Scapkopoda, par Tera van Beathem Jutting; Amphlbia, Replilia, par B. Mertens, 1 vol. 100 p., 57 fig. Prix : 7,30 m.
- Le nombre des animaux qui peuplent les mers et dont l’existence est connue est tel qu’on ne peut plus en réunir la description en un seul volume, œuvre d'un seul homme. Les grands traités de zoologie : Bronns, Cambridge, Perrier ne peuvent donner assez de place aux seuls animaux marins. Les travaux de faunistique régionale sont donc indispensables. Ici, la Faune de France répond à ce besoin, mais seuls quelques volumes relatifs à la faune marine ont paru. Voici un nouvel ouvrage, traité sur un autre plan : « Le monde animal de la Mer du Nord et de la Ballique ». Il se propose de signaler et de décrire tous les animaux qui peuplent les eaux salées et les îles qui bordent l’Allemagne. Non seulement, il donne leurs caractères de classification, mais il indique leur distribution géographique, il rappelle leur anatomie, leur développement, leurs mœurs, leur nourriture, leur mode de vie, leurs parasites et donne de chaque groupe une bibliographie sommaire, mais suffisante. C’est donc un livre indispensable pour tous les naturalistes qui fréquentent ces régions; il permet de déterminer rapidement les captures et de connaître les faits essentiels de leur biologie. Les trois fascicules publiés sont fort bien présentés et montrent une direction très homogène. Souhaitons qu’ils soient rapidement suivis de beaucoup d’autres et qu’on dispose ainsi d’un guide complet d’observation des animaux à la mer.
- Questions physiologiques d’actualité, par le Dr Léon Binet. 1 vol. in-8, 227 p., 55 fig. Masson et Cie, Paris, 1927. Prix : 18 francs.
- Ce recueil de conférences sur les actualités physiologiques, faites par l’auteur à la Faculté de Médecine de Paris, présente d’une manière très vivante une série de questions fort intéressantes étudiées en ces dernières années et qui n’ont pas encore leur place dans les traités classiques ; fonctions du poumon, régulation du sang, soif, fonctions des poumons et de la rate, croissance, système nerveux, sommeil, etc. C’est un livre à lire par tous les physiologistes et les médecins.
- Der elektrische Unfall. Skizziert für Ingénieur und Arzt, par le D' Stefan jJellinek, 2e édition augmentée. 1 vol. in-8, 170 p., 49 fig. Franz Deuticke, Leipzig et Vienne, 1927. Prix : 5,4o m. ; relié : 7,20 m.
- « L’accident électrique » devient de plus en plus fréquent à mesure que se développent les distributions et se multiplient les usages de l’énergie électrique. En Fiance, un décret récent a prescrit les précautions à prendre et les soins à donner aux victimes. Le Dr Jellinek, depuis de nombreuses''années, observe systématiquement ces accidents, expérimente les effets physiologiques des courants. Ce livre, écrit pour les ingénieurs et les médecins, rassemble toutes nos connaissances sur le sujet. De nombreuses photographies montrent les lésions, souvent fort graves et horribles, des courants à haute tension ; des schémas font comprendre les mécanismes des accidents sur basse tension ; les moyens de traitement sont indiqués (moins efficaces que ceux prescrits en France). C’est un chapitre nouveau d’hygiène industrielle et de médecine sociale qui s’ouvre devant nous,
- La France des cinq parties du monde, par Oct. Hom-berg., 1 vol. 320 p. Plon, éditeur. Paris, 1927. Prix : 12 francs.
- M. Oct. Homberg, dont le rôle colonial est bien connu, nous donne ici un aperçu d’ensemble sur la personnalité de chacune de nos colonies. 11 en résume l’histoire, en définit les caractères essentiels, géographiques, économiques, politiques. Il conclut en montrant que tous ces prolongements de la France, bénéficiaires de la paix française, n’attendent plus qu’un vigoureux effort de mise en valeur pour jouir d’une prospérité aussi utile à la métropole qu’à elles-mêmes.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cle Septembre et (VOctobre 1927
- CHIMIE MINÉRALE
- Les analogies du scandium avec les éléments des terres rares et les métaux de la famille du
- fer (MM. G. Urbain et Pulin Biiiari Saricar). — Lorsqu’il accompagne les terres rares dans leurs minéraux, le scandium ne s’y trouve jamais qu en assez faible quantité, et l’on peut citer, par contre, certains minéraux, comme la thort-veitite de Madagascar, particulièrement riches eu scandium (37 pour 100 Sc403) qui ne contiennent que des, traces de terres rares (0,5 pour 100). Si bien que ce métal Sc s’écarte sensiblement du groupe compact des éléments rares qui sont toujours associés dans des rapports à peu près constants, qu’il s’agisse de la famille du cérium ou de celle de l’yttrium, alors qu’il les rappelle par l’ensemble de ses caractères analytiques, notamment par l’insolubilité des fluorures et la très faible solubilité des oxalates.
- Les auteurs indiquent que si l’élément scandium se rapproche du lutécium, il n’en présente pas moins des analogies avec le thorium, malgré la différence des valences, en même temps que l'élude des acélyluc.élonates et des combinaisons du type (ScF°)M3 permet de le considérer comme un homologue de l’aluminium, avec le gallium et l’indium. Quelques composés nouveaux, du type des sulfocyanures, offrent des points de ressemblance frappante avec certains sels de la famille du fer et, malgré les essais jusqu'ici restés infructueux pour la préparation d’alun du type ( SO4)3 Al2, S04Ks, 24II20, il ressort que le scandium, dans ses sels complexes, notamment dans ses complexes hexacoordonnés, se rapproche particulièrement des éléments Fe, Al et Cr.
- L’existence d’un composé oxygéné du fluor
- (MM. P. Lebeau et Damiens.) — En préparant l’élément F, par électrolyse d’un bain de fluorures acides de potassium (fusible au-dessous de 100°) avec une cathode de fer ou de nickel, les auteurs se sont aperçus qu’au début de certaines opérations, le mélange gazeux, obtenu après intervention de l’eau sur le gaz de l’anode, contenait un autre élément que le fluor. Il s’agit là d’un composé oxygéné du fluor qui ne résulte jias de Faction de l’élément halogène sur l’eau, mais bien de l’action du courant sur un fluorure acide partiellement hydraté.
- Son activité chimique est suffisamment forte pour qu’il ait été possible de le séparer de l’oxygène qui l’accompagne, notamment en présence de la soude, de la potasse ou de la chaux. Avec une solution d’iodure IK, on constata une mise en liberté d’iode et la contraction observée est égale à celle du volume du nouveau gaz qui existe dans le mélange avec l’oxygène. Peu soluble dans l’eau, à laquelle il donne cependant une odeur appréciable, ce gaz oxyfluoré résiste beaucoup mieux à la chaleur que l’anhydride Cl2O.
- Pour MM. Lebeau et Damiens, il s’agit d’un oxyde de formule OF2.
- GÉOLOGIE
- Le gisement de zinc de Cho Dien (Tonkin)
- (M. Blondel). — Situé dans le Haut-Tonkin, environ à 140 km à vol d’oiseau, au nord de Hanoï, ce gisement produit, chaque année, 40 000 tonnes de minerai marchand et la géologie générale en a été étudiée dans le « Bulletin du Service de l'Indochine », au cours de 1922.
- Compris entre deux séries d’alternances de couches schis-
- teuses et calcaires, la formation minéralisée, en cours d’exploitation, occupe un banc calcaire, plus ou moins métamorphique, d’une épaisseur de 200 m. et tout ce massif de Dévonien, laminé par des charriages rhétiens, a été ensuite disloqué par des failles à direction N.-E.
- La reconnaissance de détail conduite par M. Blondel permet de grouper les zones minéralisées •— carbonate ou silicate — entrois catégories. Dans les fractures, le remplissage consiste en calamine ou en smilhsonite et le carbonate semble occuper les élargissements les plus importants, pour le grand avantage de l’exploitant. Dans les amas-couches, rencontrés à la base des calcaires qui reposent sur une couche schisteuse, on signale surtout de la smilhsonite très belle et très pure, à l’exception du gros amas de Fia Ivao, formé de silicate. Les poches enfin, qui atteignent parfois une profondeur de plusieurs dizaines de mètres, pour un diamètre de 7 à 8 m., sont remplies d’une argile de décalcification bien rouge, contenant de nombreux rognons de calamine.
- Aux affleurements, on trouve, dans ces dernières poches une sorte de brèche formée de fragments de schistes, de quartz et d’hématite, indiquant ainsi une corrosion des calcaires se propageant de haut en bas.
- HYGIÈNE
- Diffusion atmosphérique des fumées de Paris.
- (M. Ivohn-Abrest). — Malgré les dangers de pollution, par des poussières ou des produits de combustion, que semble augmenter le nombre des automobiles croissant chaque jour, les résultats des analyses d’air que prélève périodiquement, en différents points de la capitale, le Laboratoire d’hygiène semblent plutôt rassurants. 11 apparaît ainsi que la teneur en gaz CO2 reste toujours comprise entre 30 et 45 cent-millièmes et que l’oxyde de carbone ne se montre que par moment dans des espaces peu ventilés et en proportions qui ne dépassent guère 5 ou 6 cent-millièmes.
- Pour déterminer la composition moyenne de l’air parisien, les prélèvements multipliés ne suffisent cependant guère à donner une idée générale du degré de pollution de l’atmosphère et M. Kohn-Àbrest a été ainsi amené à fournir des éléments nouveaux au problème, en pratiquant des sondages simultanés, en un seul et même point, de façon à déterminer ce qu’il appelle la « voûte » des fumées. Il a conduit alors ses expériences dans le jardin du Champ de Mars et aux différents étages de la Tour Eiffel.
- Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, en ce point de Paris, l’air peut être qualifié de très pur et n’est pas plus chargé de fumées au voisinage du sol que dans les parties élevées. Il semble, par contre, que la viciation générale de l’atmosphère augmente avec le niveau, soit par l’apparition, dans les couches supérieures, de petites quantités d'oxyde CO, soit par l’augmentation très nette de l’acide carbonique. De ces résultats, il apparaît qu’on ne trouverait guère, dans les régions les plus élevées de la ville, un air plus pur que dans certaines parties basses et qu’à 300 m. de hauteur il existe une « voûte de fumées » encore saisissable.
- Il convient donc, d’après M. Ivohn-Abrest, de multiplier les espaces libres et les squares, et d’éviter la construction des gratte-ciel, type new-yorkais, aux derniers étages desquels on n’aurait guère plus de garantie de pureté qu’au voisinage du sol.
- Paul Baud.
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- PETITES INVENTIONS
- TRANSPORTS Le vélo-car.
- Un véhicule exposé au Concours Lépine, le Vélo-Car, a été réalisé d’après la technique du vélo. De simples modifi-
- Fig. 1. — Le vélo-car.
- cations y ont été apportées en vue de l’améliorer encore. Ces modifications concernent :
- 1° La selle, qui est quelque peu inconfortable et n’est pas supportée facilement par tous, en particulier par les d-ames ;
- 2° L’attitude du pilote, qui ne satisfait pas tout â fait l’hygiène ni le développement respiratoire. Au lieu de bomber la poitrine, le cycliste bombe le dos;
- 3° La stabilité qui est un peu précaire et contraint dans les encombrements le cycliste à mettre pied à. terre;
- 4° La position pour l’effort. Ne pouvant s’arc-bouter pour pédaler, le cycliste doit tirer sur le guidon. Cet effort, quoique statique, crée évidemment une fatigue supplémentaire;
- 5° Pénétration. Le principal ennemi du cycliste, c’est la résistance de l’air. Sans cette résistance, un vélo ferait facilement, avec le simple effort des muscles, 100 km à l’heure. Or, la position du cycliste est bien la moins favorable qui soit à une bonne pénétration. Le cycliste devrait être enveloppé et abrité comme l’aviateur, car il a besoin plus que tout d’èlre aérodynamique;
- 6° Sociabilité. Enfin le vélo est individuel ; or, on peut désirer sortir accompagné; le vélo ne le permet pas.
- C’est l’ensemble de ces lacunes que l’inventeur a voulu combler, il a imaginé un vélo-voiture, c’est-à-dire une voiture légère à quatre roues, à une ou deux places côte à cote. Le vélo-car est mu par ses occupants au moyen de pédales et dirigé au moyen d’un volant. C’est la formule du vélo carrossé à trois vitesses, ce qui lui permet de gravir sans difficulté toutes les côtes ; il est aussi rapide qu’un bon vélo, mais plus confortable.
- Il comporte des sièges larges et souples, et le biplace, deux groupes de pédales indépendantes et à x-oues libres. C’est un véhicule sportif autant que familial qui convient aussi bien aux jeunes gens qu’aux femmes; la position est normale et satisfait en tous points aux règles de l’hygiène. On peut voyager en famille et avec des bagages, la ménagère peut porter son marché, le représentant, ses échantillons.
- Constructeur : Ch. Mochet, 14, rue Soubise, Saint-Ouen (Seine),
- Porte-bagages roulant pour bicyclette et moto.
- Yoici une petite invention ingénieuse et curieuse, qui était exposée au Concours Lépine, et qui applique à la bicyclette et à la moto le principe d’avoir un porte-bagages monté sur roue, de façon à transporter très commodément et économiquement des bagages suffisamment importants.
- L’appareil peut se monter sur des bicyclettes d’homme ou de dame, sur des tandems ou sur des motocyclettes. Il constitue une sorte de remorque légère de poids et d’encombrement ti*ès réduit. Elle est supportée par une roue auxiliaire, avec interposition d’une suspension à ressort.
- L’appareil se pose et se démonte facilement. Enfin, il est assez solidement établi pour pouvoir transporter des charges ou fardeaux relativement lourds : outils, denrées, accessoires de camping. Moyennant l’addition d’un petit siège, il peut être utilisé pour le transport d’un enfant.
- Cette aptitude au transport de charges qui excéderaient la résistance d’un porte-bagages ordinaire, résulte de ce que, dans le système inventé, aucune fraction de la charge n’est en porte-à-faux, grâce à la présence de la roue auxiliaire. D’ailleurs, un examen rapide de la figure permet d’en comprendre clairement le principe et d’en saisir tous les avantages.
- Il est évident que cet appareil nouveau ne manquera pas d’être fort apprécié dans les campagnes, pour les réapprovisionnements rapides; par les commerçants des villes, pour les livraisons; par l’ouvrier, pour le transport de ses outils; par le touriste, qui n’aura plus la charge de ses bagages sur le dos; par le papa désireux d’emmener son .enfant ; par tous ceux, enfin, qui verront là un perfectionnement dans les moyens de transport pratiques et peu coûteux, chacun pouvant utiliser l’appareil à son gré, sans fatigue et suivant ses besoins.
- L’inventeur l’a appelé la « Suivette M. P. » ; elle se présente comme une nouveauté intéressante pour les cyclistes et les motocyclistes.
- Marius Thui'iot, 74, avenue des Truilles, Clamart (Seine).
- Fig. 2. — Le p o rie-bagage s roulant.
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- ÉLECTRICITÉ
- Le pinceau électrique « Galvanic ».
- Voici un petit appareil électrique fort simple qui met à la po.rtée de tous les opérations de nickelage, argenture, dorure, et en général tous les revêtements galvanoplastiques. L’appareil n’est pas destiné à la grande industrie ; il ne se prête pas en effet aux productions en grande série; mais il est fort bien conçu pour les petits travaux de réparation que chacun peut avoir à faire dans son ménage, à sa bicyclette ou à son automobile. Il trouve même son emploi dans les grands ateliers,. par exemple pour retoucher des pièces ayant «les défauts.
- Le principe de l’appareil est le même que celui de toute installation galvanoplastique. On décompose par le courant électrique une solution d’un sel convenablement choisi; le métal mis en liberté par ce courant est transporté par lui sur l’objet à recouvrir, relié au pôle négatif de la source du courant.
- Avec l’appareil « Galvanic », au lieu de placer les pièces dans le bain de galvanoplastie, comme on le fait dans l’industrie, on dépose le bain sur la pièce au moyen d’un pinceau. Ce pinceau sert en même temps d’anode pour le courant électrique ; lequel est. fourni par une simple pile de poche. L’objet métallique à recouvrir est relié au pôle négatif de la pile. Le pinceau qui forme l’un des éléments du circuit électrique est muni à cet effet d’une manche métallique se prolongeant par une lame de cuivre, qui s’appuie sur l’objet traité. Le courant va donc du pôle positif de la pile au pinceau, de là à l’objet en traversant le dépôt à décomposer, puis revient au pôle négatif de la pile.
- Comme on le sait, le mode d’emploi est très simple et les dépôts obtenus sont aussi épais qu’on le désire ; il suffit pour cela de prolonger l’opération le temps nécessaire. On obtient ainsi, en un temps du reste court, de très bons résultats, les dépôts sont homogènes et résistants.
- Bien entendu, il faut prendre toutes les précautions d’usage que l’expérience de la galvanoplastie a de tout temps révélées indispensables. Les pièces à traiter doivent être préalablement décapées, mécaniquement ou chimiquement pour obtenir une surface propre, brillante et dépourvue de rayures. Il faut ensuite les rincer, les dégraisser à la chaux
- Fig. 3. — Le pinceau électrique Galvanic.
- de Vienne et à l’eau, à l’aide d’une brosse ou d’un chiffon, puis les rincer à nouveau et enfin effectuer le dépôt.
- Le constructeur fournit, du reste, avec l’appareil, tous les produits nécessaires à ces opérations.
- Le prix de l’appareil avec sa trousse varie de 36 à 8.0 fr. suivant les modèles.
- Constructeur : F. Solère, 7, rue de Nemours, Paris.
- Construction d’une prise de courant à baïonnette.
- On peut établir une prise de courant rudimentaire en utilisant un morceau de bois cylindrique, ayant le diamètre de l’intérieur de la douille de la lampe. On peut, par exemple, sc servir d’une bobine de fil qu’on coupe par le milieu Les
- / ige ramee
- aïonnelte.
- condensateurs seront simplement constitués par du fil isolé, dénudé sur une certaine longueur à l’extrémité, de manière à être enroulé en 2 ou 3 tours en forme de spirale plate, de façon à constituer un plot sur la bobine.
- Les deux plots seront naturellement diamétralement opposés et les fils conducteurs arrivant par le centre, seront maintenus en place au moyen d’un coin de bois constitué par un morceau de forme légèrement tronconique. Les spirales sont à l’avance aplaties au marteau, de manière à constituer un plot. On peut les assujettir d’une façon stable sur la bobine en fixant au centre de la spirale une petite pointe de laiton à tête plate ou une petite vis à bois minuscule en laiton.
- Les deux plots ainsi préparés seront avivés avec une lime douce. Cette préparation aura l’avantage de donner aux plots une surface plane, presque régulière. Ainsi les contacts à piston contenus dans la douille de la lampe viendront se fixer sur les deux plots lorsqu’on placera la douille sur la prise de courant.
- On présente les deux pièces et on les fixe l’une sur l’autre de façon que la prise ait lieu, ce qui permet de pointer avec un crayon la place exacte où l’on doit enfoncer les deux petits clous constituant les deux broches de la baïonnette,
- Ces clous sont placés suivant un diamètre perpendiculaire à celui qui passe par le centre des deux plots. Une fois qu’ils sont enfoncés dans le bois on coupe la tête avec une pince coupante.
- On pourrait perfectionner cette prise en préparant dans le bois un léger encastrement pour le logement des plots, on peut aussi tremper les deux spirales dans un peu d’étain fondu, de manière à donner au plot un peu plus„de consistance et de légèreté, une fois qu’il a été travaillé a la lime.
- Toutes ces opérations sont très simples, elles ne nécessitent guère d’outillage et permettront de fabriquer des prises de courant rustiques qui trouveront leur application par exemple pour les lustres en bois ou des appareils d’éclairage du même genre.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Nouveau matériau de construction.
- Un nouveau matériau de- construction vient d’être essayé par B. F. Goodrich Company d’Akron (Ohio). Il est composé de deux feuilles d’ébonite de 1,6 mm. d’épaisseur, séparées par une matière poreuse, l’ensemble formant une plaque de 6,35 mm. d’épaisseur.
- Cette plaque peut être moulée à volonté, à la température, de 100 degrés, et la résistance finale serait de l'ordre de grandeur de celle du bois.
- Ce matériau s’applique donc très heureusement à la construction des coques de bateaux et d’hydravions, des flotteurs,
- etc.. »
- Hélices légères en bois.
- Des hélices en bois de construction nouvelle sont étudiées actuellement aux Etats-Unis, en particulier pour la propulsion des dirigeables.
- La matière première, le bois de balsa (densité 1/8 de celle du chêne'; n’existant qu’en morceaux de petites dimensions, on en constitue un bloc dans lequel est taillée l’hélice de la manière habituelle. La surface est ensuite recouverte de bandes de contreplaqué de bois dur (4/10 mm. d’épaisseur) collées à chaud, puis polie.
- Ce procédé de fabrication permettrait d’obtenir des hélices de grand diamètre, très légères et néanmoins très rigides.
- Ailes à portance améliorée.
- L’accroissement de la portance par augmentation de l’angle d’attaque des ailes ordinaires est limité par le décollement des filets d’air sur la partie supérieure de l’aile.
- Dans le but. d’éviter ce décollement, ont été créées les ailes à fentes, déjà utilisées pratiquement par Handley-Page. L’écoulement de l’air sur la partie supérieure de l’aile (extrados) est, dans ce type d'ailes régularisé par des canaux détendant, sur les zones de décollement, de l’air pris à l’intrados, donc à une pression supérieure.
- Il est évident que le même résultat peut être obtenu en détendant sur l’extrados de l’air comprimé artificiellement. Des essais dans ce sens ont été réalisés à Vienne par l’ingénieur Mickl, et à l’Institut aérodynamique de Gottingen : l’air comprimé était amené par des tuyères placées à l'intérieur de l’aile.
- Des angles d’incidence très grands sont ainsi utilisables sans décollement, donnant une augmentation de poussée intéressante sans accroissement exagéré de la traînée.
- L’intérêt de ce dernier dispositif est d’ailleurs d’ordre plus scientifique que pratique', puisqu’un arrêt du compresseur d’air entraînerait une diminution brusque de poussée assez dangereuse.
- Nouvel amphibie monoroue.
- L’avenir semble appartenir aux appareils amphibies, qui présentent le maximum de sécurité en cas de panne ou d’atterrissage en campagne.
- La solution classique, utilisée jusqu’à présent, consiste en un train d’atterrissage relevable par un système mécanique quelconque : solution lourde et dangereuse au cas de mauvais fonctionnement du système de manoeuvre du train.
- La compagnie Leening vient de faire breveter un nouveau type d’amphibie, comportant une seule roue dépassant de la partie inférieure de la coque. L’équilibre latéral est assuré à terre par une béquille fixée à chacun des flotteurs d’ailes.
- A l’amerissage, la roue ne dépassant que peu la coque, aucun capotage n’est à craindre.
- Ce système, particulièrement léger, ne .présente aucune complication mécanique ; il paraît devoir s’appliquer avantageusement aux avions légers, pour lesquels tout dispositif d’escamotage du train serait irréalisable.
- Navigation radiogoniométrique.
- Parmi les appareils de navigation utilisables à bord des avions, l’un des plus intéressants, quant à sa sûreté et à sa précision, est le cadre radiogoniométrique.
- Pour expérimenter les appareils qu’ils ont mis au point, Gérardot et Cornillon viennent d’effectuer un nouveau grand raid vers Bucarest et Beyrouth, et retour •. au total 7400 km en 4 jours (41 heures de vol).
- L’avion employé était un Breguet 19, type grand raid, pouvant emporter 1500 litres d’essence, muni d’un moteur Lorraine 450 ch.
- Le poids total du matériel T S.F. emporté, comportant émission, réception, radiogoniomètre et groupe de secours pour l’émission au sol, ne dépassait pas 100 kg.
- Ce matériel a permis de conduire l’avion par un temps très mauvais, le tenant constamment au courant de la situation météorologique des régions à survoler, et lui donnant son relèvement en un point quelconque de la trajectoire.
- Il est intéressant de voir un équipage français étudier et mettre en pratique la seule méthode qui permettra dans l’avenir les vols de transport à grande distance. Les derniers essais malheureux de traversée de l’Atlantique ont prouvé que le facteur chance y tenait encore beaucoup de place : ce facteur sera beaucoup réduit le jour où le matériel télégraphique et goniométrique de bord sera définitivement au point.
- Aviation sanitaire polonaise.
- Trois appareils sanitaires de l’armée polonaise viennent d’être mis à la disposition du public, à Varsovie, Lvoxv et Lida ; le premier a un rayon d'action de 170 km, les deux autres de 80 km.
- Dans les cas graves, un médecin peut être transporté auprès du malade, ou le malade transporté rapidement à l’hôpital, contre une redevance égale au prix du voyage en chemin de fer.
- Pour pouvoir profiter de ces services, les localités devront installer et entretenir à leur frais un terrain d’atterrissage. En dehors de son intérêt au point de vue médical, cette organisation mettra vraisemblablement à la disposition de l’aéronautique polonaise un g-rand nombre d’aérodromes, ce qui peut intéresser beaucoup son développement.
- Comparaisons des aéronautiques marchandes
- Les distances parcourues annuellement parles avions marchands français, anglais et allemands, sont données par le tableau suivant ;
- Année. France.
- Angleterre. Allemagne.
- 1921
- 1923
- 1925
- 1926
- 5:353.600 km. 3.387.200 — 4.713.600 — 5.220.580 —
- 360.000 km. 1.508.800 — 1.379.200 —-1.270.400 —
- 1.644.800 km.
- 1.713.600 — 4.920.000 —
- 6.105.600 —
- Ces chiffres mettent particulièrement en lumière l’effort remarquable de l’aéronautique allemande pour l’augmentation de son trafic aérien.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A quelle époque naissent les Vipereaux ?
- Un de nos correspondants a constaté, avec étonnement, que des Vipères femelles ( Vipera aspis) tuées à la fin de septembre étaient gravides. Il croyait que les Vipères faisaient leurs petits dans le mois d’avril, et il conclut qu’elles ont en automne une seconde portée.
- La Vipère Aspic ne fait jamais ses petits en avril; elle s’accouple au printemps; et elle n’a des petits qu’une seule fois par an, en août, septembre, ou commencement d’octobre.
- M. R. Rollinat fait observer que par suite de l’été assez froid et humide que nous avons eu, les Vipères sont en retard pour faire leurs petits. Le 9 octobre, deux grosses femelles de Vipères Aspic, capturées par le naturaliste d’Argentonet gardées en cage, n’avaient pas encore vidé leurs oviductes.
- 11 y a bien un accouplement des Reptiles en automne, mais sans résultat. A. F.-B.
- A propos du sentiment maternel chez les animaux (n° 2771).
- M. G. Gentil, d’Aulnay-aux-Planches, nous adresse l’observation suivante :
- « Nous avons une chatte d’un naturel extrêmement doux, gen. tille, familière, à tel point que ma femme, en lui parlant, se fait suivre par elle dans les champs à des distances relativement considérables. Affaire de race, sans doute; des frères de cette chatte nous suivaient également assez loin
- Or, cette bonne bête met bas trois fois par an. Et, chaque fois, sa maîtresse détruit la nichée, car nous serions vite envahis.
- L’avant-dernière fois que le fait s’est produit, en août, le nombre de ces malheureux était exceptionnel : il y en avait sept, et tous bien constitués, ne demandant qu’à vivre. Sans pitié, ma femme les renvoie dans le néant. La pauvre chatte, privée de ses petits, traînait ses mamelles gonflées de lait, suivant ma femme, en miaulant plaintivement et lui réclamant sa progéniture, car elle savait parfaitement que sa maîtresse était cause de la disparition.
- Dans le même moment, une lapine vint à mourir subitement laissant 7 ou 8 orphelins. Nous essayâmes de les faire adopter par une autre lapine dont les rejetons étaient? sevrés, mais que ma femme supposait avoir encore un peu de lait. Refus Que faire ? On essaie le lait de vache : ils étaient trop jeunes pour le supporter ; ils périssaient l’un après l’autre.
- Quand il n’en resta plus qu’un, i’idée vint à ma femme de le mettre téter après sa chatte. Elle leur fit un nid dans un coin entouré de bottes de paille; puis essaya d’apprendre au petit lapin à téter la mère chatte. Celle-ci, un peu étonnée au début, laissa faire, flairant tout de même ce nourrisson; puis docilement, elle l’adopta. C’était un curieux spectacle de voir cette mère chatte roulée en boule autour de son pe'tit lapin. Malheureusement, il était trop tard : manque de vitalité, ou inadaptation du lait, ce survivant succomba au bout de deux jours. Ce que voyant, ma femme le prit et l'envoya sur le fumier. Mais la mère chatte avait vu le geste. Rapide comme l’éclair, elle partit rechercher le défunt, le rapporta délicatement et le posa douillettement dans le pauvre nid... Puis, elle s’en fut tristement... en songeant peut-être à la malignité des humains ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Comment se préparent les liqueurs dites « de fantaisie ».
- Les liqueurs dites, de fantaisie sont parfumées au moyen des essences artificielles que le laboratoire met aujourd’hui d’une façon courante à la disposition du liquoriste.
- Ces essences sont pour la plupart des éthers résultant de l’action des acides organiques sur les alcools, les plus odorants étant ceux fournis par les alcools supérieurs, amylique, buty-lique, propylique, etc. En général, c’est l’association de plusieurs produits qui réalise plus ou moins parfaitement le bouquet cherché; voici à titre d’exemple quelques-unes des préparations courantes :
- jEssence d’abricot. — Acide tartrique, 1 partie ; alcool amylique 2; chloroforme, 1; éther amylbutyxûque, 1; éther butyrique, 10 ; éther œnanthique, 1; éther valérianique, 5 ; glycérine, 3.
- Essence d'ananas. — Aldéhyde, 1 ; chloroforme, 1 ; éther amyl-butyrique, 10; éther butyrique, 5; glycérine, 3.
- Essence de cerise. — Acide benzoïque, 1; éther acétique, 5; éther benzoïque, 5; éther œnanthique, 1; glycérine, 3.
- Essence de fraise. — Ether acétique, 5; éther amylacétique, 3; éther amylbutyrique, 2; éther butyrique, 5; éther formique, 1; éther méthylsalicylique, 1 ; éther nitreux, 1 ; glycérine, 2.
- Essence de groseilles. — Acide benzoïque, 1 ; acide succinique, 1 ; acide tartrique, 5; aldéhyde, 1; éther acétique, 5; éther benzoïque, 1; éther œnanthique, 1.
- Essence de poire. — Ether acétique, 5; éther amylacétique, 2; glycérine, 2.
- La fabrication de ces éthers demande des connaissances chimiques étendues et la pratique du laboratoire, c’est pourquoi, il est préférable d’acheter ces préparations prêtes pour l’emploi, telles que les mettent dans le commerce les maisons suivantes spécialisées dans la fabrication des extraits pour liqueurs de fantaisie : Barrucaud et Wallcer, 31, rue Solférino, à Billancourt; Beynet, 118, rue du Cherche-Midi; Métra, 3, rue Gastex; Bour-
- bonnais, 4G, rue Lafitte; Gazan, 50, rue de Paris, à Montmorency; Maret, 6, rue du Caire; Pillet-Breton, 16, rue Saint-Merri; Méro et Boyveau, 25, rue des Archives ; Valey, 8, quai de la Marine, Ile Saint-Denis. M. A. Ramiro, Perpignan.
- Encaustique pour carrelages rouges.
- Prendre :
- Eau ordinaire.......... 1500 grammes.
- Cire jaune............... 150 —
- Savon noir............... 120 —
- Sel de tartre ....... 5 —
- Faire bouillir jusqu’à homogénéité et ajouter
- Rouge de Venise........ 5 grammes.
- Le carrelage étant bien lavé et sec, étendre l’encaustique chaude au pinceau queue de morue. Donner ainsi deux couches à un jour d’intervalle. Laisser sécher une journée et faire briller à la brosse. A. B., Auch.
- Chassons les moustiques de nos chambres.
- A toute époque de l’année, rien n’est plus désagréable au moment de s’endormir que d’entendre le bourdonnement précurseur des piqûres d'un moustique Culex pipiens ou cousin commun. Pour se mettre à l’abri de ce désagrément, on peut se servir avec succès de petits cônes combustibles dont il suffit d’allumer la pointe pour dégager des fumées inoffensives pour l’homme, mais funestes aux diptères.
- Ces cônes se préparent sans difficulté en délayant de la poudre de pyrèthre avec une quantité suffisante d’eau légèrement gommée, de manière à former une pâte liée. Au besoin, on ajoutera une pincée de salpêtre pour faciliter la combustion.
- On moule ensuite la pâte en petits cônes de 1 cm et demi de hauteur, qu’on laisse sécher à l’air libre et non au four ou à l’étuve, car il pourrait à température élevée se produire une déflagration. L. D., Marseille.
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- Ne jetons pas les vieux bouts de cigares et cigarettes.
- On peut utiliser les vieux bouts de cigarettes et cigares pour préparer un insecticide économique destiné à préserver nos plantes des parasites.
- Il suffit pour cela de lessiver les résidus avec de l’eau cliaudc salée au sel de cuisine à raison de 2 à 3 pour 100, addition qui a pour but d’assurer la conservation du jus de tabac qui autrement moisirait avec une grande facilité.
- La densité du liquide obtenu renseigne approximativement sur la richesse nicoUnique, en se basant sur la considération que le jus de tabac ordinaire des Manufactures de l’Etat qui est à 12"-13u Baume contient environ 20 gr. de nicotine par litre et s’utilise étendu de 25 à 30 fois son volume d’eau.
- N. B. — Il est vendu également un jus riche ou concentré qui contient 100 gr. de nicotine par litre et qui .s’étend de 100 fois son volume d’eau).
- Si l’on désire un titrage plus exact, il faut évaporer au bain-marie dans une capsule, un volume connu de la solution nico-tinée, en présence de sable ou de pierre ponce en poudre, puis d’épuiser, au Soxlhet, le mélange sec et broyé par de l’éther ammoniacal pendant 2 à 3 heures.
- L’extrait dont on aura chassé l'éther ammoniacal, par distillation et dessiccation au bain-marie, sera alors titré alcalimétri-quement au moyen d’une solution normale d’acide sulfurique à 49 gr. S O4 H3 par litre, en prenant le papier de tournesol comme indicateur.
- La nicotine C10HuAz2 = 162 étant neutralisée exactement par S O 4 II3
- —-—=49, il en résulte que :
- 1 cm3 d’acide titré employé correspond â 0 gr. 152 de nicotine.
- D. S. T., Penestin.
- -M B. — Pour mémoire nous rappelons que le jus de tabac est le plus souvent employé en association avec le savon noir, par exemple pour la destruction du puceron du rosier, une formule courante est la suivante :
- dus de tabac simple à 15° B. . 1 lit. 5 à 2 litres.
- Savon noir................... 2 kg à 2 kg 5
- Eau ordinaire non calcaire . . 100 litres.
- Dissoudre d’abord le savon noir dans quelques litres d’eau chaude, compléter à 100 litres et verser le jus de tabac.
- Avoir soin de laver la plante à l’eau claire le lendemain de l’application.
- Pour protéger le ciment de l’acidité des liquides.
- La formule à laquelle vous faites allusion (n° 2448 du 15 mars 1921) relative à la confection d’un ciment résistant aux acides n’a été reproduite par nous qu’à titre documentaire et sans appréciation, pour la raison très simple que l’Electro-Chemical and Engineering C°, qui le préconise, bien que mentionnant l’emploi d’un acide à ajouter, n’en indiquait pas la nature et que les suppositions logiques nous laissaient sceptiques sur la réalité des résultats.
- La formule suivante nous paraît beaucoup plus judicieuse.
- Mélanger intimement de l’amiante en poudre très fine à une quantité de silicate de potasse liquide à 36° B., telle que l’on obtienne une pâte semi-fluide.
- Appliquer au pinceau, cette pâte sur le ciment à protéger, laisser bien durcir avant qs mettre en contact avec les liquides acides.
- On peut également se servir de la pâte pour faire des joints de tuyaux de grès, par exemple pour évacuations d’éviers de laboratoire. M. Piot, Cirq-le-Noble.
- Patinage de la pierre de construction.
- Les pierres de construction expiosées à l’extérieur se patinent par fixation sur les aspérités de particules de charbon apportées par les fumées et qui retombent plus ou moins rapidement suivant la grosseur des grains et les conditions atmosphériques.
- Pour produire artificiellement cette patine, lorsqu’il s’agit par exemple de remettre, en cas de réparation, des pierres neuves au ton de l’ensemble, il suffit de passer à la surEace, au moyen d’un pinceau ou d’une éponge de l’eau de suie, obtenue en délayant un peu de suie, provenant de ramonage dan’s de l’eau alcalinisée
- par une trace de carbonate de soude (cristaux), cela afin que la suie soit mouillée.
- A. B. — Se méfier de la capillarité de la pierre qui produirait une aspiration de particules trop considérable ; procéder avec un liquide légèrement chargé et répéter au besoin l’opération
- Mme de R., Paris.
- Documentation sur les Abiétinées.
- Les ouvrages publiés en France et seulement en langue fran caise, sur les Abiétinées (pin, sapin, etc.), ne se réfèrent qu’à ces essences forestières existant en France.
- Il n’existe pas, du moins à notre connaissance, d’ouvrages traitant cette question en langue française ou en langue allemande, en ce qui concerne les Abiétinées du Canada, de la Californie et du Brésil.
- Mais pour ce qui concerne le Canada, on pourrait obtenir des renseignements, croyons-nous, en s’adressant à M. C. Piche, chef du Service forestier du Canada (demander l’adresse à la direction du journal Bois et résineux, à Bordeaux, 26, cours du Chapeau-Rouge).
- Pour la Californie et le Brésil, ces renseignements pourraient être recherchés par voie consulaire, dans ces pays, ou en s’adressant à la Direction de l’Ecole nationale forestière, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), ainsi qu’à l’Inspecteur ou au Conservateur des Eaux et Forêts de la circonscription territoriale où le demandeur est en résidence.
- En outre, des recherches pourraient être faites, en France et à l’étranger, par des librairies dont voici les adresses : Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob (0e) ; Société d’Edilions coloniales (Challamel), Paris, 17, mie Jacob; J.-B. Baillière, Paris, 19, rue Ilautefeuille (6°).
- M. R,-M. Paulus a Saverne (Bas-Rhin.)
- Traitement des arbres fruitiers par des liquides nutritifs.
- Le principe de la régénération des arbres fruitiers par des liquides nutritifs, en vue de rétablir leur productivité, et non pas pour les défendre contre les insectes, consiste en un procédé analogue à la transfusion du sang chez les humains, c’est-à-dire en infusant, dans les canaux du tronc, pour remplacer la sève, un liquide qui contiendrait des éléments utiles à l’arbre.
- Les expériences, faites par l’instigateur du procédé, M. Simon, ingénieur à Allaire, portèrent sur des pommiers.
- Un pommier fut alimenté avec du purin auquel on avait ajouté 50 gr. de sulfate de potasse dans un vase placé à une certaine hauteur, avec un tube en caoutchouc; il y avait une pression de 1 mètre.
- On essaya ensuite du purin dilué avec nitrate de potasse. L’arbre absorba 3 litres 50 de liquide en vingt jours.
- Un autre pommier fut alimenté par un liquide composé de purin dilué avec du nitrate de soude, puis, du purin avec mélange de nitrate de potasse et phosphate précipité.
- Des pêchers ont été traités par le même procédé. Alors que toutes les pêches d’un arbre non traité tombaient avant d’être arrivées à complète maturité, les pêches de l’arbre traité se maintenaient sur leurs branches et grossissaient jusqu’à maturité.
- Ce procédé a pour but de suppléer au manque de sève, chez des arbres affaiblis ou privés de radicelles. Mais il est évident que l’on peut étendre ses applications et l’utiliser, par exemple, au traitement des arbres malades, en ajoutant au liquide injecté des substances curatives appropriées, efficaces contre les maladies parasitaires, comme on peut fournir à l’arbre des substances convenant à son alimentation.
- 11 reste à foire une étude approfondie des éléments à employer et de la dose convenable.
- L’idée d’introduire artificiellement certains éléments curatifs dans la sève des arbres n’est d’ailleurs pas nouvelle. On sait que le Dr Mokrzecki, entomologiste russe, avait imaginé de percer dans le trou des arbres atteints de chlorose, des trous dans lesquels il mettait des morceaux de sulfate de fer. Pour un procédé analogue, un horticulteur, M. Lochot, obtint de bons résultats en taillant des arbres à la fin de l’automne et en badigeonnant les coupes avec une solution concentrée de sulfate de fer.
- L’injection du liquide dans les vaisseaux de l’arbre (procédé
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- Simon) est basée sur le principe des vases communicants, d’après lequel, si l’on relie un vase contenant un liquide à un autre vase (ici le vaisseau ligneux), le liquide tend à s’élever dans ce second vase, jusqu’à ce que l’équilibre s’établisse entre les deux. Dans le procédé Simon, on perce un petit trou au collet de l’arbre et on y enfonce un bouchon de liège ou un petit morceau de bois creux, dans lequel on insère un petit fragment de tube de verre.
- À ce tube vient s’adapter un tuyau de caoutchouc, par lequel s’écoule le liquide contenu dans un vase, maintenu aune certaine hauteur, de sorte que le liquide qu’il renferme exerce une pression dans les vaisseaux de l’arbre, et s’y introduit avec plus ou moins de force, scion la hauteur à laquelle le vase est placé.
- Pour mieux assurer la diffusion du liquide dans les canaux de l’aubier, on a soin de ne pas enfoncer le morceau de bois jusqu’au fond de la cavité percée par la vrille ; il reste ainsi, au fond de cette cavité, une petite chambre dans laquelle le liquide stationne et d’où il se répand peu à peu dans les vaisseaux du bois.
- L’appareillage est'très simple, On peut, par exemple, utiliser un pot à fleurs ordinaire, comme vase contenant le liquide à injecter. On attache ce pot à fleurs au tronc de l’arbre et, par son orifice inférieur, passe le tuyau de caoutchouc relié au trou percé à la base de l’arbre.
- M. Robert, a Vaux-iæ-Pénil (Seine-et-Marne).
- Plantes pour éloigner les moustiques.
- On demande s’il existe des essences d’arbres, résineuses ou feuillues, pouvant être plantées dans une propriété, et qui aient le pouvoir d’éloigner les moustiques.
- L’essence qui pourrait convenir, dans ce but, serait l'Eucalyptus globulus, dont les émanations, balsamiques et inoffensives pour l’homme, font fuir les moustiques. On sait, d’ailleurs, que pour se préserver de la piqûre des moustiques, il suffit de placer en permanence, dans une chambre à coucher, un pied d'Eucalyptus globulus.
- Cette essence, grâce à sa propriété d’assainir l’atnrosphère, est employée, en plantations régulières, dans le voisinage des lieux marécageux qui attirent les moustiques, dont on combat les invasions en détruisent leurs lames; il suffit de répandre de l’huile de schiste à la surface des pièces d’eau.
- Une plante de la famille des Rutacées, le Quassia aniara, agit comme stupéfiant sur les moustiques ; son infusion aqueuse, placée dans un appariement, les fait périr.
- On peut employer en aspersion une décoction composée
- comme suit :
- Copeaux de quassia amara .......... 100 gr.
- Graine de stapbysaigre pulvérisée ... 20 —
- Eau................................ 3000 —
- Faire une décoction jusqu’à réduction à 2 litres.
- .M. Vadel, a Lyon.
- Renseignements sur le miel et les abeilles.
- 1® Pour obtenir les renseignements concernant les divers traitements et manipulations se rapportant au miel, nous conseillons à l’intéressé de s’adresser à un spécialiste de la chimie du miel; M. Alin Caillas, en lui écrivant à la Librairie spéciale agricole, à Paris, 58, rue Claude-Bernard (5").
- 2® Avec le miel, on peut faire un sirop désigné sous le nom de
- mellite, dont voici la formule :
- Miel de première qualité.....................10 kg.
- Eau chaude................................... 7 lit.
- Mélanger bien intimement le miel et l’eau chaude, et laisser refroidir; ajouter de l’alcool jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Après un jour de repos, filtrer et distiller le liquide pour chasser l’alcool qui sera employé dans des opérations suivantes.
- Après élimination de l’alcool, clarifier et concentrer à 30° — 31° Baumé bouillant.
- 3° Ouvrages traitant de l’apiculture : Apiculture, par Hommell, 1 vol. ; Cours pratique d’apiculture, par Sevalle et Hamet, 1 vol. ; Conduite du rucher, par Bertrand, 1 vol.; L’Apiculture moderne, car Clément, 1 vol. ; La Construction économique des ruches et du matériel apicole, par le même, 1 vol. ; Manuel pratique d’apicul-
- ture intensive, par P. Peter’s, 1 vol.; Les Abeilles, par Sagot et Delépine, 1 vol. ; l’Apiculture pour tous, par Warre, 1 vol. ; Manuel d'apiculture, par M. Girard, 1 vol. ; Le Rucher, par C. Arnould, 1 vol.
- Documentation sur les plantes médicinales : Nouveau dictionnaire des plantes médicinales, par Héraud, 1 vol. in-8, avec planches coloriées; Guide de l’herboriste (culture, récolte, conservation, propriétés médicinales des plantes), par Reclus, 1 vol., Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e.
- M. POSADA, JaRU.MAL.
- Utilisation des rognures de peaux de lapins comme matière fertilisante.
- Les rognures de peaux de lapins, qui contiennent 4 à 5jmur 100 d’azote, peuvent être utilisées comme engrais azoté organique, dans les mêmes conditions que les débris de tanneries et de mégisseries, les rognures de cuir, les cuirs désagrégés, les bourres, les écharnurcs et autres déchets ou résidus industriels analogues.
- Ces matières organiques agissent d’une manière très lente, en raison de leur grande cohésion, aussi est-il indiqué de les enfouir longtemps à l’avance dans le sol, afin qu’elles aient le temps de se décomposer pour être assimilées par les plantes auxquelles on les destine et au moment où celles-ci ont besoin de puiser dans le sol les éléments nécessaires à leur développement.
- On peut utiliser les rognures de peaux de lapins comme engrais pour les cultures de pommes de terre, de betteraves, de lin, de chanvu-e, de même que sur les cultures de céréales. Nous avons constaté, notamment, des résultats très remarquables dans la culture du seigle.
- La chaux vive, en poudre, ajoutée à ces matières, en hâterait la décomposition. Si l’on veut en utiliser de grandes quantités, on peut en former des composts en les stratifiant avec de la chaux.
- En tout cas, il est évident que l’engrais organique azoté dont il s agit, ne suffirait pas, employé seul, pour satisfaire aux besoins des plantes en éléments nécessaires à leur végétation.
- 11 faudra, en outre, incorporer au sol, des engrais phosphatés et potassiques, afin d’avoir une fumure complète, capable de produire le meilleur rendement en poids et en qualité. Celte observation a une portée générale; elle s’applique à toutes les plantes cultivées.
- En- ce qui concerne la culture de la pomme de terre, plus particulièrement, il importe de retenir que la « dominante » de cette plante, c’est-à-dire son élément de prédilection, est la potasse, élément qui doit être associé, dans le sol, à l’azote, à l’acide phbspliorique et à la chaux.
- M. Chardin, a Pantin (Seine).
- Ne vous effrayezL pas des taches de teinture d’iode.
- Les taches que produit la teinture d’iode sur le linge sont dues à la formation d’iodure d’amidon avec l’apprêt qui existe toujours soit parce que le linge a été empesé, soit tout simplement parce qu’au moment du blanchissage, il a voisiné avec des tissus ainsi traités.
- L’iodure d’amidon est d’un bleu noir, qui fait croire à la blanchisseuse qu’il s’agit de taches d’encre sur lesquelles elle intervient à grand renfort d’eau de Javel.
- Point n’est besoin cependant d’un traitement si énergique, car l’iodure d’amidon est très soluble dans Veau chaude, il ne faut donc pas s’inquiéter, lors du lessivage; le traitement même à l’eau simple suffira pour faire disparaître les taches d’iodure d’amidon.
- Si cependant il ne s’agissait que d’un petit accident tout à fait local, tache sur manchette ou plastron que l’on voudrait faire disparaître sans attendre le traitement entier de l’objet, il suffirait de déposer sur la tache une ou deux gouttes d’une solution concentrée d’hyposulfite de soude telle qu’on l’emploie en photographie (solution de 30 gr. dans 100 cc d’eau). Immédiatement la tache disparaîtra. Tamponner ensuite à deux ou trois reprises avec un tampon de colon imbibé d’eau pure pour rincer.
- N. B. — Employer de l’hyposulfite neuf et non de la solution usagée qui pourrait être colorée parle révélateur.
- M. Duval, Yesoul.
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- Quel est le solvant de choix du bitume de Judée.
- Le bitume de Judée, s’il n’a pas subi d’action pyrogénée, doit être dissous de préférence dans le mélange suivant :
- Essence de térébenthine . . . 400 c. c.
- Benzine......................100 —
- Au cas où la chaleur aurait produit une carbonisation partielle, par exemple, plaques de cuivre gravées ayant subi une altération dans un incendie, le mieux serait de flamber la plaque à la lampe à souder, ainsi que l’on procède pour détruire les vieilles peintures, puis de brosser.
- Pour enlever la couche d’oxyde de cuivre formée pendant l’opération du flambage, il suffira de passer à la surface an tampon imprégné d’eau acidulée par l’acide sulfurique, puis de rincer à l’eau pure.
- En dernier lieu, polir au rouge d’Angleterre.
- F. M., Puteaux.
- Comment on peut décalquer des gravures de lournaux.
- L’encre d’imprimerie étant miscible aux hydrocarbures et en particulier à la paraffine, cette constatation permet de transférer sans difficulté une grande partie d’un dessin de journal, sur une feuille blanche à dimensions voulues, par exemple pour un recueil.
- Le tour de main consiste à frotter préalablement la face de la feuille sur laquelle on veut reporter la gravnre, avec un morceau de paraffine blanche; cela d’une façon bien uniforme. On pose alors la face enduite sur le dessin à transférer et on frotte le dos de l’une ou l’autre feuille avec un objet mousse tel qu’un couteau à papier. Il ne reste plus qu’à séparer les feuilles, on trouve sur la feuille blanche la gravure transférée d’une manière d’autant jdus accentuée que l’impression était plus récente.
- iV. B. — La chaleur dégagée par le frottement intervenant d’une façon importante dans le mélange de l’encre et de la paraffine, il y a avantage, si on dispose d’une presse à émailler les photographies, à utiliser celle-ci pour soumettre le tout à une légère pression, à la température de 70° à 80° C avant séparation des feuilles.
- H.-N., a Fontenay-le-Comte.
- Bibliographie.
- 1° Vous trouverez tous renseignements sur la fabrication de la cellulose en partant des essences de bois usuelles pins, sapins, etc., dans l’ouvrage le Bois, partie pâtes de bois chimiques, de Bil-lon; éditeur Albin Michel, rue Iluyghens, Paris.
- M. SciiOPi’EH, a Nice.
- 2U Renseignements sur l’étamage : Dictionnaire de Wiïrtz. Etain, p. 1285. — Coloration des métaux par Michel. Editeur Desforges, 29, quai des Grands Augustins.
- 3° Alliages d’étain : Les Alliages par Ghersi. Editeur Gautliier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins. Formules et recettes par François. Editeur, Dunod, 92, rue Bonaparte.
- 4° Toutes les soudures, par An Engineer. Editeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- 5° Veuillez vous reporter à notre réponse « que sont les nouveaux insecticides «.parue dans le n° 2760, 1er mai 1927, p, 429.
- Zaleski, a Troyes.
- Fabrication du plomb de chasse.
- La fabrication du plomb de chasse ne présente aucune difficulté, il suffit de verser le plomb fondu sur une toile métallique placée au-dessus d’un récipient contenant de l’eau froide.
- Les grains sont ensuite roulés dans un tonneau pendant un temps suffisant pour faire disparaître les aspérités, puis on classe par grosseurs au moyen de tamis à’ mailles plus ou moins larges.
- N. B. — Pour donner au plomb de la dureté on y ajoute généralement quelques millièmes d’arsenic.
- M. Roux, a Pierrefeu.
- Remplissage isolant entre double-parois.
- Votre intention de remplir la partie libre, entre double parois, au moyen de paille préparée,, nous parait parfaitement logique et susceptible de réussite.
- A notre avis, le meilleur procédé pour empêcher l’altération de
- la paille, serait de l’imprégner complètement avec une solution de sulfate de cuivre, vitriol bleu à 5 pour 100, puis de l’étendre sur une aire et d’asperger avec un lait de chaux à peu près à même richesse, fourcher à plusieurs reprises, laisser bien sécher avant de procéder au remplissage.
- Une bonne précaution consisterait en outre à ménager, en haut et en bas des murs, des ouvertures permettant une circulation d’air à l’intérieur.
- A.-M., a Arles-sur-Rhône.
- Bruits produits par le courant d'un secteur électrique.
- Les ronflements que vous entendez dans votre haut-parleur proviennent certainement de courants alternatifs à basse fié-quence du secteur qui agissent directement sur votre haut-parleur en arrivant aux électro-aimants de celui-ci, sans doute par la prise de terre et les connexions du poste.
- M. L’abbé Coudray, Sauxt-Bbieuc.
- Fonctionnement d'un poste superrégénérateur.
- Les appareils à super-réaction, et surtout les postes à une seule lampe ordinaire, à la fois amplificatrice, oscillatrice et détectrice sont toujours d’un réglage assez délicat; nous croyons, d’ailleurs, qu’il est nécessaire d’utiliser une tension plaque assez élevée, bien que vous n’indiquiez pas le type de lampe que vous employez.
- D’autre part, d’après le principe même de la superréaction, ce dispositif est exclusivement réservé à la réception des émissions sur ondes courtes, il est donc absolument normal que vous n’ayez pas obtenu de bons résultats pour la réception des émissions sur ondes moyennes, de Radio-Paris ou Daventry, par exemple.
- M. Equer, l’Etang-la-Ville.
- Installation d'un poste récepteur.
- 1° Vous trouverez des explications très simples sur le montage général des appareils de T. S. F. et leur réglage dans La T. S. F. des usagers, La Pratique radioélectrique ou La T. S. F. des amateurs (Masson, éditeur).
- Pour trouver des détails précis sur le montage qui vous intéresse, vous pouvez consulter le tome II des Montages modernes en radiophonie (Chiron, éditeur).
- 2° Le poste à deux lampes le plus simple que vous puissiez construire est un poste à une lampe détectrice à réaction suivie d’uu étage d’amplification basse fréquence à transformateur à circuit magnétique fermé.
- 3° Si vous voulez obtenir une audition en haut-parleur, il est nécessaire d’employer une tension-plaque d’environ 80 volts.
- Nous vous conseillons, d’autre part, de choisir comme lampe basse fréquence une lampe dite « de puissance » à faible résistance intérieure (Radiotechnique, par exemple, R. T. 56).
- M. Lebei., Paris.
- Installation bilatérale de téléphonie en haut-parleur.
- Vous pourriez tenter évidemment, si votre ligne n’est pas trop longue, d’installer un dispositif de téléphonie en haut-parleur à l’aide d’un amplificateur de puissance un peu spécial, par exemple du modèle push-pull décrit dans le numéro 33 de la T. S. F. pour tous (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Mais ce moyen est très complexe puisqu’il exige deux amplificateurs avec leurs dispositifs d’alimentation, deux haut-parleurs, etc.
- IL est bien préférable d’employer un microphone spécial pouvant supporter un courant d’assez forte intensité et combiné avec un transformateur dont le secondaire est branché sur la ligne correspondant au haut-parleur ; ce dernier peut être du modèle ordinaire de T. S. F.
- L’alimentation peut se faire par une batterie d’accumulateurs ou de piles de 6 volts, ou même par le courant d’un secteur continu ou redressé.
- Vous pouvez trouver des appareils de ce genre aux Etablissements Gaumont, 1 bis, rue Caulaincourt, Paris (18e).
- M. Joly, Galuire.
- 95.i55. — Paris lmp. Lahurf. 15-11-27
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- Paraît îe îer et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1®, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (R. C. Seine : >5.234)
- PRIX DE L’ABONNEMENT
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- Un an. . . Six mois. .
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- Fig. 1 à G. — 1 et 2, Selon A. Diirer, la tête normale s'inscrit, de profil dans un carré, de face dans un rectangle. 3 et 4, Certaines têtes, même de profil, doivent être inscrites dans un rectangle dont la hauteur excède la base. Cette forme s’observe chez les brachycéphales.
- 5 et 6, D’autres s’inscrivent dans un rectangle dont la base excède la hauteur (cas des dolichocéphales).
- LA GÉOMÉTRIE DES VISAGES
- D’APRÈS ALBERT DÜRER
- Albert Diirer, vers la fin de sa vie, a écrit un copieux ouvrage sur les « formes des corps humains ». Notons ce pluriel : il caractérise le livre. C’est, moins une œuvre d’esthétique qu’une étude des variations de la forme humaine. Deux sciences, édifiées quatre siècles plus tard, l’anthropologie et la morphologie, ont donc eu pour précurseur un artiste.
- Artiste, Diirer le fut avec une incontestable maîtrise. Surtout, il dessina supérieurement. Son trait, d’une sobriété et d’une précision sans égales, marque chaque détail des contours et des modelés par des accents toujours exacts. Mais il avait aussi des aptitudes scientifiques. On lui doit un « Traité des fortifications ». Sur le tard, la géométrie le passionna, et, devint, si l’on peut dire, son « violon d’Ingres ».
- Celte double attraction, vers l’art et vers la science, se manifeste clairement dans l’ouvrage en question. Il date de 1528, année de la mort de Diirer. Bien peu ont eu la vertu de le lire, car il est touffu et confus, écrit en latin et imprimé en caractères gothiques, farcis d’abréviations. Une traduction française par Maigret, publiée à Arnheim en 1614, n’est guère moins indigeste.
- Si, pourtant, on veut prendre la peine de chercher à connaître les conceptions du peintre allemand, on ne tarde pas à y découvrir des observations fort justes, des méthodes ingénieuses, et surtout le constant souci de
- outes ses
- représenter la nature, telle qu’elle est> variantes.
- En particulier, les remarques de Diirer sur les différences individuelles des visages méritent d’être remémorées. Son système de construction géométrique de,s têtes n’est pas à dédaigner. Mais il l’a poussé jusqu’à l’outrance.. On ne saurait représenter le corps humain avec la géométrie descriptive.
- Cette réserve faite, il n’est pas sans intérêt d’avoir un aperçu des tentatives imaginées par Diirer pour catégoriser les variations innombrables des visages.
- Commençons par le type moyen.
- Vue de profil, une tête bien conformée doit s’inscrire dans un carré et toucher à chacun des côtés, en haut par le vertex, en bas par le dessous du menton, en avant par la pointe du nez, en arrière par l’occiput.
- De faeë, la tête s’inscrit dans un rectangle, ayant même hauteur què le carré, mais une base un peu moins large, 1.1
- — au lieu de — de la taille. Ici le contour de la tête est 1U u #
- tangent aux quatre côtés du rectangle, en haut par le
- sommet du crâne, en bas par le menton, sur les côtés
- parles extrémités supérieures des oreilles (fig. 1 et 2).
- Mais il s’en faut que toutes les têtes s’accommodent de ces encadrements.
- Fig. 7 à 12.
- 7 et 8. L’encadrement de la tête peut aussi être un trapèze à grande base supérieure, forme qui correspond au type cêre,-bral de Vanthropométrie. 9 et 10. Si le trapèze a sa grande base inférieure, la forme répond au type digestif. 11 et 12; Le quadrilatère du
- profil est parfois un losange ou un parallélogramme (d’après Dürer).
- N° 2774. — 1er décembre 1927.
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- £tage Cérébral •
- Etage Respiratoire
- Etage Digestif
- Type Type
- Respiratoire Digestif
- Type
- Cérébral
- Type
- Musculaire
- Fig. 13. — Les trois étages de la tête d'après Bertillon : cérébral, respiratoire, digestif. Les quatre types de Bertillon: M. type musculaire ; R. type respiratoire ; D. type digestif ; C. type
- cérébral.
- Pour ne parler que du profil, on se rend compte que les têtes hautes et étroites n’atteindraient pas les côtés verticaux du carré circonscrit. Aussi Diirer remplace-t-il alors le carré par un rectangle, comme pour la tête vue de face., Inversement, les têtes basses et larges déborderaient latéralement le carré ; on les inscrira donc dans un rectangle dont la base excédera la hauteur (fig. 3 à 6).
- Et si la tête, large en haut, s’affine vers le bas, le rectangle sera remplacé par un trapèze à grande base supérieure. Au contraire, une tête, étroite du haut et large du bas, se casera dans un trapèze à grande base inférieure (fig. 7 à, 10).
- D’autres têtes enfin ne pourront être logées que dans des losanges ou des parallélogrammes (fig. 11 et 12).
- Bref, pour encadrer les formes naturelles, il suffit de choisir des figures géométriques appropriées. On voit tout ce que cette méthode a d’artificiel. Elle n’est pourtant pas sans utilité.
- Les carrés, les rectangles, les trapèzes, les parallélogrammes sont des figures simples, qui fixent l’attention sur un caractère général de la forme, que l’œil, attiré davantage par les détails du visage, néglige parfois de remarquer.
- C’est par une schématisation analogue que, de nos jours, on établit, en anthropométrie, différents types de têtes humaines.
- On admet que la tête, vue de face, peut être divisée en trois étages par deux lignes horizontales, passant, la supérieure par la racine du nez, l’inférieure par sa base. L’étage le plus élevé contient la région frontale où se
- Fig, lit, — Trois formes de profils d’après A. Durer : A. rectiligne; B. convexe; G. concave.'
- logent les lobes frontaux du cerveau : c’est Y étage cérébral, dont le développement serait en rapport avec celui des facultés intellectuelles. L’étage moyen, qui réjjond au nez, est Vétage respiratoire. L’étage inférieur, où se trouve la bouche et la mâchoire, est dit étage digestif. Selon la prédominance de l’intelligence, de la capacité respiratoire ou des fonctions alimentaires, le diamètre transversal de l’un ou l’autre de ces étages serait prépondérant (fig. 13).
- De là, les schémas suivants, proposés par Bertillon : Le type cérébral, « en toupie », représenté par un triangle à base supérieure, caractérise les intellectuels. Le type digestif, en pyramide : c’est la tête « en poire », représentée par un triangle à base inférieure. On le retrouverait chez les Esquimaux, les paysans des plaines. Le type respiratoire affecte la forme d’un losange, grâce à l’élargissement des os malaires. Il appartiendrait aux montagnards. Enfin, lorsqu’il y a égalité entre les trois étages, on a affaire au type musculaire, qui se figure par un rectangle chez les individus de haute taille, ou par un carré chez les sujets trapus (fig. 13).
- Ces figurations ont surtout un intérêt mnémotechnique, car il s’en faut que, dans la nature, elles concordent toujours avec la réalité. Mais on voit que Diirer avait poursuivi un but analogue. Il avait tenté de classer les têtes humaines d’après les variations de leurs axes principaux, comme l’ont fait plus tard les anthropologistes. Ses encadrements pourraient encore servir à distinguer les brachycéphales des dolicocéphales ; ses trapèzes et ses parallélogrammes seraient aussi utilisables en anthropométrie.
- Diirer a envisagé aussi la forme générale des profils. Ceux-ci peuvent être presque rectilignes, comme on le voit souvent dans l’art grec (fig. 14, A).
- Ou bien ils sont du type convexe, suivant alors la courbure d’un arc de cercle, dont le point le plus saillant correspond au nez. Cette forme exige que le menton et le front soient très fuyants; elle s’observe d’ailleurs dans la nature, notamment chez les débiles qui présentent un degré plus ou moins accentué de microcéphalie et d’hypognathisme (fig. 14, B).
- Inversement, dans le type concave, le profil est tangent à une circonférence de courbure opposée. C’est le cas d’un front bombé surplomblant un nez effondré, comme on le voit dans le rachitisme ; c’est aussi ce que réalisent les arcades sourcilières saillantes et le menton en galoche des acromégaliques (fig. 14, C).
- Les schémas de Dürer ne sont donc pas des créations purement fantaisistes. Ils ont été inspirés par une observation très exacte des formes si diverses que peutprendrc la tête humaine, y compris quelques-unes de celles qui appartiennent à la pathologie.
- Mais le Maître de Nuremberg ne s’est pas contenté d’encadrer géométriquement les têtes. Il a cherché à définir les proportions des différentes parties, préoccupation qui fut aussi celle des autres grands artistes de la Renaissance.
- Voici comment A. Dürer établit ses divisions : dans
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- 6 f> 3 f c b t a olg c b t
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- Fig. 15 à 18. — 15 et 16. Les quatre divisions de la tête d’après A. Durer. : K. ligne du front; L. ligne des yeux ; M. ligne du nez. 17 et 18. Les multiples subdivisions de Dürer pour placer les différentes parties du visage.
- le carré du profil et dans le rectangle de la face, il considère 4 parties, limitées par 3 lignes horizontales (fig. 15 et 16).
- La lre horizontale k correspond à la naissance des cheveux sur le front.
- La 2e, l, est tangente aux sourcils et à l’extrémité supérieure de l’oreille.
- La 3e, m, passe au-dessous de l’aile du nez et du lobule de l’oreille
- On trouve donc, de haut en bas : une partie pour le crâne recouvert de cheveux, une autre partie pour le front, une troisième qui contient l’œil, le nez et l’oreille.
- La dernière renferme les lèvres et le menton (fig. 15 à 18).
- Les quatre grandes divisions de la tête adoptées par Dürer sont, d’ailleurs, celles qu’avaient admises Michel-Ange et Léonard de Vinci, à une légère différence près : pour ces derniers la partie supérieure, réservée aux cheveux, avait moins de hauteur. De son côté, Jean Cousin, tout en adoptant les quatre divisions de Dürer, a fait passer la 2e horizontale par l’axe des yeux, et non par les sourcils.
- Toutes ces formules sont défendables et l’on trouve aisément des modèles auxquels l’une ou l’autre peut s’appliquer.
- A la vérité, on en trouvera bien davantage qui s’éloignent de ce canon. Rien n’est plus variable, en effet, que la ligne d’implantation des cheveux sur le front, sans même faire intervenir la calvitie. Et l’on sait combien varient également la hauteur des sourcils, celle de l’oreille, ainsi que la forme du nez.
- Des divisions passant par certains points osseux du crâne et de la face eussent été sans doute préférables; mais ces repères squelettiques ne sont pas toujours faciles à trouver, et ils varient eux-mêmes beaucoup d’un sujet à l’autre.
- Telles qu’elles sont, les quatre grandes divisions de la tête ont du moins cet avantage d’être simples et commodes pour se rappeler les proportions moyennes. Et, en définitive, les trois étages de Bertillon n’en sont pas tellement différents. C’est que, dans les deux cas, l’observation des formes naturelles a servi à obtenir ces divisions.
- Les auteurs allemands qui ont entrepris de diviser la tête en six et sept parties (Schadow, O. Geyer) n’ont fait que compliquer les constructions, sans aboutir à une exactitude beaucoup plus grande. A . Dürer n’avait pas échappé à cette tendance germanique, où l’on voit le
- souci de la pi’écision conduire à des formules trop complexes, au détriment de la clarté et de la rapidité des applications.
- Il est inutile de rappeler ici les multiples subdivisions, grâce auxquelles Dürer prétend fixer l’emplacement de l’œil, les dimensions du nez, le volume ou la hauteur de chaque lèvre, etc. Avec ses données, la construction d’une tête devient une véritable épure. Encore faut-il lui savoir gré de s’être contenté de lignes droites et de n’avoir pas fait appel aux circonférences et aux arcs de cercle, comme l’ont conseillé plus tard Jean Cousin, Camper, et la plupart des Allemands. Ces exercices de géométrie ne sont guère du goût des artistes et 1s ne sont applicables qu’à une tête idéale, qui, au surplus n’est pas la même pour tous (fig. 17 et 18).
- Mais, si l’on ne peut se défendre de critiquer les excès mathématiques du maître de Nuremberg, par contre il faut louer ses efforts pour fixer l’attention sur les variations des différentes parties du visage. Ici, ses tentatives sont vraiment ingénieuses.
- Partant de la division de la tête en quatre parties égales au moyen des trois lignes horizontales/c, l, m, que nous avons indiquées, Dürer a eu l’idée de faire varier la hauteur de l’une ou de plusieurs de ces lignes, de façon que chaque partie comprise entre elles soit augmentée ou diminuée, plus ou moins.
- Et dans ces divisions, devenues ainsi inégales, il s’efforce de loger tous les organes faciaux ; ceux-ci sont nécessairement agrandis ou rapetissés selon les cas.
- Il en résulte des images qui, à première vue, semblent des fantaisies caricaturales, mais dont les disproportions sont systématiquement imposées par le déplacement des horizontales. Contentons-nous d’en examiner quelques-unes (fig. 19 à 30).
- Dans la figure A, les lignes k et l sont relevées. Aussi le
- Fig. 19 à 2b. — Les
- variations des profils obtenues par Dürer en faisant varier la hauteur d’une ou plusieurs des 3 lignes de division
- horizontales k, 1, m, de la tête.
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- = 484 ..... ...........—..................=
- crâne et le front sont-ils très peu développés par rapport au reste du visage.
- Le contraire est réalisé par la figure B où l est abaissée : front haut, mais nez tassé.
- Sur la figure C, m est relevée; d’où un nez ramassé au-dessus de lèvres hautes et d’un épais menton.
- Dans la figure D, m étant abaissé, il reste un long espace pour le nez qui devient énorme.
- Les lignes m et Z sont relevées en G (fig. 25) ; mandibule et nez tiennent plus des deux tiers de la figure, tandis que le front et les cheveux ont fort peu d’importance.
- En H, toutes les lignes sont abaissées, surtout k et l; d’où un visage disproportionné, tout en tête, avec un nez, des lèvres et un menton comprimés. Cette figure rappelle la figure B pour l’étroitesse de la partie nasale ; mais il y reste moins de place pour les lèvres et le menton.
- Ces dernières parties sont très développées dans la figure I ; mais très peu, par contre, figures J et K.
- Inversement, dans la figure L c’est surtout le front qui fait défaut (fig. 30).
- A. Dürer aurait pu multiplier les déplacements de ses horizontales, et réaliser ainsi beaucoup d’autres combi-
- « Toutes lesquelles choses et diversités au studieux lecteur, et expérimenté, devra exprimer, dont il pourra découvrir beaucoup de choses admirables, qui y sont cachées. »
- Ce que le lecteur découvrira aussi, c’est que Dürer a marqué sur ses profils des accents qui n’ont rien à voir avec les dimensions des parties. Un nez peut être petit, sans être camard comme sur la figure I, ou renfrogné comme sur la figure H. Les nez des figures D, E et J ne sont pas seulement fort grands, mais différemment bossués, pendants ou crochus. Tantôt la lèvre inférieure proémine (fig. D, L) tantôt la supérieure (fig. E) ; avec des maxillaires à angles très ouverts, comme ils sont chez les vieillards, les bords des lèvres ont disparu (fig. B, II, J).
- C’est qu’en effet toutes ces formes existent communément, plus ou moins accusées. Leur figuration, à peine exagérée ici, témoigne encore de la finesse d’observation du maître allemand, lorsqu’il se laisse guider par ses aptitudes artistiques.
- Malheureusement, sa passion géométrique reprend vite le dessus. C’est ainsi qu’il a figuré une autre série de profils dont les éléments suivent des directions parallèles, mais avec des obliquités différentes (fig. 31 à 34).
- Fig. 25 à 30. — Les variations des profils obtenues par Dürer en faisant varier la hauteur d’une ou plusieurs des 3 lignes de division
- horizontales k, 1, m, de la tête.
- naisons ; ce qu’iJ faut surtout en retenir, c’est que les figures ainsi cor- truites correspondent à des types de visage dont on rencontre des exemples dans la vie courante. Sans doute, le maître n’a pas craint d’aller quelquefois à l’extrême limite de la réalité pour accentuer sa démonstration, et c’est pourquoi plusieurs de ses images ont l’apparence de caricatures.
- Toutefois, il a pris soin de mettre en garde contre l’abus des déplacements, qui risque de conduire à des figurations imaginaires.
- Ici, l’artiste a refréné sagement l’ardeur du géomètre. Mais celui-ci ne tarde pas à reparaître, et il donnera toute sa mesure avec l’invention de deux graphiques permettant de trouver automatiquement les lignes de construction de n’importe quel visage. L’un s’appelle le Variant (Yarians) et l’autre le Choisissant (Deligens). Je me garderai de les décrire, quelle que soit leur ingéniosité, et, selon Dürer, l’excellence de leurs applications.
- « Par cette voye donques d’inégalité, dit son traducteur Maigret, les faces sont pourtraites, bossues ou torses, et étranges en plusieurs sortes, comme d’une bouche étroite ou grande à lèvres courbes, grosses, petites, grandes, ou bien inégales, maehouères amples, reserrées, aguës, mouces, d’une jointe apparente, ou non. »
- Il faut y voir sans doute encore un moyen d’attirer l’attention des artistes sur certaines conformations naturelles. Mais il y a plus : on entrevoit, dans plusieurs de ces images, l’esquisse de cet angle facial, qui devait, deux siècles plus tard, immortaliser le nom de Camper. Nul doute que Dürer ait compris qu’il y avait là un élément de différenciation dont l’avenir a montré toute l’importance.
- Il n’a été question jusqu’à présent que des divisions horizontales qui limitent les différentes parties delà face. Dürer enseigne aussi que, dans le sens vertical, la tête peut être divisée en plusieurs parties. 11 en compte 5, qui servent à loger le nez, les yeux, les tempes et les oreilles. Je laisse de côté les subdivisions.
- Or, —et c’est ici que les artifices pullulent, — chacune des bandes verticales ainsi constituées peut être à volonté élargie ou rétrécie transversalement. Par ce moyen, on arrive à schématiser d’autres conformations, que l’on rencontre d’ailleurs aussi sur le vif. C’est ainsi qu’on obtient les visages dont les yeux sont très grands ou très petits, très écartés l’un de l’autre ou très rapprochés. On construit de même un nez épaté ou un nez en lame de couteau, des lèvres en coup de sabre ou au contraire en
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- sphincter de poule (fig. 35 à 38). Et ce n’est pas tout.
- Ces divisions du visage en hauteur qui. étaient jusqu’ici verticales, peuvent être remplacées par des lignes obliques, soit en dedans, soit en dehors, pour s’appliquer aux figures dont les éléments sont élargis dans le haut et tassés vers le bas, ou inversement. On observe en effet couramment des nez minces à leur racine qui sont volumineux à leur base, au-dessus de lèvres puissantes; ou, au contraire, des nez dont la racine est fort large, mais qui s’amenuisent vers la pointe.
- Enfin, si les lignes droites de division, verticales ou obliques, ne s’appliquent pas au modèle, Dürer permet de les remplacer par des lignes courbes...
- Si bien qu’cn définitive on peut donner aux lignes de construction tous les emplacements, toutes les directions et même toutes les formes. La méthode est d’une souplesse telle qu’elle confine à l’arbitraire.
- Mais retenons que Diirer a cherché un procédé permettant de classer les formes les plus courantes de telle ou telle partie du visage. Il les avait fort bien observées.
- Témoin ce passage, auquel je laisse la saveur du vieux français de Maigret :
- « Nous voyons de vray es Nasez, (*), les nés noueux et crochus. Au contraire les autres l’ont court, fort, camus ou amoncelé (glomeratus), et aucuns au dessus écaché (dépressus), et autres élevé.
- « Quant aux yeux, les uns les ont petits et quasi enfoncez, et les autres grands et avancez. Les uns regardent en porceaux à yeux demy ouverts, et cillent beaucoup plus de la haute paupière que de la basse. Les autres regardent à grands yeux ouverts.
- « Les aucuns aussi ont les sourcils hauts, les autres quasi couchez sur les paupières, les autres panchans ; lesquels encores sont en aucuns minces, ou autres épès.
- « Les enlipez (2) ont les lèvres grosses, charnues, grandes et amoncelées ; les autres subtiles et gresles. Les aucuns ont la lèvre plus élevée que la basse, les autres au contraire; l’une souvente fois est plus grosse que l’autre. Souvente fois aussi l’entrespace du nés et de la lèvre est plus haut; aux aucuns le nés semble estre assis sur la lèvre.
- « Outre plus on trouve quelquefois le menton rond et grand ; ès aucuns il est petit et agu. Les uns ont le menton fort éloigné du col, les autres quasi serré contre; les uns l’ont long, les autres court.
- a II est aussi des faces qui sont à la façon d’échelles inégales, et ce, en deux sortes : car, ou elles sont au haut fort avancées et de tant plus retirées par le bas, ou bien avancés en bas et retirées par degrés en montant à mont. »
- Toutes ces constatations faites par A. Dürer sont utilisées aujourd’hui couramment pour l’établissement des fiches anthropométriques.
- On a vu jusqu’où Dürer avait été entraîné par l’abus
- 1. Nasez, (nasones), ceux que la nature a dotés de nez volumineux.
- 2. Enlipez (labrones), qui ont de grosses lèvres.
- r H Vf, ’
- 31 32 33 34
- Fig. 31 à 34. — Variations de l’inclinaison des différentes parties du profil.
- delà schématisation géométrique. A l’entendre, un artiste n’aurait qu’à savoir manier la règle et le compas pour être en mesure d’exécuter un portrait d’une ressemblance parfaite.
- Combien plus sage fut Léonard de Vinci :
- « Quand tu auras à concevoir un visage ou quelqu’une de ses parties, écrivait le peintre de la Joconde, porté sur toi un petit carnet où tu auras dessiné ces différentes parties. Après avoir jeté un coup d’œil sur le visage de la personne que tu veux peindre, tu rechercheras, dans ton recueil, à quelle sorte de nez ou de bouche celle que tu vois ressemble, et tu y feras une marque pour les reconnaître et les mettre en œuvre une fois rentré. »
- Voilà un conseil d’artiste, d’un grand artiste, qui était, lui aussi, passionné pour la science, mais qui n’eut pas voulu la substituer à l’Art.
- Albert Dürer, en dépit de ses excès mathématiques, fut cependant un grand connaisseur de la forme humaine. Il a vu juste, et il a interprété exactement. On pensera qu’il fut plus épris de vérité que de beauté. Mais, comme il le fait remarquer lui-même judicieusement : « ceux qui connaissent les difformités et les laideurs découvrent aisément ce qu’il convient d’éviter pour faire une œuvre empreinte de grâce. Car, nécessairement, plus on s’écarte de ce qui est mal, plus on se rapproche de la beauté ».
- C’est, en effet, par des éliminations successives des défectuosités du corps humain que l’artiste arrive à concevoir celte « santé de la forme » qui, suivant le mot d’Ingres, resplendit dans les œuvres vraiment belles.
- Mais Dürer fut hanté par un rêve irréalisable : la quadrature du corps humain.
- D1 Henry Meige.
- Professeur d’Anatomie à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts.
- 35
- Fig. 35 à 38.
- 36
- 37
- 35 cl 36. Déplacement des lignes de division verticales de la tête entraînant des variations dans la forme des yeua du nez, de la bouche, etc. 37 et 38- Dans certains cas les lignes verticales de division veuvent être remplacées par des obliques.
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- Retenue normale
- (718,m)
- Puits ds
- drainage de 0,80 Na Passerelle
- Fig. 1 à 4. — de barrage-voûte
- (1) Type de barrage-poids : le barrage de Chavanon, dont la construction est actuellement interrompue. (2 et 3) Type : le barrage Zola; coupe en travers et plan. (4) Comparaison, d’un barrage-voûte et d'un barrage-poids de même hauteur.
- = LES BARRAGES HYDRAULIQUES =
- LE NOUVEAU TYPE MESNAGER ET VEYRIER
- On sait combien notre pays est privilégié en ce qui concerne les ressources en houille blanche. Plus de 6 millions de kilowatts de puissance pourraient être demandés à nos chutes d’eau, sur lesquelles des usines ont été installées jusqu’ici pour produire à peine 2 millions de kilowatts ('). C’est dire que pour compléter l’outillage
- 1. Extrait de la Statistique de la Production et de la Distribution de lTnergie électrique du Ministère des Travaux Publics ('Lct janvier 1925). .
- économique de la France à ce point de vue particulier, qui nous libère d’une lourde servitude économique envers l’étranger, il nous reste à construire un nombre considérable d’usines hydro-électriques et par conséquent de barrages.
- Les recherches qui ont pour but d’accroître les garanties de sécurité de cette catégorie d’ouvrages tout en diminuant les dépenses correspondantes, sont donc particulièrement opportunes à l’heure actuelle.
- Fig. 5 et G. — Étude du barrage de Marège, projeté sur la haute Dordogne.
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- Jusqu’à présent, quand on veut utiliser l’eau d’une rivière à produire du travail, on y fait un barrage. On crée ainsi une chute sur le cours d’eau et un bassin de réserve, pour conserver l’eau pendant les heures où les consommateurs n’utilisent pas toute l’énergie électrique produite par la chute, afin d’en disposer aux heures, dites de pointe, où ils en demandent une quantité considérable. En cas d’irrigation, le barrage est aussi utile.
- LES BARRAGES-POIDS
- Pour que le mur-barrage coûte le moins cher possible, il faut le construire dans la partie la plus resserrée de la vallée et il semble a priori que, pour diminuer sa longueur, on doive le placer suivant là ligne droite perpendiculaire à la direction de la vallée. L’étude des conditions de résistance d’un barrage à la poussée de l’eau conduit à donner à sa section la forme cl’un triangle formé d’une verticale du côté amont, d’une horizontale le long de la fondation et d’une droite inclinée le long du parement aval. La base, avec le poids habituel des maçonneries, doit être presque égale à la hauteur. C’est ce qu’on appelle le barrage-poids, c’est-à-dire celui qui doit sa stabilité au poids des maçonneries (fig. 1).
- LES BARRAGES-VOUTES
- L’idée de constituer les barrages en forme de voûte à axe vertical, barrages-voûtes, s’est implantée en Espagne, il y a plusieurs siècles : barrage d’Elche (xvie siècle). En France, ce n’est qu’en 1845, près d’Aix-en-Provence, que l’on voit apparaître le premier barrage-voûte, le barrage Zola, du nom de son auteur (36 m. de hauteur) (fig. 2). Cet exemple ne s’était pas renouvelé avant la guerre. Ce sont les Américains qui, pendant la guerre, ont construit à Savenay, sur le réseau d’Orléans, le deuxième exemplaire de barrage-voûte en France. Il a seulement 15 m. de hauteur. Un barrage à voûtes multiples sur la Sélune a également été construit à la même époque et avec la même hauteur.
- La figure 4 qui donne pour un même cas particulier les sections transversales superposées d’un barrage-poids et d’un barrage-voûte, fournit une idée de l’économie réalisée dans la masse des matériaux par ce dernier système.
- Malgré cela, depuis la guerre et en dépit de la crise économique, on est revenu en France, aussi bien qu’en Algérie et au Maroc, à la tendance qui consiste à demander la stabilité des barrages à la masse des matériaux employés de façon rudimentaire, plutôt qu’à l’utilisation judicieuse et rationnelle de matériaux de choix.
- Mais, à l’étranger, où les questions financières se posent cependant avec moins d’acuité, on paraît s’être préoccupé plus qu’en France de l’abaissement du prix de revient des barrages, et de tous côtés des études ont été entreprises pour élucider les questions se rattachant à l’utilisation des voûtes comme éléments des barrages.
- Aux États-Unis, on a été jusqu’à construire un barrage-voûte d’expérience, que l’on a éprouvé jusqu’à la rupture.
- Beaucoup de barrages en Australie, en Amérique et même en France sont construits et calculés uniquement comme des voûtes simples ou juxtaposées (voûtes mul-
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- Fig. 7. — Modèle au centième d’un barrage fractionne du système de MM. Mesnager et Veyrier.
- liples), transmettant aux flancs de la vallée la poussée amont. Bien que calculés d’une façon très sommaire; ils se comportent fort bien et M. Degove, un ingénieur de grande expérience qui a beaucoup étudié et examiné de barrages, a pu écrire qu’on ne connaissait pas d’accident de barrage en voûte simple. Le cube de la maçonnerie, ou du béton qu’on lui substitue le plus.spuvent aujourd’hui par raison d’économie, est cependant réduit.à peu près au tiers de ce qui est nécessaire pour un;barrage-poids. Il en résulte une économie considérable'.
- LE BARRAGE-VOUTE FRACTIONNÉ DE MM. MESNAGER ET VEYRIER
- MM. Mesnager et Veyrier ont pensé qu’une autre économie était encore réalisable et en ont fait breveter l’application. Quand la retenue cl’un barrage est pleine, il faut laisser écouler les crues. Avec les barrages couramment utilisés aujourd’hui, de plus de 60 m. de hauteur, on ne peut songer à laisser passer l’eau par dessus la crête du
- Fig. 8. — Rupture à la base d’une voûte sous une charge 4,7 fois plus grande que la normale.
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- Fig. 9 et 10. — A gauche, le modèle de barrage vu par l’avant. A droite, Le même, vu en plongeant.
- barfrage. Elle rongerait les rochers au pied, comme le lait la chute du Niagara et amènerait la ruine de l’ouvrage. Il faut donc établir à grand frais des dispositifs d’évacuation, canaux de décharge avec déversoirs, tunnels, etc. Si au contraire on coupe la chute en un certain nombre de fractions de moindres hauteurs, 10 à 15 m. par exemple, séparées par des murs verticaux formant bassins de retenue (barrage fractionné), on peut laisser déverser de l’un dans l'autre sans inconvénient. La force vive gagnée dans la chute s’amortit par un mouvement tourbillonnant de l’eau du bassin, sans causer aucun dommage. La suppression des ouvrages régulateurs constitue ainsi une nouvelle économie à l’actif du barrage-voûte fractionné, tout en créant une cascade incomparablement plus imposante que celles de Saint-Cloud et d’autres résidences royales.
- Les inventeurs ont appliqué ces nouveaux principes à l’étude du barrage de Marège projeté sur la haute Dordogne (fig. 5 et 6).
- On peut seulement craindre que les murs minces auxquels on est conduit par le barrage-voûte fractionné (l’épaisseur n’étant que quelques centièmes, de l’ouverture), ne soient exposés à flamber, c’est-à-dire à se voiler avant rupture complète.
- LES EXPÉRIENCES SUR MODÈLES RÉDUITS
- Des expériences entreprises sous le contrôle,du Comité d’Etudes et de Recherches Scientifiques pour l’Utilisation des Forces hydrauliques et par la Commission des Barrages de grande hauteur, présidée par M. de La Brosse, inspecteur général des Ponts et Chaussées, ont permis de vérifier que cette crainte n’est.pas fondée.
- Il faut bien remarquer que les parois sont solidement encastrées dans le sol par leur pied et sur les talus de la
- vallée, ce qui diminue les chances de flambement. Dans les expériences réalisées jusqu’à ce jour au Laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées, sur des modèles réduits, sous des pressions trois et quatre fois supérieures aux conditions normales, aucune trace de flambement ne s’est manifestée; on peut donc compter avec les proportions employées sur la résistance totale du mur à la compression.
- Mais il paraît indispensable d’exposer le principe de ces expériences. On sait que la poussée exercée par un liquide sur un mur est égale sur chaque élément de surface au poids de la colonne d’eau ayant pour base cet élément de surface et pour hauteur la distance à la surface libre. Si l’on remplace l’eau par un liquide plus lourd, le mercure, par exemple, qui est 13,ü fois plus lourd, et si l’on réduit les dimensions du modèle au 1/13,0 de celles de l’ouvrage, la pression sera la même sur 1 mm2 pris au point correspondant du modèle. Si ouvrage et modèle sont faits de même matière, ils subiront la même fatigue. Donc si le modèle résiste, l’ouvrage résistera et réciproquement. En employant une matière 7 fois moins résistante, telle que du plâtre gâché avec une quantité d’eau suffisante, on pourra réduire à 1/13,6x7,3 = 1/100 les dimensions de l’ouvrage dans le modèle. Si l’un résiste, l’autre résistera.
- Dans les barrages fractionnés on peut, en vidant le bassin inférieur, doubler la fatigue sur l’avant-dernière ou deuxième paroi. En vidant les deux bassins inférieurs, tripler la fatigue de la troisième paroi et ainsi de suite. Cela permet de se rendre compte de la sécurité présentée par la construction.
- Dans le modèle en plâtre d’un barrage de plus de 70 m. de hauteur exécuté au laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées, on pouvait ainsi essayer la troisième
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- paroi à une fatigue triple, la quatrième paroi à une fatigue quadruple de la fatigue normale, la cinquième à une fatigue quintuple.
- Par des expériences effectuées le 28 avril et les 6 et 13 mai derniers, on a reconnu que les dispositions adoptées pour l’ouvrage de la figure 7 conduisaient à un coefficient de sécurité pratique compris entre 4 et 5 (fig. 8).
- En cas de rupture accidentelle d’une paroi de ce type, le barrage ne se romprait donc pas, puisque la pression ne serait que doublée. Il serait possible, avant la mise en service de l’ouvrage, d’essayer chacune de ses cloisons au double de la pression de service, essai que ne permet aucun autre type de barrage.
- La méthode d’essai de MM. A. Mesnager et J. Veyrier apporte donc aux projets de barrages-voûtes — mais seulement à ceux-là — une première sanction expérimentale permettant de vérifier ou de retoucher les dimensions auxquelles conduit le calcul pur.
- Leur utilisation du fractionnement des charges permet, avant la réception des ouvrages, de leur faire subir des épreuves progressives sous des charges supérieures aux conditions de services, garantie de sécurité que ne présente aucun des types classiques.
- Les essais méthodiques, qui doivent faire suite aux premières expériences relatées ci-dessus, et qui sont à l’heure actuelle en préparation à l’Office national des Recherches et Inventions sous le contrôle de la Commission des Barrages de grande hauteur du Ministère des Travaux Publics, ont précisément, entre autres buts, celui de fournir à ces épreuves les données qui leur manquent encore, à savoir : la valeur des efforts internes imposés à la manière d’une voûte, en fonction des déformations mesurées sur elle.
- La technique française va donc disposer à brève échéance d’un type de barrage à la fois plus sûr et plus économique que lès types construits iusqu’à ce jour tant en France qu’à l’étranger.
- Il est juste de mentionner les concours apportés à ces chercheurs pour leur faciliter leurs investigations :
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- Le Ministère des Travaux Publics, sur l’avis conforme du Comité d’Etudes et de Piecherches scientifiques pour l’utilisation des Forces hydrauliques, a doté ces recherches d’une subvention renouvelable de 200 000 francs.
- Le Ministère de la Guerre a mis à la disposition des expérimentateurs, pour la durée des expériences, un stock de mercure de 15 tonnes valant 1250 000 francs, prélevé sur le stock de guerre de la pyrotechnie de Bourges. M. Brice, président du Syndicat professionnel des constructeurs en béton armé, a donné sa caution solidaire en garantie de ce prêt de liquide précieux.
- La question a donc intéressé les milieux les plus divers. Elle est, en effet, d’intérêt plus que national.
- LES ÉTUDES A L'ÉTRANGER
- En Italie et aux Etats-Unis en particulier, l’étude théorique de la résistance des barrages a déjà été suivie d’études expérimentales.
- En Italie, M. C. Guidt, professeur à l’École Polytechnique de Turin, a soumis à la pression hydraulique une paroi cylindrique en béton de 5 m de hauteur et 16 cm d’épaisseur et a trouvé avec les résultats de ses formules des divergences qui n’ont été que partiellement expliquées.
- Aux Etats-Unis on n’a pas hésité à construire, dans une vallée naturelle, un barrage d’essais en béton de 18 m. de hauteur. On avait déjà dépensé à une première série d’expériences fécondes en résultats la coquette somme de 120 000 dollars, lorsqu’un orage exceptionnel a submergé toute l’installation et emporté les appareils de mesure (fig. 11 et 12).
- A la suite de ce contretemps, les expérimentateurs américains, en attendant de pouvoir réutiliser leur barrage grandeur nature, se sont ralliés à la méthode de MM. A. Mesnager et J. Veyrier et se préparent à la mettre en application.
- Sur ce point, les chercheurs français ont donc pris la place de tête. Espérons qu’ils disposeront des moyens suffisants pour pouvoir la garder. A. B.
- Fig. 11 et 12. — A gauche, le barrage expérimental de Stevenson Creeh, en Californie. On voit les échafaudages d'aval donnant accès aux instruments de mesure. À droite, le barrage surmonté par la crue de novembre 1926.
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- Fig. 1 à 3. — Trois beaux arbres de la flore soudanaise :
- De gauche à droite : 1, Baobab, le plus pittoresque des arbres de la brousse ; son écorce fait une excellente pâte à papier. — 2, Ca'il-cédrat (Khaya senegalensis) dit « acajou du Sénégal », très employé pour la construction et Vébénisterie, —3, Dioubalé (Ficus Rokko),
- un des géants delà savane, bel arbre d’ornement. (Photos J. Legendre.)
- LA COLONIE DE LA HAUTE-VOLT A
- CLIMAT - RACES - PRODUCTIONS
- Ce qu’on appelle aujourd'hui Colonie de la Ilaute-Volta faisait partie jusqu’en 1919 de l’unité administrative « Haut-Sénégal et Niger » et géographiquement du Soudan dont elle n’est que le prolongement oriental dans la boucle du Niger. C’est une des colonies du groupe de l’Afrique Occidentale Française (A. O. F.).
- Son territoire (300 000 kilomètres carrés) s’étend entre les 9e et 15e degrés de latitude N, les 0° et 8° de longitude O ; il est limitrophe du Sahara au Nord, de la zone forestière au Sud. La hauteur moyenne annuelle des pluies varie du Nord au Sud : 0 m. 40 à Dori, 0 m. 50 à Ouahigouya, 0 m. 70 à Ouagadougou, plus forte au Sud ainsi qu’à l’Est et à l’Ouest, où elle atteint 1 mètre. La capitale Ouagadougou se trouve dans une large bande Nord-Sud semi-désertique dépourvue de cours d’eau où l’eau de surface se présente uniquement sous forme de mares permanentes, dites « marigots », dont les plus étendus et le plus grand nombre sont des retenues d’eau artificielles destinées à relever la nappe phréatique et à servir d’abreuvoir au bétail. On en crée avec raison de nouveaux chaque année. Ouagadougou est ceinturé d’une ligne d’eau retenue dans les dépressions du sol par des digues artificielles ou « barrages », terme qui désigne ces réservoirs.
- Le quartier européen de Ouagadougou compte environ deux cents Blancs qui vivent dans des maisons à terrasse, construites en « banco », c’est-à-dire en briques crues liées avec un peu de paille, séchées au soleil. Dans ces demeures, modèles d’indon-
- fort, on cohabite avec des termites, des fourmis et des martinets. Les 7000 indigènes s’abritent dans des cases rondes exiguës, faites des mêmes matériaux, mais à toit de chaume, groupées en « quartiers ».
- D’après la tradition orale, la région de Ouagadougou était mieux pourvue d’eau autrefois. Il en était de même dans la Colonie du Niger et dans toutes les régions au Sud du Sahara. Le désert gagne du terrain, l’Afrique axiale et une partie de l’Afrique littorale sont en voie d’assèchement. Une des causes en est le déboisement provoqué et entretenu par les feux de brousse.
- L’inexistence de cours d’eau tient au mode des précipitations atmosphériques sous forme d’ouragans dits « tornades » avec trombe de poussière, tonnerre et pluie diluvienne qui remplit le lit des marigots en moins d’une heure, environ deux fois par semaine. Le sol, dur comme brique, n’a pas le temps d’être pénétré profondément par cette masse d’eau qui ruisselle et se perd, il n’est qu’imbibé superficiellement, le surlendemain il a repris la consistance de la pierre, ce que démontre l’impossibilité de sarcler à la main ou d’exécuter des labours à la houe.
- Dans tous les centres européens, l’eau d’alimentation est prélevée à la manière indigène, dans des puits de 5 à 10 mètres, ni cimentés, ni protégés, ni munis de pompe; seule Ouagadougou a quatre puits cimentés.
- La saison des pluies dure de mi-juin à fin septembre dans le couloir central, elle commence quelques semaines plus tôt dans le Sud, l’Est et l’Ouest de la colonie. La sécheresse sévit ensuite pendant 7 à
- Fig. 4. — Labour à la houe. (Dessin de Mlle A. Legendre.)
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- 8 mois. La végétation herbacée disparaît, rien ne croît plus, même si on arrose; un soleil ardent se livre sans contre-partie à son œuvre destructive, boit toute l’eau de surface et transforme le pays en désert. C’est l’époque où, comme dans le Sahara, le feuillage des arbres et arbustes à feuilles persistantes est le plus vert et comme vernissé.
- L’état hygrométrique moyen a varié en 1925 de 78° en saison des pluies à 43° en saison sèche, très abaissé au milieu du jour par l’harmattan.
- Le climat de la Haute-Volta est celui du Soudan, chaud et relativement humide de juin à fin novembre ; de fin novembre à mi-février la température nocturne est agréable, on dort mieux, l’appétit renaît, les forces reviennent. De mi-février à juin, il fait chaud et sec,
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- dont la moitié appartient au groupe Mossi, le plus développé au point de vue politique, social et économique. Son roi, le Moro Naba, réside à Ouagadougou; c’est pourquoi cette localité, conquise par Voulet en septembre 1896, a été choisie comme capitale de la colonie. Les Mossis comme les autres peuplades : Bobos, Gourounsis, Gourmantchés, Lobis sont de race noire; on ne trouve quelques éléments de race blanche, Berbères, que dans la province de Dori en bordure du Sahara; on rencontre des Peuhls dans toutes les provinces. La grande majorité de ces gens est fétichisme; un certain nombre sont islamisés, c’est-à-dire ont adopté certaines pratiques extérieures ‘ de Ma religion de Mahomet, très peu sont franchement musulmans; sauf peut-être ceux-ci, tous sont adorateurs du dolo ou bière
- Fig. 5. — La brousse à graminées où se cache le gibier passage d’une vetile caravane d'ânes.
- La cueillette du coton à Bahm.
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- La foire du coton à Ouagadougou.
- (Pliotos J. Legendi’e.)
- mars et avril sont particulièrement pénibles, l’air et le sol sont embrasés. Depuis novembre l’harmattan, ou vent du Nord-Est, souffle du désert une haleine brûlante qui dessèche tout.
- Pendant neuf mois la température n’a rien d’excessif ; la saison des pluies, sauf dans les quelques heures qui précèdent les tornades, n’est pas désagréable, la végétation renaît, la verdure masque la grisaille du sol, la brousse prend un aspect vivant et moins laid.
- Dans toute son étendue, la Haute-Yolta n’est qu’une savane monotone, sans aucune beauté, plateau d’une élévation moyenne de 300 mètres. Rien n’y réjouit la vue ; à la saison des pluies quelques fleurettes sans éclat n’arrivent pas à égayer l’uniformité verte de la prairie.
- On attribue à la Haute-Volta 3 millions d’habitants
- de mil. Le vêtement de beaucoup de pauvres gens est le suspensoir du modèle africain bien connu. Les Noirs de la Haute-Volta sont, en général, plus vêtus que ceux de la côte et leur vêtement est tout différent. Au lieu du simple pagne en faveur à la côte, les Mossis et autres indigènes habillés de la Hautes' Volta portent un vêtement de deux pièces, une veste à manches courtes et un pantalon court confectionné avec des bandes de coton du pays, blanches ou blanches et bleues alternant. Ils portent même une coiffure et des sandales de cuir de mouton. Ces acquisitions vestimentaires sont certainement dues à la pénétration de ces pays, situés dans l’axe du continent africain, par les Arabes et Berbères venus du Nord. Les tsés-tsés arrêtèrent les incursions de ces Blancs dans l’Ouest et le Centre de l’Afrique en tuant leurs chameaux et leurs chevaux. Le moteur a levé cette difficulté et la prise de possession totale de l’Afrique noire s’accomplit aujourd’hui grâce à lui.
- La flore herbacée se compose, en grande partie de hautes graminées : la flore arbustive en majorité de légumineuses épineuses.
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- Fig. S. — En haut : Cour intérieure de la « soukala » d'un homme aisé d’Ouagadougou. — Fig. 9. — A droite : Greniers à mil dans un village entre Dédougou et Bobo. — Fig. 10. — En bas : Résidence d’un chef de subdivision en Uaute-Volta. (Photos J. Legendre.)
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- s.
- n’existe que dans l’imagination de quelques-uns. On a fait à ce pays subdésertique et pauvre une réputation de grenier d’abondance qu’il ne mérite à aucun titre. Toute l’année on se dispute pommes de terre, légumes et fruits.
- Parmi les espèces arborescentes remarquables, on compte le baobab, le cailcédrat ou acajou du Sénégal (Khaya senegalensis) qui donne un excellent bois d’ébé-nisterie, le karité (Z?utyrospermum Parkii) ; c’est le noyer de l’Afrique Occidentale, sa noix est remplie d’un beurre malodorant que les indigènes emploient dans leur cuisine. On commence à en exporter sur l’Europe où, après désodorisation, il est utilisé dans l’alimentation. Le karité croit abondamment à l’état spontané et n’est l’objet d’aucune plantation comme le kapokier, moins commun.
- L’alimentation des Européens se compose de bœuf coriace, de mouton médiocre, de volaille de bon goût, de rares pommes de terre, grosses comme une noix, qu’on se dispute, de riz de marais, assez bon mais difficile à trouver, de légumes frais, dont on parle toujours comme le mendiant parle de richesses et qu’on peut obtenir pendant quelques mois avec une main-d’œuvre abondante et des arrosages bi-quotidiens, de fruits encore plus rares et médiocres : mangues, papayes, goyaves, oranges, etc., dont la production est très au-dessous des besoins.
- L’abondance des légumes et des fruits en Haute-Volta
- On trouve du moins facilement des aliments carnés''qui manquent dans les colonies côtières où les tsés-tsés ont anéanti le bétail, et où la misère alimentaire est encore plus grande.
- Les cultures vivrières des indigènes sont : le mil, céréale des pays secs, base de l’alimentation, le maïs, la patate, l’arachide, la corne grecque ou gombo, une variété de tomate, des haricots et des pois indigènes. Le gros mil ou. sorgho sert à la consommation animale et à la fabrication du « dolo » ou bière de mil. Le petit mil ou pénicillaire est consommé par l’homme sous forme de pâtée relevée par des sauces et condiments divers.
- Toutes les cultures se font à la houe, véritable jouet d’enfant, avec laquelle le sol est gratté superficiellement. Les semis se font en poquets. L’agriculture est au stade le plus primitif; l’araire est inconnue; la charrue n’a pas encore été introduite.
- La disette n’est pas rare, les indigènes par paresse limitant les superficies cultivées à ce qui est nécessaire pour leur subsistance en cas de récolte moyenne ; si elle est médiocre ils souffrent de la faim, car ils n’ont plus de greniers de réserve. Quand il y a disette, comme cette année, les indigènes consomment la noix de karité à l’état frais et l’exportation du beurre peut en souffrir.
- Une caractéristique de la flore de ce pays tropical est l’absence des arbres qui symbolisent les tropiques ; peu de palmiers, pas de bambous, peu ou pas de bananiers. Des essences feuillues au tronc court et noueux, rachitique, croissent lentement dans un sol pauvre et représentent la luxuriance de la végétation tropicale. Les arbres ne sont pas rares, ils sont le plus souvent isolés, rarement en bouquets, ce qui dénote l’intervention de l’homme qui n’a - gardé que les espèces à lui utiles.
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- Comparée aux hauts plateaux latéritiques de Madagascar, complètement dépouillés, écorchés, la Haute-Volta est plus boisée que l’Erythrée malgache et plus riche en hautes graminées fourragères et combustibles. Comme bois à feu les indigènes emploient les repousses annuelles des souches d’arbrisseaux qu’ils laissent dans les champs de culture, car ils n’ont pas d’outils pour abattre les gros arbres.
- Les cultures industrielles se bornent pour le moment au coton autour duquel on a mené grand bruit ces dernières années à propos du ravitaillement de la métropole en ce textile. De fait, une variété de coton (Gossy-pium hirsutum) est cultivée à sec en Haute-Volta depuis des siècles. Tl est probable que cette plante et le métier à tisser y sont d’introduction arabe. La fibre de ce coton est courte, 18 à 22 mm., elle est utilisée par les indigènes pour le tissage des bandes de coton avec lesquelles ils confectionnent leur costume. Le rendement en fibres
- Fig. 13. — Tambourinaires portant le casque a cimier à Ouagadougou. (Photo J. Legendre.)
- après égrenage varie de 25 à 50 kilos, c’est maigre ; quand l’année est peu pluvieuse, comme en 1926, la récolte se réduit à presque rien. Tel qu’il est, ce coton peut trouver son emploi dans l’industrie cotonnière française; il est à désirer que la production en soit accrue en augmentant la superficie cultivée et en obtenant des rendements plus élevés, deux choses possibles. En Nigérie anglaise, où on fait beaucoup de coton, le district de Zaria (Nigérie du Nord) se trouve dans les mêmes conditions climatiques que la zone à coton de k Haute-Volta. Après des années d’essais de différentes variétés importées, les agronomes anglais sont arrivés à la conclusion que la variété qui réussit le mieux est celle du pays parce qu’inattaquée par les insectes. Ils l’ont considérablement améliorée par sélection et par culture en roulement avec l’arachide. Je pense que c’est la politique la plus sage pour la Haute-Volta qui, sans avoir de grandes ambitions cotonnières, est capable, si on fait le nécessaire, de fournir son contingent aux filateurs et
- Fig. 12. — La corvée d’eau par des prisonniers sous la conduite d’un garde. (Dessin de Mlle A. Legendre.)
- tisseurs français. Cela comporte pour l’Administration l’obligàtion de fournir au producteur indigène des semences sélectionnées, de lui enseigner à améliorer ses méthodes de culture et l’inviter à faire plus de coton sans nuire aux cultures vivrières. Elle devra, en outre, prendre toutes mesures qui dépendent d’elle pour assurer la vente de la récolte du coton à un prix suffisamment rémunérateur pour l’indigène, même si la récolte aux Etats-Unis, en Egypte et dans les autres pays producteurs est abondante, ce qui entrave la vente des produits inférieurs, en exonérant la balle de coton desi frais de transport par voie ferrée et autres charges qu’elle peut supporter dans les années ordinaires. L’indigène ne comprendrait pas qu’on le poussât à produire au delà de ses besoins une marchandise qui lui resterait pour compte. Voilà beaucoup de conditions à remplir.
- S’il se crée des industries de transformation du coton sur place pour la confection du vêtement indigène, il devra être fixé un prix 'minimum d’achat dans l’intérêi même de l’industriel désireux d’approvisionner régulièrement son usine et sous peine de voir les indigènes abandonner une culture qui ne leur rapporterait rien. Maigre quelques essais intéressants en coton irrigué, je ne pense pas que l’Afrique noire intérieure soit jamais grande productrice de coton à cause de son climat sec et surtou de sa population. La métropole doit surtout compte] pour approvisionner son industrie cotonnière sur l’Afrique du Nord et la Syrie.
- Une autre malvacée textile (Hibiscus Sabdarrifa fournit une fibre susceptible de remplacer le jute des
- Fig. 1k. — Noir raccommodant son vêtement au village.
- (Dessin de Mlle A. Legendre.)
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- Indes pour la confection des sacs d emballage. C’est le « bérensé » des Mossis, le a dâ » du Soudan. Dans les villages Mossi, près de chaque case croissent quelques pieds de cette plante élégante qui fournit aux indigènes la filasse pour la fabrication de la corde. Au Soudan une société française en fait la culture industrielle.
- L'aracliicie est cultivée pour les besoins locaux; le ricin pousse partout où tombe une graine.
- L’Afrique Occidentale intérieure et littorale est le pays par excellence des oléagineux; les corps gras végétaux constituent la majeure partie de son exportation.
- La faune domestique du Soudan et de la Haute-Volta, qui n’en est que le prolongement oriental, est beaucoup plus riche que celle des colonies côtières où les glossines ont à peu près tout anéanti, sauf les animaux de basse-cour. La Haute-Volta se trouve riche avec 417 000 bovins que la peste décime fréquemment. Ce sont pour la plupart des zébus ou bœufs à bosse menés par des bergers Peuhls ; ils se gorgent de vert à la saison des pluies et ne mangent pendant les sept mois de saison sèche que le fourrage séché sur pied des hautes graminées.
- Le bel aspect du bétail dans certaines régions comme Dori, encore plus privé d’eau que le Mossi, paraît tenir à la nature de la prairie où domine une graminée semblable au foin d’Europe, tandis que dans le Mossi la graminée la plus répandue a la tige beaucoup plus forte et haute comme un roseau.
- Un assez grand nombre de bœufs et de moutons pour la boucherie vont en Gold-Coast, en Nigérie et en Côte-d’Ivoire s’échanger contre des colas et des tissus.
- Les équidés comptent 28 000 chevaux, carnes vicieuses aimant d’autant moins le travail qu’elles sont mieux nourries, et 64 000 ânes de taille moyenne, robustes et avenants. C’est à ceux-ci qu’incombe le transport de toutes les marchandises indigènes à l’intérieur de la colonie, l’Administration et le commerce européen utilisant l’auto-camion. Le cheval, exclusivement bête de
- LA TÉLÉMÉCANIQUE
- Commander à distance au moyen du téléphone la mise en service ou l’arrêt de machines, tel est le but de l’ingénieux dispositif qui vient d’être imaginé par M. Wensley, ingénieur de la Westinghouse Electric and Mfg C°, et qui a fait récemment l’objet d’une intéressante démonstration à New-York.
- Le Télévox est un véritable serviteur automatique qui reçoit les ordres qu’on lui téléphone, suivant un code sonore convenu, les fait exécuter et rend compte. Ces ordres sont reçus par des relais sensibles au son, ceux-ci mettent alors en marche le mécanisme de commande automatique.
- Par exemple, une maîtresse de maison peut s’absenter, aller prendre le thé chez des amis, et de là téléphoner à ce serviteur d’un genre nouveau; sur son ordre, il mettra en marche la cuisinière électrique sur laquelle est disposé le repas du soir. Cette dame, à son retour, trouvera son dîner cuit à point. Trois petits sifflets de tonalité différente lui suffiront pour se faire entendre et obéir.
- Voici le mécanisme de l’opération. La maîtresse de. maison
- selle, ne connaît ni le bât, ni le trait, le Noir ignore la traction animale. Anes et chevaux ne souffrent pas trop des trypanosomiases, car les indigènes savaient avant nous que ces maladies sont transmises par les mouches tsés-tsés ; les villages sont construits loin des cours d’eau près desquels vivent les tsés-tsés et quand les indigènes voyagent avec leurs animaux ils ne passent les cours d’eau que la nuit. Pour la même raison la maladie du sommeil humaine est rare en Haute-Volta.
- La chèvre ou cabri (594 000) cohabite dans toutes les cases avec la poule, la pintade et le canard.
- Le mouton à poils du pays a un effectif moindre : 525 000.
- La Haute-Volta a 4 649 kilomètres de routes carrossables intérieures et intercoloniales qui la mettent en relation avec le Soudan, la Côte-d’Ivoire et le Niger. Ce sont plutôt des pistes, des chemins de terre, qui n’ont à supporter le ruissellement des eaux que pendant la brève saison des pluies, une circulation automobile de trois ou quatre voitures, par jour selon les tronçons et le piétinement à nu de quelques indigènes. Les ponts et ponceaux sont de terre et de branchages, d’un type que je n’ai vu qu’en Ouest-Afrique. A mesure que les transports de voyageurs et de marchandises augmenteront, la mise en état de ces voies de communication exigera des moyens techniques et financiers tout autres que ceux en usage aujourd’hui.
- Après cet aperçu des principales productions de la Haute-Volta on peut se demander ce que la métropole peut en attendre en dehors des tirailleurs dits « sénégalais » qui seraient mieux appelés Ouest-africains. Un peu de coton, du beurre de karité en abondance, de l’huile d’arachides, du kapok et, si on les cherche et quon en trouve, des minerais tels que le manganèse dont Gold-Coast, la Colonie anglaise voisine, exporte 240 000 tonnes par an ou de la houille comme en Nigérie, ce qui faciliterait l’exploitation du futur transsaharien.
- D' J. Legendre.
- PAR LE TÉLÉPHONE
- va au téléphone et demande le numéro de son appartement; l’opérateur le sonne: dès que la sonnerie retentit dans l’appariement, le Télévox automatiquement décroche le récepteur et émet une série de bourdonnements qui avertissent qu’il est prêt à recevoir les ordres.
- La maîtresse de maison prend l’un de ses sifflets et siffle : « Piip », cela veut dire « Préparez-vous ».
- La Télévox cesse ses bourdonnements et émet une série de « clics » qui signifient « Tout est prêt, que désirez-vous? »
- La maîtresse de maison siffle 3 fois « Piip— Piip — Piip » cela signifie : Connectez-moiau fourdela cuisinière électrique.
- Le Télévox répond par de longs bourdonnements: « Bouzz-Bouzz-Bouzz-Bouz-z-z » qui veulent dire. « La connexion est établie, mais l’interrupteur est ouvert ».
- La maîtresse de maison prend son 2e sifflet : « Toout ». Cela veut dire : « Fermez l’interrupteur et mettez le four en marche. »
- Le Télévox cesse ses « longs bourdonnements et répond par un bref « boouz » que l’opération est exécutée.
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- « Piip-Piip-Piip-Piip » siffle 4 fois la maîtresse de maison. Cela veut dire « mettez-moi en communication avec le four et dites-moi comment il marche ».
- « Boouz-Boouz-Boouz-Boouz — Boouz-Boouz — » répond Télévox. Les 4 premiers bourdonnements signifient « Vous êtes en communication avec le four » ; les deux derniers : « le four est très bas ».
- » Piip Piip-Piip-Piip-Piip » fait 5 fois la maîtresse de maison : « Connectez-moi à l’appareil de tirage ».
- Le Télévox répond par cinq longs bourdonnements, suivis d’un bourdonnement plus bref qui se traduisent ainsi : « La connexion est établie. Les tiroirs sont fermés ».
- « Toot-Toot », répond la maîtresse de maison avec son 2° sifflet. Le Télévox ouvre les tiroirs et avertit par un long bourdonnement que l’opération est effectuée. La maîtresse de maison souffle alors dans son troisième sifflet, cela signifie : « Adieu ». Le Télévox raccroche le récepteur.
- On conçoit qu’un système télémécanique établi sur ce principe puisse rendre de très grands services dans une foule de cas, par exemple pour commander la mise en marche ou l’arrêt des machines dans une centrale électrique, à partir d’un poste central de « dispatcher ». L’avantage du Télévox est d’utiliser le réseau téléphonique existant, et par suite de rendre inutile la pose de fils spéciaux, nécessaire dans tous les autres systèmes de commande à distance.
- Examinons maintenant par quels organes est assuré le fonctionnement du système Wensley.
- Les sons transmis par le téléphone à l’appareil Télévox, après avoir impressionné le récepteur de l’appareil téléphonique usuel sont perçus au voisinage de celui-ci par un microphone très sensible, et les bourdonnements de réponse
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- sont émis par un haut-jjarleur placé au voisinage immédiat du transmetteur téléphonique. Ainsi, aucune connexion électrique n’est établie entre le Télévox et le téléphone. La liaison est faite uniquement par le son. Lorsque la sonnerie d’appel retentit, un relais sensible au son est mis en action; il dégage le récepteur de son crochet-support, il met en marche l’émetteur de bourdonnements et établit toutes les connexions nécessaires pour que l’ensemble du système soit prêt à entrer en action.
- Le sifflet de l’opérateur éloigné donne une note d’une hauteur déterminée ; celle-ci, après transmission au récepteur téléphonique, met en marche le nombre voulu de relais ; un sifflement met en marche le relais n" 1 ; 2 sifflements, le relais n° 2 et ainsi de suite.
- Supposons que l’opérateur veuille, par exemple, agir sur le relais n° 3 qui commande un certain interrupteur; il siffle 3 fois; le relais est alors mis en circuit; le Télévox répond par 3 bourdonnements, indiquant que le relais n° 3 est prêt; puis il émet un long ou un court bourdonnement, indiquant que l’interrupteur est ouvert ou qu’il est fermé, suivant le cas.
- Pour faire la manœuvre [inverse, l’opérateur émet une note plus grave qui fait agir le relais en sens inverse.
- Si le relais est associé à un niveau d’eau ou à un thermomètre, il en fait la lecture et en indique le résultat par un nombre convenable de bourdonnements.
- Il n’existe pas de limites de distance pour le Télévox. Sa portée est exactement celle du téléphone, et l’on sait qu’aujourd’hui celui-ci, avec ou sans fil, peut faire franchir à la voix humaine les continents et les océans.
- R. Yilleks.
- LES INCENDIES DE FORÊTS EN PROVENCE EN 1927
- La Revue des Eaux et Foiêts donne le bilan des incendies qui ont dévasté au mois d’août dernier les forêts du Var et des Alpes-Maritimes.
- Dans ce dernier département, qui renferme 106151 hectares de forêts, on a compté 104 incendies dont 44 dans les forêts soumises au régime forestier et 60 dans les autres. La surface parcourue par le feu a été de 5.069 hectares dont 1 088 dans les forêts soumises au régime forestier et 3 981 dans les autres. Les dégâts sont évalués à 53 millions. La presque totalité des incendies (97) a éclaté après la période légale d’interdiction du feu; la plupart aux environs du 15 août. Leur durée a été en général assez courte : 71 ont été éteints en quelques heures; d’autres ont brûlé toute une nuit et ont été circonscrits le lendemain; une vingtaine au bout de 2 ou 3 jours. Celui qui a demandé les plus longs efforts et causé le plus de dommages est celui du 15-21 août à Clans-et-Marie (480 hectares détruits). Il y a eu 6 incendies de plus de 100 hectares.
- Dans le département du Var qui contient 297 000 hectares de forêts, on a compté 68 incendies dont 25 dans les forêts soumises au régime forestier, 43 dans les forêts non soumises. La surface incendiée a été de 9 025 hectares dans les premières, de 16 214 dans les autres, au total : 25 239 hectares et 23 millions de dégâts.
- Comme dans les Alpes-Maritimes, tous les incendies, sauf 8 de peu d’importance, ont éclaté après le 1er juin, la plupart aux environs du 15 août. Il y a eu 15 incendies de plus de 100 hectares.
- Quelles sont les causes de ces sinistres ; pour certains d’entre eux elle a pu être déterminée : imprudences de
- fumeurs, feux de cuisine de touristes, ouvriers, troupes en manœuvres, mal éteints et rallumés par le vent; un incendie considérable a été provoqué par l’éclatement d’un obus parmi les broussailles. Les locomotives sont également responsables de plusieurs incendies, ainsi que les incinérations agricoles.
- Mais pour un grand nombres d’incendies et notamment pour les graves, la cause demeure inconnue.
- On a supposé des agissements criminels. L’enquête de la police n’a rien révélé de tel; mais elle a montré qu’un certain nombre de sinistres imputés à la malveillance avaient, en réalité, pour origine des contrefeux imprudemment allumés par des personnes sans mandat ayant agi isolément pour pi’o-téger leurs propriétés.
- Les mesures de protection que nous avions résumées dans un précédent numéro ont été prises en temps utile et appliquées avec zèle par les intéressés. Elles n’ont pas empêché le désastre. C’est d’une part que les circonstances ont été exceptionnellement défavorables en Provence cette année! grande sécheresse et vents violents. Et l’on n’a pas actuellement de moyens de luttes réellement efficaces contre l’incendie poussé par un grand vent. D’autre part les organisations de défense, sont, nous l’avons dit, loin d’être complètes et d’avoir acquis l’expérience et la cohésion nécessaire. Elles présentent enfin un défaut grave, auquel il devrait être remédié dans l’avenir : l’unité de commandement dans la lutte contre le sinistre n’est pas assurée. Et c’est là cependant, tout comme à la guerre, une condition nécessaire de succès.
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- = A PROPOS DES FOUILLES DE GLOZEL =
- DOCUMENTS NOUVEAUX SUR L’AUTHENTICITÉ ET L’AGE DU GISEMENT
- Décidément, Glozel est un terrain de discorde. La Commission internationale dont tous les journaux ont longuement parlé avait à peine terminé ses fouilles dont on attend les conclusions que M. Marcellin Boule, professeur au Muséum national et Directeur de l'Institut de Paléontologie humaine, dont on connaît l'autorité, l’indépendance et la sagesse que tous admirent, donnait au Temps [16 novembre) un avis défavorable basé sur l'examen d'une des pièces les plus importantes de Glozel, un galet à gravure de renne, que le Dv Morlet lui avait apporté. M. Boule ayant étudié ce galet avec soin a reconnu dans les creux de la gravure un enduit de gélatine ou de colle forte recouvrant un trait clair ; il a conclu que ce galet est un faux.
- Entre temps, M. Depéret, membre de VAcadémie des Sciences et Doyen de la Faculté des Sciences de Lyon, a fouillé le fameux gisement. Nous publions aujourd'hui ses constatations.
- Nous comptons donner dans notre prochain numéro une étude comparative des figures sans bouche.
- Autant de pièces versées au débat qui reste obscur pour tous ceux qui ne sont pas spécialisés en préhistoire et même, semble-t-il, pour beaucoup de savants.
- On ne connaît pas encore les conclusions de la Commission internationale de spécialistes qui vient d’enquêter sur le gisement de Glozel.
- Quelles que soient ces conclusions, le rapport des experts mettra-t-il fin aux discussions scientifiques instituées autour de cette fouille désormais célèbre? Le supposer serait méconnaître le zèle combatif dont archéologues et savants des disciplines voisines sont capables, mésestimer leurs aptitudes discursives, faire trop bon marché du trésor de sublimes passions dont se peut enflammer un débat quand des convictions opposées s’affrontent sur un terrain où les certitudes individuelles s'affirment d’autant plus haut que la certitude est plus fuyante.
- Mais il est un doute que l’enquête internationale devra lever, c’est celui qui plane sur l’authenticité des documents.
- Ces documents ont-ils été fabriqués de toutes pièces, introduits par fraude dans la couche explorée?On l’a dit, et c’est par là que les fouilles de Glozel sont devenues F« affaire » de Glozel, par là que le public a prêté attention à une question qui eût été bien incapable de l’émouvoir si, en présence de ces outils en os, de ces galets décorés et de ces plaquettes d’argile écrites, il se fût agi seulement de décider de leur âge.
- En attendant l’avis des experts, un géologue français des plus estimés, M. Charles Depéret, membre de l’Académie des Sciences et Doyen de la Faculté des Sciences de Lyon, a fait connaître une opinion motivée et catégorique.
- Pour lui, après une fouille pratiquée en compagnie du Dr Arcelin et du professeur Bjôrn d’Oslo, fouille orga-
- nisée avec le souci de se mettre à l’abri de tout truquage, il ne peut subsister aucune indécision quant à l’authenticité des documents. C’est ce qu’il a affirmé avec force, il y a peu de jours, devant ses collègues de l’Académie des Sciences. Suivons-le dans ses explications.
- « Afin de répondre, a-t-il dit, à l’accusation d’une introduction latérale des objets par tunnel pratiqué sur les parois des tranchées, nous avons choisi nous-mêmes un carré de terrain placé! à trois mètres de distance minima de la tranchée la plus voisine, ce qui rendait matériellement impossible la manœuvre en question. Le sol était rempli de tiges et de racines d’herbes et 'd’arbustes intactes et en place. Après avoir enlevé avec soin la terre végétale de 0 m. 30 d’épaisseur, nous avons fouillé l’argile jaune d’abord assez molle qui, sur 0 m. 40 d’épaisseur moyenne, contient la couche archéologique. Cette couche passe, en bas, à une argile jaune plus compacte qui devait constituer le sol de l’époque. Dans ces conditions, et grâce aux radicelles et racines qui traversaient le terrain et entouraient les objets archéologiques, aucune supercherie n’était possible, ni aucune introduction d’objets par côté, ni par-dessus. Fouillant nous-mêmes au couteau, nous avons chacun, le Dr Arcelin et moi, recueilli plusieurs pièces préhistoriques : un galet avec gravure d’une tête de petit bœuf (fîg. 1), un morceau d’ocre rouge, une pendeloque de pierre (fig. 3), un poinçon en os incisé de traits parallèles (fig. 2). Très près et à droite de notre terrain, j’ai recueilli moi-même un galet de roche dure, métamorphique, avec des lettres gravées de l’alphabet de Glozel, surmontée d’un ornement en zigzag.
- Quelques semaines plus tard, mon collaborateur le D1' Mayet, en compagnie du professeur portugais Mendes Corréa, faisait une fouille dans les mêmes conditions sévères. Ils découvraient eux-mêmes un galet de schiste avec 9 lettres, deux poinçons en os et une statuette phallique (fig. 4).
- Plus récemment encore, M. Solignac, géologue de Tunis, accompagné de M. Peyrony, des Eyzies, du professeur Tafrali, de Jassy, et de M. Vergne, du Musée de Villeneuve-sur-Lot, dans une fouille semblable, recueillaient : un disque de schiste percé d’un trou bi-conique, une pendeloque en schiste, un poinçon en os, un anneau de schiste avec lettres gravées, une statuette phallique,
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- un hameçon en os. Les objets en os étaient, disent-ils, parfaitement fossilisés.
- Tous les savants précités apportent, comme moi-même, leur témoignage formel en faveur de l’authenticité des pièces trouvées par eux, tant pour les objets en pierre et en os que pour l’écriture. »
- Les photographies que nous reproduisons ci-contre sont celles des divers objets ainsi mis à jour; elles forment donc, en attendant la publication des résultats de l’enquête, la plus récente documentation sur le sujet.
- Mais à côté de cette preuve intrinsèque d’authenticité, M. Depéret en est allé chercher d’extrinsèques, bien loin du gisement de Glozel.
- « Il est, a-t-il dit, encore une autre preuve d’authenticité comme aussi d’ancienneté de l’écriture de Glozel : c’est l’existence de cet alphabet dans d’autres stations de France et de l’étranger. Je rappellerai d’abord la découverte, par Ricardo Severo, dans le dolmen d’Alvao (Por-
- Fig. 3. — A gauche : Pendeloque ; A droite : Galet rond de rivière portant des signes alpkabéliformes.
- tugal) de deux plaquettes de roche portant des signes alphabétiformes, sans doute un peu plus récents que les tablettes de Glozel, mais offrant un grand nombre de signes identiques. Elles leur sont, en conséquence, très apparentées.
- En France, il existe dans l’Ailier, plusieurs stations néolithiques, caractérisées par des haches polies, qui contiennent des anneaux en schiste, pendeloques plutôt que bracelets. Pé-rot, en 1917, a figuré un disque central — déchet de fabrication d’un anneau — trouvé à Sorbier par M. Clément et portant 4 signes de l’alphabet glozélien. M. Clément, directeur d’école à Chantelle, nous a montré dans sa collection et a bien voulu permettre de mouler deux autres de ces disques : 1 un du gisement des Berthelots près les Mines de Bert — dit à tort gisement de Montcombroux — porte le V à branche droite rabattue en bas, caractéristique de l’alphabet de Glozel; l’autre de Blé-nières, porte un décor en zigzag glozélien avec lettres de Glozel sur le côté..
- Enfin, preuve encore plus convaincante, on connaît depuis plus ou moins longtemps des rudiments ancestraux du même alphabet qui datent de l’époque magdalénienne et provien-
- nent de différentes grottes : gravures pariétales à Montespan-Ganties (M. Cazedessus) et sur os, à Gourdan (Haute-Garonne) ; sur os ou bois de Renne à la Madeleine (Dordogne) à Lacave (Lot), à Rochebertier (Charente).
- La multiplicité des stations où l’écriture de Glozel est maintenant connue, rend impossible de penser que cette écriture ait été imaginée à Glozel pour les besoins de la cause. »
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- Reste la question de l’âge.
- Elle est bien capable de susciter des discussions sans fin ; mais de ces discussions seul le cénacle des spécialistes gardera tous les échos.
- M. Depéret, qui étudie ce gisement depuis le début de son exploration par le D' Mor-let, qui l’a découvert, a, sur l’âge - de ces documents préhistoriques, une opinion qui n’est pas tout à fait celle de M. Morlet, pas tout à fait non plus celle qu’il avait lui-même à l’origine, et pas du tout celle qu’a fait connaître M. Camille Jullian à 1’Académi.e des Inscriptions et Belles-Lettres. M. Depéret est un paléontologiste, les raisons qui le déterminent sont d’ordre paléontologique, et ces raisons l’incitent à vieillir, plus qu’on ne l’avait fait encore, le gisement de Glozel.
- Ecoutons son exposé devant l’Académie des Sciences :
- « Dans ma note de 1926, un peu freiné par l’idée de trop vieillir l’usage de l’écriture, j’avais adopté (pour Glozel
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- un âge néolithique, mais plutôt de la fin de cette période. Les découvertes récentes m’amènent maintenant à reculer cet âge jusqu’au début du Néolithique, près du Paléolithique final. L’an dernier je n’avais déterminé, d’après les dents trouvées dans le terrain, qu’une faune récente comprenant le Sanglier, le Cheval, le Bœuf, la Chèvre, le Daim (ce dernier toutefois disparu de la contrée) — et je me refusais à reconnaître le Renne dans un dessin sur galet, animal dont le bois me paraît se rapprocher plutôt de celui d’un jeune Elan. Depuis, la présence de l’Elan a été confirmée par deux dessins de très jeunes sujets au mufle très allongé et recourbé en bas. Mais un autre dessin sur plaque de grès schisteux, plus récemment trouvé, appartient sans conteste au Renne, avec son andouiller basilaire déjeté en avant au-dessus du nez et terminé par une (empaumure trifurquée. Or le Renne a disparu de nos contrées à la fin du Paléolithique, sauf dans quelques rares gisements aziliens, tel que la grotte de la Tourasse.
- La présence indiscutable, quoique sans doute très rare, d’un Renne figuré à Glozel, s’ajoute à d’autres réminiscences magdaléniennes de l’outillage pour m’amener maintenant à admettre que le gisement de Glozel se rapproche du Paléolithique final avec lequel il s’apparente à la fois par la faune, par l’outillage et aussi, par l’écriture. »
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- A la lumière de ces faits, le gisement de Glozel est apparu à M. Depéret comme un cimetière datant de l’extrême début du néolithique.
- D’après, lui les Glozéliens pratiquaient le culte des morts en ornant leurs tombes d’objets votifs.
- Les plaquettes d’écriture, dessins d’animaux sur galets, poteries, outils en os ou en pierre seraient de tels objets qui, déposés sur le sol de l’époque, ont été lentement recouverts au cours des siècles par un ruissellement d’argile kaolinique. ;
- Parmi ces objets, une place à part doit être faite à des vases renflés, à ouverture très étroite dans le fond desquels on trouve des cendres qui, soumises a l’analyse chimique ont été reconnues pour des cendres d’os. Ces vases seraient des urnes funéraires. M. Depéret pense que les Glozéliens pratiquaient la crémation, hypothèse qui lui paraît confirmée par la découverte de cette fosse ovalaire aux parois vitrifiées, que l’on a décrit comme un four de verrier et qui serait un four crématoire.
- Et M. Depéret de conclure :
- « Ainsi le gisement de Glozel se révèle comme une découverte de premier ordre, en raison surtout de l’existence insoupçonnée en Europe d’une écriture très complète à une époque fort antérieure à celle de toutes les écritures de l’Orient. »
- La parole est maintenant aux enquêteurs.
- Georges Ivimpflin.
- LES INTRASAUCES
- Jusqu’où peut aller la gastronomie dans son souci de rendre toujours plus agréable notre nourriture ? La cuisine sait déjà donner aux viandes les arômes et les goûts les plus variés, mais voici du nouveau, et des plus sensationnels. Au dernier déjeuner de la Société nationale d’Acclimatation, qui, on le soit, réunit chaque année les plus lins gourmets pour déguster les mets souvent les plus imprévus et les plus inédits, M. le D1'Gauducheau a présenté un nouveau plat, les intrasauces et il vient d’en donner la recette dans lu Rerue d’Histoire naturelle appliquée. Déjà, seul ou en collaboration avec Mme la marquise de Nouilles, il avait réussi, en donnant à des volailles, quelques jours avant de les tuer, une nourriture exclusivement à base de lait caillé, à purifier leur inleslin et a leur enlever totalement les goûts et odeurs dus aux aliments économiques mais plus ou moins puants qu’on emploie souvent en élevage : déchets de ferme, restes de poissons, grains avariés, résidus d abattoirs, etc. Mais si ces bêtes n’avaient plus aucun mauvais goût, elles n’en acquéraient pas un exquis et tous les essais pour faire manger à des lapins, des poulets, des canards, des mets parfumés pouvant donner à leur chair un arôme étaient suivis d'insuccès, les animaux refusant une nourriture trop odorante.
- C’est alors que M. le Dr Gauducheau eut l’idée de remplacer les sauces « externes » de la cusine par des « intrasauces » injectées dans les vaisseaux de l’animal et pénétrant ainsi dans tout le corps.
- Voici la technique qu’il préconise pour le poulet et le pigeon.
- « L’animal est d’abord saigné à blanc par section des vaisseaux du cou immédiatement au-dessous de la tête et plumé; puis on lie fortement le cou à quelques centimètres au-dessous de sa section, afin de fermer les carotides. On incise la paroi de l’abdomen au-dessous du bréchet, par une large incision courbe, à concavité tournée en avant et intéressant latéralement plusieurs côtes, en coupant le moins possible de masses musculaires et aucun gros vaisseau. On soulève la partie antérieure du thorax largement et on aperçoit le cœur. On ponctionne celui-ci sur sa face antérieure, à un demi-centimètre environ au-dessus de sa pointe,
- en dirigeant le trocart ou l’aiguille obliquement vers le haut.
- « L’instrument ayant pénétré dans la cavité du ventiûcule gauche, on charge une seringue, de 20 à 50 gr. du liquide à 'injecter que l’on pousse lentement dans la circulation. On peut faire pénétrer ainsi jusqu’au dixième du poids du corps de l’animal. Le liquide injecté reste dans les organes, muscles et viscères. Ensuite, on vide et on fait rôtir l’Oiseau comme d’habitude, par exemple dans une cocotte, avec du beurre.
- « Lorsqu’on injecte un liquide peu épais, en quantité suffisante, on voit sourdre des gouttes à la surface de la peau, sur toutes les parties du corps de l’animal. Gela indique bien que la matière injectée a rempli la circulation du sang et pénétré jusque dans la profondeur de tous les tissus.
- <c La répartition des «. intrasauces » après injection dans le cœur est inégale; les muscles en retiennent moins que le foie.
- <c Cette technique peut s’appliquer à toutes sortes d’animaux avec des variations et des adaptations dictées par l’anatomie des espèces.
- « On peut aussi localiser l’injection d’ « intrasauce » à une circulation locale telle que celle du foie ou du train postérieur. Dans ces derniers cas, on pousse l’injection dans la veine porte ou dans l’aorte abdominale avant sa bifurcation en iliaques. »
- Parmi les liquides d’ « intrasauces » essayés jusqu’ici, les meilleurs résultats ont été obtenus avec le sho-yu ou jus de poisson autolysé.
- Chez le lapin, une injection de 3 à 5 pour 100 du poids vif de sho-yu améliore extraordinairement la viande. Le nuoc-mam, à 0,5 ou 1 pour 100 donne au début un goût faisandé désagréable qui devient appétissant à la fin de la cuisson.
- On peut ajouter à ces sauces de l’extrait de tomates, de l’estragon, de la moutarde, du piment pour relever plus ou moins les saveurs.
- Chez le poulet, une injection cardiaque de lait (10 pour 100 du poid vif) blanchit aussitôt la viande et la rend plus douce.
- Nul doute que ces recettes scientifiques tenteront quelques gourmets qui voudront ainsi perfectionner encore leur cuisine !
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- LES AGRANDISSEURS PHOTOGRAPHIQUES
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- Dès l’origine de la photographie on s’est préoccupé de déterminer les dimensions [qu’il convenait de donner aux images et l’on parvint très vite à déterminer le format optimum.
- Nous croyons devoir rappeler en quelques lignes les considérations physiologiques et géométriques qui justifient le choix de la dimension 18 X 24 pour la plaque normale.
- D’une part, la distance minimum de laquelle un observateur dont l’œil est emmétrope regarde ordinairement un texte ou une image est voisine de 30 cm ; d’autre part, l’œil ne peut embrasser sans fatigue qu’un angle d’environ 50 grades.
- De ces données il est possible de déduire les dimensions du plus petit format rationnel. Faisons tourner, dans chaque œil, le rayon visuel le plus divergent compris dans l’angle précédemment défini, autour de l’axe optique principal : le champ de nette visibilité sera représenté, sur un plan situé à 30 cm du sommet des cônes ainsi engendrés par deux cercles sécants de 12,5 cm de rayon, dont les centres seront séparés jpar une distance de 65 mm, égale à celle de l’écartement des yeux (fig. 1).
- On peut, dans cette zone, inscrire un rectangle de 17 cm sur 23, dont les côtés représentent, en fait, les limites de la surface utile de la plaque 18 X 24.
- Il suffira, pour projeter
- sur ce rectangle une image qui, à une distance d’examen de 30 cm, puisse être superposée au sujet, d’opérer au moyen d’un objectif ayant une distance focale de même valeur.
- Les objectifs que l’on est obligé d’utiliser avec les formats en vogue de nos jours sont loin de répondre à ces conditions : le plus souvent, les images mesurent 6 1/2 X 9, 6 X 6 1/2, 41/2 X 6, et sont obtenues
- avec des objectifs dont les foyers sont respectivement de 107, 84 et 72 mm; certains appareils photographiques récents utilisant la pellicule cinématographique normale, sont munis d’objectifs de foyers plus courts encore.
- Il est évident que les images obtenues avec de tels appareils ne peuvent être regardées d’une distance à peu
- près égale à celle du foyer de l’objectif qui les a projetées sur la surface sensible; il n’est pas possible, par suite, d en percevoir la perspective exacte. C’est pourquoi, le plus souvent, les épreuves obtenues avec les petits appareils paraissent insignifiantes. A ce défaut de perspective, certains amateurs qui n’ont pas la sagesse de renoncer à faire des portraits de [dimensions relativement grandes, bien que ne possédant que des appareils de petit format, ajoutent, en se plaçant trop près du
- sujet, des déformations tout à fait inadmissibles.
- Est-ce à dire qu’il faut, pour faire de bonne photographie, renoncer aux petits appareils et revenir au 18 x 24 de jadis? Non, car la lentille qui permet d’obtenir de la nature une image réduite, permet aussi, soit d'examiner cette dernière sous l’angle voulu pour en percevoir la perspective exacte, soit de l’amplifier par projection.
- La lentille convexe partage d’ailleurs cette propriété avec le miroir convergent. Si l’on place une photographie en deçà du foyer d’un miroir concave, on voit apparaître dans cet instrument une image virtuelle, droite mais inversée, plus grande que l’objet, et dont la perspective est exacte si la distance focale a été convenablement choisie. C’est là, croyons-nous, la seule application pratique que le miroir concave ait jamais eue en photographie.
- La loupe est plus avantageuse : avec elle, en effet, les images virtuelles ne sont pas inversées. Certains opticiens ont établi, spécialement pour cet usage et pour chacun des formats courants, des loupes dont la longueur focale est sensiblement égale à celle des objectifs habituellement employés : on peut ainsi, en utilisant la réversibilité optique, se placer dans les meilleures conditions possibles. Ce procédé de restitution de la perspective n’est que peu employé en photographie monoculaire. Il est au contraire d’usage courant en sté-réoscopie et, en associant à une juste perspective la sensation de relief propre à la vision binoculaire, donne une saisissante impression de vérité.
- On reproche à ces procédés d’exiger l’interposition d’un instrument entre l’image et l’œil de l’observateur, et
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- ves’ agrandies, avoir recours à un appareil spécialement approprié à ce travail.
- Les modèles d’agrandisseurs sont relativement nombreux ; on peut, considérant que les uns sont à projection interne et les autres à projection externe, les ranger en deux caté-
- Fig. 2 et 3.
- — A gauche : Agrandisseur Noxa équipé pour les travaux duction. A droite : Agrandisseur Noxa (grand modèle).
- de
- surtout de ne pas autoriser l’examen de l’image simultanément par plusieurs personnes. Ces inconvénients sont éludés lorsque l’on a recours à l’image réelle jet agrandie que l’on obtient par projection, lorsque l’objet est placé en deçà du foyer : rien ne vient alors entraver l’observation.
- En principe, l’agrandissement améliore toujours la perspective; l’effet optimum est acquis lorsque l’on atteint
- 30 cm
- un coefficient d’amplification linéaire égal à -—-—? /
- étant le foyer de l’objectif utilisé pour la prise de vue; mais si l’on agrandit davantage le résultat reste aussi bon; en ce cas on est d’ailleurs souvent amené à observer l’image de plus loin. Tout le monde a pu constater à quel point la perspective des projections cinématographiques est juste; il ne s’agit pourtant ici que de petites images de 18 millimètres sur 24, provenant d’objectifs dont la longueur focale atteint à peine 50 mm : l’amplification confère à l’image minuscule enregistrée parle cinématographe des qualités que Ton n’aurait pu obtenir directement qu’au moyen d’un objectif d’au moins 40 cm de foyer et d’une plaque cent fois plus grande.
- Il serait facile de fixer définitivement l’image fugace reçue par l’écran : il suffirait pour cela de recouvrir celui-ci d’une feuille de papier au gélatino-bromure ; mais mieux vaut, pour tirer d’un petit cliché des épreu-
- Fig. 4. — Mécanisme de la mise au point automatique J. Carpentier.
- Le prototype de l’appareil à projection interne est le « cône » agrandisseur. Cet instrument consiste en un tronc de pyramide à base rectangulaire, muni vers le haut d’un porte-cliché et vers le bas d’un châssis destiné à recevoir le papier sensible; un objectif •epro- placé à l’intérieur, à distance convenable du porte-cliché et du châssis, peut projeter sur le papier une image agrandie du cliché.
- Le plus souvent, ces agrandisseurs ne donnent qu’un seul rapport; toutefois il existe aussi des modèles perfectionnés avec lesquels on peut faire varier le degré d’amplification. Ces derniers n’ont d’ordinaire que deux rapports. Lorsque tel est le cas, le corps tronco-pyramidal de l’instrument est surmonté d’une partie amovible, en forme de parallélépipède rectangle, dans laquelle est fixé l’objectif. Cette partie pouvant être placée dans l’un ou l’autre sens, il suffit- que chacune de ses extrémités soit pourvue d’un porte-cliché situé à une distance différente de l’objectif, pour que l’on obtienne à volonté l’un ou l’autre rapport. Un cadre fixé sur le pourtour de la partie amovible, en limite la pénétration dans le tronc de pyramide à la valeur voulue pour que dans les deux cas l’objectif soit en un point tel que l’image projetée soit parfaitement nette dans le plan occupé par la surface sensible. On comprend sans peine qu’avec de tels instruments la netteté de l’agrandissement ne puisse jamais être compromise par une fausse manœuvre.
- Les agrandisseurs Guillon, qui ont eu jadis un si grand succès, et les amplificateurs Gaumont (fig. 2) appartiennent à ce type; ils sont ordinairement munis d’objectifs rectilignes travaillant à une ouverture maximum de f) 18. Ces appareils ont tout d’abord été établis pour fonctionner à la lumière solaire diffusée; mais, par la suite on les a munis de dispositifs électriques permettant d’opérer à la lumière diffuse artificielle.
- Dans cette même catégorie entrent les amplificateurs à trois corps munis de deux soufflets, au moyen desquels on peut obtenir une variation continue du degré d’amplification. En rais'on'.même de cette faculté, les appareils de ce type sont d’une manœuvre assez délicate. Exception pourtant doit être faite pour l’agrandisseur (fig. 3) que M. J. Carpentier construisit naguère et qui était muni d’une mise au point automatique des plus ingénieuses.
- Considérant, d’une part, que l’équation des foyers
- ,111 A , , 1
- conjugues ^ -f- - = - peut etre mise sous la forme
- t f d’où Ton tire ©et/
- / H~ <p p; d’autre part, que
- /'+ f
- dans un triangle rectangle, une perpendiculaire abaissée du sommet O de l’angle droit (fig. 4) est une moyenne proportionnelle entre les deux segments qu’elle déter-
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- Fig. 5 et 6. — A gauche : Amplificateurs Iser-Minimus : A, boîte de lumière; B, glace doucie; C, commutateur; D, réglage; E, commande de l’amplification; F, manette de correction; G, tiroir poi’te-cliché.
- À droite: Commande du rapport de l Iser-Minimus : A, manette de commande; B, cadran; C, manette de correction.
- mine sur l’hypoténuse et que la moyenne proportion-
- AC ÔC
- nelle — = peut etre mise sous la forme AL X BL
- = OC2, semblable à cpcp' = f1, M. J. Carpentier a concrétisé d’une façon très simple la liaison existant entre les positions respectives des plans de l’objectif, de l’objet et de son image. Une équerre pouvant osciller autour d’une verticale O, située dans le même plan que l’objectif, à une distance du centre de ce dernier égale à f, et qui transmet au galet A tous les déplacements du galet B, détermine à tout moment, sur l’axe principal, des segments cp etc,’ dont le produit est égal à /A II suffit que le galet A, fixé au porte-cliché, et le galet B, solidaire du porte-papier, soient respectivement séparés du plan du cliché et du plan du papier par une distance égale à la longueur focale f, pour que la netteté de l’image projetée soit constamment assurée. L’axe O étant excentré par rapport à sa vis de fixation, le constructeur pouvait aisément tenir compte de la position des points nodaux, lors du réglage.
- La mise au point automatique, théoriquement très séduisante, présente à vrai dire quelques inconvénients, la traduction mécanique d’une fonction hyperbolique exige une haute précision et se heurte, dès que l’on veut dépasser une certaine amplitude dans la variation du rapport, à des difficultés telles que-les- rares constructeurs qui l’emploient encore sont obligés de limiter à 3 1/2 ou à 4 le rapport maximum d’amplification.
- Les amplificateurs à projection interne ont perdu beaucoup de la faveur qu’ils ont connue jadis ; cependant le principe n’en est pas abandonné : un modèle récent, d’ailleurs destiné aux professionnels plutôt qu’aux amateurs, semble devoir obtenir un certain succès.
- Cet appareil, l’a Iser-Minimus » (fig. 5), se présente sous la forme d’un meuble de près d’un mètre de haut, dont la base renferme un dispositif d’éclairage [consistant en huit lampes « demi-watt » dont quatre de 100 watts et quatre de 200 watts, et deux lampes jaunes.
- Un jeu de réflecteurs et de glaces dépolies assure l’éclairement absolument uniforme d’un châssis ajouré porté par un tiroir et capable d’admettre toute plaque ou pellicule dont le format n’excède pas 13 X 18.
- La partie supérieure de cet appareil contient un mécanisme monté sur billes qui permet de commander simultanément le porte-cliché et l’objectif : de la sorte, ces organes occupent à tout instant des positions relatives correspondant à une projection nette sur la glace doucie. Un cadran à quadruple graduation (fig. 6) sur lequel peut se déplacer un index à quatre branches, facilite la recherche de l’amplification désirée et une manette spéciale permet à l’opérateur d’intervenir, s’il juge à propos d’augmenter la netteté.
- L’a Iser-Minimus » est muni d’un commutateur au moyen duquel on peut donner un éclairage de 400,800 ou 1200 bougies : de la sorte, il est possible, dans une certaine mesure, d’adapter la lumière à la sensibilité du papier utilisé. Un interrupteur à mouvement d’horlogerie permet d’obtenir automatiquement toute pose dont la durée est comprise entre une seconde et dix minutes.
- Les lampes jaunes étant seules en fonction pendant la mise en place du papier et celui-ci étant maintenu pendant la pose par un volet opaque, aucune lumière acli-nique ne s’échappe de l’appareil. On peut, avec cet agrandisseur, travailler à volonté avec des objectifs ayant respectivement 130, 100, 50 ou 30 mm de foyer :
- Fig. 7. — Comment agit le condensateur.
- S, source lumineuse punctiforme : G, condensateur : P, cliché ; O, point de convergence des rayons transmis par le condensateur.
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- l’index à quatre branches fait connaître dans tous les cas l’amplification obtenue.
- Le cadran (fig. 6) montre que, selon le foyer utilisé, le rapport peut varier de 1/5 à 22,2 : l’« Iser-Minimus » est donc propre non seulement à agrandir, mais aussi à reproduire et à réduire. En raison de l’emploi d’objectifs anastigmats d’ouverture égale à/'/4,5, de l’automaticité relative de la mise au point et surtout de la présence d’un interrupteur chronométrique, cet appareil se prête très bien à l’exécution des travaux rapides.
- Les agrandisseurs à projection externe ont été imaginés bien avant ceux que nous venons d’examiner; ils .dérivent en droite ligne de la lanterne magique inventée parle P. Kircher. A l’origine, les agrandisseurs de ce genre ont utilisé la lumière solaire; tel était le cas, par exemple, des premiers modèles établis par Woodward et par Monckhoven ; actuellement, les agrandisseurs à projection externe emploient exclusivement la lumière artificielle.
- Il est d’ailleurs diverses façons d’utiliser celte lumière^, Nous avons vu; à propos de l’« Iser-Minimus que l’on peut, au moyen de lampes convenablement, réparties, dont la lumière est diffusée par des glaces dépolies, éclairer uniformément une surface donnée : on peut arriver au même résultat avec une source lumineuse punctiforme, à condition de la placer sur l’axe principal d’un système lenticulaire convergent ou condensateur (fig. 7), légèrement au delà du foyer. Dans ce cas, en effet, le faisceau de rayons divergents reçu par les lentilles est rendu convergent, autrement dit est condensé, et crée
- un flux lumineux dont l’intensité est identique en tous les points d’un plan perpendiculaire à l’axe principal. C’est de cette manière que sont ordinairement éclairées les lanternes d’agrandissement (fig. 8), la source de lumière pouvant être constituée par une lampe à arc, un manchon Auer rendu incandescent par une flamme de gaz ou d’alcool, 'ou une lampe électrique à filament très court. Le rendement est d’autant meilleur que la source se rapproche davantage du point théorique; la quantité de lumière reçue par le condensateur étant inversement proportionnelle au carré de la distance qui le sépare de la lumière, il y a avantage, à ce point de vue, à le choisir de foyer aussi court que possible.
- Le condensateur permet d’obtenir, avec une quantité donnée de lumière, l’effet utile maximum; par contre, il présente l’inconvénient de compliquer la mise au point. Alors qu’avec un diffuseur il suffit, pour avoir une bonne projection, de régler convenablement les positions relatives du cliché, de l’objectif et de l’écran, avec le condensateur il faut de plus veiller à ce que les rayons lumineux reçus par le cliché aient leur point de convergence dans Vobjecti( \ il faut donc, chaque fois que l’on déplace l’objectif, déplacer également le point lumineux.
- L’aspect du cercle projeté par l’objectif varie suivant la position de .ee point lumineux : si celui-ci est trop loin du condensateur, la projection est dégradée vers la périphérie (fig. 9); si, au contraire, il est trop près, une pénombre se montre au milieu delà surface éclairée. On arrive, en déplaçant convenablement la lampe, à faire disparaître ces irrégularités; mais, généralement, il se dessine alors sur l’écran un croissant ombré qui montre que la source lumineuse n’est pas sur l’axe principal : il faut alors, pour obtenir un champ éclairé uniformément, déplacer la lampe vers le côté opposé à celui où se montre le croissant.
- Ajoutons enfin qu’avec la lanterne d’agrandissement il y a lieu de veiller à ce que l’écran soit parallèle au cliché.
- On conçoit aisément que cette multiplicité de réglages
- Fig 9. — Réglage de la position du foyer lumineux dans une lanterne d'agrandissement. I, trop loin du condensateur; II, trop près; III. trop haut, trop à gauche.
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- ait fait considérer connue délicat l’emploi de la lanterne d agrandissement et que, jusqu’à ces derniers temps, nombre d’amateurs en soient restés au « cône ».
- Divers constructeurs se sont ingéniés à simplifier le maniement des agrandisseurs à projection externe et, grâce à leurs efforts, les appareils de ce genre ont atteint un degré de perfection tel que l’on peut affirmer sans hésitation aucune que maintenant l’agrandissement ne. présente pas plus de difficultés que le tirage par contact.
- Il a tout d’abord été reconnu que, pour agrandir, il était préférable de projeter verticalement sur une table, plutôt qu’horizontalement, ainsique le voulait la routine. Avec la projection sur table, il est beaucoup plus facile, en effet, de placer le papier, de rechercher, dans le cas où l’on désire n’agrandir qu’une partie de cliché, la meilleure façon de disposer le papier, et le rapport qui, pour un format donné, fournit l’image la plus harmonieuse, la mieux équilibrée. Le porte-cliché étant lui aussi horizontal, le décentrement se fait dans les deux sens avec la plus grande facilité et sans qu'il y ait lieu d’avoir recours à des ressorts de maintien. Enfin, l’ensemble formé par le projecteur et l’écran ayant sa plus grande dimension dans le sens vertical, l’encombrement est très réduit et l’on a pu établir entre les deux extrémités de l’appareil une liaison permanente grâce à laquelle le parallélisme entre le cliché et l’écran est toujours assuré.
- La difficulté de régler automatiquement et d’une façon précise les positions relatives du point lumineux et de l’objectif a amené à renoncer à l'emploi des sources lumineuses punctiformes ; le rendement y perd quelque peu, sans doute, mais le réglage étant ainsi beaucoup plus rapide, il n’en [résulte aucune perte de temps et c’est là l’essentiel.
- Parmi les agrandisseurs verticaux à projection externe, nous citerons deux types particulièrement intéressants : l’« Opax » et le « Noxa ». L’« Opax » (fîg. 10) comporte un châssis métallique vertical de 2 m. 50 de haut, maintenu par un socle également en métal. Entre les montants, peut coulisser une boîte de lumière au-dessous de laquelle on remarque une chambre à soufflet et un porte-objectif. Ce dernier, porté par un bras que commande une vis sans fin verticale, à pas rapide, placée contre l’un des montants, peut également être déplacé à l’aide d’un volant, agissant sur une vis micrométrique : on peut ainsi faire des mises au point très précises. Une poignée permet d’orienter convenablement l’objectif lorsque l’on projette un cliché présentant des déformations. La table sur laquelle est reçue la projection peut également être inclinée lorsqu’il est nécessaire.
- La boîte de lumière présente trois parties distinctes. La partie supérieure contient une lampe à vapeur de mercure de 400 watts dont le tube est replié en forme de W; cette lampe est utilisée toutes les fois qu’il s’agit de projeter un objet transparent. La partie inférieure renferme une glace dépolie, un tiroir porte-objets et une lampe à vapeur de mercure dont le tube est plié en forme de cadre; cette lampe, qui permet d’éclairer le tiroir par en dessous, sert à projeter les corps opaques. Les parties supérieures et inférieures sont reliées par des charnières et des verrous à la partie centrale. Gette dernière prend
- appui, de part et d’autre de son petit axe sur un écrou en prise avec une vis sans fin verticale. Un volant commande ces deux vis, dont tous les mouvements sont rendus solidaires jaar un arbre transversal dissimulé dans la traverse supérieure du châssis.
- Le tiroir peut recevoir, dans l’un ou l’autre sens, tout cliché dont le for-matn’excèdepas 18x24; il admet également tout objet de mêmes dimensions dont l’épaisseur ne dépasse pas 3 cm.
- Lorsque l’objet à photographier ne peut, en raison de ses dimensions, être inséré dans le tiroir, on le place sur la table que l’on éclaire alors au moyen de quatre lampes munies de réflecteurs et fixées sur les montants par des bras à genouillère permettant de les orienter aisément. On
- Fig. 11. — AgrandisseurNoxa [petit modèle).
- (Lire « logement » au lieu de « glace » du porte-cliché.)
- •boîte de lumière
- -condensateur —glace du porte-cliché
- I 'manchon-index
- .bouton de_ mise au point
- colonne mohile
- curseui à consoi
- commande Xflfc ipriât
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- = 504 .......................... ..........:: .... =
- recueille alors l’image réduite de l’objet sur une plaque ou un papier au gélatino-bromure introduit dans le tiroir.
- L’« Opax » peut projeter simultanément un cliché transparent et un objet opaque : il se prête à l’exécution de tous les truquages photographiques.
- L’« Opax » est muni de deux objectifs : suivant que l’on utilise l’un ou l’autre, le rapport peut varier de 1/8 à 1/5, ou de 1/5 à 8.
- Contrairement à l’« Opax », qui ne convient qu’aux industriels, le « Noxa » s’adresse, à tous, amateurs et professionnels : le constructeur de ce dernier appareil a, en effet, établi divers modèles tous basés sur les mêmes principes, mais répondant chacun à un besoin bien déterminé.
- Dans le « Noxa » , le cliché à projeter est éclairé par une lampe « demi-watt » en verre opale, dont la lumière est transmise par un condensateur. Cette association d’un diffuseur sphérique avec un système lenticulaire convergent s’est révélée des plus heureuses : la diffusion est suffisante pour dispenser de tout réglage de la position de la lampe, quel que soit le rapport d’amplification, et le rendement est assez élevé- pour que l’on puisse, avec une pose de 10 secondes, obtenir, à l’ouverture fj0,3, sur papier de sensibilité normale, tel que le « Lypaluxe », l’image agrandie trois fois d’un cliché de densité moyenne. Une lampe de 75 watts est suffisante pour les appareils n’agrandissant que des clichés de format égal ou inférieur à 6 1/2 X9; dans les grands modèles, on emploie
- Fig. 12. — Agrandisseur Noxa (modèle médical).
- des lampes de 100, 150 et même 200 watts. La puissance mise en œuvre étant relativement faible, le condensateur ne transmet que très peu de chaleur; aussi, peut-on, en cas d’urgence, agrandir un cliché avant de le sécher : il suffit simplement que celui-ci ait été fixé au moyen d’un fixateur chromé et qu’il ne soit exposé aux radiations de la lampe que pendant le temps strictement nécessaire.
- Les modèles pour amateurs et professionnels comportent un plateau horizontal (fig. 11) sur lequel s’élève une colonne métallique verticale ; le projecteur est porté par une colonne fixée à un curseur à console qu’une vis de serrage permet de bloquer en un point quelconque de la colonne fixe. Cette dernière présente dans des cartouches des chiffres de repérage en regard de chacun desquels on peut amener une fenêtre circulaire pratiquée dans le curseur. Le porte-objectif est muni d’un manchon-index capable de glisser sur un tube; un écrou, solidaire du manchon mais dissimulé dans le tube, est en prise avec une vis dont l’extrémité inférieure est pourvue d’un bouton molleté.
- Les chiffres gravés sur la colonne sont répétés sur le tube et disposés de façon telle qu’il suffit d’amener le manchon-index à hauteur du chiffre correspondant à celui que l’on aperçoit à travers la fenêtre du curseur pour avoir une projection d’une netteté parfaite. La mise au point est répérée ainsi pour les rapports les plus fréquemment employés, mais il va sans dire que l’on peut, en renonçant aux avantages du repérage, obtenir tout rapport intermédiaire. Il est même possible, grâce à l’absence de dispositif de mise au point automatique, d’augmenter considérablement le rapport d’amplification en projetant non pas sur le plateau, mais beaucoup plus bas, sur le plancher de l’appartement par exemple ; il suffit, pour pouvoir opérer dans ces conditions, de faire tourner le curseur à console de façon à amener la projection au dehors du plateau, ce dernier ayant préalablement été lesté suffisamment pour que l’appareil ne risque pas de perdre l’équilibre.
- Ce modèle permet en outre de photographier avec la plus grande facilité les objets de petite dimension ou les documents dont le format n’excède pas celui du plateau ; à cet effet on utilise un châssis à plaque que l’on sbstitue au porte-cliché et on dispose de chaque côté du plateau des lampes dépolies pourvues de réflecteurs (fig. 12). Il suffit, pour obtenir à coup sûr une bonne mise en plaque, de projeter au préalable un cache dont l’ouverture correspond au format de la plaque : l’objet ou le document doit être dans le champ de la projection. La mise au point résulte de la concordance des indications fournies par la fenêtre du curseur et le manchon-index; si l’objet à photographier présente une certaine épaisseur, il est bon de diaphragmer notablement, afin d’augmenter la profondeur de champ. Il est également possible de faire la mise au point en pro étant au préalable une trame sur l’objet; ce dernier procédé s’impose lorsque le document ou objet est très épais.
- Ce qui donne un grand intérêt à cette façon de photographier les documents c’est, outre la rapidité des opérations, le fait qu’il suffit de tirer ensuite les épreuves
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- Fig. 13. — Amplificateur Gaumont à 2 rapports.
- par projection avec le même repérage pour obtenir des copies ayant rigoureusement les mêmes dimensions que l’original.
- Le modèle conçu pour les besoins de la photographie industrielle (fig. 13) comporte, au lieu d’un plateau, une table entre les pieds de laquelle est disposé un diffuseur et dont le cadre horizontal peut recevoir à volonté une glace dépolie ou des intermédiaires dont les dimensions correspondent à celles des principaux formats de plaques. Le curseur à console, qui est ici monté sur billes afin de réduire au minimum l’effort nécessaire au déplacement, est commandé par un volant agissant par l’intermédiaire d’engrenages et d’une vis sans fin.
- Cet appareil est muni de deux objectifs ayant respectivement 135 et 180 mm de foyer; afin de rendre impossible toute équivoque, les chiffres de repérage, qui dans les petits modèles sont gravés sur le tube de mise au point, sont reportés ici sur un cadran semi-circulaire en regard duquel se trouve un index à deux branches. Le rapport peut varier de 1 à 8 ; mais, grâce au diffuseur placé sous la table, on obtient aisément les rapports inverses, l’image étant alors projetée de bas en haut. La table lumineuse permet aussi de photographier sur un fond uniformément blanc ou gris, sans aucune ombre portée, des objets éclairés par en dessus au moyen de lampes à réflecteurs montées sur des genouillères. On peut, avec cet appareil, dont le porte-cliché admet les plaques 13 X 18, reproduire des documents d’une longueur maxi-
- Fig. 1k. —Amplificateur J. Carpentier à variation continue du rapport.
- mum de 1 m. 20 et agrandir usqu’au format 1 X 1,20. Il existe d’ailleurs un modèle semblable permettant d’agrandir les clichés 18 X 24 dans les mêmes proportions et de reproduire les documents de très grandes dimensions.
- Le succès des agrandisseurs « Noxa » a incité le constructeur à étudier un modèle spécial répondant aux desiderata du corps médical, à ceux des radiographes notamment. Cet appareil (fig. 14), dont le châssis admet les plaques 9 X 12, est muni d’objectifs de 85 et de 135 mm de foyer : le rapport peut varier de 1 à 10 et être inversé. Le diffuseur est muni d’un rhéostat permettant d’atténuer à volonté, la luminosité de la table et de se placer dans les meilleures conditions possibles pour l’examen ou la réduction des radiographies et la photographie des pièces anatomiques.
- Entretenir nos lecteurs de toutes les ressources qu’offrent les agrandisseurs modernes et de la technique de leur emploi nous entraînerait beaucoup trop loin : nous ne pouvons qu’engager lés lecteurs que ces questions intéresseraient particulièremetit à se reporter à l’excellent manuel récemment publié par M. IL Bourée (*). Nous ajouterons simplement que désorm'ais il n’y a plus aucune raison, pour l’amateur, de ne pas limiter à 6 1/2 X 9 ou à 6 X 13 les dimensions de ses négatifs, pour le professionnel de ne pas tendre vers un format unique.
- André Bourgain.
- 1. Les agrandissements en photographie, par H. Bourée, J. de Francia, éditeur.
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- UNE CÉLÉBRITÉ GASTRONOMIQUE
- LA MOUTARDE DE DIJON
- Fig. 1. — Un vieux moutardier dijonnais — le dernier en son genre — qui, fidèle à la tradition de ses pères, prépare la moutarde comme en 1850. Sa fabrique, située au-dessous d’un escalier, ne mesure guère plus de quatre mètres carrés.
- LA MOUTARDE DANS L'ANTIQUITÉ.
- De tous temps, l’homme à éprouvé le besoin de stimuler son appétit et sa digestion par l’emploi de condiments appropriés, parmi lesquels la graine de senevé (sinapis), broyée avec du vinaigre, est depuis des siècles employée à la fois comme remède et comme assaisonnement.
- Il semble probable que les anciens commencèrent par mâcher les graines à l’état naturel: Certains attestent que les Hébreux connurent la. moutarde alimentaire; d’autres affirment le contraire, disant que les auteurs de l’antiquité ne parlent que de la graine. Les Grecs attribuaient à son usage une partie de leur merveilleuse subtilité. Les Romains en faisaient grand emploi en thérapeutique et disaient lui devoir leur force. C’était l’assaisonnement de choix des légumes et des viandes dont on chargeait les tables du Triclinium. Plaute n’en était pas friand : dans son Pseudolus, le cuisinier qualifie la moutarde d’affreux poison qui ne se laisse pas piler sans faire pleurer les yeux des pilcurs. Astraphium, dans la pièce intitulée Truculentus, dit, en parlant de Stratilax : « Quand cet homme se nourrirait de moutarde, il n’àurait pas l’esprit
- plus fâcheux. » Pline, plus juste, en apprécie mieux le goût piquant et l’effet révulsif très salutaire. Il indique une recette de préparation de la moutarde au vinaigre. On trouve dans le De Re Buslica de Columelle un chapitre entier consacré à ce condiment.
- Palladius, plus raffiné, donne cette recette pour la moutarde : « Réduisez en poudre un setier et demi de graine de senevé, mettez-y une livre de miel, une livre d’huile d’Espagne et un setier de fort vinaigre; quand le tout sera bien broyé, vous pourrez en faire usage. » Le procédé est encore utilisé en Italie.
- Enfin, Macrobe dans le livre Vil des Saturnales, pose des questions embarrassantes. Pourquoi le poivre et le sénevé appliqués sur la peau sont-ils caustiques, alors qu’ingérés ils sont inoffensifs ?
- L'ORIGINE DU MOT MOUTARDE.
- Les Romains importèrent la moutarde dans les Gaules où elle se naturalisa sans peine, car les deux plantes qui servent à sa préparation : la moutarde et la vigne, mère du vin et grand’mère du vinaigre, y croissent abondamment. Les conquérants germains goûtèrent fort le piquant de la moutarde qui flattait si agréablement leurs rudes palais.
- A cette époque, le nom latin de Sinapis fut remplacé par celui de Mustum, Mustarum, Mustardum. La cause en est peut-être le changement du mode de fabrication. Le vin nouveau, Mustum, venait de remplacer le vinaigre, Acetum, seul utilisé par les Romains pour délayer la farine de moutarde, Mustum ardens.
- Tabourot des Accords donne, dans ses Bigarrures, une étymologie amusante du mot moutarde :
- « L’origine de ce dire (moustarde de Dijon) a commencé sous le roi Charles 6e, en l’an 1381, lorsque luy avec Philippe le Hardy, son oncle, furent au secours de Loys comte de Flandres, beau-père dudit duc. Où les Dijonnais qui de tout temps ont esté très fidèles et très affectionnez envers leurs princes se montrèrent si zélés que de leur mouvement ils envoyèrent 1000 hommes conduits par un vieil chevalier jusques en Flandres. Ce que recognois-sant, ce valureux duc lui donna plusieurs privilèges, comme de pouvoir tenir terres en fief et autres et notamment voulut qu’à jamais la ville portast les deux premiers chefs de ses armes selon qu’aujourd’hui encore elle les porte. Sçavoir my parti sur gueules, premier quartier d’azur semé de fleur de lys d’or, la bordure composée d’argent et de gueules, second quartier d’azur à trois bandes d’or bordé de gueules, lui donna en son cry autrement la devise qu’il fit peindre en son enseigne qui estoit.
- « Moût me tarde »
- « Mais comme ceste devise estoit en rouleau de la façon qu’encore aujourd’hui elle est eslevée en pierre à la porte de l’église des Chartreux de Dijon qui tire
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- au petit cloître du costé de midy en ceste sorte : « MO VT TARDE,
- ME
- plusieurs qui la voyent, mesme les François, ne prenant gardent au mot de me, ou dissimulant le voir par envie, mirent qu’il y avoit moustarde, que c’estoit la troupe des moustardiers de Dijon. »
- LÀ MOUTARDE DE DIJON DU XIIIe AU XVIIIe SIECLE.
- La moutarde de Dijon était déjà réputée au xme siècle : elle figurait dans les dictons populaires appliqués aux productions des grandes villes du royaume. L’usage du condiment était extrêmement répandu, ce qui s’explique par le fait que la viande constituait essentiellement la nourriture à cette époque.
- Jusqu’au xve siècle, chaque moulin à blé posséda un moulin spécial où marchands et habitants allaient à tour de rôle more la moutarde dont ils avaient besoin. Deux recettes étaient alors utilisées dans la fabrication du condiment : l’une, appliquée en temps de vendange, prescrivait l’emploi du moult doux; le produit se conservait longtemps si le liquide avait été soumis à l’ébullition; l’autre, à base de vinaigre.
- En 1407, on défendit d’y mêler d’autre graine que de bon sénevé, de ne la destrciniper que dans du bon vinaigre de vignes, sans y mettre vin aigre ni verjus de pommes, sous peine de 2 francs d’amende.
- Au début du xvc siècle, on commença à employer des moulins portatifs rappelant ceux des Romains. Deux petites meules, généralement en granit, d’épaisseurs différentes et d’une quarantaine de centimètres de diamètre, étaient disposées horizontalement, la face convexe de l’une dans la face concave de l’autre. La graine, placée dans la cavité de la meule inférieure appelée mortier, était broyée par le mouvement de la meule supérieure nommée mole en 1423.
- Les fraudes dont la moutarde fut l’objet à la fin du xvie siècle et au début du xvne siècle nuisirent grandement à sa réputation. Rabelais portait contre les moutardiers de Paris une accusation brutale et crue que nous nous garderons bien de rapporter. De son côté, Tabourot des Accords jugeait sévèrement la moutarde de son pays :
- « La moustarde, dit-il, n’y est meilleure ni plus fréquente qu’ailleurs, encor que certains larrons d’hos-tellerie, pour abuser le monde et confirmer mieux ce proverbe, vendent bien cher de petits barils et pains de moustarde propres à mettre dans la gibbecière, plus pour la sensualité des curieux que pour appétit qui y puisse eslre; car, pour la conglutiner, ils y font entremesler de la terre grasse et autres choses moins nettes. »
- Lorsque la Ligue laissa, en 1634, quelque repos aux magistrats municipaux, les Vinaigriers-Moustar-diers de Dijon furent autorisés à former une corporation qu’ils placèrent sous l’égide de saint Vincent, patron des vignerons. Ils reçurent, à cette occasion, des statuts très sévères qui, en les assimilant aux
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- autres métiers de la ville, leur conféraient le droit de fabriquer seuls de la moutarde.
- Toutes ces minutieuses et sages prescriptions n’empêchèrent pas le retour des anciens abus. Pour faire cesser le désordre, il fallut, en 1711, reviser complètement les statuts et faire jurer aux marchands « de travailler avec soin, vigilance, honneur et conscience, afin que le public eût lieu de se reposer sur leurs personnes, comme aussi de ne vendre ou débiter aucunes denrées en gros et en détail qu’elles ne fussent bonnes, loyales et marchandes, à peine d’être jetées à l’eau en présence de jurés, et de 50 livres d’amende. » Eux seuls eurent le privilège d’acheter aux forains, pour les revendre, les vinaigres, eaux-de-vie, moutarde et verjus. Tout maître recevant le bâton de la confrérie dut verser 20 livres à la caisse commune.
- C’est à cette époque que le vinaigre fut remplacé par le verjus dans la préparation de la moutarde de bonne qualité. Le verjus est constitué par le suc d’un raisin d’espèce particulière, le noah, récolté bien avant sa maturité, suc qui, dans cet état, ne contient ni sucre ni vinaigre (acide acétique), mais seulement des acides tartrique, citrique et malique.
- La supériorité de la moutarde aux verjus sur celle fabriquée suivant les anciens procédés ne fut pas reconnue immédiatement. Grimod de la Reynière écrit dans son panégyrique de la moutarde « que celle de Dijon, préparée avec du moult de vin au lieu de vinaigre, se trouve dépouillée par là même de sa principale vertu; que, la
- Fig. 2. — Meule à moutarde.
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- Fig. 3. — Batterie de six tamis à moutarde.
- plus agréable au goût, elle est regardée par les connaisseurs comme la moindre de toutes; qu’elle participe de la nature des confitures plutôt que de celle de la moutarde. »
- Depuis le xvine siècle, la renommée du produit dijonnais n’a pas cessé de grandir et la moutarde est aujourd’hui l’objet d’une importante industrie.
- LA. FABRICATION MODERNE DE LA MOUTARDE. .
- Une plante annuelle, à fleurs jaunes, de la famille des crucifères, communément appelée moutarde noire (Sinapis nigra des botanistes), fournit sa graine comme matière première de la fabrication de la moutarde. Les graines, rondes et à cuticule brune sont contenues dans une silique. Elles renferment une substance huileuse, un glu-coside particulier (le myronate de potassium) et un ferment soluble (la myrosine).
- La presque totalité des graines utilisées n’est pas récoltée en Bourgogne. Autrefois, la région, calcaire et très boisée, en fournissait de particulièrement fortes et piquantes, savamment sélectionnées et moissonnées sur l’emplacement, riche en potasse, des anciennnes « meules à charbon ». Les bûcherons se sont vu retirer l’aulori-sation de pratiquer cette culture qui était pour eux une source très appréciable de revenus. Aujourd’hui, les fabricants dijonnais reçoivent des graines de diverses provenances, dont les qualités varient beaucoup avec l’origine.
- La graine de la Russie du Nord, de dimensions et de qualité moyennes possède suffisamment de montant et de piquant. L’espèce la plus appréciée vient d’Alsace; son rendement est fort et le goût parfait. Elle a tout ce qui est nécessaire comme montant. La farine est d’un jaune-vert accentué, mais la coloration verte disparaît par la fabrication pour ne laisser demeurer que la nuance jaune. La Hollande fournit également une graine d’excellente qualité, très colorée et de fort bon goût, et possédant un bon montant. La graine de Bari (Italie) est bien moins colorée que les précédentes, mais elle est autrement plus forte. On récolte à Bombay une variété, dite Bombay-Prima, dont le diamètre est trois à quatre fois celui des graines européennes. Les caractéristiques en sont : peu de couleur, bon goût, peu de montant et très bon rendement.
- La graine des Indes n’a pas toujours un bon goût, mais elle est grosse et d’un bon rendement. En Roumanie croît une variété qui n’a pas beaucoup de couleur, quelquefois mauvais goût, très peu de montant, mais un bon rendement. Signalons enfin la graine de Lillers (département du Nord), produite en petite quantité et de bonne qualité.
- Chaque maison fabrique un type de moutarde ayant toujours à peu près les mêmes qualités, c’est-à-dire le même goût et le même montant. Les caractéristiques des graines d’une origine donnée variant avec les conditions climatériques (saison sèche et chaude ou pluvieuse et froide), sous l’influence desquelles la plante s’est développée et a été récoltée, il es't indispensable de procéder à‘un mélange convenablement dosé de variétés d’origines diverses pour conserver au produit ses propriétés essentielles de couleur, montant et rendement. Par exemple, on pourra augmenter le piquant de la Bombay-Prima par addition d’une certaine quantité de « Bari » ou de « Sicile ». De la moutarde faite uniquement avec de la graine de Roumanie ou de la graine de Sicile aurait, dans le premier cas, très peu de montant et, dans le second cas, serait immangeable, car elle emporterait la bouche. Jusqu’à leur utilisation, les graines doivent être conservées à l’abri de l’humidité. C’est à cette condition que les matières constitutives demeurent inaltérées. La farine sèche résultant du broyage des graines est relativement peu odorante. Les graines sèches sont cassantes; on les mouille légèrement et l’écorce rendue plus élastique se déchire au lieu de Se pulvériser dans la meule, ce qui altérerait la moutarde.
- Dans la meule, où le broyage des graines est effectué, on envoie, pour délayer la farine obtenue, un filet liquide (vinaigre, verjus ou vin blanc) préalablement tamisé pour éliminer les impuretés. Le vinaigre est fréquemment aromatisé avec des épices qui en rendent le goût plus agréable. Le verjus de Bourgogne a fait l’antique renommée de la moutarde dijonnaise. Les meules sont en silex et presque du même type que les meules de moulin; elles sont généralement d’assez petites dimensions : leur diamètre varie de 70 centimètres à 1 mètre.
- L’orifice du tuyau de fer-blanc par lequel les graines sont amenées à l’œillard des meules est obturé par un petit levier. Une came agit sur celui-ci, l’abaisse un temps déterminé par tour et ne laisse passer qu’une quantité réglable de graines. Le liquide forme une véritable émulsion avec la farine de moutarde. La pâte est reçue dans un baquet; elle renferme la farine de moutarde, le verjus et des pellicules de son. Pour la rendre pure, il faut extraire ces dernières par tamisage. Cette opération n’est pas faite dans le Nord de la France, en Allemagne, etc. On distribue la moutarde dans une série de tamis dont le fond est constitué par une toile métallique assez fine (numéros 60 à 80). Deux ou quatre rouleaux de bois ou d’acier tournent rapidement sur la toile et obligent la pâte à traverser les mailles tandis que les pellicules de son demeurent sur la toile. On les enlève de temps en temps et on s’en sert comme engrais.
- Avant 1850, un ouvrier expérimenté produisait environ 17 kg de moutarde par jour; le travail était extrêmement pénible avec l’ancien moulin mû par le bâton. La pre-
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- mière machine employée fit sensation, car elle avait un rendement journalier de 50 kg. Actuellement, une meule débite 500 à 600 kg de moutarde en huit heures de travail ; on estime qu’il faut quatre à six tamis, suivant leur diamètre, la vitesse de rotation et le nombre des rouleaux, pour suivre une meule.
- La moutarde tamisée n’a presque pas de montant. Elle est logée dans de grands récipients : fûts pouvant en contenir environ 600 kg ou cuves en ciment armé avec revêtement intérieur en verre. On la brasse au moyen d’outils en bois et on la laisse en repos pendant quelques jours après lui avoir ajouté une petite quantité d’acide tartrique.
- Le myronate de potassium, décomposé par 'la myro-sine, fournit une essence d’odeur piquante, provoquant le larmoiement : c’est l’essence de moutarde, dont le principal constituant est l’allyl-sénévol qui existe aussi dans l’essence de raifort. Le terme générique de sénévol a son étymologie dans les deux mots allemands senf, moutarde et ôl, huile. Berthelot et de Luca ont réalisé, en 1855, la synthèse de l’essence de moutarde en faisant réagir l’iodure d’allyle sur le sulfocyanate de potassium. Le sulfocyanate d’allyle formé s’isomérise ensuite, lentement à la température ordinaire, rapidement si l’on chauffe le sénévol allylique.
- La moutarde est bonne à consommer au bout de huit à quinze jours de mûrissage. Elle est introduite dans des récipients de formes variées : fûts, seaux, verres, pots et livrée au commerce.
- Si la moutarde sèche peut se conserver'très longtemps
- Fig 4 et 5. —
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- en bon état, il n’en est pas de même de la moutarde en pâte. Celle-ci, au bout de 150 à 200 jours au maximum, a perdu la moitié de ses qualités. En se desséchant, elle prend une couleur brune.
- On trouve dans le commerce, en dehors de la moutarde originaire de Dijon, jaune et forte, une variété brune et beaucoup plus douce, originaire de Bordeaux. On l’obtient par un broyage plus complet des graines entre des meules très rapprochées ; le son demeure ainsi mélangé à la farine. On dilue et on adoucit la moutarde par addition de produits très variés : épices, légumes, sucre, cacao, poissons (anchois, en particulier). Cette moutarde douce, dont le goût varie beaucoup avec la composition, est fabriquée un peu partout, à Dijon aussi bien qu’à Bordeaux, mais en bien moins grande quantité que la moutarde jaune, généralement préférée.
- La farine de moutarde sèche sert comme condiment en Angleterre, dans les pays Scandinaves et dans les contrées chaudes où la moutarde en pâte sé conserve mal. En France, où sa consommation alimentaire est presque nulle, on l’emploie aux besoins pharmaceutiques.
- L’industrie de la moutarde occupe environ 600 ouvriers à Dijon et dans la région. La production annuelle, sans cesse croissante, qui se montait à 100000 kg en 1850, atteint maintenant 10 millions de kg. Je me fais un plaisir de remercier ici M. Paul Troubat, Président du Syndicat des Fabricants de moutarde de Dijon, dont l’aide et les conseils m’ont été très précieux pour la rédaction de cet article. Boger Simonet.
- Assistant à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Quelques vieux et curieux pots à moutarde empruntés à la collection de M. Henri Poupon, avocat a la Cour d’appel de Dijon, lequel a bien voulu, à titre exceptionnel, en autoriser la reproduction dans La Nature.
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- AU JARDIN ZOOLOGIQUE D'ANVERS
- Chaque mois, le Zoo d’Anvers augmente ou renouvelle ses collections par des acquisitions plus ou moins importantes. Des dons lui sont faits de temps à autre; parmi ces dons, il y a parfois des animaux très rares. En outre; comme le Zoo est aussi un lieu d’élevage, des naissances y sont régulièrement enregistrées.
- Il y a, au Zoo d’Anvers, des animaux doués d’un appétit extraordinaire. Un éléphant, par exemple, reçoit chaque jour : 7 kg de pain, 30 kg de betteraves, 1 kg de riz, 3 kg de biscuit de mer, 25 kg de foin, 5 kg de paille. Donc, en tout, 71 kg' dé nourriture. Il boit environ 135 litres d’eau. L’éléphant est l’hôte le plus coûteux de l’établissement, car sa ration revient à 43 fr. 5.0 par jour et à 15 877 fr. 50 au moins par an, les betteraves étant remplacées, en été; par du, trèfle, dont l’animal mange une grosse portion. : ; ;
- Les trois otaries du Z'O’o n’absorbent pas moins de 28 kg de poisson par jour. Gfe. poisson doit être tout à fait frais, parce que l’otarie est extrêmement sensible aux toxines que développe une nourriture qui aurait subi un commencement de. 'décomposition, et elle succombe vite à un empoisonnement de cette origine.
- La plus grande des trois otaries, le mâle, prend environ 12 kg de poisson par jour. Sa ration coûte 36 fr., soit 13140 fr. pour douze mois. Ses deux congénères reviennent annuellement ensemble à environ 17 520 fr. d’entretien.
- Un lion ou un tigre adulte reçoit journellement 4 kg de viande, ration qui coûte 16 fr., soit 5840 fr. par an. Les six lions et quatre tigres du Zoo absorbent donc annuellement pour quelque 60000 fr. de viande.
- A la fin du mois de mai dernier, clôture de l’année sociale de la « Société Royale de Zoologie », les animaux du Zoo avaient coûté, pour leur seule nourriture, environ 575 000 fr. Or, ce n’est là qu’un seul poste — un des gros, il est vrai — du budget d’un établissement comme le Zoo d’Anvers.
- Actuellement, les prix des animaux exotiques sont très élevés, et cela se conçoit : il faut payer, en francs belges, des bêtes achetées dans les pays à change élevé, notamment en Allemagne, où le fameux marchand d’animaux, Cari Hagenbeek, de Hambourg, fournit à tous les jardins zoologiques d’Europe.
- Un lion, suivant son âge et sa beauté, coûte de 15 000 à 40000 fr. De jeunes tigres du Bengale importés, âgés de 8 à 12 mois, ont été offerts récemment en vente à 5500 et 6000 marks, soit quelque 51 000 fr. belges! Une panthère se paie de 4000 à 8000 fr. Un couple de jeunes girafes ne peut être obtenu à moins de 35 000 à 40 000 marks, soit donc 300 000 fr. belges! Le prix d’un jeune éléphant varie de 40000 à 60 000 fr. ; les individus adultes sont difficiles à « placer ». Un cerf wapiti ne coûte pas moins de 12 000 à 17 500 fr., et un chimpanzé, suivant son âge, de 7500 à 12 000 fr. belges.
- Cette liste pourrait s’allonger. J’ai indiqué au hasard quelques animaux curieux. Au Zoo d’Anvers, l’attention du public est spécialement attirée par les singes, les phoques et otaries, les éléphants, les tmrs, les hippo-
- potames, les grands carnassiers, les rapaces, les autruches, les perroquets, de même que par la galerie des reptiles et l’aquarium.
- L’aquarium! Ce pays où fleurit le silence, où l’on assiste aux dessous les plus vierges, aux scènes d’intérieur les plus perdues des mondes sous-marins. On y voit, comme autrefois Jules Laforgue l’a écrit de façon si spirituelle, « des landes à dolmens incrustées de joailleries visqueuses, des cirques de gradins basaltiques où (chez eux, je vous prie!) des crabes d’une obtuse et tâtonnante bonne humeur d’après-dîner s’empêtrent en couples, avec de petits yeux rigoleurs de pince-sans-rire; des défilés où ruminent vautrés les caparaçons ardoisés de limules à queue de rat; des champs d’éponges en débris de poumons, des cultures de truffes en velours orange, tout un cimetière de mollusques nacrés, et ces précieuses plantations d’asperges tuméfiées et confites dans l’alcool du Silence; des prairies émaillées d’actinies blanches, d’oignons gras à point, de bulbes à muqueuses violettes; des œufs de je ne sais quoi pendant comme des gousses de haricots au bout de fils en vrille, et ainsi toutes les zones sous-marines ».
- Parmi les curiosités de la galerie des reptiles, il y a le gavial du Gange, ce crocodile dont le museau s’allonge de manière à former une sorte de bec et est armé de rangées de dents serrées, recourbées, appropriées au goût que la bête manifeste pour le poisson. Le gavial atteint parfois 6 m. 50.
- Le visiteur qui désire s’amuser quelques minutes, ne manque pas d’aller voir la série des perroquets et perruches, dont incontestablement, le perroquet gris d’Afrique est le plus... savant. C’est une « intelligence inconnue », a dit Menault, témoin ce perroquet de Henri VIII dont parle Aldrovande, et qui, tombé dans la Tamise, où il était en train de se noyer, appela les bateliers du rivage à son secours. Le cardinal Bossa en acheta un cent écus d’or, parce qu’il récitait sans broncher le credo des apôtres et chantait correctement le « Magnificat ».
- Les autruches, avec leur air d’infinie satisfaction, leurs longs clignements d’yeux, modestes et confits, obtiennent au Zoo d’Anvers, comme dans tous les autres, un succès mérité. Ces oiseaux géants vivent environ 80 ans. On en a connu, dans certaines fermes du Midi, qui, à 60 ans, étaient singulièrement plus crânes, plus pimpants, plus ingambes que les hommes de leur âge. En 1905, il y avait plus de 360000 autruches domestiquées dans les fermes sud-africaines. Les légendes qui ont couru sur la voracité de ces bêtes ne sont point exagérées. Trousseaux de clés, montres, linge, monnaie, boutons, sonnettes, tout leur est bon. On en a cité une qui avala en un clin d’œil deux douzaines de petits boulons laissés à sa portée par un serrurier négligent.
- Parmi les rapaces, le condor, ce gigantesque et vorace oiseau de proie, est l’objet de l’attention du public. En Amérique du Sud, il habite les plus hautes cimes des Cordillères. Son vol est un prodige. Ce colosse ailé s’élève à des hauteurs fantastiques. Il plane, se balance^
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- En haut, à gauche : Tapir ordinaire et tapir à chabraque.
- En bas, à gauche : Condor séchant ses ailes.
- A. droite : le Baléniceps roi, offert a la Société
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- monte encore, monte toujours. Ce n’est plus qu’une hirondelle dans la nue; l’hirondelle n’est plus qu’un point; le point a disparu. C’est bien le roi du ciel. Mais ce monarque n’est qu’un ogre doublé d’un vampire. Il lui faut des cadavres et du sang. La terre, avec ses immondices, l’attire dans les bas-fonds; une charogne le fait descendre.
- Un des oiseaux les plus bizarres du Zoo d’Anvers, est le Baléniceps, échassier des bords du Nil Blanc qui, dans
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- Le museau du Gavial.
- sa démarche et son vol, ressemble beaucoup au marabout. Il a été rapporté par le prince Léopold de Belgique, de son voyage au Congo. Le Baléniceps est assez difficile à tenir en captivité. L’exemplaire d’Anvers n’accepte que des anguilles et des ablettes ; il refuse obstinément tout poisson de mer. Cependant il se porte à merveille. Cette espèce possède un bec étrange, en forme de sabot, avec une arête dorsale fortement incurvée et une mandibule inférieure très large.
- Lions et tigres, rhinocéros, hippopotames, ours, éléphants, otaries, phoques, singes, obtiennent sans cesse un succès de curiosité. Je ne compte pas les bisons, buffles, yacks, zébus, lamas, antilopes de différentes espèces, mouflons, zèbres, que sais-je encore? Et les oiseaux de toutes sortes, depuis les bengalis mignons iusqu’aux grqes élégantes.
- Pour visiter le Zoo à son aise et avec attention, une journée entière est nécessaire.
- Avant la guerre, une vente publique d’animaux avait lieu annuellement en avril. Pour la réorganiser, il faudrait des stocks très importants. Actuellement, du reste, les conditions économiques et la rareté des animaux exotiques s’y opposent. Mais la « Société Royale de Zoologie » vend en tout temps de la main à la main. En 1926, elle a acquis 1328 animaux; elle en a vendu 1526.
- Armand Mercier.
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- Fig. 1. — Quelques animaux du Zoo d’Anvers.
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- LÉGENDES, MOTS ET CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
- Suite et Fin (*).
- L'AGE DU PAPIER.
- SES NOMBREUSES UTILISATIONS.
- L’application de la pâte à papier à la confection de vêtements est monnaie courante au Japon, où l’on s’en sert depuis longtemps, notamment pour les besoins de l’armée. A entendre ceux quiles ont eus sous les yeux, ils sont légers, frais et indéchirables. Ils n’ont qu’un défaut, c’est qu’ils ne se portent pas longtemps, mais leur bon marché permet leur fréquent renouvellement. Afin de parer à cet inconvénient, les Japonais sont arrivés à fabriquer un tissu, résistant comme un tissu de soie, avec un papier d’une solidité éprouvée. Avec ce même tissu, un graveur-imprimeur parisien a réussi à fabriquer des gilets, qu’il a fait adopter par le Touring-Club de France. Ces gilets peuvent être appliqués directement sur la peau, ou sur le gilet de flanelle ordinaire, ou même sur la chemise.
- « Le gilet pèse 45 grammes. On peut le mettre dans sa poche et ne s’en servir qu’à la façon d’une pèlerine, quand le froid se fait sentir. Aussitôt que, pour une cause ou pouz* une autre, on est entré en transpiration, vite le gilet sauveur. Et cela né coûte presque rien. Il existe des gilets doubles et ti’iples, pour remplacer totalement les pardessus d’hiver. » (2)
- Il y a quelque vingt ans, les dames de la haute société de Londres se mirent en tête de faire adopter la mode des chapeaux en papier. Le papier employé étaiCcelui dont on se sert habituellement pour la confection des abat-jour et des cache-pot. Deux rouleaux suffisaient pour confectionner un chapeau. Le papier était découpé en plusieurs bandes, que l’on collait et à qui l’on donnait la forme désirable. Ces chapeaux pouvaient supporter une pluie légère (s). Il ne semble pas qu’ils aient obtenu un succès durable,
- Les faux-cols en papier sont d’un usage déjà ancien. On a fabriqué des torchons en cellulose tissée, fort convenable ma foi! Mais les blanchisseurs, direz-vous ? Eh bien ! ils y trouveront leur compte : au lieu de linge usagé, les blanchisseries soumettront à un traitement chimique de la cellulose usagée, et la régénéreront avec une bien moins coûteuse main-d'œuvre.
- Le papier destiné à tenir lieu de serviette, qui aurait pu penser qu’il serait un jour pratiquement réalisé? S’essuyer la bouche avec du papier, y songez-vous! C’est cependant à cet usage que servent les papier-serviettes, qui, dans les cantines des grandes fêles populaires, suisses, belges, allemandes, autrichiennes, se placent sur les assiettes de chaque convive. Lorsque, dans une brasserie, on vous sert ce qu’on appelle une « portion froide », on a recours à ce moyen pour simplifier le service. Cet usage du papier n’est pas resté confiné dans les pays d’origine ou de mœurs germaniques. Si nous nous en rapportons à J. Grand-Carteret si compétent en ces matières, il se rencontre encore « dans les contrées où les grandes agglomérations humaines, où l’habitude de célébrer le souvenir des événements nationaux ou locaux par des cortèges, ont créé une façon de vivre particulière. »
- 1. Voirie n° précédent.
- 2. Annales politiques et littéraires, 22 janvier 1905.
- 3. Bulletin, de la Société « Le Vieux Papier », lor janvier 1906.
- 4. John Grand-Carteret, Vieux Papiers, Vieilles Images, Cartons d’un collectionneur.
- Les serviettes de cette espèce, imprimées en toutes couleurs, se plient en quatre, comme de vrais linges ; elles représentent les sujets les plus variés : allégories, écussons des contrées, vignerons, soldats, gymnastes, ou reproduisent d’anciennes estampes de maîtres du xvi0 siècle le plus souvent, les Holbein, les Jost Amman, les Tobias Stimmer, etc. C est 1 art à la portée de tous, pour mieux dire à la portée des lèvres.
- Mais, que ne fait-on pas avec du papier ?
- Les Américains fabriquent depuis longtemps (f) des tonneaux à bière en papier comprimé; pour la fabrication de la pâte, on emploie une herbe très fibreuse; les tonneaux, une fois sortis de la forme, sont enduits, par un procédé spécial, d’un vernis antiseptique, qui, une fois sec, prend 1 apparence de la porcelaine. Ces tonneaux sont très faciles à nettoyer et pourriraient moins que les tonneaux de bois.
- Il fut un temps où tout chez nous se faisait en carton, même les cuirasses. Jusqu’à des toitures, des bateaux, des carrosses ! Cette invention, Te frère de Mme de Genlis, le marquis Ducret, se l’était frauduleusement attribuée; il l'avait, disait-on, dérobée à un industriel, protégé du comte d’Artois, qui s’était établi, en 1777, près des Invalides. Sans tenir compte de ces revendications, le marquis présentait au Bureau du commerce un mémoire qui fut, de la part des Inspecteurs généraux du commerce, l’objet d’un examen approfondi. Le marquis demandait un privilège exclusif de 15 années dans toute l’étendue du royaume, pour l’exploitation de la découverte qu’il avait faite d’une méthode nouvelle « pour construire toutes sortes d’ouvrages, grands et petits, comme meubles d’appartements, vases, baignoires, voitures, maisons, ponts, vaisseaux, etc., soit en carton pur, formé par le collage successif d’un plus ou moins grand nombre de feuilles de papier, les unes par-dessus les autres; soit par le Recouvrement dudit carton par-dessus une première construction en bois léger. »
- La marquis Ducrest avait déjà obtenu du roi d’Angleterre, le 12 août 1788, une patente qui lui accordait un privilège exclusif pour mettre à profit son invention ; les commissaires du commerce examinèrent sa requête dans la séance du 10 mars 1789 et conclurent à son adoption, sous certaines réserves toutefois (2).
- Il suffisait d’envoyer à l’ingénieur inventeur tous les rebuts, tous les papiers sales, dont on n’avait aucun usage ; il les cartonnait et vous les rendait sous forme d’élégants cabriolets ou de gondoles, à votre choix. On conte, à ce propos, qu’un méchant faiseur d’épigrammes avait décoché, à l’adresse du bon abbé Delille, deux ou trois volumes de vers qui ne se lisaient pas et se vendaient moins encore.
- Lorsque fut connue l’invention du marquis, l’abbé fit l’acquisition de tous les exemplaires qui restaient du pamphlet, moyennant le prix du papier : il les fit porter à la manufacture Ducrest ; on lui rendit une très jolie voiture, dans laquelle Delille déclarait se trouver mieux que dans tout autre véhicule. C’était pour lui la meilleure des berceuses et il la vantait à tout venant.
- La vogue du carton alla si loin à un certain moment qu’on en fit jusqu’à des poêles, du moins s'il faut en croire le facétieux Pigault-Lebrun :
- 1. Revue Encyclopédique, 1893, 523.
- 2. Cf. Archives historiques, artistiques et littéraires, t. Ier (1889-1890), 331.
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- « On a tu, avec admiration, écrit-il (*), un joli appartement chauffé à trente degrés avec un poêle de carton, qui ne consommait par jour qu’un paquet d’allumettes. Ce poêle, enjolivé de gazes d’argent, de glaces et autres brillantes bagatelles, avait des tuyaux en cristal, ornés de guirlandes de fleurs, et il offrait à la fois un meuble utile, économique et agréable à la vue. »
- On vendait, à la même époque, des petites boîtes en fer-blanc, dans lesquelles on faisait bouillir, en cinq minutes, son café et rôtir sa côtelette, sans autres frais que ceux d’une feuille de papier ou d’un journal qu’on vient de lire.
- 11 est un autre moyen d’utiliser le vieux papier : celui-là, c’est d’Angleterre qu’il nous vient. Il est assez original pour que nous ne le passions pas sous silence.
- Laissons-en la responsabilité à notre informateur, rédacteur au Journal des Typographes.
- « Après avoir constaté que si le bois se fait rare, le papier se fait de plus en plus commun, un Anglais, pratique et économe, a songé à utiliser, sous forme d’allumettes, les incalculables mètres cubes de vieilles paperasses qui moisissent chez les éditeurs. Ces nouvelles allumettes sont de constitution bien simple : un morceau de papier, bien roulé en spirales, est plongé dans une dissolution de cire, de stéarine. Désormais, il ne se déroule plus et sa combustion donnera une flamme brillante. On fait passer ces allumettes sous une machine spéciale, qui les découpe en morceaux de même longueur, et on en enduit une de leurs exti’émités d’une composition phosphorée. »
- Mais on peut employer encore le vieux papier pour remplacer la pierre lithographique : on fait, en Allemagne, avec le vieux papier, des fers à cheval, qui ont la propriété, très appréciable, d’être insensibles à l’action de l’eau et des liquides d’écurie.
- Depuis plusieurs années, on fabrique à Boston des tapis en papier, aussi résistants qu’économiques, et qui sont d’un usage courant en Amérique du Nord. Chez nous, on a tenté une utilisation, aussi ingénieuse qu’imprévue, des papiers hors d’usage : on en fait des sabots pour les ouvriers métallurgistes, si exposés, comme on sait, au voisinage des flammes, des gueulards, tuyères, trous de coulée, et au contact des scories "et des métaux en ignition. On fabrique ces sabots en les taillant, d’une seule pièce, dans une pâte à papier fortement comprimée et rendue incombustible par l’addition de produits spéciaux. Cette pâte, ainsi préparée et durcie, peut être travaillée comme le bois.
- C’est encore avec des papiers de pliage qu’on a fabriqué,
- 1. Mélanges critiques et littéraires (1816, in-12), cités dans le Vieux-neuf, histoire ancienne des inventions et découvertes modernes, par Édouard Fournier, t. 1er, Paris, 1877, ch. XLIV.
- en Espagne, des meubles extrêmement légers et, néanmoins, d’une résistance à toute épreuve. C’est également avec du papier moulé qu’en Suède on a fabriqué une cuirasse qui mettrait le corps à l’abri des balles.
- Un très intéressant emploi du papier est la fabrication de tuyaux à gaz. Ces tuyaux sont, paraît il, parfaitement étanches et plus économiques que les tuyaux en métal j1).
- Avec la même substance on a obtenu des poteaux télégraphiques, des rails de navires, des roues de wagons, jusqu’à des canons ! Un ingénieur de la maison Krupp aurait construit cet engin guerrier, d’une conception incontestablement originale, mais qui ne semble pas avoir d’autre valeur que celle d’un joujou, bien qu’on l’ait vanté inconsidérément.
- On sait que les Japonais, toujours gens pratiques, font usage de marmites en papier, non seulement en temps de guerre, mais aussi dans la vie de tous les jours. Ces gamelles, d’un genre spécial, peuvent se plier comme un mouchoir et ne tiennent pas beaucoup plus de place ; mais, en raison de leur fragilité même, les marmites en papier ne peuvent aller trop souvent au feu.
- Froissés en bouchons, les vieux journaux constituent d’excellents allume-feax ; découpés en bandelettes, et roulés ou pliés, ils donnent des filibus, employés dans certains bureaux de tabac pour allumer les pipes ou les cigares. Pliés en plusieurs épaisseurs et mis dans les chaussures, ils donnent de chaudes semelles; roulés autour des pieds et des jambes, ils remplacent des bas de laine. Placés sous les tapis, ils les garantissent de l’usure et de la poussière. Des fourrures ou des habits, bien enveloppés dans de vieux journaux, seraient préservés ainsi des mites, l’odeur empyreumatique de l’encre d’imprimerie étant aussi désagréable à ces insectes que celle du camphre et de la lavande (2).
- Une bouteille de champagne frappée, roulée dans un journal, gardera toute une journée la même température.
- On a fait également des bicyclettes en papier, aussi solides que n’importe quelle autre machine ; des plats, assiettes, tasses et soucoupes (3) ; voire des services de table complets (4).
- On a fabriqué, en Amérique, il est vrai, jusqu’à des cercueils, en papier-paille, des plus confortables. Mais arrêtons-nous là, et constatons que l’on peut utiliser le papier sous toutes les formes, tout vient du papier, tout y revient ! Faut-il s’en plaindre ou s’en féliciter? Dr Cabanes.
- 1. Reçue de chimie industrielle, avril 1905, supplément, p. XV.
- 2. Revue mondiale, 25 juillet 1906.
- 3. TU Bits, 22 août 1908.
- 4. Journal, 7 septembre 1922.
- HYGIENE ET SANTÉ
- PANSEMENTS
- LA TROISIÈME ÉTAPE DANS LA
- On est universellement d’accord sur les progrès foudroyants faits depuis un demi-siècle par la chirurgie. Bien entendu la technique opératoire, elle-même, a progressé à pas de géants et certains adjuvants, comme l’adrénaline, permettent au chirurgien d’opérer avec une sûreté et une rapidité inconnues jadis. Des instruments nouveaux, la large introduction de l’électricité aussi bien comme force motrice que comme moyen opératoire lui-même,ont tracé une voie nouvelle à la chirurgie. Mais ce qui caractérise surtout l’art chirurgical
- SPECIFIQUES
- LUTTE CONTRE L'INFECTION
- moderne comparé à celui des deux premiers tiers du siècle dernier, c’est la diminution formidable de la mortalité post-opératoire. Quand on veut bien jeter un coup d’œil rétrospectif, quand on lit comment les opérés ont été traités jadis, on arrive à se demander s’il est possible qu’un seul parmi eux ait échappé à l’infection! La « pourriture d’hôpital » était la plus terrible des plaies et une opération équivalait le plus souvent à une condamnation à mort.
- La contamination s’opérait par les instruments, par les
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- mains de l’opérateur et celle des infirmiers, par les pansements, par l’ambiance et finalement par les moyens curatifs eux-mêmes. Le temps n’est pas encore très loin, où l’on appliquait des toiles d’araignée sur une coupure et. des urines sur un abcès.
- Les publications et discours à l’occasion du centenaire de Sir Joseph Lister nous donnent un tableau effrayant des septicémies post-opératoires. La mortalité moyenne était de 40 à 50 pour 100 ; les chirurgiens n’opèrent que quand ils ne voient aucune autre issue et quand il s’agit d’un abcès, on attend son ouverture spontanée au lieu d’inciser.
- Tout cela change avec Lister et sa méthode peut être considérée comme première étape dans la lutte contre l’infection. C’est avec juste raison que Sir Saint-Clair Thomson a pu dire que les procédés listériens ont pu sauver plus d’existences que les plus grands héros militaires de tous les temps n’ont pu en détruire.
- A partir du moment où tout ce qui touche à la plaie est désinfecté, où les germes morbides sont détruits, la mortalité post-opératoire tombe à 3 pour 100 et la guérison est rapide et sûre.
- On a toutefois observé que les antiseptiques appliqués sur les plaies tuaient bien les agents pathogènes, mais qu’ils détruisaient également les cellules vivantes : d’où cicatrices très vilaines et irrégulières. Tout en gardant les principes sur lesquels a été bâtie l’antisepsie, on chercha à les modifier. On s’est dit avec très juste raison que si au lieu de détruire les germes on les empêchait de pénétrer dans la plaie au moment même de l’opération, la nature ferait le reste. La stérilisation remplaça la désinfection et la chaleur les antiseptiques. Si la salle d’opération, les instruments, les mains, les pansements et le champ opératoire lui-même sont stériles, les bacilles qui pourraient se trouver dans la plaie même manqueront rapidement de milieu favorable et la guérison s’opérera spontanément,
- Nous voici à la deuxième étape ; l’asepsie a remplacé l’antisepsie et c’est elle qui règne aujourd’hui en maître dans les infections de toutes sortes.
- Aussi bien l’antisepsie que l’asepsie relèvent en premier lieu des découvertes de Pasteur. Sans Pasteur, Lister n’eût pas été possible ; sans la découverte des principes de la fermentation, la stérilisation restait dans la quatrième dimension.
- Mais le processus de la guérison même restait très obscur et il a fallu que Metchnikoff découvrit le rôle des phagocytes dans la lutte contre les germes morbides pour que nous comprenions qu’il y a deux manières pour lutter contre l’infection : destruction directe des microorganismes, entraînant forcément la nécrose des tissus vivants et isolement du champ infectable pour permettre aux phagocytes de faire utilement et vigoureusement leur œuvre.
- L’asepsie ne répond que partiellement à ces desiderata; ce sont les pansements spécifiques qui semblent, après l’antisepsie et l’asepsie, réaliser une nouvelle étape dans la lutte contre l’infection.
- Dans la plupart des plaies infectées, de même que dans un très grand nombre de maladies, nous trouvons la prédominance de deux microbes : streptocoques et staphylocoques.
- A première vue, aussi bien les streptocoques que les staphylocoques, ont l’air bien paisible : ils ressemblent à des petits amas régulièrement arrondis, se tiennent immobiles, formant chaînettes ou grappes et se laissent facilement colorer. Mais sous cet aspect bénin ils sont d’une ubiquité déconcertante. Les maladies qu’ils occasionnent où dans lesquelles ils jouent un rôle de premier plan ne se comptent plus. On les trouve dans les furonculoses, panaris, anthrax, otites, acné, ostéomyélite (inflammation des os et de la
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- moelle osseuse), dans les affections cutanées des nourrissons (pyodermite), les inflammations du bord de la paupière (blépharite), phlegmons, conjonctivites, mammites, pleurésies purulentes, fièvres puerpérales, etc. etc., et dans la plupart des plaies ou brûlures infectées. Elles sont tellement nombreuses qu’on les a réunies sous le nom général de « strepto-coccies et staphylococcies ».
- Ayant constaté le rôle déterminant des streptocoques et staphylocoques dans les septicémies, il a fallu se demander s’il n’y avait pas moyen de combattre ces deux agents pathogènes d’une manière spécifique. On pensa naturellement à la sérothérapie et à la vaccination curative On se heurta immédiatement à un obstacle sérieux : pour les aminaux de labo-toire, les injections hypodermiques ou intra-péritonéales se sont révélées inopérantes et il était difficile de songer à la vaccination quand l’infection expérimentale était impossible. Pourtant l’homme bénéficiait de temps en temps de l’immunisation antistreptococcique et antistaphylococcique. Les résultats étaient, maigres, inégaux, très souvent déficients, mais il y avait tout de même des résultats.
- Le D' Besredka, auquel nous devons tant de belles découvertes, procéda avec méthode à l’étude du problème des staphylococcies et streptococcies.
- En étudiant le mécanisme de l’infection et de l’immunité, il constata que si dans certaines affections microbiennes l’organisme entier participe à la défense de l’intégrité de notre « moi », dans d’autres l’immunité est un phénomène « local », c’est-à-dire que certains tissus ont une prédilection spéciale pour certains microbes et s’il n’y a pas contact entre le tissu électif et le microbe, celui-ci ne peut ni se multiplier, ni élaborer ses toxines.
- Le Dr Besredka se demanda, si, à ce point de vue, il n’y avait pas parenté entre les streptocoques, staphylocoques et la bactéridie charbonneuse, c’est-à-dire qu’il fallait assigner un rôle important à l’épiderme dans le mécanisme de l’infection et, à première vue, cela semblait peu probable.
- Il n’y a pas un organe, il n’y a pas un tissu qui n’offre une large hospitalité aux streptocoques et aux staphylocoques. Les poumons, la plèvre, les articulations, les reins, la moelle osseuse en sont amplement pourvus à l’occasion d’innombrables maladies. Mais même à état de santé parfaite nous en hébergeons des quantités à la surface de la peau, autour des cheveux, sur les muqueuses oculaires, nasales, amygda-liennes et buccales. Ils vivent sur nous et avec nous en parasites inoffensifs et paisibles. Mais leur apparence est trompeuse; ils sont là à guetter la moindre effraction, la plus petite solution de continuité, la plus insignifiante porte d’entrée dans nos téguments protecteurs qui sont la peau et les muqueuses. Un petit traumatisme, une infection intercurrente, un étal d’infériorité dans la défense et les streptocoques et staphylocoques se précipitent par la brèche, occasionnant furoncles, anthrax, qui dégénèrent en lymphangites, adénites, phlegmons et peuvent même être la cause des ostéomyélites, endocardites, pleurésies purulentes.
- Entraînés par les voies lymphatiques, ils livrent une lutte acharnée aux phagocytes.
- S’ils sont vaincus, digérés, le tout se traduit par une affection bénigne et passagère. Mais quand les streptocoques et staphylocoques ont le dessus, ils gagnent rapidement l’économie générale et se fixent dans les organes et provoquent les maladies citées plus haut.
- Une fois dans la circulation générale, ces hôtes indésirables sont très difficiles à déloger. Ils s’endorment parfois et rien ne semble plus indiquer leur présence. Mais leur sommeil est bien léger et il suffit du plus petit fléchissement dans l’état général pour provoquer les affections précitées.
- Il ressort de ce qui précède que le tissu affectif des strep-
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- tocoques et staphylocoques est la peau et qu’il s’agit de les rendre inoffensifs dans leur demeure même, voire les poursuivre le long des voies lymphatiques. Il est tout naturel que l’école pasteurienne ait songé en premier lieu à la sérothérapie et à la vaccinothérapie en introduisant dans l’organisme affecté soit un sérum contenant des éléments qui servent à la destruction des agents pathogènes, soit un vaccin qui permet aux cellules de sè défendre, elles-même, contre l’invasion microbienne. Mais la théorie de l’immunité locale n’existait pas à ce moment. On introduisit par conséquent sérums et vaccins, selon la mélhode classique, par injections. Les résultats de la sérothérapie, pratiquée sur les animaux de laboratoire, furent nettement négatifs. On s’en tira en affirmant que les lapins étaient incapables de produire des corps de défense. Les hommes qui en produisent pourtant, ne bénéficiaient pas mieux de la sérothérapie anti-staphylococcique et antistreptococcique ; après l’introduction du sérum dans la voie sanguine, on ne pouvait déceler le plus petit « anticorps » ; se conformant à la doctrine de Wright, un des élèves des plus marquants de Pasteur, quiprétendaitque la voie intramusculaire était supérieure à la voie sous-cutanée et la voie intraveineuse supérieure à la voie intramusculaire, on se mit, en abandonnant les sérums, à injecter dans les veines des vaccins antistreptococciques et des vaccins antistaphylococciques. Le résultat fut nul.
- Comment expliquer pourtant que l’effet se faisait sentir, quoique très modestement, quand on injectait dans les muscles, qu’il était un peu plus accusé quand on prenait la voie sous-cutanée et qu’il donnait son plein effet lorsqu’on ne dépassait pas l’épiderme ?
- A l’encontre de la théorie de Wright, plus on allait en surface, plus le pouvoir vaccinant devenait considérable, plus on allait en profondeur, plus ce pouvoir devenait maigre pour devenir nul quand on injectait dans la veine.
- Si l’on admet cependant que l’épiderme est l’organe de choix pour les streptocoques et les staphylocoques, on s’explique les phénomènes précités et l’on comprend également que si les piqûres sous-cutanées ont produit quelque effet, c’est exclusivement parce qu’il est presque impossible de respecter la peau, et parce que la piqûre produisait un canal qui faisait liaison entre l’épiderme et l’endroit où le vaccin avait été déposé parla seringue.
- En faisant des toutes petites piqûres, presque des scarifications, telles qu’on les pratique à l’occasion des vaccinations antivarioliques, on donne au vaccin son maximum d’efficacité. Un lapin traité de cette façon pouvait, vingt-quatre heures plus tard, supporter impunément une injection de microbes vivants, tandis que les témoins, lapins non vaccinés, ou vaccinés par injections intramusculaires ou intraveineuses, devenaient très malades ou mouraient, si la dose était assez forte. Un animal ainsi vacciné et réfractaire à l’infection streptococcique ou staphylococcique ne présentait tout de même aucun « anticorps ».
- Ce phénomène étrange conduisait fatalement à se demander si dans ce cas-là c’est réellement le corps microbien qui vaccine ou si c’est autre chose, dont il est simplement porteur ou véhicule. Le problème devenait encore plus troublant quand on s’est aperçu qu’il n’était point besoin d’injecter le vaccin : une simple compresse appliquée sur le ventre épilé ou rasé suffisait pour rendre l’animal immunisé.
- On procéda, partant de l’idée précitée, à une nouvelle expérience : on vaccinait un lapin sans concours aucun des corps microbiens, en appliquant simplement leurs produits solubles, le « jus ». Si nous confectionnons une gelée de pommes, nous rejetons la peau, la pulpe, les pépins, bref tout ce qui n’est pas soluble. C’est exactement de la même façon que nous allons procéder avec nos streptocoques ou
- staphylocoques. Nous laisserons vieillir notre culture pendant huit à dix jours pour faire a dégorger » les microbes, puis nous la filtrerons sur une bougie extrêmement serrée qui retiendra tous les cadavres microbiens; finalement nous chaufferons le « jus » ou, pour parler scientifiquement, le (( filtrat » pendant une demi-heure à cent degrés. Nous aurons obtenu de cette manière un liquide clair, jaunâtre, absolument atoxique et possédant des qualités vaccinantes tout à fait remarquables. Et pourtant le filtrat que nous avons obtenu ne se distinguait pas à première vue d’un bouillon de culture quelconque. En effet, si nous introduisions dans notre filtrat des bacilles de la typhoïde, du choléra, de la dysenterie, delà fièvre récurrente ou tout autre microbe cultivable, ils y poussaient admirablement bien. Tout autre devenait le tableau quand nous voulions ensemencer des streptocoques ou staphylocoques. Dans le milieu dont ils étaient pourtant issus, ces germes restaient stériles. Milieu nourrissant pour tous les autres microbes, il exerçait sur ses propres enfants une action inhibitrice, ou, tel le Minotaure, les dévorait.
- Un pansement imbibé de filtrat streptococcique ou staphylococcique et appliqué sur le ventre fraîchement rasé d’un lapin le rendait, au bout de vingt-quatre heures, réfractaire à toutes les « streptococcies ou staphylococcies ».
- Pour expliquer les propriétés du filtrat il faut supposer qu’à côté de la substance virulente fixée solidement sur le corps microbien il y a une autre substance, un « antivirus », qui se détache du streptocoque, si on le laisse vieillir. Mais tandis que le virus est détruit par la chaleur, l’« antivirus » est <c thermostable » ; il résiste aux températures allant jusqu’à 100 degrés. Le procédé devient par conséquent très clair. En laissant vieillir les cultures, nous détachons tous les produits solubles qui se mélangent avec le milieu ; en les filtrant, nous éliminons les éléments insolubles et finalement, en chauffant, nous détruisons les éléments virulents tout en laissant subsister les « antivirus ». Et comme nous avons vu que le liquide obtenu empêche le développement du microbe dont il est issu, son action devient très logique. Appliqué sur un champ infecté, l’antivirus entoure, comme dans un incendie, le foyer d’un fossé infranchissable; l’entourage est efficacement protégé et les pompiers, en espèce les phagocytes, ennemis jurés des microbes, viendront facilement à bout des bacilles privés de tout aliment et de tout moyen de développement.
- Il est important d’appliquer des pansements dépassant de beaucoup le champ infecté.
- En faisant au lapin une application restreinte, nous vaccinons juste l’endroit traité. En l’enveloppant dans des compresses imbibées d’antivirus, « nous faisons appel aux voies lymphatiques qui se chargent de la diffusion du bouillon-vaccin et l’animal entier est protégé ». Nous voyons par conséquent comment une protection purement locale peut se transformer en une immunité générale. L’application pratique de cette observation a donné d’excellents résultats dans les furonculoses qui ont tendance d’apparaître aux mêmes endroits. En recouvrant un espace aussi large que possible avec un pansement antivirus, nous arrivons à vacciner des organes ou endroits entiers et à préserver des sujets pendant plusieurs mois contre les rechutes.
- Ce qui est de la plus haute importance, c’est de ne se servir de l’antivirus qu’à bon escient, c’est-à-dire d’identifier, au préalable, le microbe, cause de l’infection. A défaut de cette précaution, le pansement ferait autant de mal qu’il devrait faire du bien. Si par conséquent, là où il y a streptocoques, nous appliquons, par erreur, un antivirus staphylococcique, il n’y aura non seulement aucune action curative, mais nous aiderons efficacement au développement de l’agent pathogène. Au lieu de circonscrire l’incendie, nous
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- l’alimenterons; au lieu d’éteindre des flammes à l’aide des jets d’eau, nous les activerons en y envoyant, par erreur, de l’oxygène.
- Les résultats de laboratoire ont été confirmés par la clinique. La rapidité avec laquelle les plaies infectées se « nettoient », la prompte disparition de toute suppuration, la baisse régulière de la fièvre et la certitude de la guérison tiennent souvent au prodige.
- Ce qui caractérise les pansement ou instillations spécifiques, c’est la disparition prompte de toutes douleurs qui ne cèdent même pas à la morphine. Nous avons pu observer un furoncle de l’oreille moyenne, exceptionnellement douloureuse ; dix minutes après l’application d’un antivirus le malade ne sentait plus que des démangeaisons et au bout d’une heure on a pu explorer l’oreille sans que le patient ressente la moindre sensation désagréable. La guérison complète s’ensuivit au bout de six jours. Une autre fois nous avons eu l’occasion d’observer un furoncle du mollet tellement profond que le médecin traitant craignait une ostéomyélite. Quarante-huit heures après le commencement du traitement à l’antivirus il n’y avait plus de pus et la plaie, belle et nette, commençait à bourgeonner. Dans un autre ordre d’idées nous avons eu l’occasion de voir un malade atteint depuis huit ans d’une conjonctivite chronique ; il avait vu tous les ophtalmologistes et leurs ordonnances finissaient par former un petit volume. L’analyse des sécrétions révéla des staphylocoques. Nous procédâmes à l’instillation de deux gouttes d’antivirus dans le sac lacrymal.
- Après 5 jours de traitement, les sécrétions devinrent stériles et la guérison s’ensuivit quatre jours plus tard. Le malade resta cinq mois en observation sans qu’on ait pu constater la moindre rechute.
- Mais là où les pansements spécifiques ont sauvé des centaines de vies c’est dans les affections puerpérales. On sait combien, dans ces cas, les interventions chirurgicales sont douloureuses, précaires et peu efficaces. Le traitement à l’antivirus des affections puerpérales a cet énorme avantage qu’il constitue un traitement précoce. Si après un accouchement compliqué ou même après un accouchement normal, on constate une élévation suspecte de la température, on procède immédiatement à un tamponnement; des mètres de gaze
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- stérilisée, imbibée d’antivirus, préparé avec des streptocoques prélevés sur les parturientes même remplissent toutes les cavités infectées et il est extrêmement rare que le quatrième jour la température ne soit pas tombée à la normale.
- Le service du Dr Lévy-Solal, à la Maternité de l’Hôpital Saint-Antoine, a introduit le procédé précité dans la pratique courante et partout où il a pu être 'employé à temps, on n’a pas un seul insuccès à enregistrer.
- Les vaccins antivirus commencent également à se frayer un chemin dans la chirurgie. La stérilisation du champ opératoire, des instruments, des pansements, les nettoyages les plus minutieux des mains n’empêchent parfois pas l’intrusion des germes provenant souvent d’un endroit fort éloigné du malade.
- Mais si, après stérilisation, les mains, les instruments, les pansements sont lavés, si le champ opératoire, lui-même, de même que ses environs sont inondés avec de l’antivirus, les germes indésirables perdent aussitôt leur nocivité et c’est une nouvelle assurance contre la septicémie et une garantie d’une guérison rapide.
- A côté des applications purement locales, les antivirus ont également fait leur preuve dans les affections streptococciques et staphylococciques profondes. Dans des pleurites, endocardites, pleurésies, des injections intrapleurales et même intraveineuses ont donné des résultats inattendus.
- Jusqu’à ce jour on n’applique les antivirus que contre les affections streptococciques et staphylococciques. Pourtant on commence à préparer également des bouillons-vaccins avec d’autres microbes, tels les colibacilles, le bacille pyocyanique et autres. Certains bactériologistes allemands prétendent avoir pu immuniser contre la fièvre typhoïde par simples compresses. Mais le jour où nous aurons trouvé le moyen de dégager l’antivirus de tous les microbes, nous entrerons dans le domaine des possibilités illimitées. Et le jour n’est pas loin — plus proche peut-être qu’on ne le croit — où l’on pourra « filtrer » les bacilles de Koch, ce qui nous permettra de guérir les plaies tuberculeuses avec la même rapidité et la même sûreté que nous arrêtons aujourd’hui les septicémies dues aux streptocoques et staphylocoques.
- Dr Stéphane Epstein.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LES CIRAGES A CHAUSSURES
- La question des cirages ou crèmes à chaussures, plusieurs fois agitée dans La Nature, n’a pas, croyons-nous, donné lieu jusqu’ici à des réponses satisfaisantes.
- La base ordinaire des crèmes à chaussures est la cire vulgaire ou cire d’abeilles ; deux solvants sont usités : le savon ou l’essence de térébenthine.
- Le savon donne des cirages qui attaquent peu à peu le cuir; seule l’essence de térébenthine donne une crème neutre; mais son prix est plus élevé que celui du savon.
- Une formule pratique excellente est celle-ci :
- Cire d’abeilles, 125 gr., à faire fondre à feu doux; une fois fondue, retirer du feu et ajouter :
- Essence de térébenthine : 275 gr.
- Si l’on augmente la proportion d’essence, la crème est plus liquide, mais elle est moins chère; si on diminue la proportion d’essence, la crème est plus chère et elle est trop épaisse.
- Pour colorer la crème obtenue, ajouter, pendant que tiède elle est encore liquide :
- Noir d’ivoire ou noir animal finement pulvérisé, qu’on trouve tel chez les droguistes, ou une « terre » quelconque de couleur, telle que « terre de Sienne »... 15 gr. pour les proportions indiquées de cire et d’essence.
- Le noir de fumée ne convient pas, il faut un noir gras.
- Il est plus économique d’étendre la crème à la brosse que de
- l’étendre au chiffon; on peut faire 'reluire à la brosse ou au chiffon.
- POUR MESURER LA VITESSE DU VE MT PAR L'INSPECTION DES ARBRES
- Voici, pour ceux qui désirent installer un appareil à vent, quelques données qui permettent, par la simple inspection du mouvement des feuilles, d’apprécier d’une façon suffisante la vitesse d’un vent.
- 1 mètre. Vent insensible. Les feuilles sont immobiles,
- 2 mètres Brise légère à peine sensible. Les feuilles sont fai-
- blement agitées.
- 4 — Vent modéré. Les rameaux remuent légèrement.
- 6 — Vent léger. Les branchettes plient un peu.
- 7 — Bonne brise moyenne. Les branchettes plient.
- 8 —-, Forte brise. Les branches se balancent.
- 10 — Très forte brise. Les peupliers plient.
- 12 — Vent fort. Des feuilles sont arrachées.
- 15 — Tempête. Des branches faibles sont brisées.
- 25 — Tempête violente. De fortes branches sont brisées.
- 35 — Ouragan. Des toitures sont endommagées.
- Rappelons que la vitesse de 2 m. 50 à la seconde, qui est celle qui suffit pour mettre en action les moulins à vent modernes, est observée presque journellement.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1928 ()
- Le 9 janvier, à 0h, Neptune, la lointaine planète du système solaire, sera en conjonction avec la brillante étoile a du Lion, Régulus, à 0° 3' au Nord. Ce phénomène n’aurait rien de particulier, astronomiquement parlant, et le rapprochement des deux astres n’aurait rien de spécial, s’il n’offrait aux amateurs une excellente occasion de trouver, d’observer et de suivre Neptune. Pour ce faire, on pourra utiliser la petite carte de la figure 1, où l’on voit la trajectoire de Neptune sur le ciel pour une bonne partie de l’année 1928. Trois minutes d’arc, cela fait environ le dixième du diamètre apparent de la Lune ; si l’on amène Régulus au centre du champ d’une lunette astronomique, Neptune sera sûrement dans le même champ. On dessinera, les 7, 8, 9, 10 janvier, tous les astres visibles au Nord de Régulus, dans le champ télescopique, et l’on en trouvera un qui aura changé de place.
- Ce sera Neptune. Mais il y a une autre considération à lirer de cette conjonction avec Régulus, qui n’a pas encore été observée depuis la découverte de la planète par Le Verrier et Gale, en 1846. C’est qu’après ce rapprochement, qui va durer quelque temps, et se reproduire en juillet prochain, comme on le voit par la ligne sinueuse que décrit Neptune sur le ciel — laquelle résulte de la combinaison de son mouvement avec celui de la Terre — après ce rapprochement ce sera fini. Pas un des humains qui vivent sur notre globe ne pourra revoir ce phénomène. Toute l’humanité actuelle et sa descendance aura disparu quand il se reproduira, en 2092. L’année de Neptune est de 165 des nôtres, et lorsque la planète revient dans la même région du ciel, l’évolution des choses et des êtres, sur Terre, s’est accomplie.
- I. Soleil. — Le Soleil, en janvier, remonte déjà fortement vers l’hémisphère nord.
- De —23° 5' le 1er janvier, sa déclinaison n’est plus que de —17° 39' le 31. La durée du jour augmente avec l’élévation du Soleil vers le Nord : de 8h 16,n le 1er janvier, elle est de 9h 19,n le 31.
- Voici le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours :
- Dates. fleures du passage. Dates. Heures du passa
- Janvier 1er llh 53m 52* Janvier 17 12h 0“ 33’
- — 3 11» 54“ 49* — 19 12» 1“ 12*
- — 5 11“ 55“ 44* — 21 12» 1“ 49*
- — 7 llh 56™ 37s — 23 12» 2m 23*
- — 9 Uh 57“ 29s — 25 12» 2“ 53*
- — 11 llh 58m 18s — 27 12» 3m 21*
- — 13 11» 59ra 5’ — 29 12» 3“ 45*
- — 15 11» 59“ 50“ — 31 12» 4m 6»
- Observations physiques. — Les observateurs qui suivent
- chaque jour les variations de la surface solaire (taches, facules) et prennent des dessins et des photographies de ces détails de la surface doivent en indiquer l’orientation. Voici les éléments pour orienter ces documents (voir précédemment la définition des termes P, B0, L0) :
- B» L0
- — 3°,0 69°,8
- — 3°, 6 4°,0
- — 4°,1 298°,1
- — 4°,6 232°,3
- — 5°,1 166°,4
- — 5°,6 100°,6
- — 5°,9 34°,8
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale est encore assez difficile à voir à cette époque, en raison de l’inclinaison du zodiaque sur l’horizon. On pourra essayer cependant de la rechercher à l’époque de la Nouvelle Lune, du 18 au 24Jj anvier, au Sud-Ouest, après l'arrivée de la nuit complète.
- On cherchera la lueur antisolaire, vers minuit, du 23 au 25, dans le Cancer.
- IL Lune.— Les phases de la Lune, pendant le mois de janvier, seront les suivantes :
- P. L. le 7, à 6h 8“
- D. Q. le 14, à 21» 14m N. L. le 22, à 20h 19“
- P. Q. le 29, à 19h 26“
- Age de la Lune, le 1er janvier = 9j,0; le 23 = 1J,0.Voir dans les Bulletins précédents le moyen de calculer l’àge de la Lune pour toute date du mois.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en janvier : le 6 = + 24° 59'; le 21 = — 24<>58'.
- Périgée de la Lune (plus petite distanceàlaTerre), le3 janvier, à 23h. Parallaxe = 59'48". Distance = 366700 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 15 janvier, à 19h. Parallaxe = 54' 15". Distance = 404200 km.
- Périgée de la Lune, le 29 janvier, à 12h. Parallaxe = 59' 13’’. Distance =370 300 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3 janvier, occultation de 32 B. Taureau (gr. 6,3), de 16»39“ à 17h 37.
- Le 4, occultation de 129 H1 Taureau (gr. 5,8), de 16»37“ à 17h31”.
- Le 5, occultation de 394 B. Taureau (gr. 6,0), de 17»57“ à 18h 46“.
- Le 8, occultation de 5 B. Cancer (gr. 6,4), de 0h 12™ à lh llra.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin sont indiquées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24» à partir de minuit (0»). Le temps universel, ou temps de Greenwich, est le temps légal en France.
- Lig. 1. — Curieux rapprochement de la planète Neptune\et de la brillante étoile Régulus (oc Lion), le 9 janvier 1928.
- La ligne sinueuse est celle décrite par Neptune dans les premiers mois de l’année prochaine. Elle résulte de la combinaison du mouvement de cette planète avec celui de la Terre. Les chiffres marqués sur cette ligne donnent la position de Neptune le 1er de chaque mois.
- Dates. P
- Janvier 1" + 20,6
- — 6 + o°,i
- — 11 1 O CO
- — 16 — 40,7
- — 21 0 0
- — 26 — 9°,2
- — 31 —11°, 4
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- 5\9
- ASTRE Dates : JANVIRR Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 7" 46m 11" 56"T0" 16" 7 m 19" 4m51s 22°37' 32' 34" 8 Sagittaire
- Soleil . . . .< 16 7 41 12 0 11 16 20 19 48 17 — 21 7 32 33,6 Sagittaire f »
- 26 7 32 12 3 7 16 35 20 30 39 — 18 57 32 32,4 Capricorne
- 6 7 53 11 50 15 48 18 55 — 24 35 4,6 a Sagittaire
- Mercure . . . 16 8 11 12 22 16 33 20 7 — 22 25 4,8 fs Capricorne i Inobservable.
- 26 8 15 12 53 17 30 21 17 — 17 40 5,2 i Capricorne 1
- Vénus .... 6 l 16 26 4 4 5 23 45 5 8 9 9 57 7 19 13 13 13 31 29 33 16 16 17 3 53 44 — 18 20 21 19 31 49 16,6 15,4 14,6 v Balance 0 Sagittaire * IJ. Sagittaire Le matin. Se lève 3 heures avant le Soleil.
- 6 6 6 10 11 14 16 17 18 - 23 26 4,0 0 Sagittaire
- Mars 16 6 2 10 4 14 6 17 50 — 23 52 4,0 g Sagittaire Inobservable.
- 26 5 55 9 56 13 58 18 22 — 23 54 4,2 X Sagittaire
- Jupiter. . . . 16 10 14 16 9 22 4 23 57 — 1 37 34,6 10 Poissons Le soir, dès la nuit.
- Saturne . . . 16 4 49 9 8 13 27 16 56 — 21 5 14,0 co Ophiuchus Le matin, avant l’aurore.
- Uranus. . . . 16 10 13 16 13 22 12 0 1 — 0 38 3 4 25 Poissons Le soir, dès la nuit.
- Neptune . . . 16 19 17 2 17 9 18 10 4 + 12 26 2,4 a Lion Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Le 28, occultation de v Poissons (gr. 4,6), de 20h 11"1 à 21" 0m.
- Marées, Mascaret. — Les plus fortes marées du mois, dont l’amplitude sera assez faible cependant, se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 7 et après la Nouvelle Lune du 22.
- Voici les amplitudes de quelques-unes de ces marées pour Brest :
- Marée du matin. Marée du soir.
- 6 0,83 0,86
- 7 0,88 0,90
- 8 0,90 0,90
- 9 0,89 0,87
- 24 0,87 0,88
- 25 0,89 0,89
- 26 0,89 0,87
- 27 0,85 0,82
- Avec des amplitudes aussi faibles, le phénomène du mascaret n’est pas signalé ce mois-ci.
- IIL Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de janvier 1928.
- Mercure, en conjonction supérieure avec le Soleil le 9 janvier, à 2", est inobservable.
- Vénus est admirablement visible le matin, se levant presque 3 heures avant le Soleil, le 16 janvier. Elle est cependant fort basse sur notre horizon, vu sa grande déclinaison australe. Son diamètre diminue, car elle s’achemine à présent vers sa conjonction supérieure et s’éloigne de la Terre. Phase de Vénus, le 15 janvier =0,731.
- Mars est encore inobservable, pratiquement, ce mois-ci.
- Jupiter est visible dès l’arrivée de la nuit. Voici quelques-uns des phénomènes du système des satellites que l’on pourra observer avec la plus modeste des petites lunettes.
- Nous ne saurions trop engager les observateurs à suivre les phénomènes que présentent les satellites de Jupiter. Une
- petite lunette permet de voir les quatre principaux satellites et de reconnaître leurs évolutions autour de la planète. On a en quelque sorte, dans le champ de l’instrument, une miniature du système solaire. Nous avons expliqué précédemment, ici même, les diverses configurations offertes par les satellites dans leur mouvement de révolution, et nous n’y reviendrons pas aujourd’hui.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Janvier Heure. Satel- lite. Phéno - mène. DATES Janvier Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 181 3"’ II p. f. 13 16 3im I E. f.
- 2 18 4 II 0. c. 16 17 45 III E. f.
- 2 20 33 II O. f. 16 20 51 II P. c.
- 3 19 16 I P. c. 18 20 11 II E. f.
- 3 20 34 I O. c. 18 20 33 I Im.
- 3 21 30 I P. f. 19 17 44 I P. c.
- 4 16 35 I Im. 19 18 55 I O. c.
- 4 20 '7 I E. f. 19 19 58 I P. f.
- 5 17 15 I O. f. 19 21 7 I O.f.
- 5 18 33 III P f. 20 18 26 I E. f.
- 5 21 2 III O. c. 23 17 22 III Em.
- 9 18 8 II P. c. 23 19 14 III E. c.
- 9 20 41 II O c. 25 17 58 II Im.
- 9 20 44 II P. f. 26 19 44 I P. c.
- 10 21 15 I P. c. 26 20 51 I O. c.
- 11 17 32 II E. f. 27 17 3 I Im.
- 11 18 34 I Im. 27 17 40 II O.f.
- 12 16 59 I O c. 27 20 21 I E. f.
- 12 17 58 I P. f. 28 17 32 I O.f.
- 12 19 11 I O f. 30 18 49 III Im.
- 12 19 53 III P. c.
- Saturne redevient visible le matin, se levant, le 16, environ 3 heures avant le Soleil. 11 est encore bien bas sur l’horizon
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- pour être observé en de bonnes conditions, c’est-à-dire par de très bonnes images.
- Yoici les éléments de l’anneau à la date du 15 janvier :
- Grand axe extérieur. . ;................ 34",89
- Petit axe extérieur................................-f-15",55
- Le signe -)- indique que nous voyons la face nord de Panneau :
- Uranus, dans les Poissons, est visible dès la tombée de la nuit. On peut le rechercher avec une bonne carte et une jumelle, car il brille comme une étoile de 6° grandeur environ. Dans les très bons instruments, il présente un petit disque bleuâtre de 3",4 de diamètre environ.
- On recherchera Uranus à l’aide de ses positions, que l’on reportera sur une carte céleste un peu complète. Yoici quelques positions pour janvier :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Jarçvier 6 0h 0m — 6° 44' 3",4
- — 16 0h lm — 0° 38' 3,4
- — 26 0h 3m — 0° 29’ 3,4
- Neptune est vj isible presque toute la nuit. Il sera en oppo-
- silion avec le Soleil le 17 du mois prochain l. On le trouvera
- à l’aide de la petite carte de la figure 1, ou encore au moyen
- de ses positions ci-après.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janvier 6 10h 5m -f 12° 22' 2", 4
- — 16 10h 4“ + 12° 26' 2,4
- — 26 10h 3™ -f 12°31' 2,4
- Le grand intérêt que présente — nous l’avons vu plus haut — le rapprochement de Neptune avec la belle étoile Régulus (a Lion) est qu’il nous offre un moyen de trouver cette lointaine planète, dont l’éclat est assez faible (8e grandeur).
- La conjonction avec a Lion aura lieu le 9 janvier, à 0h, à la distance de 0°,3', au Nord de l’étoile. Celle-ci est de la grandeur 1,3.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 9, à O1, Neptune en Le 10, à 8h, Neptune Le 19, à 6\ Saturne Le 19, à 12h, Yénus Le 20, à 12h, Mars Le-23, à 14h, Mercure Le 26, à 23h, Uranus Le 27, à 0h, Jupiter
- a Lion (gr. 1,3), àO n 3' N.
- la Lune, à 4» CO CO S.
- la Lune, à 1° 00 N.
- la Lune, àl° 6' N.
- la Lune, à 0° 40' N.
- la Lune, à 2° CO N.
- la Lune, à 4° 42' N.
- la Lune, à 40 13' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 15 janvier, à lh49m; le 17, à 22h38m; le 20, à 19h27'\
- Etoiles filantes. — En janvier, quelques radiants sont actifs. En voici la liste, d’après M. W.-F. Denning (Annuaire du Bureau des Longitudes.)
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Janvier 2
- — 2 et 3
- — 4 au 11
- — 18
- — 28
- — 1er au 31
- 1193 + 16°
- 232° H- 49°
- 180° + 35°
- 232» + 36°
- 236° + 25°
- 105° + 440
- ç Ecrevisse. P Bouvier.
- N Chevelure X. Couronne, a Couronne. 63 Cocher.
- L’essaim des Bootides (radiant P Bouvier), actif dans les premiers jours du mois, donne des météores rapides, à longues trajectoires.
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er janvier à 19h, ou le 15 janvier à 18h, est le suivant :
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, rc, y) ; Céphée (5, (i, g, p) ; le Dragon (o, <Ji, 40, s, p.) ; la Grande Ourse (ç,£, v,23 h, a).
- A l’Est : Le Cocher (x, 14, 4 w); le Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, p, o, x, M. 35); le Petit Chien (a); le Taureau (a, t, Pléiades); Orion (6, M. 42, ô, £, p, i, or).
- Au Sud : Les Poissons (a, Ç, 35); la Baleine (Mira, y, 66, 37) ; l’Eridan.
- Au Sud-Ouest : Le Yerseau.
- A l’Ouest : Pégase (85, 3, u) ; le Cygne (o, 61, ô).
- Au Nord-Ouest ; La Lyre (a, e). Em. Touchet.
- CHRONIQUE D'AVIATION
- Automobile et avion.
- Un essai de comparaison du prix de transport par avion-nette et par automobile a été fait en juin dernier par un pilote anglais sur le parcours : Londres, Saint-Inglevert, Dieppe, Abbeville, Le Mans, Saint-Cyr, Le Bourget.
- L’appareil utilisé était une avionnette D. H. Moth, moteur Cirrus de 60 cv., portant un pilote et un passager.
- Le total des frais enregistrés se monte pour l’avion à 1 livre, 9 shillings, 4 pence par personne; pour l’automobile à 5 livres, 6 shillings, 6 pence.
- Dans ces sommes ne sont pas comptés les frais d’amortissement du matériel; il semble toutefois que le prix de transport par avion doive rester, tous frais comptés, très sensiblement inférieur au prix de transport en première classe.
- Avion commercial entièrement métallique.
- Les établissements Aviméta viennent de construire un trimoteur commercial entièrement en métal léger qui semble devoir être des plus intéressants.
- Cet appareil est un monoplan dont l’aile, présentant un grand porte-à-faux, s’attache à la partie supérieure du fuselage. Cette aile est constituée par deux longerons portant des couples; sur ces couples viennent se fixer des pannes, qui reçoivent la tôle de recouvrement en alférium ondulé. La fixation de l’aile au fuselage se fait au moyen de quatre ferrures, permettant un démontage facile.
- Le fuselage de l’appareil est composé de trois parties.
- La partie avant porte le moteur central, le poste de pilotage (en conduite intérieure à doubles commandes), une soute à bagages et la cabine des passagers (prévue pour 10 voyageurs).
- La partie centrale qui ne sert que d’intermédiaire entre les deux autres est formée de quatre longerons tubulaires portant des couples sur lesquels est fixée directement la tôle de recouvrement, tôle plane à nervures très écartées.
- La partie arrière porte les empennages, en porte-à-faux. L’empennage vertical (dérive et gouvernail) est interchangeable avec la moitié de l’empennage horizontal; toutes les commandes sont rigides (en tube d’alférium).
- Les moteurs latéraux sont montés sur berceaux en tubes
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- d’acier, accrochés à la partie inférieure de l’aile ; les longerons sont soulagés de cette charge par deux paires de mâts inclinés s’attachant à la base du fuselage.
- Le train d’atterrissage à large voie (4 m. 10) comporte deux béquilles obliques articulées et un amortisseur vertical attaché au mât avant, la charge étant reportée au fuselage par une contrc-fiche inclinée.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes :
- puissance 3 moteurs Salmson de 230 ch,
- poids à vide....................... 2700 kg.
- — combustible.................. 820 kg.
- — équipage..................... 160 kg.
- charge utile payante............... 1200 kg.
- vitesse maxima..................... 182 km/h.
- — de route..................... 170 km/h.
- . rayon d’action.................... 900 km.
- Appareil commercial léger.
- Le premier appareil commercial léger français vient de sortir; c’est le nouveau Potez 32, monomoteur de 230 ch.
- De construction mixte, ce nouvel avion est un parasol comportant une aile rectangulaire soutenue par deux paires de mâts obliques; l’atterrisseur avec essieu est d’un type classique triangulé en M.
- Placé directement sous l’aile, le poste de pilotage est à doubles commandes côte-à-côte ; un large pare-brise ne laisse que des ouvertures latérales : il est donc particulièrement confortable. La cabine, placée dans la partie médiane du fuselage, est aménagée pour recevoir cinq passagers. Elle est très basse, ce qui permet l’accès facile, de plain-pied.
- Le moteur, un Salmson à air de 230 ch., est fixé au fuselage par 4 boulons; il est ainsi facilement accessible et interchangeable.
- Le tableau suivant donne les caractéristiques principales de l’appareil :
- surface portante................ 35 m.
- poids à vide. ....... 950 kg.
- combustible..................... 200 kg.
- charge utile.................... 600 kg.
- vitesse maxima...................180 km/h.
- vitesse de roule.................150 km/h.
- rayon d’action.................. 800 km.
- A titre de comparaison, l’appareil commercial américain Ryan possède les caractéristiques suivantes :
- puissance............. 200 ch.
- rayon d’action .... 950 km.
- charge payante. . . . 340 kg., soit 4 passagers,
- vitesse maxima .... 217 km/h.
- vitesse de route. . . . 177 km/h.
- Les deux avions ne sont donc pas semblables; l’appareil français plus économique, semble devoir mieux s’adapter au service de nos lignes intérieures, à étapes relativement courtes, et pour lesquelles l’abaissement des frais d'exploitation passe encore avant l’augmentation de la vitesse.
- Grand raid sur appareil commercial.
- Les grands raids sans escales, s’ils n’ont pas une signification pratique immédiate, donnent néanmoins une approximation intéressante du rendement économique des appareils.
- Les raids américains, réalisés par des avions commerciaux, ont mis l’aviation commerciale américaine au premier rang,
- en tout cas en ce qui concerne les appareils de 200 ch. ; il était juste de se demander ce dont étaient capables, en grand raid, les appareils de nos lignes aériennes.
- Mermoz et Négrin, répondant à celte question, viennent de réaliser la liaison Toulouse-Saint-Louis du Sénégal soit 4300 km, sans escale, en 23 h. 30 de vol (moyenne 183 km/h.
- L’avion employé est le nouveau Latécoère 26, monoplan parasol de 17 m. 40 d’envergure, assez semblable au Ryan transatlantique (mâts obliques, atterrisseur sans essieu s’appuyant sur le mât avant, avec contre-fiche reportant la charge au sommet du fuselage). Le moteur est un Renault 450 ch. et les caractéristiques sont les suivantes : poids total (appareil commercial) 2936 kg., charge utile 1200 kg., vitesse commerciale 195 km/h, ; pour le raid, le poids total avait été porté à 5500 kg.
- Le retour de l’équipage a été effectué avec une seule escale à Casablanca, l’avion transportant alors le courrier de Dakar et un passager.
- Soudure autogène en aéronautique.
- 11 est curieux de constater que des appareils ayant traversé l’Atlantique ne pourraient pas obtenir en France de permis de navigabilité : leur fuselage est construit par soudure autogène, et la soudure autogène est ignorée des services aéronautiques français.
- La raison invoquée est l’impossibilité pratique de vérification d’une soudure, c’est-à-dire l’incertitude sur sa qualité.
- Il est permis de se demander si cette raison est suffisante pour faire rejeter le procédé. Les articulations utilisées en France ne sont guère plus sûres ; en tout cas au bout d’un certain temps de service, le joint tube-rivet de duralumin, prend du jeu, le métal écroui devient fragile; double danger de rupture; le joint de bois collé ne peut être vérifié que très superficiellement, comme la soudure.
- Par contre, la soudure autogène présente sur les autres modes d’assemblage de grands avantages : simplicité et rapidité de construction, aménagements faciles, par la suppression des croisillonnements, entretien nul et durée à peu près indéfinie, très grande rigidité, les barres étant encastrées aux extrémités.
- Les essais réalisés aux Etats-Unis ont conduit à l’emploi, suivant les efforts prévus, de deux matériaux :
- L’acier doux ordinaire (0,2 pour 100 de carbone).
- L’acier au chrome-molybdène (0,25 à 0,35 de carbone, 0,8 à 0,10 de chrome, 0,15 à 0,25 de molybdène); pour ce dernier, le fil d’apport de même métal peut être employé ; le travail est alors plus difficile qu’avec le fil d’apport d’acier doux.
- Il résulte des essais de traction effectués, que la rupture se produit dans la partie recuite du métal pour les pièces non traitées après soudure ; en un point quelconque, mais toujours hors de la soudure, pour les pièces traitées.
- Les tôles employées sont en acier doux ordinaire, ou en acier au chrome-vanadium (qui peuvent être soudées à l’acier au chrome-molybdène).
- Les résultats de la construction étrangère (Etats-Unis et Allemagne) sont très encourageants; le travail nécessite une étude poussée des assemblages, la distribution rationnelle des matériaux, enfin l’habileté et la conscience professionnelle du soudeur.
- Remarquons qu’en France, la soudure autogène est employée pour les pièces secondaires; supports de canalisations, supports de ballonnets d’hydravions, par exemple, et souvent sans grand souci de perfection.. La rupture d’une de ces soudures peut avoir cependant des conséquences très graves.
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- 2 . LA RADIOPHONIE PRATIQUE.............
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- Couche d'hui le de paraffine
- TRANSFORMATEUR
- "FERRIX ”
- 0.1 ampère 0,005 IQjSV I0i
- Lampe de S bougies
- Fig. 1. —Tableau complet déchargé lente pour batterie de chauffage et batterie de plaque.
- A gauche : soupape de redressement du courant de chauffage,
- A droite : les trois soupapes de redressement du courant de plaque-
- LES APPAREILS RÉCEPTEURS DE 1928
- Il est déjà possible de se rendre compte actuellement, par les déclarations des constructeurs d'appareils de T. S. F. et par l’élude des modèles exposés au Salon de la T. S. F., quelles seront les caractéristiques des postes récepteurs radiophoniques en 1928.
- Il est probable que nous ne verrons pas encore de modifications essentielles dans les principes de la construction radiotechnique ; nous sommes toujours dans une période de stabilisation industrielle pendant laquelle les fabricants améliorent les procédés de fabrication et, au moyen de multiples
- Fig. 2. — Graphique théorique représentant la progression simultanée du condensateur d’accord et du condensateur d’hétérodyne dans un poste à changement de fréquence à réglage unique.
- ta fréquence r/é l'em
- ~plhlcateur inter media
- 750
- 600
- 500
- 430
- V)
- 375 g
- 332
- e
- c 0) lo
- 300 ^
- 272 g S
- 250 §3 c: o
- 231
- 215
- 200
- 0 10 20 30 40 £0 60 70 80 90 100
- Graduation du cadran dentraînement
- modifications de détails,augmentent la sensibilité, la sélectivité et la facilité de réglage des appareils en se basant sur les mêmes principes essentiels dont la pratique a montré l’efficacité.
- En dehors des nouveautés importantes déjà signalées et sur lesquelles nous reviendrons, concernant les lampes de réception de différents modèles et l’alimentation des postes parle courant d’un secteur, il n’est pas annoncé actuellement d’innovation sensationnelle. Ne soyons pas trop difficiles pourtant; les principes actuels de construction permettent l’établissement d’appareils sensibles si sélectifs et si faciles à régler que les amateurs de 1922 auraient cru impossibles les résultats qu’ils permettent d’obtenir.
- D’ailleurs, tous ces perfectionnements de détails ne sont pas importants considérés séparément, mais constituent un ensemble qui modifie quelquefois d’une façon sensible les caractéristiques d’un poste.
- Les progrès acomplis en 1926 pour faciliter le réglage des appareils el rendre leur manœuvre possible par n’importe quel usager de la T. S. F. ont été conservés intégralement, mais les appareils les plus généralement réalisés sont les postes semi-automatiques à recherche facile des émissions avec cadrans de repérage très visible..
- Les postes dits entièrement automatiques, et spécialement ceux à commande unique, sont, par contre, beaucoup plus rares que l’an dernier et l’on doit s’en féliciter.
- Ces appareils sont, en effet, très difficiles à mettre au point d’une manière parfaite et leur conslruclion tant mécanique qu’électrique est fort malaisée, d’où il résulte des prix de revient élevés. De tels modèles, de construction parfaite, mais de prix de vente élevés ne peuvent donc convenir encore à l’heure actuelle qu’à une minorité d'usagers privilégiés.
- 11 faut certes regretter ces faits et souhaiter que bientôt de nouveaux procédés de fabrication réduisent le coût de cette construction en permettant au public des « usagers moyens » d’utiliser ces appareils constituant les modèles les plus perfectionnés et les plus faciles à régler à l’heure actuelle, mais ces postes ne peuvent fonctionner correctement que s’ils sont parfaitement construits, et c’est pourquoi nous nous félicitions plus haut qu’il n’existe plus que quelques modèles très étudiés et assez coûteux de ce genre, au lieu de multiples postes de prix plus modiques mais de fonctionnement peu sûr.
- La faveur des postes à changement de fréquence permettant de recevoir facilement toutes les émissions européennes sur petit cadre ne diminue pas, bien au contraire. Cependant, à côté des appareils à 8 ou 10 lampes à changement de fréquence, genre tropadyne, ultradyne, strobodyne, etc., et amplification haute fréquence avant le changement de fréquence, on constate l’apparition d’un modèle d’appareil « populaire » à 5 ou 6 lampes, généralement à changement de fréquence par lampe bigrille et de prix relativement réduit grâce à une construction simplifiée en assez grande série.
- LA LUTTE ENTRE PILES ET ACCUMULATEURS DE TENSION-PLAQUE
- Aprèsavoir été très employés au début de l’établissementdc la radiophonie en France, les accumulateurs pour alimentation des circuits de plaques, à haute tension et à faible capacité, avaient été généralement remplacés par des piles dites sèches, du moins dans les installations d’usagers.
- Mais nous avons déjà indiqué, dans une récente chronique, que l’emploi de postes à changement de fréquence à multiples
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- Fig. 3. — Commande mécanique par bouton unique des condensateurs d’accord et de modulation dans une synchro-dyne Radio LL.
- a) Ensemble des deux condensateurs avec leur commande ; ci détails du pignon d'accord et de la vis de commande du condensateur isolé au quartz- b,' vue du panneau frontal en aluminium de l’appareil avec détails des tambours de repère
- des longueurs d’ondes.
- étages d’amplification, et surtout l’utilisation des lampes de puissance avaient augmenté dans d’énormes proportions l’intensité du courant de plaque.
- Il résulte de ce changement que l’emploi des piles, pratiques et ne nécessitant aucun entretien, est devenu très onéreux parce qu’il est souvent nécessaire d’adopter des modèles à grande capacité d’un prix élevé, si l’on veut être assuré d’un usage régulier et assez long.
- Une première solution plus économique et permettant le remplacement des piles consiste à employer un appareil d’alimentalion-plaque par le courant du secteur, comme nous l’avons déjà expliqué ; mais l’emploi de petites batteries d’accumulateurs est également une bonne solution du problème, grâce au nouveau principe de la recharge lente.
- Les accumulateurs de tension-plaque ont, en effet, une résistance intérieure beaucoup plus faible que celle des piles et leur tension très constante les rend bien préférables à ces dernières pour l’alimentation des postes récepteurs et surtout des postes à changement de fréquence; leur emploi trop peu fréquent provenait seulement de la nécessité d’un entretien délicat et de recharges régulières, sous peine d’une rapide sulfatation mettant les éléments hors d’usage.
- Or, il existe maintenant des petits chargeurs d’accumulateurs avec soupapes de redressement électrolytiques au tantale ou au silicium d’un principe déjà noté dans le n° 2762 et qui permettent de charger continuellement les batteries d’une façon automatique et avec une intensité extrêmement faible.
- Cette charge s’effectue même pendant le fonctionnement du poste et avec une dépense de courant du secteur tout à fait insignifiante. En maintenant constamment la batterie chargée, on évite toute sulfatation et on réduit au minimum les soins d’entretien nécessaires. Les inconvénients
- qui s’opposaient à l’emploi de ces batteries sont donc presque complètement supprimés.
- Les chargeurs de ce type sont très faciles à constituer au moyen d’un petit transformateur et de soupapes au titane remplies d’un électrolyte composé d’acide sulfurique étendu d’eau distillée à 22° Baumé mélangé avec 2 pour 100 de sulfate ferreux.
- Etant donné la puissance réduite de ce redresseur, les modèles pratiques que l’on peut se procurer dans le commerce sont d’ailleurs d’un prix relativement; modique comme le montre la ligure 1, ils sont souvent associés à des chargeurs du même type pour la batterie de chauffage des filaments.
- Sur le tableau de petites dimensions (20 X 12 cm) la soupape de redressement pour charge de la batterie de chauffage est placée à gauche du transformateur à deux secondaires et à un primaire relié au secteur alternatif; les trois soupapes en série redressant le courant de charge de la batterie de plaque sont fixées à droite de ce transformateur avec, en série, un support de lampe permettant de placer une lampe résistance pour régler l’intensité de la charge.
- Le transformateur fournit, d’ailleurs, un courant alternatif d’une tension de 10,5 volts pour la soupape du courant de chauffage et une tension de 105 volts pour les soupapes de courant-plaque.
- Les bocaux de ces dernières sont réduits aux dimensions de gros tubes à essais et leurs électrodes sont très fines. Il est bon de recouvrir l’électrolyte d’une couche d’huile de paraffine de 2 à 3 millimètres pour éviter une évaporation trop rapide.
- Fig. 4. — Pièces FAR vour montage à changement de fréquence.
- 1) filtre de liaision. 2) bobinage de modulation. 3) transformateur moyenne
- fréquence.
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- L’intensité du courant redressé fourni par la soupape de recharge de la batterie de chauffage est de 100 milliampères et l’intensité du courant de charge de la batterie de plaque de 5 ou de 10 milliampères suivant qu’on met en série une lampe de 5 ou 16 bougies à filament métallique.
- La capacité type de la batterie 4 volts à employer est, d’ailleurs, de 20 ampères-heure et celle de la batterie de 80 volts de 1 ampère-heure.
- LES DISPOSITIFS MÉCANIQUES DANS LES POSTES DE T. S. F.
- Les constructeurs des premiers appareils récepteurs de radiophonie étudiaient surtout les données radio-électriques des postes sans beaucoup se soucier, en général, des caractéristiques mécaniques de leur construction.
- Les appareils actuels sont heureusement pour la plupart aussi bien étudiés mécaniquement qu’électriquement et, pour certains procédés spéciaux de réception, il a même été indispensable de réaliser des dispositifs mécaniques de précision fort ingénieux.
- On sait ainsi que pour construire un poste à changement de fréquence à commande de réglage unique, il est nécessaire de commander simultanément les « rotors » des condensateurs d’accord et de modulation.
- Ces condensateurs sont identiques et du type dit à variation linéaire de fréquence. De cette façon, il existe théoriquement entre la fréquence des émissions à recevoir (sur laquelle est accordé le collecteurd’ondes) et la fréquence de l’hétérodyne (circuit de modulation) une différence constante sur une gamme assez étendue de longueurs d’onde ; celte différence de fréquence est d’ailleurs égale, on le sait aussi, à la fréquence d’amplification intermédiaire, dite moyenne fréquence (fig. 2).
- Pour que la commande unique du réglage puisse ainsi être réalisée d’une façon parfaite, il est indispensable que le dispositif de commande mécanique soit particulièrement étudié et réalisé avec une extrême précision. Dans un modèle récent d’appareil de ce genre, les condensateurs d’accord et de modulation, isolés au quartz, sont .fixés sur un) bâti métallique solide montée sur le panneau frontal en aluminium du poste (fig. 3).
- Les rotors de ces condensateurs sont commandés extérieurement par un bouton unique de réglage au moyen de pignons calés sur les arbres et engrenant sur des vis sans fin.
- Un tambour de- repère permet d’obtenir un réglage immédiat sur la longueur d’onde désirée et on obtient simplement le décalage du stator du condensateur d’accord pour conserver la perfection du réglage sur toutes les gammes de longueurs d’onde au moyen d’un deuxième bouton de commande, identique au premier,et également à pignon et vis sans fin.
- NOUVEAU MATÉRIEL POUR LE MONTAGE DE POSTES A CHANGEMENT DE FREQUENCE
- La réalisation d’un poste simplifié à changement de fréquence et tout spécialement d’un pos’te à changement de
- fréquence à lampe bigrille n’offre pas de très grandes difficultés pour un amateur averti, à condition évidemment qu’il consacre un peu de temps à la mise au point définitive et qu’il ne s’imagine pas recevoir immédiatement es radio-concerts américains avec une simple bobine de quelques centimètres de diamètre comme collecteur d’ondes!
- Cette construction est facilitée grandement à l’heure actuelle par les nombreuses pièces spéciales de différents modèles que les fabricants établissent dans ce but.
- De nouvelles pièces de ce genre dont l’emploi semble particulièrement pratique viennent d’être établies par un constructeur français sous une forme assez heureuse.
- Le r jeu » de ces pièces est constitué par deux ou trois transformateurs moyenne fréquence à noyau de fer, non accordés, par un circuit-filtre de liaison à secondaire accordé par un condensateur variable, et par deux couples de bobinage d’oscillation enfermés dans un boîtier, interchangeables ou mis en circuit au moyen d’un combinaleur (fig. 4).
- Â l’aide de ces pièces munies de bornes de connexion facilement accessibles, on peut constituer assez rapidement un montage à changement de fréquence par lampe bigrille dont le schéma est indiqué par la figure 5.
- On remarquera que, dans ce dispositif, les étages moyenne fréquence ne sont pas accordés ; la sélectivité est donc simplement obtenue à l’aide du filtre de liaison moyenne fréquence, dont les bobinages sont couplés assez « lâchement », et dont le secondaire est accordé par un petit condensateur variable. (Sans compter évidemment l’emploi du cadre.)
- La syntonie obtenue par ce moyen est, généralement, très suffisante, et la pureté d’audition est intégralement conservée. On sait, en effet, que, dans un appareil à changement de fréquence, la sélectivité dépend de quatre facteurs essentiels :
- 1° La nature du collecteur d’ondes utilisé;
- 2° La présence ou l’absence, et la nature des étages haute fréquence placés avant le changement de fréquence ;
- 3’ Les caractéristiques du filtre de liaison moyenne fréquence ;
- 4° Le nombre et la nature des étages d’amplification moyenne fréquence.
- Il n’est heureusement pas indispensable de déterminer avec soin tous ces facteurs pour obtenir une sélectivité suffisante, et l’on peut dire, en principe très général, qu’il suffit d’en déterminer deux avec soin.
- D’ailleurs, il ne faudrait pas croire qu’une sélectivité trop accentuée serait désirable.
- En rendant la syntonie trop aiguë, la gamme de fréquence des ondes radiophoniques ne serait plus amplifiée tout entière, et il en résulterait une déformation désagréable de l’audition. B. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Appareil pour charge lente d’accumulateurs, Ferrix, 64, rue Saint-André des Arts, Paris (6e).
- Synchrodyne, Établissements Radio L. L., 66, rue de l’Université, Paris (7e).
- Pièces pour montages moyenne fréquence. Voilant, 31, avenue Trudaine, Paris (7e).
- Transformait <
- Filtre de liaison MF
- Fig. 5. — Schéma d’un poste de réception simple à 7 larnp a changement de fréquence par lampe bigrille.
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- PETITES INVENTIONS
- AUTOMOBILISME.
- Réchauffeur Sapar.
- L’automobiliste a, surtout l’hiver, certaines difficultés pour mettre son moteur en route ; cela résulte, soit du manque de volatilité du carburant aux basses températures, soit parfois d’une faiblesse de l’allumage. Dans tous les cas, on est obligé de mettre de l’essence dans les robinets-purgeurs ou par les trous des bougies, de noyer le carburateur et même d’obstruer la prise d’air.
- On conçoit qu’en voulant faciliter la mise en marche, on agisse au détriment du moteur : une certaine quantité d’essence liquide pénètre dans les cylindres, « noie » les bougies et dissout l’huile des pistons. C’est donc, par conséquent, un facteur de grippage. A la longue, cela constitue une perte de temps et d’essence assez importante, et c’est un risque d’incendie, en cas de retour.
- Le réchauffeur Sapar évite tous ces inconvénients. C’est un joint qui s’intercale entre le carburateur et la bride d’admission du moteur. Dans l’orifice de passage des gaz est disposée une résistance électrique, portée à une certaine température par la batterie d’accumulateurs de la voiture. Elle volatilise les molécules d’essence à leur passage, ce qui fait que,
- même avec une étincelle défectueuse, ils explosent instantanément.
- L’emploi est des plus simples : à la mise en route il suffît d’établir le courant au moyen d’un interrupteur fixé sur le tablier de la voiture, de laisser chauffer quelques secondes, puis de donner un coup de manivelle. Une fois le moteur en marche, fermer l’interrupteur, le chauffage devenant inutile. La consommation d’électricité est insignifiante ; elle équivaut à l’allumage des phares pendant quelques secondes, c’est-à-dire, suivant les modèles, de 4 à 7 ampères-heure.
- Le réchauffeur est l’auxiliaire du démarreur; il préserve la batterie d’accus, la mise en marche s’effectuant très rapidement, même par les temps les plus froids.
- Constructeur : M. Caroni, 43, rue Chefdeville, Clamart (Seine).
- Nettoyage des lanternes à acétylène.
- Les cyclistes et les automobilistes qui se servent fréquemment de lanternes à acétylène savent combien il est désagréable de les nettoyer. On ne peut, en effet, extraire le carbure usagé sans avoir les mains imprégnées de poussière malodorante. La plupart du temps, il reste encore de gros morceaux qui se trouvent mélangés à la poussière. Certains ne se donnent pas la peine de les rechercher, d’autres se contentent de prendre les plus gros morceaux et de jeter le reste.
- On évitera ce gaspillage en procédant de la façon suivante : Prendre une boîte de conserves vide, en percer le fond de part en part avec une pointe, de façon à former une sorte de passoire. Il suffira ensuite d’y verser le carbure usagé et de secouer la boîte.
- PHOTOGRAPHIE
- Transformation d'un appareil photographique en lanterne d’agrandissement.
- Il est commode pour un amateur photographe de n’emporter avec lui que des appareils de petit format, légers et munis d’un objectif suffisamment parfait de manière à permettre les agrandissements. Les appareils très portatifs sont en général, de format assez minuscule et l’on a souvent le désir d'agrandir les épreuves obtenues en choisissant les meilleurs clichés, mais on ne dispose, pas toujours d’une lanterne d’agrandissement.
- On peut adapter sur les appareils photographiques ordinaires un appareil d’agrandissement sans condensateur, à éclairage électrique par lumière réfléchie. Ce système se monte sur tous les appareils à plaques ou à pellicule à condition qu’il y ait une mise au point variable. C’est en réalité une sorte de lanterne étanche dans laquelle se trouvent deux lampes électriques de 100 à 200 bougies.
- Cette lanterne est émaillée en blanc à l’intérieur, de façon que la lumièrese trouve réfléchie vers le cliché.
- A l’avant de la lanterne peut être adapté un cadre dont la forme est en rapport avec l’appareil photogra -phique sur lequel doit être placé l’agrandisseur. Enfin l’ensemble se monte sur un support en ébénisterie comportant un chariot mobile, de sorte qu’on peut faire varier très rapidement le rapport d’agrandissement.
- La mise au point se fait par l’appareil photographique lui-même. On profite ainsi de toutes les qualités des objectifs qui ont servi à prendre des clichés originaux, sans qu’on ait besoin d’acheter un appareil d’agrandissement complet. Le dispositif est d’ailleurs toujours prêt à être branché sur une canalisation électrique.
- Ainsi équipés, les appareils peuvent agrandir une surface maximum de 12 X 12 cm., par conséquent agrandir totalement les clichés 9 X 12 ou les clichés inférieurs. Le tirage des clichés peut donc se faire par projection, ce qui présente un grand avantage sur le tirage par contact.
- On obtient de remarquables épreuves, même avec des clichés faibles qui, par la méthode habituelle, auraient donné des résultats peu intéressants.
- L’appareil constitue, en résumé, un agrandisseur horizontal ou vertical, ou un appareil de reproduction qui peut utiliser tout objectif jusqu’à 135 à 150 mm de longueur focale.
- Société Demaria-Lapierre, 133, boulevard Davout, Paris (xve).
- Trous pour le passage ?s goujons du carburateur
- Borhe électrique
- Retour à la masse
- Résistance
- électrique
- Fiq. 1. —Réchauffeur « Jaspar ».
- Fig. 2. — Appareil photographique servant à l’agrandissement.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- L’enseignement dans les colonies françaises.
- Les renseignements de toutes sortes sur ]es colonies françaises, les conditions de séjour, les emplois vacants sont fournis par l’Office colonial, au Palais-Royal, Paris. 1er.
- Congolia P. P. R.
- Documentation sur le café.
- 1° Les ouvrages traitant des cultures coloniales donnent des indications sur le café, ses variétés, sa composition, etc., notamment l’ouvrage de À. Fauchère : culture pratique du caféier cl préparation du café, qui traite des espèces et variétés, de la préparation du café par voie humide, voie sèche, appareils dépulpeurs, séchoirs, décortiqueurs, trieurs (1 volume).
- L’ouvrage de E. Pierrot indique le mode de préparation du grain de café pour la vente, le commerce du café (1 volume).
- Le café, par Henri Lecomte (manipulation, production (1 volume).
- Culture du caféier, par E. Raoul, pharmacien en chef des colonies et E. Darolles (1 volume contenant analyses, espèces et races, préparation du café pour l’exportation).
- Analyses des matières alimentaires, par Roux et Girard (1 volume contenant description des variétés deljcafé composition, forme du grain suivant variété, teneur en caféine, analyses, etc). Voir Société d’Eiitions, Paris, 17, rue Jacob, 6e.)
- 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la dèca-fêinisation du café (procédés, brevets et appareils). Il conviendrait de faire des recherches dans les revues techniques (chimie, technologie).
- 3° En ce qui concerne la torréfaction du café, consulter la nolice de M. Armand Rousseau, publiée sous les auspices du Journal l’Epicier. (Bourse de Commerce, Paris, '1er), par les Établissements Repiquet (appareils de torréfaction). Paris, 18 et 20, rue de la Folie-Regnault (11e).
- M. Y. Grandjean, Cognac (Charente).
- Procédés pour supprimer des souches d’arbres.
- Lorsqu’on ne peut recourir à l’arrachage des souches d’arbres abattus, le moyen de supprimer celles-ci consiste en l’emploi d’un produit chimique qui les désorganise, en attaquant éneigi-quement le bois et faisant pourrir les racines. L’extraction se fait ensuite aisément.
- Nous avons conseillé souvent, pour supprimer des arbres sur pied, l’emploi d’une solution concentrée d’arséniote de potasse, ou d'acide sulfurique pur, ou l’emploi du sulfure de carbone.
- Le mode opératoire est le suivant : Percer avec une tarière ordinaire — simple mèche de vilebrequin — quelques trous jusqu’au centre de l’arbre, et remplir ces trous avec l’un ou l’autre des produits chmiques indiqués ci-dessus.
- Quant à assurer la décomposition en introduisant du salpêtre dans dès trous pratiqués dans des souches d’arbres abattus et en bouchant ensuite ces trous avec de la terre, nous n’avons pas expérimenté ce procédé.
- Néanmoins, nous pensons qu’il suffit de percer quelques trous, comme il est dit ci-dessus, le diamètre des trous et la quantité de salpêtre n’ayant rien de mathématique.
- La proportion dingrédient à employer est, évidemment, fonction de la contenance de chacpie trou.
- M. L. George, rue de Miromesmil, Paris.
- Consultations pour plantes malades.
- Voici, d’après le récent ouvrage de MM. Trouvelot et Willaume : Manuel-guide des traitements insecticides et fongicides des arbres fruitiers (Lechevalier, éditeur, 12, rue de Tournon, Paris), la liste des stations dépendant de l’Institut des Recherches agronomiques auxquelles on peut s’adresser pour consulter sur les maladies des plantes.
- Pour les insectes
- Station centrale d’entomologie et de parasitologie agricole, 10, rue Claude-Bernard, Paris, station annexe à l’Insectarium de Menton, avenue Cernuschi, Menton (Alpes-Maritimes);
- Station entomologique du nord-est, 96, avenue Gambetta, Chalette-Montargis (Loiret);
- Station entomologique du nord-ouest, 16, rue Dufay, Rouen ;
- Station entomologique du sud-est, 22, avenue Clemenceau, Saint-Genis-Laval (Rhône);
- Station entomologique du sud-ouest, la Grandc-Ferrade, Ville-neuve d’Ornon, par Bordeaux ;
- Stations d’Avignon et de Clermont-Ferrand.
- Pour les cryptogames :
- Station centrale de pathologie végétale, 11 bis, rue d’Alésia, Paris.
- Station de pathologie végétale du sud-ouest, la Grande-Ferrade, près Bordeaux;
- Section de phytopathologie de la station génétique, domaine de Mon Désir, Montferrand (Puy-de-Dôme);
- Section de phytopathologie de la station agronomique, rue J.-Vernet, Avignon. M. A. L., Paris
- Le vernis à la gomme laque peut-il s’enlever facilement.
- La gomme laque, étant en presque totalité constituée par une résine à fonction acide, a la propriété de se dissoudre avec rapidité dans les alcalis même faibles, tels que le carbonate de soude ou de potasse, les sels alcalins comme le borax. A plus forte raison se dissout-elle dans les alcalis caustiques, c’est pourquoi il est tout indiqué de passer à la surface des objets que l’on veut dévernir une solution tiède de soude caustique à 5° B, désignée par les peintres sous le nom d’eau seconde. Une fois le vernis enlevé, rincer à l’eau ordinaire pour enlever toute trace d’alcali et laisser sécher.
- M. Guérinot.
- P. S. — 11 n’existe pas d’autre moyen que la rectification pour enlever à l’eau-de-vie de marc son goût d’origine.
- A quoi est du le goût de bouchon.
- Le goût si fâcheux que communiquent parfois au vin les bouchons, est dû au développement de champignons microscopiques vulgaires, désignés sous les noms d’Aspergillus niger et de Pénicillium glaucum, qui préexistent naturellement dans le liège.
- Depuis longtemps déjà M. le Dr Bordas a montré quelle était la cause du mal, il a en même temps indiqué le remède qui est d’une grande simplicité puisqu’il suffit de stériliser les bouchons par la vapeur, sous pression, pour détruire tous les micro-organismes qu’ils peuvent renfermer. Les bouchons ainsi traités ne donnent jamais aucun goût aux liquides avec lesquels ils sont mis en contact.
- N. B. — Tous les autoclaves du commerce peuvent être utilisés pour l’opération sus-indiquée.
- M. Pellice, Marseille.
- Comment se traitent les taches d’encre à stylos.
- Dans la majeure partie des cas, les encres pour stylos sont à base de bleu de méthylène et il ne faut pas s’effrayer quand une malencontreuse goutte d’encre vient tacher une étoffe ou un objet.
- Si le tissu est blanc, il suffit pour faire disparaître la tache d’imbiber celle-ci, par exemple avec un bout d’allumette, du
- liquide obtenu en mélangeant :
- Eau de Javel............................20 cm°.
- Eau ordinaire...........................75 —
- Acide chlorhydrique..................... 5 —
- Une fois la tache disparue, on rince à fond pour enlever toute trace d’acide.
- Pour' une étoffe teinte, on remplacera l’acide chlorhydrique par de l’acide acétique concentré, ou plus simplement on mélangera les 20 cm3 d’eau de Javel avec 80 cm3 de yinaigre, la tache disparaît moins rapidement, mais le résultat est le mçme.
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- Enfin pour des couleurs très fragiles, n’employer aucun acide qui serait susceptible d’agir sur le fond et se contenter d’une macération de l’étoffe dans de l’alcool à brûler de façon à atténuer le plus possible la teinte bleue, ce à quoi on arrive avec de la patience.
- P. P. T. et P., Menton.
- Peut-on faire disparaître les tatouages ?
- Deux procédés réellement scientifiques sont employés pour supprimer les tatouages :
- Procédé du Dr Variot : 1° Badigeonner la région tatouée, avec une solution concentrée de tanin, puis piquer avec une aiguille de tatoueur ; 2° Passer ensuite en appuyant fortement au crayon de nitrate d’argent. Au bout de peu de temps, la partie ainsi traitée noircit, il se forme une croûte qui tombe bientôt en laissant une cicatrice rougeâtre, laquelle s’atténue peu à peu.
- Procédé du Dv Brunet : 1° Laver à l’éther, au savon, puis au sublimé au 1/1000® la partie tatouée; 2° l’anesthésier par des injections de cocaïne; 3° entourer la surface avec des bandes de diachylon et appliquer pendant 10 à 15 minutes un tampon d’ouate imbibé d’ammoniaque; 4° enlever avec une pince stérilisée l’épiderme soulevé et frotter alors vigoureusement le dessin avec .un crayon de nitrate d’argent: 5° panser avec de l’eau salée qui neutralise l’excès de nitrate. Après quelques heures il se forme une eschare noirâtre qui tombe en laissant une plaie que l’on panse à l’iodoforme.
- P. P., COU LO MM 1ER S.
- Préparation du carton-amadou.
- Cette préparation se fuit très facilement en immergeant du carton ordinaire, débarrassé, s’il y a lieu, des feuilles de papier de recouvrement, dans une solution saturée de nitrate de potasse (salpêtre). On laisse égoutter, puis fait sécher à l’air libre, non dans un four ou une étuve, car il pourrait y avoir inflammation spontanée et déflagration.
- N. B. — A la température de 20° C la solution saturée contient environ 30 pour 100 de nitrate de potasse.
- Schallek, Paris.
- Destruction des herbes sur un court de tennis.
- Prendre 10 kg de chaux vive, en effectuer l’extinction de la façon habituelle en aspergeant de très peu d’eau, puis lorsque la chaux s’est délitée, la tamiser pour en séparer les incuits.
- Mettre dans une chaudière en fer la poudre obtenue avec environ 100 litres d’eau, porter à l’ébullition et ajouter peu' à peu 1 kg à 1 kg 500 de fleur de soufre, bien mélanger, laisser reposer et décanter, puis doubler le volume par addition d’eau ordinaire.
- Arroser copieusement le court, un jour de beau temps de façon que la pluie n’entraîne pas le produit dans le sous-sol.
- D. S., Gemjbloux.
- Questions sucrières.
- 1° Lorsqu’un sirop de sucre marque 40° Baumé, il contient 75,27 pour 100 de sucre en poids; à 43°5 B, sa richesse est de 82<>51.
- Industriellement l’évaporation des liquides sucrés à concentrer se fait dans le vide et méthodiquement, mais lorsqu’il,ne s’agit que de petites quantités de sirop à obtenir,.dans ces conditions, on peut se contenter du travail à la bassine. Il fout toutefois éviter la surchauffe des parois non recouvertes de liquide, pour ne pas caraméliser une grande partie du sucre.
- Le sirop à cette richesse n’est pas susceptible de fermenter.
- 2° Vous pourrez vous procurer du pyruvate de soude chez Guicîiard, Chatenay et Cie, 5, Square Arago, à Paris.
- D. S., Gemblojux.
- Le pain que nous mangeons et la levure de boulangerie.
- .Pendant des siècles, la fermentation de la pâte qui a pour but de rendre le pain plus léger, par production de bulles d’acide carbonique, a été laissée à l’empirisme ; le mitron se contentait de mettre de côté une quantité suffisante de pâte déjà levée et ce levain ensemençait en ferments utiles, la pâte de la fournée suivante.
- Malheureusement à côté des bons ferments Saccharomyces, proliféraient bientôt des ferments nuisibles, ferments acétique, lactique, butyrique etc., de sorte que, suivant les hasards des circonstances on obtenait un pain aigre, sûr, ayant un goût tout au moins désagréable.
- Un grand progrès a été réalisé le jour où l’industrie de la distillerie de grains a mis à la disposition de la boulangerie, une levure saine, pure, de vitalité toujours égale et donnant par conséquent des résultats toujours constants. Si le rendement en alcool était un peu diminué, par contre la vente de la levure produite compensait largement ce déficit.
- La fabrication de la levure a pour principe essentiel de permettre la prolifération des cellules de levure initiale (levure-mère) lorsque celle-ci est mise dans un milieu favorable comme température et alimentation.
- Gette alimentation particulièrement soignée doit être riche en matières albuminoïdes et en phosphates alcaiins, c’est pourquoi on s’adressa dès le début de cette fabrication aux céréales qui les fournissent en abondance seigle, orge, maïs, etc. En outre, on met à la disposition de la levure les sucres qui sont plutôt des agents vitaux que des agents de multiplication.
- En résumé, la fabrication de la levure est une fermentation en moûts de grains extrêmement nutritifs, donnant en même temps alcool et levure.
- Bien que chaque distillerie de ce genre conserve jalousement « le secret » de sa fabrication, voici ce que l’on peut prendre comme type d’une fabrication de levure de boulangerie :
- 1° On commence par préparer le milieu nutritif en versant sur un mélange de 50 kg de seigle moulu et 60 kg de malt (orge germée) contenus dans un cuveau, une quantité d’eau chaude suffisante pour obtenir après empâtage une température finale de 60° C, on laisse reposer deux heures; la diastase du malt sacclia-rifie l’amidon et une grande partie des matières albuminoïdes est solubilisée, on refroidit alors à 28° G par addition d’eau froide et on ensemence avec 5 kg de levure-mère, dont on a vérifié la pureté au microscope. La maturation du levain et la prolifération de la levure durent environ 10 heures.
- 2° Pendant ce temps, on a préparé un moût de grains dans lequel doivent se développer librement les jeunes cellules qui ont pris naissance par segmentation (scissiparité). Ce moût s'obtient en cuisant sous pression 200 kg de maïs que l’on délaye dans l’eau de manière à obtenir une température ne dépassant pas 70° C, on y ajoute 350 kg de seigle puis 250 kg de malt, toujours moulus, on laisse également la saccharification se produire vers 55°, puis on met en cuves finales de fermentation avec une quantité d’eau telle que la température soit de 28° C, on ajoute le levain préparé précédemment, on abandonne au repos quelque temps pour que les cellules s’habituent à ce nouveau milieu (pied de cuve) puis on étend progressivement jusqu’au volume de 20 hectolitres soit avec de l’eau, soit, ce qui est préférable, avec de la vinasse ^liquide résiduel de la distillation d’une opération précédente) qui contient en abondance des matières protéiques peptonisées.
- Au bout de 12 heures environ, la fermentation vigoureuse amène à la surface, par les bulles d’acide carbonique, les cellules de levure qui ont atteint leur plein développement; on profite de cette montée pour les recueillir par écumage avec une raclette souple et une écope; on tamise pour séparer les débris d’enveloppes des grains entraînés en même temps, puis on retient la levure sur des toiles plus serrées formant sacs que l’on soumet à •la pression pour chasser l’eau, après addition de fécule pour faciliter cette expulsion. On obtient ainsi la levure pressée sèche, qui est débitée en parallélipipèdes de 250 gr. environ pour la boulangerie, la pâtisserie; son odeur est agréable et il suffit d’en émietter quelques morceaux dans de l’eau tiède pour disposer d’un ferment actif et sain.
- ‘ M. Hoemann, Fontenay-sous-Bois.
- Bibliographies et adresses demandées.
- Ouvragés sur les matières plastiques : Les matières plastiques, par Frisch, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Fabrication des Colles, par de Keghel, éditeur Gauthier-Villars, .55, quai des Grands-Augustihs.
- M. G. Languin, Paris.
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- == 528 ............................. .....................=
- La pratique de la téléphotographie, par G. Gallice, éditeur J. de Francia. Librairie de la Photo-Revue, 118 bis, rue d’Assas.
- M. Ueinricii, Katanga.
- Industrie et commerce du caoutchouc. Journal du caoutchouc, 49, rue des Vinaigriers, Paris;
- M. Descamps, Berchem, Anvers.
- Que sont les acétates de cellulose ?
- Constamment, on parle de l’acétate de cellulose dons les emplois industriels, soies artificielles, vernis, etc., comme s’il s’agissait d’un produit toujours le même.
- En réalité, il y a un grand nombre d’acétates de cellulose, comme sont nombreuses les nitrocelluloses ; le premier acétate de cellulose fabriqué a été le triacctate
- (CH3C00)3C6ïU02 .
- mais cette molécule peut elle-même, suivant la nature de l’agent de déshydratation employé, donner lieu à une polymérisation de la forme
- [(CH3COO)3 CBH7 O2]"
- De la valeur de n ainsi que du degré d’acétylation dépendent les propriétés des acétates de cellulose obtenues.
- Pratiquement, au point de vue de la confection des vernis, on a constaté que les acétates contenant plus de 52,6 pour 100 d’acide acétique étaient solubles seulement dans le chloroforme, le tétra-chlorélhane, le îormiate de méthyle ; les acétates à teneur inférieure à 52.6 en acide acétique sont solubles dans les précédents solvants et en outre dans l’acétone, les formiates, les acétates de méthyle et d’éthyle, le nitrométliane, la pyridine, l’acétylacétale d’éthyle, la méthylacétone, l’alcool benzylique, l’acétate de benzyle, le furfurol.
- En général, les acétates de cellulose ne sont pas employés seuls pour la confection des enduits, il est nécessaire d’y ajouter un plastifiant et on peut prendre comme type la formule suivante :
- Acétate de cellulose............ 120 grammes
- Tétrachloréthane.................. 1450 —
- Triacétine.......................... 12 —
- Alcool éthylique à 95°............. 160 —
- 2° Vous trouverez des vernis à l’acétate de cellulose chez Soehnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, Paris-Montreuil (Seine); Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, et pour quantités importantes, à l’usine Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin.
- 3° Le Consortium des soies artificielles, 16, rue du Louvre, vous fournira les celluloses textiles obtenues par tous procédés : cuivre, nitro, acétate, viscose, etc.
- M. Jaeger, Hamma, Alger.
- Protection des pièces métalliques d’usines.
- Dans certaines industries, en particulier dans la fabrication ou la manipulation des engrais chimiques, les vapeurs qui se dégagent, acide fluorhydrique, gaz nitreux, etc., ont une action fâcheuse sur les pièces métalliques des machines.
- L’enduit suivant dont la formule nous a été communiquée donne,
- paraît-il, une excellente protection.
- Cire de Carnauba............ 200 grammes
- Parafline .....................100 —
- Vaseline blonde................150 —
- Essence de térébenthine . . . 150 cent, cubes
- Benzine....................... 200 —
- Pétrole lampant............... 200 —
- Faire fondre au bain-marie la cire, la paraffine et la vaseline, retirer du feu et laisser revenir à consistance pâteuse, ajouter les produits liquides, puis en dernier lieu de la plombagine (mine de plomb) en quantité suffisante pour donner la couleur du fer.
- M. Bournisien Beau, a Paris et M. Leurquin, a Avenne.
- Peut-on enlever les traces de rouille sur le papier?
- Il arrive parfois que le papier s’est trouvé au contact de clous, en milieu humide, il en est résulté des maculatures difficiles à faire disparaître parce que le fer est à l’état de peroxyde difficilement attaquable par l’acide oxalique ou le bioxalate de potasse généralement employés dans ce cas.
- On peut heureusement tourner la difficulté en ramenant le fer à l’état de sel ferreux par l’intervention du protochlorure d’étain.
- Au moyen d’un bout d’allumette ou d’un agitateur en verre on dépose sur la tache une ou deux gouttes de la solution suivante :
- Eau ordinaire.............. 1000 cent, cubes
- Protochlorure d’élain . . 50 grammes
- Acide tartrique............... 5 —
- Lorsque la tache a disparu on lave à grande eau.
- N. B. —Le protochlorure d’étain se prépare facilement en faisant dissoudre à chaud des feuilles de papier à chocolat ancien modèle qu’il ne faut pas confondre avec les feuilles actuelles, presque toujours en aluminium, ce que l’on reconnaît à leur sonorité.
- Les proportions sont de 120 gr. de feuilles d’étain et 75 gr. d’acide chlorhydrique. Une fois la dissolution terminée en présence de 2 à 300 cc. d’eau, étendre au volume indiqué précédemment de 1 litre. — Dans ces conditions rincer avec plus de soin encore pour qu’il ne reste aucune tache d’acide chlorhydrique qui provoquerait la destruction du papier.
- M. L. Lerat, au Havre.
- Faites vous-même une bonne encaustique.
- Fondre à feu doux 500 grammes de cire jaune à'abeilles en présence de 20 grammes de litharge en poudre, remuer pendant dix minutes en maintenant toujours sur le feu, puis laisser reposer.
- Décanter alors la partie supérieure liquide, faire légèrement refroidir, puis y verser un litre d’essence de térébenthine vraie. Bien mélanger à nouveau jusqu’à ce que la masse en partie refroidie devienne pâteuse, mettre en boîte fermant avec un bon couvercle.
- N. B. — Si on désire une encaustique plus liquide, il suffit d’y ajouter une quantité de térébenthine plus grande jusqu’à obtention de la fluidité désirée.
- Mlle Dieudonné, Paris.
- Prolongeons l’existence des cartes à jouer.
- Le tétrachlorure de carbone qui aujourd’hui est un produit commercial courant, se substitue de plus en plus à la benzine ou aux gazolines comme dissolvant des matières grasses; non seulement il n’est pas inflammable, mais encore il permet de juguler les incendies d’hydrocarbures si difficiles à éteindre (extincteurs type Pyrène.)
- C’est donc sans aucun danger que le tétrachlorure de carbone peut être employé à la maison, avec la seule précaution d’aérer si son emploi devait être un peu prolongé. Une de ses petites utilisations familiales que nous devons signaler est le nettoyage facile des cartes à jouer sans qu’il y ait altération des couleurs ou de l’encollage.
- Il suffit pour cela de frotter chacune des faces de la carte avec un tampon d’ouate imbibé de tétrachlorure, le séchage est très rapide, on passe ensuite un autre tampon saupoudré de talc pour faciliter le glissement et le jeu de cartes reprend son service tout pimpant neuf à la grande satisfaction des joueurs qui ne sont plus obligés de mouiller disgracieusement leurs doigts pour arriver à une distribution convenable.
- Cercle de la Jeunesse, a Alais.
- Friandise turque.
- La préparation orientale à laquelle vous faites allusion s’obtient en opérant ainsi :
- On prend :
- Sucre blanc............... 1000 grammes
- Eau non calcaire.......... 300 —
- Faire un sirop épais, puis y ajouter le jus d’un citron ; laisser un peu refroidir, puis y verser, sous forme de filet, en remuant constamment :
- Amidon. ..................125 grammes
- préalablement délayé dans un peu d’eau.
- Remettre le tout sur le feu, faire cuire en tournant toujours, lorsque la composition est devenue bien épaisse ,verser dans un plat saupoudré d’amidon de façon à donner à la pâte 4 à 5 centimètres d’épaisseur.
- Couper ensuite en carrés ou en losanges. On peut ajouter à la pâte des amandes, des pistaches, des noisettes, que l’on y intro duit après mondage en même temps que l’amidon.
- Le plus souvent, le produit est parfumé à l’essence de roses que l’on ajoute en dernier lieu à la pâte presque refroidie.
- II. D., a Sanary.
- 95.212. — Paris, lmp. Laiiure. — 1-12-27.
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- LA NATURE
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- N' 2775.
- LA NATURE
- 15 Décembre 1927*
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- LE DEPLACEMENT DES FRONTIÈRES LINGUISTIQUES DU FRANÇAIS DE 1806 A NOS JOURS
- Les langues, comme les Etats, ont des frontières qui coïncident rarement avec les frontières politiques. Comme celles-ci, elles sont sujettes à se déplacer, mais non point brusquement à la suite d’annexions. De nos jours ces modifications sont lentes et progressives ; elles sont le résultat de causes sociales et politiques, qui se ramènent généralement à deux : supériorité sociale d’une langue littéraire par rapport à un dialecte ; efforts d’un Etat pour faire apprendre sa langue nationale par tous ses ressortissants. Une poussée ethnique (immigration, etc.) peut entrer aussi en ligne de compte.
- Des documents inédits et précieux, que vient de mettre au jour M. Ferdinand Brünot(1), nous permettent d’apprécier, de façon précise, les déplacements qu’ont subis les frontières linguistiques du français au cours du xixe siècle. Sur l’initiative d’un érudit curieux et avisé, Coquebert deMont-bret, l’administration impériale avait procédé, en 1806, à une vaste et minutieuse enquête sur l’état linguistique de la France. Le questionnaire, adressé aux préfets, portait notamment sur les limites de la langue française. Les renseignements reçus en réponse et centralisés au ministère de l’Intérieur ont été versés aux Archives Nationales et à la Bibliothèque Nationale, où M. Brunot en a pris connaissance, en y joignant des notes de Coquebert de Montbret qu’il a retrouvées à la bibliothèque de Rouen.
- 1. Dans l'Appendice du tome IX de YHistoire de la langue française (Paris, A. Colin, 1927). Les documents relatifs à la Belgique, avec le fac-similé des cartes de 1806, avaient été publiés déjà par M. Brunot dans La limite des langues en Belgique (communication faite à l’Académie royale de langue et littérature françaises, Bruxelles, 1924.)
- Les limites du français ayant été relevées par des linguistes à une époque récente, il est intéressant de comparer ces frontières, à un siècle environ d’intervalle, dans les différentes régions de la périphérie.
- La situation ne se présente pas, d’ailleurs, de la même façon suivant les contrées. D’abord il n’y a de limites nettes
- qu’en face de groupes linguistiques appartenant à des familles différentes : le basque, descendant de l’ibère, au sud-ouest; le breton (celtique), à l’ouest; le flamand et l’allemand (germaniques), au nord et nord-est. Nous verrons ce qu’il en est pour l’italien.
- D’autre part, ce n’est jamais le français à proprement parler qui est directement en contact avec l’idiome allogène : c’est un dialecte roman, plus ou moins voisin de la langue de Paris. Quand il s’agit d’un dialecte d’oïl, surtout aussi étroitement apparenté au pur français que les parlers gallois de la Bretagne orientale, on peut dire : limite du groupe français. Il en va autrement dans le Midi.
- I. Le gascon et le basque. — Au sud-ouest, il est donc inexact de parler de la limite du français et du basque. C’est le gascon (ou, pour être plus précis, le béarnais, un des patois gascons) qui est en contact géographique avec le basque. Celui-ci, on le sait, est le résidu de l’ancien ibère réimporté d’Espagne au vi° siècle par les envahisseurs vascons (les Gascons — tous ces noms sont de même racine — représentant les Ibères de Gaule, romanisés). Vis-à-vis de l’ibère, mué peu à peu en basque, le gascon bénéficia longtemps de la supériorité sociale du latin qu’il continuait, (et ainsi s’explique le recul du basque, qui se replia au sud de l’Adour et à l’ouest du gave d’Oloron : l’aire d’extension maxima du basque vers le vmc siècle peut être déter-
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- ____Frontière franco-espagnole
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- _____Limite du basque (au S-O) et du gascon en 1876
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- Le gascon et le basque.
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- Territoires perdus par le breton entre 1806 et 1886 (t'i/ôt ru rat du Bourg -de-Batz n'a disparu qu’un peu p/us tardJ | Territoires où ie breton est actuet/ement en voie de disparition Territoires où ie breton commence à être menacé --4-+ Limites de départements
- Voies Ferrées '
- Fig. 2.
- Le français et le breton,
- minée approximativement par les noms de lieux basques qui subsistent le long du bas Adour, du gave d’Oloron, dans la vallée d’Aspe (Biarritz, Bayonne, Bidache, Ara-mitz, Asasp, etc.), comme par certaines particularités des patois gascons d’Aspe et d’Ossau, signalées par M. Saroïhandy (J), et qui révèlent une romanisation tardive.
- C’est au xvje siècle seulement que le français pénètre dans le Midi. Au début, la parenté du gascon permit aux Béarnais de l’apprendre plus facilement que les Basques, et le gascon devint quelque peu, en face de son voisin, le fourrier du français, en profitant de son prestige. Mais dès le XIXe siècle, la connaissance du français était à peu près également répandue dans les deux régions. Désormais le français se superpose, comme langue seconde, à
- 1, Revue internationale des études basques, 1913, p. 475 sqq.
- deux idiomes qui sont de plus en plus, l’un par rapport à l’autre, sur pied d’égalité.
- Aussi le recul du basque, qui continue par suite de la vitesse acquise, se ralentit. De 180G à 1875, époque où Broca traça la limite (1), le basque n’a perdu que deux communes dans la vallée de la Bidouze (Bergo-ney et Villenave) et les deux derniers points qu’il occupait, en saillants, sur le bas Saison, Osserain et Gestas. Gestas était bilingue en 1806 ainsi que Montory (considéré encore comme tel par Broca) ; il y avait encore quelques basquisants à la Bastide-Clarence.
- D’après un relevé inédit fait par M. E. Bour-ciez aux environs de 1900 et que l’auteur m’a obligeamment communiqué, le basque avait définitivement perdu Montory au sud-est, tandis qu’au nord le gascon avait gagné Arbouet et Charritte Bas.
- On remarquera qu’au début de son recul, c’est au sud-est que le basque a perdu le plus de terrain : la poussée romane, venant de Pau et d’Oloron, remonta les vallées d’Ossau et d’Aspe. Devenue ensuite transversale, en direction d’Aramits et Tardets, la poussée se ralentit et elle s’est brisée, à l’est de Mauléon, sur un massif montagneux qui forme promontoire. De nos jours, la progression du gascon s’est affirmée surtout le long des vallées du Saison et de la Bidouze, toujours en remontant.
- Il ne faut pas oublier, en outre, que le basque, contrairement au breton, est le symbole d’une race, d’un ensemble de traditions : ce qui explique sa résistance.
- II. Le français et le breton. — Le
- recul du breton a été plus accusé que celui du basque, parce qu’ici l’idiome allogène est directement aux prises avec le français, qui bénéficie de tous les avantages politiques et sociaux. De plus, dans cette province où le patriotisme local a toujours été intense, le breton n’a jamais été que le langage d’une partie de la Bretagne.
- Réimporté en Armorique aux alentours du viR siècle par les immigrants de Grande-Bretagne, comme le basque au sud-ouest par les Vascons, le celtique s’implanta assez loin vers l’est, comme le montre notre carte, pour refluer, rapidement dès le début, a la suite des défaites infligées aux chefs bretons par les Normands au xe siècle. M. J. Loth a montré que la colonisation bretonne dut être surtout dense sur les côtes. Lors de son retour offensif, le roman semble donc avoir gagné du terrain d’abord à l’intérieur.
- Des points de repère importants nous sont fournis en 1636 par Dubuisson-Aubenay dans son Itinéraire de
- 1. Dans son livre L’Origine et la répartition de la langue basque, Paris, 1875 ; la carte est reproduite dans Les langues du monde, par A. Meillet et M. Cohen, Paris (Champion), 1924.
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- Bretagne. A cette époque, l’évêché de Saint-Brieuc était mixte, « moitié de Gallots, moitié de Bretons » : la limite du breton devait passer peu à l’est de cette ville, où on parlait les deux langues. Le diocèse de Vannes était déjà mixte : donc le français avait gagné une bonne partie de la région de Ploërmel. Plus au sud, à la Roche-Bernard, la Vilaine formait la limite linguistique, mais en aval, sur la rive gauche, il y avait encore un assez grand nombre de paroisses où on parlait breton.
- La limite tracée en 1806 nous montre que la poussée s’est accélérée, surtout rsur les côtes. Toute la région de Saint-Brieuc a été gagnée jusqu’à Saint-Quay inclus ; au sud, on ne parle plus breton dans aucune commune de la Loire-Inférieure, sauf dans les hameaux au nord du Bourg-de-Batz, îlot coupé de la masse bretonne. Dans les trois communes du Morbihan situées sur la rive gauche de la Vilaine, près de son embouchure (Penes-tin, Camoël, Feret), le français est déjà la langue dominante.
- Si nous comparons maintenant cette limite à celle que Paul Sébillot a tracée en 1886, nous constaterons d’abord une forte poussée du français près de la côte sud (longée à peu de distance par la route, puis par la grande ligne de Nantes à Brest). Outre les trois localités que nous venons de citer, le français a conquis, en trois générations à peine, une vaste région(J) dont le breton était la langue courante en 1806 et où il n’était plus compris par personne 80 ans après. Voilà qui nous fait comprendre la rapidité avec laquelle le breton disparaît aujourd’hui dans la presqu’île de Sarzeau, comme nous l’avons montré ici même dans un article (2 3) relatif à la pénétration du français en Bretagne depuis 40 ans. Nous y renvoyons pour plus de détails sur la période contemporaine : la carte ci-jointe suffira à montrer comment les poussées du français se continuent dans les mêmes régions et avec la même iutensité.
- Dans le nord du Morbihan, la limite est restée inchangée de 1806 à 1886 comme de 1886 à 1926. Au contraire, dans le sud des Côtes-du-Nord, le long delà route nationale de Rennes à Brest par Loudéac, doublée plus tard par une voie ferrée, le breton, dans la première période, a perdu un groupe important (r’) ; depuis 40 ans, il est en voie d’élimination à Croixanvec (Morbihan), Saint-Connec et à Mur, et commence à être menacé à Saint-Mayeux, Corlay et Ilaut-Corlay. Plus au nord, la limite offre de nouveau une fixité remarquable depuis 120 ans. Mais, en continuant dans le rayon d’action de Saint-Brieuc, le français a conquis, entre 1806 et 1886, sur la route (et le chemin de .fer) de Saint-Brieuc à Brest, Plouagat, et, plus près de la côte, Tréguidel et Kerstang. De nos jours, le breton est en train de disparaître sur la côte à Plouhat, et (renseignement que j’ai recueilli depuis mon précédent article) à l’île Bréhat, où il n’est plus parlé que par
- 1. Voici les pi’incipales communes : Pénestin, Camoël, Féret, Arzal, Marzan, Péaule, Le Guerno, Muzillac, Noyal-Muzillac, Questembert, Molac, Larré, Elvcn. — L’ilot rural du Bourg-de-Batz, très réduit en 188(>, a disparu aujourd'hui.
- 2. 1er mai 192G.
- 3. Hermonstoir, Saint-Caradec, Saint-Guen, Saint-Gilles, Mer-léac, Saint-Martin.
- les vieillards ; il est menacé, au delà de Plouagat et de Tréguidel, à Guingamp et Lanvollon.
- L’étude de la question en Bretagne à l’époque contemporaine fait ressortir l’importance des grandes voies de communication et des côtes pour la pénétration du français.
- III. Le français et le flamand en France. —-
- Les deux rameaux des Francs qui s’installèrent en Gaule avaient colonisé en masses plus denses les régions voisines de la mer du Nord et du Rhin, où leur langue a subsisté. Les Flamands sont les descendants des Francs Salions, les Rhénans (jusqu’à la Lorraine et au Palatinat) des Francs Ripuaires. Plus au sud, les Alamans débordèrent, de Souabe, sur l’Alsace et l’Helvétie : bien que les Francs aient ensuite imposé leur domination à l’Alsace, c’est à l’alamanique que se rattache l’alsacien, comme le souabe et le suisse-allemand.
- Au moment ou il atteignit son maximum d’expansion, vers le ixe-xe siècle, le flamand débordait largement sur le Boulonnais jusqu’aux portes de Boulogne (qu’il encerclait), vers Fauquemberguc et au delà d’Aire. Les noms de lieux, une fois de plus, permettent de retrouver approximativement ces limites. Dès le xne et surtout le xme siècle, à mesure que l’influence des rois de France et celle de Paris se font sentir en Picardie, on voit dans les cartulaires et autres documents les noms de lieux germaniques se romaniser peu à peu, accusant ainsi le recul du flamand, qui paraît avoir été assez rapide)1).
- 1. Voir à .ce sujet l’ouvrage de Kurtb cité plus loin, et À. Lon-gnon, Les noms de lieux de la France, fasc. II, p. 188 sqq. En Boulonnais, les Francs s’étaient amalgamés avec des colonies saxonnes.
- Fig
- . 3.
- Le français et le flamand en France.
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- 44.4.4.4.4. Frontières actuelles _+_ + _ Frontière Franco-allemande de 1871 à 1314 s-' Territoires gagnés par le Français de 1806à 1888
- mamm ----------- perdus — - ----------- - ------——
- Fig. 4.
- Le français et F allemand en Lorraine.
- Le flamand a été pris entre deux offensives d'ailes : au sud la poussée venant d’Arras, au nord-ouest la poussée longeant la côte (comme en Bretagne), de Boulogne à Calais, puis Gravelines ; le saillant du centre a ensuite cédé peu à peu.
- Après la réunion de l’actuel département du Nord à la France (1659), Louis NIV installa sur la côte une colonie de marins boulonnais à Fort-Mardick, entre Gravelines et Dunkerque. En 1806, cet îlot linguistique ne s’était pas résorbé (bien que l’enquête n’en fasse pas mention) : le bloc français s’avançait en coin le long de la côte, de Gravelines à Mardick et Loon ; au sud, les localités en bordure de la Lys avaient toutes passé au français. Dans le Pas-de-Calais, on parlait encore flamand à Clairma-rais, Ruminghem et dans les faubourgs de Saint-Omer.
- La limite tracée en 1895 par l’éminent linguiste belge G. Kurth (*) accuse la continuation de la pression venue de l’ouest. Sur la côte, Dunkerque forme un îlot français, tandis que Fort-Mardick est soudé désormais à la masse française (par la Grande Synthe qui le sépare de Mardick). En descendant au sud, le français a conquis toute une bande de terrain : Craywick, Saint-Georges, Bour-bourg, Saint-Pierre-Brouck, Watten, Renescure, entièrement flamands en 1806, et Holque, Ruminghem, Saint-Momelin, Clairmarais, qui étaient alors bilingues ainsi que les faubourgs de Saint-Omer (2).
- IV. La limite des langues en Belgique. — En
- Belgique, la limite des deux langues offre, depuis le moyen âge, comme l’a montré Ivurth, une remarquable
- 1. La limite linguistique en Belgique et dans le nord de la France, 2 vol., Bruxelles, 1895-1898.
- 2. Désormais le Pas-de-Calais n’a plus de communes flamandes.
- fixité. Elle coïncide, en effet, sur la plus grande partie de son parcours, avec une ligne de forêts (plus grandes autrefois), le long desquelles a glissé, lors de l’invasion franque, la coulée germanique. D’autre part, ici, le facteur politique n’a plus joué(').
- Le français a cependant progressé en quelques points, de 1806 à 1895. L’avance la plus notable s’est manifestée sur la rive gauche de la Lys dans le rayon d’action de Lille, où le flamand a perdu cinq localités (Ploegs-taert, Warneton, Bas-Warneton, Cornmines bel^c I-Ieuthem).
- Au nord-est du Hainaut (province qui comporte quelques communes flamandes), Petit-Enghien et Ilove, déjà français aux deux tiers en 1806, sont définitivement francisés. Par contre, Saint-Pierre-Capelle et Biévene, qui étaient dans le même cas, ont passé au flamand.
- Aucun changement dans le Brabant, sauf à l’extrême est ; mais il ne faut pas oublier, comme La montré Oné-sime Reclus(2), que Bruxelles, d’abord flamand, puis bilingue, est en voie de former un îlot français ; certains faubourgs (Ixelles, Schaerbeck, etc.) sont complètement français. Le flamand n’est plus la langue usuelle que dans quelques faubourgs, où il s’est imprégné de français (on l’appelle le marollien).
- Les derniers gains du français s’observent sur les confins des provinces de Brabant et de Liège, au nord de la Hesbaye, en un coin où on ne les attendait pas, loin de tout grand centre français : il y a évidemment des facteurs à chercher sur place. Op-Heylissen, Neer-Iley-lissen, Pellaines, Lincent et Racour ont passé ici au français.
- Un renversement des tendances s’observe plus à l’est, dans la région la plus éloignée de la France comme la plus proche de la frontière et de l’influence néerlandaises, celle-ci remontant la Meuse. Au sud de Tongres, Heur-le-Tiche, Lowaige et Russon, mixtes en 1806, sont acquises décidément au flamand ; la commune la plus méridionale de ce groupe, Herstappe, wallonne en 1806, s’est flamandisée. Dans un autre groupe, immédiatement à l’est de la Meuse, Navagne, Moulant et Merchault (ce dernier en territoire hollandais) ont été également perdus par le français.
- L’allemand remplace maintenant le flamand. La limite, orientée jusqu’ici ouest-est, s’infléchit brusquement vers le sud. Sa fixité n’est pas moins remarquable (elle traverse les vastes forêts des Fagnes, débris de l’immense forêt des Ardennes) Sur un point, depuis 1806, s’est manifestée une légère pression de l’allemand, non pas — fait curieux — dans la région, politiquement prussienne (jusqu’en 1914) de Malmédy, où il a même perdu Sour-brodt, mais à l’extrémité du territoire belge, où l’allemand a gagné, en bordure, Bockholtz (Béhault) et Ilourt; en revanche, le wallon a repris pied à Fauvillers, qui garde des hameaux allemands (c’est le wallon, bien plus que le français, qui a été parlé dans cette région jusqu’à nos jours, plus encore que dans le reste de la Belgique). —
- 1. Sous réserve d’un demi-siècle (à partir de 1830) pendant lequel le français fut la langue officielle ; mais l’école primaire resta toujours flamande en Flandre.
- 2. La Revue, 1er mars 1907.
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- Dès qu’on approche de la frontière française, l’allemand recule : au sud d’Arlon, il a perdu Meix-le-Tige(1), Rachecourt et Halanzy.
- V. Le français et l’allemand en Alsace-Lorraine. — Français et allemand se trouvant à peu près à égalité sociale, ici le facteur politique prédomine. De 1806 à 1871, c’est le français qui gagne du terrain. Les limites tracées en 1888 pour l’Alsace-Lorraine et en 1893 pour l’Alsace enregistrent un état de choses voisin de celui de 1871. C’est surtout dans les vingt à trente dernières années de l’annexion que les effets de celle-ci ont pu se faire sentir. A ce sujet, nous n’avons pas de documents certains : les affirmations du Gouvernement impérial allemand, qui considéra comme germanisées un certain nombre de communes, n’offrent pas de garanties suffisantes'; aucun linguiste n’a tracé à nouveau la limite depuis la guerre. Il est vraisemblable toutefois que l’allemand a dû reconquérir quelques localités en bordure, 'surtout en Lorraine. Ceux de nos lecteurs qui pourraient nous renseigner à ce sujet avec précision seraient les bienvenus.
- C’était en effet en Lorraine que le français avait marqué des gains notables (2) : la limite des langues n’y coïncide presque jamais avec une limite géographique; elle coupe les .vallées, les fleuves, les grandes artères/ commerciales. Suivant la direction de la poussée, Tune ' ou l’autre, masse linguistique refluera.
- De 1806 à 1871, le français n’avait perdu qu’Algrange et Angevilliers, à l’ouest de Thionville (à cause de l’expansion, vers l’ouest, de la région minière de langue allemande) et Loudrefmg (mixte en 1886) pour des raisons locales que nous ignorons. Il avait conquis, en revanche, dans le rayon d’action de Metz, de part et d’autre de la Moselle : Nilvange, Knutange, Ilayange,Mars-pich, Florange, Schremange, Fameck, Uckange (rive g.), Bousse, Rurange, Landrevange, Montrequienne, Altroff (rivedr.). Toujours dans le rayon de Metz, de part et d’autre de la ligne de Metz à Sarrebrück : Bettan-court, Rénange, Charleville, Hinckange, Condé-Northen, Varize, Bionville. Un peu plus loin, au droit d’influence de Château-Salins, le français s’était adjugé Haute et Basse Suisse, Destrich, Baronville, et, un peu à l’est, dans le rayon d’action de Dieuze, Wahl, Nebing, Moi-ring, Mondidier, Torcheville, Guinzsling. Entre les deux groupes, Morhange se présentait comme un centre de résistance allemande, qu’il devait constituer aussi (il y a d’étranges coïncidences!) dans un domaine plus tragique.
- Jusqu’au Donon, faute de foyer de francisation suffisamment puissant, la limite était restée stable. Sarre-bourg était trop récemment gagné, à l’extrême limite, pour agir efficacement; il n’avait acquis au français que Schneckenbusch.
- 1. Tige, altération de Ticlie (qu’on trouve dans les noms d’Ueur-le-Tiehe, vu plus haut et d’Audun-le-Tic/ie, Moselle), signifiait « germanique » : c’est le même mot que deutsch, contraction de l’ancien germanique thiudisk.
- 2. Voir à ce sujet la petite brochure très précise de Ch. Pfisler : Limite de la langue pançaise et de la langue allemande (Paris, 1890), d’après le gros travail de This (3 vol. 1888), complété à l’aide de documents publiés en 1888 par Ch. Grad.
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- Thionville se francisait déjà en 1806 : le français y était la langue dominante; certaines personnes nées à Thionville ne savaient pas l’allemand ; en 1870, cette ville devait former un îlot linguistique français, mais dont l’action sur les villages environnants ne s’était pas encore manifestée. Par contre, en 1806, Metz avait encore, à l’est, un quartier habité surtout par des Israélites, où les enseignes étaient en allemand.
- C’est dans les villes que le facteur politique se fait le plus rapidement sentir, à cause de l’élément immigré (fonctionnaires, officiers, garnison, etc.). Ainsi Sarrebourg était redevenu bilingue peu après l’annexion de 1871, et à Thionville le français a dû perdre assez vite le terrain gagné.
- En Alsace, le fait saillant, c’est la stabilité d’une limite linguistique dont la partie nord coupant vallées et mon*
- Fig. 5.
- Le français et l’allemand en Alsace.
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- tagnes, paraît géographiquement artificielle (1). La démarcation de 1806 coïncide, à très peu près, avec celle qu’un alsacien, S. Simon, traça minutieusement en 1893 pour le Bulletin de la Société des parlers de France (pp. 126-132).
- La poussée du français, avant l’annexion de 1871, n’avait été réellement importante que sur un point au sud, où le français, dans le rayonnement de Belfort, avait achevé de conquérir les hautes vallées du ruisseau de Saint-Nicolas, réduisant le saillant formé par Roma-gny, Rougemont, Laval et Petite-Fontaine.
- Dans la région de Sainte-Marie-aux-Mines s’étaient installées des colonies allemandes. Celle de L’Allemand-Rombach était résorbée, comme le témoigne formellement l’enquête de 1806 (2) ; il est noté qu’avant la Révolution Sainte-Marie était partagée en deux parties par la rivière qui séparait un groupe allemand protestant habitant la rive droite, en face de la rive gauche catholique et française. Depuis lors, il s’est formé là une région linguistique mixte, favorisée parles industries de Sainte-Marie.
- Avant 1871, d’après le témoignage cle S. Simon, le français avait conquis les Trois-Epis, qui étaient devenus bilingues en 1893. L’allemand, depuis 1871, paraît avoir aussi légèrement progressé vers Aubure, et, plus au sud, il a reconquis Bréhaumont, où il avait à peu près disparu en 1806. Reprises, on le voit, insignifiantes. Elles n’ont pas dû être beaucoup plus importantes de 1893 à 1914.
- VI. La limite en Suisse. — En 1806, l’ancien évêché de Bâle (le Jura bernois actuel) formait le département du Mont-Terrible. La limite jusqu’au lac de de Bienne coïncide presque partout avec celle qu’a tracée Zimmerli en 1891 (3 4). Un seul gain de l’allemand, au nord : Roggenbourg('•). Au sud, des deux localités, au bord du lac de Bienne, considérées comme mixtes en 1906, le français a fini de gagner Neuveville (plus proche de Neuchâtel), tandis que l’allemand l’a emporté à Glé-resse. A noter que dans toute la région <c française », c’est le patois (roman) qui est indiqué en 1806 comme étant le langage dominant; aujourd’hui, le patois disparaît rapidement au profit du français.
- 1. Par contre, plus au sud, elle suit des limites naturelles qui expliquent sa fixité : la crête des Vosges, de l’ouest d’Orbey au Ballon d’Alsace, et une ligne de forêts dans la trouée de Belfort (de la voie ferrée Belfort-Mulhouse à la frontière suisse). On s’explique aussi qu’au nord le français n’ait pas progressé avant 1871, car il ne disposait pas de centres d’influence sur le versant alsacien, où il ne possédait que des villages de montagne ; sur le terrain linguistique, les positions dominantes ne sont pas avantageuses : c’est la plaine qui a la supériorité sur la montagne.
- 2. C’est par erreur (sans doute l’influence du nom) que cette localité est indiquée comme étant de langue allemande sur la carte reproduite par M. Brunot, op. cii., p. 581, et qui est, sur ce point, en contradiction avec le texte de la p. 583.
- 3. Die deutschfranzisische Sprachgrenze in der Schweiz (Bâle-Genève, 3 vol., 1891-1899).
- 4. Il y a une double erreur dans le travail précité de S. Simon, qui donne à tort Lutzel (Lucelle) comme alsacien et de langue française : Lutzel est suisse, et de langue allemande d’après les documents de 1806 comme d’après Zimmerli et Gauchat (Dict. géogr. de la Suisse) Le français y domina jadis.
- Dans cette contrée, l’immigration d’éléments allemands, dont nous avons vu des exemples en Alsace, est ici un phénomène plus récent, qui ne doit pas être antérieur au xvmc siècle. Les immigrants sont des travailleurs agricoles, installés surtout dans les fermes isolées. L’enquête de 1806 enregistre, pour plusieurs communes romandes de la périphérie, qu’on parle allemand dans les métairies (Pleigne, Mervelier, Mettenberg, Montse-velier, Verme). Ce mouvement, depuis lors, s’est accentué ; mais les immigrants s’assimilent plus vite à un milieu qui parle français et non plus patois. En sens contraire, l’industrie horlogère a attiré à Bienne une forte minorité française.
- Plus au sud, à travers la Suisse indépendante de 1806, les renseignements réunis par Coquebert de Montbret sont moins intéressants parce qu’ils sont de seconde main, empruntés à des publications de valeur diverse : N’est-il pas dit, à un endroit, que la limite des langues, dans le Valais, passe par Martigny1! (erreur énorme, rectifiée d’ailleurs par des documents plus précis).
- Quelques faits seuls sont à retenir : 1° les gains de l’allemand, depuis soixante-dix ans environ (soit depuis 1735-1740), dans le bailliage de Morat, où « on se sert indifféremment des deux langues » et où « autrefois la langue française l’emportait de beaucoup sur l’allemande et dans la ville et dans le bailliage » (ces résultats sont attribués aux efforts des Bernois pour faire prévaloir l’allemand; il faut faire aussi entrer en ligne de compte l’élément ethnique, la prolificité plus grande, observée naguère par Gilliéron, des familles de langue allemande) ; 2° dans le Valais moyen, Sion et Sierre (colonisés jadis par les Hauts-Valaisans) formaient encore des îlots allemands (l’allemand étant la langue de toutes les familles indigènes), ainsi que Bramois, où la majorité parlait encore allemand.
- Autant qu’on peut en juger, il n’y a guère eu de changements depuis 1806. La limite s’est stabilisée dans la région de Morat, consolidant les progrès de l’allemand; Fribourg, alors coupé en deux (« la basse ville n’entend pas la haute »), est devenu bilingue, avec prédominance, de plus en plus marquée, du français. Enfin les îlots allemands de Sierre, S'ion et Bramois sont en voie de disparition.
- VIL Sur les confins de Vltalie. — Il ne peut être question de tracer de limite, analogue aux précédentes, du côté de l’Italie, où ce ne sont plus deux masses linguistiques hétérogènes qui s’affrontent : on passe progressivement des patois franco-provençaux ou provençaux aux parlers piémontais ou génois. On ne saurait délimiter que les zones d’influence des deux langues littéraires en présence : encore ne faut-il pas oublier que l’italien, peu en usage en 1806, n’était guère, dans le nord-ouest de l’Italie, qu’une langue écrite, le piémontais y restant seul parlé, même par les classes cultivées, dans l’usage courant.
- L’enquête de 1806 nous indique que le français était la
- 1. La carte, dont M. Brunot donne le schéma (op. cit. p. 589), reproduit cette erreur doublée d’une autre (à l’est de Fribourg), que contredisent également les indications du dossier.
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- langue seconde de la vallée (alors arrondissement) d’Aoste, dont les confins géographiques sont nets (ils sont fermés par une cluse en aval de Pont-Saint-Martin). Depuis lors, le français, grâce à la ténacité des Valdôtains, a gardé ses positions, bien que la connaissance de l’italien se soit répandue dans la vallée : les deux langues ont été enseignées concurremment à l’école primaire (où le français l’était seul auparavant) depuis une quarantaine d’années; l’enseignement du français y a été supprimé récemment par M. Mussolini.
- Dans les hautes vallées de Suse, ancienne dépendance du Dauphiné, qui fut politiquement française jusqu’en 1715, le français était encore la langue en usage à côté et au-dessus des patois, non seulement jusqu’à l’ancienne frontière, mais encore dans quelques villages en aval, sur la rive droite, dominant Suse : Gravere, Mattie et Meana. Suse était déjà gagné au piémontais et devenait, un peu plus tard, un foyer d’italianisation, ainsi que Pignerol, ancienne possession française, où on parlait encore français en 1806, ainsi qu’en amont, dans toute la vallée du Gluson jusqu’au delà de Fénestrelle.
- Dans cette région, le français a perdu presque tout le terrain. Peu après la guerre de 1870, l’italien a été substitué. au français, sans résistance, à l’école primaire. Chez les ruraux, en dehors de ceux (assez nombreux, relativement) qui ont eu l’occasion d’aller en France, il n’y a plus que les vieillards (et encore seulement dans la montagne) pour parler couramment le français. En face du piémontais, le français triomphait aisément; avec l’italien, il est socialement sur pied d’égalité; mais l’italien en Italie est la langue nationale et a pour lui l’école : d’où son progrès.
- La résistance a été plus vive, au sud de Pignerol, dans les vallées vaudoises. Les documents réunis par Coquebert de Montbret sont, une fois de plus, en contradiction avec sa carte qui, des treize communes vaudoises, ne compte comme « françaises » que les six occidentales jusqu’à la Tour (Torre Pellice), Rora et Saint-Jean inclus. Il remarque que le français est la langue des indigènes, tous protestants, tandis que les catholiques immigrés parlent piémontais. L’union de la langue et de la religion a été un facteur important de résistance. Depuis un siècle, l’immigration piémontaise s’ést accentuée, et cette petite contrée est devenue bilingue comme la vallée d’Aoste;
- le français demeure encore généralement la langue de la famille chez les protestants.
- On est surpris de voir, dans le dossier de l’enquête de 1806, une carte des Alpes-Maritimes avec une « limite entre les communes de langue française et de langue italienne », alors que l’italien n’était pas parlé dans le pays en 1860 (les fonctionnaires sardes et les immigrés turinois à Nice ne parlaient encore que piémontais). M. Bninot a conjecturé qu’il s’agissait de la limite du patois niçard. Mais cette région n’a aucune homogénéité dialectale, et offre, au contraire, une diversité qui empêche toute délimitation de ce genre. Zone d’influence du piémontais en face du français? Cela parait fort douteux1. Ne faut-il donc considérer cette limite que comme une fantaisie de préfet mal informé ou qui a voulu faire du zèle sur le dos de la linguistique? En tout cas, c’est le français qui s’est superposé au patois dans toutes les Alpes-Maritimes.
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- Dans l’ensemble, on voit que le bloc franco-roman n’a enregistré que des gains et aucune perte en France, où les deux facteurs, politique et social, jouent en faveur du français. En Belgique, le français a progressé près des frontières françaises, la limite ayant subi d’infimes fluctuations aux extrémités du territoire wallon. En Suisse, le français a quelque peu reculé au nord, devant une forte pression ethnique, mais il assimile rapidement les immigrants; au sud, il a réduit les îlots allemands dans le Valais. Il n’y a qu’en Italie où, pour des raisons politiques, le français a cédé un terrain important à l’italien, langue nationale. Albert Dauzat.
- 1. On pourrait penser aux communes du comté de Nice dans lesquelles (d’après une coutume confirmée plus tard par l’art. 4 de la loi sarde du 23 juin 1854) les lois et décrets devaient être traduits et affichés en français : mais il n’en est "rien, car tel canton qui jouissait de ce privilège, comme Saint-Etienne-de-Tinée, est précisément placé du côté italien! Nous savons, d’autre part, qu’en 1806, le français était à Nice la langue la plus répandue, en dehors du patois. En 1806, l’évêque de Nice rappelle qu’il y avait un catéchisme de 1711 en patois, Je plus grand nombre des enfants ne connaissant que cette langue. 11 demande de faire imprimer le catéchisme en français et en patois, sans parler d’italien ni de piémontais (Brunot, op. cit., 495).
- P--S. — Deux coquilles se sont glissées dans la gravure des cartes : on rétablira Villenave (et non Villenane) dans la fig. 1 sur la Bidouze, — et Guéméné-Penfao (au lieu de Penlao; fig. 2; nord de la Loire-Inférieure).
- LES INONDATIONS D’ALGÉRIE
- Une terrible catastrophe vient de s’abattre, sur une des plus riches régions du département d’Oran qui s’est trouvée ruinée en quelques heures
- Après une semaine de pluie, suivie d’une averse torrentielle de 36 heures, le ruisseau Aïn-Sefra qui traverse Mos-taganem (20 000 habitants), subitement transformé en gigantesque torrent, a envahi la ville, dans la nuit du 25 au 26 novembre, entraînant les maisons, surprenant les habitants endormis. Le nombre des victimes est. élevé ; les dégâts matériels sont énormes.
- Non loin de là, le lendemaiii, à 11 h. 30, le barrage de l’Oued-Fergough, en amont de Perregaux, crevait sous la poussée des eaux et un fleuve de 10 millions de m5 déferlait sur celte ville heureusement évacuée, en inondant une immense superficie dans la région du Sig. De nombreuses
- victimes dans la campagne, destruction des routes,des voiesfer-rées, des ponts, de toutes les cultures, tel fut l’effet du cataclysme. Au total : plusieurs centaines de victimes, 24communes sinistrées, parmi lesquelles les importantes villes de Mosta-ganem et Perregaux, plusieurs centaines de millions de dégâts. De nouvelles pluies abondantes, suivies de crues survenues le 7 décembre, provoquent à nouveau de graves inquiétudes.
- Les autorités ont pris d’urgence les mesures nécessaires pour parer au plus pressé : secours aux habitants en détresse, réparations des moyens de communication, assainissement des régions envahies par les eaux. Mais le travail de restauration de cette contrée, hier si prospère, exigera un effort énorme auquel, sans aucun doute, toute la France tiendra à s’associer.
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- LES TEXTILES COLONIAUX
- LAINE ET SOIE
- Après les textiles d’origine végétale, passés en revue dans deux numéros précédents (7 février et 1er juillet 1927), viennent se placer tout naturellement les textiles d’origine animale : la laine et la soie.
- LA LAINE
- Tout le monde sait l’origine de la laine, elle provient de la tonte des ovins effectuée périodiquement. La toison se transforme, après de nombreuses opérations, en étoffes dont l’utilisation est des plus variées. Expédiée à l’état brut dans les filatures, la laine fait tout d’abord l’objet d’un triage qui sépare les qualités différentes les unes des autres. Chaque qualité est battue séparément, puis lavée afin d’être débarrassée des impuretés qui pourraient adhérer aux flocons. Les flocons propres passent ensuite dans différentes machines qui les étirent, les transforment en brins parallèles et leur donnent une forme lisse et allongée, les brins sont ensuite agrégés à nouveau en mèches et transformés en écheveaux autour des renvideurs. .
- En France, l’industrie lainière est presque entièrement rassemblée dans la région Nord, Nord-Ouest et encore plus qu’à Elbeuf, c’est à Tourcoing et à Roubaix que se trouvent les filatures les plus importantes de notre pays. Cette industrie qui, au meme titre que l’industrie cotonnière, fait vivre des dizaines de milliers d’ouvriers, nécessite des importations variant chaque année; entre 180 et 200000 tonnes, ce qui représente près de 3 milliards et demi de francs.
- Le tribut payé à l’étranger est lourd et il est cependant indispensable, à toutes sortes de points de vue tant sociaux qu’économiques, d’alimenter sans cesse les usines qui traitent ce produit. Le cheptel ovin français ne compte guère plus'de 9 millions de bêtes et la laine recueillie est loin de suffire aux besoins de l’Industrie, nos colonies ne nous fournissent que 10 à 11000 tonnes et le reste nous est envoyé par l’Argentine, l’Australie et l’Afrique du Sud.
- Afrique du Nord. — Intéressées à ne pas voir décroître les importations, et de ce fait péricliter leur florissante industrie, les Chambrés de Commerce de Roubaix et de Tourcoing, en liaison avec les Gouvernements Généraux de l’Afrique Occidentale Française et de Madagascar, tentèrent à différentes reprises d’acclimater dans ces deux possessions des moutons à laine et plus particulièrement des moutons du Cap ; nous verrons par la suite le résultat de ces premiers efforts.' Mais nos possessions du Bassin méditerranéen et en premier lieu notre Afrique du Nord doivent avoir la pi’emière place pour l’étude de la laine dans les possessions françaises.
- En 1914, l’effectif total du cheptel algérien était de 9 800000 têtes dont 800000 seulement appartenant à des européens ; les chiffres ont baissé dans de sérieuses proportions depuis et, en 1925, 6 500000 ovins étaient recensés dont un peu plus de 300000 appartenant aux Européens. Un semblable recul s’explique par des épizooties,
- des intempéries appauvrissant les pâturages, et par une mauvaise politique d’élevage qui a permis un abatage exagéré de brebis.
- Il semble possible cependant de prévoir une prochaine reprise et un accroissement du troupeau dans les années qui vont suivre, cet accroissement serait dû tout d’abord aux mesures envisagées par le Gouvernement Général, et ensuite à l’augmentation des prix qui s’est manifestée si sensiblement ces dernières années, tant sur la viande que sur la laine. Il est vrai qu’en admettant même une augmentation sensible du troupeau algérien, la laine qui pourrait en provenir n’arriverait pas et de beaucoup à donner à l’industrie française tout le produit qui lui est nécessaire, car en 1925, par exemple, la valeur de l’exportation lainière algérienne n’excéda pas 86 millions de francs, ce qui, n’est-ce pas, est assez loin encore des 3 milliards qu’il faudrait atteindre !
- , Mais nombre de spécialistes des questions d’élevage sont malgré tout sérieusement optimistes, car, recherchant les causes principales qui ont amené peu à peu l’effectif ovin à péricliter, ils en sont arrivés à conclure que le mouton souffrait, la plupart du temps, du manque d’eau, et qu’une multiplication des points d’eau dans les Hauts Plateaux et dans le Sud serait de nature à faciliter la transhumance, à rendre moins pénibles et surtout moins dangereuses pour les troupeaux les longues étapes qu’ils doivent fournir pour changer de pâturage.
- L’Administration algérienne s’est attachée à améliorer parallèlement la production de la viande et la production de la laine. Le Bulletin de VOffice du Gouvernement général, dans un de ses récents numéros, a d’ailleurs tracé le programme suivi.
- Il faut tout d’abord distinguer trois groupes principaux dans le cheptel algérien.
- 1° La race berbère (qui occupe une grande partie des massifs montagneux) est de petite taille, la viande en est coriace et la toison très légère est.toujours dure.
- 20 La race barberine (sur les frontières tunisiennes) est de toute petite taille, renferme une viande médiocre et produit une laine assez bonne. "
- 3° La race arabe (de beaucoup la plus nombreuse) vit sur. les hauts plateaux et dans la plupart des plaines algériennes, elle a une laine courte et tassée et donne une viande bonne. Dans cette race, il faut distinguer un sous-groupe à tête blanche qui ressemble beaucoup à la race mérinos.
- L’Administration algérienne, après de nombreuses études et la consultation dès experts les mieux qualifiés réunis au sein des « Commissions de l’Elevage » créées en février 1914, décida de réserver les croisements aux moutons élevés dans le Tell et de sélectionner au contraire parmi les races arabes localisées dans le Sud.
- Mais à cette amélioration de la race ne devait pas se borner la sollicitude administrative, il reste en effet à améliorer sans cesse les conditions d’existence des trou-•' peaux. Les étendues laissées libres dans les hauts plateaux
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- seraient toutes désignées pour l’établissement des pâturages. Le Sud ne produit qu’une végétation spéciale dont seul le mouton peut faire son profit, mais le grand problème de l’eau nécessitant des travaux considérables excédant et de beaucoup les possibilités financières, reste malgré un commencement d’exécution la pierre angulaire de toute la politique lainière de l’Algérie.
- La tonte des animaux se fait en Algérie comme partout d’ailleurs au moment où la température peut permettre aux animaux de vivre sans leur toison ; elle
- Fig. 1. — Un marché nord africain dans le Gharb.
- Fig. 4. — Brebis sélectionnées (résultat d’un croisement mérinos-marocain).
- trie indigène qui l’utilise dans la fabrication de tapis, de burnous et de gandouras; l’autre moitié est presque entièrement dirigée sur la France, où le discrédit dans lequel on la tenait autrefois a fait place aux appréciations les plus élogieuses.
- Ces tout derniers temps, en mai, la politique lainière nord-africaine semble s’être orientée plus énergiquement encore vers l’obtention de résultats sérieux. Un cargo des messageries maritimes a ramené d’Australie une cinquantaine de moutons mérinos dont un tiers de brebis
- Fig. 2. — Campement de nuit de bergers indigènes (les tentes disposées en cercle laissent au milieu l’espace réservé aux troupeaux).
- Fig 3. — Transhumance des troupeaux.
- lieu suivant les procédés modernes dans les centres importants, tandis que, dans d’autres où l’élevage est exclusivement œuvre indigène, les procédés les plus primitifs sont encore en usage, ce qui occasionne d’abord une perte matérielle et provoque ensuite chez l’animal une souffrance absolument inutile.
- La production algérienne, nous dit Y Office du Gouvernement général, est d’environ 16 millions de kg par an, en prenant pour base de 1 kg 800, le poids de la laine produite par un mouton. Sur la quantité fournie, la moitié environ est consommée sur place par l’indus-
- et deux tiers de béliers. Ces animaux, d’une valeur de 2000 francs par tête, sont destinés à servir de reproducteurs; ils sont accompagnés d’un éleveur australien qui, lié par un contrat de deux ans à l’Union ovine de l’Afrique du Nord, donnera tous ses soins à ce troupeau.
- Ce groupement a créé, en outre, deux sociétés spéciales en 1926 : la Société Nord-Africaine de tonte et la Société Nord-Africaine de ventes publiques; elles auront chacune à s’occuper des questions spéciales pour lesquelles elles ont été instituées et l’harmonie de leur travail est appelée à donner les résultats les plus satisfaisants. En outre
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- Fig, 5. — Syrie. Roue élèvatrice de Hama pour l’arrosage des mûriers.
- et pour augmenter les ressources fourragères d’été dans les régions sèches, « le Service des fourrages » essaie de.multiplier dans les régions pauvres et démunies les buissons* d’atriplex.
- Ajoutons que les dernières applications des méthodes de greffe animale effectuées en Afrique du Nord "par le D1’ Voronoff ont donné des résultats tout à fait concluants, et des vétérinaires expérimentés se chargeront de poursuivre ces expériences.
- Enfin, pour montrer à quel point en est arrivée la production, il faut signaler que la Société Nord-Âfricaine des Ventes publiques a organisé fin mai et fin juin 1927 des ventes de laines aux enchères à Casablanca, Oudjda et Alger. Les maisons métropolitaines avaient délégué des représentants et l’impression générale laissée par cette première vente a été des meilleures : il avait été offert le 27 juin à Alger 180 tonnes, à Oudjda 22 tonnes et à Casablanca 120, ce qui constituait un sérieux progrès sur les ventes précédentes.
- Madagascar. — A Madagascar, le cheptel ovin compte environ 220 000 tètes; la plus grande partie habite les hauts plateaux, principalement dans les provinces de Tananarive, Miarinarivo, Antsirabé, Ambo-sitra et Fianarantsoa, le reste étant confiné en deux régions de File : l’Androy et le pays Mahafaly.
- La presque totalité de ces moutons appartient à la race aux grosses queues, fort analogue aux moutons égyptiens, qu’on élève intensément en Afrique du Sud en vue de la boucherie. Mais la question de la laine à Madagascar s’efface au profit de la question de la boucherie, en vue de l’exportation en France de viande frigorifiée. 11 est néanmoins dans les projets du gouvernement de notre possession d’intensifier l’élevage, et les facilités les plus grandes semblent, devoir résulter de la proximité de l’Afrique du Sud et de la similitude qu’il peut y avoir entre certaines régions de Madagascar et la colonie anglaise de l’Afrique australe.
- Afrique Occidentale. — Il est certain qu’aussitôt après l’Afrique du Nord c’est l’Afrique occidentale française qui viendra en deuxième ligne pour la fourniture de la laine dont notre industrie a besoin.
- Depuis 1899 et sur l’initiative de la Chambre de Commerce de Tourcoing, on s’est préoccupé d’améliorer au Soudan la race locale, par l’introduction de moutons
- mérinos; les premiers essais furent plutôt décourageants, presque tous les moutons moururent. Plus tard, en 1908, on essaya des croisements qui ne donnèrent pas non plus de résultats. Mêmes essais infructueux en 1910 et 1912, c’est en 1922 seulement qu’une nouvelle introduction de béliers algériens eut lieu afin de fournir des métis avec les brebis indigènes.
- Pendant ce temps, la Chambre de Commerce de Tourcoing confiait à la bergerie de El-Oualadji, 46 mérinos du Cap. Les béliers furent aussitôt utilisés à fournir des métis par croisement avec des brebis indigènes sauf deux réservés aux brebis du Cap introduites en même temps.
- Par conséquent, depuis 25 ans, on a fait de la sélection, du croisement et du métissage, on a confié aux bergers indigènes des animaux importés et des produits de croisement ; on a étudié l’alimentation de ces bêles, et on a essayé d’en retirer tous les enseignements indispensables qui peuvent se résumer de la façon suivante :
- 1° Les mérinos algériens et du Cap s’adaptent et se reproduisent au Soudan. Ils ne sont pas particulièrement exposés aux maladies, mais ils sont sujets à un affaiblissement et à une dégénérescence très rapide de leurs facultés de reproduction. >-
- 2° Les mérinos algériens, eux, donnent avec des brebis du pays des métis qui ont toutes les qualités lai-nières du bélier algérien, et de plus ils s’acclimatent parfaitement. 1 ’
- 3° Les mérinos sud-africains, donnent à la première génération des métis bien supérieurs aux produits algé-riens-Macina. Ces béliers ont une valeur amélioratrice beaucoup plus grande que celle des algériens, la laine recueillie est très appréciée et de plus les produits s’acclimatent parfaitement dans cette région.
- Fort des résultats obtenus, il convenait à ce moment-là d’appliquer les enseignements précités à l’amélioration de la production lainière. Dans le Macina, l’effectif ovin est d’environ 1 millier de têtes. L’amélioration de ces animaux doit être faite chez l’indigène lui-même.
- Abandonnant la sélection et le métissage qui présentent l’un et l’autre de grands inconvénients, on s’est arrêté à la formule du croisement continu selon les procédés ci-après :
- Obtention d’une race métisse très voisine du mérinos, par le croisement des brebis indigènes avec des béliers du Cap répartis dans les troupeaux locaux. Les livraisons ne pourront donner des résultats perceptibles que dans un certain nombre d’années (bien que le nombre des brebis livrées aux béliers sud-africains augmente chaque fois).
- Si la question du bélier doit être considérée comme l’un des points principaux du problème, il faut s’occuper également des brebis qui doivent être sélectionnées afin que seules’ les bonnes reproductrices soient accouplées avec les mâles. De plus, les vétérinaires et leurs auxiliaires doivent avoir constamment à surveiller les progrès du troupeau et pour cela écarter de ces femelles les béliers du mérinos ou de toute autre race.
- La question de l’animal à proprement parler étant résolue,' il.faut faire l’éducation de l’ïndi'gène et apprendre à
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- ce dernier la façon la plus rationnelle de tondre la laine, opération qu’il ne pratiquait jusqu’alors, comme les nord-Algériens, qu’à l’aide de couteaux; cet enseignement doit être le but principal de la ferme-école, qui est destinée à faire son éducation. A noter encore la nécessité d’étudier les maladies auxquelles peut se trouver exposé le troupeau.
- En dehors de la zone Macina, il est d’autres points au Soudan qui peuvent permettre l’élevage du mouton à
- laine.
- En 1917 et en 1923, diverses régions furent dans ce but prospectées ; de nombreux points du sud sahélien semblent produire une végétation très convenable à la nourriture de ces animaux. La région est très saine, l’eau très abondante, et les maladies parasitaires presque inconnues.
- Le gouvernement général a, en conséquence, installé une bergerie à Nioro, il y a introduit des chèvres Angora, des béliers et des brebis sud-africains, afin de savoir s’il est possible d’obtenir par croisement une race intéressante.
- A noter les expériences du professeur Yoronoff qui, en 1925, à Bamako, greffa lui-même un jeune bélier du Macina pour faire la démonstration du procédé qui depuis lors a fait ses preuves et dont les effets sont les suivants :
- Action énergique sur la pousse de la laine, sur la croissance des animaux, sur la prolongation de la durée de l’activité sexuelle (résultat qui diminuera les frais d’achat de reproducteurs étrangers en prolongeant la vie génitale des béliers).
- L’avenir seul pourra dire si les espoirs fondés sur la production de la laine en A. O. F. seront bien en rapport avec les résultats futurs; quoi qu’il en soit, devant les essais méthodiques qui ont eu lieu, on peut envisager dès maintenant un croisement rapide des troupeaux aptes à donner une laine satisfaisante.
- Par suite de la formation qu’ils recevront dans les fermes-écoles et dans les bergeries (El Oualadji et Nioro), les indigènes seront sûrement mieux à même de surveiller, de comprendre et, si besoin est, de soigner les effectifs de plus en plus importants dont ils auront à s’occuper.
- Aux dernières nouvelles parvenues des deux bergeries ci-dessus mentionnées, le troupeau des métis sud-africain-Macina, dont l’effectif au 1er juillet 1926 était de 140 têtes, a dépassé actuellement le nombre de 465.
- A Nioro, l’effectif des chèvres Angora est passé de 44 à 54. Le troupeau de chèvres maures livré aux Angoras est à la même date de 201 têtes.
- Dans 10 ans seulement, à condition d’un effort continu et jamais relâché, nous apercevrons les premiers résultats.
- Les méthodes amélioratrices employées dans les pays producteurs n’ont pas donné de résultats plus rapides.
- LA SOIE
- Le ver à soie est une chenille qui se nourrit de feuilles de mûrier. Quand cette chenille parvient à son complet développement, elle se transforme en chrysalide en tissant un cocon de soie formé d’un fil continu. Si on. destiné le cocon à la,reproduction, il en sort un papillon qui s’accouple et pond des œufs. On envoie au contraire le cocon à la filature si on veut en tirer la soie grège. L’élevage du ver à soie se fait dans les magnaneries qui doivent comprendre deux pièces; l’une, grande où sont logés les paniers de vers, l’autre où sont manipulées les feuilles de mûrier.
- L’aération doit être particulièrement soignée, mais une demi-obscurité conviendra mieux au ver que la pleine lumière, enfin tout devra être d’une irréprochable propreté.
- Une ponte comprend de 350 à 400 œufs, d’une couleur jaune clair tournant au gris. Au bout de 8 à 9 jours l’œuf respire et doit être éloigné de toute humidité. La petite bête qui sort de l’œuf est hérissée de poils et possède une tête luisante et noire. Elle mange avec voracité les feuilles de mûrier. Le ver change 4 fois de peau ; long d’abord de 2 mm, il pourra aller jusqu’à atteindre 70 mm et peser jusqu’à 2 gr. La voracité de ce ver lui permet de consommer pendant son existence de 200 à 280 gr. de feuilles de mûrier. Il possède sur la tête une trompe soyeuse qui crachera les fils de soie. Les repas de cet animal devront être réglementés, il en prendra 5 au début et 7 après la première mue.
- Dans le premier stade on hachera les feuilles, ensuite on les lui donnera entières.
- Le délitage consiste à isoler le ver de la litière pour le mettre sur un panier propre et à retirer les feuilles
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- qu’il n'a pas consommées. Les vers doivent être espacés les uns des autres pour ne pas se gêner; il faut aussi, souvent, désinfecter le local. Dès que le ver cherche à faire son cocon, on le met siir des claies rectangulaires aVec des interstices dans lesquels le ver se cachera et filera. Le ver met presque 48 heures pour confectionner son cocon, pendant ce temps il faudra remuer le moins possible ; une fois que ce travail est terminé, on laissera les cocons sur le bois pendant 4 ou 5 jours, puis on séparera les bons des mauvais. A l’intérieur, la chrysa-Iide s’est formée, elle attend une dizaine de jours pour se transformer définitivement en un papillon qui, pour livrer passage, humectera le cocon, ramollira la coque soyeuse et enfin sortira. Les papillons mâles et femelles s’accouplent et, 8 à 18 heures après, les femelles pondent pendant 2 ou 3 jours, en moyenne, puis meurent 5 jours après.
- Il est, hélas, pénible de constater que la France qui jusqu’en 1853, point culminant de sa production, arrivait à pourvoir non seulement la métropole, mais encore bien des pays étrangers, voie sa production décliner un peu plus chaque année. En 1853, 64 départements français élevaient lèvera soie, la production était de 26000 tonnes de cocons, soit2600 tonnes de soie. La production sérici-cole est descendue ces derniers temps 4 2 500000 kg de cocons qui ne produisent que 198 tonnes de soie, cependant que la consommation industrielle au lieu de s’affaiblir augmentait en raison inverse de la production à tel point que, pour satisfaire aux besoins des filateurs, nous avons dû importer ces dernières années pour plus d’un milliard de francs par an. En plus de cela il est pénible de constater que notre pays qui autrefois donnait le ton dans l’art des soieries est presque, actuellement, à la remorque de certains pays étrangers. Le marché de la soie s’est transporté à New York, le marché italien nous est fermé; il en est de même des marchés portugais et espagnols, quant au Canada il a restreint son importation.
- On ne pourrait que -déplorer cet état de choses s’il n’y avait à cela aucun remède; mais, pour ne citer que celui-là, il est certain que nos possessions lointaines pourraient nous permettre très rapidement de nous affranchir d’une tutelle étrangère qu’il est pénible à bien des points de vue de subir.
- Algérie. — En Algérie tout d’abord la production de l’année dernière centralisée par l’administration dans les jardins d’essai atteint 8000 kilos de cocons frais.
- Le nombre des sériciculteurs est passé de 227 l’année précédente à 325, et la récolte a représenté une valeur de 2 millions de francs, en augmentation très sensible qui ne fera que s’accentuer grâce à l’intelligent appui de l’administration qui s’est préoccupée de tous les soins à donner pour l’étouffage des chrysalides et la destruction de tout ce qui peut nuire à la bonne marche de cette culture industrielle.
- Afrique Occidentale. — Plus au sud, le nègre, semble-t-il, serait tout indiqué pour s’occuper de la sériciculture, ce genre de travail s’accommodant très bien de son indolence naturelle ; en plus de cela l’Afrique est la patrie de bon nombre d’insectes fileurs, et il existe suffisamment de vers à soie indigènes dont les cocons sont
- facilement dévidables pour qu’une telle industrie soit largement rémunérée.
- Une société française s’est d’ailleurs occupée de la question. Les études qu’elle a faites pour déterminer les conditions dans lesquelles pouvaient se faire l’exploitation et l’emploi des cocons sauvages d’Afrique « Anaphes » ont permis quelques observations importantes et laissé entrevoir des possibilités qui iraient en augmentant.
- Madagascar. — Dans nos possessions de Madagascar et de la Réunion, quelques données importantes ont été recueillies à la suite d’enquêtes ordonnées par l’administration.
- A Madagascar existent deux sortes de soie : la soie sauvage et la soie produite par le ver à soie de Chine. La première espèce se rencontre à l’état natif dans les peuplements de palétuviers de l’ouest de la colonie et dans les massifs de tapias, mais un gros inconvénient existe qui empêche un accroissement rapide de cette espèce, c’est d’abord l’exploitation des palétuviers en vue des écorces tanantes, c’est ensuite la fréquence des feux de brousse qui détruisent parfois les bois de tapias.
- La colonie concède actuellement les massifs favorables au développement de ces vers.
- Malheureusement cette soie, jusqu’ici, n’est pas exportée et est utilisée seulement par les tisseurs malgaches qui en font des linceuls et des vêtements d’apparat.
- L’éducation du ver à soie de Chine se cantonne jusqu’ici sur les hauts plateaux, mais elle pourrait s’étendre dans toute l’ile puisque, sauf dans la région du sud-ouest, cette colonie est favorable à la culture du mûrier. Dès le début de notre occupation, cette culture avait préoccupé les premiers gouverneurs qui à juste titre voyaient dans l’augmentation de la production séricicole une source de richesses pour la colonie. (Education indigène, distribution de plants de mûriers, etc.). Depuis cette date, et avec une accélération très sensible, notre grande possession a augmenté ses ressources textiles, mais n’a pas encore pu se livrer à l’exportation.
- Syrie. — Dans nos possessions de Syrie et du Liban la production de cocons frais n’a pas cessé d’augmenter de 1920 à 1926, passant de 800 tonnes à3000. « Les graines » de ver à soie importées sont l’objet d’.un contrôle très sévère à leur arrivée et cela dans le double dessein de protéger l’industrie indigène des maladies du ver à soie et d’éviter des déboires aux producteurs.
- En même temps qu’était réglementée cette introduction de graines, les pouvoirs publics se sont occupés à multiplier le nombre des mûriers et depuis quatre ans plus de 700000 arbres ont été mis en place. Il ne reste plus qu’une chose, c’est d’améliorer le rendement de la filature des cocons et cela par la modernisation du matériel. Il existe actuellement une vingtaine d’étouffoirs séchoirs et un grand nombre de filatures.
- C’est la France au cours de la dernière campagne qui a importé presque entièrement la production de soie grège, on peut l’estimer à 1 500000 cocons frais ; il a été en outre exporté environ 300000 kg de cocons secs.
- L'Indochine. — Mais, de toutes les colonies françaises, celle qui semble le mieux convenir à, la sériciculture est sans contredit l’Indochine. Jusqu’à la guerre,
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- la sériciculture en Indochine était peu développée et presque exclusivement entre les mains indigènes qui s’en servaient pour leurs besoins personnels.
- En 1916, un Lyonnais eut l'idée de créer un atelier de mécanique au Tonkin, celui-ci fusionna quelques années plus tard avec la filature de Nam-Dinh pour constituer une société qui devait servir de base à la production de notre empire d’Extrême-Orient. Cette firme ne tarda pas à s’étendre aussi bien au Tonkin qu’en Annam et ne demandait pour augmenter encore plus son rayon d’action qu’un accroissement correspondant de la production de matières premières. La soie utilisée dans ces
- Les mûriers sont abondants dans le pays ; la culture de cet arbre est pratiquée en Indochine depuis des temps immémoriaux, et la main-d’œuvre est à la fois abondante et peu coûteuse.
- La race des vers à soie que l’on rencontre le plus fréquemment en Indochine est polyvoltine à cocon jaune. La race est parfaitement alimentée et résiste d’une façon très satisfaisante aux variations de température.
- L’administration, particulièrement au Tonkin, s’est attachée à favoriser de toutes ses forces l’extension de cette industrie; pour cela elle essaie d’améliorer par des primes la production, elle divulgue les procédés modernes et distribue même un matériel perfectionné. Au Cambodge également, le protectorat a fait le nécessaire pour que l’indigène cultive énergiquement le mûrier et pratique l'élevage du ver à soie. Dans une circulaire du 18 août 1924, le Conseil des ministres du roi du Cambodge a codifié de façon parfaite toutes les instructions utiles aux éleveurs. Pour achever cette étude sur la soie, nous nous bor-
- filatures est très appréciée, elle est considérée comme aussi bonne que celle du Japon, de France et d’Italie.
- D’autres maisons ont suivi l’exemple de cette entreprise lyonnaise et l’effort de nos industriels est depuis
- 10 ans considérable, tant du point de vue technique que financier, puisque ces diverses firmes ont demandé des capitaux s’élevant à une cinquantaine de millions. Mais
- 11 faut faire mieux encore et pour cela :
- 1° Produire d’une manière intensive des cocons destinés à l’alimentation des filatures et des tissages (dans le but de concurrencer la fabrication des autres pays d’Extrême-Orient; 2° Produire parallèlement pour alimenter notre industrie métropolitaine de la soie.
- Fig. 7 à 9. — À gauche en haut : Cueillette des feuilles de mûriers en Indochine. En bas : Filature européenne de Nam-Dinh. A droite : Une filature indigène en Indochine.
- nerons à constater que là, plus que dans toute autre branche, un effort très sérieux a été réalisé, et nous sommes convaincus qu’avant peu l’industrie lyonnaise pourra compter sur un gros apport aussi bien indo-chinois que syrien.
- Nous ne pouvons que donner aux trois études qui précèdent et à chacune d’entre elles la même conclusion. Avec du temps et des capitaux, la France pourra de son Empire d’outre-mer retirer du textile suffisamment abondant pour faire vivre ses industries; elle pourra même par la suite en vendre aux pays voisins, si les efforts sont méthodiques, et si l’esprit de suite préside à toutes les entreprises, ce qui est souhaitable au point de vue grandeur nationale d’abord, au point de vue des intérêts de chacun ensuite. R. L.
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- = L'UTILISATION DE L'ENERGIE THERMIQUE
- DES MERS TROPICALES
- Le projet sensationnel de MM. Claude et Boucherot pour utiliser l’énergie thermique des mers tropicales a suscité l’attention générale et soulevé aussi des objections (*).
- Celles-ci ont été examinées par M. G. Claude dans une récente communication à l’Académie des Sciences. Nous en extrayons les passages suivants.
- Parmi ces objections, « l’une des principales et des moins fondées était que l’eau froide se réchaufferait inévitablement dans les conduites destinées à la ramener des grandes profondeurs. Si l’on considère cependant les grandes dimensions des tuyaux nécessaires, qui, pour les moindres installations envisagées, auront au moins 5 m. de diamètre; le faible temps de séjour de l’eau dans ces tuyaux, soit moins d’une heure; l’énorme chaleur spécifique de celte eau; la nature des parois, qui, pour d’autres raisons, seront très probablement mauvaises conductrices de la chaleur, on trouve que dans les plus mauvaises conditions, le réchauffement n’atteindra pas O3,!. Mais ceci même n’indique pas encore à quel point l’objection est peu fondée; dans la réalité, l’eau devra parvenir à la surface plus froide qu’elle est partie du fond. En effet, puisée sous une pression de 100 atm., l’eau se décomprimera à mesure de sa montée, donc accomplira un travail extérieur qui la refroidira. » Ce refroidissement est évalué par M. Claude à environ 0°,25, sauf variation éventuelle de l’énergie interne.
- « On a dit aussi que les tuyaux seraient démolis, non pas même par la tempête, mais par l’effort normal des marées ou des vagues. Or, on sait quelle tranquillité conservent les couches sous-marines, même par les plus violentes tempêtes. A 50 m., mettons 100 m., c’est le calme absolu, sauf peut-être l’effet des marées. Il n’y a donc qu’à protéger des actions mécaniques, la partie des conduites comprise dans ces 100 m. Or, dans le cas des premières stations, qui seront nécessairement des stations côtières reliées aux profondeurs voisines par un tuyau s’enfonçant obliquement, il y a à cet égard un moyen radical. Il suffira de relier la station par un tunnel au point de profondeur 100 m, d’où partira la conduite.
- « Quant à la technique même du procédé, on a objecté que l’écart inévitable entre la théorie et la pratique empêchera d’obtenir le moindre résultat des différences de températures très faibles dont on dispose. D’une part, l’eau chaude donnera moins que les 0 atm., 03 prévus ; d’autre part, l’eau froide donnera au condenseur bien’ plus que le Oatm., 01 escompté. Nos expériences montrent au contraire'avec quelle remarquable fidélité, dans des conditions convenables, les résultats pratiques confirment les prévisions de la théorie. Des moyens appropriés permettront de réduire à très peu de chose les pertes de température et de pression, et en pratique, avec les températures de 26° à 28°, on dépassera largement 2 comme rapport de la pression initiale à la pression finale. »
- M. G. Claude réfute ensuite une objection relative aux gaz dissous. Il a été dit que dans son procédé, l’extraction de ces gaz hors du condenseur coûterait 300 ou 400 pour 100 de l’énergie fournie par les turbines, et que par conséquent le procédé ne serait pas viable.
- « On fait remarquer en effet que, dans les stations à vapeur, chaque kilowatt-heure est produit par la vapeur résultant de la vaporisation totale de 5 kg d’eau, et qu’il n’y a donc à expulser pour chaque kilowatt-heure produit que les gaz de 5 kg d’eau {la condensation étant supposée se faire par surface). Tandis que dans notre cas, les 50 kg de vapeur néces-
- 1. Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 183, 1926, p. 929. — La Nature, n° 2748. 4 décembre 1926.
- saires pour produire le même kilowatt-heure utile mobiliseront (ce qui est vrai), les gaz de 12 500 kg d’eau, soit 2500 fois plus. Or, l’extraction des gaz dissous coûtant, dans les stations centrales, 0,1 à 0,2 pour 100 de la puissance des turbines, il en coûterait 250 à 500 pour 100 de la puissance des nôtres.
- « Mais : 1° Ceux qui raisonnent ainsi reconnaissent que, si les pompes d’extraction mobilisent 0,1 ou 0,2 pour 100 de la puissance des stations centrales, c’est que les rentrées d’air par manque d’étanchéité sont ou peuvent être aisément énormes par rapport aux quantités infimes de gaz dissous, et que les pompes doivent donc être prévues beaucoup trop fortes.
- « Mais si les rentrées d’air peuvent être énormes devant des gaz dissous infimes, dans notre cas au contraire ces rentrées, fussent-elles 100 fois plus grandes, resteront négligeables devant 2500 fois plus de gaz dissous. En outre, les pompes nécessaires pour extraire ces masses importantes de gaz pourront être des compresseurs rotatifs, capables d’un excellent rendement, 50 pour 100 et plus, comme notre confrère M. Piateau a bien voulu nous le confirmer. Rien que cette considération, superposée au peu d’importance relative des rentrées d’air, réduit déjà de 500 pour 100 à 30 pour 100 la fraction de l’énergie à demander aux turbines.
- « 2“ C’est une erreur de supposer, comme on l’a fait jusqu’ici, qu’on aura à extraire du condenseur la totalité des gaz dissous.
- « Nous avons tout d’abord eu l’idée de profiter, en le favorisant par des moyens appropriés, du fait qu’une partie des gaz dissous se dégagera dans les colonnes barométriques qui, de préférence, conduisent l’eau chaude et l’eau froide aux chambres d'ébullition et de condensation. On recueillera ces gaz vers le haut de ces colonnes et on les refoulera de suite au dehors. Supposons que ces gaz soient recueillis au nivéau 9 m. au-dessus du niveau de la mer, soit sous la pression 0 atm., 1. Ce refoulement de 0 atm. 1 à 1 atm. n’exigera
- qu’un travail proportionnel à log ou 1, tandis que le
- refoulement depuis la chambre de condensation, c’est-à-dire
- depuis la pression 0,01, sera proportionnel à log
- 0,01
- ou 2,
- et meme 3 si l’on tient compte des 5 ou 6 volumes de vapeur qui diluent forcément chaque volume de gaz du condenseur, alors que des gaz sous 0 atm., 1 en sont presque exempts. Ainsi, le refoulement des gaz depuis les colonnes barométriques coûtera 3 fois moins que depuisfie condenseur.
- « Mais il n’y a qu’une partie des gaz dissous qui se dégagent dans les colonnes barométriques et qu’on peut retirer dans des conditions si fructueuses. Heureusement, nous avons remarqué que, surtout après ce dégazage partiel, l’eau n’abandonne le reste de ses gaz, même dans le vide bien plus parfait des chambres d’ébullition et de condensation, qu’avec difficulté. En nous évertuant à favoriser cette heureuse tendance par des moyens appropriés, nous avons réussi, sans nuire à l’efficacité de la condensation ni de l’ébullition, à réduire au dixième la fraction des gaz dissous à retirer effectivement du condenseur. En résumé, l’ensemble du travail d’extraction des gaz dissous ne coûtera en définitive que 7 à 8 pour 100 de l’énergie fournie par les turbines. En ajoutant cette dépense au travail de pompage des eaux qui, de son côté, sera certainement moindre de 20 pour 100, on peut conclure que, sauf surprise du fait de la substitution de l’eau de mer à l’eau ordinaire seule employée dans ces essais, les 3/4 de l’énergie fournie parles turbines resteront disponibles. »
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- = LES FIGURES SANS BOUCHE
- DE GLOZEL ET DES TEMPS PRÉHISTORIQUES
- Les découvertes archéologiques nous ont révélé l’existence de ligures, peintes et sculptées, dans lesquelles la bouche a été totalement omise. La plupart des statuettes ayant été trouvées dans le voisinage des sépulcres, Deche-lette a conclu « qu’il était permis de voir dans cette primitive image, la déesse tutélaire des tombeaux ».
- Mais pourquoi la bouche n’a-t-elle pas été figurée?
- On a avancé que ces petits monuments ayant un caractère funéraire, on les avait privés de l’organe de la parole, pour bien marquer qu’ils étaient l’emblème de la mort, de l’éternel silence.
- S’il en était ainsi, on aurait dû également ne point représenter le nez par lequel nous respirons le souffle de la vie, ni les yeux non plus, qui nous permettent de distinguer tout ce qui nous entoure.
- Aussi ne pourra-t-on jamais admettre que ce soit la véritable cause qui a motivé l’absence de la bouche, on
- Fior. 1. — Ouchebti.
- doit, croyons-nous, chercher ailleurs la raison d’une pareille omission.
- Mais auparavant, essayons de savoir d’abord pourquoi des statuettes ont été trouvées en grand nombre dans le voisinage des sépulcres, et en second lieu, démontrons que les faciès sans bouche ne sont nullement des images de la mort.
- *
- Dans les tombeaux égyptiens, nous trouvons, par milliers, des statuettes de toute dimension et de diverses matières : en bois, en pierre dure, en porcelaine, mais surtout en pierre émaillée d’un beau bleu outremer.
- Ces figures offrent l’aspect d’une momie; de leurs mains croisées sur la poitrine, elles tiennent des instruments d’agriculture, hoyau et sarcloir, sur leurs épaules pend un sac destiné à contenir les grains. Elles portent le nom d'Ouchebti (Répondant) (fîg. 1).
- Le chapitre VI du livre des Morts déclare que tout principe mauvais lui étant enlevé, le défunt était digne d’exécuter, dans la divine région inférieure, tous les travaux qui s’y font ; fertiliser les champs, irriguer les ter-
- Fig. 2. — Figurine d’ivoire découverte à Brassempouy.
- rains, transporter le sable de l’Ouest à l’Est, faire la moisson, d’être en un mot le serviteur des dieux.
- Peut-être devons-nous voir dans nos statuettes préhistoriques des monuments destinés à jouer un rôle analogue, ce qui permettrait de supposer qu’ainsi que les anciens Egyptiens les populations de la période néolithique croyaient à une nouvelle existence.
- Une figurine d’ivoii’e (fig. 2), trouvée par E. Piette à Brassempouy, nous montre une tête de femme coiffée à la manière des antiques Egyptiennes et offrant un type mongolique. Elle a une face triangulaire, des arcades sourcilières saillantes, un nez long, droit et aplati; le tout est fort bien rendu, seule la bouche n’a pas été indiquée : on ne saurait dire si cette figure avait un caractère funéraire ou quelle était sa véritable destination.
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- Il n’en est pas de même des statuettes nombreuses et variées, trouvées à Glozel (*) sur le revers desquelles on a gravé le faciès sans bouche (fig. 3). Que ces petits monuments soient authentiques ou non, — nous n’avons pas à entrer ici dans le débat — il est certain en tout cas que le sujet remonte à la période néolithique. Or, greffer
- 1. Voir le Mercure de France du 15 septembre 1926. Station néolithique de Glozel, par le Dr A. Morlet.
- Sur Glozel, voir La Nature n° 2721, 24 juillet 1926; n° 2746, 20 novembre 1926; n° 2772, 1er novembre 1927; n°2774, Tr décem bre 1927.
- Fig. 3. — Statuettes trouvées à Glozel.
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- l’image de la mort, du silence, sur les organes de la vie, ce serait vouloir annihiler leur action fécondante, cela constituerait un non-sens, une anomalie si extraordinaire, tellement illogique, qu’on ne saurait admettre une pareille hypothèse.
- Nous avons d’ailleurs d’autres exemples de figures sans bouche, auxquelles on ne peut en aucune façon attribuer un caractère funéraire, on les trouve aux antipodes.
- Ce sont des figures peintes, découvertes par George Grey (‘), sur le Glanelg supérieur, dans le [Nord-Ouest du continent australien, où les parois de quelques cavernes sont couvertes de peintures.
- À la voûte de l’une des cavernes se trouve peinte la moitié supérieure d’une figure humaine (fig. 4) qui se détache en blanc sur le fond noir du rocher. La tête est entourée d’une coiffure bizarre ayant la forme d’un nimbe flamboyant, ce qui donne à cette image un grand caractère.
- Les yeux, d’un gris verdâtre, sont entourés d’une bande jaune et fort bien dessinés ainsi que le nez, mais la bouche manque. A l’extrémité des bras, quelques traits désignent les doigts. Le vêtement, qui part du haut des pectoraux, paraît être une fourrure grossière. Il n’y a rien dans cette image qui puisse nous révéler un caractère funéraire.
- La paroi de gauche porte un groupe de quatre têtes de couleurs vives, elles paraissent regarder la grande figure de la voûte. Chacune de ces têtes porte une coiffure d’un bleu foncé analogue comme forme à la figure précédente mais sans auréole rayonnante (fig. 5). Le nez est bien dessiné ainsi que les yeux d’un ton brun, entourés également d’une bande jaune. L’une d’elles porte un collier rouge. Deux sont couvertes d’une fourrure grossière, qui, chez l’une, est retenue autour des reins par une ceinture. Quoique n’ayant point de bouche, l’expression de ces figures peut les faire prendre pour des
- femmes (1 2).
- A côté de ce tableau, Fig. 4. Figure peinte à la voûte on distingue un pérsonnage dessine en rouge et portant un Kangourou sur ses épaules (fig. 6). A l’exception des yeux, d’un gris verdâtre qu’entoure aussi une bande jaune et du Kangourou, ocre-rouge, tout le reste est entièrement blanc. La présence à proximité d’autres figures humaines et de
- 1. Georges Grey. Jour-nais of two expéditions of discovery in North-West and West Australia, 1841, t. I, 203.
- 2. Des femmes sans bouche, c’est vraiment la plus extraordinaire chose qui se puisse concevoir.
- quelques animaux permet de voir ici une scène de chasse.
- Par ses gestes mouvementés, le personnage, porteur du Kangourou, qu’il vient de capturer, est certainement un chasseur et quoique la bouche ne soit pas indiquée, cette figure ne peut en aucune façon, être assimilée à une image de la mort. Dans aucun pays et sous aucune latitude, une scène de chasse ne sera jamais l’emblème de l’éternelle immobilité.
- Enfin, dans une autre caverne on remarque une image colossale, de 10 [pieds 6 pouces de haut (fig. 7). Elle représente un individu revêtu à partir du menton d’une robe écarlate descendant jusqu’aux chevilles et aux poignets, de sorte que seuls, les pieds et les mains sont visibles.
- La tête est entourée d’un nimbe de couleur rose portant dans le haut des caractères alphabétiformes, la face s’enlève en blanc sur fond jaune. Les yeux sont rouges cerclés de jaune, les pieds et les mains sont de même couleur mais beaucoup plusjoncée. La bouche n’existe pas, et, par suite sans doute d’un oubli où de toute autre raison que nous ne connaîtrons peut-être jamais, le nez non plus n’a pas été indiqué.
- Il n’y a rien dans cette figure qui puisse nous autoriser à y reconnaître un emblème de mort.
- A l’exclusion des yeux qui, dans les figures australiennes, sont légèrement ovales, alors qu’ils affectent une forme ronde dans nos régions occidentales, ces images offrent entre elles une grande ressemblance. De pareilles conventions, aussi fidèlement observées à plusieurs milliers de kilomètres de distance, permettent d’établir qu’elles n’ont pas pris naissance sur les lieux mêmes, mais qu’elles proviennent d’un centre commun, de l’Egypte ou de la Phénicie, d’où elles ont, de proche en proche, gagné les extrémités (du monde.
- On n’est pas fixé d’une manière certaine sur l’origine de ces peintures, les uns les attribuent aux Australiens modernes, d’autres y voient plutôt un produit de l’art néolithique.
- Fig, 5. — Têtes de femmes peintes sur les parois de la même caverne.
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- Quoi qu’il en soit, on peut affirmer qu’elles appartien-
- La religion animiste se continua longtemps au cours de la période historique.
- Tous les sanctuaires de l’Egypte même les plus récents, comme ceux de Philæ et de Denderah possédaient des salles qui, quoique vouées à une éternelle nuit, sont tellement couvertes de bas-reliefs, que l’esprit en est confondu. Ce fait paraîtra moins étrange quand on saura que cet excès de sculptures est dû non à des cons dérations esthétiques, mais à des causes purement religieuses.
- D’après une croyance assez répandue dans l’antiquité et que les chrétiens partageaient également, l’âme des dieux hantait leurs simulacres, ce qui assimilait ceux-ci à la divinité elle-même, de sorte que plus ils étaient multi-pli és, plus le temple avait un caractère inviolable et sacré.
- Lors de sa campagne contre la Grèce, Xerxès fit construire un pont qu’une affreuse tempête détruisit entièrement.
- Le roi indigné fit, dans sa colère, donner trois cents coups de fouet à l’Hellespont, marquer ses eaux d’un fer ardent et leur tint ce discours insensé : « Onde amère, ton maître te punit parce que tu l’as offensé sans qu’il t’en ait donné sujet, Le roi Xerxès te passera de force ou de gré. C’est avec raison que personne ne t’offre
- nent à une même civilisation.
- Fig. 6. -— Chasseur australien portant un kangourou.
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- des sacrifices, puisque tu es un fleuve trompeur et salé ('). »
- A Athènes, 450 ans avant notre ère, les Grecs élevèrent sur l’Acropole un temple dédié à la Victoire Aptère ou Athéna Nike.
- Ce petit sanctuaire , véritable joyau d’ordre ionique, œuvre de l’architecte Callicrates, renfermait la statue de la déesse qui, naturellement, comme son nom l’indique, était sans ailes. Placée en avant des Propylées, dominant la ville et ses alentours, cette divinité semblait les protéger.
- Malgré leur civilisation bril lante, très raffinée et des plus avancées, en plein siècle de Pé-riclès, les Athéniens encore fors tement imprégnés de croyances animiques, considérant ce symbole comme un agent conscient et animé, avaient représenté la déesse sans ailes pour la fixer au sol natal et Vempêcher de s'envoler hors de la cité qu’elle avait mission de protéger et de défendre.
- C’est sans doute en raison d’une croyance analogue, en tout cas appartenant à un même ordre d’idées, que quelques millénaires plus tôt, après avoir cherché une manière conventionnelle de reproduire la figure humaine, l’homme primitif, très superstitieux et plein de méfiance, voulant prévenir toute indiscrétion, s’arrêta au parti de la représenter sans bouche, pour l'empêcher de parler.
- P. Hippolyte-Boussac, Membre de l’Institut d’Egypte.
- 1. Hérodote, Liv. YII, 34, 35.
- Fig. 7.
- Peinture australienne.
- L’AUTOXYDATION CATALYTIQUE
- LA CATALYSE DANS L'AUTOXYDATION
- Nous avons examiné dans un article précédent les conditions générales de l’autoxydation : il nous reste à voir l’action des catalyseurs dans les différentes phases du phénomène; nous allons donc reprendre point par point les différentes parties de cette étude pour nous rendre compte des divers modes d’action des catalyseurs connus.
- Nous savons déjà qu’il y a formation, au début de l’action de l’oxygène, d’un peroxyde primaire : dans cette réaction, il peut déjà y avoir une catalyse positive et une catalyse négative. La première paraît moins intéressante à première vue, mais elle mérite néanmoins que l’on en dise quelques mots.
- Bien entendu, j’entends par catalyse positive, une action qui favorise la formation du peroxyde : on a constaté, en fait, que
- 1. Voir n° 2773, 15 novembre 1927, p. 451.
- des agents physiques sont susceptibles d’opérer de cette façon : c’est ainsi que la lumière, l’élévation de la température accélèrent ces réactions, en augmentant probablement la concentration du système en molécules actives. Cette catalyse présente un intérêt considérable pour l’étude de la vie des végétaux ou des animaux, car les organismes vivants y sont très probablement soumis.
- En deuxième lieu, les catalyseurs chimiques proprement dits peuvent agir dans le même sens : dans le plus grand nombre des cas, il semble que le catalyseur considéré forme avec le corps autoxydable une première combinaison qui possède elle-même une tendance plus grande à s’unir à l’oxygène que le corps étudié : cette combinaison passagère forme donc un peroxyde qui se dissocie par la suite en restituant le catalyseur inaltéré d’une part, et le corps autoxydable peroxyde, d’autre part. Le schéma suivant rend compte de cette réaction :
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- A -f C -> AG AC -f- O2 -> AC [O2] AC [O2] -4- A [O*] + C
- Un exemple typique de ce genre de catalyse nous est donné par le pyrogallol dont l’autoxydation est favorisée par la soude caustique : c’est bien, en effet, la combinaison alcali-pyrogallol (AC) qui donne le peroxyde, dissocié par la suite.
- La catalyse négative, ou action antioxygène, car elle s’oppose à l’action de l’oxygène, est plus intéressante : aussi nous nous y attarderons un peu plus.
- Nous avons vu, au début de cette étude, que peu de molécules ont le privilège de subir l’autoxydation à un moment donné ; d’autre part, leur activation est fragile et instable et le peroxyde primaire peut évoluer dans des sens différents du sens de l’autoxydation. On conçoit dès lors que ce stade du phénomène soit particulièrement vulnérable et que des influences contrariantes faibles suffisent souvent à le paralyser. C’est cette entrave apportée au développement du phénomène qui constitue (proprement la catalyse antioxygène ; remarquons en passant que cette catalyse ne peut pas èlre qualifiée justement de négative, car un catalyseur agit toujours dans le sens d’une réaction qui a tendance à se produire spontanément : c’est pourquoi il est plus logique d’employer l’expression « action ou catalyse anlioxygône » généralement adoptée par les auteurs.
- Cette remarque étant faite, passons de suite aux faits expérimentaux constatés depuis fort longtemps sur ce sujet : en effet, bien que les publications parues sur cette question soient rares jusqu’à ces dernières années, un certain nombre d’auteurs avaient cependant fait des observations intéressantes, en particulier sur l’autoxydation du phosphore et du sulfite de soude. Puis, dans ces dernières années, MM. Mou-reu et Dufraisse ont entrepris l’élude méthodique et détaillée du phénomène et ont amassé ainsi une quantité considérable d’observations qui leur ont permis d’édifier une théorie fort intéressante dont nous aurons à reparler.
- Avant toute autre chose, quel est donc le mécanisme de l’action aniioxygène?
- Certains expérimentateurs, parmi lesquels nous citerons Tiloff, partant de ce principe que, pour réaliser une autoxydation, il faut toujours l’intervention d’un catalyseur positif, en concluent que les antioxygènes agissent en neutralisant des catalyseurs positifs. Il est certain que la nature seule des parois des vases joue souvent un rôle important dans nombre de réactions ; de même l’humidité a une action indis-, cutable : ainsi l’oxyde de carbone ne brûle pas dans de l’air complètement sec. Il est donc bien probable qu’il faut toujours un catalyseur positif pour réaliser une autoxydation; mais il est néanmoins douteux que l’action antioxygène puisse être dans tous les cas expliquée par une neutralisation de ces catalyseurs. Il faudrait, en effet,, pour cela, qu’un même antioxygène comme l’hydroquinone, neutralise dans chacun des cas où il agit, le même catalyseur positif, ou, en tout cas, un composé très voisin : c’est très peu probable, car l’hydroquinone.agit sur un très grand nombre de composés et les protège contre l’autoxydation.
- D’autre part, un même catalyseur agit suivant les cas comme accélérateur ou comme ralentisseur de la réaction; on peut dès lors difficilement admettre l’explication donnée ci-dessus.
- D’autres chercheurs ont vu dans l’action antioxygène une désactivation directe du corps autoxydable ou de l’oxygène, ce qui empêcherait la formation du peroxyde. Taylor, en particulier, suppose que le catalyseur se combine avec l’un des réactifs activés, [A] ou [O2] et donne ainsi une combinaison passagère qui se détruit ensuite en restituant le réactif en question dans un état inactif, c’est-à-dire incapable de réaliser l’autoxydation.
- Cette intéressante théorie, sur laquelle je m’excuse de ne pas donner de détails, ne peut rendre compte d’une façon satisfaisante de la majorité des cas. D’ailleurs, la grande variété des antioxygènes nous oblige à ne pas la conserver : il est certainement très douteux que des composés chimiquement aussi différents que l’iodure de sodium, le soufre, l’hydroquinone , etc., puissent agir de la même manière sur un même corps autoxydable comme l’acroléine ; inversement, nous ne croyons pas que l’acroléine, l’aldéhyde benzoïque, le sulfite de soude, composés essentiellement différents, soient modifiés de la même manière par un antioxygène commun. Les recherches de MM. Moureu et Dufraisse permettent même d’affirmer que ce processus de désactivation directe, étudié dans le cas de l’acroléine opposée à l’hydroquinone, est insuffisant pour expliquer le phénomène.
- Leur théorie que je vais exposer peut s’appliquer à la grande généralité des cas et surtout elle a eu le mérite de faire prévoir des conséquences, presque toutes vérifiées expérimentalement par la suite.
- Le processus indiqué est le suivant : le peroxyde A [Oa] partage son oxygène avec l’antioxygène B, avec formation de deux peroxydes antagonistes A [O j et B [O] qui se détruisent mutuellement avec régénération de A,B et O2 dans leur état primitif. Le schéma ci-dessous illustre cette hypothèse :
- [A] + [O2] A [O2] A [O2] + B -v A TO] + B [O |
- A [O] + B ro] -> A + B + Ô2
- On voit que dans cette théorie il faut admettre que le corps autoxydable ne peut être désactivé qu’en présence d’oxygène et après une combinaison passagère avec lui. La désactivation de A et de O2 est donc simultanée et ne s’effectue pas isolément : c’est d’ailleurs ce qui sépare d’une façon catégorique cette théorie de la théorie de désactivation directe indiquée plus haut.
- Comme nous l’avons dit, les conséquences de cette théorie sont nombreuses : nous les examinerons successivement et nous en verrons à mesure l’application expérimentale. Tout d’abord, le pouvoir antioxygène doit appartenir à des corps oxydables eux-mêmes, puisque la théorie est basée sur la cession d’oxygène du peroxyde au catalyseur. L’expérience est venue confirmer cette idée et l’on connaît à l’heure actuelle plusieurs centaines de corps oxydables divers possédant celte propriété. Un seul exemple nous suffira pour illustrer cela : le sesquisulfure de phosphore, corps excessivement oxydable, connu pour son emploi dans la fabrication des allumettes, est un aniioxygène remarquable pour
- l"
- l’aldéhyde benzoïque à la dose de £qqq seulement.
- Non seulement les corps oxydables doivent être des anti-oxygènes, mais encore cette propriété ne peut appartenir qu’à des corps oxydables ; en fait, on n’a jamais rencontré de composés antioxygènes qui ne soient eux-mêmes oxydables.
- De plus, l’action produite par un antioxygène doit être localisée dans l’élément oxydable qu’il contient, On a constaté encore ce fait dans le cas du sulfure de méthyle, de formule (CH3)2S, antioxygène connu : en effet, ce composé étant transformé en sulfone (GH3)2 SO2 dans laquelle le soufre est saturé, immobilisé par de l’oxygène, ce qui rend le produit incapable de se combiner à de l’oxygène supplémentaire, on ne trouve plus de propriétés antioxygènes.
- En dernier lieu, l’activité catalytique d’un produit doit croître en même temps que son oxydabilité : ceci est facilement vérifié par ce fait que, dans l’ordre d’oxydabilité croissante, les bromures sont moins actifs que les iodures et que les chlorures.
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- En définitive, tout corps oxydable doit être susceptible d’exercer une action antioxygène dans des conditions déterminées. A la vérité, ces conditions sont souvent mal connues et, dans l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet, nous ne pouvons les énoncer. Néanmoins, il est permis de croire que si l’on oppose deux corps autoxydables l’un à l’autre, l’un pourra jouer le rôle d’antioxygène vis-à-vis de l’autre, dans certaines conditions.
- Nous admettrons même que l’oxygène, bien qu’il soit l’agent fondamental de l’autoxydation, peut être un antioxygène, à certaines concentrations ; le cas de l’autoxydation du phosphore qui est empêchée par une trop forte concentration d’oxygène en est un exemple frappant. Il se forme, dans ce cas, un peroxyde d’oxygène qui n’est autre que l’ozone O3, que l’on a pu déceler dans cette réaction par se réactifs habituels.
- On voit que cette théorie a permis de prévoir nombre de conséquences expérimentales et elle a guidé heureusement les recherches entreprises qui se poursuivent d’ailleurs avec un plein succès.
- Il nous reste encore à exposer l’action des catalyseurs dans la deuxième partie de l’autoxydation, c’est-à-dire l’évolution du peroxyde vers les molécules stables; à ce moment, le mal est fait si l’on considère comme un mal la réalisation de l’autoxydation. Aussi un catalyseur ne peut-il alors qu’accélérer la transformation finale : le schéma ci-dessous représente ce genre de catalyse :
- [A] + [0*]-> A [O*] A [O®] + B-y A [O]-H B [O]
- B[0j + A->B + A[0]-> AO (stable).
- Chaque molécule du catalyseur s’autoxyde au contact du peroxyde A [O3], puis cède son oxygène aux molécules de A qui n’ont pas été peroxydées et se retrouve finalement inaltéré et prêt à resservir, ce qui est le propre des réactions catalytiques. On a de nombreux exemples de ce genre de catalyse favorisant l’action de l’oxygène.
- Ceci nous permet de voir que, une fois le peroxyde formé, un catalyseur peut réagir de deux façons opposées, soit en ralentissant l’autoxydation comme nous l’avons vu plus haut, soit au contraire, en l’accélérant. On conçoit dès lors que l’évolution du phénomène, dans un sens ou dans l’autre, soit souvent à la merci de la plus minime des causes venant s’ajouter à l’action du catalyseur. Sans même tenir compte de phénomènes accidentels qui peuvent se produire, on voit que l’une et l’autre des réactions ont des chances de se produire : souvent il doit arriver qu’elles se produisent simultanément, et, dans ce cas, le résultat final de l’opération sera déterminé par la somme algébrique des deux réactions de signes contraires. C’est ce qui explique les grandes difficultés rencontrées pour prévoir le sens de la catalyse dans un cas déterminé : le même produit se comporte fréquemment suivant les cas comme antioxygène ou comme prooxygène, non seulement quand on l’oppose à des composés différents, mais même en présence du même corps, suivant les conditions de l’expérience. Pour cette raison, on est obligé de veiller, avec le plus grand soin, à conserver des conditions absolument identiques dans les expériences effectuées, faute de quoi on obtient des résultats dissemblables sur lesquels on ne peut compter.
- Yoici d’ailleurs quelques exemples des variations dans l’action d’un catalyseur sur des composés différents : ces exemples sont extraits du rapport publié par MM. Moureu et Dufraisse au Conseil de Chimie Solvay, en 1925.
- L’iode est antioxygène pour l’aldéhyde benzoïque et prooxygène vis-à-vis du styrolène.
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- L’iodoforme, prooxygène vis-à-vis du styrolène, retarde au contraire l’autoxydation du furfurol.
- Le sesquisulfure de phosphore, antioxygène vis-à-vis de l’aldéhyde benzoïque, est prooxygène pour l’huile de lin. Il y a d’ailleurs une infinité d’exemples de ce genre qu’il serait fastidieux d’énumérer.
- Notons encore un cas assez curieux : c’est celui où un catalyseur réagit d’abord dans un sens, puis dans une deuxième phase réagit en sens contraire : c’est le cas de l’iode en présence d’acroléine, par exemple. Il est fort probable que l’iode subit dans ce cas une transformation et que c’est une combinaison iodée qui possède l’action contraire. Ce n’en est pas moins surprenant, car, en général, les composés iodés agissent comme antioxygènes et ici lé composé hypothétique que nous supposons possède la propriété opposée : sans doute, les conditions du milieu sont-elles aussi pour quelque chose dans ce changement d’attitude. Il existe d’ailleurs bien d’autres exemples, de ces inversions spontanées : je ne les cite pas pour ne pas allonger inutilement cet exposé. Une question vient tout naturellement à l’esprit à propos de ces phénomènes de catalyse : puisqu’un catalyseur, d’après la définition même que nous en donnons, se retrouve inaltéré en fin, de réaction, peut-il servir indéfiniment sans être remplacé? Nous répondrons qu’il se produit toujours une usure du catalyseur, après un,temps plus ou moins long, et nous l’interprétons par la formation d’un oxyde stable du catalyseur, d’après le schéma suivant :
- A [O3) + B A [OJ +B [O} -* AO (stable) + BO (stable)
- Le catalyseur ainsi oxydé ne peut désormais plus servir à la catalyse et est comme supprimé.
- LA CATALYSE D'AUTOXYDATION EN BIOLOGIE
- Les phénomènes dont nous venons de parler sont d une importance capitale dans la chimie des êtres vivants. Parmi les nombreux cas qui se présentent, il en est un particulièrement intéressant et qui nous touche de très près : c’est l’oxydation qui se produit dans les tissus des animaux supérieurs et en particulier dans notre organisme ; on sait que l’hémoglobine contenue dans le sang joue le rôle de porteur d’oxygène et l’abandonne progressivement; dans ce phénomène, l’hémoglobine est un catalyseur d’oxydation. Le schéma suivant qui se rattache à ce qui a été dit au cours de cette étude en rendra compte :
- Hémoglobine -j- O2 -4- Hémoglobine [O '] (peroxyde) Hémoglobine [O3] -j- B [tissus animaux) -g Hémoglobine -j- B [O3] -»• BO3 (stable).
- Il y a aussi un composé organique, longuement étudié par Hopkins, le glutathion, qui existe dans un grand nombre de tissus animaux et sur lequel nous allons dire quelques mots. Ce composé existe sous deux formes, l’une oxydée, l’autre réduite et que l’on représente schématiquement par les formules R-S-S-R et R-SH : son rôle consiste à transporter de l’hydrogène du corps oxydable vers l’oxygène, ce qui revient à une oxydation du corps oxydable en question. Hopkins a émis l’hypothèse que c'est le [passage d’une forme à l’autre, puis le passage inverse, qui caractérise l’action catalytique du glutathion,
- D’après MM. Moureu et Dufraisse au contraire, chacune des deux formes est capable de réagir catalytiquement indépendamment de l’autre, et les deux formes peuvent réagir d’une façon différente ou même opposée : ils basent cette
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- hypothèse sur les expériences efféçluées sur des composés sulfurés analogues au glutathion, et qui donnent une vérification satisfaisante de cette théorie. Ce qui paraît alors constituer l’action catalytique du composé, c’est l’oxydabilité du ou des atomes de soufre contenus, c’est-à-dire de la partie oxydable de l’ensemble de la molécule. Ceci concorde parfaitement avec les conclusions de la théorie de désactivation indirecte de M. Moureu citée plus haut et c’est pour cela qu’il nous a paru intéressant de le signaler. Ainsi le glutathion, sous l’une ou l’autre de ses formes, doit se peroxyder et réagir ensuite suivant l’un des schémas indiqués au cours de cet article.
- Contrairement à ce qu’en pense Meyerhof, nous croyons de plus que le glutathion joue bien réellement le rôle du catalyseur et qu’il n’est jamais l’autoxydateur.
- Pour clore ce chapitre, il est intéressant de rappeler ici que des recherches ont été faites en vue d’oxyder des composés organiques, dans des conditions analogues à celles des êtres vivants : on est arrivé ainsi à briller des composés organiques à la température ordinaire en les agitant dans une atmosphère d’oxygène en présence de charbon ; il semble bien que le charbon joue le rôle de catalyseur d’autoxydation.
- LA CATALYSE DE CONTACT
- Nous dirons encore un mot de la catalyse de contact, question un peu en dehors du cadre de celle étude, mais qui a néanmoins quelques points communs avec elle : on y rencontre, en effet, des phénomènes d’autoxydation. Rappelons brièvement ce dont il s’agit : certains métaux à l’état libre jouent le rôle de catalyseurs dans un assez grand nombre de réactions, et ils sont employés fréquemment dans l’industrie. Tels sont le platine dans un état spécial plus apte à réagir, mousse de platine, noir de platine et d’autres métaux voisins du platine comme le palladium, l’or, le cuivre et l’argent. Dans ces différents cas il est probable que le catalyseur s’autoxyde d’abord et cède ensuite son oxygène au corps considéré.
- PHÉNOMÈNES SECONDAIRES DANS L'AUTOXYDATION
- L’autoxydation est souvent accompagnée de phénomènes secondaires qu’il importe de signaler, car ils sont en liaison étroite avec la formation des peroxydes, et ils ont des applications importantes en biologie. C’est ainsi qu’il faut citer les phénomènes de luminescence et de condensation. Nous allons les exposer brièvement. Dans les autoxydations, il se produit assez fréquemment des émissions de lumière, qui ne sont pas accompagnées d’élévation de température ou de flammes : c’est de la lumière froide. Ce phénomène est assez mal connu, quoiqu’il soit observé depuis fort longtemps dans le cas du phosphore. Il a été signalé dans de nombreux cas, notamment pour le soufre, l’arsenic, le pyrogallol et les aldéhydes dans certaines conditions. Un grand nombre d’auteurs ont étudié ce phénomène et ils ont presque tous abouti à cette conclusion qu’il faut une structure bien déterminée de la molécule pour qu’il y ait luminescence. Cela nous rappelle déjà les conditions de structure exigées dans l’autoxydation et on comprend qu’on y ait vu une analogie remarquable.
- Les exemples de ce phénomène ne sont pas rares chez les êtres vivants : on en rencontre chez les bactéries, les champignons, les crustacés et certains [insectes. Dubois a établi comme très probable que l’émission de lumière y est produite par l’autoxydation de substances variées qu’il désigne sous le nom générique de luciférine, sous l’influence de
- catalyseurs appelés luciférase, et qui seraient des diastases. Il se produit une combinaison oxygénée de la luciférine, puis il y a réduction de l’oxyluciférine sous sa forme primitive par la luciférase et le cycle recommence.
- En conclusion, il est donc très probable que, dans ces différents cas, nous avons affaire à de véritables phénomènes d’autoxydation catalytique.
- Très souvent, il se produit aussi, corrélativement à l’autoxydation des phénomènes de condensation, qui sont certainement en rapport étroit avec l’action de l’oxygène. Ils se manifestent par des modifications dans l’aspect de la matière étudiée : colorations, épaississements, etc.
- On a pu montrer, par exemple, que la coloration foncée que prend le furfurol exposé à l’air était due à une condensation par autoxydation : en effet, l’addition d’une trace d’antioxygène agissant catalytiquement. annihile l’effet de l’oxygène.
- Des expériences analogues ont été faites avec le styrolène qui s’épaissit à l’air et se transforme en une résine incolore : protégé par un antioxygène, la solidification ne se produit plus. On a empêché de même l’épaississement de l’huile de lin à l’air par une action du même genre.
- Fnfin l’acroléine se condense à l’air en une résine insoluble, le disacryle, par une action catalytique de l’oxygène, car le gaz agit à de très faibles doses. Là aussi l’addition d’un antioxygène approprié suffit à supprimer toute condensation. On peut alors conserver ce composé qui est un puissant lacrymogène, utilisé pendant la dernière guerre comme gaz de combat, sans altération notable.
- On voit donc en définitive l’intérêt considérable qui réside dans l’action catalytique des composés divers pour empêcher ou retarder l’autoxydation de composés organiques naturellement oxydables.
- Nous dépasserions le cadre de cette étude en voulant examiner quelles réalisations pratiques on peut concevoir du phénomène de l’autoxydation catalytique ou de l’action antioxygène et à quelles applications il a donné lieu. Bornons-nous à signaler que les recherches entreprises en Amérique et en France permettent de fonder de magnifiques espérances dans ce domaine.
- Citons, en passant, les essais effectués sur les caoutchoucs bruts qui s’altèrent naturellement à l’air et que l’on protège contre cette oxydation par des catalyseurs appropriés.
- Signalons les antidétonants qui sont très probablement des catalyseurs antioxygènes et qui sont à l’ordre du jour, en ce siècle du moteur d’automobile ou d’aviation. Enfin, des essais ont été effectués sur certains produits alimentaires, mais il ne semble pas que l’on ait obtenu dans ce domaine les résultats cherchés : nous croyons néanmoins, que là aussi, où l’oxygène joue un rôle si important dans la détérioration des matières organiques naturelles ou artificielles, utilisées dans l’alimentation, on arrivera à des résultats concluants.
- D’ailleurs, le vrai savant travaille toujours dans un but désintéressé et il poursuit sa tâche ingrate et rude, sans voir souvent le port où l’attend la récompense de son labeur : mais, n’eùt-il qu’un résultat pratique dans une longue série de recherches, il peut se déclarer heureux, car, il faut bien y songer, c’est à la nature qu’il s’attaque, la nature avec ses mystères, ses lois et ses secrets et ce n’est pas sans peine qu’il arrive à les lui arracher un à un.
- Néanmoins, si l’on considère le magnifique essor de la chimie moderne, on ne peut se défendre d’un sentiment de respectueuse admiration pour tous ceux, connus ou ignorés, qui ont contribué à cette marche vers le progrès et la connaissance du monde qui nous entoure. jq jj g.
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- = LES MINES SOUS-MARINES =
- ET LEUR EMPLOI PAR LES SOUS-MARINS
- Pendant la Grande guerre, il a été fait de la mine sous-marine un usage intensif, limité en fait et seulement par l’épuisement au jour le jour de la quantité cependant énorme de ces engins que l’industrie des diverses nations engagées arrivait à fabriquer.
- La première guerre où leur valeur ait été mise en lumière est le conflit russo-japonais de 1904, où les deux belligérants en avaient semé une assez grande quantité dans les parages de Port-Arthur. Les pertes causées par les mines seules s’élevèrent à 2 cuirassés, et 3 autres navires coulés, 4 cuirassés, 4 autres navires avariés du côté russe, 2 cuirassés, 9 autres navires coulés* 1 cuirassé, 5 autres navires avariés, du côté japonais.
- Pendant la Grande Guerre, c’est par masses énormes qu’on s’est servi de ces engins, principalement dans la mer du Nord, la Manche, l’embouchure de la Tamise, et généralement sur toute la côte anglaise.
- La documentation officielle àce sujetn’est pas complète, mais on est sûr de rester au-dessous de la vérité en estimant que le total des mines mouillées dépassa 210 000 dont 50 000 pour l’Allemagne et scs alliés.
- Elles entraînèrent la perte de 58G bâtiments de commerce sans compter les navires de pêche (chalutiers et autres) jaugeant en tout 1 112 000 tonnes, et de 243 navires de guerre de tous types.
- Il n’est pas question ici bien entendu de l’impressionnante quantité de navires de guerre ou de commerce détruits dans les deux camps parles torpilles proprement dites, par le canon ou toutes autres causes.
- Rappelons qu’au milieu de 1918 : un ou plusieurs grands sous-marins allemands du type U 117 déplaçant 1200 tonnes allèrent semer des mines jusque devant les ports de la côte Est des Jitats-Unis.
- Si une nouvelle guerre, qui s’étendrait à la mer, doit éclater un jour il n’est pas douteux que la mine sous-marine sera appelée à y jouer un rôle important.
- Aussi voit-on les constructeurs travailler à la perfectionner encore et toujours, tant dans son fonctionnement propre, que dans les procédés à employer pour la placer à son poste de combat.
- Nous nous proposons d’étudier ici aujourd’hui le sys-
- tème de mouillage des mines qui apparaît le plus efficace et le plus sûr et qui réside dans l’utilisation du sous-marin.
- Mais, auparavant, il paraît utile de remettre devant l’esprit de nos lecteurs le principe et le but de la mine sous-marine et ce qui la différencie de la torpille proprement dite.
- Cette dernière est une arme active ou offensive. De la forme d’un long poisson (longueur 5 m. 25, diamètre 530 m/m), elle est munie d’une machinerie à air comprimé qui lui assure un long parcours (12 à 14000 mètres) à une grande vitesse (42 à 30 nœuds). Elle porte à l’avant
- une charge considérable d’un explosif puissant qui s’enflammera au choc contre la coque du navire sur lequel la torpille est lancée et lui causera des avaries telles qu’il devra être coulé ou mis hors de combat, en supposant bien entendu qu’il soit atteint.
- La mine sous-marine est, au contraire, une arme défensive et passive. Semée sur la route que doivent suivre les navires ennemis, elle flotte entre deux eaux à hauteur de leur coque immergée. Retenue par un ancrage à une profondeur déterminée, elle sera heurtée par le navire à son passage et le choc fera détoner la charge d’explosif qu’elle renferme.
- Chaque marine possède un type de mine qui lui est particulier, mais tous ces types dérivent d’un principe général dont voici les grandes lignes :
- La mine comporte en premier lieu un flotteur de forme généralement sphérique ou sphéro-cylindrique qui contient également la charge d’explosif et a pour destination de maintenir cette charge à une immersion déterminée, le plus souvent 5 à 6 mètres au-dessous de la surface de l’eau. Ce flotteur est relié par un orin, mince (câble d’acier) très résistant, à une masse métallique nommée crapaud dont le rôle est de reposer sur le fond et de servir d’ancre au flotteur auquel le relie l’orin, qui sert ainsi de chaîne d’ancre. C’est, en somme, exactement la reproduction du système qui maintient les navires en rade, le flotteur, l’orin et le crapaud de la mine représentant respectivement le navire, la chaîne et l’ancre. Avec toutefois cette différence que le navire reste à la
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- surface et que le flotteur de la mine est maintenu au-dessous.
- La mine prête à fonctionner apparaît donc comme le montre le schéma (fig. 1).
- Mais avant sa mise en place elle a un tout autre aspect. Le flotteur repose sur le crapaud à l’intérieur duquel l’orin est enroulé sur un treuil. Le tout forme donc un bloc que le navire mouilleur de la mine lance à la mer purement et simplement lorsqu’il se trouve au point
- choisi.
- Le bloc, entraîné par le poids du crapaud, descend au complet et directement jusqu’au fond. Lorsqu’il le touche, un levier est actionné qui libère le touret du treuil et le flotteur. Celui-ci, sous l’action de sa flottabilité, s’élance aussitôt vers la surface, entraînant l’orin qui est fixé par son extrémité libre à sa partie inférieure et qui se déroule du treuil.
- Un organisme spécial a permis, avant le mouillage de la mine, de déterminer la longueur d’orin qui correspond à l’immersion voulue pour la mine, en fonction de la profondeur del’eau ; lorsque cette longueur est filée, 'le déroulement du treuil est automatiquement arrêté et le flotteur portant la charge se trouve immobilisé à la hauteur qui a été choisie.
- A ce moment la mine est en place.
- Mais elle n’est pas encore offensive. On a jfoensé, en effet, et très [sagement, qu’il serait extrêmement dangereux de faire subir à un pareil engin les manipulations qui viennent d’être très succinctement décrites si son mécanisme d’explosion était prêt à fonctionner pendant ces opérations. Aussi s’est-on préoccupé d’immobiliser ce mécanisme pendant un temps suffisant pour permettre au navire mouilleur de mines de s’écarter de la mine d’une distance suffisante pour n’avoir plus rien à craindre d’une explosion prématurée.
- Ce dispositif de sécurité consiste pour presque tous les types de mines en un cylindre de sel qui bloque le
- Fig. 2.
- Alvéole contenant 2 mines dont l’une va prendre son mouillage. La première est retenue dans son logeaient.
- dispositif de mise de feu à la charge et l’empêche de fonctionner. Ce cylindre de sel fond au contact de l’eau dès que la mine y est jetée, et son volume est calculé pour qu’un certain nombre de minutes s’écoulent avant que l’engin soit rendu offensif.
- La sphère qui contient la charge est munie de quelques antennes métalliques que la coque du navire heurte et qui font fonctionner le mécanisme d’inflammation. Notre figure 3 montre quelques modèles de mines.
- LES MOUILLEURS DE MINES
- Jusqu’à la guerre de 1914-1918 les mines sous-marines étaient mises en place seulement par des navires de surface, qui présentent de nombreux inconvénients dont le plus important reste qu’étant visibles, ils sont faciles à détruire. En plus, leur travail ne pouvant passer inaperçu, l’ennemi connaît aussitôt que des mines sont mouillées en tel point et possède ainsi toutes facilités pour les faire draguer.
- Ce furent les Allemands qui pensèrent les premiers à se servir du sous-marin pour ce genre d’opérations, celui-ci échappe évidemment au désavantage que nous venons de signaler (J). Ils créèrent un type spécial de ces navires qui ne portaient que quelques mines logées dans des puits inclinés et qui travaillèrent dans la mer du Nord et la Manche.
- Cet exemple fut aussitôt suivi par les marines alliées et, de progrès en progrès, on arriva à construire de grands sous-marins possédant, avec des torpilles automobiles, un approvisionnement considérable de mines qu’ils étaient capables d’aller semer dans les mers très éloignées.
- Les études à ce sujet n’ont pas été arrêtées par la paix. Il est bien certain, en effet, que la mine sera appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans un conflit futur. « Elle se prêde admirablement à la défense des côtes des pays qui ne peuvent avoir des escadres assez puissantes pour repousser l’envahisseur. C’est donc, par excellence, l’arme des marines pauvres. C’est aussi l’arme des marines riches, car, dans les luttes terribles de l’avenir, comme dans celles du passé, il faudra, de plus en plus, mettre en œuvre tous les moyens offensifs et défensifs dont on pourra disposer pour triompher de l’adversaire (2) ».
- Quelques chantiers de construction français se sont particulièrement attachés à réaliser le mouilleur de mine capable d’atteindre les buts suivants : 1° gagner à coup sûr les parages à miner; 2° mouiller les mines aux endroits précis où elles auront le plus de chances d’être touchées par les navires ennemis ; 3° faire le mouillage en temps opportun ; 4° regagner sa base.
- Pour les raisons que nous avo*ns déjà dites, il est clair qu’un sous-marin peut seul opérer avec la sûreté et la rapidité nécessaires.
- 1. Un sous-marin mouilleur de mines avait cependant été construit en Russie avant la guerre, mais ne fut jamais utilisé.
- 2. Étude très documentée sur « l’importance des mines sous-marines dans les Guerres Maritimes », par le capitaine de vaisseau Claudevile Revue Maritime, mars et avril 1926.
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- Fig. 3. — Divers types de mines sous-marines.
- a) mine Sautter-Harlé pour bâtiment de surface; b) mine Sautter-Harlé pour sous-marins; c) mine russe; d) mine anglaise
- e) mine allemande à crapaud étanche.
- Et pour décrire ce sous-marin nous ne pourrons mieux faire que de mettre sous les yeux de nos lecteurs les particularités du type créé par la vieille maison française qui jouit d’une renommée universelle dans l’industrie de la construction navale, les Chantiers et Ateliers Augustin Normand, du Havre.
- Elle avait à résoudre le problème consistant pour un
- Fig. ù. — Sous-marin mouilleur de mines de 500
- Système de mouillage des mines type
- sous-marin, à emporter le plus de mines possible pour un tonnage déterminé, et à les mouiller avec sécurité et rapidité sans que la présence des mines à bord pût nuire aux qualités de stabilité et de tenue à la mer du navire.
- Deux solutions se présentaient :
- Les mines sont transportées à l’intérieur de la coque
- tonnes de la Société des Chantiers et Ateliers Augustin Normand, du Havre. Frnaux. (D’après un dessin d’Albert Sebille.j
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- sous-marine, au sec par conséquent, et mises à l’eau par l’intermédiaire d’un sas.
- Divers motifs ont fait écarter cette solution dont nous ne citerons que le principal. Le mouillage des mines exigeait un temps trop considérable, en raison des manœuvres répétées d’ouverture et de fermeture des portes du sas. Il fallait 4 heures pour mouiller 36 mines en supposant que l’opération ’se déroule sans enrayage.
- Dans la 2e solution adoptée par les Chantiers Normand, les mines sont logées à l’extérieur de la coque sous-marine et par conséquent baignent dans l’eau.
- Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y a, à ceci, aucun inconvénient. Il est démontré, en effet, que les mines bien construites fonctionnent parfaitement, à tous points de vue, après plusieurs mois d’immersion.
- La première idée qui se présente à l’esprit, serait de disposer les mines sur le pont, comme on le fait sur les mouilleurs de mines de surface, en les plaçant par rangées longitudinales et de les mettre à l’eau en les poussant vers l’arrière, les unes après les autres.
- Mais il a été reconnu que, la manœuvre des rangées de mine, déplaçant le centre de gravité du navire influait fâcheusement sur son équilibre, point capital pour un sous-marin.
- Pour cette raison et quelques autres, la maison Normand a adopté une disposition nouvelle inaugurée dès 1912 par son directeur M. Fenaux, ancien ingénieur de la Marine. Dans cette solution on trouve sur les deux flancs du navire une série de puits verticaux qui contiennent chacun deux mines superposées. Celles-ci guidées par des rails reposent sur des taquets qu’il suffit de masquer par un mouvement tournant de leurs axes pour que les mines, chacune à son tour, glissent à la mer par le fond du puits.
- L’effacement du taquet s’exécute au moyen de l’air comprimé.
- L’ensemble du logement des mines constitue donc comme une autre coque, annexe du sous-marin lui-même, dans laquelle l’eau circule, et complètement indépendante de la coque résistante proprement dite, dont elle épouse la forme de façon à ne pas modifier les qualités nautiques du navire.
- Dans l’opération du mouillage des mines, on conserve l’équilibre du bateau en laissant couler à la mer alternativement les mines qui se correspondent à tribord avant et bâbord arrière, puis à tribord arrière et bâbord avant.
- Un mécanisme, actionné de l’intérieur du navire, permet de régler la profondeur d’immersion de chaque mine ou de chaque groupe de mines.
- En supposant que cette opération ait été effectuée d’avance, et il ne s’agit que de quelques minutes, la durée totale des opérations nécessaires avec le système Fenaux, pour mouiller 40 mines, est de 4 minutes, ce qui correspond à une cadence de mouillage de 1 mine toutes les 6 secondes et à un espacement de mines de 15 à 20 mètres pour une vitesse de 5 à 6 nœuds du sous-marin. Donc on y emploie 50 fois moins de temps qu’avec le système du sas.
- L’opération peut d’ailleurs s’effectuer - soit en navi-
- guant en surface, si on en a la possibilité, soit en plongée.
- Dans ce cas le commandant a la faculté de se servir de son périscope pour repérer sa route, et en dernier ressort, si les parages où il travaille sont trop surveillés et que le périscope lui-même soit encore de trop, il peut rester complètement caché en naviguant d’après les indications du compas.
- Le beau dessin du peintre de la Marine Sébille, que nous reproduisons ici (fig. 4), montre avec une parfaite clarté l’opération du mouillage des mines et comment celles-ci sortent de leurs alvéoles. Il initiera en outre nos lecteurs aux détails de la structure intérieure d’un sous-marin. On y distingue les puits verticaux placés côte à côte sur les deux flancs de la porte centrale du sous-marin, par le travers de là tourelle de commandement.
- Les deux mines de chaque alvéole sont également visibles; une d’entre elles, complètement libérée, gagne son poste de mouillage pendant qu’une autre se détache du sous-marin.
- On aperçoit en outre, dans cette coupe, la double coque qui enveloppe complètement le bâtiment. Le type représenté est un sous-marin de 900 tonnes.
- La présence sur le flanc d’un navire d’engins portant une charge d’explosif peut sembler une cause de danger particulier. En fait, ces mines sont pourvues de dispositifs spéciaux qui ne permettent leur explosion que lorsque la mine, ayant quitté le sous-marin, depuis un temps appréciable, s’est séparée elle-même de son crapaud, et enfin s’est fixée à la profondeur déterminée d’avance.
- D’autre part les organes de guidage sont calculés de façon que la mine ne puisse en aucun cas heurter la coque du sous-marin, lorsqu’elle gagne son mouillage. Nous n’insisterons pas sur la description des mécanismes divers qui assurent le départ de la mine de son alvéole au moment voulu.
- Ils sont d’ailleurs fort simples et leur graissage dans l’eau s’effectue dans des conditions si parfaites, que le fonctionnement de l’ensemble du système ne présente aucun aléa.
- La mine adoptée par la Marine française est du modèle Sautter Harlé et se présente sous deux aspects suivant qu’elle est destinée à être mouillée par un navire 'de surface ou par un sous-marin (fig. 3, b).
- Elle contient une charge d’explosif de 160 kg. Notre figure 2 montre schématiquement une alvéole d’où la mine inférieure s’échappe par son propre poids et commence à s’incliner sous l’effet du mouvement en avant du sous-marin pendant quç la mine de l’étage supérieur reste encore bloquée par son taquet.
- Disons en terminant que les Chantiers Augustin Normand, du Havre, ont actuellement construit ou construisent, en appliquant le système Fernand Fenaux, les sous-marins mouilleurs de mines Astrée, Amarante, Pierre-Chailley, Saphir, Turquoise, Q 152, pour le compte de la Marine Française et Valen pour la Suède.
- G1 Sauvaire Jourdan.
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- LE VIVARIUM DE PARIS
- Récemment, à l’instigation de M. le Professeur Bouvier, l’illustre continuateur des Réaumur et des Lamarck, et grâce à des fonds provenant de la journée Pasteur, M. le Docteur Jeannel a pu réaliser au Jardin des Plantes un très original Vivarium, bien supérieur au pointde vue du nombre et de la variété des animaux à sang froid qui s’y trouvent rassemblés, aux établissements similaires d’Anvers, de Berlin ou des Etats-Unis.
- Cette originale fondation continue officiellement l’œuvre du célèbre Henri Fabre, qui, le premier, ouvrit son labo-
- toute l’importance et l’on dédaigne la petite bête terrestre qui vit en perpétuel rapport avec nous, qui fournit à la psychologie générale des documents d’inestimable valeur, qui trop souvent compromet la fortune publique en ravageant nos récoltes. A quand donc un laboratoire d’entomologie où s’étudierait, non Vinsecte mort, macéré dans le trois-six, mais Vinsecte vivant-, un laboratoire ayant pour objet l’instinct, les mœurs, la manière de vivre, les travaux, les luttes, la propagation de ce petit monde avec lequel l’agriculture et la philosophie doi-
- rig. 1 a 3. — A gauche en haut : La façade du “ Vivarium. ”. En bas : L‘intérieur du “ Vivarium ” où le public voit les animaux vivants à travers des glaces. À droite : Une des galeries derrière les cages, montrant les dispositifs de chauffage et d’éclairage.
- ratoire de VlJarmas « à l’entomologie vivante ». Le philosophe de Sérignan, en traçant le plan des recherches qu’il allait poursuivre sur son petit « coin de terre abandonné, stérile, brûlé par le soleil, favorable aux chardons et aux hyménoptères », indiquait à ses successeurs la voie à suivre. Il écrivait, en effet, non sans amertume, dans le premier chapitre du tome II de ses Souvenirs entomolo-giques : « On fonde à grands frais sur nos côtes océaniques et méditerranéennes des laboratoires où l’on dissèque la petite bête marine de maigre intérêt pour nous; on prodigue puissants microscopes, délicats appareils de dissection, engins de capture, embarcations, personnel de pêche, aquariums pour savoir comment se segmente le vitellus d’un Annélide, chose dont je n’ai pu saisir encore
- vent très sérieusement compter. » Le nouveau Vivarium du Jardin des Plantes répond aux désiderata formulés par le « Virgile des insectes », mais il constitue en même temps un Musée pour l’éducation du public. Le problème n’était pas aisé à résoudre, car il fallait placer chaque espèce dans son ambiance.
- Le D1' Jeannel et son aide le D1 J. Gomignan, ont parfaitement réussi, non sans peine, ni sans recherches, à installer les demeures respectives de leurs pensionnaires dans les conditions voulues de température et d’humidité. On s’est enquis de la nature des terrains sur lesquels vivaient les bestioles, on a planté des arbustes, on a mis des mousses ou des fleurs et on procure à tous ces animaux divers des mets de leur choix!
- Commençons notre visite par les cases relatives à la faune des régions tempérées, qu’on maintient à 15°. Dans des aqua-terrariums (ainsi nommés parce qu’ils possèdent de petits monticules de sable émergeant de 1 eau),
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- Fig. 4 et 5. — Quelques animaux aquatiques du “ Vivarium ”
- larves de Dytique dévorant des plantes aquatiques; b, Hydrophile bran attaquant un têtard de grenouille.
- on aperçoit des Salamandres, des Tritons des Pyrénées, des Crapauds sonneurs et des Ecrevisses géantes de Roumanie. Ces dernières sont de superbes représentants d’une race spéciale aux ruisseaux de l’Europe centrale et que caractérise un énorme développement des pinces. À côté de ces Crustacés, se trouvent de profonds aquariums dans lesquels divers insectes aquatiques des mares de France semblent se plaire à merveille. On y distingue, en particulier, des Dytiques qui viennent respirer à la surface de l’eau en faisant émerger l’extrémité supérieure de leur corps pendant que leurs larves cherchent leur nourriture parmi les racines des végétaux qui tapissent le fond des bacs. Près d’eux un gros Hydrophile s’attaque à un têtard qu’il emporte sans doute pour s’amuser, car ces coléoptères sont plutôt végétariens; ils emmagasinent sur leur poitrine une couche d’air qui leur fait comme une cuirasse argentée.
- Au cours de leurs gracieuses évolutions, les Scorpions d’eau [Nepa cinerea), les Ratiatres et les Notonectes ou Punaises aquatiques très carnassières saisissent les crevettes des ruisseaux (Gammarus pulex) avec leurs pattes antérieures en forme de crochet mobile, puis enfonçant leur rostre dans le corps de leurs victimes, ils rejettent leurs carcasses après les avoir vidées complètement.
- Fig. 6. — Carabes dorés des Pyrénées, en chasse.
- Mais voici les Terrariums où s’élèvent avec plus de difficultés des bestioles terrestres. On y peut observer, en particulier, de voraces Carabes des Pyrénées aux brillantes couleurs, grands amateurs des escargots, des limaces ou des vers et qui ne dédaignent pas non plus.... le pain d’épice! Comme ces noctambules se cachent sous les pierres, la terre ou les souches d’arbres et ne sortent guère durant le jour quand ils sont en liberté, on éclaire leur case et grâce à de la mousse, on y entretient un peu d’humidité afin de les forcer à se montrer aux visiteurs du Vivarium. Pour les fourmis rousses encore plus hydrophiles il a fallu enduire le fond de leur prison d’une couche de plâtre creusée de canaux où l’eau suinte goutte à goutte. Mais comme d’autre part, la fraîcheur ne convient pas aux œufs, aux larves et aux nymphes, on a recouvert le plâtre d’une forte épaisseur de sable dont l’humidité diminue du fond à la surface. Les hyménoptères peuvent ainsi disposer leur couvain à l’étage voulu dans cette fourmilière artificielle.
- Examinons à présent les conditions dans lesquelles le D1’ Jeannel et ses collaborateurs ont dû installer les bestioles de la faune tropicale. Il a fallu les répartir dans des chambres où l’on maintenait une température de 25 à 30 degrés, tantôt sur un terrain sec, tantôt sur un sous-sol suffisamment moite. Par exemple, pour les Lézards exotiques, pour les Anthies à 6 taches et autres coléoptères de l’Afrique du Nord, le plancher de leur pinson de verre est une table chauffante qui rappelle à ces animaux captifs les dunes brûlantes de leur désert natal et l’éclairage intensif, qui inonde leur géole, les incite à déambuler d’une façon active. En revanche, les Caméléons d’Algérie ayant l’habitude de vivre à l’intérieur des buissons où le soleil ne pénètre pas n’aiment guère les rayons électriques et il faut maintenir, dans la cage qui les abrite, une température de 30 degrés en tamisant la lumière trop crue des ampoules sinon ils ne tardent pas à s’anémier et à périr.
- Mais quittons ces Sauriens au faciès carnavalesque pour nous arrêter devant un autre joyeux drille, 1 ’Empuse, qu’on rencontre dans le midi de la France et qui ressemble à un minuscule cheval de l’Apocalypse! A côté de ce curieux orthoptère Arert jaune, sa cousine la Mante religieuse guette une mouche ou quelque autre proie tandis qu’au milieu de la case voisine, des Phasmes de Malaisie et des Bâtons du Diable [Carausius morosus) se confondent avec les brindilles de bois auxquelles ils se suspendent. Un peu plus loin, le D1' Jeannel nous présente encore un .exemple de. mimétisme non moins extraordinaire. Il a pu se procurer dès Phyllies de Ceylan qu’on distingue également très mal des feuilles d’arbustes.
- Ces plats orthoptères à pattes dilatées et à élytres chargés de nervures sont de délicats personnages très abondants dans l’Inde et afin de les nourrir à Paris durant l’hiver, on cultive dans les dépendances du Vivarium des glands de chêne en pots.
- Les Mollusques se trouvent aussi représentés dans
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- cette originale collection d’animaux à sang froid par de superbes Acha-tines du Congo (Achatina baltiata ou panthera), par des Tortues d'eau d’Algérie, etc.
- Enfin n’oublions pas de signaler en terminant notre visite au nouvel établissement, les étranges bestioles Cavernicoles qui y figurent, entre autres les Niphar-gwsamphipodes aveugles, mais très agiles habitants des eaux souterraines et les Sphéromiens (Caecor sphaeromia burgundium) qui rampent lentement sur la vase humide, leur unique nourriture.
- Il a fallu transporter avec eux le sable et l’argile de la grotte d’Àrcy-sur-Cure (Yonne) afin que les pauvres crustacés ne se trouvent pas trop dépaysés dans leur tanière, reconstruite sur une modeste échelle au Jardin des Plantes. En définitive, le , Vivarium permettra aux
- Fig. 7. — Un caméléon d1Algérie.
- Fig. 8. — Achàtines du Congo.
- savants comme aux amateurs de s’initier aux mystères de la biologie expérimentale. D’autant plus que son actif directeur, le D1' Jeannel, compte sur les coloniaux et les naturalistes voyageurs français ou étrangers pour l’enrichir de nouveaux animaux.
- Jàcques'Boyer.
- Fig. 9 à 13. — Quelques insectes dans leurs terrariums. a, Empuse (Empusa paupereta) du Midi de la France; b, Maute religieuse à l’affût; c, Phasme géant (Eurycnema Goliath); d, Bâtons du diable [Carausius morosus) de Malaisie; e, Phyllie feuille-sèche.
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- LA SIGNALISATION DES ROUTES
- Le développement de la circulation automobile pose une foule de problèmes. Les intéressés réclament des solutions rapides. Mais en ces matières, l’improvisation est difficile et dangereuse. Toutes les questions routières exigent de préalables et minutieuses études. ’ ' *’ 1
- Le problème de la signalisation en offre un exemple instructif. Dans son ensemble il est fort complexe. Il peut se résumer ainsi : d’une part signaler à temps au conducteur les obstacles et les points dangereux qu’il va rencontrer, d’autre part lui fournir des points de repère sûrs et commodes, pour éviter toute erreur d’itinéraire.
- Laissons de côté la première partie du problème, elle a suscité déjà de nombreuses et utiles initiatives; cependant presque tout reste encore à faire dans cette voie.
- La seconde partie semble beaucoup plus simple à résoudre. Certains penseront peut-être qu’elle l’est déjà,-puisque de tout temps l’Administration a placé des bornes le long des routes, et des poteaux indicateurs à tous les carrefours. Mais il suffit de faire quelques kilomètres en automobile pour constater que bornes et poteaux, souvent difficiles à déchiffrer pour les piétons, sont absolument illisibles d’une voiture en marche.
- MM. Michelin qui consacrent une partie de leur fortune à tant d’œuvres d’intérêt national, se sont attaqués à leur tour au problème particulier du jalonnement des carrefours. Ils l’ont abordé avec un esprit de méthode éminemment scientifique. Leurs études ont été poursuivies sans arrêt depuis huit ans. Bien des essais ont été faits, bien des dispositifs expérimentés; aujourd’hui seulement est présentée une solution jugée satisfaisante par ses auteurs. C’est la borne d’angle Michelin.
- Pour résoudre un problème, il faut d’abord savoir le poser; c’est-à-dire discerner les éléments essentiels qui en constituent les données. Voici comment MM. Michelin analysent le jalonnement des carrefours :
- « Pour être pratiques et vraiment utiles, disent-ils, les indications routières d’un carrefour doivent remplir les conditions suivantes :
- N 9 le 21
- Fig. 1. — La borne d’angle Michelin.
- 1° Il faut qu’elle soient parfaitement lisibles d’une auto en marche aussi bien de jour que de nuit.
- Ceci nécessite :
- a) Que les inscriptions soient face au chemin parcouru.
- b) Qu’elles soient tracées en caractères suffisamment grands.
- c) Qu’elles soient bien placées, ni trop haut, ni trop bas.
- d) Que le nombre de mots et de chiffres soit’ réduit au strict minimum indispensable.
- 2° Il faut qu’on embrasse d’un coup d’œil, le plus de directions possible.
- 3° Il faut que les inscriptions soient indélébiles. »
- Les conditions 1° et 2° doivent déterminer la forme de la borne, son emplacement, la grandeur des caractères et le choix des inscriptions. La condition 3° dictera le choix de la matière. Entre les solutions possibles, on choisira la plus économique.
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- Le type cle borne auquel on s’est arrêté après de multiples essais est le suivant. Un socle cylindrique, en béton armé, haut de 1 mètre, est encastré dans le sol par un massif en béton; la colonne de béton est surmontée d’un chapiteau parallélépipédique. Le tout est coulé d’une seule pièce. Les quatre faces du chapiteau portent des plaques hautes de 0 m. 40, larges de 0 m. 50 et munies des inscriptions nécessaires. On a d’abord essayé des plaques en tôle vitrifiée avec inscriptions peintes. On expérimenta sur ces tôles tous les procédés de vitrification, d’émaillage ou de peinture, on dut constater leur insuffisante résistance aux intempéries et on abandonna ce type pour recourir à la plaque en lave émaillée. Mais on ne pouvait songer à scier de gros blocs de lave pour en tirer des lames minces; on adopta alors au procédé suivant : concasser des déchets de lave en petits fragments, les agglomérer à l’aide d’un liant, comprimer la pâte ainsi préparée, la mouler et la cuire. On obtint ainsi des plaques, émaillées à très haute température, aussi solides que les plaques en lave naturelle, mais adhérant mieux au ciment. Ces plaques sont mises dans les moules avant la coulée du ciment et font absolument corps avec lui.
- Les inscriptions sont en bleu foncé sur un fond blanc, surmontées d’un cartouche rectangulaire dont la couleur varie avec la catégorie de la route.
- Le choix des caractères a également fait l’objet d’études sérieuses.
- La borne pèse 380 kg, et mesure 1 m. 75 de haut. Elle ne craint rien des intempéries, ni des vandales qui trop souvent prennent plaisir à détériorer les poteaux et les plaques indicateurs. Elle promet d’être aussi durable que les bornes romaines ou royales qui subsistent sur nos routes. Les bornes Michelin, dont un grand nombre ont été posées à titre d’expérience aux environs de Clermont-Ferrand, de l'avis unanime, offrent une excellente lisibilité, la nuit comme le jour, pour l’automobiliste en marche; leur aspect caractéristique les distingue nettement et du premier coup d’œil de tout ce qui
- s’offre aux regards sur la route. Une borne d’angle avec ses 4 faces peut remplacer jusqu’à 4 poteaux.
- Cette borne présente donc de grands avantages et apporte une excellente solution au problème du jalonnement des carrefours.
- Toutefois le choix des inscriptions adopté par MM. Michelin a soulevé certaines objections.
- Pour éviter un prix de revient prohibitif, il fallait limiter les dimensions du chapiteau et des plaques, et par suite réduire au minimum les inscriptions.
- MM. Michelin ont pris un parti : inscrire en grandes lettres l’indication réglementaire des catégories et numéros de chemin (exemples : N. 101, pour route nationale n° 101, D. 4., départementale n° 4) ; en lettres plus petites le nom de une ou deux localités suivi ou précédé d’une flèche de direction; aucune indication de kilométrage. MM. Michelin estiment que le moyen le plus pratique de repérer un itinéraire est de noter sur la carte les numéros des routes à suivre. Il suffit alors de saisir au vol sur la borne l’indication correspondante pour constater qu’on est sur la bonne route.
- Les objections soulevées sont les suivantes : s’il est vrai que pour les routes nationales, le numérotage reste identique sur de très longs parcours, il n’en est pas de même pour les autres routes dont le numérotage change aux limites de chaque département. Le touriste qui ne suit pas exclusivement la route nationale est donc forcé, s’il ne veut pas consulter sa carte, de retenir une suite de nombres qui n’ont pour lui aucun sens; tandis que le nom des localités le renseigne immédiatement sur la direction à suivre. Mais comment choisir le nom de ces localités pour qu’il renseigne efficacement les touristes étrangers à la région? Et parmi ceux-ci quels sont ceux qui se hasardent à voyager sans carte ?
- La solution Michelin, mûrement étudiée, a aujourd’hui un mérite primordial : elle existe.
- R. Yjllers.
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- L'ÉTÉ DE 1927 DANS LA MANCHE
- En l’an de grâce 1927, les « baigneurs » et les touristes sur les côtes de la Manche ont pu contempler tout à leur aise le cône noir. Ceux qui l’ignoraient, car ce sinistre cône est plutôt un article de la mauvaise saison, n’ont que trop bien appris à se familiariser avec son apparition aux mâts des sémaphores. Le cône, c’est l’annonce des coups de vents et des tempêtes (la pointe en haut indique des vents de la région Nord, en bas de la région Sud). Ces événements météorologiques se sont succédé avec une fréquence inusitée qu’ont pu apprécier les stoïques ayant quand même résisté à leur villégiature, prenant ainsi d’utiles leçons sur les vicissitudes de l’atmosphère et sur les forces de la nature lorsqu’elles sont déchaînées.
- Dans le domaine aérien proprement dit, on conservera le souvenir d’une nébulosité dont la persistance a été des plus remarquables. Du 15 juillet au débutd’oc-tobre, le soleil n’a fait que de rares apparitions et encore la plupart du temps était-il vu à travers un ciel trouble. Le ciel nocturne n’a pas été plus clément. Pendant la période considérée, sept nuits seulement ont été favorables entièrement aux observations astronomiques; bien entendu n’entrent pas ici en ligne de [compte les éclaircies plus ou moins étendues. Mais en général le ciel manquait de transparence, même en l’absence de nébulosité apparente. Les clichés photographiques en conservent le témoignage, car les astres n’impressionnaient que faiblement là plaque sensible ; des clichés posés 1 h. 30 n’ont donné le plus souvent que des résultats inférieurs à ceux que j’ai pu
- obtenir en 40 minutes, en temps normal. En fait l’atmosphère est restée constamment saturée de vapeur d’eau, état de choses qui s’est traduit par des journées entières de crachin ou de pluie sans discontinuité aucune. Plutôt qu’à des chiffres fournis par des instruments, adressons-nous à des faits naturels : ils nous rendent mieux compte peut-être de la répercussion des phénomènes sur l’économie du sol. Par suite de l’état hygrométrique, l’évaporation a été presque toujours nulle, comme on pouvait le constater les jours de grands vents et de soleil où la terre restait constamment humide ou même trempée. Par ailleurs, l’abondance de la rosée a été exceptionnelle, dès le début d’août.
- Peu ou pas d’orages proprement dits, mais de très nombreux grains orageux. L’averse la plus abondante paraît s’être produite, dans notre région, le 23 septembre, vers 15 heures, au cours de la tornade qui a déterminé la chute barométrique représentée par le graphique ci-contre. Pendant ce grain, dont l’approche s’est annoncée par une extraordinaire obscurité, l’eau mélangée de grêle tombait par nappes, littéralement, formant un rideau à travers lequel à un moment donné, il fut à peu près impossible de distinguer nettement un objet éloigné d’une trentaine de mètres. Cette tornade a fait rage sur la Bretagne et une partie de la Normandie causant d’innombrables dégâts. Pendant son bref passage qui a été suivi ici de quelques heures d’un ciel absolument pur, la templérature s’est abaissée à 6 degrés seulement.
- Lucien Rudaux.
- Marche d’un baromètre à mercure, à l’observatoire de Banville, le 23 septembre 1927.
- S” 10 II !2 13 14 !S !S 17 18 W 20 21 22*
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- Les vagues a l’assaut de la plage de Granville, pendant la tempête du 16 août
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- LE PYRÈTHRE INSECTICIDE
- Le Pyrethrum cinerariæfolium, ou pyrèthre de Dalmatie, est une belle plante ornementale à feuilles vertes, profondément découpées, qui donne en mai et juin Mes tiges hautes, terminées par de grands capitules ressemblant à de belles marguerites.
- Cette plante, originaire de Dalmatie et de Monténégro, croît dans des terrains secs, de très médiocre fertilité, caillouteux, calcaires ou argilo-calcaires, et ses fleurs, récollées par les montagnards et exportées surlout parle port de Trieste, font depuis longtemps l’objet d’un important commerce. La poudre de ces fleurs constitue, en effet, un insecticide puissant et forme la base de presque toutes les poudres insecticides, spécialement des poudrés à punaises.
- Nous importons en France une grande quantité de fleurs de Pyrèthre, environ 200 tonnes, et cependant vis-à-vis des Américains, nous ne sommes que de petits consommateurs, car l’année dernière le port de New-York, à lui seul, a reçu plus de 1200 tonnes. La production dalmate serait donc insuffisante si la culture de cette plante n’avait été réalisée par les Japonais à la fin du siècle dernier, vers 1885 ; chez eux, cette culture s’est rapidement développée, et d’après Tschirch, en 1916, ils exploitaient environ 500 hectares.
- En Europe, ce n’est que dans ces dernières années que cette culture s’est répandue à la suite de travaux montrant que le pyrèthre était susceptible d’être avantageusement utilisé contre la cochylis et l’eudémis de la vigne.
- En France, ce fut Heckel de Marseille qui réalisa, en 1913, la première culture industrielle; depuis, sous l’impulsion du Pr Perrot, le Comité interministériel des Plantes médicinales et l’Office des Matières premières de la Droguerie se sont efforcés de vulgariser cette culture dans le Midi de la France, mettant ainsi en valeur des terrains incultes ou peu productifs. Leurs efforts ont été couronnés de succès ; des pépinières furent établies, des plants distribués, tous les points de culture élucidés furent vulgarisés par de 'nombreuses brochures, et cette année même il y eut plus de cent hectares de pyrèthre dont le produit fut consommé en France par les industriels qui se libèrent ainsi, en partie, du tribut payé à l’étranger.
- Cette culture doit se développer encore en France, car de plus en plus la consommation de cette plante s’accroît, et lorsque la plantation est faite dans de bonnes conditions et sur des terres de peu de valeur, elle procure au cultivateur un bénéfice très appréciable. Actuellement, en effet, on utilise industriellement la plante entière, la tige fleur, qu’on peut récolter à la faucille ou même à la faucheuse, ce qui permet d’envisager la récolte dans les endroits où la main-d’œuvre est peu abondante. Lorsque la plantation est faite, il n’y a qu’à l’entretenir en fbon état de propreté par quelques binages, qui peuvent être faits la plupart du temps avec des animaux, et cela pendant plusieurs années consécutives.
- C’est la culture intercalaire de choix dans les oliviers et les amandiers de notre Provence*
- D’après les enquêtes faites dernièrement, des plants de deux ans, bien soignés, donnent en moyenne par pied 35 à 40 grammes de tiges fleurs, renfermant de 25 à 35 pour 100 de fleurs; elles ont été payées cette année à raison de 2 francs à 2 fr. 50 le kg, suivant qualité. L’estimation de la quantité produite à l’hectare est très variable, étant donné le nombre de plants qu’on peut y mettre suivant les cas ; le plus souvent, on plante de 30 000 à 35 000 pieds et dans ces conditions on récolterait de 900 à 1300 kg environ de tiges fleurs. Nous connaissons des plantations qui ont donné des résultats bien supérieurs, de 2300 à 2700 kg à l’hectare, et cela
- dans des terres très médiocres et sans aucune fumure, les plantations étaient seulement très soigneusement entretenues.
- Dans les pays où la main-d’œuvre est abondante et bon marché, au Maroc par exemple, où cette culture a été introduite et réussit bien, on récolte seulement les fleurs sans tiges, et, dans ce cas, pour répondre aux habitudes commerciales, il faut les récolter à demi fermées avant leur complet épanouissement : dans ces conditions on ne récolte guère que 300 à 450 kg de fleurs à l’hectare, mais le prix du kilogramme est de 8 à 12 francs le kg.
- Le Pyrèthre est l’insecticide le plus actif que nous connaissions actuellement, et il est toxique pour tous les animaux inférieurs; longtemps il ne fut employé que pour la destruction des insectes de nos habitations; depuis quelques années sa zone d’application s’est étendue, et il deviendra bientôt un insecticide agricole dont la diffusion n’est actuellement entravée que par son prix de revient encore élevé.
- On a reconnu que le principe actif de cette plante était localisé en grande partie dans la fleur, mais que les tiges et les feuilles en renfermaient cependant une quantité suffisante pour que son extraction soit intéressante. Les recherches de H. Staundiger et de Ruzicka de Zurich ont permis d’isoler et de bien connaître ce principe actif, qu’ils ont dénommé pyréthrines. Ces pyréthrines sont des éthers à poids moléculaires élevés, possédant le même alcool, la pyréthrolone, à fonction cétonique, et des acides très voisins comme constitution, l'acide chrysantliémique monocarbonique et l'acide chrysanthémique dicarbonique. Ces deux pyréthrines sont toujours associées et ne diffèrent au point de vue physiologique que par l’intensité de leur toxicité. Comme tous les éthers, ces corps sont facilement saponifiés par les alcalis, et il est à remarquer que les produits de dédoublement sont considérablement moins actifs. Ce fait, joint à leur insolubilité totale dans l’eau, constitue de grosses difficultés pour leur extraction et leur emploi industriel. Jusqu’à présent, on a, pour l’emploi agricole, utilisé des préparations savonneuses de pyrèthre et, en raison de leur alcalinité, elles se conservent très mal et perdent rapidement leur activité, c’est pourquoi on a été obligé d’indiquer pour leur préparation des doses de plante beaucoup trop considérables et partant trop dispendieuses, alors qu’il suffit de doses beaucoup moindres pour obtenir un effet toxique suffisant si l’on se place dans des conditions où la saponification ne peut s’effectuer.
- Les pyréthrines sont solubles dans les dissolvants organiques neutres. Cette propriété a été utilisée pour l’obtention de produits volatils, pouvant être facilement pulvérisés pour la destruction des mouches et autres insectes ailes.
- En raison de leur constitution chimique, le dosage des pyréthrines par voie chimique est pratiquement impossible, et cependant il est nésessaire de pouvoir titrer l’activité des préparations de pyrèthre ; Chevalier, après avoir élucidé le mécanisme de l’action toxique de ces composés sur les organismes vivants, a préconisé le titrage physiologique des préparations en utilisant comme réactif la grenouille qui présente une intoxication assez caractéristique.
- Les pyréthrines sont des poisons agissant sur le système nerveux et sur les muscles ; elles sont toxiques pour tous les animaux à sang froid et ne le sont pas pour l’homme et les animaux à sang chaud ; on peut injecter à un chien par voie intra-veineuse, sans accidents graves, des doses de pyréthrines dix fois supérieures à celles nécessaires pour tuer rapidement le même poids de grenouille, et jamais on n’à pu constater d’accidents chez les individus qui pulvérisent le
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- pyrèthre et absorbent cependant de fortes quantités de poussières d’une manière continue. Par contre, la toxicité de ces pyréthrines pour les animaux à sang froid est d’autant plus considérable que l’on descend dans la série animale.
- Les batraciens, les poissons, les mollusques, les insectes, les vers sont tous intoxiqués par le même mécanisme et à des doses de plus en plus faibles ; il suffit de deux dixièmes de milligramme de pyréthrines injectées dans le sac lymphatique dorsal de la grenouille pour la faire mourir en deux ou trois heures par paralysie généralisée après une période de convulsions; de même deux dixièmes de milligramme répartis sur dix centigrammes de farine déposés à l’intérieur d’un ballon de 200 cc. tuent en quelques minutes les mouches qui y sont renfermées; une chenille de cochylis touchée par une solution de pyréthrines à 1/100 000 est tuée presque immédiatement.
- L’action de ces pyréthrines sur le système nerveux se traduit par une excitation violente plus ou moins durable avec convulsions et incoordination musculaire à laquelle fait suite de la paralysie générale.
- Pendant cette intoxication, on constate également des troubles de la contraction musculaire : retard à l’excitation, augmentation de l’intensité de la contraction et lenteur exagérée de la décontraction, puis au bout d’un certain temps, on voit s’établir une curarisation vraie qui est due à l’augmentation progressive de la chronaxie musculaire alors que la chronaxie nerveuse n’est pas modifiée.
- Au fur et à mesure que l’on a amélioré les procédés utilisés pour la dispersion des préparations de pyrèthre, leurs indications pratiques se développèrent parallèlement : primitivement, la poudre de fleurs était seule employée pour la destruction des insectes parasites de nos habitations, puces, punaises, etc., et pour la conservation pendant les chaleurs de nos vêtements et fourrures attaqués par les mites ; on savait bien que cette poudre était susceptible de tuer les mouches et autres insectes ailés, et on utilisait cette propriété pour estimer l’activité des poudres commerciales ; ce n’est que depuis que l’on utilise la solubilité des pyréthrines dans les liquides organiques, que cette toxicité a pu être pratiquement étendue à tous les insectes.
- Ce sont les Américains, qui depuis de longues années se sont attachés à développer la lutte contre les mouches, les moustiques et les insectes parasites des animaux et de l’homme, propagateurs des maladies microbiennes, qui ont
- les premiers songé à pulvéïûser des solutions de principe actif de pyrèthre dans des liquides volatils, dont l’usage s’est rapidement répandu, et a développé, d’une façon inattendue, la consommation de cette plante.
- Cependant, la lutte contre les insectes parasites des végétaux a été fortement poussée en Europe et on' a essayé d’utiliser les propriétés toxiques du pyrèthre ; on a d’abord employé les pulvérisations de poudre, puis on a cherché à les remplacer, pour augmenter leur activité, par des solutions ou des émulsions de principes actifs susceptibles de mouiller les tissus animaux et végétaux, et de les fixer d’une façon plus durable ; malheureusement du fait de l’insolubilité des pyréthrines dans l’eau et de leur destruction rapide au contact avec les liquides alcalins, on a rencontré /certaines difficultés; les préparations dites savons pyrèthres, qui ont été préconisées, ne donnent des résultats satisfaisants que lorsqu’elles sont employées peu de temps après leur préparation, et on doit de préférence utiliser des émulsions neutres.
- Dans la lutte contre les maladies de la vigne : l’eudémis, la cochylis et même la pyrale, des résultats très intéressants ont été obtenus, mais il est indispensable que les pulvérisations soient faites très soigneusement et dirigées sur les grappes de raisin à protéger qui doivent être mouillées par le liquide.
- Le pyrèthre a donné également d’excellents résultats contre les ennemis des cultures potagères, fruitières et florales ; il permet de détruire tous les pucerons qui attaquent nos légumes, les tenthrèdes de la rave, les processionnaires, les noctuelles de la laitue, du chou, les chenilles du chou; les altises des plantes potagères, et spécialement des crucifères sont détruites, même sous forme adulte.
- De même, les pucerons et la plupart des chenilles défolia-trices des plantes florales sont combattues avec succès par des pulvérisations pratiquées de façon à toucher l’insecte, car le pyrèthre ne tue que par contact, et le plus souvent les insuccès proviennent d’une mauvaise technique.
- Le pyrèthre est donc appelé à devenir un insecticide précieux pour l’agriculteur; comme il n’est toxique ni pour l’homme, ni pour les animaux, et qu’il ne détériore en aucune façon les organes végétaux, il sera de plus en plus l’insecticide de choix pour la destruction des parasites des végétaux et des animaux.
- Dr J. Chevalier.
- = HYGIÈNE ET SANTÉ E LE SUCRE DANS L’ORGANISME
- L’insuline n’est pas seulement un merveilleux médicament. Elle est aussi un instrument de recherche qui a puissamment aidés à défricher un chapitre de physiologie jusqu’ici fort mystérieux : celui de l’utilisation du sucre ou, plus exactement, du glucose par l’organisme. C’était là, en effet, un domaine dont nous savions fort peu de choses et, au sujet duquel, des discussions ardentes eurent lieu. On se souvient encore avec quelle énergie fut combattue l’opinion de savants qui, comme Duclaux ou Stoklasa, voulaient que le sucre, avant d’être brûlé par l’organisme, passe par un stade alcool et pour qui, en conséquence, consommer du vin, par exemple, économise un travail préparatoire à nos cellules et à nos humeurs.
- La biochimie actuelle a fait oublier ces discussions, grâce aux travaux de Fisher, d’Irving, d’Embden et de tant d’autres, en apportant une moisson de faits singulièrement riche, au spectacle de laquelle on aurait peine à ne pas trouver un puissant intérêt théorique, augmenté encore par des conséquences pratiques.
- On comprendra tout de suite la complexité du problème en se remémorant ces faits fondamentaux : le sucre ingéré arrive dans le sang sous forme de glucose et en disparait au fur et à mesure pour se transformer en glycogène, amidon animal qui est, comme l’amidon végétal, un produit de condensation ou un polymère du glucose. Ensuite il donne aux muscles, en brûlant, la force vive dont ils ont besoin pour se
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- contracter. Que, pour une raison ou pour une autre, le pancréas ne secrète plus d’insuline, le glucose ne peut plus ni être transformé en glycogène et mis en réserve, ni utilisé par les cellules qui en auraient besoin. L’insuline aide donc à une double fonction de synthèse ou de polymérisation d’une part, de combustion ou de dégradation, d’autre part.
- Quel rôle exact joue l’insuline en celte affaire ? Mise en présence d’une solution de glucose ordinaire cette hormone du pancréas n’a aucun effet. Il faut, pour qu’elle agisse qu’on lui ajoute de la pulpe de muscles. Alors on observe une modification singulière. Tandis que le pouvoir rotatoire du mélange diminue rapidement, son pouvoir réducteur reste le même comme par une sorte de dissociation entre les deux propriétés caractéristiques et essentielles du glucose : pouvoir réducteur, dû à la fonction aldéhyde et pouvoir rotatoire, dû aux quatre atomes de carbone asymétrique, de ses 4 fonctions alcool secondaire.
- Comment expliquer ces faits ? D’abord il faut admettre que dans la pulpe de muscle il existe un co-ferment qui associe son action à celle de l’insuline. A ce co-ferment on a donné le nom de glucomutine et c’est à peu près tout ce que nous en savons jusqu’ici.
- En outre, il faut trouver une formule de glucose qui explique ce changement de propriétés. Jusqu’ici on avait pu isoler et identifier deux formes de glucose, le glucose alpha et le glucose bêta, dont le pouvoir rotatoire est différent mais qui, en solution, se transforment l’un en l’autre en proportions telles que le pouvoir rotatoire est toujours de 52°,5. Avec les notions nouvelles on a d’abord dû admettre que la formule développée du glucose n’est pas une simple chaîne formée par les 6 carbones des groupes suivants : aldéhyde, 4 alcools secondaires, alcool primaire ; elle doit comprendre une liaison cyclique réalisée par un atome d’oxygène qui unit le 1er et le 4° atome de carbone. C’est là ce qu’on considère aujourd’hui comme un oxyde butylène.
- Sur ces bases on a conclu ensuite à l’existence d’un 3e glucose appelé glucose gamma par Irving et néo-glucose par Lundsgaard et Holboell. L’atome d’oxygène lierait, dans ce glucose, le 1er et le 3° carbone ou peut-être le 1er et le 2e carbone. Cette forme, qui n’a pas encore été isolée, mais dont on croit connaître certains composés, a un pouvoir rotatoire inverse des 2 précédentes sans que son pouvoir réducteur soit modifié. Elle est très instable et par conséquent beaucoup plus apte que les autres à se combiner. C’est en somme, à produire cette forme, la seule utilisable pour l’organisme, que travaillerait l’attelage insnline-glucomutine et elle est décelée par l’abaissement du pouvoir rotatoire du mélange : pulpe de muscle-glucose-insuline.
- Que devient le glucose gamma ainsi produit ? Il se transforme d’abord en glycogène, puis, comme l’a montré Embden, il s’associe à l’acide phosphorique combiné à des composés organiques et constitue ainsi le lactacidogène. Le lactacido-gène se transforme à son tour en acide lactique qui, pour une part, est brûlé en fournissant de la force vive aux muscles et, pour une autre part, est retransformé en glucose qui recommence le cycle compliqué.
- On voit que l’insuline est indispensable au cours du travail physique, car sans elle il n’est ni néo-glucose, ni lactacidogène possible. Elle est d’ailleurs vraisemblablement indispensable pour beaucoup d’autres choses si on en juge par le nombre chaque jour plus grand de cas pathologiques dans lesquels elle se révèle comme un médicament remarquable. Il en est ainsi notamment dans la maigreur et dans le manque d’appétit sans cause bien apparente. En pareil cas, une dose d’insuline donne un appétit qui est véritablement féroce et qui mène parfois à une syncope s’il n’est promptement satisfait. On imagine combien ce fait peut être utile pour faire
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- manger certains malades dont aucun mets n’excite plus les papilles gustatives. Mais ce médicament est d’un emploi délicat : il ne s’administre que par injections et il est d’un prix élevé.
- On peut cependant obvier à ces divers inconvénients par une méthode surprenante. Pour comprendre comment cette méthode agit, il faut savoir que la production d’insuline par le pancréas n’est pas continue. Une certaine quantité de sang prise chez un individu quelques heures après un repas riche en glucose ou, ce qui revient au même, en amidon, produit, s’il est injecté chez un diabétique, des effets identiques à ceux d’une dose appréciable d’insuline. Au contraire le sang d’un individu à jeun ne produit aucun effet semblable. Beaucoup d’autres constatations du même genre parlent dans le même sens et montrent qu’à jeun notre organisme est dépourvu d’insuline, fait qui ne doit pas être étranger à l’inappétence et au manque d’entrain qui s’observent si souvent le matin au réveil.
- En administrant des hydrates de carbone et surtout du sucre, on fait donc apparaître de l’insuline dans le sang; par suite, on stimule l'appétit. Telle est la raison pour laquelle un médecin viennois, le Dr Depisch, vient de proposer avec beaucoup de sagesse, semble-t-il, un petit déjeuner sucré pour donner faim et faire engraisser. Les travaux de physiologie les plus modernes apportent ainsi une confirmation
- H OH
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- H— C - OH |
- I O
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- H — C —OH
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- C -H?OH
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- Glucose alph<
- Glucose bêta
- Glucose ÿamma
- Fig. 1. — Les nouvelles formules du glucose.
- éclatante au vieux proverbe, d’après lequel l’appétit vient en mangeant.
- Voici comment notre médecin conseille de procéder pour stimuler la production d’insuline. Il fait ingérer, le matin, à jeun, deux tasses de thé, additionnées chacune de 7 à 8 morceaux de 5 grammes de sucre. Deux à trois heures plus tard, il fait prendre un bon repas. Il arrive ainsi au cours de cures qui, selon lui, ne doivent pas dépasser 3 semaines, à faire prendre un gain appréciable aux gens trop maigres. Sans arriver à des doses aussi élevées, sauf d’une manière toute passagère et dans des cas spéciaux, on peut cependant penser, sur la foi de ces recherches à la fois théoriques et pratiques, qu’il y a tout intérêt, pour qui veut dès le matin se sentir vigoureux et en appétit de travail comme d’aliments — car les deux choses sont le plus souvent solidaires ! — à prendre de très bonne heure des choses très sucrées, disons, pour être plus éclectique que le médecin viennois, des confitures ou du miel. Personne ne se plaindra de ce remède (’).
- D1 P.-E. Morhardt.
- 1. Voir pour plus de détails : F. Depisch. Ueber die Verwendung des « Zuckerfrühstückes » zur Erzeugung von Hunger und zur Mas-tung. Klinische Wochenschrift, 22 janvier 1927, n° 4. — G.Florence et J‘ Enselme. Chimie des principes hypoglycémiants. Journal de Médecine de Lyon, 5 sept. 1927, n° 184. — II. Staub, Ueber den Wirkungsmechanismus des Insulins. Schwei-zerische Medizinische Wochenschrift, 21 mai 1927, n° 21.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- Ce qu’on a vu au Salon de 1927.
- On n’a pu voir au Salon de 1927, pas plus qu’au Salon de 1926 d’ailleurs, un grand nombre de véhicules entièrement originaux établis suivant des principes essentiels tout à fait nouveaux.
- A part deux ou trois châssis très curieux et très différents des modèles classiques, mais de construction non encore adaptée à des usages utilitaires, tous les modèles exposés étaient, en réalité, réalisés suivant des données de construction analogues par leurs principes essentiels, sinon par leurs détails définitifs de fabrication.
- Il en est ainsi dans toutes les industries arrivées à un aussi haut degré de perfectionnement que l’industrie automobile, mais la stabilité apparente des principes techniques n’exclut pas une transformation incessante et profonde de la fabrication, transformation produite non par des changements brusques et évidents mais par une continuelle modification des détails, qui, considérés par eux-mêmes, paraissent insignifiants et ne sont importants que par leur nombre et leur répétition.
- L’automobile type de 1927 ne ressemble certes pas à l’automobile de 1910, et, pourtant, elle comporte les mêmes organes établis suivant les principes essentiels analogues : moteur, changement de vitesse, pont arrière, magnéto, carburateur, etc.
- Les solutions proposées dans les débuts de l’automobile, après avoir été longtemps abandonnées, semblent même revenir en honneur : l’allumage par bobines et batteries, rendu de nouveau pratique par les perfectionnements de l’installation électrique d’éclairage et de démarrage était adopté sur un grand nombre de châssis, et la vogue actuelle des moteurs six-cylindres n’est même guère très nouvelle, puisque cette solution était déjà préconisée il y a vingt ans !
- Ces considérations rétrospectives et philosophiques ne signifient nullement, certes, que l’on ne doive pas admirer les très grands progrès réalisés cette année, et les efforts accomplis par nos constructeurs pour orienter leur fabrication dans des voies toujours nouvelles, malgré les conditions économiques les plus défavorables.
- On a pu dire que le Salon de 1927 était avant tout le Salon du confort et du bon marché et l’on a pu remarquer, en effet, que la voiture de petites dimensions, aux carrosseries exiguës, à deux ou trois places, au moteur de faible cylindrée tournant à un régime de rotation très rapide, n’était représentée, à tort ou à raison, que par de rares exemplaires; elle cédait la place, le plus souvent, à un modèle de voiture utilitaire, de carrosserie spacieuse et confortable, à quatre ou même à six places, munie d’un moteur de puissance moyenne, très souple et à vitesse de rotation relativement réduite.
- Ce souci d’assurer le plus grand confort possible aux usagers delà route était démontré par la disparition presque absolue des carrosseries découvertes genre torpédo, et par les recherches des perfectionnements les plus détaillés delà suspension, de la garniture des carrosseries et de la simplification de toutes les manœuvres de conduite et d’entretien.
- L’apparition de nombreux modèles six-cylindres doit être considérée, de même, comme un effort tenté par les constructeurs pour accroître encore l’agrément du conducteur et du voyageur en rendant plus aisée la conduite par l’augmentation de la souplesse du moteur (suppression des changements de vitesse) et plus agréables les voyages par l’atténuation de toutes les vibrations et des bruits.
- 11 est évident, d’autre part., que l’on peut attribuer sans crainte à cette exposition le titre de Salon du bon marché. Il suffit seulement d’indiquer que les constructeurs sont parvenus à réaliser grâce à une construction en série, non seulement des châssis, mais des carrosseries, des véhicules à conduite intérieure à quatre ou six places très confortables, luxueusement garnis, munis d’un très grand nombre d’accessoires (y compris démarrage et éclairage électrique), pouvant transporter quatre à six voyageurs à plus de 80 km. à l’heure pour un prix inférieur, en général, à 30 000 francs, ce qui représente à peine 6000 francs d’avant-guerre !
- Peut-être est-il bon de rappeler que vers 1910 une automobile pouvant rendre des services analogues avec moins de confort, et munie de fort peu d’accessoires (la plupart n’existaient pas à ce moment), valait une vingtaine de mille francs, somme qui. représente plus de cent mille francs en francs-papier actuels.
- L’influence réciproque des techniques française et américaine en automobile.
- Nous avons indiqué dans une récente chronique que les constructeurs américains avaient modifié leur fabrication, et plus spécialement leurs carrosseries, sous l’influence des théories européennes, et pour pouvoir conquérir une place sur le marché européen, mais il semble bien qu’à son tour la technique, européenne et surtout française, subisse actuellement très fortement l’influence américaine.
- Pour imiter les constructeurs américains qui munissent de moteurs à six cylindres toutes leurs voitures de tourisme, on voit nos fabricants s’efforcer de réaliser des voitures à six cylindres, bien qu’en général de plus faible alésage qu’en Amérique.
- Ces moteurs à six cylindres français sont équipés, comme en Amérique, avec dispositifs d’allumage par bobines et batterie.
- La carrosserie souple recouverte de simili-cuir est fortement concurrencée, sous l’influence américaine aussi, par la carrosserie en tôle, genre tout acier, recouverte d’enduit cellulosique et garnie de velours comme en Amérique.
- Il est évident que l’on ne pouvait continuer indéfiniment à accroître la vitesse de rotation des moteurs de faible cylindrée destinés à équiper des voitures utilitaires, car, si l’on arrivait ainsi à obtenir un très haut rendement économique, on diminuait le confort et l’agrément de conduite de l’automobile.
- L’influence américaine peut donc être favorable en orientant nos constructeurs vers une juste mesure, entre le souci de l’économie indispensable en France, et le souci de maintenir le confort également indispensable.
- Il est évident, d’ailleurs, que les conditions d’utilisation des automobiles en France sont toutes différentes de ce qu’elles sont en Amérique ; les exagérations commises aujourd’hui par les fabricants sous l’influence américaine seront donc très vite condamnées par la pratique, et les solutions moyennes adoptées définitivement satisferont la clientèle de plus en plus grande des usagers français.
- Un vérificateur immédiat de pression des pneus.
- Les pneus Confort, employés presque uniquement aujourd’hui, sont gonflés sous une pression assez faible, généralement voisine de 2 atmosphères, mais il est nécessaire, pour la bonne marche du véhicule, et l’entretien des enveloppes,
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- Chape (g)
- Entoilage
- Chambre a air
- Patin venant ' en contact avec la paroi{ du pneu
- Tête mobile arrondie
- Aiguille
- indicatrice
- Fig. 1. — Le gonflomètre, appareil permettant la aérification immédiate de la pression des pneus. I, vue perspective. II, coupe. III, mode d’emploi.
- de vérifier assez souvent que la pression dans la chambre à air est bien conforme aux indications du constructeur, et qu’elle est uniforme dans les différents pneus.
- Cette vérification s’effectue généralement au moyen d’un petit manomètre se fixant sur la valve lorsqu’on a retiré le chapeau.
- Cette opération est facile, mais elle est relativement ennuyeuse et longue parce qu’on ne peut dévisser ce chapeau de valve qu’avec l’aide d’une pince.
- On vient d’inventer un appareil de petites dimensions et de prix modique permettant d’effectuer cette vérification immédiatement et sans aucun démontage.
- Le fonctionnement de ce petit accessoire est basé sur le principe suivant : un mobile appuyé sur la surface d’un pneu par une force constante détermine la formation d’une cavité d’autant plus profonde que le pneu est moins gonflé.
- I L’appareil comporte donc un petit mobile métallique qui peut coulisser sous l’action de la force d’un ressort à boudin, prenant appui sur l’appareil (fîg. 1). Les déplacements du mobile sont considérablement amplifiés au moyen d’un système de leviers agissant sur une aiguille de repère (fîg. 1).
- Pour mesurer la pression d’un pneu, on appuie sur lui le
- Fig. 2. — Réchaud à acétylène pour camping.
- I, plié. II. en position d’emploi, III; le réchaud relié par un tube de caoutchouc à la bouteille d’acétylène.
- patin antérieur, de façon que le contact avec la paroi latérale rende la mesure indépendante de l’effort de l’opérateur.
- La pression de l’air dans la chambre est une fonction de la profondeur de la cavité formée sous la pression du mobile qui tend à déformer la paroi sous l’effort constant du ressort.
- Un état d’équilibre s’établit instantanément.
- C’est cette profondeur qui, mise en évidence avec amplification par le déplacement de l’aiguille indicatrice, permet de déterminer instantanément la pression du pneu.
- Cette aiguille reste, d’ailleurs, bloquée de façon à permettre une lecture facile, et l’opérateur la ramène au zéro après cette lecture.
- L’étalonnage expérimental tient compte de la raideur propre de l’entoilage, et l’exactitude des indications fournies est très suffisante.
- Un réchaud à acétylène pour camping.
- La plupart des automobiles sont munies actuellement de dispositifs d’éclairage électrique, mais beaucoup sont équipées également avec un système de secours, à acétylène, par exemple, avec bouteille d’acétylène dissous.
- A. l’intention des automobilistes qui possèdent ce dispositif, un petit accessoire nouveau très pratique, et qui rendra les plus grands services pour le camping, vient d’être réalisé.
- Cet accessoire est un réchaud de poche de petites dimensions une fois plié (0 m. 15), de poids réduit (400 gr.) et qui s’adapte directement à une bouteille à acétylène au moyen d’une canalisation en caoutchouc (fig. 2).
- Ce réchaud, dont la forme est indiquée en détail sur la figure 2, permet de préparer une grillade en moins de dix minutes ou de faire rapidement du café, par exemple ; son pouvoir calorifique est aussi grand que celui d’un réchaud à
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- Fig. 3. — Epurateur d’huile centrifuge.
- I, aspect extérieur.
- II, les diverses pièces dont se compose l’appareil.
- gaz et il permet de faire la cuisine dans les mêmes conditions que dans une cuisine ordinaire.
- Epurateur d’huile centrifuge.
- L’épuration intégrale de l’air, de l’essence ou de l’huile d’alimentation est désormais appliquée sur la plupart des automobiles.
- Beaucoup de filtres à huile sont statiques, l’huile souillée d’impuretés traversant simplement une matière filtrante.
- L’épuration centrifuge d'un principe bien connu déjà appliqué dans l’industrie permet évidemment d’obtenir une bonne solution du problème, et c’est pourquoi un fabricant d’accessoires a présenté récemment un épurateur de ce principe qui se branche sur le carter de l’automobile et épure constamment l’huile de ce carter avec une grande vitesse, l’huile passant en moyenne deux fois par minute dans l’appareil (fig. 3).
- Le rotor de l’épurateur peut être commandé de différentes façons, par exemple, au moyen d’une poulie solidaire du ventilateur, ou encore au moyen d’un flexible actionné par une poulie motrice fixée sur l’arbre de transmission (fig. 4).
- Ecrans pare-pierres pour radiateurs et phares.
- Rien de plus fragile, évidemment, et de plus exposé à tous les accidents de la route dans une automobile que le radiateur et les phares, généralement placés à l’avant de la voilure.
- Les pare-chocs, de modèles très différents, employés si souvent aujourd’hui ne protègent guère le radiateur et les phares, que des détériorations causées par d’autres voitures, et encore bien incomplètement.
- Et c’est pourquoi, on a pu remarquer au Salon de 1927 qu’un grand nombre de modèles étaient munis d’écrans métalliques treillagés pare-pierres en métal inoxydable d’un aspect fort esthétique.
- Ces écrans, établis par les constructeurs pour tous les modèles de voitures courantes, sont simplement montés en avant du radiateur, et ils n’empêchent nullement le refroidissement de celui-ci (fig. 5).
- Ils sont peut-être un peu moins pratiques pour la protection des phares parce qu’ils diminuent légèrement leur pouvoir éclairant ; mais, en tout cas, leur montage et leur démontage sont très rapides.
- Fig. 4. — Montage d’un épurateur centrifuge sur un châssis.
- L’épurateur est commandé par poulie fixée sur l’arbre de transmission
- et par flexible.
- i, épurateur. 2, pompe de l’épurateur. 3, équerre de fixation. 4, raccord d’arrivée d’huile de la pompe. 5, retour au carter de l’huile épurée. 6, commande flexible de l’épurateur. 7, patte de fixation de l’extrémité du flexible. 8, poulie motrice. 9, poulie réceptrice. 10, courroie.
- Fi ». 5. — Il est dé mode aujourd’hui de munir radiateurs et phares d’écrans pare-pierres en métal inoxydable.
- On verra donc sans doute l’usage de cet accessoire de luxe augmenter surtout pour les voitures rapides, évidemment plus exposées aux accidents dus aux projections des pierres soulevées par la rotation des roues. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Indicateur de pression « Gonflomètre » : Etablissements Repus-seau, 75, rue Danton, Levallois-Perret (Seine).
- Réchaud à acétylène : Appareils Magondeaux, 83, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, Paris (17e).
- Epurateur Centrifuge : Établissements Payet, 40, rue des Petits-Champs, Paris.
- Pare-pierres : Établissements Le Tellier, 85, rue Chapial, Levallois-Perret (Seine).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Coopération de l’Observatoire de Zi-Ka-Weï à la révision internationale des longitudes (Annales de l’Observatoire Astronomique de Zo-Sé). 1 vol. illustré, 156 p. Imprimerie de la Mission Catholique à Chang-Hai, 1927.
- En 1925, la Commission internationale des longitudes décidait de déterminer, au moyen de la télégraphie sans fil et avec le maximum de précision, la longitude des 3 stations réparties à peu près sur un même parallèle : Alger, Chang-Hai, San-Diego (Californie). Pour la station de Chang-Hai cette mission fut assumée par les savants pères Jésuites de la mission catholique qui équipèrent à cet effet leur observatoire météorologique de Zi-Ka-Weï. Le présent volume donne le compte rendu des observations faites sous la direction du R. P. Chevalier, et avec la collaboration de M. Fayet, de l'Observatoire de Nice, par le personnel français et chinois de l’Observatoire astronomique de Zo-Sé.
- L’Industrie sucrière de France, 1 brochure illustrée. 171 p. Editeur : L’Action Industrielle et Commerciale, 3, rue des Italiens. Paris, 1927. Prix : 15 francs.
- Ce travail, rédigé sous la direction et avec la collaboration de M. Saillard, le savant spécialiste en matière de sucre, expose dans un certain nombre d’études l’état actuel de l’industrie sucrière, son matériel et ses méthodes, ainsi que les problèmes essentiels qu’elle a à résoudre pour réaliser de nouveaux progrès.
- Die natürlichen Pflanzenfamilien, par A. Engler et K. Prant. 2e édition revue et augmentée par A. Engler, Vol. III. Chlorophyceæ, par II.i Printz, 1 vol. in-8, 463 p., 366 fig. Wilhelm Engelmann, Leipzig, 1927. Prix : 35 m . ; relié, 41 marks.
- Ce nouveau volume le l’énorme ouvrage d’Engler qui vient de paraître traite des algues du groupe des Chlorophycées, ou alguesi vertes, en y comprenant les Conjuguées, les Hétérocontées et les Charophytées. Après une courte introduction sur leur structure, leur reproduction et leur distribution géographique, les familles sont passées en revue, genre après genre, avec de nombreuses figures et indications bibliographiques qui font de cette œuvre .une publication fondamentale en botanique, comme nous l’avons déjà dit, à propos des autres volumes antérieurement parus.
- Faune de France. 16. Polychôtes sédentaires, par Pierre Fauvel. 1 vol. in-8, 494 p., 152 fig. Paul Lechevalier, Paris, 1927. Prix : 75 francs.
- Nous avons à maintes reprises attiré l’attention de nos lecteurs sur l’œuvre entreprise par l’Office central de Faunistique, de la Fédération française des sociétés de sciences naturelles ; l’inventaire complet de notre faune. On en conçoit aisément l’importance et l’intérêt. Les volumes se succèdent régulièrement et en voici le seizième, consacré aux Annélides sédentaires, par le professeur de zoologie de l’Université catholique d’Angers. Il fait suite à celui du même auteur paru en 1923 sur les Annélides errantes et les deux embrassent ainsi tout le groupe des Polychètes, dont les espèces sont si nombreuses et parfois si difficiles à déterminer.
- Rédigé sur le plan commun à tous les livres de la Faune, il donne en une série de tableaux les moyens, de reconnaître les familles, les genres et les espèces, puis chacune est décrite et suivie de l’indication de sa distribution géographique. 2004 dessins précisent le texte et représentent les caractères spécifiques importants.
- L’œuvre du professeur Fauvel est capitale; elle sera le guide de tous les zoologistes qui voudront aborder le groupe des Polychètes ; elle montre une érudition et une somme de travail considérables, aboutissant à une œuvre remarquable de clarté et de simplicité.
- A. Bird Book for the pocket, par Edmuxd Sandars. 1 vol. in-16, 246 p., 319 fig. en couleurs. Oxford University Press. Ilumphrey Milford, London. 1927. Prix : cartonné toile, 7 sh. 6 d.
- Très heureux petit livre. Les figures en couleurs d’oiseaux et d’œufs sont si intelligemment traitées, si vivantes qu’elles suffisent le plus souvent pour reconnaître les espèces d’après leur port, leurs couleurs, leurs attitudes. En face de chaque figure, un texte court, précis, donne tous les renseignements utiles : taille, plumage, différences sexuelles, habitat, migrations, vol, marche1, chant, nourriture, etc. Le tout est précédé de notions générales sui-da classification, la forme, la biologie; c’est un guide très peu volumineux, et qui plaira à tous : naturalistes et artistes, par sa magnifique et vivante illustration.
- Animai Ecology, par Charles Elton, 1 vol. in-8, 207 p., 13 fig., 8 pl. Texts boolo of animal biology. Sidgwick et Jackson, Londres, 1927. Prix : relié 10 sh. 6 d.
- Livre original et passionnant dans lequel l’auteur examine l’équilibre des communautés animales vivant sur un même sol. Au lieu de la vieille conception simpliste de la bataille pour la vie, de la lutte entre ennemis, de la survivance des plus aptes, il analyse la distribution des êtres, leur succession, les facteurs du milieu, le rôle des parasites et il aboutit à la notion que le nombre des animaux est en équilibre statique, dépendant de leur prolifération, de l’abondance de leur nourriture, du nombre de leurs concurrents, de leurs possibilités de dispersion, etc. Il dégage l’idée d’une densité optima parfaitement réglée, nécessaire; il montre les effets fréquents d’un déséquilibre temporaire, cyclique chez certaines espèces. Il termine en situant le problème écologique dans l’ensemble de la biologie et indique les moyens de l’aborder.
- La psychologie comparée, par M. Coldsmith. 1 vol. in-16, 354 p., 35 fig. A. Costes, Paris, 1927. Prix : 15 francs.
- Yoici un exposé très complet des études récentes sur la « psychologie » des animaux. On y trouve clairement exposées et classées les études sur les tropismes, les réflexes, les instincts, la mémoire, les associations, les habitudes, depuis les réflexes simples des Protozoaires jusqu’aux opérations intellectuelles des singes. L’ensemble des faits déjà acquis présente un très grand intérêt et pose une fois de plus le grand problème de la conscience chez les êtres vivants autres que l’homme.
- Histoire des peuples Mayas-Quichés (Mexique, Guatémala, Honduras), par Genet et Chelbatz. 1 vol. in-8, 255 p. Editions Genet, 199, rue de Grenelle, Paris 1927.
- On connaît trop peu l’histoire des civilisations précolombiennes en Amérique, leurs luttes contre les envahisseurs, leur ruine, l’éveil actuel de 1’ « indianisme » en Amérique latine. Yoici tout ce qu’on sait aujourd’hui d’une de ces civilisations, celle des Mayas-Quichés, qui se place entre les empires du Mexique et du Pérou. L’ouvrage commence par la description géographique des pays habités par les Mayas-Quichés, leurs divisions linguistiques, les chronologies, puis il examine les migrations, la conquête du Yucatan, l’arrivée des Espagnols et dépeint les descendants actuels de ces races antiques. Pour beaucoup, ce livre sera une révélation et ils seront étonnés d’y découvrir l’histoire d’un peuple dont la culture égala celle de beaucoup d’autres du monde antique européen.
- Lés parfums, par R. Le Florentin, 2e édition. 1 vol. in-16 broché dexvi-264 p., 16 fig. Desforges, Girardotet Gie, éditeurs. Paris, 1927. Prix : 27 fr.
- On trouve dans ce recueil un dictionnaire des matières premières servant en parfumerie, un formulaire pour la préparation des extraits, bouquets et eaux parfumées diverses, des cartes et poudres à sachets, des vinaigres et sels révulsifs ; les fumigations parfumées, les parfums comestibles, les parfums pour savons sont l’objet de monographies.
- Au pied des volcans polaires. Notes d’un voyage aux Féroë, à Jan-Mayen et en Islande, par Raymond Chevallier,
- I vol. in-8, 108 p., 27 pl., 1 carte, Lanore. Paris, 1927. L’auteur, préparateur de physique mathématique au Collège de
- France, étudie depuis plusieurs années le magnétisme des roches. En 1925, il accompagna le Dr Charcot, à bord du Pourquoi-Pas? dans son voyage à Jan-Mayen et au Groenland, pour récolter des échantillons, des roches des volcans polaires. Voici le récit de cette expédition, racontée, jour par jour, d’une manière si vivante qu’on en vit toutes les péripéties et qu’on croit en être.
- Le monopole des Tabacs. Office d’Etat ou Liberté?
- par Alfred Lamarque. 1 vol. in-8, 164 p. G.’Doin, éditeur, Paris, 1927. Prix : 15 francs.
- Un ancien ingénieur des tabacs étudie ici à fond le monopole actuel des tabacs et recherche le mode de gestion susceptible d’assurer à l’Etat le meilleur rendement fiscal..
- II décrit d’abord l’organisation et le fonctionnement actuels de tous les sei’vices du monopole. Il en expose les résultats financiers et montre la médiocrité de leur rendement.
- Des réformes s’imposent : ou bien une gestion rationnelle établie suivant les règles modernes appliquées dans les grandes industries, ou bien, et c’est la solution vers laquelle penche l’auteur, la liberté complète de la culture, du commerce et de l’industrie des tabacs.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances âéOctobre 1927
- BACTÉRIOLOGIE
- Le bacille de Koch et la tuberculose canine
- (MM. Lesbougries et Yerge). — C’est au sein de liquides pathologiques recueillis, par ponction, du thorax ou de l’abdomen, chez des chiens naturellement infectés (pleurésie ou ascite), que les auteurs ont recherché les formes filtrantes du bacille tuberculeux.
- Leurs expériences sont concluantes ; .le virus filtrable fournit, après inoculation au cobaye, de nouvelles formes acidorésistantes qui permettent de fermer le cycle des transformations que subit le bacille de Koch.
- PHYSIQUE MOLÉCULAIRE
- Sur la rigidité des liquides (MM. G.-P. Arcay et P. Etienne). — Voici quarante ans, Schwedoff a montré que, placée entre deux cylindres coaxiaux dont l’un, le cylindre intérieur, était suspendu à un fil long et fin, une solution à 5/1000 de gélatine chauffée possède, après refroidissement et repos de quelques heures, la propriété d’équilibrer par sa déformation la torsion du fil. Il indiquait d’ailleurs que l’élasticité est parfaite si la déformation ne dépasse pas une certaine limite et ne dure qu’un moment; dans le cas contraire, il naîtrait une déformation résiduelle qui croîtrait avec la durée delà déformation primitive.
- Enfin, ce même savant avait tenté de relier, du point de vue de la théorie, la rigidité à la double réfraction accidentelle.
- Repris par Colin, en 1893, les mêmes essais n’avaient pas permis de constater que cette rigidité s’annule quand la durée de la déformation tend vers l’infini, et c’est ainsi qu’en utilisant un dispositif analogue à celui de Schwedoff, MM. Arçay et Etienne ont opéré sur la gélatine, la glycérine, l’huile de lin, l’huile d’olive, les pseudo-solutions d’albumine, de caséine, de gélose, d’amidon... enfin le collodion, à différents états de concentration.
- Toutes les mesures faites confirmèrent les conclusions de M. Colin, sans infirmer cependant les résultats de Schwedoff, à la condition de donner son sens le plus rigoureux à l’expression « dans les limites d’une expérience » employée par ce physicien.
- En deux heures, par exemple, la rigidité demeure constante, mais elle croît très rapidement avec le vieillissement des liquides.
- CHIMIE MINÉRALE
- La purification de la glucine (MM. Chauvenet et E. Duchemin). — Les seules méthodes employées dans ce but étaient jusqu’ici celles de Lebeau, de Wyrouboff et de Havery et Waÿ, soit qu’on transformât le produit impur en un carbonate double ou un oxalate, soit qu’on le soumît à l’action d’un mélange de chlore et d’acide chlorhydrique.
- Les auteurs ont utilisé l’action chlorurante du composé COC12 en renfermant la glucine commerciale dans un tube de silice, présentant à l’avant et à l’arrière une plaque en porcelaine perforée et maintenue vers 450° à l’aide d’une grille à analyse, d’un four à résistance ou d’un couple thermoélectrique. Les oxydes Fe203 et H203 sont transformés en chlorures volatils qui se déposent dans une série de flacons,
- alors que les sels CaCl3 et G1C12 restent fixes. On reprend par l’eau le contenu du tube; seuls le chlorure CaCl2 elle peu de sel correspondant G1C12 qui s’est formé passent en solution et l’on obtient ainsi la glucine chimiquement pure avec un rendement de 80 à 85 pour 100.
- CHIMIE PHYSIQUE
- L’emploi des dépôts électrolytiques de cadmium
- (MM. J. Cournot et J. Bary). — Pour la protection des aciers et des divers alliages de cuivre contre la corrosion, les dépôts du métal Cd semblent particulièrement efficaces. Contrôlée par de nombreux essais de pliage et d’emboutissage, leur adhérence est au moins égale à celle des autres métaux; l’opacité est excellente, et la non-perméabilité rend le cadmium bien supérieur au nickel dont les dépôts sont toujours plus ou moins poreux, même lorsqu’on ajoute des colloïdes, ou qu’on élève la densité du courant. Enfin, à épaisseur égale, la « durée de tenue » du cadmium à la corrosion atmosphérique est trois fois plus longue que celle du zinc.
- Par contre, le cadmiage présente deux inconvénients : le manque de dureté et la perte assez rapide du « brillant ». Aussi MM. J. Cournot et J. Bary ont-ils tenté d’obtenir un double dépôt de cadmium et de nickel en augmentant la teneur du bain d’électrolyse en cyanure alcalin et en remplaçant les électrodes de fer, en tout ou partie, par des électrodes de métal Cd. Les résultats ont indiqué que ce mode de recouvrement présentait un avantage incontestable sur le dépôt cuivre-nickel et l’on peut signaler que la présence du cadmium dans les bains de nickelage, soit sous forme d’anodes, soit sous forme de pièces recouvertes de ce métal, améliore nettement la couche de nickel en augmentant le brillant final et, semble-t-il aussi, la finesse du dépôt.
- BIOLOGIE GÉNÉRALE
- L’influence de la paroi des vases sur les réactions des animaux (Mme Anna Drzewina et M. Georges Boiin).— Norvrish a signalé que l’union du brome à l’éthylène se réalise environ deux fois plus vite, au-dessus d’une surface d’acide stéarique qu’au-dessus d’une surface de verre; mais elle ne s’obtient que difficilement en présence de paraffine. Ce fait semblerait indiquer une sorte d’action polarisante de la part de certains corps, et la note de Mme Drzewina et de M. Bohn, établit que le contraste indiqué par Norrish pour les réactions de chimie minérale se retrouve dans les réactions qui ont lieu chez l’être vivant.
- Comme réactif des organismes marins, les auteurs ont choisi les Convoluta, qu’ils savaient doués d’une polax'ité prononcée et d’une grande sensibilité vis-à-vis des agents physiques et chimiques, et fait porter quelques expériences sur des infusoires, les Paramécies. Des résultats obtenus, il apparaît nettement que l’acide stéarique catalyse certaines réactions nuisibles à l’être vivant, la paraffine ayant, par contre, des effets inhibiteurs.
- Ce fait est à rapprocher de ceux qu’a signalés M. Delezenne : le sang ne se coagule pas dans les vases paraffinés et le suc pancréatique, additionné d’un sel de calcium y reste inactif pendant un ou plusieurs jours, alors qu’au contact du verre il s’active en quelques heures. Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS ~ 569
- PRIX NOBEL
- Le Prix Nobel de Physique pour 1927.
- Le prix Nobel de Physique pour 1927 a été partagé entre le savant anglais C.-T.-R. Wilson et le savant américain Arthur Compton. M. C.-T.-R. Wilson est professeur à l’Uni-sité de Cambridge. Il y fut l’élève de Sir J.-J. Thomson. Sa première découverte importante est celle du rôle des ions gazeux dans la condensation de la vapeur d’eau en gouttelettes. En perfectionnant la technique de l’étude des ions, il fut amené à réaliser un appareil du plus haut intérêt qui permet de rendre visibles les trajectoires des particules ionisées à travers une atmosphère gazeuse. La méthode de C.-T.-R. Wilson est aujourd’hui employée dans tous les laboratoires de recherches physiques et elle a permis d’importantes découvertes. C.-T.-R. Wilson a étudié également avec succès les questions relatives à l'électricité atmosphérique.
- M. Arthur Compton est surtout connu par la découverte de l’effet Compton. Partant de la théorie des quanta, il était arrivé à la conclusion que, lorsque des rayons X sont dispersés sur une surface, leur longueur d’onde est modifiée. Par des expériences très précises et très délicates, il démontra que les faits donnaient exactement raison à la théorie. L’existence de l’effet Compton est à la base des nouvelles théories gur la nature de la lumière.
- Les prix Nobel de physiologie et de médecine.
- Le prix Nobel de physiologie et de médecine pour 1926 vient d’être attribué au professeur Johannes Fibiger, de l’Université de Copenhague, et celui pour 1927 au professeur Julius Wagner von Jauregg, de l’Université de Tienne.
- Le professeur Fibiger est universellement connu par ses importants travaux sur le cancer. Il a notamment étudié chez le rat et la souris la greffe des tumeurs, leur provocation par un petit ver nématode, leurs différentes évolutions, apportant ainsi nombre de faits nouveaux dans une question qui intéresse le monde entier et reste encore malheureusement obscure.
- Le professeur Wagner von Jauregg a imaginé de traiter la paralysie générale par l’inoculation d’une fièvre paludéenne légère ; cette thérapeutique réussit dans un grand nombre de cas et provoque souvent une rémission durable.
- ÉLECTRICITÉ
- L'électrisation des essences.
- L’essence et la plupart des huiles isolantes en circulant dans des canalisations métalliques prennent des charges électriques. Il peut en résulter des étincelles, et comme conséquence des explosions, lorsque les étincelles éclatent dans une région où il y a un mélange de vapeurs et d’air. De fréquents accidents ont été ainsi provoqués. M. Bruninghaus, à la demande de l’Office des Inventions, et avec une subvention de l’Office des Pétroles, a entrepris l’étude de ce phénomène.
- Nous avons résumé (voir n° 2754, 5 février 1927, page 131) les résultats de ses premières investigations. L’organe de l’Office des Inventions, « Recherches et Inventions », publie sur ce sujet un nouveau rapport de ce savant.
- M. Bruninghaus a constaté que le facteur important des phénomènes d’électrisation observés en usine est la grandeur des surfaces de contact essence-métal. Ce facteur joue un
- rôle beaucoup plus important que la vitesse relative. Un jet d’essence extrêmement rapide venant frapper une petite surface métallique ne donne lieu qu’à des différences de potentiels insignifiantes. Le même volume d’essence circulant, même lentement, au contact d’une grande surface donne lieu très aisément à des charges élevées.
- Le meilleur moyen d’accroître la surface de contact entre un liquide et un solide est de prendre celui-ci sous forme pulvérulente. D’où l’idée de faire filtrer l’essence à travers une fine limaille métallique.
- M. Bruninghaus a pu ainsi faire une série des constatations intéressantes sur l’action des limailles des diverses natures : certaines limailles métalliques ont un effet désactivant qui a été signalé dans la note rappelée ci-dessus.
- Mais si l’on augmente encore la surface de contact, et ceci a été réalisé expérimentalement, en faisant circuler à plusieurs reprises au moyen d’une pompe la même quantité d’huile à travers la même limaille, on constate que l’effet désactivant peut devenir insignifiant, vis-à vis de l’électrisation produite par le contact.
- On arrive ainsi à faire prendre à l’essence des charges négatives très élevées, tandis que le récipient dont elle sort se charge de quantités égales et de sens contraire. On conçoit que dans les appareils industriels, des différences de potentiel très élevées puissent, en raison de ce phénomène, se manifester entre les diverses parties des tuyauteries et réservoirs où circule l’essence. Ainsi lorsque l’essence, après avoir circulé dans des tuyaux de grande longueur, débouche par une tubulure dans un réservoir à remplir, celui-ci se charge négativement, tandis que la tubulure est chargée positivement. Des étincelles peuvent éclater entre ces deux pièces métalliques, à travers une atmosphère chargée d’air et de vapeurs d’essence. Il pourrait y avoir explosion et incendie.
- On peut aisément éviter ce danger redoutable par quelques précautions simples qui se ramènent à la mise au sol de la totalité des parties métalliques de l’installation y compris les réservoirs à vider.
- Dans ce but, on devra se préoccuper d’avoir une bonne terre, en s’inspirant delà pratique courante d’installation des paratonnerres; puis on devra, ou connecter séparément toutes les parties métalliques à la terre, ou les connecter entre elles et l’une d’elles à la terre. En particulier, si un tuyau comporte plusieurs tronçons séparés par des joints de substance en général peu conductrice, on devra réunir ces tronçons deux à deux au moyen de fils de cuivre soudés aux deux tronçons. Enfin on devra munir chaque réservoir mobile d’une borne, soudée à la partie métallique du réservoir, et qui permettra de le réunir par fil de cuivre à la terre avant le remplissage.
- M, Bruninghaus estime que ces précautions suffisent pour éviter à coup sûr les explosions et incendies provenant de l’électrisation des essences.
- Les distributions électriques en France.
- Le Ministère des Travaux Publics a communiqué au Bulletin de la Statistique générale de la France les renseignements suivants sur l’état actuel des distributions d’énergie électrique en France.
- Au lor janvier 1927, 18 273 communes étaient électrifiées, sur un total de 37 981, soit presque'la moitié. Ces communes pourvues de distributions électriques comptent 31138 000 habitants sur 40 744 000 de population totale, soit plus des trois quarts.
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- TRAVAUX PUBLICS
- Station d’atterrissage flottante en plein Atlantique.
- Un très intéressant projet est décrit dans le Génie civil (20 septembre 1927).
- C’est celui de M. Wiliam Hoogaard qui propose d’amarrer, au moyen d’une ancre, un ponton de dimensions assez vastes pour servir de station d’aéroplanes.
- Le projet décrit un dock llottant de forme appropriée, de 320 m. de longueur sur 48 m. 75 de largeur.
- Ce ponton serait fixé au plateau sous-marin de Faraday Ilills situé à 1100 ou 1200 m. de profondeur, à 750 milles de l’Irlande et à 1050 de Terre-Neuve. L’amarrage serait obtenu par une ancre à laquelle serait fixée une chaîne de près de 6000 m. de longueur.
- L’installation d’un ou de plusieurs de ces pontons-relais permettrait de diviser la route Europe-Amérique du Nord en deux ou trois parties, ce qui aurait le sérieux avantage de permettre dès maintenant de créer des lignes aériennes régulières) la station flottante pouvant d’ailleurs être munie de tous les accessoires imaginables pour une semblable halte des machines et des passagers.
- Les dépenses d’installation de ces stations seraient à coup sûr très élevées et ne pourraient être supportées que par les gouvernements intéressés.
- L’idée mérite d’être examinée.
- CHIMIE INDUSTRIELLE Pouvoir détersif des savons.
- À ce sujet M. Elisée Duhamel a fait une communication à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale (8 janvier 1927, Bull, février, p. 155). Parmi les données qu’il a fait connaître, on relève celles-ci :
- Les solutions de savon, dans l’eau, ont toujours une densité très voisine de 1, qu’elles soient concentrées ou non. Elles perdent leur pouvoir détersif en vieillissant. Cette perte est sensible au bout de 45 minutes, elle est d’autant plus rapide que le savon est impur.
- Dans la solution de savon, le savon se trouve non en solution véritable, mais à l’état colloïdal. La particule solide ou micelle contenue dans cette solution est de l’ordre du micron (0 mm. 001). Lorsque le savon est impur, les impuretés produisent dans une certaine mesure la coagulation, la réunion de particules. Or plus les particules sont grosses, plus le pouvoir détersif est petit. On voit ainsi la raison pour laquelle les savons les plus purs nettoient mieux. De même les solutions concentrées de savon ont des particules plus grosses, elles nettoient moins bien que les solutions étendues.
- Les particules à enlever pour nettoyer un corps sont souvent de dimensions très réduites. Elles fixent sur elles le savon par un phénomène d’adsorption.
- On a intérêt à ne pas laisser les corps à nettoyer pendant trop longtemps dans la solution de savon : on effet ils fixent du savon par adsorption.
- L’application des principes exposés par M. Duhamel a réussi à faire économiser annuellement 17 à 18 millions de francs sur le lavage des laines par les industriels de la région de Roubaix-Tourcoing. L. R.
- Le « Minerai Rubber ».
- Beaucoup de produits sont actuellement livrés aux industries du caoutchouc, gutta-percha, isolants moulés, câbles électriques, rubans isolants, chattertons, etc., pour remplacer, améliorer ou modifier les brais habituellement employés
- (brais de gaz, asphaltes, goudrons durs, brai de coton, brai de goudron de bois, brai de naphtol, etc.).
- Le nom de « Minerai Rubber » (caoutchouc minéral), satisfait le goût d’économie. Valant de 25 à 25 fr. 50 et au-dessus, vendu sous des noms commerciaux divers, il arrive en effet, dans les mélanges pour caoutchouc tant souples que durcis, à être un substitut très partiel de la gomme. Mais sa proportion dans le mélange ne peut dépasser 10°'o
- Ces « Minerai Rubber » semblent être des brais de pétrole soufflés; grâce à cette opération, on arriverait à un point de fusion voisin de 135° à 145° qui correspond à la vulcanisation.
- On avait en effet remarqué, dans l’emploi des brais de pétrole, que les mélanges collaient sur le cylindre arrière chaud, et qu’il fallait le tiédir. En soufflant ces brais, on arrive à éviter le collage malencontreux. Le brai de naphtol (résidu de la purification du £ naphtol) semble éviter le décollage.
- Les brais de Pechelbronn solides se rapprochent des Minerai Rubber. Soufflés, ils seraient excellents pour la caoutchouterie.
- Plus le soufflage est prolongé, plus le brai obtenu est sec. On s’en sert pour faire d’excellentes toitures, du genre du carton bitumé. Citons la toiture « mammouth ». Les brais de Pechelbronn constituent d’ailleurs une échelle de dureté qui les rend aptes à un grand nombre d’applications que justifie leur bon marché relatif. Alors à quoi bon aller payer très cher, au dollar 25 francs, des brais américains, quand, avec un peu d’études, nous pourrions nous suffire ?
- On se sert surtout des Minerai Rubber dans la fabrication des matières dites « matières à boîtes » ou « compound » qui servent pour la connexion des gros câbles dans les canalisations électriques urbaines. ài.bkkt Hutin.
- AGRICULTURE
- Le chiendent des brossiers.
- Les racines employées en brosserie sous le nom de chiendent proviennent de différentes sources. Le chiendent le plus apprécié en brosserie est celui du Mexique. Le Mexique et le Guatémala sont les principaux fournisseurs de cette matière première, aux prix de 32 et 45 dollars les 100 kg.
- Des renseignements intéressants sont donnés sur les chiendents par M. E. François, directeur du Jardin botanique de Tananarive [Bull, de l'Agence générale des Colonies, février 1927).
- Le chiendent du Mexique est donné par une graminée : Epicampes stricta Benthaem, et E. macrura Presl. L’Italie du Nord fournit un peu de chiendent d’Andropogon Gryl-lus L. qui serait d’une qualité très remarquable.
- Madagascar fournit aussi du chiendent tiré du Cymbopogon cymbarius, encore une graminée. Les premiers essais de cette colonie n’avaient donné qu’un chiendent fragile, un peu fin, de teinte brune claire (chamois) qui ne pouvait pas permettre de faire le « nouct », c’est-à-dire qu’il ne supportait pas sans se briser d’être plié, ce qui est indispensable en brosserie. Ces échantillons furent examinés par le Jardin Colonial il y a une quinzaine d’années.
- Très peu de temps après, dès octobre 1912, nous recevions au Jardin colonial un chiendent de Madagascar qui présentait déjà une qualité satisfaisante, laissant encore à désirer sous le rapport de la souplesse. Mais les progrès réalisés dans le traitement permettront maintenant de préparer dans cette colonie des racines de chiendent capables de figurer sur le marché à côté des provenances étrangères. L. R.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Record du monde de vitesse.
- Le 4 novembre dernier, le pilote italien de Bernardi a battu le record du monde de vitesse pour hydravions avec une moyenne de 477 kms, 876 à l’heure. Le record précédent appartenait déjà à de Bernardi depuis novembre 1926, il s’élevait à 416,610 kms/h.
- L’appareil utilisé est l’hydravion Macchi 52 à moteur Fiat de 1000 ch. représentant italien à la dernière coupe Schneider. (Cet appareil avait, on s’en souvient, été éliminé en course, à la suite d’accidents de moteur.) Il n’avait pas dépassé alors la vitesse de 230 knis/h.
- La mise au point, précédant le dernier record, a simplement consisté dans le réglage de l’alimentation du moteur, et quelques modifications à l’hélice. Ceci montre que l’échec italien dans la coupe Schneider est du bien plus à un défaut de mise au point du groupe motopropulseur qu’à une infériorité technique de l’appareil. Italiens et Anglais semblent donc arrivés, dans le domaine de l’appareil de vitesse, à peu près au même point.
- Hydravion de chasse.
- Les appareils de chasse destinés à l’aéronautique maritime étaient, jusqu’ici, soit des appareils à flotteurs, soit des avions terrestres : l’hydravion à coque, plus lourd, semblant s’adapter difficilement à cette fonction.
- La société Savoia vient cependant de créer un hydravion à coque, le Savoia-Marchetti S-58, possédant des qualités remarquables.
- La coque de cet appareil est à fond plat, à un seulredan; elle est construite ^entièrement en contreplaqué, et porte, en avant du redan, un bordage de cèdre.
- La cellule, biplane à plans égaux, est de construction en bois : les longerons en spruce recouvert de toile, les nervures en peuplier et frêne.
- L’appareil porte, sous le plan supérieur, un moteur Fiat de 400 ch, très bien caréné, muni d’une hélice propulsive à deux pales. (Une nourrice d’essence placée à l’intérieur du capot semble augmenter sérieusement et bien inutilement les dangers d’incendie.)
- Les caractéristiques principales et les performances de l’appareil sont les suivantes :
- Poids à vide.................. 995 kgs.
- Charge utile...................33o kgs.
- Surface portante............... 34 mq.
- Vitesse maxima................ 275 kms/h.
- Vitesse minima................. 80 kms/h.
- Montée à 1000 m................. 2 minutes.
- — à 3000 m................ 7 min. 40 sec.
- — à 5000 m............... 16 min.
- Hélices nouvelles.
- Un nouveau matériau vient d’être essayé aux Etats-Unis pour la fabrication des hélices. Il est fabriqué par la Westinghouse Electric and Manufacturing C°, de Pittsburg, qui le destinait jusqu’ici aux isolants et diélectriques.
- Composé de couches de tissus de coton superposées et noyées dans une matière résineuse (à température élevée et sous pression), ce matériau présente une rigidité supérieure à celle du bois, il n’est pas modifié par l’humidité ou l’eau de mer ; malgré sa densité légèrement supérieure à celle du bois.il convient donc parfaitement à la fabrication des hélices.
- Les essais, réalisés ont d’ailleurs été satisfaisants : ils ont conduit la marine américaine à adopter des hélices de ce type pour ses appareils d’école.
- Avion de'course de faible puissance.
- Le constructeur anglais de Havilland vient de sortir récemment un appareil de course de faible puissance capable de performances tout à fait remarquables.
- Cet avion, le « Tiger Moth » est un monoplan à aile surbaissée, muni d’un moteur Cirrus de 110 ch (moteur à air,
- 4 cylindres en ligne).
- La voilure, de forme elliptique, est eu deux parties venant s’encastrer à la base du fuselage ; chaque demi-plan est soutenu par deux paires de haubans fuselés, s’attachant, les haubans supérieurs au sommet du fuselage, les haubans inférieurs au moyen de la roue correspondante du train.
- Le profil est mince : la construction classique à deux longerons bois avec recouvrement toile.
- Le fuselage construit entièrement en bois, avec recouvrement en contreplaqué, présente un maître couple de 0 m. 60 seulement ; il est surélevé à l’avant par le capotage du moteur, une nervure prolonge le capot moteur jusqu’à l’empennage.
- Les empennages sont commandés rigidement ; ils sont construits en porte à faux.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes : Envergure : 6 m. 86.
- Longueur : 5 m. 80.
- Surface portante : 7 mq. 12.
- Poids en charge : 411 kgs 500.
- Vitesse maxima : 300 kms/h.
- — minima : 96 kms/h.
- Montée : 305 m. par minute.
- Plafond pratique : 6100 m.
- Cet avion de course est donc très rapide ; essayé par le capitaine Broad, il a donné sur un circuit de 100 kms une vitesse moyenne de plus de 300 km/h., vitesse très supérieure à celle de la majorité des appareils de chasse actuels, munis de moteurs beaucoup plus puissants.
- Voyages d’avions légers.
- L’aviation française vient de s’attribuer quatre records du monde pour appareils légers : les records de distance en ligne droite et en circuit fermé pour monoplace de moins de 350 kgs et biplaces de moins de 400 kgs.
- Ces records sont les suivants :
- Biplaces : 868 kms (ligne droite), M. Finat et Mme Finat (22 oct.).
- 1147 kms (circuit fermé), M. Finat et M. Labric (20 oct.). Monoplaces : 1425 kms (ligne droite), Knipping (30 oct.). 1580 kms (circuit fermé), Ivnipping (27 oct.).
- Tous ces records ont été établis sur le monoplan parasol Caudron C 109, à moteur Salmson 40 ch, appareil d’entraînement et de tourisme remarquable.
- Le premier record retient particulièrement l’attention : il est généralement admis que l’appareil léger ne peut espérer voler que par beau temps, qu’il ne pourrait donc en aucun cas prétendre à assurer un service régulier, même en tant qu’appareil de tourisme.
- Le 22 octobre, M. et Mme Finat ont couvert les 868 kms du parcours Paris-Berlin, sur un appareil très chargé, alors qu’aucun appareil allemand n’avait été vu de toute la journée sur l’aéroport de Tempelhof, en raison du mauvais temps.
- Il est d’ailleurs évident, a priori, que la puissance du moteur n’intervient en aucune façon dans la possibilité de vol par mauvais temps : l’excès de puissance seul est intéressant, et il peut être relativement plus grand sur une avionnette de 40 ch que sur un gros appareil.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Construction d’un petit ventilateur de forge.
- Il est intéressant, lorsqu’on veut passer quelques loisirs à des travaux d'ajustage et de mécanique, d’avoir une petite forge.
- de côté (tôle de fer ou feuille de zinc). On trace sur cette tôle quatre ailettes et l’on prévoit au centre un trou. On coupe la tôle suivant le tracé en utilisant une scie à métaux et en plaçant la tôle sur une planche de bois pour faciliter le sciage, de sorte que la scie agit à la fois sur le bois et le fer et la plaque ne risque pas de se voiler pendant le travail.
- Fig. 1. — Détails du petit ventilateur de forge.
- 1. Tôle découpée pour ailettes; 2. Ailette finie; 3. Flasque de droite; 4. Flasque de gauche; 5. Plaque support ; 6. Tôle enveloppe
- 7. Moyeu; 8, Bâti; 9. Coupe du ventilateur monté; 10. Dispositif de commande de la Pédale.
- Celle-ci est relativement facile à établir, mais si l’on n’a pas à sa disposition un soufflet de forge à pédale, il est préférable d’utiliser un ventilateur soufflant. On trouve cet appareil dans le commerce, mais il est cependant possible pour une forge d’amateur de construire soi-même un ventilateur d’une manière économique.
- Voici la manière de procéder :
- On prend une tôle carrée ayant 2 mm d’épaisseur et 20 cm
- Chacune des ailes ainsi obtenue est tordue à 90°, toutes dans le même sens. On obtient ainsi une hélice de ventilateur.
- Nous allons préparer maintenant les flasques du carter. L'une d’elles comporte au centre un trou de prise d’air, ayant 6 cm de diamètre. Le diamètre extérieur de la flasque dans sa partie circulaire est de 205 mm, de manière que les ailes puissent tourner librement à l’intérieur.
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- On découpe cette flasque suivant le tracé de la figure et l’on prévoit une soi’tie d’air de section carrée, qui a environ o cm de côté. A la partie supérieure est une surface rectangulaire de 20 cm de long sur 4 cm de large.
- L’autre flasque placée à droite est absolument de la même forme, sauf que le trou du milieu est un trou d’axe et que son diamètre est 2 cm seulement. On prévoit ensuite 6 trous de vis disposés suivant un rayon et de part et d’autre, comme il est indiqué sur la ligure.
- Sur les parties rectangulaires des flasques, on ménage des trous de boulons en rapport avec le diamètre des boulons dont on dispose. On découpe ensuite un rectangle en tôle de 2 mm. d’épaisseur ayant 20 cm de longueur et 11 cm de large. On prévoit sur cette plaque de tôle des trous aux emplacements correspondants avec ceux déjà percés sur les deux parties rectangulaires des flasques, de manière à permettre le passage des boulons. Une tôle de 3 cm de large et de 70 cm de longueur est également découpée et nous verrons l’emploi que nous en ferons par la suite.
- On prépare ensuite une pièce en bois dur ayant la forme et les dimensions de la ligure et destinée à former le support dn moyeu. Le chapeau est en tôle ou en bois et il est fixé au moyen de vis.
- • Au montage, les flasques sont repliées de façon que la partie rectangulaire se trouve à 90° de la flasque elle-même. On maintient les flasques à 3 cm l’une de l’autre et l’on place entre elles la bande de 70 cm de longueur que nous avons découpée. On obtient ainsi une sorte de coffre-
- Au préalable on introduit dans le trou d’axe de la flasque de droite l’axe du moyeu et on fixe la pièce en bois sur la flasque de droite au moyen de vis.
- Le moyeu est constitué par un ancien moyeu de bicyclette, autant que possible à cône et à billes. Il est prolongé du côté du ventilateur par un tube d’acier qui est vissé sur le moyeu, les ailes étant maintenues à leur position au moyen d’écrous goupillés de façon que l’ensemble soit parfaitement rigide.
- On peut évidemment augmenter la longueur de l’axe du moyeu de bicyclette par tout autre moyen suivant l’outillage dont on dispose.
- L'autre extrémité de l’axe est munie d’une petite poulie à gorge que l’on peut fabriquer avec plusieurs épaisseurs de bois vissées. Le support du moyeu est maintenu par les 6 vis à bois, dont l’emplacement a été préparé dans les flasques.
- Pour assurer une fermeture étanche, on soude la bande circulaire sur les flasques de fixation de sûreté. Les petits boulons de sfireté sont constitués par des tiges filetées et deux écrous qui forment entretoises entre les deux flasques.
- On peut maintenant placer sur la partie supérieure la grande plaque carrée, qui est maintenue par les boulons ; mais avant de mettre les boulons en place, on présente l’ensemble sur le tablier de la forge pour que la sortie d’air se trouve à proximité de celle du foyer ; on les réunit au moyen d’un tuyau coudé.
- Il est bon également d’assembler d’une façon rigide les flasques avec la plaque supérieure par des rivures. .Pour cela, une fois les boulons mis en place, on perce avec le drill les trous de perçage des rivets qui peuvent être posés à froid en utilisant une tige laiton coupée à longueur. Les boulons pourront ensuite être démontés et serviront à fixer le ventilateur sur le bâti de la forge.
- Le mouvement est communiqué au moyen d’une roue de bicyclette et d’une petite courroie ronde qui passe sur la poulie à gorge en bois, dont le diamètre est environ 5 cm.
- La roue est mise en mouvement par un système à pédale. Si l’on agit sur la pédale une fois par seconde, la roue de vélo fait 60 tours à la minute et le ventilateur tourne à
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- 1200 tours environ, ce qui donne une soufflerie très intéressante et suffisante. E.-H. Weiss.
- OBJETS UTILES Agrafe pour rideaux.
- Ce nouveau système de crochet à agrafe constitue un anneau amovible pour la pose directe d’un rideau, d’une tenture légère, d’une toile de jardin. Il ne s’emmêle pas ; il ne se décroche jamais, même quand on secoue fortement le rideau, enfin il permet de faire le pli.
- La pose en est extrêmement simple, car l’agrafe qui présente à la base une partie rectiligne et dans le haut deux courbures comme celles d’un mousqueton se coud à plat sur le rideau.
- On peut faire dépasser le crochet ou bien on peut coudre l’agrafe de façon que l’anneau, quand le rideau est suspendu, paraisse ne pas avoir d’intermédiaire.
- C’est un moyen extrêmement rapide. On peut exécuter par exemple les têtes à plis sans avoir une habitude profes-
- Agrafc pour rideaux.
- sionnelle quelconque. A ce point de vue le crochet agrafe pour rideaux est intéressant pour l’amateur qui veut exécuter chez lui et à bon compte de menus travaux de tapisserie et de décoration. Au point de vue du fonctionuement, le crochet à agrafe permet le tirage dans le sens de la traction du rideau; il donne un tendu impeccable ou bien il conserve les plis aux rideaux suivant le mode qu’on a adopté.
- Pour la pose, il se décroche à volonté puisque les deux parties recourbées agissent comme un anneau percé.
- Constructeur : II. Becker fils, 13, Ruelle Pelée. Paris (XIe).
- Pour rendre étanches les tonneaux restés longtemps inutilisés.
- Sous l’effet d’une dessiccation prolongée, un tonneau d’arrosage délaissé depuis longtemps peut fort bien avoir perdu son étanchéité, même s’il est en bon état et si on en a resserré les cercles au maximum. Il suffit, pour lui faire retrouver cette propriété, d’en faire gonfler toutes les fibres au contact de l’eau. Le tenir continuellement plein est fastidieux, et le résultat serait long à atteindre.
- Simplement et rapidement, on arrive au but en jetant par la bonde quelques poignées de chaux vive et quelques litres d’eau. En s’éteignant, la chaux dégage beaucoup de chaleur et pour peu que l’on roule le tonneau pour que toutes les douves soient imprégnées, la chaleur humide fait très vite gonfler suffisamment le bois pour que le tonneau ainsi traité ne fuie plus.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des liqueurs de fantaisie. Benzoate d'éthyle............10
- Butyrate d’amylc............10
- La rédacteur en chef de 1’excellente revue La Parfumerie Salicylate d’éthyle...........10
- moderne nous écrit : Vanillone...................... 1
- « Nous axons lu dans votre numéro du 15 courant, sous le Groseille : Valérianate de cyclohexanylc . 00
- titre : « Comment se préparent les liqueurs dites de fantaisie », Benzoate d’éthvle 2
- quelques formules d’essences artificielles de fruits. Propionate de propyle. . . . 2
- Permettez-nous de vous dire tout d’abord qu’une décision de Acétate d’amvle i
- la Chambre syndicale des fabricants d’huiles essentielles a éli- Acétate de propyle i
- miné de toutes ces compositions les produits dangereux tels que: Poire : Cinnamate d’éthyde 50
- aldéhyde, chloroforme, éther nitreux. Acétate de butyle 10
- En outre, de très nombreux constituants nouveaux, reconnus Butyrate de géranylc. .... 20
- inofïensifs et même hygiéniques le plus souvent, sont utilisés Formiate d’amyle 5
- dans les formules modernes dont voici quelques exemples : Propionate de propyle .... 2
- Géraniol. 5
- Cassis : Butyrate de cyclohexanyle . . 50 Pêche Butyrate de cyclohexanyle . . 00
- Cinnamate de méthyle. . . 40 Cinnamate d’éthyle 15
- Aldéhyde grasse CIO 0,5 Butyrate de benzyle 15
- Résinodor de vanille vraie . , 1 Aldéhyde C 14 3
- Essence de Portugal 3 Salicylate d’isobulylc . . . . 3
- Essence de Petitgrain néroli . 1 Butyrate d’amyle 8
- Iris 0,5 Formiate de géranvlc 2
- Fraise : Cinnamate d’éthyle 50 Pomme : Acétate de cyclohexanyle. . . 40
- Butyrate de cyclohexanylc . . 50 Valérianate de cyclohexanylc. 12
- Valérianate d’isobutyle . . • . r> Valérianate d’amyle 20
- Benzoate de méthyle 2 Formiate d’amyle 3
- Résinodor de vanille 0,5 Acétate de géranyle 20
- Framboise : Butyrate de cyclohexanylc . . 90 Géraniol 15
- Formiate d’amylc 2
- Benzoate d’étliyle 2 Ces essences se dissolvent dans l’alcool à la dose de 50 gr.
- Acétate d’amyle B pour 1 litre et donnent un « éther- » dont quelques grammes
- Aldéhyde C14 1 suffisent pour aromatiser un hectolitre de liquide ou 100 kg de
- Vanilline 1 sucre.
- Grenadine : Acétate de cyclohexanyle . . . 30 Au nombre des fournisseurs vous avez omis : Gattefossé, à
- Acétate d’amyle 15 Villeurbanne (Rhône), qui fabrique les éthers de cyclohexanyle ».
- Butyrate d’éthyle. 10 R. Maurice,
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum.
- Les agrandisseurs photographiques. — « Des erreurs d'ordre typographique se sont glissées dans les légendes des figures illustrant l’article sur « les agrandisseurs photographiques » paru dans notre précédent Numéro.
- « Nous prions nos lecteurs, qui d’eux-mêmes ont sans doute déjà corrigé ces erreurs, de vouloir bien nous excuser et lire :
- « Sous les figures 2 et 3 : A gauche : Amplificateur Gaumont à deux rapports. A droite : Amplificateur J. Carpentier a variation continue du rapport.
- « Au-dessus de la figure numérotée 12 : Fig. tk. Agrandisseur Noxa, modèle médical.
- « Sous la figure numérotée 13 : Fig. 12. Agrandisseur Noxa équipé pour les travaux de reproduction.
- « Sous la figure numérotée 14 enfin : Fig. 13. Agrandisseur Noxa (grand modèle) ».
- Le Salon international de photographie.
- A la suite de chaque salon international de photographie, la Société française de photographie publie un album d’héliogravures très élégant où sont reproduites les meilleures épreuves exposées.
- L’ouvrage relatif au Salon de 1927 comprend une critique du Salon par M. Luc Benoist, attaché à la Conservation du Louvre, et 48 reproductions en gravure en creux. Prix de l’ouvrage : 40 francs, expédié franco en France, 45 francs à l’étranger (Union
- postale), 55 francs. On souscrit à la Société française de photographie, 51, rue de Clichy, Paris.
- Prof. J.-B. Beyrouth.
- Garnissage des alvéoles d'accumulateurs.
- La pâte plombique qui garnit les alvéoles d’accumulateurs cesse souvent, au bout de quelque temps d’usage, d’avoir avec son support une adliérenee suffisante, elle se détache et tombe au fond du bac. Chaque constructeur cherche à éviter cet inconvénient et y réussit plus ou moins ; bien entendu, il garde pour lui son secret, cependant les principaux tours de muii> sont connus. L’un d’eux consiste, par exemple, à additionner la pâte de silicate de soude ; sous l’influence de l’acide de l’électolyte, la silice est mise en liberté à l’état gélatineux et joue ainsi le rôle de liant.
- Un autre tour de main est de préparer d’abord des pastilles moulées, que l’on dispose régulièrement, puis sur lesquelles on coule l’alliage plomb-antimoine qui, en se refroidissant, enserre chaque pastille .et la maintient solidement. Enfin, certains constructeurs font intervenir la pression.
- MM. Cundde, Waltenheim, Bas-Rhin et Gladysz, Madrague.
- Préservons nos livres de la moisissure.
- Le plus sûr moyen de conservation des livres consiste dans une paxdaite aération de la bibliothèque et dans des visites fréquentes dont on profite pour faire un brossage énergique des couvertures, en même temps que l’on procède à un battage et à une ouverture de l’ouvrage au soleil, pour permettre à l’humidité de
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- s’échapper. A défaut de soleil, opérer dans une pièce bien séchée par un appareil de chauffage. En opérant ainsi, on déloge les insectes (Anthrenus museorum, Attagenus pellio) qui aimeut avant tout la tranquillité et on enlève aux moisissures, principalement mucédinées, l’agent essentiel de leur développement. Après remise en place des livres, un flacon ouvert contenant de l’essence de térébentine mis sur une planche vient heureusement compléter ces mesures conservatrices.
- M. Aucher, Paris.
- Ne laissons pas nos chiens avec des puces.
- L’ami de l’homme est trop souvent encombré de parasites dont il convient de le débarrasser pour sa tranquillité et — la nôtre. Un excellent moyen pour arriver à ce résultat est de lui faire prendre des bains de Barèges, ce qui est peu coûteux puisqu’il suffit d’acheter chez le pharmacien ou le droguiste un peu de sulfure de potassium (sel de Barèges) et de constituer le bain
- suivant dans un cuvier en bois.
- Sulfure de potassium...................... 20 gr.
- Sel de cuisine..............................20 —
- Carbonate de soude (cristaux), .... 10 —
- Eau tiède...................................50 litres.
- Maintenir l’animal immergé le mieux possible pendant quelque temps, le savonner dans le bain et mouiller la tête avec une éponge imprégnée du liquide sulfureux, car à mesure de l’immersion, les puces prennent ce lieu comme refuge, mais bien éviter de mettre du liquide dans les yeux, ce qui serait douloureux pour l’animal.
- Laisser au sortir du bain le chien se secouer et se sécher seul sans l’essuyer.
- N. B. Les bains de cette nature ont en même temps l’avantage de mettre les chiens à l’abri des maladies de peau (eczéma) ou de les en guérir s’ils en sont déjà atteints.
- M. Chardin, Pantin.
- La peau de serpent est à la mode.
- La peau de serpent, qui actuellement est très appréciée par la maroquinerie de luxe, ne se tanne pas, mais est traitée de la manière suivante :
- On laisse tremper pendant une dizaine de jours dans de l’eau contenant un peu de sulfate de zinc; lorsque la peau est ramollie on enlève les débris de chair qui peuvent rester, on racle, lave et fait tremper un jour ou deux dans un bain composé de :
- Eau ordinaire..................... 10 litres.
- Borax........................... 10 grammes.
- Acide borique..................... 10 —
- Acide tartrique................... 25 —
- Alumine gélatineuse............... 50 —
- On égoutte et trempe enfin dans un bain contenant :
- Phosphate de zinc............... 25 grammes.
- Benzoate d’alumine ....... 25 —
- Glycérine......................... 50 —
- Alcool............................100 —
- Eau ordinaire..................... 10 litres.
- Après quoi on laisse sécher doucement à l’ombre.
- M. Latour, Paris.
- Où peut-on se documenter?
- A notre grand regret, nous ne pouvons nous charger de réunir des documents sur un sujet imposé, thèse, projet de fin d’année pour écoles, études industrielles à mettre au point; ce serait sortir de notre rôle qui est de dégager le principe scientifique des pratiques empiriques courantes, ou d’oi'ienter nos lecteurs dans la bonne voie pour les recherches qu’ils désirent entreprendre. Des organisations spéciales existent du reste déjà, qui répondent aux desiderata ci-dessus, telles sont : l’Association de documentation bibliographique, 82, rue Taitbout, directeur J. Garçon ; l’Office des Recherches industrielles, directeur Durand-Réville, 8, rue Nouvelle, auxquelles nous prions nos lecteurs de vouloir bien s’adresser.
- Utilisons les savons naturels.
- La terre à foulon, produit très bon marché, jouit de pro-
- =—- .. 575 =
- priétés dégraissantes qu’il ne faut pas négliger. Comme toutes les argiles, elle possède des propriétés absorbantes remarquables dont on peut tirer parti pour fixer les odeurs, les couleurs, voire les sels alcalins en solution.
- L’utilisation de l’argile, au lieu et place de savon, remonte à la plus haute antiquité et on peut dire que tous les peuples primitifs ont eu recours à elle pour le nettoyage des vêtements; c’est ainsi qu’en Algérie, les Arabes se servent de la terre à foulon sous le nom de « Ifol » en opérant ainsi :
- L’argile est délayée avec environ la moitié de son poids d’eau, de manière à former une bouillie épaisse que l’on répand sur les étoffes à dégraisser, puis on ajoute peu à peu de l’eau tiède, la masse restant toutefois pâteuse. On pétrit alors et frotte avec les mains comme dans le cas d’un savonnage ordinaire, afin de mettre les parties tachées au contact de nouvelles molécules d’argile, enfin, on rince à grande eau.
- L’effet détersif peut être augmenté en ajoutant à la terre à foulon 10 pour 100 environ de savon en poudre; ce mélange, légèrement humecté puis comprimé, permet de préparer des savons mixtes d’une grande efficacité qui agissent par action mécanique, solubilisation des matières grasses, fixation de celle-ci sur l’argile, permettant l’entraînement au rinçage. A ces qualités se joint celle de l’économie dont il y a lieu de tenir compte aujourd’hui plus que jamais.
- M. Martinez, àifreville, Algérie.
- Teinture en noir des chaussures claires.
- Au bout d’un certain temps d’application sur les chaussures de teinte claire, les crèmes, par suite des différences de porosité du cuir, sont plus ou moins absorbées et il en résulte des taches foncées d’effet disgracieux. Un traitement radical s’impose : celui de donner au cuir une teinte foncée uniforme et c’est généralement le noir que l’on adopte.
- Ainsi que nous l’avons signalé dans un précédent numéro (l’éponse à M. Izard, à Paris) les couleurs dites au stéarate permettent de teindre le cuir avec facilité sans intervention d’eau, en utilisant la propriété de ces couleurs de se dissoudre par simple contact dans la benzine ou le• tétrachlorure de carbone.
- Il suffit, en effet, de délayer la couleur choisie dans une quantité d’eau de ces solvants, telle que l’on obtienne une pâte semi-fluide ; celle-ci étant appliquée au pinceau sur le cuir, on laisse sécher à l’air, puis, une fois le solvant bien évaporé, on encaustique comme d’habitude.
- N. B. Les maisons Pointet et Girard, 30, rue des Francs-Bourgeois et Granger, 54, même rue, vous fourniront toutes couleurs aux stéarates.
- M. Fattet, Porrentruy.
- Fleurs en coquillages.
- Les abat-jour que vous avez remarqués en étalage ne sont pas fabriqués avec des pétales de fleurs durcis, mais avec des coquillages. Dès 1891, notre journal a décrit, dans un article de M. H. Fournier, la façon de s’y prendre pour arriver à cette curieuse réalisation, en se servant des coquilles que l’on ramasse à profusion sur nos côtes et principalement de la coquille de l’Anomye et de carapace de l’Anatife; les petites valves servent à faire les fleurettes de verveine, jasmin, clématite, marguerite; les grandes valves sont réservées aux imitations de camélia, œillet, rose, églantine, enfin les crochets donnent le chrysanthème ou le chèvrefeuille.
- N. B. Veuillez vous reporter à la recette parue dans le n° 2763 du 15 juin 1927, page 575, pour la préparation du savon liquide.
- Noircissement du cuivre ou du laiton.
- A plusieurs reprises, nous avons entretenu nos lecteurs du procédé classique du noircissement du cuivre par ébullition des pièces dans un bain monté à la cendre bleue (carbonate de cuivre). Sans avoir une solidité aussi grande, on peut noircir beaucoup plus rapidement, cela sans chauffer, en badigeonnant les objets avec une solution plus ou moins concentrée de sulfure de potassium que l’on trouve couramment chez les phai’maciens sous le nom de sel pour bains de Barèges. Il est préférable de procéder par applications successives plutôt que d’employer de suite une
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- solution très concentrée, on se réserve ainsi la faculté de s’arrêter quand le ton désiré a été obtenu.
- Finalement on rince, sèclie dans la sciure de bois et vernit pour empêcher l’oxydation du sulfure de cuivre formé.
- A. Yaucanson, Paris.
- A quoi servent les déchets d’ardoises.
- Les déchets de schistes ou ardoises sont utilisés pour la fabrication de tuiles ou de pierres d’ardoise de la façon suivante :
- Après pulvérisation on pratique un criblage, puis la poudre humectée d’eau est malaxée par passage entre des cylindres; la pâte bien homogène ainsi obtenue est moulée, séchée, puis cuite au four, comme les briques ordinaires.
- D’après un brevet pris par M. Jarnouen de Villartay, on peut également, après pulvérisation, mélanger la poudre à du ciment dans la proportion de 25 de celui-ci et 75 d’ardoise. Le mélange doit être fait à sec et d’une façon parfaite. On ajoute alors peu à peu une quantité égale d’eau, ce qui donne une pâte que l’on moule sous forte pression.
- Après démoulage, le produit est mis à sécher à l’air pendant une quinzaine de jours, puis plongé dans l’eau pendant 24 heures. Finalement on laisse sécher à nouveau, ce qui demande, suivant la saison, de 4 à 6 semaines.
- Un dernier procédé d’utilisation des. déchets d’ardoises consiste à ajouter au produit du broyage environ 20 pour 100 d’argile grasse, puis à humecter d’eau en quantité suffisante pour donner une masse plastique, que l’on moule, sèche et cuit comme dans le premier procédé.
- Enfin les schistes calcinés au four avant broyage peuvent être utilisés comme matériaux de dégraissage, pour éviter le retrait et le fissurage dans la fabrication des briques et tuiles courantes-
- M. Bouysson, a Cubi.ac.
- Les nouveaux insecticides.
- L’article que nous avons publié sur les insecticides nouvellement lancés par la maison Bayer, sous le nom d’Eulan, a paru dans le n° 2693 du 14 novembre 1925, page 154 de La Nature, et résumait une publication dans la Revue des Produits chimiques du 31 aox'it de la même année. M. J. Charrolin, a Lyon.
- Pourquoi les carafes perdent leur transparence.
- Ainsi que nous le signalait très aimablement un de nos lecteurs, M. Leclerc, dans le n° 2765 du 15 juillet 1927, page 93 (Communications), avec le temps, les verres perdent au contact de l’eau une partie de leur alcali, libérant de la silice en lames minces ; lorsque le verre est mouillé, la modification de transparence n’est pas sensible, mais si le verre est sec, par suite des phénomènes de réfraction et de réflexion internes, il y a perte de lumière et le verre paraît d’autant plus opaque que le nombre des lames est plus grand. En même temps des colorations deviennent apparentes (irisations ou anneaux de Newton), c’est ce qui explique la teinte bleutée que vous signalez.
- Le seul remède à apporter serait de faire bouillir la carafe dans de l’eau distillée additionnée de soude ou de potasse caustique pour dissoudre la silice libérée. Ne mettre qu’un objet à la fois dans le récipient pour qu’il n’y ait pas entrechoquement et conduire doucement dans le même but cette ébullition.
- R. Chabaneau, a Bordeaux.
- Comment s’exécutent les titres dorés des livres.
- Yoici comment on procède pour obtenir les titres dorés sur le dos des livres : on enduit la partie qui doit porter le titre d’une solution de blanc d’œuf, faite en délayant un blanc dans trois fois son volume d’eau. On laisse bien sécher, passe au pinceau une couche légère d’huile d’olive, puis applique une feuille d’or battu qui est ainsi retenue par l’huile. Eu égard au prix de la matière, on a soin de découper la feuille d’or juste aux dimensions, le transport se fait avec un pinceau plat à poils longs et doux que l’on passe légèrement sur la joue préalablement frottée d’un peu de graisse. Ensuite on tamponne avec un coton la feuille d’or pour faire adhérer; il reste à fixer l’or aux endroits voulus, pour cela on chauffe le fer à dorer ou le composteur portant le titre et on appuie assez fortement. L’or qui a été en contact avec le
- métal chaud reste sur le cuir et résiste aux frottements; au contraire, dans les parties non chauffées, l’or inutile peut être enlevé avec un tampon d’ouate. Le chauffage du fer demande un peu d’habitude, mais elle s’acquiert facilement; s’il y a excès de chaleur, la dorure est ternie, l’insuffisance empêche l’or de prendre. L’outil doit être posé bien d’aplomb et sans pression exagérée, ce qui empâterait les caractères.
- Bans le cas où, par suite d’ancienneté, la dorure disparaît, comme on n’est plus en possession des mêmes fers, le seul moyen pour remettre en état est de repasser dans les parties creuses avec une plume ou un pinceau très fin de l’or gommé que l’on trouve en coquilles chez tous les marchands de couleurs.
- Précisions sur la bakélite.
- La bakélite n’atteint son état parfait qu’apres passage au « bakéliseur », c’est-à-dire qu’une fois la bakélite appliquée à l’état soluble sous forme de vernis, il faut en vase clos porter à 180° environ, après quoi la bakélite est devenue insoluble dans les dissolvants habituels. (Voir l’article très documenté de notre collaborateur E.-H. Weiss dans le n° 2765 du 15 juillet 1927, page 73 et suivantes.)
- Vous pourrez faire bakéliser tous objets aux établissements Lavalette, 175, avenue de Choisy, Paris, 13e.
- Qu’est-ce que le sisal?
- 1° Le sisal est une variété d’agave dont le nom vient du port de Sisal au Mexique (Yucatan) qui fut longtemps le port d’exportation, aujourd’hui remplacé par celui de Progreso (Yucatan).
- Le sisal se présente à l’état de fibres vertes, c’est le sisal vrai ou sisal vert, mais il existe aussi sur le marché un sisal blanc, ou faux sisal, provenant de l’Agave elongata appelé communément « henequen ».
- La culture du sisal se fait au Yucatan qui autrefois n’était qu’un désert, cette région est ainsi devenue la plus riche du pays et des fortunes considérables ont été réalisées en quelques années.
- Les fibres servent surtout à la fabrication des cordages dits « cordages blancs » (White rope fibres), elles résistent beaucoup moins bien à l’eau de mer que les fibres d’Abaca.
- Le sisal et ses variétés sont également employés pour la confection locale de grosses toiles, hamacs, tapis, chapeaux genre Panama.
- 2“ Tous les textiles végétaux se comportent de la même façon, au point de vue résistance, en présence de l’eau de Javel, c’est-à-dire que leur cellulose est oxydée avec altération plus ou moins profonde suivant la concentration en chlore des solutions et la durée de l’action. En conséquence, quelle que soit la fibre traitée, il ne faut employer les hypochlorites qu’avec grands ménagements et éliminer ensuite avec soin toute trace de chlore par l’eau ammoniacale, si on veut assurer la conservation.
- G. et IL Buisson, a Saint-Louis.
- Le moulage en plâtre est une agréable distraction.
- Le moulage en plâtre de petits objets dont on veut conserver la forme exacte est très simple et ne demande qu’un peu de soin. Il consiste à enduire préalablement d’huile, avec un pinceau, l’objet à mouler, puis à disposer sur celui-ci des fils huilés fins et résistants, en Un ou chanvre de préférence, de telle manière qu’ils permettent ultérieurement de séparer le moule encore frais en fragments convenables à la façon du fil à couper le beurre.
- Autour de l’objet ainsi préparé, on constitue une garde en carton, puis on coule dans l’espace ainsi limité du plâtre fin ou plâtre à modeler, un tube d’évent également en carton étant ménagé pour assurer l’évacuation de l’air.
- Aussitôt que le plâtre a fait prise on relève les fils dont les extrémités étaient débordantes, les fragments du moule sont mis de côté pour sécher d’abord à l’air puis à l’étuve.
- Il suffit de les réunir par une ficelle pour reconstituer le moule entier dont on huile l’intérieur, à son tour, et dans lequel du plâtre coulé redonne le relief initial de l’objet.
- Pour plus de détails, consulter L’Art du Mouleur, par Lebrun, Magnier et Yalicourt, Librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- Dr M. L. B., a Nice.
- 95.278. — Paris.- lmp. Lahure. 15-12-27
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- LA NATURE
- CINQUANTE-CINQUIÈME ANNEE — 1927
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles : renseignements, 479.
- Àbiétinées : documentation, 478.
- Académie des Sciences, 40, 92, 136, 189, 235, 379, 425, 473.
- Accidents d’aviation, 34.
- Accumulateurs : garnissage des alvéoles, 574.
- Acétates de cellulose, 528.
- Acide sulfureux : particularité curieuse, 260.
- Acidité, 456-
- Alïaiblisseur ù l’iodure de potassium, 329. Agrafe pour rideaux, 573.
- Agrandissement par appareil photographique, 525.
- Agrandisseurs photographiques, 499. Aigue-marine, 336.
- Aimant de magnéto : réaimantation, 239. Air que nous respirons, 142.
- Alcools bruts : désodorisation, 430.
- Algérie : inondations, 535.
- — : vins, 435.
- Algues : agglomérants du charbon, 135. Alliages commerciaux, 94.
- — du magnésium : vitesse de corrosion,
- 235.
- — pour moules de verrerie, 189.
- Alliage pour reproduction, 238.
- Alliages sonores : composition, 430. Almelec, 89.
- Alumine hydratée des bauxites, 189. Aluminium : centenaire, 241.
- — : protection contre l’eau de mer, 282. Ambre, 94.
- — : recollage, 238.
- Amiante industriel, 362.
- Amortisseur ù freinage par courroie, 325-— en caoutchouc, 85.
- Anguilles de Tahiti, 57.
- Antarctique : île Pierre Ier, 220.
- Antiquaire : truc, 336.
- Anthracite : utilisation des poussiers, 335. Anvers : Jardin zoologique, 510.
- Aquarelles : pour les garder fraîches, 135. Araignée : sentiment maternel, 341.
- Arbres fruitiers : traitement par les liquides nutritifs, 478.
- Arcite, 459.
- Ardoises : utilisation des déchets, 576. Argentine : T. S. F., 89.
- Argenture des miroirs, 143.
- Arménie : tremblement de terre, 1. Arrhenius, 428.
- Arrosage : machine gigantesque, 313. Artichaut, 322, 429.
- Asperge, 83.
- Astres : danse, 95.
- Astronomie : bulletin, 41, 133, 231, 327, 420, 518.
- Atlantique -. station d’atterrissage, 570.
- — : traversée en avion, 93.
- Atmosphère : ozone, 360.
- Automobile à gaz comprimés, 295.
- — : installation d’un poste récepteur, 373.
- — : moteur rapide, 68, 314.
- — : ouvrage, 95.
- — : phare non éblouissant, 101.
- — pratique, 85, 180, 228, 324, 564.
- — : Salon de 1927, 564.
- — Sensaud de Lavaud, 394.
- — : vitesse limite, 180.
- Autoxydation catalytique, 451, 545. Avertisseur automatique des températures
- dangereuses du radiateur, 229.
- Aviation : accidents, 34.
- : chronique, 88, 139, 185, 236, 280, 376, 423, 476, 520, 571.
- Avions : démarreur Herzmark, 450.
- — : identification en vol, 171.
- Avion transporteur de journaux, 413.
- B
- Bacille tétanique, 179.
- Bakélite, 73. 576.
- Ballon sautant, 224.
- Barbe-de-capucin : production en cave, 418. Barbeaux du Maroc, 136.
- Barrages hydrauliques, 486.
- Basaltes du Portugal, 425.
- Bateau pliant en acajou, 91.
- Bauxites : alumine hydratée, 189.
- Bec dans la série animale, 118.
- Benzol : carburant national, 156.
- — et benzine, 335.
- Béton cellulaire, 340.
- Betterave : graines décortiquées, 47.
- Bitume de Judée : solvant, 480.
- Blé : sélection, 254.
- Bleus de cobalt, 184.
- Bois : carbonisation, 261.
- — : publications, 239.
- — : utilisation de la farine, 47..
- Boîtes de graisse à remplissage automatique, 230.
- Bore : nouveau procédé de préparation, 235.
- Botanique : futur centre mondial, 470. Bouchage sous le vide, 79.
- Bouchon de radiateur anti-vol, 324.
- Supplément au n° 2775 de La Nature du 15 décembre 1927.
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- Bouteilles isolantes en pyrex, 137. Bretelles : accrocheur « Serposs », 45. Brosses : chiendent, 570.
- — : en soies de porcs, 238.
- Bruits du courant électrique'd’un secteur, 480.
- Butanol et peintures nitrocellulosiques, 141.
- c
- Câble-pompe, 333.
- Câbles sous-fluviaux : pose simultanée,
- 222.
- Cacheteur électrique, 45.
- Cadmium : emploi des dépôts électrolytiques, 568.
- Cadre de réception pour toutes- longueurs d’onde, 278.
- Café décaféinisé, 336-
- — : documentation, 520.
- Caféine des suies de café, 378.
- Calcicoles : châtaigniers, fougères et genêts, 285.
- Calorimétrie physiologique : laboratoire, 356.
- Calque de gravures, 480.
- Canada : nouveaux gisements de cuivre et de nickel, 470.
- — : paradis des naturalistes et chas-
- seurs, 385.
- Cannelle royale de Thanli Hoa, 438. Caoutchouc : altération des tuyaux, 142.
- — : conservation des vêtements, 287.
- — : lutte contre le vieillissement, 184. Carbonate basique de glucinium, 285. Carbonisation des bois, 261.
- Carbure de calcium : fusibilité, 287. Carrosserie : tendances aux Etats-Unis, 324.
- Cartes à jouer : entretien, 528. Carton-amadou : préparation, 527.
- Catalyse : autoxydation, 451, 545. Catalyseurs : inversion, 189.
- Cellules : différenciation, 445.
- — : spécificité, 166-Cendi’ier non renversable, 188.
- Céramiques : réparation, 336.
- Céréales : récolte en France, 471.
- Chaleur solaire source d’électricité, 110. Chambres à air : réparation des petits
- trous, ISO.
- Champignons : ouvrages, 47.
- Changement de vitesse : suppression, 32i. Charbon de Berzélius, 429.
- — de tourbe pour automobile, 270. Châtaigniers, fougères et genêts calcicoles,
- 285.
- Chatterton, 383.
- Chauffage central au gaz, 283.
- Cliauffe-eou Gamo, 137.
- Chauffe-mains pour volant, 181. Chausse-pied à coulisse, 237.
- Chaussures : teinte tabac ou acajou, 334.
- — : teinture en noir, 575.
- Chiens destruction des puces, 575. Chiendent des brossiers, 570.
- Chemins de fer : désherbage des voies, 378. Chimie : maison, 366.
- •— : ouvrages, 94.
- Cicatrisation des plaies cutanées, 227. Cigares et cigarettes : utilisation des bouts, 478.
- Ciment : protection contre les acides, 478. Cirages à chaussures, 517.
- Cire d’abeille : coloration et composition de la jjropolis, 40.
- Citrate de chaux, préparation, 335.
- Clichés de projection : repérage, 142. Cloportes : destruction, 383.
- Cobalt : bleus, 184.
- Code de la route et phares, 334.
- Coiffure : appareils électriques, 138. Cokeries modernes, 402.
- Colle de menuiserie, 182.
- Colombie britannique : mâts totémiques, 49.
- Colonies françaises : enseignement, 526. Compas électromagnétique Dunoyer, 281. Concentration en ions hydrogène, 456. Confiserie : matériel, 47.
- Conservation à sec des organismes vivants, 294, 467.
- — des grains et issues, 462.
- Coquillages : fleurs, 575.
- Corne : ramollissement, 192.
- Couleurs : bibliographie, 430.
- — saillantes et couleurs en retrait, 211, Coupes d’albâtre : capacité, 384.
- Courses de lévriers en Angleterre, 463. Crèmes à chaussures, 384.
- Cuirs : pour les assouplir, 384.
- Cuirassés anglais nouveaux, 414.
- Cuivre : nouveaux gisements au Canada. 470.
- Cultures montagnardes tropicales, 92.
- Cure marine, 132.
- Curiosités de la nature, 144, 240, 288, 432. Cuvettes photographiques : fabrication, 35.
- D
- Démarreur Herzmaivk pour avions, 450. Désherbage des voies de chemins de fer, 378.
- Différenciation cellulaire, 445.
- Diffuseur nouveau, 461.
- Distributions électriques en France, 569. Divertissements d’artiste, 17 5-Dordogne : aménagement par la Comj>a-griie d’Orléans, 53.
- Dorure des titres de livres, 576. Duocyclette, 381.
- Dürer : géométrie des visages, 481.
- E
- Eaux : stérilisation par électrolyse, 285. Echea, 127.
- Écran anti-éblouissant, 230.
- Écritures effacées : pour les rendre visibles, r 384.
- Égouttoir centrifuge, 237.
- Électricité dans l’automobile : entretien, f 228.
- Électrisation des essences, 569.
- Électrodes inattaquables, 384.
- Embrayage automatique curieux, 181. Émulsions : comment on les emploie, 286. Encaustique pour carrelages rouges, 477.
- — : préparation, 528.
- Encre pour machine à écrire, 287.
- Encre pour machines à écrire : préparation, 431.
- Enduit plaslique à la sciure, 286.
- Energie thermique des mers, 542.
- Engrais de sciure de bois, 143.
- Ensilage des fourrages verts, 308. Entomologie des mouches à truites, 28, 216, 369.
- Ephémères, 28, 216, 369.
- Epurateur d’essence perfectionné, 325.
- — : d’huile centrifuge, 566.
- Epuration d’air, 86.
- Epingle à cheveux a Kirbigrip », 138. Escargots : documentation, 47.
- Essence : électrisation, 569.
- synthétique en Allemagne, 470. Essuie-glace très simple, 324.
- Eté de 1927 dans la Manche, 558.
- Etuis dorés : nettoyage, 431.
- Eviers : débouchage, 135, 329.
- F
- Faïence : réparation, 286.
- Faits de la quinzaine, 48, 96.
- Fards, 225, 331. *,>
- Farine de bois, 94.
- Fegulella : nouvelles observations biologiques, 40.
- Fer : bloc de Tamentit, 92.
- •— dans les sels de zinc : recherche, 383.
- —• : réduction des minerais par l’hydro-
- gène, 234.
- Ferriers de l’Yonne, 239.
- Fichier de poche, 333.
- Figures sans bouche, 543.
- Filaire remarquable, 471.
- Filtrations difficiles, 431.
- Filtre à huile, 86.
- Fleurs en coquillages, 575.
- Fluor : composé oxygéné, 473.
- Foggaras, 364.
- Forêts : incendies dans le Yar, 282.
- Fosses en ciment : protection, 383.
- Fossiles en ultra-violet, 367.
- Foudre et figures de Lichtenberg, 97. Fourmis : lutte, 94.
- Fourrages verts : ensilage, 308.
- Foyer à chargement intermittent, 426. Français : frontières linguistiques, 529. Freinage électromagnétique, 181.
- Fresnel, 465.
- Freux, 183.
- Friandise turque, 528.
- Fromage de Gruyère et de Cantal, 383. Fruits : maturation par l’étliylène, 233. Fumées de Paris : diffusion, 473.
- Furfural : dérivés, 281.
- G
- Galvanoplastie : dégraissage préalable, 430.
- Gare de triage : Lille-Délivrance, 23.
- Gaz à l’eau, 289.
- — comprimés : emploi dans les auto-
- mobiles, 293.
- — pauvre en navigation, 123.
- Gazogène à récupération, 63.
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-
-
-
- Géométrie des visages d’après Dürer, 481. Glace : fabrication, 12.
- Glaces : réparation du tain, 143.
- Glozel, 389, 496.
- Glucine : purification, 568.
- Glucinium : carbonate basique, 285.
- — : dilatation, 450.
- Goût de bouchon, 526.
- Grains : conservation : 462.
- Granit : patine, 383.
- Graphite, 198.
- Grotte à dessins pariétaux, 40.
- Gruyère, 202.
- Guayule, 296.
- H
- Haricot, 177.
- llang : nécrologie, 330.
- Haut fourneau au bois, 209, 429. Haut-parleurs : eclrea, ancêtres, 127. Haut-parleur puissant à fréquence variée, 373.
- Ilaute-Volta, 490.
- Herbes : destruction, 527.
- Herbier : presse à feuilles d’aluminium ondulé, 422.
- Histoire et facteurs cosmiques, 174. Houillcr : flore d’Albi, 189.
- Huiles d’animaux marins dans les moteurs, 379.
- Huile de graines de soleil, 377.
- — de graissage : récupération, 429.
- — d’olive : production mondiale, 183.
- — de pépins de raisin, 285.
- Hydrogène : réduction des minerais de fer,
- 234.
- Hydrogène sulfuré liquide : inaltérabilité du fer, du cuivre et du zinc, 40.
- I
- Ile Pierre Ier, 220.
- Illusions d’optique, 10.
- Imperméabilisation des vêtements, 142. Impôts sur l’automobile, 228.
- Incendies de forêts dans le Var, 282. Indochine : nature du sol, 40.
- Inondations d’Algérie, 535.
- — : de la Seine : travaux, 378.
- Insecticides nouveaux, 576.
- Institut de phonétique de Paris, 64. Insuline et troubles circulatoires, 226. Intrasauces, 498.
- Inventions, 45, 91, 137, 187, 237, 283, 333, 381, 426, 474, 525, 572.
- Irisations du verre, 93, 576.
- Isère : aménagement, 234,
- Isolant entre double paroi, 480.
- Issues : conservation, 462,
- J
- Jardin zoologique d’Anvers, 510. Jauge à distance, 87.
- Jetons en os : teinture, 430. Jupiter, 433.
- K
- Kapok : amélioration de flottabilité, 336. Klydonograplie, 97.
- L
- Laboratoire de calorimélrie physiologique, 356.
- Labrador, 152.
- Lac Tchad en 2>éril de dessèchement, 377. Laine coloniale, 536.
- — : digestion pancréatique, 40.
- Laits : analyse au laboratoire municipal, 343.
- — congelé, 331.
- — conservateur, 384.
- Lampe balladeuse, 426.
- — chauffante de sûreté, 180.
- Lampes multiples, 375.
- Lampe de puissance, 278.
- Lampes à deux grilles : nouveaux types, 277.
- — de T. S. F. : choix, 372.
- Lanoline : composition, 286.
- Lapin Castorrex éjarré, 141.
- Lapins : documentation, 47.
- Laplace et Newton, 273.
- Laques protectrices d’aluminium, 241. Lavage automatique des wagons, 214. Légumes, 83, 130, 177, 322.
- Lessives : composition, 431.
- Lévriers : courses en Angleterre, 463. Levure de hière en pharmacologie, 370-
- — instantanée, 142.
- — et pain, 527.
- Liège : utilisations industrielles de la poudre, 46.
- Lille-Délivrance : plus grande gare de triage, 23.
- Linge américain, 335.
- Linguistique : conceptions de M. Thomas, 9.
- —• : frontières du français, 529. Liqueurs de fantaisie, 477, 574.
- Liquides : rigidité, 568.
- Livres nouveaux, 90, 140, 186, 332, 380, 424, 472, 567.
- — : protection contre la moisissure, 574. Longévité des espèces domestiques, 238. Lumière de Wood, 154.
- — : protection des yeux, 430.
- M
- Magnésiens pliosphinés, 92.
- Magnésium : vitesse de corrosion des alliages, 235.
- Maison de la chimie, '366.
- Maltose : synthèse, 136.
- Mangoustes, 190.
- Mangouste et vipères, 30.
- Marbres artificiels, 430.
- Maroc : rénovation des arts, 471.
- Mastics : bibliographie, 429.
- Mastic dur, 142.
- Mâts totémiques de Colombie britannique 49.
- Mayonnaise : appareil, 188.
- Mèches de bougie non fumeuses, 431. Mercure : surface et rotation, 170.
- Métaux : protection, 528.
- — rares, 336.
- Meubles vermoulus : réfection, 182.
- Miel et abeilles : renseignements, 479. Mimosa : matière tannante, 337.
- Minerai rubber, 570.
- Mines sous-marines, 549.
- Mirovelo, 187.
- Moellons en béton armé, 381.
- Moulage en plâtre, 576.
- Mouliers de Port-Marly, 379.
- Morse dans la Mer du Nord, 128.
- Moteurs d automobile : évaluation fiscale de la puissance, 228.
- Moteur d’automobile rapide, 68, 314. Mouches, mode renaissante, 129.
- Moulage en. coquille sous pression, 301. Moules de verrerie : alliages, 189. Moustiques : chasse, 477.
- — : contre les piqûres, 142.
- — : plantes qui les éloignent, 479. Moutarde de Dijon, 506.
- Moutons : bains contre la vermine, 182. Mouvement complémentaire, 10.
- Murs : imperméabilisation, 429.
- — : salpêtrage, 93, 190.
- N
- Natation : effort, 93,
- Nécrologie : Haug, 330.
- Newton dans l’intimitc, 33.
- Newton et Laplace, 273.
- Nickel : nouveaux gisements au Canada, 470.
- Noircissement du cuivre et du laiton, 575. Notes et informations, 44, 89, 141, 183, 234, 281, 330, 377, 428, 470.
- Noyade : cas évitables, 469.
- Noyer, 454.
- Nucléinates, 370.
- Numération : simplification, 334.
- O
- Océanographie des courants de prolon-deur, 92.
- Œnologie, 384.
- Œufs : marque indélébile, 429.
- Ondes dirigées en radioélectricité, 111, 24y.
- — hertziennes : propagation, 77. Optique atmosphérique, 46.
- — : illusion, 10.
- Osiso, 26.
- Ozone dans l’atmosphère, 360.
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-
-
-
- 5S0
- P
- Pain et levure, 527.
- Pansements spécifiques, 514.
- Papaïne, pepsine végétale, 143.
- Papier : âge, 417, 513.
- Papiers de tenture lavables, 336.
- Papier et peau marbrés, 239.
- Paraffine : huile, 143.
- Pare-pierres pour automobile, 566.
- Paroi des vases : influence sur les animaux, 568.
- Passoire à filtres interchangeables, 188. Pastilles du sérail : formule, 238.
- Patinage de la pierre, 478.
- Patine ivoire du plâtre, 383.
- Peaux de lapins : emplois des rognures comme engrais, 479.
- — — : teinture en noir, 286.
- Peinture de cave, 94.
- Peintures nitrocellulosiques et butanol, 141. Pellicules photographiques : enlèvement de la gélatine, 179.
- Pépins de raisins : huile, 285.
- Périodicité en physiologie humaine, 178. pH, 456.
- Phares et code de la route, 331.
- — hertziens : récents perfectionnements,
- 346, 419.
- Phare de secours à usages multiples, 230.
- — non éblouissant pour automobiles
- 101.
- Phonétique : institut, 64.
- Photographie : agrandisseurs, 499.
- — : Salon international, 574. Phragmophone, 461.
- Pierres schisteuses : consolidation, 94.
- Piles de tension-plaque : choix, 372.
- — et accus de tension-plaque, 522.
- — Geiger : récupération du sel ammo-
- niac, 335.
- Pin laricio en Afrique du Nord, 136.
- Pince à serviette à initiale, 427.
- Pinceau électrique « Galvanic », 475. Plantes malades : consultations, 526.
- — pour éloigner les moustiques, 479. Plâtre : durcissement, 287.
- — : moulage, 576.
- Pliocène de la Seine, 136.
- Plomb de chasse : fabrication, 480.
- Pluie : les villes la précipitent-elles ? 190. Pneus : vérificateur de pression, 564.
- Point de côté des adolescents, 326.
- Pois, 130.
- Poissons : huiles dans les moteurs, 379. Porcelaine : réparation, 286.
- Porte-bagages roulant, 474.
- Porte-cravate Roura, 237.
- Porte-manteau de voyage, 138.
- Postes à changement de fréquence : matériel de montage, 524.
- Postes de réception : alimentation, 372. Poste récepteur : installation, 480.
- — super régénérateur, 480.
- — récepteur sur automobile, 373. Poteaux télégraphiques : chant, 239. Poulaillers : hygiène, 233.
- Poulets : documentation, 47.
- Poussière : pour Rabattre, 335-Presse d’herbier à feuilles d’aluminium, 422. Prise de courant à baïonnette : construction, 476.
- Prix Nobel, 569.
- Propagation des ondes hertziennes, 77. Puces de chien : destruction, 575. Pyrèthre : insecticide, 561.
- R
- Radioactivité de l’air : fixation par le magnétisme terrestre, 235.
- Radio-concerts : réception sur ondes très courtes, 277.
- Radioélectricité : transmission par ondes dirigées, 111, 248.
- Radiophares : récents perfectionnements, 346, 419.
- Radiophonie pratique, 39, 277, 372, 522. Raisins : huile de pépins, 285.
- Ramasgoutte pour robinet de cuisinière, 284. Rancissement des corps gras, 431.
- Rat : destruction, 82.
- — noir, 81.
- Rayons cosmiques, 306-
- Réchaud à acétylène pour camping, 565. Réchauffeur Spar, 525.
- Récoltes : augmentation, 336.
- Réfractaires : températures de fusion, 287. Rigidité des liquides, 568.
- Robinets qui gouttent, 238.
- Roches intrusives du Portugal, 379.
- Rose blanche et rose rouge en thérapeutique, 270.
- Rouille du fer : préservation, 94.
- Routes : réfection, 85.
- — : signalisation, 556.
- S
- Sacs à engrais : protection, 429.
- Sahara : utilisation de l’eau, 364. Salpêtrage des murs, 93, 190.
- Santons de Provence, 218.
- Savons : pouvoir détersif, 570.
- — : naturels, 575.
- Scandium, 473.
- Scellement en plâtre, 430.
- Sciure de bois, engrais, 143.
- Sélection du blé, 254.
- Semelles de caoutchouc : collage, 431. Sentiment naturel chez les animaux, 477. Séparateur d’œufs, 427.
- Serpent : peau, 575.
- Serviettes : accrochage à billes, 45. Servo-débrayage à pose rapide, 86. Signalisation automatique, 180.
- — : des routes, 556.
- Silice fondue : transparence, 189.
- Sisal, 576.
- Soie coloniale, 536.
- Soleil : huiles de graines, 377.
- Sons : appareil pour les voir, 26.
- Souches d’arbres : destruction, 526.
- Soufre dans la terre arable, 92.
- Spécificité des cellules, 166.
- Spirochète de la musaraigne : transmission, 379.
- Spirochétose du chimpanzé, 425. Stabilisateur d’aérostat, 46.
- Statuettes en plâtre : aspect du bronze vert, 142.
- Stérilisation des eaux potables par élec-trolyse, 285.
- Strapontin à ressorts, 87.
- Sucre dans l’organisme, 562.
- — : questions, 527.
- T
- Taches d’encre à marquer le linge, 238.
- — — à stylo, 526.
- — de rouille sur le papier, 528.
- — de teinture d’iode, 479.
- Tahiti : anguilles, 57.
- Tain des glaces : réparation, 143.
- Talc brut : épuration, 239.
- Tarets : protection du bois, 143.
- Tatouages : disparition, 527.
- Tectonique de Sarrancolin, 425.
- Teinture aux couleurs diamincs, 2 37.
- —• : en noir des chaussures, 575.
- — en noir des peaux de lapin, 286.
- T. S. F. : accessoires de montage, 279.
- — : appareil à changement de fré-
- quence, 374.
- — : appareils récepteurs en 1928, 522.
- — : cadre à enroulements protecteurs, 95.
- — : commutateur de bobinage. 46-
- — : en Argentine, 89.
- — : mécanique dans les postes, 524.
- — : poste à changement de fréquence,
- 46.
- — : questions diverses, 190.
- — : réception anormale, 95.
- — : réception, choix, 95.
- — : réception sur cadre, 95.
- — : redresseur pour 80 volts, 95. Télémécanique par téléphone, 494. Téléphonie bilatérale en haut-parleur, 480. Télévision, 439.
- Tenikoit : jeu nouveau, 187.
- Terres : analyse physico-chimique, 93. Terre arable : teneur en soufre, 92. Tétanos : diffusion dans la nature, 179. Textiles coloniaux, 16, 536.
- Thé : fabrication, 105.
- Thomas : conceptions linguistiques, 9. Tire-valise, 382.
- Tissus, 445.
- Toise Féraud. 187.
- Tonneaux : pour les rendre étanches, 573. Totems de Colombie britannique, 49. Tourbe : charbon pour automobile, 270. Ti'anssaliarien, 157.
- Tremblement de terre d’Arménie, 1.
- — — en France en 1926, 300. Trichogrammes, 425.
- Tuberculose canine et bacille de Koch, 568. Tunnel intercontinental, 379.
- Turanose : hydrolyse diastasique, 235. Turbine hydraulique : centenaire, 44.
- U
- Ultra-violet : examen des fossiles, 367. Univers : structure, 145.
- Urane : gîtes de Kasolo, 425.
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-
-
-
- V
- Vases émaillés : résistance, 239.
- Vaseline : huile, 143.
- Vélo-car, 474.
- Vent : mesure de la vitesse, 517. Ventilateur de forge : construction, 572. Vernis à la gomme laque : enlèvement, 526.
- — transparent pour négatifs, 179. Verre : irisations, 93, 576.
- Verrerie fine : alliages pour moules, 189. Vêtements huilés, 192.
- Vins d’Algérie, 435.
- Vipères, 334-— et mangouste, 30.
- Vipereaux : époque de naissance, 477.
- Vis : pour ne pas les perdre, 135. Vitamines : constitution chimique, 276. Vivarium de Paris, 553.
- Volta, 490.
- Yrillettes du bois, 384.
- w
- Wagons : lavage automatique, 214.
- Z
- Zèbres, 193.
- Zinc : gisement de Cho Dien, 473.
- — : protection des réservoirs, 14'5.
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-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Abdalian (S.) — Le grand tremblement de terre d’Arménie, 1.
- Aron (Dr Max). — Initiation biologique, 166, 445.
- B. (A.). — Les barrages hydrauliques, 486.
- Baud (Paul). — Académie des' Sciences, 40, 92, 136, 189, 235, 379, 568.
- Bidault de L’Isle (G.). — La surface de Mercure et sa rotation lente, J 70.
- Blin (Henri). — Production en cave de la « barbe-de-capucin », 418.
- Bochet (P.). — Une application du gaz pauvre à la navigation maritime, 123.
- Bourgain (André). — Les agrandisseurs photographiques, 499.
- Bousquet (M.). — La cure marine, 132.
- Boussac (Hippolyte). — Les figures sans bouche des temps préhistoriques, 543.
- Boutaric (A.). — La propagation des ondes hertziennes, 77. — Rayons cosmiques, 306. — L’ozone dans l’atmosphère, 360. — La concentration en ions hydrogène, 456.
- Boyer (Jacques). — L’Institut de phonétique de Paris, 64. — La sélection scientifique du blé, 254. — Les fourrages verts : nouvelles méthodes d’ensilage, 308. — L’analyse des laits au Laboratoire municipal, 343. — De Vivarium de Paris, 553.
- Bussard (Claude). — Le rat : sa destruction, 82.
- Cabanes (Dr). — Légendes, mots et curiosités de la science, 33, 129, 225, 331, 417, 513.
- Chaîne (J,). — Le bec dans la série animale, 118.
- Chauvet (Dr Stephen). — Glozel, 389.
- Chevalier (Dr J.) — Le pyrèthre insecticide, 561.
- Constantin (L.). — Les accidents d’aviation au cours des grands raids et le moyen de les éviter, 34.
- Coupin (Henri). — La fabrication du thé, 105.
- D.-S. (H.). — L’autoxydation catalytique, 451, 545.
- Dauzat (Albert). — Les conceptions linguistiques de M. Thomas, 9. — Les frontières linguistiques du français, 529.
- Deforge (A.). — Le mimosa, matière tannante, 337.
- Doublet (E.). — Newton et Laplace, 273.
- Epstein (Dr Stéphane). — Pansements spécifiques, 514.
- Fabre (J. Henri). — Les vins d’Algérie, 435.
- Feuillée-Billot (Alex.). — La mangouste a Rikki » et les vipères, 3û. — Le rat noir, 81.
- Finaton (Ch.). — Le dernier haut fourneau au bois, 209.
- Forbin (Victor). — Les mâts totémiques de la Colombie britannique, 49. — A qui appartiendra le Labrador? 152. — Divertissements d’artiste, 175. — Le zèbre, 193. — Le Canada, paradis des naturalistes et des chasseurs, 385.
- Gières (René). — L’arcite, 459.
- Gradenwitz (Dr A.). — Conservation à sec des organismes vivants, 294. — Les fossiles vus à la lumière ultra-violette, 367.
- Gruson (F.). Gazogène à récupération, 63.
- Guérin (M.). — Le gaz à l’eau, 289.
- Guyot (L.). — Le noyer, 454.
- Hémardinquer (P.). — La radiophonie pratique, 36, 277, 372,522.
- — Transmissions radio-électriques par ondes dirigées, 111, 248.
- — Les phares hertziens, 346, 419.
- Hutin (Albert). — La levure de bière en pharmacologie, 370. — Le minéral rubber, 570.
- Kimpflin (Georges). — A propos des fouilles de Glozel, 496. Kuentz (L.). — Un appareil pour voir les sons : l’Osiso, 26. — Les courses de lévriers en Angleterre, 463.
- L. (M -P.). — Le guayule, 296.
- L. (R.). — Les textiles coloniaux, 16, 536.
- Landolt (Dr Marc). — Le mouvement complémentaire, 10. — Couleurs saillantes et couleurs en retrait, 211.
- Leclerc (Dr Henri). — Rose blanche et rose rouge : leur emploi en thérapeutique, 271.
- Lefèvre (J.). — Un laboratoire de recherches de calorimétrie physiologique, 356.
- Legendre (Dr J.). — La colonie de la Haute-Volta, 490.
- Legendre (R.). — La conservation des grains et issues, 462.
- M. (R.). — L’histoire et les facteurs cosmiques, 174.
- Mareschal (P.). — Lavage automatique des wagons, 214. Matagrin (Am.). — A propos du centenaire de l’aluminium, 241. Meige (Dr Henri). — La géométrie des visages d’après Albert
- Diirer, 481.
- Mercier (Armand). — Au Jardin zoologique d’Anvers, 510. Millet (J.-G.). — Le sentiment maternel chez une Araignée, 341. Morhardt (Dr P.-E.). — Phénomènes périodiques en physiologie humaine, 178. — Troubles circulatoires et insuline, 226. — La constitution chimique des vitamines, 276. — Le point de côté des adolescents, 326. — Quelques cas évitables de noyade, 469.
- — Le sucre dans l’organisme, 562.
- O. (J.). — La carbonisation des bois, 261. — Les cokeries modernes, 402.
- Pannetier (A.). — Conservation à sec des organismes vivants, 467. Pawlowski (Auguste). La plus grande gare de triage de France, 23. — L’aménagement de la Haute-Dordogne, 53.
- Pecii (Dr J.-L.). — Phare non éblouissant pour automobile, 101.
- — La lumière de Wood, 154.
- Penel (G.). — Les échéa, ancêtres du haut-parleur, 127.
- Petit (Henri). — Le moteur d’automobile rapide, 68, 314.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 85, 180, 228, 324, 564.
- R. (L.). — Le bacille tétanique, sa diffusion dans la nature, 179.
- — La cicatrisation des plaies cutanées, 227. — Désherbage mécanique des voies de chemins de fer, 378. — Pouvoir détersif des savons, 570. — Le chiendent des brossiers, 570.
- Rabot (Charles). — Un morse dans la mer du Nord, 128. —Une reconnaissance dans l’Antarctique : l’île Pierre Ier, 220. Reverchon (Léopold). — Le fromage de gruyère et son évolution, 202.
- Richet (Charles). — La chaleur solaire source d’électricité, 110. Rudaux (Lucien).—Jupiter, 433.—L’été de 1927 dans la Manche, 558.
- Ryvez, — L’entomologie des mouches à truites, 28, 216, 369.
- Sauvaire-Jourdan (Commandant). — L’identification des avions en vol, 171. — Les santons de Provence, 218. — Les nouveaux cuirassés anglais, 414. — Les mines sous-marines, 549.
- Schmidt (Dr Johs). — Les anguilles de Tahiti, 57.
- Schubiger (Claude). — Avion transporteur de journaux, 413. Simonet (Roger). — La moutarde de Dijon, 506.
- T. (A.). — Emploi des gaz comprimés pour l’alimentation des automobiles, 295. — Augustin Fresnel, 465.
- Touchet (Em.).— Bulletin astronomique, 41,133,231, 327, 420,518.
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-
-
-
- 583
- Truelle (A.). — Nos légumes : asperge, 83; pois, 130; haricot, 177; artichaut, 322.
- Véronnet (Alex). — La structure de l’univers, 145.
- Villers (R.). — La foudre et les figures de Lichtenberg, 97. — Une machine à arroser gigantesque, 313. — Un nouveau diffuseur : le phragmophone, 461. — Télémécanique par téléphone. 494. —• La signalisation des routes, 556.
- Weiss (E.-H.). — La fabrication de la glace, 12. — La bakélite, 73. — Le graphite, 198. — Moulage en coquille sous pression, 301. — L’amiante industriel, 362. — La voiture Sensaud de Lavaud, 394. — La télévision, 439.
- Welsch (Jules). — Utilisation de l’eau au Sahara : les foggaras, 364.
- XXN. — Où en est la question du Transsaharien? 157.
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-
-
- TABLE DES MATIERES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La structure de l’univers (A. Yéronnet).......................145
- La surface de Mercure et sa rotation lente (G. Bidault de
- l’Isle).....................................................170
- Rayons cosmiques (A. Boutaric).................................306
- Jupiter (L. Budaux)............................................433
- Bulletin astronomique (E. Touchet), 41, 133, 231, 327, 420, 518
- II. — SCIENCES PHYSIQUES I. Physique.
- La chaleur solaire, source d’électricité (Charles Richet). . 110
- La lumière de Wood (J.-L. Pech)...............................154
- Transparence de la silice fondue.................................189
- Fixation de la radioactivité de Pair par le magnétisme terrestre............................................................235
- Les fossiles vus à la lumière ultra-violette (À. Gradenwitz). 367 Rigidité des liquides............................................568
- 2. Chimie.
- Inaltérabilité du fer, du cuivre et du zinc dans HâS liquide. 40
- Gomposés magnésiens phosphinés............................... 92
- Synthèse du maltose......................................... 136
- Alumine hydratée des bauxites............................... 189
- Inversion du rôle des catalyseurs .........................189
- “Vitesse de corrosion des alliages de magnésium............235
- Nouveau procédé de préparation du bore.......................235
- A propos du centenaire de l’aluminium (A. Matagrin) . . . 241
- Particularité curieuse de l'acide sulfureux..................260
- Remarques sur l’huile de pépins de raisins.................285
- La maison de la chimie.......................................366
- Dilatation du glucinium......................................450
- Autoxydation catalytique (H. D. S.)............... 451, 545
- La concentration en ions hydrogène (A. Boutaric).............456
- Composé oxygéné du fluor.....................................473
- Analogies du scandium....................................... 473
- Purification de la glucine...................................568
- Dépôts électrolytiques de cadmium............................568
- III, — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du globe.
- Le grand tremblement de terre d’Arménie (S. Abdalian) . . 1
- Nature du sol de l’Indochine............................... 40
- Bloc de fer de l’oasis de Tamentit......................... 92
- Histoire pliocène du bassin de la Seine....................136
- Flore houillère du bassin d’Albi.............................189
- Les tremblements de terre en France en 1926. .............. 300
- Montien de Port-Marly....................................... 379
- Gisement de roches intrusives au Portugal....................379
- Tectonique de Sarrancolin................................... 425
- Basaltes du Portugal..........................................425
- Gites uranifères de Kasolo....................................425
- Gisement de zinc de Cho Dieu..................................473
- 2. Météorologie.
- L’histoire et les facteurs cosmiques (R. M.)..............174
- L’ozone dans l’atmosphère (A. Boutaric)...................360
- L’été de 1927 dans la Manche (L. Rudaux)..................558
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Le « mouvement complémentaire » (Dr Marc Landolt) ... 10
- L’entomologie des mouches à truites (Ryvez). . . 28, 216, 369
- La mangouste « Rikki » et les vipères (A. Feuillke-Billot) . 30
- Coloration de la cire d’abeilles et composition de la pro-
- Polis................................................... 40
- Digestion pancréatique de la laine.......................... 40
- Les anguilles de Tahiti (Dr Joiis Sciimidt)................. 57
- Le rat noir (A. Feuillée-Billot)............................ 81
- Le bec dans la série animale (J. Chaîne)..................118
- Un morse dans la mer du Nord (C. Rabot).....................128
- Barbeaux du Maroc...........................................136
- Initiation biologique (Dr M. Aron)................ 166, 445
- Phénomènes périodiques en physiologie humaine (D1 P.-E.
- Morhardt)................................................ 178
- Le zèbre (Y. Forbin)....................................... 193
- Couleurs saillantes et couleurs en retrait (Dr M. Landolt) . 211
- Constitution chimique des vitamines (D1 P.-E. Morhardt). . 276
- Conservation à sec des organismes vivants (A. Gradenwitz). 294 Sentiment maternel chez une araignée (J.-G. Millet) .... 341
- Laboratoire de recherches de calorimétrie (J. Lefèvre). . . 356
- Trichogrammes...............................................425
- Courses de lévriers en Angleterre (L. Kuentz)...............463
- Conservation à sec des organismes vivants (A. Pannetier) . 467
- Au jardin zoologique d’Anvers (A. Mercier)..................510
- Le Yivarium de Paris (J. Boyer).............................553
- Influence de la paroi des vases sur les réactions des animaux .......................................................568
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Les textiles coloniaux (R. L.) .........................16, 536
- Nouvelles observations sur Fegatelia ........................ 40
- Cultures montagnardes tropicales............................. 92
- Teneur en soufre de la terre arable........................ 92
- Fabrication du thé (H. Coupin).................- .......105
- Découverte d’un pin laricio en Afrique du Nord.............136
- Hydrolyse diastasique du turanose............................235
- Sélection scientifique du blé (J. Boyer)...................254
- Le guayule (M. P. L.)........................................296
- Les fourrages verts : nouvelles méthodes d’ensilage
- (J. Boyer)................................................308
- Production en cave de la « barbe-de-capucin » (H. Blin). . . 418
- Les vins d'Algérie (J.-H. Fabre).............................435
- Cannelle royale de Tlianh Hoa................................43g
- Le noyer (L. Guyot)..........................................454
- Conservation des grains et issues (R. Legendre)............462
- Le pyrèthre insecticide (Dr J. Chea'Alier)...................561
- p.584 - vue 610/614
-
-
-
- 2. Photographie.
- 585
- Nos légumes (A. Tkueli.e) :
- Asperge. ............................................... 83
- Pois...................................................13(1
- Haricot................................................ 177
- Artichaut’.............................................. 332
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Conceptions linguistiques de M. Thomas (A. Dauzat). ... 9
- Grotte à dessins pariétaux de l’Age du renne.............. 40
- Les mâts totémiques de la Colombie britannique (V. Fokbin). 49
- Institut de phonétique de Paris (J. Boyer)................ 04
- Etude océanographique des courants de profondeur.......... 92
- A qui appartiendra le Labrador? (V. Fokbin)............... 132
- Où en est la question du Transsaharien? (XXX)............. 157
- Divertissements d’artiste ÇV .Fokbin).......................173
- Les santons de Provence (Commandant Sàuvaike Jourdan) . 218
- Une reconnaissance dans i’Antarctique : l’ile Pierre Ier
- (C. Rabot).............................................. 220
- Canada, paradis des naturalistes et des chasseurs (V. Fokbin)......................................................3S5
- La colonie de la Haute-Volta (Dr J. Legendre).............490
- Glozel (Dr S. Chauvet)......................................389
- A propos des fouilles de Glozel (G. Kimpflin)...............496
- Les frontières linguistiques du français (A. Dauzat)........329
- F’igures sans bouche des temps préhistoriques (H. Boussac.). 543
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Le rat : sa destruction (C. Bussakd).......................
- La cure marine (M. Bousquet)...............................
- Le bacille tétanique, sa diffusion dans la nature (L. R.). . .
- Un nouveau sport, le ballon sautant........................
- Troubles circulatoires et insuline (D1' P.-E. Mokiiardt) . . .
- Cicatrisation des plaies cutanées (L. R.)..................
- Rose blanche et rose rouge : leur emploi en thérapeutique
- (Dr H. Leclerc)..........................................
- Le point de côté des adolescents (Dr P.-E. Mokiiardt). . . . L’analyse des laits au Laboratoire municipal (J. Botf.r) . .
- La levure de bière en pharmacologie (A. Mutin).............
- Transmission du spirochète de la musaraigne................
- Spirochétose du Chimpanzé transmissible à l’homme . . . .
- Cas évitables de noyade (Dr P.-E. Moriiakdt)...............
- Diffusion des fumées, de Paris.............................
- Les intrasauces............................................
- Pansements spécifiques (Dr S. PJpstein)....................
- Le sucre dans l’organisme (Dr P.-E. Mokiiardt).............
- Bacille de Koch et tuberculose canine......................
- 82
- 132
- 179
- 224
- 226
- 227
- 271
- 326
- 313
- 370
- 379
- 425
- 469
- 473
- 498
- 514
- 562
- 568
- VL — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Fabrication de la glace (E.-H. XVeiss)..................
- Un appareil pour voir les sons (L. Kuentz)..............
- Gazogène à récupération (F. Gruson).....................
- La bakélite (E.-H. Weiss)...............................
- Bouchage sous le vide...................................
- Les échéa, ancêtres du haut-parleur (C. Penel)..........
- Alliages pour moules de verrerie fine...................
- Le fromage de gruyère et son évolution (L. Reverchon) . .
- Le dernier haut fourneau au bois (C. Finaton)...........
- La carbonisation des bois (J. O.).......................
- Le gaz ù l’eau (M. Guérin)..............................
- Moulage en coquille sous pression (E.-H. Weiss).........
- Une machine à arroser gigantesque (R. Villers).........
- Le mimosa, matière tannante (A. Deforge)................
- L’amiante industriel (E -II. Weiss) .... ..............
- La moutarde de Dijon (R. Simonet).......................
- 12 26 63 7 o 79 127 189 202 209 261 289 301 313 337 362 5‘ 6
- Les agrandisseurs photographiques (A.
- Bourgain)
- 499
- 3. Électricité.
- Propagation des ondes hertziennes (A. Boutaric). . ; . . . La foudre et les figures de Lichtenberg (R. Villers) . . . . Transmissions radioélectriques par ondes dirigées (P. Hémar-
- dinquer)...........................................111,
- Phares hertziens : récents perfectionnements (P. Hémardin-
- Quek) . . ........................................ 346,
- La télévision (E.-H. Weiss)...............................
- Un nouveau diffuseur : le phragmophone (R. XTllers) . . .
- Télémécanique par téléphone (R. Villers)..................
- Radiophonie pratique (P. Hémakdinquek) :
- Influence des capacités parasites...................
- Nouveau poste à résonance............................
- Condensateur à variation linéaire de fréquence ....
- Nouvelles soujmpes électrolytiques ..................
- Lampe à doubles éléments....................' . . . .
- Condensateur à faibles pertes et démultiplication . . .
- Construction d’un circuit-filtre simple.............
- Lampes à deux grilles : nouveaux types..............
- Radio-concerts : réception sur ondes très courtes . . . Cadre de réception pour toutes longueurs d’ondes . .
- Lampe de puissance.......................... . . . .
- Accessoires de montage...............................
- Postes de réception : leur alimentation..............
- Lampes : choix......................................
- Piles de tension-plaque : choix.....................
- Haut-parleur puissant à fréquence variée.............
- Poste-récepteur sur automobile.......................
- Appareil à changement de fréquence...................
- Lampes multiples....................................
- Appareils récepteurs en 1928........................
- Piles et accumulateurs de tension-plaque.............
- Mécanique dans les postes de T. S. F.................
- Montage de postes à changements de fréquence. . . .
- 77
- 97
- 248
- 419
- 439
- 461
- 494
- 36
- 37
- 37
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- 38
- 39 39
- 277
- 277
- 278 278 278 372 372
- 372
- 373
- 373
- 374 374 522 522 524 524
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Aménagement de la Haute Dordogne (A. Pawlowski). ... 53
- Le graphite (E.-H. Weiss)...................................... 198
- Pose simultanée de 12 câbles sous-fluviaux......................222
- Réton cellulaire ...............................................340
- Utilisation de l’eau au Sahara : les foggaras (J. Welscii) . . 364
- Tunnel intercontinental........................................ 379
- Les cokcries modernes (J. O.)...................................402
- L’arcite (R. Gièkes)............................................459
- Les barrages hydrauliques (A. B )............................ 486V,
- Les inondations en Algérie......................................535
- Utilisation de l’énergie thermique des mers....................542
- Signalisation des routes (R. Villers)..............• . . . . 556
- 5. Transports.
- La plus grande gare de triage : Lille-Délivrance (A. Paw-
- lowski)..............................'................... 23
- Le moteur d’automobile rapide (II. Petit)..............68, 314
- Phare non éblouissant pour automobile (Dr J.-L. Pecii). . . 101
- Le benzol, carburant national........................... 156
- Lavage automatique des wagons (P. Mareschal)................214
- Charbon de tourbe pour automobile.............................270
- Emploi des gaz comprimés pour l’alimentation des automobiles (A. T.)..............................................295
- Utilisation des huiles d’animaux marins dans les moteurs. 379
- Lu voiture Sensaud de Lavaud (E.-H. Weiss)....................394
- L’automobile pratique (L. Picard) :
- Réfection des routes.................................. 85
- Amortisseur en caoutchouc.............................. 85
- p.585 - vue 611/614
-
-
-
- 566
- Servo-débrayagc à pose rapide.......................... 86
- Epuration d’air et filtre à huile...................... 86
- Jauge à distance....................................... 87
- Strapontin à ressorts. ...... 87
- Vitesse limite des automobiles.........................180
- Signalisation automatique...............................180
- Réparation des petits trous des chambres à air .... 180
- Lampe chauffante de sûreté..............................180
- Chauffe-mains pour volant.............................. 181
- Frein électromagnétique.................................181
- Embrayage automatique curieux...........................181
- Évaluation fiscale de la puissance des moteurs .... 228
- Rendement des impôts ................................ 228
- Entretien d’une installation électrique................228
- Avertisseur automatique des températures dangereuses
- du radiateur.........................................229
- Boîte de graisse à remplissage automatique.............230
- Phare de secours à usages multiples.....................230
- Écran anti-éblouissant.................................230
- Changement de vitesse : suppression.....................324
- Carrosseries : tendances aux Etats-Unis................324
- Essuie-glace très simple......................: . . . 324
- Bouchon de radiateur anti-vol.......................... 324
- Épurateur d’essence perfectionné.......................325
- Amortisseur à freinage par courroie.....................325
- Salon de 1927 .........................;.............564
- Influence des techniques française et américaine . . . 5G4
- Vérificateur de pression des pneus..................... 564
- Réchaud à acétylène pour camping.............. . . 565
- Epurateur d’huile centrifuge............................566
- Pare-pierres........................................... 566
- 6. Aviation et aéronautique.
- Les accidents d’aviation et le moyen de les éviter (L. Cons-
- tantin) .................................................... 34
- L’identification des avions en vol (Commandant Sauvaire-
- Jourdan) ...................................................171
- Avion transporteur de journaux (C. Sciiubiger).................413
- Démarreur Herzmark pour avions.............................450
- Chronique d’aviation ... 88, 139, 185, 236, 280, 376, 423,
- 476, 520................................................... 571
- 7. Marine.
- Application du gaz pauvre à la navigation maritime (P. Bo-
- chet).............................................123
- Nouveaux cuirassés anglais (Commandant Sauvaire-Jourdan). 414 Les mines sous-marines (CommandantSauvaire-Jourdan). . 549
- VIL - HISTOIRE DES SCIENCES
- Légendes, mots et curiosités de la sciences (Dr Cabanes) :
- Newton dans l’intimité........................ . . . . 33
- Une mode renaissante : les mouches................ 129
- Les fards . . •.............................. 225, 321
- L’âge du papier...............................417, 513
- Newton et Laplace (E. Doublet). ..........................273
- Fresnel (A. T.)...........................................465
- La géométrie des visages d’après Durer (Dr H. Meige) ... 481
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Analyses des communications (Paul Baud). . 40, 92, 136,
- 189, 235, 379 ................................. 568
- IX. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- 1. Notes et informations.
- Centenaire de la turbine hydraulique........................ 44
- T. S. F. en Argentine....................................... 89
- Almelec................................'................. 89
- Butanol et peintures nitrocellulosiques..................1 il
- Lapin Castorrcx éjarré.....................'.............141
- Huile d’olive : production mondiale.........................183
- Freux....................................................183
- Bleus de cobalt............................................ 184
- Caoutchouc : contre le vieillissement.......................184
- Isère : aménagement.........................................234
- Réduction des minerais de fer par l’hydrogène...............234
- Compas électromagnétique Dunoyer pour avions...........281
- Furfural : dérivés.......................................281
- Aluminium : protection contre l’eau de mer..................282
- Incendies de forêts dans le Var . 282
- Haug : nécrologie...........................................330
- Lait congelé.............................................331
- Lac Tchad en péril de dessèchement.......................37 7
- Huile de graines de Soleil.....................• . . . . 377
- Suies de café, source de caféine............................378
- Inondations de la Seine : travaux...........................378
- Désherbage mécanique des voies de chemins de fer. ... 378
- Arrlienius : nécrologie.....................................428
- Essence synthétique en Allemagne............................470
- Cuivre et nickel : nouveaux gisements au Canada.............470
- Botanique : futur centre mondial........................... 470
- Récolte des céréales en France..............................471
- Eilaire remarquable.........................................471
- Arts marocains : rénovation.................................471
- Prix Nobel..................................................569
- Electrisation des essences..................................569
- Distributions électriques en France.........................569
- Station d’atterrissage en Atlantique....................... 570
- Pouvoir détersif des savons.................................570
- Minerai rubber..............................................570
- Chiendent des brossiers . . ................................570
- 2. Petites inventions.
- Cacheteur électrique........................................ 45
- Accroche-bretelles « Serposs ».............................. 45
- Fixe-serviettes à bille..................................... 45
- Bateau pliant en acajou..................................... 91
- Bouteilles isolantes en pyrex.............................. 137
- Chauffe-eau Gamo............................................137
- Appareils électriques de coiffures..........................138
- Porte-manteau de voyage.................................... 138
- Epingle à cheveux « Kirbigrip » . . ........................138
- Mirovelo................................................... 187
- Tenikoit, nouveau jeu.......................................187
- Toise Féraud................................................187
- Mayonnaise : appareil.......................................188
- Cendrier non renversable....................................188
- Passoire à filtres interchangeables.........................188
- Egouttoir centrifuge........................................237
- Ghausse-pied à coulisse.....................................237
- Porte-cravate Roura........................................ 237
- Chauffage central au gaz à circulation forcée...............283
- Ramasgoutte pour robinet de cuisinière......................284
- . Câble-pompe...............................................333
- Fichier de poche R. S.......................................333
- Moellons en béton armé......................................381
- Duocyclette.................................................381
- Tire-valise................................................ 382
- Lampe balladeuse............................................426
- Foyer à chargement intermittent.............................426
- Pince à serviette à initiale................................427
- Séparateur d’œufs...........................................427
- Nélo-car....................................................474
- Porte-bagages roulant.......................................474
- Pinceau-électrique « Galvunic »............................ 475
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-
-
-
- 587
- Prise de courant à baïonnette, construction................475
- Réchauffeur Spar...........................................525
- Lanterne d’agrandissement par appareil photographique . 525
- Construction d’un ventilateur de forge.....................572
- Agrafe pour rideaux........................................573
- Etanchéité des tonneaux....................................573
- 3. Recettes et procédés utiles.
- Cuvettes photographiques : fabrication..................... 35
- A’is : pour ne pas les perdre...........................135
- Algues : dérivés agglomérants du charbon................135
- Eviers : pour les déboucher ........................ 135, 329
- Aquarelles : pour les garder fraîches...................135
- Pellicules photographiques : enlèvement de la gélatine . . 179
- Vernis transparent pour négatifs...........................179
- Meubles vermoulus : réfection..............................182
- Colle pour menuiserie..................................... 182
- Bains contre la vermine des moutons................... 182
- Fruits . maturation par l’éthylène.........................233
- Poulaillers : hygiène......................................233
- Affaiblisseur à l’iodurc de potassium......................329
- Presse d’herbier à feuilles d’aluminium ondulé.............422
- Cirages à chaussures.......................................517
- Vent : estimation de la vitesse............................517
- 4. Boite aux Lettres.
- Optique atmosphérique...................................... 46
- Stabilisateur d’aérostat................................... 46
- Commutateur de bobinage.................................... 46
- Poste à changement de fréquence............................ 46
- Poudre de liège : utilisations industrielles............... 46
- Elevage des lapins, poulets et escargots................... 47
- Farine de bois :• utilisation.......................47, 94
- Betteraves : graines décortiquées.......................... 47
- Champignons : ouvrages..................................... 47
- Confiserie : matériel...................................... 47
- Natation : effort.......................................... 93
- Irisation du verre.................................. 93, 576
- Avion : traversée de l’Atlantique.......................... 93
- Terres : analyses physico-chimiques........................ 93
- Murs : salpêtrage...................................93, 190
- Peinture de cave........................................... 94
- Rouille : préservation du fer.............................. 94
- Chimie : ouvrages......................................... 94
- Pierres schisteuses : consolidation........................ 94
- Ambre...................................................... 94
- Alliages commei-ciaux...................................... 94
- Fourmis : lutte........................................... 94
- Arbres : danse............................................ 95
- Redresseur pour 80 volts.................................. 95
- Réception sur cadre...................................... 95
- — : anormale.......................................... 95
- — : choix d’un poste..................... 95, 191, 480
- Cadre à enroulements pi'otccteurs......................... 95
- Automobile : ouvrage...................................... 95
- Mastic dur ...............................................142
- Air que nous respirons....................................142
- Imperméabilisez vos vêtements.............................142
- Statuettes de plâtre : aspect du bronze vert..............142
- Piqûres de moustiques................................... 142
- Repères de clichés de projection....................... . 142
- Altération des tuyaux de caoutchouc.......................142
- Levure instantanée........................................142
- Argenture des miroirs.....................................143
- Engrais de sciure de bois . . . '.........................143
- Huiles de vaseline et de paraffine........................143
- Réparation du tain des glaces.............................143
- Protection des réservoirs en zinc........................ 143
- Papaïne, pepsine végétale.................................143
- Tarets : protection.......................................143
- Mangouste.................................................190
- Poste : alimentation par le secteur.......................190
- Troubles produits par le secteur............. 190, 191, 480
- Parasites : bureau d’études...............................190
- Neutrodyne ...............................................191
- Haut-parleur puissant........................
- Résistance auto-régulatrice..................
- Cadre : construction.........................
- Radioélectricité : livres....................
- Poste : alimentation par piles.............
- Accus : charge.............................
- Batterie de plaque : charge................
- Antennes et cadres.........................
- Chargeur d’accus : bruit.................. .
- Vêtements huilés...........................
- Corne : ramollissement.....................
- Villes : précipitent-elles la pluie .......
- Institut de phonétique.....................
- Longévité des animaux domestiques. . .
- Ambre : recollage..........................
- Alliage pour reproduire....................
- Pastilles du sérail..........................
- Robinets qui gouttent......................
- Brosses en soies de porcs..................
- Taches d’encre à marquer sur le linge . . .
- Vases émaillés : résistance................
- Papier et peau marbrés.....................
- Aimant de magnéto : réaimantation ....
- Terriers de l’Yonne........................
- Poteaux télégraphiques : chant.............
- Talc brut : épuration......................
- Bois : publications........................
- Enduit plastique à la sciure de bois .... Teinture en noir des peaux de lapins. . . .
- Lanoline...................................
- Emulsions en parfumerie et pharmacie. . .
- Faïence et porcelaine : réparation.........
- Teinture aux couleurs diamines.............
- Encre pour machine à écrire................
- Vêtements de caoutchouc : conservation . .
- Carbure de calcium : fusibilité............
- Produits réfractaires : point de fusion . . .
- Durcissement du plâtre.....................
- Phares et code de la route.................
- Simplification numérique...................
- Vipères....................................
- Chaussures : teinte tabac ou acajou . . .
- Poussière : pour l’abattre.................
- Piles Geiger : récupération du sel ammoniac
- Linge américain............................
- Citrate de chaux : préparation. ......
- Benzol et benzine......................
- Anthracite : utilisation des poussières . . . Kapok : augmentation de flottabilité ....
- Aigue-marine...............................
- Café décaféinisé...........................
- Papiers de tenture lavables................
- Récoltes : augmentation ...................
- Métaux rares...............................
- Céramique : réparation.....................
- Truc d’antiquaire..........................
- Fromages de Gruyère et de Cantal...........
- Fer dans les sels de zinc : recherche . . . .
- Chatterton.................................
- Cloportes : destruction....................
- Granit : patine............................
- Patine ivoire du plâtre....................
- Ecritures effacées : pour les rendre visibles
- Cuirs : souplesse..........................
- Coupes en albâtre : opacité................
- Crèmes à chaussures........................
- Lait : conservateur .......................
- (Enologie..................................
- Électrodes inattaquables...................
- Vrillettes du bois.........................
- Artichaut..................................
- Usine métallurgique la plus vieille........
- Mastics : bibliographie................ . .
- Œufs : marque indélébile...................
- Charbon de Berzélius.......................
- 191
- 191
- 191
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- Huiles de graissage : récupération.......................
- Imperméabilisation des murs..............................
- Sacs à engrais : protection..............................
- Lumière vive : protection des yeux.......................
- Jetons en os : teinture . , .............................
- Alliages sonores : composition...........................
- Alcools bruts : désodorisation...........................
- Couleurs : bibliographie.................................
- Scellements ou plâtre....................................
- Galvanoplastie : dégraissage préalable...................
- Marbres artificiels......................................
- Filtrations difficiles...................................
- Semelles en caoutchouc : collage.........................
- Encre pour machines à écrire.............................
- Rancissement des corps gras..............................
- Lessives du commerce : composition.......................
- Mèches de bougies........................................
- Etuis dorés : nettoyage..................................
- Vipereaux : époque de naissance..........................
- Sentiment maternel chez les animaux......................
- Liqueurs de fantaisie..............................477,
- Encaustique pour carrelages rouges.......................
- -Moustiques chassés des chambres.........................
- Cigares et cigarettes : utilisation des bouts............
- Ciment : protection contre l'acidité.....................
- Patinage de la pierre ...................................
- Abiétinées : documentation...............................
- Arbres fruitiers : traitement nutritif............... . .
- Moustiques : pour les éloigner...........................
- Miel et abeilles.........................................
- Peaux de lapins : rognures connue engrais................
- Teinture d’iode : taches.............................
- Bitume de Judée : solvant................................
- Calque de gravures.......................................
- Plomb de chasse : fabrication............................
- Isolant entre double paroi...............................
- Poste superrégénérateur..................................
- Téléphonie bilatérale en haut-parleur ...................
- Enseignement aux colonies. ..............................
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- Souches d’arbres : destruction...........................
- Café : documentation.....................................
- Plantes malades : consultations..........................
- Vernis à la gomme laque : enlèvement. .'.................
- Goût de bouchon..........................................
- Taches d’encre à stylo............................... . .
- Tatouages : disparition..................................
- Carton-amadou : préparation..............................
- Herbes : destruction.....................................
- Sucre : questions........................................
- Levure de boulangerie....................................
- Acétates de cellulose....................................
- Métaux : protection......................................
- Taches de rouille sur papier....................... . . .
- Encaustique : préparation................................
- Cartes à jouer : entretien...............................
- Friandise turque.........................................
- Salon international de photographie......................
- Accumulateurs : garnissage des alvéoles...................
- Livres : protection contre la moisissure.................
- Chiens : destruction des puces...........................
- Peau de serpent. ........................................
- Savons naturels..........................................
- Teinture en noir des chaussures..........................
- Fleurs eu coquillages ....................................
- Noircissement du cuivre et du laiton. . ..................
- Ardoises : utilisation des déchets........................
- Insecticides nouveaux....................................
- Livres : titres dorés.....................................
- Bakélite..................................................
- Sisal.....................................................
- Moulage en plâtre.........................................
- 5. Livres nouveaux.............. 90, 140, 186, 332, 380, 424,
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- X. — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Curiosités de la nature............ 144, 240, 288, 432
- Les faits de la quinzaine..................48, 96
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie L.uiuke, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1927.
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